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NODVELLE
ENCYCLOPÉDIE
THÈOLOGIQUE,
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Usa Di DicnoimAfflu sub toutes les fabtus de u science HBueansE,
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BV GB1H0LICIBKE, — D'ADCUÎriait, — DEB INVEHTIONB ET DtCODVESTEB, — V'ETUflOCttiPIIIE, —
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twMieaem HM tefEdb m w tamk forUr, lire H écrirt utilement, n'importe dont ftwUe lîMatibn it la *ti:
eUBLIBK
PAR M. L'ABBÉ MIGNE»
i BIBLIOTBAgOB OMEWSK»)
BU eoBsa eoHvuBVs bdr cuqdb buhcrk de la lanct BccLCeiABTiQin.
II : 6 FB. I.R TOL., PODR LE SODSCRIPTEUR 1 L4 COLLECTION ENTIÈRE, OC B 50 VOLUMES CQOISIB DANS LEX TKOU
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DICTIONNAIRE D'APOLOGÉTIQUE CATHOLIQUE.
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qi. à.. lY
AVIS IMPORTANT.
D'tprfci une dedotiproTMentreltei qui régineDl le monde, nrement tes œuTrei in-desmi de t'ordinifre te fun
W« eootniJlGlfaM pins on iwrins rortei cl in'aibreutei. Le* Àletitn Calholiqui ne poaïtipnt gain Ëcb*|<per i r.
ew'bet divin de laorullllté. Tintdl on «nié leur eiUtcnce oo leur imponaiice; Uolâtun i dit qu'ili éuleat fermoi
• qu1li ilUieDirèire. CepeadttiUU poanoirent leor urHère depujj SI *di, et Un praàaaiom (lul en «oneut
«•leMient de plmen ptH gnvei etwlipiéei : *uul piralt-11 teriatn qu'ltuoinid'éTfDeaieniaqu'aenar -- *
.oimIM ne Munit prévoir ai empéther, cetAlelienne se rermeroni que qumd li ÈibiioOiimt tu C..„.
tennliife en un »,000 Tolnmea io-4*. Le ptssi pir»U nn rfr rit m de l'ivenlr, pour ce m'a j ■ I etpi^erou k
koiMlM ne Uiinlt prévoir ai empérher, cet Atelier* ne se rermeroni que quiiid li ÈiNiolhème tu CItrai leri
tennliife «a un »,000 ToInmea io-4*. Le ptssi pir»ti nn rfr rit ni de l'ivenlr, pour ce ao'ii j ■ I etpi^erou k
cr«lndre. Cependiot, pinnl les nloniniei ■axqDetlei ils se lont trouvés en butte , il eo etl deux qui ont 6lé coniî'
- -■■ ■ -^pétéei, p*rcequ'ét)ni plut capliilea, leur efUet •■•■— '-•n ni"» ^" "■•••i""""-" i\- — "■• .. i
e loiit dijuc uMniéiB, pir lenr correipondtnce oi
nnellemént répétéei, ptrce qu'éuni plut caplitlet, leur efUet eninlntilt plus de conséquencet. De peliu et Igûatê
-" ■■ — '■ — ' -■ ' - '■-^'^- TsEdiilnn
£
éliieut n — o — I - . -,-- - - =--. T . - r -■--
que les chert-d'ccnvra du CatboiiCltmerecoonM pour teU dtns tonales lempt et daui tons lei piit, II riliiit bien
te rejeter sur liibraie diut ce qu'elle ■ deplueterteuT, la correction et l'imprettlon; en elTei, les cherté uuvre
même n'tnraienl qu'une demi vtleDr, si le texte «n ét*lt hienactou illisible.
Il est trèï-Tni que, dtnii le principe, on succès inouï dtni les fsiles de li T;p;^rtpliie t;int forcé l'Edl-.enr de
recourir lui mécaniques, «Un de mirchcr plus npldement et de donner les ouvrages i moindre prix, qatlre Tolumes
dn double Court d'EcrilMre uànU ei de Ttàologii lurml tirés i>ec li correcllon insurounte dnnnée d»iis les impri-
meries 1 pfesQue tout ce qni t'édile; 11 est vrai aussi qu'un eerliio nombre d'tuLres volumes, ipptrtensnt ï diverses
l'^Ueilioas, lUrent Imprimés oe tmp noir ou trop blsne. Mais , depuis ces temps éloijjués, tes mécaniques ont
céité le irarail tnx presses ïbras, el l'impression qui en sort, sans f tre du luie, allendu que le luae jure.rait dans
des oiivnaes d'une telle nslure, est parfaitement convenable .sous loua les rapporlt. Quant à la correction, il est
de liii quslle n'a Jamais élii portée «i loin dans aucune édition ancienne ou contemporaine. Etcommeolen scrait-ll
autrement , après toutes les peines et toutes les dépensée que nous subissons pour airlrer ii purger nos éprenvcs do
lontes Tanlesf L'habitude, en t}^graphie, rnSme dans les meilleures maisons, est de ne corriger qun deux épreuve*
et d'en contrer uue Iro sième arec la seconde, sans avoir préparé en rien te mannscrll de lenteur.
Dans les ÀUliert Calholigue* la dilTêrenca est presque incommensurable. Au moyen de currecteura blanchit sous
te harnais et dont le coup d «il typogiaphiqua est sans pillé pour les hulet, on ctannence par préparer la copie d'un
bout i l'autre uns en excepter un seul mol. On lit ensuite eu première épreuie avec la copie ainsi préparée. On lit
en seconde de la mEme manière, mais en caliationnaot atec la première. On bit la m£me cbose en tierce, en colla-
lionnani avec la seciinde. On agit de même en qoirie, en coilatlounani avec la tierce. On renouvelle ta même opé-
ration en quÎBte, en collaiionnant aveel* quarte. Ces caliailonnemenls ont pour but de voir si aucune des fautes
■ifnalées an bureau par HH. let correcteurs, snr la marge des épreuves, n a écbappé i UH. les corrigeurt sur le
marbre et le méial. Après cet dnq leclorea entières contrôlées l'une par l'antre, et en dehors de la préparaliin
ei-^esa»smenlloDnâe. vient une révision, ei lonventll en vient deux ou trois; puis l'on cliché. Le clichagp opéré, par
conséquent la pnreié du lexte te trourant immobilisée, on bit, aiec la copie, nne nouvelle lecture d'nn bout de l'é-
preave t l'antre, on te livre ï une nouvelle révision, elle tirage n'arrive qu'après ces Innombrables précautions.
Anni T a t il k Honlroijge des correcteurs de toutes les nations et en plus gmod nombre que dins ringl-cinq
'n^rimeries de Paris réunies 1 Ansal encore. 1s correction y coAte-l-elle autan: que la composition, tandis qu'allleurt
elle ne coite qne le dixième 1 Aupi enOn, bien qne l'assertion puisse paraître téméraire, l'exaciiiude obtenue par
Uni de trai*etdetolna,hlt^ilequelaplap*nde*KdlthH»des Jl^firraCol/uXtoara .alaseni bien loin derrière elles
cellet neine det célèbret BénJdlCtini Habiilnn et Houttkneon et des célèbres Jétnites Petau et Sirmond. Que l'oa
ronpira, en effet, n'importe quelle* feuilles de leur* éditions avee callet det nAirea qui leur corretpoodeDt, en grec
"unaie en hlin, oa te eonvtinera que l'inTraisemblable ett une réalité.
D'ailleurs, cet tirant* émlnents. plut préoccupée du sens det texlea que de la partie tjpographlqne et n'étant
-Jint Mrreeteurt de proretsion, llMlenI, non ce que portaient let épreuvei, nuis ce qui devait t'y tronver, leur
jaate Intelligence luppléant aux fautes de l'édition. Ue plus les Bénédietina, comme les Jés>iitet, opéraient presqne
tM^i'o'vaur det manutcrits, cante perpétuelle de la multiplicité des fautes, pendant que les Aitliert Cailiotiquet,
dont le pn'pre est aartout de retsnsi'iter la Tradition, n'opèrent le plus souvent que sur dca imprimés.
Le R. P. l>e Buch, Jésuite Bollandisle de Druxellet, nous écrivait, il 7 a quelque irmpe, n'avoir pu tronver en
dii-buit moit d'étude, Wie teule faute dans notre Palrotogie latine. H. Deniinger, professeur de Théologie à l'Unl-
vertité de W>inbourg, et H. Retomann. Vicaire Général de la même ville, nous mandaient, t la date du 19 juillet,
n'avoir pu également surprendre me ie«U fatut, soit daot le latin aoll dana le grec de notre double Patrolegie. Enfin,
le savant |P. Pitra, Bénédictin de Soleve, et H. Oonetljr, directeur det imiotes Ht phHetophie efirélienne, mis au
déB de noua convaincre d'une seule erreur typographique, ont élé lorcét d'avouer que nous n'avions pat trop
prétnméde notre parbite correction. Dans le Clergé sa trouvent de bons btlnialeaet deboatbellénialet. et, ce qui
est pins rare, des hommes Irès-poiiilb et très-pratiques, eh bien I nous leur promettons au prime de !S centimes
nar cbaque f^ute qu'ils découvriront dans n'importe lequel de nos volumes, aurtout diins let grecs.
H tigré ce qui précède, l'Editeur des Court complelt, sentant de plus en plus l'Importance et même la nécetsilA
d'nne correcllon oirlklte pour ou'un ouvrage soit véritablement otite et estimaiile, te livre depuis plus d'un an, et
ett réaolu de te livrer Ju«|D'k la nu t une opération lOi^e, pénible et codteuae, savoir, la révision entière et
univerte'lle de tes Inntunlirahles clichés. Ainsi cliacun de ses volumes, an fur et t mesure qu'il lea remet soui presse,
est corrigé mot pour mot d'un bout k l'antre. Quarante hommes j sont ou 7 seront occupés pendant 10 ans, et une
aomme qui ne «aurait être moindre d'un demi million de franc* est coniacrée k cet important contrôle. De cette
■lanière, tes Publicatlont det Atelier» Caiholiqve», qui déjk se distinguaient entre toutes par la topériorllé de leur
eorreeliun, a'tunMlde rivale*, tous ce rapport, dans aucun temps ni dans aurun pajt; car quel ett l'éditeur qui
pourrait et voudrait te livrer ArRtiS CUlIP k des traianx ti gigantesquet et d'un prix ai eiorblUntT II but
certes élre bien nénélré d'une vocation divine k cet effet, pour ne reculer ni devant la peine ni devant la dépente,
surtout lorsque l'Europe savante proclame que Jamais volumes n'ont été édités avec tant d'eiactilude qne ceux de
la BMioUièitw wavereelU du Ctergi. Le présent volume est du nombre de ceux révisés, cl tous ceux qui le aerout
. k l'avenir porteront cette mte. En conséquence, pour juger let productions det Àielieri Cioliotiqiut sous le rapport
de la correction, il ne fkndri prendre que ceux qui porieroul en iCie l'avis ici tracé. Nous ne reroo naissons que celte
édition et celles qui anivront sur oos planches de métal ainsi corrigées. On croyait autrefois que la sléréot.vpie
InuBolùlitalt les fautes, attendu qu'un cliché de métal n'est point étastiaue; pas du loul, il Introduit la perfection,
*ar on 1 trouvé le moven de le corriger jusqu'à extinction de fautes. L'Hébren a été revu par H. Dracn, le Grec
ypir det Grecs, le Latin et le Français par les premiers correcteurs de la capilale en ces langues.
'.. Sout avons la contolallon de pouvoir flnlr cet orii par les rélleaions anivanles : EaOa, notre exemple t flni p»(
ébranler les irrandea poblica lions en Italie, en Allemagne, en Belgique et en France, par let Cmum» grec» de Roiik',
e Gtrdilâe naplet, le Satnt Thomai de Parme, VEnryctopédie reiigieiue de Hunleb, le recueil des iftFclnralioM de
rilc* de Bruxelles, les Botlanditlet , le Saorci et le SpkiUgeàe Parla. Jusqu'Ici. oa n'avtlt an réimprimer que des
ouvngatde courte htleine. Lea in-l", oïl s'engloutissent let in-fbito, faisaient peur, et on n'osait j tourJier, par
■Jilata de te nojer dans ces ahtmes sans fond et sans rives ; mais on a fini par se risquer k nous imiter. Bien plus ,
•oos notre impulsion, d'autres Editeurs se préparent an BttUme snlverset, aux Diciueni de lootes les Congrégation'.
I nne Biograptnt et k une llùloire générale, etc., etc. Mal heureusement, la plupart des éditions déjk faite* ou qui s'i
font, «ont lana autorité, parce qu'elles sont taea exactitude ; la correction semble en avoir élé faite par des aveugle--
toit qu'on n'en ait pa* senti la gravité, soit qii'on ait reculé devant les frais; mats patienccl une Bpproduct*ua •
correme turgira bientét, ne fQl-ce qu'k la lumière de* écolet qui te lonl biles ou qui te feronl encore.
DICTIONNAIRE
APOLOGÉTIQUE,
on
lES SCIENCES ET M PBIIOSOPHIE AD IIP SIÈCLE
DANS LEURS RAPPORTS AVEC LA RÉVÉLATION CHRÉTIENNE ;
Joat ce qw les décoDTertes modernes ool ajouté de preoTCS noaTclles aux anciennes
ànc
L'EXAMEN CRITIQUE DES SYSTÈMES
rr LA BOLGTIOII DES OUICTIOIIS SGIBXTIFIQQKS • FH)U>SOFBIQDES , BI'^TOBIOt'ES, BS^ti^
TIQCBS. QCI OHT frlÉ rAITKS CORTKB LA KBLifilOII , PABTICULlkBBIlBIlT VANS CES TBOIS
PAR L.-F. JEHAN («.•
Heaire et la Sociélé Cèolopqne de France, de l'Acidénie royale dea Sciences de Turin, Ac.
RioiaB M Suft-Vm-ioa.
QMmile Mméea (Teipérience n'ont proaTé jDHpi^ l'éTideace qae
ta nbon, IKrée i les pnnrei foren cl m» »acam Mcoan de ta
téTfUtloB, ne peat que t'^ncr, el que pour être bca [diiUMoptie,
U &iil être boa ckielien. taUmtaàétScmuu».
PUBLIÉ
PAR H. L'ARBÉ MIGNE ,
tMTBOB BE LA BIBUOTBÈQIX HMITBB^IIXB MI fXBBCÉ.
00
Ma «amu coan.xTa si'b cntiioa mancob k la sciewcb BCCLÉaiASTisoB
TOME PREHIEB.
nux : 16 fumcs les 3 toloms.
S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ jr.-P. HIGNE, EDITEUR,
IDX ATEURRS CATHOlIQUeS, RDB D'AUBOISE, », «D PCTIT-HONTRODGE.
AUTUrolS uauiBB D'wraB DB PAUS, MAinTBllART DJJtS Plus.
1863
Paris. ~ Impriiui
PREAMBULE.
COUP ffm SDB l'HARIONIE DNITERSEIIE.
Ud homme (TuD rare génie, le plus illustre des nalar&M'stes, l'immorlel Liane, après
une Teste et profonde élude de la nalure , s'écrie, au début d'un de ses principaux ou-
Trages : « Ëteroel , immense , sai^aet tout , pouraot tout , que Dieu se laisse entrevoir,
et je suis confon'du 1.... ]'ai recueilli quelques-unes de ses traces dans les choses créées,
etdani toutes, dans les plus petites même, quelle forcel quelle sagesse I quelle iusun-
dable perfection I L'existence des animaux fondée sur les végétaux, celle des végétaux
sur les minéraux,, celle des minéraux sur ta terre, et celle de la terre sur le soleil qui la
vivifie et aalour duquel elle circule avec une invariable régularité I.,.. Le soleil lui-même
touroant sur >on axe avec les planètes et leurs satellites , et tous les astres ensemble , en
nombre incalculable, suspendus et mis en mouvement dans l'abîme du vide par un inef-
Iible et primitif Moteur, Être des êtres , Cause des causes. Régulateur et Conservateur
de toutes choses , te souverain Artisan de l'univers (1). »
Guidé par ce noble esprit et par les savants qui ont marché sur ses traces , nous avons
essayé de décrire quelques-unes des merveilles, de redire quelques-unes des harmonies
de ce splendide UDivars.
Nous avons interrogé ces mondes innombrables (2) qui roulent chargés de tant de feux
dans CiDcommensurable espace , et tous ces globes radieux nous ont répondu ; C'est
Dira qui nous a faits si beaux ; nous sommes une des manifestations de sa gloire ; c'est
MO eompes divin qui traça dos ottiles, et c'est sa main qui nous guide avec cette préci-
■ioo mathématique dans les vastes champs de l'élher.
DeeeeDdo de ces hauteurs lumineuses dans une région de l'espace voisine de notre
deoieure, nous avons étudié ces fluides merveilleux qui pénètrent de leurs actives
infiaenees tous les ressorts de la nature (3} ; nous avons analysé les lois de ces m;slé-
rienx agents et admiré leur rôle dans tous les ordres de phénomènes. Chacune de nos
iavealigatioas était un hommage au Créeteur, et ces agents invisibles, proclamant se
sagesse, nous redisaient ineessammenl : Vous le voyez, nt>us sommes les initrumenls
de sa Providence.
(1) Satumt MlMTœ , p. t. — Cnvier a dit dans ta Biographie de Linué : i Fort auacbé k la retision,
ce mnd bonine ne parlait de la Divinité qu'avec le plus gnnd retpeet, et il saitiMiit avec un plaisir
marqué le* occasions nombreuse* que lai oOk-ait l'bistoire naturelle de Taire coanallre la lagesie de la
Ou liuit'auHtecBU* de la porte de s<Hi cabiuet, ce fragment d'un ver* connu :
Imoad riûle, amun adml
t Vtttt duM lluiMflDca ;.Dieti eat préwtit I >
(4) Dieûomuire fatlTonomie, elc. — Dieiioimaiu de cnmogmie, etc.
(3j JKtltomairc de pAjiiçM tl de météorologie.
1}ktio:«!i. ApOI-OcfcTlQUE. l. 1
Il niaiONNAIRE APOLOCETIQUR. 13
Ptfnétnmt sassi nvant qu'il a été donné au gétiie de l'homme île le faire iâns ce dernier
ordre de phénomènes, et saisissant les élemenis mêmes des corps avec leurs a(fiDilés
intimes el leurs propriétés conlraires.^Tec leurs alliances, leurs oppositions, leurs com-
bats, nous arons vu (&) ces éléments, dociles & la parole du tout-puissant Artiste, ici
s'agglomérer en sidères et composer des soleils , des planètes , etc. ; Ui se condenser en
liquides, circuler et s'épancher en Qols ondoyants; ailleurs se disséminer en Tapeurs
ou s'élancer en gaf ; partout se transformant ea substances les plus diverse», toujours
conformément A des lois précises, mathématiques, el sous ces formes innombrables,
manifestant dans l'Auteur de ces lois une prévoyance et une bonté attentives à tous les
besoins de l'homme, sa créature privilégiée. Ces éléments, dans leurs métamorphoses
i-i variées , ne semblaient-ils pas nous dire : Gloire i Dieu 1 11 a tout fait avec nombre ,
poids el mesure?
'Suivant toujours les transformations de ces éléments primitifs que ta main de Dieu
saisit, mélange* combine h l'inBni , nous les avons vus (5) s'élevant de Télat d'inertie à
l'élal vivant, devenir, en vertu des lois physiologiques, ce monde verdoyant et fleuri
qui donne tant de grâce et de majesté à la nature. Nous avons déployé avec complaisance
Je riant tableau d« la végélatiOD qui pare si richement Is surface de notre planète ; nous
avons. parcouru avec enchantement ce beau royaume des fleurs où, depuis l'humble
marguerite' blanche qui émaille nos verls gazons , jusqu'au brillant magnolia , l'honneur
des forêts américaines, tout invite l'homme attentif à répéter avec reconnaissance':
Louanges ou Dieu qui multiplie les fruits dans nos champs, et qui sema les fleurs sous
nos pas , comme les constellations dans l'azur au-dessus de nos tètes I
Honlantencore dans celte harmonieuse échelle des créations, nous avons dit linseelrt
caché soud l'herbe el Paigle planant dans la nue, l'atome organisé pour qui une goutte
d'eau est an océan, et la baleine dout la masse prodigieuse ébranle au loin les ondes,
les tribus sauvages qui se .plaisent au désert, et les races précieuses fixées près de
tliomme^ source de sa richesse et les puissants auxiliaires de la civilisation {6}. Nous
nous sommes complu à décrire ces légions d'animaux qui peuplent les airs, la terre et
les mers, et leurs riches parures, et leurs mœurs si variées, et leurs instincts admi-
' rahles , et les belles lois phjrsiologiques de leur organisation ; et frappé à chaque pas des
preuves de la toute-puissance de Dieu , de sa sagesse et de sa bonté , nous nous sommes
souvent écriés : Seigneur, que vos œuvres sont belles I Vous avez tout accompli dans
voire sagesse I La terre est remplie de vos biens (7).
Au sommet de cette hiérarchie des êtres nous est apparu l'homme , centre et cuuroD-
nemeat de la création terrestre, chef-d'œuvre du Créateur et l'objel de ses plus teudres
prédilections. Nous avons résolu les problèmes de son origine, de l'unité de son espèce(8}.
En possession des plus hautes prérogatives, la race humaine est véritablement souveraine
en ce monde. Nous av(H)s Diil ressortir sa prééminence, sa supériorité iuconlestable. Ces
droits i l'empire, l'homma les doit i la noblesse de son altitude , h la merveilleuse struc-
Dktionmiire de chimie a de tninintogie.
DUtiennain de boiMi^M iJ de pjHftioiojj* tégHaie.
Dittimmaire de toçlogie, 5 vol.. in-4:
Ptal. cm.
tHetionnmrt d'anlkrofotogit ou hiitoire namttU dt Fhommt tt des racet Jtirmotnct.
Iwv de MM cwps où l'on ne voit que symétrie , dlégaacei grAeei mijesté; athnlralile
édifice, diêf^'oBOTre d'srcbilaelare » de mécanique t de pbjruqae* mystérieux laboreloire
nà traraille incessammenl le génie du dina cbimisle , saoeloaire vivant oii raclivilé
do Crésieor est sans cesse présente. Sagaeilé de pian, habileté d'exécution, délicatesse de
Invai), prudeuceda structure, justesse de proporiious, régulariiâde mouvemeots, assiduité
de soins, combien d'actes de la Providence dans on seul de dos oi^nesl El qoeodoo pensa
qu'il n'est pas ona partie de notre corps où elle n'opère à cbaque itulant quelque met'
veille de puissanee oo d'adresse, de génie ou de bonté, pourrloos-notu h la pensée
fane présence en nons si intime et si active de l'Esprit éleroel , ne pas £tre pénétré de
WnéiltJBO et d'amour?
Mais ealte sapériorité qui place l'homme si haut au-dessus des créatures quI l'eaTiran-
MOI, il la doit surtout è l'éminence des ftcultés de aoo Ame. On ne peut retenir en soi
u BoaveoMOt de profonde admiration quand on vient ï considérer le travail inielleetnel
aceompli par l'homme ici-bas. L'bomme a voulu explorer celte terre, son domaine , le
lien de son passage et de son étll , mais d'ioDombrables barrières &e dressaient autour de .
loi et loi interdisaient de prendre possession de son empira. La mer immense lui opposait
ses Oots jaloux ; son génie s'en est bit une voie posr aller toucher les plus inaccessibles
rivages; il en a bit le loar, il en a dessiné les plis, et après quelques siècles d'une
Mdaee plus opÏBÏAtre que les tempAtes, dominateur paisible des eadx, il se prouène où
Il vent et qdand il veut k la surface soumise de leur immensité. Il envoie ses ordres t
loas les écutils devenus des ports ; il leur empraole , par des échanges qui ne s'arrêtent
iaouts , le luxe et l'orgueil de sa vie , mêlant ensemble tous les climats pour ne faire d'eux,
tà divisés qu'ils soient, qu'un serviteur onique obéissant sur tous les points da g\<ibe
à aei désirs souverains.
Cn antre oeéan plus vaste, plus profoiid encore, où les mystères succèdent aux mystères
i l'ioBni, répandait snr sa téie ses ondes peuplées d'étoiles. L'homme , dans le recueille
ineot dea nuits silencieuses et pures , a regardé le ciel , il a dit aux astres leur nom ,
connu leur marche , pénétré le sect-et de leurs obscurcissements, prédit leur disparitiod
et leiirretoar; et toute cette armée lumineuse, comme si elle eût pris ses ordres dans
kl jeux de l'homme, n'a cessé de se rendre, dahs un cycle elact, an lien précis de
fespaee où l'attendait l'observateur. L'astre même qui n'apparaît qu'un jour en plusieurs
siècles, n'a pu nons dérober sa course; appelé ^ heure Gte, il se détache des profondeurs
insaodablesoùnul regard nelesuit,ll vient, il altorde, i lio point signalé d'avance, notre
élfoii horizon, et sMlnant de aa lumière riotellîgence qui l'avait annoncé, il reloome
aux solitudes où rtuGni seul ne le perd jamais de vue.
La terre et les merrelltes qu'elle étale k sa surface et les sectets qu'elle recèle dans
ses flioes (9), la met et les mystères de ses abîmes , le ciel et tous tes llambeanx , Pair et
fous ses phénomènes, rien du dedans, rien du dehors ffa pu se soiislraire i l'esprit da
nomme. L'cdpsertatioo lui a révélé les faiu , les fait^ font conduit aux causes et aux lois*
£t ces sciences particulières , rayons dispersés d'un foyef commua , soDf venne s se réubif
f9t Dkihimtin it tmmt^nit tt il pafAnif^afte.
!S DICT1UN.NAIRE APOLOGETIQUE. ' tS
el s'illumiafir dans unn science plus générale* qui , en nnus livrant Ias myslAn-s ebstrails
du nombre, de l'étendue et du mouvement, met i do devant uous les élémens éternels
de toutes les choses créées.
Ce roi du monde ne s'esl pas arrêté là. N'eûl-il pas été plus loin, déji c'eût été te
po^ie, le savant, rarlîsie, déjA Tbomme , mais non pas l'homme divin. Or, l'hommA
est divin , m» ttn «fù , cl tous les mondes visibles n'ont pas en eux de quoi rassasier
son intelligence el reposer son cœur. Il esl nonlé plus haut, il s'est demandé ce qu'il
y avait su delà des éloiles, quel est l'orbe qui meut tous ces orbes mesurés par son
compas ; et il s'est répondu : L'infini I Mais qu'esl-ce que l'inûoi? Esl-ce no espace vido
se multiplianl sans cesse devanl lui-même, un sblme sans riyages, appelant à lui , pour
lui faire place, toute vie réelle et toute vie possible, sans élre lui-même vivantT L'homme
qui avait regardé la mer et le cieli a regardé sans pÂlir cet autre ciel et celte autre mer;
quelle que fût la nature de l'espace inlellecluel où se jouait sa peosée au delà de toutes
les chosiis sensibles, il « compris que là n'élait point le principe de l'être, de la vie et
du mouvement. Il a passé plus loin, il a débordé l'infini imaginaire pour contempler eu
lace l'inQui réel, et parvenu au lerme de toute vérité, il a dit:
Par delà (oui les cieu, le Diee des oienx réside! . . .
"Cette magnifique épopée, celle sublime évolution de l'œuvre divine, qui commence h
l'atome inerte , et va se déroulant à travers la série des créations pour se terminer à
l'homme contemplant l'inâni , nous l'avons esquissée à grands traits dans nos précédents
ouvrages. Aujourd'hui s'ouvre devant nous le spectacle de nouvelles splendeurs,doDOUveUes
tiurmonîes, de nouvelles meoifestations delà souveraine Sagesse, de nouvelles dispensalions
de l'Amour inénarrable sous les effusions duquel s'épanouit l'univers. Aqjourd'bui des
questions d'un ordre bien supérieur h tout ce que nous avons vu, des questions d'un
intérêt au-dessus de tout intérêt, se présentent à nous et sollicitent tonle la puissance
de nos méditations. Philosophe ou pêtre, écrivant avec une plume d'or des pages qui
rempliront la postérité d'un immortel encens, ou bien l'obscur ouvrier d'une vie sans
lendemain , qui que nous soyons, nous ne pouvons rester indifférents devant ces bauta
problèmes. Mais ne nous abusons pas; ce serait vainement que nous en chercherions la
solution dans la parole de l'homme; nous aurons à signalera cet égard les tristes dé-
faillances de mille systèmes. La parole de l'homme change et passe, a Malgré tant do
lèvres ingénieuses qui en ont été l'oi^ane éloquent , dit un des plus grands orateurs de
notre siècle, malgré l'écriture qui a prêté son airain à l'immortalité des choses bien dites»
Ja langue humaine n'a pas pu fonder le temple de la vérité. Les colonnes en sont par
terre, remuées d'âge en âge par des constructions où l'on grave la prophétie de leur
durée, et qui tournent en ruines sous la main des édiflcateurs qui viennent aprè$.
t-'homme détruit l'homme, et le temps moissonne le temps. Un seul édifice esl debout
entre les décombres où gisent pêle-mêle les œuvres contradictoires de la parole humaine.
Celui-là porte pour inscription : La pirolk db Djku. C'est cette parole qui, après avoir
créé le monde et l'homme, ne les a pas abandonnés à la merci de leurs propres pensées,
i:op£ubles devant un lel ouvrage, mais les a initiés au mj^stèrc do leur principe et de
17 inTRODUCTION. I.S
l«ar fin. C'est Mlle parola qui t ajraol une fois dit ton wcrot* qu'elle seule conuaUMil*
a*a plus cessé de le redire au ciel et t le terre , appelant par leurs noms les Ages et les
races, suscitant des prophètes contre tous les oublis , des apAtres contre tons les men-
songes, circulant dans l'esprit du genre humain comme son sang , souvent altérée, jamais
éteinte , tirant des éclairs de l'erreur et la vie de la mort. C'est cette parole qulcsi le
cfariâtianitme, qui est l'Église, qui est- l'unité et la stabilité, qui est tout ce qui demeure
au «Ilea de luoteequî s'ea Ta. Otez-la du inonde, si tous pouTes, qu'; reslera-t-il T
l« lefniw H l'homme, la temps qui passe et l'homme qui doute. C 'est trop peu pour
INTRODUCTION.
Pïrmi les grands-problèmes dont la solution tourmente l'esprit humain depuis i'ori|jii)e
«les dioses , il eu est uu qui comprend tous les autres, auquel du moins tous doiveni se
rattaelier, et vers lequel toutes les sciences, tous Jes arts, toutes les actions, toutes les
pensées de l'homme doivent converger comme vers leur centre. Ce problème, c'est celui
de la deslinée humaine, du but que rbomme doit poursuivra en ce monde, i la conquête
duquel il doit marcher ineessammeot; problèoM redoutable, dont les conséquences ne
sont pas enfermées dans les limites de ce monde, mais se projettent è l'inQni dans l'avenir;
problème inévitable et doDl chacun de nos actes suppose, que nous y pensions ou non,
une solution bonne ou mauvaise, vraie ou fausse; problème, en un mot. qui se iiosa en
bee de tout homme, lui demande impérieusement une réponse, s'empare de lui^ malgré
lui , s'allacbe i lui , et le possède depuis le berceau jusqit'i la tombe.
Si nous interrogeons notre siècle sur ce formidable problème, qui est pour l'Iiomiue
et la société une question dévie ou de mort, nous sommes témoins d'un spectacle
étrange, aoquel peul-ôtre on ne peut rien comparer dans les annales de l'esprit humain,
spectacle qui présenle.un double caraclère de puissance et de faiblesse, de grandeur et
de misère, de vertus héroïques et d'ignoble égoïsme. Nous voyons d'un cété la philoso-
|riiie repousser le matérialisme du dernier siècle pour entrer franchement dans la voie
du spiritualisme, la science élargir ses horizons et illuminer les questions les plus fon-
dameotales de nouvelles et vives clartés ; les arts aussi ont miens compris leur mission ;
les instincts divins de notre nature se sont réveillés avec énergie au fond destcansciences.
Fatiguées de la via malérielie et froissées par une société frivole e( impuissante, des
laiea d'élite ont demandé i la foi et aux espérances religieuses un nouvel aliment pour
leur vie épuisée. En ua mot, nodifférence religieuse, au sein de laquelle le siècle a pris
oaissance et a grandi, sembla déQnitivement vaincue.
Jlais i cAté de ces améliorations ineoatastables de l'esprît public, où sont leseonvic>
lions vraiment chrétiennes 7 Que de débillaoces 1 que d'imes troublées, desséchées, ùé-
tries par le doute I on n'oserait plus, il est vrai, soutenir le scepticisme comme uoe doc-
trine, at pourtant on n'a plus la force de croire ni celle de oier;onQ'a plus le-eourage
d*dSrmer. L'esprit reste suspendu entre la vérité et l'erreur, le bien et la mal ; ses
idées se confondent. On voudrait espérer, aimer, prier, et soudain je ne sais quel froid
vient saisir le corar et la paralyse. Il n'y a pas jusqu'i l'enfance elle-même qui ne re{oi-
Te les atteintes de cette maladie générale.
it MCTtONNAIHE APOLOGETIQUE. 20
Contre ce mal profond, on s'est enqais d'un ramède ; ntajs au lieu de remonter aui
■ourees de la Tie» une orgueilleuse raison, se repaissant de ohimàres, comme un oialsdu
sous l'empire Ans hallucinations de la Havre, s'est élancée rers un avenir inconnu, pro-
phétisant, dans 500 délire, une religion et une société nouTclIes. C'est dans cet avenir
qu'on a placé la lumière, la paît, la liberté, le bonheur. Kn attendant qu'advienne cette ère
fortunée, le présent reste désenchanté, ride et Troid. Privée de l'objet de ses facultés,
l'âme retombe sur elle-mftme, et comme elle ne peut trouver en elle ni force, ni
consolation. afTaiblJe, énervée, vaincue par ses instiocla mauvais, elle redescend llcbament
(Ibos l'esclavage des sens, dans un matérialisme pratique emporté quelquefois jusqu'au
cynisme, borné le plus souvent k une médiocrité qui lui fait perdre tout ressort et où elle
qc possède plus qu'une vie végétative.
C'est alors qu'on voit naître tous ces hideux symplâmes qui font de notre époque une
époqife si pauvre au milieu de ses riobesses, si basse au sein de sa gloire. Alors se déve-
loppent et l'égoïsme, et la volupté, et la soif de Por, et l'amour du bien-être matériel, et
la lAcbeté des caractàres. Les Ames élevées, qui soolb l'abri de ces misères vulgaires,
trouvent uoe autre misère dans le désespoir qui s'empare d'elles, et creuse au food de
leur être des abîmas d'angoisses. Malheureuse société! quel vide elle a fait dans son
sein I quel principe de vie elle a laissé échapper de son cœur I Si les corps célestes ces»
fiaient d'obéir aui lois de la gravitation, bieu^tt le monde s'en irait dans le chaos. Dieu
est la loi vivante du monde moral : c'est parce que la notion de Dieu s'est obscurcie,
parce qu'on a cessé de croire à la présence réelle de Dieu dans l'humanité , parce qu'on
a rej«lé la parolede Dieu, que le monde moral, que la société, sont tombés dasa cet état
«l'bumilistioD et de souffrance.
La présence de Dieu, disions-nous, sa présence réelle dans l'humanité... ici le lecteur,
nous arrête : Ne sont-ce pas lè, nous dit-il, les crojrmoes du christianisme, ses dogmes,
ses enseignements? Hais TOUS oubliez donc que la foi est éteinte, qoe le christianisme
est mnrtt Oui, il a disparu sous le travail dissolvant de la philosophie. Sans doute il a
laissé un vide prodigieux que rien n'a comblé encore, le présent, c'est le temps des rui*
nés; c'est la société en poussière. L'ordre social détruit est celui qui reposait sur te
dogme ancien, le cbristianisme ; la société qui a disparu est colle qui avait été formé*
par ce dogme. Sous l'empire de oe dogme, on regardait la terre livrée au mal comme un
lieu d'épreuve, comine le vestibule du ciel oii le mal serait réparé, comme conduisant soit
h d'éternels supplices, soit au séjour d'éternelles félidlés. Quand cette foi « dépéri, la so*
ciété a dépéri ; et quand cette fol s'est éteinte, la société s'est éteinte. Voilii où nous en
sommes.
Et mettant le doigt sur chaque plaie, sans détours, sans précautions oratoires, saps
cette )dche hypocrisie qui se prosterne au pied de l'image du Christ après l'avoir mille
fois prudemment insultée dans l'ombre, un de ces hommes qui ont au moins la fran-
chise de leur haini* et le courage de la logique, s'avance en adversaire décidé et trace
d'une main ferme le tableau suivant de la société sans le christianisme.
Il dit d'abord les douces compensatloos , les consolations^ les espérances que la
religion cbrétienno apportait h l'homme dans toutes les siluslions de la vie, solutions
lumioeoses des plus importants problèmes è son intelligence, élans généreux, purs rayons
d'amour h son cmur, paix, force et Joies h son âme, merveilleuses harmonies descendant
du ciel sur la terre et remontant de la terre au ciel. Prêtez l'oreille à cette voix qui n'est
pas suspecte quand elle retrace le bonheur de l'homme sous le règne du christianisme. ^
II,
> L'Eglise et la fie future qu'elle annoufait et dont elle enseignait les voies étaient le
complément ou la réparation de la vie terrestre. Aux affligés, aux malheureux, il res-
tait (même après que tout leur avait défailli} uoe croyance que rien oe Iroublail, savoir :
^ue celte vie p'élait ^u'uo (tassage vers la vie ét9rnelle..{'e justç et l'tnjustg étaisnt d^
Il IKTIIODUCTION. S£
finis: qttUkl un homni* violait la loi, on im se demabdail pas avec autiélé si la suciéu-
B'éUit pas causa ou complice de lua crime ; on l'nppelail méchaol et on le punissail. Eti
>n not toutes les Inès avaieol foi dans l'ordre politique et dans l'orUre religieux ; ei
celle foi se maaifestait dans lool ce que la poésie, c'est-k-dire le sjmbole , pouvait en-
bour pour la vue uu pour les oreilles, les cathédrales, les Ubleaux, les poèmes. Ainsi
riioaoïe tout anlier était rempli , tous les problèmes que son esprit pouvait soulever
e*<ieoi leur solution ; toutes lus maladies de sou âme, leurs remèdes.
• On pat alors dire aux hommes : Vous vous plaiguez de souffrir, et le juste par ex-
cellgiice. le Fils de l'homme, te Fils de Dieu, n*a-l-i) pas souffert plus que vous? Voyet
sa croix I El n'ut-îl pas venu pour vous racheter, vous et tous ceux qui souffrent T Ne
voBS a-t-il pas ouvert par sa mort la porte d'un séjour d'où la douleur sera bannie, et où-
lo«t seront rétribués suivant leur mérite et pour leurs souffrances mêmes T Je le de-
■aBda,coaimeiit l'esprit humain aurait-il pu douter de ce ciel eu voyant la terre, et
coameol aurait-il pa rejeter la loi terrestre en vojant ce ciel ?
■ Fasse, présent, avenir de l'humanité; Adam, Jésus, le règne de Dieu, voili les ler-
mes d'une série où tout est clair, lié, enchaîné; série oit De monde réel d'alors, le monde
de l'inégalité et du malheur, se trouve expliqué entre un passé qni l'a produit et un ave-
nir répartteur. Douleur dans le présent, donc crime dans le passé, mais espérance et
justice dau l'avenir.
• Tu «awrw 0>m dt to¥l« tt» éau, tt ton pnduin cowm» toi-méma. L'homme autre-
fois a pécbé, rt voilà poniquoi la vie terrestre est une vallée de larmes. Mais ce n'est
qn'DD passage; il y aura une autre vie, car Jésus par sa morf a racheté les hommes du
pécbé. Avec cela tout bomme avait, pour ainsi dire, une boussole pour tous les événe-
Boents de t» vie. Panvre ou riche, heureux OD malheureui, il avait la raison suffisante
de toute chose. Ainsi, jalonné en avant et en arrière, il n'avait plus qu'à harmoniser sa
vie avec ce point de départ et ce huL Sa naissance, sa condition était un lait qu'il devait
aecrpler tel qu'il lui était donné. Heureux , elle ne devait lui paraître qu'une occasion
plus Cavorable de s'avancer vers sa destinée étemelle par ses mérites envers ses frères ;
malbenreux, il n'avait pas le droit d'en murmurer. L'inégalité des eonditioni, la rigueur
incessante du sort pour le grand nombre, le scandale de la richesse avec tous les vices
diezqaelqnes-UDS. l'iniquilé. la tyrannie des gouvernants et des maîtres, tout ce chaos
enfin qui pèse si atrocement sur nos Ames et sur notre imagination, k nous que la pht-
tosophie du xvni* siècle el la révolution ont émancipés du passé, en esprit, mais non pas
en [ait; ce chaos, dfs>je, n'existait pas pour l'homme qui portail gravée dans son ccaur,
dès ses premiers pas dans la vie. la solution chrétienne. Avec celte solution, il n'y
avait même sur la terre aucun mal absolu, puisque tout mal était amplement réparé.
Tool, an contraire, était épreuve et occasion de salut pour cette autre vie qui absorbait
les Ames. Ajuuiez que les institutions répondaient de toutes parts k celle éducation, et
qak chaque inslaut il ne tenait qu'à vous de fortifier el d'éclairer votre foi , de la retrem-
per, de la regraver en vous-mêmes, en voua adressant A l'Eglise qui iocessammenl ,
jour et nuit, par toutes sortes de voies, appelait chacun à venir m puriSer et se reposer
VD inslanl dans son sein, ou s'y confier pour toujours.
■ Voi!A ce qu'elle disait, cette foi. ■ (P. I^bodx.)
|U.
Hais ces célestes clartés, ces chauds rayons de vie el d'amour qui édairaieot, qui ré-
rbaoffaieat l'bumanilé et la soutenaient vers le ciel, ils sont éteints. Maintenant de froi-
des ténèbres enveloppent la lerre et pèsent sur les générations comme la pierre sépul-
cnle sur la déponUle des morts. Dans celte absence de toutes doctrines viUles, au mi-
lieu de cette atmosphère glacée, da ceUe unit profonde où s'agitent eenfosément tons
tas élémeate d'une société en dissolntioD. que devient l'enfant, que devient l'homme,
répons, le père ? que deviennent les grands principes, l'égalité, la liberté, la fraleroilé.
Il propriélé, l'obéissance, le travail, cl tout les droits et tous les devoirs T... Anarchie t
IB MCTIONNAIRE APOLOGETIQUE. ' W
anarchie citile t ana«*ie politique I telle eil la loi de notre temps j miaères 1 angois-
ses l désespoirs I tel est te spectacle que préiente une société sans Dieu I
• Haintenanl, je le demande, où sont les principes que tous donnerez comoie une
bouisole k vos jeunes générations T Cro^ez-TOus, par Assard, qu'il n'en soit pas besoin,
que ce soit efaose superflue et dont les tiommesse passeront désormais? Crojrez-vous
que rhomme soit arriré de progrès eo progrès & une époque où il rirra sur la terre,
comme l'animal, sans conscience et sans souci de la destinée générale T... Puis concevez-
vous ta société, saoa aucune base reconaiie? Jouir, diront les nos ; souffrir, diront les
aulreatbssard, fatalité, dironl-ila tous eo cbœur. liais n'en tend ez-Tous pas ceux-ci s'é-
crier en murmurant : Pourquoi toi^ours souffrir T
■ Le stoïcisme et l'épicuréisme ont pu être, comme le dit Montaigne du doute, un
oreiller doux et suffisant h quelques-uns, car l'orgoeil calme du stoïcien a aussi sa dou-
ceur. Hais ce n'est qn'une eiception, uncas particulier, inBniment rare. L'immense ma-
jorité des lèles humaines est incapable ds reposer sur ciit oreiller. Il faut, pour s'y ap-
puyer, des dispositions innées, toutes particulières. L'épicurien, qui sait vîTre calme
dans des bornes vertueusea. est un prodige: le stoïcien qui sait religieuaement souf-
frir en Oit un autre. Laissons donc les prodiges, les exceptions, et considérons le grand
nombre , la multitude devant laque/le tes exceptions sont comme si elles n'exis*
taient pas.
> Or, sans même parler de l'immense multitudt, abandonnée comme un vil tr nupeau
è l'instinct de ses passions, aux prises avec la nécessité et le hasard social, qu*es^ce
aujourd'hui que l'éducation pour le petit nombre qui en reçoit T C'est la lutte des tra-
ditions du passé avec la scîeiiGe moderne, la lutte des dogmes chrétiens... et de la pbilo-
Sophie, qui ne sait encore que détruire ; c'est un mélange hétérogène de loules sortes
de principes qui ne sont pas des princif es, de vérités et d'erreurs mêlées k dessein. La
synthèse nouvelle, n'étant pas faite, laisse de toutes parts un vide knmeDse. Ainsi se
forment de fragiles caractères 1 pleins de trouble et a'ineobérence ou de stériles et in-
({rales natures, n'ayant d'antre règle que l'égoisme. £t une fois la vie ainsi commencée,
elle continue de faux pas en faux pas. L'enfant devient homme, époux et père, il voit
s'élever autour de lui des berceaux et des tombes ; et, k mesure son cœur s'atrophie ei
se resserre, ou se désole et se lamente amèrement ; car plus sa pensée devient grsve, plus
l'isolement se fait sentir, plus la misère de l'homme, réduit k ses propres forces dans la
solitude de celle société, devient pénible et affreuse. Sur tous les grands mystères qui en-
serrent la vie humaine, comme sur tous les devoirs de cette vie, la. société silencieuse
l'abandoDoe )i lui-même; pas une leçon, pas un conseil, pas un appui.
«Comme Young, en terre étrangère, il est obligé d'ensevelir lui-même les restes qui
loi sont ehers ; mata il n'a pas comme lui, en mémoire, les rites de sa patrie et de sa re-
ligion ; i) est au milieu des hommes ; il est sur la terre natale, et il est seul en es-
prit sur la terre.
■ Nous avons grandi, nous avons rejeté bien des erreurs, découvert bien des vérités,
nous avons soulevé bien des voiles ; mais, de pas en pas, è qoelle nuit profonde nous
sommes arrivés I Ainsi, quand on s'élève en sommet d'une haute montagne, il semble
que l'œil, plus près des étoiles, va jouir d'une éclatante lumière et de ravissants spec-
tacles; mais arrivé au sommet, on est tout étonné de se trouver couvert de ténèbres,
et le soleil qui brille dans celte obscurité nous envoie une ' lumière qui nous
bleese.
• La ferre est toujours une vallée de larmes ; mais les malheiireux n'ont plus le ciel ;
et plna le cœur et l'intelligenoe humaine se sont agrandis, plus le spectacle de cette hu-
manité sans psradis est repoussant et cruel. La vie présente , ainsi privée du ciel, est un
labyrinthe bâ tout homme doué de sympathie et d'iotelKgeoce est destiné i être dévoré
))or la douleur et le doute.
■ A quoi me sert que la vie antérieure de l'humanité ait dévetoopé mes 5vmf»-
B nnoDUcnoN. n
ibief il <Ieudu mno iatellij^ce, quand luuteà mes sjmpatbies sonl blessées et mon
lutelligniQ* confondue?
tlnéeiljiésiir II [erre, mm égalité dans le eiel; en d'entrés termes, Injaslice sur ta
itm. aieis joalice dans le eiel ; voiU ce qu'on disait aotrefois. Uais aujourd'hui que l'é-
dité terrestre est proclamée et que l'on ne croit plus ni k l'enfer ni au paradis, que
vouJex-TOos que fesse la logique bumaine avec uoe terre oà régnent partout l'iniquité
rirnégalilé 7 Elle ne peut en conclure qu'une chose, cette logiqae : c'est que tout dé-
[«od do hawrd et de la btalilé; qu'il n'j a par conséquent ui droit, ni devoir, que
rlM n'est Trai, que rien o'esl ioste ; que Térité, vertu, justice, sont des mois et ne
fvalque des moU... Quoi 1 ne voyes-vras pas que votre égalité devant la loi n'est qu'un
icorre d'égalité véritable et ooe absurde chimère, quand, pour la satisfaction d'oisifs,
IsDLde rniHioas d'homaus travaillent sans relâche, n'ayant pas un instant pour penser,
[loar s'élever k Dieu, pour sentir, et sacrifiés k des machines, quand eetles-cr coÛIcnî
BMMOS cher i ceux qui exploitent et les hommes et les maehint'B T Et quel frein avez-
vous laissé sas misérables et quelle règle de vie leur avez-vous domiée T Vous avez ef-
Ufé de leur cwur Jésus-Christ, qui commandait aui hommes, au nom de Uieu, de s'ai-
■ler les MU les antres, et qui promettait un i>ort aux affligtis. Mais savez-vous que
c'est une borrihle chose que de conserver le bourreau aprèa avoir âté le cou-
fesseurf
■ ie porte mes jeux sur les heoreux de la terre. Plus de castes guerrières, plus de
castes tjiéoeraliques... Hais qui les remplacoT Jésus chassait les marchanda du lemple;
sujowri'hai ce sont les marchands qui ont chassé Jésus du temple. Le oMDploir aossi
a remplacé la lice. Je vois des hommes de lucre et de propriété qui lullenl arec acbar-
Leoent les DOS contre les autres, spéculent sur leurs rbioes muLuelles, exploitent les
bûérables qui, sons le nom de prolétaires, ont succédé aux esclaves et aux serfs, et se
■ireol solitaîremenL h leurs passions. Pourquoi veul-ou que je les boooreT Ne serais-jA
;ai eiposé cent fois pour une à honorer la ïraude, l'avarice et la cnpidiié! Rt pourquoi
cùileurs les honorer? Us o'ont travaillé que pour eux.
■ lis o'onl travaillé que pour eux, ces puissants, sur la terre aujourd'hui! Le prêtre
Vtrajilait ttu était censé travailler à conduire ses frères dans le ciel. Le noble travaillait
' 3 était censé travailler i proléger sur la terre ses frères pendant leur pénible achrmine-
ïi-ent vers le ciel. Uais les puissants d'aujourd'hui ne travaillent et sont autorisés \
i.e Iravailler que pour eux, pour eux sur la terre, pour eux sans l'allente d'un ciel
reconnu chimérique.
« Ce qui consolait de l'inégalité anlrefois n'existe mémo donc plus. L'inférieur, autre-
' '.tt foavait respecter et aimer le supérieur, et nominalement le devait, car eelui-ci u'éri-
:^aît pis en principe qu'il n'exislait que pour lui-même, qu'il n'avait d'autre objel que
. .i-méme, de mobile que sa cupidité, de règle que sou égoïsme. La société laïque rc-
;<^4ait, eomme on l'a dit, sur l'hoooeur. Rendre l'honneur et le recevoir était la satisiào-
yj da eœar humain dans la période de l'ioégalilé consenlie. Aujourd'hui, ces mots d'boo-
:..;ar et de considération n'ont plus même de sens, puisque, d'un côté, l'ioégalilé n'est
: *s cooseniie, quoiqu'elle subsiste, et que, d'uo autre uàlé, le supérieur n'<a de règle
l M soa égnîsme.
« La société autrefois avait au moins d'uue famille la forme et l'apparence. Les rois se
. ssieat les pères des peuples; les prêtres s'en disaient les éducateurs; les nobles s'en
-aaîeait les aloés. Quel qo'eftt été donc le sort qui vous eUt échu en partage, fussiez-
".is serf oale plus illettré des hommes, vous tous trouviez relié k la tiBiille humaine.
'-\'jtu»euT, comme le phjs riche de tous les métaux, circulait dans la société et servait de
•-.jta d'échange. Le plus pauvre, en rendant l'honneur, avait droit lei-méme à la coDsi-
--ftùoai car cet hommage qu'il reodâîl était nne richesse de son âme que reconnaissait
' t j qoi acceptait cet honneur. Il n'y a plus d'autre matière d'écbange-entre les hommes
' .': .'or ; el celui qui en est privé n'a rien k docner aux aufrcs, et par cons(^j|uent rit^n
a ïB recevoir. Ce n'esl pins même t'birmme qui règne sur l'homme; r'e&t do métal qui
S7 DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE. S
règne, c'est )a propriété qui règne, donc c'est de la matière qui règne, o'est.l'or, c'est
l'argunt, c'est de la terre, de la boue, du fumier. Supposez un amas de fumier, couvrant
dix lieues carrées de lerraio ; quel que soit l'homme auquel appartiendrait cet amas de
fumier, cet homme serait un des princes de la terre aujourd'hui, et il aurait le droit de
faire passer h un autre, fût-ce à un scélérat couvert de crimes, toute sa puissance. Aiflre-
fuis on possédait la matière parce qu'on avait un tilrtt dans la société ; aujourd'hui c'est
l'inverse. Oa a litre dans la société k litre de la matière que l'on possède. Donc, encore
Due fois, c'est la matière qui règne. La société aujourd'hui danse autour du veau d'or.
■ Je ne veux pas aiorer le veau d'or, s'écrie l'Ame humaine^ au milieu de celte société
qui l'adore. Je neveux pas être k litre de matière; je ne ypux pas rendre honneur fc ceui
qui n'existent qu'à ce titre. J'avais autrefois une richesse qui n'était pas matière; j'avais
pour richesse l'estime dont je pouvais payer lea travaux des antres. A tout homme qui
me servait en servniil la société, roi, nohie ou prêtre, je décernais cette estime. Je pajrais
un tribut de mon admiration ; je donnais de l'amour et je vivais ainsi; car, aimer sous
tous les aspects, c'est véritablement vivre, et la vie n'est que Ik. RendexHnoi dono ma
richesse l
■ Aveugles à qui le Christ disait ; Futu atex dtiM yeux , tuait «ous ih «oyM point!
Di'ohjeclorcz-vous donc que la propriété n'est pas d'aujourd'hui seulement, et qu'elle
existait pendant tout ce moyen Age que je compare A noire état présentT Elle existait
sans doute, mois elle n'existait pas seule. Klle existait avec une société et avec uno
religion : or, vous n'avez plus aujourd'hui ni religion ni société; tous n'avez plus que
cette propriété, ou, en d'autres termes, que le respect de la matière. Aveugles ou
sophistes, ne vojez-vous pas que ce qui n'était qu'une chose permise par la religion et
la aociété a pris aujourd'hui ta place de la religion et de la société, et a tout envahi
comme le mauvaise herbe qui pullule Ift où devait croître le bon graint Quand il y avait
une religion et une société . la propriété exisUit avec la sanction de cette religion et do
celte société ; et , ainsi placée à son rang, k l'ombre de cette religion et de cette société,
elle élaît légitime. Dépouillée aujourd'hui de cet abri et de cette sanction , elle n'est plus
qu'un fait sans droit, et, en présence de l'égalité proclamée, qu'une sorte de spoliation
des pauvres par les riches. Quand il y avait un autre droit , la propriété pouvait avoir
droit; mais at^ourd'hui qu'elle veut être le seul droit, elle n'a pas droit et il n'y a pas
de droit.
« Puisqu'il n'y a plus rien sur la terre que des choses matérielles, des biens matériels,
de l'or et du fumier, donnez-moi donc ma part de cet or et de ce fumier, a le droit do
TOUS dire tout homme qdi rt^spf re. Ta part est faite , lui répond le spectre de société que
nous avons aujourd'hui. — Je la trouve mal faite, répond l'homme i son tour. — liais
tu t'en contentais bien aatrefois, dit le spectre. — Autrefois, répond l'homme, il y avait
un Dieu dans tu ciel, un paradis A gagner, un enfer A craindre... Il y avait aussi sur In
terre une société. J'avais ma part dans cette société ; car, si j'étais sujet , j'avais au moins
le droit de sujet , le droit d'obéir sans être avili. Mon maître ne me commandait pas sans
droit, au nom de son égoïsme; son pouvoir sur moi remontait A Dieu, qui permettait
l'inégalité sur la terre. Nous avions la même morale, la même religion. Au nom de oettu
morale et de cette religion, servir était mon lot, commander était lu sien. Hais servir,
c'était obéir h Dieu et payer de dévouement mon protecteur sur la terre. Puis, si fêtais
inférieur dans la société laïque-, j'étais l'^al de tous dans la société spirituelle qu'on
appela:t l'Église. LA ne régnait pes l'inégalité; lA tous les hommes étaient frères. J'avais
ma part dans cette Église, ma part égale A titre d'enfant de Dieu et de cohéritier du
Obrist, et cette ^liae encore o'éloit que le vestibule, l'imoge de la véritable Église.
de l'Église céleste, vers laquelle se portaient mes regards et mes espérances. J'avois bqb
|)art promise dans le paradis promis, et devant ce paradis la terre s'efTbçait k mes yeux.
Je reprenais courage dans mes souffrances, en contemplant dans mon âme ce bien promis
A mon Ame; je supportais pour mériter, je soulTrais |>our jouir de l'éternel bonheur.
Je n'étais pas pauvre xlors, puisque je possédais le paradis en espéroace. J'étais riche.
B niT&ooncTion. so
aa coDlraife, de lous les biens que je o'anis pis «or II terre; eir le FHs de Dieu mit
dil : Bienttmreux Ita pmnvra ntr ta ItrrtI et je Toysis autour do moi toute uoe hiérarcbie
inciale qui , prosteniée aux pieds de ce Fils de Dieo, m'attestait la léiilé de sa parole.
Dus toales mes donlears , dsos tontes mes angoisses , dans toutes mes faiblesses, daos
lottes mes passions, el jusque dans le crime, la société veiliait sur moi; j'étais entouré
d'hommes , mes égani ou mes supérieurs, qui comme moi croyaient au Cbrist, su
fsradis, k l'enrer; la milice de l'élise terrestre était i mun serrice pour me diriger el
■'«ider k gagner l'Eglise céleste. J'aTais la prière , j'avais tes sacmnents, j'avais Je MÎM
■Kriin, j'atais le repentir et le pardon de mon Dieu. J'ai perdu tout cela : je n'ai plus
de paradis i esiiérer; il n'y a plus dlïglise ; tous m'avez appris que le Christ était un
lapoetcor; je ne sais s'il esfste un Dieu , mais je ssiaque ceux qui font la loi n'y croient
ptfere, «I font la loi comme slls n'y croyaient pas. Donc je veux ma part de la terre.
Vo«t aveiloul réduit i de l'or et du ftimier; je veux ma part de cet orel de ce fumier.
■ Travaille, lui dit encore le spectre, qui représente aujourd'hui la société; travaille,
tl lu jgrss U part.
• Travailler 1 je vous entends, vous voulez que je continue & travailler pour des maî-
tres, dM sapérienrs, comme je le faisais autrefois. Hais je n'ai plus de mallres, je ne suis
pins aoielj jons sommes lous libres, tous égaux. M'est-ce pas vous-mèin^s, mes anciens
■altns, qai ne l'arei appris? Il y avait autrefois une raison pour qu'il y eût des inférieurs
dans la sodélé. Il n'y eu a plus; et vous voulez que j'obéisse encore I Je le veux bieo,
oéasBoins, mais i condition que vuns me montrerez ceux A qui J4 puis légitimement
obéir, oiiéir sans me d^rader, sans mentir k ma conscience, sans honte enfin el sans >n-
fiiaie. J'obéissais au rui, et le roi s'appelait fils aîné da l'Église, tenait son pouvoir de
*** pères et recocoaissaii le tenir de Dieu. J'obéissais aux nobles, qui eux-mêmes obéis-
laiaal eti roi, el qui tenaient également leur puissance de leurs pères ; mais qui, eomme
k roi, se soumettaient dans la morale et la religion k l'Église. J'obéissais aux prélres qui
éiaieat les ministres de celle Église, et qui servsieut d'éducateurs h lous. Je devais au
rai serrice pour le sûreté et les intérèls du royaume ou de la chrétienté tout entière, re-
dcnnee aux nobles sur la terre desquels j'étais, foi k l't^lise et 6 ses représentants. Uais
}*mn* OD ne me fiorça d'obéir à des liooimes de lucre et d'égoïsme, k des hommes occu-
pés de bar iotérèl privé, k des hommes livrés k une seule passion, l'avarice. Qu'un
) autrefois livrlt son âme k l'avarice, cela n'en faisait pas légitimement uo des
I de la terre ; bien plus, il était obligé de se confesser de son avarice, et le plus
pauvre serritaur do Cbrist avait le droit de le moraliser. Donnez-moi donc d'abord des
sapérienrs que je puisse respecter, on souffrez que je haïsse les supérieurs que vous me
doBuerez Hais pourquoi parler d'obéissauce, pourquoi parler de maîtres, de supérieurs?
ces BOls-lk o'oDt.pIus de sens. Vous avez proclamé l'égalité de tous les hommes i donc
je D*al plus de mallres parmi les hommes; mais vous n'avez pas réalisé l'égalité proela*-
«ée; donc Je n'ai pas même ce souveniin abstrait que vous appelez tantAt, |tar un men-
STjoge. U nation ou le peuple, et tantfil, par une autre fiction, la loi. Doqc, puisqu'il n'y
a fias ni rois, ni nobles, ni prêtres, et que pourtant l'égalité ne règne pas, ja suis k moi-
céne sDOn roi et mon prêtre, seul et isolé que je suis de tous l«s hommes, mes sembla-
l'es, égal k chacun de ces hommes, et égal k la société tout entière < laijneHe n'est |ias
une société, mais un amas d'égoïsmes, comme moi-même je sois an égoïste. Et quaod il
T «nrail soos ces noms des rois, des ooliles et des prêtres, ou sous d'autres noms, des
peaptefanu de mes anciens maîtres. Je ne leur devrais pas obéissance ; car entre mes
efictcns mallres et moi, il y avait un contrat qui n'existe plus. Ceux-lk reconnaissaient
lae religîoD que je reconoaissaii aussi. Au-dessus de nous tous, il y avait un juge, et
loas. oséme sur la terre, nous faisions partie de la même oité, l'Église. Vous m'avez tM
k paradis dans le ciel, je le veux sur la terre I Vainement les sophistes gagés et les par-
Uisns tagénns du pmpriélarisme ont répondu k cet homme, qui réclame sa part intégrale
cam le mobilier actuel de la société, que, si on obtempérait k sa demande, il n« serait
iv, «tons le premier moment, très-ricbei el deTietulrait bientAt fort pauvre ; que >a part
SI DICTIONNAIRE APOLOCETIQUE. 3f
serait, comme dcBS la cenle de Voluire, île quelques ctnt iau, el qu'k lout prendre, H y
a plus de profit à vivre dans la société telle qu'elle est au'à se faire octroyer la loi
agraire.
« Abl sophistes ou bonnes gens, ~je vous remercie; — vous jetez \h, sans le savoir,
un grand jour sur celle qoestion de la propriété.
« Oui, vous avez raison, chacun de nous serait pauvre si la lerre et lout ce qui com-
pose le mobilier social, était divisé en parties égales entre tous les hommes. Vous avez
raison, mille fois raison ; c'est la société, c'est l'union des hommes entre eux, c'est l'orga-
niHlion enGa qui produit la richesse. Sans la société, la terre se couvrirait biealôl de
ronces, sans Iti société, l'homme deviendrait bientAl stupide et féroce. Ce prolétaire, qui
se plaint et qui réclame sa part de rhérilaga commun,» donc besoin de la société oomme
vous, riches, en avez besoin. Comment donc sa pose la question entre vous et le prolé-
taire? C'est une question de gouvernenlênl, une question de politique en môme temps
que d'économie politique. Il vous dit : Je suis pauvre, je veux être riche, puisqu'il y «
des riches. Je ne suis pas libre, je veux être libre, puisqu'il y en a qui sont libres. Tu se-
rais plus pauvre encore et moins libre sans la société. Alors il vous demande où est la
société, c'est-à-dire où est le droit, où est la sanction de voire richesse et de sa pauvreté,
de votre liherté.et de son esclavage? Vous ne pouvez pas te lui dire, reste donc la consé-
quence. Pourquoi'les pauvres ne prendraient-ils pas la place des ricliesl A cela vous ne
répondrez plus que par le fait; el c'est précisément ce fait qui est en question. Vou; Ates
de mauvais logiciens...
< AussilAt que la religion est enlevée au peuple, le peuple est dégagé de toute obéis-
sance, el voilà ce qu'ont entrevu grossièrement ceux qui ont érigé cet axiome hypocrite
d'une politique infâme : 11 faut au peuple une religion. — Oui.... il faute rboaime,A l'es-
prit humain, l'égalité par l'ordre ou l'égalité par le désordre; l'égalité par le consente-
ment mulucii et rhannonie, ou l'égalité par la discorda et l'anarchie; l'égalité, enfio, par
lu société, ou l'égalité par ta dissolution de la société, il faut au peuple .l'égalité la plu»
grossière, la plus matérielle, ta plus fjsusse, par conséquent, et la plus décevante, si voua
ne pouvez pa» constituer religieusement les différences qui existent entre les hommes.
■ Comment le droit peut-il s'accorder avec lui-raôma, «'est-à-dire comment le droit do
l'un peut-il s'accorder avec le droit des autres T ~~ Vous le demandez au ciel , \ la terre, h
tous les échos politiques de mon temps; mais le ciel et la terre et tous les échos sont
muets pour vous. Liberté, égalité, voilà le terrible problème qui réduit ^ l'snarchie et
met aux abois votre prétendue société. C'est qu'il y a un troisième terme fratemilé, qui
pourrait servir de lien aux deux autres, si tous les trois élaîent réunis dans une seule
pensée, qui a nom religion. Malheureusement pour vous, avec la religion , la frater-
nité est remontée dans le ciel, et a laissé aux prises sur la terre la liberté de l'un avec ta
liberté de l'autre.
■ On entend un horrible bruit de combattants qui se heurtent el se déchirent. Un spec-
tre pâle el tremblnnl se présente el dit : Rentrez dans l'ordre, je suis la société. Unamui-
litudede voit s'écrient aussit&t : Vous dites que vous êtes la société, faites-nous donc
justice: nous souffrons el en voici qui jouissent ; donnez-nous autant, ou dites-nous pour-
quoi noossouffrons. Le spectre se lait, immobile el la tête penchée .vers la terre. Alors
ees hommes, voyant que ce n'est qu'un fanl4me impuissant, s'écrient en reprenant leurs
armes : A bas tout ce qui nous opprime I Pourquoi tes inférieurs ne renver*eraienl-ils
pas leurs supérieurs? Pourquoi les pauvres ne se mettraient-ils pas i la place des riches T
Pourquoi des inférieurs? Pourquoi des riches?! (P. LskOttx.)
Esl-ce asseï de problèmes soulevés, mais insolubles en dehors du cbrislianisroeT Esl*ce
assez de questions évoquées et posées là, devant vous, sinistres et menaçantes? Bsl-ce
asseï d'abîmes ouveris sous vos pas? Dieu, ses préceptes , sa loi , son culle vous impor-
tunent; ces mots de Christ, d'Évangile , de religion , d'Église , de pratiques chrétiennes
fatiguent vos oreilles; à la twnne hyurt'I Mais è la place de ces chants d'amour qui
s'élevaient pour bénir , il vous faudra subir ces cris d'une société en détresse qui hait et
as INTRODUCTION. S4
qsi vaodii ; inmenM diDieiir qui saura bien atteindra les joies de nitra ioapttnyalile
^isne el U slupide sécurité d'une Tîe eoo&oée dans ses appétiU brutaux.
im.
A ranirehie civile, i l'anarcbie poliliqae, rient se joindra l'aDirebie morale. En eVel.
en debon de la reiipoD, «DCDoe digne a'est possible ooatre Je débordement delà corrup-
tion- il D'est aacon frein que l'on puisse op|H»er aux passions, i fa déprafalion des
Bfsurs. La femme, tristement déshéritée de ces célestes espérances qui la snuleTaieot de
tetre et dilataient son cœur dans les saintes effusions de la piété et de l'amour, ne Ironve
plus rien «oloar d'elle qui compense cette abnégation qu'on lui demande, celte résigna-
tion qu'on loi prêche , celte inrériorité à laquelle elle est condamnée. Alors se» plus
BoUes* ses pins chastes insiiocts se pervertissent. Cette prédominaifce de sentiment ou
famoar dont elle a été douée par le Créateur devient, loin de la religion qui la dirige et
la purifie, on<f lireace honteuse, l'instrument Funeste d'une corruption universelle.
Oa'esl-ee qoe le lien conjugal, qu'est-ce qne le mariage , dans une société où le matéria-
lisme triomphe, où ia volupté a tout envahi, où un grossier sensualisme a tari toutes les
sources pores qui alimeotaient la vie?
• Vest-ii pas vrai que c'est un juli et moral axiome, dans le sens oh on l'entend com-
monéoienl, que celui-ci : Il faut une religion aux femmes? Bb ! sans doute , mais par la
Déow raison qoe je viens de montrer qu'il eo faut une an peuple , et non par une autre
raison. Si bien qne, moi, je dirais volontiers qn*il faut une religion à tout le monde , aux
boomes comme anx femmes, aux arislocrales comme au peuple.
«Lesfemmes, de même que tout ce qui a été asservi jusqo'ici sur la terre, trouvaient
sa seio de la religion le nécessaire supplément k leur inégalité; elles partageaient en
cela le sort du peuple. Comme lui dune, elles sont aujourd'hui dégagées de l'obéis-
laoce, maie comme lui elles sentent plus que les autres portions de la société l'absence
tfone religion.
< Esprits forts, qui consentez ï ce que les femmes et les enfants aient une religion :
UfÊmt mue rHigiom aux femmes signiGe dans votre bouche, que vous aurez le droit de
utisEiire vos passions, mais qu'elles n'auront pas le droit d'écouler les leurs. C'est
«âme, il fmU wie religion au peuple, ce qui , pour vous , signifie que vous voulez avoir
des ttdarca dudles, afeiigles comme ceox dés Sc;llies, cl bien muselés.
• Les honnêtes politiques qui veulent une religion pour tes femmes et les enfants,
nuis qui n'en veulent pas pour eux-mêmes, considèrent la religion comme un frein,
comme le mors avec lequel on gouverne un cheval fougueux. Souvent les femmes elles-
mttMK» appelleot la religion à leur secours, uniquement aussi comme un freïo dont elles
9M besoin pour se gouverner. Cette idée qu'elles se font ou qu'on leur donne de la
religioa est assez mesquiue, mais elle est vraie : la raligiou était on frein et ce frein
b'cxisie plus.
« Allex dcnc attîourd'bui , prendre on Crein pour le plaisir d*«o avoir on , e'esl-li-dire,
Iiiln-voas esdave pour le plaisir d'être esclave l
» J« a^mi lom ttnitturiept ani , dit Jacob au père de Rachel, mai» au bout de ces tept
■■, ta mu éùmmtrm la fitte eumariage. On conçoit que les femmes aient fait comme
Jicob, et qu'espérant Rachel dans le ciel, elles aient servi Labao sur la terre.
■ Aprtsque la femme eut été longtemps traitée comme une proie et une chose m»t£-
rîefle, on lui prêcha le dévouement, l'abnégation et l'obéissaDee do harem oriental • du
ETDécée de l« Grèce elle passa par le christianisme dans le mariage. Hais remarquez
mmbimu em mariage supposa le ciel pour correctif. Saint Augustin termine un sermoii
lar le mariage par montn-r aux femmes que le vrai mariage est celui qu'elles doiveol
caucaeter dans la eélesle Jérusalem. Tous les prêtres chrétiens «kt fait comme saiut
lagustio, loos ont dit à la femme : Souffre sur la terre , sers ton chef, l'homme; tu es
l'é^ase du Christ : Jacob, qui sert Laban pour épouser Raclicl, est ton image.
■ Mais aujourd'hui , ouest l'époux promis aux femioes par le christianisme? J'ai dit
a DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE. M
)tlu9 biutt à propos de la justice, qu'il osl horrible de cooserTer le bourreau après avtrir
àlé le cooressear i je dirai ici, en parlant du mariage , qu'il est absurde et inique de coii-
serverdans vos codes le aermentd'obéiasBncede la femme, quand TOuane pourez pas lui
montrer le prii de cette obéissance.
< Ce qu'il j a de plus beau , euivant mot , dans la peinture que Uichel-A.nge nous a
faite du jugement dernier..., c'est le groupe des femmes k la droite du Cbri&t, qui
s'élirentde tetrOtet moDtealauciel, aoapas seulesi mais en emportant des bomoies
«Tec elles.
■ Gomme si leurs souffrances» en tant que femmest les araient affrancbies de ce lien
de la pesanteur qui attache les hommes h la terre, elles s'élèrent (ur leur propre poids,
pour ainsi dire, vers la céleste demeure . sans ailes et sans anges qui les supportent et
les aident à monter. Au contraire elles-mêmes supportent et îont monter avec elles leurs
frères, leurs époux.. Ceux-ci , affaissés sur leurs épaules et sur leur sein • indiquent
Lien la raer?eilleuse propriété quont ces femmes de monter» comme s'élèrerait un corps
plus léger que l'air, un aérostat , par exemple, aussilAt que l'on aurait brisé sa chaîne.
Pourquoi Uichel-Ange, voulantpeindredes êtres à cetéttt de charité qui leur fait sauTer
les objets de leur amour, n'a-t-il donc représenté que des femmes T Pourquoi pas
d'hommes embrassant ainsi et emportant au ciel leurs soeurs , leurs époiuaf Pourquoi
ce divin poids vers te ciel, qui remplace l'attrait Yers la terre, se trouve-t-il ainsi l'apa-
nage des femmes T Je at sais si je me (rompe, et si , n'ayant pas le tableau sous les yeux,
je ne prête pas au peintre des idées qu'il n'a pas eues; mais il me semble que fa nature
particulière de la fbmme, et sa conditiou particulière sur la terre pendant la loi du chris-
tianisme, sont exprimées là avec un art sablime. âuhalternîsalion sur la terre, mais
rédemption proportionnée lorsque la trompette du jugement dernier sonnera, et que le
Christ, le divin roi d'équité, paraîtra sur son trène escorté de ses anges t voilà i'srrét du
christianisme sur la femme (10).
c On peut remarquer que le protestantisme fut plus dur, plus intolérant pour la femme
que le catholicisme: le culte de la Viet^.... était évidemaient un retour vers l'égalité
des deux sexes; mais les protestants Irailèrent Iq Vierge comme une Astarlé et une Vé'
DUS paieDDO... Est-ce qu'à chaque page, pour ainsi dire, de Hilton rinfériorilé absolue
de la femme n'est pas proclamée î N'est-il pas dit cent fois; dans ce poème , qu'elle eat
un appendice, une propriété de Tbomme, qu'elle a dans l'homme sa raison d'être,
qu'elle ne peut s'élever directement à Dieu, que l'homme seul a ce privilège : hi for
God on/y, thtfOr Godbj/him.
«Encore «ne fois donc, rien n'est phis certaki . le chrislianiarae suhaiternisait la
femme à l'homme... Hais voyez l'admirable loi de compensation 1 en même temps... , le
christianisme rètabliasait l'équilibre, ta justice, l'égalité, en disant à la femme : Tu «s un
être de défouemenl et d'amour î sache que j'ai pour toi une récompense digne de ton
cœur, Dieu te teut pour épouse ; tu seras l'épouse du Christ. N'est-il pas vrai que si ta
aimais sw la terre, tu saurais réellement aimer , que tu garderais ta foi , que lu subirais
toutes les tortures pour ton époux ; que tu roudrais mourir pour M à tous les instant»
de la vie t Apprends donc mon secret... cet époux eiist-v le p'"» B"od » ta plus beau, te
plus divin de tous, et il vent que tu souffres pour lui : garde-lui seulement ta foi «t ti»
le verras un jour.
< Hichel-Aiigo , le soblime peintre, traduisait cette pensée, lorsqu'il représentait cua
femmes de too ju^mtnt dmitr qui s'élèvent naturellement vers le ciel , comme le fer
est attiré vers l'aimant.
> Haï* aujourd'hui qu'il est détruit, cet aimant, qui les attirait vers le ciel , vers quoi
Toulei-vous qu'ellea gravitent T i . .«...
« Je prends pour eiemple sainte Thérèse, et je vous dematMlo vers quoi voulei-vou»
qwa l'Ame de Thérèse gravite T
(10) ttteut indiftndante, l. I, p. i7. .--.•.,•
n iNtRO&i'crioN. ss
« Om fuffrir^ Seigneur, ou mourir, éla't "a|iliorisiue de Cette feinine, f|ui porta l'amour
ditiB au plus baot dagré dopt ta cœur liamaiu soit capable : ou iou/frir ou mourir, c*esl-i-
ilira souffrir sur la larre, ou mourir pour aimer ilaos la ciel , c'est-k-dire encore souDVir
sar la lerre parte qne souff'rir sur Is terre , c'est aimer dans le ciel , c'est aimer même
aclB«Uefli«il t c*esl-A-dire eocore, toujours aimer; aciuellemeat en souffrant, on aimer
«a irooraot leTéritable objet de son amour : voilà l'elTusioD de sainte Tbérèse, jollk la
leauae.....
• Hais «ncore ooe fois, te cbristianisme déiruit, quel but* d'un cAlé , et quel freio d'un
aatre, doonei-Tuns h cette Ame P
« S»jnle Tb^ràse déSoisssit les toormenls de l'eiirer . en disant de Satan : le malhew
mtf, il n'mmu frw / — En lui Otaot i elle-même Jësus-Cbrist h aimer , n'est-il pas éTî-
daolqaeTou laréduisezk l'enferT-^UfllsnoD, diies-vous , nous lui laissons l'amour;
Doos \m laissons Dieu k aimer, sa famille k aimer, sou mari b aimer. — IMea I où roulez-
Tousqa'elle le trouve, qnaod tous l'avez banni de vos Rroyarccs , de vos lois et de vos
mœanî quand loatea vos wiences matérialistes proclament que Dieu est une erreur;
que votre poliliqaeel votre iodustrialisme le proclament; quand vous détruisez vous-
Béme l'idée d'an culte véritable . en méprisant pour votre propre compte , comme pure
SBparsttlioa, la religion que vous laissez sut femmes, aux enfacts et au peuple T Croyez-
TOos qae sainte Tbérèse ne soit pas en état de vous comprendre , de lire les livres de vos
Mjoes, et lui înterdirez-tous d'Holbach, Voltaire ou Cabanis?
e une Ibis, où voulez-vous qu'elle trouve Dieu i aimer, quand votre athéisme
) donner raison à l'athéisme? Elle pouvait comprendre et aimer DJeu, lors-
qu'elle pouvait avoir avec elle-même ce monologue snblime : Cinq loui retteiU à Tkéréat;
eimq w«um tt Tkirète ce ttett rien ; moù ettif *«m, Thériie et Oint, e'ett tout. Or aujour-
dlmi, je vous le demande, qu'ajoute Dieu à cinq sous ? Cinq sous avec ou sans Dieu,
a'est-ee pas pour vous, politiques et industriels d'aujourd'hui, absolument la mém*
chose? Donc, si les Lovelace du jour rencontraient Thérèse avec cinq suus, Thérète,
îeane, belle et digne de leurs désirs, ils pourraient bien voir sa misère et chercher h em
{«ofter; mais assurément ils ne verraient pas Dieu k cAté d'elle.
■ Le christianisme avait làil de l'amour le frein même de l'amour, en substjtnani
faoHMir de Dieu k l'amuur de la terre. Alors pouvait venir une femme aussi pleine d^
raaoor qne Thérèse; tu christianisme ne la redoutait pas; il lui disait : louffri; Melle-
■éme, traduisant aimer par souffrir, s'écrisit : Nou-ëeultmaU je eouiene à êoufi'rir, maiê
'V ww Momffrir. Alors la société pouvait loi donner un maître, uo mari, et lui dire :
Qaela que soient les vices de cet homme, quelle que soit sa bassesse de esur, lu loi ser*
viru d'esclave; ou hien elle-même pouvait dire : Je renonce à la terre, je renonce à
aimer el k être aimée sur Is terre ; i'aimerai la ciel sur la terre, mais je serai aimée dans
la ciel.
« L'acaonr est une forme de l'égalité on de la justice, de même que l'égalité ou la joa-
lice est une forme de l'amour. Le christianisme donnait l'égalité sous la forme de l'amour
i la femme dans le paradis promis, comme il donnait l'égaliié aux pauvres el ani iof^
rieart, en ce n.onde, sous la forme des bieD4 qu'il leur promettait. Hais si voua dites
aajowd'hoi k cette ême : Tu serviras un maître ; ne vo;ea-vous pas que l'amour se rCrolla
el qne l'égalité déAe ses cbalnes? Ne vojez-fous pas qu'au seul signal de celte tjranoie*
loal le désordre de votre société retombe de tout son |toids sur le cœur de la sainte; et,
cnmnH la goutte d'eau jetée sur un métal précieaz que le feu a rougi, prodail une explo-
sioo qui déiruit et reqverse?
€ Dellaiatrevdil : Lec9ur delà femme est l'i*ttrumeut le plus eeiif el le plu$ puitêuni
fmmr U mat Mauae pour le bien. De Uaiitre a raison. De Uaistre a dit encore : S'il pomait
I «**tr tur ee point du plu* oh du wutîne, je dirai» que let femmei eont plus redevable* que
■Mat «K duieiianitme. Il a encore raison, dans l'hjpothèse de l'inégalité consentie sur la
• Il 7 a dos penaéva, de liaislre eolre autres, qui ont, k l'esempte du cbristiuusmer
SO UCTIONNAinE APOLOGETIUUE. M
coudimné la femme, ou» du moins, l'ont déclarée, sauf le saIuI l'iar la christianisme, in-
férieure de nature à l'bomme, •( produisant plus directeoient le mal; c'est une erreur,
mais qui cache une vérité. Vaioemenl ces penseurs démontrent que. quand le mal moral
se répand sur la terre, c',est par la femme, et que c'est d'elle principalement que vient In
ruine des empires : il ne s'ensuit pas la condamaalion de la fomme comme ils l'entendent.
mais le fait de la deHtruclion des sociétés par la ftimme est vrai. Vainement aussi les
ptiis profonds ou les plus mystiques d'entre eux voieiil leur idée confirmée pur le péchd
d'Eve, qui précéda et amena le péché d'Adam. On peut leur répondre que si Ère pécha la
première, il est dit dans la Bible qu'il est réservé è Eve d'écraser la lAle du serpent ; mais
ce qui est vrai encore, c'est que la femme, étant douée en prédominance de senlîmeat on
d'amour, devient, comme dit de Maistre, plus active et plus puissante que l'homme pour
le mal comme pour le bien : donc, si le mal doit naître de la nature humaine, laquelle est
formée de l'homme et de la femme, c'est par l'aspect de cette nature que représente la
femme, qu'il nottra, de mSme que le bien, si le bien doit naître. De là, le péché com-
meucant par une femme, et le salut définitif promis à une femme. Les femmes sont ins-
piratrices en bien ou en mal.
« Laissons de Maistre s'écrier : Toulei h$ Ugittatimu oni prit de$ préeautioni plut ou
moin$ iévirta contre le* femmts. De noi jourt encore elles tant etclavtê tous te Koran rt
b&et de tomme ches le lauvage, VÉvangiU eeul a pu let élever au ntotou de l'homme en leê
rendant meilteuret; lui teul a pu proclasntr tei droite de la femme aprii lei avoir fait nattre.
et lei faire naUrt en e'établiieant dam le caur de la femme. Laissons , dis-je, i de Haistre
son snalhème contre la femme, qu'il termine par ces paroles : ^ucun tégiilaleur ne doit
oublier celte maxime : Atant d'effacer l'Évangile, il faut enfermer tei femmee ou le* accabler
par de* loi* épouvantable», (elles que celles tle l'Inde.
■ Hais reconnaissons ce qu'il y a de protonde vérité dans ce qu'il ajoute : BteigneM,
affaibliuex ttulement juiqu'à m certain point, dan* un page chrétien, l'inltutnce de la lo,i
divine, m laittanl tubiitltr la liberté qui en était la tuite pour lu femme*, bientdt eeiia
verrex cette noblt et touchante liberté dégénérer en une licence honteuie. Elle* deviendront
te» inttrument* funeite* d'un* corruption univeraelle, gui atteindra m peu de temp» le*
partie* vitale* de l'État ; il tombera en pourriture, et sa gangréneute décrépitude fera à la
foi* honte et horreur.
• Or, vous un effacé l'Evangite, et vous n'avez pas enfermé les femmes, comme lo
veut, en ce cas, de Maistre, ni vous oe \ts avez pas accablées par des lois épouvantables,
telles que celles de l'Inde. £st<il étrange qu'étant ainni devenues les instruments funestes
d'une corruption universelle, qui a atteint les parties Titalts de l'État, cet Ëtat tombe «n
pourriture, et que sa gangreneuse décrépitude fasse h la fois honte et horreur! -
«J'ai dit et j'ai prouvé que, so?s la loi du christianisme, l'apboriame normal de la
femme devait fiire ce vœu qui sortit, en effet, de l'Ame de sainte Thérèse : Ou'touffrir,
Seigneur, ou mourir!.,. Or, passez |tar-dessus deux siècles, et de l'époque de sainte Thé-
rèse arrivez è la Bégence : que deviendra cetlt sublime formule de l'Ame de ia femme,
et comment se (ransformera-tretle 1 De Dieu, on n'en conueit plus i donc, l'apostrophe h
Dieu disparsltra ; le ternie de Seigneur sera éliminé de la formule; il resterait donc :
fouffrir eu mourir. Uais touffrir, c'est une absurdité; pourquoi souffrirî La loi natu-
relle des dtrea est de chercher b Jouir, et non pas b souffrir : aimer à souffrir, vouloir
souffrir pour rien, c'est insensé; donc, au lieu de souffrir, il faut mettre dans la formule
jouir ; celte formule devient donc jouir ou mourir : cela seul est raisonnable. On aimerait
mieux, sans doute, jouir et ne jamais mourir; mais puisque mourir est une loi néces-
saire, l'effort des grandes Ames sera, au moins, de ne pas languir'dans une triste apalhie,
dans une monta existence, dans une demi-vie, dans une demi-mort; donc, pour ces
Ames, point de milieu ijouir ou mourir/
< Or, voyez comme la logique est inireilable, et comme l'histoire réahse exactement
la pensée humaine dans ses phases, semblable è un parfait miroir où l'esprit humain sa
r^léchit. Quel est, je voos le den^ande, le grand mot de la BégeoceT N'eil-ce pas le mol
il HITHODDCTMm. M
da la fille du Régent*: c»«rf« et bomiu, c'est-à-dire joair ou mourir. — Ne votm-toos pas
Il niim de U société sortir de cet élan impétaeoi de la fammu rers le boabear7..,.
• L'homme aime la fcmine, et Toîci que la femme n'accepte plus la sooSï'aDce; duQc,
Fanoar va bonlcTerser cette société qui s'oppose eus désirs de bonheur qu'a la femme*
U femme cherchera le bonheur, et l'homme, entraîné après elle dans cette rechercbei
preadra avidement de sa main le poison qu'elle lui offrira- Que fut la R^nce, que tht le
règne de Louis XV, sintm une baci^hanale aotiqae, où la femme, la baodunte, porte I«
ftinbeaaT
I Je sais bien que la société condamne l'adul lère. de même qu'elle marie et qu'Ole fait
proiMHwer serment d'obéisSaoco à la femme dans le mariage ; mais les forts, lea puissants
se rienl onrertement de la soeiélé sur ce chapitre du mariage. On s'en rit dans les lifres*
ao spectacle, dans les sslobs, dans les tribuoaui, partout : et ainsi la société se rit d'elle^
nèite et de ses arréu.
« Oti fa auitériiUùme triomphe, dit un sage de notre temps, ou It profam « Aowjf^ fa
êÊiri. Comme le lie» conjugal n'cêt plu» tm eaerement, mai'i m bail, l'adtdtfrt u'eet plut
tnimii que detant te tribunal de ravarice; ou te blâme comme une déloyauté commerdaltt
Mifeami tm Aoaune à débourier dei fraie qu'il ne detait pai faire, et â payer devant la M
pour de» enfante dont la nourriture ne devait pat être à $a charge. Dont un» pareiUt ioeiété,
CaimUèrt ett flagrant, ptAlic, effréné, frappant à toutu lee portée.
a L'éeoisme pour loi, le plaisir pour but } tb, société : arec ces deux pilotes, tu oe peut
■soquer de Irourer bientdt le naufrage qae lu chernbes.
€ On dit» tout te monde dit: La société croule parles mœurs; larolupté a loutenTabil
Taoïour da plaisir a tari toutes les sources pures où la TJe sociale s'alimeulatt.... Le mal
semblis aajoord'bQi, envahir la nation toute entière. La littérature, eipressioD de la
société, révèle ce mal et l'augmente encore. — Tout cela est vrai : mais qu'y faire T Vos
remèdes, qoand vous en trouvez, sont atroces et pires que la mal i sablime effort de la
vertu et de la sagesse de nos législateurs 1 11 restait du christianisme l'asile ouvert par
ssiDl Tiocent de Paul, sons cette iovoeation sublime i Beatœ Marim virgmi matri, a m*
fv^im Jeou : ils l'ont fermé I Vous aojez que vos ststisliques vont voir diminuer le
Boinbte des enCuits trouvés? Ce nombre croîtra, et vous «urei, de pins, créé l'infan'
tkidel
« Où poarsutTu-vous la mal quand* sotu prétexte d'argent et de budget » tous dé-
Imises ainsi U charité publique T Je roos comprends : à défaut d'une joi morale, tous
voulez remédier aa mal par des lois f mpilojablas ; vous tracez une ligne entre les elasses«
M Toas dites: d'un cété de cette ligne le vice sera permis, de l'autre prohibé. Ainsi le
Tîca o'est nce que parce qu'il vient de telle classe, et non de telle antre ; le vice, ce n'est
poÏDl le vice eo lui-même ,, c'est le défaut d'argeut; tous n'avez dans la tête quo la
fiscalité.
« liais laissons cas velléités cruelles. Vous sentez que le mal est stf<(essus de toute
volr«pDissanee,aa^assas (te toutes vos lois. Le mail il est en vous, il est dans votre
sâa. La société aujourd'hui porte en elle la Régence et le siècle de Louis XV; seolemeot
le «hI n'est plus ^ et là, il n'est pas concentré dans une sphère, il est parlouti
« SaTez-vousoù est précisément le malT de Uaistrevous l'a dit, il est daus la femme...;
ca qui veut dira qu'il est aussi dans l'homme ; car la femme , c'est le cœur de l'bomiDe.
* La nature humaine a deux aspects unis et indivisibles, l'homme et la femme, bi
IlnauBe représente plus particulièrement la connaissance dans celle unité, la femme
lepréseale plus particulièremeot le sentiment. Le mal a donc envahi le eaur bumain.
eoaiDe il a envahi la connaissance humaine; quand l'homme, représentant de la eoAiuis-
sanee, dans l'unité hamaioe, a dit : Je ne wii d'autre! toie que Végoîimej la femme, repré-
senuol do seotimeot dans cette mèma unité, s dû dire ) Je ne voie de vie que dane la vo-
Impie H donehpMtir; donc aujourd'hui l'unité humaine proclame par ses deul aspecU
crtie iDdirisible formule, égoisme, Tolupté. Si vous voulez condamner la formule touia
nitièr«, à la bonne heure. Ayez une religion, ayez uoa société, aban-lonnez l'ég(âsm«f
DlCnO!(IIAIRB iPOLOGÉTIQt'B. L *
45 DICTtONNAlRG APOLOGETIQUE. , u
el TOUS pourrez tous saurer de l'immoralité. — Hais sîi scindaol laformule. tous ditei:
Mous voulons conserTer l'égoïsme, et nous vuulons pourtant que les mœurs régnent, tous
Mes d'absurdes tyrans. — Car si l'homme dit igoUme; la femme, è l'instant même, dit w-
4ipmàanet, liberté, plaisir, l>onheur dans la présent, dans le fini, ce qui se traduit en fait
(lar TOlupté, Tire, débauche, immoralité.
« fit il m'est permis de tourner la Toluplé et l'égoïsme l'un contre l'autre , afin de les
détruire l'un par l'autre. 11 m'est permis de me faire le représentant du droit de la
femme, et de vous dire en son nom : Puisque tous n'aTez d'autre Dieu que l'égoïsme,
je ne veux aToir d'autre Dieu que )e T6tre ; je marcherai donc comme tous sur la terre à
la lumière de mes passions ; votre science est devenue la mienne , tou9 ne coonaisseï
[4us que le présent, je ne counaltrai plus l'avenir ; je ne tous plus souffrir pour jouir
dans l'autre monde. Vous ne croyez pas à l'autre monde , ni 'moi Don plus. Quand je
croyais à l'autre monde, je pouvais m'assujetlir dans celui-ci à la condition qu'on m'a-
vait faite. Je regrette cette condition ; je n'ai plus d'idéal, je ne veux plus de frein. —
Vois, peut-elle dire encore & l'homme, vois comme la terre serait triste, aride, dépouil-
lée, si ta voulais me conserver mes anciennes chaînes. Songe, malheureux, que, puisque
nous avons perdu les joies du ciel, au moins nous faut-il celles de Tenf-jr. ConGe-loi
doncft moi et & mon instinct de bonheur; laisse-moi briser et brisons ensemble les lois
que, dans d'autres pensées, dans de chimériques espérances, nous nous étions faites-
Plus que toi, j'ai besoin d'infini ; laisse-moi ohercher ào moins l'omhre de cet infini, qui
m'est, nécessaire, dans le fini qui seul nous reste. (P. Lrkodx.)
S IV.
• Donc, société actuelle, lu n'as ni Dieu, ni roi, ni loi. Plus je te contemple, plus je
vois que tues folle et insensée. Tu crois au hasard, et lu ne crois pas è autre chose.
Tu fie veux plus du passé et tu t'ABToroes d'échapper k l'avenir qui t'invite et l'ap-
pelle.
«Dès mon enfance j'ai ouvert vos livres, A philosophes; je m'ensuis nourri ringl
ws. Jamais Babel ne vil une plus grande confusion el tant de discorde. Au milieu
de tous vos systèmes, rien n'est certain pour personne que l'incertitude de toutes
■ Je demande aoz philosophes qui gouTeme le monde7 Ils me répondent : La ha-
sard, — <îuel est Je mobile des actions humaines T L'égoïsme. — ■ Qu'est-ce donc que l'hu-
manité 7 Nous n'en savons rien. — D'où Tient-elle 7 oiï Ta-l-elle 7 Noi^ n'ensaTOns rien.—
Quoi I n'y a-t-il donc pasune vérité ft laquelle je puisse m'altacher? Pas une; la terre
est pleine de confusion et en proie à mille fléaux ; l'on rencontre k chaque pas l'iniquitâ
Irioraphante, et la vertu sacrifiée et méconnue. — N'y a-t-il pas, oh | n'y a-t-il pas quel-
que part un lieu de réparation 7 Non, s'écrient les philosophes,...
« Ainsi donc, nulle consolation dans la science, nul remède dans la philosophie. Vojanl
qu'il n'y a plus de société véritable, je m'étais réfugia dans la lïmille. J'avais rétréci
mon cœur, et concentré toutes mes aifections sur quelques êtres chéris. Hors deoecei^
cle, tout était pour mol indifférent on hostile. Je rapportais tout fc eux ; tout leur était
sacrifié. N'aimant rien hors d'eux , ne connaissant ni Dieu, ni l'humanité» mon amour
était devenu monstrueux, et cependant comme Ugolin, ï qui ses enfants demandent k
manger, et qui, dévoré lui-môme par la faim, n'a que des larmes, je n'avais que des
doutes à donner à ce que j'aimais ; et par eux ces doutes faisaient encore mon supplice*
El comme ces objets de mon amour étaient tout pour moi, que pour moi l'humanité M
bornait à eux, le temps  leur durée, toutes leurs misères, toutes leurs imperrections
déchiraient mon cœur-, sans que la consolation pût me venir du dehors. Ah l lualbeu-
reux, je ne me sais attaché à rien d'éternel. Ce que j'ai aimé, je Vti tiré du inonde, et
j'ai éHitàtU tout mvn amour, toMtt mon upiranct^ loufs ma vie, et voilà que la douleur
et la mort me flétrissent c» que j'avais voulu sauver du naufrage universel de mes
adées fli de mes seutimenls; et le monde tout entier n'est plus pour moi qu'un désert*
Q mtHODUCTIOM. <A
ei tes sphères infinies qtiî remplissent l'espace sont le nâant podr moi. et cette marche
élemelle du temps est poar moi le désespoir, et je ne peai âier mes r^rds ni sur le
ptssé, ni sur le préseol, ni sur l'avenir. le ne Tois plus qu'une aOrreuse fatalité, des
(lémeots en désordre, ou no maorais génie, qui rit d'un nre infemsl sur les maux du
jenrebamain.
t Et 11 poésie ? Hiis les poètes en sont aussi au i/utpoir. ~^ kfet-jous au moins
des chants pour endormir mes douleurs T Les philosophes ont engendré le doute,
lef poêles en ont senti Tamertume fermenter dans leur cœur, et ils chantent le dé-
sespoir.
■ L'ordra social autrefois se peignait dans tous les arts ; l'art était comme un grand
1m, qui n'est ni la terre ni le ciel, mais qui les réflâebil. Tons les arts qui sont l^ixpres'
lim d'âne société Téritable font défaut aujourd'hui , où le cœur des hommes bet en
eDim»ia.Vous rirez solitaire, vous n'arez plus de fêtes, tous tous bitissez des de
■esres alignées géométriquement, mais tous n'arez plus de temple. Vos architecte
Tireel de plagiat , ros peintres rendent la nature sans rérité et sans idéal, et aucune
pensée ne dirige leur pinceau. Mais, je le reconnais, la poésie de la parole est renue
Inrir dans vos raines ; elle est renne, seule, célébrer des fuDérallIes.
■ C'est Shakespeare qui coaduitiles chœurs des poètes, Shakespeare qui conçut te dotAe
dans soo sein araot la pbiIoso[Aie. Werther et Faust, Childe-Harold et don Joao, snt*
rcot l'ombre d'Hamlet, suiris eux-mêmes d'une foule de fântAmes désolés qui me pei-*
gneot toutes les douleurs, et qui semblent tous aroir In la terrible derisede l'enfer!
lmtetauUttfenmxa.(}ae lu es grand, A Byroo, mais que tu es triste 1 Et toi, Goethe,
après aroir dit deux fois la terrible fpensée de ton siècle, tu semblés avoir roulu t'arra-
cbcr an loorment qui t'obsédait, en remontant les Ages, te contentant de promener ton
imagjiialiua passira de siècle en siècle, et de répondre comme un écho i tous les poètes
des temps passés. D'aotres, plus faibles, ont été moins sages. L'Angleterre a enlendd,
aidow de ses lace, bourdonner , comme des ombres plaintives, un essaim de poètes abt'*
mes dans une mjstiqne contemplation. Combien l'Allemagne a-t-elle va de ses eofanli
participer du poissant délire d'HolTman et de la folie de Weroer (U),
■ Et la France* après aroir prodoit et répandu sur l'Europe la philosophie da dotrie,
kpoèswdadoatelnî était bien dae, quelque doulonreose qu'elle fût. Pour la première
Ms, Dotre langue a enfin connu la poésie Ijriqoe. Ce na sont plus, comme dans les
aèdes préeédenls, quelques accents délicats et purs, qoelques retours henrenx k Taoli-
qailé, de l'analyse et de l'éloquence; c'est la poésie elle-même qui a paru. Hais coalem-
plez ceux ft qui nous la devons, sondez le fond de leur cour: ne ro;ez-roas pas qde leur
liroat est empreint de tristesse et de désolation T C'est le dontequiles assiège et qui les
inspire, comme il inspire Goethe et Byron ; oa'bieo ils prodiguent lenrsforcesl peindre
l'aspael mstériel de l'unirers, et quand il s'agit du dirln, de l'absolu et de l'éterotfl, ils
feoi du fsDlastique sans erojanee, uniquement pour fkire de l'art. > ( Pierre. Lnotrx, Bc
nw imOépm.)
Voilà donc quelle est la société ; Jamais, hélas I (ablean ne fbt plus trai : société sans
BiWf, sociélésans bonheur, société sans philosophie, sans force pour imposer des lois,
lasis morale, sins Dieu..., $ocUti en pouuUri, le mot est vrai, effroyablement vrai.
IV. .
La cbrislianisme a disparu de la société, et la société comme frappée de mort par le
vide ioimense qui y a produit sa disparition, cbanceïle à son lonr ol s'écroDIe avec lui...
Erreur ! erreur! nous crie noe philosophie qui iSimplit le monde du hrtiit de Son
MKD. n est vrai, le eliristianisme est roori, mais la société vil. Fille et héritière de l'an-
tsqoe rel^ioo qui arait bit jusqu'ici le bonheur du genre humain, je sais appelée ir
lai soecéder, k ensevelir avec respect ses dogmes qui oa sont plus que comme des
s HiiDl Pael n'a-t^il pas ^1 : la
47 DIcnONNAIRR APOLOGETIQUE. U
langes inutiles i sa Tirililé. A moi d'âmaociper les ialellJgenccs, à moi de les (aire eolrer
de plain-pied daas le règne de la véritâ pure et de la raison.
UagaîSques promesses! solennels engagements!
Hais voilà que d'une tombe que l'on croyait A jamais muette, est sortie une voix, la
voii d'un des maîtres les plus brillants de celle philosophie superbe, la io'a de celui-U
mâma qui avait enseigné eommtnt Iti dogmti finitteat (12)... Cettu voii d'outre tombe est
bien grave; les révélations qu'elle nous apporte sont bien dignes da Bxer toute notre
attention. Ecoutons donc dans le recueillement celte leçon deroière du célèbre adepte
de la philosophie du siècle , mort comme il avait vécu, iceptique et détolé (13),
c Né de parents pieux, et dans un pays où la fui catholique était encore pleine de vie
BU commencement de ee siècle, j'avais été acconlumé de bonne beure à considérer l'a-
venir de l'homme et le besoin de son Siae comme la grande affaire de ma vie; et toute
la suite de mon éducation avait conlriboé à former eo moi ces dispositions sérieuses.
Pendant longtemps les croyances du cbrislianisme avaient pleinemeul répondu h tous
las besoins et i toutes les inquiétudes que de telles dispositions jettent dans l'Ame.
Aux queitioiu qui étaient pour moi le$ huIu qui nUritaiient d'occuper l'homme, la reti'
gion de met père* DOitniJT dks h£pomsbs et ces réponses j'y croyais; et grâces è ces
croyances, la vie présente m'était claire, et par delà je voyais se dérouler sans nuage
l'avenir qui doit le suivre. Tranquille sur le chemin que j'avais à suivre dans ce monde,
tranquille sorHe but où il devait me conduire dsiislaulre, comprenant la vie danises
deux phases etia mort qui les unit, me comprenant moi-même, connaissant les desseins
de Dieu sur moi, et l'aimant pour la bonté de ses desseins, j'étais heureux de ce boo-
heur que donne une foi vive et certaine en une doctrine qoi résout toltbs lbs sbiades
Quunons qui pbuvsnt iiiTÉRBasBH l'hohhk. •
Voilà un bien solennel hommage rendu à la rel igion chrétienne, à celte doctrine qui t<»qvX
touta lu grande» queitiotu qui peuvent intéreuer l'homma.Qai ne croirait qu'il est bon
de s'attacher k une telle doctrine^ qui a une solution pour tous les problèmes de. l'esprit
humain et qui rend heureux de ce botdteur que donne une foi vive et certaine?
« Mais dans le temps où j'étais né, il était impossible que ce bonheur fOtduraltl«;
et le jour était venu où, du sein de ce paisible édifies de la religion qui m'avait recoeflli
à ma naissance, et à l'ombre duquel ma jeunesse s'était écoulée, j'avais entendu le vent
du doute qui de loutes parts en battait les murs, et l'ébranlait jusque danit seafondemeots.
« £a vain je m'attachais à ces croyances dernières, comme un naufragé aux débris d»
son navire ; ea vaio éponvantédu vide inconnu dans lequel j'allais aoller.je me rejetais pour
la dernière fois avec elle vers mon enfance, ma famille, mon pays, tout ce qui m'était
cher et sacré...
• La divinité du chrislianisme une fois mise en doute aux yeux de ma 'raison , elle
avait senti alors trembler dans leur fondement loula $e» convictions...
«Jésus alors qu'au fond de moi-mimeit H'xAVArrpLuaaiBii qui futdkbout;quxtodt
CE QUE /avais cru SUR HOI-llftlIS, SDR DlBD BT SUR MA DESTINÉE EN CETTE VIS ET E» l'aDTBB,
M KB LE CBUVAIB HO». PUISQUE JE REJETAIS L' AUTORITÉ QUi) HE l'aVAIT FAIT CSOtlE, JB Kl
FOUTAIS FLDS L'aDHETTRE ; JE LE REIETAIS.
« Ce moment fut aOVeux ; il me sembla sentir ms première vie, si Haute d si pleine, s'6-
teindre, et, derrière moi, s'en ouvrir une ajilre sombre et dépeuplée , où désormais j'allais vi-
vre seul, seul avec ma fatale pensée qui venait de m'y exiler, et que j'étais tenté de mau-
dire. Les jours qui suivirent celte découverte furent les plus tristes de ma vie. Dire de
quels mouvements ils furent agités serait trop long. Bien que mou intelligence ne consi-
dérât pas sans quoique orgueil son ouvrage, mon Ime ne pouvait s'accoutumer h un état
si peu fait pour la faiblesse humaine ; par des retours violeutï elle cherchoit à regagner
|I3) Titre d'un chapitre des Uélanqtt de tl. Joiiffroy.
(15) C'est ce que Douiappreud M. P. Leroui. \iiyet Mutila'ion d'un icrii poubum à* Tk. jemffrog.t
Revue indép., IM2,
is naMMicnoiv. m-
les riTtges qn'elle avait perdus ; el)e ntrouTail dnDs la cendre ue su crojraocé» pêstiée»
des étiaeetiM qai samblueDt par ioterralles rallumer sa fui.
« Hais les coBTietioos raDTcrséss par la raiaOD oe peuvenl se relever qua par elle, vt
ces iMeors s'éleïgnaieat bientdt...
■ J'étais incrédale, mais je délestais l'iacréduliK. Ce fol U ce qui décida de la dîree*
liOD de ma vie. Me pouTaol supporter l'iaeertituile sur l'énigme de la destinée humaine,
n'ayant plus la lumière de la foi pour la réaoadre, il ne me restait que les lumières de Id
rttsoD ponc; pourvoir. Je résofns done de consacrer tput le temps qui serait oécesssire»
el OM vie, tll le fallait, k celle recherche ; v'ert par ce cbeiain que je me trouvai ameoé
) la pbilotopbie, qui me sembla ne pouvoir être que celte rashereha méaae (ik). ■
Tnci donc l'heure des expériences. Le moment est veua de sommer la raison, la pbt-
toso|rtiie, de remplir leurs promesses. Cet esprit émineot va sans doute retrouver en elles
Unt ce qu'elles lâi eot fait perdre; elles lui ont tout Até, ce a'esl plus qu'un cadavre-:
voyms si elles vont lai redonner la vie.
■Le moment elle lieu où je formai le projetqueje viens de dire, oepouvaienteireplua fa vo-
nbles k son exécution. La France, après lesommeil de l'empire, s'éveillailalors au mouve-
ment philosophique : denzbommes, d'un caractère el d'un talent tout opposés, mais égalfr-
miflt rares, venaient de le ranimer, l'un, en refvoduiaaat daita un langage admirable de
clarté et d'élégance, les doetrines métaphysiques de CondiHae, avait, pour ainsi dire»
ressuscité la philosophie du xviu* siècle h la Faculté des lettres (15); l'autre, an atU-
quaot, dans des lefoas d'une incomparable logique, ees mènes doctrines, venait de
prendre rinitialive de l'inévitable réaction que le génie du xix* siècle naissant devait
développer contre celui du snir* (M). Deux années d'enaeignemttnt avaient suffi à ces
deux illustres professeurs pour poser le débat et- y eotralner à leur suite toute là jeu-
nesse; l'un et faulre venaient de se taire, et l'école nonnale était pleine du souvenir
de leurs paroles et de l'ardent intérêt qu'elles avaient inspiré. Parmi les esprits distin-
goés qu'elle renfermait, les deux philosopbies avaient trouvé leurs représeotanla, el
comiBe dans le monde, avec plus de vivacité, d'enthousiasme et de force, deux campe
s> dessinaient. Les esprits élégants el sceptiques éuient pour les doetriaeS ancienoea ;
lese^MÎts ardents, nalurellement plus révolationoaires, pour les Boarelles, el dans
tes vives discussions qui s'engageaient on ne pouvait pas encore prévoir, ce qiU néan-
moins dans un séminaire de jeunes gens devait nécessairement arriver, la dé-
laite do inssé et le triomphe complet des doctrines nouvelles. 6a iKMame (17), tovl
jeana encore, mais qui depuis n'a jamais été pins remarquable par soa éloquence qu'il
ne l'élail alors, se trouvait è la lèle de ce dernier parti. Après avoir été a« rang des
élèves, il venait de passer au rang des maîtres. Une conférence de philosophie loi était
eonflée dans le sein de l'école, et tout ce qui s'inléress&it è ces débats, k quelque camp
qoll apparttot, attendait impatiemment l'ouverture de sus leçons. On peut juger si, dans
la silvalion ott je venais de tomber, moi qui n'avais entendu ni M. de la Itomiguière, ni
' M. ■ojer-CoIlard, je partageais cette impatience.
t ■ El toutefois, el le débat qui s'agitait autour de moi, quand j'en eus compris le
sujet, el les leçons il brillantes du jeune professeur qui devaient, dans le sein de Técole
do moins, j mettre un, quand j'eus commencé è les suivre, se trouvèrent bien des choses
auxquelles je rêvais et qui tourmentaient mon intelligence et mon cœur; mon esprit,
cit abmlaat la philosophie, s'était persuadé qu'il allait rencontrer due sciihcb aieauèau
qBÏ, après lui avoir montré son but el ses procédés, le conduirait, par des chemins sftra
et bien tracés, k des connaissances certaines sur les choses qui intéressent le plus
rboauDe> n ne s'était pas rendu un compte bien net du cercle de questions que celts
^JiSj tkftffmkaàm îat irinra )>MfdwpAifM>, écrit postfaiDW de Th. Jonfroy, dans la Jtmc JiiAp.
' SI DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE. H
scieRM embr8isa!(|; mais il se l'était figuré immease, et parmi ces qurstions , il n'avait
pas doQté un moment qu'au premier rang et comme la fin dernière de la philosophie, ne
se trouTeraient celles qoi l'inquiétaient, celles dont en perdant la foi, il avait perdu la
solutioD, en un mot, mon intelligence, excitée par ses besoins et élargie par les ensei-
gnements du christianisme, avait prAté h la philosophie le grand objet, les vastes ca-
dres, la sublime portée d'une religion. ^Ile arail égnié le but de l'une h celui de l'autre,
et n'avait rêvé de différence entre elles que celles des procédés et de la méthode : la re-
ligion imaginant et imposant, la philosophie trouvant et démontrant.
a Telles avaient été aeseapéranoes, et que trouvait-elle T Toute cette lulte qui avait
ranimé les échos endormis de la Faculté et qni remuait les Ifites de mea compagnons d'é-
tndes, avait pour ot^et, poor unique ot^ett la question de l'ori^oe des idées. Condillso
l'avait résolne d'une ftçon que H. de la Bomiguièra avait reprodaitu en la modifiant. H.
Hoyur-Gollard, marchant sur les pas de Reid, l'avait résolue d'aoe autre, et H. Cousin»
^évoquant tous les systèmes des philosophes anciens et modernes sur ce point, les ran-
gAant en balallle en foce les uns des autres, s'épuisait à montrer que U. Koyer-Collsrd
avait raison et Condillac tort. C'êtiit la tout, et,.dans l'impuissance où j'étais alors de
saisir les rapports secrets qui lient les problèmes «n apparence les plus abstraits et les
plus morts de-Ia philosophie aux questions les plus virantes et les plus pratiques, cen'é-
tslt rien i mes yteux. Je oe pouvais revenir de mon étonnement qu'on s'occupAt de l'o-
rlglpe des idées avec une ardear si grande, qu'on eût dit que toute la philosophie était
là. Encore si, pour crasoler et rassurer ceux qu'on enfermait ainsi dans une aride et
élroilfl qoestiout on eût commencé par leur montrer le vaste et brillant horizon de la
philosophie, et dans cette perspective les grands problèmes hamains chacun à leur placo*
et le chemin i parcourir pour les atteindre, et l'utilité des idées pour les sonder, Cetle
carte da pays, en m'éclairanl, m'eût &it prendre patience. Hais non, cette carte régulière
de la philosophie, qui n'existait pas et qoi n'existe pas encore aujourd'hui, on ne pou-
vait la donner, et la mouvement philosophique d'alors était encore trop jeune pour qu'on
en sentit bien le besoin. H. de la Bomiguière avait recueilli comme un héritage la philo*
Sophie du XVIII* siècle rétrécie en un problème, et ne l'avait pas étendue; le vigoureux
esprit de Royer-GoUard, reconnaissant ce problème, s'y était enfoncé de tout son poid*
At n'avait pas eu le temps d'en sortir. H. Consip, tombé an milieu de la mêlée, se battit
d'abord, saui A en rechercher la solution plus tard. Toutb la philosophib était dans dh
VROO 00 l'on HAIIQDAIT d'aI*, BT OU HOU AHS, RACBMIfBHT BXILÉB DC CHHlSTlANISltB. iTOCT*
vAiTi et cependant l'autorité des maîtres et la ferveur des disciples m'imposaient, et te
n'osais montrer ni ma surprise, ni mon désappointement.
■ Ainsi s'écoulèretit pour moi les deux premières années de mon professorat; et si l'oa
veut réfléchir aux Iravauc qui les remplirent, on croira facilement qu'ils ne laissèrent
aucune place k t'eiamen de ces questions générales, dont je m'étais plaint d'abord de no
point trouver la solution dans l'enseignement qui m'était donné.... J'£tais ippBLi a mou
TOUS A piovBssBH cuB sçiBRCK DONT JB H^ SAVAIS f AS tt^HE l'objbt .... Je dois mèmc ^ou«
ter, pour être vrai, que l 'ajournement de ces questions m'était devenu moins pénible. . .
Toutefois, la préocfsupstipn n'en était pas éteinte dans mon cœ^r; elle y subsistait tout
entière ; et par inlerTalles, quand j'avais quel<jues heures h rêver la nuit à une fenêtre,
QU le jour, sons les ombrages desTtiileries, des élans intérieurs, des atteadrissemeats
subits, me rappelaient à mes croyances passées et éteintes, a l'obscçrit£, aq tid^di moit
AVi BT 4U FROJBT TODJOOBS AJOnSIt DB LB COHBLSa (IÇ). >
Perpétnellement livré anx tourments du doute, à un trouble indicible que la philoso-
phie ne p^iit calmer, à res retours de la pensée et du ccpur vers une pieuse enfance qqi
le poursuivait 4e ses i\om\ souvenirs, Jooffroy s'en va revoiries montagnes qui l'avaient
TU naître,
■ Je me trouvais sous le toit où s'était écoulée mon enfance, au milieu des personne*
qui m'avaient si tendrement élevé, en présencedes Ojt^ets qui avaient frappé met yeux,
((8) Op. «(., iifrf.
s INTROOIICTHHf. SI
bwfté non enor. affecM moa tnleliigence dant les plus beaui jourt de na pramière vie.
QiaqM Toiz que j'enlendsia, chaque objet que jeroyais, chaque lieu où je portais n^
pu, nTiTaieolea mot lea souTeuirs éteints, les impressions efTacées de cette premitre
lia. Hais, en reotraot dans .raoD Imst ces souTeoirs et ces impressions n'y irouraient
plus les mâmes ooids. Tool était comme autrefois eiceplé mot. Celle ^ise, oo y eélé-
bnilaneore le* saints mystères BTce le même recueillamenl; ces champs, ces bois, ces
footaioes, ou allait eocoraau priolemps les bénir; cette maison, ooy éleTail encore, au
JMir marqué, uo aulel de fleura et de feaillage; ce curé, qui m'avait enseigné la foi, avait
TîeJNi, mais il était toujours tè, croyant toujours, et loat ce que j'aimais, et tout ce qui
■'«ilonfmi.l arail le même cmor, la même âme, le même espoir dans la foi : moi seul l'a-
nis perdue, moi seul étais dans la vie sans savoir ni comment ni pourquoi ; moi seul, si
iavaBl, ne atTais rieo; moi sicl àrAis noa, Aeiri, ruik de LutuiaE, âtkosli n in-
cciix (M). »
L'ezpérieoee est consommée pour l'infortané. Il a perdu la paix et le bonheur en per-
diol Im reli^oD de son enfance ; la philosophie ne les lui rendra pas, la philosophie n'est
qa'uD brillante et cmelle déception. Cette pauvre intelligence se traînera ainsi fc travers
la vide et robaenrité, jusqu'à sa dernière heure, et tout près de descendre au tombeati,
t encore de philosophie avec le digne curé de Saint-Jacques, sa parois8e,fin
I dire avee un profond soupir : ffélai l tfonvintr U euré, tout cet tiftiémt» ne wU-
mmt à rUm. fmU «fcux miUê tt mille fou Mit bon aelt de foi chrétienne (20}.
Quml Dullre, ftfMf Ue tjfttimei de la pMoMophie ne minent à rient Là p\ti\050pb\e, votre
•eelo ressource» cette science ou plutôt celle religion, qui devait combler le vide de
nitrelme, et qui se porte rbéritière du christianisme dans l'esprit des générations nou-
velles, cette philosophie ne mint dricN/ Assurément vous calomnies cette science sian-
deoneelsiillustre dans l'histoire de l'humanité. Est-ce donc fc nous de vous rappeler
looscas noms fameux qui de notre temps se sont enrâlés sous sabaunièreT Vousne pouvez
avoir si vile oublié tout ce que la philosophie a accompli de nos jours, et les lriompbe.s
qu'elle a remportés sur la vieille religion du Christ. L'antique édifice n'esl-il pas tombé
sous ses coups? Les ruines qu'elle a faites ne joocbenl-elles pas le sol de toute part?
Mais si elle a été habile k détruire, sans doute elle ne l'aura été posmoinsA édifier. Sous
tes efforts de tous ces génies créateurs qui ont travaillé avec tant de zèle k son triomphe,
il ne se peut bire qu'il ne se soit élevé quelqoe remarquable établissement au sein du-
qad toutes les générations vont désormais puiser une nouvelle vie, et alteiodre l'apogée
de la prospérité el du bonheur.
Kalire, nous vous interrogeons, daignez nous répondre.
JVL
« D'abord on a détruit ; c'était le premier besoin. Après avoir détruit, on s'est moqué ;
c'est le propre des vainqueurs. Hais jusque-lè on n'a pas songé h établir, et poorlant il
bel da positif au peupleelk la raison. Dans la ruiaed'undogmeusé, Ib négation sé-
rieuse tient d'abord lieu de foi : c'est croire quelque chose que de croire qu'une doc-
trine ijoe l'on suivait est fausse; on y met d'abord une ardeur, un zèle qui remplissent
rime. Hais quand la chose est bien démontrée, que l'ennemi est abattu, qu'on n'a plus h
faire que rire de son absurdité, le zèle tombe faute d'opposition, el l'oii sa teodvb a viob
délacM d'une croyance el ne leuanl plus i aucune, dans une parfaite indépendance d'es-
prit qoi flatte el k laquelle on se plaît quelque temps, mais qai ne tarde pas h fatiguer
mae nature Doirr la vaiblbub hb saproaiK pas lm ooim.
« Dans toute révolution d'idées, le scepticisme trouve sa place-, il vient pour détruire,
et sarrit k sa victime ; mais il ne peut tenir longtemps. Nous avons besoin de croire,
parce que nous savons qu'il y a de ta vérité. Le doute est un étal qui ne peut nous
<Wl Tovâ éaps les a»dl pUîu. lar tt CMntlian. ti leUre daot Lsqudk H. Maitiu de Noiriien rend
riM|U h Hp larcbevéqua de Paris des enlievnes qa'il avait eoes avec H. Joolfroy qui habitait sur
M DICTKMQUntE &P0L0GETIQ1IE. SI
(lairt que comme rdMcnce d'une ttane erojaneedoot nout nous sentons délivra. Celle
ntitltâioD goûlé«i noas aspiroDS k une nooveile crojiace; la fsaxdéiniil, dods todIors
le f ni.
« Or s'il estbdie, l'e^itd'exsmenuMfoisBé.dedétrairecequi esl faux, ilhi l'est
riStleCaoxdémoolrét m nooTn « qdi «n mi. Uille ejstèmes s'élèfeot. Le perli
Tainqaeor, uni psurabatlrei se partage pour rétablir. La perspeclive du pooToir pour le
parti triomphant, complique d'intérêts particuliers cette dispute philosophique. Les
Tleax amis delà réforma se diriseol; bîeDtAtîlsseeraigoeDt;B!icomi dxmombntrtiu
ÊK oÉnarsutirT plus qu'ils ne délestent leurs commuas eunemis, qu'ils ne jugent plus
redoutables. Tout est raction dans le parti de la Térité, tandis que le parti opposé devient
de plus en plus eompsete par l'unité d'inlérét qu'une crainte commune j a bit
Otttlre.
€ Cependant le peuple, dont les intérêts matériels ne sont point engagés directement
dans ces querelles, continue de r^arder arec son bon sens, ne Toolanl et ne chercbaiit
que la Térité, mais la roulant prooiptemenl, parce qu'il eu a besoin. Il sait qu'elle o'eat
pas dans le vieux dogme : quoi qu'il arrîTe, il ne se ralliera pas kses partisans; mais, il
est étonné de ne plus la trouTer dans la bouche de ses amis. Eux qdi parlaibiit dc si
9M BIHS Wr ITKC rurt D'uRAnimTÉ KT DB DiBlirTÉftU8KIIUrT,LE« TOILA QOISBVnDEIlT
PÀHS nS STStIiII» HmTRUJâlBLBS, QUI SB DtTUBHT SUB TODS LES FOUTB, qul M haïSSCDlt
qui deriennent éridemmeat égoïstes et ambitieux comme leurs adversaires. Qu'est (Jerenu
le zèle pur de ces apàtres de la nourelle foiT Où 6st la Térité promise} où est le bonheur
qu'ils annonçaient au peuple T C'était pour lui et pour lui seul qu'ils Toulaïent traTail-
1er; et c'est pour eux qu'ils combattent) se divisent, et oubliant le Tïeil ennemii te dé-
chirent entre eux
■ 4lou lb pbuvlb obsesp^m iw la jturk. Il ne Toit plus que des trompeurs autour
de lui, ii devient défiaal envers inus, et pense qu'en ce monde l'affaire unique est d'être
le moins malheureux possible ; que c'est folie de prêter l'oreille aux beaux discours et
eux grands mots de vérité, de justice, de dignité humsiûe; que la religion et la morale
ne sont que des mojBoa de le prendre et de le faire servir à des projets qui ue le tou-
chent point. Il dbtiert bgbptiqdb sdb toot, sauf sur son intérêt, et passant k l'iodifférence
pour tous les dogmes et pour tous les partis, estime que celui qui lui coûtera le moins
sera le meilleur. On ne pourra plus lui mettre les armes è la main pour fucun, nul n'en
Taudra la peine. Sa religion, sa morale, sa politique, sa doctrine universelle et unique,
c'est l'intérêt; sesmeltreset ses meneurs sont parvenus i te rendre semblable k eux(3l).*
Uerci 1 mettre. C'est triste & dire pour la philosophie et pour les philosophes, mais nous
pimona la franchise de ces aveux. Nous augurions mieux des promesses de tant de beaux
génies qui ont enfanté de si éloquentes pages pour célébrer les fruits glorieux et féconds
de h philosophie. Hais ces accusations ou ces réflexions, si vons voulez, sont bien gé-
nérales et par conséquent un peu Tagues, Ne pourriez-vous pas entrer dans les détails et
préciser davantage les bits? Jl est possible que les philosophes éprouvent qoelqoa
embarras et s'entendent pea au milieu des démolitions qui encombrant leur voie au
débat; mais serait-il juste de s'en prendre k la philosophie elle-même? Malgré les divï-
lions qui rftgnent entre ses disciples, la philosophie, sans doute, n'en verse pas moins d«
iluminenses clartés sur les problèmes dont il importe tant & l'homme et h la sociélé d'a-
voir une solution certaine. Que dit-elle, par exemple, de l'origine de l'humanité, de sa
deiliDée, de ses développemcntsT Elle a sans doute le secret de loules ces grandes choses.
Vous qai (ivez été ipitié k tous ces mystères, mettre, nous vous en prions, dites-nous
ce secret.
S Vil.
■ Dans les grandes plaines de l'Asie, vous voyez arriver des races qui descendent de*
montagnes ceirtrales de ce vaste continent, d ' "• ■«•it-étre des ODcAIres, najc
(31) loDmov, Comment lu dogtitet finmtni.
B MTROOUCTIOH. SS
qni n'ont pas d'histoire. Elles s'en vieooenl saavages, presque naes, i peino armées ;
dla l'en Tienneot sans dire d'où elles sorlenl, ni i qui elles aiiparlîenuenl ; elles arrt*
TtotUuD joar, elles s'emparent de ces ptaioes. D'uo autre eùié, et des déserts de l'Arn-
bie, irriTeot d'antres races qui n'ont pas le même crâne, les méoMs idées, mais qui sont
état la même ignorance de leur origine et de leurs ancAtres. En se reneonirani, elles se
UonTeot hostiles les nnes aux autres; de longues luîtes s'engagent, qui fondent de
gnndi empires aussitôt renversés qu'établis; une race siiroage enâa, qui demeure en
pouMsîon de ces terres et y domine seule, tenant les autres stous ses pieds. Cet empire
ïwiucréé entre en contact avec l'Enrope. U aussi des hommes sans histoire qui ont
eoeora d'autres crânes, d'autres idées, une autre manière de virre. Et ces deux races,
roH iiiaf iqoe et l'autre grecque, se disputent Is prépondéranee : les Grées remportent,
flTAda est soumise. Hais bientôt un ooureao peuple, habitant l'Occidenl s'élère, gran-
dii nfùleineni, et dans les cadres immenses de son empire, engloutit la race grecque el
iti onquiles. Cet antre peuple est lai-mème entouré de races inconnues i elles-mêmes
et jDi latrcs, qui TÏTent, depuis des époques ignorées, dans l'occident et le nord de l'Eu-
rape. Ce» hommes, qui ne ressemblent ni aux Romains, oi aux Grecs, ni aux Orienlaui,
qui ont d'antres crojances, d'autres idées, d'autres lances, ont aussi leur Tocation qui
les apte au sein de leurs forêts, ei qni les appelle h leur tour sar la scène du monde. Ils
jpsnissent quand' l'heure est venue, et ftome s'écroule sous lenr souffle. Et puis, plus
Urd, on pénètre dans des pays ignorés, on décoorre le nord de l'Asie, le midi de l'Afri-
foe, l'Amérique, les innombrables Iles semées comme de la poussière sur la surface de
rOcésn; si partout de nouveaux peuples, des peuples de toutes les couleurs, blancs,
Doin, rouges, cuivrés, è crines de toutes les formes, k civilisations de tous les degrés,
1 idées de toutes les espèces; et ces peuples, aucun ne sait d'où ils viennent, ce qu'ils
Awtsar la terre, ob ils vont; aucun ne sait par quel lien ils se rattachent k la commune
buDsnîté.
< Quand on réOécbft k cette histoire de l'espèce humaine , k celte nuit profonde qui
swvra en tous lienx son bercesu , k ces races qui se trouvent partout en même temps
<t parloal dwis la même ignorance de leur origine , aux diversités de toute espèce qui
les séparant eooore plus que les distances , les montagnes et les mers , à l'élonnement
'oBl die» août saisies quand elles se rencontrent , è la constante hostilité qui se déclare
(Dire elle* dès qu'elles se connaissent; quand on songe à celle obscure prédestination
qui les appelle tour è tour snr la scène du monde , qui tes y fait briller un moment, et
fsi Je* replonge bientôt dans l'obscurité, un sentiment d'effroi s'empare de l'âme, et
l'indiTÎdu ae sent Mcablé de la mystérieuse fatalité qui semble peser sur l'espèce. Qu'est*
et doue qne celle humanité dont nous taisons parlleT d'où vient-elle f où va-t-elleT En
M-il d'elle comme des herbes des champs et des arbres des forélsf Comme eux, est-elle
sortis de terre, en tous lieux, au jour marqué par les lois générales de l'univers, pour y
rentrer an antre jour avec enxF ou bien, comme t'a rêvé son orgueil, la création n'esl-
dle qa'oD théâtre sur lequel elle vient jouer un acte de ses destinées immortelles?
Eneorâ n la lumière qui ne luit pas sur son berceau éclairBÎt son développement! Hais
qai sait oft elle «a , comment elle va ? La civilisation orientale est tombée sous la civili-
salioe grecque ; la civilisation grecque est tombée sous la civilisation romaine; uue
nouvelle civilisation, sortie des forêts de la Germanie, a détruit la civilisation romvae :
qoe deriendra cette nouvelle civilisation T Conquerra-t-elle le monde , ou hit^n est-il dans
U destinée de tonte civilisation de s'sccrottre el de tomber T Eu un mot, l'bumanilé ne
^t-eJle qoe tourner éternellement dans la même cercle, ou bien arsnce-MlleT ou bien
encore . comme quelques-uns le prétendent , recule-l-elle T Car on a supposa aussi que
'■'tt* lumière était au commencement, que, de traditions en traditions, de transmissions
fa Iransmissions , cette lumière allait s'étetgnant, et que, sans nous en douter, nous
■ardiiaQS â la barbarie par le chemin de la civiiisatiou. L'homme demeure éperdu ei^
iict de cem problètnes ; anéanti qu'il est dans l'espèce, l'aoéantisseiuent de l'espèce 6il9r.
M DICTIONNAIRE APOLOGRTIQUE. 00
m£ni« 4U milieu d'une mer de ténèbres glace soo cœur et confond son imagioalion. Il se
Quuiaade qaelle est cette loi sous laquelle marche le troupeau des hotames sons la eon-
' naître, et qui l'emporte avec eux d'une origine ignorée î une Sa ignorée; et de celte
manière encore se pose pour lui la qnestîoa de sa destinée (93). ■
Ah 1 rhumaoité ne sait ni d'où elle rienl « ni où elle ra. Lt troupeau de* Jkwmaiiu moreke
iOtti IMS loi qu'il» ne eonnaineHl pas et qui tet emporte (fwu origint ignorée A ww Jfn
ignorée C'est très-peu satisfaisant. Nous ariendions mieux que cela sur une question
de cette importance.
Le maître sourit du noire naïve confiaiice dans les ressources de la philosophie en Eace
des questions qu'elle se pose , et reprenant la parole , il nous démontre que la philoso-
phie n'a résolu aucun problème, et qu'elle n'est pas plus organisée aujourd'hui qu'au
temps de Tliatàs et da Pythagore.
S VIII.
< Deux faits frappent tous les esprits dans le spectacle de la philosophie et domi-
nent toute son histoire : d'une part , i toutes les grandes époques; à tontes les époques
lucides des annalns de l'humanité, le privilège étonnant qu'elle e d'occuper el d'ab-
sorbor les plus hautes et les plus fermes intelligences; de l'autre, malgré les travaux
et les efforts de ces hautes intelligences, le malheur non moins extraordinaire do
demeurer immobile, ftrERifKLLEHBiiT smnnK dins lbs h^nks incBBTrrDPRS oq lbs
nBHins JOORS db son bistows l'àtaibrt flab&k. Assurément le cercle de ces incerti-
tudes s'est agrandi, des questions nouvelles ont été ajoutées k celles qu'elle agitait
k son berceau; on a vu le nombre de ces questions varier selon les époques, mais
les nouvelles venues n'ont pas eu une meilleifre fortune que les anciennes. En entrant
dans le domaine de la philosophie, elles ont semblé revêtir la propriété commune de
tous les problèmes qu'ij embrasse, celle de devenir invulnérables aux efforts de ria~
teliigence, elè jamais insolubles pour elle. Prenez une question philosophique quel-
conque ; notez le jour où , ayant été posée et introduite dans la science , les premiers
systèmes pour la résoudre s'élevèrent; comparez ces systèmes è ceux qui se disputent
aujourd'hui l'honneur de la décider : vous trouvères sans doute pies de perfection
et de développement dans ces derniers, mais vous verrez que leur probabilité
relative n'a pas varié; que, si chacun d'eux pris li part est plus fort, réquilil>re
outre eux est le même, et que leur progrès, loin d'aboutir fc résoudre la question ,
n'a bit que consacrer d'une manière plus précise et plus acienliflque son incerti-
tude. En sorte que, si l'on demande compte k la philosophie de ce qu'elle a fait
depuis qu'elle existe, elle pourra bien répondre qu'elle a mis en lumière un nombre
toujours plus grand de questions, elle pourra bien jouter qu'elle a enfanté et porté k unt»
perfection de plus en. plus grande les différents systèmes qui peuvent aspirer k l'hoo-
neur de les résoudre ; mais qu'elle ail résolu une seule de ces questions qu'elle a mises
en lumière ; mais qu'elle ait tellement démontré un seul des systèmes qu'elle a enfantés
pour les résoudre, et tellement réfuté les autres, que l'un ait définitivement triomphé et
que les autres aient disparu; mais qu'elle ait tellement fortifié l'une de ces opinions et
tellement affaibli les autres, que les débats entre elles soient moins incertains qu'ils no
l'étaient d'abord, et qu'on puisse espérer de les voir prochainement terminés, voilk ce
que la philosophie ne peut pas répondre, ne peut pas dire, parce que, si elle le disait*
elle serait forcée de trouver des exemples, un tout au moins , c'est-à-dire de déterrer
celui d'une question philosophique qui soit résolue définitivement comme le sont une
foule de questions physiques ou chimiques; celui d'une question philosophique sur la-
quelle plusieurs systèmes n'esislent pas, qui se partagent l'opinion et qui y subsistent
simultanément aujourd'hui, comme ils y subsistaient simultanément k l'origine; et que
cet exemple, elle ne le trouverait point, pihcb qu'il h'bxistk pas. Et cependant ces ques-
tions, Pythagore et Démocrite, Aristote et Platon, Zénoo et Epicore, Bacon, Descartes»
Leibniu, Halebranche, Locke el Eaol les ont agitées. Ce n'esl donc point but« de génie
(ÎZ) Jvurrsev, D% freUimt de là iuiiaie kummu.
CI lEmumncnon. m
qa'flflM n'ont point été réMiaes. Qu'y a-l-il done dans cet questions ? Qu'y 9-t'H donc
duHb philosophie qai les comprend , qni ait renda toot ce génie impuissant? D'où
Tieol qa'ano seieoea remoée par de si paissantes mains demeure éternellement inré-
conde? Où en est la raison et la canseT U est le problème dans lequel tout l'avenir de
b philosophie est placé; et, tant qu'il n'est pas r^olu, oir est coufohdo que des xsFKrrs
Hsiuscfa osKwr BHC(»E cuLTiTEB CETTE SCIENCE SI cDLTTTÉE, sgiier CES questîons si agi-
tées, eoMoie si, après le naufrage de tant de grands hommes, aucune intelligencet avant
d'sToir dicocTerl l'écneil où ils ont écboué, pouTait se flatter d'ftlre dIus hahile on plus
hearwse, eC de rencontrer le port qui Jear a échappé I •
• QBcfle est l'objet de la philosophie T Si l'on faisait cette question pour la phjsiqno,
Bon-eenlemenl les physiciens de profession, mais tous les homipes qui ont reçu dans
leor jennesse une éducation libérale, répondraient sans hésiter et d'une manière pré-
cise; et, k leur défani, le premier traité de physique le ferait. En second lieu, cette ré-
ponse senit nnanima : tel lirre ne donnerait pas une déGnition, tel autre une autre dé-
Swlioa; M physicien n'étendrait pas jusque-là, te) autre ne reslreiadrsil paa jusqu'ici
It ORle des recherches pbysiqaes sans autre règle que son caprice ; à ces signes on
neonnetlnic aur-la-champ que l'objet de la physique est déterminé , que le champ de
ses redierebes est définitivement circonscrit; eo un mot, que la véritable nature, le vrai
tantièn des qaestions qu'elle agite, est dégagé et fixé. En est-il de même pour la pbi-
leeDphie? Les mêmes symptAmes y réveillent-ils la même situation? Il suffit d'ouvrir les
ye« pour répondre. Voici un mot établi dans U langue , employé et répété tous les
jo«n dans U conversation et dans les livres : ce mot est celui de philoiopkiê : il est le
■ON avoné et consacré d'une science dont tout le monde parle, que quelques-ans enl-
liveot, el à laquelle no grand nombre ont la prétention de n'être point étrangers. Le
■on d'une science se définit par l'idée de celte science; une science, A son lour, se
définit par un otyel. A moins donc que ce mot qu'on prononce n'ait aucun sens, ji
■oïDsqoe cette science dont on parle, qu'on aime, qu'on cultive, ne soit la science
de rien, OD sait, on doit savoir quel est l'objet de le philosophie , et , si on le sait, on
peal, oo doitpOQvoir le dire. Interrogez toutefois celte foule qui emploie si bardimeDi
W BOt, et cette autre foule qui a ta prétention de se mêler de la chose ; allez plus loin ,
pesés U question aux phi'iosophes eux-mêmes ; adressez-vous h ceux qui professent
c«lte science, i ceux qui en écrivent; poussex jusqu'aux livres qui traitent de ses
prioeipes et de son histoire, inlerri^ez-les aussi, et vous verrez avec étonoement qu'k
cHiA question, dont la solution est en apparence si impliquée dans les usages du mot
et dans l'élude de la chose : quel est l'objet de la philosophie, qu'k cette question, dîs-
je. il n'y a dans la plupart des esprits aucune réponse, et que dans les autres il y en a
taot, el de si dilTérentes, et de si contradictoires , qu'il est évident qu'en parlant de celte
science el en la cultivant, ceux même qui s'entendent le mieux ne parlent pas de ta même
cboae, ne cuUivent pas la même chose, eo sorte qoe, pour l'intelligence des uns, la philo-
sophie a un o^jet si obscur, qu'ils ne s'en font aucune idée exprimable, et que pour celle
I, cet objet est pour ainsi dire arbitraire , chacoa le posant k sa fa{on et le dé-
e il l'avise.
• Teb sont les signes que présente la philosophie , et dont personne ne peut contester
'•* rétUIA. Or, que le commun des hommes n'attaclie qu'une idée vague au mot qui la
déi^iie. cela se eoDfoit et n'est point particulier k la philosophie ; mais que ceux qui cul-
'Jvefd celte science et que les livres qui en traitent la définissent de vingt manières dtffé-
r>Btes, et souvent eontradii^ires, c'est on sympidme assuré que son objet n'est point
^^termioé ; car cela ne peut provenir que de dent causes , ou de ce qu'aucun esprit
l'ayant encore saisi la véritable unité de cet objet, il n'y ait encore que des hypothèses
urée qni ctMistilue cette unité; ou de ce que, quelques esprits l'ayant saisi telle qu'elle
tu, la vérité decette nnité n'ait pas encore été démontrée de telle sorts que toute hypo-
•^icse ooQlraire soit désormais devenue Impossible sur la nature de cette nnité. Telles
M«i !•• d0BX seolef suppositioiu qoi puissent se concilier avec le fait dn cette diversité
et DICTIONNAIIIE APOLOGETIQUE. »
do déBoilioas qui est iacontestable en philosophie ; et dans l'une ei l'autre, il est vni de
dire que l'objet de la science n'est point encore déterminé, gue 6\ des déSnitionr neus
passons à la chose déGnie, nous y trouverons le mAme syoïptdine : car la difer-
sîlé qui se remarque dans l'idâe ide la science se rencontre dans la science elle-
même. Si l'on cherche en fait quelles sont les questions que la philosophie embrasse et
qui sont de son domaine, on voit la nature et le nombre de ces questions rarier d'une
époque à une aulre, et.dans la même époque, d'un philosophe à un autre philosophe.
Hn effet, d'une part, le cadre des problèmes philosophiques s'est tour h tour rétréci ou
étendu selon les temps, après avoir embrassé dans son vaste seio tous les problèmes pos-
sibles; on r« vu réduite à n'en fournir que quelques-uns, puis, envahissant de nouieau
le terrain qu'il avait abandonné, reprendre un moment sa première étendue pour se reti-
rer de nouveau, et n'en occuper plus qu'une partie; et d'une autre pari, tel philosophe
étend la philosophie i des problèmes que tel autre en bannit , et en exclut d'antres pro-
blèmes que celui-ci y admet; ici le cercle est très-étroit, \h il est très-large, et il n'y en a
pas deux qui aeprésententdes différences essentielles. El ces diversités ne se reneoulrmt
pas seuleoieul entre des systèmes appartenant & des époques diiTérenles; elles se mon-
trent entre des systèmes créés ie même jour , dans la même ville, et édiBés ponr ainai
dire face i face. Et cela n'est pas vrai seulement des époques antérieures de la philoso-
phie ; ce phénomène, qui a été de tous les temps, continue de se produira dans le nêtre.
Or, cette diversité dans les problèmes assignée h la philosophie ne démontre pas mofos
que la diversité de ses déÛDÎtiuns , que l'objet de cette science n'est point déterminé;
car, s'il l'élaitt il y aurait un signe assuré pour résoudre quelles questions sont de son
domaîoa et quelles questions n'en sont pas. Les unes donc y seraient unanimement sii-
mises, et les autres en seraient unanimement exclues. 11 résulterait de Ik que les raêinss
et en même nombre y seraient comprises par tous. Aucun physicien n'admet dans II
physique des questions de chimie; aucun chimiste, dans la chimie , des questions de
physique, et tous les physiciens comme tous ins chimistes sont d'accord sur les questions
qui sont du ressort de leur science respective. Kl pourquoi! C'est que, l'unité de cha-
cune de ces sciences étant déterminée, il y a un signe certain pour démêler ce qui loi
appartient ou ne lui appartient pas. Si donc il y a diversité entre les philosophes sur
les questions qui sont philosophiques, c'est nécessairement que ce signe certain n'est pas
découvert, et que, chacun décidant la question avec le critérium ou la définition by-
poihétique qu'il a adopté, les résultats sont différents comme ces critérium f arbitraires
comme eux.
« Mais une preuve encore plus certaine , s'il est possible, que ce eriterium n'existe pas,
ou du moins n'est pas fixé , c'est l'expérience suivante : prenez toutes les questions qei
aient jamais été introduites et comprises dans l'objet de la philosophie, et demandez-vous
successivement pour chacune k quel titre et comment elle en fait partie; vous trouverei
qu'il vous est impossible de résoudre la question. En effet, si vous vous placez dans une
certaine défloîlion donnée par un certain philosophe . vous pourrei bien , armé de celle
déSnition, admettre tel problème et en exclure tel antre; mais changez de système, au
nom de la définition différente donnée par ce système , vous serez forcé d'exclure de la
philosophie le problème que tout à l'heure vous y admettiez , et d'y admettre telui gue
vous en rejetiez. ,0r, à laquelle de ces deux définitions vous arrêter! A la première Ai à
la seconde? Rien ne peut vous l'apprendra, car elles n'ont pas plus d'autorité l'une que
l'autre; elles sont également dépourvues de cette sanction d'une adoption universelle
qui seule pourrait les consacrer; et, la .preuve, c'est qu'aucune n'est respectée, c'est
. qu'un philosophe nouveau survenant ne se fait aucun scrupule de les rejeter toutes les
deux et d'en inventer un troisième. Témoignage certain que rien n'est arrêté sur l'objet
de la philosophie, «t que la véritable unité de cette science est encore en question. Or,
s'il en est ainsi, comment pourrait-on savoir quelles sont les grandes divisioas dans les-
quelles viennent se distribuer les recherches qu'elle embrasse! Quand on oe sait point
encore ce qui fait et ce.qui ne (ait point partie d'une science, à plus forta raiscA doit-on
CI IKTRODOCTHHI. «
i^MirrreoiBeieat M distriboea tel H elassADt les questions qui en foot partie ; car il bul
de«s choses pour qoe cetle classificalion soit possible : la première > qu'on connaisse
quelles sont les questions i classer; laseconde* qu'on sache quel lien cODUbun unit ces
gncsu'fMu el en fait un loat : car si oa ignore les éléments h classer, la matière même de
la dasnficatioB manque, et si, lesélémenls eonaus, en Ignore leur défwndanee , le prin-
dpe de la cMssilicatioa, qui est celle dépendance même, n'esîsle pas. Or, tant que l'ob-
jet d'âne science n'est pas déterminé, ce qu'elle embrasse est inconnu, et le lien qui
•ait ce qu'elle embrasse Test pareillement. Il est donc impossible de se représenter et
les recherches qu'elle comprend, et l'ordre dans lequel ces recherches se distribuent na<
InrelleiDeot. Le cadre de la science, qui n'est que la Tue précise des divisions naturelles
de l'obiet de cette science dans leurs rapports naturels, est en d'autres termes impossible
k conceroir et k tracer.
■ Bl « le cadre est impossible, la méthode ne l'est pas moins ; car le premier élément
de ta aiélhode est l'ordre dans lequel les questions doirent être abordées pour être ri-
solaM. Or, cet ordre ne saurait éire déterminé tant que la dépendance ues questions ne
l'est pai* et ces dépendances , h leur lour, ne sauraient l'être tant que le nombre et l'n-
niié de ces questions sont inconnus. D'autre part, le second élément de la méthode d'une
sdeaee est la métbode spéciale qui doit être appliquée k chaque question. Or, la décou-
verte de celle méthode implique la connaissance des quesliona qui présuppose cellti dont
il s'api, connaissance impossible tant que l'objet de la science et son cadre sont ignorés
31).
Convenez que voilk on tableau profondément décourageant pnor les disciples farveols
de celle sdenee fameuse, ^HKELLsiienT arreiiDc dahs les ■*■>> lacKanTCOBS oo lrs
rmamwam jocbs db soh HisToiaB L'tVAterr PLtcfcs... &lb ne pounarr pu nutovia on
SCCI. BSKaPLK D'DMB QCESTIOn ran.OSOPHIQL'X aiSOLDB, FABCB QO'lL N'HISTB PAS... O» SST
tmmwwKWK on tms esprits MSTiNncts osk-it Bïtcosa ccLTivsa crm scibncc si cultivAb...
Itpnis il loi est absolument impossible d'ASSissaa >tm son objet, de pan>t»ir é ê'orgw
■■MT, d'—e tr par conséquent «ne mélkadt qatUoniiut... llaltre, ces paroles sont bien
dures. La raison humaine est humiliée jusqu'au néant, dans la personne des plos pro*
fcedj Bénies qni l'ont honorée, devant celte peinture de son impuissance et de l'ininilé
de ses eSbits. L'avez-vons donc condamnée sans merci, et n'j c-t-il aucun cAté par où
ctle paisse ae relever k vos reui. Elle qui se flaUait de faire jaillir de loutea les quee-
tioas qu'elle soulève des lumières nouvelles, inattendues, qui devaient confondre la
(cienee chrétienne, n'aunil-elle donc réalisé aucune de ses splendides promesses? Hal-
tre, reprenez vos pinceaux ; vous avez sûrment quelqae correctif à laire au portrait qne
Vous traciez toute Tbeun» d'une main ai sévère. Vous nous avez dit les embarras, Ira
diScsIlds, les misères de la philosophie; dites-nous maiotenaot la bien qu'elle a produit
(fans le Brande, dans la société; c'est en aoas moDlrant les fruits qu'elle j a développés
q«e TOBs pourrez la réhabiliter dan» no^e es|irit, après l'y avoir si gravement oom-
■ais le maître, élevant la voix, poumtvail de son inflexible logique la philosopUe
aux abois et formulait contre elle les accusations les plus accablantes.
j IX.
« Qmaad le premier effort de la ratio* k la recherche des solalions a échoué, quand on
fa vu oe produire que des systèmes insensés qu'il a fallu repousser, un doute s'élève
sw la capacité de l'intelligence humaine k remplir celte grande lèche de retrouver les
vérité perdues, et de Ik une incertitude plus profonde, un ride plus senti que celui qui
« existé d'abord. Or, de ce vide et de celle incertitude naissent un ceruin nombre de
-béooaèoes qui sont les plus saillants de l'époque dans laquelle nous rivons.
« Vons avez pu remarquer que, quand vous vouliez vous entendre arec voos-méme
CI avec les autres sur ce qui est baaa et sur ce qni est laid, sur ce qui est vrûi
(S) Igeeimev, ArTarfamiefioa iu fdmcw pkUnafkigmn.
n . MCTIONNaIRE APOLOGETIQUE. 61
et sur ce qui est b«x, sur ce qui est bon et légitime et sur ce ({ni ne l'est pas,
vous éprouriez tfe gnados difficultés; qu'en disputant sur ces questions toute opi-
nion TOUS paraissait BToir ses probabilités comme elle trouvait ses représentants, et
qu'il vous semblait à vous-même que ts pour et le coDire pouvaient Être soutenus avec
le mémo avantage.
> II ne faut pas croire que ce soit 1^ l'état normal de rintelligence bumaîne, et que ce
phénomène appartienne à toutes les époques : il vieot de oa qu'il j a dans le temps
présent absence de critérium en matière de vrai et de faux, de bien et de mal, de beau
. el de laid. Tout principe ayant été détruit, toute règle fixe de jogement se trouve sup-
primée, et sans règle commune et reconnue de jugement, il £st imvossuu di s'intbn-
DRB iVRc soi-hAub ET AVEC LES AUTRES; il osl împossible d'arriver à une solution cer-
taine en quoi que ce soil. Or, quand il en est ainsi, qu'arrive- t-îl ? C'est que cbaqne in»
divjdu B le droit de croire ce qu'il veut et d'aHirmer avec autorité ce qu'il lui plalt de
panser. Au nom de quoi, en elTet, pourrait-on contester ce qu'il avance? Au nom d'au
vérité supérieure reconnue? Il n'y en a point. Reste donc J'aulorité individuelle de celui
qui conteste, lequolle est égale à la sienne et ne peut la juger. Ce tbmps-ci ist Donc li
RàailB DI L'inDIVIDCALISUB ET DE L'itlDITI DUALISME LB PLUS BX&a^Bi BT LE PLUS COMPLET.
Or, le droit de chaque individu de penser ce qui lui plati, engendrant nalurellemeat
une diversité infinie d'opinions qui se valent et qui ont tout autant d'autorité l'une que
l'autre, il s'ensuit que cet état d'individualisme où nous sommes bst eh hAmb temps vn
*TAT d'aeia^chib iiitbllectcelle COMPLET. Aiosl, d'uno part, autorité sans conIrAle de
l'individu, puisque au-dessus de cette autorité il n'eiiste aucune croj'ance communct
aucun eritmum de vérité admis qui domine les intelligences, les rallie el let gouverne i
d'autre part, l'aolorilé propre de cbaque individu étant égale k l'autorité de tout autre,
diversité inSnie d'opinions, ajrant toutes un droit égal i se dire et h se juger vraies : en
deox mots, individualisme et anarchie i voili ce qui doit être et ce qui est ; voilk où il
était nécessaire el inévitable que nous en Tinssions, el ce que nous tojtods autour
de nous.
« Une circonstance contribue encore k fortifier cette espèce de démocratie intellec-
tuelle dont je viens de parler. Ce qui crée principalement l'inégalité des esprits, c'est
l'expérience qui dépose, dans l'intolligeuce des hommes qui ont beaucoup vécu, beau-
coup vu ou beaucoup étudié, une somme plus considérable de faits et d'idées. Or, ii>s
époques semblables h la nAtre ont une tendance spéciale k faire méconnaître ce fait in-
contestable. Succédant à de longs siècles qui ont cru ce qui a été démontré faux, elles
ont et elles doivent avoir an parfait mépris pour le passé ; le passé est pour elles I»
symbole de l'erreur; jusqu'à elles, on n'a rien su, on ne s'est douté de rien; toute la
vérité est dans l'avenir, car elle est toute i trouver : donc, on est d'autant plus loin d'elle,
qu'on appartient davantage au passé, et d'autant plus près, qu'on est plus voisin de l'a-
venir, qu'on est plus jeune. De U un profond dédain pour l'expérience et pour l'Age, qui
est un des caractères de notre temps. Le jeans homme aujourd'hui se croit au moins
l'égal de l'homme qui a beaucoup vécu, et longtemps avant de sortir du collège les en-
fants se savent et se déclarent égaux h leurs pares, et rien n'est plus rigoureux qu'une
telle conséquence. Ainsi l'égalité des intelligences va jusque-là, qu'un jugement de dix-
buit ans a la même autorité qu'un de cinquante, et que la raison d'un pauvre ouvrici
D'est paa moins compétente que celle d'un homme d'Etat qui a vieilli dans le manie-
ment des affaires, ou d'un savant blanchi par l'étude. Sans doute le bon sens, qui a le
privilège de vivre i cflté des plus grandes aberrations de l'esprit humain, vient tempérer
cette démocratie intellectuelle, et meltre un frein aux conséquences logiques qui aspi-
rent k en sortir ; mais 11 n'en est pas une qoi ne se montre, comme pour révéler & l'bu-
nianild la portée de ses opinions.
■ Ce n'esl pas tout : la conviction que le passé s'est trompé condaisant au mépris de
toute étude sérieuse des faits historiques, et celte qu'il n'y a pas de erittrium de vérité
m INTRODUCTHHI. If
•roSUklraiit le mépris de la réOexioD* il en résulte cette igcorance proRiDde que nous
m/ODs et qui compose «fec la présomplioD les deux traita caractéristiques des ÏDlelli-
geoees de ce siècle. El de là TÎeut que dans la plupart des productions de notre temps»
m se sait qu'admirer davantage ou delà prodigiense latuilé arec laquelle les idées les
plos osées ou les plus absurdes sont émise», ou de l'absence complète de toutes les coo-
Mîssanoes pesitÎTesqui poorraient autoriser tant de eooBance.
■ Kl l'on serait tenté d'en TOnloir aux individus si l'on ne songeait pas que ce double
iëtiA est Due conséquence rtgouretrse de rindividaaiîsme et de l'anarcliie intellectuelle
qai nous Iravaillent, deux faits qui sont eux-mêmes la conséquence de la situation que
i<e to«s ai décrite, et qui est fatale dans le développement révolutionnaire au sein do*
qiel iMMis virons.
■ Des bits que je viens de vous signaler, résulte raffaiblissement universel des carac-
tères. Personne n'a de caractère dans ce temps-ci, et par une très-bonne ration, c'est que
dasdeoi Mments dont le caractère se compose, une volonté ferme et des principes ar-
rêtés, le second manque et rend le premier inutile. A quoi sert en effet une volonté
ferme quand on n'a pas de principes arrêta? C'est un instrument vigoureux, mais qui
n'est d'aocBO usage. Uellez cet instrameot au service d'une conviction stable et profonde,
il prodoira des miracles de décision, de dévoueibent, de constance et d'béro!sme ; mai»
ce ooas qui n'avons aucune idée, aucune croyance fixe, et qui ne pouvons nous en faire ;
en nous qui n'avons d'autre guide que les caprices de notre autorité individuelle, et qui,
fars de celle iodépendance, nous faisons un point d'honneur de prononcer par nous-mê-
mes dans tous les cas particuliers, que voulez-vous que produise la volonté, contre tou-
tes les idées absurdes, conlre toutes les folles imaginations qui traversent la tête la plus
sage? L'homme qui croit a uoe défense; fort de ses principes, il les applique, et, k l'é-
preove de ce eriteriiÊm uniforme, les bîzarrories, les chimères, las inconséquences s'é-
, et cela seul reste qui est conforme k ses convictions. Hais k nous qm mb
im.ee erilertmi manque; et parceqa'il manque, nous tw pODVoas rien Juger,
rien approuver, rien blêmer.
> Aussi n'approuvons-nons ni ne cnnJamnonsnions rien, nous acceptons tout, et notre
e^Mil, tour 1 tour «n proie aux idées les plus contraires, nlmprime aucune suite à dos
résolulîons, aucun plan è notre conduite, aucune dignité i notre caractère. Ri cela, encore
une Ibis, n'est pas une accusalioa mais un fait. Ce que le siècle doit être, il l'est; je le
peins rt je l'explique, voilk tout.
■ L'amour du cliangemeut est une autre circonstance caractérislique de la situation
ÎDtellectuelle où nous nous trouvons. L'amour, de quelque espèce qu'il soit, n'est autre
chose que le besoin de ce qui manqua ; or, ce qui nous manque dans le moment pré-
sent, ce sont les vérités qui doivent renouveler l'individu et la société. Et ce qui peut
HNU les donner, c'est Tavenir; donc notre époque doit tourner lesyeox avec espérance,
avec amoor, vers l'avenir, et se laisser facilement eutratoer i tout changement. Aussi
■eablons-Dons moins habiter le présent que l'avenir, et accueillons-nous avec enlboi»-
s-osme. avec ivresse, toule nouveauté, confondant ainsi ce qui est nouveau avec ce
qui non* manque ; et, de ce que l'olget secret et inconnu de nos désirs est nne rtiose
coavelle, en concluant aveuglément que toute chose nouvelle aura la propriété de le»
satislaire.
> De U cette passion sans discernement pour les révolutions elles changements,
q^i nous rend la dope des ambitions et des illusions du premier veau, et nous fait faire
::.ulilenienl les frais de bouleversements périodiques inutiles.
« Car remarquez bien que ce qu'il nous faut, ce n'est |>as un cnangemenl matériel-
Fiitea sobïr i notre société on aussi grand nombre de révolntions matérielles qu'il voua
; lira : si ces révolutions matérielles ne lui donnent pas les idées qui lui manquent,
t. es la laisseront prédsémeot où elle en est, et ne lui seront d'aucune ntilité. Ca qci
9-jtZ* MaUQlE, CB son DKS SOLUTIOM A VHB DBUI-DOCZAIXB DB QKtSTIOM AUXQCELLBS LB
71 OECTIONN&IRG AM)U>CETIQUE. 71
cHm^niRistts «iponDArr, auxquelles plus sien me aéiFom) uiihtbiurt, et rien n'est
moins propre i donner ces solutions que Ias omges des rues et les ranTersemenla de
gouTerneiBpnts-, car c'est par la réfiexion que la vérité se trouve, et la réSetioa exitçe
la paix. Les révolutions matérielles sont bonnes qoand elles viennent réaliser des véritM
préalnblement découvertes ; mais faire des révolutions matérielles quand les vérités après
lesquelles une époque soupire sont encore à découvrir, et pour les découvrir, c'est
vouloir que la conséquence engendre le principe, el que la BQ vienne avant le moyen,
, c'est une pure absurdité.
[ • C'est là ce que le vulgaire n'aperçoit pas; l'illuâion du pays est si grande, qu'il con-
' aidëre tout changement comme devant lui donner cette cliose inconnue et nouvelle dont
l'absence le rend maltieureui. Il se porte donc avec une aveugle ivresse au>devant de
toutes les révolutions, impatient de ce qui est, avide de ce qui n'est pas. Devant ce flot
(le l'inclination populaire, il n'y a pas d'institution qui puisse durer, il n'y a point de
gcuverneoient qui puisse vivre. Et de là la fragilité des popularités parmi nous. Qu'un
homme nouveau apparaisse sur la scène politique, vous l'entourez de votre faveur, tous
l'admires, vous l'élevés. Et pourquoi T C'est que tous espérez que celui<llt enfin va vous
donner ce qui vous manque. Mais qu'ârrive-t-ilT C'est que, n'ayant pas plus que tous
les solutions que vous cberchex, quinze'jours après sou élévation au pouvoir vous le
trouvez tout aussi vide que les autres, et toute sa popularité s'évanouit. Bt voilà pour-
quoi dans ce siècle il suffit d'être au pouvoir pour devenir impopulaire. Il n'y a de po-
pularité possible que pour ceux qui y aspirent, mais qui n'y sont pas encore, car ceux-là
n'ont pas encore dit leur secrtt : le jour oit ils sont en position de le dire, comme ils
n'en ont aucun, l'ardente faveur qui les entourait se refroidit, car l'illusion qui les ren-
dait grands est dissipée
■ Voilà ce qui rend si malheureux de nos jvurs cet ôtre collectif qu'on appelle un gou-
Ternemeot. Les peuples sont absolument comme les enfants qui ayant un désir pleurent
et en veulent à leur nourrice tant qu'elle ne l'a pas deviné et contenté l'objet de ce dé-
s'r, fàt-il la lune que la nourrice ne peut alleinilro. Ainsi sont faits les peuples, ils sen-
tent le malaise, les inquiétudes qui les tourmenlenlf mais ils ne se rendent compte ni
de l'objet de ces inquiétudes ni de la raison de ce malaise, et alors ils s'en prennent de
leur mal à la forme de société sous laquelle ils vivent, et alors ils accusent les hommes
qui les gouvernent de ce que l'objet mal démêlé qu'ils poursuivent et qu'ils ont raison
de poursuivre ne leur est pas donné. C'est pourquoi à la place des hommes qui régnent,
ils veulent toujours d'autres hommes ; à la place dos formes établies, d'autres formes; à
la place de l'ordre social et des lois existantes, un autre ordre social et d'autres lois, per-
suadés que la cause du mal étant dans le gouvernement, dans les loi)), dans l'organisalioii
de la société^ en changeant tout cela ils auront ce qu'ils désirent ; el point du tout ; quand
ils ont tout changé, ils se sentent tout aussi malheureux et tout aus&i mécontents qu'au-
paravant. G'eît que ces changements ne sont que des changements matériels, et nulle-
ment un changement moral, et que c'est à nn changement moral que les Atani aspirent ;
c'est qu'aussi longtemps que les solutions des questions suprêmes, au nom desquelles
seules OH peut organiser la société d'une manière vraie et conforme aux besoins qui sont
dans tes esprits . ne seront pas Irouvi^es, on tournera toujours dans le même cercle
vicieux Cl dans la même impuissance.
«D'oiï était venue cette organisation sociale, sapée depuis trois siècles et renvorséo
par notre révolution T Des solutions données par le christianisme aux grandes questions
jiumaines. Ces solutions n'étaient pas négatives comme celles que nous proposent les
grands hommes de notre époque, elles entraînaient en tout, dans la morale, dans l'art,
dans la religion, dans la politique, des conséquences positives ; il en découlait pour Ja
société certaines institutions, certaines lois pour lu pouvoir, une certaine organisation
et une certaine forme : tout un ordre socinl et politique était implicitement contenu et
vivait en germe dans les solutions chrétiennes. Cet ordre devait en sortir et, en est his-
toriquement sorti. Aujourd'hui cet ordre est détruit, et pour en créer un autre il faut uu
n iirnu>iH»rnox 71
mtaf^ y^ cTwt-t-dir» à» iMMiTtlIe» Bolationt aoi qaestJeBssapvêoim que teetiris-
tinisaie mil rétotsw- Telln «ont ces queslioas, qu'il bol abwlamenl qae les DMioDS,
ammè les indiTidns, j aient ane réponse pour organisor leur tîo et se crâer un sjs-
Ume lia eooduite. Commeat Toolez-Tous qae des gens qui oe saraDt ni commeot ai k
qaeUei fins îlssoat suris terre sachent ce qo'ili ont k faire de la rie T Kt comment too-
In-fous qqe, ue sarbant ce qu'ils ont k faire de la vie, ils sachent cependant eommenl Ut
doîTcot constituer, organiser, régler la société ? Quand on ignore la destinée de l'homme*
M fpore celle de la société, quand on ignora la destinée de la société, on ne peut l'or-
puMf. La solution da problème polilîquB est donc dans nne foi morale et religieuse.
Otle foi nous manque et tant qu'elle ne sera pas troarée, tootea les révolultoas malé-
riHIn imaginables ne pourront rien poor la société (Si). >
Hiltre, c'est assez (35). La philosophie i sa dernière heure ne sait rien de plus qo'k
iUl knvMiT, Comn (U ànit tuimnt, de scepticisna attnd.
i!3i Cm uaei 1 4i«»»-Doa>... Noo, ce n'est pu auei, mais mms ■erions îaSnis d Mai vooIûbs
Mal «rt. Ce scnil id bt lies, par acnpte, de déronler l'effrajsnl bblran de la philusophîe raiiooalût»
pèMnM ca 1U8 dans le dwoaÎM des Taiu et tmIuu smlifaer pratiqmaoenl ses ibéoriet an lOOTer-
mimmi de la sociéi^ Les iWorïes naisuienl comne des fou f«r uee owr lovMealéfcOn chaMnii loua
ki hal îsws ce qe'oB appebil, avec «ne riûUe emphaie, le priacipe coasiilalif de Favenir. TtMie
'S bMM à hMîr, taaf b pîeRa angnlaîre de l'Eglise. Oa organisaH Pavariee , '
Geatges Saad cl de tîdsI antres, s'apettareat enia que ce a'est pas irâpanément que les mÛMs, ces ier>
riUalagMâcnM,feaaaiTisaeMdespêfsoaiqB'oB levvase dans ces pages qni les aTaienl, eus. les
bMrisdci* lortoae, ri imnetmaitm Miasà.
Si aMU pasMM ea AUraM^De, doal le sol aossi a trcmb'.â tocs les pas des cohortes da sociaiîsaie.
«ne kfaactelevéclase des sacs les plas pars du ralionaUsiae ooaleaiporaiD, nous UtraTerans que la
ikimtfkit s'y albe éiKMieawBt avec Tespnt destruciear qui amoaoélc auioar de aons lanl de mines ei
rf'fllailir, 4aaa b sealwcaMMeda paaihfi—e. U religioa, ta OHmle. raatorité ei h liberté.
a pMler les dacieers ei les cheii de celle philosophie qa'oa s'eflorce uhi de propager parmi nous.
- 1 oa tcanrqaa, dil N. H. Ueiae, ^ la jcaacase alleoiaade, aMnée dans les alistnctionsmé-
s, artbail les iaiériu les plas pansanU «te Tépoqae, eiqa'elle âail derenne lahabile k h ?ie
. . lea pslriiitra et ks ans de la libetU doreat éprôaver aa jysie fCMeniineat contre la pliiloso-
Ihie, et qariqaff aai oat clé jaaqo'à rmpre a«e£ elle eomiae avee ua jeo Iritole et tiérile en rtsaliate.
< Xa«s IM aeroas pas ascca sMs pour refoler iéneaiemeat ces Béconleats. La philosophie altenande
~ ' e ÎMfOTlaale qai tegarde rhaBanilé loal eatiire, et nos arriér«-Mveai seront teult ea étal
i BMiloiis le blâae oa l'éloge paar avoir travailié noire obilDsophie en prtnier, et noue
:. U ne seaible qu'au peuple aMUMMlique, cnitiMe itmis le sommes, derall c
poar s'oecuper eu>aiie de la philosophie , et D'arrÎTer à la révolutioa poKtiqae qo'après
par eea phases je). Oa Imafe e«t ordre toal à (ait raisonnable. Les télés que b pfaiiiMOphie
s h la aiéditalioa, peuvent être buefaéet i plaisir par b réviriniion ; mais b philosophie n'an-
■ pa employer les lêles qae b rérolMiaB aaraii iranehéci luparanoL Pourtant n ajei, mes
_paifîaicB, ancnne inquiétude, b révolutioa alleiaande ne sera m plus débODiiaire, ni plut dooee.
c la criliqae de Kant. fàléalisoie iransceodaalal de Fîchleel b philosophie de la nature raurani
Os daâriae« ont déicloppé des lorces révolatioaaaires qui n'aliendem que le uwioaH pour
. _. led'eflroi eid'aclniraiion. Alors apparaîtront des Kantitlct (b) qui ne
A. -uj^ d_gg iq monde des faits que dam cdai des idées, et boulefer*
. _ l le glain. b toi de noire ne européenne pour en eitirper les
. _ -aines da pa«sê. Viendront tnr b aiéau seèue des Fichléeas (c) amiés, uont le fanatisme de
é ae ptuvraétreaullriséni par b craiiue, ni par riiiiêrit: ear ib Tiveut dans l*etprit et m^irisent
' «; pareibaui premiers Curétiens qu'on ne peut dompter ni par les supplices corporeh, ai par
MDeca icrrcslres. Oui. de tels idéalialea trautceadaniaus, dans un boalu'ersemeul loaal , sfr-
corcplua inlleulilesqnetes premiera Ubielieas; car cens-d eaduraienl le martyre poar arrlTer à
ideodesie. laadisqne l'idéab»u uvasceadaaial regarde b martyre mène coma» pore apf»-
. ae tieai iiiaccsmibb daas b forteresse de sa pensée. Hais lei phu elbajants de tout tersioit
mphes de b nauuc (dj, qui Intorviendraient par l'acikm dans oae réroInlieH albaunde, et t'iden-
S «as mtsnei a*ec l'mane de deeiraetiaa ; car si b main du Kanliste frappe fort et k coup s6r,
e aoB c«ur a'ea éasa par anean respect traditionnel - il le Pichléen Bépnse hardimeai lent les
rircc qa'ib a'eûsisat poîat poar loi dans b féalilé. b philosophe de b nature (e) sera lerriWe
K atet ca communication avec les psovoira erigineli de b terre, qu'il conjure les forces ca-
•~ Âe la toadiiiaa. qa'd pcai é>oqner celles de loat b panthéisme geraumque. et qu'il évàDe ea hii
-* ^~de iimiiil que aeus irwMOus chcs les ancâeits AUemands, el qm «eut combaUre, aoa pour
.*f UaelvIcsdeKant
.'. lHaei|>l«deneHe.
■ gi Lc« paathéMc*.
tj Le- pmiiet triltoe de SthclliHg s'appeUit phUotopUe de la utare.
Dicnos!!. AroLoeKTiQUK. L
•a DICTIONNAIRE APOLOGETIQUB. ^
sa niisunce. Comme li eUe oVût psru dans le monde que pour f ériOer le mot de SoeratCi
elle nous dil en se couTrant de son drap mwtuaire : Je sais que Je oe sais rien.
. Passons ; la philosophie c'est un cadavre, et nous sspjroni à la rie.
SX.
Lo christiamsine est le fait le plus général du monda moderne) celui qui domine de su
Colossale grandeur tous les phénomènes de l'hisloire. De lui découle comme d'une souri'u
féconde qui aurait jailli h la parolo de Dieu, toulos les idées sur lesquelles ont Técu jus-
qu'ï ce jour les nations européennes ; en lui est renfermé le principe qui-, depuis dix-
huit siècles, entretient et provoque l'activiié du monde ; k lui se ratlachent, comme à la
cause la plus générale, les agitations de la pensée et celles de la vie sociale; et l'on peuL
adirmer qu'il né s'est pas produit un fait ou une idée qui n'nit eu en vue le christianisme,
soil pour le constituer ou pour l'exploiter, soil pour le défwdre ou le combattre. L'his-
toire du christianisme est l'histoire du monde.
Le monde se faisait vieux et les dieux mouraient; le ciel élfiit vide. In (erre opprimâe,
hi morale obscurcie, les individus isolés daos leurs jouissances ou leur misère : l'égoïs-
me, ce dernier diea des snciélés expirantes, régnait, et son action dissolvait è pelit
bruit la civilisation romnine. I) ne restait plus rien de la Hberlé ancienne, rien de la
' chasteté des malroaus, rien de la flerlé du sénat, rien de la courageuse générosité et îles
fflffîurs républicaines. La Grèce n'était plus qu'une école da pédagogues et de sophistes*
L'Orient tout entier, courbé sous l'épée des Césars, s'abrutissait dans la servitude et dans
la volupté. Seulement, çà et )è, quelques intelligences d'élite cherchaient dans Platon là
solution des problèmes do l'humanité; et l'école d'Atexandrie qui plus lard , voulut être
ta rivale du thristlanisme, se jetait, en désespoir de cause, dans les folies du mysticisme.
téunirc, ni mËne pour vaiiiere, mais seuteineiil pour combatire. Le Christian isaie a adouci, justtu'i un
certain point, celte brutale ardeur batailleuse des Germains; mais il n'a pu la détruire, ei quand la
croU, ce lalitman qui l'eiichatne, viendra h se Uiseï', alors débordera de nouvean la lérocité des anciens
■eomuttanU, l'exaltation fréiiéliqite des Berserkerg quêtes poéus dn Nord chantent encore aujourd'hui.
Alors, el ce jour, bêlas! reviendra, les vieilles divinités guerrières se lèveront de leurs tombeaux fabuleux,
eisoleront de leurs veux la pouMière séculaire; Tbor se dressera avec son marteau gi||ant«s(|uc et démo-
lira les cathédrales gotliigues... Quand voua enlenilrez le vacarme et le tumulte, soyez sur vos pinles,
mes chera voisins de Franco, et ne vous mêlez pas de l'aHaire que nous ferons cbcx nooi en Allemagne :
n pourrait vous en .arriver mal. Gardei-vous de souffler le feu, ganlez-vous de l'éteindre, car voos
pourriei fucilemeul vous brûler les doigts. Ne riez pas de ces conseiU, quoiqu'ils viemieai d'an lèveuT
301 vous invite à vous défier des Kanii8tes, des Fichtéens, des pliilosc^bes de la nature ; do riez point
u poète fantasque oui attend dans le monde des faits la même révolution qui s'est opérée dans te domaioa
de l'esprit. La .pensée préiè'Je l'3[:tion, comme rëclair la tonnerre. Le (onnen-e en Allemagne est bien i
ta vérité allemand aussi : ii n'est pas très-leste , et vient en roulant un peu lentement ; mais U viendra,
et quand voua entendrei un craauement , comme jamais craquement ne s'est fait encoie entendre dans
rhistoire du monde, sachez que le tonnerre alleuuinl aura enUn loucbé le but. A ce bruit les aigles
tomberont morts du haut des airs, et les lions, dans les déserts les pins reculés del'Afriqui!, baisseront
la queue U se glisseront dans leurs antres royaux. On exécutera en Allemagne un drame aupi'ès duquel
la révolution franyaise ne sera qu'nno innocenta idylle. Il est vrai qu'aujourd'hui tout est calme, et si
vous voyez ç^ et ta quelques hommes vesticuler un peu vivement, ne eroyei pas que ce ïoieiil les acteurs
qui seront un jour cliargés de la représentation. Ce ne sont que des roquets qui courent dans l'arène
vide, aboyant et -échangeant quelques coups de dents, avant l'beure où doit entrer la troupe des gladi»*
teurs qui «omtiattront a mort.
I El l'heure sonnera ! Les peuples se grouperont, comme sur les gradins d'un amphithé&tre, autour de
rAllemaane, pour voir de grands et terribles jeux. Jo vous le conseille. Français, tenez-vous alors fort
tranquilles, ot suituul gardez-vous d'applaudir. Nous pourrions facilement mal inlerpréter vos intentions
et vous renvoyer un peu brutalement, suivant noire muniére impolie ; car sj jadis, dans notre état d'iu-
dolencc et de servage, noua avons pu nous mesurer avec vous, nous le pourrioiis bien plu» encoie dans
l'ivresse arrogante de notre jeune libei-té. Vous savez par vous-mêmes tout ce qu'on peut dans un pa-
reil état, et dans cet état vous n'y êtes plus... Preneidonc ganle! js n'ai que de bonnes inteitlious , et
ie vous dis d'amérea vérités. Yousavez plus àcraindre de l'Allemagne décb.rée, que de Li Sainte-Al-
liance tout entière avec tous les Croates et les Cosaques (a). ■
L'écrivain qu« nous venons de citer ne devra pas naiaitre suspect d'esprit r^clion noirs. Oa ne l'arcu-
sfra pas de calomnier la pLilusopliie au proQt des Jésuites; car, comnte le dit un des plus fanatitiues-
disciples du rationalisme , t la conscience de la génération actuelle d'Outre-Ilhin a sa Imiso sur deux
cutonues iondamontales : l'une B'aM>elle Uisu., l'autre s'uppelle Henri Heine (I>J. »
(al Bnnu fluni, Ve FÂliemame, t, lSi-3a.
(t) Hsa«*iii> EwiMKS, QueU-ce^e la Betigton tfoprtt lO nwteile pnUoiopmt altemantlt, Préface, vu. —Cri
«UTrage et un lutre du même auteur mlitulf : QaeU-c* ifue ta Biblt, amuirevl, àe la minière la plus évidente, cel-e
ItleoUlè dei polDif de départ du socialtsme et du railonalismeque Hkt Gerbct a établie atec tant dn vîstieur ■<-■■"
aca adialTable travill sm oette question, publié dans l'VmveTtU4 ctomique.
n iNtRODocnoA n
rntras toolttoit nrtxnrer le vieai eolie. j ialrodaira li morale et Itmité : ils ne bi-
■ueal qae le bouleverser et le rendre mëcooDaissable.
L'eipieo bunuine était travaillée par qd besoin universel de erojances ; elle appelait ta
ItuBÎire ; die upirait k la vérité ; elle eDlrevoyait qu'il était quelque cliose au delà de ce
goulfre oâ elle étoulEiil; elle se mail de tous ses efforts k la porte de l'avenir, et retom-
biil impuissante et désespérée.
Tout à eoup voici que doute hommes, pauvres et ignorants, partent de la ludée ■ pour
Ar instruire toutes les nations ; ■ ils proclameot l'amour de bleu et des hommes, et
jtdent wm milieu de ce monde classé par la gloire el basé sur l'esclavage , le dogme de la
pfii et de la fraternité nniverselle.
DiM a fait, diswt-ils, iTiw «««f kommt U genre kvmain... Noms $ommt$ tùiu h rœ». de
Diai(icfcf dee apàtrm^ xni). C'était la t«Mie noineUe si longtemps attendue I La pâo-
ifAti U biblessa, la sooBtaDce, avaient enfin des dieux I La foi, l'amour et la Jiberlé
«lluaat Battre eo rtiomme, trésors Donveaux qui devaient régénérer ses sentiments el
M* iiltes, changer son cmur el sa raison, loi donner une autre vie. A l'idolâtde des pa-
tricMOi qui divinisaient la forme, l'égoïsme, les sens, succédaituoe religion de sentiment,
d'ibo^llon, d'esprit. Le type de la religion heTlénique, c'était le plaisir, c'était Vénus
wrlaot do kein des eaux -, le symbole du christianisme, c'était la douleur, c'était Jésus
Boarsnl sur la croix.
La religion s'empara de toute l'existence de l'homme : par le bapléroe, elle l'ieitia i la
société chrétienne, el, par les autres sacrements, elle sanctifia tdus les actes de sa fie
civile; ■ sur le fondement de la charité, fin de la religion, AmB des vertnS et abrégé de
la lot, tous tes étala de la vie humaine furent perfectionnés. > La femme, que le Cfarist
■Tait émancipée dans sa mère, trouva dans le célibat une nouvelle existence, libre et io*
dépendante; la Vierge chrétienne fut un £lre supérieur el honoré; dès lors le mariage,
nnetiSé et corroboré, détint une alliance entre égaux ■ et cette sainte société n'eut plus
4e fin que celle de la vie. Les supérieurs apprirent qu'ils sont serviteurs des antres et
dévoués i leur bien ; les inférieurs reconnurent l'ordre de^ien dans les puissances légi'
times, lors même qu'elles abusent de leur autorité (36). »
Ainsi des bords de l'Eaphrate jusqu'aux rives du Tibre, el depuis la lointaine Bretagne
îosqu'aitx pays enchantés que l'Indus arrose, rhomanilé se leva dans ses fers ep regar<
dut le ciel avec une irrésistible espérance. Le monde gangrené tombait en pourriture,
et ta pureté naquit tout k coup au fend des âmes comme une blanche fleur qui crott sur
un lomt>eau. On foulait aux pieds la dignité et la noblesse de la nature humaine, et l'on
se prit taut d'un coup, par un étrange renversement d'idées, k chercher les esclaves
abrutis et k ramasser les pauvres abandonnés dans les faubourgs des grandes cités ro*
■laiBes. On avait pour conserver la vie, commis d'incompréhensibles lâchetés; et tout
d'un coup, vieillards, enfants et femmes, quiconque avait une âme et no c«eur, voulut
souffrir et mourir pour les intérêts de la vérité. Les immenses amphithéâtres devinrent
trop étroits, les Innombrables prisons d'nn monde de eaplivité regoi^èrenl, les boorreani
BiaiHiaèreol hienlAt pour envoyer k la mort lont ce peuple de martyrs.
Quelle destinée que celle de l'Eglise cbrétiennel Elle vient k peine de naître, el aussi'
l&t les rois de la terre et les princes de l'inlelligence se lèvent contre elle* Les premiers
l'avancent armés de la force brutale. Pendant trois siècles, ils la tiennent étendue sur des
dievaleU, ils la déchirent avec des on^es de fer, ils la font broyer par les dents des lions
et des léopards... ITn jour enfin les bourreaux s'arrèlent : ils onl frappé avec un redou-
lili-meol de nge, et leurs victimes sont tombées en nombre 'immense. Dioeléiieu se vante
iTavoir niis k mort tous les Chrétiens. Il dresse donc une colonne qui portera son nom k
Il postérité la plus reculée. Haïs au moment où il cbante son triomphe, le paganisme
s'écroule, l'Eglise s'élève sur ses débris ; les dieux do polythéisme cèdent k Jésus-Cbrisl
îrars auUlSfles Césars descendent de leur trdne poury laisser monter son premier ministre.
(Si) BoMcrr, iMfcvara imr rUitelTt wnlttnelh.
71 DICTIONNAIRE APOUNSmQUE. 80 .
La parole da Cbrist, celle semence difioe, jelée dios ie soi du ¥Îeux monda, « grandi
comme un arbre gigantesque qui a couvert de son ombre sacrée les nombreuses géné-
rations des peuples. Le christisnisme est sorti des amphilbéAlres et des catacombes pour
aller au-devant de ce flot de barbares qui devaient couvrir l'univers remain comme une
immense inondalioQ. Il a pendant de longs siècles, lutté contre ces races de fer avec une
infatigable énergie. Il a fait des sauvages qui peuplaient les landes de Is Bretagne, les
marécages de la Gaule el lus forfils de la Germanie, les nations les plus fortes , les plus
savantes et les plus invincibles. Dans cette lutte à jamais mémorable, que d'épreuves
n'a-t-il pas traversées! Quelles lempétes et quelles agitalioas formidables 1 quels princes
(fe l'inlelligence, quels puissants génies n'a-l-il pas usés par la patience de sa durée, par
son élernilél
Tandis que les persécuteurs demandent aux Cbréliens leur sang et leur "fie, ta philo-
sophie descend sur le champ de bataille. Le mensonge et la calomnie, l'esprit de so-
phisme et d'erreur viennent 6 son secours. Un cri de guerre retentit dans ses écoles. On
attaque, on altère, on mutile' la doctrine évangélique. Quels hommes que les Celse, les
Plotin, les Jomblique, les Porphyre, etc. ; quels souvenirs ils rappellent t que de nobles
facultés consumées pour propager l'erreur! Un prince couronné se met lui-mflma h eU'
lanter des livres afin d'étouffer la vérité. Vains efforts 1 l'empereur sophiste et impie meurt
à la peine. Un blasphème sort de ses Uvres eipirsntes ; en s'écriant: Tu at vaincu, Gali-
Umt il veut jeter une injure h lésus-Cbrist et il constate son triomphe. En effet, les éco-
les philosophiques se ferment, le rationalisme s'ensevelit dans l'impuissance el dans
l'oubli, tandis que l'Eglise grandit, répand au loin ses lumières, el règne, par droit de
conquête, sur le monde des intelligences.
£lle y règne, malgré les schismes et les hérésies qui veulent briser son sceptre. Peul-
filre avez-vous tremblé pour l'empire de Jésus-Christ, lorsque vous avez vu s'élever
contre lui, non plus des ennemis du dehors, mais des hommes qu'il a nourris dans son
sein, des hommes dont la voit puissante remue les peuples, séduit et détache de son
royaume des nations eniières. 11 en est de ces hommes comme des tempêtes qui boule-
Tfirsout l'atmosphère pour la puriâer. Ils viennent, eus aussi, pour remplir une mission.
Il faut alors dissiper les nuages qui pourraient recouvrir quelque point de doctrine, faire
iiriller la vérité dans tout son jour et la user k jamais dans sa forme. Ce résultat, ils le
jN^parenl, sans le vouloir, par leurs objections et leurs sophismes, par leurs raines et
fausses lliéories, par les systèmes erronés qu'ils se fatiguent & produire ; quand ils ré-
pondent leurs idées, il se fait autour d'eus un grand bruit; on les observe, on les écoute;
ils fiiscinenl avec leur éloquence, il y a défection dans les rangs de l'Eglise. Mais alors
d'autres hommes, blanchis par l'étude et parle* années, se réunissent i Hkée ou h Trente.
Oti les voit se prosterner devant une croix; ils invoquent sur eux les lumières divines,
lis discatent et ils pèsent toutes ces conceptions. Puis, après de longues réflexions, leur
bouche s'ouvre ; de leurs làvres tombe un jugement sans appel, qui traversera les siècles,
que l«s ttommes accueilleront avec un souverain respect, qui deviendra le symbole de
leur croyance, la règle de leur conduite. L» vérité est ainsi rétablie dans tous ses droits;
elle sort plus brillsote de la discussion des objections soulevées contre elle. Quant aux
fauteurs de ces schismes el d« ces hérésies, leur mission est remplie; la tomho s'ourre
pour eux et pour leurs systèmes, ils n'ont plus qu'à dormir leur sommeil. Mais le cbri^-
lisnisme vit, il vit toujours, même après Arius, même après les Barbares, taème après
Luther, même après Robespierre ; après la réforme et la révolution française 1 II vit, non
yias in)m<Mtile et glacé comme un cadavre, mais il va jusqu'aux extrémités du niondu
liortésurles ailes de la vapeur et des vents, annoncer aux barbares babiianlsderAuslralie,
de l'Afrique et des Iles innombrables de l'Océan, la merveilleuse parole de l'Evangile 1
S XL
Triomphe de l'Eglise chrétienne contre les lyrans, triompho contra les pninces de la
science et de la ^gesso, triomphe contre les ennemis da toute sorte, et ceux du dehors, tl
gr cmoDDcnotL «s
cMi da dnlms, H ceux qoi ▼«nient du uDg et eegx naï fl>meBt«bt Ij dÎTisîoo ^in» soa
Minet tedAcbiraol. Le doigt d« Diau est TÏsible dans ces iiMf» gigsotesquet, dios ces grands
BKMTeaieaU îsaprimés au moade par ce vent da nel parti du boni des laes de la Judée.
■tigré ces conbatsachamés. ces luttes ioeessaotes, cotte immortette fille do àel grandit»
grandit lovrîoiirs. et nrse à pleines mains, sur l'bumaniié, ses plusprécieux trésors.
Ble est Ttooe régénérer, saorer le monde, 7 établir le règne de Dieu ; elle ne faillira pa»
t n nission et ta porte* de Tm/ït ne prévaudront point contre eite.
Qiund TOUS oe sauriez rien du christiaoisme, ni son bistoire ni sa doctrine; quand oa
De 1001 eût montré que les fruits dont il 1 eorîcbi rhumsailé, f oui seriez bien forcé ds
rccoooaitre que ces fruits ne sont pas de ceux que la terre enfante, et que leur se* e pro-
fitstd'un arbre qui n'a pas sa racine dans le sol d'ici-bas.
Lb cfaristiaDisme a fait cirsuler sa rie divine dans l'bomme tout entier, et dans les lois
deWDcoeuretdans celles de son iotelligeoce et dans celles qui règlent ses rapports avee
ses ■cBblables. L'ordre moral, l'ordre intellectuel, l'ordre social, ont été élevés par lui à
va dqgré do perfection qui dépasse inOaioienl tout ce que la sagesse antique eût jamais
im cuoeevoir déplus admiral>Je.
Fojei ses miraclvs dans l'ordre moral.
Qu'est-ce que l'bommeT Jetez no regard au fond de votre nature, et vous me répondrm:
LVmme, c'est un être enclin au mal, i régolsme, à la paresse, i l'orgueil, à la
cupidité, i la sensualité, k la duplicité, à une incroyable futilité. Se laisse-t-il aller à
tti peocbants? on ne peut dire k quel degré de perversité et d'abjection il est capable du
descendre. Les conrient-il à demi 1 épuisé par les efforts qu'il lui en coûte , il reste sans
verlD et ne peut s'élever an bien. Cette grande nature est bornée an cercle d'une moralité
"^tlve et inféconde; elle ne fait pas de mal : voilk son héroïsme. Et encore faut-il que
le tempérament , l'Age , la condition , le bon naturel , le défaut d'intérêt majeur, n'olTrent
ila volonté que peu de luttes fc soutenir, oa même qu'elle trouve k s'appuyer sur quelques
grossiers motifs de réputation, d'onpieil et de paresse, qui balancent le mal par le mal
■eue , et ne laissent i. ce sage d'autre mérite qae de se conserver en équilibre entre les
«eès, et de n'être qu^uii épicurien de vertu.
ToilA l'homme dans son état naturel. Dn peu plas un peu moins , tel est son plus haut
dispasoa de vertu.
Sh bien ! c'est h ce niveau que la cbristianiime prend l'homme pour l'élever h un état
où tons les mauvais inslincU de notre nature sont foulés aux pieds , et oCt le bien devient
b profession de tous les jours, de tous les instants, de tous les soupirs de sa vie; où
rime toojours en baleine vers la perfection , non-seulement s'interdit lool ce qui est
défeoda , mais se dépouille de ce qui est permis, de ce qu'il y a de plus doux , de plus
thtr, de plus inhérent k notre nature; s'immole et ne vit plus de la vie sensible, de la
vie eoncopiscible , que pour y mourir loas les jours , et par ce moyen natl , grandit ,
s'élèf e , se répand dans nne nouvelle vie toute de perfection , de devoir, de vertu , où ne
voyant jamais ce qu'elle fait de bien , mais ce qu'elle ne fait pas , elle se méprise en fsi-
SHil des actes d'héroïsme, elle s'excite et s'aigaiilunne par d« Ik toutes les bornes connues
dn deroir, et va, pour ainsi dire, se confondre avec la perfection infinie de Dieu loi-
inéme : Soj/ex parfaîti eo'tmu votre Père céleite tel parfait.
Philosophe, voilé la sainteté 1 fleur d'un parfum tout céleste qu'on ne vit jamais éelore
dans votre terroir.
El cal état si étonnant, quand on réfléchit k la corruption et i la pesanteur de notre
nature, le christianisme le produit dans l'bomme k tout âge, dans tontes les conditions, i tra-
vers tous les obstacles; un enfant, un guerrier, un savant, un pâtre, un roi, une jeune fille,
une âme déjk pure, une éme criminelle, tout devient sous son empire capable de sainteté.
Cesl principalement dans les difficaltés et les résistances de la nature et de la société
qui! triomphe et qu'il opère ces métamorphoses admirables, appelées cenrcrttMW , non
Boios prodi^euses dans l'ordre moral , que les métamorphose» de la fabuleuse aotiqailé
dios l'ordre physique. Veul-il faire éclater la charité et le lèle de l'aposlelalT M choisira
S3 MCTIONNURE APUAÎEnQUE. SI
un perséculeur; veul-il bire voir l'intrépidité et l'héroiMoa de II Gonstanee? Il prendra
le eœur d'uoe jeane fllle ; Teat-il nous raTir par an cbef-d'œarre de douneor et d'bumililét
i\ ira ebercber l'âme d'un roi ; il fera Tenir la simplicité de la foi dans l'Ame d'an pbilo-
•opbe , et la pins sublime pbilosophie dans la raisob d'un artisan ; il inspirera h l'héritier
(Ton grand nom et d'une brillante fortune la passion du reocncement et de la pauvreté {
Il saisira la Jeune fille sons les préparatib de l'hjrmen et au sein des caresses maternelles»
pour la transformer en Mmur de ehariti: et , de la pécheresse qne le monde conspue et
r^ette , il fera l'amante du Dieu trois tois saim.
Il n'y a que celui qui a fait l'homme qui peut le refaire ainsi. Voyez les païens, voyez
les taga de l'antiquité, et tout ce qui vit aigonrd'bul en dehors du christianisme, tous
y pourrez trouver quelques Tertos humaines , tous n'y trouverez jamais un taint. ■ U
est impossible et monstrueux que l'homme se monte au-dessus de soi et de l'humanité ;
car il ne peut voir que de ses yeux, ni saisir que de ses prises : il s'eslevera, si Dieu lui
preste exIraordiDsiremenl la main ; il s'eslevera , abandooninl et renoaçaot ft ses propres
moyens et se laissant haulser et soublever par les moyens purement célestes. C'est i noslre
foi cbrestienne , non k la Tertu stuïque , de prétendre k celte divine el miracoleose méta>
morphose (27). ■
Le sens moral , c'est l'image de Dieu en doos. Or cette image ne peut s'entretenir que
par sa relation a*ec l'original, avec le type éternel de la sainteté » l*bommA-modèIe ,
l'Hoiihs-Dibc^, le Saint du saists. Aussi , depuis que ce divin modèle a i\é proposé i
notre imitation, voyez quelle admirable floraison de vertus célestes , quelle puissaote
frucliflcalionde sainteté est apparue de toute part dans le monde! ■ Quel spectacle fut pour le
monde corrompu la naissance du cbrisliaoisme] On voit paraître et se répandre dana
l'univers des hommes qui disconviennent d'avec tous les autres sur les principes les plus '
communs ; des hommes qui r^eltent tout ce qui est recherché avec le plus d'ardeur, et
qui ont un amour sincère pour tout ce que les autres fuient. Les plaintes sont un langage
qui leur est inconnu , si ce n'est dans la prospérité; ils ne se contentent pas d'avoir, au
milieu des malbears, une constance inébranlable, ils ont une joie qui va jusqu'à des
transports... Quels sont ces prodiges;, devaient dire les psïensT quel est ce renversement T
Les biens et les maux ont-ils changé de nature? Les hommes ont-ils changé eux-
mâmes (28J 7 >
Depuis ce moment la race des saints n'a cessé de se reproduire sur la terre sans y dégé>
nérer. Quelle multitude et quelle diversité de saints le christianisme n'a-t-il pas enfantée
au monde h toutes les époques, dans toutes les situations, à tous les âges, dans toos. les
rangs ; opposant aux besoins et aux âilDcuUés des temps, des caractères de sainteté divers
-qui les dominent, et en qui s'incarne et se perpétue son imprescriptible pouvoir. Com-
ment pourrions-nous présenter ici au souvenir et à l'admiration du lecteur toutes ces lé-
gions de héros, tons ces vivants témoins de la divinité de la religion ohrétienne I
Mais cen'esl pas seulementanx saints canonisés par l'Eglise qu'il faut borner le nombre
de ces fleurons de la eouroane du christianisme; il en est une multitude d'autres qui
ont passé dans l'obscurité, qui y vivent et qui y meurent tous les jours, inconnus au
monde elk eux-mêmes, perdus qu'ils sont dans leur humilité. Il en est des saints comme
des étoiles du tirmament : outre celles qui composent les diverses oonslellatioos et qui
brillent è nos yeux, il en est une multitude d'autres que leur élévation même dérobe k
nos regards : le ciel spirituel a aussi sa voie lactée.
L'action du christianisme est incessante, bien' que parfois occulte; et après deux mille
ans de fécondité, il germe, il pousse encore des fleurs aussi parfumées, des fruits aussi
savoureux. Que de vertus cachées au fond des chaumières, dans les bftpitaux, les man-
sariles, les prisons, les cloîtres, les déserts, dans l'humble foyer domestique surtoatl Lq
secret en est connu de Dieu seul et de ses anges.
(S7) HniiTiiCNE, Euau, I. ti, c. 13.
(2B) FotrTUEUB, D^eoun mr la fat\tRçt,
> INTRODUCTION. »
L« cbristisDfsrae n'i pas borué ses frails h ta uocttflcalioD individuelle de tes tneuibre»;
mais par celle sanctiffealioo, il a épuré, moralisé la conscience publiqne du genre hn-
•aiii; il a assalui le moude. De son centre surnaturel, il a agi sur le naturel des sociétés
bDBuiMi. Las I^slalions, les institutions, les mœurs, les rapports divers dont elles *r
composent, oui été refaits sur l'Erangile. La corruption paîenue, la barbarie gerraauiriue
oiilsiiceessiTenieat disparu sons "action de la religion, et le inonde en est venu i res-
pirer le efarïstianisme comme l'air. Tout ce qui est général aujourd'hui, tout Ce qui est
ptiitie, (ont ce qui est univ^el, esl chrétien, on tond k le devenir. Sans doute il 7 aura
lM}Oin« de la eormplion et dti la perrersité dans le monde, («rce que toujours il y enra
delà liberté; mais autrefois il f avail des crimes publics, sociaux, eolleclib; la perver-
sité n'était pas seulement dans les âmes particulières, elle était dans l'âme même de la
soôétét dans les lois, dans l'opinion, dans les institutions, dans les coutumes. Aufonr-
d'hin, clle7 est eioins qoe jamais ; et quels que soient les écarts de la moralité privée, le
flireiB de la moralité sociale a été toujours, sauf les temps de crise, en s'élevant. S'il
ja toq'oundes crimes, jamais il n'y eut plus de protestations. Les crimes mêmes qui
M eoBmettent ont nn earaclère qui acease la folie autant que la perversité, tant la rai-
son pobliqoe les rejette, tant la conscience sociale les désavoue. Les impies et les mé-
chants bODorent le frein qu'ils blsncbissenl ; et le nombre en fAl-il encore plus considé-
rable, il foreur plnrriolente, il ne leur sera jamais donné de prévaloir contre le ohris-
lianisoe; et cela par une raison fort simple : e'esl qu'ils ne peuvent le guerroyer qu*
ée ses doos.
Certes, c'est no phénomène étrange que celni-l&, et une belle preuvede la divinité
d'an principe qni, après avoir porté le monde k un si haut degré de: civilisation à travers
la éléments les plus contraires, le soutient dans cet état, i l'eoconlre de l'immoralité
privée qu0 cette civilisation même engendre, et continue â le faire avancer k travers tous
Ifsexcis particuliers d'une société qu'il vivifie en dépit de aea membres 1
Le christianisme a triomphé de la civilisation corrompue du paganisme ; il en a purgé
le inonda, et ce fut un beau débul. Il eut ensuite un autre travail â faire tout différent du
premier, et non moins grand, non moins beau ; ce fut de triompher-de la barbarie qui
vint se jeter au travers de son action régénératrice. Après avoir arraché des hommes ci-
vilisés à leurs préjugés, il eut à civiliser des hommes grossiers ; après avoir corrigé, il
eut k instituer, il fit ce second ouvrage arec le même succès que le premier, sans changer
de principes ni de moyens, sans cesser d'être lui. Pendant longtemps même il mena
ces deux grands travaux de front; et pendant que d'une main il sanctifiait les mœurs
corronyuesdeRome^de Corinthe, de l'autre il apprivoisait et poliçail les mœurs farouches
des lionles vomies par le Nord. Le monde moderne, avec^tont le déploiement de ses fa-
cultes morales, inlellecluelles et industrielles, est sorti de ce second enfantement. Hais
U une troisième épreuve, un troisième succès, étaient réservés au christianisme : sauver
\v monde de l'abus des biens dont il l'avait' comblé ; lui conserver ces biens, et les ae-
croUre en dépit de ces abus ; le foire passer par-dessus cet écueil fatal oil toute société bu-
■uine vient écboser : la corruption de ses richesses, la décadence de ses propres gran-
deur*, la mort nprès la vie. Ecueil plus redouUble que les précédents, puisqu'il est en
raisoodela hauteur de la civilisation qui l'engendre, et que c'est en l'absence de tout
appui étranger k la natore de l'obstacle, et par un effort purement interne, que le triom-
plie doit s'opérer. C'est Ikle grand spectacle que nous avons maintenant sous les jreus,
crise héroïque, qui se préparait depuis longtemps et qui a éclaté dans le xviii* siècle. A cet
iasUnt la société moderne a rasé l'écueil ; elle a sombré sous voiles et disparu quelque
Uoipe dcna les abîmes. Mais elle portait un bdte divin.qui sait commander aux vents et aux
Bols. La civilisation a reparu vomie par le gouffre. La raison chrétienne, la foi calbolique,
identifiées désormais avec ton! ce qu'il y a de vraiment conservateur, civilisateur, pn^res-
«f, prennent de jour en jour le dessus: aussi, après tant de preuves de l'aetien de Dieu,
Unt de gages de la ûdélité de ses promesses, éclairés par le passé, confiante dans le pré-
«7 DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE. M
«eut, sûrs de l'afeoir, disons-nous bien avao Pascal : ■ il est bon d'blut ainsi liattu par
la teiB|iAtei dans un raisseau qu'on sait ne pas pouroir périr 1 >
Voilà ce que le cbristiaDisme a fait dans l'ordre moral. Voj'Ons mointenant ws IniU»
dans l'ordre iDlellectuel.
S XII.
U.d« Foolanes passant à Genève, en 1787, alla voir l'illustre Bonnet. 11 te trouva It sa
naisoQ de Geiithod, placée dans une situation i, la fols riante et magnifique, aux bords du
lac, entre les sommets des Alpes ut du Jura. La conversation ôlant tombée sur les illu-
minés, Bonnet ne cacha point au jeune voyageur que des hommes illustres de la Suisse
étaient attelais de ce délire. M. de Foulanes lui en demanda la cause. Voici quelle fut
M réponse:
a La philosophie mo<)6rne a ébranlé les fondements de looles les croyances religieuses.
L'écrit humain, arraché imprudemment aux opinions sur lesquelles il reposait depuis
tant de siècles, ne sait plus où se prendre et où s'arrêter. L'absence de la religion laisse
un videimuiense dans les pensées et dans les affections de l'homme ; et celui-ci, toujours
extrême, le remplit des plus dangereux fanldmes, à la place d'un merveilleux sage et
consolant, adapté à nos premiers besoins. Ainsi l'homme, en davenaot incrédule, n'eu
sera que plus aisément précipité dans la superstition : il portera jusque dans l'athéisine
même le besoin des idées religieuses, qui est une partie essentielle de son être , et qui
doit toujours faire son bonheur ou son tourment; il abusera de ses propres sciences,
en j mêlant les plus monstrueuses rêveries ; il divinisera les effets physiques et les éner*
gies de la nature; on le verra retomber dans un absurde polythéisme; en un mot il
sers disposé & tout croire, au moment où il dira fièrement qu'il ne croit plus rieo. Il est
temps que la véritable philosophie se rapproche, pour £on propre intérêt, d'une religion
qu'elle a trop méconnue, et qui peut seule donner un essor infini et une régie sAre k
tous les mouvements de notre cœur. Il faut laisser des aliments sains h l'imagination
humaine, si on ne veut pas qu'elle se nourrisse de poisons (29). >
Qui est-ce qui préviendra ces déplorables écarts et nous sauvera de ces honteuses fai-
blesses! Le christianisme seul. Sans lui, on verrait bieotât l'esprit humain-emporté dans
les superstitions les plus avilissantes et tes plus perturbatrices, sans que les plus fortes
têtes pussent s'en garantir, dès que la contagion s'en serait développée autour d'elles.
C'est qu'au delà-de l'élrolte limite de ce que la raison peut comprendre, s'ouvre et s'élend
nn espacevldepourelle, où se jouent tesfant&mes de son ignoraui;e, où sa vue expire,
où elle ne peut pas distinguer les choses, et ofl cependant elle soujiçunne qu'il y a de
grandes choses (30) : penchée sur cet sbtme, il ne dépend pas d'elle d'en détourner les
yeux, parce qu'elle sent que 1i s'agite pour elle quelque importante destinée ; et il ne
dépend pas d'elle non plus de les ouvrir assez pour savoir ce qui s'y passe. — Cet espace
vide que nous portons tous en nous, cet abtme est la région du mytiirt.
De là sont* sortis tous ces systèmes idéologiques et théogoniques dont le tourbillon
compose l'histoire de la philosophie bumaîne; de là toutes les superstitions, lontei les
extravagances qui ont tour à tour régné sur cette terre; de là enfin, sortent parfois,
pour les esprits les plus rassis, de saisissantes incertitudes, de. soudains vertiges, de
4errible3 peut'étre, qui les font se retourner incessamment dans mille conjectures sur
leur destinée prochaine, sans pouvoir jamais trouvtir une solution; car, on a beau foire,
on ne saurait jamais complètement s'endormir sur les bords d'un tel gou^e.
C'est ce vaste besoin de l'flme humaine que le christianisme est venu satisfaire, c est
sur cet abîme qu'il est venu jeter un chemin. La foi chrétienne est le gardt-fou de )■
raison. « Qui le sent plus évidemment que nousT dit Montaigne, car, encores que nous
lui ayons donné dea principes certains et infaillibles, encores que nous esclairisns ses
pas par la sainte lampe de la vérité qu'il a plu à Dieu nous communiquer, nous voyons
(391 (Knru d* M. 4e FonUim, l. II, p. Ut.
(SO) Kajut tue ^uiddam tnipicaia en, ae pulekrtat, quod extra eoiupeetum flotara poniuit. (Snsc. ,
guait.nat. i, pneful.)
0 IRTRODDCTWL M
pmriHit ioonieU«aiMC, pour pas qu'olhi se desmento do sentier ordinaire, et qn'ellfl
ndctioumeoB escute de la vpja tracée et battue par l'Eglise, comme leul aussildt
tUettpenl.s'eiBbwTme.et s'eairsTettouniojant et fiotani dans cetle mer vaste, lroubt<>,
el mdojante des opinions taamainea , sans bride et sans but î aussilost qu'elle prrd en
pind et cooimnli chamin, elle se w» divisant et dissipant «n mille roules diverses (31). •
Silisbire la facollé religieuse de notre Sme dignement , grandement , sans gôner ta
nwM, en la faisant entrer an eootraire dans cette satisfietion, en la lui rendant propre,
tfl Tj développant et faisant grandir tontes ses pnîssBDCes, voilà le problème que le
tbmiJanisD» seul a réaolo. Sa doctrine ne commence qu'au point où la raison fiail, nù
M m se trouble ets'^re.Lafei vient s'ajoalersenlementk la raison. Ce n'est pas même
ue toonJssioo qn'elle en eiige , pnisqae venue à ce point, la raison n'abdique que sou
iftianpcc ; c'est un aasentînenl qu'alla lui demande, c'est une alliance qu'elle lui
propose. La foi s'adapte ) la raison par ta mofon des preuves extrinsèques auxquelles la
niiM ne penl se refuser sans se manquer k elle-m£me. Le christianisme est Ig seule religion
fBj'iJt des preuves, qoi ne demande à la raison que ce qu'elle ne peut pas logiquement
léaier. Il vient l'arracber k la Ijruinia de mille systèmes , de mille chimères, qui sans
jiuisla sntisfaire, la laissent toujours de (dus en plus appauvrie par le doule et livrée
m {lias fooestas écarts. Il lui /ail recevoir k ta place un frein léger qui ta dirige, sans la
gêov, vers les régions de la lumière.
Vf a SOT las confins de la raison , un certain nombre de vérités capitsies qu'elle ne
lûit que d'une loucbe pleine de faiblesse et de défiillance. Telles sont les vérités dp
reiiiieiioe de Dieu, de son unité, de sa providence, et de ses priocipsut attributs ; de la
spiritualité de rime, de sa liberté, de sa responsabifilè, de son immorlatilé; d'un étal
(lUar de récompense et de cbiiîment, etc. Qu'étaient devenues ces vérités dans le monde
pua I Elles avaient disparu dans la nuit du polythéisme pour la généralité des hommes.
U cbrislianisme pst venu dégager ces vérités, les rétablir dans tout leur lustre et leur
oaplet accord. Après les avoir portées A na point de pureté et de sublimité qui dépasse
(«que la philosophie, dans son vol le plus hardi, en avait soup^uné jusqu'alors, il les
I Bises k la portée de tout le monde , et les a préservées k jamais de toute altération et
detoute mina, an les sumatnra lisant par la foi. Par U il a constitué la philosophie,
«lai donnant un sol résistant et fécond , an lien de ce terrain mouvant des systèmes,
M (S (ibilosophia antique enfonçait k chaque pas. En assujettissant ainsi ces premières
(•rites sur la baM de la foi, le chrislianisme a ralTermi toutes les autres vérités d'un
uire loférieur. il a mis un principe de certitude dans l'âiae humaine, qui, de proche en
iTOcbe, a UabilUi toutes les assises de la raison. En vulgarisant ces vérités, il a non-seu-
:»nenibît participer tons les hommes individuellement el sans distinction k leurbéoéfice*
liais il a créé par Ik la raison publique, ce foyer commun si puissant qui préserve et
rËftare les aberrations de la raison privéetot qui est comme l'âme des sociétés modemen.
Par deik ces vérités mères que le cbrîsliaois:iie a rapprochées de la raisoa commune et
ramenées k l'éUI de certitude et d'évidence pour tous, les hommes, il en est d'autres
qall ooa* a révélées el qui seraient k jamais restées hors de la portée de l'esprit humain.
Je veux parier de ces vérités contenues dans les dogmes particuliers du christianisme •
'a Trinité, llncamalioD , la Rédemption , la chute en Adam, la réhabilitalion en Jésus-
Christ, etc. Que ne puisse dérouler ici sous vos isards tout ce magnifique ensemble de la
-'xrtrioe catholique, tvec sa haute philosophie, ses beaux rapports, ses fécondes applica-
tions et toutes ses ineirnbles hsrmonies I c'est ik l'objet de la théologie proprement dite.
Le mtfode spirituel ayant été ainsi ouvert à l'iotelligenco, elle s'y est dilatée, et y a trouvé
->:-e expansion qui lui a. fait dominer les sens et la natnre. oi^ la tenaient emprisonnée
M soperitilions sensuelles de l'antiquité. La foi chrétiaaot l'a soulagée, en lui ensaignuil«
(«r autorité, des vérités dont la recherche épuisait autrefois ses forces, et dont la con-
leaplalion les renouvelle. Ella t'a délivrée »du décoorageneot et du se^;>Ucîsaet m
^1) Cttcîi, Uv. SSII, c. 12. , .
Il nCTIOKN&IBE APOLOGETIQUE M
lui donnant nno bue fix« d'oè elle t pu partir nrec assurstice. En même temps elle a
créé dutour d'elle > par la diffusioa et la comiminauté des mAmes lumières, un conire-
polds de seas commun qui l'a préserrée de ces écarts iDdividuela*, et un levier puissant
qui a centuplé ses forces en mettant celles de tous à le disposition de chacun en purli-
culier. Enfin par la côonmunion intime qu'elle a établie entre l'Ame et son auteur,
entre la vérité et la vertu, elle a mis en elle un principe de vie qui est i l'esprit ce qu'il
psi lui-même au corps, qui coDceotre, discipline, inspire ses mouvements, cmpëcho ses
richesses de dégénérer et de se corrompre, et, selon l'heureuse etpression de Bacon,
c-jt comme l'arôme de ses connaissances : Fideiaromo ieientimvm.
Muni de ce secours, l'esprit humain s'est dressé d'une hauteur qu'on ne lui avait jamais
connue; il e marché de progrès en progrès, et, par toutes ses conquêtes, il a témoigné
magnifiquement en faveur de la vérité d'une religion sous l'infloence de laquelle il a
découvert toutes les vérités. L'homme, pan sa soumisfion h la loi du Christ, a relevé
l'empire de la vérité sur sa raison par les sciences théologiques et métaphysiques;
l'empire de sa raison sur sa volonté, et de celle-ci sur ses sens par les sciences morales;
et l'empire de ses sens sur la nature par les sciences eiactes et industrielles : trois
branches de connaissances dont le développement prodigieux, sous la loi évangélique,
a )>orté l'humanité au trAne de la plus haute civilisation , et vériflé ce bel adage : 5«rctr
Dieu, e'al régner.
Les sciences, longtemps faussées par leur alliance avec la philosophie incrédule du
dernier siècle, se sont complètement séparées d'elle. Depuis lors elles font des progrès
inouïs, et, chose admirable I elles ont retrouvé la foi sur tons les chemins de la vérité»
et nous rapiwrtent tous les jours des solutions qui Is cooQrment. Quant à cette pliiloso-
' phie, elle est évidemmeul aux abois, car elle ne se soutient plus que par le désaveu, et'
tout prouve qu'elle a fait son temps.
£n général, tout ce qu'il y a eu de vrais philosophes, de belles intelligences dans le
monde, tout ce qui s |>orté haut la tète parmi les hommes, s'est appuyé sur la foi chré-
tienne. Les plus nubles représentants de la raison , les conducteurs de rhumBoilé,ont été
apAtres ou disci|iles de Jésus-Christ : c'est un fait. ■ On pourrait produire aisément, dît
d'Alembert, la liste des grands hommes qui ont regardé la religion comme l'ouvrage de
Dieu; liste capable d'ébranler, même avant Ceœamen, les meilleurs esprits, mois suffisante
au moins pour imposer silence à une foule de conjurés , ennemis impuissants de vérités
nécïssaires.aux hommes, que Pascal a défendues, que Newton croyait, que Descartes a
respectées IS2). »
Quelle preuve de la vérité du christianisme! Car enfin ces mêmes intelligences, qui
ont fait leur culte de la vérité en tout genre , qui ont vécu dans son élude et dans sa
contemplation, qui ont apporté Ih sa recherche toutes les forces, tout le désintéressement
dont l'esprit faumaiu est capable , qui ont montré par leurs belles découvertes, par leurs
grands travaux en mélaphj'sique, en morale, en mathématiques, en sciences naturelles,
qu'ils savaient la connaître et la trouver, h qui nous la devons, et qui en sont pour nous
comme leecanaux^cesmémesinielligences,dis-je, ont reconnu que le christianisme était la
vérité, était divin, ils l'ont proclamé, ils l'ont professé, non-seulement par leurs éi:rits,
rosis parleurs actions; ils «n ont fait le capital de leur étude et de leur conduite : et oa
veut qu'ils se soient trompés, trompés tous et k ce point I et que, malgré cette erreur
fondamentale, ou plutAl par l'influence de cette erreur, ils aient découvert la vérité eu
tout le reste I...
UaJs qui èles-vous donc pour prononcer ainsi sans hésitation que Bonnet , Euler,
Kepler, Leibnitz, Glsrlie, Pascal, Bossuet, Fénélon, Newton, Malebrsnche, Descartes,
Bacen, et tant d'autres beaui génies qui ont fait de la religion chrétienne l'étude cons-
ciaocieiue de toute leur vie, se sont trompés h son sujet I Décidez donc aussi qu'ils se
sont trompés en métaphysique, en morale, en mathématiques, eu astronomie, en sciences
(SS) D'Alubekt, Etogedi Bernottilti.
m imtoDucTwi. H
Batanllc*. et inserirei-Toufl contra toolas Im lumières en déMVOOtai celle* de Ii fbf ;
«a plnlM reooonaisMz le lien de rdrilé qui les ottil, et, comme dit Bseoo, que ptu ëe
jnfManAM d rôKrMiilïf/, et beBucoap deacieace ramèue t lafoi;.Térité dont an esprit
ditiiiigni de noire siècle, Beiqamin Constaoi, confesse sroir bit personneHemeat llieii-
leue eipérience : ■ Hou ourrage (l'htsloire do polythéisme}, dît-il. est une singulière
preave de eetle vérilè de Becoo. C'est posiliTeineDl en approfoudissaDt les bits, en en
KcseillaDt de lonles paris, et ce me beurlant contre les difficultés sans nombre qu'ils
f-pposMil è riocrédolilé. que je me suis vu forcé de reculer dans les idées religieuses.
Je l'û Eiil certaioement de bien bonne foi, car chaque pas rétrograde m'a coulé. Encore
1 préctat toutes mes habitudes et tous mes souvenirs sont philosophiques, et je défends
peste ^icès poste tout ce que la religion reconqaiert snr moi... (33i. *
Hais c'est surloot par la comparaison des fruits grodnits par le génte chrétien avec
an fwgfwH par le génie humain en dehors du cbristianisme, que la rérité de eelui-cf
M Ait voir. Jtasorément le génie est paiement réparti parmi les hommes ; et sons le
nppon de la irtmft nous n'afoos en rien de mieux que Platon, Socrale, Aristote, Cicéron,
Séoèqne et beancoop d'aotres pbilost^bes de l'antiquité. Sous certains rapports même,
et poor toat ea qui tient aux procédés de l'esprit, comme la logique et la rtiétorique, il
bal iTooer qu'ils ont été longtempa nos maîtres. Eb bien I comparez leurs marres méta-
\ïijàptt el morales (car pour les scientifiques les résultats sont k pea près nuls) STce
calles q>« les auteurs chrétiens ont produites, llettei les murres de Cicéron à cAté de
ce^ies de saint Augustin, les œuvres de Platon è cdlé de celles de saint Thomas d'AquÎB*
Sénèqoe k côté de salut Paul, Aristote è cAté de Bossnet. Epictète, Mare-Aurèle k cAté de
Boardalooe, de HaxsilloD, de Féoelon, de Pascsl, de Malebraocbe, de LeibniU, etc., el
dites s'il o'j a pas, je ne dis pas dans li faire, entendoua-noos bien, mais dans le f»mië,
bu U produit de ceni-ci, une profondeur, une ampleur, une justesse, une perfection,
laewlidité de rue, infiniment sopérieares; s*il n'j a pas entre les premiers et les seconds
Liala U distance du rêve k la réalité, el si on ne voit pas clairement, par cette compa-
riisMi, qu'une grande lumière s'est loTée sur le monde en Jésos-Cbrist T « Je TOudraia
•fa* pour noire plaisir et notre insiruclioD, dit Voltaire, tous les grands philosophes de
ratiqoité reviosseot aujourd'hui sur la terre, el qu'ils conversassent truc Pascal , que
li'i-jeT avec les hommes les moins savants de nos Jours, qui ne sont pas les moins sensés :
j'cQ demande pardon k l'antiquité, mais je crois qu'ils feraient une triste figure. Les
[auTres charlatans 1 ils ne vendraient pas leurs drogues sur le Puiit-Neuf. >
£o effet, ce n'est pas seulement soos le mauleao, mais aussi sous la veste que se
l'Miveat nos Socrate et nos Epiclète, formés qu'ils sont k cette icienct nàblime de rEvom^
fiU, dit encore Voltaire, à laquelle on parvient lor» mime qu'on n'a paa fetprit aiitx
ttfuém poter étudier lea imUe$ uience*.
Xoas venons de présenter quelques aperçus rapides snr les fruits du christianisme
caos l'ordre moral et daoj l'ordre iotellceluel. Le lecteur comprendra que nous ne pouvons
i*acef ici qu'une esquisse fort incomplète d'un sujet si vaste et si magnifique, qui
i^^Baudersit des volumes.
Passons aux fruits du christianisme dans l'ordre social.
j-xm.
Le prîoHpo d'action des individus sur la société , principe que les sociétés antiques
"M cemaissaJent pas , est te pivot de la civilisation moderne ; el c'est Ik un des résnilau
« plus précieux que le christianisme ait opArés dans l'ordre social.
Oe'étaiMit les individus dans la société païeonel Rien. Ils létaieul entièrement absor-
^ par eetle divinité qu'on appelait la patrie, qui ne permettait k aes eobnls de respirer
îH pour elle. Elle leur Inspirait toutes ses haines, toutes ses passions, tousses préjugés;
*• fwssanee ne se composait que de leur anéantissement personne, et sa liberté que de leur
Sf latm è M. Ueeka.
fl DICTIONNAtltE APOLOGETIQUE. M
lerrilode. Les dieux étalant compliees de la soeiélé dans m tyraaait, et peuioni de Iodi
la poidi de l'Olympe sur la lerre. Mioorve, Vânua ou Jupiter, c'était la Grèce, c'était
l'Asie, c'était Eome personnifiées : et pour que l'idenlitîcaliou de la puissance leBporelle
et spirituelle Tût plus complète, les souverains de ta (erre parlageaieol h leur loar les
droits el les bonoeurs de Ib Divinité; l'aoltaropomorphisioe et l'apothéusa se donnaient
la main. Ce que le citoj'en était à la patrie, les enfants et la femme l'étaient au père et
«u marii l'esclave l'était un maître; tout ce qui était faible l'était k ce qui était fort,
dérooé fatalement k une volonté supérieure et ne s'apparteoaiit en rien. Et cette com-
pression ^'exerçait è l'inverse du nombre; c'était comme une pj'ramide de servitude,
dont la liberté publique occupait le sommet.
Une organisation si homogène et si concentrée opéra, il faut le dire, des résaltatt pro-
digieux de force el de grandeur mslériefles, et même, aux beaux jours des anciennes
républiques, une grandeur morale qui s'attache toujours k l'idée de sacriâce quand la rolonté
l'accepte et va au-devant, comme au temps des Uiltiade, des Léoaidas, dn Régulas.
Uais ce temps futcourt etdevait être suivi d'une irrémédiable corruption. La valeur
imlividuelle, la liberté propre de l'homme, ayant élé abîmées dans la qualité du citoyen»
quand celle-ci, par son exteusioo même, vint k disparaître, il ne resta plus que des
esclaves. Tous les droits et tous les sentiments de la nature étant froissés, mutilés, vio-
lés, dans ces constitutions impitoyables, un état si faux et si violent ne pouvait long-
temps durer; et pour peu qu'il faiblit, il devait bientôt tomber. Aucun eonfre-poids ne •
le préservait de ses propres excès, aucun élément vital et réparateur ne pouvait lo
transformer et le Elire revivre. Aussi arriva-t-on k cet état indéfinissable de corruption
que préseniait le monde païendans les derniers temps, où il n'y avait plus ni soumis-
sion ni libwlé, mais en toute chose servitude et licence.
Le christianisme parut, appelant vers lui toutes les plaintes, toutes tes souffrances ,
toutes les détresses de rburnsnité* el lançant des malédictions formidables contre les
richesses, l'injustice, la volupté, la violence. Jusque-là la société civile arait cumulé
tous les pouvoirs ; elle prenait l'homme dans son herceau, et s'arrogeant sur lui un
droit absoln de vie et de mort au physique el au moral , elle lui disait : Tu ne vivras ,
tu ne penseras, tu ne sentiras que [lar moi; tps dieux seront mes dieux; la naturu
mfrme n'aura en toi d'inspiratious que celles que je lui permettrai. Le christianisme
venait poser en f^ce de ce pouvoir un autre pouvoir totalement distinct , qui consacrait
et raffermissait le pouvoir civil, mais aussi qui permettait et qui prescrivait niéme do
lui désobéir dans tout ce qui était directement contraire k lui-même. Sans doute ce pou-
voir spirituel était bien eu principe dans la conscience humaine, et celle-ci avait dû
de tout temps désobéir k l'injonction d'un méfait; mais jamais il n'avait reçu uno ex-
pression aussi distincte, aussi explicite, aussi formelle, jamais les deux mondes n'avaient
élé aussi nettement dégagés.
A partir de ce moment, l'homme ne fut plus seulement Grec, Romain ou Germain , il
put être chrétien, catholique, citoyen du royaume de Jésus-Christ et enfant de l'Eglise ,
quelque part qu'il fût, et trouver dans sa soumission aux devoirs de celle qualité la plus
belle de toutes les libertés, le plus précieux de tous les droits : la liberté de ne pas fairo
le mal, le droit d'opérer le bien, non pas dans le sens relatif et intéressé d'un pays et
d'un siècle , mais dans le sens iphilosopLique et divin, c'est-k-dire absolu, du mot : ta
liberté el le droit de posséder son kme devant les hommes, et k travers tous les rapports
et tous les Bssujettissemeols de sa condition sociale sur la terre, de respirer et de con-
verser dans le ciel.
C'est de cette première liberté religieuse que sont sorties toutes les autres libertins
drilM ,• politiques et sociales, qui ont été en se déployant jusqu.*k nos jours. Par l'éta-
blissement de son pouvoir spirituel, le dirisUanisme a relevé l'homme de son asst^A-
tissement absolu au pouvoir temporel. Par la distinction du premier de ces pouvoirs,
il lui a donné une valeur individuelle de liberté en face du second, etr par lk| un prixï—
fl HtmODDCnOIL jl
eipe d'Mttoa bm- Ii soeUtf, proDltlile k celle-ci mAiiia, parce qa'il la ecni(r»4»laiiec dans
K^eicte, qu'il ta relèTa de ses choie», qu'il la r^nère deoi sa' corruption, qu'il la
5ttmalfl el la fait progresser dans sa darée.
Drpais lors on fil ce qu'on n'avait jamais TD : des apdtras, des martyrs, des anocbo-
rèles, des confesseurs, des saints de lont ordre, des institutions de toute nature ; se rat-
Ucbint tous au siège d'un pouvoir spirituel distinct de tous lea pouroirs ; eiprimant la
iMrrfèelion éTangélique dans ses diverses applications aux besoins des temps ; s'inspirant
d'DD principe supérieur ï leurs ricissitudes; maiotenaot la lumière de la vérité dans les
léeibresde l'ignorance ou de l'erreur, la règle inOexible du devoir daos la licence;
opposaat toutes les vertus k tous les vices; prolestant éternellement par la sainteté
contre la corruption ; et, alors même que le monde tes persécutait, forçant le monde k
s'accuser lui-même, et à revenir i leur suite dans la voie de la vérité.
C'est k celte lutte entre le spirituel et le temporel, entre la foi el fa raison , entre le
saceidoee et le pouvoir, que le monde doit son salut et sa civilisation, parce que c'est
par fiie que la vérité a été éprouvée et manirestée, qu'elle a conservé sa distinction et
MO indépendance, nécessaire h son action sur la société, dont la corrupiio» l'aurait fait
déttéaéver, si elle s'; fat coofnudue.
T«l est le grand mo«en de civilisalion que le christianisme a apporté aux sociétés
bamiioes. C'est k ce moj'en qu'elles doivent ces loDgm-s existences toujours actives,
cdleétarnelle jeunesse, et après tant de siècles cette plénitude de vie qui les liait s'élancer
vers des horizons nouveaux. Elles peuvent subir des révolutiona, des transformations
progressives; mais elles ne connaissant pas ces décadences ialales, ces irrémédiables
déeoBposiliooa que les sociétés antiques portaient dans lenr sein, et dont Bossuel et
Montesquieu ont si bien analysé la marcbe. Elles na connaissent pas non plus cette iiu-
■obililé alDpîde des peuples de l'Inde, qui ne T^ètent toujours qu'i la coodition de
at Barcber jamais. C'est que la rérité divine est la vie véritable des intelligences et de
bin sociétés; que, cbez les anciens, ce qui leur avait étédéparti de celte vérité-mère allait
l'appaDvrî&saDl de plus en plus par sa confusion avec le cours temporel des choses,
(antre l'iailraloenient duquel rien ne la défendait, et que cbez les peuples de l'Inde ello
M M coosarve que comme une momie détiguréesous les bandelettes du pouvoir, et i
l'ibride tout eonlacl avec le grand air de la raison, Tandis que, dans les sociétés cbrétieo-
a«i, totaletueol distincte de l'élément temporel, et le plus souvent en Jatte avec lai, elle («
■B«ialieot accessible è tous les esprits sur le fondement libre da Jésus-Cbrist el de son Eglise»
1 travers toutes les persécutions, toutes les caresses, toutes les vicissitudes, comme un
Kotie toolè la fois fixe et actif, qui contient et.développ«rbumanilé dans une sphère infinie.
C'est UD fait que le progrès indéfini de la eivilisatiott Hâte de la promulgation du
christianisme, bit d'autant plus propre k frappcrun esprit attentif, qu'il contrdste mani-
festement ati^ le progrès de décrépitude qui' avait mené le monde aux portes du ebaos,
:iBaad il vint l'en retirer. Quel magnifique édifice que celui de la civilisation moderne,
t.<-fé tout entier de la main du christianisme qui en avait jeté les fondements en
redonnant k Tbomme sa dignité propre et sa valeur réelle :
L'individu, enrichi d'uo vif sentiment de sa dignité, d'un fonds abondent d'activité, de
(«rsévéraDce, d'énergie, el d'un développement simultané de toutes ses facultés;
La femme élevée au rang de compagne de l'homme, et pour ainsi dire récompensée
da devoir de la soumission par les égards respectueux qu'on lui prodigne;
La doaeeur et la fermeté des liens de famille, protégés par de puissantes garanties de
iaa ordre et de justice;
Cnft oonacieDce publique admirable, riche de sublimes maximes morales, de règles de
;:!ttec «t d'éqoîlé, du sentiments d'honneur et de dignité, conscience qui survit au
:iafrsBe delà moralité privée, et ne permet pas que l'utTronterie de la corruption
aonle 4 reicès où on l's vue dans l'antiquité ;
Cm certaine douceur générale de mœurs qui, dans la guerre, évite de grandes calas-
'.'Oi.bes, et dans la iwix rend la vie aimable et plus paisible;
n DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE. 100
Qn reapecl profond pour l'hoDime et pour ce qui lui oppartieni, ee qQt rtnd très-rarea
les tiolences des particuliers, et sert, sous toute ejpèc« de régimes politiques, comina
d'un frein salutaire pour cânlenir les goureraements;
Vo régime ardent de perfeetiOD daa* lootn les branches ;
Une lendauce wrésfstîble, parfois, mal dirige, mais toujours rire, !i améliorer féli/t
des eUsses nombreuses ;
Une impulsion secrfite qui commande de protéger la faiblesse, de secourir l'inforluDe,
laapiitsion qui suit quelquefois son cours avec une ardeur généreuae, et qui, toutes les
fois qu'elle ne trouve point i se développer, reste dans le cœur de la société, et y pro*
duît le malaise et l'inquiétude d'un remords ;
Ud esprit cosmopolite d'universalité, de propagande;
Un fonds inépuisable de râssourcus pour se rajeunir sans périr, et pour se saur«r
dens les plus grandes crises;
Une impatience généreuse qui veut devancer l'avenir, et d'où résultent une agitation
et un mouvement incessants, quelquefois dangereux, mais qui sont communément )•
germe de grands biens et le sjrmpiftme d'un puissant principe de vie.
Tels sont les grands caractères qui distinguent la civilisation européaune; tels sont
les traits qui la placent dans un rang immensément supérieur k celui de touleâ les
autres civilisations anciennes et modernes (95).
Ne pouvant nous étendre ici sur un si vaste sujet, nous nous bornerons h obser-
ver qu'en changeant la situation religieuse de l'humanité par rapport à Dieu, le chris-
tianisme se trouve avoir préparé par voie de conséquence tous les changements surve-
nus dons les autres rapports n&turela et sociaux de l'esclave au maître, de la femme
au mari, de l'enfant an père, du pauvre au riche, du sujet au aouveraio, du citoyen A
l'étranger, qui devaient se manifester dana la suite des temps. £l lorsque nous voyons
tous ces rapports jusque-lfc faussés , violés, méconnus universellement, se 'ressentir
presque immédiatement en mieux du contact du christianisme t lorsque nous les voyons*
à partir de ce moment, tendre incessamment h un redressement manifeste dons le sens
de la vérité absolue des choses, de la dignité des personnes, de la satisfaction des be-
soins et dea droits; lorsque nous voyons les auteurs et les agents de ces réformes remon-
ter tous k l'idée chrétienne, et les apûtrea de celle-ci les précéder en jetant dans le*
mœurs, par leurs discours, par leurs écrits, par leurs exemples, comme les semences de
la civilisation, nous nous sentons obligés d'en attribuer la cause au christianisme, el*
jugeant cette cause par ses effets, de proclamer sa haute et souveraine vérité.
Le christianisme a toujours fait faire, dès le premier moment, k ses disciples, à litre
de religion, tout ce qui est jussé depuis, à titre de civilisation, dans les lois, dana les ins-
titutions, dans les mœurs, et en quoique sorte dans la nature des aociélés modernes. Au
sein du paganisme et de la barbarie, il réalisa ainsi , au rebours et en dépit des nKBurs
du temps, des chefs-d'œuvre de sociabilité qui ont servi de type aux réforraes dont nous
nous enorgueillissons le plus. L'égalité dans les lois, la tolérance dans les mœurs, ce be-
soin de justice dana les institutions, cette prépondérance croissante du droit sur le fait
de la raison sur la force, et ces tendances universelles ti'bumanité, de fraternité de fusion
universelle et d'unité, qui caractérisent notre époque, étaient choses purement chrétien*
nés avnnt d'être choses légales, civiles et sociales. A l'heure même qu'il est, les institu-
tions et les œuvres du catholicisme dépassent de beaucoup toute notre ci vilisatidn, et en
forment comme l'avant-garde. La civilisation n'a pas encore atteint, et quoiqu'elle tonde
sans cesse à en approcher, elle n'atteindra jamais au règne entier de l'Evangile et & la
puissance de la charité. Si on veut avoir la mesure de cette puissance, et si on veut la voi r
en action, il faut chercher el calculer la puissance de la misère humaine- Partout oit est
celle-ci, vous trouverez celle-là. Il n'est pas un seul besoin de noire nature k côté du-
(SS) Cfr BtLHtM, L§ pToiaianlintie comparé ait eathotieiim dan$ mi rapportt atee la emliialion «a»-»
F*"». — Teom-om. Dt riH/lmaiu eu eatMaiitàm ur le dnii rommt. — VaxnkW. JVwtMM n^-
j«, Wc — Guiioi, etc. "«^w
m «TRODUCTION. lllS
VmI li cfcrUttantiiM n'ait fdaeé ua bienfait, pas aoe mîaère k laquslle il u'aJl etiTuyé
tn teeoura, et avec une plénitude* one déticaleMe, et ua fioi de déTonemeDl, dont les
effflls font eoTie quelquefois aux faroris d« la cîvîlisalîon. Ce que la société elle-tn^ma
bit da bien eu œuvres philanthropiques, outre qu'il lui est inspiré par des mœurs chré-
tiennes, a besoin en déGnitive de passer par la pointe aimantée de la charité, par la main
et le doigt de ses apàtres pour arrÎTer STec délicatesse et persérérance jusqu'aux maux
qui 00 sont l'objet. El an deik de ces maux que la société soulage ainsi, il en esi une mul-
lilode d'autres qui sont tout & fait hors de la sphère de sa bieuraisance, et que la re-
lipoo seule poursuit arec un infatigable zèle et apaise avec un merveilleux succès. On
peatdire du rbristianisme ce que la Bible dît de Dieu : Tout Utjauri il ouw« ta main tt
Mwrrit tout et fui respire. Il est l'œil de l'aveugle , le pied du boiteux, l'ouïe du sourd,
l'inslitoteiir de l'en&nl, l'appui du vieillard, le gardien du fou, le nsiteur du prisonnier,
le père des wpbelins, l'infirmier des malades, l'aumAnier des pauvres, le patron des oppri-
més, le miséricordieux régénérateur de tous les coupables. Oulre ces maux, qii forment
comme le fond de la nature humaine, il en est d'autres qui lieonenl aux temps, aux lieux,
aux accideats, et que le christianisme s'ingénie aussilAt à soulager on k guérir avec une
mefreilleuse chsrité. C'est ainsi qu'il lut longtemps l'hospitalier des vojrageurs, le com-
pagooo du lépreux, le réilempteur des captifs, l'éroancipateur des esclaves; et lorsque les
ffâads fléaux de la guerre, de la famine, de l'iDondation ou de la peste, viennent à fondre
sur tes peuples, on le voit grandir dans ses dévouements, et se mesurer à cœur-ioie avec
tous les dangers. Le chrïalianisme fait cela toujours, partout, sans relâche, sans faste sur-
loil et méine .«ans efforts ; c'est sa nature, on attend cela de lui ; ou ne le remarque plus,
tant il j a habitué le monde. Et cependant lui seul le fait, aucune religion n'a pu l'iospireri
la société, la nature mfime y sont impuissantes.
Le christianisme porte donc en lui un princifie réellement surhumain de charité, une
paissance singulière et unique de bienfaisance, c'est-b-dire un caractère distinctif de di-
Tinté. C'est cette puissance qui, agissant indirectement autour d'elle, élève les idées et les
■oan, les transforme, les transfigure, et produit la civilisation, c'est-t-dire la bieafai-
saoce sociale.
Lacfarialiaoisme ne s'arr&le pas, comme la bienfaisance naturelle, i tel bien particulier,
■■ Boulagenent de telle misère, k la sa lisfàction des besoins sensibles, etc. ; il emhrasse
le«l et tout à la fois. Pas une inCrmité ne lui échappe, comme nous l'avons dit, et il ne
s'occupe jamais d<: satisfaire les besoins physi(]ues, sans poursuivre eu même temps les
besoins intellectuels et moraux. En touchant les corps, sa divine main |)énèlre jusqu'aux
émes. Il guérit tout l'homme en même temps, il soulage les souffrances; il fait plus, il les
fait aim«r, et tourne les maux en remèdes. 11 porte, eu nu mot, visiblement dans son ac-
tion bienfaisante le caractère divin de l'abaofu.
Ce qaî prouve encore qu'il est le bien par essence, c'est la simplicité et, on peut dire,
rahseDce des mofeos par lesquels il opère les plus grandes choses. Voyez ses œuvres,
rites soDl immenses; elles se forment et croissent avec une rapidité surprenante : hier
elles n'élaienl pas et aujourd'hui elles sont partout. D'où sont-elles sorties? qui les a en-
loatérsT qui a su si bien préparer et concevoir cette organisation puissante qui s'étend
qoekjaefois comme un réseau magique sur les villes, sur les provinces, sur les royaamea,
>ar le monde entier, su jouant autour du globe, comme dit l'Ecriture de la sagesse de.
D-cn : Lmdau in orke terrarumf Où i>ODt les plans, où sont les machines de ces œuvres
^.gmniasqnes, et qui glissent sans bruit comme les astres! Nulle part. Seulement une
i-aurrK femme, un faumble prêtre se relevant un jour du pied d'un autel, inspiré do zèle
it la ciiarité, et voyant les choses au point de vue de Dieu, a saisi le bien i faire, il a été
•nât ft resécolioo, il s'est eontié et tout a soïti. VoiU l'histoire de toutes les œuvres du
ttnstiasisma. Etudiisz-lei, si vous le pouvez, dans leur immense variété , dans leurs sour-
ies profïiodes, et tous leur trouverez invariablement ce caractère providentiel de créa-
^''■Q. L.» Providence se cache dans les œuvres des hommes, ou ne se découvre que par ae-
c^-eot et dans les lemj» de révolution ; mais dans les œuvres du christianisme elle est
m DKTfONNAlRE APOLOGETIQUE. 101
constamment h na. elle crée sans cesse, sans cesse elle lira des merveilles de bieufaisauce
du néant et les soolient sur le néant. C'est \ï ce qui fait que le monde ne leur donne pas
toute l'altenlion qu'elles méritent, habitué qu'il est par sa faiblesse à ne juger des résul-
tats que par lus moyens. Il ne roit pas les merveilles du ctiristianisme, comme fl ne voit
pas les merveilles de la création, El, chose singulière et dont le contraste est bien signi-
ficatif, le monde accorde nne altmition marquée, au contraire, à ceux qui se répandent
en discours et en projets sur les réformes de bienfaisance & opérer, mais dont la parole
nVnfanlejnmais l'action. Il s'extasie devant la charité loquace d'un romancier sybarite,
et il ne voit pas la charité même en action dans la personne d'un pauvre prêtre qui fait
plus que l'autre n'écrit. C'est que le monde n'aime le bien qu'en image et qu'en représeo-
(atîon, parce qu'il le flatte sans l'obliger; et que le christianisme est le bien même en
réalité, c'esl-i-dire en sacrifices et en résultats. La conduite et les jugements du monde,
b l'égard des œuvres du christianisme, prouvent que celles-ci tiennent h un principe su-
périeur; leur difficulté l'épouvante, leur simplicité te dégoaie; elles sont k la lois lro|>
difBciles et trop faciles : trop difficiles à l'homme, trop faciles au Chrétien. C'est la plus
manifeste confession de leur divinité.
Depuis l'origine, le monde a résisté an christianisme, parce que le christianisme est
saint : aucune autre religion n'a été en bnlte k nne pareille hostilité. Hais depuis l'origiDe
' aussi le christianisme a saisi le monde et l'a amélioré d'une amélioration toujours croissants
et qui ne connaît pas de fin , parce qu'il est la Térilé i sa plus haute poissanoe. Ce carac-
tère indéfiniment porfeclibilisateur du christianisme, -ft travers la résistance incessante de
aon objet, est frappant. Les incrédules ne disconviennent pas du fait; ils le IrouvMil même
tellement divin qu'ils en ont tiré la doctrine panihéislique du progrès, c*est-6~âtre de la
perfection divine ideotifléa h l'humanité , et s'eiprimant en elle de plus en plus. Mais
ce qui renverse cette doctrine, je ne dis pas par le raisonnement, ce qui serait facile,
mais par lefait, c'est que l'humanité n'a présenté ce phénomène que sons l'influence du
christianisme. Partout ailleurs elle est restée slationnaire et )naclive,ou active luais éphé-
mère dans sa moralité. Le progrès social continu n'existe que dans l'humanité chré-
tienne.
Vu de près, le chrislianisme confond le sens bomaîn par la. profondeur de ses en-
seignements et la sévérité >le ses préceptes. Mais k mesure que son application s'étend
et se prolonge dans l'humanité, et qu'il en traverse les résistances, vous en wojbk
sortir des eiTets généraux , indirects et successifs , qui excitent de plus en plus l'admira-
lioD et la reconnaissance. Il se trouve avoir des convenances et des rappuris pour tous les
temps, tous les lieux, tous les divers étata de l'humanité , dans rinfinie diversité du son
rspèce.ll est toujours actuel, il est partout local ou susceptible de l'être. II s'implante aussi
bien dans le cœut amolli du polythéiste ancien que dans la poitrine du barbare , dans le
ft-oiit déprimé du Cafre ou de l'Indien que dans le cerveau de l'Européen moderne. Il
va h tous les flges, k tous les esprits, h tous les cara>:tères, à toutes les humeurs. Uais
surtout , et ce qui est plus admirable , il va i tous les âges de l'humanité dans sa du r^c,
et imprime lui-même h cette durée un caractère régulier de progrès dans la véritâ «i
dans le bien, dont il est l'élemel aliment. Sa fécondité s'occrott de ses enfantements ,
et, i mesure qu'il avance, il se creuse tin lit plus profond et plus large, et le reçu pi it
en le creusant. Loin de redouter l'exigence, il la proroque, ou platêt c'est lui qui |.i
fdit et qui l'augmento sans cesse, pour la satisfaire indéiînimeat. De sorte quo tout h
fait k l'inverse des choses .humaines, dont toute la vie est dans le présent ou dans un
étroit passé , mais à qui l'avenir est funeste, c'est surtout', c'est totijours l'avenir qui est
le champ de vie du christianisme , comme une terre rendue de plus en pins féconde par
la semence qu'elle reçoit. On peut dire qu'il est plus dans l'avenir que dans le passé.
Quel passé cependant que le sienl Dîx-huil siècles de triomphe depuis son avènement
ei quarante siècles antérieurs d'attente et de prophéties, c'est-à-dire tout le temps i>assâ
dp[iuis l'origine du temps 1 Mais il est encore plue dans l'avenir, parce que l'humsriît^
rendue par lui-même de plus en plus capable de recevoir $ps applications., en_ recueillera
m unMwcmx iv
des hieos de plas «■ plu parfiîts > un* jamaii pouTOir itteindre MpeDdjnt k la perfeuioii
d« ce diTÎH modèle (ML
i XIV.
Ainsi doue le ebrîalian(sine renferme une vertu-qui élëre et soutient la raison, le
neur, la socialiilîlé, tout l'édifice de la nature bomaiDe» h une hauteur qu'elle ne peut
atteindre sans Ini, et qui, par lui, s'accrott sans cesse; un principe qui, partf)ut oii il est
mis eo contact arec l'humanité, quelle qa'elle soit, païenne ou barbare, sauvage ou po-
licée, vieillie ob naissante, réalise dans lous ses membres indistinctement une perrcction
dlntelligenca, de moralité, de ciTÎIisation, qu'elle n'a jamais pu se donner h elle-même ,
malgré tous les efforts de quarante siècles aolérieurs h la révélation de ce prîncipe;dont
elle est restée éternellement privée partout où il n'a pas pénétré; qu'elle n'a pu retenir
dans les répons d'où il est sorti; principe qui ne peut Tenir de cette humanité, et iro-
l>ri«|M nécessairement l'ioterTention de son premier auteor; qui prourerail l'exislenoe
Oe caseprtme auteur, si elle ne l'était déjk par l'eiisteoce de l'humanité mAmo; la
fvouTe davantage encore, parce que rexistence de Dieu ne résulte du grand outrage de
fa cnéatjoD et de t'hnmsnîté qui en est la reine, que par voie d^nduction ; tandis que le
principe chrétien nous fait assister i l'opérslion même d« Dieu en nous et autour de
nous, noos en donnela couTiction d'expérience, le justifie de l'imputation de nos dé-
sordres en les réparant, et le révèle par des cariictères de férilé, de sainteté et d'amour,
qui le rendent visible h notre esprit, sensible k noire cœur, palpable en quelque sorte k
cas sens, et réalisent ce beau nom dont il a voulu se faire appeler lui-même : Dieu avtc
El le eliristianisme ne serait pas divin I Bt Jésus-Christ ne serait qu'on homme I Uais
pourquoi donc cette interminable histoire du genre humain ne présenle-t-eile jamais le
modèlo ou rimilateur d'une pareille ceuvreT Pourquoi le christianisme est-il totgours un
bit aoiqoe, inexplicable et si prodigieux, que vos regards se troublent et s'obscurcissent
éèsqoo TOUS le eoolempIezT Le Cbrist, dites-vous, n'a pas fait de miracles; sa vie a é[é
naple et valgaire, il n'a ni ressuscité les morts, ni guéri ks aveugles I mois le monde
converti sans miracles, le monde pacifié et r^éoéré, l'humanité lancée dans des voies
îDcooDiteSi voilk une merveille qu'il vous bot expliquer tout aussi bieo que la résurrec-
tion de Latare. Vous avez beau détourner la tète et parler d'autre chose , vous avez beau
ssaroinrer k demi voix les mots de progrii, depuijranee d« CttpTit hiaMm,denécanUkU(ori'
f«^), et toutescesmillcformulessonoreselbaoalesdont vour<!mplissez voshvresilfls
(Sff et. EOultt fkUot. tmr te ehri^Umn., L IT. — Ontre CA onvra)^ «A se Iranveni de ri bdlei consliU-
niisM aw les fruiU éa ckriUiMiisBe, yojtt tétmn le Cémû dn climu«iJHw el la bel ouvnfa do Baî-
mèt. Dm fruaUtHitme tomparé an taiholieitme, eu.
(3T) Ea békre« EwuiniEL. — Cf. Etit4et fhilM. nr U ehrittîm. . I. IV.
(3<t^l]oeievMdéaHicnt^iie,q«i>suiaMMK«>0|rit»aMadesrMuerstita>pUaKS,laXrfteri<rfcpc^^
duMMie MS l'enbims que lui cause ce phénomène ÎDOuidaa&rhisioire, etbit cesremvqiubles avuii:
< QuM les lilires cherciieDrs m Mront mis rJsolimeiit i ce point de vue, de inns les prubièraei île
rfciiinîrr philowMiliiqM, lésas lear appualira coame le plat élraii^ et ceui-là lear aembteroni eitiu-
nble*4«i,frappéidi) niftlére qui l'euloure, l'oiit nocLUil Dieu, uiui-la m aouft l'oat coHms, tiuea
^plH»é. La cauK <|n'ils auigneni est suflianle; resle h lavoir seulement si elle u'cst pas «urabondauie.
Eiwamffi éettimta, bien propre à faita «dapceadre tes neneiUes da raoade des esprits I Un borninr obs-
car , saot culinre iuielleciDelie, Miieur de la plus (rande révoluUoD qui ait cbâuKé la Imc de l'bwaa-
aiié, deveua le joint des deux feuillets de l'histoire, si bien que, quelque opinion que l'on ait de sa re-
Ipâ», LA roMx an ràivs ' s'urasa s todi, tms soiit obligéb va ls manu rocs pomt p'kiatT, c( de
mtpttr de lui le* anuées de l'ère nonveilel Cet homme, que de* milliers de sea semUaUes •■» sdMÊ
tamtme Ken M FitidelMen, est deveuo, après sa mort, l'objet de la passion la plus elTrênée qui fui ianais.
■ ^-rf Jaâqoï la fareor, snaqné jasqa^ la fUrear; «a l'a appelé ufàmt!... Tnwvez-noi donc uu
4egFé de l'eclwlle aiorale ai oa ne l'ait peiut pUcél Dieu, nai^en, Utéurge, impoticnr, phtloinfta,
rhapniiili' elle-même. Os i vott essaK ; il à DcaotiTt toutes les ein.iUTiuxs. Lui, d'un petit cuitaa
tr«»-aclasif quant i la nationalité, très-particulief quanti Tesprit et k la forme morale, est devenu
ruêal nnivanel : Aihcneo et Rome l'adopièrcai, les barbares loubérenthMS pieds ; In aaava;» s'émii •
veille deiant son image, la ùTilisition uioderne n'^ pu coucevoir un plus haut idéal, et aaiourd'liui ou-
corc le rationatisme semble craindre de t« critiquer de trop prés, 'et n'o»e le retarder un peu 6xemem
^*» gewMi devant lui. Uui, quel qu'u. 4it £Tt, sà nsaTutn a ivt nos tromum anooan ton t-m-atim !
■ uavKS IL »FT aÉiurCkia ■'AnsivEa jamais a la pakfaite cnumÉHUsion de ces nsnimiLLES. Oa doit,
4a«a la MiaiMa des praUémes de net «rare, lepauster également et l'kraoïbéM Minainrolla et les l>^^
ifeâms nilaïiIlTi fvp «imph-s (caUes du aviu* siède, par exampli^ on tout »t nééait aux pmperUMB
DicnonaAiaB &rokOGKT:Qt:s 1. l *
m DKTIONNAlftB AMUNÎETIQUE. |gg
gcn« d'esprit nVn «eronl point dnpet; tous m ieOr fbi^ jamaSf ftreiidrt dès tn^phores
pour (les idées, ni de Is rhétorique pour de la science. Pourquoi donc en dehorg du chria-
lianisme, la rësurreclion du Tieui mondfi ne s'est-elle jamais accomplieTPourquoi l'esniii
humain, sur les bords heureux de l'Indus et du Gange, n'a-l-il pas brisé les liens de Ter
qui le liennent dans une éleraelle 8er?ilude? Pourquoi, sur l'iramenie plaleao de TAiie
Centrale, la croix re s'est-elle pas életôe triomphante et glorieuseT Pourquoi quelque
Christ îiicoiiDU n'a-t-i] pas rallié autour de l'étendard de la fratornilé les inoombrables
tribusduCélesleEnjpireTCominentsefnît-il qu'en dehors du chrisljanisnie il n'y ait nitibvr-
,té, ni progrès, nichartté?si cependant une irrésistible force pousse eu avant les généralioos
humaines, je voudrais savoir quand cette puissance merveilleuse s'éveillera dans les ia>
vanea de l'Amérique, dans les Iles inhospitalières du grand Océan? Vous me di^eI,.j'e^
père, quand la loi du progrès fera sortir de leor torpeur l'Australien dégradé et le cannibale
de la Nouvelle-Zélande; pourquoi la civilisation s'éveille toujours au pied de la croii, el
pourquoi elle dépéril et meurt, si des mains ignorantes ou barbares renversent dans It
poussière l'étendard glorieux qui couvre de son ombre salutaire les peuples régéoérJi,
■ Vous me direz : A la bonne heure I Jésus-Cbrist a vécu; il a infiltré de sa vie dini
leus les élabliasements religieux postérieurs à lui, el mime il a maintenu son Eglise au-
dessus de loul. Cep^i^dant ne discernez-vous pas aujourd'hui dans son œuvre des lignes
de décadence? tJue foule d'esprits ne se sont-ils pas affranchis de son sceptre? Et lorsi|ue
le signe de la décrépitude commeoce ï paraître, ne peut-on pas pressentir une prochaine
et inévitable dissolution ?
« C'est là votre pensée, Messieurs : la mlense est que Jésus-Christ est i l'apogée de sa
gloire el de aa force, et, s'il platt 6 Dieu, je vais avoir l'honneur de vous le démontrer......
€ Premièrement, quel était le terriloirede Jésus-Christ sous Constantin? Il était & peu |>rès
renfermé dans les limites mélnes de l'empire, entre le Rhin, l'Euphrateet l'Atlas. S'il passait
au deli, cet excédant se compensait par les nombreuses parties derempire'dont l'Evangile
n'avait pris qu'une imparfaite et précaire possession. Or, maintenant, que voyez-TOus!
Jésus-Christ', il est vrai, a perdu quelques-unes de ses terres primiiivcs, occupées par Ici
musulmans ; encore faut-il remarquer qu'il existe des chrétientés sur toute la surface ilu
sol islamique, «l que l'islamisme lui-même reconnaît Jésus-Christ et ses aïeux. Mais jetti
'vos regards \ l'occidenl, k l'orient, au nord, au midi et dans toutes les directions du
monde, vous reconnaîtrez les pas conquérants du Sauteur. Il i franchi le Rhin; il s'est
soumis l'Allemagne, la Pologne, toutes les Russïes, les trois royaumes brilanoiques, cta
porté jusqu'au p61e, è travers les mnolagnes et les glaces de la Suède, la colml de sa do-
oaioation. L'Océaa Atlantique «'est oarert devant lui; il ai passé le «ep <l6 Bonne-Cspé-
raoce, attaché au sceptre du ses enfants cette fameuse presqu'lfede l'Jaâe, qui était re-
«ardie dès l'antiquité comme le rdsarvoir de tous les trésors d4 ta Datore. 1) a fondé à<s
établissemeDTs le long des cAles de l'Afrique, et rejoint par la mer Rouge ses .vieilles' pos-
sessions de l'Abf ssinie. Il a fait le taur des deux Amâriquea, el. d'un çùl» i l'autre, lu
rangeant sous ses lois, il j suscite pèle-méle des républiques, des missions et des éfh
chéa. II a repris l'fispagoe sur Mahomet, et il secoue partout la terre dm l'Islam. Tout '
l'heure encore, lorsque le chef de ta maisoD de Bourbon était sur le point de descendre
du trûne et d'emporter dans l'exil sa noble Weiileese, sous, «vmw ru Jéuas-Cbrjst. par i«
iH-as dta tlMs roi fVvDe, qui écrivait tioai son testament parmi nous, nous l'avons m
enlcrer deux royaumes à i'inBdéiilé, le royaume de la Grtee et le royaume de l'Algérie.
fincore plus réoomiueBt, la Chine lui a ouvert s«s ports si hmgtwips furmés ; la MouveHe-
Hollande se peuple à l'ombre de sa croix ; les lies da l'Océanio traosforment leurs sau-
vages habitaats sa htiaobles et doux adoratears da son Evangile. H n'y a plus de me»,
plus de soljtndes, phis de montagnes, plus de lieux inaccessibles où lésus-Clirist n'arbore
les bardii psvilloos de ses aniants ooafoodus avec le sien.
d'iw bit or^aain, «oaiBM Impastun. crédulkë, etc. Oa ■■ naroanuit ini iXii.vsB MÉrimTwi M Jt-
aaïUsirer, Qu'iLMi HiiBuitijKuuatGtwauiBijecninkusAaM
m INTRODUCnOX J|#
« ftelournez maînteiunl «n arrière itisqu'à Coiutaolio, posez le monde cbréiien de ceiiç
époqueafec le laoiide cbréu'sa lie la iuïtre,et jufiez da progrès (erritorial qu'a fait Jësus-
Christ.
■ Il ta est de même quant h l'élat numérique. Je te disais tout à lliuare, l'Etatise
taLholigae com|iLe cent soïianle millions de iidèles, le schisme grec soiianle mil-
lions, le proleslanlisme soixante autres millions. C'est on total de deux cent
qulre-Tingts millions d'hommes, qui reconnaissent Jésu^-Christ pour leur Sau-
▼nr et leor chef siiirituel. Sans doute il en est dans ce nombfe qui ne portent pas
ion joog atee nne ronTictioo actuelle et présente ï leur esprit; mais ce n'est pas
ï tel oioment de la tie qu'il faut estimer le chrétien, c'est dans l'ensemble et sur-
loali l'heure de la mort. Parmi tant d'hommes qui se xroienl incrédules, il en est
penqù résistent h Jésoi-Cbrist jusqu'à la fin, et ne lui demandent pardon de leurs ëga-
feowQts, bien plus de leur apostasie. Leur Ame, d'ailleurs, fut formée par l*Evanfple, €l
ils ta meut encore au moment où ils croient le méconnaître. A aucune époque l'étit
oiuDénque de Jésus-Christ ne fut plus florissant , et il tend chaque jour è s'accroître par
la déreloppement des populations chrétiennes. Tandis que les races musulmanes s'ap-
pisrriiseal et qne les restes des peuples idol&ires régëteni dans leur immobilité, le sang
dirétieo béni par Dieu fleurit outre mesure, et de perpétuelles émigrations ca portent aa
loin la sarabondance, et arec elles les semences précieuses de la foi.
■ Si *oas remarquez une disproportiiin entre le territoire et la population de Jésu^
Cbrist. il est facile de se l'expliquer. La puissance des Chrétiens va plus vite encore que
leirsaag; ils conquièrent et gouvernent l'espace avec une poif^ée d'homm<>s. et leur
génie le remplit bien avant leur postérité. Jâ ne pense pas que cette observation nujse h
Jéso^Cbrist (39). »
JoaOîroj Ini-meme ne pouvait s'empêcher de prédire à la religion chréUeane les plus
llorieiises destinée*.
• Cesl aux conquêtes du christianisme qne nous reconnaissona sa supériorité de vé-
rité, comme on l'a fort bien dit, et cette supériorité de vérité lui promet u DOMiifinon dd
HSBC... A l'exception des barbares de l'Afrique, qu'il est toutefois sur le point de dispu-
ter an mabométisme, il tient sous sa main tous les souvagrs du reste du monde. El d'a-
bord il n'y a gaère d'Iles un peu considérables oh il n'ait pas pris position; les autres, il
les nsile sans cesse avec ses vaisseaux ; peu h pen toutes les populations insolaires tom-
beroni dans son système. En occupant les cAles de la Nouvelle-Hollande, il enveloppe
d'an filet auqu«l il est impossible qu'elles échappent, toutes les tribus de ce cinquième
■onde, lei pins barbares qu'on ail encore trouvées. Il ira 1& comme il est alTé en Amé-
rigoe. La civilisation chrétienne, débarquée sur les cAles, a pris pied, et s'est fiée tout
autour : puist celte chaîne immense se resserrant a pénétré dans l'intérieur, refoulant
toujours vers le centre les tribus sauvages* jusqu'à ce qu'enfin, traquées de toutes parts
et reoCennéas dans on cercle étroit, elles lui cèdent le continent. Voilà comment la civi-
lisation chrétienne conquerra la Nouvelle-Hollande; voil& comment elle a d^à aux trois
quarts conquis l'Amérique, qui lui oOï« encore cependant de nombreuses popolalîons et
d« Tsstes territoires k soumettre. Cette soumission s'accomplit de deux manières, qui
prouvent également sa sapériorité invincible. Les sauvages attirés k elle se convertissent
el Tiennent se perdre dans son sein, on bien ils lu! cèdent leur terre poor se retirer dans
de* parties plus recalées. Cette terre, «Ile n'est point embarrassée de la peupler. La
dnUsalion a cette propriété de produire (entant plus d'hommes qu'elle a plus de place
à occuper, propriété que la barbarie n'a point. Ainsi, soit qu'elle conquière des hom-
meaddes terres, soit qu'elle ne conquière que des terres, elles» reomte tonjours... (VO).
• Si on retranche les tribus sauvages qui n'ont point encore été eonrerties k an ordre
de choses qu'on puisse appeler civilisé sans taire violence aa langage, etqal, dans des
Conlirtnt,
pèttoupk
m DKTIONflAmE APffl^ETIQUB. m
'<tst8 de barbarie plos ou moins grossiers, sont répandues çk et là sur la surrsce de la
terre; si, dis-je, on relrancfaa cette partie de l'espèce hamaine, encore ^rangera ï la
cifilisalioD, on verra que le reste sa groupe, k très-peu d'exceptions près, eo iroU
grandes faniiDes, qui sont les nations chrétiennes, les nations musulmanes et lus nstitmi
brahminiques; le christ ianisme, le matiomélisme et le brahminisme sont les trois grands
systèmes de ciTilisalion qui su partagent tout ce qui n'est point barbare sur la terru.
■ L'école musulmane occupe l'Asie occidentale, le nord et l'orient de l'Afrique, jusna'5
•une profondeur inconnue- L'école brahminiqae possède l'Asie orientale et les grandes
lies qui la bordent au levant et au sud. L'école chrétienne ombrasse l'Europe et l'Ami-
riqufl : elle pénètre dans l'Asie par le nord et le midi, elle a des colonies partout. Le reste
de l'espèce humaine «Jst sauvage ou ne compte pas.
■Environdeuxcenlquatre-Tingtsmillioiud'hommes sont entraînés dans lo moaTemeDl
chrétien. Le mataométisme en comprend \ peu près cent vingts millions; lo brahminismo,
dans ses différentes sectes (41), deux cent millions de barbares,, formant le surplus dei
habitants de la terre. Ils sont tellement épars et circonvenus, que celle portion de l'hu-
manité ne présente aucune force et n'exerce aucune inQuence.
« S'il 7 avait quelque part sur la terre une grande masse de peuples sauvages en con-
tact, comme il y en avait au nord et dans le centre de l'Asie an iv* siècle, on pourrait
admettre la possibilité qu'un système se produisant tout b coup an sein de .cette masse,
agglomérat les peuples qui la composent, et créât tout i coup une quatrième cirilisalion,
un quatrième centre d'attraction. Mais cette masse n'existe pas... On peut donc considé-
rer les trois systèmes de civilisation existants comme tes seuls qui puissenl avoir de l'in-
jluence sur les destinées du monde... Or, les faits prouvent que la civHisetion chrétienee
«st la seule des trois qui soit douée aujourd'hui d'une vertu expansive. En effet, elle »l
la. seule qui Tasse des progrès aux dépens des autres, et qui conquière les tribus sauvages
à la civilisation. Le brohminisme n'a point ou peu de sauvages à civiliser... On ne remar-
que ai^ourd'Lui, dans le msliométisme, aucune trace de ce prosélytisme si ardent chez
les nations chrétiennes, et qu'il eut aussi autrefois... Si maintenant nous passons au
christianisme, nous voyons qu'b l'exception des barbares de l'Afrique, qu'il est' toutefois
sur le point de disputer au mahométisme, il tient sous sa main tous les sauvages du reste
du monde... La masse d'hommes appartenant au système de la civilisation chrétienne,
déj& supérieure k celles qui appartiennent aux deux autres, a devant elle une perspective
immense d'accroissement, tant aux dépens de la partie sauvage de l'espèce humaine qu'en
vertu de sa propre fécondité... Si maintenant nous considérons les conquêtes qne les trois
systèmes font, ou paraissent devoir faire l'un sur l'autre, nous trouverons de nouvelles
preuves de la vertu expansive que la civilisation chrétienne possède exclusivement. Ni le
brahminisme ni le mahométisme ne cherchent à pénétrer dans les possessions chré-
tiennes. Le christianisme et la civilisation s'avancent de toutes parts avec ardeur, ave:
volonté préméditée dans les domaines de Brahma et de Mahomet, Ils en méditent ouver-
tement la conquête (42). »
jXV.
Il y a quatorze cents ans, uo des plus illustres Pères de l'élise, parlant des ennemis
du dinstisnisme, qui dès lors prophétisaient sa fin prochaine, Irasait ces lignes bienpro*
près i nous rassurer contre les prophéties du même genre :
« Maintenant, écrivait le grand évéque d'Hippone, ils voient l'Eglise, et ils disent:
Elle va mourir, et bitntit *i>n nom va 4iiparaUrt ; il n'y aura bieniit plut de Chrélitiu ;
iU «I fait Itur itmpi. Et pendant qu'ils disent cela, je les vois mourir tous les joors, et
cependant l'Eglise demeure toujours debout, annonçant la puissance de Dieu h toutes les
BénérsUoQS qui se succèdent (i3). >
a Dans lesquels Jouffro; range loetea I« branches du l»nddhiiine, qui, selon Balbi, conipU
,000 de Kclaieurs.
(ii) Jottmov, Milmnfm, Dt Vétat uelMtl dt rtumanitt, p. 105 et lulvaDtei.
(M) Cité par A. IMÀ lt>|u«l dans toa Catétkiimt d'Àlgtr,
IIS umuiBucTion. i^^
AJBri il r « «a BMtu quioneti«ele5qaal*BglteeMMraf4r; et mMim lu cboMt m
«Brtiaiwl et qfl« l'KglûeMTCOJonsnawrnr, il liuleneonctoreîii'eH»««Mi«fT«j««wfa. ■
Sua doslc ««ta Ml vni : l'Eglise M tOBJoara mourir j et c'est li ce qai Mt de sa parpt-
taité an fCNtige i la plas haaie paissaaœ. Dira a permis qu'elle Ittt lei^oars bamajoe-
■ MM «a péril, pour Bieux fsire Toir qa'die est liH^ours dirlnaBeal asiiilée. Aosn son
Urioîra. depuis leCalTairejosqolïontaiorfiletu, u'est-elIeqQ'uDesueceadande crise»
éfmtpMm tpài loi Cddi retrouver le priiioipa de la vie dans ses exlr^mités, et qui la
rrtrca^MBt daoa l-JgMMDÎnie et dans le sang. Elle »a moarir. diles-rous : dooo elle n
mre, donc elle va eafuter. KJle est Diorte : donc elle n ressusciter glorirasa^ L'£.-
giiM s'a pes à redouter le tombeau : elle y est oée. Sa derise sera toajann eelle4e l'apA.
ife ! Cm m^mt. imc pafawiim. Ce n'est pas an oom de la foi seulement que je parle
liasi, ^«t an nom de lliisloire.
Detial nos regards sur cette toir gigantesque de l'Eglise, dont les degrés sont des
«Mes, M qoi moule tat^ours; sur ce bit inoommensDrsbIs de la stabilité, de la perpé-
luflé ia l'E^ de Jésus-Christ dans sa constitntiOB risible sur la terrv,' c'esl-i-dire
dus 11 papauté, prodarnoos, en terminant, les principaux caractères de ce prodige per-
■■aast, et nessrons-en, s'il est possible, les divers degrés.
Le premier consiste dans le fait matériel de la permanence d'un même pouvoir, d'une
céaedoctrine, d'une même discipline, d'une même cooslilulion, d'nne même forme,
/une même Eglise, ea na mot, depuis dix-huit cents ans ; fall unique dans le vaste cbamp
ée rhisloire. doDt rien n'approche et qaî sort des destinées humaines. Bt pour le mesn-
m-i ce seul premier degré, Il ne font pas seulement le voirdans les dix-huit siècles pas-
sés, il foot le voir dans le présent oA fl grandit ; il fout le voir dans l'avenir qui s'ouvre
der«nt loî, el oi^ les regards les plus exercés le suivent à perte de vue. au delà de tout ce
qaj est. Cela seul est grandement prodigieux.
Ce qui augmente le prodige, c'est que cette perpétuité d'un même pouvoir ne se passe
pas dans les mœurs slagnsnles de l'Onent, mais an sein de la mobile Europe, pairie des
tétolutions : dans un milieu d'actifilé incessante, où les hommes et les événements, les
idées et les laits, se sont entre-choqaés sans trêve et sans repos, océan furieux en araut
d^Dd le siège de l'Eglise a toujours été comme le cap des tempêtes.
L'E^^ise, en effet, et c'est IS un degré de plus du prodige, a non-seulement vécu au
Ki'ieu de cette activité dévorante, mais elle y a toujours en la jremiére part, elle a
■oujuurs été au cteur de la mêlée ; et seul personnage de cette vaste scène où elle a
>Mi« le premier réie depuis Néron, et d'oii tous les autres acteurs ont disparu, elle est
resiée et elle cootiooe k mener le drame.
Ajoutez ceci : que c'est sur l'Eglise et contre l'Eglise que celle activité, qui a dévoré
tous ses agents, a été le plus sooveol tournée; que seule, l'Eglise a eu vingt fois sur les
iTts les affaires du monde, et qu'ij a'j a pas un seul genre d'assauts qui lui ail été
épargné 3 la force, la ruse, la politique, le schisme, l'hérésie, la philosophie, le sjllo-
gisaie. répigramme, el l'écbafoud, el tout cela en grand, dans ce qu'ils ont de plus
iiibrnul, ta p»rteM de tenfer, en un mol, qui auraient brisé du premier coup toute autre
pnûuace, el qui se sont brisées ï celle-ci. Cett tnu mclum* qui <i u«/|0m* I«s morfeoitz,
disait le prolestant Tiiéodore de Bèze ; el il j a cela de plus fort encore dans ce cAlé du
I^odiga, que ces attaqua, qui n'avaient été que successives contre TEglise pendant
dix-sepl siècles, se sont donné le mot pour la baltre en brèche tontes k la fois dans le
dix-huitième, el n'ont fait que la rajeunir el que s'enterrer. Combien, nous qui venons
■prés cette dernière épreuve, nous qui avons enseTeli Voltaire, la République el Napoléon;'
sous (iue l'Eglise ensevelira, combien avons-nous plus de snjet de nous écrier que Pascal :
• Ce qui est admirable, incomparable, et tout & fait dîrio, c'est que cette ^is«, qui a
..-ajoura duré, a toujours été combattue (U}l>
Ce n'est pu tout, et voici un cinquième degré qui élève encore pins le prodige : c'est
M» UCTlOniMIU tfOUMIETIQUE. m
quecaMs Ef^in M toit aiasi tMfliHin maioliuiue sabs Ëtehir ni pli«r ; ■ Lac El»\» péti-
' raj«nti obvuv* Lris-biaD PMcal, li oone faiMil pliir foureel l«s lois ï Is n^oessiU. Um
jam«U l'KgliM q's louffert cela et n'en a usé. Aussi il fftul des (MXWvaiodtSDAls on dn
luUaoIea. Il b'mI pus étrange iju'no sa conserva ad pliant, el ce D'est pas propremcuL la
oaaiiitAnir» et eooore pértssent-its «nfia «aiièraoïeiit ; il n'y en a point qui ail doré quima
eenls «os. Hais que ctttle religion se wit loqjonra naiotenue et ioOaxible, cela eil dirin
(US). » Coiobien les faits Tieaneql-ils jusliSer calte obscrralioB I C'est Ib tout* Tfalsloira
tifk l'Eglise. Que de fois u'a-l'-elie pas jouA sa destinée ooMre tOBlea lea règle* de U pni>
denoe banuine !.. Rien n» l'émeut, rien ne la séduit ni ue l'épouwcte : un roTauias lu
écbappa ou loi reiient, on conquérant la raenace ou. la ilatle, un génie, roi de» intelU-
gsBce», ineline on dresjie eoD front, qm lui iaporte! EUe ne w ptéoeciipe que de imi
choses : la charité d'abord, el en Gn d« compte la vérité. C'est là ta poliLique» c'est li ud
iptérit d'Etat. Tant qu'elle pent espérer de la réflexion ou du repentir, e)^ ménage, ctla
supplie; mais dés que l'obslioBlion se montre, elle rompt, et cette rupture est.toujoun
fatale à ses enuemis] elle seule se kouve, «a déSsilive, avoir conservé la via. Du reste,
elle attend, parce qu'elle a le temps.
Ainsi , toujours subsister dans un monde où tout se précipite, quoique su sejn d'uni
^gilaliQD dévorooie, quoique prenant lot^oors une part active à cette agiletian, quoique
toujours combattue, quoique toujours ioQexible : où est le prodige, oft est la marque
assurée de la vérité, si ce n'est lit Quoi I une religion vous donne pour gage de u vériii
uu tel prodige, et vous doutez I Quel prodige âteft*vous donc vous-même (1^6} I
Les voix les plus imposâmes et las moins suspectes, les sommités protestantes de li
science en Allemagne, en Angleterre, les Hurter, les Voigt, les Ranke, les llncaute;, etc.,
ont reconnu el proclamé ce grand phénomène de la stobiljté du cbrislianjsme dans li
perpétuité de sa consliluUon catholique. Un éloquent publicisle de la Belgique,
M. Eugène Robin, a également rendu l'impression que doit faire éprouver, è tout bomoie
qui lève les yeux, le fsil divin de la perpétuité du pouvoir daiis l'Eglise, et comme Balaim,
& la vue d'Isrsël, il a prophétisé la foi qu'il ne partageait pas encore.
Nous donnons cet article remarquable dans toute son étendue.
■ Du homme d'esprit et de cœur dil'ua jour devant moi (j'élis encore enfant alors):
Aujourd'hui il n'y s rien au monde de Bie et de stable à quoi l'on puisse rattacher sa vie.
Les idées et les rois passent; tout se déplace, tout s'use, avec une dévorante rapidité.
La société change dix fois de face entre le berceau et la tombe d'un mortel. En vËrilé.
au milieu de celte versatilité des choses , il n'y a qu'une ville et qu'un homme qo! , piir
leur immobilité dans l'océan du temps, présentent à notre esprit une image de suite et île
perpétuité, Rome et le Pape. Trojjvez-moi , pour ceux qui sont Us d'errer & la merci do
tous les vents, et qui demandante la vie le calme de l'élernilé, on refuge assuré oit
chercher un abri, no port toi^ours ouvert où amarrer leur barque, si ce n'est ce rocher
plus haut que les tempêtes , Roue et la PipAVTi I
■ Cette parole, jetée sans prétention au milieu d'une causerie tour h tour frivole et
sérieuse, est tombée en moi, etyesl demeurée depuis, tant elle avait frappé mon ima-
gination. En effet , pour les cœurs indifférents ou distraits , poor les esprits irrésolus ou
ceux que retient la honte d'avouer leur erreur, pour {Incrédulité systématiqae , pdur les
convictions les plus rebelles, pour tous , tant que nous sommes enÔn , Ames égarées dans
les ténèbres du doute, n'est-ce pas un spectacle capable de réveiller le sentiment croyant
endormi ou étouffé en nous, que cette formidable immutabilité où le temps, la guerre, la
torture, le mépris, se sont brisé la front; que cette fixité d'un seul point au milieu ds
tout ce qui passe ; que cette lumière, traversée par le souBIe détentes les tempêtes,
qu'sucuQ soufDe n'éteint; que cette foi toute mystique, toute immatérielle, qui éclate
surtout aux regards de l'humanité par l'évideBce d'un fait matériel unique dans l'histoire
da monde r
(451 Pauitt, II* pirlie.
(4U)a. tes bettes cuDEiiléralions de H. A. NicoUs sur ce selet, Etnda fUlotopM^uê* tur k tktUtta-
nnme, l IV.
t" INTOODUCnoX IK
• Ja M uù i qii l'oo doit celle spiritueUB boutods : Kiea n'eal afnanle comme an bit.
Oui, la hit de la teiUequa contredit l* fait du lâDdemaiD. ra fait éclos par haunl dans le
tnnil qoolidîao d'na peupla qui dament l'idtfa spéculative sortie du cerTHH isolé d'uo
h««me, la Ait qoi w Ut« de «e pleeer derrière le fait pour proarer quelque «bos«, et doot
wdweiapréTujMleàbasIasrsags^gnHid'peiiie ali^âk
« Hab nn fait coasaia ettui-oi i L'apostolat ooaBtf pu- le Christ , il j a dix-huit cent*
w, à Vun de ses disàplas , ^«sl perpétué de Pape k Pape, juaq**) nos jours; pputoir
éin «el« aujourdliai el Mr» sir qu'on le dira deaufa , aela doit bieu vguifo' quelque
ikoss ffcf). Bt si l'on aonge que, dqntis le jour où eetta parole a été proooaeée en iudéc.
U barbarie, le schisme, la réforme , la philosophie , sa sont rués , tour k tour, la torcb*
H le ter ea naîB. sur le tiég» occupé par le mAmeapAtre, coMioué dans niHv fias, que
tome, h *iUe éleraella des tempe modernes eomme elle l'était des iemfw antiques, a Ué
frise, ivprâe, oecopée, taeoagéo par tous Im ftéaai vtnos de l'Orie»! et da l'Ocddeal i
, ia'tt ■*/ a pat plus de irc^s yiàcèat , des soldais if ras » ooaduils par up reoégat, y soal
cDlrésas non da LuUiar; qu*U o'y a pas irenle ans qu'un empereur, ses souverain pac
ficMqoéla, lui enrofaft un préfU comme laisaiaat ceux da Couslastîoopla , dans les
fremiers temps desesPontibs; ohl alors la lait grandit à la laiUii de l'idéa, devient
immensa eomme le dogme ; el, quoi qs'on eu ait» il but biea, je Iq reflète, que ce fait
•ans pareil signifie quelque chose.
■ C'est en fain que nous roudrioiis détourner les yeox de celte prodigieuse imago de
pctpéluité. Noos qui sommes venus après les plus grandes persécutions que Rome «il
essuyées depuis les siècles des martyrs, nous sommes forcés de nous dire : Sans doute
les promaastis des temps VaccompliroDl. Le rêve de la philosophie était d'abattre la pa-
pvld« parce qu'elle compreoail que le est la l£te, I& est le cœur du catholicisme, el que.
s'il pouvait mourir, c'était à ce cœur el h cette tète qu'il fallait viser; car la papauté et le
tbrislianisQie même sont inséparables, i ce point , que la réforme u'etisle qu'fa la eondi-
iHM d'entreleair sans cesse le souvenir de sa rébellion, et que sa foi, fondée sur 11
défiance, ne retrouve un peu de cette vitalité qui lui manque qu'en ^excitant i 1» haine de
«qu'aile a ouoimé le papisme. La durée de la papauté éUit donc pour nos pères loule la
«Kslioa d'avenir. Oîx-liuil cents ans sont d'une belle baleine sans doute dans le cours
4escbosas; mais, la papauté détruite , la philosophie gagnait toujours son procès, qui
était de prouver qu'alla n'avait jamais existé qu'à l'aide de l'ignorance et de la barbarie.
La révolution act Tenue, alla savait !e mol d'ordre : elle a visé au cœur ; elle a Iratné le
Pape d«Bs l'exil, il jr est mortl Un autre Pape lui a succédé, la chaîne de per(>élui(é
•a s'est pas plus rompue qu'elle ne s'était brisée aux jours les plus mauvais de la vie du
catlvlieûaïa. MaiuteBant la philosophie a fait son temps. Les destrucleors dorment dsus
la paasd h oAté de Luther, rRncyclopédie, la république et l'empire. Homb bst toljouis
■uouT. at A ce caolre de la ehrâtianté , déchirée par las ravages de riocrédolilé et de
llndîfféreaca, il y a on Pape comme il y en avait un sous Néron, alors que le Christian isniu
Baissant était déehiré daoa le cirque par le« bêles féroces.
« Aoloor de oclte miraculeuse continuité , l'Europe a changé trois fois de lace , l'antî-
quiié s'est éteinte, le moyea Age e&l morU Trois empires, celui de Chsrlemagne, celui
lie Charles-Quint, celui de Napoléon, se sont élevés et ont disparu. Des nations ont
brillé, qui ne sont plus. Un monde découvert est échu en partage à la puissance leropo-
reile «là la puissance spirituelle; celle-ci seule a gardé sa part. Tout a fait son temps,
idées , peuples el empires. Rome seule est resiée debout ; le Pape seul est resté. Il y A
daos ee hit, je ne «aurais trop le répéter, quelque chose qui vaut bien la peine qu'on y
réfléchisse un peu.
« liais nous sommes dans un temps où l'on a inventé k l'usage des partis une logique
habile qui sait nier l'évidence. Les vieilles liaines contre Rome ne sont pas mortes dans nos
( (7) CcM le cas d'apfliqeer celle aatre boutade qui vaut bien b preoiiire : Awa n'ttt MtU eommt um
If) IHCTlONHAtltE APOLOCETIQUE. m
eomrs r^rolutionnaires. Les pères ont cra sToir régénéré le Hionde, el les Bis, qui ont aeceptd
leur gnndeur, ne peurenC s'accoutumer h celte idée , qui élive le catbolicisme \ burs
yeai aai dépens de la gloire fugitiTe dont ils se gtoriBent, qae la papauté, de son iosi-
pugnable baul«ur, aurait conlemplé, avec un regard plein d'oaa tendre coœiDiséralion et
d'une certitude entière dans les promesses divines , nos terriblet révoltes , nos pniasnils
enfantements , nos incendies allumés k tous les coins du monde, le sang versé à faire
bondir .le cœur, ce fracas d'empires et de rois tombés h confondre l'esprit , tout cela
comme un vieux marin regarda de la plage la lutte des éléments, assuré qu'il est, parlai
signe» qu'il a vas dans le ciel , que demain loat ce grand bruit aura cassé, el que l'océsB
débordé rentrera dana aes abtmes.
• Notre orgueil ne saurait consentir sans violence à cette dominalioa d'une peoiéc
tramuable, éternelle, sur la terrible pensée de notre histoire d'hier, et ai noua ne poniooi
nier que le rocher ne soit resté debont, que la lumière du phare ne se aoit pas éteinte,
tandis que notre révolution lassée ne laisse plus échapper qae de sourds groodemeott ,
nous nous en consolons, en songeant que le rocher s'éloigne tous les jours de nous, par
cela seul que noua marchons en avant, et qu'il est uo point immobile; qu'empoilés par
le mouvement irrésistible du progrès, comme si ce mouvement qui pousse l'bumaaité
n'avait commencé que d'hier, nous Irons si loin que nous finirons bien par échapper i la
sévérité de ce grand œil ouvert sur nous depuis dii-buit siècles.
' ■ Aveuglement de l'ôrgueill un humble prêtre (H. Lacordaire] qui fut l'ami et le com-
pagnon de Lamennais , mais qu'une vaine gloire n'a pas précipité comme lui dans un
doute sans fond, vient d'élever son éloquente voix, et il vous répond : « Mon, quoi que
■ vous fassiez , vous qui ne voulez point reconnaître ce qui a élj et ce qui est î veus avei
■ beau marcher en avant , vous jeter è perte d'haleine dans les voies infinies de l'avenir,
« ce calme regard , qui plane sur votre présent comme il a plané sur votre passé , vous
« poursuivra toujours partout, jusqu'aux derniers horizons de l'éternité ; car cette lumière,
a que vous cro;ez pouvoir fuir, parce qu'ftile est fixe, est immobile et mobile i la fois.
« Où que vous alliez, elle est toujours parmi vous, votre centre, voire milieu; elle est
■ comme le soleil , dont on ne saurait s'éloigner d'un seul pas , eût-on la vitesse dn vent,
« ei-l'iiifini du désert devant soi. Vous crojrez que la papauté sommeille, qu'elle s'en»
a dort dans le passé, grande comme la fosse d'un géant, par la grandeur de ce qu'on loi
• a 6lé , vous voua trompez ; elle a toujours présidé aux affaires du siècle , elle j préside
• encore, elle est toujours debout, agissante, prèle h lier et à délier. Aujourd'hui qve
« nous acceptons toutes les gloires du passé, les esprits les plus sages ont reconnu les
• bienfaits que lui. doit l'humanité. Vous savez ce qu'elle a f^it : voyez ce qu'elle fell
• maintenant. »
L'Eglise sera donc toujours comme elle a toujours été; toujours après comme toujours
avant ; dans le peuple chrétien jusqu'à la fin du monde, comme dans le people juif jua*
qu'& son commencement; dans la série des Papes en remontant jusqn'uexapdtres, oommo
dons ta série des prophètes en remontant jusqu'aux patriarches : s'appuj'aDt des deux
parts, et venant se rallier dans sa pierre angulaire et son chef, Jésus-Christ.
C'est avec cRtle suite inSnie et celle assiette immobile que se déploie è nos yeux l'édi-
fice augusle du christianisme, participant de l'éteroité dans le temps, et fonnaDt comme
l'isthme (le la vérité dans l'océan des âges.
C'est là vraiment l'ceuvre de Dieu , el sa merveille aux regards des hommes,
« La vérité reste pour l'éternité, et les fantAmes d'opinion passent comme des rèvcs
de malades.
■ La religion subsiste depuis six mille ans, de l'aveu de tous, et les sectcs-sont d'bier>
Je suis forcé de croire el d'admirer (46). >
(M)V0L»IR>.
DICTIONNAIRE
APOLOGÉTIQUE
ABAI»BlfBNT da Fils de Diea d»n«
rwcinialMMi; objection réfutée. Fvy. KÉ-
PtUTKHI, { lU.
ABSOLtl; ce que la philosophie alle-
■unde eolend par ce mol. Toy. Philoso-
raiE oa I.' ABSOLU.
ABSnUGTlON PDRE, point de départ de
)■ cfailosopfaîe de Hegel. Toy. Pbilosopbii
pcl'asmmjj, i 11. — Abstraction, imposci-
bti sans le signe. Yoy, Pstcbolooib, { XII.
ACCIDENTS; leurs avantages. Voy. Etbb-
vri DBS PUHKS, i I.
ACCUUPLISSeUENT des prophéties.
to»e«rnant JéSDK-Cfarïsl. Yoy, Pioth^bs,
fil'—' Concernant Nlnîve. Babjlone, Tjr,
riilgrpte. tbid., I III.— Yoy. iODiE.
ACROAUATIQCE ET EXOTËRIQUE
(Scibxck). — Acroamatiaut rient d iaftiafuu,
être aaditeor on disciple, et exotérique ou
atotéri^pàe, d'iSHn^s;, eilârîeur, publique.
La scieDce aeroaniatiiiue est la doctrine pri-
vilégiée, secrète, et I exotérique est la doc-
trine publique et commune. La pramiôre
est le plus souvent ornle et auriculaire, el
la seconde écrite ; mais elles cbdogeni quel-
quefois de râle.
Les Isnélites furent dépositaires el gar-
diens de la révélation, el toutes leurs ins-
lîtutions se rapportent manifestement i ce
bat. Haii, pour bien comprendre comment
iU conservèrent le dépdt.qui leur était coo-
fiét et cooiment ils le transmirent à la pos-
térité, il faut distinguer la doctrine tradi-
tiooneJle de la doctrine écrite. Cette dis-
tinction est la clef de bien des problèmes
autrement insolublei louchant ce peuple
eitnordinaîre; et beaucoup d'auteurs mo-
derne*. très-savants d'ailleurs, s'écartent
diidro:t chemin pour n'avoir pas su trou-
ver cette clef. En admettant ces deux doc-
IriiMS ebet les Bébreui, nous ne demao-
doo» pas pour eus un privilège spécial;
car Mte condilioa est commune, surtout
(») / Cm. ku, 4-30.
aux peuples «nliqaes, et plus on moins k
tous les peuples du monde.
La distinction entra (a science acroama-
lique el la science exotérique est assez vnl-
gaire, en lait qu'elle s'applique \ quel-
ques écoles et à quelques sectes philoso-
phiques et religieuses de l'antiquité. Cha-
cun Mit que la première était secrète el
propre i un petit nombre, et la seconde
Îublique et commune i tous. Hais ce que
'ordinaire on ne remarque pas, c'est que
cette distinction dans sa substanne est na-
turelle el non artificielle, raisonnable et
nun capricieuse et arbitraire, essentielle et
non accidentelle à l'ordre de la nature et
de la société humaine, perpétuelle el non
. temporaire, universelle et non locale, com-
mune k tous les ordres du savoir et non
particulièreàla piiilosophteet t la rehgion.
Car elle a pour fondement légitime nn fait.
ou, pour mieux dire, une loi de la nature
impossible & détruire; c'esl-k-dire l'inéga-
lité inteilectuelie et civile des hommes. Ils
sont égaux et frères en ce qui appartient aui
conditions esscclielles de leur nature ;
mais ils sont inégaux en tontes les autres
choses. Celle inégalité est de deux espèces i
l'une dérive de l'inégalité de l'aptiiudeel
du génie, et elle est naturelle, lésitime,
nécessaire pour l'organisation sociale; car
sans elle il ne peut j avoir cette harmonie
civile que la sagesse dorique comparait à
l'harmonie du monde, ni ce religieux «o-
Gord d'où procèdent le xôo-fMr ulira-nalurel
et le corps bien ordonné de l'Eglise ortho-
doxe (49). L'anire, qui provient de la par-
ticipation différente anx bienbits civils d
de rédncalion, peut et doit disparaître avec
le temps, an fur et i mesura que les bieo-
faiis et tes. avantages de la vie eommuo*
vont se répandant et se mullipliaol parmi
les citoyens; si en n'est quelle ne peut
cesser tout d'un coup, mais seulement gra-
duellement et au moyen des suaves el eflt-
caces influences de la culture chrétiCBo*.
fis
AOt
IMCT1WINAIRE APOUKCriQUK.
Or la aéptratton de Is dociriac eioiérimie
d'iree la doctrine acroamsliqofl est foodée
sur celle double ioé^aliié; car, si le géuie
et la capacité varient oaturellAroeiil et ac*
cidentullemeiit parmi les hoaiioei. la coc-
naissance de la K'rilé ne p«ut apparleoir h
Ions également. Beaucoup de Teniez, e'esU
k-drre les plus dif&ciles et les plus carbdes.
srront Umjvun l'faéritafte d'an pMrt qot»-
bre; savoir, de cetfe anstocralifl naturtib
et spoi.lanîe qui, par le di>«l)Ie eoacour*
des factlttés natives et de l'éducattoii, esi
IVIite et la Qeur intelfecluelle de l'espèce
bumaine. Il f a k cau^e de cela une science
lies savnnls, autre que la science populair«
et distincte de celle-ci, non point en vertu
d'un monopole ou d'un privilège établi par
la fraude ou par la violence, mats, par l'effet
d'un ordre de cboses salurel et im|)OSsiljle
à <;li.inger. Et ceux qui voudraient sVn
écarter, en tant qu'il repose sur les lois
du monde, font une œuvre vaine et même
Iicrnicieose. comme on le voit par quelques
lomnies qui, depuis un siècle, prétendent
vulgariser la science et la rendre commune
k tous. Hais au lieu de cela qu'ont-tls ob-
tenu T Peut-éire de Taire avec des esprits
médiocres de véritables savants? Non, cer-
te<:, parce que l'art ne peut triompher de la
méiliourilé danii un genre donné, pas plus
que l'exercice ne pourra faire un lutteur
vigoureux d'un homme faible et infirme.
Au lieu d'Instruire les hommes, on n'a ob-
iL'nu en échange que l'alléralion des doc<
trilles. Les muderces se trompent beaucoup
dans Is science cl daus la politique, dans
Tordre de la pensée et dans celui de l'ac-
Uon, quand ils font conbijler le vmi pro-
mus It rendre vulgaires Ifs tiommes emi-
nents, au lieu de relevir et <l'ennobtir le
vulgaire aulanl qu'il est possible ; à rabais-
ser l'idée jusqu'à la tailla de celte multi-
tude de pjgmées, au lieu de soulever tes
bommes, autaul qu'oQ le peut, ju-squ'â la
bauteur des dogmes idéaui. Le vrai perfec-
tionneioenl consiste à monter el non è des-
VVidre, quoique ce dernier parti soit beau-
coup plus comaiode pour ceux qui sgkI
J>viiies de courir, loais qui sont i, court de
orcea el d'baieîoe. Si vous voulez rendre
communs le savoir i tous les ignorants, el
la Pf^uvoir civil à tous les cilnj'cns, vous
torez coDiraiiit de mesurer Pua el l'autre
sur la médiocrilé ou la nullité du plus
gFBDd nombre, e( vous aurez une science
»Q eofnnce et un gouvernement barbare.
La démocratie scientiiîque n'est pas moins
|teraieieuceè la science que la démocratie
civile na l'est aux Etals. Ainsi, de même
-4U*en JDlroduisaiit dans la cilé la souve-
'rainelé de la plèlie, on en corrompt la vie
twtbliqtie» Pi OD obtienl une aôarchio uuî-
'^«rgelie, ou un gouvernement grossier el
■anlictvilisateur : ainsi, en contisut le gou-
vernement du savoir à l'arbitraire de la
.aiullitnde, on n'ubiient point l'instruction
des incapables, mais la commune ignorance
de tous. Il va sans doule une portion d'ins-
truction k laquelle tous doivent participer;
tullessontla morale, la religion, el beaucoup
d'autres notions apparlenânlk 11 vie |iubliifue
etk la vie privée; il jr en a une autre, muins
nécessaire, nais upiverselleroent utile, et
propre k être répandue avec profit, consistant
dans les nobles lettres qui offrent ï resjirit
adoonék leur culture une innocente récréa-
tion, qui perfectionnent le seniimeitt du
bien eL du beau, adonçisswl et onnoblis-
senl les Ames en les rendant pins douces et
plus otodérées. La tomme de ces connaii-
sences qui forsMat h Mgessa pofulaire, est
proportionnée et profitable i tous, el on ne
pourrait jamais le ré|tandre avec trop de
zèle dans louies les classes de la sociélé.Si
les journaux étaient dans l'usage d'avoir ce
but, el s'ils employaient les mojens propres
k l'obtenir, ils seraient dignes de tout élo-
ge; mais, loin d'être toute la science, la
seieoce vulgaire n'en est qu'une partie Tai-
bleei élémentaire; el.faible comme elle eït,
elle ne peut même subsister sans le se-
cours et l'iniluenee'd'une doctrine privilé-
giée et plus relevée. Quand le petit nombre
bail peu de choses et ne s'avance pas daus
le savoir solide et exquis, la multitude Bnit
par ne connaître rieu: car le capital des
connaissances ne se conserve que par le
seul moyen des acquisitions nouvelles. La
science populaire est comme la fleur de
celle des savants, elle est par elle engen-
drée et nourrie ; de telle sorte que l'une se
ressent de lo diminution ou de l'absence Je
Faulrc, comme on voit les ruisseaux s'ar-
rêter et se dessécher quand la source vient
k tarir. Chaque science coulient plusieurs
parties qui, iwr le génie et l'étude couli-
Buelteet profonde qu'elles eiigeut, ne peu-
vent être cultivées par la Ibule. Il y a en-
tuile eerlaioea sciences dont le sujet est
plus abstrus et plus cscbé , comme les
luathémaliques et la mélaphysique, qui
sont de leurnalure inaccessibles a la mul-
lilude ; ces sciences forment une doctrine
véritablement acroamalique, qui demeurera
telle jusqu'k la Qn du monde. Et certaine-
ment, je le répèle, les écrits de Yîco, da
Kant, de Newton, de Lagrange, par eiem'
pie, ne sont point et ne peuvent point élre
jilus populaires, même oans les pays civi-
lisés, qne les livres Hermétiques et les
Védas ne le furent autrefois dans l'Egypte
el dans l'Inde.
La séparation des deux doctrines eut
lieu chez les Hébreux commo chez les
peuples païens, quoique sous des ootxJi-
ilons UQ peu dilféreotes- Moïse tendait k
deux lins principales, c'est-ft-dire, k pnisor-
ver' de la corruption païenne le monothé-
isme, base de l'idéiililé, de l'unité el de
l'indépendance nalionale, et è mettre en
sûreté le reste du dépât de la rôvélalion
primitive, transmis des premiers descen-
dants de No6 k ceux d'Abraham, et dect^ux-
cl aux Israélites par la succasaion du pa-
triarcal, La loi écrite fut dirigée vert le
premier but, la tradition ora(6 vers le se-
cond. Outre que l'existence do celle-ci ré-
sulte clairemeut de la Dstare des choses.
DKfMUMBB UOUKUISW. :
ACK ■
dl* Mf cwere prouvé* Mr les aOusioni et
la eonlMlure de la dodrm Aerîle, fMr l'e-
l>intoi) ooiwtanie des Hébreux, parles sectfs
Inditiimnellei el BDiilrsiliiionnellu tjai
•ppararenl ren le teiB|U de J4«us-Cbri>t ;
eu sectes seraienl hisloriqDeinetil ineipli-
nUei SBOS l'exiMeiice d'unn Iradilion «Dté-
hears. Bl* en effet, cfaaz qeciqae peapleqii«
ce Mil. doué de pensée et de parole, fti-il
Bêne barbare, il 5 a un corlé^ plu ou
Boins abondant de notions religieuses, bis-
lenqms, civiles, domeeiiqDes , putriiqoea,
q«i te treiisieeltmt de bouche en bou^e,
rt de généralfon en géoiratioa. Il n'y «
petd-Mre lias une seule société, oiAme tas-
ngt, qai soit entièreisent dépourvue à9
iiklitioiis, ei il me serait facile de le prou-
ver, tarcoieiiiBnt BDX populations les (il us
bHiwn»da globe, si la »eule énumération
VMJ'cn ferais ou devait Aire trop longue
el trop eoDujreuse.
Vusod ensuite le toeiélé est eoltifée,
qB'stte |iossède l'art d'éerire, el qu'elles des
BuuameaiB aulbeuiiques d'liistoire,delois,
ds religion, il va toujours une parole qui
itrtiie glose, d ampliticaliOH, de supplémeut
lai écrilures; et r:elte parole, plusBiiciunne
ifuefes écriTsiBB, se communique plus on
iDOios pare aux siècles suivants. Car les an-
inirs, quelque abondants qulls «oient, ue
icuTeal dévelopiter toute leur doctrînesur
i« papier, et force leur est d'en laisser de
uumbreoses parties k l'enseigneminl oral
dont ils l'ont reçue. Et cela dut se Térifler
spécialement k propos des plus anciens
livres, qui, k cause de la forme concise el
poéiitioe du stjrla k cette époque, avaient
iKSoinde eonimenlBirea presque continuels.
^illi us voit, eo lisant le* premiers cbapilres
■M te Gtnitw, la profibétîe de iacob, tas
tantiques de Uoïse, et plosieurs «bapilras
de ses lois, que ces écrits ataient besoin
il'\in commentaire qui les éclairctt? Uais la
tradition peut Aire organisée ou laissée k
l'arbitraire de diacun. Dana le second cas ,
elle s'altère oécessaireaient biuotâl, eommo
il arriie k toutes les traditions |iopulairea.
ttanf le premier, elle doit être eonliée k la
garde d'un petit nombre d'indtfidus, et se
transmettre d'une manière régulière, par
lu soins d'hommes placés dans des condi-
lioDS teSIcs, que tout danger d'erreur ou de'
fraude »Qil écarté, et que personne ne puisse
te faire, méuia quand il le voudrait, un isi-
itbtre d'erreur pour les générations fiuî-
(aalcs. Or, une science confiée k quelques
bomnes devieni nécessaîremenl scroama-
tique, relsIÎTement k la multitude, même
quand il a'j a iioint d'usage ou de loi dé-
lermioée qui prescrive le secret et qui me-
nace de punir ks violateurs. Ce qui arrive
d'autant miaux 'qM las «boas* «aaaiitnias
aool plaa spéeiilalina,Bb«rallas,dif&ilM.
élevées atMlessos de rintelli||eiKe et de la
curiosité do vulgaire. Aiosi, aujourd'hui.
œAme, les doolriites qui s'aoseigneot dans
unaéeolflde géontétna traDsceodante, d&
géodésia.d'hyarBaliqae. sont aeroaiaatiques
pMrle oommuD das liommes, auoique ao-
cone loi ne défende de las publier. Si uoa
défense positive, os du moins une oootoma
qui supplée k la loi, vient s'iyouler k la ds-k
ture das eboaaa, alors la doctrine privtlé-
f'éa devient bien plus impénétrable encor»
la muitttuda. C'est w qui arriva chez les
BébroDX, car Moïse n'aurait pu obtenir la-
bat de son oifjanisslion, et conserver ioisct
le mbnotbéisme, si les tlogmas tradiiionntds
avaient été aniversellemeul reconnus. Lo
grand l^islaleor avait suas les yeux l'ex^-
emple des païens, chez qui les plus saiolua
vérités avâieol oeeasionné de détestables
erreurs pel de temps avant rétablissement
des castes; avant qae tes prêtres ne pour-
vussent, par un scrumotisme positif, k la
préservation du peu qui sutisistait eneors'
des enseignements anpens. Il disllagoac»-
pMhIsnt la doctrine en deux parties; I'hii*
compreMDt le monoibéisme, le DécalognOt
li>s faits bistoriqats at les luis, devint pm-
blique; et l'autre, qui compléuil la pro-
mière, tbIlsiBséak l'enseignement oral,qBi-
l'avait gardée jusqu'alors. Ba lisant le Pea-'
taleuqne, vous j trouverez beaucoup d'en-
droits foisanl allusion aux doctrines cachées
qui DO sont ni enseignées ni expliquées
dans l'ouvrage ; aussi vous vous awrcevrex
que la pensée de l'écriTsin va au deik de ce
qu'il écrit. De cette manière, en cachant i.
la fuule les vérités plus délicates el fseife-
meot dangereuses, on le< indiquait aux
Sflges par de courts et mystérieux rap|tels-
iqui étaient comme une invitation d'aller
I des sources pins abondantes), on reliait
la parole écrite k la parole psrlée, de tell«
sorte que l'une avait besoin de l'autre, et
réciproquement. t.a tradition fut ensuite or-
gaoi.-ée avec la biérarcbie religieuse el po*
liiique des lévites et des anciens , et il.
semble que sous les rois, les écoles des pro-
pbèles y parlicipèrant, comme on peut 1*-
conclnre de l'histoire de Samuel, dElfetrt
d'Elisée. Plus lard, il j ent ditféranles sectes
parmi les conservateurs de la Iradition,-
comme celle des Pharisiens, des Talmn-
distes, des Kabbalistes, qui, après avoir
corrompu la doclrine acroamatique, susci-
tèrent quelques écoles d'opposants qui la.
répudièrent tout kfait. Tels se mootrèreol
les Sadducéens et les Carsiles, qui furent
chez les Hébreux h peu près ce que furent
les Scbi>tes, les Zeiles elles Wahbabites(50>
an Abdal'Wahhabdeuiial'onbomiAedeNie- lout connu;. Ossecuir» wnt les Batslie* ei les
«Hisenffcai -
uak roppoûlio» «I les cruelles Ticloiret d'Uirahini,
L* àa pacba d'Egypte. Les dogmes des Watibabit«s
llégorie, t- ,--
tcepie* uc I Alcoiau en un pur rahonalisuic. a
secte bniaéiile appariemiuui eucurc les Cara-
1«T AOt DlCTIQnitiJiœ
ohei' \n mebom^teM, lu MndechranisiBs
dans la sMte de Zoroasire (SI), les Seiks et
les Saads (52) parmi les seclaleurs du brah-
oinnisine indie», et les protestants arec la
ptui grande partie des autres tiérétiquea
chez les chréiiens; car l'hérésie, çussi bien
it*ns les faussM religions que dans la vé-
ritable, est toujours le rejet ou l'aliéralioD
da la science aoroamalique, c'est-à-dire, de
ka iradilioa légiliaie ou regardée comma
Au oommuneemenl delà Gmh; et comme
m froniispice da temple magniSque qu'il
élive, Uoise fait des sllusiora \ des dogiDes
flachés dans le resta de la loi, et il prMujv
pose l'exisiance d'ijoe doctrine acroama-
tique, car oD trouve là l'ombre de tout
l'ordre aurnalurel eifirinié par t'fi*sngile,
el les deux puiitta sur lesquels rOule lout le
christianisme, la cliute primitÎTe et la ré-
demption. D'où il s'ensuivit quo la lecture
de ces chapitres, comme celle df quelques
telles posiértaurs, fut interdi te au xhraéli Isa
avant l'Age mur ; car vite aurait été inutile
ou nuisible, sans le secours des doctrines as-
crètea. Hais bu fur et à mesure que les Israé-
lites allèrent se civilisant, que les institu-
tions de Uo'iae se consolidèmul, en dimi-
nuant d'un calé l'attrait pour l'idolâtrie, et en
augmeatani do l'autre le nombre des iotel-
ligeuces capables d'une nourriture plus
forte; ta doctrine acroomatique se changea
firatiuellemenl en eiolériqee, surtout par
!(fiUTre lies jirophèles el soua l'iDSpiralion
du Saiul-Espril, qui guidait leur sl,vle el
mailiei, que Sacy met sur le même rang que lea
Wahhabilcs, parce qu'aux doctrines liceDcieutes
ils joignaient ranioiir delà rapine. Une autre secte
inahoniétane, c'esi-ï-dire les Zindikiies, dont parte
l^luri, cité par Hanimer (AtM-det toy. dtlagéog.,
etc., par Miltb-Ubdii ; Paris. 1806, «eq., t. IVU,
p. S6, S7, 28 1, se rarma soua le rénoe de Hou»-
Aladi ; ils poussèrent le ratianaLisrae sensuel beau-
coup plus loin, et professèrent un aibéisiue com-
plet.
(SI) Discipli't de Hazdec, natif de Neisabur, et
qui vécut sous le «asBanide Cobad, roi efféminé uui
embrassa sa secle. Il précliail la communauté des
biens et des ferames. il rejettit comme inutile toute
Mtlorité religieuse et civile. NousbirvBn, successeur
de Cobad, te Ut oiourir et extermina sa faction,
( IlïOG., tful. rel.ttt. vtT».; Oxoaii, 17W, cap. SI,
p. Î89. Î90. )
(52} Les Scîks (Syk'b, SiUii} appartenaient
dans le principe à la caslft indienne des guerriers ;
etisnite ils se rendirent indépendants et ronnértnt
une confédération ; enfin une partie d'entre eux se
oenslitua en monarchie au conimencement de ce
sléde, sous le célèbre Kandiil Singh, roi de Labore,
avi fut loul ï b fois le Uebémei-Ali, le MacHiiia.
1 Alompa, le Radania, le Taofa, le Tameamea et le
rinow àf l'Inde indépendante. Comme secte reli-
glcusa ils furent organisés par Nanecli, Naïre, au
KV siècle, et réformés par Gourou 'Uovind, vers
la Un du ivii' et le commencement du suivant.
(Vofei sur les Seiks et Nauek, Langlës et Wil
■tus, Reeh. aàat. trad. ovee-iet note» de Langitt ;
Paris, 1805, l. I", p. 312-317.) Leurs dogmes
sont connus ; mais ce qui est muiu* connu et plus
curieux, c'est ce qui concerne leur Itiérocratie el le
corps des Akalis, c'est-à-dire immorlch. prêtres vé-
ASOLOCETIQCE. AIB.' MB.
leur langage. D» là lira vm orfgis« oa pro-
grès idéal qui apparaît évident dans les
écrivains sacrés, à mesure qu'ils approchent
dea temps d» Christ. Ce progrès n'est autre
chose que In divulgation successive de la
science plus cachée. £nHn, l'Ëvaogile com-
pléta l'cBuvre, et il apparut comme ta réno-
vation par faitt de la doctrine primitive, cor-
rompue chez lei gentilt, gardée en ucret tt
commtinimtée à un petit nombre d'individus
ckt* te* Èébreux, publiée de nouveau par U
Çhritt, rendue commun» à tout tee individus,
et deitinée d redevenir univtrielle chrx toua
tel peupUâ d» ta terre, comme elle t'était à
lo* principe. Le christianisme remplit des
rAles divers, selon les différentes relations
des hommes: il ressuscita 'a vérité pri-
mitive pour les nations qui l'araient i)er-
due; il (a publia pour les Hébreux, qui U
l>ossédaieot cachée sous le sceau d'une Ira- .
dition privilégiée, il la compléta el la mit
en acte pour tout le genre humain. C'est
pourquoi, en ce qui regarde In connaissance
spéculative, ilu dogme, ta seule différence
Îui existe entre le christianisme el le jii—
aïnme, c'est que celui-là rendit de nouveau
exotirique ta doctrine qui temporairement
était devenue acroamalique. L'idée chrétienne
fut la science acroamalique ut l'Ame do
toutes les institutions juives: de sorte que
la doctrine révélée demeure toujours la
m^me, cl les changements de la religion
n'eurent lieu que dans sa forme et sa uia-
Difestatiou extérieure.
Celle manière d'envisager l'hisloire de
tnsd'aïur, ornés de braceieis d'acier, et habitant
sur les bords d'un be t Amreisyr, qui est la capU
taie ecclésiastiouc des Seikhs. Touchant cette ins-
Utntioo, Toyei Malcotm. (inn, de* voa. psr Maltb-
Bnun, lom. XXIV, p. 115, 116.) La- sente des Ko-
chésiens, eiislaal près de quelques tribus des
Afghans, et parmi quelques autres encore, cliea
les Jusefidcns, qui s'érigent en peuple, fondée par
TAfghaa Bajazet, qui aTaii proleiisé antérieurement
les dogmes des IsmaéliieH, et qui Qorissait sous les
enipereurs du Hc^ol. Celte secte ne me parall pas
différer t>eauc(Rip de celle des Seiks. (Ibid., p.
H7, 118, 119. ) Une autre secte de l'Inde, inoius
connue, mais non moins digne d'étude, parce que,
comme les Seikhs, elle se montre trés-inclinée vers
le christianisme, c'est celle des Saads, fondée par
Set Gourou, 11 va plus d'un siècle et demi, et ré-
pandue dans le beknan, dans la province de Ben-
)^le et ailleurs. Les Saads adorent un Dieu uniqne,
invisible, présent partout, lout-puissant, prnvidêiit,
miséricordieux ; ils rejettent les dieux du brahaa-
nisrae et interprètent allège ri quement le* avaurs
de Vicfanou ; ils s'abstienoeiil du culte des images,
des pèlerinages, des ablutions; ils oltserveut le sab-
bat, ils usent de l'exconimuoicatioii, ils se gouver-
nent par des assemblées mensuelles et anuuelles;
ils condamnent la polygamie et les secondes noces
des femmes; ils croient au jugement dernier et à
la résurrection des morts. ( jVoac. aatml. tUi vofag.,
KrEisUs et Halte-Brun, Paris. 1819, lom. Vî).
I secte iudienne des Agamtsies. dont parlent les
missionnaires et de Guignes, établie en Clrioe, et qui
rejeue les rites légaux et toute disparité dans W
cnndilioni des hommes, parall une branctae de «elle
de Fo, e'es^k-dii«dnbauddfaisiBe.jJiAN.W«rA«W.
étiiHttrip., lom. XL, méin. p. 307,)
ncTHHnuiRB afouketique.
ACX
13D
ruée riwéié; eo «a rédmnmM let Ticiasi-
terin M Im!
rillenatire
Cérnae, ett fondée, d*iiii« part, lur U oa-
laredes éboMs, et de l'aalre, sur desdocii-
aeatsindobilaLrles qoe nous fournil l'auto-
rité de rEvmgitK. El dous ne pouvons ré-
soadie eulremanl qoelques problèines de la
plos hiale împorlence; lets sont ceux qui
wuenl de silence de Holw sur l'immor-
blilé de râoM humaioe, et des traces de
«elqaesdoetrines chrétiennes dans les Ira-
oiiioM aolérieores des Hindous, des Pea-
EerpUens al des aoCres peuples
, BiÂsa, inalmit et totUt la «•-
floit dsi Efjfp^eiu{SS'), ne ponnit mAioe
hiBBariTiit wnortf' uD dogiM florisaaat
larlafïvasdu Nil, el consacré par les ma^
niilani «OBumaots des Pbaraons. Cooi'-
oaaldoacD'fln fjiil-il pasmeDliOD eipressa
dus «s M? Si l'on coosidére le dogme de
riaaortalité* on arrive k déni résultats.
L'iD, c'est que la Dotitm explicite de ca
dogme est oécesssire poar la perfection
■orale de l'homme aspirant k la rélieité, et
ajint besoin de connaître son sort au sortir
•a ce BMKide; d'où naît le précepte de l'es-
péranee porté par Jésus-Christ, et la coa-
rtwnalîon des laax mystiques qui Touisîent
G' er de ce fortifiant Je pauvre eœur de
■me. L'autre, c'est que cette coonaie-
aaaee explicite n'est pas d'une nécessité
jfNMiiclique commuoe a tous les lieux, et k
tous ie* lumps, el appartenant i l'ordre
abaoàu des ebnses. L'amour de Dieu pour
leÎHBétM est le seul principe apodictique
de l'éthique, parce qu'il appartient h 1 es-
MM de l'ordre monl. L'amour et le désir
du pnipre bien, quoique trè»-iniportaiiis,
ani iwe valeur eoiitingeote, ralaliie el non
pas abs(riue. El quoique dans l'ordre pré-
sent l'espéraDce soit absolument néces-
laira au cbréUeo, tant eo vertu du principe
du Sauveur, que pour la perfection de l'or-
dre moral qui doit élre en barmome avec
les Mgiiimas insiiocts de notre nature, toute-
fois on peut concevoir pour d'autres temps
un éUI exlraordioaire dans lequel i'Aœa,
possédée du seiitimenl de l'amour divin,
q«i contient implicitement toute tertu, ao-
iinien la béatitude par la seule force de
celle affection. Si donc la conaaissaoce de
le vie future a moins de poids et d'impor-
tance morale que la conoaissaDce et l'amour
de Dieu, il laut admirer la sagesse de Uolse,
qui, dans âoa enseignement public, a tu la
première vérité eo faveur de l'autre, su-
périeure en importance et de nécessité
absolue, et ne l'a pas fait cooosltre k ceux
à qot celle Gonnaiôsance |K>uvail£lre nui-
libte, comme le prouve l'eiemple des Egyp-
tiens et des antres peuples païens. Par cua-
iéquent, il suboriionoa u doclrine k l'Idée,
eo agissant à l'opposé des législateurs du
paganisme i car le dogme de l'immortalité
«prime par lui-même un fait simple et
sensîUet tandis qno l'existeDeede Keu ft«l
une vérité purement idéale ^ la base ite
tout l'ordre moral. Le christianisme fit dia-
Parallre toute contreriélé entra ie fait el
Idée, «t rendit l'espérance possible ft Ions
les hommes, sans nsqoe el sans détriment
prtur la foi; mais dans l'ège growier de
Moïse, l'accord était poar le mmos très-
difGdle; voilk pourquoi l'anteur du télra-
gramme ne parle pas de la vie future, qnoW
qu'il y supplée d'une certaine manière par
la promesse d'one vie longue et heureuse,
promise k l'indiridu et k la nation, pro-
messe dont est remplie la loi, el surtout le
i)inMronMw.CertBineflsent il est difficile
que ces promesses temporelles n'aient peint
été irailees comme mystérieust-s par la voix
des sages, et que le dogme consolaleur du
l'immortalité n'ait pas bit partie de ht
Qnelquek eritiqaas prélendent qne lea
Israélites pMtérienrs k la captivité de Ba-
bylone empruntèrent aoi traditions persv-
ques el chsldaiqueseertains dogmes dont les
livres plus anciens ne&nt aucune meation,
el qui furent ensuite plus amplement enni.
Eiei par le christianisme. Telle serait, so-
n eux, l'Ângéloiogie de Daniel, leSalande
iob, la Sagesse du bU de Siradi, la Résur-
rection et d'autres semblables (5^. Hais ils
adoplBOt Ik un parti bien difficile k sont*-
nir; car le dogme dp la résurrecliou^ pro-
fessé dans les temps les plus Booiens par les
Samaritains, n'a pu venir de Perse en Pu-
lealiae; ilest même probable qu'il suivit ta
roule apposée, qu'il fut introduit par Zoroo*-
Ire dans le culte des mages, et qu'il man-
quait aux deux lois iraniennes antérieures
k ce législalenr. Quant k la doctrine de k
Cocma, des anges, du génie malfaisant, on
la retrouve déjk exprimée nu indiquée en
subslsnce dans des livres plua «ocienst il
suffit de rappeler l'échelle de Jacob, où se
trouve indiquée en germe la hiérarchie des
espritd. Que si les messagers célestes da la
Gettèif ne sont point réunis eo satrapies
comme ceux de Daniel; il est ridicule de
coufoodre les images et les ornements em-
ployés par le ponte a*ec son enseignemeoL
L'imaginaliou inapirée de Daniel devait em-
ployer dans la poésie des imsg^s iraniennes,
comme en parlant il se servait du cluldéen.
Si quelqu'un nie l'inspiration parce qu'elle
met eomuv», en se produisaul, desioiagas
humaines, jene vois pas pourquoi il ne la
répudie pas ailleurs, parcequ'elles'exprime
k laide tl'un idiome parlé par les hommes,
el parce que l'auteur se sert de plumes,
d'encre, de papier ou des autres moyens «n
usage pour écrire. Du reste, que les sages
parmi les Israélites el toute la partie d'élite
. delà nation sesoieutaccorilés i embrasser
des opinions étrangères GODlraires aux leurs
propres, qu'ils les aient emiiruolées précisé-
ment à leurs plus grands eonemis, c'est-k-
UJre k leurs vainqueurs et k la terre où ils
(Si-; AH. vu, SL
I^J Ticmaa. Dt têL Immw.
«]i. al. gtHU iMf. ad aa. 1793-d4.
tu
ACR
NCTWHIUIKE APOLOGETIQUE.
feneetoir t« véritâ dtns u simptkilA aatii'
F«l(e, peavwit iagoùlar sous I ombre d'un
vsile M en lirer quelfiiie pr»fiL ; d'où il ar-
rive que la doftrine pablii^se est en grande
parlîe l'expression jmpulaire et imparfaite
de ta doctrine secrète. De \h naît l'usjigedes
alWgortet ; usage gui a soo fondement dsos
Jes analogies natoreiles qui esislenl entre
1*8 différents ordres de cbosi», telles que
sont oelles qui se Irouveol entre les sensi-
Meset Jo9 intelligibies, ou bien entre les
inteHiRibles et les sur-intelligibles révélai.
Selon ttruDO) les Babyloniens tloruuient Â
U matière ie nom d'ombre (38;, parce qu'en
effet, le coFfisesl eoeameune ombre de l'es-
. prit, et l'existant «ne ombre do l'Ëira. lié-
laj>hore bien choisie, et oui exprime exae-
teowDt ItcoorenaDce analogique des diffë-
-reols ordres, d'où résulte leur hanûonie.
Cette cânveaaace est fondée sur l'identité
de l'Ktre avec lai-oiénie, et sur la dépen-
dance de l'extalaDl relativement k l'Etre,
par U voie de fa création. £a vertu de cette
analogie, tout ordre de choses sapérienr
figure iolelleclnellement l'ordre inwrieur,
M celoi-ei exprime l'autre d'une manière
aensible i ce qui est la base de l'eslbétiqua,
du rellégortsme et-de ces conoept) analogi-
ipies, ^l'aida desquels le sur-intelligible est
aymlKilisé par l'intelligible. L'intellect re-
cueille la lumière dans l'ombre, c'esl-ï*
dire, ridée dans le ooncepl. le semblable
dans le dissemblabie ; l'imagioation fait
restoriir la lumière au milimi de l'ombre,
«n signifiant l'Idée perdes notions soalogi-
(^(les. L'^Uégoriame fut commun k loule
I antiquité, et, comoM tout usage universel,
il naquit de l'instinct et du besoin des peu-
ples {&e}.Les eoslogies naturelles, la pré-
dominanoe de l'imagimlion, lecaractWedu
tangue en général, du «lyle populaire et
de 1 alphabet idéographique en particulier,
expliquent la ' propension naturelle de
I bumuie vers un expédieol, rendu néoes-
ssire, d'un autre celé, par la féroce impiété
et par l'ignorance qui meostalent et qui
asiaillaieiil le sacré dépAt derdoctriaes. .
Outre ies vérités idéales, l'bisloire delà
nalioii est partie loul k fait principale de
la sagesse politioue. L'bisloirs est exoté-
riqueeotant qu'elle se compose de faits
extériflars et sensibles ; mais elle- est aeroe-
loaiique, parce que son sujet est passé, et
qu'il ne peut être connu que par la voie de
la trddiiion ; d'où il suit qu'elle appartient
■11 même tempsè la multiludeet i la classe
(!S8) De la caïua, principio et hnd, proem. nîsl.,
dial. a. — Opère, Lipaia, 1830, t. 1, p. 206, 233.
— CiHi». le même. De uFiitrii idiarum, Parisiîs, .
ISftîi Trjginta inlenlluneg uiubramm, iuieniia I ei
seq.
(59) Exehic-David, Jupiter. Parti, 1855; Intro-
iuciinn, l. 1. p. lïi, ïïii.
(601 Voyet les iiot.:» i1'Hkerbi( aox pages M, 16,
196, 197, da umi. YI de son ixiiliDt la polhiiiut
_tl du commerce, elc.
(61) Le ratioitalieifle ihéologique eit basé sur ta
aeHfasioB éc la tcteiiw uroatnaUqua Ivec l'cioté-
élue et privilégiée ; si ce n'csl que l'iuler.
rnplion de la continuité hiérarchique alltri
bientôt chez les païens le souvetiir dus éii-
nemenis passés; souvenir auquel on lup.
riléa par la mythologie. La myinoloffie pour
es faits, comme la symboiogia ))oiir 1»
dogmes, composaient la scitcce exolériqut
des peuples païens , compilée par U custs
sacerdotale, et distribuée par elle su tuI-
gsire. Les hiéroglyphes des Egv|ilicns
étaient une espèce d exolériarae sli>habé-
tique dont là cler, filacée dans l'écriture
hiératique ou phonétique , constiluail U
partie acroamatiquede I loseignemenl (60).
La science publique, en se mêlant tou-
jours plu;t ou moins avec la science secrète,
est bonne ou mauvaise, parfaite ou défec-
tueusp,^selon ta nature de celte deruiërt.
Dans la gentilité civilisée, la doctrine acroa-
nialique se composait de traditions impST'
faites et de notions acquises par TceuTre
des prêtres, au moyen des secours leuU et
successifs de renseignement et de l'étude
secrète. Ainsi je croîs que les principale!
écoles philosophiques de l'Iude, Jites orlho
doxes ou demi-ortliniloies, apparleiiaien
dans l'origine à la discipline scroaniatiqiii
de la première caste. Quant k la scieno
exotérique, elle se composait de mytliolo
gia et de symbolique, expression des coD'
naissances plus cachées. Chez les Hébreui
les deux doclrious et leurs rapports réci
proquea avaient un caractère toulàfii
spécial. D'abord, ilsfl'avaient point de aj;
Ihologiejils possédaient une histoire vètl
table , (squelle, publiée conjointement f
liée avec fe culte, la morale et les lois, con
tenait tout l'vosemble de la science pubi
que ; la ductrine secrète coiuprenail I
reste de la révélation. Sous i;e rapport, l'ei
saignement exotérique aratt avec l'ense
gneraent acroamalique les rapports de
partie avec le tout (61). Mais il y a entre et
une autre correspondance, c'est-à-dire, cel
delà fi^re avec lu figuré, essentielle^
continuité de la révélation, et base del'i
lé^risme orthodoxe, daus lequel les \nt
bules, les métaphores et tout le cortéi
poétique des livres sacrés sont une siiii|i
enveloppe qui en fait l'urneineiiL , mi
qni ne le constitue pas. Cet allégorisi
consiste; t' dans l'expression du >loi^i
parle culte; car les Hébreux n'ayant pasi
niytlies, mais de purssymbofds <}ui exp
ment les vérités idéales, leurs ntes sf.
emblématiques delà même manière, au li
riquc. Le miracle et tes mystères, c^est-fc-dîre n
loire et le dogme surnalurcls, appartienneDl I
première et non ï U seconde, i la moelle et no
l'ixorce, i la science sacerdoLaie et non à la scie
Bopulaire. Ce ijui le prouve, c'est qu'il est inpo
le de trouver le moindre Indice d'une sagAsc
crèie dont len récits évaiiBélIqiies «t les dogi
cliiéiJens 001 élé la ajraltologiË, tandis que
Faux évaiigilCB et les écrits des bérètîqD(.'s, qirel^
fui» mcme ceux des catholiques, reiiremieiit
luylliatogie et une s^boliquo de cette histoire
MCTIONNAIRF. APOLOCETtQCE.
ACR
(SI
qiw le* symboles païens sont mêlés sut
■jlbes Blillérés psreui; S* dsnsls signî-
SÛtioo da l'areDir, e'est-i-dire, du cbris-
tiiDisoie eoniDie histoire, parle présent, ou
sutsnt dire par les faits historiques et les
ioslilntioDs au juilaisme. Comme les diO'é-
mles parties Je l'ordre universt;! sonien-
m elles eo harmonie, le surnaturel stee la
Dilnrc. les sensibles arec les intelligibles,
et cenx-ci arec les sur- intelligibles ; de
Dtaiele judaïsme, fini est la préparation,
estd'iccord a«ec le cliristianisme, qui est
le complément du système réféié. Le fign-
nlisme est le moyen terme de celte syn-
thèse harmonique et l'anneau qui rattache
les deux extrêmes qui s'unissent envmble.
«QtaïAqoe l'un e^t la figure de l'autre ; si
CSB'estqoe cette Sgure n'est point ride et
borfe eoaine les mythes païens et les ana-
^Tlées des anciens Egyptiens (62). mais té-
wmteat virante, parce que la figure même
est Térité et histoire; ta discipline exoté-
rique n'est pas moins solide que l'acrosmii-
ttqoe. et récorce répond dignement à la
Boelle. Aossi l'esotérisme hébraïque diF-
&r#-(-il essaatiellement de celui des autres
Ddioas.
Qae la loi de Moïse et des annales juires
Mit une Ogore par rapport au christianisme,
c'est nn bit que ne peut réTOqaer en doute
celui qui ne resarde iws comme erreur nu
imposture les données les plus expresses
de la Donvelle loi. Les paroles de Jésus-
Christ et de saint Paul (63} ne sauraient Être
plus dsires, et elles font manifostempnt
alhisioD i la doctrine acroamatique. qutfor-
■lail les institutions du peufile hébreu.
Or, qa'élait-ce qne cette doctrine acroaron-
liqne, sinon l'Idée chrélienneT Ls loi est
étâmelle , parce qu'elle est identique h l'E-
nogile, iiarce qne TETsugile eât également
perpélnel en s'étendant vers le passé autant
que la loi s'étend vers l'atenir. La doctrine
externe ne peut contrarier la doctrine inté-
rimre : l'une est le corps, l'autre l'esprit;
l'ane répond su sensible, et l'autre h l'in-
tdlipble; l'une est le symbole exprimant,
et l'aulre l'idée exprimée. Le judaïsme n'au-
nii pu être le type du christianisme s'il ne
rarait contenu en lui-même : aulremenl, il
annit été no corps sans Sme, un organisme
B*ia oHMiTement et sans *ie, une supersli-
lioa stérile et non une religion de toute-
poîtsante efficacité , et non , en résumé , ce
cslte dans lequel germèrent et d'où naqoi-
RDl les iostiinliona ehrétienoes. A^issi la
■MTelto loi est-elle pluldl le complément
pnlique que le anpplémeni spéculatif de
l'aoeieDiie. Elle vérifia les prophéties , ao-
eoaipUl les promesses, réforma, accrut, ren-
dit les rites féconds et parfaits ; elle renforça
cf étendit la biérarchift. mit en acte d'une
■aoière présente les différenis ordres, q'ii,
aaparavBDt, éUieot futurs dans la |)eosée et
(Gl) Svies auglTpiief, tojci Heeren dans l'ei
frôîi âié. d ta diuérution sur un passage île sai
" « rAleuDdrie, tom. VI, p. 447, 450.
Dicno^aAimB àruiMctnQUK 1.
dans l'espûrance dos hommes; elle cnndui-
sil À leur accomplissement ces dogmes qui,
en s'unissnnlavec un fait sensible, deraient
s'effectuer dans un lemj-s déterminé, par
rap)>ort h leur actualisation extérieure,
quoiqu'ils soient extra-lemporaires et éter-
nels no eux-mêmes . comme des dépendan-
ces du vrai idéal. Elle n'accrut pas subslao-
liellemenl la connaissance révélée des intel-
ligibles et des sur-intelligibles ; mais elle la
divulgua et Is communiqua k lous, en snl>-
sliluent d'une manière parfaite, au li;isant
de la naissance , h l'hérédité de famille et
de race, le principe moral et divin de la
vocation et de l'éleclion. Elle n'ajouta ripn
i la pensée, mais seulement ï {action de
l'ordre surnalnrel , en la conduisant en
grande partie à son accomplissement; et je
dis en grande partie, parce que les merveil-
les de la grflce ne doivent avoir toute leur
perfection temporelle qu'à la seconde venue
du Rédempteur, et à la liii uniTerselle de la
vie terrestre. Par conséquent, le christia-
nisme est, dans toute la rigueur des termes,
aussi ancien que le monde, et avant le Cbrist,
il forma ce judaïsme intérieur auquel par-
ticipèrent tous les esprits privilégiés, depuis
le commencement du genre humain. L'ac-
croissement successif, ou, si l'on veut, le
progrès de la révélation , mncerne sa pro-
mulgation; ou, voulons-nous dire, pour
|>arleren termes plus propres, r'est un pro-
giès de propagation extrinsèque et de dé-
veloppement scientifique, mais non de ré-
vélation; progrés qui dure encore, et qui
n'aura pas de Un tant que la société cliré-
lienne pourra s'étendre dans l'espace et dans
le temps.
Le Térîlable progrès religieux est ta
eommuniaUtott tuectuive da vrai révélé à
Mtt H0M6re ifAoBiiiira toujourt plus grand,
juiqu'à ee qne ta eonnaiiiance en ioit corn-
tHume à tout te genre humain. Cette commu-
nication est h la fois une œuvre divine, de
providence spéciale, et un effet naturel du
noueemeiU tt de la tendance de toute doctrine
acroamatique à devenir exotirique ; à'où il
suit qu'elle ne peut cesser tant que les deux
sciences ne seront point réduites en une
seule pour toute notre espèce. L'effort natu-
rel de l'idée acroamatique, pour se trans-
former en exotérique, est li principe, la base
et l'essence du progrès civilisateur. Or, l'i-
dée formatrice de la science acroamatique
parfaite étant un privilège de la société ca-
tholique, il s'ensuit que c'est sur celle-ci
que repose la cirilisation universelle, et
qae c'est une grande erreur de regarder
comme finie son action sur les destinées
même temporelles des nations.
Les rationalistes bibliques prétendent que
la typologie est une invention de l'école
d'Alexandrie, i qui Jésus-Christ et les apd-
Ires r«mpruulèrenl , pour s'en servir en
rC3) Mallli. y, 11, 18; /om. v, 39, i."., U. 47
JCvr. 1,1-11.
139
ACR DICTtONMAIRE APOLOGErKlHE. ACR liO
qa'un simple insIramenMe prospérité lem-
porelle; la longévité esl le bien suprême jiro-
poséaux individus et aux nations, qui n'oni
pas] Buire chose h espérer hors de cette Tte
terrestre ; la religion, enfin» n'est point autra
chose que l'expression sTOiboliçiue de cer-
taines maximes d'utilité publique, et la
police réduite en mystère par des abstrac-
tions et de la métaphysique. De celte mrle,
le judaïsme , ou , comme on a coutume de
dire aujourd'hui, le mosaïsnie ne serait plus
une grande institution multiforme, c'es(-i-
dire, morale, sociale et religieuse, mais
simplement une institution pulilique et un
code législatif. 11 est vrai que le docte
Israélite l'admire comme un code narfait;
il y trouve la liherté, l'égalité, la cnarilé,
la justice, et en somme tout droit et tout
devoir public et privé ; mais ces belles phra-
ses n'ont point d'autre poids dans ion voca-
bulaire que dans celui du Jérémie Bentbam,
et elles expriment dans les deux cas des
notions purement sensibles > restreintes b
l'ordre de la vie terrestre et dépouillées
de toute valeur apodicifque. Comme le
grand législateur eut quelquefois cet ordre
en vue, H. Salvador tombe dans le rrai
toutes les fois que les institutions mosaïques
envisagent cet ordre seul, et son ouvrage
contient dans celte partie bien de belles ut
de solides remarques; mais la politique n'est
autre chose que la partie charnelle du ju-
daïsme. Son esprit resplendit dans l'iaée,
exprimée divinement par le Télragramme;
à I idée, comme Ilu dernière, tendent toutes
les institutions de Moïse, sans excepter
celles mêmes qui paraissent plus matériel-
les et dirigées seulement vers un but tem-
porel. Sans l'Idée, et à cause de cela, sans
admettre une doctrine acroamatique qui la
conlîeime complètement, le judaïsme est
en grande partie inexnlicable, comme une
énigme ou un hiéroglyphe dont il est im-
possible de trouver le sens et l'explicatico ,
sans une clef extrinsèque ou le secours
d'une autre langue. Cette clef, dans le cas
présent , c'est le christianisme, qui, comme
UD chiffre muderns et démolique éclaircit
et interprète la paléographie ancienue et
cachée du peuple sacerdotal. Tout le génie
de M. Salvador et des autres rationalistes
n'a pu donner une explication vraisembla-
ble de la criiyance au Messie et du miuts-
tère prophétique ; et tout ce qu'ils diseot
suprènie et universel de li cliariié, it pMt j avcrir
rengion et JuBlIcc ; tti croient chose uge, pour at-
tirer ceux qui iDiil toiu de ta foi, de la leur rendre
odieuse et at>oniinable. lia ne niaiH{iiei>i point, el
ils ne manqueront jamais it ce peuple malbeureui,
ces exemples de génie et de verlu morale, qui dé-
montrent, même par le silence, l'absurde indiguîlé
et t'iuiquité de celle manière d'agir ; mais quand il
n'y en aurait pas d'autres qae le Hendetsûbu du
siècle passé el le Salvador du tidire, c'en serait as-
sez. Une nation qui se glorifie de tels kommes, peut
honorer le pays qui la reçoit dans snn sein, el qui
partage avec elle ses droits el les bienTuils de b*
propre dvilisatioD.
l'accommodant è leur dessein. Mais cette
hypothèse, qui répugne aux origines divi-
nes du christianisme, n'est point plausible,
méma en elle-même, car l'allégorîsme chré-
tien dilTère essentiellement de celui dns néo-
(ilatoniciens. L'un présuppose une histoire,
el l'autre nne simple mythologie ; le premier
trouve le fait ou l'Idée dans d'autres faits ;
le second cherche les idées et les faits dans
la fable ; cului-là donne h la figure la même
autorité qu'k la chose figurée, et reconnaît
en elle une réalité indépendante de tout ra|i-
port extrinsèque; celui-ci, au contraire,
enlève tout poids et louLe valeur Intrinsè-
que aux svnitiotes qu'il admet ; il ne les ap-
précie qii autant qu'ils se rapportent à la
chose symbolisée, et il introduit dans leur
sein un idéalisme absolu. Origène voulut
véritablement appliquer, au moins en par-
tie, à l'exégèse (le 1 Ancien Testament, le
trincipe alexandrin, et substituer l'allégorie
l'histoire; mais il ne fut pas suivi par de
nombreux disciples danscetts partie de ses
doctrines.
En somme , l'idée de l'allégorisme
cbrélieû est ]*articulière, propre au véritable
culte, et étrangère aux opinions des nou-
veaux platoniciens , avec lesquelles elle n'a
■le comiuun que le concept générique d'al-
légorie résuftant de la nature mixte de
l'homme, de l'essence des choses el de l'har-
monie du monde. D'une autre part, pour
révoquer en doute la vérité de l'allégorisme
biblique. Il faudrait nier, dans la religion,
l'intervention extraordinaire de Dieu avec
toutes les preuves qui la démontrent; or,
cette tentative n'est point véritablemunl une
Itaérilité, elle a vu échouer jusqu'à présent
e génie et lu savoir de ceux qui Tout
osée.
Barmi ces derniers, un écrivain moderne,
homme de talent et de science, voulut ra-
mener le judaïsme aux termes de la nature,
et le dépouiller de tout ce qu'il a de secret
et de merveilleux (64). Hais en retranchant
le surnaturel, il en éloigne même l'idéal , et
il resserre daus lt:s étroites limites du sen-
sualisme les institutions mosaïques, les
annales du peuule israélite et la magniQ-
Îuo théologie cle la Genèse, de Job, des
saumea et des Prophètes. Jéhovah, selon
M.Salvador, n'est point l'Etre, mais l'exis-
tant ; le but suprême de la morale et de la
loi , c'est la félicité terrestre ; la vertu n'est
(M) Comme toute réfutation contient Je ne sais
quoi d'hostije, et que l'adversaire peut paraître un
ennemi, je me crois obligé, en combattânl en pas-
sant les doctrines de H. Salvador, de déclarer ex-
pressément qu'il y a peu d'écrivains qui, par l'élé-
vation de l'esuril, la noblesse des seiitimenls, la di-
finité, la modération du style, égalejit cet illustre
sraéliln, mëiiie dans les endroits o& sa proression
religieuse l'élulgne le plus de la vérité. Elle n'est
Kiol encore éteinte aujourd'hui la race de ces
mmet vils et cruels, bien indignes du nom de ca-
tholique*, qui voudraient refuser aux Israélites les
droits de rbumanilé, el qui les considèrent comme
les Uotet ou les Pénesles perpétuels du genre hu-
nuûi. Ce* ttuuimes croient qu^ viobol le préc«pii>
Iir ACR DICnONNAmE APOLOGETIQUE. ACR W
démontrée' L'Idée «st le Mai des deux
tnslilulions, le point dans lequel elles se
conlondent et s'idenlIHent l*nBe avec l'au-
Ire; lejadaïsoie est l'idéft occulte > leebrt»-
liaBisme l'Idée dévoilée; dans fa première,
la coDnaissaoce idéale est cachée et enve-
loppée SODS une forme extérieure, landî#
qu'elle t'explique dans la seconde, et «st
k elle-même sa matière et sa forme. Hais,
dlex eulidrement l'Idée en peuple hébreu,
comment le christianisme pourra^-il jamais
nallre dans son seiiîT SnlTadnr répwnd que
«'est un rejeton des doclrines orientales
gretTé sur le tronc du judaïsme. Le Christ
prit ridée, non }>oiut è Moïse et bus pro-
phètes, mais h l'Ialon et à Zorushtre (67).
En l'eo tenant aux termes de la simple
histoire et aux règles de la critique ordi-
naire, l'hjpotbèse n'est pas f;>cile k défendre;
car supposer, d'un cOié.le Christ disciple de
la genlilité , e'e^t avoir contre soi (ouïes les
vraisemblances; et de (dus, David Strauss
lui-même n'a point osé recourir k nne pa-
reille supposition (68). D'un autre cdlé, ce
qu'il ; a de commun entre les .doctrines
professées par tes peuples tes plus dilTéreuts
de la plus ancienne gentilité et le cbris-
tianisme, doit remonter k une tradition
uni*erse[le et primitive, ou du moins plus
ancieune qae tous les monuments profanest
et dans ce cas, comment peut-on siipposcr
qu'enlre les peuples de l'Orient, les Israéli-
les seuls en aient été privés, quand les
vestiges de cette tradition sont si manifestes
dans leurs livres, et surtout dans la Geaittf
Or, admettant une fois l'universalité primi-
tive de l'idée, son altération suceescive
chez les païens, et la resiauralioD chrétien-
ne, qui ne voil que la seule affinité logique
et chronologique du christianisme avec les
ivénements humains, en éclaircit la diiine
origine t Car le parfait rélal>lissemeal d'une
loi dans ses principes ue peut venir d'ail-
leurs que du premier principe, c'est-i-dire,
de la vertu créatrice : vérité ligurée par le
plus sublime des narrateurs évaogéliques,
qui pose au front de son histoire la formula
initiale du livre antiqae et véuéré dans
Jequel on raconte la divine origine des
choses (ri9).
La formule idéale par laquelle commence
la GttUtt, et qui est comme le frontispice
et l'emblème de la révélation, était com-
mune è la doctrine exotérique et aeroama-
lique du judaïâipe; elle formait le nœud
qui les unissait, et, pour ainsi dire, le
mojen qui conduisait de l'une! l'aatre. En
effet , la doctrine secrète était en substance
l'explicalton de la formule idéale, et la doc-
trine publique était la forme et 1 espresiion
périnr k la nature. Une absurdiié, cent absurdité*
foul plausibles, k leur seul, pourvu que l'on évite
luènie un demi-minctn.
166) Siliàmb, H*mi-CMu et ta doct., Paris,
IS3S, liv. Il, chap. X, i. 5, G, 7, 8, 10.
(671 Loc. cil.
(68) Vie àt JétMt, irad. par LiUré; Paris. 1959,
lom, I, p. 337.
((■0) /mm. I, I ; C«N.I, I.
t ce lojel bit une telle violence h la teneur
da l'htstoir» et aax conditions de la nnture
beBMiae en général, qu'il n'est pas néces-
saire de les réfuter (65). Et comment ex-
^Her sans une doctrine acroamalique et
le les premiers cbxniires de la Genèse,
le Télragramme, le Décalogue, les Psau-
mes, Isaîe et les livres sapientiauxT L'Idée
7 est empreinte avec tant de splendeur,
qnif ne sofiit pas, pour l'érarler, de s'en
WMIBer eoinme d'une chose mystique, selon
la Goatonie de l'illustre Israélite. De plus,
sopposer qae le christianisme ait succédé
fonaiteneat an judaïsme , et que le premier
de cet tytiimes soit oé , ail poussé ses
raeioes et pris tes merveilleux accroisse-
mwu tm vertu d'une interprétation frivole
et ndieale de SOD prédécesseur, c'est \i un
«losHBe dénoeritain , aussi absurde dans
Fardre rfa lliisloire que dans celui de la
■iture;. Cela ne peut être admis que par
ceux qui croient que les choses bumaines
erriveni par hasard, qae la succession chro-
•dngt^oe des événements est capricieuse
«t arbtlraire, et que l'Idée ne règne pas en
lonveraine dans la morale et dans l'univers
eorporH. Mais si l'on admet l'empire de l'Idée
sur tes choses de ce monde (et il n'y a [«oint
de ralîotialisle de poids qui le nie), le seul
Bcead idéal que l'on puisse introduire entre
les deox alliances consiste dans ledévelop-
penent d'nn concept unique. c'est-A-dire,
ée eeloi qui reçut de TEvangile sa dernière
perfection. Cettainement le vulgaire, chez
m Israélites , n'eut point une conscience
cesplète et distincte des de.«tinées qui lui
Aaieal réservées, comme les richesses de
rintoilion ne sont jamais épuisées par la
réflexion ; mais que le penjile lui-même
■e soQp{onndt pas d'une tuanière confuse
aoD DagoîBqua avenir, et qne les sages
tttB eussent pas une connaissance plus
parfaite, c'est on sentiment qu'on ne peut
embrasser, même bumainement , sans ré-
duire l'hisloire à un véritable cbaos , et la
oîti^e i un rigoureux empirisme.
L'ingénieux écrivain que nous avons en-
tre les mains n'ose pas, il est vrai , bannir
l'Idée oiëme du christianisme, et il con-
fesse qne ses bases et son but sont mys-
tiques de leur nature (66). Hais comme ,
srtoD lui , l'idéalité d'une doctrine est une
grève erreur dont le judaïsme sut se pré-
server, il résulta de le , entre cette dernière
religion et le ebitstianisme, une antilogie
difficile k expliquer. Si l'on admet la double
doctrine et I inhérence de l'Idée dans l'ins-
litolioa la pinstsncienne, rbarmonie des
deux testaments, on, pour mieux dire, leur
ideothé iniriosèque u'a pitis besoin d'être
(CI) &i.vaMa, Hùl. ^ nul. de Moiu, part. »,
iw. u Si. ■DnohUinl cela, ces idées onl encore de
b vosM aaJMÎnriwi en Allemagne et ea France,
b rvMoa em eai ^m'ïi a'; a pas d'antre noven d'é-
nso' le nrutHr^Usoe. Or, oàmVà tu le gnuxl
ip— laniiil lin safcs nodemes, qai sont dispose*
k !■>! iiiir avec ardear quelqu énormité ei qucl-
■^ rafi-r"'f qne ce soit, quelque grands qu'il*
I lii^, f lalfli riTir if'--* — " — '"■*' "•■—"- --^
m onlre de cliose» ui-
I»
ACT
DKT[(»ffl&1BE APOLOGKrmUB.
deceiléveloppement. LeconcËpl do Dieu ap-
parteiiail ea commun aux deux disciplines;
mais lea noms qui l'exprimaient étaient
différents, et correspondaient h la nature
(lifféresle de ces doctrines. Le Tétragramme
était le nom s^iécialemcnl acroamatique Ue
la difinilâ, qui, exolériquement, s'appelait
Adanaï, El, Eloha, Ëlohim et d'autres noms
encore (70). Le concept exprimé par ces
mots est substantiellement identique; mais
Jes noms eiolériques le désignent d'une
manière populaire par des paroles qui re-
présentent les adributs divins, comme le
Forlt le Puissant, l'Eternel, le Seigneur,
ou ridée mdiée arec quelque concept intel-
lectuel, comme les notions de force et de
substance; tandis que le Tétragramme ex-
Frime purement la notion métaphysique de
Etre; et elle l'exprime, non-seulement
comme Idée, mais comme principe de l'or-
ganisme idéal, et de la formule tout entière.
Moïse consigna dans les saintes Ecritures
le nom acroamatique, comme pour inviter
tous les Israélites k se rendre dignes d'en-
trer dans, les doctrines plus cachées, qui y
étaient sj'mbolisées. Mais par un usage an-
.tif]Ufl et constant, le Tétragramme n'était lu
ijue des yeux, et l'on prononçait 6 sa place
le nom exotérique; ligurant de cette ma-
nière le sur-intelligible de l'Idée exprimée,
selon l'usage des peuples aucieos, qui te-
naient l'iiieicogitable pour innommé et
ineffable. De plus, l'inelTabililé du Tétra-
gramme faisait allusion à la distinction de
1 science ezotériqiie et acroamaiique, et
présupposait l'existence des deux doc-
trines.
Si la cause conservalnce de la formule
idéale chez le peuple élu fut la révélsiion,
le manque de celle révélation dut occasion-
ner cbei les nations païennes l'obscurcis-
sement et l'altération de cette même for-
mule. Hais J'occasion d'une erreur n'en
étant point la rraie cause, il fout rechercher
attentivement celle-ci. Nous devons, pour
cela, décrire la marche intellectuelle par
laquelle le genre humain, possesseur dès le
principe de Is vérité p>irfaile, glissa peu k
peu dans son plus grand contraire, c'est-b-
dire, dans le faux, en conservant toutefois
quelques vestiges du vrai. Cette recherche
est Irës-imporlaule, car elle n'emporte rien
moins que l'explication du fait immense et
presque universel du paganisme,
AGTE DE FOI. Vov. Foi. — Esl-il un
pouvoir régulier de IhommeT Jbicl.
ACTES DES APOTRES. — Les rationa-
listes ont voulu jeter du doute sur l'origine
«utbentiqoa des Actn du Apôlreit aussi
bien que sur les attires parties du Nouveau
Testament. < Il est possible, disent-ils, que
dans la confusion qui suivit la ruine de
Jérusalem, quelques chrétiens aient com-
posé les livres que nous avons, en les allri-
otiant aux apôtres. » De leur cdlé, les parti-
sans de l'interprétation mythique, dont le
système est inconciliable avec rauthenticilé
de ces divins écrits, se sont vus forcés de
soutenir ou que le livre des Acttt n'était
point l'ouvrage de saint Luc, ou que ccl
écrivain a puisé plusieurs de ses documents
k des sources peu fidèles. C'est en ce sens,
comme l'a judicieusement remarqué Olshau-
sen , qu'il faut entendre les doutes que
De Wette a opposés h l'autorité de ce livre
(71). Les monts que nous allons présenter
dans les paragraphes suivants ne permeltenl
pas de douter que le livre des Actes sitéld
composé avant la ruine de Jérusalem, qu'il
soit sorti de la plume de saint Luc, et que
cet écrivain ait été parfaitement informa
dans tout ce qu'il rapporte. Le sujet même,
comme on le voit déjà par cet énoncé, noui
oblige à traiter ensemble deux questioni,
distinctes cependant sous quelques rs[>-
ports, celles de l'authenticité et de la véra-
cUé.
AailwBtidté et véndtô des icUt de% m
•C-, ,
. — , _. , I. Epipluiie, de S.
Jérdme, de S. CbrftMiome, de S. AngusUa. — EufcU
oompria dans le canon det Ecillnrei saintes dis \tt
ptus ancieua temps.
Il n'est pas difficile de montrer, par les
lémoignages des anciens Pères de l^lise,
qu'on a toujours considéré le livre des Acltt
comme un ouvrage dont l'authenticité et la
Ddélilé historique étaient iocontestablei.
Nous ne voulons point, romme l'a fait
Larilner, recourir aux écrits des Pères du
premier siècle, ni même à ceux de sain! Jus-
tin, martyr, perce que leurs citations ou ne
sont pas assez claires et précises, ou peu-
vent avoir été puisées i des parties de l'E-
criture autres que le livre des Actt$t et que
sous ce double rapport on pourrait, h la ri-
gueur, nous en contester la force probante
(72) i nous avons d'ailleurs d'autres autori-
tés irrécusables en faveur de la vérité que
nous soutenons. Et d'abord la première au-
torité de ce genre que nous pouvons pro-
duire est le témoignage de saint Irénée, gui
vivait dans le second siècle, et qui était
contemporain des disciples immédiats des
spdires. Or, il est impossible h un témoin
qui déposf! sur un fait quelconque» d'être
plus positif et plus explicite que ne l'est ce
(TC) Peut-être le mot Elohim ëuit-il eiolériijne qu'un etsmen sérieux de certains passages des
et acnnina tique tout à la fois, ei rem plissa ii-jl l'of-
floe de lien entre les deux iiomenclatures, comme
la notion de substance intermédiaire entre celles
d'Etre et de force ou exisieuce.
Oi) U. Ouunstn, BAUuMt cammfitlar, etc. :
Itwié H. teit. 666.
(TiJ C^eiidant nous avouerons rnuubement
Père^ dn premier siècle elles par Lardner lions ont
paru être empruntés du livre des Acin, et que par
conséquent nuas ne partageons pas cntièremM)
l'avis d'Eicbbom, quand 11 dit {Eitiieii, i» iat H.
T., S 155) ({u'aucun Père anlévieur à saint Iréiiéeet
k Clément d'Altxandrie n'a fait usage dans ses ciu-
tions du livre des Acta, li est vrai que le savant
us ACT DKnWffNAIRE APOUKETIQUE. ACT lf«
«Bl*ietenr, Uni sur le liTr» des Aete§ en importa tarloiil de remarqoer par rapport
Seotrai que sur son aoleur et sur le d^é t la conBance que mériteDi les Aeles, c'est
4f» coBBanee qo^l m^rile. D'abord il dit en qoe Terlallien fait obserTer combien les
(ensM «xprès qao l'aoleur des AeUi ert ÈpUra de saint Paul cooBrmeul la jénl6
mol Lac. compagnon inséparable de saint des faiu rappoHés dans ce lÎTre, se fondant
nul et soo eoopéralear dans le minisldre aree raison sur ce qu'il j a un accord par-
étau^liqae; mais il ne se bonie pas k ce fait entre le coDleCD de ces deui ourrt-
léaioipiage ; il rappelle encore l'histoire de ges fTi).
îl.f".»^'*"'*''''.'*!'*"^'*"'-?*"'''***^' Saint Clément d-AleMndrie, contempo-
™A«. I ^-*xP°' "''*?°f ' •' "fW"»' « rain de saint Irénée el de TerlÛllien, et di-
K^i 1 J'î*^"'* textes dans lesquels gne représentant de la foi chrétienne de
l!ÏÏ^l f^f- «" ;«P'f«'"* CWD™» PEglise d'Egjpie, dépose aussi fsforable-
2« ^2" *'***" w"^*"^'*"""""'™ <*«"» grands docteurs ; car non-seu^emeDl
Ziî^^JV^'^ clupilres presque eu ji aUègue dan» ses écrits un assez bon
wlj^^EnQn le saint docteur ta plus loin nombre de passages empruntés teituelle-
rj?^.' 'Ij-l'acbe k prou«r que ^ainl ment i onze chapitres dilTérents des -*c/«
u^ ^IPf '■ V"'^ "*."'"* ,■ ^"" "•." <*" ^Pitrei, mafs encore il les cite sous co
il.îî***"'?"*^''* a«c la pus grande même litre (.£ n«iï.« ri. -A^Tril-.). et il
eMCùInd#, mais encore éloigné de tout es- ^0 attribue la composition è saint Luc Ça).
prit de mensonge et d orgueil, et avant une . . ■ .. ■» ■ « ■ » ». _i
CDcinaisMnce ewcle de toutes choses, puis- *" troisième siècle, Ongène, ce Père fi
qu'il anil été le compagnon et, qui plus est, ""ni dans leiEcntores, et en même tempe
ie foopérattsar des apûtres et surtout de " ''«^''*' e"!"*!"». no"« fournit, dans le*
Paal, qui tni rend lui-même ce témoignage outrages qui sont parvenus jusqu ) nous,
duu ses Epure» (73) ""^ multitude de textes tirés des Actes des
,■_.., . .,'''. ^ , , apAtres, qu'il nomme expressément, en se
iiosiilestmaoife:)teque.daiislaseconde sertant des mômas term^ que saint Clé-
T"i''* **" ". *'**^'«. 'e •>"« des Acttê du j^mt d'Alexandrie. En parjurant seulo-
ipélra élan reconnu pour I Oumge de nient sa U/^re a Jfrfeaiii, son traité des JV».
Minl Luc, auteur Téridique, dans léglise «««..celui de la Priirt, son Exhortotiott e»
des Gaule», uui consi.Iérail Irénée comme martyre et son Traité eontrt Crfia, nous
te digne représeoUut de m foi. a,ons compté plus de vingt passages, qui
la Afrique, nous Irouvons k la même sont non pnini de simples allusiona faites à
^«q»^ <u> autre témoin illustre de l'au- certains eiénements ou à certains discours
Utenticil^ du livre dont nous nous occu- contenus dans ce livre, mais de» citations
|ioas: c'est le fameux Tertullien. Ce savant proprement dites du texte lui-même. 11 est
itMlear cite expressément, en effet, k l'ap- rrai que dans les citations dont nous par-
p«ii des doctrines qu'il enseigne, plusieurs Ions, Origène ne dit ri^n de l'aulbenlicité
liisuges pris de vingt chapitres différents des AetiM, mais son silence' même en est
des Acf M rfn A|)dlra«, qu'il désigne tantôt une preuve incooteslstile ; car un polémi-
Mnis ce même titre. Jeta <ipe«r«lica,Ap(i«/o- ste aussi habile que lui ne se serait ja-
l-trum Acta ; tautât SOU» le nom d'instrument mais avisé de citer comme autorité un ou-
(ics AeUi : itulrumentum Actonim: tantôt, «rage apocryphe, ou dont la véracité eût pu
rnlia, sous celui de CowuÊUmtairt de lotiU être mise eu doute. D'ailleurs, quand, dans
ime : Camauntariu» Lucœ. Vais ce qu'il sa LtUre à Africain, ce Père, alléguant eu
i'aae aanUK sAre el qui exclut le
Acre Spmr... «•/«» m»iHtiftlkmfU
-, mais ks raiaoas «in'il éonee dan» ta du-
'-- - uges ue MWt ceruineaieiil pu toil-
es ei uKi plaaûUe* pour couuiiuer
M rentable dooie. Kons laissons au lurplns aux
tnismn capables de porter un jugetoeni sur ce poiui,
<K 4tridfcr b qatslion.
(Ml t Si qHis igiur dilifeater ex AciïIm Apo-
tiU^rmmt stfeieiw, etc. Sicett coiisonani, et vdul
aitm am Pauli aonaniialio, quau et Lucc de apo-
uUis le^icaiio. (Iweh., CokIt. htera., 1. m. c 13,
■- 3-}.^ QuOiiiaB auiem is Lucai inieparaliilii fuit
' P«iW>. et eoopefariiu ejus lu Evaogelio, i))se fa-
4 —"**"■■■•. Doa Kloriai», ted ab ipsa prudu-
•imt \fitm poûn Mu^raiMM nlcTilid liri puUiil) ve-
'ul«. (C H. m, 1.)... lui rdiqua omiiia ex urdine
,M Paulo rcferl, omoi diligentîa demonUraits et
• •a. «a civiiam.ctqiiaatitatciD dieruni, eic... Om-
~m» b«s CUB adeswi Lucas, diligeiiter WNiscrîpsit
'<. mû acqne meiMla^, oeque elauis deprehcDili pos-
'■. «> qood oninia lue cuusureol, et senioreiu euui
^nc ««Miibat qui uunc aliud Jocrni, nequeieiiorare
. <u.Lit£M. Qvoiiiani bou wluiii proMculur, wd et
cot^erarius fuerit apoMolornm, maiime autem
Panli, <H ipse auleiD Paulus manifestaTit in lipUlo~
(m, ilicent : Démet mt deidi^ii, et oMît Thà*elo-
muam, Creieeiu U Galaliam, TU»* in Dmlmelimm :
iMcateU mecem tAu* (Il Tint, h, 9—11). Uude
DSleDdil quod sempcr junclus ei et inseparabUit
fuerii ab eo. El iierum in £piilotaqux e»t aà Co-
loueiw (i«, 14) , ait : Solalat mi Lhcm Mcdinurfi-
Uet**. > (iMd.)
(7i) ( Èiiiide, decurrens (Paulus) ordiuem cou-
TcnioBis kuz, de pertecuiore in apostolum, tcri-
pUiran Aetai»m apouolicomm cunHrtnal, apnd
quani îpsa etiaio Epulolm islins uateria recMiMMci-
Lur, eur. ^Tektiju.. Aéw. Maràam., I. v, c 3)... El
sic eî ratio oiusiai, Tiinotbeuiii circunicîdcndi, et
iilprolilenli:
t'aclum se Judieu Judscuni, elc. * (IM., &.)
(75) < Sicut Lucas quoque , et Atliu Adohm»-
ram sijloeM«GuiuaagDosc«ret,et Pauli ad ilAfmM
iuicrpreialuï kpiuolam. > (Cixa. Aui., f'rajMU.
AdaMrnliojwi tH piioit» If, Peiri ''
pjg. iUU7. edii. J. Putter.;
m
ACT
IHCTIONKAIRE iPOLOGSTIQUB.
ACT
tn
h*^r de ce qu'il avance («discourt de
sflliit Etienne rapporté au cbapitro tu des
Acte», dit (761 que « quiconque re^joil les
Actti dti apâtru, STOuera nécessni renient
q^ue ce saint disciple du Sauveur dit la vé-
rité : Vera dietrt Stephanum fatebilur qui-
cun^t rtcipil Àeta apoilolontm , ne prou-
ve-t-il F>oiiit clairement par là et le respect
qu'il BTflîl lui-mÊme pour ce livre divin, el
raulorilé que tout lâ monde devait lui ac-
corder T Ajoutons que si Origéne eût tenu
ce livre pour apocryphe, il se serait bien
gnrdé de le prendre pour sujet de ses ho-
toëlies (77}. Enfin ce savant Père rend h
l'authenticité des Actet dti apâtrei le lémui-
gn&Ke le plus positif et le plus esplicitelors-
J|u'îT s'écrie: « Luc embouche encore une
ois la trnmuette pour raconter les actiouB
des npfitres (78). *
Vingt ans après Origène, virait saint Cy-
prien, évëgue de Cartnagc Cet illustre doc-
leur cite aussi Irés-souvent des emlrois
qui se lisent dans les Aettt du apôlra; et
ce Qu'il faut bien remarquer, c'est que quand
il allègue dea passages de ce livre, i) le dé-
signe par son nom ordinaire d'^cffi det
titres, ou bien il lui donne le litre d'Ecri'
turet divines : oe qu'il n'aurait nertaiDement
point fait pour un livre sur l'authenticité
duquel il sursit eu quelque doute.
Eusdtte de Césarée, qui flurisMit dès le
commencement du iv* siècle, ne se borne
pas A rapporter des faits qui sont racontés
tlaos \esÀciesdti apdtrei, mais il dit eipres-
sèment que saint Luc est l'auteur de cet
ouvrage, et il ajoute que cet écrivain ter-
mine son histoire par la caplivilé de saint
Paul à Rome, après avoir fait mention de
tout ee qui s'était passé pendant qu'il avait
vécu avec le gmnd Apôtre (79). Le môme
Pf re fait aussi remarquer que les sévériens,
hérétiques qui adinuttaient les prophètes et
les Evangiles, en les expliquant toulefois h
leur manière ('3ût;}, rejetaienl les Epttret
de saintPuul, et ne recevaient pas mAina les
Aclet de* apUrt» (80). Or, cette observation
d'Eusèbe, qui se trouve jointe h. des ex-
pressious do blâme contre la conduite de
ces hérétiquea, prouve clairement que le«
AcUi dei apùtre* étaient reçus de son temps
dans l'Ëglise chrétienne, aussi bien que les
prophètes et les Evangiles eux-mêmes.
Saint Epiphane, contemporain d'Eusèbe,
<76) Oaicsit., EpUt. ad Afrieanum, n. 9.
(77) Ces bomiliei i]'Orl|[àne ne sont pas venues
Jasi|u'i nous: la quatrième est citée dans la PUlo-
ealiê (chap. 7), ou Kctieil des ichoKei de ce grand
docteur, fait |wr saint Grégoire de Naiianze et uiiit
Basile, el pitblîé à Paris, en 1618, in-t>.
(7B) AiiGfem, elle par William Pale; dans ses
Pnuva iviilaïUt du ebruiianiime, I. I, pag. til,
cJil. L«v»te.
f 79) ( Quo (lEeslo) Jiidxam procurante, Paulni ia
jiidiciuiD adductiiit, causam cum dixiiMt, Ti»-las
Ilomain perducius est... Atqiie hic Lucas qaî Actiu
apotioloTum liuorit tradidit bistorix suk lluem fa-
uil : Paalum Bon» in libéra cusiodia biennium
egisse, el verbuin Dei libère prœdicaue teslaïug...
(Juuui ob cauïuui viilctui- Lucas Aciuum apoUolica ■
est encore un témoin que nous pouvons in-
voquer en faveur de l'authenticilé et delà
véracité des Actttdet apâtra, puisque ca
saint docteur allègue contre les liéréli(|iies
près de vingt passages empruntés ï diven
chapitres de ca livre. I
Saint Jerdme, qui virait aussi an iv* siècle,
dit que lors m^mo que ssint Luc parait ne
nous racoDier dans les Aelei qu'une simple
histoire de l'Eglise naiisanle, ce saint mé-
decin, si célèbre dans le monde entier ptr
son Evangile, nous donne dans ce livre au-
tant de remèdes propres è guérir les œs-
ladies de notre Ime, qu'il nous dit de pa-
roles pour nous instruire (81)-
Vers la même époque, saint Chrysoslnme
se plaint de ce que le livre des Àeia étiit
beaucoup trop négligé de son ternies; car,
aelon ce Père, plusieurs n'eu ignoraient pu
seulement l'auteur, mais ils ne savaient pu
même que cette histoire des apAlres eiisui.
Il ajoute que c'est \h le motif qui l'a poili
è en donner une eiplicatiou, ne voulant pm
d'ailleurs laisser caché dans les téoèbreiuo
irésor si riche et si précieux (82}.
Saint Augustin fait un reprocha aui au-
nichéens de rejeter l'autorité des Àetuda
apitrti et d'en contester la vérité : •< Cesbé-
rétiques, dit le saint docteur, ne poutaieal
souffrir qu'on tût dansce livre que le S&iDl-
Esprit promis dans l'Evangile psr lésui-
Christ fut envoyé sur ses disciples ipris
son ascension; car leur Bveuglemenl t]
jusqu'à soutenir que cette promesse du Sa-
veur n'a été accomplie que dans leur cliet
Manès, qu'ils font passer pour ce divin E^
prit, abusant d'un si saint nom, bQd il«
mieux séduire les simples et les igiiorsolj,
ce qui suffit suul pour les exclure de ce don
céleste (83). • D'un autre côté, le mtm
Père nous apprend que l'Eglise faisait Util
de cas du livre des Acte§, qu'on en fiiuil
tous les aus la lecture solennelle dans lo
assemblées des fidèles (84).
Tous les canons des Ecritures sainl^i.
même les plus anciens qui aient été IbiU
dans les différentes églises du monde ehré-
lieu, contiennent les Aetet dttApitff'^l
attribuent ce livre i l'évangélisle saint Lut.
Enân toutes les anciennes versions da
Nouveau TeslamBOI, ausbi bien qiicloulA
les BiLlos qui sont en usage daus l'K^li^
mm hîsloriam illo lempore conclusîsse, cum nni*
qua quaitdia Guni Paulo versatui est, gesia iiw
raoï. commémora ssel. i (Euseb., fliit. Ecel.,i-%
c. ïî.) _
(80) I Hi (severiani) Legem quidem et Pf°Pl''3
cuinBttsn^Jtitadniiunnt, sedproprîoquodanisn^
aacrai Scripturati eiponant. Paultim auiem apwJJ
luramaledictisimpetetues, Epiiiofai qus rcpudu^
ac ne AvoUotomm quidem Acim ■tiscipiuDi.|
{EdSEB., ibid., I. IV, e. 19.)
(81). HiKBOic., epist. 103 Pautiit.
(Si) Crrtsost., hom. i m Acln. ,
(83) Adgdst., episl. 337 (al. 263) ad CtTetia»,t
Libr. M utUitaie eredendi, n. 7. J
(tU) AuorsT., tracl. 6 iit eap. t Joait. Voy. »ia
De prtedeUiMt. SS., «.-. % u. i.
m
&CT
MCTIOHN&IBE APOLOCBTIQUE.
ta Mips ÛDtnéiDonal.oaatiennaal lc»Âeta
éa mf4tria eoEame éUnt aulhentîques al
comne biuol partie dw écrits Mcrà de la
oonvalla alliaae».
Ces pnmtM extriosèques. que nous four*
muent las moaDments de Tbistoire, sufR-
ninl seules sans doute ptar démoalnr à
lowt lecteur de bonne foi, la vérité de la
lUw que BOUS soutenons; cppendanl les
•rgnaieiua intrinsèques que nous ajoutons
ià a'eo midront la démonstration que plus
|IL
fem peu qu'on euniDe en lui-même le li-
tre des.iMci,oo ne peut manquer d'y trouver
lafreu'es les plus certaines et les plus
fripfiaoïa non-seulement de son origine
aailiealioue, mais encore de i'eiaclituda
(«(ùiieae tous les récits qu'il contient.
Il «( certain que saint Liic est l'auleur
é« rCeaaftIc qui porte son anin. ( Key.
Uc saioi).
Or récrtvain qui a composé l'Evangile a
■BSti composé les Aettt de» apilret ; car
l'iaieur tfe ce dernier livre dit k Théophile,
i qui il l'adresse, qu'il a déji écrit un pre-
aier ouvrage dans lequel il rapporte tout ce
ijuele Sauveurs fait ut enseigné depuis le
(OomeDcement jusqu'au jouruiï il s'éleva
diDsIe eit;l, après avuir instruit parle Sainl-
Csprit les apOlres qu'il avait choisis: Pri-
■KH awidcM leratonan feci de omtiibui, o
TieopliUef qua capit Jeiui facere, et doetre
w^M tu ditm, qna praeipieus apottalii per
Suritmm manelvm, qaot elegit.auumptuê est.
M. I, 1. 2.)
Si maintenant nous cherchons parmi
It-s écrits évaD[;élîqiies celui dont l'auteur
du livre des Acte* veut parler , nous le
IrouveroDs facilement dans VËvani/ile de
saiutLoc ; puisque oon-seutemeoi il ter-
ffliue la narration & l'ascension de ié-
sos-Cfarist, et r3[iporle par ardre ses dis-
cnors et ses actions, mais qu'il est le seul
s«ire95é à Tliéopbije : Vimm ut mihi aue-
ra/o omnia a prineipia diligmler , ex ordine
tihi tcriberr, oplime Théophile. (Lue. i, 3.)
Ainsi rhisloire de la vie de Jésus, -indiquée
(■^ir l'auteur du livre des i4i;(m, étant VE-
rnyi/edt; saint Luc , et ce même auteur
^'appropriant ct^t t'cangile, nous avons tout
•irott de conclure que saint Luc est réetle-
ment l'auleur des Actet de» apâlre», ou-
vrage qui d'ailleurs lui esl attribué par la
trsdilioa la plus ancienne et la plus una-
nime comme nous venons de le voir. Il est
irai que terminer la narration & l'ascension
m diviu Sauveur n'est pas un caractère
ndasivement propre ft VEvangiU selon
Minl Luc, puisque c'est par ce même mi-
ncie que saint Uarc finit son histoire éran-
Eclîque ; sossi n'est-ce pas sous ce point de
tue t|ue nous l'avons fait remarquer; nous
itous vuulu uQiqucmeut sit^naler un trait
frappant de conldrmilé entre l'£aaiioif« de
saint Luc et les Acte» de»apôtr€»,-el fournir
par ce . rapprochement une nouvelle dé>
monstration en faveur de ce dernier livre. '
Or, en cela, notre raisonnement n'a certain
nement rien de réprébensihle; seMement
il n'est pas complet, nous le savons, mais
la preuve suivante supplée fc tout ce qui lui
manque pour l'étre-
Nous veoonsdefaireobserverqne rEv(m>
^7e de saint Luc était le seul qui fît men-
tion dans sa préface de Théophile, auqupi
le livre des Acte» est également adressé, et
que ce trait de conformité qui existe eidu-
sivemenl entre ces deux ouvrages, les dis-
tinguait suOisamment par IA même des ^vor-
;t7rs de saint Uatthieu, de saint Harc et de
saint Jean; en sorte que l'Evangile de sainl
Luc est le seul qui puisse ratsonnablemenl
être attribué À I suleur do livre des Acte» ;
mais nous avons un autre moiif plus puis-
sant peul-étro déjuger ainsi. Il est évident
pour quiconque est un |ieu versé dans ces
matières, que leslvle et la manière de saint
Lue sont tout è fait djOTérenU du stvie et
de la manière des trois autres évsngélisles.
Or, il n'est pas moins évident que le style
de l'évangéliste saint Luc, sa manière de ra-
conter et de présenter les faits , sont abso-
lument les mêmes que l'on remarque dans
l'auteur du livre des Acte» ; ta point que
lorsque l'on compare les deux ouvrages , il
est impossible de ne pns reconnaître qu'ils
forment comme les deux parties d'une mê-
me histoire, et que l'un n'est pas la conti-
nuation de l'antre.
Les^pflru de saint Paul sont authenti-
ques; l'authenliiïitédecesf'pUrM prouve l'o-
rigine authentique et la véracilé des Acte».
Eu effet, dans ce dernier livre nous voyoni
décrits Jusque dans leurs moindres delailt
les voyages de saint Paul, sa doctrine, ses
sentiments secrets, les éijlises qu'il a fon-
dée-s, les diverses persécutions qu'il a souf-
fertes. Or, sans le livre des Acte», il serait
impossible de comprendre les EpUre» dij
grand Apdlre; ûa rencontrerait en mille en-
droits des allusions obscures qu'on chercbe-
rait en vain k comprendre; tandis qu'en
supposant l'authenticité des Acte» de» apâ-
tre», tout se trouve facilement éclairci. Il
faut donc que ce livre, qui sert comme de
commentaire aui Eptlrei de saint Paul, ait
été composé par un de ses disciples, qui
non-seulement Ta suivi partout dons ses
voyaKes, mais qui a eu avec lui les rapports
les plus intimes. Or, quel est le disciplo
qui réunit c^s qualités, si ce n'est saint Luc,
le compagnon QJèle du ra[>Alre, comme la
tradition nousl'appreud T Ainsi les EpUres
de saint Paul nous otTienl une preuve cer-
taine de l'autbeaticité et de la véracité des
Acte» de» apôtre*.
Une des preuves les plus fortes sur les-
quelles on puisse fonder l'authenticité et la
véracilé d'un livre, ce sont certaines coitf-
cidencos miuutieuses entre les faits qu'il
coutient et ce que d'autres docuueals noua
ncnONNAIRB APOLOGETIQUif.
ACT
. 8f*prennent des mœurs et da l'histoire dos
niâmes temps. Or, plus on étadte les Àctei
da apôtrtg, et plus on y découvre ce ca-
rfltiAre d'une manière frappante. Les rap-
prochements suivants ne laissent cer -
lainement au lecteur aucun doute k cet
égnrd (85).
On lit dans les Actët [m, 1) ; Et comme
Pierre et Jean montaient enttmote au Itmpt»
à l heure de ta priire,qui le faitait à laneu-
iiimi heure du jour. Or, i'Iiislorien Josèphe
nous apprend de son c6lé{Antiq.l. xxv.c.?,
j 8} que a les prSires faisaient deux fois le
joUf leurs fonctions à l'autel, le matin et h
la neutiime heure. ■
Au chapitre iv, 1, des Àeitt, il est dit :
Jlfdti -comme ili parlaient au peuple, les prt-
lr«, LE capitaikk desgahdes du teuplb et
le* sadducieni turvinrent. Or lu même JO'
sëphe ropporte {De btlto jud.i. u.c. 17, \ 2)
« qu'EIéazar, fils du Kraod prâtre .^nanîas ,
jeune homme plein de courage ei de réso-
lution, et qui était alors capitaine, su trou-
vant dans te temple, persuada & ceux (]ui
exerçniefit le ministère sacré, de ne point
recevoir les dons ou les sacrifices des éiran-
tjers. » — Au verset 6 de ce même chapitre
IV des Actet, Anne est appelé grand prêtre ,
i(uolque Caïphe en remplit alors les fonc-
liuns. Or Josèphe ne parle pas autrement ,
lorsqu'il dit [De bell. 1. xi, c. 12, S 6) : « On
choisit alors pour gouverneur en cbef de la
Ville, Joseph, fils de Gorion et le grand
prèlra Ananus. » Capendant cet Aoanus ,
quoique désigné sous le titre de grand pra-
ire, n'eierçail pas dans ce moment la aou-
veraine sacrificature. La vérité est que les
écrivains du Nouveau Testament donnaient
un sens assez indéterminé \ ce titre; ils
l'attribuaient quelquefois exclusivement à
la personne qui était actuellement dans
l'exercice des fbnctions attachées b cette
dijjnilé ; quelquefois à une seconde et mê-
me une troisième qui les partageait ou qui
les avait exercées; d'autres fois enfin à tels
firélres qui se Irouvainnt distingués par
eur caractère ou par leur place. [Marc, xit,
S3.) Et eni^ore ici Josèphe, adoptant ce lan-
gage, parle sur ce sujet d'une manière
aussi iii'léterminée.
Au chapitre v, H, des Aelee , on lit ; Alore
le grand prêtre et tous ceux gui étaient
comme lui de la tecte dei ladduceens furent
remplit d'envie. L'auteur nous insinue ici
que le grand prêtre éiait sadducéen, et l'on
nu se serait pas attendu à trouver un hom-
me de celte secte dans une place aussi éle-
vée; cependant, quelque extraordiuaire.que
soit cette circonstance, elle n'est pas sans
exemile; car voici ce que dît Josèplie [Anl,
1. XII, c. 10, S 6, 1): * Jean Hyrcan, grand pré'
tre des Juifs» abaudoima les pharUiens par
suite de quoique méconlentemeol, et se
réunit au parti des sadducéens. •
Act. V, 37 : Parut ensuite Judas te Gali-
Uen lorsque se fit le déntm^ement du peu-
ple, et il attira beaucoup de monde i ton
parti. Ce trait se trouve littéralement con-
firmé par le passage suirant de Josèphe :
« II (c'est'à-dire celui que l'historieD noinme
ailleurs Judas de Galilée) en penuada plu-
sieurs de ne pas se faire enregistrer, lorsque
le cttnseur Cyrénius fut envoyé en Galilée. ■
(De bell., 1, vu.)
Aet, XI, 27, 28 : £« ce mime temps ^el-
gues prophète» vinrent dé Jérusalem à An-
tiocke; lund'e»x, nommé Agabus, te levant,
prédit par inspiration qu il y aurait une
grande famine par tout le pays , ce qui ar-
riva en effet saut Claude. Celte prédiction
coïncide parfaitement avec ce que dit l'his-
torien juif : K De leur temps (c'est-à -dira
vers la cinquième ou sixième anuée de
Claude), une grande famine surviut en Ju-
déf.»{Jnl.. 1. XX, c. 4, (2.)
Aet, XII, 1 : ■ Bans ee mène tempe, le roi
Hérode se mit à miUlraiter quelques-uns de
ceux qui étaient de l'Eglise. La dn de ce
même chapitre (verset 23) nous apprend que
la mort de ce prince suivit de près ceitu
persécution. Or, l'exactitudp de rhisiorien
sacré, ou plutfit cette coïncidence naturelle
de SB narration avec la rériié, est des plus
manifestes. En effet, dans tes [rente années
antérieures à ctlte persécution et dans
toute la suite des temps, ou ne trouve au>
cune époque h laquelle on ait ru un r«Jà
Jérusalem , une personne exerçant en Ju-
dée l'autorité royale, ou hien à qui ce titra
pût convenir, excepté dans les trois der-
nières années de la vie d'Hérode; et c'est
précisément dans cette période de temiis
que la narration de ce fait se trouve iDilî-
quéo par l'auteur du livre des Actes. Ce
prince était le petit-GIs d'Hérode le Grand ;
il est désigné dans les Actes par son noonle
famille, Josèphe le nomme Agrippa. Cet biv-
lorien nous fournit la preuve la plus com-
plète qu'il éiaitroi, justement ainsi nom-
mé : « Caligula, dit-il, l'ayant fait appeler
daus son palais, lui mit Une couroune sur
la tête et l'établit roi de la télrarchie do
Philippe , se proposant de lui donner en-
core la têlraruhie de Lysanias (86). Le
même historien nous apprend d^ns un autre
[■sssage que ce ne fut qu'après celte époque
que la Judée fui réduite h la dominatioQ
d'Hérode; car il dit nue Claude confirma
par un décret l'autorité que Caligula avait
conférée à Agrippa, aiuutaut âsuu domaine
la Judée ut Sumarie dans toute leur éten-
due et telles que son graud-père Hérode les
(85) Nous devons cet exposé ii V^ Palcy, qui l'a obserré dans le livre même. U faut remarquer de
lui mûmc emprunté Je Lardner. Hais nous n'avons plus que nous avoQS ajouté de nouvelles auurllés,
point suivi nuire guide pas i pas. U'abord il a mÈlé et nue quand nous disons Paiey , nous l'enteuiioiu
eusemlile les Evougila, les Aelei ei les Epiirei; de Levade, son éditeur français, Uontugus Avons
puis il a interrompu la suije des chapitres, tandis aussi parfuis changé h traduction.
<[ue nous avons ctiuisî cf! qui regarde eiclusiTement (86j Joseph., Antiq.,l, xviu,c. 7, j 10.
les Actet, et que nous avons suivi lidÉleniuui l'grdi-u
in kC! DIGTH>N!UIRB APOLOCETIQUe. ACT lU
inH pOKMées [ST). — Aai veneU 1&^ partensieol aa séDsl ; et qoe le Feprésrn-
dreemême chaitilre- xii des Aela, od lit tant de l'empereur portail le litre de propre
ijii'Hérode ttaal passé de Judée eo Césarée latr, et que celui du sénat se nommait pro-
où il s'arrMa, et qu'k UD jour marqué «'étant eonnU; mais Dion Ca&sius nous apprend
lisissor son trAoe, rerAlu de ses babils que la province de Cbjrpre qui avait d'a-
roTMi, il fit en pebHe an discours qui plot bord été assignée k l'emperear passa wisuile
teUeiaedt k la multitude qu'elle s'éoria dans au sénat par suite de quelques AchADges, et
Ms exclamations: C'est la TOix d'un Dieu
cl BOB pes d'oD bumme ; out l'instant
■éow an m^ du Sagnear le frappa, parce
qa'ii n'avait pas doané gloire a Dieu, et
qii'il ■oarol rongé de vers. Or il est dit de
eenéiim prince dans Josèpbe : c 1! s'en alla
dus la nlle de Césarée : Ik il célébra des
fbM «o Itionoeur de César, et au second
joatdee dirertinementst il se rendit sa
lUto de Kfsnd malin , vAlu d'une robe
ifKKHt et of'an travail précieax. Les rayons
daioJetl tersnt qui réfléchissaient celtt-
bnlIiBta parure lui donnèrent une appe-
KownajestueuM et solennelle . Les spec-
Ulenra l'appelèrent Dieu, et le sollicitèrent
de vouloir bien leor tire propice. Nous vous
avons respecté jnsqo'ici , lui direnl-ils ;
Bits siqt»anl'liai nous reconoaissons que
VMM êtes pins qu'un mortel. Le roi n'é-
cwta point ces adulateurs, et ne repoussa
poiulces ■ ■ -
au'alorsie gouremeur romain prit le titre
e proconsul (89). Hais ta justesse du litre
de proeonsttl est encore plus frappante au
cbapitre XTin, verset 19 des Aein, lorsque
l'auteur de ce livre dit : Or GaiHon étant
proeonâut fTAekait ; car la province d'A-
cfaaïe après avoir passé du sénat k l'empe-
reur, avait été vendue par Claude au ^énat
six- ou sept ans avant l'époque dont ce pas-
u^e des Aeteâ Tait mention (90), et son ^ou-
Ternement était devenu proeunsulaire. Et
ce qui montre surtout l'exactitude de cette
dénomination, c'est que sous le règne sui-
Tant l'Acbaïe cessa d'être une province ro-
maine.
Aet. zv, SI : Car, quant à Malte.it y a de-
puii langteinpt danâ chaque ville de* komtnrt
Si le priehenl dont ie$ tynagogutê , où on le
chaque jour de iabbat. La vérité de ce
passage se trouve conHrmée par on texte de
s impies flatteries. Immédiatement josèphe qui dit en parlant de Hoïse dans son
fut saisi de douleurs les plus vio- second livre contre Aiiion : • Il nous a donné
I plus
iroles dans les entrailles. Il fut transporté
svec la plua eraode célérité dans son |)a-
lais, où, après cinq jours de 'souffrances
cruellec et continues, il expira (88). * Le
kxteur peut facilement voir l'accord de ces
deux récits dans plusieurs circonstances de
détail; comme le lien (Césarév), le jour
■•n|Bé, la magnificence des vêlements, tes
Bcdamalions de l'assemblée , la nature par-
ticulière des flalteries, la satisfaction qu'en
^wooTe Héfode, l'atteinte soudaine de la
maladie. Josèpbe, il est vrai , ne parle pas
de VMS comme l'auteur des Actes ; mais ou
sait qae ces animaux rongeurs sont onJi-
Bairement un des symptémes de la n;aladi0
Îse décrit l'historien des Juifs , c*est-k-dire
une violente douleur d'entrailles.
Jet. xiu, 6. 7 : Ayant traverté Cite (Ctiy-
pre) ftÊoqu'à Paphoi , iii (rounlmU un Juif
mMgtâan et faux praphétt, nommé Bar-Jùu,
qui était avec la proconsal , Aomau iage et
prmfUmt. On esl tenté an premier abord de
croire que l'anlear des Aclte est tombé
dans one erreur grossière par rapport h
remploi du mot proconiul; pais en exami-
BBot la chose de pla» près, on eo eoudul au
contraire sa connaissance parfaite des faits
Si'îl raconte, et sa grande exactitude dans
meoière dont il les' rapporte. Eo etTet , il
ut biea Trai que dans l'empire romain il y
amit deux aortes de provinces, celles qui
appartCDaient h l'empereur et celles qui ap-
(87) J
11.
iA9) Ûo Cisa., Iii>. liv, ad A. if.IBS. Koas jyou-
UfoM d'après Bug (£wMt. i» dot S. T., th. I,
Kit. 2AJ qae qudques médailles de Claude prouvent
f«e àm icHpa de cet empereur llle de Cbypre a»it
reeUeiBeal uD procoBtuI, COUBM OD te Ut dan» le
second livre contre Apion :
la loi, la meilleure de toutes les institu-
tions, il ne s'est pas borné à nous eu pres-
crire la lecture, une fois, deux fuis et même
plus souvent; mais il a voulu que quittant
tout autre travail , nous nous réunissions
chaque semaine pour l'eutendre lire , et
pour en acquérir la parfaite intelligence. »
Aet. xTi, 13 : Mais le jour du labbai nous
torltmei de la ville et nous allâmes pris du
fleuve , en «a iieu où nous crûmes que ta
prière se faisait d^ordinaire. Remarquons que
l'auteur entend étidemmenlpar le lieu sb
l'on avait coutume de faire la prière, un
endroit particulier destiné & ce saint exei^
eice, c'esl-A-dire un prossuqut ou oratoire,
et qu'il désigne le voisioage de la rivière
GOmme ce lieu que les Juifs consacraient
spécialement h la prière. Or f hiion décri-
vant la conduite de ceux d'Alexandrie dans
certaios jours solaooels , raconte que « de
grand matin ils sortaieut en fouie hors des
portes de la ville pour all<ir aux rivages voi-
fiiu (car les proffufuef étaient détruits), et
le, se plaçant dans le lieu le plus conve-
nable, il& élevaient leurs voixd un commun
accord vers le ciel (91J. a Josèpbe de son
cêté rapporte uo décret de la ville d'Hali-
camasse, qui permettait aux Juifs de bfttir
des oratoires ; nous v lisons ces paroles
entre autrearc Nous ordonnons que les
Juifs, bemmes ou femmes, qui voudront ob<
sérier le sabbat et s'acquitter des rites sa-
(90) SttsT. n CJoMf., ci5; DiO!i., i, SI.
(91] PwLO, ia Flace., pas. S8i; idem. De nta
Mot., 1. III. el De UgfU. ad Cmtm, pas&im. — Ce»
forte* d'oraUtires te nogunaîent en grec ir^wtvz^
et ca tatin ftowuka :
Bde ubi emainai, in^sate quaro ptoKsaïa.
(iETU. SeLn,M.}
ISS ACT DKTHMiNAïaE
crâf prescrits pas la loi puissent bâtir 4et
oratotrti lur It bord delà aur (92). Tertul-
lien parlant des rîtes et des usages des
Juifs, ttls que les fêtes, sabbats, )eûnes,
pains saos levaio, etc., mf ntioune les priè-
res faites sur les bor^s de l'eau, orationu
littoraltë (93j. Nous ajouteroasque les Sama-
ritains eui-(némea,au rapport de saint Eni-
pbane, avaient cela de common â*ec les
Juifs (M).
Aet. XTii, SS, S3 : Paul éttmt eu milieu d»
i'ariapagt, leur dit: Alhénietu, it me $»mHe
Qu'en toutes ckoeee voue étei religieua juiqu'i
l'exciM; car ayanl regardé en pautail lei >(a-
tuée de vos dieux, fat trouvé mime un auttl
iur lequelileet écrit : Au Disu laconiio ; or,
celui que voue adores MauâU eonaaUr«,c'at
celui que je tous annonce. Rapprocbons quel-
ques passages de plusieurs âcrivaics uro-
uioes. Et (l*BtK)rd, Dîogène Laërce, qui écri-
vait au commeocemenl du seconti siècle de
l'ère cbrélieniie, rapporte qu'au temps d'B-
piméoide (e'est-k-dire, comme on le uroit
commuoémeot, Ters l'an 600 avant Jéiius-
Clirisi}, une peste rarageant Alliènes, et
l'oracle a;ant déclarëque, pour la faireces-
ser, il fallait purifier ou expier (wAi^r) la
ville, ooeDvojra en Cr^le pour lairé venir
ce philosophe; qu'arrives Athènes, Epi-
méuide prit des brebis blanches et des
lirehîs noires, et les conduisît au haut de la
ville, où était l'aréopage; que de là il lea
laissa aller, ajanl eu soin toutefois de les
faire suivre, arec ordre de les laisser aller
partout où elles voudraieul, et, lorsqu'elles
ae seraient arrêtées d'elles-mômes, de les
immoler aw dieu du Heu U plus voisin, ou aw
disu qu'il conviendrait ; et que c'est ainsi
qo'iiatcesserlapesle. Après ce récit Diogène
ajoute: ■ De 1& Tieut qu encore aujounThui
ou voit dans tous les faubourgs d'Athènes
. des autels sans nom de dieu (imi^^vt) érigés
en uiémoire de l'expiatioa qui fut faite
alors (95).* Pausanias, qui a écrit avant la
Cu du second siècle, parlant dans ladescrip»
tioa d'Athènes d'uu autel & Jupiter Olym-
pien, ajoute : > Et près de A se trouve uq
auleld«dr«u2tiiGonttiM (96). sCe même écri-
vain parle dans un autre endroit d'autels dt
dieux apptUi inconnue (97). Philoslrate, qui
florissait au commencement du troisième
aiècle, fait dire h. Apollonius de Tyaoe,
a qu'il était sage de parler avec respect de
loos les dieux, surtout à Âthhuê, où fan
élnait du autels aux génies inconnus (98). •
L'auleor du Dialogue Pkilopatris, ouvrage
attribué par les unsè Lucien, qui écrivait
vers l'an 170, et pard'anlfeskun païen ano-
nyme du quatrième siècle, fait jurer Crilias
ftar la dieux inconnus itÀtMnes, et aur la
lio du dialogue, il s'exprime ainsi : Hais
APOLOCETIQW- ^^CT t»
tâchons de découvrir la dieu ioonnuu à
Athènes; et alors levant dos mains au ciel,,
offrons-lui no» louanges et nos actions de
grAces. » D'après ces divers témoignages, il
paraît hors de doutequ'ao temps ou laulbur
des Actes nous dit que saint Paul se trou-
vait i Athènes, il y avoit des autels qui por-
taient Bette ÎDSoription, Il parait encore in-
dubitat>le qu'une telle inscription était par-
ticulière è Athènes, puisque les anciens
auteurs en parlent comme d'une chose re-
marquable, et que, d'un autre cAlé, nous
n'avons pas un seul monument historique
qui prouve qu'il ait existé ailleurs des au-
tels portant une pareille inscription. Or,
supposons que l'histoire de saint Paul tra-
cée dans les AcfM des apâtrea soil une fable
imaginée par un faussaire, l'auteur de cette
histoire eût-il Jamais saisi une circonstance
aussi extraordinaire, et l'eOt-il appropriée
& son ;si^el au moyen d'une allusion si bien
adaptée au caractère et k la mission du
grandApètre?
^cJ.zvm.,2: Et ai/ant trouvé (àCorinlbn)
H» Juif... qui était nouvellement «etM if Ito-
lie avec Pnseille ea femme, parée que Claude
avait ordonné â tous les Juifs de sortir ds
Morne. Or ce passage est une preuve sensible
que l'auteur du livre des Actes était parfai-
tement informé dans tout ce qu'il écrivait.
Et en elfet Suétone nous apprend que l'enc
pereur Claude chassa les Juifs de Rome b
cause des bruits qu'ils y causaient, poussés
psrChresl iJudoos, impulsante Chresto, assi-
due lumultuantes -Roma expulit (99). Quant
è ce personnage désigné par Suétone sous
le nom de Ckrett, on ne doute pas, comme
le remarque judicieusement D. Calmetdans
ton Commentaire, que cène soit Jésus-
Christ; car les païens lui ont donné ce nom,
comme aux chrétiens Celui de Chreitiani.
Aet. XXI, 33, 2ib : « Noos avons ici quatre
hommes qui ont fait nsw, prends-les aves
toi, et puriBe-toi avec eux, et paye pour eux
sQo qu'ils se raient latite. «Pour bieo com-
prendre ces versets, il faut savoir premiè-
rement que par vau on entend ici celui des
nazaréens; en second lieu, que c'était parmi
lea Juifs une pratique de piété que de con-
tribuer aux frais des offrandea des nazaré*
eus, pour avoir part au mérite de leur v<EU.
Ainsi le sens de ces derniers mouajin qu'il»
se rasent la tête, est a/in qu'ils puissent se raser
la fAe,c'est-b-dire de pourvoir aux dépenses
quel'acconinlissementtieleurvcsupouvaitoc-
easionner. Or, Joséphejnous fournit d«ux pas*
sagesd'unecooformilé)»arfoile avec la texte
des Actes, tant pour cette pratique que pour
l'expression elle-même : « 11 est d'usage, dit
cet bislorieo, que ceux qui ont été afiligéa
pir quelque maladie, ou qui se sont trou-
(92) loun., Antiq., 1. ht, e. 10. 1 %L
JVi) TuTDiX., sd Sût., L I, c. IS.
U) Epipum., haens. 80. — Los JuiTi choiiis-
BDt ainû les bords àm riviéns, pane qu'ils a»
croysieni pas devoir vaquer k la prière stme de
s'dtre puriOés parl'ean. On peut voir dans la SyMO-
jof Hf/Kdaifw du Jeaa Buxtorf 1« piescripiiuiis des
rabbins k cet énrd.
(96) DiMSH. LiKaT., ta Epimenid., I. i, | 110.
(9«) Pkvux., Alîk., L V.
(97lPtinAH.,t»i4., 1. 1.
(98) Philobtb., rite Àpell. Tvsn., 1. tu r. 5.
(99) SeiT.. ta CImaé., cl».
157 ACT MCnonUlBE
tét du» un 4l«i critique, fitsent, trenla
jeara araot d'oflrir Im saeriSers, le vœu de
■'•biteinr de vin , el de rmtr la ekenux d«
Inr léU. lût Ml., 1. XI, c. 15.1 El daas uo
autre endroit : « Bt loi (Bérode Agrippa),
l'étant rendu à Jéranlea, offrit de* sacri-
fices d*eetioiu de grteet sans rien omettre
<(e 68 qui est prescrit par la loi. // eut »m
«un Cl faire rmter im groÊA nambr* de «•-
mtAm. »(iliift7.,l,xix,e.6.}— Aai versets
H-Sda ea mène cbipître xxi, l'auteur des
i<M> parla d'en corps de soldats romains
qui étëient efaar^ésde riprimer les tumuHes
popaleires. Il bit aossi menlîoa d'un camp,
cett-i^ire d'une forteresse on d'une cita-
<MW habitée par des soldats: car le! est
tttdcBBeat le sens du mm grec MucpSàk^
capiojé dans le texte original, et o'esca-
liars fui paraissaient être h cAté du temple.
Ar, ces mêmes parlieularités se retrouvent
diâ* BM htaloire publiée dans ea même
temps et dans ce même pays : voici en efft»t
caqM noua lisons dans Josèphe : ■ Aotonia
élaii btlie k l'angle des poriiqoes situés i
f'wtenl et an nord da tempte eilérieur.
Celle loor s'élevait sor on roc de cinquante
coudées de beat et escarpé de tontes p«rt9.
Da (Oté oft elle se réonissail aai portiques
du temple, il j avait des ucalitrM qui com-
■HoniquaJenl à chaque portique ut |iar ofl
U garjU desoaodalt. C'est là qu'une légion
reanàic était toujours caserneu; de I& «Ile
plaçait des senlinella* années en différents
p0*les sous les portiques; elle surveilluit le
pcnple dans les jours de fêtes pour prévenir
U dé$»rért. Ainsi le tempitt prolëgeuii la
riile, ef la tour Aotonia protégeait le tem-
{4e.-(0cMf., 1. V, e. S, |8.)
Aei. Kui, 35 ; Mais qvmii îti Feurent al-
tmeU mvtc et» tmtrroiea, Pa^ dit an eaU»-
mi^r fHJ était prit de tut: Vaut têt-U permii
da battre de vergée u* citoyen romain, et qui
»'* poimt été eondawmét Les lois naturelles
de loates les nations défendent de punir
no bomme qui n'a été iii enleadu ni oom-
damné; mau les lois défenilaiant de pins
qa'oB ioOigeftt le supplice du fouet k un
cîto/eo romain. Poreia lex ab onMtKi» ci-
naa» MomuMomm eorpore mawvet, dit Cioé-
roo ftOO). Et ailleurs pariaut d'un citurea
qoe verres flagellait quoiqu'il iovuquStMns
cesse son titre : Civi» Romanue «tim, il s'é-
crie qae e'esl déjà un grand mal que de je-
ter dan* les fers un citoyen romain, mais
Ïna c'est un crime énorme que da le fouetter:
ofâMiu ett emctri etenn JtatiMiRiiM, leelu*
teréanri (101}. — Au verset 27 on remarque
aoe coîDcideoee plus frappante encore; il
; est dit: Et le Irilm» vint à Paui et M dit:
• iH»-wtoi, ee-tu Bomaimf El il répondit: Je
la amie. Qu'un Juif se soit présenté comme
éiaatcilojen romain, cela paraît au premier
ataord one erreur grossière dans laquelle
un bûtories contemporsia ce pouvait oul-
AP(H.OGETIQ|]K. ACT «ft
lemeot tomber. Heis Josèphe prouve qu'on
rénoissait quelquefois les deux qualité,
quand il dit : ■ Le consul Lnchis Lenlnlos
annonça qu'il avait renvoyé de son service,
les eitoyene ramaint juif», qui observaient'
h Bpbèse les ritesde la religion juive. {Anl.t
I. XIV, c. 10, 1 18). Et si l'on objecte que le
tribun n'ayant acauis le droit de bonrgeoi-
■ie qu'au prix d mm fitrt» tawme d'argent
{verset 28), on ne saurait supposer qu'un
nomme de la oondilioo Je Paul en ail été
investi, nous répondrons avec Dion Cassiusi
> Ce privilège, qui t'achetait ei cher autre-
foie, fut mis dans la suite i un si bas pris,
que l'on avait coutume de dire, qu'un bomme
pouvait devenir citoyen romain pour quel-
ques morceaux de verre cassé. ■ (I. lx). Il
liaralt.mème que cette dépréciation, oui
avait Goromeocé dès te règne de Clause,
alla toi^ours en augmentant, car Salvim,
qni vivait au v* siècle, assure positivement
que de son temps non-seulement on ne fai-
sait plus aucun cas du droit de citoyen ro-
main, mais qu'on le rejetait avec dédain
{102).
AcI. XXII, 8 : Car let taddueéent dîtent qu'il
n'y a ni râurrrcfion, nt ange, ni eiprit, mais
lee pharitiene recannaiteent Fun tt Vautre,
Josèphe dépost) en faveur de la v érjlé de ce
passage : ■ Us croient que l'âme de tons est
imoiortelle, dit cet historien en pariaut des
ptiarisiens; mais ils pensent en même temps
3ue celle des gens de bien seule passe en
'autres corps; tandis que l'Ame des mé-
chants est condamnée & des ebftiiments éter-
nels. > {De btll. , 1. II. c. 8. i i\.) Alors le
même .écrivain remarque que ■ les saddu-
céens croient que l'&me périt avec le corps. »
{AfUiq., I. XVIII, c. 1, i V.)
Aet. XXIV, Si ; Quelque» jour» apri», FéUx
étant rrvmu (i Césarée) oece Orutilie, au
{IrmsM, fui était juive, fit venir Paul. Il était
acilek un auteur qui n'aurait pas été par»
laitement informé de tout ce qu'il rapporte,
de prendre ici le change ; on peut s'en cMi-
Taiocre k la simple lecture du passage sui-
vant : « A^ippa, raconte iosèpbe, donna sa
sœur Drusille en mariage à Aziz, roi d'K-
mése, qui l'épousa après s'élre fait eireoo-
cîre. Mais ce mariage ne tarda jms i être
dissous; car Félix ayant ju occasion de voir
Drusille, pendant qu'il était gouverneur de
la Judée, et en éiaol devenu éperdument
amoarBOX, il lui fit persuader par un pré-
tendu magicien juif, de qoitler Aiix pour
l'épouser; ce qn elle fit au mépris des lois
de sa nation. » {Antiq., I. xx, c. 6, { 1 , 2-}
Or, nous voyons par ces quelques mots que
Josèphe s'accorde exactement avec l'auteur
des Acte» sur le rang qu'occupait Félix, sor
le nom de sa femme et même sur la religioa
qu'eliepmfessait(108).Aioutons que Suétone
perlant des femmes de Félix, numme expres-
(100) CiOCM. Pr« RMtio. puun : Banc nitro repndlaUr se fogiuv. Ifee laa-
tlOII Ckbm. ia V«nwi .oral. 5. ty "le. t>A etian .boimMbila pêne babelar. •
ftni) t NomeH dvium Rouuiwnim aliqoando (Siltiu., A* JW fOMn., I. v.)
ftou tolain DMsno ciûmatum, ted et matw em- (193) Que fousdle, en epeusut Fdix qol atail
4»
JkCT
nCTlONNAIRE
■Amiinl Druaille, lllle du roi Agrippa {tOk).
Âct. szv, 13 : Àlcri Feiiut, aprit n avoir
conféré avec ion eotueit, répondit : Tuât ap-
ptté d Ciiar, t» irat devant Cétar. Ce rerset
»u|t|K>se que Peslus arait an conseil; or
nous voyons par un passage du discours de
tiicéron contre Verres, que Jes prriaideDls
romains avaieDl ordinairement un conseil
composé de leurs amis et des principaux
Komains cftii se trouTaienI dans la pro-
viucu (105). —Au verset suivant, dous li-
flona : Quelqaeê jours aprit, te roi Agrippa
et Bérénice vinrent à Cétarée pour taitter F et-
tut. Remarquons bien que l'écrivain sacré
en uous apprenant qu'Agrippa était roi,
D'Gjoute pas qu'il fût roi de la Judée. Or,
ctHle parlicularitë est une Douvelle preuve
de sa grande eiactilude, car l'histoire de
cette époque correspond parfaileiueal avec
sa narration. Cet Agrippa doot il est parlé
ici était fils tl'llérode Agripps, roi de Judée,
qui fil mourir saint Jacques, Or, Josèpbe
nous apprend qu'il ne succéda poiut au
royaume de sou père, qu'il ne recouvra pas
môme la Judée, qui eu fsisait partie, quoi-
que à la mort d'Hérode, Claude eût eu l'in-
tention de le mettre immédiaiemt;nt eu pos-
session de cet héritage; mais l'erafiereur
apprenant qu'Agrippa, son lîls,ii'avait qua
dix-sept ans, changea d'idée et nomma Cus-
pius Fadus préfet de la Judée et de tout le
royaume (106). Fadiit eut pour successeurs
Tibère Alexandre, Cumanus, Félix et Fes-
tus (107J. Mais quoique Agrippa n'eât pas
été mis en possession du royaume de son
père* dans lequel la Judée était comprise,
il ne laissait pasd'âlre légitimement appelé
roi. Le mfime écriToin nous apprend encore
que ClauJe.qui lui avait d'abord donné le
royaume de Chalcide, lui en accorda un plus
considérable dans le même temps qu'il en-
voyait Félix comme procurateur en Judée,
puisqu'il lui donna la lélrarcbie qu'avait
eue Philippe, en y Joignant aussi celle de
Lysaniss el la province qui avait appartenu
h Varus [1081. Au chapitre suivant {Act.
xsvij, SBiDt Paul s'adressant à ce même
Agrippa suppose qu'il était Juif : O rai
Agrippa, nt croit'tu pat aux prophitetf Je
tait que tu y croie. (Vers. ST.) Il était Sis
d'Hérode Ai;fii>ps, que Josèphe nous repré-
seute comme un Juif plein de zèle; il était
donc tout naturel de le supposer dans les
mêmes princi|ies que son père. Mais ce qui
est plus important 6 remarquer, comme
étant plus précis et plus circonstanciel, c'est
Îue l'auteur des i4c{» parlaut du père (xii,
) l'appelle le roi Hérode, en nous donnaut
une preuve de l'exercice de sou autorité h
Jérusalem, tandis que parlant du fils (xxv,
IS), iJ le nomme roi, mais non pas du la
APOLOGETIQUE. ACT f«
Judée; diatinclion, nous aimons h )e répé-
ter, qui est parfaitement conforme k l'his-
toire, et qui montre par conséquent ta Bdé-
lité et l'exactitude de l'écrivain qui a com-
posé les Aclet Het Apôtrei.
Act. XXVI, 5.:/'aj suteî h ttcte det Pkari-
tient qui ett ta plut exacte de notre religion.
Cette assertion se trouve confirmée par I'sih
torilé de Josèpbe qui dit formellement:
■ Les pharisiens étaient regardés comme les
f Jus religieux et les plus exacte d'entre les
uifs, et même comme les plus habiles h ei-
ptiquer les lois. ■ (De belt. , i, i, e. &, | S.)
On peut remarquer qu'il se trouve ici une
correspondance porfaile entre l'auteur des
Aetet el l'historien de la nation juive, oon-
seulement dans le sens, mais encore daui
l'expression : le raème.adjectif grec se trouve
dans l'original des deux écrivains : ixftBta-
ripov, «KptSiaréTqy.
Act, XXVII, 1 : Loriqu'it eut Ai rétolu que
Paul irait par mer en itatie et qu'on It remet-
trait avec let autret pritonnitri à un cenle-
niernommé Jule.iiMoiaaa la Vulgate diffère
un peu ici de l'originai grec, qui lit & la let-
tre : Lortqu'U eut été résolu que noutnout
embarqaerioni pour l'Italie, on remit Paul
avec quelquei autret pritonniert, etc., les
deux textes renferment également quelques
mots qui nous fournissent une nouvelle
preuve de l'exactitude historique avec la-
quelle le livre des Actet det apdtrit a été
composé par son auteur. En effet, nous
voyons dans l'original grec, comme dsns II
version latine, que , non • seulement saint
Paul, mais encore un certain nombre d'au-
tres prisonniers, étaient transportés sur It
même vaisseau en Italie : ce qui douue clai-
rement 6 entendre que l'on était en usage
d'envoyer des accuses de la Judée k Rome
pour y être jugés. Or, l'historien Josèuba
nous en offre un grand nombre d'exemples;
nous nous bornons è citer le suivant comme
se rapprochant le plus du [lossage des Acta,
ut par l'époque à laquelle le fait qu'il pré-
sente a eu lieu, et parla nature du sujet
lui-même : ■ Félix, pour quelque légère of-
fease, mit aux fer» et envoya à Rome plu-
sieurs prêtres du sa connaissance, gens ver-
tueux el honnêtes, qui devaient se justifier
devant César, ■ [Jobepb., in Vita, \ 3.)
Act, xxviu, 11-14 : Nous lisons que saint
Paul, transporté en Italie, par un vaisseau
d'Alexandrie, débarqua h. Pouzzoles. Or,
comme le remarque judicieusouienl Uug,les
écrivains profanes nous apprennent que
c'était en elftit cette ville qui recevait habi-
tuellement dans son port les vaisseaux d'A-
lezaoïlrie, et qui recueillait leurs marchan-
dises dans ses magasins (109). Au verset 15
de ce même chapitre, c'est eucore Uug qui
piiea, ail giûué b relifiioD des Juifo, comme <iuel- lie C. sacerdotis fuerant, tiliique esse volebaiil. re-
qurs-uns le préteodeal, elle D'an éutt pas moins uioiis, de rejudicaujudicasse.i (Cicer., tii V«rrem.i
juive de naissance ; el par coiiséquent l'eiaclitude (lOB) Joseph., Antiif,, 1. m, c. 9.
de récrivaio sacré se trouve par là même k l'abri
coiiirtt Mut reproche.
(IU4) SoETON., JH Ctaué., e. M.
flUS) < Iliud negare posses, aul noDC nesabis, le,
voDsilio tito dimisBO, virit pruuariis, qui la coiisi-
}l07) Jqseph., Debetl., t. ii.
(108) Josera., De belt., t. ii, c. ft.
(l09)STaACO, 1. ivii, P3K. 7U3.édil. S, CÀStO-;
Seneca., Jfffiii., I. uvii, Apud Hvc, £m(eii,. Ui.1.
»eit. ï*. '
ACT
MCTKNIIUIBE APOLOGETIQUE.
ftil eeUeot»ervalioa,oa Toît qoe les amis
d« fêa] illeadeoi son arrirée su Marché
d'XpfiuM (FammAppii), el d'aulras ani
Troû-HAlelleri>s {Trtê-TabenuE}. Paul s'em-
ba/^M apparemment sur ao caoal que César
■Tait creusé au travers des mirais Pnolitu ;
il dut par cela mèfbe ^sserau Marché d'Ap-
C'uM, qui, i l'extrémité de ce canal, on était
port (110). Quant aux Troia-HAtelleries,
dies étaient situées, saÏTAiU l'Itinéraire
d'Aotooia (lllj,k dixmîlles romains plus près
delAme. On roil par la que le voyage de
niât PaaI. (d qu'il est décrit daos les Acia,
■etroare exademaot conlorme aux circons-
taoees lopograpbiques que les auteurs pro-
baes oous ont conservées. — Eofin, aux
vends 16 et 90 noua Jisoos : Quanit nom
fimamivét à Rome, ok permit d Paul de
ioHwar «H partieulitr mte tm Moldat qui
b§m4nt... car e'itt pour fiMpértmee alt-
mt fM je Muù M dt cette chatne. Ici,
coBiiDe on le voit, l'auteur des Ades alfirme,
ffiqiie saint Paul, quoîaue prisoDuier, eut
la ubcrlé de demeurer nôrs de sa prison,
mû avec un soldat qui ne le quittait pas
00 seul instant, et que cet illustre apOtre
était lié d'one chaîne. Or, les historiens pro-
bces nous apprennentqu'on permettait quel-
quefois, en effet, à un prisonoier de demeu-
rer es son particulier avec un soldat; maia
ilderail être attaché par la main droite k
iiwcluIiMqDi tenait par sou extrémité k
la gauche du soldat qui le gardait. Dlpien,
Séoèqae et losèphe aous (ouraisseot plus
d'une preuve en faveur de reiislence de
cet usage. Ce dernier, entre sulres, raconte
que lorsque Agrippa fut renfermé par ordre
« Tibire, Antonia fit en sorts que le cen-
tHiier et U aoUat avec tequel Agrippa se
tmtcait /i/ fussent des hommes d'un carac-
tère doux (118).
Ko Toîla assez, ce nous semble, pour
Donlrer juaqu'k l'évidence que sous le point
de Tue des laits de l'histoire proprement
dite, aossi bien que sous le rapport des
■Doeurs , des nsages et de la topoffUpbie » le
livre de* Aclet porte au suprême d^ré tons
les caractères possibles de fidélité et d'exac-
tiiode, e*ett-i-dire tous les caractères d'au-
thenticité.
Cd Isussaire, oo même un auteur de bonne
ibi qui écrit louglemps après les événe-
ments sans en être parfaitement informé,
lombe nécessairement dans des erreurs
Ïiand il s'agit surtout desouteuir jusqu'à
fia Ifl caractère propre aux personnages
qu'il met en scène , ou d'exposer les faits
Ïui intéressent In cause qu'il a embrassée.
n effet, l'expérience de Ions les temps
prouve que de pareils écrivains ne man-
Îoeot jamais d'un côté de se contredire, et
e l'autre, de laisser apercevoir un certain
esfirit de partialité. Or, tout lecteur qui
examinera le livre des Acleâ sans être pré-
venu lui-même, ne trouvera nulle part 'lans
son auteur aucun de ces défauts; il décou-
vrira, an contraire, à chaque page, et même
à chaque ligne, lea preuves manifestes que
cet écrivain avait une connaissance parfaite
ds tous les faits, et qu'il les a rapporiés
avec une sincérité et une candeur qu'un
imposteur ne saurait imiter. Bornons-nuus
i un petit nombre d'exemples, la preuve
que nous venons de donner en renferme
assez d'autres. Au chapitre xxv, fS, 19,
I auteur du livre des Acte» bit dire au gou-
verneur Feslus, en parlant de saint Paul,
(^ue les Juifs avaient conduil à son tribunal :
Set aecvatatrt étant devant lui, ne iui r«>
prochérent aucun des crime» dont je pentaii
qu'iU raeemeraienl ; ilt avaient eeulement
quelçua dispute* avec lui touekata leur» tu-
perititiont, et touchant un certain Jétut
mort, que Paul asêurait être vivant, ftieo
assurément ne saurait mieux peindre le
caractère d'un gouverneur romain que ces
paroles; mais ce n'est pas sous ce point de
Tue que nous les présentons ici. Dn simple
panégyriste , un historien peu sincère ,
n'eussent jamais parlé ou fiiit parler un pre>
mier magistrat dans la cause qu'ils auraient
épousée avec ce ton d'îndiUérence et de
mépris. Nous taisons la même observation
par rapport au discours que le même auteur
des Aciu (xTiii, U) met dans la bouche de
GalliOR. Quelle preuve plus forte encore de
la sincérité et ae la bonne foi de cet écri-
vain, que lo manière dont il soutient dans
tout le cours de sa narration le caractère
de son principal héros) En effet, saint Paul
se mnntre constamment le même dans toute
la suite de son histoire ; cette chaleur, cette
activité, ce zèle qui lui étaient si naturels,
se manifestent d'abord contre les chrétiens,
puis en faveur de la cause de ces wêmBa
chrétiens. Enlin, quand l'auteur des A«let
dit en parlant des prédications du grand
Apétre a Rome : £« tau croyaient ce qu'il
duait f et la outra ne le croyaient pat
(xxviii, 9k), il fait un aveu propre i jeter
du discrédit sur la religion dont il était
ministre aussi bien que saint Paul, smi
maître; et la manière même dont il s'expri-
me en le faisant, prouve clairement qu'à
(lit) Acaaa., ad Bormt. Serm., 1. i, saL v, lé. sit pertoitt, au witifi iradenàa. t (Ulmu., L i,
< Qwa ah Ap^ fbn> per Paludcs navigaUr, qoas lecL De autod. et tMb. rat.), — t QaniaiJwa
PAJes Csû derivavii. > Porfk7Tiaa,ad vers. 14 : don «oitm emiena et cnslodiaai ei niliiem ce|m*
* Perveniaae ad Foran AH>ii ioduat, iibi tari» es- lai, sic iua, qaa lam diai^aiilia tmtt, puiier iaca*
I Pcr Palades naviganinlifaia
ior. 1 (Apud Bdc, loe, eii..
. . . {SsMC, (fin. G.) -
■« Béne Sénèqae, repréMnUat to« l«s haMas
an ce monde conaie les priMmniers ^ soat liés
avec Bi soldai, et faisant observer qw edni-ei est
^Jll) Aaronm, JiÙKrar., cdiL WeuelûiB, p.107; en un seu anui Ma libre qne les prisonnierscin-
md Hoc, ihd. mêmes, dît : < Alligatiqae smbI etiav qui lUipTt
(t 12) Jotars. AaJtf., L xviii, c. 7, { 5. — i Pro- nini, niù ta forte levioreei in sinisira «ateaan |e-
— . — : ._. i^ygg, )g caTceTeoi recif 160118 tam. * {Di (nufaUf., 1 1, c 10.)
Aeroa ad vers. Il
ucr
S.)
1,5 ACt DICTIOSNAIRB APOLOCETWCÏ. ACT ifei
nnearanda simplIcUé il joignait on amour pouMît fttre embeliie? Parmi les onTrnge»
d« la férilé non moins remarquable. a[>ocryphesrecueilli«parlosaTanlFflbricius,
«L'histoire des Aetn des apôlra, remarqua il sa iroure un grand nombre de fsui i4ctri
fort judicioasement Du Voisin, est une suite d« apitres (lUJ ; il suffit de les comparer
naiurelle et nécessaire de l'histoire éYangé- *»8C les Aetet canoniques pour apprendre t
tiqua. La conduite que les iuifs «Talent ne pas confondre le langage de I imposlore
lenue i l'égard du mallre, prépare les per- »»ec celui de la Térllé. Il y a, en effet, une
' séculiona qu'il» font essuyer aux diitciples. différence immense entre les Aeiu apo-
et la récit ae ces perjéculions sert h nous cryphes et ceus que nous attribuons X «aiol
ftire connaître do plus en plus «Tec quelle I-ic. Premièrement, répoqne de )a fahrica-
justesse.arec quelle exactitude les écrirains t'On des premiers est farfailement coniiuei
du nouveau Testament dépeignent les ils parurent au milieu du ii* siècle, taodis
mœurs, les opinions, la caraclèro et la juris- que las nôtres sont cités b cette époque
prudence des Juifs (113). ■ Les détails que comme un ouvrage canonique: lémoiaslej
nous aTODS fournis un peu plus haut, quand nombreus passages que Tertullien en sUè-
nous avons fait remarquer un si grand gne pour établir des dogmes de la foi chré-
Dombredecoîneideneeslesplusminutieuses tienne. Secondement, les faux ^IcIm ont été
entre les faits rapportés dans la livre des produits sans être appuyés sur la lémoi-
Aeta et ce que d'autres documents nous gpage des Eglises; c'est là le reproche ca-
apprennent des mœurs, des coutumes et de piial que les Pères faisaient è ces sorlM
l'iiistoira des mêmes temps, confirmant de d écrits, eu traitant leurs auteurs de f«us-
la manière la plus forte la raisonnement de saires. On ne remarque rien de semblabto
rhabileeritiqueauquelnousaimonsd'autaiit par rapport & ceux qui portent la nom de
mieux k emprunter les preuves suivantes, nint Lac, et c'est aussi la raison pour
qu'elles nous ont parti irrécusables. laquelle ils ont été universellement et cuns-
< L'auteurdolivredes^Gfeisedonne pour tamment tenus pour authentiques. Troi-
conlemporam; at même pour témoin d une sièmement enfin, cas faux Aclei contenaient
grande partie des faits qu'il raconte. Lors- des absurdités révoltantes, des erreurs for-
qn'îl décrit les voyages de saint Paul, il mellement opposées aux doctrines aposio-
parle en son propre uom, comme l'ayant liques, tandis que dans ceux qui font narlle
suivi dans toutes ses courses. Ifoui cher- du Nouveau Teslament on na saurait dé-
ehânuê à potier tnMacidoine Nous arri- couvrir aucun défaut de cette nature.
rdmci dont la Samothraet.... Nous detneu- « Le livre des Jcfei présente encore un
rdme$ quelqtui jours à Pkilippti, etc. {Act. autre caractère d'authenticité : il renferme
XVI.) Jusque-là, il avait écrit l'histoire de l'histoire de l'établissement des premières
tous les af)Atre8; mais au moment où H Eglises, !e récit des miracles opérés par les
s'embarque pour la Macédoîn«i, il les perd apdlres, les exhortations qu'ils faisaient aui
dt9 Tue, et dans tout le reste de son ouvrage Juifs, aux païens, aux néophytes; leurs
il n'est plus occupé que de saint Paul, qu il réponses aux interrogatoires qu'ils subîs-
«eecmpagne jusqu'à Borne. Là se termine saienl devant les juges; leurs voyages pi
sh narration, qu'il n'eât pas manqué de leurs succès dans les différentes villes où ils
conduire jusqu'à la mort de t'Ap^ktre, s'il allaient t>orler la lumiùrede l'Evangile. Tous
n'eût pas écrit avant son martyre. Un faus- les faits rapportés dans ce livre ne se sont
sair«, qui se serait caché sous le masque pas passés dans une saule ville, dans uoe
d'un disciple de saint Paul, aurait-il nban- même province : Jérusalem, Samarie.Céu-
donné son héros au milieu de sa carrière? rôti, Antioche, Athènes, Eptièse, etc., les
Aursil-il rompu le fil de son histoire au principales villes de l'Orient, sont le théâtre
moment qui devait être le plus glorieux de leur prédication ; mais si l'auteur des
f «ourson maître, et le plus intéressant pour Acttt n'eut pas été conlem|>orain et comps-
ses lecteurs? 8e serait-il refusé au pfaisir gnon des apCtres, comment aurait-il pu
de rapporter les disputes vraies ou suppo- réunir en uu seul corps une histoire dont
sées de saint Paul avec les Juifs et les phi- toutes les punies étaient si éloignées li-s
lusophes de Rome? les prodiges qu'il aurait unes des autres? Si l'on prétend qu'il l'a ré-
opérés dans cette capitale du monde, les - digéa sur des mémoires qui lui ont été
fureurs de Néron contre les chrétiens, l'em- fournis par les Eglises apostoliques, c'est
finsonoemant de l'Apdtre, sa murt el touli'B avouer l'authenticité de l'ouvrage, sinon
es circonstances dont une pareille histoire quant A la formo, du moins quant A la sub-
(ItS) Da VoniH, Vwaoritédti livret du JVo«m«
Ttttmnuni, ch. 3, arU 3.
(lli) it but remarquer que parmi les faui Aetet
dtt ApiiTit plaiieurs oui éw compotes pir des dlt-
ciale* Idée des apéiret ; en sorte que sur tous lei
tuu qu'il» npporteiil it peut s'en iraurer quelques-
un* lie vrais ; mais ceui-IA même oni été iiilert>otés
par les béréliquei. L«i ébioniles en pirticulier cor-
rompirent lee Actes compotes par saint Luc, en y
mêlant des traits Injurieux à là mémoire de stint
Jacquet, de saini Pierre et de tilnl Paul. Les prin-
cifttui Aeiet apocrjphu sont 1 1' let AcIm de taml
Pierre, qui portent nlgtleurs autres noms, tels qur
les CouT$et ou tes Vogagei de taint f terre (Ptriaii
Peiri) ; let Ricogaiiiotu de laint ClimeMt, la Cm-
iriM on t» Prédication àe Mint Pierre ; îr l'Apoca-
lypte de viini Pierre ; 3* le Jugement de lainl Piave;
4* tel .Utet de laMl Paul ; S* les Actes de tainiJam
PitaagilÎMle; 6° let Aetet de laiHt Aruiri; l' les
Aciei de taint Thomas; 8* les Acte* de taint PU-
lippe; 9* i'Apoealypte de Mini Peut, Un peut voir
quelques déiaiis sur eet ouvrages datia la Prtfsca
de l>. Ualmel sur let Aetet dit apitrtt.
ACT
nCTKHnUIRE APOLOGenQUE.
ACT
1M
■baee de rhistoire, el ce point oobs satGl
contra les incrédules (115). si l'on Teul que
rauleiir des Actes ail éeni loDglemps après
la Bort des-apAlres, sans remonter a ta
loom des bits et dans In dessein de com-
poser on roman pIntOI qu'une histoire Téri-
UUc, BODS demanderons rommeot les cfaré-
ticfi) répandus dans la Judée, dans la Grèce
et daas lllalïe, ont pn recevoir un ouvrage
rwpfi d'événements tout contraires i ceui
ne la tradition de leurs églises avait dû
(nir Iransmellre.
Dm DOUTelle raison ne 'permet pas de
dealer que l'autenr des Aetei n'ait écrit
■vnl le siège de Jérusalem : El parle de
cetii ville, de ses magistrats, de son tem-
pte, ta K:es et des cérémonirs de la reli<
poe jnve, comme de choses encore sut>-
sislaBlei de son temps. Les apAIres pré-
ckenf rfaas les places publiques et à la porte
datasple; ils paraissent devant le grand
fiHn, les proconsuls el les tribuns qifî
coBsundaient dans Js Judée. Ce des crî-
■ei qu'on leur impute, et sur lequel ils se
frnent obligés de se justîHer, c'est de vou-
loir abolir la loi de Uolse pour lui subs-
tilaer on nouveau culte. {Act. ti, xtii. etc.)
Les Chrétiens eui-mèmes se divisent sur
robsemocfl des cérémonies delà loi: les
ODS prétendant an être sETrauchis par l'E-
vangtls; les autres voulant allier les rites
■osaïqoes avec la foi chrétienne. Il faut
9H les apAtres s'assemblent pour décider
u tonale cette question, qui commen<jaiL i
InaMer la paix de l'Eglise (xv). Or, il est
évident qoe cette contestation n'a pu s'éle-
Ttr qu'avant le siège el la ruine de Jérusa-
lea ï car l'entière deitructioa de celte ville
et de son temple eût été pour les fidèles
me prenve sensible de l'abrogation de la
bi de Hoiaa. Si l'on dit que ces faits sont
effedîTenieal antérieurs au si^e de Jéru-
salon, mais que l'ouvrage où ils sont rap-
portés est plus récent , nous ferons obser-
ver qu'en parlant de celte dispute l'auteur
des Aeta paraît lui donner un degré d'in-
lérét qai suppose qu'elle n'était pas entiè-
rement assoupie, lorsqu'il écrivait sou his-
toire, ffi ce livre n'avait été composé que
daas le second siècle, il 7 a bien de l'ap-
(«reoce qu'au lieu de cette question suran-
■ée loaenanl le* cérémonies de la loi, nous
j trooTenoos quelques traits relatifs è celle
■ollltiide d'berésies, qui déchirèrent l'E-
gfise iounédiatement après la mort des
a}4Ues.
• Enfifla 11 est constant par la préface des
ict(«,que ce livre, et \'Svângitequi porte le
OMo de saint Luc, sont sortis de la même
f I IS> tC««s SeroM olwerver ea MMani nr celle
nfcuMi 4e Dm Votiii, qoa l'itaiVIé 4e style el de
w<mî«w ^U est ÏMfOwWe de m pas leMarqaer
mnteaAfia et rE»«fii<detaiDt LncsolliMale
fMV iMff -"irr loM criUqoe édaiiédUaieUre Vkj-
IMkcae 4M niiloire «les apMns m'ea qn'itn
MjyJe mrââl ceiyeté pltu un sar d'antioBs né-
(IIC) Xnja MB pea plus haut les raisM» que
■aas jret doesécssa bveer de celle assenioa.
plume (118). Or, la manière dont l'anl<>Di
rapporte dans son Etangile la prédiction de
la ruine de Jérusalem, cl le silence qu'il
gaide sur cet événement dans le livre des
Aetei achèvent de prouver que ces deux
ouvrages sont antérieurs è l'eipédiiion de
Vespasien. Et d'abord si l'auteur de l'fnm-
giU attribué è saint Luc n'eût écrit qu'a-
près la ruine de Jérusalem (117), la prédic-
tion qu'il metdans la boucbede Jésus-Clirist
(£hc, xxt) ne serait pas, comme elle est,
entremêlée d'obscurités et de circonstances
3ui semblent étrangères à la guerre de Ju-
ée. On n'j trouverait pas ce bouleverse-
ment de tonte la nature, ces signes mena-
çants qui doivent paraître dans le ciel, le
soulèvement des flots de la mer, la oonster-
oatioD répandue sar Ions les hommes, l'a-
véoement du Fils de Dieu, porté sur les
nues et revêtu de puissance et de majesté.
L'évBDgélisle surait su q^ue ces prodiges
effrajaots n'étaienipas arrivés lorsdu siège
de Jérusalem; il aurait craint d'affaiblir
l'autorité de la prophétie par les difficultés
c^ue l'on aurait pu former contre son en-
tier accomplissement, difficultés oui nais-
sent de son propre récil, et qu'il eût été
si facile de prévenir par la suppression de
quelques lignes. D'un autre cû(é, il n'est
lait aucune mention de la ruine de Jérusa-
lem dans les Acta. Il 3 est dit seulement
que de faux témoins accusèrent le djocro
Etienne d'avoir parlé i^ontre le lieu saint
et contre la loi, en disant que Jésus de Na-
zareth détruirait le temple et changerai!
les traditions laissées par Moïse. [Aci. vi.)
Cependant la destruction de cette ville, ar-
rivée dans le temps marqué par Jésus-Christ,
était une preuve trop sensible de sa mis*
sîon divine pour que les chrétiens négli-
geassenl de la faire valoir contre les Juifs.
Outre que la conformité de l'évéuemenl
avec la prédiction eût montré que Jésus-
Christ était un véritai>le prophète, il n'eût
pas été difficile de faire envisager aux Juifs
réial déplorable de leur nation comme la
peine du déicide commis en la personne
du Messie. On dira peut-être que Pauteur
a craint de se trahir et de laisser un indice
de la supposition de son ouvrage, en rap-
' pelant un fait postérieur au temps dont il
écrivait rbisloire. Mais i) faut observer qne
la mort de saint Pierre et celle de saint
Paul n'ont précédé le siège de Jérusalem
que de trois ou quatre ans. Saint Jean, et
peut-être quelques autres d'entre les apA-
très, ont survécu à la désolaiion de leur
pajs. L'auteur pouvait donc, sans choquer
la vraiseiublance , prolonger son hisleire
qvi, qvoiqne trés-certalM el très-vraie^ s beMÎn de
qndqws preuves .ponr parsHn leui s tait iiidobi-
uble.
(if 7) Le lecienrdoil voir tans deaK que cène
prêaTeen faveur de l'aiiUienticilé de l'Evaiuile de
taini Lac, qui serait naurdIeiaeM micas pucée i
Tart. Lvc (saini), est eepeodant nécesuire ici pour
cowpléier l'argewent, dont le bat est d« mnntrer
r«rigiae aaUmiliqiM des Aae* par rUentilè d'a»-
Icor des deux anvrafes.
1(3 ACt DICTIOHIIAIRK AroLOMTiQCB. A<:t ibl
nnegniida «impHcU* il joignait nn amour pouyait être embellie? Parmi les ontingci
de la Térilé non moins remarquable. af)OCpyphes recueillis parlosaMnlFabriciui,
«L'histoire des Aeln det apôtre», remarque il se tronfe un grand nombre de faux Atui
tort iudicioosemenl Du Voisin, est une suite **" apôtrei {iiX) ; il suffit de les compam
naturelle et nécessaire de l'histoire évangô- «'«c '" ^c'« canoniques pour appreiiiire ï
Itque ta conduite que les Juifs avaient ne pas confondre le langage de l'imposture
tenue k l'égard du maître, prépare les per- »»ec c«lui de la Térité. Il j a, en effel, une
différence immense entre les Aclti
a[>0-
cryphes et ceux que nous eltribuoDS i saint
Luc. Preiuiërtment, l'époque de la fsbriU'
tion dus premiers osl -parfaitement eonhne;
ils parurent an milieu du ii' siècle, tandis
que les ndtres sont cités i cette époque
' séeutions qu'ils font essuyer aux disciples,
et le récit de ces persécutions sert à nous
fkire connaître de plus en plus arec quelle
]uste9se,aTec quelle exactitude les écrivains
du Nouveau Testament dépeignent les
mceursi les opinionSi le caractère et la juris- . , ,-
prudence des Juifs (1!3}. » Les détails que comme un ouvrage canonique : témoins les
nous avons fourni» un peu plus haut, quand nombreux passages que Terlullien en allè-
nous avons fait remarquer un ai grand gue pour établir des dogmes de la foi chré-
norobrede coïncidences les plus minutieuses tienne. Secondement, les faux Aeta ont Hé
entre les faits rapportés dans le livre des produits sans 6lre appuyés sur le témoi-
Aclt$ et ce que d'autres documents nous gnage des Eglises; c'est Ift le reproche ra-
anpretioent des mœurs, des coutumes et de pi'sr que les Pères faisaient ï ces sorte;
l'iiistoire des mâmcs temps, confirment de d'écrits, en traitant leurs auteurs de faui-
la manière la plus forte le raisonnement de saires. On ne remarque rien de semblsble
l'habile critiqueauquel nous aimonsd'autant par rapporté ceux qui portent le nom ds
mieux k emprunter les preuves suivautes, raint Luc, et c'est aussi la raison pour
qu'elles nous ont paru irrécusables. laquelle ils nnt été universellement et cons-
€ L'auteurdulivredes^cfei sedonne pour tararaent tenus (>our authenliques. Troi-
contemporatn; et même pour témoin d'une siômement enfin, ces faux Actti contenaient
grande partie des faits qu'il raconte. Lors- des absurdités révoltante», des erreurs for-
qu'll décrit les voyages de saint Paul, il mellement opposées aux doctrines aposio-
parle en son propre nom, comme l'ayant liques, tandis que dans ceux qui font partis
suivi dans tontes ses courses. Nous cher- du Nouveau Testament on ne saurait dé-
ehinut à paner m Macédoine Noue arrî-
tâmti dam la Samothraee.... Noue demeu-
rdme» quefquet jourt à Pkilippei, etc. (Act.
xn.) Jusque-lt, il avait écrit Tbistoire de
tous les 8[>dtres; mais au moment où i^
couvrir aucun défaut de cette nature.
« Le (ivre des 'Icfet présente encore un
autre earaclère d'authenticité ; il renferoifl
l'histoire de l'établissement des premières
*'~'ises, le récit des miracles opérés par les
s'embarque pour la Macédoine, il les perd apdtres, les exhortations qu'ils faisaieDlaui
de vue, et dans tout le reste de son ouvrage
il n'est plus occupé que de saint Paul, qu il
accompagne jusqu'à Rome. Là se termine
Sh narration, qu'il n'eût pas manqué de
conduire iusqu'è la mort de l'ApOlre, s'il
n'eût pas écrit avant son martyre. Un faus-
saire, qui se serait cachi sous le masque
d'un disciple de saint Paul, aurait-il aban-
Juifs, aux païens, aux néophytes; leun
réponses aux interrogatoires qu'ils subis-
saient devant les juges; leurs voyages cl
leurs succès dans les diflTérenles villes où ils
allaient porter la lumière de l'Evangile. Tous
lea faits rapportés dans ce livre ne se sont
pas passés dans une seule ville, dans une
même province : Jérusalem, Samarie,Céu-
donné son héros au milieu de sa carrière? rée, Antioche, Athènes, Ephèse, elc, Isi
Aurait-il rompu le fil de son histoire au principales villes de l'Orient, sont le IhéAire
moment qui devait être le plus gioiieux de leur prédication; mais si l'auteur des
|)Our 800 maître, et le plus intéressant pour Attte n'eût pas été contem|)flrBiD et compa-
ses lecteurs? Se serait-il refusé au plaisir guoa des apAtrus, comment aurait-il pu
de rapporter les disputes vraies ou suppo- ' ^
Bées de saint Paul avec les Juifs et les phi-
losophes de Rome? las prodiges qu'il aurait
opérés dans cette capitale du monde, les
fureurs de Néron contre les chrétiens, l'em-
prisonnement de l'ApOtre, sa mort et toutus
__ seul corps une histoire duut
toutes le» parties étaient si éloignées It'S
unes des autres? Si l'on prétend qu'il l'a ré-
digée sur des mémoires qui lui ont été
fournis par lesKgiises apostoliques, c'est
. , . _, avouer l'authenticité de l'uuvrage, sinon
le» circonstances dont une pareille histoire quant é la forme, du moins quant h la sub-
(113) De ToniR, L'ntoritidH litre» du Ifouvem
Tetlmmemt. cb. S, aru ï.
(Hil It but remarquer qae panni les fins AeUt
éêt ApitTu plniieun ont éCt composés par des dis-
ciiilei lélés des apôlrei ; en sorte qae sur tous les
bui qn'ilk rapporteiii il peut t'en trouver quelques-
«Hs de vrais ; nais ceux-li même ont été iiiterpotés
par les ttérétiques. Les ébioniles en particulier cor-
ronipirenl les Actes C0in|>0ié8 par saint Luc, en y
atHàai des traits iajerieui i là niémoirede saint
Jev^ues, de tah» Pierre et de saint P»t. Les prin-
cipaux Aciu apocrjpbu sont 1 1« les Aeue de i shii
Pierre, qui portent plusieurs autres noms, tels qw
lea Courut i»u les Voyagtt de saint Pierre {l'etinii
Peiri) ; les Rieegailioiu de loint tlitiuiu, la IM-
iriM ou \» Pr^ieation de laini /'terre; S* IMpocs'
tgptede tdjnl Pierre; S' ie Jugement de laint Picrt;
4' les Acte» de taint PomI ; 5° les Acte» de iaiMJts»
CttmgUUte; 6° les Aeie» de taïai Andrt; 7* les
Actu de taint Tlioma»; 8° les Attet de taint Phi-
lippe; 9* ÏApoealgpte de taint fait/, thi peut tnir
qiidi|uei détails sur ees ouvrages dans la fréfaix
d« \>. Calmet sur les Acte» det apitrei.
ME ACT DICnOHIUlRB APOLOGEnQUE. ALT té*
ittan de rhtsloire. et ce polnl nons safBt plome (116). Or, la manière dont l'antew
tonin les incrédules (IIS), si l'oo veut qno rapporte dana «in BuangiU la prédiction de
riytear des Jeté* ail écrit lODglempi après la ruine de Jénisaleni, et le silence qu'il
Il Bort des-apMres, sans remonter a la gaide sur cet éTëoement dans le livre dpt
•mreedes bits et dans le dessein de com- Actes achèvent de prouver que ces deux
poser 00 roman plolAl qu'une histoire véri- ouvrages sont antérieurs i l'eipédilino de
table, Bons denanderons comment les chré- Vespasien. Et d'abord ai l'auteur de l'fraa-
tieurépiodus dans la Judée, dans la Grèce jft'h attribué è saint Luc n'eAl écrit qu'ft-
ct dass lltalie, ont pn recevoir un ouvrage près la ~' ' " ~
mvrage
napfi d'éTénemeots tout contraires i ceux
«K b IrMKtion de leurs ^lises avait dû
Mv transiDettre.
Cm DOutelle raison ne 'permet pas de
doiier qoe l'auteur des Àciei n'ait écrit
t le siège de Jérusalem : il parle de
a ruine de Jérusalem (111), la prédic-
tion qu'il met dans labouchede Jésus-CIirist
{Lue, ixi) ne serait pas, comme elle est,
entremêlée d'obscurités et de circonstance*
3ui semblent élrangëres ï la guerre de Ju-
ée. On n'y trouverait pas ce bouleverse-
_. , ment de toute la nature, ces signes meoa-
tetit ville, de ses magistrats, de son lem- çants qui doivent paraître dans le ciel, le
pie, ds lèies et des cérémonies de la reli- soulèvement des flots de la mer, la coosier-
poojoivtt, comme de choses encore sub- nation répandue sur tous les hommes, l'a-
fiittslef de son temps. Les apOtres pré- Ténemeot du Fils de Dieu, perlé sur les
tktal t»ia les places publiques et à la porte nues et revêtu de puissance et de majesté,
rftieflpie: ils paraissent devant le grand L'évangélisle aurait su q_ue ces prodiges
fttin, les proconsuls et les tribuns qui etTrayants n'étaientpas arrivés lorsdo sié^
nnaaiidaient dans la Judée. Uc des cri- de Jérusalem; il aurait craint d'affaililr
■et qu'on leur impute, et sur lequel ils se l'autorité de la prophétie par les diScalks
Roimt oblîeés de se justifier, c'est de vou- i^ue l'on auraiL pu former contre soa ^-
lojr abolir la loi de UoIse pour lui subs- tter accomplissement, difÛcuhés qui mmt-
lilier un nouveau culte. {Aet. Ti, xtu, etc.) sent de son propre récit, et qu'il cAl eti
Uf Chrétiens eux-mêmes se divisent sur si facile de prévenir par la suMwciaiap *
rdinervance des cérémonies de la loi : les quelques lignes. D'un aulra olw. il m'a^
osf prélendint en être affranchis par ]'£• fait aucune mention de la ruine émiérmm-
vaagile; les aalres voulant allier les rites lem dans les Àcta. Il y est dit arnh—
Hsajqaes avec la foi chrétienne. II faut que do faux témoins accusèred le imem
qia les apôtres s'assemblent pour décider Etienne d'avoir parlé («aire le bs «K
(0 eoDcile cette question, qui commençait ï cl contre la loi, en disaol qsc iésw or tê-
MaMer la paix de l'Eglise (x*). Or, il est zareth détruirait le temple fl ^h^^
trident qoecette contestation n'a pu s'éle- les tradiiions laissées par Moae. à^ »■
Tcr qu'avant le si^e et la ruine de Jérusa- Cependant la destractioa de m* vikt.v-
Ica ; car l'entière destruction de cette ville rivéedans le temps mafqné
tide soo temple eût été pour les fidèles était une preuve trop ta
ne preuve sensible de l'abrogation de la sion divine pour qoe 1»
toi de Moïse. Si l'oo dit que ces faits sont geassent de la bire valow ^^ —
cffectiTcmeDt antérieurs au siège deJéru^ Outre que la eoaforaiiiÉ at If^
taiem, mais que l'ouvrage où ibi sont rao- avec la prédiclioD eOi m^ir- v **~
portés est plus récent, nous ferons obseir- Christ était un réritali^ S"^*-
ver qu'en parlant de cette dispute l'auteur pas éié difficile de tûn ^n^r"'
des AettM parait lai donner un degré d'in- l'étal déplorable de iw ^"^ ^^
fMlqai Mippose qu'elle n'était pas entiè- peine du déidd»
rment assoupie, lorsqu'il écrivait son bis- ' -- * -
isire. Si ce livre n'avait été composé que
éiBs le seeoiid siècle, il j a bien de l'ap-
pueoee qu'au lieu de cette question suran-
Dé« loaenaDl les cérémonies de la loi, nous
j troaverions quelques traits relatifs h cette
Bsltilnda d'hérésies, qui déchirèrent l'E-
fiiss immédiatement après la mort des
ti^tras.
1 1
du Uessie. Os dia tm -»'
i craint de se lEiÉr««- ~
de la supponltfftar^''^
' pelant as iaH ^^m^-'
la mort dr mt- *-^
Pau) n'aai ^^-
quadeia»*^"
(
K7 ACT
jusqQ'sn lemps de tn çnerre des Ronutini,
et se livrer aux réQexion* qu'aurait pu lai
fournir la conforDiitii des faits arec la pro-
phétie rapportée dans son EwmgiU (118]. *
lin. ■
MCTIOMUIBE APOLOGETIQIJE.
ACT
Pour Aire fondé à prëtendrft que saint
Luc nVil jws l'nuteiirdes Aeles detnpàtre*,
au'sn lui a généralement toujoursatlribiiés,
faudrait nécessairement qu'on assign&t
un autre écrÏTain qui aurait comfiosé ce
li»re. Or, c'est ce qu'il est absolument im-
possible Je faire «vec la moindre apparence
ue raison ; car, ou ce serait un auteur con-
temporain (le saint Paul qui aurait écrit des
bits dont il aurait été témoin, dans lo des-
sein unique de les trsnsmellre ft la posté-
rité comme les a^ant reconnus pour in~
contestables, ou bien ce serait un impos-
teur qui n'aarnit écrit qu'après les éréue-
menis qu'il donne pour s'être passés de son
temps. Or, dans la première hypolbèsflt
nos adversaires n'ont rien k gagner; puis-
que les faits étant rapportés par un cdm-
pagnon de saint Paul, qui raconte ce qui
s'est passé sous ses yeui, la Térilé des
faits se trouve par \k mdme sufHsamment
constatée. Dans fa seconde, ils ne sont pas
plusbeureux, parce qu'ils sont forcés d'ad-
mettre sans examen préalable une opinion
entièrement inadmissible. En effet, si les
Actet dt$ apôtre» n'ont été écrits qu'après
les temps apostoliques, il faudra Bter ta
composition de ce livra an ii' siècle, en-
Tiron deux cents ans après les voj^aKes
de saint Paul, Mais il est impossible qu un
faussaire aussi éloigné de l'époque OU les
événements ont eu lieu, ait pu parler avec
tant de justesse et de précisloo des per-
sonne», des lieux, des faits eux-niéines,
cl entrer dans des détails si nombreux et
ti minutieux de tout ce qui s'y roltache.
Comment, ep effet, aurajl-il réussi à se
mettre si bien en rapport avec des événe-
ments accomplis si longtemps auparavant,
avec les coutumes juives et romaines, et
sans jamais tomber en contradiction avec la
vérité? chose pourtant très-dirSoile, sur-
tout après la ruine de la Judée, qui chsn-
Sea lotalemool la face de ce pays. Avouons
oncavee les rationalistes eui-mèmes, que
le livre des Actei ne renferme rien qui ne
snit parfaitement conforme aux temps et aux
lieux, et reconnaissons par là même qu'il
est véritablement authentique.
Il est certain que le livre des Aciu était
unanimement reçu parmi les chrétiens dès
le ir* siècle. Euaèbe de Gésarée le met dans
illS) Do Toim, Ue. dut.
119) Emu. Uitt. tteUi., I. m, C. ÏS.
ISO) Oucut. , M li*r. Ju* Asm., homn. 7,
B. t.
(Kl) TnTnt-L., D« iaptitmo, C 11.
(132) f Périodes Pauli et Tliecis et tiUm bapli-
uli Leonii fabulam inier ipocrypliis scripuru re-
patauius. Qiute «niM est ui inilividaus cernes apo-
le canon des livres admis par tout le moi &«
sans la moindre contestation. Voici les pro-
pres paroles de ce père de l'histoire «celé-
siastique : « C'est ici le lieu de traiter en
peu de mois des livres du Nouveau Testa-
ment. It faut mettre au premier rang les
3uatre saints Evangiles, ensuite les Aeltt
M apûirti, etc.... Ce sont là les livres
universellement reçus (119). • Or, peut-on
suppoçier que si les Acitt n'avaient pas été
regardés comme véritablement authenii-
ques, ils auraient otilenu J'assentiment
général? Et ne sait-on pas que le di^sac-
cord qui a existé pendant quelque teoips
dans Jes Eglises cnrétieones au sujet des
livres controversés venait uniquement du
doute qu'on avait de leur authenlicilél
AjdDtons que saint Jérôme, saint Augustin,
saint Cbrysostome, confirment l'assertioD
d'Eusèbe. Hais en remontant plus haut,
nous trouvons Origène et avant lui, Tertul-
lien, saint Clément, saint Irénée, qui par-
lent des .4cfM comme d'un livre admis dans
l'Eglise; Origène, en particulier, les attri-
bue expressément h saint Luc, quand sprËs
avoir j)BrIé de plusieurs écrivains du Nou-
veau Testament, il ajoute, Et Lucom apo-
itotorvm getla deicribn» (120). Or, d'après
ces témoignages, comment ce livre aurait-
il pu élre supposé? S'il l'avait été, la sup-
position n'aurait pu avoir lieu que du vivant
même des apètres ou après «ux. Dans le
premier cas, les Eglises nouvellement fon-
dées ne se seraient-elles donc pas inscrites
en faux contre l'imposture? £l les apâlrel
eux-mêmes, saint Paul, saint Luc et saint
Jean, qui a vécu jusqu'au coaaraencemem
du 11* siècle, ne 1 suraieut-ils point signa-
lée, eux qui marquaient si exactement aux '
Ddèles les discours et les écrits dangereux?
Mais t'histoire ecclésiastique nous fournit
une preuve évidente du zèle avec lequel
on veillait dès l'origine de l'Eglise à ce que
des écrits apocryphes ne pussent s'intro-
duire parmi les livres aullieatiques. Nous
lisons dans Tertullien , qu'un prôlre, en
Asie, ayant fabriqué un écrit qu'il avoua
avoir composé dans le dessein de relever
la gloire de saint Paul, fut déposé du sa-
cerdoce (121J, et saint .Jérôme ajoute que
ce fut saint Jean, qui ayant reçu l'aveu de
ce prêtre, lui ioQigea celte puuitioa {i13).
Dans le second cas, c'est-à->dire après la
mort des apOtres, ce qui nous reporte au
milieu du u* siècle , la supposition était
également impossible; car, ontre que la
plupartdcsEglisesayant été fondées par saint
Paul, ses disciples immédi'ats, qui Tes gou-
vernaient , auraient facilemuul reconnu
l'erreur où on aurait voulu les jeter par
iloli Lucas, inler aeteras ejai res, hoc aolnm igno-
vavit. Std et Tertutliam», vieiiiui eorom lempo-
rum, rehrt prcstiyleniin qaemdam in Asia, aoiil»-
rem apoMoti Pauli, convicuim aputt Joauneui, qucMt
esKl auctorlibri, et coDlnsam m boc Pauli mmore
fe6sie,etob idescidii*e.i (HiiKon., D* «m* iJI..
c. 7.)
1»
ALE
DICTIONNAIRE
rapport su'dîsciple faroM, an compagnoD
iD»épirable du grand apOlre, c'est à celle
ppoquB même quu saint Irénée nt Terlul-
lien (lëclaraienl de la maniera la plus po-
silifegge, quand il s'sgissail d« l'aulhenti-
rité (les livres saints ou de Ion t autre dogme
du clirisliauisnie ', on n*cB reconnaissait aa-
cunqai ne fût autorisé par la tradition (123J.
Ainsi aucnoe critique ne saurait légitime-
iDïiil prétendre que Jes ActtM de* apâtrei
foieut UD livra supposé.
EiiSd, si le livre des Actes n'élaîl pns
lulheDtique, reiamcn si sévère et souvent
sipvsiooné auquel ies incrédules moder-
nes l'ont soumis, n'aurait pas manqué de
tair*déc>fUTrir dos conlradiclJOus avec les
lO'num^nls profanes que lout le monde
aJael. Or, (es critiques les plus portés h,
rejeltr l'aullienlicilé de nos sainttts Ecri-
lure$, nous voulons parler des ratioiialis-
ki allemands, ioiii d'avoir rien trouvé de
siini'lable . suut convenus que, sous ce
ri(i|ii)rl, les Actes des a|>ûlrcs étaient inat-
MifualilcS. Nous ajouterons que les passages
uËiues<|U> d'abord avaient fait iiatlre quel-
ques doutes, sont devijuus, par la compa-
raison do certains monuments mieux étu-
diik. des pièces d'une conviction complète.
.N'onspouvunsdoncaflîrmcr, sanscraintede
rpctivoir un démenti fondé, que la nature
et le nombre des preuves que nous avons
lournies eu faveur de l'origine des Actes
lies apdtres, ne peuvent laisser aucuo doute
iur I xulbenlicité de ce livre [i^]-
ACTES BONS, opposés h Is quantité
b'actes mauvais, t'oy. ëlcs.
AC.THiN DE DIKU sur les créatures.
Ffjf. LikBBTÊ, i 11.
.ACTIVITE LlBitE, son impuissance sans
le >acrciiiunt pour nous faire vivre d'une
tie divine. VqJ/. SLiniTLaALisuc, i VI.
AUAU , de l'épreuve à laquelle il fut
tournis, nécessité de cette épreuve. Voy.
EtKELTE.
ADAPTATION; celte loi considi-rée par
rap|iori avec les races humaines. V^jt-Kaces
■I.ll«I^B3. S VI.
ADOïlAl. r«y. UhitédeDiev.
AOL'LTËnK(FEMME), est-ce une inlei^
lotatiun ? Voy. noie V, h la (in du vol.
AFKIiJUE tKCIDËNTALE, traits ps^cho-
ÎLi^t.j>ie5 des nations nègres qui l'habiteot.
Vvy. Racfs blhai.ies, { IX.
AGENTS, NATURELS ou Huides impon-
dérables ardente comprendre les qualités
des corps glorîHés. Voy. KàsUEmECTion des
C««PS.
AIMÉ MABTIN, réfutation de ses nom-
bri^ases erreurs. Yoy. P^kitbsice, F£»eloii,
CÉu>AT. Femmes, etc.
ALEXANDRE LE GRAND. Son passage
de la mitrde Pampliylie peut-il être assi-
fl35) l«ca., Â4ier%, haret., 1. ni, c. 4. — Tem-
Txu.., Adwm. M»reuin., I, it, c. 4, 5 ; et J>e prc-
\\a} V«fei i h lin du volume la cote IX bit sur
Dicnomi. AroLocÉriQue. I.
AfOLOCETIQUE. AME - 171
mile nu pnssagc de la mer Roo^e pir [r>s
Bélireux. Yùy. Passage dr la hsh Roc&r,
5 IV. — Passiigedes Uachabées, concernant
ce conquérant, expliqué par la nuiuisaiati>
que. Foy. Uonumbhts coNFiKMAirr les ai-
CITS DE LA BiBLB, % 11.
ALEXANDRIE, ville savante el Ojiulente
nu temps de la première prédication évan-
gélique. Voy. Uttbisus, j VI.
ALLEMAGNE, bibliothèques qu'elle pos-
sédait au iiiojeii âge. Voy. Science, | III.
ALPHONSE RATISBOSNE. élait-il hallu-
ciné 7 Yoy. Halloci<iatio^, % II.
AMALFRED, qu'élait-il i sainte Rade-
gondeTRélutalion des erreurs de MU. Am-
père et Thierry à ce sujet. Yoa, Kadbgu.<ide,
S XII.
AME on Physiologie iifTELLECTCELLBfCsff-
mrn da malériatUme). — (^hose étrnngel
riiominc si superbe, si plein d'orguBil, fait
aujour.ritui des efTnrls prodigieux do
science et d'esprit pour se jiersuader que
les bêles le valent bien , et qu'entre elles et
hii la dilTérence est légère ; mais, en même
temps qu'on dégrade l'Iioinme jusqu'au
rang de la brute et même de la pinnie, on
veut ennoblir celles-ci, en leur prêtant les
facultés et I intelligence de l'homme. La
dignité (te l'espèce humaine est avilie: une
philosophie, plus abjecte encore qu'elle
n'est audacieuse, cherche en quelque sono
k dépouiller l'homme de ses ilrnils, à sou-
lever contre fui le reste des créatures. Du
faux savants semblent jiorter la démocntie
dans la nature, comme de faux poliliqui^s
lavaient portée dans la société ; et, |>our
me servir de l'expression originale d'un
grand écrivain, ■ le peuple de Id création
semble conspirer pour en di'.lrâner le roi. >
Hais non; la royauté de l'homme ne périr;*
pas; malgré les sophistes, toujours il sen-
tira l'excellence de ses destinées. Sa préémi-
nence éclate de toutes parts ; elle se voit, et
dans la majesté de son port, et ilans la ili-
gnité de son front, etdans la sublimité de
Sf s regards, et dans la position Je son bras
qu'il tient élevé, étendu sur son empire :
mais surtout la grandtjurde son ran^éclalo
dans celle pensée qu'il ré|iand autour de lui
par la parole, et que, par l'écriture , il porte
en tous lieux ; dans cet esprit dont les li-
vres saints donnent une idée si magnitique,
en disant qu'il est fait à l'image de Dieu.
Oui, par sun empire sur cette portion de
matiëiequi lui est unie, et qu'elle gouverne.
rSme retrace quelque chose de l'aclion
puissante du moteur de l'univers ; par la
rapidité de ses pensées, la mémoire du
passé, la conscience du présent, le pressen-
timent de l'avenir, elle se rapproche de l'iii-
lelligence infinie, qui, d'ùu coup d'œil, em-
brasse tous les leinpset tous les lieux.
la crédilnlîlé de l'bisloire évangéliqne, «témuniréa
par les Acte* rfn apHre* el par les e|ittres du iVos-
ttam Tetiamni. Otie nota runferaie ww rèfatatiOB
pui tituticrc du «locicur Suauss.
I»CTIONN\IRE APOLOGETIQUE.
AUB
171
Prëteodn imnil pragressil de 1* mitiere' — Prea-
..» de )■ tpirilaaliu de rfme. — Objection Urée de
llDDneace réciproque de l'irae et da corps. — Phrfr-
- HorUOcitloii.
Oui, le malérialisme esl une doctrine
contre nature* uns doctrine abjecte, dont
l'origine n'est eiplicAtile que par la corrup-
tion du cœur bumain. Nous sommes trop
manifeslement des esprits,!! n'y a pas assez
de raisons contre la dignité de notre fiire,
pour noas ravalfif de nos propres mains,
li des passions d'un ordre inférieur et Jàche
ne se soulevaient en nous contre nous-mâ-
mes. afin d'y dëlrAner avec notre essence
spirituelle lea idées de vérité, de justice,
d ordre, de responsabilité, hôtes illustres et
incorruptibles dont la présence fatigue le
vice et appelle la rérolle. Le vice tva pas
la paii et il la veut. L'âme lui oppose le re-
mords, cette dernière couronne de l'homme
corrompu, cette voix domestique et sainte
qui rappelle au bien, ce bon génie da la ré-
publique qui habite les ruines, et qui ap-
paraissait encore à Brutue, dans les champs
de Pbarsale, la veille du jour oi!i Rome de-
vait tomber. Oli 1 pardonnez mes doutes I
Mais si vous n'étiez pas purs, si le remords
vous troublait de sa sévère voix, de grâce
et par amour pour vous, ne le chassez pas :
t-antqu'ilsera leqompagnon de votre Ame,
TOUS n'aurez nos perdu les reliques de votre
grandeur cl ue votre espérance ; le remords
tirécède la vertu, comme l'auroru précède
le jour, et le vice doit le respecter pour se
respecter lui-même.
IJais quand le vice n'a plus l'instinct de
Sii rébauiiilaiîon , le remords devient son
vnaemi capital et dernier, et rien ne lui
coûte pour en extirper jusqu'à la racine,
qui est notre esprit même. Le malérialisme
est le résultat de cette f^uerre eiiermina-
Irice du mal contre le bien; il n'est autre
chose que la suprême tentative pour étouf-
fer le remords. Et voilà pourquoi je l'ap-
pelle une doctrine abjecte et contre nature.
Si c'est uo emportement, ^e ne m'en excuse
[>ts.Hé quoi t vous m'attaquez jusquu dans
mon essence, TOUS me rejetez aux limites
de l'animalité, vous me traitez h l'égal du
cbien 1 Que dis-je T vous osez écrire cette
phrase: a L'homme est un tube digestif
percé aux deux bouts » Ah I lecteur,
ne riez pas, je m'en voudrais morlellcment
d'exciter votre rire; écoutez, écoutez ces
('liose.« avec le silence de l'exécration ?
Quoi I disais-je, on ose écrire que l'homme
i-H un tube digesiif rmrcé aux deux bouts,
et je n'aurais pas le droit, usant de toute la
hauteur de la .vérité contre l'imposture,
de me retournt;r avec mépris, et d'écraser
du talon celte caciailla de doctrine 1
Je ue devrais pas' en dire davantage; je
ne devrais pas laireflu malérialisme l'hon-
neur de lui demander des cumptes. Fai-
sons-le pourtant, si vous le voulez. Deman-
dons A ces liiirs gladiateurs de la matière
cif i^u'iisMii vu uaDsIbommcpour lui cou-
tester sn nature ifilelligenle et libre. Nient-
ils les phénomènes de la pensée f Sont-lli
aveugles à ceux de la volonté T Non, ils les
avouent; ils reconnaissent qu'il se passe
en nous quelque chose d'eitraordinaire,qui
ne ressRuible h rien de ce qui tombe ions
les sens. Mais ils estiment que Is terre, par-
venue h nn certain degré de perrectioii,e5t
susceptible de produire le sentiment, la
pensée elle vouloir, comme elle produit
des racines, des fleurs et des Iruits, La os*
ture, disent-ils, est dans un travail progres-
sif qui nu s'interrompt nulle port, et qui le
maniteste h chaque degré par un enfante-
ment plus parfait. L'homme est le Iproie de
celte progression féconde; il rassemble en
lui tous les perfectionnements aolérieurs,
et son cerveau, chef-d'œuvre de la plus sa-
vante organisation, fait éclore la pensée
aussi naturellement que l'arbre entr'ouTte
Pourquoi cette ingénieuse peinture, car
je ne veux pas dire analyse, laisse-t-elle
froide et incrédule la presque totalité du
genre humain T Pourquoi la philosophie ,
spiritnaliste a-l-elle toi^ours eu la gloire de
remuer les cntraillea du peuple avec celles .
du penseur, tandis que le matérialisme, doc-
. trine de décadence, ne séduit que des émes
rares dans les nations usées? C/est que l'es-
prit s'at&niie ini-môme avec une |4^sence
si vive, que leraisonnement et les anslogies
périssent devant la splendeur de celte ainr-
mation.Que voutez-vous, mon esprit, c'est
moi ; i'eu sens la vérité, le sens la distinc-
tion de mon corps et de mon ftme avec ud
tel empire, qu'il me semble que md vie tout
entière n'est qu'une confrontation de l'uni
l'autre, et que chaque in«Jant m'apporleune
certitude de leur dualité aussi ijrandu que
'la certitudede leur union. Je me vois deux
et un avec une tucidiié que rien ne diminue,
parce que rien ne eombat contre la présence
réelle deschosea. Et que modit-oau'ailUura
pour la combattre I On m'oppose uoe pro- |
gressioo de la matière, mois une progrès^
sion n'est que ledéTeloppement d'un germe
qui neehangejamaisdenatureen sadéveiop- .
pant. Elevez une force, stolon l'expression
des mathématiques, & tasecoude, à la troi-
sième, à la dixième puissance, jamais vous
ne recueillerez dans la force doublée, tri-
plée, décuplée, que l'élément primitif qui '
s'y trouvait. Pour que la matière, transti-
guréesoussa forme, produisit le sentimenlt
la pensée et le vouloir, il faudrait que la
plus faibla particule matérielle fût un Ctre
seolant, pensant, voulaot, ma if à un degré
iuférieur susceptible d'accroissemeal ou de
perfection, comme on le voit dans l'eufanco
de l'homme comparée k sa qiat\tnt6. Or, en
est-il ainsi f Le roatérialjsmo lui-même ue
le prétend pas ; il ne croit pas qu'un graio
lie poussière remplisse en mi ni a Lyre les fono-
lious intellectuelles de l'huiuuit*, b la ma-
nière dont uue goutte d'eau remplît les of-
Unes de l'océan. Le sens commun s'oppose
trop fortement k celte ineptiv. Âès \tjrs. Va
luaiière élevée tant que vous le voudrez pai
175
AHB
UCTIONNAIRE
rinorf^nÎMlron, è la centième oo à la mit-
lième paissanee, ne donnera jamais que ie
d^feIii|t(>eiiMnt de ce qu'elle est, c'esl-fr-
rf<rp des forme* plus parfailefi, des mouve-
mt-nls plus oomplîaaés, une sculpture et
ane arcMlectore plus digne d'admiralion
03).
Ou l'éfeone, et c'est une autre objeelion
cjnlrele apirilnalisme, on s'étonne de fin-
flucflce rieiproqoe qu'eiereent l'un sur
l'autre Plma et le corps. Poerquoi pas, s'ils
Mfii réeUemeol uoisTCôtte union peut pe-
nltre iuMplicable, mais qu'importe? c^st
on foii. Le bit one fois oonslaté par la cer-
lilaile (|tie nous avens de noire doutile ua-
tett ipirittMlle et matérielle dans nne seule
(■«nountilé, il est Irfcs-siinple qu'il 7 ait
arttDD de l'une sar l'antre , sans quoi [elles
n'innÎMét tnirv elles aucune communica-
lion. H a*ajraiii entre elles aucune commu-
ni>a!ion, elles teraient sôjiarées au lieu
d'iHrr unies.
Aisti, de même que les objets extérieurs
■{i«aut snr le cerveau par l'intermédiaire
de* stfis , pnrtent k l'Aine des impressions
de delion, l'ftme i son tour porte au cer-
retu, et |iar lui dans le reste de l'or^janisa-
lienaenstlife, le contre-coup de sa rie in-
lime et immalériL-lle. De là ces babiludes
invétérée* qui prunoenti la fois leur source
dans les dcus |wrtios de notre Atre, toutes
lc« deux |*liécseii i)uelque sorte par la ré-
lAilion dès actes, et devenues les esclaves
de nos volontés dépravées, après n'en avoir
Hé d'altord que les mitruuienti. C'est ce qui
1 donné lieu k celle science nouvelle du
(135) I*3ir qncls vifs caracicrct de supériorité je
<•«, dN CT3IC. luan ànK ccliapocr à louic assimi-
utiua xvrc la luaiicri:! La niaJlere est inerte, elle.
Bt bit «iH'uliéir au ninuTtnioul ijui lui est donné;
a je sens en noi un principe de spotKaiiêitë, con-
«urc 4*«s l'tinilé ta pliif imlivisilrfi.', f|ui com-
■a^dc ft Mas NOf OfiMM et par cai à la nature,
a kl bit scrrir à la iaiidaciiun de ua liltre va-
ille. La enliéfC ne «e rciHl pas raison d'cHe-ntéme
ftdc WM t'MBÎrcrs qu'eue rtinplil; moi seul je
pcu«, |e réflédut, je me replie sur tnoi-Diéaie ; je
nièwe â omm les inipres&ioiis du Ucliors, je les
coirsiîac ei ni'eti nourris, ou bien Je les refoule et
Ies aoiuatiï^ par nne force iiilcme <|ui les iJotuiue
a ^1 se «Al h clIe-MiHne. Clacei-iirai daiis une
OBpagNe déwne ; je suis eiivifooiié d'^eu maié-
nt^, pactcMi, ast^aUcs, muuvanU, ~ ks arlKea,
n raas, ks anwiaui ; — ci eiiteiulaut je sens que
y: sais sECL..., qu'il ii'jr a rwn, li, autour de uw,
4us«adeBicMM:ualurei)uc uioi. Uoi, si faible par
««3 M^ançs, si elicur eu pié^nce lie ceUc nature
«ututsak, je aie sens ccpeiidaiK un priticipe de >u-
^noriié tor elle. Je ne suis qu'un roseau, mais
n rosoM pnaaaf, coiuiue «lit Pascal; je miÎs na
InUcMe, d l'Miiten ne sait pas sa force, el par là
n •«(» Mpâriewr à ecUe force mtee.
Ce a'ca pas loel : ce Moade ualëriel n'est pas
a seal daal j'aie coanaissaiice. Je porte en moi un
aauc Monde ialdlecuiet.oû nia pensée se prooiéne,
I mil, rat et s'déve. comme mou eorps se prouiéne
detl calerBé dans ta nature. Dans ce oioiide ha- -
LiitMt ie vrai, le licau ; une luaiière qui n'est pas
ufle da soleil, aae Inmière inielleciuelle niluroiue,
t* T«BiTt! ta vêrMé, sans fonaea, idéale, pure,'
^^plc,ciernelle, iauuUile, est l'ekiei de nés pour-
APOLOGeriQtie. amb lu
phrénoltM^i^mc. qui abuse des phénomènes
de correspondance de l'âme avec le cor|is
et du ccirps avee rdme pour atlaqner le
libre arbitre de rbomine. le n'eiaraine pas
si réellement les aptitudes et les fassions
ont un signe représentatif dans l'enveloppe
eitérieuredu cerveau ; suppnsnns-le. Qu'est-
ce que cela prouve contre la libeHé bu-
mainet II est manifeste que l'Ame et lecorps
sont dans une incessanle eouimunicalion,
el que tout acte, même intérieur, de vice ou
de vertu, retentit quelque [>arl dans notre
enveloppe mortelle et y creuse des sillons
funestes ou heureui. Ces iract>s subtiles, h
leur tour, réagissent snr le foj^er profond
de notre activité interne, et j soliicilent le
retour des mêmes mouvements, c'est^-dire
des mêmes pensées et des nifiaies vouloirs.
La doctrine catholique en convient; elle fait
plus qu'en convenir, c'est la base de sa thé-
rapeutique spirituelle, ou si . vous l'aimez
unenx, du traitement médicinal qu'elle ap-
plique aux maux de notre Ame. C'est pour
cela que l'Evangile ordonne aux cfaréliend
de cbAtier leurcorps pour puriBpr leur Aiue.
t^'eat pour cela que l'fglise impose des abs-
tinences et des jeHnes, qu'elle commande le
travail, et qu'A l'exemple de Jésus-Cbristsou
fondateur, elle bénit ceux qni pleurent et
qui sootfrenl, parce qu'il j a dans tes afflio-,
lions du corps, outre le bénéfice d'une ex-
piation acceptée, l'infaillible eflkacité du
redressement des sens. Quelque anciennes,
quelque puissanles que soientles empreintes
do pecbé dans les réduits mystérieux du
corps, l'Ame, aidée de la grAce , fortitiée |-ar
siillex, de mes travaux, de mes plaisirs. Je suis dis-
trait, altsorbé, abtmé en elle, loiu, bien loin de la
partie coiporelle de moi-même : je n'entends paa,
je ne vois pas, je ne sens pas, matëriellemem par-
lant, el eepeiMiant c'est le moment nb je jouis le
plus vivement de mon exisience, «ù je ta sens ki
plus; el lorsque je sors de ce monde intelkciiiel
pour revenir au uoude matériel, il me seuble que
je me quitte moi-même et que je rentre dans une
prtsun.
Ce n'est pas tout encore : le monde moral est un
autre de mes domaines, de mes pabis, dont le
Irène eat la conscience. I^ j'entre comme dans im
saitcuuire, ttje me mets eu rapport avec aue jus-
tice cieriielle et une perfadioa inlinie qne ce mamie
ne connaît pas. C'est là plus pariiculièreateu que
je sens b dîunité de ma uaiure ; là que je me sei.a
maître, ttbreyrespoiisal>Ie...; qu'alors que tout te
qui est matière subit des lois, moi seul je m'eu
4louue à moi-mëuie, eu acceptant ou en bridant cellu
<|ui m'a été donoée. Là je jouis, là je souffre, d'une
jouissance ou d'une souffrance que mes organes ne
peuvent ni me donner ni m'arracber, el qui preml
toute sa source dans l'usage que j'ai fait da bm li-
berté. Là, manquait dr. Uiut ce qui peu *alis&in
mon corps et jusque dans la ilesirvctiou de omm
cmps, jepuis être heureux, on, na^eaul daas l'a-
bondauee des lûeus sensibles et en paix avec la ma-
tière, je puis être loatheureux.
La sensibilité, ~ l'iolelligeace, — b consdeoee,
— .voilà donc Iruis aUribuls princîpaui de mon élK
qui n'appartiennent en rien à la malière, et par
lesquels je perfois Texisience d'une sutik4a>iee lui-
maténelle eu moi, qui est upi.
IIS
ASIE
nCTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
la pénilence, peut les elTscer leolement
et y substituer les veslif^es réparateurs du
la vertu. De là, même tiens la jibysionomie,
ces singulières illuminalioiis qui s» font jour
è travers les rides obsoures du vice. L'Ame,
«près avoir ennobli les rétfions souterraines
qu'avait souillées le crime, arrive un jour
su Iront de l'homme, et y répand des lueurs
sereines et saintes qui attendrissent les re-
gards de ceuz-lli mêmes qui ne consaisseot
pas Dieu. Les ombres du [léclié s'eBfuieot
devant la gloire- créatrice delà vertu, et ce
qui en reste encore dans les afEsissements
prématurés de la chair, n'est plus qu'un
signe de la mortalité vaincue par l'éierueUe
beauté du Christ.
0 visages des saints, douces etforles lèvres
accoutumées h nommer Dieu et h baiser la
croix de sori Fils; regards bien-aiméâ qui
discerner un frère dans la plus pauvre des
créatures.; cheveux blanchis par la médi-
tation de l'éturuilé; couleurs sacrées de
j'&me qui resplendissez dans la vieillesse
et dans la mort: heureux qui voua. a vus 1
plus heureux qui vous a compris, et qui a
reçu de votre iflèbe transfigurée des leçons
de salasse et d'immortalité 1
Hais nous avons à pénétrer plus avant
dan» les théories du matérialisiDe; nous
devons les discuter, en montrer l'impuis-
sance et dissiper jusqu'au moindre doute
qu'elles auraient pu faire naître sur ta spi-
l'iiualité du principe pensant qui l'ait toute
la dignité de l'homme.
i".
Let«denee!i monde» sont-elles du domaine de Ii ph^-
Locke veut quelque pnrt que l'hislnire de
l'intflligence duvienne une paitie de la
physique {126j. Ls philosophie a pris quel-
quefois ces paroles è la lettre, et s'est voulu
confondre avec les sciencesqui portaient un
autre nom que le sien. L'idéologie est une
partie de la zoologie, a dit M. de Tracy (137) ;
el ces principes n'ont été souvent que des
Avances de la métaphysique 6 la physique.
Chacune des deux avait eu jusqu'alors ses
droits el son domaine; de là bien des pro-
cès, que l'une a eulin demandé à J*autre d'é-
teindre, comme on dît eu droit, par la t-.on-
fusion: le dernier terme do la pbilosophie
edt été son anéantissement.
On ne peut donc s'étonner que les physi-
ciens et les naturalistes aient accepté les
ulfres de la philoaOpbie. Comment auraiRnt-
ils refusé de s'enrichir de ses dépuuilks,
et de s'arroger de son .aveu la connaissance
du j'hommo tout entier? Aussi un médecin
célèbre, Cabanis, a-t il décidé que let tcien-
«a moraita daiaitnt rentrer dmu la domaine
dé la phyaiqua, pour n'être plua qu'une bran-
che de tMatoire naturelU de l'hammt (tâ7*J,
Et la médecine française a conservé, lantOt
silencieuseiiienl, tanlAl avuc éclat, une pri^-
tcntiua Iradillunnelle h la po.ssession du
toute philosophie. C'est depuis cinquaule
(liO) De fentendeituni hnmain, liv. iv, ch. St.
(IST) Etiiatnii d'idéalogie, (. I", Préracc.
ans un article de foi dans nne honna par-
tie du monde savant, qu'il n'y a de satia-
ces que les sciences ezpérimeDlsIes, de
sciences expérimentales que les scien-
ces naturelles, de sciences naturelles qua
les sciences physiques. Ainsi l'on a rru sa-
tisfaire la raison moderne et la raiion de
tous lès temps, en conciliant l'observalion
et l'unité.
C'était abuser des termes. Sans aucon
doute, IVbservalion «st nécessaire k toute
science ; elle n'esl pas inutile, elle n'est pas
étrangère àîa métaphysique même. L'eipè-
rienceest un des fondements de la certitude.
L'esprit humain fait partie de la nature hu-
maine; les choses philosophiques sont dam
la nature, el le nom de physique signifie
primitivement la science de la nature. Il
est donc permis de dire que la philosophie
est une science d'observation, une science
naturelle, espérimenialo, et si l'on veut
parler plus grec que français, une science
physique. Ces expressions sont acceptahles,
si de I identité des mots on n'inlère pas l'i-
dentité des choses , et si l'on entend que li
philosophie est observatrice ou expérimen-
laie dans sa sphère, qu'elle a son foRdemeat
dans les faits, et tient sa place dans la science
de la nature. On conçoit mémo que des pbi-
losûphes, les Ecossais, par exempte, inquiets
et las de s'entendre accuser de spéculation
chimérique, aient revendiqué les droits de
leur science aux méthodes li'ubservalion,
el l'aient assimilée aux connaissances où se
fie le plus la raison humaine. Du (emns de
Bayle, la philosophie se réfugiait quelque- :
lots fouf le canon de la lumière jumoturellc;
depuis le dernier siècle, la physique e<|ié- ,
riinenlale est devenutila seule citadelle dont
le canon sauve ce qu'il protège, et l'esprit
humain ne sort pliin guère de la place pour
s'aventurer dans la plaine. C'est donc aussi
par prudence qu'on a quelque peu déguisé
lii philosophie, ou qu'on l'a aïootrée dans
ce qu'elle a de commun avec ca qui n'esl
pus elle. On a fait pour elle comma pour lei
nobles en temps de troubles; on a acM
ses titres, effacé si-s armoiries; et, pour
qu'elle fût sauve, on l'a engagée h se iRlre
petite. Le calcul était-il bon? Je ne sais. A
trop invoquer la protection des sciences
naturelles, il y avait danger d'être absorl>é
par elles. C'est un parti mal sûrquede vuus
appuyer sur ce qui vous menace, que de
vous allier à qui veut tous envahir. 11 en i
coûté cher 6 la Pologne. De rnëine oa pour-
rait bien avoir fait courir h la [jhiloso|ihie
le danger d'un partage; en lui cherchant un
allié, on l'a exposée è un démemtiremenl.
Heureusement il n!y a point d'usurf>ati<)n
délinitive ni de duiilruction irréparable dans
t'empirede la science. L'esprit humain u'esl
lié par aucun Imité, dominé par aucune
prescription. C'est un monde k part, où Ja-
mais uu droit ne manque avec le temps la
puissance.
*t du imrat it
171 AME DICTIO:«NAmB APOLOGETIQUE. AME TS
Eomra si, en ratuissanl la philosophie, Irer ilans la zookgîe. Toutes ces assertKins
m ftii eâtgBranti une eiislence mieux as- sont restées dans les lirras; et bien que
urée, un caraefère plus rnnstani, une au- nisintes fois réimprimées depuis ciaquanle
ttfilé mieux reconnue: elle se servit dé- ans, elles n'ont point cnurd dans la conrer-
domoisgée d^e ta grsadeurpar la sécurité; oalion ordinaire.elles n'ont point passé dans
un rai^ moiiu contesté console d'un rang rusage; la littérature ueles a pasadnpiées;
ploi éleréw Mais une parfaite barmonie la politique n'en tient compte; l'eipérience
M régne pu entre les sjsiènies pbysiolo- journalière ne s'y soumet pas, e( le public
çiqnes. La lumière n'est ni bien pure ni s'obstine à distinguer le natursiisiê elle .
iita vive dans les réginns élevées des philosophe, le moraliste et le médecin, à ne
KÎeiMes physiques. Les théories s'y corn- point confondre le moral eLle physiaue. Le -
balifot el s'y succèdent, laissant le doute matérialiste lui-même est obligé de les dis*
•fvéf elles, et ramenant peu A peu les es- tinguer pour se faire entendre. Dans l'opi-
prits api sciences mêmes qu'elles ont voulu nioo du monde, il y aura toujours une dif- -
(Miigneosement proscrire. Une certitude férence saillante entre la science d'Ilippo-
cliire el inTariable est loin d'être l'attribut craie et celle de Platon. La Logique ou la
é^pnocipes de la science expérimentale de Mélaphytique d'Aristole ne seront jamais
rttemme;et l'obserTation, sa perfectionnant des parties de son Traité des imtmaux; ce
en se birersiSant, décourre chaque jour de qui choquerait les penchants et les habitu-
nmelles raisons d'ignorer ce que l'on des de notre esprit, ce serait d'identifier l'é^
eroyailsavoir.Certainement lepeu quunous lude de l'intelligence avec l'anatomie du
dit de la sensation la psychologie écossaise système nerveux. Il le faut cependant, ou.
»( filas intelligible que ce que nous en ra- les physiologistes se trompent ; il faut re-
cooie la physiologie: les faits que nous noureier totalement les notions et les-loou-
décrii l'une sont moins hypothétiques que tions usitées. Si Cabanis a raison, .on doit
les faits qae l'autre suppose, el la percef>- changer jusqu'au titre de son livre. Qu'est-
tien est plus cooeevable que l'inaervalion. ce, en eflel, que les Rapports du physique
Base confondant avec l'histoire naturelle, tt du moral de TAorninef Le mol rapports
la pbihksopbte n'a donc rien gagné; ses ba- suppose diversité, là où l'on nous enseipe
SM œ sont pas devenues plus solides, ses Tuoité; le titre du livre implique la dislinc-
(héoriex plus durables ; elle s'est amoindrie tion c]ue le livre nie ; dès qu'if n'y a que le
n pore perte, et la reine des sciences, en physique, il n'y a plus de moral, donc plus
<k5 joors de révoluHon, n'a point sauvé sa de rapport. Le nom même de l'esprit bu-
lêle e» jelaot sa couronne. main, lequel n'est plus distinctde 1 appareil
&l-il *raî du moins que, en loi donnant encéphalique, est uns expression fautive
n nouTcan nom et de nouvelles formes, on que te philosophe dpît s'interdire, et Con-
'ai| réeoocitiée avec le sens commun, et ra- dorcet a erré en a'jptitulant pas son dernier
neoéeà ees cotions valgaires d'évidence et célèbre ouvxage : ff^uide des progris du
que les sciences les plus hautes ne doivent cerceau Aunain.
pu dédaigner? ■ Depuis qu'on a jugé cou-. On peut donc dire, avant de rien discuter
valable* prétendait encore Cabanis (138), de au fond, que la physiologie n'a tenu aucune
'neer aoe ligne de séparation entre l'étude de ses promesses, et qu'elle n'a rendu la
de l'homme physique el celle de l'homme philosophie, nu plutAt sa philosophie, ni
■eorel, les principes relatif h cette dernière moins contestée, ni moins variable, ni plus
élude se sont Iroavés nécessairement obs- populaire; rien ne justifie, sous ce rap-
cnreis par le vague des hypothèses roéta- port, la révolution que la physiologie a
I h/siques. ■ Hais d'abord, il est difficile entreprise en s'emparant de la métaphy-
•-e proaver qaeeefle ligne de siparalion soit sique.
qnelqae chose qu'on aitju^^ convenable de I m.
irmeer, et que depuis celte prétendue con- . , . ^_j j^^..^.^
.«.Uoo scîentifimTe tout ait^été de mal eu lnçoi«n« d» «d».u««^- l-pols««* de. ,*,*,-
pt«, ao point qu'il fallut l'abolir pour re.ve- , ■ . «. ■
nir ao vrai, au raisonnable, au bon sens • I! s'agil, coma» on le sait, d effacer la
f<i«BiiiL On ne voit point qu6 C8 soit le sûr TÎeilla et familière dislinclinn du corps el
SMïjeii de rendre à la science un caractère de l'âme, c'est-à-dire de a admettre dans
fspaUire. et que l'existence des sciences l'homme que des organes, et d'expliquer
iDtelleelnelles soit une hypothèse artificielle tout l'homme par ces organes. Or, ou poul,
-ï*i fii&se violence à l'esprit humain. L'ap- chose assez singulière, arriver à cette con-
B du poradoxe, l'hinovalion, an con- cinsion par deux voies opposées, en procé-
traiew^ «Hdu calé des naluralistes.'Ce n'est dant de^'intérieurà l'eitérieur.oade l'exlé-
lAtÎMl le sens commun, ce n'est point le lan- rieur à I intérieur. Le premier procédé est
96* ofdioatre, eefidèleet involonlairein- celui des psychologistes, qui tendent au
terpr^le du sens commua, qui dit que la matérialisme; le second, celui des physie-
«ewnce de l'hoaime physique el celle de logistes qui Teulent anéantir la psychologie
rbofliBe moral soient la même chose, que même.
a nsonle devraii faire partie de l'histoire La philosophie setunahsie a le même
satianlle, que la métaphysique devrait ren- point de départ que Descaries; elle débuts
(tm A^r^rif, de. préface.
«79
AWE
NCTIONNAIBE APOLOGETIQDe.
AXB
par le moi ou la conKÎeace ; maïs n'ohser-
fiai dans la conscience que la sensalion,
«tdans celle-ci que l'aSuction qui lut semble
se transformer en niée , elle est impuissante
h garantir, soit la certitude des vérités intel-
lectuelles, soit tViistence des réalités ei-
(érieures. Lorsqu'elle vaut d» la sensation
conclure aui premières, elle n'aboutit qu'à
l'idéologie ; lorsqu'elle veut allirmer les
secondes , elle se fait gratuilemenl matéria-
liste; je dis gratuitement, car la sensation
seule ne donne pas la m«tièrer et de la sen-
sation seule ne peut se déduire aucune dtds
Vérités pliysiologiaues. La conscience ue la
suggère pas, et l'idéalisme les ébranle.
Voyez, uairtz, entendez, ces sensations
mille fois répétées ne vous feront connaître
ni le nerf opti(ju8, ni le nerf olfactif, ni le
nerf auditif, ni le ccrreau qui, dit-on, sent
et pense par tous ces nerfs. 11 n'est aucune
des observations des naturolistHS dont nous
ayons une conscience quelconque. L'ana-
lunsie et ses conclusions reposent sur deux
)iriacipes : la vérité des perceptions du
monde sensible, et la validité extérieure de
la loi<te causalité. L'analf se de laaensatioo,
comme affection des sens, ne donne aucun
de ces principes. Ni Condillac ni M. de
Trac; n'ont su les établir; ils ont donc laissé
la physiologie sans bases, et en lui ahan-
tlonnanl l'bomaie tout entier, le sensua-
lisme lui a concédé par delà son pouvoir.
11 faut revenir i l'autre procédé, et de
l'observation externe induire la nature et la
lause des opérations internes. Ainsi rsison.-
tieul généralement les physioloKisles. Les
ptiénomënes de la santé et de la maladie,
les expériences pratiquées sur les animaux,
l'inspection des organes après la mort, les
«conduisent à de certaines inductions sur
des fonctions intellectuelles de l'homme,
ou du moins sur la maniëre dont elles s'au-
cumplissent dans es milieu physique, où
résidu le moi humain. Us fondent ainsi toute
la psychologie dans la physiologie, et pré-
tendent avoir trouvé le secret d'ériger la
première en science posilive.CeCle prétention
su)>puse deax principes: d'abord, cpi'il n'y a
de certain que le visible; ensuite quel'obser-
valiuii n'est possible qu'diors que l'observé
«stdisttnetdel'observaieur. Sieas deux proi-
posilions oesont pas vraies, sur quel fonde-
Bient asseoir la prééminence des méthodes
dites eipérimentalesf Mais si ces proposi-
lions sont vraies, comment et de quel droit
appliquer la physiologie aux faits psychoto-
gLuueaT
Les choses visibles ne sont certaines
qu'en ce qui est du ressort de la vuu; at
sans dresser contre la sensation toutes les
batteries du tcepliciame, il faut manoaitre
que le domaine de la sensation esl borné,
et que, comme champ de connaissance, elle
serait bieoiAt stérile dans les jugements qui
la fécondeol, sans la raison qui l'exploite et
la limitt à la fois. La sensation ne dépose
que les choses swlies, yt les choses de l'in-
térieur de l'honame ne sont à la portée '
d'aucun sens. Jamais le physiulô^ste ne
verra oi ne touchera une pensée, ud iou- '
venir, une volonté, une sensation mèmei
soit qu'il veuille les considérer oomnit opé-
ration, Foncliou ou résultat, soil qu'il pré- <
tende atteindre par les sens une idée <lé-
termiEiée, l'organe qui la conçoit, l'acte pat
lequel celte conception s'opère; il veut tou-
cher l'impalpable ou voir l'invisible. Le i
moral échappe h loua les sens. Or, s'il y a
un moral, s il ^ a des pensées, des souve-
nirs, des sentiments, des volontés, nou»
ssTopa qu'il yena; il faut donc qtie nous
ayons les moyens da le savoir; at comme
ces moyens ne sont pas les sens, il auit^ue,
pour obtenir 1a connaissance, il o'esl nnl
besoin d'une différence entre l'observateur
et l'cbservé. Ce n'est que dans la spfaèn
des sens que celte différence est nécesuire.
Un écrivain a éié jusqu'à dire que la psy- i
chologie des passions était la seule pos-
sible, parce que le cerveau étiint dilTûrenl
des entrailles, la pensée qui appartient k
l'un pouvait observer let passions qui ti- \
aident dans les autres (139). Uais cela oiéiiia
était une dHmérique espérance, car le cer-
veau ne verrait point les passions en ragv^
dant les entrailles; et mime quand il vou-
drait regarder les entrailles, ii n'aurait pas
le bonheur de les voir : il n'a que la eonso- ,
latiou bien vaine d'y penser. O faiblesiede .
la science humaine I Misérables viscères que
nous sommes I Qu'iî y a loin de l'abdomen
au cc≠ et lorsque la cervelle esl si cu-
rieuse, pourquoi le pérUoiae esi-il impé- ;
uélrableT
Il pourrait être utile d'exposer, avec dé- >
lail. Ifs idées des chefs de la philosophie
physiologiste, vt de la réfuter en forme. On
y montrerait partout l'bypothi&fl so«s l«5
dehors de l'onaervclion, et la diftieetique
sous le masque de l'expérience;, mais co
serait l'objet d'un ouvrage entier. Nousac ,
présenterons ici que des observations géaé-
rales sur un sy^ème que FûGOOtmanda le
nom do Brousssis.
S IV.
- Sj-slème de Brmmiis. — ITui pu albée. — SndéériM ,
pour b niéUpbïsique; h* allâmes GAnitftla fVtio-
logle. '
Broussais était un esprit hardi. Au génie
de l'observation il unissait un don précieux,
il osait conclure ; courage peu commult, '
aujourd'hui que le double abus de l'expé- '
rience et de la critique a si profondéuwot
iutimidé les sciences, et robaisaé leur assor.
Il sut donc, lorsque passaot de la médecine
il embrassa l'idée d'appliquer la physiolo' '
gie h la métaphysique, écarter lea réserves ,
et les doutes circonspects dont s'eatouraienl
beaucoup d'écrivains; et de l'observation
reprise à nouveau des phénomènes aerveai,
induire hardiment l'idenlilé substsoliello
du système et de l'esprit humain. U toi
vraiment matérialiste, et n'aut pas peut des
conséquences de l« scieao« l«|]« q.u'il in
(129) M. Auguste Cokie, Coun dt philotopliit poiînï«, 1. 1", leçoa r*.
MCTIOMN&IRE APfH^ETIQUÈ.
cfojwl. Chez lai il a'est plus question de
nppnrts do pbjslqDe et du moral ; les phé-
nemioesda tecond ne sont plos •eolemeot
rapproches de caai do premier; le phjsique
D'esl plus one eeuse, ua siège, un théâtre :
il est la moral même. Le phjsiolngiste
n'admet plos, il ne conçoit plus autre cbose;
bon de U il permet les conjectures, les
nmx, les désirs; tnais il ne roit rien de
ceruin, rien de démontrable, rien d'intel-
ligible,
!(oai devODi qaelque esemen à cet avea
fraw M assez imposant da vrai sens de la
physiologie appliquée A la mélsphyiique ;
iMMS nous trouvons, pour la première lois,
n bee do matérialisme scientifique (130}.
ViMs en résuolerons les principes snivant
BrouMis, dans les propositions soivantes :
l' La contraction, c'est-i-dire un moure-
■eaf allemalif de eondensalion et de relâ-
dieiiMt, est la forme générale de l'action
de la matière vivante, par conséquent de
Il autière nerveuse, par conséquent de la
matière cérébrale.
S* Il De se pas» d'obsefvabte et de cer-
leifl qne cela daus le phénomène de l'inner-
vatioo.-Daiu les phénomènes intellectuels
M ■oraoït il ne se pasM d'observable et de
oerlain que des phénomènes d'innervation,
3* Las phénomènes intellectuels et mo-
niu iM sont pas autre ebose pour la science ;
ils n'ont pas pew elle d'autres couses que
les propnétéa dn système nerveui. Qu'A y
ail d'antres causes on propriété* ptu» ca-
rbéec, mais tealeneitl physiques, cela eet
iofiDimeDi prdsiMé. Jl hu( bien, en oatve,
ijne l«s éléB6DiB fatales de la maMre se
retrowenl dans la nuitère vivante, avec
Imrs propriétés primltiveSf avee les affiol-
lés oKilécolairWf avec leurs uKtde^ d'action
atomiqoei SMis quant è la cause première
de tlnitervslioD, on peai edmetire son aiis-
teoee, on ne peut ni connaître, ni sonpçon-
oer s« natarvf elle peut se eûofbndre avec
U causn première de cet univers qui existe
aasarémcnl, mais qui est int()énétrabic,
V La prétention de définir celle-c], de
comprendra sa nature, de connaître ses
nn/nna d'action, est téméraire. Plus témé-
raire «Barire il est de considérer comme un
principe distioct, eoraioe nn être, la cause
on le snrjet de la pensée^ Aucune perception
n'j autorise; ancond expérience scienti-
fcjiMou Vulgaire ne le laisse entrevoir : et il
J ■■ ant contre la nature, soit contre 1 exit-
e qu'on loi attribue, des objections lo-
ir Lb priD^pa indépendant des orgaMs
B'nn>*r«tl eo rien, Un^i» que la liaison né-
c«sssire des phénomènes intellectuels avec
les phénomènes nerveux apparaît cunslsm-
menl et iatarîablement.
0*06 principe iadépenJaAt, ou, du moins,
éiuiaei des oignes, qu'est-il quand les
C3ft rtmM rootnie tniIlnV : De rirHutïon cl
é^ u fÊlit, 3 ToL !■-••, ëdit. de iSSS.
(I5l> il^ TtiritaHoii, mmhi, et BObn
».in.Sfl).569.57»; Lil, p. 63, 119.
organes ne sont pas encore développés^
lorsque leur action est suspendue, quand
elle est affaiblie, aKérée, viciée f L'état em-
bryonnatre, l'enfance, le sommeil, la mala-
die, la folie, la vieillesse, montrent l'esprit
dans un état rigoufeusemeni proportionnel
& l'état des organes cérébraux.
7* Le principe pensant n'a été inventé que
pour expliquer le comment des phénomènes
Intetlecloels ; et d'abord, c'est vouloir ez-
pliguer l'inexplicable, et excéder la portée
légitime de la science.
s* Eo seA>nd lieu, ce principe n'explique
rien, et donne naissance è des difficultés
non moins insolubles que celles qu'il est
destiné h lever et qu'il ne lève pas. Telle est
sa liaison avec l'organisme; telle- est sou
action sur l'organisme. Il v a là plus que
mystère : il y a impossibilité,, il y a contra-
diction (13lf.
Le fond ne ces propositions est le thème
étemel du matérialisme. C'est le sujet du
troisième livre du poëme de Lucrèce , ce
ebanire austère et pathétique de la malièm.
Cependant ne confondons pas les consé-
quences que-Broussais (irait da ses nrioci'
pes avee les négaiinns célèbres que le ma-
térialisme dicta souvent aux disciples d'Epi-
cure ; constatons dès l'abord deux points dtt
dissidence importants qui sont è I honneur
de Broussais, et qni peuvent servir k réfuter
sa doctrine.
PreMiièremant, il n'est pas sceptique, non
qu'il ne doute de lieaucoup de choses k mon
sens indobilables ; mais oo sait que celni-lk
n'est pas sceptique qui n'admet le doute
ni sur l'existence du monde extérieur, ni
sur la véracité à^ nos lacnltés quand elles
l'atlestenl. Or, hotre anleor ne permet au-
cune incertitude i cet égard ; il se 6e plei-
nement h la sensation,! la perception; le
contraire lui paratl absnrde; il n'attribue
l'idéalisme qn an spiritualisme même, k l'i-
gnorance des faits physiologiques. En un
mot, l'existence des corps et leurs rapports
avec nous lui paraissent choses aoiu np/i<
r. Il ne se montre en aocaiie façon touché
l'argumentation de Hume contre la cau-
salité, la causalité étant une induclion, et
l'induction étant nn lait cérébral tout aussi
positif que la sensation même (132).
Eo second lieu , Broussais n'est point
athée; jamais du moins il n'est disposé k.
r^arder ce monde comme l'œuvre du ha-
sard, k mécoonatlre dans la nature l'aclion
d'une cause première. Il confesse « une
cause suprême, ordonntirice et cuoserva-
Irica, que nous ne pouvons définir. » U
« conçoit la néeessité d'une cause ou d'une
force qui soit le moyen d'union , peut-être-
le premier mot» le ins antres forces. » Il a
■ le sentiment d'une cause et d'une force
première qui lie tout et enchslne tout (13S). >.
C'est un grand iocoono qu'il ne faut ni per-
(152) Dermitmiai, L 1", p. S07, 153, 515 ; L tl,
p. 4«, ai6.
(135} I QuM à moi, mon o^nion, qve ja oaa-
ûdère ici pour aei kuI peuirÂra et foer un psiit
ISS AMB nCTIOHNAIRE APOLOGETIQUE. AHE m
«ussi M. Brousssis en parle-l-il sansamer-
luiiie, et reconnoissanl qu'eTle est dans udb
bnniie voie, il lui reproche seulement de
tj'avuir pas continué a ^ marcher. Elle est
pour lui sage , mais limiiie , el ne tb point
ussiiz au fond des choses. Si îa psychoingie
n'est en effet que l'observation des pL^no-
mèites de la conscience , si elle s'interdit la
foi et presqne l'exami'D en ce qui loache
les lois de la raison impliquées dans ces
faits et leurs inductions immédiates, il eal
certain qu'ello ne mérite pas les aiiathëmes
proférés ailleurs contre son nom par soa
véhément adversaire. Mais il faut reconnaî-
tre que, malgré qu'elle on ait, la ps^cbolo-
gie va toujours un peu plus loin î bien que
priucipaleuient descriptive, elle est toujours
partiellement rationnelle, et nous qui Tai-
sons profession de Irès-piiu nous hasarder
au delà des limites de la psychologie, nous
avouons volontiers que nous dépassons le
point où M. Sroussais déclare que de psy-
chologie on tombe en métaphysique, el nous
n'aimons pas que la psychologie s'allaclie
trop à s'en disculper ; cela sent la faiblessu
et rhj
sunnitivr ni délinir. dont l'idée est une in-
duction de la sensualité. CommH lu senli-
inenl seul noua élève h lui, il serait insetiité
(le vouloir le connaître; mais il se met en
rapprirl avec nous dans la matière des nerfs;
car. la cause première de l'action du cerveau
n'est pas dans le cerveau ; et. conduit par
la nécessité de trouver ■ un lien commun
h touie-i cas forces qui lui paraissent ëlre
dg la matière en mouvement, » M. Bruussais
n écrit ces paroles : ■ L'athéisme ne snurait
Sénélrer dans la tête d'un homme qui s ré-
ér.hi profondémunt sur la nature (13i). >
A cette double aflirmRtion , r<;xislence du
monde extérieur atlcAlée par nos fa<:ullés,
i!t l'tiKtsleuce de la couse première, se ré-
duit pour Broussais toute la philosophie
transcendante ; car c'est Ih de la philosophie
transcendante. Le reste n'est, avec lui,
qu'observation empirique et eilerne, c'est-
à-dire que physiologie. Hors de ce cercle ,
il ne voit que do la métaphysique, et jamais
il ne prononce ce mol qu'avec diidain. A
peine prend-il la peine de réfuter la science
ainsi nommée. Il fait plus d'honneur h la
psychologie, qu'il poursuit avec beaucoup
de verve et d'obstination , el qu'il réussit &
peu près à convaincre de n'êtro qu'une mé-
lapliysique <iéjj;uisée.
Il reconnaît cependant que la psychologie
des Ecossais débute assez bieu [1351. On
sait, en effet, que ceux-ci ont en général
réduit la science h l'histoire naturelle de la
fiensée ; ils se renferment dans l'enceinte
(le l'observation et de la description des
phénomènes. Ils ne s'aventurent qu'avec
scrupule aux inductions qui vont au delà ,
même à celles qui obtiennent d'eux bien-
veillance et proyance, et l'on. pourrait citer
de UujjBld Stewart tel passage qui laisse le
champ libre au matérialisme, vd réservant
toutes les questions concernant l'essence de
l'bomme (136). Une psychologie aussi mo-
deste méritait bien quelque indulgence;
l'hypocrisie.
ST.
IllualuD de l'empirisme des MOMlions : eipùrirnEe it-
Lenie ou coDscience. -^ tdenlilé de la persaoue hu-
Luiiie ou le mot. — Psycijologîes conduisant lu ac*f\,\-
cisme. — Induclians ïirées dn moi-tubtlIPice par U
réflexion; naUé du mot reconou par la nisoa. —
Comparaison de la lutulaDce fpiritoella el de la iulM-
tance malérielle.
11 demeure vrai qu'avec les faits de cons-
cience, pris à litre de simples phénomènes,
on ne peut construire une science du fond
des choses, mais pas plus, mais moins eii'
core le matérialisme que le spiritualisme,
La part que dans tous les systèmes l'organs
encéphfflique prend à l'activité morale, u'est
point aperçue de la conscienes. Personne
ne sent distinctivement l'activité quelconque
du cerveau. Dans ta sensibilité uniquemenl,
on s'apergoil de l'iulervenlion des orgaiie$,
onmlire d'amis, c'est «lue toul homme cempléiement
iirt;anUc a le sentimeul d'une cause cl d'une force
première qui lie loul el qui enclialne tout; mais je
ne puis la déQnir, eije ne sens pas le besoin de
riioQorer par un autre culte que celui que lui rend
lua conscience. > (Irrilelion, t. t"', p. èûS.)
11341 Hème ouvrage, 1. I". p. «i; t. Il, p. 70,
18ï ; i.ouTê dt phréttologié, leçun xii*. t° 735. Lisez
loui le passage, elceiauirede ceUernier ouvrage:
■ Le cerveau ne peut agir sans le concours de di'
vers agents, le calorique, l'uxygène, réli:aricilé, les
Iropondéraliles enSn, dont t'ailion n'est pas aussi
éludiée par les pbysiologistrg ^uc par les plijs'-
ciens. Nous ajouterons que ces principes, qui
mi; nous sont connus que par quelques etTelg.
semblent se confondre avec la cause première
lie la vie ; mais que jinuruol nous ne répu-
gnons point i eu dibUnguer celte dernièie ,
jiourva qu'où ne l'emprisonne pas par fragmenls
lians les diffcretits cerveaux dune seule espèce
il'dties vivants. Celle cause,nous la sentons par in-
duction sans la concevoir; i.uux comprenons même
lu nécessité d'un muieur umi|ue pour toute la na-
ture; mais nous n'avons aniun moyen de ta dé-
cauvrir. ■ (Leçon iii', p, 7if. Voyct aushi les tenons
iS* M 18', if. 401;, tj-ji el kUiv.J 11 y a, duiij> les
deux ouvrages de H. Broussais, queli^ne conRi-
sion sur l'origine de Dieu qu'il ratlanlie toujours
au sentiment, lout en la Taisant sortir de l'induc-
tion. Il t'attribue à ta sensualité, et non, comme
Gall, i la vénération. La conrusion vient de ce
qu'il rapporte volontiers au seolimeiit toute induc-
tion qui n'est pas le produit immédiat d'une per-
ception par les sens. (Voy. De Cirriiaiion, t. 1",
p, 290, Sil, 546, 569, et t. II, p. 126, 261 , etc., et
le CouTi de pkTinotoaie, leÇDn ii-, p. S35.)
(iZS) StMVista, Coan de phTtntaogit, leçoo 5*.
(156) < Le caractère disltnclilde la science in-
duciive de l'esprit est de s'abstenir de toute nfé-
eulaiion sur la naiure et l'essence de ce même es-
prit... Les couctusiona sur l'esprit humain aux-
quelles nous conduit namreltcment la inélbode d'in-
duction... s'arrangeni également des systèmes mé-
tapliysiques des matérialistes et de ceux des pai-
lisans de Berkeley, i D. Steivart, £ttaâ philot,,
difc. prélim., cli. 1", 1.) La même iilée csl ex-
primée au commencement de ses Elémtml* 4t '•
Sliiloêophie de t'eiprii humain, (luimd., part, i"-)
leid insinue quelque cbose de semlilab!e. (F.ssai 1"*
cil. 1"), et H. Jouffj'oy a répélé et développé l'as-
sertion. [Prérace de la traduction de l'EsqHisu de
philos, moi-, de SitWAAT, S 4.J
ISS
AH
MCTKHfN&inE APOLOCeriQUE.
nais des seuls organes estériaurs des sens,
et une iflDsion naturelle et irréOét^hie nous
porte in£mfl k croire d'abord que l'oeil *oil,
<^Di! l'oreille entend , que la vue est toute
iiiai J'silt l'audition toute dan* l'oreille;
il biil j penser un peu pour se convaincre
que l'oreille et l'œil oefool que serrir à voir
eii entendre, et sont les instruments d'un
or^ue plus intérieur. La multitude n'y
Muge guère, et quoique le senlimeot du
■wi respire dans tout son langage, dans
lnulesa conduite, c'est pour elle foi inif)li-
die plulM que seitnco dislîncle, et l'on peut
ici remarquer en passant oombten il faut se
dt^ôcrde rfeiupirisme des sensations. Il nous
porte ï donner aux organes eilérieurs des
. HU une toute autre importance que celle
«juilearest reconnue par l'oniversalité des
tihiHolo^ies. Eux-mêmes le récusent en
«eu, ta ils ont raison.
Itiâiil donc chercher la connaissance bors
fc l'expArience externe; après elle ou à
oMé d'aile, se trouve l'expérience interne
00 la conscience. J'avoue que si l'on ne
s'jlladie pninl à démêler les principes en-
veloiipés dans les croyances qu elle suggère,
00 ne iwa point, par l'étude de la conscien-
te, de grands pas dans la voie de la vérité,
et j'accorde è Broussais qu'il faut quelque
tbose de plus. L'intelligence développée,
la nifon instruite d'abord et comme excitée
(«r l'expérieDce et la conscience, tes fé-
loode, les dirige à son tour, les emploie
: lus SATsmEnenl, et refait , tant i l'aide de
Kan suggestions que de ses principes et de
i:ars conséquences procbaines, une science
proprement dite. Au fond, c'est par ce pro-
cédé que l'on établit toutes les inéories an-
ibropolosiques, ; compris le matérialisme,
et il est loin d'être aussi purement'expéri-
Livoul qu'il le prétend.
La doctrine opposée, aussi expérimentale
que loi, n'est pas, comme on le pense bien,
soins rationnelle.
Elle pui^e d'abûrd dans le seutiœent bien
iladié, le principe de l'identité de la per-
sonne bumaîn»*, el montre ensuite ce prio-
ci^je contradictoire avec la diversité, la raul-
liplicilé des or^nes. En disant que le sen-
timent manifeste l'identité, je veux dire
que l'expérleace externe et interne, ou la
cosibililé ella conscience, complétées par
•» mémoire, que la perception intérieuie
u<:s sensations, des afTecliODs morales, des
Hles de l'intelligence, de ceux de la vo-
iooté et de ceux des orgues qu'elle dirige,
attesta diversement, mais concurremment ,"
eu même moi. Or, ce >noi,quel est-il pour
la pins simple réflexion T II est quelque
dMMe, il est la personne même, il est, par
rapport k tontes les modificaiions , h toutes
les opérations qui viennent d'être rappelées,
iD agent et un patient. Telle est Is philoso-
pliie de tous ceux qui ne sont pas philoso-
pbes. La réflexion va plus loin, elle dîstin-
^'le davantage, ella devient analytique, et
de remarque qu'après tout la seusibilité,
l'expérience, la conscience, n'attestent ri-
êûurcusemeat que des phénomène viu'el les
font croire au moi, mais qu'elles ne lu mon-
trent ai ne le prouvent. Alors elle suppose
que le moi n'est qu'une sensation de sen.
salions el d'iJées, une collection d'impres-
sions, d'afl'ections ; et sans plus reconnaître
d'autres faits, elle sépare l'observation el
l'étuile lies sensations et des idées , de toute
recherche relative au principe duquel elles
dépendent; et suivant qu'elle est ou non
portée, soit h se fier aux inspirations de la
conscience, soità se laisser gagner aux sub-
tilités de l'analyse, soil h garder la réserve
et la oeulralité enire la crédulité et le para-
doxe, elle admet le moi comme etistence,
ou elle le nie absolument, ou elle s'interdit
toute conclusion. è ce sujet. Le s'arrfile, eu
général la psyi-fiologie proprement ijîle. Par
ui<e sorte de tendance a l'empirisme ou de
déférence au sens commun, elle adhère à
l'etisteiice d'un être qui sent, pense et veut,
sans qu'il résulte pour elle d'aucune ana-
lyse sciBDli&que; ou bien elle le rejette
.comme une induction gratuite, ou bien en-
fin, elle ne le croît pas objet de science et
cesse de s'en occuper. Lu scepticisme est
contenu i divers degrés dans ces trois par-
tis prison à prendre; et c'est par là qu'il
a élé permis d accuser la psychologie de pen-
chant au scepticisme. Le dernier parti est
celui auquel mclitie la psycbolosie écossaise,
au moins chez quelques-uns de ses inter-
prèles. Elle parait souvent penser que la
science proprement dite devrait s'en tenir à
l'observation du phénomène des facultés;
c'est le scepticisme par restriction. Le se-
cond parti est un scepticisme presque dog-
matiq ue , l'idéalisme , è parler exactement.
C'est une doctrine sceptique , parce qu'elle
révoque en doute les croyances naturelles
de l'humanité et m'éconnalt l'autorité des
princiiies de la raison. C'est une doctrine al-
tirmative, parce que sur cette récusation de
nos facultés , elle fonde une conclusion.
C'est enfin un scepticisme qui coni:tul, l'au-
tre ne conclut pas. Biais des trois systèmes,
le premier est le plus seusé , quoique faible
encore et insuQîsanl. Distinguant par l'ana-
lyse, comme tous les autres , les questiouK
de phénomène et les questions d'eiisteocf,
ce système ne résout pas les dernières par
la négation. Il croit su moi sur la toi de la
conscience ou sur celle de (a sensation, par
bon sens, par imitation, par re:ipect pour le
témoignage commun, par un instinct prati-
que, mais pourtant par une sorte d'incon-
séquence , en ce sens qu'il admet que celte
croyance est saas preuve sensible, le mot
substantiel enc&re une fois ne restantpas au
fond du creuset de son analyse. Voici les
formes que prend ordinairement celte doc-
trine. Si le respect du seus commun , des
croyances qui importent h la morale , qui
sont les plus consolantes et les plus hono-
rables pour l'hnmanilé, la domine, c'est
alors une psychologie excellente, bien qu'iu-
complèle et faible ou Tulnérable par quel-
ques c6lés. C'est la psychologie des Ecossais
prise largement, si elle accorde beaucoup à ta
seasalii)u,et que dans ce fait puissant elle ré-
m àiiB MCTumuaB
IiagoeanevdirqQ'nDpbtioonèDeHDB ■■!>••
Uace, plolAt pcr bd« sorw de toi irréiit-
lible duo» ti seasibilité, que (uir ane aihff
«ioD réfléchie sui tuis da l'esprit humain;
c'est le seniaaiisme rnisonnable, lequel ee-
Eendanl pent nrendre deui roules, ou, sfec
ondjilact se décider en rerlu do principe
dfl l'unité, pour la nroyance à l'aspril, pour
le S|)iritu8lisnie; ou, avec U. de Traoy , ne
murer If psjckologie de e«l Idéalisme prori-
soire, qu'où appelle I'idéol<^e, qa en se
Jetant daos le rDSlériatisme arec la plupart
des phjsioloiistes. Ceoi-ei fie vofitat dsus
l« mot de la conscience qu'an moi pfaéno*
menai, ou le pbëBomèoe d'un mai tcatérîel
Îu'ils s'attaraeut S tibserter et A décrire.
lais tous ces systèmes , je la répète, sont
plus on moins eaiscbés de scepticisme, «i
ce poiut que tous admettent plus ou nimns
fieltement pour la [riiilosopliie une impossi-
bilité qui les touclîe plus ou moins , d'éta-
blir scicntiflqueDieDt l'axisieDce de la par*
tonne réelle ; cette concession est un des
litres principaux qu'inroaue le matérialisme
physiologique. Ce fond ae scepticisme pro-
tient de l'emploi exdusir de ca qu'oft est
contenu d'appeler la m4thode snalytique.
L'analyse, telle que h demier slètr(e l'a en-
seignée , est >e caractère commira et la
principe domtnaLt d& toulQ cetle p«ycholi>'
tne.
Nous sroaa dii que e^était à ces dov
Irinas que s'arrêtait le second degré de ■«
réflexion ; mais il est uo troisiimé degré,
Plus allentive , |Has profonde, ploa hardie*
ià réflexioD déiDÔfe les principes envelop-
pés dan» les inductions de la conscience «
et qui, bleo que suggérés osr ceIi»K;i , sent
Trais JDdépendsnment d'elle^ Le mot, mi'
nifesié |iar ses phénomènes, est plus qy'nn
phénomène, pareeqa'il n'y a pas de qualité
sans substance^ nf d'effet sans cause. Ce
sont le dus lois, de» dogmes, des axiomes
de la raison t des Tértiés régulstriees , bion
qu'amenées par roia d'kiduclîoD. Les croyan-
ces de la eonsciance peuvint tenir diills
fe»rempire;D>ais aJlassont légitimes, parce
qu'elles s'appuient sur las principes de la
raison ; allas ont ainsi une vérité empirique
et ane véi-ilé raliosoetle } elias soot vraies
de bit et de droit. La raison fonde ce que
la consc^6uc& atteste, résistance damot.
Hais k cette exislenca la raison ajoute
l'unité ; et de mémo que la conscience
donne l'unité empirique el phânoménafe du
mot, ta raison lui reconnaît uae unlié réelle
el nécessaire, et du droit qiii esléù elle, elle
prononce onecette unité est d'iiiitre nature
que celle d'un tout matériel. L'organisOiâ
humain, celui d'un Ëoiibal quelconque, est
un tout mslériel. Il a son unité, c'est-à-diré
•ON ensemble. Il esl un en tant qu'if est
délimité de toutes parts ou figaré él dis-
tinct, et que toutes >es parties conspirent.
Uais celte unilé même comporte multitude,
multitude de cÂiés et de plans, muEiitude
départies. L'activité harmonique de l'anl-
nal implique dirersiië des instruments et
AP(HMXnQDB. AU m
des fonctions ; il d'j a point daconeett saut
diversité.
L'uoiié du mai esl lout autre et pou la
conscience et pour la raison.
Elle est lout autre pour la conscienee,
car elle n'est pas l'aeeord seulement dej
parties el dea (onctions. L'accord n'est que
la relation, l'accord n'eal paa uiw exiitsnca,
et nous sommes partis d'une premîértdoD-
ués, celle du moi existant, du mot subttsn-
ee. Or, la substance, plus l'unité, esi autre
chose que l'accord des subalancae divenes.
Le sujet des actes du moi esl le siùel d'at-
tributs qui nesoBl pereevables qu'à la cons-
cience, d'attributs qui n'oni' soUs Cti rip-
porl rien de commun avec les qualités des
corps. Ainsi, è en juger par ses qualités, rt
l'on ne paul juger d une substaoca aulre-
lueiit, nen aauloriae h ideotiSar la subs-
tance du mot arec celle du corps. L'unité
que lui prête la conscitinca n'eal point celle
3ui ne sied qu'à la matière et qui supposa
es parties. C'est celle qui n'en suppose
pas I car dans les différenls pointa de aa du-
rée r dans la succession de tea modifica-
tions , dans la comparaison auecessive ou
nmuIlaNéa qu'il «afoit» le moi change el
persM«4 il est ie siêaBe et divera.
..Alima et idem
Saieerii
L^adivldnalité Pigooretisé a Ma type dans
I« fflof. Par son identité en des turaps di-
tant, soua des phéitoaiènes divers il nous
donne )a senlimeot et la notion d'une oniié
dôntanciine représentation attcrue ne nous
offi^ fa pareille ou Hmage.
A Ce sentinenl, h cette notion implicite,
comme, toutes celles dtr la cooscientie , la
raison moule cette double réOezion.
Les pnénomènes du moi ûous garantis-
sent quoique chose d'exfslant , comme les
qualités des corps nous font [wrcevoir quel-
que chose d'eiistent. Le support des quali-
tés des corps s'appelle la substance malé-
rielle. Que savons-nOus de cette substance?
Hien, sinon son existence et ats modes.
Dire qu'elle est malérléFle, c>3t dire qu'elle
est manifestée par de certatnea (fusillés
fort connues , et qu'on appelle qualité? de
la nsliâre. Le support des modea d\ï mot,
le sujet de ses phénomènes est attesté el
maiiifesté par dfs accidents tjuî ft'oRt nul
rapport avec les qualités dites dâ' la ma-
tière. Ne lui voyant d'antre point de commun
avec la substance malérleilo que rexisteuce.
nous la devons dono appeler atrbsisbce
autre que la subsTsftee matérttflle. A ces
deu-i ordres de qualité? diffAreilla qui don-
tiBnl chacun la seule' déOfrition ffossible de
fa substances ïsqerenails se rarpportent, il
faut dona assigner des substances de dilTé*
rente nsisi'é. Par la déSniHoA' tu^mv, Uji
donc la sutffilanca n^afériefleet )• «ubstanca
qui M l'est pas.
Développant celte dislfnetioa , fat raison
établit que, pour elle, la substance des eorps
est manifest^oiDaltiple, et 1» sabstaocedu
noj manifestée' une; et, qd'cA effet, il eit
m
MCnOinUIRB APOLOCCTIQOB.
impuniMe de compnmdre wns TaotU l'ae-
linn du ntjet pensMil. Le nijet dn corps est
dioc U snbstsBce éteodiie, impénétrable,
mnltiple; le sujet de la pensife, la sul»tanea
non Âendoe, nonfmpéDétrable, noe. C'est
ceqn'on Teat dire , et rien de plos, qaaad
On dît rone matérielle, rentre laiiDalénelle,
roue eoraorelle. Pantre incorporelle. On les
(ppella dans l*bonme le corps et i'êmp J13T).
Voilà jasqo'oû ra la rédesioii philoso-
pUqae, méine avant de s'élever an-dessss
ifaoe seienee démoBSlrsIiie ef losiqn^ i
pDar atteindre k une science puremeiri sp<^
eoiatÎTe, tentalîTe qni ne lur est pas inter-
dite, et qn'elle peiil risquer en poussent pins
anal ses rBcnercfaes sar le nalore de la
stibMsoce et sur les eeuses , la portée et
ressneede eedasltsmet aeqnel doqs ve-
nons de ta coodnïre ; mais nous n'arons pas
dessein d'aller aussi loin, et ee qui vient
fétfedit suffit pour établir <!<nlm la plij-
tiologie et le natérietisnie cette dosliié
qiii , en ménie temps qu'Hic est ane vérité
scintiftqne, esl un Itea eomman de le
crojaiKe populaire.
b^MUlUédeH
■'eam tM MMMa-
ni — UamUa eu eOté ds !■ uUiie «i da l'acUon
s hHwJ^iJilfi — DUktoltés du cAlé dn rmmto-
(M dts tamatmaame* acub. — Ccmtndlcliaa
Après avoir dégagé le principe du tnoî,
noos rappellerons qu'il est tellement nalo-
rd fe respril bomain que, pour établir le
niitérislisme , if but changer le senscom-
mini et innover dans le courman langage.
l'atms (fp la causalité et de la personnalité,
on la déviation des organes phrénolrigiques,
ir S2 et n" 35. a, selon Broassaia, introduit
la diimère d'an esprit bumain; ma» ce
a'est pas tant un paradoxe des métaphjsi-
deos spéculatifs qu'une crojcnee du peuple
roatiniCT', et, sll j a erreur, c'est une de ses
oTsurs secrédilées par une forte apparence;
par OIT air d« vérité, tout su moins coorne
réfait jadis Is fin dans le mouveraeni du
soleil et nmmobiKlé do globe lerreslre.
CaamtediseDllRSJorfseoosultes. Vmnitpr»'
b^M est donc du cMé des physiologistes.
IVa ronbfiens pas en discutant les preuves
oA hs présomptions da Brousseis. Il c'a,
k ma conDaissanee, rien établi de direct
eootre ce qni vient d'être pesé. H a pIulAI,
suivant Pusage des pliTSlologisles, présenté
des fins de oonrecweir. qu'il n'a réfuté en
soi l'aipunent philosophique.
Hlmporte ; dans cet orere d'objections ,
4137) VmftM fom le dévclapywiert de eetu di-
■ aeWiMiia. B&iu,t>tc(. crii., an. Dicéar^M, no-
la*6.CtL,CtI«wq>|K. DOlBB-; l*"^ ^"' <'^ ^
mmSt E»tmttopidi0, Cbmiti^, Art de raiumMer,
bv. 1', et. »; iattmoT, Pr^'aee de ta tradoc^a
ée renmw IiMm. m^tte de D. Ste^^rt, 1846 ;
l»aaaaa, £waj nr rhutoire dé U pMéw^tU m
il 7 en a de fortes, peut-être d'insolubles,
ce qui ne serait d'ailleurs une raison ni do
nier ni de douter. Jusque dans les questions
pratiques de la vie, la raison doit savoir se
décider même contre de* ofajectious inso-
lubles.
La première et la plus générale dans la
auealîun qui nous occupe esl prise de la
iOicullé. ou, si l'on veut, de l'impossibilité
de se représenter l'esprit, son union avee
la corps, et sOD action sur les organes. Com-
menl est, et comment agit l'esivrit? mystère
impénétrable, sans doute; mais de quel;,
droit nous l'hbieetez-vcus 7 n'est-ce pas une
rérilé triviale dans votre philosophie qu'il
est léméreire de vouloir connaître le com-
ment des choses ? ne faites-vous pas profes-
sion de penser qu'il yi des mystèresimpéné-
trablesT ne dites-vous pas : > Noos se déco»-
VTons pas la manière dont l'appareil nervani
produit la pensée. Il ne s'sgil pas de savoir
pourquoi ni oommeni; l'nypotbèse com-
mencerait... Le comment ou la cause pre-
mière reste inconnue pour les psycbologisles
comme pour Vta pbysiolegistas. Les agents
primitifs... meuvent la matière... la mettent
dans divers étals oà ligure l'étal de la vie...
voilft le myttin impénétrable de la nature;...
tes csases, les fiorces on les principes obte-
nus par la voie de l'indoction, cessent de
l'être, dès qa'onv pense attetHivemenl poar
se résoudre dans le grand inconnu. Le mai se
passe dans la matière et les impondérables,
peel-êlre en partie en eus; cest un mys-
tère... Le phénomène de la conscience est
nn fait dont ou doit s'abstenir de tenter
Peiplicalion. Qm se pesse-t-il de matériel
dans les nerfs et le cerveau pour l'eiéenlion
de lenrs fonctions f c'est te grand mystère
de l'énonomie vivante (138). ■ On le voit ,
Partout il y a tn^fitirt. il y a dans le cas de
inconnu un invincible mconoo. Les di-
verses doctrioes ne sauraienl sa la reprocher
nnluellemeot. On ne peut examiner qu'une
chose, le mystère est-it pins grand d'un
edié que de ) antre? Esl-iJ du eêté du spiri-
tualisme plus répu^aot pour la raison qo*
du cdté de malériafisnwT
Tfous avons déjk touché las diracnllés dn
matérialisme, il faut, avec Brouasais. que
de simples condensations d'une sabslaoca
molle produisent intégralement etsobslan-
tlellement tous les genres de aansations,
d'idées, d'émotions, d'affections, de voloni-
tés, et dans chaque genre, les variétés infr-
Bies da cas divers phénomènes de l'activité
mentale. Cela est au moins éUsnge et trou-
ble l'imagination. JSn froaaameot de pulpe
arec une altéralio» ioMBsibie da tempéra-
tore et de cauleor, «n phéBomène <f irrita-
tion, o'eet-è^reda pénétraiioa de» ff ~'~
Prntee m xu' (iiclc, t. I"; Ecottf fuMtStU, et
Comtt dt pktlouphU , t. l" ; Ptfclwlogit, en. 1";
Bat ftMçetUi eumed d« Voamfje de V. Broo»-
(138) T.H'.^StZ,U4: 1.1), p, M.6i,U,7^
86, IM et 18S.
IH
AME
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
AUE
impondérables et des liquides, sers indiT-
féremment. etsauf îles moili Beat ions fugi-
tivss, ia sensation do l'oileur d'une rose, ia
««HRalion de la soif, la coDroiiise d'ur. tré-
sor, Is tentation du suicide, la découverte
des logiiri(h;iies, l'inveiitinn de la macliine-
)i vapeur, la concention du Paradii perdu,
le plan de la liaisille de Kivoli, ta résolu-
tion du chevalier d'Assas, l'improvisalion
du Polichinelle de Nuples. Celte contrac-
liuu nerveuse, diins ces diverses nuances,
«era tout cela et des millions d'autres cho-
ses; et en même temps ces millions de
cbosea ne seront un tout que contractions
uerreuses, et rien de plus, firoussais ne
dit pas seulement qu'une conlraclion ner-
veuse est attachée et nécessuire h nos acles^
mais qu'elle «st ces actes niâmes, en tant
qu'accomplis et en temps que perçus. Ré-
soudre nne équation, ce n'est pas employer
et diriger son cerveau, de manière h la ré-
soudre, car qui l'emploieiait ou le dirige-
rait, si eu n'est qu'un moi distinct des or-
ganes, par conséquent un esprit ? La réso-
lution d'une équation est une action du
cerveau qui se meut pour cela, stimulé par
une équation comme le poumon stimulé
l)ar l'air vital, se gonfle et respire. La con-
traction nerveuse encore une lois n'est ni
le moyen, ni l'instrutnent, ni la condition
de la chose, c'est la chose même ; et le
résultat du fait de penser est, comme le
penser mAm«, un phénomène organique. Je
le demande, <juoi de plus difficile à com-
prendre T Quoi de plus contraire à la pré-
somption naLurelle 7 Quoi de plus répu-
gnant pour la raisonTËssayez de vous re-
présenter ceci : Il n'y a pas d'esprit; l'i-
iléu n'est plus un acte, un produit de l'es-
pril , un certain état de res[irit ; l'idée
oVst plus même un effet, une opération du
cerveau : car un filet est disiioct de sa
cause, et il faudrait que l'idée se produi-
atl du cerveau dans un autre milieu, qui
serait alors lin moi distinct de l'organe;
non, elle est elle-même une opération du
cerveau. Ge je ne sais quoi qui est comme
l'idée de la verlu ou comme l'idée d une
quantité négative, n'est que de la Sbre et
du sang. C'est faute de ta voir, c'est faute
d'èlre organisés pour l'apercevoir à l'aide
des sens, que noua nous tîgurons que ce
ne soil pas cela, que ce soit autre chose.
1^ douleur, la colère, la pensée, le souve-
nir, la compréhension, ne sont pas seule-
ment des produits delà modification des
organes, ce ne sont que des organes mo-
difiés. Autrement il faudrait qu'il y eût
quelqu'un qui, par le moyen des organes,
conçût, rei;ût la douleur, la colère, la pensée,
le souvenir, et alors le lastérialisme n'exis-
terait plus. Quand je dis : Je pense à la
vertu, je devrais dire : la circonvolution
placée sous le pariétal, sous la partie laté-
rale de la voûte de mon crflne (139], est dans
l'élat de tension, de coulenr et de chaleur,
espérimeutalemeat connu sous le signe
pensée de ta vertu. Pensée de la vertu, sou-
venir de Rome, calcul des fractions, sont
des étals d'organes comme cedème, h^rper-
trophie, plilogose, gangrène; et ce qui est
curieux et nécessaire, les idées degangrëoe
phlogose, hypertrophie, œdème, sont aussi
des états des organes, distincts des états ma-
rnes désignés par ces noms. Quand le cer-
veau par exemple, pense au cerveau, il est,
dans l'état physique, idée du cerveau, éiat
où lui-même représente lui-même k lui-
même , sans qiie lui-même se sente lui-
même.
Demandez-moi maintenant comment uo
esprit peut agir sur un corps ; cela est mys-
térieux, j'en conviendrai; mais ies-idées,
les sentiments, les reîsonnËmeots ne sont
lias pour l'expérience des choses corporel-
les; il est impossible de leur percevoir ni
concevoir une étendue, une impénétrabi-
lité quelconque, et je vous demanderai k
mon tour comment des corps peuvent pro-
duire des choses incorporelles, comment
des organes peuvent engendrer des senti-
ments, des idées, des raisonnements ; com-
nient le sensible peut engendrer l'insensi-
ble. Ce mystère-ci vaut l'autre. Qu'on y
songe bien, un frémissement fibreux sera
|ipur lui-même la démonstration du théo-
rème de Taylor I Et par suite ce ttiéorème
n'existera qu'autant qu'an cerveau sera ac-
tuellement dans l'état local d'irritation qui
devrait en porter le nom I Voilà le sort ré-
servé aux, vérités éternelles des matliéuia
tiques.
Dans les deux systèmes, la dilDcul té vient
de la dissemblance qui existe eotru les deux
termes qu'il faut ou rapprocher ou confon-
dre. Remarquez cepenuant une différence
saillante; pour le spiritualisme, les deux
dissemblables, le corps et l'esprit, sont dans
la relation d'actiun de l'un 6 l'autre, selon
ce que Ksot appelle la catégorie de commu-
hauté (germelntchaft ou commerce). Pour le
msLéria^isme, les deux termes sont dans la
catégorie d'attribut ii substuuce ou d'etfet h
cause. Le spiritualisme, en elTet, ne ctil pas
que l'esprit produit le corps, ce qui paraî-
trait plus que mystérieux, ce qui paraîtrait
absurde, au lieu que le matérialisme aitri-
bue au corps la puissance de produire l'in-
corporel ou de se manifester par l'incor-
uorel. Pour l'un, le corps est le relatif de
l'espril; pour l'autre, le spirituel est l'eSet
ou le mode du corps. Ce dernier mystère
est tout à fait inintelligible; Iti premier au
contraire se réduit à la conceplioa d'un être
dont la nature soit précisément de compren-
dre ce qui n'est pas lui, ou, plus brièvement
de comprendre. Or, tout ravieol à la ques-
tion de savoir d'abord si le fait de l'iotelli-
gence existe, ensuite si cei'ait ne doooe pas
nécessairement l'existence de l'être intelli-
gent, être tut generii, aucune propriété de
la matière observable ou concevable ne
donnant l'intelligence, et n'étant pour I»
raison compatible avec L'intelligence. Dne
(159) Organe de la coiiB'jïeDce morale, ou conscieDciwtitc. (SpuaiHEiH.J
13
AUE
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
AUK
IH
fois que l'élre intelligent serait reconnu
coo me Décès sa ire, on ne sérail plus rece-
Tible i demandi-r commenl il est dans un
nniio commerce aTec la malière, car ce
teriil dwianilcr ce qui résullt^ de la su{>|io-
liiioD même. Par 1b supfiosilion, ou I âlre
ioielligeol n'est pas, ou il est Tëire qui n'est
|45 la mAlîère. El du moment que cette re-
bijoa eiisle. l'action de l'une sur l'autre, à
Tiide d'une liaison et d'une coordonnance
nrfiIiMe, devient admissible comme une
bnneoa unecoodilion de celle mystérieuse
relalioo.
La relation donnée, je ne refuse pourtant
pu de l'eiaminer et de réduire à sa juste
TilMir celle iulerrogalioo sans cesse renais-
sinle de U. Broussais : Comioent fe qui
D'esl pas corps peuUil exercer de l'acliôn sur
ce qui est corps ?
C'est demaDder«n d'antres termes com-
ment le dissemblable peut agir sur le dis-
semblable. Ceci paralts'appuj;er surle prin-
cipe lungtemps reçu en physique : le sem-
blable ne peut agir que sur le semblaLile;
|«iiicil>e admis par toute l'aniiquité, et qui,
étts le leui;is Je Démocrite et dans ses
BBins, Tul i'inslrumenl du matérialisme
.110). Mais d'abord ce principe, pris d'une
Euière absolue, est faux; car le rigoureu-
lenenl semblable c'est l'identique, el en
pbjsique l'idenlique n'agit pas sur lui-mé-
oe. Toute relation d'action nécessile an
Eoios II duplicité, c'est déjà une dissem-
Uanee, et il f aurait plus de Téritéà dire :
r d'j a d'action qu'entre les différtint». Il
botan meias ane dllférence de lieu entre
lesmèffles; el encore en différant de lieu,
l«s mêmes agissent pea les uns sur les au-
tres; il faut supposer en enx des forces
fuDiraircs pour qu'un tel pbéiiomëne s'ac-
Kimptisse. En. chimie, il uy a que les dif-
UreoLs qui agissent les uns sur les autres.
Le sjiectacle de loule la nature atlesle qu'un
ceniin degré de différence entre les corps
Ml néeessaîre h l'action des uns sur les au-
Ires.
Jusju'où p^ul aller celle différence sans
i^ce lacliou devienne impossible? Elle
f«it aller Irës-loin ; on dirait que l'action
t» d'autant plus intense que la différence
est plus grande. Eieniple : Les rapporu
•t'idiun qui se manifestent entre les corps
«r^niséa el ceux qui ne le sont pas. Uéca-
fti'juedienl, quelle force modifie plus la
niatière que la force bumaine? Cbimique-
B.>nt, quvl corps la modiBe plus que I aui-
Dial qui ^e l'assimile? Comme aussi quelle
«lion saiaîssante, terrible même, lesinor-
pniques ne peu*ent'ilt pas exercer sur les
ntr]» organisés 1 II semblerait que l'action
n'est jauiais plus énergique qu'entre les
beiéro^nes.
Hais il feadrstt s'entendre sur l'béléro-
généité ; c'est une etpression dont le sens
Tarie soivant l'ordre d'idées dans lequel ou
niMOue. Les bétérugiues de la mécanique
ne sont pas ceux de la chimie, et une défi-
nition générale serait difficile. C'est s*i-e
les physiologistes, c'est a*ec M. Broussais
que nous discutons. Pour ceux qui ne
croient qu'è là matière, il n'y a dans tout ce
qui eiiste rien de plus hétérogène que ce
qu'ils appellent les impondérables el les
corps pesants. Ils l'admeltent au point d'ex-
pliquer presque tout par elle. Voilà, certes,
une grande dissemblance : l'impondérable
a^^it sur le pesnnll C'est la négation de
l'aiiome: le semblable agit seul surlesem-
blable.
Hais qu'est-ce qu'un impondérableTC'esl
an corps sans pesKnteur. C'est un corps;
car, que serait-ce? un esprit? Nous pourrions,
nous, dire de ces folies; mais les physiolo-
gistes ne nous feraient pas si beau jeu.
C'est donc un corps et un corps sans pesan-
teur; nun pas un corps pesant dont la pe-
santeur serait absolument insensible ; car,
qu'est-ce qu'une pesanteur insensible, une
pesanteur qui ne pèse pas? La pesanteur
n'est pas une qualité absoluede la matière;
l'idée de |)L'5anteur est relative h l'homme.
La pesanteur est un effet d'une propriété
qui peul-éire elle-même n'est point abso-
lue. Peser suppose une sensation : les im-
pondérables sont donc les corps sans no'
sauteur. Tout Ismondesail d'ailleurs qii ils
sont invisibles, intangibles, et ainsi, pour
les sens du moins, immatériels. Or, qu'est-
ce qu'un corps ainsi conçu?Cequi luireate
des qualités ne )a matière est insaisissable,
et il y a bien du mystère dans ces mots ; la
matière électrique ou le fluide lumineux.
Je n'en coiitesle pourtant pas l'exiiitence.
Je demande seulement si la nature de Ces
corps ne devrait pas donner de grands sou-
cis, de grandes défiances sus physiologis-
t'.-s, et si elle ne devrait pas être saluée de
leur part de la déclaration superbement
humble qu'ils ne comprennent pas ce qu'on
veut dire quand on en parle.
St la nature de ces corps n'est pas tout;
reste leur action. Qu'est-ce que cette action?
Il es! bien ai^é d'unir ensemble les mois sui-
vants : € Nous ne vivons que pi>r l'excita-
tion. L'eicilabilité est entretenue par le ca-
lorique et l'oiygàne. L'électriciléjoue aussi
un (^raitd r6le... Les impondérables donnent
b la matière cérébrale la puissance de pro-
duire ces phénomènes vitaux.Lo mot sapasse
par ou dtnif les impondérables. Le concours
d'une matière vivante et des impondérables
peut être donné comme cause appréciable du
sentir et du moi (111). Mais, en vérité qu'est-
ce que cela veut dire comme explication?
Ce n'est qu'une traduction, encore très-ha-
sardée des phénomènes; c'est l'expression
de quelques apparences combinées a vec^uel-
ques hypothèses, expression destinée i re-
présenter systématiquement des faits cer-
tains ; mais je ue vois d'ailleurs rien de plu
convenable dans tout cela que dans l'union
do l'âme et du corps.
(IW) AsuTOVt, Miiafbn., \». 10 ; Dt gtnerat. (tlt) Dt Firrit., etc., 1. 1", p. U% 147 ; i B,
a an., i. l;Sext.Kmp. ade. Ualh., 1,7. p. 71, 273, SU, 176.
tnt
DICTIONNAnte APOLOGETIQUE.
Ou me réponflrs re (]ue j'<i dit moi-même,
que toules It'i théories des faits un peu
enmpjiquésde la phj»inloiogiP, de la chimie,
de la pn/sique, se réduisent b des descrip-
linns de mouTemenis, et lu tuouTemeot i des
phénomènes d'attraction ou de répuisioo ,
peut-être même d'impuisfon seulement; et
l'on en conclura que IVlioa et la réactioa
des corps entre eux se bornent à des plié-
noménes de mouTemeDl, quoique mysté-
rieux dans ses effets, et aussi admissible
aue les phénomènes les jilus simples des
forces mécaniques. Ainsi l'on expliquars
tout parle mouvement. Mois d'abord, quoi
de plus obscur que le mouvemeotTQue n'en
a-t-on |ias dit chez les Grecs, qup n'en a-t-oa
Ëns dit chez les modernes jusqu'à ce que
alilée s'avisât d'en recliercberles lois au lieu
d'en scruterta nature? Puis, est-ce donc chos*
si intelligible que J'uctiou purement méca-
nique d'un corps sur un autre pour qu'on y
(roure encore la cause de l'essence méoje du
tcntîmeot et de la pensée? L'impulsion, la
plus simple impulsion elle-même est impé>
n^lrable;et en ossimilant h l'impulsion le
nhéuomèoe de la perception ou de la to-
lonté, on croira I avoir mieux comprise 1
Uats n'est-ce pas expliquer obnurum au
nioios par obtcurum; et parce que tous ne
savez pas pourquoi ni comment une bille
pousse une bille, saurei-rous mieux com*
ment le corps et l'esprit agissent Tun sur
l'autre, quand vous aurez dit qu'il se passe
,enlre eux la même chose qu'entre les deux
billes (IWJ.
Ne sortons pas de cet ordre d'exoroplea.
Presque tous les physiciens admelteot des
forces. S'ils les supposent diatincles des corps,
voilà des existences incorporelles, actives
cependant et agissant sur les corps, et pro-
duisant des nliéuomèues Seusiblet, C'est la
uitaxa difScullé que celle de l'action de l'Ame
sur le corps. Si cette difficulté n'arrête pns
quand il a agit de mouvemeut inorganique,
elle ne doit pas arrêter en physiologie; car
il est naturel ti'induiredu spectacle de l'ac-
tivité humaine que le principe de cette acti-
vité est uue force en même temps qu'une
intelligence. Hais il est vrai que firoussais
n'admet la force qu'avec répugnance, même
dans l'ordre physique {143]. Accordons-lui
loul : il D'y a point de force, il n'y a que des
éirei forts, comme il n'y a d'étendue ou de so-
lidité que daus le concret. Ces êtres forts
sonl les atomtt actift, Lb» atomes aciils snnt
les dernier» éléments des corps, ayant en
eux-mêmes, comme conditions de leur exis-
tence, toutes les propriétés nécessaires pour
froduim les phénomènes sans nombre de
univers, depuis le mouvement de diastole
et de systole du ccsur jusqu'à la course eU
liptique du soleil autour uu foyer iuconnu
de soD iocommeosurable orbite; depuis l'ad-
(US) Cei argument a éié uarrailemcDl développé
dans un ouvrage remarqua Lie et peu connu, Doe-
(rÛMrf<i rappoTit dit phjtique et du moral, par F.
. IMmiii (I vol, în-li*; Paris, 1S%3.) C'esi une réfu-
lalioii de Calianis et un traité de psjctiol^ie.
bérence réciproque des imperceptibles fos-
siles à cent quBlre-vingl-sn|il millions {lar
grain dans le tripoli de Bohême, jusqu'à la
conception nerveuse de l'autre vie dan? la
proluuérance cérébrale de l'idéalité. Ùais
alors, je le demande, est-ce là, je ne dis pas
une science, une explication, je ne dis pas
une expression philosophique, mais une des-
cription iiUelligible et d» sens commun?
Qu est-ce qu'une physique qui se réduit !i
dire ; Il n'y a que des corps sans force dis-
tincte, et constitués de manière à produire
tout ce qui se passe? Ce n'est pas là une
science, i--'est la néi^alion de toulu science,
c'est le système des qualités occultes datiss.!
plus grande nudité; c'est le mystère aDiruié
en langage mystérieux.
Une seule lumière luit au milieu des ténè-
bres. Point d'flme, point d'esprit, jwiut de-
forees; mais il y a une cause première in-
connue, et c'est parce que cette cause eii>lo
que les choses sont comme elles sont. De ses
propriétés, de ses lois, de sa nature, de son
action, d'elle, en un mol,résulle l'oidreque
nous voyons. Lemonde est sop phénomène.
Faute de pouvoir montrer que la matière
soil intelligente par elle-même, c'esl-àilire
eu vertu seulement de ses propriétés et des
agents physiques qui l'animent, on admet en
sus l'action de la cause première, et sur celle
action invisible, inconnue, inde^criptiblK.
on reporte tout ce qu'on n'ose expliquer
Bir la simple puissance des causes connues,
n charge le premier principe de tout ce
qu'à elle seule la matière on mouvement ne
saurait donner. C'est lui qui s'irrite et qui se
meut, qui sent et qui pense, dans tous les
êtres organisés, simples machines dont il
est le moteur immédiat et comaïun, formel
diverses de l'Ktre unique et suprême.
Biê qtUdmmtifMU »l^.kmcexemplm êteuti,
£tM apibu parltm dttiate mniU, et hamtttu
£tkettot iiMën : Denm namqut irt fer omtut
Ttrrtu^M, Iraciiuqiu marii, cœlmmqvt prafundam;
Bine peeudu, anuata, viroi, genuë omtte {eranv*,
Quemqtu ûbi UaN«i itatetKUM urceuere viiag :
Sciticet hue reddi deinde, ae retoMa referri
Omnia; uee utorii eiu loenm, *ed viea volare
Siderit ia HKaurwM «tfHC alto tmeeedtre cmto.
Or, sait-on bien comment s'appelle cette
opiuiO[i?Elles»ppelle lepaiithéisuiê. Brous-
sais est panthéiste. Couiuient l'évilerait-ill
Il ne veut pas du principe spirituel indivi-
duel ; le spiritualisme est «n reman daiU U
héroi est un hovune lUguiti (1U>J. Hesie le
matérialisme; mais le wulénalisiiie, réduit
à la physique expérimentale, est trop insuf-
bsaut. L'oxygène, le calorique, l'élt^clricilé
ont beau taire, ils ne peuvent tout faire, il
laul quelque chose do plus, il faut une cause
au delà de tous ces agents , qui se meita en
rapport avec l'bomnie dans le milieu oer-
Teux, dans l'albiunioe irritable (lU). Le re-
(143) D* l'irriuitio* , Préface, paget t-xT, vm,
Lixv, Lixvi; — lame 1", pages 31U, 566 ; lonw H,
page 69.
{U5) lUd.. t. il, p. 18S, I
W AW MCnOWUURE APOLOGETIQUE. AHE IM
non à Taetioa de U cause première pour onlologie, il fiitulrait STOir prooré qu'élis
cipUqDéi- 1m phéoomèoes immédiats, cette n'existe pas, or c'esl ce qui est resté k d6-
asceosîoa sans iDlenn^inire de l'iodiridoel montrer.
an B^nAral, c'esl proprement le paothéisme. Couc/kWmu. J.es phjrstologîstes, èl Braus-
Le malérialîsme j coadnit nécessairement sais en particulier, n'enlreprenneul de prou-
lei esprits distingnés, car en Igi-mËme il ver leurlbèseqae par des objections aprfori
n'rst pu une position (enaUe-i contre la thèse contraire. Nous rrorons qu'il
Ouoi qu'il en sôil , celle cause supérieuro résulte de cet eiamen que de ces objections,
aai phéwHDèaes agit sur le monde nuilériel les unes sont supprimées, les autres sont
et dans I« awnde maléricl sans être obser^ alTaiblies, et que ceil>fs-ci, en tant qu'elfes
Table, saos avoir k l'eiistence qu'on loi rê- subsistent, sont démontrées communes à
oiBoall d'antre titra que d'être eii^ée par la tous les sjrstèmes. C'est ce que résument
raison (IM). Comme nécessité logique, cette les propositions soirantes:
oue «HprÇaie se bit admettre d autorité; 1* Si la coniraciion est la forme géoérate
oo n« loi dispute plus U réalité, quoiqu'elle de l'action de la matière cérébrale , il n'j
a'ail aMcno dM attributs de la nature maté- a nulle identité , nulle analogie percerable
rielle; ni l'action quoiqu'elle duira agir sur entre on nerf contracté et un pnénomèoa
celte nature nitérielle dont elle est si diffé- de pensée.
rcDl0.OaedeTieoneiitaprè8 uoe telle conce»' ^ L'assertion qui confond avec les phé-
sioD la plupart de* ot^eetions péremploires nomènes d'innerraiion les phénomènes in-
dirigéeseDOlreleapiritualitmef Queeevieut teliectuels et moraux, ne repose donc snr
cette ioipeasibilitd prétendue d'admettre aurune obserTstion directe, soit interne,
qaoiqae ce soit de dépourvu des apparen- soit eiterue , soit des sens, soit de la cons-
ces corporelles et de l'admettre agissant sur cieoce : et comme d'ailleurs elle ne résulta
leMnde des apparences corporelles? Elle d'aucuLe des lois de la raison, elle est
loabe ei l'argument principal du mstéria- gratuite.
lîsaie perd sa validité unÏTarselle. 3* Ce n'est donc pas un procédé légitime
Kedit«sdoocp1nsqQ«reBi)ritaepeut agir de la «cience, une application r^uliire -
sur le corps, paisoue voire cause non |ibé- de la mélbode eipérimeniale , que de nier
noBénale produit les phénomènes, et inob- des causes spéciales ou des sujets spéciaux
servable liaos le monda, agit sur le monde pour des effets ou phénomènes spéciaux.
observaUe; il n'est ni plus absurde, ni plus quand d'ailleurs on admet des cause* in*
contradidoire, ai plus dilScilede concevoir connues, des actions mystérieuses, ou tout
dans lliomflie une forée intelligeute et vou- au uioius uat cause première dont rautioii
laole. UDO cause, nn principe, un £tre in-p et la nature sont impénétrables.
'onnn et invisible, mais attesté par ses &* Toutes les objections préalables que
^noinènes inmédiats, comme la subs- l'on dirige contre l'existence et faction d un
lance corporelle par ses qualités ou apps" principe pensant, retombent ainsi sur le
rmces seosîbles qui sont ses phénomènes, matérialisme quaOd il n'est pas athée.
L'idéed'uo tel agent n'est pas plus gégalive S* L'unité du moi k travers ses phéno-
que celle d'une causa suprême couelue par mènes suppose l'unité de substance L'unild
■DdneUtin de l'ordre de ce monde, mais qu on de substance da ffl«i étant nécessaire, 6m
u'assimîlek ancon phénomène de ce monde; liaison avec les organes devient le fait don-
jamais iuaceessibieaux sens n'a été syno- né par l'expérience. Comment s'opère cette
ujmt de néant. Dire que i'esprit ne peut liaison , comment est-elle possible ï Là est
agir sur le corps parce que le n^Ijf ne peut le mjsière.
*gir snr le positif (1^7), c'est décider laques- 6* Cette liaiioa étant admise, les organes
iMm par la question; l'esprit n'est négatif étant uoe condition de (l'action de l'inlel-
qat: s'il o'exisle pas. Parce qu'es métapli/' ligence , toutes les suites de l'étal des or .
ùqoe on arriva souvent A l'idée de subi- gaues pour l'intelligeiice, tous les fails
taucespirilaelle Fiarrélimioalion, et si l'on waoa» de réaction du physique sur le
veut par la négalioa des phénomènes ou moral , sont des choses fort naturelles ,
loalilcs de la matière, il ne s'ensuit pas que qui concordent avec l'hypoibèse d'une liai-
étre spirituel soit négatit N'être pas telle son , aussi bien qu'av«c l'bypotbèse d'une
oa Idlè chose n'équivaut pas è n'être rien, confusion.
et ce o'esl point nier un être que de le dé- 7* Quant au rapport entre le physique
finir parre qu'il n'est pas. D'ailleurs, quand et le moral, en peut renoncer à l'ex^tli-
oB dit avec Descartes: L'esprit est înétendu, quer, il le f«ut même; et la tentative de
«a cfUendsurloot qu'il est un. Lasuhsiaoce le représouter par les propriétés seules de
eue. aajel des phénomènes du sentinienl et la matière ^ d'une part m réussît pas , de
ue la pensée, c'eal une idér positive, non l'autre excède la portée do U science. Le
■lie D^timi.Ce a'tat pas une négation en comment reste dans lou* les cas uo ny»-
tog%ue, et pour U traiter comme telle en tère impénétrable.
Mifi) nous diians par la raison, peiiqne cette Knllmeot. i On ne peut remanier que parle seeli-
aaiia» te tonne, suivant Rrousaaîs, en Tcrin de ntenl i du molMle sspàinr hx impoedàrablea. »
ta a*»lhé, tacBlié supérieure d rtAedive. Mais (t. I", p. 568.)
otte facahé, SfissMt pir t'indoctiwi ^Mlsnée et (1(1) Ot eirtiUtèen, I. H. dl. 8, sect. C, p. W.
■OB fv saiie nne fètteçlUim diror'Jt, il l'anwUe
f;
DîCTIONNAmE APOLOGETIQUE.
AUE
8° Il est plus obscur dnns rhjpotljèse
du lualérialisme, il ^ a dans cl-Uu liypn-
Ihësfl plus qu'obscurilé; il y a conlradie-
tioii avec les phéooaiënes. La matière n'a
jamais l'unité du mot; les pbénomènes du
moi D'ODt rien de commun avec tes qualités
de la matière.
En définitive I et supposition pour sup-
eosilion, tout se réduit h savoir quelle
ypothèse est 'plus admissible, de celle
d'un être intelligent, uni par une relation
mystérieuse avec le corps > ou de celle de
la matière étendue et multiple, pourvue
de la propriété mystérieuse de sentir, do
penser et de raisonner, c'esl-à-diro défaire
acte d*uiulé : en vertu d'un simple arrange-
ment de parties. Or, le mystère de l'action
d'un princifie de nature ÎDConnun sur la
matière dont il est distinct a pour pré-
cédent, pour type ou pour onsloguo, le
mystère de l'action non contestée , soit des
forces, soit des csusfts premières sur le
iiinode ; tandis que le mystère de la metiëro
intelligente est en contradiction avec tous
les phénomènes, autant qu'avec la raison.
ÎTO.
DotxUme of^ctiim : ImpossfblUté de conitater dfrecte-
meot Ceiistence de l'etprlt. Dimoiisunlion qua c'est lï
le fort de toute* lei canseK, de loules les force*, de tou-
tes Ici substances; procèj fiitsurce pointa la pliy^otogie;
enUtès imaginées par elle pour expliquer les pbénoinè-
nei vitaai.
Trois motifs portent à contester l'exis-
tence de l'esprit. — Cette existence ne nous
est attestée par aucune perception , révéléa
pur aucune intention directe. — Les phé-
nomènes d'où elle est induite sont cons-
iiunment occompagnés de phénomènes or-
^nniques. — Si les uns et les autres appar-
tenaient k des principes différents, l'union
de ces deui principes, qui serait l'union
de l'âme et du corps, serait inexplicable:
donc elle est imposiilile.
^ On peut répondre : Kn admettant que
l'esprit n'etisie pas , nous n'avons pas (Ta-
vaniage intuition ou perception de la cause
des phénomènes intellectuels. — Les phé-
nomènes organiques eux-mêmes ne peuvent
ae concevoir que par la supposition de cau-
ses ou de forces qui ne sont ni constatées,
ni expliquées , ni connues.— L'union de
la matière des organes avec les propriétés
qui en font des organes vivants est elle-
même inexplicable : donc elle est impos-
sible.
Sur ces trois chefs, le procès contre la
physiologie serait plus facile à instruire et
a motiver que ne I est celui qu'elle interna
à la métaphysique. Un gros livre ne suffi-
rait pas è l'anafyse, même sommaire, des
systèmes sur le principedel'organisation,
delà vie, de l'animation, de la sensibilité.
Les hypothèses et le? formules ont été di-
versifiées à l'infini pnur expliquer ou ex-
primer C6 qui faft que noua sommes ce
que nous sommes physiquement. Cet essai
a offert plus d'une aflusion aux doutes et
•ux discordances de ta science sur le prin-
cipe pliysiiiue des phéaomènes iatelleciuets.
Personne n'ose les rapporter pureniMil tl
simplement aux propriétés connues do U
matière en général. Si elle était penfsnle,
Senlanl«, animée seulement, ou seulement
urg;;nisée, en vertu de ses propriétés gé-
nérales, elle le serait toujours et partout,
comme elle est étendue, ioipénétrable, figu-
rée, colorée; et les stiributs qui la pUcenl
accidentellement dans le règne animal sa re-
trouveraient essentiellement dans sei moin-
dres parties. La mort se réduirait à la disper-
sion des molécules OFgani(|ues, et celles-ci
emporteraient chacune avec elle leur part
de sensibilité, d'inielligence et de vie. Or,
cela n'ost pas : ces caractères résident dis*
tinctement et exclusivement en de certain^
agrégats individuels qui surtf!nt de ligne, et
tjui neja conservent qu'autant que subsiste
la cause invisible qui les a développés et
qui les maintient. Cfs caractères Uennonl-
iis à l'agrégation même T II le parolt; mais
ce n'est pas cependant la combinaison des
molécules chimiques d'oiygène , d'axole,
de carbone et d'hydrogène, principes géné-
raux de la matière animale, qui sumt i
la constituer (ette qu'elle nous apfuiratt.
L'animal est un agrégat formé suivant un
certain plan, dans un certain but; un corps
mécaniquement et chimiquement disposé
co[Miiie le corps humain serait produit p r
l'art, qu'il ne serait qu'un corps iaanitné.
Le corpâ d'un être tué en parfaite santË
donne la preuve visible que, même compo-
sées et placées dans l'ordre particulier &
I organisation , les molécules [oaliVielIcs
ne suffisent pas jiour produire la nature
vivante- Dans la formation de l'animal, eu»
mulécules acquièrent donc une propriélù
spéciale qu'elles ne tireraient jamais d'elles-
mêmes, ai, comme on n'en saurait donlin.
elles ne sont pas des substances nouvell<s
créées à nouveau pour chaque être et dé-
truites avec chaque être; s'il n'y a pas.
lorsque I animal est conçu. IransitiuliiliDii
de la matière , mais appropriation de la
matière préexistante à une nature noavulli',
cette nature nouvelle suppose un principe.
une cause,,une propriété qui la transforment,
qui s'unissent temporairement à elle, sans
toutefois s'identifier jamais avec ses parl■e^.
Or, ce je ue sais quoi qui fait que la aiatière
brute, inanimée, insensible, inerte, est
maintenant organisée, vjvaute, douée de
sensibilité, de force libre, de volonté, d'in-
telligence, ne peut être ni coosubstanliel
au corps, car la substance est Ce qui ne
[>érit pas, ce qui persiste après la disse-
lution ; ni mode accessoire de la matière
du corps, car tout mode est homogène à
l'essence, ou résulte des modes esseolieh,
et l'essence, comme les uodea euenlielï
de la matière en général , ue donne en
aucune façon les propriétés de la Tie ni de
la pensée. Cejeuesais quoi est cependant one
abstraction ou un être. Kst-ce une abstrac-
tion? C'est alors ude qualité; or, si nous
retrouvons dans le corps toutes'les qualîléi
de la melièro, les propriétés nouvelles dont
nous parlons ne sont réductibles k auouu»
an KHE «cnoNNAmB
iI'cDm; da moii««menl, de la funue, de la
coaleur.telsHinlbieneneoreles tymplAnies
de eta proftriélés nouTelles ; mais et n'est
rin de tout cela qui les constitue. Est-ce
uattrcT Sa nature nous est inconnue, elle
édni^ i la perceplîoD comme i la cons-
cicDce; elle n'est rien pour les sens. Etre
ou ibslraelion, ce je ne sais quoi qui serait
priDcipe de île, de seasiliililéi d'intelli-
genee, ne saurait en aucun cas Àlre l'objet
Se Ospérieuce. La physiologie , en qualiié
«le teieuc« tout eipîérimenlate, ne saurait
donc. Cad Dieltre. et pourtant, comme science
npéiinFDtale, l'obserTalion des faits ne lui
fêmél poiut de s'en passer. Halérîel ou
ipirituel, un élément inconnu, que nous
•ppdlerons par hypothèse, è la manière
tenalastiqaes, VoKintùlUé ou Vhtananité,
ttt nécessaire i l'existence et à la possi-
Ûittf de l'aDimal ou de l'homme; et cet
incoDDO , fût-il un élément matériel , est
nifépar la raison et non empiriquement
donné. Aiusi , non-seulemeol les phéno-
oièoes intellectuels, mais même ceux de
la Tie et de l'on^nisaiion nécessitent l'ia-
tcneation de quelque chose que ne ma-
aifesla wKone sensation , et dont la nalure
est inroacevable. Sans ce principe, l'or-
ganisation de l'être vivant est noe transsubs-
taiilialioD de Ja matière, c'est-ft-dire un
miracle ; or, le boa sens n'y a jasiais tu
qu'une incarnation.
Mais qui est incarner Est-ce une matière
nouvelle, différente de la matière générale ,
«ne matière spéciale qui ne tombe pas sous
les espèces du corps fisible et tangible, une
matière subtile 7 Je ne sais pas une objection
contre l'existence de l'esprit qui ne puisse
Hre dirigée contre celle de la matière sub-
tile. Due matière qui n'a aucune des appa-
rences de la matière est une conception
aossi gratuite que celle d'un être qui n'est
pas mattèie. La matière subtile qui sent,
•foi pense, n'est ni plus ni moins difficile à
admettre que le principe immatériel dusen-
Itment et de la pensée. Elle n*a ijue son nom
qui la Mure.
Les physiologistes ne diront pas qu'on
leur impute des chimères. On les met au
déti de citer un naiuralisle qui n'ait tAt ou
lard invoqué, pour expliquer les pliéno-
uèDes «ilaux, et avec eux les phénomènes
intellectuels , riolerTenlion d'une entité
spéciale. Ce n'est pas notre faute s'ils ont
mal détini celle entité , et si elle a pu tour i
loor être prise pour un soufile , un feu, un
corps, une abstraction. Nous no nous char-
geons pes de prouver que la physiologie se
Mfil constamment rendu bien compte de
SCS eoDceptioas. La nature média triced'HIp-
loerate, l'Ame irraisonnable de Galion,
rarctiée de Vao-Uelmont, {'impetitm faeittu
de Koerbave, l'Ame aensitive de HolTman,
les esprits animaox de Descartes, air, vent,
Saniae on liqueur (tASj, Tanimisme de
SU) Im étÊeiiplion i% torpi humai», préface,
\ m. 13S; lUvmme, L iV, p. 545 ; Ripmu» nx
^■xlrUaM* atJMtiaw, L II, p. ït.
SfCnOn^lIBE APOLOCÉTIQUI I.
APOLOGETIQim. AME 'Xi
Siahl, la sensibilité organique de Bonleu, le
principe vital de Barttiez, l'organisation de
Bichat. sa secsibilité animale distincte de
la sensibilité organique, h puissance ner-
veuse de Prochaska, la force vitale de
Chaussier, reicitabilité de Brown, Virrila-
hilité de Hnller, de Gall, de Broossais.
te principe ineimnu mat* matériel, comme
dit le dernier, gui fait jouer les rettorlt de
l'exiitence, ou, comme il dit encore, la ten~
sibililé, rétvtfal immatériel et into.mprffttn-
tible de V exercice de tiof fonction* (li9),
qu'esl-ceque tout celaT des métaphores, des
qualités ou des élresT Bien habile qui ré^
pondrait h cette question. Toute conception
analogue ne peut se rapporter pourtant qu'à
an Aire de raison, une matière «ublile, une
force, une Ame, ou un Dieu. S'il s'agit d'un
être da raison, il s'açit d'une qualité. Cne
qualité de quoi ? De rien, car ce ne peut Aire
une qualité de la matière, l'être de raiïOn
étant ici innnté précisément pour suppléer
A l'insuffisaDce des qualités oe la matière.
S'agit-il d'un fluide, d'une matière subtile T
L'bypotbèsed'uncorpsqui échappe aux sens,
qui n'a ni l'élendue, ni la solidité, mais qui
pénètre et meut, si elle n'est une chimère*
est la conception de la force. La force est
ou substance ou qualité. Qualité, quelle est
sa sohslancet Substance une force, cans<3
du mouvement vital, une force, cause de la
pensée, du sentiment, de la volonté, diffère
bien peu d'une Ame. Ainsi la physiologie est
amenée A cette désolante alternative : noe
Ame ou Dieu. Elle prendra son parti; nous
l'avons vu, elle se dérouera, elle choisira
Dieu. Elle fera circuler, s'il le faut, la cause
suprême dans tous les canaux du règne or-
ganique, et les neriis charrieront la Divinité
dans leurs mystérieux trajet.
On ne peut réussir h rester matérialiste.
Après s'être bien attaché aux phénomènes
corporels, après avoir montré au bout du
scal|>el ou sous le verre de la loupe les
fibniles tressaillantes de la vie et de la
pensée, le physiologiste, A un moment venu,
pose ses instruments, quitte la terre, et,
s'élancant dans un monde intcllig'hle, in-
voque des causes accessibles A l'esprit seul,
et se dédommage d'avoir matérialisé l'esi^rit
en spiritualisant la maliëre.
Il serait aisé, en effet, de convaincre les
physiologistes les plus décidés contre l'sd-
Diissiou d'un esprit doué de personnalité
qu'ils admettent forcément en dernière ana-
lyse un principe invisible, soit individuel,
soit général, qui reproduit sous divers noms
l'Ame Tégétative ou l'âme universelle. Car,
on les phénomènes de l'organisme vivant
sont sans cause, ou leur cause n'est pas de
la nature de la matière connue. Dne cause
qui u'est pas do la nature de la matière
oonnue est déjA quelque chose approchant
une cause immatérielle.
Toutes les Gns de non-recevoir conlie
(l<9) Se rirrilatiaK, 1. 1", ^rt. i . ch. 5, p. 63 ;
Traiii de fkpiolojie appli^iUt à la patkcloyie, t. f
p. «.
7
va
AVE
DICmONNAIRE
l'Hilervonliou Ue lout princino supérieur h
l'expérience sont donc (Jénlacôes dans la
-boucbâ des piijsiologislcs. Ne souiTronspss
aue les Gracques se plaigacDl de la s6-
illon-l
Poar coatesler ]e spinlaaUsmei les sa-
TDDts devraieul commencer par 7 renoncer
'Cux-mëmcs-; «'est-i-dire que, réduisant Is
science au tstassement et h l'analyse des
pbénomënes, ils devraient se luire sur les
ceiiscs. constater des mouTemenis sans in-
duice dos forces. Hsderraienl dire : l'homme
ii'a connaissance que des .phénomènes, ceui
qu'il sent et ceux qu'il suppose; 1* d'après
les cfTels qu'il leur assigne ; 2' d'après I élot
<it la structure des agents visibles auxquels
U les rapporte. Toute science est donc émi-
nemment phénoménale. Or, les phénomènes
de i'oi;gaaisme n'étsnt pour les sens que
des phénomènes d'étendue et de mouve*
meut, restent, comme tous les phénomènes
d'élenduc et de mouvement, soumis à la
science des lois générales de la matière,
lin quoi d'essentiel pour la simple observa-
lion les apparences d un viscère en fooutioni
diilèrcnl-Glles de celles d'une machine? On
ne peut le dire. Or, puisque toute machine,
(c nioade inorganique lui-m&me, celte ma-
chine immen5e,«at réglée par des principes
mécaniques, tous les phénomènes de la vie
rentrent ou doivent rentrer dans la science
de la physique générale. Limitoos la science
k l'observation, ^'observation aux pbéao-
uièuGs, les pliënofflÈnes à des mouvements
d'organes, et décomposons ces mouvements
vt ces organes, comme nous ferions du mé-
canisme d'une montre, en les rangeant dans
l'ordre de leuraotion.La science de l'homme
se réduira ainsi iuaa anatomie et & une
physiologie pureioeut descrii>tives. Voil&
dans toute sa prudence le râle de la scienco
cxpérimenlale appliquée & la nature bu-
maioe.
Uais quel physiologiste s'en est tenu làî
Aucun. M. Hagondie lui-même qui professe
un inllexiblo mépris pour les abstractions
systématiques, après avoir bien simplement
Uécrit toutes les propriétés physiques ou
chimiques des éléments du corps humain,
est obligé d'en admettre une qu'il appelle
action tilaie, e( qu'il ne peut rattacher à
rien. Cette action vitale sembla résulter de
l'organisation et non d« la nature des élé-
ments du corps ot^nisé. Or, l'organisation
n'est qu'un mot, ou elle est un principe
nouveau introduit dans la matière*
Les phénomènes organiques sont des
mouvements sans doulu comme ceux de la
chimie, comme ceux de la physique, h cet
égard ils sont mécaniques; ils le sont pour
lo loucher et {tour la vue. Ceiteodant au-
cune mécanique oe doonora fa formation
eenstanle et harmonique des organes,
c'esi-à-dire la génération. Aucune méca-
nique nodonoera l'irritabilité, même l'irri-
latioa des organes; aucune, leur mouve-
ment |>ropre, leur activité originelle, l'en-
suruble du leur action, la vie cntiu; aucune,
leurs sympathies, ces conditions fondamen-
APfflXWETIQUE. AHE W
lalos de la santé et de la maladie; uftnine,
la sensation purement nerveuse, ni le
moyen du mouvement volontaire. De Ik,
pour le physiologiste, des fait» qui ne peu-
vent èlreque verbalement ramenés aux lois
générales de la matière. De Ik, l'impossl-
hiiilé que la mécanique organe sullifle à
l'homme , comme la mécanique célcslo
suint au monde. Encore celle-ci e»l-eile
obligée d'emprunter sans explication deux
forces à l'observation , la force de projec-
tion et la force centrale. La physique est
toujours sans réponse h la question de
Rousseau : « Que Newton nous montre la
main qui a lancé les planètes sur la .lau-
geole de leur orbileT »
U'ailleors, les phénomènes appréciables
oe sont pas les seuls certains ; faut-il redire
c^uQ les sensations, les pensées , tes bQdc-
lions^ les volontés sont des faits tout aussi
certains, quoique parfaitement inaccessibles
aux sens? Encore bien moins ces faits sool-
ils réductibles aux lois mécaniques de la
matière. Aucun phénomène de mouvement,
absolument aucun, ne présente, même pour
une induction éloignée, une analogie saisii-
sable avec ces actes si fréque&U, sicoonui,
accompagnement nécessaire et témoi^sgs
unlque-des faits dont s'enquiert l'observa-
tion externe.
La physiologie mécanique est donc une
science incomplète ; elle n'explique pa.», elle
ne décrit même pas tout l'organisme. Elle
l'embrasserait tout entier qu'elle n'embras-
serait pas tout l'homme, ou elle u'j par-
viendrait que par (tes coiyectures et pardes
hypothèses.
Si doQC les physiologistes tiennent à so
montrer observateurs aussi sévères, expéri-
mentateurs aussi scrupuleux qu'ils le pré-
tendent, qu'ils se gardent d'aueuuo conclu-
sion sur la nature et It cause de ceux des
phénomènes organiques qui ne sont pai
purement mécaniques, de ceux de* phéao-
mènes humains qui ue sont pas sensible-
ment organiques; et qu'ils s'en tiennent k
celte modeste conclusion : Il n'y a deictenci
guB ta tietwê d'obtemtion. L observation
montre dans l'homme une massa étendue,
figurée, mobile, cntorée, ayant la lemfiéra-
ture, la pesanteur, la cahéiiiou, olc. Par U
il ne dilTère pas essentiellement du reste de
l'univers sensible, et Ina iihéuomènes do
son corps sont les mêmes que ceux de tous
les corps. Dans quelles conditions , sous
Suelles formes, daus quel ordre ^ î quel
egré ces phénomènes se ma uif estent-ils 1
Telle estl'unique uuestion que doit se poser
la science, et quelle peut résoudre par
l'observation en ae faisant descriptive.
L'observation et la description recorniaisseut
alors h ces pliéiiomènea commuus des ca-
ractères spéciaux. Ut paraissent disliiicis
de tous les autres par leurs causes tisales,
par les circonstances de leur maaifestation,
conséqucmment par leurs causes iuiiuédia-
tes ou instrumeulales. Les classer métho-
diquement, c'est-b-diro dans' leur ordre
de succession, et dans leur ofdro U'eeliou
DKTKHiHUIË APOLOGEflQCE.
Hile r^Ktkm, tel est encore le pouvoir et
le droit de !■ sciflQce. Enfin l'obsernlioD
(Hstingaa eolre elle-même et les faits orga-
oiiltici, dfls bit* iotennédiaires, observa-
bles pv seoliinent iotime dans l'observa-
U«r, et cependaDt iavisibles et iolangibles,
fUaanèats poartaïUpuîsqD'ils soDt connus
H fft'oa peut rappeler, comparer, juger,
foameUre i rindnctioaetin rsisonoement,
eoDséquemiQerit introduire dans la Mîeoee
coaim loul le resle. Ni [lar les eircoos-
luKCS de leur nunifealalion, ni par la forme
inn laquelle ils sont connus, ni par leurs
caoses Oaales, ni par leurs causes immé-
iiî>us,ib ne paraissent sa coolbndre a*ec
les pbfoenièaes précMenls. Les confondre
u tcnit |dus observer ni décrire, et la
{dciMde ces lâils te formera par l'olisor-
nlîoo ci s'acbàvera par la description.
ffliâ où doit conduire et s'arrfiler l'es-
prit Je la niélbode expérimentale relîgieu-
Moeni f uivie. Or, cette coDclusioo, quelle
«si-WleT C'est la conclusion même de la
H>Jsielosie ordinaire. L'objel de la phy-
«olegie n'est connu et ne peut 6Ire défibi
^ueptrses pbéoomènea,c'e5i>i-dire parxea
quilités seosibles. L'objet de la psjrcholo-
pe ne peal être connu oidéQni que par saa
(•bénonèoes, c'est-ànlire par ses modes ob-
ttnabies. De tk deux sciences, comme il jf
a deux ordres ^e pbéoomàDcs. Ne dites pas
que ce qai présente l'un de ces ordres de
■•bënomènss s'appelle matière ; nous ne di-
roos pas que ce qui présente l'autre s'ap-
I>dle esprit ; on, si nous parlons de la ma-
ûia et de l'esprit, il sera bien enleodu que
a sont des noms arbitraires, l'un de ce qui
est éLeoJn , figuré, coloré, mobile, etc.;
raolre de ce qui sent, juge, veut > se sou-
tient, Ktc Quelle est l'essence de l'une ou
de Pautre de ces choses! Est-elle la même
|«ar l'une et pour l'autre? Questions élran-
gères i la science d'obseivation ; queslioos
étnagères i la pb; siologia et i la usjrcholo-
KÎf.CuueseraautérialiBle pour elle-même,
I atître aftiritualiitte pour elle-même, c'esi-à-
dire cbacune dans ses limites ; mais l'uue
ee conclura point pour l'autre. L'opposition
de la matière et de l'esprit ne sera que la
diilioclioa entre les deux ordres de plié-
bofliènea que ebacuue des deux scienucs
étudie. Le sujet immédiat de l'un Je ces
Anlrei de phéuoœënes «st^l essentiellement
tliilërent du sujet immédiat de l'autre; ou
Lieu les deux ordres se réunissent-ils dans
■oméme et uniquesujetlLcsdeux sciences
cooseotent ï l'iguurer ; le mot mémo de
suLniaoce ne sera point prononcé, et la paix
ctn laite {l^O)-
Tel eft, en elfet, le compromis que la ps^-
cbolo^o offre à la physiologie, etilestvrai-
a>enl sinsulier qu il ue soit pas accepté par
ctlle (iequi la i>ropositioa aurait du venir.
Uuaoliuioi,jel avoue, je ne me résigne pas
pourlapBycliologie,eacore moins poerli phy-
siologie,! une telleburailiationlCe ne seraitnu
même un partage égal. La ptjcholo^ene dis*
pute pas h la ph vsioTogie son domaine; elle se
borne k.défendre le sien. Elle lui laisse le
corps, tandis que la physiologie ne veut pas
lui laisser l'esprit. Il ou s'agit pas, en elrel,
de mettre d'accord le matérialisme et l'idéa-
lisme, mais le matérialisme et le spiritua-
lisme. Lo matérialisme est un envahis-
sement dont la physiologie n'a pas besoin
l>our exister, et l'esprit serait toléré qu'elle
resterait tout entière. Ji n'y a de partage
égal que dans le système di;S frootièrei na-
turelles. Aussi bien jA soupçonne quelque
artifice dans le désintéressement delà psy-
chologie. Lorsqu'elle dit que par la tran-
saction proposée tous les droits du la philo-
sophie oe I esprit humain sont en sûreté,
elles bien l'air de garder l'srrière-peoséo
de reprendre son terrain par un détour.
Plus tard, en présentant comme des phéno-
mènes, et partant comme des faits, les ccn-
victïons naturelles de l'esprit humain par
lui-même, elle pourrait bien faire rentrer
dans la science descriptive toutes les notions
qu'elle aurait paru écarter avec la science
rationnelle. Ndus aurons plus d'esigeoco et
plus de sincérité.
Oo sait que penser maintenant de l'objec-
tion fondée sur l'impossibilité de constater
directement l'existence de l'esprit. C'est le
sortde toutealescauseSfde toutes les forces,
de toutes les substances, de tout ce oui est
invisible dans l'ordre de la physique. La dif-
ficulté étant commune i tous les systèmes,
h toutes les sciences, est donc ici comme
DUlle. Deux points restent ï considérer: l'un
est la liaison constante dos phénomènes or-
ganiques avec les phénomènes moraux, ce
qui constitue, dit-on, une probabilité en fa-
veur du matérialisme; l'autre, l'impossibi-
lité d'expliquer le rapport de l'âme et du
corps, ce qui cooslilue, ilit-on, une objec-
tion contre le spiritualisme. SoumeKooa
ces deux points A un dernier examen.
|Tin.
Tnùiime a^editm : la liaisoB coaslula de* phâ-
Domènei orgiiùqne* arec 1m phéuoniËBes inotaHi
proure en (*Tear da malérialbme. — DiOcalUÎt duH
le «jbUbc malMilùte dteoMtrées par l'aûljM de U
■CMiUoa, de la peoaée, eic, par U nalare el le HHe
ducerreaD.
L'union des phénomènes des deux ordres
□'est rien moius qu'une découverte. Ce fait,
vieux comme le monde, n'a échappé eu au-
cun temps aux philosophes d'aucune école;
il n'a été ni méconnu ni atténué par ceux
qui ont le plus insisté en faveur du prin-
cipe spirituel- Mais il n'a pas plus mis
d'obstacle aux doctrines spirilualistes qu'il
n'a exercé d'ioQueuca sur la croyance du
guaro humain. Car c'est la croyance du
genre bumaiu que celle d'un principe dis-
tinct des organes et des sens, et qui ne peut
It») < EacipMaat les noiinu relaUves que iophie dt rttpril kttmaim, l. 1", note A. Voy.aïuai
Mw ava^ de reipcil et de cerps, j'ai év'ué d'em- son Uittoire 4e* Kiaues méiapliyt., 1. 1", eli. Il, p.
(■«•jer le m»! ëmiitauet, ,pour n'éveiller aucune IHS, cl la DOte 1.)
uiMoierve. » l>. Sii:w*ai, Elimenit de la philo'
VJÎ
AME
DICTIONNAIRE APOLOGETIQtlii:.
AUE
m
ttre'àb infime iiBturrt, puisqu'on ne le croit
|>osdélruita'veceiii. L'objection porte donc
sur dei fdits connus, dès lojiglemps appré -
liés, et elle n'ii pas beaucoup (rouble l'bu-
UKiiiilé, ni découragé les ubilosoplius.
Parmi les naluralisles, eHu est loin d'avoir
consliimfnenl |irodui[ les icëines elTels. Ils
lie se sont pas tous accordés & ne voir dans
t'homme qu'un système organique.Un çrand
nombre, ue pouTanI réussir è expliquer
l'urgatiisalion par elle-même, ont cru qu elle
réclamait un principe invisible, ne fât-ca
que pour présider a ses propres fondions.
Le pliysiologic, mali^rlaliste pour le compte
d« la |)liilosopliie, a été spirituaUste pour
Bon jiroprt) compte, et c'est ôlre sprilue-
liste que d'admettre un principe d'iiction
inncciissibte aux sens. Il est vrai qu'un a
tiré de \h une autre conséijuente; de ce
principe, i\iiie de la vie pliysjqiio, on a Tait
l<jule l'ilme, qui n'a plus jjuërti élé que l'a-
nimalion.C'esi même tn ce sens que le mol
a été joivenl el longtemps emjilojé. L'ani-
ma de toute la luttnilé philosojdiique an-
cicnnoGl moderne u'cslpa^i le synonyme d«
J'(.s]irit pur, et Pcscarics, l'inventeur peut-
titre de l'esprit pur, se ]>laint de i'équivoque
qui tsl dant le mol Ame, et de ce que les
premiers auleurt n'onf pas distingué en nous
ce principe par lequel nous sommet nourris,
nous croissons et fuiions sans h pensée toutes
les fondions qui nous sont communes avec
les bêles, d'avec celai par lequel nou* pensons.
Aussi celui-;:! , cet acte premier, cette forme
principile de l'homme, tl l'a, dit-il, le, plus
souvent appelé du nom d'esprit pour ôter celte
équivoque el ambiguïté (151). Rlainlenont,
que cet csnrit soitdistinct de coi autre prin-
cipe qui D est pas le corps, en sorte qu'il y
ail dans l'Iiomme (rois principes, l'âme pen-
sante ou l'cspril, l'ilmo animnnto ou la vie,
r'appareil or^^iiniqueou le corps, ou bien quo
les deux tmus tloÎTent élre.réunies en une,
c'est une queslioii dont IlI solution inlércsso
feu ladilFiculté qui nous occupe en ce inomenl,
1 s'agit, en elfei, de savoir si i'idenlilé des
deux natures apparaît dans le mélange des
ntiénomènes.De ce nue (les phénomènes intel-
Jectuels sont précédés, accompai^nés et sui-
vis de phénomènes organiques résullc-t-il
que les un^ doivent élru rapportés au même
sujctque les autres? La logique universelle,
l'expérience universelle, ne, fait qu'une ré-
ponse; c'est que la coïncidence ne peut lé-
gilimeiBont suggérer que la connexion. La
liaison dans le tf nips des phénomènes liis-
lincls n'a janjais Dlteslé entre eux l'identité
substantielle, m:iis bien un rapport. Et le-
quelT un rajiporl decausalifé.
Prenons le plus slmj^le exemple, la sen-
ealion. Mes sens, ou les organes externes de
mes sens, sont elTeclcs par un objet. Cette
ufTeclion des meml>ranes où s'Opanouissent
les ucrfs est communiquée à mes nerfs;
l'afleclion des neil's est communiquée su
centre nerveux , c'i sl-à-dire h .mon cer-
veau. La sensation s'accomplit ; jo sens ;oCt
se passe (a sensation f Dans les organes ei-
lerneïTNon, sans doute; le vulgaire Jecroii,
il croit que l'œil voit, tandis qu<: l'œil tv~
préSL'Hie. Mais ici le physiologiMe est d'ac-
cord avec le philosophe ; la sensation n'cii
point dans l'organe externe. Kst-clle da^is
les trajiils nerveuxT Pas ■davanisge. Esl-i'lle
dans lecerveauTOui, 'dit le pliyi-iologisle.
Uais en quoi l'afTectii^n des nerfs du cer-
veau ressen>ble-t elle -plus à Ja sensation
que l'aSTeclion des nerl's propremenis dits
ou celle de leurs exlréinilés épanoulesT lin-
possiltle deli^ dire. Il y s plus de similitude
entre ces trois aiTeclioiis successives qu'tnlte
aucune d'elles et la sensation. Or, si du
l'aveu de tous, ni la premiers, ni la s< coude
n'est la sensation, si l'une et l'oulre neïoiit
que des conditions organiques de la sen-
sation et n3i) pas elle, pourquoi la troi-
sième, qui lie ditTèra pas cssenlicUenieiU
des premières , et que les physiologistes a[-
pellent comme les autres une irritation, ne
i-clle pas d<
nique de la
organique de la sensation , pourquoi su-
rait-elle la sensation elle- même? C'est
par une supposition grBtui:e et contraire à
l'analogie que l'on rayerait ces mots échap-
pésàla conscience universelle: Jtsens, pour
les remplacer par celle formule: JUon etr-
veau sent. Le vulgaire dissémine la sensibi-
lité, \'d physiologiste la centralise, le piii-
lusoplie la neisoniiifie. Meisle vulgaire, qui
croit que I œil voit, ne dit point : Mon ail
voit, il ii'il: Je vois. Le physiologiste no
croit pas que l'œil voie, mets il devrait dire:
JUon cerveau voit , el non je vois. Lo philo-
sopha ne croit à le vision ni do l'œil, ni
des nerfs, ni du cvrveau ; il ne croit qu'à
celle de la personne, et il dit; Je vois,
comme le vulgaire. La science et le seii*
Commun s'accordent.
La philosophie divise lo phénomène orga-
ni[|ue. Elle ne met la sensation ni dans
l'organe externe, ni dans le nerf. PourquoiT
parce qu'elle ne l'y voit pas, ou n'jr voit rien
qui lui ressemble. Elle le met dans le cer-
veau : l'y voit-elle ou y voit-elle ce qui lui
ressemble ? Non ; mais,dit-elle, le cerveau
supprimé, la sensation n'a plus lieu. L'or-
gane exierne el les Qléts nerveux supprimés,
(i-l'Clle lieu daventage? Mais on ne sent pns
quand le cerveau est parolysé, on seul mal
quand il est malade; donc c'est lui qui senl.
un ne voit pas quand l'œil est crcré, on voit
liai quand l'œil est malade; est-ce donc
l'œil qui voit? Mais au delà du ci:rTeau ou
n'aperçoit rien. Aperçoit-on quelque partis
sensation? Ce}ieniJani elle se constate d'une
certaine façon ; el si cette façon particulière
de la constater n'eiistail pas, jaiuais l'obser-
vation scienlilique nu la ferait connaUre.
Insirument, autopsie, injection, disscelion,
enolyse chimique, rien ne ferait connaUre
la sensation, n'était la s<>nsation uifimo-
Ainsi aucune expérience, aucun pliéuoiuâne
sensible, aucune raison, aucune r(.'SSC'iii-
blance, oucuue analogie, u'ideiHitiu ralTcc-
(150 Réponse aux c'mquiiir.ct objeclioni, p. 2d^ ; I. VIII, Lettre au P. ilerienue, p. 501.
AME
blCnOX.XAIIIE APOLOCETIQtIB.
AXE
î.t
lioii bO cerTesa if ce la sensation. L'ép»-
oouisKiBeal «xlerne est i'épaoouisseinenl
dtOMtocrfs; mes oerfi sont les proloa-
Moeals d« moa cerceau ; mon cerveau est
le e^rieau de moi. C'est ce tleruier terme
qae^ l'h^siologw retranche. Avec elle, moo
rrntaa est le cerreau ile moti corps, aion
corps la corps de mon cerveaur ou plHlât
c'eU on cercle licieui. Du cerTPsu vous ae
rcmoulerez jamais qu'ait cerveau , qui d«
ura qu'un cerveau, et jamais le mien. Le
ftnMU qui seul, et qui sent au'il seni, ne
ftn janais que l« cerveau de lui-même.
Bi^ureusemtnl, le moi est inexprimable
diiu lesjsténie de la sensibilité orgaoique.
Ccqoi est vrai de la sensation sera vrai
de It peiisiSe. De ce qu'un phénomène or-
psJi)Beei>l rAniécédtiil ou l'accompagne-
BKOl i)&:tsïaire d'une sensation, une in-
tf^floiinalurellenoas persuadequ'un plié-
Looêuê or^jaiiique convoie nécessairement
t.ul (de de la pensée, sépare même* de
toute iensali.^o; et reUeanalogreest conlir-
iiiéep3rlanéi:essiiédel<i présencedu cerveau
f<our la pensée, de la santé du rerveau pour
*|uelj pensée soil normale; enfin la fatigue
hcta tête suit l'activilé de la pensée. Qae
!« passe-t-il alors dans le cerveau? On
i'ij:.o(e. Uais ce qui se passo esl-il identi-
i|'«ou coiDjiaralile h la penséeT Pas plus
;,ua la seusalioii. LAfienseen'a phénoméaa-
^ment rien de commun avec une irritatioD,
nat liliratîoD, unestîmulnlioii. Le »i0ipeii-
ui.tit'esl pasplusalieignabledans le cerveau
»uianli et la nécessité d'une condidun
kf;auique de la pensée ne confond pas
^'Ccssaireuieiit la pensée avec celle condi-
li in.
£i.fin, quand la pensée se transforme en
tuiuutr, c est'i-dire qu'un phéuontèae or-
c'i-ique Toulu se maiiiftsle dans le corps
1.1 p-'ur la sensibilité interne, en confcr-
i-iié de la ]iin5<--e, quelle idenlilé, quelle
î.-nl^, quelle analogie nous autoriserait à
«■jiifODdre la volonté avec l'action du eer-
^na sur les nerfs, des nerfs sur les niem-
•■:ea! Nous retrouvons dans l'ordre inverse
:-us les plién'.méDes qui accompagnent la
Husalioa, cl 1rs raisons qui nous ont portés
à*iistinguer de tes phénomènes la sensa-
1 en nous obligent à en dtstinguerla volonté.
Uais TOUS ncconcevez pas, dansla sen-
sati'Hi, dais la pensée, dans la volonté,
•,u«l'iue chose au delà du cerveau. Vous
t-v le concevez pas , diles-vons ; mais dans
• ) luloDié, dans I3 pensée, dans la sensa-
..'^u, quand le cerveau agil, ou sent, pense.
Mal, le fait-il en vertu des propriétés con-
t .es de la ni.itière. ou d'aucuno des forces
:-Pposées dans les corps par la physique
b'iierale T Vous ne l'aOirmerii'z pas. Aucune
.« ces propriétés ou de ces forces 00 vous
rinlrail un phcnomène moral. Vous pou«
* z TOos servir de toutes, de la pesanteur,
u: :'«tUuité, de l'électricité et du reste;
1 '.is les faites jouer su gré de l'art des
•t|>tTi<acGS; jamais vous ne réussiriez à
: ï-r la I ensée ou la sensation de tout cela:
t^ius De le tcQlericz poittl. H va donc là
due propriété inconnue, une force incoR-
noe. Le cerveau, comme masse étendue,
figurée, même organisée, ne se meut pas
lui-même, n'agit point par lui-même. Vous
êtes obligé d'admettre un principe d'action
qui est en lui, qui ne se séparo point de
lui tant qu'il est cerreau , mais qui cepen-
dant n'est essentiel 1 au»uoc de ses parties.
Ce (irincipo n'étant pas la matière dont est
composé le cerve.iu, s'il est une abstraction,
n'est rien. C'est la cause inconnue de tous
Iès phénomènes que vous stlribnez au cer-
veau, par conséquent des phénomènes intel-
lectuels et moraux. Il est donc la cause incon-
nue et spéciale de pbéuonsènr-s incompara-
bles avec les phénomènes géoéraut de la
matière. Or ci tle cause est, par la supposi-
tion même, un principe réel, spécial, dis-
tinct de la matière connue, n'ayant rien de
commun avec elle que d'êlro avec elle et
en rap(iOfl avec elle; tout cola vous l'a-
Touez. Que cette force soit une ônorgie
individuelle uu la cause universelle et su-
prême, vous êtes contraints de la concevoir
au delè ou en dedans du cerreau phénomé-
nal, et en rapport d'action avec la matière
du cerveau. Ne me dites pas t^ae ce n'est
qu'une qualité, et qu'une qualité n'est pas
proprement un titre. Quoîl la pensée est uu
accident de la substance céiébralu, c'est-
jk-direde la ntatièro du cerveau? Uais d'a-
bord les aci'idenls de la matière sont du
reshort de la perception; celui-ci est iiu-
percerable. Puis un accident est la qualité
du tout ou des parties. Celui-ci appartien-
drait-il du tout. et non aux parties? La ma-
tière ne comporte pas do telles qualités;
elles sont contradictoires avec la nature du
l'être homogène et étendu. La qualité serait
donc inhérente & toutes les parties? Uais
aucune partie, séparée du tout, ne pense,
ni no veut, ni no sent. Enfin serait-elle
dans une seule partie? La(]uelle donc? uu
point? divisible uu indirisihle? Diris<Mc,
c'est le tout matériel , la difiiculté revient.
Indivisible, un principe spécial, réel, dif-
férent de la matière par tous ses phénomè-
nes, concentré dans un point indivisible, et
cependant en rappurt d'aclion et de passion
avec la matière : qu'est-ce autre chose que
la conception même d'un principe immaté-
riel?
Voilà ce qui résulte de l'examen métlio-
diquo de la première probabilité du maté-
rialisme. Maintenant passons au rapport des
nhénomënes entre eux.
SIX.
DHOfiiriK obieetim : unfoo de l'iiae el àa «rp« iaeiolt-
oble, doue inipowible. — PtiéDoioèBe* we»P'.^f"
moral.— EipowUon dMdiTeissrsIèiiiesiiiiïginéspoct
expliquer l'union de l'ime et du corpt.
Si l'homme est corps et esprit» comment
le corps el l'esprit sont-ils liés, comiaeul
agissent-ils l'on sur l'autre? Cette liaison,
cette action mutuelle est inexplicable ; donc
elle est-incon«cvnble, donc elle est imtios-
aiblc. Mais d'abord ce qui est inconcevable
MCTI0NNA18B APOLOGBTlQUe.
a'eàl pas nécessairement impossible. Com-
ment les molécules d'un tiorps sotrl-elles &
la fois agrégées par la force de cohésion et
séparées par la force de répulsion du calo-
rique. Comment l'éleclricité est-elle tout i
ta fois si manifeste dans ses effets, si insai-
slasable dans sa nstureT Comment le force
est-elle transmise d'un corps h an autre
dans le plus simple phénomène d'impul-
sion T Tout cela est ioconcerable, et tout
cela est reconnu possible et rée). Mais il
peutjr avoir des degrés dans TinconceTa-
nle; on peut dire que dans toutes les liai-
sons de cause et d effet de la physique, un
mpport de natunj rend plus vraisemblable
la connexion des phénomènes et l'action
mutuelle des forces e( des subslunces. On
posera même en principe qu'il n'y a point
de rapport possible entre deux natures
substantiellement et essentiellement diffé-
rentes. Mais ce principe serait le jugement
de la question par ta question, et n'a ni
plus ni moins de valeur que ces autres
propositions : Le corps et l'esprit sont deux
êtres dont les essences sont différentes et
s'excluent l'une J'autre; mais elles sont
constituées de manière & pouvoir être
unies et agir l'une sur l'autre, ou l'une h
l'occasion de l'autre, Ceci est aussi la
question jugée par la question; les deux
assertions ne sont démontréifs ni l'une ni
l'autre; mais, pour soutenir la première,
la physiologie aurait A répondre préalable-
ment aux questions suivantes :
1' Comment admet-elle l'action d'un prin-
cipe de l'organisation et de la vie qui n'est
pas, ainsi que nous croyons le lui avoir dé-
inontré, de même nature que la madère du
corps î Ou , si eite rejette ce principe, com-
tncnt expliqne-t-elle, comment conçoit-elle
la fie, la sensibilité, l'activité orgauliuo
de la matière du coipsT
â* Dans tous les phénomènes de mouve-
ment, comment eiplique-t-elle l'action de
la forcef Si elle croît la force immatérielle,
le principe qu'elle oppose k l'action de l'àme
iOT le corps est faux. Si elle croit la force
inalériell'e, qu'elle la montre confondue avec
les propriétés générales de la matière. Si
elle nie la force, qu'elle montre les phéno-
mènes de mouvement et de changement
résultant dos propriétés générales du la ma-
tière inerte.
3* Comment conçnït-elle l'action de Dieu
sur le monde matériel T Dieu n'est pas ma-
tière. Dieu est matière, ou Dieu n'est pas.
Qu'elle s'explique sur lous ces puints, ou
qu'elle renonce i l'existence d'une cuuso
première. Car admelu-o sou existence i-t
refuser de s'expliquer sur sa nature, c'est
accQrder quo cette nature peut fitro toile
qu'elle se dislingue profonuémenl de tout
ce que nous connaissons do la matière, et
demeurer cependant compatible avec lot-
ijtude de cette causesur la matière. Or, cette
concession suffit, eI,deDieu,el1e est principe
applicable ù l'âme.
Tout ceci est purement polémique; abor-
dons & présent la question des rapports du
corps et de l'âme, non pourlaTésAodre,
mais pour l'éclaircir. Quels sont les carac-
tères principaux de ces rapports, et res ra|>.
fiorts une fols caractérisés, t'ensuil-il une
mpossibilité absolue de les supposer entre
un système matériel et an prioeipe qui os
l'est pasT
Bien des phénomènes se passent dam
l'organisme sans que l'esprit y partici|>e;
bien des phénomènes ont lieu sens con-
science; mais aucun phénomène dont il j
ait conscience n'a lieu sens une certaîne co(s
pération du corps; il faut au moins-que le
corps soit présent et vivant. Il faut même,
c'est une probabilité qui est pour nous une
certitude expérinieatate, une a3tion d'une
partie de il'organisme qui réponde à tciut
acte donnant lieu A un phénomène de con-
science. C'est ]k le fait le plus éminent
do la liaison pure et simple. Point d'acliun
de la pensée sans action du cerveau; ce
n'est point la tète qui pense, mais on pense
avec la tête. Sans aucun acte de la volcntd,
sans rapport appréciable d'iufiuence mu-
tuelle, par une coïncidence constante érigée
h juste litre en connexion, l'action de la
pensée est accompagnée de l'action du cer-
veau. Assurément la première détermine la \
seconde; peut-être la seconde peut-elle dé-
terminer la première, même hors le cas de j
la sensation. Dans les rêves, dans la rêve-
rie, dans les moments où l'esprit se laisse j
aller vaguement, sans lier ses pensées par ,
un autre tll que l'association fortuite des
idées, il est possible que l'aclioD propre dn
terreau, laissée en quelque sorte a elle-
même, détermine à peu près seule la suite
des différentes consciences qui so succèdent
en nous; mais il est encore plus certain
que l'intelligence, par ses facultés volon-
taires, l'allention et la réflexion, détermine
impérieusement les actions correspondantes
du cerveau qui lui sont nécessaires, et sus-
cite même les phénomènes du cerveau qui
ce rapportent a l'action de deux facultés
moins soumises & la volonté que les autres,
savoir, l'association des idées et lu inéiuoirc.
Ces facultés sont moins volontaires, en ce
qu'elles sont mises directement en action
par une faculté luut è fait involootairo , la
sensation. Tous nos souvenirs, toutes nos
associations d'idétis, ont été originairement
le produitde causes accidentelles, tl'expéricD-
ces internes ou externes ; c'est lace qu'il y
a de fortuit et de fatal dans notre monde
intérieur. La sensation a sa cause hors du
moi; c'est la plus involonlsiro de nos fa-
cultés, ou pintdl elle lest tout & (ait en
ce sens que nous ne pouvons, par l«s seules
forces de l'intelligence et de la volonté , lu
renouveler ou 1 empêcher; nous ne pou-
vons que jusqu'à un certain point susjien-
dre son empire ou modérer sa vivacité , eu
disposant de notre atteaiiou , dont parÎTiiis
luéme elle s'empure de vive force, ou bietk
réaliser au dehors tes circonstances uécvs-
saires pour la reproduire. Par reuiremise
de la sensibilité, un pouvoir uxlérieur
s'exerce donc sur uolie moral ; et en dé-
^ AIR MCTKXtRUfRE
tcrmnBl eerlaiue* modiOcatioiis cérébra-
le, da» ewitet, iodëpeodaDles de nous,
'— =— ïl BOtre TolooU, la geneot. quel-
s U sabjagueal. Nno-seulement nous
a nous enpAcher de seoiir, mais
Boas ns pouTooi même, h ua certain degré,
ras Jéfaadre de fliire céder ou da laisser
eMtr à la seusaiioo nos beullés les plus
twoaUif»». Les aensalious ne sont pas seu-
kwnt pereepIlUei, elle» sont affèetires.
Bi noos seatiou comme nons pensons, sans
peine eoaiBie MaoM f>laisir, sans haine comme
mi euoDr, l'orgaiM pbjsique ne serait
qr« por lastrumenl. Kofre inleiligeace
iKMt libre, «I e» n'est qu'elle ne pourrait
pMlnepM Toifce qn'elle Toif, sentir ce
qrcUc sBal. Hais ce qu'elle sent, ce qu'elle
fwt ae scnil que matériaux bruts et oen-
Ins, e( Il Be risullerail de la nécessité de
fjwwdeces oiaténaux et de les premire
amtm iU sont qu'une limilalioa de la
Fortée de l'intelligence. Daas sa «pbèr»,
cUe Mml absoluinenl libre. Mais il en est
"ireBieot. Les sensations sont agréablee el
dtep^ables. La cause finale de ce fait pa-
laH «m <niinemment dans les besoins de
" *!• pbj«que; ainsi te Toulait, on peal le
cMqactufer, la coaservation de l'individu
el de l'espèee. D'où l'on ioOn à bon droit
^çe le plauir et la peiue , el toutes les coo-
séqoeoees, oal leur origine dans les inté-
rêts de la maliàre. De th celle grande séfé-
nté de la morale pour la mMière , et les
lapréoUions qoe l'esprit a si sooTent pro-
racées contre le corps. Quoi qu'il eo soit
«_<«• eoDjectures, la sensibilité, en tant
V aSéctîTe, «joule un élément eonsidéra-
Me à l'action des phénomènes organiques
sar llntelligenee et la Tolonlé. Nous ne
poatoBs nous abstenir non-seulement de
pWTefOir ce que nous percevons , mais de
jo«ii et de «ouffrir , de désirer el de crain-
dre, d'espérer et de regretter. Ainsi noir*
Mmoire, noire jugemirut, noire raisonne-
■eiM, sont modifiés non-seulement par le
Hit, nais par la qualité des scosotions.
Ce«e qualité est ou poids nouveau dans la
balance de rintelligeuee. Le pbénoinèoe or-
pniqae , qui n'avait qu'une action inror-
iunle sur les phénomènes inorganiques ,
txerte une action sollicitante; ce qui iimi-
Urt sealemeot ta liberté la séduil.£o rap-
porUot ces deux modes d'action. l'un k la
perception et l'antre au sentiment, on peut
dira qae la perception instruit, qne le sen-
tiDeni émeut ; si le premier peut Irouiper,
la Meood peut corrompre ; et toujours l'in-
leAigeoc* cède quelque chose aux besoins,
»mx désira, aux craioles. Elle a toujours, il
est rrai , otHiscience qu'elle pourrait céder
plas,qu'ell0poarrail céder moins; cl, sous
ee rapport, sa liberté s'appelle, pour cette
raiMMi f libre arbitro. La pari qu'elle doit
«baadooBer k la perception est lixée par la
leosalion même ; die est toute faite. Gelio
qu'elle délaissa) au sentiment est variable,
(■aree qu'elle 3si arbitraire. L'intelligence
oscille entre dcui limites eitrëmes, l'absO'
luo réaûlance et l'ÀbandoD absolu. Tout
APOLOGETIQUE. Al» tl<
ceci est de la plus haute Imiiorlanee pour
le bonheur pratique , pour fa morale pra-
lîint; iHi métaimysique, cela n'imiiorte
que comme phénomène de» rapports de»
organes avec le moi ou, du ooips e«ee
l'Aine.
Aiusi h» rspporls de Faction de l'Ame
et du eorps peuvent s'exprimer comme il
suit:
Point d'action {ateHeduelle sans- une ac-
tion organique correspondante.
Dans le cerveau , la première détermioo
néeesseirement la seconde, c'est-à-dire sans
en avoir conscience, sans en avoir la vo-
lonté, sans savoir qu'elle est ni qoelle elle
est, comme una eanse détermine lalaleiBent
son effet.
' Par la rolonté dont elle a conscience ,
celte même cause poul déterminer , au
iBojen d'une action déterminée fetalemeni
dans teeerrean, nne action A l'extrémité
des organes dont elle a uue connaissauco
phénoménale par h» seasatîon externe ou
interne.
La présence el lA saalAOQ eorveau et des
oignes swit donc nécessures au moi dans
la vie terrestre.
L'action des o^nes, déterminée par des
causes étrangères ou exlérienres A l'Intel-
ligence, détermine ou occasionne forcénKnl
eerlains phénomènes dans la conscience, et
par conséquent une cerlaioe aeliea intd-
rectuello :
Les ans, complètement souilrails dans
teur nature A l'eclioa de la volonté, i l'ini-
tiative de l'intelligence , les sensations per-
ceptive»;
Les autres également indépendants quant
h leur nature , mais dépendants jusque un
certain poiol quant A leur d^é , les sensa-
tions effectives ;
D'autres enfin , qui suivent de ceux-l&,
plus dépendants de l'intelligence et de )a
Toloolé , mais ponvant être cependant les
effets indirects et les plus prononcés de
l'action des phénomènes organiqties, sa-
voir, les besoins, les sentiments , les pas-
sions qui dérivent des sensations.
Ces trois modes d'action du physique sur
le moral pourraient s'appeler, l'un l'ac-
tion, le second l'inOuence , le troisième
l'empire.
Cette description nous parait embrasser
tous les rapports du physique et du moral.
Car si l'on admet les faits élémentaire
dont elle se compose, on admetlra et on
comprendra aisément comme conséquence
les faits secondaires. C'esi-A-dire qu'aisé-
meut l'on comprendra que l'état particulier
où se trouvent les organes , comme les ac-
cidents de la constitution, de la santé, de
la vie, modifie dans leur degré, dans Icura
proportions, les phénomènes de l'action
variable que ces organes exercent; et l'un
cessera de se beaucoup enquérir de loulee
ces circonstances de la vie plijsiqoe , qui
de Lucrèce A Cabanis uut tant charmé les
naturalistes.
' Maintenant celte action mutuelle est-elle
s;5
DieTlOKtAIRE APOLOGETiOUS.
possible? eit-elle un myslérft qui non-seu-
lement dépasse notre eennaissince, mais
3u[ répDgne h notre raison? C'est le point
ela quesUon.
* La difBcullé a iruublé îes plus granris
esprits, ceut-là ni£me qui n'ont pas pris le
parti (le l'Bl)o]ir pour la résoudre.
1 On en cherche rainement la solution
dans Bacon. Bien qu'il ait mis au rang des
sciences la théorie de l'alliance entre l'àme
et le corps, Doclrina de fadere, il semble
n'y avoir vu que l'occasion do quelques re-
cherches physiologiques sur les rapports
appréciables des deux nftlures. L'inlerpréla-
tion de Ja physionomie et celle des songes,
l'influence des maladies syir l'âme el îles
passions sur Je corps, lui paraissent les
>iuatre psrlios qui consliluent cette scien-
ce (152) , c'esl-â-dire que Bacon n'a vu que
des eipériencesè faire sur les conséquen-
ces d'un fait qu'il a out>lié de demander h
l'expérience d'établir.
Descaries et Leibnitz ont été plus cu-
rieux, et le problème n'a pns lenu peu de
place dans leurs médilotioas.
Descartes, qui le premier a distingué sé-
vèrement les deux substances (1&3J, a ce-
pendant insisté pour (ju'on se gardât bien
île penser que , soit lame, soit le corps,
soit la simple juxioposiliun de l'âme el du
corps fût 1 nomme vËrilahle. Dans l'homme,
l'Ame e»l trit-élroittment conjoints, récllt-
mmt et tubttantiellement unie au corps, et
cette union, unité de comi>osition mais non
de nature , constitue l'humanité (1S4}. En
parlant ainsi, il n'affaiblissait pas ladilii-
culte , et s'exposait liardliiicnt aux objec-
tions. Elles ne lui ont pas manqué. Il a
rencontré sur son chemia et ceux qui dou-
taient avant Locke que la pensée fût in-
compatible avec l'éleiiduo, et ceux qui dès
lor« sttaquafcni le siiiritualisme , par l'im-
Possibililé tant de I union du simple et de
étendu, une de l'action de l'incorporel sur
le vorps (155}. Ses œuvres poléaiîques si
nombreuses, si remplies, tes précieuses
lettres abondent eu éclaircissements, en ré^
futalions, va explications. S'il n'a pas déli-
vré la raison du fardeau d'un tel problème,
il en a du moins diminué le poids.
. Sa doctrine est connue. L'esprit et le
corps sont deux substances. En tant que
substances , ils s'excluent; car la pensée
constitue l'essoDce de l'un , comme l'éieu-
due l'essence de l'autre. Pour l'un comme
^I5S] tk digit. il aitgm. nient., Kb. ir, cap. t.
|IS3) C'esl UB tiominage que lui reniient Aniaiilil
a H. More. (Œwt. de bacanet, I. X, Lett.; p. 157
et 586), et D. Su^wart au moini pour les temps
modernes.
(164) T. I", Héditation vi, p. 33»; I. W» Refonte
eux qualriimet objection*, p. 50; L Vil, Lettre à H.
BeaiM, p. 581.
(155) Objections ée Hobbc», d'Arnaold, de Gas-
■endi, de divers ibéologiens el féonUne, de Ueiir;
More et de Henry Leroy. (OEueret^e tteuarte», {fy-
WCt. contre les Stdit., t. I", p. U8, etl. Il, p. Il,
W ei sniT.. Mfl et suit., «p. 517; t. X, Lettrti,
p. Tl el Î46.)
pour l'autre, la pensée et l'étendoe os sont
pas de ces attributs uu'on donne ou relire
a volonté; rDsprit et la pensée, le eorns et
l'étendue sont inséparables. Ainsi l'ime
pense toujours, le corps nst toujours éten-
du. Hais le corps et l'esprit sont sépa-
rables, cependant ils sont unis. CtiMun
éprouve par soi-même qu'il est une seule
fiersonne qui a un corps et une pensée,
esquelles sont de telle nature que cella
fiensée peut mouvoir le corps et seulir
es accidents qui lui arrivent (156).
Cependant l'Ame n'a que les altribntg
d'une substance incorporel le-. Elle n'est
point prlnoipo de mouvemeiil et de vie; il
n'y a point d'Ame motrice, végétative, sen-
silive. L'âme agit, ei par son action mémo
elle détermine sans le savoir, dans la glande
conartvR ou pinéole, qui est son princi|ul
siège, des mouvements des esprits animaui,
agents directs du mouvement comme du sen-
timent. Ces esprits sont de petits corps, les
parties les plus vives el les plus subtiles du
sang que la chaleur a raréfiées dans le cceur,
et ijui de là entrent sans cesse dans les et-
vîtes du cerveau et en sorleiit sans cesse par
ses pores, pour aller courir dans les nerfs,
par où il^ entretiennent la sensibilité ex-
terne et cérébrale el la conlracliiité muscu-
laire. Le principe du mouvement est doue
dans le sang échauffé par le cœur, el si,
dans certains, des mouvements sont déter-
minés par l'âme ou l'esprit , ils nu sont pas
Touvrege direct de la volonté ; ils procèdent
principalement de la disposilioa dus orga-
nes, soumis au cours de lu liqueur des es-
prits animaux, dont ladireclion est modifiéo
nécessairement' par les actes de la volonté i
l'insa de la volonté même (i51j.
Il no se passe rien dans le corps doal il
se soit possible de rendre raison par des
principes mécaniques (158), rien par coasc-
quent qui doive être attribué è autre chose
que ta substance étendue. La substance in-
corporelle est donc eiclusivemeut sen-
tante, voulante, pensante. Il n'y a pas d'autre
Ame que l'Ame raisonnable.
C'est à la distinction de l'âmo el dti corps
que Descartes s'estsurlout attaché ; et long-
temps il u'a presque rien dltde leur uoion.
Cependant comme on fait de eelle-ci une
objection contre celle-là, il répond eo niant
d'abord que de celte union il résulte que la
pensée soit un mode ou une tlépeodanco
du.corps. Si, par exemple, chez les fous, la
(156) T. I", Méih. iT, MeJil. vi ; t. H, Jt/p. au
c'tnqninut tt *\iiitae* objeci. ^. ta el 5S9; I. IH.
Princ. de lapkil., part, i"; I. IX, Leli, k la ptih-
ceueEliêabetb,p.mtHÎO; t. VUl. A un fér.
Pire de VOrat., p. 668, et t. \ll, p. 5»2; Rem. it
Deicùrlei eur *« certain placard, t. X, p. 77, cl
Lettr. à AmmUd, p. 146 et 156.
(157) T. IV, Utpau. de fume, p. i";" Tr. de
Ckomme. Ladeur. du eorpt bmianin. prêt. ; t. Ht
Rép. ans quatre abject, p. 51 : 1. VIII. L*u. è Rtmmt,
p.5H et 518; l. (X, Leilreà uuSeigt., p. 418; U
X. Utt. à H. CboHul, p. 45.
(158) T. M, Réponse aux quatrième* objection,
p. Si; t. \, Leltreà Morut, p. KS.
HT
MCTKKfNAIMI
ftcohéde penser est troDblje, il n'en faut
ps CDodara qu'elle Mil lellemeot altacbéa
aii or^Desf^'elle ne paisseélra sans eui.
Da ce qu'elle est sonvenl empêchée par ces
organes, il ne a'eus'iil aocunemeat qu'elle
wiiprolailvpareai. Il s'ensDÎtsealement
«■• liDt qsfl resprît esl uni an corps, il s'en
•m «nsme d'un intlruinent, pour laire ces
MTtes d'opéraliuns auiquelles il est pour
rordinire occupé, mais non que le corps
It rende plosou moiiu parfait qu'il n'est en
m. De ce qu'un arliaan ne traTaille pas
kicB loales lea fois qu'il se sert d'un mau-
rasouiil, oonepentioférer qu'il emprunte
aaa adresse el la science de son art de la
boMide son outil (159).
U«e Tcsprii, qui est incorporel, puisse
6ife mooToir le corps, il n'f a ni raisoD-
oeneBi ni comparaison qui nous le puisse
apprendre; mais néanmoins nous n'en pou-
tonsdoater, et il Taut bien prendre garde
qa»eda esl l'une des choses qui sont coo-
■nes par elles-niémes et que nous obscur-
câsaons loales les tais que nous les voulons
ci^iquer par d'autres (160).
CepeDdaDt comme toute la difficulté ne
procède qne d'one supposition qui esl
fausse et qui ne peulètreaucuoeoientprou-
Tée, à saroîrqoesi l'imeel le corps sont
dnis substances de diverse nature, cela les
cnpèclie de poQToir agir l'une contre l'au-
tre, OQ peut représenter aux physiciens
•ails admettent dans les corps des aeei-
wia réeU, comme la chaleur, la ptssaolear
el autres semblables, et qu'ils ne doutent
pas que ces aecidenU nepuuseni agir con-
tra le corps; et toutefois il y a plus de dif-
férence enlre eux et lui, c'est-A-dire entre
des accîdeDls el ooe substance, qu'il n'y en
a entre deux substances. l'ar esemple l'ac-
«idcat réel on qualité réelle distincte, a|>-
peléa pesanteur peut, dit-on, mouToir une
pierre Tcrs le eeutre de la terre, et l'on
croit featradre assez bien, parce qu'on en
ermi avoir une expérience manifeste. Or il
■'est pas plus difficile de concevoir com-
Beai l'ime meut le corps que comment uuo
letlequalilé meut la pierre en bas. il n'im-
portepasque celle pesanteur ne soit pas
■ne substaucc, car on li conçoit comme
Bue snbslance, puisqu'on la croit réelle. Et
s* l'on dit qu'on la conçoit comme corpo-
reUe, ou elle sera corftorelle en tant qu'elle
apinnientau rorps, ou peut s'unir à lui,
cacorequ'elleBoit d'une autre nature; et
l'ime aussi peut être dila corporelle en ce
sca»-li;ou par corporel on entendra ce qui
farticîpe de la nature des corps, et dans ce
seos la pesanteur n'est pas plus corporelle
que rine elle-même. Du reste, selou De»-
eirles, ces qualités n'existant pas daus la
sature, il ne peut j en avoir d'idée vraie
dans rcolendemeDt humain, el la notion
(159) T. n, Biptue nx ^airièma otjettinu,
p. 90, 9S ; lûponit êms nn^ièma ol/Mliam. p.
Bf : t. DE, Uure è la vriHtxue £ftiakiA, p. liS
a».
. I«0) T. X, ttiin k AnmM. p. 161.
• Itl) T. H, LfUrt â M, CItnJkr, contcDint une
APOUICBTIOt^. AHE 2»
qu'&Ds'en formevienlprécisémenlde celle
qu'on a de l'aclion d'une substance imma-
térielle dans te corps el eonlro le corps.
C'est ainsi qu'on donne h la pesanteur et
autres choses semblables une existence dis-
tincte. Nous leur appliquons des Dotions
que nous eipérimenlons en nous-mêmes,
et qui ne nous ont élé données que pour
concevoir la fa^ou doul l'âme meul lo
corps (161).
La notion en elle-mfime, la notion géné-
rale n'a rien que la philosophie réprouve.
«Comme ifne ntessied pas à un philosophe
de croire que Dieu peut mouvoir le corps,
quoiqu'il ne pense frasque Dieu soit cor-
porel, il ne lut messîed pas éKalement d»
croire quelque chose de seoiblaTtln des subs-
tances incorporelIt;s; et bien que je croie
qu'aucune manière d'agir ne convient dans
le même sens à Dieu et aux créatures, j'a-
voue cependant que je ne trouve en moi-
même aucune idée qai me représente une
manière différente dont Dieu ou un ango
puisse mouvoir la matière do celle qui me
représenle la manière donije suis convaincs
en moi-même que je puis mouvoir mon
corps par ma pensée (162). >
Ces considérations, dégagées de la théorie
propre à Uescarles sur la constitution phj'-
sioio^ique de l'homme, nous paraissent en-
eorejustes et puissantes, el nous nous y
appuyons avec cooGance. Cependant elles
contiennent surle mode d'aclion des deux
substances une doctrine implicite qui, déve-
loppée par Malebranche, estdeveuufe le sys-
tème des causes occasiouoelles. Les deux
substances, l'une par rapporta l'aulre, nu
sont pas cause dans toute l'énergie du mot;
aeulement, k l'occasion des phénomènes de
l'une naissent les phénomènes du l'aulre.
Ce système exige entre elles un médiateur
qui, h l'occasion d'un mouvement du corps,
imprime une pensée à l'Ame, et, k l'occar
sioo d'une pensée de l'Ame, imprime un
mouvement au corps. Et comme Descaries
n'admet que deux substances et proscrit
sévèrement toute qualité occulte, ce média-
teur ne p^ut être que Dieu. Dieu, dit Fon-
tenelie, demeure alors la seule cause véri-
table des mouvements el des pensées (163).
Ce STsIème conltent en principe celui de
l.eîbnitz. On sait que, louché de la dilTi-
cûilé d'admetire une union active entre
l'ême et le corps, parce qu'il n'y a pas de
proportion entre une substance incorporoUe
ei telle ou telle modiOcalioo de la matière,
il voulut quelle toute éternité le corps cAl
élé constitué lie manière h ri^pondre & tou-
tes les pensées de l'âme (i6bj et qu'il y eût
ainsi entre les actes de l'une et les moditi-
calions de l'autre non une connexion de
cause A effet, mais une coïncidence esacto
téfimte avj inUaDCM de Gassendi, p.3l4; t. IX,
LtUre i I* priiuittêt Elitmkeik, p. IXT,
(leS) T. X, Uwe à Mon», p. S13.
(t65) (Kbitm 4t fonUntlU, I. Vtll; DomUt lur
If tytiime pkgti<fii* 4a ftuet ottaûonitUt», c S.
(16i) JVmv. (MaJi'tar Vauni. Jibik., t. Il,c 1"
tn km DICTIOMNAIRE
0l faille qu'il nomina rbarmoDie prééls-
l>lie.
C'est notro faute peot-étre, mais il ce
no'is i^mblcpajiua la difficulté exige un
si grand apfïartil de sjtlàoies, et le m;*-
Lère •!« l'union deadeuiBubstaoces De nous
accable pas è ce point que, pour l'alléger,
nnus nous Jetions dans de telles eKlrérDiiâs.-
La quedtiDd de l'origine du mal, celle de
l'origine de la madère, celle de la présence
diriuu, par eicmple, nous troublent bien
autrement et donnent un ébranlement bien
plus redoutable aui croyances de noire rai-'
Sun. Nous ni! voyons dans l'acHun muluelle
dos deux substances qu'uu myslëre assez
comparable è ceux que présentent toules les
actions que nous pouvons percefoir ou con-
cevoir on co monde. Toute action est inex-
plicalile, L'incomnatibiliCédjins lo lû&ma su-
jet des essences de l'esprit et du corps sera,
si l'on veut, une dilRcuUâ déplus. Cepen-
dant celte diDicuUé suppose cette proposi-
tion : 11 pitratt qu'il faut l'étendue pour agir
SUT l'élendue. Mais c'est adirmer une pro-
priété de l'inconnu. Or celte propriété esl-
elle une donnée du problème? Non, elle
est le problème lui-mOme. Est-elle une dé-
ducliuu des données de l'équation? Non,
car on In pose, on ne Ut démontre pas. Aller
plus l'uîu et dire que la substance est nécas-
sairetnent étendue, e'esl s'avancer dans les
ténèbres. Cela a'êst soulenable, en efltet,
que de la substance aiftme de l'élendue. Ce
n'est pas l'étendue qai est néce.isairfl à
la substAncQ , c'est la substance qui l'est
à l'étendue. L'eipérience ne donne que
l'étendue ; la nécessité d'une substance
pour l'étendue est en fait une induction ul-
térieure de la perception, eu droit une loi
de la raison. L'une et l'autre attestent et
supposent un principe, c'est qu'il n'y a point
de phénomène sons sulistanco. Quel phé-
nomène? Pas plusuelBJ de l'étendue qu'on
autre, le phéHomèue indëEermlné. La suba-
tanoe est donc le corrélatif nécessaire de
phénooiètie et non d'étendue. Qu'est-eiie
en celte qualité? un inconnu. Vouloir que
cet iticouuu soit essentiellement et univer-
sel!ement étendu, c'est atTenler sur ta subs-
tance des connaissances qu'on n'i pas. 11
est étrange que cette proposition se rencon-
tre surtout dans les ouvrages de ceux qui
font profession de parler peu de la subs-
tance et d'en fuir la nation et le nom, commu
ce qu'il y a de plus obscur et de plus péril-
lenxdans la science.
Tous il» êtres réels sontsubslances, c'esl-
%-dire que tous les élres réels sont chacun
quelque ctiose qui ne peut exister que par
soi-même, et qui ne peut être distingué ni
par plus ni par moins d'un seul concept;
car, suivant une belle idée de Descaries, (a
substance est ce qui a'a besoin pour exis-
(IC5) T. in, PriM. de la pkilot., part, i", ) 57 ;
1. H, RépQiut amx ^matriimt$ ol>j*ciKint, p. àl.
(166) Pour écbircir l'iJéa île sultsij&ee, il faut
reinouier k celle de fureu et U'ciierKie. t La Ciircc
3]{issaule est iulidreutË ï touic eubïUncL', rjui ne
APOLOCITIQUe. A» s»
1er ([DO de Dieo d de Mi-oiéaiB (16S). Toaj
les ètrea réels sont des ccliees, c'est4-ëire
que ia présene* des uns par rapport soi au-
tres résulte des cbangemants dins k» ac-
cidents, soit des uns Mit des autres.
Toos les dire* «oBt des esseDces. c'eEl4-
drre que quelque ctiangeioent qui s'opère
dans les accidenta d'un être, il lui restelou-
iours an attribut constitutif qui faU qae
spéciSquenent il estcequ'il est, et D6st
pes ce qu'il n'est pas.
Toui les êtres présentent des aomdenccs
invariables dans leur nature, variables daoi
leur nanifealatîon, de sorte qoe toute durie
est un perpétuel changement, et que la sobt-
tance change incessamment dans ses acd-
(ieoces saus en perdre aucune.
Or, comment les êtres sont-ils anbslan-
ees, causes, essences, modalités? Cela eil
impossible k dire, et la eoutradiction est ici
au seuil d.e toute tenlotîvs d'eaplicBtiun.
Ce n'est pas, du moins, le naturalisme- qui
nous ap[H-eodra ce qu'il laut penser de tout
cela. Comment donc prélendrait-il limiter
l'action de la substance è raison de sa na-
lare?S'i] l'essaie, j'oraioserai la nt4îon de
cause à la notion de suoslance, et j'arrive-
rai, sur leapasdeLeibnitx, ène voirqued*»
forces dans l'univers (166). Il est facile, en
effet, de réduire tout l'être interne i une
•ction, tout l'être externe k une résistance,
c'est-à-dire l'un et l'autre substantielle-
menl à une force, et aussitAt l'objecliondes
matérialistesdevienlincomprélieRsililedoDS
les termes. Nous n'embrassons pjts formelle'
ment la tliéorie de M. de Biran ; nous disons
seulement que nos adversaires seront reçus
à définir l'action de la substance, quand ils
nous auront expliqué eeque e'esl qae l'ac-
tion de la cause.
L'âme peut être dite sne force, an ce
sens qu'elle esl, non une cause de mouve-
ment, mais un principe d'aetioo, lequel se
maoirestedistinctemcnlpar l'acte volmita'rre,
implicitement par l'acte intelligent, c'est-i-
direen général parla pensée. Le {H-incipeil'ac-
tiOQ qui is manifeste par la pensée peut-il
être uni h un tout étendu ? Nous dirions
que cela est impossible, si nous n'avions
pour garants qu'il en est ainsi In conscience
et Ja sensation] l'impossibilité (.-iitrevue ou
supposée le cède au fait. Le principe d'ac-
tion qui se manifeste par ta peitséo peut-il
être lo même que la sujet du tout tnatériel
en tant que matériel, ces(-à-dire le mémo
que le sujet do la matière ou de l'étendue
en général ?ll n'y s pas une seul« raison à
donner pour raIJirniuttvt); personne oitkmu
ne l'a hasardée, car personne n'a ïmaginL-
que la substance matérielle tùl puosaule
par elle-même. Il faut quels pensée ed-
vienneàla subsUncemnténetle conuito une
forme osseotivUe de l'école, et qu'c^lv en
peut être ainsi ud seul instant &ans~ agir. > (De
princ. philM. emeiidat. cl uMiait, tubsiafii. ; Hihie
DE Binui, Doctrine de Leituiit, aavrt» pAiÎMuyli.i
I. IV, et ailleurs.
ni
MK
DKTlOIfN<tB APOLOGETIQUE.
âïK
«S
ciMDgQ Hessenee. Or celte addition k la
subsiBDce matérielle et qaf eo change l'es-
seoce, si ce n'est la iransoialation de la
milièrfçar la rolonté du Créateur, c'est
l'adjonction d'un principe nouTesu qui
manqaait kla matière, el qui agit sur elle.
Que Ton nous demande comment ce prin-
cipe hétérogène pent agir sur le loul maté-
riel auquel il est uni, pour la Iroisiènw
fois, nous répondrions que c'est impossible,
parce gae c'est inexplicable, si, pour Id Iroi-
litoe lois, réridence de la sensation et de
la conscience ne nous donnnît comme réel
lioeiplicable qui cesse d'être imnossible.
Que conclure de là ï qu'il est téméraire de
C rendra pour l'ablœe de l'impossible une
icuuB de nos connaissances : si l'on accorde
00 moment que deui sutistanccs ne peu-
mt agir l'une sur l'autre, parue qu'on
ignore comment elles agissenf, iton>seuIe-
iD«nl Dieu disparaîtra de l'univers, mais
l'onÏTers luï-mème tombera dons i'unité
immobile où l'aTait plongé Parménide,
c'eit-i-dire qa*il conserTera l'être en ac-
qaérant toutes les conditions du néant.
Démocrite sut obserrer la nature; il avait
presque inrenlé la philosophie espérimeo-
lile;ile5tle créateur des principes du nia>
(irialisme. On sait l'anecdocte antique. Un
jour Abdère le crut fou. On appela pour en
inprle génie de l'observation en personne ,
ttpiredëla médecine, Hippocrnte. 11 vint et
IrounDémocritti qui, un crâne i la main,
élodiùt les formes du cerveau. Hîppncrate
admira^ et il jugea les abdéritains insco-
Or c'est Hippocrale qut a dît : Sx uni»
tMttkcwu, non doleret, quia non sciret unde
éoUra. Il croyait donc qu'il fallait un moi
tfoiitelùi pas l'oi^anisme, pour s'aperce-
rotrife l'organisme. C'est ce mot qu il faut
«umallre. lyonnais le moi, disait l'oracle;
dissèque ton cerveau, semblait dire Démo-
oriie le philosophe. Le cerveau et le moi, c'est
Ilviome, pensait Uippourate le médecin.
Kl nous, nous disoos a la médecine : « Sou-
tiens-loi de tOD père. «
AUB, l'Eglise i-l-«tle enseigné que les fem-
mes n'ont point d'Aïqe ?' Yoy. vemmbs. —
Aaw bamaine, pourquoi Mo'iso n'a {tas en-
Kigoé expressément son immortalité. Yoy.
icaoiMATiQOE. — Ame puce, euvovéo par
le Créateur dans un corps souillé. Yoy. Va-
cmt MiouEL, S IV.
AMERlQne , d'anciens peuples civilisés
Tool habitée. Kay. PsYCHiH.ofiiE, S'III.
AMBS DES HOKTS.étaienl-etles les dé-
nioas dMi les anciens T Yoy. Possbssior,
liv
AAVIEN HARCELLIN.citésurlemirxcle
du teoiple de Jérusalem. Voy. Tbmplb db
Jtacsâuui.
AMOUH SCANATUREL, ne se puise que
<!ias le sacrement. Yoy. SvhHÀTVt^usuB,
IV). — Amour' de Dieu pour l'honinie, a
(leasé l'enfor. Voy. Ekfkh. * V. — Amour
.11") Vie itJittif, trad-, 1. 1, p. 121.
de Dieu manifesta dans le sacrement de
l'Eucharistie. Yoy. Eccuaristib, ( II.
AMPÈRE (J. J,), auteur d'une Histairt
littéraire de ia Franet; réfutation de sns
jugements et dft ses nombreuses erreurs.
Voy.HlnCUill.RlDEGONDB, HlLAlKE d^Arlbs,
Bibliothèque d'Aleiatibrik, Vihceht be
Lekihs, Irén^e, Victor.
ANCIEN TESTAMENT, de son interpré-
tation mythique. Yoy. note XIII, Itia fin du
tome H.
ANCIENS, fausse idée qu'ils se formaient
des antipodes. Yoy. Antipodes.
ANEANTISSEMENT du coupable, snlisfe-
rait-îl àta jusIicedtvineT Yoy. E^fer, J )V.
ANGES. — Autant plusieurs rationalis-
tes bibliques sont riches d'érudition et du
subtilité, autant ils se montrent pauvres de
jugement et faibles en ce qui reçarde la
théologie spéculative. En cette partie, non-
seulement leurs rêveries et leurs raisonne-
ments manquent de base, mais souvent i!
arrive qu'ils tombent dans le ridicule et la
puérilité. Je pourrais en citer bien des exem-
ples ; je me bornerai à un seul, le dogme
des anges, qui peut sulTire pour nous faire
connaître ta valeur philosophique de deux
critiques récents, savants d'ailleurs, et
nous faire prendre, comme on dit, deux no-
lombes avec un grain de mil. Voici comme
Strau.«s parie de cedogme: <( Relativement il
la question do la réalité des anges, la cri-
tique de Schleiermacher peut certainement
être considérée comme terminant la discus-
sion, parce qu'elle exprime exactement le
résultat des lumières modernes vis-à-visdes
anciennes [167J. s L'exorde promet beau-
coup; après du telles paroles, vous pourrez
être assuré, mon cher lecteur, de posséder
sur ce point, dans la critique de Schleierma-
cher rapportée par Strauss, la fine fleur de
la sagesse moderne. Prêtez donc une oreille
attentive & cette nouvelle merveille, et ap-
prenez jusqu'à quelle hauteur peut s'élever
l'esprit humain. ■ A la vérité dît Schleier-
macher, on ne peut pas prouver l'impossi-
bilité de l'existence des anges ; cependant
toute celte conccptioa est telle qu'elle ne
pourrait plus nsttre de notre temps; elle
appartient exclusivement è l'idée que l'uti-
tiquité se fïitsait du monde. On peut pen-
ser que la crovaoce aux anges a une dou-
ble source, l'une dans le désir naturel h
notre esprit de supposer dans le monde
plus de substance spirituelle qu'il n'y en
a d'incorporée dans l'espèce humaine; or,
ce désir, dit Schleiermacher, pour nous qui
virons maintenant» est satisfait quand nous
nous représentons que d'autres globes cé-
lestes sont peuplés semblablement nu iiâ-
tre; el par Ik se trouve tarie la première
source de In croyance des anges (166). >
Toutes les parties de ce fragment méritent
d'être pesées. Nous y apprenons d'abord
que la cause principale pour laquelle les
peuples anciens, sans exception, ont été
ameués 6 reconnattro l'eiistenco dus anges,
(168) \k ie Jésui, trad., too). 1, p. 124.
CJ3
AdC
MCTIONNAIRE
n'est pas r«iiseignemenl primer fomlé sim*
la réTi^lalion, ni.iis une supponition, fondée
sur «■ détir nalurit à Cespril. Nous y
vojaas ensuitoquo co ilésir nnlur^l h l'es-
prit s fail atliiK'llro l'Ëxisletice des anges,
jurce qu'oulreinc-iil la quanlité do tubtlance
mpiritutlle qui se trouve dans le moniJe se
rL'dui.snnt b ce qu'il y m a d'incorporé dam
Cetpice humaine, i:'est-<'i-(Iire de mâle b nos
corps, aurait été irop Taible en con'parsison
de In siibslnnce corporelle; el l'on peut
rniire {bien que Strairss iie le dise oas) que
l'équilibre aurai! manqué; el voilà pour-
quoi le» Bi)c:e'is sn^e!i, en boiiâ cliimisles,
ont rcmt^dié è ce délaul, en suppléant par
les angles autant de malièro spirituelle qu'il
en fiilbil (K)ur faire contrepoids il l'autre.
Nous apprenons L-ncortique les inventions
des modernns ont n^ndu hkI eipi^di[;nt inu-
tile, lin elTcl, noua nous représentant /«
globes céltilet peuplé* semblablemenf au
nClre (vous io voyez, ruisijue nous nous
les représentons tels, <; >;st comme si nous
y avions vn^ngé, c'est coiiimo si nous les
avions vus); vl celle di^touverle, Irsan-
cicns n'eurent pas le bonheur d'y arriver
(109) j on consi^quencc, dOsormais les paris
sont égales, et il n est plus besoin tlangèS,
Il est vrai que sur ce dernier article nous
j>ourrions avoir queluue scrupule et trou-
ver moins cuncluaiil riir^iimeiil i.igénieus
du théologien alleciiand. Kn elTel, s'il faut
neser les esprits dans la balance ou liîen
les mesurer à la toise ou au boisseau, il no
sera point facile de nous contenter ; car il
nous semble que, mùme en peuplant toutes
les planètes, [et non pas certes tous les glo-
bes célestes A moins que Si'tiluierniacliernB
les rempli^ise Ji! salamandres), la quantité
desulistsnce mulérielle ne saurait être com-
pensée par les habitants du quelques globes
petits et peu nombreux; l'iiniuensilé de
l'espace devant rester tout ù fait déserte,
ou éirû remplie seulement de lumière ou
d'éllior. Ainsi en srrivera-l-il surtout, si
les inteliigi*nc(S biibiinnl les planètes sont,
rolativemeut 5 l'élcnduo des terres qu'elle»
occupent, en au^si pulil nombre quo les
hommes; ceui^ci disparaissent, en elTet,
pour ainsi dire, si on les compare à uno
seule famille d'insectes, et si l'on met leur
statistique en rej^ard des sauterelles, des
fourrais et des mouche». Si donc nous rai-
sonnons d'après tes principes du ScUleier-
nincber, il ne faut pas désespérer n'avoir
raison; nous pojvons déniontier qu'il est
plausilile ijue d;ins l'i^coiiniuio du monde
ics an;^os ne sûnl pas devenus superflus,
même sous co rapiiorl, el il faut admettre
(|ue, niulf^ré les iniiuclions de l'astronomie
moderne, ils peuvent avoir encore au
moins quelque temps ù vivre. Avouons-le,
il y 8 quelque dillicullé h corroborer des
enseignements révélés par des conjectures
rationnelles. L'importaïKO des esprits no
(160) Le contraire est probable pour pliisicurs
Kuptus aiH'ieiis, lr|s que les Iraniens, les Inilieiis,
• Clialdécii», les t'tJvpiieDS, et il »l (.crlain pour
AraLOGETmUE. A^C Ht
doit s'estiner ni au poids ni i la quantili;
il ne faut la mesurer ni au nièlrn, iiisu
boisseau, car une créature intelligeiile qui
se trouverait seule dans l'univers eaiier
sutlirait pour égaler et surpasser en excel-
lence tout le reste de Ta création.
Les données de la lévélation sur Veiln-
lence des anges sont réellement forlirii»
par un grand nombre de convenances el ito
probabilités rationnelles, dont Schleii-rmi-
cher ne dit mot. Loin d'être détruites parte
Enigrès de la science moderne, ces probi-
ililés en prolitent , au contraire, el elles
en rrçoiveni une force qu'elles ne pouvaieut
avoir dans l'antiouité. Il est une vérité scieii-
titiquo que l'analyse des modernes a uiise
en lumière; connue, & la vérité* des an-
ciens, elle n'a jamais, que je sache, trouvé
chez eut une dénionstralion rigoureusp^;
c'est la relativité des sensations, el par suite
la relatîvilé des propriétés des objets, cun-
sislanl dans une pure iinpression sorisiLil*.'.
La pliilosophie a découvert que ce rao'ulu
matériel, dont la grandeur, quoique tiiiio,
épouvante notre imagination, n'est nulro
su fond qu'une simple relaliuti de forets
sans étendue, inaccessible à nos sens et à
nuire perception sensible. D'où il suit ijue
si nos sens croissaient en nombre, auj^iiieu-
laient en capacité et en vigueur, la connais-
sance nui en dérive s'amf^liorerait propnr-
(ionnelleineni, et ce qui nous semble maiii-
lenant une masse immense et un tout parfail,
deviendrait pour nous une Irès-fiiible partie,
uno simple foce do In création. Mais la con-
naissance sensilive est le plus grossier «le
nos modes de connaître. Une fncullé supé-
rieure, la raison, nous déroile un oulrc
ordre de choses, autant élevé au-dessus <lus
forces de l'intellecf que l'est l'univers ma-
tériel au-dessus do la perception des sens
et de l'imagination. Tel est te monde iiilcl-
ligiblo ; il embrasse les substances, les c«u-
ses, les relations sans nombre ; commençant
[lar l'Klre absolu el créateur, s'étendanide
à jusqu'à la dernière des forces créées, il
nous montre dans chacune d'elles un petit
monde en puissance, qui va se développant
peu h peu dans le temps et dans l'espace;
puis, sortant des limites do l'espace et ilu
temps, et s'élevantjusqu'aui réalités eitra-
leia))orclles et supérieures au monde,)!
nous ouvre l'ordre moral des oxistence^, lu
réalité a[>odictiquB do la vie future, ta dor^c
sans lin des esprits l'ct il nous fait pressen-
tir, au delà do co monde matériel, un bu>
(ri! monde, l'universalité des iuielligenccs
créées. Tel est le sublime concept que uoas
trouvons ébauché dans les lUcilleurs an-
ciens, et en particulier dans Platon ; tel e^<>
outre la tradition, le procéiiiS ontolo;;ti]iio
en vertu duquel ils admettent uno hiérar-
chie s|iirituctlu de pures iiMelligcnces, su*
péi'icures h l'hammc ; et ils ne sonjjcnl
guère h ces pauvres arguments dont parle
phisii-Drs pliilosoplies, conioïc Eiupvdoclo, Dêo»)-
ANG DICTIONNAIRIÏ APOLOGETIQUE. ANG SU
formes sensibles? Ainsi la seule différence
qu'jt j- 8il cntro les forces angéiitiucs el li
m
S'.'Iilcicrtnaehcr. Le penst'Ur vulgnirc n'a
its Tér\\és rnlionnellfs qu'une iilf^e con-
fuse ; il ne sflîl rien trouver de posilif ni de
réel en dehors des sens el de l'ininginiilron ;
mais il n'en est pas sinst du Trsi philnso-
l'he : iiuand celui-ti vient i coroimrer Téïi-
il«nee, la certitude, la valeur olijective dus
dcui ordres d'existente , if n'iilsile pas à
Ciinclure que les ckostt loumises tiux ffus ne
n*t qu'une IriM-pelile partie de l'univeri , et
ja( U mofitie intelligible doit être antérieur
it iitpérieur au monde teneible, La révélation
«nlirnie cette connaissaiico générale d» la
raison , ells la détermine d'une manière
sfh^iale et précise, en nous enseignant qu'un
tjcit de création ipiriluetle a précédé te cycle
il la création malérietle (ilO), et que ces
iJeui cycles concourent, dans une unité
knnonieiise , à produire un seul univers ,
riimaH: l't-nTeInppc organique e[ l'floie do
riinniiae forment une seule personne, com<
mêle microcosme est l'image du mégacos-
Rie. De Ji naisseut les deux dogmes révélés
di^l.i préeiistcnredes auges et de leur action
dominatrice sur la nature; action clairement
tiitrimée dans la Bible, et impossible à nier
l<a\ir quiconque est chrétien. Considérés
ffiusce rap|<ort, les apparitions d'unges, les
obïesïîons et autres n)iénomë[ies surnatu-
rels de ce gi nre, que l'on rencontre dans les
nnnôles de la révélation, no renferment pas
lanondre :nrrnisemblance, el ne sont que
u« fvrtttviaritéa concrètes et révélées, déter-
WKMinu d'une généralité rationnelle. En
réalité ces Uits ne sont surnaturels que par
isp'f'OitiaDe partie de la nature, qu'ils sur-
l»iitnl,e\ à la connaissance concrète que
iHins en B^ons et qu'il est imposaible d'ob-
1>;r)ir par les moyens naturels. Ainsi rsction
lie lime sur le corps est surnaturelle par
r3,''part i la nature corporelle, et la con-
ijiiiuaace rationnelle, comparée à la con-
nai-isioce sensible.
Ces analogies iiliilosophiques neuvenl
î:re poussées jilus loin encore. Dans le
uivnde intelligible que nous révèle ta rai-
iOD , nous trouvons les idées el les forces,
ti force est l'idée individunlisée par voie
'iï création, fious connaissons nalurcllemcnt
■Jti gr.-.nd nombre de ces forces au moyen
(les (•lièiiomènes sensibles qui les aecompa*
^t.i'ul, cl qui ontâvec elles tes relations que
•li arcidents ont avec leur substance, et les
elTeis avec leur cause. Ainsi , par eiemjile,
I.OUÏ connaissons ta force spirituelle de do-
irtimt au moyen de la forme sensible de
. . conscience, les forces organiques el inor-
t^uniues de la nature par les phénomènes
d lu impressions sensibles ipii les revê-
<;il. Or, que sont les auges, selon le con-
'"ji primitif de la révélation, sinon des
:r.=5, c'est-à-dire , des idées individuali-
i^ï, tulelligenles, libres , et desliiuées de
Inrccs naturelles, c'est que, séjiarées de
toutes formes sensibles, elles sont inacces-
sibles h notre sens inlimc cl aux sens eilc-
rieors. Mois puis<^iie iViistcnce et la supé-
riorité du monde intelligible nous sont en-
seignées par la raison en général, puisque
celle-t:i nous induit ù croire que le monde
sensible n'ust qu'une des faces de l'exis-
tence universelle, peul-on trouver une by-
poihèse qui l'emporle en probabilité philo-
sophique sur la réalité des pures intelligen-
ces ? El quand -l'autorité de la révélation
s'^ijoute i celte prrjbabilKé rationnelle, que
désire-t-on de plus pour citang'r la vrai-
seiiiblancti rn certitude î Cela est si vrai que
le dogme do t'eiistencc des esprits ."iurbu-
niniiis est commun à tous les peuples on-
ciensel n'oJernes, et aux pliilosojihes les
plus illustres de tous les leuiiis ; quelques-
unes des nnlions tes plus antiques, cojume
les peuples iraniens, ont conservé une idée
plus distincte et moins fiilsifîée de la double
création, el de la perfeciiuu typique com-
mune aux natures angéliques. On le voit
clairement dans le Férescblcblia di-s In-
diens (17IJ el dans les Fervcrs de l'Avesta.
Continuons de lire le raisonnement de
Schleiermaclier : « La seconde source est
dnns l'idée qu'on se fait de Dieu comme
(l'un monarque entouré dosa cour; celle
idée n'est plus la nôtre. Nous siivons main-
tenant expliquer par des causes naturelles
les cbangeiuenls dans le mûi;de et dons
riiumnnilé, que jadis on s'iuiaginnil être
l'œuvre de Dieu même agissant par le nii-
nisièredes anges (172), ■
Remarquons d'abord la définition qu'on
nous donne de le science moderne. A'ou»
tavoni tnainlenanl expliquer par des causes
naturelles Mais qu'est-ce que ces causes
nalurefles, fiiion des causes secondes, c'est-
à-dire, des iffels? Et quand même nous les
connaîtrions, excluraient-elles les causessu-
périeurcs? Non, sans doute : une cause in-
férieure n'esi jamais un ultslBcle h une cause
supérieure; la cause seconde, à quelque
degré qu'elle soit, n'entrave point la CBU^Q
première. Mais est-il vrai que la science
moderne consiste ii expliquer les phéno-
mènes par leurs causes naturelles î Ici il jr
aune irès-gruve équivoque qu'il est assez
important d'écarter. Suus le nom de causes
naturelles on peut entendre les lois de la
nature, régulatiices de chaque l'ail, et con-
fines par t'observaliDn et par l'eipérieitee.
Or, ces lois ne sont autre chose que cer-
tains rapports de similitude entre les [dié-
nomènes naturels, .c'est-à-dire tntre les
effets dont nous avons une notion sensible.
Ces tlTels et les rapports de ressemblance
ou de dissemblance qui existent entre eux ,
llTOf Tojei entre autres Auquedl, qui a recupïlli (171) Sur lo Féreiclitclilw, qui esl le 5* moiitle
Mt IX point uu grand nombre de passages des Pc- des Iniliciis, c'esi-i-dirc le iiioudc des anges, vujoi.
it. ti ii'auu«t étrivains ecclésiasllques, dans sa A.sqcetiL .{Otipuek. tom. I, p. 147.)
liUmatio i» ^tt..,. luntma orientaiis tyitetnaiis (l'ij) SthauiS., fur. eil,
ufnriivr, \t\ tert de préface i l'Oupnek'li»!.
SS7 ANG NCTIONHAIRE
doivORi avoir corloines causes sccoDdos
d'oâ ils proviennent. Quelles «ont ces cnu-
sesT Les forces qu'on appelle nalureltes.
Connaissons-nous ces forces en Plles-tn6-
mes? Non : la seule .nolion concrète que
nous puissions en avoir tombe sur leurs
elTels. Si donc , sous le nom de causes natu-
relles, vous entendez les forces productrices
des pliéDomènes , il s'en faut tant aue la
science nodemc les explique, qu'elle les
décinre BU contraire ineipHcubles; et c'est
ce modeste aveu de leur ignorance qui cons-
titue surtout la sujiériorité du savoir des
modernes sur celui des anciens. Ceui-ci
tentaient l'impossible en allant h la reclier-
elle des causes efficientes, innccessiblesà l'es-
pi'it humain; ils ont ainsi perdu lour temps,
négligé la recherche sûre ol utile des faits
sensibles ; comparés h nous, ils étaient des
enfants, dans la plupart de ces sciences ap-
pelées mainlenaiii naturelles ou physiques.
Voyez donc quelle est votre erreur, quand
vous changez d'abord les rûles des anciens
et des modernes, et qu'ensuite vous donnez
aui premiers un blâme • et aui seconds un
éloge qui seraient de la plus grande injus-
tice si votre idée était fondée. Aiirôscela,
si, sous lo nom de causes jialureilcs , vous
enicndez uniquement les lois, il est vrai
que par tllcs nous expliiiuons les phéno-
niéiJcs; ce qui revient & dire que nous expli-
quons, les faits particuliers par les faits gé-
néraux. Hais tes faits et les lois qui les
gouvernent présupposent plusieurs forces,
c'esl-è-dire, plusieurs substances secondes
et cauaalrices qui les produisent; ces forces
sont inaccessibles à notre connaissance sen-
sible, et la connaissance raliotinelle no peut
les appréhender que d'une manière générale
et indéterminée. Or, si l'être concret de ces
forces est impossible h saisir, c'est une
vaine entreprise que celle de vouloir délî-
nir |iar la lumière naturelle quelles elles
sont en elles-mêmes, s'il y en a d'un ou de
gdusieurs genres, quelle est leur essence
intime , leur mode d opération , si chacune
opère par elle seule ou si elles ont besoin
du concours les unes des autres. En consô-
quence, le raisonnement dâ l'auteur alle-
mand tendant ù exclure la possiliililé ou la
convenance du concours de certaines forces
surhumaines dans les phénomènes de la na-
ture , ce raisonnement n'a plus aucune va-
leur. Pour ce qui est de l'autre point du
passage mentiouDé, nous serions vraiment
mnbarrsssés, si nous voulions prouver que
Dieu est un niouirque qui a oncoru besoin,
aujourd'hui d'être entouié d'une cour ; mais
l>ar bonbeur il nous est inutile d'entrer dans
c«tle voie épineuse, et nous pouvons ré^on-
dru au puissant critique par des idétt qui
toHt encore lei nâirtt, et, nous voulons l'es-
pérer, les siennes et celles du siècle ; cor le
bon sens est, ou du moins doit être la com-
mun héritage de chaque homme et do cha-
que époque. Il faut distinguer le symbole
du concept. Daniel, par exemple, a repré-
senté lus anges sous une imago propre au
poys et au temps où il a vécu; il n'aurait
APOLOGETIQUE. ANG ^
pas pu faire auiremenl tons mam^usr au
principal devoir de l'écrivain, celui de se
laisser entendre, de se faire lire et gdAter
do ses contemporains. Mais voudroes-nous
croire pour cela que cet homme extraordi-
naire a conçu Dieu comme un roi de In
fisbylonie, ayant besoin de ministres et
d'instruments de ses volontih ; voulons-
nous croire qu'il soit tombé dans un an-
thropomorphisme grossier, digne tout tu
plus de certains courtisans des tempsnio-
derncsT Pouvons- nous avoir une telle
idée d'un écrivain qui a dépeint avec uns
si vive éloquence et une si magniriquo
poésie le néant do la puissance secon-
daire, qui a arraché au front du conqué-
rant cette auréole de divinité dont l'oi^ueit
et la bassesse des hommes entourent d'or-
dinaire le diadème des rois? Toutefois, il
y a certainement dans l'image du prophùu
un élément idéal qui ne peut pas plus être
écarté de la ponsée de l'écrivain, qu'elle ne
s'éloigne elle-inêmo de ces idées, gui lont,
on du moins doivent être Ui nôlrtt. Or,
auelleest celte idée Qgurée pr le symbole
•une courî Ne crnycz pas que je veuille
ici ennoblir ce qu'on entend aujourd'hui
sous ce nom, co qui fut souvent Te but des
saintes et éloquentes invectives des plus
grands orateurs qui aient illustré la cliaïreca-
thollque. L'idée dont je parle estlaAiA'ar-
chie aet forces exéculricti et tubaitemet, par
rapport à la force Ugislatize et prituipalt.
On le voit, celte cour n'a rien d'abusif ni
de scandaleux; ellan'apparlient pas moins
aux républiques qu'aux monarchies et i
toute espèce de ^ouveroemenl, sans mêma
en excepter celui de la société domestique.
Or, cette cour légitime, je dis plus, es-
.senLielle à tout ordre, 6 toutes composi-
tions organiques, à toute harmonie, les
hommes ne sauraient l'inventer ni l'imagi-
ner; ils ne sauraient pas naéme l'imiter
bien ou mal dans leurs instilutions, s'ils w
la trouvaient empreinte dans la nature, tant
d/ms les détails que dans l'ensemble, et si
elle n'était pas identique h l'idéo infime de
l'univers. L univers, parfaitement organisa
et dirigé vers une Gn, nous fournit l'idée
d'une variété immense réduite & l'unité la
plus parfaite, et cette idée n'est pas le résul-
tat dune observation empirique, c'est uo
concept a priori, qui nous est fouroi parla
formule idéale. Voyez rosintensnt si Ton
peut dire que les anciens théologiens ont
emprunté le concept du monde des esprits
à une misérable cour do la terre ; ne uuil-
on pas bien plulût affirmer que les pre-
miers civilisateurs des nations ont modelé
les formes politiques des Etats sur l'idée de
cettu harmonie cosmique, dont lo moiidtt
spirituel est le degré !e jjIus sublime et le
plus rapproché de l'Oi-donualeur de Tuai-
vers? — Ce ne sont certes pas les hommes
qui ont placé le soleil au centre de la créa-
tion pour conduire les globes célestes,
comme un pasteur destiné K guider J'iniioui-
bralilu troujteau des créatures vÏTanlos;
disons mieux, ils ne pourraient pas mCuiu
DKTKHQUmE APOLOGETIQUE.
Sue lo soleil est le monarque du
riel, si la raison ne Icurdonnait
rÙén da l'ordre, c'est-à-dire de la variété
réduite en noité; idée dépendante de celle
de b cause créaUice et directrice. Si donc,
d'em part, nous empranloos aux cboses
matérielles et terrestres des métaphores
rv-tir peindre le gouTcrnemeot universel de
iiPron'deace; de l'autre, ce gouYernement
■vas fournil l'idée que nous cliercboas k
reiliser le mieus qu'il nous eM possible
iua les divers ordres de la vie sociale.
(h', qu'est-ce que 1" gouvernement de la
Pn^iidcoce pris en lui-m^îme, sinon l'acUna
de U cause ^emière, qui se sert des causes
XOMixt et sopérieures pour mouvoir et
^i«ner les iDTérieores, et qai descend
ainsi de degré en degré jnsqa'aux plus bas-
ses n^jims de la nature f Scbleiermacber
flirrarHj l'eristence des causes seeOBdes;
ou iiten affirmerail-il que, s'il j en a, Dieu
lie fieul s'en servir dans le gOBTememeol
da mniHle, ou qu'il D'est pas convenable à
ustgesn, ni conrorme k l'ordre cosmique
lDi-m£me qu'il s'en serve en effet? Pour
MOI, je trouve au contraire que, loin de
DÎer OH d'csclure les causes secondes, co
nlionalisie, et tous les autres avec lui, en
etagèrent l'aclion , puisqu'ils regardent
conuoe impossible l'intervention eilraonli-
[iiirc de la Cause première. C'est lï UDO
cMiradiclioo qui n'est pas certainemeal la
tnins éclalanle ni la moins remarquable
l'irmi celles de nos philosophes modernes.
(■5 njelieal, d'un côté, la possibilité du mi-
ncW, parca qu'ils nt> eroienl pas qu'il soit
opporion qoe Dieu inlervienne immédiate-
mtu dans le gouvernement de l'univers;
4i d'antre part, ils vienneDl voua dire que
le degme de* anges est une ebimére, parce
1M • Dieu a le moins beioio derinlerveu-
U» des anges poar agir sur le monde, s'il
; oi pennanenl ; ce o'usl qu'anlant qu'il
iiéÇi sar uo Irdue reculé dans les hauteurs
•irs deux, qu'il lui faut envoyer des anges
id-Ws poor fiiire exécuter ses volonlés sur
|j terre (113). ■ Que le Créateur ait besoin
lie ministres pour ptuverner les choses qu'il
t créées par sa parole, c'est U une chiaière
ego Boias puiirile et ridicule qu'impie; et
<]tt^ dércoseur de l'existenoe des anges a
jamais émis eoe pareille absurdiié? Hais
<tM Dieu, qui a créé les forces, c'esl-à-dire
les causes secondas, se serve des unes pour
3âr sur les autres, c'est une idée qui, loin
'/être en désaccord avec ses pertecliOQS, ,
e» IrAa^erUine, a« pMnl que. sans elle, il
ut impossible de comprcodre l'barmonie du
noode et ta sactase de Celui qui l'a cré^.
Le momde ^intaol et matériel, même abs-
rKlionbita des angoa, n'esl et ne peut
••re tfa'mi Uértrelûâ de foreu iibra ou fa-
it in iteBi iT U* auiru, et coar
courant par leur tnchatnfmtnl et hur action
riciproqn» à produire l'harmonie miiterftlU .
SOI» faction et la dirielion iupréme de la
cause premiire el eriatriee. Ceux qui admci-
teni les anges n'altèrent |>oinl relte organi-
sation, et BU fond ils n'y ajoutent rien: seu-
lement, outre les divers degrés des forces
que nous pouvons naturellement connaître
par la raison, ils admettent une série d'a-
gents dont rexisteni:e est attestée par la ré-
vélation seule, bien que leur place mnjenne
entre Dieu et l'homme soit 8ppuy<!e de
quelques probabilités rationnelles. Qu'y a-t-il
donc d'étrange dans celte opinion? qu'y
a-l-il d'étranger è la bonne logique? Ùaii
Dieu n'a paibetoin d'anges. Nous le savons
bien. Mais il serait dimcile de lo proiivt-r
au point de vue du rationalisme, qui, en
niant la pussîbilité des miracles, refuse nu
Créateur le pouvoir de s'interposer directe-
ment entre ses créatures. Du reste, il ne
s'agît pas de prouver a priori l'eiislcnce
des anges. Créés et contingents. Ils ne peu-
vent pas plus élre démontrés a priori que
les autres parties de l'univers. Hais il s'agît
de voir si ce fait prouvé a potleriori, c'est-
k-dire par les documents révélés, renferme
quelque chose d'absurde ou de peu conve-
nable aux perfections divim's et i l'ocdrv
du monde. JedéBe*hardimenl tous les r.i-
tionalistes du momJc de trouver quelque
raison, le ne dirai pas concluante et dé-
monstrative , mais seulemi'ut plausible
contre la question ramenée â ces termes,
Anrèsles beaux raisonnements deSchIcter-
maclier, oui, cooime le luctuura pu le voir,
Jfnùimt ta diicustion, Strauss nous donne
cette triomphante conclusion:' Ainsi, la
croyance aux anges n'a pas un seul jwint
Îiar oii elle puisse se fixer véritablement dans
Q sol des idées modernes, et elle n'existe
plus que comme une tradition morte; ■
il regarde le raisonnement de Scbleierma-
cber comme le€ résultat des connaissances
modernes négatif de l'existence des an-
ges (174). » Si, jtar le sol des idées modernes,
an entend le sensualisme, l'auteur s par-
faitement raison ; car la cause pour laquelle
le dogme dont nous parions, aussi bien que
les autres vérités révélées, sont aujourd'hui
«ne tradition morte aux yeux d un grand
nombre, c'est la philosopliie sensualiste,
régnant sous mille formes franches ou hy-
pocrites dans les opinions du siècle. Hais
lo critique allemand doit le savoir, si le sur-
naturel ne se fixe point dans le sol du sen-
sualisme, co qui est spirituel même dans
Tordre de la nature, n'y peut pas mieux ger-
mer ni fructifier; ainsi, quiconque rejeltu
l'existencp des esprits supérieurs au monde,
parce qu'ils ne se voient ni ne se sentent,
parce qu'ils ne peuvent être appréhendés
par les sens (car c'est à cela que se réduit lu
il1X> SniMS, ttt. Ht., p. 195. RcMurfimu-la, inUinent, tes miracles diflëreraîeui des cféne-
^•■a la ttfytwîiinn ds l'eiuieoee des anges, les tnénls ordinairGS en cela seutcmeni que les causes
-- ndes cn-mtees pcaveiit m coDCcroir comme tecoodei, prodocirioes des deraiers, peut:cut être
jmvi* Mdiale de Dieu; KnlMuCHl appuyé vu m nilurelkment conaoes.
pvjA madn de lussag'^ de b Bible. D'après ce (174) Studss, lot. eit~, p. lU.
S?l
A.VI
DXTIONNAIIIE APOLOCETUil E.
ANT
la
gronJ argument (le Is science moderne), ce-
lui-là (levro également rejeter les fime» hu-
maines considérées comme substances spi-
rituelles, distinctes de Dieu cl delà matière,
et se foire panthéiste ou matérialiste. Telles
sont, en eue I, les dernières conclusions de
la science domiusnie eu ce siècle et dans le
précédent. Les auges peuvent donc se tenir
tranquilles sur celle sentence fulminée
contre eus parla ssgesie moderne : ils sont
en bonne compagnie; le vrai Dieu, I immor-
talité de lâmo, la vertu désinléressée, l'itr-
tirc uiorol, la vérité rationnelle el réTélée,
eu un nioL lout ce qu'il y a de plus grand,
lie plus beau, de plus noble dans l'univers,
pnrtage leur sort. Ht qu'importe qu'ils
ii'aii-nt pas les philosophes pour amis? Le
malheur n'est pas grand, dans une époque
qui nu juge digne du titre de philosophe
queccuiL qui manquent de ce qu'il faut pour
rêlre. A ne nombre appartient vraisembla-
blement M. SLrauss, qui nous dit avec con-
liance, au début de son œuvre, qu'il croit
posséder au moins une qualiléqui l'a rendu
plus capable que d'autres « de se cliarger de
te travail (nS). » Voulez-vous savoir quel
est ce merveilleus privilège! Ecoulez :■ De
notre temps, les théologiens les plus ingé'
nicux manquent géiiéralopien t d'une condi-
tion fondauieiitale, sans laquelle, oinlgré
toute la science, rien ne peut être eiéculé
sur le terrain de la ciilique, i savoir, un
cœur et un esprit affranchis de certaines sup-
posiliong religieuses et dogmatiques, et do
bonne heure l'auteur a acquis cet affran-
chissement par des études philosophi-
ques (176). » Voyez la bonne fortune 1 El
n'allez pas croire que ce soit de la jactance,
une fissorlion en l'air. Toutes les fois qu'il
est entré dans les matières spéculatives,
l'auteur a pris soin luî-mëmo de montrer
qu'il est très-digne des éloges qu'il s'allri-
bue. Les fragments cités ont pu en donner
une idéû presque salisfaisanle; et si, selon
lui, la criliquo de Sctiteiermactier sur l'eiis-
lence des anges « peut certainement être
considérée comme terminant la discussion, »
Je suis d'avis que l'éloge de celle critique
est plus que sulfisant pour faire toucher ifu
doigt la valeur philosophique de M.SIrauss.
— Yoy. DÉHOS,
A'KGES; quelle pari ils prenneot au spec-
tacle dus uia ni Tes lotions divines dans la r6-
di^mptiun. Voy. Astbohohib. — Ansbs iors
LT HAuviis, traditions universelles sur leur
ciislence. Yoy. Dkuon, | 111.
ANIMAUX renfermés dans l'arche. Yoy,
BtLVGK. — Animaux marins et d'eau doute
ont-ils péri dans le déluge? Yoy. la noie I
il la tiu du volume. — Les animaux mou-
raient-ils avant la chule de l'hommeT Yoy,
MOHT. — Uomifiés chez les Egyptiens, dé-
montrent, après trois mille ans, la perma-
nence des csiiêces. Yoy. Bomiie, art, 1",
) IIL — Animaux duuiestiques, nécessaires
(175) ST«*ns8, liK. (il,, p. 7.
nui premiers hommes. Tojf. PsTcnoiMit,
i V.— Yoy. Fossiles.
ANNALES des peuples, comparées k ce1)«s
des Juifs, ne présentent qu'obscurité et iu*
cerliiude, Yoy, PBnriTEUQux, ( H,
ANTRHEXAHERIQDE ( hypothèse), Yn.
CHÉATIOS. S V.
ANT10CHD9, diflicullé résolue au sniet
de sa mort. Yoy, Morvhkiits confirmant tes
récils de la Bible, l'iU.
ANTIPODES. - Quelle a été la nature da
différend qui s'éleva au vin' siècle entre
sainl Boniface et saint Virgile deSaîtzboarg
sur la question des antipodes T
« Un prêtre ignorant, dit sir 'ibomas
Moore, était dans l'habitude de faire ncsge
de mauvais latin en adminislranl le baplâme;
Soniface, )i qui il plut de considérer ce bap-
tâme comme nul, ordonna à Virgile, dans
quelques cas qui s'étaifnt présentés, de l'id-
ministrer une seconde fois. L'abbé, plus
sage que l'archevêque, s'y refusa avec r«n-
rage... 11 soumil tomes les circonstances de
l'alfaire au Pape Zscb.irie, qui écrivit sur-
le-champ à l'archevêque pour blAmer l'ordro
qu'il avait donné, appiouvaut ainsi parla
faille refus de Virgile.
> Ce triomphe, remporté sur lui par un
inférieur, semble avoir aigri l'esprit de bu-
niface ; car, depuis ce temps, il chercha
toutes les ocr«sions de dénoncer Virgile au
Pape, comme coupable de dirersca erreur»
sur des points de la doctrine calliolique. La
plus sérieuse de ces accusations, comme on
fieut le conclure d'après le bruil qu'elle fil,
utcelle qui lui faisait un crime d'aroir sou-
tenu qu'il existait un autre nnonde et d'au-
tres hommes sous la terre. Le fait «si qua
l'esprit intelligent de Vii^ile... en était venu
il la conclusion que la terre était de forme
sphérique, et que, par une conséquence na-
turelle, il y avait des antipodes. Telle était,
comme une enquête le prouva, la doctrine
scienlilique que l'ignorance avait représentée
comme une cmyance en un autre monde au
dessous de la terre, distinct du n&tre, ha-
bité par des hommes qui n'étaienl pas de la
race d'Adam, el qui n'élaieul |)as du nombrft
de ceux pour qui Jésus-Christ était morl'
L'argument de Boniface était : Si ftent
antipodtt, alii hominet, adtoque aliuâ Chri-
itut introductr et ur... tomma il n'est fait
aucune mention des suites do cette aUairc,
on peut supposer que l'abbÔ accusé trouva
un moyen de ae justiSer; et celle accusn-
tion mémorable nuisit si peu h son arance-
ment dans ce monde et dans l'autre que, i
quelques années après, il fut nummé évêqus '
de Saitzbourg, et que le Pape Grégoire JX
le caDouisa en 12-» (iTJ ). »
M. Micbelel s'était borné k dire de saint
Boniface aur ce sujet: k Le p. incipat objeî
de sa haine, ce sont les Scots... Il dénonce
au Pape le fameux Virgile, évéqtie de Saitz-
bourg ( c'est celui qui allirma le premier que
(177) But. flHandt, trad. de i
1 1, p. 46L
ta
ART
MCnomAIBE APOLOCEmQI^
h tetrt Ml ronde ) ... Ce zèle Spre el Taroa-
che étairan moins désinléressé- ■
L'arcfaeTéque de HayeDCe ne fut point
(MMSsé eoDlre sainl Vimis par laAatiic, soit
ïjii'oa suppoee ceUe baine détiaténtsée,
Suit qu'on la suppose vindicative.
Paisqae la bii^rapbie de uiot Bonîfaee
iwu le noDire appelant mAnie d'iriande des
toc^jérateors. on ne |>eatdonc pas dire qu'il
•it délecté Tir^le, à cause de son nom
dlriandais, par une insiiDcliTe répulsion
de la race sasonoe contre tout membre de
U née celle. Le zèle du saint prélat n'a
donc pas élé de la haine, même désinté-
resséa ; moms uocore a-t-il été de la vea-
geaBcc
L'on imagine qne saint Boniface dut cber^
rber k pomr saint Virf^ila de son triomphe.
Xi icf écrits de rarelievëqae, ni les nom-
tmuef biographies des deux saints n'au-
lohsnt ce soapçon. S'il s'agissait d'oD rhé-
Inrr on d'un sophiste, an tel soupçon sé-
rail admissible; mais songeons donc qu'ici
Doas sommes en présence d'un véritable
graad bomme ; sonf^eous donc que ce n'est
I«s ce héros chr^ien aspirant au martyre,
qui n'aurait 410 eopporter une hamiliation
rsssagire, et qui aurait consenti, pour se
■eoger, à troubler et uaDdeltser la cbré-
tienlé qu'il fondait.
Comment espliquerait-on, d'ailleurs, qa'é-
tui irrité contre Vii^le son vainquenr,
r«Fcfaevéque serait resté si attaché a Za-
tbarie qui lui arail relosé ia victoire? Com-
nrat espliquerait-on qu'il ait présenté à
rmllesible isipartialilé île ce juge ses nou-
Vfctles. (ilaîntes, au lieu de les porter k on
coDcile gaulois et germain qu'il aurait pu
îiOiieBcerîSi la vengeance iil naître le se-
ood démêlé, quelle cause le premier put-il
ifoir T Etait-ce donc déjà une vengeance,
M iMea l'attachement de l'archevêque à ca
<n'il prenait pour la vérité T Or, pourquoi
laitMoemeot k la vérité ne l'auratt-il pas
dirigé dans la seconde occasion, comme
dus le précédente?
11 est, noo-SKulemeal injuste, mais encore
inutile, d'attribuer k un sentiment de ven-
geance le rapport envoyé au pape Zacharie
ïurla doctrine de Virgile, puisque mille dé-
tails de la correspondance de Boniface nous
ai'prenoeot que ce vicaire apostolique
croyait devoir informer Borne de tout ce
qui se passait en t^ermanie, et la consulter
néme sor les choses les plus légères.
Outre des noies Irés-imporianles sur celle
(:-ole d'ignoraols, de fanatiques, i'impos-
letirs, d'hommes perdus de mœurs, qui
s'éuient jetés en Germanie, on trouva dans
lei épitres de saint Bonibce au Pape de
fort singulières questions )iour savoir si
Tm peut manger des geais, des corneilles,
du cigognes; i quelle époque de la préjia-
<IÎ9) âawwsin, CoMtf. L I, p. 513. OolrclV
pHM tmaét de Virgile sor les aMipodes, on lui
tiffachaU de dicnher, par de iMchaoU pnBcéJés,
> K Tcn|n- d'ar«r été coaiaiocu d'errear par aaiat
Dicno:i3iiBE apoloc^iqce. I.
ration dn lait Hiygiène permet aui Toraces
Germains de s'en noumr; quelle conduite
serait i tenir k l'égard des personnes su-
jeltes'k l'épilepsîe, et ce qu'il faudrait faire
des chevaux eu cas pareil ; si les religieuses
peuvent se laver mutuellement les pieds;
quels signes de croix sont commandés an
canon de la messe; comment 00 doit faire
lefeu pascal. Ses naïfs épanchements avee le
Sainl-Siége allaient si loin que nous l'avons
entendu lui adresser quelques paroles de
blâme sur la simonie; bien plus, il s'accu-
sait lui-même d'avoir outrepassé, dans ses
communications avec les mauvais prêtres,
la r^le qui lui avait élé tracée (178). Or, je
le demande, un narrateur si exact de ce qui
arrivait dans son vicariat aposlofique, on
questionneur si scrupuleux, un censeur si
franc de ses chefs et de lui-même, poovaii-il
n^liger de meolioooer, dans ses rapports k
Zadharie, la doctrine de Virgile sur les
antipodes? Dans ce cas, comme dans tous
les autres , ce n'est donc pas par ran-
cune, c'est par besoin d'eiaclitude qu'il s
parié.
Les nombreux reproches de BoniCace
contre Vii^ile furent, il est vrai, Irto-viEs,
puisqae le Pape lui dit: « Que votre c9ur,
mon frère, ne se laisse pas aller h la colère;
mais quand vous reucontrerez de telles per-
sonnes, avertissex-ltis dans vjolre patieni-e.a
Ces pacifiques conseils laissent soupçonner
dans les plaintes de l'évéque de llayence
tioa véhémence bien tacife, d'ailleurs, k
comprendre et k excuser chez cet homme
entouré d'obstacles de tout genre, et qui
lui viennent trop souvent de sbm frères dans
le sacerdoce. Or, la vivacité de langage du
saint, qualuiilrauomtraitdeteiiapcrMOluiett
est assez expliquée par son zélé, son carac-
tère et sa position, pour que nous ne des-
cendions pas k en chercher la cause dans
un sentiment secret de haîoti et de ven-
geance.
Il u'y eut pas non plus des dénonciations
OHillipliées coDire le prêlre Virgile. La ré-
ponse de Zacharie, seul document qui reste
sur ce sujet, mentionne bien plusieurs re-
f roches, mais non pas des reproches bits
plusieurs reprises (179J.
Autant sir Thomas Hoore el U. Hicfaelet
se sont montrés sévères contre saint Bo-
niface, autant ils ont élé prodigues d'élo-
ges pour lu savoir de saint Virgile.
U. Micfaelet est tellement convaincu que
l'opinion de la rotondité de la terre et de
l'exislence des antipodes naquit au moyeu
âge et de l'esprit de saiut Virgile, qu'il ré-
pète plus explicitement eucore ailleurs celte
singulière assertion, que nous l'avons en-
tendu émettre, il n'y a qu'un ioslaut : ■ Ce
fut, dit-il, un Irlandais, un disciple de saiut
Coloiuben, Vli^ile de ^Itibui^, qui affirma
Boniface, el de brouiller le duc Odilon el Farcbe-
vèqoe de Vauoce, à prc^u d'un êvèclié qoe Vir-
File demaD&ît, en soutenant i|u'à Rome le lape
■Tait désigné pinr le premier siège vacaiit eu Ctû^
manie, ce que Zacbaiie répondit ûnt fans.
DKTKHnAIRE ArOUKETIQVE.
AST
S»
le premier que Ii terre étiit ronde, et que
iigof avinns des ■otipodes (180). ■
Avaiil d'atiorder ce njet, je ferai obserTer
qae saint Colonibsn, mort en Lombantie,
ran 615, ne put aroir pour disciple Virale,
qui ne vint sur le eontioeot que vers l'an
7M (181).
Hais n'importe, plan k Virgile entre
Newton et Galilée, puiiqie le premier, i(a
découTert l'eiistenee des antipodes et la ro-_
Inndité de la terre I
Cependant, si Vitale a découvert l'exis-
teace des antipodes, comment se tait-il que
\e poêle Lucrèce (182), mort plus d'un de-
mi-siècle avant Jésus^^brisl ; comment se
fsit-il que Laclance et saint Aosaslin (18^
eussent àéiii combsllu les partisans de ce
sTstème? Virale ne fit donc que répéter une
sncienne opinion scientiSqne. Sans doute,
c'était beaucoup sa tiii' siècle, mais moins
cependant que d'être arrïTé par ses propres
calculs à celte découverte, comme on pré-
tend Ini en attribuer le mérite.
Oa avait aussi soutenu avant Virgile que
notre terre est ronde. Bôile l'avait affirmé
(ISfc), et avant Bède. Pline l'ADcicD (185).
J'entends même Rotlin qui réclame en fa-
veur d'Aristote la priorité de cette décoo-
verte. ■ Aristole, écrit-il, détermina, par
les observations des astronomes, la Bgore et
laiRrandeur de la terre. Il prouva qu'elle
- était sphéroïde par la rondeur de son om-
bre, qui paraît snr le disque de la lune
dans leb éclipses, et par l'inégalité desbau-
leurs méridiennes qui sont différentes à
mesure que l'on s'spproche ou que l'on s'é-
loigne des p6les (fse;. » Ici encore Virgile
o's donc rien découvert. A-t-il même connu
la sphéridié de notre planète f Je la crois,
puisqu'il était instruit, mais je ne puis le
conclure de ce qu'il enseignait, du moins de
ce qu'on lui altribBe. Tout ce que l'on sait
de ton opinion se trouve réduit aux quel-
ques lignes suivantes d'une lettre de Zacba-
rie : ■ Ouantè la perverse doctrine que Vir-
gile énonce contre le Seigneur et son âme,
i savoir qu'il y a sous terre un autre monde
et d'autres hommes, un autre soleil et une
autre lune, s'il est convaincu de le soutenir,
réuuissez un concile; qu'on le chasse de
l'Eglise, et qu'on le prive de l'iiODoeur du
sacerdoce (187). »
; le trouve bieo ici les antipodes, j'j
cberctie inutilement la rotondité de la terre
qui, entre les deus soleils et les deux lunes
que lui donne Vii^ile, pourrait être plane
i'l80) Biil. de Frana, L 1, 1. II, ci, p. SS2.
IBl) T. HooiE, HUi. d-Irlawlc, U h p. Wl.
182) LocBfccB, 1. 1, t. 1055.
18^ LiCTUCB, întUmiiotu ihinn, ). m, c U,
— S. Adcdstih, Vili de Ditu, I. su, c. 9.
<18i) Dt malKTU renat, c. W.
(185) Mût. Ml., édiliOD di: Lemiire, t. L t. ii, u*
6i. p. 370.
tout aussi bien qno nnide. Loin donc qne le
savant Irlandais ait enseigné le preniiiT
'quelle est la forme véritable delà terre, il
.n'existe aucnne preuve qu'il l'ait soupçon-
née ; on est réduit à lui en suj^ioser la con-
naissance.
Il reste une dernière diffieuUé k éclaircir.
Pourquoi l'opinion de saint Virgile effriji-
t-clle la sasceplîbilité Ihéologique de saint
Boniface, quelque délicate qu'on l'imagine,
et comment pol-elle mériter les peines dom
Zseharie la menaça ?
Sir Thomas Moore cite VargumaU et mèm«
les expressions de saint Boniface contre
saint Virgile. Il est tout k fait probable que
telle fut la pensée du légal. L'historien a
ponriant un fort grand u>rr, c'est de donner
ce passage comme authentique ; il n'est pas
deVévftque de Uayeace. C'est une création
de sir Thomas Hoore, aussi bien que le
bruit fait, selon lui, par l'accasalion intex-
lée contre ssint Virgile, et que l'enqvétt éta*
blie k ce sujel. Les anciens ne parlent pas
du tout de cela.
J'ai dit que si l'argument prêté k saint
BoDifaee ne se lit pas dans s6s écrits, il ei-
Erime cependant au fond, Irës-vraisembla-
lemant, la crainle que l'on dut avoir qutt
les antipodes, dans le sjstème de saint Vir-
gile, ne fussent étrangers k Adam et au
Christ.
Ko effet, la fausse idée que les anciens m
formaient des antijwdes et que le langage
du prêtre irlandais ne semblait que Irap
connrmer, était menaçante pour la loi.Nuui
lisons dans le Songt dt Scipion : • DtiS lii-
verses zones qui ceignent ta terre, deui
sontbabitables: celle-lk, l'australe, dont les
habitants ont les pieds lournés contre les
vfttres, est sans rapport avec votre espèce
(188). » Or, si la zone ausirale était sans
rapport avec la boréale, d'où venaient donc
ses liabitanlsTlls étaient doncaiitochtbonesT
Il n'y avait donc plus commuaauté d'oti-
gine pour le genre humain T La doctrine do
Vii^ile ne lendai( pas à diminuer ces justes
craintes, et les hommes qu'il plaçait sous
un autre soleil ne devaient pas paraître
moins étrangers k la famille d'Adam, que le
Oambeau de leursjoursk notre bémîsphère.
Le Pape en roulait donc non point aui aU'
tipodes, ni aux savants, mais à ce qu'il y
avait de faux et de dangereux dans l'opinion
des savants sur les antipodes.
Loin de moi la pensée que saint Virgile
niât l'origioe unique des nommes ; seule-
.(ISS) CiCCBomsDc rtpuHiea, l.vi, d*I3, édition
de Lemaire, t. V, p. 385 des CEuvres pliitosophi-
ques.. — Od lu aaasi dans Strabon : ■ Il est évident
t]ue nous halnLoi» dans l'an des deux tiéiniaphèrv;ii,
et que c'en dans l'IiémispLère srpieiurioual. Que
no» nous étendions daus les deux béinisplicre»,
cela esi Lapnsiible, car, disait Humére,
QDldonctr
Ktd'dKirdI'Océw,
PuLi U lone turride.
(CA>9r., I. Il, 1. 1, p. 504, édIlioD de Paria, impri-
nwrie impériale 18(15.)
DfCTtON!tAIRE APMXKETIOL'C.
ATO
Mol M poÏDt de docirioe ne ressorUil pas
di npfwft eovojé de Germanie k Rome. Au
nrte, je crois, arec str Thomas Hoore, que
saint Virgile, sor cft chef d'accaulion el sur
d'iolres noo moins graves, se justifia pleî-
neoMal, oa dans ud concile de Germanie,
ra supiis di) Pape, si Zacharie é?oqua l'af-
(tînitoa tribunal, comme il en araît l'in-
ifirion (189). Le litre d'éTôqae déceroé i
Virgile, peu d'années après, en est la preoTe.
Sarioal, je cnorlos de cette promotion que
siJBiBoniCiee n'avait pas agi par liaine. Un
néiropolitain* i la fou aussi puissant oue
ttlut (le Majence et au&si vindicatif qu on
le sitfose, aurait eo la précaution de rendre
Il onièrv des honneurs impfissibJe h son
rϝ, en multipliant devant lui les olis-
Ucles, ou, du moins, en l'oubliant. Dira-
Nm qalt n'aurait osé agirde la sorte contre
Vitplt protégé du duc de Bavière Odilon?
D Iianit osé. Kst-ce qu'il ménagea le <b-
sni Adalbert qui avait bien su gagner
Musi les bonnes grâces de Carloman (19(1) ?
Eit^qoe, d'ailleurs, il n'avait pas conquis
lui-néa». depuis loMlemps, l'estioie (fO-
àloii(t«l)T
■oinlace n'a donc pas été haineos ; Vir-
gile n'a pu parlé le premier des antipodes
et de la rotondité de notre planète ; enfin,
Zxharîe n'a pas eu lorl de condamner nne
opinioa dangereuse par un alliage d'erreurs
dont elle ne savait pas se débarrasser.
AStlQCiTÊ des peuples. Toy. Cbaldékhs.
Isnmu, EsvmKHS, Chihois. — Etude de
l'uUiquité, ce qu'en pensait saint irénée,
iDiraul U. Ampî&re; erreur réfutée. Yoy,
hnis, I V. — Antiquité profane, témoigne
en bvear de raulhenlîaté du Peotateuque.
Uf. Psitt A-tKUQVK, | IV.
APAUÉE; médaiiltiS de cette ville conBr-
■unt le récit du déluge, par Hoise. Voy.
UostHsuT*. etc., i IV.
APOCRYPHES, comparés k l'Evangile,
fcy. Mmune, j Vl.ll. —Actes aj-orryphes
(ies ajiAlres. Voy. Actes des iFATass, % 11.
— Efangiles apocrjphes. Voy. no'.c IV, à la
fia do volume.
AFOTBES. — Le christianisme nous ap-
(urall aojourd'bni avec un sfsiëme Ibéolo-
giqce parfaitement déduit et formulé, avuc
une morale profondément justifiée par l'ei-
f-érience, avec un culte rajonnaiit de beau*
léi, boRoré par des rois, défendu par des
g^ies, orné par les beaui-arts, alimenlant
la lerrvdeses bienfoits, appuyé sur dii-huit
siides d'épreuves et de triomphes; centre
Bicessaire de tous les rapports qu'il a créés
dans les mœurs, dans les lois, dans les ins-
UlatiOQs civiles et sociales, et enveloppant
le monde de sa lumineuse et vrviQanie at-
OKispbère. En cet étal, nous ne pouvons
MMis défendre de voir en lui une chose
grande, forte, belle, divine; et encore rjue
>i'cfprils lui (ont fermés, lui sont hostiles,
et de quelles violences récentes De porte-
Ml pas les profondes cicatrices I
tiat) SiaaeoiiB, p. 57S.
(IM) B«u., VitmS,Boi,i{., p. «71.
Hais dépouillons le fibrislianisme de Ions
ces ornements, de tous ces fruits, de tous
ces témoignages, de tous ces rapports, de
toutes ces lumières qu'il nous a données sur
lui-même; enlevons-lui tout cela, el ne lui
laissons que sa cruix, sa croix de bois, sa
rude et sanglante crois, n'élant encore
Su'un gibet infâme réservé pour le supplice
es esclaves; faisons descendre cette croix
du front des rois, du faite des temples, et
bisons-la passer du centre du monde i ses
oïlrémités ; rejelons-la au dehors comme
un objet d'exécralion, d'horreur et d infa-
mie; puis, en présence de cette croix obs-
cure, igDoble.tachéedu sang des vils crimi.
nels, plaçons le monde païen, ce monde de
ta force, de la volupté, de l'orgueil féroce,
de la plus abrutissante corruption, qui sup-
portait un Tibère, un Claude, un Néron, un
Héliogabale, que di£-je? qui les encensait,
et en échange de cette brutale servitude ne
leur demandait que deux choses ; dn pain
et des jeux. Uettez-vous bien dans l'esprit
que cet état dn monde païen, dont nous
avons si souvent remué le scandale, n'était
pas passager et accidentel, mais bien te ré~
sultat progressif et comme l'égout universel
de la misère humaine depuis l'origine dvs
sociétés. BeprésenteE-vons bien que les
abominables excès dont il était le théâtre
n'étaient pas seulement inspirés par la per-
versité primitive, mais enhardis par l'exem-
ple officie! et public, autorisés par les lois,
consacrés par les religions, naturalisés par
l'habitude; et que, de quelque cOté qu'on se
tournât, on 7 était plongé, on r vivait, on y
était retenu par les préjugés de l'esprii, par
les penchants du cosur, par l'emportement
des sens, par la crainte des hommes et des
dieux, par l'autorité et comme par le poids
des âges.
*• A ce monde venir proposer quoi? De
changer par tout l'univers les ri^ligions éta-
blies; de renoncer soudain k ce culte de
l'ittolâlrie consacré par la majesté des ancê-
tres, armé par la superstition, et surloni
identiiié avec les vices de l'âme, et les pluf
douces comme les plus violentes inclins-
tions de la nature; ce n'est pas tout : arra-
cher ces vices non plus seulement de leurs
temples et de leurs autels extérieurs, mais
des habitudes de la vie, du fond des cœurs,
des entrailles de l'Ame ; les rejeter, les sb-
hrjrrer, pour recevoir à la place des vertus
rigides, impitoyables, désolantes, cruelles
k la nature, invisibles, inouïes, la virjpoilé.
le pardon des injures, l'amour de la pauvre-
té, la pénitence, la charité, la mansuéimie,
l'huiuilité, l'abnégation; c'est-â-dire le con-
traire de tout ce qui existait', le renver-
sement de toutes les idées reçues, la cou-,
damnation du monde el de soi-même, sans
se rinn réserver, pas même le mérite du sa-
crîlice ; et tout cela pour n'eue beureus que
quand on ser< mort... Et sur quel gaget....
parce Qu'un bomme crucifié k Jérusalem l'a
(191) Vil« S. Bmif; p. JGS.
SSfl
APO
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
APO
!ie
cn^eigniS de la sorte, et que cet homme,
dit-on, s'est ressuscité lui-môme et est
monté au ciel, où il est Dieu ; non pas un
Dieu, mais le seul et unique Dieu, pour le-
quel on -doit abandonner tous les autres....
Breu en cet état de crucifié, voulant 6lre
^BDlesque par ce qu'il y eut jamais de pini
inBme, et de refaire tout avec rien : e'^n
le choix de l'impossible; c'est-b-dire que
c'est le jeu d'un fou, si ce n'est celui d nu
Dieu : à l'événement de le déciiter.
J'en appelle sans crainte S toute nmn
adoré avec sa croix et sur sa croix, et non- assez libre de préjugés pour voir ta chose
seulement adoré, mais suivi et imité, dans on elle-même : n est-ce pas ainsi qae se
cemfimeétat desouffranceet d'ignominie... présente l'entreprise de l'établissement du
partout le monde.;. Aller ainsi, dis-je, pro- çtaristianismeT Et si l'issue nous en était
poser cette doctrine, la croix à la main, non inconnue, ne consentirions-nous pas i voir,
pas â quelques adeptes dans quelque lieu dans son succès le plus incroyable, et,
secret, mais dans les rues et sur les places prouvé qu'il fût, le plus décisif de tous les
publiques, parmi les statues des dieux et miracles î
les saturnales de }eur culte, & tout venant, Or, ce miracle a eu lien. Le succès le plus
de ville en ville, de l'orienta l'occident; rapide, le plus immense et le plus durable,
faire tomber l'univers au pied de cetie jst'venu trancher hautement la q^uestion. et
croix, fa porter du Golgotha au Capitole, et "ire éclater la divinité du principe dans le
l'imposer au monde comme le type souvo i>éant des moyens. Nos douze ipécbeurs,
rain et absolu sur lequel tout doit venir se "Près avoir accepté la charge d'aller daiu
réformer: *«>•' l'univeri prêcher l'Evangile à toutt
Voilà l'entreprise. créature, se sont partagé le monde, et, de
Voici les moyens : '*"'' vivant, ils t'ont conquis à Jésus-
Douze Juifs, douze pécheurs d'un lac de ^hi^.jl^l^J'''^'^^'',^^^^^
Galilée» n'ayant rien, lîe sachant rien, com- Sr^^.'l''^^! ''" °?'. P'«?if '" .««ix au cœur
du paganisme; et depuis lors le paganisme,
frappé à mort, n'a faitquesedébatiniauiiiiHl
de cette croix, principe d'une nouvelle lie,
et qu'achever de mourir en se déballant.
Il n'y a rien qui ne soit littéralement vrai
dans ce fait, et plus on l'examine dans ses
détails, plus le prodige en augmente : on
va le voir.
Après avoir reçu leur mission, les apAtres
entrèrent dans une maison de Jérusalem,
et montèrent à unt chambre haute, où dt-
meuraient Pierre, Jean, Jacques, André, Phi-
lippe, Tkomai, Barihétemy, Matthieu, Jae-
quei, fils d'Alpkée, Simon, appelé le Zili, el
Jude, frire de Jacquet (19i).
'1s n'étdienl que onze, par la dérectioQ de
mandés par Pierre, le moins entreprenant
d'entre eux, celui qu'un propos de ser-
vante avait déjà fait reculer..., telle est l'ar-
mée du Christ, tels sont les conquérants
de l'univers. ~ Leur consigne, la voici :
Jénts mvoffa ainti tei DOUZE, aprêi leur
avoir donné lei initrucliom tuivanlts : N'ayez
point touci d'avoir de l'or ou de l'argent
dam voire bourte..,; nepréparex ni $ac pour
te chemin, ni souliers, ni bâton...; ne vous
mellespoinl en peinecommentvout parlerez...
Lorsque quelqu un ne voudra point vous re-
cevoir, sortez de la maison ou de la ville en
tecouant la poussière àe vos pieds... Je vous
envoie comme des brebis au milieu des loups...
ils vous feront comparatlre dans leurs tu- --- ^ , r_. ._ ,
semblées, ils vous feront fouetter dans leurs Judas. La première chose qu'ils firent, sur
synagogues, et vous ssrex persécutés à cause ^^ prO|josition du Pierre, ce fut de nommer
de moi (192). Cesl ainsi que vous rendrez u^. remplaçant h ce traître , parmi ceux
témoignage au ctivcte^ dans Jérusalem, dans qui avaient été comme eux témoins de Je-
loule la Judée et la Samarie, et Jusqu'aux ex- sus-Cbrist : et le sort tomba sur Mathias.
trémités de la terre. Allez donc ae la sorte ■ . ^'^ persévéraient en prières, attendant le
dans tout l'univtr s prêcher l'Evangile à toute signal et le secours qui leur evuit été
créature, et assurez-vous que moi qui m'en promis.
vais, et que vous ne verrez vlus, je suis Quand les jours de la Pentecôte furent
néanmows avec vous jusquà la fin du accomplis, étanllousenseiiibledanslemème
monde (193). lieu, ils reçurent le Saint-Esprit, selon
On croit rêver et être dupe d'un délire qu'il est rafiporté au livre des Actes; puis
moqueur, lorsque, abslraclion faite de la çomine enivrés de ce souflle inspirateur,
(Ihinilé de Jésus-Christ, de sa résurrection >ls descendirent dans la rue, et se mirent
véritable, et de son assistance surnaturelle, ^ commencer la prédication de la croix, et
ou assista à ce complot ainsi ourdi par à rendre témoignage, avec une grande foret,
douze hommes de néant contre l'univers, à la réiurreclton de Notre-Seignear Jésus-
On ne sait que renvoyer le plus loin, ou Christ. Pierre, le premier en toutes choses,
de la folie de l'entreprise, ou deTextrava- parta d'abord, et sur-le-cliamp trois mille
gance des moyens. El on admire ce parfait hommes se convertirent; peu après, se-
rebot de toute prudence humaine avec le- conde prédication de Pierre, et cinq mille
quoi l'auteur du christianisme a conçu d'at- hommes se convertissent :je voile avecinlen-
teindre h ce qu'il y eut jamais de plus gi- lion les miracles qu'ils opéraient en lufime
(IttJ Mallh. X ; Luc. n; Mare. vi.
Ixii) Aet. I ; M'atlh. sxTin, et pauim.
(IM) Aelet iet apôirei, un des tiuret tes p/m an-
IbenOqties (ne cessons de le redire avec U . Guîzot)
nue tioiu ail lot»^ rantiquité. Vof. actes des apA-
TUS.
DICTIOTCUIRE APOLOGETIQUE.
APO
leinpSt pnisqae noas sommes coDTenas ds
ne pu en tenir comple, ponr ne nons atta-
cher qn'aa Tait simple de rt^lablissemeot du
rbristiinisme. Ce qu'on ne nie pas, c'est
qne la »îlle de Jérusalem Tit bientôt te for-
Ottr «Dlour d'eoK ta première société chré-
lieone, et çiue ceUe société détint rapide-
inenl considérable : loule la mvltilade du
MX fHi croyaient n'avaient qu'un cmur tt
fs'nu ime,
Poorsuiris par les magislrats de la TÎIIe,
qui aTaient déjà fait mourir lenr maître, ils
lODl emprisonnés, fouettés, menacés de
nort, pnr avoir rempli Jérusalem (futie
itttrvu qui ehargtait ces magittriU$ du tang
ie «f kâmme: mais eui se rient de ces
chàÙMiils et de ces menaces. etpoursaÎTent
iNiprWicatioD.
Lesrièle et leurs succès, deTenus bientAt
i rétrotl, débordent bors de Jérusalem ; et
Ja.roitt fM gagnent ia Samarie et ptutent
fufu'tm Pkénicie, à Chypre rt à Anliocke,
eà les disciples de l'Erangile reçoivent
Kur 11 première fois le nom de CArAtena.
rtODi où ils passent, ils fondent des
^îses, et laissent des disciples qui gardent
ri propagent le dépdt de la foi. Etienne,
I DO de ees derniers, resté à Jérusalem, rend
ténoiipMge k celle foi par sa mort; il est
Upidi, et son sang, en rejaillissant sur l'un
de ses bourreani, en fait un ({rand apAlre :
Paul se convertit, ut tourne h propager le
christianisme l'ardeur qu'il nml mise h le
|>ersécater.
• Toute la suite de Kbisloire des spOlres
Best qu'un lissn de prodiges. La mort
dAname ei de Sapbire jette l'épourante
ermi les Rdëles. L'ombre de Pierre rend
santé aux malades eiposés sur son pas-
uge dans les rues et dans les places publi-
ques. Philippe, l'an des sept diacres, guérit
* Samarie un grand nombre de malades.
Frappé de l'éclat de ces prodiges supérieurs
fciOD.ait, Simon le Magicien croit en Jé-
>u-Christ; les Samarilaios convertis re-
çoivent le Saint-Esprit par l'imposilion
Iles mains des apOtres ; la présence du Sainl-
Bsfirit sa manifeste par des miracles, el Si-
mon veut acheter à prii d'argent le pou-
voir d^imposer les mains. Pierre guérit à
Lrdda on homme para);tiaue depuis huit
•os, et ce prodige est suivi de la conversion
(le tonte la ville. Il ressuscite h Joppé une
fetnme connue de tout le monde par ses
aantAues, el plusieurs des babilanls de
Joppé croient k l'Evangile. Lo centurion
Lorneille et ceux qui étaient avec lui re-
vivent le Saint-Es|^>rit et parient plusieurs
langues. Paul est (errasse par une force
dÎTioe; il entend une voix du ciel, la grâce
triomphe dans s-jn cœur, il devient en un
•nouent l'apAlra le plus celé de cette reli-
poo dooi il était le plus cruel ennemi. Et
(115) DncMsai, AVonU di NouteoM TttUmeHi,
<k- Si- — CTt auioi AbdiMoh , Oe la ttligiom ekri'
•«M(.Mei.5,4.
(■M) (^'oa pèse bien les paroles de ee( apàlre,
eûci MMl dignes de la plus grande altenliou de
de combien de prodiges le prodige de sa
conversion ne fut-il pas suivi? A Papbos,
il frappe d'avenglemeut le ma^cien Kljmas,
et le proconsul Sergius Paulus embrasse la
foi de Jésus-Christ. Il guérit, k Ljsires, on
boiteux de naissance. Le peuple, témoin de
ce prodige, le prend pour un Dieu revéln
d'une forma humaine, et veut lui offrir un
sacrîGce. A sa prière, le Saint-Esprrl descend
sur les fidèles d'Epbèse; il fnit plusieurs
miracles dans cette grande ville, jusqne-U
même que ses vêtements, appliqués aux
malades, avaient la vertu de leur rendre la
santé. Il ressuscite un jeune homme à
Troade;dans l'Ile de Ualte, il est piqué
d'une vipère el n'en reçoit aucun mal, ele.,
etc. (195). »
En présence de tels faits, tous les adver-
saires de l'histoire évangélique ne peuvent
manquer d'éprouver les plus grands embar-
ras, pironi-ils, comme le docteur Strauss
l'a fait pour la résurrection, que les apôtres
ont été séduits par une imagination pleine
d'exaltation et n'enthousiasme T II est assez
singulier de transformer des hommes comme
l'apdire Thomas, si soupçnnneux et si dé-
fiant (196}, et tous ces autres disciples du
Cbrist,qui montrent pendant toute la vie de
leur maître une tendance si pratique et si po-
sitive, en esprits visionnaires. Comment I
c'est au moment o{t Jésus vient de Irom-
per toutes tours espérances , au mo-
ment où il vient d'expirer sur une croix,
sans honneur et sans gloire, que set disci-
ples se prennent ponr loi un plus fol en-
Ihoosiesme \ L'esprit visionnaire devient si
contagieux dans la primitive Eglise, que les
apdires croient voir les morts sortir de
leurs tombeaux, les boiteux marcher, les
aveugles ouvrir les yeux, la nature tout
entière obéir è leur parole I A-t-on jamais
TU quelquefois un tel genre de folie?
J'admets qu'il puisse s'emjwrer d'un in-
dividu isolé; mais peut-il saisir en même
temps des hommes de caractères et d'Ages
si oiïérents T D'aillears, l'exaltation est,
par sa nature, fugitive et passagère. Peut-
on supposer une société d'hommes qui ima-
ginent, pendant de si longues années, opé-
rer des miracles, et qui conservent celte
persuasion invincible devant les persécu-
tions et devant la mortT Peut-on croira
qu'une si étonnante folie ne se trahisse
pas de quelque bçon T Pierre et Jean ne pa*
raisseni pas devant le Sanhédrin comme
des visionnaires et des fanatiques. Leur
moilestie et leur sang-froid son! encore plus
grands que leur fermeté. Nou5 connaissons
le caractère des apâlres,il se révèle dans leurs
discours et dans lenrs letlres.Eh bion,co sont
ces hommes si graves, si prudents, si sérieux,
qu'on veut transformer en cerveaux exal-
tés 1 C'est donc par des visions qu'ils ont,
laaiftçKil tentai.: Siù^deroiHmmiéimatju* ftam-
ramelmonim, el mittmm ii^tum me»m m tomm
daponiM Cl anUsM HaaaM mtom in JoMi eJNf, WM
EBEBUt 1 (JmM. XX, i5.)
3» APO UCTlONNAtllE APOLOGETIQUE.; APO Hi
lourent et le) prcsseal , et le cerc e fatal de
)b science les emprisonne et se referme au-
toirr d'eus.
Les spAlres imposteurs I le suis bonleui
en quelques années, à Jérusalem, A Antio-
clie, à Damas, b Aleiandrie, à Ephàse, h
Athènes, 6 Corinthe, dans tes rilles les plus
savantes de l'ancien monde, propagé la
bonne nouvelle de l'Evangile 1 Le monde
mnderne est sorti d'un rêve I C'est pour des
ctiiiiiëres que les Denjs de Corinthe, les
Arisiide, les Quadralus, les Métilon, les
Justin, les Clément d'Aleianilrie, les Alhé-
nagore, les Minulins Félix, les Tatten, les
Arnobe, les AnatoMus, les Ht^rmas, les Cy-
prien, les Teriullion, les Denys d Alexari-
(IrJe, les Irénée, Itts Panlène, ont sacriSé
l'orgueil de la philosophie et les douceurs
de la volupté I Comment se fait-il donc que
les Celse, les Julien . les Porphyre ,' les Lu-
cien, les Uiéroclès, n'aiont pas reproché su
cliristijinisine dés prerniers siècles les pru-
digietists visions des hommes apostoliques?
Evidemment, quand même on pourrait ad'
mettre pour an fait isolé un si étrange sys-
lème d'inierprétalion, il échouera toi^'ours
devant la multitude et la publicité des fnits
qui remplit l'hisloiro de la première commu-
nauté chréiieuno.
Il reste encore une ressource à nos Ad-
versaires, c'est d'attribuer à la fourberie des
apAires les miracles de t«ur vie et le suc-
cès merveilleux de leur parole. C'était \h
l'hypothèse favorite du xviii' siècle (197).
Je .^bIs bien qu'on a été obligé de l'abau-
ilonuer , parce qu'on l'a , non sans raison ,
décl<irée insoutenable. Présenter commodes
tourbes les admirables fondateurs du chris-
tianisme, n'est nullement dans la tendsLce
d'uae époque qui prétend répudier jusqu'à
un certain point U tradition honteuse du
«iicle de Voltaire. Cependant , si les disci-
|iies du Christ oo sont fias, comme nous l'a-
vons démontré, des fanatiques et des >isiou~
Diires, on est bien obligé d'admettre celte
^up|lUsition .révollatiie que les hommes
apostoliques ont contribué, psr la ruse et
jiar la fraude, 61a merveilleuse propagation
du christianisme. C'est, jusqu'à uu certain
Iioinl , la prétention de AI. Salvador (198l.
i n'est donc pas inutile d'enlever à nos ad-
versaires celte déplorable ressource par
laquelle ils essaient d'écha)pper k l'évidence
dvs faits surnaturels. Uuand les rationalis-
les eiaminent de loin l'hisiuire de la révé-
lation , ils se tirent d'embarras par des so-
lutiona générales et sans applications posi-
tives. Mais si on les transporte sur la terrain
brûlautde l'histoire, les dillicultés les en-
(197) leaii-Jacques Rousseau se sépare encore,
lur et poîm coramn en beaucoup d'autres, des i:\-
iravagancei de l'to>le voliairienne. 11 s'expriuiu
ainsi sur le caractère des apiUres : > Après la uiorl
de Jtbus-Cbrîsl, douze pouvrei piclieurs entrt>prcn-
iicnt d'ijislruiro et de convenir te monde ; leur tuc-
lliode a élé simple; ils prCcliaicnt sans art, niaii
avec un cœur peu éiré , ei de tous les miracles dont
tHeu bonorail unr fui, le plus frappant cUît la saiii-
leié de leur vie ; leurs diEcî|ries suivirent cet exem-
ple, «Ile succès fui prodigieux. Les prêtres païens,
«brniéi, tirent entendre aux princett quit l'Eutciait
perdu, parce que tes oITrandcs diminuaient. Lcii
jtcrkécuUous k'iluvcieiit einu llreni i^u'accclcicr les
pour mon siècle et pour mon pays qu'il se
soit trouvé dans celte France catholique un
homme pour répéter cette triste parole.
Heureusement cet homme n'est pas de noire
sang, et ce n'est pas une boucoe française
3ui a osé répéter parmi nous le blasphème
e Voltaire, devant les contemporains de
Chateaubriand, d'O'Connull et de Pie IX I
L'imposture î Mais savez-vous bien ce qua
c'esti Savez-Tous qu'il faut des intérêts bien
pressants el des nécessités bien rigoureuses
pour qu'un homme sacrifie volontairement
tout son avenir, son esprit et son cœur, i
semer la parole de l'erreur dans le champ
du père de famille 7 Qui est-ce qui s'en^jje
de sang-froid , sans remords , sans h^ita-
tion, dans cet odieux projet d'unchatner ses
frères par la servitude de l'erreur T Qui ose-
rail faire violence aux sentiments les plus
forts de la conscience et de la nature , pour
jeter, sans raison et sans profit eui quatre
vents du ciel la parole d'iniquiiéî Dieu,
dans sa miséricorde et dnns sa boulé, a mis
sur le front do l'imposteur un signe indélé-
bile. C'est comme cette tache de sang que
l'hemicide épouse de Macbeth sent toujours
renaître sur son visage pâlissant. La fraude
porte en elle-même sa misère et sa condam-
nation. On peut la montrer du doigt dans
l'histoire, comme on montrait l'intime i
Sparte; son triomphe, plein d'angoisses et
de trouble , n'évite jamais le sup(:>Iice de la
honte. Quand un homme a pu tromper ses
contemporains et son époque, it lui faut tel
ou tard comparaître devant le tribunal de
l'histoire, qui pèse en sa sévère balance
tous les crimes qui ont flétri sa vie et sa
mémoire.
Hh bien I les apAtres sont 1% devant nous ;
ils sont là, chargés encore des chaînes de la
persécution, couverts de la pourpre de leur
martyre, couronnés de l'auréole que les
siècles ont posée sur leurs fronts. Pauvres;
bumiliéi, souffrants pendant une vie qui
fut une longue torture, les vainqueurs de
ridolâlrie et du despotisme des césars ai-
tendeut do ia justice de ce siècle leur bill
d'indemnité. Je ne sais pourquoi , mais en
contemplant ces solennelles Bgure» cicairi-
séoK par le glaive des bourreaux , à la vue
de ces fronts sereins qui ont brava les mai-
pr<^rés de cette religion qu'ils voulaient ëtovflcr.
Vous les Ciirétiens couraient au ininyre, tous li^
peuples couraient au ttapièmc ; l'histoire de ci-s
Îiremiers temps est un prvdige continuel. > (J.-J-
touBSUU, Biponu au roi de PoiogiUt discoure 1,
- 103.)
(198) Cfr Salvador, JéiUM-Chr'ut et ta doetrint, \\-
— Il y est entraîné par la force de so» sjsteuH'.
malgro ceruiiies répugnances. — Cfr pour; preuve
ce qu'il dit de saint Jean, n, i79. • Paal, dtt->l
ailleurs, (Idèle ï son principe de revêtir tMitcs It'»
fomied pour aiTivcr ï ses Uns. * (Saltamp, II,
5sa.)
iPO DlCTIONNAmE APOLOGETIQUE. APO Uft
nagées, le triomphe de l'erreur T Le sens
commun indique QQ'il fallait suivre une
poroille marclie. En bien I de» hommes
qu'on suppose aToir vaincu le monde par
Js puissance de leur diplomatie, se sont plu
au noDlrsire à enlasser sou» leurs pas les
difficultés les plus grarcts et tus plus invin-
cibles. N'onl-ils pas annoncé sens craindre
et sans pSlir, qu'ils stiaieni reortirser 6 leurs
pieds tous les nulles Vaincus, que les dieux
allaient tomber de leurs autels , et la Syna-
gogue elle-même Unir sa glorieuse destinée?
N'onl-ils pas bravé avec audace les gouver-
nements et les pontificats f N'ont-ils -pas
dédaigné l'éloquence et la philosophie Tils
ont osé soulever contre eux , par leur pa-
role, depuis les tiordi du Khin jusqu'aux
rives du Nil, les césars, les pontifes et les
sages. Encore s'ils avaient flatté les passions
révolutionnaires de la foule, s'ils avaiertt
planté la croii dans le monde, comme un
arbre de la liberté, s'ils avaient, comme
Spartflcus, prêché la révolte aui esclaves;
mais non, ils annoncent que les puissances
sont établies de Dieu, q^ue les rois et les
empereurs sont les ministres du ciel, qu'il
faut pajer l'impAt et rendre l'honneur k qui
ou doit l'honneur.
Pourtant, ils ont triomphé! Us tombaient
vaincus par le glaive, mais victorieux par
la parole. Ils tombaient. Biais leur sang
purifiait ut fécondait la terre. Ils tombaient,
mais le monde s'ébranlait et craquait sur
ses bases. Ils ont triomphé, non pas par la
science, mais par l'humilité; non pus par 1»
puissance* mais par la faiblesse; non "par
des victoires, mais par la mort. Ils se sont
faits insensés pour confondre un siècle eni-
vré de sa gloire; ils sont restés pauvres
pour purifier un inonde gorgé d'or et de
plaisirs. Us ont espéré contre toute espé-
rance , et jeté dans le sillon de la parole de
Dieu une semence qui semblait ne devoir
jamais être fécondée par la rosée du ciel.
Qu'on dise qu'ils ont été insensés, cela est
bien : ne couvenaient-ils pas eux-mêmes
que leur prédication était une folie , un
scandale I Qu'on dise qu'ils ont, sans ré-
flexion, sans calcul, sans prévision, marché
au-devant des persécutions et des tortures;
ils n'en rougiraient pas. Qu'on dise qu'ils
ontf It cette vie qui passe , préféré la cou-
roime céleste qui na se Qétrit jamais ; c'é-
tait là leur espérance. Mais si Ton ose dire
(m du monde, mon âme s'émeut et s'at-
leodril. Se pourrait-il que vous, les martyrs
de 11 parole évaogélique, que vous qui avez
tint souffert el tant prié, vous nu fussiez
qiK! d'indignes scélérats et d'odieux impos-
leurs T S'il tn est ainsi , où donc est la ver-
tu? Si les hommes qui ont dévoué leur vie
1 11 cérité, triomphé de la violence par une
iuiincible douceur, vaincu la corruption
psienoa par la sainteté de leur vie, fondé
nar leurs travaux la société moderne, si ces
homnies ne sont que des diplomates adroits,
lits ont sacrifié leur existence au succès
(l'une oilieusn politigue, la vertu n'est qu'un
000). Cooimentl c'était dans l'intérêt de
l'erreur qu'ils ont , pendant que les glaives
M croisaient sur leurs tètes, prêché à l'uni-
rers dégradé le purJon des injures, ta pa-
lieuce, la douceur et la fraternité t Us ont,
puur le succès de la ruse la plus infernale,
éveillé dans le cœur de l'humanité les plus
idmirables dévouements qu'ait jamais.vus la
terre. Ils oui, pour le triomphe de leurs
pissioDS, terrassé tous les vices; pour faire
réussir l'erreur, ils ont prêché des vérités
qui oui changé la face de la société. C'est
de leor vie que nous vivons , c'est laur pa-
role qui soutient le monde moral, c'est leur
•H-rit qui nous dirige. Noua sommes les
tolants de leur cceur et de leur sang; c'est
ponraous qu'ils ont combattu, qu"ls ont
uuSiirt, qu ils ont vaincu, et nous oserions
jeierkleur dévouement cette odieuse pa-
nlï-.Yous avez menti 1
Singulière imposture 1 étrange diplomatie 1
Cboisir pour Dieu un crucilie, et tenter de
courber l'univers tout entier au pied d'un
pbd UDgIant 1 II fallait que ces bateliers
piiljens comptassent bien sur leur adresse
ttiur leur génie, pour faire adorer un si
reruliaiit mystère aux esprits sceptiques et
nilleun du siècle d'Horace I C'était ift, cer-
tes, une belle idée, i>iea propre à dominer
lesgmei, que de prendre puur les subjuguer
if scandale et la fulie de lu crofx I
Hais ce u'était jias assez de déraison. Ces
■|>6tres uu'on suppose si habiles et si four-
Ms, quelijues jours après le honteux sup-
l'Iict; de leur roattre, dogmatisent, non pas
iUas les ténèbres, non pas dans les conven-
licules secrets , mais (voyez donc la prodi-
tieuse folie l) aux portes du temple, eocom-
Ké par ta foule ; dans les places de Jérusa-
lem, devant ,1e Sanhédrin lui-même, qui
reuait de crucifier Jésu»-Cbrist, ils ont l'au-
■Jace d'aoQoncer, par un incompréhensible
■veuzlement, que leur maître a guéri les
malades, ressuscité les morts , et que ceux
qui l'ont crucitlé se sont rendus coupables
uu plus époufanlable des forfaits. Hais sur
qm voul-ils doue s'appuyer pour s'assurer
le succès d'une telle extravagance I Vont-ils
Qalter les passions des grands ou les rancu-
nes da peuple? Vont-ils manit;r adroitement
les |>réjugés de leur époque T Vont-ils pré-
l'uer, parde« transitions habilement mé-
^u'ils ont été des scélérats et des imposteurs»
il ne faut pas s'arrêter là, il faut prendre de
la main des pharisiens le marteau qui a
Servi à clouer le Fils de l'homme pour atta-
cher à sa croix le titre de séducteur (199) I
Apôtbes. Ont-ils réellement commencé
leur prédication par Jérusalem? Objections
et réponse. Voy- note VI, à la Su du volume.
— Prédication et miracles des apdlres. Voy.
Uythisux, s IV. — Leur caractère avant la
PeutecOte. Ibid. , ( IX. ~ Leur conduite h
l'éijard des nouveaux converiis. Yay, Kégli
ri99]Cfr HicoLAS, Eludei mt tt Chrultm.
(iubiu., Bkl. it théologir, etc.
t. tV. — UaiM CuSîAi. LeChritl tt CEtangiU. ■
147 ARA DlCTlfflfNAIRE
DB roi. S 1". — Leur ignorance. lear fai-
blesse. Voy. PKOPlfiATlOM DDCBRISTUDISHK,
jletll.
APTiTUDEdes niitmatix à la domesticité.
Tby. HoMUE, art. 1", S HI-
APTITUDES respectives dos races hn-
iuainns. Voy. note XIX, à la lîn du S' vot.
ARABr.S. Ont-ils détruit Is bibliothèque
d'Alexandrie? Foy. BisLiOTHiQDC d'Alexah-
DHiE , I IV. — Famillfl arabe prësenlant
l(>us los traits nôgrea. Voy. Races bchai-
MBS. % IV.
ARAGO KT CALIXTE III. — On Ht dans
ia Notice scientifique da M. Arago. publiée
dans l'Annuairi ifu Bureau des Longitudes,
pour l'an 1832, Is passage suivant : ■ Lors-
qn'en 1456 on vil paraître l'éclatante cornèle
qui doit risvenir dans le mois de novembre
1835, le Pape Caliile en fut si effrayé riu'il
ordonna pour un certain temps des nrièrea
publiques, dans les(]uelfes, au milieu do
chaque jour, on eicommuniait à la fois In
comète et les Turcs , et afin que personne
ne manquAt i ce devoir, il établit l'usage,
qui depuis s'est conservé, de sonner à midi
les cloches des églises. ■ (P. 243.)
Il est étonnant qu'un savant d'un caractère
aussi honorable que M. Arago, et qui, certes,
n'a pas besoin, pour intéresser ses lecteurs,
de recourir i des plaisanteries inconve-
nantes, ait ainsi verse le ridicule sur la con-
duite et les actes d'un Souverain Poniifoque
DOS historiens et nos biographes (SOOJnous
représentent comme ayant honoré sadignité,
non-seulement par sa vertu, mais encore par
iateience, comme un homme d'un esprit
solide et éclairé, et par conséquent peu ca-
pable de s'effrayer, comme le vulgaire de
son siècle, à l'apparition d'une comète. Qu'à
l'occasion des progrès effrayants des plus
cruels ennemis du nom chrétien , qui alors
menaçaient d'envahir toute l'Europe; qu'à
l'occasion des tremblements de terre et des
autres calamités qui eurent lieu sous son
pontificat; qu'à i'ocr^sion même de la co-
mète de ihSii, que l'état de la science et les
préjugésd'alors faisaient regarderau peuple
comme un météore de funeste nrésage, Ca-
lixte 111 , père commun des fidèles , los oit
appelés BU pied des autels, les ait exhortés
à la prière et aux bonnes œuvres, et leur ait
appris à mettre leur confiance en la divine
miséricorde; que même, à certaines heures
ilujour, le soD des cloches ait averti tous
les fldèles de s'unir de cœur aux prières de
l'Eglise, y a-I-il dans tout cela quelque
chose qui mérite tAot d'être Qétri de ridi-
cule T non, sao;* doute, et liien des hommes
éclairés croiront même que ces moyens en
valaient bien d'autres pour calmer les* es-
prits pénétrés d'effroi è la vue des rapides
progrès d'ennetnis mortels et d'une suite de
calamités et de phénomènes terribles. Aussi
H. Arsgo, pour rendre le trait plus piquant,
a-t-îl jugé a. propos d'ajouter quelque chose
k l'histnire : « An milieu de chaque jour,
APOLOGE'HQUE.
ARl
dit-il, on excommuniait k la fois la comité
et les Turcs. * Comme si les Turcs et une
comète pouvaient être ejrcomfflumVf ru. Ara-
go ne savait-il pas que ce mol signifie rdnm-
cher de lo communauté, de sa société, rtjtttr
dv sein de VEgliseT El c'est sur le criciple
d'un Pontife éclairé qu'il met la aotlise d'a-
voir excommunié des inlîdéles, une comètel
Le trait d'érudition qui suit n'est paspitu
heureux. L'usage de sonner tous les jours
les cloches des églises, non-seulement i
midi , mais encore le matin et le soir, est
bien antérieur à 1456. Cet usage fut élabll
par le concile de Clermont, tenu en 1095, et
nréaidé par le Pape'Drbain II, afin d'intiler
les fidèles à remercier Dieu trois fois le jour
du mystère de l'incarnation. Il est vrai que
cet usage n'est devenu constant et général
en France que plus tard ; mais ce n'est point
h Caliite III que nous le devons , c'est ta
roi Louis XI.
Le savant astronome n'ignore pas, sans
doute, que lorsqu'on veut avoir des reosei*
Ï;nements exacts sur les faits qui concenient
a religion . ce n'est pas dans les écrits de
certains auteurs du siècle dernier qu'il faut
aller les poiser.
Quanlau ton peu convenant qu'il emploie,
d'autres savants lui ont déjà donné l'eiem-
Êle d'une réserve qui sied mieux è la science,
e n'est pas ainsi que H. le baron Curier,
tout protestant qu'il est, parle des choses ^<?
la religion.
ARBRE DR LA SCIENCE BU RBII ET DD MIL;
eiplicaiion. Voy. Epreuvb.
AHCBE. Voy. Déluge. — Tradllions sur
les lieux où elle s'arrêta. Votj. Déluge,
5 n.
ARCHITECTDRE CHRETIENNE. Toi
Culte, % III. — Architecture indienne,
prouve-t-elle une très-haute antîquitéTI'aï.
Ind.ehs,!!".
ARIANtSME. Voy. Silot, !S II.
ARISTOCRATIE GaLLO-ROMAINK. "
lï" el V' siècle, quelle était sa cropw
religieuse.
Celte question est très-importante parl^^
conséquences que M. Guizot en a déduites.
Cet émioent historien, croyant que Id dss^
des seigneurs gallo-romains, dans laqu.elle
se recrutait l'épiscopat, avait été )odil!<^-
renteè toute croyance religieuse, en con-
clut que l'ambition ouvrit souvent i ces
personnages les portes du sanctuaire, ot)
ils durent introduire avec eux les goûts ff]-
vules du monde. Bien pins, il semble évi-
iloiil è M. Guizot que l'Eglise, n'ayant qM
la plèbe & sa suite et d'orgueilleux scigni^urs
fiour chefs, suhil alors une profonde trans-
ormation ; sa constitution, de démocrsiiquo
qu'on Is suppose, serait devenue aristocra-
tique, en attendant qu'une nouvelle révo-
lution fit de l'Eglise une monarchie. N""*
étudierons ailleurs la constitution eci:lé-
sinstique; il ne s'agit maintenant que <les
croyances religieuses de l'aristocratie.
(200) FLEimv. tliii. de FEgliu, tiv. ex et cii. — rteAixT-BEncAsiEi, 11ht. de f Eglise, liv.
Biographie mniverielle. — Didionnuire de Fellcr.
IM
aBI
MGTHHOUIKE ANtLeCETIQltB
S«u noi dOQl«. «D iT* el «u v siècle, le
poIflMisnie conserTsil do nonibreus secln-
tttrtt M. Beognol l'a prouvédins m docte
el inl^rassaiite Histoire de la dulnulicn du
pëfonimu m Oecidemi; piaii cela n'empé-
rhait pa» que le cbrislianisme en coniplât
dans toutes les claises de la société en très-
fnuad nombre. C'est ce que aous allons \Â-
tbfT de prouver.
II-
M.GcizoT. — € Rappelez-vous ce que j'ai
ea nmnoeorde vous dire sor l'état ife )n so-
ei<K eiïile romaine an v siècle : j'ai essajé
Afe 10BS peindre sa profonde décadence;
vous i*et va que les classes arislouratiques
pérituient, prodigieusement réduites en
Donbfc, sans influence, sans rerla. Ou>-
tooqoe dans leur sein possédait quelque
^oer^e, quelque sctivilé morale , poirait
dins (e dergé chrétien. Il ne restait réelle-
neDlqoe le menu peuple, plebi rojiiana,
qai se ralliait autour des prêtres el des
iftqaes, et formait le peuple cbVétien (201).
« De grands seigneurs, i peine chrétiens,
d'iDdeos préfets des Gaules, de« hommes
<fa monde et de plaisir devenaient souvent
évfijues. Ils finissaient même par y être
obligés, s'ils Toalaieot prendre part au mou-
vement moral de l'époque, conserver quel-
que iicporiance réelle, exercer quelque in-
flaeoce active (90S}.>
le iw recueillerai pas Inus les noms h la
fois aristocratiques et chrétiens qui nous
ont étd conservés dans les chroniqoes , les
i'te^des et les éplires des Pères; je me borne
ï U correspondance de saint Si>lotne Apoll j-
■nret ^ ce tableau si rinhe et si animé du
ï'iiècle. En quelque endroit qu'on ouvre
cet ouvrage , on ; découvre les noms die
laïques aussi distingués par leur piété que
par leur rang.
C'nt d'abord Sidoine lui-même qui, etK -
mn homme dn monde et se rendant h Rome,
IOD.be k zenoui dès qu'il aperçoit la ville
de saint Pierre, et se sent miraculeusement
guéri. Knsuite nous voj^ons Agficola invité
par Sidoine h prier pour sa fille malade.
Aviins donne à l'Eglise sa terre de Cuticiac.
Lorsque le prêtre Constance va précber k
Clermont, des cilojens de tous les rangs se
pfe5sent i sa rencontre. Près de Lvon, nous
trouvons la tombe de celai des Apollinaires
qui, le premier, abandonna les idoles. On
ami du saint évèque de Clermont est d'une
déTOlion si ardente, que, sans l'opposition
de Sidoine , il entreprenait un dangereux
fèlerinage avec toute sa famille. Déjh une
autre épttre nous a dit de quels ouvrages
c-.'i imi de Sidoine préiérait la lecture. "Tan-
dis que l'on compose de lirres de spiritua-
blé la bibliothèque des femmes, lui, il
réunit daits U sienne saint Augustin et
Varron, Horace et Prodeace , Origènc, sur
(W) BittM're dt la tkîliatwa en Fraitcc, I
■■^ iti. p. 7i ; édil. Didier.
iWij t'H *B/>ra, p. 91.
I.
lequel il iliscnlo. Vcchins est un moine sous
le paludamentum, et c'est lui qna l'on charge
de ramoner h une vie plus religieuse Ger-
maninns. Bis et père de pontifes. Elapbius
bâtit une église, el on voudrait voir ce per-
sonnage si pieux se consacrer lui-même aux
autels. Sidoinese félicita de pouvoir joindre
au nombre de ses amis le docte ot religieux
Menslmanus. Frontina, plus sainte qae les
vierges sacrées, est célèbre par ses absti-
nences el sa foi. Domnulus, qui aime II vi-
siter les monastères du Jura, est inquiet de
savoir si Chalons a obtenu un digne evèqae.
A rapproche des Rogations, Aper y est
invité par Sidoine. Ce prélat voit Ruricius
lui demander des exemples corrects de la
Rible, el Argovaste, des commentaires. Pour
la fête de saint Just , à Lyon , on remarque
A la procession, puis la nuit à matines, et
plus tard h laudes, les diverses classes de la
société, même les principaux citoyens. Eu-
Iropia, si vigilante dans le culte du Christ,
jeûne pour nourrir les pauvres. Gallus*
par ordre du saint évéque de Clermont, re-
tourne vers son épouse, dont il avait cru
devoir se séparer. Le guerrier Simplicius ,
qui avait fait bâtir un temple, a reçu de ses
vertueux parents la foi dont il sera un Jour
le ministre, llimerius reparaît avec toute sa
piéié dans la personne de son fils l'abbé,
Pbilagrius, comme un parfait religieux,
jeâne de deux jours l'un. Le comte Vieto-
rius, qui par malheur ne persévéra pas, ce
fils spirituot de saint Sidoine, brûlait d'ono
telle affection pour les serviteurs du CbrisI,
qu'il arrosa de ses larmes le moine Abraham,
expirant, et qu'il se cbaifea de ses funé-
railles (203).
Nous auronsencore i parler, dans un mo-
ment, de quelques religieux amis de saint
Sidoine.
Une chose h remarquer, c'est que j'ai
rappelé les seuls personnages signalés par
des a:lea purement chrétiens. Je n'ai rien
dit d'une foule d'autres dont saint Sidoine
admire les vertus, mais sans les désigner
d'une manière expresse comme vertus chré-
tiennes, quoique assurément l'Evangile les
eût inspirées. Nous aurions doubléla liste
de ces personnages.
Voilh en que Te livre de saint Sidoine
Apollinaire ooos apprend des pratiques re-
ligieuses dans les bauls rangs de la société
gallo-romaine au v* siècle. Que de nouveaux
noms h recueillir, si nous parcourions les
œuvres de saint Jérdme, de saint Augustin,
de saint Paulin, de Prudence, de saint
Aviie, elcl Mais par ce résumé des épt-
Ires de saint Sidoine, nous pou voas imagi-
ner tout ce que ces autres écrits nous
offriraient de précieux témoignages ; nous
pouvons comprendre s'il est rrai que la
plèbe se ralliât seule au prêtre, et que l'a-
ristocratie ne sût fournir h l'Eglise que
de riches épicuriens pour réj)iscupal.
(205) SiDOM», er- ■■ ■. 5: I. ii, 6. % |2; I. m,
1,3, !2;t-i*. «<'. <^. IS, 17,21, 2S;I.v, 11, 15;
I.ïi,2,1);l. m,?, 13, I*,I7.
M. Bcrti^oT. — • L'histoire 4e ce temps
(/« IV' H^f /<) frHirnit DO ciemple enrieni
de la lyrannie esereée par le* païeiu con-
tre le» patricien.* qai osaient coneernir la
«oiipable pensée de rompre aiec le liëcle-
Je vais leeiter.
« ftome com|>tai[ ao onnibrede ses pfos
illnsires sénateurs Poalias IfeTOpius Pao-
liniis. Ce personnage était redevable de
t'influence qu'il exerçait autant à m verta
rt h Ses talents qu'i sa naissance et h ses
rirhesses. Son père avait été préfet du pr^
loire An» Gaules. Elevé par le poète Aa-
5fine, recommandé par lui k rempereur
Gralifn , Paulious fut consal sobro^A en
378. On l'avait déjk vu gouverner la C«b-
)>ante et remplir ilivers emplois importants
en Italie, dans l'Espagne et dans les Gaules.
Quelques entretiens avec saint Ambroise et
avec d'antrrs évëqucs, et aussi des chagrins
dont la toorce ne nous est pas eonnne, lui
donnèrent do dégoât pour les dignités, et
liront naître dans son cœur la ft-nne réso-
lution d'slfandonner le paganisme (201). Il
s'éluii^na de Rome, et peu sfir^s il retiitje
baptême, probablement en 389.
■ Le bniit de cette conquête fut pour
toua les Cbréliens un signal de joie. Les
évoques se félicitaient et rendaient à Dieu
des actions de grâces. Saint Ambroise écrit
à un évoque de ses «mis pour qu'il admire
lu courage avec lequel un homme de ce
rang [tplendort generii nuilî secmufiun] con-
fG8<<a)t Jésus-Christ (Ep. 30, t. V, p. 259).
Saint Augustin, de son côté, écrit \ Paoli-
uus que tous les chrétiens, désormais ses
frères, veulent le voir, lui parler, afin de
le mieux admirer. (Ep. 32, t. Il, p. 47} S'a-
dressanl à Licenlius, il lui dit : c Va dans
• la Campanie [Pauli» habitait alor» Nota),
fl apprends i ronnaltre ce saint serviteur
< de Dieu, Paulin, qui, avec on CŒur d'au-
« tant plus généreus qu'il est plus humble,
■ a re|)oussé loiiies les grandeurs de ce
■ fiècle iNtur porter, comme il le fait, le
< joug du Christ. ■ {id. p. 59.)
• Saint Jérôme, saint Uartin, Sulpice Se*
vâr«, tous les chef» enfin du christianisme
échanKèreiit les témoignages de .leur joie
«1 tlo leur surprise.
• Si les Cbrélieos dissimulaieut peu le
{VU) SsinI Psnlin (ep. 5], pour détourner un ami
de lani «Imirer m conversion, lui fait observer
i|a'il n'a pal eu grand mérite i te donner i Diea,
puiMuti te* fonctions avaient dit l'habituer aux
pentiVs uravei, ei que les voluptés éuiciit émoui-
W'et par ton curps inllrme e( d^jà vieui. H. Am-
père (I, ], p. 373] en conclut que Paulin fut cbangé
par dci ennuii de cœur; c'est i. loiL De ce que, pour
diminuer le mériie de son changement, Vliumble
Paulin disait que \e» voluptés n'avaient goére de sé-
duclion pour son Sge avancé, eu n'est point une
ra'son de cro'.re que sa jeunesse ait été séduite, et
encore iiioiiis qu'il portât, en éciuaiit, un amour
Diallitureux dans sun lœur. Il a ^.iinpknirnt voulu
AVOLOGCnQCE. AU vu
boubear qa'oes sflkbiable coBversion leur
taisait éprouver, le dépit de» paiess n'éfait
pas nwas eaché. Ils coMmeBcètwK par ré-
voqner «o doute ta désertioB de Paelious,
elle leur paraissut isipossible II creire :
aComaaent sapp«wr, dLsai«ttl>tls, qv'nn
■ bonne de ceti* tanille, d« cette race, de
■ ce caractire, dooé d'an» nsn grande élu-
' quence, ait abandonné la sénat en détoqr.
■ oant la sneeesMon d'une noble maison î ■
[An., t. Y, p. 259.) Lorsqu'enfio il m leur
fut plus possible de douter, ils se répan-
dirent en invectives contre Paulinus, qua-
lifiant STiO action iadùpnm fatùatt. Saint
Ambroise avait [iréva que la eonversion du
son ami causerait parmi les pûens des cris
de fureor : • Que diront-ils quaodils le sau-
ront? ■
■ Paulin devint odienz à ses parenL^, \
ses amis, tous dévoués aax intérêts de l'an-
cienne reliijion... Son frire même l'aTsit
abandonné.
> Les reproches aaxqoels il se montre le
plus si^asibls étaient ceux de son maître, de
son ami, de ee poète célèbre qui jadis di-
rijjcait ses pas dan^ l'étude des Retires et
dans U carrière Aks bonoeors, d'Ausoiie
enfin.
« AossitAtqoe le poë^e connaît Je ^tn-
jct de Paulin, il se hAte de lai écrire pour
le décider de quitter l'Espagne, où il s'^
tait retins, et à venir habiter Borne, icdci
digm'lntû tmatoria... A tool cela Paulin
répondait : « Je veux quitter le montle et
a mes richesses... • Le iiaganisme recooDut
enBo qu'il n'avait plus aucun pouvoir sur
l'Ame de Paulin, et 11 cessa d'inutiles ef-
forts ,'205). •
Saint Paulin, à son baptême, ne sorlsil
pas du paganisme, et ce ne fut pas son
christianisme qu'on bISma, mais son com-
plet renoncement^ au monde et la distribu-
lion de sa fortune aux pauvres.
Avant son baptême, l'ami d'Ausone ap-
partenait à cette classe qui, tout en reeou-
naissanl la divinité du christianisme et en
suivantses prescriptions principales, isrdjil
pourtant à s'j faire agréger. La chose est
évidente, car la direclioD chrétienne des
croyances de notre personnsge, même de-
puis son enfance, nous est attestée par ses
propres écrits.
Dans une pièce de vers consacrée k saint
Félix, la première année du séjour do Pau-
lin h. Noie et la cinquième de sa conver-
montrerque les obstacles ontinaîres des cooveraiwJ
n'eiistaicnt pas pour Ini. DaiMeurs, aux yem île
ce rude pénitent, les plaisirs même l^itinH^ ne
iTOuvaieni souvent pas plu» ([rtcc que fes plaisir)
coupables. C'était, comme dans te cas prési;ni,
quand il s'adressait il d'autres Cbrétiens, qu'il par-
lait ainsi (ep. Î5 ad Mititem; ep. 44 ad Apnnii
Amandtifn); hors de là, il n'oubliait pas dedislin-
nuer. Les voluptés dont il était question dam w
lettre k saint Sulpice pouvaient eune eue la tic
dans le monde et dans les liens du mariage, v» *
laquelle Paulin avait renoncé.
(W5| Vin.dt la dtitntcHond» fagtnhmt» vcr
fiitent, I. Il, p. '32, n.
tioR SM\ Ifl poète dit i son palron : « Enfin,
lu mas acco'dé de Tenir célébrer ta Dais-
MDce dans ton temple 1 Troii luitrti se sont
bien Isntement écoulés depuis qu'au milieu
de wlaonilés pareilles, prosterné deranl loi,
)t le consacrai et mes vœux et mon cœur.
Lei travaux qui depuis ce jour m'ont en-
inlné loin de ta demeure, k travers tes terres
(I les mers, sur les plages loiutaioes lu
lu connais; car toujours et partout, dans
i«s faligaes de mes courses et tes hasards
■le ma Tie, je t'ai imploré, toi qui le tenais
I iimD rCtê. a
Quand Paitlia écrÏTit ces rers, il éinlt
l)i|i(isê depuis cinq ans seulement, et tléj^
(apai'dant, depuis qnioze années, il.âiail
cno'acré h saint Félix. Est-ce un idolâtre
if'ii Bur it été de la sorte dévot aux saints
<i(i christianismef II fut donc chrétien par
1*5 croyances avant de le devenir par son
tiij>ièiDe. La foi de Pautio & l'Evangite da-
tait de son jeune âge.
«Le Christ, dit-il, m'a donné pour ser-
TJtear k saint Félix dès mes premiën^s an-
Bé>s... Encore enfant, J'arrivai des nagions
Accidentâtes des Uaul<!S. A peine mon pied
trifmblaDt a-t-il louché ton seuil, d Félix,
ciop. ja vois entassés devant les portes tes
tfenoignsges de les œuvres sacrées... et
QUf de tout mon cœur, je m'abreuve de ta
loi da nom divin. Joyeux ft ta lumière,
je m'eiiBamniai d'amour pour l« CtirisI,
V^tni devant ton irdne que je coupai le
rrmîw dovet de ma Liarbe (207t. »
HoD-*eu\«ment M. Beugnot n a pas noté
m passafi» décisifs, mais, de plus, aueuae
rfeï oombreuses cilalions qu'il rapporte »e
(u'^nire la eoureision de Paulin le con-
^uinur des idoles au Christ. Saint Augus-
lio im'li Paulin que tous les Gdèles dé-
lOfBaisses frères veuli^nlle voir; il enga^ice
uctniins i aller admirer le serviteur de
pt«u : tout cela prouve bien la sainteté et
II renommée de l'illustre converti, mais
■>c montre pas qu'il ait appartenu au paga-
Biiaie.
U passage que H. Beugnot a extrait de
mot Ambroise, si nous I examinons dans
Ma easfmble, ne laissera aucune ijicerlj-
l'Mesur la cause qui ameuta tant de cen-
mrs contre Paulin.
Ri|ipelons-oous, d'aisord, que ce person-
"i^e Consulaire était fort rictie et que son
*mnt était mort. Quelle esnérance pour ses
hrentsl Hais ce furent las pauvres que
nulin et Thérasis, son épouse, instituèrent
Kurs héritiers en quittant le siècle. Ils ven-
■"Hil l«ars biens, et donnèrent le prix
W) Poema 15, s«u canncD 2, de laint Félix.—
^hn ion iMplénie, saint Paulin demeura quatre
*^«B Espacne. La qualriéni') année de md wjour
^ édk do Pytéséei, il commeDca reu« langue se-
!^ 4e pUees composées pour cbaqae anniversaire
Mini Félix. { Voy. poema 13.) La cinquième aii-
"Se »a conversion, le uint balutait l'iialie. (Vog.
Vi* de imtMt Pa%lin, par La Bavit, c. 16, dans La
«rrolo^w d« M. l-atibë kigne, i. LXI.)
- ^Wl)Pne<iu 16, carm. 15, iit S. FtL.i. 549-
' '"^^ ~ L'habitude de faire un aitc retiiticux du la
APOI-OGRTIQUE. ARI Vi\
aux indigents et ne gardèrent pour eux que
Jésu<t-Chris(, « Viens 6 nous, écrivait Pwt^
lin è son ami Sulpice Sévère, nous n'avons
3ue Ib Christ; mais, dis-moi, n'avons-nous
onc rien, nous qui possédons celui qui
possède tout (S08J T ■
Cet héroïque dépouillement, incompré-
liensibie pour les idolâtres , cl auquel In
famille du Paulin ne s'attendait pas. eicit.i
les plaintes qui s'élevèrent. Saint Ambroise
écrivit alors è Sabinus : ■ J'ai appris que
Paulin, l'un des premiers personnages do
l'Aquitaine par la splendeur de son ori-
gine, a vendu ses propriétés, les siennes
et celles de son épouse; par un esprit de
foi, it en est venu jusqu'à distribuer aux
pauvres l'argent de ses biens. Et lui, pau-
vre è son tour après tant d'opulence, il $e
croît déchargé d'un écrasant fardeau ; i I dit
adieu ï sa maison, h sa patrie, ^ ses pro-
ches pour servir Dieu avec plus d'ardeur.
On assure qu'il a choisi une retraite dans la
ville de Noie... Quand nosseigneurs rap-
prendront, que diront-ils T Quitter le sénat
quand on ost d'une telle famille, d'une telle
race, d'un tel caractère, quand on est doué
d'une si grande éloquence! détourner la
succession d'une noble famille I c'est into-
lér&ble I
'■Ces hommes-là cependant, quand ils
célèbrent les cérémonies du culte d'Isis,
se rasent les cheveux et les sourcils ; mais
qu'un Chrétien, par docilité pour sa sainte
religion, change de vêlement, ils crient que
c'est un indigne forfait, tndtmum faci-
ni» (909). >
Saint Ambroise vient de nous indiouor
très-clairement la cause des clameurs hos-
tiles i saint Paulin : personne ne biéma
Paulin devenu chrétien ; presque tous bl;l-
mèrent le consulaire devenu moine : ee ro-
froiilissement toutefois ne fut pas de loti-
sue durét), puisqu'on fc06 Paulin comptait
Beaucoup d'alliés et d'amis aussi dévoués
que pieux (210).
C'était bien la perte d'une rithe iwectt-
tion qui éloignait du serviteur de Dieu son
propre frère, puisque celui-ci, chrétien lui-
même, ne pouvait avoir en horreur le chris-
tianisme de Paulin. Que ce frère du saint
ait reçu le baptême, on ne saurait en dou-
ter ; Delphinus, évéque de Bordeaux, le lui
administra. Saint Paulin nous t'apprend lors-
que, dans son épitre 35', il recommanda aux
prières de Delpitinus ce fUt ipiriluel yiie te
pontife avnit aulrefoit engendra parla grâce
de Dieu{Hi). Selon Gennade, l'évéque de
Noie ■ adressa plusieurs lettres b sa sœur
lilttéisme. (Poirma 53, c. ÏO. in S. fXtcm.f
(208) Kp. S, ah'<u6, ad Sermim.
(209) Ep. 50, al. 5e, ad SabiHinu.
hlO) Pucma Xt, curm. 13, in S. F»! J«m, r.
336, eu.
(9tl) Ep. 33, al. 19. — Le pare et la mère ite
Paulin Turent Irès-vraiscmblattlemeot riirétieus,
puisque le saint donna à une église un de les f s-
clavea pour tertir ot Iwr mémoire, (f
a. \i.)
la
isi
MCTMKiXAUE APCHilGEnQUE.
sur le mépris du monde (212] ; a ce qai
^appose qu'elle était chrélienoe, puisque
le siiut U pressait, non pas d'embrasser le
cbrislianismo, mais U perreclion du chris-
tianisme.
Quant i AosoDe, ce qui le désolait, c'était
rabseuce de son ami et sou silence; c'était
la Tente de ses immenses propriétés : toutes
choses dont il ne connais^ail pas le rérî-
lahle motif (213J. D;in5 les buitépltres d'Au-
soae k Paulin {âU}, pas un mot pour le
raoener au paganisme , pas un mot pour le
rappeler à Rome, et le membre de phrase
cité par U. Beugnot [ttdtt dignitalU tma-
toria) ne prouve rien ; il est tiré je ne sais
d'où, mais du moins ce n'est pas de l'une
lies huit éptires du poète è son îaroi. De
même, dans les réponses de Paulin, pas une
ligne ne montre qu'il se soil juftiQé d'aroir
abandonné le culte de* faux dieux; c'est
Sf utement le culte littéraire des musiis qu'il
a déserté. Ausane, d'ailleurs , était chré-
tien ; on le prouvera. Comment veut-on, par
conséquent, qu'il ail délourué du christia-
nisme son ami converti T
Saint Paulin ne fut donc jamais païen ;
son frère et sa sceur étaient chrélieos aussi :
et si sa conversion souleva des haines, ce ne
fut pas quand il se Qt baptiser. Est-ce que
le baptême l'aurait obligé à répudier sa Tor-
luoe et ses dijjnilés, à ne plus aimer dans
son épouse qu uim sœur 7 Ce fut celte rup-
ture universelle avec le muude qui soûlera
le monde coolre le solitaire de Nule.
i in.
H. Gdizot. — c 11 y avait dans les Gau-
les, à la lin du IV* et au v* siècle, un cer-
tain nombre d'hommes importants et bo>
norés , longtemps revéïus des grandes
charges de I Eut, demi-païens, demi-cbré-
tJeas, c'est-ft-dire n'ayant. point de parti
pris , et, i vrai dire , se souciant peu d'en
prendre aucun en matière religieuse; gens
d'esprit, lettrés, philosophes, pleins de
f;oût pour l'élude et les plaisirs iotel-
ectuels, riches et Tivoni msgniQquemenl.
Tel était, à la Un du iv* siècle, le poêle
Ausone, comte du palais impérial, ques-
teur, préfet du prétoire , consul , et qui
possédait en Sainlonge et près de Bordeaux
de fort belles terres; tels, h la fin du *' ,
Tonance Ferréol , préfut des Gaules , ea
niS) De tirU ilUitr., c. 18.
(Ïi3] Noas eoieoilrons, dans an monienl, siinl
Paulin direi son ancien maître que, lorsque celui-
ci connalira par hatard les raisons de la coniJuile
(le son disciple, il ne le censurera plus. '
(21i; Ep. 19, W, îl, i2. 33, U, 35, 36. — Je'
suis l'édition des Graphes ; Lugduni, udliiv. I
(315) HUl. d* ta eivHiialion en France, 1. 1, 1. in,'
p. «.
(318) SiKM., Carmen 7, Paneg^ricut Arito Au-'
guuo toeeto diiuu, v. 567.— U. Augustin Tbien-j,
VOKK proOTcr que Ut kabitantt det citéi gehleUa
étauM profvHdimtnt déjoùté^ de l'empire, rjpjMirIc,
- grand crédit anpris des roii visigoihs, et
dont les domaines élaienl situés en Langue-
doc et dans le Rouergue, sur les bords du
Gardon et près de Hilhsn ; Eulrope , auisi
préfet des (bules, platonicien de profession
et qui habitait en Auvergne; Conseneertè
Nnrnonne, un des plus riches ciloyeas du
HiJi, et dont la maison de campagne, dite
Oclatiana, et située sur la roule de Béïwt,
passait pour la nias magnifique de la pro-
rince. C'élateDllk les grands seigneurs de
la Gaule romaine : après avoir occupé les
fonctions supérieures du pajs, ils vivaient
dans leurs terres loin de la masse de li po-
pulation, passant leur temps i la chasse, k
la pèche, dans des diveriisseinenls de tout
genre; ils avaient de belles bibliottièques,
souvent on Ihéâlre où se jouaient les drt-
mes de quelque rhéteur, leur client: le
rhéteur Paul faisait jouer chez Ausone si
comédie de rExtraraganl (Deliriu), compo-
sait lui-même de la musique pour les en-
tr'acles et présidai! à la représentation. A
ces divertissemenls se joignaient des jeui
d'esprit, dos conversalioas liUéraires;ou
raisonnait sur les auteurs, on eipliquail,
on commentait; on faisait des vers sur les
fietits incidents de la rie. Elle se passait dd
a sorte agréable, douce, variée, mais molle,
égoïste, stérile, élrsngère h toute occups-
tion sérieuse, è tout intérêt nui&sanl el gé-
néral. El je |iaHe ici des plus honorables
débris de la société romaine (SIS). ■
Je ne rechercherai pas ce qu'il y a de
peu équitable i accuser d'âi^oïsme et d'ÎDU-
liliié la rie de ces Gallo-Romains. Je me
borne à une réQexion. Puisqu'ils ne de-
mandaient du repos aux chaoïps et oui let-
tres qu'après avoir été longtemps rerùut da
gronda charges de rÉlat : puisqu'ils consa-
craient auxsoinsdel'épiscopat fes restes de
leur /ntrgie, afin de prendre part au mou-
vement moral de Cépoque et d'exercer une
bienfaisante influence, ils ne limitaient donc
pas leur rie et ses devoirs h la haie Qeurie
de leurs vitlas. Si ces personnages ne se
préoccupaient pas, en politique , d'intMU
puiuanlt et généraux, ce n'était pas leur
zèle qui faisait défaut b l'Etat, c'est l'Eut
qui s affaissait malgré lenr zèle. « L'univers
se meut t Rome, disaient les seigneurs
gaulois I Aritus ; nous l'en supplions, moDle
sur le tribunal, relève les peuples abattus:
les temps ne demandent iiss aujourd'hui
qu'un autre plus que loi prétende aimer
Borne (216) > Celait bieolà, certes, l'ex-
dans sa Lettre XX' tur PBul. de Frantt, ce jus-
sage du pan<^jrique d'Avilus : i Hais tandis que,
sur la parole de nos pères, disent les Gaulois i Atî-
lus, nous respectons des lois sans vipucur, que nous
regardons comme un devoir de suivre de chuie en
chuic une furLune décrcpilc, nous avuns sooUiib
comme un fardeau l'ombre de l'empire, suppwrUnt
par habitude plus quepjir conscience tes vîtïesd'uiie
race vieillie, de la race qui B'bibille de pourpre. •
Ces paroles ne nionirent pas, comme le croit
U. Tliierrj, qije les Gaulois ne lendUiatt pUt q^'à
l'ûolemenl municipal; la cirL'onsiancc mcme où dks
furent proiionoi^rs repousse celle supposition, ('uis-
ST
ARI
DicnoNNAnte apologetiooe.
ARI
S5S
pression d'an intérêt général et puissant.
L'ÛKXictiludfl do Iliistoneii de la cÏTÎIi-
nIioB est biea plus éridetite eocore quand
ils'i^l des croyances religieuses des sei-
peors qu'il a nommés. H. Guizot n'indique
ra^oiï I oa peut aller vérifier ce qu'il af-
Bmie de Ferréol, de Consence et d'Eu-
trope; toutefois je me souviens d'aroir tu
ta nobles Gallo-Romains entre lesbeureux
loiisde saîai Sidoine Apolinaire, évéque de
ClennoDt. Les é^Itres du prélat nous fuur-
oirool des renseignements, et M. Guizol ne
pcnlaToir poisé les siens atlleurs.
Je contmence i soupçonner qu'amis d'un
^ifiqoc, d'Du saint, ces personnages ne fu-
rcol |)u lusxi élrangers i la croyance cliré-
tieoae qu'on leprétend.
Ko effel, Sidoine, écrivant ï Ferréol, et
sejusIiSanl den'aroir pas raconté les faits
glonVuxde ce gooTeroeur de" Gaules, lui
dit:* J'ai omis tout cel*, persuadé qu'il
est plas convenable de joindre ton nom à
ceux despontifes qu'à ceux des sénateurs,
plut jute de le placer entre les parfaits
do Christ que parmi les préfets de Valenti-
men... Adieu, prie poumons (217},i 11 me
semble i^a'su lieu d appeler Tonance Fer-
rai demi-païen , on même demi-cbrétien ,
M. Guizot aurait dû le nommer demi-éré-
qae.
Conseoce a obtenu du saint un certificat
fonbodosie non moins explicite. Sidoine
nppelle d'abord la cbapelle domestique
fbcée dans la villa Oetaviana. Nous Iruu-
t*rons une chapelle semblable eliez Ausone.
H. Guizot n'a f>as parlé de ces sanctuaires
doDiîSlîqnes; il' les a remplacés par des
salles de spectacle. Pourtant saint Sidoine,
quia décrit quatre riches villas, ne men-
tioadejamaisaucnoe salle de spectacle (318J.
Jbù, dira-t-on, si l'on jouait des pièces
ilramatif^ues avac intermèdes de musique,
ce fallait-il pas des appartements appro-
fnés i et;lie destination? J'en convien»; ce
àùntje suis moins sûr, c'est qu'il y eûl des
reiresentations. Ainsi , VExtratagtmt du
rjéteur Paul fut tu, il ne fut pas joué (219],
fKxaol ft la musique composée par faul
four les comédies et les Iragi^dies [locci et
(otkMmi MUfiram} , je penclie beaucoup à
croire que c'était la déclamalion notée des
drames de cet auteur.déclamation qui, chez
'■Ks anciens, était accompagnée par un ins-
Liiizieal ^20J.
f«*«a a'adctaaii à cdoî que l'on créait oopereur.
^ ^me les attgatart détesuient, ce n'ëûil pu
bjMe, c'ctaient les înpaisuiiU maître* de Rome.
^* wilc, il ya, ce me lemble, noe di*tijiciJon i
Wc : undis que les masset manilisseiit l'empire,
fai. après les avoir épuisées, allait les livrer atii
Tfcare» poar sa nuiton, l'aristocratie lui reue Û-
«ae far déiOMaMDl bérédiiaire, par besoin d'ac-
w^)ie tx (TkoBMHrs. Eu l'auiorisaot des discours
■Mercalés par saiol Sidoine dai» ses panégyriques,
* ae prétCBd pu qne chaque mol soit aultienii-
^MÎ^iE ëe caax Miqurli k pwie lecaUriline, on
^i 4iwB seakneBt que ce* mots esprineiii la
^Môe «rdinmre alon thés cet peisonuagcs.
117) Epu T. li.
itlSj Ep. ^ 3, 9, Carmen 2S.
Quoi qu'il en soit, voilà donc une cha-
pelle cbex ce préiendn demi-{isïitn. L'évé-
que de Clermont s'adresse ensuite de la
sorte à son ami : ■ Aujourd'hui , c'est lo
temps de composer des écrits sérieux , de
songer pluldl h la vie éternelle qu'à l'im-
mortalité, et de nous souvenir qu'âpre la
mort ce ne seront pas nos ouvrages, mais
nos œuvres que l'on pèsera. Et ctci.je ne
dis |ias comme si lu ne faisais pas l'une et
l'autre chose d'une manière louable, comme
si, en laissant encore de )a galté dans tes
discoars, tu ne gardais pas de la gravité
dans tes actions; mais je parle de la sorte
afin que toi qui, grâces au Christ, mènes
déjà dans le secret une vie sainte, lu le
hâtes en public de soumettre à un joug sa-
lutaire une (ète et un cœur religieux, et que
désormais la bouche s'occupe uniquement
de célestes louanges, ton Ime de pieuses
réOexions, et ta main d'auœdnes (221). »
Ainsi donc, tout en pressant son ami d'à*
bandonner la lidéralure légère, Sidoine dé-
clarait la vie de Consence grave, touabte,
saïKle; Jd. Guizot, an coniraire, la irouvu
presque épicurienne. Ce serait un purita-
nisme par trop dur que d'excommunier
pour de petits vers I
Koirope ne dut pas être moins attaché au
christianisme, puisque les deux lettres qui*
lui adresse Sidoine, l'une, étant encore
homme du monde, pour l'arrachera ses
loisirs philosophiques, et l'autre pour le fé-
liciter de s'être dévoué au service de l'Etal,
lui rappellent des pensées pieuses avec ud
abandon na'if et un complet oubli de pré-
cautions oratoires, ce qui suppose des deux
côtés une vive aympatliie de croyances.
« Depuis longtemps, lui dit Sidoine, je dé-
sirais l'écrire ; aujourd'hui que,9rdceraM
Chritl, je prends le chemin de Home, jf suis
bien plus porté à le taire... Par la favmr
de i^ini, tu es dans la vigueur de l'A^e , du
corps et de l'esprit (222;. > Et ailleurs :
« Nous commencerons donc, ainsi qu'il est
juste, par r«!ndre d'abondanlés actions de
grâces au Christ, qui , après avoir fait des-
cendre ta grandeur d'aïeux illustres, t'élève
maintenant à des titres dignes de loi (323). ■
Ce n'est qu'en s'adressaut à un ciirélren
qu'un chrétien uiéle delà sorte la religion
à ses conseils.
N'eus!iioos-nous pas ces garanties du cUrts-
tiauisme des trois seigneurs, l'assertion de
(SI9) AcsoHiDs PtuLo, ep. 11 : > Receaii ver-
aaum luorum letliane. ■ ConcemaM là lectures
Sablique* chei les Romains, voir l'ouvrage de
I. NuiBD, Etude» fur Ut potitt latint de ta dica- ■
dence, t. 1, p. 281, art. Siaet. Cet usage subsistait
encore au temps de salut Sidoine. |Ep. 9, 14.)
D'ailleurs, si l'ou jouait de* drames cbei quelque*
mods seigneurs, ce n'était pas chez les amis de
Sidoine, puisque les descriptions de leurs villas,
comme je l'ai dit, ne rappe'lluot jamais aucune salle
defhéAlK.
(220) L'abbé Do Bos, Rijtexloiu cnliqutt wr .'«,
poétie et la ieiHiMre,t. III, seci. v et \ii.
(Ml) Kp.3,4.
(212) Ep. 1,6.
{ta) Ep. i, 9.
ist
Afy
MCTIO^nAlRE APUX»GEr.QUE.
ARI
UQ
U. Guixol oe serait pas mieux fondée ; ear
de ce que les preuves de lear piéU wraieul
perdues, il ne s'ensuÎTraiL |>a5 qu'ils su-
rsiout Técu sans religion.
Le choix de Ferréoi, d'Eulrope et deCon-
seiice comme Ij'pes de l'iDdiSértince pré-
tendue desriclies Gaulois A l'égard du curis-
lianisme au V sièclei esl donc ualbeureuit
puisque, aux yeux d'unsaiul prélat, ces
dtmi-paiens de M. Guizot élaîtut d'excel-
lents Chrétiens.
1 IV.
Quelle ËUit 11 religion d'Àmou t
Le gracieux pofile de BonJuaux lient dans
la litléralure latine une place assez distin-
guée pour qu'on soit surpris de la variété
d'opinions qui existe sur le culli dont il
put éire tliscipte. On l'a dit tour & tour palan
et évoque; iudilTérent A toute religion et
fanatique de paganisme; enlin clirétien de
conviction, niais sceptique de langage. U.
Ûuizot l'a placé parmi ws homnies qui sans
parti prist;iimatièrereligieuse, se souciaient
Eeu d en prendre aucun; MH. de Chattau-
riand et Beugfiot.suiU du nomhre de ceux
qui font pro/(»er l'heUénismi tS2^J par no-
tre |>oële.
Ausoiie élait Chrétien, et Chrétien con-
vaincu. Voici un extrait de son poëme în-
liluié lEpheOitru uu tableau desoccupatioui
de la journée :
« Esclave, oufr» ma cHapelle que nul ap-
pareil eilérieurne décore. C'est Dieu qua
je vais prier, et le Fils du JDieu suprâine ,
majesté unique qui s'associe l'Esprit sacré.
Jecommeuce; mais en sentant la présence
de Dieu, ma pensée tremble: vous vous ef-
frayes è tort. Espérance et Foi.
■ Tuul-Puissant, ignoré des méchants et
connu de tous les cœurs pieux, -sans prin-
cipe et sans un, plus ancien que les siècles,
dont la forme el le mode ne jteuvent être
connus par l'esprit ni énoncés par la pa-
role, k voire droite paternelle siège le
Verbe de Dieu ; le Verbs de Dieu, qui a
porté la GonlagioD de nos fautes. Lui qui
suulfrit les douleurs d'une mort cruelle, il
nous a enseigné qu'il j' a un chemin pour
remonter h une éternelle existence, ot que
l'Amené s'y élaucera pas seule, mais que
le corps tout entier la suivra aux célestes
plages, loin de la terre déserte et des vaines
norreursdu tombeau vide. Ouvrez-moi celle
route qui, lorsque j'aurai secoué les lieus
de mes membres iiilirmes, m'élèvera dans
ces hautes régions o£lla voix lactée se pro-
longe au-dessus de l'errant flambeau de la
nuit. Nos iiieux ancAtres y ont marché, et
c'est par la qu'autrefois Ëlio vivant gravit
l'élber sur bon char de fou, et qu'Euuch
(SS4) CsÀTCUiBauND, Etuiet Aitl., 3' élude, pari.
Il' el m*. — U. BuicutT, ifiit. de la deitr. du paga-
muneen Occident, t. I, L vu, c. 1, p. 321.
(S35J AuBune comlnue aiiiii ; t Pour noui, ren-
fermaiil en noire cixur uii culie pevpcluel, nous
ne tuipenJons jamais 1^ célêlirauun de celle s»-
lenuiié. Cbaque auiu'« b renoiivellc liaiis le sanc-
maire, rite ue ceste poiol eii nous, i
{116} Ep. 8, Y. 8;ep. lU, v. 17.
nous précéda, revêtu de son cur, s inltci.
Accordez-moi, ê Pèrs, de respirer un jour
dans cette lumière éternelle , ai jo ne iure
pas par des dieux de pierre, et si ne leniit i
mes regards suppliants que vert l'baieldu '
mystère redoutable, j'y dépose TuffriDile i
d'une vie pure. Pardonnez-moi, auteur île
mes jours, et que, sens remords, je ue
craigne ni ne souhaite le tombeau 1 » i
Il y a dans la pièce quatre- vingts vers
aussi beaux et aussi chréliens que cuui-l^ l
Toute la première idylle d'Ausone esl aus<i
consacrée aux idées chrétiennes. Le i>oële
y expose le dogme du la Ti'inhé,dunt il
retrouve une image sur la terre dans l'au-
lorîté impériale, partagée mais non divisée i
entre les trois princes qui la posséJaisul |
ensemble. Le [Kiële commence parcesmols: i
> La sainte solennité du Christ sauveur ap- ,
proche, et les pieux initiés pratiquent dé- ;
votement leurs jeûnes (225}. • Ausoua élait
fort exact à célébrer cette fâle pascale. Elltt
lui inspira une idylle ; de plus , chaque n\- i
née, elle l'anieDail de sa ville & BortJuaui,
C'est pourquoi, lorsque dans son éi)llrei',
il en(^ge le rhélHur Paul k le venir vfjir i
la cam^'agne, il l'avertit de se hâter, ■ pana
que la solennité de la Pâque arrire el le rap-
pelle; il n'est pas libre de relarder. > Le
poëte, une autre aniiée, invita encore suu
ami i lui faire visite , mais cette fois à Biii-
deaux. Ce^tendanl il l'aut que Paul se ytcsis,
■ car nous brûlons, lui (fit Ausone, d'aller
voir les champ» dés les premiers jours après
la sainte PAquc(226J. ■
Dans ses épllres à saint Paulin pour l'ar-
racher de sa solitude d'Uspague, Ausuuc t
bien dit : ■ Muscs, divinités de la lîrèce,
rendez un poêle aux Uuses-du Laliuin (227)^ > '
mais il a ausïi conjuré le l'êrc el U Vili in
latiiencr son Paulin |S28}. Or, si les rhé-
teurs chrétiens ont souvent invoqué mî-
laphoriquement les Muses, &-t-uU jautaii
entendu un ihéteur païen invoquer ainsi U
•Iriniié î
Voyez encore Ausone qui, privé de suri
ami, de son lils, consume ses douloureux
loisirs ■ à aller tour h tour sur ses coteaui
vineux, autour de tes riches guérels <|ui
font sourire le colon, à travers ses prairi<;s
verdoyantes, sou» les ombres mobiles de h
forêt e< à l'église du village [229J. > Qu'uu
y lasse doue attention i c'està l'éjjlise qu'ai-
lail prier Ausone, et non au teiu^le 1
Quand l'empereur Gisliiio éleva «u consu-
lat le poète liordelais , sou ancien préceii-
leur, il lui écrivit: ■ Taudis que je délibé-
rais seul sur 1r choix des consuls, j'ai sou-
mis A Dieu uiou projet, connue j'ai d& le
faire, et comme je Mais que v«im voules que
(297) Ep. 35, V. 7J.
[fUt) tp.M. V. 115.
(iS'JJ tip. 15.
Ollaque Inter
ViUferi «lercem colles, Ikrtumque coIonU
Ltkeri^i, lumpnU vireutii, tuui luiBiua utnUu
llobilibiis, celelirique (rafiiaii ecetmtiu \'\uo,
Toli(ueine«UiHov«ni ilbi prounu l'rx^a V^jo—
Kl AH mcnORTUIRE -&POLOCETIQUE. AR| sn
glise, el ne les sbandonnaieni pas^riiEtio-
raiile docilité de la plèbe.
, ^ •'■
Le MmtliHwt d'Anaoe D'Mt-fl pran* ë qte par te
ptËcc* apoojphe* T
H. BKnsROT. — ■ Hiebôhr, étonné de Irou-
«p dans les (Eu»res de Uérobaiide une élé-
gie sur le ba{iteme dii Qls d'Aélius (a dit) ;
Meminerimut modo, taculh r ei ri. gentittt...
xta cautt dt rtbus KOMlrœ religionit loqui, ut,
guid vert tenserint, agre digno»cotur... Ce
sjsième nous conduirBÎt ft sUriliuer à Clau-
dien le Carme» paschale qu'on joint ordi-
nairement h ivs œu»res, et i Ausvoe les
louanges de Jésus-ChrisI qui se trouvent
placéi'S dans les Ephiméride$, ce que les
commentateurs ne font plus depuis long*
leups. Il me paratl nalurel d'admettre que
les copistes ont trsTaillé sar le texte de
Mérobaode, comme ifs i'araient fail sur les
poésies d'Ausone et de Claudien (233). ■
On a retrancbé de deux recueils païens
certaines poésies chrétiennes inlercaiéaspar
d'ignorants copistes (234) ; on a très-sage-
ment lait. Pourquoi 7 Parce qu'on esl sÛr
que Claudien et Mérobaude farenl idolirres,
et parce qu'on est également sûr que, $i des
aaienrs chrétiens, par la force des habi-
tndes littéraires, durent écrire des vers im-
prégnés de pa^nisine, les auteurs païens,
ne subissanlipoiut d'entralnemeotsemblabJo
▼ers le nouveau culte, ne cbantèrent pas
nos dogmes, même par prudence ; car la pre-
mière précaution aurait été de ne pas inju-
rier les Cbrétieus, comme le Bi cependant
Rutilius (23S]. Les poèmes orlbodoies de
Claudien et de Mérobaude sont donc évi-
demment d'une Biilr» main.
Or, pODr assurer de même que les Lqu-
amyet dt Jiëut-Chrùt n'ont pas plus ét/i
écrites par Ausooe que le Carme» patckate
par Claudien, est-on é^lemeut certain ilu
liaganisme des doui poètes? Tout ce qu'on
peut avancer, c'est qu'il semble qu'Aucone
s'est trop occupé des folie» mythologique»
pour n'avoir pas été (laîen.
La problème est pourtant facile k résou-
dre , Ausone était Chrétien et rliéteur.
Comme chrétien, il a éloquemment rendu
hommage & sa foi , et de là ses vers au
Christ; comme rlléieur qui a vieilli trente
années dans sa chaire de professeur, il a le
plus souvent adopté les sujets et les for-
mules littéraires qui avaieut cours chez le*
(BuL UlUr. dt ta Frnee, L II, p. 338) ctU Pttr»-
jr kfÊÊ>^ (OBi. ■ El le nouveau consul ré-
pendatl k son bienfaileur l'empereor très-
chrélicn : ■ Quels comices ^otir U Àirix
in fMgmlA auraient élé plus complets que
ceux où Diru conseilla et oà l'empereor
t4Ȏil?... Kiemel, qui engendrez tout et
■jai n'avez pas été engendré, cause et or-
éuuiatetir da monde, qui avez précédé tout
cunncnccmenl et qui snrvivrez k toute fin;
teusqui renfermez vos temples et vos an-
■ets dans les âmes des initiés, c'est vous qui
■T«z Eril naître en Gratlen, ce maître des
«flairas bamaÎDes , les germes de l'amour
qsll nou porte ^l)> » Le poète et l'em-
pernu- erojaîeni donc en Dieu, au Dieu des
ioiliis, c'esl-i-dire d<rs Chrétiens, et non
puk A^looou k ioiiiler.
Les paroles de Gralien k Ausone me rap-
petlenl quelqtes vers de saint Paulin au
•éoe r-ersoenage : « Oui, répondait Pau-
lin, qw venait de renoncer au monite, un
es(«ii Bouveau me péi:ètre, mais k loi ma
|reei»ère recoonaissaocel à toi toute la
gJoire I Tes préceptes m'ont fait aimer le
Cbnst. Tu devrais donc bien pluiOt to féli-
citer que le plaindre, car ai Ion Paulin bien
aimé, £Is de ion savoir et de tes mamrs ,
dont tu daignes encore être le père, même
•leand il le semble pervers, si ce Paulin a
ebâDgé de règle de vie, c'est ponr obtenir
d èln lo Christ en même temps qu'i Au-
sone. A lei done la gloire, et le Christ t'en
réeooHtensera I il le donnera le premier
irait de l'erbre que tu as planté (233). ■ Si
Aosooe eût élé paien ou peu soucieux du
rhhsiiaoisffie, le nouveau moine se serait-
li •■•se k présenter son ascétisme comme -
le résnlial des conseils de son msitretN'au-
nît-il faff naître k son tour, pressé le poète
d'cMnsser l'Bvaogile, ou n'aurait-il pas
fBflojé k cooibaltre le polythéisme quel-
fecs-ens des trois cent soixante et dix
vers qu'il lui adresse 7
Amom, d'après les aveux de ses deux
rèus illoslres élèves , Gralien et Paulin, et
d'après ses propres écrits, fui donc Cliré-
l-eo. Saint Sidoine nous apprend qu'il en
ta! <Je même de ses trois amis Ferréol, Bu-
ln>p« el Coosence. Par conséquent , si,
nonne le veut U. Guizot, nous jugeons des
«iirrs seigneurs gallo-romains par ceux-ci,
mas devons affirmer qu'aux iv* ut v* siècles
les ftms iCetprit, les Ittlréh et les pAi/eiopAes
be dédaignaient pas le christiauisme et l'K-
. <k H. 1-abDê Mipie (U LXl. g. 971 : Men-
hnutei) distiofaeat deux poêles dn noin de Hên»-
baude : ron clirétiea, l'autre paîeu ; rbooMunnic
aan Irottpé et laii néiev leen poènes. La le»-
semtdaoce des aomt a pu bire susû auribuer par-
fûi k CUodieo, duntrede Stilicon, k Cmrmtm pM-
■Sl > Cra(r«niai metio pra eonêulal».
ÏH} PocMa 10, V. IW, etc.
^3j Bût. de la dturnetnm du fmaamUau, t, Q,
Î.Sl.
S(J Les poéûes de Mérobaude, analysées par
I. BngMil (I. U, p. 337), sonl-elle* paîeuesTNie.
■ :v rjk TK, édji. de Bnnn, li36> l'a-l-U pcniéT et
- ~--' — deatoa priifd qee ka Unes paîriw dienkpaîi
ilés <si-die vrabenblaUeT 11 y aérait ks placer,
■ de paves diScalléi à opposera VBi*- eeCorw» ^
•'7 4c U éatnttim de fmgmuu, (Taiikar) u^ {23SJ itiarraraw, Ub. i, v. 3M. 410, 518.
Les BéDédktini
Otmt ou trois autre» pièces cbréikones aceoaip»-
EBcoi. en fwiqiies muuiscriu, le» CMvre» de Clau-
paîô», sans doute parce que, ee uchaot ok
— an eu aun (ratifié l'aeleur prélenUii «k
S«5 ARl DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE. AUl tU
une erreur. S'il fsHail opposer des noms h
des noms, je citerais comuie cooTaiocut du
ctjristiBnisn)fld'AusOQe:ScaljKer,Tilleffloiil,
les Bénédictins auteurs de \ Hiiloirt liUi-
raire, MgrGuilton daas sa BibUothiaut da
Pires, le réceot éditeur d'Ausoae Jaos la
Patrologie, HH. Nodier, Ampère, LuiloTii: -
Laisnne, Weiss, Fauriel , etc. (SiOj.
L'accord des savants sur le psgauisuie du
précepteur de Gralieo est donc bien loin de
M montrer unanime, et il n'y a point non
plus de preuve que la prière de l'f/iAïowrù
soit apocryphe. Les deux oliservaiions de
riiislorien de la destruction du paganisoia
ne peuvent donc faire rangerAuaone piriui
les idolâtres duiv* siècle.
M. LkBas. — «On a discuté longlempi
s'il (AusoneJ était cbrélien, et le doute n«
peut dtre levé que iisr quelques vers dias .
lesqucig il parle de la fête du l'&i|ues, mus '.
dont il n'est peut être pas l'auteur, eipircu
fait que ValeDlinien, très aLtactié au Chris-
tiatiisme, n'aureil pas conQé l'éducslioadu
son tils à un païen (2ii). »
La pièce que rappelle M. Le Bas o'eslpu
du nombre de celles aue j'ai citées. Ellete
trouve i la fin des poésies latines, avsDt la
épigrsmnaes grecques, et elle ^lorie ce titre:
Oraiaonpatcaie fautitment attribuée à ÀMOiu.
Or, on prétend que dans les couvres (d'Au-
Bone ces Quelques vers, dont il n'est peut-
être pas l'auteur, peuvent seuls lever le ,
doute qui nous caclie ses crovanees reli*
gieuses.Msis comment s'est-il Jonc fait qui
U. Le Bas ait pu voir ce poëme versUQu
duiecutiil, etqu'il n'ait pas rencontré, avant -
d'y arriver, i'tphemeris,ia première idylle, ;
ainsi que la currespoudauce avec ssiul Pau-
lin et Je rbôteur Paul? U faut qu'il aitcaiu- '
mencô la lecture d'Ausoue par la dernière
pièce latine, et qu'il se soit itorné à celu.
Les iuvesligatious de MM. Le Bes t\
Beugnot dans les œuvres de notre poêle onl
donc été trop iucousplètes, puisque cbiuuu
d'eux n'y a vu que lu pièce à laque>le il ■
cru pouvoir attacher le mot d^apucrjijilie.
Toutes les auirea pièces chrélieunes, ilili!>
ont passées sous silence, mais elles n'ei-
istent et ne prouvent pas moins.
M. Le Bas rachète pourtant celte ineiae-
titude par l'obsertation que Valeuliuieu
lettrés. N'avons-noiis pas les oeuvres do Fé-
neloo, tlo J.-B. Rousseau, etc., qui nous
montrent, même chi'Z les modernes, celle
association du tangage des deuxcroyancosT
Le rapprocFieraent n'est-it pas plus pro-
digieux encore dans les Lutiadetf Le pa-
ganisme littéraire classique d'Ausone ne
iirouve donc pas que cet auteur ait été po-
lythéiste, ni qu'il n'ait pu écrire VEphemt-
rit (23l{). Sur la foi d'un ancien manuscrit,
des éditeurs de saint Paulin ont réuni h
ses'œuvres la. prière qui, dans VEphtmtris,
Commence la'jDuriiée(337).Ce!a prouve-t-Jl
que l'hymne chrétienne ne soit pssdu poète
tiordelaisî Nullement; cela donne seulement
à, soupçonner qu'autrefois un copiste aura
voulu joindre le chant pieux d'Ausone aux
poésies sacrées de l'éveque de Noie. Il eu
doit être ainsi ; caron no iHiut songer h par-
tager le poëme entre saint PauIinolAusone.
Les vers voisins de ceux qu'on enlèverai!
(votesteraient contre ce larcin, et le vide
que ferait ce relranchement.^ne disparaîtrait
jiai par le rapprocheuient des autres par-
lieSf puisque ce qui précède et ce qui suit
la prière du matin dans VEphemvrit la sup-
pose ^238]. Ru outre, le cachet d'Ausone
u'est-il pas sur cette pièce? N'y trouvons-
nous pas le style leste, dégagé, peu appuyé
et un peu miroitant du poêle T
D'ailleurs quand on rejetterait ce poëme,
il resterait encore la première idylle d'Au-
sone pour établir sa foi au christianisme.
La retranchera- 1- on aussiT Mais alors il
Daut biîTer en mëtme temps la seconde idylle,
qui mentionne la première (â39J. Uejettera-
l-on de même la seconde des idylles T Eh
bieni que faire alors des lettres du poSleau
rhéteur Paul, de ses prières à la Trinité
pour Paulin, de son discours àGralien , de
même que des épltres que ses doux élèves,
l'èvêque et l'empereur, lui sdressèri^iit, et
qui uLtestèreni qu'il n'était pas païen T
Uira-t-onque tout cela a été également tra-
vailUf Ka vérité le P. Ilardouin n'aurait
ii&s mieux trouvé, mais on suit combien il
fut* ridicule. Cette universelle Interpola lion
est inadmissible.
M- Beugnoi croit suivre, comme il l'a dit,
une opinion depuis longtemiis commune aux
savants qui se soutoct^upésd'Ausone. C'est
(256) Le moyeu âge nous offre, en un genre dif-
fêreiil, des eiemplos non nioini cuiieui decer-
laiiies taabiiudcs liiiéraires appiiquiies 1res à contre
beni. I La controverse, dit H. de Itémusat, était à
des thèses ei des réfulalions, et elle argumeiiie en
lui répondant, i Ahatiard, 1. 1, p. 13g-UT.
(137) Consulter, relalivemeiiL à ce manoseril,
nue note de Rosweyde sur le poëme S* de saint
Paulin. (PUriÀosie, p. 905.J
li.>8l J'ai traduit précédera m eut l'oraison d'Au-
sone. Voici les vers qui la Euivcnt: < C'est astei
prier Uieu, quoique cependant des coupablud ne
paissent jamais le priei' assei. i
(i59) t^ poénie» d'Ausone sont ftéqu^niuenl
Biecédcs d'uiiu glose. Dans celle qui est à la téie de
la deuxième idjille, où le poêle célèbre son père
cuiuniu U a cétêt>ré la Triniié duns la première, on
mes jours, i ■
(2iO) Scaliger a dit : < Ausoiie était sérieutt-
menl chrétien i {y. 175 de ses notes i l'Ausoae
d'Anl. Grjipbf). il attribue au poète liordelais ki
vers cbrèiieiis de X'Ephtmeru, la première i'l)"^i
etc. (p. Ï5 et 93.) ~ TiLLEMONT, Mémoiret, etc.,
I. XV, p. 55.— iJiil. tut., par Ivs BéiiédicMis. 1- ■■
11- partie, p. S88. — Ugr GutLLO», I. X.WIU.-
Puirologit de II. l'at>bé Migne, I. XIX, ji. 818.-
Cm. NoDicn, Bibl. tiutie, p. 197. -r- M. AHPkfE,
voir S VUl. — H. UuLNSE, BM. 4et Chaïui .
%• série, t. i, p. 189. - M. Wsiss, Biogr. noMt-
telle de Uicbaud, art. Aiuene. — Fluricl, i/if '■ <''
la poé%itpTowatfale, t. I, p. lUl. — Lk Unu.'t, dïu:i
la Patrologie, L LXI. Vil. S. PaïUini, c %.
(il*) Ùici. tncTtelopédiipn dt l'Iiût. de Ftaut,
an. AutMt.
DICTIMaUlU APOLOGBTKHA
B'asnil pu cbc^ pu-mi les idoUUras le
pnifcuear do folor b^rilier de l'empire.
SctJiker aTiitdéjèfeil cette remarque, maia
si éuit ntUe de U rappeler (SkS).
nr b relîKioD
riae'eat piu* «impie I Ausone est sceptique
danses ero/anees, il ne sailqoe penser de
Il *ie folDre (SU) ; épieurieD daas sa mo-
nde, et souTeot «'dd' épkaréisœedâlioat,
^ rappelle criai d'Horace (SU). Dans n»
■;lhM,il est presque lODJoars pueo ; queU
quc<Ms il peacfae fers le dof^e ebrétieD,
swWttt qaaod il IroaTeroceasioo d'oa trait
îoeMeat (Tre» Dms tmtu). Ainsi , Aosone
puêic, rAnsoee qau dods ayons entre nos
«aioa* cl dsqDer seni dods stods k oons
oeemptr, n'était pas chrétien 1
• Ccsiefait donc k savoir si l'ean da bip^
Wse a coolé sar le front de l'homme qni
s'appHail Ansose. La qnestion rédoite k ces
tenwsintéiTsse fort pea l'histoire littéraire.
Haas coDseotoas que leacritiqaes >élés jMor
SM sal«t le baptisent sur ses vieux jours
(^poqpe qo'tftràdaieot elors les Gbrelieos
Mme les (rins ferrents). Mais qu'ils lui
bisscBt aoparaTant composer la presque
Malîlé de ses ouvrages; qu'ils attendent
■éne qu'il soit parvenn a une extrême
tieiHeaMt car il était d^ vieux quand
Fialia loi r^ffoebait son altacbement an
Aec cfiHiMns iDnani
Pitlu abMse a CferbuaM qal pouu*
Btweac arraMcataH mv*»m t$t
PkuaMeMCir
Bic v«re ncsor est cfldi.
Ob~iIs lui basent alors composer, s'ils j
ticnneol, ton poëme pascal et sa jfHiàre du
Biatia; car, pour les vers rbophaliqnes, on
ne aae persuader* jamais que la même main
lit éiml cette pièce et la MoulU (2Ui). >
Ou s'occopera plus loin du scepticisme et
ie l'épicuréisme d'Ausooe ; nous avons à
chercher maintenant dans saint Paulin la
l>renve que son professeur ail été païen.
Aosone avait dit k son aucieu disciple, en
CMnawnfaot un poëme qu'il lui envoyait en
EspagDc : ■ Cette éplire a fait enlendre pour
la quatrième fois mes plaintes accoutumées;
yja affable parole gourmande la Doncba-
Uoee, ei cependant pas une page ne vient
me rendre on pieux devoir... O mon trés-
d'iux Paulin, tes mœurs sont donc bien
ctiai^ées ? Voilà ce qu'ont produit les bois
(USj AHNtwnuK Uetàotmm, L ii, e. 31.
(USt Prêftu. I.
<tW) Efigr. 38, QaaUm Mfil mwOemm.
fU&f Bmàta tût. *l «U. Mr Ammie, i»r H. Ds-
Mcaw. •. 4C. — Le> deax maim qni pnéèdait Mm
fc ■. OeiarMl.
de la Taseooie» les oeigenses retraites des
Pyrénées et Voubli iê notre eiel (2U). >
Saint Paulin reponsse quelques-unes de
ces inculpations dans les deux passages
transcrits par H.Demogeot. Il nie, d'abordj
avoir manqué i un devoir de la ^lA^ filiale;
il nie ensuite avoir oMU le eitl de la pa~
trie. Quel rapport tout-cela offcira-t-il aven
le prétendu paganisme du poète de Bor-
deaux? Nous allons traduire surcessivement
les deux passages , mais avec un peu plus
d'étendue, et en souligoanl ce que la cri-
tique a omis.
Premier pastage de saint Paulin. — « Ne
m'appelle pas impie. Comment la piété man-
quera il-l-el le h un Chrétien? C'est récipro-
((uement un indice de piété que d'être Coré-
ti«i, et d'impiété que de n'être pas serviteur
du Christ. Cette ptété qm nauë apprenons à
avoir, ne pvis-je pas te la témoigner, 6 mon
pèrst en qni Dieu veut que je respecte et les
droits les plus sacrés tt les noms la plut
dur* (SbT]? ■
Ceci nous montre la vive reconnaissance
desaint Paulin et les titres qu'Ausone pos-
sédait k une telle reconnaissance, mais non
pas le paganisme de ce dernier.
Deuriime passage. — c Jen'ai pas mm plus,
eosMM f» 1* prétends, oublié le eiel de ta pa-
irie, moi mu tiens toujours mes regards fixés
tur le P^e suprême. Quand on ne vénère
que lui seul, on se rappelle le véritable ciel.
Crois dame, ï sw« père , que tt eiel n'est pas
effacé de mon souoenir (2m). »
Autant le cbrislianisme de Paulin éclata
dans ces vers, autant W polythéisme attri-
bué h Auaooe s'y montre peu. Le premier
de ces deux personnages ne reprocba done
pas au second, d^k bieavieuX(Son attache-
ment k l'héllénisme. Ponr pea que H. De-
nu^eot et^t essayé de traduire le latin qu'il
copiait, il aurait compris que cela n'avait
aucun rapport k l'opinion dont fl en laisait
la preuve.
Cet auteur ne veut pu qu'un entreprenoe
de lui persuader que iea vers rkophaliqua
soient de la même main qui a écrit l'idylle
sur la Hoselle. 11 a parttitenient raison;
mais je ne pense pas qu'on songe k le lui
faire croire, ni a donner ces mauvaises
lignu comme des marques de l'orthodoxie
d'Ausooe. Déjk, en 1575, Joseph Scaligar
menait en têie de cette pièce : Oraison fûa-
cate, eu vers rkophaliquu, vaussuikitt attri-
buée k Ausone (»9J.
Tout ce que U. Demogeot vent accorder
relativement au christianisme de notre
poêle, c'est que , dans sou extrême vieil-
lesse, et par maniàre de testament, il aura
forme que dem ^tres, se troave lUvifée en quatre
épltrec dans ceruincs édilioDi, et les deux extraits
précédeau appartiesnenl k la I" a k la 3*.
(U9) Scafager dit CBcerc daas tes Bolet : t ApaMt
Ulàii îllepidwn et iaveamtaia camea rimplialiâi
VCTsibas eoBscriptuBi. Qei pelesicMe Aaeoaii ia^
k Aasme, qni, dans la PetniofU, d
DicnosiiAnK irouMwnQvt. I.
dUihT > etc. (L. n, c. S.) Ceci eeiie pitea qae
m. Le Bas a iiiAqnéc oosaie prtiipmn laela, daas
les écriU d'Amooe, qoelquea traces do christia-
nisme d« ce poète, vou plas baai, col. VU,
DKTIONNAIRE APOLMEnQUÊ.
composé la prière de l'JFpfteiUCT-i» et son
l>uëoie pascal, c'est-b-dire sa première idylle.
LfS deux pièces sont (l'une époque moins
STancée. Les occupations décriios dans \'E-
phemtrii ou tableau de la journée, ne sont
|ioiiitd'unTieillnrd,p8splu3que le style [lini-
nant Ou poëine, et les songes qui in(]uiëtent
lesnuitsd'AusoDe,etdoDtn se réjouit de re-
connaître l'itonoslure. La date de la pre-
mière iJylle (Yertui patchalti Proeo) est
bien plus nettement encore précisée^ Elle
est antérieure au consulat du poète, et elle
fui écrite quand Valenlinien 1" eut associé à
l'empire son frère Vatens et son fiIsGratien.
Ausoneledit, lorsqu'en finissant il présente,
comme image terrestre de l'inTisible Tri-
nité, le spectacle alors donné au monde par
un auguste, auteur de deux augustes, son
frère et son Qls, qui partageaient le pouvoir
•ans en dÎTÎser l'unité.
Ausone ne fut donc pas chrétien seule-
ment à ses dernières heures; il le fut tou-
jours, et ce n'est pas saint Paulin qui porte
a soupçonner le contraire, malgré ce que
|iense M. Demogeot.
I vn.
AmoM «Uit-tl épienrira ?
"M. Dbhooeot. —■ Ausone est... épieurien
dans sa morale, et souTent d'un épicu-
réismedéliesi.qui rappelle cetui d'Horace...
Nous consentons que les critiques zélés
pour son salut le baptisent sur ses vieux
jours. ■
' Ausone ayant été, comme Horace, ffpfmrt
dt^egtporeiu fS50}, pourquoi tant tsair,
deuiaudera-t-on k le ranger parmi lea dis-
ciples de l'ETangiteT Quel lustre peut-il
donner an parti religieux qu'il aurait jadis
choisi T
Sans doute les croyances chrétiennes d'un
épicurien intéressent fort peu le christia-
nisme, mais elles importent beaucoup 6 la
thèse soutenue par M. Gnitot. L'historien
da la cifilisalion n'a-t-il pas ditque la plèbe
seule ae rattachait au prêtre ? Hais puis-
que A usone, tout épicurien qu'on le suppose,
arsit une chapelle domestique o(t il priailf
puisque dans ses promenades, il ne négli-
geait pat de visiter l'église de son village;
puisqu'il se montrait fort exact è féier les
solennités de l'Eglise, puisqu'il a mérité que
deux de ses élèves, un évèque et un em-
pereur, saint Paulin et Gratien, lui attri-
buassent leurs pieuses habitudes, il faut donc
conclure que non-seulement le menu peaple,
roais encore la classe frivole et mondaine,
représentée par le poète, était ponctuelle ^
remplir les devoirs extérieurs du christia-
nisme, et qu'une telle ponctualité semblait
même faire partie des usages de celte classe
Supérieure de la société gallo-romaine.
Maiuleaant j'exposerai ce que je pense de
la mortUe du poète consul.
Il â écrit des pièces erotiques, mais sa vie
- (aSOJHoucB, ep.1,4:
' Ue pingnem et nllidam bene a
Hun rioeK volet Epicuride gr
et SB règle de conduite s'en sonl*ell«s res-
senties f L'épîcuréisme a-t-il dégradé les
mœurs do l'ami de saint Paulin, du précep-
teur de Gratien, de cet homme qu'un songe
u'etfrayail pas moins par f image d'implafiir
covpmle fiUpar eellt iTime bttt fiToett^\)'[
On peut en douter, et crotrequatei ven
libertins furent, comme il ne se Issse pu
de le répéter, de simple jeux; qae ce tut
de Tari pour l'art, et non l'exprettioa de
ses principes en murale.
« Mes èpigrammes, dit-il, sont une mAlée
de badinsges qui se cnntreiiiseDt, U,c'ut
d'uQ slokien; ici, c'est Epioure qui pirle.
Pourvu que je demeure fidèle à la règle dm
vieilles mmurs.je laisse s'ébattre, au milien
de ces jeux permis, ma muse qui reste Mie
(842). .
Le poile prolesta plus heureusement en-
core en faveur de SB réputation psrsalT'
épi^amme : « Laïs et Giycère, ces noms de
lascive mémoire, quand mon épouse lei
lisait dans mes vers, elle me disait : Ta plii-
8aules,et ce taux amour n'est qu'un jeu,
tant était profonde aa foi en ma probité la
A la fin de son malheureux omfamiupffiJ,
il a snin d'écrire an rhéteur Paul, en lui ea
adressant une copie: ■ Prenex ma déieose,
de peur qu'on ne juge de mes mœun
par mes vers. Cettopagt ut Jtuciee, «uu'im
vie eM prffèa, comme dit Pline. ■ Fuis itéou.
Bière lus nommes graves qui ont chanté du
jévialités.
Le poëme de Pline d'où Ausone a tiré m
paroles (qu'on trouve aussi dans Harlisljne
nous est point parveiAi ; mais il y a l'équi-
valent dans les épttrea de cet auteur. IIcod-
fesse è Ariston que sa poésto n'est pas tou-
jours très-austère, et, si) se permet quelque
liberté, c'est à l'exemple « des plus doctes,
des plus graves, des plus saints peruo-
nages.... Pour renfermer en deux mots, dit-
il, tous les genres d'innocentes dislrscttoii)
Que je me permets, je suis bommef!U3J.>
te langage de Pline est celui du poêle de
Bordeaux : tous les deux ils pensaient qae,
pourvu qu'on tAchàt de suivre les plusii-
gutiers des anciens dans la conduite, od
pouvait, en littérature, imiter les moias ré-
servés. La poésie n'était pour eux qu'un
masque, et Calon lui-même pouvait, i leur
avis, prendre celui d'un satyre.
Je ne prétends certes pas me porter ciu-
tion que les deux poètes n'auront jamais
eu de faiblesses; je dis seulement que l'é-
pîcuréisme ne constituait pas le codo moral
d'Ausone , et que d'ailleurs, cet auteur eût-
il été épicurien, le fait bien- établi de ses
Croyances chrétiennes ne laisserait pas il'i-
voir une importance relative, puisqu'il
prouverait contre H. Guizot que 1rs sei-
gneurs gallo-romains, au v siècle, raslaieDi
encore attachés au christianisme par le
culte de la foi, quand ils s'en éloignaient
par les mœurs,
m\) Ephtmtrii.
<Î52 Epigr. 9.
(3S3) Plinu SecBHDi Ep. ï. v, 5.
ncnORUIU IFOLOGETiQUE.
corde non pu un ren , Doa pas )■ moitié
d'uD vars, mais trois moU:
M. AartsK. — ■ AasoDeétail-il chrétien?
Ce point a été eonIroTersé et Test eocore.
il eslasset earieui qu'il en soi( ainsi, qae la
lie iTbd bomme dont nons possédons un
gnad nombre d'oatniges donne lieu h ane
telle ineenitade. Pour moi, cette inceriilads
B'eiiste pas... Mais si Aasone était ehrélioD
ptr la conTlction, et mèrna par Ibb obser-
mioai dn culte, dés qu'il écrirait. Il on*
bfiiit coeafriélemeot sa crojance, et ses ha-
biiodes le rgetateni dans le paganisme. Ce
ThèHmèm est assez piquant pour être ob»
ttni avec ((Delque soin. Je ne parle pas ici
4cs pun^ empreints de ce déisme Tiigae.
anan roisia de Platon qne de l'Evenxile, qui
se ifovredans la Ctnuofof ien de fioéce, sur>
loti dans cette bel I e prière :
7i fH ygfyrtM wMmdwm ntinu fmtenwi.
0 lai fvi geatenic» k moode par na ordre
■ On poamit rapporter à celle eroyaiMa
ûccfiaiiM l'inTocalioo assez imposante
qa'Aaso— a placée à la On du pan^jrique
ae (iratien (SU). Hais ici eooore je retrouve
le elirieliauisne» bieo qu'il soit question
■tlaitiés. L'Eglise, dans les premiers siècles,
iffedasouTeot d'avoir aussi ses initiations
ctsae mjs^ères (SU). Ce passage u'estdonc
point no de ceux dont la pensée et l'ezpres-
MM païennes peuvent surptYodre ebez un
{«ëteebrétîan; mais ceax'-ci aboodeol dans
tn caavres d'Ausone... Entraîné par les li»-
biiades de la poésie païenne, il va jusqu'à
Bieuneo doute rimmortalité de l'Ame.
•Aisonetfl évidemment eotralDéparlec
finvnles de doute usitées daoa la poésie
^ecne. Cependant, après les passages que
jai dtés, ou ue saurait nier &on clirîstia-
oiuite ; niais ce cbristianisme, qui était daus
sa conviction, ne passait pas daus son talent.
£n un mot, Aasone, cbrétien de fait, est
f^iea d'imagiustiou et sceptique par babi-
lude : il croit quand il prie, il cloute quand
iJ chanle. Mais, ce gui, cbez Ausooe, est plus
cziavonlinatre que roul>li du ctirisiianisme,
c'e>l la manière dont il mêle parfois au pa-
^oi^me ce qui peut lut rester de rJDiiuia-
ceuses chrétiennes.... Bien ne montre mieux
W peu ila plaM que tenait le cbrisUanisma
dâiu «'ncapnation d'Ausone que sou Cryphe,
|«lituoèiue bizarre dans lequel il éuumère
tous Itsaobjela quî&outau nombre de trois...
V«rs la lin seulement, il se rappelle que,
d«ns les quatre-* in^t-neuf vers qui pré-
ceoeul, il a oublié la Trinité, et il lui ac-
Le DU» BN têt tri^.
Mention biiarre du dogme de la Trinité,
jetée au bout d'une pièce paienne et à la fin
d'an vers dont le commeaccment eat peu
sérieux. Ainsi le paganisme, chassé de la
vie réelle, vivait encore dans l'imasioatioa
(856). .
Je viens non pas nier, mais rectiOer un
peu ces remarques. J'avoue qu'Ausone em-
prunte le plus souvent à Ovide le sujet de
ses vers, et gue même quand il s'attache i
des idées moins fantastiques, il les orue par-
Ibis encore des images de la mjrtbologîe.'
D'accord sur ce point avec M. Ampère , je
ne lesuis plusquaad il ap|ielle AusoncMep-
tique for habituât. On a cité deux exemple»
de ces locutions dubitatives; on aurait pu
en transcrire un troisième [257}. Eb bien 1
(rois phrases décèlent*elles une habitude!
Nous verrons an contraire qu'elles sont des
exceptions aux habitudes de l'auteur.
Ce n'étaient li que des expédients d'écri-
vain. Ausone eut souvent à revenir sur cer-
tains aiyets,par t-xemple, sur nos destinées
futures. Ses poésies religieuses et les élé-
gies consacrées k la mémoire de te» )iarenls
et des professeurs de Bordeaux ramcoaieut
i rhaaue inslaot cette idécCommeut le rhé-
teur ériter»-(-il la monotonie? Il a recours
à toutes les périphrases imaginables : cbré-
lienoes, païennes et même dubitatives ; niais
il n'est pas vrai ijue ces périphrases aient
toujours été dubitatives. Sans rappeler les
affirmations si précises de VEpkaterU, on
peut citer bien d'autres pièces qui repous-
sent toute idée de doute. Dans les élégies
sur s^ parenis, il soutuile l'Elisée i son
oncle; il salue son. aïeul au milieu de l'a$-
teatbUe da dmts pietuet; il prend h témoin
de ses résolutions de célibat, dnjiuis la moit
de son épouse, Talisius, qui le* connait sous
le marbre de son tombeau : il se félicite djë
ce que sa cendre ira dire A la cendre de ta
bieo-aimée Sabine que leurs entants fleu-
rissent ornés des faveurs de Dieu; il de-
mande des prières pour que son beau-frère
Sanclus obtienne dans l'autre vie le calma
dOQl il s joui en celle-ci. N'oublions pas les
quatre vers qui terminent les5ouemîr« dsf
profateuri de Bordeaux:* quevulre cendre
jouisse du repos dans la tombe, et que la
mémoire de vos noms reste vivante jusqu'à
ce que la bonté de Dieu, notre juge, fasse
naître le siècle qui nous sera commua avec
les immortels {^)1 > Il ne serait pas dif-
Qcile de multiplier davantage ces cila-
liSt) TmrplMkam, iï<.
(ttSf CCTtaîBS dofiiies, U est vrai,
«taâ ^'ifiré» rMiniBistralilHi d« ln|
l^erw àâii tnp Décccsaire foiT qu'on
u friMîiwe Egtbe Vageaki en qoelque mi
« rfc^riiisaiiiaipfoyfeâ eoaveruraai
(ÏMJ Bist. lia., etc.. 1. 1, p. U3-Î4S.
rêvé- (237) Voici llndicaiiaD des trois passages : i*a-
CelM rmuJtB, earaen 16; Commemorath vrof. Bur-
» VB digal., canB>n i ; epL U orf Pamliamm, 113.
MUM f258j Paraïudia, e. 4, R, 9, 10, 18. — Cêwa».
* P*' prof. Bard., c. 27,
m
ftn
nCnOHIUIRB APOLOGETIQUB.
lioDf (SSV). ReiDirqaons 0t)6n que, ntftme
iJaiu eellei des élégies où le poêle nemen-
tioDDe pas uneaulreTÎe.il adresse pourlBDt la
parole à Ks morts regrellés, ce qui n'est point
un signe de sceplicisme. Ausone n'a donc
point été hsbilaellenient sceptique en ses
croyances, comme l'assure M. Ampère.
Les traces de Tsgne déisme decouverias
4an8 Aasooe et Boèce par H. Ampère, ce
«ont les endroits où ces auteurs appellent
Dieu simplement Dieu, et non pas Père, Fifs,
Saint-Esprit. C'est en vain qa'Ausone nous
a dtt dans \'Epkemerii que son Dien est ce-
lui des Chrétiens ; c'est en rain que Boëce a
p«bl>é des traités sur ta Trinité et mut le*
deux naluru en Jiêui-Chrht; ils sont déistes,
selon M. Ampère, et leur Dieu doit être ce-
lui de Platon, puisqu'ils se permettent de
l'appeler Dieu. De sorte que nous aussi, quanil
nous récitons VOraiion Dominical*, oii il
n'est point question de la Trinité, nous som-
mes déistes, sauf, il est vrai, à redurenir
<ftirétien3 quand noua commençons le Sym-
boit46$apôtret: notre religion change avec
le verset de oetre prière. Ainsi en est-il du
prétendu déisme de Boêce et d'Ausone : c'est
une très-rauBse supposition. Il doit suffire
Îu'un auteur ait averti qu'il nomme Dieu la
rinité, pour que dans la suite le premier
de ces deux mots soit aeus aa plume le sy-
uonyme du second.
H. Ampère donne inflnfment trop d'im-
portance au petit poème bizarre intitulé Grv-
pltt, espèce de cbant bachique improvisé i
îa Qn «'un repas, pendant une expédition
militaire, et que faulear lui-même appelle
ane niainrie (ineptiola Auj'tu). Ce n'est point
nne pièce païenne. S'il v a des allusions à
la mythologie, il y en a a'aulres à l'histoire,
b la rhétorique, a la philosophie, aux ma-
thématiques, à fastronomie, k l'architec-
ture. Depuis les trois auareM /lunïjuef jus-
qu'aux troit genra iCétoquence,i\ mentionne
presque tout ce qui représente le nombre
trois. Bieo loin de s'étonner avec H. Ampère
qu'un Chrétien ail si peu mis de christia-
nisme dans cette blaeUe,oo peut regretter ce
qu'il y en a iotroduit. Faut-il encore faire
observer que si lepoèteaéléiirefsur la Tri-
nité, c'est qu'il l'a été d'ordinaire sur cha-
Î|ue sujet, et que Tbabileté consistait ft ren-
ermer en trois mots le dogme des trois
personnes (ter Devu uniujl ËnBn, s'il clôt
par W son oauvre, ce n'est pas qu'il eût jus-
qu'alors oublié la Trinité, mais c'est qu'il
gardait pour bouquet Huai la principale idée ;
el cela encore, s il fallait revenir sur cette
1S59) Pannt., 1, S, S7, S9. — D en eK dp scep-
ticisme d'Ausone comme de cdui de uint (Grégoire
de N>iiaDxe,qiil s'écriait dans une de sea invectives
centre Juliea : ■ RéveiUe-loi, cendre dn grand Cong-
tantin I S'il mt» tttton ftûffiM untimeta iohi ta
(omtc, ime héroïque, écoute me* parolei I i Ces
Mtrtes de toculioBS n'éiaienl point Keptiquea, puis-
}ue IniériesremenI l'orateur et t'audiuiire rëpan-
Bient affirmativeucnL
(S60) H, AflifdnJHxive avec raison dans VEplu-
Wêat «ne prenve irréciuabte du cbrisiianiime
Ouione. il ajoute, p. UO : < Son oralion finie, it
matière, prouverait qu'Ansone était chrétien.
11 n'y a donc pas suOisante eiactituiie dans
ce que H. Ampère affirme aussi bien lur ce
badinage que sur le déisme et le sceplicisme
littéraires du rhéteur chrétien ee Bor-
deaux (260)
U. Ampère (t. I, p. ^5] fait, \ l'occiiiDn
d'un poSme de saint Paulin, des obserratioDi
d'uue orthodoxie non moius sérère qu'ï
propos d'Ausooe. Il dit : * Le chrislisaisme
de la pn'^e de Paulin est un peu indécis
pourtant, et l'on surprend encore quelques
retours rers des sentiments et une sagesit
profanes. Paulin adresse au ciel des tcbui
qui conviendraient li un honnête païen:
« Pui£sé-je avoir une joyeuse maison, une
a épouse chaste et des dis chérisT ■ Alors il
désirait être père, l'idée <lu célibat dans le
mariage élait loin de lui. Il demande de ne
pas avoir des jours tristes, de ne soufFrir d
dans l'dme ni dans le corps. It n'avait p»
accepté la croix véritable. Quelques ren
exaltés qui se trouvent & cdté de ses sou-
haits timides montrent tes fluctuations de
celte âme uncore agitée. > Tont ceci est
exagéré. Si l'on n'est encore qu'un pro/au,
un Aoim^/« paicn, quand on adresse «u ciel
les souhaits formés par Paulin, il s'ensuit
qu'un bon orthodoxe doit s'abstenir de réci-
ter rOraifon Dominicale, parce qu'un païen
pourrait dire comme nous : « Donnei-nous
amourd'hui notre pain de chaque jour...
Déuvrei!-non8 du mal, » A ce compte-li,
Jésus-Christ risque beaucoup de n'être pu
chrétien; car on sait quelle prière il Gtia
jardin des Olives, la veille de sa mort: Tr»
*eat calix iite... Gardons-Dous donc d'eabliet
que la croix de l'ermite n'est point seule li
oroi's véritablt.
m.
Ooelle* hrent tet pl^ntM d'Ansme contre mlal Pinlo:
H. DR CHATBtURRIAItD. — « I) o'esl |11!i
(au IV' siècle), jusqu'aux poètes, dans In
deux cultes, qui ne gémissent de ne pourorr
chanter aux mêmes fontaines et sur la aimt
montagne. Ausone, de la religion d'Hooére,
écrit S Paulin, de la religion du Cbcisi-
■ Uuies, divinités de la Grèce, entendez eelie
t prière, rendez un poêteaux muses du La*
« tium (261). »
Quand Ausone regrettait de ne pascAM*
fer aux même» fontainet que Paulin, cv n'éUit
pas une différence de cultes qui les s^in-
rail, c'étaient les Pyrénées; Paulin babiliit
l'Espagne. Ausone, qui souhaitait son re-
tour, plaçait ses vœux, comme nous l'avoDS
déjï dit, sous la protection et de la Trinité
(Ausone) reprend les petiu vert qu'il avait lusi^
pour te pompeux hexamètre. Aitet prié, dit-il ud
peu Inrusquemenl, et il n'est plus question que it
cboaes mondaines, t La conclusian de la priéreiii
poète n'est pas lont k fait ai bruiqne : i Auei pné.
a-t-il dit, quoique pourunt des coupables k ^
seul Jamais assez prier Dieu, i Si l'oraison dAa-
iono n'eu "uivie que de détails mondains, cali *ittl
peul-élre i ce que le poème est maintenant iacoiB;
plet. D'ailleurs, Auaone n'était uag un clert qui
n'eût à songer qu'ï des actes de devotiou.
(Wt)lll- £nitffsfttst.,iii' partit.
m
DKTKHtMAIRE
K des muse*. Voilk toul le secret de celle
pliinla, qui n'était donc p>* celle d'ua ami
K^jiinant d'Mre sépard de son ami par Is
urrière de la religioD.
H. AmpAkk. -~ a AusODe... écrivait aax
rhétean ses «mis, à Paol, k Sjiniiiaque et à
hofio.Miis Paalififijai était en Espagne, ne
ridait pas. 11 n'arrirait au maître, sur son
diKîpIe, que de vagues rumeurs, de vagOAS
ptilales ; parUgeaat le mécontentemenl des
aarres amis de PauNo, il lui adresu quatre
éptim en vert, dont trois uons sont parve*
Doc*. pour lui reprocher son silence... Au-
UM répand son impatience eo vers d'une
po^e d'eipreuion qu'il n'a peut-être ja-
nuisiçilée : ■ ... O muses, divinités de la
«Béotie, euuet cette prière, et rendez un
■ poêle au Bases latines...* Ailleurs, il ap-
parie le nriopbjle lui-mdme un impie : ■ Im-
* pie, lui dit-ïl. In pourrais séparer Hercule
- « de PiriUioâs, Nîsus d'Euryalâl > Pour Au-
»oati,l'€teè* de la piété cbrélienne était une
impiété envers les moMS et l'amitié (S62).i
iBsonctoojours sans réponse de son ami,
vojsDl an contraire vendre ses biens (263)
ti eotendaal courirsor lui de mjfiiei niMewrs
d de MfMci plainta, s'alarmait et ne se las-
sait pas de rappeler l'absent. Hais savail-il
uiie la chajKsment de vie attribué à son ami
«4it îuspire par la dëvotioQ,parrezc^ delà
^â/, comaw dit H. Ampère? Non, il ne le sa-
lait pas. Dans ses trois plaintivus é;>ltre8, pas
we sfllabe n'a rapport au christianisme
fin ou moins fervent de Paulin, el n'indi-
fw k quel eulle il appartient. Quand les let-
Ires du poète boroelais eurent eniin ren-
contré son ami en Espagne, celui-ci répon-
^ tt nous lisons dans ses vers : « Lorsque
U icMiDiDée, cette mère des mensonges,
la «fisse dans les oreilles pures, la foi et fa
/wAene veulent pas^qu'un bon père, imitant
It vulgaire méchant et smi des rumeurs
■Iroees, laisse Icscalomoiess'enracinerdans
»o conr. Ce n'est pas toujours un crime de
Jrpouiller ses anciennes mœurs et de chan-
ger de vie. Louons ceux. qui l'amélioreot en
Il changeant. Quand on te parle de mon
ttuu^ement, examine h quoi je m'attacbe
H as que je bis. Lorsque, par hasard tu
tsnrais qaeUn résolulioosj'ai prises et exé-
lalèes . comment j'ai consacré mon cœur an
I>ieu toat Ixtn,... je ne oense pas que celte
coodaite puisse désagreer k la sagesse de
ftOQ pjfcre, jusqu'k lui faire appeler folie
ciftie vie toute au Christ, comme le Christ
reiige (96k). -
Ausooe ne connaissait donc pas le carac-
Itre du changement opéré dans son élève,
et il ne s'est pas révolté en épicurien contre
•a perfection de la morale éf angélique.
fWtt Bill, nu., de', L I, p. 276.
AP0LOCETIQI1E.
ViLLeaiiif.
ART tu
M Blessé du nicnca de'
son ami, et le croyant entraloék la- religion
parsa femme, il (Ausone) lui disait : ■Hun
< cber Paulin, si tu crains d'être Irabi.d'ètre
■ accusé h cause de mon amitié, que ta i<Bmme
« l'ignore ;... a il renouvelait dans une aotie
épttre ses plaintes et ses prières... S'in-
dignant de la siIeDcieu.''e miideur de son
emi. il lui souhaitait poétiquement tous les
malheurs qu'il pouvait trouver dans ses
classiques souvenirs; il le condamnait à
errer triste et farouche comme le Belléro-
pbon d'Homère (265). ■
Jamais Ausone n'a laissé entrevoir qu'il
crût Paulin enlratné par sa ftmme à h nli-
gion. Il a seulement demsndé, entre mille
autres suppositions pour expliquer le silence-
de Paulin, si sa femme oe l'empocherait pa»
de correspondre avec ses amis.
Ensuite, ce n'était pas k Paulin que 1»
poêle irrité souhaitait les inforluoes du fila
de Glaucus, mais k ceux qui rendaient Pau-
lin insensible aux prières de l'amitié. Il igno-
rait que ai son ami oe répondait pas, c'était
parce qu'il n'avait pas reçu les lettres qu'on
lui avait adressées. ■ Quel est donc l'impie,
s'écriait Ausone, qui t'a persuadé de garder
cet étemel silence 1... Que.muet, il parcoure
les sommets des Alpes, tel qu'errail aulre-
fois dans la solitude Bellérophon ileveou
fou (266) 1-
En relevant si longuement ces impatien-
tantes dialractioos sur Ausone,'je craius bien
d'avoir à mon tour impatiente le lecteur,
moins attaché que moi au charmant poêle
de Bordeaux. C'est que lespersonnaj^es dont
j'entreprends la juste déunse deviennent
pour moi des amis ; en vivant si longtemps
dans leur intimité ,je m'attacbe k eux comme
k des frères dont rbonneor m'est ausâ cber
que le mien.
Si j'ai tant insisté à prouver que la plèbe,
au IV* et au v* siècle, ne formait pas seule
le peuple chrétien, ce n'est pas que j'aie
bonté pour le sacerdoce de ce cortège d'»-
gnoraots et de pauvres. La gloire n'esl*«lle
pas au contraire de consoler leur misère et
de leur présenter l'éteroalle compensation-t
Beati pmperaT Hais puisque rnistoire de
ces âges lointains réunit le peuple et les
maîtres en une commune croyance an sein
de l'Eglise, pourquoi doonecait-on un dé-
menti k l'histoire (267)7
ARiSTOTE, sa classification des races
humaines. Foy. Backs. auiuiiixs, l-L
ABONDEL Imarbre d'), cités. Koy. Psx>-
caoLosix , I lu.
AJLT, au point de vue panthéiste. Foy,
Phuasopme ruiTflAisTieue os L'msioiai,
IV.
(865) A'(
tmbm ( peena hi, carm. 13, w S. Felùxnt, il6 ) déflnilÏTe de* MUmigât, moi le litre de TMt*m dé
»■■ appteed qu'il se donna i Dieu ei quUla le réhqmeiuê ekrititiuie.
mmàe peu «pris avvir failli être compromit dans (W«) En. S5, 62. etc.
œ «ecmauk» capitale an frappa toe frère. (S6i) Emprunté an savant onvrage de X. l'abM
OU) Peem s, SM, fa. — Les doaiàres fa- Gomi», Difemu ée CEglm tnuu ici «rrven M»m-
'Ms 4c «Bt eitraii sent uae nouvelle preuve du rifw*. eic, l. f.
AST
OICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
ARTAUD, inspecteur de l'Universilë,
adinol un développement dans le dogme
catholique; réfutation, foy. Doshbs, S 11.
ARTS, les plus sublimes créations des
firts sont ÎDSpirécB par le culte catholique.
Yojf. Culte, ) II et III. — Arts domestiques
et d'agréments chez les Egyptiens. Yoy.
MoifOHEHTs, etc.) S VIII. — Ce qu'il faut
penser de leur origine d'après le Genèse;
réfutation de H. de Brolonne. Fou. Pstcho*
LOOIS, i V.
ASTRONOUIE. — Nous ne oouTons
nous arrêter ici i décrire les sphères ra-
dieuses de l'esnace ni h énuœérer les
Îrands phénomènes qui s'y manifestent,
e lecteur qui aura eu quelquefois l'oc-
casion de contempler le ciel dans une forte
lunette de nuit, comprendra l'enlbousissme
qu'inspirent ses sublimes aspects. On est
alors comme transporté au milieu d'une
eréalfoR nouvelle. Le firmament se déploie,
les astres se transfigurent, l'univers prend
des proportions inconnues. De l'horizon au
zéoitb, ce ne sont que vastes continents de
lumière. Notre salellile, hérissé de pitons
flamboyants et tacheté d'ombres, couvre
de son orbe élargi tout un pan du ciet. Les
planètes ne sont plus de pSies étincelles :
Jupiter, avec son horizon paré de quatre
lunes brillantes, apparaît aussi grand que
le reue d'un char; le croissant démesuré
de Vénus resplendit d'une blanchear éblouis-
sante; Mars, pareil au bouclier rond qui
sort informe de la fournaise , se montre
gilibrux et sanglant ; Saturne, h traversplus
de trois oenls millions de lieues, propose
l'énigme de ses mjstérieui snneaai, contre
lesquels loate cosmogonie échoue; h l'ho-
riion de notre système, par delè cette pro-
digieuse étendue, aux contins de laquelle
le puissant triangle a su l'aller atteindre,
le lent Uranus, k l'année séculaire, nous
dévoile son ciel loinliin où six iunes se
lèvent; et au doit enoora, bien loin au deli,
à plus de douze cents milliona de lieues du
«olell, il faut h la planète de Leverrier plus
de deux siècles poursceomplir sa révolution
dans son orbite immense.
Les nébuleuses les plus faibles se peu-
plent de soleils sens nombre; les astres
doubles, changeants, colorés, temporaires,
«e révèleol eo foule, et chaque étoile est
un univers.
Et quand la acience vous a expliqué l'é-
pouvantable volume de ces corps, l'incnm-
loensurable distance qui les sépare , la
vitesse elTroyable de leur marche que rien
n'égale, si ce n'est la régularité de leurs
évolutions précises) quand vous songez
combien sont illimités ces espaces où les
comètes traînant après elles une chevelure
de aoixiDie millions de lieues, se meuvent
i l'aise eu milieu des systèmes semés par-
tout sur leur roule; qusod l'astronume
vous dit, avec l'émotion de son ime qui ne
i>eul s'habituer h tant de merveilles, que
dans une portion de la voie lactée que cou-
ises) / Tim. m, 10.
vrirait sans peine la main d'un enfant, gr».
vitent mille soleils entourés chacun d»
planètes qu'il emporle et qu'il féeonJe, et
centre d'un firmament plus rtche que le
nôtre; quand il vous démontre que Sirius
est un astre au moins qoBtnrzo Tois plus
Krand que celui qui nous dispeusft ta cha-
leur et ta vie; quand il vous arrête ï celte
pensée prodigieuse, qu'un soleil menanlk
sa suite son cortège de comètes, de sstdiiki
et de mondes, circulant autour dn lui dgr»
un champ de plus de cent mille millisrds
de lieues de circonférence, avec une vilesse
moyenne de sii lieues par seconde, vu t lu
distance qui nous sépare de la plus v<;isine
des étoiles de ta voie lactée, n'esi plut
qu'une imperceptible nébulosité que mni-
querait un atome de poussière ou le dii-
mètre d'un cheveu : ohl alors, reuvenj
par tant de gloire, vous vous demandez ce
que c'est que l'homme qui n'est rien derinl
tout cela , et ce qae c'est que Dieu devaDl
qui tout cela n'est rien.
Oui, encore une fors, que sommes-nons,
grand Dreul que sommes-nous an milieu
de cet infini? A quoi tient notre globolt
terrestre, dont nous sommes si Sers, que
nous trouvons si grand et que nous c'aper-
eevoHS plus au Ibilieu de celle iaénsrrsbie
universalité des mondes? Qn'est-ce que
notre vie è cAté de toutes ces vivsnici
créations qui rayonnent Ik-haut, qui, seni
pAlir jsmais, voient passer ici-bas comme
des éphémères et des secondes les ijénéfi-
tions et les siècles? Qu'est-ce que Dolni
esprit, qu'est-ce que l'étincelle de noire
Ame en face de tous ces feux célestes, noire
injelligence en face de toutes ces clarléil
Oui, qu'est-ce donc, qu'est-ce que l'homme,
morlel, InQme, au bas de cet univers, ai
fond de cet océan de vie?
£h bien I l'homme, c'est l'être qui con^oH
cet univers, dans lequel peut-èlre il otfi
congu nulle pari qu'au ciel, et par Dieu el
ses anges...
Mais ce nest pas par une semblable uo-
sidéraiion que l'incrédule se relève souill
foids de tant de grandeur. La conciusioD
laqueÛe il s'arréle, la voici : ■ Dne aussi
chétive portion de l'univers que ûolfl
terre, dit-il, n'a jamais pu être l'objet dt
ces attentions signalées que le chnstianistH
se platt è lui assigner. On ne peut adoietin
qoe Dieu êi toil manifeilé àatià noirt chair
(868} pour le salut d'un monde si insigni'
liant. Jamais le monarque de tout un cofi-
tinent ne se résoudrait è s'éloigner rie H
capitale, & se dépouiller de la splendeur M
la royauté et h s'assujettir, pendant dcs œM
ou des années, aux dangers, & la peuirall
et à la persécution, pour aller résider im
quelque petite lie de sa domination, wn
?'je si un tremblement de terre venait i
engloutir, cot événement inaperçu n'olA
rajt ri^n h la gloire d'un si vaste tmpirel
et tout cela afin de regagoer l'aireciiM
perdue de quelques familles obscures 4"
tn
UCnOXNAlRC AHH^OCETIQDE.
mSJ
r»
rhiliileoL Et le Fils éUniel d» Dieu non
|ilai, Idï qui oons est réréld comme aj/ani
fkil tmu U$ wunda {Cohtt. i , 16 : Bebr. t),
«KDine $»utenaMi hr empire [tta. ix, 6],
aaseJD des spleudeurs duqoe) )e globe qui
BOUS est écDD est éclipsé dans Tinsigai-
faute, ne voudrait pas se dépouiller oe /a
fUin qu'it avait atec le Père avant que le
MMfc /ttf f/mm. ira, 5), et descendre sur
t't indigne tbéAtre, dans le dessein qne Jui
•uribne le NouTetu Testament. I) est im-
l-ofsible que les iniérfiU de celle chétire
pIsDite, qui BCGOmplït son petit cercle au
milieBd*aae iofinilé de mondes plus grands*
soit d'une telle importance dans les plans
de t'bernel , ou ait fait natlre dans les
cieai tta BOureinent si étoonaot, que le
Fib de IHea ait dû prendre la forme de
Dom espèce dégradée , séjourner parmi
Boiu, participer i toutes nos infirmités , et
emronBef- tons ees signes d'hnmiliatioii
par l'opprobre et les agonies d'un cruel
ourtfre. •
VoiU ce ani s été avancé comme une dlF-
ifjIK dans la voie de la révélatioa chré-
iJcfiDe, et plusieurs de nos incrédules phi-
lowpbes se van[ent que la lumière du Nou-
veau Tesument est éclipsée et anéantie
P*r la lumière des découvertes modernes ;
Dais le mal ne s'est pas trarné sus philoso-
l-ties, car l'argument a passé «a d'autres
nains, elles explications pupolaires qu'on
iMuw aujourd'hui des plus sublimes véri<
lètkle la science ont largement répandu
(Mit le déisme qu'on a greffé.sur lui ; le ton
imchant d'un mépris décidé pour rRvan-
p.^ est maintenant associé au stjle léger
û'aaarquis superficiel; et, tandis que le vé-
\.hM9 Newton, dont le génie ouvrit ces
vui« champs de contemplation, trouva
«11» noterprélaliçn de la Bible une oc-
fjfialîonqui eiarçait dignemeai se» facul-
le§ intellectuelles; com&ien u'yen a-t-ilpas
•lui, quoique marchant il la lumiàre qu'il
ait devant eui, sont séduits par une salts-
fsetioo intérieure qu'il ne lenlil jamais, et
Si, enflés d'un orgueil qui n'entra jamais
as son esprit pieux et phïlosopnique,
ne prennent garde à la Bible que pour la ra-
valer, la tonrneren dérision et (a démen-
tir?
A rant d'entrer dans ce que nous regardons
roatme la réponse directe k celte objection,
('t>serToiu preli minai rement qu'ells tend à
ilépouiïfer la Divinité d'un attribut qui
f>jrme nn merveilleux surcroît à la splen-
deur d« son incoiuprébeosible caraclère.
C'e»t eo effet une puissante preuve de la
t'jrcK de son bras qu'il soutienne tant de
aillioDS de mondes; mnis certainement le
»l>liiDe attribut de sa puissancn en serait
encore pins éclatant si, tandis qu'elle s'é-
tend sans ot»tacle parmi les soleils et les
fTstèmes de l'astronomie, elle pouvait en
nuéme temps imprimer le mouvement et
d'>oner la direction aux moindres rouages
de eetie maebine compliquée qui est sans
«tso «a jeu autour de nous. G'e^t une no-
Ue dimoiulration de la sagesse de Dieu
Sue l'aclioo continue et infatigable qu'il
onne k ces lois qui maintiennent la sta-
bilité de ce vaste univers; mais cela contri-
buerait à rehausser cette sagesse d'une ma-
nière incoucevablesi, tandisqu'elleestpru-'
portionuée k la magnifique t&che de mairi-
leair l'ordre ei l'harmonie des sphères, elle
[irodiguait ses inépuisables ressources sur
es beautés, les variétés et les arrangements
de tous les olyels de la création qu'il tira
du néant, quelque modestes et quelque
petits qu'ils soient. C'est une bien douce
preuve des délices qu'il prend à communi-
quer le bonheur que la totalité de l'immen-
sité soit ainsi parsemée des habitations de
la vie et de l'intelligtince; mais cette preuve
aurait bien plus de lorce, elle ferait sur les
coeurs une impression bien plus vive et plus
profonde, si nous savions qu'en môme temps
que son regard favorable embrasse l'incum-
meosorable cercle des èlres créés il n'y a
pas une seule famrtied'oubliée, et que tout
individu, dans quelque coin de ses domai-
nes que ce soit, esl observé avec aulantd'at-
teniioo que s'il était l'objet unique et ex-
clusif de ses soins. C'ostuoe suite de notre
imperfection que nous ne puissions donner
notre attention à plus d'un objet i la fois;
mais certainement toutes nos idées des
periections de Dieu seraient bien plus éle-
vées si nous savions que, tandis que sa
vaste Intelligence est capable de saisir toute
l'étendue de la nature jusqu'l ses bornes les
plus reculées, il a l'œit attentivement atta-
ché sur les plus petits de ses objets, pèse
toutes (es pensées Je mon cœur, remarque
tous mes mouvements et enregistre dans
son souvenir jusqu'aux moindres circons-
tances de ma vie.
Et enfin, pour appliquer toutes ces cou-
aiilérations au sujet qui nous occupe, sup-
B usons que, parmi lesmyriade* innombra-
les de mondes, il j en eût un qui fût dé-
solé par une contagion morale qui s'éten-
drait sur tous ses habitants et les assujetti-
rait k la condamnation d'une loi dont la
sanction serait irrévocable et immuable, il
ne serait pas extraordinaire que Dieu, nsr
un mouvement de juste indignation, fit dis-
paraître de l'univers m scandale qui le dé-
parait; et nous ne devrions pas être éton-
nés quand même, parmi la multitude des
autres mondes d'où des chants de louange
et l'encens d'une pure adoration monteraient
versietrftne du Tout-Puissant, il laisserait
périr dans sa criminelle rébellion ce monde
égaré et solitaire. Hais, dites-moi, ahl di-
les-moi, le caractère de Dieu ne respirerait-
il'pas la douceur de la plus exquise ten-
dresse, si nous le voyions employer tous
les moyens pour rappeler k lui ces enfants
qui s'en étaient éloignés, et quelque petit
que fût leur nombre en comparaison de la
multitude de ses Qdëles adorateurs, ne se-
rait-ce pas donner k son attribut de com-
passion tout Tinfinide la Divinité, si.plutût
que de perdre le seul monde qui se fût four-
voyé, il envoyait les messagers de pair
pour le solliciter affectueusement de rev«-
AST
NCTIONN&nœ
ntr k lui? Bl si la justice demandait un st
grand ucriQce, et qu*il fallût ({Ufl la loi fût
untonrée de tant de dignité et de solennité,
dites-moi si cela ne réfuindrait pas une su-
blimité morale sur la bonté de la Divinité,
s'il (losalt sur sonpropreFits le tsrdeaude
son eipédition aBn qu il pAt ennore don-
rire à ce monde et tendre le sceptre d'inri-
iBlion h toutes ses fomillesT
Nous sommes donc obligés d'aroaer qoe
cet argument de l'incrédule lend k anéan-
tir une des perfections du caractère de
Dieu. Ne dernons-nous pas, h mesarti que
nous coooaissoQsdBTanlage l'étendue de la
nature, concevoir une plus baute idée de
celui doni l'autorité soareralne embrasse
les intérêts d'un si vaste unirersTMais u'est-
ce pas ajouter k la brillante nomenclature
tle ses autres attributs, de dire que, tandis
que les objets les plus grands n'épuisent
jioinl ses forces, les plus petits ne peurent
lui échapper, ni les plus variés lui causer
de l'embarras ; et que, dans le même mo-
ment où les pensées de la Divinité s'éten-
dent au luin sur l'immensité de la création,
il 0*; a pas une parlicuJs de matière, il u'^
a pas un seul indlTidu parmi les êtres rai-
sonnables ou animés, il n'y a pas un seul
Aïonde dans cette étendue qui en foormille,
que son œil ne discerne aussi constamment,
que sa main ne guide aussi sûrement, et que
son e5[)rit ne surveille arec autant de soins
et de vigilance que s'il était l'objet unique
et exclusif de son attention T
La chose est inconcevable pour nous,
dont les pensées sont si aisément distraites
par le nombre des objets, et c'est là le prin-
cipe secret et sans eiceplion de l'incrédu-
lité que j'ai maintenant en vue. Pour mettre
Dieu au niveau de notre capacité, nous le
revêtirions de l'impuissance de l'homme,
nous altribuerionsa sa merveilleuse intel-
ligence toute l'imperfection de nos propres
facultés. Quand I astronomie nous apprend
qu'il ; a des millions de mondes à surveil-
ler, et ainsi ajoute, dans un sens, h la gloire
de son caractère, nous enêtons dans un au-
tre, en disant que chacun de ces mondes
doit être surveillé imparfaitement. L'usage
que nous faisons d'une découverte qui de-
Treit rendre plus sublimes toutes !es idées
que nous avons conçues de Dieu, et nous
humilier dans le sentiment de son inBnilé
kI de notre néant, est de nous constituer ses
iuges et de prononcer un jugement qui lu
dégrade et le rabaisse fi la mesure de notre
étroite imagination] La science moderne
nous iolruduit parmi une multitude d'au-
tres soleils et aaulrei systèmes, et l'interr
{irélalion perverse que nous donnons au
ait que Dieu peut répandre les bienfaits de
sa puissance et de sa bonté sur une telle
variété de mondes, est qu'il ne peut pat ou
ne veut pas témuigner autant de bonté i
l'un de ces mondes que nous l'a annoncé
une révélation authentique 1 Taudis que
QOus augmentons les provinces de son em-
pire, nous ternissons toute la gloire qui en
devait résulter pour sa toute-puissance, en
APCH.OCETIQÏIE. AST m
diunt que tant d'objets réclament ses isiT»,
que eefoi de chacun en particulier en duit
Aire moins complet, moins vigilant, œuins
réel. Par les découvertes de la science mo-
derne, nous multiplions les districts de II
création; mais en même temps nous vou-
drions Cter fi Dieu la feculté de porter m
regards en tous lieui, pour contempler le
bien etie mal; etainsi, tandis que nouseul-
tons une de ses perfections, nous te bi-
sons aux dépens d'une autre ; pour le mtl-
Ire i la portée^e notref^ible capacité, doui
voudrions effacer en partie la gloire de ce
caractère que nous dovons adorer comme
au-dessus de toutes pensées et comme plus
grand que toute compréhension.
Je vais en peu de mots rt^produire l'ob-
jection que nous avons entrepris de com-
battre, a Depuis que l'astronomie nonsi
découvert un si grand nombre de mondei,
il n'est pas croyable que Dieu voulût don-
ner tant d'attention fi ce monde, et Ql taol
de choses merveilleuses eu sa faveur qut
nous l'annonce la révélation chréiienne. >
Cette objection aura reçu sa réponse, li
nous pouvons lui opposer la proposilian
suivante, savoir: que Dieu, outre la sim-
ple faculté de s'occuper d'une multiplicité
d'objets dans un seul et même temps, i
cette bcullé dans une perfection si edmi'
rable qu'il peut fixer son atienlioD aussi
entièrement, pourvoir aussi ricbement, et
manifester tous ses attributs aussi émi-
nemment, sur chacun de ces objets, que si
le reste n'existait pas et n'avait aticuoe
place quelconque dans son gouverueiiienl
ou dans ses pensées.
Pour l'évidence de cotte propositioi,
nous en appelons en premier lieu i l'bis-
toire personnelle de chaque individu. Ac-
cordez-nous seulement que Dieu ne [lenl
jamais de vue aucune des choses quil i
créées, et qu'il n'y a point de chose ciéit
qui puisse continuer, soit d'être, suit J'i-
gir indépendamment de lui; et alors mim
sur la face de ce monde, quelque humble
qu'il soit sur la grande échelle de l'islt'*-
nomitt, combien Pailenlion de Dieu n'esl-
elle pas diversifiée, et combien n'esl-ellB
pas multipliée! Son œil est ouvert surlou-
tes les heures de mon existence; son es-
prit est intimement présent fi toutes le)
pensées de mon cceur ; son inspiration lail
naître mes moindres volontés; sa malDiia-
prime fi chacun de mes pas la direction qu il
doit suivre; l'air que je respire eit aliiçc
par une énergie que Dieu produit en moi;
ce corps qui, au muindro dérangement, de-
viendrait la proie do la mort ou de cruelles
soulfrauces, est maintenant en repos, parce
que dans ce moment il écarte loin de moi
mille dangers et entretient les mille mou-
vements de sa machine délicate et compli-
quée; sa souveraine influence m'accompi'
gne dans tout le cours de ma vie, toujours
changeante et agitée; quand je marche dsflS
la solitude, il est près de moi; quantlje
suis au milieu de la Toule, j'ai beiu [°'^'
blicr, il ne m'oublie jamaisidans ks veille^
s de la Doil, quand mes paupiè-
ret MMil fermées et qoe mon âme a perda
h sentimmld'eile-roAme, l'œil tigilaat de
edai qoi im smumiUc jamaù {Pt. cix, k)
«t wrmoi, je ne puis/Wr de sa présence
rPMf.«&srai,6); où que j'aille, il me garde,
Trille snr moi el m'accompagne de sa solli-
dtiid« ;cl lefDéine étredon t l'aclion sedAploie
aiiolciiaot dam lesdoDMJDes les ^lus n>-
nMs de la nature el de la ProriileDce est
ausi k m» droite pour prolonger chaque
■oaeatde moo existence et me soutenir
dus rexerdce de toutes mes perceptions el
detamles mes facultés.
Or, ce que Dieu fait i mon égard, il
fefHt poar loua lesiodifidus delà popu-
laltM de ce monde. Chacun en parlicu-
lier, al tooseo généra)' joaisseot de l'in-
timU ée sa présence, de son attention et
de H MrilJeitude. Sa pensée , aussi libre
«oe SI elle n'avait pas le fardeau de la mut-
lilade de ses autres trorani, peut se livrer
sans dùlraction k tout ce que demandant
' 1 el la survmllaDce de tous
■esaflfksls de l'espèce humaine. Était-ce i
aaes, aa milieu de tous ces exemples jour-
aaliers, ingrats que nons sommas, de tracer
BBC limite aotour des parrections de Dieu,
de dédarer que la multitude des autres
■ondes a prira celui que nom occupons de
BBtoindre portion de sa bien*eillanee, ou
qw eeloi dont VasU est sur chaque famille
tépué» de la (erre, ne prodiguerait pas
Intes les riehesses de ses impénétrables
fllritmls, snr un plan sublime de grâce et
fboBonalité, en breDr de ses innombra-
Wes générations?
Ui^ supposé que la pensée de Dieu fât
Busibiiguée el aussi remplie dn soin des
aolm mfMidcs qoe l'objeetion l'aTance gra-
s qoe l'objeetion l'aTance gra-
9 TerrioDs-ooos pas c
frsees de oMigence ood'inallenii
eda - "
oe TerrioDs-ooos pas quelques
iMigence ood'înalleniioo dans
ière aa conduire le nfttreT N'obser-
paa, en mille endroits, la
pnMve qoe son maître est surcbai^é par la
nri<C<«e ses autres occupations T Du homme
aoeablé par une multitude d'affaires simpli-
ierail et réduirait le trarail qui loi serait
imposé par quelque nouvel arrangement ;
or, mcoirez un seul indice que Dieu soit
ainsi accablé. L'astronomie nous a UH voir
tant de royaumes dans la création, dont oo
K'aTail f>as oui parler aupararant, qoe le
Bonde que nous habitons est réduit k n'être
p'its qu une proTiocfl éloignée ut solitaire
de celle raste monarchie. Dites-moi donc
si, dans aucun endroit de cette province
qui soit accessible à l'homme, vcus aper-
cevex le moindre signe que Dieu se soit
épargné, qoe Dieu soit abattu sons le poids
de a«s aotres occupations, que Dieu suc-
tAmbe foos le fardeau de celte vaste surin-
tendance qui repose sur lui ; que Dieu soit
ifaiaé, eomma le serait un de nous, par le
wmbre de soins, queluue grand qu'il soit,
par leur variété, quelque ioBnie qu'elle
Wisee être ; el ne tods apercevez-vous pas,
^oa celle immense profusion de sagesse
Il de bonté qui est répandue partout au-
APtHiOœnQiiB. 15T m
tour de nons, qna es pentér$ de cet Etre
impéitéIrabU {Bom. ii, 33 ] ne iiml pat nus
Îfen$éet,tlgue3eM voitênt tout pas noiBoitiT
fM. LT, 9.)
Quand je porte mes regards sur la mer-
veilleuse scène qui est immédialemeni de-
Tant moi, et vois que, dans toutes les di- '
rections, elle m'offre l'image de l'acliTité la
plus variée et la plus infatigable; quand
j'observe toutes les beautés de. ces orne-
ments qui la décorent, el toutes les emprein-
tes de dessein et de bienveillance qui j
abondent ; quand je pense que le mémo
Dieu qui tient l'univers avec tous les sys-
tèmes dans le creox de sa main colora
chaque fleur, donne la sève è chaque brio
d'herbe, est le principe du mouTemeot de
tous les êtres vivants, et que le poids de sus
autres soins ne le met pas hors d'état d'en-
richir l'humble coin de la nature que j'oc-
cupe des charmes el des commodités Je la
vie avec la variété la plus illimitée ; alors,
certainement, si un message revêtu de tou-
tes les marques d'authenticité déclarait
m'èlre adressé de la part de Dieu, et m'in-
formait des choses merveilleuses qu'il
a biles pour le bonheur de notre espèce,
ce n'est pas h moi, en présence de tontes
ees preuves, de la rejeter comme une fable
mensongère, parce que des astronomes
m'ont dit qu'il 7 a tant d'autres mondes et
tant d'autres «-éatures différentes qui récl*<
ment son attention ; el quand je pense que
ce serait le déposséder du sa suprême au-
torité sur les êlres qu'il a forméj, si un
simple Bouereau tombait d terre tant la re-
Im/^flfaKA. X, SS}; en vain la science et
l'art des sophistes tenteraient de me ravir
ee qui fait ma consotalion et mon bonheur ;
je ne laisserai point aller l'ancre de ma
confiance en Dieu; je ne craindrai rien,
car l'a «oiu; mi'ntx omc icawcovp dtpant-
reamx. {lbid.,3i.)
On sait que ce Hit le télescope qui, en
perçant l'obscnrité qui est entre nous et les
mondes éloignés, mit l'incrédulité en pos-
session de I argument contre lequel nous
combattons. Mais, vers le même temps, ud
autre instrument fut aussi inventé, qui of-
frit à DOS regards une scène non moins mer-
veilleuse, et récompensa l'esprit investiga-
teur de l'homme par une découverte qui
sert k neutraliser totalement cet allument :
ce fut le microscope. L'un m'amenait h voir
DO système dans chaque étoile, l'autre m'a-
mène k voir un monde dans chaque atome.
L'un m'enseignait que ce vaste globe, aveo
tout le fardeau de ses habitants et toute l'é-
tendue de ses contrées n'est qu'un grain da
sable dans la champ incommensurable de
l'immensité; l'autre m'enseigne que cha-
que grain de sable peut être Pasile des tri-
bus et des familles d'une population active.
L'on me découvrait l'insignifiance du monda
snr lequel je marche; l'autre rachète toute
cette insignifiance, car il me découvre que
dans les feoillea de chaque forêt, dans les
Qeurs de chaque jardin et daus les eaux
de chaqui niissean, il y a des mondas rena-.
IM
A5T
NCTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
AST
[ilis il'étres Bairaés et aussi innombrables
que ies astres du firmament. L'un m'asug-
géré qu'du ilelà et au-dessus de tout ce qui
est visible à l'homme il paul ,y avoir des
régions ÏDConiiues oui étendent indéfini-
menl h sphère do la création et portent
l'empreinte de la main du Toul-Pui<isant
jusqii'aui parties les ni us reculées de l'uiii-
Terstt'autre me suggerequ'audedansel au'
sphère de sa généralité , il a aussi uoe in-
telligence pour concentrer une alteniioQ
immédiate et distincte sur chacune de sei
parties individuelles ; et que le m6me Dieu
dont l'influence soutient les sphères ut les
mouvements de l'astronomia peut remplir
les retraites mystérieuses de chaque atome
de l'intimité de sa prési'Dce, al voj/agtr dau
toutt la grandeur [ha. Lxiii, 1) de ses ioal-
de^sus de tous ces petits objets que l'œil de térables attributs sur chaque point et jus-
l'homme a été capable d'esplorer avec son
aide,>{ peut y avoir une région d'êtres invi-
sibles; et que, si nous pouvions tirer le ri-
deau mystérieux qui la dérobe i nos seus*
nous pourrions y voir un théâtre de mer-
veilles aussi nombreuses que celles que l'as-
tronomie a étalées h nos regards.
qu'aux limites tes plus reculées de l'aul-
vers qu'il a formé.
Ceux donc qui penseol que Dieu ne mt-
nifestera pas en laveur de ce monde une
telle puissance, une telle bonté et une telle
condescendance que le Noiiveau Testament
lui attribue, parce qu'il a tant d'autres moD-
vers dans les limites d'un point si petit des qui exigent son attention, ont de lui les
qu'il écha|iperait au microscope, mais o£i idées qu'ils auraient d'un homme. Ils bor-
le Dieu dont les œuvres sont merveilleu- nent Teur vue aux informations da télés-
5>» trouve de l'espace pour l'exercice de cope, et oublient tout à fait les informations
tous ses attributs, peut créer uti autre mé- de l'autre instrument. Us ne trouvent plaie
cadisme de mondes et les remplir et les soi- dans leur esprit que pour son simple altri-
mer de tous le» témoignages de sa gloire but d'une surintendance étendue et gêné-
'269). raie, et banaisseut do leur souvenir les
Maintenant remarquez comment tout ceci preuves égalemeut convaincaotes que nous
peut servir à répondre à l'argument que avons pour sou autre attribut d'une atten-
J'ÎDcrédulité tire de l'astronomie. Par la tion spéciale et multipliée à toute cette di-
lélescopa on a découvert qu'aucun objet, versiléd'opération* par laquelle il o^efouf
•quelque vaste iju'il soit , iTest au delà du en (otu. (i Cor. xv,28.) Et quand je pense
jKtuvoir de la Divinité ; mais par lu micro- que, comme l'un de «es instruments d'ob-
scope nous avons aussi découvert qu'auoua servation a relevé toutes nos idées du pre-
objel, quelque imperceptible qu'il soit à mierde ces attributs, ainsi l'autre o'a pas
l'œil de l'iiomme, n'est au-dessous de la moins relevé dos idées du second ; alors ja
condescendance de son attention. Tout ce av puis plus m'empôcber de conclure que
qui ajoute h la perfection de l'un de ces ins- ce serait agir contre toutes les règles d uns
Irumeiita étend les limites de ses domaines saine logique , aussi bien qu'une audaco
visibles; mais, moyennant tout ce qui d'impiété de tracer une limite autour de ce
ajoute à la perfection de l'autre, nous en Di'u impinélrMe , pour circonscrire "
voyons chaque partie plus remplie qu'au-
paravant des merveilles de sa main infuli-
gable. L'un agrandit constamment Ip cercle
de son territoire; l'autre en comble aussi
coDStammant les portions séparées de tout
ce qui est ricfae, varié et exquis. En un mot.
puissance et son activité; et «i une révéla*
tion qui se déclare venir du ciel m'iustruit
d'un acte da condescendance en faveur do
quelque monde séparé, si merveilleux que
ItiS anga déiirtnt d'y voir JvMqu'au fond
(/ Pttr. I, 12), et que le Fils ëterael fut
par l'un je sois instruit que le Tout-Puis- obligé de quitter son trdoe de gloire pour
uni déploie mainlKuanl sa force créatrice en amener l'accomplissemeat, tout ce que
dans des régions plus éloignées que n'en je demande, c'est la preuve d'une telle ré-
mesurera jamais la géométrie, et parmi de^ vélation ; car quoi qu'elle puisse uie dire de
mondes plus nombreux que n'en compta Dieu et de sa condescendaDce en faveur
jamais I arithmétique ; mais par l'autre je à'ttue dei provincet di ion vaste domaine, es
suis instruit aussi âu'avec une intelligence n'est pas plus que ce que je «ois répaudu
pour comprendre I ensemble dans la vaste de tous calés sous mes yeux, en d'iuoom-
(S69) Ctlerong-BOUB des escmpleE t Ils aéraient
innombrables; tout en est plein autour de nous.
Or couMtt des êtres vlvanls, tels qoe la gaUloiulla
àiêtaiu, qui n'ont pas le sixième de rripaiiseur d'un
fln cheveu ; vingt-trois millions de ces animaui w-
Fâienl conlènus dans une ligne eut», quarante et un
lailtiards daiia un pouce cabei cent quatre-vingt<
sept niillioDS ne peseraieiu qu'un grain. Ces aiil-
maus sont essentiel tement coroposra de parrîes ; ils
sont orKaniséa, puiiqu'ils ont la vie et te mouve-
ment ; Ils sont pourvus de sens puisqu'ils ont la
force et l'iitstînci. Dans les fluides où ils vivent, ils
exécutent des mouvements rapides ei variés ; ils se
diriaenl vers sd but, lia éiHeM les obtuclet, aad-
qnoMis ils les lurmoDienl ; enin, ils ont l>esoin aune
PDÙe, ol Uftsaveot la chercher al U sainr. Dans le
petit tout impalpable qui compose celte espèce, il
y a des choses distinctes, des parties Tuolles et dn
parties solides, des ariiculalions pour les niouve-
ments, des canaui pour tes fluides ; enfin, dans celle
excessive petitesse, il v a la nutrition et la circala-
tion.... Non* venons de nommer la circulation. Sa-
vei*vous que votre cœur exécute 38,80Q mouve-
ments distiueta par heure, ou 691,200 mouvenienti
eu vingt-quatre heures, aaivité incompréhensible
et presque incroyable T Cependant il y a quelque
chose de plus étonnant encore en ce ufire. Ainsi
le cœur d une souris, ce frète organe dont la gros-
seur n'égale pas celle d'un pois, exécute en vingt-
<)uatre heures l,38i,400 monvemenis 1 Quelle »
nirable machine hydraulique!...
AST
D CnONNAIRE APOLOCmQIIE.
AST
btibleteiemplas; qae ce que tnuie lasuil*
ikaai observations me retrace : que ton I
Mi]M je reoconlre dans les iliverses obser-
latHHU aaïqaelles je puis me livrer; «t
mUDleiMDt que l6 mjcroieope a déroilé les
Berteilles d une autre région, je vois par-
fenée lalour de moi, avec aae profusion
qatsejone de tous mes efforts pour la corn-
frtain, la preuve évidente qu'il n'y a pas
«MportioB de l'uoivers qui soit trop pe-
tita poor que Dieu s'en occupe, ou trop n~
biiissée pour qu'il l'bonoredes léaioignages
Pour lenniaer tous ces éclaircifisenenls,
i« n'ejonterai qu'un simple article sur ce
qae)» regude comme l'étal précis decetar-
. C'est DM diose admirable que Dieu soit
« pe* aoliarrusé de tout un univers, qu'il
psijae doooer une etlention constante et
spécule k chaque individu de la population
ééca oonde. Hais quelque admirable que
cela soit, vous n'bésilerez pas de l'admettre
«oamw TérllabJe, sur l'attestation de vos
rreptes souvenirs. C'est une chose admi-
rable que celui dout l'œii est h chaque ins-
tant ouvert sur tant de mondes ait rempli
«eluiqge BOas habitons de toutes les mar-
qacf du desKeia varié et de la bienveillance
(Jui y abondent. Hais quelque grande que
soit la merveille , vous ne suuffrez pas que
l'eoibre du doute l'obcurcisse, car » réalité
<ii ce dont vous êtes sans cesse témoins , et
tcas n'avez jamais eu l'idée de contester
r^videiMM de l'observation. Il est admira-
ble, plos qu'admirable , que le même Dieu
dgot la preseoce se manifeste d'un bout k
l'sititdfl l'immensité, et qui étend son ad-
ttisiMntioa protectrice sur toutes ses de-
Bicam, tourne ses regards sur tout ce qui
Mos anviroone , avec une énergie aussi
frakhect aussi entière que s'il n'avait que
cuauBoACé l'œuvre de la création, prodigue
Burdiaque point les trésors inépuisables
deaa bonté, et le comble des innombrables
variétés de l'existence animée. Hais quel-
Sie iBoompréheusible que soit la merveille,
plus i^er doute ne peut l'accompagner
daos votre esprit, -parce que vous o'bésitez
pas d'ajouter foi au rapport du microscope.
Vous ae rejetez point ce qu'il vous ap-
prend, el ne l'abandonnez iwint comme un
moreo incompétent de parvenir & la vérité.
Hau pour nous rapprocher encore davan-
tage du point que nous traitons, il y a bien
des geas qui n'ont jamais regardé avec un
nicfoscope, mais qui ont une foi implicite
|o«r loutu ses révélations ; et sur quello
|ireave,demanderai-je?Sur la preuve du lé-
■MHgnsge, sar la conBance qu'ils donnent
aas auteurs des livres qu'ils ont lus, et la
eroyaoce qu'ils mettent dans le rapport de
If urs obaervatioos. Haiotensntje m'arrête
à ce point. Il est admirable que Dieu s'inté-
ressât i la rédemption d'un seul monde, au
ivial d'envoyer son Fiti biem^mé {Maltk.
eien déployât toPte l'énergie. Hais de scm*
blables merveilles se sont déji mnltipiiées
sur vous ; et la preuve de leur vérité étant
donnée, vous avez abandonné leus les juge-
ments (]iie vonsavez portés sur te Dieu im-
ÎiénétrmU {Rom. ii, 33), et êtes restés dans
a foi de ces merveitles. Je demande, au nom
de la saine el conséquente philosophie, que
vous fassiez la même chose pour le sujet
qui nous occupe; que vous le eonsidériet
comme une question purement testimo-
niale ; que vous examiniez cet enchaînement
de témoignages par lequel les miracles et
les enseignements de l'Evangile sont ve*
Bosjnsqirk vous;queToas n^lliespas ad-
mettre ici comme argument ce qui ne serait
admissible comme argument dan* aucun
des cas analogues de la nature et de l'obser-
vation ; et que vous reteniez et mettiez eu
pratique, dans vos recherches sur ce point,
une )eçon que vous devriez avoir apprise
dans d'autres recherches, savoir, la profatt'
dmtr des richtâia, de ia tagetse et de la eonttat^
eanee de Die», que eesjugaïuntM sont impéné-
trabtei et tta voies ineompréhtnsiblet. {tbid.)
Hais nous n'avons pas encore poussé ni^-
tre argumentation jusqu'au bout. A peine
avon5-nous abordé la réponse qn'on fait
communément h l'alléKation que I incrédule
fonde sur la merveilleuse étendue de i'u-
DÎvers et l'insignifiance de la portion qui
nous en est assignée. La manière dont nous
avons Uché de triompher de celte allégs-
tioD consiste k insister sur les preuves qui
nous environnent de toutes parts, que Oiea
combine la candeur d'une vaste et puis-
sante inspection qui porte sa surveillance
jusqu'aux extrémités les plus reenlées da
la création, et s'étend sur toute son uoi-
varsalité , avec la faculté de donner une at-
tention anssi soutenue, de manifester «ne m-
gesee aussi complète et aussi diterie {Ephm.
III, 10) et de prodiguer une bonté aussi iné-
puisable sur chacune de ses plus petites
parties, que si elle formait toute l'élendue
de son territoire.
Dans lout Je cours de cet argument , nous
avons considéré la terre comme tout i dit
isolée du reste de l'univers. Hais de la ma-
nière dont on rencontre commuDémcnt l'ob-
jection tirée de l'astronomie , la terre n'est
pas envisagée comme si elle était détachée
des aulrei mondes , et dos autres ordres
d' êtres que Dieu a appelés à l'eiisience. EU»
est considérée comme faisant partie d'oa
syslàme plus étendu. Elle est associée à
la magnificence d'un empire moral, aussi
vaste que le royaume de la nature. On no
sootient pas simplement que, quelque cbos*
que nous puissions connaître par la raison,
le plan de la rédemption peut embrasser
dans ses influences et ses conséquences
ces créatures de Dieu qui peuplent d'autres
régions, el occupent d autres champs dans
l'immensité de ses domaines ; Qu'argumen-
ter, donc , comme si ce plan n'était fait quo
«1. 111, pour l'accomplir, et que lui dans le pour ravantage exdusirdu monde oiï nous
Bitme but . ouituMi povr tauter, «eyofcdl vivons el de Tespèce k laquelle nous apper-
ioMM ta ffroiuUur de sa foret {Isa. tiiu, IJ, teuon», est une pure supposition d* 1 in-
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE
A«T
1S3
créJule; et que l'objeclîon qu'il élève sur
elle doit tombera terre, lorsque la friroHlé
de la lopposilioD est mise i jour. L'apolo-
gtsta du cbrisliaDisme pense qu'il peut aller
Plus loiq, qu'il peut non-seulement exposer
eilrAmefulilité de l'assertion de l'incrédule,
mais qu'il a un fond&ment positif pour établir
i fB place une assertion opposée ei directe-
ment contraire, et qu'après avoir fait rentrer
dans son nâant le principe qu'il avait posé,
eu montrant le manque absolu de toute ob-
servation en sa faveur, il peut passer au té-
moignage distinct et afflrmatif de l'Ecrilara
sainte.
Nous pensons que ce témoignage ouvre
une voie très-intéressante, non de spécula-
tions bizarres et chimériques , mais des plus
légitimes et des plus sages. Désirant ardem-
ment, comme nous le faisons, de metlrudans
toutson Jour tout ce qui a trait î la cause
du clirisiianisme, sans crainte, comme nous
la sommes, pour le résultat du plus rigou-
reux eiamen qu'on en puisse faire ; et
voyant, comme nous y sommes portés, avec
le dernier mépris, que quelque philoso-
phe du jour, pfgmée littéraire , détaille son
scepticisme ambiguë une troupe d'ignorants
a<lmira(eurs , nous ne sommes pas dispo-
sé, il s'en faut de beaucoup, i fermer les
yeux sur une seule quobtion qu'on puisse
élever au sujet des preuves du christia-
nisme.
Il y a une limite au delà de laquelle les
perceptions de l'hooime ne peuvent attein-
dre, et d'où il ne peut recueillir une seule
observation pour la guider ou pour l'ins-
truire. Tant qu'il se uorne aux objets qui
sunt proches, i) peut s'en procurer la cou-
uaissance transmise à son esprit par le
ministère de plusieurs de ses sens. Il peut
loucher une substance qui est à la portée
de sa main. Il peut sentir une fleur qui
lui est présentée. It peut goâter les aliments
3ui sont devant lui. Il peut entendre un son
'un certain degré d'élévation et d'inlensiié;
et ce sens de l'ouïe étend tellement ses rap-
ports avec les objets extérieurs de la na-
ture, qu'à la distance de plusieurs lieues il
peut le mettre à même de savoir ce qui se
(issse.
Hais de toutes les voies de communi-
cation qu'il a plu i Dieu d'ouvrir entre l'in-
l#tligence de l'homme et le théâtre qui l'en-
vironne, il n'en est aucune par laquelle il
multiplie autant sa connaissance des ri-
cheasfls et de la variété de la création , que
par l'organe de la vue. C'est cet organe oui
donne h l'homme le plus d'empiri sur les
objets de la nature, qui fait qu'un champ
si vaste d'observation lu! est soumis, qui
lui donne le pouvoir, par l'acte d'un simple
instant , d'envoyer un regard exnloraleur
sur la surface d'un paysage étendu, d'oc-
cuper son esprit de la totalité des objets
aui s'y trouvent, et de remplir sa vision
es innombrables nuances qui la divarsî-
flent et qui la décorent; qui l'entratne vers
tout ce qui est sublime dans l'immensité
de la distance; qui le pièce comiue s'il était
sur une plate-forme élevée, d'où il peut
contempler d'un coup d'oail une muliiiuJs
de mondes pareils au sable des rivages;
qui déploie devant lui une perspective ji
grande que la terre qu'il habite ne paraît
être que le piédestal sur lequel il se lient,
et d'où il peut apercevoir toute la magni-
ficence de ces merveilles que la Divinité a
si abondamment répandues autour de lui,
C'est par le petit organe de rceil que la
pensée de l'homme prend son vol pour pnr-
courir ces routes dorées où dans toute l'a-
bondance inépuisable de la richesse créatri-
ce, sonldisséminés les soleils etles systèmes
de l'astronomie. Hais, combien n'esl-il pat
convenable, combien n'eat-il pas bienséant,
que le philosophe conserve des sentiments
modestes , môme au milieu de la marcha la
plus pompeuse des découvertes scientifiques
et des triomphes les plussublimesderesprit
humain, quand il pnnseii cette barrière in<
surmontsble au delh de laquelle la vue la
friusétendue et le télescope le plus parbitne
eporterout jamaia; quand il pense que de^
rière elle, il ya une hauteur, une profondeur,
une longueur et une largeur, auprèsdesquel-
les tout ce que nous voyons de cette voûte
azuréese réduit à l'insignifiance d'un atomef
et surtout combien ne devrait-il pas être prêt
h rejeter loin de lui foutu ht tainei ijnagiiut-
tioHê [II Car. X, 5), quand il pt-nse à ce
Dieu qui , lur te limpie fondement de sa pa-
role, a élevé toute cette majestueuse ar-
chitecture, et qui continue a la soutenir
par la force de sa main protectrice ; et que,
si la parole sortait encore de sa boocbe,
cette terre passerait , et 'les cieux qui l'en-
vironnent retomberaient dans le néant dont
elle les avait tirés au cnmmeDcemeatTQU'H
de plus propre à réprimer l'enflure orgueil-
leuse de la acîenue que de penser que la
champ entier de ses entreprises les pins
ambitieuses peut être tout h fait balayé;
3ue tout ce qui s'y trouve peut rentrer
ans le néant, et que, devant l'œil de celui
qui siège sur le trône, il peut rester encore
une immensité que l'homme n'a Jamais
explorée, qu'il a remplie d'innombratilei
splendeurs et sur la surface de laquelle il
a inscrit la preuve démonstrative de ses
hauts attributs, dans toute leur puissance
et dans toute leur manifestation 7
Si , donnant un sublime essor h ses pen-
sées, l'homme quittait ce monde et s'élan-
çait au loin dans ces routes que l'astrono-
mie a ouvertes i la spéculation; si, déçu
far les mystères qui sur la terre l'obsèdent
chaque pas , il prenait un toI srahilieux
vers les mystères du ciel, qu'il aide son
chemin, mais que la jusle.sse d'une mo-
destie pieuse et philosophique raccompa-
gne toujours ; qu'il n'oublia pan que, du
moment que son esprit tente de s'élever de
quelques milliers de toïaes au-dessus du
monde qui le porte, tous sea sens l'atian-
donnent, un seul excepté; que le nooibre,
le mouvement, le volume et la figure com-
posent toute la Biérilité de ses notions élé-
mentaires; que ces globes ne lui ont envoyé
MCTKWNAIRE APM.OGETIQDE.
» ai
d'ialre mesnçe qae eetle foible lueur qui
rinbnna du siai{>le bit do leur existence;
i]u*Ù at Toil ipoiDt le pajugs des autres
OHXidei; qu'il o'ea est |»as un dont il coii-
luisse le sjslème moral , at qu'à travers le
loDK npice vide qui se trouve entre eux
etHii, el où il n'existe aucune route, il
prtlenit vainement l'oreille au retentissa-
■int de lenrx nooibreuses pODulatiuns.
Dû la connaissance que 1 homme ne
peut uraeher lui-même, nar le miaislàre
d'iocao de ses s«ns, h 1 obscurité de ce
. tbillre merveilleux, où jamais Tojageor
ae porta ses pas, pourrait lui £lre appor-
tée pir le témoignage d'un messager com-
pileol. Supposons qu'un être né dans une
fccetdemcores [ilaoétaires vint 6-descendre
SOT la lerrc; tout ce que nous devrions
exiger serait que sa crédibilité Tût pleine-
BMii[;^its6J!ée, afin que nous pussions sjou-
Ur foi i tout ce qu'il enseignerait. A T'ex-
ceplioo seulement de ce que Tes instruments
j*ulnHiomie nous ont mis à même de dé-
eoHTfir, nous n'avons absolument aucun
mojeQ de le eonlrfiler sur les rapports queU
CMKjues qu'il nous ferait du lieu dont il
viendrait; et, en conséquence, il suffirait
qu'il parfit devant nous revêtu des caractè-
res de la Térilé, pour que nous ne dussions
iimais ^nger ft autre chose qu'à recevoir
Iml ce que renrermerail aon témoignage
(récisément comme il nous l'apporterait.
11 serait convenable qu'une saîue pbilo-
ipfthie eût apprisk ceux qui font profession
félre ses disciples, k acquiescer de la même
MDÎère k un autre message, qui eu effet
nlvaoa aa monde, qui nous a informés de
cbosesencore plus éloignées de la portée de
l'obscrratiofl humaine, qui a été envoyé
fime distance plus sublime et plus mjsté-
ricate: savoir, de ce Dieu dont il est dit
fse, la wMiU tt Cobieuriti sont la bote da mo»
/rtae{^sai. xcnii S} ; el qui, traitant d'un su-
jet û élevé et si inaccessible que les con-
seils de cet Esprit étemel, dont la iortie at
it eemmuiKtmtat et de* jours de Citerailé
{Mick. 1, S), appelle l'bomme k soumet-
Ire tontes aet pensées k l'autorité de cette
haute communication. Afa 1 si les philoso-
phes du jour avaient su tirer aussi bien que
leur maître, le grand Newton, la vigoureuse
royaume; son objel eal de révêler l'épou-
vanuble étendue de notre cnlpabiliié et du
danger que nous courons, et de mettre de-
vant nous les ouvertures de h réconcilia-
tion. Si un pareil message était envoyé de
la mélro{)ole d'un puissant empire k un de
ses cantons reculés qui serait en insurrec-
tion, nous ne devrions pas en attendre beau*
eoup de lumières sur l'état on l'économie
des provinces intermédiaires. Ce serait uue
digresaion tout i fait hors de propos: il
pourrait erpeodani arriver qu'il s'y ren-
contrât quelques allusions i l'étendue el
aux ressources de la monarchie, k l'exis-
tence d'un semblable esprit de rébellion
dans d'autres endroits du pays, et an prin-
cipe général de fidélité an souverain qui s'y
manifeste. Quelques traits de ce genre peu-
vent, par occasion, être insérés dans une
telle proclamation, ou ne l'être pas; et c'est
précisément dans cet état d'incerlilude et
de doute que nous ouvrons le rapport de
celte ambassade qui nous a été envoyée du
ciel, pourvoir si nous y pouvons recueillir
auelqufl chose eoocernant les autres lieux
e la création qui combatte les objections
de l'astronome incrédule; mais, tout en
poursuivant cet objet, prenons garde do
pousser la spéculation om dc/d des limites
du témoignage écrit (/ Cor. iv, 6} ; ne per-
dons jamais de -vue la iionie actuelle de
DOS connaissances, afin qu'à chaque pas que
nous ferons -dans notre discussion, nous
puissions conserver cet esprit réservé et
modeste qui caractérise la philosophie de
celui qui explora ces cieux éloignés, el qui,
par la force de son génie, découvrit le se-
cret de ce merveilleux mécanisme qui les
maintient.
Les informations de l'Ecriture sainte sur
ce sujet sont de deux sortes : celles dont
nous recueillons positivement le fait, que
l'histoire de la rédemption de notre espèce
est ocmnue dansd'autresendroits de la créa-
tion éloignés de nous; et celles dont nous
inférons confusément le Hait que la rédem))-
limites du monde que nous occupons.
Et ici l'on peut remarquer, en passant,
que, quoique nous ne connaissions rien ou
. . „ „ pea de chose de l'économie morale et théo-
iigoe de démarcation qui entoure Te champ logique des autres planètes, nous ne som-
des découvertes possibles, ils auraient vu mes pas fondés k en inférer que les êtres
le point où celte philosophie devient
el où la leienxe ttt fautttmenl ainsi m
tÏTiss. VI, 90]; et de quelle sorte, lorsque
u (rfiilosophie est conséquente avec ses
prtocipes, elle assojeltit son lidèle disciple
a l'Ecriture sainte, et le dispose à regarder
tMUt» le» ouirei ehoee» comme une perle, «n
laifiai iii'iiiw de la cmmaÛMmee de J/tue-
Ctkrût, et de Jénu-Chriel eruei/ié. {Phit. m,
i qu'on observe bien que le but de ce
a n'est pas de nousdonner des inlor-
( sur l^tat de ces régions planélai-
; ca D'est point du tout ce dont il est
«uarâé. Cest un message qui vient du trOne
de D^a k celle province rebelle de son
qui occupent ces régions, dont l'étendue est
SI vaste, ne connaissent que peu de chose
de la nêtre, quand même ils ne seraient pas
plus élevés que nous dans l'échelle de 1 in-
telligence. Nos premiers psrenls, avant que
de commettre cet acte par lequel ils se mi-
rent, eux et leur postérité, dans la nécessité
d'une rédemption , avaient un commerce
fréquent et familier avec Dieu. // se prome-
nail avec eux datu le jardia du paradte (Gea,
lu, S); les anges aussi s'y rendaient habi-
tuellement; et si relie innocence pure et
•ans lacbe qui charmait et attirait ces élrea
supérieurs sous les ombrages d'Eden, s'est
conservée telle dans toutes lus planètes, k
l'exception de la uAtre, il »l possible (doue
DKTUWNAIRE APOLOGETIQIIE.
■ que chitund d'elles soil le tbMire de hau-
tes ^1 célesles communication a; qu'un che-
min ouvert aux messagers de Dieu i'j soit
partout maintenu; queiears habitants soiont
Biliuisà prendre part sus méditation» et aui
conl«m fila lions dps anges, et aient l'esprit
fitmiltarisé arec ces choses, dans laquetUi
il nous est dit que iei angtë àé$iraU at voir
jtttgu'aufond; et ainsi, comme nous parlons
de l'asprK public d'une ville ou de l'esprit
public d'un empire, un esprit nublic pour-
rait s'dlre formé dans toute l'étendue de la
crtSatJon de Dieu, par les voies sans eesse
fréquentées d'une circulation libre et facile,
parmi les êtres intelligents qui n'ont poiut
encore péché, et précisément, comme nous
lisons souvent, que tes yeus de tonte l'Eu-
rope sont [bu mes exclusivement sur le point
où se passa quelque événement politioae.
révolte contre la majesté du ciel avait levé
l'étendard, et pour la réintégration duquel,
dans le suin de ses sujets fidèles. Dieu,
dont la justice était inflexible, mais dont la
»iWnc9rd«, par quelque plan d'une sagesse
mystérieuse, s'était ilevét par-detnu (Jae.
II, 13). manifestait toutilaforctttti
dans :ouiê la frondeur {/sa. luii, i) des at-
tributs qui lui appsrlieuoent.
Mais, pour la parfaite intelligence de cet
argument, il faut remarquer que, tandis que
dans noire sC^our d'eiil où tout est ténè-
bres, révolte et inimitié, la créature s'em-
[>«ra de tous les cœurs,,et les affections, de
i)Helquemaniàre qu'elles changent, ue font
que passer d'une vanité fugitive h une au-
li-c, il n'en est point ainsi dans les habita-
lions de ceux qui ne sont pas déchus de
Icur'innocenee primitive. La, chaquedésir
fl cliaque mouvement est subordonné i
Dieu. Ils le voient dons tout ce qui existe e(
dans tout ce qui eal répandu autour d'eux (
et au sein de la pléiiilnde de ces délices
avKC lesquelles ils s'étendent sur la bonté
et ia beauté de ce merveilleux univers, le
cliarme vivifiant qui accompagne toutes
leurs contemplations, est qu'ils trouvent sur
chaque chose visible l'empreinte de l'intel-
ligeiice qui I« conçut, et de la main qui la
ciéa et qui la const;rve. Ici Dieu est banni
d(is nen:9ée5 de tout komme nalurtl (/ Cor.
Il, 1«), et, par un acte d'usurpation et con»>
tiimuient maintenu, les choses des sens et
tlu temps exercent un ascendant absolu.
Lh , Dieu ut loiU en (oui (/ Cor. xv, 28.)
Jh marchent dam ta tuaiière (Ephei. iv, 8.J
Us se r^ouissent dans la béaiUude de sa
présence. Lt voile n'e$t point tur Itan
yeux (IJ Cor. m, 16j, et ils voient le ca-
ractère d'une Divinité qui préside im-
primé sur tout ce qui s'olTre à la vue et
dans tous les événements auxquels la Di-
vioité a donné naissance. De ih vient que
l« chbmp de leurs conlempiations acquiert
sur tous les points de l'importance et est
rajroniiant de gloire; et quand ils voient
une nouvelle révolution dans l'histoire des
cboses créées, le motif qui les porte è y at-
tacher un œil si «Itenlîf , c'est qu'elle leur
annonce quelcjue nouveau développement
dans les desseinsdeDIeu, quelque nouvelle
maiiifestalîon de ses hauts attributs, qnel.
que pss nouveau et intéressant diDsi'hi).
toire de sa sublime administration.
Toutefois, nous devons prendre garde ï
une chose qui, dans le fond, n'Aie nen k \t
valeur intrinsèque de notre arguiaeiitjnaii
qui, dans le fuit, diminue de beaucoup l'im-
pression qu'il ferait : c'est que ce défoue-
Dienl à Dieu qui règne dans les autres par-
lies de In création, celte cnoGatice en lai
comme le principe constant et essentiel de
tout bonheur, cet intérêt h ce que rien ne
ternisse sa gloire, ces délices dans la cod-
lemplation de ses perfections et dn ses œo-
vres. sont des sentiments que les hommu
de noire monde, dans sa corruption et lei
ténèbres actuelles, ne peuvent partager.
Mais, pour si peu que nous puissions nous
en faire une idée, l'Ecriture sainte nom
dit, dans plusieurs passages, que Dieu eal
tout pour ses créatures qui ne se sont point
écartées de leur Bdétilé m éloignées duDiea
vivant; que l'amour qu'elles ont pourluii
un souverain empire dans leur cceur, et 1«i
comble de toute l'extase de la plus pro*
fonde affection; que rien de grand n'élèit
leurs émes comme le seotiment delà puis-
sance et de la majesté de TElernel ; qu'il n'j
s pas de perspective dont l'éclat sans nmge
et les tableaux heureux les enchantent,
comme lorsque, dans les raTissements it
l'adorstiOQ, ils se prosternent devant la
sanisluaire de la Sainlalé infinie et sans ta-
che; et qu'il n'f a pas de beauté qui les
charme et les attire comme cette beauté ao-
raie dont la douceur tempère rim[)0Sinie
majesté de la Divinité; en un mot, queioD
imaçe est toujours présente h leurs cunleiD- .
pistions, et que la félicité non înlerTon-
pue de leur innocente existence consiste
dans la coanaîssancc et l'admira tioti de la Di-
vinité.
Faisons un effort, et ne perdons pas de
vue celte considération, car les glaces de
nos imaginations terrestres rendeut un ef-
fort nécessaire, et nous apercuvroos que,
lors même que le monde où nous vivons
serait le seul théâtre de la rédemption , il J
a quelque chose dans la rétlempiioQ même
qui est fait pour attirer sur elle les regards
d'un univers saisi d'étonnement. Ahl cvr-
lainement, là où les délices qu'on go&te
auprès de Dieu sont la joDissaace de tons
les moments, et une profonJe et intelli-
gente contemplation de Dieu, l'oecupatioa
uon interrompue, il n'y a risn dans toute la
sphère de la nature ou de l'histoire, qui
puisse ainsi captiver l'imagiaatîon de se^
myriades d'adorateurs, comme quelque nou-
veau, quelque merveilleux développement
du caracière de Dieu. Or, cela se trouve
dans le plan de notre rédemplion, et je D(
vois pas comment, dans quelque conjecVuii
que ce puisse êire entre le souverain Pèn
Ile l'exisleuce et les enfants qui sont issu
de lui, les attributs moraux de la Divinit
«fi
iST
MCTKHmURE APOUKEnQUE.
AST
twmrraitrnl, si je pois mViprimer ainsi,
t\n ans è una si sévère et si délicale épmt-
ie. Il «si Trai que le« grandes questions du
pécbé et du salul ne font ancune impres-
sion sar les oreilles d'nn monde indifférent,
H dont les aETeetions sont aliénées ; mais
cm qui, ponr user du langage de l'Ecri-
Inre suDle, aoiu ImmUre dim* U Stigntwr
|l>ÂM.T,8).(!0nsidèrenl autrement ces elio-
w, Ils voient le péché dans loniesa maii-
gailé, et le salut dans toute sa mjrsiérieuse
gnedear. Toutes leurs fàcnllés , indubiia-
b^eoieW , durent 8lre absorbées quand ils
TJTtnl la rébellion leranl l'étendard contre
U «ajealé du eiel ; la rérité et la justice de
nieveapgées par le* menaces qu'il avait
InUseaolreUiusIesowrttrs HMÙp»it4(Ptal.
m, X\ M la dignité de ee trAne auguste.
qn ê m Jérsiea colonnes de l'immutabilité
pMr soatMDS , enchaînée k l'accomplissa-
■Mldeli loi qui en était émanée; et quand
00 D'avait rien k attendre, sinon que Dieu,
en Banilesunt la puissance de sa colère ,
•cceaplinlt lonles ses sentences, défen-
dnh riuBnzibilité de son gooTeVnement , et
far an ad* paissant de Tengaanoe écJa-
lute , maiotieiidrait è la voe de toutes se*
oéstaret le soovenineté qui lui apparle-
Baii;obt arec quel diàr ne doireni-ilspas
iToir coiuidérd se* voies, quand, au milieu
it toutes ces demandes urgentes qui sem-
Uaieni si hautes et si indispensaDles, ils
finni les déreloppemeuU de U miséricorde
Anne, et comment le suprême législateur
ifaHsaa war ses coapables eréaiores un œil
^tendresse; oommeni , dans sa profonde
cl tDpéaétrable sagesse, il prépara eo leur
Âtear uo plan du restauration ; comment,
peurleneltre k eiécuUon, an itilieu de
looiesles difficultés dont il était entnaré,
Ipniséurael fol obligé de s'éloigner du
Ht» do sa demeure dans- le ciel; et cotn-
■esU après que, par l'efBcace de son xaj%-
(érîeax sacrince, il ent magnifié la gloire
des perCKlioos divines , il éleva la muéri-
t»rdt au-dessus de toutes les antres {Jœ.,
a. 13), et ouvrît noe voie par laquelle nous,
pauvres brebis égarées dans le pécbé , pA-
uvs , avM tout Péelat du divin caractère,
wos que la Bioiadre Uche le ternisse, être
•diois «le nouveau en communion avvc
^itro , et tire ramenés encore dans la seia
•le sa lamille fidèle et affecliounée.
Or, le caractère «iseotiel d'un tel évéoe-
■Moi, considéré comme une msnifeslatioD
Oc Dieu , ne dépend poiul du nombre des
mondes sur lesquels ce pécbé et ce salut
(euveot être étendu*. Nous savons qu'une
idte économie de sagesse et de miséri^corde
tH éutbliesor ce utonde; et quand même
ce okotKlB serait le seul qu'elle atteigoU, la
«anifésuiioo morale de la Divinité est prin-
o^entent et essentiel lemeni la même que
s elle embrassait tontes les parties, sans
cieeptâoo, de celte étendue habitable que
f utrooomie nous a fart connaître. Par la
<:èiot)é.ssanee de ce mondu, la loi fut foulée
Ml |>ieds ; et ponr que la vérité it la mité-
ncer«fc u rtntontriu$tttt{Pial. I.S&SV, 10}, et
qu'elles eussent un harmonieux accomplis-
sement sur tes hommes de ee monde , la
dignité de Dieu fut misée la même épreuve;
la Justice de Dieu parut poser la même bar-
rière immuable ; la sagesse de Dieu eut h se
frayer un chemin S travers Ii-s mêmes dif-
ficultés; la clémence de Dieu ent ft trouver
la même voie mystérieuse pour arriver sni
pécheurs d'un monde solitaire qn*aux pé-
cheurs da la moitié de l'univers. L'étendue
du champ sur lequel celte question fut dé-
cidée n'a pas plus d'jnfluence sur la ques-
tion même que la situation ou les dimen-
siwis de ce champ de bataille sur lequel
quelque grande question politique fut dé-
liattue n'en ont sur l'impôrlance on sur les
Principes moraux de la dispute qui en fiit
origine. L'objeelioe sur la petitesse du
tbéètre porte avec elle toute la grosinërelé
du matérialisme. Pour des êtres spirituels
et intelligent*, ce n'esl rien. A leurs yeax,
ia rédemption d'un monde pécheur lire son
priocipar intérêt de l'explication qu'elle
donne de la pensée et des conseils de la
Divinité ; et quand même ce monde ne se-
rait qu'oD simple point dans l'immensité
des œuvres de Dieu , il n'en résulte dans
leur opinion aucune plus hante idée de sa
tendresse miséricordieuse, qui , plutêi que
de perdre un seul monde des myriades qu'il
a formées, prodiguerait toutes les richesses
de sa bienfaisance et de sa sagesse , dans
le but de recouvrer sa coupable popula-
lion.
Or, q^uitiqu'il faille admettre que PEcri'-
tore sainte ne parle pas clairement ou dé-
cisivement de ce que le propre effet de la
rédemption se soil étendu è d'autres mon-
des, elle parle le plus clairement et le plus
décîsivemeot de la connaissance qui en est
répandue parmi divers ordres de crésiures
Intelligentes autres que noua. Hais si la
contemplation de Dieu est leur suprême fé-
licité , il suffit alors que notre rédemption
leur soit connue, pour lui donner, qooi-
qu'elle ne soil que la rédemption d'un
monde solitaire, une importance aussi grande
que l'univers même. Elle peut répandre,
parmi les srméesde l'immensité, on nouveau
jour sur le caractère de celui qni est l'objet
de toutes leurs louanges, et dsas ta con-
templation duquel louies les puissances de
leur esprit se livrent aux transports d'une
solennelle et délicieuse , admiration. Le
Ibéêlre de l'événement peut être petit par
rapport h son étendue matérielle, tandis
que dans l'événement même il peut y avoir
uoe telle dignité morale qu'elle fasse bril-
ler les perfections de la Divinité sur la race
de la création ; et envoie, de la gloire mani-
festée de rSteneU un lorrenl d'extases et
de vives acclamations, d'un bont k l'autre
de la vaste étendue des provinces qni sont
sous sa dépendance.
11 a plu a Dieu de nnus refuser les détails
eirconslaneiés de la manière dont celte
merveilleuse économie est étvudue ; mais il
nous a donné plus d'une fois une idéegramJe
et géuérate de sa dignité. Il ne nous luforme
nCTIOKNAIRE APOLOGCnQQB.
A»
r'
pas si ta fùnlaiiu euterle à bi wtaiton de Jmda
paur te péeki et pour la Mouillure {Zaeh.
XIII. S) eiiToie ses oo<Jes vÎTiliantes k d'sa-
tres mondes que le nfttre. Il De nous infonoo
pas de l'éienduede l'expiation; mais iloous
Kirorme aue l'espialion même, connue,
comme elle l'est, parmi les myriades d'âlres
céiegles, forme I hymne sublime de l'éter-
oité; que i' Agneau qui a été immolé {Apoe.
T, 12) est enTirooDé des acclamations d'ua
empire Tsste et universel ; que la grandeur
de ses meneilleux Iraraux excite des trans*
ports d'admiration et de joie parmi les mul-
titudes qui sont autour de son IrAne; elque
ii, du milieu des adorateurs de celui qui
jMM a latét de noi péché* dont «on eaaq
{Àpçc. T, 6), ne cea^fi de s'élerer une Toix
lune comme d'une multitude ionombrable,
suave et barmouieuse comme des voix
bieniieu reuses exprimant la joie, lorsque
les civux reteutissent des chants de iriom-
|ibe* et que d'éclatants hosaanas remplissent
les rétjioQS étemelles.
Un roi [wurrait avoir la totalité de son
règne remplie d'enlreprîses glorieuses;
l'beureux succès de ses armes et la sagesse
de ses conseils pourraient lui donner la ré-
putation d'être le premier des potentats du
uioude; la richesse qu'il aurait répandue
dans les prorinces de son empire, et la sé-
curité dont il ferait jouir ses sujets, pour-
raient en fsire leur idole; et cependant l'on
conçoit que l'acte d'uu seul jour en faveur
d'une seule famille; que quelque visite af-
fectueuse de cousolatioD a une ptuvre et
solitaire chaumière ; qu'un acte de clémence
qui procurerait l'élargissement et la déli-
Tranced'un malheureux au désespoir; que
quelque mouvement remarquable de aensi-
bililé au récit des misères d'un infortuné;
que quelque noble effort de renoncement ^
soi-oidme, qui le ferait triompher de tous
ses desi<eios de vengeance, et jetterait le
vuile d'un généreux oubli sur 1 offense de
rboœme qui l'aurait insulté et lui aurait
lait tort; par-dessus tout, qu'un acte d'am-
uistiesi adroitement ménagé , qui loin de
l'eiposar, sans moyen d'y parer, è de nou-
Telles injures, le ferait respecter davantage,
imprimassent sur sa personne et sur son
caractère, une dignité plus ioriolobla que
jamais; ouit il est très-possible que le plus
grand monarque de la terre tirit de la gran-
deur d'une telle action , faite dans l'espace
d'une heure, et dont les effets immédiats ne
s'étendraient qu'à une seule maison ou à un
seul individu , un lustre qui effacerait l'é-
clal de toute son administration publique,
et qu'un tel exemple de magnanimité ou de
mérite, brillant du fond de sa vie privée,
«xcii&t dans tous les cteurs une vénération
plus profond» que tout ce que l'histoire de
sa rie offrait de plus saillant, et qu'il fût
Iraosmia k la postérité comme un monument
plus durable de grandeur, et l'élevAt, par
sa sui>limîlé morale, bien au-dessus du ni-
veau dc-s louanges ordinaires, de sorte que,
lorsque les hommes des siècles futurs ôas-
«eraivtit en revue son rëjjiie , ce trait d une
vertu simple , donee et modeste , serait nié
peut-être, dans tous les temps, comme l'So-
tion la plus sublime et la plus loucbsBle
qui honore sa mémoire.
C'est ainsi que te Roi éter*H, immortel tt
iuneÙilt (f Ttm. i, 17), environné comnie
il est des splendeurs d'une mooarcbie qai
n'a de bornes ni dans J'espace ni dacs le
temps, se tourna vers notre humble babita-
tation, que les pas de Dieu wianifeeté dan
la eAoïr (/ Jim. iti, 16) furent empreiots sur
le morceau de terre que nous occupons ; et
quelque petite que soit notre demeure par-
mi les spnères et les systèmes de l'immen-
sité, le Roi de gloire [Peal. xxiv) y abaissa sa
voie mystérieuse , entra dans le tabernacle
des hommes, et ayant pris la formte «Tim ler-
viteur {Phil. tt, 7), il s^ourna pendant des
années sous le loit qui couvre notre monde
obscur et solitaire. Oui, il n'est qu'un atome
inaperçu dans cette multitude infinie de
mondes qui t'entoureut; mais considérei la
frandeur morale de l'événement, et noa
étendue matérielle du monde oui en a été
le théAlre; et du fond de noire numble re-
traite pourra émaner uim manifestation da
la Divinité, telle que la gloire de aon nom
se répande parmi tous ses adorateurs. I«i
entra le pécbé. Ici la tendre et universelle
bienfaisance d'un père fut payée de retour
{>ar l'ingratitude de toute une famille, ici la
loi de Dieu fut outragée, et cela même au
mépris de ara manifestes et inaltérables
sanctions. Ici la puissante dispute des attri-
buts fut terminée, et quand la justice avan-
çait ses demandes, que la vérité invoquait
I accomplissement de ses avertissements;
que l'immutabilité de Dieu ne voulait pas
reculer d'un simple iota, d'aucune de ses
positions, et que toutes les rigueurs qu'il
avait jamais proclamées contre lee aifamSi
diniquilé semblaient s'amasser en un naap
menaçant de vengeance sur la demeure dont
nuus avons la possession pour quelques
instants ; la manifestation du File «ntque
(/«an. I, 18) dissipe tous ces obstacles au
trioujpbe de la miséricorde, et quelque in-
signitlonte que la demeure puisse être, en-
foncée comme elle est dans l'ombro de son
obscurité parmi les habitations plus magni-
ques qui 1 entourent ; le rappel ae sa famille
exilée ne sera néanmoins jamais oublié , et
la preuve éclatante qui a été donnée ici de
la grâce et de la majesté réunies de Dieu ,
fera à jamais le sujet des hymnes et des ac-
clamations de l'éternité.
Nous avons léché d'établir que l'argumenl;
tiré de l'astronomie par l'incrédulité tend h
anéantir une perfection naturelle du carac'
1ère de Dieu , savoir, ce merveilleux attri-
but qui lui appartient, par lequel, daos lu
moment, il peut diriger une attention itni
médiate et vigilante sur une variété îanom'
brable d'objets, et étendre , depuis le plu;
grand jusqu'au plus petit et au plus msî,
gnitiant de tous, l'ititimité de sa puissaoci
et de sa présence. Nous avons aussi reniaii
que, en passant, que cet argument tends
fa affaiblir un attribut moral de la Divinité
Asr
nCTIOXUlHE APOLOCETIQDE.
AST
il Icod s «ITaiblir la bienTeillancc de aa na-
Lire. C'est beaucoup pour la bieoveiilaiico
ileDîea de dire qu'un seul monde ou un
iêol sjalème n'est pas assez pour elle ; qu'il
'uifiul IVlendue d'ane plus reste régino,
wnaqoellti elfu puisse répandre les Qols
•l'une exlrémeabondaDce d'un bouta l'autre
ûe toutes ses parties ; qu'aussi loin quu ses
regards çaisseul s'éteudre, elle a joncbé
iintBensilé des réceptacles Qotl^ints de l<i
rie. et a déplojé sur cbacun (i'eui la déco-
nlioD d'oo cirl semblable à celui qui en*e-
iop;« DOire babitalioa; et que ni£me des
répons loiataines qui sont au delà de la
{koriie de l'œil de l'homme, les bymnes de
ncoouiua&ce et de louange peuTeiit s'é-
lever atûateiiant rers l'unique Dieu dont le
Ui/OK est eunroDoé de lémoiguages de res-
f-ed de Si grande, universelle et unique
bmiUe.
Or c'est beaueoap pour la bienveillance
de Diia de dire qu'elle earoie ses vastes el
distiaetes ^loanalîons sur la surface d'un
len-.inire si smple que le mondo que nous
kitiiioiis, enseveli comme il l'est parmi tant
Ce grands objeisqni l'enTiroonent, se réduit
à on poiDt qui , peut-être, pour l'o&il qui
embrasse l'univers, paral(r«it presque im-
perce|itibl«. Hais cela n'ajoute4-il pas i la
i'oissaiiee et i ia perfection de cet ixil uiii-
terseU qu'au même moment où il embrasse
dans sa cootemplalioa l'universalité des {,lio>
ses. il puisse attacher une allenlion ferme,
et qu'aucune distraction n'interrompt, sur
tbxBBc de ses parties séparées, quelle
qs'en soil la petitesse ; qu'an moment mfime
aa il regarde tous les muades en masse , il
[uuse ot»erver chacun d'eux de la manière
ta v^as directe H la plus intelligente; qu'au
■naiMi qu'il parcourt rapideioeul le champ
•te ,'iaimensilé, il puisse tiser toute la viva-
Tité Je stfs regards sur chaque parcelle dis-
LacUt de ce champ; qu'au mémo momeul
vb it tmbrasse la lotaiiié de l'existence, il
ou^^se en faire l'inspection la plus com^ilète,
et \>ortet sa vue sur ses plus petits détails
tl sur chacune des innoiobrablus variétés 7
t 'jiiA ne trouvez manquer d'apercevoir corn-
Utn c«la ajoute h la puissance de l'œil qui
v^ii tout. Uiles-moi donc si cela u'aiouto
|4S aolaut de perfection it la bienveillance
<« Uieu, que, tandis qu'elle s'étend sur le
■aste champ des choses créées, il n'y ail
;** uue portion de ce champ qui soit négli-
éÂe par elle ; que, lundis qu'elle répand sos
tireurs sur la totalité d'une étendue iuliiiiu,
t—K les lasse descendre comme une ahoii-
i^niB rosée sur chaque hahilalio:i séjpnréc;
^uc. tauJis que lu Lirait Je Uieu soutient et
esibrass*: tous les mondes, il eatrd dans
■'coceinte de chacun d'eux , et que tous les
■(•Jividas de leur innombrable population
^ient l'objet de ses soins et de sa tendresse.
itt I le Dm qui, selon l'Ëcriture, al aaiour,
.^ répaud-il )>as sur ctt attribut de son es-
sence le plus louihaol éclat 7 Si. tandis qu'd
lirge au plus liaut des cicui, il épanche les
-'ésors «le sa plénitude sur (oui lu domaine
t„tfMXÎuuné de la nature et de la Provi-
DtcnoiT^Aïae *FOi.»GtTiQUB. 1.
dcDce, il abaisse nn regard de compassion
sur le moindre de ses enfants, envoie son
esprit vivifiant dans lous les coeurs, r^ouit
par sa présence chaque maison, poorvoit aux
besoins du chaque lamille, veille auprès du
lit des malades, et prête l'oreille aux gémis-
sements de la souffrance ; et, tandis que lo
poids du gouvernemeot de l'univers repose
sur son admirable ialelUgence, ahl n'est-if
pas plus admirable et pins excellent encore,
qu'il compatisse S toutes les douleurs et
soit i>rët ^ écouter toutes les prières 7
Bemarquez avec qui^lle beauté ce Irait
particulier do la honlé de Dieu, qui nous
la rend si chère, est réfli5c>ii sur nous dans
l'attitude des anges qui nous est révélée. Des
hautes éniiaences du ciel, ils abaissent un
regard vigilant sur les hommes de ce monde
pécheur ; et la eonverfioD de chacun
d'eux répand la joie et de vires acclama-
tions dans toute l'étendue des célestes de-
meures. Uettez ce Irait du caractère aogé-
liquB en contraste avec l'esprit sombre et
atrabilaire d'un incrédule. L'astronomie
l'instruit de la multitude des autres mondes,
la magnificence de l'idée l'eaflamnie, il est
ébloui par une élévation qui est au-dessus
de ses forces, et des régions aériennes où
s'égare son imagination, jetant un regard
dédaigneux sur l'iosigniGauce du monda
Îue nous occupons, il le déclare indigne
e ces visites et de ces attentions dont nous
lisons l'histoire dans le Nouveau Testament.
Il est incapable de s'élever sur l'échelie
de la perfection morale ou naturelle, et
quand ou lui fait connaître la merveilleuse
étendue du champ sur lequel les richesses
de la Divinité sont prodiguées, il s'arrête,
il se trouble, el manque toul à Csil de cette
réQexiOQ essentielle, que la puissance et la
perfection de la Divinité ne sont pas plu<
déployées par la grandeur du champ, qu'elles
ne le.sont par cette multitude de créjturfis
qui le remplissent , oii se montrent l'arl le
plus exquis, l'altenlion la plus minutieuse,
qui ne négligent aucune de ses plus petites
parties, impriment sur chacune d'elles la
plénitude de la Divinité, et prouvent, par les
fleurs du désert le moins frayé aussi bien
que par les sphères de l'immensité, à quel
point cet être impénétrable peut prendre
soin de toul, pourvoira tout, et, du mystère
trop élevé pour nous où se trouve Sun
IrôOG, peut à chaque instant et sans la
moindre interrup[ion, hier un œil attentil
sur les diverses choses qu'il a formées,
les considérer séparément, et par un acte
do sa profonde intelligence ,' qiïi pense à
tout el qui préside h tout, peut constam-
ment embrasser la totalité dus êtres.
Mais Dieu, dans la pléuilude de sa gloire,
el cnvirouDé comme il l'est d'une lumière
inaccanble {I Tim. vf, 16J, est si loiu du
notre laible portée, el si au-dessus de nos
étruiles conceptions, que l'esprit deT-liuiii-
loe s'épuise t-t succomba daus les efforts
qu'il fait pour le cumpiendre. S'il était pas-
sible que l'image du Tri-s-HauI fût jHacée
directement devant nous, ce torieut do
10
liICTlONNAlRe APOLOGETIQUE.
AST
splendeur, qui sans ct»5D euinnede lui et se
r6|tiin'J sur tous ceux qui ont le privilège de
le contempler, non-seulement nous ébloui-
rail, mais nous accnblerail. Et c'est pour
cela que je tous înTÎte h porter ¥0S regards
.lur le reflet de cette image, afin d'avoir une
vue de aa gloire mitigée, et de rassembler
les traits de la Divinité sur le visage de ses
cmges de justice, qui n'ont jamais perdu la
ressemblance dnns laquelle ils furent créés.
I'"t, incapables comme vous l'êtes, de sop-
jiorter la grâce et la majesté de celle fact,
'levant laquelle les voyants et les prophètes
<jcs jours d'oalreTo'is lombùient comme morli
[Apoc. 1, 16, 17), empruntons une idée de
Celui qui siège sur le trône, de ce qui nous
est révélé de l'aspect et des actions de ceux'
()ui l'itnvîronneiit.
L'incrédule donc, h mesure qu'il agran-
di! le cbamp de ses conlem|>lalions, souf-
frirait que cnscun des objets séparés qui s'y
Irouventfût enseveli dans l'oubli ; ces anges,
nu contraire, s'élendanl, comme ils fblil, sur
la sphèred'une universalité plus élevée, sanL
, représentés comme ayant l'œil toujours ou-
vert sur l'histoire de diarune deses parties
distinctes et subordonnées. L'incréilule ,
avec son imagination errante parmi les ïo-
leils et parmi les systèmes, ne peut trouver
place, dans son attention déjà préoccupée,
pour cette humble phnète qui loge notre
espèce et fournit k ses besoins; les anges,
étant placés dans une région plus élevée, et
ayant une perspective de la création plus
étendue devant eux, sont cependant repré-
sentés comme abaissant leurs regordssurce
monde en particulier, et comme reraanjuant
aitentivemcnt les diverses épreuves et Il's
besoins divers de toutes les familles. L'in-
crédule, en nous rabaissant h une petitesse
imperceptible, perdrait tout h fait de vue
notre demeure et étendrait le sombre voile
de l'oubli sur toutce qui concerne et in-
téresse les hommes; mais les anges ne nous
nbandonnent point ainsi; et, non 'éblouis
par l'éclat bien supérieur des scènes maj^ni-
liques qui les environnent, ils sont dépeints
■ par la révélation comme dirigeant toute
l'attention de leurs regards vers notre l)a-
bitation actuelle, etcommcporlontïur uous
et sur nos enfants un œil tendre et plein de
bienveillatrce. L'incrédule nous informera
de ces mondes qui roulent au loin, cl dont
lu nombre va au delà de l'arltlmiétique do
l'entendement humain, et puis, avec l'in-
sensitiitiléd'an froid calcul, il abandonnera
celui que nous occupons, avec toutes ses
coupables générations, & toutes les horreurs
du désespoir ; mais celui qui compte te nom-
lire des étoiles, nous est représenté comme
ayant Utyeuxiur c/ioçue ttidi'ttdu des mil-
lions de Vetpicthumaine[Piai.\i-Lni,i3,tlt),
et, par la parole de l'Evangile, eommcl'in-
viiant à venir') lui, comme lui tendant la
main, et, au premier pas de soei retour,
comme allant au-devant de lui avec tout
l'empressement du.përe de l'enfant prodigue,
pour l'admettre de nouveau en cette pré-
sence dont il s'était bADni. Et quant i ce
monde, en faveur daqnel l'incrédule ua
souffrira pasunseuln:ouvement,toullecit1 '
est montré comme en travail an sujet de si '
restauration ; au point qu'il ne peut y avoir '
lin seul individu entre les hommes quiioil
rappelé du péché è la justice sans une ac-
clamation de j<iie parmi lesarméesdu para-
dis; et certainement, je puis le dim do
moins considérable et du plus indigne de
nous tous, que l'œil des anges est sur lui,
et que sa conversion répandrait dès ce mo-
ment des torrents d'une délicieuse sensi-
hiiiié parmi l'immense multitude de leurs j
innombrables légions. l
Maintenant, la seule question que j'aie
6 faire, c'est de demander sur lequel des
deux cdtés de ce contraste nous voyons le
plus l'empreinte du cietT lequel des deux
rontribuerail )e plus h la gl'iire de Dieu T
lequel des deux oITre davantage de ces
[ireuves qui con»is(eDt h avoir un Ciiractère
télestcî Car, si c'est le cAlé de l'ini^rédule,
il faut alors que toutes nos espérances
s'évanouisst-nt avec la ratification de cetli'
fatale sentence, par laquelle Je monde est
condamné, par son insignifiance, è être exclu
i perpétuité des attentions de la Divinité.
Je me suis longtemps adressé à votre enten-
dement, j'en appelle maintenant t la sensi-
bilité de votre cœur; dites-moi à qui le
sentiment moral qu'il renterme accorde-t-il
plus promptement son suffrage? Esi-ce k
l'incrédule, qui voudrait faire anéafitir dans
l'oubli ca moFHJe qui nous 8pt>arlicnt ; ou ï
ces anges qui font retentir toutes leurs ■!«•
meures des hosannahj de la joie pour
chaqne individu do sa population qoi so
convertit et revient au Seljjneur?
Les anges peuvent (.onsiJérer ce monde
et tout ce qui lui est échu en héritage,
comme faisant partie d'une plus graudt.-
famille. Les anges furent dans le plein exer-
cice de leurs facultés, même dès les premieri
jours de l'existence de notre espèce, et
prirent part aux félicitations do cette pé-
riode, ou, i la nai.-^sance du genr» humain,
toute la nature intelligente sentît une im-
pulsion d'allégresse, et où Ut étoitet du
matin pouMiaimt entemble dei cri» de }oi>.
{Job XXXVIII, 7). Ils nous aimèrent de cet
amour qu'une famille sur ta terre ressent
pour une plus jeune sœur: l'enfance mëinc
et l'infériorité de nos facultés ne firenl quij
nous rendre plus cliers à leur affection ; ul.
quoique nés a une heure plus récente danj
I histoire de la création, ils nous regardèren
comme les cohéritiers de la même destioée
f)0ur nous élever av^x eux dans l'éclielle d
B dignité moralt; , i.our nous prosterner de
vant le même marchepied, et pour participe
6 ces hautes dispensations de la teitdresa
et du soin paternels, qui émanent sans ces)
du Irûiie de l'Bierni-l sur tous les membri
d'une fnmilli! soumise et affectionnée. Mette
vous dans l'idée l'éienlue de rmtelligei»
d'un ange ; mais , eu même temps * mette
vous dans l'idée aussi la ferveur séraph.q
de la bienveiraiice d'un ange; commeni,
la haute légion qu'il oerupe.il jieut uvoir
3t
AST
MCTIONNAmE APOLOGETIQUE.
AST
SCI
jeai fixés sur plusieurs inondes, et roDser-
uT le souveair de leur origine et des évé-
Demeols qui se sont passés dans chacun
■l'eaiKoaimcnt il peut sentir, clans toute sa
Turu, la i'Ius tendre affection de lurunlé
i'-mr leors habitants comme les lufaDls du
it)£inepére;elquoiquece snit è la foisTeiret
t( b preare de noire dépraratioD, que nous
sojonsÎDcapablestleparUiger lesseutimenls
{^éreui d'un es|irit céleste, comment cela
[cnlèlre compatible arec la sublime capa-
rité et U sensibilité d'no ange , qui ue res-
pire qa'amour. qu'il puisse h la' fois étendre
u bienTeillaoce sur une multitude de pla-
nètes et de s>5lèa)e5, et prodiguer les eîTii-
sioQS de sa tendresse à cnaque individu de
leur lécoode population.
El id. 3 m'est impossible de ne pas
resurqueronelle parfaite harmonie il j a
eii£reJjIoiaesaffeciion« sympnthiquesiiaDS
k titt el les marques les plus louchantes
qD'oo en IrouTo dans notre monde. Lors-
qa'oa des membres d'une famille nombreuse
dépérit par l'effet de quelque maladie, n'est-
et pu celui sur qui se porte toute sa ten-
dresse, et qui en quelque sorte defieol
Tobjet exclusif des questions de son roisi-
nage et des soins de ses parents T Lorsque,
ao milieu de la nuit, le mugissement de la
leœpèle entoie de sinistres présages dans
le cœar d'une mère, sur lequel de tous ses
cofaDts» je voQS le demande, ses peusées et
ses atarnies refienneot-elles sans cesse T
Fest-ce ft»s sur celui qui voyage sur mer,
qoe son imaginatioD a placé au milieu des
(oaranis impétueux et des vagues courrou-
cées de rOc«anT I^ crainte du danger qu'il
cuart ï cette heure ne concenlre-t-elle pas
MT tai, pendant les intervalles du sommeil.
U>al* Il force de ses méditations î Et u'est-il
paj poar an temps l'unique objet de toute
a sensibilité et de toutes ses prières} Nous
artKis quelquefois In relation de voyageurs
oaufngés, jetés sur un rivage barbare, qui
deveoos la proie de ses rruels habitants,
seul entraînés à travers des pays incnn-
&US et d'affreux déserts , vendus comme
esclaves, chargés de& fers d'une captivité
irréparable, et qui, privés de toute autre
lilterlé que de- la liberté de la pensée,
Irouveot qu'elle ajoute encore k leur mal-
bear;car à quoi peuvent-ils penser, si ce
b'est à leur pairie 1 Et quand ces douces
ÛKCges , ces images chéries s'offrent à leur
souvenir, comment peuvent-ils ; penser, si
ce n'est avec l'amertume du désespoir? Ab 1
(tite»^oi. quand le bruit de tous ces mal-
t«urs parvient k leur famille, quel est celui
At ces membres snr lequel ae portent toutes
KS douleurs et toutes ses aSeclionsT Quel
tsl celui q«i , pendant des semaines et des
uois entiers, absorbe toute sa sensibilité,
;roTOqiie ses plus grands sacrifices, et lui
bit precdre les expédients les plus efficaces
iMrar leramener dans son seioT Quel est
ce-.aî qui Ciit qu'elle s'oublie elle-même et
•Wvieut indifférente à tout ce qui l'eotoureT
M tJiles-moi si vous pouvez assigner une
>'jme atix peines, aux efforts et aux privs~
tions auxquels se soumettraient on père et
une mère dans l'angoisse , el dus sœurs
éplorées pour It eJicrcher et pour U iauttr.
Or imaginez que le principe de tout ce
que la sensibilité nous offre sur la tcrrs
soit dans toute son ém-rgie autour du trOne
de Dieu ; imaginez que runÎTors ne soit
qu'une seule famille dans la sécurité et dans
la joie , et que ce mbn<le aliéné soit le seul
de ses membres égaré ou captif, et nous
cesserons d'être étonnée que depuis le com-
mencement de la captivité de notre espèce ,
jusqu'à la consommation do son histoire
dans le temps, il se .-oit fait un tel mouve-
ment dans le uiel ; que tes anges aient été
envoyés en mission au sujet de notre res-
tauration; que le Fils de Dieu se soit abaissé
jusqu'à prendre le fardeau de notre mvsté-
rîeuse cipiulion; et que l'esprit àf Dieu
travaille maintenant, par l'active variété de
ses influences toutes-puissantes, i avancer
celle dispensaliondegrâce.dontla un est de
nous rendre propresà être admis de nouveau
dans les demeures des habitants des deux.
FaisoDs-nous seulement une idée de l'a-
mour, qui est le principe régnant dans ces
demeures; de l'amour, dont toutes las pen-
sées e'i les désirs se portent sur le point où
son objet uslle plus en danger de lui être A
jamais ravi ; de l'amour, qui n'a pas besoin
de cela pour être excité aux plus grands
efforts el au sentimenl le plus exquis de sa
tendresse , et alors tout ce mystère s'expli-
quera pour nous d'une manière claire et
familière, et nous ne résisterons pas plus
longtemjis, par notre incrédulité, au mes-
sage de J'Evangile, quoiqu'il nous dise que
définis le commeocemcut jusqu'à la ùa de
l'bistoire de ce monde, longue k vos yeux,
mais qui n'est que l'espace de quelqaw
jours dans les vastes périodes de l'iih-
mortalilé, tant de vigilance £l tant de solli-
dtudu de la part du ciel aient été prodi-
guées pour la restauration de sa popula-
tion coupable.
Nous avons montré que l'étal de l'hoimme
déchu de son essence primitive était non-
seulement connu d'autres ordres de la créa-
tion, mais était également un sujet de
profond regret et an tendre intérêt pour
eux; que, conformément i ces lois de ta
sympatbie qui sont les plus familières
même à l'observation Iiumaïue, notre maU
heureuse condition était précisément propre
k concentrer sur nous ta sensibilité, les at-
tentions et les services des habitants du
ciel; k nous rendre pour un temps l'objet
particulier de leurs plus ardentes et cons-
tantes contemplations; à exciter toute la
bienveillance et (ouïe la tendresse de leurs
sentiments, et tout juste k proportion des
besoins et du manque de secours que nous
éprouvons, nous misérables exilés de la
maison de Dieu ; k multiplier sur nous les
soins, et k réclamer en EOlre faveur le5
efforU affectueux et eœprtssés de ceux qui
ne s'étaierH jamais écartés de lui. Tdie pa-
raît être, diaprés l'Ëcrilure sainte, ta nature
de cette bienveillance qui brille et circule
305
AST
DICTIUNNAIRF. AIH)IJ)CETIQtE.
AST
nuloiirtiii (rdnc du ciel. Cesl précisément
In liieiiveilinncc qui éi[i3iiG du Irdfio même,
ri donl Its aiicniions, pendant tant de mil-
liers d'anni^es, onl gu pour but les habi-
tanls de noire monde. Ce laps de temps
peut paraître une longue période pour un
monde si chélir. Mais comnient les incré-
dules ont-ils conçu ridée que ce monde est
si chétifT C'est en étendent leurs regards
tur tes innombrabli?» systèmes de l'immen-
sité. Mais pourquoi donc n'ont-ils pas eu
l'idée que le temps de nos visitations parti-
culières, qu'ils considèrent comme si dis-
proportionnées h la grandeur comparative
île celle terre, est pré<'TsémGnt aussi imper-
ceptible que la terre elle-même est insigni-
fiante? Pourquoi n'étemlenl-ils pas leurs
regards sur les innombrables générations
de l'éternilé, et ne reviennent-ils pas ainsi
h la conclusion, qu*uprôs tout la rédem|i-
lion de notre espèce n'est qu'an événement
éj'bémère dans rhisiitire de la nature inlel-
ligcnle, et qn'elle laisse place h son aulear
pour accomplir Ions lesdesseins d'une sage
et impartiale administration, sans compter
que, même durant son cours, elle nu dé-
tourne pas une seule de ses pensées, ni
une seule de ses inDuences des autres
champs do la création, et qu'il lui reste
assez de temps pour étendre sans exception
les visitaiions d'une tendresse aussi frap-
pante et aussi paDliculière sur toute l'éten-
due de sa grande el uoiversello monar-
cliieT
Cela pourrait serfir encore davantage à
incorporer les choses qui cosceroent noire
planète avec l'histoire générale des êtres
moraux et intelligents, de déterminer non-
seulement la connaisKance qu'ils prennent
de nous, non-senicment les tendres alarmes
qu'ils ressentent pour nous; mais de déter-
miner l'importance que notre monde a ac-
quise en aevenanl le théâtre d'une lutte
ouiaiâtre el ambitieuse entre les ordres les
plus élevés de la création. Nous n'ignorons
pas comment, pour ta possession du terri-
toire d'une trèS'pelile lie, les plus puissants
empires du monde onl déployé toutes leurs
ressources; comment.dsnsdesoampsriTaui,
(les monarques se sont renccnirés, ont
passé leurs troupes en revue, el oui rassem-
blé, pour obtenir la victoire, tout ce que
leurs mats offraient de plus britlant en in-
leiils, toute la fleur et toute la force de
leur iioputalion. L'Ile solilaire autour do
laquelle tant de flottes manœuvrent, et sur
le rivage de laquelle tant de troujies des-
cendent comme sur une arène ouverte aux
combailants, peut bien êlrt: élonnée de la
valeur inattendue qu'on lui altribup. Muis
d'autres motifs eutralDeiit & In liatiiille ; il
nft s'agil do rien moins quo de la gluire des
nations, et chaque parti envisii^je un bien
plus noble résultat que te gain d'un objet
ai peu important, comme le hul principal
rlu la guerre, el rbonoeur, |ilus cher que
l'eiisteuce pour bien des cœurs, esl mam-
tenant le mobile qui fait répandre tant de
sang el prodiguer lant de trésors; l'esprit
einilanl de l'émulntron s'est maiiileugni
emparé des combattants; el ainsi, su mi-
lieu de toute l'însigniBance qui g'sllsclieï
l'origine matérielle de la lutle, sa violence
et son étendue reçoivent de la conslitution
de notre nature leur plus josle explication.
Or, si c'est aussi la conslitution de la w
lure des êtres plus élevés; ai, d'une jtarl.
Dieu esl jnloux de son honneur, el que, de
l'autre, il y ait des esprits orgueiileui el
eiallés qui le bravent, lui el sa monarchie;
si, du cdté du ciel, il y a une armée an^é-
liquequi, se ralliant autour de l'élendanl
de la tidélilé, vole avec joie aui ordres du
Tout-Puissant, se dévoue à sa gloire, el
prend un vif inti^rél à la manifestation de
ses conseils; et que, du côté de l'enfer, il
y ail des bandes ennemies qui opposent une
résistance opiniâtre, une haine el une wi-
lice inextinguible, un déS obstiné de leo-
geance pour déjouur la sagesse de l'Elernel,
pour arrêter lu main et renverser lesdes-
seins de sa Iflute-puissaiice; alors, quel-
qn'insigniliant que puisse être le prix nu-
tériel de la victoire, c'est lit vicioiie en
elle-même qui soutient le mobile de celle
rivalité ardente et sans cesse stimulée. Si,
p<ir la sagacité d'une inletligence iniernale,
une simple planète a été séduite, entraînée
à la r>^volte et livrée au pouvoir Je celui
que l'Ecriture appelle Iffvteu de ce moȈt
(Il Cor. 17, 4), et que le but de la ternie
de notre Rédempteur soit de détruire la
œuvra du démon (/ Joon. m, 8); alors que
cette planète ait toute la petitesse que les
astronomes lui ont assignée; appelez-la ce
au'elle esl, un des plus petits Ilots qui
oltenl dans l'océan de l'espace : elle esl
devenue le théâtre d'une concurrence telle,
que lous les vœux, toutes les forces et toute
I activité d'un univers divisé peuvent y èlrt
engagés. Elle embrasse d'autres ohieis qw
la simple reslauratioii de notre espèce. Elh
décide de plus hautes questions. Ëllu se
rattache à ta souveraineté de Dieu, et 1 M
fin elle démontrera la manière dont il in-
fliga le châtiment fa tous ses ennemis i^
opère leurdestrudion. Je ne sais pas si
notre monde rebelle est la seule forteresse
que Satan ait eue en son pouvoir, ou s'il
n'est que le simple poste d'une guerre éten-
due, qui se poursuil maintenant entre la
puùtances de la lumière el celles des ténibrtt
[Col. 1, 13] ; mais que ce soi l l'un ou Vautre,
(es parties sont en ordrode balaiile, l'esprit
de rivalité est dans loutu son énergie, et il
y va de l'honneur lie puissants combaltants;
c'est pourquoi cessons d'être étonnés de
ce que noire humblu résidencn est devenue
le tliéâire d'une action si sérieuse, ou do
ce que l'ambition des êtres d'uoe natun
supej'ieure a déployé ici louLe son ardeur
et toute son énergie.
Cela nous découvre un autre de ces ra{>-
|)orls élevés el étendus, que l'hisluire morale
de noire globe peut avoir avec le syslëtne «1«
l'administration universelle de Uiuu. Si un
ennemi venait i toucher le rivafje de celtt
tière et magnanime contrée, à otrcuper soU'
DICT1(K4NAIRB APOLOCKTIQlJE.
AST
303
>iBeDl un Je ses |i]us polils Tiltagcs, & en
iduire les habitants, k les ])0rler à lit ré-
luleetï s'j établir arec eui au mépris de
'oates tes menaces elde toutes les mesures
ite défense d'uo empire iasuIté;oliI combien
::-<Ti d'un ooble orjjueil blessé ne retentirait-
t pas dans tous les rangs, dans toutes les
dûses de notre excellente populfitioni ce
OMireatent d'indignation parTtendrail jas-
•r/aa rot sor son IrAoe, circulerait parmi
• eux qui l'entourent dans tonte la grandeur
•Jo pouvoir ; éledriserail Télogueuce de ui>s
'•râleurs et Terait un appel si irrésistible à
l'booaear «-I au palriotiiuie di: la nation, que
U tnispelle du la guerre n'aurait qu'à se
taire enlealre pour réroi lier toute 1 ardeur
nvtiale de nutie rojrjume. H pr>ur nietlro
sjioolanéiite^f sur pied toutes ses forces; lI
fflatût que u'eadurer paiieaimeut le sanjjlant
affrouldaa (el ouirafji?, tout son pouvoir et
f'jiitec ses ressources seraienL employés dans
içue lutte, et nos efforts et nos sacritices
Linraieut poiul de borues, jusqu'à ce que
u» compatriotes abasé-t fusent ramenés à
Lut devoir, ou que, par un acte juste de
■tiOfeance, la lacus que celto insultu aurait
imprimée k notre territoire fût eniièremeul
ullacée.
L'Ecriture sainte est toujours lràs-ilélailli^e
et très-lumineuse dans ces choses révélées
■.à les boiomes sont personuelleiueiit iolé*
nues. Hais elle oITre parfuia un transparent
ivmbre, k travers lequel on peut entrevoir
-iae partie des desseins et des entreprises
i'XÏ occupent actneltement les inlelligences
l'on ordre supérieur. Elle nous parle des
;aisse-it> etfurls qu'elles font maintenant
[AU lldti-r d'obtenir un ascendant moral sur
Wi vamri des habitants de ce monde. Ella
t'Oas nconla que notre race fut séduitu et
•Jétoamée de sa soumission envers Dieu,
;<arles trames habilement ourdies d'un être
^«s'élève contre lui, àlalétcdenombrcust»
ariuéesde rebelles. Elle nous parleduprin^e
i*tatmlf qui entreprit de le dépouiller Je ce
irnophc, et d'un bout à l'aulrc de cette mn-
^Liii<|iie série de propliélies qui se ia|jpo. tunt
i .ui, ella déiTrît l'œuvre qu'il avait è faire
îjdcie ttDS lutte dans laquelle la force dc-
• ).t être déplojrée, de cruelles souHrauccs
K'e endurées, la colère fondre sur les
(noomis, les principautés être détrônées, et
^ù ^î faudra il supporter toutes ces épreuves,
t-:s dangers et ces ob&tacles, dont était bé-
r..-»ê le sentier de la persévérance qui devait
K mener k la victoire.
Mais c'est une lutte de génie, aussi bien
iue de force et d'iotlueucu. L'ardente riva-
lié des Caculté:! an^éliques est engogée dans
CCS efforts pour avoir le dessus. Et, tandis
)ue l'Ecriture sainte nous parle (faiblement
Tt en partie, il est vrai,) delà profonde et
JiMdietue politique qui se niuutre d'uncÂté,
' Je nous dit aussi, que toutes les richesses
* iBte impénétraiU lagUMc {Rom, xi, 33} sont
t .'udiguées de l'autre, pour elfectuer la res-
-*\trûtioa de noire monde. Il paraîtrait que,
:>ar venir à bout do son dessein, le grand
^«uit de Dieu -.l de l'homme combina tous
ses calculs, conduisit tous lesslralagëmesda
sa profonde el constante malignité, de ma-
nière h ce qu'ils retombassent sur noire es-
pèce, et pen^a (|ue s'il pouvait noos faire
tomber dans le péché, tous les attributs de
la Divinité réclameraient In bannisscNientde
notre race des limites de l'empire dejustice;
il fit ainsi ses invasions sur le territoire
moral de l'innocence primitive, et se glori-
flant de son succès, il s'imagiua et sentit
qu'il avait opéré une séparation permanente
entre Dieu qui siège dans les cieui, et, tout
au moins, une des demeures planétain.'!
qu'il avait créées.
Le but de la venue du Sauveur fut la res-
tauration de ce monde pécheur, et la réin-
tégration de ses liabitanis dans le sein de la
famille du cïcI.Mais, dans le gouvernement
du ciel, aussi bien que dans le gouverne-
ment tlii la (erre, ilyacerlains principes avec
lesquels on ne peut transiger, de certaines
oiaiimes d'adminisl ration dont on ne doit
jamais se dénarltr, un certain caraclAre de
majesté et oe vérité, sur lei|uel l'ombre
même de la plus légère violation ne peut ja-
mais être permise, et une certaine autorité
qui doit être soutenue par l'immutabilité de
toutes ses sanctions, et l'infailtilile accoiu-
plissemi'nt de toutes ses sages el justes pro-
clamations. Tout cela fut présent h l'esprit
de l'archange, et un rajrou de malice joie
])énétra dsns son sein, quand il conçut lu
projet d'induire notre race infortunée a une
tentation dont les suites seraient irrépa-
rables; el aussi sûrement qu'il no peut jr
avoir d'accord entre le, péché el la sainteté,
aussi sûrement, pensa-t-il, que si l'homme
était séduit, et porté & la désobi^issance, la
vérité, la justice el l'immutabilité de Dieu
mettraient leurs 'insurmontables barrières
sur le sentier de sa future réconciliation.
Ce fui seulement dans ce plan vie restau-
ration dont Jésut^hriil fut l'auttar et te
cotuommaleur [Htbr. xii, â), que le grand
adversaire de noire espèce renconlre une
sagesse çiui déjoua toutes ses trames. Il est
vrai qu'il avait élevé, par la désobéissance
à laquelle il nous entraîna, un puissant
obstacle dans la vuie de cette sublime en-
treprise, Uais quand le grand moyen fut
annoncé, que le sang de cette eipiatioti, par
lequel (et péchearâ sont rapproché* (Epker.
Il, 13), fut volontairement olfort pour nous,
et que le Fils éternel, pour l'accomplisse-
ment de ce mjstèrp, prit notre nature, alors
le chef de celte puissante rébellion, dans
laquelle la destinée cl l'histoire de noire
monde sont si |irofondémeiit impliquées,
fut dans une alarme manifeste pour la cou-
servalion de loutes ses conquêtes; les ar-
chiver de cette surprenante histoire ne
peuvent en poursuivre la noticFn sans jeter
quelques traits de lumière sur une guerre
extraordinaire, dans laquelle, jiour obtenir
une domination spirituelle sur notre es-
pèce, nous pouvuns aoercevoir confusément
la lutte du talent le plus sublime , et tous
les desseins du ciel eu faveur de l'homme-,
Iravcr-cs d.iui t'jus les points de leur dé:
S07
AST
DtCTIONNAlftE APOLOGETIQDË.
AST
Teloppement par des iravaux opposés <J*une
force et àiaae sagacité rivales.
Certainement ce n'est pas ëlre plus sage
que ce gui est écrit, que d'aûlrmer qu'en ac-
complissant la rédemption de notre monde,
il fallut poursuivre une guerre; qu'à ce su-
jet il ; eut dans les régions supérieurijs de
la création nn rude bt vigoureui combat
d'inléi'éls opposés; que soa résultat em-
brassa quelque ihuse de plus grand et de
plus ImpbrlaDl que la destinée même de ta
population de ct; monde ; qu'elle décida une
question de rivalité entre le juste et éternel
monarque de l'existence universelle , et le
prince d'une rébellion vaste et fort éten-
due, de laquelle je ne connais ni les limites,
ni l'importance, ni les diverses faces; et
ainsi nous recueillons de cette considéra-
tion un autre .argument distîucl , qui nous
aide à expliquer pourquoi tant d'attention
jurait avoir été conccnLrée, et tant d'éner-
gie parait avoir été dépioyéu sur le salut de
notre espèce seule.
Mais il paraîtrait, d'après les archives de
l'inspiration, que la lutte n'est pas encore
terminée; que, d'une part, l'esprit de Dieu
vsl occupé b ouvrir dans le cœur humain
une voie pour les vérités du christianisme,
avec toute la démomtration d'une puisiatice
efficace [I Cor. u, 4); que de l'autre, il y a
un etprit guingil maintenant danstts enfants
de rébellion [4^A. ii, 2) ; que, d'une part, le
Saint-Esprit appelle les hommes des ténèbres
àla mtrvtiUeute lumiirt do lEvangile {Ê Petr.
lii 9) ; et que, de l'autre, celui qui e^t ap-
pela le dieu de^ce monde, aveugle leurs
etruri, afin que la lumière du glorieux Evan-
gile de Jésus-Christ ne Us éclaire pas (//
C'or. IV, &); qu'il est dit de ceux qui sunt
sous la dominououde l'un, qu'if* ont vaincu,
parce que celui qui est en eux est plut puis-
sant que celui qui est dans le monde [I Joan.
IV, h); et de Ctiui quisonisous la dumina-
lion de l'autre, qu'Us sont tes enfants du dé-
mon (l Joan. \n, 10) ; dam sespiéges (I Tim.
tu, 7], et let captifs pour faire sa volonté.
{11 Tim. II, 26.J C'est une question de sa-
voir comment opèrent ces puissances res-
pectives,' Le fait de leur oîiération en est
une fiulre ; nous nous abstvnons de la pre^
mière, nous nous attachons è la seconde et
en recueillons que ^e prince des ténèbres
{Col, I, 13) tourne encore autour de nous
[1 Pelr. V, 8); qu'il exerce encore son insi-
dieuse politique, sinon avec la vigoureuse
iospiraiion de l'espérance, du moins avec
}a frénétique énergie du désespoir; que,
tandis que les ouvertures de réconciliation
sont publiées dans !o monde, il use de tous
aes artifices pour en étoutreretea détruire
l'impression; 0M,en d'autres termes, tandis
qu'une écouomie U'invitation et de motifs
est émanée du ciel pour rappeler les boo^-
mes 6 leurs devoirs , cette économie est
contre-carrée dans tous ses points par un
étraqui met en jeu tous ses expédients;, et
exerce un mystérieux ascendant pour les
séduire et les asservir.
Aux oreilles d'un incrédule, tout ceci
snnne étrangement et ne semble que do
pures visions. Mais , ouoique seuiemem
connu par le moyen de la révélation, iprès
qu'elle nous en a instruits , peul-on am-
quer d'apercevoir son harmonie avec les
§rand3 caractères dereipérieiicebumainï!
ui n'a pas senti au dedans de soi les is-
sauts d'une rivalité entre le pouvoir de h
conscience et le pouvoir de la tenlilion!
Qui ne se souvient pas de ces moments
de retraite oiï les calculs de l'éternité aviiet.!
prii un empire éphémère sur le caur, tt
où le temps, avec tous ses intérêts et loalii
ses inquiétudes, était tombé dans l'iasigni*
liance devant euxT Kt qui ne se souvim
pas, comment, dès qu'il fut de nouvoan en-
gagé aveu les objets du temps ,] ils repriTi!!;!
un ascendant aussi grand et aussi puisMci
que si toute l'importance de i'éleroilé leur
était attachée; comme ils Tirenl impressioii
5ur ses perceptions, au point de Tuer Vit
fasciner toutes ses facultés pour Its assu.
vira leur InDuence; comment, en déptlili
toutes les preuves de leur peu de valeur, q»
lui mettent tou^ A tour sons les yeui, ii|
rapidité des saisons, les vicissitudesdelj
vie, le ccBur toujours agité de sa propre a-
rière sur la terre, les ravages maiiilesui
que la mortfait autour de lui parmi ses cot
naissances, les pertes de sa famille, kshti--
chcs constantes dans la sphère de ses sS^t-
lions, et le touchant spectacle de tout ce qui
vît et de tout ce qui est en mouveiuenl,»
fiétrissant et se précipitant vers la tooil» i
comment, dis-ji>, il se til, qu'au méprisJe
toutes ces leçons da l'expérience, les no-
bles résolutions qu'il avait prises dins
l'heure de la réflexion s'évanouirent enitè-
rement et furent si vite oubliées 7 D'oùiiR>l
la force, et d'où vient le mystère de «•'■'
magie qui nous attache ainsi au mo»'<'('
nous en rend si infatués ? Qii'e?l-« lo-
uons incite ainsi è consacrer toute la l''<
de notre ardeur et de nos désirs a |<oiii-
suivre des objet» qu'un petit nombre i)'«i-
nées amènera , nous le savons, à un anco^-
tissemeut total? Qu'est-ce qui leur tlunmi
tout le charme et toute l'apparence d'uix
permanence infaillibleT Qu'est-ce qui ]t^
sur ces tentes terrestres un air de stabiliK
tel, qu'elles paraissent A l'tsii fasciuéd<
l'bomiue des lieux de repos pour l'éternité
Qu'est-ce qui colore ainsi les objets tU
sens, agrandit tellement la spbère de In
future jouissance, et éblouit l'imaginilio
crédule et abusée, au point qu'en jetant i(
regards sur ce que nuus avons è parcoui
de notre carrière lurrestre, elle lui seml)l
la pL'rspccii ve d'innombrables siècles îCeli
qui est appelé le dieu de ce _monde {U CH'
IV, I^J ; celui qui peut revêtir le néant ili
couleurs de ta réalité; celui qui peut r
pandre un éclat séducifur sur le panorao
des plaisirs fugitifs do l'imagination et'
ses vaines espérances; relui qui peut
transformer en un instrument de décepliu
et lui faire prendre un ascendant telleme
absolu sur toutes les alfectiutis, que \'\w\
me, devenu le malheureux esclave de s
31
Aie
tMCnONUIRE
iJoUlri«s el de se» cfaarmes, rejette l'auto-
hlé de la eooseience, les «f erlissements de
U parole de Diea, lei encouragemeats
>]D'offf« l'esprit de Diea , toute* les leçoDS
doolcal» et louts la sagesse même de sa
propre expérieDce.
Uiis cette éloonanle latte aura iiD terme.
Les uns redeviendront des sujets oNîssants
tl fiJéles , et les autres persislerout dans
leur rébellioQ ; et, au jour solsDuel du dé-
ùoùmad do drame de l'histoire de ce
■unie, la miséricorde et la majesté Teogée
de l'Elârikel seront à la fois rendues mani-
fesiet iKx myriades des dirers ordri» de la
crteioa. Ahl dans ce jour, combien la
HijifonUoa arrt^nle dti l'aslronoaiie d»
l'icaéda'.c paraîtra Taiue, lorsque, sa pré-
stBct d'ase innombrable multitude, les
clàostsqui intéressent l'homme seront eia-
Bin^es; que des êtres de la oature la plus
< ertu se trouTeroDt en foula autour du
âHirfBin Joge; que le Sauteuc paraîtra
■JU notre ciel avec on divin cortège, qui
•i* :oia s«a venn avec lui pour être l^moiii
lit looles ses actions, et peur prendre un
, ^Sofui et solennel intérêt daus toutes ses
uupeiisa tiens ; que la destinée de notre es-
pèce, que rineredule voulait ainsi détacher
loal i fait de l'anivers et reléguer dans une
Su itaire insignifiance, se trouvera se join-
dre et se mêler avec de plus hautes desti-
lies : les boas pour passer leur éternité
liée des anges de lumière ; les méchants
.fA^T passer leur éternité avec des anges de
icûètwes; les premiers ponr être réintégrés
■Uat la famille universelle des fidèles ado-
nlears de Dieu ; les autres, pour partager
«lenellemeot la peine et l'ignominie des
anLéea vaincues des rebelles; les habitants
4e (cUe planète pour être unis, durant toute
i'fjfte de leur bislotro qui n'aura jamais
tK LD, k des rangs plus élevés, h des tribus
;'(u étendues d'intelligences I Et c'est ainsi
H^i !'on verra que l'administration si'éciale
>rj3 laqaclle nous vivons maiDleoant, est
ci iiarmonie sous ses diverses faces, et
ï'acconJe dans sa magnificence, avec toute
cette étendue de la nature et de ses domai-
:«s, que la science moderne a déployée. —
f^f. DÉMOS.
ASTHONOMlEdesCbaldéens, desindiens,
des Egyptiens, des Chinois, examen criti-
qae et réfutation. F«y. ces noms de peu-
[.e».
ATIË. le même que Satan. Foy. DfaiON, S I-
ATUËISUE réfuté. Yoy. Hohoe
ATOMES. Fay. CitATiOH.
ATTRACTION, nature de cette force. Toy.
ATTRIBUTS DIVINS, penvent-ils se con-
!.'ier «vee l'éieniité des peines. Yoj/. Ëtui>
'rwû »ES PEiiiBS. I I. — Manifestés par la
"•dation et la rédemption. Vay. Asrao*
ACCHER-KLOl prétend eipliqner sans
.. ract*: le passage de la mer Kouge |>ar ks
APOLOGETIQUE. ATI »0
Israélites. Voy. note XU bit. à la Gn du
lome II.
AUGUSTIN (Saiht), a-l-ïl platonîsé au*
sujet de la Trinité T Foy. note X&lli { V, i.;
la Gn du tome II. — A-t-i1 été attaqué par Vin-
cent de Lérins? Erreur do M. Ampère rt*-
fulée. Vog. ViscEST OE Liiini, | lï. — Ci'
qu'il dit des chrétiens dépourvus de cnn-
naissances en physique , et qui se niêleni
d'interpréter l'Ecrilure. Yoy. CosMOGRAPBie,
{ III . Mita fin.
ACSONNE , erreurs de MU. Guizot , Cliâ-
teaubriand, BeuDiot, Lebas , Demogeoi ,
Ampère, Villemain h son sujet. Yoy. A«is-
TOCRATIE fiALLO ROHAIXE, | IV, V. VI, Vil,
VIII fll IX.
AL'STËRITÊS, est-ce seulement dans les
aasiérilésquel'Uglise a montré la vertu aux
femmesT Yay, Femhss.
AUTEENTICITÉ Ju Pent.iteuTiie , Yoy.
Pentaltuqtu , { IV el suiv.— Des Evangiles.
Yoy. EvASGiLK. S I, II, lli.— De l'Evangile do
saint Luc.Fou.LLc(SaintJ. — De l'Evangile de
saint Jean. Foy. Jeai (Saint).— Des Actes des
apôtres. Foy. Actes DKs apôtres; conGrmée
par l'accord de l'historien sacré avec les au-
teurs profanes, ibid., ) II.
AUTORITÉ INFAILLIBLE de l'Eglise en-
seignante, seule règle de foi dans les ti.'mps
apostoliques- Yoy. Règle ob POt, 1 1. — Ob-
jections résolues, ibid., % V.
AVENIR, BU point do vue panthéiste,
foy. Philosophie pa:ithé»tiqdb de l'his-
toiBE, i V.
AVITE (Saist) , kYÈQCK db Vieurb. —
Saint Avite. neveu de l'empereur Avitus,
remplaça, l'an kOO, son |>ère Isichius sur
le siège éjtiscopal de Vienne. Les Bourgui-
gnons, sectateurs d'Arius. étaient alors
maîtres de l'est des Gaules, et se trouvaient
gouvernés parGondebaud, dont saint Avite
convertit le Gis Sigismood k la doctrine or-
thodoxe.
Les épttres que le saint évêque a laissées
nous font connaître son zèle, ses relations
avec les conquérants germains et l'Inilaenca
qu'il exerça sur les alTaices da l'Eglise.
Elles sont moins précieuses pour la littéra-
ture que pour l'histoire. Le talent de saint
Aviteavait besoin, pour éclater, de l'idiome
poétique. M. Guizot, dans une appréciation
aussi neuve que juste des écrits de l'étêque
de Vienne , dit que ses trois chants sur la
Création, le Péché originel et le Jugement de
Diem contre Âdan , iorment un ensemble
« qu'on doit appeler, pour en parler exacte-
ment, le Paradiê perdu... Ce n est point par
le sujet et la nom seuls, continoe-l-îl, que
cet ouvrage rappelle celui de Hilton; les
ressemblances sont frappantes daus qael-
ques parties de la couception générale et
dans quelques-uns des plus importants dé-
tails... L'analogie des deux poèmes est un
fait littéraire assez curieux, et celui de saint
Avite mérite l'honneur d'êlre comparé do
près k celui de Hilton (270). > Ixs autres
pièces du saint prélat sur le Déluge, le Pat-
ïTO; Sûf. de lu ntitaelioii m Franee, I. Il, Icc- \vin.
StI
OlUIlONiNAIRE APUi-OCEIIQlJE:.
BAB
SU
Mage de la mtr Bougt et la Virginité ren-
fermenl également des pages fort remar-
(jiiables.
Saint Afîle mourut vers S3i.
Le caractère moral de l'el illustre person-
nage a été bien moins heiircusemeut saisi
par quelques liisloriens que son caractère
littéraire ne Va été par M. Guizot. On a im-
pitoyablement abusé contre lui de quelques
pssBges plus ou moins obscurs de ses
lettres, qu'il n'était jiourtanl pas impossible
d'éclaircir.
Ces liistoriens sont MM. Ampëre iffiV.
litl., t. II). Mithelet {Bitt. de France, 1. 1,
liv. Il, c. 11], Abel Hugo [La France histo-
rique et monumentale, t. I], Mcrmot [Hitt.
de la ville de Tienne, t. II}, tiaef { Biblio-
thèque uniceraelle de Genève, t. X) , Lebas
.{Dietionn. encuelop. de Vhitt. de France,
art. Gondebauà).
M. l'abbé Gorini, après avoir péremptoi-
rement réfuté ces historiPDS, résume ainsi
son savant travail:
« £o rapprochant les accusations élevées
contre saint Avile» je vois qu'en générât
elles se réduisent à le taier de fourberie au
profit de r%lisu. A en croire ces censeurs,
il était fourbe quand, ajin de convertir Gon-
dobaud, il eiagéraii Je pencbaoi de ce prince
vers l'orthodcxie; fourbequand» au lieu d'at-
laquerEut^chès, îts'trB prilàNesloriujpaur
frapper l'arianisme par conlre-coup; burbt,
quand il fit l'aiwlogte du fratricide;{Qutbe,
qoand il tenta de livrer aux FrankscoDTïrlis
le royaume de ses maîtres , auiquels il îei-
gn,iit d'être attaché; lourbc quand, sous
te prétexte d'uue conCârence religieuse, il
pesnit au prince arien un tiltim&tum ia
guerre ou de conversion. IL n'est qu( deui
points sur lesquels on n'ait pas mis en doule
sa sincérité, ecst quand on a cru qu'il ne
reconnaissait pas la suprématie du Pnpe, t\
qu'il laissait son clergé prendre feiU'ue.
« Or, puisqu'un a pruuvé que le ssiiil
évéque de Vienne n'a pas représenlii Goi\-
debaud comme plus catholique qu'il ne I'é<
tait ; puisqu'il ae l'a pas scanda leusemeiU
félicité du cbâtrmeBt initiée aux princes ses
frères; puisqu'il n'a jamais conspiré conlr*
SOu souverain , il D'à donc pas été fourbe;
cWl la critique qui est trop étounlie.
«De toutes ces iu)Qstcs accusations coolre
saint Avite, une seule chose reste certaine,
h savoir la méprise qui, d'ailleurs sans aucun
intérêt, lui &I réfuter Neslorius au lieu d'Eti-
tychès.
■ Combien , entre les erreurs commis»
aux dépens di: saint prélat, ; en a-l-il d'aussi
iqoBCensives i^ue la sienne (i^i')J •-
B
ftABEL. — Ce n'est pas seulement de nos
Jours qu'on a élevé des difiicultés contre la
récit biblique relatif i la construction de la
lonr de Babel, et qu'on l'a traité de pure
fiction. Selon Ongène, Celse prétendait que
Uoîse avait pris 1 histoire de la tour de Ba-
bel dans Tes poètes qui racontent la guerre
des Titnns contre Jupiter; mats ce savant
Père lui répond que Moïse étant pins au~
cieo, non-seulement qu'Homère et qii^ tous
les autres poètes de la Grèce, mais aussi que
les premiers inventeurs des lettres et de
l'écriture chez les Grecs, il est impossible
qu'il ait puisé ce qu'il dit dans leurs écrits,
qui n'existaient pas encore (272). Nous en
convenons, la fiible des Titans a quelque
rapport à l'histoire de la tour de Babel;
mais peut-on ne pas en conclure c^ue les
Ïoëtes grecs ont voulu imiter le législateur
es Juiis, et enchérir sur la vérité et la sim-
plicité de son récit?
D'aiHeurs Moïse, en nous racontant lu
construction de la ville et de la tour de Ba-
bel, ne suppose pas plus de fiction dans cette
narration que dans loutes les autres, et s'il
faut y chercher un mythe, tout l'Ani'ien
Testament deviendra néiïessairement fabu-
leux : ce qu'on ne saurait admettre sans
tomber daiu le pyrrhonistae historique le
plus monstrueux el le plus révoltant.
Ajoutons que si nous suivons pas à pu I
les critiques que nous combattons ici, nuu)
les verrons partout traiter de fables ce qui
nepeut s'expliquer sans miracle. Or le ri-
cit de Hoi^e paraît en supposer un-, on de-
vait donc s'attendre à un pareil jugement de
Leur part.
Bulin, on peut remarquer que tout cequft
dit l'écrivain sacré se trouve conGnoéptc
i'autorité des auteurs profanes eL le& lielioDS
des poètes. Et une autre. prouve non équi-
voque de sa fidélité historique, c'est que les
détails qu'il nous donne des matériaux em-
ployés a bâtir la tour do Babel , sont très'
conformes h ce que les historiens Dous ii|»'
prennent des briques et du bitume dont ou
se servait k Bahylone. On peut<vo\r % ce
sujet Hérodote (lib. t), Strat>oa (lib. xvi),
Josèphe {Anliq., lib. i, c. k), Justin (lib. ij,
Plino {lib. XXXV, c. 16), etc.
ï Dans l'intérieur des reinpopts, l'impres-
sion tjértérale que l'aspect des ruines de
fitibylone a laissée à tous les voyageurs, dit
Rnoul Rochelle, est celle d'un site couveit
ilénormes monticules dont chacuo renferme
d<'S amas do briques, vieux débris de palaii
è l'état de décomWes. Vers l'occidecl, c'est-i
(!Tt) Défenu! de l'Eglhe eonire i« crmirt hislocmes, t. I, p. 368.
I«ij0an.w r.o..irat.:tU..\. n. i ■ - i
MB
DICTHKsNAmE
i^in snrla ri*e droite de l'£u pli rite, iin
oopnment se fail tout d'abord remarquer :
c'est ta pins baute et la plus auguste des
iniiquilés de la terre, nomniée, rlaits le laii-
pge de la contrée, Biri-yfmrod, ou le pa-
lus de Nemrod, h un mille du fleure et dans
l'cDceinle de la vilte. Il est dilTîcile au voya-
geur de l'esaniner dîins toutes ses partie?,
Kl nnugiiatioa >fe lui reslihter ses formes
primUnes.LetJuifttTaiijourd'huirappellrnt
kprisom de Nabachodonoiar, La deseriplion
U plus parfaite ea a été donnée par M. Bi-
gnso. C'est une ruine oblon^^ue irrégiiMèra
*l 4oal la base a S,083 pieds. Strabon ne
ilflwUQl qne 90 pieds de moins i celle du
lEnpIe de BéluSt rim ne l'oppoterail, A la
rif««ir, V ce qu'on j reconudl ce inonu-
Dteot; car il serait très-possible que la
ebvte des décombres efil au^enté la lar-
g^arde la base de manière è satisfaire à la
liifférefice des mesures; mais ce n'est [loînt
U une raison suffisante pour confondre les
deux monomeiiU. La hauteur du Birs-Nem-
rtKl est irréguliëre, ayant 900 pieds d'un
rùlé et 190 de l'autre; sur le sommet, oo
TOit plosieurs terrasses de constructions
i|<]i s'élèvent en retraitée! Gorment ampbi-
Ibéâlre de chaque cOté; enfin, au troisième
éta^e de c«tle espèce de tour, qui dut en
avoir huit, on trouve des murailles solides
et intactes dans leur (la rement intérieur, qui
Ont 35 pieds d'élévation. D'énormes mon-
ceaux de briques couvrent la base de ce
niHinmenl, qui ne peut être qoe l'ancienne
knr de Babel : et ce qu'il 7 a de remar-
quable, c'est qne ces briques sont tontes
vitrifiées, comme si elles avaient été sou-
mises an tca le plus a<:tir et le plus violent.
Ce îûi, de la plus haute importance, est
p/aati par tous les voyageurs, et leurs té-
Boignages sont unanimes à cet égard. On
De peut donc le nier; mais comment l'eipti-
gaer? Quelle cause trouver k ce désastre
H moaot et terrible qui se révèle dans celtu
efrojrable accumulation de masses vitri-
fiéL-s? Les voyageurs qui les ont observées.
ui.t cru devoir attribuer au feu du ciel une
destruction qoî a laissé des ruines aussi cx-
UaordÎDaires. Toujours est-il qu'un feu pro-
iliipensemenl actif a pu seul les vitrifier,
ujtatae on peut le înger d'après les frag-
cienls qne possède le uabtnet des antiques,
i la bibliothèque royale, ut d'après ce qui
[^salte des observations faites sur les lient
(•ar des bomiDcs éclairés et dignes de fui,
f37#) • Pour dëcaonlrer, dit H. de Pararej, que
k HûvNeainMl. docil lt.-6 niurs sont reoversés et vî-
inAû far les ku^ célc&ies, répond bien esactcoient
rt bâe* oerUineineiit à l*aiicîeR enipiaecmenl de
Habd. on peut faire It-s rjpprocheineiils snitants :
te Peauteaque unuriiain appelle Liliq l'ancleniM
Babd. Or, ■»■ loin <le crtie toar Je Nemrod et
ijaa» rcMceinw mtimt Ae Babvlone, il existe encore
R«e pf liir ville' Bommée Killab uu Killicq ou
k-tQl «eqwesl cvidenimeiit l'unUque nooi Kiina-
'i\.i:n L1LA4. Ce naui esi encore couâervc dans le
''1 «l'iBkCS-AaiaT, ou t'Irak iti Arabet, l'Irac
■ :'i*é, Uvnné & U Babvlonie, comme l'a olucrié
■< Raoul Hotliclle, daiiâ uuc de :cs k-,''"' -"' I'-*
APor.uGETiQUt:: i»b si*
sans lions de communication entre eux, et
dont le témoignagi;, par conséqucut, doit
être admis dans toute an valeur.
« Hais il ne suit pas de ce grand fait, qui
est unique dans les antiquités du muude et
qui n'aiipartieni qu'i Bnbyloiie, que celle
pyramide si informe, et dont la hauteur était
prodigieuse, soit it la fuis, comme t'ont pe:i*
se les voyageurs Ker Porter et Bich, la tour
de Babel, fondée par Nemrod, et le temple
de Bélu«, qu'on croit j avoir été consiruit
plus tard par NabuchoJonosor. Ces deux
monuments durent être séparés, car la tour
de Bhb'A resta inaclicrée et ne put se trans-
former en temple de Bélus, qui était cou-
ronné è son faite, et oui fut observé par
Hérodote , Clësias el les écrivains corï-
pagnnns d'Alexandre. La confusion de ces
deux monuments est une errenr de Ker
Porter, de Rich et do la plupart des voya-
geurs: car, dans le témoignage dos lieux
comme dans le souvenir de l'histoire, rien
ne prouve que le Btrs-NemroJ snil ji la fois
la tour de Babel el lelemplede Bélus [273).a
Hais comment, objectc-t-on, ne pas rc-
pirder comme une pure fiction que Dieu
soit descendu pour cnnsidiJrer celle tour, el
que le commet dût s'élever jusqu'aux cieux?
Rien n'oblige A prendre i la lettre ces ex-
pressions; on en lit de semblables dans des
passages de l'Ecriture , oft personne ne
trouve assurément rien de mythologique.
C'est l'erreur où était l'enipereur Julien;
aussi disait-il en raillant, que quajtd tons
tes hommes du monde réuniraient leurs
efforts pour bfltir un tel édifice; quand ils
épuiseraient toutes les pierres delà Icrre,
et qu'ils réduiraient en briques toute l'ar-
gile qui est dans l'univers, ils ne |>arvien-
draienl jamais à élever une tour jusqu'au
ciel, lors même qu'ils no donneraient quu
l'épaisseur d'un fil 11 ses murailles. Que lui
répondait-on? Que lescliréliens étnienl bien
éloignés de croire que Dieu fût descendu
personnellement du ciel pour voir l'édi-
lîce d'une Iroope d'insensés et en arrêter tes
[TOgrès; qu'il fallait quo Moïse parlai ainsi
pour se faire entendre du peuple, et que
l'expression yujou'au cie/ ne désignait, dar.J
ce passage de l'Ecrilure comme dans bien
d'aulres, qu'une très -grande élévation.
Voyez saint Cyrille d'Alexandrie. (Lib. iv,
eontr. JulianA
BABYLONE, accomplissement des pro-
phéties concernant celte ville. Voy. Pao-
niines de Babylone. Le nom d'/roc-Aroftir était
dooué à la Babvlonie pour b distinguer de l'Irae
de ta Perte, IbâC-Adjehi, on l'Iatc des ETaiNCeas.
— Celle reDiarque est d'une haute iraportance pour
rétude des langues orieiilates. En eKl, ces noms
nous prontenl que, couforméinent aui iradîlious
bililiqnes lA faisioriques, la civ.lisation eut pour
centre, après le déluge, b Babslonie el VArabit, H
D(in VJade el eitcore muins la Chine, cunime foui
préteudu quelques auieiirs. Il nous serait facile de
prouver qu'à l'ëpoque oà la Bjlij'louie était d^à
fort avancée eu citilisaLiun, la Cbiuc avait i |<ciiie
Ul» babtiauts. >
313
DICTIONMAIRE APOLOGËTIOUli
pniTiBS, S lil. — DescriplioD de ses ruioes,
tbid,
BABYLONICNS. Voy. Cbildêbns.
BALAAH, sa prophétie concernant le
Messie. Voy. note XV, g II, ë la (in du 3'
volume, et Niissahcg de jâsus-chbist, g f.
BALTdS (Le P.). réfute le sentiment (Jes
s'jciiiiens et des philosophes qui ont pré-
tendu que les anciens Pères de l'Eglise onl
pensé ou parlé de la Trinité il la manière
des platoniciens. ¥oy. note XXII, k la fin
du lume 11.
BANQUETS chez les Egyptiens. Voy. Mo-
NUVENTs. etc., S Vlll.
BAPTÊUE, enfants morts sans baplèoie.
Voy. PÉCBi.ORtGtHBL, g II.
BARBARIE ORIGINELLE réfutée. Voy,
PSTGHOLOniE.
BARTHÉLÉMY (Li saist-). Voy. Fasa-
TISHR. § III.
BASILICOS, dans saint Jean; dimoulté
résolue. Voy. Monuments, etc.. i V.
BAYLE réfuté. Voy. Mal. —Son portrait,
voy. note X, à la fî» du tome 11. — Ses ob-
lecions tirées des inconvénients de la li-
berté, voy. Liberté. — Réfuté sur le (ûal
dans la création, cov- CRiATion, S IV.
BÉGDIN, BÉGUiNB, que oomoiait-OD
aiodi au xiii* siècle T Voy. Louis IX, g 11.
BENEDEN (M. Vas), réfute la Kénéralion
spontanée par ses belles découvertes sur les
enlozoaires. Voy. GinÉnATioit sponTmiE.
BËRARD (U. Pierre), nia l'unité de la
rare huiaaine. Voy. Races buuaikki, g I.
BEBffOLD, aa vision, comment interpré-
tée par M. Ampère. Voy. Hikchab, g 1.
BETHLËEUi, c'est dans cette ville que le
Messie doit nsllre. Voy. note XV, g IV, i
lu fin du tome II.
BEUGNOT (H.), réfuté an sujet de saint
Paulin. Voy. Aristocratik gallo-bohainb,
S"-
BIBLIOTHÈQDE D'ALEXANDRIE.— Fon-
dée par Ptolémée Philadelpbe, environ 3o0
an:i avant Jésus-Chrisl ; elle fut placée duns
le quartier du Bruchium, à l'est de la ville,
et elle avait, comme appendices, quelques
autres dépAls de livres, en particulier celui
(lu Sérapéum, ou temple de Sérapis, à
l'ouest d'Alexandrie, dans le quartier de
KacfiQlis.
H.
« Tout le monde connaît, dit M. Am*
père, lu récit qui a fait du nom d'Omar le
symbole du fanatisme et de la barbarie.
Après avoir subi, pendant huit siècles, l'in-
jure de cette renommée proverbiale, Omar
■ été déclaré presque innocent de Tincendie
des livres d*Aleiandrie; on lui a, du moins,
découvert des complices qui lont devancé
et ont fait beaucouii jilus de mal que lui.
Ces coupables sont illustres et ne sont point
'les ennemis farouches de la civilisation :
î* s'appellent César et le christianisme.
« César est te premier conpalde, conpiblu <
involontaire, il est vrai ; ce fut lui qui, i$.
siégé par les Alexandrins dans la quartier
du palais où était la grande bibliothèque, v
mit le feu en voalant incendier la Qoii't, ,
égyptienne et les maisons occupées |iar
l'ennemî. C'est ce qui a fait dirn trop légè- i
remeot i quelques-uns qu'après César, Oiunr
D'avail rien trouvé à brûler ; mais ceci n'tst
point exact. On connaît l'existence île plu-
sieurs collections qui se formèreiil pour
remplacer la première ; on sait qu'Antoine
ru don à Cléopâlre de la bililiotlièque de Per-
gamo, rivale de la bibliothèque d'Alexan-
drie, et qui se composait de deux cent mille
volumes. Ces deux cent mille volumes pi>
raisseol avoir été déposés au Sérapéum, i
dans cette bibliotbèq:ie, fille , comme on le
disait, de la colkciion mère, et qui coDiinI
jusqu'à sept cent mille volumes ; mais celle
seconde bibliothèque devait elle-même périr
par d'autres maiusque les mains musulma-
nes. Déjà atteinte deux fois p.ir les flammes
sous Marc-Aurèle et sous Commode, il eU
difficile qu'elle ait survécu h l'assaut que les
Chrétiens donnèrent, sous Théodose, au Sé-
rapéum. Les livres entassés dans cet éUiSce
dorent être, au moins en grande partie, !
détruits par le zèle armé ce jour-là couire
tous les souvenirs du paganisme. Voilb donc
les deux grandes collections de livras à peu
près détruites, dispersées du moiuâ avant
l'arrivée d'Omar. Malgré ces faits incontes-
tables, H. Hatter déclare solenncilemeut
que l'exitltnce et l'incendie d'une bibliethi-
que à Alexandrie, au temps d'Omar, eit un
fait à rétablir dam l'hittoire. Il est permis
de voir dans ces paroles une proleslatîou
contre une opinion que le xvtn' siècle avaii
émise avec trop de complaisance. Gibliun
et d'autres écrivains du mAme temps peu-
vent avoir éprouvé quelque joie en vovaul
l'acte de barbarie le plus célèbre de I lii^-
toire transporté des musulmans aux Chré-
tiens, d'un califob un évëque. Sans [lariager
le moins du monilo un tel sentiment, un eit
en droit do se refuser h cette réaction qui
porte M. Matter h combattre aujourd'hui
Gibbon, à la suite d'écrivaint animés, dil-il<
d'un autre esprit. En accordant à M. Malltr
qu'il y a eu encore des livres h Alexandrie
après la dcsiruclion flu Sérapéum, puisqu'il
y avait des littérateurs ut des philosophes, i
on n'eu peut pus moins maintenir comme
acquis â l'histoire ce fuit, que les deux gran-
des colledions avaient été dt^truiles avant
l'orrivéo d'Omar, l'une par César, l'autre
par tes Chrétiens, et qu'un grand incendie,
comme celui dont !a tradition accuse le ca-
life arabe, était devenu impossible. A chi-
Gun ses œuvres; que l'histoire soit juste
pour tous, uièine pour Omar. Point de ta*
natisme même contre le fanatisme : la phi-
losophie a eu le sien dans le siècle dernier:
il semble que la gloire du nôtre devrait être
de n'en connaître aucun (373*). »
fïTyiVtga^etTecktTchettnEggaieet tu Xubie. ~ Voir la Uerue des Deux Bo:idet, l" sfplciulM
XI
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
Si lesChr^ricBS aTaieiit atlenté k la bi-
b'KrtÛ«|aed'AlexaDdrie,ce n'auraient point
é!éseF>t cent mille Tolamea qu'ils se seraieDl
u'Oné la ^stB satisfaclîoD d'anéantir. Aulu*
CelJe et Amoiien Marcellin, qui portent h ce
(h:irre les volumes «massés par lus Ptoié-
s.^, Be nous apprennent-ils pas qoe ces
ikfaesses avaient élé détruites par l'armée
ce César (37b) î C'est donc 1.1 bibliothèque
potlérieoremeDl formée que l'éréque Théo-
;!iile aurait dévastée. Hais où U. Ampère
t-l-il la qu'il s*j trouvai sept cent mille
T3)aa.es?
La daslmelion des livres du Sérapénm
;4T Wt Cfaréliens , au iv* siècle, est pour
H. fccBpère ua fait ùtconttÊtable , un fait
Mfù à TkuUire. D'où lui vient celle évi-
iiraee î Cm qu'il est difjUiU que ta biblio-
ibéifae Mit survécu i l'assaut donné au Se-
raféurn.
Hais d'abord , s'il est seolemenl dif^iU
q«e la biblioibèqae ait survécu k l'assaut
•loBiié aa Sérapéum, par quelle règle de !o-
gi<I<ie en eonciol-on que celle deslraclioo
c5lanfBitt>e(HUMta6/eel aetpûtàChittoirtf
Ensuite, qaelle preuve dooite-t-on de cet
«uaolt H. Ampère n'en présente aucune.
l.aara uosdootejuKéiontiled'entber^er,
ififês que M. de Cnâleaubriand s prouvé
ifue le âénpéam avait eu i subir aoo-seole-
lueat on a«saul, mais un siégr.
■ Le reavctsement do temple de Sérapis,
\ Alexandrie, dit M. de Chateaubriand, est
temearé célèbre.... Les païens ne consenti-
nol pas Cacilcmeot â abandonner un pareil
édifie»; iUy soDiiurenI un véritable siège,
laîaiési la défense par le tibilosopheOlym-
ViasfbFrm, l.xx-xxu), homme d'une beauté
TrUMiqDable et d'une éloquence divine
Tbécpbile * archevêque d Alexandrie, armé
(frs éjits de Théodose et appuyé du préfet
d'EgTfOe, remporta la vicloire. Hellade se
vjnuit d'avoir tué neuf chrétiens de sa
BtaÎD. Oljmpius s'évada, ajtrèi avoir enten-
du une vuîx qni cbanlail AlUlaia au milieu
it la nuit, dans le silence du temp'c (275). ■
C'c«t donc du témoigcage de Rulin que
U. de Chateaubriand , et probablement
11. Aaipère, s'appuient pour assurer que
les CbrëiieosaasiégërcDt leurs euoemis daos
le Sérapéun.
Or voici la tradoction des paroles de
Ru&o, citées en note par l'auleur des EtuàtM
kisloriqueM : ■ Ces païens, marchant dans la
MDg de leurs concjioyens, choisissent pour
ciicT de leur crime et de leur audace, afin
(274) f Ingeni postes numerus librornn in A-
teàr* oaiaUbelloprioreAlesaiidrirM>,duindiripitar
ta civius, non sponie, BÇ^ne opcn consalla, ted
1 «iliiilMf r«rte auiiiiariis, ioceuu sniit. ■ ( Aotn-
CfXLE, Vt, XVII.)
j Bis
Icm^, mlC(q«eMiî»etSerape«MD... in^noWt
iw-tc tmervut inxitiniabik» : et loquilur nom-
«ruoran ^ntIwn concinens Cdes, fcptiiigenia *»-
^kinam fln.liia, PloIemaH» regibus vi^liis inlentis
--r^pokita, bcllo AlmD'liinv, ilum diripilur ciii-
de défendre la citadelle et d'exercer la tv
rannie sous sa conduite, uo certain Oljn'i-
plus, qui portait ce nom et l'habit de philo-
sophe , OH* anlengnana areem dtfmderenl rt
lyrannifUtH leturmt (276). » U. de Cliateâu-
briaod aura conclu que les idnldires durèit
uécessairemeni être assiégés, puisqu'ils
songeaient i défendre leur retraite.
La suite du passage montrera que ces pré- '
cantiuDS furent prises par les ennemis des
chrétiens, non pas à cause d'un siège en-
trepris contre le Sérapéum , mai.« unique-,
ment dans la crainte quero siégeo'eflt lieu. |
■ Ceux, continue Rufin, è qui étaient
conQés la garde des lois romaines et le soin
de rendre la justice, ayant appris ce qni
s'était passé, volent au temple {roubles et
effrayés, demandant la cause de tant d'audace
et le but de cette émeute qui avait si cri-
œioeliemeat versé devant les autels le sang
des citoyens. Hais les païens , qui avaient
fortifié l'entrée , ce tirent entendre que des
voix confuses et discordantes, et répondi-
rent seulement par des eris, sans exposer
aucune raison de leur conduite. On leur
envoya pourtant des parlementaires pour
leur rappeler la puissance de l'empire ro-
main, la vindicte des lois et ce qui suit
d'ordinaire les séditions. Hais comme la
force des iieox ne permettait pas d'essayer,
sans de plus nombreuses troupes, uue aito-
qae contre les téméraires, on avertit l'em-
pereur. ■ La réponse de l'empereur arrive.:
défense de punir les coupables , or^re d'a-
battre le sanctuaire. Des que la volonté
impériale est proclamée , le» séditieux se
dispersent. Or, si les païens furent assiégés
dans le temjile de Sérapis, h quel moment
le furent-ils* Us s'y virent menacés et uon
pas assiégés. La bibliothèque n'out doue
pas plus II souiTrir du siège dont parle U. de
Cliâicaubriand , que du seul atiaitl dont
H. Am|.ère a parlé; ces deux assertions
sont égalemonl niées par l'histoire,
lit.
Les Qirâ tiens, jq iv* àic\e, couliindaient-ib tes cbefc
d'œuTre de l'iocienne tilléninre arec les aMUiunecto
proacrits dn paguisme T
« Les livres entassés dans cet édifice {l«
Sérapéum], dit encore M. Ampère^ durent
être, au moins en grande partie, détruits
par le zèlu, armé ce jour-là contre tons les
souvenirs du paganisme (277). >
> Par suit» des guerres civiles , si fuoes-
tes aux établissements littéraires, comm«
par les guerres religieuses et par le fana-
las sob dir4aU»re Cxsarc, conliagruse. > ( Ahmieh-
Habckllih, t, un, résne de Julien, à U Un. )
(Î75) ///• Etude Auiori^»*, u' parlie. — Pour
prouver k dénier détaU de ce récit. 11. de Chlieau-
briaiid trantcrit nue phrase qu'il aUribue à Zusine ;
eUe estdeRosonéne, I. tu, 15. — Voir aussi l'ou-
vrage de H. BctctOT, HUioire de ta detinutiim
dm pagmtitme t* Oeddtnt, 1. 1. I. vui, p. 3i>l.
(i7«) RuAo, I. Il, c. Si, dans le recueil iDiitiiIe:
Aùione eeeUùMlKa uriptora Craei; Parisiis,
1571.
■277) VojfojM et Rtcherchet, etc. art Hipro.
SI9
D-UTIONNAIKE APOUKETIQIie,
lisme dCJ |>reuiicrs Ctiiéliens, les grandes
bibliolbèqucs de l'nntiti'rilé furent dijper-
séei, dit aussi U. Libri, et l'on sait main-
lenant que les Clirélicns n'araienl guère
laissé è faire à cet Omar qu'on accuse dV
voir ordonné ladeslrurlioii de la bibliolhè-
3UL' d'Alexandrie. Le besoin de délmire le
emier reslo du paBsiiisioc amena les Chré-
tiens h pruscrire Tes ouvrages classiques
grecs etlatiaS) el on mit aussi cnmbiei saint
(îrétjoire et saint Isidore ont fait pour abniir
la liltâralure profane. C'était I& peut-être
uoe iniiiérieuse nécessilii, et il faut se bor-
nera constater lo fait, sans trop cherclior à
le qualilier (278). •
On conçoit sans peine de quelle poignante
indigootion M. Libri doit être torturé quund
il son^e h la destruction de la biblîntnèqiie
d'Alexandrie, lui qui, au dire du Uaniieur
unheritl, connaît si bien le prix des ma-
nuscrits et des anciennes éditions, et qui,
voulant mettre en Itiiuiôre ce que la France
possédait eu ce genre , en a vendu , grâce è
son litre d'inspecteur des bibliotbèques pu-
bliques, pour trois ou quatre cent mille
francs (279).
Celait précisément i l'époque où il s'ir-
ritait contre le prétendu vandalisme des
Cbrétttins, qu'il daignait dérober i l'obscu-
rité où ils itiposaient aos vieux trésors bi-
bliogrepbiqufs.
Ce n'est point ici le lieu de défendre con-
tre ti. Libii le jiape saint Grégoire le Grand
et saint hidore du Séville (380). Nous ne
sommes' encore qu'au ■** siècle; or, au iv*
siècle, les Clirétiens ne frappieut pas d'une
même proscription les idoles et tes livres
de l'antiquité.
Si les fidèles d'Alexandrie avaient été
poussés par une subite fureur, sans autre
(278) rtetut dtt Deux Monda, t. XXX, p. «56,
année lUS, article ; Du catalogue de ito* matMt-
cnit.
(979) MoniteM unherul, 1848, 19 mars, n* 79.
Rapport adretii à U. le garde de» tceaax Héberl,
par M . le proeureur du roi Bouclg, Paris, le 4 fé-
vrier 184S. — L'iticcssivc passion ilc l'illusirc lit-
bliophite parait ancienne, car il est <lii ilaus le rai>-
pon t quit y a plusieurs a.niii^cs, U. Liliri aurait
soustrait des livres de la bililiulliùque de Florence,
et qne, par suite, l'entrée de ta bibliothèque de
Nilan lui aurait été furuéc. • Depuis que ceci est
ccrii, j'ai vu <lans les journaui l'annonce d'une
Bipoiue de M. Libri au rapport do M. Buucl;, vol.
iii-8* de llSpageSi puis U sentence des IribuPaut
coniie U. Libri.
(380) La mémoire de saint Gréguirc a été {ilei-
iiGinent vengée par l'abbé Eiiicry, supérieur de
Sainl-Sulpice. — Voir le diruiiaiiieme de Bacon
ei (es JWMotulrafioiM tkéologîqueë durabbéltiGNE,
L II. — Quant à saint Isidore, je ne sais ce que
II. Libri prétend lui reproetier : il faudrait :iu[re
chose qaune vague iinpQUition, pour faire croire
^oe l'évéque de Séville délestait les livres, lui qui
puUta, so«s le titre d'Eigmologiei, une remarqua-
ble cncyelopédie.
(3SI) Tlieiipliilus, vir eruditissimiis. (Iuace, Chro-
miez».)—\^ Mu. Bibl. Kl. Pair., t. VII, p.
but qu'un vague besoin de vengeine* i st-
tisfaire, je comprends k quels eicès ils ju-
raient pu se livrer. Hais co 389 ce n'étnit
l>oint une sédition, c'était une eiéculion lé-
gale. Ou travaillait à loisir, l'ordre impérisl
d'une raain, et è uoe œuvre Biée d'avince.
Théodose avait abandonné «ni Chrétiens lt;s
idoles et les temples, mais il n'était point
question de ce qui se rattachait au p3gt<
oisme d'aussi loin que les cbafs-d'œuvre
des sciences et des lettres. Il y eut une lelle
fidélité à suivre l'édil de l'empereur, i^u'il
ne se commit aucun attentat contre les lio-
litres : Tbéodose leur avait pardonné. Nul
ne fut recherché ni poursuivi. Si donc Is
victoire épargna les meurtriers, à plus forlu
raiHjn ne s'aveugU-I-elle [>a$ jusqu'i con-
fondre dans sa baioe el les livres et 1»
dieux.
L'évèque d'Alexandrie, Théophile, vanli
lui-même pour son érudition (281), étsil Iti
d'amilié avec le docie suint Jérùme (âSij,
C'est lui qui, jK)ur agréger au sacerdott
Synésius, poète el pisloiiicien célèbre, no
fui |.oJnl arrêté gutr les étranges condilium
qu'imposai d'abord le futur évèque dé Pio- ,
lémaïs qui, du reste, dul plier devant les
fliigeuces de la discipline de l'Eglise (283].
Or, puisque les démolisseurs du lempie
de Sérapis n'obéissaient [loinl à un hrulal
accès de colère, je ne puis croire que le
« Irès-érudil ■ Tbéopliilo ail fait la guerre
aux moaumenls de la littérature et de l'é-
rudition, que, d'ailleur.i, il n'aurait pu ilé-
truire sans outrager en même temps l'Ecri-
ture sainte, dont lus nombreuses inlerpréU-
tioiis étaient réunies au Sérapéura (2w). le
ne puis croire que les Chrétiens aient, lelei
et le feu h la luaiii , poursuivi le paganisme
jusque dans les livres, el cela m6me à l'é-
(283) C'est ce que H. CoIIombet étaLlit conire
H. Villeniain, dans les préliminaires d'une trad. diî
llymnei de Syniiiitt, ï' édil.
(28i) Selon Tertullicn (c. 18 icVApologéiî/fte),
il y a.vaitau Sérapéum le ictie hébreu rie ta Bil)l«L-(
plusieurs traductions. Saint Epiphanc ( De nim»-
rii.eic., 1. 11, c. Il) y place encore les éditiousile
la Bible par Âquila, Symmaquc, Tbcodolion elki
autres inierprétes. Il ajoute que l'erigiiial deli
iraductiiiii des St^putite avait été déposé daiuli
biiilJotlicque du Bruciiium. H. Amp^, k pTOTiM
du mot de Terlutlien, fait cetli! nbsurvaiion, p. 751
de son Voyage : i Les irésDrs littéraires d'Aleiau-
dric élaiciil surtout prccs. S'il s'y Uouvait quelque
cliosc d'oriental et d'égyptien, ce n'était pas dans U
grande bibliulhéquo dup^iais^qu'il cAl fallu le dur-
cher, mais dans la bibliniiiéque du Sérapéum. Là .
comme jelaidit, se conservait un resiedeia vieillerie
égyptienne... C'est dans cette bibli'iLhôuuc du Séra-
péum queTerlullien (édition derabt>éiligne, t.l, p-
55 ; lisez p. 580] indique un texte bctireu de ta Bible. >
Cette raison de la présence d'un icxtc hébreu
de la Bible au Sérapéum est fort savauie, sans au-
cun doute, mais il en est une plus Daiurelle. A l'«-
poque où l'auteur de ['Apologitiifve publia son livrr,
il y avait plus de deux cents ans que la Itililioitiè-
que du Husée était détruite. Il fallail doitc i)Uti H
Aleiandrins logeassent au Scrapéum, s'ils soului-
taieut les possctier, te livre sacié des llûbreui ci la
lta:luclioiidL's S.-planic
ai
IRB
DICTIONNAIRE
(■>)aeoù saifiL Basile enseijjliaïl combien U
re||2ioD peut lirer de profil de la lecture des
(.hTlo^opoes et des poêles (2^) ; i l'époque
uù MÏnt Grégoire de Nazianze maudissait la
mémoire de Julien , comme du plus dauge-
nrji persécnleur. pour avoir déreudu aux
orlbodnxes ré(ude des lettres prorsnes [286] ;
i I époque d'Aiticus , éTëque de Coastaati-
L->file. si versé dans la coniiaissaace des
5jilimesptiiloso|ilii(iues,qucjamaissophi5le
ne pat I effrayer d'une oLjeclion nouvel-
k ^St)',t i'épçque où saint CyrilIcd'Alexan-
drie eipliquail aux adversaires de la reli-
gion poarquoi les disciples du Christ, tout
toTepoassaat de leurs lèvres les chairs of-
tcrtd au idoles, oe refusaient pas denour-
TÎr \ear tâçril des livres des idoidlres (288};
à Npoçue cA Alexauilrie et toute l'Église
aj'mirjin.l eacore Didyme, l'aveugle au sa-
voir eoc/clopédique (289); à l'époque,
tùBa, desiérOme, des .Corysostome, des
AmbroiM.
Dira-l-on qa'il est sans vraisemblance qae
la fouie, pressée d'atuttre le Sérapéum , ail
M^àépar^ier les livres T
Celle observation supposerait que l'on n'a
|i«s Doe idée juste de ('éTénemeui. Le saiio
luaire de Sérapis «vait élé s«ul condamné à
pfrir, d il put être seul renversé, se trou-
Tiot aa nitiea de la plate-forme, isoté des
aBstmelions qai conronnaienl le tertre et
4i3S lesqoelles était déposée Is bibliolliè-
çae.
L'iaUS, sous l'empereur Uarcien , il y
ful as mouvement populaire à Alesimlne;
les troupes marchèrent coutre les séditieux,
qui les mireot en fuite. Savez-vous oi^ elles
t* retirèrent? « Elles furent forcées, dit
tr»fn, de se réfugier dans le temple au-
Lni^&û dédié à Sérapis. La populace y ac-
(«orul, se rendit maîtresse de l'édifice, cl y
(•rûia tout vivants les soldais (290). ■ Le
ifnpéuuï n'avait donc pas été complètement
renversé par Théophile; mais le sanctuaire
■il (Jieu. comme I écrivent tous les liisto-
r.ii.s, arait élé seul abattu.
Aa tv* siècle, sous V'alens et Valehii-
v.-.n 1", il y eut des livres brûlés. Cette
'xccpiion i ce que je vitns de dire le cou-
.'ute ; car ce furent seulement les ou-
iFL^es relatifs k l'art divinatoire que l'ou lit
'. ?, araitre. On les rechercha dune façon
i^^rUare; mais l'histoire connaît trop bien
>!:s causes et les agents de ces perséuutions,
;*j<jr qu'on De dise pas avec un auteur très-
^^re que ■ l'esprit chrétien resta étranger
a ces excès déplorables (291). >
■3S5i T. D, p- tlâ, èililion des Bénâllctîns. —
1 1 r antsi sa eorrespomlaace avec le ptailcw^be
■ i)l6) Ormi. 5, L I, p. 96. — Toîr aussi la lettre
1 ^-Jcaciu : ■ iléprisez le mflbulogiie, appréciez
' -xTifaiM ; brUei l'idole, adaiirei uto temple. > —
^MranixK, Biti.ttct., I. T. c 18.
Sri) SecvâTE, Bitt. eett., I. vu, C. 2.
i&8> RépoMt à Juliru, I. vu. tQuoaiam aulein
'*'<% esiooiDia idic, » eic.
iS9/ Etcrui, Bin. tctl., I. it, c. 2.
APOLOCETIUUE. MB 331
Bien loin de se montrer hostiles à la lit*
lérature grecque et à la littérature latine,
les princes qui attaquèrent le plus vigou-
reusement le paganisme, favorisèrent aussi
avec le plus (le zèle les sciences et les let-
tres. Gralien, qui abolit, en le rcfusaul, le
litre de pontife suprême de l'idolâtrie, chor-
Sea le trésor impérial des émoluments h
istribuer aux orateurs, ans rhéteurs et aux
grammairiens! dans la langue atiiqueetdans
la romaine. » U. Guizol, qui a traduit cetitt
constitution, ajoute : ■ Vatentinien, Hono-
*-ius, Théodose II, rendirent plusieurs dé-
crets semblables. Depuis que l'empire élait
partagé entre plusieurs maîtres , cbacuu
u'eux s'inquiétait un peu plus de la prospé-
rilé de ses Etals et des élalilissemenls publics
qui s'y rencontraient (392J. > En distingoaDt
ainsi d'avec les croyances païennes la litt^
rature profane, ils ne faisaient , d'ailleurs ,
qu'imiter Constantin (293).
Théodose II est surtout uq exemple de
cette protection accordée aux éludes par les
empereurs chrétiens. Comme son aïeul, le
grand Tbéoduse, • il ordonna que les temples
seraientdétruits et changés en églises (294}.a
Mais voyez aussi en même temps quels
soins pour former sur les anciens modèles
la jeunesse de l'empire 1 ■ Théodose fut le
premier qui donna une forme constante à
l'académie de Constanlinople. 11 fondA vingt
chaires de grammaire, dix pour la langue
latine , autant pour la langue grecque ; huit
chaires de rhétorique, cinq -de rhétorique
grecque, (rois de tbétorique laline; une
(tour la philosophie. et deux pour la juris-
prudence... Après vingt ans d'exercice, les
maîtres étaient honorés du titre de comtes
du premier ordre, et allaient de pair avec
les lieutenants du préfet du prétoire (295).»
L'empereur établit aussi h Conslantinople
une bibliothèque où c«nt vingt mille volu'-
nîes périrent 6 la Sn du v* siècle (296). En-
fin, parmi les professeurs qu; les premiers
lurent promus h la dignité de comte, se
trouvait, il paraît, Hellade, ce prêtre de Ju-
piter qui, dans l'émeute d'Alexandrie, avait
tué neuf Chrétiens. Et c'est en voyant ré-
compenser de tels professeurs qu on sou-
tiendrait pourtant que les chefs-d'œuvre de
l'antiquité étaient proscrits I
Soit donc qu'on examine la teneur de
l'ordre impérial adressé à 'Théophile; la
protection parfois très -éclairée accordée
aux sciences par les ennemis du paga-
nisme; la culture intellectuelle des chefs
de l'Eglise à la fin du iv' siècle et au com-
meucemcnl du v* ; soit qu'on envisage
(290) EvAGBE, Bitt. ecel., 1. i, e. S.
(291) H. Beccnot, Bill, dt la décadence du pa-
goHume «n OccïiUbI, 1. U, p. 231.
(2921 M. CeizOT, llîil. ^ la cititiialion en France,
1. I, Icç. i¥, p. 105.
(393) H. CcizOT, «fet npra, p. 104.
(99t) Le Bue, Ifitt. ilii Bai-Empire, I. xiii, C.
59.
(29Â) Le But. Ktî mpra, I. un, c. 9.
Î96) Le Beic, 1. sxsvi, c 3. — Ces 120,MI
votumes périrent en 4^6.
8S3 BIB DICTIONNAIRE
le caractère réglé etcoolonu dereipédîtion
dirigée contre le sancluaire seul de Séra-
))is, (out nous force de conclure que per-
sonne, en détruisant ce temple , ne songea
à ilétruire la bibliothèque.
S m.
■ L'édifice fut pillé et démoli, > dit H. de
Cliâleaubriand. € Nous vîmes, dit Orose,
malgré son zèle aposlolif^ue, les armoires
vides de liires; dévastations qui portent
Diémbire des hommes et <lu temps. Pfot vi-
dimut armoria tibrorum, quibui direplii tx-
inanila ta a nottrii hominuiui^noitris tempo-
ribut memorant [1. ri, c. 15J (^9^- ■
Je trouve ce môme' texte d Orose cité
comme pièce de conviction contre le zèle
excessif des ChréLieiis parPrideaui.GibboD,
SIM. Malter, Ludovic l^lanne, B<inam; dans
les Miinoirtt dt t'Académie, Sainl-^enis dans
le grand ouvrage sur l'Egypte (298). Tout
t-f. qu'on doit de respect h oe tels noms, je
le comprends; qu'il me soit cependant per-
mis de présenter mes trës-huinbies remon-
trances.
Il est d'abord nécessaire de citer en eclier
)e passage, d'ailleurs Irèa-court de Paul
Orose, dont les écrivains que je viens de
uumiDer n'ont transcrit que quelques mois
auxquels il est facile de faire signifier, dans
cet isolemcul du reste du leile, tout ce que
l'on désire. '
Orole, étant arrivé dans son récit au temps
de Jules César et de ses combats au milieu
même d'AlexandriE), poursuit de la sorte ;
■ Pendaitl le combat. César fit incendier
la flotte royale. La flomine, ayant ga^tié une
partie de ta ville, consuma 400,000 vulumes
i|ui, par hasard, se trouvaient dans les édi-
tées voisins; témoignage, certes, bien éton-
nant du soin et de la persévérance des an-
cieos,qui avaient réuni en si grand nombre de
si remarquables œuvres des plus nobles es-
prits. C'est pour cela que maintenant encore
lit de toutes parts, comme nous l'avons vu
nous-méme, il existe dans les temples des
armoires à livres; elles ont été dévastées,
et font rappeler de nos jours que tout cela
s été anéanti parles nôtres, cequi est vrai;
toutefois, il est plus convenable de croire
qu'afin d'égaler les anciens dans leur zèle
pour les éludes, on chercha d'autres livres,
que d'admettre l'existence d'une seconde
bibliothèque [séparée des 400,000 volumes,
otjprésurrée par cet éloignement [299J. »
Or, è qui notre historien attribue-t-il la
destruction des livres dont il n'avait vu que
(f97) Eludes hiit., ubi supra.
(11I8J Phideàdx, tlin det Juif», t. lU, rf-^at de
inuléniée Ptiiladeiplie 1". — Gibbon, BUtdeladé-
tudtnee dt l'empire tomain, c. S8. — SIattek, Euai
Utt. sur rKcole d'Alexandrie : \f. cite d'après les
i:ilraits publiés par la Btbliotkique univerulU de
OeniM, en taîl, L XVI, p. 5i3. — LtLutnE, £n-
€^l- ntoderne, art. Bibl. d'Alexandrie. Voir, du
utéuw a'uteui, tehCuriosUi* bibliograpbiqua, p.ÏM.
- BoNABV, Mimoires dt CAcadimit t. XUl. p. etO.
APOLOCETlQt'E. BB ^
les tablettes dépouillées ? Ce n'est pis Tli6».
phile qu'Orose accuse, ce sont lesKomains.
La suite seule de ses pensées nous le d^.
montre.
En effet, qui est-ce qui avait enrichi de
livres ces bibliothèques vides au ten]pi d'(V
rose T II nous apprend lui-même que c'étaient
les anciens, ceux qui avaient amassé Itj
quatre cent mille volumes avee un soin si
jiersévérant : «C'est iiour cela, dit-il, qu'il
existe dans les (pmpfes des armoires ï li-
vres. ■ Mais tout ce que les ancieni roi]
bibliophiles d'Egypte étaient parvenus \ re>
cueillir, n'avait-il pas péri dans l'incendit
allumé par CésarT Oui, tout avait péri, selon
Orose, qui déclare absolument invraisem-
blable la supposition qu'il y ait eub Aleian-
drie d'autres collections publiques de liirn
que celle des quatre cent mille qui farcit
brûlés. Eh bicnl puisque les livres dont le
voyageur tiislorit:n n'a plus aperçu qu« ]^
place, formaient les richesses liltérairesdH
anciens rois, el que ces richesses fureniltH-
tes consumées ;ieodant la guerre de Ct'sir,
c'étaient donc des traces de la guerre de
César qu'Orose rencontra , el non point d«i
preuves d'un accès de fanatisme chrétien.
Ensuite, puisque Orose, niant ou'il yeiii
sous les Piolémees plusieurs bibliolbèqne!
k Alexandrie, rappelle saulemcot les nu-
ges commis daos les dépdts de Uvri>$ roi-
EÎos de la mer, il n'a donc pas voulu parler
du Sérapéum, ni<iccuser les Chrétiens.
Enfin, quand celbislorien ajoute que, pour
remplacerce qu'on avait perdu sous César, on
réunit d'autres livres, il ne raconte pas que
ces nouvelles collections aient été détrui-
tes. Or c'était 1& cependant Ij bibliothèque
du Sérapéum.
Nous allons mainlensiit éclaîrcîr les eu-
droits du fragment historique d'Orosequi
ont pu induire en erreur Cli&leaubriaDdiil
les autres écrivains que j'ai nommés.
1* Puisque Orose, prêtre catholique, dil
que ces livres ont été « anéantis par nos
hommes, a nottrit Aominiftua, » n'est-ce pis
de ses coreligionnaires qu'il a voulu parler?
aurait-il ainsi nommé les Romains deCé^ar!
— lié I pourquoi donc n'eppellcrait-ilpisl«
soldais de César noi gent, nos Aomnuj, puis-
qu'il dit bien « notre Rome. » h propos <\(
la Rome de ce dictateur : Nottra avtti» Ko
ma, Cœsare occiso, ^uanla de ctneribut tju
agmiaa armala parturiit (300} ? Jamais il n
désigné les Chrétiens par les mois de notli
kominn. Ce membre de phrase ne présunl
donc aucune difficulté.
2* Ces mots latins : Exinanita ea.-nottr
ttmporibus memorant, je les al traduits |
éJil. in-12, DisttTl. kitl. tur ta Bibl. if AIm. ■
Saut-Geais, Dacripùon de rEgjfpU, «nliqai't
mémoires, 5' livrais., Deierip. d«i anii^iH* ' '
(ex., p. 89. — Dicl. de ta Convertetiitn, »rlii
AletandrU. Dans le même recueil, à t'articte fii''''
thèqut, M. Cliarapolliou-Fieeac ne patte pas <k
tii'A imputé aai Clircliens.
(299) âi»l. liv. Ti, IV.
(500) L. VI, c. 17.
s» BIB HCTlONHUBb
cnti-eî : « ËJIes toal rapptltr de no» Jourt
que tout cela a été anéanti par lu nôtrei. »
Riarail-il pas été p)DS exact de dire: «Elles
(odI rappeler que tout cela a été anéanti de
RM^'oKTsf •Celle leconde inlerprélaLîoii est
ioadmusïble, aoii-seulement parce que le
Kfugéoéral de ta phrase, comme nous I avons
prouTé, moaire qu'il s'agit d'uoe destruction
de lirres dalaul de la guerre de César, mais
encore fiarceque la ponclualion,dao5 le texte
liijo. joint les mots nottrit temporibut au
«erbe meawr^tU, et iudique par conséquent
qu'.lscomplèteutla.sjgniticationdece verbe,
et DûQ celle du parlîci|ic exinanita, dont une
lirgnle les sépare. Ceci est bien minutieux,
bi«a «eolaslique; mais il faut nécossaire-
aieitls'yrtîigoer, puisque, pour l'avoiromis,
OD s'est tiposé h calomnier les Chrétiens du
ir* siècle.
Tics bibliothèaues visitées par Paul
Orose avaient été détattéa, pillées (qu^ui
durplU] ; il ne s'agit donc pas, dira-l-on, de
celles qui périrent daus les édiHces voisins
du port, au quartier du Bruchium inceoiliù.
— Quelle que soil la variété des s_ynon;mcs
euplojés par l'historien, nous avons démon-
tré que c'est uniquement de la destruction
Jcs quatre cent mille volumes réunis par
les Ptolémées qu'il a voulu parler. Pourquoi
cr^odant l'eipression dirèptii, qui indique
-ïnautregeure de desiruction que lallammeT
L'expression est juste, car aux ravages du
(ta se joî^^uireulceuxdu pillage. Nous l'ap-
preoonsd'Aulu-Gelle, qui a écrit daus ses
Mfûit mltiqutê : € A l'époque de la première
g<jerre u 'Alexandrie, tandis qu'on pille Ij
Ville (^Ho* diripitur ta civilat}, tous ces vu-
luoies sont bràlés, non |>oint exprès et avec
fiiimédilaliou, mais forluilemenl, par des
soldai* auxiliaires(^l). • Amuiien Marcellin
Ht ê^leœent que le pillage accompagna
rimxcâie de la ville [302J. Ainsi, la capitale
Ils !'££> pte fut la pruie de la flamme venue
des vaisseaux, de celle qu'ai luuièrent l«s
troupes auxiliaires, puis des pillards; par
cofi^éqoeul l'historien lalio, pour exprimer
le tli*ulile Uéau de l'incendie et des voleurs,
» ti*rDC pu se servir du niol direpiii. II sup-
(•■'««il ffléoie, parce seul mot, à tous les dé-
tails iiu récit, que le caractère da son Irès-
[«[•iiie résumé historique lui iuierdisait.
Ce« tmis membres de phrase du passage
•j'Orose ne reurermeat doncrienqui s oppose
a l'tfxplicatîonque i.ousavous donnée; mais
iors mAoïe qu'ils présenlenieut quelque
•tkseariié, quelque amphibologie, ils ne
pioorraieitl pas reudre douteux l'ensemble
•lu récit, qui lisl fort clair ei très-précis,
comme on l'a montré; c'est, au contraire, la
b»ns bien certain de l'ensemble qui devrait
«clatrcir la partie douteuse fil empêcher toute
béftitaiion.
Le lextu d'Orose nous suggère quelques
<30f) rmrh note 171.
'Ô02j Amiiascs-Uakcellmvs, Jïid. rom., régne
itiv'ÂKa, à la Un du liv. xiii.
jU5j CUieauLriiud, dans.ses EfH^M, elc, ubi
i..n, ciic LJInniiu (Oratiomo tempiit) elEuiupe
(m. EdttH). L'cxirai: d'tuoape csl ansii raç-
autres réOexious. L'histcrien. dans cet en-
droit, n'est encore arrivé qu'an temps de
Jules César, Or, nous le demaodons, s'il
atait voulu narrer unfait d'une époque pos-
térieure de plusieurs siècles el avertir que
les acteurs de ce second fait étaient chré-
tiens, est-il vraisemblable qu'il se Tût absiecu
du mot propre ou d'une périphrase inlelli-
gibleT Esl-ii admissible que si , dans le ré-
cit d'une dévastation par les soldats païens
de César, il avait voulu iiUerc<iJer le souve-
nir d'une seconde dévastation par la cohorte
chrétienne de Théophile, cet écrivain n'elll
pas évité la conTusiou des scènes et des ac-
teurs en appelant les uns et les autres par
leurs noms, au lieu d'employer des expres-
sions aussi vagucd que celles dont il s'est
servi : noMlri homitUM f Si l'on ne savait a's-
vaoce qu'en 389 les Chrétiens détruisirent
le sanctuaire de Sérapis, jamais l'on n aurait
sou{i{onné dans les lignes d'Orose sur César
une allusion h un événement postérieur.
C'est une allusion que nous y mettons, mais
que nous n'y trouvons pas.
SilesChrétiensdétruisirentlabibliolhèquo
du Sérapéum, d'où vient que parmi les au-
teurs anciens (jui nous montrent la statue
de Sérapis mise en pièces et son temple
ruiné, nul o'a montré les livres déchirés et
brûlésT D'où vient que nul écrivain ecclé-
siastique n'a vanté ce zèle bibiiophobe et
qut^ nul j>aïen ne l'a maudit T Pourtant Li-
banius et Eunape chez les païens (303), Ru-
lin, Socrate, Sozomène, Théodoret cliez les
Chrétiens, n'ont pas été avares de détails,
les uns dans leurs plaintes, les autres dniis
leurs chants de triomphe sur la chute du la-
meux temple d'Alexandrie (30V}.
Ne pourrait-on pas adopter un moyen
terme et dire que la bibliothèque fut, il est
vrai, dévastée, mais en partie seulement?
Cette concession ne peut se faire. Sur
quoi se baserait-on pour y consentir, puis-
que rien ne prouve que les Chrétiens aient
louché Vautre chose qu'on sani-iuaîre, oik
évidemment ne logeaient ni les livres ni les
lecteurs, et puisque les salles visitées par
Orose étaient compliileutent vides?
Il faut donc s'en tenir au sens naturel du
récit et des réOexions d'Orose, c'est-à-dire,
il faut admettre que cet historien n'a raconté
que la liestrucliou delà bibliothèque du Bru-
i-hium pendant la guene de César.
5tT.
a Le sévère décret d'Omar, dit Gibbon,
répugne au sens littéral et à l'esprit de la
doctrine descssuistes musulmans; ils décla-
rent en termes formels qu'on ne doit jamais
livrer aux flammes les livres religieux des
iuib et dts Chrétiens qu'on acquiert par le
porté par M. Consin dans ses Snteaax frûgmenu
phitmophiquet, article Eunape, p. tÀQ.
(3M) Rcns. UUi. tctt. I. n, c. I2,eir. Socuve,
Hiil. ecel. \. v, ivi, SoiiiKb.'w, Uitueta. I. vui, iv;
TuecMiaDET, Uitt. tect. I. v, i»i ; NictHMi, 1. lu.
nCTIONNAmE APOL0GETfQl3E
B!B
(Jroil de la goerre, el qu'on peul légilime-
ruenl employer \ l'usnge des fidëlrs les com-
EosilioDS profanes. Il hut pcut-élre allrî-
utT auj premier? successeurs de Mihomet
un fanalisme plus deslrucleur (305), >
Des deux précédenles phrases de l'auteur
ant^aJs, la seconde réfute la premièret op-
[>o!ifint Ir^s-judicien sèment la caractère des
chefs aroties h leurs loi». J'y joindrai ce mot
(le Montesquieu : « La rengion maliomé-
iflHc, qui ne parle que de glaire, agit en-
core sur les hommes avec cet esprit destruc-
teur quM'a fondée (306). * N'y aurait-il donc
))ns une simplicité voisine du ridicule h
supposer que les conquéranls arabes joigfti-
rent è leur esprit dtttrucleur des goûts de
bitiliophiles?
c Le premier auteur qui ait parlé de l'in-
cendiedu la bibliothèque d'Aleiandriepnrles
Arabes, dJI M. Lnlanne, estAbd-Allatif, mé-
decin arabe dcRagdad, mort en 1231, c'est-
h-dire cinq cent quatre-vingt-onze ans après
cet événement. Il se borne b dire : ■ Au-
dessus de la colonne des piliers est une
coupole supportée par cette colonne. Je
pense que cet édifice était le portique où
enseignait Arislote, el, après lui, ses dis-
ciples; et que c'était là l'académie que Gt
construire Alexandre quand il bAtil Alexan-
drie, et où était placée la bibliothèque que
brûla Amrou-ben-AIas avec la permission
d'Omar {3OT). *
■ Passons au récit pluscircODStanctéd'A-
bulfaradge. hislorîeD el médecin arabe, de
la secte des <:hré(iensjacobites, qui mourut
éveque d'Alep en 1286... Nous arons vu
qo'en 390, c'est-à-dire deux cent cinquante
ans avant la prise d'Alexandrie parlesAra-
bes, l'unique bibliothèque publique qui
rt^slàt encore dans la ville avait été complè-
tement pillée et détruite. Or, depuis cette
époque, on ne irouvts dans aucun écrivain
un mol qui puisse faire supposer que jamais
on ait reformé 6 Alexandrie la moindre bi-
bliothèque, ce qui ne doit pas étonner,
puisque, pendant ce laps de temps, la lilié-
raiuro et la philosophie païennes furent
partout pr05crilDS, au point que Justinien
lit fermer les écoles d'Athènes. En outre,
les revenus de l'emnire, sans cesse absorbés
par les guerres civiles et étrangères, ne ner-
mellsieiit pas aui empereurs de porter leur
attention surd'autres bibliothèques que cel-
les do Constanlinople. Nous pouvous donc
oflirmcr hardiment que s'il existait encore
en 6Ï0, ce qui est plus douteux, une bitilio-
tbèque Jt Alexaudrio, ce ne pouvait être
qu'uiiu rollection fort peu considérable, et
probablement composée uniquement de li-
vres cbrélitns dont la perte ne mériterait
guère d'exciter nos regrets.
a Uainienant, en supposant pour un ins-
tant (ce que nous ne saurions admettre), en
suppotani, disons-nous, qu'il y eàl en lirit
(505) Hiitoire de la dicaéetwe cl de la cbule de graphique*, iibi snpra.
Cempire romain,!, li, (5(t8) Vbi npra.
(906) HonTCsoviED, £(prtl dn lois, t. xiiv, c. l. (509) Vbi uipra, c. ',
(51)7) tneydopédie ntodeme et L'uriotif^i bibUo-
une bibliolhèqne considérable iAleitiiârir,
comment expliquer le silence que des écri.
VBJns grecs, chrétiens ou arabes, antérieurs
à Abulfaradge, ont gardé sur sa destniction
par les musulmans? Comment, par eiem.
|>le, Eiitychîus, patriarche melchite i'i-
iexandrje el historien arabe de la Hd du
IX* siècle, aurait-il oublié un fail si im-
portant dans sa relation détaillée de li prisa
«l'Alexandrie, lui qui était ué eu Egypte, où -
il passa sa vieT Ne devail-i) pas eire mille
fois mieux informé qu'Abulfaradge, qui vi-
vait sur les confins de la Média et écrivtti
plus de six siècles après cet événement?
Nous croyons donc que le récit d'Aballa.
radge, répété, il est Vrai, par des écriviins
qui lui sont postérieurs, doit être rejeté
complètement (308). »
Gibbon, lui, avait dît avant H. Lalanae:
■ L'assertion d'un étranger qui écrivait six
siècles après, sur les confins de la HédiF,
e^t Gonirebnisncée par le silence de detii an-
nalistes d'une époque antérieure, tous \a
dt'ux chrétiens, tous lés deux originairM
d'Ëg;-ple, et dont le plus ancien, le pairiit-
che Euiychius, a décrit bien en détail la
conquête d'Alexandrie. On cherche eo val»
cette anecdote curieuse dans les annales
d'Ëutychius et l'histoire des Sarrasins d'El-
macin... 11 faut peut-être attribuer aui pre-
miers successeursde Mahomet un fanatisme
plus destructeur, et même, dans ce cas, ils
durent anéantir peu de livres, car ils en
connaissaient fort pen. Je ne récapitulerii
pas tous les accidents de la colleclioa d'A-
lexandrie (C^iar, ThiophUt) (300). >
Quatre raisons devraient donc empêcher
d'accuser les Arabes :
1* Les ChritienM avaient tovt détruit dau
ta bibliolhi^B da S&apéum. — J'ai prouvé
le contraire.
2° Lei lettrée ayant été protcrilet depiit
Théodoee, on ne iongea pat à remplacer n
que le fanatisme orthodoxe avait lacéré. —Je
répondSj d'abord, que rien n'ayant été la-
céré dans cette bibliothèque, il n'y avait
rien à remplacer. Ensuite, snns rechorcber
maintenant les motifs qui firent fermer les
écoles d'Athènes au vi* siëclâ , je np-
pellerai que les lettres ne furent point
proscrites par los empereurs depuis le n*
siècle, témoin les édits de ces princes que
M. Guizot nous a cités dans un précédent
paragraphe.
3° Les Arabes connaissaient peu da livres.
— Mais est-il donc nécessaire de connatire
lea livres pour qu'on se décide è les bril-
lerT N'est-ce pas précisément le contraire
qui a lieu ?
4' Les historiens accusaleurM sont tenus
trop tard. — L'observation est trj^s-grave,
quoiqu'elle offre cependant un détail plai-
sant.
Je comprends qu'Eutychias, né en 876,
BKTNKViniRE APOLOCETIQUB.
foil wfrtoealé conme éuat d'una êpoane
DoliblaaMt aDiérieure k celle il'Abulfa-
î supposé bien plus
nfiftroehéqn'Âbnlfsndgedef éTénemenit,
c'eft DDe^aisanlerie. Que voolei-vous donc
qae, peadaDl ses sniées de nourrice et de
spirige, Klcnacin ait apyris de plus qu'A-
balfaradge sur les aijtloits d'Amrou?
ToalHois, je l'avoue, l'obserTatioo me
(arall très-sérieuse, et, k mon avis, ce long
lileDM de l'bîsloire ne me semble [>as pei^
mMn qu'on aiKriae, lussî posili remeot
«le'oa l'a (ait trop souTPDt, la culpabilité
d'Omar; nais, d'aulrepart, je ne crois pas
Don ylas qu'on doive (s nier aussi résnlu-
■ww %Mra bit H. Lstanne ; car Abd-Alla-
lif et Abstbndge sont des bislorîens esli-
taés, et i( Mt plus naturel da penser qu'Ku-
tfebias, conme t«ut narrateur, aura oublié
•ise ctreonstance, que d'admettre dans les
deai antres écrÎTaiiis arabes une trop facile
crédolilésur un fait considérable. Les Cont'
mtatmira de César, dans le récit de la
giarr* d'Ateundrie, ont bien négligé de
rappeler l'incendia de la bibliothèque du
AnictiiuiB.
Je reçois di>oc le témoignage de ces deux
liisturieas, mais seulemeul comme une
brte probabilité.
Je viens de me rapprocher un peu de l'o-
piaioB de Gibbon et deU.Lalanne;je vais
■lîDteiiant me trouver complélemeol d'ac-
cord avec eus, car il ne me parait pas non
fius vraisemblable qu'A mroa ail pu détruire
l«aaeoDp de livres.
Gardofis.iMios d'une erreur très-commune
âoesojel. Je la trouve dansPrideani :>On
doona, dit-il, les trésors de la bibliothèque
■ubniu publics, où ils servirent pundant
nr Bois k les chauffer, un lieu de ooU, ce
qû bit bien voir le nombre prodigieux
de lirnt qu'il j avait (310}. > Gibbon s'ex-
prime à pen pris de niëma : ■ Les volumes
i;aoi été distribués aux quatre mille baina
fc tm ville, la nombre des livres se trouva
n Srand. que six moisni/)lrMl à p«ûiepoor
Ils oonsamar tous, a Ce sont U d'éoormes
tugér* Lions.
Ale-uodrie, il est Trv, renfermait auslre
nille bains (311); mais le récit d'Auulfa-
racige 1313} ne prouve pas que tous leurs
tiHimcaux, pendant six mois, aient été uni-
laemeot alimentés de livrés. II suffit d'ad-
«tetîre que. dans un grand nombre de bains,
'i j eot, pendant six mois, des volumes mé-
{51«) Mtf. éti JMt, U m, vHA iws.
(Mf^M. Alex. Hua*. Lu HommetUUttntd^CO-
liod. t. L — Aaros, anMncaat à t>aur la prise
filai anililf W dU qiK dans celle ville i on a pa
«■pScr 4,100 palais, aouat de haiot publics. *
CMS) Voir VayatM CHqrel., t. IV. p. i38.
jitSj Cmriumii* KUiofr., p. 149; Hmcfctop. bu>-
■rii.elc
, le Syncelle. CHraaajrapAÎ^ : &-
. imem^Mftmmt.
(Ut) CatvKa. JiMl- det tmftreun, t. xnu, Ca-
DiCTiO!iistBe sFULOcfcngti. L
lés, en quantité pins ou moins considé-
rable, aux ainres combustibles; ce qui na
supposerait paSunaawf prodijieuxde lirred
au Sérapéum.
Rien ne fait soupçonner que la liibliothé-
3 ne du Sérapéum ait jamais été bipnconsi-
érable, encore moins qu'elle ail égalé celle
du Musée, cnmme le pensent cependant
U. Lalaniie (313) et U. Ampère, qui, dans
un préfédent paragraphe, j supposait sept
ct-nt mille volumes.
Avant la guerre de César, le Sérspeum
n'était qu'un appendice du Musée trop ri-
che; après celle guerre. Antoine y déposa
les deux cent mille volumes de rergame:
mais ensuiley a]outa-l-on beaucoup encore?
Ou n'en sait rien : longe minor, dit saint
Epiphane, en comparant celle bibliothèque
i celle du firuchium (3U).
La ville d'Alexandrie, el le Sérapéum en
particulier, eurent è subir trop du -guerres,
de pillages ei d'incendies, )iour que des
brèches considérables n'aient pas été faites
i la bibliothèque.
Sous Commode, incendie du Sera -
péum(3t5).
Sous Ciracalla, a horrible massacre, qui
dura plusieurs jours et plusieurs nuits...
Rien ne fut éj^rgné, ni le profAne, ni le
sacré, ni les maisons, ni les li^mples. Ca-
racalla... abolit les sociales de gens da let-
tres (316). >
Sous AuréUen, Ja moitié Orientale de la
ville, où étaient les (écoles publiques el la
bibliothèque du temple d'Auguste, fut dé-
Iruile dans une guerre contre les Ro-
mains |3I7); que ne dul pas sonOTrir aussi
la partie occfdentale où était lu Sérapéum?
SuusDioclélien, huit mois de siège, mas-
sacre et pillage (318).
Sous Marcieo, incendie du Sérapéum, où
sont brûlées vivantes les troupes qui avaient
TOulu arrêter une sédition (319).
Sous Juslinien, Narsès met le feu k la
Tille; sous Héraclins, les PersL'S la prennent
el la pillent (320).
Quoa imagine ce que devenait ane bi-
bliothèque dans une rille si souvent ra-
tagéel
D'ailleurs, plus les années se multi-
pliaient, plus la décadence des études em-
pirait; el l'an 6fcf, il devait y avoir long-
temps que l'on ne suffisait pas, et que l'on
ne songeait même plus guère h tôparet les
déçâts des guerres et des siècles.
bi donc les Arabes, comme il est vraisem-
- AaHiia Habcclldi, 1. x
H, ubi
racaUa, p. 251. -
Bupn.
Ï51T} Oa lit dans Philon, De Ugatàwt ad Cm'bm,
qnoa éleva I Aleiandrie. en nionaenr 4rAo|pi>t^,
un temple ■pteoilide nommé Sébulioa. anauel M
tnMTaieol Joiue* de MmpiaHKi kMiatkiyatê :
mais il n'âail pu plaeé aa Scnpéaa ; il éuil, dit
Pbiion, an borddeU aer. (0^ f*t/.. p-Ufi; Lag-
doni, 1557.1 — Ami» ViauLtia, vh sapn.
(318) EtrraoK. JImI., I. ix; Uitosa, vu, 15.
(31») E'ACaE, Uitt. etet., i, S.
1^0} U Duo, Hiu. i* Bm Emite^ I. xuv, c
45;I.Lvi,cll.
11
«31
. mn
iliCTlOSNAmF. APOLOGKti'OBt.
lilable, détruisirent des livres h Aleinndrîe,
il est vraisemblable aussi qu'ils y en Irou-
vèrunt |ioo à détruire.
Je suis d'accord en ce dernier point,
avec <jJbboD et H. Lalaiine; je m'en fé-
<icile.
iln très érudit avocat d'Amroii a recher-
ché l*origine de l'accusaiion, Injuste, selon
lui, 'qu'on a inlcnlée plus tara contre ce
conguér'ant do l'Egjri>te. Il s'eiprime ainsi :
H Dans le Dictionnaire bibliographique
â'Badji-Khall^, écrivain du xvii' siècre, dit
tà. Lalanne, on trouve, k l'orljcle De la
iciende philoiophiqtte, le passage suivant,
tiré (l'un auleur dd vrii" sièclo ; « Ebn-
• Ktialiloufiidans ses ProUgoménei liistori-
K ques, s'exprime ainsi ; Quand les musul-
•■ imans eurent conquis les provinces de la
1 Perse, etque plusieurs des livrfs de cette
« nation furent lonrbés en leur pou voir, Saad,
« lils d'Abou-Vakkas, écrivit h Omar pour
< lui demamterla permission de lest ranspor-
« terctiez les musulmans; la réponse d'Omar
« fui: Jetez-les dans l'eau, car, etc. On
■ jeta donc ces Kvres dans l'eau et le feu, et
■ ainsi périrent les sciences des Perses. «
■ Vnih donc un tristorien arabci du viir
■stèclp, oui raconte des livres des Perses ce
'^u'Abulriiradge a raconté cinq siècles plus
tard de la bibliothèque d'Alexandrie... Le
premier récit a été évidemment calqué sur
Tsutre... donc les faits allégués par Abul-
faradge ne réposent sur aucune base so-
lide (321). »
ta dimcultô que je Irfluve & oetle eipli-
cafioti de M. Lalanne, c'est qu'elle ne saù-
l^ait rien expliquer. Kbn-'Kn.ildoun, que,
par un énorme anachronisme, On fait noitre
au Tiii' siècle. Vint au monde en 133S,
écrivit en 1377, et mourut en U06. Ainsi
'l'.'iflîrme, dans la Bio'grapkie unitérielte,
M. Sylvestre de Sacy(3S2J, de oui M. La-
la^ ne a emprunté sa citation d £bn-Kbal-
'4J0U11.
Or, pliiscfbe cedei'nier auteur est posté-
rieur â Abd-Âllatif et à Abulfaradge. c'est
doiicluiqui de leur récft aura composé un
'confepor5Bn,è moln^ qutj'l'on admette deux
deslruclinns de livres par l'ordre d'Omar,
l'une eu Perse, l'autre en Eç;j>|)te, ce que je
n'aurais aucune peine à croire.
M. Lalanne na donc pas rédssi A mon-
trer que l'bistoire, en racontant Tineendie
àii lirres d'Aleiandrie, ail fait un amal-
game de quiproquos, aLlribuant è Amron
une demande adressée par Saad, cl h Omar
le vandalismede Théophile.
De ces noies sur la part qiie les Arabss
Auraient prise à la destruction du Sérapéuni,
il résu Ile qu'on ne peut certainement ni les
inculper, ni lus di5cul|)er. £b biinl si nous
n'osuns accuser Omar, |iarceque les témoins
à cturtje ne sont p<iS a»5uz rapiirocliés du
(3*t) Ubi sop«.
\âti) Biograph. univ., art. Eifji-KhaidimH.
iZiiSi Ettcj/clopéàie, art. BibUorhèqur.
' \SU) kittii wur la mamriet l'aprit de* naHont,
e. 6. — Madji-Klialfa, au xvn' siècle, dans son
réïéifunienl, fiourqurtï dwic si liruTWiiineiit
condamner l'évèquo ThéO|*hîl( , 'quoique
nul écrivain ëe son lifmps on des Icm^is
voisins, pas plus citez les itlolfl'lresqiiedifi
les orthfHtoies, ne lui aitattribiK^ If piili^c
de la bibliothèque du Sérapénm? Voui ré-
cusez le témoignage d'Abulfonhlge, pinn
qu'il est posti^rieur de six siècles ï Omit;
en quoi donc celui deGibbon auW nmllcor
contre Théophile, qu'il vient atlsquer sfirèi
quatorze cents ansT
H, Ampère a terminé'de In sorte ses ob-
servations sur \n question traitée dans m
article :■ Que l'histoire Soit juste, indni;
Îiour Omar ; point de fanatisme, mène toniti
e fanatisme. »
Cette réflexion, fort a»ge au point dem
général, ne semhle-(-ellA pas, dans Uni
présent, une véritable menaceT nsftil-elfi;
pas entendre qu'on nn saursit, sanssedi-
clarer quelqde peu fanatique, essayera
jusliller les chrétiens d'Aleiandrie, t.\iiif-
fiens d'ûmar, du CTime delèse-scieneeqt'ni
eur impote?
Deux raisons m'ont empêché, en «nlR-
prenant celte justificaiiOD, de tropTedouItt
l'odieux quallHcatir qu'on paraît proaiellrr.
D'abord, parmi 'les principaux laletirs
qui, depuis'Abd-AlhtifJusqu'à Dideral(3!i),
Voltaire (324), Chnmpollion-Figeac [m], t\
rariiheBadJi-Khalfa, accusent lesAnbndi;
la destruction de la bibliothèque aleiin-
drine, je ne 'vois pas auquel on peut repri>-
cher un zèle fanatique pour gloriSerror-
thodniie ai déprimer le mahoniôlisrae. En-
suite, tout en écartant le blAme qu'on jcliii
à Théophile, J'ai rédoit de'beauGOU|>, Sdii
lii purtée qulili dOnnnfl aux léaiolgnfgK
contraires b Odiar, soit celle masse énonne
de volumes doiit on lui reprocbnit li <lti-
fruciion.
Je Suis donc bien pur de fïnaiisme,""'
'en présentant la tUfeiae, non paS duikm-
tianisme, que If. Ampère a trè^imprudtm-
metit nommé dens-ce débat, malsde l't'^
que Théophile. Le chriilianlside a'innii
pas été moins étranger aux 'follesfurieusn
de quelqiies-dnstle ses disciplt^s, qoe l'A-
cadémie n'est étrangère aux erreurs f»
'l'académicieu M. Ampère peut mêlera »
écrits.
Une autre parole trop légère, prononH
dans cette discussion, c'est celle de H. t
ïannesurles livreschrétieos, «dontliperi
'Selon lui, ne mériterait guèrn d'excilcri'
regrets. »
Est-ce bien un bibliophile, unlîttératau
un philoaophe, qui s'eiprime afnsiT I
chrtstiDnisffle ne fût-il qu'un évADtme
naturel, cél (événement seratl -eaplisl ^
l'histoire de Itiiimatiité. El <!e sdult«^t'
Vrtfees rtlaltfcà un tel ftift qu'on \renir
avec une si dédaigneuse indilféreacel <
DieiiouuaiTe biblhgrapkiijiu, art. De laâfifncif
loKtpliique. — Voir de H. Lalanks le» Larti»!
biblwarapliliiuei, p. SU.
{52b) Ùictionjtair^de la C«)tfrrMlJM«, an. tW
MCTIONTiAlRE AI*t»XK.-ETIOUE.
BON
SU
n'Mfiil mena regral <Jes docnnienls (fui
MairririieBl Imt de 'foïols enrore obscurs
dedisloîrfl Brinilive de ret.e forme sh-
pMeare de la eivilisalion , dont bieoldt
Tio^ nides n'ont pss Apuis^ les bienrxils I
Si le phihHDpbe reil uns peine les livres
orthodoxes en cendres, poerqaoi le ohi^
bte TWpectersK - iJ daTenlage les livres
l«*!M? Prarquoi l'Arabe épargnerait-il les
•n*el fee aalres? Feor^oi Condorcel. en
l7M,a'»arailtil pas fni( déchirer tout nu -
mge «DUolié d'un signe erislocraliqne?
En 00 mM, le «addalisoie est bien |>rés d'ê-
m excusé.
le me pmtrmai pas qae U. Lalanne n'a
lien lovla rlire de cela : qui eii douteT
HMtSf» qui n'est nhcz lui qu'une btiulade
(•Ml avenir sn princif>e datis lîn cerveau
nul bit f33S).
«KXnrBEQUE&ECGLBSIASTIQDESdes
f-fMners siècles- Vuy. Scrkcbs, { II — Bi-
ii'îoJbèqaes ecelésissliques au moven ige.
AûCfiH.
BtfH, r«Bf>ort»-t-il sur le mal en qnati-
Wmu i !■ — SvFTsnl è l'expiation du mal.
JM. -^ Bien d«as notre monde. Vog. Om-
BIENFAITS du christianisme dans Tordre
moral, l'ordre inlellucluel e( l'ordre social.
T»m. r/Hiretfiicf l'on , | XI et snîr.
BIEMaBUREUX , leur liberté comparée k
celle de l'homme. Voy, Libebtâ.
BLCHENBACH, sou sjsième. Voy. RtcES
mcuunMS. J I.
B0HLR4 place l'origine do cUrislianis-
se <Uns Ilndft; réfalalion. Voy. lifDiiaiSMS.
BOUNGBROCKE, cité sur le dogme de
fenfrr. Top. Eum , ) I.
•0!>APaBTE (l'empereur NiPOLtoii), ju-
femeal sur Jésus-<^brist- Voy. Note VIII bit,
j (a Sn du rolumc.
BONIPACfi i; SilKT ) . ABCaETÈQQB DB
HtTsaa. — Winrrid . nommé plus lard Bo-
iii&ce. luquit dans la Granîle-Bretagiiei
Tt-r» l'an 680, fui élevé par les moines d'Eie-
t'rei enseigna les belles-lettres au monas-
tère d«IlutceIL En 716, il alla érangéliser
la Germanie. Les Frisons élant alors en
CueiT« arec les Franks , la voix de l'apétre
se perdit au milieu du bniit des armes. Bo-
uifsca revint à 'Nuicell , ob ses frères l'élu-
reai supérieur. BîentOt après il renarut sur
les tM>rds dn Rfain. Vi Thuringe., la Messe,
la Frise, la Bavière, une |Mrtie de la Saxe,
eitieodireot pendant trenle-sepl ans l'iuta-
tîgabTa mrssiennaire. Trois lois il visita
Rome, lanldl pour faire bénir son entre-
prise , lantél pour rcnitre humblemenl
rhoiiite des succès qui l'avaienl couronnée-
My reçut Ik titre de vicaire du Sainl-Siége
ea Geroianle. Cette autorité fut ensuite
fieDdue sur la Geulc , dont le clergé, en
grande punie, avait oublié les mœurs sacer-
Doiales. Nommé arclievèque en 73S, mais
<1M) C/. GoMfli, Difaat de FK^iu cmUh Im
«rremnkàat.
1^X7) Ce diacM reliaî^us (t'imr lociété qnî s'or-
gami*e se rcuooTe, de nus jours, aui Eiai&-t)ais.
sens siège particnlier, Bonifu^e, treize ans
anrès. fui élevé wir celui de Hayenee. L'un
7S3 , il sacra Pejiin le Bref, mi des Franks.
Ayant cédé le siège de Jfsyetjce i son dis*
'CipleljiHe, en7Sk, il s'enfon^ de nouveau
tlans la Frise, et -j Tut massacré , avf>c cin-
-qnanle-deox aolFes chrétiens, l'nu Ï5S.
-Tious n'avons plus son TraM de t'mnitë de
Ja foi. fies épllreif sont rbîsloire ofTioielie et
-auihenlûinede l'éloblissement du christia-
nisme en Germanie, oiï venaient se mêler
aux prêtres orthodoxes les finatiqups et les
impu&leurs les ^\\xn dél:ontés. C'était tout le
désordre d'une société naissante, désordre
au milieu duquel saint Boniface ne nous
appareil que plus grand (327).
Plusieurs historiens ont dénaturé les faits
de sa vie. Tels sont UM. Hictieiel'(0Js(, 4e
Fratut, 1. 1), Guîzot {ma. 4e /« eiu7i*. m
Fronce, 1. 1}, sir Tbomas Mnore {Bût. d'Ir-
.lùnde, 1. I). Ampère (/Tuf- /ifl., 1. Il), «le.
H. l'abbè Gorini , résumant la savante
réfutation q^u'il a faite de cds bûtorieus,
s'ciprime ainsi :
€ Bien des personnages de tous les genres
ont (>a5sé devant nos jbdx dans ce eliapitre:
princes, savanls, missionnaires, papes, hé-
rétiques, presque tous travestis par quelque
historien : nous avons lAché de leur rendre
leur physionomie.
« Charles Uarlel n'était pas païen , et il
n'altirait pas sous ses drapeaux des Saxons*
afin de les convertir et de s'en servir ensuite
contre leurs frères restés idolâtres. Saint
Virgile de Salzbourg n'a pas dit le premier
quu la terre est ronde et aue nous avons
des anti|K)des dans l'hémispliëre austral; la
Pape Zacbarie, en attaquant cette opinion
faus ■ ■ " '-' ■ -■ "
l'exi
fausse et dangereuse iVar la manière dont on
l'exposait, n'a point été l'ermemi du savoir,
elilajnslj&é avec dignité le Saint-Siège,
auquel on imputait une scandaleuse indul-
gence pour le vice. Les hérétiques Clément
et Adalbert n'avaient que trop mérité la pri-
son où saint Bonîlsce voulait.qu'on les ren-
fermât ; l'histoire de leur temps et celle de
presque toutes les époques protestent contro
l'axiome qui fait de riiérésie un stimulant
toujours nécessaire de la vie intellectuelle,
et la mesure de l'énergie qu'atteint la peu-
sée. ËD effet, saint Boniface ne dépassait-il
pas de cent coudées les novateurs accourus
en Germanie? Ne les dépassait-il pas autant
que l'héroïsme et le génie oi^nisaleur dé-
passent la folle audace? Tout en décernant
au courageux missionnaire le nom d'homme
héroïque {328] , on a voulu en faire un inqua-
lifiable personnage, baissant les Scots sans
savoir pourquoi; dénonçant par vengeaiito
un autre illustre missionnaire plus heureux
3ue lut dans la solution d'une dilTlculie
]ér)1oi;ii)ue; n'usant enfin, pour se délivnr
d'un prélundu chef d'opposition, le punir
litirdimcQt, mais le déjiosant de son sié^e
'épiscopal sous un astucieux prétexte.
~- Viiîr les £•*«'( ^ liiiiratwn et 44 maral», par
|l. SainT'Mabc-Giubdbi, 1. 1, p. Ô47-
(328) H. Hkbelet, Uin. de France, 1. 1, p. 9i9i.
niCTH»IN.MRi: APOLOGETIQUE.
CAT
»t
« Sachons bien, a dit M. Gaizol, que par-
■ louloù nous rencontrons de grandes cho-
■ seacldegraadsbommes, il ya eu d'uulrts
< mobiles que des combiDaisousambilieusus
« et (Jes iutërâtspersonnels.SachoDsbienque
« la peDsâa de I homnie ne s'élère. que son
« horizon ne s'agrandit que lorsqo^l se déla-
a chedu monde et da lui-mfime (3S9). a C'est
ce que certains écrirains n'ont pas tooIu se
rappeler, en racontant la vie de saint Boni-
face. ■ ifoy. AirnpODKs.)
BOH Y-SAINT-VINCENT nie funilé de la
race humaine. Koy, Races aruiiiiKS, { I.
BOSCHISUANS, leur psychologie. Yoy.
Races bdhaiubs , § IX.
BOSSUET, la doctrine de la pénitence
J'a-t-clle rendu fataliste et eraelf Vog. Pé<
MITERCE, I III.
BOUDDHA , examen critique de u doe-
Irinc, etc. ¥oy. Indiakisme, { V.
BeuODHISUE. Voy. Peutiteuqub . S I,
«t Ihdiakisiib . ( V. — Ne peut aroir le ca-
ractère de catholique ou d'universel. Voy,
CATHOucrrÉ.
BOUBDALOUE, sa doctrine sur la péni-
4encn ; réiulation de H. Aimé Martin. Foy.
l*fc!*rrEnCB, $ II.
BRAHUA, est~il une d<'8 personnes de la
Trinité ehr/tlienne ? Foy. Taimi, t ||l
BRAHMANISME. Foy. inttiAniSHB , l |V.
— Absurdités de ce vutle. Foy. Nuie Vlll,
k la lin du vol.
BRIERE DE BOISHONT {\« doclear), ce
qu'il dit des théories sur rhalluciiialioti,
Foy. HALLUCINATlOIf.
BROTONNE (H. de), errenr sur l'étal pri-
ntitir de l'homme et de le société. Tty, m-
CHOLOOiE, S IV. — Réfutation d'une opiaiou
erronée qu'il Tonde sur une fansse inlerpr^
tation de la Genift. Foy. Pstgbouwib, ) V.
BROUSSAIS , son système rétutè. roy.
Ame, s IV.
BRUTUS, laxé d'hall ucinalioD. Fsy. Hu-
LUCIHATIOR, I II.
BDFFON , SCS idées contradictoires ki
l'origine des êtres organisés. Foy. Boni,
art. 1 , tub init.
BtIflDACH , son système réfuté au uqtl
de la génération spontanée. Foy. Gtsiii-
non spoNTAHic.
f BCRNET, son opinion sur le reoooTellt-
ment du monde. Foy. Cnnz itoefEini, rit.
BURNODF, ses appréciations des limt
indiens. Foy. iRDfAnisvB, — Belle rélleiioD
sur un passage de Tacite. Foy. CoEFOKtni
DE DtED.
CAHEN réfute son coreligionnaire Sal-
Tadur. Voy. Judaïsme et CnRiSTrANisuB.
CALIXIK III. Ce Pape a-t-il excommunié
les Turcs et In comèle de U5G. Voy. Arago.
CALMKIL (Le doctelu), 'Sijs docliiiies sur
les possessions réfutées. Foy. Note XVI,
i la Gn du tome II.
CAMPER, son système. Toy. Races bd-
'UAI5ES . I 1.
CARACTÈRES DISTINCTIFS des races
humaines. Voy. Racbs HinuinES, j III. —
Caraclëref de la Téracité du Peatateuque.
Foy. PSHTATEUQDE , % VIlI.
i.ATARACTES . diTerses inlerprélatîons,
et réfutation de M. Letronne. Voy. Cosho-
«BAPBIE, I It.
CATHOLICISME. Sur l'élat où serait au-
jourd'hui le fflondessusTezialeoce du catho-
licisme. Foy. ISLAuisME. — CuoTienl à tou-
ies les races sous tous les climats. Foy. Ca-
nioLicrri.
CATHOLICITÉ. — La catholicité de !'£•
5 lise est son universaliié. L'Eglise est ca-
lOliqUBi c'est-è-dire unirerselle, et, en
'effet , s'il est vrai que Dieu ail fondé une
'société, comment en eût-il fait le privi-
lège d'une caste ou d'un peuple, d'un -con-
tinent ou d'un hémi5[.bëre 1 Si Dieu a voulu
i>Alir de ces mains un édiUce social, asaa-
i-éiueiit il l'a préparé pour tous. Tandis que
)m hommes, quelle que soit la magnani-
mité da leurs desseins, Iravaillenl pour eux,
pour leur nation, ]>our une gloire et un
wriEon toujours bornés, Dieu fait luire
•on soleil aur tous; il illumine les aigles
au haut des montagnes et les oiseaux oM'
curs qui chanlenl leur créateur & t'ombra
d'un épi de blé. Il sonice à uo brio d'herbt
comme il songe k un cèdre, il s'occupe d'un
alouie comme d'une étoile, el Tuniversalil^
étant le caractère dé ses moindres «uu».
i plus forle ruison en imprimera-l-il le
sceou è une société formée de ses iniiu
fiour la conservation et la propagation it
a vérité. Non pas que, malgré ce iliiii
d'étendre et d'assurer parmi les hommH
le règne de la lumière, il fasse riolencek
notre liberté i-l ne nous permette pas d'^
ctiapper aux mailles du fllut qu'il a dé|Ao]â
sur nous; non, ce droit nous reste daot
toute sa plénitude, et il nous explitjue lu
apparentes faiblesses da t'ourrage divio-Si
le SIet se rompt, comme le dit expressé-
ment l'Evangile , c'est que l'œuvre de fiiea
n'exclut pas l'œuvre de l'homizip, it que li
liberté se fait jour i travers la souveramet^i
sans détruire pourtant le caractère de l'ac-
tion supérieure el maîtresse , qui triomphe
facilement jusque daus l'imperfection pra-
Tîsoira du résultat.
'L'Eglise, disions-nous, la soviélâ ÏDlellK-
luelle fondée par la doctrine de Jésus-Chris',
est catholique ou universel!» daos son ex-
pansion. Mais aQn de bien l'entendre, re-
marquons qu'il ne s'agit pas d'uoe simplci
expansion des idées immuables el fonda-
motitales qui constituent le christianisme;
ce serait déjà une magnifique uaUersaUiè
et, néanmoins , ce n'est Ik qu'une partie di
mystère de ditfusionque nous appelOBS b
iHS) Birt. it U rjrif. m Frmiet, p. 103, t. B, Icç. b
CAT
MCnONNAHtE AroUKEnQUE.
CAT
S3S
albnticité. Outre l'espansion de l'oniK
d^drïnlc, la •-■tbolieilé emporte avec soi
l>s)HiiciOH lie l'uiiîlé lii^rarvhiqne, légiS'
Iili*p, juiliciaire el HdmiDislraliTe; elle
mporle la rr^^aiioo d'un pouvoir doctrinal
■nirnsel. tl'iin pouTOÎr liiérarctiîqii« onj-
tend, d'un pouvoir législalif universel,
d'au poBToir judiciaire uiiiverselt d'un |>ou-
toirâdaiiiiiftlratir universel; ce qui est tout
«nplraeni le comble de la (olie. Veilè la
Ikèie de la calhoticilé.
<>iaiid même les proliislanls porteraient
l'Turdocfriitepar tout l'univers; quand même
Mie doetrinv serait aussi une et immuslile
S 'die prt divisée et mobile, qu'auraicnt-
Eûlsl Us auraient semé Ja Bible dans
k Boade, M, avec la Bible , certaines idées
jjni j iota cnitleniies ; mais ils n'auraient
/«MOI éfaUi universellvment leur hiérarchie,
I HÏfqo'ils n'm ont |>oint ; leur lé^slature,
fMifsqu'ils n'en ont [loinl; leurmat^istrature,
|ivi9q>i'ils n'en ont puint; leur aîliuiiiisfrs-
i:"n, puisqu'ils n'en ont point. Ils auraient
fiit on chef-d'œuvre intellectuel, mais qui
a'jurail rii-n de comparable à celui de la
McJélé catholique , asseyant partout, arec
«adoGirine , son unité hiérarchique, lé^is-
lative, jodieiaire et adminislriiliTe. lime
teable que les termes du mj-sliire sont
culeodos [330).
El eejieiil dessein d'un établissement ca-
tbolique dans lo monde, n'a fMS été seulu-
■enl ceint de Dieu. Il f a bien longlemjis,
•êfBCsans remonter jusqu'i I4erBriid,Ntntis
fiSisotiris, que les rois cariassent cette pen-
sée, et qn'i l'eiemple de Nabnchoduuosor,
ns assemblent leurs grands et leurs géné-
raai4ans le solitude de leur cabinet pour
Wor dédarer qu'il; ont Tinteniion de sou-
Mft/re l'univers k leur domination. Il y a
freo hMigtemjis aussi que ces rèvesdi* gisants
«'^vaiouiitsenl au réveil de la réalité. Car,
4ès que rhommv veut s'étendre, dès qu'ils
t'adresse i l'espace, il rencontre dans la
Ulure a>£uie malénelle un obstai:le inviu-
rible à son ambiltOH. Les anciens disaient
très-spïriiuetlemeul que la nature a l'bor-
(S») ■■■cstévidanment prescrit assapAlfes de
frtckcr rUvaDgile à louies les iuIhhis du monde.
uae «cnié eu si étidcnle à la sevle înipettÙNi des
(••-«In ém Sanvenr, qn'il serait ridicvM d'eiilre-
in sire de la proMTcr.
i" Ea ordonoanl à ses apAirrs de prêcher sa loi
' 1 bvies le* MaLions, Jésns Cbriït ie* chargeait d'y
4aU>r «•■ t^ic Cette ^érii^ est la Gunwi|iieiia;
«vehsie de la pfërôlcab: et eu é^lenicirt claire.
Llfiise atanl aMi|ioséii de ceai qai fwni profession
ac b Tnne la., duuuer aui apotn^ la missioa de
. fOÊteréMat mas les pay» la vraie foi, c'était Icnr
■aMaer n'y ëuulîr Ttlgtise. Us ae ponvaieal pas
'-" Taa UBS l'aulre.
** Le» apMres ont ronné l'élise comme leur di-
'-• luire kar avait orHoaue. Jamais les proics-
=«(* ae tes «ai accusés d'avoir nunqoé i ses pré-
'Mea. Us liinl professioM d« les révérer comme de
■^«Aperaaanazes. Us fenr aUrîbaeiil même la pré-
^ùve de ri^illitâlilê.
4 L«s aféut» OMl dooc fondé l'Eglise dans toutes
'• aiiiiiai, da atoîns aalani qu'ils l'uni pu de leur
■ ■titt; et cède* ib l'^iaical éiaUic d:inï im tièi-
.- i ■-««Vre de coDiré'.'ï. L'Iii'-luirc ilc 1-jur pré-
i^
reur du vide; ils eussent pn dire encore
mieux ou'elle a horreur de runiversaFité.
j'entends de l'universalité fiactiee |i«r oii
nous voudrions la soumettre au même sci-|>-
Ire et k la même main. L'espace est ad-
mirable mus ce rapport. Dieu loi a fait trois
genres de barrières contre l'ardeur de nus
envahissements politiques et religieux. Lo
ftrttuiier, c'est la distance. A mesure qu»
e rayon sVloigne du centre, sa dépen-
dance flérhil; on obéit i cent lieues; k
mille, on n'uhéit guère; à trois mille or
n'obéit pluj, loua les liens se relâchent et
se brisunt par le seul elfel du chemin^
Si quelque unité niomenlanée subsiste en-
tre ta métropole et la colonie, le temps n<y-
lanle pas h sonner l'heure de l'affrancbis-
sèment. L'histoire est pleine de ces avcr-
tissements que la distance ne cesse de
donner ft notre orgueil.
Mais la distance n'est pas le scui rempart
dont la nalure ait armé l'espace contre nos
entreprises d'universalité. Si la dislancc est
l'épéc de l'espace, la configurallon en est
le bouclier. Et quel boucSicr, fondu et ci-
selé de main de matlre. Suivez de l'œil
ces chaînes de moiiiagnes si artislemeot
disfioséfs jtour créer des frontières inexpu-
gnables ; ces sables brûlants que le droma~
daîre el le chameau franchissent à peine,
et que les vents protègent encore contre la
marche du voyngeur ou du conquérant ; ces
sïeppes arides et inhabités où le despotisme
n'a plus de points cardinaui pour se retrou-
ver; ces marais pestilentiels; ces Iles per-
dues au sein des mers et gardées par des-
récifs ; ces glaces des pfties, ces tempêtes d»
rOtïéan; tous ces mille obstacles dislribués-
avuc tant d'art, et que soixante siècles d!el-
furls et d'exploration n'ont pas sunnoutés.
Ce n'était point assez. Lo climat est venu
se joindre h la configuration pour faire du
globe entier un défi A noire inipuissauce.
Le soleil a choisi une roule qui nous a\t-
iwtte sa chalt^ur avec une arjirtce el unn
prodigalité calculées ; quedpies j^nurs de
msrclie, quelques dt^résde l&titiule fran-
dicalion en est la preuve. Nous liions dans rK«an-
gile de saint Uarc aa'iJf pritÀèrtHl ptriMU, ^C xii,
W.) Sailli Paal du aux RiHiia:ns qac lui el sot
(c. i, 5); aui Colossîcni, que ta paivle
tiritabte dt CEtangilt M parrtnHt tu»i-te»Uiiiaii à
«M, mai( ittait toai le monde ; qu'etU g {rtctipt cl y
cmli chaque jour; et qiie l'Évangile (|ii'its ont en-
tendu a été pn^dié à louie créature <]u»esl-soas lu
cid. (C. I. 5. 6, ■a.)
ir La véritable Eglise est celle que les apitre»
nul fondée d'après le précepte de lèar Uallre. l«s
prMestanis ne conlesleroul pas uoa pin» celle vè-
G* Donc la vraie Eglise est celle que Ton voit aiii-
veraellemeiil éleiiiiue. Je ne conçois pa» cnuimeni,
forcés de convenir de luutes lëi ainres propwiliun^.
nos adversaires poorroiii nier n-lle-lâ.
Ainsi nous «ojuns la calboJicilé, c'esi'à-dtre U'
diffusion univeraelJe iW. l'IûgliiMi, prédite pat les pro-
pbeûes, prescrite par Je^uii-Ohnsl, cSécluée pal
les a|>dire3. Uue fiiui-il de plus pour y croifeT...
OlCTlONNAiRE APOLOGETIQUE.
CAT
m
chis, et cet liommc puissant, Cynis, Cam-
Iiysfl, qui vous voudrez» lu vuHh i]ui ris
|iedt ptus porter son cnsqiie, et qui dé-
sarme sa poitrinel Eiicnre un jour, encora
un pas su-devacil du soleil , el celle amiiie
lloriEsaiite, qui se |iromeilail l'empire du
monde, la votlâ qui se |>éine sou:i la pre<>
sion uiiiverselle de l'j(niosFjli<jre; le cava-
lier descend h l'ombio de son cheval, la
faalassin so couche par Loire ; ils sunt cooi*
me un enfant qui s'est promené une beun
de trop. É;t qui se pend à la robe dosa nour-
rice 1 Nous louchons aui rivages fortunés
do l'Italie; il semble que son soleil et le
nfllre sont deui frères nés à une seule an-
niîe d'iiilervalk'; mais qui n'a vu la douleur
de quelque euf'aiil de l'Itiitie, Irnusporlé par
l'eiil sous CCS nuages de Franco qui nous
|)|i*ise^it tanlT En vain le pauvre proscrit
»e réchu 11 ffe-t-i I aiii rayons de notre li-
berté ; ïA tôle io penche, par le poids du
souvenir el du regret, comme une Heur
qui II (-lé transportée d'une terre loinlaina
«ur uil sol qu'elle ignorait, et qui s'y con-
sume sans joie el sans parfum, puce qu'elle
est privée du soleil , des ombres el des vents
de sa patrie.
Ainsi résiste l'espace è noi songes d'uni-
vei'saliié, ettouslesconquérsiils, l'uo après
l'auM'è, Kont venus s'y briser. QuuO'l ce
j<;uno Macédonien, après Granique, Issus
el Arbclles, eut touché les bords de l'in-
dus, et que son cœur impaLient le portait
t'ncore plus loin, jusqu'à ce qu'il eût gravé
son nom à la limite même de l'univers,
son anuée l'arrêta. £n vain se cacha-t-iï
sous sa lente , armé de la bouderie de toute
sa gloire, il fallut céder, etqu'ii s'en alUt
mourir i Babylone dans un festin , ne sa-
chant plus que faire de sa puissance et de
son ambition. Les Romains, cette race si
palienlo b préparer ses conq^uêtes, si âpre
à les élendre, et qui savait si bien foudre
lu solidité dans l'étendue, les Romains con-
nurent le même écueit. Parvenus au Rhin
et à l'EuphraLe , iU eurent là une barrière
que les conseils de leur sénat et les agi-
intions de leur forum ne purent soulever.
Au delà du Kliiu , Vui us laissait les osse-
ments de ses légions, vl par delà l'Euphiste,
Ciassus payait de sa vie et de âa renommée
1.1 témérité qu'il avait eue de le franchir.
Les exemples ne tariraient pas, et notre
>iëcle même en a vu lefantasiique retour.
Longtemps le dernier dvs capitaines avait
iivé le sort à sa volonté; les Alpes et les
J'yréndes avaient tremblé sous lui ; l'Europe
l'U silence écouloit le bruit do sa pensée,
lorsque, las de ce domaine où la gloire
uvait épuisé toutes sc^s ressources pour lui
<:ou)|ilHire, il se précipita jusqu'aux confins
de I Asie. Là sou regard se troubla it ses
iiigtes tournèrent la tête pour la première
lois. Qu'avuit-il donc rencontré? Etait-ce
lin général plus habile que lui T Non. Une
armée qu'il n'eût pas encore vaincue? Non.
Ou bien était-ce I âj^e qui refroidissait déjà
Mj» génie? Non, Qu'avait-il donc reocontréT
11 avait reuccntré le proieclvur des faibles,
l'asile des peuples opi^rimés, lu gruml ili-
feust.'ur de la liberté humaiue; il «lù
rencontré l'espace, et toute sa puisstiHHt
avait failli sous ses pieds.
Car si Dieu a créé de telles bmièm
au sein de la nature, c'est qu'il a eupiliî
de nous. Il savait tout ce que l'unili^ violent*
renferme do despotisme et de niallieur pour
la race iiumaine , et il nous a prépare doni
les montagnes et dans les désarls des relri).
tes inabordables; il a creusé ii roche do
saint Antoine et de saint Paul, [iremiiT
ermile: il a tressé a veo la paille dei niiJ)
où l'aijjle nu viendra pas ravir les (Ktiu
delà culombe. 0 montagnes inaccessibles,
neiges éternelles, sables brûlauls, marais
empestés, climats destructeurs, nous ynus
rendons grâce pour le passé, et nousesp^
rons en vous pour l'avenir. Oui, voiu nou
conserverez de libres oasis, des ttiébûJes
solitaires, des sentiers perdus ; vous ne uv
serez de nous protéger contre les fiTliie
ce monde; vous ne permetlrea pas i li
chimie de prévaloir contre ta nature, tlia
faire du tilobe, si bien pétri par lamiindi
Dieu, une espèce d'humble et étroit csiiiol
où l'un ne respirera plus librement «lueli
vapeur, et où le fer et le fou seront i»
premiers oûiciers d'une impitoyable luUh
cralie.
Uais peut-être ce que les conqaénnli
n'ont pas pu, les doctrines l'uuront (iltT
Pas davantage, et il suflira d'un mot |«ur
vous le montrer. Parmi les doctrines, ce!i»
dont le mouvement eipansif a été le |>tuj
remarquable et qui a le moins mal imiléles
procédés du cbnslianisme, c'est inconiei-
lablemeut le bouddhisme indien, car leuia-
bométitmij ne saurait lui être mis enpt»i-
lèle, pui.«qu'il n'a jamais été qu'une conquèie
violente, et qu'il rentre ainsi dans les li;-
servations que nous présentions l(»l >
l'heure sur les conquérants. Le bouUilliifii'
indien a eu, au contraire, une prupagilioD
facilique et étendue, qui attire à bondroil
atlenlion, quand il s'agit de l'exiistisioi
comparée des doctrines. Toutefois, son f^
ces est facile, et son nom même d'iniliei
décide la question. Pourquoi le bouililbiv
uie a-t-il limité son prosélytisme ft k^
progrès aux deux presqu'îles de l'Inde, il
Thibet, à la Tarlarie, è laCliine et au Japon
Ces régions, il est vrai, sont considérablet
mais quelle faiblesse dans une doctrine i]<i
va si loin dans les contrées contiguês*
analogues , et qui , une fois ce dévelupp'
ment acquis s y enterre toute vive -un
faire un pasdeplusni par terra ni par mer
Nousavunsen France la liberté des cultrf
pourtiuoi le grand lama du Thibet ne naii
envoiu-t-ii pas des inissiontiairesl Qufl
t-il i iraindre? De[iuis six ans qu'il a V
DOS religieux el qu'il [larodie notre culH
qui rtmpêcbo de s'en monlrer recom'ii'i
sanl el ae nous initier aux idées de I1<'U<
dlia? Reinarmjez que je ne parle que ili
idées, lorsqu il s'agit aussi d'action liiéra
chicfue , It^gislaljve, judiciaire el admii"'
tralive. Maii ce serait trop deu'tnder i
UCTMKNAUUb APOLOGBTIQIIÇ
CAT
sa
\-rt}'Silhjsth9 que de reclierehBr qnî obéit
tur la terr« au graoi] lama, et de quelle so-
'liii oi^antiiiie il est vérilsbleoifiit le cen-
tre et ruiiiie? BornoDii-nuus aux idées, et
I^ <-el effurt si Tain du liouldhisme. si
Hroil, et qui est ))niirlaiil la jilua vaste len-
lilite: d uiiitersaUlé doctrinale ea dehors
Ju rbrisliaiiisme, jugez titi loirncle de la-
r^lliulicité. Ju£3Z-eQ par respai;e si res-
ti tint où se iceijTent (oulea les aulres su-
n<^tés organiques qui peuplent l'univers.
tJ'iVst-ce qufi le jilus grand emiire du
iiiiHi'le sur une carte de géogrophieT Qu'é-
UtV-v-e que cette fameuse utonarcliiu des
V&i«gtes et des Jades sur laiiue.le le soleil
K-MiCoucbait pas r Quelques df^grés de Ion-
iWoAv et de laLilude ont raisun de tuut le
jouroïr humain , et c'est une masiiiie que
léivndue dévore l'unité.
La société ralholiqut; a seule échappé à
rite lui dfs choses Unies. A peine arrosée
tlu !aiig tombé de la croix , i peine animée
du soulDe de la PeiiteCMu, elle a fiainli
rpjipbrale et le Rhin, elle a Ttsilé U Scy-
tliîe , rinde , l'ËlhiOi'ie , et pendant que
l'Empire se pa>lageail entre des mains ou
cnlait de sa terre aux barharcs duut it élail
assiégé, elle répaiiflail , sur la surfiice mul-
tiple du sul romain, son unité ductrinale,
Iriérarcbique, législative, juiliciaire et ad-
uiDistrative, res->erranl et rurlifiant son ot-
ginlsiuesodalb mesure que l'ancien monde
lujrait périr le sien. L'AiiijIelerre, l'Hiber-
D.e, la Gt^^rmaiiie. toutes tes plnges du sep-
teulriuo lui ouvrirent , chacune en son
•riuus, leur territoire plus neuf. Elle passa
\- Cap de Bunne-Bspérance avec Vasco de
bama; elle descendit en Amérique avec
t'.twùtwphe Colunib; elle suivit, la crois î
Isauiii, tuas li>s aventuriers du xv* et du
■n* siècle, élevant à côté de leurs noms
1^ noms de Las-Casas , de saint Louis
Bertrand, de saint Frnnçois-Xavier; fon-
•laiil tfes chrétientés h l'abri des comp-
l-jfs, |iour>utvant el charmant les sauvages
jUM|ue dans leurs plus secrètes furets T
Vu u'est-elle jias aujourd'hui? Où n*est-elle
I as avec son unité tout entière? Voici
i|'j elle s'épargiille sans se diviser dans toute
■•■s baies de I Uréanie. Du haut de sa chatro
urie el immuable, le Père de cent cinquante
Biilllons d'hommes dispersés par toule la
t'fre élève la voix qui enseigne , il est cru ;
i) Dvnime des évéques, on les reçoit ; il
promulgue une lui» on la vénère; i! pro-
I uuce un jugement, on s'y soumet ; il rè^le
il«s cérémonies , on les pratique. La Ois-
lance, la configuration, le climat, rien n'al-
tire la majesté qui commande et l'ubéis-
uocnquf accemplit, on si quelque différence
!e remarque entre le respect qui est pro<:ha
1 Cfluî qui est lointain, elle est toute en fa-
>-ardu pouvoir. Il mesure qu'il est plus
UÂAamié.
Quel miracle l L'Angleterre touche k toot
far sajiulitique et scS vaisseaux; mais di-
fXilt /«T. IL. 4.
CjH) tu. uit, 10.
tes-lui d'élab!irqueli)ue part sa biérarcbie,-
sa législation , s» magistrature et son admi-
nistration, sans s'assujettir, par Uforee,le
point du globi) i/ti elle les portera, l'Angle-
terre croira que vous vous m»quez. C est
pourtant ce que la Home catholique fait (ou»
les jours sans que personne j prenne garde,
tant sa souveraineté organique et univer-
selle est devenue uo élément naturel de
l'humanilé. On a vu cette même Angleterre,
dont je parlais, se sé|)arcr de Rome, la pros-
crire, JuvenLer contre elle des supplices
atroces, el, malgré cet appareil , pondant
trois cents ans consécutifs, Rome a conservé
au sein do cette He superbe une cbrétieatâ
qui recevait ses envoyés, ses lois, ses juge-
meuts, qui priai: avec elle, qiiipensait avee
c]l<','|uisoiiirrai(<;tseréjouissailavecellerqiii
mourait heureuse pour elle. Encoreunefui»
q\\v\ miracle 1 et comment l'cxpliquerl
Ahlje rais vous le dire; c'est que la na-
ture sç révolte contre l'orgueil el la domi*
Dation; mais rontre la vérité, contre la
bien, conlre Dieu, il n'jF a pas de monta'
^nes, pas de déserts, gias de glaces, ui Aa
ioleil aRlenI, ni de mers orageuses, ni de
barrières armées. Et c'est pourquoi le pno-
Shète, annonçant de loin celle puissance
'universalité qui est daus l'Kglise, et s'/
complaisaut d'amour, ne se lassait pas dd
porter à la nature un triomphal déG , ainsi
que nous enlendonslsaïe crier de toute sa
force : Mantagntt, tnontagntt et coUinn,
vou» lerez abaiëiéa ; cAcmini tortueux, tovm
serez redreuét ; genlitrt etcarpit et àprtMf
voua itrex doux comme la p/aitie(33IJ. Et
ailleurs el mille fois : Pattex, pasteipar le»
porlei, préparts la voie au peuple, aplani» -
$ez la roule, choitûses le» pierres, élevez h»
ligne pour<iut tout le monde le découvre (33S;),
Kt pourquoi, ô proubèle? Pourquoi las por-
tes doivHut-e'FJes s'ouvrir, les barrières (oni>
ber, la nature iienlre toutes ses jalouses pré^
cautiunsTAhl réiiond le pruphèln : C'est
gue le Roi vient, il vient aoecjiutice et dau-
eeur , il est pauvre , il ut monté sur un»
Anuse el sur le fils de COnesse (333). Voilà
ce qui ouvre tout et ce qui change tnul.
Outres les parles , laissez passer la Motion
juste, la nation qui garde ta vérité (33i). La
Science n'avnit pas passé ; la puissancu
n'avait pas pnsïé ; Ninive , Bobylone *
Alexandre, les Ruiuaiiis u'avaiciit pas passé;
mais le Fils de l'humniu, nioolé sur le fils.
de l'ânesse, il passera, il a passé, et passé
pour no sortir jamais,
t Me demaiiderei-vuus encore pourquoi?ct
vous le dirai-ie sous une autre forme T
C'est que la véiité donne du courage pour
gravir les montagnes, pour habiter les dé-
serts el s'accouiucffer au soleil. Un mission-
naire part, sachant bien qu'il ne vivra que
dis ans : que lui irnporleT La vérité qu'il
annonce est éternelle, l'éteruité lui rendra
les jours qu'il aura perdus. Nul no vous
rendra les vôtres, ft iiummes qui ne (râvail-
(5">) Mailh. %ii,'^; Za(b. », 9.
tfiÔi)ha. ixyi,i.
WCTIOrtNAlIUS APOLOCETIQUE.
letqae pour vous, nal ne sera rotre récom-
pense aue TOus-iDémes. Mais Dieu se sou-
▼ieot d un verre d'eau donné en son nom;
rapdlre le sa4l, il quitte sa pairie, sa fa-
mille, il se quitte lui-mftme pour porter
jusqu'aux extrémités du monue le verre
tt'eau de la ivérité ; et c'est ce verre d'eau,
protégé par Dieu qui l'envoie, et par la cha-
rité qui le porte, c'est ce verre d'eau qui
triomphe de l'espace oCl tous les conqué-
rants ont péri. Suivons ses destinées, et
après l'avoir vu aux prises avec la nature,
TojroDs-le aux prises avec la chair et lu
De m£(ne que l'espace, l'humaDiléa en
elle des ressources infinius contre l'eipaii-
Sion de l'uni versali lé. La première esl sa
division par race. Car , biuii qua te ^enra
humain sorte d'un tronc uniijut} et primor-
dial; et que le même sang coule uans ses
veines, cependant il a une fuciliié uxtréiue
«t presque ineiplicalile. fa tirer de celte
unité primitive des généralions distinctes
|)ar Iflup physionomie, lums aptitudes,
eurs goûls , leurs mœurs et leur histoire.
Si ces carai'tères dislinclifs étaient varia-
bles et intransmissibles, il n'y aurait pas
de races ; la race suppose k la fois une va-
riation dans l'espèce et la perpétuité Je celle
variation ; c'e^t-fa-dire le concours <i'une
force mobile pour produire la diversité, et
d'une force immuable pour lu uieinlenîr.
Quelque didlcile qu'il soit, de comprendre
ce phénomène , jusquo-là que ile^ savants
ont mieux aimé douter de l'origine com-
mune du genre humain, toutefois, il nous
touche de si près et par tont de câtés , que
nous le coustutons fa tout moment dans les
Amilles, les provinces et tes nations. Qui-
conque s voyagé reconnaît su premier coup
d'ϔi uit Anglais, un Espugnol, ua Italien,
■n Allemand, peuples pourtant si vuis.qs
les uns des autres, et liés Rusemble depuis
plus de mille ans par la religion, la paix, la
guerre, le commerce, les lettres, les orts, et
presque par un même ciel, tant les dilTé-
rencos de climat y ont de modération. En
France ménic, sous l'empire d'une unité
sociale qui a eu sans doute sa gradation,
mais qui a toujours existé |)Ins ou muins,
le type des piQvinces de la monarchie est
encore saisissahie fa l'ceil de l'observateur,
Il ne confondra jamais le Fraof^is du nord
«vec le Prançnis (lu midi, le Breton avec
l'Aquitain, le Uourguignon avec l'Auver-
gnat. Si telle est la puit^saiice de la race daus
qes contrées limitrophes, malgré tant de
causes qui devraient l'anéantir , que sera-
l-«lle lorsqu'il s'agira du Grec et du I Sin-
dou, du Caraïbe et du Clûnois ! Trois gran-
des races primitives, celles du Sem , de
Cbam ut de Japhet, ont rompu le geuie bu-
main en trois branches marquées d'un éner-
gique caraclëre de diversité; et , dans ces
brioches mêmes, la diversité s'est multi-'
pliée presque fa l'iuGni , avec une mobilité
et une persévérance égales l'une fa l'autre,
t-t qui fout du monde moral cequolaUls-
taiic?, la cuuQguratioa et te cliuat uni lait
du monde physique, un tbéitre rebellfj
toule tentative d'universalité. 11 le Tillnii
encore, afin que les races, se conlreliêliii.
Snnt DOS destinées, ne fussent pas fa la tntrâ
u premier peuple qui aurait été le jiluj
fort.
Cet obstacle n'était pas préparé contre la
'puissance de la vérité et de la ctiarili,^;
aussi la société catholique a passé piHtv
sris avec un très-facile élan. Do la raceiie
Sem, où elle avait toutes ses racines dniili.
quilé par le peuple Juif, elle s'est vléB sur
la race de Japhel , qui remplissnit rKuro{>e,
sans négliger l'Afrique . In vieille patrie il«
Chain. Associée aux grands rameaux, sod
mélange avec les rejetons inTéiieurs u'i
plus été qu'un jeu; les barbares, l'unsprèi
rsulre, 1 ont reconnue jtour leur mère; v\
quand les deux Indes s'uuvrirent fa l'OiiEiil
et à rOccideiii devant nus heureux iia<ri^
teurs, tes ciot races de ces nouveaux en»
lînenis ne regardèrent pas fa la jieau li
l'Ëglisa : elle était colorée |iar le san^ilt
Jésus-Christ, qui est le sfing 'universel.
Cette assimilation de la société cathoiiqng
fa toutes les races humaines est d'autant |hiu
remarquable, qu'elles ne sont pas iouleso'i
méms étal de culture sociale, et que, oulre
la dislinclion de leur caractère nalif, ïil<ï
apparlicnnenl encore fa des âges diSérenis,
qui tiont la barbarie, la civilisation, la ili<
cadence et l'étal sauvage.
La barbarie est l'enfance des races. EHa
se reconnaît fa la prépondérance du a>t\<i
sur l'esprit. Le barbare vit du sang et w
de' la pensée. Quand au contraire l'csp'ii
commence à prévaloir sur le corps, c'eii it
règne du la civilisation qui s'aiinoi:ce, rËjjiie
illustre, consacré par le développeuient iici
kures , des sciences et des arts , |iar m
activité grave et simple qui lemplil li"»
eu l'élevant. A l'époque de décadence, ^
corps reprend le dessus, non plus le curi'i
grossier du barbare, mais le ccips poli, |>l^
fumé, usé, pélri d'iuielligùnce, et louliiluii
revenu aux instincts les plus vils, insllDiii
quu l'igiiorauce n'excuse plus, que la vi-
gueur n'i-xplique pas, et qui fout de 11"'^
ainsi tombée le repaire ignoble d'un égoisiiii
délical et subtil. L'état sauvage, te deruirj
de tous, esl le retourfa la barbarie, wi^*
une barbarie ruinée, qui n'est plus ntivu
capable de soutenir les rudiments il'utu
société. I
il u'est pas malaisé de saisir quels m
tacles l'expansion de l'universalité renconin
dans ces Ages si divers des généralions, i'
de quelle souplesse d'orgaues r£glise tloil
être douée pour se les assimiler, sans m<i
Sierdre elle-inéuie de la plénitude de son
ge et de l'éternité de sa civilisation. Voul
savez si elle a réussi. S'agil-il de la Lisrbanej
elle convertitces nuéas d'hommes qui oa
dévoré l'empire romain. S'agtt-il de 1» f
ïilisotion î elle s'est formée au siècle u Au-
guste, vile « formé elle-même le siècle a<
Léou X et celui de Louis XIV. S'agii-'l «
la décadence ï le Bas-Empire esl li |«ur J
diie son action, b'egil-il euliu du l'élal mH"
CAT
oiCTOHeunK apologbtique
CAT
V.9
Tigerdl* a erM !• Piragnaj, et det rires
Éc U PUla «iii l«e« et «Il moDligoes do
Caudi. elle r't*t bJI eimer (uir las tribus
cffwtes il«s deux Amériques . d'un smour
BûTel saiiit, qui louche plus le nsar que
ks scèues mimes des caUCombes et des
■artjn. Bis a donc loot soumis, elle s'est
iMt «sioiilé dans l'écbelle des races et des
ftns saâaui ; les peuples eiiEstits, les peu-
fle* tirila , les peuples vieillsnls , les peu-
pht relearoés k l'enfance. Hais ce n'edt
peÎBlcaeore \i le suecbs le plus décisif de
MM BbiTersalitéi en ayant eu affaire aux
tacet, die a eu affaire ï quelque chose de
pl«s knîble que des différences d'orif^oe,
dccahatccl de mœDrs, elle a rencontré
relistade éi la nationalité.
One aMioo est une race condensée dans
HlemioirvftdansuDeorganisslioa. L'or-
guisalion D'est antre chose que l'utiilé
réwItBBl d'an pouvoir liiérarrbiqne , légis-
IêUI, pMlieiaire et administratif. Ce pouvoir,
ce aonl les enirsillf s mimes de \a nation ,
toate la vie, toute son histoire, tout son
«rsocil , fKiîsqa'elle n'est un corps que
par lui , qu'elle b's^I que par lui, qu'elle
•e subsiste que par loi. Ce seul mot tous
lévilc l'abîme où nous voici tomt>és. Une
nalion est unn unité réelle et organique,
ajraot la totalité desattribuLs du pouTOir,
M par cODSéqueot, lorsque la société catho-
biae, ayant aussi la totalité des allribula
in pcHiToîr, se présente è une nation, «Ile
ae toi drmaude ni plus ni moins que d'ad-
Bdlre cbei elle, k ses foyers, sur ses places,
diB»scs conseils, une autre iiiérsrchie que
sa bî^tarcbie nationale ■ une autre législa-
Utwe que sa létpslature nationale , une
aoift Bagistnture que sa magistrature na-
ii(«ile, uoe autre administration que son
adtainiâtniîon nalioriale, une autre unité
qa» soo niiîlé nationale, une.autre rie que
■1 vie* BBO autre soorerainaté que sa sou-
Kniaeté.Jevoasidjure,celaesl-il possible?
U poêle l'a dit :
te ne paitage pas la grandCBr saorersiae.
El Tmi demande h une nalinn de partager
m poorpre; l'on vent que, comme saint
Martia coupa son manteau en deux pour en
«Mivrir un |iauvre, une nalion cou]>e en
iem% atm vêtement riour le donner ncio nia
k on paavre, mais a nn plus riche qu'elle-
mhacf k une société qui se prétend univer-
■lle. d qui. par le fait, n'a aucune limile
laîgiMble dans IVs|ince et dans le teiii|isl
le TOUS le ré|iète, bomainemeut cela est-il
U bvl bien que la difiteullé soit grande ,
?ii9qoe encore aujourd'hui, tous te savez,
•■tcré l'ascendant d'une chose accomplie ,
fiioM|ae la France soit une nation catho-
^^a« ef que les idées de liberté de ciins~
'Voce J soiect fort goàtées , cepenflant un
_5%» obsuelcak la récouciliaiion religieuse
'■^t es(uï(s, dans notre |ialFÎe, c'est le pré-
^^■sé qui nous reproche d'appartenir k un
"^•^«.-««raio élranger. Je ne le iustilie )»as,
'-^^viU csûle; il est iwrdotioable pcut-èlra
k qui n'est pas éclaint de la luoilire divine,
et qui, laissant de cAlé l'histoire, juge des
choses les plus profondes par cerlaines ap-
Krences ou conclusions du sens commun.
I l'oublions pas dsns nos discussions: s^^-
chons compatir k ceux qui n'ont pus la inénw
foi que nous, et auinuels nous demamloiu
le respect d'un miracle aussi étonnant que
le miracle de la calbolicilé ; car ce miracle,
enfin, malgré son incompatibilité apiurenle
avec les droits sacrée des nations , s'est
accompli. Il est admis en Europe et ebrz
tous les peuples civilisés de l'ancien et du
Doaveau cuatineni, qu'il existe deux puis-
sances distinctes par leur nature et leor
objet tontes Iss deux venant de Dieu, lontes
les deux souveraiues chacune dans leur
sphire, pouvant se séparer ou s'unir selon
des rondiiions équitables réciproquement
acceptées. Ce dogme, k la fois humain vt
dirin, est ri-gardé comme l'un des palladiums
de la liberté el de la civilisation, et, malgré
l'inOuence des pr^ugés nationaux, nulle
intelligence ne comprendrait plus une reli-
gion (Hiisanl Sa vie k la même source que
les droits et lesintéréts temporels, Kouveniée
par les mêmes lois et soutenue par Tes mêmi'S
mains. Notre siècle s'est ouvert sous ces
grands auspices d'un traité entre les deux
puissances, entre la société catholique re-
présentée par un vieillard dont le predéees-
■eor était mort captif, et la société française
représentée par on jnune consul, mais qoo
la victoire avait vieilli avant le temps et
préparé pour un de ces offices solennels qui
fondent ou sauvent les nations. A sa voii ,
malgré le sourire encore vivant du xtiii* siè-
cle, les enseignes de la république et la
croix de Jésus-Christ se baissèrent pour so
reconnaître et se tcucber, el l'Europe élon-
Déa, voyant le vainqueur des Pyramides
couvrir cet eiobrassemenl de la magie de
son renom , connut que Jésus-Christ était
encore le maître du monde.
Je devrais m'arrétcr Ik , car que dire de
plusT Que reste-t-il dans le miracle qui ne
soit révélé k votre admiration? Peut-être,
peut-être I De la race et de la nalionaliié
naît dans le cœur de l'homme l'amour de la
patrie, sentiment profond el exclusif, qui
se nourrit de l'histoire du passé el des sou-
venirs (te notre vie pcrsonnolle, où se rap-
porte tout ce que nous avons vu, fait et été,
depuis les jours bénis de noire enfance ius-
quaux agitations de nolre^inaturilé et a la
perspeclive de notre tombeau. Lk , tout est
saint ; lk, rien n'est à perdre ; aucune trau^
section ne dort toucher le seuil d'un endroit
de notre Aiue aussi révéré. Uais notre ius-
cription dans uue autre société, qui est uni-
verselle , notre adhésion k des pensées et k
des lois d'un ordre plus grand, notre nan-
ciationk d'éternelles destinées ne nétriroul-
elles (ws Jusqu'à sa racine l'amour de ta
patrie? Ici , vous du moins qui êtes chré-
tiens, vous pourt>z répondre pour moi. Vous
savez avec quel art Dieu a fondu dans votre
cœur le sentiment catholique et le scoti-
mcut Mtriotiqiic; par quel uiouvcnK-ut tin-
517 CH. MCTIOUNAIIIE APOUPGETKIOE. CH. »
nia et iiuiianu de roM-»i«n.i.'! , Tiiii» ne Muleij biAlcr lus liitcs, dichfm lB)o,^
tailei Jii'ono leule chose (le 1» maison de nmii, loer lu»Unrie, dfrtcnw lirliii
ïOlreénfinto, de l'église, du cimelière, de» lilUI de Isstienee. J allsis Jusqu» peniir
bois, des ehsmps.ite la prière el de l'emilii». mo loul ca qu oo «Pl^elle peup«,i:«.i.
chers el nieus éléiiwds de TOlre Tie, .loM dire le genre liumem, moiiisquelqnrita
elle n'es! n»8 plus cmbsrrassée que le «sur pfWlégifa, est & il pour crooiiir (teraelit
ne l'esl de Is terre oH elle puise sa sé»e el meni dans la liessesse el dass I erreur,...»
du ciel où rlle respire. L'hisloire du monde qu'il fsut le donipler, comme Is brûle, fu
réound i l'hisloire do voire cœur. Elle a dit la (eim et par I» peor. pnisqu il ne mi
a»ez haut quel toi perloul. dans les ba- pas «Ire lieoreoi, comme es «ose., jiit
laillei el dans les conseils, le dévouement l'inlelligence el le lumière. J étais pie» di
des collioliqoes am jours où le pairie le eespeiisées, el.commeun «ulre Macbiiiil,
réclame. Elle a dil si le poltiolisme s dimi- je les transformais en sjslème, Inmomm
niié daos le monde depuis Jésus-Chrisl , et eireonslsnoe singulière »ml loul 1 eni)
si , comme autrefois , parce que le temple les modifier. . M. Aimé Msrlm mcouUei.
B'est ageendi, on ne combat plus pour l'on- suite qu'en allanl chaque dimaoche i li
M tt te towr, ces deux choses saories que messe, il renconlrail un pauvre outs •*■
les anciens ne séparaienl pas. Le doute n'eel néroble sieillard. secheniinanl «ussi ;j»
pas possible i eel égard. Chaque nation ce- l'église. La piété rapproche les deuith*
tliolique a eu ses M,icliebées ; la religion a liens el le vieillarii, inlcrrog» sur il »
liris parti dsns leurs intérêts sans cesser répond qu'il avait appris A lire, dans M
d'ûlre universelle, elle a béni sans trahison onliince, obca son euré, uii ftie» ùrartkmi.
les drajiesus opposés , elle s chanté la dont il avsil eiMiore reçu celle unie lep».
victoire el honoré la défailo » la fois, comme qu'on n'est Isniais seul quand ou panl ç
llien , du haut do «on lr«oe , malgré la di- 1er à Bleu. Ce fui une révélslion peur I.-
versilé des peuples el des événements, erivain. Il vil ce qui manque è nolrnsiltle,
élend sur lous l'iinparlialilé passionnée de eut pilié des bommos, et uiédila soium»
sooamour, nul ne s'j- Iromiie; loul le mond» lio» drs mérii d« fumlk pour nous r>»tiiil
sent que la patrie et l'Rglise, lé sentiment à i Evansile (335).
national et le sentiuient religieux, loin de L'erreur fondomenlale de H. AiméHl^
s'esclure, se fortifient l'un par l'autre, s'ér tin nous o semblé consister on ceque.prl-
lèvent l'un psr l'uulre, et que, touchant k lenda'il partir de le nature et de l'Euo-
la poitrine ue chacun de nous, le ciel el la gjte, il ne les accepte pas tels qu'ils mu
terre y rendront ce cri célèbre: lirait un triage avstéuiatique dsci lesii
» leus ,e. creur, ^r«.». ,..,. p.tri. est chère. Y.Zl^'i'^-^ZfliftSié^t^StUTS
Cowmenl celle fusion a-t-cllepa s'opérer? |a nalure, il ne s'nllache qu'A un seul eùlj
l*sr quel mystère le temps et l'éternité rso- je calé (tour ainsi dire divin et par lequc
itenL-ilK eo cein Ih même &onT Peu nous nous sommes à l'imaiiH el h U rcssefH'
importe de la découvrir ou de l'ignorer, binnce de Dieu; ït oublie celui partir''
AcceptoQS les bienfaits de Dieu, môme tenante la terre, nous avons besoin, i"»
iiuand nous ne savons pas dans quel trésof dompier nos. passions aiituiales. du m»
il les f puisés. C'est lui qui a l'ait 'a patrie, et du frein de Is [lénileiiee. (Vog- Fia-
cVst lui qui a fait l'Eglise , c'est lui qui a tvivce t
fait aussi l'amour qu'il nous deœandB pour Entrons dnns l'cxameD tlo ses errtuil
"»"• '^«"- sur ie célibat.
CÉLIBAT.— Sous te tilre attrayant d'ff- ji,
ducalion àtt mères de fumillt, M. Aimé
Martin a publié un livru où se cache une
des |Hus violentes attaques contre la catlio-
licisrae. au nom de In naliire vl de riivaii- «Stircenoint, laloidel'Evangileeîlcl^^
gile. Mais qu'est-ce que lEviingile, qu est- ^,(,^^0 irrévocable, comme la bi il'--
te que la nature tl le calliolicisme pour î,a,urp, Ew>ulez Jésus-Christ réik)nd.iul"l
tauteurTToiil cei^uri seul, tout ce qu tl p|,arisi8ns, qui viennent lui parler tlu m
rêve, c est |iour lui I Evangile et ta nature; ^- ^^.j, ^^ ^^ tenter : Navei-voMp
tout ce qu il déleste, il le nomme catlioli- /„ |ci,r dit-il que criai uui créa Ikommi
cisme. La fascination est clifz lui si pro- créa mâle tt femelle, el qaildif.l'ouTfif
fimdp, qu'il croit retrouver dans Boss.iet, ^^^ ikommt auUtera fan père tl w m
Boardslone, Fénelon, ses propres fantômes ^, ,-attacheTa à ia femme, tt Ht stronl J«]
,quil y maudit ou yCBrcsse;.ll vit dans aaiu vnt teutt chi<ir ; aimi. Ut ne temU pi
UDélbinel mirage. deua.vtaiiuMieuie chair. Que l'hommtd»
Cette baine de U. Aimé Martin contre ne sépare paM ce que Dieu a joint... U>i ^
lEglise catholique, c'était autrefois le genre liva que Jésus met sous la «Hrde delaïf
huiuaio loul entier uui" eu était r'.bjcl.L'flu- cl de l.i sainteté conjiig.dp, forsqu il «jo»
leur en fait aiusi lui-iaéme l'aveu • « Ja no lia été dit (lux anrieiit : Vous "«.""T*".
me cousvlais qu« par des violences : jo jutiul d'aduUèit ; moi, je vous du : V^'
j^) Kiutalion^ etc., luuoduciiou, p. S. . .
IMCTHKCU1B& APOLOGETIQUE.
CEL
fu flvra rtforié tnw ftmm» mrte km wuumai$
iàir « 4^ ttmmt CâdtUiir* dont »o* eaar,
• Toilï mmoietil Jésus-Christ sanctifie
■union conjugale lelleesl k ses yeux comme
Boe seconde puJeur qai dérobe la remaie
iu( désirs des hommes.
■ Ifariage . H unilé dans le mariage,
aiiisi parla la Geni$e, ainsi parle l'ETaimile,
ainsi parle le cœur de l'IiomniB h qui il n'est
(.'Mlle d'kimer d'auiour qu'une fois (33fi]. »
Dniteax passages de l'EvaR^le rappor-
lé« par i'aniear de VKducotitM d» wiirtê,
l'un ^ceserit te dirorce : qu'esl-ce qna cela
hit, je TOUS le demande, à b qneslion du
c^itntTl'selre condamne l'adullère: encore
u->e Ibis, qael rapport cela peul«il »Toir
i/aqapsiioo do célibat qui noua occupe?
Le pnsiier de ces fragments doit £lre
insscrîl ici plus «u long que ne l'a bit
M. Âimt Martin.
leapkaritien» l'approekirnil de Jinu pour te
tfmUrtdiaanlzE$l-ii permîià rhommeaeyuit-
iTtafrmme pottr quelque chott que ce loitf K
irile question le SaaTi'urdunna la rt^ponse
Mpjtortée plus haut ^at M. Aimé Mnriini
[<uis il éclaircit une nouvelle difficulté pro-
losée p.->r Tes pharisiens. Alors tei ditctpleM
Ini dirent : Si telle est la condition de rhomme
*ree ta femme, il n'ett pat bon de se marier,
tént leur dit : Tout n'entendent pat cette pa-
r»te, mait ceux i ^i il at donné. Car il ett
in euMmquet rorlii teU du tein de leur mire;
if y m a que let hommet ont faite ewnvqua,
et il y en a qui tt tant faite euna^uet eux-
mémtt d caute du royaume dti cieiW ; que
triuiftipeut entendre, entende. Il bénit en-
ïuile les petits enfants, en disant que la
r>/jame des ciem est à ceux qui leur re&-
icmbleot (377).
H. Aimé Martin n'est pas, il parait, de
ceux qui amteudent ces paroles : il n'est pas
même tie ceux qui les lisent. S'il Ihs niait
fue^, dira it-fl que le Christ, resté vieraeet
giorilîanl ceui qui se rouaient au célibat
.': c;inse du rojaume des cieux, condamnait
''-. célibat 7 Jésas n'a ni condamné ni com-
::ianJé le renoncement au mariage, il a scu-
'emeot laissé entrevoir dans cesccouil élai
une plus haute perfection. Ainsi agit en-
core l'Bftlisa : elle conseille aux parfaits le
eéliliat, mais elle a pour Itéiiir la mariage
00 sacrement et les plus gracieuses pato-
'e». Ne aoaiMile-t-3lle {MSi la [eune épouse
Tn'elle soit belle comme Bacliel et féconde
fomme Lia T Le célibat n'est donc pas coo-
titire ft rSTangile.
^ lyautresontprosrédppuis longlempsque
•! renfincement an m.nriage n'est pas essen-
'^Benienl contraire à la constitution phr-
' ;ae (le l'homme, et que la physiologie
'e duuoe pas un démeuti & l'Ëgiise; je
n36> u n. e. 7, p. U2 et 44Ô.
1537) ««uA. SH.
.■Km U vt, c. 7, p. Kfi.
IMÏj tMttdt, 1. Ti, T. 704, etc.
passe donc k l'élude de quelques autres
diflîcuUés.
Lu rennnrement nu m'irtnge est, selon
U. Aimé \i rtin, un nhomin.ible vœu iPho-
micide cnnire la postérité. Bm Bicii I Fé-
pelon, Vincent de Paul et Jésus-Clirist ho-
micides I Quelques applications de ce prin-
cipe PO feront sentir I élrangelé.
S'il est vrai que le célibat nous soit abso-
lument défendu, parce que sulrf^ment, ■ pour
être agréable k Dieu, il faut tuer dans notrd
sein les générations I venir (338J, » loiXh
les moralistes forcés à dire, qu'au liau de
verser des larmes stériles, la jeune vean
désolée doit £8 hâter de tendre la main |
un nouvel époux, par pitié |K>ur les géné-
rations fc venir qu'une vie de deuil, bien
moins eneore. qu'une année de retard va
tuer. Nous aurons donc à enseigner que le
grand souci des époui doit éire de s'en*
V»urer d'une famille si nombreuse, si fourr
millante, qu'elle fasse envie i Priam, qui
n'avait que cinquante (Ua. La polygamie
même, proscrite par M. Aimé Uartiu, de-
viendra parfois indispensable après telle
guerre qui aura trop abondamment mois-
sonné lians les rangs du scie masculin;
saufr cela, que d'âmei ai ranles sur les bords
du Lélbé chercberaieiit en vain leciieniia
de la vie (339).
Dira-t-ou que toutes ces décision.^ sont
des fuliesT Je le sais bien qu'elles s(in: d'in-
signea iolies, el c'est à causa de cela qutt je
les présente, voulant faire comprendre que
le principe dont elles sont l'application ne
saurait être vrai. Par cnnaéiiuent, pui>(fu»
nous pouvons, sais crime del^e liumanué.
malgré le danger de tuer en nous les géné-
rations futures, rester célibataire la moitié
de notre vie, le prélro et te moine sont au-
torisés & garder pendant leur vie eatiire l4
^ibal.
— Hais vous êtes, nous dit-on, on oppo-
sition avec la nature I — Vous croyez? Ce-
penbant votre |>ieui bréviaire du nouveau
converti, le roman de Kuuss^'au vous répoail :
• Celte nécessité (du mariage) est cliimé-
rique, et connue seulement d>-s gens de
mauvaise vie. Tous ces prétendus bssoiiis
n'ont point leur source tlans la nature, mais
dans In volontaircdépravalioo des sens (3U)).»
— Vovez cependant commerit cette sain-
teté n'aboutit, de chute en chute, qu'à l'a-
blme du déshonneur (34IJ 1— Oui, vous avez
de loin à loin apenju dans In lange se rouler
quelque chose qui ressemble ii un prêtre;
mais, sachez-le, ce clerc incontinent aurait
été mari adultère, comme il y ena lanti ce
D'est [wa le mariage, c'est U vertu qui lui
manque.
— Après tout, quel joog que le célibat 1_ et
pourquoi l'ajouter à tant d aulrus t — J en
conviens, c'est un joug, mais qui lepjusMU-
veut, quaud on regarde dans les coulisses de
{^40) Jntie, W part'ie, lettre 17.
(Ml) <:eiw etqcctioa, la prw^Jeiiie ei la sai-
vanie se irwivcni en ceai Milnub du bvR w
H. Aimé Maniu,
551
DICT10?tHAlRE
la cométlin hiimsiDO, [orati intlniment moini
t>essDt <]ue celui <lu niariogo. Bienhenreax
uioralistHS,'|iii semblent u'arofr jamais ren-
ctMiIré l'hymen que couronné d'une auréole
d'hémisliclies iJe Let^ouvé (ai2}l
Nous avons (-onsullé l'Evanj^ile et la nn-
tiire sur le vœu de c4libiit religieui, et nous
n'avons enicndu ni l'un ni l'autre condam-
ner celte résolution quand elle a été bien
luûrie.
in.
Qu'eit-M que «ini Pml pcnnll du câlQwl 1
« Faite» mourir le» membrti dt l'homme ttr-
reiirt, s'éerie ssint PhuI. Vœu impie I L'a-
pdtee inulile l'ouvrage, et croit exaller l'ou-
vrier (3V3).
< Les ensei;ïnements divins n'ont pas
moins de force que les lois naturelles. Par-
tout il sujipuso le mariiige des prôlres et le
supposer sitns le déroiiGre, c'est l'adnpler.
Que févéqtu toit le mari d'une seule femme,
(lit saint l'aul. Etabtisiex lei ptélree eeton
l'ordre, c'ett-à-dire marie d'une teule femme,
dtt encore saint Paul. Remarquez bien ces
laols: eelon l'ordre, «'est-è-dire selon les lois
de la ualure. Er ailluurs, tors(]u'emporlé [>ar
son zèle, il préconise le cëiibnt, il su hAte
d'ajouter: El quantàlavirginîli,}en'iiirrçu
aucun précepte du Seigneur, el ca que je dis
t$t un eonietl que je donne. Ainsi, le mnltre
II'* fait aucun cominoiideinenl ; ainsi, le
disciple n'ose donner qu'un conseil. l^vAques
de nos jours, où donc est voLre autorité pour
(larler un autre langnijo qtio les ap&lies?...
■ Plus les taites sont (>ri3cj'4, plus on s'é-
tonne de leur Tiolslioiu Couiinent Kome
osa-t-elle les cfTacor de sou livre i la face
du monde [Ski) T ■
Ce lute de («xles et de citations ne voile
qu'un lissu de cooln^seus et d'erreurs.
Saint Paul a 4cril aux Colossiens qu'ils
devaient faire mourir les membres de
ritoinme lerroiilru. A cos paroles, U. Aimé
Martin recule éjHiuvanlë, couime s'il viiyail
dl^jà briller le fer qui mulita Abailard. Qu'il
su ras»ure, et qu'il daigne acliever U lecture
du passasse où se reiicoiiire le vceu impie de
l'ajiAlre. t'aitet donc mourir, dii saint Paul,
les membres de l'homme terrestre qui est en
vous: l(t fornication, l'impureté, le» passions
déÉhonnites, les mauvais désirs, el lavarice,
qui est un« idolâtrie... Ùépouillex-vous du
vieil homme et de tes œuvres , et revilex-vous
de cet homme noutiniu ^i, par la eonnais-
sance de la vérité, te renouveÛt selon l'image
de celui qni l'a créé (SUlJ. Ce que M. Aimé
Martin luaudit comme un vœu impie, c'est
donc le désir qu'avait l'spAtre du voir les
ctirélieus reuuuccr aux vices dont ils s'é-
APOLOCETIQne. CEL 3»
talent neui-élre souillés avant leurconvir-
sion. M. Aimé Martin {«urrait mieux ihoi-
sir l'otyet de ses anathemes pour ue pas Ici
rendre ridicules.
Il n'a guère été plus lieureux dam l'inlel-
licence du pass.igo suivant.
Quand sainl Paul commande kTiteJ'éli-
lilir en Crète des prôlrcs selon Cordre, parle-
t-il de l'ordre de n nature, comme l'itiitanl
M. Aimé UarliuT Nullement. L'apdlre ^ril :
Je vous ai laissé en Crète, afin que tout tor-
rigies tout ce qui est défectueux, que t»i»
élablissie» des prêtres dont chaque vHlf,tt-
Ion l'ordre que je vous ai donn^(sicul elegii
dispnsui (ibi), i-hoitiisant celui qui sera irré-
prochable, mari d'uni seule femme, dont Itt
enfants seront fidèles, etc. {3Vti}.
Cette cilalion nous prouve comUini
H. Aimé Martin s'est peu ^èné pour muti-
ler le texte de saint Paul ; car si cet apOlit,
quand il exigeait que le prAtre lût nutiv»
game, en appelait k l'ordre, ce n'était |Miii
Pordre de la nature, mais h celui qu'il oiait
lui-même précédemment tracé.
Des quatre passages des Eptlres apusln-
lîques dont H. Aimé Martin invoque l'au-
torité, en voili deux dont il n'a compris ni
le sens ni les paroles ; les deux autres ont
été exactement traduits par notre aulrur.
mais il les a tous très-mal commentés.
Saint Paul dit que l'évèque doit ëlr^U
mari d'une seule femme (3VI) , cl qu'il
n'existe aucune règle imposent la virgiuilii
vertu, toulorois,lrès-avanlogeuse et roufomie
b l'esprit de la religion nouvelle (348). FutI
de ce double aveu, M. Aimé Marliii tomice
nos évéques de diro pourquoi, lorsque Jé-
sus et saint Paul n'ont pas commandé le
célibat, ils chargent leurs prâtres de ce joug.
La question seraft embarrassante si l't-
S;lise faisait chaque année uno coosrripliixi
urcée de prêtres et de veslalef:. Hais en esi-
il ainsi T le célibat n*esl-il pas un enrftlemtni
tout è fait libre, tout h fait volontaire r
— Cei>endaut, répond ra-t-oo, si les évé<tu<'^
ne forcent pas à être prêtres, ils forcent In
prêtres è éire célibataires. Jésus et sn
a[)6lres ne le faisaient |ias ; pourquoi t^Wv
différence? — Admettons qu'on ait cru quel-
que condescendance nécessaira aux iireuticr\
siècles de l'Ëglts^; Il convient au contraii«
depuis longtemps d'y renoncer. En effet,
toute société, pour atteindre sod but, peui
emploj'er les moyens qui lui sambleul t >
meilleurs. Or, le but de la socidtâ retÏKieux:
étant la diffusion de l'Évangile sur toute l>
terre pour y établir la tralftrnttà de l'iti»
mense famille d'Adam et du Christ, il fam
A cet apostolat des ministres dévoués jus-
qu'au martyre. L'Bgli:ie lus trouTura-l-éUc,
(3tS) Atttenr iTho poème sur 1* ilirite du (em~ marier, 00 A iixcr du mariage précède mneiit CW'
— Iraclél &ila lu: résullc paï du le&ie c.té par Ù. .Vi-
nié Hariin.
(348) Uiwni aux vierge*, je n'ai point rtt* de co«'-
ntamlemem du Seigneur ; mais voici /« cotittit aa> j^
doHHt, coMiHe ajiani retu da Seigneur la gràc^vi"*
«an miKitire : jt Irottve qtwm ^(ai 0»! awmiUmgm.
{ICof. vil..'
(5») L. IV. c. 7, p. 436.
(»t) L. I*. G. 8, p. H».
(US) Cfrfou. III, 5, eu.
(swj ru. I.
(347) Saint Paul ne voulait pas nue lu prclre eOt
Aé muné ptitsienr* (oia avam iwh unUiwDu.i ; mut*
aatorJMii'il If priilrr, jpieii ïuu urduiaUttu, À »v
n CEL MCTMKSAaE AP01.0CET1QOE. CEL Ut
X) etle bisse rnubir le sandiuire par ta d« H. Aimé Harlin ses inspinlions el k la
(HiirrRlleeadOBle,else(]ii:îdflkaQchoil. charger de comjtOMr, comme puur les mè-
Dus ie jirincii>c, il n'y aTsil ni foule de res de bmille, ud Imité de l'Education de
uudidals autour de l'aulel, ui par (»asé- Dieu. Compruodroos-iioiisineiiilenant que
quent|iossiLilitâdcctioiiljiendîOicilespour l'aoleur ne célébrait l'Erangile que [Hiur
l'ciecttoo des prêtres. L'Eglise écarte dooe préconiser ses propres opinions, qu'il n'en*
luJoieDaiit la multitude en esîgeant, afse eensait le Christ que comme une idole de
les autres conditions de lumière et de m(H son propre aysleme f Uême en adorant
nliti', celle do célibat. Ceât ainsi que. pour Dieu, c'est encore lui-même qu'un philoso-
(l^iobslruer les portes encombrées de toutes pbe adore.
inadBÏuistnlions publiques, oo mullipli*
les difficultés de l'admissioa. L'énergie du ■'"'
ulbolîciame *ieol de sa cLasleté, on le sait
bien; et c'est pour éuerrer cet inrincibla
■iblèie qu'on le veut attacher i la femme
l^kM. Vingt autres nisons non moins puis-
uatn pourraient encore josliSer la disci-
plioe adaelle sur la continence cléricale;
■uù je ■'écris pas un traité sur cette m*-
tiwe.
Jbialenaut qu'il a été démontra que l'R-
Taogile i<r£cbelacoalioence,etque r^îse,
ta rublissaat la Joi du célibat religieui,
n'a f«it que réaliser uo désir du Christ et de
■ Tu sèmeras dans les larmes, s'écr:e
■ Mint Jérdme, aBnde recueillir avecjoie.
■ Ton corps sera couvert d'un affreux cilice ;
■ mais c'est le rfllement le plus magnifique
■ peur t'élancer dans les nues au-detant
> de Jésus-Christ. • {Ldtrt aux virrga dt
la Montagtu d'ffermoH.)
■ Ricbes5e, amis, père, mère, somrs,
■ épouse, l'homme doit se dépouiller de
. _ • lout pour embrasser la croix toute nue.»
taial Paul, somoies-nous plus avancé dans {Celtre à Sépolitn.]
iK-tre polémique aTecU. Aimé lfarlin7Hous * Ainsiparleut les saints dans leurs traos*
jgaguoiu fort peu. Prévoyant la réponse ports I
4u*(Mi lui donne, il a préparé son instance, ■ Cesfslëme viole en même temps la Toi
et Miulienl que eu pagtt favoritant la vio- d'amour et la loi de sociabilité; il brise
Inrc ont été intercalées dans l'Evangile, tous les sentiments de la nature; il insulte
• Les bériiiers de ce livre divin, dit-il, ont D'eu dans son ouvrage. Dire que c'est li lo
l-u eo «Itérer le texte, sans que ie monde but de la vie, ce serait dire que le devoir de
entier se levât pour les accuser. Au milieu l'homme est d'anéanlir la création. Absur-
des téoètu-es des premiers siècles, les té- dite, impiété, ranilé {353; I >
oioias étaient rares, les peu|iles silencieux, ■ J'ouvre sain tJérflme 1 Quelle solliciIudi<,
et les Evai^Ies sans publicilâ (dSOJ. • que de soins, que de sacriftces. pour cou-
Eh bien I pronrerait-oo k I auteur que server la pureté des vierges I... La pureté
cette aUératioo n'a pu avoir lieu, et que les des vierges s'évanouit devant les enseigne-
prtaiers siècles chrétiens, si fervents, ne menis du saint. ,
liireat pas un teoi(*s de ténèbres, ni une
é^Ofue oJk l'on ne s'informât vaguement de
ùduclrine de eel Evangile pour lequel on
■oarait, le lui prouver^il-OD par son propre
hvre, où il « écrit: ■ I.a vie des premiers
cbrétitiiis est sans doute le meilleur com-
lueotaîre de l'Evaogile ; si près du maître,
Voilé que saint J^rAme interrompt ses
{[émissements pour tracer la vaniteuse apo-
ogie de la virginité. ■ La virginité estpré-
■ férable k tout, ■ etc. . . . Hais un rajondu
lumière brilla soudain au milieu de res
flatteries vaniteuses, et ce n'est pas sans
surprise qu'on entend saint JérCme déclarer
t^ disciples n'ont pu se tromper... La doc- que ■ l'Evangile ne bit point une loi du ce-
irioe étaal entrée daus la société, la société ■ lîbat, parce qu'on ne saurait, sans inhu-
deveiMit l'expression de la doctrine (351), > ■ manite, forcer les plus douces int^ina-
<« oe serait point encore Ik une barrière
|«ur ik. Aime Martin. Voyez avec quelle
ireftlcsse il la franchit an nous criant : ■ SI
ces doelrines sont l'œuvre de Jésus-Christf
^ bol les rejeter comme fatales (352). >
C'est à cela qu'aboutit la perpétuelle in-
ToealMMi au Chrut et k l'Evangile ai poéti-
qneafteol duutée par le Meatur des dames 1
« fions de la nature, contraindre l'homme
• k mener la vie des auges, et condamner
■ eo quelque sorte l'oeuvre de Dieu. >
■ Le saint, prosterné dans le désert, sou-
lève te» membres exténués, el, le front
couvert de cendre, il s'écrie : rb coidah-
HKs tis L'oEDvai DB DIEU I Lumlèro sou*
daioede la conscience, sa vertu lui appa-.
kci ne rappelle le mot oruneilleux d'un ralt comme un remords.
»bîkKopha d'Alexandrie : ■ Ce n'est pas k « Et maintenant, A vierge I il dit les ré-
'«fsai aller trouver les dieux, disait ce compenses qui vous attendent; il prédît le
>*6e ea pariant de lui-même* c'est aux jour oJI la Mère de Jésus viendra au>devant
*>«ix A venir trouver Plolio. » De mèmeca de vous, accompagnée des cœors célestes,
''e«t pJaa M, Aimé Marlinqui doit recevoir et marchant la premièreau bruit des tam-
ise dirin législaleur ce qu'il lui platt d'or* boon. O triompha de la vertu, gloire de
*anner, e'eat au Christ à rechercnerau près rionoeencel votre époux, jeune vierge «
^rniEéma^mt^ eic. c. 8, p. 451 (3») L. rr, c. 3^ p. 416.
«•) L. n. c. 5. p. 4i4. lS83) L. n, c. «, ^ 4S8.
laI;L.lT,e.$,^413.
5W Gtt WmONSAIRE
«'avBDcê pour tous recevoir.. . A cetlcTue,
]es angei saisis d'élonnenaent, diront:
Q<retleest celle-ni qui apparult connne ('aube
ma^nale T . . ■ Et les Glles vous ijironl tien-
lieùreuse, el les reines terorit Tutre éloge,
ut les femtnes publieront roire beaulé . . .
«Scèneëlran^ aulaiit que iiiagnifiqiiftl
Aitolbéost! faTIacieuse I Ainsi, luules les pns-
Mons humahTBS, sous une î^vré^sairtle, s*a-
f lient dans le ciel. Avec qutsIarlTe solitaire
veille la vanité, [ktârftière passion des jeu-
nes Slles, et «omme H suit donner b (eor
fniblesse tous les attraits de la sainletél Ua
Dien pour époux, des peiiies,pour m*rche'
pied, des saintes puiircliauibnéres, titis bq-
Ijes pour flatteurs : l'amour, la vanité, l'é-
clat, voilà les récompenses de la modestie,
de la pudeur et de l'buLDiiilé. Le saint exalte
dans le ciel tout ce qu'il coudamne sur la
lerre : Absurdité, impiété, vanité (35i}. >
Ces exirails du traité de lEduealion dw
' ni^rei doivent Ctre examinés sous nlusieurs
^lI>iMts de vue ; d'abord, au pointue vueda
'etai^lilude des cilalîiiiis.
Saiiit Jéi'dtQ» ti'a écrit ni aux vierges <le la
iQonlagne d Rermon, ni h personne autre
ms.parok'S : ■ Tu sèuierasdads les larlnes;..,
ton oorps sera couvert d'un aff'reux cilice, ■
etc. Quelque chose d'analogUé 6 ceci,
mais pour un but loUt ilitTérent, se lildaas
une épitre k RuGn. Saint Jérfime raconte à
RuGu que Bonose, leur ami commun, s dit
adieu à Ses vestes riiitiesseS et aux beaux-
«rU qu'il cullivail, pout-tie' retirer dans une
' lie déserte. « Il y sème dans les laruies
pour moissonner dans la joie... 'Ses oietn-
bres fortt hni-rëur sous un sac difforme;
insis de la sorte ilsetablen plus laclleaitïnt
enlevé dans les nuesau-dbvant du Christ
' (âSS). » On voit comnietit Â. Aimé Martin
aittie à retoucher le travail du saint soli-
tiir^e.
La cbllaboralMn tte hdtre lUttiur se re-
trouve tout a uifsi' marquée dans la seconde
citation tirée de la lettre au prélre Népo-
lien, car le teite original porte seulement :
« Serviteur de 'l'autel, je vis -des iiffraudes
de l'autel j'ajanl la nourriture et 'le rété-
iiient, je serai satisfait, et je suivrai nu 'la
iiroiï nue. Je Vous en supplie donc, et Je
vous répéterai'mtile et Mille fois cet aver-
lîsseuieni :71e cherchez. uas'la pictiessQ du
sièctedans la mi Mi» du Chri^l... Si vous
Gtes malade, que ce soft d'im&ïint[i'ère,ou
dû Yotro scBuc, 'OU du 'votre itfère, en do
irfft d'une persoime dont la prêté 'iail l'ap-
* probatiOn générale, trae voua recevrez res
>0>ns. S^yei soumis a votre év'fique; vous
aVézeD'lUibîendm lUres à vénérer :-it est
ïuutrie, pomlfb et votre oncle. . . Fiiyezéga-
leoieot ddiis Tos'vigtemfnts la reéhercin ut
' la négligence.. . Vb vous imposez de jeA-
nés ijuecequffvon^ pouvez supporttirfïSÔ-).'»
Le rtGle'del'éptirt: est timtiitjpii^ par la
(36i)L. IV, e. 7, p. i37elUI.
(355) Ep. 3, Mil. HlgHC.— U lenre'UiiTiitges
d'Heniimi {att» JfmowiW!*) est la «—'*—
'SM' iV- sa.
AMtOGETtQlUE. iXL ^
ra6me''prDttpncc clirWtrnne. Il feul doiie
Mpportcr à M. Aimé Martin loulseulli
gloire lie cette éloquente énumérMion -, <
■ Richesse, ami, père, mère, sceurs, fpousc] i
l'homme d <it se déjioaiMer 4e tout. •
Je ne m'arrélcrai pas k niontrpr qn(,
quand saint JérAme est convenu nue lu re-
ligion n'im|K)se h personne la loi (lu eiiibtt,
'il n'en a pas aftpelé, qiiiTir|ue U. Aimé HaN i
lin préiendetraduire les propres paruleida i
s.iinrT, ■ aux 'plus donues inciiiralions ie la
nature, ■ etc. ; il ; aurail une trop Inugae
citfilion k extraire de la lettre ii BqsIq-
chium {357).
La transcription des textes de saint ié'
Tdme est donc eitrAmêment fautive dans le
livre de l'Educalion âet mirei de faniltt.
.De celte ineiactilude matérielle ii en ul |
résulte nécessairement une antre : c';;! i
uue l'auteur impute k l'éloquent Père de
I Eglise une doctrine de laquelle il suimji i
' que h but dt ta vit êeraif de briter tovi la
tentimmti de la natnrr it d'anéaruir ta ak-
tittn. Saint Jérôme a cru et «nseigné quele
but essefrtiel de la vie c'est la verla.qut
chacun peut pratiquer dans l'état où Bitii
l'appelle : Népotien dans le sanctuaire, Bo-
nose au milieu des pochers déserts de so»
lie, d'autres dans te mariage; et s'il ne dil
pas, comme M. Aimé Bnrtm : Hors de Vhj-
men fKiintde sslut'l il n'a jamnis dit wa
plus : Point de snlul'horsdo céliliall
L'auteurde \'EducaH<tnde§ méret a yrt-
sente d'une manière plaisante cette conw!-
«ionde saint Jérâmeala lâiblessu hmiisiiit
Selon lui,*lu «aint prosterné dans le déseri
(quoique ce solide Rome que saint lirtme
a éi-vii l'éptire on question L338]}, le saini,
Ginivert d« cendres, souleva at'S memlirti
exténués, et pousse ce eri, qu'il n'aeeiiMi-
dant jamais fait entendre ; mb cOHDiMiu
TM L'oRUTneiDB DiBu I M. Aimé ll«rlin n^l
même que le solitaire souffrit alors de »
vertu cumme d'un remords. Il s«? peut tiuc
'toutes ces rêveries fournissent un jour i ,
quelfjuc' peintre un digne pendani k laC**- !
m«nt«ti-Â tainl Jéféme du J>omîni()Qin> ,
mais ce nesnntlh quede podliques f>i>-
taisies.
Ne dirait'on pas que c'a été par hasird i
qu« le saiirt panéttyriaie de la virginité' i
retonnu que le mariage est da liieuT El |
pimrtant il e (tresque'aussi souvf al rap|K)4
cette vénérable origine de l'union conju-j
gale qu'il a célébré lemérite de lacouli-;
nencereltgieuse. ■ Suis-je donc si ignortut
'de l'ËcHlure, écrivait-Il à oeustiui déjà lir
■son i«flips INojnriaient sans l'uvuér hj, «s<-
' ce- donc la firemièrefols-titte j'ootrelesl--
vres seuréfi, pour qUej'eie pu ue pas re»-
peuter'la ligne qui flépara le 'inmiaise et la
firginiiéT«ar>s-deule'jwn{««irai {«s «a qu'il
e éié dit : « Ne sots pfts -plus Bt>t;a qu'il nu
«'fout. *...'ApriéFe les talountiateurs-l»
(357) Ep. 2Ï. ad EuHotbium.
1358) < thi a lapidé royu^Mle.aurla.vIfeiiiitë qui
l'ai écrit k Rome p9or>U :saiiiie JSusludiuuu. i
[Kpiire à tltpoiUtt.)
faïM léiôir.« répoaëail è oo de Ms ■d*^
■mném», tiMBeoap Irop fier 4« ca qu'il
«fait •Êgr^Uimtwt «ofueté d« moraie «ttt
èa éamt» : » Non d«moo oupliis, nui
ëiBim aMijogium ; et ut eertius waleo-
lim meMB leiieal, Toio omnes, qui propiQT
MdariHM forsan melus soli eubilare noo
IMjJwl, oiwes dticere (359). ■ Ceci o'iu-
4ique guère nos Ame lourmeiriée par m
tCTMceaawporMtreawrtfs. el ne reesfiu-
bie pu an lonl h ce lai^Bgo de Gcssner et
4e noriao que M. Àiioé Haiiia bit parler
SeMenmseceorek eiaminer si les ea-
atipMMBBla du saint aoi pieases viciées
aoBl dmgereiix pour leur iuBocaiiee. M.
TritaMM D« le pense pas. Chose bien cei^
CsiBa^ c^ol que saint iérAme ne s'alteodcU
foèra qÊm sur ce point le oeoseor serait un
■nralisie eonseillanl la leelurede ie Mon-
wtUt B^mHv, nt appelant dma \e-iivre où
1— Mf— peint lea ■raoïirs de soa Jeune
bille faao}.
i'avoae que le sotilaire de Be(bl£en> a
peribâ vne ondilA d'espression peu aca-
déniqae ; j'arooe encore qu'il demande
fréquenneot ses images et ses tableaux i
la Bible, dont l'aotiqM simplicité est si
étrangère k nos axears modernes, et' c'est
ti le reprodw ordinaire fomuM eonire les
-aaieors aseéliqoes. Hais une remarqae psj-
cfaoiogiqneess«ilieHe, el que les eriliques,
il parait, n'oui niallieureuseiiieiiL pas eu
l'occasioB de faire, c'est que, quand des
booches pieuses prononcent ces paroles et
q«e de pwuses oreilles les recueillent, on
tel langage ne porte an cœur et è l'esprit
qa* de pieuses impressions. Il 7 s sur oela,
entre ImBime scosuel du mom'e et lecbré-
licn, la même différence qu'on a remarquée
aire les asdens et les modernes pour cer-
laios tableaux littéraires. • Dans la pein-
tmr des vdlnplds, la plupart des poêles an-
tiques, dit Chateaubriand, ont à la fuie une
nndM et une lAastelé qui étonnent. Rien
de plus -pudique que leur pensée, rien de
pm» libre que leur expression : nous, au
cootraire, nous boulefersoos les sens en
ménageant les jeui et les oreilles (36t}. »
CcHa sage et fine remarque s'applique
IwM aossi bien aux écriu ascétiques qu'à
Il poésie; ils charment sans péril les es-
iril* aDxquels ils sont destinés.
Que si absolument on veut qu'il puisse
le Imurer parmi lue lodricestle saïut Jé-
rtaitt une si délicate sensiiive que l'air
aftie agité par certaines paroles la tour-
meole, je répondrai que cette lierge d'une
iwghialiOB iiop irascible doit laisser de
cAlélas éloquentes épllres, mais que l'on
n'a riea h reproclier à l'écrivain. ■ Va eu-
(ear «érleu«« a dit La Brujèrs, n'est pas
cAiligé de remplir son esprit de toutes les
faS») -Ep. U, wl Pammtcki»m. — Ep. 50.
<360) M, YiLLKUia, JaiUa* 4t rElaqurna ekré-
a*M(, an. &MI Jérôme.— U. Alnté VisTi:*, Edt-
«atÏMi. cû., I. I, C. 3, p. S7.
Çmf Gémir ém eknUiàtiitaU, U* p^lie, I. u.
AFOLOCETIQUE. «»L SJB
«xlravagances.de toutes -les saletés, de Umw
les mauvais mots quv l'on peut dire, et Je
toutes les inqkl<-s applicalÎMis que l'nn
peut faire au sujet de queli^nes endroits ite
son ouvrage, et encore moins de les sup-
firimer. Il est convaincu que quelque scru-
puleuse eiActitude que l'oa ail dans sa ma-
nière d'éorire, la raillerie froidedesmauvais
■plaisants est un mal inéntable, et que les
meilleures rboses ne leur servent souvent
Îa'h lenr faire reoeoairer nne sollise (36â}.>
es réflexions justifient le Père de I Bijlife
bllmô par H. Aimé Uartin, el sont une.le-
Qon bien méritée pour ce censeur qui, à
propos d'excellentes choses, rencootrsotce
-que La Bruyère ne crsint |ias d'aftpeler une
aotUie, assure que saint Jérdmedouneiux
vierges dans le ciel tiei reiuet pour awreAr*
{lied, des sainles pour chambrifret et qu'if
tur y prodigue c< qu'il csadomiie swr la
terre,
Uaia non, il n'y a aucune conlradiclioo.
tu impû, ni absurde, entre les conseils et
les promesses du saint, qui n'a jamais coa-
.damoé «ir la terre ce qu il exslie au ciel.
-Il n'a pas condamné l'amour, mais il a dit
qu'il existe un amour plus pur que celui
de la chair; il n*a pas condamné la gloire,
mais il a dit an'il existe une gloire plus
durable que celle dont le bruil se perd ici-
bas; en un mot, il s'est bien gardé d'élouf-
fer les passions, comme on le lui reproche,
.mais il les a dirigées vers leur satisbction
la plus entière, (jucd le saint rencontrait
de ces âmes dégoûtées du monde ou peu
tentées de ses plaisirs, il lesélevaitau ciel;
c'est Ik qu'il leur montrait eumpîèlee, par-
faites, divinisées, ces jouissances dmit le
monde ne présente que la vide et fugitive
image. 11 leur disait, maiï en orateur, en
C>ëla inspiré, précisément ce que II. Aimé
artin dit aux mères : ■ Hélas 1 que serait la
vie, si elle se bornait k ce monde avec des
-désirs qui vont incessammant au delA 7 Tout
ce que l'homme chcrcbe, entrevoit, aime,
adore, oiï est-il T Nulle |.art ici-bas. La mort
doit donc nous le donner , nous donner
ce que la vie nous montre (363). > Or,
saint Jérftme précbaît-îl autre chose aux
vierges t
Par deux tais M. Aimé Martin s'est écrié :
jlèsHTdjI^, impi/té, taniUI El moi je dit:
■Pitié pour le censeur qui, afin de trouver
dans saint iérfime de Vsbsurdilé et de la
vanité, invente des textes ridicules I Pitié
pour !e censeur qui, aiin de trouver im-
pie un grand saint, lui fait promettre Jé-
.susanxvierges commeMahomet promet des
.bouris k ses crojautsl
|W.
VEfiiae pâallive «UniMUe pw U tmUU \m na(M
an célibat f .
« C'est nne remarque des Pires de l'Ë*
C.5.
(3C2) Lt BkCTfcsE, Carattirtt, etc., ci: Detetf
rraaei dt rnprit,
(363; L. ni, c. 30, p. 357.
•S5B
CKL
MCTHEINAIRE APOUKETIOUC.
gKso qu'on nviiit trouvé les Tnay^nn d'ao
rroltrele nombre des vierges eonsacrées en
Ihs comblant d'honneurs et de privilégos.
Par exemple, il n'était permis qii'k elles
seules <le namltni sans voila dHiis l'égliso,
el celte uistinctioD vaniteuse inspira |)lu8
d'une vocolioo suirie de plus d un scan-
dale, comme on peut lo voir dans le
Iraité de Tertnllien sur le voile des vier-
ges (304). .
Les privilèges des vestales chrétiennes,
qui. ou dire de M. Aimé Martin, semble-
raient les avoir environnées de la pompe
d'impératrice proilit^uée aux vestales de
l'idolftlrie, consistaient h avoir une place
h l'écart dans IVgtise, el k se voir quelque-
fois admises au rang des veuves , pour
visiter les îDfirmt-t et instruire )es femmes
qui se préparaient ou baptême (36S}. II n*/
a pas de doute que c'était là un avenir
singulièrement tentateur pour de jeunes
Hlles, qu'elii'S devaient sacriSer ssns peine
l'esiiolr d'un époui et d'une joyeuse fa-
mille h l'espoir bien autrement séducteur
d'aller, peut-être, quand elles seraient vieil-
les, visilvr des malades et faire te caté-
chisme. Comment des cœurs de dix-huit
ans n'auraient-ils pas été pris au piège de
ces promesses}
Seulement je ne sache pas que jamais
père de t'Eglise ail remarqué que, par cet
appftt ou par tout autre, on eut trouvé U
moyen d'accroUre le nami^r* dee vierge» cofl-
(Acr^M. Pour répondre k la vague affirma-
tion de U. Aimé Martin, je ne consulterai
pas les écrits des anciens auteurs ecclé-
siastiques; je me bornerai k parivr du voile
dont étalent délivrées les rierges, k ce que
l'on assure.
Or, la liberté de ne plus emprisonner
sous on voile jaloux les grâces de leur
visage ne devait-elle pas gagner au vou
de GOiilinence de vaniteuses jeunes Qilesl
L'étégani préceflleur des mères, le savant
correspondaul de Sophie (306], a trop B\t-
profondi les secrets du cœur féminin, pour
que nous ne croyions pas, sur sa parole,
qufl les jeunes tilles renonçaient au ma-
riage afin de pouvoir attirer sur leur vi-
sage sans viiilu les yeux des hommes dont
elles convoitaient la tendresse; mais on
ne peut lui accorder aussi aisément ce
qu'il dit de l'eiisieDce mémo de ce privi-
lège. Il n'y avait point de privilège ecclé-
siBstiaue qui exemptAt les religieuses de
se voiler.
Les femmes moriées portaient un voile,
les fiancées en prenaient un assez généra-
lement ; mais en beaucoup d'endroits les
lilles restaient sans voile, qu'elles songeas-
sent ou non h se marier pins tard. C'est
contre cet usage commun h presque tou-
tes les lilles. même ceHesqiii danleDtMdi;
su vouaient «u célibat, que s'éleviieiU Tm-
liillien et lesreliKleiiaes propremenldiLn.
■ Je montrerai, s écrie raoteur aTrioiu,
qu'il faut voiler les vierges ehrëlianmi
depuis qu'elles sont sorties de l'enrann...
Le démon soulève les filles des liommei
contre les vierges de Dieu, elles font pa-
raître Jeur audace par la témérité «tccIi-
quelle elles se découvrent... Ces Ollei du
monde se récrient qu'ellessont scandiliséei
de ce que les servantes de iésus-CbruI
voudraient être voilées, et ellei tiaati
mieux en élre scandalisées que les imiter.,.
Il y en a aussi qui voilent Rébecc«({ei jUbt
promises m mariage) ; mais pour lesBuIr»,
je veux dire celles qui ne sont point Siih
céfls, n'aurailK)n pas raison d'eu user <le
même f Les délais que les parents ipFw-
lent \ les marier, ou b cause de leur ii-
digence, ou parce qu'ils ont peiiieà Irounr
un gendre qui les accommode, et le m
même de continence qae quelques-nb
font, prouvent assex qu elles sont danin
même condition... Jamais l'Eglise d'ï k-
cordé déplace poriicutiëre auxvierjoiponr
les honorer, tant s'en faut qu'elle aitToum
qu'elles soient disfinguéus par quïlgut
marque honorable (3Ô7). »
L'absence du voile n'était donc|Mis uni
faveur accordée par l'église à la cui}uvUt-
rie de set viei^os, et Tertullien n'a |>»
été compris par M. Aimé Martin. Qub"
dernier a donc raison dédire : ■ Ces Viia
de l'Eglise qu'on vante tant et qu'on M
si peu (368) I ■ Il le savait par<i|>érii.nR.
<;ÉLIDOINE,évêque de Besancon, il^!»^
par saint Hilairs d'Arles; erreurs liiiK"'
ques réfutées. Voy. Hilaikk (Sainlji I >*
et suiv.
' CELSe,cequ'ilditdespreiniarschr£ti«»i
Voy. MVTHISHB, S VI.
CÉKËALES, d'où originaires, rsy.aoait
art. I.
CËItËMOmES du culte. Voy. CuLTX-
CEIITITUDE; exisle-t-elle dans l«<l«;
trine du progrès continu de M. P. Leraiit>
Voy. pRoaaËs continu. J
CËSaR; esl-ceft lui qu'on doit alIfiM
1.1 deslriiclion de la bibliothèque d'.VI»'<H
(irieï Voy. BiauoTUÈQUB d*ALEXiSPii(J
S 111.
CHAIR ET ESPRIT, sens de ces woH-
Voy. EucHiwSTrB, { 111. — Mangtr tathm,
signiHcation de ces mots dans la ln4^
sainte. Voy, KucHiaisTis, S I. — Cbiifi
comment devenue instrument de tébibAf
talion. Vou. Mal, art. I, j V. ^
CHALCIDICS, platonicien, cité surl'éinV
dvs mages. Vou. NtissiUCK bb i&sus-CBiB^
I II.
OHALDËENS. — Ou fl prétendu que»
(3U)L. IV.G.7, p. i<l.
(3U5) FutiKt, Kœan iti ekrilU»t, e., SI.
(5UV; On sait que U. Aimé UarUn i publié vn
vnluniu de Lettre» è Sophie mr /s pAyiJfM, ta cU-
mie, etc. J'aimcraii itresiiue auiani meUreParny
cuire les mains de la jeuueue qu'une bonne psnie
des pièces de «en mêlées i ces Lctiret. .
(5tiT) Bu «otfe det tîtrgeê, { 1, 2, 9, 7, Utl'
PgttlhioH littiraire, volume înuiulé : C*otJ( «« ■
KMitUHlt primitifi de rEgtiie thritteme. D. 1m.
(368) t. IV, c. *, p. 469.
au
NCnOKÎIAIRl iPOLOCETlQUE
amules InitDnqDes el dironologiciaea, aasst
bimqiie les coonsissancesaslronoiniques
iêt Ctuldéens, leur donnent une antiquité
qui bit renonlFr lenr uiialence bien as
delidn temps auquel la Genèse fixe l'ori-
pae de notre planète.
Les Chaldéens on Babyloniens sont sortis,
rnoiBeonsail, des anciens Assyriens ^360).
Or B^rodote, seton h remarque jadicteose
de Curier, ne donne k la suprématie des
A'Jrrieiis que 690 ans de dorée, et n'en fait
rcflMMtrr rorigine qu'environ buît siècles
avanllaï. Quoique avant consulté tes prêtres
i Babylone mtaifl,'il n'y a pas seulement
spfwifi te nom de Ninus comme roi des
Aunicns, el il n'en parle que comme du
yin ^T&Kren (370), premier roi Héraclide
«w Lydie. Cependant il le fait fils de Bélus ,
taul il j avait alors de coDHision dans les
«"oreairs. Hais ce n'est pas sa seule mé-
fMTse; s'il parle de Séœiramis comme de
feue des reines qui ont laissé de grands
ntMMunenis è Babylone, il ne la place que
sept générations avant Cyrws, landis qu'Hel-
lauieus, salrefaislorîen son contein]iorain,
atirîlioe la fondation même de celle ville \
CluliJaus, quatorfième successeur de Ninus
i3ït). De son cdlé, JUrose, babylonien et
|TCire, qui écrivait fc peine cent vingt ans
apris Berodole, donne fe Bnltylonenne nn-
liqaité prodigieuse; mais c'est t Nabuclio-
4oDosor, prince relativement très-moderne,
qu'il en attribua Jes monuments princi-
fMi (372}.
Hais ce qui prouve surlnnl le pea de foad
qns l'oo doit bire sur les annales oue nos
■dreruires noos op]>osenl, c'est l'hisloire
deCynis.Toutcequi se rattache è ce prince
isla«sez remarquable pour que son histoire
Ht r^rfsitement connue et même tant è fait
(«palairc ; efa bien I Hérodote, qui ne vivait
^M cent ans après lui, avoue qu'il Psislail
M|i trois soDlimenls différents ; et, en uffet,
•fixante ans après, Xénophon nous traça
oe ce priDce une bitwraphie toal opposée à
celle d'Hérodote.
Ctésias , contemporain de Xénophon ,
poisq ne, comme eeJDÎ-ci.H suivît Cjrus le
JroDe dans soa expédilioo contre son frëra
Iftaserxès, prétend avoir tiré des archives
wyales des Uèdes une chronologie qui re-
cule de plus de huit cents ans J^rijjina de
■iiDOiurcfaie assyrienne, tout en laissant h
|i téfe de ses rois ce même Nions, fils de
^tlus, dont Hérodote avait fait un Héra-
'■i4e, et en même temps il attribue à Ninus
n « âéniramis des conquêtes vers l'Occidtu t
d'une élcndue absi-roment incompatible
non-teulemenl a*i<c l'histoire juive, mais
encore nvec l'histoire égyptienne de ce
temps-là (373) ; en quoi il se Iroirre furmei-
lenenl cnnIredilparBI^giislhëne; rar. selon
ce dernier, c'est Nabacliodonosor qui a fait
ces conquêtes, et qui les a noussées par la
Libye jusqu'en Esjiagne (37i).
L histoire de Sardanapnle offre encore
l>eauroup plus de coniradictioiis dans les
différentes réfutions historiques qui en ont
été faites. On savant a cm les lever en
essayant de prouver l'existence de trois
princes de ce nom, tous trois victimes de
malheurs semblables (375); è peu près
comme un autre savant veut trouver anx
Indes au moins trois Vicrauiadiijia, égale-
ment tous les trois héros d aventures
pareilles.
C'est sans doute le désaccord et tes con-
tradiclioBs de toutes ces relations qui ont
fait dire ft Slrabon, que l'on doit ajouter
plus de foi k Hésiode, è Homère, qa^
Ctésias, A Hérodote el autres écrivains
semblables (376).
Lorsi^ue dans le v* siècle avant Jésus-
Christ 1 histoire des Chaldéens se trouvait
enveloppée de ténèbres aussi épaisses,
comment veut-on que Bérose ail pu les
dissiper dans le ni'T Comment pourrbit-
on ajouter plus de foi aux quatre cent
trente mille ans qu'il met avant le déluge,
et aux trente-cinq mille qu'il pince entre le
déluge et Sémiramis, qu'aux registres de
cent cinquante mille ans qu'il ptétend avoir
censullés (377)? Ce n'est qu'ï l'époque du
second empire d'Assyrie (378) que l'histoire
des Assyriens et des Chaldéens commence
ft devenir clsire; è l'époque où celle des
Efryptipns le devient aussi, lorsque les rois
de Ninire, de Babylone el d'Kgypte , com-
mencent k se faire la guerre datiS la Syrie
et la Palestine. Quant k ces trente-cinq
mille ans et ft cette grande suite de rois
que Bérose place entre le déluge et Sémi-
ramis, c'est une chose nouvelle, entière^
ment propre à cet écrivain, et dont Ctésias
et ceux qui l'ont suivi n'avaient pas eu
l'idée, qui n'a même été adoptée par aucna
des auteurs profanes postérieurs k Bérose.
Justiu et Velléius Palerculus (379) consi'
dèrent Ninus cumme le prtmier des con-
quérants, et ceux qui, contre toute vrai-
semblance, le placent plus haut, ne le font
que de quatre mille ans antérieur au temps
présent (3S0).
Nous demanderons maiolenant s'il est
t^CV) Om fistingiie deux empires assyriens, I'ud, L tv, p. $87.
«H. adM qndqnes savanU, esi le |>luii aiiticri de (575jror. dans les Mémcint de fÀouliitlit dm
"•• le* reyawBcs, el qu'on nomme généralement BiiUi-Utiru. U V,le Himoirt de Fa£uT «r Pku-
" fremèer tmpirt dtt Aufrient ; l'aulfe, qui fui toitf da Atofritiu.
■^- ™-i. I. j;.i.i™ A .;... en jK^^^ j^ ^3,gj ST«i»o, L si, p. 507.
ei qu'un appelle (317) Vof. Gemge le biMCEUi, Chmi,, p. 38, S9.
c tfrih h dîviiioa du premi
-«-w pvypietnt dî(e,el Batgioi
'^ «T>e«e>|aeuce le itcond.
Zl») IttBM., C/to. c. 7.
I571J >'0f. Evicias de Bfunce au mot C&oUci.
. ZH} JtMCM., Conirn Apfiiom, L i, c i9,
'ii^l IN«KM. Sic., I. ».
\Z1l} JoaKM.,t'MUraApf)fm.,l. i, c 6; Stum.,
DicnossAUB APOLOcÊngi;!. 1.
(578i Voj'i pluf
(379) Jdstm., 1. I
\Sea) Voy. CcitEk, Diuom^ «
p. il5-2l!l.
nCTlONHimE APOLOGETIQUE.
Cli
Kt
uermis d'opposer k la dirooologie mosaïi^ue
•ur l'origine do monde, tes auaaies bisto-
riques des Cbatdéens? Ûais Tojrons si les
eoniiaissances astrooomiques de ce people
lui donnent la haute auliquilé que do> td-
Tcrsairas lui attriltuenl.
Les Cbaldéena éiaienl un peuple qui
habilail de vastes plaines, qui vivait sous
un ciel toujours pur. toujours serein; il est
done tout naturel de croire qu'il ait été
yOTlé h observbf le cours des attres, mfim»
dès l'époque où il était encore nomade, et
où les astres seuls pouvaient diriger ses
nuHrses peodaut la nvit; mais la quesliun
est de savuirdepuis quaod ils élaieut astro-
nomes, cl jusqu'où ils ont poussé l'as-
'IronoiDW.
Voltaire, dans sê Pkilaio^t de Vkiiloirt,
prétend, il est vrai, que Callisthëne envoya
de Babylone au précepteur d'Aleiandre le
<îrand des tables de mille neuf cent trois ans
d'observatioDs; et que ces tables astrono-
miques remontent précisément à l'anuée
3234 avant notre ère vulgaire, époque assez
voisine du déluge, et qui montre que les
Cbaldéens étaient déjb astronomes; mais
^d'abord, en admettant l'a uih en licite de ces
willtt neuf cent trois ans d'ebiervatious,
comme fait l'abbé Girard dans ses Leçttnt
■du ihiiloira, nous remarquerons avec lui
■que non-seulomeni ce temps ne dépasse
pas la cbronologie mosaïque, mais quil est
inférieur de quatre cents ans àlafeuduliou
-ïla royauDie da Babylone pur Numnod. Eu
■second lieu, ces tables astronomiques n«
sont oulieriient authtiniiques, coniueBullut
l'a prouvé fort au long [3S1J. Car ce iaiiu'esl
l'apporté que parSimulJcius, qui lui-même
ne le tenait que de Porpliyre; or le téuioi-
tgnage d'un eouemi déclaré du cbristia-
iiisme , qui virait six ceuts aos après l'évé-
uemeni, ne mérite aucune coatiance; d'au-
lant.plus que son témuignage est contredit
£ar plusieurs auteurs plus anciens que lui.
'abord Aristote, h qui l'on suppose que ces
«ilâervations ont éié envoyées, et qui s écrit
quatre livres du Ciel, dont le second traite
tmpkmentdes astres el de leur mou vemenlp
n'eu a jamais rien dit. Epigène, cité par Pline,
sous le iioin. d'auteur grave [auctor gravii
imprimii), ne parle que de sept cent vingt
ans d'observations célestes faites par les Ba-
byloniens [3821. Itérose u'a trouvé, au rap-
port du mémulMinc, que quulre cent quatre-
vingt-dix ans jusqu'à son temps, durant les-
quels les Babyloniens avaient observé les
astres (3S3J. Critodème, encore cité par
i^Iine.cunvienliiarfaitemenl uvecBérose sur
ce point (384). Kntlu •. Ptolémée, comme le
remarque Delambre, nous dit bien que det
écliptet ont été apporté» dtBabylont; il tu.
calcule plusieurs, mais la preinibrsnt n-
monte qu'6 l'an 780 avant notre ère, a'ui*
i-dirt à l'an 36de Nalionassar; s'il y ea mil
fa de plus anciennes, il n'eftt pas maaqat
de s'en servir pour la déterminiltop do
mouvement de la lune ; et une preuve ntti
bonne qu'il n'en avait pas, c'e»t qu'iliphj
pour é|ioque de ses t»bles la première année
de Nabonassar. Son iutenlion était que ici
tables servisseni au calcul de Iculei in
éclipses, tant passées quefulures;i]ne«iii-
naissait donc trés-probabltmentauranaoli.
servBtion plus ancienne que Nabonisui
(3851. • Parlant de ces mêmes oLtservaliou
de Ptolémêe, Cuvier ajoute; ■ SHes août
grossières; le temps n^y est eiprîmé qu'en
tieures et eu demi- lieu res, et l'ombre qu'en
demi ou en quart de diamètre. Cependant,
cunimu ulles avaient des dates certaines, \»
Clialdéeus devaient «voir quelque couoait-
sauce de la vraie- longueur de l'anoi^ et
quelque moyen de mesurerletemps.llsi»
raissent avoir connu la période de dii-bél
ans qui ramène les éclipses de iune daailt
même ordre, et que la simide înspeitiuiid!
leurs registres devait prumptemeat letii
donner; mais il est constant qu'ils nessvaieai
ni expliquer, ni prédire les éclipses de so-
leil.
« C'est pour n'avoir pas entendu aDpai-
sage de Josèplie, continue Cuvier, que Cis-
sini et d'après lui Bailly, ont prétendu ir
trouver une période luni-siolaire de sii cenli
ans, qui aurait été connue des premiers [H-
Iriarclies (386J.
> Ainsi tout porte è croireque cetlegrandf
réputation des Cbaldéeus leur a été Uile'
des époques récentes, par les indigna 5u[>
cesseursqui, sous le méuie nom, vendaieD'
dans tout l'empire romain des )ioroica|it)
et des prédictions, et qui, pour se priKum
plus de crédit.attribuaieuta leurs ^tami
ancêtres l'houBeur des découvertes ^
Grecs (387). ■
Apres avoir dit qu'on ne trouve cliei I"
Cbaldéens que ([uelques observations grui^
slères d'éclipsés fort mal déteriuinévssou^
tous les rapporta , et avoir prouvé ijui
cilles que Ion prétend avoir été eiivo)'ée
parCalIisthène à Aristote ne sont nulleniea
au ttieoUques, Delambre ejoute: aCe naiti
sorti deplusingéniauide l'éculectialdéenat
c'est sans aucun doute l'iiéinisptière creu
de Uériise, le premier et I» plus répandu di'
cadraus solaires, et le premier londeniei
de la gnomuoique. Uais ce cadran ne saf
po&e d'autre connaissance que la furnie <
le mouvement sphérique du ciel, et iiol
ne voyous en ces uotioiis aucun moyen iwt
arriver à une astronomie peiTecliuiiuëi^.-
■ ApoUouius Uyudien attribue aaxCbt
(381) BUU.BT, Bépotuet etil., t. I, p. 6Qet inîv.
Vog. encore Ueiaiubre, Uiuein it Puirommie an-
titnne. Discours préliin., p. vu.
(381)I^)H., I.vn,^. 5G.
(583J Plin., 1. vil. G. 3.
(384) PuH., ]. VII, e. 56.
^385) DsLkUKE, Untoittdt Catlrmomi* mittitiHit,
Discours nréli m., p. vu, vin. .
(380) Voy. Baillt, ffril. de Catlron. ane. et Di
LAMBKE, dans son ouvrage sur le même «ujci, <-
p. 3. Cuvier n'a Caîl ici qu'abréger co savaiil ait"
(587) CuriEi, Diteowt lar Ut révoL, p. H
ou
UCTIO:«AUIE APOLOGEIIQl'r.
CBA
9»
iietis des idées forr >9irtes sur it-s troinèles,
qu'ils regartlsJDiil comme des j)lanttes qui
iwmdI visibles que dans anepBriitide leurs
r^rolufions, el reparaissetil it cerlaÎDS iuler^
Tilles. Ce ne s«rail encore iiu'aDe conjectura
nisoonabte, puisqu'on no l'ap|iujrait <i'au'
cnne nlMervation; miiis Epigëue, aulredîs-'
dj-lede cesmAmes Cbaidéens, dous assure
^alls r^ardsient les combles comme des
npearsamssséesmomenUHémeot dm* l'Ht-
■i<ic|ibère; on ajoute qu'ils prédisaient
l'a*«iiîr pyr le mouvement de» astres (388].
JogeoDS de leurs coanaissances par ces
inrts et par retplîeatioo qu« Bérose donne
desédipses. Suivant ce ChildéiiO eélèlire,
la l«M touro« vers nous momeotanéaieut
ta patiM qui n'est pas de feu. Suivant d'au-
tf« notiaoa apportées en Gr&ce, ta lune et
le acJctl sont dM feoi qui parcoorent les
espaces célestasdans des cbars fermés. Dd
cAé seoleowDt est ouvert d'un trou rond.
ai par hasard l'ouverture vient k se fermer
M à le rétricir, nous observons una éclipse
toute ou partielle. Voilà donc quel était
féiat du la scienea chez cbs Cbaidéens et
c«s EerpliaBS si vantés (388). ■
Dans nn autre endroit, le infime savant*
en partant des observations écliptiques des
Chaldéeas, dit; ■ D'ailleurs eu quoi coo-
siaient ces observatioos ? Tat jour, deux
ànruavomt mùnuit on une heure aprii le cow-
eàer é» ioleii, l» tttM a élé éeUpiét au nord
•«Mi tmd,daUwuUié»u duquart deiondia*
■c(r».La temps n'est exprimé qu'en heuresi
la qoanlilé de l'éclips« qu'en demi ou quart
Adiamèueteiqua laul-il pour de pareilles
obsenatiooSi que des /oui et un peu d'aï-
I Ces iBêmes Cbaldétdis, au rapport de
Ihodore de Sicile, observaîeut assidûoieut
Jai levers et les cuuvbHr& des étoiles et des
p<aaèlea,dedessuslatourdtttemple(lcBélus,
ilODt uoi> iace regardait le midi, une autre
l'orirai et OHa troisième l'occideut. Ce récit
n'a rien que de iria-vraisemblable, el ncus
n'avoos aucua motif pour le révoquer en
diHMe.Ces «luervatious ont pu donuer aux
CbaldéaosuQ premier aparçu de la longueur
de raaiiée,la prciuière nolioo de l'ul^liquité
de la rente annuelle du soleil par rapport à
l'éqoataur, et les conduire à une «iivisioa
du sodiaque. Ils n'avaient cependani, sui-
vant loole apparence* aucune idée bien oetto
de l'éctipLique; ce n'est pas non plus ce
cercle qu'ils ont divisé. On nous dit qu'ils
vut déterminé les parties de i'équaleur qui
ussaut par l'horizon daiia un temp^donué.
Le uomt»« de ces parties est toujours pro-
pvrtiouiiel au temps écoulé ; mais il n'en
raÀ. i>»» daméma des arcade l'écliptique qui
ae lèvent daus le même temps. L'opération
éf. I*KMl«re de Sicile, cité par Delanibre lui-mérae,
[. I. p. BLiX des àddittuiu et eorreetioiu ijui font
^ûle aa Dbcours ptélimtnilfe de ton Bût. de fat-
IZS91 thutaa. BUt. de retlnMomie
Kc pKtuB., t. I, p. vni.
qui pat-lageail égalem^t l'équateur nb |)Oti'
vait diviser -que irés-inligaieineat l'ébiip-
lïque. L'équateur fui divisé par eux endouiu
partie» égalesqu'ils firent correspondre aux
douze mois de l'année solaire. S'ils divi-
sèrent aussi le zndiaqueen vingt-sept ou
vioat-buit parties égales cette division fut
indiquée parla lune.qu'ilsiHtuvaienl suivra
des yeux pendant une denii-iévolulioD . et
en différentes parties du ciel successive-
ment. Oetle méthode est si naturelle, qu'elle
a dû naître cbez tous les peuples qui ont
voulu se faire une astronomie (390. a
Il résulteévidemment de cette discussîoa
que les connaissances et les monuments as-
tronomiques des anciens Chaldéens ue sup-
posent pas dans ce peuple une existence qui
remonte au delà de six ou sept mille ans,
époque h laquelle Uulse iite l'origine du
monde (391).
CHAH, peuples qui en descendent. Tog.
l^TCHOLOOIK, i IV.
CHAUPOLLION-l'IGEAC, prétend Qipli-
qoer sans miracle le [lassage de Is mer
Bouge par les Israélites. Voy. note XII bi»,
k la fin du tome II.
CHAPITRES i et II de saint Mathieu ; dif-
ficultés à leur sujet, foy. note V, i la tiu du
Volume.
CHARITÉ, est le principe des forces
communiquées à l'âme. Foy. SicaBuaRT, $ II.
CHARLES LE CHAUVE. —I.M éviqute.
iottt ceroi, furent-iU iei maitres du roi et
de t'Elair
■ Ce Charles le Cbsuvci dit H. Uiche-
let... d'abordi c'est l'homme des évéques»
l'homme d'Hincmar, le grand arcbevéquo
de Hpims: c'est eu quelque sorte au uuoi
d« l'Eglise qu'il fait la guerre à Lotliaire, k
Pépin, alliés des [laïeiis i392).b
Les évoques, à la fois grands seigiieursét
ministres de Dieu, se trouvaient au pre-
mier litre mêlés à toutes les alfaires imporr
tantes de l'Etal, el, an second titre, ils
étaient chargés d'éclairer les consciences
royales, de sacrer les souverains, el, com-
me on le croyait alors, de les juger en cer-
taines occasions et de leur imposer la pé^
nitence publique qui, selon les lois reli-
gieuses et politiques, enlrstnait leur dépor
silioD.L'oo ne peut, toutefois, ebus grave
erreur, soutenir que le clergé ftlt le maître.
Nous eiaminerons une i une toutes les
Sreuves de celle pri^leodue omnipotence.
I. Michelet vient d'exposer ta première de
ces preuves. Or, il est faux que Charles ait
combattu, m quelque tarte, au nom de l'E-
glise, son frère et son neveu fc causa de leur
alliance avec ù^ païens.
Quels furent, en elfcli les agresseurs?
Est-ce que Lothaira et Pépin ne vinrent pas
(5W) Dkladm, BUt. de rattronomU wtcwute,-
.. 1^ p. i.
|3Ut) On sait que l'Age *Iu monda est d'environ
6, 000 ans, skIou le leiie hûlireu, et de 7,000 à'»--
près la version >les Scpianie.
(392) nut. de Ft. l. I, t. Il, c 3, p. 318.
^G7
CIIA
DKTIONNAIKK
«llatluer Charles et Louis le GermAniqiie T
C'est M. Mic'heiel qui nous fournil laftreitre
que le rui de Neiislrie, bien loin de se |>oser
en ctiflitifiion de l'orihodoKio cnnlre les al-
liés des païens, ne fit quu se défendre, lorï-
(fu'il lie put désarmer par le prière ses pro-
vocateurs. • L'empereur {Loui» le Débon-
nairtt), dit-il, iDOHrutà Ingellieim, dans
une Ile du Rhin près Maypnco, au centre de
r«fnpirii,-vt l'uniléde l'empire mourulavec
lui. C'élail une "vame enipopriae que d'en
(«nier la résurrection, comme le fil Lolliai-
re.... Le jeuDe Pépin, qui se joignil k lui,
par opposition h <jharles le Chauve, aine-
nnit pour coiilini;enl l'armée d'Aquitirine..,
Toutefois, ce nom <te lils arné des -tiis de
Chnt'lemagne, ce tilre d'empereur, de roi
d^llalie, et aussi d'avoir Rome e( le Pniie
fiour soi, loul oHa imposât eucore. Ce 4ut
donc huiiiblonicni, au nom de Ui paii Ao
l'Eglise, des pauvres et des orptielins, «jue
les rois de Germanie et de Neuslrie ■»'«-
dressèrent î> Loihaire quand les araiées fu-
rent en présence, h Fontenai ou Foiile-
naiHe, près d'Auierre. Ils lui oifrirent en
don loul ce qu'ils aTaienl dans leur armée,
h l'eicepHondesclievaui et des armes; a'il
nevou'lail pas, ils consenlaient à lui céder
diacun une portion du royaume (393). ■
Or ce Charles ie Chauve, qui iflche si
humblement d'acheter la pai-x que son frère
lui refuse, ne ressemble guère è-un dévot
«hevalier qui va pourfendre les païenset fes
alliés.
Puis, quelles' distractions que de faire
eliâlier par Charles le Chauve et Louis le
<iermamaue l'alliance dont il s'agitlComme
si cette alliance n'avait pas été postérieure
à la bataille de Fontenai, et comme siChiir-
les et Louis n'en conti-sciaient pas eni-
■Détutis à chaque instant de pareilles! Enfn,
si Loihaire avait pour lui Romt et le Pape,
cela Q'flurait-H pus fait excuser l'alliBiice
avec des infidèles (39U T
M. BfiCHBLBT : — a Ce qui assura la su-
f>ërierité è Charles et à Louis [après la hi-
taiHe -dt Fonlenai), c'est que Lothaire et
Pépin «yant essayé de s'appuyer sur les
Saxons «tles Sarra«ins, l'Eglise se déclara
contre eus. H faHut bien que Lotliaire sa
contentât du tilre d'empereur saus en ex-er-
cer l'autorité. ■ Les évêoues ayant tous été
■ d'avis que la paix retjodt entre les trois
« frères, les rois lirentienirlesdéputés de
« Lothaire et lui accordèrent ce qu'ils de-
« aiandaii. > L'odieux secours que Loihaire
tvait demandé aux païens, et dont plus tard
son allié Pépin Bt aussi usaite dans l'Aqui-
taine, sembla porter maliieur à sa fa-
luille. ■
Comme l'étroit système de H. Hiehelet
luicacbela vériléJ Cequi -assura lasupéno-
APni.OGEnQiiF, ^tu iat
rilé&Charlflset ài0nfrèrel/>uiia{rè9l(fi<i.
loire de Fonlenai, ce fut la fuite précipitée
du comp de la Moselle à l'approtliu du l'ar-
mée de Charles: cq fui l'indiffértnce ilej
Ilaliens et des Provençaux quand on leur
adressa de nouveaux appels aux nrioes; ce
fut l'esprit d'indépendance qui, dms ces
guerres, poussait les peuples è rompre le
gènnnt foisreau de l'unité impériak. H
M. Michelel croit au conlraire, que les étS-
ques avaient dit aux nations viclorieaws:
a Vous relèverez de l'empereur Lotliaire,
comme vous releviez de aoo aïeul l'empe-
reur Cfaarlemagne : il croit qu'elles au-
raient obéi I C'est là ne rien comprendre à
l'histoire des troubles du ix* siècle, ploi
heureusement expesée par M. Augustin
Thierry (395). •
Pour avancer que si le seul etstérila titrt
d'empereur resta à Lothaire, il le dut! Ii
haine des évèques contre les alliés de »
prinoe, il faudrait qu'à l'assemblée de Vc
duii on se fût occupé des a liances plusH
moins orthodoxes de l'empereur. Il n'y n
fut point question, on parla uniquement di
liesoin de faire régner ta paix «nirt la tmi
frira.
M, MiGBKLET : — (Le roi de France m
contraire fut au moins dans les premiers
temps l'homme de l'Eglise. Depuis qiieeelU
contrée avait échappé b TiiiQuence gero»-
nique, l'Eglise seule y était puissante; le)
séculiers n'y 4)alaii{»îent plus son pouvoir,
Les Germains, les Aquitains, des Irlandiii
même et des Lombards, semtiJent avoir tenu
plus de place que les Neuslriens à la cour
carlovinifienne. Couvernée, défendue p>'
les étrangers, la Neusirie n'avait àt\m
longtemps de force et de vie que dan» son
clergé. Du reste, il semble qu'elle ne (né-
sentait guère quedes esclaves éparssurl«
terres immenses et h moitié inculte>(f'>
grands du pays; les premiers des ^n>^
les plus riches, c'étaient les évoques et lu
abbés. Les villes n'étaient rien, exceplMe^
cités épîscojiales ; mais autour de cbaqvo
abbaye, s'étendait une ville, ou au dwio!
une bourgade (396). s
Deux bien graves questions sont sodI^
▼ées dans ce fragment : l'une sur la ricli6S«
du clergé au ii" siècle, l'autre sur létil
àeia population à la même époque. I
Hably s'explique ainsi sur la première'
■ Si le clergé {apriê iei brutales tpoliativ»
enduréet svut Charlti- Martel et quelquet-W
àt tee »ucctt$euri) avait recouvré des ri
chesses iniœenses, si on lui avait donné d
grandes terres, son sort n'était pas plus beu
reux. Lesévèquos et les abbés n'étant poiii
en éiBide défendre leurs possessions, il<
puis que la force décidait de tout va France,
luurs plus grands domaines deviurent I
{593} 0ii(. de Fr., t. I, I. u, c. 3.
(39i) Ouixl H. Uichelel Jh que Loihaire avait
^o^ lui Rome cl le Pape, il Tait prabatileineiit al-
/isioii à la- présence i\'\ia légal qu'on rencunira
dans ta camp deLolliaire A Foiilcnai; mais ce per-
•ftunage lie le (rouviiil poiul Ik jiour ajipuycr la
cause de Lothaire; il avait été envoyé pourrécM
cilier les quatre pareiilft armés tes uns conwe ^
antres : saiiile nuiaioii qu'on n'avail pas ï»x%U m
conij>lir.
(5SI5) Lettre tur rhùtoin it Frantt.
{■m) T. 1, p. 580.
au
UICTION-NAIRE
proie de )'avsrice «les seigneurs. On vil des
laïques s'établir, les armes i la main, diins
lesiltbayes, preoilre luèmn lu lilre d'abb6s,
et w laisser Ji leurs moines qu'^ la liberté
lie prier Dieu pour la prosjiérilé de leurs
(«nfeuleurs (397). ■
Fondé, comme Hsbly , sur de nom-
bnn docaoïeots du tiii* et du ix* siè-
de, H. Guizol dit aussi : • Qiian<l Chnrles
Uartel, poussant avec vigueur les guerres
qu'il avait i soutenir, réprima les pelils
Urans qui, dans toute la France, s'étaient
*rrogé l'empire, la nécessité le détermina
i enlever aux ece I es i astiquas un gmnd
MBbrede domaines; il les réunit au fisc
cllesi«rlagea ensuite k ses guerriers (CAr.
tnlmttmm). » Probablement Charles Martel
61 rWoB alors que Taire acorder ou retenir,
ililrede précaira, des biens ecclésid^ti-
qnes; il déposséda absolument les églises
de bien* qu'il ronférs i:omme des bénéGccs
ëtoanés e( tenus de lui... Les bénétices con-
férés par Charles Martel sur les biens ec-
désiasliques se trouvèrent... convertis [par
fip'm tt Cariomm) en bénéfices temporai-
rt;s. Que les nondilious de ces concessions
fussent eiactement observées, que le cens
coiiveou rûlpa/é, que les églises rentras*
sent eu possession de leurs biens au terme
liié, on présume sans peine qu'il n'en fut
rien; et les cuntinuels elTorls de Pépin et
de Cliariemagne pour obliger les délenteurs
|ù precnri'oj des domaines ecclésiastiques
s remplir leurs obligations envers les pro-
priétaires primitifs, le prouvent clairement...
Chartes le Chauve prescrirtl que, weioti Van-
àf» Msagr, la durée du bénéfrce m precario
serait Uk cin'] ans, et que tous les cinq ans
I* bénéficier serait tenu de faire renouveler
MB litre. Mais la législation ne se montre
si laborieuse que lorsqu'elle est à peu prèr
ioipaisMiite; les rois rendaient ces lois à la
demande des évéques dont ils redoutaient
la eulèr», et en même temps ils continuaient
à autoriscf l'usurpation des bénéfices ïn
precario, ou même à en accorder do nou-
veaux aux liommes qu'ils avaient besoin de
t'allaeher. Chartes te Chauve se prêta, du-
rant tout son règne, à de semblables enva-
liîssenients.-. Il est donc probable iiue peu
de ces biens furent rendus aux égiiseSf et
que It plupart des bénéfices temporaires qui
avaîenl eu leur origine dans ces conces-
sions îa precario, putique constante du vi*
ao X' siècle, devinrent, comme les autres,
)a propriété béréditairedesdétenteurs(396).
Telles furent les richesses du clergé au ix*
siècle ; elles nous semblent immenses, si
iiuus considérons les titres des égli!<es,mais
bvus les Toj'ODS extrêmement réduites
''•97) Oiurral. lar féiil. <U Fr., I. ii, c. i. —
yir tmron : DUeomri tnr CbiMl. de Frmtice, par
"•«Ktii. L X, dJK. 13, p. 216, eic.
I^^Si IV- Emv t»r r bUi.de France. L 1, 1 S. —
'': GnénnI dans la UTante ïnlreilutHion dunl it a
Y* ptécédiY ton édition itu Cmriitlaire de JV«fn-
r*^t de Pmria, parte aussi «tes bien* immenta dont
^ rlçTfé était possesseur, du moins ro certaines
^bôilraks (p. kixtuJ, mais en avooanl ( p. iltii)
APOLOCETIQl^E. OU S»
quftnd jnous nous en tenons an H\xS
ReintiveaienI h la jiopulation de cette
lointaine époque, niici comment s'exprime
nn auteur contemporain de Charles le
Chauve : ■ Oui aurait cru, qui aurait ja-
mais pu s'imaginer ce que nous avois vu
arriver sous nos yeux, et ce qui fait le su -
jet de nos gémissements et de Dos larmes,
qu'une troupe de pirates (/m A'ormandf).
composée d'hommes ramassés au liasnnl,
fût venue jusqu'à Paris.et eût brâié les égli-
ses et les monastères situés sur les bord»
de la Seine? Qui aurait pensé qu'un
royaume si célèbre, si fortilié, si étenilu, tt
lipeuplé, se trouvât destiné h être humilié
et déshonoré par les ravages de ces bar-
bares (399JT >
11 est dîlDcile de croire qne, si, en dehors
des possessions eccléstasliques, il n'y avait
eu en Gaule que de loin en loin une llnttD
d'esclave, on auraitadniiré les furtiBeatioDS
et la population du pays.
Hais, le clergé eût-il été le plus riche en
terres et en colons, il ne sVu suivrait pas
qu'il ait été le maître du roi et de la Neus-
trie, puisque, selon M. Michelel, le roi
laissait gouvenuT tt défendre leroyaum* par
lu élraitgtri dont it peuplait ia cour.
H. MicHELKT : — ■ Charles le Cliaiive ne
fut d'itwrd que l'humble client des évéqiies.
Avant, après la bataille de Fonlenai, «kns
ses négociations avec Lotlihire, it se plaill^
surtout de ce (}ue celui-ci ne respecte pas
l'Eglise. Aussi Dieu le protège. Lorsque
Lotnaire arrivu sur la Seine avec son armée
barbare et païepne, dont Its Saxons fai-
saient partie, le fleuve enHe miraculeus»-
ment et couvre Charles ie Chauve (kOO). »
U, Uichelet : oublie, h ce qu'il paraît , ce
f[u'il nous a raconté d'après Niihard: «Ce
ut donc humblement au nom de la.i'aix
de l'Eglise, des pauvres et des orphelins,
que les rois de Germanie et de Neustrie
s'adressèrent ft Lothaire. ■ Le cœur de
Charles so préoccupait donc sutnnl delà
pitié qu'on devait au\ pauvres giins et-
|K)sés & tous les ravages de la guerre, que
du respect envers l'Eglisn. H songeait î tout
ce qui avait besoin de protection. -
M. HicHBLKT : — ■ Les moines, avant de
délivrer Louis le Débonnaire, lui avaient
demandé s'il voulait rétablir et soul«air la
culte divin {U)l). »
L'empereur captif fut interrogé rmn-pas par
des moines seulement et sur les seuls inté-
rêts de l'Eglise, mais per tous ses partisans
et h la fois sur l'Eglise et sur l'Etat. ■ Alors,
dit l'bistorieB Nittaani, soit les moines dont
nous avons parlé, soit les autres personnes
qui regrettaient aussi ce qu'on avait fail
qoe, au viii* et au ix* siècle, les églises M lesia^
nasiéres te rirent dépouitlêa. Touiëfois ses remar-
ques ont besoin d'étn: coioplélées parceUes éf Ha-
blyel de M. Guixot.
(Û99) PiscHuics RinEBTns, in Jeremimm^ I. iv,
liliera Umei, p. 817 du t. XIV da la Jfu. BiU.
Kl. Pair.
(401) P. :
I. ?81.
S71 CIIA DICTIÛMNAIRE APOLOGETIQUE; j^j
{contre Louis le Délonnairr), coiiiineiicèrent îes prélnU s*iiss{>nibSèrenl (J'eiii-mèniRt t\
h lui ileiuanOcr s'il voudrnil relever el |)ro- se iicrmirenl, de leur propre clipf, tle jugtr
légor selon ses forces la chose [luUliqiie , ixjliiiquement I.i conduite Ars ilcui roit?
Ai\\\%i le ffls où on \a lui reixlrotl, el sur- lii, cotpine plus liaul , le Icite dn N'ilbafil
loullc<:ull(!jivjn(&03). BMèiiKtlangagedans dément l'inGdète ri^sumé ite M. Hiclie'et-
I? Vil; du fa.meuï abbéVala (103^. - - -
M. MicHËLET :— 5 Los évâqiies iiiterrog<>nt
A.\: inCnii! Cliiirlfts le Cliauve et Louis la
4.îerHiauiquo,iiuislcurconrèrent le rovauine
(404).. . _.,._
Après Ia bnlaille ile Fcxntenay, les deux déclariJ, dans colle assemblée, qu'on naii
Vahiqueurs se rendireni 6 Aii-la-Cliapello conibflUu ^our la ssulejuslireiquulejiiiie-
jiour délibérer sur ce qu'il fullsil faiie du w.cni de DieuVarait jirouvé maniri-sleiutiDl,
Voyauiiie de Lothaire fugitif; mais ils jugé- fît qu'jiiq&i quiconque irait pris part ï \il-
yeni ii\ibord à propos de suuineltre la chose faire, soil par conseil, aoit par action, ^itil,
aux évéques el ans prêtres dont ils avaient comme inslruineiit de la volooLéde Dieu,
jirès d'eui un très-grand nombre.
Si les évéques s'étaitnt imposés eux-
rnémcs pour irancliL-r la diUiculté, je recon-
naîtrais en eui les maîtres des deux rois;
tiiais ils furent mandés, ils tirent ce quu
von souhaitait et comme on le soulisilait,
|,>uis le délirent un peu après, quand les jours fut célébré arec em^iressementelani
l'iiinces voulurent sn rdcnnuilier. Bien loin snJenniLé (408). * C'est-îi-dire i|u« lo
lie voir là des matires , j*y aperçois de trop évéques, (fans ce cas,|ie furent que ilu
faibles serviteurs. cssnistcs.
M. MiODELET : — « rius lard les âvéques M. Micbslet : — • (.es Crânes comme ^
sont d'avis que la paix règne cuire les tiois Aquitains... méprisèrent le petit nombre Ji
frères (405). . -.-.-.
Lothaire fugilij çt abandonna de f es par-
tisans, demande la pe.ix et sa part dit l'tiéri-
Ingo palernel. ■ L.a proposition, dil Nilhard,
n^anl plu è tonte la iDuUituiia ainsi qu'à
i-oiis el è Charles, ces deu^ rois et Içs , . , . ,
principaux seigneurs s'assemblôreat et cou- eu effet sur ses épi^ulus en toute v énér|iioi>,
(érèrenl avec joie sur ce qu'eiiueaient lei puis il se rendit à ltei(iis (V09). «
vri'onslances.., Hais, suivant I usage, ils ^ Ci;ci fut un aeie de détolion coniKieMi
S>gitè['ent la cliose aux évéques et aux pré- raiui:iitau mojreu âtçe, mais non uiisrieilii
^res, tout prêts è suivre I9 direction, quelle vasselage. Louis IX, nu-pi^ds, ne pii(U-l-ii
uu'elle fût, que l'autorité divine impricaa- l'as oussi la sainte couronne d'épiiie.O <^
rbit il la chose, dès que le cieU'aurait mani- ^ourlant il ti'a jamais é'é le serf^epc-
feslée. Or, roinme de toutes parla il sem- sonne, pas même du Pa)ie.
^lait préférabje aux ecclésiastiques que la .M, Michblet: — «Créature des évf-iia»
paix s'établit entre les frères, ou. coasenlil, cl des moines, il dul^leur Iransl'érer 11 yf
et un introdùismessmbassadeurs,auxquel3 grande partie du pouvoir. Rien n'éiail[ilK>
çn accorda ce qu'ils demandaient (406). ■ ju.-ile; eux seuls savaient el pouvaient tu-
£b bien 1 ceci nous prouve uniquement core mettre quelque ordre dans le désonir^
çTuè , dans les circonstances difDciles . les absolu où se Irouvait le y^ys. Ainsi le capi
|>rinces «vaitot recours è un conseil de lulaire d'Kpernay L8^6J confirme le \«tUiy
conscience. Muis est-ce que , par basard , des. attributions des commissaires royaui
l'avoué que je consulte devient l'admiziislra- entre les évéqucs et les laïques; celui <);
leur de ma fortune TEsl-ne que, parcelle Kiersy [857] confère aux curés i '"'
marque de conliance, je tombe nécessaire-
tnent sous sa lutelleï Cesse-t-il d'éire avoué
|iOur devenir le maître 1 Ainsi en ful-il
du clergé consulte [lar les deux souverains :
son rAle se borna à celui de cu;iseiller.
^ y. UiCBELBT : — > Après la bataille de
■ Les rois et l'armée nflligés d'un âtre Vi
aux mains avec Mr\ frère et arec dos Ctiré-
liens, interrogèrent les évèquas sur r«
qu'ils devaiuitt faire à cause de cela. Tuiis
les évéquesse réunirent en concile, etilliit
exempt de tout reproche; mais que si quel-
qu'un, au téinoigiinge de sa |iro|ire ciins-
cience avait conseillé ou agi daus rflle
guerre par colère ou haine, ou vaine glniit,
ou par queiqu'autre rîce, il devait avoufr
sa faute en conl'essinn... Un jeûne d
C3UI qui suiraient Charles. Ùais les moines
■le Samt-Méitard de Soissons vinruntiu
rencontre et le prièrent de porter sur se»
épaules les reliques de saint MëdarileUt
(luinze autres snints que l'on lrans|iori>it
'lan,s leur nourelle basilique. Il lei> |<orii
Footenai, les évéques s assemblent, dé-
clQreqt que Charles et Louis ont combattu
pour l'équité et la justice el ordonnent uu
Jeûne de trois jours {Ml). ■
Ne dirait-on ^las, d'aiirès M. Hiclielet, que
(iOSl 1. 1, t. 3.
(t03)Vtf. Waitt. 1. 11. c. 10 apvd Haiill., nari
f&rcHf.ficneif. ;V, p.501.
(iU4t Vbi tupra.
{iOîSj Vbi tufra.
d'inquisition contre tous les malf-iile""
Cçtte législation tout ecclésiastique prïscr
pour rt:iuède aux troubles et aux lirig^"
duges qui désolaient Ii; royaume, desscr
ments sur les reliques que prèleroju I'
hommes libres et les ceuleçiers. Elle rt
commande les brigands aux in^lructioti
épiscopales, et les meoàce, s'ils persisleu'
de les frapper du glaive de l'excommunie'
1(00 (410]. ■
La capilulaira d'Eperoay, D'sccorda pi
(406) KiiBiRSv, I. IV.
(WT) Ubi lupra.
(ill8) NlTHiRD., I. lu. '
\iH9i Vti lapra.
(ilUj Vbi tupra.
3n
ClIA
MCTIO:nfAIRE APOLOGETHIOE.
cni
s»
■11 (T^()ues la plus gnnde partie du [lou-
foir, (lui^que les-functionj des 1:001 mîssaîrvs
furml parlag^ttf^el niAme de (elle sort» que
lOr les quarante-trois ihiuï, destinés aux
qatlre-TÎtigt-six districts de la France, il
M trouva seulement dJi-huit ecclésias-
tiques [iit;.
Tie nous hissons pas trop effrayer par re
ireù d'inçuisitio» qae les curés exercèreut
kIorU. Michelet; car, si nous recourons
î li DOie Iniîne de cet historien, nous dé-
rnuvmns que ce droit terrible aboutissait
i faire sortir de l'église les msiraiteurs
pendant Ips offices et h les présenter h
rnCqae. Dlile police des mœurs qui oe
Mrotaaîl rien au roi de son pouvoir I
Les BAgislrals tréiaieiit serment, il esl
mi. !(os juges font enrore de même.
Qu'rslccqiie cela prouvi-T Qu'ils croÎL-Dl an
H^, mais non qu'ils proclament la suze-
raîaelé cl^riC'il>!. Enfin , si on menaçait les
hrifaods de l'eK-ommunication. ce n'était
pas qae la rnyanlé abdiquât en faveur des
érCques; hél.iil elle ne faisait que déclarer
» radicale impuissance contre le crime,
dans l« désordre uiiiTersel I Ne pouvaut
saisir le coupsbie, elle tâcbait au moin: de
i'rSnyn.
La lé^slation do ix* siècle n'autorise
dnoc pas les assertions exagérées de U. Mi-
chclK sur le pouvoir cifil et politique de
l-Egiife.
U. yicBELET: — € Les mstlres du pays
élaienl donc les évéqups. Le vrai roi, le vrai
pape de Fraucn était le fameux Hincmar,
archevêque de Reims. Personne ne contrî-
lioa «lavantage' i l'élévation de Charles, et
n'txerca plus il'autorilé en son nom dans les
lte:iiieret années. C'est llincmar qui , i ta
tMe du clergé de France, semble avoir em-
tMté Loaîs le Germanique de s'établir dans
I Neusliie et dans l'Aquitaine où les grands
r*m>elaienl (il2}. ■
Ncas saluerons plus tard la papaulé de
rarrhevëque de Reims; nrrélons-nous main-
tenant devant sa rot/autt. Personne plus qne
le roi Hincmar, n'a donc contribué à l'élé-
vation du roi Charles I On a toujours vu, il
est vrai, cet archevêque dévoué k Charles;
mais, cf^pendant, quand donc l'a-t'on vu
êpr anprfts de Louis le Débonnaire poar
qu'il élevdt aussi i la royauté ce tilsdeiudith;
ou aupièsdeï Lorrains, pour qu'ils l'étnauent
sur le- Irtoe Je Loihaire il , au lieu de son
roai|>^tiieur Louis d'Italie; on auprès du
Pa|ie, pour qu'il Yélevàl i l'empire? L'bis-
totrn se tait sur tout cela.
Nous avons déjà fait remarquer que si. k
ré;KK|ue de la première invasion de Louis
\« Geriiisoiigue, Hincmar proclama les droits
de Ciiarlcs, ce fut l'armée de Charles qui
furç3 Louis k respecter ces droits. Eu tout
I (lli ITitl. rfa la ririL tm Fr. I. U. Ie«. iiv, p.
t7. — IV ICtui nrrkitl. A» Fr., p. IS6.
ai2) T. If, p. su.
\k\%} T. L p. 586. — U. Guiiot ritant le même
b a 4ii : < Pcnomie a'igiiore i|ue l'^nvaliissemeiit
«■ po«v«r par le clercé «st le caraclèi e iIuiiiiiaDl
de» régaes de Louis lo>dxuiiuire ci du Cbarin le
cela OD cliercba vainemeul la royauté de
l'archevêque de Reims.
H. UicHUBT : — ■ Peu de temps après
(au* le clergé eut lâché tfarréier U roi dt
Germanie), un antre concile plus nombreux
fut assemblé k Savonières près de Toul ,
ponr rétablir la paix entre les mis franc*.
Charles le Chauve s'adressa aui Pères de
ce concile (en 859} , pour leur demander
justice contre Wénilon , clerc de ta cha-
pelle , qu'il avait fait archevêque de Sens ,
et qui cependant l'avait quitté pour embras-
ser le parti de Louis le Germanique. La
plainte du roi est remarquable par son ton
d*ham)1ilé. Après avoir récapitulé les bien-
faits qu'il avait accordés k Wénilon ,.„ il
BÎoute : « D'après sa propre élection et cdlu
■ des autres évêques et des lîdèles de notre
■ royaume , qui eiprimaieni leur volonté ,
■ leur consentement par leurs ac<:Iaiiia lions,
■ Wénilon... m'a uonsi-rré roi... Après celte
a cunsécralion , je ne devais être repoussé
a du Irâne ou supplanté |iar personne , du
■ moins-saas avoir été entendu et jugé par
■ les évèques |iar le ministère desquels
a j'ai été consacré comme roi. Ce sont eux
■ qui sont nommés les IrAiMssdela Divinité ;
« Dieu repose sur eux, et par eux il rend ses
■ jugements. Dans tous les temps j'ai été
■ prompt k me soumetttre k leurs correo-
B lions i>alernelles, k leurs {ugemenls castî-
a galoires , et je le suis encore k présent. •
Uîncmanlil plus Urd expressément qu'il a
élu Louis Hl (113). «
M. Michetet vient de nous rappeler deux
documents: un discoorsde Charles le Chauve
et UB mot d'Hincmar.
Or, du discours de Charles il résulte qu'au
IX' aiècle, il existait uo tribunal , un*
haute eour de justice pour lea rois: Vê-
lait le concile. Lra évéqaes.par consé-
quent^ se trouvaient juges. Cela est tpiI;^
nais le juge u'esl pas le souverain.
Le mot d'Hincmar, tel qu'on l'a-cilé, don-
nerait k croire que le prélat prétendait avoir
cltoisi seul le roi Louis. Hincmar fut plus
modeste. H dit au prince : a Avec mes col-
lègues et les autres fidèles de Dieu et de
vos ancêtres, je vous ai élu pour le gou-
vernement du royaume, k la condition que
vous observerez les luis comme vous la
devez. > Et le roi, de son cAté, disait : a Moi,
Louis, établi roi par la miséricorde de Dieu
etréleclioii du peuple, je promets d'obser-
Ter les lois (VliJ. ■
Ces divers testes rapprochés nous ap-
rrenneitt que les évêques participaieol k
élection des princes, et [louvaieul, en cer-
tains cas, les juger. Uais. de ce ({u'il*
étaient électeurs et jugtss du souverain, il
no s'ensuit paa que la souveraineté elle-
Chamve, joanu'au momenlon lonle lecié** gé^ale.
lout «Hivememeni ceniral, ili«pa«-drcut pour laira
(dace au régime féodal. 1 l Rm. ^ '« ""'■ <" ''■'
l. II,leç.ix«i, p. 295.) „ ,„ , , ..
(4141 Voir dans wi* ooie ée M. ITichelet. "»■ »"-
fn, la répoose entière d'Uinciuar, pu» tan. 1.
S73
CH.\ DICTIQpiNAlRC APOLOGETIQUE,
râl en leur pouvoir el qu'ils l'eier-
CtU
sn
Çassenl.
M. MicHBLKT : ~ « Le royaume de N eus-
Irifl étuil râeliement une république Ihéo-
or»Uque. Lm évoques nourrissnient, soute-
iiuienl ce rui qu'iN avaient fait; ils lui
l>ermettaienl de lever des soldiils parmi lejrs
iiommes; ifs gouveriiaient tes choses de la
guerre comme celles de lu nais. ■ Charles,
■ diti'annslisledeSainUBerliri.avaitannoncé
■ qu'il ira il au secours de Louis avec une or-
> ujée telle qu'il availpu la rassembler, levée
« CD grande parlie par les évâgues. ■ — < Lu
« roi, ■ dit i'hisiorieu de t'Eglise de Reiuis,
■ chiti^pait l'arctievéque Uiticmar de tutites
« les airaires ecclésiastiques, et de {ilun,
> quand il fallait lever le peuple contre
■ I ennemi, c'était toujours 6 lui qu'il don-
• nuitceltemission, et aussitdl celui-ci, sur
a l'ordre du rot, convoquait les évoques et
■ les cojiii&s (1^13). ■
. La Neusirie était un royaume qui s'abî-
mait en un désordre de jour en jour plus
profond, mais eltu ne formnit pas un Etat
tliéucralique. Si tes évêques avaient fait le
roi, c'était de concert arec lei autre* fidiUt.
mec le peuple, comme nous l'ont dit Louis 111
etHincinar; si les évëques nourrissaient
le prince, ils accomplissaient un devoir de
sujets compatissants ; s'ils founiisgaiont
presque seirls à l'urmée royale leur coiitin-
f;ent de soldats, c'est qu'ils étaient presi^ue
as seuls seigneurs restés attachés è leur
maître ; si Hincmar se voyait chargé par
Charles lo Chauve de toutes les alYaires
ecclésiastiques, c'est que Charles en faisait
8011 ministre des culles;s'it convoquait, sur
l'ordrvdu roi, les seigneurs lBÏi)ueaet ecclé-
siastiques pour marcher contre l'eanemi,
c'est qu'il devenait comme une sorte de
secrétaire du souverain. Ces faits prouvent
duikt que le clergé fournissait au roi des
serviteurs dévoués, mais non que les ser-
viteurs du roi fussent ses niallres et ceux
du pays. A-t-ou remarqué quelle coulradic-
tiou il existe entre te cainuieocemenl et In
liu de cet alinéa de M. Michelul? U'ubord,
selon notre historien, ce sont les évâLjues
qui permetleut au roi du lever des troupes,
fiuis ensuite les troupes dus évëques sont
evées par l'ordre du roi, qu'Hiucuiar est
chargé île transmettre.
Je dois laire ob.'server que li. Micheiei,
tout en proctauiaut Charles le Chauve
l'homme et le serf du clergé, a pourtant
glissé quelques restrictions perdues an
milieu de tant d'assertions si absolues. Il
a dit que ce fut au moine dam {et premiers
temps que le roi se munira l'homme de
l'Ëglisu, mais qu'un moment vint où il s'eu
tépura. II faut exuuiiuer la vérité de ces
concessions.
U. MicuBLET : — « ( Annal. Berlin., an-
née 8S3.) Charles distribua aui laïques cur-
(415) T. I, p. 587. fa^rc accepter la nomlnalioii f>iie par le Pape. V>*
\i,ii\ T. I, p. 401. — Ce lut le Pipe Jean Vl[l hu>d, t. 111, CoucH. Fomigoneme, sus. 316, p
■|iii «luUil Aiiséijisede Suiis, «on \icaîi*)t el priiiul "' '
<M Gaulu ; CUdrlci la Ctiauv« !ii't.a «.:i.lemci:i ilu
tains monastères qui n'étaient jamais ac-
cordés qu'à de* clercs. — Ann. SK. L'ïMhjb
de Saint-Martin, qu'il avait donnée iléni-
sonnablement à son fila Hlndavic, il la
donna sans plus de raison b Hubert, clerc
marié. Pendant longtemps il avait Itisw
vacante la place d'abbé, et l'avait gardée i
son profit. En 861. il en avait fait autant
des abhayes de SHinl-Quenljji et de Saint-
Vaast. — Ann. 870. il récompensait, en
leur donnant des abbayes, les transfuges
qui passaient dans son parti. — Anu,8Ë5.
Il nomiiia de sa pleine autorité, svaotquu
In cause eût été jugée, Vulfnde à l'atcW
rêché de Buurges, .etc. — (Flodûard, La,
ch. 17,) Le .synode de Troyes, qui am
désapprouvé la nomination de VulfaJe, en-
voyait au Pape le com|)te-reudu de ses déli-
bérations. Charles exigea que la lettre lui
iùl remise, et brisa, pour la lire, lesscem
des archevêques, etc. — Voyez aussi (lui
les Annalet de Saint- Bertin, ann. ,876, u
conduitedureut hautaine envers les érétjtKi
assemblés au concile de PonlUioa. -^ En
667, il avait eiigé des évâque;j el des sblttî
un étal de leurs possessions, alln desamir
combien il pouvait en exiger de serfs |itiur
tes employer h des constructions. Dii ans
après, il lit contribuer tout le clen^é pour
lu paii:mcnt d'un trittut aux Nufiasiids.
{Annal. Berlin.) — Dniis ses expédilioiii
militaires, il se lit peu de scrupule de piiler
les églises. {Jbid., ann.âiïl.)— On alln jus-
qu'à douter de la pureté de sa fui. [ItiH.,
an. 655,) — Nous le voyons même liuiuiliçr
l'archevéquo da Reims, auquel il défait
tout, en donnant la primiitie h celui ili,
Sens (416). ■
Ce récit des servitudes de l'Eglise som
Cliarle.'. le Chauve présente, h la suil« <iii
tableau qu'on nous a fuit de la suuveraiiKl^
des clercs, une étrange contre-partie. 1«-
tefois, U. Uichelet a tâché d'éviter la mn-
trndictiou, en avertissant qu'un moiouil
vint oi^ Charles se sépara de l'Eglise, i^^
avoir été son vassal et sonserf.
Or, à quel moment l'auteur fnil-i1 cnig<
mencer cettu scissiunT Le premier desstK^
lyranniques du roi contre l'Eglise (tout il
ait parlé est de l'an 851 : li'est le pillage dcl
temples. Par conséquent l'année 851 dml
diviser le règne de Charles en tlotti l^
riodes : celle de la dépendance du priticci
et celle de son indépendance, CependaiilL
n'en est rien. Les faits favorables ou coii'
triiires à l'Eglise sont mSIés, aussi bi»
avant qu'après la date de 851.
Hn 8%6, dans une assemblée exlraordi;
naire convoquée h Eperony. le roi s»i)uii|
aui seigneuis laïques les règlements Iracw
par l'épiscopal presque entier de la Neustnr
suit & Meuui,soit è Paris. » J;uiiais, d':
l'annaliste de âaiul-Beriin, l'épiscopal m
reçut un aussi grand ullront sous des priueeJ
■c accepter la nonilnaiioii faiie par le Pape. |Si«
srr
CIIA
dk:tio.\>.vire
rhrétiens. qneilans celle asJ'embléed'Eijer-
nir. ■ On lil sorlir les évéï^ues, et, sans
lcurparlici|iii|ioD, le rni et Iks grands clioi-
firrnt te qu'ils voulurent dans les canons
ite rét^irme, et déclarèrent le resie non
treaa (il7}. Charles le Cbaure, même avant
(El, ne se gCoait donc guère arec les
H^ues. et ceui-ci n'aTsienl pas du tout
Tair d'être ses suzerains.
Après Kl.Cliarles, dît-on, élait séparé
dt l'Elise. Pourtant nous trouTons, riepuis
retle épo«|Uft. bon nombre de Enits \vr
It^nels U. Hicfielet, dans Is courant de
Mm btsioire, a voulu prouver la souverain
Delè dêricaJe.
Efi 851. fut concédé aux curés un droit
i'mfwUian coutre les malfaiteurs.
839. — Hincmar. à la lète du clergé*
antM*. d'après U. Ûichelet, tmpéekrr Louia
U Gtrmattiqiu dt t'itabtir m tfeuilrîe tt tn
AquUmhu. La même année, au concile do
SivODÏères, Cbarles présenta sa requête
«ntre le traître Wénilon, et reconnut aui
étêqnes ie droit de déposer les rois.
S7±. — Hincmar est chargé de réunir
l'aiHiée qui doit marcher contre Carloiuan.
La chronologie, en mêlant les événements
quDlf. Uicbelet a systématiquement divi-
Hs en dpUK classes, se rit de la découverte,
tt ne consent pas & ce qu'on fasse Charles
le Chauve onze ans le serf de l'Bjjlise, puis
ensuite vingt-ris ans son tyran. En (oui
Vriups il se servit du clergé ou le pressura,
ii4ou ses besoins.
U. Uicbelet termine par un anachronisme
W! grave son ineiacle hisluîre de Charles
leCUauve.
M. MicHBirr: — € En 875, la mort de
ImiÎs 11 laissait rilalie vacante, ainsi que
Il digiiiié im|>ériale. Il {Ckarla le Ckautt)
)«éneiit A R'.'me les ûls de Louis le Germa-
iii-]ap, li^ gagne de vitesse, et dérobe, pour
iiuïi dire, le lilrc d'empereur. Mais le jour
KÊniede Noèl. oil il triomphe diins Rome
sajàs la daliiialiquo grecque, son frère,
■lallre un instant de la Ntustnc, triomphe,
'ai aussi, dans tu propre palais de Charles;
fc fuiurre eni)»ereur s'euruil d'Italie à l'a|H
f^ttche d'un de ses neveux, et meurt île
■ i:ihdie dans uu villatte des Alues [8771
Ciiarles mouml en revenant d'Italie, mais
^vya pas k l'époque de son élévation Ji I eni-
'âre. Ce prince tit deux fuis le voyage d'I-
"ktW: d'alMrd eu 875, et ce fut alors qu'eut
«n son éleclinn ; ensuile fan 877, quand
-=I«I»e Jeau V|I1 l'appela pour venir, comme
v^pêreur. défendre S'iiiie attaquée, et ce
^^'-JUlurs que la reine Ricliilde fut sacrée
>^l'<ratricB. La mort de Chnctes arriva au
r^iimf Je cette expédition mauquée cootre
■*^' Sarrasins.
4. Ampère a résumé en un tableau d'en-
AfOLOGETTOUE. CCI S78
semble Ions les îa\\s relatifs è l'épiscopal,
menlioniiés dans ce paragraphe.
M. AupfeaB : — « Résumons maînlenanl
les caracières de l'épiscoprit personnitié
dans Hinrranr. Au ix* siècle, l'épist-opst
était placé enire trois pouvoirs sociaux qui
lutlaienl incessamment les uns contre
les autres, et luttaient par moment contre
lui : la féodalité qui naissait. In royauté qui
mourait, la papauté qui se dressait déjà
sur le siège de Nicnhs I" et aiitionçail du
loin Grégoire VII. L'épiseopai tenait, au
IX* siècle, d M'affranehir à la fois de la
féodalité, de ta royauté, et, jusqu'il un certain
point, de la papauté. Dans cette lutte contre
trois adversaires, dout deux, la féodalité tt
la papauté, ne maiii|unient pns de vigueur
et de puissance, t'épucopal fil prtique tou-
jours alliance avec lu plus faillie, avec /•
pouvoir royal, et, h défaut du pouvoir rojal,
avec celui dont ralliauco pouvait être mo-
mentanémenl utile. ■
L'Ei$lise gaili&iue répugna toujours, j'en
conviens, è devenir la vassale do la féoda-
liié, mais jamais, nous le verrons plus tard,
elle ne repoussa le dogme de la suprématie
pontificale. Quaut à ses rapports avec les
Iirinces, comment a-t-il pu se faire que
'épiteopat ttndtt, au ix' tiècle, à i'affran-
chir de ta royauté, et pourtant qu'il ait
fait pretnue toujours alliaticeatec lepoutoir
royal. H. Aroj.ère, qui po»e le problème,
aurait dû nous eti donner la solution, pour
ne pas nous y laisser enirevoir une coutra-
diction.
Les évègoes obéirent box souverains;
mais l'esprit Je développement inhérent à
toute instilulion, et que provoquait encore
le besoin d'un pouvoir pré[iuiidérant dans
la décadence universelle, les lit intervenir
en une foule de choses, dont un siècle
d'ordre ne les aurait [tas vus s'occuper.
CHATEAUBRIAND , erreur historique,
relativement h la bibliollièque d'Alexandrie.
Voy. BiBLIOTBÈQLK D'AL»*:iua», S !"•
CHEVELURE daus tes races. Voy. Races
HUHIIIVE.I, S m.
CHINOIS, — Les tilres qu'un a mis en
avant pour juslilier les prétentions de ce
peuple i une haute antiquité, sont , couine
chez les autres anciens peuples, leurs an-
nales historiques et les uonnaissnnccs astro-
nomiques qu'ils possédaient déjè dans les
tvmps les plus reculés. Nous alkuis cianii-
uer succestiv émeut les unes et les au-
tres.
IL
DnaBUlM bbloriqnes de* CUnoIft
Frappés du soin prodigieux que la nation
chinoise a mis du tout leiujis h dresser et k
tenir ses annales, et saisis d'admiration h la
vue de ce nombre presque infini d'ouvrag;?»
historiques que ce peuple possède, les uiiï*
«n
9. L m, p. (3, Capîl. exctrpla lu 1. xv, >J ann. 8i6.
— LoscoEfU., m,l. tIt fEgl. guU. ^tlS] T. l, abf mpra.
DICTIONNAIBE APOLOCETIQtK-
r.iri
cionnniri>s el nutrcssav-intsile l'Huropeoiit
priidigué les éloges le« nliis Oatleurs h Tiiis-
taire «Je la Chine et l'on tc!ev6et)ieti au -ilessiis
des m'inuments <)<] toutes les autres nnlioiis.
Mais il ne faut point eiagérer \a portée ilu
ce» dln^^ps. Pcnsu-l-onparciempleqiic lors*
(]iio le P. Amiol ei les ntilros nnsstniiiiairus
jt'sniii'S disent gue lex annalet ehinoitet sont
prffirahht aux monumealt kittori/fues dt
toutes ItM nations, ilscom|irennent dans leur
coinjiHrnison les monuriiciils liistoriques
dos Ilâbri'uiT Ce semit une giariilQ erreur
dtt lu croiro, car le motir le plus puissant
sur leque.l ifs fondent leur nsserliori, <^liuil
que les annaleschinoiset sont tes plus dépoiiil-
létt de fables (419-420). ces Jésuites n'out
|)u 5u|)po5'tr qtie les écrits sacrés dus Hé-
i)reiix en cniilieonenl. D'ailleurs, lu P. de
Mailla t'eiprime assez claireiiiont sur ce
point pour qu'il n'y ait pas tiou d'en dou-
ter : 4 L'histoire aiillienlique de la Cljîne,
dit ce SBViint jésuite, est, sans diinculté, de
tomes Ut histoires profanes, ceWe qui nous
do'ino le plus de conuiiissance el de curli-
tudo de rsnttqiiité des temps (421). ■
Mais, objecio-t-on, qui pourrait nier iiiie
les Chinois aient pris luulcs les précautions
nécessaires pour iraiismellre fidëlemunt A la
postérité les fails de leurs ancêtres? No
voyons-nous pus que dès le règne de Yno,
c'e>t-ft-djre environ deux mille trois cent
rinquanle-sept ans avant Jésus-Cliiisl, ils
aviiienl des historiens, el même des astro-
nomes qui étaient chargés d'examiner tous
Ie5 mouvements célestes? Or ce fait seul
révèle une civilisation déjà fort avancée , el
donne (lar \h même h lu nation cliinoisu une
eiislciice qui dépasse toutes les limites de
la ('bronu)ogio de la Genèse.
Qu.inlà ladilDculié (irise àe l'astronomie,
nous en renvoyons la discussion au para-
graphe suivant, oil elle trouvera tout iiHtu-
rellenient sa place. Nous ré,!Ondont b l'au-
Ire, que la question nVsL point précisément
de savoir, si les Chinois ont réellemenlpris
luules l<!s précautions nécessaires (lourcou-
server tidèlenienl h leur nation sa première
histoire; mais bi^n plutûl,si osa des preu-
ves suHisantus que leurs soins et leur zèle
ont été couronnés du succès qu'ils devaient
naturellement en attendre, cest-è-dire s'ils
possèdent dus annales authentiques sur les
temps qui ont précédé l'époquo assigtiée par
la Bible ï l'origine du monde, ou niômo eu
déluge de Nyé. Or c'est ce que nous allons
«xnminer.
Mais avant d'entrer dans celle discussion,
tl n'est pas inutile de faire remarquer que
h'S Chinois, pour leur histoire coiunie pour
(out lo reste, l'urmenl un peuple tout h t'ait
j||iar(, une nation isolée et eutièretneut
flùs-
étrangère an contact do loul aulru iieiipie.
Par conséquent c'est par elle, cl |.DPelli
seul-;, que nous pouvons juger laCliide-.i'Ila
échappe donc nécessairement ï loul aulro
contrèle. Mais alors commcnl la crilirinu
pourra-l-elle exercer son (iclion cnmjilèij
dans l'eismen de ses mnniimentsT Qud
moyen aura-l-el1e d'apprécier, en vctluilt
ses droits les plus inviolaMps, la valeur di;ï
titres qu'on lui présentera T Car louli- quïs-
lion de la nnlure de celle qui nous orcupe
en ce moment , forme un vérilab'e proies
qui s'instruit, eldnns lequel la critique
eieree nécessairement les fonctions liejii^e
ou d'arbilre. Or queijuge, quel arbitre imii-
rail, dans une cause de la plus hniilc im-
porlsnce, pronnnuer, comme cnliènnie:!!
conforme ï 1b vérité, sa sentiDce surliiié-
positibn d'un seul témoin, et cticorv il'ui
témoin grandement iniéressédanslaciUKi
bien plus, d'un témoin qui est l'aiCLi^f liU'
mèmeT Voilà pourtant ia position tAu
trouve la Chine par rapport À ses annild
hi>torîques.
Parmi les savants qui ont écrit d'une mi-
nière vriiimcnt critique sur l'anliijuiléilfi
Chinois, les uns regardent comme laylijo
logiques, ou même entièrement Isbulra^
les temps qui ont précédé le règne ilb Vm
(env.S!â57avantaus Jésus-Christ); lesaulro
prétendent que l'empereur Fou-lii, Clien-
noung r( S9i descendants qui régii^cenl
jusqu à Hoang-ti, appartiennent aui («nip
douteux el incertains, ou semi-liisioriqut^.
et que ce dernier, b commencer de la soiian'e
et unième année de son règne, c'esl-i-diN
depuis l'an 2637 avant notre èru (i32),liei.:
de<i temps certains ou historiques.
Ainsi, en accordant à la critique Isplus
favorable è rauliquilé des Cliitiois loul ri
qu'elle peut raisonnablement oxigiT, n^i "-
saurait f;iir& rsnionter leur origino , cu^iiic
corps du n.rtian, au delà de rempvrentfiB-
liii e'esNb-dirc au delà de I*an 3161 3tM:l
Ji^s us-Christ, époque ï laquelle nous raiurna
la somme totale des années que l'oni:Oin|i(
pourles règnes des divers GmpereiirstjMUi
sont succéilé depuis Pou-lii jusqu'il Hmiiï
ti. Sans prétendre nier l'exactitude lien
calculs, présentés el adoptés par le P. Aiiiiui
nous ferons cependant remarquer que j>i^
arriver b l'année 3461 avant iiulriièrc', f
Sirlant de la soixante et unième annéï il
oang-ti, on est obligé de partager hu
cent vingt-quatre ans de règTie entre nni
umjx'reurs seulement, comme on le voit in
le tableau suivant :
HoaiiH- ly. . .
YiiiMy-yu-ouaiig.
m I'
lis
(,] 19-ISO) Voy. dans les ilimohet a
taire, clc, du Uiiuoii. la Lettre du P. Axi
(tll) aUioire géuirale de ia Chine, l. I. Prcf.,
riait) et par (oii& les corps lilléraires de a n\
uliï, et i|u'il Ui imprimer dans son paliix en ( <''
rapporte le premier cycle île so:xuiiic aaiie.-s
505 joors el U linurea cliarunc, bisîatil ai"» j
F* 1. (iU premières, on la valistir il'un cyclt, itin; '
HU) Cem il celte aniicr, en effet, <]ue l'examen icmira duuleui. (Voif. U. G. PitiTaitk, Chiiu,»
crit:(|ue lie la clin m olivaie rliiiinisc iiiie l'empereur p. %T, note. PariB, lt)37. Yoij. aussi Mtmoiic"
iliiuii-liruiig lit liiùe des Um-li» {AcadéiHie impé- etriianl tel Ckinoit, l. XI11, ]i. Ï30. )
Tj-lT-
Ty-bj.
Tr-»i»«
■y-tcbntf.
T; Hn^nni. . ......
(À««-B<>un;
SauBK àdaniccbe H Nin-oua-die. .
F«»*i
Hnus Terons observer eneore qae ces ri-
ptts parsisseni presque «nlièrement rem-
(4is4ebil5 m;lboli>gîâue«, s'ils ne sonl pis
lAotfK parement fitliuieui; ce qui, joint A
c«nc stnW de si longs règnes, fail nallre,
tbtme înTolonini renient, des doutes sor
erif furtie de l'histoire des Chinois. Nous
arioas dont; raison de dire quelques lignes
j'Ius b*ul. que cette npinioii est on ne|ieu(
frfns Eiroratile h l'anliquilé de ce peuple.
Qoot qu'il en soil, et même en snppossat
tHBies ces dates d'une eiaclîtade parfaite,
m D'aarail rien à craindre pour la chrono~
l'igie mosaïque, car, selon la remarqua du
P. Amiot lui-nnème, les huit cenl vingt-
qoalre ans dont nous venoBS de psrler,
■ «imités k CannéuSTaot l'ère vulgaire 363T
(année qui eorrof>]iand ^ la soisaiitièiiie de
Hoang'ij-J, donnent pour l'époque de réta-
blissement des Chiniiis en corps de nfltron,
o^i, ce qui est le même, pour l'épo'^ue de la
(•ndation de leur empire |<ar Fuu-hi, l'nfl
3W1 avant Jésus-Christ, c'est-à-dire deut
ctrni cinquaiile-ciuq ans aprè.« le déluge
Duiversel, qui , par une supi'UlBtion faiie
sur la version des Sepldnte, doil être arrivé
U3716* année avant l'ère vulgaire. D'oiï il
fm conclure quetquand mSme ces lempi
dogieox et incertains du cnmmtaceii:en( de
U iiionaruhie chinoise seraient regnr.tés,
contre lesenliinenl unaniiite de la nali.ou,
eMDme des temps rerlatneioenl et purement
hisloritjaes, crqni est rBp|X>rté dans l'Rcri-
lore saillie do ilélugedo noâ et de ses ler"
ribles sniles, n'en serait ni moins indubils-
Ue, ni ]>lu9 ilimcile à eipliquur (i23J. ■
Le même P. Aiuiot avait déjii dit dons un
(423) Minuirt» coHuna»! Um C'Mnoù. t. Xill,
^(«l'j/W-, p.78, 79.
iil5) Apfés avoir dit que H. de Guignes > omis
4ms la prébce de «m i/iclioniiaire cbiaoii-liilin
WaMMip de dtoses ulik-s aiii viiminençdnis iniir
rasafe mime du tlîciioiiiiaire, J. KUproih ajouie :
> Ka manclie, ireote gmides p^gei iit-fulio sont
Ra|iics par une sorte Je (lis>erUlion bur l'anlî-
^ttde» Chinois... tJle ne conlieni aiiire rbose
«•'aae cealaiiie de passages di» écrits des Ueui
■bskMiuires 0«* ^P- HadU et C*>bol). rauacbés k
b Htle les m» des aaires, sur le d^uge de \ao,
Tmcm étal de la Ctiiue, sea usages, se» aru, ses
■cincn, et particuliéreoieiit son a»iroiiomie... Nous
hiiirinm cdie espèce de centoi) poar ce qu'd vaut,
■ms bonuui iaierlir le rédacieur que la plupart
tes asterlicMis qu'il j répèle oui déji été coiulial-
Ites d réluiees «tcc autant de sagesse que d'énidi-
boB par le P. Amiol {Jiémoirr» coHtenuiitt U* C'fti-
«3i>. paiMV, princijialemeht dans les l. Il et XIII),
fl qu'eu pTvoaul potir guide exclusif le P. Cibut, il
AltMXWETlQOE. CUl 5Ô«
autre endroit : ^ En suivant le cntcul des
Septante, on peut conserver aux Eg^plieiis
leurs trente dynoslies, avec le nombre des
princes qu'ils assignent h cliacnne, et faire
régner leur Menés sii cent cinquanle-huil
ansfl[trè8 le déluge, la 3058' année a'vant l'ère
clirétienne. On pourrait même, s'il en était
twsoin, admellre les dii princes cliinois
prédécesseurs de Hoang-Ij', et Gier l'éfioque
de la fondation du l'empire de la Chine par
Fou-hi à la 2M* année après le déluge,
3Û3 ans avaul Jésus-Christ. Mais nous n'a-
vons pas besoin pour la Cliine d'un si grand
espace de temps ; et si je le prends ici , ce
n'est que )>ar supposilion, pour faire voir
que,quaiid même la (lartie de l'histoire chi-
noise, depuis ia soiiante et unième année
du règne de Boaug-ly jus^u'h la première
de celui de Fou-hi, qu'on regarde roninie
douteuse quant à sa durée de liuil cent
TidgU'inq ans, serait revèlue de toute la
Gcrlilude et do loulel'aullien licite qu'ils ac-
cordent aux autres parties de la même his-
toire, ou n'en pourrait tirer aucune consé-
quence ';ui ne pAl ëlre admise par foui Chré-
tien ou toul bon catholique.
a rouf Chrétien , tout bon catholique peut
admettre sans inconvénient une chronolo-
gie qui ne contredit en rien les monumt'nis
sacrés ou les dogmes încnnleslables de la
sainle religion qu'il professe. Tout bon cri-
tique peut, sans manquer aui rèi^irs de son
arl, adopter une chronologie qui n'a rien
2UP de conforme h la saine raison et qui est
tajée de toutes les preuves qui suiriseiit
pour produire une certitude murale dans
l'esirrii de quiconque sera saits préju-
gé (iSii). .
Il résulte de ces obserralions que les an-
nales des Cliinois , en leur donnant la plus
grande étendue [Kissible, ne diminuent <>u
rien l'autorité et la véracité de la chronolo-
gie delà Cnir». Mais, on ne saurait se le dis-
simuler, ii ya contre cette opinion qui fail
remonter aussi haut l'empire chinois, îles
difficultés de divers genres qui paraissent
aussi insolubles les unes que les autri^s.
Quoi qu'en disent cerlains siiiolo^ues ('f254^
est tombé sur les mémoires les plw superOcieif et
les |4us systématiques, sur les opinions tes plus In-
larrvs et les plus insnu tenailles nue ronticone toute
U rolteclieii <les uiissioniiaires. [SuppUmaU au ttci.
(JuiiOM-(ali(t, p. 43.) » Nous souscrivons Iics-ï<h
louticrs aui reproches adressés par Klaproll) M
dictionnaire de de Guignes, sous te rapport plidu-
lugique; nous avons -ieiili par notre propre etpe-
riencx combien it laisse à d. sire", et nois remer-
cions le savant Prussien du Siip}>(^iu«nl qu'il a pw-
Llié; mais nous devoji s ajouter que s«s auUa re-
crimiiiaiions ne soiH nulL-nieiit tonilées. Uei per-.
wnnes qui savent iocomparalileiuent loieus le ctn-
Dois que et critique, qui ont tu et étudié beaucoup,
plus que lui les écrivains de l'empin; céleste, et qui.
ont passé BOndire d'auuécs dans ce payi, où ils se
tout familiarisés avec le» liomines «i le* cluisei,
tandis que notre censeur n'y a jamais niis le pied;
ces personnes, disoiis-nouB, penseni que 1 eijMSt^
que de Guignes a fait de l'état ancien de la Çtii"«t
est plus vrai cl plus eiail qiu: tout ee qu'on j a op-
pose. AjoutoH* qo'îl nesi pas vrai deUirei)»* de
s»
cm
DICTIO^NAlItE APOLOCETIQUe.
|icr«nnne n'A encore rc|>oni]u d'une maiiiàre
satis'aisiintii pour la criliijuu aux urguiDeiils
(Ju P. Kd ou Citiol. Nuus i-otivenoiis sbtis
|)uine que le (ou et le slyi-i de ce sn*anl jé-
suile, niani|uaiit g^néraltimenl de relie gra-
Tilé (|u'uii (lareil stijel demande , n'vst |>as,
suus ce rap|)orl , à ['abri de (oui reproche ;■
nous convenons aussi ([uo plusieurs de ses
assertions , sur certains poinls et dans cer-
tains détails, peiiTenl éln conlest^s, et
inftine rejelées («ir d'aulres écrivains pro-
fun>lénieul versés dans la nintiëre; mais
nous soutenons que ses preuves relstive-
uieul h l'ancien élat de Jn Chine, conservent
pour le fond el dans l'ensiiiuble tuule leur •
force et loule leur valeur, même après ce
que le docle P. AuiJul a écrit sur le uifiine
sxj.'l (iâGJ. Et s'il tbllail absolument pren-
dre un parti entre ks deui , nous n'Iiésiie-
iions pas è nous ranger du cbié dn i)reuiiur;
les raisons sur lesquelles il s'spimie nous
avant semblé refioser sur un fundenienl
plus solide, qu<ii<{ue moins spécieux au
pretiiiL-r abord. Qu'il nous suDise do ciier
parmi ces raisons t'élel il'eid'aiicu dans le-
quel se trouvait encore In nation cliiiioise
suus Yoo, CImii et Yu. c Tous les munu-
nients qui nous restent dii la liante anti-
quité, dit lu P. Cibol, parlant au nom du
1'. KA, cliinois,. toutes les fables ntfimes
qu'un en débite, rendent [émoigiiBije h l'in-
nucenue et à la douceur des mwurs do nos
ancêtres sous les bbureux rèf^ncs de Vao,
ile Cbun el de Yu. Culte innocence et celle
douceur du mœurs sont, seluu nous, une
Itrcuve décisive que ces bons |iriiiutis furent
es premiers cbefs de la colonie qui s'établit
en Chine. Qu'on ouvre les aunales de tous
les siicieijs peuples de I'A^Il-; plus ou re-
tuoutera vers Jeur ancienne ori^jine , plus
on y trouvera cet auiour du bieu public,
celte estime (jénérula de la r<.'rtu , ccltu vie
frugale et uiiie,Ci'lle huuiiinilé de senti-
ment, du Gunduiie, celte IVanclitse et ce de-
sinltiresseuient, etc. , dont il ue reste que
le masque, quand une fuis le faste oi ie
luxe, nés à l'oiubre du IrOne , rài^neiit dans
les premiers ordres du l'Etat, par lu mé-
pris, l'uppressiuu et la servitude des peu-
ples (427J. ■ Une simple lecture du Choa-
king portera jusqu'à l'évidence la vérité et
l'exactitude de ces rOUexîuiis. Uais nous
sommes beureux de pouvoir les cunlirmer
par le ténioigna^e même ilu i^ratid adver-
saire du P. Cibut :■ Le Chou king, remar-
que fur! judicieusement Klaprutli, cet
ancien livre, nuus peint les mœurs des pre-
miers Anes, celles d'un peuple simple, dé^h
iHilké, et qui n'a |>as encore déi$énéré. Il
iiou.s montre les chefs de ce peuple occupée
sans cesse du soin de lu bieu (gouverner, se
Guignes ait prii poHf guiilt exclatif U P. Cibol, nr
il a einbrasM des opiiiiuits opposées à celles de ce
l'ère, iinUinnMiil sur le<léltiK« do Yao, que ceiler-
uiercuiiFuiid avic celui de Noé: cetjue ne fa'.t|Miiit
lie Cuigtit^:*.
(4iU) Him. tonceTMHt la Ckîttoii, t. U, Xill, XV.
dévouant Ëui-niêmcs et sacriiianl tout [ujur
l'ulilité publique. Vous y voyez unem|«-
reur travailler pendant neuf années ih\tt
écouler les eaui de l'inondation qui iint-
tait plusieurs provinces de Sun empire, et
|)«rla(i;er avec ses sujets retle calamité com-
mune (^28). ■ Ces quelque.^ paroles nous re-
Iracenl de la manière la plus Gdèle ce i)ua
furent les règnes de Yao et'le ses premiers
successeurs. Or il ne faut pas oubliuri^uB
c'est par Yao que Coufucius cooiuieuce mu j
Enfin Mencius, ce philosoplie si vénéré
parmi Us Cliinois, et dont le lémeigutu
doit par là niêine élre du plus grand (nia,
Meocius Dou» représente claîremenl Y*d
comme un des premiers cbefs du |)eu|^ii
chinois et (a Chine elle-même coiiniii m
commençant à être bab.tée que sous m
ràjjne ; voici ses propres paroles : ■ Au
Ieni|)S de Yao J'empire n'était pas eiicin
bien formé {nondum adhuc franf ut(f uin).L«
eaux débordées de tous les côtés inoiidawl
la terre ; les parties qui. n'éiaienl pas iv"»
mergées étaient couverles d'herbes el<i'l^ j
bres touifus. et remplies d'oiseaui el di I
bêtes féroces sans nombre. Aucuns dis ;
cinq espèces de grains ne crulssail nulle |
part; les oiseaux cl les bêles sauvages in-
festaient les hommes; on ae voyait |>arlDul
que des traces d'animaux el d oiscauiqui
s'cEaitnt répandus jusqu'au centre de l'eiu-
pire. Yao en fut vivement aOligé: il s'asso-
cia Cliun |jnor remédier à ces maux. CIiud
ordonna îi Yu de metlre le feu aux aviim
ul aux herbes (l'n montft et loca paludw]:
ce que Yu ayant fait, les oiseaux et les \>iM
féroces s'enfuirent el allèrent chcrctieiiu
loin d'autres asiles. Yu, de soiicAté.creuH
neuf canaux pour faciliter récouleiLciiLil»
eaux dans U mer, où il dirigea aussi l(
cours Tsi el Ta Après ces Iravaui k
Chine put être cultivée et nourrir sesl»bi-
taiits (kîH). » Ce philosophe répèle ailleurs
la même chose, mais en termes dilféreDts:
■ Sous Y:iu, dit-il dune encore, les eaui >r-
nues contre le cours de la nature {adumi]
avaient inondé remi>ire. L.a Chine éiait de-
venue le repaire des scrjicnts el des dra-
gons; le peu^jle n'avait ni séjour ui d^
meure lixe. Djïis tes plaines, il était fmi
de monter sur les arbres, et sur les nni^-
lagnes.il était réduit à sti logenlaiis des
cavernes Yu , chargé por Chun de di-
riger les eaux, éleva des digues, creusa des
canaux, et les fit couler ainsi dans la mer.
Il chassa aussi les serpents et les drajjons,
et les relégua dans les marais Lesi'r
rils el les ubslacles ainsi écarlés, el le^o''
seaux el les animaux nuisibles aux houin)*^
ayant disparu, les hommes purent lialiid''
un) Mimoiret coHcernaut ttt Ckiinii, U 1. p- 1^
145.
(H8) J. KnPMTB. Uémoiru rtlatift à fAw.
p. m.
(4*9) Slaiiislas JuLiea, Umg-Ueu , (wn F""-
p. iVi, 189.
on
KCTlONTIAmE
unmtnemtnl le pa^s (*30j. • Ces celles
5unl iw|>tl»irs pour que nous Jiyons besnin
t'tmltr qnelques réflexions; c'esl jiour-
quiii nous )>assuiis ioiniédialeiiieiil sus au-
in.
« des □liDois.'
Cnlsorlout par la science astronomique
M Chinois qu'uD a prétendu prouver que
rtiislenca de ee peuple doit remonter ju»-
qi't nne époaue bien plus recnJée que le
it'^ugB Je Noe. Nous liions dans le Ckou-
fyj.i'twfil les ÎDcrMules, que Yao ordonna
IHitliHo de cnlcuter et d'obserrer Ira
Ikui d les mooTemenlsdu soleil, de la
Uiit ri det astres, en mentionnant le sols-
Unà'ilè et le solstice d'birer; et d'aj»-
(<nJn ensuite au peuple le temps et les
iiiso3t. Cet empereur leur apprit en même
iFBji que l'année est de trois "en tsuisante-
tii jours, et que pour la déterminer, ainpi
ont sts qnalre saisons, il fsul employer
rioierraliiioii d'une lune (UI). Nous Iroa-
rpDs de plus dans le même Chou-king l'ol>-
ttniiioii et i'JDdicalioa d'une éclipse de
vlfil qui eut lieu pendant le règne do
Tcboog-lung {k9i). Or ces faits, qui ont eu
licu, siTbir, les premiers vers l'an 3357, el
/« Jeruier vers l'an 2)59 avant Jésus^hrisl,
»ip|M»enl une civilisation assez avancée, el
t'tr con&é(|ueDl un corps de natioo qui
iii»[)it (Ji'jà depuis fort longtemps.
Si on emmine sans prévnutioo les pas-
>>:<>5 du Chou'làng allé|{ués dau^ l'objec-
i:>iii, 00 ue pourra s'empécber d'en tirvr
biie conséquence diamétralement opiiosée è
Mie que nos adversaires en oui déduite.
D'iboril , si Yao avait été un astrunome
'-'ene de ce nom, et si les deux personnages
i'i<)uels il intima ses ordres l'avaient été
<ci-iuëa)cs, l'empereur aurait assurément
<;ia|i]ojé uD langage plus aslronomique. En
KcoDd lieu, la nature même de ces ordres
M de ces instructions révèle évidemment
^1 peuple qui en est encore k l'étal d'en-
iuce. N<ius avons déjk vu plus baut que
«ur calculer la longueur d'ujie année et
ititntr les aaisoDs, il n'était pas néces-
lire de (lospédcr uae connaissance scieD-
ili'jue (Je l'astronomie. On peut appliquer
:i ce que dit trës-judicîeusement Desbau-
srajres en parlaut des découvertes en gé-
érai : « Nuu5 ue rendons pas assez dejus-
« aux attcieiis ; nous nous iuiagiuuus
'i39) S-tàX. Jn-iER, Vaw-T(n,|wr(prior,p.S25.
\G\) Cluin^kiMa, p. 6. f, 8, «dit. de «le Guigues.
ft») lHà., p. IJ7, 68.
itJÂj DuKAOTuufu, OtMTM/MM.p. Iiiij, dans
liitetrc f«B«raJ« de U Chitu du P. de Uailu, 1. 1.
i^l Le P. Caubil, jésuiie, 1 qui appaniroL a Ue
idtttioH, renurqne 1* qm ta oernien; uu b trui-
wc iKiie d'aulonne eu dans le caleudricr d'alors
•cuoêne de l'anDée cliiooiM: ; i" (|ue celle ex-
cviem, m'* pat iti ^ateord, est l'expiessioa d'une
'pse de sôldl; 5*4iie Faugea le nom d'une
■ddlalioa diiadise qui oomuience par l'ëluile >
Kurpioa et toAparw occidental, prés du cteur
LUS) Mému MawMM lu CUant, :. tlU, p. 101,
APOUKETIQDB. CHI »C
qu'il leur a fallu benucoup ds sii'clcs ftuur
faire ta moindre découverte : c'est une er-
reur. L'bomme est nalurellemenl iiiveotif,
el le besoin accélère le progrès des décou-
vertes (433). >
Nous (lirons la même chose par rappnrl
i l'érlipse snlaire, qui, suivant le Chou-
kng, eut lieu pendant le rèi^ne de Tciiuuj;-
katigion n'a pas besoin d'être aslrunoiue
|wur observer une éfilipse; c'etl le cas de
dire ave^ DcL-imbre, que, jiour une ftareillu
observation, il sulTil d avoir des jeui ; mais
ce qui dénoie un vrai savoir aslronomique.
c'est de constater, iledéterniiner eldedécrii-e
ce phénomène céleste, comme on lecuitstate.
on ledélermiiieet on le décrit ordinairement
dans la science. Or il en est tout aulrc-
mcni |>ar rapport A notre éclipse; car Toici
comment elle osl ra|i|M>rléa dans le CAoït-
king :a Au premier jourdc la dernière bine
d'automne, le soleil al la lune en conjonc-
lîon n'ont pas été d'accord dans Fang(Û4]. «
On voit, en effet, que le Ckou-ki*g ne mar-
que ni la grandeur de l'éciipse ni l'année
de l'empereur Tchuung^ng dans laquelle
elle arriva, ni le jour du cycle. Aussi les
astronomes cbinois postérieurs qui ont
voulu la calculer ont émis des opinion» uif-
férentes sur l'année où elleo eu lieu. Ajou-
tons que le même désaccord règne entre l«
P. tiaubil et Frérel, qui ont aussi voulu en
tixer la date.
Mais quand nnus disons que cette éclipse
n'a nullement été rapportée dans le CAoh-
jtinj^ selon le langage et k la manière iles
astn>nonies, neus avons pour nous l'aulorité
du P. Amiol lui-même, autorité d'autant p:us
précieuse que ce savant jésuite embrasse gé-
uéralemeni loutes les opinions les plus favo-
rables 11 l'antiquité de la nation chinoise; voici
ses propres paroles : « La fameuse éclipsa
du soleil arrivée au commencement du règne
de Tchoung-kang y est annoncée (dans
le Chou-king) non pas comme devanlarnvec,
non pa9 précisément comme une éclipse,
mais comme un fait ; elle y est annoncée
sans apprêt, sans échafaudage srii-niilique,
avec la même simplicité qu'on j annonce
les événements les plus ordinaires. Ce n'est
Iioint un astronome qui' prédit une éclipse,
c'esl un historien qui raconte qu'il y en a
une qu'on avait manqué de prédire. Ce ne
sont ]ias Itis opérations bonnes ou mauvaises
d'uD calculalbur qu'on y lait valoir el qu'un
y censure, etc. [ï35). »
103. — De Cuignec prétend que, snivant le Icile
cltiiiois, il nV'sl point <)iiesii»n d'écllpse dans ce
passage, vu que les uuis fo-tsy, n'ittt pa» d'ac
eord, lie Muraient en désigner ene : < ConiuirM
admettre en effet, dil-il, que t«nfuejus, qui te sert
loiijourg du inoL cai pour n)arquer une et-llpsc, ail
cniplujré une nprcstion diflereule pour reudre la
uiiïuie iilécTCc pbil'isopiie a voulu Taire voir qiie
les asiroiiuuicB s'éiaiciil trompés dans leurs calculi;
mais iln'a pas eu ÎKteniinndi; parler d'une ëclijiM.i
lUiel. Chili., prér, p. lïii.) Niius laissons an ti-
ni)logue« plus lialiilus que nous la suUiluu de le
prolilêiucdc li[iuuislii|^ne; mais nous feruDS remar-
quer que ce iiui esi du iiumédialeuwnl après daua
U7
CHI
UCTtOKNAIItB APM,OGETIQt]B.
cia
Copentiaiit, îl faut en convenir, l« Chou-
king Joniifl elaireraent h entendre qu'il eiis-
liiit une niélhoJe pour supputer les ëciips'fS
longlemps avnnl Ti;!ioun^-knng (2159 atsiit
Jt'siis-Chrisl); car il esldidlcilo d'expliquer
dans un entre sons ces paroles : a Hi ^i Uo
dans leur poste, coionie le chi {kM), n'ont
rien VII ni rien entendu. Areug;les sur lésa p^
p&reiires célestes, ils ont encuuru la peine
portée par les lois dus anciens rois. Selon
ces lois, celui qui devance ou qui recule les
temps, doit Être , »sns rémfssiun, puni de
mort (i37).~» En eir>'l, comme le remarque
lt> P. GauftJl, dans cet endroit même du CAou-
king, uno loi si sévère cnntre les calculateurs
d'éclipsés, dons les temps si reculés, déitoie
une oncienne méthode pour Ips calculer.
Hais il est une considér^Hon que nous ne
pouvons passer sous siience, et qui ttifre
une dillicullâ sérieuse pour ceux qui pré-
tendent que dès ces temps anciens l'état de
fa science était florissant. Après l'éclipsé et
l'eliservaiion des solstices dont nous venons
de parler, el qui sont enveloppées dans un
vague et une obscurité complète, il faut
descendre jusque sous le règne do Vou-vaug,
vers l'an 1104 avant Jésus^LlirisI, pour trou-
ver uue autre oliservalioo des sulstiees;et
de Ih jusqu'eu 776 de la même ère, sous
Yi:ou>vang, pour rencontrer Is seconde
éclipse. Ainsi voilà à quoi »e réduisent toutes
les ob^erVfiliujis astronomiques des seiae
premiers sièck-s de l'histoire chinoise. C'est
■eulement vers l'an 722 avant Jésus-Christ
que Confucius rapporte dans son Tchun-
tiiiou des éclipses marquées avec exacti-
tude. Depuis celte époque jusqu'à l'an &60
avant notre ère, le luéiue Conl'ucius en rap-
fwrlb Irenie-six, dunt trente et une sont
parfaitement conformes au calcul astrono-
mique. Or, comment se fail-il qu'un peuple
dout on vsnie tant les coutiaissances dan»
l'asirououiifl, n'ait pas conservé une'plus
Ionique liste d'éclipstts ; qu'il n'en ait indiqué
que deux pendant l'espace de quinze cenis
ans, «t que les observutions suivies et qui
ii'^nt éprouvé aucune conleslalion, ne com-
iu«ncent qu'en T2Î avant Jésus-Christ, et
voDcourent avec l'ère de Nabonassar, de la-
quelle partaient précisément les asironooies
^recs pour \u calcul de leurs ohservatiousT
Quelque réponse que l'on fusse è cette ques-
tion, un bon critique ne pourra s'empêcher
de penser que si les Chinois avaient été plus
liabiles auparavant, ils aursicnL consorvé uo
plus grand nombre d'ubservatiuns anciennes,
et ces observaiious auraient été rapportées
le Chou-kittg, que Caveuglt a fra^i le tambour H
•\»t la officitTt et le ptuple oui cvurit avec précipita--
iten, se |)riiiii]ue même aujourd'hui en Cliiiie, <iuatid
il arrive uiie éclipse. Nuud ajouterons «{ue ta Ira-
diicliou du P. Auiiot exprime plus claii émeut une
éclipse, el qu'elle est plus élcgaiiie, mais lu quesiioii
est de savoir si elle rend aussi Ddéteniuul lu lexie.
\aém. cône. U» Chinoû. 1. U. p. 35t>.)
{UGt Lus noms de JJi el Uo doiiiiea i des asiro-
noiucs ligureiil ftous Yïu cciil qualre-Tiiigi-=dii-kui(
nus auparavant. Ce sont, pur coiiséqiienl, des pcr-
tuiiiia^et diOéruuu, cl ci» noms déiiKiient sana
avec toutes les cJrconsUiDccs ii&essaire
[•ourles vérilier^
Un fait remarquable vient k \'t\i\)\i\ di
notre raisonnement. Même au vin* liècl.
de notre ère, les Chinois ne possédiicn
pas encore un moyen de calculer sûreuien
les éclipses. Car, on 721, uo de Cfs pliénu
mènes célestes calculé selon la mélhodee
usage dans la nation, se trouva faui.Pou
Mnpécher qu'une seuihlabli; erreur dûI lie
dfi'is la suite, l'empereur Hiouang'lsuuni
2ui régnait alors. lit appeler à la cour V-anf
mieux bonze chinois de la secle deFoa
Bouddha. Ce bonze prit tous les mom
qu'il crut les plus propres K s'assurer il\e
bonne méthode; et la révolution qu'il opéi
dans la science astronomii|ue prouve cliin
ment qu'elle élaît encore bion arriâiéi:!^
Il est une autre considération non uiuia
importante et non moins inuontcsiabiï. !
les couiiaissances astronomiques eu&seulél
dans les premiers temps telles qu'on lesiis
pose, elles auraient dd su perfection tien»]
jours de plus en plusi en sorte que lesn»^
siouoaires les auraient trouvées dans untU
Qorissanl lorsqu'ils sont entrés dans la CbiiN
Cependant le contraire est démoalré. ill
avaient, dit le P, La Comte, un caleudmr I
des tables astronomiques qui étalent Hpt
corrects qu'èi peiD« pou vaienl-ils prédire gru
sièremeiit une éclipse desoleil(&39J.>llii.->l
P. Aœiot lui-même feit à ce sujet un m
refUarquable : < Sur la fin du siècle demie
dit-il, las Chinois, eu réformant leur tM
iiomie, adoptèrent tout ce uu'il j a û'taa
tiul dans celle d'Europe {kkà). *
L'abbé Grosier, qui se aïonlre loujoui
très-favorable aux Chinois, et quiidanscrll
uintièro en particulier, cherche b retiaus»
leur mérite, reconnaît cependiinl qu'ils il
sont guère avancés sur plusieurs points asit
im portants 1 car voici ce qu'il dit entre iii>>'v
choses ; > Les mathématiciens jésulU^i''
lu zèle de la religion conduisit à la Cli»i<
contribuèrent beaucoup à étendre les m
naissances astronomiques dans cet rtupi"
Les PP. Bicci, Adam tichal, Verbiesl, W
plet, Gerbilluii, Régis, d'IiutrecoUs,]arloui
Parrenin ut tant d'autres étaient des booinil
que leurs talents seuls eussent rendus ctll
lîres même en Europe. Ils réformeront
qu'il y avait defaulil dans l'astronomie eU
noise, corrigèrent les erreurs qui se [wrpl
tuaient duns le calenitrier, et communiqué
rent des méthodes iiouvelles pour I'uIjsd
vstion. Le P. VerbieSt avait trouvé dai
l'observatoire de Pékin uu.certaiu uotutu
doute des litres de dignité ou de charge. — Le m
ehi signifie celui qui représente Je mort dan» "S "
rémonies ; on pourraii le rendre ici nar«J«w*
comme l'u tait U. Pauthier dans sa tradsclion ilci
passage ; lu P. Aniiut l'a Iratfoii par iiolMt- 1''
moiret concemaut Itt Ckitioit, I. H, p. SSS.)
a37) l.hou-king, p. 69, édii. de de Cuignei
(458) Viia- pour |>lus de détails fHiilw" ««f
de l'aitronoinieehimtite, par le P. Cavau.. .;
(439) Le P. Le Coûte, Leltret idif.. 1. 1. ^ '*
l440) iiimoirtt eoHetmaiU fw UmoU, t »■
p. 129.
^ cm IHCTIONXAIRE
■j'iusIniiDeDlj ea bronze; niais les jugfaot
ii«j propres aux opérations aslronomiques,
iMeur en subïliiua de oouveanx qui sub-
ïiiieol encore [Vtt).
fies relations assuz récentes nous appren-
r«al qu'ili le livrent i l'astrologie avec ^Jus
■jegodielde plaisir qu'A l'aslronomie;nous
n iTODS an moius une preuve assez sensi-
ble diDS reoipi-reur Kien-long; ce prince,
le |lus pand leilré de son empire, n'osa
quitter son palais Je 4 février 1795, per-
jiudéqDel'écIipse qui avait tipu présagcnnt
ijBïlque malheur, il ne pouvait rien l'aire
d'iniporlanl dans celte journée (U2J. >
Od oLjede k cela que si les Cliinois n'ont
latliilde progrès dans l'astronomie de[iuis
LKD to siècles , cela vient, d'uD c6té, dus
gvms civiles qui déchirèrent reoi|>ire cini]
îiiiceaLs ans avant Jésus-Christ, et qui
isierrompirecl nécestaîremeu! les travaux
dlrs éludes des astronomes ; et, de l'autre,
<le i 'incendie des livres qui eut lieu pendant
ierègM de Thsin-chi-hoang-ti, euvirco
d-ui ceuts ans après.
.Soiu coaveooDS que les guerres civîics
Ht peudantloDglcmps désolé la Chine (mais
u u'a jamais éld au point de détruire
Kaits Im connaissances que l'on pouvait
ivbir acquises dansJes sciences et les arts,
(/uaui i t'incendie des livres que Chi-hoaag-
K urdnnna d'après les conseils de son pro-
nier ministre Li-ssé, il ne fui point absolu-
meiit général. Doseul coup d'œil jeté sur
rfaisioire du temps suffit pour prouver que
IfiODvrages fcîentîGquea ne furent |X>int
taveloppés dans la proscription. L'etn-
Itreur n'avait en «ne que d'etnpèclier le
i-tii\-\e de penier au gouvernement des nn-
tieiu rois, aux oseiuplfs de probité et de
^TTia, enlia aux préceptes laissés par les
iweos ; pares que leur conduite comparée
*>aiieD08 formait un contraste qui ne lui
tuii DuUemaut favorable. •
b'ajlleiirs, quand l'édit inceodiaire eût
«ubrassé tous les genres de livres , il u'su-
nil pas BU uoeenlière exécution; il yavail
l^us <j'uo BiOfen facile de soustraire aux
redierches et aux investigations les plus
rièuureuMs lou» les livres qu'on voulait
x^ïerier. Hais écoulons ce que Fourmont
dit judicieuMmeat à ce sujet: ■ Conimcul
<!rs i{ew d'esprit su sont-ils persuadé que
uiuCbé-lHMiig-li toutes lesarchiveaavaient
vt^brdlées (événement impossible par cent
ntsuns, toutes plus fortes les uues que l«a
Mlrts)
• Oisons doue plutAI.... chaque partie de
Itiitiérainre a ses temps, chaque siècle a
les modes, et le siècle philosopoique a too-
^n diminué l'érudition : celui de saint
Tbitmas ou de la scolastique en général
*()it-il fort amateur d'histoire ou de munu-
IW) BklaingMnUdi U Cfûntiu P. deHtiiX:!.
<- Ull, p. 7». Soppl. par l'atitié Gbmieb.
Ui) r«ytfià FdÎM. I. I, p. 4t8.
1^3) FonMMTT (l'aillé), Hé/Uxioag eriligwn car
"» tauwTrt éet BMfifMt pnpln, L U. t. m, c. 21,
». m. lit. SoBV. éi\l., faris. 17*".
APOLOGEtlQUE. CHl S>0
Bients BDltques? celui de Platon et d'Aris-
lolel'élail-ilr Or, tel a élé k Ja Chine h;
temps de Confucius : éblouis de la beauié
et des charmes de In philosojiliie prèrhée
far les séries ti'Tam (Yans), di'Mé, lieLao-
lun, de Cuitfuciutt devenus eAercArar*...,
et raisonneurs éternels, el sur le gouverne-
ment...,les ChiDoisd'slorss'nccupaieiit, non
h apprendre, non h travailler sur leurs an-
cieiis auteurs, n3ais è poliliquer sur le pré-
sent; i le comparer arec un passé, selon
eut, plus saga et plus eslimable; i donner
leurs conjectures sur un avenir qu'ils se
représenlnienl malheureux ; pouTaienl-ils
plaire è Boam-ti (Hoang-ii), usurpateur des
jietitsrojaunies, jusque-là sinon Iranquilles
au moins libres. Combien Irouva-t-il de
lettrés qui lui réMslérent en face? <juel-
ques-iins de ces lettrés, jaloux des droits des
rois vassaui, leurs maîtres, déchirant sans
Cesse dans leurs écrilsADom-li, et lui répé-
tant loulours les noms illustres des empe*
reurs Yoo, Xun (ChunJ. Yen-van, eic.^
l'avaient telleiueni irrité, que, transporté de
fureur, il avait pris la résolution de brûler
tous leurs livres, el qu'il en donna l'édit:
on ne doit pns même douter qu'il ne s'en
soit brù.é plusieurs: ma;s tous, mais les
annales, mais lus archivesT Folie de le pen-
ser ; il n'en voulait qu'à ces philosophes
moralistes; et son bis, bien plus avisé que
iui,puur cela même, le traita d'iusensé(443).»
Le P. Amiut, en faisant aussi cetlecilation.
semblel'adoplersBns restriction Bucune(lili]ï
pour nous, nous jiensons que l'éditde l'em-
pereur s'étendait même aui annales et aux
archives ; car c'est dans ces monuments
surtout que se trouvaient consignés leslaits
el les exemples de vertu, qui étaient la
censure la plus amëre «t la plus flétrissante
de la conduite de Uoang-ti. C'est du moins
un des conseils de Li-ssé qui provoquèrent
lefameuxédil; car voici ses propres paroles»
telles que les a rap|torlées le V. Amiot lui-
inénie i € A l'exception des livres qui Irai'-
lent de mêdecîue et d'sgrirullure, de ceux
qui expliquent lesjkouaou ligues de Fuu-
bi, el des mémoires historiques de votre
glorieuse djoastie, depuis qu'elle a cuoi*
menc4 à régner dans les Etats de Thtin, or-
donnez, seigneur, qu'on brûle généralement
tout ce fatrasd'écrits pernicieux ou inutiles
dont nous sommes inondés; ceux surtunloù
les mœurSt les actions et les coulumes des
anciens sont exposées en détail. N'ajrant
plus suus les yeux ces livres de morale et
u'Iiistoirc qui leur représentent avec emphase
les liommes des siècles passés, ils neseionl
plus tentés d'être leurs imitateurs serviles;
lis no nuus feront plus un crime de ne pas
suivre leur exem|)Ie en tout ; ils ne feront
plus cette comparaison, odieuse pour uuus
(U4) KoDS disans EcelciiMnl umbU adopUr; car
DOUE allons voir iniiiiédiatemeot que le savant Pèr«
ëerait uécessaîreuiem donner à l'édit de lloing-ti
DD wH plus étendu. lUim. timteruittti la Chmoû,
l.Xm. p. 81.81.1 - *
501
cni
nCTlONNAIRE APOtOOETIQL'E.
cm
»!
dan^ leur bouche, du gouvernement do
voire niajesléavec celui des premiers empe-
reurs delà monarchie •
Quelques lignes plus has le même minis-
Ireojnute : ■ Commencez pnr ceux de vos
maiiuiirjnsqui présidentàThistnire ; ordoii^
ncz-lt'ur de réduire en cendres lous ces
iiionumenls inutiles dont ils conservent si
précieusement le dépôt. Donnez un ordre
pflieil aux magistrats dépositaires des lois ;
celles qui sont émanées de voire autorité
suprême, nusgucllcs on peutjoindrr; toutes
les ordonnances parlicutiëtes que vous avez
faites, sufDroul ao reste pour leur instruc-
tion. >
Enfin Li-5sé nous fait clairement connstlré
quels élBÎent les ouTrnges destinés au feut
quand il dit en se résumant : • Le Chon-
king et les autres livres dans lesquels on
cherchait ci-devani les règles de conduilet
devenus désormais inutiles, doivent élre
oubliés pour toujours: qu'Ut devittmenl la
proie des flammes (445)1 ■
Sans abuser, comme plusieurs l'ont fait,
de la portée de cette esrèce de réquisitoire,
et de rinvendia des livres qui en fut la
réalisation, nous ferons observer de nou-
veau que dons cet arrêt de proscription il
n*est nullement question des ouvrases
scientifiques; par conséquent, tnus Tes
livres i^t autres monuments qui avaient trait
à l'astronomie furent épargnés. t\ était
même de la bonne politique de cireonscrire
cet acte de tyrannie dans les limites les plus
étroites, et de le coni|)enser, en quelque
fcorte, en donnant une nouvelle impulsion
aux sciences et aui arts, et en fovorisant
leur élude et leurs progrès. On peut croire
que Chi-hoanij-Ii n'y luanqua pas. Cetto
supposition d'ailleurs paraît d'autant mieux
fondée, qu'il s'occupa immédiatement ii
faire consiniire de nouveaux édifices pour
embellir sa capitale; dans ce dessein, il
renoilvela loute la surl'aca an It-rrahi sur
lequel elle était lifltie ; il multiplia les de-
meures rovales tant en dedans qu'en dehors
de l'enceinte de In ville , avec une magnili-
C'nce que l'imoginstion peut è peine se
représenter. En un mol, les travaux qu'il lit
l'iure a cvUe occasion paraissent fabuleux,
quand on en lit les détails dans les écrivaius
chinois.
Ainsi t'incendie des livres De 0t pas perdre
aux Chinois les coniiaissanuesastroiioniiques
qu'ils pouvaient possédpr è cette époque, et
il n'euq'ècha pas non plus les prot^rès de la
science, si celte science existoit réellement
BU sein de la nation. D'où il résulte que si
depuis €hi-hoang-ti ils ont été de si faibles
astronomes, il y n toullicu decroire qu'iU
J'élaieni auparavant..
Tout le monde convient descnnnaÏEjïnccs
profomJes du P.Gaubil.lanl dansTasironomie
Zue dans la langue et 1 histoire des Cbinois.
a{ilace, en particulier, rend du lui ce té-
moignage flatteur : > Le jésuite Giiubil[eslJ
de lous les missionnaires celui qui a le
mieuf connu l'astronomie chinoise [K\%]. t
■ Le P. Aniiot lui-même, quoique s'ecarlgnt
parfois des opinions de son cnnfrère, rend
vu toutes circonstances honiieurct hommage
il son vastf savoir en asironomie. Or le
P. Gaubil ne nous donne pas une idée fort
avantageuse de la science aslronnraiijuedii
peuple du céleste empire; voici ce qu'ildit
dans un endroit : • Il est certain que souslei
Han (447) on ne connaissait pas le icquiï-
ment propredes fixes, el quoiqu'ils pussent
aisément voir que le solstice de leur tempi
répondait ï d'autres étoiles qu'où tempt i
d'Vao, ils n'étaient nulh-nient ou fait surit i
nombre d'années qu'il faut pour que IcsËm
avancent d'un degré. Plusieurs de cesii* i
leurs (les auteurs desHaii} croyaient quels
saisons répondaient cbnslamiiient bui lut-
mes étoiles, ou du moins nendnnt bienilet >
siècles ; d'autres commencèrent À douter si
après huit cenis ans elles avsnçaicnl d'un
degré, cl tousélaieni parfaitement ignorante
là-dessus, comme l'assurent unanimcoifinl
les astronomes desdynasties suivantes(U8}.>
Le nigme Père dit dans un autre passage:
«Ce n'est que sous les Yucn quelesChi' <
iiois ont ou des connaissances assez justes
sur le mouvement des (ixes ; auparatanlili
le connaissaient très-mal, et il paraît qu'ils
les croient lanlAt statiunnaires , tantôt et-
roctes, tantôt rétrogrades, etc. (Ù9J. *
D'après ces faits, dont la vérité et l'eiae-
titudc nous sont saliisammeot earanlies par i
le seul témoignage du P. Gaubn, on a droit
de conclure que les anciens Chinois étaien
bien peif avancés dans l'astronomie, puti-
qu'ils ignoraient le mouvement des évoiln
tixes. Uais il est une autre conclusion atm
moins légitime, et qui découle jiiévilable-
menl de ces prémisses , c'est que s\ te ibou-
veinent des tixes n'a été assez bien coonii |
que sous la dynastie des Yuen ou Vosn, la-
quelle n'a commencé qu'en 1281, ou, sui-
vBiild''Butres, qu'en 1360 de rèrecliréUeniR,
les Chinois nont pas puisé celte couDaia-
sance dans les travaux et les docuoientsa»- 1
Irononiiques de leurs ancêtres, puisqu'ils '
ne la possédaient pas. Celte connaisuDCi
n'a donc pu leur venir que beaucoup plus
tard ; qu'ils l'aient acquise par leurs proprri
découvertes, ce que l'histoire rend i<eu
croyable (4W>j, ou par des comaïuaicaliou*
(445) H4m. concemamt la CAJnvif, t. III, p. SG9
CI sutv,— L'[/niMri, etc.; CAine.parU. Piuihier,
p. Siïctsuiv.
(Uli) Laplice, EtpotitioR dm igitème du monde,
p. M».
(447) L> dynastie des Han a commencé vers l'an
2UU ava..i Jesu; Cbi'îst, el a lini l'an StJ3 de l'ère
cliiéUvuiie.
(448} Ob$enntiom tUT U Ckoii-kimg,p. 567, éiU.
de de (Guignes.
(449)iftrf.,p. 479.
(450J Ce que doub avons dit josqnlci tondiinl
r astronomie des Chinois peut aider ft U soluti^a
de celte question ; nous nous bornerons à citer ut
passage de U. Pautbier : i L'empereur JUng-li'.
dam UD petit Lruiléde géométrie et de trigasviw
nCTKffilUlBE AF0U)GET1QI)E.
^ If pKt dn peuples élnogen ; c'esl chow
i«a iaporUote poor la question priocipalfl
ijiii Boof oecut«, ri qui na consnle pas k
diiiir par quelle tcma les Ciiinois des temps
f.'jfJTraeol uoderaci ont acquis des no-
Irvos pfos 00 ntoiDS xrienliTiques en aslro-
LOiiie, suis i constater (|ii*i son origine 1«
ctupla da CUrste Empire oe possédait pas
Ols celle science des connaissances qui
<s:fiafsol DM cÏTilisaliao fort avancée, et
tr ernséoDeot une eiisleoce antérieure
m dtlc* CMOookigtqaes de la Genèse.
âtoa, ni les annales historiques, ni les
fftaaissaoeea et les nonuments astrono-
K-TKs des aocieas Chinois, pas plus que
tt:\ ies Indiens , des ijgf pliens et des
fJLiMtat, ne remontent i des époques as-
tuntalées dans l'antiquité, pour donner
ifl iiaeati foikdé au récit de UoïM tou-
dM l'ig» de odre globe.
Cmoia, leurs lirm altérés et sans au-
Ihflilidlj. fay. PBaTATKDQdK, i I el II. —
l/vutiqaité réfutée par Haltehruo. Fay.
hicafluaK, {III.
CaiËTIANlSHK. son élablissemenl.
r*! . PaOHSATlOB DO CHHmUaUKK et Ht-
(1611,1 IV. — A rendu euilérique U science
:-^uIIâtiqaedes Israélites. Fay. Acboama-
ngn- — aoa iotrodoction chez les Hotten-
Kis. rpf . Racks ■uxaikes, i IX. ; chez les
r^.7et. nié., i X. - - Est-il une mvibolo-
pe! r^. Mmism*. { VIII. — Tubleau da
ttiristiaoisme. r*y. SÉbratcbausme, { IF.
- ReflTflrse looies les théories historico-
piKbMsliqiiea. F«y. PaiuMoraii nimiis-
ntta M L usTOlu, S lU. — A-t-il été em-
pTidlé par Jésna-Clirisl el par les apfttret
>3 autdâsme? F^. Muoéumb, i il. —
i-l-il nui an déTeloppemeot des eoonai»-
Hims hunaioec? Fay. Sctncn, { II. —
Chrûlianiamr et joda^me. Fey. Juoûshb
n cBusTiAiitHK. — Christianisme avant
^i<u-Cluùl. Fay. Su^TT. — Olgeclion tirée
•: Mw inefficacité dans la pàué et dans la
■.■rtMal. Ibïd^ I U. — CbristiaDisme nais-
(ut, tableau. Fay. rimtrodiictiou, i X.—
Sm froits. JUd., f XI et saiT. — Tableau
'.* soo anîvarsalilé. Vog. l'Imtr^^d^letiom ,
tXJV. — Sa stabilité el sa permanence.
'''•^4 1 XV, — Tableau bialorique du cfaris-
i uiisme d'après le proteslaotisme. Vog.
'■^"i^ as vos* I %'L
CHROXOLOGIS de Moïse: est-elle con-
l'oiite par les annales et les monumenta
iiUonomiqDesdes peuples. Fay. CuALinKwai
'■BiKxs, uvmns. Cnixois. — Son esten-
ble. l'ay. PuiTATeD«os, { IX.—
'«.^iiqee T taagpaiia n aMbodedaH les toïu
H ' itufcM'f ■ i^ÊtUe qne leit rMlorilé da oé-
cnn m
. Fay. iHoisafSKK,
'yr*iaai qae I hag ne pslse seirir daa trafaui
*' ■ fairBiamie des écriTaîM arabes h loahosté-
' i fv (écareM et éairireot après lui, td qne le
vxi Uolife Àt-MamnM (né en IW de notre
^ . ^vi Et iradaiic en arabe TAIniagesie de Pto-
-OAF M les «Ares Ihrres aleundrin*. metmrerU
"i tamtt* Mcoapom' de MaTcltes laUet en
«>■ 1 de la laae; AOaiéBÏas, qsi Btiriuatt «en
<> ««y. d l^m-ttmmt, qaî atMerrait a« Cave vers
DicnossAiKs AroLossnQDs. L
f^ronologie des I
i III.
CHUTE, SES swiiES DAïis L'acsturri. —
Les conséquences de la faute d'Adam n'onl-
elles atteint que sa personnalité, ou bien,
passant outre sTnc le péché lui-mémr, exer-
cent-elles encore sur la substance héré<li-
taire de l'homme une lamriilable efficacité?
C'esl là ce qu'il s'agit do saroir, et par 1&
nous louchons oon-seulemenl au dogme
fondamental du christianisme, m^is ao
dogme où tout ordre, toute morale, toote
politique, prennent arec leur source la rè-
gle de leur cours. Selon le parti qu'embras-
senl kcetégard les sages et les conducteurs
des nations, tout change, lout s'en va sur
une pente ou sur une autre, pour ne sa
rencontrer plus jamais. Car il est impossible
qu'avec un point de départ aussi différcnl
sur l'état intérieur et nalif du genre hu-
main, on n'arrive pas ides conclusions
pratiques d'une irrémédiable inimiiié.
Nous sommes donc en présence de celte
question : Adam s'esl-ïl corromps dans sa
l>ersonne ou dans sa nature ; dans sa per<
sonne intransmissible, et ne ponvanl appar-
tenir qui lui, ou bien dans sa nature cnm-
municable, dans cette partie de lai-mèQia
qui devait parrenirjosqu'k nous, pour être
noire vie après avotr été la sienne? Le pé-
ché, séparation profonde et injuste de
riiomme avec Di«u, s'est-il arrêté k l'homme
primitif, ou, s'idealiGant à la chair et as
sang de l'humanité, a-l-il souillé l'espèea
elle-même? Nais.fon$-noos purs ou viciée,
danala sérénité du bien ou dans la coofusios
du mal? Eoeore une fois, e'eat la question.
11.
PrfpowMrwM ea Mw d* Md tor le biea par b bdHié.
— pvliqHBtMéU^— parlIaiapacilêdabieB.'-Itoa
■*aia(MS ptf IMcv ; bdob b'hwui paf lV»aw. —
Cncne m dedani de boos.
Des sages ont éié tellement frappés de
l'état d'ahfissemeni et de misère morale où
la nature humaine est plongée, qu'ils n'ont
pu se l'expliquer que par une dégradation
Erisiitive et nniverselle, suite de quelque
lute qui aurait altéré le plan de la créa-
tion. D'antres ont un si vif éloignemeot
de celte pensée, qu'elle leur parait élra
recueil du ebrialiauisme, et que ries ne
peut les amener k eotendro comment la
feule d'an homme qui n'est plus a souillé
des buromes qui n étaient pas encore su
moment où elle se commit. C'est entre ces
deux courants contraires qu'il nous faut
naviguer; l'un qui noua porle k pleines
Tan IMO. Fioes Mrions platét fondés t croire que
■i T-taac «■pninU u mdlbede asimeoaiiqne i des
ëiraaffen. ce fut anx ailronoaes dn l'Inde qa'ii p«
faire cet cnprvM; sa qualité de prdue de Boaddàm
dnail lui donner ■■ accès facile ani livres indiens,
doDt il est probable qu'il connai&uit b lanfoe,
cOBiDC b i^uparl des prêtres de Fo l'ont conslaH-
■eal coDDae. > {VUimrrt, CUae, p. SI3.) Noos
biuoas i des Jnges plus ttmpéiatu qve kms la
sein de décider qui a raison du savant enpersar
■»;-lil m du docte siaologne Iranfais.
13
oni
nCTIONNJURE APOLOGEUQUE.
cnu
voiles ilms les eaux du christianisme, l'ao'
tre qui nous repousse dp leur sein comme
d'une mer sans profondeur, où les récifs
se monlrent ï la surface des flol.<>. Mais,
grâce è Dieu, nous avims une éloile pour
nous conduire, et cette éloiIe,ici, c'est nous-
mêmes, notre conscience, l'histoire de l'iiu-
manité au dedans ot au dehors de nous.
Pour connaître si nous naissons dans le
Lien ou dans le mal, si nous apportons au
monde une blessure dont la cause est anté-
rieure h oolre existence , il suffit de sonder
lecœurde l'homme, et c'est ce que je vous
prie de faire avec moi.
Le tissu de In rie liumaine se compose
de deui sortes d'actions, les unes qui ins-
[lirent l'eslime, le respect, l'admiration et
l'amour; les autres qui cnftendrent l'éloi-
giiemi'nt, le mépris et jusq'i'à l'horreur.
(Jue je vous ra[i|iello Titus disant un soir à
SCS courElsans, ou plutôt à ses amis, puis-
que c'est le nom qu'il leur donnait : ■ Mes
amis, j'ni perdu un jour, car aujourd'hui je
n'ai fait de bien k personne; * vous vous
sentirez louches ; et, franchissant les siècles
par un élan subit, vous grossirez de votre
voix la voix" unanime du peuple romain
donnante son meilleur césar le nom le plus
beau qu'un homme ait jamais porté, le nom
du délices du gtnre humain. Mais que je
TOUS rappelle cet autre césar envoyant un
meurtrier au-devaut de sa mère sauvée
d'un naufrage, ^t cette nère disant h l'as-
sassin: Fra;)pefetenJre, vous jetterez un cri
et vous ajouterez votre malédiction à la ma-
lédiction qui pèse sur re monstre. Et pour-
tant Néron était un homme aussi bien que
Titus; son parricide était la pensée et la
volonté d'un liomme aussi bien que l'épan-
chemcrt de Titus, regrettant un de ses
joun où l'occasion du bien lui avait été
refusée. Or, que pensez-vous qui doive Glre
le plus fréquent parmi nous, des actes qui
nous rapprochent de Titus, ou de ceux qui
nous rapprochent deNéronT des actes qui
nous inspirent un pieux respect, ou deceux
qui font naître l'indignation et le mépris?
Il semble que ce devrait 6tre les premiers,
puisque nous sommes inTOlontairement
d'acrord pour les environner d'honneurs;
mais hélas I il n'en est rien. Ce qui est
commun, c'est le vice; ce qui est rare, c'est
fa vertu. En comparant le bien et le mal,
tnis qu'ils se produisent dans notre histoire
h tous, nous remarquons d'abord du cÂté
du mal une étrange et terrible prépondé-
rnnce de facilité. Le. mal ne nous coûte
riin; iiour le commettre, il sullit de se lais-
Sur Hller. C'est na navire qui a'a besoin ni
de voiles, ni de rames, ni d'aucun elfort,
fias -même de la lempéle, parce qu'il a en
uî-méme ses venls, ses flots, sa pente et
son ouragan. Le bien, au contraire, ne sort
*dft notre Jme que par un enfantement dou-
loureux ; vaisseau fragile et mal armé, il
faut qu'il remonte le cours des vagues, et
qu'ayant contre lui toutes tes fureurs du
ciol et de la mer, il se tienne dans sa route
•ans décliner jamais. La vertu est si diffi-
cile que nous l'avona appelée la verla
c'est-b-dire la force par eicellenee, etqu'«Q
toutes choses elle se montre au sobimet
comme le suprême elTort de l'hooime. Hors
d'elle tout est fscile, la naissance, U fot.
tune, le talent, le succès, la gloire même;
et qui possède tout no la possède (leiiii ea^
core. Qu'un prince vienne k monter son le
tr&ne, il aura, le jour même, autour de lai,
pour y choisir les insIrumentsdesoflrègQs,
des hommes de tout mérite et de tout re-
nom : mais, si Dieu lui a donné la sagesu
par une de ces bénédictions qui consolent
quelquefois la terre, il discernera da pre-
mier regard une place vide au milip.u de ses
courtisans, et le soir venu, couvert d'un
habit obscur, il ira frapper i, la porte ds
l'homme île bien pour le supplier, au nom
de Dieu et de la patrie, de lui apporter le
rare secours d'une vertu désiniéressèB,
Que nous manque-l-il dans ce grand eiD|iir<
fran^isT Sonl-ce les liommes d'esprit, les
lettres, les arts, les sciences, la ferlilîié
du sol, la beauté des rivages et ta puissance
des mersT Non, le ciel a énuisé pour nou»
le mystère de ses dons; nul peuple n'a re^u
davantage , et nul peuple pourtant n'est ,
moins le mettre de son sort ; que nous j
manque-t-il doncT une seule cliose, la vertu. |
Et, dans chaque siècle, quand ou écoute de '
haut et en silence le bruit de l'histoire,
l'flme est avertie que les passîoDs domineDl
et que la vertu n'a que des heures et quel-
ques héros.
Il y B donc en nous certainanaent pré-
pondérance du mal sur le tiien par la faci-
lité, j'ajoute, par la spontanéité. Le mil
n'a pas besoin de culture; il naît sans pré-
paration, comme lus ronces dans une terre
abandonnée. Laissez l'enfant au rours natu-
rel de ses instincts, que devtpodra-l-il 1 Un
égoïste, un despote, un petit monstre, qui,
après avoir abusé de sa foiblesse coutreu
nourrice et sa mère, abusera de se forte
contre ses compagnons d'Age et de plaisiri
jusqu'A ce que, parvenu a la maturité du
vice, il ne présente plus qu'un spcclaeli
inférieur A celui que donne le sauvage. Il
spectacle de l'animalité pure se repaissniii
de débauche et de cruauté. Il faut, il Tau
l'arrêter de bonne heure, châtier sa tyran
nie, lui- apprendre qu'il a dos devoirs avar
d'avoir des droits; il faut courber sa IM
et ployer ses genoux ; il faut qu'il s'humil'i
qu'il demande pardon de ses fautes, qu^
pleure d'avoir offensé, qu'il subisse »i<
rersévérance l'instruction do la verge i
initiation de l'amour, et qu'abattu, reioti
froissé, taillé, caressé, il arrive au milii
des hommes, sinon doui el vraiment a
mable, du moins poli comme uq marbre I
sortir de l'âme et des coups du sculpieu
Sans éducation point de civilisation; c'est'
aire que l'honurie est natJTemvnt barbai
et que la bonté se développa en fui par ui
culture profonde, (iont l'art ex (go une^ail
tendresse dans une mâle vertu. Mallieur
j'empire qui ne sait plus élever ses enfani
malDeur 6 l'empire qui confoinl reuseigi
DICTIONN.UIÏE APOLOGETIQUE.
CHU
penl arec l'édacatiOD ; qui croit que le bien
^liil de la scifloce et de la lillérature^
(uelles qu'elles soient, et qu'aligner dos
itult qui se pondèrent, c'est préiisrer l'âme
h rbomme et du citoyen I L'éducation est
Il IntKtîoo de l'obéissance, du respect et
du dérouemeDl, à uueflme impalienle du
jnag el pélfie d'égoïsme; tradition sublime
liant riea ne répare l'absence, et dont la né-
Hisité prouve inviociblement la prépondij-
rince iponldDée dn mal sur le bien.
Nous roici déjà bien loin dans la con-
uissaoce de notre élat moral , et dès
miinlenaat nous pouvons affirmer que la
nature humaine est penchée dans un sens
miuraif, puisque, prise au berceau, avant
loule action oe l'homme, elle ne s'élève
unie bien que lenlement, par des voies
trites el ft l'aide d'une éducation qui lui
liîDl du dehors, tandis que le mal se produit
(0 ellti d'uti jet facile et spontané. Mais ce
^'«llpa5tout ; il n'; s pab seulement dans
1.1 niiure humaine bcililé et spontanéité
Jamil, nout y remarquons encore l'inco-
{.irJtédu bien sous des rapports très-essen-
iicli. le nomme Dieu. Dieu était notre créa-
i-iir, notre père, le seul èlro qui ne noua
^ilt rien et h qui nous devons tout, il
uiju^eque nous soyons avec lui dans
■iu rajiporls de reconnaissance et d'amour;
ilfit juste même que nous l'aimions per-
dus tout, puisqu'il surpasse tout en bon-
'>t.O, en est-il ainsi r Vous tous, qui n'a-
tn fiutre règle que les principes et les
KDllBenlsde la nature, i)arce que vousavez
Kyii ceux du ctiristianisme, eimez-vous-
6rfgfKst-il présent à votre esprit? Vous
fmi-vousversiuipardes actes positifs de
Mteillaoce, d'actions de grSces et même
^jjiu|ilesouTpair? Non, évidemment non,
•toui, tout comme vous, lorsque je n'avais
to moi que ia nature humaine, je vous '~
cjor^se , je n'aimais pas Dieu . je n'y
ptnuii même pas. J'ailsis & mes joies et
<ia» affaires de jeune homme, laissant
Hita i ses affaires cl K ses joies. Tel
^titl mon état, tel est le vAtre; et cepen-
liiut l'amour nous est si naturel, il est
"t^n li proche parent , que rien ne nous
fil [ilut bcile et plus nécessaire que d'si-
BUr. DeiaaiD, tous vous lèverez ; il y aura
4m l'iir uoe douceur, un parfum du prin-
'^'npt, les arbres seront mollement emui
l-trie presseatiment d'une belle journée;
*'iut ouvrirez votre fenêtre, et un amour
;iiliira de f)us vos sens pour aller su-de-
'•m de la nature et s'y enivrer d'air, de
iJviÈre et de chaleur. Près de vous , sur
» (lierre eilérieare, noe fleur vous regar-
"Vt, une fleur que voos aurez vue naître
tiDi le b-oid de l'biver, et que vous aurez
•^ijotée aux premiers ravons d'un plus
^oni soleil; TOUS lui rendrez ion regard,
'(>iu lanpprocberez de vous, et tout ina-
oinée uu'eAe soil et impropre à l'amour,
toui ferez de vous fc elle et d'elle h
lous )e M tais quel commerce où le cœur
ne tera pas étranger. Mais Dieu... Ah I
Dieu, ooios que le veut, uioio* que l'air.
moins que la lumière, moins que la petite
fleur, TOUS a'y pensez pas. Qu'est-ce que
Dieu T Vous Vieillirez ; votre jeunesse, en
s'éloigRsnt de vous, ne tous renverra plus
3ue des souvenirs, tristes et fragiles images
e vous-même, et les obscurcissements de
l'âge, tous gagnant toujours, il ne tous
restera blentAt que des ruines sans amitiés.
£n ce temps-là, par quelques jours d'au-
tomne, quand la solitude devient plus dure
au veillard.à cause des mélancolies du ciel,
vous descendrez pesamment dans la rue.
el regardant cà et là, vous chercherez s'il
n'y a pas quelque pauvre animal abandonné
comme vous et qui ait besoin d'un boa
mutlre. Si la Providence vous l'envoie, vous
le recueillerez doucement dans les puus de
votre habit, et le portant à votre foyer, vous
lui ferez sa place comme à voire dernier
omî, le dernier qui boira dans votre tasse et
à qui vous donnerez de votre pain. Et si
vous êtes pauvre, souITranl h ta ibis de l'âge
et du besoin, il se formera entre la hôte et
vous une aiiiilié d'uutant plus forte et plus
sacrée; tous vous retrancherez de votre vî»
pour entretenir ta sienne, et lui , tous ré«
cliBufTant de sa jeunesse et de aa reconnais-
sance, tiendra votre cœur vivant jusqu'à
son dernier soupir, jusqu'au jour oii tout
étant achevé , vos restes s'en iront accom-
pagnés de deuz seules créatures, le prêtre
el le chien, le prêtre pour vous bénir en-
core une fois au nom de Dieu, le chien pour
TOUS pleurer au nom de la nature. Conclu-
sion : il nous est plus aisé d'aimur un chien
que d'aimer Dieu, i;'est-à-dire quF:, par unu
incompréhensible ingralitijdo, D.eu noua
est plus étranger que quoi que ce soit sui
monde. Est-ce là ce que nous deTÎoos èlret
Est-ce là l'état où Dieu nous aurait mis por
l'acte même de notre créaLion ?
Nous ne sommes pas avec nos semblables
dans dn plus justes rapports. NousdeTrions
les aimer, puisque la bienveillance est la
loi des ralliions entre les êtres de même
nature et de même sang : or, lus aimons-
nousT Aimez-vous l'homnieT Vous Ailliez-
TOUS d'aimer l'homme, je ne dis pas votre,
père, votre mère, vos frères, vos sœurs et
vos amis; ce n'est pas là l'homm?, c'est
vous. Hais l'homme, celui que les ancinns
appelaient si bien hotlii, l'Iiomme du de-
hors, l'étranger, cet hommc-là, i'aimez-
vous7 Vous êtes riche : pensez-vous à
l'homme pauvre T Vous êtes dans la joie :
pensez-vous à l'homme qui soutTreT 51
vous y pensez, et je le crois, ce n'est point
su nom de la nature, mais en vertu d'un
élément supérieur que vojs tenez du chriS'
tianisDie et qui agit encore en vous-même
lorsque vous en avez répudié la source; et
combien est faible ce mouvement généreux I
Combien il est loin de l'omiiiél Vous
croyez beaucoup faire en retranchant de vos
plaisirs et de votre luie un insensible su-
perflu, et cela fait, vous tous reposez dans
ta peoséo que vous êles liumsînl Vous tous
dites : ^ai payé ma dette au malheur, je
puis être heureux traaquiUeneal« qu'on.or
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
cnu
m'en jiBrlfi plas. Encore esl-ce \h rtffpl d'une
dnclnnequi a choagé le monde ety a tiilro-
diiit Ib charité. Que serait-ce si jo vous poi^
lais de rhoijHDfl antique T Crojfez-vons que
les Spartiates aimassent les llotesT Que les
vingt mille cile^ens d'Altiènes aimassent
les deux ou Iroiâ cent mille esclaves dont
ils STBient besoin pour TÏtreT Que les Ro-
mains aimassent les dëtjtleurs qu'ils tortu-
raient dans leur Ergattulum, et ces milliers
lie malheureux attachés à la glôbe de leur
gloiroT Voyaient-ils les uns et les autres,
voyaient-ifs leur prochain dans l'esclave et
le vaincu? llsy voyaient un instrument de
leurs désirs, quels qu'ils fussent, une cbair
plus parraite que celle de la béte fauve ou
lie la bêle domestique; et, lorsqu'ils la flé-
trissaient au goât de leur débauche et de
leur cruauté, la pensée nu leur Tenait mémo-
pas qu'ils manquassent de justice ni d'hon-
neur. Ils montaient de la tribuno au Capi'
lolet avec l'assurance d'être un ^rand
peuple, le maître du monde, l'ami des
dieux, et vous les eussiezjelés dans le plus
rare éloonement si vous leur eussiez annris
qu'ils n'étaient que d'illustres et sacrilèges
meurtriers. Tel est l'homme pour l'homme
tant aue la nature humaine n'est pas puri-
fiée d en haut par l'attouchement de la cha-
rité; et même après avoir reçu du ciel cette
miraculeuse inauguration, il y reste un af-
freux levain d'égoïsme qui se trahit par des
pr^ugés et des actes inuumains. On nous a
dit que nous sommes frères : nous le
croyons; et, malgré celte foi, il suflil de
quelque avantage de oaissance ou de for-
lune pour nous faire illusion sur la distance
2ui nous sépare de l'homme de irsvail el
'obscurité. Une femme chrétienne s'étonne
d'fltre de la même nature que ses gens, et
la bonté qu'elle leur accorde lui pnratt un
chef-d'œuvre d'humilité comparanle i l'a-
baissement du Fils lie Dieu sur la croix;
elle se forme une vertu de ce qui n'est
qu'une vérité. D'autres s'oublientjusqu'au
mépris envers leurs serviteurs, envers ceux
dont il a été dît par la bouche do nicu
mfime:C« que vaut fertx auptaipttit d'entre
met friret, e'tst i moi mime gut voue l'attret
fait (Ml). Et. enfin, après tant de siècles
éclairés de rËvapgilc, les races humaines,
toujours séparées en peuples et en partis,
se livrent des guerres dont l'élernelaiimeiit
est l'umbiliOD de tous contre tous, h'ipée,
malgré la prédiction du prophète, n> t'est
foint encore convertie en toc de charrue (^52);
homme s'est adouci pour l'homme, il ue I a
point embrassé.
Uais du moins, séparés que nous sommes
de Dieu et de nos semblables par nos ins-
lincts natifs, voués à ce double désordre,
ne trouverons-nous pas au dedans de nous-
mêmes une harmonie qui nous console do
n'être pas meilleursT Hélas, sans doute, la
paix devrait être en nous, puisque nous
sommes un, el, toutefois, il n'est aucun lieu
du monde oCi elle soit plus rare «t plus ab-.'
(i5l) ifatih. Hv, 40.
sente. La grande, l'immortelle perre, la
Suerre sacrée, c'est on nous qu'elle i »in
léâtre. Notre être, malgré son tinilé, »
divise en deux régions, Tâme et lecortw,
dont chacune prétend h l'empire soDTeniin,
ot, chose inouïe 1 ce n'est pai l'âme qui est
assurée de régner. L'Ame qui connaît ttqui
nomme Dieu, l'ime élevée par sa siibsiance
et sa vie propre au-dessns de tons les él^
ments terrestres, l'âme sortie du ciel eldonl
le mouvement invincible est d'y retourner,
i'Arao se sent dominée par ce corps, entril-
nëe par lui vers d'innommBt>les pauiorij.
Même assistée de l'esprit de Dieu, elle ne
surmonte qu'avec peine celle horrible Ij-
rnnnie, et quand 1 esprit de Dieu se retire
d'elle, parce qu'elle eu a méconna le bewiin,
il ne lui reste contre l'ignominie de la m-
vitude que des remords impuissanli qui
augmentent sa honte eu lui prouvant sa li-
berté. Bile est libre et pourtant csfhif.
elle est Hbre-par nature, esclare par le fuit;
elle peut, elle doit commander : elle n«
commande pas. Sa supériorité subsiste dsoi
son abaissement, sa responsabilité dant m
faiblesse, (<t chacune de ses fautes, Uricv-
Nsbie témoin de sa dégradation, l'acaisc
rurtant i son propre tribunal et la rnp|ielle
sa grandeur. Elle soufre ainsi tout en-
semble deux martyres contradictoires, l«
martyre de la chute qui lui vient de nm
corps, et te martyre de la conscience qui
lui vient d'elle-même. Ohl qni de r^u^,
non-seulement dans les ardeurs de la jeu-
nesse, mais sous les glacH de l'ï^e, n'>
ressenti douioureueament eel incroyati'e
étal de noire personnalilél Qui de vous s'il
n'est abandonné tout k fait k rabjecliondi'f
Sens, n'a pleuré des larmes mrslérieufe:
sur lui-même el n'a levé vers le ciel àr*
pensées incertaines el suppliantes I Amuiie
force d'esprit, aucune élévation de forlum
ne nous défend contre les atteintes dv <t
mal qu'on pourrait appeler le mal caduc lio
l'Ame. Les anciens le savaient, et ils nom
l'ont dit dans une fable qui est demcun^
ci^lèbre entre toutes celles qui nous vii'iinfni
de leur génie. Hercule, l'homme héroi<iiiF.
avait Tuincu les monstres et pacifié les em-
pires ; ou comble de sa gloire, dans la mv
lurité d'un Age qui ne lui annonçnii phi
(^iie le repos d'une impérissable grandeur
il r(tj;ut (les mains d'une femme une tiini(|u<
précieuse qu'il se hAta de revâlir. L'inlvt;
tuné I b peine eut-il sur sa chair le IrsH
fragile, qu'il se sentit consumi^ d'un i'-i
dévorant ; il y porte les mains, il veut 1'"'
rncher de ses membres généreux. cVs
vainement : le iti empoisonné esl plus (<ir
Sue cette main qui avait abattu les tyrans
ercule. Hercule I ne t'étonne pas, l'honini
peut vaincre les monstres; il n'arrache |«
de dessus sa chair la tunique de Déjoaiit
El si ces accents vous semblent trop f>n
fanes, écoulex saint Paul, le jeune hoioiu
tombé de son cheval h Damas, et apporiao
au christianisme tout le fou d'une Atoe <)i'
DiCniKirUiafc APOLOGETIQUE.
cao
tue de U persécalHHi à l'oposlntal. Ecou-
a-le se nlaiiMlrc des lullt» déchiranLet
D'une si haute prédi.-5lîii«tîon u'avsit pat
iries dans son sein r E» ririté, jt ne e»m-
reméâ pms ce 9v« je ftii; cmr U bin que n
twr, je m€ le faim pas, H U mal quejt kat$,
t tmtemmplim.... Jt me plais datu ta lai dt
Am nimm fhmmÊmr imUrinr, swtf jt reiê
l«u «Ma imewbree taie autre loi qui al coa-
iratra A le /«■ tie mem eeprit et qut au eemtivt
ifaetMa C9rpM eom» UjmMg dm pécki. Mal-
kamix teieig fve je euia , f kÎ au déti-
tnrm à» ce emrpa de mart ((33)? Tel éiait
^ cri de saint Paul, Tieilli déji, iwrUmt
dma sa chair la morlîfiealioD el Im slig-
nalM de Jésus-Chrisi, batlu île tci^i
|«Mr n foi. éimisé de aes longues pér^v-
■Jliaai et se hfltaot au marlfre qui défait
rfieiinier sa course. Cel hoiama, aaiol
PaeL, A ne lait pas ce qu'il tcdI, il fait ce
qa'ii ne veot pas, il fréioil de U domination
ait) éhNiffée de ses sens, et, comme Her-
nie, sar le mont Oela, il demande h la mort
4e le déiîTrer, mais k une mort diTine
4ii'BerEal« ne connaissait point. Que sera-
tt dooe de nous, mon Dieu? Qui nous dira
te que ooos smpnes ? Est-ce le crime qui
eH Botre nature, est-ce la vertu 7 Si c'est la
crime, comment en aTOns^ous le remords?
tt, H c'e»l la vertu, comment son règne nous
tst-il si dfHilooreux?
SjU donc que noua considérions l'homma
•liiis ses raf^ioris avec Dieu, avec ses seo>-
itisUes el avec lui-m4me, nous y reuiar-
quoQi une ioeapacilé natÎTe du bien, un
iutderimeiojosuel Taux. Tout bien nous
c fti« no long apprentissage ; mfime après
Cl avoir acquis l'iiâbitude, nous De-l'accom-
; iissoiis presque jamais qu'avec effort, el,
< O'^ia, il est des vertus nécessaires qui sur-
„i ]Mital nos forces oalarelles, et dont Je
t Mi^-inaire oous demeure inaccessible tant
I sH Diou ne ooDS y introduit pas k l'aide
H k un secours divin. Du edté du oial, au coo-
t ^"'"t, loat est pour nous possibilité, facilité,
,, l'iiUnéilé. Double pbénomèoe, dont l'un
t' ^"^Snue l'aulre, et d oi^ résulte la certitude
I' 'tH': l'homme oalt avec un libre arbitre ajfîu-
{4 w rt ûrfÏM/, pour me servir de l'expression
li. Kme du coodle de Trenie. Hais le libre
|i *f-.-nn est le centre de notre acUviié mo-
{^^Ûl résume en lut l'intelligence qui dé-
I -^'f. rimasioition qui ébranle, le cœur
f< l'i i^Tioade. ia volonté qui commande, et
^1*'^ iltsiblissemeat eit ainsi l'atTaiblisse-
f^ "idt (uules nos facultés, sou înclînai-
,1 ^'^>r.u:ltuai$oa oiauvaisc de noire nature
3 '■"'■ère.
leuurquez que je ne vous parle point des
^ tiui I Ljsiques de rfaomaic. iJe ses peiucs
àf: niT^ ei |j'ei|irit. Celle gieiiilure pourrait
J '-Jiic, tuais elle n'en Irai fierait |<a$ la
iV^ lueDta que rtiouinie soit décliu par sa
||7*|<' <1; l'eut primitif où Dieu l'avait créé.
J ^'> kiea que Dous aiuiiuiis à nous cepré-
^ ; 'tr ti infoté divine comme iucapable
n "'"Wtt ttue couffrauce à qui ne l'a i«as
'j '^lB«..ii.l5,S2etsaiT.
préalablement méritée, toutefois, en com-
parant les délices de l'étemelle Tt.e avec l«t
afflictions de la vie présente, on peut conee-
voir qu'une providence aimable et douce ail
mis la jouissance des unes aux prix de l'ae-
ceptalion volontaire des autres. Je laisse
donc de cAléJcel ordre de considéra lions, et
j'admbts Sans réserve, ainsi que le vent la
doctrine de l'blise, que Dieu auratf pu
trier l'Aeewie ta qu'il wtU aaieurd^kui, vn
aioutaot, comme le tboI aussi la doctrine de
I Eglise, saaf le péché, sauf le mal moral.
Or, n'est-ce pas un mal moral que l'affai-
tdissement de notre libre arbitre pour la
bien, et son inelinaison dans nn seos oppo>
aé? M'98t-«e pas un mal moral que l'extrame
diflîeulté du bien comparée k l'eitréme U-
ciliié du mal, et surtout que l'incapacité
native d'arriver è des vertus sans lesquelles
nous sommes avec Dieu, nos semblables et
nous-mêmes, dans de fausses relations?
L'bomme doit naturellement aimer Dieu el
l'bomme; il doit natorellamenl respecter
son corps el n'en pas iiire l'ioslrument des
plus bomicides et des plus honteuses vo-
luptés; or, il est constant par l'observation,
d'accord ici avec la foi, que notre nainrs
actuelle, abaodminée k ses seules ressources,
n'est pas capable de remplir ces saintes et
strictes obligations. Elle vient donc au
monde dans an état non-genlement impar-
tait el inférieur, mais dans un état morale-
ment mauvais. Assurément, Dieu est libre
de créer des êtres fc tel deçré de perfection
on d'imperfection qu'il lui plaît, mais noa
pas dans on état contradictoire fc l'esscoea
qu'il leur donne, aux instincts qu'il lear
inspire, aux devoirs dont II leur Uit le OM»-
mandemeut. Il peut refuser le libre arlntre
k uoe créature, s'il ne lui convient pas de
l'élever k l'hooneor et aux périls de l'otdre
moral; mais, s'il \'y appelle, s'il la soumet
au fardeau de la respoosabilité, il rime*-
tira d'un libre arbitre proporlioaaé àeetfc-
Kénêreiise vocation, et non d'us Idwg*^
bitre affaibli et incliné, manquant de ta f»**-
$aace nécessaire pour répyôdre pi"n™>»i«-
aux lois de son uûice. '
jii.
De rorigCne dm wjI. — Solnaon jar ia l*»^
rtrJulÎjniTmf'
Comment doue x
rable eut dont uoiu i
auJKt, la preuve et la «
fameuse questia- -*- '
taut occupé les a
en effet, de iautn.-- j
Inde d« rboni
QuMid Alexauar*
pris T>r el iiMin
alla dans *a-- uaMi
Mipiife- Ja»aa»fi*. i
MS
CIIU
DICTIONNAIRE AP<H^ETIOUË.
cmj
m
maniter aux dieux. » Alexandre demanda
quelles étaient les sources du Nil, et le snge
reprend : ■ Il eût ilé digne de lut et plus
Ifeureux pour nous, qu'il demandât quelles
sont les sources du mal, car il nous importe
fieu de quelle régioa descend le Nil, mais
I nous importerait beaucoup de saToir d'où
Tiennent les maux qui accablent l'huma-
nité. ■ Ce que Maxime attendait d'Alexan-
dre et de Jupilor-Ammon, tous les philoso-
phes ODt essayé de nous le dire, et il est
nécessaire que nous parcourions rapidement
leurs systèmes, aQn d'en connaître la fra-
gilité et de nous préparer par cette voie në-
Ijative h la doctrine au christianisme.
La première explication nous est donnée
|)ar la meilleure des philosophies, par la
philosophie spîrilualiste. Que noas dit-elle T
Persuadée de la TOfalion de notre àme au
biea par ud Dieu sourerainement sage et
bou, elle ne voit dans ces étonnantes misè-
res de notre état moral, qu'unn épreuve à
laquelle la divine providence a voulu nous
assujb/tLÎr pour nous donner lieu do mériter
la rëcoiupeose d'une plus parraite Tie. Il en
est des pekies de cet ordre comme dei pei-
nes du corps; les unes et les autres ont le
même but> le détachement de ce monde,
l'éducation de l'&me, son progrès rersDieu
par la vertu. Si l'humme fût né dans un
éQuilibre exact entre le bien et le mal, il
eut sans doute mérité, mais il n*eûl pss
connu ces occasions formidables où, du mi-
lieu des leutatktns et des faiblesses, le cœur
s'élève jusqu'à l'héroïsme, et rend plus de
gloire a Dieu, par un seul sacriQue, qu'en
mille actes d'une vulgaire et facile bonté.
Ces idées sont familières à tous ceui qui,
en repoussant le christianisme , veulent
néanmoins sauver dans leur esprit les fon-
dements de l'ordre moral. Mais qu'ils sont
loin d'y réussir 1 L'aUTaiblissement du libre
arbitre n'est ni une épreuve, ni un moyen
d'épreuve; l'épreuve est l'occasion offerte
à uue intelligence libre de se sacrilier au
devoir. Si forte que suit celte iulelligence,
si maîtresse d'elle-même au'on la suppose,
il est toujours possible h Dieu de la mettre
aux prises avec des difficultés qui éprouvent
et exaltent sa vertu. Et la faiblesse de l'Sme,
loin de prêter à l'accroissement de ces dif-
ficultés, est ou contraire uue raison d'en
diminuer le furdeau, de peur que la volonté
ne succombe sous un péril plus grand qu'elle-
même. Diev, dit l'Ecriture, ne permet pas que
flotu loyûtu tentét au-àettu» de not força
(iS^J; il demande peu à celui qui a reçu
peu, beaucoup à celui auquel it a élé donné
beaucoup (&55). C'est la loi même de l'é-
quité. De là vient, dans la providence de
Dieu sur les Ames, un progrès parallèle de
i'éjireuve et de la vertu; à raeiuro que
l'bomme se fortifie dans sa souveraineté
morale, Dieu agit plus librement k son égard
et lui ménage avec moins de scrupule les
occasioDs défaillir ou de s'élever. II nede-
(4Bi) I Cor. ., ..
\^SS) Luc. iu,K
13.
mande d'abord ii Abraham que le sacrifiet
de sa patrie, pins lard, lorsque le cœurda i
patriarche a grandi par l'exil, il ose lui dira;
Prend» ton fil* unique, que tu aimet,]iaat, m
dam la terre de vition, et ta tu me Foffrim '
en kolocauMte, tur la montagne que jtUftTai
voir [V&6). L'accroissement du libre arollrt
entraînant l'accroissement de répreuie.el
la diminution de l'un étant la diminution
de l'autre, il est sensible que le mystère de
notre état natif ne s'exnlique point par la
raison qu'en allègue la pnilosopnin spîrilua-
liste. Plus Dieu avait résolu d'éprouTer
l'homme, plus il a da le placer dans l'équi-
libre entre le bien et te mal, et mttan incli-
ner la balance du cdlé qui assursit à ses
aules la surabondance d'une pleine liberlf.
D'après la philosophie spiritualiile, l'ItoiD-
me vient au monde avec une nature com-
plète, se suffisant à elle-même pour ^a^
complissement de tous ses devoirs, n'ayant
rien è guérir parce qu'elle n'apporte aucun
blessure, rien 6 recevoir de Dieu, parce qu)
Dieu lui a donné selon l'étendue de ses 1»
soins, mais faible comme tout ce qui nalltt
assujetlie à la loi générale dea êtres, qui ul
un développemeni progressif. Or, je Ton
ai montré que tel n'est point l'état natif di
J'bomme, mais qu'il y a en lui une misera
morale, dont la philosophie spirilualislt
elle-même se demande la raison sans la dé-
couvrir, et k laquelle, par conséquent, eilt
est impuissante k porter remède , ce quil'i
rendue constamment inutile à l'amél ioralios
de l'humanité. Bornée à la nature, la hstun
lui a répondu |>ar un opiniâtre refus de con-
cours. Et c'était justice : car comment gui-
rir le mal avec le mal ? Et, s'il est eiagéff
de confondre la nature avec le mal , i cano
du bien qui reste en elle, du moins est-«llt
malade, et le malade ne se suffit pas pour
sa guérison, il lui faut un secours ilu da-
hors, d'autant plus énergique que le ma! «A
plus sérieux. La philosophie spiritualisM
u'a pas même songé fc le chercher, élit: s
fait quelques sages, si on peut les apfeitl
des sages, mais elle a laissé l'boœme tel
au'il naît et le genre humain tel que Jésui-
hrist l'a trouvé. L'expérience l'aconviiiiicut
d'être aussi impuissante h guérir qu'à Mii-
Dsltre nos maux.
Comme l'ombre suit le corps, le matéria-
lisme suit la philosophie spiritual iste. Fili
dénaturé de la sagesse humaine, il rentre
au sein de sa mère pour le dévorer, el soi
doctrines parricides son [ la grande vengeaDC^
de Dieu contre l'orgueil de la raison. Pour;
lui rien n'est mystérieux dans notre_coni'|
cience; car pour lui la conscience n'etislOj
pas, il tue ce qui l 'embarrasse, et fait sa lu*;
mière de la mort. Vous êtes attristés du'
déchirement intérieur que cause en voas '•'
lulte du bien et du mal; vous pleurez TOlr«'
faiblesse sans ia comprendre, et demandïi
'au ciel et à la terre le secret de cette dou-
loureuse énigme; le matérialisme T0usdii=
(456) C(H. XXII, 2. I
M CHO IWTKMNAIIU: APOLOGETIQUE.
(jaelfe tflnnge inquiétude esl la rôtre T Le
untfèrc qui tous tourmente, c'est roiisqui
le'aitz. Il vou> plall d'appeler certaines
ihniri itu nom de mal, certaioes autres du
aora de bien, et d'opposer à Is nature, qui
li: el qui parle eu tous, des lois qu'elle ne
(vnnill pas. Faut-il tous étonner que vous
Msnyezpas d'accord arec vous-mënies, ni
ijue 11 nature revendique contro fos in*«n-
imi$oB impérissable liberlél Vous fnites
ItiiliisiQe en vous, et vous vous demandez
iToù il provient; il provient de voire vou-
loir. Sortez des cliimères, et vous relrouve-
rti Id paii avec l'unité. Qu'ôtes-vousT un
(«rjis qui a des tJésirs conformes à ses lie-
loiiif etdus voluptés conformes à ses désirs.
QiiaDd vous écoulez vos désirs, vous n'é-
oialuque-vos besoins, et quand tous écou*
■tiTos besoins, vous ne fuites qu'obéir h
h niiure, qui tous récompense par des to-
lapiis, Qa'jt a-t-il de plus simple, de plus
in^le a de plus invincible? Est-ce que la
Silure 1005 dit d'élre chastes T et si elle ne
luuledjt pas, qui a le droit de tous le
tut T Dieu, peuL-élre : mais Dieu, puisque
lOosT crojez , est-il autre chose que l'ao-
'~irae la nature ? et dès lors la voix de la
vm
u$
DOS, notre Ame enlrevoil de ]<Âa, par deU
le tombeau, l'air sans tache de rimmorlaltté,
où peut-^lre pourra-t-elte, eo se plongeant,
trouver l'honneur et la paix qui lui raan-
auèrenl ici-bas. Ainsi jclons-nous l'ancre
es saintes pensées sur tous les rivages, et
encore que le matérialisme nous arrache
d'un piitit on d'un autre, il nous retrouve
debout quoique part, nommanl l'aveuir, la
justice et la vérité.
Entre les deux doctrines que vous Tenaa
d'entendre, l'une qui nie le mal pour ea
explitjuer la présence dans Is nature bu*
maine, l'autre qui diminue celte présence
fiour en rendre raison, s'est placé dèi
onglemps un troisième el singulier syn-
lème doiit la fortune a été aussi étonnante
le veux dire le manichéisme: Le manichéis-
me recoonaissail la difTércnce du bien et
du mal; il avouait que le mal lieut une
grande place dans l'buoianjté, el que Dittu
ne peut être l'auteur d'une si fausse si-
tuation. Mais, ne connaissant pas la vérita-
ble cause de ce désordre, il cherchait k
l'eipliquerparune pensée tout à fait étrange,
__ qui était 1 existence coéluruelie de deus
ilu.-e est-elle autre chose que la sienne pouvoirs également souverains, l'un ponc
[Oife! L'idée de Dieu ne sert qu'à divi- le bien, l'autre pour te mal. Cette doctrine.
liHr (Dire corps, et par conséquent à diVi-
■str TDS besoins, vos désirs et. vos volup-
ifa>.Ureite est un songe,
leu m'abaisserai pas à réfuter celte ez-
|Uon de notre étal moral; l'humanité,
■Mlrcorrompue qu'elle est, l'a coostam-
Hd méprisée. L'Iiuiuanité fait le mal, mais
^ croit au bien; elle le veut, elle l'es-
■Wislle lecooiiDonde, elle dédaigne qui-
■D^ue le lui refuse. Rome, jusque dans
toorgies, respectait le feu de Vesla; elle
•leiiésil qu'il y eût des Tierges («ur le
tritT;iA, toute souillée des vices de sa
«cadeiice, tslle abaissait encore les faisceaux
éetu licteurs devant l'immémoridl vestige
ih 11 (hasteté. L'âme humaine esl comme
iioe. Déchue dM sa sainteté première, elle
^ea rappelle l'auguile tradition, elle en
prie l'orgueil justjue dans l'opprobre de
ta «lulières ; el si, pour tranquilliser ses
nniords, on la Teul flatter de ivélre qu'un
fcu de boue, elle se relève de soi-même
ti ïODibnd pnr uo r^;ard cette insoleute
laturKalion. Elle aime mieux souffrir et
oiiuJre que d'oublier sa gloire. C'est là la
Kniimeot qui survit k toutes nos misères,
ri qui Muve le monde des mains sacrilèges
*v Dialérialisme dogmatique. Nous nous
■luoDS eoiraloer à nos penchants, mais
k'st tenions qu'il noas reste un sanctuaire
•A la «erio nous possède encore, et nous
"I voulons paa que le vice en renverse
ritiiel, tout abandonné qu'il soit. Si quel-
l««»-uns portent jusque-là l'impiété de
*ari»«is, le plus grand nombre ne con-
Mot pas k leur fureur, el une gnrde incor-
uptible veille autour des débris qui conser*
Knit l'homme l'idée et l'esfiérance du bien.
^ mira via n'a jtas été pure, la mort nous
rt>iepour la réparer; si la mort n'y suOît
e pour
parfaitement absurde , puisqu'elle supposait
deux infinis contradictoires, cul au fcHtd
de l'Orient un succès qui parvint jusqu'aux
plages européennes et menaça la sécurité
de l'Evangile, tant l'esprit humain sent la
profondeur de ces maux el a besoin d'en
connaître la source l La métaphysique ma-
uicbéenue ne supportait pas l'examen, mais
elle donnait au cœur une sensible satisfno
lion; elle confessait une vérilé, qui eat la
surabondanre du mal dans le moi)ile,jus-
liliail Dieu , el ne condamnait pas l'homme.
C'était beaucoup. Sises-sedaleurs eussent
tiré de leurs principes une épuration mo-
rale, il est probable que leur succAs eût
été plus grand encore. Mais, de même que
le spiritualisme et le matérialisme con-
cilient à l'immoralité, le premier par im-
puissance , le second par une intention
directe, le manichéisme n'a pu échapper
à cet inévitable résultat lie toule doctrine
qui ne sait pas le vrai fond de la naluro
humaine et qui par ■:onséqneiit ne peut
la guérir el la purifier. L'horreur mdlaphv-
siqtie que les manichéens avaient de la
chair, comme le si^e priRci|ial de notre
corruption, ne les a pas eni[)âchés d'en être
les victimes et de devenir à toutes les gé-
nérations uo exempte illustre de l'inOuence
des faux dogmes sur les mœurs. Je ne vous
en dirai pas davantage sur cette doctrine;
la mocl l'a jugée.
Au derniur siècle, (Urul un homme qui
aTail respiré en naissantcetle belle lumière
dont les ondes se mêlent aux Qols du laC'
de Genève, et qui a créé tant d'ingénieax
espriu , saint François de Sales, le comte
deMaistre, et entre eus deus, quoique bien
dilTérent, celui-là même dont je parla. En-
fant de ces riches bords, il ne trouva pas
caii
l)ICTH»fN&IIUC APOLOGGTIQOB.
dnns ton siècle «t ne Rarda pas dans son
Ime la (turelé ds lours vaux. Oa lo yit da
bonne heure s'en éloigner, pauvre, errant,
incertain de son cœur autant que de son
sort, lorsqii't'iifin un jour te génie et la
gloire s'évelftërenl cri lui d'un niAniecoup.
L'artisan; fol po0te, le vagabond un sage,
et cette lyre tardivemest inspirée ne cessa
de charmer son temps que pour laisser au
uAlre dus occeiils dont il u peine encore
i se dérendre. Uais tout n'avait pas grandi
lin tnëme élan «ians unesossi rapide fortu-
ne; ta vertu n'/ arott suivi que da loin le
latent el li renommée. Pourtant, malgré
de survirantes pasaioiis, eet homme ne put
descendre dans le mal aussi bas que l'eUI
soOhsilé sou siècle, et que l'eussent fait
.craindre Ivs égarements de sa pensée. Il
lui resta de sa jeunesse, de ses montagnes,
et de ses preinîi'rs malheurs, je ne sois
quoi do siucère el d'incapalile qui lui per-
mit toujours de se pleurer. Se jugeant aonc
(•I se SHcttsul corrompu, il en clierchait la
cause , et so disait à lui-même : ■ Jean-
Jacques, ne sens-tu pas que lu étais né
bonr Qui l'a rendu mauvais? Qui a dé-
tourné les sourcus d'où coulaient en toi
blement les origines, et des scadémtn
se trouvaient pour autoriser ces recherchu
en les couronnant. Que s'élni(-il pasi< dt
nouveau sous le soleil ? Bien, rien; c'éliil
l'éternelle question du mal reprise sous one
autre face, mais toujours avec l'inientloD
d'excuser l'homme et de jusIiGerDieu. La
naturalisme de Jean-Jacques Houssnu, li
estravagant qu'il fût, puisqu'il niail un
fait aussi éclatant que le juur, savoir 1i
sociabililé humaine, ce naturalisme éliit
)e fruit des mêmes besoins qui avaient «n-
famé les svstèoies des âges antérienn.ll
saiisfaisAit 1e remords en rejetant It ùvitt
sur une cause uni n'était plus le cœur du
coupoble, el il nunorsit ta philesopbien
écartant aussi de Dieu la responsabilité.
Hélas I des fleuves de sang ontj passé m
tout cela, sur la doctrine, sur te 'pottt,
sur la généralloa qui battait des miipit
l'un et h l'autre, «I aujourd'hui détiboiii '
par l'expérienoe , quoique non pascenrnk
lis h la vérité, nous comprenons i peini
t'eniliousiasuie qui accueillit leslableiii^
l'Emile. On nous parle de changer 11 »•'
eiélé do fond en comble, on ne nemjuritf^
plus d'apostssier de la civilisation ; et cenfll
qui De croient pas encore au cbritliani3iia|
naturellement ' la simplicité cl la bonté? . _.,.___
N'est-ce pas ton siècle? N'esl-cepas la société 'o croieut du moins plus moral queJeiiHl
uùluuvécuT9{,ferdudèsionenfancedans Jacques, que Manès, qa'Epicare et miiDil^
1 .,. .. . . . qyg Platon. •
La moralité liea conséquences, dans n\it
fameuse question île l'origine du n ' ~
les solitudes, tu n'eusses rencontré que la
nature, les champs, les bois, le ciel et
sa douce lumière, est-ce que ton âme n'eût
lias acuri sans honle el sans gloire comme
i'taerbe dt^s vallées? Est-ce qu'elle eût connu
l'ingratitude qui natt de l'insoience des pro-
lecteurs , l'envie qui s'engendre de l'orgueil
d'aulrui, l'ombitiun qu'appelle le spectacle
de la diversité des rang», la débauclie qui
est Qlle de l'amour trompé, le dissiniula-
tion qui est une défense contre la duplicité
des bâbilos, et lanl d'autres passions dont
le monde l'a révélé le mjrstère en le jus-
tiûanl ? Oh I que n'eusses-lu jamais du
moins quitté tes montagnes el Ion lac I
Las grandes villes, en to donnent la gloire,
ne t auraient point donné leurs vices, et,
mort ignoré de tous, tu eusses emporté
soua ta simple tombe de meilleurs souve-
nirs 1 » Ainsi se parloit k lui-même ceini
des faux sages qui a mérité le plus de
compassion, et cette rêverie métsncolique
fta traduisant enfin dans un système régu-
lier, il posa cul étonnaulaiiomv; ■ L'homme
nsli bon, mais c'est la société oui le dé-
prave. ■ Ki>y. PatCHOLOoiB,i I.
Lej règuo de Louis W entendit celte pa-
role qui u'uvail jamais été dtle ; elle * — *-'
coroQie un jugement sur la société
corrompue qui eût été depuis la chute du
Rugaoîsme, sociëié mûre pour sa ruine et
eureuse d'applaudir l'éloquence qui la pré-
parait. 11 ne fut plus question parmi ces
efféminés que des délices et de l'innocence
de l'état sauvage; on enviait, semblail-il,
le bonheur de vivre au fond des forêts,
loin des traces elfacées de toute civilisa-
lion. La aociélé n'était , plus définie qu'un
élal Goulni netuii* on eu cbcixhait péul-
jugé la vérité des principes. Aucun systènih
en dehors du chrialiaoïsme, c'a pu fonda
une puiitsanco qui perfection ndl j'iiomn
et lo société. Tous uni cherché leur poil
d'appui dans Is ^nature; le cliristisnisin
seul a dit : il faut guérir la nature , et wul
en disant cela , il a donné h l'âiue le secrl
d'une force qui ne lui avait jamais #té en
tièremunt refusée , mois dont elle ne sarii
pas ou ue voulait pas se servir. Il résuit
du celte double expérience , l'une qui
l>rouvé l'inellicacilé de la philosophie ho
uiaiui} apjiliquée i la science el i la dei
truclion du mal, l'autre qui a prouTâ li
jiuissance du christianisme appiiijaée i a
luôme travail de moralisation, qu'en efFol
la nalure humaine est malade, el qu'il ;
a en debora d'elle un baume destiné jul
Dieu à guérir sa blessure. Ce baume diiiO
aniérieur au mal et que le mal u'a pas coo-
sumét.est le principe unique de la peH
fectibilité individuelle et sociale du geiii^
bumaÏD; saus lui, l'homme ne paririeD^
Lcito )<a- 4u'^ UQB vertu imparfaite, telle qu'on l'r
le tomba remarquée dans les héros et les sages dtj
i la plus paganisme, el les peuples, s'ils s'élâTcoti
' ' ' a une civilisation éclatante, n'y puiienfj
qu'un moj'en d'opprimer plus d'Ames soiik
niijusticede leurs armes et de leur l^sis*
latiOD. L'homme est malade, il faut le guM
rir, on peut le guérir, le cbristianisniel'i;
guéri eu partie. Voilà des vérités de fi'l '
qui nous acbeminenl i, deux autres quei*
lions, l'une qui est de savoir cofflincui '»
chute do l'homme primitif s*est lraDSU)>s<
i l'iiUQianité tout enlière [voy. Picui uu-
eau
DKTKWN&ilŒ ATOLOCKTIQUE.
CRU
tu
utu): itSfCoaàBt comment l'hutiunilé s'est
n-leT(-« il>^ cet étal d injuslice el d'abaisse-
iMtiit (i57|. Yo». HBPàRinoH. — Mal. —
riICBOlOGIK, II.
CicTi oMfiiHBLLs. diiisqiiel sens (>Ile'i
miroiJotl la mortdaas le monde. Vojf. Mort.
-Chulfl Rfioiilife, GsmmsDt Iransruise.
ïtf. Picak OBieinsL', | lU. — ProuvL^e par
lurdlition UDiverselle. Vou. DiHon, S (•
CIEL ET TKHRK ou Tutus kt Cisl, c'est
h lilre J'uu nouvel ouvrage pulilié l'année
JcrHière par U . Jean Rtjyiiaud.
11. Eugène Pelltilan, e^t ei> ce moioenl
irredejoie et d'orgueil. Il Tait partie d'une
E^is« qui compte trois membres : Pierre
Uroui, pontife; Jean Reja«ud,lbéolotsien;
rllui-aéme, troisième, pour tout faire. Ils
tôt cboisi le nombre trois pour hono-
m Ij Triadei el psrce qu'il leur a été im-
pKMt^e de réuuir un plus grand nombre
«iJbéKob. Urne S«nu Ta quelquefois à
fw prScbe, mais c'bst pour y dormir, et
!■ Jourdsn lui*mâmet qui s'en approche
hu^urs, a'j entre jamais. Or, celte Ëglise,
itrjuUeEDeut trioaire, vient d'enfsnler sa
NûIusioD Jefoi. U. Jeannoytisud a mis su
Jmi le mmifesie de sa théologie démocra-
mttl lociale. ■ Que voulez-vous, dit M.
nitita; on ne nous a laissé que -la gloire
«Il iMDjéti m > Nous ne pouvons plus pé-
Mvilans les clubs, ni œentr les bœufs aux
*Oti dorées ruminer sur la place de la
wnrie, au milieu d'un essaim de vierges
■ll(ii,il faut bien foire un[iou de dogme
pv.Wis désennuyer. Kt quel dogme I
•Nçtteaient calliulique est décidément
fft, et l'auteur de Tare tt Ciel est le
.Wnréfsagélique delà religion de i'n-
^l— cette reliijiou, ■ renouvelée dos
■ni. ~ La mission de l'Eglise romaine
abidemiBent finie > et elle n'a plus qu'à
iplaceii l'Ame de la Gaule. >
wameat pourrions-nous douter de celle
MirlioD, quelque vague et hardie qu'elle
^ pirsisseT Ne voyons-nous pas que < la
■titi' >lesialelligeQGes> (la raison sociale
■HRe/uaud, PeUelBn et C) « s'est retirée
wTi(P. II.) Veut-on nne preuve plus
Moiate 1 Ueportons-iious > au fameux
nm de rrimsire : Art. 1". L'ère des Fran-
pi compte de la fonda lion de la Uépublique,
jKi eu lieu le 22 septembre 1792 de Tère
Wflife.... L'été vulgaire, dont la Franco
lot lervio jusqu'^ présent, pendant dix-
Msitcles, ajoute la Convention nationale,
HprttjMiervi qu'à Hier dans la durée les
tV^ du ianaiisme, l'avilissement dus
J|l<uiii. lu triomplio scandale nx de l'orgueil,
■ Tiutei (le la sottise, el les persécutions,
W^joiiiHu'tssuyèreut la vertu, Jetaient,
ifailusojibie, iousdes despotes cruels, ou
pioiilTrireDt qu'en te filt on leur nom. Le
^p) ouvre un nouveau livre i l'hisioire ,
•twa M narche nouvelle, majestueuse et
^enmiaa l'égalité, il doit graver d'un
^iMuI el par les annales de la France
On ne saisit d'abord pas bien quel rapport
il iieut y avoir entre ce pathos conveiiliuii-
nel, où ■ le triomphe scandaleux de la sot-
tise ■ éclate visiblement plus qu'à anctinu
autre époque de l'ère vulgaire, et la mort de
l'Eglisegromaine. Mais, lorsque l'auteur s'é-
crie: «J'en conclus que nous sommes au
butfp. Itô), 1 nous comprenons que nous
110 sommes pas dans le secret des espérances
et des réveils démagogiques, et nous deman-
dons à Dieu que ce mystère ne s'éclaircisse
jamais..,.
Après une vue générale de la lerre prise
de Saluroe, M. Jean Reynaud examine la
condition économique de l'homme ici-ljaa ,
el le socialiste rei>aralt sous le druide. Ce-
pendant, il rend hommage à cette grande
loi de malédiction qui nous a condamnés,
dés le fiommencemenl, It travailler nu milieu
des ronces etdt-s épines;4>t comme,d'ailleurs,
il est persuadé que notre planète u'est qu'un
des plus désagréables purgatoires dunt est
semée l'immensilé dos cieui, on s'attend h
.lu voir apprécier justement les rigueurs et
les misères de notre destinée terrestre. Mais,
dès tes premiers pas, il s'emporte sur le
vieux chemin battu de la réhabilitation de
la chair, et les songes d'un millénisme en-
chanteur lui troublent leiogeraenl. La plaie,
« dont le caractère factieux, dil-il , arec
naïveté (p. 76), se marqueassez en ce qu'en
tous pays c'est la pluie qui signiQe le juste
opposé du beau temps, > la pluie lui prouve
bien un instant que la terre n'est pas pré-
cisément faite pour être une demeure pleine
de charme, et il a un vil sentiment des pas
de géant qu'il nous reste h faire, en snngeaat
que nous n'avons pas «l'état journalier des
girouettes sur toute la face du globe (p. 79),»
et qu'un des plus importants progrès à résli>
ser serait de dresser cette bel le 'Statistique ;
mais tr>utaussit6l, il énumère les avantages
sans nombre dont nous jouissons, et, saiai
de ravissement à la vue des chemins de fer,
et en découvrant que le sucre et le café nous
viennent des Antilles, il s'écrie (p.6&):
■ Adam ne possédait pas mieux les fruits de
son étroit uaradia que nous ne possédons
tous ceui cie notre vaste domaine. » Cette
Uoulfée d'orgueil chez un homme qui a pris
son café bien sucré nous semble pardon-
nable, niaisseutement après dîner, et, comme
elle contredit les propres lameolaiioos de
l'auteur au début de son eUpitre, non
moins que la sens commun et les saintes
Eciiiurcs, elle eût ddse dissiper sous l'em-
pire de la riïtlexioa à jetïn.
Ces illusions ont l'inconvénient do jeter
M. Jean Keynaud dans des réminiscences de
phalanstère. If rêve (p. 76] des rues aussi
impéuétrabies aux intempéries des saisons
que les appartements des riches de nos
juurs, et il ne peut croire que la mer, sous
le mode barmooieD, ne verse jamais «d'autres
richesses dans notre société qu'un peu de
sel el de poisson. » (P. 69), I) proclame que
• l'universaliié i(u bien-Êtreestlecbemiadu
''<1|ir.l4<«uiiiv,6t* eotif. — kcimit. De i'»rigiHe et de la_Ttpar»lion du mal.
iJ
411
CIË
DtCTlONNAlRE APOLOGETiOtlE.
ciel ■ (r- 93)'; et se grisant do plus en plus
de ces idées capiteuses, il enseigne qu'il
moins xl'iino eiplosinn de la |iliinële ou
(l'un choc fortuit contre les nstrcs, il est ini-
possil)le d'nssigner aucune limite aux pro-
grès futurs du genre humain, et, mattrt^s de
nos destinées, dont nous possédons enfin le
secret , nous raarclmns fièrement h noire
apothéose. > (P. 137.) Cetto fierté convient
h un homme qui se bent devenir dieu. La
Satire Menippée nous s léKué l'épitaphe d'un
LiourgcoJs ilu temps étourdi de cas fumées: -
Ci -gtt lean de Lajpiy, qui s'en lit trop accroire,
-U pensait éire Dieu el mourut... do choléra.
PiiiAsent nos modernes divinités éviter
iine fin si déploralile; mnii, couraB,«n voie
li'opothéose, l'huDianitô aurait grand tort de
se rien refuser, ces tltéories nous ramènent
aux quadrilles de Gdélité bicompotée, aioai
noniiiiés par Fourrier, parce que les amou-
reux s'y trompaient réciproquement en
p.<!rtie carrée. Toutefois , la Vénus de M.
J[ean Reynsudjest, nous devons l'avouer,
beaucoup plus pudique que la déesse ef-
frontée,a quile fameux natriarche du bien-
élro universel en motièrè d'amour el de
cuisine offrait un encens de t^russiôre odeur.
Il ne la salue qu'en passant d'un coup de
chapeau assez limidei et se borne è lui faire
uxhaler ses espérances dons ces lignes élé-
yiaqucs:
« Au lieu de rejeter comme des causes
d'égarement et de perdition les lient poM-
tagtri qu'il est dans les conditiorts de nuire
vie de nouer ici-bsa, que la rtligion, lais-
sant tomber sur eux un rr^et du ciel, pour
Ves tancli/ier, et les tournant Ë no're profit
étemet, puisse dire h l'inverse du moyt'n
Age ; Trantitoriis qitœre atema I par les
dioses Ironsitoires, cberclie les éternelles.!
(P. 1^8.) Comme ce latin termine bien la
iirado I Que celle gaudriole niystiiiue est
agréable 1 C'est l'accent et l'onction de la dé-
claration do Tartufe h I^lmire. Fourier est
brutal à cAté de cela. Cet ancien commis-
vojageur n'aurait pas su envelopper, dans
tes pris de cette gaze dé vole, le complément
du culte du bien-être se couronnant par les
jeux folâtres de l'amour et du hasard. Et
dire que M. Petletan ne comprendra jamais
qu'il est souverainement ridicule d'accuser
les casuisttis de morale relâchée, lorsqu'on
osl d'une religion qui sauctiUe .ces mceur*
de pigeonoier I
CIEL, erreur de M. Jean 1te;naud,refuli^e
Far lui-même dans son art. Théologie do
eacgclop^dienoueeUe.Yoy.PmoB^isjiOfniJiv.
CIEDX NOUVEAUX ET TERRE NOU-
VELLE. — Après avoir parlé de In rësur-
rention des corps et du jugement universel,
saint Jean continue en disant : Et je vit un
tiet nouveau tl une terre nouvelle ; car le pre-
mier eiet et la première lerre avaient ditparu,
et la mer n'étatl plut, et moi Jean, je vit det-
cendre du ciel la tainte eilé, la nouvelle Je-
rutalim qui venait de Dieu, parée comme une
ipoute pour ton époux, et j'mltnih uni
gronde voix tortle au Irine dittint : Toici h
tabernacle de Dieu arec Xtt hommti, tt il de
vieurera avec evx, et Ht tnront ton pfiiph.
et Dieu au milieu d'eux ttra leur jhn, n
Dieu ettuitra let larmes de leurt yeux; n h
mort ne tera plus, ni le deuil , ni let crii, »i
fa douleur, parce que ce qui était autrtfoit
sera patte. Âiort ctlui qui était astis sur tt
trine dit ; Voilà que je fais toutes choiti hob-
velUt. Et il me dit ; Écrit, cor cet panh
sont très certaines et très-^éritabUt ilaa
tout let pécheurs auront leur partage rfmi
l'étang brûlant de feu et de soufre, gui al k
seconde mort. Et l'un des sept anget....m
du : Venez, et je vous montrerai i'èpotutie
l'Agneau. Et il me trantporta en «prit inr
fine montagne grande et haute, et il me mm-
tra Jérusalem, la sainte cité, qui deteemlml
du ciel d'auprès de Dieu, illuminée de la clartj
de Dieu ; et ta lumière était sembltdile à wt
pierre précieuse , à une pierre deiatpe (rom-
parente comme le cristal. Et elle avait wt
muraille grande et haute, et doute portet,H
doute anges aux portes, et det noms èerilt,
qui étaient let noms des douze tribus d'IiratU
trois de tes porte» à l'orient, trois nu icpltn-
trion, trois au midi, el troit A Poccideal. La
muraille de la ville avait douxe fondemtiilt .
et sur eux . tes douze noms dtt apitret it
l'.igneau. Et celui qui me parlait arail mt
verge d'or pour mesurer la ville , let porlu
el ia muraille. Et la ville était bâtie en rarr/,
autti longue que large , et il metura la villf
avec sa vetge d'or, iusqtt'à l'étendue dt douit
mille ttadet, et sa longueur, ta largeur el tt
hauteur tont égalêt ; et it mesura autti la «n-
raille qui élnit de tmt auarante-guatre cou-
dées, selon la mesure ae l'homme , ^'init
celle de l'ange. Et la muraille était bdtii it
pierre de jatpe, mais la ville était d'un or pur.
semblable à du verre très-pur, et lu fonii-
menlt de la muraille de la ville étaient onù
de toutes let pierres précieuses ; le premirf
fondement était de jaspe, le tecond de sapkir\
le troisième de chatcédoine, le quatrième iT^
mrraude, el le cinifuième de sardoagx, '<
(jjt^me de sardoine , le septième de clurgttti
Ike, le huitième de béryl , te ne»viimtatl9
paxe , le dixième de chrytopraie , le «nxtrn
d'hyacinthe , U douzième d'améthyste. El U
douie portet étaient doute perlet; et tki
que porte était faite de chaquw perle , tt 1
place de la ville était d'un or pur comme «
verre transparent. Et je ne vis point de te»
pie dans la ville, parée que le Seigneur Dit
(ouf-putMont et l'Agneau tont dans le lempti
et la ville n'a pas besoin de toUH ni *
lune pour s'éclairer, narce que ta gloire i
Dieu l'éclairé et que I Agneau en est le fia*
beau. Let nationt marcheront à ta lumière.
Et tes portée ne te fermeront point thaqi
jour, car il n'y aura point de nuit en ce lie
et l'on y apportera la gloire et l'honneur à
nationt. Il n'y enirera rien de souillé, ni a
cun de ceux qui commettent rabominalion
le mensonge, mait ceux-là teulemettt qui to
écrits dont le livre He vie de l'Agneau. El
me montra un fleuve d'eau vive et cbi
NCTIONNAHtC APOLOGETIQUE.
i torJail du trûna dt
CIB
amm dm trùlal, t
JhVn a de lÀgHeau (M8),
SiJDl Pierre iTBit tJit araiit saint Joao :
Qti titut Mndoni , MuivaiU la paroU du
Siipiwr, dt nouveaux deux et une nouvelle
lirrt, dans leMqueti la juitiee habitera (kSQ).
iHje enlrurofiit cette seconde création ,
^nit il diuit : Je voit créer de nouveaux
{iru it tu» terre nouvelle, et le paiid ne
mt pfiu dans ma mémoire , et ne l'étèvera
ffii (HT MO» cour. R^ouiieex^ou* , loycs
Im felUgrate pour l'itemité :je voie créer
mJémutim tonte de dilieee etunpeupl*
fttr la joie; i'aimerai mon peuple, je trou-
tnimajoie daui Jénteelem, on n'y entendra
fba u plainttt ni cJnmcurt ; on n'y verra
fùu d^'mfoÊU ni de vieillard qui n'aeeom-
flûuiajoun : la vie de l'enfant tera autii
■nb'iiwfKe celle du vieittara, et le pécheur
mluu la àgu erra maudit.... Lee 'oure de
Wee ftuple igaleront leejoure dee plù* grande
tktu; In ouvrée de lee maine ne vieilliront
bni . Sa travaux ne seront pas vains , lee
pmn à'tefMlertnt plus dans te trouble,
mubéeie au Seigneur, leur poetériti le sera
9kt ta : je les exaucerai dans leitr prière
fitiaitaulerai encore. Le loup H l'agnea*
kjtwTMf msai^le: le lion et le taurem»
WM eu i^mee pâturages: la pouesUre sera
muu du serpent ; aumn de en animaux ,
m U Stigaeur, ne nuira ni ne donnera la
jWw toute ma monloffne sainte {160^. La
VkHltiie avsil rapporté plus haul la pro-
Mk^b Dieu fait i Jérusalem : De la pa-
Wfmripuclet, de la fortifier de jaspe, de
aUeétriùr les saphirs et de lui donner un
^msl il pierres précieuses choisies (4fil).
' Il {iliilowphiB efiennëine arait pu, au
pN de ses ténèbres profundi;», aporce-
it4<Klques rijoDDemeDtB des splendeurs
kMli création noorelle. Platon faisait
plSocntcsur te point de mourir : « Une
Mtierrepare est au-dessus de la ndtre,
Iku «el pur où sont les astres ; les
pii lu fruits, les montagnes y sont d'une
pli qoi eocbaale ; ailes produisent tou-
PiorKj de pierres précî«ases, d'une per*
pon. d'une netteté el d'un éclat dont rien
Pprocbe; celles que nous estimons tant
fteoiDiiie nos émerandes, nos jaspes, nos
■nri. n'en sont que de petites parcellvs-..
■n tuules ces beaalés dont je vions de
W», Mte heureuse terre est ornée d'un
tH il'ua argent qui, étant répandus en
P> lieai en abondance , jettent de tous
WitiQ éclat qui charme la vue; de sorte
P d« TDir Mlle terra , c'est le spectacle
p uieubaureus Ceux qui, ont passé
Cm tJB élus la sainteté) d'une manière
cuiière,Bout reçus lï-baut dans celte
fore, ofl ils hauileat : et ceux d'enire
eux guH la pbilosopliie a suflisamment pup>
fiés vivent pendant toute l'éternilé sans
sors corps, et sont reçus dans des demeu-
res encore plus admirables et plus délicieu-
ses qu'il n'est pas facile d'expliquer, et qua
le jwu de teoips qui me reste ne me permet
pas de vous dire (163). • Ces paroles du
philosophe athénien ont paru aux Pores
avoir été 11 peu prés copiées sur celles d'I-
saïe ii63}.
Si le ciel el la terre doivent passer, sui-
vant l'expression des Ecritures, si les élé-
ments embrasés doivent se dissoudre, si la
terre doit être consumée par le feu , com-
ment iaut-il entendre cette destruction ou
ce bouleversement de toutes choses? Le
soleil et la lune ne brilltrunt plus, les étoi-
les ne donneront plus de lumière, ce que les
livres saints expriment en disant qu'elles
tomberont; la terre sera livrée aux flammes:
mais jusqu'oji s'étendra cet incendie du
monde? saint Augustin et Eslius , s'ap-
Euyant sur les paroles de saint Pierre, te
ornent h noire terre. Sera-1-elfe entière-
ment consumée? Saint Jean répand i Et je
vis un grand trône blonc el quelqu'un assis,
devant la face duquel la terre et te ciel s'en-
fuirent, et leur place même ne se trouva
plus {kékj. Faut-il en conclure qne le pre-
mier ciel et la première terre auront dis-
paru en efTet, on bien aurunl été seulement
Iransforniés sans 4tre anéantis, ce qu'on
peut appeler une création nou relie T il n'y
a rien dans les Ecritures qui s'oppose k co
dernier sentiment , d'autant plus qu'il nous
sauve d'un mystère, l'anéantissement de )a
matière, et qu'il se trouve établi par la (ra-
dition. L'Ecrilure elle-même semble l'Insi-
nuer, lorsque Isaïe dit : > Que la lumière de
la lune sera comme la lumière du soleil, et
la lumière du soleil comme la lumière de
sept jours. » Quelle sera cette noavelle
terre 7
tiuillaumede Paris, entre antres, assure
qu'après qu'elle anra été puriHée par (e feu,
efle se recouvrira de fleurs comme aux pre-
miers jours du printemps. Saint Anselme
pense que cette nouvelle terre, qui aura été
l'écondéa par les embrassements du corps
du Seigneur et qui aura été arrosée par le
sang des saints , refleurira comme le jardin
de I Eden et répandra le doux parfum de la
viotelle et de la rose perpétuellement épa-
nouies.
Je ne m'arrêterai p>s è rapporter la ma-
nière dont Thomas Burnet (465) imaçoe,
sans aucune preuve , que le monde brûlera
el renaîtra de ses cendres , et la destinée
qu'il réserve i la terre ressuscitée (466). Je
me borncTiii h rapporter ce i]ue dit Susrès
sur ta question des cieux nouveaux et de la
!g'/f«r.m.l3.
JW) Jw. ni
•« VkUf. indttclhm de Hacieb.
'y fAiO. Prcfwr étant., lib. ir, c. 56.
■'■'I Iporil. ij 11,
(46!!) TEunaiDB, TÂemna taera, lib. iv,' De cvfif
RMii et Urra mova.
(iS6) Suivant cet auieur, elle dcvicHiIra uuo
étoile Qie. Saint Bonavenluro et Sotw uni cru ^m
la terre serait i la Un du motiJc cuuvcrU d'eaa
comme au commcncemenli c'est ï Igrti
&MH.OGETIQ0E. OR M
■ Hnlidiclion sur ces mots : La {aiputifu
quand elle agit, mais elle n'agit qut par fa
charité. Ceci reKarife saint Paul; l'eicnm-
munication tombe sur lui du plus hsoldu
Vatican,
> Damnation et malédidlion sur ees pim-
les : On h tépare du peuple des élue, d§M k I
peuple juif a été la figure, eldontJinu-Ckritt
eet la léte, en ne vivatU pat idon rEvangiie,
au m ne croyani pae à l'Evangiti, D'o^ i'i
résulte que, pour rester avec les «lus, il
n'est besoin ni de rirrd »lon rEraagile, ni
d'y croira. Et qu's dit de plus VollaireT
■ Anatlième, damnation et inalàdicUon mr
ceci : JIim de plue vatte qut l'Egliit de fiini,
parée que teue tee ilu$ et les futttt de lùiu
lee tiielei la eompceent. Ce qai veut dtreqw
relise, telle que l'entend Rome, u'esl p»
ce qu'il y a de plus vaste ; cet a? is est la
nAlre, et ainsi la papaaté, se nisnl elle-
même. Unit en cet endroit, comme Istcé-
san, par un pompeux suicide.
< L'analhëme va encore frapper, pir
exemple, cette maxime : Le jour dit dimon-
eke dtil être lanttifii par dee lectwa dt
piéli, rt turto\U det eaintet Bcriluree ; il ot
eaupablede vouloir _détoumer leCkrilithi*
cette lecture. Homme de bonne foi. qui vois
cet analbème, di»-moi ce que lu veux qaa
j'en pense... Arant que le inonde esMfli
rien de nourdau, il Taliait que le prËIre
livrât lui-mftmeson Dieu, qu'il fermAi l'tQ-
oien livre, et que cet aveu sortit des lâvret
mêmes de l'Eglise, que tout était conmmaU...
Vollaire, Rousseau, Uonlesquieu, Dideroi,
entrent, la tète haute, dans uoe place lirréa
d'avance ; ils n'ont pas besoin de combsllrc-,
ils marchent sur des cendres (U8). ■
En Usant et relisant la huile l/niflmtfw.
M. Quinet ne pouvait, dit-il, ea croire ses
yeux; moi j'en ai bien cru aux mieDs ea
voyant les extravagantes distractions d»
cet auteur, tant aes ouvrages el ceux de tet
frères eo haine du cttholicism* m'; oui
1>réparé. D'ailleurs, ces fantasougorique*
brmules de maUdieliom... damnatio* it M"
Udielion... anathiiM, damnaftoit «t wialédtc-
lion, qui ne sont caries pas tir<ées de 11
bulle, nous avertissent déjk que M. Quinel
s'enfonce en pleine rhétorique.
Dana d'autres circonstaocest l'on fenil
observer comme un oubli d« quelque gn
vile que la condsmaatioQ Je Quesnet esi
datée du 8 septembre 1713, «t non («s >i
1712; mais qu'esl-ce que cela quand oi
songe ce qu il nous faudra nolerl ^w
reprendrons, comme U. Quinet, l'une aprJ
l'autre chacune des six propocitious d
Quesnel, après quelques remarques prél
minai res.
1* H. Quinet ne connaît pas sufQsan
mont la valeur des mots autour de Dieu
ekarité; il croitque de ces deux loculioos,
première exprime notre affection pour Dio
el laseconde notre affeelion pour leprochai
Pas du tout ; si la charité sigoille l'aïua
(UT) Ut subtemnéité de roufer subsiste dans (468) Le ealkolieiéme el ta Rêntlmtim trvtçé
celte nouvelle crcitUm leç. m, p. St7 à SW.
m GLE MCTK»«NA1RE
terre nouvelle* qu'il est de foi que Diou ne
réduira pas au néant les lilémenls ou les
corps célestes, de mSDière qu'ils tia subsis-
teraient plus, ou que d'autres choses asm-
lilabk-s ne seraient pas produites, puisque
l'Ecriture assure que le eiol el la terra non-
ve'le dureront ëlernellemi'nt (UT).
CIEUX, lie leur pluralité; réfutation do
M. Letrontie. Yoy. CosHOGHiFais , | II.
CIVILISATION chei les patriarches. Voy.
PATauBCHSs. — Civilisation des peuples;
déL-oule-l-ello du brahmanisme f Voy, lu-
DiEirs. I III. -~ Ce qu'elle doit h la reliffion
ehrétienne. f*y. Scikrcbs, { I. — Ce qu'elle,
tist sous le règne du cbristiauisme. Voy.
Vlntroductian. IXm.
CLASSIQUES. Les auteurs classiques
étaient-ils exclus, comme le prétend U. Li-
bri, des bibliothèques ecctésiatïqaea au
moyen IgeT Foy. SciBiicss, { 11.
CLAVEL (H.). Traditions universelles sur
les aoKes et les démons, tirées de son Hie-
toire dee religione. Voy. Démon, | 111. —
Réfutation de ses idées sur l'origine indoue
du christianisme, foy. Ikdumishb.
CLEMENT XL —Ce Pape a-t-il condamné
les maximes évan^éliques de l'amour de
Dieu et du prochain T Ecoutons la réponse
de H. Edgard Quinet:
« Le jansénisme, ponssé sur les voies des
réformaleuFS, tendait comme eux k dimi-
nuer l'autorité des prêtres eo tout abau-
donnant h Dieu... Alors qu'arriva- t-il 1 La
chose la plus extraordinaire du monde, et &
laquelle je ne puis me lasser de songer.
C'est que, pour en finir de ces armes spiri-
tuelles que les adversaires empruntaient
aux Ecritures, la papauté imagina d'efTacer
d'un seul coup et d'une manière soleonulle
l'esprit et la lettre de l'Evangile. Je m'ex-
plique.
■ Le Siinl^ége, en 1T13, publie sa balle
Vnigeniiue , monument incroyable dans
l'histoire du christianisme. Cne vraie slu-
Mur saisit les plus fervents croyants; la
rrance en est déchirée pendant un demi-
siàcle ; et si. pour ma part, je lia et je relis
cette bulle, je partage de nouveau la slu-
peur de ces (^néraiions; je oe puis en
croire mea yeux.
« La papauté, après avoir afQriaê pendant
dix-huit cents ans, nie tout eo un jour, ex-
cepté ia puissance; et cette négation uni-
verselle, elle l'affiche au front du xviii* siè-
cle naissant. Ces incroyables interdictions
parleront d'elles-mêmes.
« Analhème à celte maxime :Ditu n'ett
fat, la religion n'ett pae oA n'ut pat la cha-
rité. D'où il suit que Dieu et la religion vont
l'un et l'sulre saus la charité.
■ Aaaihème h cet aulre : Il n'y a poê de
bontu auvre lani famour de Dieu; ce qui
veut dire qu'après s'être passé de chanté
envers les nommes, on peut se passer d'a-
mour envers Dieu. Après cela, que reste-il ?
Le Pape.
^pnehifl. il (Msi^e aussi et Tvibcip&te-
ntol t'imoar de Dieu par-dessus loutes
cho'M[M9;. , ,
f U.QuinsI ignore encore que, selon la
iïéo%e (11) queaqélisnie, il ii y a noini de
ilurié, il nj o point de grâce nors de
l'Ejlisi', et que sans grâce il n'y a point de
Hwiié, l'iioninne par lui-même ne pouvaut
qiit le mil (^70). Passons mainlenanl A
.'(iUDQn de» idées de 0«esnu(.
U. Quiiid cruit en Dieu, el c'est même
nor le mieui faire connaître qu'il attaque
Jï^liie. Or, si on lui disait : « Vous svex
Imu adorer le grand Dieu de l'avenir, tous
tus sans Dieu, ■ il regarderait en pitié
I^Dlteur, et pourtant l'insulteur c'est son
Acnl le P. l/uesnel, qui lui répond : « Dieu
■Vil pas, la religion n'est pas où n'est pas
h cbirilé. — Hais j'ai la charité 1 s'écrie
K Ouiael. — Vous ne iCavez pas, rtpoate
Qdtinehroua rejetez l'Eglise, par coasé-
em la obarilé qni n'esl que dans l'Eglise;
I mini^uez doDC de cliarité, et par 11
■liiïdereligiou et de Dieu. * Si II. Quinet
lîipprouTe pas ce raisonnemeot', il penis
Muia leSAiDt-Siége selon lequel on peut
HBrelleinenl coanattre Dieu et loi rendre
H toile.
N. Quinet secourt lea paurres. Eh bien 1
Ïgo lui dise : « Vous partagez en rain
K lufa arec rindigence ; Toire cons-
iau D'i pas le droit de se réjouir, vos
■tau) sont des crimes. — Quelle folie I ■
ilMnil-il, et il sursit raison. Cependant,
WMk) folie qu'il défend dans le P. Ques-
Mfi'tprès ce taéologieo, aoiia J'omsw da
Jw.ila'y a painC de tonus mutra: en-
>iti, quiconque se troure hors de l'Eglise
nie d'iinour d«) Dieu. D'où il résulte
. Quinet, fort peu ami de l'Eglise,
PiiDe|«i non plus Dieu, et que ses actions
Îaneilleures deviennent uéceiaai rement
Jpéeliés.
u bon SMis et la fui s'indignent de cette
^ticiié. Selon la doctrine catholique, l«
lm,inème produit hors de l'Eglise, est
Mours un bien. Il n'a pas, il est vrai,
pdraii iiHel h la récompense surnalurella
■b Toe de Dieu, mais il ne laisse pas d'j
iHirpirfoil un droit de convenance (^71).
te winpier le salaire que la Providence
Hiixanle en gloire et en succès sur la
mt im). Clément XI a-l-il donc eu si
pnij iori de euodamiier lesdeui premières
NHMitions que H. Quinet S voulu protéger
fc»o éloquence?
iLi Iroiiiéme proposition, dans laquelle
V»Dtl soDlîent (jue ta foi n'mgit gutpar
krionV, ESI «atsi ridicole que les pecé-
kt(«s.-~Dn iHHDme en qui se réveille la
biïur du jogemeot de Dieu, songe à ae
[n'Mir, et se dirige vers le tribunal de
kpteitMca, o6 par l'absolution, il recevra
(M) V«tf MB les catéchismes.
'liOf Toir farmi les proposiUaiii da Qaesoel qui
•"ii«rM4iBwéH, les suimiiea: 29*, 58*, itf.
iTli B«iuT « nsccmw, Tkeoiugi» do§malicatt
"•"lu. Ut (nUa, «ect. X, an. 1, ul<i do mérita de
APOLOCETIQUE. Cl.£ W
la charilé, la grâce et l'amonr de Dieu. Or,
quel principe d'action n conduit cet homme
aux pieds du confi^sseur? n'esl-ce pas la
foil La foi peut donc agir sans h charilé.
M. Quinet inroque ici l'autorité de saint
Paul en faveur du P. Quesnel. Rien de ce
genre ne so Ht dans les Epllres de l'Apôtre,
et M. Quinel n'a pas même indiqué ce qui
lui sert de prétexte pour s'appuyer d'un tel
nom.
Dana la quatrième des propositions do
Quesnel dont nous nous occupons, il est dit
qu'on se retranche de l'Ei^iise ■ auui bien
en ne virant pas selon l'Evangile qu'en ne
croyant pas à l'Kvansile. »
H. Quinel, après avoir altéré le teste,
a'esl amusé ï penser que l'Eglise, en oon-
damnsnt cette doctrine, voulait qu'on put
se sauver sans croire et sans pratiquer ce
qu'ordonne le livre sacré. Ce sens ridicole
n'est que dans le commentaire de H. Qui-
nel ; car, pour le Pape, ce qu'il admet, c'est
que, de deu^ liommt^s, dont l'un repousse
1 Evangile comme plein de mensonges et de
vicieux préceptes, tandis c^ue l'autre, tout
en croyant k la divioe origine de ce livre,
néglige parfois d'en observer les coronan-
doments, le second semble n'avoirpasaKifJ
6î«i rompu que le premier avec l'élise.
C'est, en effet, ce que décide le bon sens.
La cinquième proposition de Quesnel ne
compose U peuple dont Jénu ttt te chef,
e'est-è-dire l'Eglise, qu» de* jmttei tt da
étiu; la Pape, au contraire, se souvenant
du Bon Pasteur qui poursuivit dans le dé-
sert sa brebis égarée, Ae reul pas qu'on
regarde te pécheur comma retranché du
peuple chrétien sur la terre. Il le compte
toujnurs pour l'un de set fils, (ils malade, it
^est vrai, m&îs du salut duquel il ne déses-
'père jamais. U. Quinel n'avail-il donc riea
de mieux i faire que de chnrebar dans celte
pitié maternelle de l'Eglise un absurde
siûel d'épi^amme?
Le vies de la sixième proposition, c'est
de faire de la lecture de la Bible une oé-
eessité pour tous. Queeoel s'en explique
oneore plus formellement dans d'autres-
endroits également condamnés. Il devait se
borner è recommander aux simples fidèles
colle lecture comme utile. Pour qu'die
devint indispensable au peuple, il faudrait
qu'il n'y eût pas d'autre moyen d'instruc-
tion. C'est celte aMrmalioa trop générale
que Borne a condamnée.
V'oîlk ce que ;i#fiM da cet anathimi ai dn
ein^ autrtt un de en komme$ de bonne foi
dont M. Quinel a saliicUé le jugement : je
regarde ces analhèmes comme Fondés aussi
bien sur la raison que sur. l'enseignement
orthodoxe (473).
Or, si la condamnation de ces proposi-
tions et des qualre-vingt-quioze aatres,noo
(41S) S. Adgdsti:!, CUi dt Dieu, liv. v, ch. 15.
1473) Le« sii pruposltions donl t'eu occupé H.
QuiiM, ea tes iiidîqiisDt dam l'urdra dont U eu a
parlé, sont les 58, 49, 51, 7S, 76, 82.
»f
CLE
(CICTIONNAIRE APOLOGETK^E.
oo
tioini dures ou noti' ntoins folles, a troublé
Jt) xviit* siècle,' n'est-ce pas à l'outeur des
àlâmables noureoutés que l'on doit s'en
f.rcndre T
La stupeur, dil-on, snisil les plus fervenla
croyants h l'apparition de la bulle Vnigmi-
ftM.— Ce serait là, j'en conviens, un Irès-
légitime préjugé pour Quesnel. Eh bienl
voyons à quel parti s'était atlsuhé le per-
sonnage d alors le plus justement célèbre
par SB piélé aussi douce qu'éclairée, en un
met Fénelon. Or, l'archeTËque de Cambr&i
a publié deux mandements en faveur de.la
butle et un écrit adressée l'auteur cundam-
né. Quant h Bossuel, puurc[ui conibatthit-
ilT 11 était mort en 1713, mais son historien
naus apprend que, chargé par l'arclievËquo
d« Pans, en 1699, de l'einmen du livre de
Quesuel, il promit un avis favorable, i la
condition loulefoia de nombreuses correc-
tions qu'il jugeait nécessaires dans les Bé-
fiexiont morale» tur te f/ouvtan Tetlament,
elqucOuesnol rt-fusa {H&}. Bossue! était
doue, mmwe Fénelon, contro la doctrine
de Qupsncl. Kl les convulsionnaires de
Soint-MtdartJ, que soutenaiuni-ila, la bnlle
ou la doclt'ine analbématisée? C'élail en
l'honneur de Quesnel qu'ils avaient les con-
vulsions. Que M. Quinel, k la vue de ces
fanatiques, cesse donc d'invoquer contre
l'teuvre de Clément \1 ia stupeur des fer-
vents chrétiens.
On comprend maintenant si J'ai été trop
■évire en disant que M.Quinet n'avait alA
solunient rien cunipris au jansénisme ni ^
la butle Unigenituf. Le philosophlsme n'est
donc pas une conséquence de la bulle, et
Voltaire ne peut se (arguer d'être, issu de
Clément XI. C'est de ta rorrupiion, c'est de
la fange du XVIII' siècle qu'est née l'incré-
dulité.
An reste, (a théologie ne souffre pas seule
de se voir si cavalièrement traitée par M.
Quinet. On n'a pas encore perdu compléie-
ment le souvenir d'un Rapport présenté &U'
gouvernement par noire auteur en 1831,
)K)ur annoncer la découverte de tout uu
inonde liltéraîro dans les débris du xi* siè-
cle. Trop cuurte illusion 1 Le Jouniai dti
tavantt se hâta de prouver que, hors l'heu-
reux déeoucreur, [lersonne n'ignore l'exis-
tence de ces poèmes qui se trouvent par-
tout, à commencer par la Bibliotttique dti
romans (Ii75). La leçon a été alissi rude
qu'inulile, et ïl. Quinel n'a pas cessé du
prendre l'inspirolion poétique pour une
science universelle ; seulement, c est en re-
ligion qu'il essaye surtout de découvrir
niaintenaiil.
CLEMENT D'ALEXANDBIR. a-t-il pla-
loiiisé au sujet de, !n Triuiié! Voy. Nute
XXIf, ! VII , a la Un du deuxième viriume
CLERUÉ, ses bibliotlièques au mojerî
â{jc. Yoy. SciKifCKs, S III. — Clergé giuloij,
a-[-il livré les Gaules aux Francs? Vt»
Clovis. *
CLOCHES, l'nsage de les sonner lemilin,
\ midi et le soir, date-t-il de 14561 foy.
Arago.
CLOTAIRE II et son épouse Badegniide;
erreurs historiques réfutées. Yoy. ftiH. 1
GOtlDE.
CLOVIS ET LE CLERGfi GAOLOIS. -
On a prétendu que le clergé avait lirré les
Gaulas aux Francs. Pour rendre ce con-
cours probable, on a supposé les évèqaei
investis d'une autorité civile toule-pats-
aenle; et, pour le rendre odieux, on a ni>
présenté les Franks comme les plus barba-
res d'entre les barbares. — foytt Aag.
ÏHiBBBT {Hitt. de tu tonq. de t'Atigï. porta
Xoniandt, t. I); Guizot, (ffiaf. (H la civil,
m France, t. I, teç. vin); Facrikl [fli'tl, dt
fa Gaule méridionate, t. I) ; Dk VtL'DOn-
couRT IDicHonn, de la eonverialion, arl.
Frtmki); Michelkt {HUt. de Franet, I. )),
etc. — AI. Gorini résume ainsi la ssvsmt |
réfutalion qu'il a faite de ces auteurs iliiis
son bel ouvrage : Défnue de l'Eglite cnltt
tet erreur» kittorique», etc. :
■ J'ai prouvé, dit-il, que les évéqau
n'avaient pas élé aussi puissants ni lestol- <
dais de Clovis aussi férocea qu'on l'i dit.
Nous avons vu en Bourgogne el cfaei les
Visigolhs deux ou trois évéques souhailer
la domination des Franks; mais aucun iie
conspira. Le seul qui eût pris i ces guer-
res une part active, Galactoire de Lescir,
n'était pas, h proprement dire, sujet d'A-
larie.
• AGn de comprendre la rapidité <I(>scon-
3uAles de Clovis, au lieu de lui ctien:l>L'r
es complices dans l'éplscopat, il a sulTi da
se rappeler qu'il avait ties truupes aguer-
ries. Contre les Bourguignons, il fut tM
par une partie même de ce peuple. Il eut
Eour alliés contre Alaric, d'abord Gonilt-
aud, puis la Mch?té de la nation et le long
repos où elle s'était amollie, et dont l'Oi-
trogoth Théodoric l'avait overlio de se d^
Qer. Aussi, dès quo-Théodoric Tint se at^
1er & celle guerre, le progrès des Frank»
fut arrêté; ils levèrent le si<^^ dont ils
menaçaient plusieurs villes, perdirent trienie
mille hommes devant Arles, el auraietil
probablemunt essuyé d'autres pertes i-"'
core, si une discorde intestine n'eût occuH
la plus grande partie des forces des diui
peuples golhs.
■ Il était d'autant plus indispeosabli
d'étudier sérieusement cette questi'jn. q"'
riiitervenlion du clergé dans les suvcès >i'
(474) //iil. rfe Bouiwr, 1. XI, o*li. — Ugr de Quesnc). C'cat cncAre l'errevr dnns UqaHIc «
BiuKsel iiout apprend encore que l'avia favorable pourrait lomlwr en Lrouvaiil ceUa '|tièce dai» 1<
réJigé par Bosiuel (dans l'espérance que les corrcG- ' ' " " "'' '
tioMs exigées d autre part seraient faites), étant
TMld dans les papiers de l'évëquc de Heaui, passa,
il la mort de ce préini, dans les mains de (Juesnel,
iii:i osa le publier dans une édition de son livre;
or sorte uva Botiuct fui pris pour un patron de
(Èuvrei de Bossuel, si l'on n'avait celte espliraii<x
(1751 Bulletin du *ciencet kùloriqun, «i(lti|a>'r:
phtlotophie, rédigé par MU. CH\iiPOLi.io.t, juin I8J:
n' <■ oà est reproduit, «ur M. Uuiiict, »u article il
Journal dei lavaiiU, mais Ifôl.
in COn MCnONKàlRE AP(HX)GEnQIIB. CO» ttl
C!dtîs («1 présentée parles plus émÎDenls deDxChréiiens.On peut nssurcrqaeceMnt
ë.TiT3iiis eomme un fait iodabîiable, acquis quc)(]ues-uDes des plus belles pages de DOlre
j il science, qu'on atSrmera désormais sans langue française. Nous les opposons, ces
If tkiriiler.aKIowigh, Agé ée *>ngt ans, dil pages si pures, si suares, i celles où P. L.
ilUleaulirianij, araîl alEaqaë la Gaule. £« Courier et Al. kfichelel, traitant le mènifl
mnamtmU kUtoriquet prouvent que son sujel, ont laissé roir (aot de laideard^iotea-
ib>ï<ion fui farorisée, surtout dans le midi tion, tant de gftût du scandale, tant d'inin-
dc II France, par les éréçiues eallioliques, telligenee du seus religieui, do sens moral
ea b.-<ioe des Visîgolhs ariens (VI6). • et même du sens commua.
( Or, tous ces monuments que l'on în- aPour bien comprendre les richessesmo-
t»:].ie, nous les avons coosullés avec soin, raies dont lo chrislianisme ■ doté l'buma-
oous les STODs tninolieuseiEPnt analrsés et nilé, il serait bon que nous pussions les
romparés. et jamais nous n'avons pu en regarder un moment avec les yeux d'un
fiire sortir celle réponse : Les guerres de sage de ranliquîté païenne, et ressentir
CUixis ou celles de ses ÛU furent des guer^ quelque chose de l'admirstioa qu'il éproiH
m 4? religion ■ vtrait, si, revenu tout d'un coup eo co
caerEK>lTE ile Dieu et de la matière, monde, il voyait se déployer les merveil-
Tty. Hervoe. leuses créatitHis que la parole du Verbe i
OCn aCMAIN . difficultés qu'il opfxP enfantées.
Mil i l'établissement du règne de Jésus- Nous ne pouvons nons occuper ici que
Clirisl sur la terre. Foy. JAscs-Cakur, art. d'une seule inslitulioa chrétienne , la con-
III, 1 1. fession. Hais , pour rendre plus sensible le
COUBATSdetauresuxcbezIesÉgypIieos. jour sous lequel elle nous apparaît, qu'en
Tm. Hoiicvksts, etc., 1 VIII. nouspermetledesupposerPlatunelFénclon
COMMUNAUTÉS CHRETIENNES , leur s' entretenant ensemble, et l'éréque chrélien
formation primitive réfute Strauss. Yojf. ri^t|>oiidant aux doutes, aux problèmes, au\
llrniSBi, i V. pressentiments que le sublime disciplo de
COMHCNION UNIVERSELLE des biens et aocrale iwrlait clans son âme.
des niaox on solidarité. Foy. klAL,art.l,|V. Platon. Divin vieillard des tem|is noii-
C01ITE(1I.). ce que c'est quo sa philo- veaux, pourrez-vous répondra h nnequi-s-
upkit p9Mititt. Fey. biaoR. lion qui m'a souvent préoccupé T J'ai (Jc-
CONCBPTiON de la doclriae du christia* mandé la réponse h la sagesse de Uemphis,
cisme par les apOlres, est un miracle. Foy. e' , sur le seuil de ses temples , les sphinx
PaoTMiA-noii Bo CHUSTIAKISHX, j L sont demenrésmuets.J'Bi interrogé laGrèi-e
CONCILES, démontrent que la r^le d'au- raisonneuse, et elle ne m'a rien dil. J'ai
lorité a été la méthode suivie par l'Eglise, cherché, dans les idées éleroelles le rayon
l'tfy. SfesLs DK roi, I IV. de lumière dont j'avais besoin ; mais la por-
CONCORDANCB de saint Harc avec saint 'ion de la divine essence qui pouvait éclair
UaUhiea et saint Lac. Yoy. Uskc (Sainl). rcr ma pensée est resiée voilée pour moi.
CONDUITE de la vie i exige la foi pour Peut-éire pourrez-vous m'apprendra ce que
toos les rapports sociaux, etc. firy Foi. j'iguore, si quelque f-nvoye du ciel a parlé
CONFESSION coNsiDiais comms imstitl- aux hommes.
TT-s ci*iusATwcK.— Nons empruntons l'sr- fÉXUON. Quelle est celle question, A
:><'Je qu'on va lire an bel ouvrage publié merveilleux génie, admiré dans toiu les
. _. _ .. ., . . , ^__. _. ,_.-_._. siècles T quelle est-elle?
Platos. Dites-moi, si vous le savez, pour-
Tau ntr'U éogme'eathotique de la Peut- quoi les hommes sont-ils restés sauvagesT
fnir<(V77]. Ce chapitre où l'auteur introduit FiaiLoa. Je ne voiu comprends pas,
l'faiou et Fénelon , philosopbani ensemble Platon. ^ *-
iur le triimnat de» imet , se bit distinguer Plator. Ëcoutez-moî : nos traditions ra-
:'>D seulement par les vues profcndes qu'il content qu'Orphée, quel que soit le sage que
•i3re k ses lecteurs sur les avantages de la l'antiquité a nommé ainsi, eut pitié des an-
ttjDftfssion , mais encoris par une sorte de célres des Grecs, qui traînaient dans les bois
Odiit oà il fait entrer le récit d'une des une vie grossière, triste, dépourvue de reo-
ilus belles scènes qui aient le plus réjoui, litude «t de beauté. Il les trouva dans un
-•MIS pourrions dire les anges, dans ces der- élat bien misérable; car ils n'avaient ni
Lieres années : c'est celle de la premUn lois ni tribunaux pour régler et terminer
(■«nmtaïaK d'une jeune femme, laquelle leurs querelles. Mais, quand il ies eut initiéj
■*âil lien au moment luème où son époux à une vie nouvelle, le changement qui s'o-
'«vevait le «iofifue pour se préparer au pérq dans les relations de ces hommes entre
T'>T«gede l'élemité. Tons les lecteurs sdmi- eux, comment le concevez-vous T
•-.hm\ cette scène; en effet, jamais paroles FitiBLoa. L'individu se vengeait, la so-
; us prtdondrs et plus douces n'ont été pro- ciété jugea : le procès remplaça la guerre.
coQcées sar la eonveraton et sur ta mort de ■< Platoh. Votre réponse renferme un grand
ilTU iMèaurmirniHéed* rWiWtra ^ Frmee. PéOny.
tnmiin ncc — Voir encore daas la BiUiMài^ue {117) Ces Vmi sont ftétMie» des CMuUfrafÎMU
t rEeoUén CkmrU», %■ «Me, i. I, le rapport dé nr fa dagmt aâitfralnr éê la piéU ettlulifu; oa
■. td. Latoïdije sar In £iu(et, de, 4e M 4b vel, ia-li, i Paris. ' '
rétemment par H. l'sbbé Gerbet (aujoqr-
.'*hui évéqne de Perpignan), sous le tiire de
IIS U>:i IHCTIU.N.UiaE
iei» CD pfn ilo mots, el je l'opprouve benu-
coup; mais roilà )astcnicnt pourquoije vous
demande comnicnt ii se f^it (jue les liomnica
Buîenl eocortf, tous un raDporI Irès-împor-
lant, dans lYlal sauvage.
FÉTOLon. Uon élonnement redouble, &
Plalon I car voas ne pouvez ignorer que tes
Iribunaui et les lois n'ont pas él6 établis
seulement chez les Grecs, mais encore cbez
beaucoup d'autres peuples que vous api>elez
barbares, et tous savez aussi que plusieurs
de ceux-ci ont possédé ces institutions avant
lesGrecs. A mesure que les choses humaines
se sont perrecliMiiiiéea , le nombre des cas
où le pro<:às s remplacé la guerrp, où leju-
Bemeiit de la société s'est substitué i la
vengeance fougueuse des individus, a été
en augineutani. La civilisation a fait reculer
aes limites, et l'état sauvage, reléjjué aux
confins du monde, n'est aujourd'hui qu'une
xoae étroite qui entoure i'humanilé, comme
une ceinture de rochers borde quelqut<fois
une tte spacieuse-el fertilisée. Ignorez-rous
ces choses, 6 Platon, oracle des Grecsï
Plito!). Je ne réponds pas en ce moment
k voire question, et tous verrez bienlAt que
cela serait inutile. Mais suivez-moi encore,
aooique vous ne voyiez pas encore le terme
e la roule que ma pensée suit en ce mo-
ment. Ne roussembio-l-il pas que ce monde,
où nous apparaissons pour pta dà lenips ,
esl comme un IhéAIre divin, et que les
hommes, qui y sont placés par le Iheu su-
prême, ressemblent k des acleursqui vien-
nent remplir un râle sur une scène conve-
nablement disposée, el quiseroiit couronnés
dans les jeux Olympiques, s'ils ool observé
ce qui leur était prescrit?
FÉEiELOif. Oui.
PLtTOH. Et si des acteurs s'acquittent
mal de leur rAle en présence de la foule ;
s'ils méiirisenl les loissacréesdu rhylhme,
faisant de faux pas ou des gestes iuconvo
naots; si leur masque est difTonuet si leur
▼oix est mal accentuée, ils sont ensuite ré-
primandés et punis sévèrement par le chef
du ehceur. En cela ils sont soumis k nna
discipline, et n« sont pas, comnit) acteurs,
dans l'état sauvage.
FiifuoK. Sans aucun doute.
Platoh. Et quand les hommes eoniBettent
des actions mauvaises, qui troublent la so-
ciété, et que la société s vues, les magis-
irals, assis sur leur tribunaux, prononcenl
aussi contre eux des peinM sages el terri-
bles. Les magistrats nesobt-ils pas les chefs
de ces chœurs qu'on appelle nations, et
jusqu'ici la similitude n'est-elle paaexaclef
FfinKLOH. Parfaitement exacte.
Platon. Mais, si les acteurs, avant de pa-
raître sur la sc^e, n'étaient psa examinés,
insLruiis, corrigés dans leurs débuts par des
hommes habiles dans l'art do beau et roués
h la conservation de ses règles; si ces hommes
ne réprimaient pas, loin des yeux du public,
les fautes secrètes des acteurs conireioes
règles HcrveilleuseSt oes fautes qui sont la
soureo d« toutes celles qu'ils peuvent com-
iiivllrQ devant la foule assemblée, oo de-
ai>uixh;gtique. cds i^
Trions-nous pas dire que cesacteun sont
disciplinés et indisciplinés tout k lafqii-
qu'ils sont disciplinés ex lérieuremcot. inm
intérieurement indisciplinés ou ssavagest
FÉKELOTt. Il faudrait le dire.
pLkTOTt. Etpuisqueles bommessoDisoi].
mis i des tribunaux quand ils ont violé
l'ordre i la face du soleil et du rnoode, et
qu'il n'y a point de tribunaux pour les crimei
cachés, cl surtout pour les dispositions *i-
cieusesdel'âmCid'où sortent lous tes crimes,
nu devrons-nous pas dire des hommes en
que nous venons de dire des acteurs ijue
nous avons sup|:H>sés? Nous dirons donc
aussi que les hommes sont civilisés dxus ce
qui tien t aux actions extérieures el pubtiqurs
que leurs corps accbniplissent, mais quu les
Ames, k d'autres égards, restent dans une
espèce d'état sauvajjeT Me comprenei-ruus,
maintenant, 6 FénelunT
Féneloit. Vos discours ressemblent i m
sentiers qui conduisent, par des détoun
mystérieux, h un temple situé au milieu
d'uneforèl épaisse. Ensuivant leurs circiiiu,
on croit quelquefois ne pas avsocnr, on
craint de ne pas arriver au but. Mais toult
coup l'auguste édifice apnarall, et l'on yen-
Ire lorsqu'oB le croyait loin encore. Je voii
sortir, des longs replis dp vos questions,
une vérité granue el sainte, que Dii^u a mise
dans votre esprit, û Platon 1 cl ce Dieu va
mettre sur mes lèvrss la réponse que vous
cherchez. Souvenez-vous que vous avez tJilt
dans votri) Aleibiade, que, |>our connaître l«
cultedA à Dieu, il fallait allflndre qu'un en-
TOyé divin lerëvéUt aux hommes. Celui que
TOUS attendiez est venu, et il « régéi^tétl
eifasussé toutes chosns. I^slëgislateurj ilei
peuples, en arrachant les hommes i la ti<t
sauvage, ont établi des tribunaux pour hs
curps; tuais le Christ a chBSsé.la vie 5*ii-
vago de l'intérieur de l'homme mfimc : W a
établi U tribunal dtt dmei,
PLiTox. Daignez m'expliqoer, mon suii.
cette jurisprudence divine. Dans toute cause
criminelle, il y a l'examen, l'Accusation, l«
iugement,la peine.QucI estici l'exaroinaleurl
FiaELOR. C'est le coupable, assisté dua-
pentir el de l'espéraoce.
Platoit. Et l'accusateur
FiasLON. C'eslencore lui. Le même inJi-
Tidu se divise en quelque sorte en deui
mvj; l'un est accusé, l'aulre accuse- Dan'
ce dédoublement mystérieux, Is volouli
nure se dégage de la volonté corrompue iju
l'enlaçait dans ses nœuds tortueux , et q4
s'en détache et tombe comme ua serfienlqu
expire. I
Platoiv. £I que font «lors los jugfîs? |
FâHELOH. Ceux h qui le Christ do Dieu
confié le pouvoir de remellre k's péchét
foot le contraire de ce que font les ju^^
humains. Dans les tribunaui ordïnniresD
juge pousse à l'accusation el le coupabla
l'excuse; dans le tribunal surnaturel di
Ames, plus le counabJe s'accuse . plus '
juge cherche dans la charité toutes les •
euses que la vérité permet; et s'il pronoQI
une scutonce, c'est toujours une scrtted
JïS
COK
DICTIONNAIftE APOLOGGTlOtJË.
CON
Mt
dt gnice, cur la peine qui l'accompugne est
tDiiéricirJieuse et guérissante : quelques
prirations pour les sens, dos anmdnes et
dfS prières.
PLiTOH. Pourquoi ces trois chosesT
FhELon. Le périt livre qui contient les
éléments de la doctrine ctirélîenne ensei-
gne, m saraut cûrame à l'ignorant , que ces
imit chose* composent la péoitence. Tous
If croient, mais tous n'en conçoirenl pas la
muin; el celui qui s'applique H méditor les
rhosesdiTÏDes decDutrre, dans les plus tuI~
ams enseignements du cftléchistne, des
tkirmonies cacbi^es. La mntadie morale dô
rhomniedériïe, d Platon, de deux désordres
vnDCiMDi, Vorgueil el la volupté : ces deuK
aèwjres, en se mélangeant, en produisent
un Iroisiëme, \'égoume de ta richetse, qui
(itaiiJe l'un et de l'autre. Les privations
mj^asies aus sens ont une efBcacité apé*
ii;'l<: contre le rolupté; la prière, qui huoii-
iife lliommedflns le sentiment ud sa fai^
blt■^ic, guérit l'enDure de l'orgueil , et t'au-
mûne éteint l'égoïsme avare; l'aumÂneqnl
w répand romme une rosée terrestre sur
Celui qui reçoit, pour retnmher comme
g»; rosée du ciel sur celui qui donne.
PL1T05. Je voQs rends grâces , Fénelon,
«iv rv que vous m'avez révélé les merveilles
<lu tribunal des flmod ; mais, dites-moi, tous
Wi b.)ni(nes soni-ils admis h participer à
tcut civilisation des coosciem^s?
VtetLos. Tous les âges, tous les rangs,
lunin Va distinctions se confondent sous
Cfroinmun Dîve&u d'humilité et de perfec-
liiinoemBaL Le roi s'agenouille i ce Iribu-
naUl/emecdianl s'y relève; l'eursnt à peine
u«iliniïon, y apprend à Mgnyer la lan-
t>u« qui purîlie ; el quand les di'rniers sou-
|iirs h'm iBOuraiit se Lransforment en hum-
triareui, sa poitrine oppressée pèse moins
i wn Irne plus légère. Souvent, tandis ^u'à
uitileicAlés decetrdne de planches où siège
It Diinijlru du Dieu, un grand coupable
l'*pprêle à décbirer, comme un voile, la
^xijfue nuit de toute une vie de forfaits ; de
r«uirecAi6 l'innocence, ignorauto d'elle-
araa, u révèle eu croyant s'accuser, ht
ak M p««se dans tous les lieux que lu sa-
Itil «[ le cbrlstianisine éclairent : il n'y a
rpial de langue parlée par un peuple qui
s'iitété purifiée par la confession cnrétieii-
>>(■ Je ne connais pas de signe plus froppant
lie l'eicelleDCe de noire nature. On a vu
'^-hi lu ^ui(;îiJe uue horrible preuve d'une
Jf) (ilus nobles vérités, la uislinclion de
''iiiieeldu corps. SieueETetnousn'étionsque
.C'iière, Dons obéirions niactiinaleinent,
"Mume loua les Aires malériels, ï une in-
■'iTuontalHit tendance vers notre conserva-
'"'II : pour que notre organisation puisse
tijir contre elle-même jusqu'ft se détruire,
l'Iiuiqu'il j ail en elle un principe Supé-
"*urqiii veuille ce qu'ulle ne peut vouloir,
Hbi uuinunde aui forcus vitales d'être les
*i'catnci>s de la mort. Ëbliienl je crois
UlcnOSHltKE irOLOGÈTlQVE. I.
aussi que si nous n'éiioiis qno sensntion,
c'est ii-dire orgueil el égoïsme, l'accusation
volonlaire, ce suicide de ror^ucil, ne serait
Pns possible non plus; l'instinct qui porte
l'bomine h cet acte, qui lui on fuit sou>
vent un besoin', n'aurait aucune racine
en nous. Cet instinct oonire rature, si toute
notre nature consiste à éjirouver des sen-
ftations passagères, se réfère évidemment
h des destinées plus hantes : l'hoinnie se
confosse, donc le ciel eirsie. On a dit avec
raison qae la prière est un signe ciracté'
ristiqaedol'espèce humaine i mais, quoique
l'animiil ne prie pas Dieu, le concert de»
oiseaux, par exemple, au lever de l'astredu
Jour, semble élre une imaite de nos hymnes
inoniant vers Dieu : les poêles l'entendent
ainsi, Maiaraecusatinn spontanée de l'hom*
me ]jflr lui-môme est si éminemment le
sceau distinclif de notre nature, qu'on ne
trouve i oet égard, di<ns les êtres sentants
intérieurs h nous, pas même t'ombre d'une
analogie matérielle quelconque, à laquelle
la poésie iiuisse emprunter une métaphore.
Si la philosophie ancienne a im délïnif
l'homme un animal qui prie, la philosophid
chrétienne, sans efTacer l'antique délliiilion^
peut la couronner en ajoutant: L'hotnme
est un ange tombé qui s'accuse. Par quel
vertige a-t-on pu méconnaître les puissantes
affinités qui lient cette institution reli-
gieuse b la nature de l'horcimeT Dins un de
Ces oraees qui agitent de temps en temps
l'esprit numsin, Ta tète a tourné h quelque*
sociétés chrétiennes; elles ont aboli la con-*
fession,son8 savoir ce qu'elles faisaienlf
mais elles commencent h la regretter (%7éj.
Quant è ces hommes qui ne savunt que s'en
moquer avec un infernal sourire, qui Ia
haïssent en elle-même et pour elle-même,
le sentiment des choses divines n'a jamais
été en «us, el le véritable inslincl sooial n'y
est plus; ils ne comprennent rien , pour me
servir de votre expression, à la civilisaiiou
des consciences : espèce de sauvages mo-
raux qui préfèrent que l'homme erre el s'en-
fonce dans la solitude de son fime, \ travers
lei tempêtes et les abîmes des passions, et
qui bien souvent n'y apprennent eux-mê-
mes qu'à marcher aveuglément vers la mort,
dans une Itçoorance infinie de sas suites.
Platon. Je me rappelle avuir vu autrefois
commâ UD emblème frappant d^s hoipaios
dont vous parlez. Je me promenais sur les
bords de la mer.ilans un endroit écarté, noi
loin du cap Sunium; c'élait au soleil cou-
chant. Une figura d'homme était accroupie
sur la poîute d'un rucher battu par les va-
gues. A ses vêtements souillés, à sa physio-
nomie à la fuis égarée et lixe, je me persua-
dai que c'était un de ces hommes poursuivi
iutérieurement par les Furies, el qui errent
loin des cités, parmi des ruines et des tom-
beaux. Quand il m'aperçut, il se dressa sur
son toc, et il parlait tout seul. Je ne distin-
guais pas bien ce qu'il disait; mais je crus
1 Ae plusieurs docteurs prolesiauts sur l'u-
m
C0.1
ncnOïfflAlRE APOLOGETIQUE.
CON
«nleotlre qu'il iniiDdis5Bil le soleil et les
juj|es vengeurs des crimes, el l'espérance.
Puis il se mit i maudire aussi la pierre
étroite et glissaole qu'il avait prise pour
f|«roier asile, et, la repoussaot du pieo , il
se précipita dans la mer, sombre et profoôde
comme la justice de Dieu.
FÊ9EL0R. Que j'aurais de choses a tous
dire, Platon, sur les mystères d'orgueil qui
conduisent de proche en proche certains
hommes i ue Toir dans la mori qu'un tout
ttana Combre! Uais je feui, eo vous Quit-
tant, laisser votre Ame se reposer sur d au-
tres images.
La mort dn chrélien est le chef-d'œuvre
de lafiarolede vie; et comme la confession,
qui purifie l'homme, le prépara k recevoir
tous les duns divins, elle a sa part, sa grande
part dans la création des saintes moris.
C'est alors surtout, n'est sur le seuil de l'é-
lerDilé que l'Ame de l'humble chrétien ap-
paraît dans ses magnifiques proportions, et,
si je puis le dire, avec celte haute stature
morale que u'ont jamais eue les plus illus-
tres mourants de voire ancien monde. So-
cratu voire maître, Socrate, dissertant en
face de la mort pour prouver qu'elle n'est
pas un mal, était-il au^si grand, dites-moi,
etait-ii aussi beau que ce philosophe chré-
tien qui résumait toute sa sagesse en ce der-
DÎer Irait de lumière : Je ne croyais poM
?'u'i/ fût SI doux de mourir! Si vous aviez h
aire le portrait de ces deux Ifitef, pour la-
quelle réserveriez- vous l'exiiressiou la plus
inspirée T L'un pardonnait k la mort, l'autre
l'embrassa. ■ Pourquoi pleurez-rousî Est-
ce donc un péché que de mourir! ■ disait un
jeune villageois expirant à sa famille age-
nouillée autour de lui. De pareils mois nous
aonl vulgaires. O vous, qui avez écrit le
Phédon, vous, le peiulre k jamais admiré
d'une immortelle agonie, queue tous est-il
(47&] Ponr l'inielligence de ce qui va saivre,
BUits innscrivons ici une note de M. BouaeUy i
I H. t'ubbéGerlKt, dit le savaiil directeur des jIa-
uaU*, se conrariDHDt eaiit douie i l'faumililé pro-
fonde de* auieurt de la sréne qu*on va lire, n'a pas
voulu en dire les nomi. Nous iie croyons pas Mre
lenu il la m^e réserve, ma in tenant surtout qu'ils
sent morts tous les deux ; nous allons donc sup-
pMer su silence de M, rabt>é Gerbei, bien ceiUin
que nos lecteurs linait avec plus de fruit et de plai-
sir cette scène, après qu'ils cunualtront ceux qui en
ont été les acteurs.
( Le cbrétieii qui recevait le saint Tiaiique.ao
usinent où sa jeune femme, cniivertie au cailioli-
citine, raisail sa première coininuniun éuit H. le
comie Aibert de La Ferronais, Uls de l'ancien am-
bassadeur de France à Rome. (^Ite résurrection
apirihiclle d'an ci'ité et celle mort temporelle de
l'autre, eutail lieu le 29 juin iSZH ; H. île La Fer-
fonnait n'avait alors que 21 aus. La jeune femme
dont U. l'alibé Gerbet nous [race la conversion si
loucbaiite, éiaii la fille d'un diplomate russe H.
i'Aloptu; ambassadeur k la cour de Berlin. De-
puis ce jour solennel, la jeune veuve n'a plus quille
ses babils de deuil ; elle même est morte (ttlEilJ au
eouveut des dames de Saint-Tlionias de Vtlluiteuve
après avoir cuiisacré sa vio entière i la ptaLiquc
des bonnes œiivrea et des j^us louchanles venus
de famille et de lociétti. Muus avons eu l'boiiueur
donné d'être lelémolnde ce qae eous toj om
de nos jeox, de ce que nous enleiiilon) di
nos oreilles, de ce que nous ssisiiiODj Ji
tous les sens intimes de l'âme, lorsque, pv
un concours de circonstances qae Dieu i
faites, par une complication rare de joie f
de douleurs, la Dioit chrétienne, se rété
tant sous un demi-jour nouveau, ressembii
k ces soirées extraordinaires dont ]ecri|iti)
coie a des teintes inconnues el stns raiii
Quels tableaux alors 1 quelles apparilioos
Vous en citerai-je une, A PlalonI Oui, ii
nom du ciel, je voua la dirai. Je l'ai vuei
j a (Quelques jours; mais dans cent inij
dirais encore qu'il n'y a que quelques joui
que je l'ai vue. Voua ne comprendrez [n
tout ce que je vais vous dire : je ne peai
TOUS parler de ces choses q^ue diDs 11 ito
gue nouvelle que le Christianisme ifiiie,
mais vous en comprendrez louioin li-
sez (V19).
Sachez donc que de deux Imes qni s't
talent attendues sur la terre et qui s'|
étaient rencontrées, et que Dieu avait unie
Sar le nom d'époux et d'épouse, eu ouirar
evanl elles une longue perspective Je (
qu'on appelle bonheur, que dee^sileii
Ames, l'une arrivait, par une volooU purt
k la vraie foi, au moment oii l'autre arn
vait, par une sainte mort, fc la vrsieiie
l'une sortait des ombres de i'erreur,coBii]i
l'autre était près de sortir des ombres il
la terre; l'une se disposait k participerpou
la première fois su plus auguste mjsièi
du Christ, lorsque l'autre allait le recevoi
comme une transition dernière k la cam
munion étemelle. Or c'était uoe ctei
Sflinie, consolante, désirée des angeielite
hommes, que ces deux Ames pusscotic
complir chacune sa communion, ou |>lu''i
cette communion une et double ilansi
même lieu, k la mémo heure, k cOté l'uuec
el le bonheur de connaître celle femme, (■ dw
ment, si fermemiMU chrétienne, et loule sMn i
nous nous souviendrons de sa parole, cl s«tii
de la majesté irauquille de ss physionomie.
f Aucune question ne lui était éiraa{ère,
elle éuit à son aise dans toutes les converMiJ^*
elle s'y mêlait avec une parole sttre, an seuseiqw
son opinion éiait la plus droite el la plus à'"
point de ces lïlonnemenls et de ces liétiuiiuyi «
le bien et le mal ; ferme dans la foi, plus teuiEt
core dans la pfatii(ue, on ettl dit qu'elle tinilil'
conduite les jugements de Sun esprit. Sacliar^tért
inépuisable, et quoiqu'ï peine cunnu d'elle, m
avons cil plusieurs fois à répandre des secuorsi
auraieni pu pas&er pour des libéralités, el ^""^
personnes qui tes recevaient sont loin da »oap^
lier la source. Aussi est-elle morte, on peuL il>;
dans un dénûmeiit complet; ses amis savent q»
ne trouva cliei elle pas même de quoi Vtax^''
Jamais vénération plus profonde que celle de m
qui ont eu le boulicur de la connaître. 11 nmisii^
ble voir encoi'e celte physionomie calme et wrtu
révélant la candeur, la sincérité d'une ime qii< ,
mais n'a, comme le vrai israèlite de r&inf
conçu ni dol ni mensonge ; toujours tranquille, u
jours à raiae et y meltaut tous ceux qui l'apP
diaient. Mous conacrveraiis toujours le suuveu'^
cette aogétique figure. »
riuin, comme, h la u-illa d'un voyage q^ui
lépire. on [irend en cotnamn un dernier
rfMt (je famille. Il était juste aussi, pour
celui qui allait partir el qui avait demandé
itec luit d'inslaune la foifiour celle qui
r»tiil, il était Juste qu'il *II, de ses der-
aiers regards, descendre en elle le Di^u
qu'il allait rejoindre, aRn qu'il pâ( dire
djdïlnulel'élenduedt! son ctBur:Jlf ainfenonr,
Siigneur, laiinz aller votre tervitear en
fvx, puÎM^ue BKi jfeux onl eu voire lalul,
4U1 [l'csi Di le mien, ni le sien, mais le nd-
ire, 6 mon Dieu 1 Et comme le (uiuvre ma-
inte oe iKiuvail aller k t'égliso assister au
Hiot SBcriticfl, le sacrifice vint i lui ; el, par
ui>edisp4nse miséricordieuse, sa chambrai
pmque Tunèbre, fut transformée tn sanc-
iiuirtjWO). En facedece lit, qui élnit déjà
tuoirue une es)ifrce d'autel, oii l'ami mou-
nnl du ChrisI olTrail i. Dieu sa propre mort,
ffoélcia UD ciBctiix et un aulel, ouïe m/a-
léredu ChrisI mourant allait se renouveler.
Blé; suspendit des ornements et des tltiurs,
or Due première communion est toujours
ne fêle. Uais les broderies que sa main
UUclia au dflvcnt de l'autel rappelaient une
Mire fêle, elles avaient été portées dans
nue autre cérémonie, dans un autre jour
aaslejour de la séparation ; el, apràs avuir
Clé depuis lors mises ii l'écart, elles sor-
tauiilde nouveau, elles reparaissaient \h
«imme pour nous dire i^ue la joie de ce
a»ùii D'est qu'un tissu h jour, bien frôle,
«I lUi DOS espérances nesuiil guère qu'une
futun qui se déctiire. Tout à ooup cette
il'imbre, soabre jusqu'alors, s'éclaira de
JjJuuiiénî qui jaillissait des Qambeaux de
t'tuiei, comme la mort, la téniibreuse mort
t'iiiiiDtioa pour le juste des rayons que Dieu
[itiil en réserve pour ses derniers regards.
Uucnlice cummenç.e, et il était minuit.
A;un}uoi Tul-it célébré k cette heure? Je
'"Ui en dirais bien une raison que les
boiiinies savent; mais J'aime à croire que
'et auges de Dieu en savent d'autres en-
^^e, parce qu'ils connaissent toutes les
Djsiérieuscs cuncordaiices des moments,
ki beures et des nombres sacrés. C'était
'iteitm de Ja naissance du Christ, consom-
uieor de notre foi, auteur de Doire ciel ; et
I; avait là aussi, je vous l'ai dit, entre ce
ilile mort el cet autel, une double nais-
l'ice, l'une au ciel, l'autre h la foi : rén-
i'jii rare et [irivilé^iée. Je crois à c»s har-
Hwiei des heures en faveur de certaines
iit»;jecruLi que le temps, si fantasque, si
WTtnl fL-iitille knos arrangements profa-
K, VU, sous la main de Dieu un rliytbme
ItM) Oue chambre est située au second étage
tôt manon de ta nu Madamt, d* SS, appaneuaitt
m à H. l'amiral V«r Duel. La riiinille de La Fer-
•uj) Il cwiKira loiigleiups coinnie un lieu con-
at, el iiHilul qu'ellu ue Cûl liabilée que par lies
iiaoret de bleu. M. l'abbé Martin de hoiriieu, le
UionJaira. H. l'abbé ComUalai, l'ont babliéa
u^ktinpk. Quand b mort el les ré>olulions dis-
-rmtiil b timille, nous avons vu cet apparlc-
mt halxté par le neveu et la nièce de rvniiial,
I- et II" V«r Hu^l, Hous fltiMS nous niéate cou-
APULOCETlQUe. CON «9
souple et docile, qnl obéit, mîeai que nou-i
ne le pensons, aux convenances des élus.
Le sncrifice donccommençakminuit.Touln
une famille y assistait, et avec elle un ami
fidèle à toutes les douleurs. De vous dira
quelles pensées, quelles émotions passèrent
alors dans (ouïes ces Ames, je no j'essayerni
pas; nulle d'entre elles ne sait elle-même
tout ce que Dieu lui a fail sentir. Comme en
un jour oîl le ciel est moitié sombre, moi-
tié serein, un éclair n'en traverse nas moins
en UD instant tout l'espace d'un pole i l'au-
tre; ainsi en était-il du sentiment et de la
Erière, au milieu de celle admirable scène,
es éclairs de l'dme étaient en quelque
SOrtQ présents b la fuis sur tous les points
de l'étendue que Dieu a donnée au cœurde
l'homme, depuis les pensées les plus dou-
ces jusqu'aux pins déchirantes; car tous (es
contrastes étaient réu[iis dans cette cham-
bre sacrée, ils y étaient représentés, sensi-
bles, vivants ; cet autel paré, qui semblait
adossé à un cercueil ; ces Hrurs, qui prédi-
saienl, parmi les glaces de la mort l'appro-
che de l'éternel et invisible printemps;
celle gardo-mniade au sombre habit qui
se leiiait comme une mort voilée en face do
l'aulie et de l'étole duprélre, symboles d'im-
mnrlulité; ces vôlcracnts blancs de la pre-
mière communiante, de l'épouse de Dion,
qui allaient sechanjjer en la robe noire de
la veuve de l'homme [i8t}; cette première
et cette dernière communion mêlées en-
semble; ces sanglots et ces actions degrflccs
qui se confondiiienl duns chaque Sme; celle
hostie, partagée entre l'époux et réponse,
double viatique, pour lui tjie lo mort, prjur
elle de la douleur; toute cette famille ense-
velie dans un pieux silence, où l'on n'eti-
lunduit que dus larmes qui tombaient snr
les livres de prières, et, su milieu de en
prosterncmenl général, la tète seule du
mourant soulevée sursa couche, dominant,
calme el sereine, toutes ces tètes iacliuées
par la douleur 1 Et si ce divin spectacle, si
expressif, si parlant, n'était lui-même qu'un
voile qui couvrait d'autres merveilles sain- '
tes; si je vous disais que celle qui restait
avait demandé la foi au lieu du bonheur,
et que celui gui panait avait, jeune et heu-
reux, offert sa vie pour lui obtenir la foi; si,
lorsqu'il vit celte grâco descendre enfin du
ciel, mais comme une Dummo qui venait,
en consumant sa vie, accomplir l'holo-
causte qu'il avait préparé; si, dis-je, àcelle
Vue, recueillant ses forces défaillanles, il
avait tracé en quelques lignes et sous la
forme d'une élévaiion vers Dieu, ua des
naître à ce jeune ménage la grande Kènequia'était
passée dans leur ciMuiore nu(»iale; ils en furtiit
protondémeiii toucbés ; mallieurenseiueat ils n'a-
vaient pas la foi de celui et de celle qui avaient
trouvé là, l'un la fin, t'anir« te coauoeocemeut da
de leur peieriiiage chrétien. (NoU 4* 11. Bomnvvv.)
(481) H>* Albertde La Ferronais, cuniute nous
l'avons dit, n'a plus quitté le djuil depoiii oetie uuit
s'ilennelLu, pendant les quinie ans qa elle a encore
vccu.
DICnONNAIRE APOLOGETIQUE.
|)lu« .sifblinies lestameDls de résigoalion
[enilre et il'héroii^ue amour que l'Ame d'un
chrélien ail jamais inspiré au cœur d'un
époux; si, porlnnl tour a tour ses pensées
vers les anges du ciel et ses regards sur
les ëlres chéris qui entouraient son lit de
mort, ces deui apparitions se confondaient
pnrfois dans son esprit, de telle sorte qu'il
semblait prendre les unes pour les autres.
Dieu permettant cette douce méprise pour
?|ue la transition de ce monde à l'autre lui
lit plus unie et plus simple ; si, au moment
où i] venait de quitter la terre, son imagOt
peinte sous des traits d^jà si beaux dans
tous les cœurs qui le connaisent ÎTitime-
ment, commença néanmoins à y grandir en-
core, h s'y transfigurer, parce qu'ils décou-
vrirent tout h coup, dans de modestes pa-
Siers qu'il avait cacliés, des traces, des re-
ets de son dme-jusqu'alors inconnus, sem-
blables à ces sillons de lumière que laisse
après elle une apparition qui sévanouill
Non, je ne puis tous dire ce que j'ai *u et
senti. J'ai lu autrefois les méditations des
anges sur le monde futur, je les ai interro-
gés sur les secrets de la mort et de la vie ;
niais les clartés que j'en ai reçues sont bien
ternes près des révélatitms qui uni éclairé
celle sainte et grande Duill Jamais je u'ai
senti si vivement, en deçà de la lombu, la
présence de ce qui esi au delà; jamais le
voile qui s'étend entre les deux mondes ne
m'a paru si transparent; jamais je u'ai eu
une pareille inluiliou du notre iiumortalilél
ie prie Dieu du me réserver ce souvenir
pour l'iDsIant de raamort; cars'il me réap-
paraît alors, il me pénible que mes derniè-
res pensées de la terre iront se joindre, par
une iransilion plus douce, h la première
Tisioaqui suit le graud réveil I
L'abbé Pbilippe Gerbbt.
mégarde dan* l'ordre de Dieu, ce seraliraTattr cette
mission el ce pouvoir, et en hire une cér^nw
vaine et inutile. *
Smith caractérise a
™é« par le
Ttoie comprenant l'aveu de plusieurs doctenrt
proleaianls sur l'utilité de la confession :
I Dans une des notes du Dogmt giuiraUnT dt la
, ^iti eaihcliqut, nous avons recueilli quelques aveux
des écrivains piniestaiits sur la confession. Nous
croyons b propos d'y ajouter ici plutieuri autres
Umoignages du méiue genre. Ils sont cités dans
l'oavmge de Hcentnahaos, iotiWiéi la liéforme contr»
la réfornu, traduit de l'alloinanil il n'y a pai long-
leuipi (4«). Mous omettons ceux de ces aveux qui
ne sont que l'expression du dogme catholique, nous
iKirnaul a relater les assertions iiiotivées.
« A quiconque vous remettrci les péchés, ils se-
ront remis (Snial Jtan, x\, 23). Ce cominandeinenl
de Dieu que nous avons sous les yeui, nous ne
pouvons pas ie mutiler. Dans celle inslilulion, on a
désigné «Uimnent trois persoiini's; 1* la personne
du pécheur, dans ces mots A quicowrne ; 2* la per-
aoune de Dieu, dans ces mots ter<aa umU ; et i^ ta
personne da prélre, dans ces mots à fuî «oui Ut
remnim. Où l'on d<£tigiK Irais individus, il m faut
Irots; oà 11 en but trois, deux ne suffisant pas.
Vouloir es exclure le prêtre, en serait pour ainsi
dire, airacber les clefs des mains de ceux i qui
JésuB-Cliiist les a données ; effacer les mots à qui
tout Ut TtmtUn», comnke s'il» se trouvaient par
la confession correspond sut tMSoins de l'iroe*
I La conscience ou seulement le soupçon d'ainir
mal Tail est ponr toute àme un fudeau pnaNf.
tant qu'elle n'est pas endurcie par une longue m.
liqae dans la voie de l'injusLce, elle éprouve, l
cette seule penséede l'angoisse et de la terreur, Lei
hommes sont dans ces circonsUnces, comme diiu
tous les autreb évéoemiinte malheureux, niiurtile-
ment portés ï se décharger du poids lUt les acuMe,
et I épancher le tourment de leur àme dans le idu |
d*une personne snr ta discrétion de laquelle ils^- |
vent compter. La eotifosion que lenr cause tel iin
trouve une compensation complète dans raU(e-
menl de leur ehagrîn, amené ordinairemeut par li
sympathie que le confesseur exerce. Ils se conu-
lent en voyant qu'ils ne sont pas indignes de louM
estime, et, quelque blimable que soil leur prért-
dente coniiuiie, en reconnaissant que la dispùiiim
aciuelte de leur Ame est favurablemeni jugù. t
(Theor. der menuA. Empjitut.)
Celte instilution est appréciée sous un autre n^
pori dans ce passage de KtTehkoff :
I Nous n'avons pas toute science, comme Dien,
pour lire dans les cœurs ; et cependant il faut qw
nous le puissions pour veiller complètement aa a- \
lut de son Eglise. Hais par quelle autre voie j *^ |
river que par la confession privée ? Comme on ptnl l
émonvoirla conscience d'un pécheur, lorsqu'on pt- i
nètre dans les replis de son inie! Oui , ce d'mI :
3 D'ainsi que l'ecciésiasiique peut devenir ce qu'il
oit être selon sa haute desLinatioii, le conseiller,
le consolateur, le guide, le protecteur de toutes les
maiiëres spirituelles; etceirest que par là que peut
s'élalilir l'autorité, rinOiicuce qui lui apparlicst
comme vicaire de Dieu.
« Les observations suivante* de dfren istenrs
protestants ont pour objui de signaler niliisioa q^ce
sVsl faite le luthéranisme lorsqu'il a cru suHrtw
ï la confession particulière, prescrite aux catkoli-
ques, par une formule générale, qui est la mtu>e
pour tous les individus. C'est eit ce sens qu'il fiut
entendre ces mots : confession giairalt ; que m
écrivains prennent ici dans une acccpUim diflé-
rente de celle qui est familière aux catlioli<|iii^
I C'est il l'aide du calvinisme que des secuirts
rejetèrent la confession fomme une œuvre papalr;
à l'aide du déisme nui cherche it remplacer la in-
ditioii par dts suphismes, et peui-éire i cause de la
commodité des posteurs dans les f randes villi<s q"'
la confession particulière a été détruite en beif-
' coup d'endroits et transformée en confeuion %if.t-
raie, qui n'est guère plus qu'un exercice de dé»-
lion. Mais l'expérience est là pour iioua démoDirv i
que depuis cette abolilion le noiabre des camiixi-
niaiils a bien diminué, et qu'en dlant la confi-saM
parliculicre â l'Eglise evanuélique, on loi a arncl>« i
le dernier moyen de discipline morale, el qu'on t
EresquK fermé aux pasteurs le chemin da salut éa
mes coudées à leurs soins, t (Fk. von Anvoi,
JfuiM. CTitt. tiittnJcft.)
( La confession céiiérale, dit Breischneider, brlK
le lien si étroit qui unit les paslfurs au ti'ou|ieau.
Dans les grandes villes, le confesseur, ne conualt
mente pas ses pénitents; beaucoup de pcrsonim
vont, sans préparation morale, de leur travail à li
confession, souvent encore couvertes de U pour
sière de lenr labeur Journalier. Ou a traniiernè
l'exhortation d'un entretien intime en un seruiu"
qui, adressé à tous, ne frappe personne eu psrU-
(mj S vol. ia-g% à Paris, chn Uaison (1845), avec un« fniroi/Nciia.
GOiV
nCTMmiAIRE
Hier. La pénicaU qn asMfeït, ca se temk»-
bH, ftcuieal pHt 1 I'kU McnûcBld. inîTCnl
i b cMfcskMM icnérale diuniu ; la praii4|M ■
fn^ atec toa iwUTidulilé xw eScaalé monk.
JiK 11 eiNiresNOB iKarÙcolicre, Od a «n disparal-
bt la derniers débris de rancienne disdjdÎDe ec-
(tiûaai^af. Q«'esi-il arriTélCestque Ics^asteart
« ttHt rélaite u rMe de limples prédinUon,
tmmt M If* WWM ea bîM des eadroitt : ils
■'<M pat fadiaa sar ces ho—et «orromiMs qui
anînt Umt kta*im d'exhortatisM, ^i ne tnnaem-
(otfw r^tliM e* ■assùicat jaajLH tu aenoon. >
jAM.dkrrf«fM.,/.G.)
IFadlir Ht i son loir : t Qfl'on denande an
tana : Qb'^u-Ui gagaé k I» coofetsioD giaéniel
ipnaeiwn-t-irvoM le dira; M b'U «nu ré-
pMd, 1 «4H dira : Ccat |riv9 Idl faiL C'eu li le
paad aoHige ^b'U a lecaeilU. Nedoil-oa M* ^
mir a wwnM qae des paatears, par rintrodacuoa
/f b walfiiimi géoéralc ci l'aboli^oD de la caii-
t«îai fartkalière, onl faTorisé Papaihîe religieuse
», et faits se sont iinù TOhmiatR- et s'enIreleDatit
B-al féparo des ftntes confia ï leurs soimf
l».aSfaaa> la paatear n'esl atas «onfessear, nais
laieaeat pcédiealfar. ■ {aae lAtalaf. aaaal^
MLf
APOLOGETIQUE. GOA 4U
CONVERTIS rNODVBAUX), discipline de
l'Egliiii i leur égard dans les premiars siè-
dea. roy. BAslb de ret, j IV.
CORPOKÊITÉ DE DIEC — Dieu dit. dans
lel"chap,ae\AGtnite,i.fA:Faiionttkomm*
A ««Ire t'aide ef à natrt roMemblaiwe: qu'il dth-
aUiw, etc. Dire qae l'boaime, qui s un corps,
a été créé \ ilDiape el k la ressemblance de
Dieu , n'est-ce pas érideinDient supposer
Dieu ua être corporel ni lui altribuer les
affeclioDSi les passloos, et les actions de
rtiomme. Oa est d'autant plus fondé h croire
que telle a élé l'idée de Uoîse, qu'il lui
prête une roii , un souille ■ drs œains , des
pieds, etc.; puisqu'il nous le représente
rojrant, enteodanl, se promenant dans la
Caradis terreatrei se repentant d'avoir créé
I genre humain, descendant pour voir îa
lour de Babel , lui apnaraissaot ï lui-môiua
■ areclui.
m terwAnona par cette anlre renarqne de BreU
ido* : < Ld conression privée fuarnil an nrè'
kc rawariaa la plas favaralile pour des iastracuons
nCvidadlea et des aveitiueaienLs sur les tdaiiaBS
iwrnitae», r>fVorU qB*il aurait de la peiae k
tuter aiHeârs d^nae aianière aussi coavcaaUa.
lie ctaUït enire le pasteur ei le troupeau use ia-
lAiié aassî alJe an minîslèrc de l'un i[u'au be-
kd BMiral de Tautre. > {Baabd. dtr dogmaL, I.
COKFMVIIATIOII de la (erre et du ciel,
KcantifMi de H. Letronne contre Ja Bible
ti ta Pères de l'Eglise ; réfutalion. Yoy.
LeswXiBaPHiB, I m.
CO!GSAISSANCES PHYSIQUES, ceux qui
ta iiianquenl oe peurimt, sans détriment
t-or le» Ames, selon saint Augustin, se mâ-
r 'j'ioter pféler l'Ecriture. ¥ou. Coshoorâ-
COXNEXION dea différentes races hu-
utiles. Vtg. Hacis bovaiiiu, | V.
CONQUÉRANTS, n'ont pu surmonter les
N-«lsclw que la catholicité « vaincus pour
e lêpandre. Yvg, CATHOUciit.
CO^SEïfCE, erreur de M. Guizot è son
''i>l. Vom. AaisTOCRiTiK eALLO-aoïiiiin ,
, Ul.
CONSTANT (Bauasn). ce qu'il pense
as plaisanteries impies de Voltaire. Fay.
nncKS, 1 1. — Son apprécialion des llTres
>iieas. Yog. PaaTiTiugua, 1 1.
CONSTANTIN (l'empereur) , ses paroles
■tiseateal interprétées par Le Clerc, au su-
« de pf aïon. Vog. Note XXU. % IX, k la fia
^t aolnme.
0)7CSfTBSTANTlBL . ce mot est-Il em-
^Gt£ aux platoniciens? Yog. Note XXII,
^, 1 la Sn du 3* volume.
^^XVERSIUN de saint Paul , réfutation
^ hvrxfthésas imaginées |>our l'espliquer.
^. pAtL tSainlJ.
Arant de répondre direclemenl h eett9
objection, nous ferons remarquer qu'il y i
dans tous les idiomes connus deux sorte*
de métaphores, les ones qui sont unique-
ment de laxe et que l'on n'emploie que
pour donner plus de charme et dégrémeol
au langage, les autres qui sont nécessaires
et inévitables, c'est-i-dire celles dont on
fait usage quand on etprime des idées abs-
traites et des aeles de l'euteodempat. On
sait combien les Orientaux en général ai'
ment les métaphores ; il est donc tout natu-
rel de supposer que les Hébreni avaient
ce même goût et que par conséquent oa
doit s'attendre k trouver dans leurs livres
une multitude d'espre&sioos et de locutions
figurées qu'on ne doit point prendre A la
lettre.
Il est donc absolument impossible de par-
ler de cerlains sujets autrement que par
mélaphori-a. Car comment employer aotre-
nient l'eipressioD du langage, qui est toute
matérielle, quand on I atiplique h ce qui
n'est pas matériel ? Le philosophe le pins
«pirilualiste connaît-il un moyen d'expri-
mer sans figure les actes d'une substance
simple 7
Dieu, infini dans son intelligence, doit
nécessairement connaître les actions de
Thomme; infiniment juste, il ne peut trai-
ter de la même manière le vice et la vertu,
ce qui est bien et ce qui est mal. Or, Moïse
devait-il et pouvait-il même exprimer cetio
connaissance en un langage difi'érent da ce-
lui que tout le monde comprend et qui est
re<;u par un nsage universel? Cela posé,
pourquoi n'aorati-il pu dire que Dieu a les
yeux ouverts sur les crimes des hommes»
qu'il en est courroucé, que sa justice eu ti-
rera vengeance? Quel est, après tout, le
sens de ces formules , riuon que Dieu voit
la perversité des bommes , qu'il l'a con-
damnée, qu'il la punira? locutions qai ne
sont elles-mêmes que l'expression simpl»
et rigoureuse des attributs essentiels de la
Divinité.
Quand ooiu disoos nous>mème» d'un
COR DICTIONNAIBE APOLOGETIQUE,
homme intelligent et habile, qu'il a Um yeus la luile. Or,
COR
d* i'ttprit pénétrants, noas ne préleodons
|»as sans uoule, '
'a pu le bire qu'en prtimt
fe la Divioité lea passions el les affedioiii
humaines^
En vain on objecterai! que celle trtiMn
de s'exprimer ne pouTail manquer de Tm
croire aux Hébreux que Dien avail réelle-
ment un corps et des membres comiDeun
faom[De;CBr, quelque grossiers ut quelque
slupides qu'on les suppose, ils étaieni lam
de s'imaginer que Dieu, qu'ils coosidériim
d'ailleurs comme un Atre inGat, immensï,
c'etit-è-dire qui est présent partout, qui k
trouve en même lemps dans l'imaumiti
des cieux et dans tous les lieux de la terre,
eût UQ corps et des membres coœma in
bomme.
Secondement, la dérense formelle il« l«
donner un corj'S ni des
membres h l'intelligence humaine.
Ajoutons que lorsqu'on admet t^ue Dieu
a créé l'homme, et qu'après l'aroir créé il
ne l'a pas Dbandonné h lui-même , mais
qu'il a entretenu des rapports arec lui, il
est tout naturel d'admettre aussi que ces
rapports ont dû Être proportionnés à la na-
ture de l'homme. Or, l'homme étant corpo-
rel aussi bien que spirituel, faut-it s'éton-
ncrque Dieu ail rendu ces rapports sen-
sibles? c'est-à-dire, qu'il ait rendu sa
présence sensible dans le lieu ou il roulait
niatiifesterses volontés à quelques-unes de
ses créatures , par tel coi^s qu'il lui a plu,
par une lumière, par un son de voix , {)ar représenter par aucune tigure était un pif
uAe nuée, par une voix humaine? Ainsi gervatif aufnsant ronlre celte erreur, »l^
donc, si Dieu, après avoir créé l'homme, l'a tout quand on considère que cette défeDH
placé dans un jardin délicieux, lui a imposé est généralement moliréesurcequele&iH
îles devoirs, lui a donné un empire sur la -'•■--=' - •— — ;-■ i-- j;~:~:i/.j-
tcne et sur les animaux, il a bien fallu qu'il
se maiiifeiiAl h lui d'une manière quelcon-
que dans ce jardin où il l'avait placé. Or, la
nature de l'homme, doué de sens el n'agis-
sant o'rdinnirement que par l'intermédiaire
de ses sens , demandait que cetlo manifes-
lationl'ùt sensible. De même Dieu, ayant
choisi Moïse pour être le chi'f et le libéra-
teur de son peuple, et sjani voulu lui faire
counalire ses desseins sur ce peuple, a dâ
se maail'ester 6 lui. Il lui a donc apparu
anus la furme d'un ange clans une flamme
de l'eu , au milieu d'un buisson, et il lui
a fait entendre une ruixqui lui a parlé.
De plus, Moise instruisait de» hommes . .... ,„ ._, ,
•t non des anges; il a doue Uû leur parler a parlé d'ailleurs de ce peuple d'une IM-
]e langage humain. Uais aucune langue o« nière si défavorable, n'a pu s'em^ctier al
saurait exprimer les attributs et les actions leur rendre ce beau témoignage, i^ae, W-
de Dieu autrement que cuoi de l'homme. '- ""- - - '— ' ' ■"""»■"
Par cette raison , nous sommes forcés d'at-
tribuer abusivement 6 la Divinité lus alTec-
lîous et tes passions humaines , l'amitié, la
compassion, la haine, la culëre, le repen-
tir, etc., quoiqu'il n'y ait eu elle rien de
sembluble. £t comme le langage est d'autant
plus ellicace et atteint d'autant mieux son
but, qu'il peint plus vivement les idées
qu'on veut exprimer. Moïse a dû nécessai-
rement, pour produire de l'effet sur les Hé-
breux, emprunter leur langage le plus vé-
béintnl, le plus passionné, lorsqu'il s'agis-
sait de donner h ce peuple une juste idée de
ses prévaricalions el surluul des catastro-
phes et di;8 malheurs qui devaient en être
d'Israël n'est point comme lei diviailésdei
autres peuples.
Troisièmement, Moïse lui-même enseigne
clairementaux Israélites que Dieu n'est poini
corporel, lorsqu'il leur rappelle, dans it
Dtutéronome (IV, 10-15), qu'au jour où ils
éuient au pied du mnut Horeb, ils enlenli-
rent bien une rnix qui leur parlait du ot'lieo
d'une flamme arilente, mais qu'ils ne rM
aucune forme, aucune Qgure seusible : El
formam penitvi non vidiitii... «on nifù'i'
o/i'auam timilitudintm.
Qualrlëmement, enfin le sentimeol if
Juifs sur la spiritualité rie Dieu étaii li ii\tn
élabli que les auteurs païens eux-m6mu ou
l'ont pas ignoré ; c'est ainsi que Taciu, qui
(18.%) Tacit., Bulor., lib. v, a. K, sur ces mois :
Judœi meule iota, unumavt numen mtellignnl, etc.,
M. Burnouf tait cette belle cl judicieuse rcOeiion :
I Cette piiraM et lei f uivatites sont uoe iDagnillqne
réfutalion du mal que Tacite vieni de dire du culte
bébraique. Et comme le style de l'historieD s'élève
avec k sujell A l'eiitliousiaKaa calme, mais pro-
fondément senti, avec lequel il énumère les aiu-i-
Ituti de ce Dieu unique et immatériel, de ce Dieu
iiiprèiue, éternel, immuable, qui ne mourra jamais,
011 voit <|iie sans lut liens qui l'altacbent ans vieil-
les divinités du Capilole, ce serait là sa divinité.
C'est pour avoir enUrcvu ce Dieu souveraii et ra-
dis que l'Egj-pte adore beaucoup d animu'
et se taille des images, pour eux ils ne "•"
çoirent Dieu que par la pensée, et n'en""
connaissent qu'un seul ; qu'ils traitent il""'
pies ceux qui, arec des matières pens^
blés, se fabriquent des dieux & la res^
blance de l'homme ; que le leur est le ^"
suprême, éternel, qui n'est sujet ni ««5^'
gemenl, ni à la destruction : Mgyp'» '"'
raque animalia ef/tgteique c(»mpo*i(« 'H
rantur; Judai, mente aola, unvmqvt num
intelligunt. Profanât, qui deutn imaginM"'J
taVibai matiriii intpeciet Aomi'num c/'^x^
Summum itlud et ttlernum neque «niWV
nunqsam interiturum [hSS). J
En rain objuclerait-on encore, que P"!
voir obscurément annoncé dans ses philoiop^
eulretieiis, que Sucraie but la cisûe cbu le ^
le plus éclairé de la terre ; el rexistence de «1
éUit cheï les Hébreux le dogme rondament»l- q
le trait caracléri«tif|ue de l'antique religion "'^J
voilà ce qui la rend digne d'avoir servi ne li^
ment & cette religion plus sutribne encore,!
spirituelle, plus dégagée de» formes exien">'J
grossières, qui a reiiouvdé la lace du "0"'^
qui est, pour ainsi dire, la vie et l'irae de » "^
sation modc^ne. » { J.-L. BrMioup. Tra4tM»9
vettt de* KUtrei eompièlti ia TaeUt, etc.. <- 't
609, 510. )
DICTlOHNAinE APOUKETIQUE.
COS
K*
S'oD ne suppose pas de simples métaphores
u les livres laeréa des autres anciens
piuples, tels qne les ChÎDuis, les Indiens,
etc-i lorsqu'ils nous représanlent ta DivinirÂ
swame corporelle, ou doit également prea-
^iJBDs ie sens propre les expressions anih-
kgoes qui se Irourent ilans les écrita de
Moue; car il y aune différence Immense
nlre les uns et les antres. Lorsque ces li-
•Ksparleol de la création, ils nedulinguent
«iieséiwreDt jamais entièrement l'être ou
ktétrei créateurs des êtres créés, mais ils
lu considèrent comme ne formaot tons
f)iina seule et mAme sobslaoce , d'où il
Italie évidemment qu'ils n'ont pu ensei-
V réellement l'uniM. la simplicité ou ia
Ïfiuiclité de l'Btredivin; tandis queHetse,
les premiers mois de son Penlateuque,
■Ms montre l'Etre créatenr comme essen-
lHlemeot et subsUniieDement distinct de
IHn qa'il donne i .ses créatures, et met
>Si l'on noa» demande maintenant en quoi
pe consiste cette ressemblance que Moïse
■ être entre l'bommecréé et Diid, son
mieur, nous dirons que c'est principiile-
•bt par les qualités intellectuelles et mo-
Iks >!<• son èœe, qui est immurlelle, intel-
hente, libre, caixible de béatitude et de
iùuce. Car, par ces avantages, qui necon-
femcni point aux autres créatures lerres-
te^U tst élevé au-dessna d'ellea; il les
^oBiinCf M les fait servir h ses usages.
iiDsirJhnrIl place dans le monde comme
•i «u/re/aî-mftme , comme une espèce de
iriuilé visible pour le gouverner et y exer-
kr l'mpire de Dieu même. C'est dû moins
M Qulosinuent les paroles mêmes de la
ptièse : f owe» l'hommt â nuire image et à
mn reMtmblaïueieu'il domine eur tee poU-
t'êde la vitr , rar lee oiuaux dit eiet , sur
yrmdi animaux, tur ht reptilig qui te
Hifli/daMS taptnutiirt,et mr ttui eequ'il
)l titr la terre.
'COKPSde la nature, doivent participer
|culu de restauration et de pacification
Mfersella. Foy. Cultb,) I.
TOSUAS, ce qu'il faut penser de ce sa-
tat. Kmt. CoaMoaupBn.
e03MOGONIB. — Quelqu'un a dit niai-
iBineol, en perlant de lous les systèmes
Jfagines pour expliquer la formadou de la
frre : L'astronûme te figure la terre eoirane
hf rnébuéeuM emtdentée ; le ehimitte y voit
k bwitie de potaiMîum et de tilieium oxj/-
m; réleetramamétitte te platt à y dÂott-
tir l'analogue ffwne battent galvanique : le
kilogitlene nianqutpat d'y rtconnaUre un
mrmt animât, tm ttre oyattl vit, dont le»
Mroiu («m let uarinei, dont Ut lavu tatU
■ MMy et dont let iremblementt de terrt lont
■ battemtHtt arlérielt.
LOn ue s'est pas contenté d'inventer une
Ile d'bypolbéses sur la formation de no-
tre ptanèle ; les savants en ont imagiiM un
grand nombre qui embrassent la forma-
tion non-seulement de notre syttéme so-
laire, mais de l'univers lui-même tout en-
tier. Nous n'avons pas l'intention d'entrer
dans aucun détail au sujet des romanes-
ques inventions qui ont été proposées dans
les xvii* et xvtii* siècles, sous le nom pom<
peuT de théorie do l'univers, avant que Ips
découvertes scientiSques soient venues don-
ner au moins una ombre -ie vraisemblance
i ce qui a été tenlé de notre temps dans ce
genre de hautes spéculations. Il est juste de
ne pas confondre les théories admises au-
jourd'hui dans la science avec les hypo-
thèses qui ont été proposées avant qu'au-
cune observation exacte ne les justifiât.
Nous ne nommons BulTon que pour rap-
peler la réfutation que Laplace a faite ()e-
son système. Bn vertu des premiers prin-
cipes de la mécanique, il est démontre que
si les planètes étaient sorties du soleil,
soit par le choc d'une eomète, comme lo
prétend Buffon, soit par une furce inté-
rieure Inhérente à sa masse incandescente,
comme le soutiennent les géologues plus
modernes, elles reviendraient toutes rsser
sa surface k chacune de leurs révorulion»,
et ne pourraient jamsia circuler dans des
ellipses comme celles que nous leur coo-
naissons.
Quant ft la théorie de Laptace, elle enl
devenue femeuse. Ce n'est pas Laiilacequi
l'a inventée, mais il l'a développée avec
une grande babilelé et appliquée h noir»
système planétaire. Elle a été acceptée plus
ou moins complètement par tous tes savants-
qui se sont occupés des questions d'nri-
5ine, comme Lamarck, Geoffroy Saint-Hi-
lire, etc., etc. L'idée première de cette
hypothèse cosmogonique appartient b W.
Herschell. L'illustre astronomoanglais y fut
conduit par ses recherches sur les nébuleu-
tel, recbercbes qui ont pris une grande
extension par les travaux de son fils.
■ Cette conceptiou -consiste ï admettre qu'il
existait au commnuenienl, dans te princips,
c'est-à-dire après que Dieu l'eut créée (io^),
une matière diaséminée dans l'espace a l'é-
Ut de molécules ploa petites que toute
quantité donnée, soumise k denx forces
simultanées, l'attraction et la répulsion, et
qui, condensée par le refroidissement, au-
rait formé tous les corps célestes, y com-
pris les nébuleutet, oui ne seraient autr»
chose que celte matière diffuse se conden-
sant pour former maintenant encore des-
soleils nouveaux.
Laplace, s'emparant de ces données, dans-
sa Mécanique céletle, appliqua la lliéorte
herschélienne à ta formation da uotre sys-
tème planétaire. Celle application parut
d'autant plus plausible qu'elles le mérite
de ne mettre enjeu, pour opérer la forma-
tion de notre monde, que deux, agents les
I VU) Cm ce qu'il faal forcément reconnaître et i\ms noos l'avons démantré. (voji. Gtintsi: HAViai^-
r urUMcr baMemeM ; car.itlertvUtf créalionelad- i.i»ti.) un non-aeos, une iinpm^iiitiiliu-.
KUrc U t9mwuH<erHeMl, bd principe, c'eM,uiisi
Ki
cos
DKTKHINAIRE AP0U>GBTIQI)E.
COS
plus simples et laa plus g<néraui,que nous
présente sans cessa i'enseiublede nosétuiiea
nitlurelles, la pesonleur et la chslour. La-
place s'efforce, dans l'brpolhèse cosraogo-
nique qu'il déreloiipe, d'expliquer les cir'>
consIfiDCos générales qui caroctériseiit la
eonsiilulîon de notre systëmu solaire ; telles
que l'identité de la direction de toutes les
circulBtionsdesplanètesd'accidflDlen orient,
l'idontitri de toutes leurs sy rations dans le
néine sens ; la conitanae du même phéno-
niène el dans Is circulation orbitaire et dnns
la gyration des satellites; la faible excentri-
eiié des orbites des planètes et de leurs
satellites, alors que toutes tes courbos el-
lipsoïdales sont égnlement possibles; en-
tin, l'inclinaison peu considérable des plans
erbilnirea sur le plan de l'équatenr so-
laire (W5J.
Une fois notre soleil formé par la con-
densation de la inalière diffuse el ptios-
phorescenle d'une immense nébuleuse, La-
plnee détache successtTomentde sonatmos-
plière, supposée primiltveioent étendue jus-
au'siix liniiies ue notre monde, chacune
es planètes de notre système, et il fonde
u théorie sur lea considérations suiran-
les:
1* En Tcrtu de la théoris générale de la
rotation, et plus spécialement en vertu du
théorème général des aires, il doit exister
un rapport conilaiil entre les dilatations
pt les contractions sucoetsiresd'un corps
fil la durée même de sa rotation, la rola-
ti< n durant s'accélérer <)uand la conlraclioo
ffugmeiite, et se ralentir iorque la conlrac-
tioD diminue, de Ictia sortequelesvarialions
anguloireu ei linéaires, que la somme des
sires tend k éproover, soient exactement
compensées.
3* Il existe un rapport non moins cons-
tant entre la vitesse angulaire de rotation
du soleil et l'extension potsible de son et-
mosiihère : la limite da celte atmosphère
est inévitablimont Siée i la distance oil la
force cenirifugf, due & la rolaltou du sys-
tème, devient égale i la gravité. Donc si,
par une cause quelconque, une portion an
celle atmosphère venait k sa troDver placée
au delà de oelto limite, eHe cesserait aus-
sitâl de £iirc partie intégrante du soleil, et
Gonliiiuerait a circuler autour de lui avec
In vjtesse'acquise au moment même de la
séparation, mais sans pouvoir participer
aucunement aux changements qui survien-
ilraieol dans la rotation solaire postérieu-
rement à cette même fénarstion.
Ainsi, la limite mathématique de l'atmo»
sphère solaire a dû diminuer sans cesse, h
mesure que le refroidissement a rendu la
gyraiion Je cette nébuleuse plus rapide ; et
o<'tle atmosphère a dû nécesssiremenlaban-
duiiaer successivement des zones de ma-
(185) Dsfltcl Bernonllli avait déjï calculé les chan-
ces d'une diEposilioD aussi remarquable. Laplace,
com|tléUnt ces oalculi, en avait conclu que (i la
(listri billion ^u syslènie ittaDéiaÎTe avsiL été l'effet
du liaaai'd, il y a^ail, suivant Ic.calcul des prutia-
tièreS diffuses, qui ont constitué l'étal (n-
milifde nos planètflS. Celles-ci, déltciiéti
de la nébuleuse principale, se sont con-
densées aussi par l'effet du leur pniprt rc
froidissement, et ont ainsi engendré th
satellites, en vertu des mêmes uusesqn
les avaient elles-mômes engendrées.
Telle est la théorie générale ds laplacil
dans toute sa rigueur.
Cette hypothèse, bAlie avec dei hypothè-
ses, est contestable de tous poinis. Etd'i-
bord, ronstruite en dehors de l'jiitertHK
tion d'une cause première, crénlrice deii
matière et des forces qui la régisrenl, rUt
ne sérail antre chose que' la genèse mii*
rtalisie, dont nous avons fait voir \'i\ans'
dite el les impossibilités (h86|. Il faut, à
toute nécessité, reconnaître que ni Ie5iti>'
mes ni Issoorpsqui en sont composés h'mI ;
l'existence infinie, immuable in>liTi>ili|i,
de fiieu et des idées éternelles ; ils iv^
et par conséquent ils ont commencé dM
et leur existence actoelle n'a rien de i^
oessaire. Les lois de leur activité, dein
Jouissance motrice et de leur mobilii^H
sont pas plus nécessaires que leur -^
tence même. E.a conlingence est le (
tère de toutes les lois mécaniques, mSmekt
)<lus élevées, ainsi que l'ont démontré U-
place, Biol. Poisson et A.Coraie lui-miiM.
pour les cinq grandes lois qui domiiiiii
toute tu mécanique, il faut donc sdaMUrt
une raison lUlTisanle, extérieure el wp^
ricure aux atomes, qui a déterminé eh'
lois. L'ordre actuel n'dst donc point li coo-l
séquence nécessaire de* propriétés tl iti
lois du la matière, telles que l'obserTilieD
les découvre; mais cet ordre snppoMdt
Elus un arrangement primitif, une Jislrt-
ution première de toutes les parties iteli
matière, de tells sorte que de celte dis>
siiion première le» propriétés et les loi**
la matière aient fait sortir l'ordre idw
qui autrement serait sans raison sur
santé.
La théorie de Laplaoe prend ponr pw
de départ les •ébuteiua, ces apparocw*
lestes si longtemps problématiques, w';
avancé qoe certaines nébuleuses dtsiei»»||
amas de matière que l'allraolioo cooceuji»!
itotuellemenl. Hais une pareille bypoiu»!
est ioeonciliable avec la précipitation >i'>
pide, nécessaire pour opérer la eoiifl>gMl'|"
et la liquéfaction ignée des molécules- ''='
■qu'il faut la sup(»ser à l'origine des coi
planétaires, et l'on ne se rend pas conii
pourquoi, après tant de milliers d»m
il en reste encore h so former., 0" "
pouvoir déduiri immédiatarunt d'obitn
tioni faita à diffémlti époquei, qu 'l >•
ùoéré da «Aonffemen/s tfftctift danàja «UJ»]
Utu* d-Andromédtf, puis data ctUt du wtrn
Argo et dani tet filataenta ùotéi qm 'Pf'^
briiiés. 157 mîHiarda k parier cwilre un q«f«'j
disposilion auioil 6lé lout suite que c.i« n
(48C) Yoy. l'art. GtaÈss mjitéWiusie.
GOS
D1CTK»DUIRE
lirvaml A lm»Amlau»d'OrioK;wimiir inégalé
fùuûaee da txslmamii* emptoyit à cet di-
«na ^pofwo. In 9arioti»nê ds notre alino-
ifUrt, H rf'oMfru influaieet de nalun opti-
Mf, j«flnU iM doiUe légitime lur une partie
U ta rintttalM, qnamd on Ut eontidère comme
ia itrwtM dt comparaiion téguit par TAif-
Uirc det ciotr. (Bdmmk.bt, Cotmot, p. 89.)
Jobn H«-r&chell, dans fon Traité d'attrono^
mit, u* S19, pariant de h nébuleuse décou-
iMle par Hu^ebeos eo lKi6, dans la cons-
ieUuioa d'Orioo, émet la même opinion.
On s'accorde géaérilemeDl aujourd'hui k
recaotHlIre cODime démonirée la rétolmtion
(B Huile* de toutes les nébuleuses. Ainsît
■M pccssentimenls ne noas trouipaient lias,
torsqv't) j s quinze ans nous écrif ions dacs
molrt Jhmtemt traita det leiencet çéotoai-
fny, cbap. 9 : ■ L'opiaion qui regarde Tes
MfNilcflses comme uae agglomérstioD d'é-
toiles lro|i éloigTiées pour être aperçues liis'
tiDctement k l'atde de DCs inslrutnenls d'op-
tique. Dons paraît la plos vraisemblable. Il
jt dans le ciel dtfS groupes qui ne présen-
Itut à l'iEil DU qu'une masse confuse da lu-
Bière, et doat on distingue très-bien les
wiDcipales étoiles avec le secours de simples
Wsitlvs. Tel est le cas pour tes pléiades. 11
*■ d'autres taches lumineuses qu'on ne par-
îient k résoudre eo groupes d'étoiles qu'au
moyen» de télescopes d'un fort pouvoir tl'am-
Hîlicatîoo. Ce qui a résisté è des grussisse-
BwiiUde SO, de 100, de 150, de 200 fois, cède
<|u»Bd on lient pousser les grossi ssemenls
jusqu'i 1.000 et au delà. Ainsi Herscbell
est parveno à transformer en agglomérai ions
d'étoile la plupart des nébuleuses que Heis-
«cr, poorvu de laneltes moins puîssnnles,
onjail irréductibles et qu'il appelait des
Mioleuees sans étoiles. A ce point de vue,
sus eoolredii le plus raisonnable, les nébu-
leoses sont contraires plulAt que favorables
â l'h^lQtlièse asironomico-chimique; car ce
wnient des mondes tout furmés, et non à
lé al naissant. ■
Quelques années après, an astronome
■Bslenr. lord ftoss, parvenait à conslrHire
on lélescopekréfleiiondedeux mètres d'ou-
teriure. Tonias les fois que l'on a dirigé ce
fi^nlnque instrument vers une des nébu-
leuses, efifl a complètement cfaanj^é d'aspect,
H s'est si souvent transformée en éLoiles
riialinctes, qu'on ne peut plus raisonnable-
hent donter qu'elles ne soient toutes réso-
lubles, ainsi que le grand Herscbell l'aTsit
«'■tx>rxl supjiosé.
Abordons les autres conditions de l'bjrpo-
(bèse cosmogonique , et voyons siellospré-
lenient plos de solîdilé.
La tbéorie sopiiose dans la matière des
Ibrces uiotrices qui lui seraient inhérentes:
l'attractioa, la répulsion, etc. Que faut-il
;-enser d« t'origiae et de )a nature de ces
/'jrtes ?
Kous touchons ici i une question philo-
so|-hiqoe fort controversée, et que oous
(TOTODS devoir exposer avee quelque éiea-
ijue avant de passer outre.
<iuelle idée devonb-Dous oous faire des
ArOLOCETIQUE. COS 4K
substances matérielles qni composent l'uni-
versT Sont-elles dunées d'activité in'erne
seulement, comme le veut LeibnilzT Les
corps, suivant lui, seraient exclusivement
composés de petites âmes dépourvues du
toute action réciproque les unes sur les au-
tres et sans aucune activité externe. {&/ttime
nottveau de la nature et de ta tommumealiot^
det tubtltmeet, p. 1S6, etc. ; Monadologie, p.
VOS. etc.]
Celte activité externe est remplacée pr ce
au'il appelle Vharmonie préétablie, cett-à-
ire par t'aclioR de la puissance créatrice
qui aurait mis dans la nature de chaque être,
pris isolément, le principe da Ions les phé-
nomènes qui doivent se succéder en lui.
Dans ce avstème, les causes Tinales ne sont
plus que la volonté de Dien, qui les réalise
par un acte étemel. La conseauence logP
que qui en drcoule, c'est qu'il ne fauilrsit
plus chercher dans les sciences physiques
comment tel corps agit sur tel autre. ui»is
en rue de quelle fia Dieu fait correspond ru
tel phénomène parliculierA tel autre, datis
l'existence simultanée, mais isoléu, de ci^s
deux corps. On a tu là un abus étrange «les
causes finales et une hypothèse tout k fuit
erronée, contraire à IVxpérience, au seus
commun et à la raison.
Les cartésiens ont émis une autre opinion :
fis refusent toute aclivilé aux substances
corporelles. Halebrsnche n'y voit que iIl-s
causes efficientes , qui sont seulement l«s
eautet oceatiotmeilet des volontés particu-
lières par lesquelles Dieu opère tout dans
le monde. Celle hypothèse, aussi conlraire
que la précédente h l'expérience elau sens
commun, qui nous disent que nous agis-
sons sur les corps, que les corps agissent
sur le nAlre et sur nous et les uns sur les
autres, celle hypothèse, disons-nous, con-
duilà faire regarder les substances comme
de simples phénomènes de la cause qui
produit tout en elles et qui les produit elles-
mêmes de nooveau \ chaque instant: en un
mot, elle conduit direnlement au spinu-
sisme. Descartes fait de l'étendue le seul a(-
trihui de la matière; Leibnitz, au contraire,
supprime l'étendue et réduit tout à une force
interne dont nous ne pouvons trouver daus
les substances corporelles aucun iiidici^ e(
qui est iocoucillable avec l'élendue.
Un illo>lre mathémsiicien de nos jours ^
renouvelé l'hypothèse cartésienne (u. Cau-
chy, dans les Comptes rendue det téaneet de
rAeadémie det idencet, iSkS). H refuse auX
corps toute aclivilé, toute causalité. Les
forces physiques sont tout à fait étrangères
à la matière : elles ne sont autre chose que
Dieu même, agissant immédiatement dans
l'étendue d'après certaines lois. C'est la
substitution pure et simple de la cause
première aux causes secondes.
Enttn, il est sur cette question un troî-
sièdie sentiment : c'est celui qui considère
les substances comme douées d'activité,
mais d'activité eitenit. Suivant celle opi-
nion, il ne peut exister de substances esseii-
lielleioeul pas^ves , car ce suraient àvt
DICTIONNAIRE AIKH^OGETIQUE.
dubslancrs sabs loi , toute loi étant une loi
(l'acliTilé; des siibslauces sans facultés ré-
gies |uiri]«s lois, |inr conséquent saos altri-
Lul; car lout attribut imijlique l'atitivité;
est une condition générale qui délermioe
les modes d'activité dont une suL)alauce est
coiialile.
Que serait-ce, par eietnple, que la sim-
plicité? Ce serait la simplicité de rien, si ce
n'élaît lias la simplicité d'une force indivi-
sible; rindtvisibillLé du néant n'est jias la
simplicité : car le néant n'est ni simple ni
multiple : il est le néant et rien du plus.
Que. serait-ce que l'étendue d'une sutistance
inacliveî Ce serait une étendue purement
idétile, l'étendue du rien ou l'éteudue d'une
chose quelconque, indéterminéei que l'es-
prit conçoit, mais qui n'appartient h aucun
corps réel.
L'élendufl n'est réelle que par la puis-
sance résjsifliite,pnrl'iuipéuétrabjli té, qui est
une force limitée h un curlain espace, mais
invincible dans ces limites. Une substance
iiiaclive serait l'abstrait pur, ou plutât le
néant. L'esprit ne pourrait concevoir en
elle aucune manière d'être ; car qui dit noa-
niëre d'être dit existence réelle et persis-
tanie, et cette existence est impossible sans
Bltributs et sans fuculté. Il ne pourrait se
lunuil'ester en elle aucun phénomène; car
un phénomène est un changement dans les
manières d'être, et puisqu'elle ne pourrait
en avoir, elle ne pourrait en changer. Des
phénomènes dans une pareille substance
seraient sans support, sans sujet véritable;
ce serait iiue idée purement abstraite, ou
plutAt, comme nous l'avons démontré , il
D'y aurait pas de pliénomèaes possibles,
lout iibénomène sui>posanl nécessairement
l'activité de la puissance qui en est le
BUieU
La passiTîté est subordonnée à l'activité,
et la suppose évidemment. Car pour uu'il
y ait un phénomène passif, il faut qu il y
ail une substance agissant sur une autre ;
et pour que celle-ci soit passive, il faut
qu'elle ait une force cajuible de recevoir
une impression; car rien n'éprouve rien.
11 faut qu'elle réagisse; ainsi, un atome,
mis en mouvement jiar une impulsion,
possède une force motrice égale à celle que
l'impulsion lui a appliquée, car ici la réac-
tion e^t égale à l'action. Telle est la loi des
corps en ce qui conL-erne la f'trce impulsive.
Comment dans une substance inactive la
passivité pourrait-elle déterminer un phé-
nomène T Pourquoi tel phénomène plutAt
que tel autre, puisqu'une telle substance
H'auroit aucune faculté propre, et par con-
séquent point de loil Ne voit-on i^as que
le phénomène passif d'une substance, cest
le phénomène actif d'une autre substance
en rapport avec la première; que c'est pour
celle-ci une excitation et rien de plusT Mais
une excitation , bien qu'die ait son prin-
cipe dans l'activité d'une substance , et
qu'elle existe comme acte de cette sub-
stance, n'eiislerail pas à litre de ptiénomi
passif pour une autre sutistance en qui <
n'exciternit aucun jibénomèiie d'ictiri
Cn phénomène passif n'existe donc, i
titre, dans une substance, qu'sutiDlqi
produit une réaction liaos cette substan
Et ce qui le démontre, c'est qu'an pliéi
mène ideolique en lui-même et diDsl'i
9ui le produit, exciie des réaciiODS N
itTérentes; suivant les substaiicesiuiquel
il s'applique comme phénomène Mss(fJ
si la substance qui produit ce poénsmi
identique était seule la cause des |>liâ
mènes qui en résultent dans d'aulressi
lances, ces phénomènes devraieut être l
semblables entre eux, quelle que fût ii
ture de ces substances, dont le r4!e m
purement passif. Mais il n'en est pii aii
tout ce qu il y a de semblable, c'esl \'t
tation; ce qui diffère, c'est la réaclion
raison un est que celle-ci est produili
l'activité de substances différentes, k
par différentes lois , en vertu ilesqo
telle substance réagit du telle tau
propos de telle excitation donnée,
donc action réelle des substances lui
sur les autres et réactioB de cas
tances (1^87).
Outre la substance iiiGniet cause premaj
et absolue, qui se fait ^ternellemeat ■
même tout ce qu'elle est nécesssiremeiitl
qu'elle peut être, et en qui nar conséijacl
toute succession de phénomènes esl iuijioi
sible, il ; a deux ordres de subsiiDW
comprenant toutes les causes itmàti
ce sont les substances simples et l«w
slauces étendues. L'activité des nnéitt
est interne et externe k la fois; elleesto
riable , successive et progressive; n»
n'avons pas fa nous en occuper ici. I'kM
des substances étendues est puKiM
externe; elle est immuiible en ellu-iaÇu)
variable seulement dans ses effets, sui<i
les substances extérieures et les ul>i(
auxquels elle s'applic;ue. Les phéDOuèi
de cette activité externe, régis par l»I"
immuables qui les détermiuenl loujoui
iiifailliblenient de la même manière,'"!
les mêmes circonstances, résultent eDi4rU
de l'activité, toujours involontaire, iie>'
substances, en partie de l'action eiercti v
ellus par les substances qui se trouient
rapport avec elles. Si les phénomèiiei
l'aciivilé externe d'un môme agrégat dei
substances ne sont pas toujours les nAa
dans les mêmes circonstances, c'u^iqu*
nature et les propriétés de l'agré^sl à\i
geot suivant sa constitution iiilmie, iti
que les substances qui le constituent, c<
è-dire les atomes premiers, ne ctisDgeui
de nature ni de propriétés.
Le caractère essentiel de la subsiai
étendue, en tant que force, c'est que l'i
vile do chacune de ses parties constiluU
se borne à un effort externe de son mou
uient d'action et de réaction auquel elle
peut rien changer par elle-même. W>»
(487) Foy. II. Midti.x, rhil. de la nat., I. I", p. 217, etc.
lis
MCnONHAIRE APOLOGETIQVe.
COS
iJft
au thangement de iDOUTement et ait psssBffo
du rep'isau mourembnt ou du mouTeraenl
au npos, détruire dans )e moteur, par celte
résïMnnce, une partie de la quaipllté de
mouTemeiil égale b celle qn'ii produit dnns
l<! moltite, recevoir BÏDSf le mouvement »t
le coflimuniquur suÏTaiit les lois invaria-
l>If>s; enfin, sans se mouvoir EOi-mSinr,
iMiJro d'une manière uniforme à mouvoir
Ir^aulrus corps, de sorte Gue cette facilité
luujours en exercice proauise invariable-
ai>'iit 5nn elTut sur tout corps étranger au-
quel elle peut s'appliquer, c'est là de l'se-
litilé externe, et ce qu'on ne peat refuser
\\a subxlance étendue.
A présent, si nous considérons le pliéno-
mtw universel de l'attraction, noua Iroa-
nnt que le mouvement est produit par une
tune qui n'appartient pas b la subslance en
linl qu'elle se meut, mais en tant qu'elle
■itirD une aulre sulMianee. En effet, s'il n'y
mit aucune action etercée par le corps
«Hirant sur le corps attiré, comment le
•)ri>s attiré, même en lui supposant l'intel-
^sence, proporiionaerail-il t'intensilé de
von mouvement h lu masse du cnrps vers
*kquei il se précipite! Le corps allimnl doit
nécessaire meut élre, soit la cause elFicienle,
fait la caase finale de ce mouvement. Usis
sne cause finale n'agit qu'autant qu'elle est
niiDtie, ou, pour mieux dire, ce n'est pas
tV^t^Mi agit, mais elle est le motif par le-
SikI un fttre iiiielligenl se détermine A agir.
T. pour que chaque particule du curiis
mirint fai connue du chaque particule du
fofl'stltiré, il faudrait (oujoui's l'action &
Jiuisia; il faudrait de plus, dans chaque
[■«[liaile de matière, non-seulement une
l'iieiLtelligenle analogue aui monades de
Lribiijiz, uiais des organes de sensatiou,
imtse mettre en relation avec les parlicu-
K» alliran les. Qui ne roil la fausseté de ces
d'-ui dernières hypothèses et leur inutilité,
[>ui»|uV(]es ont etles-mâmes busoin de la
pffuiière hypothèse è laquelle on voudrait
Ih 5iiltttiiuer? La première stiule est vraie.
Htns i'allraction réciproque de deux corps,
tbaque particule de l'un agit comme force
tiolrictt sur chaque particule de l'autre
ofc une énergie conslaole, dont l'effet est
*ii raison inverse du carré de la distance.
[H. Hianif).
■ Hais, objec(e-t-on, l'action à distonne est
iijconcevable : uo corps De peut agir U où il
u'csl pss. »
Si ce prétendu axiome ^tait vrai dans le
lens qu'un lui prête, il faudrait nier la com-
mufiiraiioD du mouvement par le coiiUcl.
tn effet, l'atome moteur n'est en aucu'i ins-
■lOl dans aucuue )>arlie du lieu occupé en
M même inslant par l'atome qui reçoit l'im-
l'uliion. Donc, enagis6snl dans oe dernier
Bioiue, le premier agit le où il n'est pas tui-
OitaïK. D'ailleurs, qu'est-ce que la préimcef
Ne |«ut-ou pas dire qu'une force est en quel-
iiuobçnn présente partout où elle agit di-
r<,-Gleu)ent, et qu'en un certaio sens, la pré-
(«lice d'un corjis s'éleud aussi loin que sa
l'uiiuace motrice imuiédiateT La presuoce
d'action d'un corps est liée h la présence nor-
porfllle; car la puissance d'impulsion ft de
résistance ne peut s'exercer qu'aux limites
mêmes du lieu actuel du cor|is, et la puis-
sance attractive, proportionnelle au produit
des masses, r'est-ji-d ire bu iiroduit des som-
mes des étendues réelles dont se compose
le corps attirant el le corps atliré, est en
raison inverse du carré de la distance qui
sépare les centra de gravité de ces deux
corps.
On a imaginé (Clarke, Eulcr, d'Alemhert,
Ciidworlh} un médialeur invisible, intangi-
ble, 6 l'aide duquel l'attraction se réduirait
i unecommuiiicstioi) de mouvecneiit par te
contact , hypothèse qui ramènerait 6 une
simple impulsion l'action à distanco. Ea 8U|>-
primnnt ainsi toute force naturelle el pnr-
manente de puissance motrice, on est obligé
de..recuurir a une série d'interventions spë>
oiaies de la Divinité pour rétablir le mouve-
ment toujours prêt de s» perdre dans l'uni-
vers où tant d'impulsions contraires se dé-
truisent sans cesse : hypothèse non-seule*
ment inutile et gratuite, mais fausse et iiltiiiie
d'évidentes contradictions. Elle a été I écueil
où est venu échouer le ^éiiie de Leibnitz el
celui de Descartes.
Les spéculations cosmogoniques sont des
questions compliquées d autres questions
qui aboutissent pour la plupart h des dilli-
cultés insolubles, b des contradictions ou h
des impossibilités. L'attraction qui joue un
si grand rfile dsns toutes ces baules théo-
ries sur la forinaiion des mondes, nous a
conduits è examiner lt!s hypothèses présen-
tées sur la nature et t'urigme des forces qui
se manifesteutdans les substaacas matériel-
les. Nous avons vu que les plus profonds
sont partagés sur ch point. L'opinion de
Leibuiiz et celle de Descaiies el de sou école
nous outparu insoulenalilcs, malgré l'auto-
rité de si grands noms, et nous avons incliné
è reconnaître daus la matière une activité
externe, un effort eilerna d'action el da
réaction auquel elle ne peut rien changer
elie-niënie, nous admettons que toule sulis-
lancA est inséparable de sa nature propre et
que cette nature consiste en une certaine
activité réglée par certaines lois, c'est-k-
dire en certaines facultés ut en certains at-
tributs que ces facultés supposent. Les ef-
fets de cette aclivité diffèrent suivant les
cjrconsisnces; mais dans les substances dé«
Eourvues de liberté, des lois immuables éta-
lies par le Créateur déterminent invaria-
blement le rapport entre les circonstances et
les réactious du chaque substance propre-
ment dite.
Aussi, pour définir par exemple une sub-
stance chimif|ue, il ne suHirait pas de dira
ce qu'elle était quand on l'a vuej il faut dire
ce qu'eik' devient eice qu'tlle 0|>ère dans tel-
les L-t telles circonstances déterminées. (Jat
ne sait que les qualités d'un'corj}s k l'état so-
lide ont souvent bien peu do cnose de com-
mun avec les qualités de ce niiïinecur})S k l'é-
tat liquide ou gazeux? Hais ce co''ps, dans les
meutes vircoustauces taul iulernus qu'eiler^
Uf
oos
MCTIOHNAIRE APOLOGETIQUE.
Ms, aura (ôujnurs Ifs mèmea propriétés re-
oonnnissebleS. C'est ta que n'aTaient pas
onmpi'is tes «DCteaSt qui croyaient que Is
iialiire propre d'une espèce de corpa diipa-
mîssail sans retour, quand les qualités, con-
Hdârées è tort comme dislincIlTes, runaient
à changer, lis ont ii^noré la persistance des
siibslarices déterminées et de leurs proprié-
té? spéciliques dans les cbangemenls d'élat
o( i]ans les combinaisons chimiques; et c'est
16 une des raisons pour lesquelles ils u'oot
jamais eu de chimte proprement dite, de
cbimie scientiflque.
Hais revenons è t'atlraclion.
C'est à l'étude de cette force qui régit l'u-
nivers que nous en sommes restés. Nous
avons repoussé l'iiynotliése d'un médiateur
inTiiible et intangible, au moyen duquel on
prétend réduire l'attraction i une conimnni-
ctttion de mouvement par le contact. Nous
ne Tojons qu'un syslèmff insoutenable et
plein de contradictions dans J'opinîon de
Leiftnitz, qui attribue la pesanteur et f'at-
Iraciion universelle à la pressi'in de l'élher,
et dans celle ife Descsrtes, qui veut l'vipli-
qUer par ses tourbiltoru.
Des hypotbèse^plua récentes ne nous sem-
blent pas plus heureuses. Ainsi, M. Gruyer
(488J supjiose que l'espace est rempli d'ato-
mes d'une matière subtile, que ces atomes
se meuvent en ligne droite dons toutes les
directions, avec une vitisse infinie, qui com-
pense l'extrême petitesse de leur masse, et
qu'ils choquent avec une fréquence rorame
infinie chaque atome de la matière pondéra-
ble. Ou p<;ut l'arrêter dès le [iremier pas,
el lui demender d'oiï viennent ces atomes et
oô ils vont; quel te cause détermine la direc-
tion db cliacua d'eux, quelle cause fait ou'il
7 en s tout juste autant à se mouvoir dans
une direction que dans une autre? H. Gruyer
lui-même, comjirend qu'il faut que les vites-
ses et les directions de ces atomes qui se croi-
sent sans cesse en tous les points de l'uni-
vers, restent toujours les mêmes. Ainsi il
établit, de sa pleine autorité, un principe
nouveau de mécanique, en vertu duquel
tout atome de matière subtile, choquant un
autre atome semlilable, mois immobile, im-
primerait à celui-ci une vitesse égale Scelle
qu'il avait lui-même et qu'il perdrait tout
entière, et, par conséquent, deux atomes
qui se choqueraient en allant également vite
en sens directement contraires, se substi-
lueriiient chacun au mouvement de l'autre,
mécanique évidemment en contradiction avee
la mécanique générale, pour ce qui con-
cerne les lois de la communication du mou-
vement. Combien d'autres arguments que
nous omettons et qu'on pourrait opposer à
rette hypothèse I
Enfin on a voulu considérer l'atlraclion
comme un résultat de la répulsion [hS9), et
Celle-ci comme la seule force primitive qui
s'exerce à distance. On prétend expliquer
fiS8) Prineipci de la pliitoiopliie phytifiu;PATit,
(489/ H. DE SmT-VtauT ( Mimoht inr ta quei-
COS ui
les sltractions mutuelles tle deux corps \m
dérables par les répulsions inégales que l'é
Vfaer exercerait sur eux, de même que deui
corps Bottants non mouillés semblent s'iui
rer : hypothèse gratuite, inutile, inoonceti
ble.En elfet, si entre les molécules de l'éih*
et celles de la matière pondérable il ; i ri
fiulsion; s'il y s répulsion entre let aïolécu
es mêmes de l'éther , et s'il n'y a nnUs [w
attraction réelle, (a matière pondérable et l'i
Iber même doivent se dissiper dans l'esiun
à moins loutetbisque l'élber nù nagelgu]
(ière pondérable ne soit renferma eo in
tAoa. C'est s'obstiner k vouloir eipllquerl
connu par l'inconnu. Si la répuisîoo a
réelle, pourquoi t'atiraction universe!le,M
les lois sont mieux connues et si simplri
ne le serait-elle pas? Au fond, que gai;w
rait-ou à substituer la répulsion UDiveriw
h l'attraction universelle? 11 en résolitiq
tput simplemi'nt quels répulsion serti^f
même que l'attraction, une force de Iih
lière agissant è dislance.
Laissons ta ces vaines hypothèses,»
créent des ditlîcultés inextricables, m
éviter une dlOîcullé imaginaire, et rttm
naissons que l'attraction est une imusp.jki
un simple résultat ; que c'est une force m
premeni dite, une puissance motrice im
tenant à la substance étendue et potidénblt
ayant Dieu pour principe nécessaire, coninH
l'existence même des corps ou celle dei'i^
dre du monde, en un mot, comme l'eiisiron
dn toutes les choses dont la non-eiisleocl
n'implique point contradiction.
Quant 6 la répulsion, cette force siUp
■liste de l'attraction, elle n'a point i^njà
lieu h de si grands débats. Pourtant il i'»l
trouvé un contradicteur dont nous dinmi
un mot ; c'est H. Lamennais.
y a-l-it "dtt foreet ripulsivei T se demaaM
i-it. Ce terait etrtt» quelque ehote iTrlrimgi
ment mjittérieux q»e cei force» oppBsit'j
raffiniti comme à Tattraction, et qui la m
battraient tant et«<; que lUt foret* m l^
dratent directement à ta u'paration da wj
menli de tout ce qui eit, à lu diiioiuli" «j
l'univerê. Suppottx que leur ««ïi'on, p/wf^j
eante que lei rëtietanctt qu'elle renconlri,"';
atteint, libre de tout obttacle, ion f'rnt*^
nier, que reêterail-il, que «iifriiii«roi(-i''.f*
compogéi,\dieious jusque dan* leun dffïwn
partieulei coneeviàiln; Vidée même di C^
ditparaUrait, tout e'évanouirait dans la n^n
de l'espace vida (490)... C'est très-posiU'»
mais pourquoi tuppo$ex~vout? Ai^ "i
suppositions, on va où l'on veut. Fait""!
la êuppoiition contraire, vous «"''"[^*
une autre contradiction avec les faits- .<o"
méconnaissez la première loi deru'"''»^
celle de la pondération des pouïoiH «e "
nature; vous paraissez oublier (J"" '°. ,
halance et s'équilibre dans l'œurre '"«'-J „|
leur, dans les forces el dans les agents j^o"'
il a fuit dépendre la conservstiun et l""'
Iran de tavoîr t'H exine de* wuuêa «miiW*'
(m) Etqubit <f wu phUnoplm, I. IV, P- '^
cos
MCTNMIUIBK APOUKSnQUR.
MNiM da moade : Ommia m «mmhf* *t tm-
mm H ptmdtre ditpinHit.
Pour M. lameanaii, le ealoriqme, ngftràé
^l4M»lcs physiciens eomoifl l'aRent, sinon
aniane. du moins principal, da )a répulsion,
tuU/twiéê dt la wU:\a dilautton dans Isa
«trpseslnn phénomène tital.
Afee M mot de tn'e, de vie taûvtrMelle, sf^
fiJi^é même à des ^tres qui na sool pas n-
taU, OR croit avoir dîl quelque chose, on
croit mAme avoir (oui dit. En voyant la Tai-
blesse des arguments de U. Lsoiennais
eoolre la loi de la répulsion, on comprend
qoale célèbre écrivsm n'ait guère plus de
cbsm de succès dans tes attaques contre
1(9 principes de la physique, que dans ses
thstts a^essiona contre du hautes et saintes
doetriDcs,4ont les divins rayons ne cov
maaanl fias son géuie. Telum imbetU aint
kim.
Oeoî qu'il en soit des eégslions de U. La<
■miwis, la répulsion est uaiversellemeot
sJiDise eemme la cause des dilatations et des
dungesMnls d'état des substances maté*
rielles, et sans celte force, en effet, toute*
les eotlnlationst par exemple, celles du cal»'
nqoe. de la lumière et du son, seraient im-
pûsibles, sînsi qne l'a démontra H. Ampère.
jfoos erojons donc qu'en bonne physique
cooma en saine philosophie, il faut admet-
tre et l'attraction et la répulsion, ces deux
modes parlicoliers de la force gén^le per
laquelle la matière agit i distance, d'nns
■anière continue, suivant des lois ioraria-
itles fixées par le Créateur.
Après c«tte digression, dont chacun aura
uisi Je rapport immédiat avec le sujel qui
Mus occupe, nous allons rentrer dans l'exa-
i*co de U théorie eosmogooique de laplice.
Le point de départ de la théorie est la
sapfKisition d'une immense sphère entière-
■ttt gaznnse k UQ« température extréme-
BCtit élevée...
On Toil déjft tODl ce qo'il j a d'arbitraire
dans c« point de départ. Pourquoi, en effet.
De remonte-t-on p3S plus haut que la sphère
éUt^ose ioeandescente T La science «t la pbi-
Itttophie, quand il s'agit de l'origine des
tli«es , perueitent-elles de suppcaer que
c'tst là l'état vraiment primitif de ta maiièral
N'iuioriseot-elles pas au contraire è admet-
'^e que In matière a pu passer par plusieurs
uitres états aulérieurs avant d'arriver k ceinl
'e gaz, paisquedaos les gsz les atomes sont
It-ja groupés en molécules! Pourquoi toute
< mcuèra n'aurait-elle pis été prîmilive-
b«ut h VéM. d'atomes chimiques, ou même
'«tomes premiers, suivant la dislioctiou de
^/tAins théoriciens T Pourquoi même ne
"^■usserait-on pas cette division jusqu'à l'a-
'«me (In fluide universel, de l'éther. Kt au
^ta eocore, qui peut dire, qui peut imagi-
^rr ce qu'ml pu dire la maiièr» et les lois
'jî la retpssentT Qui nous déroulera lasé-
.'- û« toutes les transformations de la ms-
•-TveC le Jeu de tous ses éléments, obéis-
uii à tontes les nécessités, ft toutes les
"-^sauces ul les énergies de leur nature,
•3i i^s différentes l'hases de leur exis-
tence, sous la main de Dieu qoi les modr-
fiait «t les dirigeoil vers le grand but da
l'qrdre et de l'harmonie, qui devaient un
jour témoiguar si magnifiquement de sa
puissance, de sa sagesse et de sa bonté T
Uais puisque dans le champ infini des hy*
pothèses , ou s'est arrêté è celle d'une imi
uiensespbèredegazi l'état d'incandescence,
acceplons-la et constatons si el!e peut se
concilier svec les exigences «t les priudpea
reconnus da la science. *
Laplace donne k cet immense amas da
gz la forme d'une apkire. 11 emprunte celle
rme aux nébuleuses, qui ont jeté laul
d'illusions dans la té(e de tous les eosmo*
gonistes depuis Herschell. Uais aujourd'hui
que ces fantastiques nébuleuses se sont éva-
nouies du ciel ))Our faire place è des soleils
parfaits et non embrjonairas, toutes ces
analogies qu'on a voulu établir entre elles
et l'étal primitif des choses ont disparu avec
•lies.
Quelle loi maintenait cet immense amaa
de gaz dans la forme spbérique T L'attrao-
tionl liais la répulsion ne devait-elle pas.
filre prépoodérauta et l'emporter dans celle
matière gazeuse , incandeseentSi puisque
c'est encore aifjoord'bui la condition pour
tous les gaz soumis è nos expériences! Il
semble dune que ce n'est pas une agglomé-
ration Sj'hérique , mais une dispersion in-
finie de la matière gazeuse dans l'espace,
qui devait être la conséquence d'un pareil
eUit de choses. L'aUractiou qui conslilue la
GohéMOQ étant insensible dans les corps è
l'état gazeux, nous sommes en droitde con-
clure qu'elle était nulle dans la masse élé-
mentaire dont il s'agiL Y avait-il l'aitrac-
IJon atomique appelée affinité T Pour aue es
mode d'action de Taitraciion puisse s exer-
cer, plusieurs conditions sont iiécessaires :
il ne suffit pas que la matière soit gazéitiée,
il faut de plus, pour qu'il y ait combinaison,
qu'il y ait pression et par conséquent rési»-
tance. D'oiJ est venue cette pression T Qui
est-ce qui a produit celle résistance daus -
une matière élémentaire formée de gaz es-
sentiellement élastiques, incandescents et
soumis à uue expansion indéfinie eu tous
sens? Evidemment il n'y avait pas da pre»-
sion et par conséquent pas da combinaison
possible. Ainsi, on ne voit pas qu'il pût jr
avoir place pour aucune des espèces cou-
nues d'attraction. Nous venons de voir que
dans une immense sphère de matière nébu-
laire ou gjazéiforme k l'état d'incandescence»
comme celle que J.aplace a supposée, il n'y -
avait place {wur aucune des espèces connnes
d'attraction. Nous pourrions attaudre que
l'illustre géomètre ait assigné, en dehors du
Créateur, une origine acceptable de celle
grande loi du monde physique. En atieo-
oant qn'on la découvre, nous la supposerons
trouvée, et nous allons voir où elle peut:
nous conduira.
D'abord, où la placerons-nous TSans doute
au centre de l'iiuoiense masse globulaire.
Uais alors les éléments de la nébuleuse, &
musure qu'ils se solidifieront par le reftni-
«M COS
dtvsflimnl. iront ee précipiter vers le centre
qui Ittt altirfl. et nous n'auront ainsi qu'un
glolie solide énorme au lieu d'un système
de globes. Comment préTiendrons-Dous ce
grave Jnconvénienl? Par le mouvement de
rolalion qui déterminera l'action de la force
centrifuge, atjlagonisle de l'ullraclioD, ainsi
que le prétendent les partisans de la théorie
tstranomico-chimique. Soit I Mais d'où naît
un [tarcil mouvement dans la nébuleuse?
Ici ericore se présentant de nouvelles et
ineilricsbles dinicuUés.
lin elTel, comment ineitre en mouvement
sur elle-même celle îiDinense sphère de va-
Ceur, dont l'énorme expansion devait em-
ras&cr au moins l'énorme snhôre de Nep-
tune T P«rmi les lois de la physique ou de
la mécanique, en conuatl-on une seule d'oiï
l'on puisse déduire l'origine du mouvement
de rotationT Laplace n en connaît aucune.
Cepeiidaiit ■ CQtte-.mas&e, dit M. Henri Uar-
tin, ne pouvait avoir uu mouvement naturel
de rotation ; car, pour produire UD tel mou-
veiiteut dans une sphère eittièremeni ga-
auuse, il faudrait produire séparémnoi, sui-
vant un même aie, des révolutions de
même durée pour toutes les couches con-
centriques dont elle se compose, en appli-
quant a ces couches des forces ceairales et
ùas forces tangentielles différentes, suiraut
le rayon de chaque couche. Or il est im-
possible de concevoir une cause physique
qui donne ce résultat (i9f}. •
Nous avons admis l'attraction, quoiqu'on
ne donnât aucune raison do son uritjine dans
rfay)iothëseUeL«place. Admettons de même
le mouvement giratoire et procédons à lo
lormation de notre système planétaire.
La nébuleuse tourne sur elle-même. A
mesure qu'elle se refroidit, des masses s'«n
détachent par l'effet do la force centrifuge.
Voici d'abord la planète Leverrier ou quel-
que autre planète tacounue plus éloignée
encore, qui se détacbe de la première ooa-
clie équatoriale condensée de l'atmosphère
' fulaire.
Ctitle couche équatoriale, on le suppose,
possède une force centrifuge sufBsaate pour
faire équilibre ^ l'attraction centrale, et par
conséquent elle peut se soutenir indépen-
damment de la force d'expansion des cou-
ches antérieures concentriques, sur les-
quelles dès lors elle a cessé de peser. Figu-
rez-vous donc un anneau qui, pour Neptune,
par exemple, avait au moins deux mille
(fuairecentsmillioos de lieues.de diamètre.
- Eh bien 1 c'est avec cet annoau prodigieux
qu'il faut faire une planète, un globe, tjhor*
chez à vous rendre compte de la manière
dont le phénomène a dû s'opérer; comment
McnONMAIBS APOLOCETIQI».
les éléments de l'annoan qui te Ironvaicnl
idem mille quatrecentsmillinnsdelieups,
sont venus trouver ceui qui élaienl plscésà
l'autre extrémité du diamètre. Vous réjit.
terez ladite opération autant de fois qui
Tuussurez de planètes Ë former. Puis, <|Qanil
vous aurez obtenu toutes les {ilanètes, ne
croyez pas que votre construclioo esi ache-
vée, que votre monde est bAii , que toui
les problèmes cosmogeoiques sont résolus,
i\ vous faudra encore, premièrement, répé-
ter la flième opération pour obtenir chaque
satellite. Oui, les planètes une fois fortnéei
et tournant sur elles-mêmes, on ne sait
pourquoi , émettront fa leur tour, et i l'iijt.
tarde la masse primitive d'où elles eodI
sorties, plus ou moins d'anneaux qui de-
viendront leurs satellites.
Vous aurez, secondement, fa exptiqurr
l'origine de la force tangentielle, doot
Laplace ne s'occupe pas, trouvant plus com-
mode, sans doute, de prendre comsie u
fait les mouvements elliptiques des plant-
tes. Cependant, sans impulsion primitire,
ee mouvement elliptiquedes planètes. qDisJ
môme on le supposerait éternel, n'eaterùl
pas moins un effet snns cause (V9ii). |
. Ce n'est pas tout. Puisque raltraction tgtl j
en raison directe des masses, la sphère m>
laire, perdant de sa masae chaque foit
qu'une couche équatoriale s'en délsrhiil
[lour former une planète, a dû faire varier
e mouvement de la première planète déU-
obée autant de fuis que cette opération t'ai
renouvelée, c'est-à-dire au moins dii t
douze fois. Ainsi pour Uranns, rar exemple,
raltraction ne serait aujourd faui que le
dixième de ce qu'elle était k l'origiiie, et il
eo aurait été de même proportion uellemeiU
pour toutes les autres planètes. Cbtqus
modificaLioD dans le mouveiusnt d'une pia-
nète, a dd en déterminer une autre dans si
forme, et par suite amener uiie«érie devi-
riatioos profondes dans tout l'ensemble dd
phénomènes qui se rapportaient fc celte \*»r
uète.
On fait sortir tes satellites de la tuas»
des planètes : ils devraient donc par(ici|<er
fa la nature de la masse d'où ils tirent leur
origine; cependant la lune, par exeuip)e,u'i
pas d'atmosphère , tandis ijue la terre en i
une. D'où vieut encore que, parmi ces pli-
nèles, il en est qui n'ont pes de satelliiei
ou qui n'en ont qu'un , (behIis que d'aulrei '
en ont jusqu'à six, sept, etc.? EnQa.cooi-
ment expliquer l'origine des comètes T L''J
ft)ra-t-ou Tenir, comme les planètes, de 11
masse gazeuse principale? Pourquoi s'e"
ne sont-elles pas soumises aux. tuêmei lui*
de forme et de révolution... ?
rUi) PJtUdMpJiû iptrit. de lunaturtfi. 11, p. de bagueltede renlantH meaten veria de la fatte
JSti. Unseiilielle. Si le coup de baguetia éuil Trappe se-
(iOSJ La tane tangenlieUe d'une planète eil celle lou le diamètre, le cu^ceau pourraiU éire prnjdêea
qui ta porte kauirni uneiangeiiiefasoiioriiiie. Celte lluoe droite, mais il ue tourneraii pas sur lui-uiéaK.
hirce e«l due i l'impulsion primitive par laquelle On i calculé que l'impulsion pour la terre ) dk
celle (lanèle a été lancée dans l'espace, impulsion passer par un point silué à neuf lieue* euvirva àù
qui, poiir aucune des ptauètes, n'a passé pai- le cen- t^n ceuire.
\tt ne iraviié. Le cerceau qui roule tous les con^
cos
DICTH^miURE APOLOGETIQUE.
LOS
Combien d'objections nooToDes ne pour-
nouS'nous pas soulever cnnire celle hiids-
ricu» el vaine b7|>otbèsel Maisc'esl assez.
rentiinons par une réDeiion d'un savant
illwire qui a passa sa vie dans les jiUis
nuies contemplations de la oatore el de ses
m:
U «Mtde du formationt ciltitn doit être
tttnié comme un fait, eomtnt une donnée na-
éruU fut ëe dérobe aux âpécutationi de i'ei-
wit par Cataenet de tout tnchatnemeni vitible
k MKu à effet. En d'autrei termei, ttt rap-
mrti de grandeur absolue et de poiiiion rela-
ht de» axta , la relatioia qui exietmt dani
kiffidme planitaire entre ta dtniiUi, («s
fcràt de rotation et lea exeentricUé», ne nou»
^KiÎHCTtf pal autrement néceteaires dont la
WiTf que la dUlribation relative de» axa,
fciKlaittffu qui exiittnt dan» ta contour»
ttH» continent» ou la hauteur de »e» chaîna
h wutntagna; point de toi générale qu'on
Wùae étmir. Sou» ce» diveri rapport», dan»
m cifux ou dan» la inégalité» da coucha
|m*rm, ee eonl autant de fait» naturel»
WmduiU par h conflit de força multiplet qui
■I agi mtrefoi» dan» de» eonditiom tout à
lA ûuomiKi (fcS3).
- Ainsi doue, d«ns cet ordre de hfules
^éculaiioDS, oo seni i chaque pas la né-
Vasité de recourir k une inielligeoce oui a
•HiVi el eiéeolé dd plan d'ordre el d^iar-
snaù, d'invoquer la volunlé d'un légisia-
%Mtifùi impose des loisà la matière pour
n de ses eonreplions et pour la
m de son œuvre h mesure qu'elle
*« dénhffi/in. Uais quelles étaient ces lois.?
QaipevtU dire? if est probable qu'elles
tfebippenol toujours aux iiivesliRalionsde
t» acKoce, et que ■ celui qui a étendu les
IBCBKttiloDDé la loi b toute leur armée
{In. Uf, fi) > s'en est réservé le secret.
• fiir aws pensées ne sont pas vos pensées ■
~^mm voies ne sont pa« vos voies, dit t'£ler-
tffauliDt les cieux sont élevés au-dessus
bti terre, autant mes voies août au-dessus
ifos voies et mes pensées au-dessus de
^ lensées. * (/sa. lt, 8, 9.) Voy. GExfcsi
UAUmt, IfONBS.
MOG&AfHIB DES PÈRES DE L'E-
- Dans la Revue de» Deux-Monde»,
la mars 1831, oo trouve sous ce titre ua
% article publié par M. Letronue, daiig
leiiCDlre beaucoup d'autres choses» on
, .f» piuages suivants :
Âi Lm saints Pères n'ont voulu admettre
pu l'exposition des passages de rEorilure
■ ont rajtporl è la eotmologie, que l'iuler*
■iutioa littérale; si bien que toute inler-
Misiiou prise d'un autre point de vue,
|«ii dissimulée plus ou moins par ses au-
i tm) Oa BeooLBT, CoiaHu, 1. 1", p. 103.
■ilUl PSM (WS-VOS. 613. 61(1, eu.
nS) P. wi-nna, vit, 631, etc.
Piwi) p. ««, liOi.
U|JtP.fiM,6V5.
Rwi p. btt5-«>7, 613, 61S, 617, 619, 630, 638,
ll»|f>. CW-Slleiaa delà,
lMV;P. Cll.tic.
teurs et écartée par les théologiens [i9k).
m Celte interpréiiilion emporte tr'Dcssni-
rement des conséiiuences absunles (k9$).
■ Celle inrerprOlation néanmoins est la
seule orfAodoza; en ce sens du moins que
st^ule elle répond i la doctrine de l'inspira-
tion absolue de Moïse (t96j. Mais, au fond,
on ne peut voir dans la eoemotagie de l'E-
criture, sous peine d'alisurdité, que l'ex-
pression d'idées populaires (49TJ. ■ D*oô
il résulte, je crois, en bonne forme, qu'il
-n'; aurait d'interprélalion orthodoxe de la
cosmologie biblique, qu'une interprétation
absurde; mais il n'importu,
. K Les Pères étaient sous l'empire des opi-
nions cnomologiques populaires el des doc-
trines ndnptées par les écules philosophi-
ques de la Grèce (^98].
■ Cosmas a construit le monde d'une Ta-
çon fort divertissante [hQ9), et ce système
est une cnnséqueuce de plusieurs leites de
la Bible (500). »
Le reste appartient de prés ou de loin à
ces divers chefs, que je traiterai sans trop
de méthode, pour ne pas aOTevIer un appa-
reil didactique.
_ Je demanderai d'abord ce que c'est iiu«
l'interprétation littérale ou verbale d un
texte. Y a-t'il, peut-il y avoir une explica-
tion littérale absolue d'un texte donné T la
ne dirai rien de nouveau si j'affirme qu'au
moins souvent )a chose est inadmissible,
dès qu'il s'agit d'un texte écrit loin de nous,
soit dans l'espace, soit dans le temps (SOI).
Quel homme, avant une idée de l'hernié-
neutique, s'imaginera qu'il sulUse d'avoir
un texte sous les yeux pour en déterminer
le sens assuré au moyen du seul texle7 Tout
ce auenoua apprenons dans une expression
quelconque ne se dévoile h notre intelligence
qu'en vertu même des connaissances anté-
rieures que nous apportons h l'examen ; en .
sorte que la probabilité de comprendre uo
passage est en raison de ee que not» sa-
vions déjk sur l'objet dont il y est traité, el
de l'analogie de l'emploi qu'y reçoivent les
expressions arec celui qui leur e^t ailribiié
dans les passages connus. Si rol>jet est in-
connu et étrange, si le discours, avec cela,
se met peu en peine du dévelojiiiement des
idées et de la propriété stricte des expres-
sions, l'interprète o'a point de prise, lu
texte estenire ses mains une énigme. Nous
le voyons même dans les auteurs grecs ou
lAtins qui nous sont les' plus familiers, et
où quantité de passages écliappent aux plus
habiles (502). un les torture parfois, on a
recours à des leçons plus nu moins forcées
jusqu'à l'instant où la découverte d'un oio-
DUHient qui les éclaire vienl bire voir aux
edciii. KiuuuH-, p. 48, etc.
(S03J Fdllemm, pp. cit., p. S7. — Ceax qui as
■ont poil» éuangén sus études philomJihiquM de
rAlleiniigne, ou inâme qui ont en tous lôa yeux na
caulogue de dissertations puhliëes en ce fùys, sa-
veni comltlen de déitau b'j élèvent puur deux oa
ii-ois mou d'ua claMi<|uc.
'iU
cos
.mcnONNAIRB
Arfiiltls «:|u'îl rr;*nit oui chaiigcmeni k y
introiliiire, fl qu'il n'y miimiUAil juique-lb
gu'urificiioae seulement. Is connaissance du
fait ni4ini>, pour le pouvoir lire daiu ion
exposition. Que (1« texl«s îles écrivains las
-plus éludîés ont reçu et reçoivent chaque
jour une inlerprélniion noDrelle par les
progrès de l'arcliëologie, sans qne le teils
lui-même ait reçu ou perdu une lettre I Ceux
qui avaient voulu traduire, et ceux qui
Avaif^nt condamné les copistes ou l'auteur
avant l'élude ou l'apparition des luonu-
ments, s'étaient trnp pressés, et les versions
antérieures, pour liltéralesqu'ellesiieprélen*
dissent, et peut-être h cause de cela même,
sa soQt trouvées fausses pnr défaut de cou*
naissances subsidiaires (903). Cependant
l'nulGur attendait en paix que le progrès de
l'étude vînt confondre ses obscurs brasplié-
niatfure (50i). Et jusque-là où était la ver*
«ion littérale T 11 n'y en avait point, parce
que sans le contexte et le sans du texte en-
Irer.'Ies mots ont Quantité de valeurs pos-
sil'les el pas une réelle.
Unis mslheurousemenl pour beaucoup
d'Iioiuiues instruits, ce qui est palpable dans
yn auteur classique ne l'est plus dans le
grand livre du chrétien ; et tel qui ëcrirail
des pages sur une ligne de Cornélius Neposi
ou BU moins d'Hérodote [505), a son parti
pris antérieurement ft toute olude sur des
pliapitrei entiers de Moïsu.
Où est le ten$ littéral du début d« la fî#<
ttèst, et qui peut se QsLter de le voir? L'B-
glise, qui certes s'en occupe depuis long-
temps avec quelque sérieux, ne nous a
l>oiiit Qiés là-dessud, nous autres; et la R»'
vue da Deua-AIondei prétend en détertniiier
le mu wthodaxel Les saints Pères, quels
Iioiumes I n'auraient fait que tâtonner dans
une pareille question, ei c'est Heyne oa
H. Polt (506), qui viennent en lever dé&ni-
livument le voile 1 C'est è la fois bien dii
re»|tect pour les docteurs de Goelliague on
d'Helmstadl, et bien peu pour le maître do
peuple de Dieu. Or. que Polt ait tranefaé la
question dstu un opuscule du siècle der-
nier, je l'admire plus que je ne m'y rends,
Pienons de là néanmoins I occasion de faire
(B(KS) Cela ttl si vrai, que dans tout nouveau pro-
JM d'explication mur un texte, c'est la lirammalie
qui >ouB le moindre réle ; on en appelle tuajours, et
treeque tadmtmmt, aux laoriàres ac^Hisea d'ail-
«rs sur le faii qu'on propose d'y lire.
{504) La cliuse est trop fréquente |iour qu'il aoil
ncces&aire d'en citer «les eiemptea. Ue iretl jtts
d'alleurs à un ardiéologue qu'il Taut prouveras
}iarL-iU faiis; H. Letmnne croirait ï bon droitqua
c me moque, si je le renvoyais i ce mi'il ue peut
ignorer; aux oui rages des Heyne, des BœEliger, des
Uoekh, etc., ponr ne parler qae des iraTaut nJ-
ceiils, el des Allemands que mon auteur paraît af-
CiUiouner. Autrement 11 budrait faire la liste de
Ïrcsque tout ce qu'il y a jamaiB eu de pbilotogues
itiik-a et de sceliaslcs iliitlngués.
l^tOS) Par exemple H. Letronne, dans )e XII' ton»
à<» MémoiTU dt t Académie, enire autres.
(NWt Article de la Rewut, p. SUS.
(587) Par exemple, il y a quelques années, i la
FjuuII^ des leitrcs, on s'appujraii encore d'nn nonr
allcuiauil pour expliquer te sacrifiée d'Abraliain
APOLeCKTIQUB. COS wt
savoir 11 nos profeaseorB que leol le b^Mh
an (ilie point pour avoir enUndii citrr on
nom ellemattd, pas plus dans on artideiie
Rivue, qu'en Soibonne ou BuCol%i!e
France (507). Autrement, j'aurais eu bjni-
lAt Uni de nommer Bntsaec, Kreg, Werclmi,
Engestroem, Itambech, Kircliroaier, E«!
nerl, Kromayer, Gramme, Meisner,RniicD.
beck, Weissenbach, etc., etc-, Boiqiieljii
cosmologie biblique n'a pas semblé mnin.
cable. Hais enfin, ce qu il y a de mis n-
vanta (et je ne dispute point du loul i [hV
lemagne sa vérilsme gioireence georf)»
peuvent méconnaître que le poiiu de Irw
nom équivaut dans une question iu[hw^
lin leurs raîsona, ni plus ni aiains; d
qu'une fois la raison trouvée, ce qui d'h»
partient pas & tout le monde, l'appréciiiioi
de cette raison appartient à tout booiiDHt
sens.
Quoi Qu'il en soit, quel est donc Itm
littéral (lu début de la Gemist? paumiiM
demander M. Letronna. Et qui ta'i^ <
cberait de répondre sans la moindre W-
rodoxie, que jusqu'à présent il n'y cnt)»^
que nous attendons pour interpréter Ivltilt,
que les abords en aient été delilayés. tir»
qui déblavés ? De la msin de U. Lalrumct:
vous vouiez, et par tout antre SAViril, mt
savant véritable, non passeuleiDF'nlïn'W
logue, mais naturaliste» physicien, gtiJ»-
gue ; nous les appelons, nous les mum
nous leur disons comme aulrefuii fb'r
ture : Af nMb/ex-naiM, éwertuei-toiutt fail»
«OUI battre (50SJ. Compulsez, maljsti,
compurez même plussérieuiemeol'jiii'Mi
ue laites jusqu'ici; c'est nous oui tmii"
prions; et quand vous aurez, cnacuidini
votre splière, poussé vos lliéôries , h dhs
jusqu'à l'absurde, les atrtres jtiiqu'i rti>-
dence, un Ibéologien qui ne tous imiln
pas, ni en archéologie, ni va sciences m-
tureltes, ai en physique géuérsle, ma<ln.
la Bible en main, expliquer au pluisiai^
la profondeur et la nauta portée de te qx
TOUS jugiez pitoyable, de ce que tous n**
elariaz enfauté par l'ignorance popu'ort
d'une nation à peine civilisée {509}. (Ju'i'
lus neptuniens et les Tulcauistes ■*»''
d'une manière tout à fait msthigue, c'est-à-<frtiK«-
soire. Hais si tes noms allemandi ont d" *'!''||^
poids, on pouvait en citer un autre bcaaowp p"
Kceul à l'appui du soatraire. Vojm ulw<llt4nt^
lion publiée à Trêves ea 1838, je croii, oti'it»'
préUlion précoaiaée at Borlwoiiewt (orrutïoiH^
rélutéa. Je sais bien qu'à la mauiére dont s'^
reut anjourd'hui beaucoup des ouvrages fo^ii''-
quett français, ceux qui en cnniiaisseDi le i»}^
peuvent être te niés de iherclier liors declitic"
des garaniies d'érudition vëriuMe el di-s «"inc
■Ions toutes formutéet. Mais je sais Bn$sl<|*'^?f
sieurs travaux d'uutre-Rhin ressemWenl »"• "*'
en passant; dans l'oi
des preuves.
(308) Coagn^mini I rindiBwi....; f«/J^'
mini, eî rinciiaint ; atci>aile m», et rinàmmi- (Wi
VIII, 9.)
IS99J Aiticle de la flniir, p. 6lS.
(ST
C05
DKTIONNAUtE APOLOGETIQUE.
tenniné lenrs débats ; quand le soulèfement
àet montagnes aara élé jugé sans appel;
qusDd on saura si H. Poisson a dit rrai en
[rnninant l'atmosphère |)ar une couche
d'élu qaî lai serre de limite, etc., etc., ;
fioat arrÎTerons arec des leites clairs
lomrae le jour, pour montrer au monde,
noo pas que nous sations lout cela, mais
que tout cela éiail déposé sous le sceau,
entre nos mains, nour apnrendre par un
SiOjen nooreau i I incr^duliié des dernier;
l^es,qaeDitu'ett le maltreda fcintcn (510J.
l^us expliquerons en ouvrant la Genite,
sur les monceaux de ros rolumes réduits
désormais è leur JDSle Taieur, l'énigme di-
Timda|«ssé, comme le missionnaire assis
sur les ruines de Tyr contemplait dans
l*4ie ia ponctualité de celte histoire de
raveoir. Voilà sur quoi nous comptons, ce
dont ooos nous flattons; et ce. qui fait que
nnus TOUS pressons de pousser Tigonrense^
iLeul vos travaux préparatoires, car Ils ne
soDl que cela. Nous savons déjà quel verset
de Hoise ou des saints Pères il nous faudrait
preadre(511) pour jusIiBer la foi en adap-
tant vos sciences \ la pan>le qui ne passera
pas; si ce n'était là faire trop d'honneur k
des sciences d'un jour, à dés sonnaissanees
qui D0 sont que nés hypothèses, lorsqu'el-
les De sont pas des assertions plus ou moins
gratuilss.
Cepandanl, s'il était vrai qu'aujourd'hui
néme le sens littéral des premiers chapitres
de la GaUae -pût bien n'être pas assignable
escoret comment se ferait-il que les saints
Pères coueut précisé ce sens? C'est ce
dont il s'agilt et ce que nous allons voir.
T a-I-i] une doctrine cosmologîqne corn-
nuoe, sinon à la totalité, du moins à la
BeDéralIté des saints Pères? On doit voir
qse celte question revient tout à fait à cette
luire : j a-t-il une interprétation de la
CMsinoloffifl biblique qui ait reçu la sanction
d'ortbodoxie T Par décision ou par consen-
tement commun, il n'importe. Car on ima-
Siae aisément que les Pères de l'Eglise
Itnaîeol à l'orthodotie et à l'Ecriture sainte
ivant tout. U. Leironne répond à celte
luestioa allirnativement, et moi négaiive-
u«ol. &cs|e è peser les preuves : voici les
mennes. Et comme tout le monde ne peut
•as*avoir entre les mains la Ramt de» Deux
nonda, j'en citerai souvent les expressions.
(510) i IU9. Il, 3; PmJ. xGiti, 10
iitl) Quelqii'iiii TCul-il, par manière de distrac-
qB. ftSToir â qui l'on pourn, dau une nouvelle
il.lioii ie DultHDS (Origine dit dieottveru* UlrHuitt
u tm^étnn), taîn ttonnear de la, Ibéorie des Ma-
iimibU' Je lui profOM Bupert. un ablté da m*
Mcle (*■ C^M*. I, U, de.), ou au nsoii» Coméli»
inritiMlMii. célâire coomienlateiir de ta BikU an
'f liêde. Tcrlio mumH i\e (tcit De»* urram par-
« n^aÛerv, iMniai attargere: wtidt faeti tuai
■Mfes gt tmitt». Et iU avaient *e eda dans b ti»-
"t et dana les Pmhmc*. {tien. 1 ; Pioi. ciii.)
'43/ M. Lctrmne, qui a oeruiacmeai lu avant
' ^il^r, pank avoir fait usage d'un exemplaire de
' dihU, qai est peu catinii.
'-l/13i llA*ii~, Atxmim., IU.
V^145 CuKMsv.M C«iiM., hom. 4. — Jh iacompr.
ftacnOMMAIftB AFOLOGÉTIQUB. ti
Selon M. Leironne, ■ le plus granit
nombre des Pères crut que les eaux célesltt
étaient soutenues par le firmament, qui avait
des portes et des fenêtres, car c'est ainsi
que l'on interpréta les termes de cataracte»
ou de fenêtres du ciel, qui se trouvent dans
la Gcniët. ■
Ce n'est pas qu'il soit précisément ques*
liun de fenêtres du ciel dans la Genite, ni
même h ma connaissance dans aucun livre
de l'Ecriture sainte (SIS); mais enGn comme
les psaumes parlent des portes du ciel, on
a pu se croire autorisé à en comuléler l'ar-
chitecture par induction. Quant a l'opinion
indiquée comme appartenant au plus grand
nombre des Pères, il serait aosulument
possible que l'opinion en eût été puisée par
ie critique, chez saint Basile, à la manière
dont les théologiens novices prennent quel-
quefois, dans la Somme de saint Thomas,
les objections pour la doctrine elle-méiue;
car saint Basile rapporte k la rérlté celte
descriplion d'un ciel percé à jour (513),
mais H termine par la traiter à'enfantillagt
et de rimplicité, iNuimie... xsl «rli; lunofac.
Du moins saint Cfarysoslome ne coimaissait
point celle doctrine pour orthodoxe et
obligatoire, lorsqu'il affirmait (51k) que
personne ne saurait décider si le mut eiel,
dans la Genite, indique une voûte solide,
on des nuages épais, ou un air plus dense
3ue le nôtre; et franchement, on peu plus
e lecture des Pères, eût montré qu'ils ne
façonnaient point le firmament en une ma-
nière de toit k lucarnes, puisque les uns
(515) en font une sorte de sphère nuflain-
mée, d'aulres (516], une voûte aérienne
purement et simplement : à l'appui de quoi
saint Ambroise (517), Olympiodore (51SJ,
saint Basile (519), et d'autres encore, ci-
tent Isaïe : formavit ealum tient futnum,
ce qui n'est point la leçon de la Vulgale,
mais ce qui ne prouve pas moins leur ma-
nière de penser. D'autres ^20) n'y voient
qu'une zone de nuages. Saint Augustin
(521) permet de n'; reconnaître que la
région su|)érienre aux tempêtes; auquel cas,
son nom firmamenlum lui serait donné par
opposition aux agitations de la région infé-
riGure;et il loue(5â) l'idée de ceux qui
n'eulendaient par ciel rien autre chose que
Dei Mfara, i.
(515) Gaafi. Kvss., ffuwM.— Accusv., De Genêt,
ad litl., I. u.c. 3.
|GI6) Am., Bexaem.—Buu.,, Bexaem.
(51Tt Awa., Utnunt., 1,6. — Jauui. Diusc..
Or$lM>d. fd., l. ii,c(. — SavioiASCS SbGuu.».,
De ereat., u, elc. etc.
(SIS) Oldw. ap. HicsTia, Catena ia iiA, ad c.
(510) TasoDor..:!.. m Genêt., quasi. 11. 1<
Akaïtâb. Suuît., Uesaem. — Cibill. HiaaosoL.*
(511) Âdcdit., lu. imperf. de Genêt., c. It.
(522) Al-gubt., Gtnet. ad tilt., L h, c. 4. — U.»
in p*. a, sera. î.
15
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUF..
cos
lu
les nues et l'air qui les supporte; (oui
cennie, c'est lui qui parla, nous disons les
oiitaux du ciel pour les oiseaux de l'air.
Henri de Haïmes (S23}, âlôve d'Albert le
Grand, Guillaume d'Auvergne, et le cardinal
i^ierre d'Aill; (52k) après eui, expliquent
îea eataracta au ciel, si lourdement inter-
prétées ici, par l'influence tie certaines
«onslellstions sur les pluies. Et saint Cbry-
si>stouie(!S2S] avait dit positivement que les
«atsractes du ciel ne sont qu'une expression
figurée j saint Tbomas, qui n'était pas un
théologien du tiers parti, k coup sûr, et qui
n'entendait point raillerie sur les sentiments
de la œajoriiâ des Pères ou sur l'iuterpré-
tntion orthodoxe de la Bible, déchai^ de
tout scrupule celui pour uni le firmament
ne serait que la partie de l'atmosphère oc-
cupée parles nuages (526), ou encore tout
l'espace compris entre Is terre et les as-
tres (SOT).
Saint Augustin (S28}, saint Chrysoslome
encore i529], et après lui Michel Glaças (S30)
et Bëde (&31). doutent s'il faut voir dans la
création du tîrmament autre chose que le
rassemblement des vapeurs. Saint Basile
(S32} et Olympiodore (533), dont il a déjk
elé tlit un mol, confundenl le firmament
avec l'air; el de fait, l'Ecriture no parle-t-
elle pas de ja route deCaigle dam te ciel, elc,
aussi bien que des oiseaux du eielt Saint
Ambroise (53V} fhit venir le nom du firma-
ment de ce que Dieu l'a élebli, quel qu'il
soit, d'une manière durable; en sorte qu'il
ne lient pas à lui que vous n'y voyiez une
loi du momie et rien de plus, Lar, lorsqu'il
explique à sa manière, comment les eaui
peuvent être tenues en suspens sur le Br-
uiaineul, il termine ainsi (&35) : ■ Ce t(ue
« j'en (lis, n'est que pour montrer qu'à ce
« Qu'ob nous oppose nous avons des hypo-
« luèses tout aussi probables à opposer
• nous-nièmes (536), ■ etc. El il a si peu
besoin d'un toit qui divise les eaux supé-
rieures d'arec celles de la terre que, pour
eiiiliquer leur suspension, il se contenterait
volontiers d'un ordre de Dieu» comme celui
(52S) Comment. AMma$ar.
iSU) Peti. db AU.UC., panim. Vide Sut. Si-
mm., Bibl., I. II.
(RU) CiKTMST., in Ceaa., hom 25.
l&Vi) S. Thom., quieat. 68. a. I. < Potett iutelligl
pcr OrmameiiluiD... illa pan aeris in qua coiiden-
HblUT nuttet... Mcundum banc opioionern nihU
■Miailur repufiuns cuicunque opinioni. i {II.,
(Si7) S. TMMài., qaxst. 68, i. 1, 2, et qusesi.
70, a. 1.
(598) AmosT., Conf., 1. xiif, e. 52, etc.
(8S9) tiniiosT., im Cent»., bon. 4.
(SU) Glk., Âmal.iK priaeifio.
miJBKD., tfcXMM.
iSHi Babil., bom. S.
(5S3) OLTvr., op. cit.,
(su) AjiiB., Uexatm. — Severianus de Gabala
., loc. cit.
t»rh à peu pri» de niéme. — De ereat., or. S*
ISUtAna., ibid.
(336) Ajoutons CCS antres paroles plus générales
de tt. AuguMin, poiirc«iix qui croiraient que S. Am-
biolie a ça peu d'iroluieurs dans ces coucessipnE :
< Libri iitiuHin muliipliciier quantum pului euu*
qui sépnra les eaui du Jourdsindeigni 1^
peuple hébreu. Saint Jean de DamijjSni
cile.quatre ou cinq opinions sur 1i Ditun;
du lirmamonl, sans ce prononcer ni pour
ni contre aucune d'elles; persatdé stni
doute, comme saint Chrysostome[S3B),qu'il
était téméraire de vouloir préciser te que
l'Ecriture entendait par le.
Rupert (&39J proposant son explicatiou du
mot firmammtum, op{)Ose la deosiié du
nuages d la subtilité de l'air. D'antre) peiH
sent que ce pourrait bien n'ëlre qu'une
désiguation de l'atmosphère i Ile-meme, pir
opposition aux régions éibérées; maiique
de fbis a-t-il été répété par les 6criTiiiu ec-
clésiastiques, que le mot hébreu rendu |iir
firmamenlum ou truir^fia, correspond i a-
paniioa el non h lOltdiU.
C'est assez de témoignagejr, ce semblt,
pour une seule question ; et je ne m'sndt
que pour n'avoir pas l'air de les enlssw.
On peut voirdu ruïle, entre autres, siiM
Euctier (in Genei.], saint Jérôme (^xufinj.l'
cependant je n'ai rien dil de ceux qui, e
fondant sur plusieurs textes, et parliculit-
rement d'après ce passage de VApecalypa
(5401: ■ letgrandet eaux, ce lofit dtipeujita
RomornifT,» ont vu dans les eaux supérieures
la Qiultitudedes anges (541J.Or,quBndsai<il
Augustin qui A cru pouvoir le dire aprti
d'autres, semble revenir sur ce qu'il tiiil
avancé A ce si^el, il dit uniquemeDllS^i)
que la ckoee est fort obieure. Du reste, il
reconnaît fort bien le droit d'entendre et
texte aulremeni que lui, et approuve, comne
nous l'avons indiqué, l'interprélaiion de
ceux pour qui le firmament couvert i'»rl(S
eaux n'est que les nuages flottant d»)
l'air (543).
Que veut donc dire H. Letronoe, lorsque
décrivant son loit percé de fenêtres, il •'-
firme si nettement quo cette d itpotittvs f><
regardée comme la condition inditptniabUii
foule cosmologie prétendue ortkoâoxtî 1' "c
dissimule pas, i la vérité , un passai^e de
Bergier (544J, oi) re ihëolugien déclare mi
incrédules que l'idée de transformer leciel
deavi proiulique sententias, de verttii >d e»Kii^
liouem nosiram ebicure potiliB; noa aliqiid "*a
lemere atUmuni cura jû^udicio alleriu» upui-
lioiils fortasse nelioris, ui pro suo raodulo tl>p'
quisque quod capece poâsit : ubi antem inicUfp'^
' iiOD poiest, ScriplurK l)ci det hnnoreoi, tiU ■'■■■^
reiD. I (Auo., De Cenet. ad liit., 1. 1, c. ».)&«!>
u'est rien pourunl, au prii de ce qu'il tlii w >i>>-
IwpréUtino de l'Ecriuire dans le Uvne De d^i""
Chrisiiaaa.
(S3TJ Dâxasc., OrlAorf. fid 6.
(538)CHRn.,i»G(iiH., hum.-i. .
(539) Rcpuv., tn Gêna., i, SJL — GaK. S^'
Bexatm,
(KiO)Ap«c. iviii.
(541) AiiGtisT., L'on/M., XIII, 15 ti SL-Ouon,
cité par S. Epiphaoe et par S. Ambr., btsta.
— S. Grk. Ntsi., Utaaem,, etc., etc.
- (943) AiwuBT., fbiract. ii, 6. • Res in abdiHet
valde. >
(243) AuGDST.-, Cena. ad Hit., n, i.
(544) Dicl. de ihiol^ù, arU Citt et Ka*h m
par .la Bent.
m cos mcTNffcuiRe
Hi une loâla solide, recouverts d'unecoucbo
i'eaa, H perctfa de troos, est uDe iOTen-
lion qai leur aMurtient, et dod pas k Uoîse;
Mit Bcrgier puisaDte éridemment, mui
ne tul-fm menlion de ceUe réfioiise du sa-
tioi tbéoloipefi que poor y ajouter B*ec
ene issaraoca piqaanle que le doelear de
SofbooDe rmmge d'un trait iê ptumt, uuu y
mftr, pTfSpu iMif U$ PIreê tU VEgtiêe
^mt ti imêréduUt. Vo sofboDista relevé
n bit de palristique par un archéoloi{u6
dauz'siède I |l faut eonveoir que la taysU-
iaùvfo est diTertissaate.
in.
• L'idée d'un double ciel qui dinse le
■Hiode en deoi compartinienU, > dit notre
aaieor, ■ o'sA que la couséqaaace de plu-
•leori lestes de la Bible eotuudus a la
teilfe.. La plupart des docteurs chrdlieiu
tK(ilti|aaiil littéralement les eipressions de
deux, de del des cieux.daos plusieurs pas-
■afes (les livres saints crurent i l'exis-
tence de plusieurs cieui. >Et ailleurs:aLa
divisioii domonde en deui eotnpartimeuts
Od deas. étages, paratt (5i5} atoir élé
•>:oplée assez géoéralemeul. * A quoi' on
lioute qoe lea Pèies ne se soûl pas bornés
■« nonibre de deui;i--equi pourrait déji
faire pr^aKer,à celui dont le parti ne serait
pat pris d»ance, que la Bible n'était pas
pour lea écrivains ecclésiastiques, l'unique
iource du «fatème cosniograpfaique, ni res-
ponsable par cooséqnent de toutes leurs
«octriaes coaoïologiques d'autant qne H
Lelroone bous bit voir peu après que la
Honlilé des ciaux et leur disUibulioo est
toe à Pbilolaûs. Ajoutez que (toujours
l'ipréa H. Latronne) le sens littéral pant-
inii n'avoir été obligatoire que dans les
iiTres de l'Andeo Testament , puisque la
koïkièma ciel dont parle saint Paul necon-
tnint point saint Augustin (5U) à admettre
■a troisiinM compartiment. Saint Augustin
tet>eiidaiit avait été cité (M7) comme un ri-
giiJe partisan de l'interpréialion littérale en
i«l>it de la raison. Mais, enadmellanimème
iTuu cieux, tes saints Pérec eussent marché
APObOGEIIQDE. COS Mt
è la suitede Pjtbagore (5t6) auUnt que aur'
les pas de Moïse.
J>u reste, les saints Pères (519), et saint
JérAme,par exemple, savaient fort bien que
le mot hébreu qui désigne le ciel ou [es cieux,
si l'on veut, n'a point de singulier, et peut
signifier entre autreschoses:/Meauf jup/-
n'eur^f, comme qui dirait ta région detnuaga.
Mais il ^ a mieui, c'est que l'idée (Tun
double ciel est exclue en-propres termes par
saint Cbrysoslome (550) et par saint Grégoire
de Njrsse (551], lequel même regarde le Sr-
.mament (la plafond de M. Letronne (5Û)
comme étant tout uniment une désigoatio^i
du point oiï la matière, alteiguaal son plus
baul point de rarébction, cesse d'occuper
l'espace, et il qualifie toute autre opinion de
philotophit étrangère (5531. De même, pour
Procope de Gaza (554). Saint Chrjrsostome
est si loin de lire dans l'Ecriture la pluralité
des cibux on'il reproche {555J h. ceux qui
l'aQlrmeat de construire le miinde à leur
bnlaisie. Selon saint Justin martjrr (556),
« Moite ne parle ni d'Hit, ni <U deux, Rt de
pliuieurt cietu. »
Je suis bien trompé si ces manières de
s'exprimer de la pari de saint CbrjrsostoiDe,
de saintGrégoire de Njsse, etc., ne prouvent
pas è elles seules q^ue la pluralité oes cieux
n'était point enseignée par la plupart de*
doctenrschrélieflS.D'eilleurs,t début même
de la valeur qne j'alliibue kees témoignages,
on compreodaisémenl que tous ceux dont
j'ai rapporté la bçoo de penser au sujet
du firmament ne réclament poiutlt plafond
3ue leur construit M. Letronne, et ne lieu-
raient tout au plus qu'à un toit, e'est-à-dira
pas plus d'un ««I, pour mettre les choses ■
au pire (557]. Quant aceux qui auraient en-
seigné la pluralité des cieux, saintGrégoire
de Njase (558} et d'antres avec lui, Jei^ ei-
plîquenl d'une manière qui n'est point ri-
dicule du tout, en disaal que le raot ciel,
dans l'Ecriture, indique une région distincte
(et non pas un plancher), c est-à-dire, le
théâtre d'un ordre de laits physiques spé-
ciaux, en sorte que les cieux distincts se-
raient autant de sections idéales dn monde,
correspondant chacune à des séries de phé-
nomènes euigenerie.
iTtiâ) pMiA. OseUf nooesbe après Unt ée re-
cWtcJm*! bu» aussi quelle cviviescendance après
ue aSmatitM pure M (imfiie ! Tuuleroii j'oMnîa
<j^ et Mcalectraradironi, je pense, avec moi, qoe
cd> ae pa«ii pas, an atma%, coume conséquence
ttfEcriiMre.
' 'A6} S. ABfiistÎB, dlé du» ce même irticle de
a Bam* cl â ce profHW, p. ttU. Le« Béaédictio*
JmI b mbae remarque pour S. ChrjrtOMiHac, in
^7) Alt.' de U Rmm. p. 604, 603. — U CD sera
t^\e ^tm» bat.
(^Wl Pwnics. BAL, c. £49.
i^iSj s. C«siMfST., i> Cent!., bom. 4. — Taio-
UMK.f, m Gaut., qucsi. 11.
.i:-Af CmiMMT., ia C«a., 4.
<^^liGau.Ntka.,CMUr«fwuM»ai, or. IX, etc.
.-.».PH-6I5.
:'..â3j CsKC. Niu-, Baotm.
(554) Paocop. Cu, i* Gt*et.
(555) CaaiMMT., i« Qent*., m.
(566) JcsTis, QnœU. ad orUmlextiê, quxsi. 37.
(551) Comme oeut qui n'ou point vu l'arlide da
H. Leironne imagioeraienl dimcilement ce que
TÎcnl Taire ici ou pla/oM^, quoique noas ayons *a
déjï éuUir un toti à latine*, je leur rapporterai
rrapoié, aUribué aoi Pèrea dans le d* delà Btmu
que j'eiamine. i Seteriaiuu it Cabata (nous Ter-
rons plus lard ce que c'était que ee saint père)...
compare U monde à mc maitoit â double éloge, doot
to une terait U reii-dt-chauttie ; U ciel ûiurieur...
U plafoMd et U ciett%pérûmr U toit. > {Home, f.
615.) Cda étant, qui oserait se joindre de ce qu'oa
a percé des fenêtres dans ce totll Aussi bien on les
reirouverail peut-être dans quelque docteur auui
imposant que Sévérianns.
^558) Gaec. Niss. Bexotoi.
' Pour établir ce qu'il allribue & l« plupart
dm Pères, au sujet de la pluralité descieui,
l'arlicls de la Sevue citait Baban Haur et le
Vénérable Bède, lesquels d*> reparaissent
Elus après cette mise en cause.Uais puisque
èiie trouvait place dans cet ei posé de la
eotmalogie orthodoxe, pourquoi ne lui ac-
corder qu'une place si étroite, et ne parler
nullement de son véritable mérite scien-
tifique? II n'eût pas été hors de propos, dans
l^naiyse de la cosmograptiie adoptée par les
docteurs cbrétieos, dé nous apprendre que,
sdon les éléments de philosophie qui por-
tent le nom de Bède, le passage de la Gtniie
OÙ il est question des eaux que Dieu suspend
au-dessus de la terre, est expliqué par l'é-
vaporation qui forme les nuages dans, l'at-
mosphère; que le docteur de la Grande-
Bretagne enseignait la sphéricité de la terre,
et parait avoir soupçonné l'influence de la
lune sur les marées {559J.Si je signale celte
omission, c'est que le choix des passages
empruntés aux Pères (560), par M. Lelroune»
nie parait fait à charge, sans mention de ce
qui pourrait ètrek décharge; d'où il résulte
une espèce de factum coutre les Pères, bien
plus qu'un tableau de leurs opinions cos-
mographiques.
Ce que j'ai dit de Bède, et du plan du
monde attribué aux saints Pères, me con-
duit k l'idée que les docteurs ecclésiasti-
ques ont adoptée sur la forme de la terre
et des cieui. La connexion de ces opinions
ne permet pas qu'on les sépare : si pour
ces écrivains le ciel était un toit, et la terre
un r«x-de-<^ausséti, le ciel n'avait k faire
?[ue de le couvrir et k représenter tout è
iitune toiture. En efl'el, c ih concevaient
tei deux comme dei hémiiphirH concentri-
£ttt qui venaimt l'oppuyer Mur la terre, >
a note ici nous cite pour autorité c teg
naniehéem » (sic). Je ne crois pas que M.
Letronne compte les manichéens parmi les
saints Pères. Que veut doue dire cette note T
Pour moi j'avoue qu'elle m'a coofondu.Mais
nous pourrons reparler des autorités invo-
quées par notre auteur, Ce qu'il y a de clair
BU moins dans le texte, c'est que les Pères
(S5&) LuKiBD., Anliquitiet of the Aagio-Saxon
eIntTth., e. IQ, J aime mieux renvoyer i l'édition
aagtiitc, syiDt remarqué pins d'une fois quelques
sappreBiiom et des inexacUtudes dans la iraductioD
française. Voici le passage de Bède sur les ma-
rées : Ttmq*am t«nœ ipiti%ulam MpiralioiiiftiM tii-
«tiai prolrahalur (Oceanus), et iierum ejutdem ei
ceuaiUt in frapriam memuTaig refiindatuT.
(560) En les tenant tous pour valables : car je ne
mesuii point occupé i les recliercher, de peur de
paraître diaputer sur des mois.
(Sttl) Il appelle le ciel en touies leUres une tphère.
De onHoéox. pd., n,6,et plus bas: Sphéroide;
plus iMS encore : de figure iphirique. El il rapporte
UhiI cela comme doctrine reçue , tandis qu'au sujet
des partisans de rhémispbéricilé, il a dit : rf'aulrci
imr tmaginé iputeciel n'eiail ^a'ime voûte,
(S6SJ AcsnsT., Geate. ad bit., ii, 9, le chapitre
tout entier.
(5«3) UiEKONTM., tn Ita., 1. li, c. 40.
: APOLOGETIQUE. C08 t(|
n'ont point voulu d'un cie) qui fût autn
chose qu'un hémisphère, ouquelqaecbose
comme cela. Quant k la terre, ceat sn«
base, un plan; bors de lè point de siluijg
D'sttribue point b l'écrivain ce qu'il n'a pij
dit; voici ces paroles: Ce$ ^tranga kypt-
ihêees te réuniiiaienl toutet dan* Cexttmn
formelle delà rondeur de la terre. Sainl its-
gtutin, Lactanee,iaint Baiile,iaint Ambrùùt,
Maint Justin martyr, eaint Jean Càryioilmt,
»aint Cétaire, Procope de Gaia, SxeTimu
deGabala, Itiodore de Thartt, etc.,iuper- l
mettent pat que le vrai chrétien conitm Û-
dtstuM le moindre doute. '
Mais saint Jean de Damas le permel (561)
et avec lui bon nombre d'autres eucore.Ei
quand saint Augustin semble repoussercelle
doctrine, il déclare qu'à son avis (5^
l'Ecriture ne se prononce point li-desm
Où donc aurait-il pris l'idée 'd'exiger um
Jirofession de foi b ce sujet 7 Saint JérAoït
axe d'ineptie (563) l'interpréta lion de ceot
qui prétendent fonder sur l'Ëcrilure ssinit
1 faémispbéricité du ciel, en le réduisanl 1
n'être qu'une voûte (le toit aoi-disanl(K-
thodoxe} de la partie que nous habitons.
Saint Jean de Damas, comme je l'ai fait re-
marquer, parait faire très-peu de casdeli
doctrine orthodoxe dans son livre de la[»i
orthodoxe. Saint Ambroise n'est pas auuî
exclusif qu'on ledit : il se contente deciler
quelques textes de l'Ecriture, et aioaleque
le reste n'a que faire dans l'enseigoeiueBi
ecclésiastique. Saint Justin (56fc) dunnede
son opinion de fort mauvaises raisons, où
l'Ëcriture n'entre pour rien absolumeni.
Sainl Basile (565) fait allusion au sysUou
de Ptolémée san.« l'anathématiserBucaDe-
ment; si bien qu'il y accommode l'int«-
prélation d'un passage de la Bible. Et nui)
nez-vous aux cilationsl Saiiit Anselme (56G)
dit en propres termes que le ciel est s^lié-
rique ; et s'il eût voulu s'appuyer pour cela
sur les Pères et les docteurs qui l'avaient
précédé, il eût pu citer saint Clément Psf»
(567), saint Grégoire de Nazianie, siiol
Hilaire (568), saint Ambroise (569) qu'on
nous oppose, sainl Jérôme (570), saint Au-
gustin \yii), qu'on nous représentait encore
comme intraitable en ce point; BèdejSlij.
etc., etc. Je crois que cela petit suflire (SJ^-
(561) JcsTiit, qoxst. 58, ad Orlhodos.
(5G5J BjtsiL. , Comnenf. m Ita, xiii.
(566) Anbelh., De im, Mtnd.
iSniS Clek. Rom., Rtcogmt.
S68) HiLAB., jn pi. cxxxv.
S69) AasHvs., in pt, civm, 13.
5701 HiEsONTH., m ha. I. xi, c. 40. — Ih tpùl.
ad Evhti,, ]. n, c. 3, etc.'
(S71) AiiGusT., M M. cm. — i>e Genêt, ad ha.,
1. 1, c. 10; 1. II, G. 9.
(51ï) Bed., De Créai., 6 dier. — De nalKrart-
mm. — De fetnporum ratione. t Orlwm terne dici-
mus, non quod absoliite orbis sit forma la lanli
moDLium camporumqnedisparilate-, sed cuju»!»-
Elexus, si-cuncia linearum comprehendantur an-
itu, Uguram absolut! orbis efficiait. (Âp. LiMiu.
(573)' Je trouverais peul-éire Uen k citer S. Cé-
saire, indiqué comme formellement conlrairc, tuais
je n'ai poial ses Œuvres sous la main.
DICTIONNAIRE APM.OCETIQUB.
COS
4M-
Riceiolt, auquar on ne conteslera pas,
«rleï, une coannissaoce iràs-passabla de la
ismograpbie des Pares* n'y irait point
.rouTé de consentement unanime sur l'ex-
•Juion formelle de ta rondeur de la terre ;
:u Toici ce qu'il en rapporte mh\ : c L»
ttmbre des Perte qui ont admit latphéricité
h ciel et de la lerre, eit de beaucoup le plue
jnitd. »Et, sur l'etistence des snlipodes,
iliioQte plus bas que les saints Pères ne
uot point d'accord pour la nier {&75), et
lue ceux qui la nient, n'empruntent uotnt
it Ecriture leurs moyens de preuTe (576).
9rscontiu8 (S77), poëte cbrétien idu tu*
ôëdc. qui se proposait pour thème de ses
i«Ts le râeif tie la création dans fa Genèse,
ctoysil-il la terre plate, quand il a écrit :
Eiûnr terra>-<
Et ioliduite globo, gravior per «mu pependill
Or TouTraçe de ce pnële, loin d'encourir
l'iDimadTersion des théologiens, fui publié
fit un éièque de Tolède.
Je pense aroir Iriiiié les principaux griefs
(nitnognpfaiques de H. Lelronee contre les
tins. Pour la forme un peu légère de son
rclEié, elle ne fait pas plus l'objet de ma
eriiiqu^ une, par exemple, la discussion sur
Uloulile occupée par les anges; attendu
((u aucon eetmotogitle ne sera gêné, je crois,
(«arletir ptacemeni, et que, d'après le sa-
nol tcadémicieo (578), ce qu'il en rapporte
n'jaualorisé parsocun texte de l'Ecriture,
/.'uniquebose qui importe désormais ft la
qtia[iat,iesi de saroir jusqu'à quel point
/eicnmnpins ou moins nombreuses des
Pèm ur la cosmographie peuvent les
cturfuta tant que docteurs ecclésiasli-
qun. If. Letronne l'a bien senti quand il
* «U tut efforcé de ramener leurs erreurs
i D'Ara qu'ooe interprétation de l'Ecriture.
Cragaedanale fait parler d'une cosmo-
jtnjibiedes docteurs chrétiens, sans le soin
de moDIrer que leur doctrine physique ait
éU la coDséquence de leur doctrine reli-
^euK, Serait tout aussi ridicule que le pro-
iel d'inerimiDer, par exemple, le corps des
DiédeciDJ pour les bérues historiques ou
pfailolo^ques échappées à ceux de leurs
confrères i^ui se sont occupés d'hislOire ou
dapliilolugta (679). Notre auteur n'est point
ntoitiTisé; il va droit au fond, etsonbut
e^lbiea ce qu'il derait £tre pour sauver yoa
titre du ridicule ou de la niaiserie, savoir :
de montrer que les erreurs des théologiens
en cosmographie sont nées de la théologie.
Seulement qu'il se soit proposé de le prou-
ver et qu'il l'ail prouvé réeriement, ce sont
deux choses, et nous allons chercher s'il ar
réussi. Discussion dont il pourrait bien ar-
river pour conséquence qu'au liée qu'il
follût interdire la cosmologie aux théolo-
giens, il fallût plutât interdire la théologie
aux antiquaires.
Supposons que je n'aie rien prouvé jus-
qu'à présent contre M. Letronne, il en ré-
suKerdit tout au plus que la maiorilé de»
ssinls Pères s'est tristement égarée dans les
questions de cosmologie. Je nen conviens
pas, comme on le voit, et je ne pense pas
qu'il n'y ait pas lieu d'en douter pour le
moins, après ce que j'en ai dit. Mais enSn,
admettons qu'il n y ait rien de fait, s'ensui-
Trait-il quelque chose contre )a théologie
on l'orthodoiie telles qu'ils l'entendaient
S80)Tje n'en crois rien. Comment cela?
. Letronne ne dit-il pas que tous ces bi-
zarres systèmes avaient leur source dans
l'opinifltreté à suivre Moïse? ■ Tout cela
tirait sa lorce principale de l'autorité des
saints Pères, qui se persuadèrent que la
seule cosmographie possible était celle
qu'ils trouvaient exposée dans la Bible »
■ Il faut convenir que si les phénomènes
naturels n'étaient pas là pour contredire le
texte... l'explication que les Pères donnent
de ta Bible, et les conséquences qu'ils en
tirent, seraient également incontestables,
etc., etc. ^1). »
Je conviens que la JltetM dît cela ; maïs
elle dit aussi le contraire. J'ai même à choi-
sir entre plusieurs réponses qu'allé m'offre.
Commençant donc par profiler du secours
qu'elle me prête, j'indiquerai d'abord quel-
ques-unes seulement des réfutations qu'elle
me fournit.
c !■ Les Pères établissaient absolument la
nou-sphéricité de la terre {S82). — D'autres
pourtant (quoiqu'on ait dit que lee hj/i>o-
thint le reuniëtaiemt toulei dme l'exeluiion
formelle de ta rondeur de la terre) souf-
fraient que la terre fût ronde, pourvu qu'il
n'y eût point d'antipodes (583). — belon
auelques-uns, la forme de l'univere doit
être celle d'une grande caiue une foie plut,
longue que large (SSi). — Vna tort* de granA
(STl) Ricciot.., Atmagetl., I. il, WCt. 4, C. 38,
<lT. I Halto plnrea aunt palrei qui C<eli ac terr»
rM«BdiuiaD sgnoTerunt. >
(STS) Yffesj.g. GiEC. Ntu., m Cantie., or. 10.
fj'S) Voy» aussi h leKre de S. Clément, publiée
i IwM es 18M, par Vabbi Graibai, n. 121.
(5TT] DucMT., HtxaeiH., éd. Carpzor.
|9TS) article d* la Bevne, p. 619.
|S79) ruvrei-vous l'effel que produirait un ar-
Wi iaiilBlé : Sur lei opinioat philologiqiut, ou hû-
*"iUK) ia médeeiiu; pfailoiopliiquei, à là bonne
MkI parée ^H les recherches médicales peuTeut
'■«Hroecasion de raisonner, et partant, de dérai-
■*<•« wr la i^iiloaophie. Hais tout ce qui n'est
f*«i lié aai études de la professinn ne peut re-
'■Ifecr qw sv Tindividu qui s'y fourvoie, cl uor
sur la profession quil exerce. Je ne ne suia étendit
sur cette remarque que ponr faire eomprendre con>-
ment un tableau qai semblait n'appartenir qu'à
rbistoire littéraire, est nécesgalremeni dAvenn une
question d'exégèse, sansqu'il faille, peur l'en rendr*
compte, supposer dans son auteur un partipri»
d'hosiililé contre l'Enlisé. Les questions ont un«
force logique qui leur est intrinsèque
duil les jjommes, fût-ce i leur insu.
(58S) P. 602.
(5U) Vous remarqBerei qpe, d'abrès la Bnme
(p. 604), on iw souffrait pas que le Bdclc se permit
iCT
MCTIONnxiRE APOUtCETIQDB.
COS
toffre oblùnç (585). Selon d*«otrM, c'était
ettie d'un aufeoupé par moitié, prrptndicu^
lairemtHl A ion grand axa (586], etc., etc.
Tout cela découle-t-il de l'inlerprétAtion
littérale, el Moïse doil-il être char^ de ces
eoainologics si discordantesT Notes que je
m'en réfère uniquement ici k mnakuteur;
car si je voulais tenircompte de ce quej'ai
rapporté, il en résullemit que (toujours
d'sprès UOIse* puisque les ssinli Pères
n'ont eu garde de s'en départir, nous dil-on)
la terre est une sphère, el elle est un grand
plan; les cienx sont solides, et ils ne le sont
point ; Ils sont bu nombre de neuf, el il n'jr
en a que trois, ou même deux, et enfin jus-
qn'i un seul (!187}, etc.
2* et 3* Quantités d'opinions cosmologi-
auas des Pères araient leur source dans
1 interprétation allégorique, el toutes étaient
(t'sJlleuri d'Origine grecque, sans en excep-
ter une seule. Je rapporterai quelques-unes
des phrases de H. Letronne, pour ne pas
être incroyable.... « Ces auteurs ne le cé-
daient pas beaucoup sur l'article des allégo-
ries è d'autres docteurs qui en araient puisé
le goflt chei les Alexandrins (588). >— Plu-
sieurs Pères refusèrent de s «tlacber i la
lettre de ces textes (589). — « Cette manie
d'interprète lion ajmbolicine gagna lesltièo-
logieus du moyen âge (890), etc.... ■ Voilli
pour l'interprétation allégorique ; voici
maintenant d autres passages qu il s'agirait
de concilier avec cenx-lb. a Les Pères, for-
cés tout h la fois par le sens de certain dea
jnots, el l'ascendant d'nne conviction pro-
fonde, croyaient ne pouvoir hésiter sur les
conséquences de l'inlerprélation littérale ;
lia fermaient lea yeux sur leur absurdité;
ce qui était écrit devait être vrai ; tant pis
pour Ib raison humaine (59fJ. • — « Saint
Augustin (K93) ne se dissimulait pas com-
bien cette disposition était contraire aux
plus simples notions du bon sens, mais
oomme elle était pppu^ée par des testes
dont le sens littéral lui paraissait le seul
admissible, etc...; car, ajoute-t-ij, toute la
capacité de l'esprit bumain doit céder k
t autorité de l'Ecriture, Ce seul mot expti- '
que et excuse tant d'aberrations, » etc., etc.
Le moyen d'arranijer tout cela, H faut
de Miipconner que la terre pfli £tre spbériqoe, et
qne ('M.), k prendre la Bible pour autorité, il ii'é-
ûil^t pouible de rien répliquer dang le TaiL Ce-
pendant rcDiarquei encore ceci {p. 62t!J : Ceux du
ekrilka* fM pcriuidimi à croire que l'Ecriture n'é-
Uit fwfRl eoHtraire an tgttèttu dt Piolimée expli-
fMÙW ntt faeitUi dam ttur tent Ut lextet de /'£-
triture... Jt$ g Bogaient la lupEniion de la terre...
e'e*l-i-dirg tnnmobUM d'tuu tphèfe igaUmeitt tol-
iiciUt dé louie* paru. J'ai pu, comme on voit, me
contenter d'une vingtaine de testes, puisque H. Le-
ironoe eu si traiulde.
(S851 P. 608.
I8W) P. 609.
<S87l P. «2S.
(588) P. 609.
|589) P. 616.
<S90) P. 609.
(801 P. 60S.
(t&ii II fani avouer que M, Letronne joue de
opter entre des impulalinni contndicioi*
res; si la mejorilé des Ihéoiottienii'aniîni
toujours à l'interpréta lion liiiëritifl (ce qut
je n'examine point, mois ce que l'on situais
(593), faut- il les faire responsables d'une
cosmographie basée sur l'interprélatioml-
légorique i laquelle on' consacre une li
grande partie de rarlicleTQiiB si l'iulerpri.
talion allégorique a dominé (59^, ou la
moins si cest elle qui a causé les ploi
^rendes absurdités, ou des absurdités queU
eonques, faut-il s'en prendre i la Bible de»
qu'ont dit ceux qui s'en écarlaieni i leur
gréî
k' UAme difBculté pour accorder ce que
l'OD avance sur les sources où étïienl pui-
sées les idées cosmologiques des théolo-
giens. Dans les premières pages, le fagie
en était su parti pris de trouver la scienn
toute faite dans la Genèse;' puis, comme
pour enlever aux Pères de l'I^lise le mi-
rite de l'invention, on montre lenr cosido-
graphie en entier dans les euseigncmeiii]
des vieilles écoles grecques. Le lecteurdin
ai j'y mets du mien. ■ Il fut un temps... oH
toutes les sciences devaient prendre leur
orii;ine dans la Bible. C'él«il la base uDJque
sur laquelleon leurpermetlaîtdes'éleier...
Les sciences avaient leur point de départ
fixé et déterminé, et l'on tragait autour <I«
chacune d'elles un cercle d'où il leur était
interdit de sortir, sous peine de tomber i
riostant sous la redoutable censurv d«
théologiens, quîavaient toi^ours'au serti»
de leur opinion, bonne ou mauTaise, trois
arguments irrésistibles, la persécution, li
frison ou le bûcher. Ces obstacles que
esprit scientifique rencontra dans touUe
moyen fige, et qui retardèrent si longtempi
les progrès des sciences d'observation, li-
raient leur force principale de l'autorilé dn
saints Pères. Ceux-ci s'étaient persuadéi
que la seule cosmographie possible était
celle qu'ils trouvaient exposée dans la Bvbte,
et que.,., toutes les paroles de Moïse, ins-
pirées par l'Esprit divin, devaient offrir le
reflet de l'éternelle «agesse ^695). » — ■ Ce
n'est vraiment qu'à l'aide des interprétations
les plus forcées qu'on peut voir datis It
texte de la Bible autre chose qu: ce (\a'l
malheur dans ses citations. Leurré ici par une pe-
tite phrase, il' s'empare de S. Augustin ; et c'était
précisément S. Augustin dont il ue Tatlait pai pro-
noncer le Dora dans cette cause malenconutuv ;
car est-il si mince commençant en théologie qoi nt
sache qu'un texte de l'Ecriture devient entre ks
mains de ce docteur ce qu'on n'eftt jamais toii|è
i y voir. S. Augustin transforme en an rigide par-
tisan de l'inlerprétation liltéralel vraiment, on k
pouvait pa& mieux tomtier pour nous faire voir m
qu'est un savant quand il sort de sa apbére.
f593) P. 618, im, 603, 604, 60S; etc.
(591) Au roud,iln'«fil pas douteui que les SS.
Pères et les inlerprèles orthodoses de la Bible s'xr
cordent généralement i préférer rinierprétalion ta
pins simple, mais ï conciJlion qu'il n'y ait point <0
raison pour s'en départir, et qne le teste éOr* réel-
lement un sens clair. Est-ce le cas pour le picuiii'
chapitre lie la Cen^tr.*
(595} P. 601, 601.
DKTIONMIRE APOUKETIOUE.
COS
^ V ulttPèrss (SM), » etc. J'ai d^ï rsp-
^lA précétlemmeDl, et j'flHraJs pu njoHter
ui[i->rep)us)eurs paisages qui répètent la
itocK « assertioa avec UD ion d'aRîriaalioD
lie l'on appréciera quand on aura tu la
tnt v-a-partie dans l'auteur luï-mème.
< MLe) Pères étaient presque à leur insu
YT i lous l'infloenee des opinions populai-
tf ciBi domioaient encore les esprits mdme
119^ éclairés, Gide celles qui sTaient été
ouienues dans les écoles philosophiques
a riiens... La plus étrange de leurs ex-
jic-alioDS (de la Bible) a aa racine dans
tie l<iua opinion de ces philosophes païens
)on t ili méprisaient beaucoup la morale,
uisdonl ils ealimaienl fort le javoir, et
n Ht aimùittU toujoun à citer h l'appui de
l(iir5 propres opinions. C'est ainsi que les
id^tcoiDiographiques auxquelles l'autorité
li» fiints Pères donna tant de crédit r«-
tutmtmt preêque tcuta atw éeotet phiioio-
fltifan a* la Grie4 (598). * ~* Les argu-
aieflts de Cosmas datent de loin, et en tout
temps ils ont été trouvés fort bons. Plutar-
qus les meldéjà dans la bouche d'un de ses
tnierlocntaurs, grand ennemi de la sphéri-
ciié de !a terre et des antipodes (599;. > —
• Il est curieux de voir après tant de siècles
reptrattre une des notions favorites de la
I oimograpbie des poêles Grecs (600). ■ —
En foi de auoi sont appelés pour lémoios,
tiundre, Ulmnerme, Eschyle, Aiilimaque,
fhétfcyde (601).— ■ La théorie de Cosmas,
qui vm paraît si extravagante, tire encore
son on^e de la philosophie grecque : i(
«sppuîehit-mômedel'outûrilédeXéDOphfl-
»ie el rf'^hore Il pouvait y ajouter
Aniiimjne \Wi). » On peut voir encore
l>. 631 «Dtre autres.
Tool cela esl-il clair? Mais aussi tout
«Il Bft'il assoclable? Ici donc encore,
ronjijjsons entre des assertions opposées.
Lafjuie en est-elle aux interprétations soit
lillërdles, soit allégoriques? Que nous im-
porlenl «lors Plolin, Plularque, Philolaiis,
Dumére, Parménide, etc., etc.? Ces cosmo-
frajibies, an contraire, se réclaœent-elles
it'-ï philosophes grecs de l'aotiquitéT Ne
tous en prenez donc point 6 la Bible el aux
t artisans du sens verbal ou symbolique,
i'tux eût valu un peu moins d'érudition et
00 p«a pins d'ensemble, ou au moins de
fnnchÎM; car que résulte-t-il de toutes ces
citations réanies par H. Letronne? Que les
«lociears chrétiens n'étaient point au oireaa
>lt 11 science telle qu'elle existait de leur
(596)pag. 604.
(S9I) Pre^ae, n'est pM le mut; f^rk quelaiies
bfMt de là H. Leironne vous dira que c'était
omme va pfaut adopté, uue espèce de tactique coa>
K»9t que de i*appuyer sur la science païenne.
(538) P. 605 M «06.
(399) P. 601.
1(00) P. «7.
Ml) fUwwt, tbid. — Il faut avoir de rénidillon
krtite pour u prodiguer à propos de Co8inas el de
womuni; mai* il parait qu'il était impossible
)ii pli» tristes écrivains des premiers siècles de
itfitte d'InagiDcr uae niaiserie.
L«OijP. 6».
temps? Mais on dit que leurs opinion»
cosmographiaues étaient ceMes d'homme*
même assez éclairés d'alors, chose en vérité
fort pardoooabre, et qu'ils s'appuyaient
toujours du savoir païen. — Que s ensuil-il
donc ? Que les Pores de l'Eglise n'ont point
été coperDiciens?On nous t'eût persuadé k
moins de frais. — Que le système cosmo-
graphique de Ploléinée même a trouvé
chez eux peu de faveur? Quand cela serait,
cela consli tuerait-il contre eux une charge
bien arnve ? Je ne pense pas que pour avoir
adopté les doctrines du cosmologiste
alexandrin les docteurs ecclésiastiques s'en
fussent mieux trouvés au xix' siècle. Si
cela pouvait du reste leur être de quelque
avantage, nous rappellerions à M. Letronne
ses propres paroles (603), que des docUuri
recommandablBi par leur latair oiirent
prendre ouvertement la défente dte iditi '
grecquti,el te proposèrent de prouver qut
rien dans la lamte Ecriture ne ê'oppoie réel-
lement au ij/ttime de PtoHmée (60^J. II
pouvait .ajouter que Svnusius appelle l'ecoîe
d'Alexandrie une école divine.
Mais on songeait 6 conclure de tout cela
ce que ne disait pas précisément le litre,
savoir que toutes les erreurs cosmologiques
honnies ici étaient puisées dans le (exln
de l'Ecriture. Ce but indiqué simplement
çà el I& dans le raursnt de l'article, se
montre enfin nettement dans un appendice
qu'on a eu la bonne Idée de désigner par le
titre : Conclusion, en grandes lettres. Le
lecteur dira s'il eAl imaginé, sans cède
ressource typographique, que ce fût là une
conclusion de ce quiavail élé dit; ahstrac-
tîon faite même des passages par o je me
suis permis dft reprendre en sous-œuvra
l'érudition du mon auteur, i Telles sont les
frincipales idées cosmographiques que les
èrea de l'Eglise ont tirées de VinterprétS'-
tion littérale de la Bible. » Ce qu'il FiLLiiT
DÉMOKTRBB. Ce n'est pas qu'on ne nous ait
dit dans la même pa^e qu'ils le» avaient ti-
rées de Xëoophane, d Ephorn et autres;
mais enfin telle est la conclusion, ce n'est
pas moi qui lui ai donné ce nom. Et l'on
ajoute : ■ La terre plate, le ciel formant
une voûte solide au-dessus de laquelle est
la couche des eaux célestes (605), voilA les
notions foudamenlales de la cosmologie
biblique, el celles que les saints Pères y
ont vues, parce qu'elles y sont réellement
(606)... Tous ces vieux préjugés, lous ces
vains systèmes... reparurent avec bien plus
(603) P. 60S.
(fiOi)PoDTqttoitant de sobriété tout à i.oap dans
l'érudition, tles que les citations ne conduiraieut
I^us qu'à montrer la sciencedes docteurs chrétiens
^ale pour le moius à celle de leur temps T
(605) Si l'on voulait absolument voir dans la Ge-
niu d'autres eaux célestes que les nuages, les cos-
mologistM actuels seraient autorisés à se dispenser
de vérifier leur eiiiieuce aujourd'hui. ( Voit S. Au-
GD«TM, Dt Geneti ad tilt., m, 1, d'après la u* épl-
tre de S. Pierre, m, 5, 6.
(ii06)C'CHt toujours l*Mlerpr^HIJoaJillAMf(,fMfirf
nt^uic ; il 7 a là une idée fixe évidommeul.
471
C05
UICTIONHAIRE àPOLOGETIQtiE.
COS
m
de force, ^ l'abri de l'autorité des saints
Pères; ils firent une nouvelle iuvasion, et
se répandirent partout & la suite du chris-
tianisme ; ils régnèreot peodant tout te
moyen âge,* etc.
Le moyen fige, ici condamné eD Boasse
sansavuir été ouï, et englobé dans la cause
d*8utrui comme par complicité, nous l'a-
bandonnons pour le moment è son malheu-
reux sort, afin de ne point Quitter la ques-
liou, qui est la cosmologie clés Pères.Pour-
tant DC'Us peasoas avoir plus cilé de témoi-
gnages contre ce que dit H. Lelroone sur
cette époque qu'il n'en a Uii-mème apporté
pour appuyer son accusation (607). Mais ne
nuns écartons point.
Définitivement, y a-t-il une cosmologie
des Pères, et nne cosmologie dont la Bible
soit responsable? Et s'il y en a une, esl-elle
absurde? Vuili sur quoi on eût aimé k trou-
ver des détails plus concluants. Occupons-
nous en donc sous U. Letroane, puisqu'il
est si malaisé de décider quelque cnose
avec les matériaux qu'il nous a ciioisis.
Je crois avoir montré que l'unanimité
des Pères, eu fait de cosmologie, n'est pas
bien établie, principalement en fait d'ab-
sui'dilés. M. Letronne, après s'être chargé
de montrer que ces absurdités ont été pri&es
ailleurs que dans la Bible, a fait plus encore
pour avancer ma tâche, en choisissant (et
il le fallait bien] ses plu9 absurdes cosmo-
logistes parmi les plus insignifiants des
écrivains ecclésiastiques. Car, de bonne
foi, que sont Cosmas Indicopleusles, Sévé-
rianus do Gabala, Théodore de Mopsueste,
Diodore de Tarse? £1 quel théologien a
jamais songé à lurer par cesnoms-t^? Ce
sont cepundantiA les hommes dont la cos-
mologie est présentée couime type, et dé-
veloppée avec un détail dont la diffusion
tranche sur le reste de l'article d'une ma-
nière choquante.
Cosmas, un marchand devenu moine,
qui se donne lui-même pour illettré, dont
Photius même a ignoré le nom, et qui ne
nous est peut-être connu que par une espèce
de sobriquet (608); dont ie livre, d'après
Photius (b09), annoncerait par la forme un
homnu au-dessout du vulgaire, et par le
fond un faiseur de conta.
Sévérianus de Gabala, orateur assez habile,
mais 6 qui sa jalousie et son inimitié contre
saint Cnrysostouie n'ont pas procuré un
rang fort avantageux, ni un suffrage bien
(607) H. Letronne, qui porte tant d'Inlérét à Hii-
troduciion dei sciences physiques et mathémati'
ques d'Alexandrie dans tïglise, eût vu Plolëmée,
par exemple, en possession dans quaniiié d'écoles
au moyen âge. Conl en tons-nu us de lui rappeler
l'ouvraée de Théodore, grand sacellaire et arcbi-
diacre de Conslanitnople au siv siècle, lequel vante
•i fort Ptolémée, Tbeon et Papous. (Voir Puai-
ciOB, Bibl. Crieca, ëd. Harles, I. &.
m») Fàuiui, Bibl. Grœea. éd. Harles, t. IV,
(609) PflOTiDS, Bibl., c. 36.
(91D) SsvEiuN., Ot Creatione, or. I.
i6llJPaoTiut, SJM., c. 102.
influent parmi les saints Péret. InlcrprMe
d'ailleurs de la Genèse, qui s'annonce lui>
même (610) comme visant àdiredeschnseï
nouvelles et différentes de ce qu'ont dit iet
Pères; hardiesse dont ir a bien qaelqui
peine à s'excuser.; mnis enfin il {nsseoDire,
en priant ses auditeurs , quels jugeil
d'examiner le mérite et non l'Ige de »
doctrine.
Théodore de Mopsueste, homme d'uoe
orthodoxie pour le moins proklémalique,
et dont plusieurs ouvrages montrent que
ses idées propres étaient souvent l'aniqua
fnide qu'il suivait dans l'interprétatirade
Ecriture.
Diodore de Tarse, désigné, par saint
Cyrille et par Photius (611), comme le pré-
curseur de Nestorius, et qui parait Biiir
poussé la passion de rinterprélatioulitténlg
' jusqu'à mer les prophéties de l'AncieD
Testament sur Jésus-Christ, ce qui n'éliit
pas fait pour lui mériter one place pimi
les interprètes orthodoxeM (612); et quint
Photius parle de ce Diodore qui vent éliMir
sa cosmographie sur l'Ecriture, il dit qa'il
n'est ni clair ni exact (613); que ses citations
n'ont nulle valeur {6ik); qu'il est iu»i
pauvre par la logique que pieux par les in-
tentions (61S).
Toili, voili tes dieux I et nous les adoroul
Non, ce n'est point là du toutcequeoani
appelons les saints Pères. Lib.'e à qniTOudra
de décrier ces hommes à son aiseLnousne
tenons nullement è leur réputation, ei nous
tie verrons même pas, sans quelque plw'i '
ruiner le crédit de pareils docteurs. Ausn
ne prendrai-je même pas la peine de vërittc
s'ils ont dit tout de bon ce qu'on leur al'
tribu».
Cependant pourquoi ne citerait-on pas
ces auteurs, tout insignifiants qu'ils soni
par eux-n3èmes, si leur doctrine physique >
été jugée admissible, ou s'ils n'étaient en ,
cela qu'organesdesidéescllm^)unesIPa^») !
s'il en était ainsi, mais il en va toutsutre- '
ment. Cosmas ne s'appuie assurément p)j
de l'enseignement commun, quand il nous
annonce, avec une emphase pleine de boD-
homie, qu'il est redevable de sa science sui
leçons du grand Patrice, chaldéen.aui F»-
meïiait c'^lLe doctrine par le monde (oUil-
Snus cet aveu désintéressé, Cosmas courait
risque de passer pour l'inveoteur de la
pieute doctrine, tant elle était peu conour;
mais il s'en défend avec modestie (617;, "
(619) L'interprétation orUudoxe, la cOEmolopc
orthodoxe sont du style de H. Letronne, qui.*P"'
moments un langage exlraordinaPremenl édlBaDl,
comme quan^ il parle de l'un de grâce iSM. h I»
devais ce léDioiRnaee.
(613) PuoTios, fiiM., c. iS3, au début de son
analyse.
(«U) PaoTiDS, toc. cit. ad 1. m.
(615) Photius, ibid., à la Su du nètne parl-
era plie.
(ijl6) C'est encore M. Letronne qui se cbarp «
nous citer cela, p. 611.
(617) Toujours t'obligeaui H, Letronne, ibii.
n
cos
DICTIONNAIRE AfW.OCETIQLE.
AU
qai BiODlre qo'an ti* siècle ta topographie
ctrâiMteéUil encore nne merTeillu dont
lui, CosiDU, était an des dépositaires pri-
îilégiés.
Pour Diodore de Tarse, on sonli^e ce
qa'eD dit PLotigs [618), que ses idées ■ ont
biea quelque conoeiioa arec les liTres
uinls ■ : mais on ne souligne pas celte
luire pbrasa qai sait : ■ on lui accordera dif-
Ë-jUement qu'il ait Tait preuve de sens
àtni sa prelenlion de s'atlribuer l'appui
de IXcriiure, 1(619] ni celte autre eipres-
iii'D, qu'il « se 0gure aToir l'Ecriture pour
lui.*
Lh idées attribuées i ces écrivains et. h
&ê<iniDUS de Gabala, ainsi qu'k Théodore
de Moptsesie, sur la forme du monde et le
mourMBcnt des astres, sont désigaéds par
ftu, prétoUiong tU quetques auteun ; ei-
pnuioiu qui sont loin de les signaler
comme od enseignement commun.
Qupti ToD demande comment il se faisait
que ITcrïture fût alléguée par ces songe-
Ereox «I même par des nommes moins nuls,
pour des systèmes de même force, nous de-
BiDderODS ï notre tour comment il se fait
qae chaque jonr daas les Iribunaus ou dans
leschimbreslégislatives, ou dans les écrits
pojiliquea, le code soîl allégué dans des
sens tout opposés. Ne sait-on pasque.qnand
nnsuffrage est important, c'est A qui le re-
vendiquera ? L'Ecriture étant une aulorilé
li impoMiile dans des temps où la foi était
forts «t générale, chacun prétendait ; rat-
kcber ses doctrines , et les y adaptait de
no mieux, pour les ériger par IJi,.s'tl sa
pouvait, en vérités incontestables. La Bible,
*!tc Virgile, Homère et la mythologie, n'é-
uicDt- elles point les pièces généalogiques
da mojea tge, soit pour les nations soit
/oor les bmitles (621) T Et l'on ne copiait
luarément point ces systèmes dans ces
WDrces, pour les y avoir réellement trou-
vés, mais on les y rattachait pour donner
crédit k ses inventions, ou bien on les-y vn-
yiit.paree qu'on avait pris le parti de les
; voir.Tont comme tant de docteurs luthé-
riens et calvinistes on lu et lisent peulngire
encore dans la Bible que Rome chrétienne
eu la grande prostituée,) la Babylone ana-
tliématiséeparrEsprit saint, et même qu'elle
croulerait & telles et telles années bien pré-
cises, qui ont passé depuis sans eacoin-
kre (@2).Toutes choses qui, pourètre tirées
(«I9i Article de la Amu, p. 6S4.
TiJ) PeoTioB. BUl., c. iii, ad Ub. ni et vtic.
lOÛi Eocore l'artide de la Bntu, p. HiS et 627.
Car c'cu plaiiir de rencontrer ud adversaire aussi
Inac
■Cil) Voyei par eietnpte Suidbl de BocBit,
Mém. wr rkut. aMcieime dt la Saiut. — FciKi-
tw. Steria et' Totaamâ. — Le baron de Redeh, Ta-
Mmu fAtéabjifaei de Cempire brilanKÛpu. — La
Knc des rmi primilirs d'Espagne chei les chronH
tHVS inséré* dus Bitpania illatlrala, etc.
'6Sl Par esemple. l'opuscule inlilulé : Romtt
•-•■M fmmlû 8. D. 1666, mandii^w jinit Mfr 45>"
ï'ti csuM ; «K tiiutœ ai Aiigiot UùKm ttnaiiUë
soi-disant de l'Ecriture sainte, ne laissent
pas moins le texte sacré fort innocent de ce
qu'on lui prèle.
Les Téniables saints Pères et docteurs
de l'Eglise, et même les écrivains ecclé-
siastiques distingués, qui ne méritent
pourtant point d'être comptés dans les deux
premières classes, ces grands hommes,
dis-je, s'y prennent différemment. Ils
avaient prévenu ceque M. Lelronne dit de
rrai et de juste dans la Rnue ; et, plus ëlu-
diés on mieux compris, ils lui eussent
épargné par leurs avis ce qu'il dit de faux
et de hasardé.
Ainsi Théodore! (623) dit quelque part:
■ Je n'affirme point, et il serait téméraire
d'affirmer, qnand ('Ecriture n'offre point
un sens clair. Que quelqu'un dise, s'il veut,
le contraire de ce que j eipose, je ne sau-
rais le condahiner. >
Ainsi Pholîus (624) vante surtout Théo-
doret pour n'avoir point tranché les ques-
tions qui étaient douteuses. Ailleurs, il nous
arerlit (625) que Hoïse avait une mission
plus haute que celle d'enseigner anx hom-^
mes les sciences ph/siques ; ce qui ne veut
point dire qu'il leur ait fait dÊs contes sur
ce sujet, mais ce qui montre que Pholius
ne se tenait pas pour enfermé, quant h ces
sciences , dans un errcfe tracé par la Gmi$i.
Ainsi les saints Pères proprement dits,
et les docteurs, ne sont point si décisifs
sur l'Ecriture, qu'on voudrait nous le faire
croire. J'ai montré qu'ils interprétaient la
Genèse avec une grande latitude ; on peut
s'en assurer davantage dans les ouvrages
qui réunissent sur divers points leurs diffé-
rentes manières de voir (626), .Or cette la-
titude qu'ils se donnaient, ils la laissaient
aux autres. Je pourrais donner en preuve
de cette largeur d'idées, des textes même
à'oik H. Letroone conclut tout le contraire;
par exemple celui de saint Augustin par
oh mon auteur termine une tirade si tran-
chante contre l'étroitesse de l'interpréta-
tion littérale (627) chez les Pères. > ils fer-
maient les yeux sur l'absurdité des con-
séq^uences; ... tant pis pour la raison hu-
maine... car, comme dit saiut Augustin :
Major ut Seripturet auttorilai guam omni$
humant àigenit capaeitOt. > Dn peu moins
d'empressement eût permis de lire le pas-
sage entier, que je rétablis, et où saint
Augustin exige tout simplement que par-
mi toutes tes bypothèses laissétis a la rai-
ttalo*, quitus... Babylenit in Àpotalfpti Htmint RO'
matn pcntifieiam detignari, Papamqatromamumipth-
finmm eut AnficAriilKni Siripliirii prmdielum, tt
Btêliat» dereHiiquere et Babylont, urbt neMpeAoM,
annojam iicto MDCLXVf, rxcidio tt 'uuxu4iod§-
ttnda aiqut fttnditiu everUtida, eenfetiiiu arire ad-
iHoneulur. Londres 1665, ia-i', avec une érudîliuB
palristiiioe et biblique quasi cyclopéenne.
(623) TflEOnOBET, û Gtne»., qnxsl. 4.
(624) PuoTics, Bibl., c. 203.
(625) PnoTics, BM., c 222. i 19.
JG26) Conf. V. g. SoiCES., Thetattr. teeleàaslk. —
Pethd, TimtB, HoLi!u, De op. 6 dUr.
(G21) Ailicle de )a AerM, p. 605,.60$.
475
COS
DICTIONNAIRE APOLOCETidUE.
m
luD, ebacun conserve au fond du cœur la
soumission convenable pour le vérilable
sens de l'Ecrilure, tout en se donnant libre
carrière lanl que l'autorité n'a point pro-
nonce. Il s'agissait là dos opinions si Uiver-
gHnlfls sur ta façon d'enlundre les eaux lu-
pirUartt. Le saint en propose et en loue
même plusieurs toutes diaérenles ; après
quoi il termine par ces mots ; « Quoi qu'il
en soil, et de quelque manière qu'on veuille
entendre ces mots, il eiiste une réalité
correspondante à l'expression. L'Ecriture,
garant plus solide que toutes nos imagina-
tions, est M pour nous en répoodre (63»), ■
Si quelqu'un doutait encore du vérîtabie
sens de ce passage i iJ s'en convaincra par
d'autres du même docteur dontje choisirai
expiés les témoignages préférablement à
d'autres, pour faire voir ce qu'était l'iu-
' flexibilité de celui que nous cite M. Letroune
comme I« plus intraitable des Pères sur le
sens verbal.
• Imaginer, dit H. Lstrunne, que Hoise a
pu n'être pas inspiré en tout ce qu'il a
éoril; distinguer, comme l'ont fait quelques
modernes, ce qui est de foi et ce qui est de
science, c'est lii ce qui ue vint pas et ne
touvait venir dans la pensée des Pères... »
es saints Pères, il est vrai, ne paraissent
pas BToir imaginé que Uoïse ne fût point
Inspiré en tout cu qu'il a écrit ; mais dis-
tinguer dans l'Kcriture sainte ce oui ett de
foi et ce qui ett de icienee, ils Pont fait,
ainsi qu'on peut le voir dans saint Augus-
tin : « Dieu, en parlant aux hommes, propor-
tionne ses paroles à leur inlelligenre (629). i
— ■ Disons en deux mots, pour ce qui est
de la conliguralion du ciel, que les auteurs
sacrés, tout en la connaissant fort bien,
inspirés qu'ils étaient par l'esprit de Dieu ,
(628) AoGUlT., De Geiut. ai lia., n. 5 : c Quo-
quo modo auiem et qualeslibet >quar ibi sînt, eiae
eas minime Jubiiemus ; major esl ^uip|)e Scrifiiurae
liujiis aucioritas, quau ooiiiis humam iugenii ca-
pacilas. • On se rappellera que ces eaui supérieures
avaient donné lieu a des tiypoiiièseB bien diilanlas
les unes des autres, depuis les nuages et les cou-
ches d'eau, jusqu'aux ailles.
^39)A(;cusT., in Geaei., i, S9. i More humano
in ScriptuHs Ueus ad horaiues loquitur. i
(630) AuGusT.. De Cent*, ad tilt, ii, 9. i Breviier
divendiim est de Itgura cœlî, lioc scisse aiiclores
noslrog quod veritas liabei; sed Spirilum Dd qui
per ipsos loquetialur, noiuisse isla docere homines,
Bullius saluli profuiura. >
(631) Ttcho., Apuil Riccioli. Almagat., 1. ix,
aect. 4, HO.
(G3Î) SsppLKK., Nol. <
jTapkici, et Epiiome aitt
(633) AuctisT, Contra Feiic. Manieh., j, ]0.i Non
legiuir in Ëvangelin Uominum diiisse : millo vobis
paradeium qui vos doceal de cnrsu solia et Iudx;
christianos eoira volettat facere, nou œaibema-
ticos. >
(63i) AuGDST., De Genei.ad fin., i, 19. < Plc-
rumque acciiUl ut aliquiJ de (erra, de cœlo, de cx-
teris bujusmodi elemenlis, de moiu et conversione,
Tel eiiam magniLutidine ei intervaLlig siderura,de
eenii defeclibus solls et lunx, de rircuitibug anno-
rum et tempomni, de naturis auimaliuni, rrucli-
•uiD, lapidiMu, atqve bujtismodi casleiis, eiiam no»
n'ont point voulu enseigner aux hommei ta
oui ne pourait procurer en rien leur talm
(630). > C'était s'exprimer, noii-geulemmii
commeTrcho-Bralié (631 ], mais atme temmt
Keppler (632). Cette idée, au fund, D'ettpat
nne merreille parmi les ancteas docleun.
Saint Augusiiu dit encore (633) : • Il l^'e)l
roint dit dans l'Evangile : Je vouseoToit
Eiiprit-Saint pour vous enseigner le court
des astres; c'étaient des chrétiens qu'il l'i.
gissaitde faire, non des cosmologistes. ■
Voici qui est encore plus formel, ce ma
semble, et c'est toi^ours saint AugosUa.
Qu'on dise s'il 'faisait abstraction ds li
science , même profane, même paîdDrie,
Eour l'interprélalinn de l'Ecriture, lonr|uH
Iflme si bauteinent ceux qui préleodeiil
trouver dans les livres saints un inu cer-
fain (comme celui de M. Letronne), con-
traire aux démonstrations scienliQquss ,
précisément en fait de cosmogrnpbie el dt
connaissances phjrsiques (634). ■ SouTtit
des hommes non chrétiens doirent^l'a-
périence et à dés études solides laconiuii-
aance incontestable des faits physiquei; ri
c'est cbq^e déplorable qu'entendani IMu-
sus déraisonner des chrétiens qui prélu-
dent s'appuyer de l'Ecriture dans leurs u-
sertions, ils prennent en pitié, non pas seu-
lement les fidèles, ce qui serait lolérslile,
mais l'Ecriture sainte, au détrîmentdeleufi
âmes, dont l'inlérèl nous est cher. Commciil,
en etfet, assurés qu'ils sont des résultats de
leurs observations, sesouonettraienl-ilspoor
les vérités éternelles è un livre qu'ils ju-
gent en défaut dans ce qui est de leur ret^
sort & eux I Tout ce qu il y a de sagepanoî
nous gémit plus amèrement qu'où ne Mu-
rait dire sur la présomption de ceux qui
compromettent ainsi les inlérèu de nottt
Chrisiianui ita noverit, ut certlssima riliODC td
eiperieiilia leneat. Turpe aulera esl nimis et pa-
niciosum, ac maxime cavenduin, uiCbristiauun de
bis rébus quasi secundum clirisli.inaB litier» 1a-
quentein, ita delirare quilibet inlldelis audlK, <»
loto cœlo orrare conipiciens, risuin lenere vix pot-
siL Et non tam molMlutn quod errans Itonn aef>-
detur, sed quod «uclores nostri ali îisqui forisiiiûi
latia tensisse credantur; et cum inagno eurun »»;
tio de quorum lalule salagimui, tanquam indixii
reprebendunlur aique respuunlur.Cuaienim quen-
quam de uumero CliristiaDorum in ea re qui'
opljine norunt errare deprebenderint, el viniB
senienliani suim de nostrts titiris astererc, 4«)
pacio illis libris credituri suot de resumctionc
inortuorum et de spo vita aeierna regooque csl^
rum ! quanJo de ils rébus quas jam «periri,»
indubilaiis numeris percipere potuernnt, falbaicr
puiaveriiit esse conscripios. Quid enim mole»ii'
irislilixque ingérant prudeutibus fratribna teuMnm
pnesumpiores, salis dici non poiest; cuBSiquanJ»
de prava et Talsa opinione saa reprebeudi ei «•-
vinci cixperiDi ab ils qui nosiroruDi littrorum so-
Gluriiaie nou tenenEur, ad defendeodum id qiiod it-
vissioia temerilate et aperlissima falsiiaiediieruui,
eoNtem libres sanclos unde id prubeni prolerre co-
iiaiitur, I etc. Je suis bonteux de citer qiKlq>«*
lambeaux d'un gl grand auteur pour lui rt:«eiiilt-
qiier uue doctrine dont tontes ses pases soni ta-
preiates.
DICTIOmAIllE APOLOGETIQUE.
COS
m
r»i,«n Bitribuant aax auteurs sacrés, par
uwlémérité coupable, re qu'il leur a plu
V liFP. ou es qu'ils y cberchcnt pour rou-
Vrirdes assertions hasnrdées ■.
Née de celle écolest large, la théologie du
mnjen 4ge n'avait point forligné, quand
eiitdisatl au xm* siècle, par )a bouche de
iiinl Thomas (635) : ■ Celui qui interprète
rHJorletde paasagas dons l'Ecriiure, doit
\i\ta se rappeler, d'abord la Téracitë du
iMie, que nen ne saurait ébranler, puis
qiK le sens qu'il rearerme ne saurait être en
coDlradictrOD avec une certilude obtenue
l<sr d'autres voies que celle de l'interpréla-
tlan. Car, le cas échéant, a'obsliaer i une
fi^icalioD différente, serait entètementet
oiinqoe de respect pour l'écrivain inspiré. ■
£i llelchior Cano, un dominicain espagnol
Jditi* siècle, est bien pluseipiicite encore
4UDd il rnrmule ce principe avec tant de
uitelé (636) : Toiu Ut tainti mitmbU ne $e-
■aiml point reeevabla dans lu que$tiona qui
l'appoTtiametit point à ta foi. En quoi on
•«ut Toir si la condamnation de Galilée ,
i«nt parle U. Letrooiie, l'fût beaucoup em-
larrdué (ATT).
Hais enfin, que répondre aui quelques
«lies des véritables SS. Pères qui reste-
rsient intacts dans rerlicle de la Revut?
Nuut répondrons que nous les admettons
tanxhercber b les vérifler trop niinutteii-
tCS!&.Tious, qiizsLSg, a. 1. ■ In hujusmodl
qu«<ii«iku duo £unl observanda. Primo quideni
m itrtaMSnipuif£ inconcu&se leiieatur. Secundo,
CI» Scri^ divins mullipliciter exponi possit,
^■«■nUiupKitioni aliquli ita |)rscise inbsreat,
M •Kcm wione cOHBliteril hoc eue Talium qaod
iJ^iii M>Ra ticriplur» esse credebal, id nibilo-
mau luerere pnesunat; ne &cripiura ex boc ab
irifiMitii dïridnlur. el ne eis via credmidi pro-
liibniar. iCe u'eit là i)i)e ta doctrine eiprimée
(eniWurS. ADgu»lio.(CoDr. AuGusT., rp. U5,
rf Mtrultia. — Imperf. de Gerut., i.— De Cène».
^ lii.. I, g, 19, 20, et II, 9. Ce dender chapitre
«IBnii i lui umi seul.)
jtJG)CuD>, L.Ya., «n, c. s, concl. i. < Om-
1 ettun lanclorum auclorilas in eo génère
lUoDim quas ad fidem diximui minime perli-
— p.jidfniKMibciL I
<G';CuKadi, buU ai» après le décret d« l'In-
Ituiiiou qae nous rappelle H. Leironite, appelle
iitutUioedet inquisiteurs une opinion (placimm)
Ml auiBcnt ; et ajoute en propres termes, tout en
•nftsunt son respect pour ce qu'elle eiprime,
l'ii ae ta lient nnltement pour article de foi, et u'a
n Mi dire qn'on ait Jamais prétendu la qualifier
iir%i dans l'E)diw. (Epid. ad Peir. Put., apuil Ric-
<-ii. Àtmmgttt., 1. ii, ted. l, c. 38.) Quoi qu'il
"-Ml du reste, de Galilée, puisqu'on le faisait ap-
iiiiire iei.oa nedevail pas Irancblrsî rapidement
*pjcf qai le serrait dés Pères ei du moyen âge;
•t laltait pas dissimuler, ou bien il aurait été up-
•niB de savoir que Copernic éwil chanoine;
[■<' liait dédié soo onvraoe au pape Paul Itl, et
"XI publié aortoot d'après let insunccs du car-
^il de SclM»berg et de l'ëvèque de Uuim;
^- M duclriiws Irouvèrenl des partisans parmi
<*<kviosieiia (par exempte, Diego Sluiilca,Fos-
^""1 et Clavias même, quoiqu'en mois un peu
*"rrié), en même temps que des adversaires
>^ ié» savants; entln, que l'inquisition flte-
l"";, qai s'elfraja plus lard du ton aOIrraatif de
'"^, ii'avaîl aurqné pour l'ouvraue de Copernic
sèment, et que nous les recueillons même
soigneusement, comme un témoignage de
l'esprit qui a guidé CtiS grands maîtres et
qui doit nous guider nous-mêmes. Voici en
quoi : c'est <fu ils nous apprennent que l'é-
lément de liberté représenté par un grand
nombre des premiers docteurs (638) n*a
jamais été poussé jusqu'à sejnut'rdii texte
sacré. Toujours a prévalu l'élément prin-
cipal, celui de la foi et de la aoumis:«ion
profonde & la parole divine qui ne saurait
errer. Respect que quelques-uns ont pu
porter jusqu'è i excès, en croyant pouvoir
construire la science de la matière, la science
de curiosité,- sur ce qui était destiné i, fon-
der In science intellectuelle et morale pqr
excellence, la science du devoir; mais res-
pect dont nous prions Dieu de nous faire
les héritiers, en nous rappelant que la con-
descendance pour l'aveuglement de cœur
où vivent bien des hommes k esprit éclairé,
ne doit Jamais aller jusqu'6 nous faire sous-
crire aucune altération , aucune modinca-
tton , aucune composition dans le texte
inspiré. Souvenons-nous que tout ce qui
ressemble è de tels sccommodeirents, ne
doit être entrepris qu'aux risques et périls
de celui qui tondescend à ces éclaircisse-
ments, sans qu'il puisse rien en résulter
contre la Geni^se elle-même, que nul n'a le
droit de livrer au bras séculier (639). Enga-
que An suppresgiops extrêmement légères, aux-
quelles un ne se fût assurément pas borné ai on
l'Kflt cotisiil^ré comme une doctrine vraiment théo-
luglone.
(658) On sait que nul Père ne représente à lui
sent la doctrine de l'Eglise; c'est leur nombre et
leur accord qui est quciijue cliose.
f6391 Sans vouloir ni relever toutes les iiiexacli--
tuues de H. Lctronne, ni préjuger sur tes résultats
de la science qui n'est pas faite encore, ni adopte!
exclusivement aucune interpréta lion du premier
cbapiire de la Genète, Je ne pais m'empèclier de sl-
Snalcr l'intrépidilé d'assertion avec taqnelle l'article
e la Rrtve se prononce Bur la manière d'rnienitre
les jours de la création. < Ce n'est vraiment, nous
dit-il, qu'en changeant le sens naturel des mots, en
boukveraant la suite des idées, que les géoloRuea
bibliques, depuis Burnetel Wbision jusqu'ï Rir-
vraii el Dieluc, ont pu réussir à faire accorder la
GïR^Mavec leurs idées. Telle est, par exemple, leur
explication du moi jour dans le reùil de la fréaiioii.
Seloncui, ce n'est pas unespace de vingl-ijualn: heu-
res,c'est un intervalle de temps înitélerminé... Hais
c'est acheter bien cher l'avantage de faire do Moise
un géologue, car cette fameuse interprétation, con-
traire à I ensemble du texte, le rend complètement
ihinteltigible... Elle ne donne h Uoise l'appareiice
du savoir philosophique qu'en lui étant jusqu'^
t'ombre du sens commun (ûc). Ce récit demeure-
véritablement inexplicable lorsqu'on part du point
tie vue Bcieniillque, < etc., p. 604.
Burnet et Whiston n'avaient que faire avec le»
Pères de l'Eglis'', et ne sont point considérés du
tout comme interprètes orthodoxes. Aussi leur ap-
parition ne saurait-elle s'expliquer que par l'idée
qui perçait dans tout cet article, celle d'opposer à
I Kcrilure sainte une /S» de non recevoir dans toute
question scienlilique.Hais puisqu'il s'agit de la cos-
mographie des Pérès, et par incidence de leur cos-
mogonie, les études faites par M. Lelronne sarcelle
partie auraient dû hii faire découvrir que l'idée
d'une sGoiblablo eipticalion remeoie plus haut que
cos
MCTKtNNAlHE APOLOGETIQUE.
CRB
geons tl'nbonilles géologaes el autres savaiilit
qui se pord'Dt pour tels, i s'entendre entre
eus avant d'appeler la Gotièse à leur tribu-
nal, et tenons-nous-en & ce fait, que plu-
sieurs d'entre em expriment parfois avec
un air de candeur dont je ne veux point
percer l'écorce, savoir : qu'une vérité ne
saurait nuire i. la vérité. La vérité, nous
l'avons, nous, dans l'Ecriture; que ces
messieurs cherchent la portion de vérité
qui appartient à leurs études, et quand ils
auront bien trouvé, ils admireront combien
était avisé notre acquiescement paisible aux
oracles éternels. C est l'homme qui court
après la fortune, et l'homme qui l'attend
dans son lit.
Terminons : il résultera, je pense, detout.
ceci :
1* Que les erreurs cosmographiques attri-
buées aux Pères n'ét&ient pas aussi géné-
rales qu'on le dit.
2* Que, le fussent-elles autant et plus
encore, l'Ecriture sainte n'a rien ï souffrir
de ce qu'il y aurait d'erroné dans les opi- -
nions cosmographiques enseignées par plu-
sieurs d'entre eux. J'aurais pu montrer que
les saints Pères, au contraire, doivent à
l'Ecriture des aperçus extraordinaires, cos-
niologiquement parlant; mais ce n'est pas
la lieu, et netre science n'est pas assez
avancée pour rendre ce triomphe suffisam-
ment éclatant.
3* Que l'Ecriture sainte reste intacte au
milieu des ténèbres quelconqoes des pre-
miers siècles de l'Eglise e( des lumièrei
quelconques du nôlrn.
^' Que les plus habiles gens peuvenls'â^
garer hesucnup quand ils veulent traiter en
pestant ce qui mérite et exige des éludes
sérieuses.
Cette dernière conclusion a plus d'éten-
due que les autres, au moins pour la pra-
tique ; et celui qui voudrait rappliquer i
tous les écarts théolugiques de ceux qui
occupent nos chaires publiques è litre <I'en-
sei^emenl profane, trouverait peut-être
tant de faits à glaner en ce genre qu'il
renoncerait bientôt ) en faire le relevé.
C'est là sans doute ce qni a fait qu'on s'en
occupa si peu jusqu'à présent. Cependant,
ue fût-ce que pour empêcher la prescrip-
tion, il pourrait n'être pas inutile d'i^
signaler une çà et là. Aussi ne veji-je pjint
répondre que moi ou d'autres n'en prennent
la peine quelque jour, ou du moini quel-
quefoisen passant. Cela pourra fornurane
série d'nrtinles qu'on intitulerait, i rimiis-
tion de U. Letronne : De quti^i optiivu
iMologiqua, etc., de* komma tkargitïm-
teigner la jeuneue de Franct au xix' linlt i
(eto). I
COSTE (M.), travaux embrrnlogiqnn
remarquables. Voy. Homme, arl. Il, | VIII.
COULEURS dans les races. V09. Kicn
H[IM1I!IKS, ! IIL
COUSIN (M. V.}, admet qne la création tA
nécessaire. Voy. CiiÉaTioii, S H. — Soutint
l'hypothèse de la transformation dei espè-
ces, et veut que l'homme ait traversé toal*
l'échelle animale. Voy. Homme, lubinit.-
Selon lui, l'homme doit tout à la tponu.
oéité de ses facultés, rien à la réréltiiti)
proprement dite. Voy. PsTcaoLoau ni i«ï
CRANE, est-il plus petit chez le nipt
qne chez !e blanc? Yoy. Races hcxiiiib,
CRÉATEUR, ses motifs pour créer, ft).
CliiTtON, ) IV.
CREATION. — C'est un faitquiestittesll
par tous les peuples de la terre, qut li ,
monde a eu un commencement. On Iroii»
cette tradition dans l'ancienne Efflrpte,<fï»
la Chaldée, dans la Perse, dans Vlade, dans
la Judée, k Siam, à la Chine, su JafMo,
chez les anciens peuples du Nord.enGii
dans l'ancienne Grèce. Si nous traversoni
la mer du Sud, nous entendons la nEfliE
Toii au Pérou, au Mexique ot danstoiiin
les lies. Or, cette tradition aocienne et nii-
verselle, et qui a rapport à un faitqai pou-
vait difficilement être inventé, est psruile-
ment d'accord avec l'histoire de la créalioa
donnée par Moïse. La division de la semaine
en tept jourt, reçue chez tous les peuple
et dans tous les pays, est encore une lie
ces traditions anciennes quîMoivent remoii-
1er jusqu'à l'origine du genre buiiiaiii:or<
cette tradition est parfaitement d'dccow
avec la narration de Moïse, qui nous dit ijtie
Dieu travailla pendant six jours et se rejX»*
le septième. Diderot la reRardail miisi
comme une preuve saus réprique du ri-cii
Biimei et Wibiban. Car il ne peat manquer de l'a-
vmr aperçue dans S. Alliaiiase {Or, eonlr. Ariauoi,
3), dam Pbotius [BÎHioih., c. 2S2, S 2I>). daiu S.
AURUsIin {De eiiii. Dei, \i, 50. — fmperf. de Ce-
ne*t, 1,9.— De C«nei. ad hit., iv, 32, etc.), dans
Procope (ia tienes), eU:. ; comme aussi dans Pbiloa
{De mwdi opifitio, éd. Pfeifler, 1786, p. 42. ~Al-
ttgor. I, ibid , p. 122, iU), pour ne rien dire d'O-
rigéne.
voità pour b queuioo d'érudition ; quant à celle
de U cosmogonie liiblique, qui, si elle éuit jnsEi-
ciable d'un tribunal bumaii), ressortirait bien plulét
h lAcadémiedesscieiicesqu'ài^lledesinscripiioDS,
J? me cenienierai de citer ii U. Letronne deux hom-
mes qui devaient s'j connalire : le retigieus et sa-
vant Amiré-liarie Ampû-e, qui se plaisait ï Taire
remarnuer l'accoril de la sciciice avec la Cetiite; et
le célore Georges Cuvier, qui, pour s'être parfuis
affranchi du joug de l'Ecriture, n'en a pa» m<^
écrit ceci entre autres choses : ilaiw «o" " '*••'
une cotmogonie dont l'exattitmde te ririfie (!'(■'
jour d'une manière admirable. { K05. CK£itia!>, )<'
— Dite. t%T le* riml. du globe.) Or, j'avoue g»: f
ne suis pas assez au lait des proRrés de li "''^
Kur m'eipliquer commeot elle aurait >i fort "
TÛé Cuvier depuis lors, qu'il ait pu èlre wt "
vieux papier dès k 15 mars 1834. Hais S. AvcuiU
nous avait prévenu d'avance de ces diBëmces pn
duiles par ta lecture des livres saints, qaand il "^
Tait (fleCenM. ad lill., v, 5) que < rEcrilure»*
profondeurs qui se jnueut des esprits dédaigw^i
en même temps ({u'une faauienr qui conquiert l-
ftmes élevées. > Vog. Cséitkm.
(UOJ Cfr. C. AcBESt, AniuiUi de flaloeoplM t*"
tieMe, t. XVII, 3' têiie.
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
CRE
[e U'ihe; tA elle fait (ant d'impression sur
ur lu letlrés do la Chine, que , quand on
1 leur oppose, ils en restent comme in-
triWt (ÂIJ- Grolius B fait Toir, dam son
'railédtla vérité de ta nligion chrétienne,
il3|, que le réçii de Moïse sur la création
I irnuTe conârmé par les IradilioDS des
ï^aiciens <iaas Sanchoniaton, des E^p-
ensdans Diodore de Sicile, des Indiens
ir» Hégaslbènes et Strabon; des Grecs
uuLÏDUS, Hésiode, Eplctèle, Ansiagore,
liliin, etc. Toutes les cosmogonies des
(xieiii peuples ont quelque ressemblance
rtc celle delfoïse, ou plulAlne sont que le
fdl de Moïse défiguré par les ,idées super-
lieuses des idolâtres ou les rêveries de
Wienae phitosopbie ; et ce n'est ^ue
lins le premier chapitre de la Genèie qu on
«ni irourer la ciel de tous les systèmes
niniiHigibles formés de traditions ancien-
(SDiélées aux erreurs de la philosophie et
m ticlioDS de ta noytbologie (6UJ.
Chose di^e d'attention, les philosophes
c l'iniiquité qui crojaieRl h réternilé de
I mWÈre, tels que Platon, ne pouvaient
epeodiot s'empécber de reconnaître dans
Wmble des choses visibles le caractère
Tune œuvre travaillée, et ils appelaient
lieu la grand architecte de l'univors. C'est
n'tn effet Tuoivers porte ie signe éclatant
oc MD impuissance personnelle, s'il est
(Knsit da parler ainsi, et ceux-lè mêmes
qum l'iltrent pas jusqu'à l'idée de sa
cTÉilion, j discernent pourtant la main de
r^riisit fïi l'a touché et construit. Ils le
'iieui bit encore qu'ils ne le croient pas
<Tét!, eituN cela la pensée de Dieu n'au-
nu lucane raison dans leur esprit. La pro-
dncimo du monde est un dogme q^ui précède
Itçgutmeiit le dogme de l'eiistence de
l'oeil; nous disons : Le monde est produit,
lue DjïD ust ; et non pas : Dieu est , donc
(looDdeest nroduil. C est le raisounement
biDcieas philosophes théistes aussi bien
,oe celui des philosophes chrétiens, seule-
KAt il était moins complet daus les pre-
iKfi que dans les seconds. Aristote, par
■■iijple, après avoir admis l'éternité de la
nliére, ae pouvait plus remonter à une
Uie luiiriaie , si ce n'est en découvrant
■Rs 11 iieture quelque chose dont la prê-
tée uu s'expliquait pas sons ua principe
.(UI)1I.J. Reynaiid(T«TfflCt«f, p. 158) ad-
■R 'oJMtîera te teplàiaîré de li umaine eomnu
^iti fièat ie» pliu étouiumUt de kaxU ùiniquilé
■ Kwinu tMicrWuJMfn'â nom. t Je le res-
ne BÙK, diL-il, comme un des monumenla
( «MI cMiucréi par le consenieoieot géuéral
■ boontei. i Toutefoii c'est si vieux le seplé-
»Rt lioalui subtiitosit le quaf^naire... t'est
ti|wprapiMe H. J. Reynaud. < Que par le per>
'^"nmeuin nppons eutre le globe et le geore
■»*. b qualité tie travail iiéc«>Mire k noim
'■■■'•ce fiente i subir une dioiiiiu'ion BuOlMnle,
i.xmb.je Toual'avoue, aucune répugnance a
*^b Itaiàenr de la Koiaiiie ('abréger daos la
"■MiiwMK, (4 si jamais ce quaternaire, que
*** Sx nffitket, poutail étendre k ce point son
*^t ifÊ'tfrù uoi» jtMitaéci cvotacrées aux la-
plus élevé- Tel était pour lui le mouremenl
des corps. L'analyse de ce phénomène l'a-
Tait conduit à reconnaître la nécessité d'un
premier moteur, et il avait écrit cette nro-.
position presque divine par sa nrofonoear
et son originalité: ■ I) y a quelque chose
d'immobile qui es< le principe du mouve-
ment. *
EcUirdnemeiii sur lei mou imbire et matière — Haltère
première, m«liËre seconde ;i1uiiim. — Notloudu lemos
et de l'éteniiié. — iDcompréhenilbiJttâ du rapport do
Col t itnflut.
Ceux des philosophes anciens qui, dans
le monde corporel, n ont été fniji|iés, comme
Heraclite, que de ,1a variété des phénonià-
Des, ont nommé nalurt la succession même
des phénomènes, et n'y ont vu qu'une va-
riabilité indéfinie, par conséquent inacces-
sible h la science. D'autres, comme Platon,
7 ont signalé en outre un principe d'ordre,
mais ils ont cru ce principe extérieur et
supérieur aux corps de l'univers, et ils l'ont
fait consister en une ou plusieurs causes
intelligentes, agissant directement et immé-
diatement sur ces corps. Les stoïciens, au
contraire, ont remarqué surtout, dans le
monde physique et le monde moral, l'ordre
et lastatiilité: peu métaphysiciens, ils n'ont
pas su établir la distinction entre la sub-
stance infinie, tes substances simples et les
substances étendues.' Pour eux, la natura
a été Tordre, c'est fa-dire la loi universelle
du monde moral comme du monde physi-
que, et la vertu a été la conformité a ta
nature.
Pour nous, le mot nature, sans autre
désignation, signifie l'ensemble de tous les
êtres corporels, tels qu'ils sont, q^u'ils ont
été et qu ils seront, avec leurs activités di-
verses et les luis invariables de ces activi-
tés. La nature comprend donc, pour nous,
l'ensemble des causes secondes, moins les
causes intelligentes et libres. Elle est ot^jet
des sciences naturelles qui cherchent ce
qu'il y a de stalile au milieu de la succes-
sion des phéuomènes des êtres composés,
c'est-A-dire des lois suivant lesquelles ces
phénomènes se produisent.
De même que la nature universelle com-
prend l'ensemble Jcs lois du monde phy-
sique, de même la nature de chaque être
beurs de b terre, il en vint iiue consacrée aos
choses du ciel, ce urail un progrés social et ra-
ligieux dont les amii de Dieu et des hommes ne
pourraient refuser de se réjouir, i
VoiU, il en faut couvenir, des tendances dëtotea
tout ï Tait édifiantes dans un philosophe de cette
force.
(Uii) Ce traité de Grotius est lrès-es(iné ,- Vol-
taire a eu ses raisomi pour le déprimer ; il était trop
évidemment partie trop intéressée pour éirt juge.
et sa critiqua est au moins suspecte. 11 u'en est pas
ainsi des élevés de Saint-ETremont,quî, malgré
son épicurisme, faisait grand cas du traité de Uro-
tiua. Ecrit originairement en latin, il a été traduit
par l'abbé GoL>jri, Ivol. in-12, t7».
(643} Voy. Dktut. William Jomss et HoatCi.
tK
CRE
MCTIOMNAtRE APOLOCETtQUE.
comprend lus lois stables de son Bctiviif^,
et Venenee U'nn ëlre est sa nature considé-
rée d'una manière abstraite, de telle noria
que les dires de nature semblable ont une
niânie essence, d'aulsut plus générale et
vide de r^inpréliensioD,que la ressemblance
dénature est moindre; d'autant plus com-
préheiisivo et spécifique, qae cette res-
semblance est plus grande.
Il est évident, o^après cela, que pour
nous la nature n'est point une cause pre-
mière, ni même une cause distincte, etque
la nature de chaque être n'est point non
plus une cause par elle-même. Cela est vrai
de tous les êtres; cela est érideni surtout
en ce qui concerne led fitres libres, dont
les actes ne sont pas tous déterminés néces-
sairement par la nature de ces êtres et par
les circonstances. Ce sont les substances
qui sont causes, les unes d'après leur aa-
lure et les ciiconstances; les autres, non-
seulement (l'a|irès leur nature et le» cir-
cnflstaiices, mais aussi d'après leur Tolonlé.
C'est donc chaque substance inséparable de
sa nature propre, qui est une cause réelle,
et il n'y a point d'autres causes que les
substances actives. Il D'y a donc point dans
le monde une puissance universelle et im-
manente, distincte des corps eui-mémes ;
la nature, ainsi comprise, n est rieii qu'une
vaine concejilioo de notre esprit, imaginai-
rcment réalisée par une expression uéla-
jihvsiijue.
Pourtant, il y a dans le développement
tiarmonieus du monde physique, la preuve
manifeste d'une puissance inlelligeule autre
que celle des Amos unies aui corps vivants.
<JiieI(juefois on applique à cette puissance
le num de nature, et l'on admire sa sagesse.
On a raison : ceUe nature sage existe; mais
il Faut savoir ce qu'elle est et ce qu'elle
u'esi pas. Elle n'est pas immanente au
monde, o(i f 1 n'y a aucune substance intelli-
gente qui soit la nature. Elle est supérieure
au monde, où elle se manifeste; elle est la
substance infinie, la cause première du
monde ei de ses lois; son nom est un des
noms de la Divinité; elle est Dieu, consi-
sidéré non en lui-même, mais dans son rap-
|iort avec les corps; elle est, sous un autre
nom, la Providence créant et conservant
l'urdre de l'univers, non pas par des mira-
cles, mais parle maintien des lois de l'ac-
tivité des substances créées.
Une suire expression qui a été le pré-
texte de bien des confusions d'idées, c'est
le mot de matière. Certains philosophes,
tant anciens que modernes, nomment ma-
tière un être idéal et indéterminé, qui, sui-
vant eux, est le fond commun de tous les
corps. La conséquence logique de celte no-
tion de la matière comme d'un être indé-
fini, sans propriétés et sans activité, serait
de refuser auxcorps, dont elle est lu fond
commun, toute existence subataniielle, el
de ne leur attribuer qu'une existence idéale
Ou purement phénoménale. Quelques phi-
losophes n'ont pas reculé devant cette coi-
séquence, que nous ' repoussons ivec la
finncipe d'où elle découle. Une itiéoriu de
a matière, toutediETérente el parCjiiemeDi
ronciliable avec l'état actuel des tcienus
physiques, résulte') m média temenl iles|jriii-
cipes que nous avons posés.
La mollir» première, indéterminée, n'est
qu'un vain mot, auquel ne correspooii lu-
cune réalité. La matière réelle des coc[e
réels, c'est ce qu'on a nommé souveot m-
tiire Meeonde : ce sont les substacces dont
les corps se composent, c'est-à*dire, les
atomes premiers, substances actives, étao.
dues, impénétrables, continues chacune eu
particulier, mais distantes les unes dei
autres, dont les divers agrégats constilu«iil
tous les cirps. Qusnd les corps se dissoireiK,
leurs atomes subsistent et entrent dsasdt
nouvelles combinaisons.
Quelle est la causs de l'existence desilo-
roes, des lois qui présidant à leur aciittil,
à leurscombinaisousetàleursmouvemeDlst
En d'autres termes, quelle est la cause pre-
mière de l'exislence, des révolutioas et île
Torde actuel de l'univers T
Les atomes dont les corps se com|>oseiil,
ne périssent pas avec eux, et peuvent irolr
existé avant chacun d'eu i ; mais ni tes ilo- ,
mes, ni les corps, n'ont l'existtnceiiiËQit,
immuable, indivisible de Dieu et dej idc»
éternelles : ils dureiu, el par conséquent ili
ont commencé d'être, et leur existence ac-
tuelle n'a rien de nécessaire. 11 faut dose
au'il y ait une cause première de l'esisieQK
e chacun d'eux et de tous ensemble. Lu
lois d» leur activité, de leur puissance diq-
trice et de leur mobilité ne sout pas plus
nécessaires que leur existence même, llb^
donc qu*.une raison suRisanle, eiterieure
et supérieure h eux, ait d6lerminéces \u\i-
En supposant même, contre toute ralsoiii
que ces lois fussent nécessaires, el Que ii
matière à laquelle elles s'appliquent eiblli
nécessaireiuenl, l'ordre actuel aurait eiiwe
besoin d'une cause prise hors de la msiierb
En effet, il est bien vrai qu'étant ilonnA i">
certain système de positions et de mouic-
menls primitifs pour tous lesslomes, u"
certaine série de révolutions résulie»ii
inrailliblement de leurs propriétés et dtilcur»
lois ; mais à cbaque système de posiliuns el
de mouvements primitifs correspondrai lu"'
série différente de révoiulions. L'ordre iC'
tuel n'est donc point la conséquence néces-
saire des pro[vietés et des lois de la mal>i'&
telles qne l'observation les découvre, ma
cet ordre suppose da plus en plus un cer-
tain arrangement primitif. Il faut ilp"^
qu'une cause extérieure et supérieureili
matière eu ait distribué primitivement louli^
\e6 parties, de telle sorte que, de ci'lle dit*
position première, les propriétés el les lo"
de la matière aient fait sortir nécessaireoieot
l'ordre actuel , qui autrement serait stoi
raison suUisaiite (6U).
Il est donc nécessaire de reconnaître IH^o<
fiU) C« dernier argument a été fort bien pr^setiié par la baniabile Genlll , mort cardi»! *
m CRE DKTIONIUIIIE APOLOGETIQUE. CRE JM
faoe part comme organisateur, d'autre l'eiistence de tel corps en tel (emfs et en
part eomma créateur de la matière, dont tel liea donnés. Le temps et la durée om
l'eiisieDce mAme, aussi hien que l'ordre et donc leur principe dans l'éternité, mais n'en
In loii. «apposent une cause premièn(6fc5). font pas iwrlie. L'éternité n'a point de psr-
lltdliiefl vrai ifue les causes qui tombent ties, el napparlienl qu'à l'Etre nécessaire et
MSI oolre observation, soit ioterae, soit imninableelfa sesnianiëres d'être. Le temps
tileniejDeproduisentqoe des changements est la durée idéale el indéBoie qui embrasse
Je minières d'être; mais l'idée de cause, toutes les durées réelles. Celles-ci sont né-
^i » révile i notre raison dans toute sa cessairement finies qnaot à leur partie réa-
(Mcililé, à l'occasion de l'observation des lisée, et elles out, par conséq^uenl, un com-
tnxi particulières et de leurs actes, est mencement, bien'qu'elks puissent être illî-
loe Hléa première, absolue et affirmative, mitées quant \ leur avenir. La durée du
qn n'exclut point la production des sub- monde et sa oerfection relative tendent sans
nuw actives et de leurs facultés, et la cesse vers f'ingai, qu'elles n'atteindront
nina nous montre la nécessité d'admettre jamais. Cette loi de progrès sans laquelle
ttUi produciioD. Elle ne nous en fait pas l'optimisme serait insnu Leijable ne peut se
Mpraéra iDeomuÊKiU; mais elle ne noos concilier avec l'bypotbèse, inadmissible
blpueuBipreadre non plus jusque dans d'ailleurs, de la création étemelle d'un
niuns deniière le eomiment du la pro- monde éternel : quand même les mois de
^■ctioD, cbaaae jour observée, des cban- paué el d'm/fnt n'exprimeraient pas des
jEaailfdnisles4tres.L'obserTationinierDe idées essentiellement contradictoires, si le
•ouoHnlre les limites de notre causalité; mondeindéGnimeniperTectibleaTail un passif
l^liKnation externe ooos laisse entrevoir infini, il aurait d^è réalisé no progrès iu-
wliBiiesde la causalité des antres êtres fini; il aurait atteint la perfection suprême,
nBliDgenls; mais aucune induciioD légitime (ju'il n'atteindra jamais, en ; tendant lou-
WDous autorise k imposer des limites sem- jours.
wLIm i la causalité de l'Etre suprême. Nous ne ccmprenons pas, il est vrai, com-
vtiJenrs, je suis un être pensant, el par ment l'existence indivisible de Dieu el des
touéquent simple; mon eiistence est son- Tdées nécessaires est présente b tous les
B-Miu temps et k la durée; par conséquent temps, sans être elle-même dans le Ibmps,
die D'est pas étemelle. En elTet, mon corps et comment, par conEÔqqeot, l'acte étemel
'^ i>f, d'hier, et aucun souvenir ne médit par lequel Dieu crée, est présent à toutes
^»e j'ije existé avant mes oignes corpo- les durees des créatures; nous comprenons
n'u tU); or, un.être simple ne peut com- que nécessairement il en doit être ainsi et
Bercer d'être que par (a création de sa qo'il o'en peut être autrement. Cela doit
)ul»[iace indivisible : la création des âmes nous suffire ; il fant nous résigner h ne pas
M peut Jonc être qu'une création de sub- comprendre l'in&ni, et surtout il ne faut pas
tUnret, et il d'j a de doute possibtu que essayer du le rabaisser à notre niveau, de
^l'époque, el non sur la réalité de cette le réduire à notre mesure, de créer, pour Je
"^ioa. besoin de notre imagination el en dépit de
Li proJuetioD des substances étendues, notre raison, un infini composé de parties.
<!' Bitme que celle des substances simples nne éternité successive, dont la moitié sa-
j**" éternelles, doit donc être attribuée k rait écoulée. Le vrai, incompréhensible,
woi qui esl la source même de l'être, parce mais certain, vaut mieux que l'absurde plus
l*!'! ta a en loi-même la plénitude. Tout accessible (647),
'ipi esl étemel esl en Dieu et participe Ainsi, ceux qui demandent ce que Dieu
^wmt attribol ou mode de sa substaoce, k faisait avant la création font une question
M eiiaience une, indivisible el immuable, vaine, k laquelle d'ailleurs les platoniciens
•>weéterD«llede l'espace et du temps, d'où avaient répondu avant Féneloo. Dieu n'a
çwlle la possibilité absolue des corps, et pas été, il ne continue pas d'être, il ne sers
Kiedela volonté divine, d'où résulte leur pas; il eit et il cr/«. Mais le monde a été,
ii-t:HKe réelle, sont éternellement en Dieu; continue d'être et sera. Dieavoit ces rela-
■ t«Di éternellement l'existence delà ma- lions d'antériorité et de postériorité Ik où
^Cf dans J'espace, la soccession de ces elles existent, c'est-à-dire entre les êtres
umères d'être dans le temps, ses mouve- créés et leurs manières d'être successives,
Koif dansie tempset resi)ace,el,parsuîte, el non en lui-même ou par rapport k lui-
■etoelle, et avoir éié avant ma naîsMoce un Ctm
saaiptTMiiuulilé, nne tanx sans conicieBce d'elte*
méiiM. Hais c'est ta duc hypotliése bien invraiiem-
Uatde. Ainsi ladonnéesileroltservaiion sont coDlre
li préeiislence des ines. Hais, d'aitlenra, b raison
est contre leur éierailé. M lool ce qoe aons avons
besoin de proaver <cî , c'est qn'elles ont cummcoré
(Tèlre.
(647) Sorla distinction da temps etdel'éiemiié,
et sur u vérilé et rintwmpréheniibililé de ta créa-
tion, voves H. Jutes StHO.i , Huinn dt CEtoU
i-AUzamlru, préf., t. 1, p. 7-21 el I. H, p. «39 M
suÎTtntes.
^ iWiiiogica juiemeit estimé, philosoptie car-
^Ka ir.p pea cunnu. (Tojei son Reeuttl d* dû- .
J mmttt tan bien la néceuité d-'t.
'"îf. Mais sfce la réserve bmitiére à Técole
■*•ui«^ U le laU s«r les fUMNirls de cette canM
»ç reiMtcMx des êtres contiDgents.
i*t*) H «1 vrai que je Fourrais avoir perén la
*»we.Nljranet'aToit jamais eueavani m ik
DICTIONNAIRE APOLMETlOtlC.
mAmejcar il est en dehors des condilioDs
du lemiis. Il ne fauiirsit doDC pas demander
Don plus de combien de taDips le cominen-
cemenl du monde est potl&imr h l'acte
éternel par lequel Dieu crée. Cette ques-
tion est un non-sens; car aucune époque
n'est poslérieure d'une qusniîté de temps
quelconque à ce qui est éternel. C'est
comme si l'on demandait de combien de
temjis l'eiislenco de tel corps sptiérique est
postérieure i l'exisleoce de cette Térité
éternelle, que tous les rayons (js 1b sphère
sont égaux entre eux. Dira-t-on que, si le
monde n'a psstoujoursété. aueDieului est
antérieur, et que, par conséquent, Dieu a
été oisif avanl d'âlre créateur? Les parti-
sans de la création éternelle doivent savoir
d'avoir des parties distinctes, que précité
ment par le commencement de l'eiiiieDM
du monde.
Toutes les objections, anciennes on rieet
les (648}, conire la création non é(eni«llï
dans son eflul, quoique éterneila dioi u
cause immuable, sont de l'espèce de câlin
que nous venons d'examiner : ellej pijseoi
toutes k cAté de In doctrine qu^ nous itods
exposée (649), et qui n'est pas nouvelU ni
ignorée dans l'bisloîre de la philosophie.
Fénelon avait pu trouver déji le [irincipedg
ceitt! doctrine dans Plalon'(650), daniPIn-
tarque (631), dans Numéniui (659} et diu
Boëce (653) : du moins en ce qui conccm
la dislinclion nécessaire du temps et de l'é-
ternité. Puissions-nous avoir formulA etUt
quelfltU/?riûni/delBcausekleffetpeutiiôlre doctrine d'une manière plus complète, plu.
que /offiyu*. Dieu est iQsiquementanléneur précise et plus inattaquable 1
au monde, c est-à-dire que I existence du ^ *^ iuaii04Mi>u »
monde dans les temps suppose nécessaire- La création, acte éternel de Dieu, d'où ré'
ment l'eiistence éternelle de Dieu; mais ae sultent l'existence non élerneHe del'enMB-
n'est pesa direqueje moude existant dn- bleUeschosescrééesetteurduréesucceuiit,
puis un certain temps. Dieu ail existé oisif est donc la seule explication vraimenl n-
dans un temps anléneur. Dieun'o paiexùlé lionnelle et philosophiquement accepliblt
dam un tempi; il exitle dans l'éltmiU una j-"--^ ■-- >
et indiviiibU, et il existe comme créateur.
Ce n'est pas Dieu oisif, c'est Dieu créateur,
qui est antérieur au monde, et il t'est lo-
giquement, comme les vérités éternelles le , __. ___ , __ ^_. _
soril aux objets auxquels ulles s'appliquent, gence bornée qui ne peut compreotli
Dieu n'a pas été oisif, puis créateur : il est rement l'infini ni même le ûnij; pour se no-
créateur éternellement; mais l'ensembledea dre parfaitement compte d'un ra)j|)ort,il
choses créées a commencé dès le temps, en faudrait en connaître parfaitement les dm
Vertu de la volonté créatrice éternelle. De- termes. 11 faut se contenter de savointutitt
Diaudera-t-on pourquoi Dieu n'a pas voula rapport existe et quelle en est Is Dattire.Lt
que l'existence du monde commençât plu- rapport du Qni k l'iDllni est celui de l'efTei'
tdt,elquelleraisansufiisanteil aeuedefaire ' • .■ ~ .
de l'existence des substances conl jugeait!.
Cette explication n'est pas complâle sam
doute, mais elle ne peut pas l'être, et nous
savons pourquoi : le rapport du dni i i"\n-
fini ne peut être compris par une inielli-
commencer l'existence du monde en tel
point plulât qu'en tel autre? Cette question
est encore un non-sens : le temps, eu lui-
lueme, est lout-à fait indéterminé, puisqu'il
u'oït autre chose quela possibilité indénnie
de la durée. Le commencement de l'exis-
tence du monde est la première détermina-
tion qui ait'été introduite, le premier point
qui ait été posé dans le temps indétini.
Ainsi, Dieu n a pas eu à choisir entre plu-
sieurs po.nts préexistants : il fallait bien
qu'il j eût un premier instant du monder,
ce premier instant aurait pu être diflTérem-
□lent situé par rajtport ii une époque donnée
de l'existence du monde actuel, mais non
pur rapport h un point pris en dehors de
celle cii^tunce puisqu'il n'y en avait aucun.
De quelque munière que le monde com-
la cause, de l'etTet non éternel k is aw
éternelle, de l'effet qui a commencé el ijui
dure dans le temps 6 la cause qui existe dtQs
son éternité indivisible- Or, une cause imui
firoduiro bors d'elle-même, comme le prtiun
a production journalière des modes iI'uk
substance active par l'activilé d'une luiti
substance, qui excite l'activité de la pn-
miêre. Les substances cootiDgenles, qv
n'ont pas en elles-mêmes leur raison d'^m,
ne peuvent produire que des modes. 1^
substance nécessaire qui a sa cause eav"^
même peut produire des substances, eld>
en produit, puisque des sutjstances iioo nir
cessaires existent. Le rapport du fini ^ !''<'
fini, qui est celui de l'elTet à ta cause,ii'eii
donc pas en même temps celui du mode ïi<
substance, puisque les attributs du Gui i^"
contradictoires avec ceux que la raison m\
mençUt, il n'aurait pu commencer ni plus fait entrevoir dans l'infliii, puisque le io
lAl, lii plus tard, soit par rapports l'éternité, nous apparaît, comme étant précisémeui c
seule existence réelle qui lui soit antérieure, que l'infini ne peut pas être, et réc)pro<;u°
et qui l'est logiquemool, mais non |>ar uq * ment; mais surtout puisque i'existetice di
intervalle de temps, soit par rapport au substances Unies, et d'abord de la nMre,
temps, être idéal, qui n'a cessé d être en- titre de suitslance, et non à titre de siuipi'
tièremeut indéterminé et n'a commencé modes d'une substance unique, neuf s'
" part., cliap. IV,
r U Timie dt Ptalon, t. Il
(Q50) Timée, p. 37, c. 38.
(«51} De fitticriptioH de Delphtt, c. IH-IO.
lttS2) Cilépar Evsëbe, PrépHTùiion AMUj<'if
SI, 10.
(653) De eontoUlivne j^Uotophim, Uv.v, Go.
oac DKTOmuiREjkiioLaunara.:: ohd m
eaiidcs nlslires, iinparfiiiles« fiflies-T Is-
ujez df oODSovair los causes rvliliniMTui
aiie cause «tuolue t l'fnipn&it uns. le piiw
lail; le fini saos l'infini; toos ns le pourrri
pu; Tirai fpuMcrec dans ce vain al&iri fo-
ire iatelhg«nc«t TOui j pardm voira
Mison. Or, qu'est-ce que mite JiB|K»iibtlilé
absolu» [)e csBreT<4r Je Hni lout seul, la
rataitf tout seul 7 C'est l'impossibilitâ même
da coBcevoir le monde sans uue causa so-
nr£nie, parfaile.iufliiiei le monde toul seul.
Le wonda vous écbai^pe doac; sa réalité
rnnsfaît eninne on TaiilAniP dp la nuil.
Afnt), le dualisme, en délriiisanl la nolirtn
de l'infini, détruit callo du fini; il détruit
\m notion de la enuse et Mlle du l'cffel. Il
li*; a plus lie cause, il n'r a (ilita d'effvli
1\ n'y a vlua de uionde t c est le etuoa, o%H
le néant.
La salulioa ilualisla, en nîtat ta réalilé
des ileus termes. qu'il s'agit démettre aii
rapiiort, détruit le fait mèma qu'il faut
aipliquAf ; noa.< ne (nUTons diMic vê$ ae*
eeptcr cette soluttoni Le résullat de la solur
tiiHi |)aiiUiéisiiqnp est uiaetamont le utémat
qaekjties réfloiions T611I notts en eoitf
vainerei
' l«a panlliéismc, dans ami espresaioo )■
plus géaérate, eonsiiHe fc alGrmer que It
monde apparliaol i la sobstance de INeof
qti'il n'y a dans M mt»Bde qa'irae acule
substaneej la substance divine.
Or, s'il r a un prindpe clair dans «olre
mison, c'est ctslni-ci : lus noilos <l'une suh»
Stnnce participent aux qualités itibéreoles
% la ftubsinnce alle^mfirtie, puisqu'ils sont
ta siibsIsncQ eile*mAins modifiée d'um
ceriaino inanfère. La substance diviof
étant b'^upsnaire et iufinie, tout en qn«
Cette substance alftocte, tous les modes da
celle substance, doivent étrp nécessaires et
Inllnis iMimme ello. Il est donc eonlradie-
tpire et inipossible que la sufaïUnce diviva
Soitenmfiinrt lenips finie et infinie t iolibfu
"cn Dieu, finie dans le mouda. J'en appaUa
ï votre raison; j'en appella k votre cou*-
science; conc^vet-vons qu'âne même aub^
slançe soit eu même temps bornée et saas
iKiriies, finie et infinie T AIBnner cette «i»
mulianéité il'exislonres qui s'aicloenr*
n'asl-co nos se contredire, tomber dans
l'absurde 7 Le robnde tiifianenant i l'esseoea
(tlvinei 'élant un déVAloppomenI de lasuli*
aianeb divine, est donc rigoureusement i*t
ndcessai rumen t infini* Mais alors il est Hé*-
ccssnirede transporter au monda toulas les
notions, tous les caractères de t^inSnii M
il faot dire que le temps est étemel, ou 4«
cnniingent est nécessaire, que le relatif est
absolu, que la multiplioilé est l'unité. P^-
■ons sur toute! ces ooulrsdiotîoos, qui
infligent an sens bomaio et à la logique le
lilus grand outrage. Il fiiut sller plut loin
encore; it faut dire que le monde est de soi,
qii'iiMt par Soi. qti'fl est M cause k lof-
Uléma. Participant A la subilaaee divine, fl
ftosséde Décessairenaat ca dernier stiribut.
nsusartiM doM «n mend» aécMsairamtut
>9
prmiTtfe jmr los donbées réahics de l'olHvr-
TStfon flt de la raison.
Vnlli oommant M josqa^ quel point II
nbilosrtpliîe nous seim>le pouvoir éclairer
« qnettion générale de Torigiiie des êtres
(iintingr-nlf.
lit
IhmWsM mr rorigliie dn dMMN, dullne et àmmâ-
d^cM pMlUtaM : rdfWatiMi — U dngn* dirA-
tlM.nd KnpliMa pwta niM*.— De lldée de cmm
ti d'ef» «t do eàt* d« erâaiiua.
En dehors de l'aihéisme, dont il ne pont
hre ini qtieslien, il n'y n que trois solutions
ponrblmlu l'roljlèniede l'origine <lu momltii
•a Mon lo monde est la résultai de ddus
Kuieipes coéicrneit et nécessaires, ou bien
Htsl le développement de la siibslsnee di->
(bw, ou enfin il est te produit d'un helo touti
fmunt. qui appelle k t'existencu eu qui
a'viiMsit (tes snparavant. Tous les anciens
»f«(inFS religieux et pHirosophiiliivs ren*
Mat dans une de ces trois hytiotnèses ; et
)tf lemps BMKlem<>s n'ont pas inventé dé
■œvHles deetrlnes; Or, ta première de ces
lolulious s'appelle Ib dualisme; la seronde,
fémaiiation 00 lé pattlhéisme; ta trotsièn»
tfltiu Kt teditgme clirélien lui-mAme.
Arint d'aborder la discussioa. il faut pot-
ier les cnndilinns du problème qu'il a'ngit
ési^udre. L'albdisme écarté, deut fnilï
Molnoonnus el admis par les dUsIislos, les
VfOiétXet et les chrétiens : d'uno pari.
raiiritMael laréâlilcdu monde i de l'aillru,
fciislenet et In réalilé d'une cailse du
BiWa.Iajproblèmo consiste dflqc k décou-
riîr/ef rrais rajiporls enti-â lo mt>nilt> el sa
niue;ei Jisolulion du problème doit laissci*
tBlwte ei inviolablo la double réalité dit
wmét et du sa cause; sans cela ou sort
ducuKiilionsdu problème, comme du sens
wuuun de rbumanilé.
EbliîBnlaii non do sens eommsn, an
ma de la Iogiq«r, je porte contre les deux
K lires aatulions la grave aoensalion de
ire et d'anésutir la résilié dea deux
brniss qu'il a'agpt de nottre en rapport, et
Arriver aimi k de iwlpairies eontradio-
fibord, est-il bien difficile deseconvain-
tnqiie le dualisme détruit la réalité du
jloii^Gt la réalité île sa cause? Lu dua-
■ttniB consiste h sITIrnier deux princini'S
(t^terorls et nécessaires, Indépendants I uli
ikTiutrc. Cesdeut pHtCtpes se llttlitam
lhi|iToquen)ent, tnulo la r^lilé dd l'un est
filuféek Ik r^alitâ de l'autre; tout ce que
n possède est refusé k l'autre. Par con-
••((uent ils ne sont infinis ni l'un ni l'autre,
t^ lie simt pas DU» plus infinis par leul-
"-inion; car l'iolini n est pas uns collée-
"'n de parties diverses ; il est «bsotdittent
■•> limiile, iudivisibic. Il ifjr fl tlonc pas
4iaQurdsDs cette bvpolhèse; il n'jra pas
*t Miaveraîu* perfection. Avec la odiioQ
diaftv, n fauial«Bd«aflar «lie de la eaus*
Mfrhae, sDavamifie et perlsile, qui n'aat
qiM'o uiiertdel'inflni tQ(>fnéiH. ilaia«h>n
(•^tiiau'ui lera-M! )>n«!iiblo de concevoir les
m eu OlCnOIIIUlU tfOLOGETIQlIB. O» ^
•'UD «ntrt tM, BOUS KTDDt VD Dten el lénébreuie, la fore» fâUItt qui le déiilAi.
Infini iDui; on Dieu qui eiitl* par lui- dans le monde, s'éleod dans fttptuii'i.
mCm» ; Do Dieu qui est 1» DéceiMin, la coule daot les flaidas, sa raréfia dtsi |>tir
Un, l'absolut l'immuable. se dilate dans les 911, se aolidiBe dâû It
Kaas arriroDs ainai h un dieu cause, k miaéral, végète dani Ij planlt, laot «Uu
un diea monde, k deurdieai, k deux infl- ranicanl et pense dsns l'homme.
Dis; <i'esl-k-dir«k une ecmlradiction mous- • Ainsi tous ares un monde uns Oifij.
iruaase e( ssbrersiTe dt toute raison. |f tous aboutissez fc l'athéisme de Tëcnle lipl
Dans l'hypothèse que nous eiaminons, gélienne. Nul mojrea d'échapper k l'alior-
q«el moyen d'échappar k cotte £a(ala coo- nalire que noua venons de poser. La na-
iradfction t Un seul sa présent» : a'«st d'af- théisme nie donc nécessatreniênl on Diea
armarqoe l'inttni n'est pas Dien isoM du ou lemonde; iln'estpas danslesoindiiioni
monde, ni le monde bote de Dieu, nais II du problème, puisqu il délruit le bit qu'il
réunfoD du monde et de Dieu. Que de difU- faut expliquer (654).
eoKés, que daeootradielions nouvelles sont - Le rejet des deux hypothèses que «h»
engendrées par cette nooTclle aiBrmatioiii Taaonsd'exaniinerimplique-l-iirailmi»ion
et ne permetteat pas de s'y réfugier I do dogme chrétieD î Oui, si nous h Tonloni
Dans celte nouvelie hypothèse. Dieu est pas rester dans uoo i^'noraoce fatale el dini
inbai 00 non. S'il conserve son luBoîlé, il un scepticisme désolant, louchant uotdti
D'y a plds'da monde; s'il ne la eonsarve quésiiona qui importa la plus è DomA.
pas, il n'y a plus de Dieu. gnité, è notre félicité.
BxaniQOns la première supposition, qui Le dogme chrétien repousse tonte»
attribua l'iofinité b Dieu. Dieu est doaa tière» toute BUbslaoce préeiistaale k l'idi
véritablement inBni; u'est^k'.dire qu'il est créateur; tout germe antérieur et Islnli
tout rttret et que btu-i de lui il n'y a rien; foute participation fc la solistanee diviui
En effeli moarqaei qae nous raisonoooa il affirme une produaion réelle é« iub<
dans l'hypothèse d'une seule subslaoce, et stances qui n'eitsLaienI pas auparavant.
d^uBo aeùla substance divine. Que peut-il Cette idée a été exprimée d'une mmirt
done y aTOir bots de l'iefloia et nniqua Irès-Juste, dans le langage [ibilosophiqnt
aabstance t Quelle réalité distincte de la el tnéologiqtie, par ces mou : Crmti* »
sienne peul^il exister? Le monde peot-il irihUo: ereart ut tduerrt atiquid tsnikih-
èlreautrechoseqa'uDmode,uQ phénomène Ici le rationalisme nous oppose la imWt
ioteive de la sobstanee divine; uo rêve de maxime: FxntAt/o niktl; et, pour se méni-
Dieu, un spedacle qu'il sa donne k lui- ger une facile victoire, il commence pu
nènw? Le monda n'est en. réalité qu'une dénaturer h doctrine -chrélienno, ea lui
apperenee.une illusion: il s'évanouit comme faisant dire ce qu'elle ne dit pas.EntendoDi-
nn EantAme dé l'être. £1 qu'on ne vienne nous denc bien sur un point de doctrine
|ias nous- objecter qoe, dans la doctrine aussi important. Est-il Trai que nous posiont
■bfëllenne, l'iofiDilé de Dieu ne nuit pas k le néant comme un des Acteurs de l'eiii-
It réalité du monde; car cette doctrine, psf lenceT est-il vrai qqe nous fassions iottr-
le dogme de la création et la pluralité des venir dans la création nn terme purement
substances, se sépare profondément de celle négatif T Si cela était, nous proctaffleriom
qfta nous examinons. sne étrange alMordilé. Hais non, ce a'tA
La r^lité du monde est donc impossible pae nous qui posons le néant comme d
dans la première supposition. Cette coosé- jirinripe des êtres. A cea philoit^es qik
qncnee vous répugoe-t-ella 7 tous répugne* coosiilérant Diea comme l'être indéterniiiét
t^ldevoir le monde et votre être propre et identiUsnt l'être stm lo néant, venleni
Vous échapper comme un songe qui fuit au ensuite foire naître. de ce néant l'oniTtr'
réveil du matin? Voolex-vous conserver salilé des choses, k ces philosophes, di»iti
Ja réalité du mondri? alors vous itesobligés ce reproche (6t6j. Pour noua, c'est Divn,
de direqne rinOni u*a pas son développe- Dieu avec son intelligeoce, sa volout^.»
■neot en lui-4nAme I qu'il ne se déTeloppe force, sa puisunce întiuîes, que nom p»-
qao par le monde et <ûns le monde. Hais sons comme le principe de I être et de li
kiora il faut dire aussi que Dieu n'est que' vie. Celle puissance inlinie appelle k l'tus-
l'I^re et la forée indéterminés, le centre tencace qui o'eiistait pas auparavantictti)
cocsiiqociapotntfocaltlegarmeenveloppé l>esoin dune matière préexlslantu qu«l*
M «baour. Dépouillé d'intelligence, de conque, sans rien communiquer de "*"
volonté, de liberté, il est la force' aveugle indivisible et inaltérable itiostaDce, eli*
hmi^ eliaiae le matin, os qvi eal tnaalorm^ ta
, «lit C^ Afl . que «onan Iwiiàie. iNxir avoir une juue idée de la créditai
MuM roraulion auMaM «ne maUère préeiisUtiie, il m bal pat m la ftgorer comme la rorniaiioail'iiM
■M, Û faut, nalsta qu^ii en ail, supposer en ma- ^liete qui eU tirée du iiéaoi, coniûWrée c«mim <■*■*
dèn de ivéaiioB m h uîs quel néant préeiislatit, maUtieik. Crérr, c*esl donner t'ekjsience i 0^
'duquel, comme rvw mattirt rteUi, les cbotea «hne qui' ne l'avstl ^» taparaTaiil, c'est l'
«ré^i oui éié tirées. Je conviens nue celui notion qu'une cbose q-' "" " — """" "* "
a, ta eUtel, un grand airileconirMMtion. Haftqai
■e Toti sue ee n'eu ft «a'uM piioyaM aBafaitea
#IM«>. lïaa eM-k «a potai eaiMM 6ea HrfMi arf
s'iBaffimai qae t'atwniriié «st an 4lr« réel .^s la.
jS50}<
qui n'aimait pas •■paravsnt, uM
la défa MiMaetaak «embi
itrfdMtea daaseeUB Méa. * A f*^
m
rue
ncTHHeiAmE apolocetiqlc
CttE
pos« rctra el réilisa la subsUnca Snî«. Si
raos m» drBundu l« fwmatt Ue MUemei^
tnliesM produdioOfie D'&i riso à vous ré*
pondrei et cdie impuisMora ne m'étoooa
l«stet elle ne doïl pu tous étonner, le
■Msqy'enaŒrauateeUeproducUoai^'alQrma
on £iit ioGomprébeosible. Hais js sais anssi,
(1 ja loU cUiremcDl qn'ii 7 a* dans les bj-
(MUbises coaUaireff au lien d'un nijatére*
de palpablea eoDtradicliona destructives de
l'tLreda Dîbu et de Titre do iDonde. des-
tradiies da la raison ell&MDémet Entre des
contndirljons destractires de i*iiiteili-
■tocacl un mrslire qui peut élrn la con-
•iUoD nêoe Je J'ioteiligeDce > mon cboix
n'ettpudouLeui.
Ja Doii néanmoïos devoir insister un
(wap/ai longuemeol sur le do^nn de la
créatjas. Cueparlie de la (ihilosophie con>
Icfflporajoe a amassé tant de lénélues au-
Icw da celle importante vérité <)U*ua ne
saonit apporter trop de soin i la remettra
tù laaière,
Titboiw d'abord de nous former l'idée
El plus Dictie possible de la création,
Qu'esl-done que créer 7 et comment l'e^
fni couçoU-îl la création du mouds T Un
■rcbilecle vent construire un palais 1 que
fiil-il r par où commeoce-t-il? Il coucoît,
■1 farine dans soo esprit le plan du palais
k élever, il le conxlruil en idée» il le pro*
doit dans aa pensée avec tous lea carao
leres, avec tontes les propriétés qui doivent
i< dislîuguer i en un mol, le palais est
toal enlivr dans J'esfirit de rarchitecle. nuis
ttulsfflent i l'élal idéal. Supposez mainte*
stbl que cet arcbilectf , en venu d'une imis^
luct souveraine, jelte bors de lui ce palais
Uu!,c*(Ai»m(ce(t?conceplionetluiduDne
]U te seul acte de sa volonté uneesîsience
/K-ie, aae subsistance propret dès lors ce
F*<4ii, aiuri réalisé) dcTiendra une véri-
bUe création fubstaolielle. Cette camparai-
!D Duos fait entendre ce qui arrive en Dieut
biDclleioeot Dieu coiiQuil la monda, il
ncoit loua les êtres destinés k is peupler
ec les lois qiij doÏTent les régir, il voit
I propriétés et la manière d'être de cba-
a de ces êtres 1 en un mol, le monde»
M tout ce qui doit le consliloer, eiiiie
■rDelientenl k l'état idéal au sein de l'in-
:igefice divine. « II asl évident, dit saint
iseliae, qu'avant que toutes choses fussent
Les it j avait dans rinlel/ifinc* de la
lure suprême l'atsmce, la qtudUé et le
Nb qoi devaient les constituer. C'est poui^
oi. bien que les choses qui ont été uiles
russent n«a en elles-mêmes araut d'être
les, en unt qu'elles n'étaient pas encura
qu'elles sont mainlenaol, el qu'il o'exis-
I en outre aucune matière - dont elles
icnl être tUtaei cepaDdant elles étaient
quelque chose par rapport \ rinielIrgt'ocA
créalrice. par laquelle et selon laquelle elles
devaient parvenir k l'être (636). ■ L'idée
exacte, complète du monde résida étemel -
lemeut dans la raison divine.
lib bien I du moment où Dieu, en verln
do sa puissance inGnIe, prononcera celle
parole souveraine '. it rtus que cette idéu
>o>( réalisée , que ce plan soit eiécùlé , le
monde passera da l'état puremeol idéal ou
possible k l'état d'existence e( de réalité.
Il Sira aâé. Dieu a dit, tt loul a M fait i
it a ordonné, tt tout a tUerH. Tel est le
vérilable concept de ta création.
Voyons maintenant si parmi les Idées le«
plus communest et en même temps les pluv
fonda mentales de la raison humaine nona
ne Irouveroos |>as une preuve nouvelle de
la térîié du dogme catholique.
Nuus portons tous su fond de notre it)«
tt^IligL'nce ridée de causet elle est su nom-
bre des éléments priuiillEs et constitutifs
de la raison humaine. Celte idée est san#
contredit la souru-B et la base de presque
toutes nos connaissances) c'est par elle que
nous alIlrfflODj, c'est par elle que nous jg-
KBoos, qua nous apjirécioos toutes cbose,
oitdtque nous apercevons un acte, unlail
quelconque, nous iconcluons k une cause*
et nous nous répétons sens cesse k nous-
mêmes, avec ou saDa conscience, Implicito-
meDt ou expliciiemeot , ce grand principe
que la jihilosopbie a formulé* mais qu'eU"
u'a point créé.! foui igtt a viw cewe» rîed
ne se fait sans cause<
L idée de cause est donc, Uni doute sur
Ce poiut, une idée originelle, une idée pri-
mitive de la raison. Or, Je crois et je vais
essaj-er de le prouver, que l'idée de caust ,
prise dans son intégrité et dans aa uurelê
native, est identique k l'idée de eréatioDi
d*où je serai en droit de cooclure que l'idée
de création est un des éléments coiistitulib
de l'esiiril humain, et que vouloir la rqeter
c'est détruire la ra'iMiu.
Bous l'Idée de cauae on comprend deux
genres de causes, la cause première, sou-
veraine, absolue* et la cause seconde, par-
tielle, relative, finie. Mais que repréaeuU
primitivement et proprement dans notre
esprit l'idée de cause ,et qu't se paase*l-il an
Bousquaod nous l'appliquons àaoe cause bot'
née,k l'une de cescauses dont nous i<arlauS
chaque jour el k toute beureT Tel esl 1 énoncé
du problème dont la solution va,jerespèrct
nous mener droit au but que je poursuis.
Quand je prononce le mot «rua, aans
rien ajouier, je l'entends dans le sens ab-
solu, je comprends une cause pure tl sim-
ple, uue cause sans limites d'aucune sorte*
une cause deos toute la força du lera>e*
Or, pour être Icllc* elle doU produire mm
497 CRK IHCTiaNXAIBE Ai-OU)Ct.TIQUE; CUE m
|i8S une pari de ce qu'on ai>peHfl son effet, l'iJée de cause prise au sent alHolD, v.l
nou pas telle ou lelie face de l'effet, laaii cooime l'idée de catise constitue un Us
j'eirei (oui entier, l'effet dans toute b« réalité premiers [iriticipes de la riison, il s'enjuii
concrète (657). Je m'eipUque. Dans sa si- que l'idi^e de création doit 6lre niis lu
...= __.■_- ^ -' soiue, la causr --<■—*• ' '— '■*'— • ' '-— " ■
({nification pure et ab^joiu
9 cause réunil nombre des idées les pins originelles etlù
deui propriétés: elle est premièrp, c'est- plusc'aires de t'esprît humiiin.SteneBet,it
i-dire qu elle ne dépend point d'une caose est impossible de séparer l'acte créateur da
antérieure; cita est elBclenie, c'est-è^ire h cause efficiente , et la force créalricg dt
qu'elle ne produit pas seulement la forma la puissanceeffectivat si la causcetsnneRi* :
de ses effets, ki modalité de ses cffi.'(s, cacilé sont conçues conraieinQniei et iW j
coiuuje cela a lieu pour l'homme, mai:» toute Nies. Or l'idée des causes, même sccomliiru ,
tuur substsntialite. Si la cause ne produi* vt finies, renferme l'idée de la cause ^
sail pas la substance, l'fitre, TesscDce de mi^re, infinie, et celle-Ift, est une simpl»
l'effet causé , serait-elle complètement eflî- a1)strsctlon et une modification de celle-t{; !
cienteT Le serait-elle su sens jiuret absolu donc l'idée de création est dans tous Isàc»
duinotT Hépondrait-etle (ntalcment h l'idée inséparable de l'idée de causaliié.
que ce terme représente ?Ëridemment non; 11 suit de M que sans l'idée de er^iliin,
elle ne serait cause efficiente que dans un non-sculement nous ne pourrions ptsti-
sens très-limité, puisqu'elle ne causerait (>liquer Jentièrcmont l'idée de cause, ruiii
que la forme, le mode, restérieur, et non il nous serait impossible d'attacher ï n
le fond de son effet. Et que faites-vous» nrot un sens qndcocque; nous ne siuriHi
que se passe-t-il en vous quand tous pen- pas ce qu'il si^jn^tir, nous ne le Compaq
sez 6 une cause [par exemple, & un ouTrier] drions en aucune /açon^ le mot eautîKnil
qui ne produit que la forme, une bimplo [>our iious un ion vide de sens. Lnriqnc
utanière d'fitre dans ce qu'on nomme son j'exprime une cause jiarticulidre et pirtitW
effet? Vous apportez une borne, une limite lorque je dis : cet komme a fait en eud j
& notre idée de cause efllcicnte; et, si tous telle chott, comment ust-ce qt'e j'atiadie un i
voulez y prendre garde, vous reniarquertz sens à cette causatiun dont je parleTETi-
tout de $uite que cette oausation tie rc- deiumont ce ne peut £lre ou en oppliauint '
poiid qu'k une partie, à un cdté de votre h ce cas particulier mon idée ^ëDéraU el
idée, et qu'elle est loin do l'épuiser en* absolue de cause, que jo modifie, queje
lièrement. Pourquoi? Parce que celte idée limite, qu9 je circonscris, dont j'6ie,di>ul
de cause eniporle une causalion totale, une jo retranche quelque chose. Donc Is «ou-
causalioopure, abolue, une causatiou lubs- liié partielle, finie, relative, n'est intellisi*
lantieile. blu (lour nous que par la cflusalité louk,
Mais s'il. enost ainsi, TOUS voyez la coo- infinie, absolue, en d'eutres termes, |ur
séquence qui eu découle immédiatement; l'idée de création; et si cette idée n'iiiil
l'idée de cause pure et absolue doit dès constammen,! présente ii notre esprit, janiiit
lors être regardéu comme identique à l'idée nous ne prononcerions le mot coûte, el en
de création; car qu'est-ce que créer, sinon rentendanl,it serait pour nous un son loul
produire ou causer la substance d'un effet? matériel qui ne pourrait que frai'ppr riotn
Causalion substantielle est synonyme de oreille, mais ne dirait rien h notre iuiet-
création. JLa cause ;]remiJre e( efjleienu doit ligence (658).
élrecréotrice, parce que si elle n'était point II en est do m^me du mot rf<l, qui et
telle, vite ne pourrait point posséder ces corrélatiT de cause. Chaque jour, i louli
deux propriélés. Elle ne serait point pr^ heure, ce mot est mêlé & la conversation',
ifiï^re, si elle lirait d'ailleurs la substnntialilé ch bien I il est ininlclli{;ible snns l'idée il>'
deretfetproduil;elleueseraitpasotliciente, créaiiou. L'idée d'un elft^l partiel, reiiliC
•i elle la contenait en elle-méine, et ne fai- suppose l'idée d'effet total, subslanliel. 1\
sait que la projeter au dehurs, comme for- par conséquent celle de causation sutisl'A'j
taatrice et non comme créatrice. Il est vrai tielle ou do créution prottrenieul dite,
de dire que l'homme est une cause eOl-' ' Veili où conduit leianien attentif il'uM
ciente, mais quant aux modes el non quant des idées les ntus loudamcnlales et Itj
aux substances ; encore n'est-il pas créateur plus pratiques de l'esprit humain. J'aborJj
h l'égard dffs modes, parce qu'il les pro- nia in tenant le grand problème de la criîi'
duit Gommecauses secondes, en vertud une tion sous un poii-t de Tde noaveau Hqu
lorce q^u'il 6 reçue du la cause première, ne me semble |>as moins concluant. Je *■'
L'idétf de créBlion est doue inséinrable de prendre un acte qui se p<ssa a cliiiiu
(OST) Sailli Ttiomas a dijà iashté sur celle pen-
tel?, <iue )a cause vnnertette ou absolue doa, i la
dilîéreitce lie 11 eause parlititliin nu rtrtetMe, pro-
a«ii« jioH-sttultnMHl la forme , niaii l'éira Je*
diOM^ (Voir£>»i.»ialiteol., parL 1, q. U et 45.}
(SStt) Uji remBr4ue peu ces iJéea générales de
l'aîprit; M néUDKrïnt «llM knii l'aHmenl el le fomM
teMMevie hitcHeGtMlle; -iibm en laisoni ooira.<
laMiMat *%»%-, MUS Im ipptiqwiM 4 loale keuN
M MMis Mrttle fermes iHvtraM; «Are Mpril ne votC
quti f»f tMr luiiitre, M h fiupavi det tioiiinies
paisïDi leur TÏe sans les dlslinguer, sans potier n
elles kitr aiieiiiJUB, sans v penser : imusMniR's'
étrangers a nona-mémKl'ADtai malgré iesiétM
{■eneittsoà je vitins d'ciiirer au sujet de L'iitwi
cause, je u'imc pas encure espérer 411e je irn' P*
Tenu à 11 faiie dairemçni apercevoir s Imis *
lecLMra. Il est des (iikillgnces, ««Nie pSruii en
q«i MHii. aMeaeuhivéea.'iitii ne penveat P'*'!'
pas réUcliir ler ee <i«t w pàsae il»M tcw ■•<
Ttesr; elle» sont Wtijourt (mr* d'eVut-iutaiA'
mt
D1CTI0:fNAmE APOLOGETIQUE.
ctie
VM
aM iletnfre fleactuoltc, unr afliniialion
i>- fnas faites à tout momotil, mots dont
wl-^lre TODs D'arei jamais songé i cia-
inar In nNtura et le rdraclère, et je li-
irni de montrer que l'itlée de création en
Inn des éléments cnnstilutifs.
Je mm en fait que l'homme ne connaît
min jtre particulier, fini, inUiTidiiel, sans
Ufedferontion. Tour, leprouver.fl hous
tfiri(fiDal;[seraTec quelque nitentioa les
ifflienls qui entrent dans toute coanais-
iDceiTKliTidiielIc. '
Qaind j'affirme ta ntaliléd'un Aire parlf-
iHer, par exemple, d*on arbre déterminé,
peîepaHe-t-il dans mon esjiritî quelles
«llf! idées qui composant ce jugemeotT
ItMinone trois éléments dans celle alllr-
tttM'.nilte d'arbre en général; l'idée
Itoitence; cl l'idée d '■un orbre déterminé
jntiji-searacIërespnrliculîcT!!, doué d'une
Wdiee iiropre et individuelle. Considé-
lu^^cl:cssiTeInenl ces trois tvniies. D'a-
atd il m manifeste qu'au moment où j'af-
kBtl'eiistencedecet arbre oui fraj^po mes
ÏrJj, j'ii dans l'esprit l'idée d'arbre ea
Tat, — tous les penseurs un |. eu eior-
A lool d'iccord sur ce point, — idée qui
ijii tirilfe, éfeillée en moi par la Tue d un
m ih\ et particulier, mais qui en soi
«Mitenelleet pool s'appliquer égale-
■Wilons les arbres du monde. Celle idée»
**|fB*rale, représente donc un arbre
■JJJminijolle fait ab^lraclton de tnule
™t»KKi,ilo loule grondeur Uélerminétt,
•louli ijuliié parlirulière; por conaé-
jwm lUe ne répréseiile point un arbre
J^'i'iwn arbre réel, msis seulement un
mftuiblt. Arrfttons-nous un instant
Iwiiir ce que renferme et ce que prouve
weiiJéedu possible, qui est au fond de
P*'" jitgetnents particuliers ; cjîr nous
•nw sppîiqiier ces reraarquoi k l'ordre
Wff aeieiistencea finies.
|Jï«t-ce donc que collo idée de l'arbre
PuIbT Que *orons-iious quand nous
mil que des milliers d'arbres sont poj-
Jw' Nous voyons que ces aibruS pçur-
■■'flre.bitn qu'ils ne soienl jias. Mais
l« comment le Tojrons-nousî Voir que
■ trtirej jintraf exister, c'est voir uuo
*»nM tajisblo de tes réaliser, de les
■suifc. cl ne les produisant point; c'est
■« 'Oir qae cette puissance n'est point
P«!iiê< i produire, c'est TOir qu'elle est
•« el que, si elle produit, elle le fait en
g* iiuerté. Nous roj-ons cette infloité
•«f" potsibtes dans une puissance inû-
■««bsolumenl indépendante qui, en lus
?«*»'il. {leut h son gré lus pioduire ou
!*/réiBniiredouc que Dieu est nécessité
jPtt.cesl détruire noire idée du pos-
JJJtiitrlàDier toute connaissance in-
•< l'ioHslcrai pas sur l'idée d'existence
ou d'être en général : Il est Irûp érident
qu'on De peut affirmer un être, une eiis-
tenco particulière, sans avoir présente h
l'esprit l'idée générale d'existence. Je passn
donc sur-Ic-enamp au dernier terme de la
connaissance individuelle.
Toute la question peut, ce me semble, so .
ramener ft ces deux poinis : l' l'existence
que j'attribue ï cet arbre qui est sous me<i
yeux est-elle néccssniroT -^ 2* SJ elle n'est
point nére.<salrL', d'nû Ticnl-ello. et com-
ment se fait-if qu'elle soit va ce moment?
La solution de ce double problème Ta nous
rétéler l'acte créateur.
D'abord il est visible que cet arbre que
J'afllrme ne présente aucun caractère de
nécessild. Une clioso est dite nécessaire
torsqu'elle contient la raison de sa réalité,
et qu'ainsi l'esprit fte peut la penser que
comme ré^Me, comme existante, et non
comme jiossible. Mais ici c'est précisément
le contraire qui a lieu (659). Loin de con-
cevoir cet arbre comme existant nécessai-
rement, fe le conçois comme appartenant
& une classe d'êtres purement nossibles,
comme un individu de la race cles possi-
bles ; je le vois dans mon idée générale qui
no reiirésenle que les arbres possibles; }t
vois donc que, ronsidi^é' en soi et avee
lotito son espèce, rM arbru est purement
possible, et que, s'Ft existe aujourd'hui, il
doit celle ciislenee h une cause étrangère.
En nn mot, je rois clairement que l'exis-
tenoo (Je cet arbre est contingente, c'cstJ-
dîre qu'elle n'a |ias en soi sa roison d'être,
mais qu'elle la lient d'ailleurs.
Heste le second terme du problème. D'oik
vient celle réalité que j'aperçois et que
taflirmeT D'où vient celle existence? Ne rou-
lions point , cet arbre n'a pas en soi sa
raison d'ôtre, îi n'est pas nécessaire, il est
par lui-même au nombre des choses possi-
bles : d'où vient donc qu'il existe en ce
moment? D'où et comment lui est venue
celte réalité que je lui reconnais el qu'il ne
lient jiBB de lui-même? Je ço vois plus
qu'une seule réponse possible; la logtq^uo
noua forotr de dire que cette réalité conlin-
geiile vient d'une cause qui d'un cAté porte
en soi la raison de son existencu propre,
e'esl-à-dire d'une C'ausenAeMafrf, qui est
par soi, cl qui d'un autre cAlé pivduit,
cause Iibremcnl la réalité contingente de
cet arlire, Evidciiimcnt celle réponse suit
nécessairement des principes éleblis, et il
n'y a pas- luoyt'n d'un révoqner en dnule
' la vérité. Uais remarquez cequ'elle ren-
ferme. Qu'est-cedonc que produire libre- .
ment un être, une suustanceî Qu'est-ce',
sinon créer tlnns l'acceplion propre et co-
tliuliqiie de ce mot? Donc loul« existence
parliculiére, limitée, déterminée, indivi-
duelle, suppose la création ; donc il est
iui possible <1 uxpliquvroucuuo connaissance
f'Jr'f'^MdeichoKsqmconiposent lenioiub Fanimal, de la )>hiile et de loatos le^ aulre* r^a-
i,^^''',* BOire etprii comme exisiaut néce^ liié* Hnles; Je \tfiique luiiius eus rcallléa uiraleul
^_|^j™- Cal te on'oiit eciii fois HaUi lei plii- |ia ne pat exister.
~T'"«HHew.fcci>i!C«i8la ii»B-eii»len« (I* -
1» £aB BICTIOilNAlEE
jndividueltfl aani )p 'création, et tout» les
fftïs que naui afPrmoits l'eiislence d'une
chose quelcnnque, noua avons présente k
l'esprit l'idëo île création. Ainsi, pour de-
meurer daqs l'cKemple que nous avoni
choisi, loraue nous afOrmons l'eiislence
(l'un arbrfl individiiBl, que se passe Uil en
nous! Le Toici. Moire esprit voit une intl-
irité d'arbrea possilile;) et iutl^lefolinés d.ini
UHA puissance InQnle et aljsolue; il voit
ensuite cette idée générale se clrconscrirB.
«edëtermiRor, t'iniliTiilualiser, et acquérir
une réalité, uoe existence propre par l'ac-
tion de celte même puissance absolue. Tvl
csl le procédé de l'esprit hutnaio daiii
toutes ses connaiisances particulières ; aiea
un peu de réflexion cbaoup pourra le re-
marquer. Et qu'est-ce en dédnjtiTeque Ir
préetion d'un arbre, sinon ['jndivitiiialî.''a-
tion xoncrèta at sub&ienrielle de l'idée
il'arbre, qui résida éternellemeot au sein
(le rinleUigence diviaer
ArrMons - nous, Je crois eroir placé le
dogme de la créalion dans un jour uù tout
œil sain et altenlir peut ie voir et le ilis-
rerncr sips peine. Qu'on prononce msiu-
tenant sur la valeur de cette philosophie
-qui De craint pasd'aliaauer l'enseignement
catholique ou nam dt u rain>n et qui ro
pousse comme une absurdité la création
tm «jAijd OH la création subsianilelle. L«
raison porte en soi trois idées foudamen-
lales 1 Pidéfl du nécessaire, celle du po»>
cible et celle du o(Uitinge|il; eo niant la
création fiulutantietle, le paptbéisme détruit
l'idée du possible et celle du contingent, ji
p'admet que l'idée du nécesaaire. Dans cet
étrange sjrstëme, tout est nécessaire, (oui
fr'op^ pir une égale et invincible nâces-
ailé; il n'ya lOus de place pour la liberté
|ii pour la oonlingance : les idées de posai-
itililé propi-ement dite, de liberté et deeoo.
lingenca sont anéanties. Il y a donc de ce
clief une vraie inutilalion de la raisop, Ûb-
lervQns en outre qoe la négation du pos*
<ibl« et du contingent eulraJne la ruine
de la coanalssance individuelle, puisque*
comme nous l'avons vu, celie*oi siijijiom
loojoura cet deui idées,
Enfin, en niant U création subslanliella,
le panthéisme devient impuissant 6 cipli»
4|uer les idées de cause et d'elTet, qui sont
«Ul(i{(il4e la plupart de nus pensées; il les
allftre ùw meote les détruit copplètcment
00 leur enlevant la base qui les porte, c'i-slr
i^ dire en méconnaissent l'idée de causalité
absolue ou infinie.
JI nous ail donc perniîa de conclure que
la panUiéUiDO, en refioutsapt (-umme irra>
ttouel le 4ngnie catholique de \a création,
iblW(i( À la fuiue même de la raisoa.
« Dieu, dit-on, est l'être ni'cfssaire et
immuable, il est |)ar lul-méue ]>assif, saoi
iUi'rté et sans action. ■
Itieu, util (toaiCi csl l'éUe néecisaire cl
APOU)GETIQi;£. CU m
immuable, mots c'est sur son «siHiteBïab
sur son eiislenco et ses allribuls qualombs
rimniuBtjre néces<iité, et nonsurreurùn
de sa puissance. Variable daoi si nsoi^
d'élre, 11 serait imparraïl; nécessité dint
ten œuvres, il serait impuissant. Il D'tiiii«
évidemment, il ne sent, il o'asil queur
lui-même; comment |)Ourrail-il Être M-
tendant, forcé, nécessité dans ses opéralinni.
'arie do sa loule>[iuissance ne produii,
n'atteint <.'t ne modifie, en se maniretuol
par ses ouvrages, qu'un objet élraiig«rl
lui-même ; il pourra donc varisr tans ctui
ses )>roJuctloiis et ne cessera pas d'éiit i»
musble. La raison établit une diKieDct
essentielle et absolue entre l'existeDCGn^
cessaire de In cause et l'existence conii».
gepte de l'eff'et, entre la Torce et sod lelioo,
entre l'agent et les êtres sur lesquels il igir.
Vastre oui lui! sur nous ne varib <fm\
soit qu'il nous réchauffe (]e tm t»yQM,m
qu'il nous abandonne i la rigueur dtjli>
mats. Que rCtemel oi 'appelle du néim»
(]a'il me force A'j rentrer, qu'il exerce»
justice contre le coupable, ou sa boDlttn-
vera l'innocence et Is vertu, il n'ae^uttri
point l'être, il ne le perdra point, il oen
sera pas moins le pieu nécessuiremuil
puisi^nt, nécessairement juste, oécesuirt-
ment bon. pisons-le donc, Dieu estoitti-
tairement tout ce qu'il e^^l, comme il peut
nécessairement tout ce qu'il veut; Ian«u-
sité est dans son être, la liberté dans si»
aclinn, la mutabilité dans son ouwi^.
fleiuarquons même, pour mieux &\ti\\a
tout nuage,-que ce genre de mulcbilué
extrinsèque que la création suppose eillt
conséquence naturelle des perl'ectioas iu-
finies de Oieu, et qu'il est absurde de \f^
tendre la leur opposer. Ici-bas même, il t»
de Is nature des êtres muraux, do l'auloril^.
par exemple ci de la juridictiOD iiu'ui
puisse Tes communiauer ou les faire (irLi
Ciper dans un degré d'autant [dus ffAvi
qu'on les possède dans' uue plus grsuJi
plénitude. Le roîpeuttoul créer, géuériui
préfets, maires des bonnea villes, elc.,1'
préfet, lui dont l'autorité est déji liiu'i^''
conitiiueseuleineut ies maires des cumiuu
nés d'ordre inférieur; le pouvoir du n>ii'«
enfin, se borne au choix (lu ^nle-clut
pétre, etc., etc. Peac, pui^qua Dieuetl
plénitude absolue, noniseulemeot de 1'^"''
rite, delà juridietion, mais (le l'être, ilt
de son essence qu'il puisse manifester i-
ini;Oiii)>arab]es perfections en appelant i
participatioQ de l'ëlre qu'il possède uiSi
lu^nt, tel ou tel ordre de créatures, do
rexi:>lence Qnie et limitée sera unef»!
resseuiblaiiee de son existence éterDcIte
iiiQnie. L'immutabilité radicale, lacouut
Iraliao nécessaire en el(e-utâate de la pui
saute divine, qui pouvait et qui a «ot
multiplier, dans rtaimeDsi*.â de l'es|ia
les innombrables témoins de son ellioc
sans bornes, serait une stupïUe négaii
de Dieu et du monde ; elle ne serait éga
en absurdité oue parla mutisme îuu)
aui^ucl riucrOduliié et riudUfOicuca v(
•ntcrma^km jpMjogëtiouk. eut s«
. . . _ r Weo, m déelaranl h sons l'acte libre avec U fonàt mtmt de notrt
■rirade ivpouibl». Bt d'iill«an, comment txiiteiKe, il démît dire que c'est précisé-
noaaM.qnaMpoiir lai'némennmjrslère, ment parce qae- nousne sniumes pas créa*
quaenilpresquerien de «OD Ame, qui se teurs qu'il en arrive ainsi. Hais Dieu, qui
InadiinBa loceasaaiment, sans qu'il puisse, est créateur dans tonte la rigueur du terme,
fasMiM ■aaiftrct te Pexpliquer, par la ne Tait rien en dehors mec le fonds de sa
HDiksIslJDi de mille pensées et rolontés propre existence, parre que pourcrénrcs
ArMcsstiOBTent cootradieloiras^oserait- qn'il veut, il n'a besoio d'aucunemalière, ?
ili'iUiqeer aux actes de la Totoalé créa- soit inlrin^èque, soit eitrinsèque.Poursui-'l
kittiBiia et simplef , il est vrai, dans leur vous. i^
CMean.aaisiDflBisetiiiaoccssiMesTDieii . u créaliott ditioe est de la nâmc '
«I, al 11 est uBBoable, non de cette im- nature •
MKiaaUWliMeisailiellenefilacliTeel •"•"<>■■
Uiiaiil fteonde. Le monde eiilte. s» • Dieu, s il est une eauH, pe«l créer;
MUUclaes liailes procleeieM, Jusqul et. s'il est une ceose absolue, il ne peal pas
thUum, qna son exlslenee n'est pes ■• pas cr4er. m
■liiM'iu, oti'ii o's pss en lui la rsiso> Donc Is créslion est nteessalre, et Dieu
omlieHa rie aon être, qu'il n'est, en on n'est pas litire. Hais si Is créslion dirina
Ml, M M subsiste que par l'setion tout»* est ris ta siAite lutHre que la création hu-
rauHils de fa Tolonlé créatrice et conser- maine; si celle^i est le l;pa de celie-ii, et
'ilricsidone la création et l'immutabilité si la création dirine est nécessitée et nou
fi'iaeianl d«os glandes vérités coeils- libre, que deriendrs la création humaine.
lislM qui s*aflireaeBt loin de se détruire; et per conséquent la liberté de l'hoinmeT
^l'« oeponnaitesssyerd'opposerruoe Devons-nous regarder Oien comme libre.
I l'nirs que par le pins étrange aboa de la parce que l'borome crée librement; ou Eiut.
niieii, il conaidérer la liberté humaine comme
hisons aux erreurs du rationalisme une pore illusion, parce que Dieu n'est
fclMIiqns sur cette maliére. P*^ bbre? Qoei embsrrss. et comment en
1* r_ M^ A 1. ,_i sortir? Si nous nous en lenons ans paroles,
t Ç«;si. : . Créer est une chose triS|TM „„„ p„„„„, ,j„pi„ „,„( d„, j,Jj ,e„;
Mcile 1 concevoir, car ç est une chose ,„, „^, ,„„,,„ (.l" ,„, „,,, ,, „„„, ,,i.
qsiaoDs IiisODsk toutes Jes minutes:» J,„. ,„,(,„, ,„e„Sion soi principes d»
ira, nous créons toutes les fois que noua b. Coïsin, à lout le corps de a doilrinc.
fcsMsonacte libre..- Aiusi causer.çest j ,„ déclarations les plus précises et les
ofcri Duis avec quoi? avec rienî Non, p,,„ ,|,i,„ „„„, ,„f„„, L, fe second
»«. doule ; tout au conlraire, arec le food i,„ „, ,, „„, p,,„,ii,|e.
stiue de notre exislence,cest-i-dire, avec „ ,., \ , ^.i ,
iMle nolreforce créalrice. a.çc toute noire ." "l"' ' '' •" ""' f ""• >»"' '!^'" "
'.s«lé. tome noue scti.ité voionteire, svee » '' "' ""» ""'" «'«"lue, il ne peut pas ne
>lis personnalilé. L'homme ne Ure point 1!" "*!,'■'''•", "f'",i '"]"',"■'■ '^ "' l'
U nfabl l'aclian qu'il n's |as faite euioi», "re pai du néanl, il le lire de lui-même, de
«qu'il va lairo; il la lire da la puisaauci """ pui's'nce de caosalion et decréation
m'ilsda la faire, il la lire de luiHnéme. dont nous aulrcs, laib es hommes, nous
V.iU le Irps d'une création (660).. » pojsédons oneporlion.el loule la dilTérenc.
,^ "^ . j „ ..L de notre création k celle de Dieo est la dif-
LIUB0ie.Ofiénnldsnslsctelibreeomm> (B„„i;e générale de Dieu t l'homme, la
o«e aeooode, et non comme cauaa pre- duérence de la cause sbsolue è une cause
•*re. ne peut «ra appelé vériublemanl „laiive. Je crée, car je cause, le produis
rtttor. L scie libre »t une vmo création „„ effet ;... mes créations, comme ma force
JJéaoménale. pnaia I homme ne peu; se crtalrice , sont relsllves, cooliogentes.
SlonOer riu privilège de celle crésUoo, |„n,é„; mais enfln ce sont des crésiions,
3« auaut que U cause nremére, c est.»- „ u „, ,, ,,„ j, ,, conception de la créa-
i:L!^, TÎL" ^"S'^^^ '^JZ'^ Uon divine.;*^
amneoL U est donc absurde de considérer „ ... , .^ . „ ,...„„..
b voliUoo bnmsioe comme la tjpe esset «»"« '"i" loujonrs dans I anlbropomor-
tolacréalitw.Iln'esrpasplusrainnnsUa f^S.'Tf- ,"' «>«"'• SI" ''•••' "<• P«™8u
fc demander avec ««.lirciiis Dieu erée ce P^tiJ?"' I auteur a dit que nous produisou..
1«il erée; car.ai piirdesB on eoModcous, 'acte libre ae« I. fbeds d, noirs aiiilnu..
kraus, c'est Bieilui-mêmaisi psr deZ de même ici il dit de 1 univers que Dieu k-
sn «Sid I. aaliàrs aiec IsquelleTonvrier ""'• '•'-?''"'• "-^ émanalisles de 1 ludc
librique son nuvrage. je dirai que l'idée >"> l!"»'" "" "» °"""«'
itaJa da création eidul par elle-même « Dieu, erée doue : il erée en vertu de sa
lacts matière. Tel eat le sens de celle puissance créstrice; il lire le monda, non du
Wiapbore vulgaire al expressive cr^ ris néant qui n'est pas ; mais de lui qui est
ries, méleptiors que U. Cousin censura l'exislenee absolue. Son caractère. éminenl.
hijusleuienl. Quand il ajoute que noosfai- élanl une force créatrice absolue qui ne
<Wj /sIrW. i run. 4i la rM.. H S. '
9n CKE, IHCTieiiNAmF. AMMjdiCEnQ^IB.- CRI, m
peut PM MpakpMisr-h l'acie, il •lût. noM •! «oastiliitir<l« tsdiWne evMtn ibtlan,
qua I» eréaVion est possibld* ouia qu'elle est iroiiiuable. identique av«t lui-mènie; la .li-
Mces8aire;iIsuitqueDieucréaR(uosceuQ rersilô ne lombe que sur le lunDu tiiriii-
vt infinineal, la crealioa est iné|iuisalile et ^ètiue, e'esl-à-dira créer ou ne pu iTéer,
se maîulient cunslamnieiil. Il y a plus : Dieu cruer de telle manière ou île telle autre, li
eréearec lui-mfime; donc il ciéti avec tous tie &ut pas coofundre l'acte iuluoeÂiii
les caractères que nous lui avons reciuiaus, «rec sort ternm extérieur
et qui passent nécessatremcnt dani ses « Dieu e»l donc «is«BlialletMi)ticti[il
oeuvres Voîll), Messieiirs, l'unî^^s crét-, créatpur. >
nécessairement crcé, et maiiifesliint culut {ci est la oonfuaioa. Oui, Dieu est tsm
qui la crée (66IJ. a ttell^meat aelif «u dodioa de lui-miati;
' Qu« te lecteur reudle bien me pardonner» luais il ne l'est point au debon, etc'eslixn
si je lui [larais Bccuiituleriropde cilalions; cela qu'il n'est noinl essenliellemeDk criii:
■lai* )a me crois obligé de te idiro. imup dé- teur, pa^cq que le teruw de t'aole qui eréi
lerminer bien claireitieiit le sens de la doc «si eiirin&èiiue nt aou inlrinsAquel Iiim
Uioe que j'ai entrepris d'expo-ier. ie]Xiur- ture.divine.Dnne peutafnrnieriecoulnBi
tais, du reste, citer plus encore si je )s sans tomber dans tes plus grsailes ibsiri
voulais, mais je me borna aui pusagos les dilés, sans nier la cotitiDgeoce iIm cbosi
l>lus décisifs et les plus propre? k mon dps- créées, Is liberté divine, la mulUpliàiéiU
iein. Ceux que j'ai cités sufÙseol^je crois, substances. Ju ledis,(>arce que si quéju'd
pour fairi! cotm>reiidre (t'uiievaniàrueisctCt traitait mou raisODuenientd'abalfacliwisiM
ce que pense l'auteur sur la nécessité de I4 lutjque, il promerait aarlh qu'il igDWw
Création- Slals il nouy a proipisdu nous ett premiers éléuients de la philosophie,
ptiquer sa pensive d^ins un sens orilioiJoio, « Il suit de là qu'à moins de iéfûm
il est temns d'écouler se» eiplicatioiis ; si Dieu de sa nature et de ses perrecliom u
par hasaril elles renaU^Dt k justilier nos ren «ei.tielles, il l^iilbieuadmotire qu'une psii
proches, il ne faudni'l point -nous blÂuicr hdco essentiellement créatrice n'i pu F
d'aroir un peu, |»our cela, allongé uotre roi- ne i)bs créer, comme une puIssniicB eiM
Mnnemenl. liellement ialeUi|;cato n'a pa créer qu'an
■ Elle (la pbrase : N/ce«iîi/ de la cr^fioti) intelligence, comme une imissoiice 1^
De couvre aucuu oijsièro de fatalisme; elle liellement sage et bonne 11 a pu créer i)U{
exprime une idée qui se trouve |>arloul,daD8 Tec sagesse et bonli. Le mot de ttinnW
loa plus saiulsdocieurt comme daoslesplut n'exprime pas «ulre r^liuse. il vi[ iiicond
^ands pbilosopbos. ■ vablé que déco mot on ail voula linr|
L'exorde promel beaucoup. Mws quelU n'imputer le latalisme uuiversel ((i63|.i
«st cette idéel Ne l'ai-jupaa dit, qu'en se défenilanl,)
■ Dieu, comme rhommekn'agU otQfl poui Cousin connrmeraitmon accusallonllllil
igir que conformément à sa nature, el sa donc le remercier sincèrement de son tpj
liberté même est relative k ton esseocQ. • logîe, carnoii-seulementil repËle, dau a
Si l'on veut entendre ces paroles dans 1« endroit, l'erreur dont il voulait sojaililk
sens qu'elles présentent à tout bomme ri^i-; et il la confirme dans les termes les plu) «
Miunable, elles reulent dire qje Dieu na lennelsimaisil nousfaitpénétrerpluta'il
peut rien faire qui répugne h ses aitribulSy dans les secrets desa pensée et nDusdécuufj
liais entre une induite de contingents pos- les raisons do ses écarts. On voit uooiioq
Bibles qui sont conrormes b sus attributs, assimile les relations de Dieu avec lacra
Bans avoir avec eux de conuex-ion uéws- tion Scelles que Deu a lui-mânie mt>'.
snire, Dieu peut choisir ceux qu'il veut; il tllributs. De même que Dieu en erioil 1
peut créer et ne pas créer; autrement les peut rien faire quisoil iadiguadetuiWfl*
jwsstblcs çonlingouls ne seraient plus con- contredise ses inllniesperreutions; deiM
tingeiits. il ue peut ni s'abstenir du créer, ui tm
< Or, en Dieu surtoul, la force est eilé-i k son gré dans l« nombre inUui ii« am
quale i lo substance, et la force dixine est possibles de création. Dans les dejiC^
toujours en acte. * uécessilé est égaie, et coiame elle esi i^
La puissance divine est toujours en acte, solne dans le premier, elle ne puui '"
parce qneOieu est uQacfe pur, selon la belle moioa grand* ni moins invincible dam 1
«xpreision de l'école que je me plais h ré- second. j;ticu ne pouvait pas plus s'at^ia"
peler ici, sans crnindre les dégoûis de noire de créer l« iDOiid» «L de 1» créer tel ^
siècle; mois celte acte divin qui cunstilitela Mt, qu'il ne peut cesser d'être sage et u'^
divine essence et qui lui est intrinsèque, qu'il ne peut anéantir &es perfectious ""
aucun lien ne le rattache i la création d'unn nies ou détruire sa pro|ire nalurc. >\,^
manière absolue. Cet acte, il est vrai, serap- clair que M. Cousin allribue aux \irOfrte»
IKirte à la créature si, de loute éternité, Dicii intrinsèques ou extrinsèques de Die «I
adécrélâlacréaljon; mais en tant que libre, valeur égale, et qu'il n'éublll >u<^"''^,l
cet être souverain pouvait voulnir créer ou férence entre la manière dont la '"''"'^^
n« pas créer i créer do telle ou de telle ma- Dieu se replie sur elle-même, c'eit-t-o'^
uièretet quel que râl80ndéerel,racteiatetne sur sod essence diviiie, «t celle dool <"
(Ml) Intraé.irhht.JtUpkil.. lecoD S, pag. liict'suiv.
(«2) f>«j, fkU., lo:». I, pag. 24. ""
mtmwattg! ArotmimtLVi
- <9E
■t>|il!aM Mit rOiHfBgfliHk TtosaRflM, tiwna
ide de leur eréaliftli. Hais eomnivot la
vfonJ pliili»o|>hea-t-il dotiopu ot>iitondr*
aclioH5 si ditTëreolesT Cainment n'a-l-il
i> lu que pour les confoiHlre ainsi , il lui
llïil unir diDs la mâisa cat^rie 1m élé-
riili l«s plus disparates, tels uue la néces-
lé cl la coDlingeiice, lenlatilet l'absolu?
telle tfi la sourca d'une erreur aussi
lotine TLarépoaM estEsitiln; la (lantliéis-
c. Suiriul les dogmw de oeUe Ooctriao,
«me il d'j a qu'une seule SHbstance, la
tlinetion enlre les attriltuls inlrins^ues
le» ripporls eilriosèiiues de Di«u n'a au*
Il badeiDeiil : loule cuose est un altriliul
nin} toiil pbéaomdae 4 lieu en Dieu, esl
Mie iulégrauta de la nature divine^ Le
het das paothéisles a tes mêmes oblige-
ixu eoTers le monde qu'eniers lui-mfinie,
lUque, qusnl l la substance, le wonUo esl
ieu; la création est nécessaire, el en inâoie
m^j imp»ssible , en prenant les termes
iQi leur rigueur, parcu q^ue, si Dieu créait
tiuboile, il se créerait lui-uiôme. Tout au
lus pcul-il engendrer le munde de toute
umllé, de nidmo que, selon la foi cliré-
icouei le Père engendre le Verbe, mais il
le jieul le crépr. Voilli comment les so-
'bisoei lur lesquels on appuie la"néces-
4itdg lieréaliou, tirent ttur force du pat-
ItUlMpiutbéîïtiquel
bitUNu-aous un instant pour examiner
bucthemiTÎepar l'auteur. D'abord il rÀ-
iluiiiuitiies fautes & uue peccadille, c'est-
•tlirti uaeeiprassioii impropre qu'il sa
fro;«ie if'eiplitiuer. £/(» ne couers aueu»
^tOri il [aialùatet dit-il, el la preuve, c'est
lue i'idje qu't'lle exiirimu » troute dans ta
Mit pnù pkitoiopbei et dans la p/us iaitUt
Mari. Or celte, idée, la voici : Dieu esl
^f Dèceiiité à créer uu'i ôlre bon el sage;
' Muiie «SI aussi uèuessaiie. ni plus ni
Kiii),que l'uscucu et les nerfuctious di-
mi!. '
^i'rts ïTOlr sTOuâ celle bagatelle, qui,
K'iiig ou le Tuii, esl ropiuiuu d» pltu
'>*i'i fliiloiophu el da plut taintt diteteuri.,
'*J0uU: l«mo{ de nécttiili n'ixprime poM
"rttAui. Ruus le sovions Irés-bien. U al
*9KnahU qvt de ce mot «n ail voulu firçr
>9i»pultr te fatatitme univtrtel. Ûais
Jitji^e dune quelw fatalisme uuÏTarsel,
mon celiî Peul-on faire une profession
tiililisioeiilus cUtre, plus précise, plus
"'«•lut eelbi que fuit l'auteur, pr^isé-
Hiilili'ut le lieu iiù il veul prouver qu'il
'^]»i falalisleT £l qu'y a-l-il de plue l'n-
*^(ca(li, ou bien da croire M. Gouaiu fa-
I^Biur la parole, quand il nous La d&-
H" itii-tuemu en voulant faire profession
•LOoirâre, ou bien Uo toir il. Cousin
***« jusqu'à ce point dnrindulgetice, j'al-
■li dirsitu la boiihMniit! de »es lecleurs T
, «« nwre aulvur s'anima î il (ait de l'é-
/Wice, comme si les ligures de rtiéln-
iwlL'*'"*'"'* détruire J'éTi-Jwico dt«
r ' '^'' J*éc(i«-l-il, parce que je rapporle
'""•'•''icuisasubslauccméuicjt con-
sidère cAlle atittan onmme aveugle «f fatale f
Non, M- Cuiisin. non. personne n*tït
assez Gini)il« pour nier que l'action de Din
il rapporte à la tuLâlanee divine, en tant que
celle siib.«liini;i! ^.-sl la causa librement créar
Iricc. Uais tout 'bon pliilosnpho nii-ra qu«
i'acliim de Dieu te rapporte à la êubttanet,
fi vous considérez ce rapport connue l'é-
manation nécessaire d'un elTet nécessaire*
ment produit par sa cause, si vaus admetli'X
l'unilé da substance, si vous faites la liTuiy
tle l'action identique è rautînnelle-méuiei
si Vousnilaquez la substaiilialité propre des
jllioses créées, si vous sQirmcz queculies-ci
ne sont que de purs phénomènes produiljS
par la substance absolue. Or, que lullo soit
Toire doctrine, cela résulta inconleslui;!»'^
nietitde tout oe que nous avons dit jusqu'ici.
« Quoi, il y a de l'impiéié ii mcUre un «1-
trilHit du Dieu, la liberlé, en biiruiooie svee
tous ses autres attributs et avec la naturp
divine elle'mëiae la
Une s'agit puint ici de mettre en barmonia
la liberlé de Dieu avec ses autres attributs
el avec sa nature elle-niAme; il s'agit da
voir ii, d'apr&s vos propres princi|>es. Dieu
est libre. On ne vous rc|iroche poiut ici
d'accorder à Dieu une liberté bi^nne cl m^v
'(faire le contraire serait uno i(ii|)iéU-], uA
tous raproclio de lui ûter toute liberté. Sil-
lon novs, Qieu est libre sans aucun préju-
dice de se» outres perfeolions ; car ciéur oti
ne pas créer, choisir telle ou telle chosç
dans une inliiiité d'ordres possibles (reinari-
auez que je ne dis point dans nie inlliiiié
0 désordres), e^t également digue cl de sa
.boulé et de t>a saftesse. Selon vous, au con-
traire. Dieu est tteentiëllemenl erialeur, il
nu (leut pus plus s'absU-iiir de créer, qu'il
ne peut changer sa propre essence. Selon
Vous, tout ce que fait Dieu esl si nécessai-
ruiueut uni à le nature même do sesaitri^
buts, qu'il lui serait inipossiblo de fuira la
coiilruire. Qr i s'en tauir i ces termes,
cummeutpveu peul>il élro libre? Cuinmimt
pouvei-vaus vous vanter de mttir» ta tibe'-lé
(M hatmouie avec tout lei autra altributi d» -
Dita «( avec ta natwe divin», si d'après vouSf
Jtt liberté est uue ctiimàret
« Quoi, lu piété et l'ortliodosieconsisteDl
i soumettre tous les aiiributs de Dieu è uu
seul, da sorte que |>arluul où les grands
uallres ont écrit : les luis éternelles de \k
jiiMice divine, il faudra mettre : les dét:rets
arbitraires de Dieu '; partout où ils ont écrit :
il convenait à la naiuro de Ditui, b sa sa-
4Ii.>iise, à SB bunlé, etc., d'agir de tulle uu
telle manière, il faudra mettre que cela ne
coiivetiait ni ne disconvenait h sa, nature,
uiHis qu'il lui a plu arbitrairement de faire
ainsi I C'est la doctrine de Uobbcs sur la
législation humaine lraiiS|>orlée à la lé^^isla-
tion diviue. Il ; a plus de deux mille ans.
i*lalan foudroyait déjà cette ductriue el la
poussait dans VEulhgphroa aux absurdi-
tés les plus impies. Suint Thomas lu coiu-
iiattil dès qu'elle reparut dons ri£uro|>e
vtirélieufle, et on (Ktuvsil croire .qu'elA
avait jiéri suus les coa8é4iuences>iu'on avait
tue M<nrio:4iMiRe amloceiiouk. cm ' ^
itUqae M. CouHB, al qui en iiêinfl tioira
ftrofSsse I« doctrine de Bnbbes, li doetrint
condamnée et combaltue par Piston «i nir
saint Thomas f Quia jamais fait coniijitr
ia iiberlé de Diea dans ie pMToWd'atlértr
les perfections diviees ou l'essence élfr-
Dell* des ohojes, d'agir sur les einuon-
tiogenls d'une manière qui rdpagne k leur
essence, ou aui perfecItOAs oiriBeiT 11;
8 si loin de celte dodrine k calla des dttïn-
seurt de ta liberté d'trine et de la libertf
humaîne» qu'elle est diamétralement Dppo<
Bée i Ta leilr. Aussi furei-je remarquer que
Hul>bes, Spinoaa et tous les autres sopliiste],
adversaires déclarés de l'initnetabililideli
Yérilable morale , ont été fatali'stei. Et '
U. Cousin qui est pantliéiste, et falalislt»
moins quanti la divinité, devrait lu»
rejeter la morale, s'il s'en tenait rigoDren-
sèment aux principes de son sjslime. Kiii
j'ai Mie de le dire, il abjure complélécKil
sur ce point les conséquences de sa ihinrit',
le sens droit, le caractère Kénéreuitt
l'homme ont eu sur lui plus o empira <)H
la iMîqufl , on ne peut concilier la monli i
avec le panthéisme ; en effet, si la suIisUdh |
des pbénomèDes est la substance roSnit dt
la diTtnilé, le mal doit se rapporter 1 Diri
commekson principe, et, dansée cas, ilo'j
a plus de différence absolue entre le bien tt
le mal ; tout ce qui arrive, le juste comme .
l'injuste, étant des oeuvres diviues, eslp» !
lï même absolument bon ; cette doclrioeesl i
en tout celle deSpinosa. Au contrtiH,<A
admettant la liberté, il faut absolummi
reconnaître une loi morale ïinmnBble, pttn
que'Ja faculté de cbotsir suppose rigoureu-
sement une règleélernellequienctrcoiucri-
tel'exeroicQ.Pour la liberté de Dieu coiumt
pour celle de l'bomme , cette règle c'est Dm
lui'mème: c'est-i^dire, la perTuction de ton
intelligence et de sa nature qui embrai»
les essences éternelles et imoiuablet dei
êtres. Si Dieu pouvait agir contre ces <lcui
ordres, loin d'être libre il ne serait plm
Dieu, il s'anéantirait lui-même. En un DlO^
celui qui admet la liberté dans la sphèreilrt
choses contingentes ne pttut retendra et
choses nécessaires, l'immutabîtité de ccllei-
ci étaut la base de la contingence de mW^'
le et du libre arbitre qui s'exerce sur t\i<^
_ — Yoy. PAHTBilSMI.
tirées I*intrépide logiqae dVkkam (883). i
- Permeliet-nous de Tous le dire , H. Cou-
sin, TOUS divaguez, ou tous roulez nous
donner le change. Vous confondez troii
questions Irès-différenies , et , après les
«voir confondues , vous appliquez k une
d'entre l'Ites ce qui oeconTientqn'auxdeui
autres. On peut poser trois questions sur la
tiberlé divine :
1* Dieu est-il libre eo ce qui concerne sk
nature, ses attributs prc^es, c'esl-h-dire,
pput-it altérer son essence ou dierquoi que
ce soit k ses perfections?
S* Dieu csl-il libre par rapport aux es-
sences éternelles des êtres; et, en vertu de
celle liberté , peut-il les romlre autres que
ce qu'elles sont en elles-mêmes ; peut-il,
))sr conséquent, altérer les vérités mathé-
matiques, morales, métaphysiques, et mettre
les choses eiislantes en contradictioa avec
les choses possibles?
3* Dieu est-il libre par rapport aui choses
contingentes, c'est-k-dire, peut-il k son gré
les créer ou non ; peut-il cnolsir, comme.il
lui plaît, tes effets de la création , quand ils
ne contredisent nt les essences éternelles
des choses, ni la nature divine, ni aes
perfections înQriies?
De ces trois points, le dernier seul est
controversé entre les catholiques et M. Cou-
sin. Quant eux deux autres , nous sommes
entièrement d'accord. Or que dit M. Cousin
sur le troisième )K>int ? Que Dieu n'est pas
plus libre de créer ou de ne pas créer, de
déterminer les elTets de sa création, que de
dianger les essencet éternelles et de se
changer lui-même.Qu'objectentk celte doc-
trine les catholiques? Ils objectent qu'elle
anéantit la liberté divine, uu elle introduit
un fatalisme divin dont la conséquence
nécessaire est le fatalisme universel. 11 Cou-
sin s'iudigne kcette accusation, et s'apprétek
y répouiire.Maiscommei)l lefait-ilTPeut-être
en prouvant qu'on a mal interprété ses paro-'
les,etiju'il admet le libre arbitrede Dieu
dans l'ordre des choses cod t ingénies T Nulle-
ment : il accuse ses adversaires d'exagérer
la liberté de Dieu, et de l'étendre des choses
Cdiitinuenles aux choses nécessaires. Ad-
mirez cette étrange manière de se justiQar: au
lieu de se défemlre comme accusé, l'illustre
auteur se tn\l lui-même accusateur; et de
quelle façon? Les catholiques lui repro-
chent de faire la création nécessaire, et il
leur ré|)ond en criant k la calomnie, parce
qa'vnepuiiianct euentitUement eréalriei n's
pflf pu iiepa* cr4er. Les catholiques l'sccu-
i.eiit d'ûier k Dieu la liberté sur les choses
Je l'ordre contingent : il répond que c'est
de la plus grande fausseté . parce que ses
adversaires étendent la liberté divine aux
choses de l'ordre nécessaire. Et quand il en
serait ainsi, quciiid d'autres se tromperaient
sur ce puiul, en serail-il moins ceriain que
U. Cousin, en refusant k Dieu la libre dé-
terminaliOD par rapport aux choses conlin-
Siïulcs, annule en réalité la liberté divine?
lais quel est le critique ortfaoïloie qui
_ I6C3I Fruf. phil., lom. 1, pa(. 32, ».
in.
Dlea »-l41 pa crier la moail
, dalootatlenlli*
Les philosophes et quelques ttaéologlent.
dans leur soif insatiable, de rechercbes
oiseuses ou même téméraires , se soiii p")'
posé, relativement k ta création, dtitrso
questions qu'il importe grandement dei*-
miner i>our rétablir des vérités trop mw''^
nues. Ils se sont d'ebord demandé si |*>
êtres Qnis ne pouvaient pas avutréié trei-'
de toute éternité. Il suEUsail du simple M
sens, peur résoudre par la négative ce fn-
b'ème élémentaire ; mais le simple bon »w
tst trop faciletuenl ouNié quMid o» cHe '
nCTIOEOfilUE AK)M)ÇETIQUR.
eu
Xiê
ttt\t ridlcnls manie. d'oppofilîon et d'indé-
pendtflM qui tourmenta la paiirre intelti-
p>nea Itumaine. S'il est uoevi^rilé firfdentv
ei qat l'on doife ranger su nombre dps
iiiomes, c'est sans daule eelle qui élsbtlt
•l>ip lODle eaase vraïment eflldenle doit avoir
iritethlé i l'ellbl firoduit par elle ; car, si
l'eff)»! H sa cause ont toujours existé en-
senible. l'idée de production s'éranoait, et
pour toute raison saine, l'etTet ne sera plus
lafirodnit de la cause qui l'a précédé dans
l'ordrv de raison seulement, et nuttemeol
(fins l'ordre das réalités physiques ; la cause
(t l'elTet seront alors nécessairement , et an
fuéme degré , les produits indépendants
d'une cause commune qui les a précédés
Tmd elt'iiulre, et qui est la raison dernière
4>lear eiïstence.Leaexemplespar let'iaels
t(t iljévlogiens dent nons parlons prett;n-
éiient défendre leur insoutenable srsième
knat mieux ressortir l'erreur qu'n s'agit
<lc eiMDballre. La lumière, disaîenl-iis , ■ le
tsieil pour caoseefficiente, et cependant le
•oiril, par sa nature même, a toujours été II
Il fois eiistant et luisant , donc t'elTel . oui
eu td la lumière, et aa cause, le soleil,
•ni réellement coexisté toujours; donc la
(«éesisleaee dVM pas une condition essen-
tielle de toute cause efficiente. Ce raisonne-
BMil n'efi eu fond qu'un sophiime : jl est
éèsHHitré aujourd'hui jusqu'à l'éfidence
«Mis Inmièru du soleil emploteSsecondet
klnadiir l'esiiace qui la séparede la terre;
f) donc la soleil, au montent de sa créstiont
<»ii MUté notre globe, cette lumière co*
rvMtiDtti l'astre au jour aurait éié non
(00 fuvduil ou son rlTel, mais le résultat dtt
Il (clouté créatrice, el, par conséquent, la
p^iisl«nc« de l'effet k la cause, dans
ttfu, aussi èTideiite qu'elle peut l'être,
IWBiéUphjrsiciens ajoutaient encore : sup-
fMuis qu'on pied ail été crtté dans la pou»>
llér% j'eufireinta de ce pied sera son effet ;
k piéd, par rapport A «lie , sera une eauw
tériuUeoMDi efBeieata, et cependant l'eF-
litniiatt conisléatecsaoaase. Non, niilte
(liioou ; car, ai le pied avait été créé dans
biuusaièrf, la place du pied ou son eaiv-
Kciiite aonit été fait* parla cause créalrits
alle-mêiw et n'aurait pas été pruduite par
l« pied. Cette place, celte empreinte ne ac-
mui réellement t'ellet de la cause seeon-
ilitr*, deveuue proprement cause elfioianlt,
que lorsque le pied préexistaul, obéissant
ifactiAB dd la TulODlt, se sera posé lui-
nénie dans la poussière. Ces frivoles coin-
paraiauos o'tml dune aucune portée , mais
H a voalu les appujer d'un argument
«Dpruuté à la raison pure. Dieu a eiistéile
(Mi) * Kee, dil Baykt. éUnt inflaimenl boercex
a toi Bil^t cl ■'sT^'it ■ucufl besoin dêi créaUirus,
a'* pu >f oir d'aiiue moiif de les créer que M boiHi
M k déûr de le* rendre heureusf-i, mais licnreuus
d'aa boebcar ^al tes perrecliontie, <)iii les éubliue
M )« waiBlkone dans l'ordre et la justice ; «r la
iMlé 4e IbM doit eue d'accord avec sa Minieli.
f«blHmiMipas avoeés par la siim raison. 8o-
UokaCMlIna, M(MUaire.hs Dica inliéBMal
t« mnil mûét iom fqm dcincl penr dooner
toute éternité, donc il a pu créer de (ouïe
éternité, donc il a pu être éiemelleiBent
créant, donc la créature a pu être éternelle.
A ce raisonnement frÏTolé nous répondrons
simplement : Dieu ne peut pas acluer un
cercltj carré, il ne peut pas faire que deux
et deux ne fassent pas quntre ; donc, nuisi^ue
la créature est essenlietlemenl contingente
et successive, Dieu, tout Dieu qu'il est, ne
peut pas et n'a pas pu la faire éternelle. Le
temps, et l'être contingent on la créatore
sont deux choses inséparnhles; or, avant.le
temps et, parconséquenl, avant la créature,
it j a l'immense éternité de Dieu. Et d'ail-
leurs, l'élre élemel est, par son essencp,
nécessaire et iuQni ; on a beau dire qije,
quoique existant de toute éternité, la créa-
ture n'en aurait pas moins dans Dieu la
raison de son 6lre,ators même qu'elle aurait
coexisté avec Dieu : cette assertion ne
serait, a» fond, qu'une véritable logoma-
chie. Si l'existence de l'être créé n'ajsmafs
été si^parée, de fait, de celle de Dieu, ce ne
sera point Dieu qui aura limité l'être créé
en le faisant ce qu'il est ; il aura, bon gre,
mal çré, son principe en lui-même ou faurs
de Dieu, oe qui est absurde.
|V.
Double DMUIe dali vslaotédcDin.ae wéinl,nflalM
«ittrieuraKlebaah«w<leiMGré*Uret — WAiMloi
de Biyle qui o'admet qu« le demkr noUT.— Mal per-
miipourun plu* gnud bien ; démoaslraltoo. — !■ re^
•ralièUanM polot de ne du bla i âotral. — DIca pMt
.ulalMerlectloM iapunll— UrutaDon de f iwfqoaa
l»ndo»ei de U. de LuaenulL
Dieu se sufBt k lui-même t indépendant
d« son ouvrage, sa volonté est sa loi el son
motif; il trouve dans la jouissance de ses
perfectionsinfiniesunbonheurinfini Domuta
«lies, auquel par conséquent tous les êtres
eonliiigenis ne sauraient rien ajouter. Il a
done été snuverHtoeœent lilire dans l'acte
de la création; il fiauvail créer ou ne pat
«réer, tirer du néant le monde que nous
habitons, ou donner la préférence li un
autre momie supérieur, inférieur oii égal.
Voilé, ce nous semble, le seule consé-
Înence légitime du principe de l'indéiieU-
inue divine, également reconnu (lar lus
philosophes et les théologiens. Eayla ne se
omiiente paa de celle conclusion; selon lui,
Diuu, n'ayant aucun besoin des créalunia,
n'a pu donner l'exiatence è des êtres intel-
ligents, que pour exercer sa boolé {Mb)<
mais c'est \i faire sortir d'un principe vrai
ce qu'il ne contient pas, c'esl en conclure
une absurdité et une im|)ossibilîté. Cea
paroles sont dures, nous devous les jus-
tifier.
l'ciisleoee k des konnes qal, après avoir été
preiqiM loua malbeureux dans ccllt vie, vont lUfMr
dans l'autre les tourmcnis burriblei de la dautiia-
lion. On parle de péclië. et en particulier de celui
d'Adam, source de luus iéi autres ; mais contuiRnl
en Dieu bon el sage a-t-il fait dépendre Iq sort do
tous de la fidétitt d'uu seul T Comment un Dieu
saiflt a t-U laiué le pédtâ pénéiror dcaa te
MCTI0Ï4!<AIRE APOtOCETIQUE.
Quoiqu'il ae suOIso k lui-aiéme. Dieu, en mimes «tlrlbuU dtiu las dont au'i) csnart
se d^-idoDl 1 créer le monde, a nu filre (16- .à s«s créatures après lu avoir lirtes du
lurmîaé par deux molïTs : celui ue sa gloirr néant, dans les éromlions SDcceuiiei qu'il
Ultérieure, et celui du I)onbeur de ses créa-^~ leur fait parcourir pour J'accompliuetDni
lures. Le premier de ces molîTs est certai- de leurs destinées. Que penser d'ailltun
tiemenl hors de toule proportion aiec le *" — "" — " ■' ' "
second; 'pourquoi celui-ci serait-il le seul
mobile de la Tolonté créalrice? Entre deux
.raisons d'agir d'uoe force trèa-ioégale, U
st^Mse infinie le serail-ello arrêtée fc la
niuias décisîTeT N*élait-il pas plus digne
d'elle de les prendre toutes deux en consi-
dération T Oui, sana doutCi et la doctrine de
l'Eglise le montre admiralilemenl. D'après
son enseisnemeul. Dieu Teut teUemenl le
Jjonheur de l'ange et de l'homme , qu'il les
M créés pour les faire eulrer en partage du
aien ; mais on comprend qu'ils ne sauraieul
xlevenir ses enfants et ses hériliers, sans
VAIre rendus digues par leur piété filiale
de cette sublime destinée. Quoil un bomme
«le l>ien croirait manquer de sagesse en ne
se proposant pas dans ses ceurres de rendra
hommage è ranleur de son être, et Diea
lui-même aurait eu des vues moins hautes
que sa créature T £n faisant servir des Imes
libres h publier sa gloire, fl les honore
elles-mêmes incomparablenienl, et il serait
forcé (le renoncer h ce dessein.
Il ne le peut pas. L'homme a tout reçu
de lui, il doit donc lui témoigner sa recoii-
uaisaaoce comme h son bienfaiteur , lui
obéir comme à son roi, l'aimer cornue sou
Itère. Ces devoirs sont sacrés, ils prennent
our source dans la loi éternelle, iaimuable>
«font Dieu lui-même ne saurait dispenser.
^ Pourquoi d'ailleur» TeHl-«n que le créa-
tion n'ait eu d'autre oÛ^t que de mettre
an exerciee la bonté de Dieu toute seule, à
l'exclusion de ses autres attributs ? La bonté
ne trouve-t-elle pas dans l'vssence inânle
MO développemeut nécessaire, aussi biea
que la puissance, la sagesse, la justice et la
Mintete? Ces attributs ne «ont -ils pas
égauxT I^urs droits ne sont-ils pasideuli-
quesT Kst-il possible k Dieu de donner la
iiréférence k l'un sans porter atteinte aux
«utroN? La laibtfisse de notre entendement
nonH fbree de décomposer la nature divine,
jfia de la considérer sous ses différents
aspects, mais en soi elle est nneet indivi-
«ible; l'action de Dieu doit participer de
cette unité en reOétanl chacune de ses per-
fections dans une part égale. Le cbrisli»-
liisme a bien compris cette nécessité. Il
semble, h la vérité, donner immensément
k la bonté, et mettre, pour ainsi dire, k son
Service tous les autres attributs ; mais c'est
après leur avoir donné sntisfaction par l'in-
rarnattOD, par les souffrances et par la mort
du Fils de Dieu. Cependant ils ne sont
point enchaînés, ils sout seulement suhor-
Uunnés k la miséricorde.
CVst qu'eu effet il est impossible que la
livoté Agisse seule. Et d'abord il tuk faut
iiufl matière sqr laquelle elle s'exerce, je
«eui( dire, des êtres intelligents dnns la
création desquels Dieu a d^ik défiloj'é &a
d'une bonté a'exer|^nt sans disceraeneni,
sans sagesse, sanajuslicelAsiuréKeiitelto
serait indigne de Dieu.
Donc, le grand principe de Bajrle «M non.
seulement contestable, mais iosouteOiblt.
Si l'on trouve que nous alloni trop loin,
bornons-nous k dire •|u'ii ue saortit (in
prouvé, rela nçus suflit; car dès que lu
londement n'est pas solide, l'édiSce ae peol
l'être ; le principe étant ébranlé, Id eoiu6-
quences oe sauraient rester debout.
Hais eussions-nous accordé que li bnnlè
aeule a dû pré«iderk la création de l'uni-
vers, on ne serait pas plus avancé. Fou
être autorisé k conclure que Dieu n'i pc
permettre le «lal, il faudrait d'abord iw
prouvé oue ce mal n'est ui utile, ni nécM-
aaire k la perfection de l'univers, ou di
moins que ses avaotages oe balaoceol pu
ses iocoovéni entai; on n'en viendra jamiii
k bout. Dieu déteste souverainement le i
péché, il le repousse de toute la puisHnce
de son être. Si^entre une iulinité de mondet, '
dont l'exemplaire est éteroellemeni présent
k sa pensée, il en a choisi an où le péeU
tient une ai grande place, il a dû être dé-
terminé par des raisons d'uiie imporlinu
infinie. Sans les connaître, noua pouriHii
leasupposer; les Dotions lesplossimnlestle
sa sagessi, de sa saioteté, de sa booie, doui
/ conduisent naturellemeut. On n'oienii
condamner un homme sage et vertueux lur
une démarche équivoque; plus ii sembla
s'aventurer, plus on se sentira porté i
expliquer sa conduite par des motifs d'ua
ordre supérieur. Serait-il défendu de rei-
aonner de la même maulire k l'égard de
DieuT c'est impossible.
A. la vérilét soutenir qu'un monde ok il
j a du mal vaut mieux que celui où il sa
ae trouverait que du bien r c'est eu sw»-
reuce défendre un paradoxe; rieo aeil
pourtant plus vrai, et nous espérons le éè-
montrer avec la dernière évidence. Oetu
vérité , eitraordiaaire au |n«mier coa|i
d'ail, oe choqua pas les idées reçues, «a-
tant qu'on pourrait le noire; el/e iroun
son explication et sa juali9aatioB dans ce
aue nous voyons tous les jours. Las jardioi
e Versailles sont une merreilfa; l'irl »
épuisé acs resaources |wur y muliiptier lu
ombrages, les eaux jaillissantes, les iipi)
de verOure, les grottes, les bassins omèi
(lu statues, les |>.-ilais enchantés ; que sjii$-j«7
Tout ce qui peut plaire k la vue, tout ce
qui peut Qaller les sens et l'imagination t'j
trouve rossemblé, on y renrontre mettre
quelques sites agrestes et un nen sauvogn
qui sont comme l'ombre du tableau ; en un
mut. c'est le derniur efforl de la puissauix
et de l'industrie humaines. £h bien 1 I*
aimnie nature l'emporte de beaucoup : »>
ëévercs beautés rcmueai le cteur, fra|>i«i>l
l»uissan<e et m sagesse. Il dcploiu ces l'imagintiioa d'uue bien i>tus |>ui»Miii*
us
CBE
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
IHF.
BI4,
niHoièra. L'In-iiitiie est faU iwur la luUe et
lu Jan^iT, il éprouve un Ber plaisir à èlra
ijiiKiiii du gIioc des élémeiils, h enlendru
I« muijisseuienl de la icnipéle, i conlenipler
6f sublimes Ijnrreiirs. Le monde eïl beau
Je «es ciifitrasles; arec ses risDls pajsagos,
in Tralchcs vailles, ses cnuranis d'eaux
jutislbles, btdc SCS vergers, ses vignes, ses
l'iairies, il ne serait que gracieux et élé-
^inl; Mtec ses moningncs, ses torrents, ses
|trécipi»s, fi est suUjiuo.
Saint Augustin, fjui a lotit tu, svaft Lii'Q
ïnD[iHi celle vérifë, et il n su en faire l'np-
)iliiaiiOD au monde morat. Selon ce grand
docteur (66^, Dieu n'aurait crëë aucun
ns'< ni aucun tiouime, si en prévoyant
Icars péclics, II n'aVdit connu aussi com-
otni II pouTBil tes faire servira l'avantage
te bons et h ia perfection de son ouvrage.
Il Dialics et le châlimrnt des coupablis
nlive, eniliellit, fait éuinter dnvanlBije la
Minleté et le bonheur dts Justes; le péché
iltTient l'occasion des plus grands prodiges
de la sagesse et de la bonté de Dieu. Ainsf
Il perfectior. d'un poâme natl du la diver-
«lié des caractères, île la lutte des passions;
«ti rÎTalilés de gloire et d'ambilioii, dus
Kènes variées du combat et do Ia viuloirt',
de 11 Ininfl cl de l'amiliii, de l*amuur e( do
W letigesnce ; ainsi Is simple langage em-
Vnmie toutes ses be.-)Utés aux Quences, aux
MArtiies, aux Oppositions des paroles, des
(■eûtes, des scniirnenls. Ces contrastes
Mnimvvenl dans l'homme, dans la famille,
iJjeili uiion, dans le genre liumain, dans
niisiarre, tl^iMS l'univers; c'est la poésie et
r^fft|oence , nrtii des paroles , mais des
tbOKi, que Dieu, source première du beau
*l duTrai, se plaît 6 faire éclater'dans toutes
ftiviTTcs. L'Ecriture nous l'enseigne en
KriDti formels : • Le bien est conlreirt]
•B Dul, tarie i la mort et le pécheur
I rbomme iusle. Cnufidérez tontes les
W'rej da Très-Haut, tous les trouvère*
lOHjours deux ft deni, et l'une opposée i
liDin f6e6). >
Si ta mal jieat contribuer h la pcrfeclion
da nonde, uniin|uoi Diuu ne le permettrait^
il|>asTPar boulé! Mais renoncer i un plus
riDd bien h caose des inconvénients, <^e
u'ut pas bonté, c'est faiblesse, c'est dérai'
uo, lorsque ces inconvénients ne balan-
"nt pas les avantages. Une mère serait
li'lmée, qnî refuserait son consentement k
«lia o|)ération douloureuse mais nécessairs
ï 11 sauté de son dis. Il thut mesurer l'é-
Indae da mal snr la grandeur des résul-
ttd.afin de joger s'il a été raisonnable d»
It penueltre, c'est un simple calcul k ftlre;
Saosdonle la permission du mal est désas-
treuse pour les réprouvés, et il n'en résulto
lunin bien pour eux. Uals on ne duft pas
wi toDtidértr isolément ; il f^ot les etivisa»
Vf dins t'eiisemble de la création et voir l«
Plin qu'ils j ocnifienl. Si les réi^ooTés
liiieoi seuil au muude, la conduite <le Dion
<«ei CM b fNnr. lit. ir. di. ir -
riWi KwlMuiifM, ch. iiiiii, 1. 13,
l leur égari) serait loi'le dilTûronla : ou il
Tes aarait luisséb uaiis te néant, ou il em-
Rloierait dos moyens Bitraordinafres pour'
ts convertir et changer leur malheureuse
destinée. Cela est évident, les réprouTés
ayant seuls reçu l'existence, ce serait Te
mat pour le mal sans aurune compensation.
Au ronlraire, les méchanla font partie d'un
tout immense, où le mal de quelques par-
ticuliers produit le bien général; la bonté
de Dieu doil^lle faire céder l'intérêt com-
mun h l'intérél prîTé ? Ce serait une bonté
bien dépourvue de raison. Que dirail-on'
d'un roi qui , par la crainte d'un petit mal ,
R riverait son peuple d'immenses avantageât
ùQS disons un pelil ttinl par comparaison
avec le bien; car, en lui même et par rap-' '
port BU réprouvé, il est épouvaniable. C'est
de lé que vient la confusioiA des idées; on
se représenlf) vivement les sujiplices des
damnés, puis venant ft songer que Dieu est
leur créateur et leur père, ut oubliant louia
autre penstîe, on ne peut plus comprendra
comment il lus s laissés lomber dans des
maltienrs si horribles. Oui, Dieu est le père
des réprouvés; mais il e^t aussi celui des
élus; il est do plus législateur, juge, mo-
narque, Dieu, et il doit régler son ociioii en'
conséquence de ses diiïérents titres. L'tioni-
nie IiM-iiiéiiie n'esl-il pas obligé de concilier
ses différents devoirs, et deïes subordon-
ner les uns aux autres selon leurimportaitco
n-lativeT Son litre de père le disponse-l-il da
ce qui lui est commandé par sa qualité de
citoyen et de sujet de Dieu î
firntus est allé trop loin en présidant luî-^
même au sup)ilice de ses QIs ; le sage poëie
(6flT) n'osant le justifler lout-î-fail, renvoie
le jugement de sa conduite è la postérilé;
el, au lieu de donner des louanges 6 sa fer-
meté héro'ique , il se contente de plaindra
son infortune; mais si, snns étouffer les
Sentiments de la nature, l'intlexible consul
eût laissé la loi suivre son cours; et aban-
donné il son collègue le soin d'en l'aim t'a)»-
plication aux coupables, personne n'oarail
songé k lui reprocher un patriotisme bar-
bare;on le blftmerait,au contraire, s'il ■•
tût opposé à un exemple de justice néces»
saire h l'afferoiissemenl de ta nouvelle ré-
publique.
Lorsqu'on nous représente un vieux guer-
rier plein d'honneur, slndignant à la nou-
velle de la fbile de aon Gis devant troia eO-
Herois , el aîmsnl mieux le voir mort que
déshonoré, toutes les Ames s'animent de se*
5 énéreux sentiments, c'est un ni général
'admiration arraché par son héro'ique en-
thousiasme.
De nieme n-t-cn toujours admiré la mkn
lacédémonienne , lorsque, armaiit lejeunti
soldat du l)ODclier pour la première fols ,
elle lui répétait celte fléee et laconique ex-
hortation : Atee «h «ht. Nous pourrioii*
multiplier les exemplea de ca genre; ils
MDl dans la mémoire de tous les bosaoM*.
(M7) EiMMe, HT. vi. '
McnaKKAïKE APOLOceriocc
|Mree qu'ils répondent lox plus nobles sei>*
tîmeiils de noire Ame.
Dieu I eu d«s raisons d'uns imporlance
souTeraina [>our jiermettre le ptabé, s'eii-
sait-îl qu'il doire le laisser iminim T Peul-
ili uns cesser d'èlrs jusiei d'Être saint,
.c'est-k-dire sans cesser d'être Dieu, traiter
de la même manière les lions et les né-
ehsnlf T Le peut-il nième saascesser d'être
bon? Ne sersil-ce pùs encourager l'inçiie
I se déijreder de plus en plus par le crime»
«t le juste è fouUr aui pieds une jQstice
dout la privation n'entraînerait aucuocliA*
UmeniT Voilé les questions auxquelles il
but d'abord ré|ioDdre. Or, on ne uuraîl le
nier, sauf quelques hommes qui se lien-
nent k l'écart du genre humain, la réponse
de tous les siècle.^ est unanime, le vice et
ia *ertD doitont éprouver un sort diCTéreut.
Hais la justice de Dieu read>etle eiacte-
ofienl h chacun selon tes œuvres dans la
vie firésente? L'histoire du passé et l'ex-
périence lie tous les jours nous aileslent la
toiitrsîre en nifime lemps.Nes'ensuit-îlpat
qu'il est une autre vie où l'iiomme est traité
selon sc-s mérites. Tous les siècles ontac
ceplé cette conséquence; c'est U foi du
gcure humain.
JeneureiiéteDnepas.lapuaitionda vice
et la rémunération de la vertu s'accordent
avec les idées lus plus pures que l'honrme
■il pu se former de la Divinité ; au contraire
l'impunité du crime contredit les notions
les plus claires de !■ nature divine, elle fe-
rait douter de l'existenco de Dieu. On la
coœprenJrait, si l'on roulait un moment
écouter la raison toute seule- Mais, pour
juger »«ns prévention, il faudrait ua uo-
uienl se dépouiller de ses passions et être
tans iutérél dans la controverse ; il faudrait,
|)Our eiosi dire , se placer eo dehors du
iiunro humain et de ses destinées, afin da
considérer, en oliiarvateur impartial, l'en-
senihlo des lois du monde e( leurs résultats;
le ninibeur eit qu'étant intéressés dans la
question et voulant céder au vice sans per«
Ufe les iécom|>enses de la vertu, il nous est
presque impossible de conserver la liberté
ûti notre juj^ement, et du ne pas favoriset
l'erreur qui nous met à l'aise, en nous dé-
livrant d'une crainte importune.
Il ne s'agit pas d'aOlrtuer que Dieu aurait
pu faire un monde où le l>ien seul eût ré-
Hiié, la question D'eslpoiiit là préseolement.
Luasuiis maintenant ce que Dieji aurait pu
l'»ire,parlofisdeee qu'il a lait inotn: monde
vst mêlé de bien et de mal , comment duiti
il être gouverné t Voilk le point de ta dif^
liculié. Nous nous metiona souvent à la
iilaue de la Providence, et c'eal ce qui noua
Uil déraisQiiiwr, parce que noas formons
des plans, non d'après les idées divines quj,
BOUS sont incoDQUM» loais d'après nos pru^
|ire9 psuiéea ei le plus aouveut d'après dos
ywfliaiu aveugles; s'il éuit pqasible quoi
nous affranchissant de la loi commune, Dieu
BOUS cootiAt l'fliercice de sou autorité dans
(MA) EtfKÏiw rf'KM phUcicpkit, t. n, pas. St.
le gouTernemenl du monde, noDi piraXnit.
il sensé, équitahle de laisser par l'impuniid
la champ libre au meurire, à la Ijraniile, i
la rapine, i l'aduliére? Le cri des viciimei
n*appelle-l-il pas la vengeance sur lei <i|>-
fire^seurs 1 De peur d'être rigourem euvert
es forts, Caut-il donc laisser écraser Ih Ai.
blés, dont le nombre est toujours la plm
f;rand7 Et comme les mauvais exemples et
es mauvaise» doctrines exercent louiouti
une longue et funeste InQuence. est-if per>
mis de compromettre l'avenirde rbunuail^i
pour épargner une juste peine A un corrup.
leur des lois , de la morale et des dogmei
de la reliKÎooT Faut-il mettre en un piril
évident I existence mêmede la sociétét pour
sauver le coupable du remords T D'où vient
donc cette compassion étrange pour lei
scélérats, et cette insensibilité pour leon
vicllmes? Un homme sage, équitable, di.
sons même bon et humain , s'il était clû^
de gouverner le monde , ne pourrait j bu
blir la loi de l'impunité, et l'on veulqu
Dieu le fasse I C est trop visiblemiot M
tromper soi-même.
« L'idée même de punition, dît H. de Lf
mennais, suppose que Dieu peut sacon*
plaire dans les souETrances de ses créaluret;
chose qui est destructive de la notion d«
Dieu, puisqu'elle serai! exécrable mémadau
Thomme {iX8). » L'idée de punition os iu|)-
pose nullement le plaisir do la vengesDca,
on le voit tous les jours dans les irihuoiui.
Le juge est ordinairement sans psssion,
bieD souvent il voudrait sauver du supplicu
celui que l'intérêt géuéral l'oblige da eoa-
damner, et ce aentiraent est conforme 1
celui du législateur dont lea lois les plui
rigoureuses sont toujours inspirées par
l'amour du bien public, jamais par on stroct
besoin de puQir.La punition et la vengeini»
sunt deux choses fort dilléreoles; cella-d
suppose, en eETet, que l'on resaent une bor-
riblujoie de lasoutfrance du son eanecali
mais Dieu n'a paa besoin de se venger, il
est asseigrand pour se contenter d'être jusl«.
■ Cette doctrine , ajoute-l-on , décoursga
l'homme, elle lui montrç la vie sous u»
aspeiil sombre et désespéruut, elle pèse suf
lui comme une sorte de destin terrible,
mystérieux, fatal. » VollA de grandes pi-
rules, mais jusqu'ici on ne s'apergoil ;iii
Îue les méchants soient découragés ; plùtk
ieu qu'il en fût ainsi 1 ils y gagneraieU
les [iremiers. Quant aux justes « la craints
de l'enter lés excite A se rendre tous li-j
jours plus parfaits , A multiplier sans fs^u
leurs bonnes ceuvres', selon he conseil us
saint Pierre, aliu de rendre leur prédu^tlM-
tion certaine (669) ; il n'y a point de détoi»
ragemeut parmi eux, non plus que dauJ li
grande société calhulîque où se sont k;
compljs, sous l'influence dea mêmes seuli-
meots, tant de progrès merveilleux, où m
tdriueut eucore chaque jour tant d'admira-
bles'institutions. Si le découragement »
truuve quelque part, c'est parmi c«ux qui
(6«») 11* éplt., eh. I, V. (B.
MCTlOmiAIBC APOIM^IQUE.
CliE
SU
. Ml fwdy U toi «01 promcsseï de la relr-
giiM. En vérité, on ne asitoù l'suteur ■ fait
teiobtemiioiu. 11 co&tinue : ■ Et n*esl-ce
pis de celta doclrine qu'on est parti pour
cMfigner tui hommes que , Tensat sur la
lerrepourjr sultir le supplice auquel l'Être
Muterainement juste et sauverai oem en t
twnWscoiulamDaorisinaït'^ment, la société,
hIoo le plan tiivin, ne devait erre que i'or-
gmiHtioa de ce supplice. » L'E|;iîse iie dit
)u un mol de ckIb ; elle enseitjiiu que bleu
■003 a créés pour le servir dans ce moude,
ifin d« le posséder dans i'aulre ; que la so-
ciété est organisée pour noire rélianililstion,
MO pour noire supplice, La douleur, les
ftJD» de la vie. In mort, qu'il n'est pas plus
ttnisonnablfl d'attribuer nu péché d'Adniïi
al l'inslilution primitive du Créateur,
«trisnaenl pour Iboinme entre les mains
^U Providence, de puissants instruments
fesalut; telle est la croyance de t'Ejflise,
Ettertn elle est [ilus glorieuse à Dieu et
iot utile i l'honinie que les noureaui {irio-
Bfuque l'on voudrait lui substituer.
Si le cbitioieot des coupables répugne
iniallribut* de Dieu, il n'a pu transmettre
tUsoeiélé an droit qu'il ne possède pas,
{doi lie punir ie crimu; il est donc iulen-
^la légirialeur d'établir des lois pénales;
«tksqui eiistPDt constituent une usurpa-
ttM et un alleniat; les couda nioalions k
■Mpfonoacées par tous (es tribunaux de
laltmsont dca assasiinals juridiques; la
MiadnJcs peines înOigée au plus crinii-
■rJdnhoauDes est un acte du violence, un
êiiaéeU Toree. Voilii des principes dont
te eentéqiieoces peuvent isener loin : c'est
aaibcmnies de sens et de réilaiion h voir
l'IIS fculeal les adopter et les Suivre jus-
^'nbouL
Ua iuisle et on dit t « Si la jasiice, ta
agtsit, la uiolttté de Dieu l'obligent ï pu-
atrlecrima, ne robligenl*elles pas égale-
■cutk le prévenir? Sa bonté surtout ne
a tû bii-elle pas uue loi ?» La différence
M grande: ai l'oii me demande pourquoi
Mcy permet le péché . Je répoudrai aussi-
il, avec loua les catholiques, qu'il le per-
Nt pour uo plus grand bien, et c'en est
mn pour mettre I esprit en repos; mais
k l'impanité du crime que peut-il résul-
^, si ce n'est l'audace elTrénéa des me-
nants, le découragement des gens de bitn,
1 en peu de temps le triomphe du vice et
loéantisseaient de la Terlu sur la terre. En
Amot, lapermiasion du pécbé est la source
l'on bien imoieiue, rimjmnilé du coupable
«vrirait ane libre carrière h tous les cri-
M : on ue saurait donc raisonner de la
Mme manière sur deux lois dont les ré^iul-
■ts sont Husi op|H)sés que la lumière et les
iaèbrea.
Il est temps de revenir au sujet de ce pa-
■graphe. Nous avons dit que Dieu a créé
I monde po«r M gloifft et le Iwalieitr de eea
i<Ti)ju«.i.ie! ^
élus: c'eat l'enseignement de rKeriture et
de la foi de l'Eglise; on pourrait uouter,
c'est la croyance au moins implicite de tous
les peuples. « Les cieux rheonlent la gloire
du Très-Haut, s'écrie le Prophète, et le fir-
mament publie le granduur de sa puis-
sance (670). >
. La création est un livra ouvert où let plut
ignorants savent lire; Dieu l'a déroulé aux
yeux de tous les hommes, aliti qu'ils y np-
prennent à le connallre et à le bénir; il ne
IMiurait se proposer un plus grand objet,
car il est l'alpha et l'oméga, la commence-
ment et la fin de la science, de la philoso-
phie , comme de la vertu et du bonheur.
Aussi , d'après saint Paul (671), le Créateur
a-l'il combiné son plan de manière que lee
choses qui ne se voient pa.s deviennent in-
telligibles psr celles qui frappent les sens ,
et il n'a poiiit manqué son but, puisqu'ou
ne trouve nulle pert dans le mopde un
peuple sans Dieu et sans religion.
Le Sage s'explique d'uoe manière encore '
plus netle et plus précise : Le Srigniur^ dit-
il , a tout fait pour lui, même te wiéchtaU ,
afin de le faire unir à ta ghir» au jour
mauvaii [673]. Uais ce n'est pas U toute la
vérité; Dieu a tout fait aussi pour les élus«
tout jusqu'è Tincarnalion de sou fils, qui
e;l descendu du ciel pour notre salut, ainsi
2ueIedécUrerBglisedanssonSynÉboli!(673].
etl,e double vérité fut annoncée par les es-
prits bitinheureui après la naissance du .
Sauveur, lorsqu'ils firent entetidre leur ad-
mirable cantique (674) : Glùiri à Dieu a»
flu§ haut dtt deux, et paix aux AomixM de
onne volonté lur la terre. Que Dieu faase
tout pour lui-même et tout pour ses éios,
cela s'explique facilement, puisque les pré-
destinés doivent , par la méuialion de Jésus-
Christ, être consommés en un avec leur
Créateur. Une seule eho.«e pourrait embar-
rasser, c'est ce qui est dit du méchant ; mais
il est aisé d'en rendre raison et de faire
voir qu'au jour du jugement, la bonté même
de Dieu sera gloritiée à l'occnsion du l'im-
pie. En elTel, ou verra alors qUa Dieu lui a
aceordé beaucoup plus de grâces qu'il n'en
fallait pour assurer son salul; qu'il lui a
présenté dans sa vie mille occasions du
rendre sa prédestination certaine ; on verra
que la Providence lui a épargné bien des
crimes , et que le temps de la miséricorde
étant passé , le Juge suprême use encore
pour lui de clénten'ie, en adoucissant la ri-
gueur de son supplice. On admirera com-
ment Dieu, ne pouvant sauver les impics
malgré eux, a su fairn Survir leur malice h
'l'avantage df!S élus et au bi«>n général. Ces
considérations recevront ailleurs le déve-
loppement convenable; On voit assez, en
attendant, que, puisque la bonté de Diea
' rHuit jusque dans la destinée des méchanis,
k plus forte raison doit-il en être ainsi de
••• entres illributa.
(673) Sfmtote ie VUUl
lC7l) Iv. Il, IC ^ ,
Bf9 £he uicriONMAine
■ GoticTuons. Le mnndH s é(â lire du néant
foar il gloiro de Dieu et le bonlieur des
créatures. Camine l'élernelle société des
élus Blteint parfaitonienl ce double bul et
Me la manière la plus sublime , loul ce f^iri
imii h préparer, A parfecllonner et i pon-
Miiiimcr.cettd société, a dû néccasaircmeiU
«ntrcr dans le pion du Créaleur, l'ojr. Ual.
I VI.
' Oa»tcrton.-~Ladéci)»TertenHoâtmti deM
reieneeê, de laphytiquet t^' foitronùtnir, dt
/« çéotogie, de la palioHiolvgie t ">nl ineon'
'etliabtn met U récit de la créutioA tel quil
ttt eoniigné dont la Gaète.
• Ces dlflieuttés n'existent qlie dnns les
■théories de ceux qui veulent absolumeul
que Hois« «oit un cosmogonisle et un géo-
Ittgue , et qui bnuletenent le tekte de la
. maniérées plus étrange poar le Taire cadrer
'avec leurs bizarres iiiTentions. Hais le pre-
mier chapttre-de la Genèse, inlerprélé com-
ine It l'a été pat- lea Pères desnrcmiers aiè-
'des de l'Oise, par l'illustre wtseman, pdf
4e douleur Auckland el par une fuule d'aii-
ires auteurs aussi reeooimandables par leilr
ortltmloxiequn par letrr science, coupe court
4UI objections involubles, aux ditlIcuUék
innoinbrabliïs qui se présentent dans tsut
ïyslème d'ftiterprétation différent de coldi
qtic nous allons brièvement exposer.
' Au comenccliienl de touies choses Dieu
tré< le ciel et la terre, c'esl-k-dire le soleil,
Iss étoiles, los plandles et la terre elle-même.
Cette première supposition n'a rien qui
■puisse alarmer les orthodoxes » puisque le
aenllment commun des interprètes est quB
non-seulement la terre, mais Iss cioux, of^t
été créés dès le commi:hce[nent, krant l'é-
poque des six jours. Il est Vrai que prosaue
tous les intCTjirdtes, depuis le Vénérable
VàOe, ont cru que les cieux dont il est \t\
tnrlé sont le ciel eœpyrée, la demeure dos
ienhuureux : mais le jésuite Pererlns , uti
dos plus sa'rants commentateurs de la Ge-
nèse, lie fait pas difficuilé de les abandon-
ner en ce point, narce qu'il s'agit éridem-
inenl, dans le récit de Uolse, des cieux vi-
sibles, dé» cieux qui sont l'ornement de cel-
'universi de Ces cieux qui ne cessent de ntt-
1>lîer la gloire du Créaleur. Il faut donc nire
avec lui qdu lés ciaux matériels furent
créés eu mètne tompk que la lerre. Or, les
cieux lualériels ne sont aulro chose que les
astres, puisqu'on a démoiitré 'qu'il n'y s
|ilud de cieux solides, pos oiëme de fluides,
^qui rBuii>lisseut les espaces Célestes, mats
'uM vériiabte vide, fererius dit, li la vé-
Jilét que ces aslrËs, quoique l'ïéés et Jis-
'|)osés «u leur ordre préneiit , u'étaieut pas
APOLOCETIQltE. CRT: a
lumineux , pttîsqiie ta lumière n'ftnit ^i
faite; ninls cnniment coiiceroir dC5 eoriq
lumineux par cUi-mèmcs , tels que «ont l«
sok'it et les étoiles, sens qu'ils eiitoienl ii
'lumière 1 Enlin, des cieux saris astres lucni.
ueux ne sont pas des cieux; dans le InnEij^
ordinaire. Ainsi , en disant que In eiem
'Ont é lé créés avant l'éiHiqne des fiij'mn,
on ne dil rien qui ne sotl conforme «ui in-
ler{)rële$ callioliqups, ou qui ne soil, ttn
moins, une conséquence légilime delenn
Seniimcnls. Ce fut vrBiscntbTablemenlkrj.
poqub de cette créaiion nue toutes les pli-
iièlcs furent peu|>lées d habilanis. CoTnrne
leur liisloire ne nous intéressait noiiii.
Moïse ne nous en a rien appris, el ilrnm
loul de suite il t*é(8t nii était notre rlanthi
au moment où Dieu voulut la peupler dm
Seconde fois d'êtres vivants : cnr ri ptri-ll
qu'une grande révolution, arrivée sur nnin
-globe, leS'araît tous fait périr; eMe^H',
selon la force d« l'orti^nat, vatiUa%,rt
Vaste solitude, scmblsblo h un pajrs dénsli,
inanttof, c'est-ft-dire, selon In furte du nihn
oHi^iiial , un lieu où 11 ne se trouve iilm
tien d» ce qui en foiseil l'nrnetnenl,enit:in
une maison vide de mi.Hjbles. \.t ^r»\\\Tm
û'Of»Ulf>i rend ces mois de l'orît'insl itr
deiotata et eaetta; el cdle de lonaittin t-i '
encore plus expi-essiw, cnr il trmlnilM
mots pnr vatva nomimbui Bt fumemU {V!Sj.
lérémie s'est servi des expressions qu'cin-
plofe ici Moïse, ponr décrire rélal où «liii
Jérusalem nprës sa dévastation par tes Ctul-
déens; et On les trouve aussi emplo^
nar l'saie dans une semblable ocursion.
Moïse poutait-il expliquer plus clsireimni
l'élat ue.déTaslBliou où sa trouvait aoin
globe après la caleslropba qui avait [>ii I
périr ses bahilantsT Ceux qui- ont [Wnsé, '
avecDeluc^ que Moïse eTall voulu décrin;
la confusion ue tous les élénienli <]ui t>iit|
eu Heu avant l'action dos loii génénlet, i
T^ont pas bit attention qu'il suppose Im|
éléments bien séparés* la terre el reauqui
la courre, l'air agité par uii vent vioteni;
puisqu'il BjDule que la lerr>> était toolsiiA-
inergée, que d'affrpusrs ténftbres couvni^i'i
les .abîmes dont elle était inondée, qu'i»
vent Itapélueui souQlail sur les t»\ji- I'
est impossible de dire quelle fut ta c>u«
de celte révolution première. Quoi qa'il o
soit de l'état antérieur de notre plnnêie «
des causesqui l'avalent produit, que Muin
ne nous apprend que d mte oiaïuére tri^
obscure, il nous montre cUireineol ce(|i":
Dieu flt pour la renouveler et la rendre*!
' demeure des virants : Il commence, w V^
niicr joor, h dissiper en partie les épiiKSi'^
'nèbres qui la couvraienl tout entière; i'i"<
' dune : Que la lumière soif ; et celle liiuii^'^-
qui exislail déjà dans ie sojeil ei le* au'r^
• CM* Bteftienc M nop»'
(«15) » PminpiDi, dit H. Onsstll» ( A'AMifMii • la Gwèae
défçUét m mogtitiit la CméM,l807j, la terre éiaîl- eunverte «l*eH. et cet vaut fevéwes 4'iim ■■»»
eU« vide el déwrte T si ce r'«U parce qu'elle était pbéte opaqne cl léBébreasc. fx qui i\'aa«i>uo: ci~
privée tl'au-ct viviints et brgSiiiMâ, duiit iSns déule iJineiHenl point ee cbw» oà IMS Ut éléwesU *r
elle aTaildéJAMpeapléc.cartiiiaepeutiirep^iTé ratent coiilondait. pwsqu'its foni s^ré^ io **
aa cboees^u'on n > pat encore patïeJéei. Ëusuile |rudes mastes. > ^ . <
m CRB DICTIONNAIRE
tsites qus Diea avait formés en créant la
cirl .'676), s'insinue bu Iravers de cette at'
nnsphère dense et optique qui entourait ta
Une, et commence b l'éclairer de ses faibles
mnns. La lUfiposîlion, que nous faisons
la, d'une lumière faible qui conanaence au
liffiuier jour d'éclairer le globe et que nous
àiHins proTeair du soleil, est admise par le
tnn\ Pérérius, dans son Commentaire sur
\i Gtnèie; il suppose que, qunnd Dieu
aiiii lumière, iJ allumât pour ainsi dire,
itiismbesu du soleil, qui étaitcomme éteint ;
luii celle lumière, semblable à celle du
Ké|>uicule, était, selon lui, trop faible pour
nuilre les astres brillants : ce ne fut qu'au
oioinèmejour qu'elle acquit ce degré de
feru. Uais qui se persuadera que l>ieu ait
loulu faire le soleil à deux reprises? f4'esl-il
Bi jilDS simple d'attribuer ces gradations
M lumière , Don au soleil lui-môme , mais
m iibslacles qui étaient autour de la terre
1 ciiJ|jËchaiem ses rayons d'y pénétrer? A»
"rilt:, lu moyen de celle supposilioii, qui
lu iiioi[is D'à rien d'hétérodoxe, on conçoit
ILKmenl, ce qui paraissait auparavant con-
bidicicHre, que la lumière a pu es ister avant
iesoleil, et qu'il j eut une succession de
hniires et de ténèbres, des jours et des
|îli| L« nbbios croyaient que la lumière dont
lu parlé daoi le verset S, fStail le soleil même,
■iptai'eit que par récapiiiilation qu'il est fait
MÉMltucréatioi) daiisle verset 16. (Foj(.D.Cal-
■I, Omam. de la BièU.) Origéne adoptait ce seo-
teoiinmicDait qu'il D'y avait aucune raison de
eiin ;« Ik irois premiers jours du monde aititi
eiiaiakil, tant lune et tantitoUet, {Dt prineip.,
U-", ci.i) Saint Thomas semtilc aussi être de
Uitti. qunil il dit que le soleil eut ^ors une lu -
ùit àfurfailt , laquelle nu lui parjàile que le
foiwjûitr. luette interprétation est inllniment
Kuiarcllf ÇiW celle qi|i admet la création tie
«wrt indëpen dam meut du soleil, sans pouvoir
•ipifr pir conséquent aucun fojcr d'oii elle
•lut.ctqui fï'ii naître une nouTelle dilBcullé
f'-a Dc Mil comnenl résoudre. ■ De ce que les
Wbn r'iiiieBt point visibles pour la terre, dit H,
«°>Mlin(oBn« cil,), B'ensuil^il qu'ils ne fussent
fKl cms! Il est certain que le feu existait, puis*
fKÎnu était QuîJe. Or le ha ne se fait-il paa
WWsaM Jonncr aucune lumière, et b lumière
■■Hlitued'aDcun astre lumineux T Sans doute le
^1 HÎitait puisque Dieu l'avait créé en méiqe
•"^ que le glotte terrestre; car qu'est-ce qae Je
^^Bi parle b Gtnèuna premier verset, si ce
irii coit ToAte immense que nous vuyons parse-
•k d'une innltiuide innombrable de corps opaquei
JI^DiiKH! Hais ces astres éUient restés iiivisi-
"^imtla terre, parce que celle-ci était cnvelop-
'"'■M atiiMjibëre si dens? que leur lumière ne
jfl"'" la pénétrer, jusqu'à ce que cette atmos-
1''^, rendiie perméable aux rayons de ceUe lu-
^1" Pa' Il p«role de Dieu, efll acquis un certain
«f lie Inntparence. Avec cette demi-lranspa-
'"««. Il terre jouit du btenfail de la lumière, mais
*"kiivaeJH ton» mâmcsnui l'occasionnent ou
le des corps mêmes qui l'occasionnent ou
<l°> ui MUi 11 uiurce; et comme elle tournait sur
Wi lie, iinii qu'elle fait aujourd'hui ( l'aplatis-
"""l des pAlct le prouve ), elle en jouissait auc-
""iifTMRl pir les diBërenls points dc sa surface :
*''Jl'il(enaiiredo jour et de la nuit qnl peut
^""r tiiii,e||e„ent sans ifiM le soleil so montre
' >"« tw, I
^'J'nuat au thétriogien, son iQlerlocuICttr , '
PlapnTIAlKR APOtOGÊTlQVE, It
apologétique; cre a%
nuits, avant qu'il ^kûI dans les cieux.
Au second jour. Dieu dilnle encore cette
atmosphère, peul-étre en y envoyant ung
plus grande abondance de calorique : c'est
ce que Moïse, dont il ne faut pas alteiidrs
un langage conforme aux nouvelles déoou*
vertes, exprime par c-is mots : Fiai expan^
sio inter aguai , el dMdat aquai ab aquii.
Le résultat de celle expansion et du calorique
qui la produit est iavaporisalion des eaux,
leur ascension dans l'atmosphère el Je dé*
gagement d'une partie du globe.
Au Iruisiôme jour, la masse des eaux qui
couvraient encore notre ginbe était diuii*
nuée; mais il s'en fulldil encore beaucouj)
qu'il fAt entièrement dégagé. Dieu creusa
alors, par des ruptures et des afTaissements,
un lit immense et profond, liienldi, par
leur tendance naturel io, les eaux sa
précipitent dans oes cavités, et noire conti-
nent parait. Le même jour Dieu revêt le con-
tinent desséché d'une agréable verdurei il
ordonne à la terre de produire des arbrefif
des plantes el des arbres fruitiers.
Jusqu'au gualrième jour, une sombre \\\-
mière, semblable A celle que nous recevons
dans les jours nébuleux, avait éclairé la
terre; mats avant de créer le$ «nimau^ , il
M. J.IIeynBud(dans Ciel tl lerrc.p. 107), s'cxprims
ainsi : i Ne reconnaissci-vous pas que la création
des astres, que \ous intercalez entre la crâiiiun
des végétaux et la création des animqux, prend
place aussi naturellement il la suite iramédiaK de
la voOte du Qrmament aUrlbuée au seouiil jour, ,
que la création des animaux inimédiaiement après
celle des véséUux, sans compter l'interversion qui
résulte de 1 apparition de ceux-ci aiitérieuremcni
au soleil 7 Uaieré mon admiration pour l'elTcl su-r
blime de la méprise, je suis liien obligé d'en dire
autant dc la préséance donnée par l'écrivain sacré
k la lumière, qui, au lieu de intit précéder, devrait
au contraire tout couronner, El, à ce sujet, Tousne
me défendre)! ^as, sans doute, de plaisanter en pas^
sant, CCS oens d'expédients, qui ont imaginé a'ap<
peler id Descartes ù l'appui de Uoïse, prétendant
que si l'étber est le principe dc la lumière, il est
juste de placer sa création avant celle des astres
el de toutes choses ; ce à quoi je consens assuré ■
ment, pourvu qu'ils veuillent bien entendre qu'à l.i
suite de cette grande parole ; El la lumière fui, i|
s'est répandu clans )e sein de l'univers tout autant
de jour qu'il s'en voit en pleine nuiL Qui ne «*t
aujourd'bHi (pie la lumière n'est pas un objet, mais
une senulîonT C'est l'effet produit sur nuire ânia
par les ondulations de l'éLber, causées par un corps
pondérable et perçues par nos organes. OIcï la vie,
vous éiei du même coup la lumière. Reeiifions
donc avant tout un désordre que rien ne juslille.
et dont j'aimerais à voir fa'tre justice, s'il éuil poi.
sible, par l'hypothèse de qnelquo transposition dans
les manuscrits, i Toutes ces difflcullés disparais ■
sent devant l'interprétation que BOUS avons pré-
sentée. Nous ajouterons que le Rat tux ne nous pa-
rait signiller autre cluise que I effet vibratoire pro-
duit dans l'éiher par la parole loulc-puissanre, car
la lumière existait déjà comme impondérable ou à
l'état d'éther, puisque le règne minorai existait ainsi
3 lie l'eau i l'état liquide. Loiiçoil-un l'éiat liijnmu
e l'eau sans calorique et le calorique sans dU)^,
principe commun du calorique et de la lumière qui
n'en sont que des modinraliQu» Ruivaitt certaÎMlil
lus}
vt
savants catholiques eux-mêmes.
On objectera que celte uxrlicalioQ h
violence aux paroles de l'écriTaiu sgd
mais en quoi est-elle moins vraiseniblN
que celle de Deluc, qui cnlt^Dd )ejjoursi}9
Moïse dit avoir eu un soir el un malin u
&U CRB MCTIONNAIRE APOLOGETIQUE. CttE J
oonvL'nnit Je rétablir l'astre du jour dans Ou dira que cette eiplicatioaesinouielH
son ancien domaine : le jour deTail ëlio mais on p&ut en direaulantdacellequiii
marquii par l'apparition de ce brillant lumi- tend la station du soleil sous Josue, a
iiBJre ; la nuit uevait être éclairée parla lune d'une station véritable, mail d'une staii
el les étoiles. Aussi le Seigneur ordonna- apparente; et cependant on peut soult
l-il au soleil de paraître dans les cieni, et ce sentiment sans craindre la ceDsute,qu
4e dissû>er jusqu'aux moindres vos ti ces de qu'il soit opposé aux idéas recues.etii
l'oliscurité du premier chaos. L'écrivsin sa- ait été Qélrt par le tribunal do l'Ioquiiii]
cré dit, k la vérité, que Dieu fit ces lumi- quoique ce système prenne crëdilpamii
naires ainsi que les étoiles : Ficil luminare ........
tnajui, el luminare minus , et ttetlai. Mais il
faut remarquer que l'Ecriture parle assez
souvent selon ce qui paraît extérieurement,
et non selon ce qui se fait réellement ; elle
dit, pareiemple, que le soleil s'arrête, quoi-
que cola ne se fasse pas réellement, e( n'ait di'S époques composées de plusieurs miiti
heu que selon les apparences; aindi elle a de siècles? Nous ne forçons lias plu)!
pu dire que le soleil fût fait, quoiqu'il ne expressions de l'Ecriture que tie le fal
fût pas Isil réellement, mais seulement se- Bullet, lorsqu'il dit que le soleil a'a ^li
Ion l'apparence eitéricure. Eireclivement, trogradé au temps d'Ëzéchias, tnais^mn
si, au moment que Dieu faisait ainst parai- sont uniquement ses rayons qui anliiit-
ire le soleil dans le tirmament, quelque nou- clinéj de manière à produire le phéucnta
vel habitant de la terre l'eût vu subitement d'une production apparente. Au restt.li
montrer son disque caché depuis tant de récildeMoïseétanttrès-succiDCt,elei|inB
temps, n'eûl-il pas pu dire que le soleil était d'une manière conforme aux idées |.u|iulil
produit, était l'ailsur la terre? Un flambeau res, il oe faut pas ; chercher une précisiq
qui u'éelaire pas n'est rien pour ceux qui philosophique et prendra 6 lariguaurUnte
n'en reçoivent pas la lumière; on peut dire ses paroles; il suffit que le fond soitiérilf
qu'il est fait pour eux, au moment qu'il ble, et que la chosese soit passée eilérini
commence i les éclairer. Au reste, le verbe remenl comme il nous la décrit, iuuek
oMoh, dont Uo'ise se sert en cet endroit , ne avant qu'on eût fait aucune découierie s
sigaiBe pas toujours la production réelle physique, OD prenait les (larolea <le Uuu
d'une chose; il siguitie encoie le passage selonfeursens populaire; on disait, en [>n
d'uoecboseà uDuouvelélat.lapréparalioaet séquence, que la lumière avait élé ci^
la disposition qu'on en fait pour produire avant le soleil, que les cieus éiiicnl a
certains effets : ainsi l'on dit, faire de l'or lliies, qu'il y avait des eaux au-dessus i>
tl de l'argent à Baal, pour lt$ contacrer à Qruiament. Les découvertes pliysiquesot
celle faune divinité; faire Caurore el In lé- fait abandonner ces explications, quoiqu
nibret, pour iet amener tucceiiivement iur la les plus communes et tes plus julorisft
terre. Ainsi faire le soleil pouirait si^nilier Pourquoi les faits géologiques qu'on tiei
le faire luire tur la terre. EnHa le soleil se de découvrir dans ces derniers leuiiis '
prend assez souvent pour la lumière qu'il nous feraient-ils pas abandonner l'eiplm
produit : ainsi /litre <e*o/«( serait produire tiou la plus commune sur la créatmu ;
talumiire, soleil et des astres, puisque, selon les ri
Or, c'est ce que Dieu Gt, dans notre expli- gles de saint Augustin, il faut toujuursc
oliuu- 11 ne créa point la substance du so- pliquer l'œuvre des six jours d'une niaiiifi
Itiil, qu'il avait déjà faite dès le commence- conforme aux expériences certain^^T
jueut ; mai» il produisit sa lumière sur fa On dira encore que nous enleveoslv^
terre ; il lit qu'au quatrième jour elle parvint moyen de prouver Te dogme de la i^rùu^
«vec tant d'oJioudauce sur la terre, qu'elle y par l'Ecriture ; mais nous eonservoos M
m paraîtra l'imagedu soleil. Au reste, celte la force de cette prouve, puisque noutD'n
interprétation n%st pas nouvelle; car Péré- tendons point ces premières paroles:'
rius,qui soutient, avec tous les auteurs juifs prineipio ereatii, etc., d'un renouveUïuinD
et plusieurs interprètes catholiques, que le mais d'une création proprement dite duci
boleil, avec tous les autres astres, avait été ot da la terre. D'ailleurs, combien ij'au>r
fait dès le commencement; qui prétend passages peuveulêlreapportôs commepri;
niAiiie qufl c'est lui qui, au premier jour, ves du dogme de ta création I
nvait produit la lumière, est obligé de ne Mais, ajoutera-t-on, tes autres écriïii'
pas prendra à la rigueur le verbe/eci(;il dit sacrés, qui ont fait allusion aux paroles lie
donc que le soleil ne fut pas fait quant à sa Oenite sur la production du suleile'*-
liubsiance, mais seulement ijuanl à celle lu- astres, les ont entendues d'une profluct»
luièro plus forte qu'il produisit le quatrième propienient dite, et non d'une simple apr
iour. Ainsi, selon cet auteur Irès-orttiodoxe, rition. L'objection serait lorle, si nuussu
a force du mot /^tci^ ne tombe {las sur la posions que Moïse, dans lerécit delà t^'
substance du soleil, mais seulement sur .sa *•'•" "'' ■-"'"'" ""-'■* "■•■■ 'i'"nB »iiiisriiii
lumiAre. Or, c'est ce que nous disons aussi :
'i>ieu, selon nous, lit la lumière du soleil
sur la lerru;il laproduisitde manière qu'où
«Il l'iuiugu du iOlcil dans les cicux.
tiOD, n'a jamais parié que d'une s|)|iiri'"
des astres; mais nous soutenons que, <J»
commencemeDt da son récit, il parla '^ "<
production véritable, puisqu'il dit que >!<
le commencoiDeai ï^'.^u créa leciil.c'l"
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
CRE
;iM]i6]ueat toas tes astres , sans lesquels
in ne peut le conceroir. Ainsi il n'est point
iKmiunl que les autres écrirains sacrés
ueiit supposé que ces asires ont été Téri-
ablement produits.
Oq dira de plus que nous supposons, le
jlobe peuplé avant 1 œuvre des six jours, et
|ue l'Ecriture et la tradition ne nous ont
irnipprisde celle population primitive.
Jaii l'Ecriture et la Iradilion parlent^elles
ie ia pluralité des mondesT et cependant
4ertil-on avancer, malgré ce silence, que
«tenlimeol qui l'sdmet soit contraire h la
ti!Si les découvertes aElronomiques ont
Ridu ce dernier sentiment vraisémljlBble,
iour<]uoi les découvertes géologiques, qui
mas montrent des dépouilles auinisleset
li^itles déposées dans le sein de ia terre
ungUmps avant l'époque des six jours, ne
eDilnienl-ellespas aussi vraisemblfible le
«niaient que la terre a été primitivement
bbitéeTLa création du ciel et de la terre,
|o«ïoise suppose avant l'œuvre dus six
nun, l'élatde dévastation et de désordre
AildéGrille globe au moment que Dieu
nnnseDce i opérer, ne vienoenl-iis pas à
Taiipui des faits géologiques pour rendre
Mt upiDÎan vraisemblable T L'iJcritura
uîDie DB nous dit-elle pas que ce que nous
tonuiuons des œuvres de Dieu n'en est
tn'tiu légère partie, et comme l'exlrémi lé
*n»tiords de cet immense tableau? Uutta
ttf-tttàt iimt tnajorahù; pauea tnimvi-
iaiu tftrum ejui : guam duiderabitia om-
'iiQpnijut, ce que le sage conclut, après
^'uTltJilgpJus magnifique description de
l'<Mirre des six jours. Doit-on .s'étonner,
>ur], que toutes les œuvres de Dieu n'y
kÎEol t«inl contenues T
Au ruie, celte explication n'étanlopposée
•mun texte formel de l'Ecriture ni kau-
tuiie décision de i'Egtise, ne supposant rien
(«Tépugoe en soi, pourquoi ne la propo-
*riilK)n pas aux incrédules, comme une
imibése propre h résoudre toutes les diflj-
ullés que présentent 1b pbjrsique, la théorie
^ la terre et les découvertes astronomie
JiesTCar, en l'admettant, toutes les objee-
""iis'éTaDouisseut. 1*11 ne faut plus do-
under comment la lumière qui est produite
"r le toleil elles étoiles, soit par émission,
■■ilpir vibralion, a pu exister avant les
trpi lumineux, de manière h produire la
uecniiondu jour et de la nuit. La réponse
)' ÉTidiDIe: Celle lumière n'exista point
*ûiil 11 création des corps lumineux , mais
ulementivaulieur apparition, comme elle
>»ie daai les temps sombres et nébuleux,
l^*nd le soleil est caché dans les nuages.
*l'ue fiulplui se plaindre que le temps
HiijDé par Moïse n'a pas élé suffisant ponr
Mmer, depuis l'époque des six jours, les
vuchii successives, les pétriâcalions et
"aiilliiaiioos qu'on observe dans l'inté-
lïur du globe : la terre a existé longtemps
'«{■iraïaDi, et l'on peut prendre autant de
UMuqueTua voudra. 3' Il ne faut plus
"''UJitiJercDiuaient il se trouve à de sigrsn-
^MTuloudeurs tant de dépouilles végétales
et Animales qui paraissent être t)'es|ièces
difîérentes de celtes qui existent aujour-
d'hui : on répondra que tous ces dépdis
viennent des plantes et de» animaux da
monde primitif, dont ia tempéraiure, diffé-
rente de celle du monde actuel, devait don-
ner lieu à des espèces diO'érentes, et propa-
ger les animaux qui vivent mainienanl sur
notre globe, dans les citmals où ils ne pour-
raient plus subsister, et que toult^sces dé-
nouilles avaient élé déposées sur le globe
longtemps avant la grande catastrophe qui
l'arail dépeuplé. 4°EnQn, si rastronome est
choqué deceque Dieu ait fait pour la terre,
qui occupe une place si petîle dans notre
système, non-seulement tous les autres
corps qui tournent avec nous autour du so-
leil, mais encore toutes les éloilus, c'est-à-
dire une multitude innombrable de systèmes
tous aussi considérables que le nâire; nous
lui répondrons qu'il n'est point obligé do
le croire, puisque, selon notre explication.
Dieu les a tous créés longtemps auparavant
pour les desseins de son intime sagesse, et
qu'au quatrième jour il les ^ seulement
rendus visibles à la terre, alin qu'outre les
autres fins que Dieu a eues on les créant,
ils pussent, comme dit Moïse, marquer les
jours et les nuits, les saisons el les an-
nées.
EnGn quelqu'un pourrait peut-étre ob-
jecter l'autorité du iv* concile de Latrau ,
aui a décidé contre leb albigeois, espèce
e manichéens, que Dieu, dès le commen-
cement, a tout créé ensemble, les esprits
et les corps : Qui, Mua omnipotenii vir-
tult, simui ab inilio Ktramqut dt nikilo can-
didit creaturam tpirituaUm et eorporalem,
angelicam vidtUcet tt mundanam, ac dtinde
kumajtam, ifuasi communem ex epirifu et cor'
pore eonililutam.
Il es! facile de répondre que le concile da.
Ijilran n'a rien dit qui combatte notre opi-
ijion : il décide seulement contre les mani-
chéens, qui admettaient deux principes dil-
férenis pour la produciion des esprits et des
corps, que tout a été fait en même temps,
$imut, par le Dieu tout-puissant; que les
anges et la matière ont été créés dès le
commencement, et qu'ensuite, deinde, c'esl-
&-dire dans un autre temps que le concile
ne détermine pas, les créatures humaines
ont été formées. Or, il a'y a rien dans cette
décision qui soit contre notre hypothèse,
qui, n'ayant jamais élé soutenue par les
albigeois, ne pouvait devenir l'objet des
décisions du concile.
C'est ici le lieu de réluter cerlaioes er-
reurs d'exégèse da H. Vacherot.
M. Vachekot. — * Le mot hébreu bara
signifie au PKOPBB tailler, eouptr, et par
extension tiparer , oAfiiiir. Les Seplanta
l'ont traduit par JitcteTtv, soit qu'ils ne joup*
{tonnassent pas la diUicuIté, soit qu'ils ne
voulussent pas la toucher. Le pasaage du
livre de» Mackabéti n'a paru décisif dans le
sens de création, que parce qu'il a élé in-
exaelemoM traduit. Le texte grec sv l«auiil
la traduction latine a été Taite r
DICnO.NNAIIlE AI>0L0GETIQUE.
CRE
Hl
convonnil de rëtaMir l'astre du jour dans
«on sDcien domaine :1e jour devait élru
marqué par l'anparition de ce brillant lumi-
naire ; ia nuil aevail élre éclairée par la lune
et les étoiles. Aussi le Seigneur ordonnâ-
t-il BU soleil de paraître dans les cieni, et
^ dissiper jusqu'aux moindres Tcstiges de
l'oltiicurilé du premier chaos. L'écrivain sa-
cré dit, è la Téi'ilé, que Dieu lit ces lumi-
naires ainsi que les étoiles : Fecit iuminare
majut, et Iuminare mtnu«, el tfellat. Mais il
laul remarquer que l'Ecriture parle assez
touvenl selon ce qui paraît eilérieuremenl,
et non selon ce qui se fait réellemeut ; elle
dit, parexemple,que le soleil s'arrAie, quoi*
que cols ne se lasse pas réellemeul, ei n'ail
heu que selon les apparences; ainji elle a
pu dire que le »oleit fût fait , quoiqu'il ne
fût pas lait réellement, mais seutemenl se-
lon l'apparence extérieure. Eirectivement,
si, au moment que Uieu faisait ainsi paraî-
tre le soleil dans le lirmamenl, quelque nou-
vel habitant de la terre l'eût vu subitement
montrer son disque caché depuis tant de
temps, n'eût- il pas pu dire que le soleil était
produil, était fait sur la teneT Un Qambeau
qui u'éelaire paa n'est rien pour ceux qui
li'en reçoivent pas la lumière; on peut dira
qu'il est fait pour eux, au moment qu'il
commence b les éclairer. Au reste, te verbe
aiah, dont lUoïsa se sert en cet endroit , ne
sigoiQe pas toujours la production réelle
d'une cnose; il signi&e eiicoie le passage
d'une chose a un nouvel état, ia préparelioa et
la dispositiOD qu'on en fait pour produire
certains effets : ainsi l'on dit, faire de l'or
et de l'argenl à Baal,pour te* eoruacrer d
cette faune divinité ; faire l'aurore tt Ut fé-
nibrei, pour let amener eucceisivemtnl tur la
terre. Anisi faire le tottil pourrail si^nitier
le faire luirt tur la terre. Èntin le suleil se
prend assez souvent pour la lumière qu'il
produit : ainsi faire le ioteit serait produire
ta lumière.
Or, c'est ce que Dieu Qt, dans notre expli-
cation. Il no créa point la substance du so-
leil» qu'il avaitdéja faite dès le commence-
jueiit ; mai» il produisit sa lumière sur la
lerrs ; il lît qu'au quatrième jour elle parvint
«vec tant d'Abondance sur la terre, qu'elle y
lit paraître l'image du soleil. Au reste, celte
interprétation n'est pas nouvelle ; car Péré-
rius,quisoulient, avec tous les auteurs juifs
et plusieurs interprètes catholiques , que le
boleil, avec tous les autres astres, avait été
l'ail dès le commencement; qui prétend
même que c'est lui qui, au premier jour,
iivait produit la lumière, est obligé de ne
l»as prendre à ta rigueur le verbe fteit; il dit
(loucque le soleil ne fut pas fàii quant à sa
substance, mais seulement ijuant à celle lu-
mière plus forte qu'il produisit le quatrième
iour. Ainsi, selon cet auteurtrëï-orthodoxe,
a force ilu luul ftcil ne tombe pas sur la
substance du soleil, mais seulement sur. sa
lumière. Or, c'est ce que nous disons aussi :
Oieu, selon nous, fil lo lumière du soleil
sur la terrctil laproduisJtde manière qu'où
vît l'image du tolcil dans les uieui.
On dira que celle explication esttiouvellr;
mais on peut en direautantde celle qui eih
tend la station du soleil nous Josué, nnn
d'une station véritable, mais d'une «taliun
appbrente ; et cependant on peut soulcnir
ce sentiment sans craindre la censure, quai-
qu'il soit opposé aux idées reçues, d qu'il
ait élé flétri par le tribunal do l'iuquisilion,
quoique ce sjfstème prenne crédit parmi let
savants catholiques eux-mêmes.
On objecti^ra que cette explication fiil
violence aux parole.^ da l'écrivaiii tmk;
mais en quoi est-elle moins vraisemblable
que celle do Deluc, qui entend le^joursque
Uijïse dit avoir eu un soir et un malin {nr
des époques composées de plusieurs millieo
de siècles T Nous ne forçons pas plasiti
expressions de l'Ecriture que ne le bil
Bullel, lorsqu'il dit que le soleil n'a pure
irogradéau temps d'Ëzéchias, mais que»
sont uniquement ses rayons qui onléUii-
clinés de manière à produire le phéQooibit
d'une production apparente. Auresleile
réci I do Moïse étant trës-succincl,elei|iriiDt
d'une manière conforme aux idées ikjjiuIii'
res, il ne faut pas y chercher une précision i
philosophique et prendre à la rigueur luiiti
ses paroles ; il sumt que le fond soit lériu-
ble, et que la chose se soi t passée eitériee-
rement comme il nous la décrit. AuireliH!,
avant qu'on eût fait aucune décourerle eu
physique, on prenait les paroles de Utw
selon leur sens populaire; on disait, on cou-
séquence, que la lumière avait élé ciéle
avant le soleil , que les cieux élaîenl »■
lides, qu'il y avait des eaux au-dessus ili
firmament. Les découvertes physiques acii
l'ait abandonner ces explications, quoique
les plus communes et les plus auiorljécs.
Pourquoi les faits géologiques qu'oa vieul
de découvrir dans ces derniers leoiiis w
nou." feraient-ils pas abandonner l'eiplK^
tion la plus commune sur la créatiuu i!»
soleil el des astres, puisque, selon les rè-
gles de saint Augustin, il faut tnujuursci-
pliquer l'œuvre des six jours d'une maiiiè'c
conforme aux eipérieuces certaiae.<T
On dira encore que nous enlevous leui
moyen de prouver le dogme de la tréaliM
par l'Ecriture ; mais nous eouservoQS tauK
ia force de cette preuve, puisque nous n'en-
tendons point ces premières paroles: A
pTincipio creavit, etc., d'un renouvelleuieBi.
mais d'une créaiionproprementditË(luc>>'l
el de la terre. D'ailleurs, combien d'autres
passages peuveulétre apportés commeprvu*
ves du dogme de la création I .
Mais, ajoutera-t-on , les autres écrîTii"!
sacrés, qui ont fait allusion aux paroles delà
Genitt sur ia production du soleil eU'*^
astres, les ont entendues d'une produciiui'
proprement dite, et non d'une simple ipii)'
ritiou. L'objection serait forte, si ueustup-
posions que Moïse, dans le récit de la ^J-^''
tion, n'a jamais parié que d'une appariiiOD
des astres; mais nous soutenons que, liéih
commencement de son récit, il fiarlo >' <>"*
production véritable, puisqu'il dit guB«l"
ie couinienccmeni ^'.^a iTéa lecit-lje*!'"
mCTIO!)NAinE AP0LOCET1Q13E.
CRE
OHuéqiieat tous les astres, sans lesquels
on ae peut le coDCeroir. Ainsi il n'est point
iUNiDaDt que les antres écrinins sacrés
lient supposé que ces astres oot élé rérî-
Ubleœenl prodoils.
Oa din de plus que ooas supposons le
globe peuplé aiaot I œuTre des six jours, et
qu8 l'Eerilure et la tradition ne nous ont
ntii appris de celte population primiliTe.
lii* l'Ecriture et la tradition parlenl^elles
de 11 pluralité des mondesT et cependant
ostniL-OD STancer, malgré ce silence, que
U mtinieni qui l'admet soit contraire à la
i]i?SJ les découvertes actronomiques ont
nodo ce dernier sentiment vraisemlilable,
loor^BOi les découvertes géologiques, qui
iMUMPalrent des dépouilles animales et
légèi^Bs déposées dans le sein de la terre
loogleaps arant l'époque des sii jours, ne
tfodnjFDl-elles pas aussi TraisemblHble la
«olimentque la terre a été primilivemenl
btbiiéeT La création du ciel et de la terre,
^De Moïse soppoae avant l'œuvre des six
jours, l'état de dévastation et de désordre
oAildécrit le globe au moment que Dieu
commence k opérer, ne viennent-ils pas à
l't|i|>ui des faits géologiques pour rendre
tt\lv opinion vraisemblable? L'Kcriture
uiole ne nous dit-elle pas que ce que nous
conoaissoas des œuvres de Dieu n'en est
(]o 'une légère partie, et comme l'eslrémité
ei lesborâs de cet immense tableauT Mulia
^$eçndila lunt majora kU; pauea eninci-
imut ffpemnt eju$ : quam daidtrabilia om-
M optra guM, ce que le sage conclut, après
'TOt iâit fa plus magnifique descriplion de
l'eavre des six jours. Doit-on .s'étonner,
aura, qua toutes les œuvres de Dieu u'j
fciienl point contenues ?
Au reste, celte explication n'étantopposée
1 aucun teite formel de l'Ecriture ni • au-
cune décision de l'Eglise, ne supposant rien
qui répugna en soi, pourquoi oe la propo-
Knii-on pas aux incrédules, comme une
b'pothèse proprti à résoudre toutes les diflî-
:ultés que présenleut la pb/sique, la théorie
iv la terre et les découvertes asironomi-
|ues7Car, en l'admettant, toutes les objee-
luns s'évBDOuisseut. 1* 11 ne faut plus dé-
moder comment la lumière qui est produite
xr le soleil et les étoiles, soit par émission,
oil par vibration, a pu exister avant les
urps lumineux, de manière i produire la
acct4sioD du jour et de la nuit. La réponse
et animales qui paraissent éire d'esfièces
différentes de celles qui ex'istent aujour-
d'hui : on répondra que tous ces dépAis
viennent des plantes et des animaui du
■monde primitif, dont la température. diOTé-
renle de celle du monde actuel, devait don-
ner lieu è des espèces différentes, et propa-
ger les animaux qui vivent maintenant sur
notre globe, dans les climats ofl ils ne pour-
raient plus subsister, et que toutes ces dé-
pouilles avaient élé déposées sur le globe
longtemps avant ta grande catastrophe qui
l'avait dépeuplé, i* EuGo, si l'astronome est
choqué deceque Dieu ait fait pour la terre,
qui occupe une place ai petite dans notre
système, non-seul emenl tous les autres
corps qui tournent avec nous autour ilu so-
leil, mais encore toutes les étoiles , c'est-à-
dire une multitude inoomt>reble de systèmes
tous aussi cocsidérabips quele néire; nous
lui répondrons qu'il n'est point obligé de
le croire, puisque, selon notre eiplication.
Dieu les a tous créés longtemps auparavant
pour les desseins de son infinie sagesse, et
qu'au quatrième jour il les a seulement
rendus visiblesi la terre, afin qu'outre les
autres fins que Dieu a eues on les créant,
ils pussent, comme dit Moïse, marquer les
jours et les nuits, les siisons et les an-
nées.
Enfin quelqu'un pourrait peut-être ob-
jecter l'autorité du ir' concile de Latrau ,
3ui a décidé contre leh albigeois, espèce
e manichéens, que Dieu, dès le commen-
cement, a tout créé ensemble, les esprits
et les corps : Qui, tua omnipotmti vir-
tutt, simul ab initio ulramgue de nihito can-
didil ereatuTom MpiritiuUem el earporolem,
angelicam tidttieet et mundunam, ae dtinde
Aunuman, f uof ï coBURimeai ex tpiritu et cor-
pore eonttttulam.
Il est facile de répondre que le concile de
Latran n'a rien dit qui combatte notre opi-
nion : il décide seulemeut contre les niaui-
chéens, qui admettaient deux principes dit-
férenls pour la production des esprits et des
corps, que tout a été fait en même tempe,
•t'tnuf, par le Dieu louL-puissoot; que les
anges et la matière ont élé créés dès la
commencement, el qu'ensuite, dtinde, c'est-
à-dire dans un autre temps que le concile
ne détermine pas, les créatures humaines
ont été formées. Or, il o'y a rien dans celle
décision qui soit contre uolre hypothèse.
Il érideole:éetle lumière n'exista point qui, n'ayant ismais été soutenue par les
s, mais albigeois, ne pouvait devenir l'objet des
raul la créalion des corps lumineu'
mlement avant leur apparition, comme elle
liste dans les temps sombres et nébuleux,
iaod le soleil est caché dans les nuages.
Il ne £iul plut se plaindre que le temps
signé par Moïse n'a pas élé suffisant ponr
rmer, depuis l'époque des six jours, les
uches successives, les pétrifications el
isullisatioDS qu'un observe dans l'inlé-
;ur du globe : la terre a existé longtemps
paravant, et l'on peut prendre autant de
ïvles que l'on voudra. 3* Il ne faut plus
uiauder comment il se trouve à de si gran-
sprofoudeurstanlde dépouilles végétales
pouvait (
décisions du concile.
C'est ici le lien de réluter certaines er-
reurs d'exégèse de H. Vocherol.
M. VACKsaoT. — « Le mot hébreu btra
signifie au PaOPBE lailier, couper, et par
extension eiparer, cAoinr. Les Septante
l'ont traduit par iwthtttt, soit qu'ils ne soup-
çonnassent pas la difficulté, soit qu'ils ne
voulussent pas la toucher. Le passage du
tivrt des Machabiei n'a paru déosif dana le
sens de création que parce qu'il a été ïn-
exaciement traduit. Le texte grec sur lequL-1
la traduction loline e été faite o>l : ii «v*
DICTIONNAIRE APOLMETIQUE.
?iie tous les élrps qu'il avait produils ; il
mit In source à'où ils proTensient par une
émenatioti naturelle; ce n'élait pas un Hieu
personnel, qui Taisait tout par sa parole [686],
Ainsi la cosmogonie des Hébreux n'an-
pArtieiit pointa la même catégorie que celle
dus aulres anciens peuples; et comme n'est
la seule qui contienne le vrai principe de
l'existence des choses, principe dont toutes
les outres ont manifesipment dévié par des
divcrf^ences opposées les unes aux autres,
elle est 11 seule aussi que l'on doive consi-
di^rer comme un récit original, tandis gue
toutes les autres ne peuvent ôlre envisa-
gées, aux yeux d'une saine critique, que
comme des altérations.
Dans toutes les cnsmogonies on trouve un
fond général, une idée fondamentale qui a
(]uelque chose de vrai et d'historique, et des
idées particulières, étrangères o ce fond
généra], mais qui y ont été ajoutées. Or,
toutes ces idées particulières sont aulonl de
nijllies qui varient non-seulement suivnnt
le tjoùt et le génie de chaque nation qui les
a introduits, mais encore selon tes localités
i;l les climats divers; en sorte que chaque
iialîun a une mythologie qui lui est propre :
ce qui est une preuve évidente que le fond
yénéml n'appartient à aucune ua ces na-
tions, mais que c'est un emprunt fait ail-
iours. Au contraire, lo cosmogonie mo-
saïque renferme, il est vrai, un élément
sénéral et des idées particulières; mais cet
élément, qui e^t Ja théocratie, lui appar-
tient en propre; et les idées particulières
3ui s'y rattachent intimement ne sont point
es mj'thL's, mois des réalités non moins
Kijsitives et non moins hisi.oriques que le
>nd Iui-m6me. Prouvons par des exemples
la justesse do ce raisonnement. Les six
jours de la création qui se rapportent an
sahbat et aux années sabbatiques et jubi-
laires ; la création attribuée si positivement
li Jéliovah au deuiiJimti chapitre; entin la
manière tout humaine dont la Genète le
lait parler, commander, punir, etc., sont
autant do faits qui se rapportent au gou-
vernement théocratique. qui est lui-même
un fait historique incontestable. En un
mol, la cosmogonie hébraïque, se trouvant
Miroitement liée 6 l'histoire, dilTère essen-
lieliemeul de celles des auties peuples, qui
ne s'offrent i nous, dans c» qu elles ont de
propre et de particulier, que comme le ré-
sultat de fables chimériques et de pures
fictions.
Le récit de la création est-il une poésie,
an système philosophique T
On convient assez que l'iiîsloire de la
création ne doit être considéréi; ni comme
une poésie, ni comme une théorie philoso-
phique; cependant, on croit trouver dans le
récil mosaïiiue quelques indices que cette
liistoire {.ourrait bien n'être au fond qu'une
poésie ou un système philosophique.
Mais ces indices ne sulTiseut pas pour
autoriser h conclure que celle bis(oiren'«ii
au fond qu'une poésie ou une philosoptiie.
D'abord, la tangue des Hébreux élaméffii>
nemment poétique de sa nature , il n'pst
pas étonnant qu un sujet tel aue la création
ait, malgré toute la simplicité de la narri-
lion, un certain coloris poéliaue. D'na tnire
cdté. Moïse ne se montre nullementcommi
un philosophe qui établit une théorie, ni
comme un poète qui compose un po«mei .
c'est un historien qui rapporte simpleroTOl
les faits tels qu'ils sont arrivés. Que si l'on
trouve dans le premier chapitre de ,1b Gaia
une poésie ou une philosophie, il faut que
cette poésie ou celte pbiIoso[)hie suit ton-
jours basée sur le récit historique, qui doit
exister avant tout le reste. Ainsi les csnc-
1ères poétiques ou philosophiques, si lanl
est qu'il s'en trouve dans la narration de
Hoïse, ne i>euvent détruire la vérité hislo-
rique de son récit.
Ajoutons que ce récit de Moïse, eu so^
E osant l'idée de la création, est vraiment
islorique, puisque l'origine de loulti
choses a eu nécessairement pour cause cet
acte immédiat de la volonté du Tout-Puis-
snnt ; autrement il faudrait admettre f^ \
/âi(me(réternilédela matière], ledaalisniï. {
c'est-à-dire l'existence des deux priucipH> i
et les émanations éternelles et snccessi'H
des êtres formés de la substance mfimeJe
Dieu : toutes choses fausses, absurdes, et
3ui ne peuvent être historiques. Ce ser»it.
'ailleurs, détruire la différence essentielle
qui existe entre ce qui arrive dans le temps
et ce qui est éternel, différeace parfailemeol !
conservée dans le récit mosaïque.
Quant aux arguments critiques, on ne
saurait en produire un seul qui combatte 11
vérité do la narration de Moïse. On n'/
trouve rien, en effet, que cet historien iil
pu emprunter des autres peuples : car la no-
tion des chérubins qui gardaient le paradis
terrestre ne vient point des étrangers,
comme oc l'a prétendu ; c'est une id^*
essentiellement théocratique. Si les Jui»
avaient imaginé le récit du paradis ter-
restre conséquemment h leurs idées popo-
Inires, ils l'aurainnt infailliblement plsc^
dans la terre de Chanaan, et l'auraieDl suj>-
posé arrosé par leur Jourdain (687).
Hais un caratilère de réalite histori()ue
qu'il est impossible de méconnaître damis
Cdsmogonie des Hébreux, c'est la maDiére
même dont elle est racontée. , ,
Le style, la forme et le système scicnli-
Gque suivis dans le récit génésiaque ru
montrent clairement la vérité historique.
En effet, la diction la plus pure et la l*'"!
nette, les termes les plus simples et lesi'N'^
-naturels, la forme hislotique dans tout fi
qu'elle a de plus rigoureux et de plus sé-
vère, puisque c'est une narration pure et
£impledestails,sans réflexion aucune, bieo
que le sujet en suggère tout nalurellemenl
a l'esprit presque h chaque phrase : voIm
/lîWt) Y.y. L'.iiTt DE PiEC.
lt8T) Vuy. II. A. Cil. H.
derhiu Krit. EiaUilHng in das Mie TMtnmfsl.Tb.l,
naiidiuch Al>lti. Il, S 1 Ift, soit ;flU-2oO.
MCTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
CRE
K*
•sinilsciracléristiqiies tlo ce récit. Moïse
Mj, liant se5 beaui contiqiies, fait preuve
un fSprit énergique et ïéhément, d'une
SM sensible et tendre, d'une imsginotion
w$\ briHaale que riche et fécondn, cache
(dissimule si bien ici ces qualités lillé-
lirfs, qu'on n'en découvre [>ss mèiue ta
lus légère trace.
On ne IrouTO dans son récit rien d'eia-
rri, rien de C6 merrei lieux qui fait le fond
rtoul^sles autres cosinogonies; la mani-
sUiioa nécessaire de l'iiitre créateur h ses
itaiures qu'il vient de tirer du néant et
lee leïquelles il doit continuer ses ra|>-
uTlj, c'est accompagnée d'aucun miracle
tlraoriltnfiire; la raison elle-même ne voit
B cnnimeot il pourmit v a?uir moins de
wneilleui dans un fait de cette nature, et
uTiaul dans la communication de la Divi-
<ii« liée l'homme. Le tangage métapho-
i()ue est le seul possible dans ce cas. (To^,
mi 01 DiiD,} £1 encore faut-il convenir
iDeUoise n'en fait usage dans le tableau
:e la création que Ib où il est absolument
npiissilile d'emplojrer le sens propre des
EnfiD, dans fout ce qui n rapport h la
nmt, Uaïse est aussi simiile et aussi na-
iJitl. Il Qe connaît ni tes termes recherchas
MilKDODiencIalurea étudiées, ni les ctas-
t'âalioos savantes ; il définit et représente
l»''iiteis, tels qu'il s apparaissent au simple
"^rd. Le ciel, c'est une élévation et une
Kitg ileadue ; jg terre, quelque chose de
^i, dmUntur et en même temps une par-
l'i!efma.ll divise les végétaux «n herbes
iiiii|il« ou gazons, en plantes renfermant la
sfBieûce féconde par laquelle elles se repro-
ilttiMul, et en arbres fruitiers et non frui-
U"i;<nvision qui. pour ainsi parler.saute
'"i.itui les moins attentifs. Le soleil et la
wioiit (leui grands luminaires destinés
' wliirer la terre, l'un pendant le jour,
'•'lire durant la nuit. Quant aus bâtes ter-
''t|r«,il les partage en animaux grands et
*l»i ou reptiles, terme sous le-^uel il com-
f^nj JËsasimaux qui se traînent sur leur
ntrc, et ceux dont les pieds sont si courts
|t II) paraissent b peine, ou point du tout.
'fo»is8ge encore les bétes terrestres, les
>!'«) comme apprivoisées et domestiques, et
l^auirej comme sauvages et habitant les
«éli. Pour tes poissons, il dit seulement
|i« Dieu en créa de grands et de petits ; et
' «borne i remarquer, relativement aux
Ji'esoi, (^u'il en fut créé deioulessorles.il
■"Me k I homme le nom de créature tiret
^taltrrt, et h la femme celui de tMe de
'«■•e, dénumînatinna qui s'accordent par-
"[(inent avec l'origine (lu'il assigne à l'un
C« ne lonl pas \h les seules attaques qui
"W été dirigées contre l'tiisloire de Is
['«•l'on rapportée d.nis la Genèie; on o
Lii!l ' '^^ P'"* ^^'v\ie ne doit être t-on-
"«r*8 qu« comme une pure fiction, parce
t" 1 un cûlé elle ■ pour objet un fattduiit
■*•*) ï^. Doti-ET, Eiplkalion de l'ouvrage du
personne n'a pu être témoin, et que de
l'autre elle suppose des choses ^out k Tiit
impossibles : par exemple, que Dieu a (rn-
vaillé pendant six jours et s'est reposé lu
septième ; qu'il a employé cinq jours pour
former la terre, tandis que dans un seul il a
créé le soleil, la lune et cette multituilo
d'astres, semés aveu tant de profusion dans
la vaste étendue des cieui. De ce (qu'aucun
homme n'a pu être témoin d'un fait, il ne
s'ensuit pas qu'il soit fabuieui ou marne
incertain, si Dieu l'a révélé k l'homme. Or,
il est impossible que Dieu n'ait pas favorisé
l'homme de cette révélation , car, en lisant
attentivement la description que fait Uoïse
de la création du monde , on voit qu'elle
porte partout l'empreinte de la vérité; on
sent même que c'estainsi que Dieu dut »voir
procédé dans' la formation de ce grnntt ou-
vrage. Jamais un homme n'aurait pu de lui-
même faire parler et agir l'Etre suprémci
avec tant de majesté. Il n'est pas dtmné à
l'espril humain d'inventer de cette iDniiiëre.
Aussi l'œuvre des six jours B-t-elle toujours
fait l'admiration des sages et des pliilosu-
phes ; car, sans parler des Pères et des
docteurs les plus éloquents, saint Basile,
saint Ambroise, saint Augustin, saint Jean
Chrysostome et Bossuet, qui t'ont si magni-
fiquement commentée. Descartes, Newton,
Leibnitz, Euler, l'ont crue et t'ont révérée.
Bacoo Is donnait comme le principe de
toutes ses connaissances, ot te célèbre Oeluc
la regarde comme une démonstration rigou-
reuse de la révélation. Secondement, Moïse,
eu disant que Dieu dans la création s tra-
vaillé pendant six jours et s'est reposé le
septième, n'a pas prétendu le confondre
avec un ouvrier ordinaire, qui a besoin
d'un certain temps pour accomplir son ou-
vnige et de repos après son travail; mais
c'est Dieu lui-même qui a voulu agir pen-
dant six jours et se reposer te sepiièinu,
atiu que son opération fût le modèle du
travail de l'homme qui. après avoir travaillé
sii jours, devait lui consacrer le scplièmc.
Dieu, il est vrai, pouvait donner ai l'uni-
vers toute sa perfection dans un seul mo-
ment ; et s'il y a emjiloyé six jours, c'est
qu'il voulait instruire ptutdt qn'étounur.
il nous apprend, eu e7el, par celle lon-
gue suite d ueuvres admirables, de quel tré-
sor et de quelle fécondité élites partent. Un
interrompant le cours de ces productions,
il montre à quoi point il est libre de le cou"
tinuerou de le Unir; et en s'ovani^ot par
degrés, il nous fait entrer dans les profon-
deurs du sa sagesse, sans nous accabler par
un spectacle trop subit [HSS).
Troisièmement, dire qu'il «st impossible
que Dieu ait mis cinq jours è créer la ttrie.
avec tout ce qui en fait l'urnemeiit, et qu'il
n'en ait employé qu'un seul dans lu créa-
tion de tous les astres, c'est évidentiuciil
iiier se toute- puissance. D'un autre cûii's il
n'est pas dillicite de supposer un motif â
cette Gouduite de Dieu. En effet , en créant
fix jmtn, p. 47, nouv. édit,, Piris, 1740.
Go»
cet
DICriONNllRE
In (erre siiccessivenK^nt, il a toiiIu quo
riiDiiime cniiifirtl davanUgf le^ sains atten-
tifs lie sa providence, et sa boulé loute
Aiiéeiale enviTs Itti ; puisque, pir celle pré*
férem-e occonlée h la terre dont il ilevnit
Aire comme le malLra et le rui, ce divin
Créaienr semblait lui prouver qu'il SToit
loni fait pour lui.
CMÉATioif siHDLTANÊEOu suocessivb; réfu-
tation. Vay. Optiuishb. — L» soluLion de
tous les problèmes de la cré.-ilion est dans
l'incarnaiion. Voy, Wal art.l.SV.— La doc-
trine de M. J. fteynaud, sur la créaliim, con-
duit ju panlliéismu. Yog. Progsôs comtiru.
— Tiiéorie de la création dans la Ihéodiuée
liunianilaire. Voy. Tséoiucée humanItiikB.
— Cn^Qlion sensible, eiprime les perfections
invisibles de Dieu. Voy. Culte , i 1. — La
création esl'Clle uii mvllieî Vou, CrÎatioit,
JVII.
Cbéation ULLTiPLE dcs espèccs dans l'hit-
manit^i-einmendeLettelIiéorie. Voy. Kagks
niJUAinHS, S If.
CltÉATUUtS, leur rapport au Créateur.
Yoy. Etres.
CltËDlBILITÉ do riiisloire évangéliqne
dtjmoiitréu par les Actes des apâtres et |iar
les Epltres du Nouveau Testament. Yoy,
note Jx bit, h la Sn du volume.
CRICHNA. Y»y. Ihoukisme, | V.
CROISADES. Voif. Fànitisue, S III.
CItOYANCE UNIVERSELLE au dogme de
I enfur. Yoy. Enfeii, g I, et note II, à la tin
(lu volume. — Cro^auiîo religieuse des sei-
gneurs gallo-roniams aux iv* et t* siècles.
Koj/.ABisTocaiTiEGALLo-BOMiinE.— Croyan-
ces égyptiennes. Yoy. MosLUEMTî, etc.,j
CRtXiFIEMENT, différence enlroles évon-
gélisltis, par rapport h l'heure. Voy. Jeam
(Saint) l'Evaiig<îlis[e , | H. — Objeciions do
btraiiss sur la conduite de Jésus avant le
crucillmnent. Jbtd.
CUSA (le cardinal) a soutenu le mouvo-
liient de I.i terre avant la ii.iissance de Co-
l'erniu et de Galilée, Voy. Terre.
CULTE CATHOLIQUE.
Le beau esl la sp!eiMleu/ du vnl.
Le beau eu ce qui pUlt ii la Tcriu écUIrée.
(Comte M HtistsE.)
11 n'est (\\\<i trop eommuti de rennonlrer
itesliouitiiesijni vivent comme sans religion
i>l bniia Dieu; soit qu'ils affectent d'être
iiiécréanls par sj>âlème, soit qu'ils s'endor-
ment dans une iusouciaoce douce err appa-
rence, et si funeste en réalité. Athées pra-
itqueSt ils contemplent les merveilles de la
nature, sans jamais s'élever jusqu'è leur
nuteur; ils jouissent <ie tous les bienfaits de
la création , sans les faire remonter rera
leur .tourte parla reconnaissance; et comme
«'ils étaient hors de l'empire du souvemin
Brbîli'u de toutes ctioses, ils ne prennent
tn>ur règle de leurs sentiments et de leurs
ftcliitns >i«e le penclianl qui k-s donihiL-.
AtHlLOGCTIQtJË. CUL 5^
Dans les hommages de l'esprit et du CŒur
rendus è la Divinité, dans le culte iiilérleur,
ils ne voient qu'une chose inutile-.dansli'i
hommages eitérieurs et publics, dans li-s
rites sacrés et les fêtes religieuses , ils ne
voient que des pratiques puériles et des su-
perstitions populaires.
Malheureusement l'impiété trouvera tou-
jours un appui secret et puissant dans l'or-
gueil de l'esprit et la déprsvatioa du cœur.
L'homme veut Aire indépeedatit; et la pen-
sée d'un Dieu rappelle un insllre q^i com-
mande et qui veut être obéi : rtmoiiiis
voudrait vivre au gré de ses désirs, tl h
doctrines religieuses l'irritent, p^rcequ'ellH
gênent ses penchants. Toujoars les ûstiom
murmureni contre le frein de liulnriij
divine; indociles, impatientes, elles dwr-
cheni h le briser. L'orgueil ne veut pis m
supérieur, pas même d'égal. Le même etji-il
de rébellion qui soulève quelquefois leu-
jet contre le monarque, le fils eom\i
père, le serviteur contre le maître, soulht
l'homme cnntre Dieu. Il est des lioflinwi
irréligieux, par la même raison qu'il eslii»
sujets rebelles, des tils ingrats. Par urgueii. ,
l'homme se contemple lui-même avec une ;
complaisance secrète; il ne voit que Im 1
dans cet univers; il se préfère i loulrt|
même & Dieu : et voilA pourquoi l'orgueil ,
cïtunesorte d'athéisme Gommencé.OliI qu'il
faut que les doctrines religieuses etmoriM j
tieunent eu cœur de l'homme par de pro-|
fondes rac!::es, pour qu'elles aieal pur-'*!
sisler aux passions toujours liguées pDurlei j
détruire! Rien peut-être ne prouve miïuii
leur empire et leur nécessité, que le peiii
nombre d'impies qui de loin en loio ooiv-i
les combattre.
Sans doute la substance de tout calie'^
gitime se trouve dans les hommages iul*-
rieurs de l'esprit et du cceur; lesdehurslei
i)l\is pompeux, les fêtes les plus briUiuleS
le plus magnilique appareil du culte elle-'
rieur et public, ne seraient qu'un vainn
mulacre, sans les sentiments et les inl(^)-;
lions pures qui en font le prix et le mériiCi
la Divinité veut surioul régner dans le «FJr.;
et ce qui ne servirait pas à y établir jii>i.
empire ne serait qu'une illusion. Les saç^^
du paganisme n'out pus ignoré ces vérilrii
témoin Zalencus, daus la fameuse pt^J^':
lie ses lois, quand il disait qu'où duil P'''
seoier è la Divinité une ime eieupii: /l'
souillures , et se persuader qu'elle eslluw^
moins honorée par do pom|>«usescériii''"
nies que par la vertu ; témoin Pline 'e \^''*-
dans son célèbre panégyrique d-j ÏW--
quand il dit qu'il vaut l>ien uiieui srnu'
BU temple avec une âme sainte et !")''
2 u'aveo des cantiques composés avec >r'-
ette doctrine était bien clairement eiisd'
giiée chez les Juifs , ce peuple toulefciis >'
enclin h placer unecontianceexcessitedai'^
son temple et dans ses céréownies. On^'
avec quelle véhémence le proplièie Iw-
s'élevait contre ces fausses et uomiicu*"
upiercuci'S. Keoutts, s'écrioit-il à t-' ■''
CT
CIL
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
CLV
jrt (689), prétex fortilteà la pnroU de votre
D'tu : Qià'ai-jt besoin , vaut dit-il par ma
binirh, de la mtiliilude de toi victimtt ? Que
nr fait le sang des ftoNCf el dei tavream ?
YatTf eneeni, je l'ai en abomination ; je hais
M' fttet etvos Molrnnités; lorioue vous iltn-
ittzvtrtmoi des mains suppliantes, je dé-
i.'imrrat fliM renards. Avant tout, purifiez
rnirauri; itex de devant mes yeux la malice
it totpttuées ; astistex Copprimé, faites Jus-
tin à f orphelin , et après cela présentez-vous
oTff totifiance devant It Seigneur votre Dieu,
On Mit bien que te christianisme est vt'im
jmrfecUoiiDer tout ce que la raisnn ou ta toi
iuMl(|ue avaient sur cette matière do plus
si^et ileplus pur, et que sa tin essentielle
KiJe former, au milieu de tous les peuples
d*liltj[Te, un peuple d'adorateurs en «s-
pnui en Térilél Mais enlin, pour éviter
uiieicès, n'allons pas ooas jeter dans un
inire, qui ne serait ni moins condamnable,
ni moins funeste. En vain de faux sages
t/m diraient qu'ils ne routent d'aulre culte
ije« celui de la pensée, d'nulre concert re-
lificui que celui d'une vie consacrée k faire
iluliie» OUI bommes, d'autre temple que
li tialnre. Ce n'est ta qu'une Tsine enflure
i'- paroles, qu'une orgueilJeuse exagération
uineiiliefiar l'expérience, par Ii rdison.par
luitoiimeet.
lV««Wl ) Dten llKHBnuga de km inugtaillon et dfl
*a w& ~ NituraliMue panttif istiqHe. — PrétenUon
" '(T^?'°" '*'' praiestantisoie.— PerTeclioDs 1d-
'iUj^JtMeaeiprfnK^esriitHemen/dins la criialion
i-i«iWf _Lp« corps mêmes de I* uttnre, q-ie l'hom-
".fvrndiiile, « laltH les complices de su dtr^gle-
uoidoiieniparilcipmu tulle da resUuralioD et de
ixaaixia UBÏTCTselle.
Ilfl'est pas besoin, ce semble, d'élublirlu
««(«ilé d'ua culte extérieur et sensible.
Vuinesail, entre autres raisons, combien
l<|umle réagit sur la pensée, l'acte sur In
Tulunié, l'expression sur le sentiment : si
jwi '4oe nos propres pensées n'arrivent,
»niil-on, k l'élat. distinct de conscience,
luipfii avoir passé par l'état sensible, et
iHreTiies elles-iDfimus dans (eur oxpros-
««"!• Nier rolilité des rites el des pratiques
'» nwière de religion el tlo motalo, dit
wflilis, c'est faire preuve de déraison et
•""ciilie; car c'est nier rempifô do» no-
wK lentibles &ur doa ôtres qui ne sont
W*Jb fiurs esprits j c'est nier encore la
•""■eilel'bBbitude. Les rites et les proliques
*"nl Ma morale et aux vérités reliRieuses
«;|ue les signea aont aux idées {690). »
31 iliomme d'uitleurs doit linmmage k h
«'inné, ce doit être tout l'homuio : son
■X'^iHialion et ses sens, comme sun esprit
n »oi oinir. Que ferait-il de sa nature seii-
^'".*>l m l'amplojiait p.is au mémecultuî
-»nlfai,t,,u'iiCfl(;cupe,il nedépendpa» rie
'^1 tle s'en d'épouillrr ; elle le suit ou elle
rempnrta, el ne serait^tre q^
être détourné par elle, il fautd^
lui-même, el la fasse servir It ro^
adorations. Qu'on iie dise pas qL
étant pur esprit el lisant dans le foi.
cœurs, n'a pas besoiu qu'on use de Si^
^oensibles pour lui faire parvenir l'homoifa,^
de rinlelllgence. Il ite s'agit pas du besoiL
de Dieu dans la religion, mais du besoin,
mais du devoirde Tbo^mme. Or, l'homme a
besoin d'exprimer ce qu'il sent, do parler
ce qu'il pense, pour bien le sentir même et
bien le penser, surtout lorsque l'objet du
ses sentiments et de ses pensées contrariu
ses penchants el sa faiblesse. Il doit s'aider
alors de toutes ses facultés et de ses aen&
eux-mêmes, pour ne pas être entraîné par
eux h des ctioses étrangères ou même con-
traires ; il doit les enrôler au service de
Dieu avec les forces de sa pensée, comme
ces révoltés ou ces lAches dimt un habile
général se délie, et qu'il force à se batlreeit
les mêlant aux lions soldats.
N'Oublions paseusuiloque la religion doit
unir les bommes entre eux par le lien
même qui les unit à Dieu, Klle doit saisir
l'humanité dans son tout comme dans ses
membres , pour la consommer dans l'unité
divine. Il t;iut dès lors qu'elle revête ded
formes extérieures el sensibles qui réunis-
sent les hommes entre eux* el agissent sur
eux collectivement.
La prétention de certains pbilosopbea de
nos jours est de dépouiller la vérité chré-
tienne de ses symboles, comme ils disent,
et d'élevtrpeu â peu la raison à la contem-
pler librement. Les poètes de cette école,
ne pouvant se passer entièrement d'images,
affectent de se répandre eu je ne tais quel
naturalisme pantbéistique, oit la terre et sa
verdure, le ciel et ses nua^^es, la mer «'t ses
flots, leur [Kiraissent eipriui'.'r mieux la
Divinité que la croix de Jésus-Christ.
Mais sans exclure le sublime langage de
la création, dont nos écrivaius sacrés sont,
du reste, des interprètes bien aulremcnt
éloquents que les écrivains auxquels je fais
allusion, je soutiens que s'iiltaclier ninsi
exclusivement h cet ordre naturel, c'est
saper le chiislianisine, qui est fondé sur un
ordre surnaturel, sensiblement periouniftiJ
en Jésus-Christ et son Egtise, et que c'est
mentir a. notre nature elle-même dont bi
iatbiesse réc'aoïe otjustifle ce divin secours.
Aussi un théologien proleslanl, Viuct, dit-
il foit bien : ■ Je ne comprends rien au
Dieu vajiue el insoîsissable du poète Lamar-
tine: il n a pas dus pieds que je puisse buijjuer
de mes lannes, des genoux que je puissu
ejiibrosser, des yeai où Je puisse lire lun
gi'Acc, une bouche qui puisse la prononcer;
il n'est pus un linnioie, et j'ai besoiu d'un
Dieu-Honmie (tiSlj. »
Le protoslaiilisuto, cependaQl. n'a con.oer*
'"'"ifM.i. IO«tïwi. p. 513.
•Vx), IhCMsagt «t <U i'aiut dt VetprH ohiiosoaki- cliriaiia
'^■'-ll.p. Wi. lliii;,t.-s
ildl, Ï.KIÙ it philosopliit moritU el rdi
— Lr ciiléhrc Mcfauhr disait aussi : t Le
nisLiic. de nos pliiluaOjilK-s et de iioi]inif
uiuJei'ii'-s u'e»! plus lucliriiitiiiiiismc pm: -
iui)i. baua un L>iuu poiïuinid, suns l'indiviituuli:
S5S
DIC'i'IONNllRE AI'ULOGëTIQUË,
eut
^
In lerra successivement, il a voulu que
l'hoiume crjiiijirîl davaiitaijp le:j sr>ins attuii-
lifs de sa providence, et so bonlâ toute
Aliécidle envtTs lui ; puisque, par CPtle pré-
féretii'e accordée h la terre dont il devait
fifre coiuiue le maître et lu roi, ce divin
Créateur seoiblaiL lui prouver qu'il avnit
tout fait pour lui.
CltÉATion siucLTAnÉBOu stiadE9S)VB ; réril-
latioD, Voy. Optimisas, — La solution de
tous les problèmes de la création est dans
l'incaniallon. Foy.MAL art. I.5V.— La doe-
frine de M. J. Rej'nauct, sur la créatiim. cou-
(luitiiu psDtliéisme. Voy. PRocmÈs contiru.
— Tliéoiie de la création dans la théodicéo
liunionilaire. ¥ou. TifÉoi>icÉE bumakitiirI!.
~- Cn^olion sensible, exprime les perl'ections
invisibles de Dieu. Yoy. Culte, | I. — La
•-■réalion est-elle un mvlheî Vov. Création,
S VIL .
CséATtoN uuLTiPLE dcs espèccs dais l'hu-
manilé, examen de tettt; théorie. Yoy. Kaces
DUUAINBS, j H.
CUËATUltLS, leur rapport au Créateur.
Voy. Êtres.
CllËDIBlLITË de l'histoire évangéliqua
démonlréu par les Acltta des apAtres ei par
les Ëpltres du Nouveau Testaïuenl. Yoy.
Hote Ix bii, h la fin du volume.
CRICHNA. Yay, liiDiAifiSHE, | V.
CROISADES. Voy. Fanatisme, j 111.
CROYANCE UNIVERSELLE au dogme dn
I enfur. Yoy. Ehfeii, g I, et note II, à la lin
du volume, — Cru^aiiiio ruligieuse des sei-
gneurs gallo-roniams aux iv* et v" siècles.
roy.AHiSTocBATiEGALLO-HOUAiNE.— Croyan-
CRCClFIEMENT.différenceenlrelesévan-
gélisliis, par rapport è l'heure. Yoy. i&m
tSairil) l'Kvatigt-liste, J IL — Objeciions do
titrniiss sur la conduite de Jésus avant le
t'i'ucilleinent. Jbid.
CUSA (le cardinal] a soutenu le mnuvc'
hient de I.1 terre avant la naissance de Co-
pernic et de tiulilâe. Voy. I'brre.
CULTE CATHOLIQUE.
Le beaa est ta spleiideuf du vnJ.
Le beau ut ce qui pUtt it I* Tcrtu écialréB.
(Comte H Mahux.)
Il n'est qne ti-op commua de reiUMmtrer
tlusliommesqui vivant comme sans religion
ri Mtna Dieu; soit qu'ils afTeclenI d'être
mécréants par système, snit qu'ils s'endor-
ment dans une insouciaoce douce en apjia-
reiice, et si funeste en réalité. .4lhées pra-
tiques I ils coulempicnl les merveilles de la
Holure , sons jamais s'élever jusqu'i leur
auteur; ils jouissciil ùe tous les bienfaits de
)a créelioR , sans les fftire remonter vers
Itïur source par la reton naissance ; et comme
s'ils étaient hors de l'empire du souvenu»
Arbitre de Imites choses , ils ne preiineot
4itjur règle de leurs sentiments et de leurs
Actions <{ue le )>enchfti>1 qui les d'iiurne.
Dans les hommages de l'esprit et du ua\:
rendus i la Divinité, dans le culte iutérieur,
ils ne voient qu'une chose inutile-,dansh
hommages eitérieurs et publics, <iins li-s
rites sacrés et les fêles religieuse», iU m
voient que des pratiques puériles et dt^su-
persliiious populaires.
Malheureusement l'impidté trouvera ton-
jours un appui secret et puissant dans l'or-
gueil de l'esprit et la dépravation du tsiir.
L'homme veut fiire indépendant; et la \m-
sée d'un Dieu rappelle un matlre ci:i) com-
mande et qui veut être obéi : Vbmm
voudrait vivre au gré de ses désira, tl le<
doctrines religieuses l'irritent, pArcequ'vlIn
gênent ses penchonts. Toujours les pissiort
murmurent contre le frein de liuinriii
divinn; iudociles, impatientes, elles ditr-
chent jt le briser. L'orgueil ne veut pis*
supérieur, pas même d'égal. Le même ei^nl
de rébellion qui soulève quelquefois !mi-
jet contre Je monarque, le fils couinl:
père, le serviteur contre le maître, smitén
l'homme contre Dltiu. Il est des liomm
in-éligieux, par ta même raison qu'il esti!»
sujets rebelles, des tils ingrats. Par onjueil,
l'homme se contemple lui-mèmu avec une
complaisance secrète; il ne voit qus l»i
dans cet univers; il se préfère t tout ri
mCme il Dieu : et voilà pourquoi l'orgimi
cttuaesorttid'albéismeGommencé..Olt! qu'il:
faut que les doctrines religieuses eimonln
tiennent au cœur de l'homme par de pro-
fondes raci::es, pour qu'elles aient pu ^^
sisler OUI passions toujours liguées pour la
détruire 1 Rien peut-être db prouve mieui
leur empire et leur nécessité, que le pelj
nombre d'impies qui de loin en ioiu03t«i|
tes combattre. |
Sans doute la substance de tout colle lii
gitime se trouve dans les itommages iul^
rieurs de l'esprit et du cœur; lesdeborsle
vAMs pompeux, les fêles les plus brilliul<^
le plus magnifique appareil du culte ti:<{
rieur et public, ne seraient qu'un vainsr
mulacre, sans les sentiments et les inli^
lions pures qui en font le priiet le mériif
Ift Divinité veut surtout régoer dans le cH
et ce qui ne servirait pas à y établit soi
empire ne serait qu'une illusion. Less.i,|(l
du paganisme n'out pus ignoré ces vérité
témoin Zaleiicus, daus la fameuse préM
de ses lois, qnaud il disait qu'on doit pn
senter à la bivinilé une âme eiempii; a
souillures , et se persuader qu'elle eslN
moins honorée par de pomgwuies cérénm
nies que par la vertu ; témoin Piioe le Ji'U"'
dans son célèbre panégyrique d^ Traj"*
quand il dit qu'il vaut bien mieJi »'"*<
au temple avec une Âme sainte et yoi
2 u'avec des cantiques composés avec jrj
ette doctrine était bien clairement e»»^
giiée cbeK les Juifs , ce peuple toutefois 1
enclin à placer une confiance excessifedaii
son temple et dans ses réréuranies. On »|
avec quelle véliéraence le proplièie Is^'
s'élevait contre ces fausses et irooit*"'*
upi ercncL'S. Kceules, s"éeriaU-ii à a' 5-
CIL DICTIO.NNj^IRE APOLOGETIQUE. CIL S»
yt i'S89), prélis foreilleà la paroU de votre l'eni|iorle, el ne sffrnit-ee que pour n» pas
'B'tit : Qu'a i-]'e besoin , vous dit-it par ma 6tre détourné par elle, ii faut au il la lourne
iovhf, dt la multitude devoi victme»? Que lui -môme, el le fasse servir b l'objet Je ses
«r/nil te tang an bouci tt de» taureaux? adorations. Qu'oa ne dise pas que Dieu,
iotn ntrni. je l'ai m abomination ; je haig ëtoni pur esprit et lisant dans le fond des
r»{lltitlvoi lolenniiés; lorsquevouf élen- cœur», n'a pas besoiu qu'on use de signes
irr: rrrimoi de* maim sappltanlet. Je dé- -sensibles pour lui faire parvenir l'IioniDia^e
[.'irumiifflH regards, Atant tout, puri/iez de rintelJigeuce. Il ne s'agît pas du besoin
rti court; dtes de derant m» yeux la malice de Dieu dans la religion, mais du besoin,
dr 101 ptniéei ; aniite» l'opprtmé, failei }ut- mais du devoir de l'tio^aie. Or, l'homme a
iKt i {^orphelin , et après cela préfentexvDus besoin d'exprimer ce qu'il sent, de parler
cm ttmfbmce devant le Sei^eur votre Dieu, ce qu'il pens&, pour bien le sentir mèine ejt
0(1 »j( bien que le christianisme est venu bien le penser, surtout lorsque l'objet do
r«riwltonuer lout ce que la raison ou la loi ses sentiments et de ses penséus contrario
iMistique «raient sur celte matière de plus ses pencbanls et sa faiblesse. Il doit s'aiilnr
njeeldeplus pur, el que sa Un essentielle alors de toutes ses fscullés et de ses sens
ni de former, au milieu de tous les peuples eux-mêmes, pour ne pas èlre entraîné par
■l'Iiterre, un peuple d'adorateurs en es- eux à des choses étrangères ou même coc-
yiiel en vérité I Mais entin, pour éviter traires ; il doit les enrôler au service du
Ml eicès, n'allons pas nous jeter dans un Dieu avec les forces de sa pensée, comme
luin, qui ne serait ni moins condamnable, ces révoltés ou ces lâches dont un habile
il laoins funeste. En vain de faux sages général se délie, al qu'il force à se battre en
ii'jiis diraient qu'ils ne Tculent d'aulre culte leii iiiôlanl aux bons soldais,
jlue celui (te la pensée, d'nulre concert re- N'oublions pas ensuite que la religion doit
!i:ieuiquecelui d'une vie consacrée è faire unir les hommes entre eux par le lien
itu bien Bux hommes, d'autre temple que niéme qui les unit à Dieu. Klle doit saisir
ti iMlure. Cen'esl \h qu'une raine enflure l'humanité dans son tout comme dans ses
4>^ paroles, qu'une orgueilleuse exagération membres , pour la consommer dans l'unité
>i^iDeB(iB(iar l'expérience, par la raison, par divine. Il i^ut dès lors qu'elle revête des
le MOliment. formes extérieures et sensibles qui réunis-
sent les hommes entre eux, et agissent sur
' *• eux cotleciivemnnt.
iVwiMiï Dira Hmniiiugs de «m iougliutfiin et de L& prétention de certains philosophes de
r.^SîLl''"'"'^"*"' P»nll>i5istiqne. — Prétenifon nos jOUrs esl de dépouiller la Térité chré-
i^hioIf. - Lpt corpi mêmes de la utlure, que rtiom- ^t d élevLTpeu a peu la raison a la contem-
««.piinefairie, a EiUilMcoaif^tcesdBsesddrâgle- pler librement. Les poëtcs de cette école,
......1.-J — eido nepouvant se passer entièrement d'imagos,
affectent de se répandre eu je ne tais quel
naturalisme panthéislîque, oit la terre et sa
verdure, le ciel et ses nua^tes, la mer vl sl'S
flots, leur jinraissent cxpriiii'.>r mieux la
Divinité que la croix de Jésus-Christ.
ïlais sans exclure le sublime langage de
la création, dont nos écrivains sacrés sont,
du reste, des interprèles bien aulreiiK<nl
éloquents que les écrivains auxquels Je fais
■I n'est pas besoin, ce semble, d'établir h
iw»»ilé d'un culte extérieur et sensible.
Vui ne sait, entre autres misons, combien
I' [«Mlfl réagit «ur la pensée, l'acte sur la
Tuiunié, l'expression sur le sentiment; si
ixeii 'ja« nos propres pensées n'arrivent,
il'nii-on, ï r^iat distinct de consciencf,
luiprèsavoir passépar l'état sensible, et . . ., -,__ . -. -. .
>>^'re vues elles-mAmes dans leur oipros- allusion, je soutiens que s'atLiciier
luaJiNier l'utilitédes ritesetdespraliques exclusivement i cet ordre natui
saper le chiislinnisnte, qui est fondé sur uu
ordre surnaturel, sensiblement personnifié
en Jésus-Christ et son Ejjiiso, et que c'est
mentir a. notre nature elle-mënie dont hi
liiitjlesso réclame otjuslifle ce divin secours.
Aussi un théologien prolesiant, Vinct, dil-
il fort bien : a Je no comprends rien au
Dieu vaKue et insaisissable du pooteLanmr-
riiomme d'ailleurs doit hommage b la tine:il n a pasdes piedsquejepuissebui^iier
in'ioilé, ce doit être tout l'hummo : smi de mes larmes, de» genoux que je puissu
'""jiiialion et ses sens, comme son esprit embrasser, des yeux où je puisse lire ma
"mi auur. Que ferait-il de sa nature sen- KiAcc, une bouche qui puisse la prononcer;
|,'l>e.»'il ne l'employait jms au même cuilu? H n'est pas uo homme, et j'ai besoiu d*un
V> tiiitqu'ill'occupe, il no dépend pas du Dicu-Hoiimie ((î91j. >
lui (Je s'en d'épouilhtr ; elle le suit ou elle Le protestantisme, cependant, n'a con.^er-
p. 313, —Le ccléhre Nlcbulir disa'tt aussi : « Le
cliristiaiiisiiio Je non iiliilosoiiln-s et Je nos patt •
ihOislPS nioJeiiirs nVsl plus le eliristiaiiiMiir |"ii. •
uiui. Sans un l>icu iiti soniu-t, sans finiliiidnali:
" niiiière de religion et do morale, dit
™rla|jî, c'„i fgjry preuve de déraison et
sitieiilie; car c'est nier l'empire dut no-
uant sensibles bur des Aires qui ne sont
[«Jde purs esprits j c'est nier encore la
l'rccte l'habitude. Les rites et les pratiques
"«l i la morale et aux vérités religieuses
t'-iue les signes sont aux idées (liBO).
iSiSifw.i. lOei acq.
'i/Wi be fmiagt et de i'aius de t'aprit phUasoithi-
^■_^ Kp. i«4.
iWtj i^aû rf« p.'i(iuMjjfti( momie tl rtli'juuK,
ncnONNAlRE APOLOGETIQUE.
CVh
*6 laf-mAme que t'abslrsclion de ce Dieu ;
et rranchtmeni, li vnjr ses lemples, «n ne
(lirait pas que c'est lui qu'il y adore, ni
rafiine qa'][ en adore aucun. Ce sont des
t^irices confortables, où on est bien à son
iiisp, mais qui, du reste, sont parfaitement
vides de loui ce qui peut rappeler h l'homme
sa dépendance et nourrir sa piété. CVsl la
iimisun de l'horamo et non la maison de
Dieu. — A cela les protestanls répondent
que c'est par respect pour Dieu, que rien ne
snurnit représenter di^nemenl; et ils jettent
auciiliioliscisme le reproche d'idolâlrie.
Mais on se demande si le respect pour Dieu
peut se concevoir sans le sentiment de la
faiblesse humaine, et si ce n'est pas 6tre
dépourvu de ce dernier sentiment, et par
conséquenide respect pour Dieu, que de se
croire nalurellemenl assez dégagé pnur ,ïe
passer de tout mojen sens'ble de s'élflfer
vers lui, le contempler dès ici-bas face à
face, et se donner dans un corps de bous
les privilèges des purs esprilsT ... On se de-
ninnde si celte prétention à la nalure imœé-
dinle de l'ange n'émsne pas du même sen-
timent qui inspira à lange lui-même la
préLenlion de s'égaler au Très-Haut; si ce
n'est pas de l'idolâtrie enfin, et la pire de
loutes, l'idolâtrie de soi-même?.. . On se
demande suflout si ce n'est pas dn l'incon-
séquence et de l'impiété ou point de vuede
la foi chrétienne, laquelle repose principa-
lement sur In nécessité d'un médi.ileur vi-
sible, sur le Verbe, c'est-ù-diie Dieu lui-
ludine fait chair?...
hâ question de sïivoirde quelle manière
l'homme doit adorer Dieu ne peut d'ailleurs
êlre résolue par l'homme. Cela implique.
Dieu seul doit être juge de son propreculle.
Or, Dieu, même au seul point de vue natu-
rel, nous a manifesté sa volonté, & celégard,
d une manière incontestable.
La religion, en effet, se compose dedeux
ordres de relations: les unes par lesquelles
Dieu se réïéla è nous, les autres pur les-
quelles nous acquiesçons à lui. Les pre-
mières doivent être évidemment la base des
secondes. Or, les premières, même dans la
nature, revêtent des formes sensibles. Ce
n est qu'à travers ses œuvres que Dieu nous
Apparaît : il a fait de l'univers comme un
lemjile où ses perfections invisibles sont
exprimées visiblement. Pourquoi voudrloas-
nous maintenant renverser c«l ordre, et
nous afft-anchir, pour lui répondre, de la loi
à laquelle il s'est en quelque sorle soumis
luF>même pour nous parler? Pourquoi ces
niâmes créatures, ces mêmes signes sensi-
bles, qu'il n'a pas juiiés indignes de servir a
biimaine, sans nne croyance histflTii[ue, il n'y a
pas de chrlslianisme, Il n'y a plus qu'une pbilo»>-
pliie inlelleciuelle. J'ai déjà dil souvent qje je ne
voulais pas de Dieu métaphysique; je ne reconnus,
quant k moi, que le Dieu de la Bible, qui esl le
cœur au cœur. >(Cilé dans la Revue brilannique de
décemlirelUO.)
(692) C'est i un proUituRr que nous avons eni-
pi'iinlc la itéilucllon de «.vUe conséquence, qu'il fait
ïuivre de cclie réDci on ; i On kouffre d'élte oblitsé
la manifestation de ses attribals ttntn
nous, ne seraient-ils plus convenables mr
l'exercice de nos sentiments envers luil...
La raison qu'un oppose, que ce serait ei<
poser l'homme à se mépreQ<lre,ïsDlûiiiuer
le signe è Is réalité, le culte eilérieurta
culte intérieur, et b glisser dans l'idoldlrieiles
exemples mêmes, quelques nombreux qu'ils
soient, qu'on relèverait è l'apiiui de c«lia
raison, tout cela tombe de soi-mËme devint
notre argument. Car si ce raisonnement étiit
absolu, et si de l'obus de la cliose nous de-
vions coijclure ï sa suppression, il (auilmi
commencer par incriminer Dieu lui-iu£itie,
qui le premier nous y aurait eiposés, et
faire de l'outrage et de la destruction, s'il
était possible de ses plus belles ceuvres, le
fondement de notre adoration envers lui. U
soleil, la lune et les étoiles ont éléunolijel
d'adoration pour beaucoup de peuples pg-
licés, et le sont encore de nos jours m
quelques parties du monde. Il y a oiéaieit
sein de nos ponulBlions des gens qui m-
raient tout portes h ce culte. Or, qui e!l-u
qui oserait soutenir cette absurdité, i[ue
Jaute de pouvoir se défaire du soleil, de la
lune et de toute l'armée du soleil, il bui
fermer les yeux pour ne pas résister i li
tentation de les idolâtrer? Voilï iiourtantles
conséquences de ce puritanisme qui prnstrit
tout culte extérieur par la crainte de la su-
perstition (692). Mais le bon sens se révolii.',
et s'écrie : Cali marrant gloriaai Dti, t'
opéra ntanuuni ejui annunliat firmaountum!
et la reconnaissance et l'amour de l'honiDie
n'hésitent pas à s'emparer de ces oifimes
leuvres, pour eu faire les instruments de suu
culte envers leur auteur.
Cet argument grandit dans le chrislia-
nisine, parce que dans cette religion JeFjli
et l'égal de Dieu a daigné par condescen>
duiice pour noire faiblesse, qui n'enleniliil
plus le langage de lo création , revêtir noire
' cliuir, nos sens, les ennoblir et les diviniser,
et les faire entrer lui-même dans le cuHe
qu'il a le premier rendu & son Père, pour
nous apprendre, â son exemple, le Dio;en
du lu rendre à notre tour.
Ceci nous conduit à une dernière vue '
plus haute :
Le christianisme est la restauration ili '
la nature Itumaina par le Christ. Tout a
qui entre dans la nature humaine e( tout
eu qui s'y rattache doit participer par vois
de suite à cette restauration.
Tout se tient dans les œuvres de Oiea.
depuis le chérubin jusqu'à la planta, jus-
qu'à la pierre. Une cuatne merveilleuse
court d'anneau en duneau dans tous tes
de descendre ides comparaisons auui IriviiK
pour attaquer des préiugcs encore aussi rttffcfs
dans, un siècle comme le nôtre. Et c'est attc
ces préjugés siupides qu'on a la prétention de pr<>-
fesser une religion éclairée, qui doit un jour eiJTaliir
tout ta monde!» (Uulleii, De* beaus-arli d"*
le cuite de* Eglieei réformée*, p. 87.) Ces réOe<i<'iii
sont justes, mais infécondes ; l'appel tardif quç''
protestantisme ferait aux l>i-aui-arls ne saurait i-w
entendu, nous en donnerons la raison (tans ui> imUA
III
CIL
DICTIONNAIRE
(l'sràdeb créalion, et les relie arec soa-
|.:es» rt uae pinfonda unité. I/homme en
pirlinilîer est l'enoeau de jonction du
mtiit ioTisible des esprits et du monde
tisibicdes eorps; il loucfae k toas les deux,
lu plus bas degrâ de l'uo , au plus haut
iepé (jfl r«utre; et sans les confondre il les
nifrocbe, il les relie. Composé miste,
miffi de la terre et du ciel , il ce peut pas
l'ai répudier l'un que Tsalre; et il ne peut
H déplKcr, se dégrader ou s'ennoblir, snns
:^-iiBr dins le méinesens sur le milieu
.-< il est le centre.
QiQi rjga d'or de ses destinées primi-
titjidool le sniiTenir a été conservé par
Ml» les Iredilion.» de l'univers, toute la
MiiiKlnobéissait immédiatement comme
1 )«a roi, ri devait être élevée en lui h des
ifrf<pliits de spiritualité et de glnire.
Aifnsedétachant do Dieu par le déré-
■■ta-ralde tk libre volonté, l'bomme en-
fnlat lEt|iiritael dans le charnel, et lecoo-
in^ioup t'en fit sentir dans la nature en-
'■■;*. CelltMri OB fut plus pour lui qu'une
""'irée, et il acheva de ta dénaturer en la
liiitni 1* fomplicfi de ses déréglemenis.
Le Réparateur de ce grand désordre, le
Béisï Verbe qoi avait créé l'ordre primitif,
i« Christ est venu relever ce qui était
l"3iljé. A cet effet , il a pris notre nature ,
('(it-i-dire notre Ame , c'est-à-dire notre
c-V. c'esl-k-dire par tuile, la nature en>
l^coiïrfl corps se forme et de laquelle
^ 'il- Selon la belle expression de nos
u m livres . la Sauveur a gtrmé de ta
^t II pU (fu- ciel. Aussi a-t-il souffert
l'êtes les nécessités et toutes les dépen-
'■'<'^ île celle nature sensible, cumme
■'i>,|>ar suite du péché qu'il venait expier,
■''i. par cette eiptation même, il l'a rele-
I ^ MDctiGée, réintégrée avec nous en lui,
<K(IflraBgd'oii nous l'avions fait déchoir,
"'.Jim sa transfigura lion et son ascension,
•^•j'ni pas seulement notre nature propre,
'-ji'iles éléments terrestres de la nature
-■<si(]ue don[ elle se compose, qui ont
''»i(iH-ncé h jouir en lui de celte gloire
'(«'i il nous a frafé la roule et dans la-
[!■''? nous nous lèverons un jour.
J-^uyChrist a rétabli ainsi en sa personne
■iiDanité dans tous ses rapports , et par
-iiai'liorts il a rétabli toutes les choses
'-!'l<^ ou invisibles, qui en sont roiijel.
^'ij en belles paroles de sninl P«ul : i.«
^ff ut Vimagt du Dita inviiibte et It
'''"iti-né de toute créature; car en lui ont
' Téttt TOUTES CHOSES,' oux cUuT fotnme
' -TTi , TI5IKLES OU ixtisiHLES , tesqutllti
"rpitiau m lui. El austi Itt a-t il récon-
"I m lui, pacifiant par U lang lie ta
-u laniea dtata, toit en la ttrre,toit ai4;r
Wj pnsé , et le culte que nous devons
1 n-à Dieu n'étant que la suite et ra|>-
-)'ioi de celai que notre chef Jésus-
":l lui a ren-tu le premier, il est dans
-' !:e lie cv |ilaii divin que nous fassions
ifc'"', fl^hu. i, 15-17.
APOLOGFTIOOE. CUL
|tarticiper ft ce cuUe de reslaun.
crGcalion universelle. non-seulenK
i:ullésdenolreâme,maisctillesdenoti
celles même des autres corps de lanalQ,
en dépendent , et que nous entraînions v
dans noire retour, comme nous avions fc.
tratiié tout dans noire égarement.
Sans doute ces trois degrés de participa-
tion au culte divin n'ont pas la même im-
portance , et le culte spirituel , l'adnralton
m tsprit et en vérité, doit marcher à la tête ;
mais le culte sensible, l'adoration eité-
rieare , ne peut pas no pns suivre comme
élaot modèle, informé par lu culte spirituel ;
et il ne peul pas, h son tour, ne pas mfxle-
ler el tn/onner de la même manière la nn-
ture physique qui t'environne, et dont il dis-
pose. Ces trois choses secommandenticelui
qui aime ne peut s'empêcher de le dire et de
1 exprimer, et non-seulement de le dire et
de 1 exprimer, mais de le faire dire k tout
ce qui est autour de lui; et loin qu'en faisant
cela il altère et épuise le sentiment qui en
est le mobile, il le purifie par le sacrilice
de tout ce qu'il met à sa dévotion, il l'exalte
Par la réaction même du mouvement qui
y entraîne.
Nous avons un bel exemple de celle vé-
rité dans l'Evanxile. Vojez la Madeleine :
l'amour divin a pénétré son âme : aussilOt
que se passe-t-il en elleT va-t-elle se borner
k exprimer cet amour tu eiprit et en térilét
i aimer mentalement T Oh I non 1 Elle court,
elle cherche son Sauveur, elle se jette &
ses pieds, prosternée dans les larmes; elle
les embrasse, elle tes couvre de ses baisers,
elle les essuie de ses cheveux, elle les adore
iion-seulemeot de tout son esprit, et de tout
son corps, elle fait plus: on vase de parfum,
objet précieux, objet étranger non>seulement
à son Ame , mois à son corps , va parlicijicr
aux actes de celui-ci, de celle-lè: il va être
brisé comme son coeur , versé comme ses
larmes; il va venger Dieu par sa géiiéreu>e
profusion, de l'usage criminel auquel il
était de5tinécontrelui;el, de profane et sa-
crilège il va de venir pieux et sanctihé comme
l'amour qui lu répand. Que l'orgueil pha-
risaique se scandahse de ces exagérations
idolâtres : Jésiis-Olirîsl les approuve, el i(
en prend même sujet de reproctier h S"U
bêle sa froide réserve. Prenez modèle sur
cette femme, dit-il. Je tuit entré dant voire
demeure, et voua n'avez pai o/ferl de Crnu
pour me» pied*: elle let a arrotét de itt larmes,
les a essuyés de set cheveux. — Vous ne m'are%
pas donné le baiser de réception; elle, du
moment où je tuis miré, n'o pat tetté de bai-
ser mes piedt. — foui ne m'avez pas crrsé
sur tes chevtax l'huile de tenleur ordinaire,
elle a embaumé mes pieds de t'estence la plat
précieuse. A cause de cela il lui sera beau-
coup remis, parce qu'elle a beaucoup ai-
mé (69V}.
C'est ainsi que la vérilédu culte intérieur
enlrnliie et {ustilie le culte extérieur par
le lien mèuie qui unit l'esprit au corps» et
(694) Ue. TU. 41, 4!i.
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
CUL
SU
{)sr lui à tous les corps du inonde visible
qui l'entoure; que la vraie religion doit
restaurer toutes clioses en les ramenant à
l'auteur et au ré(ianiteur de toulns choses;
et que la nature enliëre, s'il se peut, animée
fiar le génio de son Uni, doit prendre avec
ui une altitude d'adoration, et devenir la
cuwpagiie et la cooiiÉratrice de son rclour,
eomme elle avait éi6 la victime cl la com-
plice de son désordre.
' C'est sur eus bases larges, profondes, na-
turelles, que repose le t>eul vrai culte, le
culte universel ou catholique,
S"-
Acte prlDcipal du cylte, h messe. — Les plus sublimes
créalioiu des arts sont Inspiri^es par le culle cxtbollqae.
— L» prtKttce réélit en eit !e faùd el t« snbslance. —
Les évéDenJeatsdebdeduCbristTevieimebl pour noua
(Unsune suiU de Tètes qui partagent l'année en solen-
nités sa([iles.^^Tabteau desKips chréU enn es. — Culte
(tes saints, et priÈre pour les niorls ;riSpoo«e»upr»-
teai^ntisme. — Pn^qnes de divotjon jiMliflée*.
De ces principes généraux , descendoDs à
quelques applications.
, Si ou ramène le culte catholique h sa
]i1us essentielle expression, rien de pttis
simple et qui se prête mieui i l'eTiguilé
des circonstances: un peu de pain, un peu
de vin , et quatre mots de la bouche d un
prêtre, voilà le sacrrtice de la messe qui en
est l'âme et auquel il peut se réduire rigou-
reusement.
Dans la simplicité de cet acte se trouve
en efTel rcnTermé plus que tous les mnndps
visitiles et Invisibles ne peuvent contenir
cic richesses, puisque l'oljjet qui est offert
h Dieu est i égal de Dieu lui-m^me , est
Jésus-Christ réellement préseiiL et s'olTrant
è In souveraine justice de son Vère dans le
mémo état de victime où il s'est mis en
mourant une fois sur la croix. C'est ce sa-
crilîco m^me de la croix renouvelé, non
dans rimmolalion,raais dans l'offrande de
la formidable victime; c'est son application
réitérée et suo.-ossivo dans la généralité des
temps et des lieux.
. Par ta simplicité de cet acte principal , le
culle chrétien peut être diflicileracnl IiUm-
romiin. Aussi s'esl>il toujours exercé ilans
les temps les plu.^ mauvais comme dant les
lieux les plus déserts. Un cachot, un grenier,
une grotte, le fond d'un bois, tout peut
devenir un autel el un temple iiourlecnlia
de celui (Jui n'avait pas mSme mtpitrri
oii reposer sa tSte , mais qui sancIiOe tautts
choses de sa présence. Ce dénûmeal du
culte , lorsqu'il n'est pas l'eGet de In négli.
gence , mais de la persécution , de lu |i(u-
vreté , de l'exil souffert pour la foi.neïc
rend que plus beau; parcn qu'il exprime cl
qu'il reproduit dans ces circonstances le sa-
nriflce qui en fait la gloire, et qu'en ceietii
on peut dire qu'il l'urne de tout eu lionlil
le dépouille. Aussi le catholicisme, nu mi-
lieu des plus grandes solennités du noi
jours prospères, n'a-t-il rien dans sesiuleit
de plus immuable et de plus dislinclif, qn:
ce qui lui rappelle ses catacombes el ses
martyrs: des luminaires et un tombeau.
Mais ce même cuite, qui est si simpitm
lui-même, se prête dans ses développeniwili
extérieurs aux pompes les plus mngiiiGi|UH
que l'imagination poisse concevuir, i a
point qu'on peut dire qu'il nourrit touslts
beaux-arts des seules miettes de sa liWt:
e'est-è-dire que ce qui n'est en lui que st-
condeiro et accessoire devient le fonli
inème el le fonds le plus riche d'où te
génies de l'archi lecture, de 1? statuaire, i!«
In peinture, de la musique . de la poésie H
do l'éloquence, ont tiré et tireront à jsiuw
leurs plus sublimes créatioDS (695].
Ut cependant la religion catholique porte
toutes ces richesses avec indépendante, ti
n'en est pas gênée le moins du monde lUm
l'exercice de son culte spirituel. Coioim'
une grande reine à qui tout cela rtviin'-
naturellement, elle se laisse parer pluu'i
pour le bonheur de ses sujets que p'nirl'^
siens, sentant bien qu'ellt; éc)ipseses;'n>^
près ornements, el que c'est elie-mêinc i|iri
les consacre. Elle permet plutôt qu'elle lii
demandequ'ou l'embcllisso f696j.
C'est qu'il y a ea elle quelque chosequ
(695) Pour ne parler que de la musique, qui
fait l'en iv rement de uoire siècle, ce <[ue nous avons
de plus sul>lime *)ai» cet art a c\é inspiré et pro-
tctie par la religion. C'est à l'ombre des temples
catliolii|ucs, dans les' chœurs des calliêdrales que
naquirent et se développèrent les talents des
Hnydu, des Hoiart, des Lpsueur, des Grélry, des
Uénul, desCIturon, des Cherubini, etc., qui seraient
restés sans objet et nous auraient été inconnus,
faute d'une siluaiioii qui leseàiaussi bien Favorisés
que celle- lu.
(69(i) L'art musical avail entièrement dégénèri!
dans le milieu du xvi* sièclecn llalie, el s'était rendu
hiili^'iie de lui-même en devenant indigne de la re-
li){ii)n, lorsqu'un décret du concile de Ti-enle inier-
vijit, qui prononça i'uboliliun de tante musi[|ue
prolane et lascive dans ses airs ou ses mouvements,
c'est ii-Jirenu'il abolissait toute musirjue, puisque
t'était la seule qui régnait alors. Le Pape nomma,
eu l'anuce 1S61, une cnngrégation de cardinaux, à
W'fTfX de pourvoir à rcxécuiioii des canons du cun •
<'i!K et lie ce dëcret en panicnlier. Saint Cbarics
Uo.roinéu fai^l partie de celte cunuuîjsiou, et,
homme de goût, comme l'ont été tous los m'
saints, il Qt mander Patestrina, <Ionl il cuniiaî^i)
riiabitelé. Le il) janvier 1565, Palcslrina fut clu'i;
par la commission d'écrire une musse, dont onV
prescrivit le nouvel esprit. On ne lui <racba pas <f
ou succès de cette épreuve dépendait le isortdr
musique, et que s'il ècbouait, elle devait ëltt pn
toujours bannie de la maiiion de Dieu- Palesiro
malgré celle terrible rcsponsabil ité pour un an •!
lui était si cher, ne recula point. Au bout d*; i><
mois, il reparut avec trois messes. La con^ri^^'aii
reconnut qu'on ne pouvait rien diisircr ite wi'<
et décréta la conservation de la inasique à-'*
service divin. Ui, c'est celte musique qui a lal^
Paiestrina d'ëire appelé le SaMi<nir d« I» ntuM;
VUomèrt de l'ancienne musique, comme ra|ipi'l''
docteur Ituruet. En l'entendant pour ta preiui
Tois, le cardinal Pisani, doyen du sacré Cotk>''.
tournant vers le cardinal âerbellunl, appliqua '■
rcusement cci'vers di^ Dante; « IJne iuniiou:c
belle el si douce ne ikui venir que tics cieui,
le bonheur eut éfcriicl. i
CtL
DICT(0!(KAIRE APOLOGETIQUE.
Cb'L
SU
en rBtt, la prëoceape avant tout el par-
dtmt tout: c'est son dirin époux Jésua-
Clirijl, c'est cet agneau de Dieu,' celte Ticlime
siiutedei'amour, qui lui MiflisaK dans les
ciUcombes, eldont toute la solennité des
uiliMrali» ne peut la délouraer.
U prùaut ritih eonslilue toujours le
(crDilel la substance du culle catholique;
cKl eJle qui fait le sérieux, le riel de ses
pompes, et leur enlève tnut ce qu'elles au-
n:ent de ScEir el de Ibéàtral; elle iesoio-
Mc, die les conceatre, elle les balance de
MiipoidsJnQui, ou ptutdt elle lesanéanli-
riiiouies de sa grandeur, si elle ne iBur eu
{■'umuni^uail pas une parlie.
ht liiéranouit le vain reproche d'idolA-
(rieliiln calbolicisme par luérésie ; caries
iui^lesslatues. les tableaux, les chanis, et
.'ftumenieDls Je tout genre, qui reiuplissenl
uisljujlti|ues, el les basiliques elles-mâines
acMffli qu'un acheminement à l'autel, au
tibtiait\.v, et à la Divinité qui y réside,
licilr-ri est la Qn de toutes les adorations:
loul le reste n'est que moyeu et degré.
Lu beaux-arts forment le cortège et la suiLe
iJela religion, et non la religion tnême. La
prùon ridtt seule cooslilud Ja base de
MU culte, elle seule remplit le lieu saint,
t>l« wule le sanctifie; si bien qu'en l'ôtant
i>ii£leeD même temps jusqu'à l'obligation
du recueillement, el que le temple n'est
iim qu'uD musée.
<.t n'est qu'eu se plaçant i son point do
■ue (i'jDcrédulîté à la préttnee rMle, que le
{■raieslanlisme nous accuse d'idoiâLrre.
AuMt lui-niéme, sous jieine d'encourir
iKiirusemeal celte accusation, s'est-il in-
Mjjt jiar ta (l'avoir jamais deculte sensible,
^■uni qu'il bsso d'Ailleurs pour en avoir un,
Uatei ce prix i qubi qu'il tente, pour se
iiHJlenir, d ap[>eler entiu à son aide les
t^aui-arLs qu'il jBVait proscrits, ceux-ci ne
f^{>uii(|ruut jamais i son appel, parce qu'il
uiiien qui les échaulTe, et qu'il ne leur
K<^enia pas de fond. Pour avoir voulu
p'icer la figure là où est la réalité, il s'est
Kiiéde iwuvoir rien tigurer à sun tour,
(rii plutAt il s'est condamné à n'être lui-
mime qu'une vaine ligure, el qu'un fan-
lûiiie sur qui rien ne pourra jamais teair
Ldirréseoce personnelle de Jésu»-Christ
turltisaulels du caltiolicisme lU mulive et
tu inspire donc tout le culle. L'inlei vcntion
iK ta grdce ilaui lesautres sacrements vient
fuci^re fie prêter aux cérémoiiii:^ les plus
tinéea et les plus toucbaules, et leur don-
ner la Tralcbeur el la vie, comme l'eau cacbiie
<ict ruisseaux en fertilise les bord^ et révèle
*> présence vivitianle h leur técondilé. Les
•liffcrents Ages et les diverses siLualiiins
(UT) Ckote Temarqoahle, pemlaiit que le progrèt
in itmièfu uispire au pJbiloiopAûme la préieiiiion
te depoaitter la vériié cbrélieuiie de m* tymbvla,
rnprit de coDMrralion ^us juiliàeax du prowiian-
tuw le parte an contraire a l'eu revêtir; maii ni
k fMuàuitaie, ni le philesophisme n'arriveront
a>^rsiDt. Une vérité qu'on peut aussi rapricicu-
ic^nt déittîr uu revfiiir de son culte el de sl-s
de la vie butnaioe, l'enfance, la jeunesse,
l'Ape mûr, la vie et I« mort; les plus vifs
sentiments de la nalnre, ses espérances et
ses repentirs, ses joies el ms alarmes, ses
cafamilés et ses triomphes, vienn(;iil perdre
leur souillure ou leuramertume à ces sour-
ces sacrées, y revêtir leur fleDr, y puiser
leurs consolations ou leurs charmes, et les
y répandre en les recevanL Les détails
nous entraîneraient trop loin, il faut résister
\ leur séduclioD.
Comme par sa présence el parseagrAces
le divin médiateur fait la fond 'du culle
catholique, par le tableau de sa vie il fait la
matière de toutes les fêtes. Cette grande et
divine ligure du Christ reparaît tous les ans
dans SI naissance, dans ses travaux, dans
u passion, dans sa résurrection, dans son
ascension, dans la descente de son esprit,
enlindans l'inslilulion de sa présence eu-
charistique. Ces diverses phases de son
existence terrestresont devenues les phases
de l'existence temporelle de l'humanité. Sa
naissance attendue ou advenue remplit déjà
tous les temps, et forme le point d'ioterseo
tion des siècles antérieurs et postérieurs.
La commémoration des princiiuiux événe-
ments de sa vie vient ensuite partager
l'année en solennités saintes, qui saisissent
le temps dans toutes ses parties, et raltl-
cticnt cbaqueiour à l'étcrnilé.
Par là, ie Cbrist n'a pas seulement vécu
sous le régne de Tibère, en Galilée; il rit
toujours el partout aussi réellement, quoi-
que d'une façon différente, cl se mêle à
I humanité dans toutes les évolutions de
ses destinées. Ce qu'il til après sa résurrec-
lion, apparaissant à travers les portes fer-
mées à ses sfiAIres rOuois, il le fait partout
où des chrétien! se trouvent rassemblés
en son nom, selon les rites fixés par son
Eglise, et en accomplissement delà pro-
messe qu'il a faite à celle-ci d'être avec elle
jusqu'à la 6n des temps. La réaliléde sa
personne personnelle sur les autels du ca-
tholicisme vient préciser encore cette per-
pétuité, en la faisanl porter sur l'acte capi-
tal de SB médiation, le sacrifice de la crnix,
auquel il nous fait participer en tout temps
et en tous lieux- Celte présence de Jésus-
Christ, ainsi doublemcDl assurée dans
l'inslilulion de l'Eglise etdaos Je sacrement
de l'aulel, imprime à toutes les solennités
du culle catholique une réalité correspon-
dant aux événements de sa rie qui en font
le sujet. Chacun de ces grands événements
s'universalise et se per|iélue ainsi comme
sa personne: c'est plus qu'uno commémo-
ration, c'est une représeu talion, ou pluidl
c'est une exlensiou permanente de son
existeuctl qui en fait déjà sectfr l'élernité
symboles ne saurait être divine, puisqu'elle n'est
pas assez immuable ci a sseï profonde pour avuir
rencontré kb formes iHemclles el universelles du
calle qui lui oonvkni. L'immutabilllé «lu culte
catholique, et sa conveuBce â tous les pa^ et à
tous lea temipi, est oM propriété «iiilincuva qui
révèle sa divinité.
Sil C(;L DlCTIONNAmE APOLOGETIQUE. CUL ((|
dans le lumps, et n'en revAt l'apparRnne les plus pathétiques et les plai péDétnalt,
périodique que pour se prêter 6 notre mu- Quel morceau de philosophie, diloquïDn
tabilîlë. tJe poésie* et de musique, peut ètra eon-
Aussi les prières et les cérémonies de peré, même de loin, au flitt ire, pour d«
l'Eglise font-elles revirre pour nous ces parler, en ce momeiil, que de telia prosel
événements. Le point de vue où elle nous Quelle religion que celle qui fait une obli-
place n'est pas rétro.» peclif, il est direct galion du touvenir et une verla de tapi.
et immédiat. Ainsi, (lar Ips aventi, elle rtince, et qui les consacre et les TitiGs
nous reporte avant la naissance du Sau- par des rîtes aussi touchants et aussi mo-
Yeur, et nous y prépare comme leï patriar- raux I Les anciens embaumaienllescorpi
elles et les prophètes s'y préparaient ; elle des morts, le catholicisme embaume leur '
évoque les siècles antérieurs, et les fait mémoire; il l'empêche de se coironprc
soupirer de nouveau après le Désiré des et de se dissiper, en l'enveloppant de su
iiRliuns ; et quaijd le moment de cet avé- commémorations, de ses prières, da tet
ntt.iienl tantalieudu est arrifé, quand l'beu- espérances éternelles. Chose adminblelll
re nocturne a sonné, elle fait éclater les amortit le premier coup de la douleurquu
cliniiis des anges dans les cieus, et nous nous cause la séparation des êtres qui noui
convie autour de la crèche avec les ber- sont chers, et il nous les rappelle qusiil
gers, pour venir j voir et adorer le petit nous les avons oubliés ; il en perpèl'itlt
enfant qui noiu e$t ni, et pour U lairo regret en rnSme temps qu'il le lemp^:
naître dans nos âmes. Plus lard, elle fait il àte à la fois à notre deuil et ciqo'ii
briller l'étoile miraculeuse, et nous ra- a de trop -sombre et ce qu'il a de Itov
mène à Bethléem avec les rois de l'Orient, fu|titif. Et puis quel superbe tgLlesu(|K
pour nous faire entrer en partage des sen- cerui de celte immense cité des espnii,
liiiients qu'ils y apportèrent et dei grAces avec ses trois ordres toujours en rapparti i
qu'ils y ret^ureDl. Le carême s'ouvre en- Le monde qui combat présente uneiniio |
buile; il vient nous associer 6 la vie péni- au monde qui touffre, et saisit de \'mUt i
lenie de l'Homme-DIeu, el nous préparer celle du monde qui (nom|)Ae. L'adiOD il<
A le suivre jusqu'au Calvaire. La semaine grâces, la prière, les satisfactions, h
suiuie achèvtt ei recueille ces disjKisilioas; seco-jrs, les iaspiralions , la foi, \'es\*-
ullu nous ideotilie avec toutes les soulTran- rance et l'amour, circulent de l'un i l'auin
ces de noire divin Modèle; elle nous le comme des fleures bienfaisants. Rien a'cK
fait accompagner dans toutes les slationn isolé, et les esprits, comme les lames d'un
de son supplice; et au milieu du reteu- faisceau aimanlé, jouissent de leurs profirM
Hssemenl des anciennes prophétiei qui forces et de celles de tous les autres [63S,.
l'ont aniioncé , des leçons el homélies des 11 faut convenir que l'hérésie a Ëli bien
Pères lie l'Eglise qui l'uni appliqué, elle re- malheureuse de supprimer toutes ces di-
plece le tnlileau ou plutâl l'action mémo vines choses, et qu'elle on a bien M
Ou ce grand sacrifice qui a tout consommé, sentir, par ses attaques mêmes, toute la
et \>ne qui la terre a reçu le baiser du vérité, toute la beaulel Le culte des saioli,
ciel. Ainsi de la ffiie du Pâques, de la Pen- dit-elle, est de l'idolâtrie et un délourçr
luuôle et des autres, ment de la gloire tiui u'est due qii'i Die»
C'est sur ce fonds, et pour ea développer el au médiateur Jésus-Christ. MAs l'iguo-
en nous l'intelligence et le sentiment, pour rance seule a pu fournir une pareille ol^
nous imprégner par toutes nos facultés, jection. Qui ne sait que le culte catbolii|iig
|iur tous uos sens, par tous nos pores, des saints consiste uniquement à les pritfr
ei j'use dire, des exemples et des vertus non de nous rien donner eux-mêmes, tma
«le Jésiis-Clirist, et, nous reformer \ son de /irier pour nou» l'unique auteur de tom
image, que l'Eglise déroule des chonls, des les donsTQui ne sait que le culte pi'"
cérémonies et des pompes d'un admirable les saints dans le ciel eo posture «fiRirr-
efl'el , et dont la beauté incomparable, de ctneun et de iupplioRti, el que par lai)'
l'aveu de tous, emporte avec elle lu témoi- séqueut il rehauste la grandeur de Di'Ui
gnage sensitjle de la vérité dont elle est il rapporte toute gloire à sa gloire, c'«>ii
la splendeur. i-diie qu'il fait précisément le conirain^
Los fêles dos saints ol le recours à leur ce qu'on lui reproche? QubqI aux priera
intercession, le souvenir des morts et le pour les morts, elles blessent, dit-on. t
secours apporté à leurs soulTraucesexpiiitri- doctrine de la prédestination, laquelle di
ces par nos prières, font l'objet des autres permet pas d'admettre aucune indt^gi*t
solennités. Les grandes vérités de l'immor- dans le cœur de Dieu pour sa cré^tui'
talilé de l'Ame, de la justice divine, de fatalement sauvée ou damnée, seloû 1'
le solidarité des fautes et de la réversi- tat dans lequel la mort l'aura trsduiiç
bililé des mérites, de la sociabilité bu- son tribunal. — Hais quoi 1 cette docinu
maine dans ce qu'elle a de plus impres- elle-même u'é touffe- t-elle j^as la misén
criptible et du plus sublime, c'est-è-dira corde T Ke blesse-t-elle pas la ii>.*^"
tout ce qui fait la dignité, la grandeur, N'oulrage-t-elle pas la sainteté de Dieu*'
la vertu, le bonheur de l'homme, iiiéiue Dieu n'est-il plus un père? Oublie-t-ii,'
ici-bas, revél dans ces solennités les acceuls quelle argile il oous « lui-même peliit
"lG9B) H. m Haistm. . ~ , . . .... -
CCL
UCTiONRAIRE ArOLOGETIQDE.
CCL
sso
M bien sa triple Mioleté peut-elle s'allier
>ree oos souillures f ... La raison , le coeur,
tout M réfolte, lout proleste; et les pierres
Bimes des tombeaux se souIèTeol conlru
ctUe doctrine , dure comme l'orgueil d'où
rlle rieuL
Qunt k la gloire de notre difin inédia-
leur Jésas-Christ. loin d'âlre appaurrie par
le nlie des saints et des morts, elle j est
10 contraire lionorée et reliaussée de U nia-
iiiAre ta plus formelle. C'est lui que nous
honorons dans se* membres, c'est le Iriom-
|iIm de sa grdce que nous célébrons dans
ses saints, c'est la rerlu de son sacriRce
étal WHU faisons l'application aux vivants
dsn Bions. IJ est comme on océan d'où
fluBi aoù refluent tous les mérites, et la
P>/rr médiateur par lequel passent tontes
k» prières et toutes les grAces entre Dieu
M ooos. Par Notrt-Stigneur Jétvt-Chriil,
fâ vif arec ««lu dont t'unilé du Saint-E$-
prU amx fiitlet dei iiislet, te! est le motif |iar
Itqiwi sa terminent et â'appoiiUent; pour
liosi parier, toutes nos prières.
£ofiu les pratiqua de dévotion font courir
DO Morire de supériorité sur certaines
tèires, je le sais ; mais ce que je sais aussi,
c'est qu'il est plus aisé de se moquer des
cmii]aea de dévotion que de s'en jtasser,
^uuhJ on veut être complètement vertueux.
Kcontons Franklia, qu'on n'accust;ra cer-
isiueiBeni pas d'avoir manqué de philoso-
|<bie. Voia ce que dit cet nomme célèbre,
lUos des mémoires desiinés'k l'instruction
de ses enfants: — ■ Comme je connaissais
vu crojais coonatlre te bien ou le mal, je
ne Tojais pas pourquoi Je ne pourrais pas
toujours Cure l'un et éviter l'autre; mais Je
m'aperçus bientAt que j'avais entrepris
■ov lAcbe plus diflicilij que je ne l'avais
HMgitié. Pendant que j'appliquais mon
aiieutioQ et que je mettais mes soins i, me
I réserver d'une laule, je tombais souvent,
saos m'en apercevoir, Uaus une autre. L'ha-
bi^jile se préralail de mon inatleniion, ou
iMco le penchant était trop fort pour ma
r»iiOO. Je comprit à la fin que, quoique
ioo tùl spéculative me ut persuadé qu'il est
^t* notre ialérélil'éUeeomplitemenlvertHevx,
leifa «mifietion était iusuftisaute pour pré-
venir DOS taux pas; qu'il tallait rompre les
LAliitadeS contraires, enaequérir de bonnes,
M *'j mffitrmir , avant que de pouvoir
:xMii|>ter aur une eousiaote el uniforme rec-
utuOe de conduite. • Après ce préambule,
t rmnkiin rend compte de U méthode qu'il
s'éuii fireserite ; elle consistait dans uu
*■— <■ /«KTiid/icr de sa cousdence, et,
Kvur Eiciliter cet examen, dans la tenue
rfwa felU tivre, où il notait sous chaque
■lire ds vertu ses fautes et son amendement.
«-e petit litre avait pour épigraphe divers
x«ites qoi rappelaient Dieu. 11 iugea aussi
—ifs*9tre, dit-il, pour implora- son assis-
^->ute, de composer et de meltre^en léte de
*^ i^lrfes une courteprià** pour s'en ser-.
Tir tous les Jours; cnCn il avait fait un plan
pour l'emploi des vingt-qualre heures du
)uur naturel. Frankliu finit l'exposition de
cette pratiqua par ces paroles remarqua-
bles:
■ Il est peut-être utile à ma posiérilé de
savoir que c'est à ce petit artifice, el k l'aide
de Dieu, que leur ancêlroa dû le bonheur
rooslant dosa vie jusqu'i sa soixante-dix-
neuvième année, pendant laquelle ceci est
écrit. Je me proposais de faire un petit
commentaire sur chaque vertu, et j'aurais
intitulé mon livre l'AaTnBLA vertu : et une
méthode de bien se conduire valait mieux
qu'une simple exhortation, qui ressemble
an langage de celui dont, pour mu servir
de l'expression d'un apêtre, la charité n'est
qu'en paroles, et qui, sans montrer è ceux
Îui toKt nu* et ont faim le moyen d'avoir
es babils et des vivres, les exhorte à
se nourrir el k s'hubitler (699). ■
La nAAadeque Franklin voulait rédiger,
et qu'il eût présentée comme l'artdetavtrtUf
la religion nous la donna dans les prati-
ques qu'elle nous recommande. Or, les
préceptes de la religion sont plus puissants
et plus sûrs queue pourraient 1 être les
ronseilsd'un simple particulier, sans mission
et sans caractère.
Ceux qui se moquent des pratiques de
dévotion me paraissent ressembler à des
gens qui suivant le iil de l'eau, et gui
portés sans effort par le courant, raille-
raient ceux qui, voulant le remooleri se
prennent aux herbes du rivage. H ; a, entre
ces deux classes du gens, toute la distance
qui sépare ceux qui se connaissent el ceux
qui ne se connaissent pas, ceux qui veu-
lent avancer dans la vertu et ceux qui n'as-
f tirent qu'à rester au poiul oCt leur naturel
es soutient, c'esl-èt^lire oii ils n'ont rien à
faire. Les premiers, c'est-à-dire les dévots,
sont de vrais philosopbes, [ta rcequ'ils«c4it-
nai$tent eux-mémei, et qu'ils aspirent à la
tagttte. Rien n'est petit k leurs jreux de ce
qui peut les aider a grandir dans la vertu.
Ce qui est petit, c'estde ne pas savoir qu'on
l'est ou de se résignera l'être; c'est d'être
grand à ses propres yenx : car alors on n'a
pas même l'idée et le sentiment de la vraie
grondeur. Les pratiques de dévoiiuu défe-
luppeut et nourrissent eu nous cette idée et ce
sentiment, précisémeut parce qu'elles nous
ramènent à celui de notre faiblesse. ■ Les
évolutions religieuses, a dit un excellent
esprit, comme les processions, les génu-
Uexious, les inclinations du corps el de la
lête, la marche et les stations, ne sont ni
de peu d'effet ni de peu d'importance:
elles assouplissant le ccsur à la piété* et
courbent l'esprit vers la foi. Ponrêtrepieax,
il (sut qu'on se fasse pt:tiL Aussi dit-ouque
la piété nous porte à nous anéantir devant
DieufîOOj.»
Le même moraliste a encore fort bien
dit : < Il laut être religieux avec naïveté»
(TM) PtvUtf,et
p. 119.
u éeJJoahen, Ll*
nCTIOKNAIRE APOLOGETIQUa
SR
abandon cl bonhomio, et non r><s avec di- mêler les pratiques piiérile!< ia!i miuriiseï
gniié ot bon ton, gravemenl et mathémati- Qunnt h la preinièru sorte d'abus, f\m
qiienieiit(70l). » rta plus énergique dans l'Eïangilo ei jg
Sans doute la prière ne consista pasdans plus formel dans sa )>réiJicalioii utlioliqus
le mouvement dus lèvres et dans la posi- que le lilâmc qui lui est opposé. Quoi de
liun des getioui et des maitis; elle doilâtre plus souvent rappelé dans nus clioirrïflUB
une émanation ot comme une ôvaporation eus paroles du Sauveur i Ce ni iinu fa
atrectueuse do l'âme vers son auteur; en ce ceux qui ditenl, Sxioneijh, Seigheds, rùi
sens, la prière intime et inarticulée est la ctus gui font la volonté de mon Pin, fui
meilleure et celle à laquelle nous devons enlreranl dam ion royaume, — Afalimi^ À i
titndre. Mais quel e.st c^lui qui prie ainsi voui, tcribrt et pharûienM hypocrit»,'ijâ i
do prime abord et quand il veut ï qui passe pnyes la dine de la menlhe, de i'anttK «
delà dissipation au recueiliemeat et do la du cumin, et qui abandonnrx ce qu'il y a
lerreaucicl, sans LriinsiLiouetsaiisprôludo? de plut important dant la loi, noorr, la
Or, la prière articulée et tout ce qui s'y rat- jutlice, la miséricorde, la foil c"<laitHt-lâ
tflclie, I* temps, le lii^u, la ri^pétuion, les det ekotea qu'il fallait pratiquer, stxs stm-
signes» la position du corps marne, etc., tout uoihs ouettkb lbs autbks. — Uéckint ta
cela cnnstitite précisément cutle transilioi, caurs et non toi vétemetilê , etc. — C'est arit
ce prélude, el| pour ainsi parler, la^mna*- cotte énergique autorité que l'enseignemenl
tique sacrée de la prière: comme l'aigle catholique rappelle sans cesse que tes [«
partant de la vallée, agite ses ailes pe- tiques ne sont rien sans les disposilioniilj
fiantes et fouette l'air éjmis, jusqu'il ce cœur, et que leur observation ne snrtil
qu'ayant gagné les hautes régions, il plane (■■ira un moyen de salut qu'autant qu'ans
ioiiixibile dans l'azur du ciel. piélé sincère et franche en ost le prjud|K;
Mais l'abus, s'écrie-l-oUt et la supersti- et le nom seul de eurérogation , crèË M
lion ne viennent-ils pas trop aisément exprès dans ta langue catholique pouro
eiivabtr l'usage, et se substilueri lapiétéT raclériser ces pratiques, lémuigoo tiault
Je leconfessetilpeut y avoir, iljy aquel- ment de cette sagesse de la religion à pré-
quefois abus; mais l'ËXcellenca de l'usage venir leur substitution, ou môme leurco^
étant reconnue, que prouve l'abus T £l que fusion avec les actes de vertu vériialile.
ue renverserait-on pas avec une pareille Quant à la seconde sorte d'abus. ( '
objcctioii I Lbomme abuse de tout, et sur
loul de ce qu'il y a de meilleur; il n'y a
que du mal qu'on n'abuse pas,
El pull on no remarqua pas une chose:
c'est que les pratiques u« dévotion ne font
consiste h introduire dans le culte iles^t)-
tiques puériles nu mauvaises , ce qu'il là^.!
précisément admirer, c'est qu'ua tel tliui
n'ait jsmiiis pu prendre racine , et qv,'î
l'iieure qu'il est, après avoir traversédii-
lias en nous cette disposition à la foi ou à huit siècles de préjugés, d'erreurs et i»
lasupsriilition; elle y estd^à parelie-mâmo
funcièremunt, nalurellemeut, chez tous les
hommes. Livrée à ses propres inspirations,
cette disposition s'égarerait bien plus, et
tomberait bientôt dans dos ineptiei moas-
ténèbrcs, le culte catholique ne coûtieuiiu
aucune pratique qu'il ait à cacher ijeiani
le soleil de notru civilisation, ou ploi^
dont il n'ait à se glorifier comme UicIm
par une profonde connaissance du «eur
Irueuses, dont les plus grands esprits ne humain, et honorée par l'exemple eiiv
pourraient se garantir dès que la conta- suffrage des plus grands esprits. Ce D'«i)
gion s'en serait développée autour d'eux, pas que l'esprit humain o'ail travailla
Les pratiques de dévotiou préviennent pré- insinuer ses folles imagioatiOQS dans u
cisément ce débordement de superstition, culte; mais l'esprit de sagesse qui est i«
en régliinl et en appliquant ii son véri- dedans les a toujours repousséss. iiBH\>
lalila objet la dispoïiiliOQ qui en est la elles n'ont pu faire corps avec lui, el sur
source. En ce sens, on peut dire que prendre son assentiment ou rnëme sa ta
la toi catholique . la dévotion catholique, lérance. a C'est que, comme dit FoulKncliv
sont comme des garde-fou* qui ont puis- les préjugés ne yont pas communs d'eu)
aamment aidé le progrès des lumières en mêmes à'ia vraie et aux fausses rvlisioni
{«revenant le retour aux ténèbres du paga< ils régnent nécessairement daas celtesquiil
iiisme, et dont le secours est d'autant plus sont l'ouvrage que de l'esprit humain; au
nécessaire aux hommes qu'ils soûl |>Jus dans la vraie, qui est l'ouvrage de Uie
élevés. , seul, tout ce que ce méiue ospiit huioai
Au reste, l'objection d'abui nous ramène y ajoute de nouveau est sans fondeuic»'
& notre sujet prévis, en nous dontiant lieu il n'est pas i:apable d'ajouter rieu de r<!
«le faire remarquer la grande sagesse du et de soiye à l'ouvrage lio i>ieu (70^:- ■
christ ianisoie pour prévenir l'abus de ses £t remarquez encore la sage coniiii'
propres pratiques.
Dieux sortes d'abus peuvent s'y glissw:
la première, c'est de donner une importance
trop exclusive aux pratiques bonnes et aulo-
risées en ellBs-mèmes; (a seconde, e'eal d'y dans la catholicité u'ont pas une égal
l'Eglise, et avec quel diacerneiiicii
quelle mesure et quelle poadâralion, c'
agit suc ce point comme sur tous les 3
très. Toutes les pratiques qui ont cou
PI) Vin
- P- "17.
PiiMin, niait et maimei dt J. Joubert, (702) IltiMln dei oraela, p. 3. édU. Elievii.
COL
MCnOIQUnE ArOLOeETlQVE.
cm.
piirtaaee k le» jraax. Il eo est qu'elle pres-
crit, cooinie lejirûaa et l'abslioeoce, a des
iMips aurqués; il eo est qu'elle conseilla,
caaiae la récitation du coapelel; il en est
eefin qa'elie tolère lorsqu'elles n'ont rien de
naavais ou d'iodéceol eo el les-mémes, que ia
perelé d'inlention peut en justifier l'emploi,
H qu'il j aurait plus de troubla que de
Motal pour las consciences i les déraciner I
Maù jamais elle ne fléchit devant des pra-
tiqaw bUmables ; et, au-dessus Dvème de
celles qu'elle prescrit, elle (ail planer un
«spril d «BOur el de liberté qui en ditpnue,
lonqse la négligence ou le mépris o'ont
pas it part à leur abandon.
le rscretle de ne pouvoir entrer dans
qoelqaes détails, et faire Toir tout ce qu'il
/ a «le nusoo et de vériuble pbilosoptiie
(lus nos plus buiobies pratiqués de déro-
lion; je citerai »eulemi;u(,k l'occasion d'ana
stule, ca luoi d*ua grand esprit : a Toutes
les fois qu'une ctioso arriTO & la peroéluilé
M à Puiurersaliiét elle renferme oecesssi-
Ttmeot une mystérieuse birmonie arec les
basoÎBS M les destinées <i^ l'homme. Le
ntionalisle sourit eo to; ant passer des files
de geos qui redisent une même parole :
celui qui est éclairé d'une meilleure lu-
mière comprend que Tamour n'a qu'un mol.
li qu'en le disant toujours il uv le répète
jaoïais (703J. a
Celui qui esl éclairé d'tMs muilUwe lit-
miirt comprendra également loul ca qu'il
7 s de douceur sous le joug de la piélô
dirétienne, el combien ses pratiques, si
pesaute» et si arides en apparence t dou-
heat de légèreté, de force, et de contente-
Eeni è l'exisleoce.
hcaulex, monfili, rttevtx tm avia iage,
Mn rtjtUx pat wum emucti. Mttta vos pieds
ima ma frrt, el engagax voire cou d«u tu
wiae>. Jtaûut votre épaule et porles-ia,tt
*t T«w CMavwez point de let /tau. Appro-
<>«a vaut d'elle de tout vùlre ccrur, et gardez
MM xoiet de toutet vot forcée. t'her*ke*-la
M*ec SMM, ci elle tout sera découverte; tt
^tajtd tout raitrex une fois eimbrat^e, ae
Mo fioUrx point .- cor «oui y trotneret à ta
^n votre repoi, et elle te chmgtra pour voit»
«■ n tmjet de joie. Ses fert dniemlront pour
■^FOmt mne forte protection tt-dee fondemeate
^0e rertn, el eet ekaUte» us habiUemmt de
l^^'vt : car il jf a dont elle une ittiuté qui
■^tf— i ta vie, et te» lient tout det bandoigee
^^M guéritiaU. Youa tou» rtvél^ox d'elle
^*"*t d'une robe daçloire, et vou» la ma-
^■^lisurtout eomni une couronne dejoie{'nk).
I»l
1 nous reaterait, pour compléter wtte
«'^Nric esquisse d'un sujet qui demanderatt
■* ht seul un ouvrage spécial , è pnrier
•^•^'a partie la pins sensible du cuNe caiholi-
que, la partie esUiélique, par laquelle il se
rattache aux beaui arts. Mais les maîtres
du goût ont déjà traité cette matière avec
une supériorité qui nous arrête.
En relefSDl t'homme, le cbristianisme,
>^ioa aue nous l'avons déjk dit, a relevé
toutes les choses inférieures qui sont sous
soit empire. Une fois entré dans son cœur,
il s'est étendu è toutes svs facultés, à tous
ses rapports, el t loul ce monde exlérieor
qu'il anime de son génie. Il a tiré tout
h lui. Par sa doctrine el sa morale, il s'est
emparé des idées et des mœurs ; par celles-
ci, des heaux-aris qui en sont les organes
. plastiques ; et , par les beaux-arla, de la
matière sur laquelle ils s'exereeni, et qui,
elle aussi, a été par là rachetée, ckrieiim-
nitée. 11 en a élé, eo un mot. dans l'ordre
de la révélatioD comme dans l'ordre de ta
nature : l'invisible s'est reflété dans le
visible, et le cbristisiiifime a r-réé une twu-
velU terre eu révélant de nouveau» deux,
Daoscette voie d'observation, la première
chose qui se présente, c'est rarcbiteclure,
cet art-roi, comme l'appelle justemeal Victor
-Hugo.
L archîtcclure de nos basiliques respira,
de la manière la plus naive el la plus har-
die, l'esprit chrétien. C'est la fMtuA ekri-
titnnt. Aussi un abtme \i sépan»-t-elle de
.l'architecture antique.
La direction de ses édifices vers le Iiaul,
leur élévation, est le premier caracl^ qui
. les distille. L'architective antique otoOr-
pail beaucoup de place, mais c'était «i
-éleodue horizontale. U semble que le c»-
gard de l'homme ne se levait \iss aloa
las le ciel. Eu relevant ce regard, la cbrîs-
lianisme a dd relever la voûte des (empîce.
4]elte inleoljon est manifeste. Les tours etlas
flèches de nos cathédrales nous forceat eu
quelque sorte à détacher nos jeux de le
terre, et à redresser sur elles dos vues vent
UD moode supérieur.
En conservant même le style anoien, \b
cbrislianisme l'a modifié d'une manière
remarquable en ce sens. Il a soufflé sm voiï-
tes, etena fait saillir la coupole. Lorsque
Hichel-Aoge, à la vue du Panlbéou, s'é-
cria : < Je le mettrai dans les airs, • c'est le
génie cbrélien qui l'animait, et c'est aussi
la fui chrétienne, cette foi à laquelle il a été
promis de transporter les montagnes, qui
le lui fit exécuter.
Hais oix la pensée cbrélienne s'épanouit,
c'est surtout dans l'architecture si impro»
prement appelée gotkùpte.
La légèreté, h h.ir(liessc,et, pour mieux
dire, I9 fugue de tpules s^ directwos, ex-
priment au plu^ haut degré le délaoheraeni,
la foi, l'espérance, ia réascensien de notre
nature. Dans le genre aree, les colonnes
uorteul l'édifice ; dans le gothique , elles
l'emportent. Leur petite dimension ajouta
encore à l'elfel de leur hauteur. Ces colun-
<^
— , Le IL P. LtcoBMUE, Via de taiui bomniani, p. 133.
:44\ TftU., «1, U ■ 52.
fhcnOXX. ArOLOCÈTtOL'E. I.
<.Vl
nCTfOKNAIRr. APOLOGETIQUe.
CHL
nall«9 en faisceau (vive cipres^ion ca4lioli-
qoe de la pluralité dans l'unité) s'élancent
comme des jets que rien n'arrête, el qui
pirteni snns retour. Le, point de cbanileau,
point de cornicbe, qui fassent temps d'arrêt:
c'est de plein vol que ces colonnes, ou plu-
tdt ces liges vont se perdre dans les voûtes.
Et ces voûtes elles-mâmes, quel cnrnctère
remarquable ne présentent-elle? pasT Dsos
l'arcfaiteclure antique, la voûte (dans le style
grec c'est un plarond) est une seule ligne
cintrée qui retombe des deui cAtés et vient
se repAser sur les corniches. Dans le gelhi-
3ue, ce sont deux lignes qui se coupent
ans leur essor, deux paraboles qui se croi-
sent, et dont aucune ne revient. L'ogivo
«jonle par le i In hauteur déji firodigieuse
de l'édifice une hauteur imaginaire et indé-
^nîfl qui spiritualjse le regard. Elle exprime
■Ainsi énergifiuementla tendance distiautive
■du christianisme. Elle semble donner è la
pierre mernc l'impatience de la terra et
n'nnleur des cieux. — Les bas-càtés, par
-opposiiionà la nef, concourent encore pour
•en faire ressortir l'élévation En multiplianl
It'S enire-colonnements et les arêtes ogiva-
les, en variant leurrroisé à chaque pas, ils
ulTrenl è la pensée an-dédale mystérieux où
tAÎe s'enfKQce, où elle aime h se perdre el
AÙ elte puise lu sentiment de l'infini. Ce
sentiment ressort surtout de ces innombra-
l)les découpures et ornements qui épuisent
ratten(ioii,qui semblent purger entièrement
la pierre de sa nature brute, el faire de l'é-
difice moins une oonsM'uction matérielle
qu'une pétriâcation spirituelle. Les signi-
Doations ihéoiogiques^ui v sont représen-
tées, et qui paraissent I animer, ajoutent
encoK è IMIusion; on'dirsitJe niondo in-
visible fiorpris dans ses mystères, et y at-
tirant notre âme comme une sœur. Que
dire de cette mullilade de chapelles et de
retraites si favorables k ta méditation, h la
pénitence, h la crainte, à l'amour, et qui
invitent le cœurfsliguéfc se reposer, ks'iso-
tter des hommes, i se rapprocher de Dieu t
— EnQn le magique effet dus vitraux, leurs
belles peintures, leurs représentations mys-
tiques, semblent jeler sur tout cela une
l'unière surnaturelle; et lorsque le soleil
lèvent ou couchant vient les IfAverserdeses
rayons, s'y teindre de leurs couleurs et les
f>eiaer dans l'intérienr de l'édiBce, on dirait
voir cette Jérusalem céleste dont parle l'A-
pdtre, toute reluisante d'or, de pierreries
vl de rubis.
Telle est l'arcbiiecture chrétienne. Elle
(7K) Vord HR tableau de leur énciitm qui nous
d «A irauiui» pnr un «ontCBiporaiD, el qui pantl-
ira fsbuletii i nos tempN dÀgéDérés : i Qui i ji-
«uisottit (écrivait en IliSl'iibbcde Saiiil-Pierre,
wipérieur d'un mouastèrc en Normandie, qai vit
«urair une caibéJrale maj;niltquc Ji la place de sa
HHKlesie ^iie ), ■ i|ui a jamais vu des priiit^, des
s^gneurs pui«satii» dans le siècle, des honintca
d'aroiN et des remmed délicates, plier leur cou
MUS le Joug auquel ils se lai&seiii auaLber comme
4m bélM (le somme, pour charrier de lowrfebr-
deanxTOn les renconlre par nilliera, Iralnanl par-
constilire une vérttnble création, Itiil elle '
contraste avec les types de l'snihilectiinui- i
tique. Sans doute nous ne sommei puiin i
ceuxqui méconnaissent lesbeaulésdecellc- i
ci, ouand elie se renfemifl dans son domilM,
et dont l'admiration trop excluiive pour le
gothique borne le goût ; mais il (sut mm-
nir que l'architecture antiqne ne s'alliu <
qu'avec des idées terrestres , sensoell»,
bornées. Elle presse le sol el s'y iUuIh
comme & la seule pairie. Sa régularité m-
œélrique. In pureté de ses lignes, el ceilit
bérmonie d'ensemble qui se perçoit d'wi i
Seul coup d'œil, qui repose de tons cAtés li'
regard, et ne lui laisse rien k désirer, à
deviner, expriment le contentement île »
qui est, le bien-être absolu, le re|;ws<leh
satisfaction actuelle : rien au-dessus, riu
au delà. Aussi convient-elle parfaitcDiiiih
uothéAlre, h une bourse, aux pslaisilr'
grands. Hais elle refoule, elle écrase, (Ho
insulte la douleur, le sacrifice, la toi, W
pérance, l'immortalité, toutes ces t^mlsncn
spirituelles et morales dont la fin n'est (Ht
ici-bas, et dont la culture fait l'honinDi
grand, divin. L'architecture gothique, ci
contraire , s'harmonise merveilleu»emtnl
avec ses tendances; elle les expriine, el)ii
les inspire. Sa fuite vers les eieut, Ispuiii-
sance et la légèreté de ses élaiicemenK
l'indéterminé de toutes ses directious, Tin-
fînité mystériensu et changeante de us
Eerspectives, celle tasiité sombre, cooimcdil
lontaigne, et ces échos prolongés, immen-
ses ; tout y spiritualise TAilie, mm|il ses
atlaches terrestres et la fait frëmirdeiem
sais quel pressentiment piystéricui d'un
avenir meilleur, et qu'elle ne saurait Ireti
payer par toutes les vertus.
Au reste, comment l'srcliileclare dire-
tienne n'inspirerait- elle pas ces idées et c»
sentiments T elle en est le produit le plu'
spontané et le plus naïf. Lea temples grec-
expriment le goût individuel à la solde du
pouvoir; les monuments d'Egypte, la fom'
brute et servile; nos cathédrales respiteni
la force spirituelle, collective, sociale, àé-
vouée libremettl è uneoauvre de prédilec-
tion. On y sent circuler, comme une sén
mysiitjue puisée dans les entraides de li Tpi
catholique. On dirait que ce ne sont pasilt:i
mains, mais des idées qui les uni loties, da
coeurs qui les ont cimenldci; on dirait i^ui
ces pierres se sont ani[Bé*is au souffle de II
foi ue tout un peuple, et ont été s'arrangei
d'elles-mêmes an chant des sacrés cantique
qu'ellease plaisent à répéter ^OS).
fois une seule machine. tcUemcnl elle est peunii
et iransporlanl k une grande dîsLaiice du (romen
du vil), de l'huile, de la cliaui, tïan pierres d d'il
1res matériaux pour les ouvrit^rs. Rien bc lu *
réie, ni niouls, ni vaux, 4ii même tes rtvicm-, i
tes iraverseni comme autrefois le pevple de Itir
Hais la merveille est que ces troupes innomlinU
marctient sans désordre et uns bruîl... Leurt ii>i
ne se font entendre qu'au Ei|;nai doBné ; aUin
chaulent des cantiques, on itnploreai luerô pi
leurs péchés... Arrivés i leurs destinalûin», (es u
frères environ Deol ré|liM ; Us ae sveuncut •>>*
DICTIONNAIRE APOLOGETtQUE.
Pro&aes béritiers de cas mODumeatsde la
Dh Je nos ancêtres, si Dous ne savons les
repnduirei saclions du moias les coDserrer,
IH Itérer, les aimer, les visiter dans la
aimt esprit qui les a coDstruits et qui les
noplit encore de sa majesté I Eatendons
liToiiaui sort de leurs voûtes, de leurs
piliers, oe leurs dalles usées par la prière;
e'esl la grande voii des siècles écoulés, la
Toit des géoératinns saintes, qui, après les
tioir érigés dans les transports de leur foi,
i'; Motcoucbées dans l'espérance de leur
iiàmortalilé, et semblent errer encore autour .
de nous, invisibles, et nous presserde nous
iuliaer k aolre tour devant ce même Dieu
1^ t isit leur force, qui fait aujourd'hui
Idt récompense, et k (lui nous-mêmes il
mi faudra aller rendre compte de notre
uâdélité.
«Jamais oa n'ealre dans les églises ca-
ibaliqnes» dit madame de Staël, sans res-
DGL 558
sentirune émolton qui fait du bienà l'Ame,
et lui rend, comme par une ablutîoi] sainte,
sa force et sa pureté (706J. »
Il n'est pas d'âme si dégénérée qui n'ait
fait l'eipérience de relte vérité ; et on «n a
vu même (]ui avaient résisté aux preuves
les plus directes de la vérité chrétienne,
céder è celle salutaire impression* et rap-
porter de leur simple passage dans une
église un germe de foi qui déterminait lût
ou tard leur conversion (707).
CULTES RELIGIEUX i leur nature ideo-
tique, quant h l'essence, chez tous les peu-
ples. Voy. SUBNATURILISUE, f 1.
CULTURE; son inDiience sur les plaotes*
Voy. BoaiHB, ort. I, S III.
LDVIKK; sa controverse avec Geoffroy
Saint-Hilaire sur l'unité de composition.
Yoti. UoHHB, art. Il, § 1.
■ CY&US; snn édit en faveur des iaita.
F«y. UizDÉisMB. s 11
D
DiHIRON, rejette toute révélation im*
BéditledeDieu et attribue loul dévelop-
ptnent intelleeluel i la aponlanéité des
ImUÏiila rhomme. Foy. Pstcbolmik.
Il&ilw, oalur« des peines qu'il endure.
Ti|.tmaiTÉ DBS pKiHU, 1 1. — Proportion
ia peitu. Ibid.
BAHl^, sa prophétie sur la venue du
Vfait. r»y. PKOPHfcTiES. I 11, et Note XV,
{VII, lit tin du 3* volume.
DlNTB, cité sur l'enfer. Ym. Ehvih, {V.
DÏCODVEaTKS MODERNES (les) coullr-
wm 11 véracité du Pentateuque. Fey. Prn-
nncQDi, { IX. — Sont d'accord avec nos
hTrtj siiots. Foy. Scikucsb, | 1.
DÈGÈNERATION de Tbomme ou des
ncM, circonstances qui y concourent. Fsjr.
tutt aUMAlRBS, I Xll.
DËLUGK.— L'important dana la question
4u déluge est dé bien saisir Je sens du
■nie. Nous allons essayer d'en donner une
■HrrprétsIion au moins pour les circona-
Docei principales.
il-
iMwpréUllondulBiie; DuhemHté Ai déluge.
Gaàt, sbap. vi, v. 1.— « Après aue les
booDiet eureul coianiencé à se multiplier
iurU terre...»
Leiliommes avant le déluge étaient-ils
* km ^re coaiiDc des toldau dim leur camp :
> a mil lonlMioe od aUuine dei cierfei. on en-
>mm la prière, on porte l'offrande sur les reliques
■*^M;piti les jftttn», les clercs elle peuple !!•
*|^»çi rHowneiii avec nue grande éeificatiou,
■■Ma dau iM lujer, nurchant avec ordre, en
f****Aiaat cl priau poiir tes nialatles et les a(Di-
P-*|Hina,dik. S. Peiri super Divan.) Voji.
W. Au. ^, S. Bewd., tome VI, p. m. )
cm ùi M/loMfw, urne \", p. U.
tlVIlÇr.bato pAtfaMpMfaei lur 1« chriUia-
constitués en grandes sociétés? V avait-il
des étala, des royaumes ? Rieo dans la Bible
ne le fait supposer. Il n'v est question qu»
de la seule ville d'Henocn, bâtie par Cajin, Ji
l'orient de la province d'Eden (706). L«s
uns pensent que c'esl Hanuchta que Plolé-
mée place dons la Susiane. D'autres (H.Ed.
Wells) la transportent dans l'Arabie désert*.
D'autres encore la placent dans le Caucase,
au milieu des jff^iocAt. Quoiqu'il eo soil,
il ne parait pas, d'aprôa le seul monument
qui nous soit parvenu de l'histoire du nMUUle
antédiluvien, que les hommes se soient
éloignëa h de très-grandes distances du lieu
qui fut le berceau du genre bnmatn ou pro-
vince d'Eden. Point de fossiles liumaios,
point de ruines de monumeals, point d'ob-
jets d'art, qu'on puisse rapporter à ces Ages
primitira. Seulement le livre sacré dislingue
doux races, celle de Selbt race des saints
ou des enfanté dt Dieu, comme les appelle
l'Ecriture, et celle de Gain, race iierverse,
avec laquelle les descendants do Sélh s'al-
lièrent par des mariages d'oCi lorlirent, dit
ta Geaëse, d«> enfimtâ qui furent dn Aom.-
mei pUMJwUi et fameux daiuleiiiclt (vi, 4).
De la, sur la terre, cette profonde corruiition
qui amena l'efiroyable cbâtiiDent du déluge.
Si rien, dans le teite sacré, n'autorise à
penser que l'eapAco bumaine eût furnsA
avant le déluge de vastes établi sseniunta
nitmc, (, III. — Le Génie d* ckriêUeHi4we. — M-
/iniM d* cluittutûinte ou Coufirttuee twr le Ttli-
fion, par U. D. FsATSftifioiis,
tOo) CeUe viUe n'élail probablemenl que ce <|u<
noua appelons un village plus ou nioiuii coaiîdé-
rabic. i Eu éaaril au Lemp». el aus circuoilancea,
dît H. l'abbé Jamei, le lertne bébrau, rendu par d-
vjjaww flans la Vulgate, ue siinifla pas aulra çhoea
Îu'un groupe de qiM^MS abànes.i (flt«t. A» CJ^k»,
Ml. 1. 1, p. !î. ;
IHCnONNAIRE APOLOGEtfQUE.
t>EL
diu des régions élatgntei de son berceau,
> il b't a toeufie nécessité d'admeUre que
le delage'se soil étendu au detft des contrées
peapjées è celte époque.
Dieu dite Noé : « Failes-Toas une arche
de pièces de bois aplanies; vous j ferez de
petites chambres... sa longueur sera de 300
coudées, sa largeur de 50 et sa hauteur ds
90. k(vi, U, 15.)
La coudée valant 0", 555, la longueur de
l'arche était de 166", 500. sa largeur de 77-,
750 et sa haulvur de 16-, 650.
Malgré les dimensions considérables de
Tarche, nous ne pensons pas qu'elle dût
contenir, outre la nourriture qui leur était
nécessaire, un mêle et une femelle de tous
les animaux purs et sept mâles et sept fe-
melles de tous les animaux impurs, si ces
animaux puri et impuri embrassent ter^ne
-animal tout entier. Il est bien plus dans
l'esprit du texte d'admettre que Moïse ne
mentionne que les animaux les ytus rappro-
cbésde l'homme, et qu'il neparleque de ceux
qui liabitaienl le même pays que notre espèce
(709). Tout porte fa croire que, dans le récit
du déluge. Moïse ne parfe que de deux
classes d'animaux, les oiseaux et leamam-
raiieres; car le mot bébrea traduit ordinai-
rement jiar replîle, désigne aussi les petits
mammifères qui se meuvent prés de le
terre. Dans ces conditions, lu travail et les
soîuB exigés pour lus animaux de l'arche,
se trouvent réduits à des proportions faci-
lement exécutables, même pour moins de
huit personnes.
« L année 000 de la vie de Noé, le dix-
sflptiAme jour du second mois de la raéme
année, les sources du grand abîme furent
fOBQpoes et les cataractes du ciel fureut
«uverles.
«Et (a pluie tomba sur la terre pendant
quBriQle loars et quarante nuits. » [riii 11,
.lt.1
Lti eoHTMS du grani abtme furent ram~
■pua...
a Les anciens Hébreux, dit un célèbre
interprète, avaient, sur la disposillon de
l'univers, un système assez différent do
celui de nos pltilosophes modernes. Ce
système était fort simple et fort populaire ;
et l'Ecriture le propose plutdt comme un
sentiment établi, auquel elle est ot>ligée de
-se proportionner, pour se faire entendre du
peuple, qu'elle ne l'établit et ne l'approuve,
comme un dogme sur lequel elle exige
notre créance et notre soumission. Elle
laisse ces dispales aux recherches des phi-
losophes {Eccie. I, 13j, «t si'S expressions
sur cala nu doivent point tirer h consé-
quence.
• Us eroysii-ni (les Hébreux) que la terre
était Irès-Tasle, plaie, immobile (/ Par,
XVI. 30. P*. xcii, I ; ter, 10 ; cm, S; Jtrm.
X, 19; Li, 15; Eccle, i, k), enTironn^ p«r Ig
mer de tous cAiés, et fondée sur les um.
{Pialm. XX III, 3 ; /. Rtg. ii, 8 ; Ptalni. xin,
16; Joan. ii, 7; Ptaim. cxixr, 6.)
■ Ils croyaient que la terre était tout im-
bibée, toute pénétrée par les eaui; que
toutes les fontaines et tous les fleurei en-
trent dans la mer, d'où ils sont sortis ;1lO),
{Eecfe. I. T.)
■ Les anciens Hébreux, de méms auela
plupart des Orientaux, encore h pre^ni,
crojraieni que J'abtme, la mer, les ciui,
environnaient toute la terre; que la lerrc
était comme plongée et flottante sur Vditmi,
A peu près, disent-ils, comme un milon
d'eau nage snr l'eau et dans l'eau qui Ib
cuuvre dans toute sa nioitiii; ils rroyAitil
de plus que la terre était fondée sur lusum
ou do moins qu'elle avait son (Ondenon
dans l'alitme (711)....
■ Les fontaines et les Oeuves, au senlioieni
des Hébreux, avaient tous leur source dtDs
l'abîme ou dans la mer {Eicle. i, ^) ; ils en
sortent par 4ies canaux invisibles, et s*
rendent par les lils qu'ils se sont formée
snr la terre. Au temps du déluge, les Tan-
taines forcèrent lenrs sources, et se t^pin-
dirent sur la terre, dans le luèfue temps qui'
les eataraetes du ciel s'ouvrireul etinonut-
reot tout le monde (713J. >
Conformément h cette inteqirétaliaD.
nous ne voyons dans le oiimea fonta abi/ai
magim mptt ttmt qu'un grossissemeni
extraordinaire des fleuves qui détrarduni n
inondent la terre et nullement une irruj»
lion de la mer sur le continent. ■ FaïUûf
ae dit, dans l'Ecriture, de taules sortes <l''
«ourcfls d'eau; par exemple: Touta ltt[M-
tamu du grmui abîme te rompirtnt (713). •
■ Omues roATKS. Omnes acaturiifinu».
omnes riri, omnia orilicJa, omnes v«i>a'>
omnes auuaa ductus ex abysso prodeenies
pii)..
Ainsi Moïse, dans son récit, se coufomc
à l'opinion reçue relalivemeut i l'origiav
des Oeuves et admet, pour être compr»
-dos Hébreux, que tous les fleuves qui d«-
bordèrent, lors du déluge, tiraient leur»
eaux do la mer.
Cette iiiLeiprétalion nous parait bîcnplu>
naturetle, bien plus simple et inhoimtn.
plus vraisemblable que Cblla qui enlen-Jp?''
ces mots : Omnet fonles abyut magnœ rupl:
(Ufii, une invasion de rOuèan sur la terre
ferme, seiilicnent qui entraîne d'ineitrica-
bles dinicuttés et jque le contexte semble
aussi r(»iousser. En effet, ninsi que n"ui
l'avons fait voir ailleurs (715), il est biti
remarquable que la pluie est partout nu"
(709) C'csi aus&i le sciiii kciîI de H. l*aU>e Hau-
f led, mm, fhamme et le monde, t. III.
(ÎMfDomCitLKT, iiirl.<f<ia BiUe, arl. Monde.
' \TI1) Noin avons îiKlii|ué les leiiei de l'tfcrilure
diM'li corps de la ciuiion prétédeiHe du même
auieur.
(Hi) Dom CU.IIEV, Diet. de ta Bible , art.
Abtme.
(715) D. Caiket, IHel. île U Bible, iii nint fn
(714) CanncLiDs i Laiide, Cun. eompl., t. ^
col. 5tT, éMi. ttiptt.
(715) Vop. nen-e Dici. de Cesmof. ei de Pat/er.
ïn molCAirufrnrd.
M
DiCTlOnMAIRE APOLOGETIQtlK.
pRL
mt
tiooDiic dans le récit comme csase du déhig*
UDdbqae rinrasion de» eaiit de la mer
n'eil nulle part indiquée d'une m&Bièr«
predso (716). La |<n;mièfa fois que- celle '
cioseeat mcnlioBoée, c'esl Dieii lui-même
}ui parie h Noé et qui lui dit : Adhue ttpint
iaupUnego pldah <u^rr ttrram quadro'
pludUbut et quadraçiKta noctibut. (iSeit.
tu, fc.) Si l'Océan s'étail déversé alors sur
Iticonliaenis, cellecausa du di^luge aurait
dû, ce semble, élre considérée eomm% la
principale, et In pluie seuletnaiil cumme
DM cause secondaire, el pourtant c'est ce
dernier phénomèue qui est seul annoncé
ïKoéeonime la cause du déluge qui va
itxmder la Isrre (717).
Lu mêmes paroles sont répétées par
Sobeaa Tsrset 12 et 17 du même chapitre,
lurpnet S du chap. riii; et lorsque Dieu
fàil illiance ariiC Nué, il place le signe de
celle alliance dans leS' nues, tn nubiùui.
CaiÊqtu obduxera nubibtu calum, appardiil
arttu atma m nubibui ; el reeardabor fade-
rti mei tabiiemn et cum omni anima tnetUe
jKa eameai végétât , et non trunt u/tro
flmc ditmii ad dttendum unicertam camem.
tCn.», 11-16.)
Il nous semble que ces textes ne laissent
JMCDO doQle sur la cause rentable et unique
da déluge, les plaies torrentielles et toutes
uiracnleuses qui tombèrent pendant 40 jours
el U> Quils. Puisque Dieu place dant tet
iHMf le signe de son alliance, c'est donc des
unes que sent venues les eaux vengeresses
du déinge qui Gt périr tous les hommes
alors existants. Le texte, la logique et le
tMHiseas, tout nous' semble ici parfaitemeiit
«l'accord (718).
Etaqiucpravaluenaitnimii luptr tcmut;
«pertique luM omsut monlu excelii niA tia^
9tno€ala.
Qm^uiecim tidiitU aliior fait aqwi laptr '
— w/g», quoi operueral. [Gen. T|t, 19, SO.)
■ I-es eaux grossirent considérablement
au-dessus de la terre et couvrirent toutes
les hautes montagnes qui étaient dans le
vaste horizon.
« L'eau s'éleva de quinze coudées [envi-
ron S mètres) au-dessus des montagnes
qu'elle arait couvertes. »
Il est évident qu'il no s'agit ici que des
montagnes qui étaient en vue dans l'horizun
de l'arche el nullement des plus hautes
monlasiies du globe, du Chimborazo, par
•exemple, qui a 9iSS9 m. d'élévation, ou du
Dtiawalagiri, haut de plus deKMMm. Les
(716) Nous HioDireront idus loin, dans la ré-
Hase aax objecUons, que les vapeurs condensées
M ratMMwpliere onl amplement siilB pour élever
h| cwix dn déluge k plus d'une deuiî-Iicue au-
4eaa— JaioL
(717) L'hiilorien Josèpbe ne faîl aucune menlion
'c rOc^n ou de la wer et ne reconnaît comme
f^^mic da ddsgeqiiela pluie de quarante jours.
* T»«. Smi. 4*4 Jnift, lÎT. I. )
(7IS> fiow laoïUrcroiw dans la note 1, à h fin
' ^a *«lâiBa b ainxtùlé d'adnielire dans l'anlia
•■•b^ l^s espèce* aitiuulcs niaiîucs, lacu&lres el
" a iiroavout absolument que l'Océan ait
montagnes qui se Uouvaiefit dans l'tlorizoH
(le Noé, pouvaient bien n'être que de liau*
tes collines (719).
De ces considérations et de beaucoup
d'autres que nous pourrions ajouler, nous
concluons que le déluge n'a pas été utiiver*
sel dans toute la rigueur du terme , c'est^*
dire que le déluge n'a pas couvert de ses
eaux absolument loulesles parties du globe
habitées et nan habilécs ; mais nous admet-
luns que cette terrible catastrophe a été
universelle eu ce sens qu'elle a fait périr
toute la rase bumaine el les animaux qui
vivaient avec elle.
Dans ces derniers lemps , V'ossiiîs est un
des premiers qui aient prétendu que te4
eaux n'ont pas absolument inondé tout
l'univers, et que par conséquent on devait
restreindre les paroles de Uoïse h nue inon-
dation partielle. Le savant natiiraliste Duluc
a détendu cette opinion ; el c'est aussi celle
que sout iennent la plupart des critiques d'Al-
lemagne et plusieurs savants d'Angleterre.
• L'idée d'un déluge tmicar»/, mesaif u« ou
hitlorique, dit A. Boue, n'tet pas soutenabte t
telle est l'opinion de la plupart des géolo-
gues du continent (72^, et le^ preuves de
l'absurde sont si évidentes » que dès long-
temps le clergé luthérien a abaodoanêla
partie; eD&n, dernièrement, le clergé an-
glais, le plus tenace do tous, a rendu les
armes. Il a reconnu, enfin, par l'organe de
HU. Sedgwick elConybeare (7Sl),Que s'il
y a eu des déluges, ils n'ont pas été géné-
raux, et que le déluge mosaïque, dût-il
avoir eu lieu tel qu'il est raiiporié, n'a pu
en aucun cas produire les ailuvions an-
ciennes ou le prétendu dilavium (733). >
Ceux qui n'admettent point que le déluge
ait été absolument universel, sefforcentâu
réfuter les arguments du leurs adversaires
et d'établir p4r' des raisons positives que le
eatacljsme n'a été qu'un déluge particulier.
Voici comment raisonnent ces critiques.
Le premier argument, tiré de l'universa-
lité des expressions qu'a emplojées Uoïse,
ne prouve absolument rien, puisqu'il y a
dans l'Ëcriture une mulliluilc de passages
où les expressions les plus universelles
doivent être restreinles ; et, sans rechercher
ici tous les livres sacrés qui pourraient nous
en Tournir mille exemples, couleulons-nous
de ceux que nous donne Hoïse lui-même.
Il dii, nu cliap. xû de la Genisi, v. 1, que
la famine régnait sur toute la terre : or il
n'y a pas un inter[ir{;le qui no cunvienaa
envabi les conlÎDcnls lors du déluge.
(719) Nous prcscnions dans Li noie 1, 3i la Sa
du volume de nouveaux développements sur le sens
des priucipaax textes bibliques rclalits au débige.
HouB renvojoiu à cette noie.
(720) Vos. une nolke de H. Fébu^isic, a»»s le
BtUUiia Huii., février 1827.
(721) Von. le discours de H. SeDCwics i la So*
eiclé Rcologiaae de Londre», pour 1831, et jtiui. o(
pMilo.., miti 1831.
(722) Mimoira féoloy. el peléonlçlosiquet, |>U-
bUés |Mr A. Bout, 1. 1, p. 149.
OEL
MCTtONNAlRB APOLOGETIQUE.
DEL
qô'il but borner cette expression et l'en-
tendre d'une très-petite partie de l'unirers.
Il dit encore, dans le Deutéronome , aux
chapitres xi el xt, que la (erreur du nenple
li^breu s'était répandue chez toutes les na-
tions qui sont sous (OUI li?s cieux ; nr il est
bien éTidenl que celte généralité d'expres-
sion doit être limitée aax iigIIods Toisfnes
de la Palestine. It dit encore dnos \'Exode,
que les plaies affectèrent toute VEgyple,
due toutes les eaux de toute l'Egy nte furent
cnangées en sang, que tout le bétail pé-
rit, etc. Or d'tiabiles inlerprëleM de l'Ecri-
ture ne font pas diiTiculté de liorner le sens
des expressions de Moïse 6 la ville rojala
et aux pa.?s d'slenlour : par conséquent, on
peut n'entendre par les paroles de Moïse,
quand il perle du déluge, que la terre con-
nue, les pnys haliîtés, et cette portion de
l'univers où était concentrée la race hu-
maine, sens les étendre absolument à tout
l'uDirers. Ainsi tous les animaux des ptjt
habités périrent, toutes les monlagues des
mêmes lieux Turent submergées : toiIÏ I'u-
niversaltté qui conrient «ux j)aroles de
Holse.
Hais les défenseurs du déluge unÏTersel
font remarquer que tout en convenant que
les expressions générales toute la terre,
tout l'unireri , toute» les contrées , doivent
souvent 6tre restreintes i un seul pa;s, fc
une contrée particulière, on est pourtant
forcé de convenir que ces mêmes locutions
désignent beaucoup plus souvent encore le
monds entier; el que, par conséquent , c'est
par les circonstances et par le contexte
qu'il faut jugerdu vrai sens de ces formules
et autres semblables. Or, ajoulent-ik. les
exemples cités [>ar les adversaires portent
leur limitstiOD en eux-mêmes ; il n'en est
pas un seul dans lequel la nature même
de la chose, ou le récit de l'écrivain, ne
suppose une restriction, tandis que dans le
passade du déluge il n'y a absolument rien
qui limite l'étendue des termes; tout, au
contraire, exprime do la manière la plus
formelle l'universalité sans bornes, qui
est encore c<Hifirméu par l'exception de
(720) Ce n'eit pas seuleineiit chez les JuiTstiua
les mots monde, terre, toute la terre, etc., si^tiiHaienl
un payH ou ses habitanis : il en était de mciiie cbez
les Egyptiens. Dans un bas-relief du palais d'Amé-
nophia-Hemnon, k Loaqsor, ladéosse Tbamoun ou
'Ttiébes eit appelée la grande reetrict du monde. 11 j
ert dit 4)u'elltt a mis en la puissance dason client
toutes les eontriei et qu'elle lui a donné Kimé. Le
monde, ici, c'est Kémé, et tUniié est l'Egypie; toutes
les conlréeti, ce. sont les eanions, les nmaes ée l'E-
gypte. (CBnnroLLioif, Lettre du i5 mars iSi» > Ké-
me, ii'esl-ce pas CliainT Un Ptoléméc est aussi ap-
pelé Seigneur du monde. (Id., Ibid.) Rbamsès le
Grand ou Sésoslrîs, assis snr le trdiie de son père,
domine lar la terre, est41 dit dans une dédicace ; il
eai l'ami du monde, {tbid.) Dans une inicripiion,
Arsijioé, femme de Piolcméc Pbilopaior, est âuali-
liée de domiaairice du monde. {Ibid.) Dans sa Lellre
du 18 juin suivant, H. ChampoUion décrit des mo-
numeoU ; Ici Aminon-Ra aeconle i Rbamsès le
Grand la domination inr «wrct ks tontries;Sm'
tarae, unr longue vie ponr gouvertur le monde; U,
Noé avec ce qui se trouvait dans l'arclit.
De leur cdté, les critiques du leniimeDl
opposé prétendent que ce sont précisément
les circonstances qui exigent qu'on donn«
un sens limité aux paroles de Moïse ; csr,
disent-ils, un déluge, tel que nous l'admel-
tons, suQII pour l'accomplissement du but
que Dieu s est proposé , d'après le tene
même de la Bible, et il ne donne point liea
aux. difficultés insolubles qui rësullenl d'ua
cataclysme absolu et universel. Si iott
l'expression toute la terre, etc., eslsuscen»
tible de restriction, c'est surloaldsnsls
récit du déluge (723).
Detuc, en particulier, fait plusieurs ré-
flexions que nous ne devons point niiscr
sous silenee : « Je remarquerai d'ioard,
dit-il, qneï'usaee connu des Orientaui , dt
mettre souvent Fe tout pour la partie, nous
empéebe de regarder les fous que nous Iroi-
voos dans les récits de Moïse, comme ia
tous ebsoltis , lorsque cela n'est pas déitt-
miné par la nature de \a cttose. C'est im
que lorsque Dieu ordoona à Moé de prendre
toute chose qu'on mange, pour scrTirdo
nourrilure i lui et aux animaux, ce tout w
pouvait être absolu ; puisqu'il eût eœbraisé,
pour ainsi dire, toute les classes de stibs-
lances. Il ne signifiait donc évidemment
que tout ce qui était nécessaire pour uour-
rir lui el tous les êtres vivants renferaiéj
avec lui. Ainsi, le loul des animaux è ren-
fermer dans l'arche ne signiliait non pim
que tout ce qui éleil nécessaire pour qu'au
sortir de l'arche Noé el sa lamille peu-
plassent d'animaux le pays qu'ils baeilE-
raienl; ou telle extension que la s«ge»e
diviiie jugea i propos d'y ajouter el qui lal
connue de Noé pour la partiequi dépendu!
de son etéculiou
■ Lorsque Dieu manifesta sa Tolonlf i
Noé à l'égard des habilants de touiti
classes de fa nouvelle terre, elle fut «•
primée en ces mots : < J'établirai mon
alliance avec vous el votre race iprèt
TOUS, tant des oiseaux que du t>éiail, <*
de toutes les bêtes de la -terre. » (Gn. Hr
9, 19.) Voilà manifestement une esle^
le dieu Clions lai^Ile le uigneur du momia
reine Nofrë-Arf l'appelle de même, et elle se qm-
liQe < la déesse épouse, ta royale mère, l> ro;^
épouse, la puissante dame d» monde. >D»s *
Lellre du ÏO juin, il mentionne une inseripuoii «*
Aroéunpbis-Memuori est dit erlù t/mi tient u «••*
êH repof. Une autre inscription, citée dans m1^<^
du iS, appelle modiralrict touBeraint du aumdc clii-
cune des deux femmes de Piolémëe Eter^u 11.
Ptoléniée Sotcr II éiait aussi le seigneur du nt'^'-
(Lettreàu 50 juin.) Thonlbmasis IH ou HatrisHni
le K/averain de la haute et basse région, le grati 'M
dont taule* les parltet du monde, le dieu greàns
du teigiieur du monde, bienfaiieur du monde. S"' "
atilre monument, le roi des dieux, AHi'non-"
aitresse à Ahamsés ht Grand nu Meîamoun, un lun
discours où 11 l'appelle miriire du monde, et il '"
dit : I Toute force i appartient tur la Urre tmiert^
(Même Lettre.) Ainsi pour les Egyptiens, le uunM,
{éreinent k l'Egypie par la conquèb
ML
NCnOtMAlBB AP0LOGBTH)UC.
fiao qui embrasie des aaimaux dislincU
de ceui qui sont sortis de l'arche en
iRlmslempsaue-Noé et sa AiniHIe étaient
tiK etii (m)-. ■
Le secood arftutneDi que l'on lire de
la IrtditioD prouve seulement que toute
Il rice lMiniBine> fc rexcsplion de Noé et
it S» EiiDilIfl, a ))éri daiis les eaux du
déii^e. Uais, pour cela, il n'est nullement
uénsMÏreque i'inondatiocr ait été absolu-
ntui UDir<jrselle; i> suffit qa'elle art subi-
raient Eubmerijé tous les pays habités;
itriei n'oblige h l'étendre jusqu'aux im-
WDHS déserts de l'Amérique.
k ces preuves négatives, les adver-
nrii du déluge universel ajoutent quel-
i)B» raisons positives en faveur de leur
ididoieut. Ils disent premièrement que Dieu
iliu M sagesse en envoyant le délugu
i>oiir pooir la race humaine , qui s'était
(«rrouipue, s dû nécessairement le limiter
uiiieuKiù elle était établie. Son but se
iiuuiiit |>ar là complètement rempli, et si
jwlite suffisamment vengée, puisque au-
tnn iou|>8ble n'échappait au châtiment.
Of.si nous fouTons en juger par les pro-
pii que la population a fuiis depuis le
*Muptil parait qu'avant cette cataslro-
rtv elle n'était f>as irés-araDcée, et que
In hoDKDes antédiluvieDS ne devaient
(lèK s'étendre au delà de l'Asie. Ainsi
ik M inutile de ravager tout le reste
ii lM)t et d'y axterminer tous les ani-
ma.
Chi^u n'admettent point un déluge
l'-fiotiaKia uairerset, se fondent encore
)ur riDtWtsibililé de Iruuver dans la na-
uifi uaa quantité d't-au assez considé-
nblï poar submerger le terre b la hau-
iw de quinze coudées au-dessus des
M hautes moDlagiies.
•QasDl à nous, dit M. l'abbé Glaire,
flou tu dirons franchement, la dillicullé
■■w muble augmenter, h mesure que
BMit étnUions d'avantage la question. A
W'rériié, les expressions dont s'est servi
■otse semblent indiquer un caiaclysn}e
•iMOluiaenl nniversel; cependant, comme
•l'uncdté ces mêmes expressions sont sus-
t^'libles d'éprouver une oerloine reslric-
bim dans leur sans; que de l'autre, ii j
Mraii, k les prendre dans toute ï'étendue
'■, leer acception, des difficultés f^ui pa-
niiMol ÏDsolubles , et qu'enfin , le but de
!■ justice divine se trouve complètement
|*<»pli par an déluge qui détruit toute
ltncehaiiia)ne,et inonde la plusgrandepar*
'|f^u globe, il ne uaralt pas entièrement
^KOXMtré que le reeit de la Gtniie doive,
t*f la leale force des paroles du texte
"(rtf l'entendre nécessairement d'un ca-
wjtme qui aurait couvert de ses eaux
*iw>iuiDent toute la surfice de la terre.
■Les adversairuB du déluge universel
(■U) J.-A. DiLDG, Lettrtt phytiq^tt ri nwraUt
•V ThifriM 4t U Une et de l'nommt, i. V, teUve
™-™.P-««î-fl«8.
supposent qu'au moment de celle cnlas-
tropbe , assez rapprochée' de l'origine du
raoo4e, les hommes nn s'étont pas eD<
core beaucoup multipliés, n'avaient pu
se répandre dans un cercle bien étendu et
par conséquent s'établir dans toutes les par-
ties de l'univers. Celle supposition, il est
vrai. i>'a d'autre fondemeol qu'une simple
conjecture; mais cetlo conjecture n'est pas
dénuée dn vraisemblance, et l'opinion con-
traire ne repose pas sur une base ['lus so-
lide. D. Calmel lui-même, <out en com-
ballanl Vossius, qui soutenait qu'eu temps
de I4oé il n'y avait pas de pays peuplés
au delà de la Syrie et de la Mésopotamie,
avuue pourtant qu'il n'assurerait pas que
les hommes se soient tellement multipliés
avunt le déluge, qu'il y en eût dans tous
tes coins du mondu (72i*J. » •
A celle question se rallache un fait qui a
été jugé diversement, et qui est assez im-
porlanl en lui-même [lour que nous ne
puissions point le passer sous snenoe. D. Ua-
billon, s'étont trouvé à Rome en 1685. au-
momenl où la congrégalion de \ Index était
convoquée pour examiner les ouvrages de
Vossius relatifs aii déluge, fut invité a don*
ner son avis. Le savant bénédictin expos»
aux consulleurs les raisons que l'on pouvait
faire valoir contre Vossius. aussi bien que
celles qui militaient en sa faveur. Ainsi il
fait observer que l'opinion du critique ne'
contient aucune erreur capitale contre La foi
ni contre les bonnes mœurs ; que l'auteur de
Ce système ne l'a proposé que pour répondrtf
plus facilement aux otijoctions des impies,
qui, à cause des dilTicu liés que présente le dé-
luge universel. le regardent comme un fait
controuvé, et prennent de là l'occasion de dé-
truire l'autorité de l'Ecriture. Mabîllon ajouta
que Vossius ne dit rien d'injurieux {aeerbum)
contre l'Eglise catholique m contre l'opinioir
reçue, se bornant à présenter la sienne
comme plus vraitembiable ; qu'il est util»
d'admettre ou du moins de tolérer des sens
divers daps l'eiplicalion de l'Ecriture, quand
ils ne sont pas contraires h l'autorité mani-
feste des livres saints et do l'Eglise ; comme
cela s'esl déjà vu par rapport b l'explication
des six jours de la création donnée par saint
Augustin (72!t), et suivie par saint Themae
et d'autres interprètes après lui; que les
expressions, toutes Ut monlagnee, toutt ekaif
peuvent légitimement {cimgruenler) s'en-
tendre de la partie de In le^re alors habitée.
Suisque, comme l'écrit Vossius dans sa lellrtr
Colvius, le mol tout est quelquefois ces-
Ireinl, dans l'Ecriture, à un sujet pai'ticulier;
d'autant plus, dit le docte bénédictin, que
saint Augustin, entre autres, fait observer
que l'usage de l'Ecriture est d'employer pour
la partie des expressions qui ne conviennent
qoau touti Scripturœmot est ita loquide
parte, tanquam dt toto (73G) ; et que Cfijulan.
p. 1ST.
(7S5I AncvsT., De Het
aiii) AnusT., Efitif. I
MCnOUNAntE APOtOGKTIQUC.
W
qai* iTCcriasieurs doeleun calboliqg«s, ei-
eepl« de) idodiIbIjod quelqnes scHnmetsdei
plus liaates monlsnies {eaeumina montiuM
êupereminentimn) , dit, (jise, selon le seoli-
ment coniniun ues interprètes, la moDlagn*
oùdtaitsituéle paradis terrestre ne fut («int
submergée (7?7;. D'après eeseoosidératiuns,
Habillon conclut qu'il ne faut point prendre
trop rigoureusement au pied de la lettre les
paroles de l'Ecriture, comme si rien abso-
lument n'avait échappé bd désastre du dé-
luge unirersi-l ; que par conséqaent touto
la controverse ne roulera plus que sur le
plus ou la moins; qu'enlin l*^lise n'afant
jamais formellement rien déOni sur cette
questioD, ni înQigé aucune censure contre .
ceiix qui limitaient le déluge h la parlin de
la terre habitée au temps de Noé, et que l'o-
oinion de Vossius n'ayant été jusque-ik
t.s'est-ii-dire pendant trente ans) attaquée
par aucun docteur catholique, mais seule-
meul pnr les protestants, il n'y avait point
de péril à le tolérer, et qu'il valait mieux le
laisser sans le censurer, que de se mèter
dans des dispuli-s agitées seulement entre
les prolcslants (728). Dans son abrégé de la
vie de Habillon, 0. idassuet dit aue les car-
dînaui coosullenrs , frappés d admiration
poar son érudition et sa sagesse, suivirenl
son sentiment (729). C'est ce que disent en-
core de Bnze, Iluinart, Tbuillier, Clément,
Gouget, Drouel, et plusieurs autres béaé-
(Ji clins.
H. l'abbé Glaire conclut de celte discus-
sion que ■ les expressions toute chair, toute
la terre, lesquelles se trouvent plusieurs fois
reproduitssdans le récitdu déluge mosaïque,
et qui sont souveol limitées dans l'Ecriture è
un sujet particulier, peuvent se restreindre
è la partie du globe habiiéo au temps de
Noé, sans former un obstacle à l'accomplis-
soment du but que Dieu s'élait proposé, ce-
lui de détruire la race humaine, qui avait
mis le comble h sa perversité.
« L'Eglise n'a jamais détinî, comme dogm»
de foi, que ce grand déluge ait submergé
absolument toutes les parties du globe,
même celles qui n'éLaieol pn$ habitées.
Ainsi, dans le cas où on ne trouverait aucun
autre moyen de résoudre certaines difficul-
tés (car il ne fnut pas se dissimuler qu'il en
existe de réelles, et que les réponses qu'on
y oppose ordinairement ne sont nullement
satisiaitantes) ; dans ce cas, disons-uous, oa
pourrait légitimement recourir au sentiment
contraire, qui fournil des solutions incon-
testables, mais inadmissibles dans l'tiypo-
imt CuBTiirm, lit Genêt. ■
(7S8) Jean Huilloii, Œuvra fottlmout, t. U,
p. 60MMq.
(729) I Itomx dum morauir, ad coDgreftaiiooeia
Indicis inier cuosullores vocaïus, Sfnieuliani pro-
nuntiare suflragîumqiie promere j'ussus tle quÏDiis-
dam librls Vosstanis de diluvia noD unirenali.
tanla cum erodtlioneci inodestia proiutjt, ui mi-
raii cardinalea (ecandum eum tententiam dii^
riot. I (Amulca «rJiiiù S. B*»tdietL L V, p. xviii,
(730) Un géognoitc liabilc que uoui aroQS déî^
thèse de l'universalité absoloe du itiop,,
Nous o'ignnrnfts pas qu'on ■ donné
comme preuve du déluge les coquiltiui
marins qui se trouvent snr le hint oa
montagnes, la présence dans oospiTtiles
débris d'animaux qu'au suppose avoir «p>
parteon è d'autres climats, la consenaiiuii
dans lea glaces septentrionales d'un petit
nombre de rhinocéros , d'éléphants , etc. ,
avec leurs tissus organiques, euGo lesbloe
erratiques répandus sur le sol, loiné»
montagnes, d'où ces roches panissenl dé*
tachées ; nuis comme cette preuve ne dois
a point paru sufOsammenl établie, nom pré-
férons nous en tenir è la démooslraltoo
historique et traditionnel te que noas illou
présenter tout h l'heure. D'un antre eété,
tous les géol<^ues consciencieux s'sccot-
denl i reconnaître qu'il n'y a rien co
géognosie qui puisse infirmer le fail ta
déluge (730). Plusieurs mômt d'entre m
sont portés à crtHre qu'il 7 a do cetlù
nombre de faits géororgiques qui smVn-
raient trouver leur explication dans cegriml
cataclysme. C'est ainsi, par exemple, que
U. Constant Prévost, après avoir combaitii
par plusieurs arguments le systèmt> d«i
submersions itératives des coutineiilj ac-
tuels, ajouta : ■ Cependant, ja ne suis pu
moins disposé i recoanaltre avec Mue,
avec H. Cuvier. avec le professeur Bud-
land, qu'un grand nombre de faiu géologi-
ques Tiennent appuyer les traditions bisto-
riques de presque tous les peuples, et ootu
apprendre qu'à une époque,' que l'on pourra
peul-élre fixer parde cerlaiDS chronomètres
physiques, cerlaioes parties des terres dé-
couvertes ont été momentatiâmflct ravagées
Earde pandes inondations qui ont sAremeDl
lit périr des milliers d'animaux terrestres
et sans doute une grande partie des faomnes
sur les points ni^ ils étaient établis l73t). >
Cuvier, dans son Dùcotir» sur tei réto-
iutiotu de ta surface du globe, donne des
preuves pliysiques de la nouveauté dei
coolinetits, puis il conclut ainsi : ■ Je penie
donc, avec MM. Deluc et Dolomieu, que,
s'il y a Quelque chose de constant en géo-
li^ie, cest que la surface de notre globe 1
été la victime d'une grande et subite réfO-
lutinn dont la date ne peut remonter tu
delè de cinq ou six mille ans; que cette
révolution a enfoncé ot fait di^iaraltre les
)iBys qu'babitaieot auparavant les bommes
et les espèces des animaux aujourd'bui le*
plus connus; qu'elle a, au contraire, misk
sec le fond de la dernière mer, el en a formé
dté, mais qui lomlie quelquefois dans rexagdraiîm,
H. A, Boue, va ptu Idu encwe, car il dit eiprt*-
aémeat : « Je serais lûen Ocbé qu'on pU mt cfw«
asMi slupidepournîcr qu'une inondauoii OH qu^f
caïaslropbe a eu lieu daus le monde, on pluldt ijuu
la contrée habilëe par les hummcs anLedtluTieiit.
Pour mot, ce fait me semble aussi liîsiorîque que k
rèane de César ï Rome. > (llimoirtt géaUgi^ma d
MMonM/Mifiui, publiés par A. Booti 1. 1, p. 147.
(731) ConslaDi Psevost, Dotnmemtt ptmt fU^
IMT* det teTTaàms urtiairet, p. ^6, 77.
t DEL mCTKMWAlRE
I p>fs aUJoard'hui liabîléâ ; qae c'est de*
lis celte rérolutiOD oue le fûlit nomlire
t iDdifiJus épargnes par elle se sont
l«ridjs et lironagés sur Ifls terraius nou-
Uetnent mit a sec, ni, par conséquent,
iii<'eilii(>puis celte époque seuk-meiil que
<« sdciéli's ont repris une ninrclii! fii-c^res-
I <ju'clle5 oui formé des établissements,
if^ilps rooDumeuls . recueilli des faits
lurels, et combiné des fnils scieniiliques.>
lUt ne cliiTcberoiu pas è faire ressortir
Ht ce qu'il y a d'tTroiié darfs ce passage
de ronlrndicloireavfc d'autres assertions
leCuner établit cumme autant de prîn-
iK-sdsnsce même discours; nous nous
xiitniLTons de citer les rélleiioiia d'un
iiufiliste qui, sans contredit, mérite plus
' coilîauce dans une quvstion de cetto
:;un'.
'C'est celte conclusion qui, ré|>é(ée dans
chaire chrétienne par un grand orateur
nminoiis), et redite dnns une Toule de
cueils,a concilié i Cuvier la bienveillance
albéolo^iens.lis se sont arrêtés 6 lasuner-
deiiesénoDCés, sans pénétrerdaus le fond
I sjsième; ils ont cru ^'trouver un accord
tiléttec la tradition mosaïque. D'autres
finies, placés & un autre point de vue, ont
"uiéCuTiord'BToir déguisé son matérialis-
KiKjurimirder la science avec Uoïse. Mais
l' tu DOS ni les autres ne nous semblent
Kiiitunfirij la question, car. si d'une pari
tiiTKT, ^ qiietqu es phrases, semble favo>
''<cr;t ttcilde Moïse sur le déluge univer-
^^l' lit l'iulre, son système est impossible à
'■"iwifefjfMloulIerestedu récit de Moïse,
niuiiit de faire au texte la violence In plus
ytnit, de renverser toutes les lois du
iDOie, de la philologie et delà ltigj(|ue,
'n'eue, cette conclusion d'un déluge que
'>uld.<iu les sciences historiques et tradi-
^'bncllEj démontre certaine, n'est en géo-
îe, dios l'éiat actuel de la science , ni
yév, u\ inrirmée, et cela vaut beaucoup
^uique d'identifier une doctrine certaine,
•nàe Uoïge, avec des systèmes destrue-
Mi du jour au lendemain (732). ■
tn piéliminaires établis sur le vérila*
I (eij du texte génésiaque dans le récit
"i^'Dge, nous allons nous occuper delà
■itiiûa Jes objections (733J.
SU.
:«fU«io rcMre le délagr DKMâaae. Traditloas »ur le
iétoft, «ur l'irdie, lur liai, eu.
• Cvui, dit-on, qui érriroiil sur les dé-
^)k la fin de ce siècle seront vraisem-
tuleoipnl dispensés , par suite des nro-
"des saines idées do géologie et d'his-
■J». d'aborder par une discussion sérieuse
■•Ijuleuse tradition du déluge universel,
■itnoktpas du même de iiotru lumps.
' récit biblique est si frappant, il a telle-
'ntdAtniné nos pères, nous sommes si
^' l'sbitués à lui voir donner place dans
♦^'peiouiM Itt ki$loire$t coniuic & une
APOLOGETIQDC. DCI' fi^
vérité reconnue du mimdt, entier, que ,
lors mèiD« que nous ne croyons plus i
Vinondatio» miraeuleuit, nous sommes tout '
disposés encore à croire à Tinoudalion na>
lurclle. 11 nous parait donc nécessaire, en
terminant cet article, de jeter quelques
traits de critique historique sur cette Ira-
dilion, et de montrer au'elie ne posséda
pas la moindre solidité ea ce qu'elle a
d'essenlii'l.
■ D'abord il est aisé de se convaincra
que le récit de l'auteur juif offre au plus
haut point tous les caractères qui consii-<
tuent la tradition poétique et fabuleuse.
Rien n'y manque : I interveDiion directe de
la Divinité, dont les divers entretiens avec
Noé sont fidèlement rapportés; l'emplet
continuel des périodes exactes; lus eaux
tombant précisément pendanlquaraotejours;
les sommets des monlognes apparaissant
précisément le premier jour du premitir
mois de la première année du vi* siècle de
Noé;Ja fausseté évidente des circonstancoft
socondaires; il sufTil de citer l'embarqua-
ment de lous les animaux à respiration aé-
rienne, dont il y a AU moins un millioad'es-
pëces, y compris leur nourriture pour une
navigntioQ de six mois ; enGo, l'invraisem-
blonce générale du l'événement; la longue
durée de la tradition orale, la confusion*
apparente en plusieurs points.dc plusieurs
textes différents. A la rigueur, rien de tout
cela no démontre que lo fait fondamental
du déluge no puisse èlre vrai, car la tradi-
tion d'un fait vrai peut fort bien, en pas-
sant de bouclie en bouche, s'obscurcir et se
ubargiT d'accessoires merveilleux od dqbd-
sun^ers. Mais en voyant Timaginalion du
narrateur antique jouer un si grund r&le
dans l'ensemble du récit, on est naturelle-
ment porté ^ soupçonner que colle imagi-
nation a dû s'étendre jusquH sur le fait fon-
damental, sinon |)Our l'iiiver.ler de louiet
pièces, du moins pour le rendre plus frap-
pant et plus mémorable en lui donnant
plus de grandeur, >
Nous avons plus d'un argument & oppo-
ser & la préli-nliun dos critiques qui veulent
que l<: grand cataclysme, rapporté dans la
Gtnète, no soit pss un fait réel, mais un
conte qu'il faut reléguer parmi les fableS;
anciennes. I.e premier est tiré du caractère
méms do Maïse, qui nous en a transmis le
récit. A la vérité les' mythologues ne regttr-
dent pas Moïse comme 1 auteur de la Gtniit,
mais celte uréïenlion est insoutenable,
comme nous le montrons au mut Pent^tru-
QLB. Dn second argument en faveur de la
vérité du délogo nous est fourni par lesan-
iisies des divers peuples du monde, los-
quellcs font toutes mention d'une catastro-
phe tout & fait analogue. Entin l'origine
des nations aussi bien que celle des scien-
ces el des arts, quand on les étudie avecal-
tention, vienuent à l'appui de cetlo tradi-
tion universelle.
If»' '^""''■« «* HniMEB, HiiJ. de* ttimcet (733) Nous rmpriinlons ces obiectiwn à raiiitih
*"• '■ W. P- Wl- Ditu^ msàri daii> VEat^tovidit nounltt.
Wl
MX.
MCnOHMURE AK»,06ETI0Ue.
Pour ré|>ondrf> victorieusement aux D17-
thnlogues qui DÎenI la réalité historiqabda
rticil biblique loucliant le déluge, il saOl-
rail de remarquer que Uoïse n'a pu ni étra
trompé Di vouluir tromper surce grand éré-
nement.
Et d*abord il n'a pu être ioduit en er-
reur sur un fait aussi éclalanl et aussi uni-
vorsel, qu*il dit avoir eu lieu h une épo-
que aussi récente el aussi rapprochée de
lui; car cet hisiorien ne vivait qu'environ
huit eonis ans après le déluge. Or k celte
époque le monde, surlout dans Ttipinion de
nos adTersniriis, devait être plein de mo-
numents qui auraient réclamé haulemenl
contre son histoire. Ainsi dans la supposi-
tion où le déluge ne fût pss arrivé, tes an-
nales des peu|>les, le» inscriptions, les
VDTS anciens, les livres, les villes, les édi-
fices publics, devaient remonter besueojp
au delà de rép«que qu'il osait assigner au
monde. Conçoit-on en effet que Moïse, qui
éiait né en Kgyple et en coiinsissatt tous les
monuments, n'elK pas aisément découvert
que le monde élail beaucoup olus ancien
3ue ne le suppose la date qu'il donne au
éluge T Qui oserai! mainlenanl écrire qu'un
semblable Dénu, qui a eu lieu iJ y a envi-
ron mill» ans, a ravagé la terre et a détruit
tous les fflonumeutsT Ce sersit assurément
un acte de folie dont aucun écrivain sensé
ne saurait être soupçonné sans injure. Pour-
quoi donc en supposer capnble l'auteur de
l« Gmite, nui réunit d'ailleurs tous les ca-
ractères de l'historien le plus sensé, le plus
sage et le plus inlelligenlT Ainsi Uoïse n'a
pas pu être trompé sur un fait aussi écla-
lanl, aussi univt>rsel et aussi récent, qu'il
suppose avoir été le déluge.
En second lieu il n'a point voulu trom-
per : car autrement il n'eût point assigné
au déluge une date aussi voisine de son
temps; iT n'eût point désigné ses ancôtres
comme la souri:c du genre humain ; il n'eût
point déterminé arec tout d'exaditude les
origines des autres peuples de la terre ; en
un mol, il eâl suigneusciuent évité démet-
tre dans son histoire un» multitude de cir-
constances inutiles à son dessein el qui
pouvaient si aisément survir à le convain-
cre d'imposture. AJouions ici les reflétions
Judicieuses de Bergier sur cette question.
« Cet historien, dit-il, n'a pu avoir aucua
motif d'ioveoler ce fait : plus il est éton-
nant en lui-même et (Inn-i ses circnnstances,
moins il y s lieu de penser que Uuïse l'ait
for^é. Il ne pouvait s'attendre )> autre chose
que révolter ses lecteurs, à perdra toute
croyance auprès d'eux et à décrédiler toute
son iiisloire. Il écrivait pour des hommes
qui avaient été instruits aussi bien que lui
par les descendants des patriarches, et qui
ne hii ouraienl ajouté aucune loi s'ils ira-
vateot jamais ouï raconter h leurs aïeux les
événements qu'il rapportait. Son style n'est
point celui d'un enthousiaste, d'un poëte
uu d'un romancier; il ne cherche ni à éton-
ner, ni h faire de poinpeaseï deMri|i(ioof
ni à satisfaire la curiosité de ses leclcun' '
Il rapporte froidement et simplement In
faits, il supprime plusieurs circonttufti
que nous^ voudrions savoir, mais dont Vi.
gnoranca ne nous cause aucun préjadiee;
son seul dessein est d'apprendre sui hom-
mes ï redouter la jastice divine. 11 fillait
que Moïse fût bien assuré qu'il d'j mit
sur la terreaucun peuple, aucun iQonum«ut,
aucun vestige d'mdustrie humaine «nié- 1
rieur à l'époque du déluge, pour oset ilbt-
mer qoe cette inondation avait fait périr
tous les hommes, à l'exception de Noé et
de sa famille (73k). > Ainsi Moïse n'ivtnt
ni voulu nous tromper dans l'histoira du
déluge, ni pu être induit lui-même en tt-
reur sur son existence, son témoignage di
fieut être que très-véridique et le déluge
ui-méme qu'un fait d'une réalité histori-
que tout i Hit incontestable.
A moins que de tomber dans te tn^>
cisme historique le plus révoltant, ou m
admettre un fait quand il est attesté nt
toutes les nations de la terre : ortonleslcs
nations attestent l'eiislence d'an délugt
qui a submergé l'univers. Ces iradilians
se trouvent non-seulement dans les bisiiH-
res, mais dans les mylhofo^ies de lonsin
peuples du monde. Et ce qu'il j a de liic»
remarquable, c'est que toutes ou presqn*
toutes placent l'événement vers le lahm
temps, et qu'elles ne s'accordent pas œoin)
sur un autre point aussi essentiel el mitit
plus essentiel encore, savoir, qtie legenrt
iiumain fut détruit par le déluge h ruicep-.
lion de quelques individus, et que celUi
de?ilruction fut le châtiment infligé! Qoi:
race d'hommes impies.
Quelques mots de Cuvier nuffironi pour
justirier noire première assertion. Aprii,
avoir dît que les géologues ont recamiD,
d'après l'étal actuel des couches superticieH
les du globe terrestre, que la surface i^
noire planète doit avoir éprouvé, i uaeép^
que relativement peu éloignée, une grandi
révolution, qui abtms sous les eaux Itis coa
lînents alors habités pjr les hommes, eicJ
système iiidé|ieiidant de la question qui rod
occupe ici, lo savant naturaliste ajoulej
a Divers peuples ont conservé un souveoil
plus ou moins confus de cette calaslropN
où recommença nécessairement l'hisloii!
des hommes, telle qu'elle a pu nous Sii
transmise; et ce qui est fort reœarquabi
c'est que ceux des (leuples qui ont gnnli
moins de relations entre eux, s'accorJei
cependant h placer cet événemeul k H
près iliins le mfttne temps, c'est-à-dire 4
quatre h dnq mille ans avant l'année {^
sente 1820.
■ Chacun sait en elTel que les livre? •
Mi)ise, d'après le texte îles âe]>tante lct|
qui allonge le plus l'intervalle etilre led
lujje et noirs], ne font remonter (e délui
quîi 53iO, et selon le teste héltraïquo.du
1.1 chronologie est la plus cuurletà itfiDt<
p34) fkaniu, D'ictionnairt de TIMogit , an. Dilage.
va.
DICnOTfNAtRE APOLOGETIQUE.
DEL
S7i
nrftaot le eslcnl (TDssfriiis, ou h 4393. en
liJnDl celui de Frérel; mais, ce que I'od
■ ipu remarqué, c'est que res (Istes don-
tiesi cette catastrophe par les Chaldéens,
'tiCbiuoïs, les Indiens et les Rrecs, sont i
Pta près les tn£mes ÇJ3SJ. * Il Taiil bien ob-
turer qaa notre (hëse esl tout i fait indé-
fndtDle des opïaions dîrerses quf> l'nn
Krumil adopter reiativemenl i la réalité et
i II certitude bistorique de ces catat^ïvsmes ;
ar. que les iradilions dont l'autorité leur
terl de fondement paraissent fomliSes ou
■M», cet accord sur la date prouie claire-
Beat qu'il j a eu su moins un déluge, puis-
que en railmeltant ce infime accord se con-
toîtel s'ciplique loul naturellemeni, tandis
qu'cD le nfctanl il deTient une énigme ab-
fo'um^iÈl ioeiplîcable.
Qfuot i DOtre seconde assertion, elle se
troaia aussi pleinement jusiiliée par les
tiiU «DÎTaoIs.El d'abord les Hindous croient
qae do k-.mpsdu règne de Salbjavrata toute
U terre fut inondée et que toute la race
fut oojée, k l'exception du pieui monnrque
SjtTSTnta, des sept richJs et de leurs fem-
c:e3. Celle pm/oya ou destruction esl le sujet
^•1 {>remier Pourana ou poëme sacré. Ce
mfctne caiael/sme esl également raconté en
quelques mois dans le huitième lirre du
Ùagatttta. ■ Le démon Bajagrivs , y est-il
iilr ajani soustrait les Védas è la garde de
Brahms, pendant que celui-ci dormait, k la
indosiiièmemanTanlars. toute la race des
k'-ntmes devint corrompue, à i'excepcinndes
SHrt rit-biset deSaljovraïa.qui régnaitalors
S BraTira, région marilime,ausud de Csmi-
fl. (^ iirince faisait ses fthlulions dans le
fleuve Crilamsla, lorsque Vi>:hnou lui appa-
Ki.1 sous la forme d'un petit poisson, et lui
akessa cas paroles : ■ Dans sept jours, toutes
Sestréaluresqui m'ont offensé seront délrui-
#ap2r un déluge. Quanti toi, tu seras sauTé
Auf un grand raisseau, construit miracu-
Voïemeiit. Ainsi donc, prends toutes esjièces
JTerbes médicinales et de grains pour ali-
aseot, et avec les sept hommes saints, leurs
^iimes et un couple de chaque espèce sui-
vie, entre dans l'arche saiw crainte. Alors la
«jnnali ras Dieu face h face, et tnules tes ques-
MIU5 recevront one répouse. > Ayant ainsi
■^'!é, il disparut. Sept jours après, l'Océan
^vutuençaàdéborder ses rivages, la terre fui
i&undée par une pluie non interrompuet
»««|ueSal;avrala, méditant sur la Divinité,
i-SiX un grand vaisseau se mouvoir >ur les
Mux.llyeDln,Bprësavo^rexécutélcsordret
li^VicfaDAu,qui,ayant pris la forme d'un im-
v«9is«poiHon,permitkSatyavrBta d'attacher
e vaisseau k sa corne incommensurable, au
»o;en d'un grand serpent de mer, employé
T.4 guise de r-âbk'. Lorsque le déluge eut
^TH) CaviEi, Ifou sur retie qoesiton . Le* Mu-
>^ fOfgfèf et ie Deuea&on imt-ih det irinemtnti
e^'^ (t fmrtifuliert, <m eu Iradiiieti* «tlirU» 0*
fZ *ft maiwenei f dins le voltime des Mitamorpke-
^» flHMe, p. vni, iiv, tiit. deN, E. Lemaire.
• Xq To;ex CkromXofy of tki Hindat, b; V,
_■— ni U, p. HK, Atimt. Rettarcktt. — De
cessé, Vichnou tua le démnn, reprit les Yt-
das, el instruisit Sntyavrata dans la connais-
sance divine et le nomma le septième He-
noo (736). ■ JV^D^en hébreu, est aok, oatfo»
ou trouh:MeHotih esl le même nom; le mt,
première syllabe, n'étant qu'un article.
La tradition ctialdéenne raconte un éré-
nemeiil semblable arrivé sous le règne de
Xisutbnis, dixième nu de Babyiene. Chro-
nus apparut k Xisuthrus, et lui prédit que,
te quinzième jour du mois daésius, le genre
humain sera détruit pnr un déluge. Il l'en-
Snges, par conséquent, k écrire une liîsloiro
u commencement et de la Bn de toutes cho-
ses, et k l'enlerrer dans la cité du soleil k
Lippara; puis, k construire un vaisseau
pour lui, ses amis et ses parents. ï le charger
de provisions, ainsi que de toutes espèces
d'animaux., tant oiseaux que quadrupèdes,
et k se conRer sans craînie k l'arbitraire da
Outs. Sur la demande où i) dirigerait le vais-
seau : « Vers les dieux, ■ lui fut-il répondu.
Xisulbrus obéit k l'ordre divin, et construi-
sit un vaissenir ayant cinq stades de longueur
et deux de largeur. Il y mît (oui ce qui
était prèl,ely entra le dernier avec sa femme,
tes enfants el ses amis... Après que les eaux
qui inondèrent la terra se furent un peu re-
tirées, Xisuthrus &t sortir du vaisseau quel-
ques oiseaux qui, ne trouvant pas d'aliments
ni d'endroit pour se reposer, revinrent bieo-
tM. Quelques jours après, il fil une seconde
fois sorlirdes oiseaux, qui revinrent comme
les premiers, Enfin cet essai ayant été fait
pour la troisième fois, les oiseaux ne revin-
rent plus, ce qui Gt penser à Xisuthrus que
la surface de ia terre avait apparu sur les
eaux. Il m ensuite au vaisseau une ouver-
ture par laquelle il vil qu'il avait louché terre
snr lepDiichaul d'une montagne en Armé-
nie (737).
Lus traditions égyplicnnps ne nons don-
nent aucun détail sur le déluge. Hanéllion,
cité par le Syncelle et Eusèbe, dit seule-
ment qu'il lira les matériaux de son his-
toire ■ des inscriptions hiéroglyphiques
gravées sur les colonnes élevées par Thoth,
fe premier Hermès, et qui, aprit U déluge
{pn-K vil mxtakjafin) furent traduites du dia-
lecte sacré en tangue grecque (738)
■ Tout le monde connaît le déluge de Dm-
ca/ioR, par la description qu'en font les au-
teurs cla»si:pies grecs et latins. Nous fe-
rons seulement observer qu'ici, comme dans
la réeil de Uoîse, le vai&seau sur lequel se
sauva Deucalion cnnleiiaît également un
eoupU de ekaqite espèce d'animau* (739). Du
autre point remarquable, c'est que le vais-
sniii de Deucation est appelé |iar les auteurs
grecs, non pas noû» («ne), ni phion (clair'),
mais tqmax (U^imiE) , nom qui correspond
BeaBTom-hunLx, Qnatli^e* mauiem, vr ikt foofc
9f Gmenê, etc. j». 189 ; Lomtofi, lUS.
(737) Foyct Beiosvs, dans Uorf'« ANdml fraf-
wienU, p. 2K. Le Sinckllg et Eôsua. F*mcm,
BiMwtkrcn jrwa, vol. XIV, p. IM.
(73S) Corjr'i XtuieM (regmentt, p. Itt.
(739) LvciAH.. tk été 5f ria.
e-rS MA. DICTIONNAIRE ANLOGETIOIE. UL \r,i
cxACtemeat h' celui do coffre, arcfu (7W). dans une barque . ou , selon d'iulrei Imji
''■■"Z les Chinois, les livres sacrés les plus tir>ns. itnns un radeau d'aliuRhiiele (citprts
tat dittiekia). La peinture repréieulc Cot*
eux nu milieu do l'eau, étciiilu dans ut»;
barmie.
a La montagne, dont le sommet coumni;;
d'un Brbre s'élève sii-dess'is des eaui, csi
l'Ararat des Mexicains, le pic de Colliuatin,
iinciens parlent d'une inondation, bien qu'ils
n'oatrenl dans aucun détail précis à ce sujet.
Ainsi on lit dans le Chou-knig) : ■ L'empe-
reur {Yao) dit : Oh I Ste-yo ÇIU], on souffre
beaucoup du lu grands inondation des eaux
qui couvrent les collines de toutes parts,
surpassent les nionlagnes e( paraissent aller La corne qui est représentée à Kauchi>,eil
jusqu'aux cieus (T^S). > Ce passage cepen- l'hiéroglyphe phonétique da Colbuacin. An
dant, nous devons I avouer, ne semble point pied de m montagne paraissant les lËiei dt
désigner le déluge universel; il marque plus Lojcoi et de saiemme... Les hommes nés
probablement une inondation particulière aprësledéluge élsienlmuels : unecolonibr,
qui eut lieu sous l'empereur Yao. Les ob- ' ' ■ " - ■ - ■- - • ■ ^ _ ,. .
servalions que fait de Guignes à ce sujet,
dans la préface de son Dictionnaire chinois
(pag. XVIII et suiv.), sont au moins pour la
(dupart d'une justesse incontestable.
Chez les anciens Perses, il était fait men-
tion d'un déluge universel envoyé pour pu-
nir une race méchante ^^l^3).
du haut d'un arbre, leur distribue des 1id-
guej représentées sous la forme de peiite
virgules. Il ne faut pas confondre celle M'
lombo avec l'oiseau qui rapporte ï Cqicoi
la nouvelle que les eaux se sont écouléi<!.
Lt'S peuples de UéchoacanconserTaienlmii;
tradition d'après laquelle Cotcoi, qu'il*
appelaient Tezpi, s'cnUiarqua dans Tioiflli
On trouva même parmi les peuples du spacieux avec sa femme, ses cnfanlL^Iu
Nouveau'Uonde des traces évidentes d'une
tradition semblable.
Les TIascalans croient, sur d'anciennes
traditions,. que la monde est éternel , mais
qu'il a changé deux fois de forme, l'une par
un déluge, et l'autre par la furce du vent et
(les tempêtes, etc. [7«i}.
Noé, ainsi que nous l'avons déjii remar-
i)ué, est le Coxcox des Mexicains. ■ L'his-
toire corumence par le délugi! de Coicox,
dit M. de HumboldL, l. Il, p. 175. Ce cata-
clysme arriva , selon les deux systèmes
leurs animaux et des graines donllifi»
servotiou était chère au genre liumaiu.
Lorsque le grand ssprîtTezcatlipocaoHouni
que les eaux se retirassent, Tezpi fit sorlir
lie sa barque un vautour, le Zopilile (Vvl-
lur aura). L'oiseau, qui se nourrit decbal'
morte, ne révint pas, i cause du gritul
nombre de cadavres dont était JQDciiéeb
tfrro tout récemment desséchée. Tezpi en-
voya d'aulres oiseaux, parmi lesquels \if!f
librl seul reviol, entcnaot dans son bec ou
rameau garni de feuilles; alors Teii'i.
chronologiques reçus, ou mille quatrn cent voyant que le sol commenvAÏt b se coumil
tlix sept ans, ou dix-huit mille vingt-huit d'une verdure nouvelle, qutlla sa barqil
ans après le commencement de Vdge de ta près de la montagne de Golouacan. »
tare. L'énôrmo ditTérence de ces nombres lititin, on trouve parmi les Péruviens!
duit moins'nous étonner quand nous nous parmiles diverses peuplades de l'AmÉTiqn
rappelons les hypothèses que, de nos jours, septentrionale dos traditions anato(,'uej s»
Bailly, William Jones et Bentley {Rtch.aiiat. lesquelles il est inutile lî'insister pluslon|
loi». \U} ont mises en avant sur la durée temiis.
des quatre yougai des Hindous. Parmi les Quand on étudie sériousemcnt l'antiquil
diirérenls peuples qui hiibitent le Mexique, de toutes ces traditions , on voit par l'IiU
lies j)ciutures qui représentaient le déluge loire même qu'elles ne remoolcat pu
de Loxcos, se sont trouvées chez les Azte- des temps bien reculés; et si, d'un auti
Îues , les Miziëquus , les Zapolhèques , les cdté, on examine avec soin leur conlem
lascallèques et les Méchoacanosos. Le Noé, on ne pourra guère s'empêcher de recol
Xisullirus ou Menou deces jieu{)les,s'appelle naître qu'elles offrent toutes des copies ''
Coxcox, Tflo-Cipaetli ou Teipi, Il se sauva ou moin^ altérées du récit de la Gf»'"
conjointement avec sa femme XochiquetzaI, lalif au déluge do Noé (^kS). Hais écouioi
(740) ApoLLODOBDS, Bibl. lib. I.
{71lj Sie-yo sisiiille en chinois quatre monlagnes,
Tuiie i, l'orient, I autre î l'occident, la troisième uu
■od, la quatrième m nord. C'est sous c«Ue idée et
mMi ce nom qu'on déiigiiail quelquetuia tuits les
grands <lc l'emidre.
(7ii) Voy. Lhoit-kmg, pari, i, cl). 1. Celle tra-
duction eM cette du manuscrit du P. Uaubil, resti-
tuée par H. P:iutbi«r dans In Livrtt tacréi de l'O ■
rient, p. i9. Il faut avouer que les verf^ious de tb
passage diOcrciii eiilri; elles dans tes molP, mais
uUe* rendeiil touWs U n>éine iilée uuaat au fond.
(743J I Vi'tei'Dni,l'eraarum ortliodoxi crcdunt dt-
luviam, idque luissé univeriiale et totaiu tcnam oc-
GJiEUH!... El Zuroaulris aulein senteniiaaiunt quod
HOii fuisset dilHTiuia nisi proptcr iiiiquitaiein et
tliabolica prcstîaia uoiuisRiiiii lioniinia , liaicus
Ouidli{unt Caïu), • eu. (ihbe, De religime veter.
Peri. rnp. I. p. 171.)
(TU) tiY.t.RE»k,BiiloireféméraUdeivc)49it,
XVIII, p. 597, édil. Iiol.
(745) Cuvier fait ano remarque qui vient i
pDi de cette aisertion : < Si, dît es savant, les pf
ves lMEtuni)ues qne Fwi a prétendu donner <lt
deiuitédes dduges de SanioUirace, d'AruJicri
Dcucaiiuii, et surtout de leur date, et lesciplicatii
physii(ues que l'ou a îniaeinéca. dispsraissrjjlii^l
unécniiquescrleute.ii n«n reste pas moins irèH!
bablc que tout ce qu'il v a de réel dans ceï in
lions, et même dans celles de» (téliiges d'Ogiféi^
Syrie, dePliryg'bc,d'Asïyrice( de Chine, sofipp^
au Kouveoir ^'uu seul et même étéiivmciU, ilc
lui qui est connu tlana les annales fac^iraïqu^ ^i
le nom de déii/ge uKhetiei (Noie !>ur ode qS'«<>{
Let déluge» d'Ugifiùi cl de Deucalion, cic. > il3°<
Ji^iamorphoseï d Ovide, p. xk^iu, cdil. de n.C- !
C7
lMfMtMaltseai-iiiêuifts;leur(ë[noign8sc,
ipirl les erreurs desjslèmequi s'; rstu-
(bMt, est précieux pour la cause que nous
•téfeiiÀins.
«Pouittuoi. <lî( Bailly dant ses ttttres
lertriyine dtneimcts, pourquoi l'eSusion
iauitt es(-«lle lo bàse de presque loulus
In rètw snliquesT pour(]uoi ces idées de
4éloge, de oalacl^ sme universel T pourquoi
fHlSIetquien sont des commënioralioRS?
Lti Cfaaldéflos ont leur histoire de leur
ÏÏPithna, qui n'e&l que celle de Nné un
MU iliérée. Les Egyptiens disaient que
wrtofe avait gravé les principes des scien-
•awrites colonnes qui pouvaient résister
laOèlugr. Les ChinoM ont aussi leur mor-
WiiDf des dieux, qui échapiwdans une
toqaaâ l'iiioiidetion générale. ■
« L'idée du déluge , dit Frérel , toile que
Mu l'avons recueillie chez les dilTéronts
nples, est la tradition d'un fait historique,
1» ne cherche point h perpétuer la mé-
Mire de ce qui n'est point arrivé. Ces
Vloires, différentes pour la Torme, mais
■Bblibtes quant au fond, qui présentent
■ mené fait, partout altéré , mais partout
aeseivé; ce coasenteoiunt unanime des
aoplei roe parait une forte preuve de ta
*iltdeM&il(7U). >
• llbot, dit BoulaDger, prendre dans la
tartan des hommes un fait dont la vérité
M «QnefselleoneDl reconnue : quel est-il f
JSB'ntoi) point d'autre dont les monu-
*Mi loiiRi plus généralemeDl allestés
ffwcesignuous ont transmis cette révo-
kHoa léfiii^ae qui s , dit-on , changé au-
WaiiftJac«de oolre globe, et qui adonné
tmi m renouTellemeoi total de la société
^iioe;en un mot, le déluge me paratl
b rénliMe époque de l'histoire des naliom.
iw-MuIement la tradition qui nous a Irans-
ûcelflit est la plus aticieuDe de toutes,
■u encore elle est claire et intelligible i
Il aous préseota un Cail qui peut sejus-
fcr el H ooQfirmer par runiversalilé des
ttt^es, puisque la traditiga de ce fait se
ÉDredans toutes les langues et dans tou-
tleicontrétis du monde ; par le progrès
Kiblï des Dations el la perfection succes-
*• de tous les arts, etc.. Ainsi, la révo-
ilioii qui ■ submergé notre globe, ou ce
Ul'oa a DomiDé le déluge universel , est
■ bu que l'on ne peut récuser et que l'on
oit furcé de croire, quand mémo les
Htiotis ue nous eu auraiuul point iisrlé
i but que cette preuve en faveur du dé-
■t fcsil bien couslalée et bien établie,
wqu'elki ait convaincu des savants lois
li Millj, Frérpt el Boulanger, qui se fui-
Aeiti une sorte de gloire de teur incrédu-
le, et qui ne négligeaient pa? une seule
tni. V07. eependantce qoe nous Tenons âc dire
MfMi lignes ptoi haut tiir i'inonilatii>n ilc ta
ti«« ■« tMvps de ïao.
|1,ti Tom IMurehet tnr (n iraâiHoni nligieu-
*tfln'oi«fkimnuda lnëiei:t,63iitt rtfiifoirc de
i.téifit 4n fntcHfifimt I.XVHI,tn-l*.
MCTWKIIAlRe AP0L06ETIQHE. DEL 5T8
occasion de s'Inscrire en faux contre lus
oraciea sacrés de la révélation.
Il est encore un fait qui ne permet pas,
ce semble, de douter qu au temps de Noé
un déluge a couvert lo globe do ses eaux.
En effet, si, comme le raconte Moïse, tout
le genre liumsin , h l'uiceidion d'une seule
famille, a été détruit par l'effet de ce cata-
cljrsme, i l'époque rixt^e par cet bisiorien,
Ib partie de l'Asie où il suppose que se irou-
vnil celte famille doit avoir été le berceau
du genre humain; c'est de ce point ceiilrnl
que se sont nécessairement sépurt's les
hommes pour repeupler l'univers; c'est do
cette époque que doivent datur l'origine des
l'euples, les liisloires véritables, It^s nnmu-
ments certains; les sciences et les nrls ne
doivent pas surpasser In liniilo de temps
déterminée iiar Uoïse. Or, on ne saurait
nier la vérité de toutes ces conséquences,
sans s'inscrire en faux non-seulement con-
tre io témoignage génénii des historiens
de tous les temps, mais encore contre l'en-
seignement de nos savants modernes, dont
les éludes les plus approfondie» et les tra-
vaux les plus consciencieux sur l'ethnogra-
phie des anciens peuples du globe, ont eu
pour résultat de montrer que l'histoire des
nations, les progrès de leurs émigrations el
de leurs popuhilions, nous ramènent forcé-
ment BU punit central déterminé par Utjïse.
Fréret, qu'on n'accusera pas, sans doute, do
partialité pour nus livres saints, dil exprès*
sèment qu'après avoir discuté toutes les
anciennes chronologies, même les plussni-
bitieuies, il n'en a trouvé aucune qui re-
monte au-dessus de l'époque mosaiiguu : on
ne peut citer aucun monument, aucune
observation astronomique , aucun art qui
déftusse cette limite.
Nous avons rapporté les principales tra-
ditions des peuples concernant le déluge;
il en existe d'autres non moins remarqua-
blés, concernant les lieux où s'arrêta l'ar-
che. Suivant le récit de Moïse {Gtn. tiii),
ce fut daiis les montagnes do l'Arménie,
dans la chaîne de l'Ararat. « 11 est cortain ,
dil Cuvier, que la tradition du déluge exis-
tait en Arménie longtemps avant Uuïsv ds
Cborène, le principal dos historiens armé-
nieni du mojen âge; la ville qui, selon
Joséphe (7^8), était appelée le lieu deladei-
cenfe, sulîsrste encore su pied de l'Ararat,
et porte le nom de Ifachîtichetan, qui a en
eCTut ce sens-là (7^9). >
Idallebrun , qui a beaucoup voyagé et
laissé sur la géographie des travaux uni-
versellement esiiiiH's, s'exprime en <;•»
termes, lorsqu'il parle da la géographie de
Moïse et de la Bible : « Une clintiie de mon-
tagnes est nommée Araral, et si l'on com-
pare tous les passages où il i-ii est parlé (750],
(7f8) AnUtf. Jud., lib 1, cb. 5.
(119) G. (Cuvier, Dite, «ur let rétot. du ghlie.
Ltlluslrc auteur renvoie ici à la prcUcc dus Irères
Wtiision sur Uoïse de Choicue, |ùee 1.
(750) GtH. TUi, i; II Reg. xis.il; h*, issvti,
58;/.rr.ii,«; Tb».i,«.
ri rf déni iff, a va Dt-propos.
MCTIONHAIItE APOLÛCKTIQUE.
on reste persuadé quo c'est dans le» bran-
ches du Isurus, ré|t8{]âues en Arnaënie«t
en Churdistan, qu'il fsul chercher oes fa-
meuses tnODtagnes, près desquelles l'his-
torien hébreu place le second [berceau du
genre humain (751]. •
Voici luairilenantua auteur plus jeune ,
innis diSjà célèbre aussi par des bonnes ueu-
vrtis de plus d'un genre; c'est M. Eugène
Bore. ■ Les Arméniutis, dil-il, se fondant
sur 1.1 tradition biblique, qui donne lu mont
Araral cotiinie lieu où s'arrêta l'orcbe, prè-
lendenlqueNné s'éKblJ I d'abord en ces iieiil,
et que la ville de Nakhdjatan-, qui signifie
lieu da la première descente, cûniirme ce fait
far l'ancienneté de son nom (7S2). Ilsajou-
eiilque c'esl dans le même endroit que le
palriarche planta la Tigne. Aussi oiontra-l-
on à Cbardio, à une lieuu d'Ërivan, un petit
clos que l'on assure Être celui tie Noo. Ce
fait serait attesté par le nom d'Agorhi, que
porte cette petite bourgade, cl qui viendrait
des deui mots arg ouri, sigiiifioal il planta
la vigne...
■ De l'Araieaui bords du Tigre et jus-
cj^u'aux rives de l'Euphrato et du tac de Van,
s étendent île longs chaînons dont la partie
la plus élevée eslle eélèbre montArsrat des
saintes Ecritures. Lest anciens l'appelaient
Mali», nom qu'il conserve encore vulgaire-
ment dans le iiays; mais les Turcs lui don-
uent aujourd hui celui i\'Âgri-Dagh [753J. »
Plus tard, U. Bore dans un mémoire sur
la Chsldée et les Clialdéens, adressé à l'A-
cadémie des Inscriptions et Belle^Letlres,
revient par occasion au lieu oit s'arrêta
l'arche. ■ Nous cbercboas, dil-il, k établir
uu fait digne d'attention, et pent-éire nou-
veau , c'esl que la nation chuldéeiine, It
uiAme qu'ont cilée les auteurs sacrés et
{751) Maltsmck, iiiogr. U renvoie id itBochart,
t'IiaUf. I. 5.
(751) I Plusieurs autres noms de lieu fort an-
li(|UC8, itit eii note H. Buré, semblent perpétuer lu
souvenir tradilionuel de l'éublluenietit priuiilif de
la ruiiiille sauvée du déluge. Ainsi l'un lait dériver
l« nom de la petite pruviiice d'Arliiiaîoila, siLuét; à
l'urk-nt du niuiil Ararit , de trois mots sigiiiliaiU
amprè* du pied de Noi, parce que Noé se serait ar-
rêté dam ee union en eorlaot de l'arcbe. La v'Ila
de Uaraul, siluëe dans rAderbûdjau, vers le lae
d'Ourmia, liicruit tua nom des mots utair ani, c'est-
à-dire la mire eil là, parce que Noemzara , la pré-
tendue fi'uiiue de Noc , aurait été enterrée en ixt
emlroiu L'origine de ces noms est antérieure au
clirisliaiiismu , puisqu'ils tout eités par Ptoleniée et
l'bislorûii Joséplie; et te seul moyen d'e«pilijuer
celle cOMcidencc est assez remariiu aille , c'est de
l'aitritHier aui Juifs Tenus antcrioiireiaeiit en Ar-
ménie, et qui avaient éulili leurs cotouies sur les
bords de l'Aiaxe, dans les euviron» de ceUe pro-
vince. >
(7S3J Eug. Duré, Uiit de l'Ariuénie, page 1, 6,
8, dans Vtliiieeri pittoruifue , cotleciioii d'Histoires
publiée par Fiiiniu bidut.
(754) tugèae Bokë, Corretfondanee et mémoire»
d'Hit tot/ageur eH Oritul ; DiCiiiuii-c adressé k HM.
tes meuibres de l'Académie, part. 1, S 1, toni. Il,
vaa;. 158. Paris. lltW.
(755) U., ibid, S 8, pag. 1C8.
(756) Siii\B!)X, lib. XVI ; — Celukiw, Uti. lU,
profanes de la plu haute BDUquilé,eiiiia
leluellemeat àa centra de l'Asie ocddet.
taie, et s'y est coDservée dans son ihiégriié
primitive Ç^M'). ■ Il déclare eniulta qn'n
écrit son mémoire « au pied m6me d«t ma-
tagnes des Chsidéens. • Kt plus loin (76S),
il s'exprime en ces termes : ■ Les Cbildéeu
habitent encore les DiontajiiDes dont lachilDt,
épanouie entre Hossoul, Diarbéiiir, Vin ei
Suleimania, couvre le pajs de ses innHn-
brables rameaux. Retranchés là cobiiik
dans une forteresse inexpagnable, ils u
sont maintenus dans uns lodépeailaon ti
une liberté sauvage, qu'ils prisent toujcwn
BU-dessus de tous les autres biens. C»
nionis portaient anciennement lenoame
Gorduiens, Carduiens ou Cardou CK) li-
près l'Ecriture et la prononciation deiChil-
déens et le témoignage des livres uaii
La version syriaquei en effet, na dlifu
comme le tes le hébreu et la* lraditHlI^
ménienne {757), que l'arcbe se soilinfM
Bumont Ararat, mais bien sur le miri
de la moatagne Cardou CJSS).
« Les premiers Chrétiens bâtireni, u
lieu désigné par la tradition^ an cout«iiUiI
le Monastère tle l'arcbe (7&9), où ils c^
braient une fétfl annuelle, en mémôirt <!ii
jour où le patriarche «u était sorti imc
famille (760}. Selon le compagnon damip
de l'abbé Seslini (761), Sullivan, dei dcn>
ches musulmans y entreliunneul Bclutll^
nieni, dans un oratoire, le feu pen>^iutl
d'une lampe. On montre toiqours au lo;)-
geur ce sommet vénéré, sur le cheminiii
Uossoul à AmadÎBi les Turcs l'ippcileB
Djniidi, Alors le moot Cardou sérail le m^
que l'Ararat, nommé ifwia par les Aroi
nieus l76â) et Agri Dagh pu les mtliw
tans; opiuiODS dont le désaccord, loiu ih
cap. S; — AsBBMAKi, BibUot. orienf., tom.lU,r.l
p. 7U.
(757)UoiM,G». 1UI, 4;- Moïse DE doux, ■
u, cap. 6, pag. 00. — TcHâiiTrs., loni. U, p.»
Giogr. anc. de l'Armai., p. 577; — Toi»!*i«
loio. Ill, p. 316 ; TnveU of Marier, p Sli |J*
meneenieiii de l'Mitoire arménieiiiu dtJtan^l]
nS») Touré Cardon.
(759) Beit-Cliévéfih.
(7(i0j AsHu. BibHolk. eruHt., loni. ILp- i'^ '
(761) Renkells, ;i(«lr.a/'(*e*i(terf «/iMd
ptd. of Cypru*. p. 163.
(762) S&iicT-MiBTiN , ilétuoire* mut rir^"
loin. I, p. 19, 364, Keb Pobteb Trntti, V»-
p. 18i, iU, loiu. il, p. 6U. — Parmi In .^r»
nieiis, phiitieurs montagnes disputei.t à l'Ant
rhoiiueur d'avoir servi de port an vaisseaadtw
Ainsi on nous a indiqué (.oniiiie k Hacii »■ f
irès-élevé nui domine les solitudes eA laaonH »*
Grégoire l'iiluminateur, dan» te voiùnigt ■i'^"
gain. Quelques-uns citent encore l'Arakadi, <l^
sooiinut tit blanclii par des nei^eii eicrMw
comme celui de l'Ararat auipiel il eu op|iaW' "
découvre encore, à l'ouest du lac de Van, une i'*
montagne que l'on nomme Subka» Tha^, ^Kt l'
le patriarcale ou prophète tiac, au fW""*
Turcs ou des Curdes, dcscendaul de l'arati p
nonça ces mots : Subfaaa AlUli, c'csi->HlutrM
à Dit», fious irwluisoDS surlenl «e moir d'*f"* '
BEL
DICTIONNAIHE APOUlCtniQUE.
DEL
luirak beonrorde do (exics sacrés, prouve
la nolnire que ce bK mémorable 9 est ae-
coopJi dioï celle partie de l'Asie. Les
MitiCirdoUillacis, Ararit De sont d'sil-
leon que iei anneaux de l'immense cbnlne
tfoelée Tiarus \1G3), qui, du Liban jus-
ffiiVu Ciucue, diTise el morcelle le soi de
Fiiie ofdJeaiale , eu {irenant des noms
diKnoU.
I £b insistant sur ce point, nous tOuHods
MUirer raticit^niielé historique des monts
ijidou, que nous pensons avoir été cong-
lioBfDl le ('lys central des Cbaldéens. »
\ïa^t9omk,ibid,,p, 168.)
!Jmi kuoiis de constalor les Iradit ioOR sur
rirdietdes lii-ux o& elle s'arrêta; nous al-
iDuretntTcr Nué dans les hisloiros et les
bUHdtl'uiliqiiilé, cbez tous tes peuples.
l'ei;«itd'il>oru les métamorphoses que l'i-
ajffouion des poëtes a fait subir à Iloé.
SMurm eut de kbée ou Cvbële, qui était
Jiisi 5J sceur, plusieurs enunls, dont les
plusH>osidcrablc-s furent Jupilur, Neptune
«PlulDD. Il les dévurail tousoules enfer-
oiii, de crainte U'cD être délrAné; mais
leur mire sauva ces iroiS'Ci, en les cachant
diuiuueraveriie. Peu île temps après les
rinls ou Titans, c'est-à-dire led Aufaols de
Ime, déclarèrent la guerre à Jupiter rt i
(Mil le ciel, dans lequeF ils voulaient uon-
Kr, oMisapiès s'fitra élevés'bien haut, ils
furent |irécipités et liés par Jupiter.
C'eil la i-Dpie des trois entants que Noé
tuverra seuls, enfermés dans l'arche lors
«déluge qui eugloalil tout le genre bu-
luin, d-îscendu du premier homme. Ces ti-
luiiDesoi't-cepasIes nouveaux et audacieux
aUiiUdela terre qui entreprirent, après
b déluge, d'élever Ta tour de Babel au-<les-
KKles nues , dans le dessuiu de se sous-
inue au p..uvoir de Dieu 1
U rapport des trois enTanls de Saturne
411 lurent sauvés, et du partatfe de l'univers
■lire eux, avec le partage de toute la terre
entra les trois eufiiuls de Noé M moutre de
ai-ait ui^,
OH prisiiif de soa ndieal ehaldéen, qai revient
-niiiirlliwfl iUm b litai^ sous ta forme de
Vr«iUU. TieketMkkU, Gioitt, Uamnair. iLram.
r4. dr H. M S*ct, 1. 11. p. 70J 1^ tianieor de.
tutmamiagmt, que Hac-Kenneir awelle SipuM, eu
■tti Doze nUle pieds aa-des»us un niveau de la
c*. Ueavi. danssaclirooiquequiremoDieïl'aD-
Kiln Grec» 1077, rapporte que l'arclie sbonla
■ Mkl CardM. (Asscau B'Miotk. oricKl. tom. lU,
■ I, ». «7.)
I Tbo^ Taons est le mol Tor on Twr de* Ungties
uUwane, phêakieune, aralie, bebraîque, etc.,
piÉaai mmUafiK, auquel tes Grecs oui dounê
Ktawûui»on liellêaique (Ta«r»f). Les aoleiirv
»EB«u parteni d'une uuniagiw , diie i>urM ,
«iMuai les muuU Sini cl Saisoon, daus b pru-
Me d'&noik qui esl l'Ariaue des écrivains du
M-Eaptrc. (pHMor. Dt ètlla Penieo, lib. i, p. i^ ;
la. M'tTTiiii. lib. i&v, cap. ^ ; Autb-, Ii1>. ■*,
IH); Ceùfs-r Aim., Veni^, ISH, p- 6i, 71.
UHt diaos aotiqui (uam som res prisca) vocabanl.
(An ptMnicr liv. de* fatttt.)
K; Ue siuMl caaaas, cur de cidestibui unus
SiiqncMMd ■ lergn, si|nu<^qaid anle. vide*.
{Ibià.}
Janns, souvent confondu dans les fables
arec Saturne, est également recounsissable
dans Noé. Ovide fait sortir l'univers de ses
mains (après le déluge), comme H était
sorti du iiremier chaos (76&). Ce poète fait
comparaître Jaous, qui débite qu il a fermé
le premier monde que lu déluge replongea
dans le chaos ( de icéme que Noé l'afaii
fermé quand il ferma rarcJieJ; et comme
il a ouvert et vu renaître |>ar sun minis-
tère lenoveau monde (comme fit Noé, quand
il ouvrit l'arcbe et qu'il eu sortit avec sa
fauiille pour peupler dti nouveau l'univers;,
Janus explique et s'attribue ce renouvelle^
ment à peu près conime Hésiode eu avait
coulé la première pioductioo.
C'est de là qu'on le peignait avrc deux
visages, dont l'un voyait derr.èie lut te
qui s'était passé dans l'ancien monde, et
1 autre élait tourné sur le nouveau qu'il
■Tait vu renaître et rétablir (765). Ce qui
convient uniquement ft Noé, qui avait
vu et prévu la lin de l'un et le rétohlissu-
ment de l'autre. C'est aussi l'origine des
noms de Ctiuiat et de PtUtUdut (766), que
l'on donnait A cette copie de Nué qui seul
élait désigné par ces noms, uour avoir
fait la clôture du premier monae et l'ou-
verture du second. C'est pourquoi on le
foisalt présider aux portes, aux entrées el
aux sorties, d'uA vient son uum latiuJailus
(T67J, dejontia, une |iorle; et relui de ^
«uarïu*, janvier, donné au premier mois
de l'année.
Son portrait tenait une clef dans une main,
el par la disposition des doigts de l'autre
main on représuulait les 365 jours qui coni-
poseut l'année (768), (wrce qu'on le regar-
dait comme l'auteur et le dieu des années
et du temps qua l'on mesure par le inouve*
ment des osires qu'il semblait avuir ra-
menés. Tout cela spparlieni à Adam et k
Noé, premier et second chefs du genre hu-
main, que la fable a confondus, comme elle
confond Jaous avec Satunte, dont le nom
grec ChroKo» (76tf} signifie le lemi». Le
(T66) Nomina ri'ld>iB:iiiodo,nainqoeI*alulcius Idem,
El modo ucnSco Cluiiui ure Tocor-
Quidquid ubtque vides, cœlam. mare, niibib,
[temt,
Omuiaionlnoilra' dansa, palentqnenunn.
Prxsideo foribus coeli, eic.
(Premier lit. des Fatttt.)
(767) Inde vocor Janoi. liid.
(7ft8) Bios Punx, liv. xxii<r, cb. 7, el dans Ht-
caou, Solaroatet, liv. 1, cb. 7.
U esl vrai qnel'anaée dvite ne Ait fliée h Rome
i385 jonrs que wns Jules César, nmii cela peut
taire croire qne l'idée de la sUlue m pent-^tie la
suiae Diéine vcaail d'^n>le 00 de la Grèce , car
e regiemei
__.._. ûr tl'Aleii
écTpUens, m. saivant qeetqncs anleurs, Tbai
testea, pliuieors siècles aTioiCés»-, avant mesaré
raniiée aur k coars du loleîl, l'avaientréfléekce
Bootbre de 365 ioors. (Htaowrrs, Hv. 1, eb. 14. —
ALstAimaa a» Alex. «n. ditr., tk. U.— M. IkuM-
BEL, en son CaUadrur, part, t, lîv. II. C i.)
(7G9) KfiàMT on X^Mf, Saïunic, sa ■"livre ries
5aiarMlr*dellicaoae,rh. KL
prêtres
ilésHi-
RRL
OIGTIONNAïaB
teiBps, qui commença avec Adam, parut re*
COiDiDeiicer avec Noé, pourqui Dieu reiiuu-
veJa sa loi et sa promesse pour l'ordre ties
temps, dos annéfis, du jour, (1q la nuit et
des saisons (770).
Les poêles otil fait de belles descriptions
de l'Age d'or. Les uns, comme Virgile, l'oQl
mis sous Saturne (771); les autres, sous la-
Dus, comme Ovide (77z], qui fait dire h ce
dieu que sous son règne les dieux habitaîunt
la terre pour y converser avec les hoiumes;
que la religion et la sainteté y régnaient ;
qud les criiOBs et l'impiétâ n'en avaient pas
encore uliassé la justice. Saturne vit finir
cet heureux fige sous le règne deJupiter^
qui l'avait détrAné, et itous lequel la vio-
lence, l'usurpation, l'injuslice et l'impiété
élnMiruiil l'âge de fer. Dès lurs les hommes
Qdëk'S et justes, avec lesquels les dieux
firenaicnt plaisir d'entretenir commerce,
uruiit furt rares.
.. Celte idée convient aux premiers jours
d'Adam dans le paradis terrestre, et au pre-
mier siècle de Noé après le di^luge; elle ne
peut avoir été;prise d'ailleurs. Aussi ce pré-
tendu beau règne de Saturne, ul son âge d'or,
sont traités de fable par Platon (773). Adara
no fut pas longtemps dans ce jurdin déli-
cieux uù tout lui était soumis; et quand il
en fut cbB'Sé, il vit Unir cet âge heureux ;
■1 fut litige de travailler à la terre et se vit
exposé à toutes 1ns misères. Les hommes
demeurèrent cependant sans servitude et
sans domination jusiju'au temps de Noé.
Alors même, pendant I» premier siècle du
monde renouvelé, ce fut un nouvel ftge
d'or; liberté oniière , société des biens,
uniformité de langage (77U dans une même
tamilLo, jusqu'à ce qu'elle f(ll divisée du
temps d'e Piialeg. Noé vit terminer ces
lieuruux touM'S parmi ses descendants, par
Nemrod (775), petit-Qls de son fils Cliam,
Celui-ci, non cuulent du partage fait par Noé,
sou bisBteul, entreprit a usurper la portion
de Seiu, introduisit par son ambition les
guerres et les conquêtes, s'assujettit parles
armes lopajs de fiabylono et fonda le pre-
mier empire, soit que ce fût le Bélus As-
syrien ou Ninus dont parle Justin (776),soit
qu'il en ait été ditTérent. L'injustice et l'im-
piété cbassèreul alors la piété et la justice.
APOLOGETIQUE. DEL j)|
Eopolème, diins Ensèlje (277), raumrie
que, suivant la tradition Jei BabylomeDs
il y avait eu un premier Bélus, quSndisBil
aussi être Saturne, qui avait pour etiùnis
un autre Bélus, et Chanaan, père desPh^
nicieiis. Ce second Bélus pourraiieLrcNcni-
roit, petit-fils deCham, ou, suivant eui.dï
Saturne, dont ils tirent BA ou Bail. C'éUil
une tradition des Baliylouiens, danslepan
dtisqaels Noé avait fait son séjour.
Dans ce premier Age, Dieu arait eolre-
tenu un commerce familiers vec les homuits,
quelquefois par lui-même, elsouyeiii pt
I entremise ae ses anges. Il le coDliouiile
temps en temps, mais rarement dauxlisuilb
L't avec un petit nombre, Abraham, JgiDb,
Hoisc, qui lui demeurèrent lidèles.
Sur ce qu'il est dit dons l'iiistuire saisie,
que Noé, par ses trois enfanis, seioaelri-
pandit le genre humain sur toute \t\rm
(778), qu'il s'appliqua b la cultiftr, qoil
' enseigna les moyens de la rendre léM;,
qu'il planta la vigne, et qu'ayant tiudun
il s'enivra et s'endormit a deiuiitudtinu
tente, on a attribué h Saturne d'avoir en-
seigné aux hommes la niélhude deculiiier
et d'engraisser la terre |)our la reiidieli-
conde, après que ses trois enibiils eurent
partagé f'uuivers; on l'a tait le Oieu iIh
fruits prËstdaut h l'agiiculture, et ou Im
donnoàltome le nom du SteTculinf^.
c'est-à-dire celui qui a appris à fuDicrlu
terres. On lui a aussi attribué l'bOBneur
d'avoir. te premier planté la vignt cl d'eu
avoir enseigné la culture ^80); et en uii'-
moire de I ivresse de Noé on célébrait ')
fête do Saturne , ces faini-uscs saturmb'
dans la débuuclie et l'ivrognerie.
Parce qne Noé, dans cet état, avait p^u
nu, et que son UlsChsm lui manqua du res-
pect, en découvrant avec une maligne nll-
lerie sa nudité, ce qui fit que Nad porliii
sentence que Ctiam «t sa postérité sermit
rosclare de ses frères (râlj, on célébraîicii
saturnales dans une extrême licence, ir>
esclaves surtout, qui vivoiont ues jouri-U
dans l'iiHlépendauctf. C'est aussi ce qui u'
attribuer àiiBturneanB loi qui portait qu'on
ue verrait iws impuuémeni les diviuii'>
nues (782).
Ln fable qui fait mulilcrSaturne dansMi
(710) Cuaciii diebu term wwe«ii et mttùt, fri-
jjM (I (B(iM, iciiui ei kieiM, tt tax a die§, non re-
quUtctut, ilii biuu je Hoé, au viif cl), de \» Ctnèt».
(771) friuiim itb «tliereo venit Sulumus OI;r'"P"'
Aurcaquu, ul perbibent, illu wb rege ruuru
Sacula. (Lu.viHdoVEnéidt.)
(77i) TuHuegu regiiabain, paiicui cujii terra Ueo-
(mm
Ebsiii, cl tiiiiuania oumina miiia tucis.
NoiidBui juïtiiiatu faciuuB laarlale fugiral :
Uitima de raperic illa reliquil tiumuut.
(Liï. !•■ des ^'iiiiM.)
Macrobe met autsi tige d'or lou» Jauus.
i^^H Uaiu iaii liv. IV des l-ii.
(774) fc'rni lena tabit xHiiit. ((^cmm, rb. 11.)
(775) Nemroti eapit mm peMui in têrra, tt trat
Tobitttui tiiiator coram Domino, FuU a»tem •riaei-
piiim rrjnt ejui Babylon, et àraeli, tt Ackad, tt th«-
Imnt, In ttrra Seanaar (Au xnii* cb. de h CV»»-!
(776) Au couiiuencemeul de ^on BiiUirt.
(777) Livre ix de la Pr^paralion <roNjJ(H»'>
cb. 17.
(778) A Iriiui filiit Soe ditte.r.inatum nt «""
j^oiB* Inminvm luper unirtrtam Urrat», cap^'il''
/fot vir agriiota rxeratrt urratit, et piaumit '■■
neam; bibtntqaeviuuminebriatKtetl, «i ii*Jaiuj<-'
cmit in labtTnttc%ta. (Au ix- cti. de la Ueiùt.]
ÏTS) Djds pLUTAiiotiE, en aes Ô"0MiMtrw**"^
uaoBK, au )iT. i dus Satarnatt; c(i. T.
(78U)Vili!iaiorcurvain^-rv3ii!tsubiinipDcblcni.
(Liï. vrid«l'fcNMf-<
(781) Au ch. H du In Gtnue.
\ltH) ... A falcifero ki srne (aia jubei,.
^vwrc ln»t lenterana <iui*_
u iuviiDs Itiinina rem ddM.
iCAi.i.mow.)
UCTIONNAIIU: APOLOCETitttE,
DEL
SU
iRMW (NT Jupiter, son Gis (78S), si répan-
due tba les poêles, eî qui a ra|>(K>rtéque)-
quëbit Mlle entrtrprive h Saturue ménia
l'iSi) contra Cœlus, a éié rejeiée comme in-
digM pir WD absurdité d'ém écoulée ; les
ItMMif» DO souffraient pas de lela cooles
loeàari [786>, dans sod Pkaltg, pense qae
«lie lidioa a est iatrwiuîle par la ressem-
iùMB da lieux mois hébreux, A l'oc^'aïion
dtu <jueCliaia. ajraol >n son père liéoju-
tïrt[tfiit/ia(787);ceqge l'tiébrea exprime
ur M mol fmiagfa ; et en la même langue,
\m§ii signifie, il U mutila. On a pris ce
ilfrwr BOl pour le premier; iquoi l'on a
Ac tint par la malédiction que son pèro
fnwo{t coa Ira lui et eoittre sa postérité.
il nucde cfrlle erreur est sensible.
AjMKeqiiftcefutsurlesiDontsCordieDSt
jaiTcawflt dita Corcyréens» en Arménie,
q» rarcbe du Moé s'arrêta, et où il reçut
u(le ioMlte de son Sis Cbam, les poètes,
IfOBtpfi par uae autre re&»emblanco des
bouii fT88J, placèrent cette fable dans 111e
i/e Corejre. ou des Pbéacicris, qu'ils dppet-
leiiliuMiÀ-/|Hnu, du nom grec Drépànon
i'll>j,qui leutdlreuoe faux, par laquelle ils
boi feiul que Saturne y avait été mutilé.
krosa CbalJéen {790} dit que de son temps
M Tojait encore des restes de cette arune
tur la aioDlagne des Gordiens en Arnénie.
Méfflifl rapporte que plusieurs auteurs ég;-
Hieiii et |4iéiiiciens en )>arlent de mém«.
Mot Cjrrille (791) emploie les témoignages
d'Altxaudre PoIjUistor et d'Abjdène puurjc
■•^e siùeL
L'urigrue de lalaux aiet laquelle Saturne
tua npréseaté (792) était venue , selon
f Miques-uos, de ce que le temps, dont Sa-
twoe était le dieu, abat et moissonne tout;
aloa d*aoireS( de ce qu*il avait enseigné
icBltiver at recueillir les fruits (793), et
[KHjr recouuelire qu'on lui devait les luuis-
UOS.
Celait einsï qu'il était particulièrement
imclérîsé dans lus u-édaillesqui le repré-
•i^laieui avec J8uua(79b). qui Tarait, disait-
iTSSISaierMU aJoveligUBset castrali». (Dîna
•uu tUiUL»., tft iinf gtinium, kjiuag. i.)
<SU;CiCKKO, Dt Nml»rm deor., a. MetU.
iT8^ Colai a Mil liberia axMcUi dot apad Ro-
•MM aariiiar. (Uuni **ilu.iCàKaAHK, liv. u.)
i7«8) Au Ut. f, Ai 1" ch. PluUef.
llST)Tidit Cèmm fMUrCkaiuMM MttHda pairii
i, a mumiUriâ, ea liébreii Kriojgrf, k quoi l'on a
h«itMé Vmàmgml, aiteidU.
(J8S/ Bmwab-t, la di. 1" du li*. r* du PluiU§.
CM) a* <■»■■> >■« f«ilK.
|7|0) JUpgart^ (MT J«rtf«, ch. 3 «la li(. I" da
t Miu^in.
,Tyt> Au iiv- t" amiM Julien.
'i^j tf'oè il éiaii apf«l^ Fgtcifer, cMcswa, et
„ ILicK«as, Ml liv. I" des SutnaUê, cfa. 8.
^931 Faleem, ÎMifoe meuis. (Au cli. 7 tin tDime
," Je HAcaon.)
~Uj AixCuvs Vktoh, Hc rori^Mt éet Bamaim.
19$) Aa susdit ch. 7 de Hacmbb; et ATatiMs
(t le» DtJfmofpUitti, liv. n, ch. 14.
Dscno^HAiBB aPOLwfiiriQrB I,
na, reçu en Italietflppelée,per celle raison.
Saturnienne. Jaous ou Saturne y était Tiguré
(795J avec la télé i deux faces, dans on cAlé
(ce qui cnnvieut i Noé); et dans un aulro
cdlé la navire ou l'arche, biéroglypbe propre
de Noé. Garce 5;iubole, s'il avait seulement
marqoéque Saturne était veimsur un vais-
seau en Italie [796}.ne5eraitni assez éclatant,
ni assez propre à Salurue pour le désigner;
et le seul véritable sens qu'il présente k la
preoûëre vue se rapporte k l'arcbe merveil-
leuse de Noé. Aurélius Victor ajoute quece
fut quelque temps après que la terre eut été
toute couverte parun déluge que quelques-
uns qui s'en sauvèrent vinrent s'établir en
Italie. Ce fiireut les enfants de Jspbet qui
recoanaisssieut Noé pour l'auteur de leur
race. De celui-ci on a fait Saturne, duquel
Virgile a dit qu'il était le premier venu du
ciel (797). Suivant le méma bistorien, on
appelait entanu du ciel et de la terre ceux
dont on ignorait l'origine.
L'Italie fut appelée Latium (798), dans les
fables, |)arce que Saturne dont elle prit le
nom , s j était caché pour se sauver de la
colère de Jupiter. Ce qui vient des originaux
sur lesquels Saturne a été copié, soit d Adam
qui se cacfaa après son péché, soit plus vrai-
seniblablemealde Noé caché et réfugié dans
l'arcbe daus laquelle il se sauva dulléau de
Dieu.
La fable et le culte de ce dieu avaient étd
portés par les Pelades ou Grecs en Italie*
suivant l'ancien poëie Accius (799J; ceux-ci
les tenaient de l'I^pte. Mais ce qui prouva
que ce culte avait été pris des Ht-breux.
c'est qu'un le célébrait, suivant le témoi-
gnage de Uacrobe, avec la tète couverte,
coiume un l'avait appris des Pélasges et
ensuite d'Hercule [oOO). C'était une lui de
Uoise, que le urèlre ue découvrirait pas aa
tète pi).
€ Ce que Tacite dit, que la cessation dii
travail chez les Juifs au ïeplièma jour, ap- -
pelé sabbat, est attribuée à Salurne et était
instituée en son honneur (S02), parce que
lus ancêtres des Juils (dit'ilj avaient suivi
(796) Caoïa raiîi sapereU : Tuscub rate venU îa
AdIc vererrato falcifer orbe deui.
UacHoSaturuum nieiuiniiellarareccçiaai,
CaCiibus fcgiiia a iore pubni ersu
Iode din aenii uiaiiMl SaUinia nouieii.
(Au I" li*. dci r«(lM illHiua.)
f797} Primus ab albereo venh SiInmuB (Hyn^
(Au tiv. Tta 4a i'Kmiide.)
(iWi Lalimniiue vocari
Hahiit, bis quoniam liintaMt luu» iu oria.
"■-"'-. bv. vm.)
fli, qau primo' a Pëbsgia, poal ab Bercute, :
ean a prinnipio ractitaian païaaL (Au snadit ek. *
4h liv. 1" de MuBOBi.)
(801) An XII* ch. du UvUiftt, f 10.
(MH) Septimo die otium ptaeaiiae ; et booercm
eiitnSsinmohalwrt. (TiciTB, t.vdeacalfiu., c t.
19
esT
f»EL
DICTIONHAIIIE APOLOGETiQllR.
Saturne (803), foit voir cleiremenl que Ss-
lurne n'esl auire queHoé. dont le nom, en
bôbreu, Teut dire eestation du travail (804),
comme le signifie aussi lu mol snbbat. Ainsi
atlrîbuer le sntibulàSftlurne.c'esl leprendre
pour Noé (8(»). .
Nous Tenons de voir que Woé esl le Sa-
turne et le Janui <jes nivttiologues; quant
icc qu'il est dans les Iraditions liittonques
«les peuples, nous nous bornerons h quel-
3ues témoignages ; car si nous entreprenions
e les rnpiiorlep tous, nous sortirions des
liornes que la nature île cet ouvrage nous a
tracées.
NoéeslleXMtKArusdesChftltléens.Commft
le nom de Noé, celui de Xisuthros reul
(lire repot , consolation. Bérose, ctialdéea
de nation, « liomme connu de tons les'
Crées qui cultivant les lettres, dit Josèphe
(contre Àppion, liv. i, S 19}, i casse dei
écrits qu'il a publiés en grei;..., Bérose.
compulsant et copiant les plus anciennes
histoires, présente les mfimes récits que
Moïse sur le déluge,sur l'arebe dans laquelle
Noé fut sauvé, et qui s'arrêta sur les mon-
tagnes d'Aruténie, ■ etc. Malbeureusemant
Il ne nons reste de Bérose que quelques
IVagineiits; celui qui se rapporte h notre .
tujet a été conserve pnr Aleiandre Pol^his-
tor, pui? par ie^tffiet/te.Noiu l'aroDs donné
(ilus baul.
■ Quant h nos antiquités, dit Moïse de
€horène, cité par Volney [tteeh. nouv. sur
t'hist. anc, c\i. i3, ftn^e 1*3), les COiopila-
teurs ne sont pas d'accord sur tous lef points
entre eux, et ils diffèrent de la Geniie sur
quelques autres : uependant Béruse et Ab^-
flène, d'accord nvec Moïse, comptent dix
générations avant le déluge...; ils comptent
aussi trois ciiefs illustres avant la tour de
Babel ; Ils eiposent fidèlement la navigation
de Xisullirus en Arménie. Ja sybilie béro-
sienne (que Volney pense être la lllle de
Bérusej dit : ■ Avant la tour et avant que
« le laiiguge des liommes TOt devenu di-
■ vers, adirés la navigation de Xisluhrus en
« \Tmiti\e,2erouan,TitaHetYaptto§thesou'
« vernaient la terre ; s'étant partage le
« monde, ■ etc. — «Ce fragment, oit Tolouy,
s une analogie marquée avec le Stm, Chan
ii\ Japktt fifila Genise. > Volney Tait d'autres
citations, uolaiumtinl celle qui est tirée
d'un ■ volutnii que le syrien Mao I Bas
trouva dans la bibliothèque d'Arskak ,
quatre-vingts ans après la mon d'Alexandre,
«1 qui portait pour titre : Ce volume a été
traauiidu ekaldiea en grec. Il contient Chu-
tQÏre vraU des ancîeiu perionnagti Uluatrtt,
Îu'il du .eommeacer a Zirovan, Titan et
apetosth; et il expose par ori^e la lérie
dei hommu iUuttrti ni» de eee Irait cktft. ■
Kt après avoir fait la citation, Volney les
lannioe toutes en s'exprininnt en ces
termes (ibid., p. 118) : * Voili donc un
livre orininal chaldéen, qui, k raisoa dn s«
(803) <Jho> cuin Saiurno pulsoi, et coiiditorei
KCiitin acoopÛRut. (TiciTi, au raénic eiidrail.)
(SU4) Noé, ctuUio vi't Ttquie*.
célébrité, excita la curiosité d'Alfimidre
et oui, par ce léçer fragment, noui prouïè
1* I antiquité réelle des traditions recueillies
p6r Bérose, pur Abydène, pnr la «jbille-
K* t'anslogie de ces traditions avec ccIIhiIq
livre juif appelé la Gtnin. Celte analcnr»
est sensible uans ce qui concerne le déluee:
l'homme sauvA dans un navire, les trois
princes ou chefs du genre buiniin issui de
cet homme, la séparation de leurs enf&nlj,
renlrepri«e de la lour de Babel, lacanTD-
•ion qui en résulte, * etc.
Volney (rtirf., ehap. 15, pag. H»} hit
encore cette lemarque : « Les Indoaller-
miiKtit eHtte durée (du monde depuis l'o-
rigine) |vir un déluge, et ils remplisient le
temps antérieur par dix avatars, ou s^ipi>
ritions de Vîsbnou, qui répondent anxià
roit otiAdtiuvient (ou nus (/i> Mtriarcbfij.
Ces analoKles sont remarqusb^s et ain-
leraieni d être approfondies. >
Sur quoi il est à propos de remarquer q<K
les Egyptiens, dons l'histoire des Alli!i-
titJes, comptent également dix géflémliom
avant le déluge; que Sanchoniaton dePhrj.
gie parla aussi de dix générations dei
dieui ou héros, qui remplisseitt le \aa^
que dura la première race des mortetsique
les Tartares et les Arabes conservent d«
même le souvenir de dix génératioDu, fl
s'accordent, quoique séparés par d'immeiisci
distances, i marquer ces généiatioiis ptt
les noms des patriarches de la Geniet.
Après t'eiamen que nous venons de teiie
de la question du détuge moBaïque, nout
plaindrions le leeleur qui ne serait pu
rrapi>é de la force et de l'ensemble tlo
preuve» qui l'élablisseDl, et qui ne vernit
dans le récit de cette grande eslastrophi
dont tous les peuples ont gardé le souvenir,
au'uneinidff(onpo^ft9iiee(/'afru/«(iM,coDiiui
I appelle l'auteur de l'article DiiJb&K à*
\'Éneyclopédi« nouveÛa.
« Hien n'y manque, dit-il : l'intorventioa
directe de la Divinité, dont les divers eDire-
tiens avec Noé sont Adèlement ra[ip(»>
tés... •
Ce u'est pas ici le lieu de démontrer U
révélation et l'intervention dm Diau djiu
le gouvernement du looBde physique el
moral, aioii que les ^at)pf»rls DëMsstittt
qui existent antie l'homme el son Créateur.
Lette inlervemioii , ses cousi^quences sut
les destinées de l'homme, ne suol-elles pat
ie point le plus capital de l'bistoire, d*^
i'eiistence et de Taveair de rbommeti
Ainsi riiumanilé tout unlîèrer' l'huiuaDiti
passée el présente, aurait élâ (Uns unt
longue erreur Jusqu'k ce joisr sur sa nature
son origine, ses destinées el s* fin MI bu-
drait nier ici la raison de tuus les sièeletr
da tous les peuples, et proKlamer comuMl
une invincible erreur la foi de toutes iM
générations qui se sont succédé k traveia
les Ages 1 Qui se sent assez de courage pou
amCtnféniutitUiFiikUmtt rBiiioirtumm,
cb. 5,7, p. H, 67, iurir,f édil.. AvigMM, I83it
DICTIUNNADtË APfH.OCETlQUE.
ÏM
iccenler celle nuil profonde dont on sent
Ifs froides téoèbres s'épaîsair autour de
Doire intelligence et de noire raison, toutes
les fois qa'oo met en snspicion ces grandes
bises de* tocfétés, ce fondement de l'ho-
nisniié mArne f Arraches re fondemeal, gue
TOUS reste-1-il ? le scepticisme uoiversei.
Kiis les sociétés ne Tifeot pas de scepli-
dUBe; leur vie, tous le uvez, c'est la Té-
rili, c'est la foi.
• L'emploi coDtinuel des périodes euetes;
Us Mux tombent [H-écisément pendant qua-
nale jours, les sommets des montagnes
i|i(iirsisseDt précisément le premier Jour
ia premier mois de la première aooée du
mime sièclu de Noé. a
bcieaiérité est bien peu sérieui.Si les
NSI èlaieol tombées pendant ceni jours.
qs« les sommets des montagnes eussent
af^nihTingt'-cinquièsie jourdu troisième
ffloii de la quatrième aonae da cinquième
vk.te de Noé. qu'asrail-o» dil? C'eût lou->
ynn été l'emploi de périodes exactes. Dés
que les temps sont tités, c'est l'eiuploî des
liériodes biBClus; et qu'est-ce que cela
inuTcT qn« l'évéoemeot a été assez frap-
pant pour qu'on en ait retenu la commeo-
ceacnl. la dur^e et la Qa.
Letialres objections cllées tombent dw>
Tul l'aiplicstion du texte que nous avous
éUDtt.
huoni i des objecUons d'un autre
onin.
* Lt Mfondatueoial, dit-on, eit de telle
Aaten ^ïl est de toute impossibilité que
h) mmleur ait pu en •acquérir counais-
tUKS. «
l^ajeucs qu'il en est de celte affirmAlion.
Usé fui saua douta lémoia du fait fonda-
■■ialdii déluge; 8em. son lilst fut aussi
' NBOinde cet éTéoemeni. Arphaïad, fils de
' éan, naquit deux an» après le déluge; il
en fui donc pour ainsi dire témoin, el son
tkt le lui raconu cerUiuemeot. Sem a vécu
tisij cenla eus après la naissaoca d'Ar->
f4uiadi y«ïseett te quatorzième desceit-
MRldvSen de |)ère un QU. Abrettatn a
i^u cent quatre ans avec Sum, Isaac
Ml ans et Jacob quarante ans. De Jacob h
Nuise il n'y a que quatre lètesj et si Huïse
>' l'i pas TU Jacuut Amram, son père, l'a cer-
' dioemeol tu* I^ tradiiioa du déluge n'a
Ane d4 passer que par quatre bouches au
fifls pour arriver k Uolse, et oo pourrait
•taie conceToir qu'elle u'ait passé que par
énii. cellM de Jacob el d'Amrun.La nation
^ Moïse descendait de Noé; celle uaiioo
'Tiit nn soin parliculii'r de conserver les
Mffléalogtes de ses aocAtres «l les évéoe-
^uU uiéaiorables de leur temps. Est-il
'«^ijable qu'elle eût pu ne pas se seuTeair
'^'uu (ait «usai important pour elle que le
'^uge, puisque c'était de ce (ail qu'elle
3^ilati pour aiosi dire son orit^ae. Moïse.
^\«iliUus la science des Egjrpiieus, coa-
AwiiDi uD people rebelle & sa parole, rs-
^•M qu'un dwuge a eu lîeu onTiron liuît
''iiieus iTant lui, sans crainte d'Aire dé-
'■«Ki par sou pet^c, par les moitunieiiti
de l'antiquité des nations ^ar leur histoire,
leurs traditions, etc. Il donne ce délujfe
comme étant le fioiiit de départ de tous les
peuples, et fournil ainsi lui-même dans son
récil toutes les circonslancps qui suraient
pu serTir è le convaincre d'imposture, si te
lait fondamental dont il parle n'aTSil pas élé
dans la traditioo publique et dans la
croyance de son temps. Or, it est passable-
ment singulier qu'après trois ou quatre
mille ans on Tienne refuser la possibilité
de s'assurer d'un fait à un auteur qui le te-
nait de firemière source, surtout lorsque
la tradition de tous les peuples confirme Je
récit de cet auteur el que l'on o'a absolu-
ment aucun doetfment pour le nier.
Oo dit qu'il a été impossible è Noé. aiofl
qu'à ses descendants, de oonnattre et d«
constater soit l'étendue, soit l'uniTersalité
du déluge. — Il faut bien ramener la ques-
tion à ses Trais termes t il ne s'agit pas de
savoir si Noé ou ses desceoditnts ont iiu
constater l'universalité ou J'éiendue du ué-
luge, mai? bien s'ils ne se sont pas trompés
en aOirmanl ou'il s eu lieu e( qu'il a fait
périr tous les nommes; car tel est le point
capital du récit de Uoïse. Celle première
remarque suffirait seule, car nous n'aurions
plus qu'fa montrer que l'historien du déluge
ne s'est pas trompé dans son récit; mais
parcourons, en les annotant, les assertion^
de nos adversaires. « El (>ar quel moyen,
eo elTet. disent-ils. vuudrait-nn que dans
ces temps d'ignoraocegéographique (la géo-
graphie da Hoïse est pourtant démontrée
assez juste) quelques familles (une famille)
échappées k un déluge qui avait dératl^
leur pays eussent pu apprendre ce qui s'é-
Uit passé dans les pays loiolainsf L'iuon-
dation aurait couvert toutes les contrées
de la terre, en même temps que la leur,
qu'elles n'en auraient rien su. et elle aurait
respecté toutes les contrées de la terre,
sauf Ja leur, qu'elles ne l'auraient pas su
davantage, ai, è pari les élus de Tarcbe.
toute la i>opulaliou terrestre a été noyée,
il faut nécettairtment admettre que les sur-
vivunta ont fait eux-mêmes (ou leurs .les-
ctindants) le (our du monde pour a*en assu-
rer (nous ne voyons nullement la nécesailé
d'un pareil tour); et si l'inondatî^n s'est
éteadue sur toute Ja lerre, eo laissant sub.
sister seulement ci et Ik quelques-uns de
ses babitsnts, sur les sommités des monta-
gnes, il faut encore admettre que des voya-
geurs partis de tous les points du mondu
[si tous les iioinls du monde étaienl babi-
lés}. mèmeu'Amérique(si elleélait habitée,
ce qui est douleui], sont venus informer
Nue ou ses descendants de l'uniTersalité do
la catastrophe. »
Uoise a lui-même répondu h toutes
ces assertions. Noé, nous appreod-il , est
seul sauvé du déluge avec $a famille; sa
race se multiplie, les onfants de l'un de sea
fils vont peupler l'Europei ceux de Tautre
vont peupler l'Afrique, ceux du tioisième
voui peupler l'Asie. I<vs annales de la plu-
liarl decvs peuples cooQrmeal cette origine;
on.
DXTIONNAUtfi: AIHn.OGETIOi:E.
DEL
S»
Yoilli donc Ips descendants de Noë qui psr-
reiit d'auprès de l'arche el qui s'en vont
voj^ager par toute la terre ; ils disent qu'elle
est (féserlp, p( qu'A mesure qu'ils la pen>
plent de [ifoche en proche, ris n'y trouvent
pas trace hiimniiie. Ces peuples conservent
des raiipftrts curlnins entre esx; cl quatre
cenl» sus après le déluge, A bratram descend
de la Ctialdi^een Palestine, et de )a Palestine
en Egyple, et partout il peut reconnstlrA
les peuples sortis de la même souche que
lui. Moïse nrrite huit cents ans après, et
le genre humain voyageur avait eonslalé,
sur tout le monde connu alors, qu'il n'y
avait pas d'autres hsbtiants que ceux qui
étaient snrtis de t'arctre; Hoise en fait le
ttâOdniirreinenl , et il est d'accord avec tes
annales de lous ces peuples sur leur ori-
gine. Ainsi les voyages que l'-on demandai!
ont été fHJts, et on a pu en conclure rigou-
reusetneni que toute fa rsee humaine avait
été détruite fiar le déluge, universel en ce
point au moins. Quant à l'Amérique, il fau-
. drail prouver d'ahord qu'elle était habitée
avant ou mAme'du temiis de Moïse, cr, cela
o'est pas prouvé; el d'ailleurs l'Amérique
eltcHnéme vient apporter son témoignage
au fait du déluge. Qu'il nous suffise pourle
mcineiit d'avoir montré quo l'on n'a pas le
droit df conclure en ces termes : « Or, tl
est incontcslelile qu'atieune nation de l'an-
liquilé.etje n'en eicfpie pas même rERypl{>,
n'a réuni les conditions de savoir inaupttf
Sttbiti pour pouvoir transmettre ovec certi-
tude à la poslérilé un pareil récit (il suOi-
sait de la narole, el f'Bgj'ple comme les
autres peuples, non-seulement savoil parliT,
mais encore écrire et élever des monuments;
c'esl beaucoup plus qu'il n'en faut pour
Conserver la trauition d'un événemeni tel
que le déluge). La tradition du déluge uni-
versel, h moins que l'on ne consente è la
ilélacher de rhisloire commune, pour la
r^ardcr comme directement inspirée aux
hommes nar l'esprit de Dieu (ehl pourquoi
pasi), et l'accepter par conséquent dans son
entier, ne repose donc sur aucun argument
valable (la jiarticiile donc est commode,
c'est t'arguoicitl de ceux qui n'en ont pas,
et ici la proposition dniit elle fait partie est
fausse et ne repose absolument sur rien|.
Et si un pareil déluge s'est jamais produit
sur lo terre, ce Jojit il nous reste h nous
enquérir, c'est ailleurs que dons les écrits
des Hébreui qu'ils fout en chercher les té-
moignages. ■ Et pourquoi pas dans les écrit!
des Hébr«niT ne votent-ils pas ceux d'un
autre peuple ? ne sont-ils même pas comim-
rables h des conjectures géologiques ou
autres? Leur caractère religieux et sociul
est leur défaut I — ■ Supposons un instant,
continue l'objection, que Noé, la déluge,
dont ses comiinlriotes venaient d'être vic-
liinci, termine, eût voulu s'assurer si l'inon-
dation s'élail réellement étendue sur toute
Il terre. Noé aurait pris en main le bAton
de pèlerin, et parcourant dans toutes les
directions les continents devenus de nou-
veau s«rs et pniticobles, iJ serait allé cons-
tater en chaquo lieu les Irices nécegsiire-
ment laissées par le s^our dei etui. ,
A quoi bon loules ces supposilioni ; c'est
toujours déplacer la question, car, encore
un coup, suivant le récit de îloise. il m
s'agissait pas de savoir si les eaux s'étaient
répandues par toute la (erre, mait bim ti
tous les homnas et les animant lu plu
rapprochés de l'Iiomme avaient péri; ot il
n'était pas besoin de prendre le Ûtoi dl
pèlerin pnar a'aaurer d'une telle itaslruc-
(JOD. Noé connaissait sans doute qn^s
étaient les principaui pnyslmbilés aTiotle
déluge ; il connat l'élévation des eaui
au-dessus des plus houles mniiiagnes du
vaste horizon, il put en déduire l'élemlue
de l'inondation, et après la calaslroplieler-
mioée, il lui fut ftcile de constater um
long voj'Sge qie tout avait péri, puisqu'il
n'y avait plus d'habitants sur la terre; f'
■on fifs 8ero, qui véeui encore ]ilusdetiD^
cents ans après le déluge, etdulempaduqiv
arriva la dispersion, put bien mieux encoit
le conslaler. Voilé ce qae dit lel>on iïMi
et cela suffit.
• Mais, dit-on, ee que Noé n'a etrjoiiu-
fnent eu ni l'idée, ni te moyen d'eiéculer,
nous pouvons le bire. (CertaiDeuenl NoJ
n'a poini eu l'idée défaire UD voyage géo-
logique). Que l'on songe aux marqoes nom-
breuses el profondes qu'une aussi violente
et aussi extraordinaire invasion des eaiii
aurait dâ causera la surface de luusiei
pays et l'on eoneevra aisément que ce ne
iont pas les pluies tombées dans l'espiM
de quelques siècle* qui auraient pa \ti
effacer enLièreiuent. Il y a d'ailleurs d»
contrées ou il ne pleut jamais. Dene, les
seuls monuments sur lesquels l'opinion de
Noé, eu sujet de l'univorsalité du déluge,
Bureil pu raisonnablement se fonder, sont
encore debout pour servir de fondement 1
la nAtre. Il s'agit ici de géologie et non I
d'bisloire. A défaut de témoins oculaiits.
c'est exclusivement i oetle dernière sciec*
qu'il appariient aujouni'htii, comme celi
lui aurait Bfmarlpnu daas tous leslemjx.
du donner des preuves directes de Vuui*
versalilé ou do la non universalité du dé-
luge. » Nous dirons : Il s'agit ici d'histoin
et lion de géologie; avec tant de létiioint
oculaires, c'est exclusivemeni h cette pre-
mière science qu'il apiiarifent aDJourd'bui.
comme cela lui a apparlenu dans tous lu
temps, de donner des preuves directes é«
l'universalité ou de M non universalité da
déluge. Mais poursuivons aveo nos adver-
SHÎres tout ce qui tient h Id gi^ologie.— «Or,
dit-on, qu'est-il besoin de dire, sinon aui
personnes peu versées datis les cunoais-
sanees géologiques, que rien n'est mieui
dénoDlré par les observations niodenut
que la foustelé du récil liébraiqueT Oii
trouve à la vérité, à la surfaofi des cnnli-
neiiis, une multitude d'indices de déhigM
locaux, et rien i coup sûr D*esl plus naïu-
rel ; mais il n'y a pas un seul i'aH qui auie*
rise è penser que ces diverses inoiidationt
ont éléconiemi>oraiiies. L*eas9ent-elle« éi^
DICT10.NSAIIUÏ ATULOGEIIQUC.
•EL
n bioo gratuiL««l bien liasfinliic,
fJlESDS fenieiit. ralatÎTemsnl i l'élendue
Mil« dei conlineoU, qu'un eiisomble tl'i-
Dondiliofl loul & lâ(i partiel, el ii liemeu-
renit pwiiiltinient avéré que les eaux de
tt'iétuge ge iiHil répaotlaes dans quelque!
l'Kililéj ieulenieiit, surdes vallées et des
régiou b*»s«a. il qu'en général elle ne se
Kntjjas aéioe éleféuï juxau'au niveau
displuî médiocres colltaes. N esl-il psrcer-
liin qes si les eaux d'un déluge avaient
jiEuis jQODtlé lo«te In terre, leurs allu-
riODisr seraient forcément déposées dans
Itiplui luutes. vallées des manlcgnesTOr,
Ibuifi les ol>«ervalioD3 constatent qu'il n'y
ifuaoMule(«inple<Jflc^rifa6/<(a1luvtous
iit» da tels lieux. N'asl-il (tas .certaia
tirarcguc les eaux, en venant baigner les
*iM^s de scories spongtuuses el désa-
ifTt^-ique vomissent les volcaos, les au-
nitfliriHtéaient démolies et dispersées? Or,
'a nomiH-euses montagnes de cette esftècs
l'is^aiiaées fD llalie» en Auvergne, en Vi-
nnit, sur les bords da Rbin, en lani d'au-
itesptys qu'llseraii inutile de nommer,
illMlenl d'une manière irrécusable, par la
conservation parraile de leurs formes pri-
ailijKs que gainais les eaux d'un diHuge
n uni mouille leur flanc. Il faudrait doue
(IiregueceUe armée de volcans, tous au-
Icrieurs aux temps bistoriques, a paru sur
la terre, comme [)ur eipiosiun, dursnl le
wurl intervalle qui séfiarei'époquedudéluge
(■eNoédc celle des plus anciens souvenirs
ue nos annales, et donner siD:(i pour cnaiiilé-
ini-iit h l'iiiTeiition d'un cataclysme d eau
iinteution Doo moius téuiéraiced'un esta-
ij'&ine de feu.
• Il existe, à la vérité, non pas au som-
'uel des montages, mais sur des pentes et
•^i plateaui losccessifales aujourd'hui è
i^uis iuoudatiiiD locale que l'ou puisse
Laaginer, de« alluvioiis, dont la présence
incvs liuux semble ne pouvoir s'expli-
<iui;r que par des mouvements de rOuéaa
y-en su|>érieurs eu violeuceet eii étendue
ictui dout nous avons parlé jusqu'ici.
Ujis ces lerrainsauxquels, par un biflma-
li'e abus, quelques géologues ont altrUiué
eooin de terrains diluviens, sont précisé-
zuDt caractérisés, de l'aveu même de ces
;^Iogues, par l'absence de tous débris bii-
luins et par les ossemaals d'espèces aui-
uoJes aujourd'hui éteintes ou re)ioussées
"•s des latitude^ iilus méridionales. I^s
Jiéanmènes auxquels ces témoignages se
ipcorlenl sppArlienuent donc aux annales
« la période tertiaire, et demeurent com-
'('leoient endehors de celles du genre
amain. Si durant Celle période, couimu
orient k le penser plusieurs monuments
m»i>lérsbles, de» massifs de monlagnesi
1» qu'uoe partie des Al|»es, se sont brus-
Jeineol soulevés, de vastes régions ont
1 éire ébranlées |)ar cette crise, et les
)U de l'Océan,- secoué puissamment dans
s profondeurs, surtout si le soulèvement
est Opéré dans son seîn, ont jiu se trou-
!r ebu5sés sur les coulroeuls dans uu
rayon géographique étemln, i ane grande
distance 'les eéles, el jusque sur de» |>eates
élevées. Pnut-être anssi quelques-unes dé-
cès alhivinns doivent-elles simplement la
place singulière qu'elles occupent k des
exhaussements partiels, )instérieurs k l'épo-
que de leur dépAl. Bn tous ca*, In nature de
la populationde la terre, au moment oi^ ces-
inonualions ont eu lieu, nous est suffisam-
ment révélée par le caractère des ossements
qui sont ensevelis dans les terrains charriés
alors|iarleseaut;el puisque les hommes n'e-
xistaient point encfire. ces inondalioDSsoiit
louti &ilé.nngèresausujelde cet article.*
On ne préconise tant les preuves géolo-
g'tfues que psrce que l'on veut ï tout prit
a'''.erles preuves historiques donton sent
tout le poids dans celte thèse. On demande
k la géologie une preuve de l'universalité
du déluge, et rien n'autorise dans le récit
de Uoîse. h admettre cette universalité. On
veut que les eaux aïeul formé des attuvion»
(lu'ellesaientdAnofjel ditpené Um montagHm
de aeoria tpangieutet et détagrégée» fus
tomUtttit let volcana... Que ces eaux aient
formé des alluvîons plus ou moins- consi-
dérables dans les vallées des régions qu'elles-
ont inondées, il sarajlbien difficile d«frron-
ver leconiraiFC. Qu'elles n'aient ni d^aiofi ni
disperié-\e5 inotilagiios de scories spongieu-
ses et ilésïgré jées de l'iialie, de l'Auvergne
elsutres pays où il peni s'en trouver, o est
parco qu'elles n'y sont pas venues, ou parce
qu'allesnese sont pas élevées jusqu'è cette
hauteur dans ces contrées, ou parce que ces
scories ont été vomies jur les voteans de-
puis ce calaclysme. Pour ce dernier cas.
il n'est nullement iiéccssairc île recourir
à l'ittiviiiioiid'uK catadyimt de feu,
Qunnlaux aUuviont que l'auteur rapporte
aux terrains tertiaires et qui ne renferment
point de délu-is humains, parce que dit-il,
les hommeso'exisiaient point encore, nous
pensons comme lui que les inondaiiotu
qui les ont formées, lonl tout à fait étroit-
girti ou tuftl de cet article, et nous n'avons
puiiilànoiiS eaoccupi;r ici, iiou- plus que
du soulèvement dus Aljies.
L'auteur continue cl procède pan excla-
malions et intercogstions, formules h grands
e£[ets. ■ Quel io'ioncevaUle dér^n^emenl,-
dans l'onire de la nature, n'aurait-il pas
été nécessaire d'imaginer pour rendre rai-
son delà produclioad'un tel phénomène (du
déluge}? > Ceci en vérité est un peu trop
niiïT. Tous les géologues et les paléontolo-
giïles reconnaissent au moins une douzaine
de soulèvements de chaînes de montagues
qui ont autant de fois et successivement
déplacé rOcésu. mis h nu le fond des mers
et submergé les contîueiils. On a lieu de
s'éioaner que notre auteur ne songe pas i
demander compte à ces savants de ces ■»-
concevabteë dérangemetUi qurtU mU imaginie
dans l'ordre de la nature.
■ L'Océan au-dessus du sommet des-
montagnes 1» Oui, au-dessus des montagnes
ou collines plus ou moins élevées du voile '
horizon, dit te texte sacré.
JIS% DEL nCTIONnAIRE APOLQt.fiTIQUC. DEL j»
)itiysicieii conipùLecUqiii ne ln»avltsucoii<
traire noire caicul trds-naodâré «t cerUinD'
ment Irès-lbiiiié. Il notu souble d'ailleurs
3 ne l'einression si énTgique ita eatùnatt
u ctei dotil assert i'£cri[nre, «M lolnda
• Soogo-l-on que pnur arriver tji, lu pro-
fondeur luorenne lie la mer étant de mille
mètres, il faudrait Terser sur la terre dix
oct^ans égaux b l'Océan actuel T >
Noui n'aruEis pas à aaus occuper de ce
calcDl qui ne peut dire d'ailleurs que Ifës-
«OBJeetural. La raison en est daas ce que
nous Tenons de dire, qu'il n'eat question
daDs le telle quo des éminences qui se
troaraienl dans l'horizon da i'orche, et rien
ne nous dit quelle en était la lisnleur. Avant
d'amener l'Océnn sur les coalinents, il fau-
drait d'abord être liien sûr qu'il en est oubs-
lion dnns le récii biblique, mais, ainsi que
mus l'avons fiil remaniitifir, la chose n Mt
rien moins qu'évidenlo et le texte paraît
insister iiiiiquement sur les pluies torreti-
lielles tombées comme inalrument de la
vengeance divine pendant quarante jours
t-t quarante nuits. Vous qui vous livrez à
dve considérations superbes sur la physique
du globe, sur ce qui a dû Être ou ne pas
Cire dons les l'Iiénomànes dontnntre planète
a été te th<}Atj-e, vous ovez sons doute cal-
culé tout ce qu'il y a d'ena dans une atmo-
sphère de SS lieues de hauteur (806). Vous
savez le nombre de mètres cubes d'eau que
produirait In Ta peuraqueuseaccumulée dans
cet immense océan aérien, sous lu soie'it d>;S
tropiques, au-dessus des vastes mers, puis
iTOudensée et amenée des quatre vents du ciel
sur une région )>endanl quarante jours et qua-
rante nuits. Eh bien 1 même en écartant ce
qu'il y a de miraculeux dnns le phénomène et
noiit fondant seulement sur des faits phj'si-
ques incontestables, nous serons facilement
conduite fi reconnaître igue la pluie seule a
pu causer le déluge et élever les eaux à une
[irodigieuse hauteur. Ainsi sans rappeler
ici bon nombre du faits analogues, nous
mentionnerons une averse tombée è Gènes,
le 25 octobre 1822, et qui a produit 83 cen-
timètres d'eau (SOT), Admettons que cette
averse ait duré unu demi-heure. Dans iO
jours, it ; a 1990 demi-heures, lesquelles
multipliées par 82 centimètres, nous dun-
iient 1574 ~ M) de profondeur perpendicu-
laire pour les eaux tombées du ciel. Si au
lieu de 83 centimètres d'eau par demi-beure,
nous supposions un mètre, ce qui nous don-
nerait euvirOD unedeiiii-lieue pour ta hau-
teur des eaui du déluge, pourrait-on dire
que nous dépassons les limites naturelles,
S 'une telle hypothèse est improbsbte et an
liors des lois do la nature? Personne
n'oserait le soutenir, et il n'y a point de
(806) PouiLLET, KlénunU dt phftiqtie expirim.,
1. 1. p. 118, S* édit. — U. Aia^r) a Uil voir <)u'ui)
tier« seulement de t'eau qui tombe sous forme île
ptiile dans le bassin de la Seine est repoi'lé k la
mer par eeUe rivière. Lee deux auirei tiers remon-
teM daaa l'atmuspbére par évaporalion, ou serveiiL
il reairttien de la vie animale ou tégéUie, mi go
fraj'enl une rouie vers la mer par d<« cuiitJuils sou-
Urrmins. (Annuaire de 1835.)
On a calculé que l'éviipnraiioD aiitiueltc repré-
Muiaii le travail du 80 niillions de millions d'Iiom-
ines. t,a supposant <)uc 600,000,000 soient la |>o-
|>ulïlioii du hIoIic, cl iiuc la luuiiié ^culeuiuiit de ce
nous laisse^ supposerqu'il ne s'agit ici que
d'une pluie oruinaire.
• Je conçois que dans l'enfance de la cos-
mologie celte diincullé ait semblé peu enj-
barrassante, et que l'écrivain sacré Tiit
résolue da bonne lot et sans inquiàiade eo
faisant appel aux grands réservoirs, source
intarissable des fleuves, que l'on croyait
placés dans les cavités souterraines, et i
ceux non moins vastes que l'on croyait iu9-
pendus dans l'espace au-dessus de la voflic
du ciel: Cknui twU fonto$ abytn tt catantlt
cmti. >
L'écrivain sacré n'a nu être in^armiié
devant un fait universellement attesté pi
sur lequel, ainsi que nous l'avons démonln^,
il n'a pu, ni être trompé ni vouloir tromper.
Nous avons aussi répondu plus haut i l'A-
jpciion tirée de la physique des HélirKui.
Quant aux riier*oirj«u(p«idM dans l'espin
nous venons de voir que rien n'est plas
fondé ; seulement it paraît que les lsogu«s
orientales ne connaissaient point la lermi-
nologie de nos météorologistes modemest!
qu'elles emploient des figures ih où ctjni-i-i
emploient des termes qu ils appellent scien-
tifiques ou techniques. Vous devez être tout
houleux de vous laisser ainsi surprendre,
csronsoK, dè^ le collège, faire eus dlstttiL'-
tions entre le génie des langues.
* Je conçois encore, vu l'état uû se trou*
vsit alors h physique, qii'k j'aiile d'un veut
violent, et adduxit ipiritum tuptr ttrram.
l'écrivain ait cru pouvoir sécher Is terre en
quelques mois, et se délivrer , sans ^hs et
scrupule, de toute celte eau. Hais ju iiicis
au déli tous les géologues actuels, jiiir$,u>
Iholiquesou protestants, de justifier sur ci'
point leur tradition, et d'enolfrirlamoiadrit
explication raisonnable, bref, da monlrcr
comment une masse d'eau, décupla du ai\k
de l'Océan a pu fairelout d'un coup, Kpin-
riliou sur la terre, et, ce qui n'est pasnHiiiii'
épineux, comment elle a pu en partir B)iri>
y être arrivée. ■
Laissons là d'sbord la miuie d'eau décuptt
de eeUe de i'Ot^on dont nous n'avons tiuv
faire, et puisque rien ne nous autorise 1
amener l'Océan sur la terre ferme, nous
n'avons pas h nous occuper da moyen ttc
l'eu faire retirer. Le défi porté à tous tn
nombre d'individus puisse Iravaillor, la Tiirrc (■"'
ptuvée par la nature dam la formaiion des uii^r>.
sera ^ale à 800,000 fois le travail dont Tni»»'
iiumaine tout entière e^t capable. Ajontci qav <■>**
CD prodigieux dévr)<)))penMn( i\n force niécjwiqu'.
roperatioii de b nature est contiiiue, iavi«it>li: li
silencieuse.
M. Poisson lermiiie l'atinosplicn- par une cixkI-^
dVuu qui lui suit de liitiite. {Auitala dtpkilo*- ''" <
51 «M. 1838, p. ÎCO.)
(807) PotiiLLET, Elimenlt de y/iuniiiui. exf: >■ "■
P.7Ï8, 5'cdil.
DEL
WCTIOWlAIRfi JU>OU>GF.TIQUe.
Iirrrodooiont; 01 nourjl et l'on pas<e outre,
lïolre aukar qui décide avec te iDëme
■piotoii eo métMfologie quVii géologie,
ii'idiBH (as tju'un T«nt tidIs'iI soiifOsiit
li;gu:tli lin de manjuMue vers la fin du
uiciitl'ACiobro suivant, cest-k-direpeadant
(lusdesisuois, ail |>u ^cher la terre. Les
GeniiiNiit dû sans doute efn|ii>rtfr une
|.-riiecoiuiJérabliidas eaux dans les mi-rs,
■lenure partie a dû féiiélrer dans le sol.
114 tijui|>eut dire cooibien, pendant pl'is de
M uoîj. il a dâ en reioonUr dnns TaLiun-
i(irièrel808)T Lp teste sacré est remarquable :
ïkMitduxit ipiTÏtum super terrain tl immi-
■■rc tôt aqum—. Xeveriaque lunt aqua de
iiiattiiaet reiUuntei,elcaptrunlmminui.
lS-%. no, 1-3.) Nol*-zcet eanle» ulredeuniei,
"liiif wuOle d'un vent ioipétucui.Ea voici
'•rsimoeDlaire fait par la sciencu du xii*
iiiik:i Dans une atmosphère paifaileuienl
u'uie,ré>apDration est lente, taudis que.
lims âne simuaphère agitée, elle devieot
ié plDi CD jtius rapiile, i cause que les cou-
ttias uoQ saiurées sont sans cesse ramenées
ncoQtJcIaTecIuliquide.Dn vent sec, anima
•i'nie tiiesse infinie, en souflhnt sur la
Mrfica d'un bc. y produirait une évapora-
tco aussi instantanée que celle qui se pro-
duirai! dans un vide infini, car les molécules
<le vapeur seraient emportées si vile qu'elles
ne jiourrsii-nt exercer aueuae pression sur
•ti molécules d'eau, pour les empènher de
K Tiporiser h luur tour. ■ (809)
Poutez-rous nous dire quelle fut lati-
tau cl quels durent Ctre les effets de ce
tnl que Dieu envoie, adduxit, soufElanl
p«oilaui sept mois d'été sous lus ardeurs
<l'uii soleil de S;rriel
• La supposition la moins folle est peul-
tm celle du savant Whislon, qui pensait
a'uoe comàte d'eau avait été poussée. i>sr
uieu sur notre plantte, et qu'atirës l'avoir
peu i peu enveloppée, de mamtirB h couvrir
■«s plus bautes montagnes, cet océan
<i^l)ond, abaodoDnanl Tarcbe sur l'Ararat,
iNil poursuivi sa route dans le ciel. Mais
uurquoi taat de malheureux efforts pour
Puieiiir uoe iraditiou que la critique «st
iiintenaut en droit de juger sans scandale,
1 que des observations positives condam-
ent l'Ieineiuent T La seule ressource que
«clartés qui illuminent i présent cette
testioa laissent, en désespoir de cause,
IX croyants invincibles, est de prétendre,
«me l'insinue , h, pmnos des terrains
hviens, 11. Cuvier, que ta terre primitive
Vc ses moDuments et les ossements des
âmes qui rtuliitaient est vraiseniblalii»-
■nt enfouie loin de nos regards dans les
biesde la mer, ou bien encore qu'il i>'a
I |>lu k la divine Providence de permettre
délags de déposer les traces de son
uge sur la terre. ■
lous crojons avoir démontré que Moïse -
UtS) fof «s ratam-demiéfe ik>ic.
tir.1- Pm(ii.i.ct KUmrnu ie fkffiqnt esp., L ],
'm. 3- édiu
n'a miliement besoin d'aurnne folU luppo-
sition, pas plus de la eomili d'eau lie Wa'if-
lon que de rhjpotbise de Cuvier, quo la
science repousse aussi bien que la texte.
Hais, si Whiston et Cuvier se sont trom-
pés dans leur explication, le but qu'ils se
proposaient n'en tait pas moins honneur à
leur caractère. Ils n'ont pas trouvé au-des-
sous de leur génie de s'occuper de ce grand
fait biblique, et loin de le metirn en
doute, ils ont cherché i eu expliiiuer
certaines circonstances. Ces circonstances,
le teste mieux compris permet de les
expliquer d'une manière très-satisfaisanle
sans recourir i des moyens extraordinaires.
Notre critique aurait mieux fait d'imiler
ces illustrée savants nui reconnaissaient
dao!> Moïse le grand nomme et le véri-
dique historien, que de se livrrr ft des dé-
clamations de rhéteur sans portée scienti-
fique comme sans dignité (610). — Voy. Mo<
aoKEHTS, etc., I IV.
DEMON, DIABLE, SATAN.
Satui I miis c'est le chrlsllioisiiM lool
eeller ; pu de Stlan. pM de Sanvenr.
pTooiei MDiemeiK aui iotmjtata l'ctU
(leiMedes maunis e«priU, et fOM le«
*eirat rorc^eot otiligrA àA tmm M-
conkr tou* vm do^îe*.
Baiu, dm.
En dehors de tous les dogmtfs cbrétiers
justifiés, réhabilités par la science et l'é-
ruditi'm moderne, il eu est un ou'on pa-
rait avoir oublié et qu'on a'sborue jamai<:.
c'est la reconnaissance dessubatauces spiri-
tuelles et surtout leur intervention dons
les affaires de ce bas monde. Oui. toutes
ces milices invisibles, impalpables, qui
selon la foi nous entourent, nous obser-
vent, nous soutiennent ou nnns éprouvent
i notre insu, tous ces dieux inférieur» (811),
double aristocratie du ciel ou dea enfers.
toutes ces essences spirituelles reconnues
(Kir tous les siècles, sous les noma d'ncges,
d'ejprils ou démons ,-- tout cela n'existo
plus I Sur tout cela le siècle a dit son der-
nier mot.
Ce dernier mot regarde surtout les de-
MiMu. Quoique ces deux ordres oppnsés de
substances spirituelles se nécessiient et se
prouvent l'un par l'autre, on conserve en-
core un respectueux souvenir pour la dor.-
triue des bons anges, doctrine d'ailleurs si
précieuse aux beaus-srts, maison se venge
de cette réserve sur les démotu, et sur leur
compte, la raison n'admet depuis longtem|>a
aucune espèce de transaction.
Il esl facile de s'en assurer.
ïnterroKÔ sur ce sujet, le panthéisme ré-
pond : « iVe iachoHt rien lur le» bontetpritt,
noire ieitnct t'eâl éaalement débarroMiée de»
wuittvaii... Àujimrd'nui que U mondealleint
la minorité, tl le rit au diable tvmme le
• jmnt homme te. rirait de Croquemitaine (812). *
(810) l'uir U îiiHie I. à la lin ttu I" vulumr.
4811) VofC <le Haiïvre, f,'*Mi *w te» êotnpcet.
\%M) Et cepeiHlsiii Bajlc, qui «wuaissaii k|t»-
f>EU
MCTlU>!tAIRE
L'cdectisine interrogé ré|iftTl : tnra-
tine de lotts ca failM tnervtUffux ni dans
«ne illuiion pt^ckologique... Cn faitt ne
font pat même partie de la religion.,. Celle
croyance aux génies rendait fou (813).
Quant au rnlionalism*^, c'est bien nuire
rlioso; poiir lui la néRSlion du merTetlIeux
l'St la grande «(Taire. C'est toute son essence
et toute sa fln.
11 est vrai qu'il a ft ce sujet une etcuso
que n'ont \ias tous lej nutres ; cette excuse,
il peut la puiser dam l'étude des sciences
physique* et niiturellos , sur lestjuelles il
s'est loujours appuyé de préférence. Que
de fois, en pfTet, l'éclat projeté par celles-,
ci, et lti magniHcence de leurs conquêtes
toujours progressantes, n'ont-ils pas dû
fasciner Jusfitraux meilleurs esprits, et leur
pi-rsuader, ^u'en dehors de la nature et de
ses lois, il n'y avait plus que leur atileur.
Comment ne pas se laisser éblouirl
Nombrer tous les soleils avec Laplace
OH Leverrier , conjurer la foudre avec
Franklin, décomposer les corps avec Ber-
zélius et Davy, découvrir et ausculter da
nouvelles lésions organiques avucLaenn'^c
et Uorgngnî, foudroyer la douleur avec
Simpson,-trsFk!Hieltre la pensée (connue l'é-
clair d'un hémisphère h l'autre, abaisser
toute barrière, rapprocherlout^distance, et,
parce DÎvelleiiictit de la terre, réunir peut-
être un jour toutes les nations en une seule 1
Que de litres do ^lo re, et comiuenl ne pas
croire, dans i'cnivremcnt qu'ils tous cau-
sent, i l'unique H exclusive réalité d'une
création matérielle, avec laquelle ou i pro-
pos de laquelle, on produit de si grandes
choses I
Que les naturalistes louteroissachentabaîa-
scr un peu leurorgiiuil 1 Supposonsavec eui
que cet univers phénoménafet sensible n'eût
plus de mystère à leur céler, plus de véri-
tés à leur taire, tout serait loin d'être dit.
Quand ils parviendraient i compter tous les
astres sus| endus sur nos têtes ; allons plus
loin, quand le cristal de leurs tubes, ama-
nant jusqu'à nous tous les mondes, leur
permellruit de sonder leur -prufondeur, de
mesurer leurs contours; que dis-je T de
toucher tous les êtres animés qui peuvent, qui
doiteni certainement y trouver l'existence;
quand ils rencontreraient enfin la grande
loi qui régit l'univers, ils connattraieiit, il
est vrai, une création sublime, mais ils ne
^e^flil-nt pas sortis encore de ce monde mit-
tériel et visible, simple image de ce monde
invisible, impalpable, qu'ils ne soupQon*
nent pins depuis longtemps, et qui, cepen-
dant, déGant la puissance de leurs plus
précieux in^ruoients , les enserre , et ,
APOLOGETIQUE. ŒH ^^
comme nous le disions lonl h l'hcurs, 1»
observe, les soutient, et trop snurem \n
éprouve en-dépîl de leur inerWalil*.
' Ce n'était pas ainsi, cependant, que Oli,
Bonnet, l'illustre philosophe de Gendc,
comprenait la créait ion ; écoutons-le:
• Entre le degré le plus élevé H le riegrd
le iilus bas de la perf^rlion corpnrelle fi
stiirituplle, il est un nombre presque iiiRni
de degrés i nie rmédia très. La suite de m
deçrés compose la chstne universelle; elle
unit tiius les êtres, lie tous les monijei,
embrasse toutes les sphères; un seul kn
est hors de cette chaîne, et c'est ci-lui osi
l'a fuite. »
Voil& comme nous comprenons aussi li
création I Pourquoi donc la science conleiD-
poraine la dénmmbre-t-eMe i sa guise H
snpprime-t-elle & sa fantaisie tous les ile^
intermédiaires entre l'homme et Dieu!
Quant aux sciences mf'diccles, si h;-
temps préoccupées des maladies h^-
naturelles , leur incrédulité d'oujourJW
pourrait bien aussi trouver quelque oicn»
dans la ressemblance assez (rom]>eu»dt
ces dernières maladies avec d'autres mil)-
dies très-naturelles,. Hais qui pourri W
pardonner jamais leurs uégalions conu
toute évidence, dès que ciilie-ci g^ne fi
contrarie tant soit peu leur doctrine! On
aura peine Ë comprendre un jour le ileg^
d'acharnement manifesté par elles cmilrt
toute idée surnaturelle; en dirait vrnijjei'l
Qu'elles n'ont pas d'autres euiiemis, |»i
'autres maladies i combattre.
Vous entendez, par exemple. M. \a docteur
Leurel s'écrier que : « Tout homme liui
s'avise de croire h un esprit, dnit Clreiffi-
médistemenl renfermé ft Charcntoii (8h}. •
• Dans nos temps modernes, dit i S"i*
tour le docteur Leiut [815), s oui peine iTtln
prie pour un fpu halluciné, on ne smiriiii
plus se prétendre en communtcaiîon e^Ki
aucun agent surnature), i/uel qu'il loil. > I
Le docteur Parch.ippe est encore mnir;!
poli pour les limplrt qu'il attaque : • tîri-
duellement affaibli de siècle en siècle, 'e
surnaturalisme a été définitivement fAom'
du domaine de la science, dès la lin ilu
siècle dernier, et c'est à peine, aujourd'lim,
s'il se trouve encore sérieusement accréOit^
chez un petit nombre d'individus apparle-
nant aux classes Ut plut infimet et les [>1<J>
ignorantes de nos sociétés cirilisées (8I6;.>
Que d'imprudents aoatlièinesl
Quant à la littérature, cette exprettionii
la société, elle se garde bien de rester >»-
dessous île toutes ces invectives. « l^'
sciences modernes, nous fatt-elle direp>f
l'un du ses organes périodiques les plus ré-
théiime mille fois mieux ou'on ne le coniuli au-
jimnl'liut, fioyte disait : < Il n'y a pas de pliil^to-
pliie qin ait lîioins le dnili ite mer les etpriis. Qui
eet<e itoiic qtii a pu porter Spinnsa à les nier ? tst-
ce qu'il a ci'ii que pour produire Kius uesulTfls (rua-
Î;i(|ties) il rauilrail avoir un corps aussi rnas^irqueci--
iiî do l'hinnnieT > Hais celte peiL<«e serait ridictile.
Part-'uLUDus lui donc le front ^airain qv'\l fmt acoij-
pour l'iutcrinemfaKt contre des faistdeeemMt^n.»
(815) El cependant t'éclecli sue moderne aine >
se i-aLtadier surtout i celU aiicieiine école d'Aleu*-
drie, qui était avant tout nue écotu ibéoriitiK <<
Irii-pTatiqKe île magie.
(811) Fragmenu vtm-hoto^^ifee,
jSinj Ou dimoH dt Soerait.
[MlCJ MittUttdes lorcuret.
ora
MCnOMNAHte APOLOGETtQOC:
HEU
en.
I<»)dui, oui perlé k celle croyance ans es~
Ifiis an coup dont hj.k ik sk KELi^ssA
jj>ii«. el celle prédulil^ esl à peiiit* ei«u-
tibltçbei l« inlelligences faillies ou i(;no-
tinlM. >
On le foit, nous ne ilissimiilons rien ; il
Hm'A impOKible, jusqu'ici, de retironlrer
iineférité plus Âff«ttfr, un dngme plus ré'
jiudi^, une opinion plus compmnitfttanle.,..
|iOur les mnltieureui écrivains qui auraient
aajé de la faire renallrti ou ue la défen-
dra. M si nous avons tenu h enregistrer si
lilléraltioeiil loute l'pxpression de oe pro-
fwil mâpris, c'est afin au*elle subsiste, et
que, dans quelques années, dans quelques
' uii peut-^tre, on puisse la consulter
cNinis un monumanl très-curieux des plas
Ml) préjugés.
Depuis longtemps le e\eT^é s'occupait
KM peu de ces matières. D'un cAlé, la
jndeiice; de l'autre, peut-dlie ud peu d»
«lie préreution qui gagne parfois jus-
ou'iDi mailleurs esprits, suivant le milieu
uns lequel ils se tmuTent, lont devait
itoinau eerlain nomlire du ses membres
Irèi-indicis devant des phénomènes sem-
liiibltj, Irès-«ircouspect devsul l'opinion
générale.
Il n'est done p«s fori élonnanl qui* l'Cn-
fidif/diimoderme (817J, trompée par quel-
<Vjes ticefitions, se soil iiermisde résumer
n«t ctlie injusiicD l'opinion Ihéologique
HtiHll«tur les nnges el les démons : ■ Il
«ItûiMi, diUello, que les croyances cbré-
'ifiiDdHinodi&ein forcémentavec les pro-
S'if lie k raison, el que si les dogmes de
'%'m lie sont pas cbangés, plusieurs sont
«lu «Kiini abrogés fiar VoaltW ; le clergé Ins
l"»! |inid«mnieni tommtUter, sans sanc-
''«•er (oui haut une încréduiitd qui se
'ancrait bien contre lui. ■
PooTail-il élre vrai, cependant, qu'uno
ti'k croyance pût jamais être abrogée pnr
'oubli (lu clergé? Etait-elle donc si peu
F"e, ou s'agissail-il ici de l'un de ces
'H'imt «econdaires, apparlenaut aux pre-
miers jours des religions, croyances asm-z
■Biigoiliinles au fond, el dont i'ubscurcis-
if'nem n'entraîne aucun péril T
<-elle croysnce si minée, si honnie, si
pt'i défendue, est précisément l'Ame et
mr ainsi dire la raison de toule lo doc-
triiK' clirëltenue. ■ Si'tanl disait Voltaire h
"Il Jhéoloijien trop coulant: Salanl mais
'->il le cbrislianiitoie tout entier; ris us
t>T*i, ris DK sauviur [818). >
Un le Mil, l'apdlre saiiil Paul faisait sur-
li'ul coniisier la lutte des chrétiens sur la
■rrre dans la résistance aux malictê invi-
*<l]<ut répandues dans ralmosphère (819}.
^<*iil lui Ibs Ecritures, avec lui tous liss
>|iiiret, après lui leus les Pères, puis loute
(»<7iArticle Aitgi.
>«I8| Il ett venu |k Sauveur) pour délniire In
n'm (ta dialtle : ■ Vi deitrMtet opéra diaboti, ■
'it a *na lonr l'Evangile.
iSII) I Ct h'mI pat senleroenl contre la chair «t le
"«{qw toniavriï tulier.iiiiiifi ct>u}rc let matica
•H'iUKUef T^iidncs dans te» airs e( '.uiiirc les es-
l'figlisa, nuis tous les saiuts, ne coMeiH-de'.
rappder les mêmes paroles «1 d'agir eons*-
tamment dans le mftiae sens, ou par )eiirs<
enseignements, ou bien par J'exorcisme, >
sans parler ici du baplëiHfl, qui esl lui-,
même le premier de tous les exorcismes, el
une dépossession formelle au prudl d'un.
DOnvenu maître (820).
Tout le cbrislianisme esl si bien \h, que
Bayîe, le plus savant des incrédules, disait,
après quinze siècles de controverse è ee
sujet : ■ Prouvez seulement aux incroyants,
l'existence des mauvais esprits, rr vous lrs-
VBHBEZ rOBCiHEriT OBLIGE DK VOOS ACCOK-
DBB TOUS VOS D06IUS. » (Dict.)
Belle leçon donnée par l'oracle de Viaçfi- .
dulilé savante, h ces apologistes indiffé-.
rents qui reculent devant ces prétendues
que-itions surahkébsI
Encore une fuis, oui, tout le cbrisliauisme
esl ih. Le surnaturel esl un monde i iiartie'
double, dont le côté lerriblo et le c.6lé con-
solant se prouvent et se nécessitent l'un'
Snr l'autre. Lumiiret el lénibres, Jekovah et
'tlial, Jénu-Chriit el Satan, voilà les deux
camps, les deux étendards, les deux côtés,
bien définis, bien opposés, f Tout ce qoo
l'Eglise prend, dit le baron Guiraud, ellp 1».
prend h Satan ; tout cb qu'elle abandonne
e!le le livre h Saian(821).>
Sens donner ici dans l'hérésie des deux
principes, puisque de nos deux forcer l'une
esl créée et l'autre esl créutrice, il n'en est
pas moins vrai que tout l'édilice cbrélien
esl suppnrté par deux colonnes : celle du
bien, celle du mal. Essnyez, pour embellir,
le temple, de rompre l'une ou l'autre, el'
vous verrez comme il conservera l'équi-
libre. . ;
Au lieu d'une question indifféreole, c'est!
donc, au point de vuu chrétien, la plus'
grande des uueslions, la question mère par
excellence. Il s'ngit désormais de savoir fV
la Bible, d'abord, et si l'Eglise, ensuite, se'
sont vraiment trompées sur une de leurs'
bases les {jIus rond^imentules. Pour un'
homme rempli de déâirs cliiélien^ et eu.
même temps de respect pour rauioriié dâ
L'évidence, tout ceci devient, on le coni-.
prend, de la plus haute gravité. Il y va de,
toute la fui, ni plus ni moins; et comme
nous D'iidmelton* dans les saintes Ecritures,
dans un langage que l'on dit inspiré, ni des.
maniirei de parler, ni lîes . complaitancet
)iiiur le siècle, ni da retlet d'ij/noranct, on'
nous pernietlra de le dire : s'il nous ^lait
prouvé que la Bible a pris, au temps des,
Pharaons, pour de vrais magicittu , de
sim[iles et misérables jongleurs; |>our tins
enchanteurs, de pauvres eharlatani; pour Ium
foux dieux des nations (822), quelques prê-
tres fourbes ou menteurs; pour do vraies
prilE Ttcleun de ce inonde du ténèbres, i (S. Pacl,
iph., cl). 3.)
(820) < Sors de ce cœur, de ces membres, de ces
O^Ennes, > dit le prèlre au dcmun.
(821) Phihi. cath. de VHiUoire.
(8ii) < Tous les dieux des iiatîoas soiil îles ea-
priis. » (ft. «ï.j
DlCTtONMURE APOLOCGTIQUE.
tfMcaMof», (le »tm|)les mnmrriéa; fiotir des
t$prif dt i^ihoH, Jes cataleptique» délimn-
tM, etc...; s'il nous élnil protuô aue Jésui-
Chrlsl, en aocordiint ï sfs disciples le don
«t les règles de rtxputtion des démons, se
m*preiiail sur une quesiion de pure \ihy~
«lofofsie...; «'il nous était prouvé, enfin, que
l'Eglise catholique, en instituant l'exor-
cisoie el en iMçnnt les Tirmules précises
el Biirantes, et surtout en les mettant en
pratique pendant une duré» de dii-huil
tiicies, a'est trompée pendaiit ces dix-liuil
siAcles.... Ohl alors! c'en serait fait i tout
jamais; le christianisme serait jugé dans
notre e5|>ril, et nous renoncerions bien vile
h uoe autorité si peu sûre et si peu judi-
cieuse,
t'irnportnnce du dogme est donc surabon-
dammsnl établie; h présent découlent de ce
dogme bien d'aulres conséquences pra-
tiques, morales, sociales même, qui se
prouvant toutes seules (823).
C'est un des point!> de la doctrine an-
cienne que Dieu gouverne le monde, mftme
matériel , par le ministère des esprits, se
servant des bons pour maintenir l'ordre
générai, pour veiller aux eœpires , pour
proléger les hommes et répandre sur eux
Hs bienfaits «l permettant aui maurais de
(825) Broussais n'est plus, mais une nouvelle
Mule te reiiij^tace, el le remplacera, nous le crai-
piUMS, ^vec les plus grands avantages.
Celle école a pour nom la philnophie poiiliee, et
puiir chefs deux hommes d'un rare mériie intellec-
Ud, UM. Cooile ei LiUre.Ie preniîer proclamé, dit-
an, par l'AiiRleMrre le Newton du xn siècle, el le
Mcoitd vue du célcbrllés mcdi<:ales de ringtiliii.
Ueanmednnc lérieuseirent que cette philosupliie
reiifenne Vatenif du monde, et (ceci serait bien au-
Iremeol lérieui) que c'est etic qui, dans le mo-
ment priuiit, exerce le plus d'influence sur la jeu-
oewc de nos écoles, et principalement, dit-on, sur
iMire Ecole polytechnique. Tenons-nous dune pour
Ihmi el dûment avertis, car s'il esi vrai, coiuioe un
le prétend, que cea doctrines doivent un jour eom-
peàer loul le Credo politique, philosophique et reli-
gieux de nos eufautii, nous connaisMU uoU-e
■venir.
Pères de ramille, sacbei-le bien, jjources non-
veaui apôtres, < lonli-e ne peut se Taire dans les
esprits que le juOr où ta psjcliulojfie ne sera plus
qu^une pliytiqne cérébrait, et l'bisiuire une aorte de
fiikjrtt^iie tociiUe {a}, i Ce sont leors «xpressious;
quant k leur programme religieui, en voici le ré-
Miné : I M'empruntons lucuiii: donnée k aucune
iHiervention MmaiarcKe , lu philesophit potimt
nuits débarrassera a tout jamais des systèmes tltéo-
k>||it|ueE 01 métaphysiques qui suppuscul mut le
cuutfairc. > Q.iaut à la cinulusion, la voici :
( Giiee au progrès des sciences, si, par un besoii.
de satisfactiuû iudi>idiiellc, on reteiiaii ridée d'un
tire thiahgi<imt queleuuque, mulliple au tiiufM, il
n'en buUrait pas ntoins auMitôt le concevoir ré-
duit i b liUllile et à un oflico nominal et surérogi-
loire... Car, ainsi que le disait Laplace, c'est <lé-
■onuais une hgpvthete inuiUe (fr). >
(a) De ta pftilwopfti; ptuiiivc, par le docteur Linti.
les éprouver, rommf'On le «oii lUiisl'bis-
loire de Job \Sik), ou les chnrgi'aDU'Mf-
curer les arréls de sa justice. Partout l'Ecri-
ture rappelle ce ministère desespiiU!H|>é-
rieurs, el è quelque époque quon Teuill«
remonter, ou ne trouvera f)oint sur la lerrs
dé tradition plus constante. L'EvsDgilenout
montre Jésns-CbrtEt lui-inème tenté lur
Satan, et guérissant des liommas soumis i
la puissance des esprits de mslice. {Viiy.
PoasESSiDX.) (Tout la ttprili eiltila iDRliri
mi'nif (rei , selon saint Paul , et ii la ncpii
pour nnui aider à reennUir i'hirilagt in
Malut {lleb. I, ik); pour nout défenàrt en-
Ire celui qui a éli homicide dit le cownmf-
eemeni {Joati. vni, Kk), et gui tovntvu
ccêie avlour de nous comme un tion pnr
noH» dévorer (/ Petr. v, 8) ; nom n'osm
put d lutter teulemetU contre ta chair d fi
lang, mai* contre let priHcipavlù tt la
puiitaitcei, contre ceux gui ont pomoir in
ce monde de ténUtret, contre lei nprilttt
chatitt réoandut dant l'air {Eplui. vi, li]
Il serait inulile de motiiplier les paist-
ges , l'Anctcii et le Nouveau Trstameol en
sont remplis et tout le monde les cotiiisU.
Nous lisons dans le livrt; de la Sagesse:
« Diifu a créé l'homme dans t'innoa'Dceeli
t'a Âiit è l'image de sa ressemblance. Hiis
par l'envie de Satan, la mort est enU^'
dans l'univers, et ceux qui l'iiuilentsunl
sa ftart. » (C. ii, 23-2i.}
LeTalmud enseij^neque la souillureilM
On le voit, Cft nouveau potflîrwme remporte t un
degri! Irèa-prononcÉ snr l'ancien, par rimrreiirqiH
lui inspire IokI ajtent mystérieux, Vn lltt iWori-
fHr f ue/rOHf ne y causerait Hne épuu tante in JicilJf.
et ces ccBars d'airain, caMtdes de rester. coimncX
aage d'Horace, impassibles et dclwut sur II'; niion
du monde, vous les veniui peut-être a'éïiiiouiti
U vue il'u» ttprii ; aussi pienueiU-ils le parti ilc n \
pas croire. Mais ce qu on a peine à s'^pliqnci
c'est la nt de peur, Uiit de recommandalioi», N
de mesures de sûreté contre nue croyance i|ui lij
aujourd'hui sourire de pitié nos bonnes d'eniioU
et le dernier écolier ite nos villages.
mA) Voyex ch. 1 et S. — iok vivait quinie a«<
ans avant Jésus-Christ et éuit comeinponm *■■■
Moïse. — i U» jour que tes lils de Dieu asWnH^
M tenaient devant le Seigneur, Satan se UW'
aussi lu milieu d'eus. Le Seigneur luidii:U><
viens-luT - Satan répondit : J'^i parcouru la i«i!
el ji! l'ai visitée, t etc. (Job i, «, 7.) — Qiiflqii'|
personnes trnuveiit élrange ce conseil de Mii'l
des antres et elles dcmanOcnt ponniuoi SjUu 11
admis a ligurer dans ce cniiseilT l^orsiiue le v}"
dit que let e.i(aMt de Dieu parurent devaNifc^''
^nr, c'est par le moyen de l'imuteDsilé de 1)>"
qui remplit tout et qui fuit que le Seigneur efJpr>^
sent pai-ioiit. Dans ces moments le Seigneur >n
couimuniqué à cbucon des anges par la toiiutli
luanircslaiion ou Je rinspiralimi et an démou prc
babjeinent de la même manière. Nous voyitni il«j
passiigcs semblables i> celui-ci : tll Roii, ""■ •"
HlZacliaT.tn et iuiv. Comme nous ne pouiun-
eo.iccva.r la manière de communiquer enU'**"'
des êtres spirituels, l'Ecriture a recoun » ées iwi
ges sensililes pour s'accommoder !» la faiWesM *
nuire intelligence.
DICnDKNAIfœ AP0U»CCI1Q(IE.
Dta
sa»
rtitinUiTKn Tient des rapoorbiqD'pltseui
(tac W serpmi (093).
9>ai l0 Z«*ar, qui m(, comme le Ti)^
■■d,an (ta Imes let plus aacieni de la Sj-
■qpainK. il est Harest qu«s(ion àa tialte
iraillare{8WI.
Le Km catialUliqus Medruieh-MtUk en-
«i^ que loulH lea g^oératioD* ont élé
•oaiUécs priaitir«tneat par la d^mon.
•Ceft,dil ee linv, et ^me mmu avant «n-
Im*i4irtim»t éwtmir*, ni FmaUtU sa-
pi ir iMn frMeutWTw (W). »
• Qa'il me soit permis, dit le saTant
V. Dnck, da m'arréter on pen poarrappor-
MrofM lea rabbins Im plas aociena en-
wpMall régardde la natore dn serpeul
MMnr, ca qo*ila enleodaîent jMr l'ancien
wpMre'eai, d'après lear propre eiplica*
^kitaan lentateur. appelé aussi daaa
WiiTPe.JMflB, ««HMlf, U9iatkm, Str-
f»lltrlat»M. Ange déchu par suite de aa
tinUê eaatre le Créaimr, il sédiiisfl par
n'ie DOS pmniers parents sons la forme
« ttfpesl, el seloD d'autres, en se serrant
MoerHilile. dont il fit rioslnimeol d» sa
I/s Chinois ont conservé le souvenir d'an
m de fftioité et de repos , où Tivaient les
pmiiier! pires du genre humain avant leur
Ad rapport de Lopi, le peuple répétait de
wa lenjis ce rieoï iiroverlie : Le fituv»
HmmurtatUé iort du paradis tetrettre.
Le Ckaa hai-Kiag et iTem-Mm-rs» par-
•tM d'an arbre d'iuimorialilé.
f»^^ù»f-iong parle en ces termes du
fawlis rerrestre : ■ Le mont Kouei^un est
*»n l'Occident et le Nord ; c'est d» là
ivrtt sortie la vie; son sommet est uni
nec le ciel. ■
*1ot pires, dit Lopi, nons ont laissé en
"^iliuu qe'ila «Taient appris de leurs an<
*n:i qu'il existe un mont Kouen-lun ,
■«s que maintenant il n'est donné k per-
BMede pouvoir y arrirer. >
l' philosopha Lw-rjM parle aussi d'une
*>uBltpie d'oA sortent quatre Qeuvea qui
K répsDdeot daoa les quatre partiea du
•oade.
l'ii des livres canoniques de la Chine , le
^■-X'mo, parle ainsi des temps du roi
Bu : ■ Hélas I hélas I les esprits des mon-
la^ni-s el ile» eaux <^tiiicnl conlinuellenient
tréseiil». Les oiseaux même du ciel, lea-
êtes de la terre, les jioiMODS de la mer,
d'un commun oonsenlemenl, obéissaient k
l'homme. ■
TehowmgStu, en parlant des temps qu'il
appelle X^iiieU de ia vertu parptiU, ajoute
ces remarquables paroles : • L'homme ,
n'ayant aucune science du mal. ne n'éloi-
gnait pas de la vertu ; il vivait dans l'igno-
rance et dans Is simplicité sans aucun désir
du mal ; innocence el simplicilé qui »onl les
avaolages d'une nature inti^ et se [lossé-
dant elle-même. •
B»ai-*aM-Tieu s'exprime d'une maniéru
qui n'est pas moins signiScative : ■ Au conj-
uencement de la grande pureté, dît-il, leut
était dans la ct'ucorde et dans la soumissiuii
la plus parfaite, de sorle que les passions
ne faisaient pas entendre le plus léjjer mur-
mure. L'homme, dans sou intérieur, adhé-
rail k la suprCme sagesse, el k l'extérieur
toutes ie» actions étaient conformes k l'é-
quité et kla justice; sou âme, éloignée de
la fraude et du mensonge, jouissait d'uu
plaisir ineffable ; sa conduite, éloignée da
tout déguisement , était d'une admirable
simpliciié. Les saisons suivaient leurs cours
régulier; ni les vents, ni la pluie ne rava-
geaient la lerre. ■
Sie-ata-Tiiam est aussi positif : ■ Dans la
firemière antiquité etk l'origine dn monde,
e ciel et la terre répondaient aux vœux ées
hommes : les saisons étaient toujours tem-
pérées, l'homme était doué de la vraie ver-
tu, et tous les fruits (le la terre naissaient
s^ontatiémeul , et en «tendance. Alors il
n existait ni maladies, ni Qéaux, ui irort.
Ce temps s'apiielle le grand tempe de la
nature parfaite. >
Hais cet heureux état d'innocence el de
bonheur ne détail pas durer longtemps.
Tchouaog-Tseu atlrihuea la cause de tous
les maux de ce monde au désir immodéré
de savoir. >
« Lorsque l'homme eal acquis lasciencei
dit Lopit toutes choses lui devinrent hos-
tiles. B 11 dit ailleurs que cela arriva après
que la nature eut été corrompue (829).
An Japon, quand on représente la créa-
tion , on emploie la figure ii'un arire autour
duquet «e ronU wn horrible terpent (890).
(ti5i Tmtmmd, iniié Sek^kbol, fol. 146. rrclo;
*»'it rduMi.rol. 103, verso; Uailé Batoda-Zara,
u. a, tcTM.
*»i ZalMr, t' panie. «rt. 153. — Rablii Eli-
f. KabU Tettub, Rablti Abrabam Setung, en-
'VMM b siéne decirioe daas le Zokar. — i Yof.
^*r, col. 175. — lUd., col. 112. — Ibid., talio
•.ai. i.)
itili ktâtmtk Bmtk, p. 6i, cd. i.
ik±t! L« uvanl liébnUanL cite vne muUÏUitk
''prtrwM qB'il Mrait lr(^ loiif de rapporter ici.
^*a, Lt péeàé vrigintl ttlom là Sjpimgoga», dans
Fi A«mIcj ^ mkUimmàit ekrétûiuu, S* «ériCà
.lïi., '^"^
"iJi ToBft les mus çne noas venons de ciinr
■^ir fhtàtm» kaancient litres cbÏMis par le
. .... y rva^n. nai II i i rastciiililcs dan» Hm-
pottant otiTra|» qm a pour titre : Seleeia vnligit
dogmaïuim Ckntiiancrmm, etc. Sans dovte ce gnit^
trsnil contient plutieurs données bjrpiHbéiiqura;
mais il renrcriue aussi an gnml nombre de faits
posUifs qui mériient au plus haut degré ratleniiiHi
des savants, tn eAei, M. Panlliier, qui s coaiestô
quelques-unes des iradncUons proposées par le I',
Prémare, n'a pas réToqué en doute la coaclusii>{i
foudamenUle ; ei il aDOrme, dans nin liïre inlilulê
La CUnc.que l'ancienne religion da Céteste Empire
pré«rnte de frappantes analogies »sec les dogmes
cti retiens. C'est aux Àunalet de philotopiie ekré-
'lietine qne l'on doit b traduclioa d'une p^irtie de
l'ouvrage dn P. Prêmarc, dont le inanuacril rst
cnnNerié a la BibHoihpiiuc impériale. (Voir les Iw-
ui -s XIV à XIX (â- M-rie) de ces Amialet.
[Hj^)) Hou., Coimojonie, Jipon,
MCnOJINlIRE APOUN*BTlQt:&
Le soureiiirdu pécliéoti^inel est si pro-
fondëmenl grsvé dans riiiia^iiiation du
peuple hindou, que M. OU va jusqa'i pen-
ser que toute la civilisation breliinsniquH
rst fondée sur le dugnie de la chute prioii-
liTC {881).
H. Clavel qui n'esi pas favorahie h no»
doctrines, ne dissimule pas le* traditions
des peuples de la nresiiutle iFidi4tniiG.
«Après Is création, di(-il, se succédèrent
quatre périodes ou quatre Ages appelés
Tougai, dont la durt^e diminue graauelle-
incnl. Dons le Krila-Youga, la Justice sOus
la forme d'uii taureau , se maintient ferme
sur ses quatre pieds ; la vérité règne et
nuctm dos biens acquis par l'homme ne
provient de l'iniquité. Mais dans les Ages
suivants, par l'effet de l'acquisition illicite
des richesses et de la science, la Justice
perd suceesstvumenl un pied, les avantages
nonnAles diminuent graduellement d'un
3uarl,et l'empire <le la fausseté, de la frau-
e et du vol, s'établit. Pendant le premier
âge, les hommes, exempts de malaiiies, vi-
vent quiilre cents années et voient tous
leurs vcBux accomplis. Dans le Trita-Youga
et les Ages suivants, leur existence diminue
pur degrés d'un quart du sa durée |833]. >
Chez les Indous, Siva, le dieu du mai, est
représenté couronné de tèrpenti (833).
Hauricà dit qu'ils appellent ie chef des
démons, roi des serpents [834J.
Dans un lype sj-n-holique de la création
brahmanique, nous trouvons un souvenir
frappant de la chute originelle. Devant
l'radjapati est placé déjà entr'ouvert l'œuf
d'or U'où sortent les créatures. Au-dessus
de l'ouverture sont placés un homme et une
femme se donnant les mains; sur le côté
KBuuhe de l'œuf un génie ailé élève ses
mains vers la divinité qui piréside h la créa-
tion; sur lu cdté droit on aperçoit un être
R'j'SférIeux , qui ne peut être autre chose
que Satan ; il est représenté tout II fait sous
les mêmes formes que lui donnent nus pein-
tres européens, c'est-à-dire qu'il a des cor-
nes et des siltts de chauve-souris. Il jette
sur le couple humain un rrgurd de colère
et d'envie (835).
Cet immense système religieux, qui ne
compte pas moins de 170,000,000 de secta-
teurs (836) , le houdhisme , a conservé des
souvenirs très-frappants de la chute primi-
iive , au Tliibet , daus la Mongolie et daus
rindo-chine.
£coulous Ib tradition de la presqu'île ma-
laise :
(831) Toir Ott, Mmiul d'Bulont mcieniu.
LlJnde.
(832) CLiVEt, Bitlùin it» rtiiglom. Nnuj reFu-
Icrnns k Tancle Iudunisiie les principales erreurs
de H. Clavel.
(835) Dtihois DE Jt!(ciGMv, V!ude, pi. 10.
(8U) Maurice, Uitloirt de VaiitdotutaK, t. L
th. i.
(853) DoBOis DE Jamigkt, et lUtiioin, Vlnde,
pi. 3.
{llÔG|NouR suivons Itiilbi.
(83T) BiCASDET, friHcipaux poiiiii du ttfslime
■ I>es ra/oas de lutoièreMTtronmieuilii
premiers hommes; ilsnttWrefMÎssaieniqiM
de pures délic«s, jtuis ils seutireat le beeoiu
de nourriture. Le mie-tluit, esfèrsde miel,
leur en strrl d'abord , puis vient le iinuut
ca-le-ltan. Mais celle nourritore grossière
transforma leurs corps; la coocuiùsno»
eommença : honteux de leur état, il) u
couvrirent- d'habits suspendus k i'irbra
Padeca. I.a lumière de leur corfis dispinil;
ils ne purent plus monter au civl coang
auparavant ))our retrouver la luniàrade leu
corps (837). > .
- Le ayatàme Ihibétsio-mongol «'est pw
moins furiuel : ■ Nos premiers përés,4tUi,
perdirent psr leur faute leur félicité ptf
mière. A la surface du sol croissait eoilioir*
dance la plante duiekimœ blancbuelâouit.
SuQ aspect séduiMt un homme qui ea om-
gea et en oITrit h ses semblables, et louiWl
consommé, llsconnurenl qu'ils étaientH
leur corps subit une transformai! u, ili
sentirent la faim , ils perdirent leuniin
et ils no vécurent plus que 1,000 ans.Li
péché leur ravit aussi la luoiiàre qui rij»-
natt do leur visage et éclairait leurs |«i
(838). .
Nous n'auroas pas besoÎD de beaucoapii
faits )>our constater chez lus anciens Perw
I» dogme du péché originel. Nou&'tlloni
laisser parler un des adversaires conlfi)-
pomiiis du christianisme, qui a dooné uiu
analyse de la doctrine du Ze»(t-Atietla.
• Metehia et Mettiiiane, dit M. Clavel, Mil
les nialtres'de la race actuelle des liiiiuiD>'&.
Leurs premières années s'écoulaient ilin
l'innocence, car ils avuttiiit âLé créés i>iiui
le ciel ; mais ils se laissèrent séduira lur
Alirimani, et ifeicAioiu fut la premiers itul
céda aux suggesliousdu teolaieur. U'sbofil,
ils acceptèrent de sa main Une coupe plaut
du lait d'une chèvre, et A peina eureuùli
goûté de ce breuvage, qu'ils si'Htircat l<i-
atteintes du mal, qui leur avaàt élôinconM-,
jus(^ue-lè. Ënoouracé par ce premier succès :
Ahrmiane leur présenta des fruits. Ils 1^
portèrent h leur bouche : cette ïaute \e>
rendit sujets i la luorl et leur Ut peiilrtihi
béatitude h laquelle ils étaient tlesliob
(839). »
Le Guibrea un baptftme de feu et it'«n
deBlinéàeilflcçr la tacliedu péché origiiitl>
comme l'Amérique des ablutions pour I»
enfiints de Maiigo G«pau, conime R<"u
elle-même des ablutions pour le nauveau-
né (84m.
Kn Egypte /su et Oitrts rappellenl A<Jao>
Buddhiiit, etc., dans-^es AnmaUt é» pbUtitpHt
ekrétitnne, 3< série, I. VIII, p. 85 et 960.
(838) Benjamin BHiGHAini. SgilèNu Mitiez
mongol; dans tes Annelu dt vMt»ummUa ekritkt^t.
i" série, l. IV, 319.
(839) Clavel, UiHoire det wltoteiM, liv. iv, l. H
p. 150.
(810) RitssicmL, Lenrtê «itr JA«»-Clnitt. t. <
leUrc u. Si l'on veut avoir des déisils plus ^ruSa
a plus importants, OD peut consulter AHon"^
mot'rci et CAtaiimie étt itutriftiotu, t. LXVL
DClf
DKTIURIUIRE APOl.OCETIQIJE.
E»
nEr?, que l'hdbreu nomme h et lu; el
T]'|iboa, que JxblOBski Lraduit pac «prtl
Nuirai, esl le mauvais principe qui les A
iiidJDés lU nul. Au resle, i|ui ne coonill le
Tjpbéfl grec doDl il est le lype?
OTÎde appelle Tj'pbon la terrttir- dt$ peu*
fia m.
ip^aion assure que c était un monstre
dont h partie inf^ieure était composée
ulniMases replis de Tîpère (8kS), et Plu-
lin|ua bit obserTer qu'il 7 a de l'analogie
liée les sspriU rnsoTsis qu'Kmpédocle dit
attiriléebassés du ciel, el il ajoute qu'il
nii lout en eombosiion, remplit de niaui cl
Itniilrts le ciel el la Icrre, et qu'il en fut
mm
liijMleailleDrs celle réfl^Mion singulitV
nimil torieusa : ■ La partie de l'âme [ws-
Mfiiée, Tioleole, déraisonnable, folle, eït
Jftkoa , lieDl de Tjpbon (8U}. »
il f«t liUears une autre remarque qui
l'etlpu moins singulière : ■ Je ne sais si
■wi Dfl devons pas admellre , tout étrange
fi'die BOUS paraît , cette opinion que tan-
HfâUnêiu * trmamUe : qu'il ; a Jes dé-
■Ms envieux et méchants, qui s'attachent
iBi bommcs vertueux, mettent otittàcle è
tan bonnes actious et leur jettciot dans
'oprit des lrout>les el des frsreurs qui Bgi>
oit et quelquefois même ébranlent leur
'(riB, de prur qu'en demeurant fermes et
Bébnoisbies dans le bien, ils n'aient en
•rlige, après leur mon, une meilleure vie
lie n'est la lear (8i5). •
Le [«été Manilius nous représenta Ty-
àn sous la figure il'uu seqieut monté »ur
*i pieds, avec des ailes aui épaules, exba-
«1 la fureur :
sMû Aasurii ryp&om furemltm [>Mj.
Sur la porte du temple de Ramsés V on
sit les (Ueut combattre le serpent Apo-
tii (tt7t.
Eb Grèce comme dans la ScandîoaTie ,
'en la femna ^ni termiae l'Age d'or (8iS).
Le p^Uiagoriden Philolaiïs avançait «que
tts les ancieiM pnëles et théologiens di-
lient que rinie était ensevelie dans le corps
MU me dans uo tombeau, en punilloQ de
Klqtie pécbé (8Ui). »
Potpbfret toat peu favorable qu'il était
icbristianisme, reconnaissail en uous une
tfurt btMieveriée (850).
Msun crojrBîl, avecTiméedeLocres.que
les facultés de l'homme ont été ehangéeï el
corrompues d6s sa oaissaiice (851).
Homère , Hésiode el Escfajie , les trois
princes de la vieille lillérsture grecque,
rappellent les mêmes souvenirs (85S).
Dans le jardin des Ue^pérides, les pom-
mes d'ur sont gardi^cs par un drngou que
Pindarunppele vnnemicles dieux. Son pèie,
qui l'engeiMlra dans les ténèbres, est le
Tartnre 00 Typhon {853J.
Les Grecs prétendaient qu'il y avait en
de nombreux rapports entre la femme et te
serpent (851»).
ie Tiens de citer Plularoue qui, après
avoir rap|K>rlé l'opinion de Xénocrate, qai
attribue aux esprits de ténèbres les maux
de l'humanité, .dit qu'Emfiédode avait des
ojtintons tout è fait analogues (855).
Hésiode, dont les {Htésies se rattacheol
aux plus anciennes traditions de la Grèce,
contient, sur la chute primitive, des sou>
venirs de la plus haute importance. D'après
lui, celui qci le premier reçut pour épousa
une vierge formée par Jupiter, est le même
que celui qui causa, dès le principe, tout le
mal des industrieux mnrEels (856).
Dans un autre [)oéme , après avoir parlé
de Proméibée, qui voulut dérotier le feu du
tiel, il ajoute : « Pun'cui d'avoir été (rompe
par ProQiétliée, Jupiter nous déroba la cor-
naissaoce des secrets de la tie. VoUàpour-
quoi il condamna les howmti aur erurft «>«•
cil, et leur cacha le feu Ce dieu, qui
assemble les nuages, lui. dit en son cour>
roux : — Fils de Japfael, 6 le ]>lus habile de
tous, tu le réjouis d'avoir dérobé ie ko di-
vin et trompé ma sagesse, mais ton vtd lera
fatal A toi et aux homme* A tenir. Pour me
venger de ce larcin, je leur eoverrai un
funeste présent, dont ils seront tous char-
més au fond de leur âme, chérissant eux-
mêmes leur propre fléau. — Un acherant
ces mots, le père des dieux et des hommes
sourit et commanda à l'illustre Vulcain de
composer un corps, en mélangeant de la
terre avec de l'eau, de lui commoniquer la
force et la roix humaine , d'en former une
vierge d'uue beauté ravissante Tous tes
dieux viennent faire leur présent h celte
Btlrajanteel pernicieuse merveille. Jupiter
ordonna de la conduire vers Hpimelhée.
Epiméthée ne se rappela pas que Prométbée
lui avait recommandé de ne rien recevoir
de Jupiter, mais de lui renvoyer ses pré-
sents, de peur qu'ils ne deviintent funestes
(Ul) Otok, MéUMorrkoieM, 1. 438.
(U3) AroLUMou. BfUîolWmrc, t. cb. 6. a. 5.
ifK) PLCT4B01IC. J(û et OurU, o. U.
^ PLCTiaoïac, /Hrf., n. il.
tttS) Karuoex, fie 4c Mm, n. f 1, inéuciian
ttU) MuoLiat. Aitnmtmiem, n, 51».
(UTj CumoLLH»), Lellre* $»r CEggpU, xhi.
lU») RoMtcra^ Utirtê iur JiMtAJuitî ; kUre
,«(U<fa, table Tii.
(Hdj CUmtxT •'àiMXkUMiw, StriMUta, liv. m,
*■ S. p. 4:^3, in-rolio, «dU. 1688.
|tM} PiMnnK, tte Caivimaee, liv. m.
i.KjI) Feues, DirftoniMire Uttort^e, article
PUtaa.
(852} BoMiiE, (MyuA, diaol ■", Tcrs 33; 1|£-
■lOfta, TUogomie; Rouwbol, set saTanis ariicJ«s
sur le Promélkée d'Escbvl« «laui les A»ii»Ut dt pUy
fofopAte ekrititHne, S* iérie, L XVIH et XIS.
(853)BTGi5,fa*.l!a;PiitD4iE,P|l*. i,l8;P*c-
sun*s, III, eb. 7; Otim, Mttamorpk. 1, veniSd;
Stumm, fui ; LocàiH, PkanaU, v.
(8&4) HosHCiKM., iMtni «ar Jinu-Cirùl, kl-
Ire S.
(855) pLDTAaQCE, Itiê et Oiin*. a St.
(856) HtSKWB, TkiswiU, vers 510 et hÛp
tanls.
«1
DICTfO?i:(AIRE Af (Ni)CETlQf;i:.
MU
MU mortels : il sccepti donc , al Du reçoit*
uul le loal gu'sprëii l'avoir re^u. ■
H^iodfl tjoale immétlialeaieni :
■ Auparavant, los tribut dtm hommei ri-
vaient sur II terre eiemptes de maux, d«
pénible travail et de cruellea maladies qui
amènent la vieillesse; ear les hommes qui
souffreDt vieillissent prompte ment.Pandora
lenanl dans ses maios un graod vasf, e»
souleva le couvercle, et les maux lerritile:i
sa répandirent sur les hooinies. L'upérance
aettlt retta; arrêtée sur les Itords du vase,
elle ou s'envola pas, Paodore ayant remis le
couverrle par l'ordre de Jupiter. Vepuii ce
j»ur, miU» ealamilét trrMt parmi lu kêm~
mai la ttrre ttt rtmpH» dt auttc, Itt mat»-
dUi u plaùeni à lowm*tUtr Itê morltU nuit
et jour (857). •
Wminous ces curieuses citations d'Hé-
siode itar quelques vers relatifs è Ti/plio*,
qui r8pi)elleiit, sou* des formes oiylbiquet,
le Sala» ei la révélation primitive.
« La terre «ngeodra T;t>lioD aux ceut
télés de dragon, dardant cbacune uue langue
nuire. 11 aurait usur^ié l'empire sur les hu-
mains et sur les immortels, si le [lère des
dieui n'eût deviné ses projets. Jupiter bnva
s»n tonnerre, il s'élança du. haut de l'O-
Ij'tiipe sur TypboH, le fraiipa et réduisit
en (loudre les énormes léies dace motisire
fllTrajant, qui, vaincu |>arses coups redou-
blés, IoidIjb iiiutiléf el( dans sa cbule, lit
retunlii' la terre iitiiueiise (S58}. ■
Dans les anciens iitjslères, ou criait: KvàI
ti l'un montrait unierpenfaux initiés (859).
Le Promélhée enchainé d'Iîsctiylu contient
des traces si frs)ipaules delà cliute du pre*
uiier Lomiue 01 de U puniiion gui lui fut
inlliijéat que je ae sai* pas surpris de voir
un M i^raud uombre d'écrivains distingués
attacher une telle impuitouce aux douuées
(iliilusopbiques de ce urume importaut.
M^. UuirauU (8601, Nicolas (861J, Dabat
(jiBi), Rorfigooi (StUlj, ont duoné tour k
tour une explitalioa des grandes véiilés
contenues daus la tiBtjédin giecque. Nous
repruduison» sans / l'aire aucuue modilit;»-
liuu lecommeutairudunné|iarlil.Hufisi){nui,
rrce que ce travail nous parait sunéiieuf
loua les auUes par la solidité et I impor-
lince des conclusions. ,
U. Ru&sigQOl résume en uuelques lignes
loul l'ensemble du fromitlut tnikiUni.Vro-
méUiée prend le feu du ciel ; l'Age d'or est
leruiiué, les maux vieiiiieiLl sur la terre
avec son aiuuur. Cependant reapéisnce
brille dés le commencement; si elle reste
au fond du vase, JA^mtJ révèle à son bis
qu'il aura ilu tit>éfBteur ; kû ne seia pas la
puissance de sou frère, ni celles des sacri-
licea ou des prières qui brisera sescbaluos.
La feaiiuâ,elleaussiiualbeureuse, est pour-
suivie par uue colère céleste. Une viei-go
{857) HtsiODC, La tratmia tt la jeun, tert il uL
suiv.
l85tl] HtsiODC, Thioguide, vers S49 et suit.
iK9) Qmho», Dt uriiaie rttigioiiii C '
(aOO) tiuiuuD, VHmnili culnli^e,
eiifantera; son royal fils apport.<n La \m\
h l'homme et k la femme. Juiiiler stn M
Irftoé, un nouvel ordre de choses auneon
mencé pour rbumaoité entière.
Portons maintenant nos regiinUiur I
scène d'B'chyie : ■ Nous Kiniiiias id ctnli
de \'Ànt, sur la (dus célèbre et II nli
sainte moniagoa des temps sorieni. CV
vers le Caucase que l'antiquité tnuroeui
cesse ses r^ards; c'est autour de set luo
mets que se remuent les poinilationn pt
mitives; on y voit les Jlfmlei,quePronii
tliée domine, descendre de ses hiulen
pour aller en Egypte; c'est lACncattif
est la citadelle de et» Dewi, si fsntm
si redoutés dans l'histoire fibuleusetli
Perses ; les Amazonea s'y trouvent; c'i
dans les montagnes dti Caf, pour amiiloji
uu mot oriental , que régnait Sufbf
géant et divedes premiers temps dumonli
Le iiioiit Pir'Pmjat, pour lequelieslsto
ont tant de vénération, se trouve dwli
clialcie du Cnucase ; c'est i^ que Baiil]' pw
l'âge d'or; ApolloJore établit daDicesn
(^iuns h yperboréennes le jardin des Htsp
rides ;ce^ aussi sur ce tbé&ire du cna
el de la punition prjuiilive que Prooidbé
ce bis d'Asia, selon quelques mytlioloijiK
est frappé par la justice divine. Lei uiiu
Ireii du dieu qu'il n'a pas reapvcié, le cbi
sem, l'eulratuuiil : le voici sur la àauii
sulée du Caucase, seul comme AilaQi,|»i
qui ia terre veuait d'être maudite, a
moindre bruit fait peur à I'iib el à l'iulr
V Quelle scène 1 je ne puis la ropii
saus terreur. Ce rocher aérien etl cu»n
un autel immense sur lequel est ciMii:hM
vicliuiu, seule, ne voyant que le ciïiruul
sur sa tète, el les Qots de la mer mugir ii
tour d'elle. Quels sont, avec Is tirr TiU
les jireniiers peisoiiuagesqui se firéstulti
^ur lu scèuef fùchjla les appelle Kralul
héphetlo; cesuul iv» mÎDisireaJHlijtitii
diviue; mais le poëte était, trop pbilaiofl
pour ne donner è l'uo et h l'autre que
violence pour caractère. RapréseatuiU^
la Divinité suprême, il ne fsHitt pts<;Bl
fussent sans entisillea tous ivui.ii'»
■st roida el inflaiible; HépîuMtat gfuii ■
voudrait sauver le coupable.
■ Puudant que Prowéltiée est lié sut"
roc bauvagu, que ses bourreaux ruDt d'i
uiembie k l'autre, pruaaaiit leicbain (|"
dtiS liens puissants, elUéchirantsipoiinB
lu Titan ub profère [laa une |V(Hi. *
lèvres ne laissent pas échapper le oioia''
soupir : il y B quelque chose de loleii"
doua ce silence; c'est une Ame d'Iuni'»'
c'est un Dieu qui JoulTi-e,
•Quand les miaislres de la juslius»i>r
me l'ont abandonué dans cette réjjiuH <■
douleurs, j'allais dire dans celte viH^'
larmes, qui est eocure un désert, il ità"^
(881) Nicolas, Et*dt* pbUotefkii»** f ^"'"*
ItuMime, II.
(VfiS) t)Aais, Revue du Ëlidi.
(805) llowifiiiOi., ^nkoJm <k fljlMjfkucI"^'-"'
Ilj D£H mCTIUNNAUlEi
MiTenlKpii passent, nui fleuTes qu'il
TDil couler, aux flots retenltssBnls, a li
ttm, du soleil qui marehe dans l'espace, à
l'tipiee dans lequel lui-mftme se perd,
■ Voyei, dil-il, CB que les dieux me font
• souffrir, (oui dieo que je suisi regardez
I «5 liens qui me broient I jti fea porterai
■ ilii mille ans I... Telle est la récompense
■ ijiiee rajOD divin que j'ai pris au ciei
■ poor lu faommes 1... >
• CNiteot l'esprit de l'homme dans ce que
ItbJroid'Escbjle peut avoirde plus divin.
iuii bim esl<ce de llioiomia ou de l'hu-
mailéi^mbofiséedans le Titan qu'ils'agtt
tlini II grandiose tragédie grecque.Comme
h«aiélbé«, Her si malheureux, le genre
kwiin fui pour des milliers d'aunées
(hbiliié sur la terre; comme lui, plein
<Vgueil, l'homme d'autrefois ne voyait
tttn de plus sublime qu'une Aïoe plongée
éotuiiiblme de douleurs, j couservant
nfurtuol de sauvages désirs; cumme lui,
flMiuiiieD'Bvait point de consolations sur
it roc où il était ioml»é des deux, qu'une
UiUiiiia espérance, qu'un fort, qui n'élait
ru Dé; la premier liomme, surtout comme
klili deltiéuiis. sans allié sur cette terre,
iMffruI d'indicibles doultiurs en attendant
l( puiuiDce amie à lui signalée par 1«
Bien juile, comme i Proméihée t<ar la
*^Hilt la justice, sa môre(86&J. >
iliDi Homère, le personnage \i'ÀU ré-
1^ tontre le père des dieux et dos
nuBiM,nppella d'une oinniÀre frappante
'f^jfkniti la itiéogonie d'Hésiode.
'UqM dit Homère de la déesse J/rf, dit
■Dl'u.'iUtle de Jupiter, ce démon de discorde
M lit malédiction, dont l'emploi est de
(■^ lies pièges el faire du mal à tous les
Wttt, ijUB le uialtre des dieux, dsDS sa ■
JMiitulère, avait précipitée du ciel avec
*wul ijLi'ella u'y rentrerait jamais; tout
Wtdu^B, donne lie u de croire que l'his-
*n liai anges apostats, ennemis desljom-
W, Impliqués i leur nuire, opposés k leur
jHlie-jr, et relégués pour toujours dans les
^n. a'étail pas inconnue aux aacieos
u effet, noua voyons, daas l7/iarfe,Aga-
tiUDou jusii&er ainsi sa aucrclle avec
^lle ; ■ Que pouvais-ja alorsTUnedi-
laiiése joue des aveugles humains; elle
Bitcable l'un |)ar l'autre; errant au seiu
«léoèbres, elle marche sur nos têtes, et
mdiui l'univers le malheur et l'outrage.
*ni elle offensa Jupiter, qu'on dit ôtra
*tiu-desaus des bummes et des dieux...
*wUiii Jupiter saisit Al4 par sa brillante
, 9Ui BoHwaoi, k PromUkit d^lKtirle, dans lof
iM^df pMlModHc. f. XVItl. p. 528 et suh.
iKJ) BoUDi. Traif^ ia Eiadtt. t. m.
fW) Boiàai, HUde, Irad. Daga»41fintbd, dl.
»■ «n M et iwv.
JK^I CKtMa, FrmfÊmf. p. 488, Mit. Oralli.
• al nât AufMtJB fui bous s csnwné ce fni-
^ 4aiK Ma Mvrage CMlra Jmtitmvm, I. iv, di.
■*-'■ il, Mil HiKM, 1. X, p. 778. Il jri cela de
^vquble ^«e, undii qne Cicénm dit sue ce
*t In niiat ^fâ avaienl cuitscrvë eeue iToiiiio»,
APOLOfiETlUUE. SE» eU
chevelure, el, enflammé du colire, il pro-
nonça le serment terrible : Que dans l'O-
lympe el la ciel étoile, Até ne reparaissA
jamais, bile qui noos frappe tous. En parlant
ainsi, Jupiter, d'une maia vigoureuse, la
firécipite des cieux, et bitnidt elle atteint
es [erres cultivées par les hommes (866), »
Cicérou, à la fln de son Borlmtiui, noua
a conservé un précieux lémoignege de II
chute primitive ;açrës avoir parlé des maux
de l'humanité, ii egoute ; < De ces diverses
erreurs et peines qui allliçcnt la vie hu-
maine. Il arriva gue parfois les anciens,
soit prophètes, soit interprèles de l'esprit
divin pour les traditions des choses sacrées
ou des commencements, en disant que nous
étions nés pour eipler les peines que flous
avions méritées pour quelques crimes com^
mis dans une vie précédente, paraissent
avoir vu quelque chose de juste. En sorte
qu'il est vrai, comme le dit Aristole, que
nous sommes punis du même supplice que
les personnes qui, tombées au pouvoir des
brigands d'EIrurip, étaient mises à mort par
un supplice inouï, qui consistait eu ce quu
le corps du vivant était nllaché face è fuce
arec celui d'un mort; c'est ainsi que nos
esprits sont liés avec nos corps comme des
vivants nvec des morts (867). *
Virijile et Ovide ncigncni, comme les
poëtes indiens, l'âjje du bonheuret de l'in-
nocence.
« Avant le règne de Jupiter, il n'r avait
point de colons quicuMvaisentles cnampsî
il n'était pas permis d'en faire le partsjje,
ni d'y tracer des limites; on prenait toutes
cliuses où on les trouvait, et In terre, sanii
aucune cullure^ rap))ortail tontes choses
avec plus d'abondance (868). • — € L'Ige
d'or fut établi d'abord, sous lequel les houH
mes, sans aucun juge, spotiiaDéunent, et
sans loi, pratiquaient la fidélité et la vertu.
La terre elle-môme sans travaux, sans toc
et sans charrue, portait spoulanémeni toute*
choses.
À*na prima latm nt «lu, fM«, MHtfica nito,
Spouiê-tua, ùna lege, fiàem. rteiwn^iu cettbta.
/pia mioqiit tnunstti*, raiirdfiw intaeiM mte aJ/it
Sauela wmeribit$, per u iabal emttia Ittliu.
(Ov., Milam.. i, 89, 103.] i ,
L'épicurien Horace ne conteste pas !•
tradition universelle : « L'audacieux ill$ d«
Japbet, par un vol impie duuna ia feu au
mortels. Après le feu dérobé aux demeu-
res célestes, la maigreur el une nouvell*
légion de maladies vouvrit la terre t ai la
nécessité de U mort, qui, auparavant, n'atri-
vait que tard, précipita sa niarcbe. >
le saint dectear dU scaleiBent (w Ckértw a dit
celi ; lUruM eiUntia inclut, uus se iMVeair <k
la trace des traditions primitives,
(SCS) Alite Jovem luilli lubigebint srvs colooi ;
Hec siguare quidem sut partiri Jlmita
fcaïupum
Pas erat. la aedlvm qusrebaul, Ipuqne
[lellus
' OHiaia l^berias, nullo poscente, (ènbaL
eu
DKTiœfKAIRE APOLOGETMHIE.
DU
«M
. Aitrfttt itpui f OHM
Igium fraude mata gmiiw iuiUil, etc.
<0J. 1, 5, ST.)
Nous IroiiTons las mêmes Iraditions chez
Jtig anciens |)euj}Ies du l'Amërirjue.
Dans t'âtfi; d or rlu Mexique, Quttsoleo-
huall, le dieu de l'air, et le {leraunnaKe le
|>lus ni>slér)eui de loule la mj'lhologie
meiicatne, régnait niors sur celte contrée.
Ci.> fut l'âjju du boniteur. (Toy. l'IiisioirB
d''S diCTéreiiU Aj^es do la terre et les liiéro-
gl^j>hi.'s qui les réiirésenceot dans ^es An-
naU$ de phil. t. X).
Cliez les Aizèques, on troufe quatre âges,
qui rai clleiil confusément les ^ougas de
rlnde, les quatre époques iirimiliTes de Ja
Grèce. {Ib., t. X.)
. Une |>eiiiture atzique représente UD
groupe ainsi com|)o<é : on voit Cihuaco-
liuall, ai'celéo aussi la femme de notre chair,
en ra[ijMii'l avec le griind serpent qui se lieiU
dressé devanl elle. Derrière le serpent se
trouvent deux (igures nues, l'une blai.clie,
l'autre noire, et dans ra.lilude de la luUe.
[Ib., t. X.)
On a trouvé h Java un monument cu-
rieux qui pareil avoir Is iséme signifiealion.
CVst un bas-relief en pierre; d'un r^té et
au milieu de la pierre, un arbre couvert Je
fruits et d'oiseaux divers. Un serpent enlace
Iij tronc jusqu'au feuilloi^e. In bomiue se
liCDt d'un i'6lé do l'arbre; de l'autre, une
ftimaie; tous deux revfilus d'uue drape-
rie (869).
. Quelle multitude de faits 1 Cependant
combien n'en avous-iiout pas encore à op-
poser à nos adversaires I
lit.
!t déuMiia prouTée ^r les tndtliDDS ODlver-
wIlM MT l8 lerpmt comne oljet d^wionikm eld'boc^
reur.
' Les explorations que poursuit avec tant
de succès de nos jours, el sur tant de points
divers, ta science historique, ne permettent
plusk tout homme de bonne foi de contes-
ter l'ideritilé des premières tr^dilions cbi'i
tous les peuples du monde. La nécessité de
ratltrcher ces traditions li une révélnll»n
(Jitine pour en expliquer la morale .sublime
41 se rendre raison des respects dont toutes
ko religions les ont entourées, est devenue
tout à tait incontestable, et c'est un point que
tous les bons esprits ne discutent plus.
Comme l'homme n'invente pas, la vérité
qui hit a été révélée se trouve au fond de
toutes CfS fables, «Iles errenrs dont il l'a
défigurée ne (ittnnent qu'à son Impuissance
(l'on conserver les traits primitifs sitAt qu'il
a perdu sa première innocence; car il lui a
manqué dès lors celte faculté sympathique
qui pouvait seule lui en faire saisir et ap-^
précier toute la beauté. Qu'on ne soit donc
{•as étonné si il chaque découverte que fait
rbisloira niodcroe dans lu sens mural des
laits, dans l'entenle oyslérieuie itt itn\i,
dans ce sanctuaire inlime de la MQiéa an-
tique, où si peu avaient pénétre juiqu'iti,
la vérité comniance l\ ko déioilsr aux rs-
gardschrëtiens.qui ne cbercheDi nu'elle, n
si nuits nous empressons de [iroclsmer,
irouji, enfants privilégiés d'un même Uifu,
ees rapports de famille qui se manilHlenl
à nous, et qui attestent en mènit- lem|isqut
notre fraternité universelle, su sollicilutle
infinie, et l'égalité absolue de ses iiremien
dons.
L'histoire d« la chute origtaelledu genn
humain se rattache, dans la doclrioe mt-
saïiiue et chrétienne è l'histoire aDiérieuit
de la chute des anges rebelles, duoi W cM
enimé d'envie contre l'Iiomme, devint, laus
la forme du serpent, le teiitaieur de ni»
premiers parents, el, comme dit l'Evangile,
te premier Aomicidc, le grand /la^lictde,|11Ji^.
3ue c'est pour lui que la mort est nilrft
ans le monde, et que l'humanité touin-
tièra en eat devenue la proie.
Les philosophes et les sages du iiMt
qui nous a précédés, et une grande pi^iw
des demi-savants de celui-ci, ont secoué li
tète en entendant ces récits, el mus rieu
connaître de l'humanité, snns s'ei>quérit,
sans demander b qui que ce soit si cet* était
bien ainsi, téntéraii-ement, h la lectort»-
periicielle el légère du bit, se prirent i rire,
glosèrent dans leurs salons sur toute! tci
istoires, et déclarèieul d'un aircapablufl
avec l'assurance d'un ténaoin oculaire, i|n'il
n'était rien de tout cela.
El après avoir ainsi discrédité le livre di.
nos vieilles croyances, après avoir ss|)tlt);
fondements de la religion antique, et <ov,
vert du voile du doute ces grandes ques-j
lions : d'où nous venions, ce que nom
étions, où nous allions, ils nous oiilsTeris
qu'ils remettaient h savoir dans un auW
inonde, si par hasard ils avaient «ht m
uensé quelque chose de tvrI dans Rj
lui-ci.
Et nous, les enfants de ces pères friiDlO^
et inconséqoenis, nous avons d'AbonI, m
grand Donibre, ri comme eux, nié connu*
eux, douté comme eus. Puis, nous u(wi|
sommes demandé si nous étions aussi d^
sérables el aussi abandonnés deUieu'.tj
alors nous avons désiré connaître ooM
histoire, celle de la pauvre bumsnil^;^
dans ce but, délaissant en grand m^M
les plaisirs et les inuiilités de notre m
nous nous sommes mis ^'interroger )ett>^
lions, leur histoire, leurs traditions, M
croyances, leurs erreurs. leurs pr^np
Nous avons étudié et traité toutes ces grai
des questions avec la profondeur, laD»»i
rllé.la gravité qu'elles méritent; et de toi
eûtes ont jailli des lumières inconnu)^
nos pères.
£t cas prétendas contes , dont ils riaie»
se trouvent être l'histoire de l'bumaDiii
{809} V07. Atiafte. JoBrul, juin tSSt. — Cliei èlnteu eei-ildeBiëDieen£npt«>(AiiMla ^'P^
le* Groa un rencmue des svnilMtleB SDalogues. 1. XIII. i' lérie, 153. — Voy. encore Amw»
(Voir AmtatM 4t phiM., I. XVIII, 143.) — Peut- till. ei de» aru, t. X, Wi.
nCTK)7l!UIRE APOUtCeTIQDR.
Oait Ifl d^Teloppemenl dooné aux étndes
kiiUKiqaes, l'éluda des Eiiis, introduite
diiu lootes les scieneos h la plflc<> des sjs-
liÎMseldes tBÎsonnements, produiront une
{■meoso conrersion dans les esprits les
plu rAelles aux Térités religieuses.
En ilteodaot ce ctiaagemctit, nous allons
iffiliqner cette méthode 6 la question qui
Bou occupe; interroger tons les peuples
iQrce qu'ils sarenl de cet être que nos
litres niiits nous ont fait coonattre caché
tau la forme d'un serpent.
( Objet d'borreor ou d'admiration, dit
tUlraubriaod, les hommes ont, pour le ser-
pent, ne baioe împlacahleou tombent de-
niiL son génie; le mensonge l'appelle, la
pndcDcele réclame, l'eaTie le porte dans
too finir, et l'éltjqucnee a son caducée. Aui
ettfen. il arme la fourche des Furies ; aa
ciel, l'ilemité en fait un sjmhole. Il pos-
séde encore fart de séduirel'innocenc»: ses
rr^rds enriianlenl les oiseausdans les airs,
tt, dans fa fougém de la crèche, la brvbis
lai aliAiidonna son lait. Hais il se laisse lui-
nJèrne charmer par de doux sons, et, (tour
1« dompter, le berger n'a besoin que de la
Aille (870). ■
Cest avec une profonde ïnlelligenee de
piitflotre que Chateaubriand affirme que le
serpent a été tour A tour un objet d'adora-
iHiu et d'borreur. Ce double phénomène
t'at pas dillicile k expliquer si l'on se
Clice au point de me de la tradition calbo'
]ue.
t En effet, dit II. Boanetty, les lirres
liots nous [larient d'un être fui. d'abord la
ik* belU et /a plut puiuanle de$ créotitres
frr« Oieu, se rérolla contre lui ; ils disent
f'i son sujet il y eut un grand combat
uis te cM, i la suite duquel il fut précî-
fcè daus an abîme (871). Puis, ils nous
bntreot ce même être, tombé et décbu,
biroduisant furtivement dans le jardin
SUeo, sous l'ignoble figure du serpent, et
% aJres-iant des paroles insidieuses k la
befflièra femme, qui cède i ses perfides
IdsoiIs, méconnaît l'autorité de Dieu et
Kre sur elle et sur sa race cette condittoo
iTaise dans laquelle nous végétons tous,
Hauts inalheureus du père bon, créatures
Cvies et iulïrmes d'un créateur riche eu
;nificeaeeeltoai-puis9anteaforce(S72). •
|nt) Chatbadhu», GiitU i* ekriUiauùme, liv.
■II) « El bchun est pr^inni magnum in ccelo.
I . . . ...... et non TaliMmiit, neque locut
[iHai est eoram unptini in cœio. Et projccius
tlnco Uie Bucniii, terpcns Intiqum qui voci-
tiiabotu* et âtaaas, qui Kdncit uDiteranm or-
a, es pnijeeu* est in lernm, et aiigeli ejus CHm
«fttui SBDt. I (Afoc. su, 7. 8, fl.)
V7£| Bmusttt, Um cuIU Ttndu au urpeni ckex
iiWérvu wmafef.dans lus Ann^efde •AUMopMe
ttZmJmx, l"KriF, t. IV, p. S9. — HoHXLi, (da
'-kncK^a ifc t« awrl aKitl rkomeme; PatMUE, Se-
^ ^K^tigim : Uefijamin ConTigrT, De la rttigioM
■^ M^ Mtntrtt, tet farat/t tt itt dH^opperuM»;
m».mt»Ct TrmditiOM uaiidittaTet.
^ ;^f W4>g, Bsul^mia CiisTUT, De la nligioti,
IVscrio!in iiiB troi^oGfriQrE. I.
A la Chine, le peuple adore des serpents
et leur offre des sacnfires (873). ^
Fo-Hi, si Ténéré des Chinois, estrepré-
senlé comme un .serpent avec une téie
d'homme, et l'on donne h Cbiu^ong, le di-
vin laboureur, un front de dragon (87k).
Tous les livres sacrés des Hindoue sont
remplis de récits où il est fait mention du
serpent. Leurs légendes parlent unanime-
ment du sernent mystérieux qui jouait un
grand rôle 6 I origine des temps; ou l'appello
Ananla ou MahaSécha. Oo Iroure un teni-
rie érigé en son honneur dans un lieu do
Hindoustan. appelé Soubra-Maniab.
Indépendammentde la vénération que l'oo
a pour ce serpentbistorique, les brahmanes
mootreol encore beaucoun de resneut pour
■n serpent que l'on appelle Capei, dont la
morsure donne presque subitement la mort.
Quand les Hindons ont découvert quelques
trous oii se tiennent ces serpents, ifs vunt
porter à l'entrée du lait ou des baosnes, et
si quelqu'un de ces terribl&a reptiles s'in-
troduit dans leurs maisons, ils l'environ-
nent de toutes sortes d'iionnaurs, malgré le
dai^erque la présence d'un pareil bAtebil
courir sans cesse i la famille (875). Aux
Indes, on célèbre la fête de Nagara-PantT
chaoïy en l'honneur des serpents (87G).
Les Egyptiens employaient le serpent
dsna presque tous les symboles de la reli-
gion et delà science. D'après le témoignage
d'Elien , ils le regardaieut comme ayant uu
caractère taeri et vénérabte, et comme |tos-
sédant quelque cbosfl de Irit^ivi» , qu'il
n'était pas aranlageux ue connaître (sTl).
En ^ypte, les prêtres représentaient Se-
rapis, comme les Chinois Fo-iii, avec une
tète humaine et un corps de serpent. Knepli
était figuré par une couleuvre. Le cercle,
symbole de l'Etre suprême, était euviruunû
de deux serpents (878). Un ser|ient entier
représentait le Tout-Puissant (879).
Il ne faut donc pas être surpris si le sym-
bole du serpent se trouvait partout chez les
Egyptiens. On en voyait autour du sceptre
d'Osiris. Les statues d'isis eu étaient pâtées.
On rendait k ceux qui environnaieut le sym-
bole de cette déesse de grands boiuieurs;
on les regardait comme immortels, et on
prétendait qu'ils serv aient èdisceruer le bien
et le mal (880). ^
(S74) ?0y. Benjamin CmsTiirr, li*. tv, eh. 13. *
(815) Fm. Dowis, Mmtin et ituiituiioiu de* kh-
pUi de Clade, t. U, ch. 12. p. iSù.
(S76) Yo$. RcHJamin Cohituv, De la nHfmi,
liv. VI, cb. tt. Aitleurs, il convient irèc-eipticiteinent
qw le culte dn lerpenl se rapptine au sunveiiir itëa
anges lombes. ( Vof. Benjaniin Cousvanv, De la re-
iigiom, liv. x, en. 4.)
(«17) l.es expressions d'Elien «mI Irés-remar-
qaabtes : OAmv* ixn ti iwl àpiaan, Û« nlç «71H-
Téxtat T^icTï, Suirtpn, wi tiiim «ùliMitOif awriv.
tELKN, i)eta minr* <<MutRi«u, Uv. x<, ch. ll.<
(878) Yoy. Diosoti m. Sicili, BiHioiàifae kûta-
ri^, ti*. V.
(819) Noet, Dkliamuire de la feèle,
(880J Vva. Klirk, Orfa ualmndrtmim
1, rh. 31.
SI9
DGB
MCTlpNNàiaB APOLOGETIQiqï.
Les |>rdtres [KtfUraatdes serpents autour
(le leurs Itonnels, el le dindème ded Pbo-
rftons on-^leit cooronnë (881h coomie dans
}'lnda et dons l'Eiliiopie, on leur élevoitde&
lempies eton vo^aU ces animaui liam tous
les sanctuaires da l'Bg.rple{883}. '■
Eii 'Afrique, il n'est paà de culte plus po-
pulaire que celui dusRrpenl. Tous les voya-
geurs ont été frappés des particularités
bizarres ft l'aide (lesquelles les tribus afri-
caines prélendenl boaurerce reptile (6S3].
Chez les Grecs,le serpent était le symbole
îles dieux du jour et cle la médecine. Les
Alliénit>ns eu nourrissaient un qu'ils regar-
•liiient comme te dieu lutélaire de leur cilé.
Ils prétendaient que les serpents connais-
saioBt l'avenir, et ils en conservaient dana
leurs naitons, sQn de pouvoir les consulter
dans (nules les circonstances (884).
Les Itoniains rendaient aussi aux serpents
des lionneurs divins. Valàre-Haxinie ra-
conte que, leur ville étant désolée par la
peste, ils envoyèrent usa députalion à Epi-
daure, alin de consulter Eseulape. Au mo-
mont oà les ambassadeurs alluent partir,
im serpent sortit du temple, moDla «urla
gnlère des Bomains qui, après l'avoir re^a
avec une vénération religieuse, la condui-
sirent dans leur cité, et lut érigèrent un
pala^ dans l'Ile du Tibre, «u-dessus du
[>ont Palatin (8»).
L'histoire nous montre également le culte
du serpent établi obez les barbares du
Nord, dans la Liihuanie, l'Estonie, la Li-
vonie, la Prusse, la GourJande et la Samo-
gilie (88C).
Les llonscjs, Iriiius de l'Amérique du
Nord, prafesMut un grand respect pour le
ser|>eBl i sonnettes, qu'ils appelleni lear
«raad-p«re (887).
Il ne nous sera pM difficile d'établir la
«econde assertion de Cbiteanbriand, que les
peuples regardaient aussi le serpent Gooirae
un êiredécDu, principe du mal etarlisMi des
dnuleurs qui dcr«reat la triste et lamenlap
i>le liumanité.
En Chine, nous trouvons des symboles
frAppanls des rapj>or(s ilu serpent avec le
génie du mal.
L'r'King,uo deslivressncr^sdesCbinois,
dit I «Le dragon révolté souffpe inainleaaul
■Jc s«n orgueil [888J. •
(881) Yof. DioMME K Sicnj:, fiJUrolM^w Utlo-
riifnt, liï, »,
itKtS) Pait.iRcsiis, ché dans Eucn, Dt ta nature
en naiMi», liv. svii, cb. S.
(8ft3) Koy. NoBL, OUiiùt,*mrt et U {Mt, wj-
lliotugit; africaine,
(88() foy. P1USA5US, Vùj/agthâlprituttnGriet,
liv. 11.
. (881) VivïhE'Uaiihe, &■ dilt et 4h faiU mr-
wilkM. U*. I, ch. 8, n. 2.
(887) Benjamin Co.tïT*xT, liv. n, cli. S. — Noua
ferons reinan|uer ki, une lois pow leutes, 4|ue icx
cllatiaaadaBmiainînConauiiL^iieiJOus indiicioiit
H irouveul qnelqiiefmri, non pas dans le luxic, ninis
dans InuoiL's de son oHvr?gi-, qui suiii scuvciil furi
Mais quel est oe dr^on mystérii-ui <lDnl
parle la Iradilion ctiinoiseT N'est-ce m
celui dont le Choii-King, aulre livre surré,
parle en ces termes : ■ D'après kt anciens
documents de nos ancêtres, Tcbi-Teon fui
te premier auteur de la révoile, puit cetlt
révolte s'étendit i tous les nf^uples ideli
sont nés tous les criàies (889).
« Le commenlateur, dit le Ï.Prfniirt.
fait observer que Tchi-Teou est le chef tl
le prîuce des neuf noi'rt, donllelimBo-
Toii /890} a fait le portrait suivant:
« Ils sont qnalre-vingt-un frères; ilfODl
■ le corps d'une bâte féroce, le pajîer i»
f hommes, une Iftle (fairain etucfroolde
■ fer. Us mangent du sable, sont tes hi-
■ venteurs des armes, et, pleins lie cd.1-
«Qance dans leurs glaives, leurs laornel
■ leurs grands arcs, its effrayent le mW'
■ et se livrent b une cruauté Siinsfreio. >
Le roi Bouge, dit Ven-Tseu, est li oli-
mité du feu; il s'attribue à lui-niëmtiksœ
de ui^eur du flammes, et la Glose ijult'.
Le roi Rouge est Tclti-Teou.
Tchi-Yeou, par sa révolte, alluaahlrt
des mftrs : c'est pour cela qu'il est an^it
Ho-Tsai.
Le livre Po-Kou-Tou nous assure (;u^
dans l'antiquité, c'était l'usage de sguI|>i«
sur les vases l'image de Tchî-Yeou, poir
déluuroer les booiuies de la débauclie et Je
la cruauté.
Les annales Tong-Kien disent oDurle-
ment que Tchi -Yeou est le mouvait gitii.
En&â, l'histoire chinoise rnppot'e •iiu^
sous un empereur qui vivait l&O ans iiajt
Jésus-Cfarîst, Tcbî-Veou apparut en \m
jour dans le territoire de la villodeTtî
Voenjcapitale d« la provinco de Cliin-ïi]
il avait des pieds de lortuo tt me Uu *
serpent. Coœnie il lourmenlaii les lialiiUul
de cette contrée, on lui éleva uu lanifl
pour l'apaiser, » i
Kong-^oog pri^-senle au^si un sjmiM
auilogue h celui de Tchi-Yeou. C'est l'ii
posteuret l'architecte de tout mal. teliij
koueilzang dit : « Koiig-Kong a \t fit
d'an homoie, le corps d'un ttrptBt i
nberelure rouge; hommt et noii hai
âtrpent et no» serpent, il n'est que tDïPM
et tromperie (891J. a
M. l'abl^ Dubois atteste ce que c
étendaes.
j888;C-et _.._ _.
bellis el pervicai draco doict de sua snprr
( Vof. Pii&XAU, Vettigia uUcia, dans lei ^
deAUotophàe eirilUtiHe, S' série, t. XVI, p.
—lie P. Bcgis Iraduil à peu près de mtmt ;< I
Iran^ressus e&l, e^t quod pœiiilcal. ■( Vof. I
Y-Kimf, édil. UuliL, cb. i, Êpipfaonéoïc, 6, j
et iVi.) ^
(889) Ckom-Sing, i" parlie, cb. 97, p. Wj-
(89UJ U. Boan«uy fail reaiarquer que If li
n'est pas un livre, mais un des signes Ae\'\-
{ Vog. Ro:isxTi\, Àiuule*, ir série, I. Wl, p
iiole 1.)
(891) Yay. PaÉMABB. Selecia t^sli^; li
Roiincuy dant Jea Annalci dt philompki* (AiH
î-séiie, 1. XVI.p. MO.
DICTIO»(AAS APOLOGETiQUE.
VfM
nasdfikditquele terpeQt e»t oonsidérd
Ml les Hindous comme 1« symbole du
rincipe miaTsis (S9S]. Un fait qua nous
nosdéjfieilé prouve qu'il ea ett de isèaw
ilipQn(893).
Iluieiir de Sekak-Nianeh, de même que
tincieni Perses, identifie l'Image du ser-
Efll irec celle du génie du mai (894).
HJoicbiia Uénaut fait remarquer que,
'iftii les sectsieurB de Zorosstre, les
mou niiiTsis génies reTëlant quelque-
ut liTornie de Ucouleuvre pour (ouroien*
f l« iDonde (89%). AhriiDSfli leur clief,
lit rcprésenlé fOug Ul forme d'un serpent,
U-Gnignisat dit que dans l'Iran on la
prdail comme l'auteur de la cliula dy
^icr homme et de la presaière feœrae,
HdJiietUesGhianë (890).
Qici les Egfptieas, Typhon qui, selon
qimm Confiant, représentait le mauvais
neipo (897), était, comnin nous l'iivoos
tCaitreourquer, souvent représenté sous
rtneiI'uD serpent (896). Si l'on en croit
4u, l>|)hQn Brait une forme humaine {
ib il iTsii les doigts et les caisses en>
Ii«iileierpenls(e99).
Oui les Grecs, on relroure ce Typhon
Mlennplus anciennes légendeE;on dit
llii qu'il ne ressemble ni h Dieu 'ni«ux
lUui il est effrayant et monstrueux , il
KleOéia des ixorlels (9001. L'hymne
[^^, qu'on a Uribue à liomère, dit
inuéDorme et féroce, qu'il est le de»-
Mtvlu hommes et des animaux (901].
Mm lie le peint pas sous un jour plus
^' fc uvv TaifTÛftf xtt- .
Ta, 9i{n nUfUM,
^TfimtmàfKi^ (902), elC.
•IntéluBju dans l'horrible Tartnre, cet
■» ilei dieux. Typhon aux oenl tè-
i'ïic.
to' 1ij. Drwi«, Mauri et iaitUutlont 4et «■-
jJCrt*. I. il, Ili< part., ch. «.
m^m. Cuitirâli caikolique, U VI, 2* série,
r> '«¥■ FisMDu, Stiuk-Nameà, Indaaioii
'"(Ortie.
m v«|. JoMbim Hé»ht, Zoraattn, dogme,
*i Fq. Cdichiagt, Nota tttr Creuxer, noie
"' ". M(f 5; MX. aussi Viiivenili eaiholiqiie,
*M.ïi,^.8i: ' '
pi f^. B«i^iuiu GngT4NT, De U nlipon,
Pj**!. ViùttnHi eatholifut, 2» séiie, (. VI,
JJ. l«j.SotL, Blcîlottiiûlrt de lafable, article
["l a»iàu, /IfnMe i Apollon, vers 305, MI,
J Pi»i«£, PjtlkifliiM, I, M. — II ctt irés-
**> wnairquer(|ue dans llésiode ce monstre
''pracii[« piT «ni lélet de dragon. (Voy. Vnt-
*"»iWi(M, ^ j^e. p, 8i.— H. Crandpicrre
^^itSitioptiilarorincdu dragon pour p>tI>t
Hésinde fait luUto Typlion de la larr« et
du Tarlnre :
Tojjtâ/iev it fùàtim îià XP"'^ 'Afp^in* (905).
r « Ghée engendra pour dernier enfant
Typhon qu'elle svoit ou du Tortare, par
l'entreirrtse de Vénus dcx-ée. •
Apotlodore. Après aïoir raconté fa Ititto
Îue Typhon, fils du Tarlsre, soutint coiilie
itpitor, le dieu soprôme, dit qun cchii-ci
fut obligé de le foudroyer et de l'enserdir
sous la montagne brûlante de l'Rlna (90fc).
K Typhon, dit H. Séguier de Saint-Âris^
son.estlepAre de louslesélrcs malfaisanU.
Ainsi, c'est de lui et d'Echidna (ta vipère)
que sont nés la Chimère que combattit Bel-
lérophon, le lion de Némee, le dragon qui
girdail le jardin des Hespérides, le chien
rthros qui gardait les vaches de Géryon,
levButourquidévoraitlefniede Promélhée sur
leCiïocase, enfin le sphinx qui proposait des
énigmes àui itortes de Thebes, qu'OiîdIpd
ût périr après les avoir aipliquéea (905).
Le serpent Python, dont le nom n'est qo«
l'anagramma de celui de Typhon (90<i), est
assurément un des symboles les plus inté-
ressants du paganisme occidental. Ovidu
l'appelle le serpent îniiOBau, lalerteurdes
peuplea (90T).
« En Grèce, dit y. RoseJly (de Lorgues).
le péché ou le mal se représentent par le
serpent. Apollon, ^Qts du grand dieu, tu«
arec sesQèches le serpentPython.Eeculape,
fils d'un dieu, tue le serpent pAr le bois; et
parce qb'i) a tué le serpent , Apollon eut
déclaré dieu de Ja médecine, il donne aoi
simples leurs vertus. Il a découvert le re-
mède de i'humanilé, et sa renommée s'é^
(end sur la terre; el, comme c'est areo unq
flèche de bois qu'il s tué le serpenir >' est
représenté, ainsi au'Escu'ape, armé de la
* s'enroule un serpent Ce nu
(903) BisiODB, ThéogouSe, 821.
(004) Yof. Apollodorb, BibliothèifM, lir. i, p.
17. — Virgile dtt anmi que "Typhon est enseveli
BOUS l'Elna. (Vomt Vibcile, Eniiie lir. ii, vers
7I6.li
i. (905) SfCClEK DE SiiSV-BkISSOH. JHtMTlùtiOR
mr C»fi\Henticiti de* fragmenit de i'hinoire ptiiiii-
denne de SanehonialhoR dans le» AimùUi de phi-
loiophie ekritiaae, 2- série, t. XVIII, p. 417. -
M. Bouillet en dit autant : < Ëcbidna, monstre moi-
tié femme et moMi urpent, produit par Cbrysaor,
issu lui-même du eaiis de Hédnse. Du commerce
de ce niotislre avec Tvpliun naquirent Orbèr^
rhTdre de Lerae, la l^liimère île Beltérephon, la
Spliini de Tliiibcs, le Lion de Némcc. et plusieurs
autres monstres. i[Bouillet, Dictionnaire univerul,
article Echidna.)
(906) Benjamin Cojislani rcconnail ccUe idcniStë
de Typhon etde Python : i Tjphon, ledicu dn nal
dans h croyance égyptienne, snarce de vice et de
souillure, exerçant sifunesle ItiDuenee sur runtvers
et la destinée des hommes, devient, en Grèce, un
monstre vaincu par les dient. > (Elenlamin Cois-
TAKT, De la religion, \W. x, ch. t.)
(907) OviDt, MiMmorphoue, lir. t, et les Mi'
moiret de t'Aeadimie detiinnivtiOHtetielletAtUMt,
t. III.
DEM
DICTIONNAdœ APOLOGETIQDE.
uni
•ont pai seulement tes mnuT du corps que
vient guérir £sculn[)e. Sa propre statue,
dans le temple d'Gpidaure, le représentait
■assis OH deboul sur un trûne, tenant d'une
main )e bois, de l'autre le serptnt Tsincu
par son loucher divin. Et, de pour que l'on
î>ùt se oiâpreadre sur son genre de euéri-
son, de peur qu'on oubliât qu'il est Te mé-
dmin des âmes, les bss-reliafii de son trône
ttjfursient tous les mystères de la réliabili7
tati«n et de la rédemption future, 1b des-
truction du grand uragon , Beliérophon
iloniplaot la Cliiinère, Persée tranchant la
lAle de Méduse, cet autre nœud gordien
formé des replis du serpent. A cause de ses
bienfaits, il poriait la couronne d'AiiolIon,
«lieu de la lumière, son laurier double,
•igiie de l'harmonie et de la victoire. En
«tfet, le rétablissement de l'harmonie, c'est-
k-dire de l'unité, forme le but de l'essence
de la liiérapeulique....
■« Les uhilosophes païens coaTenaient de
ridentité. entre Esculape et Apollon. Las
MsluiHciens, Proclus et Sallusle plajjaieul
•n conséquence dans le soleil la résidence
d'Esculape, médecin des âmes. Croyez-vous
r'un pur hasard ait mis le serpent sous la
minalioQ d'Eseutapet Pourquoi le dieu
«1» la lumière et derharmonie, c'est-à-dire
de Tunion, est-il le maître delà médecine?
n'est-ce pas^ur a«oir détruit la serpent
Pyihon T Et qu'est-ce que Python, sinon,
«oiunie la Typhon des Egyptiens, l'emblème
du mal spintuetT Point de dwte à cet égard,
ces noms apportent les preuves. Python n'est
qtie l'anagramme de Typhon.» Et qui a re-
vêtu Esculape des altribula de l'Apollon
nylhiun 1 N'est-ce pas ia glaire d'avoir vaincu
l'antique enneiniT Et comment e&t-ildeveou
le-eaHveHr de rhumsiiité?.CompreDez-vous
maintenant pourquoi la prêtresse qui devait
déclarer l'aveuir luulaU aui pieds la peau
éeailleuse du trépied mystérieux ? Veuiilez
vous rappeler que, suivant la tradition grec-
que, Pj thon est tué à l'eulria de la grotte
uu la vûrjfe de la justice divine, ïliémis,
rend sus oracles, buivez cetteîntime liaison
d'images , ei répondez-nous vous-mémus
s'il faut l'aUribuur au hasard (908J? >
J)ans uno légende dos Grecs, un dieu,'
troiisroriué en serpent, vienl pervertir une
Temine (909).
it'aulres Jiitftent qu'une race d'iiommes
/!)0S).ÎUt5Ei,i,T {de tiorgues), De ta mon maut
(9091 Voy. Plutirque, Yie d'Alexandre.
(910) Vqy. Elikn, Û« la nalure it* awlnuiMX, liv.
XII, di. 59: el Pluib, Binaita tuiureilt, liv. vu,
cb.4i.
(911) Foy. Elikn, De la nature de* animaux,
Jkv. XI, cb. i. I Cliitiles llijijous, le sccpenl Caly,
dilU. Boaneuy, élait un mousLrc molt.c femme et
uoilié serpent. • (Bo«>ettt. Du tulle reiida au ter-
penl cket la digirmu ptupUi, diiiis les Annatet de
philtnopkie ehriueniu, i" série, t. )V.)
(912) Vof . Elies, De ta mture dtt nnimaux, liv.
il,ch. IC.
(913) RoiELLT (<Ic LorsiiGs), De la mort «vont
Vttommt, cil. 3, { lit.
élait née de la fumme et du lerfienl; en
appelait à cause de cela ophiogènei (9i
LheE les Epirotes, une vierge pouvaitl
seule prêtresse des serpents qu'ils adoraii
comme s'ils eussent voulu par Ihcoiistf
le souvenir, les rapports nrimilib rit
femme avec l'ange déchu (9(1). 11 m i
de même à Laviniom oit letjeuo»ï
étaient prêtresses du grand serpent que
. Romains y adoraient. Si le teriient neo
geait pas les gâteaux que lui présenUii
jeune prêtresse, on supposait qu'elle t
perdu sa virginité, et elle était luipitojil
ment mise à mort (918).
Pourquoi les Furies, les Gorgone) et
Méduses sont-elles représentées couron[
de serpents, tandis que l'homme neseï
jamais en pareille cumpagnieTN'est-ti
parce que, comme le dit très-bien U. Ion
(de Lorgues), l'aDliquilé veut nous lâ^
entrevoir ■certains rapports entre lejiqi
el la femme? Tout près du serptntj
femmeapparatt. La renconlredu ser[>«t'
fatale à la compagne d'Orphée, princel
Lyre. Unserpent menace Andromèiie.Si
l'arbre merveilleuzdes HespériiJesieni
un serpent. tJii serpent défend l'ippn
de la .Toison d'or. La mythologie du ■
nous montre aussi le serpent Hiilganl;
rapports avec Angerliode, cause de n«i
heurs. Le serpent Sciur porte la parait
l'envie (913J. »
Il n'est pas inutile de remarquer <|De
serpent Hidgard, né de la géante AngerM
messagère des malheurs, avaii puor f
Loke, calomniateur des dieux, rirtistni
tromperies, l'opprobre des dieux elJeibj
mes, brau de visage, mais d'ua cspnll
vers (9UJ.
On dit encore que ce serpent r|
loppela terre de ses replis (915), rij
fiaraltra terrible et mcuaçaot au uiomn
a fin du monde (9irtj.
a Loke, diiltiambourg. est père
Fenris (917J, du serpent Uidgani (9
Heia (919). » Or, ou ns peut s'cmji^i^
fyire un rapprochemeitl , et de il<;i
persuadé, lorsqu'on se rappelle quel
le péché, la destruction, sont eNlrési
monde au moyen de la ruse eiDj)IO[
l'esprit séducteur, que ce ne s '
réminiscence recouverte d'un
allégorique (920;.
(9U) roy. Uallet, Julroduetion i rh>
fiaMiNort, et Benjamin I^hstaut, lit. ii'
Ce dernier appelle ce grand serpent M'ifl
géante Angerliode Auguuabodt, noui "*
pourquoi, prutMblemenl par disiraclion.
(915) fojp. Rmkbuorg. L'Edda n»
avec Ut iraâilient bitliquei,i»as les i**<"''
toiophie ehrélieuiu.
(916] Voy. Arme irilAHfltfite, 1831 ; on f
une analyse reonarquajile des lÙdM.
(917) La deslrucûoii.
(91HJ Le péclië. — On TOÎl ici encore >
vclle orilto|iraplie île ce noai.
(919) La mort.
(DiU) KunioiBC, JUd,
nCTIOLf NAIRE APOUÏGETIQUE.
DE»
Efl Afrique, ce Mot les jeunes- Min qui
WU auiaerées ux Mrpools que Ibs nègres
idarfDl.Les AAîcaitts eroieni que si, an
mniemps, )«s jeunes Glles reoconircnt vers
)eiuiri)iieUioe serpenU l'ipprocbe da ces
■nruires leur tait perdre la raison (93t].
M. de Humboldl, «près avoir reproduit,
i»y a fu dn CordUtirt», une curieuse
MiluretoQsacrée par les Aztèques ^t ^
U^D De nius avons déjà fail sllusinn, ajoute
te paroles re:narquat>Ies : ■ Ce groupe re-
rrte'Dle 11 célèbre femme du serpent Co*
icci-ibull, apiielée aussi Quilasili ou To-
ucadbaa, femme de notre chair; elle est la
m;«^ede Tonacateuctii. Les Hcxicaius
iirt^Jiirnt comme la mère du çcnre liu-
tiui, tl, après le Dieu du paradtt céUate,
Uj^eleuclfî, elle occupait le premier rang
jj.-ciles diviniiés d'Anafauac; oa la voit
li.^aun représeuiée en rapport avec un
{:;iii serptiut. D'autres peinturas nous of-
l'-^l one couleuvre panachée, mise en piè-
<b p.T le grand esprit TeztalÛcopa ou par
liulciï personoIQe, le dieu ToDBliuh. Ces
i-jjfies rappellent d'antiques tradiiioas
i^iAsie: on croit voir dansla femme au
Kftnt de« Aztèques, l'Eve des peuples sé-
•:: qut-s, dans la couleuvre mise en pièces,
^liujeux StirpenlKsIigs (9£) ou Kalinaga,
ui.-.cu |iar Vislinu {^f£i), lorsqu'il a pris la
k;;ut: Ji: Krischna (92i}. »
Il âcmble que nous avons maintenant le
.'v.l Je melLre sous les yeui'de nos lec-
ture, L-oinme tout i fait incontestables, les
•vicieuses cooclusiona de H. Roselly (de
(jr^uesl :
(Il est clair, dit-il, qne le serpent Ggura
ns uo titre et pour une pari ouelconque,
1^5 cet acte mystérieux, dont la scène fut
paradis de la terre, et les spectateurs lei
leliigeDces du ciel, puisque sur tout le
ï.L«, par toutes les Dations et les contrées,
icr^H^ni est pris pour le signe de la perfi?
t. du meoson^e et de la ninrl. Bien plus,
bs la savante Egrpte, il signifiait la science
il*.««tdu rosi. Vbuloir éounérer les
ftic^, les coutumes, les rites de vénéra-
la ou d'horreur dont il est IVbjot, serait
is«r eD revue tous les peuplas et tous les
ties éteints ou vivants. Il n'est rovaume
^uplade qui ait pn s'exempter d'houo-
'OU de baîr ce symbole. Pourquoi atta-
er à celte forme une telle importance T
ur^aoî l'adoption simullaoée de celte
•je dans la rvli^oa du vrai Dieu et dans
ft^iiLsine ? N'entrer oyez-vous pas dans
le Bbîqpilé quelque chose d'estraordi-
I* T Poortiuoi le serpent figure-l-it dans
ïoctes sanctuaires de Uempbis comme
li Ea butte du jongleur de i Oliio et du
Lrié ? Si l'bistoire de la déchéance était
^tire ioveolion, serait-elle, ainsi que la
ai , K«9- Hmi., MciiMNnn it U (M4, article
— * ,'m, BommUv rappelle Cdv avec H. Duhait. _— ,. - .-
-.-. n_ Vichnoti. *'* énlilion.)
■±i , ne UcnoLkT. r« da CcrdBlmi. L Ml, (M5) Koullt (de Lorgnes), De ta »ort
ii JL-Daas 1rs ÀxmaUt, t. î, ]►. », où se iroa- rknmt, ch. î, l Ut
tradition sur le déluge, commune i toutes
tes régions habiléesT Les sauvages du
Grand-Lièvre, de la Tortue, des Longs-Cour
leanx , sont-ils allés la chercher dans la
Grèce, la demander i l'Iran? Puisque las na-
tions séparées par la mer immense, le Isa-
gage et l'orgueil, plus infranehtisables,
u'ont pu se la communiquer, il faut donc
qu'elle vienne de plus loin et soU antérieur»
aux migrations primitives , pour avoir été
ainsi emportée dans les cinq parties du
monde...
■ Ces faits, ces rapprochements, ces con-
nexions portent avec euK ta* meilleure dia-
lectique. Noos bornant à les exposer, nous
vous- laissons i conclure. Notre opinion
vous paratl-elle erronée T Hais alors veuil-
liezoous expliquer comment le serpent, si
inférieur dans l'échelle de la création, ce
vil habitant delà fauge, des bronssailles et
des ruines, a été représenté* fur tes autels,
honoré pat les mages de Badvloup, les pi^
Ires deMemphis , du Gange, de la TarUrie,
de la Chine, des Archipels indiens et des
deux Amériques? Diles-Dflus pourquoi il
est devenu le signe impérial de la luenar-
chie, comme emblème de la sGi(>nce du bien
et du malt Comment aujourd'hui enaore.
dans les immobiles nations de l'exlrénio
Asie, il figure sur 1» cachet des empereur»
et les étendards des armées? Si ce n'est
point & cause de son rate dans la cbiue ,
trouvez un autre motif. Et si l'importance
universelIe-du serpent provient du révit-
de la décbéasce, donc ce récit parut dans
l'origine assez justitié f>our mériter' une
créance absolue; donc il fut antérieur è la .
dispersion des peuples; donc- cette trsdi*
lion est primitive. El alorS' la théorie ds
progrès continu s'abîme pH- sa liese, puis-^-
que le fétichisme initial et progressif fut
impossible. Non-seutameut la Sgure An
serMUt ijénésiaque n'est |>oinl fatale au ca-
tholicisme, mais-elle- réhabilite sou eo$el~
guement, et de nos jours encore, selon l'i-
mage des Israélites dans le désert de Bor-k.
les morsures cruelles laites i la fui par Itt
serpent calomniateur du siècle dernier-sAnt..
guéries h la vue du serpent historique et
posé-sous son véritable aspect (925). K
I m.
TndiUoDLDOiTeisetles tur les tram at ta mutirit angw
ifiprès UiTel et Ben^in^ttUoL
Tradifioiu dtt Biidout nr lu anget
et lei démtiu*
m L'univera est peuplé d'une foale da
divinités chargées do missions spécialea el
désignées sous les noms génériqutsde dA-
vu, (futwns géuies», et d'aaawrof, 9U g^
oies malfaisants, »
veM les âwres dece»pws«>Mies-(ïf^. sarErii'
cbDs ou bichDS. U Cknn et CtMitgiU (t AUcsu-
gnel, ■■• puUe, Umoignaje des paieas, L U 4e b
î~é-
DfC-nOïfminE Af>OLOGKT]QUK
a Le» déTBSsoRt (ifusque louiours en
Suerre avec tes asouras. Dans les com-
aU qu'ils, sa livrent, les uns et les au-
tres sonl sujets aui blessures et à la inortt
mais leurs gevroui ou atchAryat, qui sonl
leurs directeurs spiriluels et leurs méiie-
cIds, les guérissent et lesroppelltint à la
Tie. Les devss sont au nombre do trente
crores ou lrolseeQtsiiiillions;et les asou-
ras au nombre do quatre vingt crores ou
huit ceiils millions; ccus-cî sont voués 6
Siva; les autres b Vicfamni.' ■ (Clavel, Bii-
loire des rtligiont, lîr. i, cb. 3, )
Traditioni Aindou» lur la ehutr dit a»gtt
identifiée avec celte de Phamme.
■ Dans l'origine, les intelligences cé-
lestes formaient une multitude de légions,
commandées par des chefs iisrliculiers, qui,
-à luur tour, obéissaient aux trois di*inilés
stipérieurea :Bra)ima, Vichnoa et Siva. Ces
inielllgences jouissuient d'un înitaense
|>ou<oir et d'une félicité sans borot^s. Heu-
■ reuse» d« leur condition, la plupart d'en-
tre elles ne cessaient de chanter les louan-
K*sde l'Etre souverain, ul de se monlier
les dociles roinistros de toutes ses volontés.
Les autres, au roolraire, qu'on nomiBsit
atoNrsf , supportaient imiûtiemment le
joug salutiiire auquel elles étaient sou-
mises; car l'orgueil et l'aicbilion avaient
trouva aecès dans leur Ame. Cédant aux
suggestions de Uabediâsoura, tuur ebef,
ils levèrent eoQn l'étendard de la révoKe
et Idntèrenl de s'emparer du souverm-
uieot de l'univers. A la oeaTelleds leur
rébellion les angea Gdiles furent frappé»
lie surprise et d'indignation : tt, pouF (•
firemiére /oii» fa eiel connut ta douhyr.
Cependant, avant de sévir contre les cou»
pa)»le3rl*Uemel voulut essayerrfe les foire
rentrer dans le devoir par la dooceur et
la perauasion: il leur députa donc les trois
éiMnalioas directes, Brabms, Vivhnou et
Atva^ qui fh-eat d'inutiles effoits pour las
ramènera de meilleurs sentiments. Alors
Uiea investit Siva de sa tout&'puissancc,
et lui ordonna de cbasser du Swarga les
«Eourss révoltés et de les plonger dans
l'abJoifl. Biais o'élail une entreprise diili-
cilu.; et, quoit^'elle Qt, l'année entière
des dévaa commandée par Indra, ne put
|)srv«nir à la réaliser » la lutte fut ionguo
et acharnée; i la fin îfabecbâsoura, méta-
morphosé en bufn», apràs avoir soulen»
pemlaol eeot ana ëes combats conti-
nuels, v«inquil hidra et les -siens, et les
«xpulaa eusKiiéme» d«a Uemeums céles-
tes. • (CuvBL, Bittoire dtt vet\g,\9iu liv.
-1. cb. 5.)
Traditiont cMnmier dei Tao-ne aw Valait
idenlifiéei atec celhi du détuge,
«' Il éclata da'ns 1e 'ciel une l'évOllâr dont
Kong-Kong fut t'insligntenr et le chef.
Pour rendre l'univers mitlhcureuir il excita
te déluge, brisa les liens qui unissaient
hj cîol et la terre, et accabla les hommes di>
laiildc maux qu'ils ue pouvaient lessuppor-
ier. Êaïuade comiiassiun pouf les souJraa-
ces de la race humaine, Niu-Va déployiiej
forces toutes divines, nombattitKong-td»
le détit entièrement et le i^ass». CbUbtIc!
loire dbtenue, elle rétablit lu miatre point)
cardioanx. > (Ci.&rKt, Bitànreia rell^Mt,
liv. n,Gh.i.)
Traditiont ektnoiteide» Too-ue nr Ici«j|ii,
ta som/j et Iti dtfnoni. .
« Le ciel, la terre et les enfers udI pu-
plés de génies de diverse nalure. liDiii-
diatement au dessous de Cbang-TI, os
le souverain suprême, sont les cir.u Cbing-
Ti secondaires, ou les esprits des élémenb,
qui président aux cinq parties du ciel,m
cinq saisonadont l'année se compo»,!»
cinq dynasties qui doivent tour ï loit
régner sur les dynasties du milieu.'....
A la suite de ces cinq génies vieiuieiil
dans l'ordre hiérarchique, les Atm, ou siinQ
c'est-à-dire les dmes des hommes (\ai,fs
de pieuses pratiques, et par l'eiercindi
de toutes sortes de vertus, ontmériith
retoorner 6 leur source divine. Proslmib
aux pieds de Cbang-Ti, ils nsKecI di»
les délices d'une éternelle félicité.
' '■' Êiifini il y a des esprits œilfiismli
nommés tehimoet, lie-cMn, et plus cqia-
munémcnl, ngo-kautl. Ceux-ci vivenl «
hostilité continuelle avec les boffliD» H
avec les chin. Sans l'intervention des lle^
niers, ils ne manqueraient pas de Iran-
Wtr les airs, d'cKiter les Tents elleioit-
ges.
» lis eOrayem l« monde par la tw"»
site d« leur nature et par l'énormili iN
leurs crimes. Tel firoce tyran, telle «m*
aux conseils funestes, cités avec opproM
dans les annales de l'empire, n'élBi^n'^
réalité que des ngo-kouei déguis"' '
fCuvBL, Biitoire des religioni, 1"-^
eh. 4.)
Tradition de* Eg^tUnt lur Sata».
■ Le principe du mal «I du désordre ^
Typhon, frère et enneipi d'Oairis.» (Ciii"
Biitoire de» retigioAé, Ut. h, cb. *.]
TriuHHonë du 3rend-Âvala mr In i»$n
■ Au moyen de la parole (honover], Ol
muzd fabriqua l'univers. D'abord il ci*
son imagosii génies, nemoïés-lniKfi'wp"
qui entourent son trône, qui sont ses (H|
nés auprès des esprits inférieurs, anpreia
hommes, qui lui en Ironsmeltent lespnW
obtiennent pour eut sa faveuretlui sene
eux-mêmes de modèle de pureté et « p(
fuction.
■ "Orrnuïd créa ensuite des gôm« J
deux sexes, nommés Ixedt.au nomljft
vingt-huit, qui, do concert arec loi e'V
les amschasfiands, veillent au bonheoM
pureté, h la conservation du monde, «
ils sont les gouverneurs. Us servent p»"
lement de modèles aux liooimes, et « j*
dent les iulorprète» de leurs vœuï «^
leurs |iriérce>
UCTKKlffAmE AI>OU>GETIQUE.
(Ofnmi(Ier4»,eDoatre, nn irDi9ièro»or-
^8 d'ctprils pars, inSoimefil plus nom-
Imui que les premiers ; n sont les fé-
nteri, protDt>pes, modèfes de (oin les
(iTMj idéi'S qtte Je premicr-né du temps
un bornes coDSulie loojours avanl de pro-
(Her ï la formation (les choses. Par eux,
tout Tii diDS la nature. Us sunt placés au
Mtommedes seolinolles vigilantes con-
hAbrimaQe,eL ils portent h Ortnuzd les
rrJtmdes hommes pieui, qu'ils uroléxent,
Slljptirjflenl de loatei souillures et «ffran-
iseol de tout mal. ^> (GLAm, Bistoin
ImrtiiqwKt, llr. u, cb. 1.)
Iradillant du Zend-A^tla nir Satan.
• Firopposilion à la lumiëre^b Ormuzd,
■fuirent tss ténèbres ou Ahrimane le se-
■il-né de l'Eternel ; le maiiTais principe)
IttHircede loutA impureté, de tout vice,
kieul [nal. Emané, comme Ormuzd, de la
■MrcprjmitiTe, et non moins pur que lui,
■iiaœbitieux et plein d'orgueil, Ahrimaoe
)|ild«Tenu ialoui du premler-né. Sa haine
lun orgueil l'avaient fait contlamner pat
m sujirËiQe i habiter, pendant une p^
m de douze mille ans, les espaces que
wiire aucus rayon de lumière, le noir
ftùrtdei ténèbres. » (Clavil, Aiifffin dtt
■|ini,liT. iv, ch. j.)
BidiiiMi du Zmd'Avttta ntr ha (Umoni et
nir leur révolte.
«hiiinl (ja'Orrouzd créait et disposait
wrtowj pures, Ahrimane ne demeurait
[Boii/f.fle son côté, 11 donnait l'existence
inciDiillitude d'fitres malfaisants comme
■L Jai sept siQschaspands il opposait
minki-4m, destinés & paraliraer leurs
pni pour le bien, et à mettre le mal & sa
iPonr résister aux izeds et auï ferouers,
viinine produisait l'immense cohorte des
^' qu'il efaafgeall de réjtandre dans le
Mêles douleurs i^jsîques et morales,
Mmué, ii calomnie, rivresse» les mala-
*». 1» piUTrelé.
■fi r "iil, en outre, das génies d'un
Ht inférieur, auxquels les arcbideTS et
•"en commamiaienl, et qui eiécutaient
■Péraenl leurs ordres.
•m* deux ertfalions, céleste et infernale,
"wt aubof ées ; mais Ormuzd régnail en-
« jeol sur la terre. Il s'était écoulé jus-
►Jueui périodes de trois mille ans eba-
■*- Au comnMDcement du Iroisiàme Sse,
*Hire dans la eoura du septième Jes
«» millénaires, Ahrimane, A la léia da
«K» de»a, Ut invasion dans l'empire
J^utd et iwvint jusque dans les cieiix.
««f^n*, éUit si lém<3rBire, iiue, dès tes
"Weri pfli, l'arma àt» ders s'arrtta, et
P*Knra«ia lui-ai«Bia ne pnl se défendre
^ •*'*»*f«aBt de erainte. Néanmoins,
"* M forme d'un serpent, ii s'élança du.
iml' '','<*"• pénétra jusqu'au contra
«wre ptioète . s'iusiiiua dans tout ce
flQ 'elle contenait; dnns le taureau primor-
dial où étaient déposés les gi;rmes de toute
«ie orKaniqne, qu'il altéra; dans le feu, ce
^ymbofe visible d'OrRnuzd, qu'il souilla par
]é contact de la fumée de la tetre. Après ce
premier succès,* Ahrimane et les siens,
seolant grandir leur courage, s'élanceront
de nouveau vers leciel, répandant do tous
calés l'impureté avec les ténèbres. Hais ce
triomphe du mal fut de courte- durée. Ue-
vena bientftt de la surprisa où. l'avait jeté-
celle agression soudaine, le premier-ne du
temps sans bornes réunit autour do lui les-
amschaspands, les iteds, 1er ferçuers, les
hommes justes, et, avec l'dide de cette in-
nombrable armée, ii refoula l'ennemi daiis
tes profondeurs de Douzakb, après uû com-
bat de quatre-vingt-dix Jours et d'un nom-
bre égaf de nuits.» [Clavel, Bûtoire dn
rtUgiont, lir. ir, cIk 1.}
Traditiont d» tinteUme japùnaie tur le* o»-
gei, Ut sainte, lei démons, la ehult.
- m Les atpl Kamis sont les esprits céles-
tes, s
. « Le ciel est peuplé d'autres sin, qui ne
sont que des hommea déifiés pour prix de
leurs vertus nu de leurs exploits, et que la
nation regarde comme des génies tutélaires.
On doune à ceux-oi le nom général de sion-
jr«->tn.
■ Un éuorme serpent enveloppe de deux
replis de son corps te tronc de I arbre du-
quel toutes choses sont issues ; deux génies.
Celui-ci h tète de chien, celui-l}i \ tCto do
cerf, serrent dans leurs mains la gueule du
S'irpeni; Is queue du reptile en contenue
par les efforts d'un sin et de deux rois, l'un
desquels a quatre visages. • (Clavel, Bis-
loire des religions, lir. ii, ch. s.}
Traditions des Eddas tur les démons tt-sW'
Satan.
« Indépendamment de tous leurs dieux,
les Scandinaves eu admettaient plusieurs
autres dont les penchants étalent mauvais.
Au premier rang il faut placer Loke, le cu'
lomnialeur des dieux, lesrand artisan des.
tromperies, l'opprobre des dieux et de&
hommes.
a Loke avait un beau visage, mais-sef in-
clinatiODS étaient inconstantes et son esprit
méchant. Souvent il exposa les dieux aux.
plus grands péfila,.at, cuaqiM fois, il les en.
garantit par ses artiâc0S;.il avail pourfemmo
Signie, qui était aussi cruelle que lui ; de
celte union naquireut Nare et plusieurs au-
tres Dis. Loke eut aussi, do la. géante An-
Ïerbode, trois redoutable» enfants : le loup
«nris, tu grand serpent de Midgard ((» de-
meure du milieu), et Héla (h mort). Celte
fbmille de mauvais esprits se complétait par
les géants et les nains. ■ (Cuvel, Biitotn
des religions, lir. iv, eh. S.)
Traditiont du ckamaniime tur lu ongti tt les
saints.
' I Suivant les prêtres du oliainaiitsuB«l'£*
fôl
KU
MCTHWNAIftE
Ire si)|>r6ino a parfafti le gouvAroement du
monde et la direclioii des destinées de
l'homme entre ua grsod nombre de dieux
inférieurs, bons et mauvais: les premiers
obéisseni direclemeot k ses ordres; les der-
niers dépendent du chef appelé Boun pap les
Tongouses et Kanoa par les Kamtchadales.
Cette espèce de Satan supérieur occupe
\v premier rang après la Bifinité univer-
selle
;■•
« Outre ces divers esprits, les cbaaiaas
vénèrent encore leurs aïeux, leurs héros,
et les orèlres défunts, comme autant de
saints Joui les dieux se serTenl en qualité
de conseillers, et qui intercèdent auprès
d'eux en faveur des vivants. » (Ci.*tbl, Ai'a-
toire dtt rtUgiotu, lir. ii, ch. a.)
Traditions dei Slavet lar Ut anga et Ut dé-
tRfffK.
« Aa-dessoas de toutes les divinités les
Slaveâ plaçaient des génies de différentes
sortes. Le domotroî. que tes Polonais appe-
laient Numiia» el les Moraviens Stlok$,
lilaienl des esprits domestiques.
H Les goslos élaienl des esprits malfai-
sants. Un d'entre eux, Harovit, qu'on nom-
mait aussi Kikimora , était represeDté,8veo
une tète de lion, des bras ramassés, couverts
de plumes et d'écaillés, el une longue robe
il tleur5. » (Clavel, Histoire des religiotu,
liv. IV, ch. 3.)
Traditiont dtt Slavet sur Satan. *"™"
■ Czernobog (le dieu noir), ou ZIelog (le
dieu malfaisant), répandait parmi tes hommes
l'infortune, la douleur et la misère. On le
ligiirait sous lafbrme d'un lion debout prêt
il s'éluncer sur sa proie et entouré des ima-
ges de la mort. On lui offraiL des sacriiîces
sanglants. » (Clivbl, Biitoire dtt redgiontf
liv. ir, cb. 3.)
Traditioiu dei Péruvimt tur Satan, f^
■ Ils opposaient au dieu suprême Cupaï,
esprit méchant, auteur du mal, dont ils ne
pronongaioitt le nom qu'avec tous les signes
d'un profond mépris. » (CLiria, Bittoir§det
ritigtont, lir. m, ch. 6,]
Tradition dtt Virginieni tur Satan.
1 Le mauvais génie, disaient-ils, se préoc-
ciipail essentielTemeni des choses de ce
inonde; it se plaisait 6 enfanter tous les
innui, i bouleverser l'ordre de la naiure. »
(Clavbl, Bitloire det rtHgiont, lir. iii,
•ih. S.)
Tradilivni des Eliront et dtt Algonquint tur
^ Ut ange t.
■ Ils pensaient que tout homme avait un
génie lulêldire qui, à l'exemple de nos an-
Ïjea ganlicDS, l'averlissalt de ce qu'il devait
■ire et de ce qu'il fallait éviter. Ces génies
étaient appelés okki par les Huroiis, mam-
(ou par tes Algonuuins et par la plupart des
autres peunltis de cette région. Chaque
guerrier adoptait un symbole qui repré-
MDlail i ses yeux H mtujilou jirolcctcur.
APOtOGETIQUE. DU {jj
Il s'adressait k lui dans les antrsfirisu pé-
rilleuses, ou lorsqu'il amliitionDiit qnctqu
faveur particulière. » (Cutsl. Aitiiirt fa
religiofu, liv, m, cb. 5.)
. -^ Traditiont det Fhridieia iw Solm.
• Ils croyaient aussi i l'eiijtence il'oa
manvais génie appelé Toia, qui eontntiiit
sans cesse les desseins bienfaisants de ti
Divinité. >(Clatbi.. Eittoirt dtt rctigiMt,
liv. III, cb. ».}
Traditiont det Tapuyai sur Salât.
■ Ils adoraient un génie inilIéisBni ip.
pelé Boneha, qui commandait i d'iairti
génies de même natare, et qui voulait^
imploré avec mystère. Toutefois, il stu^it
se jouer des prières et des vœui qui Iil
étaient adressés, et le caprice seol M le
mobile des faveurs et des grkei qallK-
cordait. » (Clatel, Bittoirt du rdijii^
liv. Hi, ch. 7.)
Tradition! det Caraibet sur let oiijrctSlii
àémont.
ïï ■ Absorbée dans la jouissance de tw
bonheur ineffable, la Divinité suprétna éljii
indifférente i la destinée de son ffUTn,rt
ne songeait pas même h punir les oflttim
dont elle pouvait être l'objet de la pirldes
mortels. Elle avait abandonné le gouTeme-
ment de l'univers à des dieux stcondiirti
ou génies, d'instiDcIs ai>posés, qui si li-
vraient des combats perpétuels. L« m
appelés chement, étaient essentiellenital
bons ; ils pourvoyaient à tons les Itsam
des hommes et les protégeaient conlrelH
attaques que leurs adversaires dirigeaient
sans cesse contre eux ; les autres Domioà
mcÂoyat, ou ximei, sa plaisaient, la coo-
traire, à répandre tous les maux danili
monde, d soulever les tempêtes, i liaccrlt
foudre, à enfanter les épidémies, la diseli*
et mille autres fléaux. » fCLàTKL. Biuvn
det religioHt, liv. m, ch. 6.) ,
Traditidnt dtt tauwaget de la CtlomiU
tur Satan.
« Le mauvais principe qu'on appelle H
Yrocan, on Onattpa, ou Jo1okiaiuo,ié\vi*
à nuire aux hommes, k rendre les boisdf
serts et la terre stérile. » (Glatbl, BMef
drt religioni, liv. m; ch. 6.)
Tradition det 7uainamA(M tur Ut enjti,
Satan, Ut dfmont, riMmorinliii. j
■ Les bons génies, aiioïaneuës, dépn
daieni directement deXupa; ilséUientlt
exécuteurs de ses décrets souverainï, IJ
instruments de sa bienfaisance; cétiirt
eux qui, saivant les besoins de !■ terre
dissipaient les nuages qui JnterceptaieolK
rayons du soleil, ou faisaient tomber H
rosées ou les plaies fèeoodaoïej- I^
oniaoupins ou mauvais géDies,Bvaieiiip("<
chef immédiat Géropari. Ils répandaieni i
stérilité sur tas campagflss , faisaient m'
les maladies et tous les autres Béaoi q<
affligent l'iiumanilé.
a Les TupinamboB croyaient k uoa "
mCTlONNAIRB APOLOGfiTIQIIG.
DEU
EiâUM* àa Unem pnMir« nr l'erairira im'lb e*eF<
niettBrlulKMMiaAvtat I* (enue daIeau*-Cbrat
tiHCliccsaitlDD mfrïculeiue des ondea ileputeb
fgUciUin de L'Ennglle.
• E( qno IcMu colKnr, publicain deoram
open Beno MMit ; neqne mirvm, si tin
Mollit «nnispeateclvilasTexatureum Mxtn-
bpiat et altl dit lODge alulDt ib ea. >
(PMFm. apod Eon*. Fr«)>. »., llb. v,
op. 1.)
I. - Si la démon a pa exercer quelque
pouvoir sur les hitannes, c'a élé ou snr la-
cerps par (tes mBladies, ou sur l'esprit pdr
M impeslares.
Cm nn lait, les hommes instruits par
une Irtdition presque aussi sneibnne que
If. inonde, ne doutaient nullement de
Teiiilence des déœons, non plus que de leur
{«utair. Avant lésus-Chriattous lesjiaïens,
t'ïU-ï-dire tous les huoames qui n étaient
fifjaifs. regardaient les dénions comme
•rsdJTiDÏiés subalternes, qni avaient Iftdi'
ndioD des choses humaines, et Hânaodre
ki appelle dans celte idée Hvn^uytl ts6
Sm, comrae on diroit Guidtt aertli dtM
loiifflu dant la çarriire de la vie. Aristote
ftwi fu'iV faut réduire tout i vue leult lub-
UiiMt pTimilive el i plutieurt mbttanctt
tthtrionnJu qvi fouvtnmt tout eilti (H c-
ti|<h.iiLi. UT, c. 8, p. lOOe. Edit. Paris, 1629).
Tdtiiit sans doute le démon do Socrste,
iiuii(esique le fait soH réel, comme l'ont
(nites savants r iD^rne trés-peu crédules,
if'i qoe Uclero ( Bibt, ckou, , t. XXII.
f>.4«,i. XXIII, p. 236), et d'autres,sur la
Mi d* Platon et de XénopTion, fliseiptes de
ngrind pltMosopbe,^ qui' assurent que son
^on ou son t>ut> génie ne IVivail jemai»
rwKéàrieo, nMis le dissuadait de tout ce
fol pouvait lui être nuisible. \H ajouleot
^epar ses secrets avis il avait préservé et
>iii eues amis de bien des malheurs, ettjue
<«utqui na le» avaient pas suivie areiefit
M coBtUflimeot siijel de s'eit repentir.
Les Juifs, qui joignaient k la trsdi-
IîodIvs lumières des éorila sacrés, étaient
plut portés k regarder les démons comme
^e mauvais ef'prits auxquels Dieu per-
iwiuit de punir les hommes, en les sf'
hgaiiH par diverses maladies. Ces mala-
die* étaient réelles, et semblent avoir été
Has fréqventes dans les temps de Jésus-
tliriii : ce qD«4Dieu permit peut-être pouc
toofondre le sadaeéisme chez le^ JùiTs ,
iiliihéisme d'Epicore lurmi les païens, et
pour éloigner ou affaiblir <iu moins dimx
ptod* obstacles capables de retarder le*
KDgrtt de ilivengile. Il est visible d'ail-
IminqM Âiva le perniil pour répandre pi»s
rfMlMiur Ib niniflère de son Fils, liesl
tOHitotuueNotre-Seigneurgui^rilun graud
iuubre de ees sulades, de l'aveu même
^t iuits, qui disaient qu'i/ thaMtait Uà
iiidiiu ptrBeth^uth firinee du diabla.Oa
«'iilhQGore les 71 disciples levenir pleins
lia joie, tu disant i Jésus-Christ : Seigneur,
'tt dc'moiu mtmii nout iot^t asiujeltu en vo-
tre «em (lat, x, 18.) On ToM aussi les apd-
Ires tantôt délivrer les hommes de la puis-
sance de ces esprits, tantôt leur livrer des
coupables, comme aox exécuteurs de In
vengeance divine. C'est ce qu'indique ce
fameux anathème de saint Paul contre t'in-
cestueox de Corinthe (/ Cor. r, 4et5):
Youi, H mon ttpril ilatU atiembléi au nom ie
f{olre-S»igntiir Jésuâ-Chriit, avec la puittanee
de Notre- Set^eur Jéeue-Chriet, j'ai déjà
jvgé, comme lif était prêtent, ^ue aeltU qui a
eommii une Mie action toit livré à SataUt
afin que ta chair leit détruite, el que ton âme
eoil sauvée a» jour du Seigneur Jetue-Chriet,
Ces termes livré à Salan, etc., onl élé ex-
pliqués per de ssges interprètes, mie dant la
puitsanee du diable, peur être tourmenté et
affligé par dtt maladive.
Au reste, pour nier que les démoniaque»
oui furent guéris par Jesus-Chrislet tiar ses
disciples étaient réellement possédés du
melin esprit, il hudrait nier absolument
tous tes Evangiles. Les auleers de ces saint»
livres 7 évitent soigneusement tout ce qui
eAt pu donner lieu de croire que ce n'étaient
que des maladies d'un genre ordinaire; et
il De paraît point que les anciens chrétien»
aient mis dans ta classe dos démoniaque»
les fous, les épilepliques. ou les personne»
travaillées d'une DOire métanoolie.
On voit d'ailleurs dans les livres sacrés
les démons contestant avec J^sus-Christ pnr
la bouche des démoniaques. Qu'avone-noue
i faire avec vouf, Jéiut, Fils de DieuT Etet-
voue venu ici pour noue lourwienfvr avant Ir.
tempt? [Uauk, vin, 29} Quavone-nout à
faire atee vaut, Jétue de Nazarel\f Etei-
toui eniu poar nous dArut'ref Qu'ai-je à
faire avec tout, Jéeut , File du Trie-Baut T
A'e me tourmentex point, je vous prie. {Luc-
TU, 28.)
De telles plaintes ne pouvaient être attri-
buées au malade délivré par Jésus-Christ
qu'en supposant que te démon forçait se»
organes k les exprimer, Los termes que
aaint Marc (ix, 35) emploie dans l'histoire
de l'cnfenl possédé , Alart cet eepril ayant
j£lé un grarùi cri et l'ayaM açité avec beau-
eoup de violence , en eorlil, joînl h ce que
Motre-Seigneur ajoute (r. 28), Que cette
torle de démon ne pouvait élretkatté quepar
h prière el par le jeûne; tout cela, tiis-je,
ne laisse aucun doute, ni sur le pouvoir
tiercé par les démons, ni sur la pui^Ancer
divine qui les chassait des corps dont il»
l'étaient rendus maîtres.
C'était déjk beaucoup que les malins eS'
prit» eussent reçu la permission d'adligerl»
corps des Iromme» : maia était-il ea leur
pouvoir d'influer sur leurs peoaées.de car*
rompre leurs comirs. et de les entreteer par
leurserliëces, on k l'idolltrie, nu eu orimeT
Je sens combien il est délicat de toucher
k ce genre de séduction, k cet empire secret,
qu'on 0 souvent attribué au démon, cl qui
sembla n'avoir été imaginé, ou porté «i>
delà de ses légitimes bornes, que pour cou-
vrir le Iionlous abus de la liberté t mais t(
y 0 up aHjIre étueit non «oins Jwigorcuxy
taê DEH IMCTKKVUIRE APMAKETIQUE. DEM ««(
«t il r«ut qu'il Mit bien digne de noire at- d'autres synonymes, s'ils ne doqs peigniai
teiition, puisque c'est Bayle qui oous l'iu- pas les arliBces qui ont été laîuësiu pou-
dique. La rahon, 4it ce* philosophe, fournit Toir du diable puur altaquer rinuocBDia d«
de forlu difficuUét contre Vimpire dw cfio- l'homme, lanlfit par les atfraits de) ptiisb,
Ut, fondées avr ieg nolionê qne t'oa a de la tanidt par l'éclat de l'or, d'autres fois pir le
tayeiieet de l» bonli deOieu: mai* c'ett une relief de l'autorité et des distinctions. Si le
entreprise fort ténéraire, pour ne rien dire démnn a eu l'audace de préseoler su Flli
de pit, que de «ou/otr accorder avec l'Ecri- de Dieu mCnie la pnmpe des royaumes, ill
ture la rti'xtion de tout le pouvoir du diablt a osé se flaller de le séduire h lafaTcurde
(V. $on Diction, au mot Rufgieri, aot. D.); l'jiumsDilé qu'il a?ait rerëlue, quel fond
et lorsqu'il parlp, en divers eudroits du n'a-l-il pas dâ faire sur nos passions, lut
môine ouvrage, des moyens par lesquels les notre ignorance, sur notre faiblesse T El li
espri<3 bons ou mauTais se communiquent de simples mortelii ont queiquefoii laol de
sus hommes, et en particulier des appari- facilité à nous corrompre par les nises, lei
lions et des songes, oa est surpris de le pièges et les dégaisements de leurœiiict,
«oir ébranlé et avuuet* que de tels faits* quel STanlage n'auraient pas surlesbom-
dont l'univers est tout plein , embarrassent mes ces esprits déchus, qui joindraieni l
{lias les esprits forls qu'ils ne le témoignent- un cmur envenimé pour oolre perte (9îS),
lest étonnant, à la vérité, que des gens qui toute la supériorité de l(;ur génie!
sedonneDijpour philosophesse laissent per- Que s'il leur a été permit de niettreï
suader de faits qui sont peut-Atre autant de l'épreuve la raison humaine, oa de l'affui-
j'ables, tandis qu'ils rejettent sens hésiter quer par leurs prestiges, si ces malbeureut
les mystères et les miracles de la religion esprits font leurs délices des erreurs a
chrétienne. Jfaùiditle Clerc, dans le JraiV^ de Is corruption du genre humain , quel
de rineréduUié (part, i, ch. 1, p. 321, let in- plus beau champ pouvaîent-îls avoir que
crédulee y ajoutent fui, pendant guUerefu- dans le paganisme, d^6 peul<èlre leur ou-
unt de croire l'Etangile, parce que ce$ sortei vrage? Et où pouvaient-ils mieut placer
d^opiniont n'ont aucun rapport avec la eon- leur art détestante qu'à soulonir une reli-
duile de la vie, et ne sont nullement tneom- ligion oui justiHail le vice par l'eiemple '
patiblei, comme la morale chrétienne , avec même de ses dieux T
Uurt mauvaieti habitudea. Pour appuyer une telle reliçron que \<ot-
Le savant Gérard Vossîus (Epitt. dt Py- valent-ils imaginer de pins imposant que
thoniua Saulit), dit avoir souvent remar- l«s oracles oui annonçaient la volonté on
que que cens qui niaient l'opération des dieux et la destinée des hommes, dans dei '
mauvais esprits, ou faisaient peu de eau de temples magnifiques, avec tout l'appireil '
l'anlorilé des saints livres, ou en avaient des mystères, et de ce qui a coutume d'io- '
peu de connaîsaanee. En effet, outre qu'il spirer une vénération religieuse,
fiaudrait, pourautoriser cette négative, nier >< Mais tout ce faste consacré couvrait de* j
riiistuire de. lA tentation du premier hom- botreurs dignesde la religion qu'il appuyaiit I
me [Gen. m, 15}^ et de celle de Jésus- at les oracles en particulier aulorisaieni \
Christ (Matth. iv, 1), quand nous lisons la tant de crimes, qu'il ne semblait pas queli
parabole du semeur, où nous voyons ces dépravation humaine eût pu suffire pour '
termes formels ; L'ennemi gui tème Citraie, les foirer. On est frappé de voir que rei |
c'est le diable (ifo^lA. xiu, 39), ou ces paroles oracles qu'on disait venir du ciel exigeaient ;
de saint Pierre (/ Pttr. v, bJ : X< diable, des victimes humaines, admettaient dam '
votre ennemi , tourne autour de vous comme les temples les impudicités les plus moits* ;
un lion rugissant, cherchant qui il pourra dé- trueuses, enseignaient la magie , incitaieni
vorer: et celles-ci encore : Simon, Simon, aux guerres et aux séditions, déeernaiebl :
Satan a demandé à te cribler eomwu le blé : les honneurs divins è des scélérats, ineul' '
mais foi prié pour loi, que ta foi ne définit quaieut le dogme d'un destin aveogleet |
pejnf (£h«. XXII, 31} ; lorsque oous pronoo- inévitable, principe affreux qui renrerse ,
fons l'Oraison Dominicale : Délivrex-nous toutes les lois, autorise tous les crîmesel
du matin, ou que nous voyons Satan entrer ruine toutes les vertus parmi les hoiniDes.
dans Iscarieth (Luc. xxii. S), ce qui est et- C'est ce que Eusébe , Clément d'Aleian*
Îrimé ainsi par saint Jean (un, 2 et 27): drie, Tbéodorel , Orîgëne, Atiiénagore éta*
e diable ayant mis dans le cœur de Judas blissent avec la dernière force, et c'est sut
Istariolk te dessein de trahir Jésus-Christ, ees fondements que le* anciens ebrétieDS,
etc.; si nous aioutons la manière dont le les auteurs ecclésiastiques, et générale-
dteigpe saint Paul 0pi«». ii, 2) : Le prinet ment tous 1« Pères de I Eglise ont reeonxi
du puisian€m de tmr, eit esprit qui ofit le démon pour l'auteur de l'idolâlrie «I <1«
dasu lesrtbttks; ou eoiBroa l'exprime saint oracles en particulier. Tous ont cra et«^
Jean (7 Joau. j, 19), en parlant de celui qui sei^né que les démons s'étaient, emparés
est né dt IHeu...l€ malim esprit ne le touche des temples où se rendaient ees oradts.
peJK/, quesigoifleDltouioespassagesettant pour soutenir plus efficaeemeot KidolUn*
OM) U lariRuge des Pères en Ici d'aicord avec Dieu. » fCïPRu»., lib. De idol. eanii.) El mîbi J^
eoel de rEcriUrtf. « Cet esprits perdus, dit saiirt dit : < l.>iicien serpent qui est appelé diajite ei »-
Cvprica, m cessent de Invailler i perdre les hom- lan, qui séduit tout le monde, flil précipiic, > O^
mm, <■ In détouruni du vrai eut» qui est dt à {ipce. xn, 9, et ».)
m Kl THCTMNNAiRE
au pr^udica du culte dn Tmi Dieu, et (]ue
sins élre capables de prédire l'aveoir, il
éuit ds leur pouioir de Taire illusion aux
hommes par ues réponses captieuses et par
du preslifies (030).
A la vérité, ils ne croyaient pas, comme
la leur imputaient par erreur Van Dale et
FoDtenelle, que ces oracles fussent ren-
doi par des idoles en vertu d'unpouvofr
BUgiqoe, mais par des prêtres et des prô-
Iresses inspirés de is prétendue fureur re-
ligieuse parles démons, nuteurs des su-
perstilions et des fuui mirncles du paga-
pisme. Théodoret(/ii{n'prrf. tn ptatm, cxiii]
l'en eipli^ue foriDelleraenI, de môine que
Aihênagore (Apolog.), Loclance (II. 18), ni-
RDlius Félix [inOclavio), Tertullicn, etc.
(tu ipotog.), è quoi saint Augustin (lib. Dt
airml. dam.) ajoute que, quoique ces
oncles ne fussent que mensonge ou que
conjectures, ils D'éiaient pas inoius leur
tuTrage.
La rapidité arec laquelle on jugeait que
CM êtres pouvaient se transporter, une
(onoaissanee plus inlîme 6es signfs eslé-
ncurs, une pénétration rasie dnns la com-
biniiion des choses humoines, pouvaient
let rendre capables d'opérer de pareils pro-
diget.
, Kiis, outre les motifs que tes Pères ti-
ntent de la nature de la religion païenne
ddc celle des oracles, si projires à accré-
dite In erreurs les plus grossières, ils foii-
iiiMl leur crojance sur l'autorité dts li-
"w ïrinement insjiirés. Nous y voyons
wiemeiilioD fréquente de l'esprit de Py-
i^n,(|es pytlioiiisses et (i^s oracles révérés
cliei les peuples de la Palestine, tous sem-
blaliles&ceiis de la Grèce. Dieu avait fait
une défense formelîe d'y recourir [Deuter.
irm, 10 et If) z Une se trouvera purmivout
firiouE çuï fane pauer ton fili ou ta fille
f^ it (eu, ni qui contuUe Vnprit de Python,
■ilu ûnini (ira. vin, 19). Les prophètes
(u avaient fait k la nation juive un fréquent
«ijttde reproches.
Uais quand on regarderait tous ceux qui
K 'aillaient de révéler l'avenir comme des
tjurlKs et des imposteurs, quand ou met-
inil dans ce rang la pythotiitie (TEndor 'J
"(f. ixvni), qui parla néaumoinssi juste
i iiaiil sur sa destinée et sur celle de bon
rojanme, que dire de cet esprit menteur
quaUichée (/ Reg. xxii, W) représente sa
itnani derant l'Kttirnel et allant par sa per-
■uiuion inspirer de faux oracles aux pro-
pliitej d'Acnab, pour l'engager au combat T
jjuel exemple nous peint plus distinctement
'luHuence des démons que celui d'Ochosias,
niil'krvèl [// ileg. i), qui, désirant de sa-
'oir s'il relèverait du sa maladie, lit con-
>uller Beetzebutb , dieu d'Hekron ou
'■Acaroo, le même que saint Uallfaieu
("■< ît) appelle Beelzebulh, prince des
APOLOGETIQnE. MW Mt
diables? Ne serait-On pas autorisé ï inférer
de ces exemples que Dun-seulcment les
démoDs induisaient les hommes è certains
actes, mais encore qu'ils s'érigeaient en
divinités, et qu'ils suggéraient A leurs prê-
tres des oracles propres h séduire la multi-
tude. Ne se pourrait-il pas encore que dans
ta multitude de ces oracles auxquels ori
suppose que les démons avaient quelque
part, il s'en trouvAl de vérilabies, qui sulli-
saient, quoiqu'on petit nombre, pouratlirer
la vénération 6 tous les auti-es.
Aux exemples dont je viens de faire
mention, ajoutons encore celui de l'esprit
de Pytbon, que saint Paul (Aet. xri, 1U)
chassa du coros d'une fille devineresse
et qui en lortit à Pheure même. Il paraîtra
que c'était sur la fui des Ecritures, tant du
Vieux quedu Nouveau Testament, que les
Pères ont cru les démons auteurs des ora-
clés du paganisme.
On est moins surpris de voir les Pères
dans cette pensée, lorsqu'on a vu, en un
siècle au»8i éclairé que l'éiait le précédent,
le célèbre Grolius (Traité de la vérité de la-
religion chrétienne, p. 903 et SOT) établirque
les démons pouvaient opérer des ohosesqui
tenaient du miracle; è quoi il ajoute; Il
était jutte que Dieu abandonnât à ces illusions
ceux qui dis longtemps refusaient dt l'ado-
rer. On sera moins surpris encore du sys-
tème dtfs anciens cliréliens sur le* oracles,
en entendant cet aveu de la bouclle de Pon-
leiielle (Jïiat. dts oracles, chnp. 5, édfl. de
Paris, 17^3, p. SMj ; Jamais tes démons n'ont
entant de pouvoir, et n'ont fait tant de ehoiti
surprenantes que du temps de Jésus-Christ et
de ses apàtrtt; et cet autre plus formel en-
core : Les démont, qui cnt sans contredit it
pouvoir de tenter les hommes et de lewtmdri
des pièges, favorisaient, aatant qu'il était t»
lux, ierreur grossière dis paient. Des es-
firits capobtes de tenter les hommea, de
leur teniJre des pièges et de faire des pro-
diges, devaient-ils avoir plus de peine A
suggérer des oracles qui montrassent leur
pénétration, quelquefois vraisetd'tiutres fois
ingénieux TKt devait-il semliler plus extraor-
diunlrc de voir les démons séduire les liom-
mes dans les temples par leurs orsoli'S.quo
de les voIrhabiierlecorpsdBsdémoniaquesi'
ou Se jeter dans antroupeau de pourceaux?
11.— S'il est vrai que le démon eut un pou-
voir si préjudiciable k la vérité et aux mœurs,
it était digne de la majesté de Dieu qu'il CQ
fi&t enfin dépouillé avecéclal, et cette révo-
lution ne pouvait arriver dans un temps
Elus convenable qu'A la venue de Jésuo-
hrist, destiuée à ramener sur la terre la
vérité et la vertu. Pour détruire l'empire du
diable, tl Aillait renverser le pouvoir et
l'illusion des oracles.
' Dieu lui-même avait aaaoncA que les
hommes seraient éprouvés par des prodigea
<Kt) ( Let (UiBOH, ditiii Lac lance, offuiqueiit ■ L'Evangile n'eit caché qu'aux incrédules, aax-
" <inié de léûbre* ; iU ateaglent les hommes, ûe quels le dieu de ce siècle a aveusH l'entendement,
KiU'iltMrecounaiiSCOlleur PéreelleurDieu.i alin an'ila ne soient point frappes de la Splendciir
a qui acmUeiil priseï de II Cor. it; 3, 4 : de n^vanple. *
et par dei nracIeB. S'U l'éllvt au milieu de
toi quelque-prophète, ou quelque rongeur, qui
faite devaM tôt gus/juf tigne ou quelque mi-
racle', H me ce tigne ou miracU arrive ; t'il
le dit : Aiton$ après d'autriê dieux , (u
n'écouterai point leeparoleede eeprapMteni
de ce êongeur : car VEtrmel voire Dteu voue
éprouve pour savoir si vous nmet VSlemel,
de. (Oeut. XIII, 1.) Mais liG uiâiRB Dieu
qui attnonco comme une éprouve, des pro-
diges réels ou lelletueal spécieus qu'ils
pussenL aisi^meniétre envisagés comme tels,
dnigne en iDème tempt par la bonté préibu-
(lîr son peuple contra l'erreurt en l'avertis-
sant da caraclèro dislincUr auquel il pourra
la rewnnoitri; ; et eoân il lui prédit la ehule
âciaianle de ces prestiges.
Ce grand événemenl parait avoir été an-
noncé aux bocunes d'ane manière bien for-
nwlle par cet oradt! de Zacharie (ch. xiu, 1,
2): En ce temps-là ilvauraune source ouverte
à la noieon de Daiiid, et aux habitants de Jé-
rusalem pour le pichéx II arrivera auesi en ce
temps (dit l'Eternel des armées] que je re-
Uraneherai les noms des faux dieux hors du
pays, et on n'en fera plus mention, et j'itérai
aussi liu paj/i les prophètes et l'esprit d'im-
pureté.
Nombre da témoignages formels rendus
par Nolre-Seigueur et par ses apâlrcs répon-
liani i celte prophélîa et en fixent i'accom-
EiîasamuDt k sa venue, c'est-i-dlre i l'éta-
lissemant de sou règne par la prédication
de son Evangile.
Ainsi, lorsque les soixante-douze disciples,
lui reudantcomplede leur mission, lui par-
lent de oette maniire : Seigneur, les démons
tnimesnous sont auujettiiparvotrenom {Lue.
x, 17 et 80), Jésusleur répond : Je voyais Sa-
lot tomber du cieleomme un éclair...., pour
nous marquer la rapidité desa décadencepro-
sbaine; carpour l'époque préetsn, quoiqu'on
Iroave dans les écrivains du Nouveau Tes-
laiaent des expressions qui tombent sur le
passé, le présent et l'avenir, elles se rdu-
Dîssent toutes h désigner l'époque dn mi-
Bistàre de Jésua^hrisI, consommé par sa
mort et par son ascension dans le ciel, C'eM
dans cet esprit qu'on pcutcoocilisr avec te
passage de situt Luc oeux de saint Jean :
C'est maintenant que le prince de ee monde va
être ehoisé Ucam. xri, ai]; le prince de ce
monde ut d^à jugé (Joan. xvi,ll); et celui
da saint Paul [Bebr. ii, ih): lia participa
comme eux aux mène* choses, ajtn de détrutre
par la mort celui qui a l'empire de la mort,
e'e§t-i-dire le diable [Rom, xvi, SO] : Le Dieu
4iepaix écrasera bieniit Satansouivoi pieds.
Jusqu'ici on voit qu4 l'idée du pouvoir
llosdéinoas et de leurs, artifices dans les
DTAQles est fondé sur le langage de l'Ecri-
ture, et qu'il y a, h cet égard, uoe parfaite
barmoni4 entre les ailleurs sacrés du Vieux
T«s|BmantelceuxduNouTeau: les premier*
prédisant la cbule des démons et de leurs
oracles, et ceux du Nouveau, autorisiîs du
iésus-ChristiiiJ^œe, nous en marquant t*é-
(touueb sa venue.
Il est vnii q>ie ce lémoignago perd nue
APOUWBTiQUGi DQH ■ ^
grande partie da sn force pour eaui qui
n'admetlenl pas les livres saints comme d{<
vinemeni révélés, quoique dans ce cas et
dans plusieurs antres, il pùl nous solTira
Sue l'on donafllaux historiens laGrésIemiise
egrd de confiance que l'on donne tout \t*
jours aux hisioriens profanes. Hais suppo^j
que ces derniers inspirent moins de dé-
Dance h ceux qui ne sont pas encore écliirét
sufQsammeot, nous pouvons en tirer du
faits qui semblent fortifier la preuve deceite
inâitence surnaturelle des démons dans )u
oracles du paganisme. J'avoue que i'bistoire
ffiurnit peu sur cet article : elle manque di
cette espi^ce de monuments et de ces tlélaiii
circonstanciés dans lesquels on entre 1on<
qu'on prévoit les objections et qu'on veul
mettre un fuit i l'abri d» loute coiitestiUoD,
Maii ce soin pouvait paraître superflu aui
aulriurs paieiis dans un temps ou leur re-
ligion était dominante, et oil les oracles qui
la favorisaient avaient pour eux la cré^uu
universelle^ Ce que nous avons lA-dessni
des hisLoriens ou des philosophas a rooiui
pour objet de pronvcr par des f:iits cerlsidi
sur quels fondements les oracles les nlus
célèbres élaiunt en possessiou de la veoé-
ration religieuse, que de dévorlac Tiiiipot*
ture de ceux de cas 0racle5, qui, après avoir
entraîné le respect public, avaient été e»<
suite honteusement dégradés. On voit par
là et par divers traits d'bisloire que lex
princes, les magistrats et les philosophes
portèrent leur ailentiou et leur examen sur
des suporcheries poreilles; d'où il semblo
qu'on ait lieu de présumer que ceux d'enira
les oracles qui soulinreut celte éprau vefureni
ceux qui étoientaidé.s de l'artifice des mau-
vais esprits, Jusqu'à ce que Jésus-Cliritt
eiït désarmé leur pouvoir; après quoi les
oracles q^ie l'on vit encore ne fureut pluf
que des imitations frauduleuses et puremccl
bumainea de ceux auxquels ie Fils de Dieu
avait imposé silence.
Malgré la disette da ces monuments quo
notre curiosité désire et surtout de faits
d'un tel genre qu'ils ne pussent être attri-
bués avec vraisemblance a aucun agent iiu<
main, voici quelques cas rapportés par dei
bistpriens païens dans lesquels ils nous
insinuent que l'incrédullé des personoet
les plus déliantes al les plus propres^ faire
respecter leurs doutes , fut vaincue par des
preuves auxquelles ni eux, ni leurs adhi-
reutSt n'eurent plus rien h opposer.
Trajan, pressé par ses amis de consulfc
l'oracle d'Héliopolit sur l'expédition qu'il
méditait contre les Partîtes, y était peu dis-
posé parla dévotion, et crut auparaviDl
devoir cssaj'er do mettre l'oracle en défaut
nar un moveu qui lui semblait infaillible.
Il débuta donc par lui adresser tine lettre
caebclée avecbeaucoupde précaution, doKt
lui seul avait le secret, et qui devait ftlre
produite, mais sans être ouverte. L'oracle,
pour toute réponse, commanda qu'on lui
renvovAt un papier tout blanc, liien pliétt
^ien cacheté. Les )irètres furent etfrajés de
cet ordro, parce qu'ils no savaient pas, ilit
MCTIOBIMAIIIR AHHX>G£TIQtIE.
«Ml
Macroi)e(£>fitrn.,'ltb. I. cb. 33], quelle était
UleUrederempereur; mais TrajaD Ta^aiH
r«^ue en fut dans l'admirsIioD, en vojant
ujie réponse si semijiat>le h ia letlie qu'il
iTiil eoTOfée. Ainsi oanvaincu, dil-on, qu'il
n> anil («int de fourberie daos cet oracle,
il it consulta sur soa eipéditioD avec lute
|ilei(is confiance.
Pliilari|De IDe defeet. orae.) noua cito ud
nilre exempls qui accrédilA beaucoup l'o*
ncled0l(opsuesteeiiCilîcie.Le gouverneur
de celle (iruviuca, titré aux stjnlimeotsdes
c|jicurJeo5, eotreprit de confondre le dieu
ijai;|)réiidait. Pour cela ri lui envoya UQ
ilofoesiique aDïdé, chargé d'une lettre ea-
éHée, a laquelle il deoianilail une péponse
qui ne (levait se rendre qu'en songe. Le do*
nrsliqae lui rap[>orla ce qu'il avait vu et
Oui J^nsson soniuieil, et le gouverneur fui
irèj-surpris que la réponse convint Giexac<
lemenlï la lettre qui lui fut renvoj[ée telle
futile était portie. La questioD qui y était
(UDleuue était conçue en cçs termes : T'im-
mltrai-jt un bauf blanc ov ntirf et le do-
Dtsiiquecrut voir en songe un bomme de
l"jniie mine qui lui dit ce seul mot : n»jr.
Usépicarionsnon plus que le gouverneur
n'eureni rien à répliquer.
Ou met dans la métaa classe le fameux
'^nde rendu à Crésiis par l'Apolloo de
hlph», lorsque ce roi voulut tenter ou
immer sa divinité. C'est Hérodote (Siit.,
Iiti.i)qui le rapporte. Ca génie, selon lui,
ttnnturt juste, en disant aux envoyés de
n pnwe ce que leur maître faisait i Sar-
iJeiifjaile temps même qu'ils le consul-
ll:(nl|elil se trouva, en effet, qu'k cette
Oij'ijï heure, Crésus, comme l'avait dit l'o-
'^e, bisait cuire une tortue avec un
L'oracle de Cteros d(int Tacite {Annal.,
''b' II] parle au sujet de Germanicus aui lu
Msulla, n'eAl pas été moins merveilleux,
M, comme le dit cet bisiorien, le prêtre de
H Umple, choisi dans crrtainesfamines de
iM, e\ le plus souvent très-igàaraot, était
tu éist (le répondre en vers, il ce que le
nniullant avait dans l'esprit, sans auirese-'
(aurs que celui d'avoir le nom et le nom-
bre de ceux qui allaient ieconsulter. /;na-
f» pJertinif ue, dit Tacite, edii reipotuater-
"liiucompotilit Muper rtbuê quas quùmmta
tmtpii.
Voili des oracles qui ont p»ru être par-
tiitemeut dans lo cas désiré deFonteuelle,
''tiii-dire rendus en de telles circooslan-
M qu'on ne pût les attribuer à l'ariifice des
J'iUn. On peut voir Ih-dessus i'Bitloire
^ft eracia de ce célèbre écrivain, en la
^'EipariDt h la réponse du P. Battus (Ré-
P->»K i tkùtoire du orael», p. 226 et
h H voudrais pas cependant donner
(çUa prauve eomnB aulGsanle pour établir
iiuntlafonindabilable l'inBueuce des 4é-
''M» sur Ifl» oracles du psgaui9Dtie> quoi"
'lue da tels bits ne me paraissent pas oli- .
ijolunienl méprisables, en y joignant l'in- .
''uctiou qu'on a coutume de tirer do la to-
, gue exlraordinrire doot ces oraolcs otH élA
en possession pondant deux mille ans. |(
n'est pas coraprébensibie, en effet, que l'art
intéressé des prêtres ou la politique chaa-
géante des princes eût pu soutenir peuiiant
si longtemps le crédit d'un artifico si 80u.>
veni croisé par des intérêts contraires, ou
jnéme traversé par la simple critique da
ceux qui n'étaient pas disposés à les ro»-
pecter.
Mais lies faits poreilsk ceux que j'ai al-
légués ne sont point indifférents pourceux.
(fui reçoivent le texte sacré. Car si, cumma
I avoue Bayle, on ne peut concilier aveo
I Ecriture sainte la r<-jeclioQ du-pnuvoirdu
diable, où est-ceque ce pouvoir devait plui»
naturellement s'exercer que dans un genre
d'illusions si propre h Mouleiiir un» religtur^
monstrueuse par son cuUe el par sa nio*
raie? El si, selon les propres aveux da
Fontenelle, hi dimoni ont pouvoir de fm-
Itr tei kommei et de isur lenare du piégets
m', co(nme>-il ajoute, il» foeoritaient autant
qu'Ut l» pouvaient l'erreur grouUre du
paient .... ti jamaiê iU n'ont fait tant d«
chotet twprenantee que du tempe die lituê;
Chritt el de tei apôtrei, sera-(-uQ surpris do
voir dans riiisloire des traits singuliers da
ce pouvoir, non t>as h la vérité en rendant
de vrais oracica, mais en en su^érant dq
très-captieux, ou en accompagoanl ceux
que les prêtres rendaient de certains actes
merveilleux, propres à soutenir leur oré-
liit î Et si encore, selon l'aveu de Fonta-
nelle dans SB préface, 1/ «il indubitable que
le démon te méii de la magie, les faits histo-.
riques que j'ai rapportés ne pouvaient-ils
pas àlrs (le ce genre, et ne fallait-il pas né-
cessairement qu'il j eneûtdepareils, dont
le merveilleux atlirU Ja vénération des
hommes?
• Do plus, c'est mal raisonner, scloa
Clarke(daDssnnexcellentouvrage Da {'esi$-
ttnce et de» altribult de Dieu, cliap. 19), que
de prétendre que les prodit^es attribués par.
l'Ecriture aux esprits malfaisants, ne sont
que des prestiges, des illusions, ou des
tours de passe-passe. Car si l'oa attribue,,
cnntinue-t-il, au diable un pouvoir naturel,
d'agir, fût-il aussi borné que celui du moin-
dre des hommes, il est évident qu'à moins
que Dieu ne le restreigne. ... il pourra, h .
cause de son invisibilité; faire des miracles
réels .... outre que, en imposer aux sens, .
agir sur les organes de telle manière que.
les choses parussent autres qu'elles ne sont,
serait, selon lui, un miracle b tous égards
aussi réel et qussi grand que de produire
un cbangeiaent réel dans les choses mA-
mes. ■
H est donc plus que probable, par toulea
ces raisons et selon Tes principes de ceux
qui attaquent l'ioflueùce des démoas sur
les oracles, païens, que leur pouvoir s'exer-
çait sous lo paganisne par des actes parefis
a ceux oue rapportent les historieM; par
des artillccs propres b accréditer les oraclts
frauduleux des prêtres de cette fausse relî-
gicn. Si cela est, il étaitdigne df;]é^as>
«47
ttM
DKTKMfflxmG APOUWmODB.
Christ de détruire laors prestiges et de Taire
par \h métne tomber les oracles. Il reste ft
voir s'ils ont cessé, vn elTei, à l'époque ^e sa
Tenue.
Les Clirétiens trauToient de la dcrniàre
évidence que les oracles païens avaient
coniiaencéa déchoir depuis que Notre Sei-
gneur avait exercé son ministère par l'es-
l>ultion des esprits qui en éiaient les au-
teurs, non pas toul d'un coupi comme on
le leur a lait dire, pour les combattre, mais
par degré. Les Pères enstignenl que cet
événement miraculeux doit être attribué
1 Msus-Christ, h son iiouvoir sur les lié-
uons et à celui qu'il orait donné aux fi-
dèles de les cliasser, lorsqu'il dit en mon-
tant su ciel : Voiei lu miraetet ^ui aca>m-
jngturonl ttux qui auront cru : ttt chasM-
ronf lei démoni tu ma* nom, etc. {Mart. xti,
i7.)
Ce fut là un des arguments dont Tertal-
tjen, Minuiius Félix, Lactance,Athéi]egoreet
d'autres se servirenl comme d'uue preuve
des |ilu8 illustres et des plus frappantes de
l€ divinité de la religion chrétieane. Clé-
ment d'Alexandrie, Théodorot , Eusètie,
saint Cfprien et loute rsntiquité chrélienne
Krenl de ce silence merveilleux des oracles
nn [luissiint argument contre l'idolAtrie.
Kussent-ils osé le Taire s'ils n'avaient eu de
<|HOi répti'ndre aux objections de tant de
{intens célèbres, atlentifs k défendre et à
soutenir le lustre mourant de leurs ora-
cles?
D^b 1) ii'f avait nulle conteste sur lefait
même de leur décadence h l'époque dont je
parle. Les savants païens qui ont écrit de-
f>uis l'établissement du christianisme en
ni&afent eux-mèoies l'aveu. L'oracle telail
dl>e'pA««, disait Lucain, ff par là notre tii-
cte perd ta plut brillante faveur que letdieux
auteni jumait faite aux h^mmei (931). £e f i-
lenee de Delphes, li'il Stacc, fera longtempt
répandre des larmti {93S,). Le genre Aumoin,
dit Juvénal, ttt condamnià ignorer l'avenir
depuit que let oracle» de Uelphet ont cette
(933]. Slrabon en dit autant de celui de Do-
lione, le plus ancien de In Grèce. L'oracle
dt Bodone a manqué comme let autret (93k).
Sans vouloir rai)porter bien d'nuires té-
moignnges équtvafenls , contentons- nous
' (Tojouter celui de Plutorque, d'oulant plus
considérable, qu'outre sa profonde érudi-
tion, étant prêtre d'Apollon à Delphes, il
avait grand intérêt k maintenir la gloire de
«es oracles. Cependant, noD-seuleinent il
' (93t} Non ulta sxcula dono
Neiilra carcDt m^ore deurn, quam Delptiica
[t&ita
Quod silnit
(LocAii., Pkar., lib. v, v. 5.)
(PSS) HaiiHiae ptorabere IMphia. , .
iSvATMs, TM., lib. vui.) y
(KS) .... Delpliis aracnla ccsmiU,
El iMiHS livnHitnB dsMiiai caligo fnturl.
(JUVEN., SaL VI.)
,tSi] Orai'iiluni Doilunnum defccit, ticui et rc-
lH|ua.
(StiiJkSO, lib. VII, De Kpiro-i
Ui
convient de leur décadence, maisilittroii
appelé à rechercher la eause d'une rérolu.
lion si singulière, dSns un ouvrsijudaB,
lequel il rassemble tout ce que le un\T
l'esprit et la philosophie de ce lemp^iî
pouvoient lui fournir de secours sur es
grand sujet f935). (Pldt*ic.. I, Dt iàni.
orac, Turneno inlerp.].
Si, comme l'a cru ronfenellg, ih éiaient
tombés par des voies toutes naturelle),
comme 1 eussent été celtes des guerres, d»
révolutions de la Grèce, etc., Pluiarque h
serait-il donné la peine d'entrer dans du
discussions plus embarrassa Dles.T Au lii>u
d'un dénoûment si facile, il croit poarwr
trouver la caosede la chutedesoraclesdiiu
l'un ou l'autre de ces principe.* : ou qaalei
génies qui y présidaient sont sujetskii
mort, ou que les dieux avaient retiré leuri
bienfaits, ou qne la terre épuisée no toar-
nissait plus ces exhalaisons précieuses qui
inspiraient aux prêtres la fureur diviDe.K
dont les dieux se servaient comme d'iiu-
Iruments pour donner aux hommes le don
sublime de prophéties (Coloku, Dt (a ni.
cAr^f., etc., tom. I, p. 137.)
Cicéron avait déjè mis en œavre cette si>-
lation, lorsque, recherchant pourquoi dïi
le temps de Pjrrrbus, Apollon ne reodiit
plusses oracles en vers, il fait dire ï nn
de ses interloculeur.s : Quand on prettelart
défenseur tt en rendre raiton. Ut vous ripon-
dent que ta vertu toeaîe, cet esprit de ta tore
qui excitait la Pythie à rendre det orada,
s'ett dittipéeàta fondue (93S]. Mais il ajoute
tout de suite avec ce sef et cet enjouemeiil :
qui lui sont propres : Ne diriex-voiu pu
?'u'il s'agit d'un ragoût, dont le fumet uperi \
ortqu'on le garde, ou d'un vin dont It (n
t'exhatepar ta vieillasef
^Cicéron, païen comme Plularque, mais
plus délié sans doute, sentait toute l'absui*
dite d'un pareil système, qu'une exhalaison
terrestre pût donner h t'âme une vertu sur-
naturelle, ou que la terre, douée do cel^e
vertu divine, pût perdre avec le temps u»
privilège si rare, Plutorque lui-même D'y
avait pas conSance , puisqu'il sa lourii;
d'un autre côté, en supposant que les %iu\fi
qui inspiraient les oracles étaient mortels;
et c'est i&-de!sus qu'il funile ta créanci!
qu'il donnait à l'histoire doTliâmus. Ce|ii-
lole égyptien, naviguant Vers Utalie.^soui
l'empire de Tibère, et se trouvant ecl»
Corlou el Cétiliaionîe, ouït distioclemeul
uno voix qui rappelait par son nooi. Elle lui
(935} Plutaroue vécut son:! l'empire de Domilien.
de Trajan el J Adrien. On a obwivé que dans ki
nominaux écrîu il ne fait pas ta moindre uieiUioa
de la religion ch retienne. Pcal-éire, dit TiHenoai,
parce qu'il n'usait en penser en bien, et qu'il se i^
rail lait peine d'en parler en mai; ou plulM pan«
qa'il n'avait Jamais examiaé cHie reURioa M ^a'il
n'y avait pris aueua intérêt, U pl>îl<M'>P^ <* '"^^
toiro ajuii pris tout mu leup* et ucfivpé icvus k*
pensées.
(930J Ciciao, lib. De Diviaaiicne, edJt. Unli-.
Paris.
DCU DICTIONNAIBC iPOLOCKTlQUE,
I, lonqa'il sérail arrivéà une cer*
urne hauteur, depublîpr la mort du Grand
nn. L'eiécution da cet ordre au lieu dési-
gné, fol suiTJn d'an liruil confus de gémi»-
mnents, comnie d'un nombre de personnes
■airgées da eetle aoDTelle. BienlAl elle
puTJDt k l>iDpflreur Tibère , qui voulut en
eoJfnifre le récit de la bouche de ThÂmns;
ipris quoi, ayant consulté les personnages
ta pliis habiles de fioœe, pour savoir qui
IiWTiil être ce Grand Pan, il fut décidé par
uaca&recoosulte que c'était lefiis deHer^
cen et de Pénéiope. C'est ainsi que PiU'
trqae rapporte le fuit sur la foi d\£milis-
BUS rhéteur estimé, Gis d'Epitherses, qui
imnil avoir été témoin de crt événement
Mii(<far sur le vaisseau du Tbflmus.
Le récit dePlutarque neméritaitpas toute
Tififalton que plusieurs des PP. de i'Kglise
/ont donnée. A supposer que le fait fdt
M qu'il est rapporté, il ne s'agissait que
<hli mort du Grand Pan. Rien n'était plus
«tueur Di moins aisé k déterminer que la
*énié cachée sons ces paroles. S'agissait-il
Ude Jésus-CbrisI, dont la mori avait dé-
Iniji l'empire du démon, ou du prince des
dAnans dépouillé de son empire! une pro-
cliiiation si ioiéressante exigeait plus de
«Ivié pour eD Uiar le but et l'usage. L'obs-
eariié impéuélrable qui s'j rencontre est un
défaut si essantie) dans le fait dont il s'agit,
qu'oon'j poDvail jiuiser avec confiance aiu-
oin secours , moins encore en lirar une
preuve de la cfaute miraculeuse des oracles.
On ne larda pas néanmoiDs k faire de c«
récit un usage bien dilférenl, surtout dès
'lu 'fusébe {Prtepar. n„ lib. r, c. 17) l'eut
«1 quelque sorte adojité, en rapportant tout
>u long le fait singulitir de Thâmus. Ou
préieuJit que les circonstances du temps
■gquel celle proclamation était arrivée ré-
t>uiidaieot au temps ojk fésus-Christ coi>-
tersaii ^vec les hommes et chassait les es-
I nu JmiDDodes.
À l'occasion d'une peste borrible qui ravagea
l'empire romain sous l'empire de Volusien
fil de Gallus. £t dans un livre unique iDniit
destiné i soutenir le paganisme uar l'auto-
rité des oracles, sous ce titre De la Philaio-
pkiepar In oracltt, il s'exprime de cellu
manière: ■ Faut-il s'étonner si les maladies
régnent dans la ville depuis si longiemps.
D'autres trouvèrent qu'elle cadrait mieni
i>ee l'époque de sa passion, lorsque, par sa
loori, il détruisait les puissances, et surlénl
:«Ile du diable.
£a foal cela on allait beaucoup au deik
Its vues et de Plularque «1 d'Eusèbe. Plu-
tr^ue ne s'élaot proposé que de justifier
Idée générale sur la décadence des oracles
'es l'eupirB de Tibère, sans |)Oser eu fait
!ur cessation totale et subite i, cette épo-
ue; Busëbe, de son cAté, ne rapportant
bîMioins de TtiAmus que pour appuyer ce
u'il avait avancé , que les païens les plus
rlairés recooaaissa lent et publiaient eux-
Ames celte décadence générale des ora-
es, depuis le lempsde Tibère, c'est-4-clire
!{iuis la venue du Sauveur du monde.
«uisiA, loin. I, p. 130, U8.)
fl e«l vrai que Ëusèbe (tfrt'd., e. 1) semble
1er plus loin eo rapportant ce passage de
>rpbjre, qae • depuis que Jésus-Cbrist
ait commencé d'être adoré , personne
ivait plus éprouvé le secours des dieui,
i araienl rompu dès lors tout commerce
ËC les taommrs. » Porphyre parlait ainsi ,
J>SCTI0:(5AUI IFOLOairtQCE. I.
relires d'entre les hommes. Car depuis que
l'on a commencé i adorer Jésus, personne
n'a ressenti ouvertement les bienfaits des
dieux. » (Ap. £usisE , PriM). evang., lib. v.
cap. 1.)
Porphyre ne parlait pas sans doule de
celle manière pour fournir désarmes contre
lui-même, ou conlre la cause du paganis-
me ; ce que Fontenelle {nUioirt de$ oraclu,
édit. de Paris, p. 239J aurait eu raison, eu
ce cas, de trouver absurde ; mais pour aiiirer
la baine publique sur le nom CDrélipa, eu
faisant envisager Jésus comme la caïkie d'une
privation ai funeste i tout i'empire. Cepeu-
daut c'est I& un aveu des plus éclalauts de
la chute miraculeuse des oracles, puisque
c'était par des oracles, révélés en soiig«,
que Esculape, selon les païens, guériiisail
les malades qui allaient dormir dans son
temple, eu leur prescrivant de certains re-
mèdes; et ce que ce témoignage y ajouta
d extraordinaire, c'est d'attribuer k Jésus la
cessation des oracles.
Supposé que jusqu'ici l'on n'ait £til autre
chose que de prouver l'opération des dé-
mons dans les oracles, et leur silence h
1 époque du christianisme, présompliun déjà
bien forte en laveur du prodige que l'on
nous annonce, s'il fallait encore des preu-
ves de ce fait intéressant que Jésus-Cbrist
et ses disciples les ont dépouillés de leur
pouvoir d'une manière miraculeuse, où s'en
trouverait-il de plus fortes que dans l'aveu
des démons eux-mêmes, aveu que les chré-
tiens leur arrachaient , en les forçant, au
nom de Jésus, de confesser qu'ils n'élaisut
que des esprits séducteurs ; eu les contrai-
gnaul de plus à quitter les prêtres, les prê-
tresses et les temples dont ils s'étaient em-
[larés. Tertullien (in Âpolog.) nous dit que
les chrétiens étaient si sûrs du pouvoir
que ce nom sacré leur donnait, qujis pro-
voquaient les païena k en faire l'expérience
devant les tribunaux, sous peine à ceux qui
échoueraient de subir le dernier supplice.
Cependant les esprits protecteurs des ora-
cles nou-seulemeol se désbonoraient iiar
un aveu si humiliant , mais eocora ils re-
nonçaient pour jamais i tous les avantages
qu Ils reliraient auparavant de leur imiius-
ture. '
Bcotttona Lactance {Div. itutit., lib. ir,
cap. 27) : ■ Que l'on amène, dil-il, un hom-
me véritablement possédé du démou, qu'oo
nous présente le prêtre même d'Apollou
de Delphes, ils frémirom l'un et l'autre au
seul nom de Dieu; Apollon sortira aussi
promptementde son faux prophète que le
démon de ce possédé, el le prapfaèie aban-
donné du dieu que la conjuration aura mis
SI
CSf
&EM
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUK.
en ' faftB , sera pour jamais réduit su si-
lence. »
Le mtone LaMsnce assure qu'un seul chré-
tien assistant, sans Aire connu, à la pompe
d'an sacrilice, )es arusplces n'avaient pu
(îrer aucune lumière des entrailles de» tic
tïjues , ni rendre aucune réponse. Sur quoi
le prfiire s'élant écrié qu'il y avait dans la
foule quelque profane, le peuple, animé
par ce discours, avait excité une espèco de
tumulte.
« Venez, dit saint Cyprien {Lib. contra
DemelriùH.), el reconnaissez ia vérité de ce
que nous vous annonçons; et puisque vous
faites profession d'adorer les dieux, croyez-
en au moin^ ceux que vous ju({ez dignes de
votre culle. >
Il Les mauvais esprits , dit-îi ailleurs,
conjurés par le vrai Dieu, nous obéissent
fins iiésiter, se soumettent h nouR, et sont
contraints du sortir des corps qu'ils obsè-
dent. >
« Que celui, dit saint Athanase {L,dffncar-
nat. YerbiDti), qui voudra l'éprouver vien-
ne au seul nom de Jésus, il verra coio-
menl les démons fuient, comment les oracles
cessent et comment lamogieavec ses en-
cbnntuments reste confondue. »
Minuiius Félix (in Oclav.) en atteste les
païens eui-mémea. « La plupart d'entre vous
u'ignurent pas les aveux que les démons
nous ont faits toutes tes fois qu'ils sont
forcés par nos exorcismes et par nos prières
de sortir des possédés Ûentiraient-ils
pour se déshonorer en votre présence f
Cruyez-co donc leur propre témoignage , et
qu'ils disent la vétilé lorsqu'ils reconnais-
sent qu'ils ne Pont que des démons. ■ — «Ce
nom Seul de Jésus (dit Arnobe, adv. Gent.)
met en fuite les mauvais esprits et fait taire
les oi^les. ■
Se tels faits sont bien exlraordinairea;
mais ces démons chassés, ces oracles con-
fondus, ces aveux arrachés élonneronl-iis
ceux qui seront bien persuadés de l'histoire
de ri^vBBgile? après avoir tu ces mêmes
démons s'écrier avec douleur : « Je sais qui
tu es, le saint de Dieu {tue, ir, 3i^} ; v et
plus tias, dans le même chapitre : « Les
déotuns soriaieni de plusieurs, criant et
disant : Tu e» le Cbnst, le Fils de Dieu
{ib,, 41). • N'avail-on pas dû prévoir que
cela arriverait , lorsque Jésus-Clirist , quit-
tant la terre, étendit en faveur des autres
lidèles le [louvoir qu'il n'avait donné jus-
(Hie-lii qu'à ses disciples. ■ Voici dit Jésus-
Christ les miracle» qui accompatsnercnt
ceux qui auront cru : ils chasseront les
démons en mon nom ; ils parleront de nou-
velles langues {lUarc. xvi,i7). ■
- Kn eU'el, s'il' luiportait h la gloire de Dieu
que le pouvoir des démous cessât en Judée,
f III portai l-il moins que leurs prestiges fue-
Miïl détruits dans le reste Ue l'uni versT
Sans cela, le but de Dieu dans la Tocôtion
des gentils eût-il étés! exaciement rempli T
Du (DUS les-Qiifarksqiii oiiî été opérés
pour l'établissenwDt du chriiiianisme, au-
cun ne pouvoiiétreplut eilicace. C'est celui
qui a le plus étonné les païens, el «i,
selon un grand nombre de Pérès de l'E^j»
et d'uulras eculésînstiques , a le plus oiM
de conversions. Les plus obsliDés ont dÀ
être vaincus, non-seulemnnt pardej déSs
aussi pressants que ceux quaron liestilt
voir, mais encore par des succès aussi iiie>
Teilleux.
On trouve dans jCicëron {De ditinal. ,
lib. Il}, quoique pour des vues bien dilTi-
Tentes, la conséoiience que durent en lircr
les protecteurs les plus éclairés lia pïj^.
nisme : a S'il j a des dieux , il doit y nvoir
des oracles, et un art pour connaUrt (m
volonté, qu'on appelle divination. Il y i
des dieux, donc il y a un art pareil, tl da
oracles. Il serait bien plus prol>able dédire:
Il n'y a ni divinatiou ni oracles, donc il n'j
a point de dieux. >
La conséquence était juste, parce ç^u'eUi
était fondée sur une vérité indubKsblr,
c'est qu'une divinité réelle devait avoir n
moyen réel de -sa révéler : des dieux qoi
n'avaientaucun moyen de se révéler duiil
la fausseté n'eût été reconnue ou démuth
trée, étaient des dieux chimériques.
Bn réunissant las lumières Je l'Ecrilun
sainte aux faits attestés par les ancieni
ailleurs du ctirisliaoismo, je orois avoir oiii
dans ton jour la preuve du pouvoir que lu
démons exerçaient avant la venue de iétut-
Ctirist, et le miracle qui les dé()auiUail ât
ce pouvoir. Je devrais h présent exposi^r it»
le même détail les raisons sur lesquelles si
fonde le système qu'on y oppose.
Nous verrions bien des modernes, de txai
mâiiie qui cecoivenl les écrits révélés, iùït
absolument l'existence des démoes, et
d'autres nier au moins l'exercice de leur
pouvoir. Mais ceux-16 doiveai pramièrenîent
concilier leurs idées avec les textes formeli
de i'Fcriture : je n'en voudrais pas dire ûi>
Tantflge. '
Nous en Terrions d'autres avouer avec
Fontanelle {Hitl^ <ttt oractt», dia&ert. I, ch.5.
pag. JJhS) , que ^ les démotij , qui ont , sans
ixuitredit le pouvoir de tenter les houmeJ
et de leur tendre des pièges . fevorisaieDl
autant qu'il était en eux 1 erreur grossière
des païens. ■ Mais ils nient eo même teatpf
que les démous eussent aucune pari aui
oracles , au'ils regardent coname le pur oa>
Traite do la fourberie des prêtres. D'où ilt
inlérent qu'il ne s'est point feit.de miracles
pour les faire décttoir d'uoe vénéraiioit
dont on était déjà prêt à se désabuser h \t
venue de Jésus<Ctlrist.
EoCn plusieurs nient, comoie lui, lef>i>
posé par lesPères de l'Eglise, que les oracle.'
du paganisme avaient cessé à la venue di
Notre Seigneur, et quant eux mirscles qut
l'on dit avoir été opérés |iar les clirélieiiï
lorsqu'on assure qu'au noui de Jésus iV
rendaient luuels les prêtres des. oracles, or
a une réponse toute prête , c'«st • tfue 1«
païens eh imposaient facïleuieiit au
peuples , tandis gu'ils n'araient personO'
qui les éclairât ; mais qu'ils u'u&aKMil lii"
eutrepreadc^ de pareil au prëscuce de
10 I^Ji DICIWiNAIItl AroiiKETlQUB DBM ' OU
ïhrfliens. ■ Celle salulion ne rend nalle- fable de «« soutenir par let aea^ai rw~
mnl raison dea aveux humilfanls qae les sources de l'imposlars et d'une industrie
ehréiîeos leor ■rrachafenl. Mais c'est d^ft parement bomaine.
briucoupd'avouer et le ponToirde.t démons Au reste, on ne prétend point que les
Sur jeler les hommes dans l'errenr, et le oracles dictés par les démons fussent pro-
I da silence des oracles en présence des prement de vrais oracles ; la fausseté, l'im-
dtréliens. Il semble qu'il n'y avait plus posture et le prestige étant les caractères
qo'ua pas A faire ponr reconnatlre le fait des malins esprits. Ce serait leur attribuer
I-Oiépir les Pères, surlontlorsqa'on avoue, UDeinlelligeoce parfaite que de leurtuppo-
mflime le bit Fontenelle {ibid., p. 9M) ser une connaissance exacte de l'avenir :
• Qae jamais les démons n'avaient fait tant c'est bien assez que dans quelques-uns (te
/fcfxHes inrprenanies que du temps de ces oracles ils rencontrassent juste', ou
Moi-Cbrist et de ses apAires, et que quand par l'étendue et la fbrce de leur génie oa
Oitu 1 nermis aux démons de faire des pro- par Ja hardiesse de leurs conjectures (937).
<{i^,ii les a en même temps confondus S* Objution. « Lei oracles ont dû tomber
lafdH prodiges plus grands fpag. 3i5)- ■ nécessairemeni, à mesore que le monde
(^ fMirrait-on conclure de plus naturel s'éclairait, ou par la philosophie , ou par le
df (Hcspèces de préliminaires, si ce n'est christianisme. • Ce ne tont pas les oracles
fw les oracles étaient l'un de ces prodiges (dit-on) qui soutenaient le paganisme, mais
difLud'^Ire confondus par la puissance de l'ignorance des païens qui soutenait lea
Jàas-Cbrisl , ou l'un de ces pièges dange- oracles; la ebule du paganisme a done né-
reui auiqnels il n'était possihie d'arra- cessairement entraîné dans sa ruine celte
dier les hommes, qu'en réduisant les es- des oracles.
(*it5*é)lac1eurs qui les opèrent à un silence Selon celle idée, on établit qu'avant la
^nt\. venue de JésuxChrbt les seotes les plus
EojDpposvit néanmoins quelesobjec- fameuses des philosorthes étaient déjà con-
Iinos dont j'ai parlé peuvent avoir qael(fie duites par la philosophie k mépnser les
t'Oit]*, je vais les réduire ft quelque chose oracles; que les plus beaux es[Hits s'en
itp'.as précis , et j joindre les réponses moquaient oDvertemenl, et que le chrislia-
I^rlfsqaellesj'eslime pouvoir les résoudre, uisine venant k être plus repanJdu acheva
frrmiên objection. « Les Oracles étaient d'éclairer le genre humain.
ItSeï de rimposlure des prêtres, et celte A<^o><«.llest«rai(9^)quelefMiattsnedet
>|Df>03tare est prouvée par l'ambiguïté, oracles fut encore plus grand dans la Grècet
'''bscoriié et la fausseté des réponses, par et dès le i^mps de Pyrrhus, il semble qae
des artifices découverts, et des oracles coo- l'on commença à respecter moias univer-
t>i-dus. > sellemeot les oracles. Près de trois siècles
A'fiffiur. Oo convient qo^t y a en de avant l'empired'Augnste,I>éiaoathène avait
l:iupi>slure parement humaine en bien des osé dire que la Pythie philtppisail, e'est-k-
Oraefes: mais il ne s'ensuit pas de là qn'il dira qu'elle était corrompue et insfdrée par
■■V si> point PO d'oracles, et mèa:e en grand les émissaires du roi Philippe. AristopboBa
'"mbre, inspirés par le démon. Il est déjS ne craignit point d'exercer sa plaisaateria
■rêi-epparent qufi les oracles forgés par les aur les oracles. César, CalOD, Cicéront bm
pt^lrt» , ne ravaienl été qu') l'imitation de paraissaient pas en faire beaucoup ds cas ■
KQi que les démons avaient inspirés. Leur et l'on sait en particulier ce mot oe Caloo ,
■"bdèle était déjà l'ouvrage de l'imposlure, uialgré son austère sagesse: « Qu'il ae eon-
■uis suggérée par le démon roflme, qui en prenait (Uis que deox augures pussent se
*"ulenait plus elBcacement le crédit par rencontrer sans rire. > P. Claodius ménagea
f^ artifices ; sans cela on aurait [«ine k moins encore cette partie de le religion ,
ninpreodre comment les oracles eussent lorsqu'il til jeter è la mer les poulets sacrés
;i conserver leur vogue pendant plus ce qui refusaient de manger. « Ils ne mangent
•^ut mille ans, et surtout s'y maintenir en pas, dit cet amiral romain, eh bien 1 qu'ils
les siècles très -éclairés. Ce qui uinfirme Iwivent. » L'événement oe justifia pas son
M te idée, c'est ce que nous remarquons en audace, et il fut proscrit. L'impunilé eât
>*s hecle» aussi oombreuses peut-èlre qua ruiné dans l'esprit du peuple le crédit poli-
>uil le paganisme , telle que celle des tique de ta religion. De pareils trails
uliomélaits et des lamas; car quoique leurs prouvent qae , dans tous les temps , il y a
vCtr» n'aient pas marqaè moins de zèle eu des esprits libres qui s'affranchissaient
< <ie génie à aouteuir leur religion par loua de la croyance commune. Mais la foule .
a ariiUces dont l'esiirit humain est ce- les villes, les provinces, les rois mène,
•Ue, ils u'onl jamais fait te moindre usage étaient encore remplis de respect pour lea
'■ Celui dODt nous parlons, ce qui donne oracles, et dans les siècles les plus éclairés
ïui lieu de croire qu'ils l'ont jugée iDca> de la Grèce et de Rome, ceux qui poevaieol
(IS7) Uns tm en pooùUe qn^il tarte ie vnis poijlkâsoM et vovdra vous eatnlner à m finx
tdes ée la boacfea des \wn praphéus, ^mI sera «alie, a'ea doeICK plus, c'est ua lani pn^bète.
onciBcdela vraie ia^ifaiioii (pu m peut ve- (Jlntimm. siH, 1, % i.)
rqwde DîewTIMseMMM l'appreod tei-oéoM en (938) iMstertaiim Mr/« âigirtûu de» ttCtgttut
■«es fonwls daM le «eas cm : Lorsque celoi qvi tnapit H rsawiiM, par H. l'atm Cotuu
n uc pf édieiiaD au «a oiirado, favariiora k
DEH
DICTIONNAIRE APOU)r>ETIQUB.
linnncr ic ion mis autres, tels que Tile-Uve,
TAciiH, Suétone, Viritile, Ovide, Pljiie l'An-
rien, Séiiè(]uc, et k peu yrès tous les grands
lioiunifl», ceux mfrioe qui méprisaierit les
sorts, les auspices, les songes, les prodiges,
les augures, vantaient les oracles, et ténioi-
gnaieut fitro (lersusilés tju'tls étaient divins,
vt comme Je langage de l'Etre iiiQni (939),
Pour ce qui est dus sectes célèbres, Socrate
et Ses disciples, Zenon et les siens, l'ancienne
AcndémiK , et les premiers péripat^liciens,
■ tous , dit Cicéron (9b0) , excepté Epicure ,
(|UL ne Cuit que bégayer sur la nature liflS
dieux , étaient partisans de la divination. >
Exceptons encore, si l'on veut, de celle
fouis Garante, les cyniques, qui rejetaient
toutes les sciences, et peul-éfra fa nou-
velle Académie dont Cicéron faisait gloire
•l'être, et qui no prononçait rien de cer-
tain. ■ J'en parlerai, dit-il, mais sans rien
alBrnier; je rechercherai tout ce qui pourra
in'éclnirer, mais ce sera en me réservant la
liberté du doute, et *en lua défiaot toujours
lie naoi-fflème (sVlJ, *
' Observons cependant que, quoique Ci-
«éron étale ses doutes et répande le sel
iJa sou'badinage sur plusieurs usages con-
sacrés par Ja religion païenne, ilménagea
lua oraclea, et consulta pour soo propre
intérêt celui de Delphes (942).
Le» oracles étaient donc bien éloignés de
leur chute , eu égard k la disposition géné-
rale des eaprils, lorsque Jésus-Christ vint
«u monde; ainsi l'on ne saurait dire avec
fondement qu'ils fusieut touibéa d'eux-
uiémes.
dr Objeetian. «Mais, dit-on, les oracles
n'ont pas tous cessé h ta venue de Jésus-
Christ. Il y en a eu longtemps après, et il sufQt
Îu'il soit resté un seul oracle depuis celtâ
poque, pour prouver que Jésus-Christ no
MB a pas réduiti au silence par un mira-
cle. •
Réponie. Cette objection s'évanouit dès
qu'il est connu que les oracles n'ont com'
niencé à déchoir que de la venuedeJésus-
Cbrist, et que ceol ans environ «près sa
mort le plus grand nombre ne rendait plus
de réponses, selon l'aveu de Flularque, l'un
de leurs prêtres les filus célèbres. Eusèbe
(S39) Les païens éctairéi éiaienl bien ëlai^nés <le
pouier camme te vulgiire. C'est ce qu'on voit entfe
atureipar un passage de saint Augusiiu, qui lenil Jk
prouver que daus le Tond le polylliéisme des païens
m rcduisail à l'uuiié d'un seul prtiicrpe : ( Jupiter,
dit ce Père, est selon les philosophes l'àme du
monde qui prend des noms diflerenls selon la di-
Tertiié des effets que sa sageKse produit. Uuhs tes
espaces éthérés on l'appelle iupittf, dans l'air Ju-
■<ni, daiiB la mer Neptune, dans le soled Phébus,
dans les devins Apollon, i etc. (AticasTin., De citi-
laM D*i, lib. iv, e. 11.) Le savaul BaucKsK, Dt pA»*
lot,Ctllar., p. Ul, observe encore que c'était un
des grands f)rincipe8 de la tliëologie celtique, que
h Diritiilé eiait répandue dans tout l'univers ; que
It-s démons, ei sans doute tous les esprits eu tai-
saient pallie, et que de là venait leur langage, pa-
rctt à celui des sioiclens, 4ii in Ùeum redeunl. Tout,
nk^me les dieui inlérieurs, retourne au Uieu su-
prême, comme à la aonice commune.
( Dém. Ar., liT. r, ch. 1 et 17) asiure qua
jamais avant la naissance du Ssuveiir, il
n'était arrivé qua les oracles fussent de-
meurés muets, c'esM-dire qu'on let eût
consultés en vain, et que dès lors, au con-
traire, les oracles et la coutume bad»re
d'immoler les hommes avaient cessé.
Au reste, en niant Ib miracle du sîlents
imposé aux oracles sur le fnndempm qw
tous les oracles du monde n'eviieDl pasiiï
rendus muets, on n'aurait pas plus dérai-
son qu'en niant la guérison d'un boiteui,
parce que tous les boiteui n'auraient pas iii
guéris. II eût sulû que plusieurs onêlei,
disons plus, ou'un seul oracle jusuus U
célèbre, eût été iodubiiablement coDroada,
pour démontrer le pouvoir divin qui u-
compagnait le nom de Jésus. Or, an n»
pouvait douter qu'il ne fût arrivé diveriai
pareils, en lisant l'histoire ecclésiasliiiiit,
et en voyant avec quelle conHance lesu-
ciens chrétiens en attestent tout l'uniTst.
Et comme Jésus-Christ nb guérit pas an
doute tous les démoniaques, les clirélien!
et ses disciples ne dépossédèrent pas lout
les oracles. 11 sufnsait d'en faire taire plit-
si«urs,pour désabuser les païens raison-
nables qui étaienlà porléed'en êlreirtilruiK
Peut-être aussi (et cela résulte asseï vm-
blement des textes sacrés) que les oratlH
qui continuèrent à être en réputalion iii
celle époque se soulinrenî, non cumnieia-
naravant par le pouvoir des démons, iotA
l'empire était détruit, mais par la fourtKm
des prAtres qui jouissaient encore des Tniiii
d'une aveugle superstition, partout où ils
trouvèrent les peuples disposés à y idb(-
rer.
Gomme ce sont Ift, k mon av îs,lespriDi>
pales objections et le précis des reiHjui'J
que l'on peut y faire, je ne m'étendrai \ti
davantage sur ce siyet. Le lecteur s'en in-
struira plus au long dans l'ingénieuse II"-
toire du Oracta de FonteuolTe, cl dciis'i
savante réfutation du P. Ballus (Kipoui
à l'Iiùtaire detoraettà, Strasb-, lIO'i).
Par l'ei^Kisilion de ces deux systùuits.
je n'ai prétendu éblouir personne, ci "*
séduire moi-œèiue. Ainsi au ras qus1ei4-
ralléle qu'on en fera n'aboutisse pas à cuu-
(9U) < Heliqui omncs (pliilosophi) prxicr Epio^
mut bat bu lien te m de naiurndcorum, Jivinuliuuca
pi'obaverunt. t (Ciceso, De dieiual., liL. !.)
(9il) < Uicendum.... sed ita niliil ut jninMA
quxram oninia, dubiUns pleruinque, ul unlii i?"
luIDdeaB. >
[Ut) Cicéron était rempli d'espérances cl iH*»
sur tes ailes de rainbliiim su jelcr léie baiSM'e ilm
les alTaires du gouvernciucnt ; mais il (ni <ia t^
rcfruidi par un oracle qu'd reçut à Uciplini oi
uyant demandé au dieu par quelle vuie il p<>unti
se rendre irès-glorieui, U Pyibic lui répondit qut
ce urait tn prtnatit poitr guide rie la ne un t"^
naturel, et no» pat l'opimon du p4Upie. C'est pi'*'
quoi, quand il Tut ariùvé Ji Runie; il se couduisii il'*'
bord avec beaucoup -de réserve, etc. Ce n'ed 1*
que la polilique ne put avoir l>caucoup iks*^'
cette déinarclie de consulter l'oracle auL yeui <i'i*
peuple qui le respectait. (Plutakquk, \'u>l*i^
ren, L \U, p. îàU, Ind. de Dacier.J
er DE» DICTORWAmE
uiotnit h réslitéilu intracle qni détrui-
iiii'afpiiireiletdâiBons m qui rendit muels
bond» de* païens, il restera en Taveur
ilH penoDiw )ei plus diflScilesè se rendre,
un* «plicalioD si simple et si lumineuse,
^u'clleoiiliflatlraaisAmeDllousIes suffrages.
Cm celle que l'on peut tirer d'£u5èbe
iQHtitme quoique fortement persuadé qus
kidfmoni étaient auteurs des oracles du
«Les oracles, dit-il {Prapar. n., c. 1),
Ml cfué depuis que la doctrine salutaire
it l'Eniigile à commencé & se répandre
wlalerreetâ éclairer les hommes de sa
hmitrb. ■ Ce qu'il confirme dans son
«iriga de la démonstration évengélique.
Ajoutons ce qun dit saint Alhaua-ie:
iDejiuii que Jésus-Christ a été annoncé
tuViui, celte fureur des pythies a cessé, et
Tanne Tpil plus de ces devins. Depuis que
t Fil) de Djea a paru sur la terre, l'idoU-
lit D'iugmeote plus , au contraire elle
Miiblit loua les jours. Les ténèbres de
lUoIltrJe n'ont plus de force, et toutes les
^in du monde se remplissent de la
Iwièredesa doctrine > [L. d» tnc. ferbî
H
Ctli retiendrait i pea pr£s ) la pensée
fcCirtron [DeDivinai.) mais en .y ajoutant
Imoiup. Qaando ittaviinanuitf Anpost-
fHhMnuf minus credufJMJscaperufiJT Les
■nln lont tombés à mesure que les
Jmih se sont désabusés du culte des
wuKiiTinités, et qu'ils ont connu la
Muiéetia pureté du culte annaneé daiu
l'iDgrlt.
Ceieni est sans contredit très-beau, el
H uinele serait presque également grande
ntTue te nom de Jésus-Christ ait fait
Mriei mouTsis esprits des lieui dont ils
nbleDt emparés, soit que par la força
Marieuse de sa lumière, il eût confondu
iiKpasiDre intéressée des prÔLres du paga-
Ume. Désabuser des peuples entiers de
■rstliujioQSj opposer de vrais miracles
viliui(r^r on ne saurait contester les
WKi miracles) , réduire ceui qui avaient
Ml d'imérét ft parler, è un silence éternel
«tdes STeux flétrissants, c'était égale-
Rniliprture d'une force et d'une reli.
}'») toute diiine.
Haoi l'un et l'antre de cea sans, les
ateiieos pouvaient dire avec l'apdtro
«lot Jean dans VÂpacalypte ( xii, 10 } :
iCut préieotementqu'esl venu le salut,
iwrce, le règne de notre Dieu et la puia-
wce de ton Christ, car l'accusateur de
>^>rères, celui qui Us accusait jour et
wiUevant notre Dieu, a été précipité. ■
*H|-Vey, PoasB&sion, AnaB^ Pecbâ ouoi-
**>- 1 1, 'ASTEONOMIE, HUXUCINATIOH.
UtllON, soB eiîstence et soo inilueoce
jws le phénomène des hallucinations.
r*f. HuxuciSATiofi'. — Pen(-U foire des
^V^iUn I Yo]f. iwwuknuh & ■• — Imite
t^CTr. D(l«r«Ilfian ckrilimuu, par
|JII} UiBdUz, Canciim, chap. IV.
APOLOGGTIQOE. me 6SS
les rlls des sacrements, suivant Terlunien
et saint Justin. Yoy. ÉucBtHiSTTB, J III.
— Croyance universelle h l'exisltmce et h
l'intliience des démnns. Toy. Possessioir.
DÉMONIAQUE. Foy. Possïssioh.
DÉNOMBREMENT ordonné en Judée par
Auguste; diOLcullés résolues. Toy. Luc
fsaini).
DESHOULINS, nie l'unité de la race hu-
maine. Yoy. RlCBS HDMAIltBS, $ J.
DESTINÉE des races. Yoy. Racb* bu-
ifiiitBS, s \III. — Destinée de l'homme,
sou dernier terme. Yoy. Eucbabibtib , % U.
DÉVELOPPEMENT RELIGIEUX de l'hu-
manité, existe-t-ilT Yoy. Philosovhik Pin-
THÉISTIQUE DE l'hISTOIRB, j U* — DéVClop-
pement des dogmes catholiques , réfuta-
tion. Yoy.DoauKS, g II. — Développement
progressif des êtres, qu'en faut-il penserl
Voy. HoHiiB. — Développement spontané
et progressif de l'esprit numaio, ce qu'tt
fdut en penser. Voy. PayasoLoaiE.
DEVENIR, qu'est-ce dans la philosophie
dti Hegel ? Yoy. Pbiuuofbib ss l'ibsold ,
DIABLE. Voy. D^Ken.
DIABOLOS, emi>loi et sens divers de ee
oiôl dans l'Écriture. Yoy, TBitTATioir de
Jâsub-Cbrut, SI.
BIËD.
Dieu eipHqnB h mmile et le maDde la
prouve, ntito l'atliia nia D1«b «d m prtr
■eoce. (RiTAMK,.!
Des prenTM contra l'oililenM d'une in.
tclllsence soprime, on a'eo a JiBtlt ip.
[VoLtiiM, uotes sur lei eabala.)
II.
Noos ne croyons pas nécessaire de pré-
senter ici les preuves de l'existence d'un
premier Etre, qui est lui-même l'essence
de l'être, et par qui tout vit, se meut et
respire. Ces preuves sont partout et qui ne
les cannait ? Toutefois si jamais le hasard
vous faisait rencontrer la phénomène d'un
homme [qui niAt Dieu a c'est une grande
question a'i) s'en trouve de tels; et quand
il serait ainsi, cela prouve seulement qu'il
y a des monstres [9H); ■ vous pourriez
vous borner h lui adresser te petit discours
suivant :
« Mon ami, je m'engage & me faire athée
comme vous, lualériSlisle, et tout ce que-
TOus voudrez, quand vous m'aurez appris
h me rendra compte seulement de la eréa*
tion d'un être vivant. Si ce n'est pas-Dieu»
par exemple, qui a créé l'homme, clier--
chons d'où il peut venir, car il> faut bien,
que cela ait commencé par quelqu'un.
« Eh bien I quoique l'Agn connu du
monde soi! de six milla ana^je vais vous
accorder une chose qui oe s'est jamais vue
depuis qu'il existe i c'est la création spon-
tanée d'un ankaat:quelconqufl. Il o-'e.Ht poink
arrivé pendant ces six mille années» qu'iM.
«iei neles de âcifncu de Corrcvon.
DtCTIWNAIBS AI>(H.0GET1QVE.
tioatme, bI «ucun individu d'une aulrset-'
fièce, soit nâ tout seul, de nuit ou de
jour, sous UD cbéne ou sous une aulié-
pjnu ; mais, pour vous faire plaisir, J'ail-
mels qu'il ait pu en sortir un, )e ne sais
d'où, ni qiiasd, ni comment. Toutefois,
je phénooiëae dnit tous paraître rare A
TOus-mômelt puisque jamais vous n'avez
ouï dire qu'i^ sa soit répété nulle part, à
aucune époque, et que de votre vie il aa
TOUS est Tenu k l'esprit de tioire U chose
possible.
' « A présent, mon ami, voyons ce que
nousallons faire de rhomme-phénomëne
(]ui est Dé tout seul. Prohablenitist il est
l>etit, puisque tout commence par Ib; et
alors je le vois bien embarrassé, sans mère
pour l'allaiter, sans Tètemeots pour se cou-
vrir; au milieu des bètes féroces, s'il y
ea • déjb, ou rampant tout seul dans la
boue, s'il « été le premier h en sortir. Mais
enfin, comme je vous ai promis d'être rond
et coulant, paseons stircfs difficultés.- Notre
itetil homme trouve moyen de vivre un an
ï (fuatre pattes dans les buissons, sans
qu'il lui arrive mallieur : après quoi il de-
vient ^ qu'il peut, enfermé dans les forêts
•t dans lus tleuves.
■ Je ne sais trop, -mon ami, oA cela se
passe; mais n'importe, notre petit homme
mourra Décessa 1 rement dans son coin* de
terre, et probablement paa loin du lieu
oà il » surgi, si un autre miracle, tel,
qu'où D'en a point vu depuis que le monda
«st monde, ne fait pas naître de la même
manière un autre petit enfant du seie fé-
minia, qui sera aussi bien embarrassé de
son i:ûlë pour arriver seulement à TSKe
de marcher sur ses deux pieds. Ainsi voilà
deux choses, dont pas une ne s'est rovuo
dans l'espace de six mille ans, qui doivent
- être arrivées h la uiêoie époque, pour que
lions puissions commencer â comprendra
notre premier point, qui est d'avoir uue
créature sans créateur.
« Mais ce n'est pas tout, mon ami; )a
terre est grande, jI faudrait que les pro-
diges dont nous venous de parler s'y re^
nouvelassant bien des fois avant que les
deux seule habitants du ^obe vinssent k
se reuconlrer. Jugex oimbien un genre
humain comme celui-là serait dilhcile à
réunir sous le même arbre ; combien de
Biillious d'années et 'de hasards devraient
coDGDurir h opérer une pareille rescoatre;
combien enfin notre pauvre couple aurait
le temps de mourir de fois, chacun de son
c6té, avant de se trouver face à face au
bord d'une rivière! Ainsi, oe serait tou-
jours un phénomène à recommencer sur
uouveaux frais, et qui oe Tiendrait jamais
à bien. Comiaisses-voui une supposition
qui soit plus simple et moins compliquée
que cel)e-l&?
' ■ Et puis, examinez cette organisalion
ai partait^ cette chai'pente humaine, si bien
arrangée; cette réunion de membres, de
libres, de aens et d'organes; cette com-
binaison si complète de matière et d'intelli-
^enee 1 Coubien tout cela devriii-ij n^
jeté de fui» dans un autre uouloqutli
main de Dieu pour former un tel ea»ai.
ble 1 Quoi I vous voulez sortir ainsi imt
équipé du sein de la terre, ou lîu iitxv.
taloire de la naiure I Mais eombiuD ciitie
nature ne devra-t-elle pasmsnqundafoit
son ouvrage, avant de rBcberur et de tèunir
foutes les parties qui composent un tin
vivant? Tantôt, ce sera un bras on tint
jambe; tanlût, les yeux ou les oreillesi
tantôt le sang et les os ; lanlât la tels ou
la looilié du bloc qui manqucTcuLBiKon
est-ce beaucoup vous accorder, puisqtit
Jamais on n'a vu la terre produire îé-^
rément ni un œil, ui une jambe, ai u
nez d'homme, ni un ongle, ni uo tilde
paupière.
« Mon ami, on connaît quelque àm
qui paraît bien plus facile k exécuter i)iii
tout Cela : c'est de ranimer un hoKM
tout construit, tout fait et achevé.datii le^
le dernier soufDo de la vie s'est seulenuil
éteint. Ne vous semble-I-il pus que celui-
Ib soit plus f^cilt) h remettre debout qu'os
autre à tirer du néant, et en qui toulnl
à faire. Eh bien cependant, avec cette bellt
charpente, encore toute dressée et compo-
sée de toutes ses parties, la sciencK,!»
ans, les efforts de l'habileté humaioe, ne
sont jias parvenus une seule fois, en sii
mille ans, à faire quelque chose qui pïl
se rajuster 'et marcher., Vo^ez ce jeuns
homme qu'on retire de la rivièrfe où ma
bras vigoureux fendait tout-M'heure ia
sillons et jouait avec le péril; il d'| i
qu'une, minute que la vie s'est retiréa di
lui. Toute son organisation est intacte, d
certes le voilii plus avancé sous ce rapfiorl,
3ue Ib prétendue créature que vous oivi
emander toute vivante à la matière brûle
et au hasard. Ce devrait être une michloe
plus facile & remonter qu'une autrti duul
on n'a pas'la première pièce. El ce|ieadatil
il n'y a pas d'exemple qu'on oit jaiutu
pu parvenir i lui rendre le mou veoii-U
■ Maintenant , mon ami , décidez si j<
puis risquer mes croyances ou seulemcol
ma raison sur des suppositions conmielu
TÔtres.qui compliquent jusqu'à l'absurdilJ
l'idée sr simple que ta créature deJCcnJ
de la main du Créateur . »
Au iieu d'un homme vous pourries pn>
dre un fétu, car
£iia« eetpet probal eue Demm (Tiiiuu).
Notre eaprit porte en Ini-méme law-
titude qu'il y ■ un principo das cboM'
et, en outra, que ce principe est eéce»
sairement nu Dieu ou It nalare. Il ue s'iÇ'
plus que de choisir, et une aaBÎ."e de clii>i|
est tout autre l'hose qu'une situation oi
Je raisonnement doit tout créer. HettoDi
un moment uo regard le tbéiame et le çi'>'
théisme, et rechercboos lequel des dçU
est en harmonie avec la nature, l'inlell)-
genca, la conscience et la société.
Dieu est ici-bas le plus populaire de tau-'
nCTIONNURE APOLOGETIQUE.
MNreii tandis ()ub lapanlliéisme «st un
5v)Ièffle puremenlscientifiqae. Au milieu
déi thampSf appuyé sur son inslruntent du
inMit, le laboureur lèvt aes yeui vers le
(iel, el il nomme Dieu k ses eufimls par
un mouTement simple comae son flme.
LfpiiiTre t'appelle, te mouraoi l'invoque,
l« perfen le eraint, l'homme de bien )e
bénit, les mis lui donnent leurs cduron-
nett porter, les ariU^S le placent en tâte
de leurs bataillons, la victoire lui rendgrAce^
Il délai la f cherchH un secours, les peu-
ples s'irBiant de lui contre leurs Ijrans;
Il n'en pas un lieu', un feiops, une* oe-
cuiDn,Bn sfflliment où Dieu ne paraisBe
(( lia soit nommé. L'amour lai-mértie, si
tflr d» son charme, si conflaot dans soa
InGtorlalité propre, n'ose pas pourtant se
pitier de lui , el il vient su pied de
HsiDiels lui demander la confirmation des
rremesseï qu'il « tant de fols jurées. La
olèraeroil n'avoir atteint son eipressfon
«préme qu'après avoir maudit cet a dora-
Ma notn , et la blasphèutfl est an hnmraage
«ncere d'une foi qui se révèle en s'oubjiant,
(uedinit-je du parjure T Voilh un homme
fjieit en possession d'un searet d'où dé-
Knd M ferlane , son honneur ; lui seul
M ronniK sur Ja terre, lut seul est son
t»(t. Hais la vérité a un oompliee éternel
d Di*a ; elle appelle Dieu & son secours ,
Hk met le oœur de l'homme aux prises
imlt lerment, et celui-là mAme qui sera
(triWië'fln violer la maiesté ne le fera pas
Mu m tremblement intérieur , comme
if'Ml'KUoa la ptusl&cheet la plus force-'
çfc-Klpoin-lanlqu'ya-MI dans cette parole:
h:» jurer Kien qu'un nooi , il est vrai,
Hii c'est le nom de Dieu. C'est le nnm
fi'Hit adoré tous les peuples, auquel ils
■tiUii des lemplea, consacré des sacer-
BM, adressé lies rriàres; c'est le nom
"plus fçrand, le [itus saint, le plus efli-
JJtt. le |ilus [toputaire que les lèvres de
re|iiome aient reçu la gréca de prononcer.
En «t-ii de uiéme du panthéisme T Où
■■ chercherons- BOUS T Venez avec moi,
hppoiis h cette porte; elle est illustre, et
r^i d'une main célébra aussi l'a heurtée.
wui tolci devant un sage. Prions-le de
*^i expliquer le mystèra de nos desli-
^"ii w il l'a pénétré. Mais que noua
■(hIT qu'il n'y a au monda qu'une seule
«il-ilanee. Pourquoi T Parce que la aubs-
wte est ee qui est en soi , el que ce qui
w en soi est nécessairement unique , in>
*ni. ilemel. Dieu. Voikà donc tout l'éclair-
^HtBi'Qlde notre via posé sur «ne déûni-
tûn Dftaphyûque. Je n asamiae pas si elle
t>t Traie Qu fiausse, si les coDCliisJwig qu'en
*>! lire soDl légitimes , s'il est aisé ou non
"• définir autrement la substance , et de
'HitMser par cela même tout l'édistaudaga
«utttdortrine.JedéSe seulement l'huma-
"■<« (la la eompreodre , ear rieo n'est t)lus
'Çjnfterles veines de volm front, un»-s«rt&'
d'éblouisscment saisir votre pensée nu' fond
de ses plus intimes replis , et tout dispa-
raître devant vous, le réel- et l'idéal , dans
uue défaillance douloureuse. El ce senti
là, dans ces subtiles et iiiahordables pro>-
fbudeurs , que la vi^rilé première aurait
caché SB faee 1 Ce serait là qu'elle attendrait
legenre humain pour lui dicter son sort I
Le croyeE-vous t Pour moi , je ne le crors
pas, JB crois au Dieu du pauvre et du sim-
ple; je crois au Dieu que la cabane con-
naît, que l'enfance écoula, dont le mal-
heur sait le nom, qui a trouvé des voies
pour arriver à tous, si petits qu'ils soient»
et qui n'a d'enuemis que l'orgueil de la
BcîflBce et la corruption du cœur, ia croift
h ce Dieu-Û ; j'y crois perce que je suis
homme , et , en répétant avec tous les peu-
pies et tous les Ages In premier article du
symbole de l'Ë^liss, je ne fais que medire-
boume et m'inscrire k mon rang dans kt
-communauté naturelle des Ames.
La nature est un grand spectacle, elle
épuise aisément nos yeux et notre imagi-
naiioD : mais a-t-elle le caractère d'un Clm
sans cause, d'un Aire qui existe parscif
Peut-elle dire comme Dieu d^insMotsa:
£00 >um 9111 tum. — Je luis celui qui tuit f
L infini est le premier caractère de l'ôire
S8QS cause ; la nature a-l~elle ce caraolèro ?
Aegardons>la, tout ce qUe nous y Voyons a
des limites, tout y est Ûgure et mouvement,,
fiijure déterminée , mouveoaent calcula;
tout y tombe sous l'empire étroit de la
mesure, même les distances qui demeu»
rent inconnues i nos instruments, mais qui
ne le sont point à nos conceptions. Nous
senlon.* la borne lit môme oti notre oeil ne
la voit pas. Il nous suflU do la ssisir dans
lin poinl pour la conclure partout. L'intiai
est indivisible, et n'y eût-il dans l'uniraca
qu'un atumo soumis À notre faible maîn,
nous saurions (}ue la nature est finie, et
que son immensité n'est que le voile écl»-
tant de sa misère.
Si ia nature était par soi-fnftme, elle au-
rait de plus le caractère de la liberté afa»-
solue, c'est-à-dire delà souveraineté; «ar,
de quoi peut dépendre un être qui n'a pa»
de cause? Hais esl-ce-là ce que nous remar-
quons dans les opérations qui nous mani-
iestentsa vieT L uuivers estserf : il roula
dans son cerela oâ n'apparaît aucune spon-
tanéité: la pierre resle où la main l'a mise„
et l'asli'e suit un orbile où nous la re-
Irouvoos totûonra. Ces mondes prodigieux
par leur maase et leur mouvemoat n'oan
jamais révélé h l'observateur qu'un anéoa-
nisme sourd el aveugle, une force esclave,
une désespéraote impuissauee de dévier de
leur loi. Et l'homme lui-même, l'htmaiK
au qui seul apparaît sur la terre cette libwtè
dont nous i'charchons vainement la trace
dans tout le reste, l'homme esL-il souverain?
"'^ <i^ la sa^cilé méiaphysiqua, que cet Nalt-il à l'beura qu'il a loarquéeT Meurt'il
^Mui écarte d» devant lui toutes les réa- b l 'heure qu'il désigoeraT Peut-il s'alfran-
tti. et |iétiètra d'un regard tixe le monde chir de ce qui limite et meurtrit san exlv-
'•*i iwtriciions. Vous semiriei bientftt se tencu l Gomme la nature dont il fait partie»
BIE
DICTlONNUftE APOLOGGTIOkiE.
BIE
M
flaia grandeur, mais une grandeur qoi
trahit d'aulanl plus son infirmilé. 11 est
semblable h ces rois qui suivi) ieni te triom-
phateur BU Capitote, et dont l'abaissement
s'accroissait des restes mAmes de leur ma-
îeslé. Aussi deux sentiments naissent i la
fois du spectacle de l'univers; l'admiration
H la pitié. Et tous les deux se fortifiant
l'un par l'autre, concluent ensemble à la
Tanîlé de la nature et à la reclierche desnn
■uleor. C'est )e langage des mondes, c'est
leur éloquence éternelle, c'est Id cri de
leur conscience, si l'onpouTait donner ce
nom à la force qui les contraint de parler
pour un plus grand qu'eux, et de r^ire &
tout les échos du temps et de l'espace le
cantique delà créature au Créateur :ffoit
nobii. Domine, non nobit,sed nomi'ni tuo da
gloriam, — Jfonpaâ ànous, Seigneur,non pai
à noui la gloire, maii à votre nom /Oui,
mondes sacrés qui roulez sur dos tèles,
astres brillants et joyeux, qui meoez votre
course sous la mainduTrès-Haat, Iles for-
luoéea qui dressez ros rivagesdans l'océan
du ciel, oui, vous n'arez jamais menti fc
l'boiDmel
11 n'importe pasde savoir si lepanthéls-
me essaie ou non de détourner d» son
sens le spectacle de la nature. Ce qui im-
porle, c est que l'homme pris en général,
Vhomme du l'humanilé, voie du premier
coup d'ceil que l'univers n'existe pas par
lui même. Jamais la mélaphjrsique ne dé-
truira celte impression profoude causée h
l'homme par la vue des choses dont se
compose la scène où nous vivons. Un en-
fani saisit l'incapacité du ciel et de lattirre;
il la voit, il la sent, il la touche, il y re-
viendra toujours comme à un sentiment
invincible qui fait partie de son être. Vous
aurez beau lui dire qu'il est Dieu; il lui
suffit d'avoir eu la tièvre pour comprendre
que vous vous moquez de lui.
En regardant la nature, l'homme voit des
réalités; en regardant son intelligence, Il
voit des vérilés. Les réalités sont finies
«tomme la nature qui les contient; las vé-
rités sont infinies, éternelles, absolues,
c'est-è-dirè plus grandes que l'intelligence
où nous les découvrons. La nature nous
montre des figures de géométrie; l'inlelli-
gence nous révèle la loi malliématiqueelle-
Hiflme, la lo) générale et abstraite de tout
les corps. Elle (ail plus, elle nous révèle la
loi oiéLa physique, c'est-i-dire la loi de
l'Aire quel qu'il soit, la loi qui s'applique
aussi bien aux esprits qu'auxcorps. A celle
hauteur et dans cet horizon , l'univers
dispsrall aux regards de notre esprit, ou
du moins, nous ne le voyons plus que
commelereQetd'unmondesupérieur, comme
l'omlM-e d'une lumière sans rivages ; le réel
s'alisorhedans le vrai, qui est sa racine, l«
réalité se mesure par la vérité.
^ Hais où est-elle, la vérité? où est son
lieu, son siège, sud essence vivante? Esl-
•^ une pure abslraction de notre esprit f
, N'esl-ce que l'univers agrandi ;>ar un rfiveT
S'il en était ainsi, notre intelligence elle-
même serait un songe; la vérité qui nom
Parait le principe de lout, ne serait qua
exagération, et comme l'extravigtnce d»
la réalité sensible,
DiroQS-nous que Is vérité s pour sien
notre propre es(>ri[T Mais nuire eipril en
borné, la vérité ne l'est pas; notre etprit
a commencé, la vérité est éternelle; n»irt
' esprit est susceptible de plus et da moini,
la jrérité est absolue. Dire que notre espni
est le siège de la vérité, c'est dire en
termes obscurs qua notre esprit eit la
vérité même, la vérité vivante; qui est tsiei
insensé pour le croire? Outre la conln-
diction qui existe entre la nature de twln
esprit et la nature de la vérité, oa voycai-
BOUS pas les intelligences dont se com-
pose le genre humain dans une guerre p*r.
péiuelle d'alUrmalions et de négalioniT Li
vérité serait donc en guerre avec elifrmËmt.
Elle dirait oui et non à la fois, lout en ra-
tant absolue : c'est le comble de la démeM.
Si la vérité n'est pas un vain nom, eUt
n'est dans l'univers qu'à l'état d'expresiinp,
et dans notre esprit qu'6 l'étal d'apparition,
elle est dans l'univers comn)erarli(tri ûm
son œuvre, elle est dans notre esprit, coaiu*
le soleil dans nos yeux. Hais par ilrli
l'univers et notre esprit, elle suhsitlacn
elle-même, elle est une essence réelle, in*
tinie, éternelle, absolue, existant par m,
ayant, conscience et ialelltgence de sui;
car, comment la vérité ne s'enteodrail-elic
pas elle-même puisqu'elleesl la source de tout
enleudemeot?Or,dire Otila delà Térilé,c'esl
délin.r Dieu; Dieu est lenom propre délava- '
té,commelavériléestIenDmabstraildsDieu. '
llj* a donc un Dieu, s'rl y a une vérité.
Vous plat(-il de dire qu'il n'y a pas de véri-
té? C'est votre affaire, etje ne vaispascoDtn.
Peut-être vous Renlirei mieux encore io
force de cette uonclusioa en l'appliquant s
l'ordre de la conscience. De même que ^
vérité est l'objet et la vie de l'esprit, la jiu-
tice est l'objet et la vie de la conscience, li
conscience aperçoit et approuve une r^>e
des droite et des devoirs antre les êirei
doués de liberté ? Cette règle est la justi».
mais où esI-eUe, la justice ? Est-ce un sim-
ple résultat de la volonté humaine? En •:<
cas, la justice n'est qu'une conrerition. oQ^
loi fragile née aujourd'hui qui tombera de-
main. Est-ce un ordre fondé sur ,1a naUm
même de l'homme? Hais celte nature e»l
variable, oorruplible, sujette à des psssiou
qui l'égarent. Ce qui est l'ordre pour l'oD
sera le désordre pour l'autre. Il fauldoflc.ii
la justice est une réalité, qu'elle soit uneloi
éternelle et absolue, réglant les rapports dei
volontés libres, comme les mslhématiqucf
sont une loi éternelle et absolue, réglant \o
rapports des êtres fflatériels, et la métspbf-
sique une loi étemelle et absolue ré^s»'
les rspftorls des intelligences avec tous I»
êtres soit' existants, soit possibles. £d dv
hors de cette notion, la justiee n'est qu un
mot qui arme les forts contre les faibles. I>'*
heureux contra les malheureux. Or, ceti*
notion entraîne nécessairumeut celle w
HE
UCnOfra AI» APOLOGETIQUB.
DOG
Dita, (Mutqo'oDe loi Jloroelle el absolue
ustuniteirs une réalité que dans la per^
Miaed'ta (Ire subsisianl par soi, a/ant
UK loloDléaeiive et droite, capable de pro-
aulgaerun entra, de le soalenir, de récnm-
IcBMr l'obéissance el de puoir la rébellion,
b jihli est le premier nom de Dieu , la
;ii!ice est le second.
Or, qn'il / ait des hommes pour qoi la
fériléellB justice ne soient qu'un jea phi-
li>M)Jiiqne, qui s'enrerment dans la solitude
«igueilleasa de lenr pensée pour y bilir
ifurgloira sardes sjstèmesqui portenlleur
MB, «la H comprend. Hais rbumaoité
|4ii(K N tottffrsnle n'en est pas là ; elle
ibtmadsrérité pour se nourrir, de Jus-
tin [M se déftndre , et elle sait que le
lénlifil* oom de l'un el de l'autre, c est le
mmitùita ; que la rëritable force de l'une
«deTiulre, cest la force de Dieu. Elle ne
«V ts( junais trompée. Quand on l'opprime,
tilt \Èt« ses mains vers Dieu , elle eo ins-
TilIcBornsBr seadrapeaui, ellediti Top-
nanT cette deroiire et solennelle parole
( i'Jst qoi croît et espire : Je tous cite
I triDuQu de Dien I
Getribuotl a Idt ou tard son heure, son
nra temporelle et visible, outre son
aratenietle. Les rois y comparaissent
a iei-bu, et les nations aussi. C'est ce
ibonal permenent an sein de l'erreur et
'riaiqailéqui aaoTe le monde. En vain
^oeil Tcut l'abattre; le peuple sauvé par
ileuuTeksoo tour. S'il n'^sTait parmi
«qoa des sages, Fidée de Diea pour-
if7 périr, ear un bomme seul est toujours
ÎMant contre Dieu; mais heureusement
initions sont faibles contre lui, parce
'ellesnepeuTuitse passer de justice et de
filé. Biles le protégeai contre les asTantes
inères d'une taasse sagesse; elles en
■Dlienoent la mémoire avec une fidélité
tD'eo eonserre pas toiijours la parfaite
boa, mais qui, du moins, n'a pas permis
<qB^ présent que le soleil et l'histoire
Net un peuple alliée. Quoi qu'on ait £ail,
West resté la pierre angulaire de la sa-
lé fanmaine; aucun législateur n'a osé la
lOir, locun siècle ne l'a igooré, aucune
Bnen'^ effacé son nom. Aussi bien sur
krre que dans le ciel, il est parce qu'il
Usai Dieu a poor lui la nature, l'intel-
ioee, la conscience el le société, que
l^t-il an paothéisma T où sera son point
Ppai 7 11 le cherchera dans les ténèbres
M métapbjsiqoe abstl-use: il s'isolera
toetas les réalités, de tous lesseoti-
■U et de tous les besoins, pour se com-
*r un labyrinthe doot la pensée ne saura
1 retrourar les issues. Il en perdra Ini-
tiale ûl; enfermé daas la prison subtile
ij se sera oonslruîte. il sera pris du rire
i'ergneil qui s'est trompé lui-même, el
«laat à lui, du fond corrompu des Ages,
esprits curieux des doctrioes rare», il
)t3l Eilrmiafmml, c'etl-i-Hn fai va en dekon,
CM ncciiiriqiie, qui députe lis sem boiisiit ,
^etlera sur Dieu et tar le genre bomain
'anathème du mépris. Dieu passera Sans
l'entendre, el le genre humain sans lui
répondre. Faisons comme eus, passous
aussi. Voy. PAifruéisiiE.
DiBD, eslril aimé. Foy. CBO-nt, | I. — •
Comment les êtres sont en lui. Voy. BniKs.
— Qu'est-il pour le ralionalismeT Yoy. Ri-
vftLiTiON rxiMiTiTE. — Ss uolion dans la
système philosophique de Fichte. Toy.
PfliLOsopHiB UK l'absold, ) II. — CODsidé-
ralions sur ceux de ses attributs qui ne
peuvent se manifester que par la rédemp-;
tioo. Foy. AsTaoKoms. — Esl-il trop grand
pour s'occuper de la terre si petite et Je
l'homme qu'il y a placé T /6id. -^ Peut-il
naître, sootfrir et mourir? f<w. BÉr*aATion,
illl.
DIEUX INFERIEURS chei les Indiens,
leur multitude innombrable. Foy. InDiinis-
ME. j V.
DIODORE DE SICILE, témoignage en
tireur de Moïse. Voy. PEnTiTECQua, { IV.
DISCOURS de Jésus: objections et ré-
ponses. Voy. JuN {saint) l'évangéliste, ( 111
et IV.
DISPROPORTION entre la fnnte et le
chitiment étemel; réfutation. Foy. E^teb,
I V. — Disproportion infinie entre lu mérite
des créatures et la récompense: réponse h
cette objection. Yoy. Mal, art. I, f V.
DIVINITE DE JESDS^HRIST, manifes-
tée par sa rie intime. Yoy. Jéshs-Cheist,
art. 1". — Par sa puissance publique. Foy.
J^ds-Chbist, art. 11. —Par rélBbiissemeat
de son règoesurla terre. Foy. J^sus-Cbrist,
arl. III. — Divinité do Pentateuque. Ytg/.
pBiruTBDQDB, { X. — Diviuilé du christia-
nisme prouvée par son établissement. Foy.
PiopAOïTioa se CHBiSTiAHiSHE. — Divinité
du christianisme prouvée (>ar ses fruits.
Yoy. Cintroductio*, { XI et suiv. — Divinité
des Evangiles. Foy. Evarqile, | VI.
DOCTRINES, aucune n'a t>u vaincre les
obstacles que la catholicité a surmontés
dans son expansion. Foy. Cathoucitè,
DOtiUES. — Quand l'inlelligence de
Dieu tombe dans rinlelligeDce de l'homme,
elle doit nécessairement y jeter quelque
chose qoi ne peut être ai crée, ni demouiré
par la raison. Or, ce qui ne peut être ni
créé, ni démontré par la raison, a évidem-
ment un cnraclére d'extravagance (9i5),
caractère qu'on ne saurait couiesler h la
doctrine catholique. Que nous enseigne-t-
elle, en effet? Un Dieu eo trois personnes,
un Dieu qui a fait le monde de rien, uu
homme qui a perdu toute sa race par une
f^ute personnelle, un Dieu qui s est fait
homme, qoi s été crucifié pour eipier des
crimes dont il n'avait pas la responsabilité,
un Dieu présent sous les appsrences du
pain et du vin. Quels dogmes, et c'est là
pourtant toute l'architecture de la doctrine
eatholiqoel 11 est trop évident que la raison
n'a créé aucun de ces dogmes, et ne ssorail,
saivant le mot de saint Paul qui dit qa'iUpfa à Diat
it ittuttr U mondepar la foUe it la prétlifMtiom.
nCTIO^HAIlUE AnH^BTIQUlti.
MtC
Mr IM propres farcei, eu déatdntrer aucun.
El cela doit fttre, car si la doclrine eathn-
liqufl élait unQceuvrb de lu raison, elle na
serait (las une œuvre surhumaine; si elle
était une f)liil(isopliier elle ne serait paa
une religion. Au lieu de doi;nies. tous
auriez des ibéorëmes de niaihéinailquBs.
Voire raison n'n [laa fait les dogmes, parce
«qu'elle ne peut ni les faire, ni les démon-
trer, parce qu'ils soDt supiérieurs > toute
raison,
SI-
Le doKine doit tur(u«er U nfMn. ~ H «l !■ elerda
h>ute eipliuUoD tt Itf DiBiid de i«iu Ica mj^irei.
Nos adreri&ircs ftrnsent nous effrayer
beaucoup par ce seul mot : Hais ce que
vous avancez 16 ësCvrlravagantl Je le crois
bien, et qu'aurais-je à tous dire, ai je n'a-
vais h tous dire nen d'extravagant ? si je
n'avais ft voua apprendre que ce quu
l'Iiomiue, eu secouant ses tisons au coin
de son feu, peut savoir par lui- même T
Qu'esi-ce que la religion, qu'est-ce que la
cominerce aven Dieu, s'il laissait notre es-
E rit juste SB point où il était auperavantr
lieu se serait rois en rapport arec nous, et
nout arte lui, pour av'oil- la satlsfaclton
réciproque, l'un de ne r'en donner, l'autre
de ne riei»" recevoir. Vous voyez que la
supposition n'a pas de sens, et qu'il faut
en revenir à ce n ot fameux d'un docteur :
Credo, quia ubsurdwn. — J« le crois, parce
aue cela ttt abMurde. L'expression est trop
forte, mais il est facile d'en réduire l'exn-
géralion et de. comprendre -qu'en effet, s'il
n'y avait rien d'exlravngant dans la doc-
trine, OR ne croirait pas. on verrait tout
simplement. Il fniit, pour croire, quelque
choie qui surpasse la raison, et ce qui
surpasse la raison a évidemment pour elle
un caractère d'exiravagance- C'est pourquoi
saint Paul disait : Si quelqu'ita de voue pa-
fait $agt à te ùécie, qa il sefiuiê fou powr ■•
faire uge (%6}.
Eh bien I me dîret-vous, voilà un beau
mérite 1 C'est justement le mérite de Is
superstition, ie vais vous dire la diffé-
rence.
Premièrement, nous cro^oas nos dogmes.
Tindis que vous, savaDLs et philosophes^
vous ne croyez pas aux propres inventions
de votre esprit, et que le doute les mine
sons cesse par une sourde inGitratron,
nous, catholiques, nous croyons sincëre-
ineut ces dogmes que notre raison n'a pna
faits et qu'elle ne se démontre pas. Nous
les croyons depuis dix-liuil siàcles passés,
juaqu'i donner notre sang pour eux. C'est
assurément là une naude merveille: Ja
doute de la raison àî't^rdde ses propres
(Buvres, la foi de la raison envers des œu-
vres qui ue sont pas tes siennes I Uats il y
a plus, nou-seulemefll nous croyons dos
dogmes, mais noua vous les proposons et
nous vous les faisons croire, à vogs, hommes
tl« raisoo,.l]omiBes d'orgueil, boDimes indi*
goés de notre extravagance. Un jour ou
(9iO)ICoT.iu, IB.
l'autre, vkhis y venez t un joar oq Tauire
vous nous apportez h genoux l'tdornion'
volontairt? de ce que vous avlei hsl si m*.
priée.- Nul ne vous contraint. Et ce phéno-
mène inimaginable de la coiirtrsjun dcli
raison à l'exlravagance, ne se posa pu
obscurément dans Quelques âmtsptnJaes,
il se passe chaque jour, è la face du taieil,
dans une multitude d'eispriii. Il n'etlpi»
une heure de l'Eglise, où elle m t^tim
des embrassemenls longtemps rebellei, oiï
ellcn'enlBnleà la foi et à l'amour ses prnvrei
ennemis, mère heureuse qui est n^connoe
de ceux qu'elle n'a point allaité), qui ti\
serrée dans les bras de ceux qui 1» vim-
triasaient. On lui naît par le bisfphjns
comme On lui naît par la bénédiction, 0<i
lui naît dans la force de l'âge mûr, corrin
nn effet des longues veilles de rinielligem,
des expériences de l'homme d'GtilJ^
illuminations de l'homme de génie, OpU
neli, comme un vaisseau entre dantli^
après les tempMes d'une tonijue navlfitin.
On lui donne la dernière vue de l'esprii, tt
dernier mouvement du cœur, la ferme tt
inébranlable palpitation de l'Ame qui » iros'é
et qui se repose. Tel est son soït depuis
saint Paul jusqu'à Bosquet.
Qu'en dites-vousrn'est-cepasIAonseffi-
cacilé surhumaine 1 Car enfin , qui pvit
vous faire croire? quelles armes oa qua
art possède la doctrine catholique |»V
s'emparer de vous qui ne vonlez pUSdelv,
pour vous persuader des dogmes iaw^
sibles à la raison f QnelmaléQèea-t-eilejdt
sur vous T Qui a mis dans sa main la ressnl
invisible dont elle dispose et par oà dIJ
vous pousse, comme l'effort suprfn» n
votre destinée, à adorer reilravai!,anc«) I
Il est vrai que sa prétention n'^'n
seulement de vous faire croire ses doffm
mais aussi d'en rendre compte à votre ri
son, tout supérieurs qu'ils lui sotii. Cil
de même que dans l'ordre des mceuist >''
travagancg doit être unie au sublime (tt'
il est nécessaire que, dans l'ordre d«
vérité, l'extravagance ne soit pas sé\«
de ta plus haute lumière. C'ust pourq>iui
doctrine catholique, qui n'a pas tftt*
dogmes et qui na les démontre p^'- '
présenio pourtant à la raison, une"
acceptés d'elle, comme la science w\<'^
dé la nature et da l'bunianitié, cou)n>e
nœud de tous las mystères, la tItM
toute explication, le lien de toute ton
nation de U pensée, le ebef-d'a:D*re j
l'erttendemenl, en dehors de quoi l» f<^
«ta* Jitir dana lee lérnèbret, selon l'eip"
sion de l'apAtre saint Jean. Comme !'<<*
du jour illumine loat sans être illuxi"
par rien, ainsi la doctrine calbolîque, fUii
beau premier du monde, répand sarq'
conque ne ferme paa las yeux oneirf""
lioD souveraine qui le ravît et luidécon"
avec l'faoriion de l'diernitdi rboriioa *
moins mystérieux du tMRps. Be lï "|
sorte d'hommes eussî nouveaux que 1
(U7) r«K. SUKTITt.
MCTUMUUIU AHHjOGM.VQW.
MJoUi méliiit auènble !■ plus profoads
philosophie i la plus ardente foi, tels qua
«jol iugastin, saJDt Aaselmfl, saint Tao-
BU, siiol BoiiaventurB, et tous leurs pa-
reils, bomues hardis cnmtDa le pbilo^onlis
et limples coœaie Veatanl, ne reculant
deiïHliucune question, n'ajanl peur d'au-
dia doule, ruteadant tout et répoodaot à
mU bilissaul par l'aOirination le grand
Uikti de Ja rerité, le dérendant par une
paiéiDique quotidienne contre tout venant
t( loDt assaillant. La doctrine catliulii}ue
tit la leuls qui ait produit celle race
d'tKiOKDu; araot elle et en dehors d'elle*
ï< u'f I pas plus de théologiens qu'il n'y a
liesvoti. Les théologiens sont dans J'ordre
M b térité ce que les saints sont daus
l'ordre lies mœurs; ils sont destinés k éta-
bir liiupréuiatie de raison qui est dans
il dodrÎDe catholique, comme les saints
fus! desiioés à en manifester la suprématie
iDo.ile. A mesure que le monde enfante
Jï/lastres lettrés pourcombaltre la doctrine
iHDieo, l'Eglise entante d'illustres théolo-
giens ^ur les tenir en échec, pour opposer
pi^ie a génie, science à science, raison À
nison, et assurer i tout le moins à nos
■'O^mes l'honaeiir d'un combat qui ae finit
liouii.
.4:iuî pji<!SODS-noas de siècles en siècles,
1 irarers les nations les plus civilisées,
i''^.''aiaDl et discutant ; aQirmant nos dogmes
unjiiie venant de Dieu, les discutant comme
1*111 n'en venaient pas, enlevant la raison
fiDi baul qu'elle-infimo, nous rabaissant
[lUqa'i elle pour lui faire plaisir, également
brfs per rexirsragance et par le raisonne-
B«ni, rebutés pour l'une, craints pour
lulre, respectés pour tous deux. Si l'tr-
ear nous serre de trop prés, si quelquefois,
Ëis la suite des âges, une Tacillstion se
I se/ilir dans le trop plein de notre vie,
Oui assemblons un concile, antre pbéno-
tine encore qui n'est qu'à nous, dont
■IledodriDe n« supporterait l'essai. Pen-
■ai i|ue TOUS disputez, nous délibérons.
OÊ fieillards, chefs et juges de la doctrine,
Bseieot en cercle sur des fauteuils,
ioienl Jb genou devant Dieu, invoquent
Esprit-Siint , écoutent une dîseussioa
'•^nelle, en pré&ence de l'univers qui
I regarde, et se levant une dernière fois,
n d'eox-mAmes et de Dieu, magistrats
fa Tériléf ils prononcent l'arrêt qui unit
» les esprits, et posent une pierre contre
pielle nul um ae heurtera pins sans t'y
Mr la leie. (Vojf. UTSitsK, Sesiutura-
«B, EuCHAKaSTU, TSIHIT^)
i^ue et de la
■ da H. AftMd. — RMétatioà d*
n HT l'orislBs lia dofm* de l>
A eoùlràn k reDceuneseBl de l'K-
tTMfilkHi. — StSal OémeiiL — Ter-
r dip« GnMH, Hiftoive de /«
! rMMM, IV, traduake GaiM^
c ifuelle sJresae le niionalifime l'emparé dei
~:>.<,tts t^eparéa par la ttiëologie proicaiaBta.
Fatigués de s'entendre reprocher sans.
cesse les variations de leurs symboles. les
prolestaols essayèrent, dès le stii* siècle,,
de retourner contra la théologie catholiaue
le ftH-midahIe argument qui pesait sur leur
tète depuis la publication de ce chef-d'ieu-
Tre qui s'appelle VOUtoin det titriatiamt.
lis entreprirent donc da démontrer que,
semblable è un fleuve immense qui reçoit
dans son lit profond les eaux des lorrenls
et des ruisseaux fangeux, le catholicisme,
dans sa marche à travers les igns des tén^
hres, avait mêlé i la parole du Seigneur les
spéculations de ses docteurs et de sas phi-
losophes. Uais une fois que l'on sopposait
que l'Epouse du Christ u avait pas été pr^
servée de l'erreur par un privilège tout di-
Tîo , il était impossible d'admeilre bien
longtemps que rÊgliae des temps primilib,
par un miracle de plusieurs siècles, avait
été exempte de toutes les erreurs et de toutes
les illusions. Les sectaires, en généraliaaol
le principe même do proteslanlisme, élimi-
nèrent successivement du christianisme tous
les éléments les plus essentiels, qu'ils relé-
guèrent dédaigneusement au rang des illu-
tiont mifitiqua et des âaécttlmtiomM ekiméri'
guft (9«8).
C'est ik précisément ce qui est souteoa en
ce moment per les disciples les plus émî-
nents de U. Cousin. Nous ciloni parmi Ofla
multitude d'articles qui expriment les m^
mes idées, le travail de M. Artaud, iospec-
leur général de rGniverarté : • Origène,
dit-il, le chrétien, appartient k cette përiude
d'enfaniememt ihéologigut qui suivit la pr^
dication de l'EvaDgiie.Les nouvelles notions
sur Dieu et sur le monde, que coDtenail
l'enseignement de Jésus-Obrist , avaient
besoin d'être développées, rédigéeseloon»'
tiluées en corps de doctrine. De 16, ce long
travail des siècles suivants sur les [iroblèmes
de la Rédemption, de laTrioilé, de laGiâee,
de l'Incarnation, etc. Les dogmes o'appara-
rent d'abord qne sous des forma obacmre$i
inddeUa. Origène est k peu prèa le jireoiier
qui comprit la nécessité d'en former un en-
semble et de les systématiser; mais, peur
accomplir cette œuvre laborieuse, le secours
de la pMlotopkiê lui était iodiapensahte.
■ Profondement versé dans l'étude des
anciena philosophes, il employa toute -la
puissance de son génie à concilier ta double
9ut9rMtie la fitiel de la rmttm. C'est Ikca
f[ui lui donne un caractère è part, et qui
ait son originalité dans l'histoire intellec-
tuelle des premiers siècles de l'Eglise... Les
adversaires d'Origèoe ont prétendu faire de
lui le père des Ariens, des liaoédoDKns,des
Pélagiens, des Eulyehéens, c'cst4^ire de
toutes les hérésies qui ont tour k tour di-
risé l'Eglise, sur le verbe, sur le Saint>Bs-
Le cMra iTAitliiirfiaUcm/iudM, par M. GeiiM,
tat une preuve noiveUs da la lactayN ^/m mtm
m
DOC
|)ril, sur rincarnatinn, sur la chute person-
iielk', en un mot, sur tout l'ensemble du
dogme.
« Levrnt Jans tout cela, c'eil que si, en
efTot, Origène n'a pas fu fixer nellemeni la
symbole* de lafoîcrirétienne, sur les dogmes
detaTrinilë, de la Grâue el <fe l'IncsrDa-
lion, ces dogmes, encore indécÎM h celleépo-
que pour toute l'Église, n'étaient pas alors
arrivés i leur point de maturité et a l'heure
de leur développement. H a fallu les travaux
subséquents des Aihanase, des saint Basile,
des saint Augustin, des saint Cyrille, pour
préparer une solution suflîsamment précise
■le ces dogmes, qu'Origène n'avait fait qu'é-
baucher m9). >
Hais le rationalisme devait pousser le
principe jusqu'i sa dernière conséquence.
Il fut obligé, par les impérieuses nécessités
de la logique, de supposer q^ue le Christ lui-
même n avait été exempt, ni des illusions,
ni des préjugés qu'on reprochait à ses suc-
cesseurs; et que si l'Ëglise, dans son déve-
loppement progressif, s'éiait assimilé les
doctrines qui paraissaient les plus propres
Il compléter la dogmaliquet le libérateur du
genre humain n avait pas dédaigné lui-
même de faire entrer dans ses révélations
les éléments les plus purs des pbilosophîes
ot des religions qui l'avaient précède. Le
cTtustlanisme n'était plus alors qu'un paga-
nitme perfectionné, )e paganisme lui-même
n'était plus qu'un christianisme antici-
pé (950).
«■ E. Saisaet-, comme M. Artaud dont nous
citions les paroles tout à l'heure, soutient
aussi le développement progressif de la dog-
matique chrétienne. Il prétend que le dogue
chrétien, et notamment le dogme de la Tri-
nité, a été pendant quatre siècles soumis à
un raste travail d'élaboration, qu'on ne le
trouve pas arrêté et liié avant te concile de
Niuée et que l'école d'Alexandrie peut re-
vendiquer une large pttrt dans sa formation.
I>'oâ l'on doit conclure au'il e^t autant
l'œuvre de l'homme que 1 œuvre de Dieu,
et qu'il n'était nullement nécessaire que
Dieu le révélAtau monde. Invoquez-vous le
léinoignage de la tradition? Les ouvrages
dea premiers Pàrea de l'Ëgltse, vous répon-
dra-l-oii, ne démontrent pas que l'égalité et
que la consubstanti alité des trois personnes
divines fussent «lors explicitement recon-
nues. Toutes ces assertions sont autant
d'erreurs. Rien ne nous serait plus facile
que de le faire voir pour chaque dogme en
(9t9) Hiciiomt. itt uienett philo»., an. Orighie.
(950^ Ce lont les propres expressions de H. Ed-
gar Qolnet dins le ùénie da rtligioHt.
(951) Efo et Pater tixoM HmMi, (/odR. x, 30.)
(9521 £l it MÎAi agn vailii ertdere, optribiii nv-
diU. (J<HM. X, 36.)
(9K3) Ego a Pâtre exivi tt «ni in munduM. IJooh,
xn, S8.)
<8&4} Acl. apott. V, 3, 4.
(U5) Joan. xv, K. Le SaiDl-Espril, comme te
iwnai^W sailli Augueliia, ne peut procéder du Père
sans prtH^cr en méine temps du Fils, t Cuoi de
■ itio (SpirimJ Filiui lotiucretur ait: t/t l'aire prt-
fiICTIONHAIRE APOLOGETIQUE. DOC a
Ïirticulier. H ontrons-la pour 1« ih^ede !i
riniié.
Et d'abordffaîsonsDneremarqiieiQDeie
proposent les Pèresde l'Eglise d>nsli>!étrili
dont parte M. fi. Saisset* d'expliquer et de
commenter l'enseignement de Jésus-Cbriit.
Mais cet enseignement, où leirouviieDt-ilst
dans l'fivangile. Eh bieni; vojnieal-ili
l'égalité et la consubslanlialité de; irali per-
sonnes divines, du Père, du Fils etduSiinl-
Esprit, clairement exprimées?c'est ce qu'il
s'agit d'examiner. — J'ouvre donc l'Evangile,
pt j'entends Jésus-Christ nous dire ; Un
Pireelmoi,nouM sommet witTitiiECWK{^\^.
Dans ces paroles, il nous apparaît se diiiin-
guant du Père, en tant que personne, idiii
aussi il s'attribue avec lui une idenlilépii-
faile de substance et de nature*. Et voilidU
proclamée la consiibslantialité que deminJi
M. E. Saisset. Mais ce Père dont pnrle léii*
Christ est Dieu; il l'est doue aussi. D'ailltui
continue-t-il, (■ voue n'ajoutes paifoiin
parolei, eroyex à nt* ouvra (9S3). El m
OBurresqu'il opère en témoignant de sidl'
vinilé, ce sont des miracles. Cet arguoitil
est-il assez fortT — Voulez-vous matnlenid
l'exacte détinition des rapports gui eiu^iti
nent l'une h l'autre ces deux personuctl
Je tuii eorti ttu Père, et jt auii tenu duMll
monde (953). Le concile de Nicée ne |Drl<"
pas autrement, il dira aus^i que Jésus-CW
est sorti du Père par voie de généra lion.
Voici maintenant pour)eSaint-Esprit.U
textes qui établissent sa divinité al)ODdenl|
le choix seul nous embarrasse. Arrêlou
nous à celui-ci : Comment, dit saint Pierni
Ananie, Satan a-t-il tenté votre cinT,jt{
'.M
qu'à voue faire mentir au Sainl-Etprùt.
Ce n'ett patauxhoatmetque vautave^ '
mois à DIEU (954). Et de plus, cet
Saint qui est Dieu, procède du Père et m
du Fils (955}. Tel sera reoseignemeot i
concile ae Nicée. 1
Remarquons la conséquence qui dJco^
de ces textes : n'esl-il pas évideut n'^n
galité absolue, que la consubstantialilM
trois personnes divines sont explicilenM
aflirmées dans l'Eoangiti, dans les Ac'i
dans les EpUree du apdlreaî Pour se
vaincre de cette vérité, il sulfisaitï i
Saisset d'ouvrir nos livres saints, ol
prendre quelques-uns dea grands trail
la Trinité, que l'Eglise lui présente; il I
vait choisir entre saint Augustin et
Hilaire, entre Petau et le P. Perrpoe :
I eedit .-'quoniimPater processioDis ejns eft)<
I qui lalem Filium genuit et gignendo ei tlMi
I eiiam de ipso procède rei Spiriius sauctui.
t niai pmcederet ei de ipso, nuit dicertt dii^i)
( Aeeipiie Spiritum tauetum. » (Cottira Utn*
Aria»., 1. 11. c. U, n. !, I. VUI, p. 770, éi\
Higiie. ) Saint Cyrille d'Alexaadne tut «
ver que ■ Jésus-Clirlsl, en disant que 1c Sa^
I prit procède du Père, eDsâgse l'idettti|é w
1 sUncedHFIIseiduPèn:etceuedoclriM,.3l
( t-il, est celle des Pères qai l'ont pricue:
< cloc«mPiilnim/M«r«ti^HiM*tfl<>ilff>iC^
ia Jtan., in f. 2ti, il, cap. xv.)
DKTHMNAIia AP(X,OGETIQUE.
nii iroBf é dans ce dernier la réfutation de
touitt sti objections,
fi po», tJ aarsit aion eompris la râleur
d»t(itMqae l'on tira des écrita des Pères,
fliJMHrail épargné lea réflexions qu'ils
uisuj^èrenl. Donnons un exemple de son
i^menUUon. Il ciied'abord ce passage de
■iinl ClÂnent sur i'EpUra aux Corintkiau,
f S'ivons-noRS pas uo même Dieu,- un
Abc Cbrisl. un même Esprit 'ia grâce
■if»o6u inr dous (K16]? > El il sjoaia :
I Jt demanda ce qu'une critique exacte peut
.wHurecl'DD tel passage, alors même qu'on
.tnpprucharaît, arec tout l'art du monde,
■:'vintiain nombre depassagesanalogues.
ItTOiill trois noms encore assez peu pré-
tis:Dtw, le Christ, l'Esprit de grâce. Où
Mliidélenninaiion de la nature de ces trois
itmts*. Où est la dirioilé du Christ? Où est
:fiede l'Esprit? Où sont l'égalité, la con-
dbibnliililé du Pènt et du Fils f Qui m'as-
jre aime qu'il faut s'arrêter k trois per-
■ants et que l'énuméralioQ est termî-
Sans doute, si tous faites commencer à
inl Cléiuent l'ensei^ement de l'Eglise
\r il Trinité, tous ne pourrez rien conclure
! ce passage; mais, afin de rendre plus
rile le soutien de rotre thèse , ue brises
s cet enseignement. Bemonlez de saint
^enl aux apAtres et h Jésus-Christ ; rap-
ocbezcepassdgederErangile, H alors vous
itmamderex pStu et qu'une critique exacte,
uamt dt eàtétoul l'art du monde, peut en
f-lure, el alors vaut ne verrex plus là »eu~
tnt iroi» nome asttx peu précu , Diat , fa
ritl, CKtprit de grâce :—vout eerex certain
U^aut B'arréter à troii rertonnet et que
luméralion est terminée. Vous vous éton-
1 que l'Evéque de nome ne détennina
I dans toa éultre la nature de ces trois
BU, ne proclame pat la divinité du Christ
:elte dm Saint-Esprit, l'égalité et la eon-
itauialité du Père el du Fils! Et qo'a-
i-it beaoin de le faire? Vous oubliez
K qu'il s'adressait aux premiers chré-
is, c'est-i-dire i des hommes encore
L-oieal impressionnés de l'enseignement
Siareur, et se nourrissant nuit et jour
la lecture des saints Evangiles? Ne lui
tsâii-il pas da prononcer devant eux ces
is augustes 7 Et aussitdt la nature el les
torts de Dieu, du Christ et de l'Entrit de
«se présentaient k leur esprit. Laissez
■Si Somme »m*m Omm ftotravi et bimik CkH-
>T) M. Ë. SjtissBT. Euait t»r la pkiloi. el la
» u\'tièete: de rEeeled^Alexanine, p. 154-55.
'<», eu smp., p. 157.
iSj Sl Ics&ck. "- -
■z Efkes., f.
>t| < uaasi non etUnitagirralîaDaliur«.-oIIecIa,
km lacût : M TrÎDilM, ratiooaliier espsusa,
ittm contlîlHat. * [Adner. Praxeam , ch. 3;
r«diûoa de Higoe, t. lit. p. 158.)
it, t Qaod opas Eiangelii... si ooa exinde Pa-
t ("iliui «t Spiritus, irei creditî, onuiii Deum
r(. I (l»trf., c. 31, p. \m.) L^sjmbolc catb»-
sgir les Pères de l'Eglise : quand ies rit'
constances le demanderont, quand des hé-
rétiques s'élèveront pour corrompre la lof
Îu'iisoDl mission de répandre, ils ourrirool
evant «nx rETaDgiie.et, sans «jouleroa
retrancher un ioia è l'enseignemeol du
Sauveur, ils sauront bien le défendre.
Après le passage de saint Clément , U. K.
Saisset discute successivement les tuiles
que l'on tire des ouvrages de saint Hrrmae,
de saint Ignace, de saint Justin, etc.; el
comme il oublie de tenir compte îles livres
du JV«iiDeaii Testament, il s'applaudit du fii-
cite triomphe qu'il remporte. — Voici en-
core nn exemple de son procé<lé : ■ Saint
Justin dit, il est vrai : Le Fils est Dieu. Mais,
demande M. Saisset, comment l'est-iiT Voilà
la question (958). > Vous avez la réponse de
l'Evangile, et vous nous en donnez uneaulre
vous-même dans un texte de sotia ignaest
que vous mettez sous nos yeux : • Accourez
tous ensemble... è un seul J4sus-Christ qui
est engendré d'un seul père [939J. ■
Voulez-vous voir la distinction des trois
personnes divines dans l'unité de sobs-
tance?prenez st lisez allentivemeiitlelraité
de Tertullien contre Praxéat. Vous savez
quelle était la doctrine de ce dernier: rf ac-
cusait les Chrétiens de prêcher deux et même
trois dieux; el pourquoi? Parce qu'ils ne
confondaient pas dans une seule et même
personne le Père, le Fils el le Saint-Esprit.
Quant à lui, il s'imaginait que celte confu-
sion était la seule manière légitime de pro-
fesser l'anilé de Dieu; « cdoime si, disait
Tertullien, l'Uiiité, réduite i elle-mèms hors
de tonte raison, ne constituait pas f'bérésia,
de c:ême que la Triniié, raisonnablement
comprise, constitue la vérité (960J. > Ainsi,
voua le vo^ez, au temps de Tttriulliea. nier
la Trinité c'était tomber dans l'hérésie.
Hais cette Trinité dont Praiéss ne oouUûl
pas, différait- elle beaucoup de celle du con-
cile de Nicée? Ecoutons l'apologiste des
chrétiens ; ■ A quoi bon l'Evangile, lui di^iU
si depuis il n'a pas fallu croire que Dieu est
un en trois personnes, le Père, le fils et lu
Saint-Esprit (961). > Et ces |>ersonnes, il.ne
faut pai les confondre; « car je soutiens
qu'autre est le Père, autre te Fils, autre
rEsprit saint (963J. Mais dans quel sent
sont-ils autres? En nersonnes, el non en
substance; ils sont distincts, mais non sé-
l«rés {963}.> Voulez-vous maintenant la
fique ne dil pas antre dwse : < Fldes aniem eitlMK
1 lica est lucc ut onum Deum in Trînilaie, et Trini-
■ laUm in Qoluie venereninr. i (S$»bvle 4» wirt
Athaaate récité dan il'oSce de l'Eglise k dîwaacfat à
(902) ( Eece emni dic« atiein esae Pairem.et aliam
Ftduia, etalÎBinSpiriliiiD. t Aét.Praxrmm, c. 9, p.
164; c'estencorece qaeditnoire SgoiMe: < Alta
e»t enim peraona Patria, alla Fitii , alia Spiritos
lancti. I rSjmAofe.)
(963) I Non divisiom alias, 5o)distinctioDe.fhtf-
ch. 9. — Neque su bslanti a m séparantes. > (^ni*.)
-— Tennllîen dit encore : * Ne oerds jamais oé vae
le principe établi par moi, que le Père, le Fila el le
Saiut-Espril sont inséparables... Le Père eu aam
t»
DOG
lUCTlONHAIRK &P(tt,0GET1Q{]E.
DOS
m
ddfinilion exacte des rapports qui les unis-
sent? Voici d'abord -pour le Fils : ■ Il est
égal BU Père, Fils primitr~né, paroe qu'iliest
tBgendrë avant toutes choses ; vni^iu, parce
que seol il est eogeodré de Dieu, «t, à pro-
pvenenl parler, couçoet engeodrédaDs son
«Bur, ainsi que l'atteste le Père lui-mérne :
MoA eiMur a laine échapper le Ytrbe. excellent
(964). > — ■ L(* Saint-Esprit, lui, ne procède
Ki d'ailleurs que du Père par le Fils (965).»
issonii Tcrtullien résumer lai-ntème, ea
uuelques mots, la doctrine qu'il vient da
ilévelopper. « lis sont trois, non pas en
ttteneet tuais en degré (966); nou pas en
substance, mais en forme; non pas en puis-
sance, mais en espèce; tous trois ayant une
seuil et môme subaience, une seule et même
nature, une seule et même puissance;
parce qu'il n'y a qu'un seul Dieu, sous le
nom (le Père, UeFiUetde Saint' Esprit (9fi7].a
lit sarez-vQus où Tertullien puise les
preuves sur leMineiles il agipuie celle doc-
trineî ■ Dans les Ecritures el dans leur lé-
gitime interprétation (968)... Le symbole,
dit-il encore, nous a été transmis dès le
commencement de l'EvuDgile, mime avant
les premiers hérétiques, h plus forte raison
avant Praiéas, qui est d'hier (969). b
Eh bien 1 que pense-t-on de ces teilesl
Sont-ils réellement, cumme le prétend M. E.
Siaissel^cafu» et indécis, à'une authenlitilé
incertaine {S7Q)7 On demande des preuves
^ue le Fib, eu ce stm qua celai qui engeadre ett
autre çne celui ipij est engetulti ; tu ce leni que c&-
lui qui envoie eu auire que celui qui est envoyé ;
eu ce sens que celui qui produit est autre que ce-
lui qui est produit. Heui«usenientpour notre cause,
le Seigneur lui-même a eruployéce mot à l'occasion
itu Paraclet, pour marquer non pas la division,
RiaU l'ordre et la distribution : Je prierti mon
Pire et il vaut donnera Hn axirc eontoUletir, qut ett
rEtpritiU vétité {Joan. xtv, 16). Que fait-il parla!
Il (trouve que le Paradel est autre que lui, de mèma
que nous boiitenons que le Fils est autre que le
Père... D'ailleurs, le nooi de Péie donné ï I un, le
nom de Fils donné à l'autre, ne prouvent-ils pa»
qu'ib sont distincts? Tout ce que représente leur
nom, ils fe seront ; tout ce qu'ils seront, leur nom
le repréMnier*. * {Adv. Praxean, c. 9. — Dans la
mdueKdes Pères deU.piGsnorDE, t. Vil, p. 477.)
(964) ( Exiiirfeeum paccm sibi faciens, de quu
procedeDdo Fijius faclus est, priinogeuitu* (Col. I,
IS), ut anie onmia geiiilus ; et uniifirnifut {/ Joan.
IV, â), uisolug ex Dco genitus ; proprie de vulva
curdis ipsius, secundum quodet Pater ipse tesia-
lur: Eritelamtearmeumtermoverlt opli«tuni(Pi. xliv,
3.)(r(rtHll.,c.T,p.lGl.)Fitiusa Paire solo est, nou
tacius, mm crealuG, sed gnuiiM. (DanslcSgiBliule.)
(!1QS| ^fituu non aliunde puio quam a Fatre
per Filium. (Iài4. c. i, p. 159.) — . Spiritug saniuis
a Pâtre el FiJjo, non lantu, nec creaLus, aec geiii-
' lus, sed proMrftnj. Dana le Symbole, r ■ •
(9fiA) A L'oceasioa de ce mol degré, H. E. Saisset
Tail une remarque que sou6 ne devons pas passea
sous lilence: < Us quel droit un ptiiiosoplie, inler-
|HéUnt uu telle de Te rtui lien oft il est dit etcprti-
eément que les Irotj perionne* lunl du degrés de la
salMtaiH» divine et qu'elles diflèrent enire elles par
le degré, aCQrmcra-l-il que ce Père n'a pas entendu
latroduirc dans h Trinité des différences de dci;ré ! ■
((JH moral p. 159.) — El d'abord, Tertiillien ne dit
jfM tsprtiUmëtit que les troiê perioiinù de la Tii-
qui élabUssent que ■ l'égalité absolus, que U
coDsubsaDlialilé des Iroi* penonaei de l>
Sainte-Trio lié, étaisnt explicitemeTil iSir-
méescl consenties dans les preniertsièdti
de l'ère cfarélienoe, el l'on prodsoM btula-
ment que les apologistes da la religion De
le déiDoairenI pas le moins duaioBde{9TI).t
Mais de bonne foi, cette Ihèse est-«li« uro-
lenablc? N'est-ii pas évident, au cooirairc,
pour quiconque ne se laisse pas aveugler
fiar un système préconçu, que ces pasuges
s prouvent invinciblement, — qu'ils [vî-
lenlent .l'égalité et la c&naii6ilaiitialit< ila
trois personnes de la Saitite-Trinilél Oii
vient d'entendre Tertnilien ; nous pournon:
inlerroger aussi saint Juslin, Athétuigori,
Origine, Clément d'Alexandrie, et nous Iroa-
verions dans leurs ouvrages la mÈme doc-
trine nettement exposée.
Quand on prétend que le dogme da ii
Trinité el la doctrine chrétienne en génénl
n'élaient pas constitués avant la naisiure
de l'école d'Aleiandrie, tous ces srguoiw,
il faut en convenir, peuvent être fori eir
barra&fants. On trouvera donc mo^ett de
déprécier leur valetir, ou môme de les re-
jeter : ainsi, voici venir M. E. Saissel, qui
vous demande d'abord quels sont ces Pir»
que l'on cite de préférence? Des bonunei,
répond-il, justement suspects d'bérésie.il
nous dit alois comme quoi la forte itnagiiu- '
tion de Tertullieo s'accordait peu avec It |
mié sont des dépit de la sufasUnce divine, bû '
il dit que ces personues sont trois en degré {\m ,
gradu). Le sens de cet deus expressions n'etipiN
ce nous semble, le même, et la seconde seule pt- '
sente la Iraducli ou fidèle du texte. — Ensnjw'l
lieu, si M. li:. Saisset,avail tu le traite deTerialt<n|
contre Praxiat, il aurait compris que cePên, f
disant que ces personnes sont trois eo defn, *'*\
pas entendu introduire dans la Tiiuiié des ^{H
Uflcct d* de) T^, c'est-^^lire tes faife kiégaies. Vuw
comment il explique lui-inéme ce hiou Après vu».
d it q ue te Fils est engendré du Père, et que k Siii»^
Esprit procède du Père et du Fils, il ^oute: < Twil
chose qui sort d'une autre est nécessairement b i''
conde par rapport ï celle dont elle sort, mais vm
en être nécessairement sépaiée. Or, il y a ua s«««
là où il y a deui ; it y a un troisième là oA il 1 4
trois. Car le troiilèeie est l'iilsprii qui piocèle H
Pèreeldu Fils, i (rerla/^,cS.)N'eBt-Upasc^
d'après ce passage, nue Tertullien emploie le "^
degré pour marquer l'ordre de distribution des iiM
personnes de la Trinité? An premier rang, Mfr
mier degré se place le Père, an second te Fils, h
troisième le Saint-Esprit; mais le Père, leFil«d
le Saint-Esprit ont la même nature, la méoie suis-
tance; ils sont égaux.. |
(9G^ Ires autem non statu sed gradu ; netfài
Etantia, sed forma : nec poiestaïc sert specie: «H
aBtemsubstanllKCiuiiin^tstaliis, etunluspolcWûi
quia unuj^ Deus, ex quo et grailus istl. el fbm-T i|
species, in nominc Patiis et Fîlïî et i^ïritus sno
depuiantur. ^Ibid., i: 2, p: tS7.)
' |9E18) hares ipsa formam suamScripturisel^
lerpreialionibuB earum patiociiiaiitibus TiitdicaH
(Ibtd., c. 5, p. 1S9.)
(989) Hane rogulam ab hriiio E-rangriH deewwl
risse, eiiani ante priores qnosçne Itaereticos, ncéni'
inie Fraxeam hestemum. {Itttt., c. i, p. (57.)
~ (97D) M. E. S.\tS£ET, Hiinp. ; p. fSif.
(971J Itid. I
BOG
DICTI(»l!4Â.iRE APOf.OGBTIQL'E.
I>OC
673
^ilj, Il précision , la mesure qu'exige
j[(iac(e Ihéologie ; — comme quoi encore
!miéritl\sme peut se placer ^ous son pa-
mift; — romme quoi eiiGn il s donné
■KbaisséedRDHles erreurs de IHon tan (972).
-Il qu'imporleol tous ceS reproches r«la-
Koenlk la question qui nous occupe T No
iffiicei pas ninsi. Il a'agit An savoir si
ilogme lie Ib Trinité se trouve nettement
rtulé dans les ouvrages de Tertullien.
Tout è[es forcé du t'y reconnalire, cou-
geidonc que ce Père devait être fortement
Miré (le renseignement de l'Eglise, puis-
l'il ne ratière pas, malgré sa fougueuse
tfinalint ^HJ j accordait pta acte la téti-
n, ia fTiz\tion et la meaure d'une exacte
kUjit. — Et d'aMIeurs, quand il aurait
^surce point, ■ Ce n'est pas tant, comme
urque très-bien M. J. Simon, du senti-
(I (l'uD Père qu'il s'agit, que de la doc-
« lEfme du cliriiliauisuie dout l'Eglisa
ntrselle estassurâmenl, ni6ma au point
ntdela lidélitâ purement bistorique ,
K<le plas compélenl et le plus sdr. Si
il que l'on remonte dans I hi&toire de
fw, l'égstilé des personnes divines,
iH-Oireia perfeciion ileia nature divine
aies trois hyposiases, est évidemment
bilrioBonliodoxe; et les hérésies mdmes,
iau eu fKiur ot>jel de sutiordonnur une
Hue t une autre, et qui toutes ont été
Nisniasdès leur Daissanee, en sont une
J«4i[Ju8(9T3J. »
■WfiiM autre procédôdeM. E. Stisset.
^idn Pères plaloiiiciens d'AlexaodrieT
IIPKiiM les passages que l'on giourrait
Wde leurs ouvrages, et voici pour-
^11 Unit piquant, dit-il, dese serrir
pn |>arolea pour fortiâer une tbèse
(Ind.aa moins indirectement, h nier
f 'tSuence de Platon ot d'AIeiandrie
m farmaiioa du cfarislianisme (974), ■
l!e piquioi ne se trouve-i-il pas, au
tutt, uaDi Iji tlië«e que aoutient H. G.
M! A moins de se condamner h. nier
fcuce, ou i rnjeter te Nouvesu-Tesla-
t, [lest forcé d'admettre qu'on trouve '
fEta»gUe, dans les Actt$ et dans les
w (les «pâtres, l'égalité et la consuhs-
iliié des trois personnes divines; et
Uint il prélentl que le dogmo de la
■*( u'élait \,»g lise avant In naissaaco
*»le d'Atexandrie 1 II recounett les
dlSTérences profondes, essentielte» queM.i.
Simon signale entre la Trinité de Ptoiin H
relleduchrlslisnistne, et 11 vent qse eelle-rt
soit sorlie de «elle-làl Non, Platon el lea
Atexandrins n'ont pas «lereé sur la forma-
tion du dogme ctjrétien l'inOuence dont
Eirle H. E. Seissel. Ce qu'it fau| leur attri-
uer, ceque leurs conceptions ont produilv
ce sont les hérésies anti-trinilaires qui ont
agité l'Eglise. Petau l'a prouvé surabon-
damment (97S].
EnQn, voici le grand argnntenl qne H. E.
Saisset fait valoir en faveur de sa thèse.
Il letirede l'existenceet des progrès extra-
ordinaires de l'arianisme au !▼* siècle de
l'dre chrétienne, f Supposez, dit-il, qu'alors
la doctrine fût arrêtée, organisée sur tous
les points ; supposez surtout que depuis
Irols siècles elle n'etjl p<is un instant varié :
Je vous demande de m'expliquer comment
une hérésie qui la renversait de fond en
L-omble a pu taire une si prodigieuse for-
lune; comment un simple nrôire d'Alexan-
drie a pu tenir en échec l'UKiise tout entière.
Ce prèire obtcur (976) se lève un jour, et
propose sa doctrine sur Jésus-Ctirisl. Son
évéque veut étouffer aa voix ; il persiste,
et, quelques années après, sa querelle est
celle du inonde (977). »
Ces phrases, nous le reconnaissons volor:*
tiers, sont fort bien tournées; elles peuvent
ftiire illusion, mais l'argumeiil de H. Saissel
est-il absolument décisifT C'est une autre
question. Avant delà résoudre direr-lemenl,
nous demanderons h M. Ë. Saissct si, en
prenant ses propres eipressiens, il ne sérail
pas possible de montrer, au même titre, que
la doctrine de l'Eglise n'était pas fixée S
l'époque oà le pro lestant isme parut t Es-
sayons ; M Supposez, dirons-nous done,
qu'au xTi* siècle elle Î(U arrêtée, organisée
sur tous les points; supposes surtout que
depuis quinie lUcttt, elle n'eût pas un ins~
teot varié : expliquez-moi comment un*
hérésie qui la renversait do fond en conible
» pu faire une si prodigieuse fnrlune ; com-
ment un simple moine 4' Allemagne % pu tenir
en échec l'Eglise tout entière T Ce moïttc se
1ère un jour el propose sa doctriue sur les
tacrtmtnl» et sur les indulgencit. Le Papt
veut étouffer sa vois; il persiste, et, quel-
ques années après, sa querelle est celle du
luoude entier.» boot conclurons-nous, à
^ ^•i.SuutTt Etêaiê t*T lo philoiopbu elta
Hiiiix'iiùff : de l'icole d'A/«xiiWrie,p.l60.
^ »■ 1. SiM«s, Uiu. 4e V&cdU d'Alex., U 1,
'I tH t-p-, p. «59.
*! tr. hw.. De Trinit., !. i, c. 12. — Peih
""il. UitoL, Dk TaiHT., c. i, édll. de Htgne,
'•II''. — I La coBilneaiMMi des doctnaes
">> et lidléal^iieft qu'un iavoque a eu vé-
•mt Iku, dit U. lalibé Muet. <tu'a-i<-fU«
■^ le ibitune cattiolique? Non: c'est son coii-
■ le 'logme liéréijqne, qui est sorti de cet al-
'iTlitvi.ckr.,p.i&i.)
•I L«Ue épiibàc m-elle jetée là pour produire
'^-■^«11 ae uvens; toujoura est-il qu'Arius,
•it mtupt b divinité de Jéttu-Clu-iu, avsHt
déj^ fait du bruit dans Alexandrie. On sait qo'il
avïit embrassé leterreurs de Uélèce. Reçu de nou-
veau i la communion, élcv^ même an diaconat par
saint Pierre d'Alexanjrie, on fut oblige de l'excom-
munier bientôt après, i eante de ses liaisons avec
tes scbisniatiquei. Et puis, saint Aohillas, iveee»-
Mur de saint Pierre, luipacdanae, l'ordtMine préirr,
et lui conlie, avec l'une des principales églises. <t'A-
Lusanilrie, rt^seigncnicnt des saistcB lettres. Alora
sa vanjié ne coiinatl plus de bornes : il s'appelle
l'/Z/uj/re; à fenleudre. Dieu lui a cimirauniqué.
dans une mesure «tra ordinaire, ta science et la
sagesse... Tels furent les aniécëdeuUd'Arius. Il n'é-
lail donc pas aussi ofrKHrqnaH^E.tlkWIiTvoadnlt
le Caire croire.
;977) /Hrf.,p. 16».
«79
MCTtONNiUlLE APOLOGETIQUE.
nropM de* suw.^ du proiestanlisme comme
H. S. Saissel le fait à propos des progrès
de J'arùflisme, donc U doclriue de l'Ëgiise
■'éuit ))aS| au xti' siècle, arrêtée, organisée
sur lous lea poials. Cet argument est-il
invincible?
Si quelqu'un s'arisait de le firésenler
coiDine tel, on lui opposerait aussilAt ren-
seignement et la pratique pendant les quimxe
tiieUtaui précédèrent t apiurilioD de Lulfaer.
Ainsi lil-on dvecArius. Quand ce prêtre se
leva dans Alexandrie pour dogmatisur. com-
ment procéda-t-il T 11 nia que Te Fils fût égal
el coéternel au Père. Uais ce dogme qu'il
repoussait ainsi, était-il nouveauTUu oien
avait-il des racines dans le passé? Nous pour-
rions nous contenter de celte réponse de
M. E. Saisset : c II s'agissait d'un dogme es-
sentiel, lié i la Trinité, h l'Incarnation, &
la Bédemption, qui touchait à toutes les
croyances, è tous les principes, à toutes les
cérémonies du culte (978j. ■ Oui, ce dogme
est vraiment l'Ame du christianisme; et,
comme le christianisme comptait d^à plus
de trois liiclei d'eiistence, lorsque Ariusse
présenta pour le renverser, nous en con-
cluons que l'Eglise devait avoir depuis long-
temps une doctrine arrêtée sur ce point.
Cette conséquence nous parait rigoureuse.
Signalons maintenant quelques faits lais-
sés dans l'umbre par M. £. Saisset; elle res-
sorlira mieux encore. Arius commenga à
peine k répandre ses erreurs, et «ussitftt
saint Alexandre, son évèque, esspie de lu
ramener à la f»ieatkoliqwi par ses ménage-
menls et par ses lettres. Ses efforts restent
inutiles. Il rassemble alors un concile, et
100 évéques d'Egypte et de Libye, témoins
et délenseurs de la croyance de l'Egypte, le
condamnent avec une douzaine de ses prîn-
cipaut adhérents, prêtres et diacres. Arius
excommunié le retire dans la Palestine;
il ne larde pas à se faire un grand nombre
de partisans. A cette nouvelle saint Alexan-
dre, malgré son grand ége, retrouve toute
la vigueur de la jeunesse, et il s'empressa
d'écrire nux évéques de cette contrée, a ceux
de la PMviciê et de la CéUtyrie, pour se
plaindre qu'on ait admis l'hérétique i la
communion de l'Eglise. Aussitôt ces évé-
ques lui répondent pour se justiRer et s'ex-
cuser, les uns avec sincérité, les autres avec
déguisement el hypocrisie. < Il y en eut, dit
Tirlemont, qui déclarèrent n'a voir nullement
reÇu Anus; ceni-ci avouèrent qu'ils l'avaient
reçu par ignorance, et cnux-là pour le gagner
et le ramener à son devoir (979). • Quant h
l'imiiression produite par les lettres de saint
Alexandre, elle dut être très-grande : nous
savons, en effet, que l'hérésiarque ne trouva
de refuge que cbez Eusèbe de Nicomé-
die (980).
Cette victoire éclatante ne contenta pas
saint Alexandre; il voulut dresser un nio-
numeol qui attestât la croyance universelle
I/Mnp.. p. m.
, Himoirtt pour unir à Vhhlotrt teclit.,
p. S23.
(978) i
(97B) ,
L VI. p.
de l'Eglise. Il envoya donc dans lej prniin
ces un mémoire ou lomt, qjs Us éiiqne
catholiques souscrivirent, afin rt'élouii
l'hérésie par leur accord. Lorsqu'il partii
6 saint Alexandre, évéquedeConstintinoph
il était déjà signé par toute r%pi(eil
Thébaidetpsr la Libye el la Pentapoit,fit\
Syrie, la Lycie, la Pamphylie, VAiit prnpr
ment dite, la Cappadoce et pur les auln
provinces voisines. El les évêquesdelnulj
ces contrées lui avaient envoyé, autre Jti
signature , des lettres pleîues d'indigDiii
contre les nouveaux ennemi) de li i
rilé (981). Que dira-t-on de cet accord? I
B-t-il pas 16 une preuve évidente que lui
Irine qu'il constate était arrêtée et mi
sullement reconnue?
Et celte doctrine, quelle étail-elle!5i
la trouvons nellemeni exprimée dioié
lettres de saint Alexandre qui sont (larta
jusqu'à nous. La première est adrari
l'évëque de Byiance. Saint Alexandre)!
d'abord ressortir Is tactique et les pn»
corrupteurs des ariens, a Arius elles s
ont depuis peu formé une coDSpiralion.
tiennent continuellement des assemblés
ils s'exercent h inventer des calomniui
Ire Jésus-Christ et contre nous. Hsca
rent la laine doctrine det apùtrn, el, M
les Juifs, ils nient la divinité de nuinl
veuret le déclarent pareil auxauimki
mes. Dans ce but impie, ils recueilleMi
soin tous les textes qui parlent de m
carnation et desonabaissemeol, etR|<
sent ceux qui parlent de son éternelle'
nilé el de sa gloire... Ils excitent looi
jours contre nous des séditions et dei
sécutions, soit en nous traduisant it
les tribunaux par le crédit de quelques
mes indociles qu'ils ont séduites, soi
déshonorant le cnrislianismo pr l'ioMl
desJBunesûlles de leur parti qbel'DI
courir dans les rues. Ayant donc cous
leur conduite et leur entreprise impiev
les avons cbasséa de l'Eglise qui ailM
Christ. Eux, courant de cAté el d'i
cherchent i surprendre uos collèijues,;
prétexte de leur demander la paix el l'a
mais, dans la réalité, pouren entraloKi
ques-uos dabs leur pestilence pnrdel
paroles, en tirer de grandes Iftttreil
puissent lire à leurs dupes, afin de les
nir dans l'impiété comme ayant aitc
des évéques. Mais ce qu'ils ont ensei|l
fuit de mal chez nous, ils le patseol
silence ou Je couvrenl de paroles trod
ses. *
Saint Alexandre relève ensuite le m
de» ariens pour la tradition. ■ Ni la ^
divine des Écritures, ni l'accord de ddi
lègues n'arréleut leur fureur. » El il oi
à leurs erreurs la croyance catholique.
■ Nous croyons, avec l'Eglise aposM
en un seul Père n^n mgendré, qui ii'i,<4
principe de son être; immuable et if
(9801 TiLLiMon, ibid., p. SSS.
(dSI) Voir l'Iiistorien Socitrc, I. i,t. <> F
— I>aiw TiLLEMHT, ibiâ.,^ Sï«.
Ci
or DOG UCTIONNjUKG
nlili, lonjoars la mènie; Inca^iable de-;ira-
friiou de iinmulion ({^2}; qui a donné la
w. les prophètes et les érangiles, qui est le
jtigDeurde» pilriarcbes. des npÂlres at de
IMS lu Hinli.— Et en an seul Jésus-Chrisl,
k Hli unique de Dieu, engendré, non du
i^nl, miii du Père, qui est, non à la ma-
ijéredw corps, par retranchement ou écou-
linenl, comme feulent Sabeilius et Valeii-
liii, mais d'une manière ineGTjihle el inf^nar-
nble, comme il est dit : Qui racontera sa
Âir^ion (9fi3jTel comme il a dit lui-mGme :
hrunu ne connaît qai est le Pite, ti ce n'est
kf iJi; <f prrtonne ne eonnaU qui est le Fil»,
ittitu U PcTf [98&}. Nous avons appris
ill est immuable et inaltiJrable comme le
ke, qu'il n'a besoin de rien, qu'il est par-
ai et leiDblffble au Père, et qu'il n'a de
IvniquRde n'être pas non engendré. C'est
Itesens qu'il a dit lui-même : U Pire ett
^ymdqut moi (985). Nous croyons aussi
Nie Fils procède toujours du Père; car il
Viipltnaear de la gloire el le earactire de
JniMla» palemetle (986). Mais qu'on ne
Mi soupçonne pas pour cela de nier qu'il
ttengeouré; car ces mots, il était, et tau-
M, tarant /m liécles, ne signifient pas la
kicciiose que non m^fndrrTlIs semblent
l^iiler comme une extension du temps;
É lis ne (>eurent exprimer dignement ta
hniit, et, pour ainsi dire, l'anliquité du
kiùijue; les saints les emploient pour
1(^ut ce my slàre autant que possible,
•riciiDiiit l'indulgence de leurs auditeurs.
iwlifuHcoaserTer au Père cette dignité
Itf'tii n'itre point engendré, en disant
^' n'i aucun principe de son 6lre ; mais
piiiiissi rendre au Fils l'honneur qui
]L>P[«riienl : lui attribuant d'être engendré
ffmnins commeucemenl, el reconnais-
t^ome ta seule propriété du Père de
'mnl engendré.
■!lou5 conTessons encore un Sainl-Etprit,
l> également sanctifié les saints de 1 An-
ITniafflent el les divins docteurs du Nou-
Pi uoe seule Eglise cathotitjue etapuslo-
Pi toujours invincible, quoiquele monde
krcouspirek lui faire Isgaerre.et vîcto-
mde toutes les révoltes impies des ho-
iries, le Père de famille noua en ayant
1^ l'astoranne lorsqu'il s'écrie : Ages
k*te.fn vaincu le monde (987). Après
APOLOCËTIQUE. DOG Mi
cela nous reconnaissons la résurrection des
morts, dont noire Seigneur Jdsus-Chrisl h
été les prémices, ayant pris de Marie, mère
de Dieu (SisTixaf). un corps véritable, non
en apparence. Sur la Gn des siècles, il a ha-
bité avec le genre humain pour détruire le
péché; il a été cruciSé, il est mort, sans
aucun pr^udice de sa divinité; il est rt-s-
suscilé, il est monté au ciel, et il est assis ft
Ja droite de la Majesté. Voilà ce que nous
ensei;;noiis,ce <{ue nous prêchons; voith les
dogmes npostoliquos de l'Eglise, pour les-
quels nous sommes prêt» K souffrir la mort
et les tourments [988). »
La seconde lettre de saint Alexandre nous
montre combien son argumentation émit
vive el pressante ; nous voyons aussi que .
pour établir la croyance qu'il constate, il
s'appuie toujours sur les divines Ecritures.
' Qui peut entendre dire à saint Jean : Ah
commencement était le Verbe (989|, sans con-
damner ceux f\\ii disent : Il a été un tempii
qu'il n'était point î Qui peut ouïr dans l'E-
vangile : le Fila unique (990), el : tout a été
fait par lui (991), sans délester ceux qui di-
sent que le Fils est une des créatures T
Comment peut-il être l'une des choses gni
ont été faites par lui; ou comment eat-il hil$
uhique, s'il est mis bu nombre de tons les
autres? Comment est-il sorti du néant,
puisque le Père dit:/e Cai engendré de mon
iein avant l'aurore I99i). Comment peul>il
ôtre dissemblable au l'ère en subêtance, lui
qui est l'image parfaite el la splendeur du
Pire (993), et qui dit : celui qui mevoil, Vùit
aussi mon Pire (994). S'il (.«t le l«7>r c'eet-^-
dire la raison et la sagette du Père, comment
n'a-t-il pas toujours été? Ils doivent donc
dire que Dieu a été sans raison el sans sa-'
gesse? Comment peut-il être sujet au chin-
gemenl, lui qui dit : Jesuit dans le Père, el
te Père est en moi (996); el encore : Uci et
lé Pire nous sommes une même elios* [996] ;
et par le prophète: Yoyex-moi, parée qiu
je suis et ne change pas (99T). Car quotquu
ces paroles puissent se rapporter su Père ,
on les entend toutefois mieux du Verbe,
parce que, devenu homme, il n'a pas changé ;
mais, comme dit t'ApAlre : Jésus-Christ ett
le même aujourd'hui quhier , et dans totu le»
«j^c/»(998). Quelle raison ont-ils do dïru
qu'il a été fait pour nous, quaod saint Puul
tti Aiifi, lelKca qml'EgliM adorait aa lemps
aàiAlmailre et qa'elln adore maîolenant en-
\ ■ëU<( pas le IHeu perftciioit que H. Du Val-
■àliçpeUeUplM admirable earteature de Fi-
*^ d* 182». (II«mu anûlglique et enlique des
■*t taaumporaïKt, p. t78.) nous recominait-
I W oaitTaKe k ceux <|"' désirent coiinallre
jMn Hiii daiiBereax tes romaiM modentes.
'^ linituionem ejus fws «urrotil t {Aei,
Kl .Ynusotlt Pmlrem nùiPiUiu; eliumo »»•
f™" ■» Pater. {Maltk. xi , 97.)
»i futr major me al. (/mm. iit, U.)
"*' (N am tit tptmdor atorte et âgarâ tub-
■Jf'Ju-IHrtr. I. S.)
^''j^*pdeit,tfê «ici mmwdum. {Joan. ivi,K5.)
DlCTIO.imlnE iPOLOGKTIVIIR. |
aUt.eeetéa., 1. 1, c. 3.
(WU) /m frincMo erat Iferkam. iJoan. i, 1.;
(990i Ukmî uiàgeuiti a Pairet (Joan. i et ali-
bl.l
(991) Omnia per Ipsum faeta swi. {Joan, I, 3.)
(992) Ex kUTO ame tucifenm geitui U. {Vsul.
cix, 5.)
(993) Ci-deani, flrtr. i,S.
(99i) Qui vidtt me^riéeiet Palremmeum. {J—n.
xtv, 9.)
(995) Palcr i» me est el ego in Pair», (/oan.x. 38 )
(996) Efo et Pour muhh swMu. iJom. x, W.)
(M7) Ego mim DomiuMt et Mm Muter. (Jfoto-
fk, m, a.)
ifiM) J«nM Chrûm* keri, M hodit, ifpst eli» ic
ctifti. {Hebr. \m, 8.)
<U3
DOC
DICTIONNAIRE AP(H.OCETIQUE.
DOG
m
écrit que tout nt pour lui et par lui (999).
Quani è oe l}ias|4ièmo, que le Fils ne con-
naît pas parra item eut le Père, il renverse
vetle parole du Sauveur : comme fe Pire me
eonnatt, ainti moije contiaii te P^f (1000).
Si tlûiic le Père ne connaît le Fils qu'impar-
faîlement, le Fils connaît le Père de même.
Que s'il ii'est [>as permis de le dire, et que
le Père coanai.sse parraitemeal le Fils, il
est évident que le Fils counalt de même son
fère.
«Cest ainsi que nous avons aouTent ré-
futé les ariens par les divines Ecritures;
Bjaisilschaagent comme le caméléon (1001). >
'Ce langage est-il assez clair, assez précis T
€eE dogmes sorrf-ils timidement formulés 7
La doctrine catholique, au contraire, n'ap-
liaralt-elle pas \h entièrement organisée T £1
qu'on no 1 oublie pas : ces lettres ont été
écrites avant l'ouverture du concile de Ni-
céO'i ue détruisent- elles pas le système que
uaus Gdmbaltoiis T
Nous trouvons encore une preuve que la
cj'oyauce de l'Eglise était depuis longtemps
arrêtée, dans 1 accord unanime des trois
cents évêques réunis & Nicée pour con-
d«mnar Arius; —dans le cri d'indignation
qui s'éleva,parmi eui, lorsque cet héréti-
que proposa sn declrine; — dans la rapidité
avec laquelle ils formulèrent la foi de l'E-
glise. Cette dernière considération surtout
nous parait importante. « Jusque-là, dit
M. l'aillé Kolirbadier, l'élite de i'bumanité
jiaïLiine, 'les philosophes avaient beaucoup
liissurlé sur Âieu, sur sa nature, sa (trofi-
dence, l'ensemble de ses œuvres ; cl. après
lies siècles de dissertations, du raisonne-
méats et de subtilités, pas une vérité n'aveil
été déCnie d'un commun accord, ni mise à
la portée (hi commun des hommes. Or, ce
3ue a'avaitmt pu les philosophes grecs après
il siècle», ce que ne pourront les philo-
sophes de iinde après trente et quarante,
les pasteurs chrélieus l'ont fait mi peu du
joiiraÏNicéfl; ils l'ont fait malgré toutes
les ruses, toutes les arguties du philoso>
pJiisme «rien; ils l'ontfait en consignant
dans leur Credo la doctrine qu'ils venaient
de confesser d&ns les prisons, su fond des
iRJnes, deviint las tyrans elles bourrcAux
(;ui leur avaient crevé les yeux, brûlé les
uiains, coupé le jarret ; doctrine héréditaire
Îu'ils avaient rc^ue des martyrs, les martyrs
es apûtres, les apOttes du Christ, le Christ
de Dieu ; et ce Credo qui déQnJt avec une si
merveilleuse précision les vérités les plus
sublimes, deviendra jusqu'à la fin du monde,
et pour tout l'univers chrétien, un chant
(999) PnpUT^m otminrt pêrqiumomiiia. {Bekr.
II. 10.)
(l'wO) Sicut notil me Pater, el ego agnoKO Palrent.
(Wï'.lB.)
(10011 Dans TvtoMUT, 1. 1, o. i.
(1002) Hiêt. mmers, de t'Est. cMh. « t. VI ,
p. 205.
(I0S8) MinoirfM pomr tenir i tlâiloire eceténai-
tifW ifei lis premier* liéetet, t. VI, p. 656.
(IIHU) Od peut latme dire avec H. Rohrbacbcr :
I Le mot emmbuantiel n'éUUpai nouveau, et ù'il-
populaira de foi , d'cspéraore el d'n-
mour(l002). ■
Déjà Tillemont avait fait une remirqa»
semblable :
■ Le concile (de Nîcée) voyant quelle
était l'hypocrisie des ariens, rnmassalautu '
les expressions de l'Ecriture i l'é^rd du '
Fils, et les renferma toutes snui le mut '
de contubitantiel, c'esl-è-dire qui a la tnSni !
substance, et tous les évêques, apr^ «i
avoir longtemps délibéré , s'arrêtèrent h n '
terme. C'est ainsi qu'après avoir lilen
examiné toute la doctniiQ de l'Evangile H
des apAtres, les prélats, fondés sur les di-
vines Ecritures, établirent avec beiiucou|i
de circonspection fa règle parfaite de li U
catholique (1003)? >
Ainsi donc, quand Arius se présente '
avec une doctrine qui renverse iu dogw
de la Trinité, l'Iigliâe lui oppose l'ensci^w
nient constant de Jésus-Christ, des s]AUts
et de la tradition ; il n'y a de nouveau ^h'.
le mot qui l'eiprime et le résume (10m;-
Cet enseignement de Jésus-Clirist, des i\A-
1res et de la tradition; tous les éTÔtjuei
présents au concile de Nîcée, les srieiissui- ,
mêmes , le reconnaissent el procUinenl-
Théonas et Second demeurèrent seuls ui'i-
uiâirément attachés h Arius ; aussi lït
condamne-t-OD avec ce novateur. Voilà iii
faits qu'il est impossible de nier;— il<^
faits qui prouvent qu'anlérieuremeni >u
concile de Nicée, il y avait dans l'Egliui
une doctrine organisée, précise, eiiiUuiVe
sur la Trinité.
Est-ce pour diminuer la force des arj^" !
ments que l'on pourrait en tirer, queU-K
Saisset t'ait cette remarque : « 11 est curicul
de voir Constanlin, trois uns h peine avim,
ce concile, rappeler Ensèbe de Nii:uaif4:
et Arius lui-même (1005) Ta Mais, pour)»
ne pasajouter que cet eiD|iercurful Irou ',
d'abord par Constaocie, sa sœur, puis)
un prêtre arien, qui lui persuailèn
qu'Arius ne pensait pas difTéremmenl <
Pères de Nicée, et qu'il souscrirait i^et
décrets, s'il daignait l'aduietlra en sa pt ,
sence (tOO€) I liais pourquoi ne pas avi>ii .
Îue cet hérétique, ËusèLte de Micom^di*
héognis, nrésenièrent ù Coiistan'in I
profession ae foi qu'ils dirent ut uu'd e
ëlre conforme au symbole dt» Nioee(IlW
U. E. Saisset deiuand» encore: «Mil-'
bien que 1» concile de Milan, qui a
damné et déposé sainl Atliao«s«, co
s'était (lersonniHée la foi de Nicée.
composé lie trois cents évfttjues (1D08
— Sans doute, 00 lésait: mais iguoie-i
lustres évËqaes de ftome et d'Alexandrie [t'*f
les deux uials Den^i) , s'en li-tuienl servi» [
condamner ceux qui disaient que le Fils rl«ii
Mivnge, ci non pu coiuub&lKikliel &u ^èie. I
tèbe de Césarée fut obligé de le recoouallK 'i
mttae. i Ubid., L Yi, p. iOS.)
(1U0&) M. E. SfcKfiBT, «li «Mpr. p. 163. I
iHm) Socn., 1. 1, c. 26. j
(lOOl) Vofr S0CR.,l.i,c.>4 Soi..l.»,C-l
(1WW> y. E. SusMT, Ukl,, p. 165.
DOC
DICTIOiNSAlRE
II), que pirmi eux beauroup élAienl ariens,
tttxmit leliaroés de saint AlhanasaT >e
ronoall-ii pas lea efforU. les nienvces , les
oioTiii IrailamafiU empjojrés par CoDSUnce
pour irradier aux éfèques orlhodoies la
{ooduonalion tie ce saint prélat TN's-l-îl pas
In <bbs l'histoire la résislaoce opiniâtre que
l'nipereur rencontra? A-t-il oublié que
Cluiieun aifflèrenl mieux suivre Atlianase
ibn* l'eiil qua d'obéir à ConslauceT
Quint i saint Eusiache d'Ànliochn , faut-
il np)M:ler ft M. E. Saissel les macbiuations
IWDleoKi auxquelles les ariens eurent re-
van pour le p«rdre ? Ne sait-il pas, comme
Roai, ce qu'il faut penser de cette prostituée
^i K porta son accotalrice, montrant un
tliUi la mamelloi et criant avec impu-
dcMtqa'elle l'avait eu de l'éréque Eusta-
tbttOa le déposa, il est vrai, d'après celle
--]. Hais Socraie et Sozotnène ne
■vus «ppreoDeDt-ils [ws que cette malbeu-
rtuttuiintttsur le point de mourir, déclara
•(aVIlearail élé engagée i celte calomnie
pour de l'argeDl (1009;. « Tellti était la cons-
ciflicedei deux fiusébe et de leur plia-
loige (lUO). m
ti cependaDl s'il faut en croire U. E.
Missel, Eusètte de Nicomédie , > sans aroir
tegDDil caractère et le génie de saint Alba-
WK, n'était ft*t moins sincère que lui , el
■mus attacbô A la Iradilioa des apd-
>rei(IO||]. ■ Mais oit donc troUTe-t-oD la
^«UTednceltesincériléet de celte lojauléT
kas l'infâme procédé auquel il eut recours
W faire condamner et déposer saiut
uislallie d*Antioche7 Dans sa souscrii)-
■uii irauJuleusfl aux actes <iu concile de
^Kée (1012i T Dtas la profession de foi Irom-
wue qu'il adressa a Conslantio pour ot>-
'uirsou rappel de l'exil T Laissons cet em-
«rcur tui-môma nous démasquer ses four-
tcrics. ■ Pendaul le concile de Nicée, avec
nifl empressement et quelle impudence
Muibe a-i-il soutenu, coutre le téinoignage
H sa conscience, l'erreur convaincue de
*ai câlé» T Taotùt eu m'envoysot diverses
KTMnoes pour loe parler en sa faveur; lan-
fti eo implorant uia protection, de peur
|u'éi«Dl conraiucu d'un si grand crime , il
Ktûi privé de sa dignité, il m'a circonvenu
'surpris bODteuaemenI , et a fait passer
■fies ctkoses comme il a vuulu. Kucore
APOLOCETIQtE. DOC CW
depuis peu, voyez ce qu'il a fait avec Théo-
RDis. l'avais commandé qu'on amenAl d'A-
lexandrie quelques déserteurs de notre foi ,
qui allamaient l)i discorde. Ces bons évè<
ques^qne le concile avait réservés pour faire
pénitence, non-seulement les ont reçus et
protégés, mais encore ont communique avec
eux. C'est pourquoi j'ai fait prendre ces in-
grats et je les ai envoyés nu loin (1013). a
— Et son attaekement k la tradition des
«pdtres, le raontra-t-il cnsoulenaot, contra
le lémoig»age de ia eonieienee , une doctrine
qui renversait cette tradition elle-même T
La prétendue bonne fui li'Arius (1014) ue
nous fait pas plus illusion; il nous pareil
très-dilDcile de la concilier avec tons les
moyens qu'il employa pour propager son
erreur.
Terminons calte discussion par quelques
remarques. H. B. Saisset, aUu d'établir son
»slèmo sur la formation successive du
dogme chrétien, cite un passage de saint
Htlaire : c'est un tableau de la triste siiua-
lion dans laquelle l'arianisme jeta l'Eglise
au IV* siècle. Cet illustre prélat rappello en
! gémissant les nombreuses professions de
oi qui se succédèrent alors, et U. E. Sais-
sel en infère toujours que la doctrine de
l'Eglise n'était pas arrêtée. Nous sommes
vraiment surpris de la conséquence qu'd
tire. Pourquoi n'a-l-il pas iu tout entier la
II' livre de saint Hilaire à Fempemir Cont-
tance? il aurait, A la suite du passage qu'il
cite, trouvé l'explication de ces nombreuses
professions de foi. ■ La cause principal» do
nos errements, dit l'illustre évèque de Poi-
tiers, la voici : nous nous prétendons tt-
lachés à la doctrine des apAtres, et nous ne
voulons pas embrasser I enseignement da
l'Evangile; — Jésus-Cbri^t nous a a|>pris
lui-même ce que nous devons croire de lui,
et nous ne le croyons pas; nous changeons
ce qui est immuable , nous abandonnons la
tradition et nous lui substituons nos con-
ceptions irréligieuses... Voulons-nous éviter
l'erreur? Attachons-nous i la seule foi
évangélique, k celte foi que nous avons cou-
fessée sur les fonts de tuptème; la seule-
ment se trouve le snlut Quant ftntoî,
je tiens fortement à la croyance que j'ai ru>
eue, et je ne change pas ce qui vient de
Lieu (1015). >
uv, Biêt. ecct., L i, c. il
i, ibid. L VI, p. 265, où II
A Suiumèiie.
iluil) U. E. SAi*s>T,i»>if.,.p. 165.
ilOti; PfctfaNloffe (I. n, c. 9>, auleurjrien, nous
Ipml «la'Eiiièlic de Nicoiuédie, en Mnitcrivani au
'Kile, iMén, daa» le mot âfutvviK, un ioia, ce
H lauaii iyirwimc, c'eUràMliro temblabtt m
■^■'Mfir, as lie« 4ue le premier sisuiQe dt mime
il«t3| CeUc leure de Constantin est adressée à
^{tUedeMicouédie. (Fotr Luu, L 11. p. 277 ;
' Au» In (EMm pei^tut-laiùm Ae. (>»uslanliii ,
tM.Ujcs dans b précieuse Patrologie de H.
•M^Hipict. VUI,col. 521.)
[VHii t t:rMI-ou,ilciuaiiUcL'iicor(;lI. E. Salssot,
Îa'Arlns ne fit pas d'anni beane fal qne férèiina
'Alesandrie f > (P. lS5.t Noo : jamais nous ae croi-
rons k la bonne foi de lenteur de Thalit. Quanil,
poiir prop^it^r une doctriae, oa compose dès ou-
vrages lemMahles i c«hiidtmtaon parlons; auiml,
pour populariser ses Uaspbèmcs camre le Ckrisi,
011 ne rougit pal d'avefr reeoors k des chanimNi
boulTonnes ci licencieasw, alors oa se combmac
loi-méme. on slmpriaie imeOéiriBaureinehfaUe.
(1015) I Sed impiMaiis.îpsiua Une val pnoeipue
causa perpétua est quod idem apoatoUcan tepia-
Ko proferenfaH, ipsi tamen Idmn namfeticMm no-
Rus conSurJ... Evfiamui de Damiao ChriMa «a
credere, qnx de se daeuit CRdmda... ; dubcmm
demniamus, et aceepta pcrdlmas, et irrdîgioia p>3i^
SMmfiuus... TuiJMtuivm noiris esi. primaa ei n-
lan evatigelicsm HJem cOHfcasam ta baplisuo, iu-
i)OG
DICTIONHAIRE APOLUGETIQUE.
DOC
m
Ëst-oe U, (Icmaniicroiis-iious i noire
lour, lu langage il'un lioiniue iJoAl les
cruyances ne sont pas Ëxées -el arrêtées?.-.
El .puis., quelle est cette doctrine qu'il dit
immuable I déposée par Jésus-Chnsl daii."
r£vangite, enseignée par les apdires et
transmise par lalradition? Quelle est cette
doctrine i^ue Ton ne neut abandonner, sans
s<i précipiter dans l'erreur? La ductrine
ciiretienne elle- même, dans tout son en-
semble, et nolammeot le do^me âe la Tii-
iiité (1016)T N'est-ce pas elle qu'il défend T
i»^el-ce pas pour la faire triooipber des at-
(ai)ues de l'arianisme, qu'il consume ses
furees etSMi génie I II nous apprend , il est
vriii, que dans lesdii provinces de l'Asie où
iJ esteiilé, il n'a trouvé qu'un petit nom-
bre de prélats qui la connussent; mais
l>ourquoJ? Parce qu'on a chnssé de leurs
siéfjei presque lous les évéques catholiques,
et qu'on les a remplacés par des arieus qui,
eus, Iravailleul sans ce»se à propager I er-
reur. Comment celte remarque a-t-elle pu
écbapper à M. E. Saisset?
■Nous l'avons suivi sur le terrain où il a
placé la discussion ; nous croyons avoir
répondu à toutes ses objections; nous
croyons aussi avoir montré de quel cdlé se
trouve la vérité. M. £. Saisset la reconnnl-
tra, nous n'en doutons pas, il a une intelli*
uence trop élevée el trop droite pour ia
pQpousser. Nous nous hâtons d'ajouter que
si quelques parules amôres ou blessantes
uous sont^cbappées, nous les désavouons.
Ettnaintenanl nous.dirons, eu faisant une
l^n modilicntion aux propres expressions
lie U. Saisset : « Plus oaus relisons ces té-
moignages,plus ooussommes persuadé que,
dti louius les entreprises, la plus diûicile
serait d'établir que la doclrinu cbrélienne
u'él'ait pas Qiéa au ii* siècle, avant la for-
mation de l'énote d'Aleiandi'iu,(10n}.i> Fcy.
XaïaiTi.
I HI.
IKigme d« h Prâwnce Rdelle démontré par httadltion
La plupart des écrivains prolestants ont
fait de prodigieux efforts pour démontrer
que ie dogme de la présence réelle, inconnu
aux premiers sièeies du christianisme, était
une invention de la barbarie du moyen
flge. Blondei croit que cette opinion n'a
tellecumque retiaere... Quod accepi, teneo, ncç
deniuta quodDei est. i (S. Hilabii, ad ContioMiam,
1. II, n. 6, 7 ei8, Uans la fialroloaie de M. Uigiie, t.
X,ï- de saint Uilaire, col. âiM, 5ti9.)
(10161 Saint HiLalre s'aïUcbe surloul éprouver
'.tue le Fils ii'ea pas seulement iieml)labteà Dieu le
l'ère, mais qu'il lui eut é^, qu'il a la même siibs-
Liiice et la iiieaie iiaturi: ; il dU que le mut comubt-
iMtielett le plus grand et méiue l'unique moyen
d'assurer ritiiégrile de la Tul... llbid,, Contra (.nn-
MHliHm, u. U; ItUt., Àlil. Uigne, col. S9i.)
(10171 La Httut de i'iiuiTuciion publique [15
nora 1846, p. 88i) dit : 4 A coosulter les leiies et
l'urdra des tompi, il parait peu probable que le
iJugiBflcbrélieii delà Trinité auil un emprunt lait
aux discîplet d'Amuiouius pa^ les premiers Pères
lie rEylise. i Un voit que uous allons plus loin, on
H 1 aussi pourquoi.
commencé h se produire qu'après Bérenget.
Anbertin, Larnque, Basnagueld'aulrts,or.l
remonté au vu* siècle ; c'est Anislan k
Sinaïte, disent-ils, quia découvert que nom
recevons dans l'Ëucbarislie, non l'sDti-lype,
mais le corps de Jésus-Cbrist. — Qusnt h
l'Occidenl, Aubertin prétend oue Pssihass
Bstbert, moine et ensuite abbe de Cortùe,
dans un Traité du corpt et du taig au Sn-
gneuT , composé vers l'an 831 , et dédié i
Charles le Chauve, en 8i4-, est le premier
qui ail rejeté le sens figuré, el enseigné la
Erésence réelle ; que cette nouveialé s'îli-
lit aisément dans un siècle trës^eu écliirf,
qu'elle gagna si rapidement les esprits, qoe,
lorsque Bérenger voulut l'attaquer, dui
cents ans après, on lui objecta le conseoii'-
ment de toute l'Eglise, comme eiislnnid*
temps immémorial en faveur du dogme de U
réalité. Beaucoup de rationalistes ont sccapU
avec empressement toute cette théorie lin-
torique. Je me contente de citer H. MichtlK
qui, dans son Histoire de France, BlUnt
sans le moindre embarras que le dogueA
la présence réelle ne remonte pas aui ^
miers siècles de l'Eglise. Comme de pareilles
assertions sont reçues aujourd'hui sbid
examen par laplupari des lenteurs, nousne
croyons pas inutile d'en donner ici un»
réfutation abrégée. Ceux <iui jeUt:n>nl un
GOupd'œil sur les textes qui suivent, verroiil
avec quelle légèreté certains écrivains t»i-
tent ces graves questions, eux qui rougiraitui
de ne pus examiner avec toute l'atteiriiun
possible les faits les plus insignifiants.
L'Iiuchnristie a toujours été regardée ilsns
l'Eglise comme le sacrement des sacrements,
et la nomenclature si remarquablemeul n*
che et^ignificative qui s'y ra^iporte, lonnc!
déjè, h die seule , une démonstration sulit-i
samment explicite de la foi de r%li»J
relativement & sa nature ÎDtime et k sb «M
gnité. I
L'Eucharistie est noiDtnâ« le bien H
excellence (1018), la chose ou les choM
saintes (10i9J, te mystère ou («s mysièreij
et aussi les saints mystères, l«s divins ID)I
tères, les redoutables mystères (lOSO), etc.
on' t'appelle encore le SacrecaeiU de Tad
tel [1021), la consécration (1022J, la tabled
Seigneur, la table de Jésus-Cbrist , !a Ubl|
mystique, la table sainte (1023) , le bauqu^
(1018) Basile, Ep. ad Ampkiioch. <ni) on. S3
(1019) Textcllieh , Speei. , kxv. — Cimui
Lapi., 377. (Bai.) ~ Coucil. Laod., c. U. — (J^
Ep., cap. 5, et Ep. caa., c i, S.
(1020J Justin , Apol., i, m, — Tbeoik»., !■
L'or. XI, 16, et lu I Cor. si, 25. — Uumu- , i
L'AâHitn., XII. — Crrtsostobk, Oe Virf., t. ^
Saeerd., vc, 4. — Theodob.,/» ICor. xi, S7, 5('.'
Consi. Apott., vm, 14, 15. — Tbcom»., im l U
x, 16 ; XI, â3. — Cii'>ii.i.E, VU. , XKiii , ik i^.
CaBYsosTOHE, Prod. lud. Bot»,, t, a. I, Ad ÛU
Mtn. Cal.,1, n.2.
(1031) Augustin, Ùetimt.Ùn, s, 6.
J10Ï2J Gbëgoibe Ntss., iHCanftc IwMi., !'■'
EviGSE, II, 3. — DBNfs, UitT. Kcel.t c. Z.
(103;^) Thëobob., Iiisl Cor. xt, tO. ~ SciU
DOC
DICTIONNAIRE
diiiD(lttt)t le Min de Diea , le pain du
SdgMur {MSi, le (uin eéiestp, le pain sob-
tlintiel, la pain quotidien (1026) que Jéaas-
Chriil nous a enseigna i demsuder i
Dieu (ion), le ealiee de bénédicrion, le câ-
lin de ulnl, )e calîee de la vie (109B), le
torptsacré, le corp« da CbrisI, le corps du
Seigneur (1029), le sacrement de l'eutel , le
ucmnenl de la table du Seigneuri le sa-
rrtiaenl du calice, le sacrement de l'Eucha-
riilie(1030).
Elle Ml encore appelle, i an autre point
«letge, rsswmblée (1031), parce que les
CbrMenj se réunissent pour j participer;
ranion (10^ on la communion (1033),
futtqfle nous derenons par elle une seule
rboKifM Jésus-Christ et arec tous les H-
iHI»;eafiD, elle est désisnée par les noms
irC'jfbirislie (I03fc) et d^eulogie (1035). k
nmielt béoëdiction qui en accompagne
deélétiratioD. Le moteulogie a, da reste,
ftuitan autres ligQiacBtions ; il désigne
nssi les dons afferu poor le sacrifice (1(»6),
m bien le pain bénit que les évAques s'en-
wjtmi en signe de communion (1037), on
bien eocore le pain aue l'on flistribuait
irrh la messe aux fidèles qui ne commu-
iiuieot pas (1038). L'Eucbaristie est aussi
mi^ée méùphoriquenient par le symbole
da poisson (1039) ou du charbon enQain-
«*(lttO).
Les anciens enseignent positiTeuent de
I taeharislie, que Jésns-Gbrist ; est rrai-
Dénier posilÎTeoient et réellement présent.
Siint Ignace l'appelle expressément la
A*ir de Nôtre-Seigneur Jésus-Christ (1041).
Nildes docèles, qu'ils s'abstiennent de
^««haristie, parce qu'ils ne veulenl pas
KODDilire qne rEucharistie est la cbairde
«suï-Cbrist notre rédempteur, laquelle a
eafferl pour nos péchés, et que ta bonté du
Vre a ressuseilée (lO&S) ; et si ailleurs, il
eitugfl l'Eucharistie sous un point de tus
«remeat moral (1043), c'est éTldemmeot
l'»- Aof., /, 10. — HirroLin. /HPfOD. ix, |.
-TiM»«t,, In / fi^., qu. 3. — CT111.LE, Deadtr.
^«If^., I.II1. — CaiiMMTOaB, Da»., a Pnl,
'■- S. M /■ S. Lmeia., a. i.
(lUttj UirrOLiT., In froc. ix. — Cuisostoke,
" tw-., faim. «; ~ Zmoi», (VérouJ, L ii,
(IWâj Iea*c«, Eph., n. 5. — OsictSE, In Matih.,
»<lS" **• Tbeophil., Ep. Patekal.,t.
IJWG) Crmiu*. fût. iiii, ï. — Clébkht. Exe.
***■. \ a. — Ctiillb, Cal. xini, 15. — ' Ctr.
*-*icT.,e.j»ri., H, g. _ Jéiome, Jk tu., h,
•v— AtewTiii, OfoMl. (ÎD FosTiBi, Sm. ëtlic.
■*^.L U.) — Crr. TXBTVLLIEH, Ot oral., e. 1.
illttl) PiKUS Cuu., Srrni. 68. — Ch. Txa-
Wm, Orof., c. 6.
(I«8) Bajilx, Spir. S., e.ï7. — Ciwixe, Cat.
'".■ 5- — C«at. spotl., Tiii, 15.
\im] 0«b«, Celt., Tiii, 53. — CwiLiB . Cm.
°a.VL — Cmu(. apotl., ii, 57. — EoetsE, /» h.
".'■ — C«ut. ^oiu., Il, 53 ; Tiu, 14. — Te«-
^^. ''•d., IX. — Ctmies, Ep. X, elc.
»"») AKBWis.fieC». Dfi, X, t.~nDeptee.
"«■ " Ttm.. 1, M, n. M.— Textollier, Cor. mil.,
'•■-»m. I»,Î4; T. 8. — ClPEira, Ep. lxiu, o4
''■*1) CtKu.LE, Cal. iviii, 33. — Dems, Hier.
APOLOGETIQUE. DOC 690
parce qu'il suppose, arec la réatîlé de l'Eu-
charistie, la foi de l'Eglise è celle réalité, el
dans les fidèles, la connaissance de celte foi;
c'est qu'il ne reut pas, dans ce qui est
réel et véritable, laisser passer le cAté sjrm-
bolique sans eo développer la signification
et sans en tirer profit pour les mniirs. On
voit, du reste, les autres Pères s'effûrcer
ainsi, en toute circonstance, de tirer des
réalités de la foi, une nourriture pour l'es-
prit, et on mojea d'édification pour la vie
pratique.
Saint Irénée exprime, en un grand nombte
d'endroift de ses écrits, la doctrine de l'Eu-
cbarislie. Partout il présuppose dans rEu>
charistie la présence réelle de Jésus-Christ;,
partout il regarde comme un principe, hors-
de contestation, la croyance oe l'Eglise qpi-
considère l'Eucharistie comnie le vrai corps-
et le vrai sang de Jésus-Christ; et il en tire,,
contre les bérétiqnes de sou temps, contre
les valentiniensparliculièrement,une preuve-
décisive enfaveurdeis doctrine catholiqMO
de la création et de la résurrection. Il mon-
tre en effet, dans quelles contradictions ces-
hérétiques s'embarrassent, en retenant d'une
part ia doctrine et la pratique de l'Eucha-
ristie, pendant que de l'autre, ils nient la
Création du monde par la puissance divine,
et la résurrection de la chair. < Comment
savent- ils, dit le saint docteur, que le pain
sur lequel ont été prononcées les paroles de
l'action de grâces, est le corps du Seigtieur»
elle via, le calice de son sang, puisqu'ils
ne veulent pas le reconnaître pour le Fiîs du
créateur du monde (IMi) ? > Et ailleurs ^
■ Comment le Seigneur, s il a un autre père
que celui qui a fait le monde , a-t-il pu
prendre dans ses mains le pain de cette créa-
lion qui lui est étrangère, et dire qu'il
était son corps ; prendre le via qui eiait
dans le calice et dire qu'il était son sang
(10^5) 7 •— ■ Comment disent-ils que la chair
touibe en dissolution etqu'ellenepeut plus
En(.,e.3, n.1. — crr. Tmtdllixh, Fug.iuptr-
*M., C li.
(1032) IsiDOu, L I, £p. 228. — Dents , Bier.
Eetl.,c. 3, n. 1.
(1033) IsiDOKE, ]. I, Ep. 238. — Jkah D&usckiiB,
Ortk.M., n. 13, l. I, p. 273.
(1034) Igimcr, Smyrn., n. 7, PU., n. 4. — Jot-
Tin, Ay^. I, 65, 66. — tXmtt, iv, 18. n. 5, etc.
(1035) CiULLK Alex., In Jomn. vi, 56, xui,
23, elc
(1036) HimiTT-, De Ckaritm.fC. 19. — CoNfi.
■p., vai, 31. — TiEOFti. Alex., can.. 7. — So-
GBiTE. vu, 2. — Je*h Mosc, frai. S|nril.,c. 15.
(1037) SiKMOTO., Diu. de e^og.
(1038> Ulicue, Capil. et caroHotioiut , lib. i,
cirp. 7.
(1059) AncDSTiN. Conf. xui. 21, d. 29, 23,
n. 34.
(1040) Ejveem, In II. VI. — Cfr. GiRaui- (Phi-
bd.). De Eueh. c. 1. —Cfr. Nxuto (CIsj.), Ep,
poil., p. 117, ed.CappcUeUi.
(ini^l Phit., n. 4.
(1042) Smyrn., n. 7.
(11)43) Trait., u. 8. — Ram., n. T.
(lOU) IV, 18, B. 4.
(1043) tV, 53 B. 2.
vu
fiOG
MCTIONNAinB APOLOeETlQUE.
nue
reveiiiren vie, puisqu'ils savent bien qu'elle
esl nourrie du corps et du ssngdu SeigneurT
Qu'ils abandonnent donc leur sentimeiiliou
(^u'ila cessent d'offrir le sacrifice eucharis-
tique (lOM). ■ — « Celui qui déclare la cliair
oj)posée h Dieu, dit-il encore, et qui t'ex-
clut de la rédemption et de la résurrection,
doit rejeter aufsi l'œuTre tout entière de la
rédemption et l'Eucharistie que Jé&us-ChrisI
I instituée (1017J. ■
Voici comment s'exprime saint Justin
sur la célébration de l'Eucharistie parmi les
Chrétiens, et sur la participation ses fidèles
aux saints mystères: « Nous ne prenons
pas celle nourriture comme un pain ni
•^ommeunbreuvage ordinaires; mais comme
Jésus-Christ, notre Sauveur, incarné par la
parole de Dieu, a pris chair et sang pour
notre salut, de même on nous enseigne que .
cet aliment béni par la prière qu'il nous a
transmise, et qui devient notre propre chair
et notre propre sang, est Térilablemenl la
chnir et le sang de Jésus incarné ( lOtë). »
La foi de Terluiiien h la vér>té du corps
et du sang de Jésus- Christ dans l'Eucharis-
tie, ne sBuraknon plus être douleD3e(10b9}.
II dit du houvesu baptisé, qu'après le bap-
tême, il est nourri dans l'Eucharistie de
l'abondance du corps de Jésas-Christ. Ail-
leurs, il fonde sur la participation aux sa-
rrements, et spécialement sur la communion
du corps et du sang de Jésas-Christ dans
l'Eucharistie, la dignilé de notre corps qui
reçoit tous les sacrements, et la vérité de la
résurrection (1050). 11 trouve aussi dans
l'Eucharistie une raison pérempCoire à
opposerau docétisme des maruionites [1051).
Ailleurs, il gémii de voir des Chréiiens tra-
vailler è fabriquer des idoles, et venirainsi,
après avoir formé un corps aux démons,
porter leurs moins sur le corps de Jésus-
Christ. 0« mains crimineHes (1052J, s'écrie-
t-il, 6 mains qui méritent d'être cou-
pées, puisqu'elles profanent le Saint des
soinIs(1053} ! •
^ Clément d'Alexandrie, exposant comment
l'homme reçoit Ju Verbe, la naissance et
tnut le développement delà vie, ■ Le Verbe,
dit-il, est tout pour l'entant, il est son père
L't sa mère, son pédagogue et sa nourrice.
HangÉz ma chair, dit-il, et buvez mon sang.
C'est la nourriture choisie que le Seigneur
nous donne; il nous présente sou corps, et
nous versa son sang, et rien ne manque à
ses enfants pour l'accroissement et le sou-
tien de leur vie. 0 mystère étonnant pour
rintelligencelll nous ordonne de dépouiller
j ancienne nature, charnelle et corrompue,
fit de nous abstenir des anciens aliments,
(1046) IV, 18, n. G.
(1047) V, ï, n. ï.
(1048) Apot., I, «6.
il04g) Pudie., c. 9. Cfr. Bapt., xn.
10501 jR«. eam., c. 8.
1051) Adwi. Jfarc.v. 8.
lOSSJ Ihidololatr. ym.
(10S3) Le docteur Klee explique trèi-l>i«] qiiel-
t^iies pasBages obtcors de Tenullten, dont les pir-
Uuns du KUB figuré oui abu&é. iVujez Haiiutl de
■ aDn que, participant h la boUTullemarriiurg
qu'il nous a préparée, nous puissiam, i\\
est possible , le recevoir et le reôfemier eu
nous,et possédant ainsi notre S«u¥«ur ilant
Doire sein, guérir par son secours ysimm,
notre Ame de sesp8asionscbarnellsi>[loili).t
Dans un autre endroit du même lim,
recommandant la modération dans j'ustgï
du vin, il est conduit h parler duyerli«,qui
pst la grappe vériiable, laqualle a Été, pour
notre salut, écrasée sous le pressoir, et lionl
nous buvons le sang dans l'Eucftariilie; tt il
expose comment ceux qui regoivenlaiK
foi ce sacrement, y puisent, pour leurror|«
et pour leur Ame, un princij)e de sauclilici-
tion et d'immortalité (1055). Lorsqu'iUil
un peu plus loin que c'est bien du vin i^ut
Jésus-Ctirist a béni(1056), il n'a évidcniDitjil
d'autre intention que de désigner la mgtit»
employée par Jésus-Christ, et de prounr
par là contre les encratites, que le vin n'en
Point l'œuvre du mauvais principe, eit;»
usage du vin n'a rien en soi d'illégrlifut.
Ongène dit que le baptême n'a euiieu
d'abord qu'en figure, dans la nuée et dim
la mer, mais que Ta régénération s'accomplit
maintenant en réalité dans l'eau el le âiint-
Esprit; de même, dit-il, le peuple de ItJ«u
fut nourri autrefois de la manne il«
désert, qui n'était qu'une figure; mais lo-
jourd hui il reçoit en réalité la vériliibK
nourriture, la chair du Verbe de Di(tu[l(^:-
Ceux oui s'approchent de I'£ucliaristie 5110
avoir la pureté de conscience nécesuitt,
dit-il ailleurs, prolànent le corps de Jéius-
Christ, et n'échopperont pas au jugement ili
Dieu (1058). 11 distingue, du reste, la parti
cipalioit au sang de Jésus-Christ, par le
sacrements, de celle qui consiste dausl
simple communication de sa doctrine (lOSIj
par où il est évident, qu'il ti'entend poiti
que la communion eucharistique puisseaToi
lieu seulement en esi>nt el parla foi. Q
conçoit d'ailleurs facilement que, dans 1
controverse avec Celse, il s'exprime si
l'Eucharistie avec beaucoup de rëserv
qu'il l'appelle simplement un synjl«i
d'action de grAce envers Dieu (1060)t<
bien que, soulevant un peu plus le voilet
secret, il la nomme un corps saint et ssixJ
fiant (1061); personne ne doit élre tur|i
non plus que parfois son langage sur TE
charisLie prenne une teinte de Iropotogie
d'allégorie: ilsufltl de se rappeler que c'i
lA sa manière habituelle et sa tendance un
naire; qu'il tourne tout un allégorie. I>i
cerdoce, le temple, les vases sacrés, Jé<
satem el mèmeles fêtes chrétienDes,la Vicf
la PentccAle, le dimauctaot etc. (lOtîSO-
rbittoirt det Uognta ehriliau- IndodioD HiU
(1054) PttdM,, I, 6.
(1055) Ibid., it, % t. I, p. 570.
(1056) lbiit.,\i,% (.1. p. 386.
(t057) h iVum. homil., 7. n. 8:
(1058) Jn Pialm. sxxvii. hom. d. 6.
(1059) Hora. 16, ». 9
(lOfiO) Cet*., Tiii, 57.
(1061) CtU., T111, 53.
(IWai Cfr. surluutCc/i.. vui, SV
DOC
DiCTM»iNMRE UOEiOCBTmDE
OOG
Sunt Hîppoljte explique le festin qoe Amuonrus , poar éloigner les fidèles de
U Siiietse prépare à tes amis (1063), de la l'usage iadigne de l'EucnarJstie, nppelle la-
cnnaiiunre qui dous est donBée de la terrible punition du roi Ballhpzar. Ce prince^
Stiole Triailé.fll de la giarlicipaiion su eorpa dît-il, perdit soa empire terrestre pour avoir
iiiuMngdi)Nolre-5eigneur,4]uisontcbaque proraee lefc'Tases aacrés; celui qui boit
Jour offerts eu sac ri lice sur la table, m^s- indignement le tid nirsiique. par lû|U«t !«$
iiquf(t06fc). fases précieox de l'élise sont sanctifiés,.
Saiol CjprisD, d'accord eu cela avec tout» sera exclu du royaume de Dieu et condamna
FEgise catholique, demande instamment au feu éternel (1073].
i,u'oii traite arec plus de douceur les Gdèles L«8 constitutions apostoliques recom-
qnîMiil lombes dans la persécution ; ilio- mandent aux fidèles d'honorer, en toute
iiileiirement surlanécessiléderéadmeltre manière, les prêtres, qui sont leurs bien-
1 1« eemmunjon de l'Eglise, même aoi faiteurs et leurs ambassadeurs auprès de
»|i(iKiclKa meQatanies de nouveaux oraguv, . Dieu , qui lès oot régénérés par I eau..^*
ttoiqui, après avoir failli dans la perse- qui leur ont donné le corps de la rédemp-
< sbOD précédente, ae sont givrés BTec ardeur lion et le précieux sang, qui les ont (féli-
ui «frciccs de la pénitence; il veut qu'on vrés de leurs péchés et les ont rendus par-
Icfirawponr la lulteoùilsvontélreengagésj licipants i la Irès-satnto Eucharistie (Iffli).
i/arorps et du sang de Jésus-Cbrisl qui Dans un autre endroit, elles décrivent ainsi
fjiueleur donner lu force et le courage de l'ordre qu'on doit observer en s'appruchant
•irscf leur sang pour st, cause (1065). de la sainte table :■ Ensuite doit avoir liau'
iilkan, il adresse de vifs reprocussaux lu sacriGce, pendant lequel toitt le peuple-
jTéiretqaidOQnenirEucfaaristieauifidèles se lient debout et prie en silence; puis»
Dmbés, avant qu'ils aient réiiaré leur faute lorsque le sacrifice est achevé, chaque rang
i4r U fiéniteofe et ia confession, et qui doit se présenter pour recevoir le corpi du
{tufi^tnl ainsi le corps de Noire-Seigneur Seigneur et son précieux san^, s'avançaiil
I066j, il professe la méme'doclrine en beaU' en ordre, avec crainte et avec respect, vers
C'upd'ajlresendroitsda se5écrits(1067). le corps de son Roi (1075). » L'évéque dit.
1^ schismalique Novalien faisait jurer en présentant l'hostie : « C'est le corps de
}i5 adeptes par le corps et parle sang de Jésus-Christ;>el celuiquile reçoit répond :
^ot^e- Seigneur lésus-ChrisI, pour s'assurer Amen. De même, le diacre dit en présentant
ya'ilsluidemeureraient fidèles, et qu'ils ne le calice : ■ C'est te sang de Jésus-Christ,,
lasKraient point à la communion de saint le calice de la via , ■ at celui tjui le reçoit
Curneille (1068). répond : Anun {1076}. Après la communion,
^int Deoysd'Alexandrieexprimedansles le diacre dit : «Nous qui avons reçu le
i<;rmes les plus eipliciles , sa erojance è la précieux corps et le précieux sang de Jésus-
KéseoL-e réellit (lOfid); aussi exige-t-il, pour Christ, rendons grâces k celui qui a bien
la réception de l'Eucharistie, même la voulu nous admettre à la participation de
[•ureié Uu coriis (1070). ses saints mystères (1077). •
Uacairtj Hagnes (vers 266} , dans son ex- Nous trouvons plus lard la foi i llf"^
■•Oiition de la doctrine chrétienne, enseigne sence réelle professée par Eusèhe (1078) et
at la manière la plus nette et la plus ex- par saint Biiaïre, qui explique comment.
l-TBsse, la présence réelle, rejetant comme par l'Eucharistie, nous sommes unis avec
t"ali fait îDsoutenable, l'eiplicalionquine Dieu le Père, puisaue le Père est dans le
luit dans l'Eucharistie qu'une Ggure do Christ , et le Christ dans l'humanité ou'il a
corps lie Jésus-Christ, eiplicjlion déi^ pro- revêtue , et que cette humanité de Jésus-
|x)sée de son temps , on ne sait par quels Christ est vraiment présente dans PEucha-
"c»al«urs (tffTl); il dit ailleurs du corps de ristie (1079). Saint Cyrille de Jérusalem
JéjaM^hrist daus l'Eucharistie, qu'il ne se invoque, pour établir la présence réelle dA
«jrrom)it ni Qe se consume, mais qu'il rem- Jésus-Clinst dans l'EucIiaristie, la parole
iJ>i d'une force diviue celui qui aeaoonr- même du Christ (1080), qu'il faut croire
ril (107^. plutôt que les sens ; et il prescril auxjiéo-
[IM3) Pm.,\x,i.
MOU) Frmg., in Gallu»., n, p. W8.
< lOt») Ep. ». «f C«ra«f., n. 2.
(IW6) Ep. s, 0.1.
(1067) Ep. 63, «1. Cœeil. de Upt.
{tW») CoUEiLLK, Ep. ad Fat. àmtûtch.
|l<l69j linropoie anPapeuiDl Siiie 11, le eu
Hnial k rewndra: Vnt peraonae qai ■ reça le
bK*e chea ks héréi^aes et q«î, «Miii, ayaot
'Mitié à l'adminUintiOD dtt kaptéûe chei les ca-
iMiqws, a iroNvé qa'ils le donnes! d'âne loai
*tiUe maaière qne cens par tesqnels elle a élé bap-
■iMx, a des doum série«s sar un baptême et dé-
nuule à are toptuée de noavcau. Saut Uenyï dé-
^-anocMa pwta^ ce dunie. ce baptême ayant
(■. diMl, par b réception de rEitchariïUe, tin com-
"* " --£/». 4, ap. Eisfcic, vil, S. —
CIT., Pêtnlo^ [éd. Mipie), t. V, p. K.
(1070) Kf. emoM. a. (in Roora., Bdif, snr. n,
n_ 393.)
■- udt. Tkf»itatem, lib. nr, la
-CTr. fatntogit {éé. HÏ^),
L V,U4-Ï5().
(I07Ï) L. lu. cit. Pragm., ap. Lïo Aix., E«r-
cii., ada. CrMgiAm.. et Gkti-, cil. p. Uï.
il073) In Dm., v. ICmmt. i«r. nt Om., Bp..
H&i., i; p. U.)
(1074) II. 33.
(1079) u, 57.
(10761 vn^ 14.
(1077) VIII, fi.
(1078) Xn fM. LUI, 17.
(1079) Tfin., nn, 13. U, 15.
(1080) C'alfcA. »ui.
DKTIONNjURE AFOLOGETIQUe.
l'Iifles le maïDlien el la tenue qu'ils doi-
veiit obserrer lorsqu'ils rpçoÎTent le corps
et l« isng du Seigneur, leur disant comment
ils doivent l'adorer : puis répondre : Amen,
Ïuand on le leur présente (1081). Saint
BsIIe considère la communioD q^uotidienne
du corps et du sang de Jésus-Cbriit, comme
)a condition de la persérérance en nous du
principe de la vie [1082).
Saint Jacques de Nisibe dit que Jësas-
Christ, arant de mourir sur la croix, donna
son cDrps et son san^ b «es disciples (1063J.
Comme autrefois , dit-il ailleurs , la manne
fut la nourriture des Hébreux, de même
aujourd'hui nous sommes nourris du corps
de Notre-Seigneur (108%).
Dans uu autre discours, il recommande
la garde sévère de notre bouche , atln
qu'aucune parole impure ne souille la porte
par laquelle le Boi est eQtr.é en nous (1085).
La communion du corps et du sang de Je-
sus-Cbrist, dil-it encore, purifie! Ame du
pécbé (1086). Son disciple, saint Ephrem.
est plein aussi de magnifiques témoignages
en faveur de nos saints mystères (1(67),
Citons encore comme témoins de la foi
antique de l'Eglise, saint Grégoire de Nj-sse
(1088); Julius Firmicus Malernus (1089),
oui, comparant l'initiation chrétienne k
) initiatiou païenne, Iroure d'un cÂié un
poison mortel, Je l'antre la rie elle-même,
c'est-k-dîre le pain et le calice de Jésus-
Chrisl, qui donne au fidèle la substance de
sa majesté, et dont nous buvons le sang
Immortel , ce qui nous soumet le démon et
tous ses artiQces (1090) ; — saint Zenon du
Vérone, qui appelle l'Eucharistie le festin
S;lorieux , pur, éternel, céleste, qui apaise la
aim pour toujours , et qui donne la béati-
tude [1091] ; le pain el le vin nouveau qui
rassasient el enivrent l'Ame , et lui font
trouver dans l'ardeur de l'Esprit-Saint les
transports du bonheur (1092); la victime
que ne peut contempler sans sacrilège celui
qui n'a pas reçu l'onction sainte (1093); —
saint Optât de Milève, q^ui reproche aux
donatislea , entre autres impiétés, d'avoir
détruit les autels sur lesquels on consacre
le corps de Jésus-Cbrlst , d'avoir brisé ou
(1081) Cateeh.
(10SS) Epist. 9
f.»7é<ljparis.
) CaUeh. nui, n. SI, SS.
I. 93, ad Cmiariam PafrtcUm, t. III,
r.H,j eu.. Paris, 1839.
(1083) Swni. 14, Dt PaicÂa, n. t.
ilOSi) »M..n. 0.
H08S) Serai. 5, De ieitmio, n. i.
U08«)S«m. 4, Oeomt., -
(108. ■
Serm. '
(10881 Or. col., cap. 37. OraL de bap. Chriui.
(1089) Deenor. prof, retig., c 19.
(10901 Ibid., XIII.
M091) Lib. Il, tract. 38.
(1099 Lib. Il, tract. 53.
(1095) Lib. I, tract. S, d. 8.
(109J) Deiehitm, Bonat:, vi,2.
(1095) fie Jr9ii.,G.8, ii.47,48;9.n.53. In pi.
luii, n. S((. Saer., iv, i, S.
(1096) /» JfHllA. hoin.,25,n.S, 4;50. n. 2,3;
SX, n. S. Pien., hem. 9, n. I. Pop, Aatiock., buui.
I, u. 9, etc.
vendu aux païens les calices dam leuneli
le sang de Jé8ti»^brial est tous letioon
renfermé (1091).
Nous avons aussi snr l'Rncbiristie dn
témoignages de saint Ambroiseri nombren
et si précis, qu'ils ne peaveni doniwrlisu
k l'ombre même d'un doute (1095). Il en ett
do mèfflede saint Cbrjsostome (1096), qa]
s'attache particulièrement k faire ressortir
l'identité du corps de Jésus-Christ dioi
l'Eucbarislie avec celui dans lequel iituy
Christ vécut sur la terre (1097) ; de siiu
Epipbane (1096), de saint JérAine(109î], de
saint Augustin (llOO) , qui affirment que le
Qdèle indigne reçoit rËuchsrisiîe toniiu
celui qui est pur (1101) , d'où il suit quels
sacrement a en lui-même son eiisteuit
objective et immuable, el que sa réaliiéest
tout à fait indépendante de la disposiriN
du sojet qui le reçoit. Si , dans d'iulrti
passages, oii il parle de la maniera doolil
faut concevoir la réalité sacramenielle tes
l'Eucbarislie, il rejette l'idée capbiraiilt
de la œanducation chamelle (1103); si, ta
parlant de l'Eucharistie, il nomme qaelqw-
fois les symboles qui en sont le sipie s«o- |
sible (1103J , personne do songera, sus ;
doute, k voir dans ce langage une reslriciioi
de sa profession de foi , si précise el u
explicite partout ailleurs. Signalons, »
dernier lieu, les témoignages parfBilcmtDl
clairs et irrécusables de saint Cyrille d'A-
lexandrie (1104], de Théodore! (Il03j,de
saint Pierre Chrysologue (1106), de saiDl
Léon (1107) et de saint Sopbrone de léru-
salem (1106).
Pour ne pas dépasser les limites dans
lesquelles nous devons nous renfermer,
nous nous bornerons ici , comme euis*
pie, k la démonstration Iradilionnelle det
deux dogmes de la Trinité et de l'Euelu-
ristie, que nous venons de donner. Le
lecteur éclairé sait bien qu'il nous serait
tout aussi facile de démontrer l'origiDe sur*
naturelle de chacun des dogmes de la réfe-
lation chrétienne. On pourra consulier It
Manuel de l'hittoire dec dogme* chritiai<
par le docteur Henri Klee, ouvrage uù •*
perpétuité du dogme catholique est dèmoc-
(1007) C. inom. n, n. 5. h Matih., bon. H.
n. 4 ; Jr II Tim., bom. 2, n. 4.
(1098) AneoT., n. &7.
(1099) Ad Til., i, 7-9. —Ai Bedib. u, 1» M'"*-
XXVI, M. .,
(1100) €oHt. ads. Ug. et pro^t., n, ti, a- '*■
Cfr. I. 39. C. fmtl., xii, 10. rriN.. iii, 10.
(IIUI) fie iaplitm. cont. Douât., ▼, 8, n> 9-
(nos Enarr. m pi. icviii, n. 9.
(1103 C. Fauil., xx,il,»c — CMt.Aiim..t
«, n. 3. — In p,at. iii.
(1104) FroomeMl. apud N*l., Cfntici ikIim.
I. i, p. 575. Cfr. Adof. (piffrfriieiwril., svti. M.
NetloT., IV, 5, 6. Hom. 6, i» myi(. «m. , •' **^-
VI, 56, »i, 27.
(1105) /n Cantic. m, 11, Reprek. toMtk. Cf-.
(1106) Scrm.. î, 34. 67, 68, 71. ,
(1107) Ep.59 (Batl.) ad eUr. popu/HMf . CwX-;*-
(1108) Ap. iUu, Spifiteg. P -"«-«-
.TH.^»•
RGT iHcnmnAmB atologetique. ect cm
BROIT ROMAIN, « contribué Jt inlrutluira
l'erreur d'un élm de uature. Foy. Pstcbo-
LOOIK , I H-
DDALISHE réfulé.roy. HotiBK.Cmi«Tioii,
i I , et Philompbib rAKiBftisTMHiB m l'bh-
TOIBK, \ II.
DneOIS-ATMË, réfulationde l'QipIiea-
tioD qu'il 8 donnéo du récit du pnsuge de
Id mer Booiifl par les Hébreui. Voy, Passas*
DK LA HBB RODGR , { V.
Iréa ntt une érudilion si large et si rariée,
■H pénélralioD d'esprit si rare, une con-
HisUDCê si approfondie , non-seulemcat
lie* dodrines orifaodoies, mais eDcore des
opiniiMM de tons les hérôtiqaes qai ont es-
Hjé, (4DI de fois depuis J'urigine da catbo-
iici>oie,ile substilaer leurs opiDÎons per-
wonïlfes h l'aulorilé de Jésus-Christ et da
m Eis^is^iUta). Vof/. Edchakutib.
DOMESTICITE des animaux, est-elle daa
i uw iptilude Dslareller Vog. Hohmb. an. 1.
E
UCMDtenae dans l'atmospbère, a-l-elle
niE poor Doyer te genre bnmain au temps
«(■•JélugflT Vojf. ]»ftLii6K, S 11 et note I, h II
b do Tolume.
£BBON. fùm. Hircmab. | IX et X.
ECOLE HDIf ANITAIRE. Yay. Tréodicéx
natimiBi. — Ecole écossaise, erreur sur
['origine de nos conasissances. Toy. Pst-
mBLoaE, { X.
ECRITORE; il o'exïste aucnue preuve
|a'<lle ait servi de règle de foi an temps
In ipdlres. r»g. Rèslb db foi, j I.
EUES; sa situatiOD. Yoy. PaxcaoLoen,
HMT DE NAHTES. révocation. Vov. Fa-
ITUMB, I III.
EDCCAMLITË des races. You. Racbs ho-
*»M, § XIL
EGLISE; esameu de celte maxime; kor$
Bf/ûe paimt dt Bolut. Voy. Mal. art. Il, ! I.
- lobillibilité de l'Eglise. Yoy. RAolb ds
M. Pipe. — L'Eglise peut-elle Être accusée
!»naiisme dans son enseignement public
l'Ianssa conduite? Yoy. Faratishe, g II.
Eglise nationale ; Hiucmar a-t-il essayé
NI fonder une en France? erreur de
■ Guriol. Yoy. HiifCMAB, { XVI. — Eglises
Rome. Yoy. Rèslb de «m, S VI.
KYPTE; la Trinité vient-elle de l'E-
p>e? Fey. TsiBiTi. {1. — Accomplisse-
Mt des prophéties concernaut celte con-
*■ Voy. PBOPHfrnEs. t III.
BGÎPTIENS. — On a beaucoup fait valoir
uale antiquité de ce peuple pour com-
'tre la chronologie de Holse. Comme on
tt principalement appuyé sur les docu-
ets historiqut» de ce peuple, ainsi que
'SA science et ses monuments astrono-
fues.aoas allons discuter succeSiiTemenl
laleor de ces différents titres.
Ire n est nullement en opposition avec l'é-
poque assignée par la Gaute i l'origine de
notre planète. Dans celle discussion, nous
soivrons pas k pas Cuvier, parce que nous
ne connaissons aucun éeriTain qui présenta
on résnmé de la question aussi clair, aussi
précis et aussi judicieui.
Noos dirons donc arec ce savant, que,
pour bien jnger de la nature des annales
que les prêtres égyptiens prétendaient pos-
séder, il suffit de rappeler les extraits qu'ils
en ont donnés eux-mêmes eu différents
temps et à des personnes différentes.
Ainsi, environ 550 avant Jésus-Christ,
ceux de Sais disaient h Solon que l'Egypte
n'étant point sujette aux déluges, ils avaient
pu conserver non-seulement leurs propres
annales, mais encore celles des autres peu-
ples ;qtie les villes de Thèbes et de Sais
avaient été bAties par Uinerve. la première
depuis 9000 ans« et l'autre denuis 8000; et
è ces dates ils sjoutèrunt les table* sur les
Atlanles, sur )a résistance que les Thébaias
opposèrent h leurs conquêtes, ainsi que
toute la description vraiment romanesque
de l'Atlantide (1110); car on y trouve des
faits et des généalogies seml)lable5 k celles
de tous les romans mythologiques.
Vers kSO, c'esl-k-dire un siècle pliu tard,
les prêtres de Memphis tirent k Héroiinla
des récits tout différents (1111). C'était Me-
nés, premier roi d'Egypte, qui av^il cons-
truit Memphis et renfermé le Nil dans des
digues, comme si de pareilles opérations
étaient possibles au premier roi d un pays.
Depuis Menés ils avaient eu trois cent
trente'trois autres rois jusqu'à Mœris, qui
r^nait, selon eux, 900 ans avant l'époque
où ils parlaieut (1350 avant Jésus-Cbrist).
Après ces rois vint Sésostris, qui poussa
ses conquêtes jusau'k la Colcliide ; et au
inn ite* SgTpUeiu.
^)Dr pen qu'on réfléchisse sur les frag-
otsqui nous restent des traditions égyp-
ines, on s*aper{oitque l'élément mythique
domine géDéralêmeiil, et que la faihie
tie réellement historique qui s'y reocoo-
VIM) Nms devoDS i M. ribbé Halrire, ene «-
I de cet ovirago. Paris, chez
t jusai
total il y eut jusquà Sétbos trois cent qua-
rante-un rois et Iruis cent quarante-un
grands prêtres, en trois cent quarante-nue
générations, pendant ISWans, calculs dont
l'absurdité paraît s^^osible par la répétition
seule du même nombre. Cependant, pour
donner u» garant au moins spécieux à leor
(IMO) Vint, le TimA M le Critiiu de PLÀTtM.
(Hll) HduwoT., Evtnpe, d>. 99 et suiv.
CCI
BKTwniunE
3;
cbronologie, ces prMres d« Msmpbis luu-
raieel que pendaDl cet iolenalle le so-
leil s' é1aî( lefé deux fois à i'or^ideot, uns
•Je rieo eût clungé dans la climat ou
lans les productions <lu ptf s, et sans qu'a-
lors ni aupnrsvont aucun dieu se fût mon-
iré et eût régné en Egypte. Ils ûrenl égale-
ment sur SéfiOsIris, sur Phéron, Hélène,
Hiiamrifiinite, et les rois qui ont élevé les
pyramides, et un conquéraut éthiopien
nommé Sabacoi, les contes les plus ab-
surdes et les plus ridicules.
De leur cdl<f, les praires de Tbëbes mon-
trèrent h Hérodote, comme ils l'avaient fait
.luparavani àHécatée, trois cent quarante-
cinq colosses de bois, représentant autant
de grands préiros qui s'étaient succédé de
Itère en fils, tous hommes, tous nés l'un de
l'autre, mais qui avaient été précédés par
des dieui (1112). D'autres Egyptiens lui di-
rent avoir des registres Irës-exacts^ non-
seulement du règne des hommes, mais aussi
(Jeceluhdes dieux. Ils comptaient 17,000
ans depuisHercule jnsqa'k Amasis, «t 15,000
depuis Bscchus. Pan avait encore précédé
Hercule (fll3).
Nous le demandons h nos adversaires,
n'est-ce pas là évidemment da la pure my^
thûlogie? Peni-on donner le nom de chro-
niques ou d'annales historiques à des lé-
gendes aussi clairement fabuleuses? il faut
i'avouer, ce n'est qu'à Séthos seulement que
commence dans Hérodote une histoire un
l>eu raisonnable. Or, cette hîitoire conH
mence elle-même par un fait qui concorde
nvec les annales hébraïques, par ladestruD-
lion de l'armée de Sennachénb, roi d'Assy-
rie (1114}; et ce qu'il est important de re-
morquer, c'est que cet accord continua sous
Kécho (1115) et Honbra ou Apriès.
Deux siècles après Hérodote, c'est-à-dire
vers l'an 260 avant l'ère chrétienne, Ptoié-
niée Philadelphie, prince étranger, voulant
connaître l'histoire du pays que les é*én^
menta l'avaient appelé à gouverner, un
prêtre, Haoéthoo, se chargea de l'écrire
)H>ur lui. Or, quelles sont les sources où il
alla puiser celte histoiref Ce fut dans les
livres sacrés d'Agathodcsmon, fils du second
Hermès et père deThot, lequel l'avait co-
piée sur (les colonnes érigées avant le dé-
luge parThot ou le premier Hermès, dans la
ferre Sériadique (1116J. Hais, il faut bien le
dire, ce second Hermès, cet Agathodnmon,
ce Tbot, sont des personugges dont on n'a-
vail jamais parlé auparavant, non plus que
de ces colonnes, ni de cette Sériadique. Kt
ce déluge, n'est-il pas lui-même un fait en-
tièrement inconnu aux Egyptiens des temps
antérieurs, et sur lequel Manétbon garde
le silence le plus absolu dans ce qui nous
reste de ses dynastiesT
Le produit, selon la remarque judicieuse
()I13} HiBODOVE, Euterpe, ch. 145
(111Ô) Ibid. Gh. Ui.
(tlli) £iiterp«, cb. 111.
(IllS) /tM. ch. 1S9; et comparez le quatrième
livre des RoU, cti. six, ou le deuxicme des Panlip.
àSOUXSTHiVS. Kl JD
de.Cavier, ressemble à lasooree: Don-tn.
lemeal tout est plein d'abssrdit^, nui) a
sont des absurdités propres et impouiblu
à concilier avec celles eue des prèirei plni
anciens avaient racontées k Soloa et klù-
rodote. Ainsi, dans sa liste des rois dirim,
c'est VulcaÎD gui est en tète et quirè^e
9000 ans; les dieux et les demi-dietii ripent
1985 ans. Ni les noms, ni les saecussioni,
ni les dates de Hanéthon ne reisentl>lnitï
ceqa'on a publié arant et après lui. ijoutn
à cela qu'il devait être bien obscur et bien
embrouillé, puisqu'on ne voit pas la poisj-
bilité d'accorder entre eux les fragincnls
qu'en oui recueillis Josèphe, Jules Kinm
et Eusèbe. On ne convient pas même du
sommes d'années de ses rois humains. Se-
lon Jules Africain, elles vont à 5101 sas;
suivant Eusèbe, 6 4723, et selon George |g
Syncelle, à 3555. Or, ces difTérences de non
et de chiffres ne viennent pas seulenw
des copies; carJosènbe cile au long un fis-
sage dont les détails sont en contradicliu
manifeste avec les extraits de ses suce»
leurs.
Un document que l'on appelle Vaaeifmt
dwanique égyptienne (1117), et que les an:
i'ugent antérieure, les aatre5, postérieure i
lanélhon, présenteencore d'autres calculs:
la durée totale de ces rois est de 36,53Saiis.
sur lesquels le Soleil en a régné 30,000, le»
autres dieux 39S4. les demi-dieux lll;il
ne reste pour les hommes que S339 nu:
aussi n'en compte-t-on que cent treize s^
oérations, au heu des trois cent quaraoK
d'Hérodote.
Eratoslhèoes, savant astronome, décou-
Trit et publia sous Plolémée Evergète, un
S40 avant Jésus-Christ, une liste particuliiit
de treute-huit rois de Thëbes, commenEtoi
à Hénès et se continuant pendant ll^aDSi
nous en avons un extrait copié par le Sjiv
celte dans Apollodore (1118). Or, presqui
aucun des noms qui t'y Irouveat ne corru
pond aux autres listes.
Vers l'an 60 avant notre are, par ca^di
quent deux siècles après Manétbon et quiirj
après Hérodote, Diodoro de Sicile étaDlifl
en Egypte sous PtoléméoAalètes.yrecuH
lit aussi, de la bouche des prêtres, TbislM^
du pays; mais il la recueillît de nomeil
toute différente (1119). Car c« n'est pH
llénès qui a construit Meraphis, mais CcM
réus. Longtemps avant lui, Busiris 11 iii|
construit Tbèbes. Osymandyas, builiM
aïeul d'Uchoréus, a été mattre delaBil
triane. Longtemps après lui , Sésoosij '
poussé encore plus loin ses conquêtes;'
est allé jusqu'au delà du Gange, et esin
venu par la Scythie et le Tenais. Haïs cou
meut se fait-il que ces noms de rois M)in
inconnus à tous les historiens précédrou
et qu'aucun des peuples qu'ils aviifl
cb. XXXII.
(1116) ¥03. Gbobcb le SyDceUe. Cirai., l-*^
(I)i7)»i<f.. p.SI.
MH8)f»i<(. p. Sletsuiv.
(1119) Diop. Se, >. t, sec*, u.
M
ECT
toDquis nVii «il conservé l« plu* légir soit-
KDJrTOu'Dt 'ux ditfux el demi-dieux, il«
oatré)[D6 18,000 ans, et les hommes 15,000;
quire ceul soixBnte-(iix rois araient été
Éi\\AKas, quatre Elhiopieos, seos compier
lei'P«rseiell«sHaeédoDteD).CelU) histoire
J'ailleor» eil€i]lr«D4l^e de contes qui ob
kMbol poiot eo puérilité à ceux d'Hé-
tvinle.
L'ta 18 de Jésas-ChrisI , Germaoieus,
R«*ea de Tibère, s'étant reodu en Egypte
•liai k déïir de connaître les antiqnités de
ce pijs, les prêtres de Thèbes ne fui parlé-
itDi ai de Sésostris , ni d'Osjrmandyas
(bmne de conquérants, mais UDiquemmt
jtILtiiiii$èB,qui, i la (été de sept cent miOe
Mii'H avait eorahi la Lib^e, l'Eihiopiet
Itilnlie, la Perse, la fiaciriane. Il Scytbie,
n-if^Hineure et la Syrie (1120).
Eiifiu, dans l'article de Pline sur les obé-
'■i{iiei(llH}f on trouve encore des noms
ilEMisqua l'on ne roit nulle part ailleurs:
Milhû, Unevift, Zmarreus, Eraphius. Mesti-
rts. un Semenpserteus. conlemporain de
?Tllugore, etc- Un Ramilés, que l'on pour-
rait croire le même que Rhamsès^ ; est
frëteaté comme conlemporain du siéjje de
A ia rérilé, on a essayé de concilier ces
dilTéreQlos listes en supposant que les rois
onlporté plosienrs noms; ipait, commo le
reioarque trés-bian Cuvier, quand on ne
cnosidère pas seolemeni la conlradictionde
»s divers récits, mais qu'on porte son at-
Miion sur oe mélange de faits réels a'ttes-
'^ par de grands moDumenis avec des es-
nvsganees puériles, il semble înSniment
ius naturel d'en conclure que les prêtres
igfplieijs n'avaient point d'hisloirs; qu'io-
rieurs encore h ceux des Indiens, ils n'a-
Vèùi pis même de fables convenues «t
Bitiei; qu'ils gardaient seulement dos
•SI» plus ou moins fautives de leurs rois
I quelques souvenirs des principBuxd'enlre
Bi. de ceux surtout qui avaient eu soin de
<in; inscrire leurs noms sur les temples et
s autres grands ouvrages qui décoraient
ip'j'S; mais que ces souvenirs étaient
lulus, qu'ils ne reposaient guère que sur
n^ilicaiion traditionnelle que l'on donnait
» représentations peintes on sculptées
If les monaments, explications fondées
clément sur des inscriptions hiérogly-
iiîques oooçoes en termes très-généraux
ISJ), et qui, passant de boueheen bouche,
•Itéraient dans les détails au gré de ceux
iii lescommuRiquaieot aux étrangers, et
ii'il est par coDsequenl impossible d'établir
KQue proposition relative t l'antiquité de
Nre globe sur les lambeaux de ces tradi-
OBi, déjà si incomplètes dans leur temps
(II») TuiT. Jbm,. I. Il, c 60.
tllil) Pua., kb. sxxn. cap. S-ll.
(1122) Telle est celle de Rametiés, dont nom
MvuBs mat inlerprélation daoi Amuileu-UarGcl-
■, lib. svii, c é.
(H«S) CLÉa. Alex. Slromal., I. vi,p. 633.
(llit^ Vûf. CsiaroLLioi* le jcane, t'réeh ém iff-
mctiomnajue APoixiceTiQue. egt ïh
et devenues tout è Ait méenMriaisssbIra
sous la ftlirme de ceux qui noua tes ont
transmises.
Ce qui prouve encore notre assertion,
c'est la liste même des ouvrages sacrés
d'Hermès, que les prêtres égyptiens inr-
talent dans les processions solennelles.
Clément d'Alexandrie nomme tous ces ou-
vrages, qui sont au nomlire de quarante-
deux (1123}; or, il ne s'y trouve pas même
an livre qui ait la prétention d'être un rt^eit,
de Gier d une manière quelconque aucune
grande action, ancun événement.
Le résultat de quelques recherches de
Champollion le jeune confirme aussi noire
sentiment sur le manque d'iilstoire cbuzles
prêtres égyptiens (liS4}. Ce savant a lu
dans une série de tableaux hiéroglyphi-
ques dn temple d'Abydos (I1S5) Im pré-
noms d'un certain nombre de rois, placés h
la suite les uns des autres ; et les dix der-
niers de ces prénoms s'étant retrouvés sur
divers autres monuments, accompagnés de
noms propres, ii en a conclo qu'ils sont
ceux des rois qoi portaient ces noms pro-
pres; ce qui lui a donné i peu prés les
mêmes rois el dans le même ordre que cent
dont Hanéihon compose sa dfs-huitième
dynastie, celle qui chassa les pasteur». Ce-
pendant la concordance n'tist pas complîtle,
car il manque dans le tableau d'Abydossix
des noms portés sur la liste de Manélhoii ;
d'un autre cAlé, il yen a qui ne ressemblent
pas i ceux qui devraient leur correspondre
dans cette liste; enfin, il se trouve une la-
cune avant le plus remarquable de tons, le
Uhamsès qui parait le même que le roi
représenté sur un si grand nombre des plus
beaux monaments de l'Bgyple, avec les ai-
Iributs d'un grand conquérant. Enfin, si
l'un admettait dans leur entier et la vérité
liistorique de ces bas-reliefs d'Abydos, et
son accord, soit avec la partie des listes de
Manétbon qui parait lui correspondre, soit
avec lesaotres inscriptions hiéroglyphiques,
il en résulterait déjà celte conséquence, que
la prétendue dix-huitième dynoslie, la pre-
mière sur laquelle les anciens chronotogis-
tes commencent à s'aocorder un peu, est
aussi la première qni ait laissé sur les mcH-
nnmeats uue trace de son existence. Ha-
néihon a pu consulter re document et d'au-
tres semblables; mais il n'en est pas moins
certain qu'une série de noms ou de |wr-
iraits, comme il y en a partout, est loin de
eunsliluer une histoire (1198).
Cependant Champollion parle souvent ds
l'fftflstrs ^Egypl* de Hanéihon, el quel-
quefois comme si ce qui nous en reste for-
mait encore ans véritable histoire, où la
suite des Idts appoyerait assez la clirofl»-
Am» kiiroftnki^ne été mciau EgmtieM, f. U5,
et UtUe kU.U duc de Blam, p. (5 et hùv.
(1125) Ce bas-relief se irouve enfé liaH la
m KY UCTKRfN&IRE
logte pour conserver è cell»-ci un caractère
iropOMol. ■ Cette manière <le voir ou de
s'exprimer, dit Tort judicieusement H. de
Borel, dcmBDile une explicaiion : il ; a ici
équiroque ou malentendu; il faut leslever.
■ Les anciens, en effet, continue leaivant
préJal. fout mention d'une histoire d'Egypte
(HPDiposéa par Hanéthoo. mais qui n'est pas
lurvanue jusqu'à nous, el qu'ils ne font pas
loème assez connaître pour que nous puis-
sions D4US en former une idée juste. J.
Africain et Eusèbe aussi, si l'on veut, en
avaient extrait la succession des dynasties,
les noms des rois de cbacune, l'ordre et la
durée de leurs règnes ; ce n'était plus I&
(|u'une Domenclalure cbronologique , el
quelques (rails isolés, clait^semés dans une
longue suite île siècles, quandiis ne seraient
lus la plupart fabuleux ou insiRnifi8nls,n'en
leraieut point une bisloire. Il n'y a donc
rien dans ce qui nous reste de l'ouvrage de
Manéthon qui puisse servir de preuve k sa
PfOfl'gieuse cbronoloi^ie. Dans les divisions
réelles ou factices qui la partagent sous le
nom impropre de dynasties, point de ces
événements remarquables, qui, dépendant
les uns des autres et se soutenant muluel-
lemant, donneraient la mesure du temps
que leur dévelonpemeol avait exigé, el vé-
nSeraieul ainsi la durée que l'bistoire aasi-
Ipie, soit k chaque règne, soit à ia dynastie
enliin). Dans le passage d'une dynastie i
(autre, point de signe du cbangement sur-
venu dans l'ordre delà succession au trftne;
rien qui apprenne comment et pourquoi la
dynastie précédente a fini, comment s'est
établie la dynastie suivante; rieu par con-
séquent ()ui constate si l'une a remplacé
I autre, si cbacune est è sa place, si toutes
forment une séria liée par les faits et véri-
tablement continue, il fiiut croire sur la
«eule parole de Uauélbon, comme il fau-
drait admettre sur la foi seule de Gtésias
«:ette ioDgue et stérile liste des rois assy-
riens, qui ne lui a coûté que des noms et
des chiffres, pour nous reporter à la tour
de Babel.
« Le nom de dynastie s'emploie dans l'his-
toire pour marquer une suite de princes
de la même race et qui ont régné dans le
même pays ; telle est la signification usitée,
et c'est ainsi probablemeot que Haoétbon
i entendait. Mais il n'est pas possible d'en
véritier l'application dans sa liste dénuée
uo faits; il est même visible en plusieurs
endroits que la môme famille passe d'une
première dynastie à une secoude, à une
troisième rnâme. Les monuments de Tbèbes
cnoot fourni une preuve irrécusable et
qu'on ne pouvait découvrir dans Manéthon,
fjui ne donne presque jamaislesoomsvrais,
es noms royaux des pharaons.... Pour tout
homme qui les examine sans prévention,
les dynasties égyptiennes ne présenteront
que des divisions arbitraires, laites dans le
seul but de couper les temps, saus égard à
(1127) Dei dfnoiliet igypiieiinet, par M. vb Bo<
VBV, ancien arcbevôque dit Toulouse, p. 13, li.
APOLOGETIQUE. Kl ^
la suite des diverses races riginoici, g,,,
événements qui ont amené leur êléiMion
ou leurcfaale, h ladnréedechicaaed'ellet,
k la filiation des rois, aux noms même m
ces rois ont portés et qui auraient pu ]|
faire reconnaître ; parce qn'en ettei leiécri-
Tsins qui entreprenaient de remplir it«
quelques souvenirs vagues, qnelqoej aui-
riaux altérés et confus, les milliers de liè-
des qu'ils se figuraient devant eui, ne tt-
valent rien de tout cela (IIST). ■
Il est difficile de concevoir une spprfcii-
tion des dynasties deUanéibon plus juiig,
plus éclairée et plus cri tique ;od n'y opi»-
sera jamais rien de solide, rien de judicient.
Nous avons vu d'un autre cétë les coDlra-
dictions sans nombre que présentent louia
les autres relations concernant les ieiB{«
primitifs de l'Egiypte ; relations d'aill«un
dépouillées presque entiàremanl île M
caractère historique. Ainsi, on ne saursi
sérieusement opposer les prétendues auu-
les des Egyptiens k la chronologia m-
Mïqoe.
in.
— ^,„_iMiilqaes — ^ ._^
elles leur uiiiiuildr
Hais, objecte-on, si les Egyptiens ne nous
ont pas laissé d'aAnales historiques, l'inti-
quité prodigieuse de ce peuple n'en esl (hu
moins attestée par tes progrès qa'ii a [ails
dans t'astrenomie, et par des obseriatioi»
dont la date est facile h assigner. Ainsi, li
longueur de l'année en trois cent soiisnle> i
cinq jours et un quart leur était parfaite- 1
ment connue, et comme pour eux c'étiient 1
les levers héliaques de Sirius qui délenni-
naient l'année, cette longueur n'a pu ëidI
filée que par la connaissance exacte iIb|
l'année héliaque de cet astre ; mais celle-d
étant exactement de trois cent soiianlt^
cinq jours et un quart, il s'ensuit que la
détermination égyptienne était lrès-e»ct«
eHe-méme. Or, une exactitude aussi parfaits
suppose des observations faites inriidanl
longtemps el avec beaucoup d'eiactiiui'^
De plus, celte année de Sirius ne s'est iro.<-
vée égale à trois cent soixante-cinq jours •d
un quart que pendant la durée d'une é[*-
que comprise entre 2,700 el 1,3(K), cequt
fait remonter les observations asU^Mui^i*
ques au moins è deux mille cîoqcPaU)>»
^Tsni notre ère, et suppose une civilisalK*
déjà avancée, et par conséquent place l'ori-
gine du peuple égyptien à une époqui en-
core beaucoup plbs reculée-
Cette objection, qui est prise de Fouritti
(1128;, a d^à été réfutée par plusieurs «en*:
vains, notamment par Cuvier et parl'au-i
leurdes âoiWes deifonlJA^. Ce demii^.'
louleii reproduisant le travail de Cuvier,
lui a donné une forme plus simple el I»'
conséquent plus à la portée du commundr-i
lecteurs. Pour ce motif, nous avons clioîa
de préférence sa rédaction, en y kisi'*
Il 128) Vos. le MimoiM de FatrUr daM k P«J
ouvfiige sur l'Egypte, Mém. 1. I, p. 8U3.
M! ECT IMCTlONKAIitK
umrtiDltpielqiiM léKerschangflDtenU(l 1S9}.
Fourier préleod donc que les btùervs-
lioos islraaooiîqyes des ^fptieos sur Sî-
riui sDppOf eut dda ciTJli&alion ««aocée et
tut soinélé tris-aocienne. UaJs cette con-
(luijon n'ctl nullement logique. Oo a pu
rtiD^quiT ie retoor du lever béliaqueil'una
ttoile aussi belleque Siriusapràs trois cent
wiiinre-cinq jours environ sans avoir em-
{lotf iJti aDsd'observalions célestes, mais
ij'«!iWT>((ons grossières telles que peut
.obire uu (wuple pasteur. Si la durée de
i>lie innée s*e3l trouvée être par basant et
i>nli)ngl«uip3 de trois cent sniianle-cinq
j.'iK ïl an quart exaclemeot) il De résulte
)4ideUque lus Egyptiens aient attendu
L-tiiu ou quarante siècles d'observations
jtnrwGier à trois cent soixaate-ciDq jours
'I (ta qoirt; ils auront très>bien pu et au-
roiil oïl même tout simplt:ment et tout oa-
ior«./eoieiit adopter les résultats de leurs
p.'toiièresobservalions, comme un résultat
urjiDjjre et imonuablf, d'autant qu'un petit
Jimitit d'années a suffi pour bire recou-
uiire cette fixité.
i;aa(ons que le système que nous com-
4;iuus repose sur une hypothèse également
pftisée i la nature et à l'histoire de l'es-
nt bumain. Il suppore que les Egyptiens
■roDi voulu de prime aonrd déterminer k
Le minute près la véritable durée de l'an-
ù solaire, qu'ils-auront du reste idenli-
k liée l'année de Sîrtus,c'est-k-dire avec
niervalle compris entre les deux levers
:ii*ijue;» de cet astre. Or, pour déterminer
K uue telle précision la révolution so<
ire, il but RenénleoieDt, en eDèt, bien
■ siècles d'observatioBS. Hais ce n'est pas
Ce qu'oat Toolu les premiers observa-
irs, el la marche qu'ils ont suivie natu-
IcoMiit daus leurs premières recherches
tt être toute contraire. Ils ont reconnu
boni, at le plus souvent par hasard,
udépendamment du mouvement diurne,
«feil occupait dans le ciel des positions
HUes, doDt la succession formait une
>o4e qu'tH) • appelée l'année' Or, corn-
iiunt-ilsrecoona cela? Indubitablement
les mtaies moyens que nos livres élé-
uaires imliqoent aux enfants, c'est7k-
: par le retour des ombres méridionDies
'*s, ou des mêmes amplitudes solaires,
le la correspondance du soleil avec telle
)lle étoile. Par exemple, ils ootvu le soleil
mcfaeruDcertainiourcnmèmetempsque
deeesastres. Le lendemain, il se eoucbait
ques minutes iilus tardqueeette étoile;
rlendeoiaia, plus tard encore; et ainsi de
i, de sorte qu'il y avait chaque jour on
TMu retanl qui s'ajoutait aux préoé-
(. ils se sont donc attendu tout natu-
■eot à voir reparaître la première
ArOLeCETIQIHL ECT 70»
coïncidence au bout d'un certain nombre
dejoors, qu'ils auraient pu calculer d'avance
avec les année* acquises. Eoire le trois cent
soixante^nquièmeetleirois cent soixante-
sixième jour, mais bien plus près du pre-
mier, la coïncidence en question s'élanl
représeulée, ils se sont dit que la révolution
annuelle était de trois eeut soixanle-ciuq
jours, et ils ont pu croire d'abord que ce
compte était exact, attendu que la fraction
n'a pu étie mesurée à l'œil. Pour les Egyp-
tiens, l'étoile de comparaison a été Sinui,
d'autant plus que vers ces temps reculés
son levLT hélioque coïncidait a peu près
avec l'inondation du Nil. Mais, au bout d'un
petit nombre d'années (une dizaine suffisait
pour cela, supposons uu siècle], ils se sont
aperçu facilement que la période annuelle
supposée de trois cent soisanle-einq jours
n'était pas la véritable période solaire, pui»-
qu'A Ja lîn d'une de ces années, la coïnci-
dence héliaqne du soleil et de Sirius n'a-
vait pas lieu )i beaucoup près, et qu'il fnl-
lail attendre vingt^cinq jours de plus pour
la ramener. Au moyen de ces données, ils
ont conclu siiDS peine que l'année supposée
de trois cent soixanle-cinq jours était trop
courte, et (jue les vingt-cinq jours devaient
être répartis entre les cent années, ce qui
donnait un quart de jour pour chacune;
ainsi l'année totale se trouvait de trois cent
soixante-cinq jours et un quart. Ce simple
exposé montre qu'il n'a pas fallu cent ans
d'observations giour arriver k ce résultat.
Uais on remarque ici une double erreur,
l'une de confondre l'année héliaqne de Si-
rius avec l'aunée sidérale, Sirius n'étant
pas sous l'écliptiqae; l'autre, de l'identitJKr .
également avec Vannée tropique, qui eu
dilTère par le fait de la préetstion. De sorte
que quand même l'année béliaqua de Sirius .
eât subi, par la suite, en vertu de ces deux
causes, les petits cbangemeuts que subis-
sent en général ces périodes, les Egyptiens»
qui n'auraient pu s'en apercevoir qu'à la
longue, auraient déjà fixe leur année sur .
les premières observations sans supposer de
ebangemenis possibles de cet état de cho-
ses. Hais de plus, et par le singulier hasard
d'un concours de circonstances astronomi-
ques et locales, il s'est trouvé que pendant
uu millier d'années et k la latitude lie Tliè-
bes, les variations de l'année héliaque de
Sirius ont dû être insensibles; de sorte
que celte année est restée fort longtemps de ,
trois cent soixanle-cinq jours et un quart
presque rigoureusemeiil. Ce fait, couslalé
par les calculs de fisinbridge, du P. PcUu,
de La Nauze, d'ideler, et de Fourier lui-
même (tl30), a dû coudrmer les Egyptiens
dans leur supposition erronée, ou plutOt
les a privés de l'occasion de reconnaître
î^ .^J «TAÏiiinn. Pari*. Iftlt Boiimw attrimomtquei Met meiau, UMmI. « M-
«M. i. V, c e, p. 108 ; L* NicxE. Sir Cbh- wnmfi sur l KgJPtC *'*•' '• '• P- *"*■
ifruefut", Aemdituitiet bclUt-Leliret, t. UV, ',
7«
ECT
DKTHHRUmE AFOLOCETIQtlE.
lear errenr. Cotte marche parallau mnins
beaacoup plus natorello st plus conforma
sax hsbituilei de l'esprit humain que le
sjsi^me lrè»-grala>t de Foorier.
D'ailleurs, selon la remarque de Cuvier,
il n'est pas enlièremeDl certaîu <iue ce soil
dîrectemeni el par des obt^rvalioos faites
surSirins lui-mftme, <}ue les Egyptiens ont
filé l'année de cet astre; puisque des astro-
nomes espérîmeotés aflirmfiit qu'il esl im-
(«fsible que le lever hétiaque d'une étoile
ail pu servir de base & des observations
eiacles sur un pareil sujet, surtout daus
un climat où te tour de Vlûtrison eit t<m-
joun ItltemeHt chargé de vapmrt, qiu dont
U$ Mit* nvit* on ne voit iamaii d^ittiUe à
qutlquit degrét au-deetiu de l'horiian, dan*
tel âeeonde tt troisième grandeur*, et que le
eeleil mime à ion lever et à ion coucher *e
trouve eiiliiremtnt déformé (iiSl). Ces méoiK»
astronomes soutiennent que si la longueur
■le l'année n'eût pas été recoraïue autre-
mi^nt, ou aurait pu s'y tromper d'uD et de
ileui jours (1132). Ils ne doutent donc pas
ijae eetle année de trois cent soiisnle-cinq
jours et un quart ne soit celle de l'année
tropique, mal déterminée par l'observatiun
de l'omljre ou par celle du point où le so-
Ifii se levait chaque jour, et identiSée par
l'ignorance, unnime nous venons de le dire,
avec l'année héliaque de Sirius; en sorte
que ee serait un [)ur hasard qui aurait tixé la
durée de celle-ci pour l'époque dont il eat
question (1133].
Hais nous avons d'antres motifs de refu-
ser aux Egyptiens cette longue série d'ob-
servations, et surtout d'observations exac-
tes qu'on leur prâte. Car s'ils les avaient
réellement faites, Eudote de Gnide, cet as-
tronome si distingué, qui mourut vers l'an
350 avant Jésus-Christ, el qui étudia treize
ans parmi eux, aurait apporté en Grdce une
aslnmouiie plus parfaite, des cartes du ciel
moins grossières et plus cohérentes dans
leurs diverses parties (113^; Ptoiémée, qui
écrivait en Kgypte, ne se serait pas servi
des observations des Chaldéuns et des Grecs,
sans citer une seule fois celles des Egri>*
tiens (1135).
Ce qui c!t plus fort encore, comme le re-
(1131) Ce lont les eipressiOD* de feu Nouet, as-
iroiiome de l'eipédilloii il'Eg)pte.
(1132) Df.i.K»tt£, Abrégé d'aitronomie, p. HT ;
eldanssa noie sur les paranslellaut, Hi$ieire de
l'atiroHome du moyen âge, p. tlj.
(1133) Delâmbhb, Aupport «iir te UéiHoire de
II. de Carave]' iitr U Mpkère, dam k I. Vlll des
Piiuaiellei annalci de* eouue*. Jmuf Cuvieb, Oue.
p. «33, Ï34.
(113i) Vo]f. Dklimbbs, Hiitoire de t'atlroHomie
autittuu, I. 1, p. lïO et Buiv.
(1135) Dklaiuhe, Bhtoire de CtutTOitome du
mi^en Age, p.viij etsuiv.
-(1136) L'aaiiée civile ou sacrée des EgypUeas
éUat de 3lt5 jours suilenient, et leur année asiio-
noaiqaeou soliire de 36fi un quart, il résuiiait
(f*B chaque année civile antici|)ail aur l'anaée no-
taire d'un qujrt de jour, ce qui Taisiil 1 jour en 1
ans, i joura en 8 ans, etc., enliii 3tS5 jours eu 1460
aui. Ce n'eiait qn'au bout de 1460 années solaires
msrqne Cuvier, c'est qu'Hérodote, qni )
tant vécu avec les j^g'plietis, ne pgrle nul-
lement de ces six heures .qu'ils «jouigifQi
\ raDo4e sacrée, ni de cette graiida période
sotbiaque (1136) qui en réialuil; il dit, »
contraire, que les Ëgypliens fiis«nlleur>n-
oée de trois cent soixante-cinq jour], Ui
saisons reviennent au même point, en «ire
que de son temps, on ne i>arslt pas eocorc
s'être douté de la nécessilé de ce quart de
jour (1137). Thaïes, qui avait visilÉ tes
K4trts d'Egypte moins d'un siècle arini
érodole, ne fit aussi connntire è ses cont-
patriotes qu'une année du troisceulsoiiinle-
cinq jours seulement (1138), ut si l'on coo-
BÎdèru que les Hébreux, à Tépoque de l«ur
sortitid'Et^pte. vers 1500 «vanl Jésus-Chriil,
ne connaissaient que l'année lunaire, tl
(|ue vers le même temps, Cérrops, né t
bais et fondateur d'Athènes, n'importa en
Grâce que cette même année lunaire, m
aura quelque droit de croire qne l'aiioétù
trois cent soixante-cinq jours ell«-iite
n'existait pas encore eu Egypte tians w
siècles reculés.
On objectera sans doute qus Uacrobe il-
tribue aux Egyptiens une année solaire de
trois cent soixante-cinq jours un qimi
(1139); mais cette objection n'a presijiic
aucune valeur dans la question, cai cet au-
teur, comparativement réceol, étant ncti
Ibugtemps afirès l'établissement de l'apD«
fixe d'Alexandrie, a très-bien pu confDndn
les époques; d'autant mieux qae DiodoreJt
Sicile et StrahoD attribueot une telle iwn
aux TbébaÎBs seulement, sans dire quVib
fâtd'un usage général (IIMQ. D'ailleurs t^
écrivains ue sont venus eux-mêmej '\Bt
longtemps après Hérodote qui, comme i.uii4
venons de le voir, dit eu termes npiii
que les Egyptiens faisaient leur anuèe di
trois cent soiiaolercinq jours,
■ Ainsi, dit judicieuscmant Cuvier, lis!
née EOthiaque, la grande eunée, a dA tffl
une invention assez récente, puisqu'elliin
suite de la com|taraisou de l'année àfM
avec cette prétendue Booée héliaque il
Sirius; et cest pourquoi il n'en esl pHj
que dansdcs ouvragesdu ii* et du m' siH
après Jésus-Christ (llïl), et que le Sjn<:t>l{
que le premier jour de l'anée civile, on le j>n«^
du mou de Thoi , coïncidait avec le premirt j^
de l'année soUire; mais alors il a'éull écemlc iM
a nnéeii civiles. Ainsi noe puicle période m<^
mençait; «c'est cette période de 1461 ans <|">
appelait 1» gruHde mutée, le egele ctmKtU»r*. 'i"\
cl» cjfMifitf, te c^Ut de Strïiu, le ei/eU ou U ft"*
ulhiùque, parce que c'était l'époque de la i-uu>"
coïncidence du premier jour de raniicecJTilf >"
le lever héliaque de Sirius uu Soihis ( caTCti''c'
mots, dont l'un erec et l'autre cgviiticn, soet »<t>
iiyraes), qui représentaii pour les Eg^rtiflu (e <M
niencemem de la vérilaUe année sula.re.
(1137) Vuif. Hérodot., Euterp*, ci.
(1138) Diuo. LuRT., lib. i. m Tluriel.
(113») Haoiob., Satmmel., 1. i, c. 15.
(lltOl DioDoa. Sic, BItt., I. i; Stram, Cnf
p. ios.
(Mil) Vof . sur la nonveaoté prohaLVdet'i
période, l'eiccdleute dtsierunion de M. Biut »
ECt
UCnONNURE APOLOGETlQUe.
BCT
71*
ieul,danile neavièfne, semble citer H*-
nétboncommeeDSjsDl fait mentioa (11^3). ■
Uplacenebit que confirmer les idées
que Doos (tods émises dans celte discus-
iioo,' TOici l'areu de cesaTant astronome:
I Nous UTons Irès-peo de renseignements
ctrtfJDS inr l'astroaoïuie des Kgf pliens. La
jtrcdîoiieiacledesfacesde leurs pjramides
iwtlesquitre points cardinaux, doniieuue
id^ ifiniigeuse de leur nanidre d'obser-
Tïr;iaiis aocanede leorsobserralions n'est
pneDoe jusqa'i nous. On doit être élooné
que ^tti astronomes d'Alexandrie aient été
breà de recourir aux observations ebal<
aéeooes; soit que la mémoire desobserva-
bou égjplieooes ait dès lors été perdue,
wiiqitles Bgyptiens n'aient pas touIu les
conasriqoer. |i«r UD sentiment de jalousie
■(«'ipabire naître la lareur des sourerains
/««r l'école qu'ils sTsienl fondée (i1%3). ■
Nou D'ajouieroos rien k des témoignages
inui nombreux etaussi imposants parTau-
lADié de leurs auteurs; car ce serait ou
lapposer le lecteur bien ignorant, ou Jeter
iarti bonne foi les soupçons les plus in-
lurieui, d'antaol plus que les coosidére-
iHMis luinntes sont également de nature k
IcTcr tous les doutes d'un esprit sincère et
Muré.
iUL
Oo a préteadn qu'indépcodammeDl des
noosissapces astronomiques qu'ils ont pu
iTuir, les Egyptiens ont laissé des monu-
ii«iits, tels par exemple que les zodiaques
k Ueuderab el d'Esnë , monumeuts qui
«rleat, par l'étal do ciel qu'ils représenteDl,
oti date certaine , et qui» en même temps,
uiDe, parsabaule aniiquité, laclironologio
iosai(jue. Le premier, sculpté daus le grand
'Biple de Deoderah, montre, dit-on, le
tistice d'été dans Le Lion , c'esL-à-dire i
litaate degrés du point qu'il occupe main-
uunt; d'uù II résulte que depuis la coos-
uciiou de ce zodiaque jusqu'à nous, le
AiUce aurait rétrogradéde soixante degrés;
comme il rétrograde d'un degré par soi-
lOte-douie ans, il s'«&suit qu'il a dû pré-
der notre fif^e de quatre mille trois eeal
[<Kl ans. L'autre zodiaque, découvert daus
'ne,pré5t:nte le solstice d'été daus la Vierge,
!St-»-diru à qualre-Tingt-dix degrés du
ioi oiiil eat maioteiisul; ce qui doune à
zodiaque une aotiquilé de six mille quatre
at quatre-vingts ans. Hais si les Egjrplieiis
lieu! assez avancés dans l'astronomie il
I euvirou &iz mille ans, pour tracer un
iiaque et y déterminer les points solsti-
>ux, ils devaient exister depuis bien des
vies, tar ÎI en a fallu un grand nombre
ur arriver à ce progrès aslroDomique; ce
i est dire que les dates chronologiques du
Bukereka êmt plmtiemn fointi 4t ftlnnemiê
V<waa«, p. lUeiiuiv.
Ittf) Ccvfu, Oiwmn ter Ut ritçt., etc., p.
monde données par la Genèse sont compié-
tement erronées.
PoDf an'on puisse mianx comprendre et
la difiicDlté qu on nous opposeel la soluliou
que nous espércHis en donner, nous pré-
saoterona d'abord une courte description da
ces zodiaques ; nous l'empruntons i Cuvier.
qui l'a prise lui-mémedans le grand ouvrage
sur l'Egypte.
« Ainsi k Deoderah (l'ancieDoe Teotyris),
ville au-dessous de Tbèiies,dans le portique
du grand temple dont l'entrée regarde le
nord (llki), on voit an plafond les signes du
zodiaque marchant sur deux bandes, dont
l'une est sur le cAlé oriental, et l'autre du
c6té opposé : elles sont embrassées chacune
par une figure de femme aussi longue
qu'elles, dont les pieds sont vers IVoIrée.
la télé et les bras vers le Dond du portique;
fiar conséquent les pieds sont au noru et
es tètes au sud.
■ Le lion est en tète de la bande qui est à
l'occident; il se dirige vers le nord ou vers
les pieds de la figure de la femme, et il ml
lui-même vers ie mur oriental. La Vierge,
la Balance, le Scorpion, le Sagittaire et le Ca-
pricorne le suivent, marchant sur une même
ligne. Ce deruier se trouve vers le fond du
portique el près des mains et de la tôle de
la grande figurede femme. Les signes de la
bande orientale commencent h I extrémité
où ceux de l'autre bande fiuissenl, et se di-
rigent par conséquent vers le fond du fior-
tique, ou vers les bras de la grande figure.
Ils uni les pieds vers je mur latéral de leur
côté, el les têtes en sens contraire de celles
de la bande opposée. Le Yerseau marche le
Ïremier, suivi des Poissons, du Bélier, du
aureau, des Gémeaux. Le dernier de la sé-
rie, qui est le Cancer ou plulOt te scarabée,
car c est par cet inbecte que le Canctr des
Grecs est remplacé dans les zodiaques d'Ë-
gyple, est jeté de cAlé sur les jambes de la
grande ligure- A la grande place qu'il aurait
dû occuper est un globe posé surle sommet
d'une pyramide composée de petits triangles
qui représtiDtent des espèces de rayons, tt
devant la base de laquelle est une grande
tête de femme avec de petites cornes. Un
second scarabée est place de c6té et en tra-
vers sur la première bande, dans l'angle
que les pieds de la grande figure forment
avec le corps et en avant de l'espace ofl
marche le Lion, lequel est un peu en arrière.
A l'autre bout de Cette mâiiie bande, le Ca-
pricorne est très-près du fond ou des bras
de la grands ligure,et sur la bande k gauclie
le Verseau eu est assez éloigné, cependant
le Capricorne n'est pas réféié comme le
Cancer. La divisiun du ce zodiaque, dès
rentrée.se fait donc entre le Lion et le Can-
cer, ou si l'on pense que la répétition <iu
scarabée marque une divisiun du signe, «lie
a lieu dans le Cancer lul-mSme; mais celle
(ll43)Lui.ACE, ExfMitiouJM igtlhmt 4u mondt,
p. SU, 3«3; V édiiioD ; Paris \i\i.
(IIU) Vt^. lepMd oavrseem l'Enfle, iai»-
711
EGT
MCTIOMNAIRE APOU»CETIQUE.
diifond te foit entre le Capricorne et le Ver-
seau.
« Dans une des salles intérieures du
même temple était un planisphère circulaire
inscrit dans un carré, celui-là même qui a
été apporté & Paris par M. Lflorrain et que
l'on Toit i la bibliothèque du roi. On y re-
marque aussi les signes du zodiaque, parmi
beaucoup d'autres figures qui paraissent r»*
l^ésenter des constellalions (llUi).
« Le Lion y répond h l'une des diagonales
du carré; la Vierge, oui le suit, renondà
' une ligne peqiendiculaire qui est dirigée
vers 1 orient; les autres signes marcheut
dans l'ordre connu jusqu'au Cancer, qui, «u
lieu de compléter la chaîne , en répondant
au nireau du Lion, est placé au-dessus de
lui, plus près du centre du cercle, en sorte
que les signes sont sur une ligne un peu
spiral e>
« Ce Cancer ou plutdt ce scarabée marche
en sens contraire des autres signes. Les Gé-
ineaui répondent au nord, le Saglltflire au
midi elles Poissonsb l'orient, mais pas Irès-
eiacteiuent. Au cdté oriental de tie planis-
phère e^t une grande ajoure de femme, la
tète dirigée rers le midi et les pieds vers le
nord, comme celle du portique.
« On pourrait donc aussi élerer quelque
doute sur le point de ce second zodiaque où
il faudrait commencer la série des signes.
Suivant que l'on prendra une des perpen-
diculaires ou une des diagonales, vers l'en-
droit où une partie de la série passe sur
l'autre partie, on le jugera divisé au Lion,
o'j bien entre le Lion et le Cancer, ou bien
entin ani Gémeaux.
« A Esné [l'ancienne Lalopolls) , ville
placée au-dessus de Thèbes , il y a des zo-
diaques aur plafonds de deux temples dif-
férents.
« Celui du grand temple, dont l'entrée
regarde le levant, est sur deux bandes con*
tiguës et parellèlei l'une h l'autre le long du
c6té sud du plafond (IIU). '
«Les figures de femmes qui les Ambrassent
ne sont pas sur leur longueur, mais sur leur
laideur, en sorte que I une est en travers
Crès de l'entrée, ou h l'orient, la tête et les
ras rers le nord, et les pieds vers le mur
latéral ou vers le sud, et que l'autre esldans
le Ton il du portique , également en travers
et regardant la première.
« La bande la plus voisine de l'axe du
))Ortique ou du nord urésente d'abord, du
cAlé de l'entrée ou de I orient et vers la tête
de la figure de la fe:nme, le Lion placé un
peu en arrière et marchnnt vers le fond, les
tieds du cAté du mur latéral ; derrière le
ion, 6 l'origine de la bande, sont deux
lions plus petits; au-devant de lui est le
Scarabée, et ensuite tes Gémeaux marchant
dans le même sens; puis le Taureau et la
Bélier, et les Poissons, rapprochés les uns
dos autres, placés en travers sur le milieu
de la bande ; le Taureau, la tête T«ri le it,ur
latéral, le Bélier vers l'axe. Le Verseau {jl
|>lus loin, et reprend la ménie direclm nn
le fond que les trois premiers signes.
<t Sur la bande la plus voisine du mur
latéral et du nord, l'on voit d'abord, miis
assez loin du mur du fond ou de i'ocnidenl,
le Capricorne, qui marche en sens cooirtite
du Verseau, et se dirige vers l'orient ou
l'entrée du portique, les pieds touniés ven
le mur latéral. Tout près de lui est le Ssgii.
taire, qui répond ainsi aax Poissons et lu
Bélier. 11 marche aussi vers l'eDtrée; mais
ses pitids sont tournés vers l'axe et eu seoi
contraire de ceux du Caprîcorûe.
■ A une certaine distance en avant, et |irj]
l'uti de l'autre, sont le Scorpioe et uiic
femme tenant la balance; enfin, un peu plut
en avant, mais encore assez loin de l'eilré-
mité antérieure ou Drieutale, est la Vietge,
qui est précédée d'un sphinx. La ViergeN
la femme qui tient la balance ont busmIci
pieds tournés vers le mur, en sorte qBt'w
Sagittaire est le seul qui soit placé la lêiei
l'envers des autres signes.
« Au nord d'Esné est un petit templt
isolé, également dirigé vers l'orienl, et doni
le portique a encore un zodiaque (1U7); il
est sur deux bandes lalérales et écarts»',
celle oui est le Ring du cdté sud comiuence
far le Lion, qui morche vers le fond ou itn
occident, les pieds tournés vers le mut ou
le sud ; il est précédé du Scarabée, et celui-
ci des Gémeaux, marchant dans leméoie
sens. Le Tjiureau, au contraire, vient ïleur
rencontre, se dirigeant à l'orient; mais le
Bélier et les Poissons reprennent la direc-
tion vers le fond ou vers l'occident.
« A fa bande dncAté du nord, le Verseii'
est près du fond ou de l'occident, marcbiiil
vers l'entrée ou l'orient, les pieds leuruéii
verN le mur, précédé du Cspricome et d«
Sagittaire, qui marcbeat dans le mèmesei'i
Les autres signes sont perdus; maisiletl<
clair que la Vierge devait marcher eu Itie
de cette bande du cAlé de l'entrée.
■ Parmi les figures accessoires dece[felil
zodiaque, on doit remarquer deux bélic*
ailés placés en travers, l'un entre le Tu-
reau et les Gémeaux, 1 autre entre le StPf
pion et le Sagittaire, et chacun presque m
milieu de sa bande, le second cependaat i»
peu plus avancé vers l'entrée.
■ On avait pensé d'abord que, din* I*
grand zodiaque d'Esoé, la division d« l'en-
trée se fait entre la Vierge et le Lion,^
celle du fond entre les Poissons et I* Ver-
seau. Mais M. Hamilion, MM. de iull»>>'<
Villiers, ont cru voir dans le spbiot 1'"
précède la Vierge une répétition aiiiii^« "
celle du Cancer dans le grand zodiaque d^
Denderab; en sorte que. Selon eux, i* d'"
vision aurait lieudans le Lioo. Bneffet,uii«
celte explication, il n'y aurait que ôoi
signes d'un cdté el sept de l'autre.
(1145) Vm. te granil ouvrage sur l'Egjiiu:, Aiili- (1147) Vw. le grand Mvr^ SW rSfjpw, J'^
VMilà, \ut. IV, pi. XXI. quiiit, vol. f, pi. lixxvii.
(1 14G) ibid,, vol. I. pi. Lxxii. '
m
BCT
DtcnoMiAiRc apoim:etique.
ER1
*u
.Qu«nl au pciil zmlfaqun fhi nord d'R»-
té. on ns siU si quelque eniblènid aiul«>giie
i et $|ih>Di t'y trouvai!, (larce qao cette
jKiriie est détruite (IIM). >
4prèj ces détails qui, comme nousr<.-nons
e le dire, jettent besiicou|t de jour sur la
jiejlion, nmis répondons que Tes raisons
'jr lesquelles nos adversaires se fondent
l'runltribner i nés zodiaques une antiquité
J3W recalée, fonl, les unes, lrès-conte5-
lûilrf au moins, et les aulres cerlaÎDement
(.Tui^ef. Nous allons essayer de Iq prou-
iff,
D'ibord, de ce qu'on a remai-quâ que imr-
Kita tDiJiaques les uns reprësenlent le
ulito d'été dans leLion el les autres dans
bticr|t,on a cm pouvoir en conclure que
M mnoimeots remontaient k une haute
Ultiquilé. Or, ee raisonnement n'est pas à
l'iiride loul reproclie; on peut en conle»-
IrrVgtlinicnieHL la validilâ. aDans les deux
/TdDJfrs zodiaques, remarque très-judi"
lifuiement M. Letronae, le signe initial
pinlt être le Lîon ; dans les deui autres,
>)! celui de la Vierge. Cette circonslaoce
il d'abord croire que ces monuments étaient
i-r\»Dàent; en leur appliquant la préces-
'.''D des équinoxes, on crut pouvoir déœon-
rer que ces monuments remontaient au
f.i lies (emp< historiauas, et détruisaient
leToDii en comble la cLronologie biblique.
''aulKs, au contraire, prétendirent y re'
Mir.allre ene époque beaucoop plus ré-
Mt. CbacuD donna ses raisons, toutes
» ou moins arbitraires; et ce qu'on en
«>lui de bien positif, c'est que fiersonne
Hiftil au jnsle ni la date ni l'obiet de ces
Miumenis (llfcO). « Ajnsi, en supposant
<t I3 question fût uoiquemunt circoufcnte
<S5 ces limites, elle serait au moins dou-
M, perjonne n'aurait le droit d'iuférer la
nie antiquité de ces zodiaques; mais,
bme elle offre plusieurs aulres points de
f sous lesquels on doit l'eDviuger, ce
Il surtout ces autres points de vue qui
raissenl peu favorables 6 la prétention de
iidtersaires, comme on va le voir.
>De seconde preuve en faveur de notre
«, c'est que tes Egyptiens ne connais
ait pas autrefois la longueur de l'année ;
b lavons d^à montré. Or, si depuis
*n mille ans ils eussent possédé des
ia^ues assez perfectionnés pour mar-
I le» poiuls équinoiîaux et solsticiaus,
auraient eu iufailliblemeDt celte coa-
Mnce.
■c plus, les astronomes égyptiens, quoi
» puis>ie dire de leur babilelé, ne con-
Mient pas avant Hipparque la jiréces-
I des équinoxes. Or, s'ils avaient eu sous
yeux ces deux zodiaques, ils auraient
Elu très-facilement cette précessioo.
iK} BnitÈà Revitm, février 1817, p. 136 ; et à tmre de tEgypte pendant lo donùtutlion dit Greet tt
>4e delà Lettre critique utr la Zodiacomanie, p. 4eâ Ronuiùit, p. 456, i57.
-LcvKa, Mcc««n, etc., p. %SU-i57, note. (1151) LeTRm^fE, ObuniaiioMtcritiqneteiarft/a-
Uti L^TKMHn, Ricàerekeê pour unir à Ckit- logitfiut mr l'objet de» repTétemmtionê todiaeêle* fw
dt rt^au pemdaai ttt doimiaaiioM dtt Grect et noci rutent de l'aïuiatâté, etc., p. 3V, Paris, ltf%^<
*<««■». (lt5i)itW., p. M.
t^i- U.TB<M(RE, BtchtTchet fomr tenir k Ckit- ,
DicnoxH. Apologétique. I, S3
Ajoutons que suivant Champollion, le
grand temple de Denderali étant de la troi-
sième époque de l'art, vu l'indécision des
contours, les articulations grossièrement
indiquées, etc., doit être regardé comme un
des monuments las plus modernes des
Egyptiens. Or, si le temple sur lequel est
construit le pavillon qui reafermait le so*
diaque circalaire o'esl pas antérieur au
règne d'Augnsle. ce sodraque lui-même Dd
saurait éire d'une date plus aneiennet
Ce n'est nas tout, les joscrlptiniu gfec-
2ues trouvées aur les temples mêmes où
Laient les zodiaqueS) trahissent une date
moderne; c'est du moins le sentiment de
M. Letronne. Ce savant arcliéologue dit^ ed
effet : «Enfin, l'examen attentif de quelques -
inscriptions grecques, gravées sur Ta fagade
ou dans l'intérieur des temples où les zo*
disques avaient été trouvés, m'appril que
ces édifices avaient été construits el ache-
vés sous les empereurs romains, et, par
exemple, que le pronaos de Benderab avait
été construit sous Tibère, et celui d'Esoé
sculpté sous Antonio. H. Champollion le
jeune, au moyen de l'alphibet hiérogly-
phique qu'il découvrit, reconnut la vérité
du »it quej'avais avancé, eltroura eooDlre
que le planisphère de Deoderah date du.
temps de Néron, el le zodiaque d'Eané du
temps de Claude.
■ Il resta donc démontré, par le fait, que
les quatre fameux zodiaques égyptiens ont
été exécutés du temps de la domination
romaine, entre Tibère el Aptonin....
■ Ainsi toutes ces représentations zodia^
cales ont été exécutées dans l'espaee da
moins d'un siècle, entre les années 57 el IVÎ
de notre ère. Et, pour apprécier toute la
valeur de cette donnée, il faut remarquer'
que ces zodiaques sont les seuls qui aient
été découverts en Egypte) qu'on n'en a
trouvé dnos aucun des temples de la Nubie,
dont l'époque est autérteure aux Romains,
dans aucune des momies que nous connais-
sons. D'où nous devons conclure que les
représentations zodiacales n'étiiient ni dans
les usages religieux, ni dans les habitudes
nalionales de I ancienne Egypte (1150}. *
Enfin, ce qui prouve la nouveauté des
zodiaques, et montre en même temps que
celte division en tel ou tel signe n'a aucun
rapport i la précession des équinoxes, ni
au déplacement du solstice, c'est un cer-
cueil de momie rapporté dans ces derniers
temps de Ttièbes, par U. Caillaud. Ce cer-
cueil , qui contient, d'après l'inscription
f;recque très-lisible, le corps d'un jeune
lomme mort la dix-neuvième année de
Trajan, 116 ans après Jésus-Christ (115i;.
oITre, en etfet, un zodiaque divisé au même
lioint que ceux de Deoderah (1152}. Or,
lis
ELU
DlCnONNAmE APOLOGETIQOE.
ELU
d'apris lODies les apparences, celle division
marque quelque thème astrologique relatif
k ce jeune bonnne; conelusiou qui doit
aussi, ce semble, s'appliquer h la airision
des qaatre xodiaque^ qui nous occupent eu
ce momeot. Ainsi, elle marque ou le thème
astrologique du moment de leur érection,
ou celui uu prince pour le salut duquel ils
avaient été vAtés, ou tel antre instant sem-
blable relativement auquel la position du
soleil aura paru importante k noter,
«Ainsi, dit Curler, su sont évanoaies
pour toujours les conclusions que l'on avait
voulu tirer de quelques monuments mal
expliqués contre la noureaulé des conlî-
nenls et des nations, et nous aurions pu
nous dispenser d'eu parler avec tant de dé-
Mail, si elles n'étaient pas si récentes et n'a-
vateot pas fait assua d impression pour con-
server encore leur iofloeace snr les opinions
de quelques personnes. » (Cdtiks, Dis-
cours, etc., p. 279.)
EGYPTIENS, leur classification des races
humaines. Yay. Racbs bchaihbs, | I. —
Ont-ils parlé du passage miraculeux de la
mer Rouge par les Hébreux? Fay. Pusaok
DK LA ma RouoB, { IV.
BICBHORN, théologien naturaliste. Voy.
NATCBALISm.
£LEUTUÈRB (le Pape}, ful-il relire du
momanisme par saint Irénée T KéfulBlion du
M. Tbierrr. Voy. Uinig (SaiotJ, J VI.
ELISABETH (Sainte), cousine de la sainte
Vierge, ses paroles I calle-ci. Voy. noie XV,
) Vlil, & la fin du 2* volume. — Eluibrth
lâaintp] de Hongrie, trait héroïque cité,
rftv. Siiinvri.
ËLOHIH. Yoj/. UniTi de Dieu.
ELUS. — Dieu nous a créés par amour;
Il nous a racbelés par un amourplus grand
encore, et toute oreille a entendu de la
bouche même de la vérité celte chère pa-
role : Ditu a tant aimé la monde, qu'il a
donné pour lui ion FiU unique (1153) l Qui
n'eût cf u que tant d'amour ou tant de pou-
voir obtiendrait son effet, et qu'6 pari
quelques intelligences obstinées follement
Jans leur ingratitude, le monde entier, uu
J'uurdu banquet nuptial» se trouverait assis
I la table du Père de famille, et que lui, se
promenant tout autour, se réjouirait de no
voir aucune pince TÎdei aucune Âme ab-
sente, aucun enfant échappé aux étreintes
de la souveraine affection T Voilà ce que
l'homme se figure dana son cœur pauvre
et mortel. Mats est-ce là ce que nous pro-
phétise l'Ecriture? Est-ce \i vraiment la
conclusion? Est-ce le bien qui l'emporte
sur le mal, ou n'est-ce pas pluiAt le mal qui
l'emporte sur le bien? Je lue fais, en voire
nom, la demande aveu ellroi, et j'ellenils la
réponse. Quelle est- elle? 6 mon Dieu I
quelle est-elle? Ecoutez : Il y a beaucoup
tTappelét ttptu d'^Jiu (115V). -
Voilà donc le dernier mot I Dieu a donné '
son sang pour glaner le long des sièclus
ttuelquesdiues é^iarsos, et te reste, troupeau
(1155) JoaR. 111,1(1,
perdu dans l'iniqnilé, s'en va, par |ilMl»n^«)
pressées, grossir l'abîme qui ne nui jaiuiii
ce qu'il a reçu; l'abtme qu'liabitent !«
pleufs et les grincements de deuls, un feu
qui ne s'éteindrajamais, etleverauiron^e
toujours. Ce n'est pas moi qui le ais; c'est
une autre main que la mienne aui a grtié
celte menace : Il y a beaucoup a'apptlf$ it
peu {Titui, Qu'est-ce quejepuis (xinlremie
si manifeste prophétie? Qu'est-ce que jt
puis, moi, le simple dépositaire d'untp
rôle qui n'est pas la mienne, mais la paroi;
de Dieu, contre un arrêt si clair, si pfécij,
si au-dessus de tnule interprétation! la
soug du Fils de Dieu est d'une éloqneon
d'amour que Je ne saurais nier; iloiïcKe
des choses qui remuent mes enitaillts
jusqu'au fond; mais cette parole :Jl)ii
beaucoup d'appelée tt peu d'élue, est i'tn
éloquence de terreur qui ravage l'tliue (lia
ravit ses tendresses et ses sécurités. AI
qui me dira ce que je dois vous dire, tt^
apaisera mon inlelligence troublée, [«»
que je verse dans la vAlre le baumf d'une
vérité qui ne corrompe ni une bont^ltarn-
peute, ni une justice plus sévère que Dieu
ne l'a faite et ne la voit. J'ai l'espémce
que Dieu m'assistera ; je me perssstle quVi
comme ailleurs il y a dans les mjsl^rci
divins une porte cunsolante, une porle con-
nue des Ames qui ne cberclieni ni h dimi^
nuer ni k obscurcir les ombres de \il<ùj
Au lieu de restreindre ce sujet terrible, j^
veux même l'élendre, et me demandet poii
vous et avec vous quel est le rapport coa
Faratif du bien au mal, non-seultmetil liioj
éternité, mais dès aujourd'hui dit» t
temps que nous habilons. Appel(ms i. n
tribunal la bien et le mat présents, lebi
e( le mal futurs : pesons-les dnus uiiel
lance équitable, autant qu'il est peraiiij
des hotumes de le faire, et sachons qui M
deux l'emporte réellement.
Je commence par le câté le plus proi
de nous, ^jar celui qui est sous nos jeuiJ
il.
Do bien el du mal prâseols. — Le bien l'emportr-i-:
celui qui ne l'est pas. -^ Qnaulité des >t
posée a la quiulilidea ictes mauvais. — Le bKu.c<
la vie : le mal, c'eal la idltL; leure efTeUd;
vldu, dans les aiiioas, dans rhumaniié. —
de la peine el de la jouissance avec l'ordre niorilr.
Le laboureur. — Le bien servant k l'eipiaUoa i'
et cumpeDMalparuBTÉOdeur suriulurelleUqx
matérielle de celui-ci.
Je vous prie de remarquer qu'en ton
comparaison il faut tenir compte de dr
éléments, de In quantilé nialéri<;lle eldt
quantité morale, ou, si votis l'aimez niteU|
de la masse et de la qualité. Un géant sa
passe eu grandeur mathématique un botoo
ordinaire; mais celui-ci peut surpat^t '
géant par la beauté, le génie et la Terti
Lors doue que nous nous demandoui ^' '
bien l'empurle sur le mal dans rhuQianr<j
nous devous tenir compte des di'Ui c»
(il54) MttitH. IX, l«.
ELU
MCTIONMAIRE APOLOGETIQUE.
G
BcnU nilarels de loule eomparaison, et
fmiit*:l» bien rem|>orl«-l-il dans le
nondo 10 qnaotilé niAtérieMe, l'emporte-
i-il tn quotité morale sur son ennemi T
ie TOU prie de remaruoer, en second
liHtqn'il ne s'i^il pas seulement dans cette
(cnpinison &a biou surnstnrel, mais du
bien, en général , quels qu'en soient la
nane, le mérite et I effet. Le bien surna-
lDrel,eeiDi 1Q) a la foi pour principe et la
tinm dÎTine poar ternie, est le seul l)ien
nrbtl, le seul qui donne à une créature
.'(«tténnee et te droit de posséder Dieu Tace
IfiuiDiiis tout autre bien est agréable k
Ihn itat son ordre, et l'Eglise a condauiiié
cni^iiiitaieot anathème è tout acte ila
Trftd énué de moins haut que le souffla
itr rE'pnl'Saint. La probité nalurelle, la
Ufliiè du CŒur, la grandeur d'Ame, la
napusion, la tempérance, la force, mille
tvlnt (DoaTemenIs généreui se pressent
i40fieu\BÛe l'homme, et encore qu'ils
l'iinl p» la gr4«e pour moteur, et l'Uran-
nie pour règle, ils Tiennent de Dieu par la
»i>iaeace, et Dieo les reçoit comme un
unjini|fl indirect et imparfait rendu k sa
wraiDe perfection. Il les récompeuse i
nr place et dans leur mesure, et même il
B firl i auelqu« degrâ un restibule qui
Kdoit deloin aux illuminations de l'ordre
«nulurel. Il ne nous est donc (>as permis
1 1rs dédaigner dans une appréciation de
tUi moral du genre humain.
tnûn, remarquez encore qu'il ne sufUt
l!iPoar connaître l'étendue com)iBralive
I bien et du mal, d'onposer la vice à la
Ma, nais la quantité des actes Iwns k la
Molité des actes mauTais. La rertu est un
Ktltble, complet* qui suppose une âme
i"Dnée de tooles parts dans la justice et
rérité, et par conséquent cet état est
tt liodis que le rice est commun. La
u grande pnrtie des hommes est iraTaillée
<)aelque passion qui altère l'harmonie
lean habitudes morales, el ce n'est oue
Wnienl, par beaucoup d'elTurts, qu ils
nitDDeot h se dégager des ombres de ce
He empire pour se reposer dans la paix
ne conicienoe qui ne leur reproche plus
■ des imperfections. Hais cet élat cora-
la n'est pas stérile en actes dignes d'a-
>;it n'a pas pour conséquence l'impos-
)liié de produire du bien, et mAme mille
iplusdebieD que de mal. Cet homme
imbilieux , Il sacriliera beaucoup au
)r de son élération; cependant, il est
tt, sobre, exact, incapable de vengeance
iTiDfidélîlé ; il honore sa rie par un dé-
imeut sérieux h la chuse publique, et
i> l'obscurité pieuse de la famillii, on le
reu*e meilleur en exemples et en alTec*
1. Ainsi en est-il d'un grand nombre,
limes coupables d'un maufais (lenuhant,
De sont ni dans la grflce de Dieu, ni daua
gloire de la vertu saos lâche el sans
1A«; mais il y aurait injustice à prendre
n jours comme ua tissu de crimeSi el &
i:^} Ont. xsK, 15 «t IL
ne pas reconnaître en eux les instruments
d'un bien plus grand que le mal dont ils
sont les auteurs. Dieu les voit tels qu'ils
sorVt;il compte leurs -fautes, il écrit leurs
bonnes œuvres, et lui seul sait le degré de
miséricorde où les place son équité.
£o prenant donc l'ensemble des bits hu-
mains, non nas dans un lamps nî dans un
lieu, mais dans la suite total» des généra-
tions. Dieu découvre-t-tl au monde une
quantité de bien matérielletnenl supérieure
à la quantité de mal! Voilà la première
queslioi).
Or il est certainement dirBcîIe de ta ré*
soudre. Qui a dressé jamais la statistiqn»
du bien el du mal T Quel œil, honnis celui
de Dieu, connaît les pages du livre de la
vie et du livre de la mort? Cn jour les
sceaux se briseront, et devant I nnivars
assemblé toute conscience apparaîtra ce
qu'elle fut. Uais, jusque-li,qui peut accuser
le genre humain d'avoir semé plus de mal
que de bien dans le champ douloureux de
son eiil I
Lorsque nous voulons connaître l'étal de
santé du corps de l'homme, la Providence
y a pourvu par un moyen aussi simple que
i>ûr. Lo cœur,source de la vie, communique
son mouvement aux artères, où il jello le
sang qu'il nous a préparé, et celle impul-
sion retentit jusqu'aux extrémités de nos
organes, \h où leur frêle enveloppe nous
permet de les iolerroger. Y a-l-ij aussi nn
cwur el des artèrea dans le genre humain?
Nous est-il i)OS»ible de les toucher de près,
et de conoailre è leur battement quel est
l'état moral de ce grand corps dont nous
sommes les membres, el auquel nous por-
loDS le flux de noire vie, et qui nous reud
le reflux de li sienne? Je le crois, et peut-
être en me lisant ne m'accuserez-vous pas
de pousser trop loin l'inTestigalioii d un
mystère où il suffirait du doute pour ras-
surer notre esprit.
Moïse avait conduit son peuple aux porle«
de la terre promise. Averti de sa lin, et qu'il
allait se rapprocher de l'heure où le Dieu
qu'il avail vu dans les ombres et les foudres
du Sioaî lui apparaîtrait dans la simplicité
nue de son essence, le front brillant encore
des deux éclairs redescendus avec lui des
hauteurs de l'Horeb, ii assembla les généra-
tions du peuple élu, et, debout devaut alleti,
après leur avoir rappelé les miracles el les
lois du Dieu de leurs pères, il éleva la
ivoix et leur dit : Je prends le eiet et Im terre
â témoin que jt vous nt proposé aujourd'hui
la vie et la niùTt, la bévédiclioH it la malé~
diction Cotuidère, 6 liront, quaujour-
dhui même je l'ai propoié la vie et le bien,
et d'un autre e&U la mort et le mal (1155).
Ainsi, ce crand législateur, jetant sur la
nalicn qu'il avait formée un dernier et pro-
phétique regard, lui révélait son avenir |iar
un seul mot qui explique au»si l'histoire
de toutes les races buuaioes: le bien, c'est
la vie, le oui ; c'est la mort. Le bien, c'est ta
7IU
DICTIONNAIRE
vie dn corps, de l'dme el «les sociétés; )c
mal, c'est la mort du corps, de l'âme et îles
sociétés. En effet, qu'est-ce que le bien,
■inon la conforaiité à la loi éternelle do l'Are
telle que Dieu la porte en lui-uiôme, cl
qu'esl-ce que le mal, sinon l'opposition à
celte loi 7 Quiconoue fait le bien se con-
forme à la loi de l'être ; quiconque fait le
mal s'éloigne de cette loi. El la loi de l'dtre
étant nécettsairemeiit celle de ta vie, puisque
la vie n'est que l'être en actiTÎté, il s'ensuit
que le bien se confond avec la vie môme,
el. le mal avec la mort. L'expérJciice nous
le prouve, s'il est possible, encore (ttus
iiinnifeKteinent.
Vous Mes jeunes, je le suppose, vos yeux
4-ayonnent de l'iramortalitë de loul ce qui
«orameuce, et vous sentez dans les derniers
replis de voire chair une obéissance à vos
désirs, qui ne vous permet pas même de
croire h la fragilité de vos années. Cepen-
dant, prenez garde : prenez garde, non pas
il la foudre, tuais au péclié. Si vou!> ouvrez
voire âme et vos sens à cet hdte mystérieux,
il y opérera sourdement des ravages dont le
contrecoup apparaîtra bientât sur votre
front. Des rides précoces en terniront la
chaste limpidilé; la lumière de vos regards
s'affaiblira sous vos paupières devenues {>«•
saules; vos lèvres coniraclées ne laisseront
plus passer qu'un sourire diminué el triste;
une profanation lenle s'étendra sur tout
voire visage, el y gravera les ruines que
votre âme se fnit au dedans. Vous vous
broirez seul aveu voire conscience; mnis la
mort 7 est avec vous, e( elle traduit inces-
samment vos débauches en une éloquente
accusation. Tout œil ta reconnaît. Kl:e est
la sœur du péché, et le péché est son ai-
guillon : Slimulut auitm mortit peecalum
(il36}. Comme le bœuf se hâle sous le dard
qui le preiise, ainsi In mort se hâte sous les
coups du péché; elle s'inûltrc dans les vei-
nes pour en tarir le sang, elle relâche la
vigueur des nerfs , elle pénètre au fond des
os et en dévore la substance, jusqu'à ce
qu'enÛQ elle et te péché se saisissant dans
une dernière étreinte, le cadavre tombe,, et
le ciel el ta lerro passent avec mépris; car
il ; a là un homme qui a tué lâchemenl la
vie dans son sein.
Le même el effrayant mystère s'accom-
plit dans les nations. Le bien les fonde, le
mal les couche au tombeau. Ni l'antiquité,
ni lo grandeur, rien n'est copabic de sau-
ver un peuple corrompu. Il traîne quelque
lentps sur la scène du monde les rentes
iguabics de son histoire, défendu par la
jalousie de ses voisins el parce je ne sais
quoi qui tieni enl'oirunédilice ruiné; mais
lOt ou lar^} se décadence morule avertit le
destin. Il vient, on ne sait d'où, des races
neuves el innooiuiées; elles rogurdent de
loin cul empire usé qui semble encore vivant
par SCS fonctions, ses magislraluius , ses
armées et ses souvenirs, mais qui n'a plus
de substance ni du cimeni, parce «lu'il n'a
(lIMlj/Car.iv, 5C.
apouketkioe:' RUi n
plus de vertus. Elles se diseut, TitiliKbnxh
El quelque chose leur répond : Venet,Dii^
tiotns , venez, mes Parthesl N'ajeipln
peur de cette vieille [lourprc qui est eocwi
au dos de la maltresse du mtmdc, cir dl
ne couvre plus Scipion, elle ne coum
que le vice el la mort avec lui. Passez le llbii{
insultez le Danube, reuversez l'£u|ih[ai|
étendez 6 terre vos peaux de bêles, eijeiei
y votre proie 1
Si je ne me trompe, nous sioas iléc»
vert dans l'humanité deux artères cspibl
de nous révéler le secret de sou élainiiin
l'artère de la vie et l'artère de la morl,
viequi est le signeellarécompensetiubie
In mort qui est le signe el la rècomiienseï
mal. Or, en les inlerrogeani, que nous dirm
ellesT Elles nous diront sans <IouIb(|r
mal esl grand dans le monde, {luisquel
mitions y meurent, mais elles qoi» iliM
aussi que le bien y est plus grsJxi eui
puisque l'humanité vil. L'Iiumaniliivil^J
a traversé des phases sans uomlire il
des siècles multipliés, se renouTeUutuiii
la nature qui pousse de jeunes niait
sur le tronc épuisé des forêts, et liredi
corruption même un élément de l'ijun
On l'a vue dans tous les temps, sauin
par 1» main de Dieu, s'épsnuuir eou
civilisation, l'élever [tar des vertus, \am
rir de dévouements obscurs aulaQl 'f't
nombrables, puis, la dépravation s'iiiin^
sanl à la longue, rejeter les (leuplesiicw
pour en suscilerd'aulres, et rendre 14
nouveaux figes un spectacle d'hoondj
H'esl-.ce pas le l'hisloiieT Les TicissiliM
dont elle est remplie sont-elles autre du
que les lempêtes par où le genriï liiiutt
aidé de ia Providence, purilie t'aimaipH
morale qu'il respire, et perpétue, msl^
puissance du mol, la supériorité du M
No sentons-nous pas tous qu'un peuplsi
subsiste que parsos vertus, el que si '«'
vient y usurper le trône du tiiea, ilj
iuévilablBnieiit condamné? Or cesconJ^
nations ne sont pas de tous k'ïjoin^
foudre vengeresse n'ulleinl qu'à de M
intervalles l'existence séculaire de^ i
lions. Il est donc permis de croire w
bien y prévaut longtiiiups, cl lorsque
succombent, il est permis de croire M
que Dieu donne ou réserve leur plicunj
peuples meilleurs. j
J'en appelle encore h deux autres s«
lûmes parallèles qui me semblcul prw
à ttous éclairer dmi cette dillicilu quo'^
De même que le bien el le mal snul u°
la vie et à la mort comme à leufs '""
quences logiques, ils sont un nuire su
dans la peiiiç cl la jouissance, eus dcui'^]
qui composent, par leur disiribulion s'
les houHiics, le sort général Uu ë«"^M
main. Vivre et mourir, ce sont les iCfj
extrêmes où .i.ous sommes contenus; ^
frir et jouir, ce sont les ictiubs inicrirt
qui résument les pulsations (loiioln;^
Ur, si nous cherchons quuls tout !«>'<
ELD
DKTKMCUmE APOIX)GETlQCe.
porttdeU peine et de U jouissance aiee
rwlre ownl , il nous esl aisé de voir que
Il peJM correspond au bien ,. et que la
jMisiioce correspond au mal. Non pas,
caleadfi-lebien. que jouir soit parsoi-oième
ucriiDf, oi qu6 souffrir loit par soi-méEne
cMTerlu. Non, assurémenl. La peioe peut
c,K ponëe, sjos en connaître le pris, elle
■,*u\ èira DD motir de t^tssphèma el de
kne contre Dieu; comme aussi la jouis-
sive, Uiule corruptrice quVIle soit de M
iiturt, |jeul anCinlerdes actions de grâce,
in mti&ces, des ausiérités, et, dans tous
'ti m, tire l'objet d'une généreuse mor
dcn:iaa. Uaîs, civile réserve faite, il n'en
Rflt pu moins vrai que la peine, c'est-à-
i;;rt iiinTsil sous toutes ses formes, est
bimb!«iu développement du bien, parce
iuVtpflhfie le corps, détourne les vaines
ilàasfis pensées, dimicae les moyens du
BJj, en retranche les occasions , et nous
lifilenGu devant Dieu <Ians un état con-
tjrmeU'ei|iiatianqui esl la source unique
.cuoire salut. La jouissance, 4u contraire,
'.'^!4-iIua la satisfaction de l'être dans le
-''[''S, conlîent un pnison qui énerve
•'iiue t\ ea déracine lentement la virilité.
L'i.i>iD(ue qui n'a rien h faire pour vivre que
■i* nir», et qui n'applique pas ses facultés
i^ e'Iètie honoratjle d'un service volontaire.
itui-li tombe, par une pente rapide , de la
•t^eardans l'ennui, et de i'eunuî dans
it5 désordres du cœur. Ce n'est qu'à la lia
^ l'Âge, lorsque nous avons pajé notre
Idle au Irarail, et que la vie diiiiinué>! dans
Oui nos sens nous retire les Dots Iniii vifs
'tioa activité, ce n'est qu'alors que le re~
u Dous sied et que Dieu 1% bénit. Le re-
R> Jb vieillard est un droit el une ma-
sié. Assis à sonitre.il fait doucement
bLliller dans sa mémoire le souvi-iiir luu-
Bte du bien qu'il a fait, «I il réveille en
■L'ui la vertu par le S{ieclacle de la paix
B cooruime ses ans. Uais se reposer
k.,J on u'a rien produit, se reposer dès
j^Jnes^e , livrer à une jouissance pré-
Ktti couiiiiue son âme et son corps, c'est
nr i-ré|»arer d'effroj-at)le9 corruptions.
L'tiiîtoira vous l'a dit, la ruine morale
kii i>euple commence par le rejios liun-
>i de ses grands. Tandis que la vie se
Q5erTe encure avec le travail dans les
»» obscu», elle s'enfuit déshonorée dés
tilcs régions de la société. Des mœurs
Aes r appellent des mœurs dissolues;
* plus généreux sangs s'aviljsseul dans les
liii'iés après s'être aCbiblis dans la mol-
^, el la dépravation gagnant de proche
iT'jcbe, il oe reste quelque souffle h ce
dH? vieilli que par Ta quantité de sueur
'il est strictement obligé de répandre
nr ne pas uourir do faim.
^ela étant , la peine étant un signe du
^i el la jouissance un si^ne du m»l, en
iiaiiière ut dans les limites que j'ai po-
*■ -I UOU9 esl iK>ssible d'en tirer qutique
rujc •(« |>oiir l'appréciaiion de l'état nto-
ll^Tf Cen. m, 19.
ml du genre bumbtn. Noos n'avons, en
effet , ^^u% nous demander lequel l'em-
porte ici-bas de 1t peine ou de la jouis-
sance , du trovail ou du repos. Or, assu-
rément la réponse n'est pas difficile. Dieu
s'y est pris de bonne heure pour nous
attachera la nob|e gymnastique d'une la-
borieuse aetiTité;désque nous eûmes failli,
il prononça contre nous l'arrêt du labeur,
dans ces miséricordieuses parol&t qu'il no
faut jamais se lasser de redire : Tu maa-
«erailon pain à latutËtr de ton {roiU(\iTîl),
>epuis lors l'arrêt n'a pas cessé de s'accom-
plir. Eu vain la civilisation s'est formée;
en vain les arts de la paii, le commerce,
l'industrie, les inventions économiques ûe
la science ont succédé aus dévaiitAtioiis de
la guerre; rien n'a pu soustraire l'homme
à la loi du travail pénible, et c'est à peine
si, après soixante siècles d'elluris pour en
diminuer lo fardeau, il a pu se flatter d'un
imperceptible succès. Lechrisliaitisme. i la
mort du Fils de Dieu, a retranché des mi-
sères de notre sort; il a relevé l'esclave, la
femcne, l'eufunt, aJouci le pouvoir, donné à
notre cœur i ertainos larmes qui apaisent
l'am^ixtume di^s autres : mais il n'a risn dié
de leur résistance aux fruîdes couches do
la terre, et de leur ardeur aux rayons du so-
leil. Nous sommes demeurés les sujets du
travail pour demeurer lefc frères de la
vertu.
Cependant, je le répèle encore une fois,
afin que vous n'accusiez |>as ma pensée, in
peine n'est pas de soi-même un bien ni la
jouissance un mal. L.i peine nous incline
au devoir par un état permanent de sacri-
ûce et d'impuissance; elle est lu rivage
escarpé qui repousse l'erreur de nos flots
et les retient dans le cours que leur trace
la volonté de Dieu. Souvent, du haut de*
montagnes, j'ai regardé les pleines fécondes
qu'arrosent les sueurs de l'homme; j'ai vu
le laboureur prévenir le jour, et une multi-
tude de femmes, d'enfants, de vieillards,
de jeunes gens, le dos courbé vers la terre.
y creuser des sillons ou en recueillir les
richesses semées de leurs mains. Je les ai
vus, après de longues heures, prendre un
sobre repas sous l'ombre étroite d'un arbre
ou d'un pan de mur, et le soir venu, s'en
retourner par bandes fatiguées au seu;l
hospitalier de leurs rustiques maiauns. Ce
spectacle m'a tuuclié toujours, il m'a tou-
jours donné l'idée que Dieu le voyait avec
plaisir, et que si toutes ces Ames n'étaient
jias pures devant lui, du moins elles ne
l'offensaient pas sans quelque compensation
pour son coeur de père et son équité de
juge. Autre chose est le mal se diJvelu^>pant
sans frein dans la Bèvre continue de 1 oisi-
veté, autre chose le mal comprimé p-ir des
jours sans repos et des nuits sans illusions.
La poésie antique avait placé la vertu sous
1c ctiaume; elle disait que les dieux, des-
cendant de r01ymj>c, s'ariëtaieiil vulonti'ers
ddns les vallons obscurs, au bord des ger-
MCnONNAIRE APOLOGenQOE.
bes amoRceléet par la main paciSqaa de
l'homme des champs. La sagesM a ré-
pété sor un autre mode ces accents de la
pnisio, et le christianisme , en oous révé-
lant la foi nalre des campagnes, nous a
pennis de dire en uo sens plus élevé que le
poète romain :
0 fortaiuU)s nimiiiai, sua tà bon norinl,
Agricobs!
Dieu n*a pas todIu que la plus grande
part des hommes étouffât dans l'air nesant
des villes, au foyer de toutes les ricnesKes
et de toutes les lentatinns. Il les adispersés
•isni les soliludes de la terre, le long des
fleuves, au pied des monlagnes, en face du
llrmamenl qu'il habite, pi il leur a fait d'un
travail plus pur et plus df^pendanl de sa
providence un singulier secours et une
pernéluelle religion.
Hélasljele 5ais, tout se corrompt.mâme
\i-$ cliamps. Hais cette corruption n'est pas
l'élai naturel des choses ; el le accuse un poi-
son venu de plus haut, et prophétise les
catastrophes qui préparent la chute ou le
renouvellement des nations.
Bref, de la oomparnisDn de la peine niée
la jouissance el de In vie avec la moii, ce
douille symptAme révélai eur, nous pouvons
i-oiiclure que la quantité matériello du bii>u
l'em|K>rte ici-bas sur la quantité matérielle
du mal. Hais, encore que nos calculs man-
quassent de vérité, la Question ne serai[-|iBS
résolue rentre la Providence. Car il ne suffit
)>as de comparer les laits aux faits et de les
jitiser dans la rigueur servile d'une balance
luaihémalique ; il tnul surtout coiinatlre
leur valeur métaphysique et morale, et tes
juger sous ce rapport qui décide de loul.
Or, métflphysicfuement et moralement, le
bien domine le mal d'une inconteslable
lisuleur. Le mal n'est qu'une négation, il
introduit dans l'être une difTormilé qui
blesse l'ceil de Dieu, mais qui n'y détruit
pas substantiellement son oiivra^je : Dieu
y rcconnatl encore sa main. Comme une
stalue mutilée sort de la terre où les siècles
l'avaient enfouie, ainsi l'dme dégradée pur
le péctié api'sratt aux regards de .son [lëre ;
c'est un marbre déshonoré, mais où respire
encore la vie et auquel l'artiste suprême
peut rendre sa première beauté. Il y tra-
vaille avec ardeur; il aime ce dél^ris, il'y
frappe des uoups qui émeuvent son espé-
rance et «tlendrissent st^s rei^rets. Ce n est
qu'à )a mort que le mal persévérant prend
une ooflsiatanue b l'épreuve de ramourdivin.
Kl que Dieu le voit comme un impanlunnu-
ble ennemi. Jusque-là il apparlieni encore
k l'archileclure du bien, il est une pierre
espérabie d|e la sainte cité , el peut-être y
cntrera-t-il en un lieu magnifique, qui
étonnera l'innocence sans la décourager.
Vous {e voyez donc , la quantité maté'
riulle disparaît ici devant la valeur mélha-
pliyaique et morale; l'opposition absolue-,
t-nlre le bien et le mal n'est j>asu ne rtfaiitédu'
temps. Diuu.dii haut ilosn providence, ne dé-
couvre pas l'bumauité lerrc!.lie connue par-
tagée en deax camps pour jamais s^fttit
des monstres, le des malheureux. IItuIii
loul des èlres faibles, les uns qui odIi
rédé leurs frères aux rég-'oDsdc It it\
les autres quiaspirenl h les rejoindre,»
ci plus proches, ceux-là plus loin,(|ueIqi
uns désespérés d'euz-ménjes, mais non
de la bonté divine, tous duGd fortturil
seul corps dont les membres s'assisleni
où le mal sert h promouvoir le bien, cou
le bien sert à l'expiation du mal. C'est |x
quoi il est écrit que dix justes inri
suffi pour obtenir de Dieu le psrion d'
ville réprouvée, parceqaecesdtijusia
ajipliquant leurs mérites i destrcies
minels, mais cafiables encore àe reioi
de miséricorde, auraient rétabli daDsli
lance divine un équilibre entre le hi«oi
mai. Qui sait d'ail leurs à quelle furceJliii
silé peut atteindre la vertu el quel ilevieÉ
prix dans ces immolations iiiliinesqu*
révèlent imparrnitemenl la vie àvsS
Le comte de Hnjstre a diloicellciDM
« Il 7 a eu d Jns le cœur de Louis XVld
acceptations capables de sauver la Fiie<
N'y en a-t-il pas d'autres plusoliscuretl
vaut les hommes. mais plus précicuseti
Cire devant Dieu? Les jours d'u»tissr
charité nesulBraient-ils pas pourliina
tre-poids aux crimes d'une inulliuJtN
le crois sans peine, puisque DieuBtl
mandait que dit justes pour épir^M
ville coupable de désordres qu'on iiell
Îias même nommer. Je lu crois eacortœi
orsque
est dâ i
parable
sonne e _ . ,
frait; mais qui cependant, toute projtlf
gardée, nousprouve querinlensilédij
dans une âme unique peul couTriruna
d'iniquités.
0 TOUS donc , enfants du ical,
malgré foIre nombre, qu'il nedépr
de VOUS de prévaloir contre la cité li
el d'en obscurcir l'éclat suraliondnnll
a suffi pour renverser Goliath; vi
suHit h Dieu pour se faire un renipart
l'année de vos infidélités. Il y vw
ardeurs qui éloufferolit les lûlres,
baumes qui purilieront la terre dfl
de vos nuils. Allez, faites Toire '
dormez votre sommeil, comme tous
Bussuut : tandis que vous ell^icci u'
l'image de Dieu pur des souiliurcs
vous voudriez vous cacher la boiu^
que pauvre jeune fille veille pour
Ihoni.eurd une virginîlé qui a toi
la misère, la séduction, lajeuue»
beauté, le besoiu d'aimer, quit;>l>'
dans les cœuis purs. Tandis quero^
sez l'or daus un luxe sans rrull, 4'
servante, la vôtre peut-être, rélfK
pain de chaque jour, el en fait i 1'
denne, dans le sein des nulheu'^"'-
criliie qui la justifie de votre ibihIi
durcie. Tandis que, («Pur iineo^'^
voire urjjueil a légiiimenieiit sw"'''^'
répandes le sangd'un Iiommc. d''*'""
m ELU HCTHKINJUnE
Joaaeni le leur aax extrémilés da monde
jOtiraffinner la fui qui sautsn leurs bour-
reiDit el ils tirent de leur supplies plus de
grke <jD'i' n'eu faut pour laver cent fois le
tinçdool TOQS êtes courerl. Ainsi, sous
riciiDQ da Dieu, la grandeur surnAturelle
ia bitn compeoie, s'il en est besoin , la
qnjiiIJIé malérielle du mal, et rbumanilé,
nuigré KS tantes, ne présente point au ciel
« spectacle horritile dont on voudrait acca-
bler oolre foi. Le mal, tel qu'il est, coatribae
plntUi l'aecrois^emeDl du bien, comme la
Km corrompue donne k la végétation un
ilinfol plus Ibrl.
Go josr viendra peut>6tre où le mal l'etn-
poncn réellemem sur le bien, suit en
4UDUié,soit en intensité : ce sera le si-
fMifeli fia. I^s justes ne faisant plus le
oMira-poids des méchants par leur nom-
À7! flf pjr leurs vertus. Dieu prononcera
noirelegenra humain tout entier l'arrêt
qi'ilitiQtde fois prononcé dans le cours
des siècles contre les nations. Comme il
tcrîTit de M m atn sur les murs de Bab;-
loafl la prophétie de sa cbule, ainsi écrîra-
l-il dans les umées la ruine du monde dc-
*enn la derovère Babylone, ei la sentence
Mnlt même que pour Balthazar: Tu a* été
fondant la frotenc» «c en t'a trouvé léger.
iuqae-li. Dieu, qui tient cette balança lor-
nidable par son équité même, n*a point
Modamoé h mort le genre faumain. Rëspec-
iMii sa justice avec sa clémence, et ne lui
•ppOsODS pas DOS crimes pour accuser son
puveraeiBeot. D'ailleurs le temps n'est
ese l'épreoTe, il n'est pas le résultat. C'est
HDt l'eteraitâ qu'il fout jeter nos regards
pour juger déflaitiTement la Providence,
He'eM là uns doute que vous m'allendez,
ntés de ce mot fameux : Ity a beaucoup
ttfptid*, mmi* peH Sélut.
I n.
h Hea et âa mal faton. — Le peUt nondire An élus
it'empm ■Bdonedebi. — loierpréiailMiiesieiiei
* lïna^le oA U ctt parlé du pelit nombre des élm
Hde ta parla étrdie — Hort^té de« eafuits de II
n lire fe U qoatonlèiDe innée. — L« tu el la duritd
la fesMe. — Le paoTie. — ûnidlutoa.
J'obéis i TOire impatience, et je puis la
limer par nue Irèa-siinule déclaration : le
!lit nombre des élus n est pas uu dogme
iroi,mais unequestion librement débal-
* dans l'Eglice. Je voua TaOïrme et je vous
I doDoe iiuDBédiatemeot la preuve, si vous
soohailez.
farmi les écrivains du dernier siècle qui
II honoré relise, il en est un d'une ré-
italion modeste et grave, dont le savoir
al point eonlesté, dont l'orthodoxie l'est
fiai encore : Je vous ai nommé Bergier.
, Bergier, Irailant la question qui nous
cupe, s'exprima ainsi : • On esprit solide
iufQsaminent insiruit ne se laisse point
raaler par une opinion problématique, et
APOLOGETIQUe. ELU TM
sur laquelle l'Eglise n'a point prononoé,
(elle qu'est celle du grand nombre ou du
petit nombre des élus (llâS). ■ Et ailleurs,
après avoir exposé le désaccord des Pères
de l'Eglise et oes commentateurs de l'Ecri-
ture sur ce sujets il ajoute : ■ Si les parabo-
les de l'Evangile peuvent servir de preuve,
on en doit plutAt conclure le grand nom-
bre que le petit nombre des hommes sau-
vés, Jésus-€hrisl compare la séparation des
bons d'avec les méchants, au jugement der-
nier, à celle que l'on fait du bon grain d'
vec l'ivraie. Or, dans un champ cultivé avec
soin, l'ivraie n'ajamais été plus abondante
que le bon grain, il la compare k la sépa-
ration des mauvais poissons d'avec ks boas ;
h quel pécheur est-il arrivé de prendre
moins de bons poissons que de mauvais?-
De dix vierges appelées aux noces, cinq
sont admises b la compagnie de l'époux.
Dans la parabole des talents>. deux servi-
teurs sont récompensés, un seul est puni;
dans celle du festin, un Mul des couvives
est chassé [1159}. ■
Je pourrais en rester Ik : car, puisane
vous êtes libres de croire au grand nombre
des élus, croyes-ji et ne vous en inquiétez
pas davantage. Hais il ne sera pas inutile,
je le pense, de vous faire connaître los mo-
tifs qui ont empêché l'Eglise de se pronon-
cer sur celte grave question.
Llicriture en est sans contredit la cause
première. Car, bien que ce fameux texte,
t^ jr a beaucoup d'appelig et peu (rétu$, vous
paraisse d'une évidente clarté, il est bien
loin d'en être ainsi. C'est précisément le
texte qui a le plus divisé les Pères et les
commentateurs. En effet, il n'est écrit que
deux fois dans l'Evangile avec des circons-
tances qui lui donnent un sens opposé an
sens vulgaire. Dans la première occasion,
le royaume du ciel est comparé k un père
de famille qui loue des ouvriers dès le ma-
tin pour travailler h sa vigne, et qui en re-
çoit d'autres successivement k des heures
plus avancées, jusqu'è ce que le soir venu,
il donne k tous la même récompense sans
faire aucune distinction entre ceux qui
sont venus le matin et ceux qui sont venus
tardivement. Sur quoi les premiers mon-
trant de l'indignation, If père de famille
leur dit : De quoi vaut plaignex-voutt us
êui$-je pae convenu avec voue d'un denier f
Preiiez ce gui voui appartient et altex-voui- ■
en: quant à celui-ci, qui ett venu bien aprêê
voue, il me plait de lui donner la mime ré-
eompeMt qu'à vous. Eit-ee que Je ne tuit pag
libre de faire ee que je veux, et faut-il que vo-
tre ail toit maucn», parce que je euit bonT
Âimi, ht premitrt teront Itt dtrniert, et les
darniert teront lei premierâ ; car il y a beau-
coup d'appelé» et peu d'éiut (1160)- Il est m»
nifeste que la dilbcullé de la parabole ne
consiste pas dans la petit nombre des ou-
vriers récompensés de leur travail; cil*
IISS) DictiamMohe Ht ihéolagie, au mot Elu. édit. in-S*.
li:>9l Traité de la truie relipM, lom. X, p. ZSS (1160J Ma
consiste, au contraire, en ce que tous élanl
ffécorni<ensës, ceui qui paraissent aroir le
moins (le loérile ne sont pas plus mBllrailés
3ue lesaulres. Eirexnlication qui en est
onnâe estcelle-Ct : C'til que la prtmieri
ffr«nf la dtmierg ef gue la dtmiera scrtml
lt$ prtmieri, Usis celte explication étant
obscure elle-mëaie, le père de famille l'é-
claircit par ce mot : Car il y a beaucoup
à'upptUt etptu d'élui. Ce qui veut dire Don
pas qu'il y a peu d'hommes sau?és, conctu'
sion qui n'aurait aucun rapport arec la pa-
rabole ou même la contredirait, mais que
IWBUcoup étant appelés par une grâce com-
mune, de premiersqu'ils étaient deviennent
les derniers, tantiis que quelques-uni
étant olioisis par une grAcit spéciale. de der-
niers qu'ils étaient, deTiennent les pre-
piiers.
Dans la seconde Oucasion, le royaume du
ciel est comparé è un roi qui prépare les
noces de son Gis, et qui, tout étant prêt, en-
voie ses serviteurs aux invités pour tes
presser de venir. Hais ceux-ci refusent sous
dirers prétcxies, et quelques-uns même
maltraitent les envoyés du prince, lequel,
irrité de leur conduite, fait entrer à leur
place dons la salle du festin tes premiers
Venus que l'on a rencontrés sur les clie-
mins. Pois, entrant lui-même après eux
pendant qu'ils sont h latile, il aperçnil Tun
des convives qui n'est pas revêtu de l'ha-
hil nuplial, et il lui dit : Uqji ami, pour-
quoi élet-vout entré latit avoir Chabit nup-
tial? Et eelui'Ciu taisant, te roi dit à itiof-
ficiert : Liez-lui le» pietù tl lei main* et ft~
les-le dont ta ténêbra extiriearet, là où tJ y
aura dei pleurs et des grincementi de dents:
car il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus
(1161). Il est manifeste enrore que la diflî-
«ulté de (a parabole ne porte pas sur le pe-
tit nombre des convives déGnitivement ad-
mis, puisqu'on les a ramassés inJifférem-
Cpeat sur les routes et qu'un seul est chassé
de ia salle du banquet. Si donc, en cette
circonstance, il y abenucuup d'appelés et
fieu d'élus, cela veut dire seulement, duns
a bouche du roi comme dans celle du père
(le famille, que peu d'hommes reçoivent
une grâce spéciale qui leur permette de se
conduire avec plus de familiarilé que les
autres dans les choses divines, et de comp-
ter dur une surabondance de miséricorde h
leur égard. C'est la tentation d'un certain
nombre qui, étant appelés au hasard sur le
chemin pour remplai;er d'autres invités, se
persuadent qu'ils sont des élus de faveur,
et qui négligent d'assurer leur salut par
une exacte Gdélité. Jésus-Christ, dans celte
parabole, veut leurapprendro que s'il y a en
effiit des derniers qui deviennent les pr^
miers, il n'appartient à personne de présu-
mer ainsi de soi.
Vous le voyez, vous voilà loinde laclarté
que voua aviez cru reconnailre dans ce
APOLOGETIQUE. ELU »
leste : Ily a beaucoup d^appMi a fuH-
lui. Hais il en est un autre que je ne doit
pas vous dissimuler, et qui, tint Mtedici.
sif, otTre cependant un sens mcini beil».
ment réductible à notre vœu d'élend» le
royaume du ciel autant que nous le permet*
ti'Dl les fondemenLs de la foi. Oins watet-
mon sur la montagne, lésus-ChrisI dinll i
la multitude: Entrex par ia porlt Âwli,
parce que ta porttesl largtel Utoieatifi-
ciitue qui ttune à ta perdition, et Ut/ a*
beaucoup qui entrent par elle. Comiia ut
étroite la porte et resserrée la voit qui cet.
duit à la vie, et il y en a peu pii ia treuru
. (1162). La force de ce texte n est pas dini
i'o{i(iusition de la voie large et de li inie
étruUe; car, de ce qu'une voie eiiritroile,!!
ue s'ensuit pas que le petit nombre ; |ius(,
lorsqu'elle est la seule qui conduise lubiL
Les Thermopyles n'étaient qu'un sealic
tortueux et rude dans lesmunlsgncs.id»-
pendant l'armée de Xerxès le frBDchil,[ira
qu'elle n'avait pas d'autre issue pomi^-
nétrer en Grèce. Ueis iésus-ChrislijM
qixe beaucoup entrent par la «oit largtil{M
peu trouvent la voie élroile, parole qui a-
rait décisive si elle s'appliquait t. tous lu
temps et tous les lieux. Or, il n'est pis ni-
uil(.'Ste qu'il en soit ainsi. La Vulgste s in-
duit la phrase hébraïque en une niiDièrt
qui la restreint aux commencements d* '■>
prédicfltiûQ de Jésus-Christ, et ce n'est pu
sans doute par inadvertance qu'elle a p'^
féré cette traduction. EDCOUiparaDltei<Jis-
ceurs du Soigneur entre eux, on y nom-
Sue fiius d'une fois la distinction du deui
poques diversement caractérisées, Vèpt-
^ue de son ministère et celle de sa luorL
b1l dit : La voieeit étroite quimintil^^
et tl y m a peu qui ta trouvent, il tlitsusii:
Lorsque j'aurai été élevé de terre, j'attirm^
tout à moi (1163). Les deux paroles s»
vraies dons leur temps. Jésus-Christ, locH
qu'il s'adressait au peuple sur la mODli|in|
n'avait & sa suite que quelaues discipJa
choisis, et tout autour, aussi loin que i^^
tendaii le monde, une multitude qui dVd'
tendait point encore sa voix. Mais, lar.'qu|
jetait son regard par delà sa mort, il vn}N
les nations entrer en foule (Jant son E£li>«
les rois et les reines, selon ta préiieliM
d'Isaïe, baiser la trace de ses pieds, et ■
croix portée parmi les élendards »
mains pénétrer plus loin que tuul ein|ii«
connu. Sou Ame alors ne pouvait plusdinn
Il y en a peu gui trouvent ; elle di>}il
J)uand j'aurai été élevé de terre, j'atItTtn
out i moi.
Ajoutez que la quesliOD lai ayant i'"
nettement posée, Jésus-Christ n*8 pas vtm*
la résoudre, mais la tenir en suspens, u
lui disait un Jour : Seigneur, y ena-t-Hp'
de sauvés (il6&]T Itien n'était plus dur
que répondit-il? Il répondit : TdcAei (fntri
par la porte étroite, car ily en a beautetl'-!^
(1163) /(iwi. XII, ôî.
Dfcnoinuwfc APOLOcenQUE.
ELU
730
nrfrwl mnr H ^n'tmtreroml paa (tiVi).
Cfliit un ennui I atile, qiit ne d^lruÎMiil
p4iiil II njsière mile aussi. Vous me direz
real-ttraipoDrqooi rénondet-rous, puisque
JiMf^farist n'a pasreponda? JAsiis-Christ
n't pas Téfoaàtt, parce qu'il élsit Dieu et
qg'il eill bit un dopne; je réponds parée
qoe je luii na homme, el que je ne fais
■tusDcopiDien. Haiseelte opinion est libre,
(t il NHts est permis de la TurliBer arec mei
{«r II considérai Joo des ruses admirables de
Et Pntiiileace poor accroître le nombre des
Din edt pa décider qne nul n'entrerait
urDTMffle des cieui qu'après avoir pris
■M put personnelle k la laite du bien et
da ni, tt accepté le sang de son Fils dans
Il libn plénitude de la raison. C'est le
atutin qu'il a voulu. Il a ouvert aux
nàati les portes de Tinnocence pt du mé-
rilf, il ■ dit d'eu i : Laiut% Ut enfantt vmir
à mi, Hiults empêches pat, car le royaume
éi n'd e$t eompoié denfaïUê (1166) et les
regirdagt une autre fois d'un œil plus
dooi encore, s'il est possible , il disait : La
nlMiédartlre Père qui ttt an ciel, n'ett pa$
jt'MUtulieeti enfànlt pérUte (1167). Quelle
pin/le dans une boucba où toute parole
étiil vérité el efOcacité t Aussi, dès l'origine
do monda, une source particalière de salut
»ii[ élé pré|iarée pour l'âme des enfants.
ComiDe ils SDcent le lait de leur mère sans
Il tonnaître , Dieu a voulu qu'ils bussent
*oi mamelles de la foi et de la cbarilé sans
nonatlre oi l'une ni l'autre» et que le sang
M son Fils leur filt veràé goutte k goutte
l'^nf même que leur œil s'ouvrit, que leur
KYille entendit, et que leurs lèvres pussent
vûDoncer son nom. Dans les temps qui
irtcédèreoi la mort du Christ et la promul-
niion de l'Evangile , les enfants étaient
mrft dons ta foi de le»r$pèru. Dieu vou-
•ni les regarder comme une même chose
vee eox, el leur imputer les vertus qui
n sTaient mis au monde. Hais , parce
[9e la foi des bommes iionvait manquer
llrthir ainsi la miséricorde de Dieu à l'é-
*rd des Ames nouvellcoient descendue',
p [Tovidenee j pourvut , k l'heure de la
tnsommation, en conHant ces Sœes k la foi
Kléfeclible de l'Eglise, et en ordotinant
i>lle répaoritt en eux nar le baptême la
>ice de la grAre el. du salut. Puis, afiu d'ac-
wver ce mystère d'ineiTsble bonté. Dieu
un pacte avec la mort; en lui donnsiit
V. |>récocité divine, il la chargea de muîs*
«ner, avant l'âge du mal, la troisième partie
> genre humain. Souvent dans le cours de
>t:e vie, nous nous plaignons d'avoir trop
•;", el nous aous écrions avec Joh : Pour-
voi ta lumière a-t-etle été dohn/c au malheu-
u-, ri la vie à ceux qui lont dant l'amertume
rdaie[ittS)1 Dieu a entendu ces plaintes.
, Svu» le» croire justes, il lui a plu de les
eiiQcer pour on très-grand nombre. L'ange
eilenainateur est devenu le bras droit dit
Christ; il choisit parmi nous l'innocence
avant que ta raison en ait terni le premier
éclat , et il conduit au ciel des multitudes
è qui l'éternité ne coâte que d'avoir passé
ici-bas pour j sourire k leur mère. Une
autre partie, moins nombreuse, il est vrai,
•urvit h cet See bienbeureox qui précède
la puberté de I esprit, mais pour s'éteindre
aux fronlières d'une autre puberté, avant
aue (en passions aient jeté leur premier cri
ans le cœur, et lorsque la raison n'eut en-
core dans la plupart qu'un docile flambeau.
Bi TOUS voulez connaître maintenant jus-
qu'où s'élève cette recrue prématurée des
Imes, la science moderne vous le dira. Le
tiers des enfants meurt «ntre la première et
la septième année de sa naissance, plus de
la moitié entre la première et quatorzième
année (1169).
Voilk donc, en diminuant ce nombre par
les exceptions , près de la moitié du genre
humain qui est en dehors du malheur su-
prême de la damnation proprement dite,
soit qu'elle art bu le sang de la rédemption
dans la foi de ses pères ou dans la coupe du
bapt£me,soitqu'étrangèreà ces deux moyens
de salut , elle ait porté k Dieu le poids seul
de la faute orizioelle, et trouvé du moins
dans l'asile des limbes une existence qu'elle
ne regrette pas. Je sais bien qne les babi-
lanls des limbes ne peuvent pas se ranger
parmi les éUi!i de la vie divine; car, s'ils y
prenaient place, la question du nombre
des élus serait mathématiquement résolue,
mais, sans les y ranger, il reste vrai qne la
mort prématurée sert la clémence de Dieu,
même quand elle ne satisfait pas entiëre-
meut.
A la grâce de l'enfance, si particulière-
ment favorable su salut des bommea, il faut
ajouter la grâce du sexe. Dieu, en tirant du
sein de l'homme la compagne de ses jours,
el en lui imposant le devoir d'une censlanto
subjection, I en adédommagéepatdeuxdoDs
précieux , le don de la foi et le don de la
cliarilé. Il a dit k In femme en la meltant au
monde : Tu croiras el tu aimeras. Bien des
pi^es sans doute ont entouré vus mères,
pour leur dérober l'hootieur de cette voca-
tion. Mais, si je leur manquais ici de respect,
si j'outrageais eu elle l'éminence du carac-
tère chrétien, vous les vengeriez dans votre
cœur en y rappelant leurs vertus, et, raalgriS
tant defaiblessescélèbres, vous témoigneriez
du privilège de grâce qui leur fut accordé.
Le jeune homme, quand il regarle le mondL>,
pL'ul douter de la femme; il ne le peut plus
quand il regarde sa mère. Le monde cor-
rompt tout, même la femme; Uiais cllu
échappe au monde par deux portes que Dieu
lui a dès longtemps ouvertes, la virginité el la
niateruité. IJ'esl \h qu'est son troue, el ce
IH63, Ue. nu. i*.
ill6«jM«rc. s.U.
\mi) Mmtl». xvui, 14.
731
ELU
DKTKHIHAIBK APOLOGETIQUE.
lrAn« est debout. S'il en eri qui en descen-
denl, et il n'en est que Imp, Dieu leur «
préparé des secours (l'une ei&cacilé qui les
rappelle aisëmenl. Leur jeunesse est courte;
comme la feuille tombe, ainsi tombe celte
beauté qui conjure leur perte : elles se
Toîeni déchues presque «ussilAl que reines,
et leur ime . désabusée de l'homme qui
n'aime qu'un jour, se retourne Ters le seul
coeur qui contienne une inextinguible affec-
tion et qui soit digne du leur. L'éternelle
beauté se pencbe vers elles, et sans rendre
h leur front un éclat qui les tromperait
encore, il leur rend la jeunesse d'une foi
»iTe etdVne ardente charitél On les Toil,
dans leur faible chair, soutenir l'flpreté de
la pénitence, et elles feraient douter quel-
quefois laquelle est la plus précieuse de la
▼erln qni n'a jamais péri ou de la vertu qui
est sortie dnlombenu. C'est pourquoi deus
paroles presque également sublimes ont été
dites à la femme lijins l'Evangile du Fils de
Dieu : la Vierge Harie entendit l'une, la
pécheresse Madeleine entenilil l'auire. La
première disait : Je vaut lalue , pleine dt
grâce (IITO). La serond disait : Beaveoup
de pichet lui tont remÎM, parce qu'etle a beau-
coup aimé (ini).
Hflîs enfin, quoi que Dieu fasse, il reste
l'homme, l'homme Ger, dur, froid, adora-
teur et esclave de sa raison qui croit diffici-
lement, qui ainie plus dtEnciIemenl encore.
Qu'est-ce que Dieu aura lentd pour aplanir
en st faveur la voie étroite du salut T Ab 1
qu'est-ce que Dieu aura tenté! il a plus
que lente, il a fuit. Il a fait le pauvre. Je
dis le pauvre et non le peuple, parce que
je parie la tangue de l'Evangile, langue plus
purs que celle des hommes, et que ies [Mis-
sions ne corrompront jamais. Le pauvre
est celui de nous qui gagne sa vie de cha-
oue jour par le travail de ses mains, et qni,
étranger a l'orteil de la richesse, de la
science et du pouvoir, rencontre dans le la-
beur et la dépendance un auxiliaire perpé-
luel el les vertus qui font le chrétien. Comme
renfant et la femme, le pauvre est naturel-
lement soumis, sentant m besoin de Dieu,
n'ajrant aucun intérêt h le maudire ou i le
mépriser, Nul autre ne porte plus assidûment
sur ses épaules la croix du Sauveur, nul
n'accomplit mieux dans sa chair la mortifi-
cation de l'Evangile; et, pour peu qu'il con-
sente pieusement à son sacrifice, il est le
vrai pénitent du monde , l'holocauste qui
fume devant Dieu et lui rappelle incessam-
ment la voie douloureuse que suivit ici-hns
son Fils unique et bien-aimé. Le pauvre est
celui dont Jésus-Cbrist disait : Je vous rende
grâecM, â mon Père, teigneur du eîel et dt la
terre, de ee que vous ates caché cet ckotrtaux
«mm/* pour let révéler aux petite (tl72J Le
pauvre est celui dont l'apdlre saint Ja<[ues
disait : Est-ce queDieu n'a pat ckoiti Ut paw
vrta de ce mond* pour en faire ta rithn ii
la foi et le* héritière du royaume [1113] ?
Je sais qu'on me reprochan de itnir u
langage, comme étant inopportun : maiique
voulez-vous que je fasse? Ce qui ut éMit«$t
écrit. Les malheurs de notre siècla ne peu-
vent pas me retirer le droit ni m'Ater ledeTDir
du justifier les voies de Dieu, et si ces voitt
sont aujoupj'bui coufondues, k qui le doii-
oqT Qui a corrompu le pauvre I Qui a bit
descendre jusqu'à lai le sommeil da l'indif-
férence et le rire de l'impieT^ui luis bit
une science pour le dégoûter de Dieu, tl
une autre acience pour l'enivrer du momlil
£st-ce ma faute k moi. est-ce celle de Dient
Le pauvre est trop généralement dans un re~
greltableélat; mais cet état est contre natura,
il est le fruit d'une longue conjuration it li
science et du pouvoir contre le cbhsiii-
nisme, il accuse les hommes, et les ell«ii rt-
vélateurs nui en découlent sont une iim-
velle iustiucalinn de la Providence, à^i-
quelle l'impiété ne s'attendait pas.
L'enfant, la femme, le pauvre, cette Iriplt
faiblesse et celte triple vie de l'huDunili,
voili les bénis de Dieu , et qu'est-ce qn 1
le reste en comparaison 7 Qu'est-ce que 1«
reste, quand il irait tout entier aux tblmet
d'oil le crime et la douleur ne sortent j<- '
mais? Qu'est-ce que le reste, qaind
rétemilén'y moissonnerait pas nue seule
Am'e ? Uais il est loin d'en âtre aioii. Qat
la Providence ait destiné des grleei p<r-
ticulïères aux portions de l'humsnili lu
plus nombreuses et qui eo sont comme \(
soubassement, c'était son droit, et c'étiil
aussi un calcul de son ioelTable miséricorde i
mais il ne s'ensuit pas qu'il ait abaadoaDé
au mal la richesse, la science et lepouvoirice
magnifique et nécessaire couronnement du
genre humain. Non, gardez-vous da le penser.
A) rësque leSauveureut émiseelte sévère p».
roi e : Combien difficUemint Ut richet entTtrnt
dont le royaume au ciel (111b) 1 il ajoute im-
médiatemeul;Ge oui etl tmpottibtt aux ki»-
met ne Cestpat àbieu (1175).Et, dans leùil.
tous les siècles ont vu souvent la ebarilJ
descendre des hauteurs da l'opulence A
demander au pauvre, en échange du bien-
fait temporel, la compensation gela prière:
ils ont vu des rois toucher de leur front ks
stigmates de la crois, et des sages bamilîff
leur raison devant les mystères que la duI-
litude adore. Le Christ a tont réparé, loul
béni, tout vaincu, et ses mains géoéreuMi
tiennent l'univers embrassé. Qui s'en écha|t-
pe, péril pnrsa faute; et, après cequenoui
venons de dire, il est au moins douleui
que te plus grand nombre appartienne \tt
triste sort. Les enfanls morts dons la foi Je
leurs pères ou dans la foi de l'Eglise pari*
bnptème, selon les temps, composent i eut
seuls une innombrable armée d'élas; )«>
|iauvres jT ajoutent leurs muliitudes, suil
(1170) £w. 1,28.
«ni) tw. VII. 47.
11171) Matth. 11, 3
(1173) Efrfir* MiAofMM, dn». n, v
(H74lll«rc.i,S3.
(1I1S) LiK. s,S7.
m UA OKTIOKIAIIUE
qt'ellef lient porté lear finleaa dsDS la
sii])[ilicilé d'une foi toute utholîquK. soit
^u'éaréia chez des' nations corrompuas
uir MKhisme et l'iiérésie, el'es aient dû k
Il bonne foi de l'igooraoce inrincible de
d-rOForer dans le bénéfice de la vérité; lea
tier^ el les mères cbrétiennei. et tant de
l^na, déwbusées aa feu roftme des pas-
mas, lugmenteot de leur innoceoce ou de
l-arrepeolir les pages de fiminortalilé; et
toôn, d»Bî le reste, tel qoe nous le tojoos
luUjar ds nous, de tionoe heure nu plus
Uni, cl jusqu'au sein de la mort. Dieu re-
twriia encore le fruit du sang qu'il accepta
lOVDoasdès l'oriKioe dn monde. Que si
kumbre et la durée des peuples en qui le
dttK^isme n'a point eu ou n'a point la
tomtfua établissement public, effrayent
IdeipéraDces de notre charité, il faut con-
Mércr deux eboses : la première, que lieau-
(Mf, parmi ces peuples, ont pu se saorer
fit les toies pro* idenliellea que nous avons
luIiqDées ailleors; la seconde, que'nous
i^Doroos la mesure des Ages où Dieu a cir-
CMucriidans sa pensée l'action du christia-
BisBs, «1 la mesure aussi de puissance et
d'uaivenalité que l'Eglise atteindra dans
l'itcair. L'avenir, s'il en est besoin, peut
Hrvflue compenaation du passé. Nul n'en
Mil le terme , le mode et le fruit. L'in-
aof attce est œaliresw d'en faire des fuiié-
nilles, la foi une résurrection. Hais, i tout le
■oins, si Dieu s'en est réservé le secret, ce
Ncrctpeat tomber dans la balance du biun
necauiaot dn certitude qne dans la balance
di mal , et ainsi la question demeure voi-
lée aa profil de la liberté. Ce qui est au-
itssns de toute évidence , c'est la bonté de
M'-a, le pris qu'il s donné de notre salut,
H l'art avec lequel il a disposé les membres
H les fondions de la famille humaine peur
■uvnr 1 un plus grand nombre les portes
le l'éiernilé (1176). Foy. PatoESTiHATioa,
^TurtSHK, Ual, paum.
tLUS, considération sur leur nombre et
'^nr élévation. Vo}/. OmniSHS et PafcDis-
HlTIOU.
EMANATION. — Le système de l'émana-
ioB consiste à admettre que Dieu a produit
DDîvers avec son propre 6\to, mais en le
Mdaiit étranger à lui-mCoie, eoloi donnant
ne existence fc part. Selon les partisans de
Htedoctrioe» il n'y adaiis le munde qu'une
:u!e sut»t3nce, la substance divine ; ils uiit
I principe commun avec les panihéistes,
^aisils s'en séparent aussildl. A leur avis,
ûa peut aliéner une portion de lui-même ;
p^ul détacher de sa substance infinie des
ircies qui. ainsi détachées, limitées les
D«i par les autres et par le loul, donnent
l'Ssat.ce anx êtres bornés que nous soin-
les, et que nous voyons dans le monde. iJl
E>ce propose queltjue part une hyi>otbèsa
i>ur KSpliqoer la formation de l'univers. II
'i-;-Qi9 qu'il existait d'abord une masse
1 ijif, énorme, unique, animée d'un même
v'tvefuenl ; qu'ensuite, |iar les lois de ce
APOLOCETIQUB. EVi 734
mouTemenl même, des fragments furent
lancés hors du tourbillon, et constituèrent
des systèmes k purl avec leurs révolutions
et leurs apparences diverses. Cette hypo-
thèse do La Place est une image, matérielle
sans doute et grossière, de ce qui s'est
fasse, selon cerlaini philosophes, lorsque
! monde a paru. Ici et là nn fonds unique
d'où tontes choses sortiront; ici et ^h une
existence solitaire, nniforme, immense et
tonte-puissante, puis des êtres multiples,
différents, bornés et bibles; enfin, iei et le,
ponr opérer ce changement , la séparation
par laquelle eulrenl du même coup dans le
monde la limite, la distinction et la variété
de la vie. Seulement, poar l'astronome, le
fonds primitif s'épuise en se répandant,
tandis que, pour les philosophes. Dieu,
après celte grande dispersion, demeure tout
entier.
Cette doctrine ne manque pas de gran-
'deur; et, en ramenant toutes les exist>;oces
à une seule, elle satisfait le besoin d'onité
qoi travaille l'esprit. Hais, d'an antre c6té,
elle soulève des dilEeultés dont il est bon
de se rendre compte.
1* Qu'est-ce que cette division d'une
substance spirilaelleT Je ne puis compren-
dre, i tonte force , eomment ce qui est un
et simple se triwve partagé. Il ne vient, par
exemple, h l'idée de personne que l'ime de
l'enfant soit formée de l'âme du père et de
la mère, ctHome son corps est formé de leur
corps.
S^ Qu'entend-on précisémmt parl'înBnilé
de l'être en Dieu? Je sais ce que c'est que
la grandeur d'un corps; elle se mesure par
l'espace qu'il occupe, et celle grandeur est
bornée dès là qu'elle hisse en dehors d'ello
certaines portions de matières ou certains
points de ue même espace. Uais est-ce ainsi
que se calcule la grandeur des esprits I Un
Ïetit esprit, un grand esprit, une grande
me, tout le monde entend ces mots, et
personne assurément n'y attache aucune
idée de nombre,de quantité : on ne considère
que la force intérieure, son énergie, ses
effets ; ici comme là le fonds est le même , il
n'y a de différence que dans les attributs et
les degrés de ces attributs. Ecoutez Pascal
comparant l'homme h la nature. Dans un
moment, il est vrai, il semble les mesurer
matériellement : préoc<:upé du dessein de
confondre notre orâueil, il représente l'hom^
me englouti dans I infini, néant à l'égard de
l'infini, égaré dans ce canton détourné de la
nature; mais ailleurs il est plus vrai; aussi
tout le monde a reconnu le mot profond (^u'il
a jeté sur celte matière : « L'humme n est
qu'un roseau le plus faible de la nature,
mais c'est un roseau pensant Toute
notre dignité consiste donc en la pensée.
C'est de 11 qu'il faut nous relever, non de
l'espace et de la durée qne nuus ne sau-
rions remplir. » S"agil-il de discerner
l'Ame divine des âmes humaines, nous som-
flics guidés |Mr le même principe. L'infinité
■UTO, Cfr. Lac»»., Coii[ir., l. tV. — AcTnnii. ; Dt rùriginc fl de ta rip. du mal.
•m
DICnOWtAlRE
de Diau nous apparaît dsaa la perrection de
puisMUce, de ugesse et (tamour qui ne sa
Iroure qu'en celle suprâme uaité.
- Est-il dans celte Routle d'eau, dans celle
. pierre, dans celte plante, dans cet aniiaai ?
Oui, dites-rous, autrement il serait limité.
Alurs répoudrai-je, prenez garde qu'il n'y
ail du vide, comme il y en n en effet : ou
voilt TOtre Dieu hornë. Il n'eiiste rien de
plus grand que lui, je l'avoue ; lui-même il
pourrait être plus grand , et ainsi son im>
mensilé est perdue. Uais non; l'Jmmensitâ
lie Dieu u'cNlcatue pas sa présence réelle
dans chaque point de l'étendue. Tout com-
me cous savons que notre Ame a pouvoir
«ur notre corps, qu'elle le pénètre de son
influence, quoiqu'elle ne soit pas réelle-
ment dans notre main et dans notre pied,
lie même nous admettons que Dieu a pou-
voir sur tout l'espace, qu'il le pénètre tout
entier, plein ou vide, de sa vi'rlu,.avec une
l)it;a autre autorité. C'est vraiment par \h
qu'il est immense. Renonçons donc à cette
estimation maiériulle des choses iotellec-
lublies, et recunuaissons que l'iafinité île
Dieu n'exige point que le moniie soit fait
de sa sulistunce.
3* Que signifie ceci : Dieu aliène une
portion de sa substance, e( comment se
peut concevoir un pareil décrelTAinsîDieu
semblerait dire : Ce qui est moi cessera
d'être moi : ie ne penserai plus, je ne vou-
drai plus par cette partie de mon être, je
n'aurai plus conscience de ses actions; elle
inesera étrangère.
A certaines conditions probablement. Les
partisans de celle Ihéone nu sont pas su
dépourvu. Selon eui, du moment qu'on
parle d'une iiorlion du snbslnnce, on parle
deoueliiiie chuse de litnilé. Ainsi, |iar cela
seul quelle est un fraijment du tout et
qu'elle n'est pns le tout 1ui-m6mo, elle ne
possède que partieilemonl , que dans une
mesure plus uu moins étroite, les qualités
infinies de l'être d'ofi elle dérive. Tel est le
secret de notre force et de notre faiblesse,
de nos passions basses ou généreuses, do
notre science incomplète, de nos doutes, de
DOS erreurs; tel esl lasei:ret aussi des exis-
tences inférieures, de leur inertie et de
leur aveuglement.
Je laisse là les objections de détails, et
renferme les parlisaus do cette lljéorie dans
cet unique dilpmme : Ou la limitation de
l'être entraîne nécessairement la limitation
des attributs, ou elle ne l'entraîne point. Si
oui, je coucoTs fort bien notre faiblesse,
mais je ne conçois plus la perfection main-
tenue en Dieu; car il est évidentqu'il n'a
plus ce qu'il a donné, qu'il a relrenelié
S[uelque chose de son propre être pour en
sire les créatures que nous sommes : il
D'est jdus entier; et alors on n'a pas le
droit de conserver sa puissance entière. Si
non, je conçois la perfection divine , m^is
non plus noire faiblesse; car pourquoi, de
plusieurs parties détachées du même être,
l'une est>elle inûninient supérieure aux au-
APOLOCETIQUE. KHA tj,
IresT On prétend diviser Dieu, on i« mai.
tiplie.
On m'arrête ici. Oui, dit^on, la pléni|u,lg
des allributs et la plénitude de l'Aire im
indépendantes. Ainsi, en délachnu un«
portion de son êlre. Dieu est libr* d'en fiire
ce qu'il lui platt. En conséquanee Je es
pouvoir, par un décret particulier, i! Ig
dépouille de ses anciennes qualités peur lui
en donner de nouvelles.
Quelle est cette opération T Due partie de
laiDtulance divine, dosée de tous les iitri.
buts qui conviennent à l'Klre souvenin,
fera soudainement dégradée, privéeéeeti
attributs, reléguée au rang d'ua hûmmt,
d'un lion, d'un arbre ou d'une pierre. Je Did
trompe : pour faire un bomnie, Dieu D'iun
K as k changer ses attributs; il n'aura qn'i
is limiter; ce sera lu mémo (ubilancert-
vêluo des mêmes qualités, b des dtgr^
différents. Les partisans de l'éinaailiM
nous disent: Cet être ainsi limité nefnl
Élus être è Dieu, donc il est un autreèm.
Il quoi ils se font illusioii. Oui, sangdonlt,
cet être limité n*a pas le caraolëre dmn;
mais la question nest pas là. Jasuppo»
qu'un des animaui dont |>arlâ de Un\\«,
un poisson volant, par exemple, égaré loin
de la mer, devienne un oiseau, par l'juilutiKe
dos cirionslances nouvelles où il est pitcé,
il changera d'essence, il passera dam ua
autre genre, il aura une nature flouielle;
ce ne sera plus le même être que le premier,
si vous considérez sa nature altérée, ce »ri
lo mémo si vous considérez que c'est I»
même individu qui a subi ces méUtao!-
pboses, qui s éprouvé ces modilicalioas,
qui en n eu la conscience. Pareilteoienl, si
vous limite! Dieu, vous n'avez plus un Dieu,
Ci^tte limitation donne naissance à une na- ,
ture dilTérente. L'être, ainsi borné, n'est plui i
le même suus le rapport des eitribuls, du |
genre; i\ y a ici une personne qui ebanj^f, j
mais y a-t-il donc un changement de |>e[-,
sonnes? Rien ne vous donne le droit i!>?,
ruQirmer;et vous ne devez pas cotifoinlf!
une substitution avec une simple mélaïunr-
phose, une aliénation totale avec une I'Un^
aKéraliou. Au moment où il se limiieti,
Dieu aura la conscience qu'il se limita, il |
se verra passer de l'un A l'autre étal;tB|
sera toujours le même être avant, pinilant
etaprèsco changement. Sans doute, pAri'u
décret, rbomroe paraîtra, qui n'eïislail;«,
tout à l'heure, mais cet homme c'est Dît»;
humanisé. Dieu tombé. £t nous voilidsusj
le panthéisme. i
Ainsi la doctrine de l'émanation ne peut
passe tenir. Maintenant è la foisl'uniléi|<;,
substance et la multiplicité des êtres, etw
demeure un compromis assez malbeurdJi
entre la doctrine vulgaire de la créalion cl
Je spînosisme qui I attire et l'absorbeâio
S"-
Ce système a trouvé de nos jours un ue-
fenseur illustre et d'una singulière vigueur
dans .Vf. de Lamennais. J'examinerai 1»
raisons qu'il propose avec la considéraliO"
que mérite un tel esprit.
i:T BHA MCTtONNAIRE APOLOGETIQUE. EHA 7S»
t L'iJJAiJe sobstance ou d'Aire esl une, tliscerimbia cl€ la sul)5lBiH,'e incré^e.... nti
^lue, jflTsrialile; car nous enlendons ferait arec elle qu'une mAnse substance
if iiibiranee ce quelque chose lie primitif rigoureusemenl une.* Oui, cela est frai
id'ineomprébensible en soi, que Ton con- encore, ai vous supposez un moment de l«
Mlromme la fonds nécessaire de (oui ce durée où il n'existerait que cesdeui aubs->
li ul et de tout cequi peut être, abslrac- lances, sans aucun atiriliut, sj^solament
M faite de toute propriété qui le apéciQe vides et nues; il eat certain que rien ne lea
tltdélerniine, de touice qui constitue un distinguerait, et qu'elles se fondraient en
ire pirliculicr, inlini ou Rui, aeoomplj «e* une seule; mais nous sommes ici dans les
iDunalure. hypothèses el nousavons déserté la nature.
<CKii«sé,évi<lemnieiitla8ubs(aDceD'e8t Dès que nous y rentrons, nous trouvons
u suiceptible d'être conçue sous deui Dieu, autwlance non point vide et nue, mais
«.ma. la substance créée serait donc fiche d'attributs sublimes el infinis. Admel-
wnlieilement indiscernable de la substan- tons qu'il s créé une subtunce, elle ne dif-
KJDcréée; et comme elle existerait dans férera pas de la substance divine en lanl
>lli-ti, c'esl-A-dire dans l'immeusilé à\- que substance, mais cd différera, d'abord
w.liorj de laquelle rien ne peut exister, parce qu'elle sera créée et que la première
iicSdiir que la substance infinie absor- ne l'est point, ensuite parce qu'elle sera
Itnii la lubsiance tinie, qui ne ferait avec sans atlnbuls, tandis que la première en
hau'one même substance rigoureusement est magniljguement douée. Que si elle n'est
«(1177). ■ pas h l'état de pure substance, mais revéluo
TliboDS, A notre lour, de reconnaître la de qualités, elle différera, en outre, par ces
nt nolion de lu substance. Je ptnte,je qualités.
KE; dans chacune de ces propositions il , Levice du raisonnement qu'on examina
1 pinsieurs idées contenues : dans la >cii est du mettre la logique à la |>lace de In
mnièrf, j'affirme une pensée et une sut»- réalité. Prendre U sub^aneed'un être vi>
umquiiwnse; dans la seconde, une ro- vani, ■ abstraction faite de toute propriété
Mi et une substance qui veut. Un objet qui la spécifie et la détermiitedolouteequt
MfTc, wi 9f>ff I eo/ore, encore ici deux {déei constitue un être particulier; » puis la
w clueuue de ces propositions : dsnl la comparer b la sabstance d'un autre être vi-
TKl^rt, l'idée du son el de la substance va>i>> dégagée par le même procédé, s'est
lAilibrl; dans le seconde, l'idée de cou- proprement une opération arliitraire. -qui
I*" tl da sahstaDce qui la supporte. Ainsi n'a de voleur que pour l'esprit, el ne tou-
w BiDilnie la substance sous les phério- eiia en rien aux choses, l'observalisn nenoiia
■fondant elle est le soutien; ce sonteux donnant toute substance que déterminéey
vlnouili révèlent. Ce sont eux aussi qui que sous l'apparence d'un être particulier.
l^eriEincnt el disrernent les substances uidépeudamment de l'observation, eonstdé'
™ta. Cooinie on le voit, en fait, dans ranl les choses en elles-mêmes, la sapposi-*
■Rrration , toute substance nous est >)0n d'une substance nue , complètement
Wt, noti point abstraite et vague, mais indéterminée, sans aucun attribut, qui ne
^u nature distincte et précise. Mais possède aucune tenu spéciale, qui est Îh-
*Hi-rou5 de la définir, ces distinctions djlférente è toute action, h toute modifica-
tion, cette supposition, dis-je, est inadmis-
sible, comme est inadmissible la supposition
d'uue étendue; sans forme, d'un mou"
veulent sans dirt-ction; une telle subslauce
est un élre chimérique, une conception
sculastique, qu'il n'est plus permis de l'aire
revivre, après queLeibnitz l'a mise a néant.
La philosophie moderne, éclairée par ce
profuud penseur, regarde une substance
vide do propriétés comme un pur rien, et
substitue heureusement i celte abstractioi»
la force réelle et vivante, essentiellement
douée par cela beul qu'elle existe, de cer-
loioes aptitudes bien déterminées, tendant
AcBDt : la substance n'est pas essentiel'
Knlce qui pense el veut, car on la trouve
tint ni l'un ni l'autre caractère; elle
Mpi) davantage, el pour la même raison,
foi ejt sonore et coloré. De même, on
.pourra la définir par la notion d'esprit,
iqu'alle paraît aussi bien sous la forme
corpi, et réciproquement. Puisqu'elle
*>' Sùot le premier ou le second attribut,
tan des deux ne lui est nécessaire; et la
fciiion n'embrasse que les caractère»
'Xoeels. coostiluiifi de l'être défini.
*reile-l-il doue A la substaneeT qu'est-
■ au feod, quand on néglige tous les
■■l^ntsT Elle est ce que M. de Lamennaiii & un certain développement, appelant, re"
"todt < ce uaelquechose que l'on conçoit poussant certaines actions des objets étrsn-
B«ie le fonds néceKaire de tout ce qui gcri, les recevant, selon ce qu'elle est, de'
lel de tout ce qui peut fi(re... ■ Jusqu ici meurant toujours elle-même, au milieu des
oleilbien; notre auteur continue:* Evi- plus grands changements, parla vertu d»
«niett la Bobslsnce n'est pas suscepiiltle son orgaaisaljon, qui persiste sous cetj*
(Ctcoiifue soni d«m notions^ »Kt il a mobilité el vit par le mouvement. 11 auitda
"''■^tora, a'if entend q«'il n'y a de li que, pour comparer deux sututaoces, si
Ijitunosesqg'oue seule définition Vraie, t'ou doit conclure de ce(t« comparaison
^> telle n'est pas Sa penséOi ■ La suIm- quelque chose pour la réalité, il ne ùa\ lias
■■ucréfc savait donc essentiellement in- les comiiarer seulemuiil bb Uni que suua-
EHO MCnONNAIRE APOLOGETHIUB. EMB 7»
former une idée du plan suivi ptr li dmuts
dans la coii5titutioD du r^oe aDÎnil, il &«
suffit pas d'étudier les organismes doot la
lAnce, mais suivant Inut ce qu'elles sont,
les concevoir comme elles existent, avec
leurs propriélés essentielles. Dans l'ordre
de la réalité, il faut prendre It^ contre-pieil
de Is proposhion de H. de Lamennuis ; il
fautamrmer sans crainte que la subsinace
ne peut être conçue sous une seule notion.
Ditesdonc, si vous le voulez, que la subs-
tance est, dans cbaqueélre, ce qui en cons-
titue le fond ; mais ensuite, i>our savoir s'il
; en a une seule ou plusieurs, ne recou-
rez pas à la logiqUB qui ne snurail rien vous
«j>prendre. mais adressez-vous i l'observa-
Uon : elle vous dira si toutes les substances
ont mèfues atlribuls, mAme énergie, même
développement. Quand il s'agit de notions
si iiupurlanles, on ne sauniil trop s'assurer,
se laisser tfuider par l'observation, sinon
un risque d'éprouver ce que peut l'inlempé-
rance de la logique dans un esprit vigou-
reui.
A défaut de l'argument que nous renons
de combatlre, U. de Lamennais en produit
un autre : « Comme la substance créée
existerait dans l'incréée, c'est-d-dire dans
l'immensité divine hors de laquelle rien ne
peut exister, il est clair que la sabsiance
infinie absorberait la substanee finie, qui ne
ferait avec elle qu'une même substiin>:e
rigoureusement une. « Cette raison, si elle
«bt vraie, est péremploire; mais nous n'avons
plus à nous prononcer sur sa valeur. Nuus
avons déjà déterminé va qu'on devait
entendre par l'inflniié, par l'immensité
(le Dieu. Si l'on enlend une iulinitl^ en
étendue, il est clair qu'elle ne peut lais-
ser rien subsister en debors, que tout
être la bornerait et la détruirait; mais, s'il
n*; a pour les esprits qu'une seule infinité,
l'infinité de puissance, de {lerfection, com-
ment la Toule-Puissance est-elle limitée
pordes éties qu'elle )iroduil?Commei)ilii
|ierfeclion eat~ello limitée par des êtres
imparfaits? Nuus concevons Dieu comme
8|iiriluel, et nous parlons de lui comme
s il était uifllériel; nous nuus obsliiions à
lui attribuer uue grandeur jalouse, qui ne
souffre rien au:our d'elle, au lieu de cette
autre grandeur bien autrement désirable,
plénitude de pouvoir, de raison eld'amour,
i|ui déborde, répand [lartoul l'être et la vie,
infinité plus large, plus vralu, qui comprend
aussi l'iotinie fécondité.
La solution de H. de Lamennais est lo n
d'élre satisfaisante, mèiue pour luiii H
reste, dit-il, Ik concevoir cunimeni la itiénie
substance peut subsister simultanément à
deux états divers, l'un Bni, l'uutre inliiii.
C'est tk le mystère du la création, et il se-
rait absurdude préteudre le pénétrer, puis-
que nous savons que la substance est, pour
tuus les êtres finis, radicalement lucumpré-
bensible. ■
A la bonne heure! Cette confession est
précieuse. — Foy. CHiATioi(,j 1", et Philo-
■OPDII PiMTHfclSTlQUK DE L'BISTOIRB, % II.
KUANATISUE. Voy. Cr&atioh, { I".
KlbBllYOLOGIE, tbahsforhatiONS nu-
»BYOLOuiQiJss. — Lorsqu'on tliciclie à m
développement est achevé, et de comparer
entre elles les espèces h leur état psrfiiti il
faut aussi suivre pas k pas la puiutnte
créatrice dans la production des eiemiiii-
res nouveaux de chacune de ses wuTr»
zoologiquea, et de la sorte assister, pour
ainsi dire, è la formation de!! ëlres dont dd
voudrait déterminer le caractère et les np-
poris essentiels.
Pendant longtemps, cependant, les naln-
ralistes croyaient i>ouToir négliger les ob-
servai ions embryologiques. On tHtnsait S!S«
généralement que le jeune animal, ilèi Ig
Crémier moment de son existence, ressen-
le en tout, sauf fe volume, ï ce qu'il Il^
vient plus tard; on le représentait ronii
uue sorte de portrait en luiniaturiideri»-
mal adulte, et on supposait qu'au débmrit
la vie le germe de tout être animé reoiinH
déjà la totalité dss organes dont sera poini
l'individu que ce germe va former; ooid-
nieltail que ces parties, encore trop lèuvM
ou trop délirjites pour être saisies par dk
sens, n'avaient qu'à se raffermir et k gnoilir
pour donner fc l'organisme sa coDitilulion
définitive; en un mot, que c'est par un phé-
nomène de simple étolution que l'enifarjon
devient un animal parfait dans son cspèct.
Suivant cette iliéorie, l'être en viiiedalor-
mation aurait été comparable k une ilew
plaquHS dfigiierrietiues, qui, frajipée (ur li
lumière, porte tiéjh h sa surface louietb
empreinies du mervcilletix dessin dont th
doit bientôt se couvrir, mais n'en laim
rien apercevoir jusqu'à ce que la vapeur di
nrierctire soit venue donner coq» k ctlie
image virtuelle et en faire peu à peu resia»
tir tous les détails. Préférer l'examtn ilmit
esquisse vague et microscopique, lorsqu'il
a soud les yeux le même tableau [leioin'M
des teintes vigoureuses et sur de çrauM'
proportions, ce Serait se créer à plaisir M
difficultés inutiles; et, par conséquent, im
comjireiid fnciltïment que sous 1 mllueniv
d'une ^semblable doctrine les natumlisl'^
devaient être en générai peu disposés k é!l^
dier l'organii^aton des animaux dans i"
êtres à I état d'embryon- Or, jusqu'en (f^
derniers temps, la théorie de la furmaiiondii
corps vivants par le simple dérfloppeiueiii
de parties préexistantes était adopl^u fU'
presque tous les matiresde la science, eun
y croyait si bien que l'on ne reculai! iie^»'*
aucune des conséquences qui en décou)fl:">
ïembottemeni inJétiui des germes, par ei'ui-i
pie, idée dont l'imagiriation la pius liarJi*j
semble devoir s'effrayer et dont notre OH"^''
ne saurait embrasser l'immense étendue.
Tous les zoologistes, il est vrai, n'>;'c<-|>-
talent p.s ces doctrines génésiques; L'ill>i>*
Ire Uurvi'y, par exemple, se refusait kTOt
dans la cicatricule d'un œuf le cor;is (u'"
eutier d'un jeune poulet, et à ses jreux, l'or-
gsnisme en voie u« fomiation se nonin'l
lomiue un édifice dont la ciislrui-tion ue it
l'oit pas d'uu seul jet, mais s'etfeciue i*
w
DKTIONIUIRE
portioBS, d dtmt U nuuse lugmeole au
IMJ6D iJ'sdjiHiclioDS successives, tasqu'à ce
ÏitoËa le pIsD précoofu par i'arctiilecte ait
é rempli dans loole sùo étendue. Une noa-
n\\e (béorie embryologique, celle de la
(DBstilulioD du corps Tiraal, par épigéniie,
prit «osi naissaoce; mais, mal comprise
pnt-ïint. elle resta longtemps stérile, et les
uiu itDporlaats dont l'étaya Gaspard Wolf
K Hiffireol pas à 7 dODOer cours dans la
Kience. De nos jours encore* nous l'avons
tie repODSsée par le plus grand de nos
uwlogities; depuis cinquante ans cepen-
dnt tout tendait k la faire prévaloir ; clia-
qwftHfqoe l'on étudiait avec soin les
fctwitc» périodes du travail génésique, on
déannût quelque nouvelle preuve da la
lonulÎM des organismes par l'adjonction
wcnHiTe de parties créées de toutes places;
«ibenldt il devinl manifeste, non-seulement
qiK IWbrjon, en te conlemplanl ainsi peu
ipea,DffradBnsson ensembledes 'Caractères
différents aux diverses périodesde son fiis-
leoce, msis aussi qoe cnacun de ses organes
ta H développant change de forme et de
iiniclure ainsi que de volume, et subit de
irrilatites métamorphoses.
Od tftiDprit dès lors tout l'intérêt qui do-
nil ■'•itacfaer aux recherches d'embryolo-
^; aussi, vojons-DOus qu'après ëlre res^
ireptndanthieD des siècles presque station-
mire, celle branche de l'histoire des ani-
uui a tait tout  coup de rapides progrès.
Cn grand nombre d'observateurs habiles ont
)^s pour sujet de leurs investigations la
lïcie (les phénomènes génésiques que nous
preseDleot les oiseaux, les mammifères et
m batraciens; on a recueilli aussi divers
[•■u refatiis au développement dus animaux
intérieurs, et quelques naturalistes philoso-
Hies se sont appliqués h saisir le carac-
>^B des changements qui s'opèrent dans la
ttMisiilutîon des êtres animes en voie de
bvDialion el à chercher les lois auxquelles
ut modilicatioiis sont soumises.
^grandes et belles découvertes sont ve-
nnei couronner les travaux dirigés vtsrs ce
^t élevé; mais, en défricliant le terrain
ii&'gii de l'embryologie comparée, ks haï dis
^uuDiers de la science n'ont pas toujours su
w défendre des illusions auxquelles les es-
Riit inventifs aonlsouvent eiposés;Gt plus
l'un Daluralisle, s'etagérant la |iortëu du
K<il nombre i|e faits dont il avait été lé-
boin, s'est arrêté devaiil un coin du tnbleau,
'joyaal ea avoir embrassé l'cnscnible, et
''i»i trop bAté de conclure. Bien des idées
'«nues ont été ainsi introduites dans dos
tcult»; et les théories que l'on a cru pou-
loir présenter comme lois générales et ab-
ibluet de la zoogénie, se sont rapidement
Culées S0U5 le poids des faits nouveaux
loiit elles oe sont pas l'expression. Cepen-
Itni.cesbypo thèses avaient presque toujours
u elles quelque chose de vrai ; et pendant
tu lenips elles ont pu servir, chacune, ft lier
■1 i coordoDDCr des observations qui, en
estant é|«rses. seraient demeurées iuipro-
iiuûvcs; la scieucs lerait Joue inifrale si,'
&P0L0GET1Q1IIS. esD m
tout en faisant justice de l'erreur, elle n*a»
cordait un large tribut d'éloges aux hommes
dont l'intelligence puissante a su créer dvn
instruments qui, hier encore, lui étaient pré-
cieux, bien qu'aujourd'hui elle en repoussu
l'usage.
Au nombre de ces théories qui, nées d'ob-
servations incomplètes, sï>nt fausses Vsn^
leurs principes, mais ont servi pendant un
temps aux progrès de la science, il faut ran-
ger la doctrine de la consti(u[ioi du régie
animal tout entier par une suile d'arréis de
développement dans la série des créaii-ns
organiques, employées par la nature p'iur
produire chaque individu de l'espèce la plus
élevée et la plus parfaite.
L'idée mère de cette hypothèse paraît ap-
parleoir à Kœlmayer, l'un des toiidatrurs de
ci'tle école allemande des philosophes de U
nature, qui, pendant un demi-siècle, a joué
UR grand rOle dans presque toutes les
sciences.
Ou savait, par les expériences dé}h an>
tiennes de Redi, de Wallisnieri et de Swaiii-
merdam, que les mouches, Iss abf^illes et un
grand nombre d'autres insectes naissent dans
un état d'imperfection extrême; qu'en sor-
tant de l'œuf ils ont l'apiiarence d ua ver, et
que c'est aj>Tès avoir vécu un certain temps
sous cette forme qu'ils ar-quiàreoldes pattes,
dus ailes et tous les caractères de l'insecte
parfait. Swammerdam pensait, il est vrai ,
que ces larves, ainsi que la chenille, ne sont
autre chose que des insectes ordinaires en-
veloppés nt déguisés, pour ainsi dire, sous
un masque veriuiforme; mais les partisans
de la théorie de l'épigénèse devaient voir
dans ces métamorplioses un phénomène
d'adjonction org<iniuue; et lorsqu'on clier-
ctiait le caractère du changement qui s'o-
père ainsi dans l'insecte en voie de forma-
tion, on DO pouvait être que frapiié de la
ressemblance qui existe entre ces êtres em-
bryonnaires el les vers proprement dits :
aux yeux d'un observateur snperQciel , la
mouclie et l'abeille devaient passer par l'état
de ver avant aue de devenir insectes. Les
belles recherches de Swflmmerdaiu avaient
montré aussi comment la grenoiu^le se cons-
titue primitivement sous la forme d'uno
sorte lie poisson, et devient ensuite un ani-
mal terrestre, lorsqu'oprès la dispariiiuo des
branchies et de la longue queue, dont elle
étiiil pourvue dans le jeuns Age, soji orga-
nisatmn se comj)lè:e par le développement
des poumous et des pattes, qui lui £ont né-
cessaires pour respirer dans l'iiir el se mou-
voir sur le sol. hh également il semblait
que c'était en continuant le travail géné-
sique nécessaire pour la formation du pois-
sou , que la ualurc donnait naissance au
iMtrscieii. Entin , des ressemblances bitii
grossières , il est vrai , mais de nature à eu
imposer au premier abord , avaient été si-
gnalées entre les jeunes embryons des ani-
maux élevés et les types zonlogiques i»fé-'
rieurs. Le poulet, par exemple, était repré-
senté comme se cnnsliluant if abord sôus
la forme d'uu jetil corps vermiculaiic ; et
EHB
DKTIONNAIRG APOLOGGTIOUB.
•m
osseusp chee les dirers »ertflirfe fnii riV
bord son ailenlinn: et, cherchant k relrou-
ver dons la lèiede l'oiseau el du (missoDlti
représenlants des pièces solidRi dont a
eompose le crAiie el la face cheil'hoœniR,
il s'aperçut bientAI que dans le jeuiic lg«
ces analogies sont bien plus éridenluqus
chez les animaux adultes; en remoniiDt
jusqu'à la période embryonnaire, >l put dé-
la réunion plus parfaite de ses éliumi
cnnstitulITs.
On l'oniprit dès lors tout l'inlérfitqtitt-
Tait s'otlai'her ji l'étude eomparati» in
êtres en voie de formalion et des [yfies dirai
Irtrsquoplns tard il acquicrl des membres-^
ces appendices semblaient ^tre d'abord com-
parables à des nageoires plutôt qu'à des
pâlies et 6 des aile',
b«8 faits aussi singuliers devaient néces-
sairement frapper l'esprit des homtnes mé-
ditatifs ; el, au premier abord , on pourrait
croife qu'en etre^ l'insenle est un rer pcir-
feclionné par l'adjonction d'ailes el de pattes; ,. ^ _ _^. _^ ., ,
lu grenouille, un poisson dnnl le développe- couvrir chei l'oiseau et le raammifim dis
ment a éLé poussé ou delà du terme assigné raraclères osléologiques qui s'effaceol plin
BU type icblliyologique ; et le poulet, un lard, et qui rappelleriE ce qui existe chez le
étte (lonl l'organisme est éleré peu b peu poisson parvenu h l'état parfitit-, enanmoi,
de l'état de ver ou de poisson, jusqu'à ce il sassurs qu'à certaios égards bu moins,
qu'enSn il soit devenu oitieau. Généralisant le squelette du poisson ressembla au sqne-
ces apparences vagues, on pouvait mémo telle d'un vertébré supérieur dont le d^re-
être facilement conduit à supposer que c'est loppemenl se serait arrêté avant terin«,ti
16 en effet la marche suivie par la nature le squelette d'un oiseau i un squelelteilf
dans la création de tout être animé, et qu'a- vertébré inférieur, qui se consoliderait pv
vani d'arriver au terme de son développe- '" --•— ■ — -' — — '-'-- -'- — "'— ■
Bient, l'organisme des espèces élevées passa
par les divers modeii de constitution propre
aux classes inférieures.
Dans celte théorie, l'aiiimsl le plus parfait,
l'homme lui-même, commencerait à exister que nous offrent les organtsmû' parfiiii;
sous la forme d'un ver, deviendrait ensuite l'ulililé de cbtle comparaison pour la dèler-
mollusaue, nuis poisson, et subirait une minatioo des parlics analogues dans leur
série de métamorphoses dont- les divers essence, mais différentes par leur fornie,t:i
ternies auraient pour représentants les dif- la nécessité de recherches semblables put
férenis types inférieurs do la créatioQ zoo- arriver è des idées justes louchant kvltn
logique. général de la création zoologique. L'anil>-
A l'époque où vivait Kielmayer, on con- mie comparée s'enrichit ainsi d|un levier
naissait si peu la structure des animaux nouveau dont l'emploi ne peut plus i^
inférieurs, el la science était si pauvre en négligé aujourd'hui , et l'impulsion ilonnée
résnltals embryologiques bien constatés, par les travaux de Geoffroy tisiiit-Hilairene ,
que l'idée de cette Sorte de progression gé- larda pas 6 faire naître un grand niouveoiCDl
nésique ï travers tous les types du règne scientifique. MM. Tiedmann , Serres, Ko- 1
aniDjal pouvait séduire l'imagination des Jaiido, Prévost et Dumas, fiœr, Diilhke n
naturalistes; mais, lorsque les observations plusieurs autres physiotogisles, dolèreDlli '
précises ont commencé Jl se mullipliet-, on zoologie de beaux travaux- sur le moitif
a vu que celle hypothèse n'était pas l'ex- développement des principaux sjslènifi
pression de la vérité. En effet, il était facile dont recompose l'organisme des vertébrés;
de se convaincre qu'il n'existe entre la larve et Geoffroy lui-même, puis le fils et rémulo
apode d'un insecte et un animal de la classe de ce naturnlisle philosophe, M. Isidore
des vers que des ressemblances grossières, Geoffroy Saini-Hil.iire, soumirent i une '"'
et que l'embryon du poulet n'est, h aucune, vesligaiion du même ordre les produii
époque de'snii existence, constitué h la ma- anormaux de l'espèce buniaiiie el ut; qu«-
nière de ces mêmes vers, des poissons ou qutts autres animaux supérieurs. Cesot>>tr-
des reptiles. La doctrine des philosophes valeurs constatèrent ainsi certaines resseu-
allemaoda semblait donc devoir disparaître blunces entre les jormes transitoires <l^
de la science; mais, au lieu de périr, elle principaux organes chez l'embryon du mm-
se modifia seulement, et sous cblle forme inifère ou de l'uiaeau, et les forines pirui'^
nouvelle , nous l'avons vue grandir rapide- nenies de ces mêmes parlies chez les nf^\
ment et exercer bientôt sur toute la zoolo- les, les batraciens ou les poissons; e:>'
gie une iufluence considérnble. devint dès lors assez naturel de se deman-
Un do nus naturalistes les plus célèbres, der si les différences essentielles entreiou'
Geoffroy Saint-Hitsire, guidé par les près- ces animaux ne consistent pas dans di^
senlimenls du génie plulAt que par les lu- arréli de dételoppemtnt qui, chi>x les i>5p^ft'
uiiëres de l'eipérience, venait de s'engager imparfaites, Siéraient les formes pré|i*r
dans une voie peu explorée jusqu'alors, ■-- -' '
mais féconde en découvertes précieust;s;
abandonnant la recherche des différences
qui distinguent les animaux entre eux, il
s appliqunit à démêler au milieu des vuria- _ . . . _ . ._ ,
lions sans nombre déformes et d'usages de grandes ressemblances entre les formi)
que présentent les organismeit, les maié- transitoires de notre cerveau et !a slruciuf
risux communs de la machine animée et la de l'encéptiale d'animnux placés plus '»
disposition essentielle de ces éléments gé- moins bas dons le règno «iiimaf. Vera ■
uéraux. La constitution de la charpente même époque, U. Serres molliplî* 1)^*"'
toiresdes parties dont le développem*"'
s'achève chez les espèces supéiieures.
Ainsi Tiedmann , en étudiant avec l'f'*''-
vérance le système nerveux de ntomme»"'
diverses périodes de la vie utérine, entrer^'
ncnONNAIRE AI«S.06f:nQtX.
l\n
Mp les temn île ceHa eaiapinitOB en-
rJMJCi ED formula k'S résultats ifune iDa-
litt* plus prétim,\iiiM générale; el orriva
kgrtlftc«MlMi(in,qii« li systèws nerveux
|tl'liôiiaie,pour se rf^relopper, parcourt
■cettiiTenent tst ^ncipsux degrés d'or-
|Mittl>otian<|Dets il's'efrdle fiour toujours
Îm ks «rinsDi iDMrieuTS.
Le) reeticicbes de lkck«l, et Ruf ondA, de
lir,d«BBtbke et do (tlusieurs ai>(r« ob-
mileursoM conéajt quelque? physiolo-
^kttoettrc t'eKislencetrarfalogies non
Itins renHvquabtes entre les élots trsnsi-
kimde l'appareil clreulatoir* des matonii-
iMODderoiseati en ToiedeforaMirioo, el
iKonMires perHMnema de ce nréme 9ys-
•utlifïles poimonf «1-4^» los reptiles.'
I njin^ij» de )a naissance , le cœur e( les
m taisBMU^ oïTrent effeclivetnent dans
WcehamiHfteune disposition qui est.k
nniii] égards, comparable h ce qui etisto
1r Im reptries adultes, puisque, chez
iRiItRBurpuloMffîBifecotnnmniqaeavec
ttturirtériel, soit directement, seit par
hlfrni^distrB' des crosses du l'àerte au du
■il Ttineiix.
tmdtnt nn Instant on pensa au!isi que
tÊhijta des mammifères rI de l'oiseau
Nmie dans le jeune ége un appareil bran-
lu (omcne en ont les iioissoiis; car,
nPl^picfluBlques ressemblances ragues
Mceelae positron, on prit les premiers
•"pi des mAcholres et de l'os b^oïdien-
^'SBin-s branchiaux,
"«luioinîste a ers pouroir aller plus
peiitwt et assimiler l'organisation des
MMinesi celledc i'ceuf humain à peine
^|«l>p£, mais dont la' membrane caduque
RwTeDDe permanente et se sernil en
"^e sorte osslBée pour constituer la
lede ces snifnaux. Le mëtne auteur
!i que le lombric terrestre, considéré
'pDtni de Tue anetomiqae, rëpâLé dans
Mimses métamorphoses le polype d'à-
M, puii le lénia j b une troisième période
i'Diboide, et dans uti^ quatrième et
■ière, l'arénicole. Pour cft phîlosoplie, il
S'aii aiosi du r6gné animal tout entier;
lertébrés iuMrieurj ne seraient que
îmibrjons permanents des larerlébrés
fus parraits; les uns et les autres au-
l leurs représenta ais dans les organis-
I dîs embryous des vertébrés et de
JBme, dont les formes fuKiliVes et pas-
fcei uraienl analogues aux {ormes ar-
jp et permanentes des zoophyles, des
nsques ou des insectes. Enlin, les or-
iiïiKs animaux les pliis élevés, c'est-à-
■ <lu mammifères, revêtiraient eo^uitQ
Cicïcières de ceux des poissons, des
uli'i tl des oiseaux. JEn un mot, Tor^-
|tuie de l'être le plu9 poi-fsit serait,
^>ll. Serres, une an&lowie comparée
Mtoire, comme i sop tour l'anatomia
*(xrée serait l'état fixe et permanent d«
VoQgéoie de riiomme; le règne animal
btiléré_ dans sei «rganismes ne serait
j*^ qu'uae longue chaîne d'embr/ons
"«o*» d'espace en espace, et arrivant
DKnoKRAnK iroLOG^iqDB. I.
eoGni Thmome ; ou plutât tous les anioiM <
ne serarant en quelque aorte ad'im seul et
wttme animal en voia de foranatiuri, doBt les
dirersea parties s'arnétéraientdans leur àé-
vrtoppeoient, ici plus tdt, là plus tard, et
ddleriiiiiieraient nnst k chaque temps du
repas le caractère d'une classe, d'une Jswijlla
■on d'an genre.
On comprend facilement quesieelte opi-
. nion était fondée, tes espèces innombrables
' dont se compose le règne animal ^e lieraient
réellement entre elles de friçon à constituer
«De série linéaire, et que l'idée tfe le ctialne
des êtres dertendrnil l'erpression d'une
firande et belle vérité. L'nniié de pfan dans
B créMion fcoologique tout entière serait un
fait Boqnis, et le rang è as.^if^per è chaque
animnl dans ce vasië ensemble nous ferait
donné par la date de la période oreçanogé-
nique, qui, donsleiféveloppemeiit Je l'em-
bryon humain, en représentait ta structure.
«Lorsque J'étais jeune, dit M. tfitna
Edwards, séduit parfs simplicité et la gran-
deur de ces vues,"" j'ai, comme beaucotlp
d'eutres. embrassé sveo ardcmr la Ihétfriit do
la cofiatitution du ré^m: animai part'etl^t
-d'uae série d'airèis de dévelapneiflants ;
mais en avançant dans la voie de l'obserrfa-
lion, je me suis bientâl aperça que je m'en
étais laissé im^>oser par des ressemblances .
auperficietles et des apparences trompfusi».
«Epellél, l'étude 8i)))rofondie des animaux
inférieurs m'a bientôt couvattïcu de la faus-
seté ^ lOHtes ces comparaisons i et en por-
tant eusuite mestuvestigatioins sur te mode
(la développement des organismee, ^'ai dû
abandonner luie h use toutes les bases du
cattedectrine. »
Il noos suffit desRotioosles plus élémen-
taires d'analomie «joraparée eC d'embryo-
logie pour Rons eontajncre qu'un animal
supérieur ne présente h aucune période du
son développement ressemble de caractdrt'S
propre» aux types Mologiques inférieurs;
que l'homme, par exemple, n'est pas dans
le sein de sa mère un mollusque , puis un
fiorsBon el un reptile, avant que de posséder
e rnmle d'organisation propre i l'espèce
humaine. Il n'est aujourîi'but aucun natu-
raliste qui songerait è soutenir une opinion
semblable, et nous- n'avons pas k' nous y
arrêter iei.
liais, alors qu^ aeue faut^il attacher b
cette comparaison autre ï'edsanble des
créations xoologioaea et latine des modi-
fieatioiii qna subit l'embryon d'uo animai
supérieur! ConoMot l'espèae humaine m-
firéseniersil-aller dans ses états iransitoirei,
es modes d'organisation si *arié&d«s classas
infér.aures t
' L'crganisma d'un qnlnal an wîs de for-
malien offrirait-il successivement les earaiN
1ères que les zoologistes cansidèreDlennime
étant essentiels, dominateurs danschaf^oA
des typas dont il serait le représentant iraQ'
si toire bien qu'il n'en revAtâ jamiis laform*
générale 1
Il suflît eneure d'«a petit sopbre de f^tU
bien connus des naturalistes pour prouver
■- m EHB -acTWMXAraE APOLOGETtQOÏ. 'OB ?»
qafl rembrroR d'une espèce supérieure, en pemMoenle les cluses inférJMrw dnriine
: ^nrrAlanl uans différenles phases de son animal?
développeaieDl, ne Bréiaolerait 'iamais le Non, ielle ne ma pacall pas âlrrliiu.
earoclère eueutiel d^une classe iarérieiire dancegénérale de la tMlure;alceHni(,)e
quelo)aqDv.4Jo««8(on)iate célèbre, dont je pense, donner de la slnicture dei orpM
rrgreUe de ne pouvoir adopter ici loutes les
Tuea iogéoieuses, H. Serres, a ciié, comme
oITrsDt un exemple remarquable de celle
sorte de progression zoologiqae de l'em-
bryon en voie de furmalion, le lombric ou
ver de (erre, qui, d'après lui, revêtirait suc<
cessivement les caractères analomiques du
poljpe, du-lénia et de l'arénicole avant que
d'arriver au -niode d'organisation qni est
. propre à son espèce. Mais rien de semblable
n'eiiste chez le jeune lombric; jamais il ne
possède ni la système respiratoire, ni les
vaisseaux sanguins, ni i'apoareil digestif,
"i Im organes locomoteurs d'un arénicole;
des animaux inférieurs une idée fiant qn
de la représenter comme étant sembliUsî
celle des organes encore inoomplau d'ai
embrjroD humain. La piùtUBce erfuri»
peut employer des procédés aemUsbJtipoir
constituer deax animaux, dwtl'uHnw
imparfait tandis que l'autre acquiert une
grande sDpériorite physîologiqat!; ul posr
imprimer au premier son cachet protirc
elle s'éloignera meîn,> de l'état Irwailein
commun A tous les deux 40e pourtcbcnr
l'organisation du second : celui-ci, ïl'dn
d'embryon, sera alors moins tUIféreni dt
l'animal iuférieur qu'il ne le serait iri)i
SueslioMS du plus haut iolérât; ouisuH
ludeatieiitivedespjiénooièucsgénésiquri
et de la structure. permanente dus iniuiin
inférJuursrHÎt.TOirqutiCu n'est pas un sirHN<
arrêt de développemeiU dans la sériBib
jamais il ne , présente on seul des caractères adulte; et par contéqueut c est avec niw
génériques du ténia, et & aucune époque de que GeolTroy Saiul-Hilaire ■ coDi|<irila
[ sou existence il ne ressemble i uu pèiype. poissons h 1 emhryou du msmml'èreHii
Jo ne comprends même pas ce qui a pu l'oiseau, lorsquit a voulu saisir les luW-
' faire naître l'idée de ce j-approcbement. gtea dans la composition delà cbupeM
Il a été posé en principe, aiHe dit. que les ^"ilj^''" <=*"■?» .''" 1*"" "'.'^ï't ÏÏ
organismes inférieurs des invertébrés ont ^^^^^Aa a conduit égQlemçpt M. SeHa
leurs représentants dans les formes fugi- «^^ résultats imporliuits pour luilot^
. Mves et passagères de l'embryon -huipnTn. cofrparée du cerveau, e elle est iidisp»-
Uais les résuîlals de l'observation s.«.( en «abie pour la solution d une niulU.udsie
désaccord flagrant avec celle théorie eiu-
bryogénique. Ainsi l'animal vertébré, en 3»
coiistiluanl , ne présente à auiuoe période
de son existence le mode de groupement des
organes quidonneaui radiniresteur carae- , , ■> . . , .^,
1ère essentiel; il n'otTrejamai» la segmente- '"nsfoi^moUons organique» du Ijps «»b-
lion annulair; qui est si remarquable cli*« -B'^ï"", '«^ P""" ^'"é qui détermine le «r»
le» animaux articulés ; on ne lui reconnaU '^'i" '*'' cluicuii des grand» appareils dieilt^
pas davantage la structure <.flrticuliére aux animoui mCÉrieurs. ,
mollusques. Enfin, si ce vertébré en voie do ^'"f' 'e sjJiiènm nerTtiuï d un urt ^
lormation appartient A l'espèce humaine, il "" l'^Êsenlo jamais le .mode d orjgauiuu^
u'otTrira jamais les coraclèrVs en vtrtu des- caracléristiquo de ce juéine svstioio cbtt
quels un poisson est un poisson, un serpent "f "'ol "«qu? ou «" articulé. Chez ces »i
fst uu re dile et une polde est un oisNU. "'^,"' " princi(«ux rentres médulla r^
En lestreiguant même davantage le champ .""*' e"/.'"'' «V Pa^ descoinmissures Mi
de le coniiiraison, on n'arrive pis à d'autres connecUfs plus ou moins longs .fur.^ïul
résultats. Ainâi, A aucune période de sa vie '■«muieonlesait, une sorlede tollieraulo
. embryonnaire-, l'organisme de rhomma ne 'i'^ ' œsophage , el sont situés ts uns «
lu-ésente les caraclères auxquels le 200I0- «^"f"*' '«s autres au-dessous du tubiid^
;Bisle recunnaltra un animol de l'ordre des g«'.'f-Chei les vertébrés, au conlraire.
rougeurs, un pacbydermei un ruminant, ov
Uiêiue un guauruiuane.
La concordani'e entre les types zoologi-
qties inférieurs et la structure primitive et
transitoire des animaux les plus parfaits
n'existe donc pat dans la nature. Hais si
cette eomçaraieon entre l'enibryoïi d'un ani-
mal eupérieuret les formes permanentes des
espèces moins élevées est reconnue fausse
«o ce qui mncerne l'ensemble de l'orgn- __ _
uisme, elle pourrait encore être *r«ie pour ^ cëi^éganirainsrqu'e n"our"?ènsembleill
■ebacun des grands «ppareils considérés is* sou oi^anisation, Tembryon du premieiiH
iéioeoL représente pas d'une maniëre traosiloifj
£n restreignant de la sorte la théorie' de l'èisl permanent du second. Il en tst «
la cimcordancedesmétamor^ihoses embryo- même quant S la composition de cesysi*i>ir.
■géniqueseidcs types zoologiques inférieur 9, Les anolomistes ne sont pas d'accord surU
e)sn(>4Jii dire avec raison j L'orgaoogénie délurraination des parties qui entrent djiu
liuiiiainu est le tableau mouvant des étals In formation de In cbstne gairglioniiBi_c<uH
vrgaaïqiitts qui nous olfrenl d'une moiiide invertébrés; mais quelhi quu- soit IX'!"^
gestif
fes foyers d'innervation 'sont pla.;és du ci
dursal de ce canal et y .coiistilucQl l'tl
cérébro-ïpinal. Or, dès rori^iiie. cesjïl*»
cérébro-spinal occupe dans réuonoieie !
plaue qu'il doit conserver, «l il n'« janm
avec l^ppareif digestif les rapports deiMisi
Tion qui existent entre cet appareil et lei'
semble Jt^s ganglions nen-eux dumollus'jii
ou de l'articulé. Le plan d*aiirès lequel»
parties sont disposées n'est donc i>as U
Oléine chcï le vertébré el chez rinverléb:*;
EHB
ftCTtONNAIRG APOLOGETIQUE.
mise que l'on mlople. on arriva «u mime
rbulUI en ce qui looche h la théorie de la
TOtrardanee dei formes embryonnaires et
iH \]pti lootogjques inférieurs. Elfec-
tJTMitenl, pour les uos le;. ganglions eépli«-
liqan de l'insecle seront l'analosae du
c*ri»i]de l'boaiiiie, et la moelle allongée
de nlui^ci aurait pour représentsnls les
pDgIioni post-œso|i)isgiens du premier;
sr uM pan-flfe di^ooction des élémerjls
itJiie céTÔbro~si\iiiA\ n'eiifle chez le Ter-
Uitiï jncuue période de la vie tnibr^-on-
laire, el cet axe offre dèa l'Origine uiio
sttitlBre i)ui n'eiisle dans les ganglions
i'naa inrerléliré. D'autres anoioniistes,
nlofiim les Tues iiigéuieuses de M. Serres,
rMsiilïrcDl tous ces ganglions de l'ioTer-
iéiiri toiutae élaul les anulog'ief, non pas
dicuMoarérébro-spinal, mais des ganglions
faite raient sur la racine postérieure des
Hr&nchidiens du Tertébre. Mais, s'il ea
tUtimi, i quelle période du déreloppe-
meol IroDTerail-on chez ce dernier uue
ilJip05ilioii analogue T Quand verrait-on
iliDt reœbrjiOD buœain un système nerveux
cbapiué de nerfs rachidieos avec leurs
ppE'ions radîciiix. et point de cordoo ra-
dudien ni d'enc^phaleT On sait, «u coo-
inire, que cbi-z le varlébr'é l'axe cérébru-
Italie montre dès les premiers moments
iBlranil organiiiue, el tout porte à croire
(nl/t^mmeuce i se former avant que l'en-
«oble des nerfs périi>bérîques ne se soit
o^re coDSIîlué,
Je le répèle donc : à aucune période da
I Tie embrjonoaire le syslàme nerveux du
tnéb:é ne présente les caractèrei essen-
Cf du système nerveux du mollusque ou
i f'arlicalé t et ne peut Être considéré
bme en offrant (raosiioirement 1a dis*
nation.
l't:ucé|ihale d*uu mammifëre ne passe
■ <iaTjiniage par l'état caractéristique du
rreju d'un poisson ou d'un oiseau. En
el, chez l'embryon des mainmifîsres on ne
Ujiouis aucune tracti de c-is lobes infé-
pri qui sont si retnar(|uable3 chez la
lïson et chez les batraciens; et l'encé-
l'e Je ces vertébrés supérieurs, longtemps
UjI que de rappeler vaguement la forme
lérafe d'un cerveau d'oiseau adulte, pos-
eiléjà uurorps calleux eld'autres parties
II l'encéphale do l'oiseau sera toujours
I est également bicile de montrer que lo
e'ette en se constituant chez un animal
ir>ear ne préseulo pas d'une manière
'iiloin la disposition anatomique qui
ictéhse la ebarpeole solide dans les
ii-i inférieures du règne animaLEneflst,
t le vertébré cet appareil, au inomentde
remière af)|iariiioo, de même que pen-
I luui lureslede la vie, est radii;aleuienl
Tciit du squei«Ue tégumontaire d'un
;ulé ou de la coquille Cun mollusque j
al eurué ou calcaire d'un inseclb ou d'uu
tacé, ainsi que la coquille du mollusque
une Uéueo^'i^c» >le U peau et ne peut
considéré (]Ue rOmme I analogie de la
tunique épidermiiiue des vertébrés, tandis
Spe le squelette ae ces derniers, logé pro-
ondément dans l'économie et n'ayant au-
cune relation avec la peau, est composé de
parties dont on ne voit point de traces chtJ^
les animaux inférieurs. Or, il n'exisle à c< t
égard aucune dilTérence entre l'embryon ci
l'animnl adulte. J'ajouterai aussi que le sque-
lette de l'embryon humain, quoique com-
posé d^ pièces oss(;uscs distincltjs qui doi-
vent bientôt se confondre ]Uus ou moins
complètement et qui restent toujours sépa-
rées chez quelques verlébrés infériciii*s,
n'est jamais semblable su squelette d'un
poisson, d'un reptile ou d'un oiseau; aux
jeux Je t'analomk'te observateur il n'en
sera jainaîj l'équivalent.
Serait-il plus vrai vie dire ({ue l'appareil
circulatoire en se consiituntit dans l'embryon
des animaux les plusparfaits, passe part'jii!i
les étaisquece même sjstèmenous présente
d'une maiiière permanente dans les lyjies
zoologiques inférieursTNon, pas davantage.
Dans l'embrj'on humain, par exemple, la
circulation ne se fait jamais comme chez un
insecte, un crustacé, uu un mollusque; les
organes affectés & cette hinctton nepréîen-
teiit pas l'ensemble du caractères propres à
l'appareil circulatoire des poissons et i au-
cune période du développetntot ils ne peu-
vent être confondus nvcc leurs analogues
chez un reptile quelconque.
L'appareil respiratoire d'un mammifèraso
constitue également saas pitsser par lesdi»*
(losilions variées qno nous ollï-enl les orga*
Des dont les usages sont les mêmes chez fea
dirers animaux inférieurs. U. Serres i>ens»
3ue les branchies dorsales des tritonieS, el
es éolides, tes branchies latérales dcS pa-
telles et des oscabriona, enlin la chambr»
respiratoire creusée dans le manteau de I-i
plupart des gastéropodes, ne sont quedcs
degrés variés des vaisseanx om|>halo-mé-
semériques, des villosités du chorion des
mammifères el de l'allantoide des vertébrés
su périeurs.J 'avoue qu'il m'est iai|>05sible do
deviner sur quoi repose cette opinion, et
je crois même qu'il serait inutile de la dis-
cuter ici; car lors même qu'elle réunirait
en sa faveur assez de faits pour être adoptée
par quelques zoologistes, elle ne saurait les
conduire b voir dans l'organisme naissant
du mammifère ou de l'oiseau les représeu-
tanls du système trachéen d'un insecte ou
d'un mynapode, par exemple, ni même les
branchies d un poisson; el par conséquent
on ce qui concerne les inslrumeots de la res-
piration, il resterait toujours démpoiréqu»
l'organogéuie des animaux supérieurs o'of>
fre pas uue représentation fugace de) stme-
tiires demeurées permarienies dans les rangs
inTérieurs du règue animal.
Les organes sécréteurs et l'appareil de la
reproduction sont dans le même cas.Bn un
piol, quel que soit le système d'organes
doot on étudie les métamorphoses cbet
l'embryon d'un animal supériaor, on u'y
retrouve jamais je tableau mobiio des for<
mes qui sont fixes et pcrmaneutos dans *««
. m EMB «CTIO-^NAIRE APOLOCt^TIQ^'E.
ilivera lypes zootogiqucs dont la reog est
moins élevé. On voit que la tcndnnce géné-
rale do la nature n'est [las do se servir des
lijodes deslructure propres à ces types in-
férieurs comme d'auianl do préliminaires
dans le travail conslitulif des organismas
plus parfaits; souvent elle met eu usuj^e
(les procédés analogues pour obtenir des
malcriaui analomiqucs dont l'essence et
les formes dé'initives doivonl ôlre très-dif-
férentes, mais il est bieii évident qu'elle ne
se borne pas h avancer de plus en plus vers
la pertcctton, en suivant un seul et même
. plan.
L'hypothèse d'un simple arrêt de déve-
loppement dans Ja série des changements
']Ue subissent les organes un voit- de for-
loaliau clioz les anlmaui les plus élevés, ne
suffit donc pas pour nous rendre compte
Ul's modifications sans nombre duiil l'aiia-
lumie compnrL'e nous révèle l'uxislence
.dans les parties correspondantes de l'écono-
Btie animale chez les animaux inférieurj.
' La doctrine de lu concordance des formes
embryonnaires de» animaux supérieurs et
lies formes délinilives dos espèces inférieu*
res ne Siiurail donc être admise, ni iioUf
reiisemhte de l'organisme, ni pour les Iraits
distinclif^ ou cariictères dits dominateurs,
ni pour les grands ai'pareils considérés
isolément.
Les éludes eml)ryologi<]ues, loin de four-
nir, comme on l'avait cspijré, une dérnons-
IratioD de l'unité de plan dans le règne ani-
mal tout entier, et de rendro palpable l'en-
chaînement de tous les êtres uniniés en uno
Joiigue série linéaire qui s'éleudrait dej'Uis
ju monade jasqu'à l'homme , conduisent
même au résull'itle'plus opposé. Ellesnuus
montrent la diversité des types fundameu-
laux dés le début de la vie embryonnaire et
nous apprennent, mieux que nu saurait le
l'ail e t'auBlomie comparée ordinaire, coui-
Liienles plans d'organisation employés dans
la consiitution du rètjne animal, dilTèniil
entre eux par leurs linéanieiils généraux
aussi bien que par les détails de leur mise
en œuvre.
-Ainsi, non-seulemenl fa s'.iucturc d'un
vertébré adulte n'est ^jas réductible au plan
fluatomique d'un mollusgup ou d'un articulé
et l'embryon du premier ne icprésenie ja--
mais d'une manière transitoire le muUo
d'organisation permanent chcz'cesdernii.Ts;
njais l'unité de type n'existe pas même chez
ies embryons de ces animaux comparés en-
tre eux à une période (Quelconque do leur
Oôveluppement. Ués qu'un veilébrô com-
uieucçi se consliiuer il poile en lui le car
çhel du sou embuiichement et (.itfère e;.-
SGUtJtlIement de tout animal verlObré, sojt
.adulte, soit umbryonnaiie.
iùi «tfet, lors(]ue ta matière (dastique quî
Joil consliiuer un mammifère, un oiseBu,
uu reptile ou un [fbisïun, laisse apercevoir
les premiers résultats du travail orgsiioijé-
nique dont elle est le sié^e, une ligijelun-
gitudiuale se dessine sur iH'b'.asiodutme et
4uir(4ue la place (Ju futur at<f cérébro-spinal;'
m a
chez l'embryon d'un mollus(jue, d'uniru.
culé ou d'uu ver, celle ligne racliidicDiie m
se montre pas; et la raison du celle Jilti.
rence primordiale est facils i, cnaiiireniire
puisque l'analogue de l'aie cÉrél>rû-s[iiiiil
du vertébré no doit Jamais exister dnîiui
animal invertébré.
La portion de l'organisme qui sp consii.
tue en premier chez lej animaux ilïTeDi.
branchement supérieur esl donc jticisi-
ment une partie qui manque toujours dioi
la slruciure de l'inri-rtébré; et celle |>3r;it
primordiale de l'animal vertéltré esl, um
conlrfdil, un des éléments les plus Impor-
tants de son économie, un deslrsilslniilui
cantciérisiiquosdeson modedecoDsIitulioi^
Toulcs les observations s'acoontm i
montrer que le jeune embryon de leiliW
en se développant davantage, 8cquicrlb.u-
tAI les premiers éléments d'un Rulre<i<jc.
me org.iniqiic dont les animaui inléilo»
so'ilioujours privés; car à puinjlaii,!
racliidientiti est-elle devenue un iiWin
un canal, qu'on voit se former de tii^ii
calé, le long do ses bords, une sétit k
pièces sûlides destinées ï composer l»m-
lèbres.
Il est également h noter que les rjp[ortt
du petit Mre en voie do formation am i
masse viielline ilont il doit tirer ses y^i."
rinux conslitutifï, sont différents tliei h
TQi'tébré et chez les. onimaui inKrir
L'embryon du premier est en relaliuo
le vilelius parla face ventrale desoJiw,
et les connexions entre ces parties n'u-xv
peut que la région abdominale. Une dis»
ailion sem'hiable n'a été observée ctii;i If
Cun invertébré. Chez les articuléi. lejei"
l'Ujbryon repose sur la masse vilelliua
la face dorsale de son corps, c'est-i-dlre
tecâlA où se trouve le centre nerveuipi
ci pal, ctilui (jue l'on compare d'ordinairt
cerveau des suimeux supéiieurs. (J^tl^I
anatoniistes ont cru pouvoir expliquai
différence primordials en supposant ,
l'articulé était un vertébré renversé iuri
dos. Mais cette hypothèse ue suIQi ["n
ramener t'orgunisaLion de, ces deux lyi'i^l
un mfimo plan. En effot, les rapporU
pusiliun deviendraient ainsi les uiêmei
tre le vilelius, le canal digestif et ht S
glions thiirni'i.tues dorariicuté, d'une l'i
elle vilelius, I intestin et la moelle
Fe du vertébré, d'autre pari; mais
que lesceuires nerveux céphaliqucs
dernier sont situés du même câl<i (1<
digestif que la moelle épinière, lesgi>'>c'|'
cérébroîdes de l'articulé se trcuvenlducl
0))pusé, c'esl-B-dire efttre le vilellu» t^'
canal alimentaire. Le piincipe dali'i'^i^
bilité des conneitons urgani(iuvs,suil'^^
on aurait à s'appuyer puur établir des •>«
togies entre les diverses parties du cu'l
d'un vertébré marchautsar le vt;ntieei<JJ
inverlébi-é marcbanl sur le dos, viedilnj
donc à faire défaut en ce qui loocb« «
systèmes les plus iin portants de l'orgin»'
et cela dès le début du irsveil génfs»)*
cor, si l'on reprérente jwr les lettres », •.
lis Mi
ics df
i (JuH
gnn^ia
iMldUCÏ
!53
ÊMif
r cerroau et ses dépendarices* le tubo <ji-
i^tif et le vîlejlus, ou voit que dans Tteuf
gl rerléUré \a posiliou relaUve t)e ces par-
fit est indiquée par l'ordre de successiuQ
■f res lettres ellâs-mômes, tandis que ciiefc
•^nibryou de J'articuli on aurait ia série
H Cl.
Oifi Ipx mollusques, la séparation entre
ttilellus et les parties permanentes de l'or-
kiisnie du jeune erabryoa est en général
■lucoDu noins complète; mais toutes les
pqu'ella devient n>anifeste, elle présente
■nracières particuliers, et ne se laisse
■ener ni k l'un ni à l'autredes typesdunt
Il d'être question. Ainsi, chez les cé-
_ podes, o& la dijliDclioQ entre le corps
tinbryon en voie de rnrmalion et la
M rilçllioe est aussi tranchée que cticz
«ùeaui hu lesreptilos, on voit que cv
l ni par le dos ni par la face inférieure
Utdomeo gue ces parties sont en con-
OD. mais bien par la région buccale ou
ÎDgieQae du Jeûna mollusque,
lai primitif de l'embrj'ona'un iiiammi<
ou d'uD oiseau, d*un céphalopode et
crustaoé»ou d'an insecte«estIout aussi
runl que le sera plus lard le mode d'or~
latïoa définilif de ces animaux. L'em-
jogîe. de mAïUH que l'ânatofflie compa-
iKHis cooduîtparcoDséquflnt badmellre
ft'j a piï ii>ulrfd«p/(in dans la consti-
M de tous les animaux, et que lanaluro
H ccf (1res d'après plusieurs types fon-
Tiaxtien distincts.
relit actuel de ia science, il serait
Are prtfcna'uré de vouloir déterminer
DlM-e de ces types primitifs. Il est ce-
nt facile da se convaincre que la na-
filé fort sobre dans l'eioj.lui de ce
Beitrfiue do diversilicnlion ; et ici
», les données fournies par lereibr/o-
s'accordent ijl€inemt.>nl avec les résul-
>Dd(^s sur l'étude aiiatomiquo desatli-
' adultes.
li, eu prenant pour guide l'anatomie
irée seulement, Cuvier avait rccounu
itii les mammifères, les oiseaux, les
ts et les poissons sont constitués d'a-
)u laftuiu pliin général ; que les moditi-
Ss de structure qui s'y rencontrent
Dëuie légères t:t que les dilTéreiJces
ou d'S'juelIas le zoolugïsle divise ces
lui en classes et en fauiilles distinctes
pendent que du développement ou du
tionr de quelques parties qui ne chao-
tien h Tessence du plan fundamcntal
}. Les travaux importunls île Geuiïroy
-Hdaire sont venus conlîrmer et éten-
^lie vérité, car ils ont fait voir que,
lool l'embrancbement des vertébrés,
lirniilé de composition e.st beaucoup
grande qu'on ne l'avait pensé.
n, les observations de tous les am-
'i^ifiles de nos jours nous apprennent
KiJTemcnt c'est, pour ainsi dire, d'une
ftiauche organique que In nature lire
1 lour un mammifère , un oiseau , un
Vt^l) BigM animal, pretuiéi'« éililiUii (I81?J t* '"i P^S- 57.
mfnoHNAiurAPOLOGETiQtn:. ïua m
reptile ou un poisson ; car dans les premiers
Heoips do leur existence tous ces êtres se
ressemblent si complètement qu'on ne sau-
rait deviner h quelle classe ils doivent ap-
partenir. L'enibryou du vertébré qui com-
mence h se développer porte déj& , comme
nous l'avons vu, le caractère de son embran-
cliemenl, et ne saurait être assimilé ni k un
Zoopliyte, ni à un mollusque, nié un arti-
cule; mais il ne présente encore aucun des
caractères en vertu desquels il sera un mam-
mifère plutôt qu'un oiseau, ou un reptile,
ou un poisson. Sa forme est d'abord une
forme commune à tous ces animaux, C'est
un vertébré et un vertébré seulement; mais
par les progrès du travail erabryogénique,
cette unironiiilé de composition diminuera
de plus en plus entre les divers animaux
S jui dérivent ainsi d'un type commun; la
ondrestera lemëmeÂcertains égards, mais
des dilTérenciis organiques d'une grande im-
portance viendront bientôt séparer le pois-
son du mammifère ou de l'oiseau; puis
d'autres dilTérences, moins profondes, s'é-
tabliront enire diverses espèces d'une mèms
classe ou d'une même famille.
L'embryon d'un crustacé.d'un insecte, d'un
'bracbiiide, d'un myriapode, ou vaêtao d'un
ann^ltde, offre, dans les premiers temps de
son existence, un mode d'organisation qui
ne saurait être confondu avec la structura
d'un vertébré naissant, mais qui est com-
mun h tous les articulés; les caractères les
plus saillants de l'embranchement des an-
nelés s'y dessinent de bonne heure, et ne
permettent pas de le confondre avec uu em-
bryon de mollusque; c'est plus tard que les
caractères de classes se mauiiestenl, et par
conséquent il semblerait aussi que tous ces
onimaus ne sont que des dérivés d'un mémo
type fOMilamenlal.
' Nos connaissances relatives k l'embryolo-
gie des mollusques et des zoopliytes sont
encore trop incomplètes pour qu'il soit pos-
sible de démontrer de ta même manière la
parenté réelle des animaux dont se compo-
sent l'un et l'autre de ces groupes zoologi-
ques ; et peut-être arrivera-t-on h trouver
que les céphalopodes ne dérivent -pas du
raôme type fondamental que les gastéropodes
et surtout les ascidies; peut-être aussi verra-
t'On que les infusoires proprement dits et
que les spongiaires ne sont dans l'originB
comparables ni h l'embryon naissant d'un
mollusque, ni h un zooptiyte en voie défor-
mation. S'il en était ainsi, on serait conduit
h reconnaître un plus grand oombrede types
ou formes zoologiques essentielles que Cu-
vier n'en avait établi, d'après des considéra-
tionspurementanatomiques. Mais, dans l'état
actuel de la science, cette diversité primof^
diale est loin d'être démoiitrée, et par cou-
séquent nous no devons pas l'admettre; car,
ainsi que nous l'avons répété plus d'une
fois, l'une des tendances les plus constantes-
delà nature consiste è économiser les moyetis-
qu'elle met en œuvre pourobteuirdesresuK
7SS Xm IXCTKHtNAIRE
Ma Taries, et par tonsAquent nous deTont
croire h l'emploi d'un inSme plan organique,
)inrtoul où Voiistence d'un [itan nutiveau
U'esi pas mnbifeste.
L'etD bryologie dous motitre iloflc toutes
les espèces animales cOmms se produisant
Il l'aide de l'un des organismes rudimenlai-
res dont i'embrjonnaissoiil du vertébré, do
l'insecle, du mollusque ou du potj'pe nous
offre l'exemple; mais elle nous enseigne
nussi que cbacuo de ct-s tvpcs primordiaux
peut se dérelopper de plusieurs manières
dilTérenles, et que dans Te mode d'emploi de
ce Ibnds commua pour chaque cmbrnnchâ-
menr 70ologlque, U nature peuladopler des
pinns secondaires bien dislincts.
Ainsi, l'imbryon du mammifère qui, dans
le principe, ne différait pas de l'embryon de
lOutnULre vertébré, cesse bientAl de reSsem-
I>lGr au poisson et Au batracien en voie de
formation, ta roule généstque qui élait d'a-
bc rJ unique pour tout ]'emDrancliement,ae
iiturque en quelque sorte pour conduire
'd un eùié t U création d'un poisson ou d'un
batracien, de l'autre k la production d'un
reptile, d'un oiseau ou d'un mammifère. Dès
Jurs, le plan d'après lequel se construisent un
poisson et un mammiTèro, tout en conser-
vant une même disposition générale, se
modifie diversement pour chacun de ces
rnimoux, et on voit dériver du type primitif
du verlëbrô deui Ijpes secondaires, d'après,
lesquels seront consiruits, d'une part le pois-'
son et le balracien, d'autre part les reptiles,
lus oiseaux et les mammifères. Puis la voie
tjéuésitjue dans luquelles'engngentà fa fois
lù is les vertébrés des trois classes supérieu-
jes, se bifurque à son tour, et l'une de ses
divisions est suivie par les reptiles et les oi-
seaux, tandis que l'autre n'admet que des
mammifëtes. La premièredecesbifurcationB
correspond à l'instant oii l'organisme nais-
sont produit la tunique amniotique et l*ul-
iuntoïile chez les vertébrés supérieurs, et
poursuit sou développement cbei le poisson
ai lu balracien sans être le siège d'aucun tra-
vail organogèniuue semblable: la seconde
est marquée d'abord par la formation des
vil'osilés du cborion , mais se caractérise
uii ux encar<i par l'appaj-itiou des parties de
l'encé|.tuleilont les mammifères sont pour-
vus, et dont les oiseaux, ainsi que les rep-
tile<. Sont toujours privés.
Iiiijépendummeut des divers plans fouda-
uienlaux bien distincts que lu nalure n:et en
tcuvre pour constituer le règne animal, il
existe donc un certain nombre du types
stieoiLd.iies , et il ne serait pas plus vranle
dire que le mammifère, par exemple, est un
poisson perfectionné, qu ilneserait exacide
repj'ésenter le vertébré comme une consé-
quence du ijerfeclionnemenld'uD mollusque
vu d'un nnnelé. Le mammifère et le |>oisson
sonllirés d'un type primordial commun;
lUiis, lorsque l'organisme cotloruié d'après
co type général est prêt 6 prendra un cacbet
&POLOGETIQIIK. |»C ju
particulier, il n'est encore careelMté ui
comme potnoD nf comme mamnitère; «
3uandil revêt l'une de ces formel lecas.
aires, il ne passe ismaii ï Tautre par lu
progrès de son développement.
La i])ultiplicitédeslypeszoologlquei,soil
primordiaux, soit secondaires, me sesbli
donc un résultat acquis i la science; et,
Bujourd hui, moins que jamais, il neunii
Tiermis de considérer fe règne îuimsi looi
eniier comme représenté par le dé»elo[i[«-
raent d'un seul et même animal donlleln-
vnil organogénique s'arrêterait kdaipéricF-
des diverses de la vie embryonniirs. Quel
que soU le point de vue auquel on m pliei
nour étudier celte question, on toit qnt
l'ensemble des animaux ne forme pu nm
série linéaire, s'étendant depuis la aoudr
ou l'éponge jusqu'k Tbomme, e( quels
métamorphoses de^orgauismes sopiriein
en voie de formation ne représenlul[iÇ
davantage les divers chatnoasde celle wit
-imaginaire.
EMBRYOLOGIE, j S-t-il unité etiilaliU
de gorme dans le règoe animal? ¥09. Honv
art. Il, S VIII.
EMMAUS, apparition du Chrisliuidlsô-
nies qui s'y renaaieot; difficultés et solution.
Voy. Luc TSaint).
BUP1RI9UR des sensations, son illiuioiL
Vou. Ahb.bV.
ENCYCLOPEDIE NODVBLLE. - Wt
Leroux etReynaudont publié sous ce lim
une lourde compilation ou le mauTBiiEtti
el l'ignorance le disputent è l'implélé. ^
public n'a pas tardé à comprendre qu'on;
outrageait àla fois la religion et taTériUbl*
science ; il l'a rejetée avec mépris et la oo»*
velle Babel est restée inachevée.
Les auteurs de celte indigeslepublieitid
se proposaient de continuer la traditioali
xviii* siècle. La traditionl mais quellaln'
dition peut-il y avoir à suivre sur lesIrW
d^s pfiilosopbes les plus anti-traditiooDd
qui se soient jamais vus au mondeTAmsil
que l'on ne veuille puérilement jouer li
les mois, la tradition ne peut consiUrrl
répéter et à suivre les exIraragaiicesil'iKj
génération isolée do penseurs, mais blwl
garder l'enseignemeul qu'une chaîne Hj
iiilerromnuerattache fax principes dagii^
humaiu. Les auteurs de l'Encyclop^ît"*
telle prétendent, il est vrai, conserterwW
cbal'ie j mais comme ils rejettent lu '6™
historique des monuments qui en fonll
premier anneau, comme ils Iroubleotlrt
pire de la critique par l'emploi des »M
rations germaniques sur les mythes *IJ
symboles appliqués indistinclemenli low
les parties de t'antiquité.-dès lors, lefM
uit;s traditionnels sont saps valeur, et ffl
delés, comme une cire molle, aux aV"'
de l'esprit, ils deviennent ce qu'il p^
chacun de les faire. Pour ce qui eii«
doctrine, les nouveaux eucyclopédw!
laissent beaucoup* désirer (tH*); «**'
(1179) ftemarquei que je parle seulement des parlies de VEnenclopidît mouvetle qui oui r^V»
auK KkuGCi spéculaiives et religieuses.
MCTUUUiK ArouicniQCi:
-»C
cm
Ceafiorteal qoetouefors sar Im inck-édulet
«luiiAde (mMéj il ne faut poiut oulilier que
fignoriDce de etrai-ci éUit, en matière de
rdigioo, je ne dirai |>as eslraordinaïre ,
mail preiqiM bba(euse.Toulerois*suifiraJt-
ii de anrpeucr Tersiie, pour èire uo
Adùllade Ibrce el de valeurT liais ce qui
Ml plot admirable eoeore, e'esl qae les ino-
doMi eaeyelopddislM oot ca hsBla estime
le mérile de liaurs prédécecsears ; ils les
lieaBsal poor Tfctorieox, el, dans l'appré-
cialiOB qu'ils foot de la valeur des aulres,
ibdoiiiMol la mesuredela leur propre. Ils
disani fraoebeioefit fuc la lutte entre la
fMtttpkfe tt U ehriêlimitme tst finit déior-
mm : que la eonlinuer ttratl pour$uivn
imiammt la victoire (1180). Ils adirmeot
iToo loa plus ridicule encore que la philo-
Mphîea a Irioiuphé da cbrisluoismo , ao
taUaqoéat par son eàlé raible* c'est-t-dire
«• palTérisaot aes mrtbes et se* sTmboles
(1181}. •
Certes, qeand du JcriraÎD vient dire d'un
Isa ^Tfl el aentencieux que les crojances
religieusea de Beeoo, de Leibnilz, de Nev-
lon, de Pascal, de Bossuet, de Vico, d'fiular,
<wl été rMmiUi m f»udre par Vollaire ,
Oidervt, d'Holtweh, les déistes anglais ou
tas ralioaalisles allemands; quand uo écri-
vain parla de la sorte, sans se douler mâme
I'ilcomprometsaproFredi^niléetlagraviié
sas lecteurs ou de ses auditeurs, il n'y a
qo'aD seBlseotimeal qui puisse étouffer le
rira ioastîDguibledool parle Homère: c'est
cetie impression de pitié que provoque la vue
des vidini'-s d'une erreur monstrueuse et dé-
plorabla. En etfel, quoi de plus siosalier
«lue de cbsDier victoire après uae dtfiaite ?
Qoe de vouloir changer en marche triom-
|ibale uoe fuite ignominieuse T Citei-moi
teulemeal on point sur lequel le christia-
oisoie ait été réduit em pouore par la philo-
sopbia, el je me condamne k un éternel
silence. Si quelqu'un de mes adversaires
acceptait te déft, qu'il prenne bien garde de
ne prouver par la que son ignorance; car
j'ai coDoa de^ hommes Irès-inslruits dans
■elle ou telle lirancbe des sciences profanes
■I eo mâme temps irréligieux ; uiais des
boiames tout k la fuis irréligieux et versés
dans le eooaaissaoce de la religion, je n'en
Il jamais connu un seul. Quanti, nos nou-
teaas encyclopédistes, je crois qu'ils se sont
persuadés- cette singulière opinioDi dans lu
désir d'afoif un terrain net et dégagé pour
? élever us bcHiv «) édiûco,siVa*««irreiif-
barrfs de démolir l'ancien, et aaus wurir
le risque de bilir eu l'nir. Il était possible
ilans le paganisme de faire des découvertes
religieuses ; on le pput croire hors du chris-
tiauisme; dans tous les cas, eependsnl, si
ces inventions nouvelles prennent racine*,
-elles seront un renouvellement, el non une
innovdtiou. Mais partout où règne le cnlle
chrétien, partout oà il est connu, la ten-
tative ne ueut réussir. Car le type du vrai,
qui brille a tous les yeux, ne saurait le per-
mettre; la connaissance de l'originsl dé-
masque les mauvaises copi es, el fermeloute
voie an fanatisme et & la fraude. Voî|ji
pourquoi les fruits de cette esjtèee meureot
avanl de naître elne sont que dediétifset
ridicules avortons (1162). L'exemple récsut
-et nalional des ibéopliilanlhropes , celai
surtout des saiots-simonïens, avec qui ils
sont unis par une communauté d'idées et
d'origine, aurait dâ ouvrir les ycui à nos
nouveaux encyclopédistes, et leur propbér
tiser la fin qui les attend. Peu im(>orte
Ju'après avoir échoué dansTélsblisseineiil
*UD culte positif, ils n'aspirent humblement
aujourd'hui qu'è fonder ou mémo h prépamr
une rttligioo philosophique. Car ) essence
de toute religion, c'est le dogme; or, une
fois endehorsdui)aganisme,iTne lesle plus
qu'une chose, admettre le dogme cslbor-
liqus ou le rejeter, o'est-i-dire , tomber
dans l'iocrédnlité; quelle que soit la foruie
qu'elle revête ou le voile dont elle se cou-
vre |1 183}.
C eat une suprême folie que de vouloir,
comme nos encyclopédistes Douveauii coq»
server le dogme religieui sans être chrétien,
ou répudier le christianisme sans tomber
dans la rationalisme (118^). El d'ailleurs,
d'où tirer le nouveau dosmel Des tradilions?
Uais en délaissant le-fiT direct et légitime
de la tradition hébraïque, chrétienne et ca-
tholique (et toutes les traditions du monda
se tiennent}, on détruit l'autorité du prin-
cipe traditionoel,oaiotroduit un inextricable
chaos. La traditiou légitima qua les catho-
liques recoouaisaent est la seule qui puisso
faire autorité, parce que seule elle est ré-
gulière, continue, hiérarchique;, seule elle
présenta une règle ferme et inébranlable
pour la distinction du vrai el du faux an
milieu des monumeots du genre Itumain,
monuments épsrs, altérés elconfus-Ou bien
imaginerez-vous de vains fanldmes, luur
).55S.
(iisn ftirf., p. 556. Prenei garde' i la aingala-
6ié Ac reiprc^iM. ComaieM peut-on réduite m
«■rfiv ee qui a'tsisie pu! CuaiaMnl! pour ridnire
^ pmiÊdre des Bylkct el de* sgrirtalct, ou veut
>âp««y}M' U pbilMOpliieT Et eamaicat réduire e»
MMdn dcanjUiei d des ajrnbolM, Ceue tielle
>hr3a« 4ait tif wtter ki rétuier, puisqu'il est quui-
..*« ie dactrine : or, uo se peut réruier que l'cr-
•■«r, coauBCBl serail-tl donc possible de réduire em
ffirt des utlIrs et des fijinbole*, c'i-ii-à-dire des
■Ues et des âttécoriesT AuUnt vouloir réTuUr les
f!i%m»tfkuii d'Ovide on la lanpe bline. Nos
HKiesascacTeïopéiitleBTctiIcMdHeiiue la yhi-
loEophie a réduit en ponilrc le cbrisiïaaiiow, ea
nieiiaDi ses dogmes et tes mirades a« nm des .
. sjnitmles et des mythes; ils le voalaient, nais ib
n« l'ont pas dit; et, au lieu d'énoaoer une TantMlé,
ils proTèreat ( rit ténia verbo! ) une sotliie. Celte
ignorance de la langue est très-fréquente, pour ne
pas dire coalinueUe, cliez nos iUutlres compila-
icun.
(1182) roHM'tf^roiioni nr ta dottriue dt Y. Ciw-
Min., G. 5. a* ini, p. 188-193.
(1183) Le ralionaliinie théologiqne, par exemple,
est une \ériul>le incrédultié.
1181) Voy. art. BvLfscaaoae, t. Il, p.7M, 7<l^
MCTniauiKEifouwniim,
1«ar ftfrC ternir lïpla» der suf-ioteHigiblBsT
Maispenoune neToudra se réduire kaocsp-
l«r dei fantAfflAs po»r dei vArilés et de»
iDfatères; personne,, s'il a l'esprit sain. 64
s'il e«nnalt les doelrines ehrélieones. Cela
pouvait arriver quelquefois chei les païens
rd« DO) jours, il ne saurait eu âtre «iR»i>
CMr celui qui réelle les mystdre* de k r^
i fétalion n fstpu disposé àecceuterceui de
l'însxination, à moins que partiasard eelte
dernierefaculténe l'emporte chez lui surift
raison, ou qui; sa lumière rationnelle ne soit
obsourcie, c'esl-i-dire, h moins qu'il ne soit
«lupide ou imbécile. Or, ivi stupides et les
Smlwciies fout noaabre, mais ne font pas
MCte. Voulez-TOUR eniin avoir recours S la
raison? M«ii alors vous composez uU pur
système plûlosopluque, et nou pas une reti"
jioB ; vous retombez dans les vieill*» or-
aièrea du déisnae.
De ptus, pour faire uu» religion eu use
philosophie nouvelle, il faut des dogmea
nouveaux, c'est-è-dire iSuipoesHile; car,
ians le oerole <lu vrai idéal, la nouveauté
substanlielie das coDceiits est impossible.
Au re&le, nos nouveaux encyclopédistes sont
si k)in das découvertes et du nouveau, qu'ils
a'oul pas mAfa« celui que l'ou peut obienir
Jaiis les s«i«aces spécutatirea, Leur système
n'est <^u'uii syncréLisme indigesie, une copie
incolierente et superlicielle des docLrines
slletnandes coofondutw avec la vieille incré-
dulité française, et tout cela avec quel sel
-et quel attrait I Dieu seul pourrait le direl
Aussi, quand je les vois se déchaîner arec
■làiil de fureur contre M. Cousiu, ils me pa-
raisseut bien ingrats; car, qu'ils le veuillent
OU non, M. Cousin esit leur loatire. En effet,
s'iln'evait introduit en Francs le panthéUme
et le ralLonalisuie allemands, en les distri-
buant par lambeaux du haut de sa chaire,
nrnés avec l'éléjance et la gr6ce fratiçiiises,
jamais l«a sâinls-sioDOnienset lus nouveaux
eMcyGlD{>édistes n'auraient vu le jour. Il est
certain que (eurs théories sur le («rogrèi,
leur ridicule idéal, le mélange du maiéiia-
li:iine et du sfiiritualisme', le panthéisme
iiiysli4uo et sybillin qu'ils protesseol, et
litui ce qu'ils débitent sur les symboles el
les m;ytaes de la Bible, cie cont que des im-
|iortaiiunsallemaDdes, dépouillées de leur
valeur relative , c'esl-À*dire, de (cLte nou-
veauté, du cette profundeurque l'erreur peut
avoir encore, quand elle est l'œuvre d'es-
prits inAles «t érudits. On voit percer chez
' les modernes encyclopédistes, comme chuz
tous les imitateurs ambitieux, l'ardent désir
dû vouloir être oeids et hors de ligne, et
l'imiHiissiuice d*y parvenir. Dans leur style,
UD remarque al>»euce totale de subiiélé , de
uiouvemeat.de clarté; une manière sautil-
lanle^décausue, déclamatoire; une affecta-
tion de ftiux brillant et d'iuiages ; une élude
^utiuuelle à remplacer le génie par l'esprit,
«t les idét;a par les mot»; une proliiilé
Tipoteuse el semimeulale que Koûlent,
j'ignore comment, les Français daujour-
lUUJ Xct. Ciel» t m, p. CU7.
-dliùi. La onde rtapricl«uié d\ifir pagr ]|
prose da style poétique, durtwl qand j|
s'egil de uiatièrea seieoliBqws, U luiùt
d'un nénlo^me inntiia soet l<s «inn
ccrtaina d'une grflBdepaurreté<i'id6n,fuDi
Jaculté d'inventioa stérile ouépaisèe il'tii-
pioi d'une eipressien propre etiimple tU
inséparable de la fécoôdité du gfinie, Ku
nouveaux encyclopMiftea Idisserteram i
l'infini sur la psychologie^ la m6ls^]ru^,
■les doives chrétiens el toutes In ■iiiérâ
ies plus difficiles , qui réelimuM ta plu
Srande précision et la ptusgraDdeexatuuè
e taiigège, et cela, sans connaître ntaielti
-termes les plus élémentaire»^ de laKiniot,
qu'ils emploient le plus souvent h coiln-
aena, s'imaginaut suppléer par les fteundt
rhétorique et la poésie» k l'iDexattiUid» dt
leur élocution. Est-il possible d'imigii»
luiu métaphysique plus confuse, ae plu
extrAme erabrouillaotiai mie eeai iut-
ticlesCtEf et ComeimceT Une dépetwA-
rudition théotc^ique plss Iwrs de pnvn
-que dans les articles AuguMtin , BapUm,
^hritlianiimi, Conciln, Conft$4ion,C9iii-
motion f Si eeçcnre de penserai d'ictitt
«'introduisait, il faudrait itésespérer eoli^
rement de la philosophie, da la critiqua, it
-l'hisioire et de toutes les autres hnschK
les plus importantes du vrai ssvoir. Cas-
aient imaginer une sotUsa plus borletqu
que les articles ^moHr et Aniistff Et l'oBt'i
pas rougi d'insérer dans unaeneyclopéilie,
qui Hst pourtant une ceavre sérieus, du
moins dans la (>ensée d« ses auteurs, 4es
-Uraheaux écrits aveu le style de Ftori«a «
de Berquin. On trouve convenable i'imn,
dans un livre dootrinat, U*un style miniéri.
léché, édulcoré, affadi, qu'un hoawa dt
ocBur ne vuudriitpas mettre dans une idïUt
-ou un romani £t c'est dans ce livre qaei'M
bias|ihème la ruligioa 1 Et l'on pousse qus|-|
quefuis le sarcasme el riadécence ja$<jut;
un point oCl u'auraient pas voulu desceiwit
les écrivains ies plus éhontés du dernitf
siècle. Par exupipte, dans celte singuliiM
apostrophe: c Ah I Christ, votre ixndï
iu'éi>ouvaiite, el j'aime mieux ma via 1'"'
sagère aveu tous ses désappoiatemeiAt <'
toutes ses peines, que votre imnierlali''
avec toutes ses joies et toutes ses (i|
compenses (1183). > El dans celte aulrtj
« Vous avez connu, ôJésus, lesdouleursa
corps, mais vous n'avez pas plus coDQuli{
douleurs de l'ftoie, que , tous n'en m
connu les jouissances 1... Ijissei-iuN
croire que vous auriez ctivisagé lacocdilifl
des fetumes avec plus de charité tli
profondeur, si sur votre Irajel vous <
aviez reocoolré une digue de vous aiiS^
et d'éira aimée de vous^ft le plus leudcei
le plus sublime des «cours (1186}. *0M
uneceuvre aussi grava, aussi bévère «
celle-ci, fa en juger du moins par son tji
personne no se sersit altendu à reflconv
de ces gaietés impies, qui sentent ^
fuis lo ridicule el linfernal. 11 fiiudrsil|*>
{imi Ail. CéUbatt U UI, ||- 55S.
fSK
d'efpiH quaaoua'facvond à noiradii-
{WiitioD, ^ourdonoer ui ér-liaitlillon con-
pkiio Lsgage p)iitose|iliique t iiistoriqae
«tteligieuide nos comptlsleurs. Le prio-
ripa) mérilB d'ufl tliclioniiaire scientifique
eoiiiiiie datu un exposa clair, succind, prè-
âi,iie{a\l& biaa choisis; ee n'esl iju'en
uIj qu'il peut Être de quelque uttlité aux
gciis d'éludé qui le coD3uU«ni. Or, c'est ee
qut'on IrouTQ bi£D rureoMiit dans VEn-
ifthMit nouvelle ; cbaque arlicle y est
rempli le plus soiiveot de vogues génereli-
tft,<le dëcUmalioos triviylos, sans dire an
Kulmotde ce qui devrait^ ftlre traité.
Liseï, par exemple l'arlicle cMsr, et vous
tarez UD eiemple de oeitu manière de corn-
pscr. Quelquefois, ils tombent (wr inad-
nflinee ou par ignorance, dans deserrf^ufs
liitmijues pour ainsi dire incroyables daos
réuUcLuel delà science. Quel est, es effet,
rHlmograiihe qui rangerait aujourd'hui les
nifiieuseï lesPersesdu leiops d'Aleiandre,
pirini les peuples sémitiques, par opposi-
Ëun itec If.s indogermaniques (1187).?
IN^nil i la philosopTiie, Jes idées de nos
Wipiiiteurs sont tout à fait confuses,
BBiDeoapeul s'en convainore par les ar-
Idattakfur, CondiUac, ÇoMcienee, Eclec-
BKnusnuRK inuKiETiQUE. risc ^^
fijtiiiiliigir nwite^iw. nivale LvmennaNwi
sans contredît un écrivain dtoqBéiit MplÀin
d'él^ance, mnis il ne'fn^'(« pas ceptstm-
ntofit uira gronde réiinlation tomrrte politi-
que , coffiino érudil , comnra Ihëologiert ,
infime err tenant coivpte de tes prMuters
écrits. Je cite cejngemeni, parce qu'ti peal
faire concialir» quelle est la valeur des
«pprécîaiions des auteurs do V EneytflvpMig
aouvelk, dans les matières philDso^ttriqoei.
Il faut peut-6re tin peu plus d'érudlliofl poar
*a rendre compte de lesr jugement sur ta
ptiilosopbîe de saint- Bonaventure. ■ lloo
cherche pas, disent^ils, le foTidem4>iit de «a
foi dans l'ontologie pare , comme saint
Thomas (1191). > Saint Bonaventure, mat-
gré la aégl Ij^etioe des historiens h son égard,
est un des );-hilo90pbe8 lis pivs éminems du
noj'ea Age , et il excelle surtout comoie
grand untologue, comme plus grarid oi»-
tologue encore quesaim Thônus. Mais ma
eompiialeurs sont déiteieui sorloutiÉanlISs
sciences théologiques. €i vous aver la pa-
tience de ies lirer vnus appreudrei que les
lu réi;it mosajijuf) ,
objections laites Contre
au sujet de l'arche sont insoluljles (119^
que le déluge ne peut être univirset, psrm
, , ^ — , , que les eaux de l'Océan ne sauraient mteio*
nu et autres; il est impossible de cûnce-- ure k labsuteurdes montagnes (ll9S);que
l&lear sjstëma d'uoH manière précisa, ^ans le cas contraire, il n'y eureit plm
IntpaatliéLjm?, leur doclriue sur l'inâ- ■ aucune garantie danses monde pour |fa
■» Qb amiide, sur l'iuimorlatité de l'âme -éiablissemeots, auxquels nous mettons ladt
de peine et de travail, » et que Iti tati^-
pienlt d* ("etprit itraient expo$éi à périr
eotume ceux de la richene (IIWI: perla
perU confustoo' de la psychologie avec véritablement déplorable, surtout s il s'agit
W""'^' ■•-"'"•■'" - -" ■-■■■"— -- '-
» (IISS), conliaonenl taut de con-
n, qu'il serait fastidieux de les
r, Onne peut pas mieux s'expli-
perU confustoo de la psychologie avec
Pplituologie. La manière dont ils coto-
^'it les doctrines du M. Cousin et de
1^0} sur ces matières, donne lieu de
Ce que c&f robustes critiques ne con-
t'ui pas même les éléments de lascieo-
t«l^u[ ils traitent arec tant d'uplomb. Eu
F>cral, on seul dans tout l'ouvrage l'db-
pJiiuiiiibonnesétudes, d'études élémenlai-
P; bu Sent les ioconvénients que causent
B lectures désordonnées , et faites sans
%raiioD, sans éducatioa convenable.
«tihint tiiitiquer aulreoient les éloges
W'-ï et puériles qu'ils donnent à la philu-
4^iâ ffiingaise du siècle dernier: c La
f)it:rit:use puisstince do la philosophie
■faise, révélation nouvelle, voix de no-
«(icj{ije, voix du genre humain, voix du
KK (1189) ï > Comment expliquer aulre-
>!'< la CDuiparaisou qu'ils él<jblisjeiiE enlie
^milite de M. de Lamennais sur la terli-
w. ei la critique de la raison pure (1190),
«'•-Wiip entre le travail le pfu3 superti-
>«' ei le plus insullisant de nos jours, et
■""rage qui est, malijré tous ses délauts,
't'iusprelbnd et le plus neuf de toute la
tU«) Art. AtexaadTe, L I, p. 264.
i l£j A". Catherine II, t. lU, p. 33L
W) Art. lUUelitTHt. 1" pan, G 1, fiolt.
WlArt. BflMBMWMff. (. Il, n. fsû.
»^*t)hn. Ardu, Ll, pageÎBS. Voy. Ùti-oat.
t'iK) in. tmtge, livrais. 25, p. 2«t, 262, «3.
des testaments encyclopédiquei que 1 oii
rédige duns ce siècle, et qui ttitH, »ùts de
durer éterovllement, ^ moins qu'il n'arrifa
un nouveau déluge. Vous o)iprendrci que
le christianisme naguit du moria^* (je cUu
littéralement), du dogme orimtai avec Uf
philotophie grecque (1195) (Siraus (1196) lui--
uiéme [l'a point osé donner ce seotimenl
-comme fondé);que • on est élomié de ton-
xtes les raciues que le christiaRivme avatt
déjA, lorsqu'il commença à prendre son
nom; os est surpris de voir qu;i.le pa-
ganisme lui-même lui a servi de berceau;
on est daos l'admiration" en comprensat
-que celte religion, si nouvelle' eu app^
rence, fut la réalisation et le conséqiieiKe
-dB ce que Ja philosophie svuit enseigné
de plus élevé sur la nature divine (1197). k
Le lecteur sera plus itoané de voir qu«
l'on tasse naître le ebristianisoM du paga*
jii^me , ta lieu de considérer celui-ei
comme une régénération do celui-là. Que,
<t la penâée chrétienne, la pensée initiale, et
pour ainsi Oire plastique du cbrislianUme, >
apparlient fc 1 ariauisuie non maim qv,'om
ITojf. DiLuu dus ce DiGtioneair»
III94J Art. Amiibl^vitn», 1. 1, p. CUI, SOS.
(I1Q5) Aru AtvMnirt, I. 1, p. 3Ui.
(1196) Vu de JiM, Irad. jwr Litlré, Paris»
1839, scct. I, chapitre 1)5, % 11, tuai. I, puk i, is
(Ù97) AiL Ârimâmt, U l.p. Slt
:.V» :KIC . MGTWnr&UtE
i talh»lkifmi , quotqut l«« «r Jm* utûnnt la
. iUvintti dm Yerbt, et qu'ils eussent étitbii
■ «M* rttigion différent* de la religion ealhe-
./l'f lie .(1198); que uint AlhaiiASe et saint
, Aiisufltiii Tureiil los /ofiffaleur* dw catholi'
, <iême { que jtuqtt'au militu du ir* eiècle, le
. dogme ckrélien n'avait pa* d'unilé; tfutiaint
Aliiamaii établit toliiiement la divinité du
éjkriât, et It dogme d'un Dieu en troii per-
.sotMe» ; qu» saint Aujjusiin et io cttristia-
- uisiuerureiil pref^uo manicliéens ; que le
. dogme du pécoé ori{fin(il est un manicMims
fAr^b'en; el que ropinion catholique et celle
lin Uaoès, ■ c'est absolument la même
chose, ûu moins quanl à l'existence du
■ mal et è l'emiiire qu'il exerce tur Is terre
. (1109).» (Et que dinieot-ili ces habiles Ih^o-
wttiens. si je leurtUmontrais comme on peut
t le faire île Is manière la plus 'rigoureuse,
(|De sans le dOKme du pécfaé originel, le
véritable waniraéisme est inévitable.) Que
. la formule chrétienne ■ de Dieu le Père et
do Dieu le Fils... veut • dire t la fatalité
.règne dans la création, ou pour eoiploj'Cr
,lt.-s termes mystiques, dans le sein de Dieu
.la -Père; mais le règne de l'inieltigence
■vieodj-Si et la falnlité sera vaincue (I900J : ■
■Uufl Luther nia la présunce réelle (1201} ;
que ee()andaDl « Luther... entendait les
riiijstères du Christianisme aussi catholi-
quemeut que Bossuei {1202} ; » que Bos-
.suet tacrijuiit tant façon beaucoup de prali-
■4iuei dtt.calkolieiiime aui protestants; qu'il
-lit wu muvrede proleilanlittnt : qu'il était
rdM fond atteint tt pénétré du proteelantieme
11303) ; que le proteslanlisme doit être
loué, parce qu'il délivra le monde de celte
■éfotÊmmtabU tyrannie ilu culte des sainls
-qui faisait mépriser la terri et tautei let
répulationt de la terre (JÂO^) : que le
■ckriMtianitme épuûé n'a pu résoudre les
,problèmrs... et de qui 7 de V. Uzi^le (1201)) ;
que le conuile du Nicée ne savoit pas l'as-
Lronomjo, parue qu'il faldcsuendre leChr-st
-aux enfvrs et luontereu cîul ; que Ips as-
;tronumes modernes ont la gloire d'avoir
rtùné de fend en comble ce fabuleux édifice
-(i30t>) ; que dans les premiers conciles, les
.évoques iréiaieiit euLto cliose que Ihs re-
Kréseolants du peuple, et que le synode de
icéu fui' une véritable assemblée consti-
tuante, une xérilableconvenlion{i201);q\)6
liiut individu, dans l'avenir, (quand l'i-
4léat descendra sur la Ivrn) sera pour soi-
■tutmv Pape Bl emptreur, et cela e^t si vrai,
que l'auteur croit le voir écrit en hnul sur
Mta talonna de brmxe 1120H), etc. etc. Hais
(119S) Art. Arianlsme, U I, p. 820, 821.
' a'"^' ^^^' *'''^''*'< Aa^iR, t. Il, p. 191,
(1*200) Art. ArMiUMnifiNf, t. il, p. 6l.It fitui lire
toute ccUe page tl l'on veut avoir une idée de» inep-
tie* me peut déliiler un plillosoplw Kur les dogntet
IctiDieiii, fluanil il ne les connaît pM.
(fMI) Art. Bénuger. I. Il, p. 010, «11.
'. jlWS) Art. fioHiwi, U U, p. 824.
(12US) Ibid., p. 821, 823. S2I. L'abbé Ikrgier fat
pins inalheapeai eticuTé, . car, amln qu'it ctait «x
trois qtàarti preieUttil el pkilasoplu tamau on l'était
AMLOGETIQDI. ÏIK m
ea Tuila assez ixmrdonnflr au ledcar nn
éetioniillon de VEnevelopédie «siivfiJf. Si
ces peliis morMaui lui font venir l'esQ i
ta bouche, il peut aller è la source mtma
pour s'y abreuver. Pour mot, je ne crois
)>ai ou il soit k propos, je l'avoue (lion \t
os de nécessité), de rompre une imct
contre délais champtons, armés d'une cri-
tique étrange M aussi formidable.
Avant de tinir , je régalersi le Uctm
d'un petit extrait de VEneyelopédit Hts-
telle, qui donne l'idée d'une réjouiuiule
imagination. « Voilh trois siècles qui »
sont passés, dit un des illustres comjii-
lateurs, sans que le chrislisnismeril con-
voqué on seul concile, et aujourd'hui,
un concile orthodoxe de tous lesévtqunt
et docteurs du chrislianisme serait jiru-
qoe aussi en ' arrière de l'état de b
science el de la foi humaine, qu'un tond'i
des pontifes de l'Egypte nu des prh»
de Jupiter, n'il était possible d'en rssmi- '
hier un (1909). > Qii aucua catholiqoe m
a'iniiigne ft ces paroles ou qu'il ne [m
point observer qne, quand même leipui-
teurs catholiques sersienl aussi ignortou
des sciences humaines qu'il plaît au docte
encyclopédiste de le supposer, un concili
ne serait ni absurde, ni ridicule, puisqu'il
n'aurailè s'appuyer, en i&aiiéra dedogmt^
qne Sur les traditions -constantes el [lerpA-
tuL-lk-s de l'Eglise ; en parlant de 11 soru,
il montrerait qu'il n'a point compriileKB
de \' Encyclopédie nou«e((e. En effet, "
moyen de leur aldiiiuîe de mylho) el it
symboles , nos encyclopédistes irouml
sous les dogmes chrétiens les plus beim
secrets du monde, et en loucbanl, pO"'
ainsi dire, la reUgien de leur baguelle nu-
gique, ils la font devenir ce qu'il leur piii^
Aussi, je ne m'étonnerais pas s'ils réussii-
soient a prouver, par exemple que lei Pi-
res de Nicée ont résolu quelque problèiffl
■de trigonométrie èproiiosde la Trinil*.,el
3U0 ceux de Trente agitèrent une queiW
e cliimie dsns la controverse de la Irans-
substanliation. Dans ce sens il est irès-ttii
3ue, pour n'être pas en arrière, un com*
uvrait élre encyclopédique. Et corame «
litre ne conviepi è personne mieux qu^
nos compilateurs, qu'ils ont, d'autre \i^
donné un magnilique échantillon d'éruai-
liyn itiéoio^iquQ de profonde bsbiis" '
inUTpréter avec clarté, précision et elou-
cité , ce que les théologiens catlioli'iD"
n'eiilendent plus (ISIO), je pense en cous'-
quencet que le seul concile grave ol um*
de ion leinps, c'est-ï «lire iocrédule, U ^^f**^^.^
chriiliatùime et le catkolieitm «or* Ut t»"**''
(on. BergUr,t. II. p. 615). l'a livre a W»!
(1204) An. CanonualioH, L 111. ^ 219.
113051 Art. Soyte, t. 1. p. 519.
(1206) An. Ciel, I. Ul, p. G04.
(1207) Ibid. p. «8. Art. C«((e, Utraife». ^
IGO.
1208] Art. CoHdles, I. lU, p. 7li.
(1209) Art. CoHeilet, t. Ill, p. 727.
(tSlOl Art. Btr0ier, 1, II, p. 6IS.
VICTKMnfâlIlE
derriiH £lre
«POLOOETiQUE.
-V«
qai soit pMStW* rfB noijwirs, derriii
(•«o pir Its pèns d« lïxeydopMM
kOc.
BiictcuwsMR iiODnLLB,son attict^Ù/lugt
réfeU. F«y< BiLD«s, i 11. — Son o[>inîon
tar rnrigine d« riiomma «t des êtres or-
faiii»éa. Voy. Homhe «ub inil. — Foy. aussi
PiosKài coutikit. Hie dêishe, etc.
RNEHGUMENB. Voy. PosSKsiioit.
ENFANT, comment il se développe. Toy.
PttCBOUMli, 5 X. — Enfant! morts sans
l>a]il£me. Toa. Pécbë ontai'tBL , | II , et Pi-
irTEHKE, 1 111- —Mortalité des enfants. Yoy.
ÉLUS, I II.— Enfants séquestrés. Yoy. Pbt-
caoLOsn, | XI.
ENFER. >- A ce mol terrible, il sembla
TOcl'nitn les convictions que l'apologiste
•fa chrfstiaoisme était parvenu h rallier h
Il férité TOnl lui échapper. Snr tou» les
«ulrfs points on avait roBsenti k l'écouter
m iiioiDS, et la lumiire, perçant peu h psu
flaiu lu iotelligeaces avait fini par leur
itécfiiivrlr des rapports si biAi lias «t un
<JM«ein si partait dans la religion, que Is
•livinité d« la main qui l'a établie et qui
U porte avait été reconnue et acceptée. Mais
>ci HB niurmure s'élève du fond de toutes
' les ifliéa et couvre sa vois. On lui relire en
■n inïtint toute la sjnnpatfaie que de longa
tCbrts loi avaient gagnés , et tout l'édifice
et lOD apologie vtaisparatire dans l'abîme
^l'il a eu la témérité d'eatr'ouvrir.
11.
I de 1* négaUiMi da dogme de l'ealér. —
Noos le distms a*ee une pleine assarantie
tt oiatgré la violence du pr^ugé , non , le
éegDfl de l'enfer n'eat pas une auperfétation
ri an bora-d'œuvre dans le système de la
Térilé catholique; il est au contraire si
ri^ransement lié \ tout l'ensemble de ce
difin s/slètne et tellement pris 6 sa base ,
qntiéstter le moins du monde h l'admettre,
•c'est hésiter k admellre loales les autres
tériiés , et que le rejetec, c'est tout rejeter.
Nier l'enfer, c'est oier la rédemplioo ; nier
!■ rédemption, c'est nier le saluL du genre
liDmain par la croîi de Jésus-Christ, c'eiil-
à-dire, le plus adoruble de tous les témoi-
fages d'amour que te ciel pouvait donner
la terre... C'est nier, par suile , la raison
de loates les institutions de charité que cet
nemple d'un Dieu mourant pour ses créa-
tures s enfantées , et tarir la «ource de ce
qu'il 7 a de plus doux , de plus consolant ,
du plus secourable pour l'humanilé.
Cbmaisses donc, el décidez-vuus: loul le
majestueux édifice de la vériLé catholique
est là devant vous , assis sur les ruines du
)M^uisma. entouré de l'hommage de dii-
buit siècles, fortifié et grandi- dans la ricis-
■itude des choses bumaiDcs, qui a tout en-
lorié, qui emporte tout, excepté lui. Il faut
le renverser entièrement, le raser, et passer
1) cliarrue sur le sol qu'il occupe , si vous
(«liez «■ retirer la verilé de l'enfer, .
Vous TOI» décfdezfMnl^tre I cette grAO^<
négation... Eh bien , soit I Vous voilï d<i«e
hors de cette Eglise qui avait l«nt d'intérêt,
- disiez-vouï, au dogme de l'enfer pourservir
de relrancbement ft son autorité 1 Vous
n'avez plus il craindre la maxime Bart 4t
tEgliie point de salut, car il n'y a qu'elle
au moDoe qui l'a fait eolendre. Vous voilà
libre ; plus d'autorité , plus de menaces , lo
libre examen, le proleslanlisme... et ses
variétés et ses variations... Que de chances
pour éviter la vérité que vous voulez fuir I
Mais quoi 1 toutes ces chances n'abcu-
tiasenl qu'à vous la faire rencontrer plus
inévitablement. Toutes les vérités catho-
- liques ont été marquées du marteau 4e
l'hérésie, plusieurs ont été démolies, p#s
une qui n'ait été riformii, et réfortnde daijs
. le si?ns favorable aux .vues de la roiion el de
lafiberjtf.'leoélibatdesprStreStlaconfessiiHt,
la présence réelle , le culte el ses pratiquas
- assujettissantes, etc...: )a vérité seule d qn
. enfer est restée debout, înlaste^-'t Jb nw
' trompe, elle a été élargie aux dépens du
dogme du purgatoire, qui a'été supprimé^.
Il n'y D plus de milieu dans le proleslan*
lisme pour la faible humanité: le ciel «u
l'enfer.
Rejetons. dîres>vous peut-être, le chris-
tianisme tout eniferl Maia y ponsez-vount
. le christianisme, cette source de vérité et da
vie, ce fuyer de civilisation , cette grande
lumière k la clarté de laquelle marchent l«s
. nations, et en qui reluisent tous lea carac-
tères de Jb divinité 1... Hors de lui qu'eapé-
rex-vous trouver, sinon la barbarie, lasa-
perstition, in nuit? Et cepwdant c'est K
que vous voulez aller roua jeter pour évjter
la vérité de l'enferT C'est la région de la vé-
rité et de la lumière que vous quittez pour
[lasscrdani celle de l'erreuret des léiièUresT...
.QuitlsacriticevousfailesàvotroincrétJulitéL.
Eh bien, soit encore I promenez votre
scepticisme dans tons les pays, dans lu^s
les siècles i vous ne ferez qu'accroître, que
combler la mesura de la vérité qui vous
poursuit. Pas un temps , {tas un lieu , oCi la
croyance b J'enfer n'ait constitué le fonds 4"
toutes les religions. Nus piiilosophes uq-
dernes reconnaissent eux-mêmes et ont
formellement én>mcé dans leurs livres qiffl
du leiops de Moïse el des rfébrcux, et dans
les temps subséquents , les Cbaldéena ,• les
Assyriens , les Egyptiens , croj^aicnt k
des peines éternelles. « La doctrine d'un
étal futur de récompense el de chAtîment,
dit Botingbroko, paratt se perdre dans tes
ténèbres de l'antiquité: elle précède loat ce
([ue nous avons de certain. Dès que nota
commençons h. débrouiller le chaos de l'his-
Inire aucienne, nous trouvons celte croyance
établie , de It maaière la plus s^ilide, dans
l'usprit des premières uationa qun MWS
connaissions (1211,'. •
Unns tous It» .pays découverts |<er la
ravigalion , des ezirémilés de l'oneol 4
celles de l'occident, el jusque dans lea Um
(iStl) BoLLiCMnu's irtrrfci.-Tol. T, ^ «SI, iu4*.
' ia W# OCTKHM&OK
' ' teii yiiyt 'éioteiiéé* «t les phis inconRii«y, on
' 4 troflTé toat coeur d'Immine péoélré dô la
• cr*if*(ed'iin ertftr èl«riMl.
' ' iQuI a inspiré cfrtte craînlfl au s^ore hu-
main tnui «ntierf Et costment, i travars
"lafit dVsp«o©s , de degrés , de Tariétéj in«-
' nies (ta temps, tte Ljtux, de nmurs , de cbu-
' luTTieB, de fumlèl^s, lous les honuncB au-
raient-ils élé ^gaiement persuadés de la
■ méoie croyance, si elle n'iteil qu'âne tnw»-
tftmf IVtra penvenl il» la tenir, si ce n'est
'd'une révrilallon primitive el de la méafl
Bourcn d'où leur Tient dëjà la conscience et
tes imprf^cHnlibles voilés?
' ^ de qui serait calte înTontlanlDes
rois, dït«-l-on. — Lisez les poêles du paga-
Bfsnie , et tous verrez que presoue tous les
• réprouvés qu'th citent avaient été mis : les
' Sisyphe, tes Taclale , lés Isinn, las Oanaù^,
• et lanl d'autres. Ce ne ïont dooc pas eux
'OUi ont inventé «et enfer contre euT-jnénies.
"ComsM&t d'ailleurs uitte iareMion te serait-
elle cOmmunlqade, oomine en un ctin d'œil,
i#inie extrémité du mondeirautreT.., L'iti-
'Crédulité doit savoir se borner elle-mésie
't^Gn , si bile «é voet tomber dans Vabturde
•■pour échapper à Vineompréhenti^te, el perdre
la rnisqn pour éviter la foi.
HAi8,dirpz-vous, dois-je en croire une
'mullftude îosen«^TEt le genre taumaid ,
dom Je ne feat déclinar le témoignage,
n'esl-il pas mieux représenté par les intel-
'ligénfws d'élile, par les penseurs en qui
'Viennent se radreaser toutes les erreurs,
'«'épurer tuas les préjugés T Ne puisse pas
'Mre appel «a iribunai ua [e {>hilosopRia de
-la décislonda vnlKairef
"^ Je rOBS l'aceordet alloni dotK an tribu-
~ Ml de la philosophte.
~ le ne vous citerai pas les grands génias
2ui ont honoré l'humanité depuis Jésus-
hrtst. Ils sont déjfi récusés comme chré-
lî«ds,et cependant quels nomsi... depuis
luSlin jusqu'à Pascal. — Mais passons.
Les plus anciens philosophes de ranlt-'
'quilé furent les poètes ; or, tous ont ensel-
'gnéet décrit loTiirtareel lea enfers; Orphée,
' lissée, Unus, Hésiode, Virgile, Ovide, Ho-
race. £( qui ne se rappelle ces vers du
poêle romain que nous avons étudié dans
"notre joHoesso.
Sedet xTEhsuague tedtbil
Jnfelix Thtuui (1ÏI3}
Voilà un réprpuvé cloué pour une éter-
, nilé sur un si^ga de douleurs, dont il est
,<x>ndaaiaé à oe se relever jamais. Voyez Tilye
- livfé.i la fureur d'un vautour qui le ronge
^éteraellemâot,
Ihbmtau jeeur tandetit, feamdaqu* maii
ViteraHm).
C» qui faât dire 4 l'impid Lncrècs : « Gom-
' mut fei TMlours pourraient-ils trouver en
' (1«2) TiHC, Xneid., Ilb. n.
'' 1(1119) Id.. IM.
■ iliU) UsaKT., tib. ui.
(»1SI OviD., Milamnh., iv, 11».
(«16 GOKU*.,
Tllye an aliment ^acfiel^ CwBMBt lui-
mime poiirnil-tj EOt&ir ÉteriMMuieBtT»
Nt£, QMDif inb maqno tenlanlUT pcrtorc.niVnM
PEftPETUAH aralem p»lr*u»t*ifmttfn{ttu..^
Nm tamen xtehAum fêtait ffi^t M»m
' Née prt^ere ei^m pro;*w rfi taivttt mt-
Ka(l»U)
Même éternité dans le supplice dé Sisj-
pbe:
Sitmhoa ouîcinu, tur hie « fTUlTÎhiu, mtpût
PÉRPETtJAS PiTiTU» PŒSAS (1Î15).
Encore une fois , tons les kogas da I'mk
tiquilé rendent lémoigns^te t ce dogme qi»
vous osez rejeter.
Ne verriez-TOUs'dans tout cela qoed»
exagérations poétiques ? Voici venir f liKn,
le grave Platon, qui' chksss les infltBS dt u
répubtiqae, mais qui retient lèun viritft.
— « Les vils scélérats, dii^, dont l'bt
ptrverse a mérité d'être incuratile, s«i
léduits à servir d'épouvaiilail; et leurs tkt
limants , gtli Us tourmetitetu «mu tet jtuHr.
De sont utiles qa'aBX lémoles bi lbdi a-
nazABLE ET DoubooBBDsz érBBinTi (lUËj.l
— « les Ames <f«i ont oomoiis des ama
plus grands, dit-il aiUaurs, sent préci|»-
lé«S DaRS l'^MHB Qu'on &PPBUi£ lmfu,
OB d'un Dom semblable... itmite hocome,
tel est te jugameat des dieux q«i lubltHl
le ciel ; des dieux que (« t'imagines d* pu
s'occuper de loi. Les bons seront râuni»
aux bons, et les méchants aux Ames des
méehaals (1217]. >
Socrale enseignait aussi ou'il y adeiclit*
mins divers pour leit Ames, l(>^sq^'elleIto^
laot du corps : celles des médiants pren-
tteoi un cbeniB détourné, qnl les eonilait
loin des assemblées des dieux (1218).
ËnChi , dans les prsiuiars temps du cbrb-
itianjsme, un [Âiiloiophe paï-en , enncni
ardent de eette haligiou, Celae, écriviil :
, — a Les Chrétiens out raison de penser
que ceux qui vivent saiotetneiit seront r^
compensés apr^s la mort, ei que les mi-
chinti sutiiront des scppuckb Érmiiiu. Du
reste, ajoute-t-il, ce sentiment leur «1
commun avec tout It monde (1S191. •
Toui /eniontfsdenc, poêles, pfailosoplies,
sujets, rois, anciens, modernes, civilisai
barbares, tout le monde croit é^lemrnti
la vérité de l'enfer. V^ité terrible OKO-
dant, et que tout le monde a intérêt as^
couer. « Il n'y a plus de repos, écrivsil
l'impie Lucrèce, il est impossible de ilnroir
. trauquille : pourquoi! Parcs qu'on est Tortié
de craindra après la via dtts PEram ivif
RBLLCs, et qu'aucun morlel'ne peut tW
heureux aveo ta crainte de ces peiiies-
Il faut k tout prix arracher celte crainte
du cour des honimes, et la bannir i iauui)
de l'univers t car 'Ha trouble foeta la (vîi
du geore humain ; elle ne permet de goQW
fISIT) Ut. 4éê Lait.
(1218) Gowus.
(lï!^ Ows., C- CtUe. — » L-o^i^tmé-fi p^
gatoire ainsi que d'un eufer, dit Voluirc, est k a
ptas haute antiquité. > { M4U. k l'Iiut. ft^-l
jH ' E^F BICTK»<MAW£
tacoMiicatité, aucun* joie» aucim plsi-
iif[iao)..
f jine rage qui ne peut que secouer, SQtis
Iiroopr», celte cbalne c^e la justice éttr-
oellequi retient le monde daos ses loisl...
Le Goui dei hommes a continué, d«çuis
Lucriea comme avant, et il continuera jus-
qu'il* Qd) i porter le Jnu^ de celte crainte
uluuir*, qui est pour lui le fondement dt;
bfittiue el le rempart de la r<é1icilé.
C'est dobc arec un sens profund que VoVi
uira répondait à ce complai-'aiit «mi qui
Hiulajtd'avqir trouvé enQu la preuve da
liDon-Biistunoe de l'enft^'r: fou« élei biat
iuratxl U JHii iai'n de là.
C'est qu'en eJTL-t pour eu venir lè il laut,
{\M)Swt ralitf nuUa eu nttaniti.nitlla faeul-
Iw,
fnuii} tpiimiam p(e^i3 in morte rimentfunt :
El mittt We forM prgeept AeÂtrntit Oftrubtw
l-'tWinj tiHMMiM fw Hlon jRrhU'o* tmo,
OiMM MjpMuba* ■««(* Mfron, lufw lUtaM
i*n MfuWfm iif>i4mt pvrcmfW reHi/Kil.
IT. liiiCKBiH, Xk M'M'. rcr., lit>. ij, m.)
[ISI) He qiM aultm omuitim natura cOnuiUil, iit
vuiiutuatue ui. ( De MtHrft Dter.Aib. i, nura^
r.)
|I3!] FtHilet, Ettaii el Uaximet de 1. Joubut.
il. p. 318.
t'MMHOfiM déê nWtlioni' «ar TiB/kr.
• IKtMi <n owapie deof , Is NiUaiai et ta Nw<
Ml; la todicoB tHi6l trois,. untôi ou^twe. et
frif)iKcte»ju4qu'iqiiau%-vw9i*.Ciiei l»Pu--
a)il;a avait sept; ily eo > ciitq chi-i tes Bir»
WH, Irenii^lrois cIiëe tes japonais, trois au Ti-
H MÎ] sutxli visés en dix-near régi ODi oii lespei-
■n un dUersiffées.
I tci tnibrs des 'nbéiatns sont Gnieha-Jonj-
U^njFi El Resmé. Le GotelYa est divisé ta deux
Mt, celle du froid el celle itu eband, partagées
ditiiue en Iniït autres. Dans celte dernière les
àatù loni coucha sur une terre recouverte d'un
ktottft, tts avateiit du fea liquide : ils sont écra-
■B (Dire lieux rochers, puis nus dans des cuillères
Kfcnirs aiec lesquelles les déiituns reniKent le kr
H \t plomb (badus : Ils sont sciés en deux, ou jelés
Mrdn éjiéeE brUlantes, ou écartelés en quatre, en
Ui, n trente om en aolianle parties, i ftisoic.
iiplui. m. p. 185, 369, seej
■ 1^ tnreri des livres Kends sonl placés au
brdd'une onde letide, noire comme la poix, froide
vnot la neige. Les tmev condamnées s'; agitent
Bui cesH. Une fumée Caisse sort de cet antre
fti^tnt, a rintérieur est rempli de scorpions et
*t lerpenti. L'infurip îles Gaulois est une contrée
■"r^nfiral^le aux rayons du jonr. Des animaux ve-
iiKMiii Mini les CDmrajpioiis et les liouricaux des
■*l>iiinu de crue alm:usc demeure. Des loups aF-
'■pKi les dévorent. Us invoquent la mort, mais en
^iu. Après avoir servi de proie aux bëies farou-
^i^ renaissent pour leur oITrirane pâture nou-
velle. Les plus coupaliles sont étendus dans une
Mnbrtcaferue au milieu d'innomt) râbles reptiles.
Il poiïiin qui les briMu tombe sur eux goutte h
IMiic. Pariout r^ne un Iroiri si perçait que ces
**bre* Misérables seraient bieuloi converties eu
PM, li elle» u'êtsieui destinées k des douleurs
V^> Indiens, tnalgré Ta douceur de leurs dis-
f*Hcw uturelles, n'ont pas des enlers moins
vrwvanbUet. Yama, juge des moris, prononce la
JJIH»». C*M qui ont obligé les préceptes de la
"■«MM HM punis durant uu nombre U'aunécs ^1
^mjoGetvsnt.
xat
f*î
berl^ que « iies qu'un raisonnement (itlaque
['instinct et la pratique untTerseis, il noul
Stre diflicile à réfultr, ni^is i coup f^r \\
rejeter radicalement tout le catlioltcisliie,
tout le christianisme, toutes les religions
(le la terre, le sentiinent universel de tous
les siècles ^ et s'inscrire seul contre le genfi
humain tout entier. Il y a lii de quoi l>iira
reculer l'esprit lu pJus osé, et H faut bien
se rendre a ce vieux axiome do sens <ta«i-
[Dun, que ce, qui a ëtë cru (oujourj, p^ir-
tout , et par tous , est vérité ; que c«
Sar qaoi les opinions de tous se rencoii7
treiil, comme dit Cic^ron , est néeenaire-
ment vrai (I^t); et enfin , comme dH Joti-,
berl^ que « d&s qu'un raisonnement (itlaque
Pins ... -3
être
est trompeur (1222).
4UX clieveui qui couvrent leurs léles. Les ailiécf
sont percés de part en pan en tombant sur deâ
armes aigois. Les coi item pleurs des brames sont
coupés en pièces el jelés dans l« feu. L'aduliérd
ODlmMB ifcs tiniulaores rongta par la SMame. D«#
t]»rlie4Uf au bec d'airwi Aécliirnit t'iulldéte ^A a
rçaié sa. caste. Lq BWunrûjr . d'iin bwiBie ou ii'tni
animal est plungë dans un f ou&e ùtrscL Le ypn
luplueux marclie pieds nus sur du ronces Le fa•^
lilmniaieur cliarge da chaînes e^t nourri d'aLiraeuiq
immondes. L'avare eut dévoré par des vers iosalia-v
Mes. Celui dont la main sacritégo a immolé une'
met» devient une enclume vivante fk-appée par ui»
niiHean tirOlanl. Ld faux lélMlH roule de rue en
FM, idgnatu de son sang Icnra pAlales acérées, HC
Içs corps «te ta» iuiortvun compom d'uM m^iièrii
iiupalpi|ble se rejoignent comatela vif-wgeul^pMin
suijir de gouieaux supplices. «y
< l'artouL on yuil des juges pour ceux qui at's-^
ccndeut aux enrers, et des supplices pour les cou-
pables,
i \'ania, comme on lY'vn, est aux Indes le juge
dea enfer». A t'entres de chaque enfer des Birman^
EODI placés de» juges. Tout le munde connaît les'
arrAs célèbres prononcés en Egypte aux tords du
tleuv«, image de ceini que les ombres tra ver- aient.'
Un sait qu'avaiil de procéder i la cérémonie fuiié^
raire, un tribunal de ijuaranie Juges examinait U'
conduire du mort et décidait s'il mériiail nioiineuf.
de la sépuUare. En us d'alUrmative on invciquait'
les dîeai du monde souterrain, présidés pr S«ra-
pis. Ce Irilninal des dieux parait assemblé sur un
cercneil égyptien déposé au muséum brltauniquc et'
dont Zoiffi nous aonne l'explicaiion (Dt oSeUu.
308). Uu rouleau de papyrus enseveli avec uue,
momie que l'expédition dxgypte nous a procuréu
reproduit le même tableau. (Uemdh, Voy, eu Eg^^te.
PlanclK itl.J Cet anli((uaire Ingénieux, Dlai^ un
peu léger, j reconnaît à ion une iniliaiion. Usir.s
y siège avec ses alinbnts ordinaires, ayani devant ^
lui une fleor de lolus, symbolu de la vie élcinelle. \
' IJunne. Une petite ligure humaine est pc!<ce
naiious matérielles; l'autre d'i-p.:nicr, emblème de ,
Iz nature divine. Ces génies oui tous deux iin.e .
main sor la lialaoce et semblent plaider devaiil '
USiris. I (Benjamin CoasTUT, De la telitio», liv, .
IX. ch. 8, t. IV.) '
PiiTocT, dans rOeéanie, les votueubs tbouvï-,,
KENT raOFESSËE t.X CBOVANCE EK UNE Vil rUTUW, ,
avec des récompenses pour les ftmes des bons e|
des peines pour lus Ames des méchants, ccUeS'Ci
infligées dans un enfer, ccUes-li décernées dai|s iw ,
paradis, le plus cumuiuiiémeut appelé Uirott,' et
qui présente la même idée que le mont Méruu def ,
brahmanes. Par une sîtigiitanié non moins élrange,
un de CCS paradis, celui des iniolairei da 11 Vwr
ncTio^KAme apologétique
£f*
' Tenons (autefuis aux raison iicmentii :
L^ite,«nctkM du frMvenicnsat dMn, — Ca dogme
M'a pu él6 atUauiB p» ITféTètlc. -- ToatM cboae*
comprlsea entre deux termes, les priaclpei et les eoa-
dmoM, couvl^uences pour l'âtabllnement du dogme
4e l'éunkâ 4es peioee. -s
tf) gouveroemenl divin a-I-ilune sanction?
Ses sujets peuvent-ils i'iopunément mépri-
ser Sa puiseaacB et se soustraire k sa ro-
ioalé 1 Sa volonté est de noua conduire i
la béatitude par la perfection : mais si nous
p'j' coBsenttios pns , si notre libr» arbitre
te refuse à ce bul généreux de la Providen-
te, qu'orrlvera-t-il de nous? Vous pouvei
aujourd'hui , maîtres «bsolus de votre sort,
insulter à la bonié qui vous a faits et qui
tous a sauvés; le pourrcT.-ïous toujours?
Entre Dieu et l'homme. Dieu bienfaiteur,
rbomme ioi^raU est-ce Dieu qui nura l'empi-
W âMlemBnl, ou bien restero^il a l'iiommo?
.. La doctrine chrétienoe noss apprend qus
toute créature qui dédaigne absolument
d'arriver ) sa fin, n'y arrivera pas, et telle
«M la ffluctioii du gouTernefDtnt do Dieu,
Le bnl tous est (iropusé, il çsttoul in votre
^veur, il surpasse en bienbil ce que vous
Kourricz par l'imaginaliou du diïstr sou-
aiter do plus grand : c'est h voua de voir.
Si vous Kuulez, entrez; si vous no roulez
MSt deiuourpz : savbez seulement que,
t'heore de la liberté passée, votre chois
sera faitpour Kéternilé, et que vous serez
à Jamais ce que vous aurez voulu être au
jàh-TiéiinAtt, esi de tous points semUatile au V^-
tulladetaiicieua Scandianvei. * {Cniu^UiUtin
àtt religioiii, looie II, liv. m.)
Le Siagyrisle remirquc qiie ce qui paratl vrai à
au pelil nombre itc safies jouîl utOs cuutrcdtt de
quelque probabilité. Cette probstiilild devient plus
^nde pour ce que tous !ea nages rcgarderl coidiuq
ihcon les taille ; mais ai iju'apjMouveiil non-Kule^
ment tous les aa^ts, mais encore toua les autres
par UD conseil taiieiit perpétuel et coiislanl, doit
Aire iiécessairt^nieiil Ma, ({uoiqu'iU'eu tmuve quel-
ques-uns qui doutent (a}. Il conliimc as paroles
a'a>i)i ses livres de murale, oit il traite des opinions
qUÎ iiuus parviennent par une longue succession :
( L*aiiti([uiié, dit-il, mérite notie loi, parce que les
hommes qui nous l'ont Iranamise sont prÈiuniÉA
avoir Hé instruits par Dieu même, t Cicéioii, dans
i» preiuière Tu^eulaiic, Taii mieux ressortir encore
U torcc d'un pareil témoignage : < Pour continuer,
4lt-il, votre seotiiiieiit, nous pouvons nous servir
des meilleures anturitds, ce i|Ui, dans toutes lus
causes, doit et a coutume d'jvuir une irês-grande
valeur. El d'abord, nous pouvons employer le lé-
moignige de toute l'antiquiié, qui vojau sans doute
d'autant niieut ce qui était vrai qu'elle était plus
près de sa source et de son origine divine, i
'C'est pourquoi nous invoquons avec taut de con-
ianee la loi de nos pères. llUe est notre dernière
ressnnpce quand rinvréduliié ut le scepticisme vie»-
nint'nous envahir. On le rejette alors vers les sié-
ctet anciens; on luur demande avec angoisse ce
qatls ont cru, on scrute touï leurs Inonninenla, on
sonde leura minos, on Interroge tous leurs souve-
ntn, et puis on respire au leiu de ces tradillons
liritnitlvcs ; leur tniJLhtur ranime nos àines éieiti-
kk: car nous avons Iwsoin de cioire aussi hisn
(IcrBier mOfUcnl Je votre vie, uni k Dinr
nu séparé du lui. Mais tous sioln birn
3 non n'échappe pss h iq destinie, etïnnq
estioée telle que ta perfection et la béili-
tiide dans le sein de Dieu, sans tiu'il en
résulte une douleur, et celte douleur lusij
durable que sa cause, sers par cooséqumi
éternelle, élemelia dans l'âniei éternellt
dans le corps. Cest la menace de l'Ecrilurc,
Il loi de l'Eglise, et dans les inerofinlt
l'objet d'une terreur qui trouble leur ptn-
sée, et 11 laquelle ils opposent , pour la con-
jurer, toutes les ressources du raisonne-
ment. Je dois leur Aler ce frêle appui, el
les appeler au jugement de Dieu par le If*
moignage de la conscience et de ïs raison,
autant quo par les ordres souvet4ni ds
Ta foi.
.C'est une chose bien exlrBor(linsire,<)u'i
aucunç époque (les â|jHs chrétiens, la doctrine
ds l'éternité des/powés (le'i'autrii via'n'ail
engendré ces Tories répulsions qui ont vw
né-dans l'Eglise tant de déchireoients. Taui
dogme a été alUqué, sauf celui-lii (wl
point imporlani dd la théohjgie révélés a
donné fieu ë des discussions , des diviitous
l't des décisions : uu seul, le plus terrible
de tous, ■ échappé à cette commune loi,
e'i l'éternité de l'impie est venue jusqu'à
nous, siDS avoir rvncoiUté sar cette lon-
gue voie un esprit qui en contesUt Is HU-
tiea, ou du moins qui en ébraallt osui
uno partie de son siècle la formidable M<-
tllude. Origine l'cssaja, dit-un, il eu fui
que de vivre, ei nous croyons pleuiein«ii ce Qk
tous oni cru, puisqu'il est iiapossible que ce i>i i
&A regardé corame vrai par tous, dâui tous let
lieux et toujoura, soit une ^venlion buin]iiK;]e
délie quiconque de le prouver; celle foi géuéMlert
consume nous vient de Dieu. L'humaniw n't'l«l|«
pas dû toujours posséder dans sou sein les milâ
essenli(^ll«sî Dans le cas contraire, où serait h lai-
sou el le priucipe de son proarès que l'on hdU
tant! Oit lu genre humain aurait-il trouvé auei M
lumières, assez d'énergie, aisea d'instinct du «m
pour le conquérir, s'il n'en avait pas en loi niéuie
le principe et la règle inrailUlile qui s'eiprinie |nr
le sentimenl de tous, la plus haute maniresiali»
humaine de la véritéT Car il rémigne encore um
rois que tous puissent croire i rinipoBiiUe. Je ue
nie pas le progrès, mais il me vemble que le» pl"i
grands admirateurs de la force intrinsèque de l'M-
itianlté sont ceux qui méconnaisseot le plu>.^
droits, parce qu'ils la «ciodeuL L'humanité a eH
pas modeirie, et bien que nous possédions jujout-
d'bui eu échange de beaucoup de perles des per-
tei:lionnemenis réels, résultais nécessaires du lnU
accomplis, nous n'avons pas été leltemeul traui-
formés que nuï pères aient pu cmin: a ce qui mit
paraît absurde; 1<: fond reste tot^uurs le uèise, k
k«ns commun, la raison de tous.
Pour s'élever contre la foi de tous les siécici, »
faut avoir ptxdu la raison ou iup dévoie t"'*
Ainsi donc, tous les lémoifuages nous suesiaa
qu'on a loujiiuiB el partuul cru i l'enfer hors * «
\ie. Ceux qui Bqjourd'hui t'efforcent d'anéaatir
celie croyance, sont oWigé» d'avouei ou'dle iw«
de Ja plus haute autiquite et qu'elle ,■ oUeau u l«
d^ loua les peuples.
im AaMiAr. ta lib T<i(iii^., dtMer«ni At hli qua Ode Ogna sont.
cv-
mcnoieuiRs ArouioenQiiE. '
Exr
rr
ttfdiTeMDt aeeuȎ ; miU ni l'empira de
taigème, ni U grandeur de m mcntoire,
m pveiit Armer demère lui un UMOli-
■eiilei|Mbt» de deventmii scUsme ou uoe
WnHir. Le sein qiie prit JusUnien do le
brn eofldaainer fol UD Min stifterfla, un
opricc impérial qui demeura mm honneur
(Ims l'Efflise, et l'article uiêine de celte
coDiiioiDalion i disparu du lAxte des cos-
cilet, « jamais il j fui inséré.
Les païens eux-mêmes , nous l'aTODS Tn.
i part une excetiiion que nous aTons si-
gnilir, ont cru à l'étomilé de la rindicld
diriM dans le monde folur, et Virgile a'
ai l'inlerprAlo de la croyance commune
uus ce rers fameux déjk eilé :
- Seétt mUTMMWuut ttdtUt ,
!*[dfx TfewK*
9'oilTÎenl cet accord? Pourquoi un dogme
qnr éloigne te i*CBur de nos faibles {{«înéra-
Ijoasi'l-îl traversé (atil de siècles sans ren-
roalrtr ie doulo , et même sans paraltte
eiriler le scutimetit d'une pieuse InsEosse?
Ea iisani l'aniiquité, quaud elle (larle de
l'enfer, on croil iilutAl reconnaître l'acceul
d'une sortede joie qui prend part au succès
lie la justice (ii*ine e( ; trouTe une con-;
folalJun des maux présents du rhuma-
ailé. D'où vient cela? Qui peut expliquer ce
siugulier phéiiuniëneT C'est que le dogme
(le l'éiernné des peines est tnvinciblonient
lié 11 fa noUttn invincitila aussi de ta dilTÔ'
rtDie du bico et du mal , el que qjicon-,
que sent ceiia différence avec éneigie et
prolowJeDr Mntdu même coup la néces-
>ilé d'une irréuiédiabit] séparation entre les
loiesqui ont élé jusqu'au bout les in&Iru-
BiFDls du mal et celles qui oui été jusqu'à
Ui tin les or^nes incorruptibles du bien.
linclle:, toulM cboses jdoi compriies eolre
i'eoz leroMS, les principes •! les coaclu*
■KHii ; el e«e deux li-rmet sont de leur
(Klure absolument el uOcessairement 4ler-
icis. Les prîaeiiies le sont : car s'ils ne
étaient pas. Us auraient une source an-
ifieuro i eux* et par cnnséquent ils ns
craienl pas principes. Les conclusions le
Oui aussi; car si ellea ue l'étaient pae, elles
Braient noe suite, el par conséquent elles
10 seraient pas des conelusioas. Tout est
onc pris fatalement entre ces deux co-
rnues d'8ercnle, l'étcrnilé qui commence
( rélernllé qui clAt, h latAas qu'il ue s'a-
issti de Dieu* lequel étant sans principe
'ê pas de conclusion, et subsiste iimi-
siblemeul dans sa propre el unique éivr-
ilé. Hais loute autre cboseque lui, c'c»(-
-dire toute créature, tout acte, tout état,
ul nombre* a un point qui est le premier
un autre point qui esl le dernier, uuo
eue qai ouvre le drame etuneautrescèoa
li le cODcluL Si le principe manquait, la
ose oe serait pas i si la conclusion ne
uait jaawis , la nbose serait éleruelleoieut
I vwiu , e'eml-à-dire qu'elle u'aurail pas de
riSS3) < Si IM WaaelMOesdo la vie sent iaUi-
« dewtte s<Hte«iMlccriiaiDCl,k<)«Kiqiieeicâs
^rewcat qaM ««h parrcmi. tawwi* (aujoan
bol. Or, une chose aahi but esl mélajihX-
siqnemeot impossible, parea qu'elle le-r
rstt sans raison. Tout se ouuclul donc, «t
toute coDclusîon, comme loul priucipe, est
éteroilé.
D'où il mit, qu'il faal k l'ordn moral*-
aussi bien qu'fc tout le reste, une conclusion,
conclusion qui est nécessairement éternelle;
et au'aiosi, pour se soustraire au dogme.,
de I éternité des peines, force est drj sutiir-
celte proposition qui révolte le sens ^lopu--
laîre eolant que le sens du métaphjrsicieOr'
savoir, que la conclusion du bien est;
identique à la conclusion du mal, ou, en.'
d'autres termes, que la juste et le scélérat'
arrivent inévitablement à la même éternité.*
Or, affirmer cela, c'est nier la dislinctioa*
du bien et du mal. Car, il est manifeste
que si le bitn délinitif sort du mal aussi'
naturellement qu'il ton du bien, l'etTeli'Iaiiti
lemâme, la cause l'est aussi, i noios do;
renverser dans l'écrit bumnin cet axiome >
fondameulal, que l'elTel est proportioooé-à'i
la cause, et la oonclusionau prineip(^ t
Ce raisonnement a frappé toutes )es'gé«>
néralions, et lu plus sàre fireuve paal-Mie)
que la notion du bien et du mal a diraineé*
dans notre âge, c'est la (Feine que lui cantea
uo dt^me tans lequel l-ordro moral n'e«(T
plus qu'un simulacre el presque iin jea.1
Néanmoins, malgré cet BaaibiissemeBt du
sens intérieur, la difficulté esl vue de l'iD-)'
lelligeoce même en notre lonps, el icao-^
Jacques Rousseau cMifassait « que lee>
méchants sont on grau'l embarras en c*)
monde et en l'sulre. ■ Aussi a-t-on bil des*)
efforts Qfïur éluder l'évidanee qui lie r:éleiM'
iiilé des ohiiiiHenls à la dlstinctioii mèieet
du bicQ et du mal.
in. i
La criiMi de ta vie prAaMiB penat-lb «"aiptat ^etai
ta HoitT lUaaaUM lie J. iUummL — Vmlimmi.
d'Imard. — SnMMde ta tniwtgwtMw •» Oftenl^t
réMattno.— Vie de l'konaM tu U lerre. Mite de firt- .
On a dit : Ponrqnni l'homme coupable^,
el mort sans réparation envers Dieu, n't*»
tiendrait-il pas son pardoi après des souf-'
frances expiatoires proportionnées anx
crimus de sa vidT Est-ce la même chose
d'arriver k la béatitude sans passer par la
douleur, on d'y arriver par le détour des-
larmes el des gémissemenUT N'est-ce pas
confondre le langage d'ap[»ler du même:
nom des sorls si diver:), el d'affirmer que la
conclusion du bien serait identique k la
RoncJusion du mal, parce que flnalemeot-
toute créature se reposerait en Dieu T S'il .
faut mille au> k Dieu pour punir une âiur,
il la retiendra mille aus hors do son sein,
et lorsque les portes de l'éteroelle félicitd
s'ouvriront enfin devanl elle, qui pourra
repracher k la justice de ne rtire pas sati*.
faite, et d'avoir accueilli avec une égale
iDdiUéreuce le juste flt le pécheur (1SS3J T
lihre, paisse UmJohts rentrer ca lui-uéme. prier^
" — -"alir, esyier, aicrilcr irkcc, nr quels niullfi
v fue la WHt dtaae leut ,a cuuii ■ ais.a>.ca^
WIP
tsr.
DlOnONNAiaC AMSiHUniQDE. -
(kt l'AoM qui «tig» I& eomouix à» étai
dutsas : Il grAce et )i Ijbwtd, et » l'iiseiii
l'-antre n'appartionnent plai i ItnteHiunte
sarlie dus coodîlions .à* l'ipnau pu li
iDorL La mort met ie nétheat eBUféMTM
^'..n.. ax.:ix ~..; — 1.^ i_; i.._ j' r^"
'lA rthS'ila tihAnm' n'en au leroïc, et I
temps, li long qu il soit, no mutile pus
JlAtarnité. L'éternité sbdI* est une conclu-
sion, et, par quelt}ue cheioia qu'on j (»r-
Tieone, Klle fait a l'élre, au moment oà , - — ,,.™,„
«n«lflBnwil, le don invisible de soi, un d'un» férité qui ae lui laisse plus de chnii-
diOH qui renferme toute durée avec tout il rail, il sait, il est eertaio d'une certîtodÈ
repOS) et '\ni, sans produire eu chaque élu, qui accable sod libre arbitre, el pourlaat il
è' osuse de ia diversité des mérites, on» nosetourae pas vers fi^eu pour l'inplorèr,
égale sensation, met eo tous une parfaite parce que la grflce lui eït refusée, pitu
et inénarrable (éliciié. Si le mécbant y a qu'elle sentit déjà le pardoo, ce [isnion
di«it comme le juste, Tainement vous lai qu'ils dédaigné quand il pouriit l'otiieair
parlem des sombres passages qui Vy con- et dont il ne Teul même pas dans l'aliloM
ttekoDl -. il saura que l'éternelle iiéatitude où il est tombé. Car la mort, q\n l'a siçni
lai appartient, que Dieu lui-mflme n'a pas du monde, ne l'a point séparé de son cœur;
le-fH)uvnir de la lui ravir, et meilleur logi- l'orgueil et la haine y surviveot, aecnit H
céea que vos menaces, il rira des terreurs nourris par son infortune» et blaspbémaieur
(we, par respect métaphysique pour la dif- éternel, il r^ette cqntre Itiea (oui ce qu'il
menée du bien et du mal, vous chercheree Toit, tout ce qu'il saijt, tout ce qu'il siil.
à lui inspirer. La conclusion lui est assurée, Ij faudrait donc que Dieu vînt 4 fui tUKlgtt
une eooêlusion dont mille siècles ne retrsn- lui, et qu'à un jour marqué tel siècle w>
cheront pas an jour : que lui importe le nant tulle Iieure, cette Ame passât 'dtk
rasIsTll lui faudrait, poar en tenir compte, douleur sans repentir, que dis-jel de li
trouver une différence essentielle entre uub haine et du bissphôme à l'étroit embrasse-
étanuK de bonheur (>réeédée de souffrances roenl de l'amour divin. Et cela sérail le
|iKEagèref et une élernité de bonheur pure droit I El cela serait le dernier mot da com-
eljinple; mais cette différence n'est qu'un merce entre Dieu et l'homme I Et cela seta;l
accîdani, et la force iuGoie de la cooolusioa su d'avance, pour fonder ici-bas la vdiiU, i
nielle tout eoqui n'est pas elle daasl'iiia- la justice et la religion I Dieu, le Dieu trois
nué. ' fois saint, serait le iMlrimoîDeiDaliémliIï
lOasapposaqu'il sulBtd'uneerlain temps de lout pécheur parvenu k ud certain Igt '
«In souffrances pour expier* t>ors 4é cette (^ingratitude et do révolte, et les cieui >
vi^. Its laules oe edie-ci. C'est nnn erreur s ouvriraient pour Néron comme pour uiot ,
(llMrMtive elte-m£akede.la uolioo du bieu. Louis, avec celte différence que Nfruu )' \
tiila: md. La peintt louM seule D'ex[Àe. cmrerait plus tardivement , afi'i qu'on loi j
rtas, pares iju'eUe ne change rien dans la laissai te temps de couronner rim[ii.'nitencï
cour; Dt qui espie» c'est U peyie aocep(é«. oe sa vie par i'impénilence du son eiiiit' I
çM Ift repâioir. Or,. IcrepenUr est ua état tioo(l^)!
à une lëtii^lign eentraiM? B est évideniineal arbi-
Ifaln dt «apyoMr ^ne l'inaawialité conserve la vie .
■An oooserver en mtate Um^ la bcoilé du r^tea-
tir eonniK reetes les autres, L'ine coupalile u'nt
pas aveDgMe plus irréinédfsbleaml iprés avoir
paisé par lii mon qu'elle ne l'était loparavint, car
14 nort D'est qu'va accidout aus^i incapable de
ctMHgar laiulufe de l'àme qae de changer les dis-
puûuons dt Dieu. Ce qu'était l'àme U vi-illc du iré-
pu, elle l'est le iendeiiuin ; il lui avail plu de fer-
mer hs }euK i la luraiére; mais coDune, de ce cM
da tombeau, elleétait maltmiedelM rouvrir, ellt -
liât encore de Taulre, et d'anlaut aiktix que lo di-
vin «oiell dont elle se prive daas sa blie n'csi fu
VK soictt passif, nais «1 Mteil gui icut^ce cou*
Mapté.el 4ni ta sait prendre les piuy<;nii eu scvis-
■aat aiis«L rudement et aussi lûnuiemps qu'il le
ffiil cbtttre les avciiales volouuirea. ■(Terre et eUl,
ppr i. IU.Tnu>a, p. SiO.)
{t224J Voki, sur les peines éternelles, l'opinion
aiullvéu d'un tiounne iloué d'an grand sens |thilo-
■epblque, et d'une M flairée pur feipérieuco de
l\uereduliié. '
' « Si l'vir aiedeaMiirie qu'elle est vw opinioa sur
laiMt des.li^iiiesa|>rfc0ieuriui>ri,.ei ce qu'il fiiut
Ntoulre par lu ptinea doiU purle là relifiiou, voici
(«s fd^iiSB : . .
4. Ubo iiuu, . ou soii uti homme-esprît dëgagé do
la chair, qqi aura Utiles ou telles alTccflons bonnet'
ou niauvaiites, dcrivaules du genre d'autotir qui le
damine ici-bas, et qui le dominera eneore dava». '
lage dans k vrai séjour de Iq lie, parte qwtea fa<
mtéa aitnmi alon Ueh pfn d'énevKie ff qiw s«i
nnoDr IrooTera bien plas d^diaaent; «1 htwMi I
dis-je, esislera tant nne tpéèn 4t aitaà fi^neM
dtfré 4a bopkeuE ou d'aHiété aaalogite à cd |
( Ces peines ou celte anxiété qu'éprouveralliua-
me méclibnl, c'est lui-iii/me qui les iiuraiiiii ur
le genre d'imenr auquel il •an livre, c( qui ks ;
ptrpéthe '
I persislaul voioNtotrmiMi dans ctl |
f Celte grande vërilé bous est n
ce Diende (eu uwtn les v^riin cilesi» restcst '
losjoun écriies sous wu ;eiu : UHit (Upend de »
voir tn lire) ; p«r «leiuple : — Ce sage qui, ne K |
l-vraol qu'à des amouis légilimea, n'a dans le ctt"r j
«lue dts alTccU'oirs douces ei pures j cet époiii iini 1
presse dans ses bras une épouse adorée, et dnrl 1'
sGnslbilltâ répand le bonheur dau» sa hmifle, ^ 1
lënl déji dus félicités qui cAnlra^rlcfit avec tes wc- ,
salions pénibles él les Busiél^, qu'éprovreni o*
IramiiicS' féroces qui se aavrrisaênl de cruels k»-
tùaeuis, et les épuax hahipas, if t^os de leur n.t-
»ag». Ceux-ci c^t^nJaiU. quoique uullieureui |ur
lus «ensaûuus qui corresponde ut à leurs alfecliMSi
y. persistent tolamairtmcm. Leur raisou lear si^l
ludiqué le danger; leur rot^Hii poiiraii rètiir''
ii'arce qu'elle conservait dam le principe aun *<
iorce pour vaincre leur pettcbani, qotlqae eau^
irani qu'il pât être ; mais, eu s'y ftvraBt par cb«t>
eo pliaiii«WcMtaireMeai.souaiaj««gdakQif*uni>
passion, en se laissant éncbaluer par l'BikiudC'
ili ea viCiiBeul.au puùil qu'ils n'ont aluîla'*)'^
de ainore lear.a:»w)r douiinant, et qa lU iRifirri'
B>Am( l'affscHW jouissaitcc qulls; lr«uvc;:l i l^'-"
rr
nv
MCnONRAIftE
l'itttqiailA , celle-tfc même qui n'a point
nuls lOBicrire à l'éternité des peines, a eu
horreur de ladoctriaa qui Tait du saoi eliA-
linefll un droit à posséder Dieu. Elle a
pnxluil, pour j échapper, un sjrslèoie qui
ni iiiu dei plus belles gloires de sa philo-
lophif, parce qu'il accuse, Inul prroné qu'il
tait , UD *ir untimenl d'arersion pour le
oui el de retnecl pour la saînfelé de Dieu.
L'OnenI en fut l'auteur. L'Orieul eut Iod-
)onrs, eu te qui est des cljoses divines, un
rqird plus passionné aue nous; il semlile
qoe Dieu apparaisse de moins loin i ses
i^iuijfi enunis, el qu'ils le décourrent
1 (nicfs la pureté de leur ciel, comme nous
TOfDDJ les étoiles h traTers la faible trans-
■mtedo odtre. L'Orient comprïtque tout
koBMqai ne s'est pas purifié de ses dé-
bMtnml de quitter la TÏe, est iodîjjne de
ftbéiirlHttt, et que celle purification est
iiipNnUe «n delà du monde préieoi, ai
Pieu H renouvelle dans un autre, pour les
iDia souillées, les chances de l'épreuve et
de II liberté. Il se figura donc qo il en était
liusi, el que, jusqu'l leur parfaite traiisfi-
guniioD dansle bien, les iioes s'en allaient
i'ua ejcle de libre expérience k un autre
i;i:le de même nature, en buvant au passage
m ejoi de l'oubli , alin que le souvenir du
N55é ue diminuât en rien le mystère de
WDOUvelle responsabilité. Celle doctrine,
'Ici ua motus déshonorée par les fables de
I innsmigratioD , était capable en soi de
wiJBirtt des esprits élevés, tels que Pjrtlii-
gure, qui la rapporta de l'Orient dans les
wlitudes do la Grande-Grèce. Mais si iagé-
iieuse qu'elle M>il, il est aisé d'en saisir le
tituii : ce défaut est d'enlever i l'ordre
lorel toute GODclusiop, et de livrer Dieu
Hu défense à la dépravation indéfinie de
I créalUFa.
Ku effet, pourquoi l'âme, qui a refusé de
Mmallre el d'aimer Dieu dans le premier
rda de l'épreuTe, se repentirait-elle dans
Hcond 7 1^ second est, comme le premier,
1 oiélango d'ombres et de lumières, un
lu propice A la séduction dit l'esprit et des
t"
APOLOGETIQUE. iSf 7TS
sens, où l'âine est libre de son cboii ; d'oA
vientqu'ellechuisirait mieux T C'est la mémo
âme : elle peut ignorer, j'j consens , ce
qu'elle fut dans la première expérience rie
M vie. Hais, i moins de rompre en eWt la
tradition occulte de sa personnalité, ella est
iniérienremeni la même qu'autrefois. Ello
porla au dedans la cicatrice de ses cliules,
et encore qu'elle en fût préserrée par reflet
réparateur d'une seconde naissance, tou-
jours est-il qu'elle peut faillir comme elle a
déjà failli, et mourir encore une fois dans
la séparation volontaire de Dieu. Il faudra
donc qu'elle reprenne avec un intarissable
droit, le cours de ses immigrations dans la
hiérarchie dt^s mondes, sans que Dieu puisse
l'arrêter jamais et la poniraulremeot qu'en
lui donnant le moyen de l'offenser lomours.
Ne dites pas qu'elle se lasserait de la mo-
notonie de sa course et de ses butes : (a
péché est un abtme qui ne s'épuise pas, mais
qui renaît de lui-même plus grand el plus
tasciuateur. Cette terre que nous habitons,
tout étroite qu'elle est , lui suffirait pour
l'éternité, el le pécheur ne lui demande quu
la durée pour en être content. Que serait-
ce d'un séjour sans cesse rajeuni par la
transmutation des temps et des choses ? On
s'y préparerait comme h une suite de voya-
ges enchantés. Au lieu de cette effrayante
Perspective dujugement qui fait de la mort
écueil solennel de la vie, le pécheur s'en
irait au tombeau avec la sécante d'un pa:^
tant qui franchit un portique, el se dirait
dans rironje de son impunité: L'univers est
grand, It-s siècles sont longs; achevons d'a-
bordlacircumnavigationdes mondas et des
temps. Passons de Jupiler k Vénns, de Vé-
nus â Saturne , du premier ciel au second ,
du second au troisième, et s'il, arrive, après
des espaces et des périodes sans nombre,
que les soleils viennent k nous manquer,
nous nous présenterons â Dieu pour lui
dire : Nous voici I Notre heure n'est pas
venue , fais-nous des cieux et des astres
nouveaux, car si tu es las de nous attendre,
nous ne le sommes point de marcher, de
' aulns, qooîqa'ils aienl r^eUemmlï ROdOrirtles
■uiMHis aiubifue* et cornspoiKtaiites à leurs af-
Uon» perrenes.
■ Rqirêseniex à ce iooenr qu'il sicnfle u for-
C wa rtpom^ u repaUlîon; il r^MHid qu'il te
1, tl il joae. Diles k ce dâMuché de rengucer fc
(oAu crapaleai ; il en connaît unie la lurpi-
e, te duipr. a* il réddîvc. Tous penîsieat m-
'^remtmt dau le fnucHe amour qui fait leur
b «r. — Cdni-ci ne taurail être auribué ■ Dieu,
leut nu coainire le bonbenr de tous les hom-
•, et emplme piNir cela tous les moyen» que sa
ice permet à son aisonr. Hais connue il a ac-
te à rttooame le dm de la Uierti. et que Dteu
HriAB pas ses dons, il ne peut pas prendre des
ens conraSUé pour Uur cet ilr« dans le bîeo
pé lai. pane qu'il n'y anraîl plus liberté
e; comme U a ^lemeul doué rbuuiiM d'im-
«iitf, il Bcpeul pas empêcher qu'il ne puiâse
Mer éirrtuU^mtiHii»usle genre aamour qu'il a
n ; eftfiii, contme sa sagesse a dO auacber des
lie* aux anionrs qui troublent l'ordre, afin qoii
stwdre ne pr^alûi pas (pe.nes qui ne peuveul
PiCnOHMAISI iPOLOG^IQCK. L
pas être moindres pour être efficaces, çujiime,
malgré leur rigueur, le mal est encore prit à preva-
loirf ; comme ces lois, une fois établies, sont auisi
fniinuables que Im lois de ta physique naturelle, il
ne peut pas taire que td genre d'amour u'eiArahie,
dans ceux qui a'j livrenl, tel |eure de peiue. —
Nous iurioni frappés d'adnûrauoB, s'il était an
notre pouvoir d'apprécier totue réqaiié du coJa
edesie et toute b justesse des bahittces divises.
Le vice qui pèfen lé plus à notre préjudice, c'est
Vorgiuil, qui tait que nous n'aîmous que nous-niê-
raes, el qui est ta premi^ source de tout mal. »
IisnuB , HoM dm ditfokn mr l'imBurtmtiU 4$
•imt, p. 81-Si, édition de 1803.)
Oa considéra lions , pleines de Justesse et de
profondeur , nous paraisseai bien propres à fair«
entrevoir k ta raison l'hannonie admicaUe q«a
rëitfemeni les mystères les plus sccaldants ponr
elle, et à la Gonvaincrc qu'ils ne lui écluppent qea
par bublimilé, et parce que, se croyant natureQa-
loeni capable de tea saisir, elle les mesure trop k se
portée.
13»
ERF
MCnONHAlKE AFOLOeETIQDB.
to naodire et d« * nom pSMer de loi I
Teiltf esti dan» la dodrtne de la iransmi-
cralioD des Ames, la coDclusion dooeée h
rôrdre moral. Je tous laisse ea juger.
D'ailleurs, ae tous y trompez pss, câ qu'il
j a dans celle doctrine de misérU-ordieux»
existe en réalité dans le olan chrétien de la
PrOTÏdence. Notre TÎe, telle queDîeu nous l'a
(«ile, est uoe suite de oiéleiiips/coses ou de
transfigurations qui nous conduisent i lui.
Nous passons, en la traversant, par une
foule lie oioudes oit le bien s'offre à notre
lue sous des horizons divers et la sollicite
par des charmes qui ne se ressemblent
point. L'enfance , Is jeunesse , la maturité ,
(a rieillflsse, la mon sont autant de cycles
révélateurs qui se succôdenl l'un è l'autre
pour nous éviairer et nous tenter de Dieu.
L'entant croit, le jeune homme aime, rtaom<
ne mûr gouTeme, le vieillard est las, le
mourant découvre, et chacun de ces étals
renferme quelque chose de divin, propre h
nous faire au cœur la blessure de la Térilé.
Enchaînés l'un k l'autre par des nuancea
mulliiiles et par des événements qui se cor-
roborent, ils forment dans notre Ame un
progrès surhumain , dont nous ne nous
aperceTons pas toujours, mais doul le tissu
s ébranle tout entier k certaines heures , et
nous donne en un seul coup la sensation
totale de notre TÎe. Qui de tous n'a ressenti
de ces secousses magiques , où Dieu remue
l'homme de tond en comble, an suscitant à
la fois devant lui tous les mondes qu'il a
parcourus T Qui de nous n'a mêlé dan* une
amàre et féconde joie , la piété de ses pT9'
uiers ans. les allections de son adolescence,
les leçons cruelles de l'Age mûr, et ne s'est
élevé dans ses souTenirs, si loin qu'il fût de
Dieu, h quelque presseniîment du la vertu
qui sauve en puritlanlTJ'ai vu l'enfant sur le
seiu de sa mère, et j'ai admiré la clémenco
qui nous fait commencer lA le pèlerinage de
réteruilé. J'ai entendu les soupirs qui s'ex-
halent de la poitrine enflammée du jaune
bomme; j'ai compté les épinesqu'il arrachait
le matin de sa chair meurtrie, et il m'est ap-.
paru combien est douloureux cet oreiller de
la jeunesse, oil dorment avec tant de chimè-
res, tant de coupables voluptés. Dieu vous
rappelle ainsi, jeunes gens, il vous rappelle
au grand amour pour Tequel il vous a uiis.
U vous qui n'êtes plus de cet Age, mais
que la pléiutnde de la vie contient dans sa
force, j ai connu aussi te monde et la lu-
mière que Dieu tous a préparés. Ce monde,
cette lumière , c'tist le gouvernement. A
quaranteans.it faut gouverner, gouverner
sa laiDille, sa fortune, et avec la chosft pri-
vée, une part de la chose publique. Or, on
D'est pas longtemps sous ce fardeau du gou-
verDemeoL des hommes sans apprendre qu'il
flsl difficile k porter, et que Dieu seul , du
sommet invisible de sa providence, est le
premier ministre de tout ordre, de toute
paix, de toute puissance , de toule vénérs-
tiun. Si on nelapprend pas le premier jour,
on l'apprendra le lendemain. Tût ou lard,
la fragilité des empires se révèle aux plus
forts des conqaéraats comme an plu)
habiles des légtslateors, et la eooiiil, imti
bien que l'enfant sur las geoeui de h
mère, «nteod la roix qui ordooae de eroin
et de s'humilier. Dieu, c'ait la répotueilt
la mère A l'enranl; Dieu, c'est li ré(«iiitd«
l'amour au jeune homme; Dinu, c'est u
réponse du Capitole A toute JDleliigaiesqui
gouverne.
Et si ces rérélations progressives de li
vie DB suIGsent pas A vaincre les lëDèbrèi
de l'Ame où elles viennent fra|<per, iiien.
dez encore, voici un nouveau monde diru
les cheveux blanchis du vieiltartl. Celui-ci
a vu à fond les jours de l'homme, il s limé
et gouverné, maintenant c'est un téoMin
aui se recueille dans le désiotéressami
'une carrière achevée. L'aube de li i6rili
se lève pour lui sur des ruinra qui loutet
seules réclairenl déjA. il lui suflUde»
souvenir pour prophétiser. Et en&alBiiMl,
dernier instrument de la Providence, lii
jettera aux portes mêmes de rélernitc.in
suprême appel. U se verra au burd iltW
blme, sa conscience d'un cdté, Dieu M
l'autre, le monde fini, toule espérance trt-
nouie, hors celle d'obéir A la vérité quilt
visite encore une fois, et si après Unldi '
jours qui ont sollicité son Ame , celoi-li It
trouve insensible , s'il meurt plus forlqirt |
Dieu et toutes les ruses de sa grAca, je jHiit i
plaindre sonsort, parcequejasuiitioniiDt; i
mais je comprends qu'if est confirma dim
le mal, et que c'est vaineoienl que Dieu lui
accorderait d'autres Agra tt d'autre* mondii
pour éprouver son cœur. Ce cœur esljui;i:
enire lui et Dieu il faut une couilusioB,
et mille ans de retard ne seraient que milli
ans perdus pour la justice, sans autre fruil ,
pour le coupable que d'ajouter dix lièdni
ses iniquités.
jir.
Aussi, l'incroyonce, A qui n'échappe pu
la force de ces raisonnements, cliercbe-
t-elle uoe branche de sslut dans unedefni^n ,
spéculation de t'esjirii. Elle se demsuiltii
la justice divine ne serait pas salisfaiie ]«
l'anéantissement du pécheur. L'anéaulissc^
ment est une peine, une peine pouraiuu|
dire inhniu dans un éire destiné arioiuio.*
Ulité, et au outre elle donne A l'ordre m- .
rai une indubitable conclusion. Que bu<-i'
(le plus f J'en conviens , raoésntisseocuti,
le double caractère d'une peine et il'uoe
conci usion, mais d'une peine insudîsaDie, ft
d'une conclusion qui fait du coopable le M-
minateurde Dieu. La peine est InsuflistDiei
parce que le pécheur la désirel, el que isi
ne désire u o chilimeut si ce n'est par amour iJi
l'ordre, amour qu'on ne peut atuibueriu
-pécheur obstiné. Le pécheur ohsliaé Tel'
son anéantissement, parce que l'auésoti'-
semeot le délivre de Dieu et l'en déliii^
pour jamais. Je ne dis pas assez : c^
aspiration contre nature est une manin'
d'anéantir Dieu lui-même; car Dieu e»
^selqni délruitcelouvrtigfl
luente à sDa peméc et i on aet« pur «là
IhrB i*<d reoda rivant hors de lui. Ost
pMcrqnoi, lOBl eo contessaDt que l'anéan-
liswaient da péebeur a le caractère d'uns
owelaiioD, puifqu'il est éternel, j'ajoutais
^eeeUe conclusion soumet Dieu au pé-
dteur, poiwfB'elle la enntraint de défaire
te qu'il a fait, et ee qu'il a fait pour Atra
UMioiin. Quoi I l'uaivera ne périra poial;
tu |>lut obscurs él^enff, conservés et
innsfonnés par la loote-oaissance divine,
teniroal, sefon saint Paul, il la liberté de la
ffm 4tÊ mfmU* de Dieu (1995) ; la jalousie
M Créilear veillera éternellement sar lear
boiilé délivrée do la eomiptioa : et il serait
fOMib'e qu'one Ame périt, parce que cette
iMB'urait pas voulu coonatlre Dieu! Le
ck^'oDvre de la sagesse incréée, le vase
ibimatfu pour qui tout le reste a été fait,
tmiH la olarci da péctiearl Le pécheur,
(prèi avoir tué son corps ici-bas, tuerait
«-biut son tme, et ce meurtre da son Ame,
k [lias grand de tons les crimes, serait son
vDique chAlimetil I Non , n'jr crojez pas,
'"UJ ue toerez pas votre Ame. Vous le >ou-
itin liieu dès a présent ;.vous ne travaillez
qol rainer sa lumière, sa liberté, sa grâce :
oiis c'est eo vain. Quoique habitant le sé-
jour de la caducité, cette sublime essenre
Mupjte A vos coups : que sera-ce lors-
q^n'efle abordera les rivages où nen ne
tillèreetoikriiDmorlalité se respire comme
Dous respirons l'air ici-bas T On ne lue pas
luîmes dans le temps: comment les taerez*
Toof dans l'éterDiléT Elles vivront donc,
Files vivront h jamais ; ouvrage le plus
f>réciens da Créstear, vous aurez pu les
iouiiler mais non pas les détruire, et Dieu,
» f metlanl le scean de sa justice, parce
(Of vous l'«ar«z obatinémenl Vbuln, saura
a faire jusque dans la perdition dea signes
'e l'ordre et de* hérauts de sa gloire.
Ni l'auéaatiesament, ni l'épreuve indéinie
*r la txansaiigratiou, ni l'étemiié bien-
cureuse après des supplices passagers,
en de ces faibles inventions ne résout au
iii de cefta vie In problème de l'ordre
oral, et n'assigne au drame de la liberté
juste et nécessaire eonclusioD. Or, que
Me-t-il en dehors de ces trois systèmes?
tu que le ■7Blè(He chrétien. Il eat donc
li, et si le n'y croyais pas, toute certi-
ie de bien et du mal disparaîtrait dans
m esprit , parce qoe les voyant l'un et
otre abfMitir au même terme, je ne dis-
roeraia pltts entra eai qu'eue apparente
chiioérique distinction.
lais il ne doit pas me suffire d'avoir direc-
lenl établi le dogme inviolable de Téier-
: des peines : je sens aux palpitations
voire intelligence qu'il y survit ties dif-
APMJKETIQOE. EMF 78{
ficaliés ; je les connais , el je Teox les
atteindre.
Voes vous dittM ou dedans de vous :
Qu'est-ce que nous venons d'entendre r Des
raisonnements de métaphysique. On nous
s montré que tontes choses étaient com-
Frises entre un principe et une conclusion,
an et l'antre éternels, et que l'ordre moral
ne pouvant échapper A cette lot, il était
nécessaire qu'une éternité fUt au bout d'une
vie coupable; éternité inrailliblement mal-
heureuse, h moins qu'on ne prétemltt assi-
gner au mnl la même conclusion qu'au bien,
ce qni impliquerait, contre la conscience
unirerselte, ndeolité de tous les deni. A
la bonne heure, mais qu'est-ce qoe la mé-
taphysique contre l'évidence du sens moral?
Qa'esl-ee que la métaphysique, même la
pins irréprochable, contre la voix întérieurn
de la justice qni nous crie que la peine est
néeessairemeni proportionnée avec la fauter
Et qaelle faute l'homme pourrait-il corn-
meure dans son eœor aussi faible qu'étroit,
Îui mérite une peine mesurée par l'éternité?
'éternité, en qnelqne manière on'on veuille
l'entendre, et snriout appliquée à un être
borné, est on abîme où la moinire douleur
prend ce caractère immense que nous ap-
pelons l'infini, et n'a plus dès lors aucune
proportion avec la fante qu'elle doit punir.
Affirmerez-Tous que. ta fante est infiDie?La
conscience se révolte contre cette afRrma-
tion. Nierez-vous que la peine le soit? La
conscience vous rerosera son assentiment.
Direz-vous qu'une faute finie mérite one
peine infinie? La conscience parlera encore
plus haut contre vous. Elle vous tient en-
fermé dans ces alternatives, el ne voos laisse
aucune issue poar échapper A l'évidence du
votre iniquité.
Avant tout j'éearlerai celle pensée, que
Diea condamne éternellement le pécheur
pour nne Ciate unique qui lui serait échap-
pée par haaard avant de mourir, comme st
la Providence épiait en quelque sorte la
minute de nos manquements |K)ur «o foire
la minute snprAme de notre mort el de
notre réprobation. Sans doute il est de foi
qu'une seule bâte grave, c'est-à-dire com-
mise sciemment et pleinement contre une
voloalé formelle de Dien, séfiare l'humme
de la communion divine, et l'eipose, s^l
meurt en cet état, an sort des r«>rauTés.
Mais il n'est pas de foi, bien s'en faut, que
Dieu poursuive les observateurs de ses
commandements d'une vigilance inquiète et
sombre, n'attendant que lliaure d'une chute
passagère pour les précipiter dans l'abtme
d'une mort sans pardon. Toute l'Ecriture
est pleine des patiences de Dieu, même h
l'égard des plus grands pécheurs, et il n'est
pas un de nous qni o'ait en dans sa vie la
preuve de cette miséricordieuse longani-
mité. Lt Stigneur. dit saint Pierre, ne re-
tarde pas t'aceotttpUuement de tee prameMiei,
comme le penetnl queiquts-unt, «ou II agit
palitnment d eauie de cou, ne mnda»t pas
MCTIONNAIRB APOLOGETIQUE.
ew
g M ptnwuu périite, mai» que tout rmm-
ttent i péntttmet (1226]. Il est vrai qa'en
tl'aiilres passages l'Evanfple nous dit de
Teillert et gîte iijour dt Duu tiendra eowau
un voleur [1227]; mais ces deroières et'
{iressioDS sappliqDenl h la fin du (noode>
et eocnre qu ellea fassent diles pour Tavé-
nemflDl particulier relaUrk chacun de nous,
il ne s'ensuÏTrait [>as qae la Prorideitce
«herche k nous saisir inopio^meat daos
une seule faute, pour avoir le plaisir de
nous perdre, il faut veiller, parce ma tetprit
«1 prompt et que la chair est fatoit (1228) ;
mais il faut croire aussi k la parole qui
disait : Paix nir la terre aux kowmtt» da
iatuu volonté (1229). Tout bomme qot pé-
rira, périra malgré les efforts de Dieu ; il
périra cofifaincu d'iograiitade, rejeta non
par hasard, niais par J'opiniâtrelé de soa
mauvais vouloir.
Cela posé, reste la question tonle seule
de la proportion entre la peine et la fiiute.
Cette proportion est nécessaire, je l'accorde,
elle est de droit naturel, et la foi nous com-
mande d'7 croire autant que la raison.
L'Ecriture nous dit, en effet, que Dieu rmdra
à chacun, selon tea eiuvru (1230), et l'Eglise
n'a cessé d'annoncer aui nations l'équité des
iugements de Dieu. C'est pourquoi l'éter-
nité, bien qu'uniforme dans sa durée mé-
(ophvsique, ne l'est pas quant k l'rffet
qu'une produit sur la cooscieuce, l'Ame et
le corps des damnés. Chacun d'eux en re-
çoit le coup vengHur selon qu'il le mérite,
et celte distinction dans leur sort subsiste
éternellement, comme la nature de leurs
fautes et l'éiat moral de leur cœar. La
persévérance de la peine n'en change pas
le degré, et surtout ne lui donne pas le
caractère de l'infini ; ce caractère n'appar-
tient qu'à l'éteroilé: considérée en Dieu,
{larce qu'en Dieu Téternilé est la durée
indivisible de l'étrt) substantiellement un
et présent k lui-même dans un moment
immuable qui n'a ni passé, ni présent, ni
fulur, ni commencemeot, ni fin. Hors de
Dieu, l'élernilé n'est plus que 1« persistance
d'un être tmroé, un fleuve dont le cours se
partage en une multitude indéterminée de
points dont chacun n'a que l'étendue et le
iwids du fini, et ne donne aux Ames per-
dnes qu'une seosalioD fixe, toujours ^le
k elle-même, et qui conserve k leur cuii-
ment la mesure voulue de Dieu. Ce qui nous
trompe en ceci , c'est que nous appliquons
k la dorée persévérante de l'autre vie les
mimes lois et les mêmes effets qu'k la durée
persévérante de notre vie mortelle. Ici-bas,
le temps règne sur nous, le temps qui est
progressif et dont les coups croissent en
énergie par leur répétition ; au deik de ce
iDonile, le temps n'est plus, parce que tout
Y est clos et arrêté. Une ère nouvelle /
place toute chose sous l'empire de la stabi-
(1298} f f F«ir. tu, S.
imT]/T*cuai. T„a.
IVtm Une. s|T, 58,
lilé pure: cette ère eal l'élemité rtiHe iwnr
les esprits qui vivent en Dieu, elle eiM'é-
ternité imparfaite pour lus êtres qui meut
hors de lui, c'est-^ire une durée morte d
sans progrès, d'où résulte un genre de wi-
sation qui nous est complétemeol iuppi^-
ciable et inconnu. Si nous respirioas un
quart d'heure hors de tout nonveiieM,
nous eu aurions quelque idée-, miis cet
acte nous est impossible, le noiiTeaMai
nous presse de toutes parts, il est es doos
et hors de nous, et avec lui une vie qui m
nom permet pas de comprendre une ttùi-
leur stable et toujours protwniannic ï )i
faute qu'elle punit sans l'expier. L'iiiugi>
nation faillit la dux ordres de notre raison;
mais la raison demeure, et c'est elle qu'il
faut consulter pour juger la justice de
Dieu.
iamaïs je ne croirai que Dieu ne soit pu
assez puissant pour imprimer au coujHilf
la sensation qu il mérite, et pour faire ieli
durée un instrument équitable de SAin-
rets. La durée obéit k Dieu comme loult
chose, et, conduite par sa main, ellefnHit
dans la mesure où elle doit frapper. CcU
me suffit. Je ne veut pas dire que les peim
de l'enfer ne sont f>oint formidables, cir
j'ai entendu cette parole : // e$t hùrrihhit
tomber entre lei mains du Dieu vintiu [HH].
Je veux dire que la persévérauce de leur
durée ne détruit pas leur prsfiorlion ii»
les crimes qu'elles doivent cbitier, propor-
tion qui est de nécessild de justice pour
Dieu, et nn dogme de la foi comme noeéii-
dence de la raison.
La question de justice écartée, fie- '
croyance se rejette sur la bonté de Diee. '
Dieu est hon, dii-»lle, c'est son premier ii-
trihut, celui qui recouvre en quelque sont
les autres, et I Ecrilure-elle-meme a dit : i^
Seigneur est doux envers tvutei ekowi, ri
s«f miséricordes sont le vélrwumt de tsutaui
mrrw. — Suacis Bominua imtMrns, il m-
strationes ejut super omnia opéra qui (1332).
Pensive que Hilton a rendue sdmirableiueol
dans son ifarodû perdu, lorsque, iprèsiTOir
tracé tout l'ordre de la rédemption, il Iiil
dire k Dieu : « La justice sera stUsbiiti
mais la miséricorde aéra toujours la ploi
remarquable, et après avoir brillé la pre-
mière, elle brillera la dernière. • Or, com-
ment brillerait-elle la dernière, s'il n'; anit
aucune rémission pour les pécheurs; si.
après des siècles écoulés sur leur cEiâtiiiieiii,
Dieu demeurait insensible k cette éponitn-
table infortune, et regardait d'un câd tec li
continuation de leur éternité T Comment»
rendrait-il k lui-même Te témoignage qu'il
est bon, et qut ta miiéricorde est te véteiut
de toutes su auvreiï Un homme, tout hMt
qu'il soit dans la bonté, ne serait pu ci-
pable d'une vengeance éternelle : eommeiii
(»30) Mallh. XVI, 27.
(1«M) H^r. I, 5t.
(1233) PitU. CUiv, 9.
MCnONKUBE APOUWETiatlE.
BW
Di» eo npportenil-il le specUele et la
ttnina 1
Il esl Trai. on homme os inrail pas ca-
pable de punir éteiuflllemaal, d'ftwrd parce
ffl'ilae comprend pu l'éteroité, el ensaite
^raa qae lAules se* vertas sodI eourtea
tomme sa rie et étroites eomme son ooiur.
Tous iaToqaez U boaté : savez-TOus bien
a qae c'est? Savez-Toiu qoe c'est la bonté
qoi met le sceaa i la réprobation des pé-
dieun! Ja vons étonne sans doute : mais
NMlei-moi, el connaisiez eoSo combien
■ont Tatiles les espérances el les raisonne'
aT«z fait de tous. Quelle sera votre res-
source ? Votre ressource Sera de ne- point
TOUS lasser, d'eapérer contre Pespéranee, de-
croire i l'efficacité d'un saotilnent aussi
vrai, aussi fort que le rdtre. riojez le ge-
nou, s'il est bescAn ; abaissez votre orgueil ;
que rien ne tous coûte pour mrsuâder l'in-
Sratitude et pour réduire l'insensibilité-,
lais enSn, si tous ne réussissez pas, que-
ferez-TOusT Je tous donnerai un conseil
que je tiens d'un pand nwraliste. LabrujAre-
a dit : « Lorsqu'on a beaucoup bit, et beau-
- coup fait en Tain pour être aimé, il T a sQ-
MBUderbomme contre les jugements de core noe ressource : c'est de m pnis lîea
Vu*. faire du tout. > On a repoussé votre em-
Tnsliez dan< Toire esprit l'idée de boulé preasement, essajet l'abandon. Je n'enlends-
1 Tidh d'an pardun toigonrs possible et pu un abandon nocère, défloilir, mais uà
■I . I A abandoo d'épreoTe où la tendresse se mé-
nage le retour. Après cela, ce dernier effort
de Tolre âme étant demeuré impDÎ&saat,
tutjom acconlé, quelle qoe soit la persé-
**naee du mécbant dans le mal; vous en
âittsiiosi un adverssira irréconcilisble de
bjuttice, et TOUS brisez en Dieu l'unité
amsMîfe de ses perfectioDS- le ne m'ar-
rtiepâsàTous dire que c'est Ik une pensée
itcn\ige qui détruit dans l'iatelligence la
MiioD métapbjaique el morale de Dieu ;
■ooB dessein est d'aller plus loin au Ibni des
fte»», et de tous bire voir, en définissant
'' boolé, comment elle s'accorde aTee la
JuiiieeiNMir assurer l'éteroelle réprobaiion
il«i pécoeurfl, une fois qu'ils ont perdu avec
it lempt de l'épreuTe le temps de la récon-
filûiioa. Qu'est-ce donc que la bonté? La
■«oié. c'est l'amour gratuiL Celui-li esl boa
'lui irm« sans cause, qui aime le premier,
<]ui aÏDie STtfc ardeur, qui aimi; jusqu'à
i-ourir: el lel est l'amour de Dieu. Dieu ne
■Mu deiaitriea, puisque noasn'étions pas;
il De découTrait en nous aucune raison de
i>r>at siioer. puisque nous n'aTÎons rien
iraol qu'il ooiBS eOt donné quelque chose ;
un amour pour nous, comme pour toole
»£atare, éuil donc uo amour gratuit, an
xit: d'inQuie bonté. Or, écoutez bien, je
lotu prie, l'unour, tout bon qu'il soit,
: userais dire, tout STeuglément l>on qu'il
Ml, a partout un besoin qui est dans son
essence el doot il ne peut s'affranchir : ce
■csvio de raoïour, étoanez-vous tant qu'il
t -u* plaire, ce besoin de l'amour, c'est d'être
i^oié. L'amour pardonne tout, sauf une
vule chose, qui est de n'être pas aimé. Je
Audrals ija'il en fdt antreoient, si c'est
uUv désir, mais je me croirais tomtié en
'^oieoce de ne pas pardonner k l'amour ce
■=suiu qo'U a d'éire aimé. Et s'il ne l'est
u,qae fer»-i-il? Cetiu'il fera?je vai^TOus
: dire, eu tous dérobant k * oas-mème, au
'r.d de votre cour, le secret de l'amour.
Ou je me trompe, ou vous avez aimé, ne
ii-c6 qu'une lois. Je ne distingue pas eo
c OKimeDt les affections légilimes de celles
û ue le soot fias; je le» prends toutes,
ourvu qu'elles soient sincères daai les en-
'>..ie9 de Ivur réalité. Vous avez doneaimé,
I je suppose qu'aujourd'hui même votre
me esl utu* l'empire de cette généreuse et
:rnble passion. Elle a choisi, elle a'est
rjouée, elle se dévoue tout entiire : mais^
lijuleurt oa icpousse ce don que vous
buse paa plus longtemps de cette faculté
d'aimer qui t'a été donnée d'en haut; re-
tourne k la raison, prenda ton ême et va-
t-en. Telle est l'histoire dn cceur humain
dans l'amour, el telle est aussi celle de Dieu.
Car, au ciel et sur la terre, l'amour n'a
qu'un nom, qu'une essence, qo'une loi,
qu'un effet.
Dieu vous a prévenu d'affection de toute
éternité. Vous n'étiez rien pour lui, rien
pour l'univers, rien pour vous-même; il
vous a chmsi avant que vous fussiez. Ce
corps, dont tous profanez la grlce, c'est lui
qui tous l'a donné comme no rase antique
soni tout pur de la main du statuaire; il a
ouvert vos jeui pour que voua le vissiez
dans le monde avant de le voir dans sa subs-
tance; il a creusé vos oreilles pour que
vous entendissiez sa voix, et dessiné vos
lèvres pour que vous lui répondissiez. An
dedans de ee chef-d'œuvre sorti de ses
amoureuses mains, il a mis une lumière
vivante qui se luit i elle-méffle, et dont les
ramona ont une affinité avec sa propre lu-
mière, afin que l'une et l'autre se recher-
chassent pour s'unir un jour dans reslasar
d'une même flamme et d une même éleeni--
té. Mais TOUS, fils ii^at, d'une piété aii
gratuite, tous aTez fui l'amour qui ne tous
demandait que l'amour. Vous STes ramené
sur TOUS l'adoration que vous lui dcTiez;
TOUS avez fermé Tos jeux pour ne pas le
Toir, TOS oreilles pour ne pas Fenteodre,.
TOS lèvres pour ne pas lui répondre ; et per-
du dans la détuucbe d'un llcfae égoisme,
TOUS avez préféré vivre souillé et malhan-
reui loin de lui que d'attendre eu une paiz
saus reproche l'heure de sa dernière reTé-
lalion. Dieu s'en est affligé; il a craint d'a-
voir trop peu lait pour vous, el descendant
des ombres qu'il avait laissées sur lui, il
est venu placer devant vous sa personne,
sa Toii, se* actes, sa Tie ; et de peur que ce
ne fût pas encore assez, il est mort sous tos
yeui, cruciUé de vos mains. Cela lait pour
tous, il s'en esl armé contre chacun; il
poursuit rhumsnité &me par Ame, jour par
DlCTIMNjURe APOLOGETIQUE.
JODF. al M n'est que vaineu el méprisé jii<^
tin'i la dernière heure, qu'enfin il reprend
ENT0Z0AIRG8, mnt-ils dm klag«o«r)-
lion siioutaiiéeT Voy. G&iiêk4Tioh wosu-
MB amoor et s'en tb pour jaiBsis. Car l'u- kbk.
iBour, o'aat m loi, ne repasse point aux BMGENiWfc, sysfème snbslituô & celuid'È-
méœflS riraoes, el one fois qu'il les a quil- Tohïtion. Voy. EHBKTOLOGn.
lés. il n'y reparaît ploa. EPISCOPAT, fol-il brisé parGrégnîr* VIIT
DBBifl a ta\» sur Is porte de son enfer — Béfulatîou d'Edgar Qaiaet. foji. Gié-
ratte faneuse imcripHpn : soirb VII, § Ifl.
, , ,, . ,.,. „ . , EPHEDVE. — L'épreuTe a pour liât de
5"'"?^r°««!^f*'i*'!,T'i'u"J^': ftîre connaître are!- certitude la «leur
îi;;:o1Sa%^d'r Sn^^oî^fi.^ d;- «'re. Tout être est une pnis.f,«q.;
Vensquieniroi, his8«l'espéraiice. demeure obscure fl inapprécisble liol
, , quelle nés est pas maniiestéo parseiades,
Mais pourquoi laisser 1 «spéranceT Pour- ^t ^'g,! répreuTe qui lui donne lieii de si
quoi en ud Heu où la boilé ilrTifte doit te meiiiCesler. Cela est irai même des «tes
1rou»er,,paitqu'ell6BstiH8éparablail«Dieu, nialérieis qui n'ont aucune liberUd'aciion.
faul-il abdiquer toute heureuse perapec- Ou jeg ^prouTe par des moyens chimii|u»j,
iive, ai laiulaine qu'elle soUT Le poêle nous afin d'arracher i leur substance inerteel*
reiphque dans uu ver» que je no me rap- lendeuse le secret de leurs [iropriélés.C*
pelle jamais sso* un tre&sailleoK'Dt d'admi- bien plus l'épreuve sera-t-dle uéceam
"'ion : pourirémèlerrerond d'une inlelligencelita,
Cesl l'étenicAe justice ^i «'a fait, et le premier pour saroirce qu'elle pense, ce qu'elle icV,
lanioar. ce qu'elfe peulT Aussi l'Ecriture ilii-ellt:
Si ce n'était que la justice qui eût creusa Qui non ttt tentaïus, qutd tcitJ V\ami
l'abtme, il y aurait du remède, mais n'est qui n'a pai été éprouvé, aiwMJM'([f2Kini
l'amoDr aMsi, c'est U premier amour qui l'a ne sait rien, parce qu'il ne se Siil |>u lui-
fait : voilà ce qui dte toute espé»'ance. t^uanil luëine,
on eat condamné par la justice, on peut re- Qu'est-ce donc que l'épreuve TL'fpriMin
courir k l'amour ; mais quand on est coq- est l'occasion offerte h un être libre de u .
damné par l'amour, i qui reconrra-t-ou ? sacrifier su devoir ou de sacrifier le d«'w j
Tel est le sort des damnés. L'amour qui a à soi-même. Par où vous voirez qu'il çDtrt
donné son sang pour eux, cet amour-là dans la ooiioa qui la constitue plusieun
iDème, c'est cehii ijui les maudit. Eh quoi I éléments, dont le premier de tous est lalK
VD Dieu sera venu lei-bas pour vous, ilaura berlé morale. Sans la liberté morale, ep el-
pris votre nature, parié TOtre langue, lou- fol, l'Atre ne se possède pas lui-même, il «i
ehé votre maiiiT guéri vos blessures, résus- l'instrument passif d'un autre que lu!,tl
citô vos norta; que dis-jeT un Dieu se sera manquant ainsi de toute valeur oersonnEWi
livré pour roos aux liens el aux injures de i) devient inutile de l'éprouver. Il n'eii nm,
bi Iranisoi), il se sera laissé mettre nu sur parce qu'il ne peut riao. C'est pourquoi
«ne place publique entre des prostituées et Adam était libre, il était libre pour fott
des voleurs, attacher h uu poteau , déchirer one valeur devant sa conscieDce et dt^iut
de verges, coaroniiar d'épines; i( sera mort Meu;' et nous ses héritiers, nous somoiri
enfin pour vous sur une croix] Et, après cela, libres aussi pour avoir notre valeur, NoDi
Yoos penses qu'il vous sera permis de blas- sommes libres, afin do tirer de nous-mîn'W
phémer el de rire, et d'tlter sans crainte aux une succession d'actes qui soient notre ufl
noces de toutes vos volu|>(és I Oti I non, dé- éternelle, qui forment le patrimoine mhe-
trompex-TOUS, l'amour e'esl pas un jeu; nable de notre immortalité; qui subs>ftail
on n'est pas impunément aimé par un Dieu, à jamais dans notre soavenir et dans letou-
on n'est pas impunément aimé jusiiu'au gi- venir universel des intelligences dont Di^
bet. Ce- n'est (las la justice qui est sans mi- est le chef, comme étant notre pari dm!
sérioOFdti, c'est l'omour. L'amour, nous l'a- i'œuvre que Dieu a commencé seul el fut
VORS trop éprouvé, c'eel ta vie ou la mort, nous achevons avec lui. S'il nous eâl (loi)nt
«l s'ii s'sgil de l'amour d'un Dieu , c'est Té- le corps sans l'Ame, et t'âaie sans la liberUi
tvrnelle via ou i'éterael-lâ mort (1939), foy, noua serions des étoiles sans doute et lu
XTEKKiTi DKs PBiaBB. plus belles du firmament ; mars nous ne it
ENFËU, y a-t-il exagération dans les pciii- rions que l'œuvre sans être l'ouvrier, elDi^
luresqu'enfont lesprédiealeurs cotholiquesî an nous regardantite connaîtrait que sa pu»
Y»y. EriRMTt dx» PBittBS, 1 1. — Son eiis- sanceetoiieson propre prix. L'épreuve ll»'^
tence prouvée par le sens que ce mol ex- ne nous rat pas venue ni au premier d» d'*
]>rima dans l'hébreu, le grec et le latiu. foy. pères : k quoi bon éprouver ce qui ne 1""
note 11, à la fin du volume. oi descendre ni grandir, et dont la riçow
ENsâEIGNBMENT, oritsine de nos connais- est infaillible comme le son que rend l'iin"
sanceti. Voy. Pstcholo&ix, S IX et suiv. sous te ter qui le mburtrilt
ENiaoUSIASMB : les «pâtres ont-ils été La seconde idée cont(;nuedam la défioif^
séduit* par une imaginauoa plein» d'en- de ré|)reUTe, est celle du devoir. Car ii
ibonsiaame? Yoy. AvOtwm. n'existe pas de devoir pour les iotelligeu^
(lUS) Vof. ta noio It, à h On du vuiutne, sur ruuirersaliié de b cntvaoce à l'enfer.
(I25t) tccli. xuiv, 9.
DiCTUnUlRE APOLOGETIQUE.
Kbttâ. tooi les actes sont indifférents; les
uns ae lonl pn jastrs, honorables, grands,
• héroiqDN, ni Im aolres honteux et abjects.
Ils uol égAhmenl indignes de biflme et
d'tstjnte, el parconségoenl toeapables d'^
pfta*A. C'est Is devoir qui est le principe
ia méntt ei du défcérile, et qui donne lieu
ii tooder les imes pour en Tsire jaillir le
Mcrifica «I la Tcrlu. Car l'idée du devoir
eninlse l'idée du sacrifice, eomme l'idée
ài MCTilïca est celle mime de la vertn. le
ûbim qu'on ■ préteuda eonrondre le de-
nir trre rintérei, et qu^ y i loote une si-
groc artrale qui repose sur celte a^simila-
Ua. Kiis, dsn* la doctrine du christiit-
nimt, an sbtine In sépare l'un do l'antre.
Cir, ka qu'il y ait ) rempNr son devoir, an
iiéiit ioiniain et final, e est nn iniérfit in-
TwUe, discutable, auquel on est libre de
Mp» croire, el snquel la passion ne croît
ri*-Cequi est c1«ir pour elle, c'est l'oLjel
rr^lqai h sollicite; tout le reste s'éva-
nnit, pour ne laiaser aux prises dans l'Sma
uiéoéf ijDe la jouissance et le sacrifice ; et
>i II l>as>ion est vaincue, elle ne l'est que
p*r DD acte de foi douloureux t lldéedude-
Torr. C'bsI mon devoir : tel est le mot su-
t*tmK4« la conscience. Jamais la conscience
e'idit: C'est mon intérêt. Si elle le disait,
tflesenjt perdue, parce qu'elle sa désarrae-
nii eo substituant une idée basse ft une
■Vegéfiéreuse. un calcul susceptible d'illa-
^Kn k une certjlade dogmatique absolue.
ToDl ce qui s'est lait de grand dans le monde
l'est bit an cri du devoir; tout ce qui *'j
al bit de misérable s'est (kit au nom de
rint^réL L'histoire de l'homme aussi bien
ÏucsbDoeur ne permettront jamais de con-
i^re deux mobiles qui sont phis que dis-
(cmbl^btes, paisqu'ils sont ennemis, et au
hiOT mésnt uù Dieu couronnera les bons,
rien ne brillera plus sur leur tfile réeompeo-
>^qui; ta naïveté de leur dévouement.
Fiul-il être pauvre? Ko vain me direz-
><ias que c'est mon intérêt, que tout le
uoaiie ne f<eiit pas élre riche, qu'en voulant
wijr dtt ma position je donne k ceux qui
il»! plus pauvres que moi le droit de sortir
le U leur et de me dévorer. Ce raisonnement
3t-il irréprochable, il me semble, ft moi
auvre, nue dérision. Pourquoi ne mandi-
lit-je pas mon sort? Pourquoi, fût-il sans
tiueJe, n'aecuserais-je pas Fa société, la na-
ore, et Dieu qui les institua? Poorquoi
i-'iiiierdirais-je I envie el la haine contre les
l'iirit du hasard? Aht voulez-vous me
fucher, prenez-moi par te cAté sénéreux de
ts entrailles. Dites-moi que la panvrelé
n on grand sacrifice, qoe je sois nn soldat
ui Ironlièrea de la société, que j'y duis
■oarir, s'il la faut ; que c'est ma vocation ,
>a i;loire; qou la vertu et non la terre sont
: bien de l'homme; que Dieu lui-même,
nu parmi nous, est né dans la cabnne du
l'ivre, qu'il a vécu avec,eux, qu'il en a
■rUgé les travaux et les humbles joies.
>iles-mot que le temps n'a qu'une heure,
l 'lue le témoignage d'une lx>uue conscience
l'éluniilé. Je vous enlcudrai peut-être par
le seul eOtort du cœur, et si j'ai la foi, je vous
entendrai par tous les pores de mon ita^.
Je bénirai la place où Dieu m'a mis ; j'jr dd-
mêlervi des grandeura, et j'jr susciterai dn
^'oies. L'espéininee aoasi piaatira par-dessus
e sacrifice, mais fonte divine qu elle soit et
différente d'nn intérêt visible et terrestre,
elle ne viendra pourtant qu'après l'amour,
k la seconde place, fille de la vertu et nua
pas sa mère.
Voilk le tangage qui peut susciter la vertu,
et que serait-cesi je vous parlais delà vertu
poussée JDsqu'k l'héroïsme? Quel intérêt»
par exemple, animait ee martvr chinois k
qui le bourreao demandait quelque argent
pour lut abattre la tète d'un coup, et qui
répondait : ■ Atmts-la en autant de coups
qu'il te plaira; pourvu qu'elle tombe, cela
sufllt; quant k mon argent j'aime mieux le
Hisser aux pauvresl ■ Quel ialérêt animait
Roulas, lorsque, ramené de Carthage k
Rome sur sa parole, il conseillait an sénat
de ne pas signer la paix après une défaite,
sAr qn'cn donnant ce conseil il se vonaît k
un fuppliee inexorable et lâche? Arisse
donc une fois pour toutes cetteidée de l'in-
térêt apptiqaee k l'accomplissement du
devoir! Entre le devoir et l'intérêt, il existe
le même rapport qu*entre Régulos et ses
bourreaux, entre Rome et Carthage : Car-
thage était une boutique, Rome était le Ca-
pitole, maître du monde.
Et maintenant il vous est aisé decom<
prendre le but suprême de l'éprenve. Ce
but est de coonatlre par an acte irrAcosa*
ble la quantité de sacrifice qui est conte-
nue dans une Inte. 1a connaissex-vous,
voire quantité penioinelle de aaerifice? 8a-
vez-vous jusqu'où vous irez dans l'abn^a-
liun de vous-mêmes eo présence d'un de-
voir? Vous êles-vous mesurés avec la pau-
vreté, l'exil, la torture, la mort, le déshon-
neur? Et pourtant vous ne' valez quelouv
chose que par cette quantité, qui ni obs-
cure el inconnue an fond de votre âme. Ce
n'est ui le génie, ni la naissance, ni la for-
tune, qui déterminent la valeur réelte d'un
homme : ce sont le des dons de Dieu dont
on peut user ou «baser, et qui d'eux-mê-
mes conduisent indifféremment k l'oppro-
bre ou k la gloire. Le génie oblige, la nais-
sance el la forlnoe aussi, el k quoi obligent*
ils, si ce n'est k de plus héroïitues dévoue*
roenb? C'est pourquoi, si vous tenez k
connaître ce que vaut un homme, mettez-
le k l'épreuve, et s'il ne vous rend pas le
son du saerifiee, quelle que soil la pôurpr»
qui le couvre, détournez la tête el passez t
ce n'est pas un homme.
klais comment mettre k l'èpnave? Cea>-
ment, pour me servir du langage algébn-
qoe, dégager cette grande iaconnue du M-
criBce au sein d'une âme qui t'ignore ello*
même?
Je ne sais si les ancieu avaient bit en
Dieu de l'occasion ; je le croit, car il n'est
guère de chose puissante k laquelle ils
u'eusscnt accordé le vêtement de la divinité.
Or, l'occasiou est aoe chose puissante ;
EPfl
MCTUNNAIBE APOUMETIQUE.
EM
m
aans elle tout avorte, avec elle toal réosiiit.
Auguste, né au temps de Scîpion, n'eût élé
3a'on hoiDDie f ulgaire ; né avec la déca-
eoce de la République, il eut ce qu'il fal-
lait de vices et de vertus pour ÎDauRurer
l'einpire romain- Et toute vie en estlk. Il
n'est pas uo de dous qui, regardant en ar-
rière daûs sa dpsiinee, n'y découvre des
accidents dont !a rencontre a élésouvertiue;
c'est l'occasion. Kt de m£me qu'il jr en a
dans l'ordre de la fortane, il 7 en a aussi
dans l'ordre du bito et du mal ; de mAme
qu'ua champ do bataille fait le gr«Dd ca-
pitaine, un autrecbaittpde bataille fait ou
antre genre de héros, us prêtre enlevé sur
mer par des pirates devient saint Vin-
cent de Pau); Louis XVI en reuconlrant
l'échafaud dérobe l'âme d'un marier. Et
ainsi i'épreure morale n'est autre chose
qu'une occasion de sacrifice qui nous est
uRerte par la Providence, afin qu'en i'accep-
laotou la rerusaot nous manifestions le de-
gré de faiblesse ou de vertu qui est en nous,
ou plutAt afin que nous saisissions dans la
dîQiciIlté même la raison d'un élan vers
Dieu par l'obéissance an devoir.
Ne vous étonnez donc pas qu'Adam, no-
tre premier ancêtre, ait été soumis h l'é-
fireuve, et que la vie de l'humanilé se soit
Dsugurée par une situation qui n'a pas
cessé d'être la nAtre. Aujoord hui comme
alors la vie de l'homme est une épreuve, et
Ic! sages eux-mêmes, en considérant l'é-
trange variété des choses dont nous subis-
sons la loi, n'ont pu s'empêcher d'y recou*
natlre le dessein d'une Providence qui es-
saye nos forces dans la lutte et prend plaisir
i nos venus. Voici, disailSénèquu, unipte-
tactt digne d* Dieu, un homme aux prie»
avie faavernlé. — Eee$ par Deo tpectacu~
lum, tir eum advtrtit eompoêilua. Cétait la
même cbose que disait saint Paul dans un
langage encore plus grand : Spectaeutum
faeti tumu$ muudo et angeli» et kominibui.
— iVffu/ Mons été dou»ii en tpectacle au
monde, aux anget et atix hommeg (1S35}. Ce
^ectacle dure encore, et il ne finira qu'avee
la vie présente du genre humain. Toujours
sur sa roule, l'homme rencontrera des cir-
constances qu'il n'aura pas choisies et qui
Le mettront dans la nécessité de se pronon-
cer par un acte entre le bien et le mal, en-
tre le devoir et la passion. £t plus la sa-
gesse divioe prendra intérêt k l'élever, plu^
elle tracera autour de lui la sublime cir-
eonvallatioo de l'épreuve, lui tendant des
piégea proportionnés h sa force et l'aidant
par le péril i la joie du dérouemeut. Encore
qn il n'y eût en cela aucune volonté ex-
preste de la Providence, la chose nallfeit
d'ejle-même, par le seul entrelacement dea
activités libres, et par les vicissitudes iné-
vilablea qui doivent en résulter; mois Dieu
l'a 'voulu formellement, avaol même que le
cours aaturui des générations eût amené sur
hi scène du monde les tragédies innombra-
bles qui nous éprouvent, les uns dans le
(l»5) I Ccr. IV, ï.
bruit, les autres 'd.iiis l'obicnrité, miis
tous efllcacemeot. Je vous en ai dit li ni-
son, «t nous n'avons plus qu'h sivoir quel .
genre particulier d'épreuve Dieu fti^n
au premier homme dans les solitudes tn-
tunees de l'antique Eden.
L'incrédulité n'a rien omis poar iptjeier
le ridicule sur cette page de 1 histoire r<>-
ligiease. Elle a feint de croire, peul'^tre
même a-t-ellecrosincêremeal,quelcin;)-
ports primilib de l'homme aveu Dieu, irli
que le christiacisme les eipose, anienleu
pour base un commandement arbilnirs
donné pir Dieu sans motifs et liolé pir
l'homme sans raison. Cest confondre d'i-
bord le devoir avec l'éprenve. Le deioir
d'Adam, la loi naturelle et divloa dont li
lumière formait sa conscience, c'éuii la
loi même qui fut promulguée au Sioii d
renouvelée dans l'Evangile : Tu ainmilt
Seigneur ton Dieu de tout toneaur, di M
tonâme, de tout ton esprit, et ton (itmIm
comme toi-même (1236). Entre Dieu et la
intelligences libres, il n'y a pasd'aulrtloi;
car toutes les autres découlent do celM.
et eelle-là «st l'ordre éternel, nécesulK,
absolu, qui règle les rapports de tous la
êtres moraux entre eux et avec leur Ci^-
teur. Quiconque arrive à la vie dans une
substance pensante, tombe sous le cou|i de
ces deux mots qui éclairent l'éierailé : Tê
ttimtra». Adam les avait lus dans soo lut
dès qu'il s'éveilla du néant ; il les ami lui
en Dieu k la lueur de la grâce : SOD deioii
était d'y être fidèle en aimant Dieu, quilt-
vait aiiué le premier. Voilàquelle élaitw-
tre eux la question, et sur quoi se jouii^ul
les destinées du genre humain. ,
Hais le devoir appelle l'éureuv^ je lu,
montré tout k l'heure, et il 1 appelle surlou)
quand le devoir est l'amour. Car l'amoii'
suppose le dévouement, et le déroueffleui
ue se produilqu'ft l'aida d'une occasion gm
lui est donnée. Il fallait donc qu'Adam »n-
contrAt dans les joies de l'Ëden qutlqui
chose qui, sans détruire sa félicité, m^f-
mit de s'éleverjusqu'au sacrifice. El qu'
pouvait-ce être? Si nous le regardons u"
côté du corps, il était impassible et imisûr;
tel. Du celé de la nature, il en était le m
obéi et respecté. Du cêté de l'intelligenct,
il savait tout, et les mystères dont il ai-
vait pas l'intuition directe k cause de leot
profondeur surnaturelle. Dieu lui eu anii
donné prophétiquement la révélation. D»
cdtëde l'Ame, il était heureux, de touU'
bonheur d'une innocence sans tache, d uu
amour sans nuages, d'une plénitude a^
vide et d'une espérance infinie. II était, «u
un mot, par nature et par grâce, en deno^
de toute occasion de sacrifice, etparcouiç'
quent de toute épreuve; car le libre arbi'
tre n'est pas l'épreuve klui seul, il n'en«i
qu'un élément. C'était donc une uécesiii*
qu'il intervint quelque circonstance éira-
§ère, qui, sans diminuer en rien rinlegrjic
e ses dons, lui dounât liea de choisir eo-
(1236) JVati/i. xxn, 57, 39.
ncmmUIBE APOtOGCTIQOK.
Ira it bîM et le mal. DJen y poanut en
plïçinl au eenin mAnie da (uradis terres-
Ire OM réaiiU symlmliqafl qu'il appela d'un
■na mji^étimn, Parbre de la seiraee àa
biea el da mil, auquel il défendil au pra-
■ttr honne de toueber lous peine de moii.
Je es ne réalilA symbolique pour tous
tfurpier d'un Mul mol la tentatioD de vons
■épniKlfe at de De voir lii qu'un arbre et
u fruit propres tout an plus h éprourer la
(Bor d'an enfant. Est-ce que vous ne savez
fu qn ridée change toat?Est.ce que tous
ae Mfai pas que la première chose venue
Klmufigore sous le bnrÎD qui la sjmbo-
lut? îa-cs que l'Helvélie du uv* aibcle eut
«opriM d'enfant, lorsque, avant abaltu
ItAnJaalioD do Gésier, elle choisit l'ar-
bnuqaei ce gouverneur avait attaché le
flipciwsa tTraanie pour en faire on si-
lot tTiffraocnissemenl et le symbole glo-
ficaidatrioBipheoalionairEsl^ceque vous
(fDjez qu'alors an arbre esl un arbre? Est-
M^ue vous ignorezqu'uo drapesu est une
atuOD, el que la msin qui le porte le rft-
tiendra su prii. de mille moris plulAt que
4e UîMer dans la boue d'une baUille ce si-
goeJe l'booneur? Allez donc, pourle plai-
itr de blasphémer contre le christianisme,
l'Iez dire a an régiment qui est en batailla
ile»nt t'ennenai d'abaisser son drapeau;
iiin dire au peuple de Guillaume Ttll d'a-
tuiire sou arbre, de le coucher par terre et
>ie!ebrfiler. Otezanssj, Alezde vos places,
de ro5 palais, de vos temples, les sjmboles
natioiiaui qui rappellent aux regardsetè la
peusée les saioles Iradilionsdu passé elles
promesses <i« l'avenir I Je tous le demande,
> a-HI uo homme sensé capabla de tels
Mes el qui do sache respecter l'idée dans
ta forme extérieure!
Vous-mêmes, qu'est-ce que vous éles?
féles-vuus pas de la terre pélriti, du saoK*
If lachairTQuoi donc vous fait grands? Le
fii vous Isil grands, c'ent l'idée vivante
iui habile en vous. Eh bien 1 de oiéme que
>>eu a jeté une âme dans un corps, vous
Bss), imitateurs de sa puissance, vous
Kt-z une Ame dans uo morceau de bois ou
étuffe. Cn drapeau, c'est de ta toile au
Ml d'un bâton, mais un bitoo qui vit,,
■eloile qui parle, et où l'&me de Ireote
iiliuns d hommes a passé avec toute son
sluire el lonle sa vertu.
Ainsi en ôlait-il, au paradis terrestre, de
t arbre Eameoi où Dieu avait résnmé sous
i nom «ijjaificatif loui le mystère du bieu
du mal. Il était une idée, un symbole, la
uite morale que Dieu avait posée à la
uverainelé de l'homme, pour éprouver
Dt son obéissance la vérité de son amour.
,en ce seol point, Adam reocoiilrail t'oc-
.iofï de se souvenir qu'il n'élail qu'une
alore, et que, roi du monde vlsiole, il
it le sujet de Dieu.
I j reocontrail encore uo aulre genre
prenre. Sana diminner la perfection at
félicité de son ioielligence, l'arbre aym-
ique de r&den lui parlait d'une sorte de
Ence loysiérieuse et terrible dont il n'a-
vait pas la clef. Adam connaissait le bien
directement; il ne le connaissait pas, heu-
reusement pour lui, psr l'etpérience de son
eoniraire, par l'espérience du mal. Or, c*es.t
nne grande science que le mal. Klle esl là
seconde révélation, celle que Dieu a pré-
parée aux aveugles qui refuseal de voir la
Kremière, et son éclst léoélireuz ne conlri-
je pas moins que la lamière divine i
maintenir sur la terre le r^e de l'ordre el
de la vérilé. Après Dieu, il n'y a pas de plus
grand révélateur que l'Ame du scélérat;
après l'enseignement de l'Eglise, fondé snr
Jésus Christ, il n'y a pas de plus salutaire
eoseignemeot oue celui des sectns qai
trament dans I ombre par leurs doctrines
et leurs actes le renversement du monde
moral. Esprits snperbes, vous n'écoutez
pas l'évangile du bieu , vous entendrez
tét ou tard l'évanffile du mal- Vous ne
voulez pas croire a Dieu qui vous msnt-
fesle la loi da la société , vous croirez
aux roinea qui vous rediront no jour la
même loi. Celait de celte révélation que
Dieu menaçait le premier homme en met-
tant sous ses yens, au centre de sa de-
meure, l'arbre prophétique de la science
do bien et du mal. El par ii'. en même
temps qu'il l'avertissait de soumeltre son
intelligence à rtnlellïgenea divine, il le
metiail fc l'épreuve d'une seconde limite, la
limite de l'inconnu en face de l'esprit. Dier-
rière ce voile, qu'il pouvait déchirer, qu'y
avait-il ? Nous le savons, nous ne le savons
oue trop pour notre malheur : il y avait
I bisloire de l'huroanilé déchue, la révolte
de uos sens contre la raison, l'obscurcisse-
meutde la vérité, la séparation des hommes
en races ennemies, la gnerre* la serviluda,
les larmes, la mort. Nous le savons, Adam
l'ignorail. La clarté de ses yeux lui mon-
Irait tout le bien , parce que le bien ételt
partout devant lui; elle ne lui monlraii pas
le mal , parce que le mal n'éteit nulle part.
Ou s'il le voyait, c'était d'une vue abstraite,
par voie de couclosion, et son intelligence
n'était pas moins sollicitée par celle science
mystérieuse que Dieu lui cachait derrière
le symbole iolerdil è sa souveraineté.
Eotin une troisième épreuve y était en-
core renfermée, d'un ordre ioférieur, il est
vrai , mais nécessaire pour que l'bomma
loul entier eût part au mérite el su démé-
rite de son choix. L'arbre de la science du
bien el du mal, bien qu'étent une idée et
an symbole, était aussi une réalité, et en
tant que réalité il correspondait aux sens
de l'homme dont il limilaitla jouissance
par le devoir. C'était Ik le cAté accessoire
de l'épreuve el son complément , tandis
que l'incrédulité a voulu en faire la
chose principale, afin de jeter une cou-
leur puérile sur le drame qui a décidé da
cours de nus destinées. Vu h Mm rang,
cet accessoire éUit dans l'ensemble da l'é-
preuve ce qu'est le corps dans l'organisa-
tioo totale de notre vie, el pour s'en mo-
quer, il faudrait auparavant avoir séparé
uotre âme de l'enveloppe qoî la relient. La
EPR
IHCTIOKfAlIlE APOLOCETIQUe.
en
besulé morale tlet ohotM lifliil k leur har-
moiimi et il est 4isé de les défigarer. en oe
reniant (]ut) la l'ace par où elle* regardunl
alles-mémes te monile iutéricai, T»at que
l'homme contiendra le limoD dont il fut
))élri, liai que le *er de terre aura le droit
d'y recoiinallre sa pjlurei il y aura en nous
uae parenté avec ia plus profonde misère,
et oetie misère laisaut contraste avec ootre
cÂté sublime, nous serons facilement la
proie tiesAsprUs qui, h l'iœitalîOD de Ctaara,
voudront U-Ter ia voile de notre audité.
Oui, cttia est vrai, aifioe au jour de notre
oréalion,dans la splendeur de notre premier
soleil, lorsque nous élioos riergex, saints,
rois immortels et presque déjà divins, il
}' avait en nous des seus que la beauté d'un
ruit pouvait séduire, et notre âmOf toute
grande qu'elle était par son essence, pou-
vait se rendre coooplice d'un vil désir et en'
accepter la lamentable solidarité. £n doulez'
vousl Si vous n'oii doutez pas, respectez
les desseins de Dieu qui vous an a crus
capables, et n'attribuez pas à l'épreuve
qu'il aoiis fît la bassesse qui n'est qu'en
iKHis. Cette épreuve devait nous toucher,
et elle nous touchait par tous les points
vulnérables de noire être; elle était sublime
à l'endroit où nous sommes sublimes, pe-
tite à l'endroit où nous sommes petits. Elle
nous traitait en dieui et en enlaots, larce
Îue nous sommes des dieux et dus enfants,
'est pourquoi la divine Pruvideuce, qui
nous oonnaissail bien, aGo de mainteDtr
dans ré|*reuve l'équilibre entre le bien et
le mal, avait placé en face de l'arbre repré-
sentatif du pécbé et de la mort, un autre
symbole repréveutatif du devoir et de l'im-
mortalité, qu'il avait appelé l'arbre de la
vie. Parallèle touchant, qui avait pour but
de nejainata laisser l'homine en présence
d'un attrait sensible pour le mal, qu'en lui
offrant le secours d'an attrait aeoaiute pour
le bien.
• Tel était donc en Eden l'état de la ques-
tion; t«tle l'épreuve h laquelle avait été
soumis le père du genre faumalu. Et si
TOUS vous en élonnei encore, mettant de
cdlé rfEcritare et la raisiui, j'en appellerai
Su spectmle même qui est sous vos yeui .
L'Ëden n'est plus, mais l'homme vit. Il a
emporté de son berceau, A travers les si^
des, les ruines de tout ce qui lui avait
été donné, son corps, son ftttie, son Dieu,
et aussi son épreuve. Kien n'est changé en
lui el autour de lui substantiellement; il
est tout hii-mème avec an corps de poudre.
Hegardes-ie donc, el, dans l'homme déchu,
reconnaissez l'histoire de l'homme virgiual.
Il n'y a pas deui drames dans l'Iiumanilé, il
n'y en a qu'un. Comme une limite avait
été posée h la souveraineté, h la science et
à la jouissance d'Adam pour l'éprouver,
ainsi subsiste-t-elle pour vous éprouver
aussi. 11 y a une limite à la souveraineté :
Pouvea-vous toult A votre science : Savcz-
vous tout? A votre jouissance : Jouiîsez-
vous de toutî Vous n'osuriez le dire. Et
TOUS souffrez de ceUe triple limite , elle
voua tm|ioriuiw,etlaeiit la causa ttucene
ranaissaoleoii de voire soainiuion t Dii:a
ou de votre révolta contre lui. HuajblenieBt
acceptée, comme une situalioa Tnulaa du
plus légitime et du meilleur des nullrc),
elle produit en vous l'ordre el la paii,uui
retombent ensuite autour de vous, dâaslt
société domestique el civile , en fruits bec-
reux d'une paii et d'un ordre plaignadt.
Kiyetéa par l'orgueil, elle vous Hvn m
hasards d'une convoi lise sans frein du corfi
et de l'esprit, el prépare au monde lei bot-
leversemants dont se eonspose t'Iiiiton
de l'bomaBité. Votre épreuve est donc li
nème que eelte d'Adam : elle part dti
mêmes idéea et loucfae aux mêmes pnnu
de rtme. Et ai vous y regardez de ploi pris,
vous discernerez aisément sur vos téta b
rameaux entrelacés de l'arbre de lavisttdi
l'arbre de la science du bien el du buI,i«
les deux oi^nisés, aclifi, iniMrt«ls,«lH
disputant dans une guerre iniplacablolii-
rection de vus facultés.
N'en tendez- vous pas une voix do dtbon
qui vous dit : La souveraineté voas iiiur- j
tient. L'homme est le terme le plis mi \
de la vie universelle qui se résonn tu '
lui, et sa volonté est le seul principe di
juste et de rinjuste, la seule loi de tes k-
les et leur seule sanction. Quiconque re- j
conuatt une autre autorité ei>t un «icliiti i
et quiconque l'établit un tyran. Arrièn j
aussi les ombres du sanctuaire, les dogniet ;
que la raison n'a pas bits, el qu'on toi>- |
drait lui imposer au nom d'une vérité tupi- ;
rieure et mystérieuse. La raison alla vériit ,
ne sont qu'upte chose; la raison voit (oui
ce qui peut fiire vu , et tout ce qu'elle rtt
voii pas n'est pas. Arrière encore la leap^
rance et la retenue, ces autres eatrifestl«
la nature humaine trompée, par où on lui
ravil le libre essor de ses désirs. L'faooiue
peut tout, i) sait tout, il doit jouir de loul.
Cette voix , quelque nom de secle ou m
système que vuus lui donniez, celle 'On
antique qui précède et qui sait tuus I»
crimes ; qui les précède pour y exciter, qui
les suit pour les justiSer, cette vois, i:^'
l'arbre de la science du bien al du mal. Ell« ;
rencontre trop souvaol un complics » i
dedans de vous, mais elle n'est pas iodj- j
mêmes. Elle vient du dehors, alla estuM
fiuissauce assise qui prend vulootiersloutH I
es autres à son service; el s'il n'en éUJI i
une, austère et inoorruplible qui la tieuleo |
échec, il y a longtemps que la terre d>
serait plus qu'un cloaque at l'hoian» aoe
débauche. Hais heureusement l'srbre *le
vie n'a pas cessé non plus d'étendre so'
vous ses rameau 1 protecteurs. K opposa
ses teçoQb et sos fruits aux lagons et sut
fruits de son terrible rival. Il nous iovi»
h respecter les conditions divines de aoue
sort, qui sont la dépendance de Diea.'<
foi en sa parole et ses promesses, le r^leœeoi
des désirs par l'esprit de sacrifice, la «[«^
vous entendez celte seconde voix. Les a<ai
réalités qui se disputaient la CŒard'A<un>
aai>eradis lerreslre sa disputait la i4^>
âKTKMHAIRE APOUKETHHIB.
Tirbre de l« vfe est h votre droite , l'arbre
i» It science da bien el du mal i votre
)■ iciie, et TOlrp destinée personnelle, unie
1 eede de monde, dépend du cboix que
TVJi fefw.
EPREUVE par la liberté, irantages de ce
fj^time. ¥o]f. LiBEiTt. — Peul-elle se couci-
Iicf >*ec nmpeccabi)ité7i(yj(f.
EXCOLANf , médecin italien, confirme les
dtoarertes de M. Van Beoeden stir la gé-
iiénlioB de enlozoaires. Voy, GtntMAnoti
tSSBDRS sur l'éternité des peines, fog.
lllÉllCOt DIEUX.
ÎSCHENUArEIt, réfate Strauss, fov.
Iln«ii«.!V.
ESDIAS, n'a pas fabriqué lo Penlaleaque.
Fef. fnTATRUQUE, i VI,
£trÈCE, y en a-i-il plusieurs dans Phu-
iun:léT Toy. Ri£es hdmaises, f II. ~ Ca-
iiciéres généraux de respéce. Jbid.,ilU.
~ &|'^ces animales et végéLilesde la créa-
lion aclui-lle , leur pernianence. Tov.
BoMwt, art. 1.
KPRIT, De peut être constaté direcle-
inenldans son existence; obieclion et ré-
fonse. Voy. Ahr, ) VII. Voy. Chai«- —
Eiprit humain, ses progrès SOUS le rèxne
in efarisliauisnse. Vojf. ï'iiuro^ciion, { XII.
~ Esprits supérieurs bons et mauvais. Voy.
PÈCai OBIQIÏfBL, (I.
ESQCIUADX. Voy. Races bukaihes,
1 Vill.
ESQUISSE D1INK PHILOSOPHIE; eia-
men de ce livre Je H. de Lameouais. Voy.
TsioDIcàR BUMAniTAiaE.
ESSËNIENS. — Sectejuive qui cxïstailnu
«maieiJCemeDtdenolredre. MU. P.Leroux,
Mivailor, des feuillelonûles, une faiseuse
le romaos et quelques autres dont oo voit
t nom en Uite des Etuda mr Us réforma-
ftrt coHtempiniiîmt, par L. He^baud, ont
lis en «Tsni les esséoieos comme ie prio-
i|>edu cbrisUaoisme. llsoatdressé cela sur
! |>issage,je ne dis point comme une pierre
'icfioppement, mais comme une petite co-
lone destinée à j'iustroction du voyageur,
h bien J si voua passez par \h, je vous oon-
il!e de vous Bloquer de la petite colonne
de son ioscriptioa ; voici pourquoi :
Qe'ii y ail eu de braves gens chez les
ïéuieiu 1 c'«st possible; mais conimeot
Hl-oa pas TU que ces prétendus pères du
riaiiaaisaie o'éiaient que de bons pylhago-
:ieus sortis des écoles alexandriues (12J7JT
s savants qur ont pria la i>eine de lira
us lignes sur les principes de cette secte,
raieul fait preuve de persévérance en mé-
ant qiielt|uee heures sur l'époque con-
liffor^iae et les écrits de Flaiius Jo-
>iie (1238) i car c'est lui qui m'a fait con-
tre cms puîlosopbes juifs, et m'a dit leur
css m
nom. Quoi I parce que les essénlens ne for-
gcaienl ni glaive, ni enîrasse; parce qu'ils
étaient sobres, vivaient en communauté et
se se mariaient pas, ifs sont la aouree de
notre religion eatkoHqueT Autant vandrali
dire que Jmos le charpentier et les pèchear*
dn lae de Génézarelfa ont été nourris de la
littérature boudbique,élevésdansunepagn-
dedeN8nkin,oadanslessoulerraiDSileBo- .
narès. Les esséniens sont des fatalistes(12S9),
et on les regarde comme le point de départ
d'usé doctrine gui leur est radiealemeni
opposée. Les esséoiens considèrent la do-
mination comme une injustice impie (ISM) ;
et on Teat les rangeravec le Christ qui rend
i chacun ce qui lui appartient, et dont las
disciples forment les meilleurs soldats de
l'empire I Ceux-ci sont les enfants de l'hu-
manité entière, ei ceux-lï, en rejetant la
femme (12^1) que sauve le christianisme,
décliirenl eo deux le genre humain, et le
vouent psr leurs principes h la stérilité et fe
la mort ; et on veut les confondre I Les es-
séniens se cachent dans les villages; Jésus
enseigne dans le temple et la synagogue;
lont ce qu'il a dit et fait a été publié. Ii>~
sèptae compte les esséuiens, et trouve que
leur petite pupulation, cachée dans un angle
de la Judée, se compose de quatre mille
£me&; et on ose les prendre pour les Chré-
tiens qui, du temps de l'historien juif,
élaieut déjk innointirables, répandus dans
le monde et persécutés I Uérode a toujours
aimé et protégé les esséuiens (1242); pour
£)ire mourir Jésus, il égorgea tous tes en-
fauts de Bethléem. L'opposition est moins
encore h la surface qu'au fond même des
choses; non-seulement la communauté es-
sénienne n'a pas eu la ronjesté de la révéla-
tion évangéliqne. elle n'en a jamais eu la
sève, rénergie, la féconde élévation, et elt»
a été condamnée |iar Jésus et ses dtscipl'is
dans lout ce qui lui est parlicolier.
Cherchez les replis les plus cachés des
esprits et des cœurs, en Judée, i cette épo-
que, et dites franchement si vous ydécou-
vrez les principes que le Christ proclame t
Prêtez l'oreilie Ji toutes les voix, et dites
s'il y en a une seule, hors celle de J>?sns,
qui ait eu le secret de sa doctrine, et lui en
ait dicté la sublime pensée I Entendez-vous
dana qnelque sjDa$ogae, sur quelque mon-
tagne, au fond de la vallée, des docteurs
dont il ait retenu les leçons? Aspirez-vous
quelque part l'air que vous respirez dans
notre atmosphère cnrétienoe ? Je ne sais si
je me fais illusion, mais il me semble qu'il
faut être bien injuste, ou singulièrement
préoccupé, pour afGrmtr avec Strauss un»
l>ariléque l'histoire ne noua signale point,
et avoir une connaissance bien superfleieUo
des puissances de l'esprit et de I imagina-
'*37; Amtiq. jmi., Irad. D'AinicD d'Asdiuv, liv.
cfa. 13, p. 591 etniiv.
-iôS) Il Les compare eacore inx Plhttt des Da-
— Amti^.j»d..L xvui.eU. i. f, 679.
£y^) Atttiii. jmA., 1. lui, ch. 9, p. ilT, in-folio
(tXiO) VOTrPBILOH.
(lui) I Gees miU, nae aOa temÎMa, tecia pat-
nmn. ■ ( Jolm Muaux dUM Fume, liv. v^
ap. 17. )
\\Wi) dMif ■ jui., I. XV, cb. U, p. 59L
m
irE
nCTIOMIUIRE APOUWfcTlQUE.
tton lie l'homme, pour les recoaniltre «laaii
une OHJire dont )e (yp« est introuvable.
Imirourable ; coinprenei bieo. Je franchis
l'étroite enceinte de la Palestine; je ne dis
plus seulement aue les maximes aa» Uillel,
des Bhsmmaï, des Rabbi Samuel, toutes
marquiiesau coin des idées netionales, sont
incapables de composer un tout qui soit
en harmonie a*ec les maximes et les adîoDS
de Jésus; il n'; a pas une seule figure au
monde comme la sienne, un système de
morale sen.blable h celle qu'il a prftchée; il
n'y a pas deux Christ ; Jésus esl )e dis uni-
alla de Dieu. Tacite a raison d'appeler ses
isciples les mn^mit du genre humain, puis-
que la doctrine chrétienne repousse toutes
les docirinesde l'homme.
Notre siècle le sent apràs toutes ses ex-
périences et ses déceptions ; le paganisme
aussi le reconnut; tous les âges ont dit, «t
l'avenir répétera avec ceux qui entendaient
parler Jésus : — Non, jamais bomme n'a
(larlé comme cet homme ; — ou bieo avec le
K'iran : l'Evangile, flambeau de la foi; Jésus
l'a reçu de Dieu (1243).
Ë( ne fallait-il pas ou'il en fAl ainsi? Le
Christ, pourfilre le Dieu de l'humaailé, ne
devait pas élre )a mesquine expression
d'un préjugé national.
ËSSOTÉRIQUE ou EXOTÉRIQUE. Foy.
AcKOAlliTIQUe.
ESTHÉTIQUE, uu des beeux arU dans le
culte caihiilique. Voy. Cdlti, ) III.
ETERNITE DES PEINES. - > Si Dieu
voulait sérieusement diminuer le mal, di-
sent les philosophes, se montrerait-il si
sévère dans la punition des fautes de ses
eofanisl Le dogme de l'éternité des peines
est inconciliable non -seulement avec la
bonté, mais aussi avec la justice de Dieu,
En adoptant la foi catholique sur la nature
et la durée des chAtimeuts réservés au péché
dans l'autre vie, nous sommes forcés de
consîdérerlePère infiniment miséricordieux
comme un tyran injuste, cruel, implacable ;
t unissant par des tourments sana On, dont
I seule pensée fait frémir, une faiblesse
d un moment; faisant expier par des sup-
plices éternels le malheur bian pardonnable
d'avoir cédé une fois ft des penchants nés
avfC nous, d'avoir été abusés par les sug-
gestions fallacieuses d'un ennemi fécond en
ruses et va noires malices. Une tulle doc-
trine répugne h la raison et h la coiiscieiice,
elle sulTit h elle seule pour convaincre le
ebristianisme de n'être qu'une invention
humaine. Ainsi parlent les philosophes. ■
II-
— CooiteiieiKMdelaiMHi-éteniitâ. — Detpelnet on
d'un cblanenl temponlm. ~- Dleo, en panl*MDt une
-, „l que po«»lt„, __
- Incariluide de le mort, KcIdenU et
wan aTaBUgei, — NtUira <lei petnw do danmA. —
— ProporUoD de* pelbM. — Y »-l41 de reiuinUoii
dau lei pelatarei de l'eoler, blln par )e» pridlcttean
(lïW) KoTUH, ch. 5, appelé la TabU, yen. 50.
U T a 6 l'objection précédentfî odc ripnm
bien simple : il ne s'agit poial ici ifiisï
croyance chrétienne seulement, miii d'ut
article fondamental du symbole de tout Ih
peuples de la terre. Sur ce point Hihonti
parle comme Jésus-Christ, 1 idolllra peoH
comme nous, le sauTsge est d'accenl im
l'homme civilisé. En dépit des passions hu-
maines, toujours hostiles k ce ouï les con-
trarie, le dogme de l'enfer éternel se retronit
chez toutes les nations i touleslnsépoqnei
de leur existence, malgré la divenité du
mœurs, des temps, des climats.dulti^^
delà religion, des intérêts, et, pouriiuj
dire, de l'espèce; on a erré sur loullenilf,
même sur l'unité de Dieu , jamais «ur ii
durée des peines de l'autre vie. Eu un moi,
dans tout l'univers et dans tous les sïèda,
malgré l'ialérèt contraire des pasiioi]i,n
a crue l'éternité des peines; donecedogit
ne répugne ni k la raison , ni k la o»-
science.
Mais le temps, qui amène les grindcs dé-
couvertes, n'aurail-t-il pas révélé i nasfihi-
losophes que le dogme de l'éternilé dti
peines est un mensonge? Non, car,itdepuii
trois cents ans les socinieos et les philoso-
phes avaient trouvé un seul argumeol pé- ,
remptoire contre l'enrer , la plus simpli 1
fomœe rougirait d'y croire aujourd'bgi. |
Quand une vérité est bien démontra, P ,
faut peu de temps pour la meiire aurdesiu i
de toute discussion; personne n'oserait ni«r
mainlenani le mouvement de la terre lulour
du soleil, la circulation du sang , Is peuD-
leur de l'air; personne n'oserait soutenir
que l'eau monte dans le cylindre creux d'ui
corps de porapp, parce que la nature s lior-
roiirdu ride. Cependant, que le phéuomÈiia
de l'ascension de l'eau soit produit psr >i
pression de l'air ou par une force occqIi*
de la nature, que nous importe? liais litoi
i un eufer éternel nuus regarde loui per-
sonnellement, elle nuus touche danscaqm
nous avons de plus sensible, elle heutle
toutet DOS passions, elle est la terreur iJm
genre humain; le juste même doit craiod»,
parce qu'il peut faillir et être surpris pirlt ;
mort avant d'avoir réparé sa faute. Si donc i
i) existait contre le dogme de l'éternité d«
peines un seul argument sans répliiae, (oai
les hommea s'em presseraient de se rendre
b l'évidence: les découvertes les plus bril*
lantes, les plus utiles se répandant leote-
meat, celle-U sa propagerait arec la npidilé
de l'écliiir.
Les philosophes ont tout dit ; ni le temps,
ni la liberté, ni l'esprit ne leur ont inanqudi
il ne faut rien attendre de plus de l'avenir;
Bayie. Voltaire, Rousseau ne seront puii»
surpassés. Lesargumantsqu'on nousop)»»
ne dépassent point la portée d'un esprîl or-
dinaire, tous les hommes peuvent tes om-
prendre snns peine; mais fussent-ils a.iX
fuis plus didiciles ) saisir, la grande Egl'-'^
catholique possède assez de lumières pour
DKTMHfflAUlE U>OLOGETIQ0E.
kiippiéàMi leornl«ar;aou9so(DmMde
BoIre tièelê et de notre paye, le* philoso-
pbei MMil de simples mortels comme nons,
Mriiellaaéffle lengae, rivant au milieu
it II nèow société. Uoo Dieu I si le dogme
ifi reofer élail aussi ibsarde qu'on le su|t-
pnie,iMMt le Terrions comme loal la monde,
BNi aorioot usez de probité pour eu con-
neiri mas m tojtods pas pourquoi il se-
nHperaisiux pbiJosopbes de se croire
«sis êù possession du sens commun et de
Il boone foi. Eo vérité, on ne rsTienl i>as
é Ku étonnemenl, quand on voit des bom-
■H eooine nous sommes tous , o'ajant k
tonloir quedes ar^nmeou bien connus,
(nilersree une pitié insnilante la foi des
CMieoi, sans piratlre se douter le moins
4iMada que Uni de personnages, aussi
émmts par leors Inmières gue par leurs
iMst, ptMirraient bien iroir raison, en
adi«r>tial 11 eroyanee de tous les temiû et
dtloui les pajrs, repoussée à peine mf un
pdil DOfflbre de contradicteurs, dont la plu-
piit, esdavet du vice, sont trop intéressés
Aai b question pour en être (es-juges, et
tnp pm fermas daos une incrédulité qu'ils
RBuiM iTordiiaaire k la mort pour la foire
préraloir sur raulorité du genre bumain.
Siil-oB bien , d'ailleurs , où aboutirait
rwésBlisseme ut de la foi h un eufer éler-
idf Comme oe dogme est fondamental dans
* ~ les religious de l'univers, s'il était
~n dus , il s'ensuivrait que tous les
>*, de tous les temps ei de tous les
lisex, peuveot se tromper, même lorsqu'ils
jageot eootrairement i leurs passions les
plu* chères ; il s'ensuivrait que Dieu n'a
^Moi k l'bomma ni naturellement ni sur-
islardleownt , aucun moyen de connsllre
MO avenir. De quel droit dealers voudrait-
œ nous imposer des opinions parlicufières
IV l'existence d'une vie fntureT On poui^
rail croira uns trop de témérité que le
nmea's rien k craindre aisdelkdu tombeau.
b l'absence de toute foi i an avenir for-
■idable aux méclianls, où trouver un contre-
nids aux ^passions humaines 7 bientAt louies
■s iniquités avec tous les malheurs se
'Moeraient rendez-vous sur la terre, où
B peu de temps il ne resterait pas l'ombre
* la justice; la société civile deviendraii
apossil>ler k plus forte raison la société
iiure 30e Dona attendons.
La foi k uo chétiment temporaire, réservé
I crime dans une autre vie, ne remédie-
nt k rioD , l'expérience l'a démontré. Un
iltimeal temporaire, c'est notre pursa-
ve, qui ae prévient presque jamais les
êtes les plus aisées k éviter ; certes, il ne
snil inspirer assez de crainte pour corn-
•oder des sacriOees dil&ciles , le pardon
9 injnres, la répression d'une passion
olente * de l'amour, de la haine, de l'am-
lîoo, de la cupidité, puisque l'eufer le peut
raremeol. Il en serait ainsi non-seule-
eut dans l'b/potbèsed'nn châtimeDi suivi
la tKMibear quelconque , puisque ce qui
lit ne mérite pas d'être couipté dans
nslCDM d'un ém immortel mais aussi
dans la supposition de ranéantiasemenl
egirès l>.- 5up|)1ice.
Nous pouvons tirer de Ik plusieuia coosé-
queitces. Puisque la société terrestre est
impossible sans un enfer étemel, cet enfer
eiiste : c'est bien le moius oue Dieu ait
voulu l'esistflnce de la société acloelle,
fondt^ment nécessaire de ses desseins ulté-
rieurs, et qu'il ait su trouver les moyens de
la rendre possible. Hais il n'y a pas d«
Proportion eutre des tourments éternels et
importsnce d'un dessein qui se bornerait
k la vie présente; donc il est une vie à venir.
C'est trop peu dire : Comme Dieu ne permet
le mal que pour un plus grand bien, l'enfer
suppose dans lesdesseins de la miséricorde
divine quelque chose d'incompréhensible,
d'inSni; les Chsmps-EIysées, le paradis de
Uahomel, les espérances de toutes les reli-
gions, hors la n6>Te , ne suffisent pas [tour
expliquer l'enfer, auquel je ne croirais
poiut , si je n'étais catuolique. Mais pour
^ui aitend la possession éternelle du bien
infini , il doit être difhcile de concevoir
comment Dieu aurait pu mettre eo péril la
destinée de sw élus, par la peur de punir
trop sévèri;menl des actes dont un seul
sDftit pour ruiner les plans de sa sagesse,
ou pour mettre k leur exécution des obs-
tacles insurmontables sans la mort de sou
Fils. Les dimensions de l'ouvrage de Ditu
OQt été calculées avec une précision ma-
thématique; l'incarnation, le sacrifice du
Calvaire, le ciel, l'enliBr s'expliquent réci-
proquement.
Ouaud 00 s'étonne de ce quo Dieu nous
punit d'avoir céJé k nos pencfaaots natu-
rels, on ne parle pas sérieusement. Vou-
drait-on dire qu'il est permis de faire tout
ce que l'on désireTque la calomnie, le vol,
le parjure, l'adultère, l'homicide cessent
d'être opposés k la monie étemelle, lors-
qu'ils sont inspirés par une violente pas-
sion T Pourquoi donc l'opinion , la loi , la
religion, les plus grandes puissances de la
terre se déclarent-elles si éoergiquement
contre ces crimi'S? Pourquoi nous-mêmes
les flétfissons* nous dans les autres bomm»;
de notre niilignalion et de notre mépris K
Pourquoi regardons-nous comme des uions-
très, iodignes de porter le nom d'hommes,
ceux qui se livrent sans retenue k ces peu-
chants nalurela dont nous voulons nous
(aire une excuse? Mais non, personne au
monde u'ose céder en tontes clioies aux
désirs de son cœur, pas mémo les babitants
des bagnes et des lieux de prosiitotiou,
lam la pudeur et la justice conservent en-
core d'empire sur Tes êtres les plus dé-
gradés 1
D'ailleurs, s'il est en nous de vils ins-
tincts, d'abominables penchants, nous y
trouvons aussi des passions nobles, des
aspirations sublimes; pourquoi ne pas
obéir k celles-ci T Ne forment-elles pas la
fond de notre être? N'appartienneot-clles
pask l'institutiou primitive de noire na-
ture, tandis que les penchants ignobles,
moDumeaU lamentables de notre cbutet M
N5
RTE
DKTHKffiAIRÏ APOLOCETIQOE.
ÏTE
■ont BDfl divialion, un dérant^ement , udu
altérAlion mAnifesle T
Il doit nous êtro permis de conclura que
le dogme de l'étemité de» peines ne tA-
pugne ni h la raison, ni h la conscience;
tDjiia nous avons entretins une lAcbe plus
difBcil-, nous devons, pour rester dans les
temes de notre tbèse, prouver que Dieu,
eu punissant une faitilesse d'un moment
par un supplice sans fin, quelles que soient
les apparences, a limité* te malneur des
réprouvés autant que posjililfl. Ce paradoxe
va devenir, nous l'espérons, une vérité
cUîre comme la lumière du jour.
Dieu a bit l'ange et Ttiomaie pour les
associer à sa gloire, à sa félicité éternelles,
ou, en d'autres termes, pour les rendre
aussi grands, aossi henreus qu'ils peuvent
l'ôlre; il en est venu h bout par la Ht>erlé,
par lo lentatiun, princijHileinent |iar l'incar-
nation et ses suites impossibles dans un
ordre de t-hosts d'uù la iiberléct In leiits:ioo
auraient été exclues. Hais, en premier lieu,
la possession du souverain bien suppose
certaines conditions de justice, de sainteté,
(ellenieut que si nne âme en étal de péché
|»ouvait s'introduire dans le ciel, elle u'oso-
rait soutenir les regards de Dieu , ni le
conirasle de la beauié, de la sainteté sa-
|iréiiicsave« ses souillures; elle se précipite-
rait d'elle-aiéme dans les abîmes pour se
dérober à une intolérable confusion ; car le
ooufiable ae sent au fond des enferii dans
un État moins violent que s'il était placé au
milieu de l'assemblée des saints, sous les
veus de Diou. Ko deuxiàme lieu, l'ange et
rbomoiet comme tous les êtres, devaient -
avoir des qualités proportionnées i leur
destination, ils devaient être immortels et
capables de connaître, d'aimer et de pos-
séder l'être iniini.
La perfection de noire monde dérive des
mérites de>s saints; ces mérites n'existe-
raient pas sans une épreuve sérieuse, ils
resteraient incomplets sans les souffrances
ai la mort du Verbe incarné, c'esl-à-Uire
Sue la réalité et la grandeur du mérite des
lus supposent l'existence du péctié. Dans
un ordre de nhoses où des cbules particu-
Itères étaient inévitables, Dieu se devait k
lui-iuèine de prendre des précautions pour
diutiauer le nombre des fautes et en alté-
uu«r les conséquences. Il pouvait dans ce
dessein procéder de deux manières diffé-
rentes, soit en élevant la nature des êtres
libres, en leur donnant plusda moj'cns d«
se porter au bien , de se garantir du mal,
cunimu il a lait (Kiur les anges, de sorte
qu'il leurfàl plus dil&cite debillir, mais da
sorte aussi que la |>remiàro cbute resttl
sans remède ; soit eu l'iposanl ses créatures
6 des dangers plus grands avec moins de
ressources pour y résister, alin que le péché
pût Être panlonné : telle a été sa conduite h
( èijarddu l'homme.
S il ne s'agissait que de pardonner nos
iniquités, la difficulté ne serait \i»s grande
pour Dieu, on oublie aisément uo crime
uujii on n'a point l'auteur sous lesycui;
mais lui donnor son amitié, soi ettinv, a
Gonfisnce, comme s'il n'aTArl jimiit Iglm
c'est ce qui parait impossible. Qii'uDépoBt
Outrogé consente i recevoir sous son toil
la femme infidèle, il pourra dissimuler, j]
n'oubliera jamais l'injure qu' il ■ nm-
qu'un père s'efforce de rendre u ttndreM
au fils qui a levé sur lui une maia oieor-
Irière, il aura beau taire, la blessure du
cœur paternel ne sa fermera plus, le boo-
lieur de la famille est empoisonni pour
toujours] qu'uu criminel tlétri par les tri-
bunaux revienne è des sentiments de lerig,
son ijjnominie n'en reste pas moins mrlui,
nul bommed'bonnearDe voudra l'odiueitit
dans son alliance. Mais l'offensé fQUIt*.
pable d'oublier l'offense comme il elle
n'avait jamais esisl^, le coupable ne l'oit-
bliera poiol; toujours on le verra cootninL
embarrassé , confus devant cpoi qui on
souffert de son crime ou qui le connaiHHt
Il ne semble pas qu'il puisse en être iiii»
ment, le crime commis doit peser éterii#h
ment sur lu criminel. Cependant Dieu rtfol
dans le sein de son éternelle lumière, t»»
j jouir è jamais d'un bonbeur pur, tw
nuage, des hommes qui ont blaspbéHié foc
nom, maudit son existence, prc^ané letoqt
de son Fils, persécuté son Eglise; de
hommes qui se sont ravalés au-oesuusdei !
anioiaux en se livrant avec fureur i d'ibo- ,
minables passions. Voilft un prodige queli :
toute-puissance de notre Dieu rend ï pnot |
concevable; l'étonnement redouble, qoind
on songe k que) pris il a mis son aeiilit i
pour les plus viles, les plus indignes dn ,
créatures.
Tout Dieu qu'il est, il n'a pa ouvrir du
voie plus large au salut de* bommesi qD'n
s'eogageant à leur remettre tons Icunnv
mes, n'importe le nombre ou la grtTiU.
Jusqu'au dernier momeul de la vie, lurni
seul acte de repentir Mucère. Mais cvcame
le repentir devieul impossible par Tinflueiire
iirésistible des passions sur les lolotilic
longtemps asservies h leur empire, camw
presque tous les hommes auraient été ei-
[lOïés à ce malbeur irréparable* s'ils aroieit
vu devant eux d'une manière assurée b»
longue suite de jours h parcourir, il i ^>'
nécessaire, dans l'intérêt commun, que ^
moment de la mort fût incertain pourlovi-
L'incerlilude de la dernière heure est 1*
motif le plus puissant pour le pécheur de
se convertir sans délai, pour la juM^
persévérer inviolablemêot et de bireto»'
les jours de nouveaux progrès dioï It |i>^j
lice. S'il était reconnu que Dieu ooHi
frapper le coupable au milieu des IjcIIhI
années de sa jeunesse, nous cuurrioai Ia>i>
le risque de tomber de chute en ebule liiB*
un endureissement irrémédiable; ce D'e>>
pas dire assez : s'il était établi qa'<>"i
certaine mesure de bouiiaa œuvres doix»
le droit de faillir iinpuuéraenl , les fi"*
jusies seraient tentés de pratiquer niouit»-
lanément la venu, alîa d'acquérir lef^»"'
lége de «'abandonner au vice sans péril- 1
est donc nécessaire, pour B^MStr lonooiw»
ITE
MCnONlttffiE
j ^1 élu «t dJDtinusr celai des réprourés,
l^»r iHgODenter le mérite des uns et «Ité-
BMjer 1er crimes des satres, que tous les
ttoamesHDS dîilinellon puissent âire sur-
pi-i's 10 moment le plus défavorahle |)Our
n*t ; el celle loi, fondée manifesleuienl sur
la miséricorde de Dieu, pour ne rien dire
le ses aolrei altribuis, doit être la plus
D*iol«b)e, la plus sacrée de toutes les lots.
Votl il sait ^a'il existe des coupables que
M mort «iteinf avant qu'ils E:ei:t eu le
lemps de satisfaire k la justice dJTiiie.
Dira-4-oa qoe les catastrophes, les acci-
J«sts Indiques sont trop multipliés? On ao-
oil plalOt Ifl droit de souteuir qu'ils ne le
sool pas assez, puisque personne ne s'en
en;ut menacé, presque tous les bomtoes
mmcoiniaefe'ilsDe pooTsient être surpris
^Ismort. Mais admirons le$ conseils delà
ttsfidence; noire orgsaisaiion est si fréie,
lefenaemjs qui peuvent la briser si non»-
hnux, qna nous devrions k chaque instant
iMus élODoer de respirer encore et ne per-
Ire jamais b noort de vue; cependant Dieu,
|ai enJère par milliers les entants inno-
wts, a ordoDoé les choses de telle sorle
fM les aduJtes coupables sont presque lou-
imn avertis de leur dernière heure. Le
|lon hymain aurait peut-être péri tout en-
Mr depuis longtemps, si la Providence ne
Mmillait lejeu des forces de la nature.
Aille prévenait toujours les effets désas*
Biuda leur puissance, une trop grande
fhwM devîeoilrait la cause do noir» perle
■fa'UiUe. C'est donc une nécessité doulou-
C>, imposée an gouvernement divin, de '
r quelquefois les lois du monde ame-
rdescalsslropbes, de permettre de loin
leio queues évéuemenls funestes. Sup-
m qu'un adolesceol vient d'ëlre frapjié
iODiMil OÙ pour la première fois il corn-
iiit «ne faute damnable, et voj'Ons ce
ira devenir cet iolbrtuné.
s'agit ici d'ufl péché mortel, comme
tel itaseatboliques, d'un péché q^ui, étei-
Bt loul fc fait la charité, anéantissant la
lc« d«as l'teie coupable, y détruit dans
KÎDA ia vie turoalurelle. L'Ame crimi-
I était destinée k vivre étemellemeat
i DieUr comme l'éfnusa avec l'époux,
■ l'îDtloiilé de l'uiiion la plus tendre,
m Vtei effusions de l'amour le plus vélié-
■li ceU« âme, telle que le péché l'a faite,
TàivaitQe UD objet d'horreur pour Dieu;
m eile et lui il n'y s plus rien de com-
'm, la lumière et les téuAbres ne sont
Iptus opposées. S'il élsit resté à cette
■riuoée une racine de justice, une élin-
lid'aoour, uu souffle de vie surnaturelle,
pt l'aurait pwitiée par las expiations
ÉDire, tout oe serait pas perdu sans
ai* il n'y • plus rien de sain dans
ee, )a cwroplion a pénétré au fuiid
«.Ainsi toute union est impossi-
[ se séparer.
l supposer avec quelques auteurs,
me coupable d'un seul péché; ein-
^taut l'exclusiun de la béalitudu suma-
"^k'Nk, ser« relégué, peur aiust dire, dBU«
APOLOGKTIQIIE. ETE «Mt
nn enfer ft part, oà 1« tyrannie du démon ,
où l'acUon des flammes vengeresses ne se
font point sentir ; mais que d'autres dou-
leurs vont fondre sur lui t La honte, la folio
d'un péché, pour lequel il a tout sacrifié,
resteront éternetlement devant ses yeut;jî
se fera des reproches amers, il s'oliandoa.-
nora h un incon5oIab1e désespoir d'avoir
perdu pour toujours et par sa faute le bien
souverain. On sait eoiabieu s'eslimeut mal-
heureui. les hommes qui se soûl vu enle-
ver leur fortune, leurs dignités, leur consi-
dération; que dirai-je de l'exil, de la perte
d'un royaume, du malheur d'être haï «t
méprise de tous, mAme de ses proches, de
vivre avec la certitude de ne rencontrer
jamais une Ame k qui l'on puisse inspirer
un seoliment d'amitié ou de compassion ?
voilA des douleurs que les îamenlatioits ne
peuvent exprimer, et auxquelles la mort
pnrsilraît une grâce signalée. Uélas I le pé-
cheur qui a perdu l'intini pour toujours est
inoomparablemeut plus h plaîudre : il était
fait pour Dieu ; Dieu est sa lumière, sa juie,
son amour, sa vie; l'air est moios nécessaire
h la poitrine oppnessée, la clarté du jour est
moios vivement désirée du prisonuier, le
banni ne demande pas avec auiant d'ardeur
le reLourau milieu des siens. Qui voudra
se tàife une juste idée de la grandeur de
Dieu, de la suif qu'une Ame dégainée dts
sens a de le voir et de le posséder, com-
prendra pourquoi, d'après nos docteurs, la
Iierte élurnelle du ciel est un tourment si
lorrible. Quel qu'il soit. Dieu n'y contribue
en rien, si ce n'est en laissant les choses
suivre leur cours naturel et nécessaire.
Nous sommes encore, pour ainsi dire, i
l'entrée de l'enfer, armons-nous de cou-
rage et ue craignons pas de descendre au
fond de ses abîmes. Les juges de la terre
sont ordinairement incapables de propoi^
lionner la peine sux crimes; ils cundam.-
nenl au même supplice l'homme coupable
d'un seul meurtre et l'assassin de cent vio-
tiuies, leur impuissance les excuse. Il n'eu
est pas ainsi de Dieu t aussi sa conduite A
l'égard des coupables ne peut-elle ressem-
bler A la nélre. Si le plus condamnable des
réprouvés était puni comme te moins cri-
minol, de la seule douleur d'avoir perdu
les biens étemels, Dieu encouragerait les
méchants A multiplier leurs crimes, chose
évidemment contraire A sa sagesse et A sa
sainteté, disons même è sa miséricorde,
(larce que le grand nombre des péchés
produit non-seulement des habitudes in-
destructibles, par conséquéut la damna-
tion des cou|iables; mois aussi des séduo-
tions, des scandales, cause certaine de la
perte d'une multitude d'Ames faibles, iuca*-
pables de résister A l'entraînement de
l'exemple. Au reste, Dieu voulùt-il meure
tous les réprouvés aur la même ligne, il ne
le pourrait pas. Nécessairement il méprise,
déleste plus le moustre dont la vie n étà
un long enchaînement de forfaits atrucus,
que l'iiifarlunée victiuiu de la séducliuii uu
u'uu moment de faiblesse, uécesMU'ttUicut
«•Mi tt fiimtuer ém c«> ««MfotV* fptwra
•n* tfmiwwm p'w piBd«, des >«»ofJ»
^•M c»i<«ltM, fr«:>.«wi, la ■ilb>WW»
^'i. • fcftaf it »«-Mi«i«c« de laal* la
yiiMa fc» 4« k«r lk*i«i«, les votttes îife^
«4l*« rttewiawc «■ hxa dci aakdietiaas
4«A( t>* l'aetafeai. Il m anrail ca étr«
•ofre««M, Mes p^w^ dëfkosi 1er U vie-
UMe dB dml de haér H de Baadin sm
dM«»*^r tan^ae cette victisM lot de-
mmio* jmitiai, pe«t-il la Isi nrfaaerT Ea
«Ma readaat tvtçfmMutts^ il a nalract<
••ce fm t'tmgMftm'M laeite de paair le»
»€êuà»-«M- VitJù .l4Kntm pnmr cas pends
«Mrawfca setait ane larberie s f^^rd des
— >■-— « d'iaCortsués qu'ils ftndatnl dans
■ loi «fui dHcnd k csmiptjon d«
, rofriiftariea des biblas, las
a cooira Ij foi, devrait être i^
_ e Mie ibsarda dérisioD, si elle
^'anîl fomr ssortio» ae sajiplïca particu-
lier, IHe« a le droit, sans doala^ de pardoo-
■cr la pécW eam»iàéré tommm désobéis-
•aaee à son awlonlé saprCnie; il ne peut
l«i iiire grice, lorsque les îotérMs de ses
eréaiores ta sont lésés, il ne peol promet-
Ire rioipnniié aox aolcurs de la damoation
de leurs frires (ISU); U ibdiqoerait dès
Sors ses titres de juge et de monarque; ao
désoidre do siècle préseot, qui ne s'expli-
qua que par l'ordre parfiil du siècle k
venir, suceéderailUDecoDfasion, ooe anar-
cbieélanielles, dont les pécheurs scandaleux
seniaol les premiers à se plaiudre ; csr, en
rabseoee da tout gouveruemenl, efaacun
s la droit da se faire justice <'
OOSMdl
locapal
propres mains; et des êtres méchaots,
sédes de l'ardeur de la leogeaDce, sont
incapables de rester daos les justes tÀrues,
de ncsorer exaclemeal la peine sur la mè-
bit. Donc il est oécessalrp que Dieu exerre
son jugement sur les réprouvés, et qu'il
reMB a chacun selon ses œuvres.
On repracbe quelquefois aux prédicateurs
caiboliquesde faire des peiutures exagérées
de reiiler, c'est bien 6 tort; l'imagiDalionla
Clos hardie restera toujours au-dessous de
I vérité. Oii peul s'en cooraiiicre par un
simple calcul, en supposant le principe in-
contestable de la correspondance du cliAti-
nif ul au uombre et è l'éiiormité des rjîmes.
Prenons pour jwiut de départ le sort
d'uu réprouvé, coupable d'une seule faute,
dool la gravité ailaint le point précis où le
fléché véuiel Unit, où le péché iitortei com-
luence; ce malheureux souffrira éteruelle-
luent d'avoir perdu le ciel par sa faute, et
celte souffrance, horrible eu elle-mâme, le
deviendra incomparablemeat plus par sa
durée; c'eat \if cependant, lo moindre de.
tous les lourmeols de l'enfer. A une fauta
cent fois plus énorme devra répondre une
Mine cent fois plus graiide; un crime mille
lois répété devra atlirer sur le coupable wo
diitiuieot mille fois plus rigoureux. CM cala
^, Di«iïC«p»linil«pfc
CM» |<«Kaeat petsooBels, Hu iiiflaeii{«M
les adioas d*aninii, sont pw de cbow j
aaaaffaison de ces eriaws k janiis HM
raUes qui. pervcrfissanl des uliaiug
Uétvs, préeipileDt des millions dînes ('
i'tmSerl On bérésiarqne, qd penfcui
raalaor d'on livra ioQine on impie,
aonemis de U foi et des mceun snni
poossbles de tous les crimes qn'ilt
bit et qu'ils ferool commettre josqu'i li
do noode. Qui pourra en dire le naut
On compterait plus aisémenl les éloila
ciel oo les grains de sable qai unt si
bord de la mer. Bh bieol voili «ulmli
fers mérités par le coupable. Elann
nous après cela iSet fiammes, du ter
genr,du déses(ioir,descris,des grinces
de dents, de tout le cortège de doulw
remplissent ft jamais ce lieu dsdiiolt
Hélas I loin d't-xagérer le malheur du
nés, notre imagination ne peut pasi
j atteindre.
On prétend que la sagesse, la jnsli
bonté de Dieu sont inconciliable! ite
peine éternelle, infligée l un crime qi
duré au'un moment ; on se trompe, li
mile du crime se mesure, iionsursiil
mais sur le bien qu'il empêche el li
qu'il produit ; elle se mesure sur lï
tance delà loi violée, et rimportana
loi sur la grandeur du dessein luqg
est nécessaire. Si l'on recORoall i
gislaleur humain le droit de sincti
M loi par une peine proportionoée )
portaoce de son dessein, on qs le re
pas sans doute è celui de qui énani
droit, totile puissance, toute autorili
l'on se fasse, s*il est possible, une
idée de l'immeosilé du plandiTin,el
cessera de trouver de la disproporlioi
le but el les mojens, entre les tn
de la loi et la gravilé du chllini
en punit la transgression, entre la gn
des intérêts compromis par le pé<
rétemi(é des peines. En infligeinlia
Eables impénitents un supplice U
ieu n'a point dépassé le but ; car, qi
nd que soit le cfafltimeol , le àess
igesse infinie l'est encore dsti
Dieu a fait le monda afin de noui
participanis da sa divinité. Or, le
mortel rend l'exécuiioa de ce dessr
ta physiquement impossible k \'è^
l'Ame dans laquelle il subsiste. Ih
par l'eOfet rie la communion noiveree
tre lea «très libres, un seul péché
peul entraîner li!S plus éponvautable
séquences, devenir poor une mu
d'Ames destinées à rélamelle poss
du bien supréaie, la cause de l>]
grande de toutes lés pertes, du plui I
riMe de tous les asaibeurs. Que dts-je:
péebé de Lucifer a causé en effet Ue> m
sans nombre ; il pouvait en ott«»>"t
(lUi) Dlen pent pankmner le pédié d»» « «^
•oude. parce que rincertiioée de b mowi, fii ea é^ «
aM.wuM poTiéuielle, empêche v*il »• sert *t -'^
ivec kaédHar: A tofitwt 4i
it M U ae cent «ie, bict Kl*"'
KTE
DICTIONIUIRE APOLOGETIQUE.
ETE
Jus grands sncors et nmoDer la ruine
Inulei les créaturos inielligemea; le
Jd'Âdsm, funeste i taol d'homoges, su-
jtti\\i tout iegeDrehumain laas la mort
^us-Christ; le péché cause tou» les
{des désastres iiotnenses, il esE le mal
fraiD de l'aose et de l'homme; dnnn
ic dmil A Jui-mème, il devait àss
(deoousëloigDer du péché par le plus'
i de lous les châtimeots. Le grand
liredeiréiirouTés, dûnl ou se fait une
,'coiilre Dieu, prouve plus que tout
iiHa nécessité (Tua eofer éternel. Sans
mur de ses supplices, la société des
l'iuratt pu se lormer, le ciel serait
Itert.
IID'i point manqué de boiXé en ins-
■j du lois dont l'enfer est la sanc-
ifbircfl que la twaté d'uu monarque
fiJitti jiDiais à renoncer à un grand
pour éviter un muindne mi\, ni à
ier l'aiantage des bons è TintérÊI dea
HU. La coDsenriition de la aociélé est
iuprime : s*il y a de la barbarie à
ODer i mort l« violateur d'un sim-
{lemeDl de police, il y aurait de la
Ke i n'oser jiunir du dernier sup-
U transgression des lois les plus
kirii au salut de la patri«. Tous les
iùiilaires prononcent une peine len-
Wre la sentinelle i qui la frayear
■Rtu son poste en face de l'eiMieaai ;
pleVirmee l'exige ; aussi peranofte
■liii'eQ plaindre, nul o'a la pen^e
■er'elijjislateur ou Iesjugesd9cruau-
Hl facile de déclamer pouipeusemeot
tics aiigences de rinlérôt méfierai,
jieot fatale) aux particuliers; maio,
m qae tous les décl;imaleurs du
|ib! sauveraient pas de l'animadver-
Uiliqja un mioistre assez ignorsal
iderairs [lOur mettre en péril, avec
■De et la vie des citoyens, l'existence
deTHlai, en m refusant, par une
Bbécile, à frapper les auteurs de sé-
*, de conspirations, de /évoltes.;
neu loî-ménie ne pourrait être jus-
ril cûuiiirooieltai t le succès d'un des-
iGuioient grand, l'intérêt capital de
Ee société des êtres libres, par une
un intempestive pour les coups-
telle coniidérafio». Las réprouvés ,
* I» Élus, étaient appelés a la pos-
Q Éternelle du bieu inQni;il8 l'oat
(tas'entraloaot les nos les autres dans
■ué. Dieu qui, en sa qualité du mo-
ti de juf^e universel, est obligé de
tt ta main la défense de tous les
i^pe pvul manquer non-seulement de
duo cUameal particulier les péclieurs
il«4ii, cDoinw nous l'avonsdéjA dit,
Mcore de proportionner leur peine
"Bfflige qu'iia ont causé. N'ecl-il pns
N* Évident que leur supplice n'aura
ton, pditqu'ils ont fait perdre k leurs
'OD luen m6ni , dont la justice doit
*l ' Par. n, It.
BtCrtMliDU APOLOefcTlQCI. h
être élernelleTCe serait une détestable rail-
lerie que de condamner le ravisseur d'une
immense fortune h une amende dont on lui
laisserait le droit de se libérer par une
seule pièce de monnaie? Toutefois la grande
et la petite ftomrae, quelque distance qui les
sépare, ont toujours un rapport matliéms-
tique, que le faible lang.-tge suffît pour
déterminer rigoureusement; mais entre le
crime d'avoir fait perdre Dieu h celui qui
était destiné à le posséder éternelleiiient,
et un chAiiment o'autant de millions de
siècles qu'il y a de grains de sable sur
le bord de la mer, il n'existe pas plus
de proportion qu'entre l'étro et le néant.
Kt ne disons pas que ce raisonnement
ne s'applique qu'aux pécheurs xcandaleux,
car le péché étant contagieux do sa na-
ture, tous ceux qui s'y livrent peuvent
devenir^ à chaque instant les auteurs de
la ruine des autres hommes ; Dieu a dtï
faire tout ce qui était on lui pour éloigner
ce danger, c'est-b-dire nienncor tout péolié
grave d'une peine éternelle. ,
Pour établir que le do(;me caiiiolîque de
l'enfer contredit les notions de la justice
divine, nos adversaires devraient démontrer
que Dieu est inique en laissant l'immortalité
fa un être immortel, et, i une âme faite pour
posséder l'infini , lo douleur de l'avoir
perdu par sa faute ; ils devraient prouvtr
qu'il n'r.apas d'équité i proportionner
le châtiment k l'imiiorlancede la loi violée,
è l'étendiu du dommage causé à autrui, as
nombre et à l'énormité des crimes. Pour
alGrmerque la doctrine de l'Eglise est en
opposition avec la sagesse et la bonté
de Dieu, les philosophes devraient d'abord
nous fairo voir, ou que la réalisation du
plan divin ne produit pas assez de bien
pour balancer le malheur des réprouvés,
ou qu'une peine temporaire suffisait pour
faire réussir les desseins delà Providence.
Ils n'en viendront jamais è bout : car, en
premier lieu, si nous voulions soutenir qui^
ie dogme de l'éternité des peines a fait,
soit parmi lesanges,8oit parmi les hommes,
cent millions de fois plus de bienheureux
qu'il n'y aura jamais de réprouvés, et quo
la gloire du moins grand des élus l'emporte
immensément bur tous les maux de l'enfer.
3uel homme vivant sur la terre aurait le
roi t de nous contredire 7 En second lieu,
si malgré les terribles menaces de la foi,
un grand nombre d'anges et une multitude
d'hommes peut-être beaucoup plus consi-
dérable ee sont perdus sans retour ; si
l'on voit tant de schismes, d'hérésies, do
scandales de toute nature; si le juste est A
peinesauvé, comme ledit saint Pierre (1245),
que produirait l'espérance de l'auéaiiUsse-
ment après aulsot de siècles de souffrance
que l'on voudra? que résulterait-il, à plus
forte raison, de l'attente d'un bonheur qui,
devant être sans Un, absorberait dans sou
éternité le temps de reiiiiationT Le nau-
frage des ioceuis davieuaraU bicoK^I^-
«n
ETE
DICTKHIHAIBE APUUKETIQUE.
nous mène-t-il, mon DieuTCepenJanilet pé-
chés purement persoDDett, uns iofluMin tut
les «ctioiis d'aulrui, toDl peadecbose en
co m fia rai son de ces crimes h jamiis dèplo-
ral)lea qui, çerrertissant des ulions tiH
tiares, précipitant des millions d'iniu dam
l'enfer! Dn hérésiarque, ud perséeuleur,
l'auteur d'un livre infâme ou impie, lu
ennemis de la foi el des maunKDtm-
ponssbles de tous les crimes qu'ils oui
uit et qu'ils feront commettre jusqu'k li Ëa
du monde. Qui pourra en dire le nombre 1
On compterait plus aisément les dtaileidu
ciel ouïes grains de sable ()ui sont lurli
bord de la mer. Eh bien I TOilï aulmt du-
fers mérités par le coupable. EtoniHiii-
nous après cela des Qsmmes, du rer rt»
geur, du désespoir, des criStdesgrlncemetili
de dents, de tout ie cortège de douleun^
remplissent i jamais ce lieu de désoliiiM
Hélas I loin d'exagérer le malheur dud»
Dés, notre imagination ne peut pasahi,
y atteindre. '
On prétend que la sagesse, la josliM,^
bonté de Dieu sont inconciliables amd
peina éternelle, ioSigée k uo crime qDidl
duré qu'un moment ; on se trompe, l'M
mité du crime se mesure, non sur sa dira
mais sur le lùen qu'il empêche el k n
qu'il produit ; elle se mesure surl'lnpt-
tance de la loi violée, et l'importaDceltl
loi sur la grandeur du dessein auqudib
e«t nécessaire. Si l'on reconnaît i lat-
gislateur humain le droit de sanctioBH
sa loi par une peine proportionnée ) l'i»
portance de son dessein, on ne lereNtR
pas sans doute k celui de qniéoiineM
droit, toute puissance, toute aulOflté.Ql
l'on se fasse, s'il est possible, une jùl
idée de rimmeosilédu plan diTin,el A
cessera de trouver de la aisproporlioD 4
le but el les moyens, entre les araoUl
de la loi et la gravité du cbKimenii
eo punit la transgression, entre la $mit
des iulérèla compromis par le pécbt
l'étarailé des peines. En infligeant amifl
pahles impénitents un supplice étem
bieu n'a point dépassé le but ; car, qneU
!;rBod que soit le châtiment , le desstiii
0 sagesse inSnla l'est encore dsTSi'l
Dieu a fait le monde aBo de nous m
^rticipants de sa divinité. Or, le jn
mortel rend l'eiéculioa de cedesuinl
taphysiquement impossible k Véprij
l'flme dans laquelle il subsiste. De i
par l'effet île ta coromunion oniverselll
tre les 4trea libres, un seul pécbé lol
peut entraîner les plus épouraii tables!
séquences , devenir pour une niu'ill
d'âmes destinées fc rélarneile nossefl
du bien suprême, la cause de l> I
grande de toutes les perles, dn plusl
rible de tous les malheurs. Que (Iis-j4
péché de Lucifer a causé on elTel de^ 4
sans nombre ; il pouvait en occ«si>4
(IIU) Dieu peut pardonner le péché dam ce connivence avec le pécheur ; si l'esiiértKC 'il
inoude, parce que l'iucertitude de 1i mort, ijui eet don l'ëtendiit au delà de celle vie. Dieu seniiV
uw.aKDMe per|iélnelte, enpécbe qu'il ne s«it de uUenoit le buleurde riiiiqu.iié. |
eusit le premier de ces coupables éproure
une confusion plus grande, des remords
plus cuisants. D'ailleurs, les malheureux
qu'il a perdus )e nnursuiTenl de toute la
puissance de leur naine, les voûtes infer-
nales retentissent au loin des malédictions
dont ils l'accablent. II ne saurait eo élre
autrement. Dieu peut-il dépouiller la vic-
time du droit de bs!r et de maudire son
assassin T Lorsque celle victime lui de-
mande justice , peut-il la luirefuserT En
Duus rendant responsables, il a contracté
avec noua renuagemenl tacite de punir les
scaudaleux. LMudulgence pour ces grands
coupables serait une barbarie è l'égard des
millions d'inTortuoés qu'ils entraînent dans
i'abtme. La loi qui défend la corruplioii de
l'inuoceuce, l'oppression des faibles, les
persécutions contre la foi, devrait élre re-
gardée comme une absurde dérision, si elle
i^'arait pour sanction un supplice puriicu-
Iter. Dieu a le droit, sans doute, de pardon •
ner le péché considéré comme désobéis-
sance k son autorité suprême; il ne peut
lui faire gréce, lorsque les intérêts de ses
créalures en sont lésés, il ne peut promet-
Ire l'impunité aux auteurs de la damnation
de leurs frères (13U); il abdiquerait dèa
îors ses titres de juge et de monarque; au
désordre du siècle présent, qui ne s'expli-
que que par l'ordre parfait du siècle à
venir, succéderait une confusion, une anar-
chie élemellea, dont les pécheurs scandaleux
seraient les premiers à se plaindre ; car, en
l'«bsence de tout gouvernement, chacun
rentre dans le droit de se faire justice de
ses propres mains; él des êtres méchants,
[lossédés de l'ardeur de la vengeance, sont
incapables de rester dans les justes bornes,
de mesurer exactement la peine sur le mé-
fait. Donc il est nécessaire que Dieu exerce
soojuRemenI sur les réprouvés, el qu'il
rende a chacun selon ses «urres.
On raprochequelquefoisaut prédicateurs
catholiquesde faire des peintures exagérées
de l'enier, c'est bien k tort ; l'imagiDalionla
Clos hardie restera toujours au-dessous de
I vérité. On peut s'en convaincre par un
simple calcul, en supposant te principe in-
conleslable de la correspondance du châti-
ment au nombre et h l'énormilé des mmes.
Prenons pour (toiut de départ le sort
d'un réprouvé, coupable d'une seule faute,
dont la gravité atteint le point précis où le
liéché véniel Unit, où le péché mortel com-
mence; ce malheureux souffrira éternelle-
luent d'avoir perdu le ciel par sa fanle, el
cette souffrance, horrible eo elle-même, le
deviendra incomparablement plus par sa
duré»; c'est li, cepeudaiil, le moindre de.
tous les tourments de l'enfer. A une faute
cent fois plus énorme devra répondre une'
peine cent fois plus grande; un crime mille
lois répété devra attirer sur le coupable un
châtimeot mille fois plus rigoureux. Où cela
tn
sn
UCnORlUlM APOUtCETIQUE.
ETE
»M
de plus grwidi sncora el imoner li mine
dt loutet les créatures înlelligeiilei; le
l>ècU d'Adam, fuoesleï Uot d'homiqes, au-
nil|>erdii («at la geore humain uns la mort
it tisot^br'isl ; le péché cause loos les
>iandes désaslres immeoses, il est le mai
tooTerain de l'anee et de l'homme ; donc
Dieo te deyait  lui-même, il devail ha»
boulé de nous éloigner du péché par le plus
(nod de fous les cbjlimeols. Le grand
umbn des réprourés, dont ou se rait une
inae conlre Bien, prouve plus que tout
Jt reste la nécessité d'un enfer éleroel. Sans
It lemor de ses supplices, la société des
Ë'^i a'aarait pa se ibnner, le ciel sérail
ttaé désert.
Dira D'apoint manqué de bonlé en ins-
fi(u«Ql des lois dont l'enfer est la sanc-
uoor parce que la booté d'uu monarque
ne cunaikli) jamais k renoncer k un grand
bten pour étiter un moindre m»'., ni à
Mcrifiêr TaTantagedes bons ft l'intérêt de*
■B^hants. La conservation de la société est
]! loi suprême : s'il y a de la barbarie k
AQ&UDDer à mort le violateur d'un sim-
A«r«gleQient de police, il y auraîl de la
Vacnce à n'oser jiuuir du dernier sup-
fice la transgression des lois les plus
tfcessairés au salut de la pairie. Tons lei
«les militaires pronouRent une peine ten-
iUe contre la sentinelle t qui la frajeur
lit déserter son poste en fwe de reouemi ;
•salul de l'armea l'exige ; aussi pentOBOe
c songe à s'en plaindre, nul n'a la pensée
'«ccoser le législateur ou les juges de cruau-
. Il est facile de déclamer powpeusemcat
«lire les exigences de l'intérêt géoérel,
souveal fataUs aux particuliers; mais,
■ même qne tous les déclaoïateurs du
«ode ne sauveraient pas de l'anioiadver-
On publique uu ministre assez igaoraat
tes devoirs pour mettre en péril, avec
fcriooe et la vie des citoyens, l'existence
lue de l'Etal, en se refusant, par une
fié imbécile, à frapper les auteurs de sé-
Kons , de conspirations, de révoltas;
|n l>ieg lui-oiénie ne pourrait être jus-
ié, s'il compromettait le succès d'un de»-
ËLuiment grand, l'intérêt capital de
»e société des êtres libres, ptr une
ioa inlempeslive pour les^ coupe-
Ut eontidération. Les réprouvés ,
■vue les élus, étaient appelés a la nos-
•ion éternelle du bien infini; ils l'ont
nlu«in s'enlralnsnt les uns lesautresdans
fiécbé. Dien qui, en sa qualité du mo-
rque, de juge unirersel, est obligé de
tôdra en main la défense de tous les
ÂiSr D« peut manquer non'Seulemenl de
nir d'oo «^liment particulier lespéclieurs
jOdA/eus.* cojome nous l'avons déjk dit,
' ' de proportionner leur peine
^ i;u'il8 ont cansé. N'est-il pas
lent que leur supplice n'aura
- «le fin, paîsçu'ils ont fait perdre k leurs
resnn biea mfini, dont la justice doit
1345) / J*<tr. IV, I».
picntoiiMAnB aroLOefanouK. h
élre élernelleTCe serait unedélestsbie rail-
lerie que de condamner le ravisseur d'une
immense fortune i une amende dont on lui
laisserait le droit de se libérer par une
seule pièce de monnaie? Toutefois la grande
et la petite nomme, quelque distance qui les
sépare, ont toujours un rapport mathéma-
tique , que le faible lang-igti suffit pour
détenniner rigoureusement; mais entre le
crime d'avoir fail perdre Dieu i celui qui
était destiné i le positéder éternellement,
et UD châtiment n'autan: de millions de
sièeles qu'il y a de ^ains de sable sur
le bord de la mer, il n'existe pas plus
de proportion qu'entre l'être et )e néant.
Rt ne disons pas que ce raisonnement
ne s'applique qu'aux ftécheurs scandaleux,
car le péché étant contagieux do sa na-
ture, tous ceux qui s'j livrent peuvent
devenir^ è chaque instant les auteurs da
la ruine des autrea hommes ; Dieu a dâ
faire tout ce qui était tn lui pour éloigner
ce danger, c'esl-k-oire menacer tout péelié
grave d'une peine éternelle. ,
Pour établir qne le dogme catholique de
l'enfer contredit les notions de la justice
divine, nos adversaires devraient démontrer
que Dieu est inique en laissant Timmortalilé
ï ua être immortel, et, à une Ame faite pour
posséder l'infini , la douleur de l'avoir
{wrdu par sa faute; ils devraient prouva*
qu'il n'r a f>as d'équité i proportionner
le cbAtiment A l'imiiorlancede la loi violée.
k l'étendue dn domma^ causé i autrui, ao
nombre el à l'énormité des crimes. Pour
affirmerque la doctrine de l'Sglisu est en
Opposition avec la sagesse et la bonté
de Dieu, les philosophas devraient d'abord
nous faire voir, uu que la réalisation du
plan divin ne prodait pas assez de bien
pour balancer le malheur des réprouvés,
ou qu'une peine temporaire suffisait pour
faire réussir les desseins de la Providence.
Ils n'en viendront jamais è bout : car, en
premier lieu, si nous voulions soutenir qur
le dogme de l'éteroité des peines a fait,
soit parmi lesanges,soit parmi les hommes,
cent millions de fois plus de bienheureux
qu'il n'y aura jamais de réprouvés, et que
la gloire du moins grand des élus l'emporte
iflUDMisémeot 6ur tous les maux de l'oifer.
3uel homme vivant sur la terre aurait le
roit de nous contredire ? En second lieu,
$i malgré les terribles menaces de la foi,
un grand nombre d'anges et une multitude
d'bommes peut-être beaucoup plus consi-
dérable se sont perdus sans retour; si
l'on voit tant de schismes, d'hérésies, do
scandales de lou(e nature; si le juste est h
peinesauvé,comme ledit saint Pierre (12%5},
que produirait l'espérance de l'auésntisse-
mant après autant de siècles de souffrance
que l'on voudra? que résulterait-il, & plus
lorte raison, de l'attente d'on bonheur qui,
devant être sans Un, absorberait dans son
éternité le temps de l'expiation? Le nau-
frage des joœuis devienarail bieolU nui-
MCTtONNAIIIK .VMILOCETIOIIR.
versM; et la société civile ne tarder.iit pas
i se (iissou'ire.
G H.
ilans la conduite <Je sa ppoiiiiwiM sur Ib
dtres libres, surtout k l'éenrd des fèprcnirh,
doni la destinée semble népirerjououTriEè
et porter atteinte h sti gloire.
Lea desseins do Dieit sonidis ihloei'jl
est téméraire de Toulorr le» Joger lar b
apparences, pour ainsi dire, k ii pttniièrt
De la boute ile Dieu k l'égtn) de* réprouTés.
Personne n'eAt tenté de contester la mi-
séricorde de Difu sur les prédestinés, leur ,, - . , - , - .. ,...„.„
rie tout entière fût-elle un long enchaîne- vue; croirait-on queronpeutseforineriii,
DiMit de persécutions et de douleurs; les idée magnifique de la bontâ fiuprïniB m
misères, les traverses de la Tin sont en effet l'étudiant dans ta destinée de rimnist mn,
un témoignage de la prédilection du Père certes; et cependant il en est siusi. jefon.
comniun, puisque la récompense doit être prends aisément la sollicitude de la Prcfi-
mesuréesurréprenve. Mais quoi I Dieu dont dence h l'égard des élus, il doi?eiitiinicrfi
la sagesse est si féconde en ressources pour bénir Dipu pendant toute l'étemilé; isii<
Ërncurer h ses élus des occasions de mérite, quand je rois cette même ProTidenrcsii:-
ieu, qui tire leur plus t{rande gloire des lènliTc h diminuer le nombre etlj gniii.
fureurs de l'impie, ne fait-il donc rien pour des fautes, et par conséquent la rigueorii
l'impie lui-mëmeTOu bien lui dnnne-t-il des chltimentdesréprouTés; c'est-ï-dired'ti-^
grflces, surabondantes, si l'on veut, seule- ingrats, qui, non-seulemt'nt ne ll^HnIt^
ment pour se mettre i l'abri du reproche ront pas de ses soius, mais la iniufiraH!
d'injustice el ne pas fournir à ses ennemis jamais ; je l'avoue, rien ne me psnS ri-
de trop fortes ormos contre sa ProvideneeT diTtn, plus digne de l'éternelle aitutm
Ëa un mol, a l'é^flrd des enfants de perdi- des bienheureui. Essayons, peurli^'T
lion, Dieu dépouille-t-il la commisératioi: de notre Dieu, de mettre la TéntédinM
du Père pour s inspirer uniquement de l'iii- son jour,
fli'iible sévérité du jugeT Dans le premier Age du monife oi I>-
Notre faiblesse, incapable de comprendre nocence , la simplicité, la foi s'étiieut as-
l'unité infinie, la décompose, la fractionne, servées presque sans altération, la mk
et, ne pouvaul l'embrasser d'un regard, la l'bomme était longue, il pouiiit mirn
Goasidëre successivement sous divers as- beaucoup ; dès que la corruption des imte
pects afin de s'en former une idée quelcon- se répandit sur la terre, la mort ne fui ^
que; il en est de même de la création : son si lente, afin que la dette des r«u|)jbleii
itumensité nous écrase, nous sammes réduits s'aggravât point d'une manière trop coDsiH
à étudier les détails. Hais Dieu n'ojière pas rstile.Leraccourcisseinentde la Tieljp<nl
comme nous pensons; il agit toujours en semble, en elfet, avoir eu pour primid
Dieu, c'est-k-diro avec tous ses attriiiuls; motif l'intérêt des pécheurs; Ik ne K M
essentiellement bon autant que saint, sage, nent point les précautions de la ProvideM
juste et puissant, partout où se montre l'un Sur notre vie, maintenant si conrle.elH
de ses attributs doit donc paraître eu mémo lève encore au péché le temps de l'enM
temps sa bunlé. La miséricorde domine dans les heures du sommeil, et urdinitremeotl
le ciel, cependant la justice n'y perd aucua de la décrépitude, si souvent semblib!ekl
de ses droits ; la justice règne dans l'enfer, seconde enfance. Dans ce qui reste, il a
mais elle ne saurait détrdner la miséricorde, placer le travail, les affaires, les n»N
11 est aussi impossible de concevoir Dieu sansparlerdescha^rins et despeinesiJel'
sans pitié que sans justice; uo jugement oiï les jours, dont aucuco couditiou n
la clémence n'aurait point de part est indi- exempte (I3UJ.
gnede lui. Sa bonté ressemble h la lumière Combien de préservatifs et de temiiiU
du soleil, il n'existe pas de crime assez péché la miséricorde infinie de Dmi*
monstrueux pour eo paralyser tout k lait elle pas préparés è l'homme T Les éliuj
l'acliOD, comme il n'est pas de nuage assez profitent pas seuls : ■ Dieu, dit ['&nm
sombre pour nous dérober loua lea rayons fait lever son soleil sur les bon* et suri
du jour. méchants, il fuit pleuvoir sur les jositf
L'hommeparlassîtude on par mépris, reste aur les injustes (13^7) ;» les uns et lesiui
souvent dans ses oauvres au-dessous de son sont gouvernée par les n:émcs loiSi*'*'
mérite; Dieu ne néglige rien, il ne se rebute est permis de le dire, assis è la méiaft
d'aucun détail, toujours égal h lui-même comme les enfants d'un Père commuD,!
dans les grandes et dans les petites choses, aisae quelquefois k choisir ses bén»
Toutefois on comprend qu'il a dû se mon- {■"'™i 1^^ {>'ns crioiinels. Or, ce qaiaii^
irer encore plus atlellti^ s'il est possible, prédestiné k ne pas tomber ou i se rtlH
{iUti) Nas ptailosoplies s'indigneni de ce qa'un
grand noml>re d'htnnuica, après ivoir souSert les
loaux de ce monde, loi»I>eni dans les maux plus
grandi de t'éteroilé ; ils leinblcnl croire que Dieu,
que napwrait le r^roavé a Tivra ici-bas sans m-
vvrte*, saiu malidies, sans humiliaUoiu, ilTrancbî
de kiuM iM épreuve! de noire condition présente!
Dans le sein d'une cens tante prtnpériU!,ilili^
draii un menslre d'orgueil, de débaocbe, ik •'
ratesse ; son eiem;>le Mnii faul i plmki'^ '
encouTTait puor rélemiléun cbitinieol profvw
h se» scandales. Quand les précaution» fl*'
ricurdieuMi que sévèrei de la Proiidww»'
épargneraient qu'un Kul crime, il aunU o^
ment k se fëliciler d'avoir élé malbenmi f *»
sa vie mortelle.
{XUlf Mmk. V, 45.
^n ETR BICTMNIIUURE
ftnd aéEnniremenl les chotss du pécbenr
•HDi loorde* et plus rares. En vain le ré-
pMrrt leeMI s'étoardir, ît est reteoo en
Bille ctraoBstanees par ta erejnte ds l'aolèrt
fÊt l'eipérieDce du nmords, par on senti-
ncotdepodear nalorelle; il s'arrAte dans
la arrière do crinM; pour ne pas eompro-
BMBra a sanl^, sa fortane, son hoonenr,
soanpoi' Il anbit malgré Ini l'inQuenee dn
bœ ntaiple el de la religion, il redoute
r«fiiio(i, les discours du public, les plain-
(en, It silence loéme do sa famille. S'il ne
ptÊsl tépriner ses passions, il en caclie an
OHiBi let excès, et il s'épargne ainsi le plus
Spsdik tons les crimes, le scindale.
Utloftrt des pécheurs, agîssanl paroii-
tnlMMtt, par habitude, sans réaexion.sont
.«tttaiMblables aux bourreaux du SauTflur,
r JîBtmnal ce qu'ils IbnI. Jésus-Christ sem-
t*A «ciuer les moins excusables de tons,
^mqu'il dit en parlant i ses apôtres : « Voici
•e irmpi où tout homme qui Tons mel-
n i mort croira m rendre agréable à
Mai (tSW'i. a Celte obserralion rapplique
^cnfièrement anz nations in6dèlBS qui,
Joegée» dans la plus proConde ignorance,
fflfeoi i peine au degré de coonaissanea
feasaire pour cmstituer la responsabilité
•nie. Itaos les malheureuses contrées où
p«i< de fausses religtoos, le nombre des
Htt esl sans doute bieu petit, mais peut-
V leurs habitants ne cooiraetent-ils que
ijpgères souillures par des acies qui so-
mt à DOS jrenz des fautes énormes. Au
It.si les fausses religions produisent peu
rerlus, elles emplcbenl beaucoup de
mes, parce qu'elles reconnaissent toutes
cloi morale plus ou moins séiére, dont
ilfT est toujours la sanction.
Ifux qnî connaissant la vraie religion.
Une les memt>res des différentes sectes
étienoes. Tirent néanmoins pour la pln-
IdaDS la twnoe foi. Jusqu'A l'heure du
ur, l>ieu permet que .des préjugés enra-
b, de vieilles calomnies les tiennent
•gnés de noos, et les empêchent d'appro-
lir la vérité.
es péebenrs catholiqnes, à cause des
les et des lumières plus grandes dont
•DOt iÏBTOrisés, subiront sans doute un
bnesit plus rigoureux que les auires
•uTës ; mais de lent de sacrtiments re-
1 il est difficile de supposer que pas un
r»it été d'une manière utile, et que le
fmbio ne se troure ainsi déchargé des
pBîlés d'une partie de sa vie ; la Provi-
ee sait toujours préparer quelque heure
cable à la grfice, un revers, une maladie,
tort d'une personne chérie, que dis-je 7
itiélé, le d^;oàt qui snit la jouissance.
le péchenr converti momentanément
Dber dans ses anciens crimes et j mou-
son rtttour passager h la vertu serait
m un grand bien pour lui ; car il n'aura
f à reodrt) compte des années écoulées
a'au jour Je sa rechute.
APOLOGETIQUE. ETE »»
Dn péeheur est snipris par la mort dans
l'acte au crime ; c'est un châtiment épouvan -
table rendu nécessaire par la malice des
hommes, qu'il faut de temps en temps rsp-
peler aux pensées de la foi par ces grands
coups de la justice divine. Cependant on ne
peni dire que la raiséricorde n ait ici aucune
part; qui sait si la main de Dîen ne frapiw
pas de préférence celui qu'une vie plus
longue aurait rendu plus coupable, et qui
n'aurait vieilli que pour multiplier ses
crimes T
Après nn long abus de la grâce. Dieu laisse
tomber un mituvais chrétien dans l'endur-
cissement ; c'est encore un châtiment terrible
et une leçon nécessaire aux autres hommes,
qui ont besoin de voir par des eiemples ir-
récusables jusqu'oil peut conduira l'oubli
des lois de la rehgion. La hommes jotioHi-
naira et lu trompeur», dit le Psalmiste, n'ae-
eoiimtirontpialamoilii(lelei^attmnies{lÂ9),
et i expérience a prouvé la vérité de ses pa-
roles. Lorsque, pour l'intârèl commun. Dieu
n'arrête point le cours des iniquités d'nn
réprouvé en retranchant an nombre de ses
jours, il atténue au moins ses torts par la
soustraction des grAces dont l'abus lui au-
rait préparé un plus rigoureux châtiment.
Nous sommes obligés de nous borner k
des réQtixions générales ; s'il nous était donné
de pénétrer le secret des destinées particu-
lières, qne de mystères d'amour nous dé-
couvririons dans la coitdnite dA la Provi-
dence sur les plus grands pécheurs I Que de
pensées de cnmes éloignées 1 Combien de
tentations prévenues 1 Combieu d'occasions
dangereuses écartées I Los réprouvés ont un
ange gardien comme les élus, et certes, il
faut croire qu'il remplit fidèlement sa mis-
sion, et en déloumani du péché, el en exci-
tant â des actes de vertu.
Dieu fait bien tout ce qu'il fait; le vil
insecte est on chef-d'œuvre dans sen genre
comme le plus bel astre dn firmament. Si la
Providencu veille d'une manière spéciale
sur la destinée des réprouvés, comme nons
le disons et comme il n'est pas permis d'en
douter.è peine avons-nous pu donner un bi-
ble aperçu des merveilleux moyens qu'elle
emploie pour préparer une sentence moins
dure aux plus criminels des hommes.
Est-ce tout? Le pécheur, une fois entré
ddDS l'éternité, n'a-l-il plosi atteudre de son
Juge qu'une rigueur inStsibleT La foi nous
défenâ-ella de penser que Jésus-Chrislsdou-
cira un peu la sévérité de la sentence, qu'il
retranchera quelque diose au châtiment mé-
rité? Nullement, car l'opiaioa que Dieu ré-
compense au-dessus el punit an-dessous du
mérite esl commune parmi nos ihéoloRiens,
et elle semble être clairement exprimes ^r
une magnifique parole de saint Jean : Oieu
I. Di» j:i Z^ _.fi.i: JL ji:... - ^.au.^
ir Pire, dit ce sublime évangélitte, a domU
d êo» jUt te pouvoir de Juger ttt AaauMs,
parce qu'il at lui-mime FiUde f homme (ISSI^.
N'est-ce pas comme s'il disait : > Le Pèro
(ISM) JffM. V, «.
«s
KTR
DKTIOKNAIRE APOLOCeTIQUE.
commun obligé de panir les coupables, a
voulu user d'indulgence h leur égard autant
que possible ; c'est pourquoi il leur n dortué
fioiir juge, uti ami, un frère, un Sauveurl »
Qu'on nous (iiso ce qu'il pouvait de plus
(1251). Votf. KîtFE».
ETEfiI<jlTf£, ETOILE, etc. Yoy. col. 8Vâ.
ETimS, COHUIINT un BOUT E?) DfEU. —
I. Dieu éldnt l'Être simple, ee qui ett, -tout
GO nui est; j'élre des crékturpa ne peut 6tre
quelque chose d'aiouté à l'Être divin, de
distinct, en tant qu'être, de l'^ître divin, de
aorte que t'ËJre do Dieu augmenté dR l'élre
des créatures soit quelqu« chose de plus
qu« l'être de Dieu prifi tout seul : «ar si cela
etoil. Dieu se serait ni l'être, ni infini.
Après 1« créntion, il u'jr a donc pas plus
d'élrc , pim enli» , coiume K'eiprioicrciit
i'école, mais plus d'êtres, plura mtia, plu-
ro Jiabauia m>. L'être des rj-éalures oe
peut donc Être qu'une participatton, qu'une
GODuntinicationi qu'une -co-possension de
râtr« (le Dieu, quelque chose que la créa-
ture jMissède avec Dieu, mais d'une ouaière
différente. Elle particJpA à l'Etre dans des
limites fiaies; dansDieu.il est sans liHiites;
etJe n'est pâs Dieu, mais dte perlieipe de
Dieu, elle a son être en Dieu : 7n ipio
«nùn «tviintM, et movtamr et atuntif. tJnui
Dma l'attr ex quo omiua, et fut in Uluntm
Ella eat comme tiae autre manière d'être
de l'Etre divin, ipiiut çmuM raqua. Son
Aire, eu laiil qu'il est limité, qu'jtasttel ou
iel , «st pro>prepieDt son 6tre, BlDstraciion
laite des limites, de-la taliU, c'est t'étrefle
Dieu. Ainsi s'exprime saint Augustin (1S&2) :
aSonum hoc, boiiun iiiud;io\lttkooi!\Utuil,
et vide ipinm banum si potes, non aliu botio
bonum, sed bonuin omnit boni. > Ecoutons
aussi l« cardinal Gerdil : ■ Il n'y a uu'i ren-
trer en soi-même , et consulter l'idée de
Dieu, ou de l'Etre sans reslrictioa , pour
éh<9 pleinement coovaiocu que l'Etre sans
restriction, celui qui est, doit coni}irendpe
toute réalité k laquelle oe nom d'être peat
s'étendre ; car e'iJ y avait quelque réalité
liora4e DIhu , oai ne Eût pas dans Dieu, il
est évident que Dieu ne serait pas la pténi-
iDdede l'Etre; iJ serait une tellesorle d'Etre,
et non l'Elte même. Or la réalité des 6tres
tinis ne peut pas être formol icment en Dieu
telle qu'elle estdaos les êtres finis, c'est-à-
dire accompa^éede défauts «( de négations,
L'Sf es Dieu, il n'y a certainement aucuu dé-
faut, aucune négation de réalité, puisque
c'est une eontrodiclioa que dons l'Etre mê-
me, il y ail négation de l'Etre; il faut ilonc
qnelaréatilédasêtrestîoissetrouvEienDifiu,
sans défaut et isos imperfections (12&31. *
JL tt reourquons-Je bien, il ne suûil p»s
que J'dirs dei créatures suiléquivalemment
en Dieu, comme uacenliuie, par exemple, se
Iroare éqnivalemmeot et plus iffirfaîiedient
ààa» nos oiàce d'or; il faut que l'être lui-
mtme (te la enéatura «e trouve et dons la
créature el doos Dieu, dans la créature
(ISkI) VetfM la Noie lli à la fin du voliinie.
(ISn) Lib. De Tri»., cap. S.
avec ses liaiitos , ilnni Bitu sim n^,.
tes; car autrement, «ie nrfan qu'iu ««.
tiiBe ajouté à Ispièea d'or, ta^ntik n
valeur réelle, l'être des créitaru ifoutét
l'être de Dieu serait pliisqua l'^ u^\^
Dieu, «e qui répBgoe évideaneol. Td e»
le sens d'uu passage remirquÉile (leSutTei
(125^) : e Suppoaendum est «ealuraj àfii,.
citer posse cousidprari ; une nioilQ kcud.
dum «sse quod habnU i% Dto, fxd^iHiJai
tue Ht formaliter m ipto Dto, el niionr
îilius creaTura dfciJur esse eminrnki m
DbO, et hoc tuodo, cruNlura iu Dec log m
crentura, sed ipsaimt creilrJi «semii,,
juila.illud loanais :Oiiodfactmna,ttifii
*ila M-ai ; aHent moilo , sociuidua im^n
eâsenlids eorum . .oognosoeudo wa skt
perfedionem quoni babent in IKii, w
eliam gêtamiabenlvet pOMiunt habeta*.
OMB ùnperfeetiona «JmtttoM, iien»
iiotilaiionie, et àittiiMUone earumàmi.-
Idl. IJ B«ût de ces principes \wiMi-
blés, que l'être descréalures en Uolifi'liK
ne Gfiirt pas du néant ; oiir il a toujours »ulr
dans Dieu qui est l'Etre de lomeil^t*
tuces, AoniHM omnie boni, Ce:>iuiiwh
néant, ce qui de non-uxistoot (leiiciilm
tant, «'est la fiarlicifiatioD è i'Eirsàt
liéua le degré aâiwsBaine pour tontiiM
telle ou telle créature. L'Etre de Dini
patrtjcipable h tel degré : voili l'ordre t
pofistliies : l'Etre de Dieuest (iirlicifrll
degré ; vAilfa l'ordre des eiisleaeei.(|i
factum eit, tn wao vita erat. Cellevtrllii
découle de l'idée nièoke de rË(re,aei
pas |)fîu h BOuB doioer une notioa etitii
leeréalion et4e aa rnissibilité.
IV. Eciaircistoos «que nous (toas
sur cette malière si diflicile etsiobsuurt
elle-mécne, h l'aide de deux cempunn
Première MmjMxraiêon. ConsidËroot
bloc de marbre indéfini; puisilinsM
defiiartM-P une staJue d'une gramltanll
minée. L'élro 'le .cette statue pariicif^
l'être du tiioc de marbre , son être l«
commua avec le bloc de marbre; i\ei
être en tant qu'il est terminé )>ar lellrb
on telle tigure, de telles dimeusioniii
l'être du globe de marbre en tani q<i1
sans limites. OUe statue elfe bloc de d
Défont pAS plusque le bluc de tati^'*
seul. Le bloc de marbre nccontienlp»
lemenl équivalusnœeot l'être de la sun
le contient réellemeiU , nuls d'une i
manière : aussi pour «cftier la alslUt,!
il pas nécessaire de tirerdu nëani la mi
dont elleesteoaposÂe, il suffit dedod
catle matière déjA exislanle, les limiU
contours qui séparaot la slstue et do
de marbre, et de tous lesaulressolidei
quels il peut donner Daissaoca par li
ticipation soustelleou leUa forme à li
stanee indéfinie dont il est ronoé.CeUt
paraieon , an le sent* n'est qo'uo pn
jtas vxrs le vérité; elle est fausse eDtt
que l'être de la atatoeest «oc ffortiosl
(1254) De Oeo, lib. u, <
EÏH
DtCTlONNilRE
lUwJemttbre, tandis (jtie l'^lrs de la
Mure, ni; peut èlre une (lorlioii fltHode
tniitia.
V.OiuièM towtparaiion.Vn rotgouver'
AmuImb' TOjtufae ely escrçail tquit}
tailé i il éUil ï ta fois gândrnl il'arinéo,
(jtl, nuire ) jugf, elc, ou r<I»UM îl n'y
HIeDccriBUVun général , flueun préfet,
na iuire, Bocan juçe ; ei ee n'itst pas
tlmlorilé quicoastilua et ttistiogunle
éil, le préfet, utc.,De fût déjft ; elle était
15 l'iuiorité du rei , qui en contenait
Mii'éalité, EBflia elle y éUilssos cette
mIiU, uns ces limite» absoltHBent ia-
(Httlfles pour distinguer le f;énéral du
titfrélei, du juge, ctc tlB jour i4 plnl
jwterija, par un usage libre de sa puis-
tR,iiefiire participer à son autorité un
ihiii Domine du ses sujets, en coniitttueol
.lasgéuéraui, les airlres préfets, ks au-
iiralrL'i, elc. Il serait faui de dire qu'il
mlori ifaiis le FOyaumo plue d'autorité,
tttfloTiiatii ; il y eut seutement plus
totilii, il y Ail eut plus aj^aiK l'autorité,
mytcnta attçlarikiiam. Rien en sllét
bl fiar li ajouta h l'autorité du poi ;
Beistuleoieiit eutrèrent avec lui eu
IWDtioD.encO'possession de raulorilé;
lilinelg iwsséilërent pas delà même
|t(equelai. Ainsi l'autoritédu géoéral
TWeciiéda roi en tant qa» liHHiâeau
■mtoeDi de telle année; l'autorité
Iriktut l'aulorilé du roi limitée fc l'ad-
WHionde tel dépertemeat, etc. Otez
mtaijai séparent ces autorités les
itt'iauirts et da l'autoritédu roi :<|a«
nauDedevieniie tout le départemeol,
Mdf^riaiDent deTienoetoulle rojau*
ilptlidniiQi9trati8Q»an lieu de sebor-
ihcj'nl , compreiiiie l'administration
pt, judiciaire, tic , vous retrouverez
tiUduroi. Et remarquez eocoraque
ki'l^ du général , celle du préfet, du
itic., ue sout point une portion f uae
liijijuoledâ 1 autorité du roi, chacune
IUL Muleœent l'autorité du roi limitée
VeouDiéru, participée h tel degré;
ItKuit rien hors de l'autorité du roi,
tttsenta*ee elle, etc.
TOilà, ie crois, la comparaison la plus
^ Il plus facile que l'on puisse appor*
■ l'on substitue h l'autorité du roi,
iw Dieu ou l'£tre simple, aux autori-
irlieflet du général, du préfet, etc.,
»tn êtres qui forment la création, oa
■K sur toutes les vérités que nous
> di'jà établies, sur les rapports des
toniiagenls aTecl'Elre nécessoira, etc.
itumparaison diffère de la vérité en
quil s'agit ici da la communication,
i^-fosseisioo d'uB être simple, mais
■"tiuoral, Tautoritédu roi, taodis ()ua
■) criJaiioD, on considère la parlicipa-
Mco-possession d'un être simple aussi,
Watas dans la uremière comparaiaun,
'"• t'bf siqua, J'Être divin. La vérité (o
^ uiiu une espace de miliou entre les
' ciinipitaisons ; et l'un conçoit que (le
"quuo être siai|ite, murol, l'nutorilé
APOlXtCETIQUi:. ETtl fit»
du roi, peut, par un libre exercice de sa
puissance, se communiquer ï un le] degré,
sjins rien perdre de ce qui le constitue, sans
éprouver Aucun eliangement.de ménx l'être
simple et tout-pnissanl de Dieu, peut appe-
ler librement uiin multitude de créatdres h
posséderavee lui, mais d'une manière rinici
la substance illimitée et infinie qui est son
essence. En deux mots il doit y avoir nn«
oomBHuiicaliou sens division, sanseh&nge-
ment de l'être simple pbysique, euinnïe il y
tt une comniuoicatioa morale de l'Clrc sini-
[>le et abstrait.
VI. £n partant de cette seconde contparai-
son,onaufa donc une idée satlsfaisanlodes
rapports do ta créature au Créateur. Il y
aura loiq'ours ici mystère en ce sens ^ue la
nature intime del'Etresinjpla et infini nous
étant toujours inconnue, nous n« compren-
drons pas encore comment il se eommarri-
qne sans se diviser; eommcut teut inlîni
qu'il est, il existe, si ^ puis m'exprimer
ainsi, d'unemanière Bnie dans les créatures.
Les réflexions précédentes nousauront seu-
lement appris que cette ootanHinieation est
possible , qu'elle existe môme dès qu'il
existe des êtres contingents; et qu'il ne ré-
pugne ims plus que reira infini de Dieu
existe d'une manière finie dans les créatu-
res, qu'il Qe répugne que l'autorité du roi,
en quelque sorte infinie par rapport 6 l'an-
torilé du maire, existe dam l'autorité du
maire d'une manière finie.
VU. Scholi». Les idées que nous venons
d'énoncer, sont loin de conduire au spino-
sisme ou an panlbéisme; elles excluent for- .
melleraeut ces monstrueuses erreurs , ellijs
en sont la véritable réfutation : car de même
qu'il est absurde de dire, dans la seconio
comparaison dont nous nous sommes servi.
Que l'autorité du roi n'est que la somme,
1 ensemble des autorités des généraux, des
préfets, des maires, des juges de son royau-
me, il ne serait pas moins absurde de dire
que l'Etre divin n'est que l'ensemble, la réu-
uiu» des êtres de toutes les créatures; au
contraire, de même que l'autorité du roi est
une réalité distincte de i'ensemble des au-
torités qui gouvernent sous lui, réalité né-
cessaire, et qui a précédé ces autorités par-
tielles, ^i leur a donné l'existence; ainsi
l'Etre divin, absolument distinct de l'en-
semble des créalurc), est une substance
nécessaire, infinie, qui a précédé toutes les
créatures existantes; et les créatures n'exis-
tent que parce que l'Etre divin les a appelées
à la participation de son être. En un mot
les créatures étant, dans notre manière do
voir, des participations de l'Etre divin, toat
nécessairement distinctes de lui, et rendent
son existence nécessaire. Comme il sérail
absurde de dire, que dans le royaume tout
est roi, parce que les géuéraux, les pré-
fets, etc., participent d'une manière finie i
l'ftutorilé du roi, de même on ne pourrait
sans absurdité prétendre que tout dans la
nature serait Dieu, parce que toutes les
créatures participeraient d'une manière finie
h l'Etre de Dieu ; et aous dévoua dire lu
contraire que, comme le général, le pré-
lelf etc., au soDl pas rois, parce qu'ils ne
partiGipenl ^ue d'une tnsDîère finie à l'au-
lorilt^du roi, ainsi dans notre système les
créatures ne seront \uts Dieu précisément
parce qu'elle» ne participent que d'une ma-
nière fioie i l'Etre de Dieu ; on pourra dire
seulement que Dieu est tout Etre, nomme
on affirme que toutes les autorités partielles
se résoirent dans l'autorité du roi, b laquelle
elles empruntent leur réalité.
VIII. Coroilaire. Ces idées semblent jeter
un grand jour sur toutes les questions de la
philosophie naturelle et de (a théologie;
ainsi par exemple elles nous font compren-
dre :
1* Comment les créatures sont & Dieu,
qui exerce sijr sites un domaine tellement
essentiel, qu'il cesseraitd'étreDieu, $i elles
cessaient a'fitreà lui : comme unj-oi cesse-
rait d'élre roi, si un général, un préfet,
cessaient d'administrer en son nom et se
rendaient indépendants.
3* Que Dieu doit nécessairement exiger
de tous les fiires qu'ils soient rapportés à ss
gloire, et en particulier, des élres raîsoona-
Bles, qu'ils le connaissent, l'aiment et le
serrent; parce que l'Etre divin, qui se com-
munique h la créature, s'aime essentietle-
iiieot, cherche esseBliellemenl sa gloire.
3* L'énormité du péché qui préfère une
parlicipalioû finie de l'Etre dtvin h Dieu lui-
même, qui tourne centre Dieu l'Etre même
de Dieu, qui le force en quelque sorte à se
hsïr. Le pécheur n'est pas moins coupable
que l'insensé qui préférerait l'autorité d'un
maire h celle du roi, ou que le général qui
tournerait contre son prince I*BU[orité dont
celui-ci l'aurait revêtu. On pourrait encore
comparer le pécheur à un enfant qui, devenu
tout h coup raisonnable et litire, prendrait
un plaisir farouche à déchirer le sein qui le
]>orte et le noorrit de sa substance.
k' KDes nous apprennent comment Dieu
est dans les êtres simplement existants, vit
dans les êtres vivants, sent dans les êtres
doués de la faculté de sentir, comprend dans
les élres raisonnables, par une communica-
tion de sou Etre vivant, sentant, intelli-
gent, etc.; comment Dieu est tout employé
aux usages del'homme, commeotil travaille
et agit dans tout pour le bonheur de ses
créatures, etc.; que lui seul est puissant,
bon, savant, etc.; que les hommes n'ont ces
qualités reconmantiablea, que parce qu'il
est en eux et leur communique quelques
parcellos de ses perfections infinies, de telle
sorte que lui seul est vraiment digne de
notre estime et de notre amour, parce que
lui seul est, et que le reste n'est que paf
lui et en lui. La comparaison vient encore
Ici h notre secours: Dieu est un roi aimable
et sage, qui ne multiplie ses représentants
en leur communiquant son autorité, que
pour s'offrir sous diverses fo^me^nul hom*
luagesetb l'amour de ses sujets, veiller dans
Ivs plus petits détails à leurs intérêts, el se
(lîSB) /(.<w. VI, S4 el sniv.
l>KT10NNAmG APOLOGETIQUB.
dépenser entièrement poor leur t
5* Elles font ressortir d'une oinlèrt fnn!
pante la folie de la créature qui te complii-
rait en elle-même en tant que eréilure,ti
qui ne mettrait pas toute sa gloire dini li
participation de l'Etre divin : se complaire
en elle-même autant que créature, wriii
Sour elle se réjouir de ce qu'elle ett impit-
lite, limitée, etc., c'est-Mire de m qu'elle
n'est rien. Elleressomblersilïnnmiinqiii
se glorifierait, non de ce qu'il participe t
l'autorité du roi, nuis de ce que sonigm-
rHé est limitée^ l'administration d'une cooi-
mune, etc. On voit aussi par Ik le crime dt
ceux qui attribuent h leur propre mtiijn-
dénendamment de Dieu, le bien que Diit
opère en elles et par elles, etc., etc.
6* Enlln elles rendraient plut éfUnle
encore cette vérité que Dieu n'esl pu ru-
leur du ma), qu'il n est (mi plus rvipt»
ble du péché de ss créature, qu'un mi'nt
responsable des abus d'autorité de caiiqti
le représentent, abus qui suivent nkim-
roment de ce qu'il partage son sutoriiËntt
des êtres libres et impatfsils, abusqn'ilù'til
pas tenu d'empêcher, qui ne le fomoliv
a conserver pour lui seul l'autoritâ, sauh
communiquera qui que ce soit, alHis qijl
lui sulDt de réprimer en les ntiniuiuipi
des châtiment» proportionnés a leur gnnli(
EUCHARISTIE (du grec Eâ^B^'ir», »lù]
de grdcei), mystère ou sacrement de li l|
nouvelle, par lequel les Chrétiens rtDiJ4
gr&ces à Dieu, par Jésus-Christ, dubieiw
de la rédemption; appelé aussi eofflnwii^
parce que c-'est le lien d'unité deifriil)
entre eux et avec Jésus-Christ. — Cuifi
excellence et sans réserre le sacremeoi I
l'amour ; ce qui faisait faire à Anne il<G'
zague celle belle réElexion jostemeiil
mirée par Bossuet : « Depuis qu'il i H
Dieu de me mettre dans le cœur t)i:e
amour est la cause de tout ce que u
croyons, cette réponse me persuade plu)'
tous les livres. ■ Uais pour croire i rtiw :
i) faut lé partager; ce n'est qu'i l'aiQ"'
juger l'amour, selon cette belle paroli
disciple bien-aimé : Celui qui n'oint}
ne connatt point Ùitu, car Dieu est anM
Ecoutez Jésus-Christ nous con&inl
derniers secrets du sa charité pour .
consumer arec elle dans un divin eoi
sèment: £n vérité jt von$ le dit,"
ne mangez ta chair du Fi'/a de ["Bomni
voue ne buves 10* eang , voue n'aure: |
la via en voue. Celui qui tnangt ma cM
qui boit man tang a ta vie étemelli, '';
reifHMtlerai à ta fin det joure; car «a i
ett vérilabtemenl une nourriture et moi
Ml véritablement im breuvage. Celui qui»
ma chair et qui boit mon tang dtmeiirt tt
tt moi en tut [125B). Voilk la mot siil<
de notre communion arec le Fils de I
devenu le Fils de l'Homme. Ce mot <A
digieux, il acrable ta. p«Rsée d'une lu<
qui l'effraye, comme ces coai<s de w
qqjpn enteod k l'imprOTide sur le soir.i
bdBJDur.Cweiidanl ae perdons pas eoursK*
tl ilebon* d eoleodre celle élrange ïuTDièra
qaHeraiaei l'borizon le Kjcle de la 16-
■ M liTfT qol l*ittecnie ; J^MiMlirisl. tojer
MiiieMateUe ennoof. — Corps niritnel de
Il m suppose an foyer permanent
qsi tl eonlim et d'où elle se répand daos
InHns préptrés )tour la receroir. Eo Dieu,
.it>}tr de la vie est la subsUoce divine
t'jf^éoe, éjpleiDent comniune aai trois
VfnnBOts ifui coroposeni par leur distiuc-
iKAttWwiDdivisibililé le nijslèrede l'iu-
fai.Sjiurunirers, le fojer de la vie est le
Tuifieùi delà nature, océaa sans tKtrnes
'ii,l^tt, où sont plorigés les mondes aussi
lia que les vermisseaux , et qui donne è
uran, si grand ou si petit qu il soit, son
tio Jeefcaaue jour (1256). Daus l'humanité,
i (lier de la rie est, quant au corfu, le soi
carpe p^rcfMqne^uple, et quant k l'es'
ntilidoclriiiB qui prévaut dans leur eu I-
kf et leur tradition. Ainsi en est-il h tous
titfféi où se manifeste la vie : nulle part
u ne rencontrerez un Cire vivant sans un
fheaqai l'mioure, jmur me servir de l'ex-
biion scîeiitiQque, et où il puise avec le
lacipe de son existence le mojw de sa
ipélaité.Or. par une seconde lotgéaérale,
ne est looiours proportionnée au fiiyer
f^fe s'alimeate : changez le foyer, vous
ArOliOCETIQUE. EUC tSS
changerez la vie, et réefproqoeinent, si rons
voulez changer la vie, il voua faudra ehan-
5er le foyer. De Ik vient l'importance qae
I médecine et ta morale allachenl aussi bien
l'une que l'autre , h la nalore des relations :
l'une vous ordonne de quitter un ciel trr>p
rigoarCBX potir vos organes, l'autre du quil*
ter une société dangereuse pour Tolre es*
prit.
Donc Jésus-Christ, le ré)>araleur univer-
sel de l'humanité déchue, ne devail pas se
contenter de prendre notre chaire! de mou-
rir, en |>assaol, pour nous, ni même de nous
communiquer d eu haut le germe d'une nou-
velle vie : auteur de cette vie par son incar-
nation, il était naturel qu'il en fût le foyer,
et que la chair qn'il avait prise , il la gardât
Pour nous la aonner tout imprégnée de
esprit divin, comme on présente au malade
une substance vile et incafiable de guérir
par elle-même, mais qui a élé)ilongéedans
un baume énergiaue et vivilîcateur. C'est
pourquoi voyant l'incrédulité de quelques-
uns Je ses disciples au sujet de celte manne
surnaturelle, il leur disait :Cett l'etprilqai
vivifie, ta ehairne itrt de rien {1257J. C'est-
à dire, ue croyez pas t^ue c'est mon corps,
eu tant que corps, qui vous transfigurera,
mais l'esprit divin qui habite en lui pour
jamais.
Cependant vons ne laissez pas dfl murmu-
rer nu dedansde vous, à l'exemple des Juifs :
Comment eelui-ti nom donnera-t-it ta chair à
maHger[l^) 7 Tant l'intelligence humaine
résiste aux choses, dàs qu'elles prennent
iX} t Toalea les cr£aiares lendeui à se prrfee-
■f, cdb Teut être i passer d'une vie nioiui
ue â KM vie piM parfaite; mais iJ faut pour
fi'dies perdenl leur vie propre. Ainsi, les
(laorpniqim,.. en ilereiiani ta nourrilure des
I Mfasiqoes, pcrdeiH leur vie propre pour
ke celle de l'être qui se les assimile ; le rteé-
tiM toer, esc abswlié par l'aniaul qnilui
■uqee sa vie eu le iraïuTonDant dans sa sut>-
■ : te tégétal, t'aoiaal, toas les règnes sent
ka par l'bomnM qai, en te tes issimilaM,
i^MflnïqNe sa vie. Dieu enfin attire t'homnie
le rasûmile et loi comniBnique sa vie divine
mortelle... En possédant l'Iionime, Dieu pos-
■ piênitede ilesexeuTres.... Or c'est dans
■viiLe que Dieu change ainsi l'IioniiiM en
lae et ramené' ruainn à l'unité. • (Gagu,
Léeptném., t. IV, p. ÏSO.}
>7| Jo»M. TI, 64.
«I Jm«. ti. 53.
t locviion, WÊOxgtr la ektàr d'mmt penonne,
'■os la laitue sataie, une signilicaiiDn très-
■we qttsaJ on l*einplo;aît dans un sens sym-
t- Elle signifiail toujours : faire par pensée
Mlio3, niais snrioul par la calomnie, une
i*j«re i quelqu'un (u). U en eu encnre de
1 Terre Sziaie (t), circonsiaiice I
digue
d'altmtion, puisqu'il est rec^innu par tous les tioui-
mes compél«nts que les écrits, les bal)itu>les et
même les sentiments de ce peuple sont le mojeii
le plus sûr d'expliquer la Sainte Ecriture. Je ferai
la mime remarque sur le sjro-clialdéen, tai)K"C
que priait Notre- Seigneur (c). Il est donc évident
que si les expiessions dont il s'aait out été quel-
quefois prises dans un sens mé(a[iliori^ue, ce que
nous n'avons aucun intérêt ï nier, Liea au con-
traire, — elles Tont teujoim été dans une signifi-
(ation qni n'a pas le moindre rapport avec la loi.
D'ailleurs, quand même on parviendrait à les espli-
![iier de ceite façon, ou ne se déturrasserait pas
acilemenl de ces mots remarquatilcs — ioirt ton
hh;. Comment le Sauveur aurail^IpuemptoTerune
inreille figure s'il n'avait voulu se servir que d'une
simple métaphore, lui qui, savait que laclionde
boire du sang était intûdite aux Juifs sous les
peines les plus sévères (4) î Quant à manger de la
chair humaine ou à boire du sang humain, il n'en
est jamais parlé dans les livres saints que comme
de.u plus aSreuse matédîcAon dont Uicu paisse
Trappe r ses ennemis (e).
Aussi les Juifs ne se trorapèreiit-ils pas sur le
sens des paroles du Seigneur. C'est un avantage
peucommun que de savoir en pareil cas l'impres-
kion qu'un discours produisit sur ceux qui fentea-
djreat. Qui pourrait se vanter maintenaiu d'avoir
tj.F^. nn, SL — Ja*,iu.22. — ltk*.M, S.
9t eeoae tMvmwoA les teiiea du Knan.Mrs un,
Kmn. — Ea. ffiwAsiB, etHl. Schuliens, d* IW.
■a. éiM ScftMltees. CMMtnl. m Ji*. p. 480. —
^'ide rV^^wMdam l'AnlAofMi* dr '
■ — tic vtét, lu. -
cilé diBS SiauLTBia, m Ji
^'. '
U} CWmd*, ThmaMn. ,. . .
MrewetckatdM, 1. l.faM. 1, p. »1.-Jm,i
•TMMmewii rikaMco-nriactf Iûmic, p. t73.
{d) GA., n. t. — I^M. xy», M. - Jwtilk. u. I», 1 1
(<) Stf. XI, T. — /(FMh.iO, 8, L — ifKaf. xti* 6.
•» ÊDC ncnOHNAlRE AHHXWËTIQIIE. EW s,
dMf leor «ftplieatioa une fenna goe lei la lumièreet è laebateuritepéiiilrerinuhii
jeux a'ont pas coulumede voir (l3&S].VoDS profond de To(re vis pour (s touttnir ; q,
ne Toaa étotinez p» de respirer Vair par lot mystères i)ar où votre tin se mtl m relt-
lèvrea, d'oùilposaedaos tos entrailles pour tion avec rimioeiiie foyer de la DilQreelT
y transformer voire taog; TOUS permettez à puise le miracle de u subsislanca, kw}
mieux uiû lo mus du dÏMoars de iésoM ipM set
propret auditeor»! i Conment, dirent les Juif», ce^
lui-ci peuMl doui donner sa ctiair â nianger?! Ur,
iiue<levaii (aire le Saureor voyaDKjD'ilsiitiieiidaient
mal sa docirine? Les avertir ((u'itt avaient tort de la
prendre dans le sens liuérsl cl faire disparaître
ainsi un préju^^ qui les écartait de b voie du ciel.
ToMeeas qni cnaDaitsent sa cbaritéet son lèie
poor le salni des Ames, ne peovent donier de son
empressement â nootrer k ses agditeurs qu'ils se
iroauMientgrosiiérement sur la siiuittcation de ses
paroles. Nous u'eu sommes pas d'ailleurs réduits
sur ce point à des conjectures. En lisant atienti'
vemeni l'Eraugile, oa voit que le Sauveur, quaiid
il s'éléTc une objection contre ses enseignements,
soit parce qu'on ■ prit h la lettre ce qu'il disait au
tignré, sait pour toute autre raison, a toujours
d avenir ses auditeurs cl de leur lalre comprendre
xa véritable pensée (a). U e£t aussi fort oi^ne de
rvnurque que louies les fois qu'il s'exprimait dans
le sens littéral cl que l'on attaquait la doctrine qu'il
proposait, il répétait les paroles mêmes nui avaient
été un objet de scandale (b). Or, daba le cas dont
il s'agit, au Ken de faire enlendre que ses expres-
sions SOHI figurées, il conllrrae son assertion en
«nplojniit l'alUriHation la plus ûgnificaliTe : ■ En
vérité, en vérité, je vous le dis : Si vous ne mar-
ées la cbair du Fils de l'homne et utt buvez son
•ang, vous n'aurez poii|l la vie en vous. » Dira-ton
qu'il ne s'agissait pas d'un dogme important, et
que le Clirist pouvait sans iucouvénleut laisser tes
auditeurs daus leur erreur? Celte ressource fait
encore défaut à nos adversaires. Il est en eflet ques-
tion d'un préceple tellement grave, d'après les pa-
roles mêmes du divin Uallre, <{ue la vie éternelle
en dépend. Or, est-il possible d'admeiire que le
Bédempteur, pour promulguer une loi aussi im-
portante, K soit servi d'expressious figui-ées, con-
traires à toutes les babitudes du langage reçuT
Lorsqu'il enseigne la nécessité du baptême, il s'ex-
plique absolument de la même façon que lorsqu'il
fait à tous les Chrétiens une obligation de recevoir
sou corps et son sang.
Sans parler de heaucoup d'autres raisons qui
aclièveraleni de montrer nue Hnlerp relation litté-
rale esl la seule admissible, Je me conienicrai de
taire remarquer la conduite du Sauveur à l'égard
de ses disciples qui se scandalisent de b doctrine
qu'il vient de leur annoncer, t Celle parole est
uure, disen[>ils, et qui la peut écouler ? i Ces bom-
mes .eussent- ils parlé ainsi s'ils aviiient uru qu'il ne
s'agit que de la foi en lui? Ne l'avaient-ils pas re-
i:oiinu comme l'envoyé de Dieu? Or, quelle est dans
une circonstance si grave la conduite deJesus? i)it-
11 un seul mol pour relen.r &es disciples, pour les
empéclier de se perdre en abaiidunnaoi le Fils de
Dieu ! Il ne leur donne pas la moindre explication,
et il les laisse daus une erreur qui eût été véntable-
meut invincible, si, comme on le snppose, il avait
voulu parler dans un sens méiapboiique.Uais com-
parons & la conduite des disciples iucrcJules celle
des douze apôtres. Jésus leur demande s'ils ne sont
pas aussi décides i le quitter; Pierre dit au nom de
ses collègues ; < Seigneur, à qui irons-nous? Vous
avex les paroles de la vie éteruelle. > N'esl-ce pu
comme sUls avaient répondu : ■ Vous seul connais-
Hi iM mjtléres du ciel; il ne nous appartient pa!
la) jrsidi.xni Jeen. >■, vm.
m ll«ik.n; Joon. vw.
(«) C'est ttypcitale placée «aire ses deoi «170^
d'opposer à vos paroles les luBÙèrei de MltcbiHe
intelligence. C'est i vous de parler, à mu fttét
avec une foi humble et docile. Le Cbriït, kfisét
Dieu vivant ne peut jamais induire sa ditcipta a
erreur. > Faut-il donc être wrpii ^at Sidm-
Pierre el les autres apôtres aieni écoulé leur uiirt
dans un silence respectueux lorsqu'il pToiMD^Iti 1
proies solennelles par lesquelles il In^liiai le u-
crement de l'Encbanslie ? lia savaient qac k leM
donueraît à ses disciples une noarritoK msxt
leuse; Jésus leur avait dit ii CapernaûaïqKMt
Doarriiare serait sa cbair et son saug, amam
pouvaieiil-tb donc s'élonncr de levwrtuauiB
fromesse au moment où U allait remanier icnM
ère!
. (IS59) Singulière préoccupation delirwb-
maiiie! Le prolesiant argnederinipoSiiljlliriiiM
la pr^wirce rielU, et déjà il croit ï l'nicinnn,!
la résurrection et à Téial gltirieits du eorp kk-
Sus-Cbiist; commesisa comprébension HinitH
été épuisée dans ces divers sujets, ets'illina[<>-
lait eucore de quoi mesurer le deraicr qt'oil*
propose. — Le déiste n'est pas ami iMw
quenl : car en6n le mystère de la crémioa dout
Stances dépasse de beaucoup, ce semble, celui dcii
iTanuuéiiantialioa, et, sans la créfiioD, It \b»
d'un Dieu s'évanouii avec son inDiilté defanllii'^
éternité de la matière. Le déiste, sans piritr te
autres couditions de l'Etre souvenin, «t tot
obligé de dévora-, dans la simple «rajaauea^
et d un seul coup, autant ou ptua de mpùm^
tout le ciiristianisme n'en contieol, et ne ft^W
conséquent arguer de l'iiupossibililé de cwi-fi >J^
se ruiner lui-même. — Que diraV^ede l'siti»''*
lui-U devrait éin: le plus docile 1 tout croire, i»
lue qu'il est à vivre de contradiction; elttiienw
qui admet déjà qu'ana ehoie s« foil ««M •™'''''
pas bienvenue à s'élouner qu'une cboK wiio»
géeeu une autre.
Que de propositions, d'aillears, dans les kw«
esaoes elles-mêmes qui paraissent abtsnlti,*
«ibles , et dont on a cependant la désHum
pftSSlbl
Ainsi lorsque le géomètre, nous ni<iatniiia|
ligne courbe placée entre deux lignes driHUi A
nous annonce et nous démontre que la ligM»*''
doit s'approcher continuellement des liguatlr^J"
sans cependant les rencontrer jamais; *'^^^
gré toute la répugnance que peut éprouieru*
son à se tigurer des lignes placées «iflei«J
plan, tendant sans cesse l'une vers l'auire k !■
en plus sans pouvoir se rencontrer, il fauiu^"*
le géomètre sur sa démonstration eise cm<)'><
par là que partout où est l'inllui la nef*
salerait en vain d'apprafoudir. ,
De même aussi lorsque l'algébrixte, parueM
de propositions loutca ioconteslablcs, itovi )m
à ce resulUt qu'entre deux nombres eolien ("
cutifs U esi des grandeurs numériques qui att
pua desfractions (d), la raison se révolte tamm
on jui proposail une absurdité; parce qu'eu (H
purali contraire aux premières notions du !■«■*
qu'entre 2 et 3, par eiemple, il existe uw 1«"*,
nombres qu'on ne peut pas représenta P»' y
une fraction, ou par 3 moins une Iraellon, ■'"
ne sont ni fractionnaires ni enlieis; cepentort"
propositlun n'est rien moins qc'alMttrdc i <'!'
pwies. . .. .
(d) Ce sont les nombres «lu 00 aiçeUe !»«•"■
rablet.
Ëvd
ncnONNAlRI APOLOCBTIQtJE.
ECC
ns
pinissent ries bila TulgAirM qui u'ont pii -
néffle basoio d'explication : «t tous enirea
en slapMr si le msllre da monde, l'auiear
des k)if qui tods taal rivre, se sert de ces
■DdDCS lois (lour introduire en tous des é\é-
nrnU mille fois plus purs que ceux qui y
portenirnisience quotidien nemenl. Oer lîi
Istr. ai II luniière, ni la cbaleur, ni ducun
d«i Oeides qui coureal sans poids et sens
Ibniwdsiis les nlilmes de l'espace, ne sau-
nieoiTOBs donoer une idée du corps de
Jéi'M-CljrisI, tel que l'a fait lo gloire de li
réiorrcclion et de l'imaortaiité. Ecoutez
uiiit Piul TOUS en parier au lieu de moi.
TnUtMair n'ett paa la mime ehmir
nlmtont laeorpicélettnetUêcorpi terra-
Ittt autre ta lumière du loteil et celle
irlalune et de» étoiles atiui en tera-
l-ilii tariturrfctiaii detmortM. Nauitemone
itMi U corritfUioH, nous ressusciteront dans
fÎKomplibilité: nous tentons dont la hante,
nti rettiuciterons dont fhonneur ; nous
tttuiit dont la follette, nout rettutciteront
im la puittanee ; nout tentons un corps
isimal, nout reiiuteilerent dont un corps
ipiriljieî, car t'il y a un corps animal, il y a
nun mt corps tpirituel (1260). Ainsi saiot
P*ul ajoute aux trois degrés biérarchigues
il<- la matière, la solidité, la liquidité el la
lluiiJi(ë, UD quatrième échelon qui est la
spiritualité. Le corps huuMiih par l'effet de
\t résurrection glorieuse, oUeindra une
l-Diilede [lerrecliou si sublime, il s'appro-
chera ai près de la nature des esprits, sauf
l'ialeiligeDCe, que la langue inspirée de
l'Ecriiure ne («eut plus It déBnIr qu'en
l'appelant tm «orpt tpiriluel. Et quel eat la
pbjsicien qui osera s en étonner, lui qui est
cootrainl par Dieu, ou s'il l'aime mieux,
pir It nature* k celle confesùoo : le Brsnil
et la lumière sont deux corps T Quel est le
piijtiefan qui osera se plaindre que le corps
de Jésus-Ciirist lienoe si peu de place à
l'aslel, lui qui est eontraiot par Dieu, «u
s'il l'aime lateui, par la nature, d'avouer
qu'une goutte imperceptible deTa[>eur, en
|«tsanl de l'étal Quide è l'état li()U)de, tient
qiutorze mille fois moins de place qu'aupa-
nTsoi, sans qu'elle ait perdu son es^enee
lijDS une si raerreilleuse dimiDUlion? Et si
I on ioroque la différence des corps organisés
iTbc Ceux qui ne le sont [tas, quel est le
l'Iijiicieo qui ne soit obligé de reconnatlre
itjdt Je mj'stëre de la génération humaine
UD corps bumain tout eniier sous un volume
qui délie la perspicacité de l'iBÎlT C'est que
l> quantité uidtérieila n'est dans le corps
qu'un acciUeui lariable, et que Dieu, s'il
lui plail, peut la réduire à l'io^imeal
l«<il.
Mais, direz-Tuusi quelleque soit la subti-
lité delà chair passée i l'état spirituel, corn-
>t>utt coitcevoirqueceilede Jésus-Christ, qui
est toajoors une véritable ehtrir, osntenuo
•oas la Tonne naturelle el dans un espace
déterminé, puisse être présente k la fois en
■ne Bauttitud» de lieux et se eemmunhrun-
réellement et sidistanliellemenl, comme le
veut la foi, aax fidèles du monde entier
dans te mime moment T Si l'espace n'est pas
une chimère et la distinction des êtres une
illusion, comment concetoir qu'un même
corps occupe en uiéme temps des lieux
séparé* par d'immenses intervalles, qu'il
soit.su ciel elsur la terre en reposât eo
moureraenl, et tonjours néannioim en pos-
session de son identité et^ de ion mité.
Saint Thomas d'Aqain est de votre avis : it
ne croit pas qu'un corps puisse remplira la
fuis plusieurs lieux distincts^ et que ce soil
Far un effet de translation que celui de
Homme-Dieu siège vérilableraentdansses
tabernacles, sur tous les autels de la chré-
tienté, ie ne vous exftoserai \»» sa doctrine
i ce sujet; elle est dilticile ft entendre at
j'aime mit;ui me servir d'une explication
plus simple, que l'Ei^lise n'a point désafi'-
prouvée, et que les découvertes de la
science ont peut-être éclairée dans ces der-
niers temps.
Tout cor|M est doué d'irradiation, c'est«k-
dire d'une expansion de lui-même ban dd
lui, par laquelle, sans rien perdre de ce
qu'il eat, il pnqette au loio sa substance, sa
forme et sa vie. Comme un édilîee, frappé
de la lumière, vient se peindre avec louloa
ses t>arlies les plus délicates el les mnios
visibles sur la feuille de métal qui lui est
présentée, ainsi, d'une manière latente e«
auinireste,tout corps rayonne autour de lui.
Et s'il est permis d'en douter puur quelques-
uns, il est impu<iBible de ne pas li: recon-
naître dans les fluides qui peupleal iitvisi-
blemem l'estuce et où s abreuve la vie uni-
verselle. Combien plus duit-il en être ainsi
du corps arrivé |>ar la résurrection k la
splendeur de rincorruptibililé, et surLoutdn
corps de Jésus-Christ, lequel n'est pas
seulement au plus haut def^éde la transfi-
guration de la nature par la grêce. mais
possède encore le souffle tout-puiasaot delà
divinité T Qui pourrait, s'il eu a le désir,
arrêter eu lui le mouvement de l'irradialioi),
et d'une irradiation int^rale, conteuflol sa
substance, sa forme, sa vie, toute sa vérilaltle
chair pleine de son fline et du Verbe divin T
tu soleil nous envoie bien de la sorte, du
liaul du firmament, une lumière qui est tout
ce qu'il est, sauf la quantité ; mais la quan-
tité matérielle, nous l'avons dit, n'est qu'un
accident des corps, et le plus ou le moins
o'ajou'le rien fc leur essence el n'en retranche
rien. La lumière est ta lumière, l'or est l'or,
en quelque mesure qu'ils se dounent, etiî
est rigoureusement vrai dadirequelesuleU,
dans un seuldeseB ra>ons,nouscemmuniqu»
nûe cl feikaeiil vraie qu'on ne poDTTaît essayer rinBiii, et en particolierdurail de la présence sut>-
de h réTsqaer en donie sans ruiner par ta hue les Uanttette de l'infini lui-mAnie! KJt Eail peeL-il ne |as
■WhfTUiqae» eUes-eiémes. «tre le plus étonnant el le plus in&aieissaUe ée Mas
Q«e doil^ dttDC en ^ire d'une science cou nw tes mystères î
ctUe da b rel^iiHi, qui se dirige uoiquemenl vers (IWO) / Car, sr, 39 ctsuiv.
DKTIOMNAIRE APULWËTIOUE.
SUC
l'inlégrjté do son eire. Que sen~ce de
t'iioaini6-Dieu, de celui que l'Ecrilure ap>
l«lle le loUil d« jwtict, et qui, devenu le
foyer de la vie regénérée, ua pris noire
chair que pour nous la rendre avec le béné*
tlce de su morl el de sa résurreclion T Quoi I
un peu de boue suspendu dans l'espace
répand sa substanne, sa fnrme et sa vie sur
l'univers, el l'Homme-Dieu ne le pourrait
point? Quoi I l'homoie tout seul, si Taible
au'ilsoilt trouve dans ses entrailles le secret
e si^ dédoubler pour cimmuniquer sa
substance, sa forme el sa vie h un autre que
lui, el l'Bomme-Dieu ne le pourrait point T
Sans douie, ce ne sont \h que des images el
dei com^raisons; mais les images el les
comparaisons sont des avertisseoienls de la
nalure h l'orgut^il, un doute proposé à l'in-
telligence. Celui qui a semé tant de mystères
dans le œuoile visible, a pu, sans doute,
pour nous sauver plus qu'il n'a fcil pour
nous créer.
Oui, comme il y a un pain de la nature, il
y a un nain de la grftce ; comme il ^ a un
pain de la vie mortelle, il y a un pain de la
Tie élernetla. Je crois fa Jésus-Christ quand
il joe dil : Je mû emu pour leur donner la
«i((1261).lllj'y croisenccirequand il médit:
Jt bhU U pain vitant descendu du ciel (1262).
J'ouvrirai ma bouche, et j'y recevrai ce
|Min céleste sans m'étonner : car de quoi
m'étonneratS'jeTEsl-CD que ma bouche n'est
pas un organe spirituel, préparé d'avance
pour de sublimes opénjliotis? ÉsUce que mon
âme ne l'habile point? Rst-ce que la vérilé
ne sort pas do ses lèvres entr'ouvertes avec
le Dot sacré de la parole T Pourquoi la chair
transfigurée de l'Homme-Dieu ne pesserail-
elle point par les portes où passe la vérité
qui vient de lui T 0 bouche de l'homme,
vase mystérieux, ouvre-loi pour recevoir le
Dieu qui t'a (ait, le Dieu dont tu parles, le
Dieu qui connaît les sentiers pour aller fa
l«n Ame et y commencer l'embrassement
«obsianliel qui se consommera dans l'éler-
nilél Ouvre-loi sans crainte et sans orgueil:
sans crainte, parce que le Dieu qui vient k
toi est doux et humble; sans orgueil, parce
que tu n'sspoinlmérilédele loucherd aussi
près. Ouvre-loi pour manger la chair du Fils
de l'Homme et pour boire son sang : ce sont
les termes exprès dont il s'est servi pour te
nonvier h ce festin. Il n'en a point eu peur,
il lui a plu d'élre hardi dans ce mystère plus
aa'eii aucun autre, bRo de nous rassurer par
I effrayante nudité de son langage, il nous a
dit: Uangez et buvez ; mangez ma chair et
buvez mon sang. Et s'il est des disciples
qui se sont épouvsnté.4 de son discours et
qui lui ont ré|iondu : Celte parole ett dure,
etqui peKtrejUeHdre(iiS3)lS'\\ en est d'au-
tres qui l'ont quitté pour ne plus le revoir,
rbumanilé n'a |K)inl obéi fa leur faiblesse*
DÎkleur trahison; elle est venue au banquet
<lttl)iom.x. 10.
itVmjom. VI, SI.
il%6S) Jmh. vi.VI.
(ISUi; R9LLI», Traité dct ituJt$ : Ot lu lecture
de la grtce, elle a dressé des tables, plie i
bflli des monuments mngniS<|ues pour rou-
vrir d'ombre et de gloire le p»in donlIeFits
de Dieu a dit: Ceci est mou curpt. Ellea
cru que puisqu'une mère peiil porter son
fils dans ses entrailles et le nourrir eueon
de sa substance après l'avoir mis au moQde,
il n'était pas impossible fa Dieu d'avuir la
même puissance dans la même tendresse,
«I de renouveler «nlre nous et lui les min-
cies de la roslernilé. Enfin tout a eUi,
quelle qu'en soit la raison, fa cette ptrole :
ÈÊangex et buves. Le genre humain a atBfjk
en adorant sa nourriture; il a l^u eu adorsiil
son breuvage : la folie de la foi atgsléli
folie de la charité.
Flgnr
1".
Dieu. — £i( le mojfa fciineat de r^ginénUoi «k
peKectlon. — [neffable déleciatloo de l'imeduao
union «tec Dieu. — VIb Intérieure. — Ai«iu mw-
qiublei d'aa célèbre protesluit. — Denier nH *
ooire desUnée.
Cette grande vérité a été préflguréa dira
tout le monde ancien. La manJucalion dt
la chair des victimes se retrouve cbetlaos
les peuples, et à toutes les époques, comme
faisant partie intégrante du sacritke. fia
rapportant la description d'un sacriGcfi,
d'après Homère, Rollin dil : > Quand lei
cuisses de la victime furent toutes coaiu-
mées par le feu, on fit rôtir la enlrail(at\
on les partagea entre les assistants. Celle
cérémonie est remarquable, elle teriuiiutt
le sacriBce oITert aux dieui, et était comme
une marque de communion entre tousceui
qui y étaient présents. Le repas suivait le
sscnQce et en faisait partie (1364). ■ Nou)
pourrions citer certains s^criBces usit^
chez d'autres nations, et qui présenienlï
cet égard des rapports bien reniarquablK
avec Te vrai sacrince do libérateur attendu,
dont tous les sacrifices n'étatent que It
ligure. Parmi ceux-ci nous rappellerons un
des plus célèbres sacrifices de l'Iode, où
l'immolation et la roandueation d'un agoeiu
étaient accompagnées d'une prière «laus
laquelle on récitait fa haute voix ces mois :
Quand ett-r-e qut le Sauveur naîtra (lSfô)T
Le^ païens se dallaient dans cette eircons-
lance de manger acec les dieux, idée bien
remarquable et qui confirme notre point i)e
départ sur l'aliment de l'dme, qui est la rie
même de Dien , el qui devait descendre du
cjul pour se redonner fa nous fa l'élat de
victime expiatoire, el comme gage de niHre
réconciliation avec son auteur.
C'est d'ailleurs chez le peuple juif. Tdaïc
de tons les peuples, qurl faut aller cher-
cher lo véritable espt-it du sacrifice, puisque
c'est de Ifa qu'il s'est répandu avec le g«Br«
liumain par tout runivers. Or, c'est une
ifHomère. _. ,
(1565) tïllrt à» P, Beueker àUurt.uXH^
Ltiiret *d\{., p. SI.
m EIX DICnONNAIRE AP(H.OGETIQUE. EUC 8»
que sa mort , que son [ncsmalfon ; tout est
realité, tout eat accomplissement des ligures
anciennes, parce que Inut doit l'Alru, et que
les parolesTormeiles lie Jésus Christ viennt'nl
imprimer i celle iiiiJuclion ddjh si forte lo
sceau de mou aiitorilé : En vtniTA, en vinnk,
je vou$ le dit, ma chair est vhaiubnt viande,
et mon lang est rÉRiTAOLEUSKT breuvage.
S'il fions conronddavanlnge, il accomplit
par cela même le but qu'il s'est proposé,
qui est de nous amener au parlnge do son
amour par le parlaçe de se» siicrilîces, pour
nous élever ensuite au partage de son
triomphe et de sa félicite. Amour pour
iHDOur, sacritice pour sacrifice ; Dieu st dé-
[Kluilie, il faut que nous nous dépouillions;
il nous donne dos gages d'amour, il faut que
nous lui donnions des gagps de foi ; le Verbe
élernol anéantit sa divinité, son humanité
même, sous les apparences du pain et du
viuj il faut anéantir uolre raison et nos sens
dans la foi à cet anéantissement lui-même,
et nous mettre, pour être dignes de le re-
cevoir, dans la coiidiliou correspondante h
celle où il s'est mis pour se donner à aom,
La raison frémit, les sens es révollonl, la
nature humaine se débat, mais c'est Jik pré-
cisémenl le martyre de l'amour et l'épreuve
du la foi ; et si celle-ci prend le dessus, elle
grandit avec l'amour de tous les abaisse-
ments de la nature, se réjouit de mériter
))ar là celui de Dieu, de souffrir pour lui,
comme lui, avec lui, et de pouvoir lui dire;
J'ai tout quitté, tout sacrifié, il ne me reste
plus rien ; je voudrais pouvoir vous donner
dovantage, car je sois que celui auquel je
me fie est la vérité môme, l'amour, et je lu
reconnais non -seulement aux sacritices
auxquels il s'est soumis lui-même, mais
encore è ceux qu'il exige de moi.
Le vrot amour, uous ne saurions trop en-
visager notre sujet sous ce point de vue,
veut cesser de s'appartenir b soi-même pour
ne dépendre que uo l'objet aimé, expirer à
sa propre existence pour ne ri.'Spirer plus
que dans celle d'aulrui; toulns ses démar-
ches, tous ses témoignages aspirent h cela;
c'est son dernier période : il faut que la
dualité disparaisse, et quu l'unité se con-
somme et se consomme dans tout l'être :
dans le corps, comme dans l'esprit et dans
le cœur. Voyez la môre, elle voudrait s'in-
corporera l'enfant qu'elle nourrit, le monter,
comme la nature le lui fait dire vulgaire-
ment; et les baisers, et les embrassements,
et les étreintes d'une vive amitié, d'un
ardent amour, sont-ils autre chose que des
mouvements de cet instinct naturel, qui
voudrait rompre les parois des sens pour
passer à l'identification des âmev, qui vou-
drait posséder ce que l'on aime pour s'en
nourrir, pour s'y unir, pour en vivre, pour
se le tnniubilantier? Et quel est l'amour
parfait qui ne ferait le miracle de lalrar»-
yiri\i qui n'est pas contestée, que toutes les
cfrémonies de la loi mosaiqua étaient Ggu-
raliresdes mystères de la foi évangélique,
et da ce qui devait se réaliser et se con-
wmoierdani la personne du Messie promis
ayi nattons. Il est également reconnu que
l«s Juifs mangeaient les victimes dans le
dejsein de participerai! sacrifice, selon ce
que dit saint Psul : Voyez l'hraè'l lelon la
(iair; ctnx pi mangmt dei victimes n'ont-its
fn zùrniminton avec /'ou/tI(126G}?
La sacrement de l'Eucliarislie a donc pour
Igt, irec l'assentiment des peuples moder-
uti, le presseutimenl de tous les peuples
■neiBiJs; et la doctrine mie nous venons
il'ei)iaser revêt les caractères de toutes les
[liH«5 divines, de toutes les choses cliré-
linnei: la perpétuité tt l'universalité.
t'n résDllat plus directement applicable
l'iiloclriDe catholique s\ir la prétenee réelle
ton de celle considération, el vient frapper
le protetitaotisme d'un argument sans ré-
Inique.
Si, comme on ne peut s'empêcher de le
rnonniiltre, les cérémonies, et notamment
lu sicrifices de la loi ancienne, n'éiaient
i^uedes ligures du vrai sacrifice qui devait
loccomjilir sous la loi nouvelle, il faut bien
nùcisaireinent que tout ce qui se passe
«Ht celui-ci soit supérieur 11 la fÏRure, soit
'M; cer, si la maliôrn du sacrifice des Chré-
iitu, par laquelle ils y participent, n'est
tllt-meine quune figure, qu'une image,
funereprésenlation, que du pain, duvin,
fWi/erienl In supériorité du sacrifice do
''lui oouvetle sur ceux de l'ancienne, oCt
^K'erertréseotali on était plus auguste, i^etle
■fxge plus frappante, celte figure plus sen-
"titî Le culte de la loi de grâce n'aurait
wic lucune prééminence sur celui de la
Mjaijajque? Saint Paul en (lensait tout
■"'renient, lui qui disiiit : Itous avons un
*'' 011;^/ n'oiaf psint droit de participer
''l'i qui servent ou tabernacle, c'esl-à-dire,
^prêtres et les lévites de l'ancienne loi
, Si les prolestants sont conséquent^, il
•ut aussi qu'ils aillent jusqu'à dira que
■Dinolaiion do Jésus-Christ n'est qu'une
Vfe, que ce D'est ps une mort effeclive-
*nleipialoiru, mais une uTort spirituelle
|*o>}'sli(iue. Ils doivent aller plus loin, et
^réalité du l'incarnalion du Verbe elle-
Kruedoit s'évanouir devaut cette nouvelle
■fiiise. C'est ce qu'ils ont appris à faire
'XI iociniens et aux unitaires, qui, comme
"> !<: sali, en sont venus là (1268}. Et il faut
jDS tout le protestantisme aboutisse h celle
j^nrlusion subversive de toulo religion
t^élétf, ou qu'il embrasse la doctrine catbo-
''{ue. Celte doctrine seule se concilio avec
hle-meme et se soutient dans toutes ses
l-iriies. Dans cette doctrine, la manducatlon
Ju corps de Jéjus-Chrisi est aussi effeetivt
ll%6) J Car. X. 18. «n ce que IcgnB-Clirlsl moaranl a prié pour tes pé-
(■»^) Btir. un, 10. cheurs, nn ce que, par sa luorl, il a coiiArmé loule
lilSI) I La mon de JèanK-Clirist sur 1^ croix, sa doclriitc. > (Uergieii, IHUionHMre ihM., V Sa-
*^'*'>^<lki n'a M qu'ail tacnfict improprcmcnl dil, trifiee.
nibtldiUtatiflfit s'il {lait en son pouvoir, el
qui ne dirait aussi, et dirait avec délices h
I ubjet aimé : frtnex, nange», crci est mon
coriisT..
Eh bien. Dieu, qui est l'aniour mâma,
(Jont tous les amours nu sont que des d(iri-
vationg ou des détournements. Dieu a fait
ce miracle, parce qu'il le pcruvsit, et que
c'est le pro^ire de I amour d'aller jusqu'aux
dernières limites du {lOïsible. S'élant fait
homms, s'étsnt £eit victime f>oup l'homme,
il ne devait pas s'srrftier Ih, et lu loi de l'a-
mourdevftit k porter à Touloir èlre la nour-
riture do l'homme, et h le devenir en effet,
{•oisqu'il le pouvett, et que d'ailleurs il n'a
ait en cela que rétablir la nature des choses,
L-n vertu de Inquelle il est déjà la vie et
l'aliment de dos Ames, et que se redonner à
nous soua une lorme adaptée à notre intir-
miié.
Voil^ la raison philosophique de Timpé-
nélrabilité naturelle du mystère eucharisti-
que; comme c'est la consommation de l'a-
mour qui en est le but, c'est le plus grand
sacriGcede l'homme et de Dieu ijni en de-
vait Atre le moyen; et k' génie intuitif de
Platon avait entrevu cettu belle vérilé à
Irarers les figures de l'ancienne théogonie,
lorsqu'il écrivait : « Tous les sacrifices, et
ces choses auxquelles préside la science
sacrée, et par lesquels la Divinité s'unit aui
hommes, ont pour objet la coaservittioa de
l'amour (1269), *
Mais un nouvel aperçu se découvre, non
moins riche que celui que nous venons
d'exposer ; c'est qu'en ravivantainsî l'amour,
le sacrement de l'Eucharistie ravive la per-
fection en nous, et nous régénère dans tout
notre être et &es rapports.
C'est une vérité commune que tout l'hom-
me, ce qu'il y a de plus émineut et de plus
substantiel en lui, se résuma dans la cons-
t:ieDce, dans te stru moral.
Mais cette conscience elle-mâme n'est pas
toujours vive et exacte au mdme de^ré;
elle se dérange aufroissementdes passions;
elle ne marque plus le devoir avec la même
délicatesse, et ne fait plus sentir que de
tuin et faiblement son action; elle en vient
même quelquefois à cesser enLiftrement, ou
& varier au gré des désordre» qu'elle devrait
prévenir en nous.
Qui est-ce qui altère en nous )e sens re-
ligieux ou m&me simplement lesens moralf
n'est-ce pas la subtilité de l'esprit, lo tu-
multe des sens, celle vie de relation avec
lus choses créées, qui nous répand tout en-
tiers au dehors, et nous fait pcidre de vue
cet autre monde intérieur et moral de la
vérité et delà vertu, avec lequel ouuscom-
muniquons par la conscience? Le raisonne-
ment prend d'abord peu à peu la place de la
conscience chez les hommes, parce que,
par le raisonnement, ils se conduisenl, et,
par la conscience, ils sont conduits, et
qu'ils ne veulent pas être conduits. La cons-
cienco est une souveraine qui , indép^n-
APOLOGETIQUE. EUC «^
damment de It rigueur des daioin nu'tiit :
prescrit, gêne l'orgueil humiin pareelistul '
qu'elle est soaveratne, qu'elle a^l seul», I
qu'elle prérieiu, qu'elle révise et qu'oDg
casse souvent les arréls de rest>r>t uni lui
en rendre compte et par instinct. Cetledic-
lalure déplaît : de ]h celle tendineei nlj-
btituer le raisonnement au sens iotime,!»
calculs à la conscience, œètot cka \ts
moins dépravés. C'est là le principe dumil,
l'orgueil, contre lequel il faut seroidirptr
la soumission incessante A cettu voii înlé-
Heure qui parle en nous. A ce prcmiervice
accourent tous les autres, et les sensualités,
les cupidités, les passiom, ne lardent Mil
l'exploiter au proQt de leurs crimiDellesel
fiiusses jouissances. Pour n'avoir pas toulii
se soumettre à la conscience, resprit ne
peut plus se soumettre A lur-mâme les pii-
sîoirs ; il en devient le jouci, le com[i1ici:,
l'esclave, et tout l'homme est dépravé.
11 faut donc porter le glaive delas^-
ration jusque dans ce nœud si cher !» lui'
gueil, et nous réduire A ce qu'il y a de (îlot
substantiel et de plus simple en nous;(iom
faire, en un mot, selon la belle expression
de l'Ecriture, <imj)/ei dt«aur.
Mais ce travail suppose un terme iler^
laiion qui eu soit le molïf corresponJant.
L'homme ne peut se détacher da luilien
dans lequel il vit, et encore moins dp lui-
même, sans s'attacher à quelque ebjel qai
remplace ceux donlil se séparei et eo Tue
duquel il s'en dépouille. Or, quel objet
peut avoir cette puissancesupérîeureAtoul,
si co n'est Dieu?Kt par quel sant>meat|ilus
actif peut-il l'exercer, si co n'est par celui
del'amourr et enfin, quels motifs plus dé-
terminants pour développer en uoui ce
sentiment que ceux qu'il nousprésenledins
le sacrement de l'Eucliarisiie, où lui-iuSme
nous donne le premier exemple du dépouil-
lement le plus absolu, de l'amour le |>lui
infini T
Quelle puissance de détachement test-
crement ne doit-il pas eiercer sur l'ime
humaine par la considération delà saiDteit,
de la grandeur, de l'amabilité du Dieu
qu'elle y reçoit IQiiel objetau monde,qaell«
Bllcctioo, quel intérêt, n'est p.is éclipi^
désunc'liaiité pur ce rapproclicmeiil ; et com-
bien celte communion avec la pi:rrecliOiiji»f
essence ne doit-elle pas opérer notre oA-
union d'avec tous les faux biens de cette
viel . ■ ,
Le motif de l'oUscuriié du mystère devient
liés lors évident. C'est cette obscurité qui
consomme l'opération de notre dépouille-
ment, en nous forçant pour la pénétrer \^^
là foi, de déposer nos sens, de quitter jus-
qu'à notre roison privée, et de no garJef
S ^uela volonté, et la volonté soumise. Be-
uulés, concentrés dans la partie la plus
indivisible de notre être, nous expirons
alors à toute vie eilérioure, et en quoNjau
sorte à toute ifie propre; nous sommes iti-
sevelis, anéantis à l'égal du Dieu qur "«i
V^ f^r. NCnONNAIRE
se JonniT & nous; nous rerirnns, pour ainxi
pirlff, lians le iié«iil d'où il nous a tirés ;
niais c'esl pour y renaitre et reprendre mi
Dieu une nouvelle fie, celte vie fipirilu«lle
qu'il répandit avec son souffle dans Lepre-
inirr bomiuc, el que celui-ci ne sut pas
garder.
Il ne sera jamais donné à ceui qui sepri-
fcnl du sacremcnl de l'fucliaristie de cuoi-
prendre ce qui s'y f>assf, il n'est pas même
ilimnéà ceiii qui le gnûlenl tl<- l'eiprinier.
C'est un Secret d*aaiouroolre rime et Dieu.
Aussi je n6 ^uis pas surpris de roir Vollaîre
Toalant de bonne t»i s'ima^ini-r l'olTet de
re sacremcnl. er, croyant lui rendre Ikibi-
œage, le d^'iieindre ninsi : ■ Voilàdes honi-
ti.»qut reçoiv4;nt Dieu dans eui, nu milita
ftu cérémonie augiule, à la lueur de ceal
nrgrt, après vne mutique qui a enchanté
/nrrffn», nu pied d'u» uuiel briUant d'or.
L'imagination est lubjuguée, l'âme saisie et
alteodrie; on respire à peine, on est déta-
tU de tout bien lerrcslie, on est uni atl'C
Dieu, il est dans nolro chair et dans noEr**
>3nç. Qui osera, qui gnurra cuiuiueUre
?Iires cela une seule faille, en coaceToir
seulement la pensée! Il était impofiiibJe,
«ans doale, d'imaginer un nojslère qui re-
tint plus fortement les bomme.« dans la verlu
ililù). »
i'cn demande bien pardon «u |)0ête, mais
le philosophe (eh I qui pourrait s'en étou-
tier?) s'est conijilélcmenl mépris : la céré-
monie, IcM ciergei, la musique, la beauté de
fatilelf ne font rien 6 l'impression de l'inie
en ce moment. C'est l'iuverse : ils la con-
(rarienl. Tout ce qu'elle épiouve lui Tient
do dedans. Ce qu'elle clicrche arnnt loui,
c'est la solitude, c'est le silem^e, c'est lu
retraite. Tout ce qui lui rdj)pelfe la Urre et
les liomiues, et lot fait ressouvenir qu'elle
est (^Dcore de ce monde, rimporluiie et l'af-
flige. Toalc h son Dieu, elle voudrait se
tcnlner commi! Uadcleine, et s'en aller
aver lui au désert jiour y perpétuer, puur j
cofisoDimcr è jamais son union Sans doute
uoe musique l'eocbanle, une lumière la
ravit, une beauté la passionne, mais c'est
uoe atusiuue intérieure, c'est une lumière
suruaturetle, c'est une beauté immatérielle,
«lool les sens et l'imagination ne font nul-
lemeDl ies frais, el dont elle goâle d'aulant
plus les cbarnies qu'ils ne s'en tnélenl fias.
Les pins douces conimuoions, les plus vives
et les plus efficaces, sont celles qui se font
sans autre* pompes que celles d'uu ccear
bien prépare. La simplicité de l'autel alors
rt'esl que plus conforme k l'anéantissement
delà Tîcliioe, el c'est d'elle seule que rien-
uent l«s transports de l'éaie qui la reçoit.
E4 c'est là précisément pour l'âme une
preuve directe de la présence réetU, que
celte présence se fasse d'autant plus sentir
i]ae rtmajsînatîoo et les sens y oui moins de
part. Uae vie tout iulérieura est survcnuo
eo «ile* eoname si au autreeœur battait dans
flODCCear* sf une autie runscit-nce se re-
AP0L0CET1QUE. RCC ilSl
muait dans sa conscience. Olle roix intime
et s^rée, qui constilun le sens moral, a
acquis une délicatesse et une sonorité qui
révèlent ta présence immédiate de son au-
teur. Ce n'est plus abstraction iaslinctive.
c'esl uoe réalité distincte, personnelle, qui
parle el qui rE^jtoud -, c'est un épanchement
i>rotDod el réciproque, comme celui d'un
amiav^cson ami, d'une épouse avec sou
époux. L'âme n'est pas seule enQn, eo elle
bâbite un liAti'..., uu Dieu.
Ainsi vivifiée eten relation avncle monde
intérieur et surnaturel, elle revient pren-
dre sa place dans celui-ci. Mais quel cban-
gement I Celle vie terrestre, qu'elle avait
laissée pesante f\ amère, elle la retrouve
lé^re et douce. Elle, lui sourit, tant elle se
sent forte )>our la [lOrler dans ce qu'elle a dit
pénible, pour lui échspoer dans ce qu'elle a
de corrupteur. Uieii ne fui coûte : elle court,
elle efUeure ce seotier des devoirs uù elle
enfonçait naguère i chaque pas, et dout
toutes les épines semblent être devenues'
des roses. Tout en elle, tout autour d'elle,
obéit h un principe divin qui l'anime, el
dont elle continuée se nourrir. Ce principe
a la double projiriélé de la détacher de ce
monde, |>ar l'attrait intérieur, jusqu'au mé-
pris, el de l'jr allacber, par l'amour de Dieu
el des hommes, jusqu'k la mort. Il satisfait
ainsi è ta fois et double l'une par l'autre,
, et la vie in^slique el la vie pratique, dont
l'harmonie constitue l'htimnie parfait. Il
fait d'elle enGn, par l'amour qui la lui unit,
un instrunieut dévoué au ré^e de l'ordre
dont il est la source, un ministre de ks
grâces, un témoin et uu ambassadeur de si
vérité, un ange.
C'est ainsi que dans le ciiristiaoisiae l'Ru-
cbaristie vivilie le ctpur de rboinse giar
l'amour, comme l'enseignement vivilie son
es])rLtp3rla vérité. Chose vraiment i>elle,
et qui révèle bien cet ordre divin que noue
retrouvons partout dans celle religion 1
L'homme moral est esprit et ctsur ; il a be-
soin de deus choses: de nourriture el du
Jumière. Connaissance el amour: voilà les
deux pôles de son être sur lesquels rouleitl
iRS destinées. Le catholicisme pourvoit ail-
mirablement à ces deux lins. Par l'infailli-
bilité de son enseignemeul il détermine
l'entendement humain, et le dedans la
certitude de la vérité; par la parlicipaliuB
eucharisiiquo il attire son cœur el le repose
dans l'amour de celte même vérité. Par la
doutriuLi il c»( pour lui comme la coloiuie
de nuée lumineuse qui guidait Israël daus
lo dé£t;rt, et par le sacrement comme la
manne céleste qui l'y nourrissait. Ce sont
comme deux tables placées deçà et delà :
l'une est la table de la loi divine quicootieut
et enseigne la vraie liji, l'autre est la lattle
de l'autel sacré où est \a pain de vie qui la
rend sensible; par l'une il nuus éclaire, |iar
l'antre il nous réchaulTe; d'un côté il nous
iiistruil, l'c l'autre il nous persuade : de
toutes parts il nous saisit, et il nous relève,
(KTV) Qm£s6mu lar rEiiryflopédie, l. Vf, c.Iil. de Genève
8-4 EUC DICTIONNAIRE
i>t il nous tlÎTinise. Car c'u5t 1o même Dieu
qui se donne h nous arec une égale rialiti
de pré$enee dons l'&nseignement de son
Eglise e( dans le banquet de son amour. Le
Verbe éternel serontinueel habite substan-
liellemenl au milieu de nous d.Biis la doc-
trine commu dans le sacrement, et c'est
avec une égale Torce que s'applique & IVin
et b l'autre Ta Térité de cette parole : Je$'uii
moi-même avec voum tout le» jours juiqu'à ta
ftndumonde. Admirable accord cncoru uriu
luis, solidorité profonde que l'hérésie e!l«-
niéme n'a pu rompre, qui l'a forcée à se
f river de tout, rt & unir, daHs sa commune
rupuissance de les détruire, et la chaire et
l'autel.
L'auteur des Lettres (TAttieus, Fili-Wil-
liam, quoique né dans le protestantisme,
a*ait saisi, par la seule force de son remar-
(lunble esprit, la vérité catholique. Il a
consigné 1 oi<iressîon de so pensée h eu
sujet dans des pages dont le petit nombre
GO rachète par une grande hniituur de vue.
ItecEierL-hanl, à la tin de cet éctii.quel est le
meiltenr tyttime de gouvernement, il en vieut
è parler am«i des sacrements lie la Pénitence
et de l'Eacharittie (1371) : « Tuules les na-
tions oui leur religion et leurs lois; leur
religion pour inculquer la vertu et la mo-
rale, et leurs Inis pour punir les crimes. En
cela les catholiques romains et tous les au-
tres ont le mfiine but Mais, dans le seule'
religion catholique, il existe dts lois d'uno
autorité bien plus impérieuse, et sur les-
quelles, par aucun art, jiar aucun sopbismc>,
ou ne peut .tu faire illusion; des lois cal-
culées non-seulement pour inspirer l'amour
de la vertu et tte la morale, mnis encore
pour obliger h les suivre ; des lois qui ne
se bornent pas à punir les crimes , mais
encore qui lus préviennent. Ces lois cousis-
lent dans l'obligation qu't.'lles imposent h
tous les catholiques de communier au moins
une fois par an; dans leur fénéraiion pour
ce sacrement, et dans l'indispensable ei ri-
goureuse préparation pour le recevoir; ou,
eu d'autres termes, dans leur croyance à la
présence réelle, dans la confession, la pé-
nitence, l'absolution et la communion. On
peut dire que dans les Etats catholiques
toute l'éconumie de l'ordre social ruulesur
CD pivot , ut que c'est h lui qu'ils doi vent
leur solidité, leur durée, leur sécurité et
leur bonheur.,.. Les préceptes que cette
religioD impose h ses en l'un ts, et les défenses
qu'elle leur fait, sont si peu connus des
sectaires qui la combattent, qu'à peine en
otit-ils une légère idée. Les uns par igno-
rance en détournent leurs regards, les autres
par prévention les traitent avec dérision. >
(L'Auteur eipose ki la rigueur de ta doctrine
CBlliolique.] ■ Telle est, conlinue-t-il, telle
a toujours été, depuis dix-huit siècles, la
doctrine fondamentale et immuable de l'£-
glise catholique. Et si l'on ose dire que ses
enfauti sont méchants et pervers, malgié
APOLOGETIQUE.
ECC
les liens dont elle enchaîne el lesdevoin
qu'elle inipnse, que dirons-nonsdes bocnnu
libres de ces salutaires entraves! Les habi-
tants de la plus heureuse et de la plui fiô-
rissanie monarchie qui ait jamais brillé lur
la terre s'en sont tout A coup délivras. Quelle
en a été la conséquence T Ces malheureui
insensés, n'ayant plus de frein pour les re-
tenir, ont tout osé ; et leurs crimes, commâ
unn mer qui déborde, rompant des digues
que Dieu seul pourra rétablir, ont baale-
versé l'Ëuropo et inondé le monde
« Pour prondncer sur toutes les quesLions
d'une importance générale, il est nécessiire
et juste de prendre pour base leurs eiïei)
généraux. C est ce que j'ai fait. Uiis telle
est, hélasl la fragilité hiimaine, que tousl»
callioltques, j'en conviens, ne prorueiilpu
des avantages qui leur sont offerts. Si ptr-
sonne ne s'en écartait jamais, la que>IiH
ne serait pas : Quel est le meilleur des gH-
vernementsî mais plut&l : Dans un U\ gui-
ve.nenient quel besoin y a-t-il d'iuirts
luis 7 Peut-être que toutes les lois humalnei
y seraient superHues, aussi inutiles qu'ellei
sont impuissantes partout oili la religion
GSihoIique ne leur sert pas de fondemeni.».
« Tout ce que je viens de dire en fsieur
des gouvernements catholiques doit titH
envisagé sous le point de vue poliii>]iM'.
Cependant je ne puis m'empècher de nie
demander à moi-môme si une religion qui
cuntribue évidemment RU bonheur uns tiuui-
mes d'une maiiière si solide et si admin-
ble, n'est pas une religioo divine dans iojI
ce qu'elle commande. ■
Le premier et lu dernier mot Je notre
destinée a toujours été de nous uuir i Di^u
dons la perfection et la béatitude de sod
éternelle vie. Au-dessous de ce terme,
l'homme n'est rien encore, et si grands que
soient les prodiges d'allianou qui se swil
TUS entre Dieu et lui, ce ne sont pourlial
que des signes, des préparations, des avant-
coureurs, ce qu'est l'ombre du matin ï H
clarté du midi. La jour viendra où la chair
même du Verbe divin no sera plus fx'ur
nous une nourriture sullisaate; nous QOiis
en souviendrous comme les Israélites |iar-
Tenus è la terre promise se souvenaieDl de
la manne (hi désert. L'arche sainte en con-
servait la mémoire dans un vase d'or, nisi'
l'enfant d'Abraham n'en subsislaiiplus.il
mangeait sous sa vigne et suus son liguicr
les fruits de la piitae, et buvait joyeux *ui
sources de la montagne de Sion. Ainsi ^f
venus à notre tour au delà du ïourdaio.
nous y retrouverons dans riticorruptibiliti
ta chair du Christ, notre bien-aiméSauTeur;
nous toucherons de uos lèvres ses raiwi
bénies, nous nous rassasierons i ses pieils
des baumes lointains de sou sacrifice ; uous
uoiis dirons, dans un langage que nous ne
connaissons pas encore : Voila celui <)ui
nous a aimés jusqu'à mourir 1 Hais I09
méiue qu'il nous plairait de manger ta tiait
(ISll) Non* rcmitons de ne pouvoir donner ki slaniiel ; ît demande k Mn la duu
que de* eslraiis d'un écrit aussi plein M aussi &ub- Uoutonuieu ne le détavoucrail yas.
UiCTIUXNAIRE APOLOGETIQUE.
SUC
ei lie Ituire son saut;, pamnsouveoirdeiint
tiéliees pauées, ooas iio pourrioDs rassasier
aùtn cœur h ce foyer de notre ancienne
ti« : DicD seul, Dieu tu face è face, Dieu
pnssédé dans sa substance , Dieu coulant
JsDt nos entrailles comme un fleuve sans
ri^igeJ. TOili quel sera notre dernier bon-
Suei, lebinauet du vin nouveau et étL'rnel
uDl Jésui-ClirJst disait dans ta nuit do la
cène : Jt ni boirai pjui de ca fruit de ta vi-
fu, jvtqa'à et qutje le boive noutrau avec
cou dmi le royaume de tRoii Pire (1272).
sni-
OMlqincè.eclioni detproiesUnla. — Uess et Néander;
JHMUrïbotreteiprii,— Imponibllitédel* présence
rrpcrtlle d'im inAne coipieD plosleura lieux; sen-
lamt de Pabert el de LelbuiU- — Les piroles de
^â^CbrlH dan) I'IihUIdIIoii de l'Euctuiluie «uit-
(Ibiie pinbote f
Suiianl Hess et Néandcr, tout ce qu'il
nul j avoir d'obscur dans le Nouveau Tes-
iimtal sur la question de l'Eucharistie est
.'uOisaiDiiieiit expliqua par les paroles que
Ji-ius adresse à ses disciples en lerriiinaut
Ib télèUru discours de Ca|ier-Naum : ■ C'est
l>5pril qui vivifie, la chair ne sert ï rien ;
'K|iirolei que Je vous dis sont esprit et
lie [ma). > Celle objection est tiès-popu-
Mit,\i i>lui)art des protestants s'iinoijiiieni
qu'il o'j a rien «ie suliiie à répondre a cette
il^llé. Que des personnes étrangères
m i|i)estioiis tl'eiégese aient une sembla-
bit wnière de voir, je n'eu suis Dullement
iiirpfi$; niais je suis étoané que des théo-
logiens counue Bess el Nâander, aient re-
ivursiune interprétation abandonnée par
kus les i-ouiiiieiitat<?urs éclairés, même de
XureoniEDuniou. Aussi noua nous burne-
ausi réfuter par uue observation unique ,
■lij décisive , cette manière d'entendre le
fasuge de saint 3eao.
Les mots chair et ttprit, oj>|>osés l'un à
fwiredans le Nouveuu Testament, ont une
HlÇiiitlcaliun invariaute, très-diffûrente de
ail« Que l'on veut leur douner. Il suffit,
pMirsen couvaiiicre, de lire le ctiapitie viii
mt) Meilh. xxvr, SA.
lliTSjJoaH. Ti, U3. — Vnîci le leile de ce ver-
M iii^runl : Ti xvfûfui isri xi C»»irB(sûii, i akfi
Ayjthi a:Sn. Ta /!nf«ni tiy^ liUlqm v/«'»,
'1^ Ini nd (ma irtn.
\}i'H) Kuîitdil (M JoM. V], I. Il), après avoir
«li^M riulerprétalion qu'on dooiie vulgairvucul
bxu communion à ce (lassage célèbre, ajuule :
' ^ hzc verborum iDierpieUiio usu Imiueiiiti scri-
luraia Nftvi Testaoïeiiti cumprobari neijuil... Prx-
tw» ifiuir mibi eoruni raiio quîbus mtOfui ut
tfltOMn, lybHiuior lenlieDdi el Uatuendi ralio
«B ductriu Ctarisli eHicit ; «ifpE tiumilis, vilii
tiiiciidî laiiu, i;ii>li» erat Judaurum, i\ui pne-
M«pu«de Me«sia elbonia inejos regiio exspo-
<U«li> opiHÎones foveltaiil : ut adro seasun ait :
>'*dKen dtlietii opinion. bus veslris prxjuiticaiis,
*■ wUiinkir lanum leoiiendi cl staïueiuli ac
fBudi raiiu, «vcSjw Mluiem ofleri- bumilii, vi-
lUaUiewUac grandi ralio judaica llla ralin,
*fi. «ihit coalèn ad vcram fellcilaieui. > — Ulo-
udl, i|û copie KuiiMKl, dit auui : < Que cette
ndwiioii lia iraduoiou prôiesUBie populaire) ue
«vi «Ue prouvée d'aprèi I'm» loq*mit de l'tcri-
de relire aux Romaine, depuis le versel J"
i'usqu-au H*. Ce piiss.ige prouve seul qu'il
But entendre par le mot chair les disposi-
tions perverses et les mauvais sentiments
de la nature humaine, et par uprif les sen-
timents de riiomme régénéré iiar la grâce.
Ceci posé, il n*est pas difficilo d'eipliquer
le vrai sens du passage de saint Jean, dont
on fait tant de bruit. Il veut dire simple-
ment : Les paroles de Jésus-Christ sont
esprit et vie, elles sont telles que la chair,
ou l'homme réduit h ses propres forces, no
peut les recevoir, et qu il taul, pour les
agréer, le puissant secours de lo grâi-e.
Ainsi, ce texte, loin d'être contraire h l'in-
terprétation que nous avons donuée de tout
l'oflsemble de ce discours. In fortiHo évi-
demment. N'est-il pas naturel, eu elfet,
qu'après avoir proposé il ses auditeurs une
vérité que la rbair et Te sang ne sont |ias en
état de comprendra, le Sauveur dise à oeux
aui l'écouteiil, qu'ils ont besoin, pour pro-
ter de ses paroles , du s'élevrr au-dessus
de la terre, cl d'implorer du ciel un secours
particulier T II me semble inutile d'insister
davantage sur ce point, nralgré l'iniporlanco
que quelques écrivains |irotestaDts semblent
eni'ore y attacher. En etTet, parmi eux, les
exégèies les plus inslruils reconnaissent
maintenant que l'inlerprélalion du versel
6i* du chapitre vt de saint Jean , proposée
par Hess et {wr Néaiider, ne peut être lié-
îéndue, pour peu que l'on tienne quelque
compte de la langue du Nouveau Testameni,
el que l'on ne sacrifie pas les intérêts de la
science aux intérêts passagers des partie
(1274).
Cependant Hess et Néander s'accordent
à trouver dans lus circonstances rie l'ins-
titution de l'Eucharistie un motif qui a dû
obliger les ap6Lres d'euleodro dans un sens
symbolique les paroles de leur Uailre.
Comme ils voyaient Jésus présent devAnt
leurs ^eux, ils ne pouvaient s'imaginer
qu'il eût la pensée de leur donner dans
le nouveau sacrement son corps avec sou
tare. > — Home est du même «vis : < Le Saiui-
Eipril, dil-il, est mis pour ses effets. ■ (// Car.
III, 6.) Ici, par le rnol leiire, auui dévoua enieiiilie
la toi écrite avec des lettres sur tu pierre. Par l'es-
prit, il r«iit eiiienilre la doctrine saluiaire de l'tl-
vangile dont t'Esprit-Saint iwt le premier aulear.
C'est dans le même sens que Jetius -Cbrisl a dit
{Joan. VI, 63) : Les paroles que Je dis sont e«piil et
vie, c'est-à-dire elles sont inspirées par l'Etpritde
Dieu, el conduiront à la lie éurnelle celui qui les
recevraavecunefui vériialle. {/nlroductten, vol. Il,
L4S5, 7* édit.)| — Dans son Index dit langage lym-
ique de t'Ecrilun, au mot ekair it tilt encore :
Apparence extérieure, cundiiion, cinunsiaiicet. o-
raciére, etc. (yonii. ii, V3) : La ciiair ne s«rt tie
rien. {IHd., vul. VI.) — Yoftt aussi ScuLEUSNia,
au root HpÇ. — Kopp, £xciiniii in Eoiu. mi iitUt.
— Sàitobius, DiueTtalio théologie* MKflioMvacit
aàpC lu N. T.— Stobh, ComauiUmtio it vocvm tmr-
hUcI iDtriiut gtnuiHo ^eiu». — Scumid, Deaauttmte
eotabuui tfàjixiE el wytiiuaat In N. T. bul^ecta, —
KoLLKB, Ht meum tàfJi et ««ivfui in l'auli tfitt,
ai Lulmlat leaiit.
m F.Ur DiCTfONXAIRE
sang. L'imi'Ossibilité de la pré9<'i)Ci: ror-
poreWo U'u/i corps en plusieurs lieux ost
trop évUlentti pour qu'elle n'ait )>as fni[>pé
les apdlr«s.
Je ne nisontieroi pat loogiiement sur ces
prétendues imposâiujlilës. Pereonue n'i-
gnore que la question de IVssence de la
matière portage toujours les savatils. L«s
uns «ferment arec Des<:iries (ISTâJ que
l'étendue est essevlielle à la matière , les
autres disent arec Leitinilz que cette (ifo-
posilJOQ n'a aucune base vrsiuieol (thilc^
sophique (i9^&). Kanl a mis les deux opi-
nions aux prises dans ses céièi)re« anti-
nomies ^iâ77]. Tant que les pliiJosophes
n'aurout pu s'enteodre sur celle question
fondaioenlHle , nous ourons le droit de faire
bien peu de cas des dilBcultés qu'ils pour-
ront opposer au -dogme de la présence d'un
corps eu plusieurs lieux. Aussi les proles-
Uflts écUirét! ne songent plus guère à nous
lairo des objections que l'on reltiurDerait
lacileuieiii contre les autres mjfstères du
cbrJsliAoisaie. Le savant théologien augJiuiD
f aberl, dans ses Difficulté* du Bomauitmt,
s'exprime sur ce point avec une fraucbiw
qui lui bit grnod honueur:
•. lîii discutant sur ce sujet, 'dil-il, ou
ou ne là Loucbant qiiei>ariuciûef)I, quelques
écrivaioe , j'éprouve de la douleur h la J ire,
se sont niootrés trop prodigues de ces ter-
mes inconvenants: abtiurdiu, impo$tibiiité t
Le moindre reproche qu'on puisse taire h.
un pareil jangage, c'est qu'il manque de
bons procédés. Un outre défaut beaucoup
plus sérieux qu'on peut y reiKcndri;, c'ist
ce Ion de présouiption et u urgueil qu'il
laisse percer, et ûui ne sied nullciuenZ à
une créature dont les facultés sont si bor-
nées. Cerlaineuiijnt Dieu ue veut rien l'aire
d'absurde, et ne peut rieu faire qui soit
iiUij>ossible. Uais il ne s'ensuit pas rigoU"
reusuuienl que nous voj'ions toujours le»
vbuses d'une manière parfàiteinenl exacte,
et que nous ne puissions jamais nous ot^é-
prendre. Nous pouvons facilement nous ima-
giner voir des coulradictions là où, de fait,
il n'y en a pas le ii.oius du monde. Donc,
avant de taxer une doctrine de contra-
diction, il faut être sûr d'avoir une in-
telligence pari'aile de la maliùre qui y eigt
proposée : car, aulremeril, la cDiilraUiutiuu
pourrait bien ne pas être dans ta matière
elltt-iuéme , mais dans uolru manière da
la concevoir. Pour moi, comme lacona*
cience que j'ai des bornes de mon inld-
ligence ne me permet point de vouloir va
(1975) Il CM reinar<|aaLlB c)iie, malgré la diff^
reiice de leurs priiicipei sur ressèiii.i; ite la matière,
Beteariet et Leilaiiit uiu travaillé à démontrer U
IKWubiliié de la piétoiiw t«eUc au point de vue da
leur pl)iloKipttîe.
(lïïOf TajWtdePufsv, Jtulraeiien patUraIttmr
h mtfiun it l'iLuciuuûiit, — El LeiiutiTE, Hjft'
(1^77; On a fait juiqu'ici beaucoup tl'«ffarts pour
rêMudrcccue aiuiHVuiie. Kuum n'a été couruntié
de kuccé» : sur loutr» let ijupsLiuna Cuuilaneutaks
la phtlosoplite raiiooaliïic lolbuie cvuiuiu au jujv
APOLOCETIQUE. EUC m
faire In mesure de tout ce qui est coDv^
nabla et possible, il me semble qu'il est
è la fois plus sage et plus coaveDable de
ne poinl attaquer la docirinedeli Irans-
substanliaiion, surce reproche d'alitutililé.
de contradiction et d'impossibililé au'oii
allègue contre elle. Suivra co plan ifalti-
que, c'est vraiment abandonuer le lerrain
d'une argumentation rationnelle et pu-
sunsive. La doctrine de la Iranssubslaiiiii-
tion , comme celle de la Trinilé, im(|us
une molière ^ui se discutu [lar des raison-
ncmenls abslrails ; c'e^I u;il> question île
purtévidenc-i. Noi s regardons la réïéijtiou
divine comme une règle esscniielle et iu-
faillilile de la vërîlé. Le plus simple guiut
nous n'est (ws de nous pcn'lrc daus dt!
raisonnements abstraits sur i'^bjurdiliel
les prétendues contradictions de la Inm-
substanliation , mais c'est de rechercha,
h l'aide des meilleurs moyens qui sén
en notre pouvoir, si la sainte Ëcriluntir
seigjie véri tutoiement cette doctrine. Cm
sullisamment prouvé et délcrmiué, iioui
serons certains que la doctrine u'est m
absurde ni contradictoire. Je soulieuiira
lou/ours que la doi trine de la traussulisiao-
liation , comme celle de la Tviriilé, eil wt
question de pure éoidt»ct (1278J. >
Leibnitz, le plus gruud nom dt- la \'\é.-
Insophio protestante , est encore plus ci|4i-
cite : Il repousse absolument toute iilfe de
contradiction dans le dogmu catholique, d
fait observer que, bien loin qu'on piiissu
démontrer, comme on s'en, est vaiiléaiet
tant d'éclat, a qu'un corps ne ^auraii tUc
en plusieurs lieux h la fois, ou peul au
contraire prouver solidement que, quoique i
l'ordre natunil des choses exige que Ii
u.aLière soit dérinitivemenl ciicouscrilt .
cela cependant n'est jias d'une absolue lie-
cessité (1279). >
Si les ap&tres avaient été phi lujopbes, il!
n'auraient eu donc rien a objecter ï Ij
doctrine que leur divin Maître prepouii
Il leur croyance. Mais ils étaient coiu|ili-
lement étrangers i ces discussions il^- \
traites. Pour nous former une idée del'éui
de It:ur intelligence, nous devons eiauiioer
avec un peu craUeuliou les hommes pi^ui
et sensés de la classe à laquelle ils if>-
parlenaient. Or, on cherctierait en ta»
dans cette classe des notions exaciei mt
ce qui ost in)possil>le et contradictoire, i'i- i
dée que les gens du (leuple ont du p05Si- |
ble se mesure toujours sur la jioissance i
do celui qui agit. A leurs jeux riea u'cil i
de sa naissauce.
(127)1) Le céléDfe ihtelogieH cniMid par b la etr-
tituite morale. Il veut dire qu'il n'est p» qimliM |
de savoir « la préseaoe rédie est cMifonM i l> i
pliiltHupLic, mais si elle a 4iê évideniMat **"
vélée. '
((170) LGiemrt, S^umm tàtniofiewm, f- »-.'
Quant mx Itar.tuies, Ziinaiar Icwa pmivéïfii'i*
point ie vne Jt.'s priiicÎMS de leur imltre, Hs"'
pouvËiil nrcr la possibililé de la préMKe w"-
( Vojie» ZrwEK, rnMffffe êpéemtt, i. Hl, ) iH>|
ESC
MCTIONNAIRE APOLOGETIQlie.
EtlC
fopiMSible sa Toul-Paisunt, è celui qui
gooTtnia ta natora avec une arrtorité ab-
Mine. Or, Isa èctjoas da Sauveur avaieol
dA leur donner de son pouvoir lldée ta
fia! complète.
^''ïTair-Il pas en Teui* pr^senee fendu
id'oriseal mot lasBoté aux infirmes, l'obïe
loi sourds, la vue aut areugiesî N'a-
KFDt-ils pas été témoins de la résurrec-
■udes morts? La nature h*arait-(HIe pas
■» ordres suspendu constamm*»! toutes -
^loisT Jésus, sous led yeux de ses apÂ-
i, s'était promené sur le turiTaeo des
p (1280). Aux Doces de CbAb, il avait
ksformé l'eau en vin (136l}i dèirt deux
"-i circonslafiees il avait fait , d'une
ire plus frappante encoret violence a
aies lofs de la nature, en nourrissent
■ aille liommes avec cinq pain* et deux
^Ds, et quatre .mille avec cin({ peins
B). Ce Bpeciacle éleudit si loin ridée
Kludàtresae faisaient de la toute-nuis-
HirMallre, Qu'ils ne durent tenir
pte de l'idée d'impodsibiliié ou
^ Eliclion, lorsqu'il fut question dans
' d'interpréter ses enseignements.
B même nos adveneires parviendraient
■[•liquer le prodige de la multiplies^
vdes pains» et à le concilier avec leurs
'trin sur les lois de )a nature> la sub»-
m», l'éleodue, etc.; toujours est-i) que
nwaiblables miracles devaient sing;alièr»-
|Mnt disposer des Itommei tels que les
Wtm t croire que leur Mettre pouvait
Wf'^ toutes les merveilles qu'il aonon-
Kl Od se tromperait donc étrangement en
*ij3ai que, pour eipDquer ces paroles :
kl' t$t ftion eorpi , ils auraient eu recours
flbpossibilité du sens littéral, et qu'ils
Nirateiit dit : ■ Il a changé Teau en vin;
■ privé son corps de pesanteur; il a
■lijplié quelques paioa de bçon h itourrir
le multitude; mais ceci est tellemeot dif*
Bol des miracles qu'il a opérés, qu'il noua
M pour la première fois douter de son
•voir et prendre tm Mroies au figuré. »
iWaraiaDl-ila fait d'ailleurs de t»a magoi->
Mi raisoanemeou, lorsqu'ils virent le
rft du Rédempteur trieerser les porlea
«^'sftaSSJT Mail, si Jea fiiite dont je
Mit lie parler devaient denoer aux dia*
fkt la plua baute idée du pouvoir de
■r Uattre.ses eoseiguemenls , loin d'af-
Utr leurs dispositions, étaient au con-
tre de nature b les forlitler. A chaque
Usât Jésus vantait la foi de ceux qui
nsO) Tôt. Mmtk. iiv : Mare. vi.
mi) iMK. n.
ls«) V«v. vm, 1-ft: iom. vi, 6-14.
ISsSi /«m. XI, 1»-M.
laU) V*yM raulriie do aneileB (««M. ix) ;
It dH oeitt«riofi (Matik. *ni)i cette d'un M-
•I (/Md.>; Il répoHc de Uatilie (Jmr. xix,
a).
■ tHS) yoy. Mmiik. Tiii,16; x», U.
iVtb) io*m. VI.
(«7^ Lmt. viu, II, ri Matlh. »n, 5-Ï5. — Le
to de ce deraier contlniK loul ce gne je dis ici :
> 4i*tipUa l'appnehMt M Mrmt , Pmr^oi leur
'bt-CMU <K fMfcMM I — ht U Uur nIpomUl :
bicnoMMiraK APOLooKTiQva. I.
croyaient .sans bésilalton en aoa pouvoir,
il recommaudait cette foi comme la preffifère
?.'ÎH?A"°i'- P°"^ parvenir h la vie éternelle
(«8».). Si quetquelois il réprimandait sé-
vèrement ses disciples , c'était pour avajr
manqué de cOnQanoe (1385) en sa parole,
nous lavons vu, quand il annonça l'ios-
tilBtioodelEucbartstie, laisser partir sana
regret les disciples qui avaient douté et
leliciler sps apôlces d'avoir accepté, sans ba-
lancer, une doctrine qui avait scandalisé tous
les autres (ia8«). II les avait donc préparés
de longue main à recevoir Lous ses eosei-
gnemenls areti uae foi complète et & ne
paa opposer les conceptions de leur întelll-
geoce aux afSrtnaliODs de celui qui leur
révélait les mystères de la vie éternelle.
Hess met eaavont une deiiiiàre dilliculté
?ui ne mérite pes une longue diseussioii*
■es apAtres> sslûu lui, étaient habitués à
eeténure leur Usllre se servir de paraboleSt
et ils durent eroire sans peine qu'il conti-
nuait de parler ainsi, lorsqu'il iustitus l'Eu-
charistie. Uais cctla objection oe peut être
{ilauslble que pour un homme qui n'a pas
Bit une étude sérieuse de l'Evangile. Si le
Sauveur, se conformaol au génie de l'O-
rient, se sert souvent de siuiilituiles, il a
soin de montrer à ses apAlras le sens pro-
fond de ces comparaisons. Ainsi, après avoir
raconté la parabole du semeur, il leur dit :
« La semence est la parole de Dieu (12S7). »
Toutes les fois qu'on se trompe aur la sigm-
(tcdtion d'une parole obscuru) il r.n eiplique
le véritable sens h ses disciples avec une
bonté pateroelle (1388). Or, dans une qu»-
tioa aussi importante, en ce moment anluir-.
nel, lorsqu'il laissait à ses apAtrea ses der-
nières instructions, peut-on croire qu'il ait
négligé d'employer les eioressions les plus
claires, qu'il se soit servi des paraboles ï
l'aide desquelles il essayait de faire com^
Iirendreau peuple les vtfrités les plus pro-
tondes de son easeignement, quil se soit
conlié complètement h l'intelligence de ses
disciples dont II connaissait si bien les pré-
jugés at les travers 7 Ûoe telle supposition
ne mérite pas de nous arrêter plus long'^
temps.
Nous citerons, en terminant, ces paroles
l'on reujsrquabies d'uu ciiièbM tliéoiogieu
protestant : ■ Les explicaliuus que l'Ecri-
ture elle-même nous en donne; l'eniembla
de la doctrine biblique et la pratique da
l'ancienne Eglise, décident en fiiv«ur de
lluterprétatiou littérale (1389). ■
PëTCt fs'U to»§ ml doHHi dt eoHitaltn Ut wi^uiret
eu T9)aum* ie Dku; mbû pour eux mic coituait-
MNM JH leur Ml pu aetotdU... Hturetix tôt ytvxt
pwtt pt'iU vottHlf et «ManriliM,pBre( qm'tllei aum-
4Mtl
(ISU) Vofti l'enlretieB de Jësui avec Nicodin»
(J«aii. m); — l'avertiiMBeat aux disciples inr la
levain dea pharisiens eides tadducéeos (Matik. xvl,
6, et Lue. iii, 1); l'explicaliou Je la nourriture du
llbrisi (Jam. XV, 32); et ptuateurt autres pointa.
(JoaH. Il, 11; Malth. xit, U; JMn. viii,il, 5S(
m.)
(1289) Hermaa Olskiuseii, CvfKVfuuiain tît/tfM
MIT la puuioit.
DKTKXmMftE APOLOGEUQUE.
B»:
m
« C'est «ur ion ensei^ement d'une manne
de nnuvelle espèce, dît H. Jean Re^naud,
queWeu fait descendre du cie), qui est une
personne, qoi a l'clllcaea de conférer la Tte
éteroelle è ceui qui t'en nourrissenl, que
les Juifs, nrenaot Jésus pour uo incensé, se
retirent ae lui ; des mages l'auraient pris
Îaur un blasphémateur et lui auraient dit :
u le prétends donc le DiR4 Uoid? Jésus
venait, en effet, de donner à ses disciples,
en ce peu de paroles, en la rallacfaant ii tui-
mftme, toute la substance de la Ihéolegie
laazdéenno touchant la nourriture céleste.
Longtemps, je l'avoue, il y a eu pour moi,
dans cette inslilulion de Jésus-Ctirist, une
source de perplexité qui ue s'est caltaée
i^ue lorsijue i'ai commencé h découTrir l'an-
tique filiation du mystère. Je me demande
comment il était possible qu'une idée aussi
complètement étrangère au sens commun,
tel qu'il avait existé jusqu'alors, fût entrée
dans l'intelligence d'un homme par une
voie naturelle; ou, en la supposant raine et
sans aucune conTenance réelle à la condi-
tion du genre humain, comment il se )jou-
TSit qu'une li itrangt folie (1290) eâl séduit
les hommes et servi pendant tant de siècles
k la glorification de son auteur. Il me sem-
blait ilonc que, si elle avait de la vileur, il
ftllnil nécessairement la rapporter k une
révéloUuii surnaturelle, c'est-à-dire accuser
d'une certaine manière lu vertu du genre
humain, et que, si elle n'en avait pas, il
allait revenir encore i coitilamuer te genre
humain, et d'autant plus sévèrement. Mats
mon incertitude s'est résolue en une latit-
faclion parfaite, quand je suis arrivé à voir
c|ucle doijme eucharistique, loin d'être né,
îndéjiendQiiimeiil de toute tradition, dans
un esprit isolé, correspondant par sa racine
au principe même des choses humaines,
éuiBciait directement de la période sacrée
des origines, bans autre nom d'auteur r^ne
Dieu et riiomme, et recommandé depuis
lors au respect do la théologie par l'autorité
d'une croyance constante tj ai compris que,
consommant effectivement sa desttnée, Jé-
sus, pur i'éfablissement de ce sacremeiil
iMpitat, n'avait- fait qu'engager, sous une
forme particulière, le munUe romain diins
l'alliance théoloçique que loi prépinieni à
son insu, depuis le commeoceiotDl des
temps, les lois des Dations, et gai, lai cooi-
muniqoant une nouvelle vie, i décidé»
véritable çrandear ; et de celte nisDiire,ce
que j'avats estimé anomalie n'a plus ùé
pour moi qu'un progrès régulier, et, si je
puis ainsi dire, qu'une Douvalle pousse au
tronc orientai (1291). >
H. E, Quioet ne pense pas ditTéremment:
■ Jl faut que l'homuie goAta la parole »•
crée, qu'il eo fasse sa pAture, ion oreun^,
qu'il communie avec l'univers loot «dIiu
en buvant le soc mystique de l'arbre de ii«
diBs le vase de Djemsçhid, qui Sgure li
caupe du monde. Il faut ciu'il mange la cbiir
divine, le paiu d'Ormuzai sur les l-ililesde
la liturgie. Voilé le principe de la Cèoe el
de l'EucIiaristie païaune au iaui dutiiuel
persan (1292). »
Nos adversiirea s'entendent merreillea-
sèment. Pendant que MM. P. Leroux etSi^
vador (1293) font nsttre le mystère de l'Ei-
cbaristie dans les communautés essénenno,
MM. J. Reynaud et E. Quinel n'y inienL
qu'une Iran&Ibrmation du sacri&ee:IuHu[u,
dont l'origine se perd, selon eui, djiis b
profondeurs de la haute antiquitél SilW
s'était bi%n rendu compte de la sijjuiQtiliOQ
el du culte du Bom, on ne serait psi sur-
pris de voir les sectateurs de ZoioastreH-
tribuer au jus de cet arbrisseau dis tetiai
presque divines. HM. J. Keynaudel E.Qui;
net ne me paraissoul avoir saisi ni l'uDoi
l'autre la vériiable sens de cette pirlisdef
croyances mazdéennes. On ne doit pai ou-
blier que les Perses avaient gardé U m»>*'^'
nir de l'arbre de vie planté (ur la mai» ^'
l'Ëternel dans les jardins d'£den. IN» >^'
guraient que le Uom. véi^éial des inoi-
tagnes, était cet arbre meiveilleui qui^'
trouve dans tant de traditions du lieui
monde asiatique (1391). U était tout nalr
rel, h ce point de vue, qu'on s'imagùié'qoe
cette plante avait des propriélés admiril))»'
qu'eue développait les forces du l'tuK;
comprioiait les penchants mauvais, assurai
h l'immortalité future les droits lesplu^^
crés. 11 ne foui donc. pas s'étonner si li '''
tur^ie des Mages en parle avec tant dm-
thousiasme, si elle le célèbre comme ii
breuvage divin, comme une émaualiun i^'
Dieu même de la vie.
(1290) Oii lU! Rvient pas de son étonnemeni (1291) J. Revhidd, an. 7oroaitr«, 818.
rains iraiienl la doctrine et tes mystères de la ré-
vélation, qu'ont iustifléa el défendus tint de fêta les
plus puiss:iiiU, les plus profonds génies des li>rnps
modernes. Pour lie parler que de la présence réelle,
tJont il eu ici qucstioit, J. Heynaud devrail-il igno-
rer avec quelle ciiateur elle a élé dt^feiidue parUes-
cartes, Leibniii, Bossuel, Arirautd, Pascal, Féne-
ioni S'il tallaiLchnisir entre des audiriiés siiiiplu-
meut huniaincf, j aurait-il lieu de balancer entre
l'uplniun de ce* grands liomnies et celle des din-i-
ti'urs de VEuryclojiiah nouBtlIe, qui, pour nie ser-
vir d'une udiii.ratile p:injle de l)us:iui;l, i pour ne
pai croire d'iiicumfA-ëlienslIiles vérilês, se sont je-
tés dans d'iiicoinpi'êlieiis^blct erreurs. >
(1495) Cfr. SkLvtiM»,Jitus-CltrUittMéte"
II, 165. — Benjamin Constant, qui (ieni i f"^"^
a>iBsl son utopie. Insinue que les brabuinMMi i
venté les premiers l'idée de la préMnce reellc- '''
IIeiuakin CoEiSTAifT, lit ta niigioH cotuiiMi i^
i« touret, ut formtâ et wi itireloppeme»U, lf> "
— Quand donc uos adveriaiiea j/Sn-ie-'-"'-''
s'entendre*
{liSi} I Au sominei de la famille honii:
croyons que nus premier* pères, apprles mœ;
VcJah hiK grandi prA^dcHU, léguèienli 1»"'
lea idéei itétiérates que nous reiroovaiit >"'
lerj-e; il n'y a que te clirisiianisme qui '.
GvUe étrauje colncideuce.-' ï*. 4
El'fî
BICTIONNAiRE ArOLOGETIQDE.
EUC
I LegnodOrfDuzd.dil un célèbro lliéo-
iit^tn de noire époque, a créé à l'origine
lirbrederte; cet arbre symbolique, appelé
Sm, croll dans les eaux de la source pure
«( TiTtSanle qui sort du trône d'Ormuid
nième. 11 éloigne la mort, il opère la résur-
netioD, et fera vivre les bietiheureux
Après en afoir eitrait le lus, qu'on reçoit
dini la coupe sacrée, on le boit; car il est
dit qae etlui fut boira ee jut nt mourra
Celle crOfBDCfl remarquable n'est pas par-
ticulière aux teeiateurs de Zoroasire; nous
h renconlroDa, avec toute son énergie, dans
l« {hauts du Soma-Véda.
■ Le Jus de la plante 5oniii, dit H. Nève,
nlteri aux dieax en libation, est aussi deve*
nu me përsonnificatioD divine que les ado-
nieurs de la lumière veulent se rendre
propice par leurs chants; le pouvoir surnn-
Iiinil àa sa liqueur puriQée est tel, qu'il
éant hs mauvais génies ou Rakscbasss,
fnnemis des hommes et des dieux, pertur-
baiears jaloux des sacrifices, et qu'il ossure
1 ceni qui l'ont préparée la richesse, la
toru et la félicité (1396). >
• Teui-lu, fi Sotua, dit encore un des
tiir«s sacrés de l'Inde, nous donner la vie,
«ms ne mourrons plus (1297). » Ce n'est
putiaDS celte doctrine qu'il faut chercher
Votigine de l'Eucharislie catholique ; les
liKt! que nous venons d'exposer ont évi-
itmnHtt leurs raciues dans co besoin ini-
j-érieuidela ihéurgie qui semble ëtre,dan3
H wjélé païenne, une véritable maladie
inimis désespérées (1298). C'estdelà que
U'jtaient )a consécration des sl&tues pour
lliire habiter les dieux immortels, la pro'
ii)(ic continuelle des incanlatioos, toutes
R> babitudes étranges et mj'stérieuses qui
jllSS) GuMT. C^miidératuHt nr U dogmt gé-
wtiMr, 21. — Vinlerpràuiion que ooui avaiu
■HBéedu ucrificfi du Hom, se trouve coDiirmée
f"ptuiwartpasftagc3 très- remarquables du Zend-
Wmi. _ Cfr AitguETiL'DDPEBioi*, Zend-Avttta,
'•tpéred. XIV C»rdé. — YtHdidad, Fargar XX,
- CtmadftncA, I, XVEU, XXVII. Pn>l-i<re pour
'*KiJkr tntre eus Ira dlffïrents païuges des Iivki
■^i, qui panisKut la premier coup d'œil li cuu-
"■■iKWircs, faui-it adnelire qn'un «prit céleile
■Mui dans l'artire du Uoni, doQl on diatingoail
**iMp«ca. C'ettU ca qui paraît résulter du IX*
» it nutchné. ~ Cfr >uui, ibid., X- Ha ei Xi-
jU- — Oo pourrait trouver, même dans rbîstoire
Il papDisme occidental , des exemples de ce
^f, puitqne l'esprit des dieux résidait souve.jl
■*■* dâ ebotea iDanlmées, par esemnle, dans les
«ta».
. ItïM) Cfr. HkvB, Oburratioiu iur U$ ekantt Jh
""«-VMo, dans les Atmatn de la Moi. chiii,,
"• >é.k, XII.
l[137j Rig.¥idM, li,. 1, ch. 91, str. 6.
l™) Le tuénie phénomène moral se montre
'*« «lai dans l'Litloire de la soclélé greco-ro-
■aïoi;. „ Cfr BcMAmH Coiist^iit, Delà religion
f—ilétit dam $a tourte, ta fomut et tu Héit-
rB*"«U. U, ».«. — P*4T, HUtoirt de ticltc-
_»«< eUzandrim. — Gcubt, Contidiratioiit t\tr te
'^ féUrtUmr de la piéti ratholitue. — Fianx
UUiartcNv. Ltt CUart.
su développèrent nvec tnnl d'énergie dans
les mystères de Uitbn (1299). D'ailleurs il
ne faut pas oublier que le paganisme n'était
la jilupart du temps gii'ude alléraiioo crîmi-
ni;llâ des tnidilions et des espérances les
plus anciennes du monde (1300). Au milieu
de ces pratiques sacrilèges, inventées par
les terreurs ou par les passionsdeshoraines,
on aperijnit presque toujours la trace des
souvenirs primitifs du gt'nrebaaiain. Noiis
Kouvons donc accorder voloiitiiTS h M. Jean
evnaud qu'on rencontre, même dans des
cultes païens lrès*corrompus, des imilationa
de ce sabrifîce prophétique oQTert par les
pslriarcbes dès l'oriKine du monde, qui
n'était qu'une figure ao l'oblulion éternelle
instituée par celui que David appelle prêtre
selon Tordre ileMelcbisédec.ll ne fauiilonc
pas être surpris de trouver chez les Uuges
ce sacrifice du pain, dont la trace est visible
dans presque tous les cultes du vieux luonjc.
On faisait eu effot dans leurs cérémon e<
des offrandes dt! pain ut de fruits, anique'l s
les assistants pai'iicipaii.'nt après te >ac iike.
Rien de plus solennel que les prières qui,
dans la liturgie oiazdécnne, accnmiiajjiiei'ut
ce rite imposant (1301). Terlullita nousaf'
firme qu'une oblation du pain existait aus>i
dans les initiations de Mithra (130^. Dans
l'Inde, la nourriture du corps était consi*
dérée comme le symbole de la vertu divine
qui forliQait les Ames (1303). Au Mexique
et au Pérou (130^), ainsi qu en Chine, on
trouve l'oblatiun du piiin (1305). Reu^blia
(1306) nous atlesle que les sacrifices des
jiyihatjoriciens se faisuienl avec le pain et
le vin. Le uiëiae usat^e se renLOiilro cIili
les anciens Celles (13D7). Tout le monde
sait qu'il se passait, chez les Gre 'S et cbci
les Romains, des cérémonies analogues
(130i).
(11190) Terlullien dit que le déinen, dont les fonc-
tions consistent k intervertir la vérité, imite, dans
les mystères (les idoles, les rites du^ sacrk-meuts. —
Tektullicn, De pTceicripiiombut, il. — !Saint lus-
tin, après avoir raconté l'ihstitulioadii rojsiérede .
l'Eucnaristie, ajoute : ■ Lcn démons ont enseigné
dans les mystères el les initiations de Uithra une
pratique qui est une imitation de ce sacremeiii. i
(Saint JosTiH, Apologie, II.)
(1300) Cfr nuMBouKG, BtuionaUim et trati-
lipH. — LÉL1.M, Nouvelle dimontlraliom étangé-
liqfte, dans les /l^nioniiraiian* de Higne. — Uiv-
PIED, Prodrome.
(ISVl) Cfr. AnguETiL Ddpeuo», Ze«d-.iattta, II.
Alirin des sept Amscbaspands ; Affrin du Gahaii-
bar, et Aflrlii de Zoroasire.
(IS09) ExponlûiiMs dtlietonmde tataen rqr»-
miilit Mitlira, alebrat et panie eHuttonem. (Tia-
TDLLUH, De prmteriptiOHibui, xu.)
(1503) CIr. D'EatstEia, U tatlialiipie, IV, 210.
(1304) Un trouve des sacrillces faits av>-c le pain
de maU auxquels le peuple participait. — ClrCiiLi,
L«nru amirttaiHet, 1, 154-155.
(150b) Cfr BiDNCT, Peratlite dtt rtlifioiu, I,
HO, 1" part.
' (1306) Cfr RossiCHOL, Uttrtt lar Ji.iu-Cbrkl,
u,m.
(1307} Cfr Driihet, PtrallHe det retigioiii, I, 80,
II' partie.
liâOS>Crr GcBBET, ConsidirutioHt tur le iogmt
SiT ETA DKTtONMAlHe
Quelle conclusion Tiiut-il tirer de lou$ ces
foilsî
■ Le rilfl fondamenlal an sacrtuee, dît H.
Gerbet, complète l'unilà da calto primitif,
dont le pIsD se décuuTro alors tout entier.
Suivant \i foi Biilii)uc, Dteu,t|ui, h l'origine,
se rendait personne lleioenl présent b-hliom-
am, a contiDué d'fitra présent h t'homiDe
tlégénéré. Par quel nio^eii pourait-on par-
ticiper è ce secours di vin T Par le moyen de
la prière, accompagnée de t'offrandr, et en
vertu d'une cinialiofi/îpur/e par le tacrifee,
Muis celle union elle-niême avait une forme
txtéritJireiaos la participation itUi aliment*
coneacrét par l'offrande et à la chair des
victimes. Ainsi, une commnnion h la fois
epirilueïle et corporelle, invisible tlaos son
essence et visiblement manifestée, tel était le
centreaur^uel aboutissaient, dans ce qu'elles
avaieht de commun, les liturgies de tous
les peuples; tel était le fo^er vital du culte
quelque fût son état d'altération (1309). ■
■ Outre les elTorts & la poursuit» d'une
lumière supéribiiré, dilun des plus profonds
tliéulogieiis de ce siècle, on a toujours sou-
l>iré après la découverte d'un principe qui
pût réijënËrér le cœur humain et le rétablir
dans une cothmunton ptut étroite atee la
Divinité, comme autrefois, dans l'état normal
uù il avait été créé. De quel autre sentiment,
va GlTet, aurait pu naître la coutume de par-
liciper aui sncrilicês offerts aux dieux du
pogaïiisnieT (^ct acte mëuje n'expliquait-ii
pat qtie la victime était devenue la propriété
du dieu, et pour ain^i dire, sa nourriture T
Les hommes outraient eu société avec lui
ou devenaient ses hôtes; et ain^i associés
avec lui, acquénieitt des dioits à sa protec-
tion etb son BUiitii^. Dans certains lieux. Il
y avait encore une reisemblattca plus mar-
quée avec la (i&que de In loi nouvelle
L'esprit du nhi1oso|ihe, sans entrer dans dus
examens subtils, s» cootente de voir, dans
toutes ces inslilulîons.lebesojn qu'éprouvé
râuio humaine d'un principe régénérateur
et furliQsnl, d'une nourriture vivifiante et
solide, chargée de la grâie d'en haut, qui
(iuisse la meitre en couiiuuaion avec le
Dieu qui la lui donne.
■ Si notre divin Sauvaar est venu sur la
terre pour rétablir, autant que pouvait lu
pernieltre la dégradation de nos («cultes in-
tellcciut'tles et morales, l'homme malheu-
reux dans l'état de bonheur dont 11 est dé-
chu; s'il est venu pour sutiâfaire lous les
justes désirs de l'huuianité pour ce qui est
bon et uint, noua devons nous attendre à
IroHVer dans sa religion aainte et daus TE*
glise, son paradis terrestre, des iosiitulioui
parfaitement en rapport aveu ces grands
objets Or, le catholique croit qu'il eu est
ainM [1310). Voy. Bwub, | 111. »
ETABLISSEMENT du règne de Jésus-
Christ sur la terre ; dilScultés. Foy. J&sus>
Christ, art. 111, | l et IL — Etablisseoient
APOLOGETIQUE. EVà m
du christianisme, fvy. PKOMDuinoil m
chbistiauishk.
ETAT DE NATURE . refaUtion. Fsf,
PsTCHOLOoii. — Ktal sauvage. Fuy. Ruas
HUHiinEa, S XII. — htBt 80«il 10 point de
vuepanibéialfl. Fvy, taiLOSopH» Tia^niÉif-
TIOUK M l'hiatoirb, ) V.
BTEHNITE. Dieu a-l-il pa créer le nooda
du toute éternité? Yoy. GitmoH, 1 111. -
Eternité de la matière soutenue oarPlitoci,
etc. Yoy, Cré&tiom. tuA tntL — Eternité des
peines-, P. Leroux les reietteeoy subsliluint
une observation qu'il appelle rtmitMMi
dans l'humanité ; réfutation, foy. Hciu^
Sâi*CK Dins L'BUHAUtri. — Foy. aussi Cib-
TION, i 11.
ETOILE des mages, objections résoluei.
Fou. NiisSiNce DK Jésvs-Christ, S I.
. ETRE, éléments qui le mshifestent. Foii.
JiSGs-Cuust, art. Il, | I. — Etres, leur
hiérarchie. Yoy. Ptcak obigihbl, JI.
EUTROPE, erreur de M. Guizot l SH
fiUJet. Yoy. AaiSTOCEiTIE OlLLO-BOMilNI,
i iiL
EVANGfiUSTES. Foy. HrrsisuE, |U,T
et X. — Sont des historiens de bonne foiel
n'ont pu tromper ni être trompés. Yt^
EvtKGiLs, { V, — Leur caractère. Ibtd.
EVANGILE. — Tout le monde eoDciU et
on ne se lasse noint de reproduire les flo- '
quents avenx de J.-J. Rousseau sur llits-
loire évangélique, aveox où la futtedeli
térité se fait d'autant plus sentir qu'elle;
est victorieuse.
■ Je vous l'avoue, )■ majesté dei Erritom
ni'étonne, la sainteté de l'Evangile pirlet
mon cceur. Voyez les livres des phiiosoi'bu
avec loute leur i:ou)|ie; qu'ils sout petit)
près de celui-là I Se peut-il qu'un livre lia
fois si sublime et si simple soit l'oafrtge
des hommes? Se peut-il que relui doutil '
l'ait l'histoire ne soit qu un homme lai- >
mèmel Ëét-ce li le ton d'un enthousiaste ou !
d'uD ambitieux sectaire? Quelle dsuc«<irl .
quelle pureté dans ses mœursl quelle g'I»
louchante dans ses in^tructionsIquelleéléTi-
lion dans ses maximes 1 quelle proroiiJe
sagesse danà ses discours! quelle pré^n»
d'espritl quelle ânesse et quelle juitessa
dans ses réponses 1 quel empire rur m*
[lasftions I.... DiroDS-Dotis que rfaistoiredt
l'Evangile est inventée è plaiaîrT Uomoii)
G&>n'est pas ainsi qu'on iRventejet iesUi^
de Socrate, dont personne ne doute, sou'
moins attestés que ceux de Jésus-Christ. ^t>
fond c'est reculer id diOicullé sans la dé-
truire :, il serait plus incoaceVable que plu-
sieurs lîoiiiuies (1 accord eussent làhriquéM
livre, qu'il ne J'est qu'un seul en ait luiirDi
le sujet. Jamais les auteurs juifs n'eu^ax'
trouvé ni ce ton ni cette murale; et ]'&ii^
Kilo a des caractères de vérité si grands, ii
frsppauts, si parfaitemeai inimitables, qv^
l'inventeur eu ser^îl plus étouuaut ijue l<
béios(1311). ■
(1310) WisEaiH, Confér. wr le. dvetrina it(S^
alite cathct., confér. 16.
(1511) t'ntffc. 11*. IT.
ETA
DKIWNNAIRE AP0L0CET1QUB.
ETA
?oïli Icf EVBDfples, e'esl-ft-dire qualra
lislafrescoolaaiporainesdela fiede Jésus-
Chrisl: poarqaoi ne pas les «viresalbeo-
liMec, poaniuo) ne pas les croire vrais T
root Tienl-il dans Vidée de saspectrr
t'iullmilidié des Aan*les de Tacite , de«
Connoentaires de César f Hou, certes. Sk
bien donc, par quel prÎTilégede d^fiaoea
i>irtbenlicilé des ETaogiles trOBvertil-etle
noÏDS de crédit aaprèK de voasT
r >-t>îl quelque loolif de suspecter «'ette
lalbmljcîté T a-t-OQ décoofert quelque
(irt^*e, quelque {indice ai£me, qai crtt sur
1 trace d'une supposition oo d'une altéra-
boa de ces histoires? NiiMemenl. — Sont-
cllsdénieiilîes par d'antres histoires eonteoi-
pnmes, oa en cootndiclion arec les cir-
«Mstaoees et h» OMBors au sein desquelles
tfles paraiasf al avrar été écrites? Loin deli,
dlessont dans te plua parfait accord arec
tilts. — 8onl-Hles dépoorvoes de ee cachet
de Tîe et de sincérité qui noos persuade
dans les autres hi^oiresqueaous admettons?
au eonlriire, elles le portent au plus haut
degré. — Sont-elles enfin accompagnées de
eesoupconaccusalearquîne manque jamais
de s'attacher aui œuvres 8pocr;rp'ios f Tant
t'en faut; jamais livre n'a joui de plus de
cooSaoce , il a toujours été leou pour la
férité mftme, à ce point qu'on eu a tait la
bise do serment.
Puis donc que loua les caractères de l'aa*
Ihenlidlé se rencontrent dans ce livre,
pourquoi, je ne dirai pas le mécoiinattre>
mais le mettre seulement en question?
• Poarquoi ? répondent les sceptiques ,
c'est qu'il est rossiiLE que les Evangiles ne
soicDl pas auibentiqaes, donc il ne faut pas
le» teoir ponr tels. > C'est à ce fondement
que se réduit l'incrédulité.
Quelque pilojable que soîl ee fondemeat,
il est aisé de raoéaaltr. et d'enlever jusqu'il
celle postiùiiité que les Evangiles ne soient
pas authentiques. C'est ce que noua allons
eoi reprendre, et nous anrons ainsi détruit
du mâiue coup riiiterprélalioo mythique
soutenue parle docteur Slrauss.
|L
IcnMNgBSKes de nul Iréû^, de TeTtunien.âe Miot
UcBenL JrAUiJDdrie, de Thécwlitle d'Anliocfae, de
miBi JiHtIn.de niot PolTcarpe, de P*pfas, CLC — T£-
<es des MfMqoes, ifc Tir- '-
iICMS. dca Btnlidk». ^ '
, de CebB, <fe Pwpfern. cta.
L.a iradîtion prouve qu'un livre est an-
beotique, quand une suite de témoignages
>on interrompue, et qui remonte jusqu'à
'oriisine fuéme déce livre, le rapporte rëul-
eiiienl au temps et i l'écrivain auquel on
'a:iribue. Or, c'est un avantage qu'où ne
\t3t^ « îton enin per alios dîspesUioDeni uln-
4 oustne ci^iiaTiaius, quam par eos, perijuns
langefiuia perveoil ad uos : quod quidem tune
r.cc«Hiaveniiil, pMtea ver» per t>ei Toluntatem in
'.riflmwi* boIm uadidenini, rundameoraoi et co-
ataxtm Stlcft nnsuz faliiraiii. ((Ibeh., A4r. tares,,
1. c. «. p- 172, edÏL D. B. Nasâucl.)
lf JJ3> tmxsi., iHà., p. 171.
.saurait légitimement contester k nos qoatre
Evangiles: et les adversaires que nonscoin-
ballons tri sont forcés d'avouer eux-mêmes
qu ils élaient unanimement reçus par les
chrétiens au comnieocement du nr siècle
de l'Eglise. Cet aveu, cDeame on le voit,
rend tout k fait inutile ladiscussioa des au*
teurs eccléuBStiques q^ui ont écrit dans les
ut* et IV* siècles. Ainsi nous pouvons nous
borner eux deux premiers, maia, comme les
lémoînsqueuousavonsàinvoqoerdaDseetla
période appartiennent i trois classes diBë-
rentes, c'esl-k-dire que les uns sont catho-
liques, les autres hérétiques, .d'autres enfta
païens ou ennemis du christianisme, nuus
allons les produire eosuivsBtpar ordre cha-
cune de ces classes, et en commençaol par
ceux du II* siècle.
Il n'est pas difficile de produire parmi ha
écrivains catholiques des deux premiers siè-
cles plusieurs témwns irrécusables de l'au-
thentidlé de nos quatre Evangiles, Nous
commencerons la liste de ceux que nous de-
vons citer par saiut Irénëe. dont l'autorilé
n.traltétre du plus grand (wids, riàs que l'OD
connaît les principaux traits de son histoire.
Ce saint docteur, en ^et, qui souiTrii lu
martyre l'an S(K de l'ère chréUenne, était
conlemporaifl des disciples immédials dea
apôtres; il les avait écoutés et eonsnliés
«vecsoin. Il avait eu _pour oiallre saint Po-
lyrarpe.disciçledesauitieaa.Aiootezkcela
qu'après avoir quitté l'Asie, ou il était né
et oii il avait passé sa jeunesse sons la dis-
ciplfne de saint Poljcarpe, et après avoir vi-
nté la moitié du mondechrétien,ee qui loi
avait permis de s'informer exaeiemeotde
tout ce qui se passait dans ces Eglises, il
était venu dans les Gaules, et s'éuit fixé à
Lyon, dont il était évéque. De plus, n'étant
encore que simple prèlre, il avait lait le
voyage de Rome pour ytraiierd'aflaireseD>
clésiastiques. Or, ce même Père nous dit que
les apôlres et leurs disciples ayant prèehé
d'abord l'Evangile, l'ont consigné dans leurs
écrits pour servir de colonne et de fonde-
ment à ootro foi (1312). 1) fait immédiat**
ment après l'éiinmération de dos quaire
EvoDgites dans l'ordre où nous les avons
encore aujourdbui (1313). Ailleurs, il affîraie
que ces quatre Evangiles sont si certains,
que les hérétiques eux-mêmes leur reodeoL
témoignage, et qu'ils s'eiToreent d'établir
sur leur autorîle leurs fausses doctrines
(13U). Enfin, notre savant Père compare let
quatre Evangiles aux quatre points cardi-
naux du mODde,aux quatre vents qui souf-
Henl partout l'air pur de la vie cteroelle.
enfin aux quatre Ebérubins qui euviroo-
naient l'arcbe d'alliance (1315).
Si nous passons mainlensut des GauU«
(ISIiJ f TanU est aviem drca EraftKclia bxc Rr-
milas, met îpti hsFetici testimoDiuin mldanlns,
et CI îpsb egredieus unas^nisqoe eorum cone-
Inr giiaiD confirmare dociniistn. > (L. m, e. il,
p. ll<9.)
(I3t5] < Ncqtie auiem phira numéro gnain bçc
Fuut. neqiie rursos pauciora capît esse Evaitsclia.
Quuniaoi cnîm quatuor rcgiones mnndi met îb qHQ
dktio:inâire apologétique.
EVA
dsDS l'Afrique, nous y trouverons un autre té- -
moin illustre, conlemportin desaiBlIrénée,
)e uélèliR Terlullien , digne re|iréseiilaat
de la foi dans l'Eglise d'Afrique ou w siè-
cle. Or, ce sarant docteur nous aflirme de
la manière la plus eiprease que nos quatre
Bvaugiles ont été admis de tout temps dans
l'Eglise etqu'iisremontent jusqu'aux temps
apostoliques: il dit dp plus qu'ils ont étâ
composes ou par les apAlres ou par leurs
discifiles, c'est-ft-dire |>ar saint Ualthîeu et
saint Jean, ap6lres, par saint Lue, disciple
de saint Paul, et saint Marc, disciple et inler-
prèle du saint Pierre. Il dit encore que ces
ETaiigilesonl eu leur faveur le léoioigna^e
iion-seuiementdes Eglises apostoliques, mais
de loules celles qui leur sont unies par le
sceau d'une mèiue foi; enGn, que ceaquslre
Eraiigiles nous viennent des ap6tre9(i316).
Saint Clément d'Alexandrie, quL vivait
daus le même temps que Tertullien et saint
Irénée, ce âigao représentant de la foi clirô-
.tienne de l'Eglise d'Egypte, exprime de son
cAlé un témoignage aussi formel que celui '
de ces deux grands docteurs. Il parie de la
collectioB de nos quatre Evangiles comme
généralement adini^e dans l'Eglise, et il les
cite dsus ses ouvrages comme autant d'écrits
dont l'auloritë est aors du plus léger doute.
Or.ce Père mérite d'autant ptusIacoDâance,
qu'il a eu occasion du s'entretenir comme
saint Irénéu aven des dticteurs anciens qui
étaient aussi disciples dus apAlres, et que
«'est d'après leur autorité qu'il reconnaissait
l'autlienticitéde nos quatre .Evangiles(iyi7).
Dans le même temps et uiâme un peu plus
tôlflorissait Théophile, évdque d'Aolioctie,
et qui h ce titre devait connaître !a foi de
toutes les Eglises de Sjrie, dont Anliocbe
éuit la métropole; Théophile,disoDS-nous,
dans son ouvruge adressé h Autolycus, ou-
vrage qui est une défense de la religion
tsinni, et quatuor princlpalea si^riUis, et dissemi-
■ala est Eccleiîa super oronem lerram, oolumoa an-
Uat et HrnMmeiilum Ecdesi» est EvaDgellum, ei
Bfiriu» vîlx; consequeni est, quatuor luiwre eat|i
(.-ulumiias, undique flantes iiicorntptibilitaU;iii, et
vi\illcaiiiei lioDiineE. Ex quibi» manifcslum est,
quoniam qui est omnium ^riifei verttum, i|ui sedet
super Cfaeruliim, ei continrt omiiia, declaralus iio-
mlnibuB, dedil nobis quadrirorme Evangetium quod
uno sniritD coniiaetur. i ilbid., p. IVO.J
(I31G) f Consiituiiuus iroprimis, evangelicuni iu-
■trumenuin aposlolos auctores habcK, miibits l)oc
muDUS Evannelii promqtgandi ;kh ipsn ûornino tit
iiMposituif!, SIC aposloticus viros non laiiicn sotos,
kJ cum aposlolU et posl sppstolos. Quoniam prs-
dicatio discipulonim sus|Kt'û licri pokset de gtorix
Studio, si non adsistai ith aucloi'iUH magisironini,
îmoCbrisii, qui magislros apo^utus Tecit. Oeaique
nobis Udcm ex aposioiii Joannes vt Uauhxiis iiiïi-
nuanl, ex aposloucii, Lucas et Harcus iusUuraiit. i
(TcRTCLL., Adt. Mareion., I. iv, c. 2.) — < In suiii-
wrii, ïi cousut id veiius quoJ prius, îd [(rlug quod
ui ab iiiitîo, id ab initia quoJ ab apusiulis: pariier
uLiqueconsuOil, idt-SieanapastoLs iradiluui, quod
;i^d Ecdusiasaposloluruiu fuerit sacrosaiictuot...
l>ico ilaque illas, uec sulas jaiu apostalicas, sed
*pud oniversat, qux illis de gocielaie sucramcuti
voufuib.Tanlur, ïd Evangebum Lucx ab iiiiiiu edi-
Uuni» ïux ^liM, quod cum maùiac tuceiur... Ea-
Ghrélienne, rapporte plusieurs pastagasdu
Nouveau Testament, et en larticuliur ilu
Evangiles de saint Luc, de satntJeanelde
saint Matthieu ; et s'il n'allègue aucun té-
moignage tiré de saint Marc, c'est, mIob
la judicieuse remarque d'Olshauseo, qus
celévangélisle cootieol peu de choses qui
ne se lisent point dana les trois autrat, ri
que d'ailleurs on trouve rarement citîs les
quelques traits qui luisent excluiifemedi
propres(1318}.Ajoulonsqu'iodépeodaiDaieDt
ue ces citations, qui forment déj^hellM
seules une preuve suOisante de l'autheali-
cité de nos Évangiles, Théophile a composa
un Commentaire sur ces divins livres. Mous
ne possédons plus ce Commentaire, il ul
vrai, mais saint Jérôme allesle l'avoirlu
(1319), et même dans un autre endroit, il
rapporte rexplicstfon de la parabole del't-
conome infidèle (I-ne. t, 1 et suir.) doonfii
par cet évéque (1320}. Hais si le témoigaigt
lie Théophile prouve que uoa EvsDgila
étnient reconnus de son temps pour au-
thentiques duns la Syrie occidentale, li
version syriaque dite Peâehiio ne nous pv-
met pas de douter qu'il n'en fût de iii^un;
dans la Syrie orientale, limitrophe de l'em-
pire des Partbes. Cette version, qui contient
nos quatre Evangiles traduits sur le grev,
remonte au moins au ii* siècle de Tèru
chrétienne. Ainsi toutes les Eglises de Syrie,
qui se servaient k cette époque de cette
version, admettaient doue déjà la collection
de nos quatre Evangiles.
Hais un témoignage important et ^1»
ancien que tousceux qui viennent dèlre
rapportés, dit OUhausen, nous vient de
l'autre partie du monde, c'est-A-dîre ds
l'Italie, et indlibitahlement de l'Eglise ro-
maine. Ce témoignage nous est fourni par
le catalogue des livres sacrés queMuralori
nous a fait conaallre et qu'il a trouvé dus
dem auctoritas Ecclcalanim aposiolicarun oderii
quoque ETanseliis patrocinatiitiir qus proinde per
ntai et secuuuum lUat, habemus, Joanniidicstl
Haubxi ; licet et Harcus quod edîdit, Peiri adfir-
■netur, cnjuB inlerpres Harcus; nam elLsatëi-
gestuin, Paulo adicribert wtrnl. > {IM., c 5.)
(1317) < Quod auiem hoc Terpm sii, sic ttn-
ptum est in EvanRe|io secundum Lucam : Ahn«*«-
UM quindeàm Tîtcrii CiFMrti facimm ttt Mrà»
Dti luper JoaHKtm Zaekaria Aftiiin. i(Ci.ek. Alo.
SiroM., I. i,p. 407.) — I In EvaDptlio aulen w-
cuodum Haubxum, que ab Abraham deduciiur (i-
ncalogia osq«e aJ Mariam, matrem Uonlnî, tcrm
natur. i (Ibid., p. 409, edit. PoUer.)
(1318) Tbeoph. ad Auiolacum, I. ii, a. (3, it;
1. 111, n. 13, (4. Les diatioiisque fait ce Père soiil'-
Luc. xvni, S7 ; Jean, i, 1-5; Matlk. v, 5S, 44. Mi:
VI, 5. Voy. U. OLsutiKH, Die Ecktiuit der tkr t«-
nonutkm Evangeliai, Seit. S80, 28 1 .
(15l9)i Legisuttejusnopiiuein Etq^gtUaMeo»-
meniarios. » (Hitaos., Catalog. tiror. •"■«I^ •*
tof. TasopHiLusO Mous ferons observer a«cc Ob-
hausen (seit. 270) que dans le tangage des Pém «
l'Eglise le tnul Etangilt m'it au singulier ^ignik <>
culIeclioD des ouatre : tù^rjùi-n ittpiuoffa, cw^
lue dit saint Iréoée.
(15W1 HiEBOK.t CoDinuiii. in Mutth., inproow.
Op., I. iV, p. I, p. 5, edit. Hartianay, et trâl. M
Atgniam, lou. cit., p. |9'7-
MCnONnAIRE APm^KETIQtJE.
Ï>A
X»
■m manuscrit de la lublioDièqne de HIHan,
niinuserit qui parait aroir mille ans d'an-
lt(|uilé. Ce catalogue est si remarquflble et
q piriieulier, (jall porte en lui-nifime la
(ireuredesoD aathentîcilé, et il n'y a point
lie doute qu'il ne renferme le canon d'une
très-^eieniie Eglise. Il remonte au moins
n 11* siècle ; car celui oui l'a dressé
dit que le iirre d'Hennas a été composé de
ioairmps sous le pontificat du Pape Pie I,
ccqtii fait reoionter le catalogue au moins
aopODtificat d'Auîcet, successeur Je Pie I,
i)ueTisita saint Poljcarpe. Or, ce catalogue
(DBlieat nos quatre £*angiles {13S1-92}.
Lês monuments liistoriques prouTent,
tomiie on le TOit, que nos auslre Efangtles
Hûnl reças parmi les Chrétiens dans la
Honde moitié du ii* siècle; et quand nous
dÎHOS parmi les Chrétiens, nous rentenilons
de toulca les Kglises chrétiennes du monde,
(luisque ces uionumenls embrassi^nt les
tituies, l'Asie Blineure, l'Italie, l'Afrique
et ia Syrie. Hais une tradition qui était
aussi Kéuérale et aussi unanime dans la
féconde moitié du ii* siècle, a dâ néces-
sairement prendre naissance longtemps
lopararant, et elle suppose aussi ineontes-
lablemcat quels formation dn canon éran-
géliqui; remonte à une plus anciennoépo-
•jue. D'où il résulte que, quand bien même
nous ne pourrions Irourer aucune trace de
J'eiisleuce do ces écrits sacrés dans la
première moitié du ii* siècle, nous serions
luffisammeut fondés h l'admetlre, ru qu'il
/aurait de la fotie et de f'exlravaganee A
supposer que ces lirres divins ont pu se
Irourer tout d'un coup répandus dans tout
l'notrers chrétien. Unis nous arons des
documents positifs qui conCrment nos in-
ductions : cvs documents nous sont fournis
parplnsieurs Pères dont l'autorité est d'un
poids immense dans cette matière. Le pre-
mier est snint Justin, connu dans l'Eglise
SOU5 Je titre glorieui de martyr. Il naquit A
NaploDse, rille de la prorince de Samaria,
(-n Palestine» vers l'an 103. D'abord philo-
S'jplie, il fut conrerti è la foi chrétienne è
l'ige da trente ans et martyrisé en f6T, un
an après saint Polycarpe. Remarquons que,
né en Palestine au commencco<ent du n'
siècle, il a dû connaître beaucoup de ner-
bonnes qui araient vécu arec saint Simeon,
disciple et proche parent de Jésus-CbrisI,
et second erAque de Jérusalem, couronné
de la palme du martyre l'an lOT. Saint Ju:^-
tin a du rirre aussi avec des disciples do
TapAtre saint Jean, mort vers l'an 100 du
l'ère chrétienne. De plus, il est allé i Ro-ne,
où il a composé sa petite, c'esi-^-dîre sa
seconde Apologie (1323). Il a même par-
couru plusieurs autres parties de l'Italie,
car il a visité k Cumes le temple de la si-
bylle. Il a aussi demeuré i Alexandrie, est
allé dans l'Asie Mineure, et c'est à Bphèse
qu'ils composé son dialogue avec le juif
Tryphon, Ainsi il a visité les grandes Eglises
du monde chrétien , Rome , Ephèse et
Alexandrie, et il a connu par conséquent
les Evangiles qui étaient à leur usage. Mal-
heureusement la plupart des nombreux ou-
vrages qne le saint martyr a composés ont
pf'ri par les ravages du temps, loutefois,
dans cent qui sont parvenus jusqu'ft nous,
on trouve la preure que le savant Père con-
naissait les écrits évangéliqnes, et qu'il les
révérait comme dépdt sacré de la foi des
Chrétiens. Il est vrai qu'il ne les désigne
jamais par le nom de leurs auteurs, et qu'il
se home h leur donner le titre général do
mémoires ou commentaires des apAlrcs
('Air!i^v«(i»>rj;i>Ta tû* AiroïTilui). Cependant il
est incuiilestat)le qu'il a eu en vue les écrila
de nos quatre évangélistes; car il cite ces
mémoires comme ajfant été composés par
plusieurs auteurs; if dit encore que, parmi
ces écrivains, les uns étaient apôtres et l>3
autres disciples des apAtres; il ajoute aussi
que ces mémoires étaient communément
appelés Evangiles, et la preuve évidente
que c'est de nos Evangiles qu'il parla réel-
lement, c'est que dans ces mêmes endroits
il rapporte des passages comme tirés de ces
mémoires, et cela dans les propres termes
employés iiarnoséTangétistes(132VJ. « Dans
(1521-ît) OLSUUSEH,/>w£cAt*ei(,eu.,s(!il.S81-
SU; McuTOfti. Aalif . ilai. aud. cri , 1. Ul. p. 851-
iH. Hue préUMd ŒiaUit. iai tl. Tut., Ih. I, S IV,
S. 109. zMwiW iafi.) ^ue ce catalogue esl du
wDiiieficeiiient du m' tiâ-'le et qu'il ne saurait re-
uooier plus haut, puisqu'il repousse TEptire de
.aint Paul aux llitreux, lanuclte ne fut mise en
Ivuie qu'à cette époque par Caïn, prêtre ronain,
luifal penL -être 1 auteur de c« catalogue. Hais 0I>-
aaico conbai celle opiaioa cl la raison qui Iw
en iV ÂNKlemenl.
1 IDiSf Euure antres iHiïrages. saint Justin a com-
• te ikax AptdogU* dt I» râigioH chritiauu, iloiil
■aee«t fort longue eU'antre irès-courie. Dans
ircsqae toatei ks édilioBs des œuvres de ce Père,
'«I ta petite Apolf^ie qui est placée )> première,
boaie ayant été coiupoiée avaul ta grande ; iioiu
cnsous avec beaucoup de criiiques que c'est par
rreor, el que la peliie n'a été écr'iLe qu'après ta
randc l Vam. D. CiiLLiEa, BiH. finir, de* auUan
tttéM et e^xlé*., L U, p. 9, 10.)
(15U) • !■ librii qui suul ab ejus (Cbridi) di-
cipvlis ipsoranqiie secUtoribu» couipositi, mc-
morie iHandauin est. sudorem iptios iMqnn
gntlas sanguinis defluxiue in lerran, eo depre-
canie et dicente : Tratutût, ù fitri poUU, pocutmm
lue. t (Dio/oj. «M TrjipH., p. 531.) — i «am apo-
sloli, in commenlariis suis, qnx vocantur Evangc*
lia, iia sittl mandasse Jesum tradiderunl : enm
Rcilicet, accrpto pane, cam gratiaa egnset, diiisse:
Bae faeiU in mmm eommtmarMiitmem ; hoe ttt eor-
pM nwwai; et pocnio siroililer accepto, aetitque
gntiîs, diusK : aie est taugmit meut; ipsisque sulis
trailidisse. » (ApoUq.. i, p. 98.) — Quant au notti
de Hiaioiiu que saini Justin seul de lous les Père*
emploie pour désigner les Eviugiles, il esi plus <»ie
TraiBemblal>le, comme te remarque Obhauscn {.BU
Ecklhtit der vitT tan. Emng., S. ÎSft-MO) . que
ce saiut docteur, qui avait appartenu i l'école do
Socrate, el qui savait que Xéiioplion avait donne le
nom de ttimoirt* aui quatre livres qu'il a écnls
sur la vie ei ta doctrine de ce philosophe, a vouli
par analogie apj^îquer cette dénomination aux
quatre Evangiles, qui ir»ileul également de b vie
eideU docirine de Jésus Christ. Seulement ua
ajouté det apitrei. mol qui désigne les aakurs, an
loate >a suite de tes ootragâs, dit Iqcsrdi-
•laldoLa Lazerne, il supposa l« vérité de
rbiitûira évan^lîqae. II s'iittacb« surtout,
dans son dialogua avec le juif Trj'phoo, î
moiilrei' l'accord parfait des prophéliesju-
daïtfues arec les faits de la vie de Jésus-
CIinfN, tels que nos érangâlistes tes racon*
tcnl. Ki>Sa (W1I6 beeiicniip d'endroits il rite
fnrrDL'Ilement les (^van^ilus, présentanl lex-
(Ubllemeot leurs ex|<ressions. Userait beau-
C'tUf) Irop loDg de rap[>ort<>r ici toutes ces
vilations, je me contenle d'en indiquer quel-
ques-unes tirées seuleaient d'uno partie de
M preinière Apologie (1325). ■ Le savant
cardinal ne rB|>poNe ijue des textes tirés
de saint UaUhieu, de saint Msrc et de saint
Lue; mais OIsbauiieu non-seulement en cite
et en discuie un grand nombre empruolés
par siiiit Justin à ce» trois évangélistes,
mais il t^xamine plusieurs passages et plu-
sieurs! manières du parler qui appartiennent
exclusivement à l'EvaDgile dQ saint Jean;
tel est, par exemple, le passage de sa pre-
mière ApuloKie (pa^. 9i] où, après avoir re-
marqué que le Lnrist avait dit : Si vout n'é-
lu riginér4i «oui a'aUrtrts point dan^ le
Toyaumfi dee deux, il ajoute ; ■ En effet,
tout le monde sait pi^rfaKement qu'il est
impossible & ceux qui sont déji nés une
fuisd'entrer dans le sein de leurs mères; »
MF il est de toute 4videace qu'il s'agit ici
de l'entretien du Sauveur avec Nicodème
au «liet du baptâme, entretien rapporté
dons 1 Evangile de saint Jean (t|i et suit.).
Telle asi encore l'expressiou Vtau vive, J'eau
itlavie, que nous lîsonsdnns ludiglogue
avec lejuif TryphoD fpag. 343), et que saint
Jean met d^iis la bouche de Jésus-Christ
parlanl & !« Samaritaine (iv, 10) : eulia',
qu'aucuv Butfe des écrivains du Nouveau
Testament ne lui a jamais prêtée. Dans lé
mémedialogiiejpaii.316;, ilestdit de saint
Jean-Baplisie; Lesliommes pensèrent qu'il
était le Cbrist, et il leur cria : Jenjuuiipai
te Chriit, mail la voix de caiviaui crie. Or
ces paroles : Jt ne luw pae le Chritt, ne se
trouvent encore que dans l'Evangile de saiiit
Jean(i, 2Q). En vain Bretsclineioer soutient-
il que saint Justin et l'évangélisle ont puisé
tous tes deux ft un» mtoie source (13^6) ;
son assertion est purement gratuite, et par
conséquent ellij ne mérite aucune considé»
ration. Dans sa prenrière Apologie (pag. 64,
65) saint Justin rapporte ces paroles; Celui
•/u) m'mffiKf, entittà celui qui m'a envoyé';
UT ne soni-eJles pas une allusioa évideHte.
quoi qu'Mdise<'ticoreBretsol)naider(/6id.},
a celle»<i que ikmis lisons dans saint Jean
(t, !M) : Celui gui ent^d ma parafe, tt qui
aroit en celui qui m'a envoyé, etc. Enlin,
iieu du liant du Chriij, qui en tx\ le priocipil objei.
\a,\t Gcue pe^iie dinreuce ne dioiiuqe eu rien la
pruba^iiljië lie luitre byMibèse.
(tSiS) C. G. de Li. LuzEBNE, ÙiueT\atio»t nt ta
itiriU delà «fiflion. t. l,p.S3,ï4; Parla, Méqiii-
eiion Junior, USO. El jwior les cilaiions, p. 315-
HZKiCiT. Ttimiplu BfttTscBSEiDKR, Probabilia
«t EtmijtlU II EpiiiçlaTum Joamii nponcli inivte
APOLOGETIQUE. CVA »
neus reprodoirons encore avec Olshiuuc
un passage de saint Justin, qui utrouig
dans les fragments que Grabe a renueillit
des ouvrages perdus de oe Père, et qui nom
oITre une nouvelle preuve ifareiiileDceda
notre quatrième Evangile dans ta premièra
moitié du II* siècle (1327). Saint jusliodit
donc I // leur permit de le lûocKer, et il Inr
montra les /taux dei clou$. Or ce passiu
n'esl-il pas copié dans rBvauKJ'e oùuml
Jean iait dire h saint Thomas : Si k ne wii
dane les maint les lieux des eloui tt lijt u
meti mon doigt dam te Heu du tlov.ni
JésuB-Christ : Portez ici votre doigt il n-
gardez met maint (xx, 25, 9fT)T II estmi
que les citations du saint docteur oejoDi
pas dans les termes mêmes eoiployâs (igr
nos évangélistes; mais il est évident que
telle était son inleoiion, puisque dsasdilTé-
renis endroits de ses oavrnps il rapporte
les mêmes faits et les marnes paroles di
Jésus-Christ avec des mots et dans un onlit
très-différenfs. Celle observation s'appliqut
i ce qu'il dit de la conceplioa du SauYeur,
de son luptéme, de la prédication de Jmd-
Baptiste et de plusieurs discours de J4sus-
Christ; phénomène qui s'expliqne Bisémeni
si l'on suppose que saint Justin cils de
mémoire, et que saas s'embarrasser det
motQ, il ne s occupe que des choses, mtis
qui devient tout a ftflt inexplicable dint
I hypothèse qu'il a toujours cité teitutile-
ment et mot a mot; car comment les mé-
moires pouvaient-ils contenir surlesmé-
mes choses des expressions diiïérentes tl
uptout autre arrangement? Il e^t encore vrai
Îu'il se trouve dans les cïtations de siinl
ustiu quelques passages évangeliquesqm
ne se lisent pas dans nos quatre Evangiles;
maison peut dire que saint Justin (es temij
de la tradition, qui était toute fraîche Ju
$on temps, ou ^lutât de l'Evangile bëbreii
desaiut Ùatihteu conservé chez les nsu-
réens. Evangile dont il avjil probablemenl
connaissance, puisqu'il éiail oeenPalestiDe-
Comme cet Evangile passait pour l'origioil
de saint Matthieu, il a cru pouvoir en eiu-
prunier ces additions, qui bu reste sont très-
peu considérables, et serrent h l'explicaliCKi
de la via du Sauveur. Une aul^ preare
oertviue que saint Justin VecOiinBissaitDi»
quatre Evangiles, c'est qu'ils ont été adnjus
parTatien son disciple, el i} n'est nasdim-
cile de moQlrer jusqu'à l'évidence la vérili
de celle dernière assertion. Car, dans son
Ôucours aux Grecs, ouvrage contre le [it-
^nisme, composé peu de temps après 1<
martyre de saint Justin, très-vraîsemblable-
menl avant qu'il fût tombé lui-même dios
l'hérésie, et qui a été im)triiDé à la Bo de*
, p. m.
Chibg, Spidleg. Patrum., t. H,p- W--
I (Uie Edilktit dtr vier eaU. Èmj., t-
in second passage recueilt! psr Cnbc;!»
et origine, p. 192.
{iZii) chibg, r
Olsbavmk {li'
^9] elle un s ^ „- r— -
voici : Selon qu'il u dit q»e dont le eiêittt mottti^
meure. Mais on pourrall coniesier f ne ce »«' '<<■'
lemerit une imiution du texte de sninl '<"■. '*'*'
i): Il y a ftuiimr* dememret dont la leKOO» "
ma» Père.
EVA
MCTIOMUIRE &IOU)C£T1Ql'E.
OEava de ce Père {Paris, 1630, in-fnl.},
Tiliea die dâui passages iocoiilestalilG-
Dwnl lires du premier cLjpitre «te I'Ethu-
gileseluosaiDlJenD, quand il dit (pag^lSâ]:
< L'ImeD'ett p«r elle-même que ténèbres;
tllene cooiient aacan poiol fumineux: et
c'est précisément ce que reulenl (tire ces
firo]es: Lu Unibru ne eompretintnt pat la
hmUrt: > et lorsqn'f! dit ailleurs (pag. 15SJ:
Ttuln tkeitt ont iié faitet par lui, tt sant
Iti rifK n'a m (ait. Brelsctioeider [irélend
que ce dernier passag» n'a Dullement été
(vtié dans l'EraoKite selon saint Jean ,
nais oo'il peat se faire que Taliea et saint
len ini-œême l'aient pmprantë tous les
dfni t quelque lÏTre ai>ocrypbe qui a été
[xidii comme tant d'antres de ce genre. Le
Dfae critique ne Toît dans ce passage
Ji'uae simple formule dogmatique que
mécrÎTains ont |iu énoncer sans s'être
ropiés l'un l'aatre [I338j. Hais il nous sem-
ble qae s'il était permis de raisonner dt;
eeffe manière, >l en serait bit de raulhea^
licite de tons les livres anciens. Il 7 a plu-
fieun autres raisons puissanles qui ne pei^
nie'ieBl pas dedoulerqne Tatienait connu
ITTsagile de saint Jean aussi bien que les
Irais preeiîers ; nous les exposerons un peu
Elus bas, lorsque nous aurons k produire
sléoKriiis hérétiques. Ainsi, saint Justin
areeODDii nos quatre Efangiles pour au-
iheatiqaes, et comme d'ailleurs son témoi-
l^ige se (roaTB eonfinné par tous les hé-
rétiques «c par Ceisfl lui-même, son coo-
tentfioram, comme nous allons le monirer,
il s'ensuit que nos qaatre Erangiles étaient
«nîrersellmueDt et unanimRmeDt reçus dans
te praBÎère oioiliédu ii* siècle. Hais il fagt
joindre k saîni Justin , saint Polycarpe ,
S\ai wintà Rome dans le même temps visHer
a Pape saint Anicet, et Papias, contenipo-
niodesBinl Pol;carpe. Or l'un et t'aalra
»Dnai»MÎent el recevaient nos quatre
KTangite*. El d'abord, saint Poljcarpe, dans
«o Ep4ire aux KtiHppitiu {n. S, 7} , cite
les passages qqi se IrouTeet dans saiftt
'allOJeo (t, 3, 10; ti, 13; xxti, M), dans
aini Marc (x-it, 38) , et dans saint Luc (ti,
7. 38). Quant k aoint Joan il est Trai qu'il
e fait xneotion d'aucun endroit de son
■angilt»; mais dans sa iitême Epttre aux
kitippims (n* T}, il cite la première Epllre
:cei apAtrè (iv, 3^. Or, c'est un fait rc-
wo» en critique et qui n'a jamais été çoo-
fl52S> bvTscuuHa, PnoM., etc., Seit. lU-
1 1529) ■ Porro ideai Painai lesiIaioDiii ex priera
ianis«pïs(ro!3,elaprioreitidcn Pétri «fesumpU*
lur. > (EcSEB.. Bitt, etel., i. m, c. 99.)
1350) Èjjwmm., OU. ■— $cbl«emadMr «taprJa
BlMie«n aMolMieai allanaKla oai iité aae le
i-rigwarf Am Jcsn le prltrc en bvem de l'Ëvan-
de ûîoi MarcMrsppoTlfttÏDOlra second Ktan-
. parce que. AAcai-ilt, ce livre suit Idéleanem
drc des eréMBenU, Mndis ^m cdiii doul parte
I i« prétTK âait éerii au -mE**, c'astè-dire uoa
re cbroDotosi^ae. Mai» liioiutk a irè^bien dé-
• Iré que l'eiprrtskiii greopM n'a ^s unique-
t le 3cn»Tin«;luidoiiiKiiiccftfcéologwnt<£Jiiafr>
lesté, aue cette Eptlre de saial Jean n'a pu
avoir d antre auteur que celui de l'ÊTangile
qui porte ce nom. Ce que nous disons de
saint Polycarpc par rapport i l'Evan^Ie
de saint Jean, nous pouvons le dire aussi do
Papias. Si cet écrivain ne fa pas cité ex-
pressément, il a reproduit dans son Bitpoii-
tio» dt$ ditcouri du Seigmwr qnelqoes pas-
sages de VEpUrt, c'est an moins ce que
{irétend Kusebe, qui connaissait cet ouvrage
et qui rn rapnorle même plusieurs frag-
ments (1339). Uois Papias naos fournit en
faveur des antres Evangiles dea preuves plus
directes; et ponr qn'on puisse mieux ap-
précier l'autorité qu'il mérite sur celte ma-
tière, nous rapporterons quelques particula-
rités qu'Eusèbe raconte de lui. Papias donr,
sïlen cet historien, n'avait été k la vérité
disciple d'aucun des douze apôtres, il ne
les avait pas mérae vus; mais il s'était in-
formé avec soin, auprès de ceux qui les
coonaîssaient, et qui étaient dans leur in-
timité, de ce qui concernait la fui. ■ Quand
je reficontrais, dît-il, quelque ancien qui
avait vécu avec les apAlres , je m'informais
avec sein de ce qu'ils avaienl eoseifjné, de
ce qu'avaient dit André, Pierre, Philippe ,
Thomas, Jacques, Jean, Matthieu, ou quel-
que autre disciple do Seigoenr; de ce qu'a-
vaient dit enfin Aristion el Jean, prêtres,
lesquels étaient aussi au nombre des dia-
cipfes du Seigneur. > Busèbe ajoute que
Papias avait été disciple particnliërement
d'Arislion et du prêtre Jean, et il rapporte
ce que ce prêlre, différent de l'apAtre du
même nom, lui avait appris. « il me disait
(cr'est Papias qui parle} que Harc, qui était
interprète de Pierre, avait écrit tout ce qu'il
ennservait dans sa mémoire avecexaclilude,
maisDOD dans l'ordre dans lequel le Seigneur
favNt dit ou fait; car il ne i avait ni enten-
du iH soivi; mais, comme je l'ai dit, il
avait accompagné Pierre, qui faisait ses
rnaructions suivant le besoin de ceux qui
l'écoulaieiit, sens s'attacher k an arrange-
ment régulier des discours du Seigneur.
Ainsi Uarc n'a nuUenent eu tort ( •vlJ»
if»f^) d'écrire aiosi oeriaines choses d'a-
près ses souvenirs, puisque son unique soîil
fut de ne rianometire de ce qu'il avait appris
et de u'y rie» changer. > Quant è saint
Uatihieu, c'est encore Busèbe qui le remar-
Îne, Papias raconte de lui qu'il a écrit son
rangile «u hébreu (1330). >oilè duiic trois
4tr Eaaxg, Ctt^., seiL 245); car elle peut Irèi-
bieo s'cmi^arer pour désiguer une iirit à taqMttU
il mamtfue ^meliput Urmet, Ci pir coaséqiieul un
Evangile qm comme le nAÎre rapporte incoinpléte-
meal les faiia, ea «awt beaacoup et les prévale
d'me Manière détat^ée. U'aillears l'aelear M-
■tèiae parait avoir enUDde ainsi ceUe cipraarion,
MMqoe qadques lignes pias bas ildil, cooiBMt poai
bjiuiiier, que sailli Uarc n*a pas eu lort d'écrire
ainsi certaines choses d'après ses u>a«cnir«. On peat
Kiiarqaer eaeore que le prêlre Jean dîl que cet
évaiwCtiUe écrivit tertMitu fmU {fèm) el non loua
les laili de b m de Jésus. <Vayes Eugcue Htia-
Mar, KxmêM criUfa< au tfUèmt fit Siraau, p. t8,
MUkJ
EVA
mCTIONMAIRR APOLOGETIQUE.
ETA
évangiles dont l'aulticiiticité est ^nrontie
Ear Papias. Or, l'pxislence de celui de saint
uc 6 l'époque où vivait cet ancii-n écrivain
ne peut ofrrir aucune diûicullâ sérieuse,
même en supposant que Papiss o'en ait
jamais parlé, dès qu'il tist prouvé que les
trois autres existaient déjà à cette même
époque. Ainsi, tes éi rÎToins catholiques de
la demie' e partie du second siècle prouvent
ii'unu oiuiiière démonstrative que dos
évangiles sont réellement l'ouvrage des au-
teurs dont ils portent les noms'.
Nos Evangiles élaat déjà reconnus uni-
versellement comme autneoliques par les
Pères qui.florissaient d«ns la première par-
tie du second siècle, il en résulte néces*
sairemeiit qu'ils existaient déjè dès le se-
cond siècle. Car il est tout à fait impossible
ijue ces divins j écrits aient commencé
tout à coup à 6tre regardés comme re-
liant réellement de la main des auteurs
iloat ils porteiit le nom, sans aucune preuve
et sans qu'ils aient été bien connus aupa-
ravant. P?ut-on supposer en effet qu un
livre dont jamais personne n'avait ouï
parler jusqu'alors, soit devenu en un ins-
tant la règle de foi universelle, et que l'E-
glise, déjà répandue chez différenls peuples,
l'ait adopté d'un consentement unanime T
Ce serait un pliéoomèue par trop singulier
et par trop incroyable. Mais si nos évangi-
les existaient dès le premier siècle, les
suints docteurs qui ont écrit durant celle
période les ont sans doute cités; c'est ce
3ui parait certain par rapporté l'un de ces
octeurs, et très-probable par rapport eut
autres. Ainsi, pour commencer par saint
Ignace, raartvr, nous dirons qu'il est assez
vraisemblabrs qu'il a emploj'é dans ses
Lttlra des passages de nos Evangiles ; nous
dirons de mèuie do saint Clément, pape.ea
ajoutant touterois que si sa seconde lettre
était réellement de lui, son témoignage dé-
poserait en toute certitude en faveur delà
thèse que noussoutenons, puisque ce saint
Pontife dit dans l'uo des nassages évangé-
liqaesftsrlui cités f\a'unt icriturt rapporte,
et dans un autre que Jésus^hriM dit don*
l'EvamgiU(i33i). Oo a prétendu, il est vrai,
que ces anciens Pères, ne nommant pas po-
sitivement les évangélistes, tenaient de la
tradition les maximes et les sentences qu'ils
; rapportent dans leurs écrits; mais cette
prétention n'est pas appuyée sur un fonde-
ment bien solide, comme nous espérons le
montrer un peu plus bas en répondant aux
difficultés de nos adversaires, (juant à saint
Barnabe, il est incoutetlable qu'il a cité un
document écrit, puisqu'en rapportant les
[laroles de Jésu^-Cbrist : ily a beaucoup
d'Qpptiét, mail peu iféliu, il ajoute la for-
luiilo usitée pour les citations de rEcriture i
(1331) Vojr. IcniT., £piii. ad Ephet,, n. 14; ad
Sm$TH,, n.i-.ad Potfearp., r, S, M ciimpir. Matik.
XII, 53; III, 15; x, Itf. Yof. ausu Clem., cpiat. 1,
n. t3-ili, et MBipar. Luc. vi, 36,37. ilmltk. xviii,
S; iivi, 14. M,TC. Il, a. Luc. ivii, a. Vos. Eii-
cure Clem., epiM. 2, u. î, 3, 4, 8, 8, 9, ei coiniiar.
teton gu'il itt écrit. Et comme ces fiamlu
se lisent textuellement dans saint Uaiihicu
(xxii, ih), elles doivent tout nalurallemeU
nous conduire à comparer avec Is lim de
cet évangétiste les autres cilalioos éii^C
liques de saint Barnabe. Or, ce saiot cils
encore comme étant du Sauveur ces ptroles:
Je (utf venu appeler non /et juilci, mait la
pécheurt, et ces mêmes paroles se trouienl
éi^alement dans saint Matthieu (is, 13). u
rapporte aussi ce précepte du Seigneur:
Domex à quiconque voui dimandt (133!{,
comme il se lit textuellemeut dans tiini
Luc (vi, 30}. D'après cela, il est permis, eu
nous semble, de raisonner de celle mimtre.
Si saint Barnabe n'eût jamais fait une cili-
tion d'un monument écrit, tous les piui-
ges évangéiiquea contenus dans son B|)tln
pourraient absolument venir de la IradiliDu;
mais puisque dans un eodroit il en ip-
pelle à un monument du r-etle ualii^
il est certain qu'il n'a pas puisé ses o-
tations uniquement dans la tradition,
Or le passoge qu'il doit avoir écrit , sa !>'
sani textuellement dans l'Evangile de uinl
Matthieu, el tous les autres qu il produit»
trouvant pareillement dans ce mètne ina-
gile ou dans celui de saint Luc, nous unî-
mes en droit de conclure que toutes les cV-
lalions évangéliques de saiut BarotU oui
leur source dans nos Evangiles.
Les hérétiques du it' siècle nous font-
Dissent eux-mêmes des preuves irréeuu'
bles de l'aulbeoticilé de nos quatre Evidj^-
les. Nous citerons d'abord Tatiea,piieB
converti, et qui fut disciple de saint JutliOi
mais qui eut le malheur de tomber diu
l'hérésie, et de donner son nom à la sedi
des encralites. Outre les citations qu'il fui
de l'Evangile de saint Jean, et que doiu
venons de rapporter quelques lignes plu
haut, il nous prouve encore de piuaiean
manières qu'il connaissait nos Evangiles et
3u'il les regardait comme les fomlemcoU
e la foi, transmis par les apûtres; car pr^
œièrement, lors mfime qu'il se lut sépiri
de l'Eglise, il ne contesta jamais l'aulbea-
ticiléde ces livres sacrés, qui le coodiof
naient formellement; il se contenta de le»
tronquer et de les accommoder à ses tiremu
En second lieu, il composa, selon que l4
rap)>ortenI Eusèbo, saint Epiphaoe el Tbéf
doret, uu ouvrage qu'il intitula Viatwarft
(aiKTivirdipMi], c'est-à-dire teton Iti quain-
Or cet ouvrage élail simplement uue cul'
leclion et une suite de textes tirés des qui-
Ire Uvaiigiles, et une snrte de concordaoM
formant uue histoire suivie de Jésus-CUrii-
II n'ajouta rien au texte évangélique, m)i>
il en retrancha ce qui était contraire t ir*
fausses doctrïDes, el narticulièremeot Iti
géaàalt^ies du divia Sauveur, et U>us ^
Kaltk. IX, 15; X, 31; vu. îi.43. L«. iiii.37. WA j
VI, 14; XVI, 16. lB£. XVI, 11. Maith. su, 50. 1
(1331) BuiiiB., £i»Ml., a. 4. S, 18.
0533) EusBB., HUt.cccl., 1. i«. cl9;C*^'.
PmcAuI. «4 «ijtiwi<rf..l38; EwMUW.. hxrei. »t
TiiEODOB., lib. 1 Bœretic. fatiii., c«p. ». I
I
. DICllONNAIRE APOLOCETKIUE.
EVA
8SS
nisMges qui la l'réseDtunt comme le <tei-
ci!n<l(UlileDBTid sclot: la chair (1333). Cet
iiucnge âlait lrës-r<!pandu, Don-seulement
^rTDî Ibs sectateurs de Talien, mais m£me
;i]nni tes chrétiens ortbodoxos qui n'ea
dperceTaieal pas le Tenio ; et il était deveDu
(< eoDimon dans les ^lises de Gyr,
ijne Théodoret, évëque de ce diocèse, af-
nrme y en avoir trouvé plus da deux cents
(i«in|)laires qu'il rassembla et mit de cdté
pour Taire lira en leur (itace les quatre
lunplei cauoni^ues < 1334 }. KicDlioro
ibmieDi, il est vrai, que tes quatre évangé-
ijiies qui composent cette concorde ne sunt
iglIemeDi les pôtres, et il demande com-
lEHii ThMorel a pu savoir que Talien
FMiUiil DOS Evangiles. ■ Nous pourrious
iiHnlour, remarque fort judicieusement
Esitot Uussarl, demander i, ce savaut
(umient il sait qu'il nd les possédait pas.
nieinblequeThéodorei, qui avait vu plus
It deui ceols exemplaires de l'ouvrage
loil liODs DOUE occupons, pouvait mieux
iffTétiei la source d'où il avait été tiré ,
an le prorejseur allemand, qui n'a pu le
oonaltioque par quelques citations em-
nulées h ce oiëme Tliéodoret (133K). »
KIons que celle prétention d'Éichbora
li émise que pour soutenir son svs-
iot d'un Evangile primitif, système' si
MnUiié aujourd'hui parmi les critiques,
qnpHionoe De l'enseigne. Ajoutons eii-
nnqutDenis Barsalibi, écrivain svrien ,
nUiJuula Bibliothèque orimtalt a'Asse-
wufl. I, pag. S68J,dit expresséuienl :
rjlieo, disciple de Justin le martj^relle
tilteoptie, a n>rmé un seul Evangile des
girt, et il l'a nommé Diateitaron. Saint
pttm l'a expliqué dans un commentaire,
kpremiers mots de cet ouvrage sont:
tttmmaurment 4laitle Yïïrba. ■ KnÛn £u-
Ha nous affirme d'noe manière positive
k lu sévériens, secte d'bérétiqnea donl
Kitoélaille premier cbef(n^o:f^ i'p7i^7it),
JEKtliieDt (a Loi, iet Prophilea et Um
inji'n, mais qu'ils rejetaient tes EpUrtt
luint Paul el les Acla dcM apâtriM (1336).
rdprèides témoignages aussi formels et
■■I précis, peel-ou supposer encore quel-
Ki^uivoque sur les quatre Evangiles qui
*Mie[j| la concorde de Talien i II est
*c iiiGonlest«ble que cet bérélique el sou
Mt reconniissaienl nos quatre Evangiles
Aoit ayant une origine apostolique.
(loin TlEOBOSET, lot. eit.
(1155) Ekbboh, EtiUril. tn da* N. T. Band i,
*■ ^ Eugène Hus&tKT, licencié en ibéologie el m».
fr in uinl Eransile, Examt» crtltoac du tyi-
•^ ^ SiniN, p. li, note 1, i* éJit. Genève,
!<•») Ecwi., HHt. Kcl., I. IV, c. M.
t<MT|< Et Mper Imbc, id qeod est Mcandam Ly-
*■ t^iu|eiiiim dmimciMiis, et onnîa <|u» sunl
< punâoBe Demini conMriDM luferens, h de
"*'"» MraioflDin l>Mniiii mulîa anterem... ; m-
"^'fma eue veraeiorem quam innt hi qui l^vun-
'^K LradideniBt spotloll, suaiit iliKi|julii suis
M r.TiDgetium, Kil particBtaia Eiangclir Irxlens
'- > lUn., CoMr. kœrei., 1. i, c. 27.) < Gum au-
v iil lam ileinia (raditioiiem qun: est gb apoiie*
Mnrcîon , bérélique antijudaïsant , qui
publia ses erreurs avant l'an iSO de lere
chrétienne, est encore un témoin irrécu-
sable de l'authenticité de nos Evangiles,
puisque lors même qu'il se déchaîne
avec une sorte de fureur contre ceux
de saint Matthieu, de saint Marc et de saint
Jean, i) ne se plaint nullement qu'on les
«ii donnés sous des noms supposés* mais
ii se Imrne & reprocher aux apâtrn tt aux
diicipteM qui les ont rédigés, d'avoir mêlé
des doctrines juives à celles de leur Maître,
et qu'il a conservé celui desniiitLuc comme
ajrant été compote loui let ytux de laîntPaul
et comme étant plus conTorme è ses opi-
nions. Aussi saiDl Irénée el Tertullien,
qui l'ont Ni fort blâmé d'avoir rejeté les
ouvrages des trois évan^élisles, pour n'a-
dopter que celui de saint Luc, et encore
en le mutilaut, ne l'ont jamais accusé de
révoouer en doute leur origine autheotiquo
(1337]. Mais Terlullion, dans sa polémiauo
contre Msrcion, montre d'une manière plus
explicite encore que l'hérésiarque connais-
Bail nos quatre Evangiles, et qii'il ne les
avait pas toujours répétés; d'où il résulte
clairement que Marcion lui-même dépose
eu faveur de leur authenticité. Entrons dans
quelques détails; le sujet en vaut la peine;
nos preuvps d'ailleurs eu rccevroiil un nou-
veau degré d'évidence. Terlullieri rappelle
donc à Marcion qu'il a cru autrefois tout ce
que saint Matthieu raconte de l'i-^tahle et de
la crèche du Sauveur, de l'adoration des
pasteurs et des mages, el qu'il l'a avoué lui-
même dans une de ses lettres (1338), él
qu'il a ensuite rejeté ces vérités comme
contraires è ses erreurs. Le savant Père
l'accuse encore d'avoir rejeté les Evonf^iles
qui flélrissaieut évidemment son opinion,
et d'avoir corrompu celui qu'il admeltail*
en ajoutant qu'en effet l'Evangile de saint
Jean sudjsait pour le confonilre (1339). De
plus, Marcion avait composé un livre d'an-
tilbèses, où il onposait la Loi i l'Evangile,
voulant persuaaur par là que le Dieu de
l'Ancien Testament n'était pas le même que
celui du Nouveau. Or, il est évident que col
bérélique n'aurait pat attaqué l'Evaugilej
s'il ue l'eût trouvé déjà reçu dans l'Eglise;
et ce fait suflirait seul pour démontrer que,
de l'aveu même de Uarcion, noire canon
érangéiique existai! dans la première par-
tie du II' siècle. Mais il est surtout ud
lis, quK per luccessionei preBbvterorum in Ecclesits
rusl(Hlitur,pn)Vocamus cox, ailv< rwiiUui' Indilinni,
dicenles w non solum presbyteris, Hed eliam apo*
Moiu estisunies upieniiores, siiicenm iove^ibse
vëriUiem. ApoUolus eniin admlscuisse ea ijihb
•UHl lefialia Sâivaloris verbit. > (L.. m, c. 2.)
(1338) ( Qui (Chri&liaHUs) cum Tuiiises, eisci-
dtali resôndeudo (|UOtl reu-o credidisii, sicuL cl ipse
CDuBieria îd quadiiu epistula «t lui uon ne^aul
« nustri protunl. i tTuiuu-, Ûi cariti Chruti,
C. S.1
{IS3/0) t Si Scriplnrai opinioni hue retistcnlci,
nn de indiiUna alias rejecisses, alUa corrupliws,
confudiaset le in bacapa-ie loaunis EvanguUum. i
(i>ld., c. 3.)
ses
ETA
NCTIONNAIRE APOIjOGETIQUE.
passan de TerlulHea, qui ne permet pas le
plus léger doute sur la férilé du sentiment
que nous déffndons fci. ■ Je soutiens que
tDOD Erangile est véritable, dit ce savant
Père, dont nous no faisons qu'HnaIvser le
teste, et Harcion prétend que c'est le sien.
Qtij est-ce donc aui doit jug»r eiitra lui et
moi T Ce sera l'ordre des temps qui donnera
de l'auloriléau plus ancien, e( qui montrera
?ue celui qui se trouve plus récent est aussi
tus corrompu. Car le faux étant une dépra-
vation du vrai, il faut nécessairement que
la vérité précède la fausseté. Or, il parait
ai constant que notre Evangile est plus an-
cien, que Urircioo lui-môme y a cru avant
que de sortir de l'Eglise. Ëd corrigeant
Dotre Evangile, il le conQrme et fait voir
qu'il était plus ancien. EnQn, il est certain
que l'Ëvangiie des apAtres a le plus d'an-
cienneté, et l'on ne saurait douter que celui
qui est teçu comme sacré par les Eglises
apostoliques ne soit celui que les apAtres
out donné par tradition (ISbO). ■ Il résulte
évidemment de la polémiuue de Tertullien
contre Marcion, que cet Iiérétique, avant
d'être tombé dans l'erreur, avait reçu ao»
Evangiles, qu'il svaitcru à tous les faits qui
s'y trouvent rapportés, et que la raison pour
laquelle il les avait rejetés n'était nullement
parce qu'ils ne paraissaient pas authentiques,
et qu'ils n'étaient pei re^u par les Eglises,
mais uniquement parce qu'il croyait que
les apAtrei qui en étaient les auteurs, avaient
donné dans des idées purement judaïques,
et qu'il n'y flvait que saint Paul, qui était
tu principal auteur de l'Evangile de saint
Lac, qui en eût été eiempt, et qui etU
Parfaitement compris la vraie doctrine d«
âsus-Cbrist. Entio, si Harcion avait cru
que nos Evangiles qu'il rejetait ne vinssent
pas des apfilres, aurait-il manqué de l'ob-
jecter comme un moyen de jiisliSer sa sé))a-
ration de l'Eglise, et Tertullien lui-même
aui le suit pas è pas aurait-il pu s'empêcher
e lui répondre sur un point aussi impor-
tant? Cependant l'illustre docteur ea use
tout autrement. La grande raison qu'il ne
cesse d'opposer ï son adversaire, c'est la
nouveauté de son Evangile, qui n'est recii
que par sa secte, tandis que les nôtres qu il
rejette sont plus anciens, nous viennent
des apOlres, et sont reçus unanimemunt
dans toutes les Eglises, idais si nos Ëvan-
gilea n'avaient pas été en effet généralement
reçus au temps d^ Marcion, coIoalaDlTe^
tuilien aurait il pu lui OF^>oser, coioin« il
le fait(im},letémoigaagede3CorinihicBs,
des Gtlates, dea Epliéeieai,des Philippieoi,
des The^salooieieas, des Roatiot et il«i
Bstises d'Asie fondées par saint Jeinltt,
s'ils D'avaienl pas été ragus de te» leôpt,
comment pouvait-il lot opposer l'iutonlé
des Eglises apostoliques, qui biiueol n-
monter TorigiDe de ces Evangiles jesqu'tui
spAtres qui les avaient fondéeil Aioii,
nous le repétons, il est clair et auaileilt
par tons ces passages que HorcioD u oiiit
poiotqae nos Evangiles Tinssent des tpAlrti,
maia qu'il prétendait uDlaugtDent qoe lu
apAtres s'étaient trompés dans l'aiposiiioi
de la doctrine du Sauveur, à l'exeeplisa dt
saint Paul, d'où il s'ensuivait, comme lui
objecte Tertullien, que si les spAtres choitis
par Jésus-Christ, et envoyés par lui ii»
le monde pour prêcher sa doelrine, aimt
corrompu son Evangile, cette acEUuiiet
petombiiit sur jéaus-Christ inêffie, etqueù
celte accusation ne tombait que sur les di»
ciples des apAtras, elle atteignait siiDlUit,
dont néanmoins luiMarcioa rocevsil l'Ef»'
gile (13*2).
Les vslenliniens, hérétiques fameui do
II* siècle, qui tirent leur nom da Vikotin, <
dont nous allons psrier uo peu plus bu,
rt qui se nommaient aussi gnoslit|uei, |
rendent Clément témnignsge à l'authiiHi-
«ité de nos Evangiles. En effet, saint Uévk
dilexpresaêmeat que les valentinieuspit- I
feraient l'Erengile de uiot Jean aui luim
(que cependant ils adiseltaient lustiji
qu'outre les Evangiles et les écrits ipoti»-
liques ils sppujaieDt leur doctrine sur li
loi et les prophètes (lâbA). Une maliiia4i
de passages tirés de leurs écrits conGruieal
ee témoignage de saint inénéo. — Béracléoi
et Ptolémée, contemporains de saint Iréoit
et antérieurs à Harcion, étaient les deui
plus célèbres disciples de Valeotin. Or, Be-
racléon avait composé sur l'Evangile de hibI
Jean un commeoture* dont Origéne nom i
conservé un grand iiomtirede fragmeol^- ''°
long passage coaservé et cité par saint Clé-
B)eDld'Alatandrie,sembleautoriser ïctoirt
que cet hérétique avait fait aussi un f«o-
mentaire sur saint Luc, dont Glémeutdl-
lexsndrie nous a conservé un long pi^^^-
fiiiQn, dans son commentaire sur saiolJ^"^
Héroclévn cite deui fois saint HattbieuK^
M5i0) Tesvull.. Àdv. jr<r«fM.,I. iv,c i,5.
(1341) Tertull., ibid.. c. 8.
(iim ( Sed enim Harcion naciOB Bpittotam
Panli ad Gatata$, etlam ipsog apoitolns stigiUaiilia,
ul pon recio pede incedentei ad veriiatMa Evsn^
geliï, simul ei accusaDlis paeadapoHolos qttosdam
perrenentei Evangetiuo) Chrisli cOniiitiWrad de-
elraendutn staiiim eorum Evangetlorum qm pro*
firia el sub aposlutoram nonine odenlur. vel eiiam
aposiolicoruin ; ut Kilicet Udem, quam illis adimîl,
8U0 ceiiferat. Porro, elai repretiensug e«t Peirua et
Joannes d Jactrittis, qui eihMwatwiiUir coloniBn,
lnanî^e^(D causa est... adro itoii é9 prandicalioue,
Md de rouvcrsatioDc à Paulu denuiabantur... tgi-
Iw disiinguenda eruDi îinijula. Si aposlulos pncva-
ricatioois ei simiilailonis suspectes Hardoa bb«
qncriter uique ad Evaugctii depravalioMB, Cbri-
Bluiti jam accusât, accusando quoa Cltriitu d^
Si ver» spottoli qeidem inlegrum Craogeliuii (v
mlerunt, de aob convicUis iuzqualitale reprefca»'.
pseudapoBloli aiHev veriuiem eonim inUffol>-
rant.etindeauBtiHKlralUgesU; i|iu(d critir''-
num illud apo&loloraiu iH&irunaeiitun), qii~
lervm paMum eu! qiwU Paulum jUiiaiini
M Luramt Aut ^ tan tauditiia deleium f^ ''
uiadirsino quodan, iu inutMtaiiooe fal^rM'>■
ajjlilteraUiDi ; jam otro nec lUrcîoii lul)el icrM'
{TuTULL., ibid., o. 3.) ,
(13U> iBBs., Ait. hgm., I. 1, praf-, t- ■. *• '•
t. lU, c 11.
I «ritiw*-
MCnOWAIRE APM-OGBTfOUE.
ETA
bfDrflifeMlM fBmmgtte (18M}. Si saiot
lire MM irovfe pu ciM, c'est (|u'il De
rtnliMl prewiiie rien qui Idi soiteicluii-
iHncni propre, comme nous l'aroDs déjk
biiobserrur. D'ailleurs, ce siionce •ursaiol
llgrc Dt pnmta rien, contra l'autbenlicité
«t m STBMile, poisqne tout lé monde
iim que HerscléoB admettait ia canon
(iiDgéliqin. Quant à Plol^mée, saint Epi-
[Ab» dous a couserré de lui nim lettre
krilei Flora, laqaelie contient on nombre
ujeicomidérabledecilatiiHislirriesdeSBint
Iblitiio), et une très-inconleslable tirée dé
umtlun, arec la formule tapâtn dit (13i5).
Suai Irénée, qui 8T^t lu aes oavrBges>noua
inilsildeluidescitatiODsd'après lesquellea
M M saurait douter qu'il ne reçût notre
(UDoérangélique. — Tbéodote, autra dis"
ti^»i!s Valetitiit , dont les errdurs furent
aiadmiiés par le Pape aeinl Victor, aucceS'
Mttesainl fiJttulhère, peut encore âtre cil4
pimilat témoins qui iMposaot en toute
«riiiadflque dèa Id aeinsod siicle nosËvau-
pies éiiiflot déjà counua. BU eObt , à la fia
tes œuTres de Clément d'Ateibndrie se
nuiti uQ petit extrait (émrapai) des ou-
Rg» ilfl Tbéodote, fait par un goostique
•t» sectateurs, dans le but d'otiposer )a
tdriae de son maître à celle de Valentïu.
b^ouirequecet ouvratje est rempli depas-
■IHtsprQnlés au Nouveau Testament en
mniyii rapporlu en abrégé et d'après nos
l*tt{tlMuu grand nouibru d'actions et da
^«1 lie Jé3U:>-('.lirisl. Il cite arec exac-
Ifiii'v/ilusieurs seutoDces de ce divin Isau-
fir, u'B|irè4 saint klatlbieu, saiul Luc et
DDlJnèii. Il rsi:oaie sa tclraiie dans le dé-
M iuc (les cii-vonslaijoes qui uu se trou-
K<ju» dans saîDt Mare, et il emploie la
uki'apiire 4it une fois en rB})purlBut
• na[ lit; saint Matltiteu et de saint iban,
lunij autrefois entrauacrivaiU un passage
luiui Luc (13U). Un quatrième disciple
iValeuuu, itotuBié Itlani, était aussi tVés-
l(lfe;ur, saint Iréué?) qui le rËlute au
^ ilBus sou (ireuiter litre des Jifr^(i«i.
tfMf V«y.CLiiH. Met.t SiToiuat., c. 9. Ex leri-
t prurtciamw Eettm, c, t5 ; Uua«, SpicUtg.
to". I- U, p. 85-117; HuKDBK, EtavieUVMg
euAtnndcii gntulùchen StiUtu, SeiU IfiU ;
18(8.
lU) EpiMut., bgera. 33.
VIK] r«g. Hcc^îKinleiT., Tti. i, Seit. 6S. — Lon
■tfuelacircanBUncesaTecIesqueneaThéodota
•rà le ttloar tu Saavcur dus le 4é«êit, pour-
vu la rigKW M n^wter à d'aubvs évaitgé-
Rt, celle Mule raittMi ne inffirail poiul pour prou-
r^u'ia leinps de cet hëréiitiui rfc,v>iigile de ssiiii
fi n'utiuit pas eucore. vu qu'une ^nude par-
le Cïl Ev a II (file se trouve il;iiis saiDl Luc ou
b uiiii MaiibieU. D'ailleurs, comme le remar-
* M jndtcieuMnicui Oh>tiiiiseii {Dei Ectitluit,
', Sitii. aso), lur»iue ilous trouvons cités en-
aUeuiDiHiuliKu, bitiiit Luc et saint Jenn, nous
■iwi condwc 3Vec fuDdeiueai au recueil com-
t *« QM qoMre Evaui|iles.
[iWj Ce pau«se da saiai Harc est le verset 38
dupurc lU, où l'étaiijjéliste fail dire ï Jêsus-
'!•>. en t'adreuani aut tlis de Zébédée ; t Pou-
i-iuDî Hn liap[is.'t du Laptèmi: dnnt je vais £tru
sages de saint Hattbteu et de saint Luc è la
doctrine de s6a éons,. et qu'il oitait m6ro«
un endroit du saint Haro (1317). Il ne rap-
porte i la vérité aneua endroit de setut
Jean ; mais on ne saurait en conclure qu'il
se l'admallait \xnhit puisque tout le monde
accorde que l<-s valentlnlens recevaient t'Ë'
vangile de saint ^an. — Burdesane, héré-
tique fort instfuil, de la secte des rslenti*
niens, admettait, d'après le témoignage ex-
Près de saint Eiiiphsne, tous l<-8 livres d6
Ancien et du Nouveau Teïtiiment , ce qui
est dire positivement qu'il recoi naissait nos
quatre Evangiles (13M).— De» disciples pas*
sons au maître lui-même, c'est nous rap-
procher encore davanlagedes .temps sposioli'-
qoeSi Valadtia était oonlemporefn de Uar-
eiob ; il parut vers l'an 13i de Jé6us-Cliris(.
Brelscfaneider prétend que cet hdrétique
o'a jamais connu l'Evangile de saint Jean ;
il avoue cependant qu'il était admis par aes
disciples (1M9). Hais, ai Valentin n'eùl pad
reçu cet Evangile, ses diaolpIcH ne l'eussent
pas reçu non plus, parce que^ dans du ininî
ausai important, ils ne ae seraient certai»
Dément pas éloignés de la doctrine de leur
maître. En second lieu, tes Pères n'ont ja-
mais accusé Valentin d'areir réjeté les
Evangiles , mais d'en avoir dénaturé le
sens (1350J. Troisièmement, la lei^miaologie
(Irs éons,que les valeoliniena tenaient in-
canteslablemont de leur obef, est sans aucun
doute tirée de l'Evangile de saint Jean.
Quilrièmement , enfin, d'après Terttilfien,
Valentin aurait composé un ouvrage sous
le litre de Sapkia (13S1}, et Bug remarque
que le musée Britannique possède une veC'*
sion copie de cet ouvrage, laquelle a servi
à WoJde pour l'édition de son Nouveau
Testament copie. Or, cette traduclion con-
tient plusieurs passages tirés de nos quatre
Evangiles. — Basilide, natif d'Aleiandrie,
PI qui vivait aiaez près des temps aposto-
liques, est encore un léMoto que nous pou-
Tona invoquer en faveur de la tbèse que
bapiiséT t {Yoy. IMH., Aifp. Aorai., 1. >, c. 18,
p. M,édit.Gral>ii,ou bien iuÂmolalioMi vartore»,
p> 69, qui soBi i ta Un des «euvres de salât liénie
dans l'édition de il. Hasiuet.
(1348) ËPiMAM., harea., 5S.
(lâii) BRKTKamiDa, Pnbab. de Etaiu,*tEpitt,
JoannU apoit. IndaU et origitu, p. M, S13.
(13501 ( SI Taleiitlnui Integra Insvainenio Hli
vldeiur. non callidlore liigenio, Harcion, manus
jMHlIt v«rUaU. HBTciolraiilM lurta eipatam ara-
cbara non <iyla utis est, quonbuu ad materiaM
■uan czdem ScripiuraruBi contecit. Valeutiiius
autem peperqit, quoniani non ul materiam Scri-
ptural, sed maieriam ad Scripiuras eiCOBit'>^'t> ^t
umen plus abslulil et plus adiecit, auferens pio-
ptiuUtcg singulorum quoqift vcrboruih et aitjidtn*
dtsposilloljesnoncoDiparcnliumilernm.» {Testull.,
Defrauript. hatiliconm, c. 38.) SaiBi Iriwée et
saiul Epiphane, qui ont écrit ihuI coaireViku-
Un, no l'ont Jinuili aceusé d'avoir njeié les Lvao-
" (IMt) IsM-, Arf», hxra., L i, c.W; Eîiiumi.,
hsrcs. ï7, c. 5.
«C7 BVA DKnomAlU APOLOGETIQUE. EU m,
BOU Mulenoot. Bo eOet , au rapport d'£a- cependaDl ces' hibilet (tocteun nViot poiDi
aèlwt Agrippa Castor, dans no oovrsçe qu« réclamé contra l'autheaiiciié des ETingilai;
cet historieii a*aîtlu, faiMit nteolion da aa contraira, ils ae sont accordés ji l«t ig.
Tiogl-quatrelivreagueBasilideaTaitcompo- connaître, quoique desÎPtërêtsdssctleiM
ses lurl'iiTanKile. Or. celte expression, vS- d'opinion dussent porter plasieort d'enlrt
vançiU (tb Eù«7r£Ua>}, D'ayant aucune autre eut h les combattre. Or, cet aceord auDiiu
détermination , ne peut désigHer que les parmi des hommes qui ne se VKA poiui
écrits évaiigéliques contenus dans le canon entendus sur tout ie reste , prouve iiûqui
tiM Nouveau TetlamenU Car, s'il s'agissait l'éTidence mCme combien était UDiTerûllt
d'un Evangile apocrjphn, Rnsdbe n^uraît et ancienne la conviction des Eglises dh
(MIS manqué d'eu faire la remarque, d'autant verses auxquelles ils appkrteosieni el dom
mieux que celte expression pure et simple quplqoes-uus d'enire enx étaient les cbeb.
a toujours signifié les Evan^les canoniques, Hentarquons encore que ces cini lémaiu
comuie les mots l'Ecriture, IttEcrilura, sont tr^s-ancîens , puisqu'ils étiienl nji
n'ont jamais été employés par les auteurs avant la mort de saint Jean; et commeili
sacrés et les écrivains eccfésiastiques dans avaient des principes différents el diim^
un sens autre que celui d'écrits qui font tralement opposés, la sup{iosiliaii qu'ils
partie du canon sacré. Et si Agrippa eût aient reçu ces Evangiles les uns des luim
voulu parler de l'Evangile de Ba&itide, Bu- devient absolument impossible. L'Bgli»
sèbe, qui nous apprend cette particularité, romaine elle-même^, malgré sa grande ii^
aurait nécessairetiient dit mo» Evangile aa tonte, n'aurait jamais pu faire recevoir TE-
lieu de VEvmtgiU. D'ailleurs, dans un frag- vangile de saint HaLthien ni celui de uial
ment d'Isidore, ûls de Basilide, et chef d'une Harci Alexandrie, ni celui de saint Jean en
école gnostique comme soa pare, fragment Asio, si les Chrétiens instruits par to
rapporté par Clément d'Alexandrie au com- apdtres n'en eussent jamais entendu pirln.
mencement de son livre m des&romalM, « Si le canon évang^liqoe , dit OIshausen,
nous lisons le commenlaire d'une réponse avait été l'ouvrage d'un seul parli Id que
laite par Jësus-Chml à ses disciples. Or, le les ralenliniens , ou d'une Eglise parltru-
leite qui a fourni ce commentaire n'est pas lière, cellede Rome, par exemple, lesaulres
tiré duo Evangile apocryphe, mais il est o'auraientjamais pn s'accorderkrsdmeUrt.
évidemment emprunté de celui de saint Comment en effet les marcionite^ ou les or-
if aiiliiou (xix, 11, 12). Enfin, il est encore à thodoxes auraient-ils reconnu les livres d»
remarquer que les Pares , tels que Clément valentiniens, les livres sur lesquels ceni-.i
d'Alexandrie, saint Epiphane et Origène, fondaient leursdoclrinestCommeDLencoR
qui ont écrit contre les basilidiens, ne leur les Alexandrins, les Sjriens, les AsiBlique;,
ont jamais reproché de ne pas admettra auraient-ils accepté les Evangiles venus de
l'autnenticilé de nos Evangiles. Cette obser- Rome, sans avoir d'ailleurs aucun inditede
vatioQ peut très-bien s'appliquer à Carpo- leur authenticité ? Ce recueil eùt-il été (ici-
craie el à son fils Epiphone, qui répandaient lemenl introduit en Asie, si les disùplei ds
leurs erreurs dans la première partie du Jean n'eussent été certains, et si les Eglists
u' siècle; jamais saint Irénée et saint Epi- elles-mômcsdc celle province neserutsriii
pbanene les en ont accusés. Ces illustres bien assurées auparavarit que l'EvingiV
docteurs nous apprennent su contraire que couienu dans ce recueil sous le nom d*
les csrpocratiens cberchaienl )i établir leur saint Jeau était réellement l'ouvrage de cm
iiiCïme doctrine sur des passages de nos apdire T Se son cdté, Rome aurait-elle adniii
Evangiles (1352). le canon, si les Chrétiens, qui vivaitatdam
AvHnl de passer aux témoignages des au- son sein, avaient appris de laurs pèresquc
leurs païens, jutons avec Olshauseo un coup Luc n'avait point écrit d'Evangileou en mil
d'ceil en arrière, et rapprochons les dépo- écrit un diHérentT Et si les Qdàtes deSjtiti
siliona des principaux témoins ciue nous de Palestine et d'Alexandrie en Egypte euf-
avons interrogés séparément et I un après sent entendu dire la même chose au saj^
l'autre ; ce rapprochement nous fournira une de Matthieu ei de Marc, aoraient-ils jaœan
nouvelle preuve plus frappante, ou conflr- voulu adopter un recueil mensongerd Eua-
mers au moins celles aue nous avons déjik giles qui auraient porté faussement et pu
exposées. Veri l'nn 140 ou 150 de l'ère fraude ces noms vénérables (1353) T •
chrétienne, saint Anicet, évéque de Rome , Les autours païens el les ennemis do nom
Pape, saini Polycarpe de Smyrue, disciple chrétien, qui vivaient an ii* siècle, coiicou-
de saint Jean et de plusieurs autres apAlres, rent également à nous fournir des preuiei
saint Justin , qui appartenait à l'Eglise de irrécusables de l'origine apostolique de lO:
Palestine et qui avait visité celle d'Alexan- Evangiles. Nous citerons en premièru ligi'
drie; d'un autre cAté, Harcion de Sinope, Celse, philosophe païen, qui a poru vers '*
ville de Pont , el Valemio d'Alexandrie , milieu de ce siècle. Il a composé contre It^
liéréliques également célèbres, mais d'opi- Chrétiens un nuvrage intitulé Diseourttài'
ilioos très-dilTérentes ,. se trouvaient tous taùle {OuSic lô^ar), ot qu'Origëne, dans l«
réunis k Rome. A celle époque, notre caoou rél'ulation qu'il en a faile, nous a conserva
évangélique y était maaifestemenl re^ju , et en très>grande partie. Or, ces Dombreui
,,i'.'"'
Olshausm, Die Echtheii, etc., SdL SK^
NCTKWNAK8 APmAGETfQIIE.
CTA
iwBeoliraprodoîUdiiisOrigëneBoniplus
-IzZ^iCm^^tm »»>■■ AA^ïBBtMrtM* lnH« «Sain»*
ispirliil qne Celse reeoonaissait réelleownt
riulbeDiicilé de nos Evangiles, et qu'il sup-
posait nidne qu'ils étaJeal uni verset lenient
■duti par les Chrëtiens eoalrs lesquels il
«criTiit. D'abord , ce philosophe nous «p-
prmd lui-utine qu'il avait vu chez des
|irélres chrétiens des livres barbares, oi^
Égonient des noms de démoos et des récils
de jNWt^es (135%). Il dit ailleurs, après
noir objecté aux Chrétiens nnemallitude de
bits, qù U les a empruntés à leurs écritures
oiiaes, n'avaDi pas besoin de recourir i au-
fsaaiiire témoin. Or, Origène traduit ce mot
Enilure par noa Svangita; et d'ailleurs ces
lutt eilés fwr Celse se lisent réellement
ifuiees divins livras (13S5). Dans un autre
eodnrit, il Mfirme qu'il passe sous silence
baacoap d« choses qu'il aurait A dire de
Sitës, ehoaes tpn sont vraies, et qui se trou-
icai es opposition avec celles quu ses dis-
cit^es ont écrites (13S6). EnHn, il se sert du
■01 Etmmçile, lit^m (I357J. Or, en faat-
iJ davantage pour prouver que Celse con-
naissait nos Évangiles, aurtont lorsque l'on
considère que c'est dans ces divins livrtis
qu'il puis« presque toutes ses attaques con-
tre I» dogmes eoréliens, et qu'Origène luî-
Brfae sappoae toujours dans sa réfulation
«tue son adversaire cile nos évangélîstes,
eu loi reprochaui senlementde ne les avoir
pu las avec assez d'attention 7 N'oublions
l<H qu'en désignant leurs écrits par le mot
i'vMMgiU, tnift au singulier, Celse suppose
«TjJemmeotque nos quatre Evangiles étaient
fiqà réunis en. un seul corps d'ouvrage, et
<jae par conséquent le cauon évangélique
ciislait ft celte époque. Hais doonpns quel-
ques preuves plus explicites du témoignage
ue Cfllsa en faveur de l'authenticité de cha-
cun des BvaDgiles en particulier : 1* Il est
tmonteMableqne le philosophe paiena connu
'e Jfvre de •aint Matthieu. En effet , il parle
le Ions les événements contenus dans les
leux premiers cha)nttes de cet évangéliste
t qui n'OQl été rapportés par aucun autre,
els qa« l'étoile uni conduisit les mage5,
nir arrivée k Belbléem, les devoirs qu'ils
eaiiireut au Sauveur nouveau-né, les i>ré-
ruls qu'ils lui firent; les persécutions d Hé-
xle; l'apparition de l'ange A Joseph pour
nertîr de se tenir eu garde contre les em*
Ifties d'Bérode; la fuite de Bethléem et le
jour de Jésus en ^pte (185SJ. Hais, ca
t'il faal bien remarquer, c'est que Celse
t avoir tiré loua ces faits des Evangiles
s Clirétieus (1359). Il rapporte aussi la
«■lion des apAtres, et cite même ces pa-
lus du saiut Ualihieu fx , 23] : « S'ils wnu
tZSliOKtsMM.fCoHM C<l(Kai. L vi,a.4e,édil.
La Rue. .,.. .
15^5; OUG&X'. >*<^-. ■- ». >>• ^*-
l-'iJC» Oaiceii-.iW''-, I. n.n. 15.
l5âT, OK»ce:< . »W., I. ii, n. 47.
i:i^\ OmtCKJ*.,iM., I. il. n. S8, S4, 5S, 61,
Im9i Obickt)-. iHd-, D. 74.
pôurtnitent étmt tm* rttU, foftt ému une
amtre (1360). » Il parle encore du la prédic-
tion de la trahison de Jodas et des renie-
ments de saint Pierre, de la prière de Jt^sua-
CbrisI au jardin des Oliviers (xxvi, 391 :
Mon pèrt, que te calice, t'il e$t potsibU, fi-
tvignedemoi; du fiel et du vinaigre donnés
ï iesus-Christ dans sa passion , des prodi-
ges arrivés à sa mort, des ténèbres et des
tremblements de terre, tels qu'ils sont dé-
crits par le même évangélisle. Ce n'est pas
tout, Celse dit encore que Jésns-Chrisl a
Îluéri les aveugles et les boiteut, ressuscité
es morts, prédit la venue de faux prophè-
tes qui opéreraient des prodiges ; il nous
parle de cette voix du ciel qui déclare té-
sus-Cbrist Fils de Dieu (1361); et il rapporte
plusieurs maximes contenues dans le ser-
mon sur la montagne, maximes que Jésus,
selon lui, a empruntées des écrits de Pla-
ton, et qu'il s'est attribuées ; il «n produit
d'autres qu'il met en oppofeilion avec la loi
de Xolse (1362). Après cela , est-il encore
permis de douter que Celse ait connu l'E-
vangile de saint Uattliieo? — Ce philoso-
phe, il est vrai, cite peu de passages qui
soient exclusivement propres A saint Hsrc,
puisque tous les faits evongéliques qu'il
produit se lisent également dans saint Uat-
tbieu ; cependant, quand il objecte (1363)
qu'il n'y a qu'une femme qui ait vu Jésus-
Christ ressuscité, et encore une femme fré-
nétique litip»urp9ç) , il fait certainement al-
lusion A saint Marc (xvi, S, 8), le seul des
évangélisles qui aient remarqué en effet que
les femmes qui étaient allées au sépulcru du
Sanveur pour embaumer son corps, furenl
effrayées de l'apparition de l'ange (JïtSapQi»»-
oin), et qu'elles s'enfuirent Ircmbiantes
irpip^t) et comme b<vs d'elles-mêmes (f<-
cTuaif). — L'Evangilede saint Luc n'était pas
moins connu de Celse : ce philosophe se
plaint dans un endroit de I insolence des
généalogistes {niç ywttmiiojiawnmt), qui font
remonter la g6uéalOi$ie de Jésus jusqu'au
premier liommo, Adam (136ft). Or, celte
Cirticularilé ne se trouve que dous saint
uc, le seul des évangélisles qui conduise
la généalogie du Sauveurjusqu*A noire pre-
mier père (lue. m, 23,^.) — Eniin, Celse
rapporte une multitude de passages (jui
prouvent qu'il avait eu sous les yeux I E-
vaogile de saint Jean. Cet ennemi du nom
chrétien parle en effet de la doctrine du
Verbe considéré comme Fils de Dieu , dDO>
trine qui appartient exclusivement A cet
évang(-!isle. Il parle encore d'une liquuir
sortie du corps de Jésus-Christ crucitié , et
de la demande faite au Seigneur d'un signe
qui devait prouver sa diviuité. Or, ces par-
fis») Oawoi., iAirf., L i. a. ^ ,_ ^, _,
J1361) OaKU.. iUd., 1. u, s. 9, i% 18, », ».
57, 4S,W.53,55.Ϋ.
il36i) Okkks., ikU., I. VI, m. 16; vn, ■■ 18, ».
SI ; vni, n. 7. 8. _ „
(1363) Obicci.. iM., I. n, n. S5, S».
(1364) OuGU., iHâ., L n, ■. ÏS.
et doud en particDJiar des eonnaitaioos
Décesaaires pour bien ifiprécier un ouTrtp
sous le rapport de la orilittue t et u atai
temps uD nomme qui o'« iamtis enlcndg
parler île nos quatre Evangilest et ealn \a i
ni ETA MCTlONNAmB APOLOGETIQUB. ETA m
ticolariléssa renooBtreal unlquemant dans sur ce Ion de caadear et da rwtardqw
saint Jean (1365). Geise rapporte encora l'imposlnra ne peut jamais imiter; nren
l'eipressioa : le Fil$ de DieU eH vniH d'e» aveux , ces mots Diïfe , erapreinti d'uni
AflHi- il dit aussi que seloo les Chrétiens iwDiM foi qui porta néoeasairedient Ig emi-
Jésus-Christ aTail prévu et prédit ce qui TÎotion dans l'esprit des lecteurs (13691. flr,
«levait lui arriver; nnfln, il emploie les mots - plus on étudie les Evangiles «t euftntmei,
lumUrt et vie pour désigner le divio Sau~ et plus on y découvre d'une mabière Inp-
veur. Or, (ouïes ces «irconstanoes et toutes pafite tous ces carabières d'autheniiclli
ces expressions ne se trouvant encore que L'exposé saivanl ne Uissera, nOusI'tspé-
dans l'Evangile de saint Jean (1366). Brel- rons» aucun doute k cet é^rd. Nous j su)-
sclaaeider s bien enayé de détruire ces vroas presque pas k psS le critique qui, à
preuves UréeS de Celse en faveur de J'au» notre avis, a le mieux traité «e sujet, la»
tbenlicilé de l'Bvangita de isint Jean, mais vaut Uug , que nous Bvens déjà cité jiv
ses objections bous ont paru si faibles, que d'une fois (1S7(Q.
noui n'avons pas cru devoir Wt rapporter Suppo&ons un homme insUoit, judiusi
(1867). " ■ '
Nous pourrions qoulM' su témoignage de
Celse celui de Porphyre, qui i sans contes-
ter l'sulheDticité de dus Evangiles, s'est
attaché uniquement k en attaquer la véritéf „ .
nuus pourrions ; joindre euca;re relui de mains duquel on les met pour la (nemièrt
Julien l'Apostat, qui n'a pas fait de diOi- feisi s'il vient à les ouvrir* à les lireiiien-
cuité de fwonnaUre que nos Evangiles tivement et sans prétentiou Sucuoe, eoGii,
élaieot réelletneat l'ouvrage de Hatlbieut s'il prend la peiuede tes analyser et tli lu
de Uarc, da Lue et de Jeani raaia comme le Juger seulement d'après ce qu'ils coBliHt-
premier de ces ennemis du ohristianismo nent, voici l'opinion qu'il se formen imlu-
n'a écrit qu'au m* siècle, et ce dernier au Litsblennentde leur origine, de iear ia\»
IV*, époques auiquelles tout le monda quitéet du caractère de leurs auleuri.l
avoue que nos Evangiles étaient unaoi- verra d'nbord que ces livres sont éeriis a
meineut reçus, il est inutile d'iosisler sur grec, mais dans un greequi o'esl pointe»
leurs témoignages, formée aucun des dialectes de cette iiopi.
Telles sont les preuves d'aulheoticité qui o'esl-i-dire fa un grec dégénéré, qui àm li
nous sont fournies par les monumeDls de sigoifioationel l'arràugenienl des mottiB»
i'biatoire, et que ('on trouve amplumunt bien que dans la construction graxamilicile.
développées daus quelques écrivains, tels les locutions et les totimures, approciMu
que Larduer, Paley, Chr. Frid. Scbmid, Hug, fort de l'faébreut qu'on no peut s'empicti»
et surtout OIsbausen, qui nous a beaucoup de^ conclura que leurs auteurs soct itt.
servi dans celte discussion (136S). 1! faut Juifs d'origine, qui pensant un hébreu écn-
convenir qu'il n'est pas un seul livre pru-r vent en grec. Il Ue larde pas non jiiusi
fane un peu ancien <ioat l'authenticité rs' s'apercevoir que ce sont des écrivain] étnih
pose sur des raisons extrinsèques aussi géra aux scieuces des Grecs et i leur v*
l'orlea et aussi nombreuses. Voyons si les uiëre il'écrire l'histoire; des bomoies du
preuves intrinsèques, qui militent en faveur peuple qui, avec quelques conaalssiucn
de nos Evangiles, possèdent ees quatitétî. des écritures juiîaïques , M'ont aucuoepré-'
I II lention i la littérature profane, ft \afjotk'
- - - ' ' ila ne font mémo jamais aucune allusianJ
remarquera encore que, malgré la brièrel';
et la simplicité de leurs récits, ils déptiiw^.
avec tant de vivuciié et de naturel toulir
qu'ils nous racontent, décrtrani avec tf
du vie l'altitude et les mouvements deape*
sonnes qu'ils inetieiit eu action et l'imam'
sion produite sur les témoins , qu'iU buis-
btuiit avoir encore sous Iq^ yeux ces dimKi
sûétiea. Oui, nous le répétons, voili ceque'
dira iufaillibleuient tout critique impnrii^'
qui, d'après Its seuks données descaiw
hc« de CbrieiejA. Wôlf, a para à Brème, en 1734.
~- A VHB of Ibe ttidenca of CtrùlfaMif. bj Wil-
liam PiLET; ce livre, traduit en fnaçaispirU.
Levade, a été imprimé i Lausanne eii 1106.'
HUtoria tt tUidieaîio auMttt, sacwrï tibr. FriiL
SCHID.
(1369) J.-E. Célérier, De reri§i»e «illtwiiifvffl
divine d» JVuutwiiM TctumeMi, dm. 51, M. GtiK'^
1829.
<t5T0) rw.Bvi. EMett, in tlu SçhHfUi» i»
. N. T. Th. 1, S. 7, ir.
I«ll^, L
tecies, de l'artnë . ... .
[Aie, lie la gfograpniâ, em.
Les preuves inCrinsèques, qu'on nomuie
aussi critiques, reposent, tantôt sur une
ressemhianoe de style et d'idées eoire un
livre na'oa examine et les autrea écrits du
même temps; tanièt sur l'absence des ano^
ohrunismes oudes Boéiiriiea dont les ftus-
saires n'ont jamais pu se garantir ; tanidt
(1365) Yay.O»Ktit.,€antraCtUam,\. n,Sl,36;
1. 1, 67, et oomnr. /ooïki, I; xix, ii; ii, 18.
(1566] Voy. ÔHiCEfl., ibid., L i, n. 50^ 1. ii, n. 13,
49, et coDiparez Joa«. m, 31; vm, S3; xviii. Quant
aux expressions litmiin^ «t«, elles seul appliquées
i Jésus-Christ presse il chaque page dalLvangke
deSïinlJean.
(<36T) On peut voir se euiptua Olshausen, qui
b'est donné la peine de les réfuter dans Dei Ech~
lAdl., eic, Seil. St&-554.
{136HJ N. L&miiB>, Tkê ertUkUit^ ofOit Cèpe/
Aiftitry : cet ouvrage, traduit en latin avec une pré-
HCTKWIUmE APOUKEnQUE.
ETA
S7I
téfCf îdmdcs , eherebem k te former one
opisiOD lur ees livret. Or, c*e5l Ift préeisé-
BMl M qoe peDSCDl loas les Cbrélien*.
Soinnl m, les auteurs de ces onvrages
wfll isint Mallhieu, snint Mnrc, saint Luc
pl niai Jean, loas Juifs d'orijjine, pour qui
le p« D'éUit poiul la langue aniiemelle,
JDi écrivaient dans ud grec fMiiiculier aux
nib bdléniffles, el erapreinlde tous les
iAolisints proitres k la longue hébraïque ;
dHboaimes qui par leor étal el par leur
pnifessiOQ n'anifltil pu rereroir ane éiluea-
lioa relrvée, qoi devaient ignorer Icb scien-
eu el les sris, et n'afoir d'aaires coDnais-
UBtn que celle de leurs livres sacrés. Saint
Locwol, qai était médecin el avait reçu
BK édueatiOD plus soignée, se dislingue
tfe* Irais antres par an sLyle plus pur et
f>l« correct, quoiqu'il ne soit pas non plus
ncmpt d'bébraïsmes. Ces mêmes bommes ,
fui Tivaieul dans les derniers temps de la
r^pablique juive, «vant la destruction de
JéniMlem, furent tous ou témoins des faits
qu'ils racânteot, on disciples de témoins
«ruUires qui 1rs avaient instmiu. Parcon-
féqueol, i» ont dA donner h leur récit celle
vivacité, ce oalurel, cette formedramaiiqne
qu'on ne manque jamais de retrouver dons
lin écrivains qui oui tu les événements se
fisser sous leurs jeux.
Du plus, cvl observateur allentif, pour ne
pas s« tromper sur l'époque de la compoïii-
liuo de cei livres, devra partir de ce prin-
cipe îDcouteslable , que les histoires des
Miames qui ont eu quelque célébrité por-
tent toujours l'erapreinto du siècle pI dn
(<»ys où elles ont été compoiées^ qu'elles
«opposent les luis civiles, les coutumes et
les DKBars du pajs et de Tépoqoe oii vi-
vareol les personnages qui jouent quelque
rOle dans ces histoires; que celte empreinte
est d'aulsDt plus forte que l'historieo était
['lus rapproché Iui-m6uie de cetio époque;
Je manière que s'il remarque celte cuuleur
lu siècle dans les moindres détails, et s'il
'oil que l'outeur, sans même j penser, bit
lOe a/fusiou continuelle À tout ce qui avait
«o dans ce siècle, il oe pourra s'emriècher
'tu inférer que cet auteur a réellement
écu do temps oJI il fait agir celui dont il
crit rbiftloire, parce qu'il est moralement
'(•ossible qa'uu écrivain plus récent prenae
i>si parfaiiement la couleur el l'empreinte
un siècle el d'uu pays auxquels il est
ranger. Ôf» si cet observateur judicieux
plîijue celle r^ie de critique k nos quatre
angileSf if ue lardera fus à conclura
'i\s ODl élé écrits dans les temps el par
I auteurs auxquels les Chrétiens les rap-
rtenl. De savants énivains nous ont tracé
istoire du temps oil a vécu Jésns-Christ ;
Dons oat fait conoatlre la forme du gou-
rnemenl et les lois civiles qui régissaient
Juifs h celle époque; les rois et lesgou-
tieurs aux:]uels ils étaient assujettis; la
g:oo et les sectes qui les divisaient;
r esprit et leurs préjugea k cette même
•■}ue ; ils aoDS oui padé des dîiférentes
luaies qui avaient cours parmi eut ; ils
OKrTSO!i<iAWS troLOflfcriQDS. 1.
sont entrés dtas des détails minutieoi sur
la Io|>ogrsphie du pays, du temple, de la
ville el de tous les lieux de la Palestine ; il^
ont fait remarquer Ips noms que porlaiviil
dilTérenles villes en ce même temps et
qu'elles ont perdus plus tard. Or, en com~
parant l^ut ce que nous disent nos évan-
gélisles, avec les recherches faites par ces
savants, on j trouve le pins merveilleux
accord. Tnus les elforis des critiques les
plus habiles et les plus ennemis du clirir-
iiaiiisme pour trouver pn détaut nos saints
Evangiles, ont été jusqu'ici sans succès. Ce
qu'on avait cru d'abord être une difficulté
s est changé en preuve après un plus mdr
examen. Mais établissons notre assi^rtion
sur des preuves plus précises, el pour cela
entrons dans qiieli|ues détails.
Les évantïéiistes nous parlent des souve-
rains de la Judée au temps de Jésus-Chrisi,
d'Hérode le Grand , de son successeur Ar-
chélaiis, et d'un autre Hérode qui avait
épousé Hérodiade, la femme de son frère;
ils foni mention d'un certain Ponce-Pilale
qui gouvernait la Judée dans le même ten>|is
qu'Uérode était léirarqne de la Calilée, Phi-
lippe son frère tétrarque de l'Jturée et de la
Tracooite, etLjrsanias télrarqne d'Abylène.
Kniln ils citent un certain Gaiphe qui était
grand prêtre dans le même temps que Pilate
gouvernail la Judée. Or, Ions ces divers
Ïersonnsges, sur lesquels il était si facile
un écrivain moderne de se méprenilre,
ont Uius existé et gouverné dans les lem|is
assignés par les évangélistes, comme nuus
l'amireDd l'historieD Josèpbe, qui vivait k peu
près k la même époque.
Les évangélistes nous représentent les
luiCs comme très-zélés pour leurs Ecri-
tures, pour la sainteté de leur temple, pour
l'observa lion de leurs lois et en particulier
pour celle du salibat, et en même temjis
comme très-corrompas dans leurs mwurs;
de manière que les Juifs qui accusèrent
devant Jésus-Christ la femme sdutière, se
trouvèrent toua coupables du même crime.
Si nuus parcourons les autres parties du
tableau que les évangélisles nous ont tracé,
nous y verrons les Juifs servilement atta-
chés k la lettre de la lui, et en n^liger lout
k fait l'esprit; nous les verrous se porter
par un zèle mal entendu aux plus grandes
violences, supporter avec peine le joug des
Romains, el soupirer ardemment après leur
liberté ; ce que prouve clairement la ques-
tion captieuse faite k Jésus-CfaritI sur
rimpêt exigé par Céur, question nui, soit
dit en passant, suppose de plus répoque
précise où ce divin Sauveur a vécu; car
plus Idl ou plus lard elle n'aurait aucun
sens. En un mot, nous verrons dans les
Juifo uu peuple asservi qui menace de rom-
pre ses chaînes, et qni, par sa rébellion «1
sa haine, va bienlAt allumer l'incendie qui
doit consumer ses villes et son lemple.
Tels sont, disons-nous, les Juifs d'après les
évangélisles : or, il suffit de lire attentive-
ment les livres de la titurr* das Juif»,
composais parJosèplie, peur vOirqnece sool
McnomumE apouketiqce.
ETA
ItrécfiéiDwiI les iraiU zous lesquels il les
crepeiiil lui-même fc celle période de leur
histoire.
Leaévangélisles dous font envisager les
pharisien!! et les saduc^ens comme deux
Rrincîpales secliisqui dirisaienl les Juifs li
)ur é|>oque. Ils n'oublient pas les Samari-
tains, GOnlre lesquels les Juifs conservaient
loujnurs une grande animosilé; et, chose
adnnrable, ils font toujours parler le Sau-
veur (l'une manière entiëremeni conforme
aux principes et aui préjugés de ces diffé-
rentes sectes. Par exemple, aiiaad Jésus-
Christ parle aux pharisiens, il leur reproche
DOD-seulement leur zèle outré pour leurs
tradiiions, qu'ils melleitt au-dessus de la
loi, mais encore leurs jeûnes affectés, leurs
aumAoes faites par ostentation, leur or-
gueil, leur hj'pocrisie, et la fureur de leurs
prosélytisme. Au contraire, quand il s'a-
dresse aux saducéens, c'est un toui autre
langage ; il les traite d'ignorants et de
charnels qui, s'arrètant à la lettre des Ecri-
tures, »os en pénétrer l'esprit, nienl la
résurrection des morts. S'il a k traiter avec
les Samaritains, ce sont d'autres idées et un
langage différent; ainsi iJ ajouteau reproche
d'iguurau«e l'accusation de schisme, et il
leur déclare que le saJul doit venir des
Juifs. EiiQn, SI c'est au peuple assemblé
qu'il parle , il emploie encore un autre (on
et un autre langnge : mais ses discours n'eu
sont pas moins tous puisés dans le carac^
1ère moral de celle nation, que rETSDgile
DOUS représente tanlât comme zélée et re-
ligieuse, laoldt comme emnorlée, violente,
impétueuse et facile t se laisser entraîner
dans des démarches téméraires dont elle ne
se donne jamais le temps de calculer les
conséquences ; tantôt entin comme atten-
dant avec ardeur la venue du Messie , mais
c'est d'un Uessie conquérant qui doit la
délivrer du joug de ses ennemis. Or, c'est
e&aciement Ule portrait que Josèpbeel Uius
les historiens contemporains nous ont tracé
des Juifs, des pharisiens, des SBducét;os
et des SamarilBiiiB eu temps de Jésus-Christ.
Les évaugélistes supptisent qu'à l'é|ioque
où vivait le Sauveur, il y avait chez les
Juifs un mélange de lois juives et de lois
romaiues. Ce que dit Jésus-Christ dans
saint Uatlbieu (v, 85) sur la nécessité de se
récom;ilier avec son frère, est effectivement
fondé sur une loi romaine qui donnait droit
au créaacier de se saisir de son débiteur et
de le conduire devant le juge, de manière
que s'il ue s'accordait pas avec lui sur le
chemin, il était condamné par le juge h une
amende qu'il devait payer sur-le-champ;
autrement il élait mis en prison, d'uù il ne
pouvait sortir qu'il n'eût payé jusqu'à la
dernière obole. La parabole du débiteur
rapportée encore dans saint Uatlbieu (xivui,
99], suppose tout h la fuis une couiuuie
juive et une loi romaine. La première par-
tie de cette parabole suppose uu rpi, c est-
k-dir« un tétrurque qui, pour ce qui le
concernait, n'était pouit soumis aux lois
romaiues; mais la sucoade, qui parle du
r que lo principal détiilenr |>rm<l
;e et qu'il jette daoi ud ckIwI,
serviteur c^
i la goi^e et qu'il )eltê daoi ud ckIwI,
suppose une loi romaine excessitenieiildBre,
3U1 donnait droit au créancitr de h uiiir
e la personne de son débiteur el ds le
retenir en prison jusqu'i ce qu'il eût lujè
toute sadetti*. Miiis ce quimonlreiliTaiiligt
le mélange des coutumesioivesigrflGquMi:!
romainrs, ce sont les differemes ei^ew, dt
monnaies qui avaient cours i ré)>aqueoâ
nous supposons qu'éGrivflient les étmgi-
lisles. Nous voyons dans l'E*angile luork
tour eu usage le liclt hébreu , le Hàmlau
f;rec et le denier romain. Or, ce mélangn it
uis et de coutumes si différeatei dui
reporte nécessairement au temps oil ïini
le Sauveur, temps auquel en effet lesJuii),
a|>rès avoir été soumis aux Grecs, te trou-
vaient sous la domination des Boœ«ins,qui
avaient introduit parmi eux leurs loitei
leurs monnuies, comme l'avaient sans doule
fait aufiaravant les Grecs eux-ϙmei. Aj^u-
Ions (|ue l'emploi de ces monnaies se IruuTi
narfnitement en rapport avec la positinDilc
la Judée à répo()iie de Jésus-Cbrisl. Lcj
tmpûts antérieurs 1 la domination des Ho-
maius sont évalués en monnaies grecque;
par exemple, la capilation (xvii,U;li-
BRPH., De betlo Jud., vu). C'ostdBDS cell»
Ih que l'un fait des dons au («mplel^
XII, fcS; Luc. ixi, 2), et c'est d'aprèt iii-
cienne monnaie nationale que l'on cooi-i
une somme i^ayée par le trésor du »w-
luaire lUatih. ixvi, 15.) Mais toulei i»
fois qu il est questioD d'affaires Giiil'i
d'achats, de négoces, de salaires, ilm^
Srié que de pièces romaines. {Mata, i
; XX, %;Marc. xiv, &; tue. xii, 6;Jh>
VI, 7 ; XII, S.} Les nouveaux myàu m
égalemeut évalués dans la monuaie du ^&
pTe qui soumet la Judée è soo eiD|ii"
[Uatlh XXII, lS;Jfare. XII, fiSiIiir.ii.^
Les évaugélistes , dans la descripiio
qu'ils nous font des lieux où se soni fti>i
les événements qu'ils racooleot, s'accôrdti
parfaitement avec ce que les auteuiijuU
et profanes nous apprenneul de la W
fraphie de la Palestine i cette époque.»
crivaias laborieuionl employéleursTeil''
k rassembler tout ce qui se troute <l>i
Philoo, dansJosèphe, dans le Tsiujuil <
autres monuments anciens, toucbaiU i'ci
tO(>o^ranhique de la Palestine au lemimi
vivait Jésus-Christ, et quoique leurs >
vantes cullectîons ne soient pas eiicu
complètes, cepeudanl elles nous eu ati|>rt
lienl Bsset pour que nous puissions jug
sûrement do l'exactitude des auteur» i
Nouveau Testament en général et ds k\
du nos Evangiles eo paritculiar. Or, jiiii<
un □« trouvti nos évangélistcs eu u^I^u
assez souvenl même ils complèteal ce q
mumiue dans U coUeclioa de ces sayu
Les exemples suivants nous en fourniist
des preuves ]>osilives. Et d'abord uinlie
(xix , 13^, racuDlant la passiou de Hn'
Christ, dit que Pilate, qui était dans le pi
toire, entendant les clameurs des Joifsrsa
avec ie Sauveur, et s'assit sur sou triliuD
IT7 EVV MCTIOXNAIRE APOLOCCTfQUE. ÉT.\ RTS
mtm et s'nppfla (f'abnrd Cisnréeet ensuite
JuliaHe, du nom de Julia, fille d'Augiisle.
Sons lerigiie de Tibère, cetln TÎIIe repril
le nom de Céïnrée. Bnlïn, après la mort de
Tibère, elle s'ap^iefa encore Juliade, et elle
ne Tut iilus con^iiilérée comme faisant par-
tie de la Galilée. Or. |)eii(-on supposer qu'un
aulenr qui aurait écrit longtemps après ces
érénetnenls n'aurait pas appelé celle tilIc
de quelqu'un de ces noureaui noms, et lut •
«nrait conservé so-i ancienne dénomination
héliraïque Btthwn'ide, qu*oa ne Iroure dans
aucun des auteurs qui en ont parié depuis
Jésus-Christ? Nous jtoarrions pousser plna
loin ce détail, mais nous nous contenteront
de renrojer le lecteur carieui d'en snTuir
ilBTantnge sur ce sujet & Lrgthfool, Reland,
Wetalein et 6 tous les aulres écriTains qui
oni parlédeU gé(^apbie de la Patesline
nu temps de Jésus-Ohrist, D*ailleur>, nous
cr(»yois en areir assrz dit pour convaincre
tunt homme impartial do l'eiactilude toi>o-
graphique de nos éTangélistes. Or, celle
exactitude esl une démonstration iaTjncible
de rautbbnticilé de leurs écrits; rar la Tacè
topographique d'un pajs varie presque à
chaque instant. L'activité de l'homme, les
arts, l'agrictiltore, les phénomènes de la
nature. la politique et la guerre, lui don-
neni, dans un court inierralle, nnaspeel
tout différent. Les villes sont détruites oa
perdent leurs noms, leadéserts sa couvrent
d'habitations, les iwys cultiva seehangeut
en solitudes, les fleuves sont déloaroés, les
routes publiques prennent une autre direc*
lion. Or, dans un temps où l'on ne con-
niissait point de cartes gé<^Bphlqaes, il
était bien difficile h un écrivain qui Tirait
on certain temps après les événenientsqu'il
raconte, de les placer toujours dans leurs
vrais lieui. Les meilleurs bistorieui pra>
fanes sont tombés dans de grossières m4-
prises è cet égard, dès qu'ils ont en k par-
ler de temps antérieurs a leur sièile. Ainsi
ce n'est pas seulement k Virgile qu'on ■ tait
re reproche, c'est encore è Quinie-Curee et
A Tite-Live lui-même. Ce dernier, par
exemple, oubliant entièrement la dilTAreiMe
des temps et des circonstances, confond la
géographie ancienne avec la nouvelle; car
■I parle de Siouesae, de Proneste, d'Arpi,
noms modernes usités de ion temps, lors-
qu'il aurait dd nommerSinope. Argu», Hîp-
pium et Stéphane. C'est de cette manièro
qu'où a découvert l'iaipostura de Pliilos>
trate, hislurien du fameux Apollonius de
Tjsne. Il nous astare afuir cou»posé son
hisiuire d'aprèa les inémoires de Daaais.
compagnon de Tojage de ce pfaiiosopliu. et
ceptniJant sa narration est presque toujours
en contradiction avec l'état des lieux oit il
le fait «ojager. Ainsi il conduit ecMi héros
i Babyloiie, qu'il nous décril comme une
granju et superbe cité, tandis qu'k cette éi>o-
(1573i Um, EMdi. Th. u Sdi. 18-».
fl574j JuiTM, £)ril«nM trop, L s^xv, c 3;
Stubo, I. svi.
(ti73) laawa., Aniif.. 1. xi, c. t».
dins an lieu nommé XilAoafrolo*, qui par
emtséqnent n'était pas éloigné de snn palais.
Or, Josèplie parle de re même lieu comme
d'une dépendance du temple près de la Tour
Antoaia. D'un autre cdié, Philon nous ap-
prend par hasard qne la demeure du gouver-
neur romain, ou le prétoire, était dons le
palaij d'Héro<Ie (1771). que nous savons
■Toir été situé au nord-ouest du temple et
delaTourAntonis.
Saint Pierre et saint Jean gnérissent on
bnileux i la Bttle-Porte ilii temple, et de ik
ils root au portique deSalomon; circons-
tiDce tO|)Ographique confirmée par Josèphe,
qoi uous dit dans un endroit de ses ou-
TTigm qu'il y avait A l'ouest une porte dts-
lispiée par sa beauté, et, dans uu autre, que
ia même cAté se trouvait le portique de
&lMHHl(1372).
Relliphagé, d'après les évangélrstPsfifa/fA.
III, l;JrafT. XI, 1; £,uc. SIX, 29), n'était
pas dans l'enceinte de Jérusalem, quoiqu'il
m fdt assez près. Or, d'après un passage
dg Talmud de Baby lone , qui. selon Hug.
n'avait pas été entendu jusqu'ici , et sur Te
Kss duquel Lighlfool s'élatl lui-même
uéjins, telle était etTectivemenl la position
lO[ uipaphiqae de Belhphagé (13^}.
L'Evangile place des receveurs d'ïmpdis
i Jéricho et à Caphamaiim ; or, nous sa-
vons par l'histoire qu'une des plus riches
productions de la Judée, c'est-à-dire le
ttaunie, se recueillait aux environs de Jéri-
cho et oécessitait par conséquent le minis-
tère d'no reeereur dans celle ville. Déplus,
les Phéniciens et surtout les Arabes appor-
'ant en Palestine leurs marchandises par le
Jourdain, passaient ce 9euve vis-à-vis de
Capharnaam (137^}. où devait naturelle-
Bieut se trouver le receveur des impdts
loor recevoir le droit d'entrée.
Saiui Lue nous dit (vu, 1-tl] que Jésus
partant de Capbamaûm eu Galilée, vint à
Naîui, et que de là, s'avançant le long du
Juardain, il arriva aux environs de Jéru-
«alem.Or, Josèpbe nons apprend que quand
les Galiléens traversaient la Samarie pour
Se rendre à Jérusalem aux jours de fêtes, ils
(essaient par Nais, qui esl incoiitestable-
H'ent NaiiD (1775].
Saioi Jean nous parle (tr, 5) de Sichnr,
c*est-à-^re Sichem, selon qu'on en convient
généralement. Or, tel était en effet l'ancien
i>OJj de cette ville de Samarie. nom qui peu
de temps après Jésus-Christ fut changé en
txluî de néaitolis, que nous trouvocs sur
ks médailles frappées après la ruine de
Jérusalem. Le même évangéliste dit (xii, 3t)
de l'apAtre saint Philippe qu'il était natif
de Betbsaide en Galilée. Or, cette ville, qui
au temps de saint Jean portattetfectivement
le boiii de Bethsaîde et qui était considérée
comme appartenant A laGslilée, jiarce qu'où
7 parlait (jaliléco, perdit bieutùt sou auciea
(1ST1) loscn., Dt Mi* ijU., I. vi, d. 8, cdiL
Baierc; VmnA, l>e Ufui. ad Cnwm.
.I37i) Joscrm., IH Mi. imd., I. v, c. B, n. 3, «
ÀMlii , 1. ^X, c-V, b. '.
m
ETA
MCTIONNAIRB &POLOCETIQIJE
ETA
qne Babylone n'olTraU plus qu'un désert,
qu'uiw vasle ruine. Il commut, par rapport
k 8(>arte. une bévue non moins {{rossiere;
il nous la représente comme une ville libre,
dans le Icmps même qu'elle se Irouvait as-
serviesuioug dos Romains (1376). C'est
«ncore ainsi qu'on a découvert que l'bis-
loirede la guerre des Juifs que nous avons
sous le nom d'Hégésippe élail apocryphe.
L'auleuriqui sedil contemporain d'Anto-
nin el de Commode, nous parle de Constan-
linopie, de rBcosse, de la Saxe, qui u'exis-
laieul point alors, ou qui portaient des
noms biendifféreDts(137T). Maiss'il estdif-
ficitek un bislorien modurne de décrire la
topographie d'un pays comme elle existait
dansles temps anciens, il l'est encore bien
davantage quand il s'agit d'une contrée
comme celle des Juifs au temps de Jésus-
Christ. ■ Rappelons-nous en effet, dit Cel-
lérier d'après Hug, rappelons-nous la posi-
tion unique où se trouvait la terre sainte
«lire les bou levers» meots religieux, poltli-
quea, géographiques, moraux, qui précédè-
rent et suivirent immédiotemeni cette épo-
que, lorsque divisée, et toujours d'une ma-
uière nouvelle, entre les procurateurs ro-
naÎDS, lesHérodes et les gouverneurs de
laSyrie, la Palestine passait des uns aux
autres, suivant le caprice des Césars, lout
en conservant quelque chose de ses loispro>
près et de ses magisLrais accoutumés ; lors-
que voyant tous les jours quelques-unes de
ces Tilles recevoir de ses tyrans un nom
nouveau ou être victime de leur furie, elle
perdait rapidement sa physionomie anti-
que, et remplaçait son ancienne topographie
par une loiwgraphie nouvellequi allaitdis-
pa rat ire à son tour; lorsque, séjour de trois
nPDples différents de mœurs et de langnge,
les Hébreux, les Uellénislespt les Romains,
elle en recevait nécessairement ï la fois la
triple empreinte, et lorsque tour ft tour
prise par Pompée, opprimée par Hérode,
désolée par Titus, et presque anéanlie par
Adrien, qui déiruisit cinquante grandes
villes et neuf cent quatre- vingt -cinq villa-
ges (^1378), elle semblait enfin changer cha-
que jour de nom, d'aspeul et de loist comme
d'habitants et d'oppresseurs. Commeni un
imposteur, un siècle après, se serait-il tiré
de ce dédale et aurait-il su retrouver les
noms, les mots, la langue, l'autorité qui
eorrespotndsit précisément ft la chose, au
lieu, k l'instant dont il avait k parlerT Or,
loulea ces méprises qu'il pourrait avoir fai-
tes, nous sommes en état de les découvrir.
.Les travaux des savants modernes, leurs
recherches érudites, les témoignages des'
auteurs profanes, comparés et discutés avec
soin, uouaen fournissent complètement tes
moyens. — Cet examen a été fait. — Eh
bieni cliose remarquable, cet etimen i^
vère, dirigé souvent par des inlentioni
malveilianles* a toujours eu le m^me ré-
sultat, celui du démontrer l'élonniinleeiit-
tilude de nos écrivains sacrés (1379). > In-
dépendiimmenl des coïncidence." que naui
avons déjà remarquées entre [e.<irécitsé'an-
Reliques et les sources de l'histoire iirufom,
Laruner, Hichaëlis etPaley en ODI si|n)lè
une foule d'autres, qui sont d*auliiil plus
convaincantes qu'elles ne paraissent imint
recherchées par les évanêélîstea, quïHo
sont souvent très-peu saiManlas, en soni
qu'il faut beaucoup d'éludo et d'allenlioi
pour les découvrir; enfin qu'elles se \iii-
senient en si grand nombre, qu'elles m
peuvent venirdu bssnrd. Nous De saurio»
nous empécherd'eu citer quelquc^uDesqù
nous sont fournies par Paley (1380).
Selon les évangélisles, le ~ ~
2ui présidait è la condamnât _
hrist se nommait Caïphe, et exerçai! U
souveraine sacriGcalure dans le mémelein[«
que Pllate était gouverneur de laJudée.Or,
cefnit se trouve contirmé par Josè{iLe,qDi
ne s'en est certainement pas douté. En el-
fel, cet historien racouteeu passanl réléii*
Ifonk la souveraine sacrificature d'un ttt-
tain Joseph autii appelé Caiphe; iuoiéilii-
tement après iJ rapporte que Pilale iletir>
gouverneur de la Judée. Plus tard, il Dniu
apprend la destitution de Pilale, elpen
après celle de Caïphe. Il résulte decejilil-
férenles circonstances lorsqu'on les rappru-
che, que, suivant Joièiihe, Caïphe fut gran<l
prêtre avani l'arrivée Je Pilate, et' ne ces»
de l'être qu'après la destitution dece gou-
verneur; ce qui est conforme su récit étiii-
Sélique. D'après la narration de saint Lge.
eux personnages différents, Anne el Caf
pbe, portent en même temps le litre dt
grand prêtre, nous avouous que cela peut
étonner; aussi en a-I-oa fait la nmtièn
d'une difficulté ; mais comme Josèpbe, jus»
bien que l'évangéliste, donne quelqueCoii
ce même tilreèdeux personnages diffë[tai!i
il s'ensuit que le passage de saint Luc ul
inattaquable, et que cela tenait à queiqm
usage ancien ou a quelque autre urcoii*-
lance qui nous est inconnue.
Nous lisons dans l'Evangit e que PiUte ^
altacber à la croix du Sauveur un écriieiU
hébreu, grec et latin. Or Suétone et Dioi
Csssius nous apprennent que les Raxeia:
étaient dans l'usage d'adicner près des coD
damnés le motif de leur supplice. A ^
autorités nous pouvons joindre celle de h
séphe. Cel historien nous apprend eo^Hu
que les autorités juives oromulguaieQt sioj
leurs avis en plusieurs langues.
D'après les éraugélisles, Jésus-Christ fo
frappé de verges avant d'être mis en croii
(1376) YitttÀpolt. ruan., perPaiLOSTBAT.Leiiiii.;
S«H. 1. 1, 0.18:1. IV, c. S.
11^77} UsHsirp., De bdto Jui., 1. m, c. 5; 1. V,
(1378) Dio XiPBiLW., in YUa nairiam., pas. 266;
H. ^e^. Ui-8-. Ed. WecJicl., psg. 87*. .
(1379) J.-E. CsLLUiBi, Eftai fm»* Htni. e*
a» N. r., pige 8-10.
(1380) W.PiLKi. Taktemdf prMvf èàinf
éit chriuiattitnu ; indùt ie fntofaii fv ^- >*
vAU,l.lI,paB. 153-l«l.
SI
EVA
DICTIONNAIRE APOLOGETIQOe.
ETA
ttt
Dr trou passées deJosft)ihe et un de Tile-
Lire nous font roir qne telle était la cou-
lumedes Romains de flageller t-«ux qu'ils
eondiainaienl au supplice de la croix.
l'Erangile nous montre lésas portant lui-
taimt la croix sar laquell» il allait être a(-
bilié, Ur. Plnlarque nouSBjtpnmd que ce
nfGDeraeal de cruauté était encore oaité
cheiles Romains dsns ces derniers temps.
EnHri saint Jean rapporte qu'k la prière
drs Juils, Pilate fit rompre les jambes des
deux larrons qui étaient crucifiés avec Jé-
Ni^hrisl. {Jaim. zix, 31, Sî.) Or. Auré-
lini Victor, auteur [»ïeo, faisant l'éloge de
IMI de Constaaiia qui abolit le supplice
it 11 croix, rappelle la circonstance de
ronpreles jambi-s [enuibus MuffringendU),
Aijui les caractères internes de nos quatre
Erinples prouvent inrînciblement l'au-
lÈeatîâté de ces divios écrits.
I IIL
Atlhwticitij dM ETugUes; fmaie indirecte.
l-esraisons que nous venons de Taire va-
hir suffisent sans doute |>our convaincre
tout esprit raisonnable de l'auihcnticitéde
DOS érxngiles ; cependant, pour ne pas
laisser k nos adversaires l'ombre même
iTun prétexte plausible, nous allons mon-
trer qu'il est tout i fait impossible que ces
divins écrits aient été supposé*.
Les docteurs de l'Eglise, en remontant
depais le second sîèclede l'Are chrétienne
juÂ]u'aux temps apostoliques, forment en
bvtfurdeVautnenliciléde nos Evangiles une
rbaloe de témoignages à IsquelTe ii ne
manque pas un seul anneau. Nous l'avons
prouvé d'aiie manière irrécusable. Nous
foulerons qu'Origène, qni suit immédiate-
mont les Pères du second siècle, qui a été
disciple de saint Clément, et son successeur
■ians l'éeofa d'Alexandrie, Origène aflirme
iju'il tient de la tradition qœlei qualreévan-
gilet Mmlm Mont admis sans eonlradieUoH
l<nu toute fEgtise de Dieu, qui est tous U
^et li3Sl). Cettt? tradition existait en effet
laos toutes leséijlises, parce que toutes
vaiftnt élâ fondées par les apAlres ou par
eurs successeurs, et qu'k mesure qu ils
mdaienl une église, ils lui remettaient le
rre dtes saints évangiles, et j établissaient
M |iasteura (13^) ou évèques, qui étaient
Mrgt's du dép6t, c'est-k-dire de la saine
wtrînn eC des livres sacrés dans lesquels
le était contenue, et qui, rendus déôosi-
ires, (feraient le garderavec soin et le re-
L-iire pur et entit;r i le,urs successeurs.
Timolh. vi, 30.) Or, demande avec rsisou
cardinal de La Luzerne, à qui nous em<
unions le fond de notre preuve, ■ quel
fcitie aurait eu un pouvoir assez fort pour
Ttt recevoir J quelciues églises nos Evan-
.'S coiotats les seuls venant des apôtres ;
l>ouTOir assez étendu pour les faire re-
iSSl
SSl ) OBifiK"'. ■'■ UaUk, 1. 1, spod Edsei. ffi«l. tirili it la religion, t. I, page
I Ti C- Z3. Uéqnîciion Junior; i. I",éd. Si
.iftit eusaca.. fflil. tttt,, I. m. c. 57, (15St) I.-E.<;ï;lle«iei, De l
3tt5> (^ G. «c Li LuEsn, IHuertalhiu tar (« et divine eu N. T., pag. 115-llth
ceroir à toutes sans exception, un pouvoir
tssfz absolu pour les faire recevoir ainsi
sans réclamation (1383) T >
Le court intervalle qui s'est écoulé entre
les auteurs sacrés auxquels nous stlriboons
les évaogilnset les premiers Pères qui dé-
rient en faveur de leur authenticité, rend
supposition d'autant plus difficile, que
c'était dans la religion on point tellement
important de savoir de qui étaient les li-
vres fondamentaux de la foi, qui conte-
naient les faits, les dogmes, les préceptes
du christianismH, que Tes maîtres ne man«
qoaient pas de l'apprendre k leurs élèves.
K La critique, ait judicieusement Cellé-
rier, a trop de ressources, pour qu'un livre
supposé puisse résister aux investigations
successives d'hommes savants, qui le com-
parent tour à tour arec les livres de la mê-
me époque, avec les monuments plus an-
ciens et avec les faits plus récents, qni l'ex-
plorent sous le point de rue des temps.
des mceurs, des lieux et de la langue, qui,
venant les uns après les autres, recommen-
cent toujours cet examen avec unecapacilé,
une ardeur et une érudition notivelEes.
L'expérience le prouve, et l'oo peut affirmer
qu'aucune imposture historique n'a pleine-
ment réussi. Les plus adroites ont fini par
paralEre grossières (138&). • Cela est vrai de
tout livre ordinaire, mais bien plus encore
d'un livre qui intéresse vivement une so-
ciété entière, qui fait sou litre constitutif,
aui renferme le code de ses doctrines et
e ses lois morales, et qui, en un root, est
la base de sa religion. Il est incontestable,
pour quiconque a lu l'histoire comparée
des Romains et des Chrétiens, que les pre-
miers ne portaient pas plus d'intérêt aux
actions de leurs ancêtres, que ces derniers
aux faits évangéliques. Or, aurait-on jamais
pu persuader aux Romains que les histoires
qui portent les noms de Tite-Li*e et de Ta-
cite étaient de ces auteurs, si elles ne
fussent réellement sorties de leur plume?
Cependant jamais ce peuplen'a eu pour ces
écrivains le respect profond que les Chrétiens
avaient pour les fondateurs de leur religion ;
ce qui est dire qu'ils auraient bien moiiis
souffert qu'on leur attribuât des écrits qu'ils
n'auraient pas composés; car, plus ils
avaient de vénération, de déféreoee et d»
soumission pour leur autorité, plus ils exa-
minaient avec attention si ce (]u*oo leur
disait venir de leur i>art en Tenait réelie-
menl.
Avant le tu* siècle, les apMrcs avaient
répandu leur prédication dans l'Italie, dans
l'IîgTpte, dans la Grèr», dans l'Asie Mineure
et dans plusieurs autres paya ; et dans chaque
région ils avaient fondé plusieurs églises.
Or, n'est-ce pas le comble du ridicule que
-d'imaginer qu'un faussaire ait pu non-seu-
lement persuader i tant de sociétés ainsi
Se 54 ; Parts lUO,
ligne.
furi^M arnihentifit
sa
DKTIOMNAIRE AP(»X)GETIQUE.
EV4
dispersées giie des ouvrHxcs dont elles n'a-
vaient jamais ciilendii parler étnieut iJe leurs
preoiiers fondn leurs, mais encore faire adop-
tericelle multilude innombrable il'homnies
en Diâme temps et sans réclamation de la
part d'aucun li'suii un» imposluru qu'ils
avaient tant d'intérêt et de rucililé h dévoi-
lerT La supposition de ces livres divins de-
vient plus incrojable encore, guand on cou-
sidère qu'il aurait fallu les faire recevoir à
plusieurs sociéléN opposées entre elles, ii des
SQctes eniifmies les unes des autres ; car l'his-
toire ecclésiastique nous apprend que dès
les premiers siècles il s'est formé dans le
sein du cliristiaaisœe des hérésies aninaées
d'une baine oiorlelte contre l'Eglise, qui de
un cAté les condauinaît sévèrement. Or, les
«leui camps étaient trop ennemis et trop
attentifs k veiller les uns sur les autres, pour
au'une fraude de celte nature pût s'intro-
uire et surtout s'établir. Si l'un des partis
avait essaj'é de faire passer de nouveaux
(îcrils sous le nom des apdtrea, l'autre au-
ràit-il pu l'ignorerT Auraii-il voulu le souf-
frir 7 Dira~t-on que l'ua des deux ayant
commis l'imposture, a eu le pouvoir de la
faire adoj)ler à l'autre, ou qu'ils se sont ac-
cordés pour la commettre ensemble? 11 nous
semble que l'incrédulité devrait rougir de
se voir réduite k choisir entre ces absurditiis.
Pour avoir même une simple apparence
déraison dans leur prétention, d'ailleurs si
peu fondée, nos adversaires devrsieot su
moins assigner l'époque où nos quatre
fivangiles, œuvre d'un ou de plusieurs faus-
suires, ont été frauduleusement iotroduils
(fans lechrisiianisme sous les noms de Mat-
thieu, Marc, Luc et Jean. Or, c'est ce qu'ils
n'ont jamais pu et co qu'ils ne pourront ja-
mais faire avec quelque ombre de probaoi-
lilé ; et c'est è bon droit que le cardinal de
La Luzerne s'écrie en parlant de r:es incré-
dules : ■ Nous leur portons hautement le
déll d'indiquer un temps où lu fraude ait
été, nous ne disons pas seulement etfecluée,
mais possible. Assignera- l-on le temps où
les apà très vivaient encortiT Mais alors il
faut dire que la supposition s'est faite ou à
leur iosu, ou de leur consentement, ou de
leur opposition : tontes ces hypothèses se
réfutent d'elles-mêmes. Voul-oo que ce soit
Aftrès la mort des spAlres que les Evaugiles
oient été produits? D'abord l'a.'^serlion serait
réfutée par les témoignages des Pères apos-
toliques que nous avons cités, par l'iuipus-
sibililé que nous avons remarquée d'abuser
ttui d'églises différentes, tant de sectes op-
posées. De t>lus, les apdLres avaient formé
des disciples, avaient laissé des successeurs
chargés du gouvernement des églises: au-
rnil-oii |>u en imposer à tous ces personuages,
Kl leur faire prendre pour des écrits de leurs
uiatires des ouvrages dout leurs maîtres ne
leur auraient jamais parlé? Aurait-on pu
les associer tous à la fraude, cl les engager
iiZKi C'C. OE L« Lui£UE, DuKTi., u I, pascs
f&. U. «4. uilluiKiKHi.
{Xyyj) Cikiu,, Al»., c*wra JuIùm., Lx.
à recevoir tous unanimement, comme ou-
vrage desatiâtres, des livresqu'ilsaoreientsa
ii'éire pas des apAtresT Enfin passera-t-oatui
bues Suivants pour y placer la supposiiioa
des EvangilesT Plus on la recule, pljs un li
rend incroyable et impossible. Du plcs^nnil
tioiiilirc (le Pères antérieurs qui ont uilëlei
livres saints démontre la fausselédei'asur-
lion; un plus grand nombre d'églises tuo-
dées dans des pays plus éloignés rend l'u-
nHiiiriiilé plus impraticable; un plusgraiiil
nombre de sectes rend le concert plus ab-
surde (1385). 1 Ainsi, le syslème delà su]>-
position frauduleuse de nos Evangiles, drjà
déraisonniible, parce que [personne n'aiirsil
pu efTectuer celte i-upposilion, l'est encore,
fiarce que dans aucun temps oo n'aurait (lu
a faire. Ajoutons qu'une fraude de cette tu*
turu n'auraitJHmais pu s'introduire, quelqus
précaution qu'un eût prise nour )a tenir se-
crète, sans que K'S ennemis uu christ ianisme,
Fi acharnés contre lui et si atteniiCs à saisir
toutes les manières de le combattre, n'ea
eussent eu aucune connaissance, et s'vn
fussent servis comme d'une arme profère ï
faire triompher leur cause. Cf pendant t«t
une seule réclamation ne s'est élevée de leur
part. D'un cAlé les Juifs, qui dans une foule
d'écrits non-suuleiueiit se sont répandus en
invectives et eu injures sanglantes contre U
religion du Christ, mais encore lui ont o^
posé tous les argutueuls oue l'esprit buiDiin
puisse imaginer, et de l'aulre Celse, Por-
phyre et Juljen, qui, comme dous l'avons
montré plus haut, connaissaient les Kvsd-
giles et en eilnquaient la véracité, n'enoal
jamais cuuteslé l'origine apostolique. BiïO
plus, Julien les attillMiu formel lemeutk leurs
auteurs, et il combat lu divinité du Sauveur, i
en disant que ni Paul, ni Maltliieii, ni Lue, \
ni Marc ii en ont parlé, et que Jean est M i
premier qui ait osé la mettre en aiaul. i
(1380). I
Il résulte de cet exposé que l'origiDe apos- i
lolique da nos quatre Evangiles se trouve i
démontrée par les trois soriea de preuvei i
qui servent ordinairement dans la crilii^ue |
iiélBblirrambenticiléd'un livre, c'eat-i-dire ;
par les preuves intri usèiiues , exlriasèques i
et indirectes. Ajoutons uu il n'est pas un seul ;
livre de l'anliquilé pro»ne qui réunisse au-
tant de caractères d'aultieniicilé, et que» ,
concert de preuves est si manifeste ei ^ ,
frappant, qu'il n'y a pas lieu à former ru- j
sonnablementledoutelopliis léger sarcel's
de nos quatre Evangiles il387J. '
. |IV.
iQlâErité lies EïinEilej. — LwE«Bglle«»'«rtpc*i>lW 1
■Iiërés diM les (boM* MMDtleUM.
Di livre peut être altéré ou inierpoJéile |
deux manières; dans sa substance, ou dani ,
ses parties moins essentielles; et toutes lei :
fois qu'il s'agit de défendre riulégriléoe
nos livres saiuts, nous eotenJous qu'ils saw
(1387) Voy., i b fia du Tolume, la Noie IT, ?^
soni rt'jwliie* les obiecliens oMtn r— •* ■■'■"'*
(les Kvaiisilcs-
mCTIONNAlBE APOLOGETIQUE.
ftn H oifnpU de tooiff iiilerpolslion sabs-
UDMIe, nais non point de ces altéraliona
Mg^re* qui ne Inacbeal en rieo id food de
l'enTi^e. D'après ce prineipp, nous ne fe-
rons pM diffirâllé d'sToaer avec les oieil-
lesramliques, qoe par la négligence des
tOfMtles il • pn M glisser quelqDes faole»
%4ret<f«iisaossainls Evangiles, et d'accor-
der néiMqiie quelques verseU qui n'apper*
lÎHUenl point aai ëcrÎTaîns sacrés ont vu
ibsolgawnt passer de la marge, où on les
mit mis d'abord, dans le texte tel qoenons
Je possédons aujourd'hui (1388). Ainsi la
qieslion sa rAduit è savoir si nos quatre
Kriflgiles eonliennenl aujourd'hui quelque
tiitiaporlanl, quelque point de doctrine,
^Bdi)Be règle de mœurs que ne renfermaient
pu les origioatix tels qu'ils sont sortis de
Il nin des érangélislea eux-mêmes.
iliisloire de l'Oise nous fournit uns
fvMTS de l'iatégrilé de dos Evangiles dans
>f iMe et la Tigitanre constante des Cbré-
tîciis i mainlanir ce dépôt sacré dans toute
sapereté primilive. Dès les premiers siècles,
fe* Mrëliqaes, nonr accréditer leurs erreurs,
esMièrenl d'altérer en quelque» endroits
DOS écrits évangéliqoes: mais i peine ils
fMiniencèrent i publier leurs copies falsi-
fia, qu'il fl'Alera dans toute l'Eglise un 3ri
Diuaime eootre ce sacrilège. Les saints doc-
teon signalèrent avec force ces altérations ;
qo'iJ nous Bulfise de nommer saint Irénée
H Terlutlien parmi ces sentinelles vigi-
'■nles. Ainsi ces premières tenlalives d'al-
'''rer la pureié du teste évangélique ont été
^■les sans iiuecèa ; la fraude a élé décou-
f frit an moment même où effeaété conçue,
fi les exemplaires falsifiés n'ont pas même
(vrvécn eux sectes qui les avaient enrentés.
>s hérétiques postérieurs au iti* siècle
■''Hi( pas 090 imiter ceux qui les avaient
■récédés : ils ont bien détourné le sens du
elle qui condamnait leurs fausses doc-
rines , mais ils n'en oitl jamais contesté
'QlégrilA. Un fait rapporte par Sozomène
wnîre jusqu'è quel point on a toujours
BiMé dans I Eglise t ce que les Evongiles
luent i l'attri de la plus légère altération,
''rjjfij/le , érêque de Lèdres au iv* siècle ,
rani , dans un discours où il citait cette
irule de Jésus-Christ : Toile grabalum
mm et ambitla, substitué nu mol gnAalum,
l'il oe trouvait pas assez noble, celui de
teimpodium, qui lui paroi plus relavé, saint
Spiridion, éf^iue de Trémithonle, qui était
|irésent.lfl reprit vivement, lui demanda
s'il savait mienx que l'évangéliste de quai
terme il onnvenail de se servir, et, k la vua
de toni le penpie, il se leva de son siège el
s'en alla [1389). Ce tèie et cette vigilance ft
ivtnserver pur et inlacl le iexie sacré de nos
£vangiles ne se sont jamais démentis un
seul inslanl. Personne n'ignore qur le verset
18 du chapitre xvii de l'Evangile selon saint
Jeao a;ant été altéré dans le Nouveau Te»-
lameot selon la Vulgate imprimée è Uons ,
il s'est élevé des réclamations mds nombre,
et qn'i l'édition faisiûée on a op|>osé loua
les manuscrits, toutes les éditions, et toutes
les versions du texte (1390).
Les écrits des Pères font foi de l'intégrité
actuelle de nos Evangiles , aussi bien que
des autres livres du Nouveiu Testament.
• Parcourez, dit avec raison Duvoisin . par-
courez les écrits innombrables des Pères
de l'Eglise , qui dans leurs commentaires,
dans leurs traités dogmnliques , dans leurs
homélies, uni transcrit en quelque sorte le
Nouveau Testament tout enlîor, vous j trou-
vez le sens et presque toujours les paroles
niémes de nos livres saintd, en sorte que si,
par impossible, ces livres venaient i diSF«-
ratlre tout k coup, il serait aisé de les refaire
en rassemblant les citations éparses dans
les auteurs ecclésiastiques : preuve démons-
tralive de l'intégrité cooslanlv des livres du
Nouveau Testament, puisqu'il en résulte
que nos exemplaires actuels sont parbile-
mcnt conformes fc ceux de la jilus hi:ute
autiquité (1391). »
¥Ôj/. la nol« V, i la fin du volume.
|v.
Véradlé dn Er*agilei, — Le* èvia^hlei u'oalputt
IrompOT Pi eue Irompis. — O sonl îles hWorteni <te
Quand Ht imleiil tmlu lr»aiper, tr
Pour avoir droit de conle^ler la vérité
des faits contenus dans nos Évangiles, il
faudrait de toute nécessité qu'on pQt prou-
ver que les écrivains qui les rap[iorluul ont
élé eus-mimes induits ei> erreur, ou bien
qu'ils ont voulu tromper les autres , et
qu'ils ont récHemenl réussi dans celte ten-
tative. Or, nous croyons au conti-aire |niu-
voir démontrer que les évaugélistus u'out
ilÂSS) Le6 trcnle ■illa variama rassemblées
t HiU dans son «litHM du Nouvean Tesiauicnt,
les MMuMte mille au moiua nne il'auLres oui ro-
"tUie* dqmïa. ne changent rien à la sutwlaiice du
tM ; tous les critiques en conf iennenl ; H n'est
) œ livre profane de même volume que le Nou-
n TesiMnenl, eitelqiie correct qu'cm M suppose,
I n'offre le (hPuMe de leçons diffêreiib-s, si ob
e avec le screpute et U cévérilé qu'on a
:^illir ks variâmes du NoureauTcstameiil.ini
tu omple de li moindre diflérence dans la pro-
'(u îatton des mot*, itans l'emploi de l'evprit don
I rarlr, dans cHui de Parlirle déterniiuMif, daiis
«tire et la poaitioii des uuU , bicB qoe lé soas
des mots ei des phrases rcsiât lOHJniirs le mënic.
£t encore pour ôliieRir ces k^ùrcs tariaiion!>, on
no scst pas bonié » conrérrr lii manuscriu du
leiie, mais on a aussi consnlié luutea les aucienna
versions et loulcs les ciiaUons qui te ironTeM dans
les ouvrages des Pères, composes à diOvrenie* ê|iu-
qiiei penUanl cinq cents ans, guiduk l'a judicivii-
ai^ment icnurquc 11. Norton dans stM A^themitili
ée* EtaugîUt.
(1389) Soioacs., fTijt. «cri.. 1. 1, e. 2.
(I3M> LeteUe ordinaire de saint Jean porte:
( Quos dedisli milii cuslodivi, et nemo ex iis periît,
miti fliins perdiiiouis ; i au lien de tiiiJ, l'éditeur
de Hmu avail mis ted; atibtiituliou qui ebangeea-
tièreinvnl le sens de la phrase.
(1391) l>uvet>ui, Dèmmmâti. imtf., cfa. i. a. S.
B87
EVA
OICTIOHNIIRE A1>0L0GETIQUE.
Hé nDllement trompés fur les événements
(qu'ils nous racontept, qu'ils snnl des histO'
nens de bonne foi , c'est-è-dire qui n'ont
pas cherché à en iinpos<T dsns leurs écrits,
•l qu'il n'aursit pus été en leur pouTOir
de tromper quand ils l'auraiRnt voulu.
PremtèrenienI, les érnngélistes n'ont pii
èlre dans l'erreur pnr rapport aux événe-
nients qui font l'objet de leurs ouvrages,
s'il leur a été non-seulement possible, mais
tnème facilt* d'avnii- une connaissance exacla
de ces événements. Or la cliose nous semble
démontrée. Et d'obnrd, parmi les quatre
évangétisles , Matthieu, Marc, Luc et Jean ,
3ui se présenlenl h nous comme historicii's
es actions et de )a dnctrine de lésus-Chpist,
deux d'entre eux, Haitbieu et Jean , sont
non-seulement contemporains, mais encore
témoins oculaires de la plus grande partie
de tout ce qu'ils nous racontent. Les deux
autres , Marc et Luc , sont aussi contempo-
rains et ont entendu les témoins oculaires.
Saint Marc a écrit d'Hprës les instructions
de soint Pierre , le clief des apôtres. Saint
Luc est un bomme très-instruit des devoirs
d'un historien , uomme il le prouve par son
prologue. Ce n'est pas tout, il était lié avec
saint Paul , qu'il avait accompagné dans ses
voynges ; il avait vu et connu les autres
apôtres qui, ayant vécu eux-mâmes dans la
pàj'S où s'étaient accomplis les faits éran-
géliaues , avaient pu en suivre le cours et
le développement. Quant au petit nombre
de circnntitances parlieuliôres sur la nais-
sance et l'enfance de Jésus, elles ont, selon
ta remarque judicieuse de Janssens, un ga-
rant irrécusable dans la véracité qui a pré-
sidé h toutes lesaulres partiesde son histoire
(1392). Quoique tous les évangélistes aient
écrit peu de temps après la mort du Sau-
veur, cependant ils n'ont pas tous écrit dans
le même temps précis, ni dans le mâme lieu,
ni dans la même langue, ni du même style.
Quuiid on compare leurs qu'itre Ëvangnes,
on voit que eu sont quatre auteurs dont
chacun est original en son genre, etqui tous
ont travaillé indépendamment l'un de l'autre.
Les uns racontent des choses que les autres
ont omises; ils ne placent pas tous les mêmes
faits dans le même ordre. Us ne les disent
pas dans les mêmes termes ni avec les
mêmes circonstances; et cependant ils ne
se contredisent jamais. Le st^le de chacun
d'eux , quoique d'une simplicité admirable,
ne ressemble i aucun des autres. De
toutes ces observations, il résulte clar-
reuient que Icbquotru évangélistes ont com-
posé leurs ouvrages sans s'être concertés
«nsombis ; principe d'où découle nécessai-
rement lu conséquence que chacun d'eux
vlflit assuré de ta véracité du fait qu'il ra-
contait. Jomais, ce semble, les quatre his-
toires de Jésus-Christ compoiési p«r ]»
quatre (évangélistes n'auraient puAlretoui
conformes qu'elles le sont, si chacun il'iai
n'edt [loint puisé h une source pure et cer-
taine, et d'un autre cAté. jamais elles n'ia-
raienl pu être aussi différente! qu'oa let
voit, si les quatre évangélistes les eussent
composées ilA concert (1393)/ Qu'on notu
dise msintenanls'il ya jamais eu un hoano»,
(quelque illustre qu'on le suppose, dont '
1 histoire ail été écrite par on si gnai
nombre de témoins aussi bien ioformd* et
aussi croyables? 1
En second lieu, que les évangélistH m
soient montrés historiens de bonne foi.t'eit i
è-dire qu'ils n'aient pas voulu trompa,
c'vat ce dont il n'est point permis de doutfr,
dès que l'on considère la nature mkme dt
leur ouvrage, leur position et leur conduite,
anfm le caractère personnel du héms dnnl
ils nous ont transmis l'hisloire. 1' Tnul
bomme qui écrit une histoire veut être cm
de ses lecteurs : ce sentiment est dans la
nature. Mais celui qui écrit une histoire
remplie d'événements merveilleux, et qui
ne ressemble à rîun de ce que les homoiu
avaient vu jusque-là, craint sans cesse non-
seulement de n'Être pas cru, mais encore
de passer pnur un homme [>eu inslruit,
d'esprit faible et crédule, et pour un ii-
sioiinaJre ; et pour parer i cet inconvénient,
il prépare avec soin ses lecteurs h receiuir
ce qii il va raconter; il s'efforce de l'élaMir
par des raisonnements, ou il promet des
preuves; il ne manque pas surlc^t de citer
ses ({Biants, ou bien il s'ensage i let si-
gnoler dans l'occasion; précautions qui
décèlent toujours un écrivain se défiant do
lui-même, ou de son sujet, ou da set lec-
teurs, et que les évantjélisles ne preniwDl
jamais. En elTul, la confiance qu'ils ont diu
la vérité est telle qu'il ne leur vient mime
pas b la. pensée de recourir aux ressourcu
de l'art pour 1b faire recevoir ; et quoiqu'ili
commencent leur livre par lu récit du mi'
racle le plus étonnant ni en même leucf
le plus secret qui ait jamais été fait, dduj
voulons dira la conception d'un Hotnini!- 1
Dieu, par la seule opération iluSaint-Esiitit, |
dans le sein d'une femme resiée toujoun i
vierge, ils n'avertissent pas seulement leon |
lecteurs que les prodiges que Jésus-Cbiiil
a opérés un public, et dont tout lu moadei
été témoin, sont si grands qu'ils doiieM
faire croire à ceux dont hl a été lui-même le
sujet, quoiqu'ils n'aient été vustJe persODae-
Cn autre caractère de vérité qui ne peut
manquer d'être saisi par les lecteurMlU
Evangiles, c'est la simplicité, nous dirioni
volouliers la nudité même du récit. Danscei»
histoire, tout est fait, événemeni; jamais le^
auteurs ue disent rieo d'eux-môipes. Oo d>
(139i) J.-H. Janwehs, Hermen. taer., % 25i, niers évangélistes, qui Bout considérés comine J"
n. Stfl. réviseurs des premiers, n'ayani jamais ciMitml»
(I3VS) Dans t'opîniiin même des critiques qui posiiivi-inuiii teurs devaucicn, c'esi une pn-mc^"-
tvtcndeni que cuaque évan^éliali: a cou nu l'ou- deiiie qu'ils avaieni fui eu Texaclitude île Ir'ur >ii>*
vi'ii;;u de se» prédéct^sMura, mnrt: «rguiiicnl coiiscr- loire, et qu'ils u'avaicul riea à upposcr àla vtttf
vcivii luiijiiuvi uue teriiiiM (urce, fuîytuc tus dur- de leur uaintUva.
(13»;
pretcnij
BTA DKTIOIflUIRE AfOL06GTIQU& BVjk 8M
laires des fait* eui>mAm.es, les Mitres té-
moins auriculaires de ceux qui avaient tu
les éTânements d» leurs -propres ynui, ce
qui a fait dire è saint Jean : a Nous tous an-
nonçons ce que nous avons entendu, ce quu
nous «Tona vu de dos yevx, ce que nnui
avons regsrdé avec alleolion et que nous
avons toucbé de nos mains. > {I Joan. i, 1, S.)
Ajoutez b cela que les âvangélistes n'ont
pas été seulement dos hommes d'une probité
irréprochnlile, mais encore dH la plus haute
sainteté. Tout en eux respira le plus pur
amour de HWu, la charité la plus tendre et
la plus généreuse pour le prochain, le dé*
lâchement le plus héroïque de tous les biens
dont l'anibition, la cupidité et les aulres
passions iitspireni ordinairement le désir
aux mortels. Vit-on jamais des hommes plna
justes, plus amis de leurs semblables, plus
modestes, plus chastes, plus tempérants; ea
un mot, des modèles plus accomplis de
toutes les vertus î Et ce seraient ces mêmes
hommes qai auraient démenti tant de bttllel
qualités, déshonoré tant de mérites, en po-
bliaiit comme vérités ce qu'ils s.ivaient être
mensonge et imposture I On les a traités, il
est vrai, de séditieux, de perturbateurs du
repos public, d'ennemis des empereurs,
d'impies e( de magiciens; et sous ces pré-
te^tles ou les a poursuivis, tourmentés et
misa mort; mais nous savons que toutes
ces accusations voulaieut dire uniquement
qu'ils étaient chrétiens, qu'ils annonçaient
TEvangile avec un zèle intrépide, qu'ils Ira-
Taillaient avec ardeur et sans relSche k
faire connaître sus |iaïens la vanité de leurs
idoles et l'impiété du culle qu'ils leur ren-
daient, et qu ils opéraient des miraclea*
Ainsi, les perséculioos sont la preuve la plat
éclatante de leur vertu, comme leur vertu
elle-même est une démonstration sensible
de la vérité de leur récit. Ainsi la mort
violente des évangélistes, le sang qu'ils ont
répandu pour soutenir les faits qu'ils ont
écrits, après les avoiV prêches de vive voix,
voilà le témoignage le plus fort, le plua ir-
récusable de la véracité de nos Evangiles. —
8" Le caractère personnel de Jésus-Christ,
dont les évangélistes font l'bisloire, quand
on le considère attenlivemeol, nous fournit
une nouvelle démonstration de la sioeériti
et de la bonne foi de ces historiens sacrés.
Ce caractère, dit Hug, dont nous empruuioas
les expressions, est en effet si ^rand, eî
noble, si sublime, qu'il ne saurait être le
fruit de leur imagination. Un homme qui,
ma.'gré l'éducation la plus commune et II
plus vile, a su s'élever de lui-même an plus
haut degré de la raison et du génie, qui a
pu concevoir et môme mûrir dans son es-
prit un plan aussi vaste ut aussi élevé que
celui d'opérer la rélorme morale de sa na-
tion, d'épurer et de periectionner ses lois et
ses préceptes, et changer même tout l'uni-
vers, qui, sans être ébranlé fiar les obstt-
]«are loeun BMt qai ait élé mis pourfrap*
KT l'fipril, flatter l'oreille ou remuer les
•ntmi. jamais ils ne prouvent, jamais ils
If tirtnl de conséqui'nee ; pâmais ils ne font
le réSeiious; jamais ils n avancent de con-
Hliiret; jimais ils ne disent ni ne font
Mil ment enlravoir ce qu'ils pensent des
féuvoeiili qu'ils rncontenl. ni des person-
jgH qni y jouent un rêle quelconque.
ïrcniiséi|ueiil, on ne voit jamais coulerde
torplunte un seul mol, soil d'admiration
«<l'a|iprol>ation,soit de blême nu de rail-
•rif. Ainsi, dans aucune circon.*tance ils
le se iwf matleot de juger ni les personnes,
li iMifs in(L-ntioos. ni leurs actions. Delà
ifnt (|u'on ne trouve point de portraits
Itij leurs écrit», comme on en rencontre
litntfDlttans tons les historiens profanes,
tfmhs jilus sincères et les plus véridi-
nt^i. Ajoutons que la manière - dont Ips
nngtllftes fiarlent d'eux-mêmes et de
idrsti:i)i]»^nons nousoffre encore la preuve
1 p(as éTiileott de leur sincérité el de leur
«inief'ii.Enellel.ils nous racontent l'obs-
mléileteor naissance, leurs défauts, leurs
rUf!i!es, leurs liantes les plus humilian-
X simplement comme des choses liées aux
fÂjfineitls de la vie de Jésas- Christ, et
li Sont des circonstances de ces événe-
W>li. Lfl même simplicité et le même ns-
nl >« font remarquer dans tout ce que
■ tiingélisles nous rapportent de leur
fhiu Maître; ils n'ont jamais un root de
tMnjtpour aea vertus, ses bienfaits mé-
Kt mrers enx ; jamais un seul reproche
frtjsé k ses ennemis, à ses persécuteurs
tim bourreaux (139V}. — 2* Quand une
lloire qui contient de grands évériemeuls
ié érrite et publiée par un auteur con-
■r>orsin, qui recoule des choses qu'il a
ks'ruHiiéme, ou que des témoins oculaires
I ont a)iprises, et qui étaient d'ailleurs
diliqucmant connues de son temps, sans
R personne se soit inscrit en faux conire
e récil, ni dans la nation chez laquelle il
Iqiie ces événements se aoni passés, ni
"bj! les peuples voisins; cette histoire est
irrefsullemenl regardée comme Térilabla
idi^ncdefoi, quel qu'en eit élé l'auieart
fesqu'elle se trouve munie du sceau do
thiruboiion du siècle dans lequel elle a
«[luliliée. Aussi, jamais un homme sros4
! s'èTiseroit de révoquer en doute la Té-
cilé d'un ouvrage revêtu d'un pareil ca-
tlire, eût-il été écrit par un homme sans
Hors el sans probilé, tel que fut Sallusle,
tf ciemple, parce que l'approbation don-
k ï l'ouvrage par les contemporains sup-
'tmil assez è ee qni manque k l'écrivain
wrse faire croire. Or, l'Evangile contient
is événements de la plua haute importance,
n (ivénements publics qui ont eu lieu à
I (acf de toute une génératiou. Quant aux
'iigélitles, ils ont été contemporains des
iiu qu'ils rapportent ; les uns témoins ocu-
Il'.«t| En jeunl un limple coup- d'ail sur In
'l'If ilrt, 00 UouvEra TacUfinent le développement
c hMltt CCS cousàdÉradous, que dws ne pouvuDi
présenter neut-nêiiie Ici <IM d'une .naidéte 0*
aérale.
KVJk
MCTlONNAOtC
des, a pu conduira un si.ernnd dessein à
exédulion ; el qui a même donné poiircati-
tion sa rie, qu'lt a effuctirement perdue aa
mjliea des p!us cruelles doulenrs et des
fini* sanglnntes ignominies ; un tel Régulns
si nous pouvons l'appeler ainsi), qui se dé-
Toue d'une manière si généreuse non-seu-
temeiit [lour son peuple, mais pour tout le
5enre humain, nous ofTre cerlainemenl, eu
gard au tpmps où il a vécu, un modèle
Inip achevé pour n'élre qu'une ficiron des
éran^éliiies. Tels sontnéairmoins les Iraits
d'après lesquels Jésus nous est dépeint dans
('Evangile. Il est toujours si égal et si par-
fait dans toutes les sitnaiions de la vie, dans
son rejios et son action, au milieu dos
jouissances et des prirations, dans ta gloire
et dans l'ignominie, parmi ses amis comme
•»eo ses ennemis, que jamais un sage io-
Tt>nt«nt la vie d'un autre sage n'eût trouvé
rieu de pareil. Partout sa dignité et le seo-
tiineutde sa grandeur l'accompagnent; dans
les différentes scènes de sa vie, sa conduite
et ses discours sont toujours en harmonie
STeo les choees, les temps, les personnes î
et, dans loules les circonstances où il S4
trouve, fl [laratt constamment plus grand et
pliis noble qu'on ne saurait l'imaginer. Au
milieu d'une eiiilence d'agitations et de
BOuiri'SDces, et jusqu'au terme de sa vie,
Jéfciis, toujours le même, présente certaine-
ment en lui le plus beau modèle de toutes
les Tertus qu'il venait apporteraux hommes.
Représenter et soutenir jusqu'au bout
I idée d'un si excellent personnage, était
ooa entreprise que l'esprit aUltardi des
Juifs de Cette époque était bors d'état de
oi>nceToir et d'exécuter; en effet, ces idées
si pures et si belles sur la religion et la mo-:
«le, cet essor sublime qui le rendit si 8u-
iièrieurau judaïsme, celte vue profonde qui
l'i* P^n^lrer dans les secrets les plus
cachés de l'ordre moral, sont tout h fait
ao*dessus de la portée de son siàcle e( des
^e» qai l'avaient précédé, et surpassent
eaiièremerH la oapacrlé de.la nation qui l'a
produit, et dont il est sorti comme un phé-
nomène unique et sans exemple. Quand
Platon et Xénopbon, retraçant le caractère
de leur malire, en ont tait un portrait qui
semble éclipser tout ce que la sagesse du
restedes humains peutoliriri l'admiration,
on peut soupçonner qu'ils ont formé leur
lablpao de irsils imaginaires, ou que du
moins ils l'ont embelli en le rapprochant
d une beauté idéale ; mais outre que le ca-
ractère de Jésus esl iniiniment au-dessus de
celui de Hocrste, nos évangélisles n'étaient
t^s des Platon, et les Juifs n'avaient ni de
Xénophon ni d'Ëscbine. Nos pauvres pé-
cheurs de Galilée, privés des avantages d un
esprit cultivé, étaient incapables d'iaventor
l'image de la perfection, de donner même
è un porlrait de fantaisie une noblesse réelle.
Ils ne pouvaient que Irensmeltre avec une
fiJélilé naïve et une simplicité sans fard ce
Su'ils avsiuat reçu; par conséquent Jésus
ojl avoir été tel qu'ils nous l'ont décrit. 11
Qoil oécessairemeut avoir agi t>t parlé comme
APULOCETIQOE. hU m
les évangélisles l'ont lait agir et pitl«r,
Qu'on n'objecte poiot que 81 vie eal pleine
de miracles. N'est-il pas lui-toËma loplut
Srand de tous les prodigesT cnr uù InutK
ans SB nation une école capable da former
un pareil élève, de porler dans un lempiti
oouri un tel génie i M msturilé, de pro-
duire en un mot, è l'ftfte de Ireole ini, m
nouveau Socrale qui surpasse incolnpl^^
blement celui d'Athènes par sa via et |Mr
SA mort, par la grandeur de ses vuei, pirli
sublimité de sa sagesse et la pureliile »
morale ; et cela h une é(»(iUB où d'un titi
la force des pnijugés, delà superililioa u
de l'autorilé; et de l'autre, les vues élroiis
de ses contemporains, aussi bien que i* <
prit dégradé de la Dation, devaient néw-
sairemeiit arrêter les plus nobles eflortid'
déconcerter les entreprises les plus b«nli«t |
El combien de temiis a-t-il «m|ilofé Xn-i
vailler è celte réfbrmalion de son peupkit
h cette régénération du genre bumiia,dD«
lu vie la plus longue {wrait à peine iuQÎiiiili
pour jeter les premiers fondemenltl ta\
d'années seulement, car il n'a fait qui pu-
ser, et on pourrait justement comparer l|
durée de sa iiiissio» k cello de sou fuit
avènement, qu'il a dit lui-même devoirtui
rapide comme l'éclair qui part de l'orienU
brille tout )i coup jusqu'à 1 occident. [1A4
xiiv, 27.} Lui el la grande révolulion^A
a produite dans le monde soûl dt:t)ii)«ir
menés uniques dans l'histoire du gem
humain. Comntent le chrislianisnie i-1-ilM
être créé dans l'espace de trois innËBJ
oomuieni a-t-il pu se former compléieoM
d'un seul jet? Quelle esl ta cause 'ti\utm
d'un phénomène si estraordinsireT M
pourra jamais découvrir la liaison da u Uj
avec les causes onlioairesT qui )tourral'(4|
piiquer par les événements snténeund
eoolemporainsT Et puisque le csriclère m
Jésus-Christ et la graude révolution qu'ilj
produite dans le monde sorleat enliëreDici
de l'ordre commun, celte révolutiOD DH
elle pas dû exiger des moyens exlnonlin
res, et nécessiter l'opération des nrodiieu
D'ailleurs, ce que nous savons du peuM
BU milieu duquel Jésus-GbrisI s'éltva, mi
prouve clairement qu'il fallait des miracH
car c'est par là seulement qu'il pouviiln
blir son autorité el les droits de sa miuîN
parmi les Juifs, et leur faim admi^tlre le dm
veaa plan de religiou qu'il leur proposiil{
Le Messie, d'après la croyance géDénl|
de ta nation judaïque, devait opérer dij
prodiges; donc Jésus , qui s'anoon;»
comme le Uessie prédit par les propbiiM
ëlail dans la nécessité d'en faire j il» élaiei^
ia condiiioa iudispenfable de la souui»io{
el de la fui qu'il demandait el pour lui»
pour sa doctrine: en un mot, la coodiiiDi
do son succès. Or, ce succès esl devant nu
yeux ; Jésus a oblenu créance daus M V*'
trie, théêlre de ses enseignemenis; ils]
esl fait des pnrlisans, sans que ni !■ P"'*'
sance, ni la force des armes, ni les ricit^
ses, ni la protection des grands, lui licpj
prêté lu miâiulro appui. Bien plus, quoiiiu"
EVA
MCTIOlN.XAIRG APOLOGETigVB. E\K Mh
que dans )«a prsmlerf siècles de TEgUse ktui
ceux qui emlirassaieiit le clirisliaiiisme 'Je-
TAJent renoncer ooii-«eulement aux lion-
neurs et aux richesses, mais h la Tit; mAioe,
&t t]ue cependoHt il eiîïlail déjà Lnnt de
Chrétiens du temps de Terlullien, que dsn*
son Apologétiiiue ce Père écrivait que l'em-
pire romain ne serait plus qu'un déstrt si
les Chrétiens en sortaient , il nous açra >lé-
tD'tntré que dans les circonstances où f«
trou?aienl lesévangéliste.*. il l«ur était ab-
sniuiiient impossible de faire passer pour
vrtis dea faits qui ne sersieut point réelle-
ment irrivés (1397).
«1 Mj opprimé et mis h mon a*eo le con-
raiiri de l'aulArité publique, quoiqu'il ail
^m \tén fiar le plus iiiHiiie supplice, au
luoowntoù il arait i pe'oe jeté les premk-rs
(iiidemcnts de sa doolriae, il a été «près si
vrt l'objet d'une foi si v'iie et ai forte,
Uïcialant bJenlAl sa dehors de sa patrie,
:lt i'e*l répaulue en peu<le temps dans
«ut IsniriTS. HaJntenani, puisque le suc-
ft éliit Miroitement lié dans son pnys h la
Ttliié it ses miracles, et qu<: nous somme»
nréstj'iiJiiietlre qu'au moins une partie de
4 ii.-iiuD, malgré ses préjugés et ses inté*
U l«s |i|iiB tliers dans ce moade. a cru
m bits éranijéliques au point de subir les
wmenH et la mort pour en maintenir la
ihiU. poiiTons-nous séparer uoe croyance
■iltfwet si constante de l'opération des
rdiftsdrni l'histoire de Jésus-Christ est
iflne{i395)f Ainsi le caractère personnel
tJùut-Chrisl, tel que le représentent les
finalistes, nou» fournit unedémonstra-
M rigoureuso de leur sincérité (1396).
TroiiièoieiDenl enfin, quand bien mémo
Icrangélisles aoraienl voulu lrom|>er dans
tliji! qu'ils nous racontent, ils ne l'au-
idl jamais pu. En effet, il ne faut pas
Ktiie rue que les évangélistea, araul de
Kiter leurs livres, avaient annoncé en
iDus les bits qui y sont contenus. Ils
luuuncaient également en public pen-
M tia'ils composaient leurs livres; et fia
niatireot la mëuie prédication après les
IH' ait par écrit. Or, dans cet état de
te», il était absolument impossible aux
fi^'^lisles d'en imuosersur les faits qui
toaiesl le sujet de leurs écrits, Csr si ues
piuientété eoulrouvés, lus Juifs qui
Ifcnt lécu avec Jésus-Christ, et qui, par
^ueit, cuDtMifsaient h laerroille et ses
Rturi et sus actions, n'étaieni-ils pas là
*r les convaincre de fraude et d'inipos-
>**i!Di Surtout qui avaient le plus {(rand
■ff^ikurouver la fausseté d'une histoire
tfuue itocirine qui entraînait Décessaajrfl<
•fia ruine de leur religion natioualu,
■JMBiis, h moins d'avoir perdu le sens,
*» s'imaginer que si ce que les évan-
iDi'i racoutaienl de leur naître eût été
n-t'ilsn'nvaieot pu cooQrmé leurs pa-
«l>or des miracle», ils auraient pu por-
'n Juifs ireaunceF h la religion de leurs
■*). ruligiou è laquelle ils étaient attachés
tpiniêtréfflPHi, pour leur faire adorer
Mine leur Messie, comme UD Dieu , cet
Bine qu'ils avaient naguère crucitié d«
"ipioiires mains; et qu'ils auraient dé-
"Ditu! les païens fc abandonner un cuits
N liuminail chez tous les peuples du mua*
'•l'()i;liie nation juive exceptée, un culte
M'urableiux liassions humaines, pour en
■'wuMr uu eusai austère que celui de Je-
'^iitisi, qui proaurivait impitoyablement
vl i«Ficliaui vicieux, toute passion con-
uctaUTenuIâi nous considérons encore
f-%1 Vtf. Hix, EinUii. iai N. T. Tk. i, Seit. porirsii de Jésos-Chrisl par J.-l. Rousseau.
' <;. CuLuu, ItUToé. M ff. T., pQg. 5»1. (1397) Yof. la Note VI, k la Sn de vehime.
l'-^i) Voy. au oDUBSeacaBieiil de cet aftîde k (ifOi) V<q|. le S prôo^deai el l'^rUde MiatM.
On ne saurait légitimement révoquer en-
doute la divinité d'un livre qui contient unit
doctrine conflrmée par des mîraclfas sans
nombre, |iar des prophéties éclatantes , et
par l'accord parfait des événements qu'il
rapporte aveo d'anciens oracles prophéti-
ques qui les ont annoncés; une doctrine
qui , considérée d'ailleurs en elle-même, est
beaucoup plus parfaite que toutes les doc-
trines naturelles. Or, tels sont les titres
avec lesquels les Evangiles se présentent i
nous.
Que la doctrine contenue dans les Btbd-
giles ait été coriQrniée par de nombreux mi-
racles, c'est un point qui a été porté jusqu'au
plus haut degré d'évidence par les apolo-
RÎstes chrétiens, qui ont démontré, par tous
Tes moyens que fa critique peut mettre eu
Œuvre, ces deux vérités, savoir t que Jésus-
Christ s réellement opéré les miracles nft*
portés dans nos Evaiigiles, et que ces mé>
mes miracles soit une preure irrécusable
de la mission diviue du Sauveur. Ce que
nuus eu avons dit nous-mèue (1398), suOit
pour en convaincra tout esprit raiaoniiabla
qui ne se laisse pas aveu^er rolontairement
par des préventions injustes.
La doctrine évangélique a élu encore cou-
firmée par les propnéties éclatantes que la
Sauveur a faites, et qui ont eu leur accom-
plissement, conformément k ce que lesévan-
gélistes nous out rapporté. On ne pourrail
déclinerla force de cet argumeal qu en r^a-
laut l'authenticité, l'intégrité et la véracité
des Evangiles;mais nousTsaoos dt démon-
trer qu'il n'y avait aucune raison légitime
de le faire. Or, les propliéties du Sauveur,
aue les évaogélistes nous ont transmise*
an» leurs écrits , et que l'histoire atteste
avoir eu leur parfait accomplissement, sont
d'abord celle de sa mort par la supplice d»
la croix, avec le détail ae toutes ses sour>
(rances et de toutes ses ignominies; qu'iL
serait, par exemple, couvert d'iujures , Qa-
Relié, qu'un lui cracherait nu visage, qu'on
\\i livrerait non-seulement au pouvoir des
Juifs, mais encorek celui des Gentils; qu'ils
le cruiHIitiraieut; qu'il sérail trahi par un de*
siens qu'il désigna de manière k ue laisser
m Vlk IMfîTIONNAIRE APOLOCETIQUC. ETA ik
aueuii doute sur ce Irsllre, qu'il sernit renia iets, a-l-«lle pu opérer diDi h monJeiiDi '
jusque Irtits fois par saint Pierre, H qu'il révolution si subits et li étendoeT Conment
SB Ttrrsit sbsndonnédelous sesapdires; en dei dogmes qui s'élèTeot si biol la-dnim
second lieu, celle de sa résurrection le troi- de l'es|)rit bumsin, qui oblisenl k croirclei i
siénie jour sprès sa mort, et de son oppari- mystères les plus incomprébensibles; ron. I
tionA SHS disciples en Galilée; troisième» ment une moralequi Tealfjue l'on combine
ment, <*elle de son ascension, de sa gloire continuellement et que l'on crjciSe uni i
future et de la conversion de lous les p«!uples ))ilié les fiassions les plus cbères, el qui
h la foi. Une prophétie de Jésus-Clirist oui prescrit une mort perpétuelle t tool loi. |
mérite surtout noire allenlion k causettes uièmfltcommenluoepareilledoctrioeiqnib j
détails nombreux de tout genre dont elle est elle été re^ue aussi promptemefli el lusii I
environnée, c'est celle de la ruine de Jéru- uni rersetlement sf aile o'élalt poial di*
sslem. Car ce divin Sauveur a prédit tous vine (1999]?
les signes qui devaienl âtre les précurseurs Le style et la manière dont les Ersiigiln I
de cette grande calaslropiie, coiume la fa- sont écrits prouvent jusqu'i l'éiiiltut
mine et les autres ealamilés qui pesèrent que les plumes qui les oui tracéi éliirtt
sur la nalinn Juive pendant le siège de netle dirigées par l'Esprit saint. Nous iTonsd^ I
ville. Il aunonçB , par exemple, que parmi vu que la laintelé de$ Evangila parMin
IttsJuifï, les uns périraient par le glaive, caur méiDed'un grnnd déisle, Bitpoisldi
lea autres seroient conduits en captivité; que lui faire avouer qu'un livre à ta fou li » '
Jérusalem serait prise et foulée sous les btime et n limple ne pouvait éln Ciuvrap
pieds des Geotils, et que le temple serait dnAammei. Quelle preuvesurlouleofiitur
itétruilaufMiintqu'iln'earesterjiiliias pierre de l'inspiration de t'Kvangile, que cel lit
sur uierre. Or, nous le répétonit, toutes ses d'indifférence, celte sorte li'inpassibililj
(véuiciions ont eu un accomplissement lit- qui règne dans les écrits des évangëliMbl
léral, personne ne saurait l'ignorer aujour- Qu'on ste Qgure, si on le peut, des luievn
tl'hui. assez passionnés envers leur héros jiuur
La doclriaa des Evansile.*! ne se trouve s'eiposer à mille dangers, endurer leg ptr-
iws moins confirmée par raccord parfait qui sécutions el la mort mdme dans l'uui^iu»
viîste entre les événements qu'ils rappor- dessein de le fnire connallre, elcepemltal
teut, et d'antiiens oracles prophéliques qui raconlant une assez longue tiistoiro des bi-
les ont annoncés. Il sullît de comparer l'An- milialions dont il a été abreuvé, des opptp-
laeu Testament avec le Nouveau iraur vois bres les plus inouïs dont il a été tKa>\é,
que presque lous les faits évangéliques qui des tourments les plus crueis dont il ii>i
concernent Jésus-Cbrisi se trouvent décrus accablé, sans que jamais on puisse les sur* i
dans les prophètes de l'ancienne loi. Eu prendre ayant l'Ame émue, sans que j^oiiit !
vain les incrédules et les partisans de la il leur échappe un seul luot ou en lawv
nouvelle eié^èse se sont-ils inscrits en faux de l'innocence et du courage sublime de I)
contre celle conformité des oracles des Ué- victime, ou contre la perlidie et la cruititi
breuiavec ce que les évangi^lisles nous Bp> des juges et des bourreau iT C'est uolri>p
prennent de Jésus le vrai Uessie atttii'Ju grand effort pour la nature humaine; ell*
tiar la nation juive, leurs efforts et leurs len- ne va pas si loin. Oui , il a Wlu atix éTin*
lalives n'ont abouti qu'A rendre cette vérité gélisles toute l'inQuence de l'inspinlloi
plus éclatante. La Christologiede Hengslen- divine pour dire avec autant de santj-troiii.
berg a détruit lous les arguments des exé- et sans ajouter aucune réflexion : tt en»
gèles rationalistes. Nous ii'ignoruas pas ce fixerunt eum, « plus on fait atlenlion mo-
que quelques critiques ont opposé à certai- raclère inimitable des évaugélisles, remir-
ues particularités dans lesquelles l'auteur que judicieusement Rollin, plus on y recon^
peut en effet paraître' attaquable; mais nous natt la conduite d'un autre esprit que cel«
aavonsaussi que le fond de ses preuves n'a de l'homme. Ils se contentent de dire en m
rien perdu de sa force et de sa solidité, et mot que leur mettre fut cruciHé , uns mit-
nous ne craignons pas d'ajouter que les at- quer ni étonnemeut , ni compassion , ni n-
taques inspirées par le raiionalistne out élé connaissance. Qui parlerait ainsi d'un m
jusqu'ici entièrement impuissantes. qui aurait donné sa vie pour lui? Queltlls
u doctrine évungélique porte en elle- rapporterait-d'une manière ai courte sl^
même un cacbetde divinité qu'il est difficile simple comment son père l'aurait exempté
de ne pas recunnallre. Non, jamais Jésus de du dernier supplice en le souffrant iH
Nazareth , jamais d'ignorants Ualiléens. b place? Mais c'est «o cela que le doigt <n
looiiis d'être éclairés par une lumière di- Dieu est évident : et moins rhommepirui
vine, n'auraient pu inventer des dogmes dans une conduite si peu humaine, pli»
aussi sublimes, une murale aussi paiiuite, l'opération de Dieu est oiBnlfeste. l.«s{>iU'
Nous l'avons déjà dit, et la question que phètes décrivent tes souffrances de JéH»
nous trailuiis nous otili^e à le répéter: Christ d'une manière vive et touchante, [»'
Comment la doctrine évangéliqiie, prèchée Ihétique. Ils sont pleinsde réôexions (lUWIi
par douze pauvres pécheurs qui ne conuais- mais les évanRélistes lesracooteat il'>i'"
saieot guère que leurs barques et leurs il-
mais les évangélistes les ' racooteat <
manière simple» sans oiouvemeslSf
(1599) On peut voir dans lo« tes inilés «le la re-
biHHi lea iUvdo|>p«aieiuqne Ic&Uiévlosîeiia polé-
miques oiil donnés & celle preuve.
(liOO) Pê. XXI, uvui : J«r. XV, i
m nu
réleiiMU, mm ri» permltra h leur«l-
■irMioa et k leur reconDaisMnce, mos p*-
ntiTF avoir «ucaDdesMiD de changer lears
iMeurtêndiiciplMdeJésus-Chrial. Il n'élait
|iu DalHf»! que des témoins nculairca de sa
c»ii, et si zélés fNHir sa gloire, pailasseut
d*yae maniera ai modérée do crime iuouï
tnaiDis contre se personne. Le zèle des
érangëlisM» eût été aiu|)ecl, celui des pro-
pbèles ne pouvait l'être; mais si les évangé-
'iiles et les proplièles u'aTsient étéiuB|iires,
lei premiers eussent écrit d'une manière
plus animée, et les seconda d'une maniéru
plus îndiflërente- Les uns eussent ourqué
oodMsein da f>ersusder, et les eutrea une
limîililé el une béaîlalion dans leurs conjec-
tem «fui o'eAt touché personne. Tous les
prephéiti «ont ardenis, zélés, pleins de res*
;«cj et de Ténérstion pour les mystères
qu'ils annoncMil; tous les évangélistes sont
(naqgdles, «1 atec uo zèle égal k celui des
popliètes, ils ont une modération inimita-
Me. Qui peut ne pis reconiialtre la main
fui acoocDÎt les uns et les autres Tel quelle
pnave peat être plus seasible de la di*înîté
ta Ecritures, que de ne ressembl.T en rien
i loul ce qn'^eriTant les hommes (lUl^T >
il ne faut donc pas a'élooner si les Chré-
lima ont toujours en pour les Evangiles un
agnod respect, one vénération si proroude,
n<i toutes les ^liaes chrétiennes lus ont
lotjoun regardés non-seuleiDenI comme
aspirés par l'Esprit saint, et fiar conséquent
■unis du sceau de l'autorité divine, maia
nmine la partie la plus importante du canon
Ies livres aecrés, puisqu'ils conlienDenl les
«rôles qui sont sorties immédiatement de
1 tKHiciie dn Fila de Dieu lui-uièDie. En
Cri, peitoul aillegradana l'Ecriture, Dieu
irle par ses prophètea ou par sas apAtres,
'tttrae* remplis de son eaprit, mais aimples
réatoree, placés au-deasous de lui de touie
I disuoee do Bni è l'infini, tandis que dans
Evangile il s'exprime par l'organe de son
ro|ire Fila, la splmideur de sa gloire, l'image
arfaila de sa substance, et qui est assis au
APOUtGETlQDE. FAS mS
plus haol du ciel h la droite de aa sonveralne
majesté, comme le dit saint Paul dans sa
dernière E|>Ilre : MuUifariam mullûque
modii oiiai Dnu loquetu palribui in pro-
fktlù, M.Qviiimt ditb¥t U(U IocuIum ett nobiê
M Filio... Qui citm tit tplendar gloriœ et
figura âubttanliœ ejus.-. tedet ad dtxleram
WMJestatit in exctliiê (Htbr. i, 1-3).
EVANGILE, l'Orienl au lemt>s de sa pré-
«lication. l'oy. UrreisiiE, ) VL — Ce qu'était
l'Asie occiiienlale k la même é(^>oque. Ibid,
— Puhliciié des laits évangéliques. i6id.,
I IX. — Son unilé, son originalité, sa eo-
blimîté, sa sincérilé.son universalité. i6îd .
i X. — Sa publication a Tait tomt)(>r les ora-
cles du paganisme. Voy. DiMun, { IV. —
Peut-on appliauer aui Tails évanjjéliques
la théorie de rtiallucinaiion. Foy. HiLLiicf-
KATiox, i III. —Telles de l'Evansile relatifs
au petit nombre des élus; interprétation,
— roy. Elus, { 11. — E*angito primitif, ea
au'il faut en penser. Vog. Note IV, k la &a
a volume. — Originalité do l'Evangile.
foy. note Ml,è la fin du volume second. —
L'Evangile prnscrit-il le célibat? Toy. Càu-
•AT,)!.— Origine apostolique des Evangiles,
preuves internes. Fay. Uxthismb, S ". —
Evangile de saint Uarc, son nuibenlicité;
réfutation do Strauss. Foy. Uaic (Saîntj;
o'est-il aii'un abrégé du premier et du Iroi-
sièmeT Ibid. Réfutation de Strauss au sujet
des deux récits miraculeux particuliers k
aaiol Uarc. Ibid. — Fay. Loc (Saint); Jbah
(Sainl).
EVOLCTION. examen de ce système em-
brjrolojfique. Kay. Embktolooik. — Evolu-
tion rationnelle ue l'houime, ses condition».
Yotf. PsicaoLoaiB. S IX. et suiv.
EXAMEN PRIVÉ, réfuté comme rèjle de
foi. Voy. KkoLR dk foi.
EXODE, sou authenticité, etc. Foy. Pm-
TATKtlQUB.
EXORCISTES, leur ordinalioD n'esl-eHe
qu'une simple pratique de discipline. Faf.
■^ JIV.
F
FABERT, ton aenliment sur l'Eucharistie.
7. BOCHAKUT», I 111.
ACOLTÊS de Ihomme, ne permettent
is d'adtneure l'étal de nature.. Foy. Psi-
Htuicn. i VI. — Facnllés intellectuelles
imparées dans les dïTersev races btuaalnea.
■y. RacBS mxmummt, i VIII.
FAITS iueooteatables, inexplicables sans
résarraetioa de Jésus-Chnst. Fay. M-
-aascTioii ■■ iÉaas-CBusT. { III.
FAlXOUX (Alfred), son mémairt sur la
lint-Sarlhélemjr; ses belles paroles au
Migres ■dentifiqae d'Angers en 18^3. Foy.
iMAnsMMt i IIL
VAUIIXES BDHAINES, leur distnbultoa
t^rapbiqoe. Foy. Racks momaiii». | i.
OHM) «autt, TroW da éuia, L U. cb. S, | J.
FANATISME, ta rtUffion veng/e du tê-
jtrocht de fanaliMmt. — Je ne sais |»ar
Îiuelle blalité il arrive, a dit un écrivain
rai>{;ais, que les choses dont on parle le
plus parmi les hommes sont ordinairement
celles que l'on comprend le moins. Celte
réflexion singulière, si l'on veut, s'est par-
ticuiièrement vérifiée au sujet de ce qu'on
appelle fanatitme. De nos jours, ce mot n'a
pas été, comme autrefois, reléjjué dans les
livres; il a été sur tootes les lèvres, il a
circulé dans toutes les classes de la société ;
le peuple même l'a' prononcé; et pourtant
il est manifeste, par I usage qu'on en faisait,
que la bouche le proférait sans qoe l'esprit
y attacbil aucune idée nette et précise. A
rAN
MCTiomAme apolocetique.
cette époque de déieslres où lesnonleiirs
nortaieni le plus étrange renTcrsemenl dans
In laDgnge comme dans les idées, que de
victimes ont succombé sons la vague accu-
sation de fanatisme 1 Malheur alors à coux
qui traTflillaient h couserrer quelque étin-
celle du feu sacré, k saurer la reliKion et la
morale d'uD naufrage universel I Ils étaient
traités de fanatiques, et l'on croyait avoir
accumulé snr leurs têtes toutes Ins accusa-
tions, lorsque, par une locution nouvelle,
qui n'a f>as luôme le mérite d'être françfiise,
00 les accusait de fanaliter te peuple. Le
temps lie notre délire n'est plus; mais en-
core aujourd'hui combien font un uMge
|)eu éclairé du mot fanatisme l Aux yeux
d'un athée, je suis fanatique, parce que \e
crois en Dieu ; aux yeux d'un déiste.je suit
fanatique, imrce queje crois en Jésus-Christ ;
enfin, aux yeux do je ne sais quel bel esprit
liborlin,je suis fanatique, parce que j'adresse
une prière au Dieu 6 qui je dois le jour qui
nréclaire et le pain qui me nourrit. Ainii
on flétrit d'un nom odieux ee qu'il y ■ de
plus respectable; et par ce moyen la baine
et le mépris des choses les plus sacrées ne
peuvent que se perpétuer. A mesure que
nous reviendrons h des idées plus saines,
noua mettrons sans doute plus de vérité
dans notre langage; la justesse des idées
ramènera la proitriété des termes, et nous
saurons enfin el penser et parler. C'est pour
concourir h cette rérorme salutaire que nous
allons fixer le sens du mot faïuUieme, mot
terrible, qui a coûté tant de aang et de lar-
mes. Distinguons ici le faniâme de la réalité,
el sans rien dissimuler, sans déguiser les
excès qui mérilenl d'être qualifiés de fiua-
lisme, montrons qu'il est injuste d'en ac-
cuser la religion chrétienne.
T a-Ml qaelqoe (race de iHuUme dioa les acUov «t tM
tuilmes de Jésua-OiTist.
En donnant» comme on l'a fait de nss
jours, au mol /oiuifitnis une signitîcalion
plus étendue qu'il n'avait autrefois, ou
imurrait aualifier de ca nom l'sœour outré,
excessif d une opinion quelconque, vraie ou
fausse; dès lors les sciences, les lettres, les
arts, la liberté, l'égalité auraient leurs fa-
natiques, puisqu'ils oui eu des partisans
fougueux, eulhousiestfs, qui D'oui connu
ni burnes ni mesures. Ainsi ce serait le fo-
iislisme des sciences naturelles qui aurait
fait oublier l'élude la plus digne de l'homuie,
celle de l'homme ei de ses devoirs ; ee
serait le fanatisme de l'égalilé qui aurait
voulu effacer jusqu'ft la plus légère trace
des distinctions sociales ; ce serait l'amour
faoalique des Grecs et des Romains qui
aurait outené parmi flous hi mépris de nos
ancêtres, l'oubli de leurs grandes actions,
la haine de leurs institutions el des mœnrs
françaises. Mais pour nous borner h ce qui
regarde la religion, qu'est-ce que le fau»-
lismeT 11 est sens doute un altacheoieDl
raisonnable à la religion, uu zèle sage el
modéré pour ses intérêts, que les possioos
seules peuvent chercher à reoérD odicm, ^
qne respectera tout homnie sensé parmi
ceux-IA même qui auraient le milfacunit
ne voir dans la religion qu'une inreiiliaD
humaine. Qui dit fanatisme dit einpiirtt-
ment, violence, fureur; el, si I'ud «em
s'entendru. on appellera fanatisme un ièl«
vioknt el sanguinaire. Or, rien dt plus
injuste que d'en accuser U reli^fion cliré-
lienne.
8i je voulais <>n accuser le cbrlsiiiDîiaw,
je lAcherais d'en découvrir des tracts ou
dans les aciiuns el les inaiimes de Um
son fondateur, ou dans la conduite ellV
seignement de l'Eglise qu'il s établie iltp»-
sitaire des vérités révélées, ou dans in
actes pleins de violence et de barbonequ'n
eût le droit de regarder oomme l'ouinj»
même de la religion ; car est-il rien de piot
inique que de nire retomber les n^ k
quelques Chrétiens sur le cbrisUauisowqLi
les condamne ?
C'est bien dans l'histoire de Jésni-Chriil
et dans ton Evangile, qu'il faut, avant loa',
étudier l'esprit de la ri-liKion que mm ^-
fessons. Or ici nù »ont les signes d'un lèlc
eruel et faroucheT Que fnt Jésus-Cliritt sur
la terre T le plus doux des enfantsilFiboDi-
mes :il n'achève pas, comme disent les li-
vres saints, de briser le roseau hdemiciHi,
ni d'éteiudre la miche qoi fume entort.
Ami des pauvres, consolateur des ilDigt',
défenseur des foiblvs et des petits, il ftst
en faisant du bien h tous , el ses miriclti:
BOut des miracles de boolé. Si Pierre ini
le défendre, il arrête son tèle; il embrawl
le disciple qui le trahit , il souffre unsw
plaindre, il prie pour ceux qui leperi^
lent, il meurt en nardonnsut à si-s Immn;
reaux; quel blasphémateur insensé iiniH
rail pa« louché de l'béruique simplicité d»
tant de vertus? Que Irouverei-voun du»
son ËvangileT Lui-même il nous sppnN
qu'il est venu pour servir, et non fmttn
servi ; il euvoiu ses disciples au milieu •><■
nations, comme dea agneaux au milieu «M
loups ; il prédit les persécutions que va \m
susciter la haine, et ne leur permet d'o[f
ser è la fureur de leurs euneinis qut^
patience. S'il dit qu'il est venu appeau
non la paix, mais le glaive, ce n'est iti"
glaive exterminateurquifersasasiedes^O:
ut de carnage, mais ce glaive ialuiair«4>"
combat les passions , et qui abat li>ui>'i
rejetons funestes de cette ligeempoisoDoit
ir est bien vrai que la religion s est |impi'
gée au milieu des persécutions, ma 't
milieu des perséculiess qu'eila s loultf
tes, et non de celles qu'elle avait aUnarfe^
ca qui faisait dirai un aociea qus la loidd
Chrétiens était, non d'égorger, mais de m
laisser égorger pour la vérité. Si Jésus m>
dil encore qu'il est venu allumer un feuwi
ia terre, et que son désir est qu'il se f^
paiide su loin, ce n'est pas ce feu àéin^
leur qui dévore les cites et lee eampijpefi
mais ce feu divin qui consume les xm
iiourrit les vertus et enflamme les oein
de col amour pour iM lionuiMe qû n)ii>'
UCnOKUUE APOLOWncp».
m'1 bira liiBer im emwinii. Sans doute
tt\m qui i dit (lUH) : J* aM* /■ tériU, a
toula i|a0 iOii Eringik fût «nDoocé A IouIm
la uuoM el profeisé par elle*. If a eoit*
Ânad d'année les ftprits rebelles qoi ré-
listpnifOl A •• liiiniére tuffisaniiiienl maiii-
fesiée, en dinal {ikOS) : Celm gui me croira
ft$ urt eomdawuU ; et voiU bien l'inlolé-
noca eDTsrs louiei las erreurs, qui est l'un
4» earaclères de la religion rénlat>le. Usis
laui, laraque deux de ses disciples lui de-
eandeot de taire descendre le feu du ciel
luroof rillif criminelle, il répoud (iVA) :
T»<u»i mctt pat à quel ttprit votuappar-
Uta-.jctuiâveMU pomr tauver Iti âmiM, et
•M favr ÙÈ perdre; et ?oilà celte tolérance
cbwHDe euTers les personnes, oui n'est
lulfidNMe que II chanté. Ainsi, aans Jô<
Hf^ltriit rien quinerespiire l'esprit dadou-
CMr,depaix,de persuasion, et, par eonsé-
qMoi^en qui lie soil éloigné du lanstisuie.
It passe a ransetgnement public el à la
cnodaile de l'Eglise. Ce n'est ni dans quel*
quel Chrétiens, ni dans une Eglise partieu-
li^,Di dans quelques pontifes dp la religion,
qu'il tant ebercber l'Eglise enseignanle, dé-
miuira de la révélation, et enarijéa par
iésus^CbrisI mèina de nous apprendre loota
férité. Cette Eglise enseignante , c'est le
corps des premiers pasteurs nuis k ieur
(tMf,leséTéqnesa7aDtk leur lAle celui de
Kom« qui est le pasteur nnÎTersel. Or je dé-
nude qu'on me die une profession de foi,
ta sjrmbole, un déeret, une institution, ou-
mge de l'Eglise unïTerselle , qui com-
••Dde nu qui aolorise la zèle plein de rio-
nceet de famnr qui earaelérise le fsna-
itiae. Si tous narcouref l'histoiredes pre-
Mn âges de I Eglise etirétienne, quetmn-
crez-vons? des apologistes et des docteurs
tteqne Tertollien , saint C^pricn, saint
itfJimUiavt, saint Ambroise , qni ensel-
Mut formel loaaenl que la foi doit s'établir
*r Is persuasion et nun par ta violence
MS). Si dans les trois premiers siècles les
iMipIes de l'Evangile le propagent au mi-
ni des nalioas idolâtres . loin de l'établir
fer ei la flamme i la Qiain, ils n« savent
M même se venger de leurs ennemis.
'«( eu marchent sur leurs traces que les
tBBKs apostoliques de tous les temps
'mi pénétré au milieu des nations inCdèles
le |iar le« seules armes de la patience et
'Itc-barilél Si, depuis Constantin, les
■pcreur» ou les autres princes catfaoll-
:esoni défendu l'Eglise contre les nova-
irs, cl fait respecter ses lois; si même
sesoRt armés contre eux, c'étaient \à
tnesnrea de [iroleciion et de politique, et
1 des masures de violence pour forcer les
ucienees; et souvent il a été nécessaire
déplojar la force publique contre des
Mires qui étaient ennemis de l'Eiat «u-
HM)J»mm. XIT^C
1403) M^re. vu. IC.
iWi) Lmt. u, 55, SG.
IMS) fvf. UDiwitF. £•*«{ nr U foUtuu,
i, à la suite d« la ÙiwtoiMr. ivatg^ptt.
ItW) l>wi.lib.i.er.».
laut qne de la religion, et qoi éfaUissaieul
leurs doctrines au milieu du pillage et de
l'incendie. Je sais bien que des princes oo
des docteurs, égarés |tar un faux xèle. peu-
vent avoir passe les bornes l^iiimes ; mais
ce sont Ik des écarts particuliers qui ne
prouvent rien contre i'i-sprit général de la
religion. Toujours elle api>laudira i ces (>«-
rôles du Pape saint Gié^oire le Grand à un
évéquedeTerracine, qui était trop sévère
envers les Juifs (lfc06) : « C'est par la dou-
ceur et les et borUlioos qu'il faut appeler
les inSdèles au christianisme; il ne faut pas
lt!S «u éloigner par les menaces ni par la
terreur. >
lit.
Feal-«i nbooiubleincnt Kruser de bnaiiinM TeOMl-
Simiicni public et la omdufie de l'Eg.iseT — Une doit-
—I pMWT, en pirUenlkT.de Ii eaadMMUoo *■ erUm
Les incrédules n'ont rieo oublié de ee
qui, dans les annales de l'Eglise, présente
uu caractère de zèle persécuteur et farouche ;
et voici ce qu'ils étalent avec complaisance.
Oo cite un prélre nommé Vii^ilc, persé-
cuté, dit«n, au nu' siècle i>ar le Pape Za-
charie, pour avoir enseigne l'uiislence des
auliiKXles ; voilà ce qu'ont siipfiosé d'Alem-
bert, et l'olliée qui a écrit i'Ki^iste du ta-
bleau hiitoriqut de l'esprit kuaiam (1407). Or,
il faut savoir que ce Virgile svait été dé-
noncé, non comme soutenant la rondeurda
ia terre. opinii>n très-indiO'érente ,' mats
eomma enseignant une doctrine tendant h
persuadorqu'ilr avait sous la terre d'autres
hommes qui navaienlpas avec nous une
origine commune, o)iinion irèt-réprébeBsi-
ble. Celte coutestation fut ai peu de «base,
et Virgile fut si pt'u perséenté» qu'il fut fait
évéque de Saisbourg (1408J.
On cite Galilée condamné et persécnlé
par le Saiol-Offiee , pour avoir enseigné le
mouvement de la terre sur elle-même. Beu'
reusement il est aujourd'hui prouvé , par
les lettres da Guichardin et du marquis nj-
colini, ambassadeur de Florence, tous deux
amis, disciples et protecteurs de Galilée ;
par les lettres maniiserUes el par lea ouvra-
ges de Galilée lui-même, que depuis an
aiède on en impose an public sur ce ttit.
Ce philosophe ne fut pas persécuté comme
bon astronome, maistnmme mauvais lhé<^
logien, pour avoir voulu se mêler d'eiplw
qner la Bible. Ses dteouvertes lui siisctlè*
rent sans doute des ennemis jaloux ; mai*
c'est son eolAiemanl è vouloir concilier la
Bible avec Copernic qui lui donna des ju-
ges, et sa pétulance seule Ait la cause da
ses chagrins. It fut mis, non dans les pri-
sons de l'inquisition, mais dans l'apparie-
ment du Fiscal, avec pleine libfVtédecoaH
muiiiquer au dehors. Dans sas défeases, il
ne fut point question au loud da son sjs-
(1407) Page SSS.
(4IW) VtftM des CefawciMMMin sur ee Ikit .
dani l'ouTrage JHliMlé: Le ^rittinUmu ée Baten,
um. II. page SIS. — V«ér aufsi l'uiide AxTiNMm
daua ce IHttiemiaiM.
VAN
ncnoMUWE apologbtiqi».
Van
lime t i>»l< do ** pr^UiDdaa coDcilialiea
avec la Bible. A|irès la senlenee rendue et
la féiraclalioo eiigée , Galilée fut le maître
de relourner k Florence. On doit ces ren-
eeignementsk un proteslaDl.Mallet Dupan,
qui, appuyé sardes pièces origiosle», a ici
Tengé la cour romaine (1400).
Certes il est bien peu philosopbic^ue d'on*
blier tout ce que les lettres, les sciences et
les arts doivent au Saint-Siège, pour ré-
cbaulfcr uns cesse une anecdote eiagérée
dans tous ses détails. Mais ce même Galilée»
pour avoir enseigné une nouvelle théorie
sur la cbule des corps graves, Tut d'abord
liafoué par les anciens docteurs aeë collé-
S;ues, ensuite dénoncé aux magistrats, et
orcé, comme un novateur, de quitter la
ville de Pise; et, lorsqu'il aoDonça ensuite
sa découverte des satellites de Jupiter, il
fut traité d'imposleur et de visioRnaire :
budrait-îl pour cela déclamer sans tcesse
contre les corporations savantes?
Pierre Remua fut dénoncé ft François 1"
comme criminel d'Etat, pour avoir com-
battu la dialectique d'Aristole; poorsuiv!
par l'Université, il fut déposé de sa chaire
el banni de Paria : faudrait-il pour cela in-
sulter Il la gloire de cette Duiversilé, mère
iw sciences et des arts?
FaudraiMI aussi compter pour rien tous
lea grauda services que peut avoir rendus
fc la France l'ancienne magistralufe, parce
oae le parlement de Paris voulut, pour
I honneur d'Arislote, maintenir par arrêt sa
ptailotophie, ou plus récemment s'opposer
• la pratique de l'iooculalioD?
Dans son ffiitoirt de t'Aitronùmie modem*
(IMO), Bailly a'est exprimé plus sensément
•ur la conduite du Saint-Ouice, en disant ;
■ Nous ne devons pas juger cette faute avec
les luiDières de notre siècle. Le système
de Cofieraîc n'avait alors de partisans qu'en
Allemagne; la foule aea astronomes
iUit contraire (lUl). >
On cite un tiérésiarque, nommé Jean
Hua, condamné dans le xv* siècle par le
concile général de Ou'nstanoe, et livré aux
Bammea malgré le sanf-cooduit qui devait
mettre sa personne en sûreté. Mais certes
il est facile de justifier le concile. It con-
ilamoa Jean Mua oomme hérétique, el il en
avait le droit t ensuite ce fut l'empereur
Sigismond qui le lit livrer au supplice,
Hiui'is comme hérétique que oomme pertur-
bateur dangereux. Ce n'est pas le concile.
Biais l'empereur qui avait donné le sauf-
eoDdnili encore même est-il facile de prou-
ver qu'il ne viola pas la foi publique, que
lesauf-cooduit n'était que pour garantir la
personne de Jean Hus sur la route, pour
qu'il pût Iranquîllemeot arriverèConstaoce,
où il allait plaider aa cause (IVIS).
liais voici ce qui lait un 8^iet de perpé-
(IW9) Yoftt le MfTCBTt de FroMt, du 17 juillet
iTU, n-S9; ou Uen te Oieticmmairt de Théologie,
.^■r Bnciu, article MoHdt ït SeitHce.
lUtf)) Liv. II. I 52, ton. Il, pat. 151.
Juin Vof . lart. Tbmb.
tl4tl> DitiioMain deê Birétitt, vnat U, pâ|e
tnelios déclamaltoos coolre la rHigion a.
Iholiqne en parlicolier, ce qui foemii la
prétexte la plus apparent de l'aecUHr dt
fanatisme daoa sa conduite; c'est ce tritmaj
de rang qui a fait tant de Tietimes, qui nt
juge \iM seulement les actions, otiii \ti
consciences ; c'est, puisqu'il tant bien li
nommer, l'iiu^utat/ion. Ne pensez pei que je
vienne me faire l'apologiste de l'Iaquiiiiiu
espagnole. Hais je n'y vois qu'une iuiito.
lion locale et parliculière, odieuu m
Français, étrangère h nos lois et k nos dh-
gt)S, iocoonue chez un grand aoBibred'Gclj-
ses, un tribunal dont il n'est ^as penaiidt
faire retomber sur l'Eglise universelle \h
excès qui ont pu le souiller. Je pourrais si
borner h en peu de paroles; mais il impoM
de se foire des idées moins va^es otR
qu'on a|>pelle en général vmàiUton.
Je fais observer d'abord qu'on ne |iti>i
contester aux deux puissances eccléiiiui-
quea et civiles le droit de prendre des mt-
sures et de se concerter ensemble poer l'op-
poser à des nouveautés funestes qui ne nia-
promettent jamais le reofis de l'Eglin »ni
altérer aussi celui de I Etat; que, dans le
sociétés civiles les plus modérées, il eiiM
des tribunaux, nou^seulemeot de juBi»,
pour punir les crimes commis, mais tmn
de âûrelé, de aurreillanee, pour aller lu-
devant des crimes, prévenir des éarti tl
des complots qui pourraient troubler U
tranq^iillilé publique; qu'il est bien perBùi
aux pontifes et aux magistrats de peestr
que les mauvaises doclriues conduiseDltu.
mauvaises aclions; que nul n'a le ànt'
d'être séditieux sous prétexte de libettt dV
pioions; qu'eu général la violence ne pnl
être repoussée quejiar la violence, ainsi qot
l'a dit Gicéron (Ï412*), et que, si les raoïfM
de répression ne passent (-as les borM
légitimes, Ils foni la sûreté des gens de Itieb
et ne peuvent déplaire qu'aux méchiais.
Je fais observer, en second lieu, quetpoff
juger sainement les choses, il but ce Iracf
porter au temps oft ce tribunal fut éUidii
temps d'alarme où des seaes turbuleaM
faisaient trembler la puissance el prêcbiitii
les armes h la main; que ce trib«nal,dM
ce ^u'il 7 a de plus effrayant, vient it^
politique des princes. C'est l'empereur fi<-
déricU, qui su xiii' aiècle (llil3}, porul
Padoue les édits les plus rigoureux en tMt
matière; c'est vers la du du Xf* n^
(1413*) que l'inquisition fut établie ee &"
pagne par SixtelV,mais sur la dei)Mnde''S|
roi Ferdinand; c'est au xvi' siècle \MM'
qu'elle fut établie en Portugal parPaulHI*'
mais A l'iastauce du roi Jeao lll:oosd
qu'à Venise elle fut établie par ordeDR)Wt|
eapresse du sénat, et que trois sénateort»!
étaient membres. Aussi l'auteurde l'ounip '
qui a pour Ulre VAmi des Aaaiac^ elqai<^ I
150 et suiv. diDi la note.
(Iil2*) Kpitt. ad. famU. lib. UI, n. UL
{MM) 13 février 1324.
(1415-) En 1M3. I
(lili) &i iSiS.
ra
UCTIOlfNAIRB APOLOGETIQUE.
irtrii^loî^éd'iioieree tribunal, B dit (Uti*):
« L'inquisition. M tribunal pffrnjant aulre-
(nij djiis l'ordre civil.... était lui-même de
rinslilotion des priaces. • Pourquoi donc
It reprocher DniqnemeuL à l'fglise, eonime
ttfoat KseoneniîsT
El) troitième lien, je fais observer, h la
iontnge de l'Eglise de Rome (et ceci est un
l«inl cipilal). que chez elle ce tribunal a
eu In formes les moins sévères, qu'on n'j
I point coDim ces etéciilions sanglantes
qu'on repmcbe i TEspjigne ; ef, dans son
ffftiièae discours. Fleur;, d'ailleurs opposé
iriiiquisilion, remarque expressément (IfclSJ
que les Sonveraini Pontifes avaient faii plu-
iimn constitutions pour en modérer l.i ri-
tD(a-.AussidaDsr£'i)cyc<op^di>menie(U15'),
uij'élife bien contre les procédures et les
ïUfiplices des lûpagnols; mais en même
leoipi on s'étoDoe qu'ils aient mis tant de
ngiHfur doiu Vextrcien (Tuiu juridielîon »ù
Ut Iialùmt, tes tmvaUeurs, metlaient lanl de
Je le sais, lorsiiu'oD reproche aux Espa*
gools leur inquisition, ils la défendent eo
lii<ant raroarauer que tandis que la France,
rAllemagne, l'Angleterre, les Pa^g-Bas, la
î^iise. ont été en proie aux discordes civi-
1». l'Espagne avec son tribunal fut tran-
quiJIe. Dans son fwoi imt Vhirtoirt générale,
Vbliâire bit observer qu'il n'y enl eo
^ragnp, dans les xvi'et xvii* siècles, an-
tune de ces révolutions sanglantes, de ces
cADspira lions, de ces châtiments cruels qu'on
>'t dins tes autres cours de l'Kurope, et que
«u Ut korreurt de finquititioit, oh n'aurait
n aitwt riem à reprocher à l'Etpagne. Hais,
lit i ce sujet ua écrivain de nos jours, ■ je
te sais ce que le plus ardent ennemi de l'in-
luiïilion répondrait à un Espagooî qui la
•iiilieraît eo ces termes :
* V'ous 6tes mjope: vous ne voyez qu'un
«ial. Nos lâsislateurs r^ardaient d'en naut,
* voyaient T'eDsemble. Ad commencement
u ivr sidcle. ils virenl, pour ainsi dire,
>»tr rBurop^; pour se soustraire h l'in-
totiiegénérmlt ils employèrent l'iaquisilion,
m tst U wufjftm poliiiqu» dont Ut teiervirent
•v maimiaûr f*nUé retigieuu, et prévenir
I gmerret de religion. Vous n'avex rien ima-
'■é de pareil; examinons les suites, je
t(ue foui autre juge que l'expérience.
< Voyez la guerre de Trente ans allumée
t les arguments de Luiber; les excès
Mils des anabaptistes et des paysans; les
«rre* civiles de France, d'Anglelerreet de
Hklres ; le massacre de la Sainl-Barthélemi,
massacre de Uérindol . le massacre des
veoo^*; l'assassinat de Harie Smart, de
nri III. de Henri IV. de Charles I", du
uee d'Orange, etc., etc. Un vaisseau flotte-
l sur le saniï que vos novateurs oat Cail
i ei le% Yiet dtt P*tu at
DscnoNKAraR iroLocfa^CK. I.
répandre; l'inqoisition n'aurai! versé que
le leur. C'est bien è vous, ignorants pré-
somptueux, qui n'avez rien prévu, et qui
avez baigné l'Europe dans le sang ; c'est bien
Avons qu'il appartient de blâmer nos rois
qui ont tout prévu. Ne venez donc point
nous dire qse l'inquidition a produit tel on
tel abus, dans tel ou tel moment; car ce
n'est point de quoi il s'agit, mais bien de
savoir si, pendant let Iroit demieri tiielett il
y atu,r» vertu de l'inquitition, pitu de pais
et de bomheiir en Etpagne que dont le» autrre
eonlréee de CEwape. Saeritier les générations
actuelles an booneur problématique des gé-
oérations rtttnres.ce peut être le calcul diin
philosophe, mais les législateura en font
d'autres (UI6). >
Je laisse cette apologie pour ce qu'elle
est ; qu'on la blâme ou qu on l'approuve ,
peu importe k la cause que jn délends: je
veux venger l'Eglise calholique, et l'Espa-
gne n'est |»as plus touie l'Eglise, qu'un tri-
bunal particulier n'est toute la magistrature
de France.
On a dit. on dît encore, on dira toujours
sur le ton le plus affirmalif, et comme si
le lait était incontestable, que saint Domi-
nique fut le premier inquisileur dans la
Gaule Narbonnatse; ctrpendant, rien de plus
incertain que ce fait avancé avec tant de
confiance. Les historiens de la vie de saint
Dominique et de savants criiiqnes moderoea,
a'appuyant sur les auteurs contemporains
les jilns tidèles, prétendent que saint Domi-
nique ne couiiul jamais contre les héréti-
ques d'autre voie que l'instruclion et la pa-
tience, et ce que sa mission eut de plus
amer fut d'imposer des peines satisfacioire).
tels que des jeûnes et des prières, aux héré-
tiques convertis par sa charité.
On a dit, et Uonlesqoieu (e suppose, que
les Juifs étaient punis poor le seul fait de
leur religion : cela n'est pas exact. L'inqui-
sitidu ne recherchait que les Juifs qui, après
avoir professé le ebrislianisme, apoatasiaieut
publiquement pour judaiserde nouveau.
S'il /allait croire aux écrivains incrédules
du dernier siècle, rBs(«gne, par les suites
de son inquisition, était une terre qui dé-
vorait ses haluiants; et toutefois il est vrai
que, depuis la dynastie actuellement ré-
gnante, l'iiiquisilion a perdu successivement
ses rigueurs, et que le dernier snio-da-fe
est de 1680 sous (Charles il- On écrivain
dont le témoignage n'est |ias suspect, un
Français, ennemi de l'inquisition, ambassa-
deur de France en Espagne a dit dans son
l'ofrlcau de fEepagne moderne (1416*J : ■ L'in-
quisition pourrait être citée de nos j,ours
comme un modèle d'équité.... Plus de neuf
ans de séjour et d'observations m'ont prouvé
qu'avec quelque circouspectioo dans ses
rfcf merlyn, tndiiilcs de l'Mglaîa, envraga plein
d'une Iwune criUqee : >« A août, nota, pajfe SS,
lom. Vil, édit. de 1811.
(1416*) Bonrgoiitg, ainbassadear som le Direc-
imre. Too. 1, pagelMS.
907
FAN
DtCTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
FAX
m
nru[)OS et sa cooduitc, retativement & la r«-
lîgion, on peut facilemenl lui échapper et
vivre aussi tranquillement en Espagne qu'en
aucun outre pays de l'Europe, a
En^n, nous abandonnons sans regret k
la censure des protestants et des incrédules
l'inquisition d^Kspagneet de Portugal; ce
li'est là, encore une fois , qu'une institu-
tioo localet temporaire, pnrticulîère, plutôt
politique qu'ecclésiastique. Il f s aussi peu
'de philosophie à partir de là pour accuser
de fanatisme la religion catholique ei: gé<
néral, qu'il ^ en aurait II accuser d'athéisme
une académie) parcn ([u'elle aurait compté
quelques athées parmi ses membres. Mais
aussi je voudrais savoir quelle setle a le
droit ici de jeter la première pierre h ce
tribunal. Chez les nations qui embrassè-
rent la réforme , gue d'édils sanglaoti
fiertés par les hérétiques contre tes catho*
iques, su par une secte contre une autre
secte! Calvin fut-il bien tolérant envers
•Serve!, et envers tant d'autres qui inno-
vaient comme il avait innové T gu^l'e ne
fut pas la rigueur du Danemark'et de la
Suède contre les catholiques I En Hollande,
avoc quelki fureur ne furent pas poursuivis
les Arminiens I Barneveldt eut la tfile tran-
chée, Grottus fut condamné à une prison
perpétuelle. Nous dirions surtout aux an-
glicans : II vous sied bien de reprocher h
rEgltse Romaine l'inquisition, à vous, dont
la législation contre les catholiques est rem-
plie des plus atroces dispositions quijamais
aient souillé lecod« d'aucun peuple civilisé.
Nous difiODS è la seele incrédule du der-
nier siècle : Vous convîent-il de reprocher
ï l'Espagne les anciens auto-da-fé, à vou.*,
dont ies principes et la conduite devaient
amener une inquisition capable de faire en
trois ans plus de victimes g^ue n'en ont pu
faire eB trois siècles toute^es inquisitions
de la domination «spagnoleT Ici t nous,
Français, reconnaissons que nous avons
Eerdu le droit d'endoctriner dos voisins;
aissuns («3 yeux , et foiions aaraade hono-
rable par la rougeur du notre front; gémis-
sons sur les égarements de l'homme em-
porté par ses passions et surtout par son
orgueil; protllons de nos Aules passées
pour devenir meilleurs, su lieu de nous
élever avec tant d'amertume contre celles
de nos semblables; jetons un voile sur nos
torts réciproques; c'est le vœu de la reli<-
gioD. Soyons unis autant que nous avons
été divisés, et parilounons puiirqu'oo nous
pardonne (*4l7), '
Ainsidans Jésus-Cbrist, ledivinauleurde
la religion, rien qui ne respire ta charité la ^
plus pure; dans l^glise, riun de plus saint
que sa doctrine, qu'il est injuste de juger
d'après l'opiniou, ou la vonduim, ou les in-
tenlioos d'une portion de ses memlin-s
quelquefois égarés par un faux zèle. Hais
u'est-il pas-des évéuements dans lesquels on
ne trouveqoe haine et fureur, eLqiierutiilnit
regarder commu l'ouvrage mAmedu lore-
ligionT
S m.
H'est-ll pu au motos dei étéaeinnlt od l'on m lcg«n
que hiiae el fureur, et que l'od doit rrginln nmat
I ouvrage mime île la rengion : — Le» pif rw de re-
ligion ) — les croisjules; — le nusucre dn IdiIiiihï
l'époque de 11 découverte du nourem imode:-!!
Telle est la mnrcht: dus incrédules; il;
dissimulent 'es biens inimenses que k
chrislianismp a fails è la terre, el ils Ht-
lent avec complaisance les abus qu'en w[
pu faire les passions humaines. Lpsscbis-
mes el les hérésies qui ont troublé les Eiiii;
Iks querelles sanglantes ot les gumet
au'oiit enfumées ces divisions; les crolu-
es qu'on présertle comme le frail i'm
faux enthousiasme religieui; le œasucrc
des Indiens à l'époque de la découverte du
nouveau monde, la Sainl-Bsrtliélcmf, li
révocation de l'édit de Nantes : votli «
qu'on rappelle en le donnant pourTonm^e
m'éme de la religion ', et le chtislianijiut,
ainsi peint des plus noires couleurs, ncid-
rait plus h 1 imagination eialtée quuu
monstre ennemi de l'humaniié.
A toutes les déclamations iii>pirAe! fi'
la haino et le préjugé, je puis d'abonlt^
pondre avec VÉiprit des loi* ^1^11*) : «C'c^t
mal raisonner contre la religion de niMui-
hier dans un grand ouvrage uua \o%t<:
énumération des maux qu'elle a produili,
si l'on ne fait de même celle des biens qu'ttlit,
a faits, Si je voulais raconter tous les miDi,
qu'ont produits les lois civiles, la ooaarclnt,
le gouvernement républicain, je dirait iki,
choses effroyables. » Avec celte belle ui>-
niëre de raisonner contre la religion, am
celte manie de la rendre responsable il»
abus qu'eu font les bommes, d'oublier In
biens dont elle est la source pour nera^
peler que des maux dont elle est le préieiitr
savez-vous o{l l'on sbouliraitT Arearenit
l'ordresocial.hnousramenerè l'élatsaurip.
Car enfin moi aussi je puis rappeler les niant
qu'a enfantés la société, et dire : PammiK
les annales des peuples anviens el hioIk-
nes, des Egyptiens, des Perses, deilino
<^t des Romains , des barbares qui oni <ir
versé l'empire romain, des nations fornK
de ses débris; étudiez l'histoire des qtui
parties du monde, qu'y liouverei-M"
des vices qui sont te résultat de la ci*i>ii
lion, une suite de crimes qui fout lionti
des divisions et des guerres en queiq!
sorte perpétuelles, qui n'ont cesse à't
sanglanler la terre. A peine dans lu rioj
quatre heures qui divisent le jour, end
il une seule où, sur quelque poinl du g'uli
le sang humain ne coule par le gl«i*e<!'
combats; tairt la société (leul eutaut^r ^
calamités cruelles, tant il serait bon f«ur
genre humain de vivre errant dans 1» »
l'éts L-omuio les animaux I Ce que rouin
(Ii47) Voy» l'ouvrage qui a pour litre: Para- KtmMfageeH E$pagKe, tnic\e Im/uiiitio», ftp^
rfo«i ùtltratanu. — tté^oiite à la Uttre d'un pa- [éiY) Livre xxiv, cbap. t.
triot€ *Hr riuitléranee des uctii, pa$e HT. — Nom-
M FAN (HCTI0»?JA1RE AI>OI.OCETIQUE FiN
le christianisme, eurent î soutenir
guerre cruelle contre Uasimin, qui sfe mit
ponJrtt i cet déclanki lions contre l'ordre
McUI| je la répondrai à ceux qui déclamenl
cours la religion. Dans la société , il na
t'i^l pu de savoir ce qne peut derenir la
puisHDce dans les .mains de cenx qni eu
jbweDl, nuis ce que deriendrsit la sociéié
«Ile-ffiAoïfl sans là puissance qui la gou-
teroe : ainsi dans le christianisme ne cher-
thet pas ouiquement l'abus que l'Iiommb
peut en faire , mais ce que deriendaiênl
uni le clirisUuiisme les oalions qui le
(•rolessanl.
Vous rappelez, dirai-je aux incrédules,
(«guerres de religion, et tous dissimulez
que c'est la politique ambitieuse et r&^
niuiolequi, dans le secret, tramait ces pro-
}tti, et qui ensuite, au nom de la religion,
wuleiiil les peuples; Jean -Jacques en
(UBTJeoL Tous avez calculé par approiima-
IJOD le nombre di^s rictîmes que jteuTent
iJoir Liiles les querelles relitjieuses dans
tVipue de dJz-huit siècles, et tous en avez
tuaiplé six mille par année, réparties sur
la diverses nations chrétiennes ; et vous
dissimulez qne les maximes de la religion
ml rendu les guerres moins cruelles et les
rjiolulions moins fréquentes, qu'elles ont
iDirodail parmi les peuples on certain droit
ia guu et des régies d'éqilîté qu'on ne
uurait trop reconnaître . et que par Ik
Diioie elles ont épargné l'effusion du sang
humain. ■ Saos sortir de uolre France, dit
no ipologisle moderae (lllSJ, je soutiens
que It seule institution des hépiiaux pour
Ict eulanU Iroorés, et les soins qu'inspire
lui parents l'idée do baplôme , conservent
iDuies les années plus de six mille Frau-
çcis.... La cruauté des Chinois, poursuit-il ,
liuK périr toutes les années plus de trente
■lileonlaou, de compte fait ; et les pbilo-
H>l.hes nous vantent les mœurs chinoises.
Li turbarie des Romaius laissait mourir de
(uni et de maladie loua les ans un grand
ipmtire d'esclaves, et les philosophes n'en
ti^eut rien. » Vous affectez de répondre
tue les sanglantes querelles de religion, le
Kie persécuteur, ne se trouvent que dans
e cbrisiianismec nuis l'histoire des peu-
^ de l'ancienne Grèce nous présente une
pKrre sacrée, dont la religion fut le motif,
pi fut poursuivie avec fureur, et qui dura
>a dos (1%19); mais Xeriès, adorateur du
^Mélémeouire, détruisit , en ravageant la
'rtce, les temples de ses dieux ; mais eu
^pte, pendant qu'un peuple élevait noe
i|«ce d'animaux Sur les autels, ses voisins
B avaient en abomination; de là des
luerres continuelles d'une ville contre une
Qtre ;i4aoj ; mais le zèle du paganisme til,
todsiit truiï siècles, rui&selerr le sang chré-
itu dans les provinces de l'empire; mais
lu IT* siècle, les Arméniens, qui avaient
iiubrassé et qiii prolcssaieot paisiblement
lui-même & la tète de ses troupes pour aller
les forcer dans leurs montagnes, et releVer
les idoles qu'ils avaienl abattues; mais Ju-
lien le philosophe Gt i la religion une peN
sécution plus retloulable que colis de Né-
ron; mais le calife Omar détruisit plus de
quatre mille lciD(ilrs païens ou églises chré-
tiennes, et étendit au loin par la force des
armes la doctrine du faux prophète; mais
des querelles religieuses sur le Coran out
fait naître entre le Perse et le Turc des
guerrvs sanglantes; mais de nos jours l'in-
crédulité , sous le nom de philosophie «
après s'fitre armée de sophismes, s'est armée
aussi du glaive meurlrier contre les disci-
ples del'Evaogile; et imis, qu'où osé avan-
cer que le chi istianisme seul a été souillé
par des querelles sanglantesl PloignoBs rba->
manité d'être capable d'abuser de ce qu'il
7 a de plus sacré Sur la terre ; mais que les .
maux dont le christianisme peut avoir été
le prétexte innocent ne fassent pas oublier
les tlienfaits que nous lui devons pour les
Vertus qu'il fait pratiquer aux hommes.
Après qu'on a tu le soleil éclairer, animer
la nature de son éclat et de sa chaleur,
faudrait-il donc insulter së lumière, parce
que ses feux élèvent quelquefois de la terre
des vapeurs qui enfamentles orages (iûl)?
Que dirons-nous des croisades 1 Ne nous
bâtons pas de blAmer ici nos pères et de
coodamoer des entreprises extraordinaires
qui ont en tant d'inOuence sur les destinées
de l'Europe. Peut-être, si nous voulions j
réfléchir sérieusement , Irouverions-nons
que nos pères lurent guidés plus sârement
par le sentiment religieux, que nous .ne le
sommes par notre froide raison; et que les
guerres saintes prouvent autant leur pr^
voyance qne leur courage. Je veux que le
désir de délivrer le Saint-Sépulcre et les
lieux consacrés par la piété du monde
chrétien ait eu beaucoup de part k ces ex-
péditions loinlaines ; que ce fnl li le seul
motif populaire, comme c'est encore le
c6té poétique. de ces entreprises qui parais-
sent incroyables. Tonlerois, & travers cet
enthousiasma qui entraîna l'Occident, est-
il donc impossible de démêler les vues
d'une politique aussi Intime que profonde?
Je ne prétends pss dissiinulerjie blwriiuage
et la licence d'un grand nombre de croisés,
ni lit manière imprudente dont les guerres
saintes furent conduites dans bien des
puints, ni la folie de certains attroupements
tnmnliueui qui partaient d'Europe Sans
discipline et sans r^e. Dans les guerres
les pinsjusles, les plus sagement conduites,
quelle éuuméralion n'aurait-on pss àJaire
des excès qui les déshonorentl L'homme
porte partout avec lui les éijarements «te
(itlS) BnciEB, TfûU rf« la M
Ptn.. tbap. -., 1 19, UMM X, ptge U7, iD-'ll ; Um.
lUAn (i,Hrre* «M^. ite JbrjMr, éé. Higiic.
:itl9) BoLLra, HittwremcifiiM, li*. siv, } S,
MM VI, în-13, page 40.
(ItSU) IM., li*. I, ehap. 3, S I, Ume I,
mgtli. -
mH) Paraiotn intinumU, pages 375 et U0.
«CTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
FAN
m
sou esprit et de iion cœur. II s'agit d'exa-
miner, dans leur eosemble et dans leurs
effets, ces croisades entreprises, suivant
les règles des guerres ordinaires, \ ta Tm du
11* siècle, sous Philippe 1"; dans le xii*,
par Louis le Jeune; et dans le xm*, par
saint Louis. Si je les coosidëre dans leurs
motifs, je trouve bien que la profanation
des lieux uiots, l'oppression des cbrétieua
de la Palestine, les insultes cruelles faites
aux pèlerins des nations chrétiennes, furent
le moyen puissant dont on se serrit pour
exalter les courages; mais peut-on dissi-
muler que le but des puissances liguées
fut de sauver leurs contrées de l'invasion
dont elles étaient menacées T Quelle était
redoutable celte puissance mahomélaue
qui avait fait tant de progrès, et qui sem-
blait ne conquérir que pour détruire par-
tout la civilisation et le christianisme I
L'Europe devait-elle donc attendre Iran-
qailtement la honte et les Qéaus de la ser-
vitude? Chaque nation chrétienne devait-
elle se laisser opprimer, au lieu de faire
jiveo toutes les autres une sainte ligua
contre l'ennemi bommun* On admire An-
nitMl passant les monts pour porter la
guerre en Italie, et vaincre Borne dans
Kome même, et l'on voudrait que les peu-
pies européens se fussent endormis dans
un lâche repos, plutôt que de porter la
guerre jusqu au centre de l'empire de leurs
ennemis 1 II est même bien avéré que le
zèle dea latins fut vivement excité par les
envoyés de l'emi ereur Alexis, qui, au
concile de Plaisance comme k ct^lui de
Clermont, sollicitèrent leurs secours. Je ne
sais si l'on roudrn mettre au rang des fana-
tiques le prince des philosophes modernes,
l'immortel Bacon; mais je sais bien qu'on
trouve dans ses couvres un dialogue : Oe ta
gutrrt lacrée, dont les principes lenJent à
justilier les guerres faites aux mahométens.
Ce n'était pas unenibousiaste absurde que le
judicieuxFleury;or,daassonJ)ifrourifur/ei
CrobadM(U23J, dontil ne dissimule pas cer-
tains ioconvénients, il ne doute pas que les
chefs De fussent animés par des vues poli-
tiquesiel,daas/«ifaiiridwCAr^lieni{llâ3J,
il dit ces paroles bien remarquables : « Ces en-
treprises étaient devenues nécessaires. 11
n'^ avait point de prince chrétien aasex
puissant en particulier pour arrêter les
progrès des mabométans, euaemis déclarés
de tous ceux qui ne veulent pas embras-
ser leur religioD ; ils pillaient impuné-
uent l'Italie depuis deux cents ans; ils
étaient maîtres de la Sicile et de presque
toute l'Espagne. Par la force des croisés,
ils ont été chassés decelte partie de l'Eu-
rope , et notablement affaiblis en Egypte
rï wi Sjrrie. ■ Ce n'était pas un iguorant
tiOS) Sepîièmt Dite, lur l'hUl. eeelit.t n I.
(1423) (M.
114U) Tom. mvil, in-i*. p. 497.)
(14Ï5J Hùi. de Fraïut , prein. pari. , L III,
p. 978. '
(ItSG) Tome XXI, in-t*, p. S. Vojk* le livre ia-
qu'un écrivain de nos jours, donl on Innn
une dissertation sur les croisades, Jadi lu
MimoirtM de l'Académie du Jnwrtptimi K
Belle$-Leltrei [l^ik), je vbux parler du »•
vant H. de Guignas. Voici ses propres ]v-
rôles : > Quand nous blâmons cps enlr».
prises, c'est que nous n'avons pagis»!
réfléchi sur l'état des affaires. Lej muiul-
msQS , après s'être emparés de la Sjrie,
s'étaient rendus maîtres de l'Afrique,
ensuite de l'Espagne et de toutes I» liu
de la Héditerrnnée , d'où ils iasuliaieni
les eûtes de l'Italie. Par l'Espagne el par
la Corse, ils entraient dans nos proiiaces
méridionales qu'ils ravageaient; ils pil-
laient tous nos vaisseaux. Constantinople
était pour eux une barrière puissaolctl
s'ils avaient pu la franchir, cooniQ ïn
tentaient de le foire, toute l'Europe élatl
menacée et courait risque de (omberious
leur puissance. En les attaquant dans li
centre de leur empire, on pouvait espjrtr
de les alTaiblir considérablement; ce qui
arriva en effet. On leur porta un coup
dont ils ne purent se relever. »
Ainsi CCS guerres furent comme une di-
gue opposée au débordement des barbirti;
elles sauvèrent la civilisation et le chris-
tianisme; ajoutons qu'elles délivrèrenii»
peuples de l'Europe de leurs propres fu-
reurs et firent cesser l'oppression en affii-
blissant la puissance des grands etforltSiol
l'autorité royale. Voilk ce qu'a reconouli
présitieut Hénault, quand il a dit, en pl^
lant des croisades (liSS) : « Elles ne snri- ,
rent pas peu à nos rois à se défaire de m i
tyrans importuns qui allèrent porter ii '
loin leur inquiétude, el laissèrent l'Eut
en repos. ■
Entin, il est indubitable qu'elles raoinil-
rent le goût du commerce, des scJenceJ,ilH
lettres tt des arts, et préparèrent cetle ré-
Tolulinn qui devait amener les siècles ili
Léon X et de Louis XIV. Ici eucora je puis
invoquer le témoignage d'écrivaios m
suspects. Dans VBiiloire unteerwHe (ilMj,
traduite de l'anglais, il est dit : « Les (toi-
sades ont mis le plus grand obstacle tli
puissance des mahométaas; elles ont Ui
connaître aux princes de l'Europe le pnl
d'une marine, el elles ont frayé le cbeuiù
aux grandes découvertes. »
Ne soyons donc pas étonnés qu'un ^*-
vain fran{;ais, qui voit les choses de fia
haut oue le commun des écrivaiui. <>'
dit : [U27J : ■ Les yeux malades da It biM
n'ont pu saisir l'ordonnance génértli^dun
si vaste tableau , et ne se sunt fiiéi qu»
sur quelques détails ; car la petilesse d'trs-
prit , je veux dire l'esprit des peli'^^
choses, est le caractère de la philo.-op'ii«
moderne... Malheur aux temps et nK
lilulé : De Cin^venu det cnitadtt mr l'iitt éa
ptwpUt de ["Europe, par M. m Ghoukhl i'iiut-
GMisT, ouvrage qui a paruiï le prii déamc f
t'inihlut, en Vm.
(UÏ7) Oe Bohàu.. UaittâtÎM priiuiiK, 1 1"^
Df'ie. polit., { 8.
m rUi nCTIONHAIRC APOLOCETIQlJe. FAfl Ml
peiplM chez qui les m'otifi qui inspiré- dre hominageàl*vérilë,disonsplutAtqueae
ml les croisades ont pa être attaqués fuliinepoHlîquefiiroUGbeet laressenliineHt
iiopuBémeol par des déclamât! t-ns de rhé- proroiuî des troubles qui avaient déjfc agita
trarf, ou défigurés par des sublilités de sonrègne.et qu'il rautroirdaoseeinassaere
Mfibiilesl > Cest assez pour que fa jeu- d'odieuses représailles. Ed effet, le despo-
cesH soit STertie de parler sTec réserre lisme fanatique Jh la r«ae de Nsfarre, in-
du eroisades, et de ne pas eu prendra fstuée des nouvelles opinions, avait iiûli-
oeaiioa de irailer la religion ares uoe Irë»- gné les Etats du Béarn. Leurs remontrances
rf[>fébensible léf^reté. et leurs clameurs furent inutiles ; le dAies-
Je riens an massacre des Indiens par les poir arma les Béarnais ; leur patrie désolée
Etpignols. On a été jusqu'è écrire de nos devint le théâtre de la discorde. Sous les
mn.qa'oùaraitimmot/iJénudouxemil- murs de Nararreinson combattit avec fu-
Miu it nalureU du pays. Quand on lit on reur. A Orthez se fit un caroago horrible,
quindou entend de si atroces calomnies, surtout des religieux et des prêtres; oa
osdemeDreimmobiled'élonDemenl.Je veux voyait des ruisseaux de saog couler dans
<iwdes Cfarélieas ou des prêtres espagnols les maisons, les places el les rues. La Gava
nunt été égarés par un zèle violent et parut tout eusanglaolé, et ses eaux por-
Dtiirtrjer; où serait la justice de reprocher lèrent jusqu'aux mers voisines les nouvelles
ir^ise chrétienne des excès de quelques- de cet épouvantable désastre. Le massacre
uni de ses membres, quand elle-même les d'Ortbez fut suivi de celui de la fleur de la
ibhorra T Et ne sait-on pas que c'est è la noblesse. Comme si le Sk août eût été dans
cruelle avarice, è l'insatiable rapacité des ce siècle une époque sinistre consacrée^
premiers conquérants, qn'est dû It* malheur des exécutions barbares, ce jour-U même
desludieos, et que la religion n'est interve- on grand nombre de gentilslrâmmes forent
ooe dsns ces conquêtes que pour en lem- fioignardés i Pau, contre la foi des traités,
pérer les rigueurs? Ici ce n'est pas un et par la noire perfidie des calvinistes,
oomme suspect, c'est un presbytérien (1^28) L'histoire dépose que Charles IX jura de
qui vengera l'Eglise romaine. Après avoir s'en venf;er. On Ut à ce sujet, dans rj7ù-
fiil observer qu« ce n'est pas k la- politique loiVede Âai>arre,ces paroles remarquables:
do cabinet d'Espagne ^u'on doit la dépopu- ■ Ces nouvelles, dit l'auteur en rapportant
Ijtion de l'Amérique, il ajoute : « C'est avec le massacre ôe Pau, lâchèrent eitrémeoMiit
pJus d'injustice encore que beaucoup d'é- le roi Charles, qui, dèa lors, résolut en son
trivains ont attribué à l'esprit d'intolérance esprit de faire une seconde Saint-Barthéle-
de la religion romaine la destruction des my, en expiation de la prvmiérB. • Aussi,
Américains, et ont accusé les ecclésiastiques lorsqu'il semblait reculer devant le crime
ttpagnols d'avoir excité leurs compatriotes k qu'il méditait, la reine mère, pour raffermir
aassdcrer ces peuples innocents , comme son Ame effrayée, ne lui disait pas : Souve-
les idolâtres et des ennemis de Dieu... Ils nez-rous decequerou8d^Tezala religios;
'areot des mioislres de {uiix pour les ln~ mais elle lui disait (1429) : Pourquoi ne pas
liens, et s'efforcèrent toujours d'arracher la avoir la force de vous défaire des gens qui
lerge de fer des mains de leurs oppres- ont si peu ménagé votre autorité et votre
Burs. C'est à leur puissante médiation que personne?
B Américaios durent tous les règlements On rappelle que le pape Grégnire XIII fit
uj tendaient & adoucir la rigueur de leur dire à Rome des réjouissances sur cet évé-
itrt.> Oa sait même qu'un membre du cernent: mais on a soin de ne lUS dire que
l'Tgé, Barthélémy de Las-Casas, s'est im- Charles IX, pour pallier sou crime et pour
lorialisé par son zèle ardent, infatigable, h donner le clunga aux cours de l'Europe,
laider la f^ause des Indiens. j leur avait député des courriers pour y ré-
ifaioleaaot. que diron«-uons de la Saint-' pandre qne la découverte inopinée d'une
irtbélemy ? Nous dirons que c'est là une conspiration contre sa personne et son ao-
WTible jouniéa qui sera la honte élcruelle lorité l'avait forcé i des mesures violentes,
t iios aonales: el sans doute il n'est pas et qu'il avait échappé au péril imminent
i vrai Francis qui ne désirât de pouvoir dont il était menace. Je veux, pour un mo-
kbirer les pages sanglantes qui en retra- ment, que quelque prêtre insensé eût ap-
mt le soa*eoir. Hais si cette journée est plandi à ce massacre : où serait la bonne loi
freuse. c'est aussi une affreuse calomnie de faire retomber sur la religion cet excès
le de l'inapuler i la religion, comme si la de son indigne ministre? Faudrait-il donc
ligîOD l'avait commandée, comme si elle déclamer éternellement contre l'ancienne
iTsit approuvée, comme si cette éf.oo- magistrature de France, parce que quelques
laiable Irais^die éuit dans les maximes magistrats auraient vendu la justice; ou
daos l'eaprit du christianisme ; il est bien contre les lettres eU'imprimerie, parce
éré qu'il n V eut ni prêtre ni évêque dans que, dans le dernier siècle, un écrivain en
eooseil où cet horrible massacre fut auraitabusépendantquatre-vingtsanspour
■ola. Il est fort aisé â des déclamalaurs prêcher le libertinage et l'impiété?
ivsneer qafl le faux zèle avait armé Si l'on n'éuit pas égaré par la haine, on
larles IX ou fer bomicide; mais, pour rea- observerait que dans ce massacre on grand
rf428) RtMCSTsra. BuUirt de rAmiriqnt, liv. (14») Bossdet. AMfé 4e CHiêlMn^ét Frne;
I, «1 note 71 , lom. IV, iii-12, pag. 142et 5% ii%m de Ctuiles IX.
^S FAN DICTIONNilRB
nomttrt ni£me de catholiques périrent vie-
limes (le Teogeances personnelles; qu'à
Lyon, ft Toulouse, à Bordeaus, plusieurs
des proscrits durent la conserTstinn de
leurs jour; & des ecclésiastiques. Ou sait
a ne, buivaiit une tradition respectable, leao
ennuyet-, ârfiqne de Lisieux, s'opposa au
massBcfe, et que sa courageuse clémence
toucha leUetnenl les calvinistes, qu'ils firent
abjuration entre ses mains. Où est l'écri-
Tain ecclésiastique quf n'sil porléarec hor-
reur de ce jour funeste T L'historien de
Henri JV, Péréfiie, l'appelle * une action
exécrable, qui n'avait jamais eu, et qui
n'aura, s'il platt h Dieu, jamais de sem-
blable,' ■ Bossuet De rappelle qu'arec des
aeatiments d'exécratioa cette elTrovable
journée. On a dît, je le sais, qu'un sboé de
Caveyrac avait fait l'apologie de la Saint-
Barthélémy ; le fait a été avancé d'abord par
d'Alémberl et par Voltaire, comme on le
TOlt par leur oorrèapondanoe; il a été répété,
et il l'est encore de nos jours. Vous sentez
bien que la cause de cet écrivain n'a rien de
commua avec celle de la religion ; et qulm-
porlerait, après tout, au christianisme,
au'uQ frénétique se fût fait l'apologiste
'une frénésieT N'y aurail-il donc plus de
bonne philosophie, parce que le philosophe
Sénéquo a fjiii l'apologie d'un monstre
pieurlrier de sa mère T Hais ici les soj)histes
p'ont pas le triste mérite d'avoir fait celte
dégoûtante découverte ; leur imputation est
Ooe calomnie. Dès la première page, l'au-
t^r dit I « On peut répandre des clartés
>ur les motifs et les elTets de cet événement
tragique, sans être l'approbateur tscile des
uns, ou le contemplateur insensible dvs
autres; et quand ou enlèverait h la journée
de la Saint-Barthélémy les trois quarts des
harribles excès qui l'ont accompagnée, elle
serait encore assez affreuse pour être détes-
tée de ceux en qoi tout sentiment d'huma-
irité D'eat pas entièrement éteiht. C'est dans
eelte confiance que j'oserai avancer :
« l'Que la religion n'y a eu aucune part;
■ 3° Que ce tut une affaire de proscription ;
* 3* Qu'elle D'à jamais dû regtirdér que
Paris;
' f k' Qu'il y a péri beaucoup moins de
PKtode qu'on oe la écrit. »
Que ces assertions soieut fondées ou non,
(I430j Au congrès icieniiflque d'Angers en 1843,
qnalques p«rgoniie« qyant essayé de coraluiUre té
beau Mimoin put>tié par ^. Alfred de Fallous ( Voir
SI CotTeipandant, i. ly) ei d'él^Li|ir qu'il y »vaîteii
ans la Safnt-Bnnbelcoiy ou prémédiiation, ou du
tiioiiis complicité religieuse, H. de Falloi)i pi-il la
parole en fournissant de nouTdles preuves. < Voùi
«véUndei, a}outa-t-il en lerminant, que c'est la ré-
bpon qui eît derrière la Sainl-Banhelémr ; eh bien,
pioî, je^ulieiis quedans la biluation où se trou-
l^aifuL alors les fsprils, il n'j avait i|ue la religion
qui eût pu l'empSch^r. Un peu de jiliilieopliie, a-t-
on dit autrefois, coniluil i. ralh^israe, tie^uçnup de
philosophie ramène à' la croyante. J'emprunlers|i
"Cette forme pour rendre ma pensée, et je dirai ; Un
peu de religion laisse dans le cceur beaucoup de
jwniéei perverses, plus de religion les prévient ou
tel anëanlil. Appliquez par l'imagina lion ce que Je
APOLOGETIQUE. FAK }|«
il y a bien loin de là k l'apologie du mis-
sacre ; confondre ces choses est un Inil jt
mauvaise foi auquel ou refuserait île croir«,
si l'on n'en avait la preuv« sous iei mi
(1430).
Il me reste i vous entretenirde la r^nca-
tton de Cidit de Nantti, et déjï tous Hu
impatients de savoir comment j'envisigeiii
UD âvéoement plus rapproché de iious,iJont
le souvenir est venu si souvent répauJre
tant d'aigreur daos dos discussioQi puii-
tiques. Impartial comme je l'ai été jasqu'ià,
je dirai les choses comme je les vois, etj'eu
parlerai sang détour comme sans pissiUD.
rallût-il condamner cette mesure comnuli
fruit d'une fausse politique ou d'un ba
zèle, je ne verrais p^s en quoi ce seraitu
§rana sujet de triompbe .pour les eoneoiis
u troue et de l'autel. Louis XIV est tssct
f;rsnd pour se faire pardonner ua8fiule.el
a religion est trop sainte dans les préceplo
qu'elle donne, trop pure dans lessealimïDli
qu'elle inspire, pour être souillée pirlet
excès personnels de quelques-uns de su
sectateurs. Essayons de saisir le vrai i In-
vers les exagérations et les sophismei.
Et d'abord prenons garde à accuser tmp
légèrement le grand roi d'un farouche des-
potisme, et n'allons pas lui foire udcmim
d'avoir régné dans des circonstances el sous
l'inQuence d'opinions alors domioaDlesqui
étaient bien loin d'être leq odtres.
Les longues et sanglantes guerres de »-
lîgiOD étaient encore vivement préseni»)
tous les esprits, et le souvenir des miui
passés invitait h prendre des mesures unut
en prévenir le retour..' Je ne m'altauierii
pas, «dit h ce sujet t'aiiguste élève de ¥ét» |
ion. le duc de Bourgogrie (1%3]), •jeni j
m'attacherai pas à considérer les Œaui <['>'
l'hérésie a faits en Allemagne, dans kî i
royaumes d'Angleterre, d'Ecosse et d'If- 1
lande, dans les Provioces-Unies et ailleurs: |
c'est du royaume seul dont il est question, i
Je oe rappellerai pas même dans le déiiil|
cette chaîne de désordres consignai diiu '
tant de monuments authentiques, ctsti-'^
semblées secrètes, ces serments d'assDcn- ,
tion, ces ligues avec l'étranger, ces refus« :
payer les tsillos, ces pillages des deoiiii
publics, ces menaces séditieuses, ces ronju-
rations ouvertes, ces guerres opioiJirF-S
pose en principe j au lieu d'une cour pleine iif
trlgués et d'adullères, supposes une cour oà npt
llEvBngile, où la loi de Dieu soit puissanie mr n
puissants ; au lieu de Calberine et de Cbirlci I^
mettez sur le Irfine Blanche et saiut Louis : ci [a»
Je vous ledeinandemaintenanl,,..auprcraief ipfff
de votre jugement propre, au premier cri de '""^
conscience,... dites si la Sainl-Barlhëletni ru*
àlbrs possible, i A ces mois, touie l'atseuMec }<
leva avec de bruyants applaudissenenlSi «"■'"
criant: Non, non! — < Voire cri a lermifté ui"^
cQsaion, i reprit aloraM-<)e Faltoui; « il <!««*■
dii de la iriltiine au milieu des félk-iuiioa> t^l"
de tous les bords. (Ctr. Lingiiih, Aimin, el>:.)
(113() Mémoire lur la rhoeaiion it l'tiii "
Nanten, par M. le duc de Bourg0{rne. VoF* Ij ''J
du duc de Bourgogne, t782, tome U, page H «
suivauies.
DICnOSiHURE ArOLOGBTIQlIE.
FAN
918
ce> sta dfl Tilles, ces ioceodies, ces mas-
Hcces réfléchis, ces altenlAlscoDlreïes rois,
res sacrilèges mnllipliés el jusqu'alors
iooDis; il me sufiit de dire que depuis Fran-
(oif 1" jusqu'à nus jours, c'est-à-dire sous
lepl règnes différents, tous ces maui et
J'aulres encore ont désolé le rojaume arec
plus ou moins de fureur. Voila, dis-je. le
uU hitlorique que I'od peut charger Je di-
vers iocidents, mais que l'on ae peut cod-
tdsler substaotiellemeiit, oi révoquer eo
donle; et c'est ce noiot capital qu'il faut
luDjonrs envisager (fans resamen politique
•!■ celte affaire. ■
Plein de ces pensées, le goareroement
s'occapait depuis longtemps aminerinseo-
tïblemepl un parti redoutable, qui avait
poné l'audaca jusqu'à Touloir former un
EU réjiublîcaÎL au milieu même da la
Fruce [1^. Les arrêts et les édits se suc-
c&iiieat rapidemtot, dit l'illustre historieo
delossuel; oo pensait alors que les édits
précédents de loférance et de pacification
nétaieatpas des traités d'alliance, mais des
ordoonauces faites par les rois pour l'utilité
liDblique, et sujets à révocation lorsque le
bien (le l'Elal le demande. Tel était le seo-
tiiDSul du docteur Arnauld, et, ce qui est
plus remarquable, de Grrtlius lui-même :
• Le gouTernement français paraissait soi-
Tre le même sjrstëma politique que les gou-
leruemeuls protestants avaient mis depuis
l'^jflemps à eiéculioD contra leurs sujets
Mlholiques; ut même, an comparant leur
e«Ie pénal arec celui de la France, il serait
bcile de prouver qu'il se montra plus in-
dulgent et plus tolérant (1^. »
Il était ndèle depuis quinze ans à cette
iMrehe progressive, et rien n'annonçait
'aboJilion entière de l'édit de Nantes, lors-
que des complots alarmants, qui éclatèrent
^ 1683, la firent mettre en délibération.
Les protestants du Poitou, de la Saintooge,
de laGuieone, du Languedoc, des Cévennes,
du nrarais et du Dauiihiné (1434), formèrent
BU projet général d'union pour relever tes
limplas qui avaient été démolis, et recon-
quérir les privilèges dont ils avaient été
dépoaillés. L'étendard de la révolte fut ar-
t-tré dans quelques-unes de ces provinces,
cl des IroDpes furent mises sur pied pour
Its conieoir. Celte affaire devint I objet plus
lubiluel des pensées du roi et de ses coo-
leils. EuBn l'édit fut révoqué (1435}.
■ L'opinion générale {laraissail alors lelle-
nienl consacrer la sagesse de celte mesure,
<(ue Louis XIV reçut les félicitations de tous
1« ordres de son rojaumc. Tous les parle-
ments s'empressèrent d'enregistrer un édit
qu'ils avaient prévenu eux-mêmes par une
multitude d'arrêts particuliers, dont l'édit
de révocation ne semblait être que la sanc-
tion générale. Les inscriptions qu'on lisait
encore, il ; a vingt-cinq ans, au pied de la
statue de Louis XIV, à la place Venddme et
à l'Hâtel-de- Ville de Paris, paraissaient n'a-
voir été, par leur conformité avec ce qui
nous reste des mémoires conlemporaius,
que l'expression sincère de l'opinion pu-
blique (143fi). > El c'esi avec raison qa un
auteur, qui n'est pas suspect, disait, en
1789, que £ou» XIY n'avait fait Ç*t céder
au Mcu générai de la nation {lL37).
t On avait cru trop aisément qoe les uns
seraient contenus par la rrainte, et que les
autres seraient gagnés par la persuasion ; la
résistance armée des protestants fit voir
3u'on s'était trompé; el le amena des mesures
e rigueur qui n'entraient que trop dons le
caractère violent de Louvois, et l'on ne peut
Îue gémir sur les excès déplorables commis
es deux cAtés.
€ Enfin la paix de Riswick vint rendre
le calme à la France, el permit au gouver-
nement de s'occuper du sort des protestants.
Le marquis de Loutois, la plus ardent [n-o-
moteur (tes mesures de rigueur, n'existait
plus, et Louis XJV était touioors disposé k
accueillir tous les morens (u douceur et de
raison qui étaîenlconformesà sa modération
et à son équité naturelle. Les cris da tant
de victimes innocentes ou coupableH avaient
retenti jusqu'ft son Ame sensilile et géné-
reuse. Sa religion même s'était indignée de
l'abus criminel qu'on avait osé faire de son
nom et de son autorité, contre ses iiilen-
lions bien connues el souvent exprimées.
Le cardinal 4e Noailles, qui était également
opposé-par caraclèreet par principes à toutce
qui pouvait ressemblera la contrainte et à la
violence; Kossuet,qui n'availjamais voulu
employer quQ les armes da la science et les
mojrens d'instruction, firent prévaloir peu à
peu les conseils de la douceur et de la mo-
dération. Ils furent heureusement secondés
par les insinuations encore plus persuasives
do Umede Haintenon,que]gpilié naturelle
à son sexe, el une raison douce et calma
rendaient toujours accessible à des maximes
avoirées par la religion comme par l'buma-
uité-(14^. a
En exilant les ministres, Louis XIV avait
défendu aux sectateurs de leur communion
de quitter la France; mais L'émigration des
pasteurs entralpa celle d'une partie de leur
lrou|ieau. ■ BasuagCi écrivain protestant,
porte è trois ou «quatre cent mille le nom-
bre des proleslants réfugiés. Cette seule
énumération de trois ou Quatre cent mt7te,
dans une pareille matière, est faite pour
inspirer de la méfiance à uu critique ju-
dicieux.
(1432) Voycx le Hcrcarc <1« J< r«)K«, UNue U, an-
(liS5j Le 21 octobre 1685.
(U36t Bhloire de BdumI , ibid. , lome IV,
pi«e «3.
(liai) Sii!iT-Li.»EBT, Jausses roMii adressi»
au\ étals téneraux.
^1458) Biiioire de Boukci, liv. ii, r. 17, I. IV,
paye 97.
tl9 FAN UCTIOMNAIRB APOLOGETIQUE. TUS n
tiplier de toutes paris Im éloffet pr^itu-
SI3S, i«s meubles superbes, 1«s iibleiut
des grands matires, tes msisou ricbtoieul
décoras ?
A l'éfioque de la réTocalioir, notre eotï-
merce, k peine sorti des uiaius île Colbcri
son créateur, était encore dans renranct.
Que pouvions-nous sppremlre h nos ririui,
de qui nous avions loot appris? L'Andeterre,
)« Hollande, l'Ilalie, nous avaieDl aeiiniiét
dans la carrière, les manufactures de Lou-
Tîers et de Sédsn ont eu leurs modètestliei
nos voisins. Le nom seul d'un Irës-graud
nombre de nos fabrications rapiielle Londru,
Florence, Naples, Turin, ei décèle sinsi uu
origine étrangère.
La Prusse est presque le seul Etal oi ki
réfugiés aient fait des établissemants con-
sidérables; Brème, Hambourg, Lubeck H
plusieurs autres villes Q'élaieDl-ellei fu
riches el puissantes avant toutes les imi^t-
tiODS T On voit ici avec quelle légèreté Vol-
taire et ses copistes ont avancé quejusque-
ih le nord de l'Allemagne n'était qu'une}!
agreste.
Sans doute le clergé pat bien, avec le resie
de la France, applaudir h une mesutequ'on
regardait comme dictée par une sage |»
li tique: mais on peut dire que, s'il estenité
pour quelque cliose dans les sanslsuls H
réciproques excès qui va ont souillé l'eié-
cution, CB ne fut que pour en être la tic-
lime ou pour les adoucir. .
Il nous sera facile maintenant d'apprécier
k SB juste valeur ce vagua reproche deb-
natismeque l'on fait i la religion. Sadmiii
nous déher h l'avenir de tous ces ëcrivaini
qui ont étudié l'hlBloireeD sopliistei,et[iijD
en pbitosopbes ; qui, égarés par la haine dti i
cbrisiianisme, se montrent épris des veriui I
païennes, exagèrent les vices de nosancî- i
très, se taisent sur leurs grandes quililés,
relèvent avec une amertume pédsuiesqDt
les [rails d'ignorance et de barbarie qui
peuvent souiller leur histoire, et caclieul
ou affaiblissent ce que leur caractère ««ii>
de noble et de magnanime. Ali I si k»
Godefroi, si les Joinville, si quelqu'un ik
ces héros antiques, pleins de loi, fidèles 1
leur Dieu comme i leur patrie, reviDit
parmi nous pour être témoin de notre fruiilc
lodiffèreoce, et de cette corrupliou d'espn!
qui fait compter pour rieu la religion ili-
quelle se lie tout ce qu'il f a de beau eiil(
Çrand parmi les peuples modernes, n'aunii'
il pas le droit de nous dire : Frsoi^i^
quavez-vousfaitde la religion de Tosjiin»<
et sans elle que devieudrez-vousT Penjei-
vous qu'on puisse impunément insulter i
ciel el défier son courroux T Vuus reprociit.
à vos ancêtres leur ignorance ; mais vom
superbe savoir vaut-if mieux que leur sim-
plicité? Toutes vos connaissances ii'odI |>'i
vous sauver du monstrueux athéismB'Vuui
nous vantez vos sciences el vos arts; <"
cela, vous êtes comme des eufants qui ^^r-
1, p»?
« Ln Uarliuière, é^lemeot nroteilaut»
rMuit ce nombre i trois cent mitle.
■ Larrey, aussi prolealant, le réduit à
deui cent mille.
• El rbistorieo protestanl de la révocation
de Tédil de Nantes, Benoit, s'arrête aussi k
deux cent mille.
■ On sent qu'il est permis de conserver
au moins des doutes sur des calculs aussi
vagues, lorsqu'on voit des écrivains de la
meioe communion, placés à l'époque même
des événements, ditférer de quatre cent mille
à deux cent mille, sans donner i leur éva-
luation des bases qui puissent en garanlir
]a certitude (ik39). ■
Ecoutons le due de Bourgogne, qui avait
fait d'exactes recherches sur cette matière:
< On a exagéré inQnimenl {li^OJ le nombre
des huguenots qui sortirent du royaume k
cette occasion, et cela devait être ainsi.
Comme les intéressés sont les seuls qui
{«rient e( qui crient, ils affirment tout ce
qui leur plaît. Un ministre qui voyait son
troupeau dispersé publiait qu'il avait passé
chez l'étranger. Dn chef de manufacture qui
avait perdu deux ouvriers faisait son calcul
comme si tous les -fabricants du royaume
avaient fait la môme perte que lui. Dix ou-
vriers sortis d'une ville où ils avaient leurs
WHinaissances et leurs amis, faisaient croire,
par le bruit de leur fuite, que la ville allait
manquer de braa pour tous les ateliers. Ce
qu'il y a de surprenant, c'est que plusieurs
maîtres des requêtes, dans les instructions
qu'ils m'adressèrent sur leurs géoéralités,
adoptèrent ces bruits populaires, el annon-
cèrent par Ift combien ils étaient peu ins-
truits <ie ce qui devait les occuper : aussi
leur rapport, se trouva-l-il contredit par
d'autres, et démontré faux par lavériticalion
laite en plusieurs endroits. Quand le nombre
des huguenots qui sortirent de France A
cette époque monterait, suivant le calcul le
plus exagéré, à soixante-sept mille sept cent
treute-dijui personnes, il ne devait pas sa
trouver parmi ce nombre, qui comprenjit
' tous les Ages et tous les sexes, assez d'hom-
mes utiles pour laisser un grand vtde dans
les campagnes et dans les ateliers, et in^uer
sur le royaume entier. II est certain d'ail-
leurs que ce vide ne dut jamais être plus
sensible qu'au moment où il se fil. On ne
s'en aperçut pas alors, et l'on s'en plaint
aujourd'hui I il faut donc en chercher une
autre cause: elle existe en effet, et, si on
veut la savoir, c'est la guerre. Quant à la
retraite des huguenots, elle coûta moins
d'hommes utiles è l'Etat, que ne lui en eu~
levait une seule a'nnée de guerre civile. >
S'il fallait écouter certains déclamateurs,
00 croirait que les richesses et la prospérité
avaient fui la France avec les protestants
réfugiés, et cependant, je le demande, le
commerce et l'industrie oot-ih cessé de
prendre des accroissements T Dans le cours
uu xvtii* siècle, n'a-l-on pas vu se mul-
(1439) f/i*ii>jr< ifc BaiMifl, liv. Il, ii. 15, t. IT, (1410) Vie du duc de Bmrgegw, I
(»K« t*^- 10».
riiciri k m qui ambellil l'édifice , uns Irop
Mioir si lu fondetnents sont raioeui on
Mifidc*. Noos ■*ioDs des ridicoles , et tous
»ei des tvilimes qui ranleni l'bonime
juH)»^ la brute; nous «vions des vices,
aiu Iles philosophes ne nous appreiuienl
pu 1 les nommer des vertus. Nos théXlras
snisiien.où les choses saintes élaienljouées
par fiité, excilfrut «os mépris et vos risées ;
a nias, c'est pur imiûélé que vousavez joaé
Il religion, et il a fallo que le blasphème
liai sa mêler à l'obseénité pour égayer vos
)ainrf.VoiiB nous reprochez l'enthousiasme
itn guerres saintes; et sans elles les pays
ffu (OU babilez auraient eu la sort de Unt
d« belle* contrées de ta Grèce et de l'Asie.
lo|iiU, TOUS jouissez en pais d'un superiM
iwïUp conservé par la vaillance de vos
>•:>!. et vous insultez à leur mémoire I Je
ihiisiToir la justice de dire que vous avez
ifrtlé de leur valeur; mais la religion a*-
■an 11 prospérité des Etals comme des fo-
s lîes. Ab I ireniblez que votre insouciance
unr elle ne tous attire te châtiment de la
OJr disparaître du mitieude,vous ; tremblez
ue le christianisme, fuyant vos contrées,
eious laissa dans la nuit de la barbarie,
KBinetant d'autres riions où il n'est plus
■joanl'bui qia'imparTsitement connu , et
le Toos ne deveniez plus barbares que
i pèrts, sans rien avoir de l'IiiirMSme de
trs seoiimen ts et de leurs vertus.
FEUMK CHRÉTIENNE; H.irip, Uère de
ta . en est le ijpe. foy. Makie. — Sa
luioo. Ibid. — De sa foi et de sa charilé.
»!■ Elcs.su.
tEMSiKS. — Suivant M. Aîmé-Mattin,
^'■le u a montré la vertu sut femmesque
115 les austérités. € Nos pères, diMI dans
l'irre De C^dacation dtimèrti de famille,
uundireol longiemps l'ignorance avec
luo.ence, el de là vinrent tous leurs
ai: Ou voulait les femmes niaises dans
ilerèt des maris , et les peuples igno-
(1 dan» l'inlérfit ju pouvoir. Les femmes
M assimilées au peuple, ne ruçureut,
'(ne le peuple, aucune espèce d'ins-
ciioQ. Tont fut contre elles, la science, la
i$!4lioo et la théologie ; là théologie
w prenait alors pour la religioii, et qui
«ur moolrail la vertu que sous les coujis
udiseiplioe et dans )e5 sustérilés île la
ileoce. Voilà comment nos pères enten-
»i la sagesse de leurs femmes. C'est en
[•nvant de leur âme, c'est en les livrant
3 petites pratiques sans morale qui bé-
^ les esprits, qu'ils espéraieut lescon-
(>' purej el sans tarlic. Que les femmes
■icuuservé assez U'iutelligence pour re-
tire digueiuent ans prévisions de leurs
un Lîv. I, eb. 6, p. 46. — L'anleur ranijiiiie
i: * LivRs de boiiDC campagnie, cilés ilaiis les
ESH par les dames, cilés Jau:» îles sernraiis par
Minct qnî linUaient Elienue Dalel, coupjble
)ir traduit Ptaloo, et bbaîeiil forger Baiiius,
«ittea d'avoir pensé contre l'atis d'Arisiote. »
I t*t condamoé i morl, en I54G, couime
MC1K»KAIRK APOLOSETIQUE.
FU
un
maris, c'est ce qu'on peut voir dans les
Conte» de Louis XI, de Boci-ace. de la reine
de Navarre et de Bonaventure des Perivn :
U se tronvent tous les bénélices de rigT>o-
rance, dont les Séries de Bouchel . Patita-
ymH el U Mm/m de partenir complètent le
gothiqne tableau, livrer joyeux dont oo ne
parle aujourd'hui qu'à roreille. mais qui
étaient alors des livres de bonne eompaonis
« Quel sort que celui des femmes I...
Autrefois la religion les instruisait du bant
de la chaire ; mais en conrentrent sa morale
dans la pénitence, e!ie donnait plus de res-
sort au repentir qu'i la vertu. Les If assillon,
les Bnnrdaioue, les Bossuel travaillaient à
étouffer les passions : ils auraient dû ap-
prendre à les diriger. Loin de soutenir l'bu-
manîlé, ils la brisaient sous le joug d'une
doctrine violente qu'ils éclairaient des feut
de l'enfer. El voyez, leurs plus grands pro-
diges n'étaient pas de nous faire vivre
honnêtement dans le monde, mais de nous
en arracher : il leur voiz, La Vullière se
couvre du sac de la pénitence, lesCtaevreusa
et les Longueville courent au désert pleurer
leurs fautes, et les reines élèvent des tem-
ples, fondent des cloîtres et vont s'bamilier
sous leurs voâles (1U2]. ■
Je n'ai à venger ni la science ni la légis-
lation des impertinents dédains dont H.
Aimé-Martin les croit coupables envers nos
aïeules du moyen Age. Je m'en liens fe ce
qui regarde la théologie et l'Eglise.
L'Eglise n'a jamais négligé d'eiise^er
aux femmes les obligations de leurs divers
étals. Que si elle a mêlé k ses le{;ons de mo-
rale des conseils de [léniience, jamais elle
n'a fait des austérités l'essentiel de la piété ;
elle les proposait, en ayant, d'ailleurs, la
sage précaution de ne demander que ce que
l'Age, la santé, l'état, le travail, pouvaient
permettre; elle les proposait, dis-je, non
lias comme étant elles-mêmes la morale et
la verin. mais comme une g.rmnastique reli-
Sieuse nous formant i l'obéissance souvent
l'en difOcile exigée par la morale, et aux
violents sacrifices que demande parfois la
vei-iu. La péuitence est l'eierciee du soldat
du ChrisU
Uais je conviens de bobne foi que l'édu-
ralion donnée par l'I^lise aux femmes n'a
jamais élë aussi forge, aussi prtfonde que
celle du livre doot H. Aimé-Uartin leur a
fait hommage. Elle ne dit pas, par exemple,
avec ce moraliste :
Sua DiEo. — ■ Dieu ne se prouve pas.
Aucune faculté animale, aucune faculté Ue
l'intelligence n'arrive i lui. La Iwique le
nie, le raisonnement le nie, la métaphysique
de h vengeanre de Cbarpeatier, médecin de
roi, qu'il atait empécbé, en siznalant sou îeiiorancc,
d'obleuir une cbairedemalheuutiques. {Voir Mo-
■EBi, arliclei DoUt et flamu. Sur Dokl en parti-
culier, tmr B^tle, DictioBAtirt, etc., article IMei,
et, ï la an de ce volume de Bajle, les nolet o4 il
est pTOnré que ce savant Tut condamné par k par-
lenWHL)
(I4i2J LiT. I, cb. li, p. 76.
922
FEU
IHCTIONNAtRE ATOLOGETIQUE.
FEX
Ht
le nie, los liassions le nient. Qu'importe 1
i'âme ie voit (1^43). >
Sur la MiTiÈHR. — L'Eglise ne s'écrie
PAS : • Au premier aspect, il y a quelque
chose d'effrayant dans la part que la nature
fait à la matière. La prévoyance, i'inlelti-
geooe, les votoniés aniiDnles, tous les ins-
linelfi, toutes les passions lui appartien-
nent (14U}. ■
Sdr le màrusb. — L'Eglise ne défend
pas les secondes noces que proscrit M.
Aioa^Harlint heureux époux cependant de
la veuve de Bernardin de Safnt-Pierre (1445).
Que prêchent donc les préIres aux fenimosT
L'accomplissement de leurs devoirs. On
comprend sans peine que, dans ce para-
grapne, je n'en puis recueillir qu'un hien
petit fluiubre do prouves.
Saint Grégoire de Nazianze écrivait i
Olympias : « Ua fille, je t'envoie aussi mon
présent de noces, moi Grégoire, .ut ce sont
de tendres conseils, ce qu'un père a de
meilleur... Honore Dieu d'abord, ensuite
ton mari, cet œil de ta vie, ce conseiller de
la pensée... Cède à ton époux dans sa colère;
soulage-le dans ses peines; prodigue les
douces paroles, les sages conseils. Un pru-
dent gardien n'endort fias avec la violence
le courroux du lion qui s'exhala en rugis-
sements entrecoupés; il le dompte, au
contraire, avec une main caressante, avec
un son de voix flatteur. Ne va pas, quelle
que soit Ion émotion, lui reprocher une
perle d'argent, car il est pour toi le plus
riche trésor,! etc. (1446).
Saint Amhroise revient souvent, dans ses
instructions, sur les devoirs des parents,
notamment des mères, è l'égard de leurs
enfanta. 11 leur montre, par l'histoire des
malheurs de Jacob, les suites funestes des
préférences que des mères, comme jadis
Rébecca, témoigneraient pour l'un de leurs
fils; et les soins de Sara pour son jeune
Isasc fournissent au saint évèque l'occasion
de rappeler aux femmes le devoir d'allaiter
elles-mfimes, quand elles le peuvent, les
enfants que Dieu confie à leur tendresse
(1447).L'Brch6v6quedeHilan mérite, comme
on le voit, de participt^r aux hommages
rendus par U. Aimé-Martin à llousseau,
pour avoir aussi voulu que les femmes, en
ne refusant pas leur lait aux enfants, en
devinssent une seconde fois les mères (1448).
Entre cent autres choses, souvent char-
mantes, et toujours fort justes, écrites par
saint Jerûme à Lœla, à Eusiochium.àPau-
line, è Gaudence, sur l'éducatiun, je re-
(1443) Uv. Il, cb.l6,p. 160.
(1444) Liv. Il, ch. 21, p. 187. — H. Aimé-Har-
lin nnus lionne pourtant une Ame, dont la destina-
tion est uniquemeiK d'ëlre en rapport avec l'inlini.
(1445) La proliibiliou des secondes noces est,
•elou H. Almé-Uanin, un principe de la loi naïu-
relle, e(, quoiqu'il n'ait pas voulu formuler si uet-
lement son opinion, il la montre assez en insistant,
•pécialemeiii liv. iv, cb. 7, p. 445, sur ce qu'on ne
Mut ( aimer d'amour qu'une fois ; > sur ce que
Dieu, i versant chaque aniiéo sur ta terre autant
de lilles <|uc de garçons, donue une fcnimc à ctia-
; marque ce conseil : ■ Il faul, non pai gou^
mander votro tille si elle est lente àcoa-
Ç rendre, mais au contraire l'encounger..,
eillez surtout k ce qu'elle ne prenne jm
l'étude en aversion, de crainte que csdt-
Kofit, conçu dans l'enfance, neieretrouTe
dans ua âge plus avancé.»
Que de leçons données aux fenimes pir
saint Jean Cnrysostome 1 ■ Notre vie, dii-ii,
étant composée de deux sortes de choies,
les unes privées, les autres publiques, Dieu
en conGeunepartàchaquesexe:ilstt[Dnie
le soin de l'intérieur; k rbomme lesaSira
publiques, le barreau, les jugemenls du
sénat, le guerre et tout ie reste. La îmm
ne peutagiter une tance, nidarderuajaielDi,
mais elle peut prendre la quenouille, liuet
de la toile et parfaitement remplir les lulm
emplois domestiques. Elle ne peut éœelin
un avis dans le îénat, mais elle peut déci-
der sur les intérêts de la famille, et souTcnl
sa prévoyance t'emporte sur celle da min.
Il ne lui est pas permis d'administrer l'EM,
mais il est beau qu'elle soigne réducalinD
de ses enfants, le premier des biens; dU
peut corriger les négligences des serTinl»,
retenir la famille dans le devoir, il, sut
beaucoup d'autres points, tranquilliser s«ii
époux et le délivrer de nombreuses inquié-
tudes par son attention à veiller sur les [>m-
visions, sur le travail de la laine, sur li
cuisine, la propreté des vêtements et autres
objets dont il ne serait ni bienséant ni &■
cile à un homme de se charger, sup[>a^
Su'il le voulût. Et c'est là encore un biunbtl
0 la divine Providence, que celui fui
moins de qui i!ont confiées les affaires pri<i-
oipales se trouve peu propre ft de moiodrei
afiaires, pour que l'intervention desfuiDiDe)
soit indispensable (1449). >
11 existe encore d'autres devoirs queli
religion impose aux femiûes. Voici en qwli
termes saint Chrysostome les eifioie :
a Comment instruire un mari par lesœunei'
Quand il ne vous verra ni méchante, nicï-
rieuse, ni amie de la parure, ui dËsireust
de dépenses superflues, mais conteoitài'
ce que vous avei, alors il consentira ) ^^
cevuir vos avis. Que si, très-sage en parole,
vous faites le contraire de ce que vousdittÂ
i! condamnera voire loquacité, liais si f*
paroles et vos actions sont d'accord [>'><"
instruire, il vous prêtera l'ureille, etiff»
hieu plus disposéà vous obéir, par eieai|)'^
lorsque vous rechercherez non pas l'or, m
los perles, ni les magiiiliques vélemaiHi'
mais la modestie, la tempérance, liiii"'
saint Paul ma) compris. (P. 448, cb. S, lu-
cl liv. 111, et). 17.)
(I44<i) Trad. de H. Cullombet, dans la desûc^
édition de Sgnisiui, p. xvu de ta préface.
(1447) L. lur Jacob a ta vie bieiîkiMmtt. - '-
du patriarche Jacob. — Uexamérm. — ^ "'
Abraham.
(144S) Edueat. da mhet dt lamitU. i, 1 ,„
(Ui'J) Opéra S. Chruiosiomi. édiL Mi|jD.-.l '"'
p. MO, Homil. 5 : laut Maximî. Quaitt rf""»*
FEM
HCTIOM^fAIRB
Trillmu; lorsque vous montrerez toutes
crjqualilés, TOUS les pourrez eiiger de lui...
KuD, l'or De TOUS rendra pas aussi aimable
Imi jeui que la i^mpéraiice, ella bien-
reillaoee, et la disposition à sacrifier pour
lui TOire ne. C'est à cela que les époux se
liisseol prendre (1V501.>
Je n'eilrai» rien ae saint Ançustiu. Il
nffil de remarquer que, quand il peint le
dugrio ir ^fond et toutefois si patient de
!iiDle Monique au spectacle des erreurs de
wn Sis, il trace de la sorte aux mères les
rtgics les p)as sages, en leur préseotaal le
plot eieellant modèle.
Aq t* siècle, saint Paulin disait aux
thritieDoes : ■ Que roui sert d'exténuer
loin corps par les mortîflcalions, si Tor-
gaaileoQeToIre espritTQuelle louange mé-
ritta tapilenr de rotre Tisage, si la jalousie
JeraHl eacore plus liTideT Quelle Terlu
penl-ilsetrouTer dans l'abstinence du vin,
Klabiioe et la colère tous eoiTrentT Les
luMéfiléi D'oot leur beauté et la pèu-ienna
corporelle ne mérite des éloges que si l'es-
prit est | jeun de riees... Gourernez et ré-
dusffei comme sous ros ailes les gens de
*o(re maison, pour que tous sembliez plus
Ucère que la maîtresse de c«ux qui tous
tarironnenl. Obtenez leur soumissisu moins
pirsérérité que par bonté. Que TOtre pre-
■ier Min soit de conserver à Totre époux
son antorilé; toute la maison apprendra de
TOQS ce qu'on lui doit de respect, et plus
Toai l'honorerez, plus tous serez honorée
nxit-méme (1451). ■
Walbde, archevêque de Boui^es au ix*
■ikie, après aToir recommandé aux maris
b tendresse pour leun épouses, s'adresse
t celles^i : c Que les femmes chérissent de
Mme leurs maris, et qu'elles s'étudient h
bur plaire en tout... Nous conseillons aux
(auats riches et è tuâtes les mères en gé-
■éril, nous les supplions de nourrir leurs
lobalsde leur propre lait, et de ne pas
ibindonner i des servantes le soin de les
(leier (lUiS), a Le rieil archevêque a donc,
Nusi bien que saint Ambroise, devancé
buueaudaris larévélalion faite aux mères
fe devoir d'allaiter leurs enfants, liaffeo
V(^o en avait fait autant, au xv' siècle,
■buson traité /)e educa/ione iiAcrorum, etc.
Co poète du xr siècle, Uarbode, év6-
SïdeEennes. a versifié sur le mérite des
iines une touchante épltre. Il ooils moo-
In la femme actire au milieu des soins du
Dtotge; oubliant, enlisant sonnouTeau-
>*.lBBdoaleurs qu'elle Tient de souffrir;
Hsise avec plus d'attention que l'homme
ro cbevel d uD pauvre malade et le soignant
'■me main plus doucement amie que la
>£lre;[Dais sachant toutefois, quand il le
'Ut, laisser éclater an esprit viril (1453).
APOI-OGETIQDE. ffiU K6
Ce prélal, pas plus que ceux que riuusavutis
préfiéde m ment cités, n*a |iiiiul songé à faire
consister la vertu de nos mères et de nos
SŒurs h se couvrir de cendres et à se revê-
tir d'un cilice.
Au milieu du xiii* siècle, il y avait à la
tète des frères Prêcheurs un prieurgénéral
nommé Uumbert de Romans, dont on pos-
sède un excellent traité d'observations
morales h l'usage des prédicateurs. L'auteur
s'j occupe beaucoup des femmes; il détaille
fort au long leurs priTtléges aux direrses
périodes de l'bisioire du moude, et ce n'est
pas iine morale de larmes et d'austérités
qu'il ordonne de leur annoncer. Dans les
sept chapitres où il examine les onslités et
les défauts de la femme en général, puis
spécialement de la religieuse) de la grande
dame, de la bourgeoise, de la femme des
petites villes, de la jeune flile, de la ser-
vante, dans le chapitre même où il donne
des conseils de direction applicables aux
personnes qui auraient mené une mauvaise
vie, jamais il ne commande la mortific-ation.
Tout 06 qui présente qnelque rapport à ce
sujet, rapport certes fort indirect, c'est cette
phrase ; ■Plusieurs sont si délicates qu'elles
craignent la moindre douleur phvsique ,
tandis que sainte Blisabelh portait Dieu un
cilice sur son corps royal. > Ce qu'il recom-
mandait sur toutes choses aux sceurs hospi-
talières, c'étaient les œuvres de miséri-
corde (1454).
Bounlaloue, i le cour de Louis XIV, bien
loin de voutuir coneentrer lamoraie don* ta
pénitence, disait, k propos du rigoriame jan-
séniste : ■ On voudrait voir, comme autre-
fois, les pécheurs humiliés sous la cendre,
couverts de cilices, exténués de jeûnes;
beaux dehors, mais, du reste, dehors trom-
peurs, si cependant, et avant toutes choses,
on ne les oblige pas h satisfaire aux devoirs
naturels de lo charité et de la justice. Ces
lois de police et de discipline, que l'Eglise,
dans la suite des temps, a trouvé buu de
miliger, on les voudrait encore dans toute
leur rigueur, et je lesy voudrais moi-même,
mais è celte condition essentielle, que d'a-
bord ces lois fondamentales, ces lois capi-
tales, dont jamais ni l'Eglise ni Dieu même
n'ont dispensé, fussent observées (1455). >
Telle fut la morale adressée aux femmes et
à tous par Bourdaloue et lesaulres orateurs
chrétiens, et tel eu tout temps fui l'ensei-
gnement de l'Eglise, qui ne cessa jamais
de mettre eu première ligne, pour un sese
comme pour l'auire, l'accomplissement des
devoirs de notre état.
Dans son indignation contre les prédica-
teurs, 11. Aimé-Alartin ne peut s'empêcher
de souffleter Bossuet, Bourdaloue et Uss-
sillon avec l'histoire de quelques belles p6-
(itsm T. VIO, p. »i , i
nui) Op€T» s. P^udim
bomiJ. 6S, (li53) Cip. i. — Les (Envrea de Martrade
ioalà U BDiie de celles d'Hîtdeberl.
vp. ad Ct- (Itôt) Mûx. Bibt. Kl. Patr., t. XXV, p. 500,
etc.
(ti55) Second Avent, u* dimanche, ii' partie.
ia
FEM
DtCTlONMIRE
cheresses ; il prend en {litié ces merveilleux
tliseurs, qui aiiraifnl bien dÙ s'iLslruire î
diriijer les passions et & faire des aaintes
dans le monde plulûl que des pénileattis
prjur leciollre.
C'est donc h dire que les 8c«od«les des
Chevreuse, des Longueville, des La Val -
liëre, prouveraient que nos grands orateurs
De savaient pas prêcher la moralet qu'ils
n'ont jamais retenu personne sur la pente
du vite, qu'ils n'ont point formé d'épouses
uj de mères dévouées 7 Est-ce donc la faute
du prédicateur, si tous les auditeurs ne sont
pas dociles Tel M. Aimé-Uarlin oublie-t-il
l'histoire de ce^j'nine homme bien connu de
lui, que la religion, ni la morale, ni tet eon-
reili deiet amtt n'avaient ou arrttvr (H56) 1
£(Bienl'ce donc l'amitié, la morale et la re-
ligion qui se trouvaient en défaut, ou le
CceurdupauvreéKaré?S'il est vrai que le plus
beau triomphe de l'éloquence ctirétieune
ait été d'arracher du monda des personnes
qui^ avaient oublié la vertu, je le conçois:
est-ce que le plus éclalaul exploit d'un cs~
{litaine est de faire parader sur un bou-
evarj des troupes soumises T ne consislo-
t-il pas & ramener de la l>alaille les ennemis
ciptiCsT
Les sarcasmes de H. Aimé-Martin contre
les hommes qui sont Ja gloire de \a chaire
française, non plus que ses lamenlslions
Jurladeslinéedes femmes, ne sauraient donc
nous faire croire que I'EkIIso ait concentré
Uacs la pénitence les devoirs de nos mères.
Selon M. Aimé-Martin, l'Eglise a en-
seigné que les femmes n'ont point d'âme.
■ Dans des temps qui ne sont pas eneore
trôs-éloignés, de graves docteurs leurre-
fusaient une Amej mais, comme si la Provi-
dence avaitpris soin de venger un teloutrago,
alors vivait au Louvre cette Isabeau qui
livra la France à un roi d'Angleterre, et,
dans une puuvre cabane, aux courins de la
Lorraine, cttie Jeanne d'Arc qui sauva sa
fwtrie, battit les Anglais, et mourut de la
mort des mnriyrs, après avoir vécu de la
vie des héros...
€ Le siècle 1« plus malheureux pour elles
fut ja siècle dus clercs et des docteurs ;
lA s'éveillent toutes ces questious imper-
lineoles sur la prééminence des hommes
et sur l'infériorité des femmes ; on trace
l'alphabet de leurs malices et l'histoire de
leurs imperfeLtions; on va Jusqu'à mettre
en doute l'eii^ilence de leur ème, et les
théologiens eui-mémes , dans le trouble
qui les agite , semblent oublier un moment
que Jésus-Cbrist tenait à l'humanité par sa
mère (1457). >
(ii56) EétuMUm, etc., liv. », cfc. 51, p. Î63.
*]«') Liv. I, ch. «, p. 44 et 46.
(1458) Dictionttaite, eic, art. Geddiem. — Les
deux mois que j'ai ccriib entn^ pareil ibè»es soiil
a la marge dans le livre île Bayle. A la lin dn vo-
luuie ou ni. l'arlicle Utddim , l'erreur de bayle
«l trèa-emcleniejit corrigce.
(1459) UiH. tccl. trauc, viu, ÎO.
(1460) LVrrcur de M. Ain»ë-H;iriin a clé répc-
«e a I Assemblée iiatonale par MM. Laureui (de
APC^'UeLTIQUE. nsk «
Cette bouffonne tradition surdei ib^ilu.
gÎKns discutant pour savoir si les ftiunet
ont une âme, nous a tous quelquefois bu
sourire; mais combien elle deiieiil plu
égalante quand on voit M. Aimd-UiRlH
la prendre au sérieux et ; trouver le l«iie
d'une déclsmation contre l'^lisa 1 [1 lertii
faomme à croire à la papesse Jeanne.
Mais sur quel document s'appuie-t-il!Il
n'en cite aucun, |iarce, qu'en eÛd il Du-
rait i rappeler que quelque chnnsODnelti
grivoise ou une erreur de BajIe.Ce deruitf,
a l'occasion d'un pamphlet badin tam
l'existence d'une Ame cbez les femmej,!
écrit : a Ce que je trouve de pluséltugE
estde voir que, dans un concile [deUâou^
on ait mis en question si les femmes éiik
une créature humaine, et qu'on o'iii d^
i-idé l'afCrmative qu'après un looKeiiM
(1W»8}..
Or, au concile de M&con, qui se IIdIm
S85, l'on ne mit pas en quesliaa si Is
femmea sont des créatures hunuiaej.iii
y eut dans ce synode, dit saint Grégoireilt
Tours, un des évoques qui dissiiqucit
femme ne pouvait être appelée liomne.
Mais il s'arrêta, a;ant reçu des préltU unt
suffisante explication; car le livre mcHiIe
l'Ancien Testament, parlant de la er^Uixi
do l'homme par Dieu .dans le principe,
noua apprend qu'il le créa mâle et froidli
et le nomma Adam , c'est-à-dira boamn
de terre, appelant par conséqueiitdu oii»
nom la femme et l'homme, puisqu'il lo
nomma l'un et l'autra homme. Eusuileli
Seigneur est appelé Fils de l'houme, pii»
qu'il est le fils de la Vierge; c'est-tiiin .
d'une femme. La difQculté ayant éii édait-
cie par beaucoup d'autres témoigasge^J^.
vèque se tut (1U9). >
b'sprès cette anecdote de saint Grégoirti
seul souvenir que nous ayons du détulei
question, qu'esl-ce qui se passa eu CM^
cile de 5S5? Un évèque par trop putiiV
soutint que le mol homme ne pouvait (w
le nom commun des deux seies , puisi]ii'(U
était déjà chargé d'en désigner sp^cii'^
ment un , te sexe masculin. Il eië'^
donc non point de l'âme des femmes, su
de leur nom; ce n'était pas une quei>u>
de philosophie qu'on débattait, c'éiaiii»
point de grammaire (liSOI.
A en croire Bayle , un écrit qui refiuiil
1UIU Ame aux femmes trouva de nomlimi
partisans au xvii* siècle, et le pape ileu»*
dre Vil, l'au 1651, condamna un livre itilit*
sur cette matière (lUl).
Mais que prouvent la maaTaise[iliis'i^
erie de quelques-uns de ces docte* M •
l'AnJèche] et Crémieux. Un autre reprétniiH ''
teuple, U. H. de ttiaiicey, a doctement «<pflK >
1 mémuire eu défaut de ses boiiorablei tclu^
(Voirie journal ia Yoii. de la Yériii, HjuitlaiW'
A° 3il ; VAmi de la Stti^o*, mène mai.)
(1461) iWelioumiire, elc. , artïctea Aài*a^*
Geddicut. — Bayle fait observer ^'Awdiliiif "
fui pas l'auteur du pamphlel couire te ''V^'
mais qu'il M iHirna à faire connaître i vn lik"'|'
le livre, qui, au fond, u'éiaii qu'une s»li« w""
M rE.1 DfC-nOKKAIRB
initËSt folie des mires f Les théologiens
.ioiienl-ils èlre solidaires de ces auteurs,
ilDfll lune mime eoodamna ropiDJon?
Si les femmes n'aTBÎnnI été, su jnge-
lont d«s ihéologiens. que des machines
uns Joe, d'où Tenaient donc tant de soins
;4ar en faire des sainlesTPourqnoi, comme
e soutient H. Hdftîn, ne leur aurait-on
irèehé pour toute veitii qne la pénitence,
ii on leur STail en mémo temps prêché
|ue les femmes n'aTBienl point d'Ame que
Ylle p^itence pût sanctiQerT Comment
Inoc l^llse catnoliqut!, qni plaçait sur
M autels les images de tant de chastes
ntr^a, de tant de veures pieuses, et
liiitèrcj habitantes du clottre, et de lea-
'.fnwins de famille; qui leur élcTait des
li:iD|>Jti si œagnîGques et leur consacrait
'r< f^Msi solennelles, qui recueillait leurs
;55tait:nli dans des châsses d'or, qui don-
til iD ciel et è la terre pour reine la
iergeUère, comment Voa<lratt-ou faire
Wi que l'Eglise permit d'enseigner que
s femmes ' u'avaieut point tu d'Ame,
■>I)l-s D'éialent plus rien T
Us tbé&logiens ont bien cru et croient en-
TKl ijaelqae infériorité de la femme , non
scej«Ddanten vertu, en tendresse, en
intc, en bon sens. Mais, pour réprou-
rcelle doctrine, H. Aimé-H^rtiD deTraît
BOieocer par effacer da son livre ces mots
ktséï i M. de Lamarliite : ■ Pour moi,
tdii que TOUS parlez aux forts, je me
>i3'lresséaux/aï6fu. J'ai appelé les mères
boiilte A la nioralîsalion de la famille
"lu i>avs... Ne repoussez pas cette pois*
■te , quelque faible qqVlle tous na-
'I eii étonnant qu'on accuse surtout le
tie lie ta théologie d'avoir tracé lalphi-
des malices féminines. Chaque siècle
.f-«u Iméraire n'a-t-il pas produit sa
irt des femmes? c Tous'les poêles grecs,
iiis Orpbée Jnsqu'A saint Grégoire de
uanze, selon VEMyclopédU de Diderot,
<lil beaucoup de mol des femmes. £u-
Hle s'est acharné A les insulter, et il
Wnii reste presque de Simonide qu'une
IcDle inTectiTe contre elles. Les poêles
u De seul pas plus favorables (lfc63j.»
^ tous les crimes de lëse-galanterie ré-
cités par H. Aimé-Martio aux théolo-
u, il n'y a donc de vrai que celui
roir enseigné l'infériorité des femmes
rapport aux hommes en quelques points,
I pas loatefois en ce qu'elles aoraieut
fTirées d'une Ame.
ÛlMES,ice qu'elles doivent A la re-
'M clirétienae. Yoy. Patkiakches.
uELON. — La religion de l'Evangile
ï-t-elle de Fénelon TËcoutoas U. Aiiué-
liu.
Le cbrisUaoisme a reçu l'empreinte de
Arâiîas. Om j aïonmil ^'en nunl, comaie
««tiûM pracAlé* dlnlerrrélsiion, on fai-
^•nir <le l'Ecritare sainM UM ce que l'oo vou-
Anliitn tt ti pin lard taibnlinuc.
Ma.' Pane 3, déoicace dn livre a M. de La-
ArOLOCETIOUe. PEX 9»
toutes les grandes époques historiques , at
cette empreinte, il la plus ou moins con-
servée... Voilà la cause des conlradictinoa
a|iparentes... Ainsi, nous avons la religion
des anachorètes et des moines, qui date
de Basile et de Benoit; la religion des
saints , qni s'est modifiée A chaque époque,
depuis saint Jérdme jusqu'A snint Domini-
que, et depuis saint Dominique jusqu'A
saint Labre ; enfin la religion de l'Evangile,
qui date de Fénelon.
€ Les deux premières ne viv nt que de
pénitence, déjeunes, d'AUStérités ; elles
eroient A un Dieu terrible, qui se venge
sur son Ouvrage; pour elles les hommes
sont des damnés...
■ La troisième doctrine n'enseigne que
la charité : elle croit que, si la vertu de
l'homme est de faire du bien A ceux qui
lui font du mal , la justice de Dieu ne
saurait être de se venger étemetlemenl...
• L'indulgence et l'aïuour, celte entente
nouvelle de la r<^lîgion évan^lique, sont
l'expression d'un siècle de lumière, comme
le fouet et la pénitence, celle entente vieillie
de la doctrine des saints, soDl l'expressiou
des siècles de barbarie.
■ Sous le règne do Louis XIV, après
Descartes, Pascal et le grand Arnaud (tUib).
en présence de Bossuet et de Leibmtz , il
se trouva lonl A coup que la pensée hu-
maine avait fait d'immenses progrès. Alais
ces progrès n'étaient exprimés nulle part;
Dolte part on ne voyait i^crile celle doc-
trine céleste d'amour des hommes et de
Dieu, qui s'éveillait dans toutes les coos*
ciences. Pour la donner une seconde fois
au monde. Dieu avait élu une créature tnnie
divine, et lorsque Fénelon vint répandre
sur nous les trésors de son Ame, mêlés
aux trésors de l'Evangile, il put entendre
les bénédiclious du petit nombre^ persé-
cuté, mais honoré, la gloire le suivit dans
l'exil; sa parole^aTait été copnrise, et
la doctrine de vie ne deTait plus mou-
rir (lUS;. »
11 n'y a point d'esprit délicat n! da cœur
vertueux qui ne partage l'enthousiasme de
U. Aimé-Hartin pour ParufaeTèque de Cam-
brai; il est vrai pourtant. Je crois, qu'un
n'avaiijamais célébré, entre les mérites du
prélat, celai d'avoir nié la n&;B)silé de la
pénitence et l'éternité des peines.
Je n'entreprendrai pas de prouver ces deux
points de la doctrine chrétienne, n'ayant
rien k ajouter aux excellentes choses écrites
sur ce double sujet; je me borne A di^
culper Fénelon.
Or, qu'est- ce que ce prélat pensait sur
l'existeuce de l'enfer 7
< Toutes les, volontés, disait - il , sont
soamises A l'ordre : les unes en l'jiimanl
et en persévérant daus cet amour ; les au-
(14V3} Article Femma.
(1464) LitetAnamU.
(liCSi à'dacaiioJi det mèrf$ ie famUte, IIt. IV,'
•h. 5, p. èil.
FEN
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
FKN
très en 3 rcnlranl par to repentir de ieiirs
parements ; les autres par le jusio clifl-
tiœent de leur iiupénilence finale. Ainsi,
i'ordrn prévaut en tous les hornincs ; il
est iaviolîiblement conservé dans les in-
nocents, réparé dans les pécheurs conrer-
tis, et vengé parut» éternelle Justice, qui
est elle-même l'ordre souveraiu dans lei
pécheurs impénit«nls (1^60). *
a Qu'on eut Imureux quand on souffre,
écrivait-il ailleurs, pourru qu'on veuille
bien souffrir et satisfaire à la justice de
Dieu 1... Une éternité du supplices, clisngés
en quelques inlirrnilés; ta perte de Dieo,
la rage et le désespoir des démons, changés
en une souffrance Irsnquille et courte ,
où l'on adore la main dont on est frappé
par miséricorde 1 De telles croii méritent
des romerclments et non pu des plaintes
(li671. »
Voilà bien l'enfer et son éternité et mèm*
ses démons.
— Mais je ne puis comprendre cette
▼engeance éternelle du Dieu bon 1 dira
sans doute H. Aimé-Martin. — ■ Tout
hoRimo qui ne sera pas indisposé par !'*•
inour-propre, répond le saint archevftqne,
ne s'étonnera point de ce que Dieu exclut
de son roj'auine céleste, qui n'est dâ h
aucun homme et qui est une pure grAce,
les hommes qui vivent contre leur propre
raison et contre l'attrait de la grace(li6»-70J.»
Si l'archevêque de Cambrai appelle orgueil-
leux celui qui refuse d'admettre le dogme
de la justice éternelle de Dieu, comment
nommerait-îl celui qui veut lui faire hoo-
iieur de celte incrédulité?
Fénelon, lur la question de la pénitence,
pensait-il comme l'Eglise ou comme M. Ai-
mé-Usrii a T
Distinguons entre les mortifications com-
mandées par l'Eglise et les mortifications
volontaires.
Le prélat exigeait ri^ureasement la sou-
mission aux lois ecclésiastiques sur le jeûne
et l'abstinence ; nous i'apprenona de ses
nombreux mandements de carême, où nous
le vovoDs, pendant tine goarre qui désola
sondincèse, n'accorder, pour la pénilunce
quadragéaimale, quelques adoucissements
qu'à ret^el, oiéme en laveur des soldaU,
exceptant, d'ailleurs, de la dispense plu-
sieurs d'entre les cbefs (1471),
ht» rigueurs monastiques obtenaient non-
seulemeul son approbation, mais excitaient
encore son admiration. Dans un panégyri-
3ue de saint Bernard, il loue ce religieui
'avoir été « implacable contre la nature
(U73). » Il écrit i une carmélite : > Suivez
sans relAche les commandements et les con-
seils de l'Evsngile, expliqués par votre ré-
gie (1V731. » Or ou sait quel rude commen-
(1466) Letim lur ditert eujett 4e milaphytùr-ie et
dt relinoH, leilre i*.
(1467) DivtTi wnltnwnii et avii ehritiint, art. 29.
(1468-70) Voir h 5° dek L<llrM lur divert iitjeu
de yUlaphytiqne, eLc.
(U71j HauJoiieiii piur le carême de 1701.
tuire la règle des carméliies donnait m
conseils et aux commandements d» l'Eun.
gile. Voilà ce que pensait Féuelou des |i^i.
tences physiques obligées.
Voici maintenant ce qu'il enseignait lut
les austérités volontaires.
Au temps des débats sur le quiëlisniê, b
adversaires de l'archevêque réproebèreiii)
son opinion d'affaiblir l'utilité et n:èni« là
nécessité de ta pénitence. « Esl-w aèilijt
l'utilité ou la nécessité des mortifictlion,
répondit-il, que de reconnaître (dso) le litn
des Maxime» det lainlt) la nécessité de ii
mortification, d'autoriser les auslériti) cor-
porelles, qui sont par leurinslitutiaatréti
salutaires, et enfin de vouloir que les lu»
les plus parfaites fassent une péuiirKt
proportionnée h leurs forces, à leur gricM
aux épreuves de leur état T.... Ûiiseaq»)
consiste cette pénitence T Dans uDepririlioa
continuelle de tout ce qu'on ne goûlm
que pour se contenter (1*711). ■
Il est vrai qu'en admellaul le (irinciptit
la pénitence extérieure , l'archevêquï ih
Cambrai n'en abandonnait pas la pnlm '
k la faniaisifl de chaque fidèle. 1 Pour la'
austérités, recommandait-il, il fiutafiuil
égard à l'attrait, h l'état , aux beiolosel»!
tempérament de chaque personne Sa-
vent une mortification simple, qui coiiiitHi
dans une continuelle fidélité dans les «ni
de la Providence, est au-dessus de la »\
cherche des grandes austérités, qui readoli
la vie plus SHigulière et tendent h de raioai
complaisances Quand une personi^eol'
également prèle 6 rechercher tes ansi^rilit,
ou & ne les rechercher pas , on peut tu li
laisser faire, ou la retenir, ou l'eitiiEii
selon les besoins qu'elle a de se précauiw
ner, mais toujours en ménageant son oxa
et son esprit (U75) L'infirmité elle»;
gime sont deux bonnes péoitences. • Ai^
donc, Fénelon réglait la pénitence, miisii
la supprimait pas.
La croyance de Fénelon sur la pénîieM;
et l'eufer étant bien constatée, nom i°t^
drions rapprocher des extraits si conduaM
que nous avons recueillis, ceux qui 0Dt»f4
i II. Aimé-Martin pour établir une M*,
toute contraire; mais il n'en donne i^i^i
11 aOIrme et s'en lient li. I
Peut-être M. Aimé-Martin a-l-il été troa{t|
par les deux réfioxions suivantes, etlni^
de la correiir>ondBoce de FéneloB, ei cilM
par forme d épigraphe en télé d'un àuvv*
Oe VEducation dei n^ei: aSansexcéilrrld
bornes d'une vie commune, et sans sjosM
aucune croix aux peines de notre étal, oo^
mourons sans cesse à nous-mêmes, el n"'
sommes inépuisables dans les sacrifiGeiq*:
nous faisons à Di<;u. > ( Cnrres|iOiidaDcri
1. 1, p. Vt3.] ■ II ne faut point re<:ouritrJi|
(1472) Première partie. '
(1473) Voir lit S- des Leiirca à wu umSiii-
(1474) itépunse k la ilédaraiîou sur l'JùpM'ii"
det Jfaxtffl« du lainU. ,
(1475) Divêrt teniinuttii-et awAtititu.*^'*'
de la MorUficaiiou.
DHmOHNAlUE ArOLOCETIQCE.
FCI
931
juirFt H a»\ cilices , ni s'enfuir ilans un
lii^rl; il o'j » qu'a laisser prendre h Dieu
Im anusemenls d'enTimls qn'il nous die. ■
Litirt 0» ridame d'Amirm , CorrespOD-
dinn.Ll [1476].]
Cet deai citations , malgré la bizarre va-
n^ié de» indications qui les accompaçoenl.
5.int tirées de la même lettre an vidame
d'Amit-oï, i la date du 25 mars 1711.
Pnnr bien saisir la portée des conseils de
F'iielnD au TJiiame, nherchoos ce qu'étuit
te r^rsounage , nnnimé plus tard duc et
uirechil de Chaulncs. C'était no militaire ,
<iD malule, un bomme arraché à l'indicé-
reorc religieuse el aux plaisirs, «{irès de
hiip efforts de Fénelon. Or s'açissait-il
d'imposer à ce soldat malade la baire et le
cùm*. Vous royi:z donc bien que son pieux
tm\itnit, comme il le fit et comme l'au-
niifirt tout autre directeur* se borner i lui
(f/re : ( Pour la mortification, comentez-
louj de celle d'un régime etact et de la
muffrance de rolre mal. (Lettre du k janrier
l'Ii.) Pour les lectures de ruriositéi qui ne
ftnenl qu'i contenter l'esprit, je les re-
Inncherais dès qu'elles iraiout însensible-
neul jusqu'à vous passionner. (Lettre du
31 mirs 1707.) Dès que tous sentez que
quelque occupation tous passionne, flatle
•o^ «nonr'prv>pre el tous éloigne de Dieu,
»ilem>inpez-Ia. ■ ( Lettre du la septembre
niO.J Eh bienl ne Toilà-l-4i pas delà péni-
Kare, et Fénelon n'aTiit-il pas raison de
^irtsur ce sujet aui examinateurs de son
'litn des Maximfi det soifUj : ■ Peul-OD doo-
KT une règle plus rigoureuse et plus éteii-
Ine que cellft'lk fU77}T> Par conséquent,
*\\i conseiller I usage du cilice, Fénelon
3i^fait dea mortiticatioDs peut-être plus
bibles.
Ti)uie la pensée du prélat sur l'enfer et la
^itcnee se résume dans celte pbrase ai
ve i notre orgueil et ï notre faiblesse,
■u cette phrase que doirenl lui envier les
Mie, les JérÂme, les Dominique, tous ces
Mines et ces saints de la religion de la
foii, comme dit H. Aimé-Uarlin : ■ Ce
Vst que par la violence an'oa entre dans
I rojaume de Dieu.... La porte en est
mile; il but awttre k la gAne la corps do
tcbé ; il fant s'abaisser, se plier, se traîner,
B {lire petit. La grande porte où passe la
>u^E, et qui se présente toal ouverte, mène
II perdition {1178}. ■
•fous sommes donc maintenant très-con-
tiiK'us que, ai les saints et les moines ont
l'reJ'uis, coiBioe le pense 11. Aimé-Martint
iué perdre la morale du Christ, Fénelon
! l'a pas retrouvée , sa docirine étant celle
'■ tous les siècle* cfatéliens.
FtRRONNAYS (dk L4), beaux traits de
rlj dans celte noble famille. Voy. Co:ifss-
FF.TES et solcDiiitOs du culte catholique.
'f. ClLTK , i U.
It'6i U*. iT. di. 6, p. 4ST.
ItiTi Réponse à la decUntion sar VExpontivm
'■ Mexima dtt saJUj.
FRTICHR, oiiginp de ce ool. Toy. Rtcrs
nLHAiNKs, j IX. — Qu*csl-ce qu'uu félicbeT
ibid.
FEnCHISHE.Foy. PsiL0SOPBiBptNTn£ts-
TIQUE DK.L'niSTOIBE, § \.
FICHTE, son système philosophi(|ue.r«y.
PBItOSOPnlS DE L ABSOLU, | I, el PAXTHilSHI!,
PIGCRALISME hébraïque. Yoy. AcaoïMA-
TiQCE, etc. — Il n'est pas une ioTenlion ré*
cente de^ hellénisles. Ibid.
FILS DE DIEU ; Jésus-Christ s'est dit le
Fils de Dieu devant ses di*:('i{iles, devant le
peuple, devant les magislnts, malgré tous
les motifs qui deraieiil l'en détourner. Yoy,
Jèsus-Cbkist, art. 1, j I. — Sincérité de
Jésus-Clirisl , se disant le Fils de Dieu, dé-
montrée par es trois élémmis da caractère
humain. Ibid., art. I , j II. - Mépris des
morens humains. Ibid.
FIM, )iicompréhen«ibiIité du rapport du
fini h l'infini. Voy. Cbâatiok, { Il
FIRHAUENT, sa structure; réfulalion de
H. Letronne. Voy. Coï^iioghaphib. j I.
FLEADX, simblenl coïncider avec de
grandes perturbations dans la nature morale.
Voy. MiKACLB, J I.
FLOUKENS, ses travanx sur la peau. Yoy.
Races HUMAiifES, S lU. et Note XVIII, k la
Un du 2* volume.
FOI. — La foi est cet acte par I<;qnel
l'homme répond k Dieu , en tant '^ue Dieu
l'éclairé prophétiquement, c'est-ft-dire lui
manifeste, au moyen de la parole, des véri-
tés qui surpassent la portée de son enten-
dement ralionm I. Cet acte ne saurait éire
un acte de science; car la science suppose
la démonstration , el Dieu, dans la prophé-
tie , ne démontre i>as , il affirme avec auto-
rité. Il affirme, et l'homme croît. La foi est
la réponse que sollicile It prophétie, non
pas uneloî aiengle, nuis nne foi molÏTée
sur les caractères divins qui enlonreni et
pénètrent le témoignage révélaieur.
On fait deux objections : on nous dit d'à-
bord que l'acte de foi, par lequel l'homme
corresuond à la parole divine, est nn acte
qui n a point aon semblable dans l'ordre
natureif 0% loul se passe [lar voie de science
et de démonstration, el qu'ainsi il j a, sons
ce rapport, une anomalie qui détruit la syn-
thèse entre les deux ordres naturel et sur-
naturel. Bien qu'on ne voie pas clairement
la nécessité d'une synibôse ou similitude
constante entre ces deux ordres, je prouTe-
rai cependant qu'elle existe dans le cas dont
il s'sgiL
On nous dit, en second lien, que l'acle de
foi étant irraliouDei de sa nature, puisqu'il
tiou, l'homme n'est pas le maître de le pro-
duire quand il veut , par une simple appli-
cation de son intelligence et de sa liberti.^;
mais qu'il est le fruit du hasard, de la cou-
tume, de certains penchants de l'âme, et
(1478) Rifesion Miafti fovr Ioh Ut fomn dm
moi»: 11* joaméc.
S3S
FOI
LICTIOSNAtRE AW)LOCET1QOE.
au'ainsi il ne saurait 6tre en deToir at>solu
*où dépende noire commerce avec Dieu.
Je prouTerai , contre cette objection , que
l'acte de foi est un pouvoir réjjuliep ila
i'liomme,'et que la révélation lui élanl
connue, Tincroyance est un rerus libre d«
sa part, un refus coupable par conséquent,
el qui l>ri.«B ses rapports avec l» lumière et
l'amour divins.
Commençons )»r la première difficulté,
celle de la synlbëse entre l'ordre Daturel et
surnaturel sous le rapport de la foi.
Ce n'est pas seulement ta révélation pro-
phétique qui introduit dans notre inlelli-
gencu l'élément de l'incompréhensible; la
raison elle-même y est assujettie, et ses plus
Nensibles clartés aboutissent de toutes paris
à des mystères profonds [1479J. En même
temps i)u« la nature épanouit ses phé-
nomènes, que la science démontre, et que
l'esprit se satisfait dans l'évidence, I in-
coiii,iréheDsible apparaît et exige de nous
un acte de foi. Je dis un acte de foi : car,
en quelque manière que l'incompréhensi-
ble nous soit présente, lors même qu'une
démonstration directe nous est donnée
de «on existence, il apporte k notre be-
soin de connaître une limite qui suppose
lie notre part Tacceptatiou soumise dont le
(1479) Y<rg. UitxtM.
(lUU) Il n'en pu rare d'entendre dire k de jou-
iics et iiiiine à de vieui médrcins : Qitind j'aurai
découvert dans le cor|js la place de l'âme je cioiiai
à l'fima. On peut nipondre ; Voue croyez donc aux
corpd, parce i|ue vous en avex vu! Ëh bien '. je
voua aniiouce une tiUte, une déplorable nouvelle,
c'est que vous n'en avei jamais vu! Qu'avez-vous
vu.enelTet, dans ce que voik nommez au corps!
certaines ptt^riétéa , l'éiendue , la pesanteur, la
couleur, ta ligure ; nais la substance, ce qui esl li^
dessous, je vuus dis que vous ne l'avez pas vu. Si
vous en voulei la preuve, indépendamment de toute
réOeiion, élevez la Isiupératun: de quelques degrés,
que deviennent te^ propriétés, l'étendue, la p«san-
lear, la couleur, lalIgureT Toutchange, tout ecliap-
pe, Cumme la liulle de savon qui sévanouil dans
l'air. Tous ne teuei que l'eitérieur, li vous vous j
attactici comme si c'était quelque eliogedesubsiau-
tiel; mail pour peu que les conditions changenl,
que la cbaleur de l'atmospliére monte de quelques
degrés, tenl tous esl ravi, vous restez seul dans
votre latjoratoirB. El, cependant, vous croyez à
l'e^iiience tJes corps, vous y croyei fermement, et
vous laites bien, parce que vous avez daus les phé-
nomènes des raisons suffisantes d'y croire. Mais
c'est une loi, non pas \\n» foi divine, puisque Toli-
jet n'en esl pas divin, pas plus que les phénumèucs;
c'est une foi naturelle, et si tiien une loi, aux yeux
mêmes du aeos vulgaire, que rien n'est |dus fré-
q^uent que d'entendre des expressions comme oelto*
SI : Je crois, il cro.t à t'eaislence des corps.
Il en est de même dans tes sciences pliysiolo-
logioues. On étudie les pliéuamàues de U vie, «m
les ilecril, on les compare; on voit s'expliquer l'un
par l'autre, et se correspondre le mal, le remède,
les modillcallOLis qu'il produit. Mais ta sulistance
de la vie, la connaissez- vous 1 Pour les uns, c'est
l'oi^anisation ; belon d'autres, c'est le sang; ceux-
ci pensent que c'est l'esprit; ceux-li confessent
n'en rien savoir. Empressée à recueillir des faits*
la science se soucie même peu d'aller plus loin, et
quand on lui parte de la substance, elle croit sa
nom propre est la foi. Ce n'est pu uns
donle une foi du même ordre que celle qui
adhère aux dogmes révélés et qui s yam
garant la parole de Dieu; mais n'est une foi
réelle accordée au témoignage de li niiUre
sur des réalités qu'elle ne nous ciplique
pas, et qui s'enveloppe dans des Unèbr»
luaccessililes h lads les efforts de notre pé-
nétration. Aussi, de même oue la psroltde
Dieu fait des incrédules, la nature ei li
science en font aussi de leur cMé. ttftf-
ticisme n'est pas autre nhuse (qu'une rMig
de la raison contre tes obscurités où elle !c
J>erd dès qu'elle veut descendre un peu i^ro-
iitidénient dans les entrailles du vni; ri
c'est pourquoi la science, aussi bienqtieli
religion, veut de ses sectateurs celte nul-
lité qui est une grande partie da senscnn-
mun. Le savant véritable, initié au secm
de sa faiblesse par les merveilles qu'ils ie-
terrogées, S'Incline devant celui qui > ctit ;
l'univers, et qui seul en connaît loiuki !
ressorts. Il avoue qu'il ne sait rien; non pi! '
comme lo sceptique dans un sens abiolo, ,
mais dans le sens qui implique un sbiisse- ;
ment volontaire de l'esprit de l'bumoieJr-i
Tant l'esprit de Dieu, et cet sbaiuewH:
volontaire esl la foi même ;iW)0]. I
Du reste, la science, si impariaile qu'elt
rendre bnaiinage i eUe-^nême en disant : Jc'v
m'occupe pas de ces eboses-li, ce n'est puni li«
positif; mon domaine, cesoni les faits. C'esicnw
si elle disait : Uon domaine est dans la superi»
je ne vais pas une ligne plus bas. Ou croil Juc»
core à la vie de la môme façon que l'on cro.l iQ
corps, parce qu'on en voit les phénomènes nit
Au deU de la vie des sens est celle de l'^sfrli
perceptions primitives, idées acquises, inicnMV
dé.luciions , principes et conséqucotts, MM
choses dont nousavoosen nous la consciEMeak
certitude. Hais la snlutance qui pense, la ^vj*":
vous! Lks spiritualistes l'appellent Ime, ci #
nient que c'est une substance totalement diflàaR
des cujps, sans Ugure, sans couleur, sans pndtitn.
sans divisibilité, être qui échappe à Uhu «fnt M
l'imagination pour se le représenter. I^ niMni-
listes soutiennent que l'ime esl une thimht, '
que la pensée esl le résuhai irès-sin^ile d'au #
Uùie perfection dans les organes du coq», tt fi
e>t prouvé, selon eux, entre aalres raÎMiii, P*
développement parallèle de l'esprit ei de li tiO
lure physique dans la série ascendante d«!> à»
Aussi Tien u'est plus commun qae ces eiprusn"*:
Un tel croît à l'Ame, tel autre n'y croil p)s-
Eulln si vous sortez des sciences particslivtt
pour considérer l'ordre logique, qui est le f"»*
ment de toute connaissance, il vous faut nmiié
a des premiers principes, à des aiiomes qae ■**
avouet ipdémoutrabks, faisant de la sorte lepa'
les propositions qui se démontrent sur des pnp
sitions qui ue se démontrent pas et bilisMRi !*
lice de la raison sur des fonderaenta qui Dta •■
point eui-mémes, et que vous appelez superleji*
du nom d'aiiomes. Vous dites, il esl vrai, fM»
axiomes sqjit si évidents, qu'ils n'ont pu Ikmu *
preuves, et qu'il est iuipossilile 4e ie0Ogiei)|
delà. La vérité n'a pas de colonnes d'Bercalt. y*
te cadran de la vérité, votre aiguille parcotrt ■■
certain espace ; elle va de midi a six beem. K
exemple, puis voyant venir les ténèbres, TOiUili>n'
t>n oe paiK« plub. Vous voustrompci.lavmipp»^
DiGTHHraAIRE APOLOGETIQUE.
FOI
9Si
lOJU l'est pu l'état général de i'homanilé ;
elle esl le prifiléga d'un très-petit Dombr«
d'bnsimes disséminés àaas son seio. La
mollitôde. asservie h des Irariux qui ne lui
lirueol pas le loisir des soins de respriU
ijporo la démoDslration des choses doat
m 0» et (les règles qu'elle appliqoe h sa
fie. Soit que l'erreur od la rente la gou-
terne, elle est goaTernée par persuasion
el pir latorité , cest4-dire par la foi. Elle
n où 11 pousse la bataillon privilège des
prîDcesae l'iatelligence, jwussé lai-mème
[iir Qn ascendant iaconno qui a sa source
dus les siècles antérieurs et dans le Bot
logique de loua les événements accomplis.
Ui réiolDlions de l'esprit humain n'ont pas
d!iuln cause ni d'autre lot ; elles ne s'o|iè-
noljjmais par roie de démonslrslion , pas
fijsqae les t>alaines ne se gagnent par la
fcieoce du soldai. Le soldai ignore ce qu'il
tiilet pourquoi il le lait; immobile sous le
Ita og marchant & TeoDemi , il donne et
reçoit la mort par des ordres dont le prin-
npe lui échappe, dont le résultat lui est uo
Ji}itère jusqu'au dernier moment. Il obéit
lûu les hasards i une pensée iovisible dans
aquelle il a foi , el cette foi même est la
notlié de sa force et de la victoire; une
inGéeqoi doute est une armée perdue, une
insée qui croit commande à la défaite et
Hi arrache son salut. Ainsi en est-il des
MUilies de riolelligence , de ces grands
Kuiemeots de l'opinion qui entraînent les
«oples k de DOavelIas destinées ; la foule
iuit des chefs qui la persuadent, elle obéit
D crojant comiilaoder.
hmùi sur celte terre, la parole qui per-
uJe et qui commande ne se tait un
ni Jour; elle ne périt dans une boucbe
le poor naitre dans une aulrc, et si le
iaple cessait do l'entendre, n'aj;ant plus
^i el a'ajant pas la science, il ne lui
siérait de l'ioteiligence humaine que la
tahé d'une plus grande dégradation'
Hais rassurez-Tous, ce qui est nécessaire
rnuiDiBiié, quoiqu'il arrive, ne lui man-
i^ Easake votre ligûUe reviest sur set jns.
t Ktonnie i midi, el voua dites envore ; Id il ;
Mç de luiaiére poor qn'Û toit bcMin de passer
"i Voat vous irompez une seconde foiB, la Té-
>i-9« toujoam; car la vérité appelle la vérité ;
Il était pennik d'aperceroir la lumière iii-
1 forioas que La lumière va i la Inmière,
e à l'évideocc, et ({ne riDflni rencouire, sa-
' ■ raence, arrivée i un point
e Tarréie, voua crie: Halte-
1* b vérité ne «oas dit ianais d'*rré(er nulle
-a Tériié est camme un Deuve ; il descend i
I, cl les lapeors venues de l'Océan remon-
K M source pour l'alimenter ; en sorte qite soit
~Mm, (oit 1 l'enboDchure , c'est toujours
a tooleoiier qui >e trouve. Kl nous, placés
' 'cpetile Rei iatellectueUe, nous rcraonlons
n im Boive et i
Laws foKoairou. comme des calandes in-
Kitiakks, ces aiiomes qui nuiu eniptcbcnt
1 ploi bâut vers lei oriniiiei de b vérité ;
taire calé. Dous découvrons l'océan de l'iiiflaf,
kvtn lequel nous n'osons tuivre les consé-
9 de b vériié. I^noiii et toujours, au com-
DlCnO!iIIAlat SPOLOCBTIQnK. 1.
qaera point. La scii^iice y suliira des édip*
ses, parce qu'elle est la lumière du [«tit
nombre ; l'aulorilé ; survivra h toutes les
calasti^)phes, et si, après ayolr élé l'organe
de la parole qui en avait l'inveslilure, voas
venei i la perdre, n'importe pour quelle
cause, sachez qu'un autre ratnassera le
sceptre tombé de vos mains, et que l'inter-
règne de la foi n'est pas plus possible ici-
bas que l'interrègne d« la vie.
Comment l'humaiiité conaailrail elle sa
Propre bisloire, si la foi de l'homme k
homme pouvait subir une réelle inter-
ruption? L'histoire n'est pas visible d'elle-
même à l'horizon de la postérité, une fois
Jes acteurs el les spectateurs d'un siècle
enlevés dans la tombe à leurs projircs re-
gards, ils disparaissent aussi devant les
générations qui prennent leur place, el le
cours des âges, ensuivant son flot rapide,
les rejette de plus en plus dans la soli-
tude obfcure où la mort les lient cachés.
Qui les fait revivre malgré le temps T Qui
tient debout en face de leur plus loîii-
laine descendance l'image ioensevelie des
aïeui T C'est la foi seule, la foi de l'homme
vivant k l'homme mort, le témoignage de
Celui qui a vu passant de mémoire en mé-
moire h celui qui n'a pas vu. Essayez si
une démonstration quelconque, en dehors
de l'autorité humaine, amènera sous vos
yeui Sésoslrisou Cjrus, Bab.vloneou Alem-
phis, ou tel autre plan évanoui de l'an-
tiquité. L'instrument qui poursuit les étoi-
les dans les profondeurs immesnjables da
Ormamenl ne peut rien découvrir dans
l'étroite orbite de la tombe, et le calcul
qui se soumet des nombres fuyant daiu
une perspective indéfinie ne peutcompter»
ni ranger, ni dira les morts. L'éternité
seule les voit dans leur ordre et leurs
secrets, et l'histoire, pAle copie de l'éter-
nité, en propose le spectacle a tout homme
qui croit en l'homme. Si >ous. n'y croyez
pas, l'humanité perd sa propre trace, et set
générations ne sont plus qu'une chute de
neneemeal ei k b In, la Inmière ^i édaire l'oi»-
bre, l'ombre qni obscurcit la lumief e, k cbenÎR et
h borne, b science et b Toi.
Vojes oA je sais arrivé. Jusque sur le torain de
la logique, qui domine tout, qui t'applique k tout,
qui prouve tout : jat«jue dans les axiomes, fonde-
luenl de la race humaine, nous avons reconeu on
âéraent obicur, et par conséquent an élémeni de
toi ; non que les asiones ne soient de b dernière
évidaMe, mais cette évidence n'empéctae pas que je
chercbeqndqee chose an ddà d'eni-mtoes, I axio-
me sabsUniiel au lieu del'axioBe logique, la le-
mière étemelle au liée de b lumière communiquée,
la vérité par soi au lien de U vérité descendue a un
efprit qui peut b perdre par un accident, par ta
tofie. Ce qui nous coitdoit k voir que le monde na-
turri eu lié k un nrade supérieur, an monde divin;
la science naturelle k la scieace divine ; b loi na-
Uirelle k b foi divine i M que l'axiome est préciaé-
ment le point de rencontre et de jonciioe de ces
deux ordres auxquels nous ^tpartenons, et fue
nous n'avons ni le droit ni 1« pouvoir de s^rer*
si nous vouloDs eue conséquents.
n»
UCTIONNAIRE APOLOGETKIUS.
entre deui pri-nlemp8 qui s'ignorenl
l'un i'aulre. Si vous y croyez, n'accusez
Élus la religion de vous demander pour
iieu ia foi que rous avez en Diomme;
confessez, qu il est nssez sim^ile de con-
naître Dieu par la foi, puisque j'huoranitâ.
ne se connaît pas autrement.
Vous venez de le voir pour le psisé,
arrivons au présent. Aujourd'liui, 1" octo-
bre ISSi- de Vère clirdtiennet nous voici
S'Jr la terre un milliard d'hommes partagés
entre quatre ou cinq contiaenls ei en cent
nations. Comment nous coanaissons-nousT
Combien avons-nous vu de ces êtres, nos
semblables, qui respirent le même air, qui
foulent le même sol, qui habitent le méme-
icmps, qui composent ensemble et dans le
mAmc travail la vie d'un seul corps? Nous
en avons vu un ou deux mille tout au plus,
et encore, de ce nombre si limiié, c'est à
Îeinesi nous nommerions la dixième partie,
out le reîte nous échappe, sauf par les
relations que nous en apportent les livres
et les voyageurs , c'est-à-dire par la foi
que nous ajoutons aux récils qu'oc nous
en fait.
Allons plus loin, laissons nos contempo-
rains absents et ne parlons que de ceux qui
vivent avec cous, gui nous heurtent sur
nos places publiques. Rassemblés sous
les yeux les uns des autres, nous touchant
de nos regards, il doit nous être aisé de
nous connaître d'une connaissance directe,
où la foi^'ait aucuHo part; et cepeodant,
en est-il ainsi T Qui êtes-vous et qui suis-
i«r Quels sont vos-sentimenis et quels sont
les miecsT J'ai beau -tendre les ressorts
de mon esprit pour pénétrer de front et
Sar une claife vue dans lesTeplis devotro
Ire, il n'en sort quedes Meurs-suQisantes
pour d'attirer ou me repousser d'instinct,
mais non pour me donner la science de
votre cœur. L'homme-esl une flcue, et l'âme
ignore l'&mo, jusqu'h ce qu'une parole dite
h l'oreille, dans les ég^anchemenls de l'a-
mitié im de la rdigion, -ea ail -livré -le
mystère et mérité d'entendre celle réponse :
]e vous crois. La foi est le noeud de -tous
nos rapports personnels ; elle va, média-
trice icfaligablo et chère, de l'ami h l'ami,
de l'époux a l'épouse, de l'enfant h la mère,
du droit qui commande h la liberté qui
<ibéil;i^t, dons les plus solennelles actions
<Ies empires* comme dans le» plus tendres
■alfusionS'de l'amour, l'homme s'eiprimo
ioul entier par ces mêmes moLsj Vousavez
ma foi, je vous donne ma fui. On ne la v«ud
Jnmais, on la donne, parce qu'elle est d'ufl
prix si grand, que quiconque la vend est
racapDfale de la tenir. Et sur ce seul mot :
ia vous donne ma fui, l'homme expose sa
Coi'Uine, sa vie, sa famille, son honneur. Il
croit, ou ouïe croit, c'est assez. Il lui vaut
mieux tout perdre que de trahir la foi,
tant i>«rrai tes actes vils, -celui-ci fait des-
cendre bas le coeur qui eu est convaincu.
Ije mensonge lui-même, bien qu'il n'ait
pas lo caractère d'une trahison proprement
dite, mais patccla seul qu'il mvnque a It con- '
Bance qu'un honnête homme doit i la paraît
d'un autre, le mensonge Bttire le Eii\mi
el c'était une icjurp, estimée litoutenjoe
parnosBccêlresdeJa chevaleri8,queniijnfe
de ces mots : Tu mas menti ! En ;Sel, quand
un homme a menti, il n'a plus de parole,
puisqu'il ue mérite plus de fui, et-n'ijam
plus de parole, que lui reste-il d'une tut!
- Mais qui le croirait, ce r]u'il y a de plu
matériel su monde, ce qui seinLle ticiqnt-
ment soumis aux lois du calcul, l'arum
lui-mAme est un objet de foi entre In
hommes. Il ne passe de main en maio, Il
ne se multiplredansune circulation fécoodi
qne par Peffet du crédit, et tout événetnni
3ui altère la ctmfiance dans l'avenir Itril
a même coup l'essor de l'argeut. Tout l
l'heure il sollicilidt la main à le prendrE;
sous .la forme et sur la foi d'un vil papier,
il courait d'un peuple è l'autre, parloul ac-
cepté sous celte forme idéale qui en [loriitl
la valeur bien au delà de sa réelle quantité;
et voilà que tout h coup ce papier lomk,
l'argent se cache, les fabriques s'arrSleDt,
le commerce languit, le travail manque,
une sorte de défaillance universelle uni
tout en suspens et semble une parihsit
de la société. Quel coup si profond l'a mti
alleinteT Je vous l'ai dit. il y a enene!hi
une soustraction de foi. Ce penpleaces'di
de croire en lai , ses ressources ntoralNl
ne lui ont point jiaru aussi grandes qui|
ses périls, et, tandis que Rome venJail >i|
cbsmp où campait Anuifaal, parce que Roini
avait foi dans sa vertu, ce peuple-ci, ines'H
rant son sort 6 sa corruption s'est M
lui-même au chêliment de la peur. H lo-'
ché son or, comme les anciens, dans Im
calaslropbes do la patrie, cachaient (ïin
dieux. Olez la peur, et I argent rede»^
uublic 'et mobile ressuscitera le IraniU
rinduïlrie, le commerce, la richesse, etm
qui, vous le voyez, est .une liile de iiW
C'en est assez pour établir que la toijOH
un aussi grand rflle dans l'ordre liuimil
que dans | ordre divin, et qu'ainsi il d'] j
pas antithèse, m&is synthèse eutre tesM
ordres sous ce rapport. Pourtael il oer^
pas inutile , avant de finir , d'ec rechm
anc Dieu, nous ne voyons pas bien p
quoi elle le serait au nonsoierce de l'Iioaui
avec l'iiomme.
Sachons donc que la vie des esprits pnj
cède de deux p6les, l'un immualHe et v
solu, qui est le pAIe de Va vérité, l'aulnl
mobile, qni est le pOle dv la liberté. StstJ
premier, les esprits détachés de tout pc«
llie iraient i l'aventure dans la nuit fl
doute et dePigaorauce; sans le secH
privés de mouvement propre, ils nt |j
raient que les satellites obéissauts dl
ruécanisme fatal. Leur vie est donc k l>^
une œuvre do *énié et de lïberiél Eam
qu'cBuvre do vérité, elle est un objet <|
science; tu tant qu'oeuvre de liberté, c"
est un objet de foi. Car, selon qua le dt
soient des anciens, fluxi non »f s eiaii**t '
lit
roi
DICTIONNAIRE APOLOGETIQtlE.
U t'y pot <te teienee de ce qui poste. Or,
riea n'tsl plus instable, plus rapide , plu»
iupréTU que- la liberté, et c'est pourquoi
ji et difficile de se connatlre soi-mftine ,
mt présent que I'od soit à sod propre
tsar. Que ferai-jedeiDflinTOù tne coodnira
l'iocontluiee de ma Tolonlé?. A quelles len-
Ulionsseni-Je soumis? Y succomberaî-je,
l'j sueccmberai-je pas 7 Ja pais l'enlreToir
p<al-élre,ja ne puis m'en assurer absolu-
menu Cd livre qui me tombera sous la
DiiD, nue parole que j'entendrai, uoo
injure qui me sera faite, un ami que je
dispaieriï Tainement i la mort, une famille
qae le reol jettera sous mes pieds , je nu
uisqaoi enou, tout et rien sont ca^bles
de bouICTerser mes seniimeiits et d'inspi-
rer loi TolontÔ d'inattendues résolutions,
loloriaiidl TOUS voulez que je vous donne
Il ieieae» dfl moi-mime, et moi-mCme je
o'igoofe, moi-mtmc je me suis un objet
C'ait la liberté oui introduit dans les
iHMes bumaioes l'éléfflent de la foi, et qui
i&il le seul moyen de nous connaître
ieiproquement. Si nous n'étions pas libres,
scieuee disposerdtt do nous cumme dit
stade la nature; elle pèserait un homme
lia marne façon qu'un peu de terre, et
Btei les lois de l'Iinmanité se réduisant
des nombres, nous n'aurions besoin pour
w gouverner que d'une académie de
Hbéoialiciens. Tel est aussi i notre égard
rtvafioal du matérialisme. Pcrauadéqu'il
r a rien dans l'bomme qu'une matière
pDïsée, il recbercbe la combinaison su-
nie qui, tenant les passions en équilibre,
Mairait un ordre purement scientifique,
te crime et la vt^rEu u'auraient plus de
n Di de nom. Kcndez tous les hommes
vi> par exemple, d'une égalité mathé-
lique ; fajtes-«n des cbiffres alignés ;
[ritiuez-Eeur selon une même mesure les
Hs qui flatteoL les sens et qui contentent
gneii : que leur maoqutira-t-il pour Être
'«Dent et souveraiuement heureux f
n, sans doute, s'ils ne sont que des
|is; mais, si par hasard une Ame vit en
, et dans cette âme la liberté du vouloir,
•rez-vous que le ciel, la terre et la mer,
liés eiT pâture à cliacun d'eux, o'assou-
iJt-nt pas la jaJousie réciproque de leur
^té. va moment sulQt h la passion pour
>rer des Diondes, et si la liberté n'est
TinfiDi par la substance, elle est l'iotim
le désir. C'est pourquoi il n'y a pas de
h^matiqaes de !a liberté, et ceux qui en
thent l'équation dans la matière sont
blables fc cet enfant que saint Augustin
«uira sur un sable de l'Afrique, et qui
roposail d'épuiser la mer avec une co-
te rejetée par les flots. Ces grands calcu-
irs sont les deruiers des hommes pour
luvememeut de l'homme; ils s'étonnent
ement de la résistancti! que rencontre
génie. De sa doutant pas que la liberté
plu vaste que tout empixe, plus puis-
«1)/m
,99.
sente que tùut César, plus profonde que tout
abîme, et que la foi seule lut commande,
parce que la foi est clle-mftme an acte do
liberté.
Ainsi, par Is même raison que nous som-
mes des êtres libres, nous sommes deséire^s
tid'foi, et il faut dire dans l'ordre naturel ce
que Jésus-Chriât disait dans un ordre plus
Haut : Bienkatrevx ceux gui n'ont pas pu et
qui ont cru (1*81). C'est-à-dire, bienheureux
ceux qui n'ont pas besoin de la démonstra-
tion, parce que la démonstration n'atteint
qu'un petit noiubre d'intelligences, en des
choses de seconde portée tandis qoe la foi,
tout ensemble populaire et sublime, va de
l'Ame de tous è l'âioo de tous, en des choses
qui, puisant leur racine dan-i la liberté, sont
le fondement de la vie humante I
Je le ré(iète, la foi- est le corrélatif de la
liberté, comme la icience est le corrélatif de
la nécessité, et demander pourquoi nous
devons croire , c'est demander pourquoi
nous sommes libres. De lï d'écoulé une
conséquence que je ne puis vous taire , et
qui achèvera de vous expliquer le grand
rdlede la foi dans l'ordre purement naturel.
La science se rapportant K la nécessité,
c'est i-dire It ce qui est immuable en soi,
il suffit de l'esprit pour être savant ; il n'eu'
est pas de même |K>ur 6lre croyant. La foi
est un acte de confiance, et par conséquent
une affaire de cœur. Bile suppose en celui
qui l'accorde la même droiture qu'en celui
qui l'inspire, et jamais n'en furent capa-
bles, ni l'ingrat, ni le fourbe, ni l'égoïste,
ni aucun de ceux que l'Ecriture appelle'
énergiquemeut les tnfantt de la défian-
ce (l(Sz). Se confier c'est se donner ; nul ne
se donne que les magnanimes, ou au moins
les généreux. Non pas que la foi exclue la
prudence, et qu'il faille se livrer à la pre-
mière parole tombée d'une bouche incon-
nue, mais parce que la prudence supposée
satisfaite, il faut encore un élan pour arra-
cher de soi ce mot difficile : je crois.
Alexandre, roi de Uacédoioe, était sur
les bords du Cydous. Il y fut atteint d'un
mal qui menaçait de sauver la Perse ; et son
médecin, qu'il aimait tendrement, dut lui
préparer un breuvage décisif. Hais la veille,
un billet tracé par une main connue avertit
le malade d'être eu OéQance de son ami
comme d'un traître qui avait vendu ses
jours. Alexandre se tut. Le lendemain,
auand la coupe lut fut «(^portée, il tira de
essoub son chevet le papier accusateur, le
remit 6 son médecin, prit la coupe et l'avala
d'un trait. Toute l'antiquité a loué cette
action d'Alexandre, et ses plus fameuses
victoires, Granique, Issus, Arbelies, n'ont
pus environné sa tête de plus a'a tmiralion.
Sur quoi un écrivain célèbre, mais que je
ne veux pas uommer , se demande ce qu il
y a de si beau dans cette action si rantec :
car, enSn, Alexandre était le chef d'une ar-
mée nombreuse eougée sur an lerritoire
ennemi, le maître d un royaume puissaDl,
{\m) Efit$.n,t.
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.'
ps même la Toi divine, mnis celle foi Titue
innommée, intiflscriiiLiljlii, qui faille Gni^
du tout ce qui est grand. Aussi quaadsiioi
Paul prononce ce souvernin arrSUSoMli
foi il ul imptiiible d4 plaire à Dm [VVI&V
on peut ajouter et aui Loioaies. '
De là vient la faiblesse de ta sociélélins
est la TÎe de l'homine naturel comme Itfoi
divine est la vie de riiomme surnaturalisj,
et ces deux bomoies n'en faisant qu'aD,li
foi divine entretient la foi humaine, cotDaM
la foi buaiaine appuie la foi divine, ne [uU«
qu'en prouvant la synlbôse qui existe coin
les deux ordres dont les éléments dittiocu.
l'honame de la Grèce, diargé de ses ven-
geances et de ses desseins; iT devait, à tous
ces litres, respecter sa vie, d'où dépendait
le sort de tant d'autres , et quel mérite
élail'Ce de l'exposer sans défense aux tia-
sards d'uu empoisunnementTUais l'écrivain
que j'ai cité, ai>rès avoir fait ces reraar-'
qucs, se reprend et dit : ■ Ce qu'il ; a de si les temps présents. Jamais la scien» „
beau dans cette action d'Alexandre I Infor- jeté sur les choses une dIus vive e( plut
luBés, pourrez-vous le comprendre, s'il complète illumination quaitjouril'hui; ji-
faut vous le dire? Ce qu'il y a de si beau, mais non plus le lien social n'a été siltcile
c'est qu'Alexandre croiuil b la vurtu, c'est 6 se rompre dansles mains(|ui essi;«nll«ir
qu'il croyait sur sa télé, au péril de sa viel > à tour d'en rassembler le faisceau. Ce» que
Voilà une miLgnirique eipliuiitioii de la la science n'est pas le princifie de l'omit
foi d'un grand cœur, et c'est aussi l'm- h-jmain ; elle n'en est qu'un glarieuiorw-
plicatioEi de toute foi , qu'elle s'adres- luent, et, si elle opprime la fui au lieude^
se à l'homme ou qu'elle s'udrds&e è Dieu, soutenir, elle n'est que rinftrument pam-
Quiconque fail un acte de foi, qu'il le sa- cide d'une ruine uii l'homme recooiului
die ou non, boit la coupu d'Alexandre; trop tard qu'il faut croircnour vivreuoMul
il croit luràatéte, au péril de sa tie;H entra jour, même quand il ne faudrait pas am
dons CBlle lijjiiée d'Abraham appelé /« pire pour vivre éieruellenienl., La foi huœiint
de JDUjfM croyaiUJ (1^83), parce que, dans "' ' "" '" '"- - - ■ •
sa viejllesso, épuisé d'âge mais non do
cœur, il leva un fer obéissant sur l« (ils
unique qui était tout son amour et toute sa
race, esjiérant contre l'espérance en la pa-
role qui lui avait promis une postérité,
El s'il est une créature, qui, à l'opposé do .__
-ces magnanimes souvenirs, n'ait jamais tiré mais harmonieux, composent notre destinée,
(le son Âme un acte de. foi, vous pouvez Celle première diOiculté résolue, on io-
l'scuuser sans crainte d'avoir déshonoré en sisle, et l'on me fail remarquer une diili'
elle l'ouvrage de Dieu. Car la foi n'est pas renco considérable entre la foi qui xAi»
seulement une vertu, c'est-à-dire uu effort moj'en aux rapports des hommes entre euv
généreux et eflîcacp vers le bien , elle est le et la foi qui sert de moyen h leur Gommera
portique sacré par où passent toutes les avec Dieu, c Dans celîe-là, dil-on, il estii'^
■ vertus, le prodrûme sanglant où commea- de reconnaître quand et à quel degrd 1'
tent les sacriGcos et où reviennent les vie- doit donner sa couliance à un témoigiu.
timcs justement immolées au sanctuaire de purement humain relatif è des ciiosesâJ
Dieu. It n'y a pas uu acte de dévouement, des idées qui nos'écarteut point de laiji^''
pas un acte d'amour, pas un acte honoroble où nous sommes ; dans ceJle-ci au cunln
ûu saint qui n'ait été d'abord un acte do tout surpasse nos facultés, aussi bien lu
foi, et telle est la raison pour laquelle vélation divine en elle-même et daut
l'Ecriture déclare si souvent que c'est par signesexlérieursqueles mystàresquif
iafui que l'homme estjustilié et sauvé* Les contenus. Nous croyons à l'homaie t(
juifs s imaijinaieut que le principe du salut tiers et itslurellemeut parce que 11)01
était l'observance de la loi en vue des ré- c'est nous ; nous croyons à Dieu par bi .
compenses de Dieu ; saint Paul ne cesse de et diDicileraeni, parce que Dieu ce u'nià
leur dire que les œuvres sont impuissantes nous. Comment dès lors faire de cetlti
si elles ne sont vivifiées par un élément su- l'instrument privilégié de nos rapporiiiH
périeur. Jtn'y a qu'un Dieu, s'écrie-t-il, ;ut le monde invisibleT Est-ce notre fpUl
jiutifie te circoncit par ta foi et l'incireoncii elle ne subjugue point notre cŒUrl^M
Mcore par /a/o((l&â&J. Qu'est-ce que les nous dites qu'elle est un elTet de persiuiii»
œuvres, en elfet, si elles sont accomplies eh bien 1 persuadei-nous, ooud vous (uN
sous l'impulsion d'une vuepuremeritscien- tons: qui vous empêche de nous persiu-la.
titique? Un simple calcul d'iutérèt ou do Tout a l'heure vous nous averiissicJ 4^
bonne administration de soi-même cl des quand une parole perd son autorité <lsiul
autres. On est juste* sobre, économe, labo- monde, elle trouve iofailliblament ue i*
rieux, fldèle observateur de sa parole, parce cesseur qui s'empare du irdaa vacant. Ci
que c'est là un ordre dont l'exacliliide rap- ce qui est arrivé pour la namle dont <u
porte plus qu'elle ne coûte; mais placez ces êtes l'organe; mats 'faul-îl nous I'îidiidùi'
esprits bien réglés en présence de la coupe Fout-il nous condamner ou nous plai'.*
d'Alexandre, cest-à-dire en présence d'un si la parole humaine s'est subsliluétipJirui
sacriQce qui se peut éviter sans dommage, à ta (larole divine, si nous sommes ncsJ^
en face d'une vertu qui u'a passa rémuné- un siècle où l'homme est plus puissaïKîi
ration visible, alors vous connaîtrez le vide Dieu, où l'on.écoute pluldl les sagei <i«
d'un cœur où manqua la loi. Je Q'eoieuds les théologiens ? 11 est possible ^ue no^
(1483) Rsm. n, 11.
{iiM} Rom. III, W.
(1485) Hebr. xi, C.
W roi DtCTlONNAIIIE
■é[rff)(ion se (rnnipc ; mais Hic n'est poisl
rKlmr de ses lénèbre;, elle en esl la rio-
tJBf. fhs pères onl pTé\iaré la cnope oh
mas burons; ils 7 onl mis tant d'art et de
paiœBce que nos ièrres s'y oni»renl natu-
Kllemrnl, et goe la naissance et l'errear ne
Wil pODr nous qu'ui seul acte dans un
iDéme/oor; qae Dieu donc, au lieu de nous
roiidimner, Tienne k notre aide; qu'il parle,
qu'il dnnne grAce i sa parole, e>, s'il est vrai
qoeninfis, autrefois visible parmi nous,
lit nsiutàié (les morts, a)i I qu'il rnssuscile
ioiK le genre hamain tout etilierl C*i>st Ik
terrai mon. Vous nous avez dîl que l'élo-
qimte est la sabslilution de l'amc qui paHe
1 lime qui ficoole : eh bien I que Dieu soit
rtoqnnl. Est-ce trop lui demander pour le
fiitldu monde? El s'il ne le veni pas, s'il
Mteiiil pas, si l'incrédulité demeore notre
AM mure), tandis que la foi n'est qu'un
Aitd'ttcoi lion, de quoi peul-il se plaindre?
Uttt d'Atre tels qu'il ooos s créés T >
Totre objection suppose que la foi divine
nirtligiease esl an accident de l'esprit hu-
■uiD, tandis OD'ctle est l'état universel, per-
lai et public de l'humanité. Je me borne-
v kone remarque, c'est qu'il n'y eulja-
Hif iSam le nwmde que deux' époques oh
■Bcr^ulilé cil eu quelque esfMfrancc de
Mnntiion : l'ig» d'Auguste et !e nôtre,
■led'Aui^sle qui rit périr la république
M>tie, et le notre qui n'a produit encore
•e des tempêtes; deux époques en six
die ani, toutes deux marquées par les
BDes ei les effets du déclin. Non que je
Mille rropiiétiser votre ruine; même an
(de d'Auguste, ce n'était pas la ruine.
ÏDcrnvauce de l'ancien inonde était l'avé-
tteol heureux d'un monde nouveau, du
lodu chrélim. Ainsi en sers-l-il de vous.
Mn vaisseau tremble et descend; mais la
pu qui Je pousse dans l'abîme le trsns-
rtera vers le ciel, el votre postérité con-
Beau port admirera dans voire histoire
dans la science une nouvelle preuve que
Kroyaoce, loin d'éire une siaiion de
■HDiaité. CD esta peine un écaeil. Déji
tiques baume*, avant-coureurs de l'avenir,
IttiËDt ce pressentiment, et encore que
■ espoir ne fût pas une preuve pour vous,
Werait toujours que la seule époque
Krédulilé dODt noua connaissions le dé-
np[»ement iiilégral a été suivie de l'eial-
OD du cbristianisme, c'est-k-dire de la
■ ^snde el de la plus mémorable expan-
1 lie foi qui ail eu lieu dans le genre ha-
0- Cela suffit pour me donner le droit de
dure que la foi divine ou religieuse n'est
on accident de notro esprit, mais âoo
général el vrai, et que l'homme croit
heu aussi S|>oniBnémeut qu'il croit &
mme. ce qui ue veut pas dire qu'il y
1 sai.B travail et mfime ^ns combat.
I n'est plas naturel fc l'homme que de
e. el cependant la vie n'est pas chose
oe eoùto aucun effon. La vie est un Iro-
et un combat : combien plus la foi,
que la foi, dans sa définition même,
'Tte l'idée d'une vertu, et que toute
APMMZeTKHIC FM 9W
vertu est d'un enfanleroent laborieux, h
cause des passions qui s'opposent t son
règne sur l'Ame.
I ; Ne vous étonnez donc pas s'il faut quelque
soin pour croire, comme pour être juste,
vrai, chaste, honnête homme, el même éton-
nez-vous qu'il faille si peu, la foi étant non-
seulement une verlu humaine mais une
vertu divine et la porte de toutes celles qui
conduisent è Dieu. Vous Tie croyez pas, et
TOUS en concluez que la foi est impossible;
pour moi, j'en conclus que vous ne faites
lias ce. qui est nécessaire pour croire^et je
vais vous le prouver en pen de inols.
La première cause de nncrëdulilé esl Pi-
giiorance volontaire. Pas plus la foi qae la
science ne peut s'acqnérir sans une cerlaine
appIicaiiQn de l'esprit. Dès que l'esprit ne
sapplique pas, il est inerte, il cesse d'être
une puissance, il est h l'égard de l'objet dont
il se détourne comtae s'il n'élait pas. Qu'est-
ce que les mathématiques pour une inlelli-
gence qui n'ii jamais réfléchi aux lois du
nombre, de l'étendue et du mouvement?
Qu'est-ce que la philosophie pour un homme
qui ne s'est jamais demandé ce que c'est
que l'âtre, l'idée, l'atisolu, le relatif, la cause
et l'effet ? Et par la même raison, qt'esl'Ce
que la foi pour une Ame qui n'a jamais sé-
rieusement pensé aux rapports de la créa-
ture avec Dieu.
Soyez vrais : \ quel Age et après quelles
études avez-vous décidé qae la religion
était une erreur? Est-ce h quarante ans?
Non. Vous l'avez décidé dans la fleur de votre
Age, au moment où, sortis des langes de
l'enfance, le raisonnement et la passion fai-
saient ensemble leur joyeux avènement h la
surface même de votre élre. Simples et sou-
misjusgue là, pieux adorateurs des pensées
de votre mère, vous n'aviez rien interrogé,
rien contesté ; vous viviez d'une foi pure
comme votre cœur. Mais k peine la dooblo
pubertéde l'homme eot-elle fait eonoaltre à
vos sens et à votre esprit son vif aiguillon t
que, sans rous doioer le temps de mûrir
votre puissance, impatients des mystères de
la nature el des mystères de Dieu, vous avez
été saisis de (a honte decroire, en même
temps que vous perdiez cette autre honte
qui esl la divine gardienne de l'insoceDca.
Incapables encore .d'aucun acte civil, vous
avez prononcé souverainement sur l'homme
ei sur Dieu ; vous avez douté, nié, aposta-
sie, méprisé vos pères, accusé vos maîtres,
traduit à voire tribunal les vertus et les
douleurs des siècles, fait enfin de votre Ame
un désert d'orgueil. Puis, celle ruine ac-
complie, vous avez choisi pour voire but une
des ambitions de l'homme, la gloire des
armes ou celle des lettres, ou moins baot
encore, selon le hasard ; el tout l'eflort de
vos facultés s'est tendu vers l'idoIAlrie de
votre avenir. Vous n'avez plus risn appris
que pour être un jour le béros eftecUi de
vos rèvcs ; vous avez sacrifié vos jours et
vos nuits i cette image égoïste, n'en réser-'
vaut une iwrt secrète, incuniiue, qu'à l'autre
égoï-ime de l'homme, la volupté. El jamais,
FOI
nCTIOIII?iAIRE APOLOGETIQUe.
duraol ce double el triéle songe, la reli^ioo
na voua e<t apparue q»fl comme un souve-
nir Tulite de TDS premiers ans, une faiblesse,
ou une tw'poci'isie de rbumanité. Vous o'a-
vez pas aai|$iié lui donner une beure, une
lecture, on désir, et si quelquefois, attiré
par un nom célèbre, vous avez frsncbi le
seuil d'un livre ou d'une basilique, vous
l'avez fait avec la bauteur d'un esprit qui a
juge et qui n'entend pas revenir de son ar^
rèt. 0 confiance de la jeunesse dans l'erreur I
0 sécurité des âmes qui n'ont encore vu de
la vie que sa première aube I Oh I que Dieu
a été bon de oe pas vous rappeler ï cette
beure de l'ignorance el de l'encbanlement I
Car, déjb, TOUS n'en êtes plus pour la plu-
part BUS certitudes naïves ; le temps vous a
ramené le doute et les pressentinients obs-
jursde In vérité. Vous comprenez que vo-
tre incroyance est née d'un acte pqéril, et
qu'elle a besoin, pour votre honneur et vo-
tre repos, d'une raliGcatiou.
C'est CB second travail, ce travail de re-
tour et d'eiamen, qui fonde la foi dans
l'homme et la maintient dans l'humanité.
La foi sans doute est aussi un don de l'en-
fance ; tille pousse ses racines dans l'âme
qui vient de naître, maisc'exl l'action lente
de la vie qui la porte è sa maturité. Quand
l'homme a vu l'homme pendant de longues
années, quand il en a connu la faiblesse et
Ja misère par des expériences qui ne lui
laissent plus de doute, et que défi la gran-
de figure de la mon lui apporte de plus
près la dernière des prophéties, alors son
- regard devient naturellemeot plus profond.
Jl discerne mieux la trace oivine, parce
qu'il connaît miteux ce que ne peut pas
1 booinie, et la lassitude des choses présen-
tes lui ouvre aussi le goût des cboses qui
ne se voient point. C'est pourquoi un écri-
vain dont le npm m'écliappe, adit eicelleua-
ment : ■ A vingt ans, oo croit la religion
fausse; à quarante ans, on commence à
soupçonner qu'elle pourrait être vraie; \
cinquante ans, on désire qu'elle soit vraie;
à soixante ans, on ne doute plus de sa vé-
rité. > La lumière marche du même pas que
fa vie, et la mort, en nous désabusant de
tout, achève cette révélation continue qui
avait commencé pour nous aux lèvres de
notre mère. L'eni'ant et la femme sont l'a-
vant-garde de Dieu, l'homme mûr en est
l'apdlre et le martvr : Voas, jeunes gens,
TOUS n'en êtes que les transfuges d'un jour.
Je sais bien que l'ignorance volontaire
n'explique pas toute seule le phénomène
douloureux de l'incrédulité, et qu'il est
des hommes versés dans les choses reli-
gieuses qui n'arrivent point au bonheur de
la foi. L'exemple en est rare, mais je l'ai
rencontré. Ceux-là sont les viciimes d'une
passion la plus opiniâtre de toutes, qui est
l'orgueil de la science. L'orgueil du la
science est celle inratuation d'un esprit
.enivré de lui-même, qui se mire dans ce
qu'il sait comme Narcisse dans son lac, el
/
(i486) JfwiA. m, 7.
qait estimant toute limite une injure i »
capacité, entend traiter avec Dieu il'é^il i
égal. Il n'étudie point par imour de li te-
nté, mais contre elle; il est heureui it
soulever des nuages, de dérouTrir un piis
^e sable qui soit un blasphème el qs'il
finisse rejeter contra le ciel. Begerde-i-il
es astres, c'est pour ; dérober le secret de
l'éternité du monde; descend-il diu b
entrailles de la terre, c'est nour ; clienhtr
des armes cootre un grand fiil biUlqu;
înterroge-t-il les nécrojwles du l'Eijjpieua
les ruines de Babylooe, c'est pou^ i ealtn-
dre upe voix qui nie quelque ciiDHte
plus antiques traditions. Sa science e'tsl
qu'un duel acbari^ entre lui et Diea.
Qui pourrait demeurer vrai devint one
telle pasaiun ? Qui l'accepterait pouriagt!
La foi, nous l'avons dit, est un acte decst-
fiance ; elle suppose la .sincérité d'un tm
droit et aimant. Or, les' gens dont je pnit
ne croiraient pas même à des démoutri'
lions mathématiques, si elles avaient khk
but fltponr coiclusion des vérités de l'or-
dre religieux. Comme Jean-Iacqnei, ils li*
meraient mieux se déclarer fous que de»
déclarer convaincus. Et certes ce n est poitJ
16 une j)einture imaginaire, liilerrogu !«
souvenirs de votre conscience. N'ateM»)
jamais t>attu des mains quand on TWiit-
sait : Voici un argument contre Itiv-'-
ChristT Demandex.etil vaut $tradoMi;àB-
ehex, et cou* trouvtrex ; frapptt d il »•
itra ouvert (i486) : telle est la pttam
condition pour arriver h la foi. Le soleilsi"
réte en vain au plus haut du firmioieai,!
la lumière n'est pour nous qu'une raison'
lui refuser nos regards.
Enfin, une troisième cause de l'iaawi
lité, estla dépravation des mœurs. It 1
veux pas dire que toutes les faitiiesses I
notre malheureuse nature soient sa am
cleàla foi, puisque la foi est elle-oii"')
principe de la cliastelé, et que Jésu^br^
a prononcé contre les pharisiens celte dim
parole : Let femmet que vout appdti N
duet voM précéderont dam le ro]|aiw '
ciel {IhSI). Il ; a un vice qui se coua
qui se méprise, qui se frappe If po''"
je ne dirai pas qu'il est cher ï D'<'».- '
Dieu peut le guérir comme il a guéri*
leine. Il y a au contraire, un vice d'or?
un vice qui lève la tète, qui rit et se ^"^
celui-lè Dieu le bail, et il est ufl a\^}
tiresque invincible à la foi, parce (||iil
a réunion de deux perversités qui *
cluent par nature et dont la rencontre
h rSme les dernières ressources du u
Déjà l'orgueil tout seut est Et insupi'Oi^
à Dieu, qu'il préfère lo vice buniblel
vertu superbe : que sera-ce du vice ^
gueilli T Or, rien n'est moins rare quel
lamentable disposition du cœur .- *>«
que l'on est des plus vils penchauls v'
Iilus honteuses pratiques, oo se drspei
a Berlé d'une conscience sans rcpro:
on en appelle à son honneur, à si P""
(1487) JVaKA. 1XI.M
FOU
KCntHlNAlRE APOLOCt-TIQUIl
i-i»£àiie, ri l'oii couvre (ID nom de fii-
tiInHS siiubles la (irostiluliOD de tous ses
^ens i la loluplé. Ou emploie un demi-si^
tlaàperrerLiraulourde soi rigODraoca de
ûjenoesieel la beeulé de la vertu, et après
arojr préc pilé dans l'ubjetlioD nouibre
il'iateidanlO'i ne liaigne nas oiéoie res-
ptder les ruioes d.-ins sa mémoire , au lieu
<le dire i Dieu comme saint Pierre : Seigneur,
fE(vu-v«iu de Mai, parée qHe je tuU un
iemtK pAtieivlliSS), ou sv plaint du (leu
de loiai^ que Dieu a mis dans ses CBUTres,
M on lui împule le malheur qu'on a de no
pu le connaître et de ne pas )<: servir.
Cn^ei-fons que des miracles sont dus h
dewfes plaintes, et qp'il y aiirsule à Dieu
de H répondre que par le filence et l'eu-
diraiiraient? Ob l oui, les ffomue que noue
effdns perditet noiu préeéderont doit* le
fifeaudu ciel, parce que prcsipie toutes
Ml été viclimes avant détre uieneuaires ,
•1 que du Tond de leur aliaissemeni, il leur
IR1K de lever vers Dieu ce rej^ard doui et
bomble qni est plus qu'un remords, s'il
D'est pu encore uue venu. Dieu les enteri-
ifn; il entend le moindre soupir sincère, et
it ichève toute larme que l'on commence
poarJuJ. Mais l'orgueil de l'ignorance, l'or-
loeilde la science, l'orgaeil du vire, il Jes
■éprise tous trois; il les attend au jour où
Its anges etunteronl une secoude fois., en
présence de tout l'univers assemtflé. l'hymne
au Dieu tait homme : Gloire à Dieu au plut
Imu du eiet, et paix tur la terre^aux homme»
dt ionu volonté I {Lue.u, Ik.) (1489) Foy.
tkaLK m roi.
FOI acKUMK, es) la vie de Tbomme na-
(Brel, comme la foi divine est la vie de
niomiaesnrnaluralisé. Voif. Foi.
FO.fTKNËLLR. réfuté sur l'origine des
Hules païens. Voy. Dêhon, $ IV.
rosCE, le sacrement est un organisme
|si la coDtieot. Voy, SACinuiiT, |l.-i- Sa
tffi&itiou. i&id — Constatée dans l'homme,
faus les nations, dans l'univers phjrsique.
'(id. — Force d'expansion et de coocen-
niion. Jbitt. — Ë'st le mode de manifesta-
lOa de DicO. Kov- JAsus-chbist, arl. II, 1 1.
- Forces nstoreltes, leur impuissance pour
tous (aire vivre d'one vie divine. Toy. Sdb-
uvvxALisiiE, I VI. — Forces dans la ma-
lére, divers systèmes sur leur origine et
mr nalare. Voy. Cosmogoiiis.
FORNE, y a-t-it unité de forme dans le
t,jne animal 7 F9y.BOiiiiE,arl. II.
FORTCNAT (Ssinl), ern urs historiques
e HU. Tiiterr; et Guizol réfutées. Yoy. R4-
i«0!iDK, i IX. et suiv.
FOSSILES, ont porté un coup mortel i
lijpotbèsepantbéistesurroriginede l'taom-
« et de« ^tres organisés. Voy. Hohmb,
1. 1. 1 IV.
FOURIBR , membre de l'expédition
Cgfple, aut«ur des calculs sur lesquels
appuyait raniiquité des zodiaques , n'a
rien écrit pour la défendre contre les ob-
jections multipliées et décisives qui la
eamballeut et la détruisent. Voy. Pkstateo-
QUK, J IX.
FOIjBIÊRISME. — Nouveau syslèmo
social et iuduslrîei imaginé par M. Charles
Fourter qui lui a donne son nom. Voyant
dans la nature les élémeais du bien-être
répandus avec une sorte de jirofusion ,
frajipé des vices de la civilisation opéréu
par rindustrialisme tel qu'on l'a C0B{u do
nos jours, et frappé des malheurs qui pè-
sent sur les pays les plus avancés de cette
civilisation, H. Fourier avait cherché les
causes de celte étrauge aniimalie. Mai», se
pldçant hors dps croyances catholiaues, il
crut trouver l'oriipfluilu mal dans la con-
tradiction perpétuelle que la société apporte
aux vocations naturelles des hommes, et
dans le morcellement, par la vie de famille,
des intérêts, des Iravaut et des jouissan-
ces que la nature destinait h être mis en
communauté. Le remède coosislait .dans
l'association combiuée avec l'attraction ,
l'harmonie et l'équilibre des passions dans
lesquelles il reconnaît eiclusivement l'in-
dice des vocations natuielles. Dans son
iilan, l'univers, au lieu d'être morcelé en
amtlles, le serait en agrégations sociales
qu'il nomme phaUnulêret agrieoUi tt tiidus-
Iriett, et dont la population pourrait £tro
d'environ mille huit cents habitants de
tout Age et de tout sexe, lesquels seraient
divisés eu $érie» paeaionnétt, c'est-è-dir-j
classées suivant leur vocation principale
D'après cette méthode, an moyen de la vie
commune, |)ar des plaisirs communs et pnr
un travail intelligent et attractif, distribué
suivant la loi des attractions ou vocations,
on obliendrail une telle économie do temps,
de fatigues et de denrées , et es mémo
temps uue telle augnieotalion de produits
de toute espèce , que chaque membre de >
l'association harmonienne aurait une part
du jouissances variées, au moins éi»*B h
eelie réservée aujourd'hui aui individus
les plus riches. De plus, le perfectionnement
moral et physique des êtres amènerait une
régénération com{>lêie dans les familles du
l'espèce humaine. Quelle q^ae soi| la va-
leur de celte théorie économique et indus-
trielle, elle n'est chez U. Fourier que l'ap-
plication d'une doctrine métaphysique, cos-
mogouique et psycholç^ique, qui n'est
elle-même qu'un panthéisme ra&lérialiste ;
nous allons en donner une esquisse rapide.
Les formules abstraites et le néologisme
barbare dont se sert U. Fourier pour expo-
ser son système, en rendent 1 accès irès-
diôîcile et souvent même impossible (U90J.
Il y a trois principes : Dieu principe ac-
tif et moteur, la matière, principe passif et
mu. les mathématiques, principe neutre -el
arbitral. Dieu a les douze passions, un corps
de feu; il n'est pas séparé de la matière;
(1490) De TMOKiattea étmeui^M MrieaU, pat
su* et N. Cdarles Focimi. — Article sor Fearicr, )
H. Bsiiuu», ftnac det Onx Monén, 1$ n
"i^!
FOC
HCTININAIM: «MMiOGBTIQUE.
assertion i« téoioignoga de qaelaiu
listes. Svammerdsin dit formellen
rtftD ne MTaitde rien;1e monde «st <ter- passioai, c'est diriDiser looi Im lUioritts,
net. Les trois principes ne sont qu'un; tons les Tices, toales les dégradtUou qui
Ûieu est tout ce qni est. penreat rabaisser rhomiDeai-dettOBsdeli
La volonté unirerselie se manifeste par oéle. Espérer et croire qu'avec la priocipt
l'atlraction unirersellequi produit cinq mou- de la It^siiimité des passions oa poorra ir-
vemeuls : mouTetnent matériel, orgaoique, river k les satisfaire, k leur poser Ifs bar-
inslinclufll, aromal, social. De rallraclion nés qui cependant sont iodliptiutlilet i
universelle vient l'analogie universelle : l'exisience de l'associAtion, c'est inècoo-
toutes les passions ont leur analogue dans- natire entièrement la oalare de riiomnuM
la nature. celle de la passion, c'est s'abuser toi-mê»
L'bomme est un petit dieu. Toutes les elabnser ses lecteurs,
passions sont légitimes. lien existe douze FOURMIS. — On lit au chapitre ti,v.M
principales ; les unes sont sensitives , les des Proverbe» que la fourmi pradeDlemé-
autressonlafTectires et tlistribulives. Autant pare sa nourriture pendant l'été et qutlle
de passions fondamentales, autant d'impui- fait des provisions au temps de la moiitOD,
sions légitimes. La loi* le devoir, le bien de La science, dit-on, dément cette prévDjinu
l'homme est d'obéir h ses attrictions : voilà de la fourmi et l'on cite à l'appui de csile
toute la morale. Les idées de rico et de .__.-...._■_ ... ,
vertu, de bien et de mal, sont radicalement
fausses : le bien, c'est le développement
barmonique de l'homme; le mal , c'est la
civilisation actuelle. L'œuvre extérieure de
l'homme, sa destinée terrestre est la gestion
et la culture du globe, son but le bonheur,
et ses voies l'associalion , l'harmonie uni- provisions pour l'hiver, ce qui aulorise i
verselie. La volonté de Dieu étant le bon- penser qu'elles ne mangent rien tsnl ipic
beur de l'homme et le développement com- l'hiver est rigoureux, tomme cela eti v-
plet de tous les êtres, nos passions doivent dinaire à la plupart des inseclei,etl
Aire pour nous une révélation permanente, quelques espèces d'abeilles, qui, daai )c
ear le bonhtur contiste A avoir btaucoup dt ' ' '
pauitmi tt beaucoup dt moyens de let $alit-
fàire.
Le devoir vient des hommes, l'attraction
vient de Dieu. Le devoir varie (fe siècie en
siècle et dans chaque région, tandis que la
nature des passions a été et restera invaria-
ble cbeï tous les peuples. , „
L'immorlBlité de l'Âme n'est autre chose et cent recherches m'ont appris que b
rjue la ruélempsycoso ; nous renaîtrons fourmis ne savent ce que c'est que île fairi
sous des formes nouvelles. des provisions. Quand elles porteut de
Après ces doctrines viennent des pro- grains de blé et d'autres grains i itvt.
phëlies. La terre, les climats, l'humanité , babilations, elles les y portent précisémeiii :
seront transformés au moyen de l'organisa- comme les brins de buis, pour les bùij
tion pbalanstérielle. Des révolutions sidô- enlrerdans la construction de leurédiSce.-;'
raies s'opéreront» qui placeront notre globe 11 n'y a peut-être point d'insectes poui^i"
dsds des conditions nouvelles ; une nou- toute celte prévoyance et tout ce travs'H*^
velle création ae développera en lui. Ici l'i- — -' — ' — '-""'
maginalion de Fourier prend un libre
essor; elle peuple notre terre d'animaux,
merveilleux; les facultés humaines sont
élevées à leur plus baule puissance (U91J ;
la (erre est le séjour des délices; le bon-
heur y coule k plein bord.
Le [lanlhéisme ds M. Fourier et ses ten-
dances matérialistes sont évidents; son sys-
tème philosophique n'offre donc rien de
nouveau. Nous nous bornerons à une re-
marque sur la base morale de cette théorie :
la légitimité de toutes les passions et la
nécessiléde leur développement. Ne donner
(l'autre loi à la passion que la passion elio-
méme; nier la loi morale destinée & régler
.et h diriger la passion, admettre dans le
Ifiufts nilun-
illement qa'il
n'a jamais aperçu dans les fourmilières cet
divers appartements conslmils avec irl, d
disposés selon les lois de rarchilecluredoni
les auteurs font mention, ni oksenéqae
les fourmis* pendant l'été, amassent an
temps froid, s'abstiennent absolument de
toute nourriture. Rédumur s'exprime eoMK
là-dessus d'une manière plus précise dus
les termes suivants: ■ Quelque établi qu'il i
soit que l'industrieuse et prudente (iHitu |
se fait pendant l'été des magasins quidoimi !
servir à la nourrir pendant l'hiver, tous ces
prétendus magasins n'ont rien de réel;(fi'
sent plus en pure perle. A quoi Eerviriid-l:
des amas de blé pendant l'hiver i deifDur>i
mis qui le passent amoncelées les uui^*'
les autres, et si immobiles qu'elles sembli>t|
mortes T Bien loin qu'elles eussent Itlcf^'l
d'entamer des grains de blé, elles d'odi m
alors celle de se mouvoir....'. La «raie ptr
dence des fourmis se réduit à se Diei'r«9
plus i l'abri qu'il leur est possible dufiùt
dont un degré assez médiocre est ca{>i4
de les priver de tout mouvement. VeriJ
commencemenldem9rs,ily a ordinaire^
des jours assez chauds pour lesraiiiDei;ai'i4
elles commencent â paraître, elles tooIcd^
cher de la nourriture. ■ . 4
De son cûlé, le savant Latreillc, quie«
une étude toute particulière de ces ii ~
sens le plus absolu la légitimité de toutes les ajoute : ■ On a célébré avec raisou \t r
(Itôl) ( Lorsque le slube sera organisé, dît Fou- millions ée géomèlree égaas ï Newton, tnnie-^
rier, elportë au etmiiI complet <le Iruis milllarjs, millions de comédiens ^aDs iMoUére, d >>*'J
Ity aura habitueUeaiaiit sur le «lobe irenle-sept louilei laleoU imaginsires. Ce SoaittdeiB''''
mlUiOBi de poëtet égaax à Uomère, trente-sept lions approximatives. *
MCTtOXYURE kPOUMÏETIQUC.
FOD
«K
f>iiiire lie euinsMlesvl leur omour io5«-
liiblepourla Irafail. Mais onse méprend
« rirtje sur lagr but. Ils n'amatsnnl poinl
(If proTisioiu de boucbe pour l'hiver, puis-
qa'jlssofil alors engourilis et iocapables de
ptcO'ln de la oourrilure. Les grains de blé
H autres différentes sabstaDces qu'ils char>
rieni dans les beaux temps, ue sodI que des
aialériaax de constniclioa, et deslinés à
élcndreelicoiisoliderleursouvrages(IUt2}.*
EiiSd, tous ItfS naturalistes de dos jours
iofit du in£me seuliment.
CtHe objeclioo est beanconp plus spé-
ticDW que soliiie. D'abord les naluralisies
em-méiBes feconoaiisent que les fourmis
14)1 Bfie certaine préTOj'aace. ■ Elles élèvent
H MHirrisseni convenablement dans des
y.r.cid'étables,dîlUuméril,d'aatres espèces
d'iiurates, et surtout des pnceroos, qu'elles
uigatol pour les traire, et pour en obtenir
tioslimeolassnré dans les temps de disette,
HMDoe Dcus tenons en domesticité nos
TKbes, nos cb&rres, nos brebis. Ces mulets
coorrissenl eux-mêmes toutes les larves,
Hies des miles, des femelles et des seulres;
ils les protègent aussi sous la forme de
Drnifibes, et pendant tout le temps que ces
laiividus peuvent élre utiles et nécessaires
t il société (1493). ■ De le Hubert avait dit
kn agréablement: ■ Cnefourmilière est plus
ba moins riche, selon qu'elle a plusoa moins
4e pucerons; e est leur bétail; ce sont leurs
ticlies el leurs cfaèvres : on n'eût jamais
[ensé que les fourmis fussent des penpies
pi<tf-(irâ<IU)4). > Le même savant dît encore
tn parlant des fourmis : « Lorsque l'biver
n'est pas rigoureux...- leur aclivilé c'est
jM interrompue. Sans des ressource! parfi-
cDlières, elles seraient donc alors exposées
i lérir. Les pucerons fournissent à leurs
kesoins Les fourmis qui n'ont point
finsiiuct de se les approprier, conoaissent
^n moins les lieux où ils sont cachés, et
ripporteot k leurs compagnes le peu de
ntiellée qu'elles ont recueilii auprès d'eux.
ii-'.es leur font part de ces liquides dont
l 'éiaporstion est alors très-lente ou presque
[•u-^DSible(]fc95).i
En second lieu, noos ferons observer que
'^Iijtrction de nos adversaires est apiiujée
fit une supposîtiou dont nous pouvons
il49ï) AoMCM OifiioiuMJK fMfloJr* natureUt,
1 1. Ftwàcmru, t. XII. p. 17. Paris, Déterrille,
»IT.
il41â) A. M. OwtUnt DfwtaiL, EHme»i* 4a
^itmea ««larrUc*, L U, p. 133; Pari», lltôO, 4'
I.JU
\ \9l) .Twrv^ DietioMJi, thittoirt natmrdle, art.
' -mnmh, p. 1(3,
• HVS) IM., 84, S5. Bnber el Lalreîlle ont
iBiUlé, par lears irtMenatiof», que qaau« ou
>M| «spèw» an okhbs lasseaitileiit an fond de lear
> : J. «■rMsl rfau la aunMûc —tutn, de* puceroiia
A l««r»aMfa véoics. Quant anx fournis des pa^
Auds, il est bien woBTë qa'clks font des provi-
.Mi%%, Le cotood sjke*, pûdaat soo séjour aux
r .i-*, J a obtervé uiie côfèce de fourmi que M. Uope
■-Mbuiec foormi f^^W)amlt, apparteuanl an néine
nr<r qa? ta bateiue fuurDii dît eitilt, qui déli*re
. i'>Ji<|iKHCnl i'itme (ouk (l*iiuccies ouiûliki
k^gilimemphl cfinloster la vérité. Nosadver-
saires supposent en effet que le livre des
Proverttes enseigne que les fourmis conser-
vent pour l'iiiver les provisions qu'elles
amassent pendant l'été; mais ni le texte ori'
giml, oi les andennes versions ne portent
une semblable leçon; on 7 lit seulement,
3ue pendant l'été elles profitent dâ temps
e la moisson pour recueillir leur nourri-
tare; mais il ne dit nullement qu'elles font
des provisions pour l'hiver. D'ailleurs cette
addition ne parait nullement nécessaire «u
but et au dessein général de cet écrivain,
qui est simplement du chercher ^ tirer le
liaresseux du son oisiveté et de sa torpeur,
en lui cilani l'exemple de la fourmi, qui
quoiqu'un des animaux les plus petits el les
plus faibles (populua infirmus, bébr. non
ca/if(tM) sait proliter de la chaleur de l'été
iiour sortir de sa fourmilière, où le froid de
l'hiver la tient captive une partie de l'année;
el ne manque pas de courir partout où Is
moisson lui offre no aliment ; el cela sans
qu'elle ait un maître, un clief, nn prince,
pour la diriger et la conduire. En renfer-
mant dans ce cadre, qui est celui du texte
sacré, reloge de son habileté el de sa dili-
gence, la fourmi peut parbilemept être
proposée pour exempfe aux hommes lâches
et paresseux.
H8is,en supposant mëmeque le texte sacré
n'exprime pas explieilemenl toute la pensée
de l'auteur, parce que le sljle concis de la
Bible permet bien souvent de soos-cntendre
lecomplémeot d'une phrase, l'objection de
nos adversaires ne serait cependant passons
réponse. En eitel, c'est une des règles de
l'apologue, qu'il n'est pas nécessaire que
l'objet de comparaison soit réel on même
possible, mais il suffît qu'il soit propre k
l'application qu'on v fait. La simililode, la
comparaison, l'exemple sont des apologues
abrégés. Or, quel est le but de la similitude
ou comparaison? C'est de faire connaître de
plus en plus le snjetdont on parle en leeom-
Carant à un autre qui a quelque ressem-
lancesvec lui.Quelesllebut de l'exemple?
C'est de donner un modèle de conduite et
d'animer à l'imiter par la vue de ce que pra-
tique celui qu'on donne pour modî&Ie;or,
dans l'un et dans l'autre cas, l'apparence ou
rinlérinr de* iNismia i Surinam. Après les km-
gnei pluies aai imalwiit ani Iodes durant la mi^
son, ou voit la fourmi prùmyeMU occupée, par une
belle journée, a traniponer du (ood de ses na((Mias,
où l'eau a pénétré, des semences de ^nminées,
des grains de mais, eic, qu'elle place par petite las
i la surface de la lerrc puur tes Taire sécher. L'ob-
ïcrvalîoit (le Satomoii peut donc très-bien être priie
3 la lettre, et il est iré»-prol)aLle que, sous leclimat
de la Palesuiie copiuie aux Iodes, les fourmis
amasient des protlsious.
I Beaucoup d'actes assurément raisonnes se re-
marquent da us la conduÎLe hattiuidle on accîé»-
lelie des founuis;uu connaît leurs prorisiOMS da
graines disposées dans de larges galeries SNpeqM»-
sces par étages ; là le grain se Irouve no, la ballr
a été laiùée à la porte, OMnme inutile et sèimNlB
à Tuiuirer dans d'etioîts IwvaHx. 1 (Ihicta. f'kfsiv
logie eemparée, t. I, p- uU7.
tu CEI ncnomAiRE
l'o.-naioD est aussi propre qae' la fériCë k
produire ces effets.
Oo croit GoannuDément qo« la colombe
est sans fiel; dëç lors, sans eiamiDer la vé~
tHA du tail, oo dira à an vindicatif qu'il
faut être sans fiel comme la colombe. Qu'on
|tro|iose pour modèle on hypocrite aui Mit
si bien se masquer qu'il est oDirersellemenl
cru bomme de bien : sa conduite sera anssï
propre h inspirer de boones moars que s'il
était rertneui.
Les bommej voient les fourmis emporter,
pendant l'été, quantité de i^insdans leurs
fourmilières; )\s ne les voient point sortir
l'hiver pourchercberdela no'jrnlure; ils les
Toiebtrcparattrapleinttsde vie au printemps,
ils ont naturellement conclu de 1& qu'elles
s'étaient nourries pendant l'hiver du blé
qu'elles avaient recueilli an tems de la
apologeuque. gu va
moisson: telle a été jusqa'ft nosjouràVopi-
nîon de fous les hommes saDseicepiion.
Celte opinion ainsi établie, on a [lu, »ii<
faire de pins amples recherches, tes prniio-
ser pour modèle anTparessem,qai,p3iS3iii
la belle saison dans roisivelè, se iroutphi
dans l'indigence pendant l'hiver. Il y a pins;
c'usl que.lors même qu'on a recenuQ la tan}-
selé de ces croj-aoces vulgaires, on rteliisH
fias de les conserver dans te tangage. Il ji
onglemps qne les sirènes soDt rei^uéei
parmi les fables, on dit cepenilant tous I»
jours qn'une jeune personne qui a unebellc
voix chante comme une sirène.
FRANCE, bibliothèques qu'elio posiéiliil
au moyen Age. Yoy, Scmces, } 111.
FRDIT DBPENDU. Vog. Epbbdte
FUITE EN EGYPTE. difUcuIltis r^iuc!.
Voj/. NAisstRCK DE Jésus CnaifT, { II.
GALILÉE, examen de son affaire avec
l'inquisition romaine. Yoy. TnaK, Cosho-
URAPHIK, 1 III et Fahatisme, I 11.
GALLICANISME de Saiot-lrénée, suivant
M. Ampère ; réfutation. Voy. laéitia (Saint)*
S VIL
GEANTS.— Les géants sont-ils une tra-
dition purement mythologique T N'est-on
pas d'autant plus fondé î le penser que,
selon Moïse [Gen. vi , i - 5), cette race des
géants est proveoue du commerce qu'au-
rarent eu des anges avec des femmes T
Psrmi les interprètes tant anciens que
modernes, les uns ont admis l'exislence de
vrais géanLs, c'est-â-dire d'hommes d'une
taille incompnrablemeiit supérieure h celle
des hommes ordinaires; les autres au con-
traire ont cru (]ii'il s'agissait seulement
d'une race d'individus qui se distinguaient
par une force, «ne audace et une violence
extraordinaires. Le mol rbfhilih dont eo
effet s'est servi Moïse, ne désigne nullement
une taille git;Bntesquu; mais aussi il faut
convenir que sa signiûcation rigoureuse
nous est à peu près inconnue. Cependant
on s'accorda assez généralement à le rendre
par brigand», déprédateur», qui fondent ino'
pinément sur quelqu'un {irruentet), comme
la traduit Aquila [iitiictvnit) i on peut ajou-
ter et Sj'mmaque , cor c'est certainement
l'idée qu'il attsciiait au mot violent {pain)
' dont il s'est servi (U9e). Au reste, dans les
traditions de tous les j>eu|iles, géantt étnit
presque synonyme de méchants , vu qu'ils
étaient considérés comme des êtres révol.és
contre la Divinité.
Pour donner au récit de Moïse , touchant
(1406) Sans entrer dans h dtscnsBio» du mot
Itëitrcu, nous nous b: nieroiis à remarquer que les
éljnnologistes qui le Iradui&eiit par ilre inii^nf, re-
MMrfMctfc, ne sont peuiHHre pas éloignés du vrai
•ena ; qnwquc la siguîHcaiin;! de lomber viofemmtiu
sur quelqu'un timert} nous ail pni ii mstiu'in plus
probajrfe.
les Séants, nn'càrsctère mjihique, oa r>ogr
le cTasaer parmi les histoires puremeolli-
buleuses, et nier ainsi la véracité de m
écrivain sacré, les mythologues se foadnl
principalement sur ce que le texte biblique
présente cette race d'hommes exlraordingi-
res, comme provenant du commerce qa'iu-
raient eu des anges avec des femmes.
Cette difficulté, quand on l'eiamioeaTM
attention, se réduit en dernière anilmi
une question presque exclusivemeat pDilo-
logique. L'expression du texte hébreu But
Hablohim, à la lettre , tet fUi dt Disc, «m-
me on lit dans les Septante et la VuljiK
Ifilii Dei), se prêtante plusieurs signiliti-
Uonsdifférentes, a dû Déceessiremeot tloo-
ner lieuàdiverses iulerprétatious. De 11 les
uns, comme Winer et Gesenius daas leon
lexiques hébreux,' l'ont rendue par dei
anges ; sens qu'elle présente iocontesUlile-
ment dans plusieurs passages de Job [IW!;
d'autres l'entendent des descendaots dt
Seth etd'Enosqui, étant demeurés jahio'»-
lors fidèles au Skiqkbur, avaient mérite
d'être appelés enfantt da Disn ; d'autres, en- 1
tin, parmi lesquels U. Calmet nomnw le |
Chaldéen, Symmaque, l'Arabo, Olcasltf> |
Aben Ezra, Salomo», Jarchi , Vatable. Fi- !
gins, Chatiilon, Louis de Dieu, tradjiseDi: I
ïe$ fils des princet, c'esl-h-;liro les fit ia
grands, des hommes puissants : interprétatio!) :
qui nous a paru la mieux fondée, urcellc
û'anges ne semble nullement probable pour
les raisons que nous allons déduire; cel"
de descendants de Seth n'est appuvée que
sur uno fausse interprétation du cliap-i'''
vers 26 [U98} ; enûn, le mol Elohib, IH»:-
(1497) Jo». I, 6; n 1; xxxvin, 7.
(IWS) Mol il mot : Ttne cttptum eil watu
Homine Jeuotx. Sans entrer ilan; la discussioa m
cdle plirase, nons ferons rentaïqacr que 11 kiof-
tton, tocare in «omine, ou per noaten Jksoj.c, àp'
iiu dans tous les autres passas^ di: l'Aiitie" Trt-
lainent ; lato^verle nom de rlS'erRef, rménàm*
eu
DICTHMKAUE
n.'eriraol Diio. signifie, uns aucun dnule,
granJi, wt^gutroU, ptçu, dios plusieurs
emfroils Je l'Ecriture (1^99); ce sens se
(route ei'nfirmé |iar l'expression suirante
vte laquelle le» mois fis de Dieu sont mii
en apfXMilîoo* eVst-a-dire : /m fUUi des
kêtmtM du ftftpU iBmoth Hoadam] ; loua
I« h^raisants sareut 4>)*c*) el^t^t le oiol
Abu désigne ua homme d'une basse con-
dilioo, fortoul quand il pct joint i laça,
jomme d'une coodilion plus ou moios éle-
lêe l'ffirj, ou bien 1 .Scia, primée , grand tti-
fw, elc Ainsi, il ne s agit donc jias ici
de l'alliaDCO de quelques anges aiec des
[cm mes.
Oei iolerprèles, lan[ parmi k-s anciens
que parmi les modernes, Iraduisect le ver-
fH l du chapitre ti de la Genite, de ma-
nière à bire comprendre que les géants, qui
Dciiibienl [tas jusqu'alors, prirent nais-
f Dca 1 l'époque da ces unions ; c'est en
effei le sens que présenle la Yulgale; mais
Je leile hébreu et la Tersion des Septante
sujiposent qu'il ; arait déjà des géants, et
?;ua ceux qui naquirent de celte alliance ne
jreni pas les premiers. Voici, mot pour
BOFf ce qu'on lit dans l'original : « Les
jt^aitls étaient sur la lerrt? en ces jours-U;
c[ iiifme après que ks fils des grands s'é-
'i-il approchés des filles du peupk-, elles
en ifaieut eu des enfants. Ce sont ces hé-
rot GciBBOBiM, forUfpttiBiantt qui , dès les
irmpa les plus anciens, étaient des hommes
ùl rcLOiu. > L^ telle, comme on le roit, ne
<i'l pas Uléma que les eufanis issus de celte
auioo fussent des géants. Que si cependant
«ù aoit pooTOir le conclure, rien, d'un
*atre côte, n'empêchera de supposer que
Ii-un pères étaient eui-oi6mes des géa..l».
fi té^alle de celle discussion que Uoise
M dit nullement que les géants soient pro-
'ti.us do commerce qu auraient eu des
»>-i,ts avec des femmes. On nous objecte, &
!a *ériié, que plusieurs anciens Pères , tels
lue uiiil Justin, Athéoagore, Hiuuiius
lé'.'n. Clément d'Alexandrie, Tertullien,
APOLOGCTIQUE. CE.N |U
aatnl Cjrprien, etc., éfaienl dans celle per-
suasion.
Ces premiers Pères ont été probablement
trompés par quelques anciens exemplaires
des Septante, qui porleni : Ltt angrt dt
Z)ini, et peul-èlre aussi parle lifre a|>D^ry-
phe d'Benoch. D'ailleurs, selon laremnrque
de D. Calmel, ■ ce sentiment ne doit pas
paraître si extraordinaire dans un temps od
l'on croyait communément que les ançer,
bons et maurais sTaient des corps et étaient
capables, comme nous, de passions char-
nelles. Hais, poursuit le saraol commeola-
teur, les Pères qui sont venus depuis, ajaut
niieux examiné celle question, ont soutenu
qne iet anges, n'ayant point de corps, n'ont
pu concevoir aucune passion pour les fem-
mes, et que sous le nom A'enfatita de Dieu,
on doit enlcndre les descendants de Selh,
qui étaient la rare choisie, et sous celui du
jiUt» dn kommcM, celles de CaîR et de ses
descendants, lesquelles étant corrompues
comme leurs pères , engagèrent dans lo
crime ceux de la race de Seib. qui, charmés
de leur lieautt^, voulurent les avoir pour
femmes (fSOOJ. ■
Ainsi, Moïse ne nous dît point que les
géants soient le fruit de l'union des anges
avec des femmes, par conséquent, ce pré-
tendu caractère mythique n'exisie point
dans son récit , lequel réunit au contraire
tous les éléments historiques d'un fait réi-l
et positif (1501).
GÉHENNE, sens de ce mot.'Foy. Note II,
h la lin du roluiue.
GÉNÉALOGIE DE JÉSUS - CHRIST. —
SaintHatthieu, commence son Evangile par
une liste gi^néalojjique des ancêtres de Jé-
sus-Christ; de son cù\é, saint Luc donne
aussi au chapitre ui du sien, une généalo-
gie du Christ. Or, disent nos adversaires,
ces deux généalogies sont absolument in- ,
codciliables, et chacune d'elles renferme '
les faussetés les plus frappantes (1302).
m etlu pmUie et tétotmtt; voj. entre autres, Cn.
u.8:sni, 4; ski. 33; isf i, 15: Im. xii,4; su,
3. i'i. cr, I ( Wmlgût. cit. I) : I Par. iti, 8.
-1(99) Tôt. i>t. lui, I, S (fa/jal. lssxi, f, 6);
^U. su, €; SSII, 7, S.
\yab) Cvmmemt. Utléret $mr la Cetme, n. i.
4lMrt elle conaie êUDi <le ce sealiment Mini
hinoMOMT, hamtiie a **rtm Coûte; Tbëodoret,
fc-iliim M sur le aiéaic IJire ; Mini Cjritte é'k-
uadrïe, bv.e ii temtu l\tita, et saint Aagntlia,
■te tv de la cm de Dieu, ctiap. X3; Cassien,
M*l. S, «feap. 21; saiut Euclwr, VMté Ku-
■ lôftlt Ce M'eal|Bt Salomon, soiviBl H. 4e La-
atliae ( Faff*?' ** Ortnt, lom. II. p^e 159). qaî
ckié les étoamares «mslractioiM de Balbék.
h crois plaint, «>il-«l, 4M et* pterres gigaaies-
Ki «M éMé reMBées, «oit par «es preiùèrcs races
haweaqMe lewca lea histoires ptiBitives appd-
X EÂsu. WNlpar les Iwbiinc* MieditnieMi. Oa
Mr« qa«. aoo kim de 1>, daas nme vallcc de
kKtt-Libaa. wii dêcuutie des ossemeais baBain».
»»*: f laadcar imncase ; ce bruit a bm telle con-
U9 .e psraii ks Arabes Toisins, que le cvomI-
géatral d'Angleterre en Sjrrie, V. Farren, homae
d'one hante imlnidjon, se profioie d'aller inces-
samment Tîsiier ces sépnkres mvslêrieui. Les Im-
dilions orientales, et le monumrâl mente élevé sur
le soi-disant lombean de Noé, i peu de dislance de
Balbek, assignent ce s^ont à ce patriarcbe. I.es
nier* horames sortis de Ini ont pa conserver
>re la Uille et les forces que l'hniaa-
Cmiei
lien
.lURiaiiie penTent avoir cnancé : qui nous dii que
cent; inielligenee pins jeune o^vaii pu ïmcnié des
pro<'éilcs mêcaniqnes plus parlaiu ponr mnocr,
coiume on grain de poussière, ces masses qn'nne
armée de rem raille hommes n'ébranlera il pas an-
jourd'bDÎ T Q^ioi qa'il en UHI, qBeti|ne»-unes de ces
pierres de Balbek, qui ont jnsqn'à soi&anle-de» .
pîctlsde longueur ei vingt de bifc sur qnînic d'é-
paiurnr, bOul 1rs maues Ira plus prodigieuses qne
l'biiniaiiilé ail jamais remuées. ■
(1502) Voici le isLIeau sjoopiiqnc des deax ^-
nêalogies ; nous ne les prenons qne depuis David,
DICTIONNAIRE APOLOGEIlQUfe.
Avant de répondre ft cbtle objection, nous
croyons deroir faire quelques réCleiioDS,
emprutitt^es en graiule iiarlie 8ai Bépon$t$
criti^un de Bulîtil. D'abord, lors mAïufl que
les diilicolliis que présenlent les généalogies
du Sauveur Burnieiil quelqut; fondement
réeli elles n'infirmerai eut en rien le ténioi-
({uoge des évangélislea sur les faits niira>
culeui qui éLabiisscnt si solidement la di-
vinité de la religion chrétienne; car ces
faits miraculeux sont autant de monumeuls
fiublics nototrus et très-importants, sur
esquols les évangélislen ne pouvaient ni
Aire trompés, ni vouloir troiojier, ni même
jtouvojr tromper quand ils l'auraient voulu
{Voy, Evanoilb); tandis que ces tables gé-
néalogiques nyant été tirées des registres
domestiques conservés dans l>>s familles, il
pourrait absolument s'y être glissé quelque
erreur qu'il était moralement impossible
d'apercevoir et de corriger. Las évangélistes
ayant trouvé ces généalogies conservées
reliKieusement dans la famille de Joseph, et
ne Tes voyant pas contredites par les Juifs,
ont pu les alléguer comcne des monuments
autbentirtues qu'il ne leur était point loisi-
ble de récuser, sans s'embarrasser des er-
reurs cachées qui [louvalenl s'y être glis-
sées. C'étaient comme des srRumenis ad
h»mineA que les Juifs étaient obligés d'ad-
mettre. Ainsi, voulant bur prouver que
Jésus-Christ était descendu de David, les
évangélistes cilaicnl 6 l'appui de leur pré-
Icntion le monument authenlîque de sa
descendance conservé dans la f'ami<l^ du ses
liarenis ■'c'était, en effet, un titre qui fai-
sait foi; car, sans cela, ^aiiil Matthieu et
saint Luc se seraient bien gardée lin le pro-
duire et de le présenter avec tant de cou-
Uance aux Juifs.
En Sfcond lieu, on ne peut raisonnable-
parce que c'est depuis ce degré Mulement qu'elles paraisseui opposées.
GENEArOGIE DE NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST
ment exiger de doos que nous' monlriDu
avec évidence l'accord de ces dEuiiliKn-
ments, et que nousolTrious, pour les diffi-
cultés particulières qu'elles renfermfal.dtj
solutions si certaines et si plausililes qu'el*
les réunissent tous les esprits; il su0il que
nous en donnions de probables, et dori ki
adversaires ne puissent démontrer la Tsui-
selé. La raison en est que nous ne connii».
sons qu'imparfaîleuient à présent l'hislDirg
des temps et des personnages amquelstn
généalogies se rapportent. Nous igooroni
aujourd hui une multitude de circonsUnu
qui, si elles étaient bien connues , kw«i
très-vraisemblablement disparaître ces itiP
Qcultés.
Du reste , ce que nous disons id «9l le
langage que tiennent tous les criliqws
quand il s'agit des diillcultés et des obscu-
rités que présentent les écrits des aultun
profanes. Aussi , le savant Prideaui > ilit
fort judicieusement.- «A peine est-il uni
histoire écrite qui, dans lo siècle suivsm, nt
farajsse, par rapport au temps, aui lieui ci
d'autres circonslances, chargée de codI*
diciions apparentes qu'on a bien de la peint
h concilier quand la souvenir de ces fiiu
vient à s'effacer de la mémoire des bomisei.
Combien plus sommes-nous sujets knos
méprendre quand nous portons les jHt
sur des objets qui sont éloignés de noush ,
plus de deux mille ans, et que nousn'
pouvons apercevoir qu'à la faible lueurt;
quelques restes d'histoires, si obscurs els
peu suivis, que nous sommes réduitsïnni*.
cher h tatous, quelque lumière que noue
en puissions tirer {1503}. »
Un fait remarquable vient à rap|)ui«
celte judicieuse remarque. Le sacro ft
Louis XIV était arrêté pour un jour nwrqw
(1504) , et il fut différé par un incidecl a«
Selon S. «attlàea. '
Sdim S. Lue
DAVID. _
sIL
'Nailuii.
Bobuiuh
UtUiaU.
Abia.
UcDua.
Au.
Meiea.
JosipbaU
ËIIAi:».
Jonm.
Joua.
l Ocbosias.
Joseph.
ï Joai.
Juda.
( Amasios
Siinûon.
bilax.
Lf%1.
ÎMUian.
UahaUi.
Adur.
Jurlin.
•ûécblu,
EUJier.
«■UHè^
iHai.
Amou.
tWr.
Josia».
ICInaclan.
Jfcliunlas.
OlSïD.
(1S05) PaiDEAvx, tthioin (/,j /ttifi a det itci'Plei
WHilM, 1. 1,1. i, p. 91, !)i.
3etm S. Utai/àen.
Sdon S. ÙK.
SALATHIEL.
ZUHOBAUËL.
Ab/ud.
hL
Eliaclm.
Jmdd*.
Aior.
Juda.
Sadoc.
•^:
Adiin
EMiid.
HaUurtU».
Ki.^aiar.
MLtaat.
Halbaii.
NagKé.
Jaiwb.
Uesl).
; JoMph.
Nabum.
) Epuui de Mïrie.
AnHH.
) mère Je
U*tbififu.
Jowpb.
Janné.
Uelcbl.
Li5«i.
Halhat
Nélt.
JESUS
fl'i''l) lliiîohe des
oBtrajei rfe» tamtt,
109,
p. ÏSI.
DfCnONNAIBe APOLOCBTIQVe;
»31
qui lear assoMJeot le droit de lui donner
Dsissanca , cl tâcher de saisir Ions les fils
qui rallBcliBient leur Tamille h la soiicbe de
David . Les JuiTs avaient eoeora un autre
motif assez imissant de conserTcr précieu-
sement leurs géuéaloijies. La descnndance
d'Aaron el de Léri élait le seul litre oui
donnât droit au sacerdoce et su niinisiero
tnrial. Lei médailles élaieDt fnppées , et
elles tobsistent encore avee une dale dilTé-
RO(e de jour de la cérémonie. Supposons
pnar bd moment que D. Ruinart u'ail pas
Mil gHIh observation ; comment, dans deoi
OD irais siècles , les savants auraient-ils pu
toDcilier la médaille avec dos bistoriens?
celle dilDcullé , <|ui n'en est («s une pour .
Doui, o'aurait-eile pas été iosuraioulabla du sanctuaire; celle de David assurajt sçuIb
pvareai?
A l'obscarilé des temps se joignent encore
\es uMges du peuple juiT, d'après lesquels
l&DiéBie personne pouvait avoirdeut pères,
un pire naturel el un père adoplif, et peul-
flre même un père d'sfSoilé , le beau-père
poavaDl Ûre appelé père; de plus, la mdree
fxrwone pouvait, d'après la même coutume
doinifs, porter plusieurs noms différents.
le droit i la rojaulé; ajoutez A cela qu'il
était nécessaire pour loutciloveD ilejirouvur
qu'il descendait de lelle tribu ou de (f>lle
lamills pour élre babile à succéder ; d'au-
tant plus que d'après la loi \ks biens nu
pouvaient passer hors de I? faiiiille el encore
moins burs de la irihu. Aussi clu-z les JuiJs
cet usage étail commun, non-seuleitieiitaus
Esmilles royales el sacrrdolales, ninis encore
A-, celle multiplicité de pères el de noms h toules les autres, fie là vient que nous
doil iToir laisH& dans les généalogies une trouroii'> dans l'Ecriture les généalogies
Bultilade de difficultés, qui sont pcul-étre des personnes les plus obscures. Chez les
pour nous iosurmonlables. Ainsi , on n» autres peuples, on n'avait pas les mèmea
doil pas exiger que nous donnions la vraie motifs de veiller si scrupuleusement sur la
el anique raison des discordances et des ligne de la descendance, et de saisir lous
difficultés de ces généalogies, mais seule- les fils qui ramenaient à la soucbe princi-
Oeoi que nous offrions une solution pro- paie. Voilft pourquoi il 7 a si peu de géoéa-
tuble. lugies qui remonlenlsi haut. ■ Il esl bon
I. Ce qui doit nous faire rejeter non-seu- d'observer, dit Bergier, que par la consti-
lement la généalogie du Christ produite par tolino de leur république, les Juifs avaient
uioi Uatlbieu, mais encore Celle qoe saint soin de constater et de conserver soigueu-
Luc nous a transmise, c'est l'impossibilité sèment leurs oénéalogiti , non-seulement
absolue oîk étaient nécessairement les évan- parce que les biens el les droils d'uoe fa-
E^lislcs de trouver nulle part une lable gé- mille ne devaient pas passer k une autre,
D^ilogique de pères successifs qui se suc- mais parce qu'il fallait qu'il fût auibeoti-
<^eal en droite ligne pendant l'espace auement prouvé que le Ifessie descendait
de deux 00 même de quatre mille ans. do David. Ainsi , i l'ocrasion du dénom-
mes familles les plus illustres de noire breioent de la Judée, Josepb fut obligé de
lenp!, sur lesquelles des millions de per- se faire inscrire sur les registres de Belh-
WDoes avaient sans cesse les r^ards, ne léem , parce que c'était le lieu de la nais-
;«avenl pousser la suite de leurs ancêtres aauce de David , el que Joseph descendait
asqu'i plus de mille ans; comment les de ce roi; et Dieu roulait que Jésus naquit
ivangélisies ODi-ils pu trouver la descen- ^ Belbléem pour la même raison (1505}. >
lince en ligne directe de personnes aussi Dire que ces sortes de monuments se sont
euvres el aassi obscures que l'étaient perdus i la captivité de Babyloue, c'est une
iirie et Joseph, d'autant pus que les assertionaussifaussequeléméraire.EoelTet,
imilles issues de la souche priucipale se nous lisons dans Néhéinie que tous les JuiJa
fparanl en différentes branches succès- qui revinrent de Bab>lone, à l'excecliofl
ives, il élait impossible de -ne pas perdre d'un Iràs-pelit nombre, prouvèrent qu'ils
iGIquiles rallachait loules au tronc pri- descendaient de Jacob. Ils avaient donc
lilif d'où elles étaient sorties. conservé leurs généalogies ; car, sans Cftla.
Celle dilBcu lié suppose qu'il n'yavalt chez comment auraient- ils pu fournir celte
s Juifs , au temps où les érangélistes écri- preuveT Ce ne fut que sous Trajan que les
lient , aucun monument certain qui eons- Juib négligèrent de conserver leur géuéa-
Ul la généalogie de Joseph el de Uarie ; logie ; el les lalmudi»tes , dit Bullel, auquel
; c'est ce qu'on ne peut prouver, et il est nous empruntons une grande partie do cet
cile de montrer le contraire. Jamais article, se plaignent amèrement de ce qu'on
mple ne fui aussi soigneux de ses généa- ail laiùé perdre des documents aussi pré-
giesque les Jnits, Comment ne l'auraient- eieux (1506). On voit par U qu'il y avait
'pas étéTiis avaient les motifi les plus chez les Juifs des registres puhlics où 1 ou
lissants de l'être. D'abord ils tenaient à conservait les généalogies, comme on lient
innenr de descendra de la tribu de Juda parmi nous dos tvEistres de baptême. L iu-
de la famille de David, d'où devait sortir térâi public el personnel, la lui de Dieu
Messie. Comme ce Uesste élait conti- s'opposaient à ce qu'on violât ces registres
lehement attendu et que l'espérauce s'en aultientiques.
Qouvelait k chaque siècle, ils devaient Hérode, i la vérité, Qi brûler les archives
:.!er avec le|dusgfaad soin sur les titres où se conservaient ces monuments, nuis les
\Ur.) DUGUB, Oitivmn. dt tUtlope, arL C^ (1506) Tr»îh! Pesusik, c'esi-S-dire ta W7«».
l;u,,«. cité daes les Réponta crUùpitt, L U, p. ioO.
OGS CES DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE. CES Kl
registres ne furent pas tous délmils ; ils su dA s'arrsDger de manière à ea éeirter U»t
conseruionl iinssî dans les familles parti- ce qui pouveit souffrir qnelqae diffiealtj.
«Dlières. Hégésippe , qui écrîvail au second S'ils ne l'oul point fait, c'est qD'ili éliiïM
siècle, racoiile que certains hérétiqaes nos et guidés |Mr un sentiment d'amoir
dénoncèrent à Oomilien plusieurs parents pour la vérité; et toute accaution ou mti»
de Jésus comme dncendanti de David et tout soapçon de fausseté de leur part mm
chrétiens, et que cet empereur, n'ayant ra semble aussi faux qu'injurieux pour leur
en eux que des hommes simples e( pauvres, mémoire, qui commande au contraire, sou
n'en conçut aucun ombrage, et les reuToja tous le^ rapports, le respect et IsTénérdlion
(1507). vais cotnmeut aurait-on pu les re- la plus profonde.
connaître pour tels , s'il n'y avait eu des II. Saint Matthieu , ohjecte-l-on encore,
titres pour constater la descendance de ce promet de donner la généalogie de lésus-
princeTilestdoncconstant quels généalogie Christ, liber generationii Jnit Ckriiti, et il
de Jésus-Chrisi n'a pas été déirnite par ne retrace que celle de Joseph, en dtsaU
Hérode , mais qu'elle a été conservée dans même expressément qu'il n'est point «ta
sa famille. père.Or,auelle confiance peut-ODaToirdgns
Ajoutons que si les éraogélisles n'ont pas ■* véracité d'un pareil écrivain T
trouvé ces généalogies dans des registre* On doit remarquer que, quoiuueJésusna
pubjics, il faut direqu'ils les ont fahriquéest fût pas Gis chaniel de Joseph, if était aém-
mais celte dernière supposition ne saurait moins son vrai fils, d'après le droit du un-
être avouée par la bonne critique. En effet, (iage, paisqae, étant né sous le voile d'uo
les évangélistes n'auraient pu imaginer ces mariage légitime, il était comme unftoil
généalogies que dans le dessein d'établir que le Seigneur avait fait OïKre daos nn
que Jésus-Christ était de la tribu de J'jtla fonds qui spparlonail k Joseph, il eoéliit
et issu de David ; mais c'était un fait connu le fils légal et l'héritier légitime. Or, tous
et admis par les Juifs; autrement, saint Paul ces litres sont suffisants pour fïire regarder
écrivant aus Hébreux aurait-il usé leur dire d'une manière légale Joseph comme »u
2u'il est certain et manifeste que Jésus- |>ère,et tous les aïeui de Joseph comiDe b
hrisi est sorti de Juda : Mmifeitum ut mm siens propres. Jésus-Christ, en effet, n'ayant
S ad es Juda orlus $U Dominus noilerf (vfi, point de père sur la terre, ne peut avoir de
.)Comment lafoolequi suivait le Sauveur généalogie charnelle du c6té de son pire;
et les démons qu'il chassait l'auraient-ils |>ar conséquent, ai l'évangéliste lui atuibin !
appelé si soovent du nom de filM de David T celle de Joseph son père légal, ce ne pcul
• il était impossible, dit encore Bergier, être que d'une manière légale. Si, d'aprài
que la généalogie de Joseph et de Marie fût ■« loi, Joseph était père de Jésus, et qut
inconnue aux Juifi, et que l'on voulût en saint Matthieu lui-même hii en donue 1;
imposer sur ce sujet. Or, les Juifs n'imt nom, pourquoi n'aurail-il iias pu appeler
jamais nié que Jésus fût né du sang de Da- aussi les aïeux de Joseph les aieui d!
vit! ; ils l'ont même avoué dans le Talmud ; Jésus ?
on peut le voir dans la réfutation du Muni- Mais,demaode-t-OD, pourquoi l'évangé- '
mm fldei, par Gousset (p. i, c. l,n. 3). Ce- liste ne fait-il pas plutût la généalogie 'Je
rintbe, les carpocratiens, les ébioniles, qui Marie, dont Jésus descendait selon la cluirï
niaient que Jésu5.Cbri8t fût né d'une vierge, A celle question nous répondrons que siini
ne lui contestaient point la qualité de des- Matthieu écrivait i>our les Juifs, qui ordi-
cendaol de David. Les malade* qu'il gué- nairemect ne donnaient point de géoéi-
rissait,'le peuple de Jérusalem qui le sui- logie aux mères, selon l'axiome des d«-
vait, le nommaient publiquement fUi de teursjuifs, que fa familt» de la mèri *'*"
David (Luc. xviu, X; Matth. xxtl, etc.). poinf une /ami7/«. Saint Matthieu ne se pro-
Celse et Julien ne lui disputent point ce pose dans son Évangile que de montrer
titre (1S08}. > coulre les Juifs que Jésus est rbéritierde
Secondement , les évangélistes auraient David, et qu'à lui appartient son icoplrt. '
complètement manqué luur but eu fabri- Or, il le prouve pai^uement en monini»
quant ces généalogies ; car les Juifs, si soi- que Joseph, dont il est le fils légal et l'Iiéri-
gneux et si utteniifs sur un point qui les tier légitime, descend da la branche atnit '
intéressait au plus haut degré, n'auraient de David, ce qu'il fait en produisant sa g^ '
pas manqué de découvrir la fraude ; et dès néalogie.
lors la véracité des évangélisies tombait en On dira, il est rrai, que cette explicilioa
ruine, sans qu'ils pussent espérer d'inspirer n'empécbe pas saint Matthieu de IrompH
jamais la plus légère condancc. ses lecteurs, en déclaranl qu'il va leur pn-
Enliu, SI les évangélistes avaient voulu senier la génération de Jésus-Cliristi i'^'^
nous tromper en inventant de fausses gé- que ce n'est nullement par voie ilegéné-
néalogies, ils se seraient bien gardés de les ration que Jésus tient i saint Juseiih ou i
charger d'une foule de cin:onsiances qui nu tout autre personnage. Mais tout dans i« ,
siiut nullement nécessaires, l't qui, su moins réuil de l'éveogéliste monire clsireuieiitqu'il '
eu apiiarence , se trouvent en opposition ne faut pas plus presser le sens du mol f^ !
BVecrAucienTestamenl;ils auraient même n^a/ion que celui du mot p^rs, que mut
(IS07) Hscisip., apad Edkb., lliu. eccl., I. ni, c, 20, S2.
|<5.S) Bcuiu.icM riiMo.
6EN
ncnwNAiRE
Uittbieu lionne sossi à Josegih. Or, il e5t
éiideiil qu'il n'enteod poinl par le nom de
1^ un |4r* charnel, buUqu'il nnus ap~
[Tfod loi-infime (jue lessaveur a élé curçu
HT l'opéniioD du SaiDl-Esprit. I>oi:c, on
wul dire anssi qoe la gëoéralion donl il
'«rie n'ol point urw génénlion cbarnelle
«rnpporti Jésua, mais simplement une
tinénUoa légale.
icnrilODS eepeDdaol que le mot de gé»é-
im'oa doire être pris au pied de Ja lellre,
ilqaesaîDl Uallbieu se propose Térîiable-
seU de donner la géoératioD charnelle de
ldu»-Cbrisl, Bl de prouTer qu'il esl le Gis
!c DiTid selon la chair ; f oici ce qui s'en-
!d>n : c'est qu'il faut alors que Joseph ail
::i; 5^ 1 rocbe parent de Uarie qu'ils se soient
r.:iiéï dans la mâffle souche, de mauièra
Ij'cn doQDsnl la génération d(ï Joseph, il
iipirli même donné la géoératioD de Ûa-
.«, el que cela ait été noloire parmi les
^.b lu temps de saiot Matthieu. Car voici
t nisoLDemeal qu-'il est permis de faire :
liai Ualthieu déclare expressémeot que
isus d'i pas de pj-re charoel ; par consé-
i)eiii,s*il a dessein d'exposer sa généralioQ
iiniËlle, il doit la donner du cdlé de sa
>ir<. Or, oéaDiDuius il la donne du côté
! Joseph; donc il but que Marie sa mère
I clé si proche parente de Joseph, qu'en
i^tal la géoéalugie de Joseph il trace eu
éoB temps celle de Uarie. Et en elTet,
ta n'empËibe de »upi<oser que saiola
me, mère de la sainie Vierge, fût sœur
! Jacob et ne descendu de Ualban qui en
lii le l'ère. Dans celle bf polhèse, ilarte
II Hé cousine germaine de Joseph, degré
: («renié ojt Ja loi permetlail le mariage,
iui, leus les aieui de Joseph, k l'exccp-
» de Jscoh, eussent élé les aïeux de Ha-
(.iiusi, saint HallUieu en pré^enlant la
téilogie de Joseph donnait en même
Bpi celle de Uarie et de Jésus- Christ,
ii en éiait le QIs. Il ; aurait cet artnlage
u celle supposition : uînl Uatibieu pré-
blerail la généalogie du côté d'Aune sa
ïre,et par conséquent du cAlé de ses aïeux
iWniels; tandis que saint Luc , comme
u allons te montrer, l'établirait du cOlé
uint Joadjini^ c'est-^-dire du cdié de ses
»n paternels.
III. Saint Haltbiea prétend que Salmon
iBooz de Rsbab (f, 5). Or, quoiqu'il soit
'f[vné an livre de Kulb (it, ti} que Sal-
n engendra Booz, on a'y Toit pas que ce
-de Ksbab ; ce qui d'ailleurs paraît im-
uible ; car il 7 a trois cent soixante-six
I depnif losué, contemporain de Bahab
w-u,l},)usqa'il)atid, et oéanmoins saint
■tUtiea ne compte pour tout ce temps que
lu générations, Booz, Obed et Jessé. Ur,
ar (|ue ces trois généalogies remplissent
iatervallef il badrait que Booz, Obed et
»é u'ensseal engendré tous les trois qu'i
iWji Pu» soa prcsier lirie Cmiln A^i<m,
r^-^ dil, tm eau, que lou* tes Juif*, de* leur
» M^ufance, Rfardem leurs llrres coDuae
APOLOGETIQUE. CES 9U
l'flgede ct-.nt ans, ce qui esl tout h bil in-
Traisembtable.
Celte objection, il faut en convenir, est
très-spécieuse ; cependant elle présente plu*
sieors moj'ens de solution. Et d'abord, est-
il absolument impossible que Booz, Obed el
Jessé D'aieiil tous engendré qu'à l'Age d«
cent ansT nos adrcrsaires ne sauraient le
démontrer. Il peut se faire qoe dans ces an-
ciens temps, où les bomnies étaient incon-
teslablemeni plus robustes qu'A présent,
trois personnes sncceisivemeot aient eu
des entants à un âge aussi avaucé ; qu'on
le remarque bien, nous sommes loin d'ad-
mettre celte supposition comme solidement
fondée; si le làil était dament constaté, il
présenterait en' physiologie une sorle de
miracle ; il n'est donc guère Traisemblable,
noua l'arouons ; nous prétendons seulement
que la science ne saurait en démontrer
Pimpossibilité absolue.
On peot, ce semble, ré[>onâre avec plus
de probabilité que cette femme qui dans la
généalogie de saint Haltbîen porte le même
nom que celle donl parle Josué, n'est pour-
tant pas la méma personne; elle pouvait
être issue de la première, et avoir conservé
son nom. Or, celte supposition, dont il est
tout fc fait impossibla oe prouver la busseté,
détruit toute la fiirce. de la diOiculté de nos
adversaires.
Eufin, il est no troisième moyen de ré-
soudre l'objection, c'est de supptuer que ta
généalf^e de Joseph esl impanàile en cet
endroit, el qu'elle u'énumère pas tous les
personnages qui appartiennent k l'échelle
généalogique. Nous n'insislerous pas sur
ce point, la Bible fournît mille exemples de
ce genre. Au reste, c'est la coutume des
Orienlaux en général d'omettre plusieurs
doscsodaots dans leur généalogie , parce
que leur but est pinlût de faire connaître
certains personnages illustres que de pré-
senter une énAméralion complète de tous
les descendants. Jl ne faut pas ccmfondre
une lisle généalogique incomplète avec oue
généalogie fautive, il y a entre l'une et
r«ulre une di>tance immense.
IV. Saint Uatibieu, dit-on, décèle la plus
Îirossiire ignoranct? daus son arbre géoéa-
ogique; il omet trois rois, Ocbosias, Joas
et Amosias, qui doivent nécessairement y
entrer. Car il dilque Joram engendra Osias.
Or, selon tous les dénombrements et U
suite incontestable des rois de Juda, Jorani
fut père d'Ochosias, Ocbosias de Joas, et
Joas i son tour eut pour Qls Amasias, le-
quel engendra Osias.
Quiconque a lu l'Erangile de saint Ual- ■
thieu avec quelque attention ue peut nier f
qu'il ne connût l'Ancieu Testameul, puis-
qu'il en a cilé plus de passages que tous
lesaulres érangélisles. D'aillems, tous les
Juib lisaient les Ecritures, et n« cooiiai»-
MÎeot guère d'autres livres (1309;; saJut
éÏTiBS, qu'ils les observciil conunmcpt, ci qu'ils
BWBmu avec plaUir pour en aouicnir la vérilc
CKl
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
bW
Matthieu surtout, qui arail pour but de con-
vaincre les Juifs par le témoignage de leurs
Ecritures, doillesaroir lues et cuanaltre nn
peu l'histoire de sa nation. Or, commer.l
supposer qu'un homme qui a (u l'histoire
de son pays, qui donne ex profeito la suite
des rois qui l'ont gourerné, a<t pu ignorer
t'existence de ces trois rois, et surtout celle
d'un monarque aussi célébra que Joas.
Ainsi, ce ne peut être par ignorance que
saint Matthieu a fait cette omission; ce
n'est point non plus pour tromper son lec-
teur; il n'avait aucun intérêt A le faire. Dne
pareille imposture ne pouvait même que
louruercoiltre lui. Ainsi, on est certain que
cette omission ne vient ni de l'ignorance
ni de la mauvaise foi. Pourquoi donc saint
Ualthieu l'a^l-il faiteï C'est ce qu'on ne
peut savoir au juste sans une révélation.
Plusieurs critiques ont prétendu que c'était
une lauie des premiers copistes; mais tous
les manuscrits et toutes les versions sont
uniformes sur ce point; et d'ailleurs, les
quatorze géuérstioDS que noire évangélista
compte depuis David jusqu'à la captivité ne
se trouveraient plus si l'on insérail ces
trois rois dans la liste généalogique. Ce-
Sendsnt la critique fournit deux moyens
ilTérents d'expliquer cette omission.
Le premier est de supposer que ces noms
manquaient dans les tables généalogiques
dont s'est servi l'évangéliste, hypothèse
d'autant plus probable que les noms des
personnes intermédiaires manquent asses
souTCDl dans plusieurs généalogies de l'An-
cien Testament. Or, il ne. les a point sup-
pléés, perce qu'il ne voulait rien changer
aux tables qui avaient cours parmi les Juifs,
d'autant mieux que le nombre de quatorze
générations servait à son dessein, commo
nous allons le montrer. Le second moyen
d'expliquer l'omissioD, c'est de supposer
que uutreévangéliste a cru devoir suppri-
mer les noms des trois rois' qui manquent
dans son tableau: ■ Saint MatlUieu, renïar-
que judicieusement Bullet, en partageant
cette généalogie en trois classes égales, qui
commencent toutes par quelque époque
célèbre, parait avoir voulu soulager la mé-
inoiret et donner plus de facilité de la rete-
nir. Au reste, en omettant quelques per-
sonnes dans la généalogie qu'il rapporte, il
n'a fait que suivre l'usage de sa nation, car
on ne trouvera peut-être pas dans les au-
teurs sacrés deux généalogies coniplàies et
cotièreSf lorsqu'elles renferment un espace
de temps considérable. £sdras, dans sa gé-
néalogie, omet sept de ses ancêtres, en sau-
tant (l'Amorias k Achitob 11, père de Sa-
doc II, ainsi qu'on s'en convaincra en com-
parant les cinq premiers versets du chapitre
vu d'Ësdras, avec les versets 3 jusqu'au 15
du chapitre vi du livre premier des Paralipo-
mèiies.DanslemfiniechapilreduméoieJivre,
OD Terra que dans la lisle des descendants
d'Auron on en a omis quelques-uns quo
l'on reirouTO dans Joseph. Li géflJBlocle
de Saiîl, pour un espace ds huit cea» lus,
ne nomme que sept personnes soi lerseli
3et5du chapitre ti du premier lirredu
Faralipomènes. Depuis Mariiochée jusqu'i
Jemint ou Benjamin, qui vivait douze cenli
ans auparavant, on n'en nomoM que qustra
au verset 5 du second chapitre d'Esibet.
Depuis Kuhen jusqu'à Béera, quifuteio.
mené captif par Tég)athphaIasar,on wam
donne que doute générations pour remplir
un espace de plus de mille tas, Dids li
généalogiede Judiib, on ne met quesH»
vénérations pour nn espace b peu pr^^l.
En Qxant, comme on le fait cumiuanëment,
la génération à trente-trois ans, on >oJl
évidemment qu'il y a bien des degrés ooiti
dans ces généalogies (1510}. » On se Iroio-
perait d'une manière étrangi;, si on loiiil
les écrivains sacrés d'ignorance oudeui-
gligencepour ces sortes d'omissiont dans
tous les autres auteurs tant orienlim
qu'occidentaux. Car, comme le remarque
encore fiullet, « on trouve parellk'muiiN»
généiilogies imparfaites et tronquées dias
les auteurs profanes. Eusèbe nousspi<rei>4
dans sa Chronique que depuis Perdii:»; I'
jusqu'à Alexandre le Grand il v s eu Tiiiet
rois de Macédoine de Is mémo familla, pr-
mi lesquels on compte trois Perdiuu,
Juatre Amyntas , deux Archélaûs, deoi
hilippe, trois Alexandre. Justin, qui écrit
l'histoire de ces rois, n'en nomme que neuf
depuis Perd iccas jusqu'à Alexandre IcGraad.
Eusèbe compte neuf rois d'Alhèoes on ii-
nérations depuis Erichthéu Jusqu'à Codrai,
et Justin n'en nomme que quatre. BérodclB
ne parte que de quatre rois des Hèdes, »
Toir:de Déjocës^ de Phraortes, deCysut!
et d'Astyage. Oiodore de Sicile en niirqut|
dix, Eusèbe et Syncelle buit. , j
* Mais pourquoi relranchor Ochosil).
Joaset Amasias plutdt que d'aulresTNoi'-'
demandons à notre tour pourquoi d'auli»
plutAt que ceux-là T Une difficulté que l'un
Peut former contre toute disposition ifo^
00 voudra prendre, n'en 'combat bucdm
on particulier (15IIJ. ■
Mais, objectent nos adversaires, en fsisini
celte omission saint Matthieu commet 0°^
fausseté manifeste, puisqu'il dit que lano
a engendré Osias, qui néanmoins, d'iprK
l'histoire, a eu Amasias pour père. — CeUe
fausseté n'est qu'apparente ; c'est unrésu-
tat inévitable des omissions, et qui ua p**"
•choquer lesgénéalogisies, ui mbtae lessiD'
pies lecteurs qui connaissent un pet»
matière. Si donc Joram o'a pas eogeiuin
Osias immédiatement, il j'a engendr^ i»''
dialement, puisqu'il a eDgeaUrè celui q<i'
a donné naissance à son père. Celte forai
du langage, consacrée dans les généalosi<>'
n'a rien de plus faux, rien de jjiuséiriD?
que l'idiotisme si connu qui peroiel •)'
donner le nom de père h un aïeuli*^"'
bisaïeul, etc., et celui de fil» k un petii-^'
S3
CEN
MCTIONNAIHE iPOLOCETIQUC-
GEH
V»
IIP vrière^tit-flU. ele. Maigre ca vice
do iMpSSf l« f^ît préseale Osias eoinme
dcicndiai de Joram. Or, il n'y a rien Ik
qw de Iria-confonne k la vérité; et c'est
Mt ce que Miiil Msllbieu a todId nous
ipfre«tr»;csr lebul prioeîpal de lODt sé-
néiiogûta ut de montrer le véritable ordre
àmeumom daoa lei iodividua qa'il DOm-
mt, e( DiiHtvenl de &ire une éoamératioo
ttapMa de loos lei deaeoidaota d'une
V. Il est ëvidrnl. disent ooa adversaires,
(pwii l'on justifie saint Matitaien sar romis-
sîMiles (roia rois Oebosias, Joaaet Ams-
lits, oo BU pourra l'excuser de n'avoir placé
diDili ïeeoode classe que treize généra-
lins, qaoiqa'il en assigne luHDaâoMqua-
UKUeoanne pour las deni autres.
0D|ieolO|]j)Oser à cette ot^ection pinsteors
SDltfioosqai, quoiquesujettes elle»4némes
iqodques difficultés, ne senraient éire lé-
gniieal rget^es. D'abord, oo peut ré-
(■otiire k DOS adversaires, comme le Ciissït
Miol JérAme i, Forpbjn (ISIS), que le Jé-
thoBÙi qui forme la secoude classe est
Méreul de celui qui ouvre la troisième;
or le preouer, qui portait anssi le nom de
iaiktm, n'est autre que Jécbooias le père,
M le dernier est lui-même Jécboaias son
Ut. SiiDt Matlbieo, pour abréger, a omis
^diteqae ce Joakim avait engendré Jé>
<koaiai,ee que tout le monde savait d'après
CUsioire. Celle solution pareil, h la vérité.
P» utorelle ; cependant elle ne présente
ricD d'impossible; hiloos-DOOS de dire
in'ella a même obtenu l'assenlimeot de
udarc, es critique d'ailleurs si difficile et
tibanlL
Ou peut dira encore, avec la plupart des
■slHprétes, qu'il y a une omission en cet
ladroît, et qu'il but insérer Joakim entre
■otîas el Jéètiooias, puisque nous lisons au
(annème livre des HoU (kxiu}, qne Josiaa
«1 plusieurs 6U parmi lesquels se trouve
'aïkiin, etqoe ce Aoakim en^odra lécho-
ûs. Ou préleod donc que par la négligence
les copistes le nom de Joakim, qu'on lit
■tOTP dans dis-huit manuscrits, a disparu
« la généalosie de saint Matthieu. Or, en
BppoMot celte faute, on aurait réelle-
Kot quatorze géuérations dans la seconds
lUK.
£ofin, HD troisième moyen de retrouver
es quatorze gdnéralious, c'est de placer
■vid è la Bo de la première classe et au
iiBiBeQoemeat de Ja seconde. Que si l'an
l*|ecle qu'il y a oo défaut esseoiîel dans
Hie manière tle placer un même person-
W dans deui classes ditférentes, nous
t>ir<Mw pouvoir répondre légitimement
'ecBulIetï ■ Ou o» peut appeler défaut
'léculîon du dessein de l'evaagéliste ; il
'■opte lui-même qasiorse génératioos do-
ns Abrabain ju»ju'k David; David est
l'Cuicui couipris daus ce nombre ; car s'il
léUiie&clUt il n'y en aurait que treize.
Saint Matthieu place de nouveau David k la
lète de la sectHide classe, en disant qu'il y
a quatorze générations depuisDavid jnsqu'à
la transmigration qui se fit è Babylooe.
< Si l'on demande encore pourquoi l'é-
Taogélisle met David h la léle do la seconlit
classe, et s'engage ainsi è compter deux fois
ce saint roi, nous répoodrooa qu'il en «agi
de la sorte parce que 1* ce prince est le
Elus considérable des ancêtres de Jésns-
brist ; S* c'est i lui que les promesses du
Messie ont été plus particulièrement laites:
3* le Messie devait oatlre de mio sang:
l* saint Matthieu, jiar sa généalogie, se pro-
posant de faire voir que iésus était le Mes-
sie, s'est principalement allacbéè montrer
au'il descendait de David, duquel le Messie
evait être issu ; c'est pour toutes ces rai-
sons quç l'évaogélisle a distingué ce rai de
tons les autres aocêtres de Jésus-Christ, et
qu'il l'a placé è la télé de la seconda classe.
quoiqu'il se trouvât déjà dans la première
{1513). .
VI. D'après fe tableau généalo^que tracé
par saint ïlaithieu, Josias engendra Jécbfh-
nias. Or, disent nos adversaires, nous li-
sons au premier livre des Paralipomènes
(ui, 16j. c)ue Jéchooiss eut pour père Joa-
kim : Dt Joakim naluë ut Jtehonia». Quel-
?|ucs interprètes répondent qu'il y t une
■ule de copiste dans la généalogie de saint
Matthieu, vt qu'il faut lire, au lieu des
mois : Jogiai genuit Jeekoniam, ces autres:
JoMiat geauil Joakim et Joakim gmttit Jt-
choniam, comme le portent encore dii-huit
manuscrits, suivaut que nous l'avons re-
marqué, en répondaut à la difficulté pré-
cédente. Quoique cette hjpolbèse oe soit
pas absolument impossibre, et que par U
qième nous avoDS plein droit de l'opposer
è l'objection de dos adversaires, nous l'a-
bandonooDs sans peine; mais nous ne
croyons pas cepsndenl nue dans ce débat
la victoire reste A ta partie adverse. En ef-
fet, nous sommes en droit de prétendre
que saint Mattbieua omisJoskima dessein,
comme il a omis plusieurs descendants in-
termédiaires dans d'autres endroits. Pour
ce qui est de la fausseté historique qui
semblerait résulter de cette omission, et
par conséquent la.rendre inadmissible, c'est
une difliculié qui n'est qu'apparente et que
nous venons de résoudre dans le numéro
précédent, en disant que dans la langue et
le style des généalogistes le mot titgemdrtr
se prend quelquefois {>our une génération
médiate. Ainsi, on peut dire que Josias a
engendré Jéchonias, parce qu'il a engendré
Joakim son père, comme on pourrait dire*
conformément h cette licence du .langage,
que le mêtne Josias est le père de Jécbo-
nias, quoiqu'il ne soit eu réalité que son
aïeul.
Vil. On peut dire encore, avec Bnllel et
quelques autres critiques, que Jécboniaa qui
ligure dans la liste généalogique de saint
(1313) BoMom. CMMUKt. m Dwt., c I.
|I3I3I BcLLET, K^^MMi rnirf«ci, I. U, p. SU, Ut.
DlCTIOlt^AmS AFOLOfiÉTIQCB. I.
871
GEH
DICTIONNAIRE ArULUGbTIQUE.
Mailliiuu n'est pat Jéctionjss roi rle3ii'lB,
iiin^s Johsnnm, (ils lin JobIm, qui, un ta
neuvième Année du règne de Jnakim son
frëre.'ful conduit captif h B.iliylooo par
^aliuehodonosor. Or , ce prince pouvait
avoir deux noms, comme cela arrivait as-
sez souvent parmi les Juifs; car l'Ecriture
nous en offre une foule d'exemples. A la
vérité, il n'y a pas de preuves positivas
queJéehenias ait porté deux noms; mais
la chose ^aiit possible, c'est tout ce (|u'il
faut pour pésoHdM II difficulté qu'on op-
|H>se au récit de notre évsngéliste.
Or lit dans la même taitle généalogique
(i, 11] : Jatiat engendra Jéchoniaaet iti fri-
Tts pendant la captivité de Babytane ; ce q«ii
aiippuse éridemmeiit aue Jéchontas avnM
plusieurs frères. Or, c'est sncore une er-
i-eur'(iistorique qui se trouve démentie psr
tin passage du premier livre dos Paratipo-
mêneM (m, 16), où il n'est question que ilun
seiH, nommé Séilécias.
Celte objection n'oirra pas une difficnlté
l>iun séri(!use. D'abord, dans l'hjpolhèso
assez probable dont nons venons de parler
au numéro précédeni, cl en vertu de laquelle
on distinguo deux Jéclionias différents, l'un
roi du Juda, père de Sédéclas, fl l'autre
qui n'esl queJohannai), fils de Josias, elle
tombe d'elle-même, puisque le Jécliontas
dont il est fait mention dans le passage des
Paratipomènei n'étant pas celui qui figure
dans le récitde saint Matthieu, il u'j aplus
opposition entre les deux écrivains sacrés,
et par conséquent l'auteur des Parolipomi'
nef ne dément tiullement l'otserlioB de
révangélisle. En second lieu, «n supposent
même que le nom de Jéclionias ne désigne
qu'un seul et même individu, on n'est pas
en droit d'en conclure qu'il v a cunlrsiiic-
tion enire les deux textes bibliques.Eneffet,
l'auleuf des ParalijaomèaeM ne uomrue que
Sédéclas comme frère de Jéchunias, mais
rien dans saphrase n'annonce q«e«e der-
nier n'ait jamais eu d'autres Irères. Gomme
ce sont les deux seuls -qui se soient foit
connaître de iiiamir« 6 ce que les généalo-
gitles aient cru devoir transmettre leur
nom à la postérité, il n'est pas étonnant que
leurs autrea frères aient été passés sous
silence. II est reconnu que- les généalogistes
ne relaient dans leurs tables que les noms
des personnages qui jouent un rôle de
quelquq importanca dans l'histuire. Enfin,
u'est-il pas pussible que les autres frères
de Jécbonlas soient morts jeunes, et que
par conséquent l'auteur desParalipomëues
ait cru inutile d'en parler?
VUl. Selon saint MaUbieu [i, 12), Sala-
lliîel engendra Zorobobel, et &eIon le pre-
mier livre des Paralipomènei (m, 17-1'd), ce
même Zorobab^l était lils de Pliadaïa; d'où
H résulte que l'évan^éliste s'est singulière-
ment mépris.
Nus adversaires a^.usent trop légèrement
saint Maliliieu de méprise. Ou peol dire,
cvec Bultel, que Salalbiel et Zorubabel dunl
flS14) BvLLET, Riponiu rrilifuti, t. Il, p. 338:
les noms se trouvent inscrits dms |( ||,|g
IjénéalogiiHie dressée | ar saiol Utubieu nt
sont point les mêmes personLagej dom n
est parlé au chapitre m du preuifr liTrg
des Paralipoménet , mais ceui qui son
mentionnés dans le prophète Agiféeetdtia
fisdras. ■ La dislinclioo des deux Zorobtlitl
et des deux Salatliîcl, poursuit noire cri-
tique, est fondée sur ce que le prophèls
A(;géi>, qui nomme cinq feis -Zarobaliel,
l'appelle toujours flisde Salalhiel ctjtmiit
fils dePhadaïa, d'où il suil'qDe le Silalliid
d'Aggée est le père deZorobabeJ, taailiiqm |
le'Salalbiel dont il est parlédansie premier i
livre des Paralipominn est l'aiieul de Zo- .
robahel dont on ; fait mention ; et qu'onm '
soit pns surpris devoir des personoM <lii- >
lin)$uées qui rirent dans le même leopi
porter le même nom; car eeia n'éuil pis
rare chez les Juifs. Abia fits deSoboam, H i
Abia fils de Jéroboam, Joram mi d« lnli
et Joram roi d'Israël, Joas roi de JihJi tt
Joas roi d'Israël , étaient contemiKHiiDs
(ISli). ■ Dans cette hypellfèse, qui samlile
très-probable, l'objection de nos adver»i- i
les difparall.
Si toutefois, cette hypothèse «esetnia- '
vani point fondée, il fallait abselumenlu
recoauallre qu'un seul et même iodiiidP
ap|)elé dans rEerilure Solathiel et qu'un
seul Zorobabel, ta touuiJiutioo entre le>
deux écrivains sacrés |;ourrait bien u%t
simplement qu'apparente. Car rien u'en-
(têunede supposer que saiul Malihieu iil
omis à dessein le nom de Pbaduïa poar|iré-
senler sur sa liste généalogique la noœbn
evact de quiitorxe générations. Nuus le- '■
nona de voir qu'il a également passé seni
silence les noms de trois rois de Juda.Lt :
seul inconvénient qui résuUenii de ot>te
explication, c'est qu^elle présenterai! Sili-
Ihiel comme ayant engendré Zurobabel,» :
qui ae trouverait opposé à ta vérilé, puu-
que d'après rbypollièae. conforme en tri»
au premier livre dea Paraiipomintt, lîm
PhadaïB qui a dâ engendrer 'Znrobabel.llù
on 7 rnmédierait facilement en Moeurui
encore ici fe la di8iiiit>tion dea deux sent>
de génèratiens, immédiate ^ médislr. ta
appliquant cette dernière i Satolhiel et lo
disant qu'il a engendré inimédiateiiieiil
Pbadaîa, et parPhadaïa Zorobabel.
IX. Saint Matthieu, comulaut tes desceo-
dauls de Zorobabel par Abiud, n'en trou»
que dix jusqu'ft saint Joseph inclusivenenl,
tandis que«aint Lur, ^lécrivaiit ceux dt m
même prince par Résa, son autre ttls, t&
trouve dix-neuf dans le mècoe iuiervalleOr,
demandent nos adversaires, est-il cruyible
que dans deux branches d'une même eou-
ctie l'une surpasse l'autre en généraliuiii d(
muiiiéT
Puisqu'on a eu le courage de dire u.«
pareille oLtjectlon, il laut que nous syani.
iiousaussi, celui à'y répondre. Que denr-
constances, en eflfei, peurcut auteuer aH
dilTérgnce aussi coosidérat^lel Saiis|«[lct
MCnONIfAlRE APOLOGETIQUE.
J'aoe foule (l'autrM. ii» sulBt-il pas pour
nli que les niembrca d'un» branche s«
niHeal da bonne heure, al qoe ceui de
Tiuire ne contractent des unions que dans
an iga plos avancé? ■ Ouï, répond très-
iiKliciessemeni Bullel, deui branches dans
iemJme espace de l«mps peuTent différer
û-iacoup dans le nombre des ]{énéraIions.
Grotiiu, ani coDusi»sances duquel on se
ûtn MBS peine, assure que cela arrire sou-
Tent, liasi qu'on le Toit dans tes arbres
^éilogiques : Srp* e»dem lamporii tpatio
fnaliu inUr te eomparaloM gaurationa lut-
irt MMfli atU alttram pjura tt paueiore$ ;
fud n ûwmiàu» tltmmaiibu» viden ett.
■ Veut-on un eiemple d'une grande ine-
rte île généraltoDs dans les différentes
bnoclies d'une même souche T rEcrîlura en
nr^Dle on bien TrappaDl. Les enfants de
Jmb [Htam. i, m) formèreDl chacun ane
bnncbe on tribu ; lorsque, une année après
Itur sortie de l*Egjple, Moïse, par l'ordre
de Dieu, fit Is dénombrement de ehacone
deeeilribns, il s« trouva entre elles une
jrodigieusfl in^slilé; mais la plus aurpre-
niDte est celle qu'on vil entre la tribu de
Uri et celle de Juda : celle^i comprenait
ioîuate-qualorze mille mâles depuis l'Aga
de rta^ an*, et celle-là vingt^eus mille
trois cents mtfes t les compter depnis un
Mil. Ce n'e>( pas Ik une supériorité de
oxfiiîé senlemeot, mais de plus des deux
lim.
■ Autre exemple. En comparant la généa-
loçe da grSDd préire Stdoc avec la généa-
fo^a de mrïd, on voit que la première est
Eu ooiobreusfl de moitié qne la seconde.
l'id était coolemporain de Sadoc : d'un
■utrecéié, Naasson était dans le désertcoi^
temporain d'Kléazar, ancélre de ?adoc ; or,
(Dire Naasson et David ou ne trouve quu
Uiiioo, Booz, Obed et Jessé ; an lien qu'eu-
m Eléazar et Sadoc on trouve Pbinéès ( 1
^. VI. 4 et suiv.) , Abisiné, Bocci, Ozi»
^riai, Hérejol, Amarias et Acbitob : quatre
l'on cÂié at huit de l'autre.
■ Voici oue seconde réponse qui n'est pas
■oins solide que la première. Saint Hdl-
bieo ijaot Bxé le nombre des générations
itpuis Abrabam jusqu'à Jeans -CbrisI à
|uranle-deax on à trois fois qaalorze,adû
lire des retranchements, qui ne nuisent
oint à la vérité de la descendance, puisque
nti que l'on relrancbe n'empêchent pas que
Mn tila oe soient immédiatement les en-
arts de iews aneélras (1515). >
I. Dans SOD lableco généalogique, saint
ialihieu donne Jéchonias pour pèr» à Sa-
tliiel ; en quoi, disent nos adversaires, il
(teoniredit par saint Loc, qui le fait Bis
> ^iri. Ce D*est pas tout; seiim salut Hat*
lieu, Zorobabel a en ponr fils Abiud (i.l3).
Selon saint Luc, Résa [m, 9f7l : autre dé-
cnti doooié au premier évangéliste.
Encore ici ces deux contradictions ne
ut qu'apparentes; il suffit, [«ur tairedis*
(>SI!;i BcusT. tUfmit* criiifaa, l. U, p. ^.
(I5l«j r< y. Owoa. Ctmtr* UU.. ï. il.
(laratlre entièrement Ja première, de nin-
peler que chez lesiuils on pouvait être fils
de plusieurs manières, savoir: |>ar oatore.
par la loi, par alliance, par adoption et par
éducation. Ainsi, il peut se faire que Jécho-
nias étant mort sans cnlânl, Néri aitéoonsé
sa veuve. Dans ce cas, Salathii-I sera fils de
Néri par nature et fils de Jéchonias par la
loi. Il peut se faire aussi que Salattaiel ait
épouse la filn unique et bérilîèra de Néri.
et que les deux famillvs sa soient ainsi eon-
Cmdues. Dans celle hjpotbèsa, Salaihiel
serait fils de Jéchonias par nature, et fils de
Néri par alliance.
Pour détruire la seconde contradiction
Îoa l'on prétend trouver entre les deux
rangélisies an sujet du fils de Zorobabel,
il suQîl d'une considération bien simple et
bien naturelle. -ZurobAbel a pu avoir deux
fils de son mariage. Abiud et Résa. Or, ces
Olsajani formé deux branches dans la des-
cendance de Zorob>ibel, saint Uatthien s'est
attaché à nous donner la branche d'AËiod*
et saint Luc celle de Résa.
Si on admet, avec Bullet et bien d'aotrei
critiques, que Salalhiel et Zorobabel dout
parle saint Matthieu ne sont pas les mêmes
que ceux dont il est question dans saint
Luc. il n'y a plus entre les deux auteurs
sacriis ancune contradiction même appa-
rente, puisque celte contradiction n'a d'au-
tre apparence de réalité que dans l'ideutilé
de ces personnages.
XI. Saint Matthieu termine son tableau
généalogique en disant : Jatob mgmdra Jq-
t€pk r^poHX d« Maru, de laqiuUt est miJéttu
f III ut appelé Ckriat (i, 16}. Or , disent nos
adversaires, c'est coolrarfenfent à la vérité
que cet évangéliste donna Jacob pouijpère
à saint Joseph ; du moins saint Luc affirme
que le père de Joseph se nommait Héli (m,
23). Quelle confiance peuvent mériter ees
ducuments, qn'on nous donne cependant
comme une des bases fondamentales sur
laquelle re|K>se le dogme de la divinité de
Jésus-Christ, el par conséquent de l'origine
divine du christianisme T
Les ennemis du nom chrétien ont de tout
temps beaucoup insisté sur cette objection.
On sent, en elfel, de quel intérêt et de quelle
importance elle est pour leur cause. Celse
t'a opposée à Origène, comme on le voit
dans I ouvrage que ce Père a -composé pour
loi répondre [1516). Le leeteur nous par-
donnera donc si nons la traitons ici avec
une certaine étendue. Quelque spécieuse
que soit cette difSculié, on peut y opposer
plusieurs moyens de solntioo propres à
satisfaire uu esprit raisonnable, c est-à-dira
qn'on peut montrer qu'il n'y a point de con-
tradiction réelle entre nos deux érangéliates,
et que par conséquent on ne doit, eu bonnu
critique, tenir aucun compte de toutes les
inductiORs que rincrédulité s tirées de ce
prétendu dtsseutimenl.
Le prMner ikojea de Mlolioo iww «M
WCTlONNAmE àl'OLOCKTIOUE.
fourni par iules Africain, qui vivait dans la
Palestins au GOmmeneeraent du troisièino
!>ièc)t. D'après cal écrivain (i'Sn;, Jacob élnil
père da luieph lelon Is nature, et Héli l'était
selon la loi. Africain assure, daus ea lettre
à Aristide, qu'il tenait celte opinitHi de quel-
aues pareitts du Sauveur. Voici coiniuenl
s espiiqiinient celte filiation. UalhaD, des-
cendu de David par Saloraon, et Melchi.issu
du DiCinoDuvid parNalhan, é[iauBèrent l'un
3irès l'aHlre une fetnme nommée Kstlia.
athnn en eut Jiicub, et Melchi en eut Héli.
Ainsi, JaolielUéli élsieiM frâres utérins.
Héli s'élant marié et é4solniortsan9eurBnt'j,
Jacob épousa sa veuve, d'ajirès la loi du lé-
viral [Deut. XXV, 5]tttt en eut Josepb. D'où
il résulle que loset>b élnil âls tlo Jacob par
nature, comme-le dit saiut Uatlbieu : Jaeob
gmuit Jon-ph; el qu'il était fils d'Hélî seloa
la toi du levii-at, qui attribuait «u iVàre dé-
funt l'enfaut provenu de so-veuvc, comme
la rapporte sainl Luc : Joieph qui fuit Heii
(m, 23}. Celle soluiion «l'Afiicain a été
adoptée par presque tous les anciens, et uo-
tainmenl par Eusèbe de Gésarétt, ssiul Gré-
Ïiire (le Nazîanze , saint Aoibroise , saint
ugu&tin et saial JérAïue; elle est encore
soutenue par plusieurs modernes et en par-
Itcalier par-Hug.
La seconds solution, donnée plus com-
munémenl de nos jours , consiste à dire
simplement que Josepb était Sis de Jacob
tiar nalure, comme le dit saint Uattbieu, et
tils d'Héli par «lliance. ayant é[)Ousé Marie
ia iille unique; de manière que seiot Mat-
tbieu , qui écrivait pour jes Juiis.avaiU
donné la généalogie da Josepb, père iégai
de Jésus-CbrisliSSiut Luc,qui écrivait pour
les gentils, la dosoa du «Até de Marie qui
était sa Doère. il 7 a même des interprètes
qui rapportent le relatif non pss à Josepb,
maisA Jésus -Cbrisl, de celle manière iJttut
frat ncipieni triginta annorum [ut pulabatur
fiUui Joitph), qui {tciliett Juut) fuit Heli :
itempt nepoi,qtti moreJudaorum ttiamfiliui
ttppetiabatur. Ainsi sainl Luc ferait la gé-
néalogie d« Jésus^brist par les parents de
sa mère.
Nous devons h la véiilé de dire qu'on a
opposé plusieurs difficultés k ces deux sulu-
tioos i iuai4 nous ne craignous pas d'njuuler
31M ces diilicullés ne sont pas de uuiure &
étruire leur force probante; nous espérons
le montrer. Dans tous les cas, on ne saturait
en tirer Bucuae conséquence légitime contre
la Téracilô de saint M«tlbi«u iii de saint
Lue.
1. D'abord, qaant è ia solution de Jules
Africain, la première OifflcuJté qui se pré*
santé, c'est que celte solution est contraire
au texie de saiiil I<ue, qui met Matbet et
Lévi eutro Uelcbi cl Héli, laadia qu'Afri-
cain et ceux qui l'ont suivi donufijl à UéU
iiour père immédiat M^lchi, qui, selon suiut
Luc, est lepèrede Léfi. Mais il y a plusieurs
luoyras d y répontlre. , Premièrement , les
deux noms Lévi el Ualbat, qui se trouvent
plus baul dans la généalogie, oal Hi ml i
projios insérés ici par rinadrerlmcecieseo-
nistes, puisqu'ils ne se lissienl point dmi
les anciens manuscrits. Sainllrénée, quing
compte que solianle-douie gériéraliaotilaDi
)b généalogie de saint Luc, ne les liiïii pu
dans le manuscrit dont ri se lervail; pui^
qu'en les admettant, il aurailcoai[)té soiitaiï-
quatorze générations. Africain ne les liuii
pas non plus ; autrementf il n'aurait iiuiit
pro))osé son hypothèse, puisqu'elle les «■
dut formellenienl. Les Pèresqui l'ont aiiop-
tée, ou ne les lisaient poioLou duœoinilei
regsrdsieDl comme fautifs; sans cela bd-
raient-ils janaais soutenu le sealiaianl d'A-
fiicain,'Câmmele plus propre i acconlerb
généalogies T Uais m les anciens minoicrili
ne coHltfuaient point ces noms, les auniu-
crils actuels qui (es contiennent peuTenieiru
iBulifs, el ne déiruûeiil po pt Déceutc*
menl la solution do:ia<W par Afiiciio.Ce-
jkendant, coinuie tous les oianuicrils si-lueli
et toutes les anciennes rcrsioas réunluml
ces deux noms, il est dillicile, d'après b
lois de Is cnlique, de les rejeter. Austi,il
vaut mieux dire, avec plusieurs interprèles,
que le manuscrit d'Africain étant défrClueui
et omeliant Léri et Uitbat, il aura Iriu-
porté & Helcbi ce qui ne-convie il réellemcDt
qii'k Ualbat. Alors son erreur o'aCTetteri pis
ce qu'il y a de priocitial dans son tijpotlièse,
q^ui esl que Jacob el Héli éuientfrèref ul«-
riDs, et elle ne tombera que surkpètï
d'Héli qu'il aura cru, d'après son Biausscni
fautif, être Melchi, tandis que, d'après Ui»
les autres manuscriis, c'est lîatbat.
Une autre diiticulté qu'un oppose au sd-
limeul d'Africain est qu'il suppose qu« li
loi du lévirat Tegardait les frères ulériiu.
tandis qu'elle ne concernait que les iikta
issus du même père. Car c«ltu loi SïSBl pour
objet d'euipécaerque les biens ou ile(uui
ne sortissent de la famiUe, c'était au plui
proche parent du cfKé paternel de suScUf
des erfauts À son frère; le frère utéria (Cli-
vant avoir pour père un boninie d'uoe JUirt
famille, el quelquefois in^me d'une la^
tribu, était loin dfitre le plus proclie pin"<
du cOté du père dudéfuul. Uais celle <ii'^'
cul lé «si d'autant moins péremptûire qui ''
loi du léviral concernait Itss frères uUnni.
aU'muios quand ih étaient de la mêtae ihtu
et liurUiut de la môme famille. Or, Jacob f.
Héli éiaienl par leurs aieux de la o^i'^"
tribu et de la même famille, qui ét«iiecl'<: ii<
David. Il est vrai quMs étaient dudeus ii'ty
ebes dilTéreoles, l'un de la brancbe de ^'^
mon et l'autre de celle de NaUun; niaiili'-'
gui défendait'le trauspori des biens ne r-
gardait que les famillos et ooa lesdilTère'-
les branchea de ces familltts: car lou' "
gu''e11e voulait, c'e^l unljiieatni que >''
iens ne sortis^nt pas de la fan Ile. f'''
leurs, il peut se faire que Jacob el Hï.i[<^
sent encore dans cette onacbe le» piiiiF""
cbes pareqt^ oiAmB du cAté |«Un.'il, toi-
les autres parents des deux bnncbes po"'
\,K\1) AtMCui. mt AmHd., apud EuGU., flid. tecl., I. i
. 7.
CEH
SKTIOMXâlRE ArOLOSETHlUE.
CCI
WTi
tml Un morts. Enfin, il ne paraît pas cer-
(lin, quoi qn*en dise Gmlius , que la loi Ju
Infini DP s'étendit pas aui.Trèn's utérins.
Lemol/i'crfP't pris dan» ceilR loi absoln-
meat d Mni liiuitation. Or, où la loi n« dis-
tingue [US, nous np devntit pas dislin^ef
nnnplas; d'autant mieux qne celle loi ne
(Jil («i-il que res mariages doivent avoir lieu
poar rmpécher le transport des biens bon
de la famille, mais unjqui-meiit poursuaci-
Ur des enTants au frère déruni, afin que snn
mm ne «'^teigne point dans Iiiraël. Or, te
frère utérin tx'uvail aiissi^tjicn le faire que
le frère itu père. MJcIiaclis, qui dans son
DtbiI motaùfut a eianiiné ^x profnto celle
loi ifir lé*ital, ne parle point de l'exclusion
dn frères utérins; il est trai que SëlJen
Jliae la plupart des rabbins prétendent
[foe celle loi ne reganlait pas les frères ulé-
fiis; mais les rabbins ne sunt nai toujours
retersUles sur le *rai sens îles lois de leur
%sljltira, comme le montre encore ïli-
rfaiêlis. Il résolie deretie discussion que la
sftondedtlliciiilé qu'on oppose au seoliineiit
d'XIricain n'est pas bien fondée-
La troisième diflicullé qu'on oppose au
K-itiment d'Africain, c'est qu'il paraît \a-
crojable que saint Luc, qui écrivait pour
tes geolils, ait Toulu leur donner la Kém^a-
hsie iégalB ea rertu de la loi du lérirat, à
lii]uellt; j!s ne pouvaient rien comprendre,
et que saint Ualthieu, qui écrivait |>our lus
l'iiTs, ait omis celle génération lé^ileà la-
quelle ils élaienl accoutumés, pour leur doo-
ber Is génération cbarneile. Mais saint Lue
n'éciÎTaîl-il pas aussi pour les Juifs bellé-
niites, qui dans ces premiers temps compo-
«ieiit la majorité desEjjlises chrétiennes?
>, ces Juifs comprenaient parfaitemenl la
;èu^nlioii légale qui procédait du léviral;.
1 les i;enlils qui se convertissaient pnu-
licat aisément, soit par la mojren des
|[irétiens, soit par les livres de Hoïw qu'oui
iïait (laos les églises, parvenir â la couusis-
ince de cette espèce de géoécation.
L'iie quatrième dilQculté, c'est que saint
ac, éouméraat dans sa table généalogique
es générations chamelles, eût dû avertir
ts lecteurs que celle de Joseph, loin d'ètro
ela même nature, o'élail qu'une généra-
OB simplement légale; autremenf, il les
jrluisaîl dans one erruur grossière. — Hais
ourquoi cet érangéljsie aurait-il dû avertir
Osi ses lecteurs T La chose était notoire de
M) temps. On savait parfaitement, en elTel,
lie si Joseiib était lis cliarnel de JaL-ob,
>:ii[iie lo dît saint Uatlliiuu , Jacob genuit
tuph, il ne pouvei; être G's d'Hûli, selon
le le d'il saint Luc, qui fuU Bdi, que pur
loi du tévirai. De plus, tout juif instruit
: Il loi ne fwuvait ignorer que dans une
i<<ii longue suite d'aieui il avait dû arri-
T qiiehjueruîs que lus cbeCs do famille
ourussent sans avoir eu des enfants, et
le par cMinséquent ceux qui leur étaient
Iribués d-ins les généalogies ne fussent
11. s en. a its que d'une manière légale.
EnBo, une cinquième difllcnlté qu'un np-
'<•: au sentiment d'Africain, c'est qu'on n?
voit point la rai:iOfi pour laquelle aatnt Lar,
écrivant pour les gcnlih, leur aurait donné-
cette généalogie légale, tout k faildifféreiHit
de celle de saint Uatlbteu. — Il ne faut pas
un grand elTbrt d'esprit pour voir qne Mint
Luc a voulu compléter dans «m Evangile
tout ce qui regarde la géuéalogie-de Joseph.
Saint Ualtbteu avait éiiuméré tousses aïeux
charnels, saint Lac éaumère de ton cbli
tous les aïeux de son père légal. Ainsi , Jo-
seph est oon-seelement par- le sang, mais
encore psr la loi , Ois de David. Par consé-
quent, Jésus-C brist, qui passe pour son fils
et qui l'est réellement par le droit du nia-
riagi', réunit tous les titres de fils et de suc-
cesseur de David; c'est donc à lui que son
tréne appartient très-légitimement. Pour-
quoi saint Lur, après avoir trouvé un nou-
veau document généalogique qui constate
encore davantage les droits de Jéaus^hrist
au tràne et à l'héritage da David, ue l'aurait-
il pas inséré dans son Evangile?
Celle discussion prouve clairement, ce
semble, que rien n'empëcbe d'admettre l'b;-
pitlhëse de Jules Africain, hypothèse qui
met en accord les deux évaiigélistes sbf la'
filiation de Joseph. Mais il faut btetr lu re-
marquer, quand même les diineoUés qu'on-'
y oppose seraient vériioblement insoluttles.
Il ne s'ensuivrait pas que la filiation légale
de Juseph jiar tléli soit inadmissible; la
seule conséquence qu'il seiait permis d'en--
tirer, c'est que l'explication d'.Africain n'est '
fias propre à la prouver. Au reste, ce qu'il jr.
a d'essentiel dans cette explication^ c'est q<i»
saint Luc décrit la généalogie légale de Jo-
seph, tandis que saint Matthieu décrit sa
génération charnelle. La manière d'expli- ■
quer celte génération légale est eu quelqua
sorte accessoire.
Africain, comme nous l'avons remarqué,
tenait son explication d'nne tradition, des
parents de Jésus-ChrJst; mais celte tradition
avait pu's'altérar dans l'espace de trois cents
ans. Ainsi, l'on pourrait, comme le fait le
savant critique Hug, abandonner Cutte tra-
dition inceruine, et se eooteuler de soule-
mr simplement la filiation légale de Joseph,
qui seaie suffit pour accorder les deux érsn*
gélistes..
3. La seconde solution, qui est la plus
commune parmi les interprètes modernes,
consiste h dire, comme nous l'avons déjà
remarqué, que saint Luc donna îa généalo-
gie de Jésus-Christ par les aïeux de $a mère,
après que saint Matthieu, qui écrivait pour
les Juifs, a donné sa géiiédlugie- j>ar Icï
aïeux de Josejih.qni |>assait pour sou pcn-.
Soi..! Luc. qui écrit pour les gcntiU, diMin^'
sa généalogie pnr lesa^icélresde sa mère, et
conii)lète ainsi ce qui iiiaiir|uait ^ la tifble
dressée par saint Maltliieu. Cnr, quoique
celle géiiéflloriio mniilre très-bien que Jésus
possédait tous les dniits de Joseph, et qu'il
fût, en conséquence, 1» véritable liériticrde
David, cepondnni elle no prouve pas diree-
lem^nl que Jésn* soit issu du sang de Da-
vid; çeq-rt-lablit of icaccmeiil la généalogie
ÎW
CEN
MCnONNAIRE APOLOGETiQUR.
iléeril* par ntnt Luc, en énumérani les
«ïeDi de Marie.
Cd senlimenl estjtarfailemenl conforme li
Utradilion des Ju'ls, aussi bien qu'A celle
d« l'élise chrétienté : • Les Juifs eux-
mêmes (1518}, dit D. Calmel, nomment la
uinta Viem filU (TBéli^ et Jésus flis de
Panlher. GsMlm raconte qu'un docteur juif
noniaié Haccadus aj-nnt été consulté par un
consul romain nommé Anlonin sur le snjpt
de la mère dn Messie, lui répondit ; Voia
(fevcx lavoir que h pire de ta mère aura deux
nomi, l'un Béli et l'autrt Joakim. Quant ft
la tradition ecclâaiasiiiiiie, elle atteste,
comme le soyenl tous les chrétiens, que le
nère dn la sainte Vierge s'sppe'ail Joakim.
Ici nous devons faire remarquer aux lec-
- leurs peu familiarisés avec la langue sacrée
de l'Ancien Testament que les noms-hë-
lu-eux que l'on a transcrits EH, Etiakim,
Eliacbim ou BéU, Héliakim, BUiaehim et Joa-
kim, JoacMm, étaient coniiilérés cbu-z tes
Hébreux comme synonymes; et pour n'en
citer qu'un seul exemple, nous dirons que
Joakim, roi de Juda, est aussi nommé Blia-
kim.» [Va\çH,Etiacim, If Boit, xxiii. Si;
xxiT, 11) Ainsi, d'après ces autorités, Héli
est le père de Marie, et par conséquent loua
les ancélres d'Héii so-it les ancêtres de Ma-
rie el de Jésus-Christ selon la chair.
Il faut avouer cependant que cette expii>
cation est sujette è une dilEculié réelle; elle
est en opposition avec le texte de saint Luc,
qui «exprime, au moins selon toutes les ap-
jMrenoes, que Joseph était Qls d'Hélî , do la
même manière qn'Héli était lui-même fils de
Hattiat, Hathal de Lévi, et ainsi deauiie;
ce qui parait indiquer que l'évangélisie
iloDoe encore la généalogie de Joseph el
non celle de Marie. Mais il fsul dir» aussi
qu'on peut donnera celle difilculté plusieurs
raisons satisfaisantes. D'abord on peut rni»-
l>orler les mots qui pu fit d'Béli (qui fait
ife/i) ft Jé^us-Christ ; car, dans le st^ie de
l'fcrilure, le relatifou tout autre mot qui le
représente ne se rapporte p»t toujours i la
chose ou k la personne qui précède immé-
diatement. Ainsi, quand on dit dans la Ge-
nèse : Oo/iAoau, /UtiJ'Ama, fUU do Sibion,
le second mol Ule se rap|)orle h Oolibauia
aussi bien que le premier. Ou voit en elTet
dans le même cbapilre, verset 3V, qu'Ana
était filte de Sébéoii ; d'oi) il résuite que le
sens de la phrase est : Oolibama, fillt iTAna
et petilt-filïe de Siléo». De mèiue quand saint
Uatlhieu dit du 'Sauveur : Jésus, fit de Da-
vid, fili tT Abraham, le second /t/i se rapi>orte
éTidemmenI, non point h David qui précède
i (Il média terne ni, mais au mol Jésus, quoique
le iijus éloigné- Il jr a d'autant plus de rai-
son d'appliquer cette locution au passage
de saint Luc, que, selon la remarque de
plusieurs linbilus commentateurs, le mut
Jotepk paraissant jr ûiire partie d'une phrase
(UIS) Taltm Uiot^vm. fol. TT ; »^<fitm. trmct.
Smln4riM. twl. SI, rjii; «tans I). Cjujut, Oiutrt.
tHr t* mtuMagit ie J^imi-CMiia.
(1319] Lts mbls 'ndix f'n It trcyaii fih •'*
Infidenle et renfermée entre pirenlhèifi,
n'est pBs te sujet de la propusiiion, miii
que c'est le mut Jiiut qui joue es rfile dim
la phrase principale; en $ortt>qne lesensda
versPtSSest celui-ci : Or, Jéiut eommtxfùi
la trentième ann/e, étant Âtt d'Bili (par Hirie
sa mère), tandii qu'on te croyait fUt de Jt-
KpA(15I9J. Quant BU mot grec uio>(i>%'|, il i,
comme eo hébreu bkn, les divers sens de |Ui,
petit-JUt, et en géoéral de deteendaiU, comnn
«B, sIgniQe pire, aïeul et ancêtre i quelqosdt-
§ré que ce soit- Dans cette Jistn généalt^qu
e saint Luc, il signifie jieft/-/fu par rammrt
k Héli, arrière petit-fli jwr rappurti Uilnit,
et ainsi de suite. On objecte que, si onidini-i
cette explication, on est obli£|é de snpiiléer
le mol àliui devant BJli; mais n'esl-oo ps»
obligé de te suppléer dans toute la suite <le li
généalogie? On dit encore que si laparlicolc
grec it [ùt), signiGail réellement ici lori^,
tondit que, elle serait infailliblement suiiii
d'une autre particuleeiprimaiit l'opposilioD,
telle que di {èi), mait, cependant. Hais qui'
d'etirpses encore plus dures ne troare-l on
Eas dans le NonveauTesiament et daussaiol
uc lui-même en particuIierT Ainsi il nous
semble qn'on ne peut démontrer la faussein
de celte inlerprélalion, et que, par consé-
quent, la contradiction qu'on prétnml Iroum
entre saint Matlliieu et saint Luc n'étjinlsini-
plemeni qu'apparente, ne saurait serTîr de
preuve contre la véracité de ces dcui Atiif
géliïtes.
Supposons cependant q;ue les mots fu<
/bf yt/i d'Béli [qui fuit Béli) doivent néos-
SBÎremenl être rapportés k Joseph ; dos td-
versaires ne gagneront rien à celte conces-
sion. En effet, Joseph nyant épousé la liîle
d'Héii, iiouvail irès-bien en être appeiË le
Ois è raison de celte alliance. Combien de
lissages dans nos livres saints où les Donis
du ftit ou de fiHt sont donnés à des gendres
etftdes brusT Cet usage parait élre lelleiueui
dans la nature, qu'on le retrouve en vigueur
non-seulement chez les Grecs elles Romains,
mais encore parmi tous les peuples de U
terre. Écoutons Builet qui en a recucil'i
quelques exemjiles : ■ Les Israélites, dii-J.
donnaient au gendre le nom de Gis ; rËcritut*
en fournit bien des exemples. Au cfaa|>i'ri;
xxxvii. verset 35, on lit dans l'hébreu, ijue
tout Iti fitt el toutet let filet de Jacob cinrnl
pour eontol^ le patriarche, qui croj/ail qut
ton filt Jottphétail mort. Et dans lesSepUi''*'
on lit au même endroit, que tous ses li'i vt
Ultes vinrent et s'elforcèrent de le consoler.
Jacob n'avait qu'une tille; ainsi celles H'"!
l'ËL-rilure nomme ici sus litles étaient Ici
é|>ouses de ses fils. On répète dans le ntiM
livre, au xlvi* chapitre, versets 6 et 7, iiui-'
Jacob vint en Égji»le avec sks QIs. ses («lil*-
tili et ses filles, qui, au verset SG, sont «])-
pelées les épouses de ses Ûts... DaviJ, »}•
I rem e. livre des Ruis, cfaap, xxiv, verset 1^
Joufk romwnt
ki lonmt, '
Mrealbàie. Lt kfk hi
Hl,iJi-
'liiTtM(77aitJM ^ {cum,'i*mi. (y^_^-^
MaTHMXAiRE ir«U«ETtei E.
ge:i
•Mî
j.(H-ll<> SsûrMDpére.el Saiil, rcrstU 17,
,ji<,«lle *0D fiU; il la aomitie fticnre ils
uhat ta cliapilr» xxti, *f rdels 21 el î!5.
< Cel usag«n'éuil |Niinl |iarliculirr aui
B-dMwi; on k voit chfi- le« nre*;». Priani
., p .l'Hélèna Mclière lille {tltade, 111. l«2i.
r. B<-.ènfl itil qae Priain a lonjours été (loii'r
clic un trndre pèra (ibid. suv. ick ta-Bn].
< On la voit cbex les Mieiena |»eu|'I<-»
iliilie. Tiiniii9.au lÎTre SJI , vers 13 de
Tiiéiifa, doDiie le dobh de |<iËre au roi La-
iàûia, qui lui avait promis aa fille LaTÎoie.
tll M iroave chi-x let Romaios. Nous
nom um médailla de CansuMitia où il eal
MaMné fils des deux Auguslas, ru. luos, ce
qii M peut-aVx^ii (Uer ^u>en dtaanl que ce
Hiue étoit INs d'uo Augusln, i aaTeir de
CoM-MTe Chlore, el gendre d'iia autre, h
nmr HaxiiDieo Hereult: , duat il drait
rpoofé la fille nomiDée Fausla ; car il u'é-
mt Gli par adoption d'aocup Augusie.
*ûn reoiatqufl aus^i celte oMoiAre de
t'npriatrr presque ibez tout Ica peuples;
mit i-arliculièreaianl parmi nous, non-
i ulciDcoi le gendre appelle père le père de
Mioé,ea»e, meia il joint encore i ce titre
iM éi'iliièie qui désigne la considéralidn,.
Mie nommant beau-père, ut celui-ci par
to reluiir d'estime, appelle le mari de u
. e bctu-fila; ^f§t ainsi que tes reliKieai ^
|>ie DOus- «ppeloos aujourd'hui réierenils
«r», étaient autrefois qualifiés de beaai-
«res.
• Ea Danemark el en Suède, la bru at>-
«l>e Iie8u-}»ëre la père de son mari , d
<ile-ei la traits de fille. Eu Espagnit. la bru
:pe!le (lère le père de ran mari, «( celui-ci
*PV«lle fille (tSM). >
On objecte, il est vrai, que, quoique, dai>»
(diKOurs ordinaire, oti dunne en un sens
■fgeelimiiropn; le nom de/S/vaui grndrri,
'«e doit pas eiv être de même dans k-s
inéali^ieaoù il parait nécessaire de preii-
R le nom de Jff> dans son sens propre et
fonreni. Ainsi on nedoit introduire dans
HIe sorte de récils sous le nom de fils que
^i qui le tout par nature ou par la loi du
^iii' — Sous convenons sans petne qu'on
e doive i-oîdI ofdinai renient introduire les
nJres dans les généalogies, parce qoe
-Ile fiiitiion impropre pourrait y causer
Hlqoe confusioD; mais cet inconvénient
^*il psi craindre par rapport fa Joseph,
w l'ius les Ju h savaient bien n'èire que
•;*-ii'Jre d'Hél); et d'ailleurs saint Luc,
ttliDl donner ta- descendance ile Jé^us-
tiriji du cAté de Uarie, comme celte au-
iite Vierge ne pouvait figurer dans la gé-
b!4^£ie , vu que les noms des femmes ns
>nl |i3s ordinairement fKtrtés sur les labiés
Héilo^ques , il fdllail bien la romnencer
>r J'i*e|>ti sou é,>nui, qui, étant en culte
i>ijfé le Bis d'alliance d'Héli et le père
:;al dn Sauveur, était aussi nécessairement
[•reiiiier terme de cette alliance, terme
iquel tous k-s atanx maternels de Jésus
-*i:ent se rsUacber* Enfin on peut suppo-
lt;.l> BiiLET, BéfOaUi erili<{urt, 1. II. p. 315, 5«.
ser que Uarie élaîl fille unique d'Héli, •'!
ikuî(|(te héritière du la braiche <!e sa f^-
ntille. Or, dan» ce cas, il y avait une raison
spéciale |>Our que Joseph entrât dans la
féiiéalogie des ancêtres de Marie. Car il faut
iïlingiier deux e.^pèces de gen'.lres; tes uns
qui, éjiousani la bile unique et seule héri-
tière , réunissaient en luur (lersonne Ions
les droits d'une famille; et les autres qt;i
é[>ousa:eiit let fillt-s qui n'étaient [loini
uniques et seules héritières. On peut accor-
der que ces derniers ne figuraient point sur
les Iules généalogiques; mats, quant aux
premiers, il ermble qu'il doit en éire tout
autrement, puisqu'ils contlBuaienl la snc-
ceasiondes aïeux de la lamille. Les femmes
étant orlinairement exclues des tables gé-
néalogiques , c'était uaturellemeut à ct>s
gendres devenus les possessuurs de tous
leurs droits l^ux i y prendre leur placi'.
Or, on peut supposer que Marie , a qui
l'Évangile n'attribue ni StBurs ni frères ,.
était fille uuiqiie el seule héritière d'Hélix
donc Joseph son époux, qui recueillait Ino»
les droits de H fagiille. a dû être compris.
dans la généalogie de ic% ancèires; cl si.
saint Luo, comme on a droit de le supj>nser
encore, a réellement voulu donner la filia-
tion cbaroelle de Jéjus-Chrisl, ne pouvant
LEaire figurer Uarie , puisque l'usage des
ils s'j oenosail, il a dû j mettre Josejib,
qui , possédanl tous ses droits , était Sou
rafirésfnlant et devenait le terme nécessaire
auquel se rattachait la succession de toui
les aïeux de sa bniille.
Il résulte de .celte discussion «lue let-denx
solutions que nous venons d'eiposer pré-
sentent-beaucoup de prutMbilité, et peuvent
par conséquent servira résoudre la diflicolti)
proposée. Uais quand on pariiendrait t dé-
montrer qu'ellea sont fausses toutes deux,
on ne pourrait eu tirer aui-uoe crnséiiuenctt
défavorable è la thèse principale que iious
soutenons dans ee chapitre, la véracité d-:
l'Evat^iledesaintUallhieu, ni préjudiciable
k l'eiaciitude histurique de saint Lue lui-
même; car il esl ioGOnlestaltle que la con-
tradiction qui se trouve entre ces deux évaii—
gélisles nest simplamenl qu'apparonte .
qu'elle n'a pas été réelle surtout pour 1rs
anciens. En effet, les deux Evangiles
élant sulhentiques, il en résulte que eu
sont saint Uallnieu et saint Luc eux-uièmes
qui ont inséré ces deux taMes généaloj^-
ques dans leurs Evangiles respectifs. Or,
cela |iosé, il est iuijiossible qu'il a'jr trouvu
quelque coniradicEion fiositive ou réelICiL
Û'aburd , la chose esl claire^ dans le cas
où , comme le prétendent d'habiles eriti-
qnes, Hug entre autres, saint Luoeurail vu
I Evangile de saint Ualtdicu, el sVn sérail
même servi pour la composiiien du sien;
car, persuadé qu'il était de l'autorité apos-
tolique de saint Ualthien, il n'a pu vouloir
insérer dans son livre un récit importaui
qui se trouvait en optHMiiion-uee le sicu ;
ceût éié trw Tisiblemvnl contrwlire un»
NS
G»
MCnOJEHAIRE ATOLOCETIQUE.
GEH
lU
aolorité si uerée pour lui, ei nuire trop ou-
vertement à la cause da ehrisllanisme, dont
il élail un si zélé défenseur. Ainsi il faut, de
toute nécessité, qu'il ait cru que le dncu'
loeot généalogique qu'il a inséré dans son
Evangile ne contredisait pas celai de saint
Mnliliieii.
U«i5 nous croyons pouvoir défendre notre
cause sans recourir ft cette liypollièse. En
effet, la conlrailiction que nos adversaires
reprochent aux évangéltsles ne saurait ëlre
réelle, sxns qu'elle soit en même temps pel-
paLite, et sans qu'elle saule aui yeux des
moins attentifs. Mais alors cocimeat suppo-
ser que les Juifs qui se contertissnient en
foute dans les premiers temps du ehristfa-
iiisme ne l'aient pas a[ierçueT et s'ils l'ont
aperçue, eommeni ont-ils pu reoevutr comme
divines et ranoniqués deui pièces aussi tI-
«iblt^ment conlrailictoiresT Comment mutes
les Eglise! les on'.-elles admises dans le ca-
non des Eerjlures, et les ont-elles tiées dans
In lilnrgieT En supposant vn mnyeti de con-
ciliation connu dans les anciens temps, on
explique toutes ces diltcullës; mais, en
supposant la réalité de la contradiction,
elles sonl tout i fait inexplicatiles. Il est
donc nécessaire qu'il y ait un moyen d'éli-
miner la conlraaietion apparente, et si les
lieux solutions que lous svons proposées ne
ret>osent point sur un fondement solide, il
faut de toute nécessité supposer qu'il en
«xlste une qui ne laisse rien h désirer, et
■CGoiier noire propre ignorance, qui seule
nous empêche de la connsllre.
Mail nou» ne terminerons point cette dis-
cussion sans réponilre en quelques mots
aux difficuités que Winer (1581) fait rsloir
conife noire Ihèsei. Ce critique prononce
lianliment que ces deux généalogies sont
absolument inconciliables, et il s'edtorce de
réfuter les deux hypothèses que nous Te-
nons de développer. Il avoue que la solution
de Hug est Irds-ingénieuse, mais exlraordi-
nairemeot compliquée, puisqu'il lui faut
admettre dans la généalogie oe saint Mat-
thieu troia personnes dont la Hiation e'est
éublie que sur la loi du léviralt chose dont
cel évBDgéliste,dil^il, aurait dû prévenir son
leclenr, comme il aurait dû ne pas caiploycr
le mot igmniti {kitmt, gtn}àl\, it a «ftj;cn-
dr/, TU que ee mot indique une génération
chnrnelle. — Noue pourriona d'abord de-
mander pourquei saint Uallhieu aurait M
Obligé d aTerlir d'une chose qui devait né-
cessairement arriver dans une aussi longue
suite de descendants. Le grand nombre de
noms )>orléa sur les laUes avertissait sufn-
saHimoAl le lecteur, qai d'ailleurs ne devait
|tas ignorer que la Sliatioo légale n'était pas
négligée dans les généalogies. Quant au mot
égennisé, il a engmdré, il'conTiout d'aulHut
mieux, que c'est jwr voie de génération vlisr-
nellfl qnele pAre légal acquérait des enfant*.
De plus, ce verbe se prenant souvent dans
un autre sens, on ne voit pas pourquoi l'é-
crivain saoré n'aurait pas use de cetie li-
cence, d'autant mieux que les eirrcniliMei
sudisaienl pour dissiper l'obscurité pt li con-
fusion qui auraient pu naître du cet emplsl
impropre.
Winer nie aussi que les tdln-jUItt dn
les Hébreux rnsseol appelées simpleoKDt
Stlei, et que Marie fût unique héritière.-
ous acconloos è Winer que les piungu
du livre de Ruth, que beaucoup de criliqua
allèguent pour prouver que les Hébreut
confondaient )ms frrut sous le nom daftin,
sonl mal choisis. Voili pourquoi nousiTim
fait une lacune au texte de Bullet que nnut
venons de citer; mais les autres pauigei
bibliques que nous avons allégués, tt qit
nous paraissent d'une raison prnlunlt
incontestable, suHîsaut pour réfuter mt-
tre savant adversaire sur ce point. Quitt
k la qualité d'uniijue héritière dans Hirie,
quoiqu'on ne puisse point l'élablir d'au
manière rigoureuse, nous sommes en im,
par ce que nous avons dit dans Iscuuranld;
celte discussion, de U supposer, saot qu'on
puisse oiiposer k notre sentimeul des argii-
ueuts plausibles.
Winer objecte encore que si Héli a'étiit
que beau-père de Joseph, tous les nim
individus éoumérés dans la liste généili).
gique ne devraient être également qii« d»
beaux-pères , vu que l'article grec laa [n.)
doit se prendre partout dans le même sïiu. :
— Notre critique se trompe encore ici ; l'ar-
ticle grec ne peut par lui-même qu'ioiliqutr
le rapport grammatical qui lie son anlit^-
dentk son ronséqueni; car la valeur signi-
ficative dns termes se tire d'une autre source.
Ainsi ce n'est nullement l'erlide qui iléier-
mine le véritable shds du mot /Ua(uMr)i]iui
le tableau généalogique; son r61e se boni«
i indiquer qu'il y a entre tous les nooi)
propres qui le suivci.t et lu laolfiUsoui-
eoteodutla rapportgrammatical quiselru<in
entre ce même mot fil§ exprimé ao coa-
meuccment de la liste généalogique (in.
33] et le nom de Joseiih, c'est-è-iltre qu'^
sont tous com|f1émenis de l'aniécéiieullUi,
comme le nom Jo*eph l'est lui-Bième. Si,*'
effet, cet article devait exprimer la siff»i-
cation rét^lle dos termes, et par cou^équcKl
donner le même sens à tous les mois denni
lesquels il se trouve placé, l'évant^élisit »
serait bien gardé do le iiietlre (vsrtel 38j
devant le mot Diku ; car il aurait atiriiiué (
la Divinité une génération purement tlur-
URlIe, comme celhi qu'il attribue à lous'c>
personnages qui ligureat dans sou Ulduv
tféoéa logique.
Ainsi les assertions de Winer conlrt li ,
possibilité de concilier les géuéslogies ^ I
saint Matthieu et de i«iul Luc nesauraiirsi |
avoir la moindre valeur aux yeux de la *ni( i
trilique, — Foy. note XV, % 11, A la fin «lu
deusiôme volume, et t'xnTiTsuQoa, | IS.
GËNËRALISATION, impossible saui le
signe. Yoy. P^tcuologis, 1 xII.
tiÉNÉR&TlON SPONTANÉE. — Uobii-
ralioa est la t'onci-iou |>ar laquelle les «r^
(ISXI) G. B. Winer, Bmiicliet R»almxrurbucli, ll,-6ij$ fl. : zvoile Auflage.
CEN
DICnO!t?IAIRE
(jnnts to rejjroiluiseiil. Cesl |iar elle qne
lejiuiniaui créés se pen^luenl el que leurs
espèces M coDServeiil.
Cmii* fonction ■'accomplît, dans l'espèce
huDiaîne, k l'aide d'une série d'anlrs dans
ieraoels les deux sexes ïnlerTÎennenl. C'esl
de 1> même manière, cVsl-k-ilire k l'aide
de 'leui si'ies.que se reproduisent un grand
nombre J'animani.soiltiue leurs seies res-
(•-MséiiarésetJislinclscnnimecIti'zriiDmiiiu,
!«il<ju'il5 se lron*ent réunis chez un seul
jnlJifJu, lequel peut alors remplir k là fjis
le rûle du DJlle et celui de la Tcmelle.
UiiKchez plusieurs antrf s êtres.dont Tor^
pni»ation eât moins parfaite, il n j a pas de
Kin. L'individo un. que, qui dans ce cas
(fosiitu^ l'espèce, peut se reproduire; par
i*n£)ih ou des spores, susceptibles lie se
iéiria\iper d'eox-niCmes; par des gemmes
(Hi iKiurgeons, qui se développent en partie
mot de se détacher de la idere; on même
(ur II scission d'une partie du toni, plus ou
moins considérable, et qui se complète pen-
iêni ou après l'acte de sa séparation. Ces
trois mole* cneiislent chez certains èires
inférieurs, el même, k ce qu'il paraît, se
renc ntrent quelquefois che2 des animaux
dont les sexes sont distincts.
On a admis enBn, mais sans prenres sufB-
niites, que plusieurs animaux, surtout les
I-lui inférieurs, peuvent se créer de tontes
|Méce>. On a cru que l'assemblage d'atomes
inorganiques , ou de particules provenant
ffélres organisés, morts ou vivants, pouvait
i^anner naissance k des animaui variables
déforme et de structure suivant les circona-
tinces; ne provenent [las, cnmme les autres,
da («rcDis semblables k eux; susceptibles,
en un mol, de se former tpontanément par-
I9'jt ot se trouveraient réunies des coodi-
lions favorables k leur développement.
Il convient d'examiner d'abord ce qnll
tint penser de celle hvpothèse, et d^mmeot
il faut interpréter les faits et les expérienees
ipi'on a invoqués en sa faveur.
Le question des générations 5])onlsnées ou
de l'hétérogénic est la question la plus nsie
d(t riiistoire naturelle, et les conséquences
que doit amener sa solution ne vont k rieo
moins qij'k intéresser les ilociriaes les plus
élvties Je l'ordre social. Il ne laut point se
le dissimuItT, riiommc de la soriété, quoi
iju'en ait dit le philosophe de Genève, est
toujours l'bomme de la nature, et quand vous
tgiiez une gmnde question naïun-lle, vous
levez n-ncotitrer nécessairement la société.
Ch-Tuici où nous mèiiel'Bdmisston,d'ailhmrs
inromiiréfaensiblu, des générations spunia-
uées. S'il |.eut exister des êtres sans [>arenls,
qo'esl-il t>V50m de reuberclier s'il y a jamais
m uu praiii:er pèreT El celte question étant
Duiise, il u'ealplunécessairede reconnaître
ju'ii j a eu uuecréaliou; i| suflît de croire
jueloul esl dans louliqutt« l'univers, l'eu-
t«inl»te lies cbosua, la aouiiua des phéno-
■léiies, t-al la ré«lité pfaéuvménaliséfl ; enfin
riji2) TrmiHt pka*Moaie, tttivtlion
Ijp. 1. 1", f. ».
lit lour-
APOUKETIQtlg. CE^ «tS
que la réalité ngiisanle, resiîtencealiwtliie.
la force ïnQnie, la véritable cause de l'uni"
vers , ce qu'on a »p|ielé nalura nalnran».
l'kme flu monde, est Dieu. • (Blrdich. Traité
de pkynologû, t. 1, p. 2.] D'où il faudrait
conclure que le panthéisme est la plus ra-
tionnelle de toutes les doctrines relatives li
la constitution el h la conservation de l'u-
nivers.
Ondoilentenilrepary^n^raîïfrti ipontanée,
ou par les eipressionj! équivalentes de gé-
nération primitive, primigéne, origittairt,
dirfcttjéquivogar, A'héliroginie (BQrdach),
de tponUpariié [ha^tts), m liiute prudueiioi
d'être virant, dit Biirdaijh (1523), qui, ne
se rattachant ni ponrta substance, nt pour
l'occasion, k des individu^ de la même es-
pèce, apoiir point dedétiart des corps d'une
autre es|>èce el dépend d'un concours d'nu-
Ires circonstances. C'est la manifesiation
d'un être nouveau et dénué de parents, par
conséquent une génération primordiale ,
une création. Nous la reconnaissons, ajoute
le même physiologiste, partout où noua
voyons paraître un corps organisé, sans
apercevoir un autre corps de même espèc*
dont il puisse procéder, ou découvrir dans
celui-ci aucune partie apte k opérer la pro-
pagation. >
Aujourd'hui, d'aprfe les expériences qns
nous citerons plus tard, il semble absurde
de soutenir que de la matière Jooi^anique
puisse naître spontanément un être orga- .
Dise, el renouveler ainsi la fameuse by|io-
Ibèse des atomes d'BpicDre. Aussi, la pia-
part des partisans actuels de la ({énéralion
spontanée pensent-ils que c'est seulement
de la matière organisée que )>euvent naître
de nouveaux animaux, soit qu'ils se créent
dans des corps organisés morts et en dé-
composition, soit qu'ils prennent oaissanca
dans l'intérieur des corps vivants. Le plus
grand nombre borne même k ce dernier
cas la possibilité de la génération S|ionta-
uée; car, pour li>s infusoires, la quesli<m
avait paru jusqu'ici plus avancée que |>our
les enlozoeires, chez la plupart desquels,
d'ailleurs, on a pu aussi saisir un autre
mode de génération. Maia, avant d'ealrar
dans l'eieitien de ces faits, il est bonds
présenter un tableau dos vicissiludes par
lesquelles a passé celte supposition, el do
la carrière qu'elle a fuundedana la science
avant d'arriver jusqu'à nous.
Loin d'être nouvelle, la doctrine des gé-
nérations spontanées remonte k la plus
haute antiquité; un peut ai6mnd:rc qu'elle
fut uue erre-jr généralement répanduecbex
les anciens, ^liuure, on le sait, prétendait
que la terre avait tout produit. Ariatoie
(1523) n'allait pas si loin, maisTI disait en-
core € que tout corps sec qui devient hu-
mide, et tout corps humide qui se sèche,
produit des animaux, pourvu qu'il soil sus-
ceptible do les nourrir. ■ Ainii. il taisait
provenir plusieurs poîasoos du limoD ou
(l5Ut Binaire detmiimtug, tratl. de CaBVS, L
I", p. JISïPaM, ITIK.
seY CEN WenO.NNAinE APOLOtlETIQUIi:. CCS Kt
ou la renourrant de g.izes très-rinr». il \i
répÉLa SYec un pareil succëi pour lo Tru-
mii^B et pour plusieurs autres nialiferesqai
tjonriflient lieu h la contestation, et déslrin
il fut ériiJenI, pour toia les bans esiiriu,
quoc'ét(ii«nt les in«Gctvs et non les milij-
rBi corrompues qui prD<luisaient les rers.
Telle éiait la conclusion de cet obserii>
leur (1528) : cnr ir dit que > les ler) qut
nnissenl dans les chairs ysont produils]iir
les mouches et non pnr ces chairs mdmc's.i
liedl (1529) fut ftussi le [>remier è démon-
trer que, chez tes entozoaires eui-mènin,
ou, cummeil les appelle, cliei les animiui
qui vivent dans d'autres amRiaui,on
trouve, comme pour tous les autres, de»
mâles, des femelles et des (Burs; qu'en un
mol, chez eui, la génération ne s'effectua
pas d'une manière ilifTorenie de celle qu'oa
observe communément.
Cependant Redi, tout en déroîlanl et dé-
truisant de nombreuses erreurs, en conioet
lui-m6mo quelques autres : il sembkiii-
inetlre, par exemple, mai^ è regret, quai»
aniinaui des galles d'arbres pourraient bien
venir par génération spontanée.
Valisnieri (1&30) continua Redi, en décou-
vrant la génération par sexe^i chex plusieurs
autres iusectes, notamment les œ;<lres:du
jiius, il Ût pour lesentophytes, c'est-ï-dir<
ii-s larves rivant au sein dus végétaux, ce
quH Redi avait fait pour les entozoalrei.
Mail c'est Swammerdam (1531) qui non)
a révélé le plus de merveilles sur la géné-
ration des insectes ; après avoir si bien oli-
servé et décrit leurs métamorphoses, on
conçoit qu'il ne pouvait pas admettre leur
formation spontanée.
Plus tard, Réauiuur popularisa les belles
découvertes de Redi, V8llsnic■^i,SwsolUJe^
dam. ■ Pour coquiest notamment desfruiij
véreux, il y a deux cents aiis.ditRéauniur
(1532), qu'un n'avaitpointsuriiris dansleiir
Opération cks mouches qui deposeuL leurs
wufs dans les fruits; et quand on TOyailun
Tcr dans une pomme, c'était la corru|iticn
qui l'avait engcridré. Uaiu tenant il est bieji
prouvé au contraire, que le ver est la cau>e
de la corruption du fruit. ■
On vtirra bienlAt que vers la même
époque où Redi, Swanimordam etVaiisniïii
poitaienl les premiers coups à rbjpotbè»;
dus générations spontanées, Harvtj' co.i-
cluait, de ses nombreuses observsiiouss""
aiioiue, devenu sifam<;ux depuis:Omuf>'
«um ex oDo. Cependant, nar ces paroles.
Uarvey n'entendait pus dire autre cbv^
sinon que les iiiammilères viennenl d'<iii
œuf, comme les oiseaux. C'était sans duu'"
UD très-beau résultat de ses recherches u'«-
dii»ble (IS2V); Icstiienilles. ces petits vers
3ui se transformeol en animaux vornnis,
es feuilles vertes, et nutanmeiil des feuil-
les de chou (1525); les poux, de la chair
(1526); les puces, de la fernii-ulntion des
ordures (15x7); les vers, do la chair cor-
rompue ut du fromage, etc. E'i un mol,
tous les animaux dont U génération lui
était inconnue, il les faisait naître des en-
droits où on les trouve. Il altribnail la
fuissance formatrice à l.i chaleur, h l'dir.b
buniidilé, jouant le même rAle que les
humeurs et la chaleur animale dans la gé-
nération par sexes. Avant lui, et radine
longiompa après, oi altrilt lait encore à la
terre la formation des serpents, des rats,
(les tiiupes; h la boue des étangs, celle des
grenouilles et (les anguilles; è la carcasse
d'un bœuf uu d'un autre animal, celles des
abeilles; aux fruits véreux, aux iKiis» aux
viandes pourries, celle des vers, de» mou-
ches et de divers insectes. Cette idée de la
création journalière d'êtres rivants venus
de lacorrupiion, née à l'origine même de
ta philosophie, est souvent exprimée 'par
les anciens et se Iroure reproduite dans un
grand nombre de leurs ouvrages.
Uais, comme il sera facile de la démon-
trer, i mesure qu'on a approfondi la ques-
tion, on a vu la plupart des cas présumés
de génération spontanée s'expliquer l'un
après l'autre d'une manière plus naturelle,
et rentrer successivement dans la régie
commune.
C'est seulement au xvii' siècle que des
idées vraies sur ces générations douteuses
nommencërent àse substituer aux erreurs
des anciens. Un si grand progrès fut <1& à
la fameuse Académie del Cimento, qui i:e
dura que ueuf auuées, mais se rendit im-
mortelle.
Reiii, l'un des iilu.^tres membres de cette
acailémie, démontra, è l'iiiiie de nombreuses
ox|iérienees aur la génération des insectes,
quu les vers ne naissent pas spontanément
des chairs pulréliées. Ayantrecouvurld'uno
gaze des viandes en voie de putréfaction,
Redi remarqua qu'il ne s'y dév(;lu|>pait plus
de vers, mais il vit les mouches, attirées
(lar l'odeur, venir voltiger autour d'elles et
pondre leurs itiufs sur la gaze indme dans
les^oinls les plus rapprochés do la chair
qu'elles ne pouvaient atteindre. Le mériko
de ces expériences nous échsiipe aujoui-
d'bui parce que nous ne concevons pasqua
la corruption puisse en^jendrer un animal
parlait com:ii« un iiiSBctu; mais leur iui-
[Kirtsnce était grande, il y a deux siècles.
L'expérience que Redi avait laite sur la
viande, eu la mettant dans des rases clos
, <tS21) Oiiv. cit., p. 3G5.
{I5Î5) Ouv. di., p. 487.
(15'»} Otte.tU., p. 511.
(1!H7 <hH. eil.,f. 309.
(IMS) Etperiatuinuma ^laftHtraùùMi dêfTiH'
leiii, l«68, irail. de ta ColUtUeii tuadimiw, t. tV,
I». 4».
(t SdSJ OiHntùoiii iHionio ai/li animait lit'cni' che
il Irovano negli animntitteenti, 168t.
(1530; Dialoghi fra Malpigbi t Plmio iattW
turiota origitu 4i molli iiuttii : Venisr,17tM.
(I53t) Biblia mIutk, tn butcrim ôiKfUn^:
trad. baoç.
élranR.
(I5}1) LMmà
dftns Colled. 4C*d., ton. V, P**-
Amirlctiiii, leUre C, p. *
K) CEN DICTIDnilAlU
bblirque les «îvi|iarM éUionlav fondovi-
jwes. lliit BaiTfajr ne eoaniisuit pas la
gMratioii (toi animaux inférieurs, oolam-
■Al celle des iosedes : or, e'éuit turlont
(I prasqae exdusiTenenl pour eesaoimaui
({geiiiUii l'errenr des géoératinns équivo-
qtts; hélait tt qu'il fallait la eonibaUre,et
Bedi, la premier, afait entrepris eetle li-
dw iTM bonheur.
LtprodDciioQ.quelqneluissi prodigieuse,
dM poat <nr le corps de l'homme et divers
nirctuiiiBani, était, pour ainsi dire, le
(leiaier reiraocbenienl derrière lequel se
huent réfugiés les partisans de la ^énéra-
tm priailire. Aujouni'hui on sait trop
qn'clle ne sort pas de la règle commune*
(owiitifl le» fautuarsdel'hi^téri^niepnis-
Msl idineltre ce mode de reproduction ctiM
(«iiniinani et chez les espèces qui s'en
rr,iinc\KBl. a Les acariens, dit Dugès
1333), qu'on Irouve quelquefois eu paraai-
(M efaei rbomme, dans la gale (aoreopfcs).
\wsuBl passer d'un indiTidu k un autre et
wmnliiplianlavee rapidité, contnae le pro»-
mlceai qui fuurfDÎlleni sur les oiseaui
&it»inteeim{dtrmimf»taa gmmoMeM), ne
leuTCDieire attribués à une génération
fponttnée, plus rationnellement que les in-
Mes parasites, les poas de la tète on dn
nbij, qui cerUioenenl ne s'engendrent
«id'cui-ménies, mais dont la propagation
stiiiiifullèremeDt favorisée par la malpru-
n\éel l'incurie. >
Après les iraTaux du xm' siècle, dont
lous iToos parlé, il seiiililait qu'on ne |iOu-
;iit plus admellredecri^ation fortuite. Hais
^prjl bjmain pst comme fatalement en-
iliw i se répéter lui-mAme, et les erreurs
!',ur)jsseiit arec le temps comme les Téri-
»;iu5si quand cette vieille hypothèse des
niéraiioas spontaiées paMissail croak-r
c toutes parts, une maijnifi'pre découverte
iDl lui prêter un nouvel appui. Avec le mi-
■nttope, Leuweuhnek (I&3V) découvrait en
IT5 les aiUMaux invisibles kVœil nu, et
mr c«la nommés microieopiqaet, dans les
lut pluviales et dans d'autres liquides,
fi Urd, Heedham (1533) montrai! que, si
j'ulréfaction ne produit pas d'insectes,
le fait du moins natire, dans toutes les
faïions renfermant d«s matières en dé-
'»;|<osition, de {wlits nnimalciflesjus'iu'a-
n inconnus, mais qui furent aussiiétrub-
' de mille recherubes, et que Wrisbei^
iSGj désigna pour la première fois, eu
63, sous le nom i'înfvuoirti.
Si l'on verse, en elleti de l'eau sur des
L'élancés animales on véijélales, cl si l'on
î>use le tout k une douce température et
'■i.au«uce de l'air et de la lumière, on
il spparjilrc, peu de' temps après, au mi-
1555) Trmté é* aAniafafie eomfërée de Ctnmwte
lA <«iM«u; HonliidlMV, IS3S, t. III, p. «W.
tSH} AnaUimnti cl emttfilalh aonMlfarMi aala-
ùuiaibUimm, de. ; Levde. 1S85, et Oferm amitim,
«rtauM tutmrm; Leyde, 1722.
V-Xi' Àm ae€ttvilo[iomfiieKmienuojncaUiKO-
VI , LoodoB, IT«5.
APOtOGETIQIIE. f E3t WO
lieu de la décomposition et de la dissolu-
tion de ces matières organiaues. des végd>
laux très-simples, tels que des moisissures,
ou de Irès-petits animaux, d'une simplicité
OfgiDiqne apparente, visibles seulement an
mieroBCope, quelquefois même à un Irès-
fort RrosstMemeat, ce qui n'empêche pai
que l*organisaiio3 de plusieurs d'entre eui
ne soit fort compiiaoéa. C'est i ces êtres
nouveaux qu'est reste le nom d'infusoires,
qui exiirine la principale condition de leur
exisleoee.Lpur apparition ne semblant pré-
cédée de celle o'ancnn flire semblable è
eux, ni même d'aucun être jouissant d'une
vie quelconque, on suppose qu'ils se for-
mant de toutes pièces è l'aide de l'eau, de
l'airetdes matières en infusion, c'est-è-
dire qu'ils naissent par une génération sfioii-
laoée: erreur que Buffoa devait soutenir
plus tard de loule la gloire de son nom et
de tout le prestige de son si^le.
L'existence de ces infusoires, l'obscorité
de leur origine et de celle de quelques eu-
tnzoaires, sont les seuls motifs qui fassent
admettre aujourd'hui encore la génération
sponlanéi; par des autorités acirnti tiques,
dont le nom demande qu'on ne la rejette pas
sans la soumettra i un examan sérieux.
Ainsi, elle est professée par plusieurs natu-
ralistes, Biirmei!>ter (1S37) entre autres, pour
l'acarus Je la gale, les poux, etc. Biirdach
neTadmet. d'une manière absolue, que p<inr
les infusoires; comme si, parce qu'ils sont
simples, il n'en étaient pas moins des ani-
maux, ei comme si la génération spontanée
n'était pas tout aussi dilBcile-è comprendre
è leur égard qu'ft l'égard de tous les élres.
Pour ce qui eal des autres animaux , tanlAt
Bûrdarh (1538) va jusqu'à croire que cerlaiiM
fioissons, qu'on trouve dans des étangs sur
des munlagnes, peuvent y naître spontané-
ment; tantôt il refuse d admettre, malgré
l'analogie des deux ordres de faits, la géné-
ration spontanée dea crapauds qu'on a trou-
vés dans des arbres ou dans des murailles.
Comment admettra l'hétéragéoie des uns,
qnand on rejette celles des autres ? Dugès
(1S39] croyait k la s|Nmtépanté, et il faisait
même jouer è l'électricité, dans ce mode de
génération, unrAIe qu'il n'est pas besoin de
réfuter aujourd'hui. « L'électricité molécu-
laire nu decontact, dit-il, qui préiiide aux
crisinllisations minérales, qui de même agile
évidemment les malières organiques en
fermenlalion, ne («ul-elle êlra considérée
comme constituant l'agent vital de certains
agrégats nouvellement formés , viviliaiil
ainsi ces animaux sans système nerveux «fue
Lamarck nomiuail apalliiquesT Lamarck ad-
mettait que ce sont liS impomlérablea géiié*
raus qui tienueni lieu d'ageot'vitsi i ces
1536) Ùe nimataJi* MfMariû ia<are «faerMi-
Imhm; GocUtiigiie, 1ÏS5.
(I&37I aaadbnek4treUomoto9ie:VciÏM, 1795.
(1538) Trahi 4t pkyfiole^w, t. 1", p. IS.
(1539) TraUi dêpbiiMo^f eompMTété* Ckomm
tt dtt oHimaus ; Vonlpcllier, 1839, t. Ul, p- I99>
CEK
DICTTOJiNUIlE'
animBui ni les organisent. Olton-Frédéric
HAMpr (1540) dâctare que les iiifusoires se
fonnpiit fx motnulii brulii tt quomd lenium
nottrum inorgonicii.
M. Gi^rard, auleiir de l'iiniule GHUratia*
y'çntimit (hn* le Dictionnaire unitergtl
hittoire nalurtlU, publié snus la direr-tinn
d« H. r.h. d Ort>igny (1853), s cru devoir
aouleiiir la Ihèse liKSçénérationt ipontanén,
M l'a préseriléi- Bvpc i'ap|iarpii d'une érudi-
lion qui peut [jarntlro Sjvécieus» aui esprits
siiperlkioh. Sans dniite si l'ault^ur avsrl
9u de meilleurs arijumunls , il les aurait
fail Tsloir. Nous devnns donc regarder son
travail comme réunissant taules les ros-
sources des parlisniii de celle ihéuHe du
panthéisme mal^rialislo. En faisaiiL vuir cti
3u'il ; a de husardé, de téméraire, de fcui,
ans toute celle argumeiXation.de M. Gé-
rard, nuus Buruas donc renversé ce triste
sj'stème.
« Quand un naluralisle . dit M. Gérard,
jclie dans In science une (iropositton neuve,
hardie, en apparence paradoxale, on s'étuone
de son audace, et s'il est seul on le honnit;
mais en a-t-il plus turl pour cela? Galilée
no demanda-t-il |>as pardon à genoux d'avoir
dit que la terre tourne f Lmuarck n'cncou-
rul-iJ pavl'aniaiaUversion des systéinalisles
iinur avoir osé élre pbilosotjhe jusqu'au
loul? Ut sn défense, éloqiiemment |>rise par
un UBluraliate philosoplie, il. Isidore Geof-
froy, l'H-t-ellelavé du reproche d'être un
réveurT Guëlho ne se plaiguit-ÎJ pas d'filra
«eul incompris quand il révéla ses Iravaui
tdmirnbles sur la slruulure vertébrale de la
iéte. KtGeotTroy Saiiil-Hilaire ne lulia-l-il
fias toute sa vie et n'a-t-il pas légué h se)
successeurs descombuts plustiides encore
pour avoir tu au sein de la nature organi-
iiiitt autre chose que ce qu'y a voulu trouver
I école timorée T
a Or, parmi les questions controversées,
celle de lu génération spnntanée est une de*
jdiis virnoieiit attaquées. Il y a vingt ans
qu'elle est délsissée et représentée comnit
une théorie dénuée de sens , enfantée par
«les cervcaui en démence. On s'étonna mâme
«ju'elle IrouvAt place dans ce Dictionnaire ;
mais son omission dans un ouvrage qui doit
compter parmi les œuvres de pniinsophie
naluri-lle eût été une lacune impardonnable.
Seul au milieu des opfwsaots, je n'eusse
jias reculé dwant une tâche ardue, mais
d'autant plus importante qu'elle est la pierre
«ngulHJjede la philcsopliie naiuri;lle;je oie
SwuLuis R&seE de courage pour le faire, sûr
de trouverle chemin de l'esprit de quelques
piuseurs; mais, loin d'être seul, j'ai pour
«autiim les hommes les plus éminenis de la
ecience parmi les anciens e( les modernes,
et je puis m'a;>iiuyur sur leur auturité.Bulfon,
Ouéneau de Monlbéliard, Needham, Priest-
l'fji Ingenhouss, Gleicen, Stenon, Bdker,
Wisberg, Fray, Werner, Pallas, O.-F. Mill-
ier, Braun , Rudolphi, Bremser. Gœie
Crosse, Tiédemsnu , Trctirsoua, Bauer
AI>OLOCBTIQt}E. Ga m
J. Uiiller, Btirdaeh, Canis, Œ[en,E«:lui«;|]i,
Tengher, Allen-Tliomson , D» la Mellrie,
Cabanis, Lavoisier. Lamarck, Salal-Àmant,
Tnrpin, Desmniilins, Bory de Siiiri-Vùt-
cent, Dumas, Dugè*. Eud. Deslonciumiu,
Dujardin, elc, ont nettement formulé 4iiii!
leurs év'rils leur croyance i U KénérAtion
s()ontAnée. Cette er4>yance , uAI6e uilij i
dB graves erreurs, k des préjugés riaicula,
a été celle des )ihiliisn)ihes anciens r|ii
avaient liéjh dit : Corruptto uniuà ttt jm-
ratio alleritu: elle n'est donc arrivée jui-
qu'ii nous qu'après d'iiuperlantFS rpcll^
lions ; mais elle n'en est devenue (|ue |ilu
positive.
■ Pour procéder méthodiquement im
l'élucidfllion d'une question de celle ini)ior-
tance, je citerai certains passages des ècriU
do quelques-uns des nstursiisles que j'ii
mentionnés ci-dessus, afin de prouver [)ue
cette théorie si controversée est Ispenut
d'une école qui se reproduit idectique i
travers le temps. Buffim, non paslcDilu-
raliste poète, mais le philosophn, tilit,
(1. IV, p. 335, Supplément») ; • fl ; a pful-
■ èlre autant d'élres, soit vivants, soit tcgé-
I lanls, qui se reproduisent par l'asscinbl^iju
• fortuit des molécules organiques, qu'il p
■ iraniinauK ou de végétaux qui peuvent se
■ reproiiutre par une succession consinnudn
« généralions (p. 337} ; plus on obserrert li
■ nature, plus on reconnattra qu'il se jiroJ»^ '
■ en petit beaucoup plus d'êtres lie relie f^
t çon (la génératiOB spontanée) que Je toaie i
« autre. Un s'assurera même que celteiiDiiiè-
■ rede génération est non-Deulement laj'lns ,
■ fréquente et la plus générale, mail \» i'iu) ,
■ ancienne, c'est-a-dirr- la première ella|'lu> :
« universelle. » Son idée fondainenUle, pir-
Iflgée par l'école ellemaiidu , et quimori»
un mûr examen, bien quo ic ne la cruie|>i>.
exacte, est(Hû^ tint., t. 11, p. b20) «iiuili
« exisie une ma tière organique siiiniée, uin'
« versellement répaiidue dans toutes k-ssubt-
• louces animales ou végétales, qui sert ^
« lement à leur nutrition, 6 leur dévulopE*"
« ment et à leur leproduction. ■
x L'opinion de BnlTon sur les rnolMa
organiques vivantes fut soutenue par V'û\^*\
Pirri, dans son livre sur la Miproduiifi'']
corpi organixati; et sur rBpjirobation n
Francetco Mira, l'ouvrage fut jugédigicikl
Vlmprimaliir, can licensa de' Suprrion.
« O.-F. Muller dit que les aninialculr?"^'
fijsoires se fonneiil ex moteculit tiriUii ''
quoad ttnium noitrum inorganicii.
a Latnarck, avec qui je m est'nie heuff'';
d'avoimne étroite communauté de (■n!n)M,|
liieu qu'à notre éjioque de jeunes nnlu*i
li>tes, qui n<^ l'ont jamais lu , le Iraileil «■
songe creux, dit, dans son admirable f''''''
BOphie xovlogique, p. 80 : ■ La uiitun:' '
■ I uidu de la cliideur, de la lumière, (1« i '-
€ lectricité el de l'humidité, forme des géiw-
• ( allons s|H>nlBnées ou direclesàl'eilréii""
■ de chafjiie rètne des corps vivants, "» **
> trou vent les plussimples de ceseori>s-'
(15*0) Pars i, Animalium iufuiorionint lucciiicla huloiÎQ ; Coprntiag'.ic cl Lclpiiiit, Iî73.
MCTIONNAIRE hP&LOGETV}\}E.
m
tTreTinDas [Stohnie , I. II. p. 367 el
US) i'eiprime ainsi sur ce swei : La ms-
i4ra anito')!) < dépoorriie de form« pur
«tllB-D£me,m8i5 aple néaDmoîns ï prendre
I ff-lle 0» la fit, conserre une forme déler-
■ miiiéesous l'inDuence de canses exlérieu-
• r», n'i persiste qu'en Uni que eus causes
« roiliuiienl d'agir, el elle en prend d'aulres
• <!êiii<iB de aouieiles causes influeni sur
• TicJ«iBBnii [Phyiioî. de rhomme, I. I,
r. lOT) adupie d'une manière formetle l*bs-
i/cjlioa lie Treviranus; if dit (p. 100) :
• Le; tires organisés sont produila parleurs
(KUiLlables ou doÎTent naissance à la œa-
< '.iere des corps organisés en état de décom-
«|4hi:ioo (p. lOV). ■ La puissaDCe plastique
• J? il matière ne s'éleint |ias après la mort ;
• t'ïrunserTe lafacolté de reretir one nou-
*K!e forme et de ne montrer npleft jouir de
• Il ne. La mort oe porte donc que-sur les iii-
• oiiiJusorgsiiiques, tandis que les matières
t orgxDi'iDes entrant dans la composition de
o-isélres contiauentèfiouToir prendre for-
( nie et receToir vie (p. 152}. • Les matières
( ':^iiiqties qni ss séparent de leur organisa-
1 "H (les individus frapfiés de mort) coiiser-
<cni. lorsqu'elles ne sont pas ramenées h
Inirs éléments OU converties en composés
irbjîres, par J'sclion des affinités chimiques,
^_;roprieté de reparaître, avec le concours
4'ii'fiueiices extérieures favorables de la
tbiicur, lie r«au, de l'air el de la lomière,
OMf lÏKS formes animales ou végétales plus
Hq; Irs, qui rarient toutefois en raison des
uJafnces ft r«clion desquelles elles 8l- trou-
'eui Mumises. ■
« Catianis [Rapport! du moroi, édition de
tlU, p. ^21), lui qui avait si loin porté le
b-iie philusopliique el qui o eut d'autre
uilirur que d'appartenir i deux siècles
l'ï^renis par leurs théories et leurs lu-
t'ires, s'eiprimail ainsi dans son Mémoire
V fa n> mnimate : ■ II faut nécessaire me ni
nouer quê, moyennant certviues coadi-
uous, la matière inanimée est capable de
1 organiser, de TÎTre, de seatrr. >
■ M. Eud. Destoncbamps dit , dans son
^'ic sur les vers ioteslioaus (Eneycfo-
éAf otéthod. zooph., l. Il, p. 773), après
^ir coniljeitu les hypothèses sur la trans-
tiMOD des intestinaux des [farenls aux
^iits dans l'acte de la généralion, et CL'Ile
' Hssage des oeufs h tra*trs les tissus :
aucune de ces hypothèses ne peut donc
reodre raisoD de I origine et de la com-
iDDDication des Ten intestinaux. Il en est
Oie dtrnière admise presque générale-
D^fil eu Allemagne, ordinairement sou-
t«:.ue jiar notre asTant collaborateur ,
H- Bbrj de Saint-Vincenl, et par qoelqaei
■Pluralistes des autres résiens de I Uu-
t'', e:je Teux parler de la génératiun
>;'julai,ée oa primitire, à laquelle on est
1-our ainsi dire amené, par l'exclusion né-
cessaire des aoires. Cette quosliou, l'une
Ju plus hautes et des plus ardues de la
ihjMologîe transcendante, ne se rapporte
(•as seulemeal aat eulozonires, tuais h
< plusieurs aoires groupes des £tres orga-
• nisés. •
■ H. Bory de SaiDl-Vînceol (art. Pniéko~
diairti de rEncychpédie mélk., xo»j^., l.|l,
p. 661). dii : * Il est bien démontre mainte-
• nant qu'il existe des créatures végétantes
■ el même très-rivanles qui pearftiil naître
« spontanément sans auls ni germes, sauf
■ h disparaître sans se produire ou bien i
€ se reproduire par division. ■
■ tara» (Anat. eomparét, 1. III, p. 13)
s'exprime ainsi sur cette matière : ■ l'Tuule
■ uaissance, toute génération est, quant h
4 son essence, la production d'une cho«e
€ déterminéeparunechosenondéleriuîiiée,
€ mais délerminable... 2* Le dé(>loicment
« spontané d'un être délenuiné qui uatl
■ d'un être iodélermioéest la ligie primur-
■ diale el eo même temps le symbole de
■ la vie.
■ Bunlacb (Traité de phytiol., t. I, p. 8)
fnrmule ainsi sa peusée. ■ Oit appelle kiti-
« re^islouteprudueUiod'èlrevivanlqui,
■ oe so raltaclianl ni pour la substance, ni
• pour l'ocrasion, h des individus de la
■ luème espèce, a pour point de départ des
■ GOrpa d'une autre espèce, et dépend d'un
■ concours d'aulres cireoDSiaDcetf; c'est la
« manifestation d'un être nouveau dénué de
• parents, par coiiséquent une génération
■ primordiale on un» création. Nous le re-
• connaissons partout oii nous voyons pa-
« ralire un corps oi^auiné, sans apercevoir
■ un autre eorpa de même espèce dont il
« puisse procéder, ou déeouvrir dans celui-
< ci aucuns partie apte I opérer la propa-
« galion.» Ces naturalistes appartiennent à
une école laborieuse, inleHi^ente, mais qui
laisse Iropi l'imagina Uon.C'estaiouqu'Oken
admet que tous les êtres orgaoiaes sont
eomposés d'animalcules nucroaeopiqaes, et
que ReicheDbaeb regarde les globules du
SSRgconiBse (les mîcroKOpiques coitstituaul
la première famille du règne animal.
« Di^ès [Phf. e9mp.t t. Jll , jn. 207 et
SUS) dit, dans son cbapilra de la Spi>ntépa~
riU, c'est le nom qu'il dunne è la génération
spontanée : « Les objections qu'on oppose
■ à la spooléparité des êtres dont il a éié
■ question plus haut (lea iofusoires, les en-
■ IDzoairea et les psycbodiaires de H. Bory
« de Sainte Vincent), nous poraÎMent de peu
■ de valeur, 1' Ou b doooe ooviue încoui-
» préhensible. el nous croyons avoir iléjè
■ asseï démontré qu'elle ehl, au contrain-,
« très-vrBiaeiiibblablB;nou0 luonlreroDsIout
€ è-l'heure que c'est auxdoctnoes opposées
« qu'il faut renvoyer le reproche d'fiireinin-
■ lelligibles. 2* On dit que la nature ne bit
> rien eu vain, el que beaucoup de ces ani-
« maux S|>oniépnrtrs ayant des sexes, d'au*
■ très se multipliant |>ar scission ou gen-
« maiion , il y aurait auperfluité; c'est
« imposer h la nature des lois que l'expé-
■ rience déniootre souvent enfreintes; car
■ les végétaux SB reproduisent el par grai-
■ nés et par boutures, et nous verrons
■ bientdt qu'il est des animaux à la Ibis
■ scxiiores et geumiperes (poirpesi etc.)*
IHCriONN&IBE APOLOCI^TIQtJE.
a el que certains autroH, )ilus purticulière-
■ ment sutipares, peuvent aussi se miilti-
I jilier par scission. Les (trnias el les botrio-
■ l'éptiales <le Diomme produisent uue
■ immense quantité d'œu£s et restent pour-
■ tant sofila^fM; il y a donc là superfluilé.
• Mais si, du reste, les arguments posilil's
■ en faveur de la spooléfiBrité ne sont pas
> liîendémonslralifsi nous allons roir qu'il
• n'en est pas de mâme des négatifs, el qu'A
■ défaut d'autre foie, on j arrive néces-
> satremeiit par exclusion de loule sulre
■ théorie. »
■ M. Du^ès élail de l'école de Geoffroy
Sainl-Hilaire, l'école philosophique par
excellence; et il a certes formulé sa pensée
avL-c une franchise digne d'éloges. Il oiiste
une autre école, celle des zoologistes an-
glais, timorés dans leur philosophie, et en-
chaînés par leur pensée protestante, qui ne
procèdent que méticuleusemenl dans leur
profession de foi. Pourtant, il faut l'avouer,
cutte école est plus avancée que la plupart
des zoologistes français; el, malgré ses ré-
ticences, on retrouve chez elle plus qu'un
doute, un aveu de sa croyance & la nécessité
d'admettre la spontanéité de la génération
des êtres primoidiBUi. Allen Thomson (Cyct.
of. anal., pa^. 431Jdrl, après avoir briève-
iiieol énonce les faitsqsi militent en faveur
des générations spontanées : ■ Si cette doc-
■ trine n'avait pas été invoquée dans bien
• des cas où elle était manifeilement inex-
> acte, elle eût été regardée comme moins
« ridicule, et elle eût été plus appréciée
• qu'elle ne l'a été. L'épithète de ipontonét,
<t que nous avons conservée comme étant
• la plus commune, est impropre àdéaom-
■ mer tel ou (el procédé de (a naiure, et
■ l'analogie tirée de la plupart des plantes
■ et des animaux milite contre la probabi-
« lité de cette hypothèse; mais il laut bien
a se pénétrer de celte vérité : c'est que les
« corps organisés dans lesqoels on a uru re-
« coauallre la génération spontanée diffi-
« reni, par leurslruciureet leurs fonctions,
• de ceux qui se reproduisent par les moyens
« d'ieufs, et nous ne sommes autorisés h
• rejeter l'hypothèse de leur génération
• spontanée que parce qu'elle est en discord
• avec le reste du règne animal. Harvey
« lui-même, qui établit la proposition de
« Omnt vietim ex ovo, parait avoir recoaua
■ lauécessilé d'admettre quelquedilférence
1 entre la forme la plus ordinaire de la gé-
« nération pur le moyen d'uy œuf, et celle
« qu'il appelait le mode spontané. ■
■ Dn de dos naturalistes les plus distin-
gués, de nos observateur! les plus exsets,
U. Uujardin,dit formellement, dans son
Hiàtoire nalurttU des belmntku , pag. 294,
1 que le incAina, qui se développe dans te
■ tissu musculaire, est un puissant argu-
■ ment bq faveur de la génération spontanée
■ de certains belminlbes (pag. 40Sj ; * et en
iwrlant du dislome éiuigrsat, ■ que, comme
« on trouva dans le foie dns limaces undis-
< tome très-analogue qui s'y produit ipw
« tanémtnl, et qui n'a Jamais d'orgioai gj.
■ nitaui , je suis porté i croire qne c'est
■ une seule el même ps|èce, iponfMfnni
■ produite chez les mollusques, etc. >
« Si maintenant nous iiiterrogeanj h
écrits des antagonistes de is génétilioa
spontanée, nous voyons que les honimn
dont les expériences et l'aulonlé inni m-
portées par ceux qui combattent celle tbéori',
peut èlrn sur simple ouï-dire, otil été moins
explicites qu'on ne pense. Ainsi, Sitmaiti-
dfim, dont le cerveau était h demi iélttuM
par les rêveries extatiques de In BourigniHi
mais vaincu dans son obslinnlioii, i Mare
ces faits inex(ilicables, ce qui en Kiienl i
un doute nettement formulé. Quant illdi,
observateur attentif el sérieiii, el surtout
homme de bonne foi , il dit (Colfeci. acad.,
I. IV, part, etr.tp. U7) : « L'autre (opimoti),
« qui ne me parait pas inrroynble.c'eslquc
■ la même vertu qui nroduit les fleurs ri
■ les fruits dans les plantes acluelleaieiil
■ vivantes, y fait nallre aussi Ipsiersqui
■ se trouvent renfermés dans cesffml].i
Il revient sur la même idée ï la page VA,
et dil, pgge i60, au sujet des cmurni qui»
tiouveni dans la tôle des cerfs el des mou-
tons : ■ Le même principe actif eliiiiliini
« qui produit ces petits animaux dans liltii
■ des cerfs el des moutons, donne peal-Mn
> aussi naissance aux poux qui louruenteiit
« les hommes, les quadrupèdes el les dI-
■ seaux; mais je suis plus porlé h noin
■ avec Sperlingiusque ces insectes naisunl
« des (Buts que dénosent les femelles, e1c.>
Valisnieri, son élève, est plus iiilrailible;
mais l'abbé Sjiallanzsni, toujours iiiio<|iil
dans la réfutation de cette question, i'»-
prime encore avec plus de naïveté queReiii;
il déclare ainsi son doute dans ses Opwciiifl
phyiiologiquei , p. 230 : ■ Les ioluioiret
■ tirent sans doute leur première origioi
« de principes préorgauises; maïs ces piii^
« cipes font-ils desmufs, des gerojei, 'a
« d'autres semblables corpuscules? S'ilM
> offrir des faits pour répondre 1 «iic
■ question, j'avoue ingénumenL^ueiiHi
■ ti'avous sur ce sujet aucune cerliludi'. •
« Depuis celle éfioque, les adversiiruiU,
la génération prîmiiive ont lOLijojrs >^>i
sur le témoignage des naiural.sles àotiifl,
cite textuellement des po&sages auiquil)U<
pourri recourir, el ion voit qu'il ;>J"'
chez eux l'incertitude la plusnf.-tteiueat'i'r-
mulée. PouriBul ou choisit au bastril àmi
leurs écrits, comme on l'a fait pourHirH}<
un passage tronqué, et l'on s'en sert iïudiii^
d'une preuve. Si l'on veut b— ■"■"''■''*
pensée des psuspermisles, ~
a accord presque coin|ilet i
partisans de la (jéuératiou sponlantfe.Birn<
appelait auf toute molécule organique»
organisable; Spallanxatiî les a|>peli>'' ^"^
eorpiucutes préorganiaét , el l'on vuit }•*' "
qui précède qu'il est loin de les cop>i<J"|!
comme dt.8 œufs ou desgermes, |)uisii<>ii
dit expressément : d«f nu/a, dtt gff'"*'^
d'aulret lembtablet corpusculu, fidund wai
défendil remboltemeni des genDes,elil"
t on s en sen vian^
veut bien éiuJiifiJ
Iles, on verisqu>l,]
iilet entre euiïi ™
cnt
ncnONMIBE APIHJKETIQUE.
QEX
99S
paanitlii-resar ce point BucuoecooccssiOD
MU déiruirs sa propre théorie.
■ Je oe parlent pas non plus longaeioent
dri Invaoi de M. Ebrenberg. Ses observa-
lioot nr let icfutoires l'oot conduit h des
ron»fqueneef si eitraordioairei qu'on est
leatéde les regarder comme un roman in-
géaieox. 11 a trop Toalu prourer pour que
«M témoignage puisse faire foi.
( Ces prolëgomènes étaient indispensables
dioi une question de premier ordre; car
tl. Flourensdil, dans sou Biiloirt dtt tra-
t»tr dt Bu/fon , pa^. T7 ; ■ Au moment où
■ BulToD reproduisit les gégéraiîoDS S|:oii-
• Uoées, elles élaiest oubliées, el, selon
■ lonlM les apparences, pour toujours ou-
■ Uiéfi. * Il ne discute pas la question, et
rebiVMi dire T « que Ce n'est pas ainsi
• que se font 1«s vraies théories; que les
' Tniu théories se font d'elles-mfimes. »
lAintt, toujours des négations, et pal
d'irgnmeolalioii serrée. Quand bico Kème.
r'nt belle de reconnaître que cetie ques-
tion, Kortt pour toujoun, est, su .conlrairei
l'Iut rrrace que jamais, et qu'on oe peut,
»ni fermer les yeui A ré*idence, se refuser
1 foir que, depuis Buffon, les naturalistes
Im t'us éntineols / ont ajouté foi; qu'au-
jt'DnJ'bDi les bommes qui ont le plus reculé
teTiol les idées pliilosopliiquesaes ency du-
t^lisies, res AoKlats et les Allemands, «d-
■uiini cette théorie, l/influeoce posibum*
^ Coi jer sor les opinions de quelques zoo-
iBgiMes est ici de peu de poids ; ce grand
oCaraliste n« représente jamais dans la
<«tKo qu'nne unité, encore son opinion
s'-cllerague.H. Laurillard s'exprime ainsi
^0* l'Eluge de Cu*ier sur les idées du
ullra,pag. S5, note 13 : ■ H. Cuvier, con-
utléuot que tous les êtres organisés sont
Uriiés de parents, et ae T07U11 dans la
njtun aucune force capable de produire
rttginisation « erof ait à la préexistence
fin être loul formé , puisqu'il est bien
ttidenlqucee n'esique par des défelop-
peiDents succossifs que l'être acquiert sa
fanue ; mais, si l'on peut s'eipri mer ainsi,
^ U Ii^zisleoce du radical 4e rétrt, n-
éio] qui existe arant la série des évolu-
tions, et qui f eoioule au moins certaiae-
■TEii, suivaiil la b«lle observatiun de
kiibiH:!,^ plusieurs générations,
f IJ e>l clair que le radical de V4lr4, les
wueaUa préorgamieéi, les wtaUculte orga-
Pm, etc., sont les différentes formes d'une
Ile pensée qui pourrait se traduire i>ar le
m tt l'ineertiiude. Cuvier n'était pas un
H sjrotbétiste, et il semblait lui répu-
I de s'élever dans les régions Uauscen-
hs; luui ses théories généralea sont-
■ r«u satisfaisantes. U. Laurillard (même
Kule, pag. j7) dît qu'il découlede l'ana-
le comparée de Cuvier que ses princi-
1 idée> physiologiques sont a que la
■ est un tourbillon d'une certaine ma-
ve sou une furme déterminée ; que le
bci)<al agept de cette vie est un fluide
Ipoudérable, le fluide nerveux ; que la
isaiioo et la reprodaeiian des itrtt sont
a des problèmes à famate nieffmprAni>tfrfrt
■ pour notre ttpnt. etc. > Cette dernière
partie delà phrase indique bien certainement
un doute, et un doute accablant. Que Cuvier
ait cru k la préexistence des germes, j'en
doute ; qu^il ait répugné k ses idées ou k .tes
ronvensncps d'admettre la génération epon-
(an/r.jfl le crois; mais le fait eftqu'ildoutait.
■ On a comliRllu Avec, rnison les idi^es
anciennes sur la géoératiuo primitive des
élres dont la Irau^iiiiision par la généralion
sexuelle est de toute évidence; et Redi
rectifia avec succès les erreurs de son temps.
Unis il faut reoionler plus baul, el voir
l'bumanité i snn enfance créant des lliéoriet
pour exjtliquer les fails qu'elle ne pouvait
com(irendre. L'opinion répandue chez les
phiIoso)ihe.« anciens est que, dans les pre-
miers jours du monde, la terre, encore
vierge, mais regorgeant de germes, enfnntall
sans ordre et san< loi une fuu'e d'êtres
monstrueux, présentant l'assemblage des
formes les plus étranges, et ce ne fut que
auand elle eut perdu de cette exubérance
e vie que des êtres réguliers dans leurs
formes se produisirent. Avouons toutefois
3ue ces hommes k imagination puissante
evançaieiit les découvertes i venir, et ne
péchaient que par une formule trop géné-
rale. Démocrite dît que l'tiomme irélail
d'abord qu'un petit ver, qui, par un déve-
loppement lent et presque insensible, pre-
nait la forme humaine. Trois mille ans plus
lard, B. F. Geolfro/ forninlsit le même
principe dans une thèse inaugurale, qui
eut an immense succès. Il proposa cette
question : Am avemiifrw AoMtiiuM orhia,
mteritui. Puis, environ un. siècle après
l'école jihilosopblque fançaise, dont Geof-
froj Sainl-Uilaire est le chef, et qui s'e&l
en même temps dévelup|iée parallèlement
en Allemagne, en faisait, sous une forme
mieux définie, an des grands priueipes du
développement des êtres.
■ Uau k res idées générales, réelles an
fond, se mêlèrent des idées' erronées, dont
le temps et I observation ont fait justice :
ainsi, nous ne croyons plus avec Aristote,
Elieo, etc., que les clioux [roduisent des
chenilles; que les anguillei naissent delà
vase putréliée, non plus que les abeilles
sont le produit de la putréfaction de la chair
dn taureau et du lion ; qne les scarabées
naissant d'un âne mort, les gnè|>«s de la
cbair de crocodile; puis avec Sacbs que les
scorpions viennent de la décomposition de
la langouste, opinion qui s'est perpétuée
jusqu'au commencemeul du xviii* siècle;
avec le P. Kirker, que la chair de serpeut
pulvérisé» et semée en terre produit des
serpents, et qu'on se procure des vers à so^e
en tuant un taureau nourri pendant vingt
jours avec des feuilles de marier; que Ta
macreuse naît du bois |iourri ; et avec Buf-
fbn, que les lombrics cruisseiit spontané-
ment. Ces i<14es, encore assez répandues au
temps où Buffon écrivail, pour au'on in-
sérât dans les ButUlint de CAcaoemit una
réfutation de Lister sur la non-réaiîlé de
OM CKS IHCTIOSXAlKE WUiAK.r.iiv*-"- CES lODO
la eoDverûoD des criD» de clie»âl en »ers,
éuienl Ib résultat de préjugés imiéneurs,
et découlaieot de l'absence dobserTS-
€ l'i s'flgîl de foire la part du doute, el de
ne pas se laisser dominer par de« Ihéoriea
riiiles el iniftroTisées par la force de I habi-
iii'Je. Le» géiiéralinm primilÎTe» sont un
fkil qui n'étonne nullement resnril pour qui
rroil i la imisssiiee plnslique de la terre, h
la iorce a'éïolulion qui a, suiTant les lempa
fl las circonstances, présidé à la gentni des
fiirntes org.ini(iues Je tous lis degrés, et
qui, en duliors de tonte liypollièse géolo-
«iijue.'admi-t que, brûlante el en fusion,
coimne le veulent les théories géologiques
acluelles, et dont uue cliarmante ligure se
trouve dans le vieux Suédois Bickesius,
ou biea en élal de liquéfaction aqueuse,
comme le soutenaient les Nepluniens dit
siècle dernier, qui ont eu raison à leur
époque, elle a d abord été dénuée d Aires
organisés, qui ont jailli à sa surface dans
un ordre conforme à sa force plastique,
sans qu'il y ait eu, comme le prétendent les
adversaires de ctlle idée, généralion for-
tuite, cVst-à-diro chaos, assemblage d élé-
lueuls organiques réunis au hasard, s'agré-
ueant de même, et formiinl les combinaisons
Tes plus variées par l'etfat de li-ur simple
rencontre. Cbiique organisme a sa loi, et ses
variations gratilenl entre certaines limites,
sans qu'il y ail pour cela fixité éternelle ; . - ,.,-,, - „„ >,
bien loin de lÔ. clrtaUies formes ne se pro- peuvent passer dans calai des ê res «um.
duisent qu'apiès qued'auUes ont disparu, les premiers sefvenl de proie. Les rUto
"itout cela s'etf.cioe parlerait de la loi ''"'"*' "«"l su.centibles de reBWr M
d'évolution, inexplicable en principe, mais
démontrée iiar les faits. On devrait éliminer
de la question de génération celle dite
«[lontanée, qui n'tst pas une génération,
mais une gtnnii, jinisque nous voyins des
animant, uont l'oiigine est due au mode
Je développement primitif, être ttssipares,
geramipares, oviiiares, ovoviparcs, el TiTi-
ktares.' ,
€ La génération primitive forme donc uns
qijestioa esseiilii-lleuient distincte; c'est le
procédé orgsuisaLeur qui donne naissance
aux êtres les plus simples, sans pourtant
limiter leur mode de reproduction.
■ Il faut reconnaître que les lois qui
président K la vie des êtres primordiaux,
ou dus & la génération primitive, ne sont
pas absolument les mêmes que chez cent
d'un ordre plus élevé, el qui ont besoin
pour le soutien de leur existence d'une
élaboistioii particulière, au moyen d'appa-
reils cumiiliqués, des éléments de nutrition,
qu'ils doivent animaliser avant leur aasi-
uiilation. Les mousses, les jongermannes,
parmi les végétaux; parmi les animaux, les
rotirères et les lardigrades, peuvent subir
un état complet el souvent très-proloDgé de
dessiccation, et revenir è a vie par la plus
OICTlO^tXÂIRE APOLOCËTIQUE.
Talions de Schultze, confirmées depoii ya
tous tes micrographes, ont démontré l'eiu.
titudc de ce phénomène. Pourtant, lil'aD
observe atlenlivement ces êtres doués (Tom
si persistanle ritalité, on est étooné ittlu
trouver d'une organisation fi>rt compliquée;
et si l'on admet le mode de génération pri-
mitive poar les nwdtwM et les ■ucrs&ïDCw,
pourquoi ne pas T'admeltre aussi ponrln
pcoms et les ptàieulusj qui préseDlent nos
structure peul-Alre moius i^ompleiel 11 to
est de même des cryptogames : j'ii tout
récemment rendu k son état de (ralcheut
primitive une jongermanne conservée diiii
un herbier depuis plus d'une année, cl dnl
je pus étudier la floraison. Des miscrostcipi-
aues ensevelis depuis des milliart d'aonée)
ans la profondeur du sol, et ramenés toiA
à coup k la lumière, y repreoneoi vie,
comme s'ils ne fussent engourdis quu di li
veille.
• RudoIpUi rappela k la vie, par immersim
dans l!eau tiô'le, des ascarides trouvés pit
lui daus le canal digestif de cormorini
qu'il conservait depuis plusieurs jours diot
Keau'de-vie. Les rhaèdiliM rennisseoUDris
avoir été soumis k une dessiccaiion prolai<-
gée. sans qu'ils aien) éprouvé la moindre
diminution dans leur intensité vitale; ib
se développent et se reproduisent coisiii«
avant, et leur vitalité est telle qu'ils conli-
cuent de vivre après avoir élé avgléi f>^
d'autres «nimaux, du coi'ps desquels ili
fieuvent passer dans calai des êtres auiqurri
es premiers servent de proie. Les rhaidioi
trilici sont susceptibles de resltr 'M
mourir pendant un temps très-long, jusqui
ee quel humidité vienne les rendra ils Tir,
et passer ainsi par des alternatives proloo-
géea de léthargie et d'activité. La vitilittu
ees animaux est assez grande |>our qw
U. Dujardin ail pu conserver vivinls diu
l'eau, pendant plusieurs jours, certains u-
car ides ; je n'ai jamais pu garder tiios»
état Vasearù fum6ricoidei, el je l'ai Imiva
vu mourir aussitôt après sa sortie de l'ic-
testin.
« H. Dujardin (Bût. nat. det helmim.
p. 2^1) dit en larlant du rkabditù at^-
■ Ainsi une espèce habitant exelusivïin<^'
• le vinaigre de vin, n'existait préatslUs
« ment ni dans le vin, ni dans le raisin, il
■ ne se trouve nulle part ailleurs lan»
« peut don<: s'expliquer comment, è ta '"'*
■ de l'acidilication du vin, il >erail arn
« dans cti liquide deux œufs devant <luii"
« nwssuuce à un mêle et k une teoKiK
■ destinés à produire une nouvelle &i"^
« lion. ».
• Or, quels sont parmi les grands ]D<c<
"tébrés et les vertébrés ô appareils con)|'i«i
ceux qui pourraient subir une dessitu'^
complète de leurs fluides 7 Cerks, il u'
eut, aucun. La vie est donc un pbéiioU'f'
multiple, et c'est une faute que de vuuW
simple humoctation. i'ai fait cette expé- ^ -„: „ : a^ At„at
rience plus d'une fois chez les rolilères prendre l'homme pour («'«' .<^« jj*!*'
vulgaires. Quand Spallanzani signala les louiesces oomparalsous. Las ussusé^w
proT.riélés si singulières de ces ii.fusoires, laires sont tous identiques, il esl vf»',.
un GOntvsta sa décotiverle ; mais tes obier-
U. Peltter a trouvé la cellule priantivew
l»l
cra
MCTIOXUIBE APOLOGETIQUE.
uEn
■lac ifirasoirec qo'il a fail |>érir d'inanition ;
li n'; ■ MHS doDia roàme aucune différence
snm CB rapport entre les aninuox et les
tt^.j;éliui : mais on doit distiagiier des
DiritlM d'existences parlicaliers chez les
Ctres de dîTers degrés de la série, salTant
qae la nutrition s'opéra cbez eus d'une
iMsiêre plus ou moins compliquée, et c'est
i tttle même cellule primilive qu'il faut mp-
piTter tous les phénomènes TÎtaus. H. Du-
mas |tartage celle opinion. Il a reiaarqué
qaen mettant an morceau de chair muscu-
uire dans de l'ean , il s'en sépare des
ç-'(t*o les dosés d'un mouTement spontané,
et dont le volume est égal à celui des glo-
bules qui conslitnent la fibre musculaire;
■ubout de quelqne temps ils s'accolent par
UtJi, et s'accroissent ainsi dans ane pro-
fonion arilfamélique jusqu'à former un
utimal doué de mauTenieuU complexes.
< A cAté Je cette théorie, qui est partagée
par lous les naturalistes philosophes, il û'j
ta a qn'uoe qui lui suit contraire, celle des
luturaiisles qui croient i la diffusion uni-
Terselle des germes; car je ne pense pas
qu'on puisse mettre au nombre des adver-
î^iros sérieux les hommes qui, pour tout
coocitîer sans se compromeUre, n'ont pas
tmoé l'omniprésence des spores et îles
Ofules, mais l'exislence d'un radical de
TAre TJriGcalenr par excellence, qui fient
ai imer i l'occasion la matière inerte. C'est
i l'oatologie qu'appartient cette dernière
o; icion, et les naturalistes n'ont rien de
commun avec les philosophes de récol» qui
v;veiil dans les espaces imaginaires, et ODl
j-<^ur les faits un dédain superbe.
> Je n« pense pas pourtant qu'il soit pOf '
fible d'admettre la théorie panapermique
•ie Bonnet, qui veut que l'unifers soit rempli
'.'e germes près d'éclore, et que toute ma-
tière Tirante en soit 5aturée;qufl les germes
j>ré«;xÎ5teul dans les matières de l'inlusion,
«I que, malgré leur exposition i une tem-
^ératore élevée, ils résistent î rnction dé-
sortpnisatrice de l'ébnllition. Celle théorie
m ti'aatant plus inexacte que Dugès a an-
[jibilé sans retour les germes du rhabditit
jlutimit par nne chaleur de -}- 60 & 80" ; et
U. Uorren,qui admet, comme Bonnet, que
<5 germes cheminent par l'air, déclare d'une'
uanière positive qu'une température de +Û*
eslae; pourtant ce naturaliste est l'antago-
■ :«le des générations spontanées; mais tan-
dis qu'on ne trouve cbez les partisans de la
'•^oeratioo spontanée que deux nuances d'o-
TiioDs : l'celluqui admet l'existence de mo-
^.'ules organiques revêtant des formes diver-
tis. soÎTaQl les lois auxquelles elles sont
ouaiîses;S^ celle des naturalistes qui trou-
eut dans les éléments primordiaux la cause
« tODS les organismes, sous l'inQuenca des
Scots impondérables, les partisans de l'opi-
kOQ opposée saut en discussion incessante,
t admeltenldes théories qui se contredisent
'Cif.roqaement : ainsi, Uorren veut que la
Valeur tue les germes, et il en admet la
aosiaiion; Spallaniani, qui est l'aolago-
*-He de celle opinion, prétend qu'ils résis-
Dicno^iAiiB «roLoeÉTiQCK. I.
lent à l'ébullilion, et il n'admet pas le*
pérégrinations aériennes.
■ C'est dans le domaine des faits qu'il
faut arier chercher les preuves directes de
la gi^nératioQ primitive, et j'examinerai
celte question dans les trois classes d'étres
qui la démontrant de la manière la plus
péremptoire, non-seulement par des preu-
ves positives, mais par la négative qui
frappe la théorie contraire. Je commencerai
par les crjrpK^ames, et j'examinerai ensuîls
le développement primitif des infusoires et
des entozoairss.
■ Il se présente au débnt une question
d'une gravité trop peu apjTéctée dans la so-
lution du problème : cest l'état d'indiffé-
rence dans lequel se trouve la matière orga-
nique A son point de départ : indifféreocs
qui ne sembla pas seulement être, mais est
réellement en fluctuation entre le végéial et
l'animal. Rn effet, comment concilier dans
les ordres inférieurs des deux rëj^es, ani-
maux et végéiaui, celte hésitalîon, qui fait
qu'aujourd hui même encore les botanistes
réclament certains groupes qu'ils regardent
comme des végétaux, et que les zooiogistvs
ont placés dans la série animale? Le beau
travail de H. Dngber, sur l'instant de l'ani-
malisation des xygnema, est une preuve do
l'obscurité qui règne dans celte question, ei
elle prouve combien est faible la théorie des
ovaristes : car la matière organisée, si elle
provient d'un ovule, ne 'peut être iodiflé-
rente; elle doit être on un animal ou un ré-
5 étal, et c'est avec plaisirque j'ai retrouvé,
ans la plupart desaute«rs qui ont fait des
observaliona microscopiques.la confirmation
d'une observation que j'ai faite il j a plus
de dix années : c'est que les conferves la
forment d'infusoirea libres, qui viennent
s'ajouter en chapelet les uns h la suite des
antres, et dans cet étal forment nne chaîne
verte et immobile, dont les anneaux se dé-
sagrégeant, reprennent leur vie animale et
spontanée. Déjà logenhouss avait avancé ce
fait, qui depuis a été conGrmé par Trevira-
nus, Uirod de Chantrans, Trentepobl, Borj
de Saint-Vincent,Gaillon, Dillwjn, Edwards,
Nilzscb, et l'on trouve dans certains genres,
tels que les bacillaires, des êtres qui sont
doués d'une spontanéité qui leur fait pren-
dre place parmi les animaux, tandis que
d'autres ne peuvent êire considérés que
comme des végétaux. Est-il possible alors
de concilier les idées de formes absolues,
animales «u végét.-iles, avec cette mobilité
danà les premiers anneaux de la chaîne orga-
nique? 11 est bien difficile, avec la meilleure
volonté, de se soustraira au doute, et de ne
pas voir au milien du monde des éléments
orgauisabtes et des agents organisateurs,
réagis»ant sur les combinaisons et les ren-
dant corrélatives anx conditions dans las-
quelles selrouvent lessnbsbnces transfor-
mées en êtres nouveaux. C'est aux zoolo-
gistes que s'adresse eelfs objection, car In
ontologistes,je ne puis trop le répéter, étnu-
gers b l'étode de la nature, et relranelié*
derrière des a priari dout le germe est dans
lOdS
CEN
UICTIO^NAIEIE APOLOGETIQUE.
GEN
m
leur ctirveau, ne soQt pas optes ï Juger des
questions qui appartiennent h la science
ex|iérimen[a!e.
« Je crois avoir bien remarqué tout rë-
cemment, en répétant des ei|>eriences mi-
croscopiques destinées à vérifier quelques
faits reintifs h l'organisation des êtres infé-
rieurs, que mes infusions sont remplies
d'infusnires qui disparaissent dès que les
monitia et les botrylû en couvrent la sur-
face, et reparaissent dès que celte couche
épaisse de matiôro végétale est enlevée ; co
3ui indiquerait \'antagonisme des deux mo-
es de la matière. Cette observation demande
h 6lrr^ cunlirmée par des expériences Dou-
Teltes.
c Les conditions essentielles pour la pro-
duction d'êtres org.inisés animaux ou végé-
laui sont la formation des substances oiga-
niques élémeniaircs amorphes dans les Gui-
des on dans les corps en état de décomposi-
tion, et sous l'influence des agents organi-
sateurs. Néanmoins on peut croire que si
certains organismes naissent spontanément
dans les tissus, ou par suite de la désagréga-
tion des substances organiques, leur condi-
tion première de développement est l'eiis-
tenco d'une combinaison organique; maïs
dans les organismes nrimilifs et élémen-
tiires, tels que la matière verte, les confer-
ves, les bacltrium, les movades, etc., la réac-
tion réciproque des éléments or|,'anisabIes
sulTiI pour eu déterminer la formation avec
le seul concours des «genls organisateurs.
■ Nous voj'ons ^ans le règne végétal la
matière rerte de Prieslley se développer
dans les liquides exposés à l'rnlluence lumi-
neuse, même en 1 absence de l'air; et les
conferves, êtres ambi^s composés de cellu-
les primordiales, mais avec des l'armes mieux
déliuies, se développenl dans toutes les cir-
constances où des liquides en masse sont
soumis à l'influence des impondérables, et
elles naissent même dans des solutions alca-
lines. Heizius {Froriep'i Ifotiztn, tom. V,
pag. 56} vit s'en développer dans une solu-
tion de chlorure de baryum dans de l'eau
distillée, demeurée pendant six mois dans
un flucou boucbé à l'émeri. Les filaments
confervoides qui se forment après un temps
très-court dans l'eau de Sedlilz ariiGcielle,
les matières organiques amorphes appelées
ylairine, barégîtit, etc., contenues dans Ifs
(.■aux thermales, et qui s'organisent réguliè-
rement peu de temps après le refroidissement
.des eaux, indiquent que la matière inerte
n'attend, pour revêtir uiie forme, que des
circonslanccs favorables.
> Le uostocb, qui se développe sur le sol
comme une gelée animale, la neige rouge
oupro^ococcui, nostouhiiiéo qui croît sur les
neiges des légions arctiques et dus Alpes les
|>lus hautes, au point où toute vie organique
il cessé, les conferves tt les batrachosper-
mes, qui se forment Jans des circonstances
idouliquuuientles mêmes >ur certaines espè-
ces de puissons ou de mollusques après leur
iHort, piuuvent Ijeaucoup eu laveur do celle
théuriu, <^ui s'ap[iliquo aux diatomacccs.
véritables aiUEn.ins-plaules, m\ iinsluclii-
nées, aux confervacées, aui cliaracée!,iui
ulvacées, aux Qoridées. auifuMcéeseim
lichens, toujours sans doute avec cett« coi-
dit ion que chaque groujie présente des for-
mes simples se composant de plus enplm
et terminant la série par l'être le plus cnnh
pi exe. Tels sont parmi les lichen! -. lalfpf».
ria, simjile poussière pulvérulente; et In
célraire, oui formes arborescentPFjidéeilî!
formes génrtsiaques de la mali jresurlaqndle
je reviendrai, comme se répétant de grou]iB
en groupe, et p,issanl toujours du simiile m
complexe, h travers la double série jniniilK
ou végétale, le dernier de la série pouiint
jouir de la prérogative de se reproduire p,ir
le mode de génération sporulifèreou seiuel.
« Les eaux pr^entent donc d'abord dts
oi^anisalîons primitives propres aai eaui
douces, et plus rarement aux eaux saléts,
telles que les characées, les ulves, les bitri-
chosporrnes, etc. : ce sont les nygméesde
l'ordre. Les eaux marinesnournssenteulu-
sivement les flortdées et les fucacées;ks
lichens des groupes primitifs se dévelop;«in
au milieu dc's mers sur des rochers nus, d
sur des points où aucun être vivant n'a pu
en apporter les germes, et se suceè<!enl eo-
suite dans un ordre presque régulier, ajuti
que cola se voit sur les gréa de Fontiioe-
bleau, où les fepraria sont associés auiiiD-
bricaria, aux parmelia, etc.; mais les liclier.^
sont les premiers destructeurs des arp:
inerlei, bien que quelques-uns se (lé»elOi>-
peni, sous les tropiques, sur les feuilles dfi
plantes toujours vertes. Après euxviennfnl
les champignons, qui affectionnent lescorpi
organisés en état de maladie ou dedéi-om-
position. Parmi ces derniers on trouve mit
variété de formes et do stations acconij'-
gnées de variations si singulières, tfu'-n
peut douter de leur production par dcss^f'
mes répandus dans lesai^s ; et l'on ne|it^i
expliquer autrement que par une générai""
spontanée la présence des mucéUinéej'ii''
ne se développcfit que quand il existe iliiii
le lieu où elles croissent un corps en décou-
?osition. DulMchet [Mém. pour unira
hiil., etc., tom. ll|, doot les belles eif^-
riences ont jeté du |Our sur quelques pui'i'
obscurs de (a science, mais qui est parti?']
de la panspermie, a fait développer dei i>-
trytis et des moniiia dans des dissoluti»'
d'albumine, de fibrine, et dans de l'eau iliv
tiilée de laitue, oiûlée a des alcalis et ï li-i
acides ; mais il obtint tau tôt des moisissurei
articulées avec les premières de ces sull^■
tances, lautôi avec les secondes. La pi"i«^
des substances animales au ^végélarus ei
étal de décomposition prfïsentent des 1>)>'^
cées, tels que le pain, les fruits, lefrouinVi
le bois, le cuir humide, etc.; mais lem'-'
veloppement 5 l'eilérieur des corps aiî'
qu'une preuve d'importaoco secoiidfl''"
pourtant elles ncsont pas partout les même
parmi les stations spéciales, je citeiai rv '
du coremium citrinum (monitia ptniçiH'-'
Pers.), qui forme de pciils groupes j^-"'
citron sur les crollts de souris, cl de i"'-'*'"
inOJ CCN MCTtONNAlRE
filin sur les erotles de chat ; certaines es-
pèief île sphéries et d'isarias ne se déTelop-
peni que sur les cadavres d'insectes : tels
tout tes iMrïafpAiiifriim, qui croissent sur les
uJaTresdepapilloDsde nuit; I.aranearum,
sur ceux d'araignées; IV. craua, sur les
tiirf salides ; 17. eleutheratorum, sur les cads-
fres de plusieurs espèces de carabes. Pour-
quoi ne rencontre-l-on l'oaygtna equina que
siirlfisabolsdecberalea putréfaction T J'ai
TU chez U. Roulin une «rosse fourmi de
l'Améfique du Sud sur le thorax de laquelle
i'éluienl déroloppës des champignons quo je
rr ii 6lre des polypores, et c est pendant la
lit Je l'aniiUBl, mais sans doute dans un
éitl murliidfl, que se développe ce champî-
l^non; la niu.«cardiDe de la larre du ver &
j<:re5t dans ce cas. Les conditions patholo-
C'jue* dans lesquelles se trouvent certains
f 1res donnent souvent naissance àdescham-
f'i^ioris microscopiques qui naissent dans
d-s cavités closes; tels sont ceux trouvés
tJjiu les cellulen aériennes d'une cigogne
rarHeusinger, el par Majer i la surface du
l-ouDioo d'un geai ; cerlaioes plaies gangré-
Deuses produisent souventaussi des moisis-
turei. Il s'en dévelopjie dans les citrons,
également au centre de la masse caséeuse
coropacle de certains fromages. Hartig, le
ttlébre forestier, a trouvé de petits cham-
|>>gaor]sdans les cavités du ligntiux d'arbres
recouverts de nombreuses couches annuelles
Mines. UBrkIin a Irouvé le blanc d'un œuf
de poule eonverli en Mporotriclium. Puis, on
rtui ajouter celte longue série de champi-
gooni qui croissent sur des végétaux mala-
<l^i, et sont de genres dilférenls, suivant la
iirtie sffsclée el le végétal. Ainsi, parmi les
ETmnomj cèles, nous avons les urédinées,
<|ur causent la carie des grains et affeclent
|ti violettes el tes œillets, les groseilles, etc.,
* 'i surface inférieure des feuilles desquels
^'1^ se trouveiil ; les acidium, qui se uéve-
''■f'P^nt sur les feuilles des borra^jinées, des
c.r<iuiu,desépilobe5,desrenonculacées,etc.;
'ti pueeinie», sur les feuilles de certaines
''''rii|K>sées, de la béloine, du pigamon des
rrés, etc.; les fwidium, sur tes leuilles des
* tires, les lobercales de pomme de lerra ra-
("■'llis, etc.; «I la iptrmadia de Fries, qui
I arsii la nause de l'ergot du seigle, et peut-
^ire aussi du maïs. Aux hyphoiuycètes ap-
|>4rt;enneiit, outre les mucédinéeK, lesAypAa
H les lano$a, qui se dévelop|)ent au milieu
■^esbrouillarilsd'automne, etdansles minvs
ou l'ajr est cliargé d'bydrogône ; les myco-
'l'^mies, qui se produisent dans les solutions
iliiuiiques ; le rhacodium, qui revAt les ton-
"f aux et |,?s [HJulres (le caves de ses longues
muificalions noires; le rhixomorptu, qui
fl'Strue les conduits d'eau el croit dalis des
>" mes profondes, dans des fissures du sol, et
'l'tre des couches de houille hermétiques
' '^es. etc., etc. 11 faudrait, pour être coni-
i''«i. énomérer la plupart des cfaampignons
Jui ont chacun one situation spéciale, et
loui 1^ nombre est très-considérable. Certes,
1 théorie du développement spontané est
'.'î'Iicable h celte localisation absolue.
iPOLOGETlQIIE. CE.N 1036
« Une autre circonstance d'an haut inlérâl
dans ta (Question qui m'occupe, c'est que les
conditions ambiaotes favorisent le dévelop-
pement de telle ou telle production orgnui-
que. Treviranus cite, à la page 3.10 de sa
Èiologit, reipérieace de Gleditscb, qui,
a^ant rempli de pulpe de melon des puis
bi'-n nettoyés et préalablement chauffés,
qu'il couvnl ensuite d'une mousseline, ob-
tmt des hyssus et des tremelles dans ceux
qui occupaient un lieu sec et élevé, et des
mucericécs dans ceux qui avaient été places
diins un endroit buniide. Le papier exposé
h l'humidité se couvre bîcnldt de plaques
ruses, jaunes, noires, qui sont autant tror-
ganisaljons diverses; celte dilTérence, qui
iii'éionna au premier abord, et semblerait
favorable à l'opinion de l'omnipotence des
S)iores, ne vient que de l'hélérogéDéitâ des
matières qui le composent, et en se déstgré-
guaul se réorganisent cbacnne à sa façon-
« A ces exemptes déjà assez nombreux
j'en pourrais joindre beaucoup d'autre.-:,
mais ils ne jetteraient pas plus de Jour sur
ce sujet ; on pourra, outre la théorie de la
diffusion des germes et de leur transport
par l'air, invoquer le modedereproductiou
île ces mêmes végétaux par la voie ordinairct
c'est-à-dire par des spores, ie suis loin de
le contester^ je doute même de la réalité de
l'a&sertiou de Hartig, qui prétend que son
□yctomjcèle ne produit pas de spores. Ce
f«it est en contradiction avec les lois de
l'organisme, en vertu desquelles la généra-
tion est le résultat dA l'évolution dd l'être
qui a atteint louto sa croissance, et cette lui
doit trouver moins d'excepiious dans les
classes primordiales, oiï le mode de repro-
duction n'est autre chose qu'uue sorte de
gemmation.
t. ■ On demandera peat-élre où s'arrête en
cryptugamie la génération spontanée T A
Cela je répondrai que je crois que c'eai
aux hépatiques i mais je ne sais pas, car
les phénomènes uaiurds présentent dus
exceptions si nombreuses que le doute doit
toi^ours arrêter une assertiorr formelle.
Ou pourrait regarder la plupart des hymé-
nomycèles comme eu dehors du mode d^
géoéraiioo spontanée; maison a des ex-
emples de productions d'agarics dans des
siluatious toutes Epéciales,et leur mode d'ap-
parition ne peut s'expliquer que par la
géoératlou spontanée ; car les Chinois ob-
tiennent des champignons en enteiraut dans
une fosse du bois pourriqu'ils arrosentaveu
du salpêtre; il croit sur le vieux marc du
café un champignon fort estimé : aussi
l'incertitude la plus grande r^ae-t'elle sur
ce sujet.
« Après les végétaux cellulaires auxqucl.s
e^l applicable la théorie de la géuéralîuu
spontanée, se présenteut dans le régne ani-
mal les iufusoires. Ils sa produisent dans
lesioTusionsde substances organiques, dut^a
les liquidas exposés k l'air et qui se putré-
lieut, dans les fluides organiques dans un
étal morbide, et dans les Uuides à l'état sain.
Il a été fait à ce sujet des expârieaces îbus
lOOT
CEN
DICTlOSNAIIte APOLOGETIQUE.
nombre, cl toutes concoarent kconBrmor la
'iloclrine de la gëaéralînn primitive, sans
égiird {lour la complication apparente (les
orgnnes. Bien que Ëhrenber^ ait doué ces
animaux il'appareils de nutrition et de gé-
péraiioD déjà perfectionnés, qu'il y ait vu
des sexes et des œufs, on no peut en ad-
mettre l'apparition autrement que par le
mode de développement propre aux formes
ruilimentaires. Au reste, il ne serait pas
étonnant que ces animaux eussent un orifice
buccal et une cavité digcstive ; car c'est le
mode de nutrition, au moyen d'une élabo-
ration par un appareil ad hoc qui distingue
l'animal du végétal ; alors pourquoi les sys-
lolides, par exemple, n'en auraient-ils pas?
Pourquoi ensuite des animaux, qui se nour-
rissent , et augmentent pur le fait de l'évo-
lution vitale leur plasticité, ne se reprodui-
raient-ils pas par des œufs T Nous ne con-
naissons pas les lois d'attraction qui groupent
entre elles li'S premières cellules orgomique»,
et font qu*e,n vertu de l'évolution épigéné-
siaque qui suit une marclie rigoureuse, dès
que les premières sont formées, les autres
vieunent se grouper autour par suite d'une
loi qui les renferme dans des limites assez
restreintes, et il naît alors dos filres qui ont
lelleou telle forme, et jouissent d'un mode
spécial d'existence; ainsi la complexité ne
doit pas nous étonner. Ces lois une fois
connues, la science n'aura plus demystères;
mais embarrasfés| que nous sommes d'ex-
pliquer mëmedansdesâtres que nousavons
sous les yeux, dont nous pouvons suivre la
vie et que nous pouvons torturer au gré de
DOtre curiosité, le mouvement de compo-
sition et de décomposition, nous ne pouvo[:s
que cherclier à nous élever par une étude
sérieuse des faits fa la connaissance des pbë-
iiumènes perceptibles k notre intelligence.
«Il en est dus inl'usoires comme des cryp-
togomes; la théorie panspermique leur a
été appliquée. Suallanzani, Bonnet, Cuvier,
6tc.|Ontconclud expériences dans lesquelles
ils s'opposaient au libre accès des agents
Ol^anisaleurs que l'air contient, les ovules
destinés fa engendrer les animaux qui se
développent dans les infusions, les liquides
stagnants ou putrescenta, ainsi q04 sur les
corps en état de désagrégation. Une des
premières objections fa faire «ux défenseurs
des germes préexistants, est non^eulement
l'état de saturation organiquedans lequel se
trouverait l'air atmosphérique, mais encore
la ditliculté d'expliquer comment et pour-
quoi ces ovules, tlultantpéle-mfilo dansl'air,
revêtiraient une forme particulière, suivant
la uature et l'Âge de l'iufasioD; et l'on no
peut admettre, avec Ëbreubérg, que les
tcerœea des infusoires préexistent déjÀ dans
Peau et dans la matière de l'infusion, et ne
se manifestent que parce qu'ils y trouvent
une nourriture plusaboodante; que, jusque,
là, ils sont invisibles aux plus puissants
moyens d'investigation ; c'est substituer une
byp'jllièse fa une autre hypothèse: et com-
inenl pouvoir admettre, n'après l'expérience
de Fruy, la producliou.d'infuioires au seiu
de l'infusion des panle* du corps li'uueum.
raie, dans de l'eau, dont tous les germes lu-
raient dû être lues par rébulliiionT Hais \i
réponse sans réplique, c'est que les infusioni
se sont organisées sans le secours de l'iir
atmosphérique, et par leur simple mite ea
contact avec dePâïr préparé artifîcieliBmeni,
de l'oxygène ou de l'azote.
■ Quant fa la question de présence de ge^
mes, animaux ou végétaux, dans les liquides
soumis fa l'expérience , elle est résolue par
l'ébulition prolongée des infusions, afin de
détruire la vitalité des germes; et je tiuni
ici l'expérience faite par Biirdaub stsc
Uensche etBaër; ils enfermëreot dans ij«
flacons bouchés fa l'émeri, cnilTés d'anevei-
sie et contenant de t'oxygène etde rbjdro-
gène, de l'argile longtemps bouillie avec de
l'eau, évaporée , puis délayée dans de l'eiB
distillée, et obtinrent, sons l'influence deta
lumière, de la matière verte de Priesilej;
il s'y développa de nombreux infusoires,
en traitant le même résidu avec da l'uu
commune et de l'air atmosphérique.
« Allen Thomson révoque en doute les ei-
périences toutes récentes de H. Cnss.qiii
prélendit avoir obtenu des infusoires dioi
des solutions de granU, de silex, etc. Biit-
dach dit que, dans des circonslatices sem-
blables, il obtint, sous l'influence de la lu-
mière, des filaments cooferTuides,delt ma-
tière verte, et, au tisin-niarie, desfilamtiDt]
blancs, mêlés d'unesubstancemuGilagiDense.
Je doute de l'exactitude de cette expérieDU,
à cause de l'insolubilité des corps mèlèsl
l'eau: pour ^e l'action de cks roches fili
bien réaile, il faudrait avoir vu se déTelop-
per sous leur influence des orgaiiisaics
particuliers.
■ Il est un fattconstaiéparlesexpérieacts
les plus exactes, c'est que l'on favorise li
production des iufusoires en mêlant fa l'in-
l'usion certains réactifs particuliers, lelsqi»
du phosphate ou de l'oxalate d'ammoniaque
du carbonate de soude, etc. Quelques-uues
sont inertes et paraissent impropres fa fc»*
riser leur production; mais ce qui indiq"'
dans les degrés primitifs de l'ôchulle uriji-
niquB un mode tout particulier de vitalité'
c'eut que les poisons végétauxlesp1usaclii>
n'en empêchent pas le dévoloppemeot, et
que l'iode même, dont l'actiOD irriiaulesut
les tissus est bien connue, ne s'uppost; {">
fa leur évolulioo.J'ai pourtant tuôlie&Uc(^
riumau moyen d'élher et d'alcool.
< Comment pouvoir expliquer aulremei»
que par l'orgHnisalion successive avec i'u-
lutioaascendanle la préseocedes iiifusoint
dans des liquides divers, eu croissaut, non
pas seulement en nombre, mais eu guu>'
ptexilé î L'infusion la plus commune , ccil*
de loin, que j'ai observée cont fois, estctlic
qui li'orgauise le plus promplemeul. Anui'
au bout de ia seconde jouroée, onvoji'»'
distinctement des bacterium termo simcl'^
qui eux-mêmes augmeutaiout daus le uou*
bi'H de leurs articles. Les naoaades, Teuut'^
oprès, ont suivi un mode suinblablfl di>^'
lutioo, et, au bout de quioze jours, ou 1
CCN
ncnONHAIRC APOLOGETIQUE.
CEN
1013
1071U d s iHchodns , des colpodes et des
prolées différents; ces aaimaui ont été les
(jeniien. Celle de poirre présenta une même
lai éToltilÎTe. L'>'-BU de pluie simple qui a
• K^oumé pendant quelque temps au soleil.
Jios des rasas de bois , s'organise au bout
dope» dejoars, et les produits sont, outre
Im «Dimaux que j'ai eiLés i>lus liaut, des
Tibriofu, des pltescoDÎes, des glaucomes,
elcHiis en recueillant soigneusement Tenu
des marais, des mares, des ornières, des
nii«eanx. sur le poiut où le liquide, eu
«ODiact avec des débris organiques . a pu
lui-foème s'oi^oiser, on voit les formes
Tirier presque autant queJes formes infé-
rieures djSTégâtaux;lQii! sont, entre autres,
teietui saturées, etc., qui, dans le groupe
d« rtiizopodes, engendrent d'abord ^cs
JBiljes, puis des diOlugies, des arcellcs,des
puinies, des milioles et des cristellaires,
H cet animaux preDoeat de l'accroissemenl
H'' l'fliTet de ta nutrition; il semblerait
•lors que l'organisation du liquide a at-
teint MD summum d'intensité. Passé cette
<p^ae, les organismes redesceuUent, ce
ifui ue parait dû & l'épuisemeut du liquide,
qui a perdu une partie de sa plasticité;
Buis alors le rë^ne réj^étal reprend le des-
sus et envahil tout. Oian>l une fuis le li-
qaidD a passé par toutes les phases d'orga-
Diulion priinoriliaie, il s'y dépose deséires
produits par la génération sexuelle; telles
KOtles larves dmliplères,(]eu;êmeque,,tlaus
't régne végétal, aux cryptogames nés spou-
Unémeot succèdent des mousses et d'autres
végétaux d'un ordre supérieur, Silesovules
■oui répandus dans l'atmosplière , comment
tip.i4]uer cetti) organisaiiou ascendante et
dMce&daate ? £t quand, avec le secours de
uos microscopes les plus puissants, nous
irritous è distinguer, dans la diQluence du
tes (très ambigus, les globules primordiaux
qui enlreot dans la composilioa de leurs
lusQs élémentaires, comme les ovules ap-
portés par myriades dans les eaux courantes
uu stagoantes it dans les infusions ne se-
raient-ils pas percet'tibles, et pourquoi no
le* verrait-un pas éclore dans l'iofusiun, vé-
Hiable foyer d incubation, comme nous vo-
)0.iss'y développer lesœubqui produisent
'es Jarres d'articulés T Ou peut demander
«tcore pourquoi, deux infusious étant dou-
nces, faites avec des subslauces ditférenies
el conteruDt des animaux dissemblables,
ijUlient-iiu des êtres nouveaux en mêlant
tuïembltt les deux infusious, et pourquoi
■•^s fiires qu'ils contenaieoi se dissolveut-
«J'ai bien des fois vudes iofusoires M
dissoudre dans une goutte d'eau, sous le
microscope, sans qu'il soit possible d'en
trouver de traces; et M. Pellier, A qui je
duis l'obligeante communication des expé-
riences qu'il a dites en 1836, pour coofir-
fier ses doules sur les observalioag de U.
Ebrcoberg, a ru des Torticelles se dissoudre
globule i lilobule, quand il les soumettait à
jne inanition prolongée qui les réduisait i
'curs éléments primordiaux.
■ On sait que dans les êtres appartenant
k la classe des infusoires proprements dits,
la reproduction a lieu communément par
fissiparité ; ils vont toujours se redoublant,
et forment ainsi dos êtres nouveaux. Ce
mode do reproduction est si rapide qu'une
seule paramécie, observée pendant plusieurs
jours, scdivisait quatre fois en vingi-quaire
ou trente heures, ce qui produisait des mil-
lions d'êtres nouveaux au bout de quelques
jours. Quant aux systolides qui se re|iro-
duiseut par des œufs et sont d'une supé-
riorilé incontestable d'organisation, malgré
cette prérogative, et bien qu'on les ait dotés
d'un système nerveux qui me semble en-
cr,re douteux, il est diuicile de ne pas les
comprendre dans la catégorie des êtres qui
se produisent par l'action directe des agents
organisateurs.
a II reste h traiter la question des aninial-
éules qvi se développent dans les liquides
des corps vivants ; ei, quoique le nombre eu
soit très-restreiul, si l'on peut leur appli-
auer la lui générale, on n'a rien h contester
lins ce qui précède. Ainsi Vntbertia vermi-
culut, qui vit en parasite dans l'inlestin des
lombrics etdes limaces, est évidemment uti
produit né par la voiede génération primi-
tive; et pourtant il est vivipare, puîsiju'on
trouve dans son intérieur des petits qui déjà
s'y agitent. Los zoospermes sorti dans ce
cas ; mais quelques auteurs doutent encore
que ce soient des animaux, et je ne me pro-
noncerai pas sur ce point, les observations
que j'ai faites sur ces produits ambigus ne
m'ayant jamais rien offert de (:oni:luanL
Uais que ce soient ou non des animaux, ils
n'iniinnent pas le principe que des enlo-
zoaires fie développent assez richement au
sein de l'organisme vivant pour qu'un de
plus ou de moins ne nuise pas à cette
théorie.
a La production d'êtres doués de spon-
tanéité comme le sont les infusoires, dont,
au reste, l'histoire est encore mal coi:nue,
répugne plus encore aux antagonistes delà
génération primitive que celle des végé-
taux, organismes passifs en apparence.
Pourtant les animaux qui suivent e( ferment
peut-être la série des êtres jouissant de la
propriété de naître par le concours unique
de forces organisatrices et des éléments
organisables, sont d'une richesse d'organi-
salton supérieure ficelle des systolides, bien
3u'na ait dans la méthode accordé à ces
erniers une place assez élevée. Toutes ces
questions demandent à être reprises, et il ne
peut naître des travaux des nouveaux ob-
servateurs, s'ils sont faits avec sagacité, et
sans réticence ni idées préconçues, que
d'excellents documents pour servir à l'his-
toire de la génération, dont le principe est
la génération primordiale. On a tort, en
science, de chercher partout des idées com-
plexes ; les phénomines naturels, même les
plus inexplicables, sont dus sans doute li
quelques lois bien simples, sur la voie des-
quelles nous serions déjà, sansdoute, si nous
avious duivi les us^ lésons de Bacuo, qu>
tUII
GO
DICTIONNAIRE
p:opose BU SiiTiint (le dépouiller loulcs les
idées qu'il a aqutses dans le inilieii qu'il
Iiubilc. pour s'absorber dans l;i conlempla-
liondesTails; mais le savant n'est ^assutis-
fait de n*élre que cela : il apparltenl loiit
entier à la société su milieu de laquelle il
vit; la science en soufTre, et surtout la phi-
losophie naturelle. Les Alleniunds seuls
sont (tes penseurs courageux que rien
n'arrête : aussi ce pays est-il la terre pro-
mise de toutes les théories bonnes .et mau-
vaises. Chez nous, su contraire, mille pré-
jugés nous Gi}travenl, et notre positivisme
^c noie dans le matérialisme des intérêts de
raiiilé et d'orgueil.
« Parmi les faits qui sont le plus favora-
bles à \a théorie de la génération primitive
il faut citer les entozoaires, qui vivent non-
seulement dans les profondeurs des tissus,
■nais y vivent à l'exclusion de tout. autre
niilieu. On ne les trouve, h quelque exce{>-
tiun près, DJ dans l'eau, ni dans l'air, ni sur
la terre, et ils périssent dès qu'ils sont hors
du milieu dans lequel ils vivaient. On ne
l>cut pas ^ire d'une manière absolue que les
lielmiiitbes ne se trouvent que dans les
tissus animaux; car parmi tes némaloïdes
ëiiopliens, les dorylaimes rivent dans l'eau
lie uicr et la vase des étangs; les énoplus,
dans l'eau salée el l'eau douce; les onchc
laimesdans l'eau de mer; les mousses, dans
les eaui pluviales; les rliabdilis et les an-
guillules, dans les ino'jsses des murs, le
vinaigre, la colle aigrie, le tiié vieilli, l's s« ~
trouvent à Tétat libie ou enkystés, et dms
des points de l'organisme ou les procédés
vitaux ne peuveni avoir conduit dus ger-
mes, tels que les chambres de l"œil, le tissu
parenchyniateux, les vaisseaux sanguins, etc.
1-e tlrongylui giijai se trouve dans les reins
lie l'homiiie et des mammifères; Voxyurui
virmicularis ne se développe dans les nssus
que quand les individus sont fournis h un
régirnedébililant, et disparaissent lorsque le
régime est modi(ié ; on trouve i'atcarii cap-
sularia dans la vésicule biliaire du louajm
aeaptkias; des sclérostomes, dans I anère
niésentérique; des penlaslomes, dans les
sinus frontaux, sur le foie, sur le poumon,
6 Ja face externe de l'fstomsc. Le polt/stoma
inttgerrimum existe dans la vessie des gre-
nouilles rousses et vertes, et d'autres espè-
ces rie ce genre se trouvent dans le sang
lies hommes en état de maladie; plusieurs
inonostomes se rencontrent dans les i'olli-
t-uies destinés fa la production des plumes
(les oiseaux. Les lioloslomes se rencon-
trent dans le corps vitré de la perche et de
plusieurs espèces de cyprins. Le distome
hépatique el le distome du Gel se trouvent
dans le foie, dans \os canaux biliaires, la
vésicule du fiel et la veine porte; le dis-
lome lacioié a son stéite dans le pan-
créas ; etc.
« Les eotozna ires 'paraissent pourtant ap-
partL-Dir,dans l'organisme, i un ordre assez
élevé; car ils se reproduisent par aocouplc-
inent el soui doués de sexualité. Or, la
•iixoalilé est regardée comme un des ollri-
ACOLOGETIQUE. CES «iiî
buts les plu.s élevés de l'orgaiiisEne; niiij
quel degré de certitude peul-on ailribuer
au moue de propagation des Êtres qutud un
voit cette fonction si mobile dans les miTii-
fsstations? Nous avons dans les verlébris
des exemples frappants de celte bitsrrerie.
Ainsi, tandis que presque tous les (loisiDai
fécondent leurs œufs sans accoupleœeul el
par une simple aspersion, nous vojjOmiIbii]
un seul el même ordre des viTipsres,d»oi»-
vivipares et des accouplements ïpourlanlCa-
vier. dans son système, rejette è li Q» lie sa
méthode ichthvologique les êtres les jjIiu
élevés de la série snus le rapport du mode
de reproduction. Parmi les ophidiens, Its
vipères sont vivipares, et l'oiseau, malgré
sa supériorité organique, est simplemtnl
ovipare. Ou ne peut donc pas regarder cvlle
fonction comme un signe de supérioriléib-
fiolue. On ne trouve cnez aucun enlozoain
l'hermaphrodisme ni la gemmiparilé,Diiii
la tia-iparilé transversale, ainsi que cela iliri
dans len tœnias et l'androgynie, ou l'accolli^
ment de deux êtres de sexe différent; ce qui
n't'Sl pas de l'hermaphrodisme, mais uojiu
vers la bisexualité.
■ Il faut donc nécessairement admellrc,
faute de démonstrations plus coocluiates,
Sue les entozoaires naissent spontanémciH
ans les tissus, par suite de leur étal oior>
biiJe el de la [ilasiidlé organique des liqui-
des séiTélés ou élaborés. Tréviranus dil,
dans sa Biologie, que Leuwenhoek, le pire
de la microgrephie, n'avait trouvé d'tiito-
Z'iaires dans le mucus ioteslinal que quand
i) y avait une phlegmasie du tube dig«sti[,
Cl Brera dit que les impressions mocalei
violentes, telles sont celles qui résult^nlde
l'appréhension d'une opération chirurgi-
cale, peuvent leur donner naissanc» c"
changeant la nature chimique des compoiû
organiques.
< Si I on voulait persister à regarder Im
entozoaires comme produits par une aD|n
voie, il faudrait admettre qu'ils se sont in-
troduits directement aveu leurs œufsdiu
l'organisme, et dans ce cas il résulterait
une singulière conilagration entre ces or>
ganismes parasites; car les animaux q-u
vivent les uns des autres s'inoculeraiwl
des entozoaires, et il eu résulterait un n^*
lange d'entozoaires passant du eprps (l'on
animal dans celui d'un autre. Pour citer uu
exemple, les huUres que nous wsngeunit
l'état vivant, et qui sont si souvent rem-
plies de Qlaires, devraient introduire dont
nos voies digestives leurs eolozoaires; i'
n'eu est rien. Chaque animal a ses behuin'
Ihes propres, el ces mêmes paraMlu *<
retrouvent dans les mêmes orgaaisme^i
dans tous les climats et dans tous i>:^
lieux.
« Quant fa la translation dea germes, tn
n'a rien fa invoquer en faveur de cette b.<-
polhèse;car si ces animaux venaient ilu
dehors, par quels étroits seDti<>.r5 passt-
raient-ils, après avoir suivi looïes les l''"'
ses des Diodifîca lions chimiques é|>rcuTéts
par les subïtaocei ingérées, pour arrim
nCTIOXNilBE APOLOGETIQIT,
CES
1014
•)in« tes oi^iies I» plus clos? Paroù passe-
r:iie')l les auts du cy>ii>iu cMulmut, qui se
ir'iuTwl dans le parenchyme céréliral, dans
liip!>-xas cboroïde et daos le cristallin?
Kst-il vraisemblable que les œufs de ces
b-iraialbes. quelque léous qu'ils soient,
I uissent s'ialroduire dans des organes dont
l'iQi^ieor est protégé par des tuniques ré-
sistantes? Hais on sait qu'il n'en est rien,
el les œu& de la plupart des helmintbes
(■inl connns. Oo sait qne ceux ue Vascarh
l»a)brieoidta sont gros comme no grain de
m liel; el quel serait alors le diamètre des
uiueaux capillaires qui leur s*;rTiraieut de
pifuge? Ancan; car les plus gros sont
i^ias TSBtas oue ceux-ci. Une autre oLyec-
lioa à celle IDéorîe, c'est que quelques-
ciu, tels que les leptodera flexilit, Mtron-
';jliu tittUorum, tteuminata, etc.. dooneul
ijissancek des petits Tirants; comment a
'.:'[! leur translation? Les monoslomes des
('i>«aui offrent l'exemple d'une androgjoie
rompléle, c'est-Mire deux individus de
s«ie différeut produits par paires et ne se
itjiaranl pas. Cce autre supposition laite
rjr les partisaDS de l'emboîtement des ger-
Les prouve que c'est par les premiers pa^
[«uls que les eutozoaires ont élé transmis
> .eurs descendants, el ainsi de suite. 11
lurait fsHa pour cela que les premiers êtres
1. mains qui s'évriluèrent apportassent en
LjUsaot la colleclîou de ceux qui se trou-
*tai aujourd'tiui répandus au aombre de
i:at dans rbumaiiité. On a souvent chez
'.ii<iimue et les autres animaux vertébrés,
lojvédes BTitozoaires dans les fœtus encore
tùLtciiUS dans l'utérus. Comment peut-on
expliquer la génération de ces helminthes?
ïi c*é:ail par b mère, il faudrait nécessai-
rtmeol qu'elle-même en eût (lé atteinte,
ce qui n'apasélécouûrmé, et que les ovules
jjs&asseat h travers tout le système circula-
toire pour arriver jusqu'à i'enfsal.
■ A ces trois classes d'êtres paraissent se
biToer les faits relatifs à la génération S|)on-
Unée, et il est dilEcile de les expliquer au-
treuiCDt. Pourtant il reste encore un certain
ooojbre de phénomènes dont la manifesta-
ii jU est d'aoe obscurité bien grande, quoi-
■lu'oQ les range dans la catégoriiïde la gé-
i-=ralion directe. Ce sont : 1* l'apparition
'-'es acariiles dans certaines maladies cuta-
i^tes; 2" les parasili'S pédiculaires, qui ont
<:tiacun une forme spéciale, suivant l'animal
tur lequel ils vivent; c'est ainsi que Patin
sçani tait couver par une poule des œut da
i^rdrix, et ajF^ant eiaiiiinù les parasites qui
•eilounneiitaiiint, trouva des poux de per-
drix e( Doa de poule ; 3' les poux qui viun-
nenl dans la chevelure des eniànis ne se
fifodaisent pas {ai coulact et transmission
s'^aéralifs; je les ai vus chez moi se déve-
'"{'per sur un de mes enfauts qui avait eu
'*>agtemps UDB croiïle laiteuse fort épaisse
f/ sacs qu'il eût élé mis en coulact avec
'-''«lutres eofaiits, le mauvais éUit de sa santé
■^ leoant au lit depuis lon^iemps; V dans
*%naines maladies du cuir chevelu, lelifs
v>:it vutre autres la,plique et îa teigne, il
s'engendre des ponx avec une rapidité ei-
iTHordinsire; 5' le pbihiriasis est dans le
même cas. J'ai connu, il ; a vingt ans, ui>e
vieille femme im|)otente depuis plusieurs
années, ne quittant pas son lit, et confiée
aux soins de personnes de la plus scrupu-
leusc propreté, être du soir au matin cou-
verle (le la manière la plus incommode du
pedicuitti fabeseenlium; G' l'apparition si-
gnalée par M. Pajen, de brancbi(»es dans
la solulinn de chlorure de soilium à an cer-
tain degré de concentration; 7' l'apparition
d'apus dans les mares et les amas d'eau de
pluies où l'on li'en avait pas encore vu.
Les braocliipes et les apus sont pourtant
des crustacés, êtres bien autrement com-
plexes que des poux. Je ne parlerai pas dea
crapauds vivant dans les pierres, des pois-
sons réapparaissant dans des étangs dessé-
chés'deputt longtemps; mais je soumettrai
i l'atiention des observateurs les faits sui-
vants, qui sont de la plus h^iute importance
et de l'obscurité ta plus complète. Il est
apparu dans plusieurs circonstances, après
des incendies cnnsidérables, des végélau:
phanérogames n'existant pas dans le pays;
tels sont, d'après Uorison, cité par Trévi-
ranus dans sa Biologie, l'erytimum hlifo-
lium, sur tes ruines d'une grande partie de
Londres, incendié en 1666. Ce fait est con-
signé dans tes Ltçont de botanique de M. Slé-
raï. Froriep cite encore dans des circons-
tances semblables \'E. anguiiifotium en
Norvège, le Blitum capitatum h Koni^sbeig,
\a Sentcio cÎMcûsui à Cupeahagne. On ssit
qu'après l'incinération nu seulement la des-
truction d'une fnrèl, il croît sans cesse des
végétaux qui dilTèrcnt suivant l'essence du
bois détruit. Aiusi, dans te duché de Nas-
sau, le ipartîum teoparium a^uvre le^Ierrain
qu'occupaient [iréredeniinenl Igs bois qu'on
a abattus, et dont tes racines ont été brû-
lées sur te sol. A la Guyane, quand on a
abattu une forêt vierge, le sol se couvre de
f>almistes, de chou-niaripa, de bois puant
anagyrit fœtida) ei -lutres espèces végétales
qu'on ne rencontre que dans les grands
bois. Après toutes tes coupes de hêtres sur
le revers du mont Uon, les groseilliers af>-
paraissent les premiers; [)eiidaiit trois on
quatre ans, les framboisiers occupent le soi ;
les fraisiers pendant deux années; la rouce
bleue pendant huit it dix ans ; enhn, quand
le hêtre domino, tout disjiaralt. Dans leî
forêts d'arbres résineux, on trouve, après
la disparition des pins, non pas des fram-
boisiers, mais tout simplement des fraisiers
et des ronces. D'.'près Pranklin, les («0-
pliers croissent après la disparition des
[lins par incinération; dans l'Amérique du
Nord, te sol des forêts vierges se couvre,
peu de temps après leur déboisement, d'une
espèce de irèQe. On sait que le fraisier crott
invariablement sur les lieux oiï onlétééla-
blis des fourneaux h cEiarbon; et l'on voit
souvent, d'après Uœràlio, l'orobaDCbe suc-
céder au chanvre.
■ Lorsque, par snile de eirconslauoes loca-
les, il s'est opéré daos le sol des mQdiGca-
nCTtONNAIRE APOUWETIQUE.
lions f>rort>iiiles, î} ost 1)9 toute évidence
3ue les pliAnomènes végétaux qui s'y pro-
utsenl présentetil uD'caractèredfl nouveau-
té, il'élrangeté m(^me, qu'il est difTiciJed'ox-
pFii|uer. Le premier nBturalisIe il qui j'ai tu
dévelopf>er cette idée et l'nppujersans théo-
rie de fait) nombreux, c'est M. ThjéLiaud de
Berneaud; et Burdach a recueilli un grand
nomlirede matériaux qui compliquent encore
ta question. Quand do l'eau salée rient h
percer le sol au loin et à se faire jour k sa
8urr<ice, il ne tarde pas, d'après Link, h crot-
Ire des végétaux qui habitent le littoral. Il
en e^t de uiéme des terres imprégnées dos
ririncipes salants de la mer. Un terrain en-
evé & la mer par la consiructiou des digues,
et qui était sous les eaux depuis un temps
immémorial, produisit la saltcomia htrba-
ria dans les lieux tes plus imprégnés de se),
Varenaria marina, puis lepoa maritima dans
le sable pur, etc. Vîborg {Mag. dtr Geteïl,
naturfonch. Freund, 1. 11 7&) a tu en Dane-
mark, après le dessèchement d'un étang qui
n'avait pas été vidé depuis plus de cinquante
ans, croître le eartx cyperoidet, qui ne se
trouve pas dsns ce p<iys. Vn 1796, on mit en
culture, sur les bords de l'Oder, certaines
portions de marais, et l'année suivaute le
sol se couvrit tïennapii arvemit. J'ai suivi
avec intérêt la modification de la flore des
terrains marécageux qui se trouvent sur les
bords de la VesTe. aux environs de Reims ;
aux Carex, aux Typha, aux Sparganium,
RQx loDcs qui en forDiaient le fond dans les
points le< plus voisins de la rivière, et lea-
Jaient par leur masse à les dessécher, on
voyait, i mesure qu'on s'éloignait dans les
terres, quoique le sol fût le même, arec une
masse da tourbe de six pieds d'épaisseur,
succéder graduellement une flore nouvelle*
apIMrattre des végétaux non aquatiques,
tels que certaines labiées, des orchisà bulbes
palmés, puis une végétaiion des terres sè-
ches, et cela sur upe loogueur de cinq à six
cents pas.
■ La terre, priseà une grande profondeur,
sccouvre de végétaux, comme si elle était
saturée de geribes. C'est ainsi queHonckel,
ayapt mis dans un pot de la terre prise au
iTJntemps h deux pieds de profondeur, et
'ayant placée au faite de sa maison, il y
iTÛt des graminées et des orties.
« Verra-t-on dans ces faits h peine étu-
diés, et désignés sous le nom d'apparition*
iponlanéei, une preuve de plus en faveur
du la théorie de la génération primitive T Je
ue l'aflirmerai pas. Je donne ces faits comme
1res surprenants, «t je désire quu les bota-
nistes, abaudoonant les travaux méLiiodo-
l<igiqui.'S purs, donnent h leurs éludes une
direction plus large, et recherchent surtout
les grandes lois qui régissent l'organisoie.
« Que résulte-t-il de ce qui précèdeT C'est
que la génératiou des êtres primordiaux a
lieu par l'actinn réciproque des éléments do
l'organisme mis en rapport par les «gi^nts
qui établissent en eux la vie; et la sexua-
lité De prouve rien contre les faits. Si les
(trcs organisés, spimaus ou végétaux, sim-
ples et complexes . étaient compostU da
principes élémentaires essentiel lemenl lu-
tres que ceux qui se reiroevenl danslej
corps inertes, on pourrait croira alors qu'il
faut l'intervention d'uoe force occulte pont
arriver è leur formation; mais il n'en M
rien : trois principes élémeoliiret fonda-
mentaux chez les uns, quatre chei les git-
tres, puis un mode particulier d'eiislence,
sons l'inHuence des agents chaleur, lumièrt,
électricité, et rien de plus; ce nui retienl
k dire que Vorganitme »t u« mode f
litr de in matière. Pourquoi alors se niant
t ptrtm-
h admettre que les principes conitiluinlj
d'un corps en état de désagrégation tyim
conserve dans leur mode d'associnlion h
éléments primitifs de tout organisme ne
s'organisent pas i leur tour, et une lok
doués de vie n'émettent pas, en vertu île 1
leur évolution individuelle, dfs sporus ou
des gemmules propres è la reproductiou
d'individus semblables i eux 1 Cette idévM
présente BsseH clairement h iiiod esprit:
une cellule ou un ovule, composé d'une ss-
soctation de cellules, forme une B^réj^linn
organique ayant un mode d'existence s[h^
cial, et ne pouvant subir de modiriuiliuuj
que quand il naîtra pour elle des ciix;ijus-
lancQS qui changeront sa manière d'être.
Pourquoi alors s'étonner de la siiuilitmle
des produits? Pourquoi s'étonner |>lus de
la génération sexuelle que de la gënérition
gemmipsre ou QssipareT Un orgsnisun
asexuel est celui qui se trouve dans dts
cunditîons telles que la cellule éléniealaire
jouit isolément de propriétés vitales ooi la
mettent en étal d'assimiler dès son éoiH-
gence les principes nutritifs ambinnls ; tto-
dis que dans les organismes sexuels, l'otult ;
n'est susceptible d'émergence que qmrni, .
par le rapprochement du mAle, il est m
dans des conditions physiologiques qui K>
douent de la somme de vitalité nécessaire
pour devenir un être nouveau ; en à'ôleisnt
plus haut, on trouve que le jeune élre, k
lieu d'assimiler immédiatement les priuc-
nes alimentaires qui serviront plusUnlt
l'entretien do sa vie, a besoin d'une nnof-
riture élaborée par la mère. Toujours do""-
le principe d'évolution se présente Jam ,
toute sa puissance. A mesure que les èifri i
deviennent plus complexes, ils ont liïS'"'' :
d'une nourriture plus longuement |>ré|«tff. |
La génération spontanée ou primitive n*^!
donc pas ici une question de géiiëratiut
proprement dite, mais d'organisation ruJi-
mentaire ; et la génération est un aclep".'-
siulogique du même ordre que la nutriuon. 1
A cela on demandera pourquoi, puisque J<
défends la théorie de la puissance plaslNi"
de la terre, il ne se forme plus i sasurlltt
d'bommes.de lions, de tigres, dosinges,eti'';
je répondrai que c'est que l'époque de lenr
évolution est passée, et qu'il ne s'en forwf
pas plus que d'or et de métaux et de p'^fj
res précieuses, bu sein de la terre. Ce mJ'
IfS productions d'une époque écoulée, et if
temps ne revient pas sur sa route;»'"'
mine et emporte avec lui les planéiMl",'.
1417 C.e.i DICTHXS-NAIRE ATOLOGEnOl'E. GEH lOlS
'ITèsde nombTPiises modrSealioas, liassent Ire» de celle fsçoD qae de Inule aulre. On
-je Iftnhnce ii la iinlilé four lomlicr dans s'assurera de m£iue que celte manière de
ij JécrépilDde . ajec les alomes qui se génération es! non-seulemen! la plus fré-
mtarenl i leur surface. > quenle el la plus générale, mais la plus an-
ToDle» ces opinions s'étanouissenl <Ie- cienne, c'est-à-dire la première et la plus
iint une discussion sérieuse des faits. Noiis uni'ersfllJe (1543). «Et pour montrer queHe
a ^oni cfaercber ft le démontrer, en nons »c- bitension BulTon donnait à celte fay (Kilhèse :
rupanlsnccessireinenl des principaux plié- ■ Dès que lesmoWcoles organiques, ajoule-t-
numènes sur lesquels on s'appuie pour sou- ■'> ^ trourenl en liberté dans la nialièr»
l-Dir aujourd'hui la génération spontanée ^l^s corps morts el décomposés,dès qii'ellpf
<!«s infusoires, el de ceux qui serrent de ne sont point absorbées par le moule inté-
bisei la même opinion pour les entozoaires. rieur des èlres organisés, qui composent les
i I. De la génération Mpontanit dn infiuoi- espèces ordinaires de la nature Tiyaule ou
m. — I. On a fuit deux hypothèses sur la 'égélante, ces molécules, lonjours actires,
t^iérilion spontanée des infnsoires : erlle traraillent i remuer la matière putréfiée,
^c( M«/^ni/r( of^oHifuef de Buffon, et celle ^"^^ ^'^^ approprient quelques particules
'•' U tréatian aa rporei, des auteurs mo- brutes, et forment, par leur réunion, uue
ntfbti. multitude de [leiils corps organisés, dont
PrrmiiTihspothèn.-^ Buffon,TOjantd-.ine I? """•. '^?"°* '^'*'^" Î*V"'"S- '" ^^'""-
ï.ni.maliè?esedésagrég^r.elvoy«nldïS ^œ^'^i^' P""'««°l être des auin.aui
iBlre côté naître de petites particules ri" °",i" v«oélaux assez grands, mais dont les
.nies dont l'origioe échappait èl-obserra- ""'"! en nombre presque infini ne se
:■■«, supposa refisience d'une fîue de cor- l-lt^l, V" """«««P» î '«»? «es corps
aHulosVnfmés dont chacun slraU le «"- îée iKw ï^s%StnmeL^er/^^^^^^^^^^
e de forces riialot nrnnrac n^ i. -*..„: "" (lawt;. Les anguilles de la colle defaniie,
étor. du Dom de moSfV, S"mni™„ w Pf«e"il"S »niiiiaiii nmroscopiqnes ne sont
ins ™ excêpltr les pi»! grands ni "es p°Js SÎ.T 1' '"'""' " <'>'«">f^'«^', celle
««11, réinllersienl des espèces de monades ™?» °.™° "^^'- ' ^"ffvl'"."' " ""r
■TOflible» de conserver i la fois el'eSÎ £•»»'•«■"' s»' »Poinl hisorique. .o:ci
!UI iilaircel leurs t.cnllés.îi es douéM ?„'°',''" '°'°" «"lo'' ''« J» B^SnlSrauoo
Ion, ,ie indénendanle mais noù.anl « <1." «nlo'oaires :. Ugénéralion sponlané.
.-..per ullérieSJeTnrpoSrcréS; dés Vo" "'S'î.' ""T"?""":' ", H-i"™"»";»»'
•s .i..nles nourelles. De là l'idée d'une <F,t t T.^Àif fl""''!"'»" .»""' l»"^»"'
uUlîon rnnliniipIlD nnn .<...I™J^i ^ la »ie. Les molécules surabondanles, qui ne
..""a'Sî^ïïâl 3 ''rSme"mémede°2 mmal pour s, nulrilion cberçtem » se réu-
»»aui, conséquence qu'il . T.inement S™,. T.ir ""?' '^'r'"^ ''1 " ""V'™
mé d'éluder 3ar la nouTelle sunnosilion f . 1S? """«»". <" '"'menl commedans
4;;ii.^ï.=s T'!^^is^ Js/^i^^^î^^ss.rf^t.ïïS'ïi
-, jusque dans lu sinus des veines de plusieurs
i-tsl précisément comme une consé- animaux; c'est aussi l'origine de lous les
«ce de ces molécules organiques, que vers quipercent la peau (laei... .'
0'.n admet les générations s|iontanées. Il est vrai qu'oiaminés avec de maurais
-uDe de ces hjDothèses suit de* l'autre, microscopes, les infusoires sembleui u'ôlre
j-lourens (154IJ. Aussi, las beaux et qu'une simple masse dégelée virniile, et
AA^^' résullal» de la science moderne, peuvent passer pour ces prétendues molé-
décourerles de Redi, de Swammerdam, tuies organiques de Buffon. Les tissus des
JaIIisnéri,deRéaumur,sontenIièremeul animaux, imparfaitement étudiés avec des
I P^"''*""''n. Il jr a peut-être, dil-iJ, grossissements peu considérables, olfrent
ini d Cires SOU riranls, soit végétanis, aussi un aspecl granultjux qui a pu les faire
I se reproduisent par l'assemblage fortuit regarder comme composés de la réunion de
i molécule* organiques, qu'il y a d'ani- corpuscules ou globules, auxquels si était
ux ou de végétaux qui peurent se pro- facile, avec une imaginalion comme celle de
ire par ""e succession consUnte de gé- Bulfon, d'accorder une vie proi.re. Plusieurs
•allons (1M2). > El plus loin : ■ Plus on observateurs sont tombés dans une erreur
(i-rvera la nature, ;>lus ou reconnallra analogue sur la structure dts tissus à uue
'I se produit en petit beaucoup plusd'ô- époque encore peu éloignée da la nôtre ;
I yil Bifioû^det trnawx ttiatdictde Bmffon pUneim t. IV, p. 533.
1-U», m™ H- • „ <'"5) 0-r. «i-, Suppt.. I. IV, p. 557. :
«i ' *^' '' ''«'"?';''« <î« Cabî«ei d» roi, de 0515) 0«r. ril. Si.iïï. l. IV, p. M3. .
ptimcne loyale, .0.-4'; Pari», 17*9.178?; Riip- (I54fi) Out. til., M., t! ï\ , p Ul.
tC19
GEN
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
tel est Milna Edwards (l5W),quf professe
aujourd'hui sur le mèiue point desidâes bieu
diOTérenlos. Mai? en ce moment dos con~
naissBDces histolagiqucs ne nous permettent
l>lus le doute, et il est certainement inutile
de réfuter les idées de Buffon sur ce
sujet.
Deuxième hypothiee. — Vers la Gn du der-
nier siècle, Spallanzani cODimençn, sur la
formation des infusoires , des recherclms
dont nous aurons bientôt l'occasion do par-
ler; mais d'après Bonne), injublé dans ses
conclusions par quelques idées préconçues,
il n'en tira pas peut-éire tout le pniti qu'il
deTBil. Plus tard, en Franco, Fray (1548) tit
du nombreuses expériences avec tuuie la
minutie des chimistes et des pti,>$jcieiis.
niais elles furent plus nuisibles qu'utiles b
ta doctriflc qu'il voulait défendre ; car elles
le conduisirent S admettre que dans les in-
fuiiiuiis se produisent non-seuiement des
niiimaux microscopiques, mois même dos
vers de terre, des culimaçotis, et jusqu'il des
insectes d'une organisidlioii compliquée ,
des poudures, des cousins, etc. Dugès iecoti-
natl qu'il j' a eu dans ceseipôrieiicss que)-
que cause d'erreur, comme dans les expé-
riences plus récentes de Cross, qui auniit
jiroduit des ai^ariens dans des solutions df
silice, déposées sur un morceau de lave et
soumises è l'action de la pile.
En Allemagne, Gleictien, Gruitbuisen,
Burdacti, Tréviranus et quelques autres
liront de nouvelles expériences. Burdacb,
qui les rapporte et les lésume toutes, n'en
conclut néanmoins la génération spontanée
que pour les êtres inférieurs. Voici comment
il on explique la possibilité : ■ Comme la
plasticité individuelle, dit-il, ne peut que
conserver les organes supérieurs (viscères,
muscles, uei'fs,etc.] |tar la tiulrilion, tandis
que pour ce qui concerne les organes infé-
ricurs (tissu ccllulnire, vaissenux cHpillaires,
0^, etc.), bile est apte è produire de uou-
Venu, soi! en ajoulsiil b ce qui etisle dt'jh,
suit en régénériinl les parties perdues; dd
même la généi'aiion ne saurait miiiutenir
les organismessupérieurs que parpropaga-
tiun, mais peut, lorsque les circonstances
sont favoratjles, créer de nouveaux organis-
niesinférieurs(lâV9). »Burdach pense d'ail-
leurs que la géuéralion sponlanée nes'exerce
guère que sur des substances organiques :
o Si la fone plastiquo de notre planète, dit-
il [ISoO}, a été autrefois plus puissante qu'elle
ne l'est aujourd'liui, on peut penser que la
généiation primordiulu a élé mise en jeu
jiidis par des dépôts inorganiques produiis
au sein des eaux; mais qu'aujourd'hui elle
0 Heu, sinon exclusivement, du moins prin-
cipalement lorsqu'on fuit ini'user dans l'eau
uue substance qui â joui de lu vie. ■
(1547) Réperlohe générale itaiialomie et de phy-
liufagje, publié par Urusdiet; Pitrig, 1827,1.1)1,
p. 47.
(1548) Ëf.aJ mt Forigint des corpt otgimitét et
tnorg'nHit^tj-Puris, I8t7. U'iui'juc publiée un Fiau(<:
KPIll.'lllr'lil l'ii lillT n G l>kiii'ri.<iii'i'ï il^il. Ii> IKIlJl
En résumé, les travaux de ces npénmi.
taleurs modernes semblèrent, uon |iasfDih
lirmer les idées de Buffon.qm ti'éiaienl ,|ut
de simples suppositions, msjg prouver i)»;
la substance organique morte peutdeTeuit
le siège d'une fermentalio», et, iiaridlr,
donner naissance à des granults, deuui^llei
se développeraient, comme da vériui)ita
ovules, les êtres infusoires. « Dans la proio-
gniion par œufs, dit Burdach[l55t], jeiiui-
vel individuse forme aux dt^pensd'uDeoi^u
ainorphe de granulations tnicroscojiiquesw
se décomposent. De pareilles aiiila|p»ïj
permolieut pas de regaiiler comme iib»lï|
litcnt imiiossible que de la subslsua M
nue, produite par la décomposilioa ilt J
maiière oi'guni<îue, il se développe mm
mal d'une autre espèce, pourvu de biiudii{
do cavité digosiive, d'organes locooiii!
tours, quoique d'ailleursd'uiieslruduiD loi
simple, a '
On veixa qu'aucune do ces deui hypi:!)!
ses n'est loiidéo sur les faits. Msis, il Ili
le dire, avant luôme que l'expérienct ii
répondu d'une manière qui nous [MI
aujourd'hui décisive, on avait émis, lur
nature du phénomène dont nous unusa
cupons, uno opinion plus logique. Dtrlu
temps, on elfel, on a cliei-chéi;eiiiliiiutr<
génération dos infusoires par icéévem^
luent d'mufs ou de germes, c'esl-<i-ili(t|l
UQ mode semlilatile ji celui par lequviix
voyons se former les autres êlres Tiiiril
qui naissent de parents semblaliles à »
Faut-il adinellro alors que ces uenui:)
trouvent répandus partout, daDsrair,<li
l'almosphère, duns les eaui, etc.; un
mol, faut-il adniL'ltre la disséniiniliuud
germes do Bonnetî C'est \h une srtM
question qu'il nous faudra bieiilùl il
tu 1er.
11. Mais avant de répondre àcclleài
culié, dunt les SjiuDléparistes oui fûi'i
objection, et h quelques autres hu'd*
élevées conirQ le mode de reproduclm»!
infusoires que nous adoptons, uuus ^i;"
exjiusLT les expérieiices que lanlilVliicr
tt'Urs ont tentées dans le Itut de ris"ii
uno question si cuntroversée, et st^m
surtout tes caraclërcs de préiusioii iinv^
res à ces expériences pour qu'elles jiuii!
l'uiro naJIie la certitude.
Les iiremières expériences seroWéi
tout h fait favorable» à l'opinion 'li^Si^é
rations spontanées. Telles furent wlltf
Lecuwenlioeket de Needham qui tftou
rent les iulusoircs. Plus lard, les obsfi
tion» d'un grand nombre de physiok9'
et do naturalistes, (.1 notamment île ^
Innzuni, do Wrisberj de tileicliun, »
F.Muller, d'ingenliousz, deFray, di'ii
ïrévironus. de Gruithuiseii, de Buii
et 1807. Une partie fut publiée en Allciii«[>'
1807. , :
(lofô) Bl-rdvcb, TraUi dt phy^ioltgit, I. Ut-
Palis, f637.
(ir>:iO) )h« rti., 1. 1, p. 417. I
li;.SIl '■<!. .ii..i. I,p. 13.
CEN
KCTIONNAtRE APOLOCETIQL'E.
Gc:(
l(H2
i- Suiullze, J'Elireiitierg, Je DujariliD, etc.,
l'.i en étendant lieaucoup dos cojinaii-
>i::'.ei à cet égard , ont pu donner lieu
e; on »at cocclusions les plus opposées.
^;ia:i3Dzam Tjt que les subslance^ or^a-
riiucscuiles sont tout aussi propres que
<:<.t:s qui a'ont pas bouilli i donner nais-
!~:uek des iufusoires; que l'eau distillée
H aussi CiTorable è leur développement
■:.v l'eau urdiuaîru: que l'air aliuospliéri-
,.'e en nécessaire k ce dévelupiiement , et
:.rl'jut qa*on ne rit osllre aucun infusoire
,iii les infusions qu'on a fait bouillir en
i>»s dus. CependaoL il reste dans le doute.
'i/js liirusoires, dil-il, tirent saus doute
■-•1! [première origine de principes préor-
;"i] iés ; mais ces principes sont-ils des
■^.:s, dis ggrmes ou d'autres semblables
< .'jjiculesT S'il faut offrir des faits pour
.- ^uJre à cette uueslion , j'aToue ingeaù-
.'.:.: i{LiB nous n btoqs sur ce sujet aucune
:T.'lilude (1532). »
Wri«berg (1553) pronrs la nécessité de
'iirQuence de l'^ir almosphérique, en dé-
'.«iiiiranl qu'il ue se produit aucun animal
^i.ï les iojnsious recou vertes d'une couche
buile.
Tréviranas {1554] dit que la diversité des
bbiiinces organiques eu infusion ealralne
lO'âi ii.-s dilféreuces dans les iufusoires
;<.ii'y furaicnl, que la lumière eierce sur
'"ilrf'fOiJucliou une inOuence considéra-
•■--.tic, et i! arrive h soutenir ura opÎDÎon
■'ri analogue è celle de Buffoo sur les
■■■hiuivs organiques.
Llc lies productions qui a le plus occupé
s j>ariisan5 de la génération spontanée
H fa iDalière verte de Priesllpy. Etudiée
•r;Dut (lar lugenbousz (1550), elle apparaît
i::j. dans les conditions dont iiou-> venons
' l'jrler, sous l'aspect d'une croûte vcr-
L'.'. à granulations rondes et ellipiiques,
:i. il'aburd isoK-es et douées de légers
3'i»euienl5, paraissent se transformer plus
': eu lilets lraDS|jarents qui se meuveLt
.i.e iisaiiiére irréguliëre. Suivant K. Wa-
^r 1556}, elle ne sérail qu'un assemblage
'3 :avrfs d'animalcules rerts (entre au-
ra i<: l'englena viridit); ses bleis mobiles
-:>:eEil des êtres différents; et Ingenbousz
ttU eu le lorl de ne les cousidéri^r que*
iiue lies transformations des premiers,
tu généra) , les recberches des observa-
■rs uuot nous avons cité les noms, por-
ul successivemeul sur l'inlluence eier-
r lar la nature du corps sotide ou de la
s'.auce à infuser sur celle de l'eau dans
!'-^i SrAixuizisi, OptKutn de pbniqiu bbI-
.' r! ré^étaU, i. I, p. 230; Paris 1787.
^'.:C>^ ObieTTatioH..ai de animalcMlh iMfneoriit
■-3. de, D. It5-S'j; GiFilînguc, lïCj.
£'..i Biiligie, i. Il, p. 5iô; <;œl[ii>i;ue, I82i.
A • ■! UiuetUuKa phgtico-weclieti; Ynoiia:, I7:ij.
1 '■>•> Jfouaet il« ^jTHoIoi/îede J. Mlllu, 1. I,
M I : Pari*, ItUS.
: V'iTf Beiirage :mr f^$iognitk and um^gtinie,
. •«).
i. ,j^j BioUfie, t. Il, y. W^ ; GœiUiiijur, l«ii.
laquelle on la laisse infuser, de l'air qui
est en contact avec elle , de la lumière qui
l'éclairé, etc. Il serait beaucoup trop long
de rapporter leurs nombreuses expériences,
dont des observations subséquentes ont
beaucoup amoindri la valeur. Nous nous
(.'orilenterons d'en signaler les résultats.
Pour ce qui est du corpt solide, tous les
corps organisés, après qu'ils ont perdu la
vie, ou Tes diverses parties de ces corps
(racines, tiges, feuilles, fleurs, fruits, cer-
veau , poumons , foie , muscles , excré-
ments, elc.J; les principes immédiats qu'on
eilraîl des corps organisés et qui sont en-
core susceptibles de décomposition (mncus,
farine, exlractif, albumine, fibrine, etc.),
et encore le li;rreau, la vieille colle des
relieurs, la bière blancbe aigrie, le mauvais
vinaigre, enfin certaines substances inor-
ganiques, le granit, l'anthracite, le marbre
coquillier, d'ajirès Gruilbuisen (l&ST); le
sel do cuisine, le salpêtre, d'après Trévi-
rnnus (1558), sont susceptibles de donner
naissance h des infusoires.
Quant i Veau, on a employé successi-
vement l'eau de rosée, que Gieichen dit
être la plus féconde (1559), l'eau de jiluie
ou de source fralcbe, l'eau conservée quel-
ques mois en vases clos, enfin l'eau bouil-
lie et distillée. '
La présence de Fair atmotpk&iqve est
indispensable : nous avons vu commenl
WiisDergra prouvé. Spallanzani (1560) avait
aussi remarqué qu'il ne se formait des
infusoires dans des vases hermétiquemeni
fermés que quand ceux- ci contenaient aesez
d'air, ou qu'il avait pu eu pénétrer i tra-
vers les fissures occasionnées par l'aclioD
de la chaleur. Fray (1561) prétend en avoir
vu se dévelop|ier sous l'influence du gaz
hydrogène et sous celle de l'azote.
L'inQuence de la chaleur, de la lumière,
de l'ileclTÎeiii , sur la production des in-
fusoires., ne parait pns différer de celle
qu'exerceBl ces agents impondérables sur
le développement du tout être orginisé.
Enfin, on a prétendu que la nature des
infusoires dé|<endait de la nature de ces
trois corps (solide, eau , air), de leur pro-
portion respei'tive, etc.
Il est inutile d'insister sur ce point, puis-
que les faits sur lesquels e.<t fondée cette
assertion ne sont empreints d'aocui;o
rigueur. Burdach (1562), après avoir rap-
porté les eipériences qu'il a faites en
commun avec Hensche et Baer, et qu'il
api>elle décisives, se plaint de ce qu'un
{\7iâ9) DiaifTiatiott nr la gMrmtion éei animât-
tnUt tptrmati^iui et e«u 4'iufuiiom; Paris, an
VIL
(1560) Oiiemiwiu et eipirienett ««r It* «■»-
maUuUi, pag. 144, U I, dwis UpiucuUt 4e f><<|-
(I5GI) Euai tuT rorigine itt coip* oTgaui^Mtt et
iMTgaHt^ufê, p. 58; Paris. IttlT.
(,;.ri] Trûiéde phyhl-ifie, t. I. p. i6, Irad. de
JuiirJ;>ii.
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
SBN
«utre pliysiologisle (J. Mùller] ne leur
occonJe pas la mâme valeur. «Je ne vdis,
(lit-il dans son objecLion, qu'un parli pris
de nier lo possiuililé d'une expérience
décisive, pluliJt que de renoncer à une
hj'polhèsn favordlile. a Cependant nous par-
tiigeons pleinement à cet égard la convic-
tion de J. Miiller, et nons disons avec lui
(1563) : ■ Quoique quelques observateurs
aient ezprimenté à la fois sur des infu-
sions de sutjslance organique, sur de l'eau
distillée, et sur des gaz artificiels, la pré-
cision nécessaire pour élatilir un résultat
décisif ne saurait être admise comme pro-
bable dans ces cas; et elle n'est guère
possible, puisque les instruments employés
{lour changer l'eau auraient dû être ab-
solument purs de toutes particules orga-
niques adhérentes, et que chaque lavage
donnait occasion s des erreurs, b
iil. Maintenant nous allons rapporter
des expériences d'un caractère plus positif
et dont les résultais, opposés h ceux de
Buniocli et de tous les partisans de t'bé-
térogéiiie, nous paraissent être d'une ri-
(joureuse exactitude.
Les principales conditions qu'il importe
d'obherver dans rapplicatiou de l'expé-
rience à la question des géoéralions spon-
tanées , sont les suivantes : 1* Il laut être
sûr que toute matière organique vivante,
germe ou animal, est détruite dans l'in-
fusion qu'on a préparée 7 2* il faut Tailler
è ce qu il ne puisse pas s'en introduire
du dtihors , pendant tout le temps que doit
durer l'expérience. Voyons comment ces
conditions ont été remplies.
Nous avons entendu Mijue Edwards ra-
conter plusieurs tentatives infructueuses
auxquelles il se livra, il y a un certain
nombre d'années, dans le but de provoquer
des générations équivoques. Ayant mis dans
uu tube de la matière organique el de
l'eau, il faisait bouillir le liquide aUn de
tuer les animaux qui auraient pu s'y trou-
ver, puis bouchait le tube, en tirant sou
extrémité à la lampe. Aucun infusoire ne
se formait dans ces infusions, même après
un laps de temps très-long. Au contraire,
des animalcules s'y développaient toujours,
quand l'appareil n'avail.pas été préalable-
ment thautré. On pourrait objecter avec
raison à ces expériences que l'air ne se
renouvelant pas à' la surface de l'infusion,
il n'était pas étonnant qu'un animal oe pût
y prendre naissance.
Mais plus tard Schuitze (1564) Qt des
eipérreoces plus concluantes. La première
écuuua dans les ciiconslances suivanles:
Il prit uu vase  deux tubulures, dans
lequel furent mises de l'eau distillée et
(les matières organiques , telles surtout que
(lu poivre, signalées comme les plus pro-
pres au développeiueut des infusoires ;
(151^) J/nnuel de piiyihlogie.uai.ie Jounlan,
p. 13; l'ari», 18i5.
l.i,p. 13:l>ari», 18i£
\ Edimbiirg Htm
'oa^iidorf, p. ^l;l»:il. -Vug.
phiUtopliitiil journal, octolii^
puis ayant tué tout ce qu'il pauraii ; ii„ir
de vivant dans le bncal. en le plDi^i'am
dansunbain-marie très-chaud, il pli^g^jm.
plement l'appareil sur sa fenSlre, puur k
mettre en contact avec l'air eitirieur. A^
bout de peu de temps des iufujajres sv
montrèrent.
Dans UE1Q autre expérience , Scbnll»
employa plus de précautioas. Ajinl loui
disposé d'abord comme dans la précédvnit,
au lieu do laisser arriver librement l'iir
atmosphérique en contact avec sou mélao^r,
cet observateur prit le soin de lui fgirt iq-
bir d'abord un lavage qui, sans altéretsi
composition, le purgeSI de tout lamti
de toute matière organique qu'il poarnil
tenir en suspension. Pour stleiDilrecebDi,
il ne le laissa se renouveler dans lesQicu
3u'è l'aide de deux tubes placés dasi b
eux tubulures; l'un de ces lulfs M
destiné à l'entrée de l'air; l'autre, muni itïii
appareil d'écoulement, en délermiaiit ti
sortie et le renouvellement continuel. Ag
tube qui était destiné ft son entrée, Stljulti^
adapta un appareil renfermant des riictilf
que l'air était obligé du traverser luni
d'arriver dans le vase, et où il se M
complètement, de manière que tout (n
orijaiiisé ou tout germe d'aDimal qui ;
aurait été contenu fat incoutcstableuieni
détruit. Le réaitifdont il se servit de |ire-
férence fut l'auide sulfurique coiiouni:
et, pour qu'après ce pasisage l'air uurcilii
pas cbargé décide, il lui liL traverser ui
second bain formé seulement d'eau pat.
Or, quelle que fût Is durée de l'uipéneM
tant que cello- C[ fut coutiuuée avec le u'i-nrii
suiu, jamais le moindre infusoire, niiui-!
mal, ni végétal, ne se développa, iiuiiii
ou peut hardiment en conclure queilclt
matière organique, de l'eau et de l'^i'H
sulLsent pas pour produire un èlre ii^i°j
A la Qn, Schultze déboucha le v3se,r'*
lieu de n'y laisser airiverquede \'ù' ]"■
rilié, il y laissa pénétrer comme iJn>><
première expérience, de l'air urJiiu<'':i
c'est-à-dire de l'air chargé de tuutw i«j
matières pulvérulentes qu'il peut lenire
suspension et charrier d'un lieu ï uiiiumi
et au bout de trois jours apparureui ûi^
infusoires, J
Scbwaun (1565) a fait des oljs.'rfaiii
analogues : il a reconnu que les liil"' j
bouillis et chargés de matières or^ini<]'j
qu'on met en contact avec de l'air F^J^
blement soumis k la clialeur rouge, H
riche encore en oxygène et souvent reH
vulé, ue produisent ni infusoires, ni»''']
sissureâ, et ne subissent pas la putréfatt^''!
Après lui, plusieurs observateurs wit'^
pelé ces expériences avec le uièiueiud^
Il est duuc inutile do recourir aiii"^
teiidu mode de formation attribué par v'^
dach et tous les sj)Outéparisles aux fH'"^''
1837, et AiwHie» dei tcimcu namtllt;"' '^
Zoologie, l. Mil, p. 320; 1857.
(I5U5J Sur Ut giHéraliout f^ptnoqati, l»» "
Annetct 4» l'ogyndurf, p. Itti; 1857*
œs
GEN
nCTlONNAIRB APOUKETIQUE.
GEN
1086
jfifbsbires. Non-seulemetil les bits sur les-
quels il Ml Ibodé sont bien loin de conconler
aArt eui, mais on voit encore que l'i-x-
périruce précise le repoasse de la oianière
il |ilus formelle.
IV. Cependant , les partisans de lliétéro-
ç(uie. «r«Dl eru IrouTer dans leur hypothèse
une explication plus facile que dans celle
dfi genoes, et ajant souleva contre cetle
dernière toutes sortes d'ai^unieals, il nous
iiiul répondre mainteuant k leurs objerlioos,
H, aprè! avoir proaré que tout fait eni-
fqeintdfpDsilirisuie repousse la génération
f;onUnée des infusoires , il nous faut
ticmooirer en même temps que r;en ne
t'u|ipûse k l 'intelligence d'un mode phis
bonuil de génération h l'égard de ces ini-
nukvies.
Comment se fait-il , répètent sans cesse
in (drersairés de l'existence des germes,
qa'on n'aperçoive pas ces germes eui-tuémes
(|ui dûiveol élre SI nombreux et disséminés
^rtonll Hais on peut leur répondre qu'il
uj ■ rien Ih de surprenant , puisqu'il faut
Hii des instruments très~puiâsants pour
iifir les auimaux qui en proviennent.
Comment peot-il arriver, reprennt-ot les
SfiO'iiéparisles, que ces germes soient trans-
fùilés partout T K( alors ils b'élèvenl surtout
f'Lln la puissance des courants atmospbé-
ri'fucs, laquelle est pourtant si incontesla-
Uc Or L-e que nous savons de cetle puis-
Ubcedoiloousrendrelacile à comprendre le
Iraùiporl de corpuscules aussi petits, aussi
ttgtrs que des germes infusoires, et dont
lui i;oaibre infini pourrait former h peine
viii o «sse comparable à un Isible nuage
Je poussière. Le» ceudres du Vésuve n'uui-
a.t» pas été traasporlées par le aeul inter-
■riiaire de l'air, uou-seulement dans toute
lu. il-, Diais dans des lieux plus éloignés
TMTurv ? L-a seuleforce des courants atmos-
t-tritjue* et des ouragans u'est-elle (las
I cause de ces pluies de crapauds et de
«.s>ous dont personne ne récuse l'éton- '
iirite autheniicitéT El |«ur indiquer seule-
.tnt la possibilité d'autres moyens de trans-
w.%-, les teufs des animaux qui vivent dans
tau ne peuvent-ils pas être portés d'un
bu dans un autre, par leur adhésion aux
,eds dtd oiseaux aquatiques, ou par toute
luse aualogue , aussi simple et aussi
^jueote I
M ces germes sont répandus partout,
t^ute-t—cu, il doit j avoir un gaspillage
t produits iuconcevable. Hais n'esl-il pas
îjeiil qu'il doit j avoir partout des pertes
Uiblablcs,«urtoutdansies rangs inférieurs
rurt^oiutiouT A mesure qu'on descend
us 1 é4:lielle des êtres, on voit que pour
e le oombre reste i peu près le même
ijue leur producliou vl leurs pertes se
jipeasent par un balancement réciproque,
boaibre des germes et celui des wuts se
iltiplierit de plus en plus. C'est un fait
^i;usable et nécessaire aux harmonies du
1006) SmUtma nt. t€geiat.
\îittïj trmieft Noiium, t. Vil, p. 193.
la nature. Ainsi il esl probable qu'en général
un champignon esl remplacé par un cliam-
ptgnon,et cependant Fries (1566) a remarqué
que le nombre des spores du relicularia mo-
zima est de dix millions. Il faut donc, dans ce
cas [ivliculier, dixmill ons de germes |our
la production d'un individu dans l'économie
généraledit la nature. Le infime fait j'observe,
bien q-jedans des proportions en général plus
exiguës, chez la pluparl'les animaux : com-
bien-lf! noaabre desœufs pondus, chez lesani-
oiaux inTérieurs, et même chvz les insectes,
cbez les poissons, n'e^t-il pas considérable,
comparé h celui des sujets qui arrivent i
l'état adulte et qui remplaçant leurs parents,
atteignent le but ûnai-de représenter et do
continuer l'espèce I Cbez les mammifères
eux-mêmes et dans l'espèce humaine, un
^rand nombre d'œufs se forment qui ne sont
jamais fétondés; et parmi ceux qui l'ont été,
combien périssent pour quelques-uns qui
prospèrent 1 Je ne sais si , rigoureusement
parlant, on trouve dans les germas. des
infusoires une prodigalité pareille. Loin
d'y voir une profusion inutile, admirons
plutôt cette extrême libéralité de la nature
pour assurer la rontinuilé des espèces.
Une dernière objection, à laquelle les par-
tisans de la géuéralion spontanée ajoutent
un grand poids, est la suivante : Dans un
grand oombre de cas, disent-ils, on voit
des êtres se former dans des lieux où, de-
puis fort longtemps, on n'avait vu des êtres
semblables. Comment auraient-ils pu t'y
développer, si ce n'est spontanémentT Rien
n'est plus vrai , sans doute, que ces sortes
d'apparitions souvent surprenantes; mais
rien n'implique moins la nécessité d'une
géuération spontanée. Ou le sait, en effet,
un grand nombre de germes , des animaux
même, peuvent consurver l'aptitude à vivre
ou k se développer, quoique la vie semble
annihilée cbez eux, et qu'elle 7 reste olus
ou moins de temps tout à-fait latente. Il est
facile do citer une lanltitude d'exemples de
celte singulière faculté.
Le fait est peut-être pins frappant pour
les plantes que pour les animaux. Tourne-
fort raconte que des marécages , desséchés
depuis longtenjps, s'éiant renouvelés, en-
viron uu siècle oprèa leur de^séchemeul ,
par suite de pluies abocdanles, on vit t'y
développer de nouveau des plantes maré-
cageuses, qui n'avaient point paru dans le
même lieu tant qu'il u'y avait pas séjourné
de l'i-au. Des exemples de ce genre sont irès-
multipliés dans la science. Franklin (1S67],
rapporte qu'en Amérique, quand on a brûlé
des forêts de pins, quelques années aprè^
on voit naître des peupliers^ la même place.
Sur les lieux (qu'occupaient les forêts vier-
ges de l'Aménqae, après qu'on en a opéré
la destruction , ou voit pousser des trèfles
{1568J. Uira-t-on que dans tous ces cas, et
mille autres qu'on pourrait citer, il 7 a eu
génération spontanée 7 N'esL-il pas plus na-
daas Pmitp't N*tàiem, u Sm,
1017
GEN
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
tarel de supposer que les graines de ces
diverses planles sont venues d'ailleurs, à
l'flide des courants <i(mosptiériques ou de
loul autre moyen de transport qui peut
nous échappt-r? Ou J)!f!n ne peut-on pas
ndmetlre qu'elles séjournaient depuis long-
tvm|)s dans lo lieu même où' elles ont poussé
et qu'elles j ont conservé leur vilolité jus-
qu'au moment où les circonstances ambian-
tes, venant à changer, leur ont permis de
prendre leur développement T
Link (1569), rai'porte que, lorsqu'une
source d'eau salée vient à sourdre loin de
la mer, on voit bientôt croître aux alentours
des ïégélaui qui n'hahitent que des terres
imprégnées do sel ou les rivages de la mer.
Burdach (1570) se hâte d'en conclure que
le changement de nature du sol a sufBpour
produire des vé;;<ilauï d'espèces différentes;
et, ajoutant à cet exemple celui des plantes
nouvelles qui croissent sur les lieux rava-
gi^s par l'incendie, il dit : « Il est parfait&-
tiient conforme à l'analogie avec la forma-
tion des inl'usoires, que les produits du [a
cuiubustion, variant selon la nature du sol
f^t celle des substances combusiiblts épar-
ses à sa surface, donnent lieu aussi au dé-
veloppement de plantes diCTérentes. ■ C'est
ainsi qu'il prend toujours le cliaugement
des circonstances extérieures et, par suite,
des conditions d'existence de divers fitres
organisés, pour la cause mémo de la pro-
duution de ces êtres. N'est-il pas plus sim-
ple de n'y voir que la cause de leur déve-
ioppemeiit, que la possibilité pour eux de
vivre dans des lieux où on n'avait pu les
voir encore^parca qu'ils n'avaient pu y
trouver, jusque-là, lus éléments i)éi:esjaires
fa leur existence 7 Du reste, des es|>ériences
précises nous démontrent qae cette conser-
vation des graines, que la persistance de
leurs propriétés vitales et de leur pouvoir
germinslif , quelque étonnantes qu'elles
puissent nous paraître, sont néanmoins des
faits irrécusables. Ainsi on a vu germer des
graines de, sensitive qui étaient , depuis
soizaute ans, dans l'herbier deTournulort;
des haricots recueillis depuis, cent ans, des
mousses conservées aussi depuis deux cents
ans ; oniln, du blé et du riz trouvés dans ks
i dus anciens monuments de la vieille Egypte.
i'y eût-il aucune cause d'erreur dans I ex-
périence du Pray qui a vu se développer
des animalcules dans l'infusion des débris
d'une momie, les faits que nous venons de
citer suQiralent pour lui ûler tout cachet de
spuutéparilé.
Les œufs des animaux ne paraissent pas,
il est vrai) pouvoir conserver leur viabilité
|>endtint un temps aussi long; mais encore
Si>ul-its susctplibles de la garder durant uu
certain nombre de mois el même d'années.
ïuuL le monde sait qu'eu soumettant les
(jeuls de vers à soie à une busse tempLia-
(Iû69) £t«nieiilB pAifotopAiie boiantta, p. 46!t.
(t.^TO) Triâié dt phgsiUoyie, 1. 1, p. H; Paris,
(1371) Duce-, Phjiiologk compuw, l. Ill, p. 201;
lure, les agriculteurs parvienoentMesa».
server pendant un temps asseicoosidéribie
Chez plusieurs Boimaui (et notiinnitnlchû
quelques-uns assez parfaiU en orgaaiuijon
pour qu'on ne puisse plus élever iiii«,.
d hui à leur égard seuletueel le loiipcDD ilt
f;énération spontanée), on s copitati dts
Bits analogues à ceux que Dom btom tilti
chez les végétaux. Ainsi , oq a vu d«s idI'
maux paraître, è certaines époques, dm
les lieux où on ne les avait pas reocoDlrh
depuis fort longtemps. Adaason a td, m
Sénégal, de petits marais, dessécliétnml
mois de l'année, qui, plus tard, lorsqu'il
avait plu, se peuplaient de poiisoas doul
les espèces étaient différentes de cellesqn
peuplaient les eaux environmates. Stsi
aller si loin, on voit souvent les eaui ^t
vraies des fossés qui restent è seclimaJMtii
partie de Tannée, et quelquefois [ilusieun'
années de suite , se peupler rapidement dt ;
myriades d« petits crustacés, eu parlitiiliKJ
de daphnies, de cypris, de ciihérées, icfaDt
d'animaux d'assez grande taille, cooinif 1(S|
branchippes, lesapus, Desmarest l'asuiW
remarqué pour ces derniers (1571). Il m
quelques années, dans la forêt de Footaîiic-:
bteau, on trouvait dans des flaques tl'eig
de petits crustacés bien counus dosaaturi-
listes, longs de 4centimétres,nommiiiipWi
et qu'on ne rencontrait pas dans les liw
voisins. Dne année, ils disparurent coiui'l^
lemenl, et, |)undant les deux ou muni"
nées qui suivirent, on n'en trouva pluwj
tout ; puis ils reparurent bienlAl en gntj
nombre. Comment expliquer tous (esfibf
nomënes, si ce n'est en disant que lus ^:
mes de ces divers animaux éloieiil n^^ri
viables dans la vase, tant que ks ataM
tiinces favorables à leur devuloppeniriiiD
s'éleient pas présentées T Entourés uu
humidité sudlsunle, et proléj^és psr Im
face desséchée, végétante méuic, duu:»
cage, ils ont pu s y conserver loBgtfiii
sans périr. D'un autre cûlé, les iiiiimt
atmosphériques, l'adhésion aux pieil!il<]
oiseaux aquatiques, dont il a dâjï étéi]''^
tion. et plusieurs autres oaoyeiis ileUiii
port, auraient pu les faire passer d'uowl
tre lieu dans celui qui est devenu le bifit^
de leur développemeni. I
Du reste, ce ne sont pas seulemecll
germes d'un grand nombre d'ôlresqmw
susceptibles de conserver leur viabilités
gré le dessèchement et f'abseucu de M
les circonstances néiessaires è leur^'O^
tion. Plusieurs nnimaui , déjà déve)op;«
paraissent être aussi doués uo la miU''*
culte. Spallanzani (t57i; constata, eJ '»
minant les mou>ses qui se trouvent s"^''
toiis, dans les gouttières, ('existence «iMi
tils animaux, curieux à bien des éi:ard).l
qu'on connaît sous le nom de rolif^P';^\
ouiinaux desséchés ne duuneut aucun -->7^
Moiilpcllicr, 1839.
(I5îj) Opu*eulesde phyûqMe attimalt tl 'fy''
I»
CEN
ncnONNAlRE APOLOGETIQUE.
GUI
IC30
dti TÎUlité et ressembleot i des grains de
)4us5iëre; mais dès qu'ea leur doone do
tc3u el qu'ils en sont liumeclés, ils revien-
Brni i la vie al se fuut infime remarqutx
I r la vivacité de leur mouvements. On
i. ti'iua d'abord le fuil : Bory Sainl-Vincont
(1S73, admît que les rotifèrcs desséchés
iiiOtitaient iuéviubletnent , et qus si l'on
atjii cra Toir ces animalcules desséchés re-
titru, on n'avait VU| en réalité, qu's de
L'ititeaux animalcules (iroveaanl d'œufs
[.rumptemeiit développés. Ehrenberg {157i],
Uni en supposant que le rotifère conliuuait
i livre , f^ranti par la mousse et le sable,
|ieiua néaiiicoiiis quCi loia d'éire interrom-
ps, les scies vitaux se poursuivaient en
lui iteï la infime ra|>idilé, el il admet qu'en-
tre la rotirëre qu'on examinait avant lu des-
st-Liitoient et celui qu'on rairouvait après,
11/ avait Due suite degéiiér.itiori5 iniermé-
iluires;en un mol. que celui-ci n'était qu'un
<Jes B(Tiëre-]>etii8-lils de celui-là. Hais ou a
itfjris ces eK|'érieni:es, et l'on a vu que non-
seiileoienlSpalliinzaoi avait bieo otiservé,
ciais que cette mort apparente peut même
durer jtendant neuf mois. Les tardigradei,
ic9 ribrious, qu'on trouve daus les grains
tl« tj;é racbitique, etc., jouissent de la même
tatolté. Dujrère(1575J, en poursuivant les
reetiercbes de Spallauzani, a vu un fait plus
euneui encore ; c'est que, malgré la loi gé-
iicn'ie d'après laquelle toute vie est incom-
t<<tibleavec une température trop élevée,
ttrj animaux, une [ois desséchés, peuvent,
tiiis périr, être soumis à une très-forte
<.i.a.'eur. Descloizeaux (1576), il est vrai, a
i'rcaeiilé dernièrement à l'Académie des
A:ie(jces, des coalc^rves, recueillies en Is-
<UiJe. et qu'il avait trouvées végétant dans
il iource thermale de Grôr, è uue tempéra-
: y:e de 96*; mais en générai il n'y a pas
J'animaux qui résistent à une chaleur de
>v : i cette température, ils meurent tous,
^cme très-jiromptcmenl. On conçoit qu'il
a<itt to être ainsi, ne serait-ce que par t'ef-
«t de Ja coagulation .de l'albumine i mais
2hevreul (1577) a constaté que l'albumine,
{uand elle a été préalablement desséchée,
•îit être fortemeut chauffée sans se coa-
guler, c'esl-à-dire sans perdre lu propriété
i = se redissoudre dans l'eau. C'est préci-
■efoieot ce qui est arrivé dans les eipérien-
■i^ de l>o;ere, et, grâce sans duute k celte
evte circonstance, ces animaux, après
. voir été d'abord desséchés, ont jm Ctre
îiiuffés jusqu'au i20* et mémo jusqu'au
Vt", sans perdre néanmoins luur vila-
.1073) EmcfclopédU mitkodiqae, 1824; arl. Ki-
r'*«»pif««i et tibrimu; — Diciioaaaire Waitifac
•mhinirt malmreUe, art. ftitfi/èrej.
hUlif Uîe lufiâtorien ait nAkt,»tMtie Orgaiùtmtn,
. lU; Leip>i(l,t&Oa.
ij"'»! iÎNiie de nm Mimoirt tiir Ut Tardûfradtt,
.*-^.dt* «c.Mif., u' série, 2 Wo^û, I8ti, I.XVlll,
-.. Ccmp!<
'.iJut de IWaMhiu
V. Après les présomptions que devaient
faire naître les travaux des premiers obser-
vateurs attentifs, après les eipériences po-
sitives que nous avons rapportées et les ré-
Pl>nses que nous venons de faire aux prin-
cipales objections des partisans de l'hélâro-
gënie, il nous semble peu logique d'admet-
tre que des infusoires puissent naître spon-
tanément.
Il est vrai que plusieurs des physiologistes
qui croient encore à ce mode de génération,
en resserrent étroitement les limites : ils
ne supposent pas que des élrts vivants
puissent naître de composés minéraux, et
se conlenleni de les faire provenir du la ili^
socialion de parties organisées, c'esl-à-diro
d'éléments ayant déjà appartenu à d'autres
corps doués de la vie. Aiusi, ils pensent que
la formation d'infusoires n'est pas, k pro-
prement parier, une production primitive
de iiiBtiëre organique, mais qu'elle suppose
déjà l'exislence d êtres organisés. Aucun»
substance orgxiiique, en ctfel, ne paraît
pouvoir se développer d*«rie-niéme. Les
végétaux vivants semtjlent avoir seuls le
Crivilége de transformer les combinaisons
inaires du règne minéral, l'eau, l'acide
curbonique, l'ammoniaque, en combinaisuri
ternaire or,janique, et, par suite, en matière
organisés. Les animaux, au contraire, d'a-
près les vues générales émises et dévelop-
pées successivement par Biirdach (1578), J.
Muller (1579), J.Dumas (1580), vivent en
général de matières organiques déjà for-
mées; mais ils n'ont pas le pouvoir d'en
créer eux-mêmes avec des é^lémcnts ou des
composés minéraux : en un mot, leur exis-
tence suppose colle des végétaux.
Néanmoins nous ne croyons pas que,
même avec cette riislriction, on puisse ad-
mettre davantage la génération spontauéo
dRi infusoires. Ainsi, daus lous les cas que
nous venons d'examiuur, nous ne recun-
uaissoorsaur.une bétérugéuie ; nousy voyous
seulement uue réviviticalion de certains
animaux dont la vie était restée latente par
l'effet du dessèchement ou de quelque au-
tre circonstance, ou bien un développe-
ment de gtrmes qui étaient demeurés plus
ou moins de temps sans ficloru, parce qu'ds
ne se trouvaient pas dans des ciri;onstauces
favorables à k-ur évolution.
D'ailteurj Ehrenberg (1581) a découvert
la véritable germination des semences do
champignons et de moisissures , et par U
fixé le mode de propagation de ces végétaux.
Il a fait voir comment on peut produire de
nouvelles moisissures avec des graines de
uaaces a:atéa solide*. iAnn. de thiutie el dt fkg'
ùque, I. XtX, p. il.)
I lâTHl TtiuU de iiha*iologie, t. lîL, p. 401; Paris,
18-7.
(t3T9l tlauiul dt pimiMogU, I. I, p. Ifi ; Paris,
liSlo.
(iSSO) £.'ifat tur la ttatiqat tLitni^tu du tiret »r-
ffaiiiit'ï, 3'etlii., révrierISU.
AaM) Sjva acla aal. curiot., vol. X. fCil>li»n
il..- J. MlLLbh, d.lIiS ilunl'tt lie l-'.jjilulO-HC, I01i(c 1,
' DICTIONN.URE APOLOGETIQUE.
ii'.oUissures, et il a rendu probable que,
ijnns lo cas où ces ëlres apparaisseut il une
inniii&re inopinéo , leurs graines, dissénii-
nées par l'eau ou par l'aimosphëre, n'ont-
fart que trouver le sol nécessaire à leur
gcrinitiacioQ. Quant aux animaux infusoires,
non-seulement Ehrenberg a reconnu qu'un
grand nombre a une structura compliquée,
mais il a pu, chez plusieurs, observer des
œul's eL la piopagation par des œufs, rhez
d'autres, la propagation scissiporc, 6u bien
encore celle par gemmes ou bourgeons. Do-
Tant revenir sur ces divers modes de repro-
duction, nous ferons seulement observer
ici que cette multiplication peut être cx-
IrSmemânt rapide; c'est ce que prouva
l'exemple d'un rotateur {['hyaatina lenta)
duquel, d'après Etirenberg (lb83), peul ré-
sulter en dix jours un million d individus.
Hi l'on ojouie k cela que le développement
de ces animaux paraît ôlre riche eu iormes
âuccessivos, et qu'il peut arriver de pren-
dra pour une différence d'espèces ce qui
u'esL qu'une dilTcrence entre quelques de-
grés de dèvelonpement, on n'(*prouvera plus
aucune dilTiculté ^ se rendre coidpte ni de
leur extraordinaire multiplicatioo , ni de
leur extrême diversité.
Bien que les observations d'Etirenberg
nous aient révélé les détails de structura
les plus curieux dansles infusoires, il n'est
pourtant pas exact de dire que tous ces
animaux, les rotatoires exceptés, aient une
organisation complexe, et notamment un
estomac composé, comme l'admettait d'a-
bord ce micrographe, qui leur avait donné
le noms de polygastrxqua (1583). Dujar-
din a démontré que plusieurs consistent
Beulemeiit en une espèce de gelée vi-
(1582) Annale* det uimcit nalurellei, n' série.
Zoologie, I. I; p. 138.
(I5s5j Ehrehbeig, Die Inftuioni thienheii ait
voikommerte Organûmen; Leipsick, 4838.
(1584) Ddiabdin, Mémoire tur t'orgamÏMlion de*
infutoirei, AansAnn. iet te. nul., ii* série, Zooio-
fiw,.!. X, p. 250; 1838.
(1585J Orgaaoïoowmit, p. 16i: Munich, 1811.
(1586) Traiti de fhi^iioio^, t. I, p. 26.
(1587) Il y a quelques années on aaonnca que
K. Cross, uvant aoBlais. avait réussi i former des
mites vivantes au moyeu d'une grande pile voltaique.
Cependant M. Turpin ayant examiné ces miles,
trouva que c'éùit tout simplement des Acarut hor-
rid**, nue des formes les plus répandues qui se
développe très-facilemeat et avec uae rapidité pro-
digieuse dans tous les lieux humides, comme l'é-
tait sans doute le laboratoire galvanique où ces
animaux avaient été observés.
L'animal, ainsi fabriqué, est uu véritable acariii
femelle, composé ; 1° O'un corps, 2° d'une tète for-
mée de deux lèvres, de deux mandibules, de deux
palpes, d'un suçoir, d'une boucbe et de deux yeux ;
V d'ufl estomac et d'un anus, 4* de deux pocbes
BolmonaireB latérales, 5' d'un ovaire conleuant
des «ufs, 6* de buil roeoibres appendiculaires com-
Maét dUGun de buit articles, y compris le tarse;
1° d*«M pean kérissée de poiU lougs et nout-
brenT.
■ Comme on k voit, dit i ce propos M. Turpin,
qui avait hé chanté de faire an rapport sur l'en*
vol de H. Cross, on ne pouvait guère compliquer
ranle, de tanode, pour nous sertir éb l'ei-
pression de ce naiuralidte, susceptible Je
changer de furme tant au dehors qu'au d».
dans, pourvue d'organes locomoteun, uii
Ttbraliles, et dans laquelle \ti tlimeulss«
creusent progressivctnent un cerltin nui-
brede cavités slomabales, destinées ï 0|«-
rer une digestion successive des œillirct
ingérées (158b). Mais ces fiits a'AlïDtis-
cune valeur aux i-onclustotis que li coo-
niiissance plus approfondie des infustiM
permet de déduire contre l'bj'puthèK ilo
générations primitives.
En outre, Eliri^nberg n'est jamais pr'na
il obtenir, à l'ciempli) de Tréviraiius,il'in-
fusions déterminées des formes d'infusoim
également déterminées. Il a tu lanlâlle
UOLS, tantôt les autres se produire, qasiqK
la pré^iaration fût absolument la méiue.CtUt
assertion détruit celle de Gruithuisen [\M,
qui dJl n'avoir jamais trouvé ces luioiiui
parfaitement sembisbies de forme, de liilk,
etc., dans plus de mille et|<ériences[iiM
sur des infusions de substances diTer»i,(l|
au milieu de- circonstances difféteoies, i
celle de Biirdacb (1586}, qui prétend quels
diverses espèces d'infusoires [Teuneutufii'
configuration en harmonie avec les circon-
stances. Le fait de cette diVéren», fûnl
avéré, ne saurait d'ailleurs devenir un f
gument en faveur de la génération spoou-
née. Ou'y aurait-Il d'élonoanl, en iffd.)
ce que certaines espèces ne pussent »e^
velopperque dans cerlains milieui, rliiic-
très espèces dans d'autres milieux, si ^•s
les iofusoires comme pour tous les ■oiiitii'i'
les milieux constituent des coudiliou
d'existence (1587)T
i IL D» ta gifufrafion $ponlanéi âa nI^
davantage l'organisation de cet animal, dKt kf»
en outre ce que nous venons de dire, il ; i ''
seies distincts, cb» lequel il y a aecouplnHC-
fécoudation nécessaires à la rcprodaciioii ilei im-
vidus de l'espèce; chez lequel, pour étrecoBHfim
it faut admettre desorgaiteH génitaux; cbcili^"!,
enlln, les femelles font etpondeutdes œuI>fM
éeloseot de jeunes individus qui n'ont d'iW 1>'
six pattes jusqu'ï l'époque où, »e dépouiliul *
leur peau, ils eu montrent deux de plus ^<'' "'
talent développées peu i peu sous cette Jépoouka
tanée.
t Si H. Cross croit avoir formé de toels p^
un auimal d'une organisation aussi élem f "^
celle de son Bcanu, croyance dans laqadic M
savons de bonne part, que le nouveau aâvai
fortilie tous les jours un açu plus, doui vW P
meltroos de dire que M. Cross nous parait n'""
pas suffisamment étudié l'urganisalion et ti fip*
logie comparée des êtres vivaots, connaïut^
sans lesquelles un physicien, même trés-bitik ^
étrangement se iruniper en se croyant plus P'
saat qu'il ne l'est. Qu à l'aide de maiériiax dw*
laires, puisés dans l'espace, il obtienne dci f^
mérations diffuses ou des eongtomératioM ifl^
res ou cristallines, cela se confeit «sitfM.'f
de ces formations inorganiques à la eréitiwd'"'
Ire organisé k plus simple, il y iponraw'
distance immense
I Toutes nos études microseofwiues f^i^
savunl rapporteur, qui est une puiasaaie >•>■"
dans ce genre d'observation ^, touies nos éM^*
na GE!( IHCTI0.'4NA!B£ APUIJKËTIQtJC CEH KH
légtiécs aujounl'liiiî ('ni»re en fareur tle
celle opinion ae sont qno des raisons iiiga-
lives. De ce qu'on croit ne pouToir jins
expliauer «ulrenienl la présence <1'ud liliaira
dans le corps riiré, d une douve dans lu
foie, ou de tout autre enlojoairc dans ou
organe |irofonii, éijalenieut éloigné de U
surface du corps ou de ses cavilés nalurrJ-
les et digeslivei, on argue que ce filiaire,
que celle doure, que cet eotozoaire a pris
spontauément naissance dans le lieu OJt ou
lu irouvu. Et comme il faut se contenter iuj
tatirti.-^ La seconde question que nous
Kuus k eiBDiiaer, eu sujet de rbjiiollièse
■iesgénéralioiu spontanées, est celle de la
fonulion des Kr# àuttlinaux, ou, plus gd-
néralemcDt des aitoxoaira el des parasitei.
Or, pour ces animaux comme iiour les in-
f 'soires, de qnelqoe espèce qu ils loienl, à
•luetque profondeur qu ils se trouvent pla-
ces daus le loîe, les muscles, l'œil, le cer-
Tedu, etc., il est impossible aux (urtisans
de riiéténtgénia de prouver qu'ils sa for-
■•■iil s|>unuiicuiû)t. TuuU's les ra-so:is al-
sur les élns ornnisés. soit T^élaux,
Haas, 1rs piBs petits aaiu Imra dineniions,
les plus simples dans lenr itrsctare, nous
3S
mpKS oana lenr «rvciarc, maaa
■i ^wc leur mode de repraduMion
MMMÏs ae pMvoîr d'une Béte
HU lei ■alériam nturiiifi dans rrajuce, s'éleii-
<:i« «■ u (en&e destina, par iâdement, i la repro-
ibnimi et an nainiien de respéce.
< Cest ainu qu'à mesure qne nous avons niîeai
f.tiié compiraUvniwDl les éb-M Of^niMs el nue
LiMi non sommes approckés des fiv% petits i l'aide
di ■icniscupe. oovs avons ra disparaître snccesisH
«em«Bt <cs Réeéraiions pré&aïuées sp^mui^éec,
Mnes de fatomw ^i ne pëuvenl snpparïer la lu-
•ûcre d'âne véritable et coostaDie obsù^atian.
< ITafês MM propres connaissance*, acquises par
DM lonfoe saile de iravaui en orgauisatioo et en
•MjsMaiie, noDs nous permettrons de dire que M.
trou n point créé, n'a jmint cniiEirnit de toutes
pttvaTacatiu A«rridM, a l'aiik des uiafeus qu'il
tadiqne. Ces majens, en supposant même qu'ils
atmi été indispensables dani celte cîreaastance à
Faffiriliom de l'animal, a\>nt âé qne de simpies
«^■■nhwli qni, semUaMes i ceux t|iii escilenl «t
tiTOTifeai là lermination d'an grain de blé, ont
•ilé réciosion d'ceub pareils 1 ceux que coulieul
• udJvîdH famelle envoyé par H. Cross lui-même;
nh qui se Iroavaieut pondue ou appmiés à la
•«rfaee des pierres vésavienucs mises en eipê-
rieste.
( IjcBorani les travaux écrits par 11. Cross sur la
wodoction nrtilkieUe et à volonté de son meanu,
MMS Mc savons pas si l'animal sort de son eipé-
■totce dans son état complet, on si, ce qui serait
ias en rapport avec la loi qui préside au dévclop-
lemetti de loss les étrea organises, il passe par lou-
es les phases de développemenU et de roéumor-
boses que oods connaissons si bien chei toutes les
•pécK d^atmnu ; si dans l'eipérience, il commence
ar a'eire ^'on point, pais nn globule, puis un
nf. ensniteitnjeaneacare, n'ajFanL eucoreque six
i>txts, et enfn nn acare parfait arec huit paurs,
•Aie Ole fenselle, sans œuk ou conieiiaol des iEut>,
Dmcne celle créée par H. Cross. Hais dans cette
■sniêre d'envisager b fabrication de Vacani de
'■ Crt»ss. il rrslerail encore une asseï grande difli-
>lié, c«Ue de savoir tA et comment ces animaux,
Mareliemeat sîvoiaces,'trOBTeraieMl lapilure né-
:ssaire k lew développeoient; car les élres oifa-
iMs ne peavem angowaier es étendu et en poids
■'en pf eonnt anioor d'eu la matière nutritive qui
• lro«»e, etqe'en r" """"'""""■ " - ■- ■■
■ir myaiéricBS <|tiî . ._.
■ Ln phf siolone actnelfe, plos édairée, par eon-
5MSS1 pea oénle en fait d'organisalions sponla-
>*. et saitMt d'organisalions kponlanées faites
pen t
htbi
wlienl. par exiension tisselaire, d'une n
^bbUe qni précède, eiqai seule a refn de la n»-
r'c le poavoïr de sa reprodnction ; b pbyaiol^ie,
Dictlo:(!(sinK spologétiqck. I
eii^nle, ne demande point t b pbfsiqae et i
. cbimie syntbétiqne b coustmciion, en dehors du
labonioires vivants dont elle v>enl de parler, d'an
■canu, qui eU un animal presque aussi compliqnJ
qu'un manunirêre ; mais sculerueni celle d'un sim-
ple globule muqueox de proiotpliirû, doué, bien
euieudu, des propriétés ou atlriliuts de U vie orga-
nique, ràlles de l'absorpiion, de l'assimilation, de
l'accroissement déterminé et de b reproduction de
retpèce.
( Ce simple globule, qnoiati'i cent lieues de l'n-
eant de H. Cross, serall plus que sallisant pour
exciter au plus baut degré ['admiration des pàjsio-
logisies obserraieurs et philosophes, on plus vni-
seubUblemenl encore leurs uonveans doutes-
< En procréant son animal, H. Cross est loin d'a-
voir le mérite de la priorité de rinveiitloa ; mais il
a eu au moins celui de mieux préciser l'objet de sa
ervation en le désigiunt sous le nom d'acmt, et ch
nous le montrant en nalnre. Il est r^rettable qur,
d'aoe source aussi nonvrlle qu'iiiattcudue, il sou
sorti d'abord l'une des plus bidti* bétes de b créu*
ti<m naturelle; mais altendonii, puisque ce u'csl là
qu'un débuL
€ L'auteur d'un ouvrage intitulé : £sMi fsr For-
gatûtaliou de* eorpt erganiiéi et ÎMorgawiiét, nous a
aussi parlé d'une foule de véji'étaux et d'animaux
créés par lui et par des mojeus aussi rimples et
aussi cbimiqnes. Il est nai qne Frajr o*a pomi fait
voir ses praductions à des hoînmcs capalMs de les
apprécier conme naturalistes, «i qu'i lenr égard il
s est tenu dans ce vague qui cooipromel peu, nialk
aussi qui n'inspire aucune confiance, ir j exi avait,
dit-il, qui ressembbient à des écrcvisses, il dr»
araignées, ii des sangsues, à des moucherons volani^
avec deux aHcs déplovées; il j eu avait qui, conmie
b cuiller manquer du fondeur, n'étaient que difs
ébauches d'insectes, dont les uns manquaient encore
de tète et les autres de pattes.
( Quand on s le rare bonheur ou le privil^e cx-
dusd de faire •l'anssi Étuuii.<iiti:s découvertes, il fau-
drait d'abord bien s'assurer si l'on veille, et s^oir
ensuite L force de se taire, jusqu'à ce que des bum-
roea spéciaux et compéleiits aient conirélé et cous-
taté les faits par leurs propres sens.
< Par une semblable conduite, combien évilerail-
on ans connaissances positives soscepiibles d'être
acquises par l'bomme, d'absurdités qai. une fois
introduites dans les science* toujours si simples, s'j
cramfMMineut de manière à eequ'd faut quelquefois
des siècles pour les oser on les en tain déguerpir. »
( Compte-reiMin des séan4xs de l'Académie des sden-
ces ; séance d« 13 novembre 1837, (ome V, p. tftW,
rapport de H. Turpin.
Rien n'est plus raisonnaUe et plus eonlbrme i
rabservation que le senlimoit de M. Turpin sar k-s
générations spontanées, et personne peut-être n'e-
lait mieux posé que lui povr bire autorité en pa-
petit* qu'd soit possJ^le dobaerver.
ttcs
CES
WCTIONNAIIIE Al'OLOGETlQUE
CEN n^j
de l'obsorvaLiou dirccle, [larce qu'on ne
pcul pas, pour la formalion des onlozoaircs
commu poiircellcdos infusoiras. proToqiicr
la nature par rexpérimenlation, tant qu'il
restera un entnzoaire dans lequel ou n'aura
pas vu des œufs, ou qu'on n'aura pas sur-
pris se reproduisant de quelque autre nta-
nière. les partifiaus de rbéltîrogéDie s'en
feront une arme pour défundre leur opi-
nion. Cependant tous les faits bien avérés,
loiiles les découvcrles qui chaque jour onl
fail mieux connatlrc l'hisLoire des helmin-
thes, sont foriDelleincnt contraires à l'hy-
potlièse des générations spontanées. 11 ne
sera pas très-long de passer en revue les
points importants de la question, le sujet
n'étant pas' encombré d'expériences fauti-
ves comme pour les iofusoires, puisqu'ici
on ne peut en faire ni de fausses ni de
vraies.
Plusieurs savants, et surtout plusieurs
naturalistes et médecins oltemsnds, Morreii,
iVudol|ilii, Urernser, entre autres, croient
encore à la génération spontanée dos hel-
minthes. Une telle opinion se répandit par
leurs ouvrages, qui, d'ailleurs fort remar-
quubtes, ne nous donnaient des vers qu'une
connaissance supcriiciello, incomplète et pu-
rement morphologique. ]1 était réservé
OUI travaux suatomiquas, surtout aux plus
réticots, de redresser leurs erreurs, et de
nous donner une idée juste d» l'onsa-
iiisation compliquée d'un grand Dombra
d'entozoaires.
Sans parler des premiers essais de Rodi,
Linné, Bloch, Fallus, O.P. Millier, ni même
(les travaux plus importants de Gœze et de
Zeder, on peut regarder lludoipbi comme le
fondateur de la science beluiiatlioli)gi({ae>
Mais si dans son grand ouvrage (1588), aiosi
Îue dans les magniGquea planches que
remser [1589) y s ajoutées, la zoologie et
l'histoire naturelle des helminthes ont fuit
un immense progrès, il faut avouer que
l'anatomie et la physiologie de ces animaux
n'y ont que fort peu gagné, et que nos con-
naissances sur cet objet, le seul qui puisse
éclairer l'histoire de leur génération, sont
reniées k peu prés ce qu'elles étaieat aupa-
ravant. C est h tel point que Rudolptii se re-
fuse i admettre dans les vers l'existence
d'un syslèniu nerveux, Lien qu'elle y filt re-
connue déjà par plusieurs de ses prédéces-
seurs.
' Bremser [1&90) lui-même publia, peu de
temps après, auo Hûtoin dei ventntetti-
naux de l'homme. Mou-seulement il y dé-
(1588) FMoxooTum hittoria «alvralit, Amster-
ilam, lltOS, et EntovujTvm tgnapit cui aceedunt
inaniiua duplex et indices tocuplctiwmi ; B^roliiA,
1819.
(1589) Icatie* belmûithum lyilema Rudolphi enloo-
togicum tf (utironiM, curnvil, X. G. Uhëusek; ViL-nux,
(tS90) Traiti xootogiqttt et phy%iutogiqae dei vtn
iiiieftiiiaux de ['homme, iraduii par Gruiidlcr: Paris,
1824.
(IS*)!) Enihetminthicn, in hit von Oken;Iabr-
BOinj, ISil. ~ Enter lia..il.,'i lli, 2, s. jUj.
crivit ceux qui se trouvent dans soniiili.'
digestif, l'i ceux gtii séjournent en de)iflr«
do ee canal, il tn(i)(|ua leur disgoostis ii
leur lieilement, mais il Bt précéder lonir
celto partie de son ouvrage d'une longue
dissertation en faveur do la gËnêraiion
spontanée des entozoaires. Nuus e1l^lill^
rons plus lofo ceux de ses arguments ifui
méritent réfulalion.
Mais, pour ce qui est des notions latlit.
miqucs positives, c'est Bojanus (1591)qui le
premier a démontré, du moins en partie, li
composition du système uerveui dans un
ampnistome; de plus, dans lu mSme (m-
phistofflo, dans plusieurs distomes, cet ob-
servateur a fait connaître oellemetit le cauil
intestinal, les oreanes de lagéiiérat.nn.a
même, dans le Dittoma hepalicum, l'env
toiice d'un appareil vaaculaire. Ou sent qwl
coup portent ces découvertes, qui dater
déjà do plus de vingt ans, à l'faypoibèse dg
la génération spontanée. Si ce mode de
reproduction se concevait d'ttnimsui qu'où
ne supposait doués que d'une organisation
obscure et uniforme, il devient bien plus
dilUcile de l'admettre du moment qu'où re-
connaît dans ces animaux des appmits
organiques diversement caractérisés 'iiHi
diverses classes, et surtout des oi^ms gé-
nérateurs et les produits de ces orgnuts.
J. Cloquet [1S92) exposa , dans on nié-
moire assez éteodu, l'organisatioude Ui-
carida lombricoidu et de l'échiDorhyDiju;
géant. On y trouve la description des origi-
nes générateurs des mêles et femelles : ctlld .
du l'ascaride est surtout très-détail lée.
Dujardin, qui a publié une hisloirL-natii- '
relie des belmintlie" (1593;, a douiié)U.^ii
dans plusieurs mémoires, des détails su'
l'organisation de ces aaimaui, sur la tlnic-
lure anatoiiiique dfs gordius et di^ [ue^
nies (IfiM), sur les helminthes des lutia-
raigues, sur leur métamorphoses et leun
iiiigrations (1595), sur l'embryon deseflii)-
zoaires et les mouvcmenis du cet C]eix]<x^
dans l'œuf (1596).
Uublis, Nordioano, Miran, Dii^og ^
plusieurs autres oQt aussi décrit, (I'iuk
manière plus ou moins parfaite, le sjsleiue
nerveux, l'appareil vasculaire , le caoti O'
gentil, les organes de la génératiou de plu-
sieurs ilislomes, amphistomes. Unguiiuii^s,
diplostomes, etc.
Enûn, tout récemmeat»E. BlBacbird(IS3^:
a repris 1 élude aoaloiuique desentoiuii^
ilesl parvenu il suivre les plus peiits Mn^
de leur système uerve\ix, à i acouoaltrti l"^
(1505) Uitioire naiurtiU ita Mminiitt nta
inWiinaux (dans les âHJlM à BufMi; ''''''
1IU5.
(1594) DujAM», ànn. dei w. mT., tc téric, U^
logie. l. XVlll, p. lis.
(IStlQj Hrr. Cit., niémv série, t. XX, p. Ï39.
(ISIMÎJ «rt. éd., id., i. VUl, p. S03.
(15î)7j Kechercke* êur forjoni Ml i» drt •"».•[*
le» AnKalei des teiencet naturellt; lU" sivit, "*
jttf.i. Vll,p.k7;W47.
CEy
MCnOXNAIBE
i'.uJMi'on la forme eiacte de lenr eaoïl di-
•Mtif el U ridiesse de leur appareil fasea-
iircÏMÙir disUocIcmeDt les caractères
v)molOKues ou différentiels de« orgaoesgé-
Mfiteers dans les diverses espèces ; ea un
D<tt,t déaioBtrer, daos ces animaux, une
«aplieation de sinictare qu'on était loin
le sonpCMoer il t * quelques aDDées.
Aîosi, d'un edie (a délimilatioD fort nette
1-4 espèces, fondée sur la forme générale du
orps, les caractères zoologiques extérieurs,
1 toutes leScircuosISDces qui serT>;o[ iéta-
.t des d^terminattous géoériqaGs et spéci-
,;ues en histoire naturelle, déjà si biea
.ii'.oies par Budiflpbî, Bremser, CuTier, de
UâiDiiiW, Oujardiu, etc., pcrmetiaul de
:.ompirer sous bien des rapitorts les ento-
'uiret stee ao çrand nombre derersqui
irtrot (Uns les milieux ettérîeurt auxcorps
n jutres animaux doÎTeot faire supposer
oeleurgénération ne s'éloigne pas de celle
ttei derniers: que, comme cclie-ci, pou-
iDlétrei la fois scissipare, geœmîpu'e ou
nr«re, elle est surtout ovifiare.
D'un antre c6té Ja structure compliquée
i leur organisation, comparable à celled'a-
imaux seÉnblables h eox, qui habitent les
MI douces ou la nier(1598),dîlKfeDtedans
s ditefses formes spécifiques, de manière
UBfinaer les classificalious zoologiques
iiUîes sur la forme extérieure, el même
its periecliooner dans on grand nombre
( poiata, est aussi un motif puissant de
apposer qae les entosoaires ne sauraient se
^eJof^rspoDtanémeut, surtout quand on
Uquelesoixanesde la génération el leurs
iâaHi, ont été d^à tus et décrits dans un
itgnoi nombre de tjpes.
Jc fondant sur ces dernières considéra-
u, c'esl-â-dire sur des données analo-
gues, Blanchard établit, dans les Ters,les
ues 5uiTaDles:lesaN/tiemu(l599J,com-
:na[>( les planaires, (es trémalodi:», les
jTtrs, les ampbistomes, les tristomes, etc. ;
ecstoidett dans lesquels il range les
iaSv les botliriocéphales, les cjslicer-
&, etc. : lt;5 helmitUliti proprement dits,
)*.-i>dîre les Sliaires, les strongles, les
zr\-'.es, etc.; eulin les niaiertititt, ctquel-
:S Autres.
'uar ce qui concerne les organes de la
rwlaclion dans les classes précédentes,
APWJKETiaO^ CEN ItfM
•f chez les anérormes, dit cet obscrtateur.
ces organes ont une consistance assez grande;
ils permettent de distinguer ces entfizoaires
des autres vers. Les hirudinées et les sco-
léides (lombricinées) sont les senls qnis'en
rapprocheraient bien notablement sous ce
rapport (1600). ■— ■ Quant aux org;incs de la
eéeératiOfl, les cestoîiles diffèrent noit-seu-
Fement des helminthes némaioîdes, nuis
aussi des anévormes, des hirudinées et des
scoléides; ils n'ont guère plus d'analoxie
arec les annéliJes pro|)remeDt dits. Dans les
ténias et dans les boihriocéphalcs, où le corps
est nettement divisé en une longue série
d'auneanx, il existe dans chacun d'eux, soit
en même temps, soit alternativement, un
OTsire et un Appareil mSlo complètement
distincts et séparés deceux de l'anneau pré-
cèdent et de l'anneau suivant. Dans les ces-
loîdes,donl le corps n'est pas divisé comme
il l'est chez les précédents, les organes de )a
géuéraiion se multiplient néanmoins de la
même manière dans tonte la longueur du
corps (160IJ.> — • Tocuours, ajonte-t-il plus
loin, les sexes sont séparés dans tous lesani-
raaux que nous rangeons dans la classe des
helminthes; c'est encore no caractère géné-
ral qui les sépare des anérormes et des ces-
toïdes (1602). >
Ainsi, nous reconnaissons auxenlozoaires
des organes géoénteors, nous savons qu'ils
produisent des œuls el en nombre immen-
se, comme surtout le ténia, le boihriocé-
phale, etc. Ces œub sont évidemment des-
tinés A les reprodtiire, et nun-seulement
nous devons penser que c'est parle dévelui»-
pemenl de ces ceub que aatt un ver caracié-
risé comme le ténia, mais encore il nous
est impossible de conrevoir, avec Rudol-
phi (J603),que ce dernier puisse se former
spontanémeul. Ànssi les |iartisans de la gé-
nération équivoque ne se refusent-ils plus ji
admettre que les entozoaires pondent des
œufs, puissent même se propager par des
œufs; mais ils se retranchent derrière la dif-
ficulté, l'impossibilité, disent-ils, que ces
œuls soient porté» dans les cavitésdu corps,
ou dans l'épaisseur des tissus, et ils eu con-
cluent que, dans beaucoup de circonstances,
les entozoaires ne peuvent se former que de
toutes pièces, l'un d'eitro eox du moins,
sauf plus lard à ce que Ci premier en en-
SOS) Le» drcenaiaBees bMagiqnet, ici comme
: le» iMCiriii M pluiears aMres animant, ont
ftm dnaipoflaBce; elles ne lienMnt geére qu'A
Minttfoe 4mh le choix de b MMuriiere. Aiuri,
laparaat roTganiiaiiaa dcsi^aMircsAcdledes
lUeJea, Biaocbanl »4-U trouvé que l'animal vi-
4aB» les marts, dans les étaags, dans la mer.
lré»-Toi«» de Tuimal vivant dans le loie, dans
sti» o« daaa an antre viscén d'en mammifère,
niacaw «s d'à» poisse». Bia plu, la même
ce cX Maveni aqnatiqoe pendant une période
I «ie, tt parasite pendant une aotra.
'jSti\ Celle dénomination est deslinée i rappe-
laas cette clasie, rahacacecaraciérisliqaed'uB
ablecoltier Benreos.
-tin R. BLucnAHa, ne. <{(., u.ltt.
Mj i*(rf., p. 119.
(1603) tbtd.. p. m.
(IMS) Rodolphi (cité par Dçcts. Pkf$iolopt coai-
parA, 1. 01. p. 201) imit avoir eiisené nn tait re-
narqaalile de gimératiem tfouaaie dn ténia. Sur hb
rhien dont les iulesUus ne conienaieul que deux
articnlaiions de ténia caiénirurme, tt renconlra, al-
laclws à beancoup de villosiiés et cumme continus
avee elles, de petits noeuds btancfaim* que le mi-
cresGope dénonln être auunt de léiea de ceue es-
pèce de ténia, mais sans aucnne par^ de leur
corps. Rudolphi foit remarquer à ce snjet qoe les
pins petits de ces animaoi, lonqn'ils sortent do
rœar, monireni déjà un assez grand nombre d'arts
des; ce qui prouverait, saivaM lui. que ces capi-
tales M pouvaient provenir d'une Rénération ovi-
pare.
10S9
GEN
OK^TIONNAIIIR AI>0l.06ETIQUE.
gvndre d'autrtrs par scissiparité, pnr biiiir-
Iftitjnnement ou par des œufs. C'est t6, k
proprement parler, )e seul argument qu'ils
puissent présenter encore en faveur de celle
doctrine; c'est donc le sealque nous aj-ons
à eieniiner. Nous allons essayer de prouver
3ue, sinon dans tous les cas, du moins
anï la plupart.ilnopeutplusélred aucune
valeur, et qu'on peut toujours concevoir
plus facilement le transport des œufs des
ItelminDies que leur génération spontanée.
Il est (l'abord un ordre de faits pour le-
quel le (louten'cslplus permissujourd'hui:
ainsi on ne croit plus à la génération spon-
tanée des pou I, dcsacarus, des puces péné-
Ironles, des Glnires de Hédine, et de tous
les parasites qui, déposant leurs ceufs dans
l'épaisseur de la peau, semblent au premier
abord se développer au-dessous de l'enve-
loppe cutanée. Il en est de même des végé-
taux porosités, parmi lesquels un des plus
remarquables est le bolrytit paradùxa ou
froMiana: on sait que le déveii'ppcmcnt de
celte moississure provoque, chez les vers k
soie, une maladie meurtrière connue sons le
nom de musnardine. On croj'ait qu'elle était
le résultat d'une génération spontanée pro-
voquée nsr la mauvaise nourriture, le dé-
faut d'aération, on toute autre cause d'insa-
lubrité. Mais les recherchas de Bossi de
Lod) (ICOi], d'Audnuin (1605), de Jolia-
tijs (1606), ont prouvé d'abord que ce cryp-
togame e^t inoculoble, et qu'il suffit pour la
propager d'une quantité extrËmement petite;
puis, qu'il se développe toujours k l'oriâce
des trachées, c'est-d-uire dans lespoinlsoil
sont arrêtés les corpuscules entraînés par
l'air atmosphérique qui jiénèlre dans les
organes des insectes. De la connaissancedc
ces deux circonstances particulières, il est
facile de conclure que la production du bo-
try lis, chez les vers à soie, loin d'âtre spon-
tanée, tient seulement au développement
do germes transportés par l'air d'un point
sur un autre (1607).
Qaaal aux entozoaires, et surtout auxin-
lestinaiix, on a acquis la certitude, b l'égard
d'un certain nombre, que leurs germes s'in-
Iroduiser.l avec les alinienis, et qu'ils so
développent ensuitu dans le corps des ani-
niaux chez lesquels on les trouve. On a
mémo vu des entozoairas déjà formés dans
les corps d'insectes, de poissons, etc., passer
avec ceui-ci dans les corps des animaux
auxquels les insectes ou les poissons ser-
vent de nourriture, comme Dujardin (1608)
l'a observé pour plusieurs vers des musa-
rait$nes, dont il a décrit le développement et
les migrations.
Il esi probable que l'introduction des ger-
mas d'Iietniinlhes nrecles alimcnli,conjii
téecheE quelques animaux, est lusi eIhi
l'homme la cause uniqueduëéveloppum»!
des vers dans son intestin. Sil'ona'inn
encore prendre la nsturesur lefail.onaii-
nalt du moins quelques ci rconatincej qui
donnent du poids A celte présomption, od
remarque, en eltel, qu'en SaisselciiiDiH
sont très-communs; etît suffit d'avoirûb-
té le pays pendant quelques iirnéei pour
avoir de ces entozoaires ilansriDieftiii.11
en est de même en BeIgique-,Bremier(lW;,
<^u\ elle ce fait curieux, leregardeeooui'j
inexplicable. Or une circonstance puremeui
agricole paraît être la cause de celle iId^
larité:la mé:bode flamande de fumer lulu-
rcs, employée en Belgique et en Suitt,
consistée verser directement sur la loliii
matières excrémentielles ; en France, e
contraire, on emploie pour engrais li jk»-
drelle, c'est A-dire le résidu des eicréŒcni!
longtemps abandonnés aux agentsalmospltc-
rîques, et sur lesquels ont agi toutes 1»
causes pouvint j détruire taviedsmlt'
substances qui en étaient douées. Suimi
toute probabilité, les germes des eu\iim-
res, en Suisse el en Belgique, sont sbsoiiiii
parles végétaux, et, ingérés avec ceui-ct
sous forme d'aliments, passent de nouiw
dans l'intestin de l'homme ; tandisqueli
contraire a babilueMemeoiUeu enFrsna
Mais on conçoit eu même temps qu'il doit,'
BToir un grand nombre d'œufs détruiu,!"«
quelques-uns qui prospèrent. Ausii koi
qui sont habitués i, saisir les harmonies <li
io nature ne s'étonneront pas qu'un tui»»
relativement aussi rare que le ténia, protioi*
néanmoins une quantité d'teuts presq^eif
uombrable : on ne peut s'étonner que i*\
chose, c'est quedetelsaDÎaiauxpuis»nl#
vir encore de prétexte* la géuéraûou si*
tonée. « Nous saïons,ditE. BlancbanJ(1t*i
que les vers sont, de tous les animiuiil*^
mieux partagés sous le rapport des ofS""^
reproducteurs. Dans la plupart d'ectncu
les ovaires occupent la plus grande i-arti"*
corps, cl les œufs se comptent par luilif
et certaines de milliers. Ce fait seul InM"
que les produîtsdes vers sont exposéaitl»'
Ues chances du destruction, et qu'iH <ii<
vviil,pour ainsi dire, par hasard h éire^
troduils dans le lieu où ils peuvent»^
velupper.Mais l'examen des Tersinteslia»!
on le comprend facilemtDl d'après {«0^
bre incalculable d'œufs, doit laisser «
rétuunemeni,en pensatit que ces sniiMi
ont surtout servi d'etcuipto [Kiur tépaBil
les idées de génération sjiontanée. > .
Ainsi il est aussi fauile d'eipiil"''
présence des vers dans le tube digEsnl ,'
(1604) Al
p. 5U.
. det te, Htti., Il' série. Zoologie, l.V, ffet
(1605) Ann. da k. nal., ■■• série, Zool., t. Vîll. p. 3i9.
05) Al
9-isi.
' série, ZuoL, i. XI,
(lOOG) Ann. dtt ». nal.,
p. es.
(IWT) Vay. auBsii un Rapport lie DtTBOcncT sar
Ici iraMNx rtlalift i la mHuanliiu, dam les Aiin.
, II* série, Zool , t IX, p. S. ,
(1608) Ami.det ic. not., ii* série, Zoolt^.t-*'
[lim) Tniti ia ten httntiiima, r p>X-n
ris, inii. I
(16t0) Ann. dn K.naf., ui* série, Zoit-^^
Ml GEH nCTIO!RUIB£ &POLOCETIQUE. GSn 1019
idles dei parasites dans l'épaisseur de la semlilable que difers tubereule->, obsené*
(MU. ailleurs dans les organes pareocliymaU-u!,
U oa reste k résoadre qii'aii point de la onl une origine aoalogae .. Du reste, les
qiieftion,c*esl<4-dire l'ori^ne desenlozoaî- dimeiisioas de cet helmia'be sûdI telles
rcsija'OD trouva diDS l'épaisseur des tissus, qu'il lui est facile de se Frsjer un iwâsaso
itjusquedans leeorps desembrjrotks. C'est ralre las Gbres des tissus IvS plus déli-
lé seul inr lequel ÎJ regae encore réellement ca(s >
t'uelqua obscurité. J. Uiiller fait Jl ce sujet D'un autre cAlé, Ehrenberg o'bésite pas k
in aveu couplet d'indécision. € Eu sésiilé, te ranger du cAlé de Popiuion que nous
\ÎVil (1611), ou trouve ici autant d'iavrai- soutenons, et il prétend mémeque les teaU
wnblaiices, quand oa se propose de réfuter des enlozoaires peuvent lrè»4>ien être dis-
1 génération spontanée ijue quand ou veul séminés par la circulation dans toutes les
'iJuieUre. Les œub des entexoaires sont parties des animaux : c'est ainsi, dii-ii. que
{lidcmnent trop gros pour pouvoir pasaer, l'embryon des mammiFères, dans lequel on
Jtsorganesoù vivent ces animaai, dans les a trouvé des vers inleitinaoi, peut en avoir
uiiseiQS lymphatiques, pour circuler dans reçu les Œubdes humeurs de la mère(1614J.
capillaires saiguius, et enGo pour arri- Un autre fait, encore peu connu, mais
ttrdaBsles produits s^réloires, dans le qu'il sera utile de prendre en consîdéralioo
bit, la M'joa de l'œuf, etc. (1612). L'hypo- p>jur lever celle diflicuUé. c'est que les eo-
IHeda la transmission des vers înteslinaus tozonires, comme bien d'autres animaux,
te la mère k l'eafant est en contradiction sont susceptibles d'éprouver des métamor-
uoife^la avec les données expérimentales pïioses. Dujardin (16l5)a vu, dans des œufs
le la nicromélrie , & moins de supposer île douve, bien qu'ils fussent encore conle-
fue les plus petites parcelles de subsiancs nus dans le corps de la mère, l'embryon
«(■ruductive de ces animaux sont tout changer déforme et se mouvoir an moyen
ussi aptes que l'œuf entier h les pro- des cilsvibratîlesdont »a surface estrecou-
luer. > rerlc. Cet enlozosire, entièrement dépourvu
D'abord, cette dernière raison peut èlre des cils vibratiles extérieurs dans son f niier
rraie. Puis jefeiai observer que, outre que développement, et en présentant dans sa
lous sommai loin de connaître la mesure vie embryonnaire, on peut se demander,
lesœub d'un grand nombre d'enlozoaires, avec le naturaliste auquel j'emprunte celte
ricesŒuEi ne peuvent être portés par le observation, si plusieurs vers, avant de se
lorrvoi circulatoire, les entozoaires qui en lixer dans les organes oi^ doit s'achever
■ui&ieal.parréoergiedeleursmouvemeni5, leur existence, n'ont pas des orsaoes loco-
U iKiilié qu'iU oui de se creuser une voie moteurs transitoires; et si, durant une
iaoïTépaisseurdes tissuseo écartant lai- première période de leur vie. ils ne sont
Jemetit leurs parties élémentaires, peuveut, pas susceptibles de nager librement dans
«rsqulls sont encore irès-peiits, se porter les Ouides. Ces transformations peuvent
iVK facilité d'un lieu dans un autre, d'un d'aillenrs s'opérer très-lentcmeol, d'une
■gaoelelqud le tube digestif, ou d'une manière peu uniforme, el rester ici plus
pelcoiiaue des cavités naturelles dans les- qu'ailleurs sous la dépeodance des eircous-
jaclies leurs germes ont été déposés, dans unces ambiantes. Elles ne suivraient en
A autre oE^ane plus ou moins éloigné, et cela qu'une marcbe semblable à celle qu'on
eul-étredu corps même de la mère jusque observe chez tous les animaux qui sont' les
ans celui du lœtus. sujets de pareils phénomènes. On sait com-
Les faits oliservés par Dujardin (1613) bien la différence de température hite ou
jc les liit;boaomes de la musaraigne et de retarde l'éclosion des œufs, surtout de ceux
ue:ques autres animaux, jusliSenicomplé- des versk soie; combien l'abaissement de
nueiiiDotre raauière de voir. « La plupart, température et l'obscurité retardent» près*
it-îl, étaient libres dans l'inleslin grêle ; que' indéfini ment, les métamorphoses des
lais eeus du hobereau étaient engagés batraciens. Il est è présumer que, chez les
■as la moqueuse de l'œsophage. Une fois, entozoaires, les métamorphosas peuvent
ans la musaraigne, je les ai vos engagés s'accomplir aussi daus des iolervalles de
*r leur moiliéantécieureet plus grêle dans temps indéterminéa, elseulemeut quand ces
Spaisseur de U muqueuse de l'estomac, animaux se tronveutdans les circonstances
Ans U musaraigne, en oulre, ils vont favorables k leur uiauifeslalion. C'est en-
lercber k une certaine époque de leur dé- core tk une observatiou de laquelle il faudra
rloppeiueut un gîte iwriiculier dans l'é- tenir uomple chaque fois qu'on approfoo-
■isaeurdu tiasu de la rate. Lk ils achèvent dira ce sujet, atht de ne pas prendre pour
t M développer». La masse de leurs œufs, un autre eniuzoaire la larve d'un euiuzoaire
Note k cebe de leur corps, prend raa(>ect déjk détenuiué, et dene pasailribuerainsi,
'■a iul>efcala blaoc jaunkire... U est vraù suivant le lieu où on la irouveraii, k reffet
{ICll) MênMd«fkfùi)tosit, 1. 1. p. 15. trad. de (1613) An. àa u. »«i., u« série, ZMrofJe,t.XX.
"•r*»"- p. 535-538. , „
il61S}e>aTe«coiilré«ncfUdcsveT((hMd«i (16U) Bruu», PiffMaylc, l-.l. P- SI-,
M» fMdM; Eicbolz; par eiemple, en a vu diiii (1615} Amm. éet te. Mt. u* férie, ZoMOfir, 1831,
^ <Bafs 4e Mrie. (Ik-ivica, PkyMsb^V, 1. 1, |). t. VUI, p. 503.
'. Uad. deMwrdOB.J
CCTi
DlCTlOmAlltE AMMjOCEUQCRI
d'une g^oéralion spooUDée , le riiniluil
tl'un mode de reproduction bien connu.
Il esluoe aalre reinanfao analogue qu'il
coiiTÎeat de rappeler. Réieemmcut Miescher
et Oujardin odI émis l'opinion que les cvs-
tiques pourraient bii^n n'être autre chose
que des lénoîdes développas d'une manière
•normale ;en effet, lus cysllques sont cons-
tamment dépourvus d'oi^nes de reprodue-
Iton, et ils ne se renconirent jamais dans le
eanal iulestinai des animaux, comme font
les ténias, mais seulement dans des kystes
se développant h la surface des membranes
séreuses, ou & la surface du Toie et des pou-
mons; ce qui liendrail è l'aire penser qno
les œufs de ténias, lyantélë introduits dans
réoonamie animale, en dehors du tube di-
Sesiif, ont pu éclore el donner naissance à
e jeunes individus dont le développement
demeura incomplet, el dont la forme du
rorps s'altère, [ûrce qu'ils vivent dans une
condition en quelque sorle accidenlelle.
De (DUS les faiis et de toutes les considé-
rations qui précèdeni, nous concluons quo
leshi'lmiiuhes ne naissent pas spuntanément
dans le corps, mais qu'ils; sont toujours
{lorlés par les aliments, ou h l'état nœuf.
Ml k l'étal de larve, et qu'.tlor^ils se déve-
loppent dans l'iutestin ou (tassent dans des
parties plus profondes. Quant ft leur mul-
tiplicalion, il est évident que dés qu'uii d'eux
se trouve dans le milieu qui lui convient, il
peut produirt) un nombre de petits en har^
iBOoie avec le nombre do ses œufs, que
nous savons être des plus considérables. 11
suint duno du coneevoirel d'eipliquer l'in-
Iroduetîon d'un seul de ces animaui, pour
rendre compte de la présence de tous les
autres.
Les développements dans lesquels nous
sommus entrés nous dispensent d'insister
beaucoup sur les principales objections que
font h cette opinion les sponlépariste». Noos
avons déjll dit ce que nous pensons de la
Crésencedes ontozoalres dans les embryons,
ion que ce cas sort sans contredit un des
plus embarrassants. Il est facile, d'un autre
cAté, d'expliquer, sans avoir recours h la gé-
nération spontanée, pourquoi la (dupartdes
animaux ont leurs entDzoaires propres. Ou-
tre que la proposition n'est pas absolue,
puisqu'on a réellement rencontré les mêmes
«niuioairesdans iilusiears espèces, c-t mémo
dans plusieurs classes différentes, les ger-
mes des mêmes vers peuvent, on le conçoit,
être iutroduiis 6 Is fois dans une foule d'a-
iiimaui, el se dévulopiier seulement duns
seai où ils troureot le milieu qui Uur
eonvienl et your lequel ils ont été créés.
Ccsl dune lutin gratuitement que Burdocb,
faisant observer que l'homme aussi a ses
untOiioairee propres, dit qu'i I ne peut recevoir
des œufs que de son suiulilable , et fait la
siitt;ulièresuppositionquocesœiifs<levr>)ient
su transmettre des parents aux enfants dans
i'acte du la génération (1616). lA aiémc né-
cessité de vivre dans les milinii otilstm»
vent leurs eonditioiis d'eiislence lait ton-
prendre aussi pourquoi beiucoup de «,
singuliers êtres vivent seulement dntcar.
tains organes et meoreBt.en géoénl. hon
du corps des Bnimanx. Ainsi, rien n'cmpè-
ehe d'admettre que ces êtres se reprodai-
spnl comme tous ceux qai leor resju)-
blent et qui vivent hors des aairet uh
maux ; rien n'oblige k faire la inppniiliKi
qu'ils sont engendrés spootsDémeDl. N»
seulement celle supposition est tauit^
toite, mais elle est encore coetralreàloailH
faits.
En résumé, qu'on élodie le dévctopic-
ment des infusoircs, ou la produclinn ja
enlozoaires, si l'on suit le progrès hiilni.
que, si l'on s'entoure des lumières dt i'ei-
pérlence et de l'observation , si l'on bn i>
part de l'exactilude dans toutes les doiicfe
anatomiques et physiologiques qui i'jrt
tachent, on voit que, partout oiîl la quesiiiui
été a(.'profoodie, rhjrpoihèse de la généniioo
spontanée s'évanouit, il faut donc lirqt-
ler dans l'étal actuel de la science, ei dc|%
y recourir par cela seul qu'on ne peulei-
pliquer encore tous les cas de reprodwlioi'
des êtres vivants. Cette décision D'ulpit
d'ailleurs aussi inditférenio que l'eipnme
Burdacb, tout endéfen-lantaveeénerjTel'ii-
pinion quo nousvenoas d'altaijUBr \\Wï
Si, fc un point de vue propremeol pbilaso-
phique et Irès-élevé, il imiKule peuqutdn
animaux puissent se former spontaoéaKsi,
ou qu'ils DO proTicnmnl que ilo psrwb
antérieurement créés, il est nécessaire |>uui
le physiologiste, de podrsuivre, arant M.
la vérité, el de la découvrir (tarioiit o^ <<
peut l'éclairer des lumières do l'eipéneo'^'
Or, si la génération j>ponlaoée se conroXi
rien de positif ne la justîrie; l'expérieDcfii
l'ubservation, chaque jour plus safioirf-
lui ont arraché un h un Ions lestaili?'
eon'slituaient ses plus forts argumcaliiRA
que le défaut de nos connaissances hi]*-
met de revendiquer encore sont pou'"
ii!Oins însigniflaut!!. Ces motifs saH^E'"
ivniir nous la faire nier chez les aniiii}iii>'''
vu général chez (oos les êtres or^àsii-
àppkneuce au s II sua la ok^iinTiai
SPONTAKKK DBS ENTOIOAIRES'
UndfTniercoup vient d'être porini''!
ivilhèse de la génération spontanée paroi
naturaliste belge, M, Van Beneden jlfiff'
dont les magnifiques Iravnus surlagé"**
(ion des enlozoaires ont été coaronnésçi
18&V par l'Académie des sciences de f^n
M. Van Betieden a pris le dévelnpi-rm^'
des animaux inférieiirs ftour objet tp^'
de SBS études. Dés l'année 183? il »»i^*
st-rvé, sans (touvoir le comprendra, l«p^
nomëne remarquable que présente un ^
ces animaux, le télraraynque, enteli;'
d'une poche qui semble renfermer on '-J
dans lequel se développerait un autre <:'
(1618) M. Van BciMden esi ^^ri-sscur l i^-
VLTsilc cailiolicitte de Luuvaiu,
1(41
CVi
PKTIONNAIBE
i[>ri's [Jusieurs essaie iiifruclucui, il a re-
f-is ses rechercher sur lus vtTS iolcslinanx
:rs («issons nlagioslomes, el c'csl après
i-ui iQoées u'un travail pénible el assida
i'ril e$l parrenu à expliquer Jirerses cir-
' i.ïlances de leur bisloîre qui aTait-ut exer-
i:4inulilemeDl la sagacité des plus grands
lulura listes.
Les r<;rs c^slûîdes ou acotjles, qui fout
fFilijei dfl ctt deroier IraTaîl, apparlienneni k
b.KÎïioa des vers iD(esIînaux, belmisllies
ou eatozoaires. Panât les ccsioïdes qui
iuDt Jimpres i l'espèce humaine,, le plus
onou dans DOS coolrées est le léoia solium
on Tuf solilaire. Col eulozoaire vit dans
ùoli-slin grêle el acquiert une longueur de
(k8 iDèIre5, quelquefois mCme, mais par
t.traordinaîre, celle de iO milres. 11 a Je
corfs illODgé, aplati et partage en un graud
r .mLre d'arliculation.i, dont les deroières
|!!U molles se déliicbeol facilement. Cba-
:Qoe de CCS articulations est une snrle de
lOche coDtenaul, outre l'organe mâle, ua
If-pareil femelle el un nombre d'œu& três-
^unsidérable. La parlie antérieure du corps
>u la tète, celle qui sert i Sier l'animalà la
urface de Pinteslio, est grêle et amincie,
■l se lencine par un petit renOemeut qui
•jfla la rouroDuede crocbels épineux et les
iiiatre reoluuses ou suçoirs dont elle esl
roiburée.
1« boihriocépbale esl un autre Ter ruba-
i-iirt usez commun chez les Russes, les
PjJDuis el les Suisses. Il a la léle allon-
;ce, Sios COQ marqué, les articles larges,
;-jaJrilaIères, aucune parlie saillante entre
■.itaçfiirs. La longueur ordinaire est de 20
ieJs sur 5 i 6 lignes de large,
Lescesloides en géuéral ont le-corps al-
•i^^é, luou, couliim ou articulé; la (£lo
iJinaireioent armée do suçoirs au nombre
i deux OU de quatre. Tous les cesloïd<:S
it, comme le ténia, lesdeus sexes réunis.
lacune des articula Uunst que U. Van Be-
Hjeo considère comme autant d'indÎTidas
Minets, renferme un nombre d'œufs con-
iérabte. On aroit observé depuis long-
Dips cette particularité; mais l'embryogé-
eJe cxs animaux t-l les di?crs<:s phases
•eur développement élaienl encore prcs-
iei;^noréî. D'ailleurs, si les entozoaires
fV lies préstmtent d'une maiiiùro évi-
Uc uD appareil complet de reproduction,
connaît aussi des entozoaires qui sont
i.èreioeDt dépourvus de cet appareil, et
r.^ioe de ces êtres ainsi que leur propa-
liou étaient tout à fait inconnuei.
Le (JoeleurEschrichtavaiLdéjà ùtablique
>ver^ changent fréquemment le lieu de
<r t ésideoce dans les diverses époques de
iT lif. Ainsi, chez le cheval, un trouve
ijours déjeunes individus de tirongylat
^aXuM dans l'artère mésenlérique, taudis
•ï les pins gros de ces vers su renconlrenl
jcraiemanl dans des visefres d'un plus
rid volume, par eiemjile, les intesliiis.
balryoeepAaiui loHdiUpas^u la première
i>« du sa vie dans In cavité abdominale
-3 i-oi:3ous; il n'a alors ni lèlc ni urgauo
apolocetiqi:e. ces mm
rnprojitcli'urs; mais il prenJ rcs organes
dans les intestins des oiseaui do mer,
auxquels le.s poissons servent de nourri-
ture, U. V. B. a montré que celle transmi-
gration esl un nhéno m eue général et néces-
saire pour le développement de plusieurs
du ces animaux. Il avait rencontré, dans us
graoïl nombre de poissons osseux, des 16-
trarbfoques enveloppés de 'enr gaine et
sans appareil sexuel, tandis que, chez les
fioissons les plus voraces, le^ [>l8^iostomes,
es mêmes vers eiistf^nt ft l'état adulte avec
des segments h la partie postérieure du corps
et (Kturvus d'an nppareil générateur. Il
supposa donc que les premiiTs vers pou-
vaient bien continuer leur développement
dans le canal intestinal d'autres poissons
qui font leur pâture des premiers.
Pour vérifier celte conjecture, il se livra
d'abord i un examen mmulieni des rert
intestinaux des poissons plagioslomes; il
étudia les débris que contenait l'estomac
de ces animaux, afin de connaître les pois-
sons dont ils font leur piture. Il cbercba
alors ces deinierb poissons frais, pour con-
naître aussi leur pâture liabiluelle el leurs
vers, et il fut conduit de ceux-ci à d'autres.
Il arriva ainsi k l'étude des petites csiiêces,
elilparrint à retrouver le premier âge do
plusieurs parasites dans des crustacés, des
mollosques, desannélides el même des aca-
lèpbes. Il allait se livrer h la recherche des
befmialbes sur tous les animaux inférieurs
de la c4le d'Osteode, lorsqu'une maladie
grave, causée par eus recherches, vint l'ar-
rêter dans le cuurs de ses travaux....
U. V. B. a désigné les trots formes prin-
ci]iaie5 sous lesquelles ces vers se présen-
tent dnns leur développement par les dénu-
minalions suivantes : tcoUx , ilrobUa et
frogloUit. Le tcolex esl la forme qu'atTeclu
animal au sortir de lauf ; il est dépourvu
de sexe, A un Age plus avancé, ce teolex va
produire des bourgeons nombreux qui reb-
leroni réunis pendant un certain temps, et
dans cet état on considérait ces animaux
comme adultes. C'est ainsi que l'un se ro-
présente Rénéralemeut le téuia do même
que le botnriocéptiale. Celte seconde forme
est le ttrobila. Enliu le bourgeon esl dtiveiiu
complet; il se détache et devient ranimai
adulte ou le cucumérin des auteurs. C'est
le progtoltis.
Après avoir exposé le développement do
l'embryon dans t'œur, M. V. B. décrit les
divers [ibénomènes que présente l'évolulioa
du icotex. Cette évolution est très-simple
dans le ténia, qui sort de l'œuf avec la têt»
armée de crochets, et ne subit d'autres
changements que ceux provenant do l'ap-
parition de nouveaux segments qui vien-
nent se former h l'exlrémité postérieure.
ElleolTreao contraire sur les tétrartonqucs
des différences très-grandes et des phéno-
mènes très-variés, sans que ces diverses
formes cessent pourtant de bo rapporter h
un même type- L'auteur décrit ces phéno-
mènns dans les divers genres des cosloidiS,
et il rappelle cummcnt il eïl laTvcnu&se
itiil
GES
DICTIONNAIRE APOLOCETIQU::.
rcntlre comjilfl des npimrcnces singulières
-d'un ver, haljilont dans un autre ver, quu
présente en particulier le Edtrarlijnqut).
SouTent ces vers intcslinaus continuent
ilirecleineiit leur dévelop]>einenl dans Tin-
leslinou l'organe où l'œuf a éiû défiosâ.ll
en est un certain nombre quicominencunl
J U;ur développement dnns un premier an i mu I
Hiiii oralement herliivorp, destinée servir
du pâture è d'autres. Tant que le ver de-
meure duns ce premier animal, son dévc-
lop|ieine:)l est arrêta; il meurt atec celui
i|ui l'a }iébi.'rf;6 sans avoir pourvu à la rc-
tffoJiiction.Muis si le premier animal vient
I £lre Qvalë |iar un carnassier, la ch.iir est
(}igérde;iuais les vars, vivant dans ce cor|>s,
oiifilinuent leur dt^vuloppement dans ri:i-
lestin du carnassier. Dans la classe des
imissons, où presque tous se détruisent les
lins les autres, où tes petits servent de pîi-
lure OUI grand.<i, les œufs commencent leur
«évolution dans les poissons de petite taille,
pcjur continuer dans l'intesliu de poissons
^0 plus en plus grands.
Cependant tous ces vers ne se df'veloppbnl
pas dans l'intestin: on voit des télrarbyn-
ijuos perforer lus parois des cœcums ou des
Intestins qui les contieoiicnl l'Our aller se
loger dans les replis du péritoine. Un kyslo
se forme aui dépens de cette membrane,
et le ver s'enveloppe d'un étui ou g.-ilne,
rcnfl(^e 1 un de ses bouts, dans laquelle il
rentre toute la partie antérieure par invagi-
iiatiun. Cette di-iuiërc partie continuant à se
développer, lu peau qui l'unit à la vésicule
enveloppante se rétrécit, s'atrophie même,
et à la Go le lélrorliynquo devient libre
dans l'intérieur de celte cavité. Telle est
l'origine du prétendu parasite nécessaire.
On comprend qu'en ouvrant lé sac, on donne
naissance i un vlt qui se meut avec viva-
cité, et que l'onvcluppe est douée encore
de plus ou moins de vie.
I^'analogie des . cysticergues, que l'un
considère comme unedivisiun distiiicledes
entoKoaires, avec les scolei des tétrarb^n*
ques, conduit M. V. B. à admettre que les
cysticerquQS ne sont que lu premier âge ou
le scoIëx des ténias. SîeboIU a vu que la
couronne du cyslicerciu faiciolarU du foie
do la suuris s'accorde eolièrementavec celle
du itenia cratticolis du cbat. Ce sernitdonc
le même ver, incomplet dans la premier
habitant et parfait dans le second. Quand la
ver & l'état de acolex continue à se déve-
lopper, le seules lui-même est arrêté dans
son développement individuel; il fournit
des bourgeoQs. qui vont former des seg-
menta ou arliculalions. Il semble s'accroUro
en longueur, mais il nes'accrotl réellement
pas. C'est une lige qui fournit des gemmu-
les mobiles ou tiies, et qui a atteint tout
SUD accroissement. La téle ou la racine qui
représente le scolex primilif, et les divers
segments constituent ensemble la seconde
forme, le strobila. Dès que le ver a acquis
une certaine longueur, les segments se for-
Tn^nt, de légères écbancrures se montrent
enlro euxj et l'on voit apparaître dans cha-
cun d'euï des orgnnçs des deui me s, D,.
nouveaux segments cnnlitiuL'Ul ilcsg fora(>i
pris de* la léte aussi longtemps que me
tête rusle fixée à la paroi desinleitimdt
l'animal qui renferme les parnsiles. Q^nj
les derniers segments ont attL-inl \mili-
vi'ioppemuni, ou, en d'autres lermes.quud
le bourgeon est devemi ter «dulte.pn-,
glollis, Tétrangrement qui le séiuniJ
1 anneau précédent augmente, otïliSnU
sejjment mûr se (léiachL<brasqnemenl,«y
ver vil jiour snn propre ronipte,Tniilrf«j
ceci ne parait pas général. U. V. B.crdj
qu'il 7 en a oui restent constamment i:-\
nis, comme les ascidies et tes poljpiLai
qui répandent leurs œufs sans atoirijt
d'une vie indépendante.
Le proglottis, en se détachant delint
munaulé, est pourvu de tous ses opie
mais cependant il contiiiuc!lsedétrlo{i;in
il (change même complétemeot île \m
Quelques-uns continuent de s'ai.-crallrs <
deviennent aussi grands que leslrolili.!
proglottis est la dernière phase de l>ii
tence de ces animaux, la moins importu
pour l'individu, mais la plus esseoiitl
pour la conservation de l'espèce ou [«
rharmonie de la nature. Il constiluc|M
l'autour le ver adulte et complet. Le sM
n'est pas un animal simple, il eslM
d'une aggrégatioD d'individus, sittlr)})!
une colonie de polypes. La reproduit
de ces animaux a lieu de deui msDirtt
le scolei, en sortant de l'œuf, s'accroli
donnant naissance à des bôurgHons;'
bourgeons se développent, implanlés l
la tige du scolex et vivant avec lui d'i
vie commune, et les derniers de c»M
f;eons produisent les organes stiutll
es œufs. Le grand nomliro de ces œufîi'
exislcnt par milliers dans chaque s^gs
est une nouvelle preuvu è l'appui del|
remarquable d'aprë.<i laquelle le nonilrt
§ermes d'un être organisé est tii4
'autant plus considérable que \M^
de ces germes exige un concours ilt:
constances plus diflicile h réatispr.
Ou comprend, d'après cet exposa, i|
même animal, présentant i diverses
allés de sou développement desformeti
itférentes que celles que nous Teuoi
l'appeler, a dà donner lieu li des en<
nombreuses parmi les naturalistes. Pluii
de ces formes étaient cousidérées col
des animaux distincts. On lesava'tdi
buées en plusieurs genres et ces g«
étaient eux-mêmes distribués dans de
milles et même d.-insdes ordres diï"i
Ainsi les vers vésiculstres (Htoiai
Ctsticerqubs, Echihococcus, etc.) fU
des animaux particuliers, et, voiaoi*
animaux ne présentent jamais deïi^'î
de reproduction, leur origine et I',"'
veloppeuient étaient inconnus. M. \'
prouvé i^uo ces vers ne sont pas d«'
maux distincts, que ce sont de jeun"
dividus, des formes passagères i^u'al^
des animaux déjà connus, mais sou-'
autre formu. '
Cf.K
DICTIAM7IAIRE APOLOGCTIQtJE.
C'est donc arec raison que Tiiuteiira pu
conclure que les rers intestinaux nejouis-
sent pat du pririlége de formation directe,
qu'ils proTJenoent tous d'êtres semblsbles
i eux el que ■ ces organismes si simples,
«tant jeui d'uo grand nombre si tnor-
naui, oaissonl, rirent el meiu-enl comme
lOQi les ftires qui appartiennent h l'empire
orf^anique, an r^ne' aDimal comme aa rè-
pte féjjétal. ■
La ^érjtion spontanée, appnyée pen-
dant l'Iosieurs siècles sur an amimenl pu-
rement négatif, l'ignorance oit Ton était de
la slroctnre des aniiDaox, même dfes classes
supérieures, n'est plus invoquée de nos
iours, mAme par ses partisans Ins plus dé-
cidés, que poBr quelques enlozoaires el
pour Jes infasoiros. Si done df s obserratiODS
positives dëmonirent que ces animaui sont
HMmisaussii la loi commune, que tous ces
éires prorienoent d'autres âtres semblables
i eni, il s'ensuit que cette hypothèse n'a
pins aucun fondement, qu'elle est au con^
traire en opjwsïtion arec tout ce oue nous
apprend l'étude de la nature. Or, le tratail
lie U. Van Beueden démontre complète-
ment que les entozoaires, dont lu mode de
propagation était encore incounu, se pro-
(•«ifeiit en effet de la même manière que
l'Iusieurs autres animaux inférieurs; que
cts êtres 1 l'état adulte possèdent un appa-
KÎi coDipiei de génération ; qu'ils renier-
uirtii dtis œufs qui ont besoin 'l'être fécoo-
ilrstt qui le sont réellement conime cens
'ift autres animaui. Les conclusions de
l'auleur demeurent donc entières, et l'on
Ne saurait les infirmer qu'en infirmant les
nbserrations posilires snr lesquelles il
s'est fondé. Il est prouré que les entozoai-
rais ne se forment ^as spontanément, qu'ils
ne sooi pas produits des forces chimiques
el phjsiques qui régitseot la matière inerte
AS qoi i>résideDl aux altérations des ms-
lièrês iDÎmalesou régétales, mais que tous
ft» êtres proTiennent d'autres êtres sem-
blables, et que les germes, répandus d'ail-
leurs avec une profusion prodigieuse, ne
se développent en général que dansl'înlé-
rienr d'autres inîmaux, parce qne c'est Ift
Mulemeut qne ces œub irouvenl un con-
caor« de cireonstaDcas aéoessaires k leur
développemeDl.
Esamiuous cependant quelques objections
qu'on a laites contre ces couclusions. On
a dit que si les enlozoaires se pmpageaient
|iar œufs ou germef, ces œufs auraient été
••tiïervés directement, et qne lemierosco|>e,
qui nous réièle l'oiistiince d'animaux cim-
l'Iets plus petits qne ces germes, aurait
■■ermis depuis longtemps de constater pusi-
tivenieot I existence de ces derniers.
Remarquons k cel égard que c'est |.r6
eisément la raison qu'on pourait bire tb-
foîr pOBr proorer que les insectes proie-
maient de ia charogne el les poissons da la
IKtarrilure. Avant de cenoiltre l'existence
<)«■ œufs isolés, il ■ fallu constater d'abord
*l«ua les animaux II présaDca des ap|>areils
q-i fYDfermeiil ces organes de rejiroductton.
Si. de nos jonrs même, nn nalnralistc, placé
d'ailleurs dans les conditions les plus faro-
rables , aurait sourenl bien de lâ peine
i observer après la ponte, les œufs des
poissons les mieux connns, il faudrait k
plus forte raison on heureux hasard, un
ensemble de circonstances très-dilficiles i
réaliser, pour rencontrer k |K)int nommé
des œufs d'entotosires dans la geutle d'eau
sonmise ao microscope, et même pour dis-
lineuer ces corpuscules organisés an milieu
delà foule d'êtres divers inertes et orga-
nisés que le microscope permet d'y reeoo-
naître.
L'observation qne nons venons de faire
par rapport aux œufs d'enlozoalres s'appli-
que aussi aux animaux. Ces vers, dit-on,
n'existent et ne peuvent exister que dans
l'intérieur dn corps d'antres animaux; ils
périssent dès qu'ils en sont expulsés, ils
périssent également quand l'animal qiù les
a hébergés vieol ft périr Ini-même; ils oe
peuvent donc s'introduire du dehors, et
i) faut nécessairement qu'ils soient formés
de toutes pièces dans les animanl qui les
renferment
A cela nous ponrrions répondre qse, lors
même qu'il serait démontré qne les enlo-
zoaires n'existent jamais ^ue dans Tioté-
rieur du corps d'autres animaux, il eu ré-
sulterait tout au plus on caractère qu'on
retrouve dans tous les animaux el les plan-
tes parasites. Conclure de là la formation
spontanée des entozoaires, ce serait tout
aussi absurde que de prétendre qne l'oro-
branche et le gui se forment sponlanémeni,
parée que l'orobranche nese trouve jamais
que sur les tiges des trèQes el que 1e gui
n'existe que sur le cbêne ou d autres ar^-
bres. D'ailleurs, le faitqu'on invoque, savoir
que les entozoaires périssent avec l'ani-
mal qui les a hébergés, ou bien lorsaue
cel animal est araié |>ar un autre, oesl
pas prouvé, ou plulAt on s prouvé le con-
traire. M. Van.Bsnadflna trouvé des vers
vifsots dans des animaux morts depuis
huit jours; il les a vus passer direc-
tement d'un poissou dans l'eslomar de
celui qui avait avalé le premier, U. Mill-
ier de Berlin a observé des distomes vi-
vants dans l'eau de mer, ver^-qu'on narail
Irouvéx jusqu'alorsquedaus l'iutérieurd au-
tres aiimaux.
Un des grands arguments que les iwrti-
sansde la génération s|)ontaiiée invoquent,
c'est qu'on trouve des vers dans dt-s orga-
nes creux et sans issue, comme les yeux,
et que ces vers ne peuvent pas venir -du
dehors ; qu'on a trouvé des vers dans des
fœtus contenus encore dans le sein de leur
mère : le foios ne mange ni ne boit nen
nui soit venu du dehors, et l'homme civi-
lisé ne prend que des aliments soumis a
l'action du feu et dans lesquels tout gecma
doit avoir disparu.
Mais l'homme civilisé boil de I eau crue^
et cette eau a fort bien pu recevoir de*
sub de divcfMS sortes de vers dans les
eodroiis «A on la puise. L'homme luautffl
MCTIOMNAIKI: APOLOGETIQUE.
CES ,œ
de la aalade. et souvent les liigumcs sont
engraissés avec de l'engrais humain. D'ail-
leurs nous ayons vu qu'un seul article de
ténia ou p1ul6t un seul individu renferme
ilt-s milliers d'œufs, et que )e ver solitaire,
|)ar exemple, est composa lui-mdme d'un
Srand nombre d'individus; il suOirait donc
'un seul de ces vers pour inoculer ce pa-
rasite i un très-grand nombre de person-
Dea et pour reproduire dus tënias en quan-
tité prodigieuse.
Quant a la présence des vers intesli-
nnux dans l'inlérieur des organes creux
d'autres animaux, au lieu de leur attribuer
une origine spontanée aux dépens d'une
inaliôre organique préexistante qui se sur-
organise, on comprend facilement que ces
vera ont pu s'introduire avec les aliment:)
dans les voies digestires, soit h l'état d'ceurs,
soit sous leur première forme; qu'ils ont
pénétré ensuite avec Le suc nourricier, pro-
venant des aliments, dans les vaisseaux ab-
sorbants du tube digestif. Entraînés ainsi
pnr le torrent de la circulation, ils se ré-
pandentavec le sangdaos lus derniers replia
des organes et se (lient au lieu que la na-
ture leur a assigné pour Inur incubation ou
leur développement ultérieur. Quelques-uns
de ces vers ne se trouvent jamais qu'à leur
premier étal , à l'état de scolex, dans les
organes creux (yoai, péritoine, péricarde);
ils existent au contraire à l'état de ténia dans
les intestins. M. Van Beneden a constaté
que le stolex traverse tui-raôme , en le
perforant, le tube intestinal pour passer
dans UD nouveau séjour et j atteindre un
développement plus avancé. D'autres au
contraire ne se développent jamais com-
plétemeol dans le premier animal qui les
a hébergés ; mais lorsque eut animal est
dévoré par un autre, les vers intestinaux
traversent les organes du iiremier animal
l>onr aller se lo.-;er et se aévulopper dans
ceux du second.
On dira peul-étre : Si les vers inteslinaux
purforaient ainsi directement les orgaiiea
lies animaux qui les renferment, ces vers,
ajant h l'état de scolex des dimensions
sensibles, devraient produire dans les or-
ganes perforés, deslé^nonsque l'observalioa
ferait reconnaître; tandis que les Qatura-
listes n'ont jamais conslalé de pareilles
lésions, lors même que les vers intestinaux
existaient en très-grand nombre. Mais tout
le monde sait qu'il est possible d'introduire
une aiguille dans la cbairet dans le tissu
àvs organes internes les plus délicats ,
comme on le fait dans l'acupuncture, sans
ftrsdaire de douleur ni de blessure; il
suflit pour cela d'éenrter, par des mouve-
ments répétés de va-el-vicnt de l'aiguilla,
les parois du tissu cellulaire pour j faire
entrer le Gor|i8 étranger sans rompre ce
tissu. Or H. Van Beneden a observe sou-
vent que le scolex, en sortant de l'œuf, se
livrait à des mouvements très-Vib qui de-
Tflienl produire les luémes eOeUi,
Nous terraîncronà ces f>l>»erv»tiraii par
une remarque qui nous parait péremptoirv.
Supposons pour un inslaut ijuo le nidJe
d'après lequel les œufs ou genaes îles enta-
zoairesarnventdans les orgsoes des autra
animaux soit tout à fait inconnu, queVoC
servation directe ne nous ait rien appriitut
la transmission qui existe nâceïutrcmtn
pour tous les entozoïires chez lesquiilson
a consisté la présence des œurg. Souiuiir
le contraire, ce serait avancerque la nnlme,
en douant aussi ces êtres du l'appareil gé-
néraleur, aurait fait une cbose sujKtHui
et même tout & fait illusoire, ce qui imii
évidemment absurde.
En 66*01, si les entozoaîres peuvent st
former d'eux-mêmes, s'ils ne provIeaiKiti
pas tous, d'après la loi commune, d'un luin
être semblable à eux, si les œufsqui eiii-
lent en quantité si énormu ne sont poi d»
tinés à propager l'espèce, l'exislence dn
(Bufs n'est plus qu'une superlélation, élit
est SQperDue et illusoire. D'ailleurs, nous
avons vu que U. Van Beneden a reconnu
!|ue tous les entozoaires,6 l'état adulte, nih
erment un appareil complet de génémion;
Il faut donc que ces animaux noa-wnle-
ment puissent se propager par œuIsoii
germes, mais encore qu'ils doivent iiâc«-
sairement se reproduire de cette manière.
Il résulte évidemment de la discussion
précédente que les données de la scienM
par rapport h la reproduction des vers in-
testinaux, lois d'élre favorables i l'bypo-
Ibèse de la génération spontanée, ne M
que constater une fois de plus toute k ù\-
blesse et la futilité de ce système.
M. Van Beneden a lu, i l'académie royile
de Belgique, dans la séanee du 3 déeen-
bre 1853, une notice tur l'écloiion dtn-
NIA DispiK et la manière dont la mirjiaei
de eettoïdet pénétrent à traverâ Ifi titra,»
logent dam lei organei creux, et peurfl
même passer de la mère aa faetvt.
■ Aux yeux de quelques naturaliste!, «l
H. Van Beneden, il reste encore toujoan
des difTicullés pour expliquer la préienK
de certains vers dans l'intérieur de l'éffiio-
mie.sans recourir à i'bypolbèse desgéo^
lions spontanées.
• La présence de vers dans des embf^
ou des fœtns en voie de développement, d
qui u'ont pas eu encore de rapport »twI«
monde extérieur, est un de ces pbéaoïnèo't
qui semblent embarrasser ceux même qui
n'admettent point cette bypothèse.
« On considère aussi eotnme non Diaio>
difllcile h expliquer la présence dans cliaq»
animal d'espèces qui lui sont propres, ei
qui varient même quelquefois avecl'dge<''
rb6le. L'enfont a d autres rers que I'Iioidiik
adulte.
■ Entin, on argument oai a naro int-
pnissant aux yeux même de cél^res niiu-
ralistes auxquels la théorie des spini^'
ristes répugnait, c'est que les «eu& des «*■'
toeoaires sont trop gros pour passer parir)
vaisseaux, et que t bypotbèse de la innw»
sioudes vers intestiunux de la iDèreauprU>
parle secours des œufs est en coutradifl'"^'
manifeste avec les domiées aspérisieDia'C^
CEN
DKTIONNAIBE APOLDCETIOUEL
GfcM
M II ojrrunidtrie. C'est aiosi que s'eipri-
Buit, il n'y a pas longlemps, un célèbre
p'ijsiolosiste.
• Aprn aTOir exposé nos observaliotis
rarleferqni oous occupe, nous recrendrons
les bifs qui sont de quelque imporUnce
pourrésoudn les questions qui sont soo-
kiéa ici'; doos verrons que tous ces cas ,
si embarressaDta pour les naturalistes qui
uc Toulaieni, atec raison, TOîrqu'uue hjfx^
ii;ése inutile dans la Ibéone de la génération
s:<oaianée, s'expliqueront aussi simplemeat,
i-i»si nainrellement que les faits les moins
singuliers des autres classes du f^na
lui mal.
• Cps bits pirmellroal d'attaquer les par-
115- os 'le la gi^néralivi) spooLaoée dans leurs
umiers relrancbemeols, elsi, par hasard,
i tD resiequi no Teuleut pas élre coiiTsio-
luf. 1.0US les placerons dans la catégorie de
(cui qui voi'ut aujourd'hui encore les
• •'5-oiis fialira de toutes pièces dans U
tr'Ui- de nos étangs.
■ tl b'j a plus un «eul Ter intasliital dont
•■ti ne connaisse les organes sexuels el dont
on n'ait pu couslater la prodigieuse fécon-
dité, et, soos ce rapport, les beliuinlbes ort
éié fcUdiés BTi'c pliis de soin que les poi^
SORS qui peuplent nos rîridres. ■
M. Vau Beiiedeu décrit ensuite lesobscr»
lalions qui font l'abjel principal de sa no-
lit:e (>t que nous allons rappeler auccine-
Od savait déjà que les embryons des cjs-
l'cerqoes, oo vers résiculaires, avant leur
f'ititi de l'œuf, sont («urvus de six cructwls;
CD a cm d'abord que ces crochets élaieiil
l<s rudiments des appemlices, sous forme
tic couronne, qui ornent la télé de plusieuis
■ie ces entozoaires h un Age plus avancé.
U. Vaa Ben«dcn a constaté que, même pour
l<;s téoîas dé|iourTiis de crochets ou de eou-
r«nue h l'Ige adullc, les embryons sont
(ounrusdeces mêmes six crochets. On a
lecoDDu d'ailleurs que les crochets de l'eni-
Ujoa ne sont pas Is conimenctimenl de la
"uronoedu ver plus développé. Oo puu-
rail donc m demander ce que sont ces or-
gues el quelles sont les fonctions qu'ils
-icrceot T C'est ca que l'auleur a pu déter-
DÎner par des observations directes sur le
nia diapv, qu'il a trouvé en abondance
aos les ialfSÏios de la greiMuille, roua
tmporarioy des environs de Louvain.
Cesceaioidesexislnienteouipléu-meat dé-
• U>f>pé«, avec des p'\>gloitisou des articles
étAchés du vcrrubanaireou léoiii, adultes
I contenant des (eufs. Chaque œuf rcnfcr-
lait un eoibrjon avec six crochets, qui
langeaient consIamoMal de position lus
->s par rappt>rt aux autres pendant que
mibryoD eotier se cuntractait et se atoovai t
in» tous les sens. Après avoir écrasé gra-
-e4tfli»«)l on eeitâio nombre d'œufs sur le
rte-objet du microscope, |»onr déchirer
ï enTelopnes el mettre les embryons eu
Li'jrté, H. Van Benedeu a pu observer la
Tute cl les mouveuiciils de ces embryons,
iJisiicsitiou et l'usAg*; des crochets.
« Le eorps. dit-il, estde forme ovale, par*
faitement transparent et l'on ne disthigue
pas la prés»ice d'uo globule dans l'intérieur.
La surface du corits est parfaitement lisse.
• Les six crocuets sont réguliëremeoi
disposés dans loos les individus el se meu-
vent eiaciemenl de la même manière. Ils
sont très-grêles et ont à peu près la moitîd
du diamètre de l'embryon. Deux occupent
la ligne médiane et se réunissent comme un
stylet unique ; ceux-là sont è peu près droits
et un jkeu plus longs que les autres. Ils ne
se meuvent que d'avant en arrière et d'ar-
rière en avant. Ils agissent comme les pièces
de la bouche de certains crustacés parasites,
contme les argules, pour percer les lissas.
Ils sont dans un mouvement continuel de
va-et-vient.
■ Les quatre autres crochets sont sem-
blables entre eux et diB%rent des premiers
par la pointe, qui fsi recourbée en crochets
véritables, lis sont disposés deux par deux,
i droite et ft gauche des premif-rs, de ma*
nière que tous se louchent par la base. Leurs
mouvements ne sont pas les mêmes que
ceux des deux premiers : k leur base ils
restent è peu près Sitis, tandis qu'au bout
ils décrivent on quart de cercle. Que Fou
se Lgiirc les six crochets placés en avant
dans la même direction. Les deux du milieu
avancent et les deux paires placées synié-
triquemvot i c&lé d'eux s'abaisïeut d'avant
en arrière el poussent par là le corps en
avant. C'est comme la cadran d'une pendule
qui aurait trois aiguilles, placées i cdld
lune de l'autre; celle du milieu serait
pou.csée directement en avant, tiindis quo
les deux autres s'abaisseraieul, l'une jus-
qu'au trois, l'aulrejusqu'au oeuf, ou jusqu'à
ce qu'elles fissent uu angle droit avec la
première. C'est ce Diuuvemcnl que Ton voit
se produire dans tous.
■ Quel en est le résullalT C'est que l'on
voit dislinL-lcmcLt l'embryon pénétrer entre
les débris ou dans les tissus écrasés qui
l'entourent. Ces embryons font le mouve-
ment d'un homme qui veut passer p'ir une
fenêtre un peu élevée; il est |iarTcnu à faire
f lasser ses coudes, eten les appuyant contre
e châssis, il pousse le corps en avant. Ces
embryons ne lont pas aulremenl.
■ On voit ces mêmes efforts cootlnuer
pendant des heures entières, et on comprend
aisément qu'aucun tissu vivant, aussi dense
qu'il soit, excepté les os, ne soit faciteaiciit
traversé par ces embryons iiiicroscnpiqut.<.
■ On comprend doncaiséincnt aussi )iouf-
quoi OD trouve si communément les cysli-
cerques répandus dans des kystes le long
des inleslios et entre les feuillets du mé-
sentère, et comment ils peuvent, perç-^ut les
parois des vaisseaux, se répandre dans les
organes les plus éloignés, a la laveur du
sang qui les charrie.
« V'oiift donc le premier Age de la vie du
cealoide ténioïdicii connu, ainsi que ses
premières maoïfestations après sou écl»-
sinn. >
Nc-us laisserons l'anleor dévcIop|>er lui-
I055 GEN MCnO!iMIfte APOLOCËTIQUe. CEN ^
mime les conclusions qui résuUcDt de son Kt'nre de nmirrilur», et c'etlltibTeurda
ÎDléressante découverte. celle nourritnre, qu'elle «ail Tj^lg oi
« Répondons tnstntertanl qoelqoPS mots aniiiiAle, que les parnsiles |»énèlrenl dut
i ceux qui ne pentent s'expliquer )■ pré> snn corps. Le t^ia du cfaal luiirriTeili
seocc de fers dans de» jeunes qui viennent faveur des rais et des souris, eomms Itt
de natlre, ou dans des fœtus qni n'ont pas lAitaiduchien luiparvienoeDlpHletecaut
eu encore des rapports avec le monde des lierres et des lapins. Las mammilèro
exlérîeur. qui se nourrisseot d'nerbe perteDl des liùt
« Nous avons vu plus haut nn embryon (généralrmeot sans cpocbetsj |<0Qr leur
de cesloïde au moment de son éclosiun : propre complç, mais en iDéma temps ili
il ti'a que la grosseur d'un globule du sang serveiri de véhicule en porlanlducyslitH^
et (torle six corps solides, dont deux droits ques pour le compte d'un autre, et ces tji- i
jiercent les tissus et dont quatre autres, tieerques ne deviennent compleli que du» j
sous forme de crochets, prennent leur point le canal inlestinol des carnassiers. L'hommt, i
d'aiipui dans lès tissus, et poussent néces- qui est omnivore, en porte avec et sut
sairement le corps en avant. Si l'on songe crochets ^d'apr4s ses deats, il oedevnilto
au volume de ces paras ilt's, i leur incessante avoir que de la dernière catégorie, c'est^
activité et à la flaccidité des tissus en face dire- sans crochets. Les peligieuideterliiu
d'un hAle pareil, on comprend aisément que ordres qui ne mangent pas de viande, D'ail)
le« jeunes téniai, avant de devenir cjstf- P»s de ié»ia dans les pays même où es m
cerques, doivent traverser aisément tous les est trèb-commun, comme eu Egypte el«n
tissus. La taupe, en creusant le sol avec ses Abjssioie. Dans un IraTail- spécial, doui
deuspaltes dedevaut, rencontresant doute aurons bjentftt l'occasion de revenir aot
autant de difficultés que le ténia micro- 'roie espèces de ténia de lliomme, non
scopiqua arec ses longs nrocliets. compris le botbriocéphale, qui s'introduit
1 Les parois intestinales sont bien facile- probablement par une autre voie.»
ment traversées par ces organes solides Deux médecins italiens, MM. Ercoiaoitt
(1619], et c'est dans l'intestin que l'édosion Vella , viennent d'adresser à l'Inslitul de
doit généralement se Caire. Les uns trou- France uo beau mémoire qui conérmeli
Teront donc facilement i se loger dons un eonclusion géBérele présantée par H. Vta
kjste sous le iiéritoino, d'iutres creuseront Beneden.
avec non moins de facilité les parois des Le Carrupondonf rend eampi» do mé- ,
raisseaux, et se rendront, selon le besoin, moire des deux savants italiens ûtm la
dans le cerveau ou dans le globe de l'œil, termes suivaotx r >
on se fai>aiil charrier jiar le sang. Et si ces ■ Dd des arguments les plus emplofésn
ji-unes vers peuvent ainsi librement circuler faveur de la génération spontanée, c'e>l, qui
dauA le corps, Iroureront-ils un obstacle l'ignoref la prétendue impossibilité quece^
dans les parois de la matrice, dans le tissu taios kelminlkes et notamment les niiu-
S|>ongieux du placenta, et ne pénétreront- loïdes pénètrent dans les corps des ini-
ils [tas arec la plus grande fiicililé par les maux sans périr, eux dont l'oi^nisitioit
vaisseaux ombilicaux dans le fœtus? Et nat si fragile. MM. lircolani et Vella oot
quand il n'y a |ias de cordon ombilical ■ voulu examiner de près les faits divers ssr
comme chez les oiseaux, est-il plus difficile lesquels s'appuie cette objection, et ils M
de comprendre que ces jeunes vers en- reconnu que la vie des belmiQtbea en qa»
vahissent l'ovaire et levitellus? Evidem- tion, loin d'être aussi fragile qu'on i« s■^
ment non. pose, est au contraire d'une Miuiciié sur-
■ Et quant h l'autre difficulté, que chaque prenante. Les œufs et les embryons ai
C'S|>èue animale a ses vers propres, est-ce nématoîdes leur ont donné des sigoti^
bien un argument sérieux que les spouté- v<o après six jours d'immersion daiu I''*
psrislas invoquent? Hais chaque espèce coul k 30*; bien plus, entièrement dessi^^
oiiiaiale, si elle est herbivore, u'a-l-elto pas et iirivésde tout mouvement, ilsrevieuucM
ses ptanlus? Si elle est insectivore, n'a-t-elle aaiis peine à leur état aotërieur («ttrii
pas ses insectes? Si elle est carnassière, qu'un les plonge dans l'eau liède.
iia-t<elle jtas une proie qui lui est destinée? ■ i'O» savatili médecins ne se sosl pM
Ht W les individus de chaque espèce se contentés de ce résultat. Pour prouver qur
iiuun-issont des mêmes aliments et s'ils les némaloîdes ue prorienoent nulleoeoi
(loiveul nui mêmes sources, ue trouveront- d'une génération spontanée , ils ont suv*!'
ils pas dans leur nourriture les parasites qui leur développement depuis le momeal oi
leur suui destinés? Dieu a doué chaque es- l'œuf est formé jusqu'k celui où il écU^
j èee d'uu instinct qui dicte h l'animal son Us expliquent comment sa présence ]>'>*'
(10(9} C'est un Tail conna que ron peiil Intro- reiubrron da cesUMe foal pi
iluire une aiftuiite dans la cliairel dans le llsbu deg stylet qui remporte û
orpnes internes lei plu» (hHicaU, d« cœur, par plus mince et la |diu >«» .»— - ,— .
cxenple, comme «d te Tait Omm t'aCNpoHcUire, uns cheii aoDt Siés tut b sarfaee an Oasa, I'**!"''
[lodu^re ih-. douleartoi de tili-ssur ; il siiflitpour Bolîdemeut al lâché avi paroii de Vorj^ae'éii»
cela tl'éiarier. par dea HouvemunU mmlcrésel ré- Louve par tes quatre autres otocImU recoarbât*
|xMcs du va-ei-vieiil <le l'jigiiilic, les [larois du (issu iMiinle pousse en avant loa carpa et le atjlM <(■ >^
cellubirc pr.nr y faire eulrer le cwrps étranger sans lien avec une force c "' "'
loœprc ce tissu. Ui les deux croclkis du inilic-u de laU;.
fOn CEN HCTIO.>N.\l!lE ArOLOCËTIQUE. GKJi |05f
ii*«K>t<a5 soupçonnée, parce que. pënétraot plus «lu'il n*a. C'est é*j()rmmenl prendre
nvccfes alimenla . il adhère «l'sbonJ h la la rnison au rebours, cl fnirc consister la
niembriDe muqueuse înlestinale pour s'en- [ibilnsophie ft nier ce qui est et h expliquer
fonctr ensuite jusqu'h la péritonéaie , et par l'absurde ce qui n'es! point [I6S0).
ilors,borsde(out |)eril d'être élimini^, achè- Redisons le donc en liTiriinenl : non, il
TB son déTvIoppenient nour revenir onQn n'v a rien de spontané dans le monde,
ifinsli carilé intestinale et y jouir de la Cnaqne érénemeiit a ses causes, cbaipio
Tji>, fait a son principe, comme il a ses consé-
( liront ajouter lin reste que cescurieu- quences, pour lesquelles il est principe 'iii-
mtip^nenccs, qui t'ajoutent â celles de même. Tout ce qui est n'existe qu'à litre
H. Vin Beneden pour les conllrmer, n'ont de conséquence. Une seule cause a été et
lus porté sur tous les nétnatoïiies. mais s?rB toujours; c'est la cause première, la
wiilenipnt sur \'aacariiinegaloctphala,V.\\ea cause universelle, le raison suuvers'De qui
iiiièneront sans doute d'autres observatiuns, domine toutes les raisons; l'intelligence su-
i;ut permettront enfin de mettre de l'ûrdre ^t'émet don! l'iatelligence derbomaeestun
ddula clarté dansThelmiothologio; et uo rayon, qui a lancé les mondes dans l'espace
jour il sere établi que cette partie impO|^ et qui présidée leurs révolutions,qui dirige
imu des sciences naturelles s'est consh- le soleil dans sa course, qui régit la nais-
luée par une double réaction contre la |ihi- sauce iln la plus simple mona'Ie aussi biea
lojopniescolaslique et contre la philosophie que l'organisalioD plus compliquée de l'iu-
pmliAiste qui toutes deux concluent fa la dividu humain. Cest h celte cause seule
g^iitntion spoutanée. ■ qu'il faut attribuer la spontsDéité; car la
Ces dernières paroles du Correspondant spontanéité est son essence. Blleestparce
ilcinindent une courte explication. 11 est qu'elle est f£i;o lum //uifumj , parce qu'il
Tr;ii que la pliilosophie scolastique admet- laut qu'elle soit, parce que si elle n'était
unis génération spontanée aussi bien que pas, rien ne serait. Son existence ne se dé-
tj [>ljjlasophie panthéiste; mais cette fausse montre pas; elle ne se prouve pas, elle est
l^polhèsen'a pas la même portée dans les évidente; en un mot, c'est un axiome. Les
deui philosophies. Dans !a pliilosophie SCO- autres causes, au contraire de celle-li, no
Ukiiqae elle n'était qu'une erreur pbysi- sont que secondaires; l'esprit humaip fait
<\w, une erreur de fait. Reconnaissant sa scienre de les dëcouvrir,de les démon-
(anme un principe inattaquable la création Irer. de les prouver, de les expliquer; miis,
iJe /'univers , les scolastiques supposaient en lesétudiiint,g.irdoQS-nousiJenous pRjer
T/e Dieu, en la créant, avait donné h la ma- de mots, de tomber surtout dans les absur-
(ièr« inorganique la puissance ou la pro- dites et lesnun-sens, etd'oHirmerdes spoa-
(Tiéié de devenir, dans telles circoostan- tanéités qui ne peuvent exister nulle pan,
m données, matière vivante et de passer et qui sont encore moins là oii les causes
iTunélaideTie è unautreétat;cequi certes secondes elles-mêmes échappent è notre
s'est pas contradictoire en soi ni opposé investigation.
1 11 nolion de Dieu conçu comme être in* ■ La vie en général, disait Cuvier, sup-
himenl parfait. Au contraire, telle qu'elle pose l'or^janisationen général, et In viepro-
ttl soutenue par le panthéisme et le maté- j>re de chaque être suppose l'organisation
n'iliimB, celle hypothèse cuutient, outre |>ropre dis cvt être, comme la marche d'une
l'erreur -le fait, la négation du dogme de la horloge suppose l'horloge; aussi ne voyons-
fhWoa et une manifeste contradiction phi- nous la vie que danii des êtres tout orga-
'"' "■ " -..-■-. iiisés et faits pour en jouir, et tous les ef-
forts des physiciens n'ont pu encore nous
inontrerla uialière s'organisa ni, soit d'elle-
même, soil par une cause extérieure quel-
conque. En effet, la vie exerçant sur le:
lotOftbique.Csr.commepoureuxiln'yapbint
J'iuirt: Dieu que la nature, la génération
tponlanée est d abord destioéefa remplacer la
tréalion; ensuite, la création et tout être su-
Kribur i ta nature étant écartés, c'est encore
u génération spontanée, accompagnée de la éléments qui font à chaque instant partie
ttDjmutalion des espèces, supposition égfr- du corps vivant, et sur ceux qu'elle y attire,
'^enl controuvée, qui est chargée d'ex- une action controire h ce que produiraient
pliquer comment la nature, ou cette force lesalBnilés chimiques originaires, il répu-
1UI l'agite dans l'universalité des êtres, se gne qu'elle puisse élre eUe-tnâme produite
x^^eloppe successivement , en vertu de la par ces affinités , et cependant l'un ne con-
l'Dissauctt magique du mot abstrait de pro- oalt dana la nature aucune autre force ca-
Vti absolu et spontané, et devient par pable de réunir des molécules auparavant
e||e-nie[iie, après les plus faibles débuts, de aéparéea.
uitile plus forte, d'inférieur supérieure, de «La naissance des êtres organisés est donc
Bmétale végétale, de végétale animale, etc., te plus grand mystère de l'économie orga-
I eti-Mire, comment le moins devient par nique et de toute la nature; jusqu'à présent,
^i-mèine plus. Ce qui équivaut à dire que nous les voyons se développer, mais jauisis
w moins produit le plus, et que tout ce qui se former. Il y a plus : ton» ceux i l'origine
*» ou n'est pas donne ce qu'il n'a pas ou desquels on a pu remonter, ont teoud'abunl
(IM) DuM la Noie TU, i la On du voImm, ris. cba^ée de rcxanen du Hémeire de M. Van
^"■■fiiiiBUu uae aulne (uecinete du rapport de . Ucnedeu.
0 tMniiiiM de l-AcadéHifl des teûinuè de Pa-
MCnONN&IRE APOLOGETIQUE.
CES
i un corps de la mCme forme qu'cnx, mais
développé «Tant eux ; en un taot, & un jm-
rent. Tant que lo petit n'a |ioiiil do vie pro-
pre, mais parlicip<]b celle de son parent, il
s'appelle un germe.
* Le lieu où le ^ermo est attaché, la causa
occasionnelle qut le détache et lui donne
une vie isolée, varient ; maù celle adhérence
à un rtre temblable est une règle lani excep-
tion. »(CT!ViEB,Bigneanimatflnlroduciioii.)
— Voy'. HoHHE, art. I, S <> etc.
GENESE, son authenticité, etc. Foy. Peu-
TATEtQCB. — Prophéties qu'elle contient
annonçant le Messie. Voy. note XV, | 1 , à
la finau2*T0lunie. — Inierpri^tattoiidu pre-
mier chapitre. Voy. Créitios, % V.— Ce qu'il
faut penser du son intt!rprélaiion lîlléraje.
Voy. CosHOGBAPHiB. fttb init. — Son autorité
croissnnle. Voy. Peutatkuquh, 5 IX. — Con-
lirmalion jiar les découvertes modernes et
chronologie. Ibid.
GENESE UATEItlALlSTE. — Dans les
sciences qui ont pour o|)je( la recherche
des causer oo des origines , il est un crité-
rium qui donne tout do suite la mesure de
In puissance coordînalrice et de la valeur
<l'uno doctrine : c'est le résulldl final, la
conclusion rigoureuse qui ressort de l'en-
semble de ses raisonnements et de ses prin-
cipes.
Or, quel est le point de départ, le prin-
cipe Tondamental de la (genèse matérialiste?
Sa formule est nécessairement celle-ci : //
exitte de lovU ilernilé dans l'eipace inlfni
une Motnme finie de matiire ; cette matière,
douée de propriélh ou de forces essentielles ,
a produit et produit encore tout ee vaile en-
semble , toute celte succession de pkinomines
qui constituent notre monde.
Cette formule est l'essence mémo de la
conception matériali--)te, et l'on n'en pour-
rait retrancher un seul terme sans que le
malérialisme ne cessât d'être è l'instant.
En effet, si la matière n'est pas éternelle,
elle A été créée : donc il existe en dehors de
la matière une puissance qui lui a donné
l'être. De plus, on ne peut admettre qu'une
somme Sme de matière, autrement le mou-
Toment serait impossible: car une matière
infinie dans l'espace in^ui, es serait le plein
absolu ; or, le mouvement ne peut être conçu
que dans te vide, l'iinpénélrabililé étant une
des propriétés essentielles de la matière.
Nous avons ajouté que la matière possé-
dait des propriétés ou des forces essentiel-
les; ces forces sont nécessairement finies
comme la matière , finies aussi comme nom-
bre, car il aérait antilogique, absurde, rie
reconnaître des propriétés infinies dans un
6lre Soi. Puisque ces forces sont essentielles
X la matière, elles sont éternelles comme la
matière. Autrement la matière les aurait re-
mues, ce qui impliquerait encore une créa-
lion que le matérialisme rejette. Enfin, puis-
qu'elfes sont éternelles et essentielles, ces
forces ne sont susceptibles ni d'accroisse-
ment , ni de diminution.
La conclusion dernière d'uoe pareille doe-
triQe, c'esl donc le fatalisme, plus la viula-
lion la plus tlngranle des lois qui sont li
ba^e de la raison bnmatne. Car qu'Ht-rr.
qu'une matière éh-rnclle, incrééa, eiisinnl
fmr elle-même, et qui pourtant est finit,
imitée , bornée dans son essence comuii
dans ses propriétés?....
Miiis si celle matière êfemHle, incréée,
n'est pas seulimenl de la matière purement
et simplement, c*i>st de la matière disiMiJée,
façonnée, arrangée, agglomérée cnglobn,
eu mondes, organisée en corps delanilun:
)a plus diverse. El celte organisatinn Ju li
matière n'e.'it pas éleruclle : elle a cammon-
ce ; le matérialisme le proclame. Se foodêiil
sur les découvertes de (a cliimie moderne et
sur celles , aujourd'hui fort ébranlées, qui
ont été faites dans l'astronomie sl'lliiit.
princrpalemi^nt par les deux Herschcll, In
cosmogonisles panthéistes ont eu recoonï l
une hj'polbèse renouvelée des écoles de 11 |
Gi-èce, cl particulièrement de la secte d'Epi-
cure.
Ils ont prétendu que, dans le principe, li
matière existait disséminée dans resiâïe,^
l'état élémentaire , moléculaire , nébuliirs,
gazéiforme, tous mots synonymes ; que ch»-
cune des molécules qui composaieal cette
matière était primitivement tenue en pltcn
par l'action simultanée de deux forces : l'une
répulsive, la chaleur; l'autre aiirncliro, la
gravitation; et enfin, que cette matière dil-
fuse s'élant succesaivemeot condensée par
la défierdilion de la chaleur, a formé Its h^
leils ou les étoiles, les planètes et leurs
satellites, et tous les corps célestes ((ui
remplissent l'espace.
Telle est la tnéorie générale malérislisie
dans toute sa rigueur. 1
Voyons maintenant è quelles concluiioiu |
icientifiques nous rvDiiuit une pareille ibiiK
rie.
^i-'V . .
dam le principe ,
nébulaire ou ditfus , soumise & deux SorM
contraires, le calorique et la pesanteur. Mm
cette formule, dans le principe, u'esl-t"'
pas une évidente co'niradîction dans lii^*-
trine qui soutient l'éternité de la malièrc*
11 n'y a pas eu de principet il ne peut p» f
avoir eu de commencement à cet éiat nébu-
laire et diffus de la matière ; detoute<itmii
elle est diffuse et soumisu à deux forces
contraires, la fbrco répulsive, et son aal3-
gonisie, la força attractive. Mais alors il
s'ensuit de (rois choses l'une : ou la Tom
répulsive ('emportait sur la force allroctiiï,
et, dans ce cas, la lualière aurait dû sa 'li^
perser, s'évauouir sans limite et sans leru^a
dans l'espace infini, et puisque celte F^
pondérance de la force répulsive est uai|li|'-
nomèoe qui s'accomplit de toute éteruili'.
de toute éternité aussi a dû avoir lieu ce:l<:
dispersion de la malière, dispersiou i*'
conséquent illimitée , infinie coujme IVIcr-
niié et l'espace; ou bien, au cootra>rB.
c'est la force attractive qui prédominaiii ''
alors la matiër« aurait ail tendre è se con-
denser en suivAnt la loi inversa du ton
des dislances, et pufsqoe eelle coude'"'
.'hypothèse matérialiste suppose que.
I le principe , la matière existait à l'rl'i
Kl
CES
lion dura âq)nis rdtcrDitiS, cette conrraciion
de Ib matière defrait èlrc infinie ; on bien ,
cDGn, la répulsion et l'altraclion se balan-
{aient, étaient de tonte éternité égales et
coDiraires, ett dans ce Iroisième cas, tout
moa*ement aurait dû fitre éternellement
impossible. Ainsi, le matérialisme ne feut
poser la question d'origino sans tomber
dans la plus palpable contradiction, et
quand on lui en ferait la concession, tl
n'en resterait pas moins renfermé dans les
limites d'une triple impossibilité.
Ce n'est pas tout : rnypolhëse reaf qne )a
forte de répulsion domine par l'effet du re-
froidissement ou de la déperdition da calo-
n\u, et qu'ainsi l'attraction devenue pré-
jf.iiàiriuie opère la eondensaliou de la
aalJère. Ici encore il j a une contradiction
e< ane impossibîtilé. En effet, entre deux
iDoiécules matérielles dont les températures
sont égales. îl ne saurait se produire aucun
ciTettberniologique; or, la matière diffuse
étant nécessairement et de toute éternité
ë^iement incandescente dans toute son
étendue, tout phénomène thermologique de
molécule i molécule était impossibre :il n'a
donc pu j avoir aucune déperdition de cha-
Itar; l'équilibre entre les températures de
chaque molécule est éternel et doit persévé-
nrajamais, suiiant les lois fondamentales
q-ji ifgissent les pbénomènes de la chaleur.
V^'esi-ce donc que cette déperdition de la
eàaltMr, que suppose t'hjrimthëse ? Elle ne
peut si(p)iiier autre uhosi; que la dissémina-
lion de la chaleur dans l'espace. Hais l'es-
face, c'est le vide absolu, et la chaleur étant,
tt'jprés la théorie, une profiriélé esseniielle
^ la malièro. il ne peut v avoir chaleur là
''•i il n'y a pas matière ; s'il n'en était ainsi ,
a faudrait admettre la matière infinie ou le
; lein absolu, ce qui serait une absurdité. La
ciuleor n'a donc po se perdre dans l'esj'ace.
Est-ce assez de contradictions T Non, l'iiy-
p'jliièse matérialiste portu encore à la Ioj;i-
>JUE une dernière atieinte que nous devons
signaler. Eu effet, elle conclot directement &
la îolidiBcalion complète de toute matière
[.•«r la déperJiliou totale de la chaleur pri-
xi.ive. l>e l'aveu de tous cens qui lont
-•^û; tée. notre état phénoménal actuel tout
tmiKT n'est que la série des termes par les-
iucls te phénomène marche de son origjine
, ude son premier terme, qui est la diffusion
-imitée et l'incandescence excessive de la
— ilière, vers sa tin, vers son dernier terme,
[fii est la condensation illimitée et le froid
ii^ioin. Or, quel que soit l'espace de temps
ioj s'^oule entre le premier ut le dernier
^nue de ce phénomène général , ce temps
:Sl nécessairement et esseulielleuient limité,
ruiMiue ce temps mesure une série de phé-
lOffiènes dont le nombre est fatalement dé-
ui : |tar eonséqnent, le phénomène général
'Ut entii;rada néce^sairemenl Aire accom-
i Je tout temps, puisque la matière est,
->r h t polhèse, éternel it, tt que toute durée,
-« t:.>jue longue qu'on la suiigiose , est tou-
•jts et iiéc^sairement nulle par rapport à
^ iKfuiléï d'oiï il suit «nBn, comme dernière
HCTIO?i.>t.\lIlE Aï OLOCF.TIQUE. GRA W^
conséquence, que loot ce q«i existe n'existe
pas : ce qui esl une atwurdilé métaphysique.
Ainsi , josqu'k ce qu'il devienne possible
d'effacer de l'esprit des bommes le signe spi-
rituel qui répond \ l'idée d'infini r\ qui est
la hase de ton tes les sciences, toute doctrine
matérialiste sera nécessairement ou unn
contradiction scientifique ou une absurdité
mélaphysique. Foy. Ho.vdk.
GENTILS, leur conversion prophétisée.
Tttv. note XV, | V, à la Gn du deuxième
Tolume.
GEOFFltOT 8A1NT-HILA1RE, set débats
avec Cuvier au sujet de l'unité de compo-
sition. Fo|r. Homme, art. H, } 1.
GEOGRAPHIE des Indous. Yoy. Inxak-
mSMK, |lll.
GEOLOGIE, fournit-elle des preuves en
faveur du délugcT Foy. Dâluge, f 1 et 11. —
Anéantit l'hypothèse panthéiste iinr l'ori-
gine des êtres oi^nîsés. Vou. Hoube,
art. I, I IV.
GERARD (M.), réfutation de son arlic'e
sur la génération spontanée dans le 0i>-
lionnaire unieertel d'hittoire naturelle. Yoy.
GÉiliKATtOX ïFOXTiNËB.
GERME, est-il un et identique dir.s le
règne animal? Fsy. Hommb, art. H.
GIBRON . réfuté au sujet de la Biblio-
thèque d'Alexandrie. Foy. BiBiioraiQCB
d'Alex AiiDBiE, { iV.
GOTHESCAI.C. controverse avec Hinr-
niar; M. Guizol réfuté. Yoy. HiitCMA*, j VI,
Vil, VIII, IX.
GOUVEK.NEHENTS, diflieultës qu'ils oi>-
posaient ï l'établissement du règne de Jésus-
Christ sur la terre. Foy. Jfaos-CHmisr, art.
III, § II.
GRACE. — Les théologiens définissent en
général la grâce un don surnaturel qne Dieu
accorde gratuitement, et en vue des mérites
de Jésus-Christ, aux créatures intefligeutes
pour les conduire au salut éternel.
On a fait des raisonnements k perte de
vue sur la grâce, matière obscure, où il est
facile d'embrouiller des questions parfaite-
ment claires. Rien, en effet, n'est plus sim-
ple et plus raisni^nablt; que l'eiiseigcemcnt
de l'Eglise à ce sujet; il i<e réduit A un petit
nombre de points essentiels. D'abord la grâce
est nécessaire; que peuvent [lar eux-mêmes
l'ange et l'homme dans l'ordre surnaturel?
Absolument rii-n, c'est évident. La grSce est
gratuite; car, si Dieu nous rendant resfionr-
sables de nus actes, est tenu par là même
de nous accorder un secours dont nous ne
pouvons nous passer, rien ne lui bit une
loi lie nous venir en aide par des moyens
surnaturels, è quoi nos bonnes œuvres fu-
tures ne sauraient nous donner droit, puis-
Îu'elles sont elles-mêmes le fruit de la grâce,
outefois le bon usage des grâces reçues
en mérite de plus abondantes, on le conçoit
aisément ; mais Dieu ne s'engage pas rignu-
reasement à les accorder, on le comprend
encore mieux; il s'en suiviait qu'ayant une
fois fait un pas dans la lerm, l'homma ne
pourrait plus en déchoir : ce serait la doe-
Irioe absurde, immorale de rïnimissibilité
t06S Glu UCTIONNAIRE
de la Justice, tant reprochée sui pratestAnls.
Il &sl BUrloul une KrAce, celle de la persé-
vérance finale, qui n est promise à personne,
par la raison qu'il importe i tous, même
nm plus saints de ne se relâcher jamais
dans la piété, mais de croître tous les jours
OQ mérites.Cependant pourdonner à l'homme
le ressort de l'espérance arec celui de la
crainte, et doubler ainsi son élan vers le
hien, nos docteurs enseignent unanimement
que Dieu veut sincèrement le salut de tous,
quoique dans une mesure inégale de$ gri^
ces surabondantes pour l'opérer; qu'il no
nous abandonne jamais, si iiouh ne l'aban-
donnons les premiers; qu'enfin le don de la
[lersévéraoce peut s'obtenir par la prière.
11 existe une grâce efficace, grflce à la-
quelle l'homme peut véritablement résis-
ter, sans quoi les œuvres qu'il accomplit
narelle ne seraient point méritoires; grflce
a 'laquelle il ne résiste pas, parce qu'elle
est le moyen infaillible aoal Dieu se sert
pour mener noire liberté où il veut, et ac-
complir avec noire concours ses grands des-
seins, ineiécuiablcs dans une autre faypo-
Itièse. L'eipérience et le sens intime nous
sont garants que l'Eglise ne se trompe pas
dans son euseignemenl sur l'existence si-
multanée de la liberté et de ta grflce eŒ-
cace.
Il existe une grâce suffisante, au moyen
de laquelle on peut réellement faire des
œuvres surnaturellestsvec laquelle cependant
on n'en fait puiiil. Son existence est coiuuie
celle de la grflce efficace, un faîL attesté par
l'expérience et le sentimeDl. L'homme Cé-
derait à son action, si elle était eOîcace; il
ne serait point coupable de résister, si i;ile
était suQIïBOte. S'il n'y avait que des grâ-
ces suffisantes. Dieu manquerait son but, le
t>ien qu'il veut ue s'acroniplirail pas; s'il
u'y avait que des grâces efficaces, il le man-
querait encore, t'tiumiue s^endormirsit dius
une pernicieuse sécurité, son épreuve ne
serait jios sérieuse. On le voit donc claire-
nieut, la doctriue de l'Eglise est souverai-
nement raisonnable et se justifie par elle-
mêiue.
Quelque oiiinion que l'on adopte sur la
nature de la giâce eliicace, on est forcé de
convenir que son action doit être plus ou
moins puissante, selon les circonstances de
temps, de personnes. Pour amener Saul le
persécuteur à dire i Jésus-CIirisI : Seigneur,
que voulez-vous que je fasseT il fallut une
grflce extraordinaire, un miracle du premier
ordre; plus tard pour exciter l'apAtre à re-
dire mille fois celte douce parole au maître
qu'il aituait uniquement, il suflisait de la
plus faible irradiation de la lumière divine
dans son esprit, de la plus légère impulsion
donnée & sa volonté. La grâce qui aurait
converti les habitants dr- Tyr et de Sidon,
laissa dans leur incrédulité ceux de Corozaïn
et de Bethsaïda. Vers la fin du dernier siè-
cle, beaucoup d'hommes qui seraient morts
dans l'incrédulité lurent ramenés à la foi
par l«8 horreurs de ia révolution; de nos
Jours, l'iny&sioQ du clioléra-morbus a pro-
AroLOGET.<}liii:. CItA Hti
duit un vBtil BPmliluble sur qurliiuct li^
égarées. Uais si les flésui étaient jonmA-
liers, l'homme en prrndraiti [a&aunpiTli
avec une insouciance brutale, il pcrJraii
tout ressort, loule énergie pour le Dii;n; le
corps social, accalilé de maoi, resimit
bienlAt immobile comme un cadarre. Lh
révolutions sont la sanctioa iw lois £g
monde, des crises nécessaires ï la gaérisgo
des maux invéïérés, le renvertemeoi d«C(
qui est [lOnr préparer la place à ce qui M
être; mais au lieu de servir d- l<^oii,iir
remède, de préparation, elles amèueriiNil
le chaos, si la Providence n'en étouMlt
plus grand nombre dans leur germe, si £i
ne dirigeait vers un but les mouvemeuDti-
muliueux de celles qui peuvent flireu^ilti,
enfin si elle ne marquait une limite k leui
excès et è leurs crimes. Les miracles n'osi
de l'influence sur la votontéqueparctqu'iK
sont rares ; certes, la voix qui se lit eolcndfi
àSaul est une manifestation moins étoniiiDlB
de la Divinité que les merveilles de la ait-
lion dont le spectacle ne convertit personoi:.
Si le Fils de Dieu, dans l'intétét Uestvrieu
et des Sidoniens, eût avancé son afénemciii
de plusieurs siècles, on ré|iéleraU Bujmir- '
d'hui après le docteur Strauss, dinsloilcs
les acodémies de l'Europe, que Jésas csl un
mythe, que l'Evangile est une Kclion. Ch
exemples ctioisis entre mille prouve»! do»
deux choses : que Dieu pourrait h touletwci
convertir les plus grands pécheurs, elqor
quand il ne le l'ail pas il eu est empicbi fi
des raisons d'un ordre supérieur à [''aAiii^\
[larliculier. |
Mais pourquoi. Jemandera-t-on, Bîi'"
laisse-t'il empiier le mal jusqu'au )wiaiJ'
ne pouvoir plus leguérir que psrdesmo;':'^
inconciliables avec l'avantage cocdidv^'
Nous répondrons hardiment : c'est eue?
dans l'intérêt de tous. La disIribiiiioiiX'
grâces entre les hommes se fait d'après ''
j)lan général, de telle sorte cepenilsair
chacun reçoive une part beaucoup plusf>>'|'
que ne le réclament ses besoins t\iif"''
constances où il doit être placé. Puisfutls
dons célestes sont pnrtagés dans uaennvn
détertuioée, et que tel secours suniiUK'-
efficace dans une renconlre, restera ui^
effet dans une autre, on peut donc non V^
mériter la grâce, mais lui préparer indirt^
tement les voies, en ajilanissaut quflqiKl
obstacles, en éloignant quelques ocrii^l
périlleuses, ce qui nodemnade pas loujDnri
une intervention surhumaine. En elfti-ii^
les seules forces de la nature, l'homioe («■
résister à certaines teutatious, s'ab^unir^
certains crimes, accomplir quelques)''''
de certaines vertus morales ; un père, ^'o'
par son amour pour ses eofanls, et pi">'
sentiment de pudeur inné dans Ittiiiu^"
peut cacher ses vices k sa famille, lui ^
oer quelques bons exemples, surtout de >'
ges instructions; le leinpéramenl coto^'
l'éducation éloigne l'fluie de certains vin»''
rincline vers certaines vertus. Le tioo u^
des dons naturels étant supjtosé, la at"'
grÂce produira donc des rôsullaU qu>"
m CftA nCTIOWlAIRB
BoblienJnit pas dans une 5Up|>osiUon cod-
[nire. La Proviiieiice, dool le goareniement
«I si ug« cl 51 paternel, doil donc moulrer
fir des effets sensibles les conséquraces
ijiTerses du bon et du mauTais exemple, de
il bouiie et de la roauTaise éducatiuo* de
:'o:iifelA et du IraTail, de la réserve et de
Uiémérilé, delà sobriété et de l'inteuiiié-
nnce, en un mol, du boD usage et de l'abus
in dons naturels. Donc, en dlant à ceux
cuise sont serTivpourle mal des quiUtés
it l'esprit et du cœur, pour donner & d'au-
Itti qui les ont employées d'une manière
(■pposée. Dieu ne se montre pas injuste k
Jé^rd de quelqaes-uos, mais plutât inisé-
rtofdieox envers tous. Ainsi s'accomplit
<a-e (larole de i'ETangile : O» donnera i
etimi ni a déjà, tt il sera dans Pabimdanee:
mail i (tlitiqui n'a pa$, on Ttlrantktra même
ce ftit a [1631]; ainsi se Térifia la maiime
d=i théolot^ens : ■ La grÂce n'est jamais re-
fasse ï celai t|ui Taîl ce qu'il peut. ■
Slais i quoi bon des grâces suOisaotes,
p'jbqu'LlesiGenain que nous n'en profiterons
(■•s; elles ne sont bonnes qu'à noua rendre
prufcuupable^TCeci est encore on sopbtsme
fuTidé sur la cunrusion des iJées. La grli:e
siidJMDfe prêtre les *uies à la grjce efU-
t^^t; bien gu elle n'atleigue pas le but im-
n.é-iui|)Oiir lequel Dieu nous la donne, son
ïi-SucDce n'en est pas moins réelle ; elle nous
e xptdw de glisser rapidement sur la pente
<iu iic«.ell« devient un obstacle h l'eodur-
c^-McEiwnt absolu eu nous aiguillonnant par
.'c reuKtrds, elle prérienl ainsi quelques cri-
Q-cs par contre-coup; si son aciioo était ra-
<Lcalemeat nulle, les pécheurs deriendraient
t>uien peu de temps d'abominables scélérats.
£••« n'est pas loute-puissaiite pour le bien,
■' eil vrai ; mais elle estdu moins comme ont
:.^ue conlre l«débordementdumaI;et sous
< r3i>l>ort, on peut le dire, elle est toujours
L.<:ace. Que dis-jeT Ln grAce suffisante est
.jcjjreplus utile aux jus<4» qu'aux pécheurs;
ar c'est en leur refusaut des grlces viclo-
• :;u^s dans certaines circou stances oit ils
tait;ut compté sur leurs propres forces, que
>ieu euseigtie ordinairement à tes amis
i^-jiuiiilé, roiidnoieiit et racine de toutes les
?/1us cbrélienneï. II suQil de rappeler
^xrmjile de David et de saint Pierre.
L4 grâce fsl-elle elUcace de sa nature?
•= tjevieal-elle par le cwisentemeot de la
j.' -iité bamaîne, par les coiubinaisous de la
. ovidetice, ou eolin de l'une des manières
1 a^iéespaniosdiirértintes éculusdetbéo-
^fc? L'E^lise u*sn dit rien, on peut en
' -i re ce que l'on veut. Que signifient donc les
^- cariions de nos adversaires, ordinairement
.-.«Ices sur la confusion des dugmvs et des
. iciions? Vous essayez de démontrer que le
- . éuic des ibomistes est iucom[>aliblt: avec
iiKrté;que m importe sijesuismolinis te?
1 ; ne m'est pas défendu de l'être. Miis il
y a |ias de nécessité d'adoptttr une opi-
'jti particulière quelle quelle soit; on
Lsls« realermer dans le dogme wtholi-
. ■«!. jr«iiA. xni, li.
UI4.TI0MAIBE ArOLOGBTIQVK. 1.
AFOLOCETIQtlE. GRl 1(|6S
que, et de là, comme d'un fort inexpu^iS'
ble. Foudroyer toutes les doctrines cime':
mies.
Le goavernemPDl de Dieu et la liberté du
l'bumaie s'tnl deux vérités aussi tertaines
que l'aelioii réciproq>je de l'âme sur le corps,
et du corps sur l'dme; la difficulté que l'on
éprouve à ciincilier ces vérités n'eu ébranla
point la cerlitule ; on ne peut rien conclure
de fa diversité des systèmes pbilosopljîques
sur l'uDioo de l'âme et du corps, non plus
que de la contrariété des opinions de nos
docteurs sur l'erScacilé de la grâce, si c«
n'»t l'impuissance de l'bomme a expliquer
les œuvres de Dieu. Nous ne Toyons pas le
fond des clioses» et par là il nous est impus*
silile de dire lo comment des jibénoraèncs;
s'ensuit-il que le scepticisme soit raison-
nable vl qu'il faille douter de tout? Dou-
tera-t-on, eu narliculier, que Dieu puisse
conduire la liourté kumainti sans la lorcer,
en voyant avec quelle facilité les liommes
s'entraînent les uns les autres?
Uonfils, disait plaisamment on ancien,
est lejplus puissant personnage de la Grèce;
, il obtient tout de sa mère, sa mère me gou-
verne, je commande i ma république et ma
république domine la Grèce. En théorie cela
est impossible : comment un enfant, égale-
ment faible d'esprit et de corps, imposera-
t-îl ou par ruse ou par force ses volontés è
sa mère? CoromenI un vieux guerrier so
laissera-t-îl désarmer par une femme? Com-
ment un simple cilo/en est-il sûr de faire
adopter ses vues par des républicains soup-
çonneux et jaloux? Comment une petite
ville dominera-t-eilfl des peuples fiers et
indépendants T Cela est impossible et cela
est; vous niez le mouvement, et je marche.
Non, plusj'j pense, moins je conçois quo
l'on veuille refuser h Dieu assez de puis-
sance et de sagesse pou» nous gouverner eu
nous laissant libres.
Uais si Dieu pentatleindre son but pour
la liberté en particulier et en général par
tous les moyens imaginables, c'est parce
qu'il accommode son but aux moyens, ou
en d'autres termes, parce qu'il ne demsudtt
pas aux moyens ce qu'ils ne peuvent pas
donner. L'intelligence infinie o a garde de
se proposer avec un gouTerneuient de li-
berté oes desseins exécutables seulement
sous l'empire de lois fatales et irrésistibles;
il est des nécessités iabérenles i la uature
des choses qu'elle est obligée de subir com-
me nous. Si Dieu, pour des raisons souve-
raineioenl sages, ne s'était pas im[>osé la loi
de ne faire jamais violence à uoire libre ar-
bitre, il sauverait tous les hommes, il les
sauverait sans les laisser tomberJans le pé-
ubé.saus les menacer de tourments éternels,
sans les assujettir dès cette vie au remords.
i la souQTrancp, h l'humiliation, au travail;
sans leur montrer en perspective rcGTroyable
mort, et derrière Is mort, un jugement plus
elfroyable encore. Uais dans ce duel subli-
me de la grice avec la liberté, où nous nous
nn
CItA
MCTION.<(AIRr. APOtOCETHtDE.
présenloHs couferis d'une armure impén^
Irable, Dieu, tout Dieu qu'il est, ne peut
nous vaincre que par nous-ménies ; les idérs
de morale, d'ordre ■ de justice, les peines
et les travauidu temps préseot ne sufllsaut
pas pour réprimer nos passions , il a réussi
Par les menaces de l'avenir; la crainte de
enfer a peuplé le'cîe).
Mais DU nom de Dieu, tjue nous ferait
Venfcr, si nous pouvions croire que personne
n'y tombera jamaisT Ce serait un sujet de
risée pour les plds simples, ce serait l'aTi-
lisseiiient de la Divinité. L'homme-, fait
comme il est, trouverait sa suprême joie k
insulter aux volontés d'un mettre assez fai-
ble pour donner des ordres sans savoir les
faire respecter. Repré!<eatez-Tou9 ce que
deviendrait la société, si' les lois pénales
étaient abolies; vous n'aurez qu'uae impar-
faite idée du chaos dans lequel tomberait
le monde en l'absence de toute sanction do
la loi divine. Kh bien! dans cette supposi-
tion, c'est Dieu qui répondrait de tous les
désordres, do tous les crimes, de toutes les
oppressions, de tous les scandales; c'est k
lui que les victimes de la séduction ou de
la violence auraient le droit de reprocher
leur malheur.
S'il faut encourager la vertu, il faut peut-
Mre encore plus mtimider le vice. Uais
quoil si le glaive de la loi ne peut rester
toujours suspendu, il faut bien qu'il tombe
et qu'il frappe quelque part. Sera-ce sur les
- innoeenlsT non. Tous les coupables seront-
ils stteinlsf Où se trouveront alors les élusT
Pourquoi d'ailleurs défendre kDieu de faire
grAce? Pourquoi le dépouiller du plus beau
privilège delà souveraineté T Parce qu'il ne
{wul épargner tous les criminels, ne lui esl-
I plus permis de pardonner à quelques-uns?
Lorsqu un corps d'armée est convaincu tout
«ntier de trahison, doit-on l'exlerminerjus*
qu'au dernier bommuT Cette eiécution fe-
rait horreur. Faut-il mieux laisser les tral-
1res impunis? On préparerait ainsi la ruine
de l'Eiat. A quel parti s'arrêtera un générul
sage, ferme et clementT 14 en appellera au
sort, il décimera les coupables autant de
fois que l'exigent l'énormité de leur crime
et ta grandeur des intérêts qu'ils ont com-
promis.
Dieu se trouve dans nne silualton analo-
gue à l'égard de l'humanité ; je vols partout
des coupables, des innocents nulle part;, nous
méritons tous la mort éternelle. Cependant,
comme la punition du péché ne saurait être
le but ûnal duCréateur, comme le chAtimeot
des coupables est une nécessité qu'il ac-
cepte malgré lui, h laquelle il se dérobe au-
tant qu'il peut, en tirant notre monde du
néant, il a dû sa déterminer h faire grâce,
mais dans une mesure conciliable avec l'or-
dre général et le bien commun; par consé-
quent, il s'est trouvé forcément amené à faire
Uu choix parmi les coupables. Dans son em-
barras , 1 homme ignorant interrogerait le
sort pour se résoudre, un Dieu souveraioe-
nienl iolelligent devait se décider d'une au-
tre aauiièrei en prouant les uns, en laissant
les autres, il s'est déterminé pirdes niuni
générales et certainement aussi pir dum-
snus particulières, quelles qu'elki sami.
La Providence ne distribue point seidani
au hasard; toutes ses opérations sont diri-
gées perdes vues supérieures, coiueilto
par la sagesse, la justice, la sainteté, U ni-
sérii^orde, utiles aux justes et aux picbeurt
dont elles hâtent ou ralentissent le progrb
dans le vice ou dans la vertu. Dieu combine
ses u>o;»ns de manière à produire le plai
de bien avec te moins de mal possible, t>
courageaiit les bnns sans les délivrer tie 11
crainte, intimidant les pervers sans les 0-
sespérer. Nul ne peut se livrer i de£ sebv
penls do sécurité. Lucifer s'est perdu dit;
le ciel. Judas dans la compagnie de Jéso!-
Christ ; nul ne doit s'abandonner lu désu-
poir : la pécheresse et le larron ont obbt
miséricorde. Presque tous les bérÉsiarqw
furent moines, prêtres ou évéques, et nous
voyons tous les jours de grands coupilitt
revenir sincèrement h Dieu; tel scélérat 41»
nicurt sur l'échafaud laisse moins de «iid-
les sur son sort éternel que n'eninsjin
celui de Salomon et de Tertullîen.
Cet étal de choses produit des effelt ni-
mirables; le juste se justifie encore, leiiinl
se sanetiàe do plus en plus, afin à'oUm
le don da la persévérance; le pécbeurte
néglige pas entiërdment les œuvres de l>
piété, il en retient certaines prsliqaî!,ii
fait encore du bien dans l'espérance i'ta
recueillir un jour le fruit; il garde quelque
mesure dans le crime, tandis que le ft-ne°'
chrétien ne se prescrit point det}oriiesàii' ;
la vertu. Les plus grands saints ne nié|>n' |
sent pas les plus grands criminels, ils oci'
préfèrent [toint  eux; ils lesaiineiiliaK''
traire comme des frères, destinés [leDl-ilr
k partager éternellement leur gluire dio-
sein d>j Dieu, dont la volonté du s«>'
tous les hommes est très-réelle, \mii<p'--
providence a combiné les choses ilt i'^'
manière que la porte du ciel est tiuw"-,
tous ceux qui veulent y entrer.
Le décret de la prédestination n'MP"''
anéanti puur cela ; car Dieu y a noM
mus les hommes de bonne volonté.&|>>'i°^
eux il s'en trouvait quelqu'un qui neldlf'''
l'objet de sa prédilection étemelle, oui'
l'aurait laissé dans le néant, ou il l'iu^'i
fait mourir avant le baptême, ou loli.^ > |
aurait pris un parti compatible avecuji»'
lice, sa sagesse, sa miséricorde, loutetu'^'
supposition est inadmissible. Dieu i*ii'''
choisir entre une inliniié de moiiiles, il ii^i
certainement pas donné la préférence »cf*;
dont les lois contrarieraient ses priiicij»^'
attributs. Un décret de prédestinsiioi^V;'
déuouratterail la bonne volonté, tvn^^ '"'
chose la plus immoialo, la plus ''"""'l'''
plus inconciliable avec les vues de I* P™'"
dence; il n'est pas permis de supposer qu*^
si lourde méprise ait échappé i la ^'t'^"
infinie. , , ,.
GRANDS HOMltfES qui ont confe^."
christianisme. You. llimis^B, | X.
GRANIER DE CASSAGNAt: réfitle St^
m CRE MCTIONNAine
(l'Ior. Vo^a JuBAÏMic rr GHaianAMiniB.
GBBC9, leur origine. Vay. PsTCBOLoeit.
{II.— Leurs philoso(i)ies admel(«nl un étal
àt DsluK. Jbid. — Lear ciiitisslion primi*
ijie aUestée par des mamimenls. Ibid.,
illl.
CBÉCOIRE VII (Saint) — Il naqurt d'un
tliarpenirer nomma lltl(i«t>rBn>l, vers l'an
1013, B SoHRO en Toscane. Dans sa jeunesse,
il eut pour msttre Jean Gralien, vanileiit
prafessaur qui réussit h porter vingt mois
Il liire- Quand il l'eut forcément déposée,
waancipn disciple lui resis fidèle et le sui-
ritiClanj. Apres BToir ensuite éléquelqne
ItDfis, il parait, précepteur de ce Henri IV
miuel il dernit un jour donner de plus se-
Tèrw leçons, Hildebrand revint ) Clunj, oii
flfwiiu prieur. Le Pape Léon l\ l'emmena
I Home, et ii, pendant vingt-quatre ans,
«MiDl moine participa, sous cinq pontifes,
II direction des affaires de l'Êgliae, puis
enlplicer malgré lui, l'an 1073, au gou-
trnaif de la barque de saint Pierre.
GuiilauRie I"i i cette époque, venait de
iBi^uérir la Grande-Bretagne ; en France,
flippe 1", aussi bardi à concevoir un pro-
iquc ferme à l'exécuter, donnait un grand
Iiiàli majesté royale; dans le midi de
Dilie, la Noratand Robert Guiscard et
> Tcère Roger se créaient des duchés et
«[fiDcipauléateDfin.ii la lâle de l'empire
W Htnri IV, « roi jeune et insensé,
nteipériencâ dans I art de gouverner,
Vlttips tenu en lisière pardes mains in-
HK.Miis caraotèro, sans résolution, fai'
leomme un roseau, pliant aux renis des
lonitaDui-g, toujours le même dans ses
pudes criminelles, cependant brave,
jluileiilionné, généreux et sensible. Dé-
ti de 'Jeux peufjles {Saxont tt Souabet],
*fm jiar des princes d'une Udélilé cliun-
iNle, ajant contre lui des grands dont
amilï élaionl violés et l'auiour-propre
t». il étsil aimé de ses seuls fuvo-
[I6fi). ■ Deux profondes plaies, la si-
mel i'inconiinence, rongeaient le clorgé
Oceiilenl. Le mal empirait chaque jour
te mode vicieux de l'électiou épisco-
*-C'iJlaJeii( les princes qui le plus sou-
^ciioisisssient les abbés et les évéques,
tirant, non certes le glus saint, muis lu
•oiTraDl, ou celui quj savait le mieux, A
riuilti, manier l'épée à l'heure du com-
■bilail h cela un- remède. Grégoire niul-
udone les dôcreU contre les désordres
pli! (l'Eglise et contre les iuveslitures,
M-«lire qu'il ue voulut plus que les
RM, comuB par le passé, pussent élire
(•fclitSiUiqu'iblesmissentefl possession
wurscbarg» par le don de la crosse et
>in[ieau,
•*<>e latte des Jnvetlilures se prolongea
gleinp», ei fat réglée sous Galiste 11, eii
•>*) To»cv, Kitt^n 4* Pape Grégoire VII,
l'tt) Tm l'anicle HiNCHtt.
APOLOGETIQUE. CRE t07f
1133. On convint que les évéques seraient
élus selon les canons, et qu'ils recevraient
des princes l'investiture seulement des bienf
attanbés aux Eglises, et cela de toute autre
manière que par le don de la crosse et de
l'anneou , signes de la dignité religieuse
tDdépeodanle du souverain. '
Rien ne put vaincre dans Grégoire VII n
résolution de faire respecter les canonj, de
protéger les droits et les ministres de l'E-
glise, et de défendre les rois qui s'étaient
déclarés vassaux du Saint-Siège. Il menace
Alphonse de Castille et Philippe de France
il excommunie Robert Guiscard et l'empe^
reurgrecwl dépouille la Pologne du titre
de royaume, et force Henri ÏV excommunié
a attendre trois jours, dans la cour du cbâ-
l«BU deCanosse, le bienfait de l'absolution
Et pourtant la cœur d'Hildebrand était ac-
cessible i l'aOreclioa, la chose est évidente
pour qui lit sa correspondance; mais jl no
pouvait, sans mullipfier ainsi les coups do
«es foudres apostoliquw, sauver l'EgUse et
avec elle le christianisme.
Je Re prétends paa cependant justiDer
toutes les théories de suprématie poliiigue
émises par Grégoire, ni loutea les amilica-
iions qu'il en a faites. Je me borne à dire
que ses préleations les plus hardies sur les
trônes et sur les couronnes n'étaient, au
fond, que la conséquence de prémisses bieb
antérieures. Le pouvoir de déposer les rois
qu il revendiquait venait ds deux causes :
parfois il s'ogissail de princes dont le Pape
était véritablement suzerain, parce que, se-
lon I usage des temps féodaux , ils s'étnient
déclarés vassaux de saint Pierre, comme
d autres s'honoraient d'être vassaux du roi
de France, etc.; dans ce cas, l'on ne rouvail
accuser d'usurpation liiniervpntion p.iliiiiiue
de Grégoire. D'autres fois, le Pope crut ûtre
investi, par ce litre même de Ponlifu, d'uoe
baula magistrature sur tous les souverains.
Bien des causes ont sans doute contribué h
amener ce résultat. Une des principalus, i
mon avis, dut être la législation civile elle-
môme, qui se lit un devoir de coniraindro h
I observation dos pénitences canoniques. En
voyant les princesexiger l'exécuiiou des vu-
nons pénilentinux, te Pnfie et tout le clergi*
(ureot néceasairemeut entraînés à agir de
même et â eraj-Ioyer la contrainte (>ou( ob-
tenir une obéissance qui jusquc-'i n'avait
été que volontaire (1683). Or, comme, d'a-
près les prescriptions ecclésiastiques, l'ex-
communié ue pouvait plus avoirde rapports
avec les lïJèles, et que lu pénitent public
renonçait à sas fonctions, il s'ensuivait qm
le coupable, s'il était roi, se voyait, jisr le
fait de ta pénitence ou de l'cicomiuumcii-
tion, dépouillé de la royauté, soit au nom
de la loi civile, soit au nom de la lot lel -
gieuse. qui tlnit, il est protMble, pi>r so croire
plus eu droit de frapper, puisqu'il ii'agitaait
il« sa propre couservulion (Ifiiwj.
(l«l) Amx, irclieT«i|ne du Paris FM^Utut-
PéféH AeCh^tu, c. 16, Yl, 18, de. -M. l'alita
1071
GRË
DICTIONNAIRE
Tf'oublFons pas, su rpsle, que, lorsqu'en
t076 (ïrégoireddfiosa Henri pour la premièro
fois, cet empereur venait d'essaj'Kr de faire
déposer 1e Pape : un si audncieui essai ap-
pelai* une répression inouïe.
A des époaues d'onlre, la papauté aurait
eu horreur dune telle sévérité, parce que
la déposition violente d'un prince peut ame-
ner la désorganisation d*un Etat; mais la
iiécessiléd'un pouvoir suprême qui organi*
«M le chaos au milieu du nmyen âge aida
Iteaucoup à faire regarder comme certaine
une t'iéonequi sRiBulsil indispensalile. La
démarrslion, fort peu précise alors, des li-
TDÎtes des ilenz puissances, servit aussi i
l'illusion qui, une lois établie, fut bien des
siècles avant de s'effacer.
En 1075, un complot éclata contre Gré-
"^ire Vil h Rome. Le Pape célébrait les
saints mystères la nuit de Noël; Cencîiis
l'arrachs de l'autel et l'enferma tout san-
glant dans une tour, d'où le peuple le déli-
vra. Neuf ans plus lard, ce fut Robert Guîs-
card qui le tira du fort Saint-Ange, oiï il
élait assiégé par Henri, devenu maître' de
Rome. Grégoire se rendît b Salerne, où il
mourut en 1085. Jamais, depuis les premières
persécutions, lesttnsps n'avaient été si ora-
geux pour l'Eglise, et jamaia Pape ne f>t
[)lu6 i ut rapidement dévoué h lasauver.
Son nom fut inséré dans le Martyrologe
en 1580, par Grégoire XIH, et l'an 1738,
Bt^nolt XIII RiB au 25 '
immortel Pontife.
) mai la Ffttede cet
APOLOGETIQUE. GRE ||>
« Pontiftx efftettw omirino lauttu. • Cm
ment les philosuphea n'ont-ils pu m m
idée au fond de I Ame d'HildebranULesi
tème tout entier est \h.
«EnelTet, l'esprit même da l'ioslitmi.
du Snint-SiégR suppose dnns celui qui l'c
cupe la nécessité de la perfection mon
Ce n'est pas une monarchie coiume unei
tre, ifui, née deaconvenlionsdBfi boinni
f>orle au frontleurs faiblesses. Si vouik
ez que je reconnaisse sans conlestiliun
représenlation permanente de la Diiiaiiéi
le Saint-Siège, si vous voulez léçilimerid
que moment de sa d4irée unenistiiuiioi
eztraordinairet il faut, comme le dém
Grégoire VU, que vous me moalrici »
interruptiont sur le trfine de Diea,ii
sanction également extraordinaire, unei
naMtitdtiuinU, omnino tOHetoi; c'est Iici
dilion ; 6 ce prix Je monde sdmellrt
qu'on exige de lui. Pour exercer li tau
puissance morale sur la terre, il iid m
pas que d'autres, en d'anciens temps, li
été sublimes à votre plaça; il faut que m
Toyions luire Vauréole autour Oe tu
front, et, comme vous prétendez à uDt si
mission non interrompue de resprit,il>
nécessaire que vous exerciez vous-iuè
cette autorité non interrompue d'une 1
"Vivante. Ne me dites pas queGrégoirr,!*
Urbain, innocent, et laDtd'auiresdoutif
em|)runtez les noms, ont été des smni
« mille BDs; je veux que vous en sojdi
Tons-mèmesujourd'bui, pour qoe tari,
monde moral se mette saos conleilititl
vos genoux (1625).
■ Cette idée n'est pas seulement le (l
-de Grégoire VII, elle est celle qui ipr^
è l'établissement du Saint-Siège, ei ii
donné, ti ses origines, la force de se I
duireet de croître. Lisez les noiasdeij
quante premiers Papes, c'esl-k-dire dw
qui soutiennent TédiSce. Ces foM
sont tous des saints, des béros du w
moral. Par Ib vous voyez dans quelli
M.EDeARD-QDiKBT. — « PoHt releTOf en
m) clin d'oeil l'Eglise tombée dans le gouf-
fre, ce tiéios {Grégoire VU] avait besoin
d'un greud principe qui vint légitimer tout
ce qu il voulait tenter; et je ne puis trop
Di 'étonner que personne, dans le clergé, ne
dise plus rien de ce premier fondement de
8«n autorité; on revendique chacune deses
prétentions, excepté ta sente qui donne à
toutes une sanr:lion irrésistible. Je savais
bien qu'il devait y avoir dans cette grande
Ame une idée, un sentiment particulier qui
ïui servait de levier; et véritablement la
découverte n'était pasdiOîcile, puisqu'il l'a
montré iui-oiéme dans sa langue lapidaire.
C'est une chose immense que l'autorité
qu'ila demandée pouriui et ses successeurs:
être le roi de la pensée sans qu'on ait mê-
me le désir d'étever une contradiction 1
Transporter comme il lui plaît l'autorité, la
royauté, la propriété 1 Et pourtant, celle
puissance énorme, je m'engagea la reoon-
naltreetà laisser toute discussion, si te
Saiut-Siégfl remplit, de son c6lé, sans in-
tervalle, la condition ^^ue pose Grégoire
VU : « T«ul Pape, dit-il, élevésur le Saint-
« Siège, ilevieiit 4in saint : Quo4AomaiHu
CossM-w, PfmvoiT rfn Pape ou majeii 4j«, 8* éJil., bornes des divers pouvoin éuient pw *|
li'panit!, c. 1,3. — M{|r ADïv brii nbwrver, entre (1025) Lt cnthotminu et laTii»ol'M»m
Btui-cs choses, qu'au lemps de Grégoire VU les p. US. |
la papauté s'est engagée etàqaelle
tiou la terre l'a acceptée dès l'erign
principe de ce contrat social enirel'j
Siège et le monde est la sainteté. 01
toute sanction disparaît. Pourqooi,
ces cinquante noms, la liste esl-elie «
épuiséeT A une institution qui doit él
lement représenter Dieu je n'sccord
on moment de défaillance ni d'ivlen
car, on aura beau faire, jamais le i
ne consentira aisémeni k oe que le <
de Jésus-Christ puisse âtre a o four!
vîolenl, uu liberlin, ou seuiemenl ui
commune. Nous pouvons, sans rd
YOir passer des hommes vulgairesou
criminels sur les trônes des bomui»
)es Frelons t la postérité, et cela me
pond à la défaillance de notre nature.
sur le siège de Jésus-Cbrist il en eii
ment; nou) n'admeltons ià pour i^i
queJei uÎDlsoa les héros du genre ha-
luia. Je suis bien esigeani, allez-vons dira .
ElToos, Dsl'ëles-Tous pis, qoi prétendez
occuper sans rien laire le IrdnedeDiea
Ce fragmeiU est bien long, mais on ne se
lisse pis de ci:er H. Qoinel. Il j a dans son.
lirre bot d'éclat, tant de séi9 et de Jeu-
nesse I... Haibeiirensemenl ce n'est pas ta
fonDB lenle qui estjeane, la pensée l'est
bieapiDi encore; c*est-A-«lîre qae les r^
fl'^iioos de l'auteur étonnent par leur inei-
l^ieAce, comme le saroir qu il déploie dé-
sole par mki inexactitude.
Qooique ce soit une chose tonte nalu-
rtile que de «opposer k la conduite de Gré-
goire VII on principe, on doit cependant
stioir ^ k M . QoiDet d'avouer l'esistence
diio pnncipe de conduite cbez ce Pape, et
fie s'éloigner en cela de son maître Vollaire,
q:i résuma de la sorte la vie d'Hildebrand :
« L'Eglise l'a mis an nombre des saints, . . .
iHsigesao nombre des fous (16S7). ■
Ce langage de Voltaire n'est pas celoi des
AiÎTiiDi térieax. Protestants ou ortho-
«]oiei, ils sont généralement d'accord à
<3ir«que te Pape osa, pour le salut de la so-
^élf en OeerdenI, d'un pouvoir qae t'opi-
nion pobliqne lui atlribuailL soit par suite
«isrot^nisaliOD féodale, soît k cause des
«Icttitiacbés par l'Eglrse et les princes i
fncooifflunicalion fJ638).
M.Qatnel a parie comme ces derniers,
B'iii pour arriver au même bot que l'auteur
uer^not fur /«* msura; il loue Croire
lif. Pape, afin de ruiner la papauté. Au
-/«'le, peu imporleni la rtiSb et le but : oc-
rjpoos-nous dea prenves.
On Doos dit donc que Grégoire Ironra
i«Di sa sainteté le droit de commaeder ap
Doude, et, à en croire notre histori4n, c'est
e FoDiife eo personne qui le lui^ a expli-
|ué doiu la tangue lapidaire, H. Qoînet
□rail sagement fait de supplier le Pontife
l'emplojer, au lieu d'une langue lapidaire,
uo langage habituel, pourétre mienx corn-
ris qu'il ne l'a été par notre auteur, car
■mais Grégoire n'a dit caque H. Quiuet
esl imaginé entendre; jamais Hildebrafid
*a écrit : < Tout Pape élevé sur la Saint-
iége devient uD saint : Quod katuaitv
mUi/ei efjUilur oaMiiio iohcùu. > Qu'a-
MoncavaneélLe voici; c'est kUérimanu,
Èquh de Ueti, qu'il parU : < Si c'est par
rce et en tremblant que ceux qui crai-
iSZfi) Le emIkoUâuuetta rjMteltmi frmftùr,
tu.
iÇil) Csaai *ac te* mœtn da aatitiu, c 16.
fCi8) t Je n'euminerai pu, dit LeilmiU, si
m ces cbnws sont An dmit dirin. Ce qu'il t >
. ctsi qB'cUa MM M fmleê mtee an mh-
rà-bicB |M se
. , Mées an bwn de
r waveM le saint des imes ei le
■ pulMie MBt robjet dn iBâtDe seia... U est ar-
i. par la connexinn élroile «iD'onl entre elles les
«ea BBCrécs et les yrobseï, <|a'an ■ cni qne le
le avais n^a fodqve aaioriie sur les mis eas-
■es. • (A jars lapnmmlM, pan ut, Operum
APObOCETfQbl. 6BK i«U
jnent Dieu arrivant an Siège apo*lolii|att»
sur lequel lesPoulifes caDoniquemenl or-
donnés devittuunt meiUairt, par les mérite*
■lu bienbeureus apAtre Pierre, avec quelle
crainle, avec quelle frayeur ne doit-ou pas
s'approcher du Irftna royal, oîi même lai
bous et les humbles, commoon le voit par
Saûl et David, deviennent plus vicieux
(1629)7 ■ Grégoire « donc dit, non pas qoela
Saint-Siège rend les Papes saints, aamùta
ionctos, mais qu'il les rend meilleurs, mi-
LHMES iFFiciDifToa. Gardons-nous donc ds
la langue lapidaire, si nous voulons élce
comiiris.
< Uatgré une si palpable altération de texte,
H. Quinet cependant n'est pas un falsitica-
teur. Je connais bien l'origine de son er-
reur : elle vient de ce qu'il ne s'est point'
adressé directement au Pape, quoiqu'il se
flatte de* l'avoir fait; il n'a pas ouvert la
correspondance de Grégoire TU. Pour ju-
ger un tel Pontife et nue telle administra-
tion, il s'est Itornél quelques extraits re-
cueillis par Bossuet dans sa critiqned'Hil-
debrand, et où on lit avec douleur ce texte
falsifié : Boceitat Gregoritu ViJ ad apostoli-
eam ledem rite ordinali>$, merilit btali Pétri
melioreteffei, algue omnino lanetos {1630}.
Sera-ce donc Bossue! qne j'oserai nommer
faussaire? Dieu m'en gardel Ne sait-on pàs
que sa Défmee de la déelaratitm du clergé
çalliean, é'où l'on a tiré cette phrase, est un
ouvrage posthume auquell'évéqnedellesux
n'a pas mis la dernière main, et d'où .il vou-
lait retrancher ce qui, dans le premier li*
vre, regarde Grégoire VII, par conséquent
la texte malencontreut dont M. Qainat
s'est emparé (1S3I).
. Or, puisqueeellepbraseest la fondement
de l'explication que H. Quinet donne de la
conduite de Grégoire Vil, cette explicatiuik
tombe donnavec la phrase imagiiuire.
La condition de aaioleié sa/is tache im-.
fiosée aux Papes par U. Quinet n'est, d'aile,
eufs,. qu'un mol irréfiécbi. I/auteur a beau
protester que, si la sainteté ae trouvait tou-
jours assise sur la chaire apostolique, il sa
peosLernerait et le monde avec lui ; ni lui
ni le monde ne feraient auirechose que ce
qu'ils font. Bn effet, quel tribunal, ooiver-
sel, inlaillible et toujours écouté, procla-
merait tel Ponlifesotni el hérog du genre hu-
mainT Qu'on en juge parUildebrand ; c'est
le Pape que parait adopter H. Quinet; il 1'^
saine du nom de héros; mais qu'il nous
L IT.)— Toir^wscET, DeffMu .dfeUratiomt, ele.^
I. tv, ctp, 17ellS. — Flecki, discoDrsS', n* 1^— .
L»cu>, BiH. fAiiQUierTe. ad ann. 1913. — lli-
cutn, Croutdet^t. Iv, p. 163, i' éJiL— Eicapu,
BUt.de {"empire el de droii pmtntm, c.St.n' IS4,
S* édit.— Teuies res ciiaiions et d'aaim en gnnà
wmibre ont été recacillie* dam le irès-savaM 99-
vrapt de H. L'aklié (;osuliD,. Pomeoir dm. Pmpe »
auiutnàge.
(1630) .
o déclarât., W^i. i, secLi,cap.S.'ok
l'on die de Grégoire VII l'é^reSl dn huitiêmelivra.
(ICSI) befeiià* dteU, pnlitia : Cogtiahrt... M(-
lere M «Muria f«« Crr^oriNM Vit lam§etaiil.
ins
CRE
dit* maintflnaDi cummeni Voltaire l'nppe-
lait : il |0 nommait un fou. Saint Grégoire
leCrandesl fiicore un Souverain PontlTe
aimé de M. Quinel. Or, saît-on bien ce qu'il
••si pour M. Augustin Thierry? Il est, k son
avis, un Pape qui loua complaiiamment la
piété d'une reine, soigneuse pourtant de
peupler de itelles esclaves le harem de son
peliUfils (1632-33). On pourrait aisémeDi
protongerce parallèle.
Il y a plus, c'est que la demande de no-
ire auteur, malgré toute )b pompe de style
qui la décore, n'aboutU au'a un iion-aens.
H. Quioet consent è obéir l la papauté s'^
la voit, iatu intervalle, lani interruption,
tant défaillance, toujour» lainte. Supposons
«loue que, de saint Pierre è Pie IX, tous les
Souverains Pontifes aient Uriltâ par l'hé-
roïsme de leur &ain(eté, M.Quioel se sou-
inetlrail-U? Il s'en gariiemit bitn. « Qui
donc, demandera il-il, qui donc attestera
que, d'ici à la fin du monde, il n'y aura pas
|)our la sainteté des Papes interruption el
'JéfailiancH. > D'après le principe paradoxol
de la nécessité d'une sainteté héroïque et
continue, cène serait donc qu'à la vallée
de Josaphat aue l'on saurait si l'on doit,
ouiou non, oLéirau Saint-Siège. En <rérité,
ce serait, je crois, un peu lard. Le plus
sage est donc de continuer à vénérer avant
tout dans le Pape le auccesseur de saint
Pierre.
H. Quioet B, de plus, rappelé la siilntel4
des premiers évéques livi Home ; il a cru j
âltercevoir la cause du pouvoir de la pa-
pauté àii Forigine el la loi éternelle imposée
aux Psfies. Or, coçame nous le prouverons
plus lard, 1' la raison de l'autorité univer-
selle des évéques de Rome, la condition in-
()is|ien5iiblo exigée d'eux, c'est le litre de
successeur de saint Pierre ; 2* celle autorité
ilnrit'il di» l'origine et reconnue ici par
M. Oiinot, cet écrivain In nie autre part : il
lie l'ei Iruvoit, au v* siècle, qu'un instant,
el, pour la retrouver, il attend le si' aiëcle.
Par conséquent, d'après lui-même,, ce ne
fui pns la sainteté des premiers évéques
de Rome qui les investit de la souveraJnelé
dans l'Eglise.
Faisons donc maintenant ce que M, Qui-
nel fera plus lard; oublions sa systématique
Opinion que la sainteté d'un Pape constitue
sa légitimité.
11 n'est pas inutile de noter que celle idée
mise sur le compte de Grégoire VII, et c|ue
M. Quinet dit avoir découverlt; le premier,
n'est qu'un emprunt. Cotte croyance attri-
buée h l'illustre Ponlife, ainsi que le texte
fautif sur lequel notre historien l'appuie,
c'est une double suiTpositioo qu'on lit dans
Bossuet, k l'endroit déji indiqué (163&).
U. Quinet a copié, il l'oublie, et prétend
avoir deviné.
Il y aurait bien encore quelques remsr-
DICTIONHAIRR APOLOGETIQUE. GIT m
ques accessoires k faire sur le fl-iginnil qu
nous étudions ; nous nous arrïterons k udc
seule.
La liste des saints Papes semliIfllH.Qui
net comme close anrès cinqoaale iioiii).
Mais serait-il dnnc nomme k croire que l<
Martyrologe est une sorte d'ilmaDiclidt
la cour céleste, el que tous les uinii oniti
la précaution de s'y faire imcrireTCtt
goire VII avait meilleure opinion deirspré
décesseurs ; sur les cinquaate-huii Fipt
qui l'avaient précédé, il en reganlailifm
près les deux tiers eomme saiols, i« la
trompe, comme de très'graads uidli : fu-
me cenlum inter itautittimot eonpvtaia
(1635J.
in.
La maxime que Grégoire VII a émJHii
l'amélioration morale des Souverains Pot
tifes élus canoniquement est prouTéf,il)i
sa lettre à Hérimann, par le lémoigoiged
l'un de ses prédécesseurs et par si pni|l
expérience. Quoique M. Quinet d'iII pi
abordé ce point de vue, nous nous ta tôt
parons, parce qu'il complète notre deniii
paragraube, et qu'il s'y rencontre use iM
tabla difficulté à résoudre.
■ Si c'est, dit Grégoire, par forceill
tremblant que ceux qui craignenl Dieu n
vent au Siège apostolique, sur le(ii>el|j
Pontifes canoniquemeni ordonnés if'm
nent meilleurs par les mérites da bieD^'
reux apdire Pierre, avec quelle crainie, '
auelle frayeur ne doit-on pas s'apprt
u trÂne royal, oil même les boas et
humbles, comme on le voit par Saûl el
vid, deviennent plus vicieux ? ■ Surce
nous venons de dire du Siège apoiiolif
on trouve, dans les décrets du bicDhc"
Pape Symmaque, eeèi, que nous 5
d'ailleurs, par expérience : « Le bit
reux Pierre a transmis à ses suc(
son impérissable trésor de mérites arec!
ritage de son Innocence. » Et un peu r
■ Qui donc doutera de la sainteté de
3ui est élevé i la hauteur d'une si si
ignité? S'il manque des biens acquii
ses propres mérites, il lui suifîl de ceuii
lui laisse son prédécesseur sur ce m
ca'r, ou il élève des hommes dislingii^iij
faite, ou ceux qu'il élève il les rend illu!
(1636}.»
Telles snot les perolesdeSyniinBqu<>iBi
3uées par Grégoire Vfl. Or, ni l'un ii> ' '
e ces deux Pootifes n'a prélenduyai
d'autre sens que celui d'une graade
danca de grAces, et, par conséqueuL, il
amélioration morale pour les succeii
de saint Pierre. C'est ce que nous vo
prouver. Nous devons, pour cola.npf
d'abord l'origine de ces maximes ùOaii«
(16SS-S3) Biiteirt de k etMfuiU de l'Ânat^gne, tlW.
t. I, t. 1. (1635) Ep. K, n. SI,
(I6U) Defttuio dtcUrat., etc., uii êupra, c. 10 (1G36) Ep. 8, n. St.
m
NCTIUNNAIIIB APOLOGETIQUE.
CRE
iOïtf
mu b ptfuulé, et que l'on dil tire de Sym-
uqup.
Ce Ponlifa, ayant été catomoiensement
ecuid, eoDSonlil à âlre jugé par un concile ;
[f futjcquillé. maia I attaque continua et
tippi sa même (empa le concile. Le diacre
ïuiodju), poêla et orateur alors fort distln-
uj, écrivit l'apologie cl« ce noble ctient et
tuf^gph ei lut son irarail dans une an-
-e ssHBiblée d'érAcjges.
■ Après que l'écrit d'Snnedius eut été Tu
ins le concile do Rome, dit Fleurr, les
riques rspppouTèreot tout d'une Yoii, et
rai: (Quecet écrit soitreçu de tout le
Qionde,et gardé b la poslérilttenlr&^tesacles
de noiracoucite. coisnieaf ani été-composé
Vir iOD aulorité. • Le Pape ordonna qu'il
im'a au nombre des décrets apostoliaueS'
Or, c'est h celle apologie qu'appartient la
tl« cilé par Grégoire VII commn étant de
imoiique lui-mfiaie, parce que ce Pape
blOjlIl.
tour saroir quel sens Srmmâque et le
oeile altanbaieiit.aux parofea d'Bnnodius,
MUS sulSra de eoalinuer Is lecture des
lu lynodaut, où nous trouvon»c»s mots:
Ui éréques demandèrent eosuile la
DdamnatioD de ceux qui araient accusé
Pape et attaqué le concile. Hais le Pape
il que ses persécuteurs fussent traités
^doucement, déclarsot qu'il leur pnrJon-
lit. Tguiefoie, pour prévenir de tela maux,
AiFiinila l'obserTBtion des anciens canons,
U'iril lesquels lus ouailles ne doivent ac-
ier leur pasteur, s'il n'erre conlru la foi,
ti'ii ne leur a fait tort en particulier. La
•Bière de ces «xceptioos est remarqualile,
Ve Fleury, puisque le Pape y reconnntt
t loui évoque, et lui-tnéme, peul âtra
lue d'erreur contre la foi... Le concile
(Irma toutes ces règles (1638). ■
'm n'esl-il pas un commentaire safllsant
IMtélioues hyperboles d'Ennodius adop-
I par las Pères du concile t Puisque les
ques couvienoent, et Symmaque avec
>• que le Pape n'est point impeccable,
il peut violer l'équilé et mémo la foi,
te le croyaient donc pas devenu irréro-
{emenl saint» en moataot sur le aiége
ttiut Pierre.
ki$ Hildebrand a-t-il su comme eux ne
pri-Ddra fc la lettre les fllisles exagéra-
M du diacre rhéteur envers le Pape!
Ma tout aussi sagement comprises que
«maqne et le concile ; nous en avons eu
t la preuve dans l'épltru mtme k Héri-
nii puisqu'il y soutient seulement qu'on
MaiiL sur le Saint- Siège on devient miil-
'• eL oue c'est là tout ce qu'il a voulu éla*
'par la citation du lémoigoage de Sym-
pie.
fund donc Bossoet (que son génie iM
lionne 1) reproche k Grégoire VU d'avoir
4^21 LuK, Coneil., Sjaoim Konana v, ad
.E03. _ Flei'ii, I. xix, C. Ni.
I63S) Lamk cl Flcubi, kM Mpra.
1C39| IkftHth dtclnrmhiiit, etc., lib. i, sec), i.
txagéré le» parolti de Symmaqut,dant tt'oi^
rail dil, au eontraira, donner une Unigne
MtrpritaHon [M39), ir commet une doulila
inexactitude : l'une, en supposant que Gré-
goire a exagéré la phrase d'Ennodius ; l'aû'
tre, en supposant encore que cetia phrase,
après l'interprétation fournie par Symma-
que, a besoin d'un nouvel adoucissement;
Grégoire se croyait si peu à l'abri du pé-
ché, il tenait si peu 6 se faire croire doué
d'impeccabilité, qu'il se nommait souvent
pécheur. ■ Ce qui m'excite surtout, dit-il k
Wozelio de Magilebourg el i ses sulTra-
ganls, c'est la crainte d'être accusé devant
le souverain juge par la négligence de l'ad-
ministration qiii m'a été confiée. » -— ■ Plus
sont violentes les ten^iétes qui,.de nos jours
et ft cause de nos péchés, battent l'Eglise,
écrit-il h Humbcrt, 8rchev6([ue de Lyon,
plus nous devons avoir soin de réunir, pour
sa défense, nos avis et ce que nous avons
de force. > Il dit aux Germains : « Ce sont nos
péchés qui attirent les maux de l'Eglise...
ai nous appliquons le remède de la péni-
teiice aux maladies de nos fautes ; si, corri»
géant nous-mêmes sévèrement nos excès et
nos négligences-,, nous- soumettons nos
mœurs i la règle de lft-jtutïce,.ceriainement,
avec le secoura de la vurtu d'en haut, la
rage de nos ennemis tombera bientèt. ■
Comme on lu voit, Grégoire se comptait tou-
jours au nombre des pécheurs qui irritaient
Dieu contre les Chrétiens. Il s'écrie ailleurs :
■ Je dis souvent ft Dieu : U&tez-vous, hâtez-
Toua, peur l'amour de la bienheureuse Ma-
rie el de saint Pierre, délivret-moil Mais
parce que, sur les lèvres d'un pécheur....
>i n'y a pas d'oraison sainte et digne d'être
promiUement accueillie, je vous prie, je
vous supplie, je voua conjure de presser
sans relâche ceux dont la vie pieuse mérite
d'être exaucée, pour qu'ils intercèdent en
ma faveur (I6M}. »
Grégoire VII ni Symmaque n'ont donc
enseigné que tout Pape soit Décesssirement
sainl.
jiu.
Grigolra YUbrlM-t-U VésêacoçtAt
M. QciMET. — « A quelques égards, Gré-
goire VII est le Napoléon de l'Eglise; il a
fait le 18 brumaire du catholiciame, nou-
velle révolotion dans le gouvernement
spirituel, qui prétend n'eu subir aucune.
La démocratie de l'Eglise primitive avait
été remplacée parla féodalké des évftques;
ees barons de l'Eglise se brisent dans- les
mains du moine Hildebrand; il reste un
pouvoir unique, absolu, infaillible. Gré-
goire VII a,, comme Napoléon, ses assem-
blées muettes, ombre des anciennes déli-
bérations pi y a autant de différence entra
les conciles de Kome et las eonciles de
Nice» qu'il yens entra le Corps législatif et .
**flMO) Vf. 1, n. S9-7SA n. »49; K, n. UJ,
a. 9.
107»
GRE
DICTIONNAIRE' APOtOGETIUUE.
cnE
m
l'Assemblée consttluanlc. Quand on lit les
lettres de cet enapereur de t'Ëglise , 0[i voit
3ue son grand cœur était coiiliauellement
échiré fiar la situalion de la cljrétinnlé, et
P8r les obslacles terribles qu'il renconlr&il,
a sa réforme, dans los seigneurs du citirgé.
Cequi renduitsn victoire légitime et 'pos-
sibiCi c'l-sI qu'en b^i^B^I la suzeraineté des
barons spirituels, il rentrait par là dans Is
vieille égaillé de l'Eglise primitive. Com-
bien de fois n'esl-il pas arrivé que, dans
les moments de péril, le grand peuple de
l'Eglise tournait les j^eut vers Grégoire VU,
comme s'il eût absorbé en lui toute la chré-
tienté I C'est ainsi que le monde voyait,
dans Napoléon, l'imaga vivante de la dé-
mocratie; le capuchon de liure a c&uvect
l'usurpateur de l'Eglise, comme la redin-
gote grise l'usurpateur de la révoluti'>n. Meis
aujourd'htii, qui sera assez avisé [lour éler-
niser l'absolutisme de saint Pierre, sans
l'âme et les lettres de Grégoire VII! il
serait plus aisé d'éterniser l'empire sans
Uarengo et l'empereur (1611). »
Nous examinerons ailleurs, h propos iJe
VBittoire de la civilitation, cette division
«les siècles chrétiens en époque démocrati-
que, féodale et moQarchique, emprunt fait
è H. Guizot par M. Quinet, avec cette seule
dîB'érence, que ce dernier retarde jusqu'au
XI* siècltj l'avènement de la monarchie dans
l'Eglise, tandis que M, Guizot l'inaugure
au IX* siècle, sous Nicolas I". Nous devons
uous attacher ici h vériGer les preuves que
l'on Dous donne ou despotisme do Grégoire
sur l'épiscopat, Onjea apporte deus :1e
laiiUame des conciles de ce Pape, et le re-
cours des populations b l'autorité du Saint-
SiégiB. Hais par quel fait, par quel témoi-
gnage conttimporain, H. Quinet établit-il
la servilité prétendue des synodes romsir.s T
Comment monlre-t-il que, si les peuples
recoururent au successeur de saint Pierre,
ce tut parce que la .papauté absorbait toute
l'Eglise TNuTsoucl de tout cela, et l'auteur
ne nous répond que par les mats relentis-
sanls de 18 /brumaire et de capote grise,
éclatants souvenirs sans doute, mais qui ne
vaJent pas, dansceltecirconstance, lamoin-
dre des preuves, fût-elle du plus mauvais
latin du XI' siècle.
L'histoire, plus patiemment interrogée,
aurait appris è H. Quinet que Grégoire VU
respecta iDuioucs l'autorité de l'épiscopat,
(ja'il laissa les conciles jouir de toute leur
libefté , et vit les peuples recourir à lui,
non pas comoie au chef unique, mais
cotome au chef suprême de la société cbr^
tienne. ■'-
i' CmciUt de Grégoire VU. — M. Qui-
net, en songeeDl aux assemblées ecclésias-
tiques du xi* siècle , se rappelle la liberté
des prélats délibérant sept 'siècles avant à
Nicée, et il la regrette. Ce souvenir et c<9
regret m'élonnenl de .la part il'tin é^riTiin
3ui, quelques pages plus haut, nous ilitiii
u premier cûncife œcuménique de Nif*e :
• L« minorité y fat constammpnt menacée
par l'emiiereur, et, h la fln, obligéetle!;^ dé-
dire (16^2). » Il est triste que les atGrm^
lions de H. Qtiiuet changent, sur an mi!niE
point, selon les besoins âe chaque nouvtlle
îhëse, et que, loraqa'il cessa de contredire
l'histoire, ce soit ponr se contredire lui*
même. .
I,es dix ou onze conciles tenus k Rome
sous le pontificat d'Hildebrsnd oiitélérxr-
faitement libres (i6Ul. Quotqu^l r)e Doai
reste sur ces assemblées que des récit) trofi
breTs, et se bornant b peu près ï cofisUlrr
l'époiiue de chaque concile, les décrets etlr
nombre des évoques présents, nous tm-
nonlrerons cejiendanl des preuves JbfBsa me
de 1« liberté des discussions. i
C'était non pas pour «ppronveren inttK
mates, en muets, mais pour donner leur |
avis que Grégoire convoquait les prélil).
Nous vous appelons au concile avec m
sulTraganis, dit -il à Sicoard , sreheih;ii9
d'Aquil^e, ■ pour être armé en faveur drij
liberté ecclésiastiqae et de la religion. tf<e
d'autant plus d'assurance et de force qoE
nous aurons été entouré plus atioDdg[Din«it
et de plus près, soit des conseils de nin
prudence, soit do la multitude et dei s)^
avis de nos autres confrères {16U).tLi
Pape écrivait à Guibert de Raveune : • Nous
TOUS prions, uous vous invitons i foii
rendre au concile , a&u que, par lei eOoris
de votre prudence et de celle de nos autres
frères , pur votre force spirituelle et |«
votre sagesse, les projets des impies soient
déjoués, et que la religiou chrétienn«5')il
fortitiée dans la liberté et la paii où ri:i ;
fut foudée [1045}. « Grégoire désire la ft- 1
sence des évéques et (Tes abbés brelDv: I
H C'est, leur dit-il, pour que nous puissiw<
unis à voub et aux autres membres dex'-'t
urdre, chercher avec un zèle éclairé eleit-
cuter ce qu'exigent notre niioistère (i<i
religion chrétienne (1646). » Touiei «>
invitations ne sentent pas le desjKiiB <S^'
ne veut auprès de lui que des apjin^
leurs.
Or, cette part active dans les délil)ér>-
tioDS et celte liberté promises par leSo^-
verain Poniifo aux prélats » ceux-ci en um-
ils véritablement jouil Qu'on enjogeii'
le fait suivant :
Le synode romain de 1079 fut réADip^ir
examiner la doctrine de Bérenger, anJ»-
discre d'Angers, qui niait la présence rét'ii
dans l'Eucharistie. ■ Tous s'éUnt asseaili><'^
dans i'église du Sauveur, on discourui»'!'
te corps et le sang de Notre-Seigneur J*n«-
Christ; car précédemment beaucoup I**
saient d'une manière et quelques lo^
d'une aatce façon. La plus grande iirtu
' (iUt) Vbi ivpra.
(1645) hkm, Concil., aJ
concilii vi.
(t«U)Ep. l,n. 4S.
(1645) Ep. 2, n. 4i.
. 107», sub Itiiew (l«il>] Ep. i. a. 1.
m
MCTMHINURE APOUKETIOL'E.
GRE
WM
j/clinient que, par Ins paro'09 de l'oraisrm
urrfe, par fx consécralion du prëlre et l'in-
miltk opération da Sainl-Esprit, le paiaet
le iio sonl changés substnntiellemeDl au
edrpsda Seifpuiurnédp la Vierge, suspendu
i [i croii> el su sang que la lanre du soldat
uiconler de soocâié; ils s'appuyaient de
lOBtei maiiièrei sur l'autorilë des snints
Pères oribridoxes, taol ftrecs que latÎDJ.
Hais qoelques-uus, frappés d'une profonde
cl longue eécîté, se Irompanl eui-mémes ul
lfs»Dires,par leurs csTillalions, l'efforçaienl
^montrer que ce n'usl qu'uue figure, que
le corps substantiel est assis à la droite du
Père Toutefois, dès que la question eut
éli entamée, aiaal mémo le Iroisièinp jour
de la réunion du synode, la partie adTer<e
cessa de lutter contre la «érilë; le feu de
l'EfpHl-Saint consuma cette paille
Eaiîo, Bérenger, auteur de celte erreur.ifont
Il enseignait depuis si longtemps l'inijtiété,
cofifeua, en présence du nombreux con-
cile, qu'il s'était trompé et demanda par-
don {iWI). ■ Saint Brunoo, plus tard évËque
(le Ségni, fut le principal antagoniste de
Bérenger dans cette assemblée (16V8). Ce
débat de plusieurs jours nous montre quelle
»Diple liberté Grégoire accordait & ses sj-
coles.
Après on coneilB de l'an. 1073, Grégoire,
doot quelques-uns blAmaieut la sévérité,
^riTiti l'empereur Henri : ■ Pour que ces
"Utnis ne tous parussent pas excessifs ou
Jaiques, poor que tous ne fussiez pas éma
daehsDgemeot des coutumes mauTai3es,je
Tou «Tais maodé, par vos fidèles, de nous
«■Btiijer des personnages sages et religieux
de lotre royaume, afin que, s'ils pouvaient
bidntrer de quelle manière et faire com-
f^ndre, saiu l'bonneur du Roi élernel et
S4D3 péril pour nos âmes, en quoi il est
possible de tempérer la sentence promul-
guétt i>ar les Pères, nous condescendissions
1 leurs conseils. > Il lui répète encore ail-
leurs la même chose (16V9J. Il ne redoutait
ionc pas la discussion.
Au troisième de ses coociles-; l'an 1076,
*n envoyé de Henri ayant lu, en présence
1«4 Pères stupéfaits, une sentence de dépo-
itioa contre le Pape, celui-ci voulut répoa-
Ire par une sentence pareille contre 1 eoa-
■creur; mais l'histoire n'oublie pas de faire
■emarqaer qu'il recueillit d'abord l'atis des
asDt dix prélats, et que ce fut d'après leur
ugemeni qu'on prononça l'arrêt (1650). Plus
ard, en 1063, au neuvième concile romaia,
la suite de nouveaux outrages de l'empe-
iriir, Grégoire songeait i réitérer nomina-
iveoieat contre lui l'excommunication
u lérieuremeol lancée d'une manière gé-
lénle contra les euuemis du Samt-Siége;
les évèqucs l'en détournèrent, et, qaoique
avec bien de Ta peinp, il ce la (1651). II n'e^t
donc pas vrai que, devant le Pape , les pn'»
lais n eussent qu'i incliner la léle en stgnf.
d'approbation.
Je suis, au reste, Irès-persuadé -qu'il ne
dut pas souvent y avoir une vive opjiosilion
dans les synodes convoqués par Bildebrand,
rar. qni esl-ce qiii se rendait i son invita-
tion? On y renconlraJt ceux qui aspiraient,
comme ce Pontife, & une réforme des mœurs
sacerdotale!^, ou ceux qui venaient implore?
leur pardon. Plusieurs éptires de Grégninl
nous apprennent q>ie les partisans de l'iit'
continence, de la simonie et des inveslitu
res impériales, se gardaient bien de paraî-
tre dans ces conciles réfor.nateurs, et pré-
feraient les B'-semblées lumullueuses ou ils
déposaient le Pape et menaçaient d'assom-
mer les évèques qui leur i)arlerBienl des
nouveaux décrets romains. C'était donc le
fiarti du désordre et non pas la liberté, qui
oyait les conciles de Grégoire. U. Quinei
B négligé celte distinction, et c'est pour cela
qu'il n a cru apercevoir autour au Sainl-
Siége, dans ces synodes, que des muets.
Point du tout, c'étaient des juges tous d'ac-
cord.
2* Recourt dtt peapU§ à Grégoire VII. —
Dans toute administration régulière, on
doit pouvoir en appeler d'un chef inférieur
h UQ chef supérieur; on remonte du maire
au préfet, du préfet an ministre, eomtne on
en réfère de la sentence d'un tribunal à
celle d'un tribunal plus élevé. Il en est de
même dans l'Eglise; on va de l'évèque au
métropolitain, du métropolitain au Pape.
Aussi, quand les habitants d'iiuola, de Pié-
sole, de Brème, etc., etc., se plaignaient k
Grégoire de leurs évèques, ils s'adressaient
i raulorilé supérieure, mais sans nicrculle
de l'épiscopat. Cet appel à Rome ne suppri-
mait pas l'épiscopat, puisque chaque jour
les évêques et les archevêques invoquaient
eux-mêmes le Pape comme le juge en der-
nier ressort de tous les démêlés (1652); et
. iwurtacit ils ne pensaient pas abdiquer par
cette démarche.
Grégoire n'abusa jamais de ce recours
universel pour diminuer jt son profit l'au-
torité des divers degrés de la btérarcbia
ecclésiastique. Nous le voyons, an contraire,
travaillant auprès de la ville de Venise pour
qu'elle ue fût pas si parcimonieuse envers
, son patriarche, qui ne pouvait soutenir,
sans l'aide de l'Etat, te rang conven.nbls k
sa dignité sublime (1653). Il renouvela les
firiviléged qui décernent au siège de Lyon
a primatie des Gaules (ICU). S^il parle d u
métropolitain à des évêques récBlcilra^l^.
c'est pour le nommer le maître de cas der-
riUT) LiBBE, ad ano. 1079. Concil. «1. — Bol-
hskuir,, Uiô, L Tl,<Ue iiT-, VU, S. Crtgarii Yll,
. 2. n. 8, p. 136.
t 16«9) £».«.■. 30; S. 11. 10.
• lluO) ttoLuncs, mki n^ra, cap. 7, n. 62, p.
:^:ap.\. ■.6, p. lU;ap.i, n.5, p. 119.
ft65l) BeLumos, op. % n. 16. p. I4S.
(1652} Il ; a pea de pages, dans la correspon-
dance de Grégoire TU, oà l'on ne iranve une ré-
ponse a qMlqge rédaniitiOD de ce genre.
(1653)Ep. S, n. 59.
(1651) ^. 6, n. SI et 35.
1085
DICnONNAIRB
r.'
niers (16S5]. Ce nVst pffs seulemeal d'une
manière sirîcla qu'il onlnnnq aux peup'es
d'obéir è leurs préhls, il le fait môme par-
fois très-éloquemment, pitr exemple, dsiu
cette épitre qui Carthaginois : ■ Obéissez,
par (Jeroir. ï celui qui eierce sur tous Tau-
toriié ilu Christ; eOorcez-rousde recueillir,
avec un amour .Téritable, ses conseils et
ses ad mon liions, sachant qu'en lui obéis»
sont cVst au Christ qui a souffert pour tous
que vous obt^isscz, et qu'en receTanl ses
rédicntions el même ses jugemenis, c*esl
Clirist en tout qijn vous rei^eTez... Puis-
qiio l'apdlrea préclié l'obéissance aux puis-
sances mondaines, combien plus aux jiuis-
sances spirituelles, el tenant parmi les
Chréliins la place du Christ I Ceci, mes
très-cbers lils, c'est en gémissant que je le
pense et en pleurant que je l'écris. Il est
venu à nos oreilles que quelques-uns
d'entre vous, oubliant ce que la religion
leur commande envers la loi el la personne
du Christ, ont accusé auprès des sarrasins
Cyriaque, notre vénérable frère, TOtre ar-
cheTÔque, TOIre maître, bien plus, TOlre
Clirist; ils l'ont déchiré par leurs injures et
leurs calomnies , au point qu'on \'a mis «a
ranft des voleurs, et qu'après l'aToir dé-
pouillé de aes TéIcmenls,on J'a chargé de
coups. 0 exemple d'iniquité [1656)1 • Pense-
î-on que Térltablement Grégoire comptât
pour rien ces prélats qu'il vénérait comme
le Christ en personne?
tirégoira Vil n'a donc annulé les évéques
ni dans les conciles ni dans leurs diocèses ;
ce qu'il a fait, il a lAché de les rendre dignes
de leur ministère sacré, mais en a/antsoin.
comme il te disait, de conierver à chacun
d'eux $ei droite H de fhire reipecler par loue
ceux du Sitint-Siége [1657).
|iv.
CK-BOiK VH M TQjriiiiJ dam l'hiuualU qii« l'Egtbef
M. QoiHiT. — ■ Voyez d'ailleurs de plus
près quel a é(d le bui de ce grand homme,
et pourquoi, légitime en son temps, son
ambition n'est plus assez grande pour les
ndlres. Eludiez les monuments de Gré-
goire Vil , vous arrivez nécessairement k
ce résullat, que s'il a pensé de loin à loin
aux misères des peuples , il s'est contenté
d'assurer les droits et la liberté du prêtre.
Au milieu des entreprises continuelles de
la violence, tracer dans l'bum-inilé une en-
ceinte de flammes , où. la force aveugla
D'entrerait jamais , faire du sacerdoce une
race sacrée, un peuple d'élection, un refuge
assuré, une cncditiun indépendante 6 l'abri
des passions des rois , des princes , des ba-
rons , la fierté seule de cette idée étonnait
le XI* siècle; il a fallu un cœur de feu
el de bronze pour aller jusque-lft. Aux yeux
de Gré^re Vil, 1» soeiétéi l'humaDité
M0S5) Ep. «, D. 1 et 4.
((a56)Ep. 1,D.K;3, n.U;9,n. 16; II, n. I.
(1657) Ej). 1, n. Ï4 : « Sicut enhn HomanK Ec-
rlcsiie debituni hoiiorctn inipendi ■ CKlcrîs Eccle-
AKH^OCETlQUe. «E hu
réelle, c'est l'Eglise, le cilnjen, c'en !«
prélre; le reste est unft ombre. Voilà ponr-
quoi il ne réclame rien, k proprement pit-
1er, que là constitution des droils du ix»
doce , la liberté de l'homme d'^i». Il l'é- I
lève au sommet d« l'édilice social isî ((D'il |
le comprend, et sa deTÎse, qui contient Iwl ;
son système, est celle-ci; Ne touctiniu
mes prêtres, mes christs; Jfelite tnjn
ihrUtot meot... Il faut que les puisuntsiti
la terre apprennent ee quec'est qa'nn prttrf,
tfuanti voi eetii, ce qu'il peut, ^id psfHifi.
et qnu le monde se soumette i ta chiip
(1658). >
M. Quinet ne semblerait-il pascroiniim
ce fut Grégoire VII qui déi^ara in 6tm
indépendants des princes en matière reli-
gieuse T Le principe de leur indé|«ndiiir<
est aussi ancien que t*Ggtise, el Gréeoirt
n'a faitrjue Te rappeler k l'Occident qui <V ,
bliait. Ceci est éTÎdent pour ouieonqnsili '
avec attention dent pages de Ihisloirarulé- :
aiastiquo ; je ne m'y arrête donc pis. hii-
sire rpcbercher s'il est vrai que le vH
Pontife , pour n'avoir surtout songé in't
guérir les plaies de l'Eglise , doi«e eircir-
eusé de dédain pour le reste de li mtié
et de l'humanité , comme si ce n'eût éitU
qu'une ombre k se^ yeux.
Ne blesserailon pas l'équité en snatenml
que. dans l'opinion de M. Quinet, l'algHif.
la physique , la chimie , ne sont pas dignn
d'occuper l'intelligence humaina, pui^jui
lui-même, au lieu d'être chimiste ou milli^'
malicien, a consacré ses veilles k la erédli
do la trilogie poétique inlilnlée: Ahanin*.
Napoléon; PrométMe (1659) T EvideiniiitW
cette conclusion serait une injustice. Tout
ee que nous devons admettre, c'est qw
l'auteur, dans le choix de ses irsTaoï 'i*
raires , a consulté son goût, comme HiUe
brand, dans ses réformes , a consuilé \t7*
mier de ses devoirs.
Bildebrand était Pape , et , k ce lilrti'
fallait qu'il consacrAt sa pensée , ses effuro-
SB vie, à l'Eglise d'abord. Les déwfJ»
an'il avait' k combattre , les obstacle) «li"
evatt vaincre, se rencontraient en "^
grand nombre dans le sanctuaire pourqm
songeât è réformer aussi la politique, ^li
décnalner contre le Saint-Stége de nou'c"*
tempêtes. Ses forces n'ont pu suffire i ■»"
ministère de Pape: pourquoi vnudriei-""''
qu'il y eût Bjoulé celui de législateur «M"
verselî II n'aurait réussi qa'à bouleieri"-
Laissons k certains poètes le triste plux'
de mellro le feu h leur patrie pourpou>^
chanter la ruine de Troie k I* lu>-ur«
l'incendie (1660). Les soins de Grégoire ^11.
spècialesBent occupé de t'Sglise, ne suP"
posent donc pas eu lui du mépris povK
reste de l'humanité.
K Toutefois , quoique ce Souverato Pualiii
desideramui. i
[1H5S)P.UI.
Ifi59) Titres de trois poêntes de V. Q<i'«»- ^
(1660) On M, KHivieBl de M jev puco^"
Nn'Dn.
mt GftB IMCnOWlAIU
l'iitpis priii dins la SOrlélé eïrïle l« rMs
iinli de r^'irmateiir qa'il eierça dans la
itâé\é rflUîeuse, il ne laissa ni de souffrir
les matii dont il avait le speclade, oi (Tes-
tyer dV iprorter an ramède.
'Qiiin.-i Grégoire menaça d'exeomnionica-
ioD Pbilip|>« 1". ce fol, enlre auiras choses,
«ne que ce roi ilélroossail les marcbands
itr l«ï pindes roales, el qn'il semblail
Ion laisser périrUmMtroyauÊmedê France.'
ytor engiger Wozelin de llagdeboiirg h ne
u {wursaivre la guerre qn il a eommen-
k. il lui en dferii les résultais si affreux
«tor les peuples : ■ des hoTnieides, des io-
tDilres, la dépr^datioo de l'Eglise el des
MTres, le lamenlable rarage de la patrie. >
1 t'tHone de faire lef miner par un arbitrage
itakue la Inlte d'nn attire seigneur eotilre
oMmales. Il rappelle à l'empereur, qui
onbit les Saions, que , s'il «si permis de
npper les couftables , jamais un prinre ne
ojl verser une seule gouite de sang pour
> triomphe de sa propre ranité. Il pressa
oleslu, due de PoloRne, de rendre aux
15165 les riehesses qu il leur a enlevées
iDS une incursion. En Espagne, (es Sis de
iTiDOod Béran^r allumaient une guerre
Tile; Grégoire intervint : a J'en sais eiirft-
eoenl coatrisCé , écrit-il , soit k cause de
lAdion que oie porta leur père , qui, dès
a'ii m'a connu, m'a aimé, soit parce que je
natal qu'un grave danger menace la
ilion ebrétieoDe poorsuivia d'une baine
nhaio , dans ces régions, par lea impies
'imitR, • Dn malbeur semblable mena-
io( le Danemark , une éptire ponliflealâ va
«Ufr Olaûs , roi de Morwége , de ne pas
roriser tes ré'voltés. Les Turcs perséoa-
itnt lesClirétreos et inquiéiaient Cons-
Btinople, qui implora l'aide du Saint-
jge; Grégoire conçut alors l'idée des croi-
iea, idée bien di^e de ce Ponlifo. Il nous
■le de loi iplusieurs lettres h ce snjet,
IK autres denx proclamationa i tous les
èles. Il annonçait à l'empereur qu'il arail
^ 90,000 hommes k sa disposition , et il
Mil reourquer au comte de Bourgogne le
sble résultat de cet armement, d'alrard
lire le Turc, ensuite contre les chrétiens
ttnsd'Occident, qui en seraient effrayés
DMioleDus Diir là dans la pais. Le Pa^ie
hiigna de rbabilude où étaient les Scots
KÔdreleursiemmes.lIréprimiiiida Acûo,
des Danois, dont les sujets avaient la
ilQffle barbare . lorsqu'ils souffraient de
dque misère publique , de frapper leurs
Hues comme ajaot atlirS ces fléaux par
ir maavaise conduite. Cue pauvre femme
Graève, soDpçonoAo par son mari elchas-
idatoitcomugal, eotendil Grégoire récla-
f pour elle le droit de se justifier qu'on loi
iHil. 11 somma de comparait re k son trîbn-
on seigneur accusé d'avoir tué son frère,
d'être de plus le bourreau de la veuve tt
APOUKETIQUE. CXE MM
du fils de la viaime. il excommunia écr-
iai ns' habitants des c6(rs de la mer qui . sa
lieu de secuurir les naufragés, s'emparaient
de leurs dépnuiiles. Il ordonna que (ous les
évéques ouvrissent des écoles. Quand il
dé|ioaa l'empereur B^-nri . ce fut non-seu-
temenl parce qn'il asservissail l'Eglisi*, mais
encore parcequ'il dAruiieif Vempire (IGâl).
Que de fois ce Ponlire n'a>t-il pas n^pitelé
eux rois que c'est de Dieu qu'ils tietinenl
la pouvoir, que l'équité doit être l'ornement
principal de leurs IrAnes, qu'ils doivent
non-seulement recommander la justice à
leurs peuples , mais la faire aussi habiter
dans leurs propres cœurs ; qu'il j aura un
jour pour tous égalité de poussière, et que
rien oeplaitlani k Dien que l'affection de
l'bomme pour l'hommp (160) [
Un antre éminenl service qu'Hildebrand
a voulu rendre à l'humanité, mais dont
malheureusement on n'a guère tenu compte,
surtout chez les philosophes, c'est de nous -
enseigner la tolérance religieuse. Il écrivit
ft Anxir, roi de Uauritanie, qui avait affran-
chi des captifs chrétiens: a Le Dieu tout*
puissant, qui veut que tous les hommes
soient sauvés et que [lersonne ne périsse,
n'aime rien tant en naus,(]uede voir l'homme
cfaérir l'homme. Cette cnarilé réciproque,
nous nous la devons plus qu'aux autres
nations, puisque nous cro/ons , quoique
d'une manière différente, et confessons u:i
seul Di«u , que nous louons et vénérons
chaque jour comme le créateur des siècles
et le gouverneur de ce monde... Que Dieu
après de longues années ici-bas, vous con-
duise au sein de la béatitude d'Abraham
(1663)1 » Voilk comment Hildebrand parlait
i un musulman charitabk'.
Avouons donc que, si dans le monde po-
litique Grégoire Vil n'a pas teoté d'impos-
sibfes réformes radicales, il u'a pas pris non
plus la société pour tuie ombre, mais qu'il ■
souvMit cherché k lui venir en aide dsos
des circonstances particulières. C'est tout
oe qu'il pouvait et devait faire alors.
M. VoMT. — ■ Il est impossible de porter
un jujjeuientqui réunisse tous les suffragea.
Sa grande idée (et il n'en avait qu'une seule)
est devant DOS jrcux, c'est l'iudépendanoe
de l'Eglise. C'est Ih le point où venaient
se grouper toutes ses pensées, tous ses
écrits et toutes ses actions, comme autant
de rayons lumineux. L'indépfendance de
l'Eglise, c'est Ik l'idée qui lui donnait celte
activité prodigieuse, cesl k quoi il a sa-
crifié sa vie.; elle était l'âme de toutes ses
opérations... L'Eglise, selon lui, devait dire
grande, forte el puissante; l'Etat devait lui
être soumis , parce que l'Eglise est établis
1*6» Ep. i, ii.39,'46, U, 49;1, n. S,3I, 57,73; »mV.)
.';6.B.I5,«;7,ii.4-Sl;8._n.41.— €imn(._fi<N OG62) Ep.1, ■, 7, Ï7, W;ï, a. », 51, 19; S^
^11, Comcil. Ktmtntm v; L\Hr,t. X, p. 306,
i*U L4Mfrmumm. (fide Appcod. fpiJt. Crt-
(ll>6ô)Ep.3,a. SI.
1«S7 GltK - MCT10.WAIRE
de Dieu , et que )a royauté lire son oHgin«
dtts hommes, et n'a qii'uD pouvoir Umité et
eonditionoel.
■ Mais que fallait-il faire pour l'exécution
d'un tel plan? presque tout ce que (Gré-
goire A fflil.ll devait éleTer l'Bglisfl ou-des-
jiu:i de l'Elat, afin d'arracher ses ministres
h la suprématie tenipiirelle, de soustraire
leur élection, leur dignité, leur eiistence,
leur onnduite et leur puuilioi) h l'autorité
rfes princes. Et qui, dans ces temps obscurs,
|M)uvait le mieux juger du choit des évg-
quesT âlail-ce l'église ou les princes T.. .
<t II n'était pas seulement imporlsiti, mais
indispensa 1)1 e pour le plan de Grégoire, de
ÎHJre prévaloir la croj'ance de la subordina-
tion de l'empereur et de tonte puissance
temporelle h l'Eglise. Tant que l'idée con-
traire était dans les esprits, il lui était im-
possible de songer au succès de sa grande
pensée. Car lorsque l'empereur décidait de
l'élection du Pontife deRome, lorsqu'il pou-
vait contrôler et détruire ses décrets, et que
la volonté du Pontife était sobordoimée à
celle de l'empereur, il n'y avait aucun es-
|)oir an réforme. C'est pourquoi Grégoire
insista tant sur In soumission de l'empereur
aux décrets de l'Egrise....
■ Si Grégoire éleva des prétentions sur
l'Espagne, sur la France, sur le Danemark,
sur la Russie, sur la Dalmaiie, sur la Bon-
grie, sur la Corse et sur la Sardaigne; s'il
se crut autorisé à réclamer les deniers do
saint Pierre en Angleterrcon peut avancer
sans crainte qu'il n avait en vue que l'indé-
pendance de l'Eglise. D'après sa profonde
conviction, la religion seule pouvait pro-
curer au monde le salut, le bonheur et la
paix universelle... Mais, pour atteindre ce
L)Ul, KËgiise voulait et devait avoir quelques
moyens de subsistance ; plus elle s'éloignait
de l'Etat, ou brisait les liens qui jusqu'alors
l'y avaient attachée, plus il devenait urgent
de pourvoir d'une autre manière ï sou exis-
tence...Grégoire était Pape,il agissait comme
tel ; et, sous ce rapport, il est grand et ad-
mirable (16&4}.i
On se rappelle que M. Quinel, dans le
dernier fragment que nous avons cité de
lui, regarde aussi la liberté de l'Eglise comme
le but poursuivi par Grégoire Vil ; il nous
a montré ce Pontife traçant autour de ses
prêtres une enceinte de Qammes ; il nous a
révélé même sa devise; Noiite langera chrîr-
atoi meoi, et ses ambitieuses paroles pour
faire souvenir les clercs de leur grandeur :
Quand' vos alii,... quid potettii, ... Que le
monde u toumette à votre charge.
Or, est-il prouvé que l'indépendance de
l'Eglise ait été la grande idée, la eeule idée
d'Hîldebrand, et que, pour faire triompher
celte idée, le Pape se soit pormis de sup-
poser que l'Angleterre lui dût le denier de
ssiot Pierre, que d'autres £lals fubsent les
(1661) J. VoiGT, professeur à ITnivergilé de
Halle, ^lU. d* Pape Gréioire Yll, trad. de H. i'abbé
Jager, ï la conclusion de Tnavrage. (Voir eitcora
liv. VI, p. 3», édil. UiJot, im.) .
APOLOeCTIQUE. GBfi m,
vasseux du Saint- Siège, et |]a'tin géiiéril j]
appartint h l'Eglise de dominer sur l'ËtH!
Grégoire Vil ne fui pas motni préar^i)|<|
de la sainteté que de l'iodépenilance ài
prêtre. Des trois cent soiiaute-dii épiltn
qui nous restent de ce Ponlif*, les ijrui
(Mrs au moins ^nt emploj'ésÏBlJiqiietlj
simonie, l'incontinence, rambiiion dn
clercs ; e'étaiï \h le sujet de la missbn i»
légats et 1q texte le plus onllDairedtSM^
cries de son lemps.Dansrimpossiliilitéd'»)
lyser toutes ces luèces, j'en citerai quel
passages qui les résument. Grégoire
vait A Siccard, archevêque d'Aquilée:
gouverneurs et les princes de ce momlti
cherchant nue leur intérêt propre, eli
celui de Jc-ius-Christ , foulaut aui jtj
tout respect, oppriment l'Kjtiisv comoM
vile esclave, et ne craigueol pasd'yjelnl
désordre, pourvu qu'ils puUïeul awil
leurs passions. Les piélres, du leur <3A
ceux qui semblent avoir reçu la clu^el
gouverner l'EKlise , dédaignant pies^
Goaiplétenieat la loi de Dieu el ai»)
t lissant pas plus envers Dieu qu'eDiers
rebisqui leur sont conSées lesdevul»
leur ministère, n'aspirent qu'à s'élei«r, |
les dignités ecclésiastiques, à la gloin; w
daine... Le peuple, que nulle diredluni
prélalSinul frein de commsudeaienLiieji
duit dans la voie de la justice, se préc^
dans presque tous les crimes. C'esl jM
quoi, plein d'espoir en la miséricordi
Dieu, nous avons décidé de râunir uat
cile... Nous conjurons votre fnteraiié
s'; rendre,... pour que nous siijonsin
en faveur de la libtrié eccléMiatliqanlà
religion, avec d'autant plus d'assurance
de l'orce que nous aurons été cDlourij
abondamment et de plus près soildEsi
seilsde votre prudence, soit de la mulu
et des sages avis de nos autres coid
(166&}. >
Celte double pensée de l'indépemM
de la sainteté duprêlre préoecupiGr^
dès les premiers moments de son pouul
employé tout entier dans la suite 1 lii
liser.
Au premier concile romain, en IPA
cundamna les invettiture8,qui atteniaie
la liberté de l'Eglise, mais on'condaœn
même temps la simonie el rinconlim
des clercs (1666), et, chose assez itt
quabte, Grégoire, après celte aïsenb
voulant en faire connaître les dâcreisi
ton, évoque de Constance, mais éianll|>'
par le départ du messager, ne meDii*
que les règlements pour la réforma
mœurs cléricales [1667], tant il aviil sa«
ce point il coeur.
Gré){oire avait beaucoup à se pkiBi»
Guillaume le Conquérant , ooa-ieulr°
parce qu'il lut refusait rhommsge du«!
(1665) Ep. l.n. U.
(1666) Apud Lktm, L'enc. Rom. t, Ep. Gr^
Olioiicm, p. 515, el Chroaic. ViTd»iit»iim.t->\
(m67j kp. ad Ottomem, ubi supra. i
GRE
DICT10:f!(AIRE APOLOCETIQUe.
GRE
ICW
'1668], miis encore parce qu'il ne permet-
ijil |U une libre communication cuire Ifl
c'vrii anglais et le Sainl-Siége. et que let
roii paiau nx-mtmei n'iraient pat fait
'1669|. Grégoire le menace bien ; loulefuis,
il recomoiaude k ses légals de grands mé-
nagements, et cela parce que Guillaume a
lia zèle pour i^éformer le clergé. ■ Il ne Jé-
irnii pas ei ne vend pas les églises de Dieu;
il s'efforce d'élablir la paix c( la justice
l<iraii ses sujets ; prié par quelques ennemis
dtia croix du Christ de ta liguer contre le
Si^ge apostolique, il ne l'a pas voulu ; il a
Imc^i et cela même en txigtttnt le temenl,
la fr/lra de renvoyer leurs femmes, les lai-
qiin de rendre les dlmçs qu'ils retenaient
ICTO.. -
Celle épllre noas apprend, premièrement,
i;ueGrégoire apportait dans ses relations
iTK les princes plus de méiiagemenis qu'on
m iB le figure parfois ; secondement, qu'il
roiisenlait A Ajourner l'iudépendance de
'Eglise, en des choses très-graves, par uoe
wrie de compensation des soin» qa ou don-
ua ï la réforme du clergé.
l' MU. Voigt et Quinet sont donc iocom-
'M\i lims l'iorlicalion du but que se propo-
uil Grégoiru VU, et qu'ils font consister
it].i.|ueiuentdansrindéj>eodance de l'élise.
Je ce prétends pas dire que ces deux au-
''::<i)ieiit toujours méconnu les etforts du
P'Atiii pour ramenrr la sainteté dans le
MMaaire; au contraire, ils les ont procla-
n^, M. Voigl surloat. Ce que je regrette,
:'»! que les deox bialoriens, arrivés au
Booieul d'apprécier l'ensemble de celle
Migue carrière, au jnoment de dire leur
ieruier mol sur ce grand Pape et de toucher
m food des choses, ne nous parlent plus
|ae de la passion de Grégoire pour l'allrau-
bis:>ement de l'Eglise, comme si le déiiir
«la sainteté des prêtres n'eût été en lui
u'un accessoire inutile k rappeler,
lirégoire a voulu la saioieté des prêtres,
•tw qu'elle est un devoir du sacerdoce ;
a loulti leur indépendance* parce qu'elle
>t pour eus un droit et la garantie de loiir
ioralité(1671).
tyi. \oigl regarde les réclamations que
léguire lit du denier de saint Pierre en
ujjlelerrfl , de l'hommage de vassal en
lulres Etats, et de la supériorité de l'Ë-
gltsesurla ro]-aulé,comira deseipéJieals
ORoreusement imaginés et justifiés par Is
uécessîté.
Je pourrais protester contre ces supposi-
tions au nom de la sincérité qui, tout au-
tant que le zèle, caractérise Hildebrand dans
sa correspondance ; mais ce sont àes preu-
ves de Ctit plus que de sentiment qu'il faut
]ci. ExsmÎDoas donc les Irais réclamations
de ce Pape.
Le denier de sain! Pierre , exigé en An-
gleterre et ailleurs, élait la redevance féo-
dale des princes vasanni du Saint-Siège, et
Guillaume I", quoique niant pour l'Angle-
terre ce vasselage, ne laissa pas de paver la
redevance arriérée depuis plusieurs années,
reconnaissant ainsi l'ancieiinelé de cet usage
(1673J. Ce lie fut donc pas Grégoire qui éta-
blît ce tribut sur les Iles Britanniques.
Ensuite, tes droits de suzereinelé féodale
sur quelques Etats n'ont point élé non plus
nne ruse de la papauté. Le vasselage des
Russes, des Danois, des Hongrois, des Nor-
mands d'Italie, était alors parfaitement
constaté, piiisqu'il datait du temps même du
Grégoire (IffIS), et celle certitude historique
nous commande de croire que le Pontife, à
lort on A raison, était tout aussi profondé-
ment convaincu de la légitimité des droits
plus anciens qu'il faisait valoir sur l'Es-
pagne, la Sardaigne, etc. H. Voigl range les
Français parmi les peuples que Grégoire
déclarait ses vassaux; c est A lort. Ce Fapv
leur demanda bien le réiahlissement d'une
offrande pécuniaire insliiuée par Charle-
msgne, il n'exigea pas d'hommage féodal
(167%). La dépendance de l'Angleterre, quo
Guillaume 1" rejeta, quoiqu'il l'eût d'abord
reconnue, remoulait certainement jusqu'au
Tiii' siècle , aux rois anglo-saxons lua
et Offa (1675). VoilA donc encore une récla-
niaiion de Grégoire bien fondée.
C'est seulement dans la troisième de les
réclamalibos que Je découvre une innova-
tion. La loi politique au xi* siècle , el
' l'empereur Henri IV en convenait lui-mîma
(167(ïj, la loi vodlait qu'aorès un an et uu
jour, la prince excommunié fOt déposé. Or.
Grégoire crut que cet etfel, attribué par la
politique à l'excommunication, en était lu
résultat naturt-l et nécessaire, et, par coii-
séqutn , que te Pape pouvait déposer an»si
tl668) r»ir ci-après la noie l\^'th).
(I<>69) Ep. 7, n. 1,
mïO) Ep, 9, n. 5.
(16^1) Aaad Line, atî tmpm, Cknn. Viràm».
(IfiTif VoiST , lff«lOTr« it Lrigoire VII, I. il,
>_a«H. 1080. — M. M BlmcuT, Saini Anttlm,
il«73) Ep. f , pou. it ; i, n. 13, 63, 74, 75,
lll>7l) tp. 8, n. U.
llV.Sf lietrapporlt maumU enirt It* rfaucp«i*-
xu, par M. l'aUé ftoaMtona, I. Il, cb. 54, d'a-
«* d'&cWrj, ia a*it< »dtp.l Lmafranti. — M.
1^ iifer, lefoii 1 1 de MHi Cran tur rkèUoire 4t
'4fiin VII, âte cet iniportaui pasuge d'une
|<(nH|iiedeNoiiiiaiidie (roîr dora RorgCBT.I. Mil,
tiïi, qui nous apprend qœ Cuillaiirae niait
•itiiieda Saint Hié^L' t'aulorisalion de faire t:tloir
ses droits nr l'Angleterre, f en loiibinieilaiil... de
tenir le raa^ aane d'EH^IeierTe de bien et du taiiit
pÉr«, Gonime sou vicaire, et nm d'anllre. i Apre*
le reTns qne Je con^Héraul de rAu|leterre fil dai»
la sniie de reconnaître ccue dépc-iidauce, le légal
rtHuaîn ne laissa pas de relarder hhi reioar en lia-
lie pour recueillir le denier de iaioi Pierre cbn les
Auglais. Grégoire le pressa de revenir, en Ini di
sauL : « U y a longieiiips que vous avei dA con-
preudre quel cas je faiï de I argent uns tionneur. >
(EpÎMl. 7, n. I.) Celle noble parole dn Pmiiife dé-
iruil 10111 le s}slàue de H. Vuigl, qui nippow que
Gr^oire faisait trés-granil cas de ,rarfeni, mente
■ans bvnoeur, pour airiier eiuuiù: à dominer les
souteraiiLs ci â aOiiiitbir l'Eglise.
, 116761 VwicT, Itiêioirt île Cria in fil, ad ann.
1491
GRG
MCTIONNAIIIE iPOLOGGTIOUE
bioD qu'tixGominuiJJ«r Ici rois (tCT?). Au
foiiU, celle pensée ne cbaiigeail pas grand'
cliose aui conséquences réelles de IVx-
cominui.icAtion. Qu'il fâl frappé ptir le Pape
ou par le coile, te prince iréuit pas moins
dépouillé de sa courouiie. Telle est la vé-
rilabla initovalion de Grégoire. Par cotisé-
quriit, des Irois ruses prêtées à cePape par
M. Vciigt, dftux lui sont imputées h tori, et
lu Irojsième, très-probablement, a'a été
dans sou esprit qu'une simple déduction
logique plus ou moins juste , mais sans
arrière-projet. Le sj'stème de Jd. Voigt ^ur
la politique de Grégoire VU reste doucsaus
fondement et tout i l'ait icaaj^inairf.
M. Quiiiet) avons-nuus dil eu comœen-
Çdiit, parlege jusqu'à un certain point l'opi-
■lion deM.Voigl; nous devons ajouter qu'il
y niëio quelque!! erreurs iniuvelles, moins
graves, il est vrai, mais pourtant à iioler;
il s'agit (le la devise quu l'auteur attribue à
Gréguire VII, et u£t il voit (uut le sj'Stème
do ce Foiiiire.
Je ne {mis accepter cona:ne devisa d'Hil-
debrand les mots cités imr M. Quinet .: NoUle
tangtre chrutoi meoi; la raison en est que ,
dans 1b vaste correspoudutice du Pape, je
ne les lis qu'une seule fuis, à la lin du
dixième livre des épitres. Guillaume 1", rui
d'Angleterre, avait emprisonné, pour ili'S
raisons politiques, un de Busfrères,;revâlu du
l'épiseOjiat. I.e Pape lui rappela fort mudéré-
ni«nl Ce qu'il devait de respect à son noiu et 6
la disciplioe ecclésiastique, et transcrivit ce
lextt» lies psaumes: yotile tangere, etc.
(i(>7^}>0r, ce leite, cité une fois en passai.!
til qui n'exprime pas les projets de réforme
rléi'icele conçus par Grt^goire, ne peut être
sa devise.
Si, au contraire, BU milieu des citations
bibliques fuites par le Pontife il s'en ren-
coulrail une qu'il se piOt à répéter, dout il
ae servit (>our l'ortlUer son zèle dans logtes
les ciruonstancits importantes, et qui ex-
primât bien sa sainte cl invincible ardeur
uuulre te désordre, c'est là cequ'il faudrait
appeler sa devise; et c'est, en cITel. le iium
uui convient à cette plirase de Jérémiu:
Alultdictui qtti prohibtt gladiumtuum aian-
yuine il679j : > Maudit soit ctlui qui ne
trempe jias son Kl<>ve dans te sangl c'est-
ii-Oire, comme vous le comprenez fort bien,
ajoute Grégoire, maudit celui qui n'use jibs
ùv la parole de la |irédicalion pour reprendre
les buiumes ciiaiiieU (1080)1 « Toute l'âme
de Grégoire Vil est dans ccUu (tarule qu'il
s si swivent reiiite.
Û. {Juinet, pour eommeutuire des paroles
qu'il écrit au bas du porlriil d'Hildebrinii
ilfotite langere, etc.), ajoute celleMi ; i n
laul que les puissauisdela terre aiiprennM
ce que c'est qu'un prêtre, jurafiniHii,,
ce qu'il peut, quid potetlU, i etc.
Or, sait-on quels sont ces prtlres im
Grégoire veul que les puissants coanaissini
la dignité et le pouvoir, et devant ie^uels
il veut courber le mondeTAo tangigeiit
H. Quinet, on dirait que le Poolife piritilt
tout personnage décoré de la luniqne ix^'
dotale. Pas du tout : il ne parle dI del'IiiiB.
ble nrélre de village, ni de révâqae.iilli
l'arcbevôquf , ni même du Pape. De quitte
s'agil-il T C'est aux apdires Pierre tiM
qu'il s'adresse, les conjurant de friif*
jirompteinenl l'empereur eicommunië: ^
diicant nuRC regtM tl oninei lacultpniitip^
quanti voi e$tit , quid potatù, rt timaà
parvipenderejusiiantm tccleiiattttTa\iSik
M. Quinet n'a donc étudié la m iiM
gnire VU i.i diins ce qu'elle adéiniiint
c'est-à-dire su but où elle tendit, ni da
certains menus détails sur lesquaUils'am
ta et qui sembleraient faire croire cep^nli
que rien du grand Pontife n'a échifyt
I investigation de cet historien ; il Ei'i|«r{i
pas, et M. Voigt ne remarque pas Dun im
que l'œuvre capitale de Grégoiru léni
lutter autant, pour le moins, en fsmM
la réforme des prêtres qu'en faveur deMl
indépendance.
|V1.
Qu'ealrW qoe le* coatemponliii da Crégotre Tlt «ri
Kut tH H «ivéritâ «oBtre l'empereaT Utui lit
M. Quinet. — ■ Dd biographe niilfl
poraiti {ti'Hildebrand) , un pauvre m
s'inleiTompl en rscoiilanl les ansthèmn
Pontife, la misère de l'empereur ajcnoidj
pieds nus, eu chemise, au bas de in feafl
du Puntifi;, et il s'adresse cette queslrii^i
[itiétique : Quoi âoncl tuais si le rm
l'eitipereur, si l'Eglise et l'Etal st m
paient l'un et l'autiel Quid rrgo! mm
trral ulerijut î Kiatople rare, presque udJI
de la luaniëie dont se sèment et sï lariM
les révolutions humaines. Ce u'vsl li'M
qu'une question, une opinion crii<ili<t<j
germe égaré pur la tempête au fond deli
d'unsoliiuire. Les murs de sacellulegati
longtemps le secret de celte peniée icm
dentp, elle meurt avec lui; puisdessiM
Se pussent, après quoi il arrive (|ue um
monde à la fuis répète celle luêoieqaesM
Ksl-ceque l'Eglise et la royauté se liomH
Aunqutd errât ularfue f Une voii anuBj^
qui (.st cell« d'un grand ]>euj>Ie, r^H
(lfi17) De Irès-ilocles suleurs'soulienneniqiii! les sujet.
Papes, ipit:] que tùi leur langage, ne ^rélctiduieiil
pas dé)ii>u:r les princes, mais qu'ils les rrappa.ciit
buiduiiiuflt du la peine d'eicuininuiilcaiion, qat, se-
lim les fciis de J'épuque, eiilratnail ti dépusiltini.
Gicyuii-e, selon moi, croynil que le Pape pixi^ail
aussi liieji que le rade découroimer un roi ; u'esl la
wiivicLioii quiiu'cai restée de la leciiire des éplires
de Giéiioiie et de ses seiilenees contre Henn IV.
N'ajaiil p«s à traiter celle quesiioii, je ne déduis
pu les preuve* de ma manière de voir sur *x
(l«78) BiUe, PuratipoMèita, 1, c. m, tt:'
MV79) Jerem. xltiii, 10.
lieftOlKu. I, «. 9'1K;2, n. 5, 66, 67;S.>h
i. II. i,t; 7,n. 33 C'eu dans 1k é|diiH IJ
b ; i. 11. 5, que Grégoire «pitque Icf paroM
im
CRE
unnoN^iAiaE APOLoceriQve.
GUE
IbU
Oai;-ilort l'époque commeHcée oliKuré-
ant(, daaf U iieiisée d'un nu>iue ilu ii*
l1td^ édele et u cniisomme dana l'a:is«iii-
iilép coastitiMOle «t dans la CoDveiiliuii
i1«8î). .
Sam j songer, U. Ouiaet donne à nos
r^KilutiODS CD geoTO liîefl inéfrUable : il
(«rail Dattre ti'un premier doulc, jadis
(finça par un ÎRConnu eantre le Maint et hé-
niqut UildebrsD'l : doute évidemmenl cs-
kioinieui, puisqu'il s'en prend à ce z£le
mrrûi'ide coiilro k-s rois que U. Quiuel c^
lettre, et qu'il regrellv de ne plusapeiCL-Toir
iurle Saiol-âiégo. N'ost-ce pas dire -lu'au
fouil de DOS réTolutious il se trouve un
ItTiia d'ÎDJustîco coutre l'Ej^liseT Oii le
KnpfoiiD^it, eu effet.
{Jjmi on enlund ce moine (1683) ne pro-
noofiulqu'à TOix lusse et avec terreur la
qve»lioo qui semble épouvanter sa colluk*,
OB s'iuiagioa sans doute qu'au xi* siècle,
lolour de Gréjjoire VII, tout tremblait réel-
lemeoi comme dans cette scène romanesque.
Or, c'est U une Irès-fausse appréciation de
<«Ue époque. Je pourrais rapporttrr de nom-
breuses iuiprubalions de la couduite du Pape
pruclamées à baute Toit; je tue conteiiterdî
il« ciler les a* eui du Pontire lui-giôuie- Ka-
cuDlautauxtit:rmatusson entrevue avec leur
roi.li (^nosse, il leur dît: c Quelques cpec-
lileurs criaient qu'il y avait en moi non pas
û paTB sévérité des spOlres, mais, pour
(iiudire, la cruauté d'un ijran féroce. »
rne^ulre fois, il leur écrit: 'Tout ce qu'il
j «ie Latins (d'Ualiau), hors uu pt-^tit nom-
in, loue et défend la cause de Henri, et
u'ucase d'une durelé et d'une imniélé par
Uop eicessives i sou égard (ItHl»}. * Le
^duvre cbroniqueDr, dont parle U. Ouînel,
.tUfait donc enerand tort de tant s'elTrajer
■iïsoa opinion. Hais n'iinporle : quoiqu'elle
■« uous enseigne pas es qu'elle avait pro-
iiii sur l'état des esprits au ii* siècle, cette
iiltKiuetie du moine co&tre le luur de sa
;«llui« est cbarmaute.
ÏKcoire m Mt-tl on anceire des lb»U«Budi de 1T93T
ii. Ql-irst.— aPeut-Aire vouséloanerez-
rous si jo dis que Grégoire Vil, l'homme de
>it:ii, tir itei, est uu ancêtre de In revu-
Mliun française ; néanmoins cela ml évident.
»«ns ton effort contre les pouvoirs poli'
tquea, dans ses instructions à ses soldats
imiiuels, espèce de pruvlsmalious qui pré-
Adeat la bataille, il ne donne |>S9 aux
sjautés de la terre uo autre fondeiuent que
a violence, le crime, le mensonge. ■ Qui
ne sait, écrit-il è ses évèques (&';i. ad Ut-
nMoiMMW fptK»pum). que l'auturiié des
f oiï «t des cbels u'iOai vient de ce qu'ignu-
<ICS2) P. 1*7.— Beori ne reçut la couronne S m -
^iale qn'Mi lUU, de la nuiu de l'antipape Gui-
>vfa^, a|iêmi«ii irof souvent uecoM-n
■ rant Dieu, livris A un orgueil, i une cBpidité
« sans frein, ils oui, k I aide da prince du
■ mal, prétendu dominer leurs égaux, c'est-
« i-dire les bommes, par l'insolence, les ra-
■ pines, la periidie. les bomicides, entî;'. pres-
• que Ions Ips genres de scélératesse ? ■ Ce
so:i( là, mots |K>ur mots, les expressions
dont le tiers étal , dans sa première ferveur,
i-n H9, et plus lard les montagnards, se ser-
vaient en monlanl à l'assaut de la royauté
absolue. Le ressemblance estsi frappante dans
k's termes, que l'on dirait qu'ils ont passé
littéralement lies bulles du xj' siècle dans
l'iliue delà Convention. Il est cerlaio, en
elfel, qu'en voulant briser la société laïque
;Nir la société spirituelle, Grégoire Vil a
dooué le premier ébranlement révolulion-
uaire au monde (1683}. ■
Tout à l'beure M. Quioet nous a dît que la
Convention était l'Iiéritièredece moiuu incon-
nu qui doutait de la juslîcede Grégoire; main-
leoaut il assure ituuc'est Grégoire lui-même
qui est continué par la Convnnlion. Prélïn-
t-on âcesbiznrreries la vérité toute sîmpleT
Eb bÎL-n 1 Hildebrand n'aurait jamais été
admis à fraterniser avec les fervenls du tiers
état, ui avec les monti^ards ; il y avait dj
trop radicales ditfiîreuues entre leurs dOi:-
Irîoessur la royauté.
Grégoire, nou pas au moment de la ba-
taille contre Ueuri et iiar forme de prucla-
maiion , mais après la cuadamiiatiuu du
prince, et pour répondre à quelques ques-
tions d'Bërimann sur ce sujet, Grégoire
écrivit à cet évéque de Metz : ■ Quoi doue I
une dignité inventée par des liumme» d'i
siècle, qui ignoraient même Dieu, ite sera
pas soumise Acettedignité quula Providence
de Dieu toul-puissaut ik établie pour sa
gloire, et a miséricordiEusemeul doiniéi:
au monde 1... Qui ne sait que les rois et les
ducs ont commencé en desgeiisqui necun-
iiaissaient pas Dieu, et qui, h lurce •d'or-
gueil, de rapines, de perliJies,d'bomicJdes,
eutin de presque tous le^ crimes, à l'ins-
tigation du prince du ce lUiinJe, du diable,
par une aveugle cupidité et une jirésomptioii
iBiolérabla, m sont arrogé la domination
sur leurs égaux, c'est-à-dire sur les bommes
(1686) 7 >
Or, quoique la conséquence tirée jpar
Grégoire suit fausse, du moins si on leu-
tenu d'une supériorité des Papes sur les
rois dans l'ordre leinporel, cependant le
fait lu^me sur lequel s appuie le Pontife est
vrai ; il est cerUin que Dieu, tout en créant
l'boiiiuie pour la société, n'a pas nommé le
premier souverain comme il a élu le pre-
mier Pape, saint Pierre. D'où nous vinrent
dune U» souverains, quand les bommes
passèrent du guuveraemeut de la famille b
(I6M) Ep. 4, n. 4Î; 7, n. 5. — De w»s J»"'». »
Anstewr-e. en Suède, en Nonr^e. ii» roi qui se
fc«;rc«h«lique tert'ii dépoli. " " fal^Seo •««-
■Uilotie sposÉaiiM pour devenir roi w Meds.
(IU8j|P. 145.
[t(a6Jtp.*,n.ï;«. ». ïl.
t09$
GRE
MCnOSNâlM APOLOGETIQUE.
aa.
Wi
télai des pinces? Les uns prflfndaïKnl
qu« les rois durent d'abord leur dignité k
leurs vertus (I6ST); Vollaire. de sou cdté,
nousdit :
Le prenwr qni fut roi fut ■■> soldat beuieui.
Selon le Pnpe Grégoire VII, ce sont les
passions qui nous ont imposé des maîtres.
Si c'est Ik être montagnard, Grégoire l'était.
Mais il faut bien autre tbosL- jiour £lre du
la famille de Robespierre. Le uionlagnanj
crotl non-seulement que la rftjraulé a été
nue usurpation, mais aussi que les droits
populaires usurpés par un l^ran sopit im-
tirescri pli blés, et que la ualion peut toujours
les reprendre. Kh bien 1 Est-ce aussi la
doclnue de Grégoire VII ? Lui, il enseigna
que la Providence a sanclionué ce que ï'u-
surjialion avait foudë, et que tes sujets sont
obligés à f'obéissonce.
Grégoire écrivait â Guillanmc le Conqué-
rant : « Nous croyons que votre prudence
■l'ignore paf que Dieu tout-puissant a donné
à ce mondu, pour le gouverner, la diguilé
apostolique et la digniié royale, supérieures
h toutes les autres (1688). ■ Il dit h un autre
roi d'Angleterre, que Dieu a fait de lui [1669^,
€ misérable et pauvre serf du péché, le plus
puissant des princes ; ■ i un roi de Dano-
lusrk (1690), que « la Providence lui a confié
le soin du royaume ; *elh UBempf>reur, que
« c'est Dieu qui l'a placé au faite des choses
iiumoines (1691). ■ L'impure origine que
Grégoire, dans ses lettres h Hërimann, at-
tribuait à la rojaulé, a donc été poriQée
iivec le temps, selon ce môme Pontife, et
Dieu ne reste plus élranjjir i l'élection des
souverains. Par suite de celle interveniinn
(Je la Divinité dans la destinée des rois, le
I*aiio voulait que les peuples obéissent ti-
«l^Icmeni è leurs chefs, et il rappelait même
aus Chrétiens de la ville de Carthage, sujets
des liiahomélans, l'ordre de l'Aiiôire : (>u«
toult âme toit loumiit aux puitianca tu-
pirieurei (1692). La Révolution, au contraire,
non-seulement ne prêchait pas l'obéissance,
mais poussait i la révolte contre le titra
de roi. « Dès l'origine des sociétés, disait-
on à la Convention, les rois sont en révolte
ouverte contre les nalions, mais les nations
<'OfiiiiiBnt,enià se lever en masse pour écra-
Sur \i!i rois... Il arrive Jonc, ce moment où
l'orgueil stupide des tarons sais humilié...
Les peuples trouveront toujours .en nous
Appui et fralernité... Le surt en est jeté,
nous sommes lancés dans la carrière. Tous
les gouvernements sont nos ennemis, tous
les peuples nos amis. Nous serons détruits,
ou ils seront libres. Ils le seront, et la
tiaulie de la liberté, après avoir brisé les
Irûnes, s'abaissera sur la têtu de quiconque
Vaudrait en rassembler les débris (1693J. ■
(IBKT) Jdhti», HUI. Pkitippicai
(llitUitKp. 7, 1). 23.
(Ili8»l kp. 5, n. T.
IIUUU)!!;». 7,n. 2.
tl6t)l) hp. 7, 11. 33.
i\mH F-ii. t.n.ïi.
I, lib. I,
Quelle énorme différence de pcntâneniii
Grégoire Vil, commandant d'obéir jui
|trinees malgré l'orgueil de leur ilomint-
tJon, et son boœonyma montagnard, touidi
aui furies les rois et leurs |iartiuDsIC(im-
prenons donc que Grégoire, aa fond, prt-
chant le droit divin des souveriins etlV
béissance à ce droit, aurait été hué duBli
salle du jeu de paume, et que la Uoiiligne
l'aurait Ruilloliné. Ne tnéloos donc pu en
noms d Hiidebrsnd et de montaicDardspl]
ont horreur l'un de l'autre-
M. Q'utnet fiiil remonter k Grégoirs T|l
l'ébraulemenl révolutionnaire de uotreljt.
Ce n'est j>ss ici le lieu de rechercher quelln
idées de liberté et de garanties pulli<|iii
ont pu naître du spectacle de la lutta iJei
Papes contre certains princes. Ditlin^jucin
seulement dans la révolution du itih'
aiècle deux choses: un certain besoin lé^i-
lime d'améliurations, et le mode «lofié
pour procéder h ces améliorations. Que li
iiromièra de ces deux choses se nlticbïiic
loin eux exemples et aux leçons des cheli<l!
l'E^tisie, cela est possible ; mais la seconilt
est le fruit bien reconnaissnble de Igu-
gesse moderne. Ne privons pas Voluitt^t
l'horrible gloire de snn œuvre. Esl-ct que
Condorcet n'a pas dit de ce philasaphc:
■ Il n'a pas vu ce qu'H a fait, maisilifiH
ce'que nous voyons T ■
' I vni.
L'échibod de 1* temm éUit-U dm pchK phi btrif»
qa« les eicommaalalÎMic de Gr«|ofre VUt
M. QviRBT. — € AucuD livre ne dooni
l'idée de ce système ni de cet homme jCr''
Çoire YIJ\ : imaginez un terrorisme own^
un93spiriluel, qui tient l'anatlièmeenfiei'
manence suspendu sur les Ames des m-
pccts. On peut dire que l'échafaud àtur
volutionnaires modernes est peu det^
en comparaison de ce glaive da l'entt-
munivalioo qui je^ail l'homme, le rai^
du ban de 1 humanité et de Dieu yw^
Dioude et pour l'autre. Un abîme suutml
où le plus brave ne savait à quoi se premlt:
la terre et le ciel se retiraient, renfersn'
restait. Aussi, tandis qu'il n est mt ni:
que les hommes courent avec joie a l'éà)-
laud. De parle-t-OQ de personne qui aili'U
Boulenirjusqu'au bout, sans chanceler, l'ix-
teriiil du Grégoire VU. Suivant les 'f
gendiiires, la Ûauime s'allumait sur »
télé (lb9^). »
LtixcommunicaliOD produisait uniloi'I"'
résultat : l'un voulu par l'Etat, l'autre K
l'Eglise. L'Église privait l'uxcomiLUUièiJe
secours spirituals doul ellu asi la di5|>eii^
trice, et elle défuudait d'eutrctenir «ic •<''
tout rapport non indispensable, à uo""
qu'on ne fût aon fils, son épouse, son te"''
leur, etc. (1495) j l'i^tat le dépouillaittles*
{1603} Dîieaurtde GKtcoiu, évéqite * Uù-'*'
Clier, à 11 Couveiiliun. séauces des 21 tti'!**
vuiiibi-e 1792.
ttlJ94) P. 1*9.
(11195) L«BK, CoitcH. Ihm. iv, lé inn.M*'
Gi'égnirc dit ; ( Pui' rjulorilé >pnsiolH|ur m» f'
[f-n
GRK
MCTION.'îAIRE APOUKETIQUE.
')nciions pobHques, de ses Hefi, mèmt; da
iH t ropriélés, qui passaienl à les héritiers,
:« qni loulefois D'avait lieu que dans le
:3i i>ù il se rr^DContrail uoe force militnire
^uflisinle pour coalraiodre à l'obéiNsance
jo seigneur dans son manoir escar)>é,ou
iu rr>i sur son irAnu. Le coupable se trou-
DJt 'loiic ainsi entre la double sealeace de
lE^liseelde i*Elat.
Or, l'efTel religieux de eetla peioe était-
il lussi désespérant pour le coodamné que
le croJi H. Quinet T Non ; car si Je condamné
mil Toi à la puissance de l'eicommunica-
ii'iii, ri pouvait, quand il le roulait, se
ttcnncilier avec l'Église; si, an conirairet
il Fiait iacrojaol, que lui importait d'être
l'Hii lies sacremeois, lui qui déjA, par ses
ri'itn, s'en était Toioulairemeat rendu in-
ii^iii, et avait renoncé à sa part de bon-
leur éternel ? Le ciel ne m relirait donc de
\ef'Ui la tftte de l'eicommuoié que lor»-
u'ii i'obstinait à j consentir.
lu poiul de vue social, l'eiconimunica-
aa n était que la mort civile ioDigée de
oi jours, en quelques occasions, par les
iiles français (1696), avec celle différence
ne I? mariaga du condamné rustaitbieo
lus i l*abrî des atteintes de l'eicummuni-
iiion qu'il De l'est de celles de uolre légis-
Eti bien ! comparons cette peine h la ifé-
) I a.ion usitée en 93.
la décapitation, c'est-à-dire, d'après là
l'cic-ar Julia de Fonteuellu dans un mé-
iiuire lu i rAcadémie des sciences (1697),
un des plus terribles, des plus alrocus et
et plus douloureux supplices, ■ ladécapi-
ilioo esl-eile peu de choie en comparaison
I l'exconimunicalion, c'est-à-dire de la
Ml civile t Nos lois el le bon sens, en ne
ïuJamoaiil à la peine capitale qoe les plus
lomiosbles scélérats, et en résurvani ta
ort civile pour de moindres crimes, réfu*
it( le paradoxe de H. Quinet.
Autres différences : on procédait sérieo-
meut pocr frapper d'excommunication,
odis que la justice dérisoire des Fouquier-
OTîHe devenait une aggravation de sup-
L'ficommunicatioo n'atteignait d'ordi-
ire que des coupables» et Péchafaud de
93 ne dévora guère que dus iouo-
lllS.
Cn ctuogeiDenl de conduite écartait le
ûve de l'excommuaication, mais l'écba»
iJ étail sans pitié.
II j ■ plus, c'est que la victime de la Ter-
ir était condamnée ft lii mort civile, en
endani la mort |)«r la guillotine. L'hoiumn
ipect de vertu ou de génie oe se voysit-il
pas obligé, pour retarder l'heure fatale, de
se séquestrer de la société? Si, de l'obscure
retraite où il s'enfonçait, son œil ou sun
oreille pouvait savoir ce qui se nassait dans
la rue, qu'apprenait-ilT Que 1 un vendait
lion patrimoine confisqué, et que l'un por-
tail an bout d'une pîaue la léte de l'ami ou
du parent qui, la veille, lui avait ouvert un
asile. Vos pères de la Montagne n'épar-
gnaient donc aucun genre de supplices, ni
l'excommunication la plus affreuse, Di le
plus aOreux trépas.
Au moins, direz-vous, ils laissaient aux
msifieureux le ciel, qui se fermait i l'ex-
communié ! ~ Mais l'excommunicalion lais-
sait aussi à l'innocent l'espoir du ci<'l, et au
coupable le moyen de le regaguer. £n fut-il
de même de ceux que la Terreur ronduisait
innocents à la mortT Combien peut-èlre,
en seutaut Cuir sur un échafaud leur vie
jusque-là sans reproche, dirent aussi à la
venu : Tu u'es qu'un nom I Ce sont donc
les Uonlagnards qui réussissaient t ne lais-
ser à leurs victimes que l'enfer sous la gui^
loliiie.
On courait mec foie à Tichafaud, dri-on
encore. — Pour Dieu ! Ahasvérus, jirenez
donc garde; la vapeur du sang de 93 vous
donne le Vertige 1 Vous appelez joie ruffort
sioiqne du jeune homme qui sourît de mé-
pris pour ne pas réjouir ses bourri'aut par
le siiectaclc des larmes qui noient son
cœur I Vous appelez joie le désespoir qui
pousse one femme k la mort pour no pas
survivre à l'époux, k l'enfanl qu'on vient
de massacrer) Paovre Ahasvérus, votre
cœur s'est donc bien atroi'hié dans vos
longues pérégriuations T 11 a donc oublié que
la pitié plus que la raison distingua
l'homme du tigre.
Les joies de l'échafaudl Que dirait la
mère (le Quinet, si bonne et si spirituelle,
à ce langage d'un Gis de Tricoteuse?
On |iréluud que personne ne souliol juie-
qu'au bout les sentences de Grégoire Vil,
— Hanassés, arcbevéque excommunié do
Reims, s'esl-il donc soumis? Et Guiberl.
l'anlipape du parti du Henri IV, s' est-il
soumis davantage? Et les deux iutrus qui
disputaient le siège de Htlan au légitimu
prélat l'ont-ils fait? L'en>pereur de Cons-
tactiiiople, Nicéphore Boloniaie, s'esl-il plus
soucié de l'esojmmdtiication publiée p^r -
le Pape que si elle avait été lancée par un
rabbin ou un niuphti ? Qui donc a vu chan-
celer sous l'arrêt pontifical le due Théodore,
le comte de Flandres, ou cet autre seigneur
qui avait tué son frère, sa belle-sœur et son
neveu (16981? Qui donc a eotindu crier
merci par tous ces prêtres, i-es évéqaes.
M eu» M pis » lin de ranadièaw (poar ««■■•
ammumtatio») les épooscs, l«s enbiils, les ler-
tmn, le« fervanies, c'esl-i-dtre loat le domcsU-
ç, aiasi qae les coloM et les aides et tocs cees
i M Mwt fas lencMCiH Imimet que les crime»
eii eammm ivr leor cooseil, cdIo ceu qui com-
laiqvest par ifiMto»iee avec les escoramnniés ou
t «et sqifewew ra^on avec ceux qui comma-'
Dfcnon. AroLOfltnouE. I,
■iqnent avec les excoamuniéi. > Le Pape exeapia
eiuaîie les TOj>gears qui oui liooiii de cummuiiî-
nvcr avee les excowiBBiiiéa.
(1S96) Code tml. an. 15.
\\WU Séance do H tepl. 183S.
(ICM) pLcniv, Lxu, S el iviti ; tvtii, t el Mf«;
Liv, r — 6iép>ire TH, ep. 7, ir. SI; 9, a. U-^
Cearfl. Am. iv.
CKR
mCTlONNAlRK APOI.OCETIÛDK.
C(^ sciifiioiir.'i qui s'élaieiil associés à l.i
pjiiise de Henri T Le Pnpc leur donna, <ic son
h{ (Iff mort, une absolulion qu'ils n'avaient
Rits sollicitée et ilunlils se rirent sans doute,
obttrl Guiscaril, duc de la Fouille, se fil,
il est vrai, en 1080, rrlever do l'eicommu-
nicalion qu'il avnil encourue par usurpalîon
de diverses possessions de l'Kglise. Maïs,
en réalité, cédail-il, el n'était-ce pas lui
qui imposait sa Toionté h Grégoire auquel
son aide était nécessaire, k Grégoire réduit
à répondre : * Quant au territoire que vous
occupez înjuslement, e'esl-à-dire Salerne,
Amiilplii et u[ie partie de la marclie do Fer-
nio, je prends moinlenanl patience (1699) 7 »
Je sais bien que M. Quinit pense h l'empe-
reur agenouillé de van lie château deCanosse.
Mais, l'ailes-y attention, si Henri chancela
un iiislant, il ne se releva qne plus furieux,
et, tandis que cet eicommunié triomphait è
Rome el s'y faisait couronner, son juge
mourait fugilifà Salerne. Hiidi'brand ne put
vaincre Henri (1700).
Si donc, au lieu de consulter la légende
h laquelle il nous renvoie, M. Quinel avait
interrogé rbistuiro et le sens commun , 1° il
110 se serait pas Gguré rexcommunicaliun
comme une sorte de feu intelligent, forg;int
le coupable h la pénitence; 2° il n'aurait
pas trouvé le triangle d'acier de 93 plus
tiumain que les sentences de Grégoire VII,
SIX.
Si^g(^ vn et Jésui-Chrlil sonl-ils morts seepUinmT
M. MicHELBT. — R 11 y a un moment de
trainte et de doute. C'est ta le tragique , le
terrihie du drame; c'est là ce qui fait craquer
le voile du temple, ce qui couvre la terre
do ténèbres; c'est ce qui me trouble en
lisant l'Ëvangile, el qui, aujourd'hui encore,
Isil couler mes larmes. Que Dieu ait douté
le Dieu 1 qu'elle ait dit, la sainte victime :
tMon Père, mon Pôrelm'avez-vous délaissé?»
Foules les Ames héroïques qui osèrent de
grandes choses pour lu genre humain ont
ton nu col Le épreuve; toutes ont approciié
plus ou moins de cet idéal de douleur. C'est
dans un tel moment que Brulus s'écriait :
r Vertu , tu n'es qu'un nom. » C'est alors
que Grégoire VU disait : ■ J'ai suivi la
«justice ut fui l'iniquilé. Voilà pourquoi je
« meurs dans i exil (1701). ■
Deut erreurs historiques, donl l'une est
de plus un blasphème; voilà presque tout
ce irsgmeut de U. Michclct.
L'ancien chroniqueur Paul Bernfried
raconte ainsi la mort de Grégoire : ■ Quand
Grégoire approcha des kalendes de juin ,
et que l'attaque des dernières douleurs eut
commencé, les évoques et le.s cardinaui
l'entourèrent. Comme ils le félicitaient des
maints travaux de son adminislralinn tlde
son enseignement, il leur réponilit n ij
« rompte pour rien mes travaui, mes Mr«
« bicn-aimés; je ne mets ma conlimcequ'fn
» cela seulement {^uej'ai toujours simé tj
■ justice et haï l'iniquilé. > Ensuit?, les
assistants ayant exposé en géoii.csjnt \m
inquiétude sur le sort qui IcsallCQdaitaprîj
SB mort, ce pieux père éleva vers le ciel»)
regards etyélendit les bras, comme s'il i'i
fût élancé : ■ C'est là, dit-ii, que je monlem,
■ el que mes instantes prières tous rKon-
■ manderont à Dieu souveraiiietnentb(in.i
Grégoire alors désigna pour son succesifB;
le canliria! Didier, abbé du Moni-CassiB,
■ et, pour signe de la victoire qu'il remfw.
« terait, il voulut qu'on le nommât VrcIOM
te pontife mourant révoqua la plasKrinj>
partie des sentences d eicominunicalist
qu'il avait lancées, mettant loutefoisisn
pardon la condition que les coufiibles if-
connallraient l'autorité du Sainl-Siége qm
les avait frappés. Il ordonna de ne nam
pour chef de l'Kglise qu'un Pape «nori-
quement élu. Mais, quand il se trouiik
I extrémité, voici quelles furent ses iJpr-
ni^res paroles : « J'ai aimé la jusiice dbii
K l'iniquité, c'est pour cela que je nwi
< en exil. > Un assistant répliqua qu'u^
Pape ne saurait être exilé, puisque toute li
terre est son héritage; mais le pontife de
put entendre : il élait mort (170a). i
Les dernières paroles de GrégoirsTll,
que M. Mich.elet prend pour des parole) it
scepticisme, sont un cri sublime d'espéricc'.
En effol , qu'exppiment-ellesîle ïoureti:
consolant, comme le disait alors Grégijin
lui-même, d'avoir sinié la justiceelli^
l'iniquité, souvenir qu'il rendait plus fort'
Elant encore en songeant que ce 2l:\e,y
outre salaire ici-bas que l'exil, srrait IW''
couronné au ciel, ooupçonnerait-ont^'^
l'exclamaliou du Pontife autre chosei;^'v
la confiance, parce qu'on s'em|jressi<i'i'*'
gner do lui celle pensée d'eiilT La «os^
Talion qu'on lui voulut donner prouTei[i''
avait souGTert de se voir exilé. Je ne iti
pas celte souETiance, puisque je souliwi*
contraire que c'était en tâchant de s'ïrK>-
gner que la mourant espérait l'étcnid^
récompense; ce queje nie, c'est la scef>
cisme qu'on attribua à Grégoire et quu'^^
démenti par toute l'histoire do son pwli-
fîcal , spécialement par le isblp^u iW f-^
agonie, si calme, si sereine ei aussi MI-f
pour le moins, que celle de Socralc.
Toujours Grégoire fut disposé mSiiies=
martyre, s'il l'eût fallu. « La mort, dn^
dans une lettre à tous les fidèles. |>)°'''
que de consentir, par crainte , silence t^-
intérêt, à l'abolilion de Ib loi chrétieDue'
(1699) Ep. 8, à la suite de U première lettre ;
ïntatiiura, etc.
(1700) Ce fut seulenient cd IIQ5, à la dièie de
•>« et coiilraiiil par son fils, que l'ciDDereur golre Vil,
le soumit il demander l'absolution de son '^-'^'
inîcation, lout en voulani rclmir l'empire.
, le 7 auAi 1106, mil lin aux nouveaux
troubles qu'il allait suEciter. ,
(1701) H«[. de France, t. 0, t. it, c. 9. -«■'*
B*s, 0iil. iTAlUmagtte, L I, P- Î74, "iwl Je tf
lire VII. ., ^,
(17021 Paul Bebsfbieii, Vil. S. Citgom'fi'-
ApuJ BlABiLLO.'sKii, Sac. Iktt. \i, p.irs ii', M^"'^
1085, n. 108, tic, ;
lOI
GRE
DICTW:i»AlIl£ APlHXtGETIQUE.
GRE
1102
Les rois, ikrit-ilaax Germaîos, n'ont rien
« furoouSi pas plus par terreur que par
iresses; la mort, s'il le faut. plulAt que
'iirt rainco I > — * Pluiôl que da consentir
Tbtre perte, au pris même de toute la
vire du monde, leur dit-il une antre fois, je
i^fcre mourir.! — ■ Nous serons d Uaotoue
1 1 janvier, écrirait-il aux seigneurs de
ieroianie, el nous D'béstteroos pas à affron-
ï', sM le faut, la mort pour la liberté de
b^ '5^. ■ Au lieu de trop multiplier ces
,:i;iuns, je termioçrai par celle-ci , qui k-s
«jil'lace toutes. Grégoire parle h un abbé
:-j Uoat-Cassin. ■ Vous savez, vous, frère
.leo-aimé, que »i nous voulions faToriser
a toioDlé criminelle et les désordres du
[ra'^el de ses courtisans, nul de nus pré-
i:.:euears n'aurait obtenu desinciens rois
un iiucbement plus complet, plus dévoué
(je De serait ceLi ile Henri et de l'arcbe-
é•^ae [de Bavettne) pour nous. Mais comme
'Oi:5 méprisons leurs menaces el leurs
i';:3i:tés, nous serons bien plus disposée
o^ir la mort qu'è piëter la maio h leurs
SiM.és (1703). >
l^t-ce que w PoNlife, qui avait gouverné
''Mie ans l'Eglise avec celle inébranlable
ii^ositioo à sacrifier sa vîe au devoir, tui
ui, toujours ferme, avait été le captif de
•CDcius i Rome , et qui vivait depuis un an
^io^ié k Saleroe, est-ce que ce pontife, à
«s derniers moments, aurait pu fiire surpris
ie tti malbeura et s'en étonner jasqu'ao
j'j'.'Jjtaie ? N'jr était-il donc pas nabitaé,
it^saél Tant de courage et une anssï lon-
'je constance n'ont donc pas po s'affaisser
aoi le scepticisme, el une telle vie dément
I ïup|«5ition d'une telle mort.
Chiqae mol du récit de l'agonie de Gré-
' .*c condamne l'assertion tle H. Hichelet.
'ntd'uo mourant qai partedesaconBance,
1 souvenir de son amour de la justice, et
it paraît déjà s'élancer vers le ciel, tant il
père le voir s'ouvrir devant lui; c'est d'un
auront qui promet aux cardinaux en
ïurs raide du Dieu dont il va contempler
fice, et qui , sûr du succès, décerne i
iier le nom symbolique de Victor; c'est
ce Pape que vous voulez faire un scep-
iae!Cesl dans son dernier soupir que
us cbercbez un impie sarcasme contre la
bvjdfcncel Ne compreoez-Tons donc pas
ecÊtte longue suite d'actes de foi et d'espé-
iceeût-elleété réellement interrompue tout
n coup, h la dernière seconde de l'exis-
tce de Grégoire , par un cri de doute , ce
Ole si subit ne serait plus le scepticisme
10 Pape, mais le délire d'un moribond?
!fou, non, Grégoire n'eut fc souffrir ni du
lire, oî du doute, et ses paroles, que
. Hichelet n'a pas comprises, ont été uue
nvelle prolesUtîoD devant las bummes
le le Pontife , dans sa aévérilé , n'avait
uijj voulu que le triomphe de la justice
|i;05> Etf.Lii.l-Ui 6, B. 1;'9. n.t. — Paul laniiia.
•^rii£» c. TS. (1705) Pi. xii, 1.
[l'Oi) Pt. xu« : DUt^ti JMttitiam tt odiifi ini- (l-;») Pi. icvn, t; cuii, 4.
nticM, mnfur»€ uni U Ikmt, Dttu iwt, oUo
et ne méritait pas l'exil où on le voyait
mourir ; elles ont été , devant Dieu , un su-
prême acte de foi pour adorer la secrète
volonté qui permettait ici-bas le trîompbe
du méchant, et nnsoprème ac^ed'espémnce
en une vie meilleure, où le malheureux Paps
trouvera enfin cette onction d'un parfum dt
joie promise par le Psalmisie k ceux oui ai-
ment lajuftice tt quihaUtent l'iniquilé (170^].
CVstainsique la vie et l'agonie de Grégoire
exigent qu'on entende sa dernières pa-
roles.
Après avoir constaté la foi de l'illustre
'Ponlife, faut-il aussi montrer que Dieu n'a
fias blasphémé contre laDiviniléT Hélas! il
e faut, puisqu'il y a des insensés (j'en ai
rencontré] qui prennent pour sérieuse, parcu
qu'elle est bizarre, celle impiété de U. Mi-
CllLlbt.
Jésus, répétant sur la croix ce verset d'un
psaume : aon Dieu, mon Dieu, pourquoi
m'artz-TOttt a&a ndonR^[1705]T ne doutait im^
de la Providence ; il récitait une prière
publique et cousacréa par le culte, uuu
prière, par conséquent, dîont les expressions
figurées avaient reçu de l'osage leur sens
véritable. La poésie des Hébreux , si hardie
qu'elle fait bondir les collines comme des
agneaux, et qu'elle fait battre des mains
par les fleuves (1706), a nommé avec la mCnie
audace d'bjperboles abandon de Dieu une
épreuve d'où Dieu tarde à arracher; mais
les JuiEs, en prononçant ce verset, ne de-
Teoaient pas sceptiques, puisqu'ils étaient
précautioanés contre ]es méiai>hores, soit
par leur religion, soit par ta connaissance
des procédés de leur littérature, soit par la
suite même de ce psaume xsi, oCt le Christ
qui y est prophétisé, après avoir gémi sur
sa passion, entonna le chant de sa dc'i-
vrance : Louez le Seigneur, tout qui te erui-
gnti ; plorijiez-le, race de Jaeob... il n'a pas
rejeté ta pnire du paucre, il n'a pas détourné
de moi ion vitage!
Quand donc U. Uirhelel, au pied de la
croix, nous dit : Ecoulez le scepticisme du
Christ 1 il ne fait que grossir la foule de
ceux qui passaient en blasphémant : Pra-
tereunlet aulem btaiphimabanlt Puisse des-
cendre plus fruclaeusem(.nt sur lui que
jiur les JuifF le pardon demandé par le Cru-
cifié pour ceux qui l'ouirai^eiit : Mon Pire^
pardannex-leur, cor Ht ne tattnt ce qu'itt
font!
Ni le Christ , ni son pontife Hildebrand
ne sont donc pour l'humanité des types de
scepticisme.
Grégoire VII, depuis que le moyen flgo
est mieux étudié, prend place parmi lesbien-
faîteurs des hommes. U. Qoinet est peut-
être, de tous ses panégyristes, le plus ar>
dent.
Enlliousiasme astucîegx Get)endant, car
M. Quinet ne semble louer un Pontife du
HAL
nCTIONNAmE APOLOGETIQUE.
XI* siècle que pour censurer ceux du xii',
et les bl&mer de ce qu'ils ne bouleversent
- pasI'Kuropeau Domde la démocratie (1707).
Enthousiasme peu éclniré, puisque H. Qul-
ne( s'ust trompé sur le principe qui dirigea
Grégoire, sur le but qu il se proposa et sur
le caractère des peines qu'il infligna (1708).
BcureusemenI, toutefois, il s'est gardé ae
profaner, commeM.'Michelet, pur d'indignes
suppositions, la sainte mort d'Hildehrand 1
Jusqu'ici nous n'arons guère vu Grégoire
que 6ur son trAne, et fulminant; il faut
pénétrer maintenant dans le secret de sa rie,
et contempler ce pontife redevenu homme,
pour ainsi dire. Il avait laissé à Clun; un
ami dévoué, auquel il écrivit on ces termes
la seconde année de son ponliDcat :
■ Je voudrais, s'il se pouvait, que vous
connussiez pleinement nuelles tribulations
me pressent, quel Iravajt renaissant chaque
jour me fatigue et, en augmcniani , me
trouble profundémenl; je le voudrais, afin
que, prenant en pitié les chagrins de mon
flme, votre fraternelle compassion vous tou-
chât à mon égard, et répandit en torrents
(le larmes votre cœur devant le Seigneur,
pour que le pieux Jésus, qui a tout fait,
3ui régit fout, tendit la main, avec sa ten-
resse ordinaire, à un infortuné, et )e déli-
vrât. Moi, je l'ai souvent conjuré, comme il
en adonné l'exemple, ou de m'enlever de
celte vie, ou de sauver, par mon mini&Iôra,
notre mère commune^ Et pourtant il ne m'a
uoint encore arraché de celle grande Iribii-
lalioD, et ma vie n'i point encore servi,
comme je l'espérais, à celle mère dont j'cri
parlé et fa laquelle il m'a enchatnél Je suis
assié($é d'une cruelle douleur, d'une tris-
tesse universelle, parce que l'Eglise d'Orienl,
poussée du démoo, s'ëfoigne de la foi ca-
tholique... Puis, quand de l'œil de mon es-
prit je regarde )'Oi:cideal, ou le Midi, ou to
Seplentrion, c'est à peine si j'y découvre
quelques évAçiues d'une ordination ou de
mceui'S canoniques, qui gouvernent le peu-
ple chrétien pour l'amour du Christ et noa
pas pour une ambiiioa mondaine i et, parmi
tous les princes du siècle, je n'en connais
aucun qui préfère la gloire de Dieu à 'a
sienne, et la Justice au lucre. Les peuples
au milieu desquels j'Iubite, c'est-fa-dire les
Romains, les LombardSi les Normands, je
leur reproche, el je suis souvent obligé Je
leur redirt qu'ils sool pires que l«c iuifs el
les païens. Quand je reviens à mui-p)i£m«,
je me trouve tRlIement arcalilé du puidi de
mes propres actions, qu'il ne me reste au-
cun espoir de salut nue dans la seule mfi-
ricordedu Christ. Si je n'espérais pas arri-
ver fa une vie meilleure el être utileili
sainte Eglise, noD, je na resterais pu i
Rome, où c'est par force, Dien m'en esi té-
moin, que je demeure depuis vingt ani
Ballotté donc par mille tempêtes enir«l)
douleur <jue chaque jour renouvelle en moi,
et l'espoir qui larde tant, hélas! è se réali-
ser, ma vie est une mort tous toutes les
formes. El celui qui m'a \ié de ces chalucs.
qui m'a ramené malgré moi fa Home, qj
m'y a ceint de raille peines, je ratteinlî-
Souvent je lui dis : Hâlez-vous, ne tanJi
pas; pressez-vous et sans retard ; délitm-
moi pour l'amour ds la bienheureuse Slarit
el de saint Pierre (1709} 1 ■
Qui donc s'attendait à voir de la sof!'^
inondé de larmes ce visage. l'elTroi des tu-
lions? Cette désolation n f si pas seulemeui
un émouvant spectacle, elle est de plus une
réponse k une question qui a dû se présen-
ter souvent II nous : « Grégoire foi-il jio
ambitieux T ses excetiivtt préHnliont y
mêlèrent-elles de bonne foi fa ses vénlali'^^
prérogatives? > Oui, Grégoire fut de bonni,<
foi. Ses pleurs sont trop vrais, sa douleur
est trop naïve, ses plaintes sont trop fran-
ches, i) parle du devoir d'une manière tio.
simple et trop naturelle, pour qu'on pmw
y découvrir, y soupçonner quelque indi't
d'ambition impatiente ou irumpéc* ^'^'
goire était convaincu que son litre lui din-
nait tous les droits à la défense desquels i:
se lacriRait [1710).
GROENLANDAIS. Voy. Racbs ocKiim
i VIll.
GUERRE BU dedans de nous. foy. Cim.
{ I. — Gaerres de reliaion. rotr. Fahiuh.
iiii.
GUI D'ARBEZO, inventeur dos noies ma-
sîcales ; ce qu'il faut penser de ia per^a-
lion qu il aurait endurée, suivant U. Litct-
Yoy. Sciences, \ II.
GUIGMAUT, ses appréciations des livres
indiens. Yoy. Ihdiinisiib. — Des livres per-
sans, yoy. Fentitsoqdb, } 11.
GUI20T , HutQirt d» la ewitUatian «
France, réfulaiioa de sos erreurs sur Hine-
mar. ¥oy. Hinghik; ~ sur saiut Bîlain
d'Arles. f»y. Bilairb (Saiuij.
H
HALLER, «ilA sur l'anilé de l'espèce ho* «rretuxurlinubilMoheiles-pMipUaw
tiuiue. Yoy. Baci» nmiiiiBS, S 1U> — &o[^ l«u>- 'f -» i VL
1 1707] rpir h le^H de M. Qainet d'où sont ei-
irMlM louie* iH» cilMÛHU ; kf. 8, p. Ï40 ; voir en-
jlTOS) On M nfftOB Mie M. QuinH siimtOK à
Grïfoùe VU (laur prinei^ (litée que le Pape e»t
iufoiltiUeineiii saint, el pour bni rintlépemlance ilu
prêlre.
(1709) tf. 1, n. M.
(f 7IOj Extrait de l'fcinlleai Qom(K de >. r*M*
CuaiHi, JMffHH d$ PEfitH coMirs Cm *rmn Jm-
leriquti, etc.
MCTI0>»A1RE APOLOGETIQUE.
HiLLUUNATlON flTll).
L* doctiûe adoeUe dca hillDClntiaM
cat la flm pude de* erram lo-
(IMk K BowMT, An WtaâMbMM, Prêt)
L'hilIiiaDsiîool Toilà bien de loiu nof
problèmes de (Ailosophie médiule le plus
nurieu et le plus diflieile i traiterl Ujsté-
mai résoIlBt de notre donble oatare, ré-
rtUble pool jeté entre ces dent mondes
qu'on appelle esprit et nslière, phénomène
aérooeerlaat poor tous; prouvant lui nulé-
lialistes la lonte-Poissance créatrice de
rcfprït, aux spîritualistes la réalité qussi-
Butérïelle des images, naturalisant en apra-
nstt les miracles, et su roatura lisant les
vStU les pins simples, l 'bal luci nation, dit-
on, ne respecte aucun âge, aucun mérite,
«( oéaie, si l'on en croit une fatale eipé-
rieoee, loat docteur qni la soigne ou l'élu-
(tie trop loof^enps, lerminerait ordinaire»
■leni SB cvnère dans les rangs de Mes ma'
•des.
Voici le début le plus ordinaire de celle
tînnalière inrasion : Un homme, jusque-IA
i» |»os raisonnable do monde (et tous savez
■que c'est beaucoup dire), h promène et
coaTene avec tqui. Tout ï coup, el pour la
/•remière fois de sa rie, cet bomme s'arrâte
Lruniuement , cesse de tous entendre et
vont quitte pour suirre une autre personne
que TOos ne *ojez pas, mais quil a l'air
Wécoala, de comprendre, et à laquelle il
i ITII) L> Kienee appeUe kûUmanatloM loale er-
reatrdes ms jnrUgée par l'inlelliceiice. H. HaiH
ry.iiiatfon tuai tur Ut légnda, ûui» li plupart
«.esarticles qu'il a rédigés pour VEHet/tlooédUma'
émi, et nia dans l'arlide qu'U a puUie dan» lea
A*»i^e* wu4ie4>-pisekologiqutt, ialJliilé : De rhat-
m^ttûM tmtagit «■ point dt tue pkihfOphioMt cl
JiuMrafv. etc., a classé parmi les lialincinéï les
i-rryhîta de r&adea Tesumenl et la plupart des
kraftls et sainU perwaiiafea du ClmBUaiiisoe.
■ Happrocbées des cas d'hallucinaiioDS. dii-il dau
I « iiemef ouTrace, que no» bospkes et nos iiut-
^ ns de sanlé nous fournissent, la plupart des tï-
i 0.-1&, des c .mm uuica lions diviocs, des mspii-atioas
.•:rie»ies don! roannilknt les livres saciés de tous
■% p~-apie> el ie:i vies des saiiiu, ne deveTiaieut
^■ii>. aux jeux de nos prxiicieni, que des phéno-
M rtift de néoM genre. Beancoop de prophètes,
l'cAvmés de IMeu, dcscendaieni par là, pour des
■ iMSimi écUûrês 9 conéqoenls, du fond dn «anc-
MJÛre dans lequel les avait placés la crédule vé-
.^saiioa des lidéles, pour entrer dans le vaste pan-
i^enaoiaia des esprits égarés et des cerreaui ma-
»*m, doDt les erreurs el les rêves avaient été pris
■[>*ir des vérités sublimes. 1
M. UauiT dit dans son £*ui (ur la UgndtM,
'- ^S8 - ■ Le nojen ige, en nous moutraai la sur-
il;»<iio« non iuernmipue de la croyance aui po^
gaeioas depuis Jésus-CbriM jusqu'au siècle der-
s«:r, B««s prouve avec éridenee t idenUié des pos-
■s-Séi KL été fous, et l'erreor qui se iroave i chaque
*stt des Uvres sainti. 1 Vpj. daosce IftctJoHaaire
-» articles DtuM el PosseKion.
« La MnxUerie, dil H. LiUré (René det Aeax-
«x^ktfcs, 1. Ml, noav. >érie, p. 232j, fni noc Ion-
*=_ baUndnaUMi qui, pendant plusieurs nècles,
Kv^Hfa rbuiaaoîié. La multitude prodigieuse des
, qai lofflbérent sous tes ceupa d*ane juuiee
> dénOntre à quel poinl les maladies inid-
répond. Nous avons lort de dire qu'il « TaM-,
earil la voit véritablement, il l'entend, il la
touche; el si vous ne rojez pas comme lui.
tant pis pour vous, car c'est lui t|ui va tous
plaindre, et, sschez-le bien, l'univers pour^
rait l'écraser sans dissiper son erreur. —
Hais c'est un malade? alli-z*voos dire. —
Comme vous le voudres; toutefois, oo vous
le répèle, sa tète esl peut-4lre beaucoup
mîeui organisée que la vftlre : il n'a le plus
sonveot ni fièvre, ni délire, et s'il est vrai
qu'il déraisonne, c'est uniqueuirat pour
avoir obéi trop fidèlement aux deux prin-
cipes pbilosopniques de son siècle, l'expé-
rience el l'observation.
Jusqu'ici cependant tout est parfaitement
naturel, et la science n'avait pas attendu le
XII.* siècle pour devineruo peu la Ibéorie de
ces erreurs |ialhologîques. Il jr a déjà long-
temps que» d'accord avec les médecins du
niojren Age , le P. Halebrancbe avait dil :
• Les Qlels nerveux peuvent être remués de
deux manières, on par le bout qui esl hors
du cerveau, ou par l'extrémité qui plonge
dans sa masse, ■ Et il igoutait : ■ Si ces
filaments sont remués dans le cerveau, n'im-
porte par quelle inlluence, l'Ame aperçoit
quelque chose au dehors. ■ Ainsi donc, aui
>eux du P. Ualebranche , comme à ceux
de SCS devanciers, il ne s'agissait ici que
d'un phénomène d'optique on d'îniuîtioa
cérébrale {1712}.
Renfermée dans ces limites purement mé-
lectuellessecommuniquentet persistent avec force,
puisque les bûchers ne les arrêtaient pas ei qn'Hs
mouraient tout avouant leurs relations atec le dé-
nioa. Tout cela éiarl fani, ils l'affirmiienl et nwn-
raienl en raOrnianll >— i Que devient alors, s'é-
crie H.Haoryquicileees paroles de H. Lturé.qne
devient le mot de Pascal : Je crois aisémeDl des té-
moins qui se laissent égorger? Ces persécution»
esercées contre les sorciers nous rappellent en ef-
fet celles qni furent dirigées contre les premiera
ctirélieni et d^ns lesquelles on vil ausM des mil-
liers d'infortunés eipirer dans les lonorcs en alDr-
manl la vérité des faits qu'ils croyaient avec une
foi non moios vive qui c<Jle des s '
t'imaginaient être inspirés jtar Die
le démoD ; voili quelle était toute
mojrci ' ■ ■ '" ' ""
plaça
mojcn ige, la crainle des supplices étemels rem-
plaça le désir de la béatiude ou' " '" -'-
iriijrie des premiers siècles de u
de la béatiude qui animait le néo-
ride question du rAle du démon dans une foule
phénomènes regardés anjourd'bui, pir une
science élroile et fausse.comme purement naturels.
Voy. les articles DiaoM et Possessio.i auiqirds
nnus avons déjà renvojé le lecteur. Oh y trouvera
rexamen c'riUque des Ibéoriec de HM. Calmail, Le-
lui, Leurei, Démangeoa, Briérede Boétnmul, etc.
Il seraansMSOoveniqnestJon de ces docteurs dans
j'avlicle ilii.LrcouviOH, où nom
guide rexcelieni travail de H. d
uriit (I de lean mâMifttmtion» f . .
plein de recherches et d'aperçu nenb et le
HÎtt) Quant aus défiailiont de l'balluciaMion,
on comprendra qoe dans une aulière si léBébceose
encore elles ne puissent patétre d'une grande exa«-
liUide et sariont d'une grande uifomiié. Aini.
pour M. le doetenr Brîère de Boisnmt, ca sera In
DiCTIO-^NAIRE) APOLOGETIQUE.
IIAL
m
Oieales, l'étude des hiailucînslions a donné
lira, dsDS ces dernières années, à des pu-
blications du pi us haut intérêt el de la plus
grande importance pour l'élude des aiTec-
liuns mentales. Grftce h ces iiublications,
nous connaissons mainlenanl tous les degrés
de celte désolante échelle, et nous savons
• que pas n'est besoin d'ëlre un /ou de pro-
hiiion pour ressembler lerriblemenl i ce-
Jui-ci ; nous saroQS que l'on peut être lialiu-
oitié et grond homme, liailuciné el n>attre
entier de sa raison, halluciné el juge sérëre
des inOdélitâs de i« pulpe nervmte, et plus
que jamais ou se sent pénétré de pitié pour
dos calamités si grandes et en même temps
si menaçantes.
Hais par quelle fatalité tant de science et
de lumières se trouvent-elles donc unies A
tant d'ignorance et d'erreurs? Comment de
si magniOques travaux renferment- ils tant
d'élémenls perQilesT Que l'on consiille le
grand ouvrage de H. le docteur Briëre de
oismont (1713) el l'on pourra s'assurer que
la doctrine actuelle des liallucinalions est la
plus grande des erreurs sociales.
Nous commencerons par avouer à M. le
docteur Brière de Boismont que, tout en
reconnaissant la justice et le courage de ses
généreuses protestations en faveur de tant
tle calomnies célèbres, nous pensons oua
le cerulo en devrait être înGniment plus
étendu ; nons allons plus loin, nous sommes
convaincu que beaucoup de ses propres
aliénés au lieu d'élre, comme il le croit,
sous une influence purement maladive, se
trouTenlïOus l'influence d'unecause occkIU,
turkumaini, inMligente , tanlât extérieure,
lantai interne, mais bien cerlsioement étran-
gère à leur moi
Si nous étions médecin, nous hésiterions
probablement bien longtemps avant de for-
muler une proposilion si téméraire, mais
■tous n'avons pas de diplâme à compromet-
tre, pas (le clientèle A risquer, et IlOus n'ou-
blierons jamais qu'il nous a été dit derniè-
remeut par un homme célèbre, dont le
inonde savant et surtout le monde touffrant
pleureront longlenips la perte (i7U): «Cou-
rage, TOUS êtes sur un excellent terrain;
allez, el nous vous dt;fendruns. ■
L'essentiel est donc de bien élublir nos
dîsli:ictk-ns el de répéler sans cesse avec
Platon, Virgile, Arélée, Gslien, et ce qui
est beuucoup plus imposant, avec toutes les
anciennes écoles médicales et catholiques:
« l(f adeux sortes de folie , l'une qui nous
reprodiiction du sipic nuuiriel de l'idée (Da hatlu-
tituuions, p. 3) ; poar le docteur Leiut, uue tulie
aensariale ou perccptrioe; pour U. Cliomel. une il-
lusioi du Kniorirtm eowuniuie {Dicl. 4t$ rernwt);
puur le docicnr Lcurcl, une illusion iotennêdiairc
CMlre la senulioo et U conceplion (Frofin. piycA.);
pour le docteur Uicbéa, nu délire perct-plif {Bel.
<Ut «n(J; pour le docteur Cal meil, nue illuuon due
aune modillcaiian vicieuse de i* suLislaïKe ucr-
vt.JM (U* U [oliê, L 1), eto.
Nous a'aunoiia aMurémenl iii niission, ai lu-
'Mières tuIliEUitei pour nous prououccr bantiineul
vient ducorjis, l'autre qui dods est envoûte
par Ut dieux. »
A l'aide de ces grands noms, de l'eipé-
rience scienlifique el même de quelf|U9s
tendances modernes, nous sommes persunli
que l'uu parviendrait h faire sortir de nos
Biaisons de sanlé une foule de malades que
de simples prières et les pratiques deli-
gtise guérissaient autrefois.
Hais pour en arriver là il faut que li
science dépose de bien grands préjogésci
qu'elle ajoute aux deux grands ordreide
oauses morales ei physiques désignés coamie
générateurs de toutes les faailucinalioDiiHi
Iroisième ordre que nous ne crajodrons pu
d'appeler, nous, extra-naturel ou milh
pneumalique (1715J.
On vouijra bien convenir au moins qudti
réintégration scientifiquo d'uu pareil on)rt
de causes [s'il était vrai qu'il existai) serùt
une affaire de très-grande importance. Ciillt
importance est telle, k nos yeux, qaeiiuus
n'hésitons pas i allribuer h son absence luul
le fatras qui eiubrouille aujourd'hui mit
malière, et nous |)eusons ^u'en resiiei-
gnaot ou en confondant ainsi tous les ur-
dres, nos manigraphes n'ont fait qu'obscur-
cir les questions et ne son! restés unique-
ment, comme disent les Anglais, que in
amaueurt de nuages.
Ainsi donc, pour nous, la graude divisio:
serait colle-ci : Hallucinations naturelle!.
et faallucinations ou plutftt perceplious m/s-
tërieuses et surhumaines.
Commençons par citer deux on Iroi*
exemples des premières pour mieux élaUi-'
ensuite la différence. C'esl M. de Boisa»:!
qui nous le^ fournira.
Ne parlons pas encore do la folie pmrn>
meut dite, el ne nous occupons ici * ci *
la plaisante manie de cet Anglais qo^r»-
suiiuable sur tout le resle, ne s'en ck)VI
pas moins métamorphosé en théière, kiK
celle de Van Baerle, qui. dans sa convictibs
?;u'il était de beurre, n'osait approcher ilu
eu et Bnit par se jeter dans un puits. >
Non, voyons en ce mameDU'hallucinat^m
purement physique et le secret de la pro-
duire à TolODlé.
Browster, dans ses LtUra sur la nagit
naturelle, a rapporté une expéricDcu Je
Newton qui moutre que chacun peut bîrâ
[;allre à son gré des hallacinatious.CagraoJ
} hysicicn, après avoir fixé le soleil daus
une gliice, diriges sa vue par hasard sur ur.^
partie obscure de l'appartement, il fut fori
surpris de voir le spectre solaire se !»•"<>•
au sujet de toutes ces ttéfiaiiioiis ; néaDBMos m»
dirons que la première et b dernién: mw» pan»*
sent ûiUniment préférables. La prenière. paf"
qu'elle dépeint parla îiemeiit le phéiiomèM ; ta <W-
nîêre, parce qu'elle assigne scloo wMSMCas:'
ÏDslrunieniale el pour le niotui '~'~
(1715) Det hallmeiMatiaiu.
jlïU) L-e docieuf Kécamier.
(1715) Ce mot parailialaiit m
il est le seul qui rendu uolre i<
d'iiupirMioH uirkw,mÙKt.
lIiU
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
HAL
IIIO
(luir« el se montrer peu ii peu arec des cou-
leun aussi f i*es et aussi tirillantes que le
»leil lui-même.
Le mftme pfaénooièae a lieu lorsque ,
Très BToir i^gartlé une croisée Irès^clai-
fK-i, on reçarâe ensuite la muraille, car
:^"'rs la croisée «Tec tous ses cnrreaux s'jr
ri Uête exactement.
L» rë|iélilîOD des Images, TOili donc le
F'reiuier rudiment des hallucinations ordi-
oairvs, mais ces dernières suoi Toloolaires ;
e.ies eessenl de l'être dans l'exemple sui-
»Dl, tout en rcslaot fort naturelle!.
• Ù. le docteur Amiral vil pendant toute
a&<^ journée, k côté de lui, le cadavre d un
ïiifint doul la Tue l'sTait impressionné
Krlemrat te malin même. Le même méil&-
ciu raconte encore que, se Iroavaot auprès
il'uo faoïnme connu par la capacité de ses
bculiés intellectuelles , celui-ci , qui certes
u'êuu pas fou, sa leva el interrompit la
coavefsalîoD pour salner une personne in-
iiiiible qu'il avait cru voir eolrer... ■
Quoique cette hallucinalion soit involon-
Uire, personne ne se méprendra sur la na-
ture [ibjrsidua, el, pour ainsi dire, photogé-
lique (ITlé'dece pur phénomène d'optique
el (l'intuition cérébralea. Flux el reDux de
M circulation nerveuse, tous ces phéno-
tuènes ne iodI évidemment autre chose que
l« renioi, du dedans au dehors, des images
af^itfM primitivement du dehors au de-
•laus. Mille causes diverses peuvent les
ranieoa tour à lour, et parmi ces dernières
Oit pf ot placer an premier rang les causes
luitfxicaulesott oarcoliqaes, telles que les
; '^isuns , les médicaments , les boissons
c rooliques, les gaz, le protoxjrde d'azote,
. aoium, et surtout le haschisch.
Le faascbich I assurémeai c'est & l'aide de
^ifsdernière substance que l'oopeuloble-
' • r le sammum du délire artificiel et l'eici-
j tioD cérébrale factice. On sait i quel degré
.'jocrojables féeries on peut développer,
son aide, tout ce que l'imaginalion reo-
■rnue de puissances créairices ; eh bienl
arcourez tout l'ouvrage de M. le docteur
|:jiC3U de Tours (1717J, étudiez les nom-
leuses expériences auxquelles il «e livre,
uiilez-y celles de tous les autres mani-
.a|ilies sur ces prodigieuses ioébriatioos,
1 luus verrez que toutes leurs cuudusiuns
accurdeot parfaitement avec celle-ci de
I. le docteur BoismonI : ■ On nous avait
Itrioé que les expérimentés voyaient se
îveluppurle phénomène de (a jcctm Je vue...
notre prière, U. V. nous décrivit parlai -
tueat Ions lea lieux qu'il avait visités,
ais, nulgré luulea nO)' questioos, il ne
tt faire la daeription da litmx qu'ii lu
mmaissait pas. Tout cela est uu rêve, uuus
t-ii; cet état d'aberration a donné une
'Ltuision plus vive à mes idécâ; maie n'a
Mt ajoMti aux coruMUMotKet qut favait
«A ^1718).«
V>~IG} Oe Batvre ivMinease.
llT17> IfK hMieUuk ei de FatUiiMiicn maaaU.
[ i;iV) Voy. dan» l'uuvragc de H. de Mirville, p.
Nous le demnndons i tous ceux qui uni
assisté à une séance de FomnamlHitisuie
magnétique, et qui ont obtenu la ileserip-
lion , très-souvent parfaite, de leurs mai-
sons. <li! leurs galeries, de leurs allées et
jusqu'à celle de leurs tiroirs et des plus se-
crets objets qui s'y trouvent, nous leur de-
mandons , d cet converlÎM de vive farce,
2u'esl-ce que toutes ces hal[m:ioations arli-
cifllles ont de commun, soit avec ces ré-
ponses vraiment fatidique* qui furçaieol
rincrédulilé dn matérialiste Georget, soit
avec cette lucidité transcendante qui boule-
versait tout le savuir-faire du soupçonneux
Robert-Boudin (1719).
Qu'on cesse donc d'assimiler des phéno-
mènes qui ne se ressemblent qu'à la sur-
face ; et quant aux médecins qui ne veulent
pas même regarder les derniers, et qui
n'admettent que des hallucinations natu-
relles, physiques, nous leur demanderons
comment alun ils peuvent avoir la har-
diesse d'expliquer toutes les origines his-
toriques el tous les mystères, y compris
ceux de' notre histoire religieuse, parut!
mot qui pour eux est le sjrnuuyme oe rêve
ou de fantasmagorie.
Dès k présent, on peut en sou|içnnni;r
la raison , nous ne pouvons malbuureus»-
ment pasdireTexcuse; oousallons la trouver,
cette raison , dans l'incroyable légèreté avec
la<)ueile on va ranger dans le premier ordrtJ
d'hallucinations purement physiqutts tout
un ordre, non plus d'hallucinations , mais
de perceptions, très-réelles celte Cois, quoi-
que très^mystérieuses ; et qui n'ont rien de
commun avec les autres.
f I-
Yoii onUiuires el voii DTtt<riewes. Lear dtsUadion.
Entre ces deux ordres d'hallucinations,
naturelles et mystérieuses, nu pont sembla
en uffet jeté comme peur fociliter un |>as-
sage, et cette IransilioB merveilleuse s'ef-
ftrclue pour nous, d'ordinaire, pendant la
durée oe ce phénomène qui semble offrir
la réunion de deux individus en un seul,
el que l'on cherchli' h expliquer par un dé-
doidttement de la pertowne et du moi. Ce
phénomène naturel se représente k chaque
jnsiaut. comme on le sait; m^is comme il
se complique fort souvent d'un autre |ilié-
iiomène, semblable en apparence, quoique
d'une tout autre nature, la plus gtaude
attention devient ici nécessaire, et peut seul«
nous préserver d'une confusion déplora-
ble.
■ Sans m'appuyer, dit la docteur Leuret
(1720), sur les nombreux exemples que l'on
tnmve chez les personnes atteintes d« ma-
ladies nerveuses, j'en appellerai & la mé-
moire du lecteur qui trouvera dans ses rêves
de véritables conversations. Quel est celui
dont l'esprit n'a pas été occupé ou même
fatigué pendant le sommeil par quelque
1 7 et M, fe récit des faiU uitiiMls il lail i« alta-
sioD au sujet de Geor^t et de Kobert Uowilin.
(1720) Fn^mtmU fWfcAfftojtfMf.
111
lUL
DICT:0S.^AIRE APULOGETIQtJIC
discussion doal l'araaUge ne lui est pas
toujours resté ? En lui , qutUe qu'en toit la.
tauit, dtui personnes dislioclt^s souleniienl
(les opinions opposées , et s'il a eu le
dessous, d'où venaient les raisons anz-
Suelles il a cédéT De lui-m/me Mdemntent.
r> pour élre i même de fournir la matièrs
d'uneconrersation ou d'unfc dispute, il faut
que l'psiirit ait, comme en réserre, une
série d'idées qui ne lui soient pas présenlea
et dont le rùveil se fait indépendamment
du montes éléments de eeiidéttu trouvent
4ant le» conna\itanet$ précédemment aeMi~
»t$. • (P. 182.)
Doucemonl , monsieur Leurel; entendons*
nous bien. &i vous dq dépassiez pas une
eerioine limite, si vbus restiez sur le terrain
normal de cette double argumentation d'un
esprit parlant h. lui-même, et ressuscitant
d'ancienne! perceptions conservéea dans la
garde-meuble de sa mémoire, ou bien encora
enfantant qaelques raisons nouvelles pour
les onposer aux anciennes, nous na de-
mannerions pas mieux que de souserire À
l'existence simultanée de deux ou plusieurs
fractions dans notre propreintellecl, frac-
tions oui seraient alors pour nous ce que
sont piasieura départements dai)s un seul
et même ministère. Ces départements di-
vers agitent les questions proiioséei par la
miiiisire, lui soumettent leurs idées, lui
fournissent des lumières, maia toujours
d.ins les limites de la biérarclite adminis-
trative , tellement que lorsque le décret
sera rendu, tl portera le sceau du ministre
et que tout la monde en rapportera l'hon-
neur à ce dernier. Mais si vous nous pré-
sentez comme acte ofliciel et légal, émané
lie ce méniB minislèro (OÙ personne o'a
jamais su que le français et dont je connais
tous les membres), une pièce écrite en
excellent liëbreu, une pièce surtout que
le ministre moi désavoue et déclare ne
pouvoir pas comprendre; oh t alors, il me
semble que nous serons suHisamment but
torisé h vous répondre ; « Non , cette pièce
n'émane pas du ministère, et, quoi que
vous en disiez, elle n'a rien trolficiel,
rien de commun avec l'administrateur au-
quel vous l'attribuez. »
Vous le voyez, nous admettons avec vous
ces tours de force de mémoire et ce dé-
doublement de notre inlelligeoce ; mais le
poRf ett franchi, et voici venir tout à coup
des sugi^estions étranges, tout h fait en
dehors île votre nature et de votre spbère
intellectuelle , de vériteliles imufflationt
que votre esprit lui-même désavoue lie tout
son pouvoir, el qui dépassent la pmlée des
fOFcesintt^llectuellea les plus raresl Qu'est-
ce donc , s'il vous pislt, que toutes CiS nou-
velles venues dont le langage nous surprend,
nous confond, et dont les prédictions se
réalisent si souvent dans l'aveDirlITi r^
ganlerez-vous donc pas i dm bii.nioi
de leur délivrer un acte de naieinrem.
remenl, esseDliellemeut eMbril(t7iljT
Nous nons trouverons d'autant |i|ii)|
l'aise sur es terrain , uue vous seam touj.
même, un peu plus loin, la oéccuittJt
distinguer entre les inspinlioasiclttitti
les inspirations paamti. (Fragm.m.)
£b bien , noua acceptoDS eucore mie
Dourella division , k laiiuelle cepïmlut
nous préférons l« iiAlre, d ins^iiratiODs^.
tonnelUe et d'inspirations Arangirti (ITS,
■ Dans les premières (les Bciivesl, dit»
TOUS, l'homme jouissant desapenoiiM-
lité.... est élevé au-dassus de lui-oem,
mais il j a continuité dans sonélreiM
moi d'aujourd'hui est eQcoreaontiaiil'bict,
son moi da toujours ; il a conscieDce ih
ses pensées, il sait fH'cUci «anl à lu,
il veut ses actions el il en prend li m-
)ionsabilité.
^ • Dans les secondes {dans lespisiiie^
l'homme a perdu son unité; il cddoiR
encore I mais en lui-même futlqucliM
différent de ton mn connaît aussi ; il 'wl
encore, mais la quelque ehoie qui «lu
lui a aiusi une volonté; il p«r<e,ili^li
mais, rarement d'après sa conscients,»
volonté. Il sst dohihA , il i^t »cim,
ion corps est une machine, obéissant 4 w
puittance . qui n'ett p<M ta titmi... L'int-
piration active appartient h rbanne dtgi-
nte; l'inspiration passive est uu genre dV
liénation. ■
Nous demandons maintenant ï tout boa-
me dont l'espril n'est pas faussé pir ii
tyrannie des préjugés, si ees inspiriiiM
actives dans lasquelltis « l'boinint «l
que ses pensées sont h lui > ne taù^
pas bien mieux nommées, comme vm»
disions tout & l'heure, inspirstiunsi'^
sonnelles, el si les passives, dans le<^
les il obéit à une puittanee qui n'alfs
la tienne, ne seraient pas mieui ciwtt-
risées par le mot d'étrangères.
Mais surtout , nous vous demnti-
rous à-Tou^méme, monsieur Leurei,s>
une cho$« h laquelle vous prêtez tous If
attributs de la pensée, si une chose f
veut el qui eonnait et qui doou» ''"F"
d'un autrt malgré lui , n'est pas lonémail
inévitablement, un être distinct deKjii
qu'il opprime, un être immatériel, inX:"''
gent, en un mot du bspbit...
Nous avions donc raison de veosuifi
que nous professions les mêmes ct^tc^
lermet différents , car vos expressium «i^^
ont trahi, et vos doclrims h leurlDurV
sont trouvées dominées pattivemenl wN
force da la logique et de la vérité. >"*
s'ensuit (>as encore, il est vrai, <I*'?f^
esprit doive être nécessairement tsunni
(1721) L'illusirttfianlilin avait été souvent Irappé (1722) On pourrait encore apprin* tcsp**"*"
de cel aiilqgouJBine dan^ les rëve«, et te ilocujur avio-pneamaiiquet, oa Wïifét* far loi-Étimt,'^'^
B... remarfim que ce grand baremc n'avait pu m sncoudea al(a -fat*motiqtui , mi tMf^ f
tléti-nilrc h !■« sjyul (iv f«*iîi(« ieiulei.uts «Hfprdi- autre.
Il» BAL BfCnomillIE APOLOGETIQCE. BAL IIU
on àrmtgtr k l'boniine, esr Is remanins euïncMence entre c« cri d'adiea M la ces-
que nous faîsiODS plas haut I propos du talion subite de convulsions ou [tlutfll d«
uiaipiélisme s'appliqua encore ici. véritables tortures slomarales qui duraient
Mais fiisons maintenant un nnnveaa pas déjà d«puis deui ans f
en iTaol, et permellez-nous de vous dire D&ns le Iroiaième (celui sur Adélaïde Le-
i)<ifl si vous ei vos habiles collèçufs aviez fèvre, envoré par la Société des sciences
é(é noÎDS prévenus , si vona aviez été un physiques d'Orléans), vous entendrez en-
[■«II y\vt pbilosoi'hes dans raccfptîon véri- non, malgré Fabifnee eomplitt de la folie,\M
l.ttf.edj mol. vous auriez trouvé , en de* mêmes colloques, les mêmes menaces, le.*
bors Jetés faita somrtambuliques que vous mêmes prières, et de plus lei tovpi frappé»
ni* vous souciez pas hier encore d'étudier, à fimlérimr de l'épigaslre par cet être mys-
niile autres observations analogues, insé- lérieux qui désignait toujours le malade
t««s dans vos propres archives, émanant soua son nom d'Adélaïde, et ne parlait
•i'fulorilés respectées, el jetant un jour jamais d'elle qu'à la troisième person-
iaicuense sur ce dogme , de l'etpril dominé ne (1724).
l'ïr une volonlé étrangère, que vous pro< Voua conviendrez que s) l'on ne peut râ-
(itnei d*une manière si formelle. enser dans ces trois cas les graves allesia-
Amsi jiour revenir à ces aomiiambules riona médicales qui les conBnnent, il y a lA
oagnéUques dont nous paraissioaa peut- matière h plus d'une réflexioii. Veuillez les
tirvDoi]séJDtgner,et pour fflieui; parvenir k méditer rous-mémest dirons-nous A tous
(nmprcndre que l'analogie est Irès*souvenl dos spécialialea, et tous ne pourrez révo-
i'jiii|.lèie entre eux et vos balluciuds , rap- quer en doute des observations ai savantes,
t flez^vous celle afBnnalion du docteur ai répétées, si soigneusement développées.
berirauJ, qui, d'accord avec la msjorilédes El si, jmt Âoiard , vous en admettiez les
'ua^néliseurs, signale chez les somnambu- conclusions, ne sériez-vous pas alors nbti-
<;i l'épigastre comme le aiége d'uo oyoïf géade convenir que la préaence d'un agent
mj/ilérittix différent de leitr ptTêonm* {iliS). eslérieur, démontrée dana ces troia cas,
Puis, une fois celle assertion admise doit avoir ceiiainemeol de Irès-nombreuses
<« que vous venez de faire iuiplicitemenl), analogies parmi ceux qui s'offrent i vous
,«isscz-nous signaler a vos méditations lea tous les jours sous des traits absolument
trois EDénhiirea suivants, inaérés dans vos semblablesTIl vous deviendrait alors bien
( ropres archives, mémoires officiels par difficile de ne pas vous rappeler toutes ces
t i^nféiiuant et que vous avez classés parmi possessions des temps anciens, pendant les-
* "Sfilat remarquables hallucinalioas. Nous quelles d'innombrables témoins tnlendaitnt
otf lui ciioisisaous qu'en raisou de cela «s miéma voix el conversaient avec elles,
. èoe. comme le Christ conversait avec les possé-
L» premier, envoyé «l conire-signé par* * jés de l'Evangile, leur demandait leurnom,
e docteur Delpit, iospecteur des eaux de leur nombre, l'époque et la cause de leur
i^réjjea (Foir la Bibt. méd.f 1. LVI, p. 308), entrée, puis enfin leur enjoignait de asrtir
l'.-us luoDtrcra une pauvre Aa//uciiiÀ, di- et les envoyait, conforoDémeot k leurs dé~
3Ji-on. ■ roulant dans un appartement airs, soit dans les lieux déserts, soit dans
tomme nne houle, sans qu'aucun olisla- oet iomaonde troupeau qui, sur-le-champ,
de OU aucune force pût jamais l'arrèterf allait se précipiter dans la mer (11^).
se gouflaul k la plus légère imposition Nonssavonsbien que vousèteslouskpen
de ia main sur le ventre, lisant avec It) près d'accord aujourd'hui, pour ranger ces
iH>ul de ses doigts dans l'obscurité la plus possessions évai^étiques parmi les mala-
jirofonde, et prédisant, au milieu des aies nerveuses, et nous n'avons aucun
plus horribles désordres, sa guérison pour droit d'en appeler ici h des croyances que
tel jour, telle minute, ce qui eut lieu vous Stes parfaitement libres d'admettre ou
(«nvluellement. a de rejeter. Nous ne faisons que de la philo-
Dans lu deuxième, publié par le baron de sophie, etnous voulons rester sur ce ter-
'jiubeck, el certifié non-seulement par le ram; mais c'est précisément en y restant
•cieurSiareart.iiupecteurdes eauxdflPyr- que vous n'êtes plus libres celte fois de
■tt.i, mais eucore par le docteur Scbmidt, vous soustraire i celte double altema-
■deein de la c»iir, vous verrez, clair comme live.
jour, qao cet voix, bien loin d'èlre un Ou, ces mêmes possessions évangéliqnes
«t de la maladie, en étaient la vérilable étaient de pures méprises et de Tériinbles
•ise, puisqu'elles annon^ient aux malades névroses...; et dans ce premier cas, ijue
ca eosTiM pour fc/ jour et pour fc/i( heure, ferez-vons de vos possessions actuelles par
qu'une fois le jour et i'beure arrivés, ce quelquechott qui miU et fut coMtall, comme
ig et terrible drame prenait fin , subite- voos le dites si bien et comme nous venons
'-OI, au moment même où les voix de l'é- de le voir dans les trois mémoires préct-
fAVlre s'écriaient : a ROL-s ts quitio», dents?
(Kv , AiHxc pouK TDOJuDBs. > Oommcnl Ou ces mêmes possessions étaient réel*
«eriez-vous pas liès-lrappés de celte tes... ; «l veuillez nous dire «lors quel jour
"^^O) BCBTmi», D* MMMMtaiûaH; tebm». (flMt. «ni., t. I.)
V~ï-Ui DdCoK affiraM tnlr nmaT^mé biea des • ^\nS) Vpv. Malik. nu.
-* Va MiBic cli9»e ëans l« consiiluiious somiiam-
1115
HvL MCTIORNAIRE APOLOGETIQUE- UAL 1(16
hommes de Bedlnm, il ne lesaBruicbil |<4s
toujours pour cela ilu luédecÎD.
« QuViaient donc, dem«nden-(-on , lei
lia lluoina lions de ces personnages célèlires!
Elles dOpendsieat d'une influence uoi-
plese; elles ptofeoaieatà la fois du tribut
que payaient ces iolelligeDCes d'élile 9ui
croyaia-es de leur temps, de ce csnci^n
extatique que la conleution de l'esprit liit
contracter aux idées, et eiilia de la Dtlun
de l'organisBlion. » [Ibid.]
Vous le Toyez.its soDtliallucinés.Aal/kn'-
tiù pieittM de raitonsi vous le voulez, nan
ils n'y gagnent en vérité pas graQ'l'cho'p,
carte résultat ne diflère pad beaucoup du
premier
Et pourquoi soDi-iis ballucioés, s'il lotu
plaltT Ahl sans doute et uniquement porn
Ru'iU ont des visions, ou plutôt, car c'eslti
i cachet distinctif, ■ parce qu'ils croient i
la réalité de perceptions ou de révélilioni
qui ne sont qu'imaginaires. ■
Qui ne sont qu'imaginaires! Voilà ton-
jours la question : et si , sur ceiil léié-
lations ou visions du mAme genre notii
voua en montrons au moins la moitié qm
se sont réalisées ou ()rouvées objecliveoiïiit,
physiquement , évidemment pour tuui U
monde, quel droit vous restera-t-il pour
flétrir ces hommes célèbres , par ctla tnl
Îu'iti ont cru à la réalité d'une Tisioa!
.'accomplissement réellement merveillcui
de quelques-Bnes de ces révélations ne
devrait-il pas vous interdire toute précipi-
tation, mâme à l'éçard de celles qui >ou>
semblent le plus chimériques?
• Alphonse Esquiros avait donc quel<]Di;
raison de vous reprocher, monsieur Brièrc.
d'avoir parfois établi des ditféreazes pure-
ment arbitraires; et pour nous, qiii-l,"'
chrétien que nous soyons, nous nadu-f-
tons pas que l'on puisse se venger. i^i^
ainsi dire, sur les jiaïens, de la résent »
du respect que la foi cotumaude poati-i
voyants ou les prophètes de uos saiui^
Ecritures. Parce que tout est réalité d'i"'
côté, nous n'admettons pas que de l'autn.
tout soit déception et folie , etrouioieiD
une multitude de cas notre argumentaiiou
en faveur des premiers, s'appuie avant luu^
sur la réalisation des évéuemeuls pré<Ji^.
prendre C8 qu'il étudiera (c'est poasser bien Imii 'j
(;oncession) ; mais enfio par etles-aiêmes dte *■'
lui enseigneront rien, rien de réel; elles ne lui i/n-
ncronl point la science lutuse. — Or, il est >■»'■
Etant, Rome entière peut le téaioîgoer, que k -
Janvier 1843, Ralisbonne posséda aussildl »prtt m
rélèlire vision, non pas seulemenl les fW53nt>'-
mais ks NOTION! leligieuses du cadralique K fia
ferment; notions qui éctairaiem tons fa»eu*'
lleui heures aprèt midi, tandis qu'à Bûdi ri <li*
elles lui manquuienl absotumcnt et n'ciisoie»! fi^
même en germe dans sou espriL Ici tous ^ <i<"
leurs s'emlirouiUetit et sont réduits i ^ u-t
c'cbt qu'il n'y a point d'arme iacisive qoi ■« ?<'
brèche contre le roc de ta Térilé. — Misw ctw-'
lie l'examen, te faui miracle se dèeoapojc •• s^
vapore; le vrai miracle subsiste san*
■ toute la chimie <lu nûoualisac idàimttwr
puissance lérraclairc.
et b quelle heure des agents morbides aussi
multipliés, aussi généraux , ont dft cesser
t<mt b coup d'iuQueucer la lerro et tous ses
habitants.
Vous cODTÎendrez, en eUet, qu'il ne serait
guère philosophique , une fois le principe
odrais et reconnu, d'en nier toutes les ap-
plications possibles, et surtout l'application
a ceux de nos faits modernes dont les dé-
tails semblent calqués sur ceux des faits
auciens. C'est alors que vous trouveriez
cruel d'éterniser et de laisser périr à Cha-
i-enton des malades que le riluel aurait gué-
ris subitement, rituel oublié, malades vic-
times de cet oubli I
Mais n'aulicipona pes sur les chapitres
suivants, qui devront nous montrer les
vastes proportions atteintes jadis cl même
encore aujourd'hui par cette classa d'ballu-
einit trii-pattifê, bien que de no» jours l'ac-
tion du ces terribles causes soit latente ,
modifiée ou plutôt déguisée sous une forme
|ilus scientiQque qui donne le change b ce
siècle, tant est profonde et vraie cette pa-
role de l'éloquent abbé deRavignan : > Leur
chef-d'œuvre. Messieurs, c'est de s'être fait
nier par ce siècle. »
SU.
Voii TiraphMIqiies. — Fenonnages cël6hres de l'sntl-
qulU Iaxis d'ha)lai:IiiaUoD par la scieuee. — Julien,
Ilrutni, SoCTRte, elA., etc., MJgmalisés par cela §etU
qu'Us ont cru ï une IniplnUon ex ira-naturel le. — Ap-
pllcalion moderne de la mSine doctrine.
M. de Boismont a raison : ■ La doctrine
des hallucinations n'est pas moins afDi-
gcante au point de vue de l'humanité. Quoi
de plus pénible et de plus douloureux , en
effet, que de prétendre que les opinions les
plus sublimes, les entreprises les plus gran-
des, les actions les plus belles, ont été en-
seignées ou faites par des fous hallucinés ?
L'histoire et la raison ne sont-ellea pas
d'accord pour protester coutrelafoliedeâo-
crate, de Luther, de Jeanne-d'Arcet de tant
d'autres (I726JT .{Préf, vi.)
A merveille I mais ne vous y trompez
])as ; si H. de Boismont «'indigne contre ces
imputations calomnieuses de folie, trop sou-
vent encore , lui, le plus sage et le plus
juste de tous ces écrivains, il se rabat sur
les hallucinationt, et s'il renvuie ces grands
(1720) On grossit oriliiiairement la liste de cet
mafsdu, en leur adjoignant sainie Théréao, saint
Ijuace, le Tasse, Ouckingliani, Johnson, Byron, etc.
Contre le prodige d'Alpliouse ftatisbonne que dire,
qu'iiiveiiler de spécieux t — Senlant bien que la so-
litiion J'aboi'd proposée (c^est-à-dire le système
d'une jeune aclnce placée avec des lampions dans
une gloire de carton, descendue de la voûie de !'£-
S'ie par des cordes non aperçues en plein jour)
il vraiment une Table tn^p absurde, — on s'est
Tvjclé sur l'hypothèse, présentable du moins, d'une
lialtucination.... Par malheur, cette ressource n'eu
cil pas une, les circonstances du cas la rendent in-
admissible. — Les tialluci nations, en efTi^t, quel-
que pruFiindes ci partailes qu'où tes veuille suppo-
ser, apportent des images mais non du savoir. Elles
iront, si l'on veut, jusqu'à être accompagnées d'une
cri»e ccrct»rile, qui, développani tù raciillés de
l'hdtluciué, lui rcndia désormais plus tacile d'ap-
Iil7
RAL
nCTIORNAIRE APOLOGETIQUE.
nous trouroDS imprudent de mépriser ces
m^mesniâons lorsqu'elles sont aonnéeseo
ftwear des païens, dOi le phénomène nous
tltv offert par Bruigs on par Julien I
A-n^i.par eiemple, selun tour, uu pIulAt
i-ljn l'bistoire, Brulus se disposant, plein
tiVîiKiir, k narlir «rec toute soo arméei
*oil entrer dans sa Unie, au milieu du si-
leuve elJu l'obscurité de la aait, un corp$
élretgt eï monslraeui , qui s'approcbs de
ioi, iii et le considère sans mot dire.
■ Oui es-tuTdit Brutusd'uneroixfermc,
TJl- me veui-lu T
— BrulDS. répond le fanlAine, je suis Ion
n:aufaisgiDie. et tu me Terras biunlAt dans
Vct piaùeg dt Pkilippet: > et le fintduie
disanfi.
Brorui, qui n'était pas un esprit làildc,
ff-elle ses esclares, les interroge ; ils n'ont
rr^n tu, rien cnteDiiu. Au point du jour il
'I (rouver Cassius et lui raconte la vision.
Cassius, épicurien, le rassure et lui déiiilo '
M théoriedesAa//u«ina/i(Hu iemorialea, ab-
idiumeit semblable à toutes celles d'au-
;'<Lnj'i'iui,elBrutus persuadé se tranquillise
: rrailemenl mais seulement jusqu'aux
i.îines de Philippes,car la mort l'y allen-
Or chez Ions nos manigrapbes tous re-
Ir-uTcz ce récit, et chez tous aussi, le plus
|:->f'jiid silence mr t'aceomplinement du
L.-<sagel Tout était là cependant I
Veine di.straciion pour Julien, mêmes ré-
Ui:eaee9 mr raceomplùtemmt eiacl , au
'i!. iemaio, de la terrible prédiction faite
a Teille par le génie du l'empire. Uémes
ii:i>5ions chez tous nos mani^rapfaes au
..'rt des apparitions de César, Cicérou, An-
■:'e. Cossius, etc., eic.
Vais parmi toutes ces TÎclimes hisloriques
i- nos Ibéories médicales, Socrate est sans
/:.tredil la plus célèbre. Sujet d'étude
lur toute l'antiquilé philosophique, il pose
■jourd'faui dans l'atelier de dos spéciuli»-
f. et nous ailous Toir comment ils ont
ndu jusqu'ici celte majestueuse âgnre.
1 la faisant poser i noire tour, nous cher-
-ntos à déçouTrir ce que le délirt gauo~
tt et la fauue perctplion ont jamais eu
coiomoa a*ec ce représoulaot de la
;es£e païenne , éteTée à sa plus hante
.ïS.-incc.
b>il leurs. Toi ci pour nous une assez belle
usion dp maintenir les engagements
mfiartialiié prisa l'égard du maguélisme.
Forcé trop souTeut — on l'a d^à tu cl
le Terra daTanlage — de signaler ses
'Dis de contact et do similitude arec les
éDomènes les plus terribles , nous allons
fouroïr l'occasion d'uua revancAeeo pro-
mani bien hantemeut sa présence chez le
de Sophrooisque (1727). Il semble que,
rassé à l'aTanee par le Tainqueur des siè-
I suÎTsnts, le paganisme ait voulu don-
'e change k la terre eu lui jetant, pour
tjier «dieu , le oiarljrre d'ua grand
~a^) Om ne l'odUiera pas ; nous aion» cublt
Umt agent Bagnélique eUit un eiprit distinct
citojen et les belles paroles du Mélèbe.
Mais c'est moins Socrate qne nous allons
étudier que son génie familier. L'bonima
fut grand, mais lo dieu, qu'élail-il! Tout
ce que nous «n savons, c est que ce dieu,
déUgué par celui de Delphtt. c'est Socrate
lui-même qui nous le dit (17S8), ni|ipelait
h son disciple expirant, 1« çoq promit à
Etculape.
Au reste, assez peu nous importent au-
jourd'hui le litre et tes qualités du ce con-
seiller mystérieux ; pour nous c'était un
dieu, et cela snlSt h notre ordre du jour.
C'est U. Ig docteur Lélut qui doit celle
fois nous servir de contradicteur, puisqu'il
» consacré tout un livre av démo» de Socrate,
livre qui n'a d'antre but que de présenter
ce grabd homme comme le apecûnni le
plus complet de l'hallucination psycholo-
gique. ■ Socrate, dit-il, la première (file de
la philosophie, n'est pas connu, quoiqu'il
ait été immensémi;nt étudié. Il Caut le
connaître davantage pour l'iotelligeuce com-
plète de la nature humaine. ■ (Chap. i").
Oui certes, et nous ponvous ^uter,
pour l'intelligence de tous les sqjets, liis-
loriques, théologiques, médicaux et magné-
tiques qui font te sujet de ce mémoire.
Voyons d'atiord les bases historiques et
les phénomènes psychologiques établis par
U. L(i!ut; nous verrons eosnilo ceux qu'il
néglige,
Comme tons ses confrères, il commence
par faire bonne et sévère justice de l'im-
putation de tuperckerie, et il le fallait, car
au dernier siècle ce triste système STsit
tellemeulséduitjusqu'sus meilleurs esprits,
que l'abbé Barthélémy, el, qui le croirait,
le bon Roliiu lui-même, n'avaient rien
trouTé de mieux que cette jonglerie, pour
expliquerlemyslérifluxd^moMdu granit liom-
lue. Hais voici Tenir un vengeur. • Cette
prétendue supercherie, dit H. Lélut, est
Due des imputations It» pluM mal avisées (|ui
se soient jamais faites de l'astuce et de
l'esprit philosophique modernes. La fraudo
n'a jamais eu et n'oura jamais ane tulle
puissance. » (P. 16V.)
Il y a longtemps que nous disons la
même chose-
M. Lélut établit donc parfaitement tous
les titres de Socrate h la gloire et i l'admi-
ration générale : ■ C'est le restaurateur de
la philosophie; c'est uu homme exception-
nel parmi tous les hommes (P. 10.)
liaiï, dit-il, il est une singularité do sa
Tie Ou plutôt de son intelligence.... Cette
singularité psychologique est celle de son
aprif familier, des iuspirations qu'il lui
devait, des prophéties qu'elles le mettaient
h même da iaire, et des acies dont elles le
détournaient > (P. 12.)
C'est an si^edePotidéequeH. Lélut fait
reuionter la première eilase de Socratn.
(P. 98/. Celte extase, au reste, n'était (mis
chose isolée dans sa vie; il lui arrivai! sou-
de t'iiilcUigcDcc bunainc.
Il7i8) Vuy. Apol., |>. 91, iraJ. deU. Cenur.
MCTIONHAIRE APOLOGETIQUB.
vent de s'arrêter brasquement, au mjliea
d'une promenade on d'une conrersalion....
en donnant pour raison qu'il venail d'en*
tendre /( il(>u. (P, 101.) lin'; s presque
t») dans Platon un seul dialogue où il ne
aoît plus ou moins directement qnestioa
de ce dieu fitàr, de ce démon. Suftivu*,
de cette voix divine, f*ni. » (P. 101.) Gom-
ment cette voix se faissît-eile eatendreT
Quels élaieni les symptômes , les effets de
celte hallucination? Voilà d'abord ce qu'il
importe de bien préciser.
Selon U. Lélut, Socrate n'en imposait i
personne lorsqu'il disait ; ■ Il me semble,
mon cfaer Critoo , quaj'enlends tout ce que
je Tiens de dire, comme 1» corybanies
croient entendre les cornets et les litotes, et
io son de toutes ces paroles résonne si fort
ft mes oreilles qu'il m'emoftcLe d'entendre
tout ce qu'on me dit ailleurs. • (P. 103).
Jusçiu'iei nous l'avouons, riea que de fort
ordinaire et qui De ressemble à toutes les
hiiHuci nations naturelles.
Oe marne, (Xiur l'immobilité de Socrate,
soit au siège de Potidée, soit sur le porte
de la maison voisine du logis d'A^alon,
a Laissez-le, dit alors Ari»todème, il lui
arrive souvent de s'arrdter ainsi dans quel-
que endroit qu'il se trouve ; vous le verrez
bientât, na le troublez pas el ne vous oc-
cupez pas de lui. ■ {Plito:(. Banqutl, Irad.
de M. Cousin, p. 24.)
Jusqu'ici encore voilà la tendance cata-
loptit'orme, nous en convenons; c'est une
des piôciiS du prxtbième. C'est l'étst phf sio-
to){ique qui l'acconipngne. on plutdt, selon
nous, c'esi l'état qui en résulte, mais ce
d'est pas la solution du problème.
Continuons : <■ Il tlnil par se persuader
que, par le fait de cette assistance divise,
il pouvait, àdislanee, exercer une iniluence
sur lus jeunes gens qui le fréqueniaient, ■
tP. 176). Iliiuion de magnétisme I suivant
li. Lélui, qui «cependant est bien obligé
d'écouter la véndique Socrate et d'en-
regisifer ces paroles du Pbélèba : « So-
cRiTE. 11 me semble qu'un dieu m'a rap-
pelé certaines clioses it li mémoire. —
Protakqub. Comment et quelles sont-elles T..
Tu lue l'apprendras, j'espère. — Socritk.
Ce ne sera pas moi, mus uhb divinité
Protirqoe. Prie doncet réfléchis. — Sucratb.
Jeréilécliis, et il me semble qu' une divinité
(Ofôv) nous I été favorable en ce moment.
— Photirqur. Comment dis-tu cela, et
& quelle marque le reconnais- tuT — So-
UKiTE. Prète-moi toute ton attention. Au
moment de passer l'eau, j'ai senti ce signa)
divin <|ui m'est familier et dont l'appari-
ti[tn m arrête toujours. Au moment d'agir,
j'ai cm entendre de ce câié une voix qui
me dérenJaitde partir.... ■
£t plus loin, dans un autre dialogue :
« SocKATB. Je n'ai sur toi qu'un seul avan-
tage. — Alcibudb. Quel esl-il? — Socritk.
C'est que mon Jufrur est meilleur et plus
sage que ton tuteur. — Alcibiidb. Qui est
ce tuteur? — Socrate. Le dieu.... La faveur
céleste m'aacGordé un don oiervcilk-us qui
ne m'a pas quitté depuis mon enfance ;c'pii
une voix qui, lorsqu'elle sa fiil mtvitt,
me détourne de ce que je vais faire elDi
m'y pousse jamais. Si un de mes tattunt
communique quelque dessein, etqocli
voix se fasse entendre, c'est une natqu*
fiûre qu'elle n'approuve pas ce dessein m
au'elle l'en détourne;.,. Tous toiu démin-
ez, si TOUS le voulez, h Clitome^ue, frij<
detimarque, ce que lui dit celui-ci lorvjn'!
allait mourir pour avoir méprisé remiis»
ment fatal. Il vous racontera que Ticoir^i
jiii dit en propres termes : — Clitoo^it
je vais mourir pour n'avoir y-ts vouIuom '
Socrate. — Que voulait dira parlaTt»
que? — Je vais vous l'expliquer. QuiDli
se leva de table avec Pniléojon , Gli <e
Phjjoménide, pour aller laer Nici>*,iliir
avait qu'eux deux dans la conspifaimi
me dit en se levant : — Qu'as-lu, Socril!!
— Je lui dis : Ne sors paj.je reçaislesi^
accoutumé. — Il s'arrêta, mais quei'in
temps après il se leva encore el œeilii:-
Sucrate, je m'en vais. — La voii le Ëi n
tendre de nouveau, et de nouveau je l'il
rètai. Enfin , la troisième fois, miij
écliapper, il se leva sans me rien din,!
prenant te temps que j'avais l'esprila
cupé ailleurs, il sortit, et Ql eu qui ftm
duisit à la mort. Voilà pourquoi n dilitl|
frère ce que je vous répèle sujouri4
qu'il nitait mourir pour n'avoir |>xs TDniueij
croire. J'ai cela de commun aveclesu^
femmes, que par tnoi-némt je a'e^n*
rien en fait de sagesse.... Hais c'etl 1'^^
qui est avec moi, n'ayant rient tuim
qui toit une nroduefi'on de mot-mAne. 1
■ Quantàl'eipéditionde Sicile, mip
vez savoir de beaucoup de nus cimniDjI
ce que je prédis sur la dérouta iltliiA
liais sans parler des prédictions ^niM
pour lesquelles je vous renvoie i ckiM
tes conuaissent, on peut dès i présnial
une épreuve du signal et voir s'il ài^
Lorsque le beau Sannion panil f^^'^
mée, j'entendis la voix; maiatennii 11
marche avec Tbrazille conire E(i!iè^J
rionie.je tait certain qult y mourrtfM»
lui arrivera quelque malheur, ^J^.'J
beaucoup pour la succès de toute l'c^
prise. Je dis tout cela pour te (i)i'^,fl
prendre que la puissance dugénie(<i'4
ÊtM nû Iw/itiMu vftÛTtu) s'éteud Jiislutf
les rapports que l'on veut contrader4
moi. » {Plat-, Thtag., Irad. Cousin, y-^
H. Lélut a raison assurément deoii^
passage. Ou moment où il admet l3j
latte Donne fbî de Socrate, — et Mmi*
ne pas l'admettre?— rien n'eît pl^'J
rieux que cette étude sur soi-niéiso 'ij
par )e plus sage, le plus modeste ei i«^
circouspect des hommes, en uu mot, pi
maître de Platon et la gloire de I im'^
AprèsSocrates'analysauttui-m^me.jn
Platon analysant Socrate, après tw' "
disciples ratifiant fait» et théories lOiH"
semble, après ta plupart des pliil(*;r
expliquant ensuite te phénouiènB I" |
tupérUriti de Iti raitvn , éciurtJW ■■
Uit
R.IL
DKTiONNÂlRe APMjOCETIQUE.
BAL
iiifl
docteor Lëlot, PexpliriDaill à son tour par
U npérioriU de tm folie l
■ rsDsses perceptions 1 s'écrie-t-il
Voili Socrale qui DOD-seulemeDi s'imagiua
recevoir dps inOoeoces, des inspirations di-
vian, entendre uae voix, mais qui, h rai-
son de ce prÎTilégc, croit posséder à tUslane»
noe iaflaence semblsb)» sur ses aaiis, sur
s«s disciples, et presque sur les étrangers;
iuSaeoce iodépendante même de la parole
et da regard, et qui s'exerce à traders Ids
luarsilles et dans un rayon plus ou moins
éleDdD.Oo ne peut en *éritAnen Toir, rien
eaiendre de pius extravagtmt, de pltu car-
ntUriitiqut de ta folie; et les hallucinés
(\uit soas nos yeui, prétendent envoj^er ou
Kccvoirâdiflaiictdes tnOuences physiques,
mignéliques, franc-maçonniques, ue &'ex-
priiueol pas autrement que Socrate, et ue
»OBi, sons ce rapport, pas plus fous qu'il ue
Jetait. . (P. 122.)
l'antre Socratfll FallsitHl donc Irarerser
Tiagi-dent siècles do gloire pour te voir an
' six'siëcleprécipilersiuasllllustintionlapius
pure Je l'antiquité païenne, quoi I lu n au-
ras dû celte sagesse exceptionnelle qu'aux
fmua |>ercaptioat d'un temorium malade.
£l pourquoi famtie», s'il tous plall. mou-
sieur Lélut, lorsque tous venez de nous
ErouTer, sens paraître, il est vrai, y allocher
t oMMBdre importance, que révénemenl lt«
réiJîuii towlM, et surtout lorsque tous
failvsdin ao grand homme dont «oos èta~
biisMzsi bien la bonne foi : « Voici la preuTe
que je n'ai rien avancé que de Trai ausujet
ae Ce Dieu (wrâ ««■ tùm s«if), c'est qu'ayant
fait part à beaucoup de mes amis de ces
•TCrtisMuenta, t7 fw t'ut yuMiîa Irauti que
j'aie aTiDcA une chose &usiot ■ (P. 131.)
U faut en conreair, vuiik dos baltnGiii«>
liflos bien tiogulièros 1 L'homme sain qui
les népris« ne sait rien de ce qui l'attend
jout i l'heure, ef le fou qui les subit donue
I cet homme sain qui l'écoute des arertis*
icneDls qui ne le Irumpeut jamais!
Kl pam un wtot de la part de U; Lélul sur
« euxsmplimmmt cuBsUot de fausses
•ercepUoBS I et Ions aes eoulrèras imiteront
ioo sileneel Bn vérité, il est impossible de
len oompreotlre ï cetia méthode chez des
Marnes qui consacrent, il but le recoo-
kaltre, toutes leur» forces, toute leur vie, è
■ reebereha de la vérité I
Hais à quoi bon alors nous détailler en
« lODgiMs pagas loulas ces prévisions
featûéet, anecdote* qui deviaoneut alors
art iosi^iBaoles, si elles ne représentent
ma» le proUèmt don! ellea seul loule
nia noce qu'on élémeol de nulle valenr ?
Aînaïf perceptiom ^twset quoique... elles
ienl dit loiyours vrai 1
<)aaiit k ces illiuîon* de ■ugnéltseura
»ur lasqneUes veiu t««s munuez si sé*à-
f, laoniieur Léinl, bous bous garderons
»o lie vans raoïojerk cas aipériesces
'^nâdiennes qni ae répétant dans tous les
^urticff* de U capitale, et qui tous expU-
V'»7»> Toy.
qoeraient beaucoup mieux votre bocrale
que les mille el quelques disserlatîons im-
primées à son sujet; mais croycz-en ce
grand homme, objet de tant d'élu>les, lors-
que, deux mille trois cents ans avant Uesmer
et Deleuze, il donne au brillant Alcibiads
celte leçou de magnétisme transcendant.
Son disciple Tenait de lui poser ainsi U
question :
■ Je vais te dire, Socrate, une chose qui
paraîtra înerojable , et qui pourtant est
irès-vraie. Je o ai rien eppns de toi, comme
tu le sais fort bien. Cependant je profilais,
quand j'étais avec toi, même lorsque je
n'étais que dans la même maison, sans être
dans la même chambra. Quand j'étais dans
la mfiue chambre, j'éiais mieux encore, et
quand, dans la même chambre, j'avais les
yeux fixés sur loi, pendant que tu parlais ,
je sentais que je profilais plus que quand
je re^rdais ailleurs; mai.«je proniais bien
plus encore, lorsque j'étais assis auprès du
loi al que je te louchais. > (PuToa, Tti/a-
gèae, trad. de M. Cousin.)
Assuréoienl, voilà l'iolluence magoéliqua
psychologique et nbysioiogiquo aussi bien
établie que possible, et plus ou moins dé-
veloppéf eu raison du plus ou moins de
proximité 1 liais quoiqu'elle s'exerce ici
par Socrate, il ue s'ensuit pas qu'elle ue pro-
cède fiM de Socrale. Ëcoulei sa réponse :
« Tel est, en ellet, mon cber ami, la com-
merce que l'on j>eulavuir avec moi; s'il PttiT
AD Mit] tî T^ Sf^ ifiaitm, iu proDteras auprès
de moi bLaucoupel entende temps. Siiioilt
tes efforts serunl inuliles. Vois doue s'il
n'est pas plus sûr pour loi de l'attacher è
quelqu'un de ceux qui sont les maîtres d'ê-
tre utiles. ptuiÂi que de suivre un bomrao
qui ne peut répondre de rien. » (Ibid.)
Qui ue peut répondre dt rtot/ Voilà l'ex*
plication donnée par le plus sage des hom-
mes de ces sympalbies et antipathies ma-
gnéliques que nos savants , préoccupés
uniquemenl d'an flmde nuuMet, ne peuvent
se décider h admutlre. Voili le secret de ces
rudes mécomptes éprouvés tout à coup, au
moment décisif, par ces maj^nt^tiseurs assex
téméraires, comme le docteur Berna (1729),
pour venir sa brûler aux lumières d'une
commission qui déplaît à leur ditu,x^ 6«û,
ou que celui-ci ne veut pts éclairer. Uui,
voili ta secret de toutes ces découTenues
si cuisantes el de ces condamnations injus-
tes qui étouffent Is vérité entre la déuions'
tralioa d« la veille et la contradiction du
landemaio.
Aésumoni maiotenaol tout ce que nous
Teuoos d'entendre, el tlchons da bien for-
uHilar, si nous le pouvons, Ji pensée mé-
dicale de M. Lélul.
Swrale, le plus saga des hommes, aurait
été, d'après lui, aussi fort que tout Us hal-
iucM^ faujonrd'knât puisqu'il croyait tuUe-
moBl et oliéissail k une Toix àûmériyuw
qui ne lui STait jamais dit que la tinti;
mais GOBBK loutoa ses iUasîuns sont oèu-
|l«7 UAL MCTIONNAIRG
a|];enl extranalurel dana ce qu'on a appelé
des Dévropaltiies'et àts tnonomanies mysté-
rieuses, il analyse el discale avec beaucoup
da science, de logîtjue et de vigueur, les
h}'pntlièses inadmissibles qui ont ^lë ima-
tjidées par les médecins manigraplies pour
expliquer tes phénomènes relutifs aux Vr-
sulirift dt Louaun, aux Camhardi, aux Co»-
vuitionnairet de Saint-Médard, elc, elc. Il
se résume en ces termes : « Nous arons
consiaié, dans celte preinière partie, l'arlion
d'iin< ptiUtanet myitérituêt , mais une action
subjective, c'est-à-dire agissant à l'intériear
de sus victimes. Bien que nos grandes au-
torités scientiUqueft aient plus d'ane fois
proclamé que cette puissanoe était indépen-
dante et étrang'ire h ta conscience de ces
mémos victimes, néanmoins l'iiitériori-
lé (173^) des iihénomënes a dâ coostam-
iiient donner le change i ce sujet, et faire
croire que (tes effets tellement cireonscrils
devaient trouver leurcausedansla personne
même qui les subissait, et lui appartenaient
estantieliement.
« Si donc nou» pouvions maintenant d^
montrer Vextérioritiiie ces mêmes causes, le
problème se trouverait tout è coup résolu,
et vous entrevoyez immédiatement toutes
les sérieuses conséquences qui en découle-
raient, non plus seulement alijourd'liui
comme philosopliie religieuse et apprécia-
tions historiques, mais aussi comme doo-
Irines médicales et guérisons psychologi-
ques. En effet, vous arez entendu U. le doc-
leur Culmeil déciorer avec la plus admira-
iile fraiictiist « qu'il faudrait alors briller
comme de ptwv&bles romaas laâ écrits des
iDôdeines sur raliénalioR mentale. > (Be ta
foUé, 1. Il, )>. 4*75.) Vous aves entendu, au
même Inslanlr M. ie docteur Briàre de Bois-
mont appeler la doctrine actuelle sur tes
ballucinalions > la plus grande et la plus
fuueHle des erreurs sociales. » [fog. fAkv.]
Ces deux savants œaoigrapbes ont raiaon,
cor l'extériorité de nos eausbs mystérieuses
^nt sue fois soUdemeBt établie, il faudra
bien qne les fausses théories reculent de-
vant ce monde inTisibl* el vbjtctif (1735}
2ui nous enveloppe, nous presse, nous iu-
uenoe à notre insu, et dont cependant la
négation fait depuis deux siècles la base de
tous nos enseignements. »
H. de UirvilTe consacre ts dfuxJème par-
lie de son savant ouvrage h. l'examen des
phénomènes objectifs ou «xtemes. Nou ne
pouvons le suivre è travers les curieuses
recherches et let inportente» discussions
auxqeelles il se livre, sms dépasser les bor-
ne* dsM leiquellea il ceaTieat de doos ren-
ferawr.
8*i) est un Ult dans l'Evangile qui pa-
raisse d'abord suseeptibla d'être explitjué
per le bysttaie de l'exlase eu durhallucina-
APOLOGETIQUE. \\K\. \\^
tion, c'est, \>»r exemple, celui df li Tiâon
de Zacliarie, père de saint Jesn-Ba|>li!i(.
Zflcliarie et sa femme o*«ienlii°ilii,ii,i
avoir d'f iifanls, lorsque Inul ii cou|i le urè-
tre, pendant qu'il encense le isnrtinM,
voit apparaître devant lui l'aiip CiM,
qui leur annonce, pour leurs vicui joiir^
un fils qui vivra consacré k DieueUenln
précurseur destiné à préparer li!STDi«4
Seigneur visitant son peuple au lïBii>sd.
Messie. Zaubarie doutanl de si pr<!iiie>v:
cause de son âge et de celui de !> feiufi
l'ange, en signe el en punition, le fri|f»i-
rautisme jusqu'à raccomplissemcntiiirr
mutisme dure en effet jusqu'à \'i\\»!A^
la circoncision du [ils qui lui est Dé;ia
moment le père, qui doil lui imposer Icn
prescrit par l'ange, recouvre la naroir.ii-!
joie s'exliaie eu un hymne. [InclIS,
57-80.)
Vo;ydns, av«>c le docteur Slriiiii, si . :
théorie de l'hallucination esl sp|i)icibie ti 1
celte circonstance.
■ Le changfment le plus léger qae \'-t\
pourrait introduire dans ce récit, en h|»-|
rant, d'après io f>rinr.ipe des ratiai»ti<iit|
le fait simple du jugemml qu'en ont [«.tiJ
les personnes intéretfées; le clitnitnif.l
te plus léger, dis-je, serait que,<ût.'*
laissant Eulisister. comme chose rie'' ,
indépendante de l'imagination, \'tf^f'
de l'ange et le mutisme de Zacliaricui- 1
conlentAt de l'expliquer d'une ni»Dièrti< |
luretle. On s'en rendrait raison p«Dr '"•
felophanie, en supposant que ului'>
omme qui se montra à Zacharie, et^^li:
râeilemenl ce que celui-ci crut MifuJ".
mail qui fut pris par le prêtre pour m
messager céleste. Cette explicalion. lult
accessoires, est trop iavraisemblsblef**
qu'on ne se sentit pas obligé Aeiinn
pas de plus, de transformer la m^^
terne en une vision interne, et dtirxo-
porter tout l'évéremeot du (erriin)*!!''
que sur le terrain psychologique. L't^iii^
de Bahrdt fait une transition i etlieofv
nion ; car en sopposant que es que hi^^
prit pour un ange peut avoir élë un ^^l'M
altrioue à l'imaginatioo de ZacharieM
grand» partie du toute la scène. UiisjiM
personne, dans un élal mental ordiuiM
ne créera, à ta vue d'ua simple éclair. M
Sreille séria de discours e\ de répim'*!
Ilut doue sup|>oser un élal nientil j)»
Oulier. Les uns ims^nërent une ùéU\\''*
causée par l'effroi de l'éclair, iléliilliB
doitt il n> a aucune trace dans le \n\«-^
ne parle pas même d'une chute codhd"!''
les viciai du ap&ini, ix, i ; d'autres, U'^
de c6l6 l'éclair, songèrent à uo rèie:«
Zacharie n'a pu avoir uo rêve pen^nt?^
était dans le temple sccupé à eaceij»r.l
I» sorte, on est forcé d'inroouer ara '','
lus dea extases même dans l'éUildeni:*
exlases pendant lesquelles rime io^^l
des images subjectives 00 cérsctèn OQ^I:
e'ast-*-dira preatf pour des élras réelii"
(I7W) 1
lt3S IUL
•>nnM inui^naires qui flottent deTant elle.
De telles extasei oe-sont certeinement |ms
coDinaBei ; mais, dit Paulas, plosieors cir-
eonstaocfls eoncooraient pour provoquer en
ZaeturM DU <Ut aiusi estraordiDaire. Cet
eïreoasiniees sont : le loog désir d'aroir de
la postérité, Is fonction gioriease de faire,
deni le undnaire, monter, avec l'encens,
its prtèiesdo peuple jusqu'à Jéhovab; en-
fiopeui-éire Bossi, arant sa sortie de cbez
l«i, une sollicitation de sa femme semblable
k celle de ilaeliel h Jacob 1 L'esprit ainsi ex-
cité, diDs la demi'Obscurité da sanctuaire*
il prase, tout en priant, k J'otnet de ses
souhait! les plus sraenls; il espère maîoto-
Banl ea jamais d'Atre exaucé, et par consé-
^eeul il est disposé h en voir un sî^ne dans
lAot ce qai poorra se montrer. La fumée de
l'cnceos qvî s'élève, éclairée par les lampes
de lustre, forme des Heures; le |tpétres'i-
iRKÎM j apereerotr une figure ô^leste qui
l'ei&aje d'abord, mais que bientAt i\ croit
enleodre lui accorder l'accomplissement de
iOQ désir. A peine un doute lég(.>r com-
nxoee-l-il A nattre dans son cceur que la
prélre, pieux jusqa'k l'oscés, se regarde
«ussiiÂl comme coupable, se croit reprî-
maudé par l'ange i ce sujet ; et ici encore
un« double ei|ilicatioo devient possible ;
ou bien uneaiHtplciie paralyse réell^^ment
pourquelque lenips sa langue, ce qu'il ré-
élit ceiBiue nue Juste punition de son
à-Me, iusqo'k ce qu'il retrouve la parole
dans II joie qu'il ressent lors de la cir-
coodfioo de son Gis; de sorie que ceite
rtreonstance du mutisme est conservée
mcme fait «itérieur, physique, mais sans
Kirscle: on bit^ la pnrte de ta psroie doit
iu«si être roncuef^jubologiqueuienl, c'est-
i-dire que Zacharie, par une superslitinO
uive, s'interdit lui-niAme pour quelque
nii[is rnsase de sa langue, qu'il s'accusait
'avoir aMfefliplojée. Banimé par cette ti*
ioa extraordinaire, fe jirélre, coofirnié-
leot aux indiealioiiB qu'il a remues, re-
wme a«prés d« tê femme, et elle devient
ne sef:f>nde Sara.
■ TeHe est l'eiplicaiion de Paulos sar
«Pfwrif'.'tD de l'ange: toutes les autres;
luti-ent essenliellemeiit ou bien y sont ré-
Biles, n'éuni pis souleuables évidem-
«□1. On peut dire d'abord qu'elle n'évite
tei« pas te merreilleox, qu elle se donne '
lit d« peine pour écarter; car son auteur
ooe lui-même que la plupart des bommes
••til aHcooe idée d'une vision semblable
nrlli* qui esi supposée ici. ^"t\ est vrai que
! tels élatsexlaliques surviennent dans des
s r>arlic»liers, toujours esMl qu'ils eii-
-Jii oa une dtSjM>»iiioo particulière dont
iruD« Irace d'ailleurs ne se nonlre cher
ictiarie^ et qui n'est pas non plus suppo-
ble fc cause de son âge avancé, ou bien
« cireonsUoce eilérieore précise qui
«que absolnmeat ici; car un désir da
c^ëénlliirv si lonyleiiips entretenu ne se
«nifestc pliiSavec une violence exlalique,
l'encansemeot du temple ne pouvait lua
ailre hors de lui un prêtre Igâ, vieilli dans
J>icno!<iiAiai: apulocîtique I.
HCnOIOUIRE APOUICGTIQCE. BAL 115*
le service. Ainsi Paulurf n'a lâil que elianger
UD miracle de Dten en un miracle da hasard.
Or, dire qu'à Dieu rien n'est possible, ou
que rien o*«st impossible an hasard, es
sont des assertions également précaires et
aussi peu scientifiques l'une que l'autre.
^ « Uais même de ce point de vue, le mu-
tisme de Zacharie n'est expliqué que d'une
manière très-insuffisante . Car admellons,
aveet'Dne des explications, que ce mutisme
ait été produit par une attaque d'apoplexie,
la véritable dilliculié n'est pas ee^e que
Faolus prétend j trouver, à savoir qu'un
prêtre devenu muet aorailété obligé de ces-
ser aussildt ses fonctions, d'après /// Jfos.,
XXI, 16 et suiv., et que néanmoins Zacha-
rie (xxiii) ne quitta Jérusalem qu'à l'expi-
ration de sa semaine de service; car, ainsi
3ue Lightfoot l'a déjà remarqué, la perte
e la parole, survenue miraculeosemeot,
quand même ce miracle n'aurait d'existence
que dans l'imagination, ne peut être mis
sur le même rang qu'on mutisme, effet d'un
défaut naturel. Uaia il faut s'étonner avec
Schleiermacher que Zacharie, malgré celte
attaque d'apoplexie , retourne caei lui .
plein, du reste, de santé et de vi^fueur, de
sorte que, malgré cette pnralj-sie (lartielle,
il aurait conservé assez de force pour que
son désir de postérité s'accomplit. Ce serait
encore par une coïncidence toute particu-
lière que iuslemenl le jour de la circonci-
sion de l'enfant , la langue du père se
serait déliée; car si c'est là un effet de
l'excès de la joïe, cette joie aurait dû être
plus grande le jour de la naissance que plus
tard, lors de la circoncision, éiwqne où Za-
charie devait déjà être habitué à la posses-
sion de son enfant.
< Suivant l'autre explication. Zacharie ne
peut pas parler, non parce qu'il en est rm-
{ léché ptiysiquemenl, mais parce qu'il croît
persDBsioo qu'on expliquera psychologi-
quement) ne pas devoir parler; mais cela
exl contraire au sens textuel de Luc. Car
tous les (uissBges que Paulus accumule pour
prouver que où Snnfisi peut signifier non-
seulement qu'on ne peut pas réelUmeni,
mais encore qu'on n'ose pas.que nrouveni-
ils contre le clair enchaînement cie tout te
récit 7 En pffet, si peut-être à toute force on
voulait entendre ainsi la phrasK narrative :
il ne peut pas leur parler, avm iKmn lal^ms
Bvr*ft (v. 22), toujours est-il que, dans la
vision prétendue de Zacharie, l'ange, s'i'
avait voulu lui dérendro et non l'empêcher
physiquement de parlrr, ite lai aurai) pas
dit : Tu feras condamné au litenee, m pou-
eoHf fat porter, coj îay nuirv* etc. (v. 20} ;
mais il lui aurait dit : Sache te taire et o'ei-
saye pas de parler. De même aussi les mots,
il dimeure rnutl (v. SI), ne s'entendent na-
Inrellement que d'uo véritable mutisme.
Dans ee point de vue, on suppose et il faut
supposerque te récit évanglique re|H-oduit
exactement ee que Zacharie raronta lui-
Btème sur ce qui lui était arrivé ; si donc on
nte qu'H y ait eu réellemrat mutisme,
comme cependant Zacharie déclare qu'ua
3i
1131
HEB
DlCTIONNAIItE APOUMETIOUET.
m..
mutisme réel lui a élé aoDOticé par l'ange,
il faudrait admettre que, tout en restant ca-
pHble (te parler, il s'est cru miiet;cerbi-
sonneoieut conduirait à le regarder comme
fou, et il ne faut pas, sans .y être contraint
par le texte, allribuersu père de Jean une
stiénation mentale.
■ Un point encore dont l'explication na-
turelle ne s'inquiète pas assez, c'est que,
d'après elle, la prédiction, résultat d'un
élst extatique aussi peu ordinaire, se serait
accomplie avec une incroyable eiactitude.
èur aui'un autre terrain, le rationaliste o'a-
joulerail foi b une pareille coïncidence avec
uite prédiction faite pendant uno vision. Eh
quoi I si le docteur Paulus lisait qu'une
somiiamljule, dans une eilase, a prédit une
naissance extrêmement improbable d'après
les circonstances, qu'elle a présagé ooo-
seulenient un enfant en général, mais en-
cure un enfant particulier, qu'elle a annoncé
aTec détail ie développement futur de son
intelligence et sa position dans l'histoire*
et que tout cela s'est réalisé de point en
pohit, serait-il disposé à accepter une pa-
reille coïncidence? Ceites, il n'accorderait
à aucun homme, dnns quelque état qu'il
isoilt le pouvoir de jiter si loin le regard
dans le plus mysiérieux atelier de la oature
iiroducliTe; il se pKiindrnit qu'on outrage
in liberté humair-e, complètement anéantie,
s'il est possible de déier miner d'avance tout
lu développement intellectuel et moral d'un
homme, comme la marche d'une pendule,
et il déclarerait inexact dans l'obsorvuiion
et tout à fait suspect un récit qui rapporte-
rait comme réelluincnt arrivées des choses
nussi impossibles. Pourquoi n'agil-il pas de
même pour notre récit du {Nouveau Tesla-
nient? Pourquoi trouve-t-îl ici admissible
Ce qu'il regarderait ailleurs comme iiiod-
missibleî Est-ce qu'il règne dans l'histoire
biblique des lois dilTéieiiles de celles qui
rèjjnenl dans le reste de l'histoire? Il fout
que le rationaliste fasse cette sup|>Ojition,
s il accepte comme crojable dans l'histuire
t'vangélique ce qu'il repousiie ailleurs comme
incroyable; ni»is alors c'est retourner au
point de vue surnaturel ; car, admettre que
les lois qui règlent tout le reste, n'ont pas
d'empire dans l'histoire évangéiique, c'est
le propre du surnaturalisme. > (S. D. F.
8TB1USS, FiV dt Jésus, trad. 2.Litlré, l"$ect.,
ch., 5 17.) ^
HALLUCINÉ, saint Paul élait-il un hallu-
ciné? Vojf. Pa.ul (SainlJ.
UARIVANSA, livre indien, examen cri-
tique. Fou. UOIÂMSMB, S 11.
HARUONIES de la pensée et de la pa-
rôle. Voy. Pstcbologib, { \UL
HASCHISCH, ses effets. Koy. Hallocini-
noR. sub init.
HAUSElt ((lASPin), ce que prouve la sé-
i|uestratiou Ue4;et infurtuué. V«y. Pascho*
UMIE, S XI.
UÉBUBUX, n'ont pas emprunté aux peu-
ples étrangers Wur angéologie, ni le dogme
de la résurrection. Voy. Ackoanitique. —
Différence qu'il y avait eiilre eux cl les
païens sous le rapport de la doctrine e».
térique. /bid. — Leur délivriDcederF«)|iie
et leur voyage dans le désert. Vtg. hm-
TEtïQIIK, 5 X.
HEGEL, SB théorie du monde. fasf.llojH.
~- Son système philosophique. Cov font-
SOPHIE DB l'absolu, S II, et PlirtHEUIIl,(L '
HENRI IV, empereur d'AMemsineiitt-
mêlés avec le pape Grégoire VII; refntiiim
de H. Quinet. Voy. Ckêgoiib VU, {VI
HERDER, son opinion sur tes races h-
maJDes. Yoy. Races BcminEB, |X. -b.
fousse l'état de nature. Toy. PsTcsougi,
VII.
HÉRËDITË, son rfile dans la civiltatoi
acquise et dans celle i acquérir, yij-h
cHOLOGiB, I IIL — Hérédité dans IW-
organique et moral. Voy. ïbmieuam.
iiv.
BÊRËTIQnBS, leurs lémoignagnuenl,-
veur de l'autheDlicité des Évangiles. r<«
Évaucils, f 1.
HERMÈS, théologien allemand; «rrenii
de sa théorie'apologélique de itrelijKit.'
Yoy. Ratioiïalisub, g 11.
UËRODE, son caractère. Foy. K>it»n
DE liSDS-CHRIBT, { 11.
HËTËROGÉNIË. Voy. Giskumnii»
TANlÏE.
HIÉROGLYPHES, comment la déenW
de leur lecture a confirmé la vérai^ti
Pentateuque. Voy. pEitTATBCQDi, 1 lî'
HILAIKE (Saimt), d'Arles. - Né iîli
d'une famille illustre, au commenceoeoili
v siècle, évêque d'Arles en &S9, il'lii»
vingt-huit ans.
L^événement capital de son hisUiire.(M
sa dégradation du titre de inétroi<olitiii:
sévère mais juste peine intligée parsiiS
Léon. Hiiaire avilit reçu des cilejeiis del^
sançOQ des plaintes contre leur «tHi"^ '
lidoine. Il tes jugea graves, et réitoij" i
concile oit l'accusé fut dépoiié; sMiii^ '
cien appela au Saint-Siège. L'^vfique Ai* ;
se rendit aussi à Rome. Voyant aniia'^'''
sentence de son concile, il succonilii *«■ !
bouillant caractère, prononça des tM™"!
irritées, et prit la fuite sans attendre Iw
men d'une affaire bien plussârieu»e.>ai(l
le fait : En parcourent une des frajif*
nsrhonnaises , autérieurement dépeadin^
de la métropole d'Arles, mais gaa *><*
face I" en avait détachée», Hilure trou"
l'évéçiue Projectus dangereusemeol maliA
et lui donna uu successeur : acle iripl«*«
anticanonique, puisque saint Hiiaire d>"^
plus aucuBe autorité sur ce territoire. f»'»'
qu'il n'observa pas les règles des élect»,
et que Projectus n'était ni conseuUnl»
convaincu d'aucune faute. Ce peuda fs'r;
Buur les canons, rinconveDaucudeiei"'''
coursA Rome, sa fuite, tout cela (ut ngo"-:
wjusement puni j il cessa d'être Diiiwijjn
tain de la province de. Vienne, et M|"'"*'
que simplBévôque d'Arles. HilairejeW,
de rentrer en grâce auprès de *^i";
réussit, mais sans recouvrer le* P™^
Uves de sou siège. Arles ne rcd«vinl'«^
pôle quoprès ta mort d'HiUirc, qm.tiP
MCnOMUmE AFOUKETKKIE.
IllL.
IIM
eu U8, épBisé fMr les iBortifieatiofifl pItilAt
^e ptr les anoées.
il-
OiiCféMdBmitéCcT
IL A«piu. — ■ Ici noDS rencoalmns un
bil qfli mérite de nous arrêter... C'est la
pmDièn lotte sérieuse d'un éréqoe français
*l d'an éTèque de Rome : ta lutte de saint
Hilaire d'Arles et de saint Léon... Saint Hi-
bire était évéqae d'Arles, et Arles était le
siège da préfet des Gaules; révéque se eon-
sidérail eonnne investi d'un pouvoir supé-
ri«ar k celu des autres métropolitains
(1736). .
H. Ampère appelle saint Hi!iiire « on
évCque framfaû, • cinquante-sept ans arant
Tmasion de CluTis , et près d'où siècle
STMrtque les Frsnks n'occupassent la ville
d'Aries (1737). C'est par compensation, sans
doute, oe ee qu'il ne veut pas que ce prélat
ait été catliolKiue rowiain.
La raisOD que H. Ampère donne des pré-
tentions de oet é*éqoi> n'est pas fondée.
De lont temps le siège d'Arles posséda dos
pHriléges fort étendus, è cause de son fon-
ilaleur, saint Trophime, apAlre de la Gaule
■Dériiiîonale. Le pape Zoaime, en klT, non-
f^alemeot les consacra, maislvssgrandii en
faveur de Patrocle, qu'il déclara mélropoli-
UÎD de la province de Vienne el des deux
Sûrboanaises. Bouifsce 1" vit en cela une
«lolaiiea des canons de Nicée, et ordonna
«pie cbiqae province eÂt son raélropolitsin
(ITS). Saint Hilaire, sous le pontJtîcat de
a-iu,t Léoa, ne respecta pas cet ordrt. Quelle
tul Iscaose de sa désobéissance? La cause
lia plus vraisemblable, c'est qu'il ne voulut
(•u laisser se prescrire les pnrilégesdeson
*'irge. Aussi le Pape le blènia-t-ir de s'être
^ llribué une faveur qui avait é£é propre Mtr-
jitfmmt à Palrocle (1739J, l'un de ses pré-
.ée4;&seors; il ne lui reprocha pas de s'être
-ru, pour ainsi dire, le préfet de l'Kgltse
;d>licaiie, parce qu'Arlea était le siège du
iréfel impérial des Gaules. Il est bien facile
Se comprendre qu'HJIaire ne devait pas
tisadunoer, sans quelque résistance, ces
rért))jaiives, d'autani plus qae les Suctua-
s<*ns passées pouvaient lai eu faire espérer
e uouvelles, fJavorablea è sa persistance.
t;ile est la cause probable des prétentions
K révè«|ue d'Arles.
in.
wtHflrireftMtiMtKnieilli ï Bame. od il ÉUildtA
par l'6fèqM CMtdoiDe, qn'O avall dépotéf
11. Lb Bas. — ■ Le pieux bonheur dont
(coijX Hiiaire) Jouissait au milieu d'oo
(ÎTSC) 0isl. fiU.,eu:., Lll, c17.>. TS.
(I737J EktuXi, daus md UUtiomiaire daCanUt,
L Arù»r f. IdV. dil que le» ¥nuks ne m mirent
"B de cette tîHc i qu'après la raine do
l/o«) Uwccev4L, But. 4t CEgHit sallicm t.
n. »à au. 4t7 ei 41«.
, 1 739) S. Lmmh, ep. tO.
i \ . Ut} H. L« Bai, menilvre «le llusliLal, IHtt. mt-
at^édiqKt et rSiU. d4 Frimct, art. Smmt MUmn
troupeau docile h sa TOiz et remt^i ponr lui
de vénération et d'amoor fut empoisonné
par les démêlés oit il se trouva ên^gé avec
le pape saint Léon. Un èvèque des Gasies,
Céiidonius, dont l'ordination avait été peu
régulière, s'éianl vn déposé par un eonciln
que présidai! saint Hilaire, en afipela i l'ao-
torité du Pape, qui accueillit favorablement
ses plaioles {ilkO). >
U. Le Bas n'a aucune preuve qoe Pordi-
nation de Célidoioe ait été irr^ulière; car,
si des témoins accusèrent en Gaule Céli-
doine, d'autres aHèraDl en Italie le justi-
fier (17*1).
M. AMPèsK. — « Ce pouvoir, qoe saint
Hilaire voulut exercer sur un évfiqne de
Besançon, ajani été contesté par l'évèque
de Vienne, duquel reisortissait le siège de
BirssnQon,et le pape Léon ajant accueilli It-*
réclamations de cet évéque, saint Hilain-,
avec ooe impétuosité et une intrépidité qui
semblent attachées k Kon nom (17*2), tra-
versa les Alpes durant l'hiver, el arrivn
auprès du Pape, qui le reçut fort mal.... A
peine arrivé h Romp, le Pape s'était assuré
de sa personne (17*3). >
. On ne doit pas ranger le procès de l'é-
vèque de Besancon parmi les actes d'usur-
pation de saint Hilaire. La preuve évidente,
c'est que saint Léon no l'en blAina point; il
ne dit pas de sa présence da-is la ville di:
Célidoino comme de son arrivée dans celle
de Projecio* : ■ Qu'allail-il chercher en une
province étrangère (17i(*)î» Aucoolraire, il
déclara que la senleace aurait été conârmég
si on tût po établir J'accusalion ,'17*5).
S'étonnera>l-on qu'Hilaire ail réuni un
synode dans la province «équanaisc, et y
verra-t-on la preuve qu'il outrepassa ses
droits? Mais, puisque cette cooduTle ne fut
point censurée, il faut donc que l'évéquu
d'Arles ait agi de la sorte h cause de quel-
que habitude de déférence des Séquanaîï
tionr son siège, ou à l'invilation expresse
queplusienrs évéques purent joiudrt! à ce lin
que lui adressèrent des laïques. Saint Hi-
loire, sans cela, n'aurait pas évité ou re-
proche de son juge.
Hais, dira-l-on, puisque l'évèque de
Vienne, de qoi ressortissait l'église de Bu-
sançun, porta, selon H. Ampère, ses récla-
inaiions jusqu'aux pieds du Pape, sa juri-
diction avait donc été lésée par le métro-
politain d'Arias?
Jamais l'histoire n'a entendu parler de
oette iflterveniion de l'évèque de Vimm-.
Saint Léon dil posilivemenl que ce fut Céli-
doioe qui alla protester è Home, non pas
coolra riilégatité. mais contre la décision
^Arfat.
ft74f)S. UiKiis,ep. 10.
(174ij AUusiou prolialrfeawnl k de viraleafs
pages de uir.l U.laiie de Puilien lanlre l'cuiHveur
ariea Constance.
(1743) T. Il, p. 7îet 73.
(17441 Op€ra .S. Uonit, ep. 10, t. lU, cJ. C«-
ciarii; Honz, 1735.
(17457 S. Leosi»,rp. 10.
UCTMMOUntE &rOUKETIQ0e.
HIL
nu
du ro^c-ile. Ce qui wra Mos doute trompa
M. Ampère, c'est que VJ«iDe hérita des
nrérogatÎTes d'Arlei. La raison de ce Irana-
nnlfuique lapremiire de cas deux villes se
trouvait déjA métropole civile de la provinca
vieDDOitft et avait aulreTois porté le titre
aue lui rendait saint Léou. Elle en avait été
époujilée par le pape Zozime, l'ao 417, an
faveur d'Arles {i?W).
II D'esl pas moins ineiaet de représenter
Célidoine conme soffragant de Vienne.
L'anei«n auteur de qui l'on apprend qoe Cé-
lidoine gouvernait i'égiise dm Besancon,
filace cnile église entre les vtétropoUi, et
snn âràqup au rang des fatriarekta (1747),
c'esl-à-dirn des métropolitaios.
Saint Hilaire, se rendante pied, pendant
l'hiver, auprès de saint Léon, obéissait en
lurlie, je le crois, à l'Impétuosité de sa na-
ture, mais en partie aussi è son goût pour
les mortifications; car l'usage de cet ancien
moine de Lérins était de vo/ager toujours
i pied et sans chaussurei Diëme sur la
neige (17U).
Où il- Ampère peut-il avoir lu que saint
Léon Bit (art mal rêçv réièqoe d'Arles T La
VU de ce dernier u'ea parle pas, et saint
Léon, écrivant aux évAques gaulois, leur
dit que le prélat accusé a été re{u par lui
■ comme u» frère (1749). ■
Que si l'on refuse de prendre le Pape
IKPur tépioia dans sa propre cause, ce n'est
\m% uue raison de le blAmer uns preuve.
lin.
U. Le Bis. — ■ Saint Hilaire se rendit eo
Italie pour justifier l'arrêt du concile; mais
il irrita le Ponlife en lui faisant entendre
que la juridiction papnle devait s'arrêter
nus Alpes (17501. » C'est-^ire, comme
M. Le lias s'exprime un peu plus loin, que
■ saint Hilaire se refusait A toute conces-
sion sur la reconnaissance du droit d'appel
ptir l'Eglise des Gaules. ■
Il me semble) d'abord, irèc-malaisé de
mettre d'accord tes deux assertions du Die-
tionnoir* neyilofddiqut : cars! saint Hilaire
n'eût pas cru que le râpe avait une juridic*
lion en Gaule, serait-il a.\\é juttifUr un con-
rile gaulois devant un évéque que cela n'au-
rait pas regnrdél Aurait-if fourni un précé-
dent st grave à de futures préteuiioos de
Komel
J'avoue que saint Hilaire n'approuvait
|ins toal ce qui se faisait en faveur de Céli-
iluine. Ceci résulte de l'épllre dixième de
suint Léon, où il est dit que saint Hilaire t
tenté de rompre l'union des Gaules avec lo
Saint-Siège, auquel jusqu'alors elles ont eu
si tonvenl roeonn pour des ipnelt cl dn
requêtes.
Mais qu'est-ce qai déplaisait k l'éTboe
d'Arles? Il est impossilM de le \xkàm.
Ce qui est iodabilable, c'est qo'Biliiretie
limria pas k l'Italie la juridictien paialr.
Voici on entier la passage de sa biognphit
snroe siijetl:
« AussitAt après avoir visité lu tombem
des apdtres et des martyrs, Hiliira tepiî
sente au bienheureux pape Léeo, lui oirt
avec respect ses hommages, fa ■uppliifa»
bleatetl da régler, tTaprh Fniage orimn,
Vdtat di$ Egliieg; il lui prouve que detw-
sonnes justement frappées, en Gaule, dm
sentence publique, paraissent i Rome, lot
autels sacrés; il le prie et la f<reste, si m
observation lui est agréable, de faire eoiri-
ger secrètement cet abus; que, pour lui, il
est venu rendre aes devoirs et oon pliidu;
qu'il fait remarquer, comme lémoiD tUm
comme accusateur, ce qui s'est pitié, A
qu'au reste, si le Pape veut aulremeal, i;
ne l'importunera pas (17K1]. >
Ne pourrait-on pas ounclure de ccifU'
rôles qu'Hilaira sa plaignit, noopiideu
que le Salot-Siége se mêlait des affiiresK-
cléiiastiques de la Gaulé, mais de es qa'!!
semblait porter dans son adminiftlniiaitoa
excès de toléranceT 11 ne disait paslsiinl
Léon: « L'étal do nos élises ne vousrt-
Pirde point, » mais: « Béglei, d'ipt'i
usage, les Eglises. > Ce fureet donc le
canons, et non pas les Alpes, qu'Hiliin
donna pour limitée h la juriulcIionduPii*.
Un autre endroit delà Fia du saint éit^M
nous amène h conclure que ses l'iainid»
portaient pas sur nn point ettriiutoeiil
important; par conséquent, qii'iNlnl
question d'autre chose que d'un eiinbt-
sèment de l'Eglise des Gaules par lu Siiu-
Siège.
Au nombre des personnes qu'Hiiiiti
açrès sa condamnation, clianïta lidc^
concilier avec saint Lérjn, se troutKl^
préfet Auxilisris. Cet intercesseur lui '^
pondit: m Lvs hommes suppcnent iof*-
tiemmenlqu'on leurparlecouimeoafW'U'i
et les oreilles des KoœBins sortoui soi>(
d'une eitrôme délicatesse. Si vous naj
accommodies unpsii, vous gagnerîei beau-
coup sans rien (lerdre. Faites-lu poori^''
et dissipez ce nuage par la sérénité dua
//jr'>'cliangemeul (1752). ■
Un léger changement 1 un ptu de eoeipi»-
saucel £â[-ce ainsi qu'Autitisrii >ufi>'
parlé à son illustre client, b'U se Idl i^^
lui faire reconnaître en deçi des Alpci u"
suprématie jusqu'alors igiioréef iuraiH
dit que de tels égards ne compromatliiç»'
rien 7 L'opposition de i'Impétaeui i»^'
(iltUjt Sit rci ulcéra lu m Vtcnnensi arctiiepiscopo
liiivilegiiim et jus antiijuuin, i^aod apostolica beiii-
giiiUs a<l Arvlaleiisein, ei parle, uansiulit civila-
Ivra. » (S. Leonis ep. 9.)
(17i7j Vit de MJnl Romain, moine daoG le Jura,
eraonnc prêtre par gainl Hilaire à l'époque du cwi-
cile tenu contre Cclidoinc. (Solludui, die stmi
Febr.) , „
(t748) BoiXMDi's, YiU S. flifarii, c î, «- «'
dw v Uaii.
(1749) S. Leonis ep. iO. ;
(I730J Diet. encyct., ubi lupra. '
(17SIJ Vit.S. Hi/arii, G. 3, II. â.
I17â2f iW., n.â3.
\a;
NCTIOHNAUE APOLOGEIIQUC.
HIL
tm
ul Jooe ))las ardenlA que bien fondée.
Lesiiileurs suivis par H. Le Bas, el qui,
,iiRl lui, ont prétendu qua le Sainl-Sié^a
lepouisit être regardé par la métropoiilaio
'Ark'9 comme le tribunal SDpréuie ilea
i\»\i eccIésiBSlicJuei. se fondent sur ce
ae icscanons du concile 4e Sardique, leDtt
u 317, éul>lî9saieet seulement que le Pap*
ournil rériser les procès des éf doues, et,
il ; trouvait des illégalilés, lea faire re-
immeacer, mais daos ta prorioee de Tac-
isé. Or, (fjl-on, saint Léoa jugeait lui-
ttœa 1 Konie el ne se bornait pas & faire
muieler en Gaule, sou.t ies yeux d'un
!til, les procédures qui lui avaionl été
«■nùies. Par conséquent, saint Uilaire
liliiK indigné de cet •laiiiètemenl, et ce
^Ditessaireroeot une protestation cootrs
Hk usurpalion qu'il (Il à Itome.
E'i bieal admettons cel(« supposition.
cnsuit-jl que i'éréqu^ d'Arles ait refusé
: Pipe toute juridiction sur la Gaule? Il en
lulie seulement qu'Hilaire aurait limité
Ile jiiricJictiun, en désirant qu'elle ne
ITrinthli pas de l'uiage ordinaire établi
Al. "
KiisiB fond, y eut-il usurpation de la
n da Saini-Siégo? Non, car depuis le
BdliideSardique la législslion avait été
>l>euB)0(litiée. L'an 378, i la prière d'un
mit dt Borne oi^ s'étaient réunis un
lodnoobre d'évéques de toutes les par-
^''ei'Jlalie, l'empereur Grotian, pn char-
ui l'Jutiirilé militaire de faire eiéculer
1 il^crel, s'il se rencontrait desrécatci-
M, Ordonna que les métropolitains
mes de comparaître devant le Papo s'y
Ikiieni, ou devant des juges nommés
'kPtpt.ou devant un concile de quinze
pu voisins. On est autorisé à croire
ce fut en consétjueDce de celte onlon-
'^edeOratien L)ue saint f>éoii jugea lui'
u les prélats gaulois, cbose que ee zé-
urde ta discipline n'aurait pas faite si
rûl encore été sous la ceule règle de
lique. Il n'y a donc aucune preuve que
I léoQ ait iiorté alleioluà l'indépendaDce
Eglise gallicane.
lim Hilaire, d'ailleurs, eût-il dénié au
e le droit de recevoir ies appels iotei^
Ipir las Gaulois, on aurait encore tort
irequ'jj lui déniât toute juridiction en
't; car, outre le druil de recevoir les
-l)> il y avait pour le successeur de
1 Pierre, centre nécessaire de l'Eglise,
'roit dfl surreiller partout l'exdcution
Cioonssur la foi el la disciplinb (1733}.
' hnat pNT «iBt MHiire l«» i4sdIUU de l'asMl
IU(()el£ k ton» pw l>UdotneT
. Le Bas.— • Tel fut le péril où il {taini
3Jl Sar le lirait de surveillance géiitlrale dans
t^inritiué ■■ Pape, voir Kosaikt, Etpothion
<«i'iw cathoilqiu, c. 21 ; FLKimv, iHiiiimioH
•" MeUùaiHqne, pari, m, c. 2; FaxissiNOis,
"riprJNciptt de rkiitiie galUcmit, ariîutc n :
fnpnaU. — P<inr !« /'('iTi'i de Craiici), wr(r
'*,»'«. ter!.. I. ïvu.n.ileiH.
ffilotre) se mit par sa franche et courageuse
résistance que, pour n'être pas retenu
prisonnier, il fut obligé Oe ae ssnrer furti-
vement et de traverser lea Alpes i pied dans
la saison ll plus rigoureuse. CélioolDff fut
rétabli d'autorité, et l'évéque d'Arles so-
lenoellement blAmé par la cour de Itome.
Cependant saint Hilaire , ne désespérant
pas d'éclairer le Pape, lui envoja une am-
besiade composée des membrfts les plus
distingués de son clei^é. Cella tentalire ne
fil qu'aigrir davantage saint Léon, pariée (|ue
sailli Hilaire se retusait h toute CMKeiisi»))
sur la reconnaissance du droit d'appel par
relise des Gaules (175&). >
Ce ne fut pas la peur qui cbassa de Rome
saint Hilaire ; son légendaire nousditcqu'il
ne s'effrajrapas de ceux qui lemenafaiâM..,
el que, ne pouvant les convaincre, il les
abandonna (1755). » Si la crainte l'eût fait
fuir, c'est à cheval qu'il aurait gagné les
Alpes,|)our mieux éviter ceux qui T'auraient
poursuivi. Mais personne ne fut lancé è aa
poursuite, et lui-mftme n,e ae rendit k pied,
bien mieux & pieds nus, de Rome k Arles,
que parce qu il ne voulait pu d'autre ma-
nière de voyager.
Saint Uiljiire, parce qu'il avait probable-
ment maniresté son intention de ne pas
attendre la fin des débats, refut des garJes:
mais rien ne prouve qu'il ail été menacé de
ae voir refenu priionnitr et jeté en uuelqus
cathot, à propos de Célidoine. Ni saint
Léun ui Valentinien iU, dans leurs décrets
sur l'éveque d'Arles, n'ont dit qu'il se soit
soustrait par la fuite i un cbAtiment de ce
Senre, ou h tout autre punition corporvlle
ont ils l'auraient cru digne. II est vrai-
semblable que les gardes furent donnés à
saint Hihire par l'empereur Valentinien UI,
furt irrité contre l'évoque, comme le montre
le rescritdont il appuya la sentence pro-
noncée par le Pape.
Célidoine fut rtffobft, non pas d'autan'/^,
mais Bfirès reudition des témuiiiD veous è
Kumet et la sentence prononcée en Gaule
coulre lui aucnil élé, d'ailleurs, maijitcuuv.
si elle eût paru assez fonJée; saiiU I^éon
l'n déclaré.
On 0 dit encore qu'Hilaire avait été lo-
ImtutUment blâmé par ta cour de Rome.
M. Le hài confonii, co me seuible, les re-
pruciies adressés aux discours peu polis
(17S6) d'Hilairu avec les remarques sur In
déposition de Célidoine. Sur le premii-r
point, saint Léon est sévère; sur la second
Iioinl, il prononce deux mois qui réprou-
vent comme injuste la sentence prononcée
par Hilaire, mois sans le taxer tui>uèuiu
d'injustice.
Kn effet, quand saint Léon déclarait Cé-
lidoiae if^u$temenl dépoté (1757), c'était, si
(IT5i) Dtti. fiieycl.. nbi mpta.
11755) Vil. S. Hihrii, w, «.
(1756) S. LtMma e|i. tO : < Ad » se oc* iilla ror-
diS'ipsiusi U-aiisluleiuiil, (jiiu; tiiitliit laivuium dt-
cero, nullus ucrniutiim |i<i^i;i att.liii-. i
(1757) S. Uuais Cl». IU.
tm
Rtt
MCTIONMi^E APOliOGETIQOC
liii
oiTT pr«nd Ktnle, uniquement le résultat
•le la procédure, appuyée , par malbeur*
kur de faux témoignajjes, qu'il Irouvail
coniraire k l'équité- La preore, c'est que,
dans Ja supnosilion de la oulpabililé de l'é-
Téque d'Arles, saint Léon ne s'en serait pas
tenu h ces deux mots fort peu nettement
dirigés contre Hilaire; non, il ne s'en serait
pas tenu è rela, lui si animé, si prolixe,
quand il raconte les Tsutes commises dans
I affaire de Projectus. Ensuite, il y aurait
eu nécessairement dans les reprorihes une
part pour les évéques qui axaient siégé aux
fidtés d'Hîlaire, et, de concert arec lui,
déposé Célidoina.
H. Le Bas pense que l'ambassade arlé-
sienne partit pour éclairer le Pape et con-
liawer a protester contre le droit d'appel.
Cependant la Vit du saint se contente de
dire que les enrobés allèrent ■ apaiser,
iiar une tiumililé profonde, t'«!>)}rit de Léon
(1758^. ■ Il est donc *rai que saint Hilaire
restait obsliué, Je ne sais sur quel [loint;
mais la préfet Auxiliaris nous a s?erttsqHo
c'était undélail asseï peu grave. Ravenniùs,
i-bef de cette ambassade, fut élu, après la
mort d'Bilaîre, pour lui succéder. Quand
ou eutdemandé'à saint Léon de coiilirmer
l'éleclion, il prolesta que ce choix était
moins le résultai d'une apprëcialiori bu-
maipoque d'une divine inspiration; il dé-
clara que Ravcnnius était un iiersonnage
Îuu lui aussi se plaisait k approuver (1759).
ans celte épitre, comme dans trois autres
rfllativcs h ce nouvel évoque, on ne ri*n-
cunlre aucun souvenir de cette prétendue
llièse schismali'iue que Kaveiinius, selon
M. Le Bas, serait allé soutenir è Rome de
la part de saint Hilaire. Or, croit-oit que
saint Léon aurait gardé un tel sileuce sur
un Tait pareil? Au reste, la députniion n'eut
|>a3 la mission que M. Le Bas suppose. Elle
partit d'Arles non pas ft la suite av l'affaire
de Célidoine, mais après la révision de la
cause de Célidoine et de celle de Projec-
tus.
£n effet, l'évèqne d'Arles o'ajant été con-
damné et puni qu'A l'occasion tle Projectus,
ce fut alors seulement qu'il eut besoin que
des ambassadeurs allatsent apaiser t'eiprit
(le Léon. Les deux procédures, d'nilleurs,
se suivirent immédiatement. « Célidoine
tut absous, dît saint Léon,.. A cette affaire
ainsi terminée succéda la plainte d? notre
évéque et coévèque Projectus (1760). » Ce
lauijage suppose que \ts deux accusslious
furoul jugées & très-peu de temps l'une da
(1758) ru. S. Uitarii, c. S, n. 22. Au n. 25 nons
lOfoiisque HecUire de' Digne el Cniislance d'Uiâ
atlereiil aussi intercéder pour Hilaire,
(1759) Ef. 36. — Yeir encore ep. 37, S8, 51.
il7U0) Ëp. 10.
(1761) Ep. 10 : I Sachant bicQ ce qu'il roériUtt,
il s'nt sonslrait par une Tuiie Lonteuse quand ou |e
cherdiait pour défendre sa cause. ■
(I7b'aj Le biographe s'exprime ainsi (Vit. S. Ht-
fuiii. c 3, n. 23) : < Comme je n'ose discuter,
même ta les racoulant, les jugvmcntï de ces illu»-
(rc> [H:i;tOuuagcs {HUnrt et taiHt /.ion), mauilc-
l'autre. L'intervalie fut si court qu'en j'ot
cnpaot de la seconde causa on toi im
surpris de ne plus trouver k Home Véitqit
d'Arles, qui avait assisté k la oonclasioa dt
la première (1761).
L'anacbronismedeH. LeBastnrl'jpoqit
du départ de l'ambassade srlésieDot m i
grave dans ses conséquences: illiistcmiiie
aue l'évéque d'Aries avait été puai à cwi
B Célidoine, el il aide à faire {wdndt
Tue l'histoire de Projectos, véritable Doin
de la condamnation.
Ce qui aura pu servir peut-être da pr^
texte î l'aoleur, c'est quels fititiml
Hilaire parle de celle députaliou louiilt
suite après le récit de ce qui concemeCt-
lidoine. Hais M. Le Bas aurait dû jW
cevoir que le rapprochement desdeuilim 1
vient de ce que le vieux légefidaire lou
toute l'affaire de Profeclus, qui n'élail pu
le cAlé glorieux de l'btsloire deréTtijn'
d'Arles.
Cette précaution d'oublier la bule i>
saint Hilaire m'autorise k croire qoe I'id-
cien biographe n'aura pas eu moiu et
soin d'outrer tout ce qui pouvait eicileth
sympatbie pour son héros, et qu'il bii>
regarder comme des exagératioiiiiJïFi<i(-
gfriste nne grande partie des périls nu-
rus h Borne par saint Hilaire, atlsviii
rÛt» et VMmaci de perdre la tii (11^.
Le Bas a sans doute pensé k peu \m
de même sur ces prétendus diDgèn.t»ii
n'a rien dit des menaces de mort par|(!-
quelles ou aurait voulu effrayer l'iulleitt't
prélat. Au reste, s'il y en eut, elles nt lui-
rent évidemment être faites que p»r mu-
3ue ardent séquanais , partisse de uii-
oine.
Bien des inexactitudes viennent^
signalées dons le fragment du Cidiiwi
tiuyciopidiipu, etc., que nous stm^
miné. On pourrait en découvrir iTiïW
encore, et demander par exemple, lip"
que l'ambassade de saint Hilaire s'a'P'
qu'aigrir davantage saint Lion. U ""i"
suffit d'avoir vu que les résullaU dt 1)^
pel interjeté par Célidoine ne furent!*"
aussi humiliants ni aussi përilleni ^^
saint Hilaire que U. Le Bas l'a cru, r"^
que le sainl ne se vil ni bISmé, ni hmh'
de la prison, ni obligé de prendre li w^
BllalreT
H. Lb Bas. — « Saint Hilaire s'élail if"
Mani MTiml qalls oat été appelés »■..{«**'*
ciel, il suffira de dire ttriérataent )|u1ldaiK|a»"
Kul k de« adTOïaîres si éminenU; qu'il wt t» .
point quand on le menaçail; qu'il insinnUit *f,
le d^intt; qu'il convainquait si on ditcit»i:f-
n; céJa point aui pvissanta; que, nma'"^
de perdre U »lc, il ne consentit en auwet ««^
à s unir de comninniou avec celni qu'il '"'"^
damné en compagnie d'houiùMï si •>éaén\if\^
uialgré l«« gardes qu'on lui avait douiiés «11""**'
rigueur de l'hiver, il crut devoir aluiidouKf (<*'
qu'il ne pMvallSÉchir par la raiïou. i
to^aennp dVonemis pir la séfdrilé ds sou
rè'e « par nn ardsari flétrir tes JDJus-
tirta dcf rirbes et det puisMDts, Ils a'en-
roorag/rml à l'allaquer; dsa aecusationa
p^rie* dr ta imir du préfet dea Gaules
noirrirent son earaelère »!l m conduite. On
préleodîl in 'il ^uTemeil soa tniapeau en
dnpolp. qu'il pareonrail les provioees avec
un api'areil mjliuire, qu'il faisait violenee
i la liberié dus suffra^fs dans les élecEions
oà le pcaple el le clergé choisissaient leurs
miiiislrec. Le Pape crut ou feignit de croire
a nm accusalions (1763). >
M. Le Bas fait évidemment allusion k
Vafliïire de Projectus, à qai saint Hîlaire,
sras respect pour les lois sur les élerlions.
tfouM on saccessenr, quoiqu'il vé^iùt en-
r-fe et qu'il ne TAl pas son suffragant.
ll*ispmirquoidoBe l'aiileurdu Dielionnaire
tmf^ehpédique ns prononce-t-il pas le ootn
•)r Pnqeclas, et n'at>orde-l-il pas nettement
)f biir N'«ira-l-ii pas tâché de voiler, par
•iieeiposilinn peo claire, les suppositions
piunln qu'il aTandt T
H. Le Bas vuit saint Hilaire entouré
d'cDneiaîs. Ponrlanl, il ii'jr a qu'un moment,
m nous laisail envier le ■ piens bonheur
dont il jouissait su milieu d'un lrou|ieau
éndie i sa «nii el rempli pour lui do
^én^Htàaa et d'amour (1164). •
Oè cal la preuve qn'une ligne se soit
f»wiaée cADire lui, el que le préfet des
Csafés ail été k la lAte 1
OA est la preure que le prélat ne se snil
pas fait accnmpBgner d'an appareil milî-
brrp, el que Vateniinien ait meolî daiM son
rescril en leùisantf
OA est la preuve qu*Hilaira n'ait pas
*.ù!é les canons relatifs aux élections épis*
'•v.-aleSt et que les diocésains de Projcctus
I li aient faussement reproché celle viula-
.lOO?
Où e*t l'indice que saint Léon ftigiùt
peut-4tre de croire a ces accusai ions T
M. Le Bas n'en présente poini, et nVn
peut point présenter; W se borne i dire
'^o'en priUndit... De sorle quo quand Prt>>
jectns se |)laigDail d'avoir, vivant enco-
re, reçu un successeur, c'était .le sa part
une sotte préltniîou que de soutenir qu'il
ii'élAil pas mort [
Km qwl eoMÔta b caadnnBalkn de ulnl HUafre pir le
pipe niât Léon.
V. Lceas. — ■ Bienlât il (latnf Léon] dé-
r'ara saint Bilaire déchu du son sit<^e. le
'•-'^•ara de la communion chréiiennc, el
'radsféra toutes ses [irérogatives k Léonce
le Fréjus (1765}. >
Saint Léon ne déclara pas «aîni Bihire
léehu de son siège, il ne l'eicoiuniunia
APOLOGETIQGE. RIL 1112
pas, et il ne Gl pas Léonce bérilierde
ses prérogatives.
Ce que |>erdil l'évèque d'Arles, ce furent
le titre de métropolitain et le droit d'assis-
ter aux ordinations épiscopales. Le gou-
vernement de son ^lise lui fat expressé-
ment conservé (1766). Vienne reçut du Pape
les préroKaitves mélro|>oli laines enlevées
à la cité a Arles (I767j, mais Léonce n'ob-
tint rien. Saint I^n, prévoyant le cas où
la tenue d'un concile de plusieurs provin-
ces pourrait être nécessaire, proposa aux
évéques gaulois deconfért-r au plus ancien
d'entre eux le droit de convoquer ces as-
semblées. Léonce, àcauîodeson grand 9go,
fut offert par le ?afte k leurchoix, d'ailleurs
laissé libre. Le pru|i>l n'ajraiit pas élé a^éé.
le pieux év^ijue de Fréjus (si toulc-fois il
s'agissait de lui) demeura dans l'obscurité
quil s'était choisie eu abJiquaol l'épis-
L'oiiat.
Puisque le Phpe aissa saint Hilaire r^n-
linuer ses fonctions k Arles, il est de toute
^idence qu'il ne l'excommunia pas, malgré
ce qu'en a- cru U. Le Bas.
L'historien aura élé trom|)é par les lignes
suivantes de saint Léon : ■ Hilaire s'est
soustrait par une fuite honleuse, privé dv
la communion apostolique, ï lai|uellc il
ne mérita pas de participt-r. C'est la niait»
de Dieu, nous le croyons, qui, sans [pm
nous 7 eussions |»ensé, l'a traîné A notre-
tribunal, et l'a fait secrèlemetil fuir pen-
dant les débats, de peur qu'il nepartiiri-
pai h notre communion (1768). ■ Cela vent-
il dire que le Pape ait escommunié l'é-
Téque d'Arles T Pas du tout. Le sen» bien-
clair dece passage, c'estqu'Uilaire ne vint
pas célébrer tes saints mystères el commu-
nier avec le Souverain Pontife. Déjà sa
Vie nous a appris qu'i Kome >l n avait
pas voulu eommunior arec Célidoine. Il no
montra pas plus de courtoisie pour saint
Léon ; mais il n'eut toutefois k subir d'ex-
communication que celle qu^l s'înlligea.
M. AMPftRB. — « La mansuétude de 5aint
Hîlaire n'était pas trés-remsrquable... mais
saint Léon n'était pas non plus doué d'une
grande patience, et du heurt de ces deux
fougueux personnages jaillirent du part et
d'aulre des expressions extrêmement vio-
lentes. Ecriranl aux évèques qui dé|ien-
daienl de lu mélropole viennoise, le Pajte
su plaint irès-amèromenl d'Hilaire : ■ Il fs!
* venu i Rome enfliî par l'esprit d'orgueil.
■ il s'est condamné lui-même h l'enfer; co
■ n'est pas un pasteur, mais un brigand. ■
Léon l'accuse de barbarie pour avoir nommé
h un évèché sans attendre la mort du (los-
sesseur expirant. D'aulre part , l'évêque
d'Arles n'avait pas beaucoup k se louer de
la douceur desaini Léon; ear^àpciae arrivé
f'^VX) Wrl. tMtmcl., Pic. ubi lupn.
«("TM) YpirtfA. 1155.
i\~^ïi VU Mpra.
>\~j66; s. \A.tt>a% rp. 1(1 : < ... Sii« lamcii civi-
'iis itli ssKcrdotioH, pro sedis aintïlvUca; pieuir,
pneceplio noMn servjrcril. i Valmiinianî ile«TC-
lutn : ( QiiimI aJhec rpiscopum niinciii>3ri sitU
laansuetî prarMiiîs pcnuillit bvinanilas. t
(1768} iLi». 10.
DICTIOMNAIRE &POL0CKT1QUE.
lu:: UIL
h Roaae, le Pape s'était assuré de sa per-
sonne (17(i9). »
Que pensez-»ous (Tan Pape en colère,
surtoDt quand il a pour secrétaire notre
spirituel Iiislorien T
J'ai monlré, dans nn précèdent paragra-
rhe, combien il est inexact de dire que le
Pape se snii aituré de la pertonne d'Bilaire
à peine arrivé à Rome; car on ne sait ni par
qui, ni d quelle époque des gardes lui fu>
rent donnes /.
Saint Léon a-t-il accusé l'éTéqae d'Arles
d'Are venu d Home mflé par Vrtprit iFor-
?ueil: et dfl i'Ar« condamna tm-mime à
enfer r
Ce n'est pas de snint Hllaire qu'il est
Îaeslion dans cet endroit de l'épltre ; saint
éon parle, en général et sans dislinclion
de [emps ni de lieux, de tout chrétien qui
se réïolte conlro 1b successeur de saint
Pierre. ■ Quiconque, dît-il, refuse la prin-
cipaulé k ce chef- de r%]jse n'en dimi-
nue en rien la dignité, mais enfié par l'es-
prit de son orgueil, se plonge soi-même
eo enfer. » Pour eppliquer celle phrase *
saint Hllaire, M. Ampère n'a eu que cinq
mots k intercaler dans le texte oriKinal,
rien que cini) raolt : /^ eit venu à Rome.
Voudrait-on disputer pour ai peu de chose?
11 est impossible que l'historien n'ait
pas éprooTe de la répugnance à croire
que le Pape traita l'évéque gaulois de
brigand ; la répugnance de U. Ampère t
raison. f.
^ Saint Léon, dans le passage incriminé,
cite un mot bien connu de rEvangile. ■C'é-
tait montrer, écrit-il, non pas la diligence
julatiiireii'un pasteur, mais la violence O'un
larron, le Seigneur disant : Celui qui n'en-
tre pai par la porte dinu le bereaildei bre-
bit, mm» qui y monte par un autre endroit,
eeiui-tà eel tm voleur et un larron (1770). »
Kh bien I saint Léon jelait-il une injure
k la face de l'évéque d'Arles T Nu votl-on
donc pns qu'il répétait, lui, premier re)iré-
sentant du Christ, uu arrêt du Christ, une
maxime de l'ËvaugilcT Qu'un censeur, s'il
le r<>Lit, ne croie ni h l'Evangile ni au
Chriït, Hilaire el Léon y croyaient. Pour
eux, li:s expressions môme les plus dures
du lirresacré étaient des oracles; en pussent
sur des lèvres divines, elles avaient perdu
tout ce qui pouvait blesser. II fallait se
placer au point de vue de ces hommes pour
juger leur tangage; alors on n'aurait pas
changé une parole de Jésus-Christ en ce
vil propos que nous avons entendu.
Pitoyable délicatesse, scaailalisée pur des
allusiuns et des métaphores dont le cueur et
lebon goQt de Féufllon n'ont pas craint de
se servir (1771)1
M. Ampère est encore fort peu édiGé de
ce que saint Léon accuse da oorAorie l'évé-
(i709)ffifl. «H., etc., L II, p. 75. dnnt on exagère trop les m»ll»e«Tt, mwww'^!
(1770) S. LsoNig ùp. 10. —C'est i l'occasion du foute à l'Eglise, les uns sur les aiilrw, rAIW"»*
la conduite d'HiJaire dans la ville de Projeclus que de loup ratiuanl devenu aRoeau, le Powu»^""
aain L^n narlu ainsi. (DtuoHn pour l'Epiphanie.) i
(lîTiJ * Veis k x- Blccle, dit-il, daiis ce siècle (1772) llUt. (ii(., Me,, t. U, p. 73. I
que d'Arles, poor avoir donné un sdchs-
seurà un prélat malade. C'estde Prajeciiii
qu'il s'agît. Or, il est difficile, pourptu
qu'on soit ému, d'employer aas toln ei-
Rressïon qne Mlle qu on ittribue au hpe.
'est-ce donc pat une dureté impilojiliJt
que de ravir h un pauvre malade, luimt
la remarque du saint Pontife, tout upw
de guérison, en lui montrant on luccaswr
mettre de sa chaire ? Avant de dépouille
< un homme, ne doit-on pas lai hiiur m- j
dre le dernier aoupir, qui tardera piH^h !
asses pour qne l'agoaisant puisse, cseii
Projeclus, en appeler ft Rome et sain
i réintégrerT On te voit, la pitié d( M
Léon n a pas plus que sa sévérité le to-
faeur de plaire & notre historien.
i H. AMràiB. —■Cette lettre de Léon M
Irès-imporlsnte. On y voit poindre iupr»
tentions de l'évéque de Rome i la dooin-
tioa du clergégaulois. Elle est rétligéti»
an mélaugo de hardiesse et d'babiMé »•
trémemeni remarquable. Léon as h boiw
pas à revendiquer les droits de l'tpMols
confié pnflct|Ni/niienfdi>iaTe; il istértSN
adroitement le clergé des Gaules i li cms
de la suprématie romaine; il sccn» m
fois Hilaire de méconnaître oe qu'il ilftiH
bienheureax Pierre, el d'empiéter s» fa-
dépendance des antres métropolilaiiu.C>i
en se présentant comme lovengeurdcln
privilèges que le Pape jette le fooikaai
des siens. L'audace et la prudence dtli|*-|
; litique future de Rome sont déji leul»
lières dans cette tactique do Léon;nk
nous avons trouvé un Pape (1773). >
Quand on entend U. Auipere aaaljwi
sa manière la lettre de saint Léon, ODMf-
gurequu le Pontife laisse limidemenl^
per de vagues paroles sur ses prérogiiii^
et qu'il tâche, en prenant le parti dn i^
tropolitains, d'établir un précédeiil|M*
dire plus tard supérieur même à cdl**
niers.
Non; il n'y a dans la lettre de ce Pipe*
ruse ni audace ; on y entend lelang»gîil'«
autorité sûrs d'elle-même el du r«i|ieci^
inférieurs. Ecoutons saint Léon:* Le Sd
gneur, dit-il, en ordonnant que ce m'^
tère sacré (de la prédication) îùt un dnA
' voirsde chaque apAtre, l'a conGé priocil'
lement au bienheureux Pierre, le [ilusO**
de tous les apûtres* et il voulut que de M
pour ainsi dire comme de la tète, s»''**
coulassent dans le reste du Gorps;E0 5»^
Îus celui qui s'écarle de la solidité'
ierre doit comprendru qu'il n'apl»[**
part h ce mystère divin. Ce que le Clirt"
est lui-méuie, il voulut qu'où en donMIi^
nom i Pierre, quand il l'admit isoiiiuJ"''
sible uuité par ces mots : Tues P''"'-*
fur cette pierre je bâtirai mon Hgiii'i^'''
alin que l^difice de eu temple eteraelil^
tm
OICnONXAIRE APOLOCETIQUE.
DO idiDireblQ pririlége d« la grâce de Die».
repoiti isr li solidité de Pierre. Il corrn-
tNMi «M Balise pir eelle fennelé, pour que
la lémérit4 huiDsIneae l'assailUtpas et(|oe
Jesporlude l'enfer ne pr]6ralossent pas
Mirire elle. Maie la sUbilîlési sacrée de
celle pierrei eoosoliiMft par la maÎD ménie
de Dieu, comme doi» t'srons dil, oo cher-
che àla violer par uneprésomplion Iropim-
pie, quand qaelqauD veut en briser la
paifSMce, en bvorisani ses propres pas-
siofu, oa en ne suivaut |>ai ce qu'il a appris
des anciwis .... Que voire frslerorie re»
cooDaisie donc avec noua qae les éTéqaes
de votre province, i caofe da respect da an
iiéee spMtoliqoe, l'ont consulte par une
iouiiiédereqiiétes, et qne diverses causes
lui ajCDl été portées per appel, selon l'ao-
cieaMfloolQoie, il a confirmé on cassé lei
jugenenU qui avaient été rendus .... Hais
Hiiaire, voulant troubler l'état des ^lisea
•t la paix da l'épiseopat, s'est écarté de celte
ronle que dos locAtre* ont fidèlement le*
nueetan'ils oBtooosBrvéepour leur bon-
bttur; il a désiré vons assujeltir k son poo-
voir, Biaia sans consentir h être sonmis lui«
Btéine ao bieabeareai apAtre Pierre. •
Véritablement vous semble-t-il que, dana
ce considérant de l'arrêt contra Hilaire. la
Mputé aa fisse que pQÛuÈreT Vons sem-
we-l-il que Léon ne cherche qu'k poser
dtut'aïaiire une sorte de pierre d'attente
Mr Jjquella plus lard ses snccesseura ponr-
n»i appujer las monnmeals de leur am-
l*i(iODT 11 n'j a, mfime dans Grégoire Vil,
râeo de plus pftsitif que cette leUre, rien de
} *ht fort sur ranlorité tpirituriU du Saint-
l»as
M. Ampère trouve la pape aussi ntsé
q u'audaeJeoi, parcequ'il se présente comme
« ençeur des métropoliuins. Mais, puisque
UiUire, en donnant un successeur à Pro-
i «cius, avait mécoonu les droits du métro-
l«lîlaui de l'une des provinces narbonosi-
s«s; poisqoe i l'oceasiou de Célidoiue, 11
■fait, selon H. Ampère, empiété sur les
prért^tives du métropolitain de Vienne^
Je quoi son juge pouvait-il doue s'occnper
Jans la seulence, sinon du peu de respect
Je l'évéque d'Arles pour les droits desmè*
jvpolesr
A U place de saint Léon, nn Pontife moins
fioarvu d'awfaci et à'habittté aursit-il vi-
Lretenu les prélats gaulois d'un autre su-
jet que du sujet en question? leorsarsitril
[orlé Je» débordements du Tibre ou des
exfiaUiaoas pestilentielles des Marais Pon-
La lettre de saint Léon n'est point aoda-
sieuse, puisque le Poniife ne réclame que
robéissancs pratiquée nir les âges anté-
rieurs, etqu'en réglant les droits de Vienne,
J'Aries et jdes provinces narbonnaises, il ne
Eail que ce qu'avaient tait avant lui Zo iiue
H Bonibce I".
On- ne peut j voir non plus une habileté
iktrèioeiBent remarquable. Et'.-ce pour nous
kUnoer on échantillon do cttta habilelé si
^cuJtnteque H. Ampère bit jeter |)«r l«
Pape i saint Hilaire le non de kri§a»dî Si
la papauté avait voulu faire de la politique
adroite et qui pût s'emparer de l'avenir,
elle n'aurait pas liu premier coup (puis-
qu'on suppose qu'elle parut alors seule-
ment sur la scène), elle n'aurait pas, da
premier coup , si rudement frappé et dé-
pouillé le métropolitain d'Arles, le métro-
politain de la cité principale des Gaules, En
voyant Hilaire précipité si baa, qu'est-ce
3ue l'éftiscopat u'aurait pas eu h craindre
e l'arbitrage de Home? devail-il être fort
engagé k préférer le tribunal du Vatictn à
celui de ses conciles nationaux 7
Cette observation me semble décisive
contre l'opinion de H. Ampère; anssi l'a-t-
il soigneusement ' esquivée , en passant
complètement ous silence la résultat du
débat élevé entre saint Hilaire et saint
Léon. Pourtant il avait dit : ■ Ici Dons
rencontrons nn fait qui mérite de nousai^
réter un peu plus longtemps. C'est la pre-
mière lotte sérieuse d'un évéque ^OR^K et
d'un évèqoe de Rome : la lutte de Miut Hi-
laire d'Arles et de saint Léon. •
Le point le pins important de celte luti»
iirinu», c'est la victoire. Or, comme ai l'on
ignorait qu'il v ait eu victoire pour l'un
nés deux, M. Ampère, après avoir raconté
Îu'Hilaire fut fort mat rtçu à Home, que U
ope le kâla de i'auurtr deia pertùfuu et le
nomma brigand dans une lettre anssi re-
marquable par ion audact que par m pru-
dencr, M. Ampère, après ces détails, repré-,
sente les drux aniagonùlei dan$ une alli'
tude hoitile et courroucée, pareils I peu pria.
k deux lions de force et de colère égales,
accroupis en face l'un de Tautre, et se iDfr<
naçsut sans se craindre. Est-ce bien la vé-
rité r
Je comprends que, si notre historien eAl
parlé delà conclusion de ce démêlé, il n'au-
rait plus pu dire que tes préteniiotu de l'é-
véque de Rome commençaient seulement è
pomdre; car, combien, au contraire, ne
devait-elle pas être enracinée dans la
croyance générale, celle autorité qui dé-
possédait on métropolitain et se voyait .
obéîe I
|TD.
iliwMt& in wlir HIUImT
H. AarèEE. — ■ Enfin nous avons Irtrové
nn Pape. Léon marche d'un pas décidé vers
l'idèatque ses successeurs mirent six siè-
cles â réaliser. L'ère de la papauté consi-
dérée comme pouvoir politique s'ouvre è
Léon 1" et se ferme ) Léon X.
■ Jusqu'ici nous n'avons pas beaoeonp
entendu parler de Rome. Elle a pHs part aox
débats tbéologiques. mais elle ne les a pas
doiuinéit; ces grands procès n'ont pas été
jugés par elle, mais par des conciles tenus
en Orient, dans lesquels elle avait une
plaee d'Iiooneur, nou «ne décision souve-
raine. Parmi les grands écrivains qui ont
illustré l'Eglise , il ne s'est pas cDCora
trouvé d'évéque de Rome ; saint Léon est le
1UT tnL DICTIOMMAIRE
firetiiler. Uaîntaniint Is tnnr de Kotne est
arriva; la flo du mèioe siècle verra naître
tirégoirele Grand; pendant les six siècles
qui Tont Tenir, les bommes éminenis se
suivront de près sur le si^ge de saint
Pierre. Saint Léon peut élre considéré
comme ouvrnnt une série glorieuse de
grands Papes; il anparxtt dans l'Iiisloire
«niro les Huns et les Vandales, modérant
Ci<>nséric, arrêtant Altila. II commence le
rA!e civilisateur de la papaulé «b ployant
et ilomplanl les barbares (1T72*). ■
Je souscris k tous les élogi's donnés par
BI. Ampère è saint Léon; seulement je ne
vois pas comment on peut dire que ce Pape
ail marché d'un pas décidé vers l'idéal que
ses sucne-seurs mirent six siècles h réali-
ler. Cet idéal réalisé par Grégoire VII, c'é-
tait la suprémalie polilique unie à la su-
prématie religieuse. Or, quel acii), moins
que cela, quelle pirole de saint Léon sup-
pose en lui une préteoiion de ce genrpî
Îuel empereur essajra-t-il de disposer? 11
ut très -grand Pape, maii Pape seule-
meol.
Si jusqii'h saÎDt Léon M. Ampère n'a
guère entendu parler du Saint-Sléue, c'e^t
sa faule.je l'ai déjè dit. Que n'a-t-il inter-
rogé les scies des cunciles et les décrtts
des Papes? ou, tout au moins, que n'a-t-il
pris garde aux eudroils relatifs à la papau-
té dans les ouvrages mêmes dont il s'e&t
occupé 7 II a fort longuement discuté sur
saintirénée, saint Bilaire de Poiliers, saint
Ambroise, Casslen, saint Vincent do Lérins,
saint Prosper, saint Augustin, qui tous cé-
lèbrent la suprême dignité de la chaire de
saint Pierre. Par quelle fatalité ces nom-
lireux et éloquents liommages se sonl-ils
donc tous et toujours dérobés aux investi-
gations de M. Ami^èreT Je ne puis rappor-
ter ici que quelques mots de ces précieux
témoignages.
Saint ïrénée. — « Quand nous faisons
eonnallre la tradition de la très-grande
Eglise fondée è Rome par Pierre et Paul,
nous confondons tous ceux qui, pour quel-
que molir que ce soit, ou mauvaise com-
plaisance en eux-mêmes , ou vaine gloire,
ou aveuglement, ou sentiment erroné, re-
cueillent Ueur croyance) ailleurs qu'il ne
(sut. CarcVst avec celle Eglise, à cause de
sa plus puissante primatie, qu'il est néces-
saire que toute l'Eglise s'accorde, c'est-à-
dire les fidèles répandus en tous les lieux
(1773). M
Samt Hilaire de Poitim. — ■ 0 Pierre,
foudemeatde l'Eglise et bienheureux de ce
nouveau nom qui le décore I 0 pierre,
digue de cet éditice, loi contre laquelle se
APOLOGETIQUE. BIL ||tf
briseront les lois de l'enfer «t les portai dv
Urtare, et toutes les barrières de la moril
O forluné portier du ciel, les clefa ds l'é-
teniel séjour sont confiée» h la Tt>lonlé,ct
tes décrets sur la terre ont au ciel uneiti-
torilé ratifiée d'avance (171^>. »
Saint Ambroite. — ■ L'Eglise de Bomeitf
la tête de l'univers romain; c'est d'elle qtM
se répand sur tous le droil sacré de li
communion (1?75J... Là oik est Pierri!, li
est l'E^lifte (1776). >
Catnen. — « Pierre, le premier discifilg
1>armi les disciples, le prunier maître parmi
es maître», placé au gouvernail de l'Egli»
romaine, a reçu tout à la fois la primautédt
la foi et celle du sacerdoce (1777). >
Saint YinceiU de Lérini. — « Le pape
Etienne, pontife du Siéae apostoliqne,)ugei
cunrenable, ce ma seomle, de surpasser Wi
autres par le dévouement de sa foi crnilre
Agrippinuï, autant qu'il les surpassait par
l'autorité du lieu (1778.) »
. Saint Protper. — c Kome, sié};e de saiol
Pierre, devenue pour le monde le chef dt
l'hoaneur puslorai, tient par la rsHgioB
tout ce qu'elle ue iwssède pas par les ir-
mes (1779). >
Saua Augutlin. — « Dans l'Eglise de
Rome, la principauté de la chaire anost»-
lique a toujours conservé sa vigueur (l780}.>
■ Les actes de deux conciles onl été en-
vovés au siège aposloliaae; des rescrits m
sont venus, la cause (au pilagianitme} est
finie (1781). >
Quelle émulation dans ces illustres Pèr«t i
de l'Eglise à préconiser Ishsnta supériorilé
dus successeurs de saint Pierre) Celui |
ajoute encore à ifes aveux si éclatants, t'td
que les personnages qui les onl émis anitH
pu comparer leurs croyances à celles fit-
1res régions : Saint Iréoée, à celi« <i>
Smjrrns; saintHiiaire, à celles de la f^*
gie; Cassien, à celles de la PalestioaHlt
l'Egypte; saint Prosper, à celles de l'Afri-
que, dans ses relations Ihéologiques avec
saint Augustin; saint Ambroise, à ceM
des Gaules et de l'Italie, m de tout cela U.
Ampère n'a rien remarqué, rien, sinon M
vers de saint Prosper; mais c'est comme s'il
ne les avait pas vus, puisqu'il les a mai i
traduits el plus mal interprétés; il n'ydi:-
coovreqa'oo horoscope de la future gran-
deur de Hume dans le monde oecidenul
(1782).
Je n'ai citéàcet bistorieo que lesauteors
ecclésiastiques dont il s'est le plus occupé.
Que d'aulres preuves ne pourrait-on p^*
recneillir dans les rapports de Bonieet de»
Gaules. Je me borne à un exemple. L'ar-
rêt qu'on vient de voir prononcer paruii»
rtTTT) fliK. K«., etc., t. n, p. 75.
MTTS) Contra hmntet, I. m, C. 5.
jlTIi) (.'«MnuM. tu UMh., c. te, n. 7.
<1778) Svnodns Aqulleiensis, Ef, imptratoriiui
iirMunù, Vtltntinimo, Theodotio.
<I71S) JiipisJmiiMiL.
11771) Dt iHcornatioHt Domiui, 1. m, c. 12.
(1778) CpHimoRiicriain, c. 6. — Sur ce lesM s
■n autre passage (rès-inporUnl île uÎpI Vincew,
voir ViHCENV (Sainl).
(1779) Poema Dt ingratit.
(1780) Ep, (», Hlii* Ibî, n. 7. ^
(1781) Sermu 151, Ùe vtrbii apotltH, Of- K^
n. 1«.
iXlSî) Uuî.lilH.U,f. \:\
Il 19 BIL MCTHHUIAIRE
LrcHi eoDtra AriM en bTeor de Vienne n'é-
Uilpoinlaoajioufeauté. Uo srrAlLout pa-
reil, Ireats aonéwfc peu pris auparavant,
eu ti7, avait élé porte par Zosime en fa>
teurd'ArletcontreVieDDe el lesdeatNar-'
biinnaises, puis modifié» eo itô, par Booi-
Ual" (1783).
Si donc H. Ampère a peu eatandu parler
de Bomejusqu'à saint Léon, ce n'est pas
■ui docaoïeais qu'il doit s'en prendre, car,
Mêiiie k celte époque reculée, ils sont aussi
ciairs que nombreui.
11 7 a encore uoe tràs-gra* e ioesacltlude
ïoedonneraux Papes, dans les coocilesgé-
Béraux tenus eo Orient araat le ponliftûal
dïsiini Léoa, qu'une plaCB d'honneur sans
iiiQueuce importante. Nuiu n'effleurerons
f«i ici celle grande questioa, qui recevra
liileurs tous les dévelop|>ements qu'elle
(jtauoiie.
Ce De fut donc pas au v* siècle seule-
ueclque la su|>rémalie romaine ûl sod ap-
twriiiau dans l'Ettli^e, à moins que U. Aïo*
l^re n'ailacho uu autre sens que nous A
ce Dut.
Il MDble, en elTel, qu'à son avis la su-
préiuilie doive fitre uo pouvoir absolu, ua
dupolism'e osant dire : « L'Ejjlise, c'est
noi, ■ et ne réunissant des quatre coins
du BUDde catholique les évéques en coo-
aie i^oe pour proclamer devaul eux uae
iiciàniouteraine. liais alors è quoi dooc
fcninieul les concilesT Puurquoi dérau-
;er ei réunir des muets?
Si c'est 1^ ca que H- Ampère nomme sa-
prémaiie, il est certain qu'il ne la p«ut
trouver dans l'bisloire avant le v siècle,
pi luèiue peudaul lesftjjes suivants. Leguu-
reroementde l'Ei^lise est une monarcliie
ltiu|>éiée, dans laquelle réf>isco|tat estjuge
irec la papauté (1783*j. N'exigeous donc pas
de celle-ci, pour preuve de sa suprématie,
uue décisiou despotique; n'exigeons pas
<)ue la Pape, comme Moïse, descende dii
SiDû les tables de la loi i la main et le
IruQl daa5 uoe auréole d'éclairs. U. Am-
i«re a dit que la lia du V siècle vit naître
Crégûire le Grand. Or, ce Pontife étant
leuH au monda vers 5fcO, il s'eosuivrail
i|ua le T* siècle aurait été presque de moi-
tié plos long que les siècles vulgaires. Ule
béritoit biea, s'il est vrai, comme l'assura
notre liiMoriea, qu'il eubnta la papauté.
ITIIL
SM UoH demuMb-t-H trn naait de ValenUaien lU
coatnaitDtBliiIreT
H. Lk Bas. — • Afin de donner une plus
erande autorité i cette décision, saint Léou
ariii appelé i son aide le prestige, fort af-
faibli, delà puissance impériale; son arrêt
«•ait accompagné de ce fameux rescrit de
Vatentinien Ul, qu'on regarde assez géofr-
ralemeul comme le foodement de la juri-
APOLOCKTlQOe.
m.
1151
diction dps Pontifes romains sur les Eglises
eo deçà des Alpes (ITSb). >
Rien, daos la correspondance df saint
Léon ni dans la constitution impériale, ne
prouve que cette pièce ail élé solltcitéo
Par le Saiul-Siége. Si l'empereur oommanda
obéissance au Souverain Pontife, il n'a-
vait pas besoin que le Pape l'excitât; il suf-
fisait que le prince vtt la suprême autorité
chrétienne méconnue, et qu'il sût que la
révolte contre le pouvoir spirituel troubla
la paix publique et amène la révolte contre
le pouvoir temporel. N'aviiil-il pas, d'ail-
leurs, pour intervenir, uoe raison sur la-
quelle il insiste? C'était qne Hilaire, ou-
bliant qu'il portail le litre d'évèque et non
celui de général, allait aux cérémonies re-
ligieuses comme h des expéditions mili-
taires, escorté du gens anués.
D'ordinaire on lait naître, dit U. Le Bas,
la iuridieiion papalede la conslilution de
Valenliuien. Oui, ordinairement cet elTet
est atlribué & la constitution impériale par
les écrivains hostiles an Sainl-Siége, et par
des compilateurs qui, d'ailleurs conscien-
cieux, ne font que les copier. Pour l'éni-
dit impartial, il est obligé d'avouer que le
rescril de Valenlinien honore, mais n'éta-
blit pas l'auiorilé des Papes. Il ne l'élablil
pas, mais il fait wnnallre les bases sur les*
quelles elle repose, et déclare que l'obéis-
sance qu'on lui rend est « unecoutumecon-
sacrée par le temps (178i*J. ■
Si le rescrit de l'empereur est le fonde-
ment de la juridiction romaine en Gaule,
d'où vient qu'avaut la publication de cette
pièce, Céliduine et Projeclus avaient eu
oalurellemeol recours h Rome, comme h la
suprême cour d'appel, contre le métropoli-
lain d'Arles et son concile? D'oit vient que
Hilaire Ini-mème avait dit à saint Léon
de régler, selon les canons, Vélat det EtfHiti f
Puisque, selon M. Le Bas, le prestigfi do
la puissance impériale se ImoTait »i affai-
bli, comment >out-on qu'il ait fasciné les
Gaules jusqu'à leur laire croire que l'évè-
que de Home était le chef universel de l'K-
glise, parce que Valentiaien le décrétait?
Puisque, to^iours selon H. Le Bas (il va
bieoiAt nous l'assurer), saint Hilaire put
braver son siège et le Pape t>t l'emiiereur,
comment un rescrit oaverlement et iinpu-
némeul méprisé aurait-il cependant fouué la
monarchie pontificale?
|U
Satat Hilaire m toanil-U
U. La Bas. — « L'évéque d'Arles gentil
de voir ces anathèmes qui révélaient de
grandes divisions au seiu de l'Eglise d'Oc-
cident; mais il ne se crut pas ot>ligé d'aban-
donner son siège : l'amour des peuples
forma autour de lui un rempart qui le reo-
«TS3) Sar loos ces faiu, voir l'Hùi. de TE^Utt (17U) JHct. oieseL, abi supra.
fiU. par LoauKVkL, t Ul, oâ ks docuauU «riti- (I78t') NoteU.. lib. i, wnr. 14, ad calcem CW.
MOI Mal iddeneot seiTis. ifc«ffd. —fixcai eiLoacunu.,adaaa.US.
ll'%*j A(t. apnt. XT, 13 et 19.
IIM
MCTIOKNAIRE APOLOGETIQUE.
IIIL
dit ÎDViolable; il continua i eierrer ses
droits pour le soudainement deit peuples , la
propantion de la foi et la gloiru de l'Ëvau-
gtle (1785). >
Saint Hilaire a'eat pas besoin que l'aff^e-
lion de son peuple le retint sur le siège
d'Arias, d'où personne ne lui avait ordonné
lie descendre, saint Lâoo et Valentinien ne
déclirèrent-ila pas eipressément que les
fonctions il'évdque étaient conservées h saint
ttilaire f
Ce qu'il perdit, ce fut la dignité de mé-
tropolitain de la province viennoise. Eh
liien 1 cette sentence fut exécutée, puisque
Itavennius, étant venu h lui succéder plus
tard, divers prélats Ksuloia prièrent saint
Léon dédaigner rendre i l'Eglise d'Arles
ses Ani^iennas prérogatives. Le Pape céda
un partie ; il partagea la province enlre
Arles eirienne(1786).
Saint Hilaire se suumît donc; bien plus,
il chercha k re^jagner l'estime de saint Léon.
It y parvint, et uurila q^uu le Pape, dans une
k-Ure aui Gaulois écrite après la mort de
l'évéque d'Arles, te nommai: * Hilaire de
sninte mémoire (1761). » Cetie réconuilia-
iibn résulta probalilement ds Is longue cor-
ruaporidance qui s'établit alors entre Arles
«■I Itiime, d'une ombosaade dont nous avons
liéjè parlé et île l'intervention du préfet
Auxiliaris (17Ci8).
IX-
SjIdI Hikilre Hil-ll Mml-péligienT
U. Ampèke.— ■ Saint Hilaire était un de
ceux que scandalisait la doctrine atisolua
de saint Augustin. 1) était sorti de l'atibaytl
de LérîiiB, d'où sortirent les princlpaui
vbaniiiioDS du semi-pélagianisme, entre au-
tres le céiiliro Faustus, évdque de Kiez.
Dons l'épltre même que saint Prosper
adresse b saiut Augustin pour lui apprendra
quelle impression avait produit (1789) dans
\u Gaule son dernier ouvrage, parmi ceui
aue cet ouTra){e a mécoutentés, il cite saint
iliiire d'Arles (1790). »
Il peuty aveir eu bien des semi-pélagiens
Il Lérins, cnmena le croient 11 M. Ampère
et Guizol (1791); toutefois il n'en existe
iiucune preuve; et si l'on cite Eauste de
lUez pour exemple, ce n'est pas qu'on ait
|i-is BU hasard entre une foule d'autres, mais
c'est parce qu'où ne connaît aucun autre
linbitanldeLérinsqui se soit montré Séai-
|-éi«gien.
Saint Hilaire ne partagea point cette er-
reur, et l'on ne saurait conclure lu contraire
dus paroles de saint Prosper.
<178S) Dicl. tneytl. de FHiiL it Pr., abî lopra.
|t784>) S. LioKi» Op., ep. 53.
(1787) S. Lbmh Op., tip.il.
(1788) Il etîRte du uim Hilaire d'Artn un pedi
poéine sur la Gtiiiu, liéàié i. saiot L^n. Il coi»--
iiience par ces mois : * Nous avons ot»éi à les aver-
lisseinenls et suivi le doux commandement Qoe noua
doojM ti Uvre piouse, d poMiledu Gltmst. Ne ettan-
Urai~)>j done pas tes loaanges d'un Père si î)tustic,
etc. ! ( JUm. BiU. m. fatr. t. Vll^ p. t9S».) Ces vers
Ui su rapportvruicHl-ils pas à l'épuitue de b co^-
Ce dernier dons une letlrektsiatAiip!.
(in, lui raconte comment ses livres cooin
les semi-pélagiens et son traité Oe la cor-
rection et de la grâce ont été rrçuj par h
moines de Uarseille : c'étaient los i\ià^ti
de Cassien. Les uns, d'après saint Protper,
admettaient bien que c'est la wicft qoj
nous appelle b la sainteté; mais ils n* |n».
valent croire que Dieu, an nous prédoii-
fiant au ciel, ne tln( pas compte des mtriie!
de notre vie. D'autres an ooniraîre.illiim
jusqu'à prétendre que quand l'homnieis^
Vient à la vertu, cest parla forte d h
nature , et que la grAce vient seulws
ensuite l'aider. Le correapondantde sm
Augustin , après lui avoir longnemeni n-
posé 8on embarras, ajoute : ■ Que rm
béatitude sache que le saint évéque d'AriH,
Hilaire, homme d'études spirilaelle), it
mirateur et partisan de votre dodrioe n
tou le autre chose, hors l'arlide dont I) >
filaint, veut depuis longtemps eipoierpit
etlre aonsnnsâ votre sainteté; maigtoniiM
en ne sait s'il le fera ou pour quelle nùoi
il le fera, cummo notre zèle fatigué «pM
en la vigueur de votre chanté et deitn
science, instruisez les humbles, repctM
les superbes (1793). •
Or, à laquelle des denx classes d'afi»
saires de saint Augustin l'évèqui* îTlTti
8|ipartei)ait-il T Etait-ce b lasdcODde.mf
véritablement semi-pélagieDoe, qatn'iUii'
buait qn'h la nature tes premiers tfmK
(Kiur l'œuvre de la sanctiBcalionf
Saint Prosper ne l'a pas dit, et le) ^iu
de saint Hilaire 5'»pposent i ceqa'on 1'*^
mette. Est-ce un semi-pélagïen qui a»
lerail ainsi sa conversion I • Que iif
solutions opt>osées, s'éerie saint Hiliirr>ir
succédaient dans mon esprilt Qu'ijouH*'
je «nilQ T Pendant l'sbseiioe dUoDorUV
avait entreprie de me convertir], to û«
aecoHiplit en moi r*euvre du saint JMtnt
prière» obtinrent que ma rébellion fûiw^
juguée le troisième jour par la nii5érii»r<i>'
duDieu. GrAoe à vous, bon Jésus, grlt»')'
TOUS, qui, touché des suppliestionsde/^l
Ire serviteur Honorai, avei brisé nie««i«"
nés et m'avez cbargô de celles <!"'""
amour, j'accours soumis maiiileMiii(!ïw)'
On ne reconnaît pas dans cas pifol» ''
vaniteuse dévotiosd'un bomias I"'?'!:
avoir trouvé (le lui-même leefaeniow.l*
vérité et de la vie; c'est bien là auconlxtin,
l'humilité du vrai chrétien, sacbaDl q»" '
doit tout A la grâce de Dieu et aui pnf™
de ses frères, qui, elles aussi, sout un l'^* ,
de la grâce.
plèle atlbésîon de saint iniaire soi jogeBcnl *
saint LcoitT
(1789) Lisez: avsil produile,
(1790) «i«. «II. eu-, L 11, p. 25. ,
(1791) tfiif. év Im tifil. «H f'.t L I. W- *
'''(l'7î«) Voir dans gaim AugiisUn, àl». 'i'^'^
*7», t. II. ep. «5. ^, , g^. I
(!79S) Bm.n-niM, xn Jjiiuarii, Vttt 5. "" |
rail, autturc S. UJuiiu, c. 3.
«13 BR. ncnontiiu
Au ffiomml de mourir, il dit à ses dia-
eiplM réuois à ses côtés : ' Je louche
•H port da repos, eondoit par la main
ifa Dieu. J*ai eomtMttu les princes de ce
uoède. coidre lesquels, ainsi que l'apâtre
réeril, Dous avons k soutenir uop guerre
laoa fin; elle oe maoqxcra pas au Chr6-
lica qui voadrk parreotr à la béatitude ,
pritédé de la çrdet , que suiTroDl tm
|iropres efforts... Ces meiobres de boue ne
peuTCDl, sans la gr^e» de Dieu, rainere la
f ieille el paissaate inimilié de Satan (179fc}. ■
Janais no lerai'pélagîea D'aurait dît
Ïtt la grflce précéda ses propres effurts
us rouvre du salut.
Saint Bilaire erojrait donc k la nécessité
fftabfrdcs prévmamte : il n'était donc pas
I •«teu du aémî-pélagianisme, qui consis-
L»ii ï DÎer la nécessité de ce secours sorna-
tmni (1795). Par conséquent lorsque saint
^nH{«r le eompleau nombre des contradio-
i^n de saint Augustin, il paria de ceux
i\ mi lie pourajent croire que la prédestina-
li-«o drs élus pour le ciel dépendit nuique-
n^Kol de dioii de Dieu» e( non pas aussi de
l^j-réTisioo de notre lidélilé autgréces qu'il
nmus aurait doonées pendant la vie.
Or, TéTéque d'Arles, en admelianl eelle
opùiiou, néieit Dullemeol hérétique; on
est fibre encore nuintesaol de la soute -
i.ir ilî»i.
SsihtiiilureQ'a donc pis été sémi-péla-
ipeu.
IXl.
U. GoizoT. -^ ■ Saint Hilaîre se lerail de
^rmiMi malin ; il liabilail toujours dans Is
lille. Dèsqu'il érait levé, quiconque voulait
V voir était reçu ; il écoutait les plaintes,
iccommodait les différends, fgtsait l'oflice
'e jage de pais. Il se rendjit ensuite k l'é-
lis*, célébrait l'ofliee, prêchait, enseifpiail
aelquefois plusieurs tveuresde suite. Ren-
i^ chez lui il prenait sou rupas, el pendant
« temps on lui bisail quelque lecture
•ietase, ou tH«n il dictait, el souvent le
■eufle entrait librament el venait écouter.
i travaillait aussi des mains, tantôt filant
our les pauvres, laotôt cultivant les champs
e soo éi^ise. Ainsi s'éoouiait sa journée ,
ANLAGEnQOK. HO. Il»
au milieu da peaple, dans des occupations
graves , utiles , d'un iiitérél pubtic , qui
avaient , k chaque heure , quelque ré-
sultai.
■ La vie de saint Loup n'était pss (oui k
fait ta même ; tes mœurs étaient plus aus-
tères, son acfirité moins variée; il vivait
durement, et la rigidité de sa conduite,
l'assiduité da ses prières étaient sans cesse
célébrées par ses contemporains. Saint Loup
était d'ailleurs d'un espril cultivé et por-
tait au développement iutellectael un in-
térêt actif. ]l s'inquiétait dans son diocèse
des écoles el des lectures pieuses, il pro-
tégeait tous ceux qui cultiTaienl les lettres;
et lorsqu'il fallut aller combattre dans la
Grande-Bretagne les doctrines de Pelage,
ce fut sur son éloquence el sa sainteté, en
même temps que sur celle de saint Germain
d'Auxerra, que le concile de ^S9 s'en re-
mit du succès (1797). >
Ce rapprochement de saint Lonp el de
saint Hilaire forme une antiilièse ingé-
nieuse, juste même en quelque chose.Xa
vie de l'évéque de Troues fui, il est vrai,
d'une activité moins variée, elle fut moins
ardente que celle de révéque d'Arles ; mais,
précisément k cause de Isrdeur qui carac-
térise ce dernier, il s'adonna lool k la fois
aui travaux des mains, k la culture intel-
lectuelle et aux BU&téritéf. Avant de le
montrer, je ferai deux remarques, d'ail-
leura assez peu importâmes, sur la rési-
dence et les occupations de saint Bilaire.
L'histoire de ce saint ne porte pask croire
qu'il eût une aussi grande habitude de ré>
sidence k Arles que 1» pense M. Gnizol.
< En quelque lieu qu'il allât, dit-elle, il
examinait loul de sotte ce qu'on j |iouvait
établir d'utile, il l'exécnlail avec courage et
le eottservail soigneusement. C'est ainsi
que, s'étant rendu aoi salines, il y avati
k la sueor de son fn>nl, et de ses pro[>res
mains, fabriqué des machines. A la fin de
la semaine, le dimanche, au milieu de la
nuil, il faisait k pieds trente milles, et cé-
lébrait eiiauile les mystères sacrés (i7SB). •
• Ainsi donc, noD-seolement les courses
d'Hilaire dans les diocèses de sa mélro|>olo
el dans d'antres églises qui lui étaient
étrangères {1799} devaient l'appeler soeverK
loin a Arles, mais il en était eocwe éloigné
ilTSt) rife S. flibriî, c « et 2S.
<«793) H. Aavus. flùi. /iii., i. U. p. 95: Dm
< 1 79CI Tkiotû^ dogwuSi^Mt, pir Vgr Goduct,
It, p. laS: />« U STùce tt dt la predatiuëlioM.
Ici l'élèTe WM aMUion qui a beaucoup occupé
« •«■tastiqMS : il s'aRît ée savoir si le décret de
pn^stutfiM à b gWire eu abiola et anléricar,
.iwtu aaUt naniére de concevoir, à b préritioB
« nériles. LesumpcMcni^Mcedécrei e*t sb-
la-~ Les Mires, aa coaMin, «Mtcnl que la de-
et ^ la ^éiViihiiliOH i la gloire est comlîtMNMl
fMitf an- la prêvisMa des nériies ssruauiiels de
«fli»e... Or, JM^u'id, l'K^ise f' ' •*-
,1^7} BûUétlmtiril.eml
i I TftSj ■ Jaai qoaBadaioJet
r.,t. I, kf- S, p. 93.
I H^îaas espeiCTtt. *
(Vit. S. ffi/atii, c S, n- 16.) Le met utiwa$ M
écrit par qHcIqu^s auteurs avec ene majatode; iU
pensenl qu'il K'agil de la petiie TiUe de Sabm,
(1799) Ou K npp^Ile Oélidoine elProjeclus. Les
eicuniout de saînl Hilatre ne te bomérenl pas sans
doute lui diocèses de ces dcns étéques, puisqu'oii
litdMHM Tw: « In ncursibus anu» quis, ut
diguam est, eiplicabil, qaaMaM ejua pnaeDtk
pratei-lura coninlerit civilalibns Gallicanii, S. Ger-
Mnam sxpin espemido, enn que laecMlimni Uï-
MtroraBqM viM>, ose MnjtrofcctueirMBuqee
tracubal! . (C. 3, n- il.) La Vîe de «aim «et-
main nous utonire cet évCque et calui d'Arles, dans
leurs visites de Iraiemelle inspeclion hors de leurs
territoires, reçus «s IrioMpbe à Lym. ("-"—*■-
Vie veUme de jaiUM, ^ «15.)
44» IIIL mmOHMAWEAPOLiOGETIQUt W» tlH
por son usine des itlines «t |)ar celles qu'il Je ne puis compreodre comcHat M.Gui-
élevait de môme partout où il eu fo>ait la lot n'a pas trouvé que la viede rétèqat
oOnTcnance. d'Arles ail été uneTieilurerni({iM»etmsgn
Le saint éréque ne filait pat pour lié aient été austères. Hilsire, qui, tprèinùr
pauvret; ■ il fiiisait ilei aiels{1600). > Ira- abandonné le monde, eorDme Loop un
vaillant pour vivre et « dounaai le surplus beau-frèiet s'était laissé former atoelui,
aux indigenls/ISOl). ■ par saint Honorât, i la perfeelion inoag»-
Les tarenls littéraires de l'évèque d'Arles lique, dans la solitude de Lérios, ne fn
furent aussi admirés que ceui de saint pas moins ami des privations ai d« lipfni-
Loup, a Ses prédications improvisées, dit tence. Son histoire ne par)e>l-«]le pii |
l'auteur de sa Vie, coulaient en un tel fleuve chaque page de ses longues priÈrei,deitt
d'éloquence qu'il m'est impossible, je le veilles, de ses jeûnes, de sesindigeati»
proteste, de l'eipliquer, bien plus, de m'en pas auxquels il n'invitait jamais lei gnnd);
faire une idée. S'il n'était pas entouré de de ses travaux manuels poar gagner hsa-
^ens habiles, il nourrissait d'une instruc- blemenl sa nourriture; du seul lAteintnl
tion familière les cmurs des ignorants; qu'il poisédAt; du ciliée qu'il nequiiiiii
mais quelquepersonne instruite survenait- plus; du calice de verre dont il lescmiii
elle, dès qu'il s'en apercevait, sa parole et l'autel, les vases précieux ayant été lemlu
son visage plus animés s'ornaient d'une pour racbeter des captifs; de ses nurse,
jrâce extraordinaire; vous auriez même les pieds nus, même pondant rhiverideii
cru qu'il grandissait. Des auleurajuslemeut ~'" '----'- ^' --:-' > _ . .
célèbres de son éfioque, Silvius, liiusèbe,
Domnulus, ont proclamé dans leur admira-
tion ■ que ce n'était plus Ih seulement de
vie épuisée d'austérités k qatraule-bnii
ans 7
La pieuse activité de saint Bilaireoest
borna donc pas à lui faire laboonr iti
la science, de l'éloquence, mais Je ne sais champs, fabriquer des filets, remplir Im^
voirs d'évêque et ceux d'arbitre padliqiie
des fidèles, selon l'usnge des premier! siè-
cles chrétiens; etia lui 81 joindre i tui
cela aussi bien la culture intellecloïfleqve
la pratique des plus austères morliliciliiHi
(1807).
HILDOIN, déposé par Hincmar.rÉfïlïlV*
quoi de surhumain. » L'illustre poëte et au-
leur Livius s'est publiquement écrié: • Si
saint Augustin était venu après vous, on
l'estimerait moins que vous (1802). » Vien-
nent ensuite; d'abord, l'indication des ou-
vrages d'Hilaire: homélies, exposition du
Symbole, épttres sansnombre, c vers échap-
pesi sa veine brûlante; ■ puis les Lémoi- de M. J.-J. Àmpère.'Fuj/. ÎIihchik, iSlll
gnages de l'admiration de saint Euciier, HINCMAK, artlievèquede Reims.niw
U'Auxiliaris, d'Ëdésiu):, auxquels on peut l'an 806, dans le nord-est de la Franc«,s[D-
joiudre ceux de Gennade, de Pomère et de vant M. Guizot, en Aquitaine, sii"^
l'historien de saint Germain d'Auierre son M. Michelet. Flodoard ne nous ipptEii
«mi (1803), avec lesquels nous avons vu rien sur ce sujet.
Ch. Nodier d'accord.
L'évéque d'Arles n'était donc pas d'un „, ,,_, , ,, • *•, „ ^^
espritraoinscultivé que son beau-frère l'é- HlnamwCùrtquâ-t-ll uMré|6Uttoope«r««^
véuoede Troyes.
Or, il est évident que ce prélat, orateur, * La visinn de Vettin, dit H. iir'-
poêle, si curieux de lectures, et qui, pen- norte tous les caractères de la fiixMt--
dantses courses apostoliques, « établissait Mais il n'en est («s de même de ta rà^'^
dans les villes l'usage de lire pendant les d'un certain Berna Id , recueillie pirH;''-
repas (1804), » il est évident que ce prélat tnar. (Flod., I. m, c. 3). Bernold,Gequi6i
dut aussi encourager ses disciples, la con- assez rar» chez les visionnaires, était liiqi'''
Urégation (1805) k la culture des lettres, qui Après une léthargie qui durs quatre joxn,
donnaient tant de succès à son apostolat, il raconta à un prêtre, en présence it^
et qui conservaient en Gaule d«s sectateurs, femme, ce qu'il avait vu. Il avait éiJ,(nB">
aiùon doués d'un goût pur, au moins nom- saint Furcy et Vettin , ravi i tratïri >(
breux et fervents. monde invisible; il avait conlempié le iif
Aussi est-il dit des prélats qu'il établit : plice des damnés et la gloire des élut; >i
m Tous s'efforcèrent de réjiondre par /'ifru- avait reconnu parmi les réprouvés ptiisiwfs
dilt'en t/e <«irdor(rïn« et par leurs mérites évoques, au nombre desquels éia'^ ^^
toujours -croissants (1806). >lls pensaient Ebbon, rival et ennemi particulier d'Hiir-
donc qu'Hilairene tenait guère moins, dans niar. Ebbon et les autres ërèqufs ^'"f'
un évéque, h la science qu'à la vertu. - dans un lieu infect, et réduits à la cofldiU'>i
En cela encore il n'était donc pas inférieur la plus déplorable. Ils engEgèreiit Bemifid'
h l'évéque de Troyea. ' demander aux prêtres et aux fidâlesilepH"
(18W) C. S, n* 15 : i Usniu nectendi «elociuie
curratau. i n* 18 ; t Hanoi nota npielwlar velo-
cUata nectendî. i
<f801) C. 3. u> 10.
08011 C. S.
(1B05) GiNMiBE, Dt ririt illiulr., art. 5. ttil. —
PtMUiu, Dt vitH eomUmplativa, I. ii, C D. — Vif.
S. C(rMMi.c7, n*».
(1804) N* 11 de sa Vit. ^
(1805.1 lien est ptasieanFiHS parié. K'IOl'Il;;*;
admodum congrtgiLo... aancti* Mi<*>> ''"'!
reiei; n» 17. ■'—"Voir encore rHUtJainiaV
les aùiédicliite, L D, p. DM et 35i.
{18061 ff- 43. ■ .
(11107} Ctr. Difaiu dt rKglùt taUriUtrn"
àitioriquetf par 11. l'abtié Goukl
lin
nCTIOaiUIBE APOLOGETIQIIE.
|N»r etiit e« qu'il fit; «Ion élaat rflvena
len «ui, il les troun (ians un lieu brillant,
et rerétus de rolit^ bUocbes. Jusqu'ici U
liiioi) de Bemold ressemble assez h (ouïes
les autres; oa j trouve, comoie 11 est d'or-
dinaire, différents personuaftes de l'Eglise
punis pour les désordres de leur conduite.
SeolcHMOt le choix que l'auteur a lail d'£t>-
boo donne k penser, el l'on pourrait soup-
V'ouner HiDCDMr de n'être pas étranger i
cHie préférence : ce qui suit rend la sup-
l«sitioa encore plus vraîsemblable. Bernold
raconta qn'il a trouvé aussi dans un triste
élai le roi Charles le Cliaure. Il éui(. dit-il,
Muehé dans la fange el la pourri:ure de son
c-rys (I'lod., 1. m, c. 18), dévoré par les
icrs.de telle sort* qu'on ne TO^ait plus sa
dkair, mais seulement ses nerô el ses os.
Pourquoi ne viens-tu pas i mon secours ,
f 'écrie le roi T — Et comment vous secourir,
seigneur? Alors Charles le Chauve lui dit :
Okl pour n'avoir pas écoulé les boas coi^
seils (l'Hincmar, el de mes autres fidèles
que Je sijuITre ainsi : Vas à lui » en
ijui j'ai toujours eu couGance, et dis-lui
ju'il m'aide k sortir d'ici. Alors Bernold est
[raiapoilé dans un lieu éclairé, qu'il juge
t-tre le séjour des saints. Il voit Hincmar
iMilouré de prêtres, au moment de dire la
messe, el lui recommande le roi Charles.
CjuiDif il revient auprès de celui-ci, il je
Lruuie parlaitemenl guéri ; le roi remercie
Beinoid, dont les prières l'ont délivré. Ce
>ju: peut faire sou[H;onner Hmcmar d'être
i 'luteur, au moins de celte portion du réi-it,
r'«lque le narrateur ajoute : ■ Le seigneur
I Uimmar, exposant, tàoùitiluiinécaiaire,
cette vision qui lui avait été racontée, la
Hl (arvenir i ia connaissance d'un grand
Doœbre de persouues. * On peut (>easer
«e ces expressions veulent dire qu'il la Ql
^nrcnir au roi. Quoi qu'il en soit, c'est par
: rucmar que celte vision a été connue et
rof'agée. 11 y éuil bien évidemment inté-
=s&é; enfin il était assez peu timoré pour
D,' lo^er tous les mojrens qui pouvaient
Lablir son Cf^it et son autorité |180»-49}.>
Sur quuls futiles indices repose l'injurieux
tUfiçou de U. Ampère 1
1* Nuloiis d'alMrd que Bernold, même en
irtge, connaissait mieux que Û. Ampère
rvii&ou chrétienne. Bernold n'a |>as dit
i'i) eât conlrmpU le âuppUce de» dtamét;
raconte seulement qu'il vjul eu un certain
tu (m quemditm iocuai). Il s'est bien gardé
af>|îel«r séjour du 4eàtmé$ une prison dont
s (leiues ne sont pas étemelles.
2~ 1^ choix qu'Hinemar a fiiit d'EbboD,
* Ttvat et son auumi partuuliar, [«ur l«
ettre au raug des diuMià, c« ckoix, dît
. Afupére. domÊU à feuter.
Je réponds 1 cela qu'Ebliou et Hinemar
ne furcul jamais ni rivaux ni ennemis, lu
occupèrent successivement le sié^ de
Reims, 'mais l'histoire ne les monlrejsmais
en rapport l'un avec l'autre. Quand Hinc
mar fat élu archevêque de Reims, il y avait
oeuf ans qu'Ebboo avail été déposé, et,
depuis sa seconde chute, il ne s'occupa
jamais de réclamer, quoique l'occasion se
fût ouverte (1810}. Quand on apprit la mort
d'Ebbon, Hincmar écrivit & Pardule, évêqne
de Laon, pour lui demander des prières eu
faveur du défunt (1811}; ce qui n'était pas
plus alors qu'i préseul une preuve d'ini-
mitié. Ainsi donc, pour démontrer qu'Hine-
mar était faussaire, U. Ampère met en
avant des assertions complètement busses.
Cette vision eft si peu l'expression des
liaines de l'archevêque qu'elle place aux
c6lés d'Ebbon deux prélats dont Hiocmar
n'avait certes pas eu a se plaindre : ce sont
Enée, de Pans, el Léopardel ou Pardule,
de Laon (1812]. Appetlera-l-on aussi ces
prélats des ennemis de celui de Reims?
Pardule n'avait pas seulement été eu rela-
tion épistolaire avec Hincmar, il s'était
montre son coostaot défenseur. A Kiersi ,
Pardule embrassa son parti contre Gothes-
calc ; su deuiième concile de Suissuns *
Hincmar le choisit pour un de ses juôes, eu
lui décernant la pi^sidence; su deuxième
concile de Verberie, Panlule ajipruuva de
nouveau ce qu'avait décidé la deuiième
assemblée de Soissi-ns ; au troisième coucile
de Boissons, le vole de Pardule, mort i cette
époque, ne put venir en aide è Hincmar.
mais son nom fut toutefois invoqué par
l'a robe vêijue (1813). Enée, évèque de Paris,
vota aussi, à boissons, dans le sens d'Hiac-
mar. Voilà des partisans d'Hincmar, et
pourtant, selon la vision de Bernold, ils
partageateai le supplice d'Ebbon I Le récit
d* celle vjsioD n'est donc pas une œuvre de
la rancune de l'archevêque de Reims.
3* C'est surtout la partie du réeîl rvlalive
i Charles le Chauve qui para!! i M. Ampère
le travail d'Hincmar. Hais, puisque la vérité
sur le songe merveilleux de Bernold élait
connue de la femme du malade, du prêtre
qu'il avait mandé, et des voisitisqul l'eu-
toaraient (181&J ; puisque , certaiuemeni ,
elle était encore connue de lousceux t qui
le malade, sa femme, le prêtre et les voisins
la racontèrent, de tous ceux que la pu-
blicité donnée au bit par Hincmar dut
porter à recueillir auprès des premiers ae-
leurs eux-mêmes de nonveaus détails*
comment admettre avec vraisemblaoce que
l'arcbevêque aurait ajouté an récit aolheo^
tique de Bemold une moitié apocryphe ai
iinpoi1aulti(181$}r
(UOS^f) Biti.Btt..nmUdn»iimi^U,l.m, M «*i Psrdile «et»». > _ „ „
c. • 117. (tM5) SirwMid. CMt. «rt. fMt., t. RI.
XI») FMtàoM, «M impn, c «. (181*) Flodeard. m.5 : « WUlw MW«
Kit) Ftoloard, ni, 31. atqne circanauiiin. *
^ »12.> Flsei7. »i, 45 : « Oa croit qne Lcopar- (181^ FleihMTd. mUtmprM.
lis»
mcnomAiRB
V Hnil, nous dit H. Am|>ère, Hincmar
était bien évidemment iniéretiiàcelte vitiont
Cela es! vrai, nuisquc l'un en pouvait coa-
elure qu'il élail homme ije l)on!< conseils et
de prières efliraees. Cependant U. Aropère
aursildûremarquerqueies autres seigneurs
francs n'étaient guère moins intéresses que
le prélat b celte affaire, nui8(]ue l'empereur
88 repentait égalemeold avoir né}(tigé leurs
iris. Faudra-t-il donc aussi accuser les
seignears d'avoir aidé fc fabriquer l'ioipo»-
lureT Secondement, on anrait dû remarquer
encore que ce n'est pas ft soiiante ei onze
«as (1816), au milieu des honneurs qui l'en-
touraient dans l'Ëtst et dans l'Eglise, qu'un
ittélronolitain de Keims aurait eu besoin de
travailler i établir son crédit, ou qu«. p6ur
l'établir, il se serait mis, par une lelle im-
posture, k Is merci de Beraold, de sa feimue
«I de Ses voisins.
5* Autre motif de soupçon pourU.Amp&re.
En lisant dans Plodoard que le récit fut
expo$é là où it était néceuaîre, ne peut-un
jias penser que cette pièce fut rédigée pour
aller sous les ;eux du roi T Non ; ou ne peut
Iias le penser, e( c'est le texte même de
Hodoard qui le défend, c Le Seigneur Biao-
mar, dit-il , rédigeant par écrit la vision
qu'on lui avait rapportée, et l'exposant daus
les lieux où il parut nécessaire, la Bl par-
venir è la connaissance d'un graad nombre
to personnes, et, tant par lui- _ ,.__
parles autres fidèles du roi qui se trouvaient
aussi tous son pouvoir, il travailla pieuse-
ment et fidèlement pour l'absolution de
rtme de ce prîoce «I pour qu'elle Dbtlut l«
repos (1817). •
L'archevêque, on le voit, s'était doDC
pro))Osé de SHoourir dans le purgatoire
Charles le Chauve par ses prières, et t>ar
celles des seigneurs ses diocésains, dont le
prîoce re(p-e(uit de n'avoir pas suivi les
sages avis. Pour obtenir ces prière», il Qt
Klacardor, partout où il le crut nécessaire,
i relation de la vision de Beruold. Or, eo
tout cela, qu'est-ce qui montre qu'Hinemar
ail écrit poar tromper Louis II et abuser de
s« crédulité 7
6* U. Ampère pencfae encore h regarder
celle Tition comme une ruse iotéreaséd
d'Hinemar, parce que le prélat était, diuil,
peu timoré quand il s'agissait d'établir boo
crédit el mu autorité. — Nous verrons si,
dans la suite, U. Ampère sera plus beureux
4u'icî dans le choix de ses preuves de la
fourberie dliiiicmar. Jusqu'à présent, le
censeur nous a paru beaucoup moins timoré
que le prélat dans le cboii de ses atùyent.
Faut-il iaire observer que je n'ai pas
songé i établir que le rêve de Bemold ail
éié autre chose qu'un révet i'ai unique-
iiieiit voulu dire qu'Hinemar ne l'a pas in-
venté. Partageant sur 'plusieurs points les
pr^ugés de son sjèi;le, il a trop facilement
cru aux révélations, comme il crovait è
(tSlt) Olncmar, né vers l'an 806, écrivît cette
lettre après la mort *le Ciiarles le Clianve, dont il
retommanda t'JiDM aui pnéres deiffiifèies; |iar
coniêqueni, vcn I'm 877, épique où inouruL col
APOLOCETIOIJE. BR lin
l'edicacilé des épreures Joifieiiirei par le
fer chaud et l'eau booillanrt. Vmli Ioul
Il tenait par ce cAlé ï snn temps, i^n'il do-
minait soit par son érudition eficléfiaslh;ai,
soit par la fermeté et la dignité de soi
caractère.
in.
QMlIn <Mt été les préMtiMt tïïkKmn tmt i
ra^alit
■ Et ne croyex pas que ce besoin dW
porlance politique, celle popularité deew
dunl Hincmar jouit conslammeni, dit H.
Guizol, coûtassent rien i l'iDdépeadsTici,
disons plus, h l'orgueil de l'évéâiie. Il ne
fut point, vous venez de le voir, du maàt
de ces prélats insolents et Iraeaasiert qui,
sous Louis le Débonnaire et Cliirin 1;
Chnuve, se i-omplurent h humilier demi
eux la rojBUté; mais il professait, enllèi
générale, les principes sur lesquvl) Wn
prétentions étaient fondées, et plus d'uni
fois il opposa aux volontés du pum
temporel un langage tout pareil au leur.
On lit dans son traité sur le diioneiie
I^tliaire et de Teutborge.... Quclquci
sages disent que ce prince, étant roi.u'eti
soumis aux lois ni aux jugements Je |>(f-
sonne, si ce n'est de Dît- u seul... qui !'< Iiil
roi..., el que de même qu'il ne doil pniiil,
2uoi qu'il fasse, èlre excommunié jHr ki
vèques, (te même il ne peut èircju^iv
d'autres évëques; car Dieu seul adruilili
lui commander... Un tel langage u'eJtvw''
d'un Chrétien catholique; il est plein <l<
blaspbàme et de l'esprit du démnn.-L'»-
torilé des apâtres dit que les rois doimi
être soumis à ceux qu'elle institue is dm
du Seigneur, et qui veillent sur lenrlsd
afin que cette lAufie n« leur soit poinJM
si^el de douleur. Le bieiibeureui hfl
Gélase écrit k l'empereur Anaslou :<li.'
a deux nouvoira principaux pir^o'^
gouverné .ce monde : l'autorité imu'''
et la dignité rojale; et l'sutoriie to'W'
tifes est d'aulant plus grande qu'iJiti»'^^
compte au Seigneur de l'Auie îles roisnv
mêmes. > Quand on dit que le m >"^
soumis aux lois ni au jugement dtpc-
sonae, si ce n'est de Dieu seul, oiidiliîi>
s'il est roi, on effet, comme l'iudtque ii»
nom. U est dit roi parce qu'il régit. S^
verne; s'il se gouverne Ini-méme mI(id>
volonté de Dieu, s'il tiirige les bons duu'i
TOie droite, et corrige les mé<;tianti h"^'
les ramener de le mauvaise voie iiu»
bonne, alors il est roi, et n'est souai'f'i
jugement de personne, si ce n'etldïD'^-
&eul;... car les lois sont instituée], K
contre les justes mais contre les inju'"*'
Uais s'il est adultère, homicide, »"<P'-
ravisseur, alors il doit être jugé, « ^
ou en public, par les évèques, quiwiil»
trdnes de Dieu, ,
• Jamais, k coup sûr, les maxiBe**"
souveraineté ecclésiastique n'flDJWP»!
formellemtnt éUlées ^1818}. >
eanpereqr.
(1817) Flodoâu, 111, 18. , M
(18t8) Biu. de la ticil, en Fnaa, l.D.H*'
p 3».
Hin
Dlcn(»{NAine APOliOGETIQL'C.
tait
iifii
HiDcmr croyait que tes princes, comme
ans les aolres Gdèles, dersien[ A(re ordi-
iiireinent sujets i la fiéaitence tteriu pour
purs butes secrfties, et à ]a péDitence pu-
liqmf pour leurs Tautes publiques. Or, ce
l'était li ni une prétention ni une maiime
lù se serait Aatée la soureraioelé eecl&ias-
iqne. Euminous d'atwrd oes eboses eu
lie-méffles.
A quel poiDt de Toe les nommera-t-ou
•rétention? Sera-ce parce que l'Eglise, dans
t eouféssion , se declsrail juge des fautes
le ses enfants? Hais, depuis qu'elle existe,
lie proclame te droit et agit en consé-
luence. Sera-ce parce que la 'pénitence pu-
Dliqae dépassait le for intérieur, et s'élen-
Mt jusqa'ï prirer les pécheurs de leurs
tsseltoos, et, par conséquent , les rois de
lear dignité en certains cas T Hais ce ré-
niltal exlréme ne se trouve réalisé, en ce
^ui eonceme les rois, je pourrais m6me dire
n'a été regardé comme possible contre eux
lue du moment où les princes eux-mêmes
«réglèrent ainsi pour le forexIérîeur.tDepuîs
^ TH' josqu'an xu* siècle, dit un très-docte
■cTÏTaîn moderne, l'usage de la ]>éDitence
mUique, même ponr les crimes publics,
rUantpeukpen tombé en désuélode, on publia
[ «Doureaux r^lemeots, qui araienl pourbut
'._* la maintenir en certains cas, et d j subs-
«Iner en d'aulres des peines équiralentes.
I I fut doM êiatué, dans im grana nombre de
emcila tt dt tapilutairee : 1* qne les effets
remponiM, altscbés depuis longtemps k la
p^niteoce publique, seraient désormais at-
lacbési certains crimes énormes, tels qoo
fadolière, l'inceste, le rapt, le parricide, le
neurtred'nn éréque, d'un prêtre ou d'un
iiacre, soit que le coupable tlt une péni-
■Dce publique, soit qu'il se conleniflt u'uiie
Silence secrète; 3* que, dans certains cas,
ù ies crimes auraient nne plus grande pu-
^icilé, on obligerait les coupables, par
ricommunicalion , à subir la pénitence
utilique, selon l'ancien usage; que s'ils
rfusaient de s'j soumettre, ils y sermenl
•airaints par l'autoriié do la puissance
mporelle (1819). ■ Or, en changeent ainsi
f pénitences religieuses du Rituel en
énes infligées par le Code, les rois n'éla-
Êeot point d exception en leur faveur.
is entendrons bienlAt Charles le ChnuTe
éelarer an concile de Saronières. SJain-
•ani, quelle est la conséquence de tout
ri»
C'est que l'Eglise, au ix* siècle, était in-
itie par sa discipline antique et par les
ftilulaires d'un pouvoir qui risquait, en
■Iqnes circonstances, de devenir dango-
n, mais qui toutefois était convenable
I milieu des mœurs corrompues de la
•Bdeoce romaine et de la barbarie de
•▼asioa. Par conséquent ne donnons plus
Com banal de prétention k d'utiles usages
tous l'épiscopat d'UJncmar, étaieut
iDi de plusieurs siècles et généralement
adoptés. Pour moi, j*applaudis aussi bien k
Hincmar menaçant Lotbaire d'un concile
qu'au meunier de Sans-Souci menaçant le
grand Frédéric des juges de Berlin. C'était
dans les deux cas, nn appel k l'équité des
Iribunaax du temps.
Uiocmar, d'ailleurs, n'a point étalé des
maximes d'omnipotence ecclésiastique. Le
clergé au ix' siècle ne demandait pas plus
k diriger la chose publique que le ménage
des particuliers ; il se contentait, quand un
prince s'abandonnait k certains crimes énor*
mes, de réclamer l'application de la loi.
Direz-Tons que la magistrature judiciaire
a des prétentions de domination univer-
selle, parce qu'elle peut nous appeler à sa
barre?
Hais n'importe, de l'avis de qoelqaes au-
teurs il fallait consentir h être esclave, le
roi voulait ; il fallait sacrifier on du moins
vendre les privilèges du peuple chrétien et
ses libertés, le roi voûtait. Sénèque ne rai-
sonnait pas autrement quand il écrivit
certaine apologie qui charge de honte sa
mémoire : Néron voulait. Si du moins ces
recommandations de servitude n'étaient pas
imposées k la religion par des gens qui ont
chassé k coups do fusils deux on trois dy-
nasties de rois et d'empereurs. On souffre
de voir H. Gnizot ne pas toujours s'éloigner
assez de celte triste classe de censeurs.
I «1.
Ukhiv a>nDl*-l-il le droU nitè^U mjale.
H. Ahfï» dit : • Les évèquesde Lorraine,
partisans de l'empereur Lotbaire, ayant
mis en avant cette thèse servile : « Le roi
e estsoumisuniquemeutkDieaquîledirige;
■ ses évèques ne peuvent l'excommunier.*
Hincmar, ne voulant se laisser ravir le droit
d'excommunication sons aucune forme,
s'écria : « Cette parole n'est pas d'un Chré-
tien catholique > Hincmar va jusqu'k
ébranler l'autorité royale dans sa base,
dans le droit d'hérédité. « Nous savons cer-
■ lainement que la noblesse paternelle ne
« suffit pas pour assurer les suffrages du
■ peuple fluxenfantsdesprinces; caries vices
a ont vaincu les privilèges naturels, et l'on
■ baunille délinquant, oon-seulement de la
■ noblesse de son père, mais de la liberté
c même. ■
< La théorie, exprimée ici avec une sin-
gulière vigoeur d expression, avait été ap-
pliquée k Liuis le Débonnaire (1830). »
1' Puisque la Ibèse soutenue par les par-
tisans de Lotbaire était eerviie, pourquoi
H. Ampère se raille -l- il d'Biocmar, qui
s'indignait de cette servilité?
S* Au lieu de chercher k nous égayer par
nn sarcasme surHincmar, le critique aurait
iutlniment mieux tait, ce semble, de ue ça%
F rendre Lothaire, roi de Lorraine, pour
empereur Lothaire, mort k cette époque, et
dont Itj titre était passé, avec le gouverne-
meut de l'Italie, k Louis, frère afné du n>i
de Lorraine.
t«I9j L'aMé Cmkliii, P«aroîr ** Pape an laojtn âge, èXA. Se 1W5, p. «t.
*ii) T. III. p. «W. j » ' • V
DiCTiotiAine APOi.oo^iQi;e l.
DKTioNNAmB apoi.ocetiqi;e.
i:n
\u
3" La pensée d'Hincmar sur l'tiéréilité
royale me parall beaucoup moins péril-
leuse que H. Ampère ne ta juge. Quand les
courtisans de Lorraine disaiflot que leur
roi, assis sur le trdne, son faëritage, ne
pourait, quoi qu'on tui reprochât, fiirejugé
que par Dieu, HincniBr rappeiail que le
sang de Hoïse et de Samuel n'avait pa4
empêché l'iadigne postérité de ces grands
hommes dese perdre promniemenl dans l'obs-
Gorité. Il citait encore d autres exemples,
et concluait par celte réflexion : « Nous
Toyoos certainement combien la noblesse
paternelle suffit peu aux enfants pour ob-
tenir les suffrages (1831) ; » c'est-à-dire que,
selon l'archevêque de Reims, l'iiérédilé ne
pouvait être un litre d'impunité pour les
princes régnants, ni pour les jeunes princes
indignes ou incapables un titre sacré au
trdue paternel. N'est-ce pas, au fond, ce
que tous admettent 7
Une circonstance d'ailleurs, qui explique
la hardiitsse d'Hincmar k proclamer celte
maxime, c'est qu'ft cette époque de 860, le
principe de l'hérédité n'était point encore
enraciné, comme k préneut, dans notre
consUtution politique. Si les Sis succédaient
à leur père sur le trÂne, ce n'était pas uni-
quement comme héritiers, c'était Jurtoul
comme élus de la nation. Les peuples avaient
le droit de choisir le souverain, au moins
parmi les membres de la famille royale.
■ Cette espèce de droit d'élection, dit Mon-
tesquieu, se trouve couQrmé par lebmonu-
meuts de la seconde race. Tel est ce capitu-
laire de la division de i'«mpirequo Charle-
magno fait entre ses traie enfants, où, après
avoir formé le partage, il dit que : « Si un
■ destroisXréresaua fils, tel que le peuple
« veuiHo retire pour qu'il succède au
• royaume de son père, ses oncles y con-
• sentiront (1822). ■
Le principe d'hérédité, daos la monarchie
carloviugieone, avait donc assez de latitude
j>our qu'Uincmar, sans risquer de l'ébranler*
pût avertir que les vices avaient été et de-
viendraient peut-être encore un obstacle &
l'élection d'un flls de roi.
U. Am-ftKB.— «Jusqu'ici Hincmar a parlé,
«t nous l'entendrons plus tard parler encore
un langage hautain, mais qui ne manque
[MS de noLlease. UaJlieureusement, il n^en
lint pas toujours un pareil, Botamiitem dans
une alTaire célèbre et déplorable, dans J'af-
faire du divorce de l'empereur Lotbaire il
et de Theuleberge. Jen'entrerai pas dans les
détails de cette triste histoire;je rappellerai
seulement que Lotbaire s'était séparé de
Xheateberge, par suite d'un attachemeat
(192IJ ùt àiforlio Mlotkani, etc., Inct. Mcund.,
reip. aa inurrogaiioiiem seiiain.
(Î82Î) Eipril de, loit, I. un, c. 17.
[1823] T. m, p. m. - M. Guiioi dit ansu:
« Uaus la grande lulle de Nicolas I" contra le roi
conçu pour une autre femme nomnée Vit-
drade; que l'Eglise, le pape Nicolas et nec
lui l'archevêque Hincmar, servant riEiimilid
de Charles le Chauve, forcèreol Temptittir
Lotbaire de demeurer uni à son ijMuse,
malgré Is désir des deux époui, milgré
l'aveu que fit la reine elle-mtme des uimn
qu'on lui reprochai), et qui étaient lie lu-
ture à dissoudre le mariage. Dans toulectUr
affaire où abondent les meusoiiges et la
falsifications Je pièces auxquelles il n'ot
pas sûr qu'Bincmar soit denieuré eolière-
luent étranger, il fut constamnieni d'ieconl
avec le roi de France, Charles le Cbiuit,
et avec Nicolas 1". Les évéquesdu rojauait
de Lothaire élevèrent hautement ta luiicn
faveur de leur prince contre k roideFriiKt
et contre le Pape; plusieurs d'entre mi,
ayant été déposés par Nicolas pour itou
tenu un concile favorable i Velilrade, pro-
testèrent dans les termes les plus Tëbéiueau
contre cette déposition , et envoyèreai 1
Rome un évèque nommé Hilduia, poor
porter leur protestatiou sur In lomheau it
saint Pierre. Hilduin entra dans l'égli«Jt
Saint-Piérre l'épée k la main, tua ud ia
gardiens de la basilique et en blesu plu-
sieurs Voici quel était leur Isugigc
* Npus ne recevons pas ta seniencs au-
■ dite, etc. ■ Dans ses emportemeDltctuilR
les prétentions de Rome, jamais Bincnu
ne se permit une apostrophe aussi lébé-
mente. Je la cite comme exprimaaluqiiV
y avait de plus violent, de plus réTolution-
□sire dans l'éiiiscopat.
« Hincmar, au sujet du divorce de !'(*-
ptireur Loltaaire, écrivit un traité reoipliJt
sofhismes et d'une casuistique birturt, ,
dont lui-même sent le besoin il'einftf
la grossièreté; le tout pour compliiKtl
Charles le Chauve et k Nicolas. C'esiliiW
tie faible et honteuse de la vie iTI*'
mar (1823). »
Le cteur se soulève à de telles (M"''
dont on ne peut dire cependant ip''^'"^
soieot la partie faible et honteuse del'â<>*
ioirelittirairt, etc., car trop d'aulrei{>f(*|
du livre ressemblent à celles-ci. I
Sans son résumé de l'affaire dadJ'Hi^
U. Ampère s'est trompé surLolluirc.BrtI
teberge , Charles le Chauve, les éièq>4
lorrains, la papauté, et enfin sur BxattM
Lothairtpmaantiondivara. -U-im^
nomme jusqu'à trois fois le roi de Lom4
empereur. Mais, comme je l'ai dèjMl
observer, ce prince ne fut jamais empereif
•Sou père, nommé comme lui Loliui^l
son fièie Louis portèrent ce Ulre en IiilU
et, après' eux, Cliarles le Cbauve,saao'>'j|
toi de Neusirie; mais lui, jamais il d'I
porla. J
Quand H. Ampère assure qns'^^
et Hincmar forcirent Lothair* à ^
Lotbaire, à roccaaion de TlMiiUier^ tt A' "^
drade, HlncniaT prii te parti de la coar <i« *"
Boutiiit ta même cause, et en reçat '>^'>'^
marques d'estiaie et de UenteUlaai!*. • I''"'^
p. 377.
1165
MCTHMOiAIRR APOUK.RTIQUE.
lUX
lUS
mt â $om fpome, eeUe hcon de parler ta il
croire an anceèsde Nîcwas et dHiocmar,
cboH Balheiireiiaeineot trop ioeiacte. Les
aecusalioBsduroi contre Tbeuteberge com-
mencèrenl vers 857. En 862, Lotbaire
époDM Vtidradfi. et le démêlé Bnit e.n 869,
p«r la mort du priore. Or, depuis 862 jus-
qu'à 869, oo ne parrint à réunir Lothsire et
Tbea(d»erge qu'une année, en 865. Eti I
quelle réunion, au milieu de menaces de
mort el aux côiés de Yaldradel 11 fallait
'!onc dire non pas qu'on furça le roi de
Lorraine I garder ion épouse, mais qu'on
^aisa, presque en Taie, tous les mo>ens
lie la lot faire garder (1824).
Tktuttberge pendant h dworeede Lolhaire.
— H. Ampère oe paraît point duater de la
cilpatulile de cette reine , ni même soup-
fomwrqQ'il puisse s'élever un doute sur
«tlii il s'en tient î l'areo qna la rnioe JU
^Umtmt du crimes fw'Mi fui reproduut,
<j8aat aux protestations coutraires de la
cjiillieurease prioeesse, elles sont pour lui
riciii avenues. La justice, cependant, exi-
én">t une sévérité moins dédaigneuse.
_Versran8S7, Lotbaire accusa Tbeuteberge
J'avoir, avant son mariage, commis un
estime hontenx avec son frère. On recourut
3«rjagemeat de Dieu, et le champion de la
rvineajanl retiré intacte sa main de l'eau
bonillsiite , l'accusée se vit réhabilitée.
DeoiBnsaprès,rinculpaM'ou fut renouvelée,
et oa parfa d'une procédure en forme à
ronmieocer. Tbculeuer^e écrivit au Pape et
l'avertit des menaces dont on reETra^ait
pour lui faire confesser ce crime supposé.
HJI»! ajoutait : ■ Si on me presse davaalagc,
je dirai tout ce qu'on voudra, non pour
ubéir à la vérité, sacbez-ie bien, mais par
[«ur de la mort et pour me sauver, car je
ne puis j réussir autrement (1823]. « Kn
effet , dans plusieurs conciles d'Aii-la-
r.hapelle, elle se déclara coupable, fut coo-
iamoée î subir une pénitence canonique et
Lolhaire put épouser Valdrade : c'était ea
âO. Tbeuteberge se réfugia en Neuslrie, et
;>roiesta auprès du Saint-Siège contre ses
•reux forcés. Nicota.s indiqua un nouveau
jODCile pour 863, et y envoya des légats, qui
eurent la faiblesse de laisser faire tout ce
qoe souhaitait Lotbaire. Le lèle du pape
%i colas redoubla, et réussit i rapprocher les
ivux éiionx el i éloigner de la Lorraine
k'aldrade, qui j revint bienMt. Nouvelle
tccosation contra Tlieuteberge. Celte fois
:'^tait d'un adultère qu'on la cfaanseait, et
n roi voulait qu'un duel dtîtiidât de la
''értté de rMeus8tion,doot le résultat pou-
ailétre, pour la reine, la peina de mort,
rbeutebvrge vint de nouveau à ia cour de
^baries le Chau*e, el, lasse de celle hain^
AfufiD, elle conjura Nicot^is, puis Adrien
on successeur, de lui permettre de reuoeeer
il SU) Dànn., Bist. de Pr., règne de Charles
^luHTe. — Ekiin Calket, tf r«i. dé Lorraint, 1. 1
«lSi5) SiK«0!w, CoHC. rai. Co//., uUI,p.l9tl.
{iSit} Sur loui ees Tailt, Mi'r Duicl, dora CtL'
ï son union avec tolhaire. Elle donnait
pour motifs tes malheurs el sa stérilité;
elle prétendait même que son mariage u'âlatt
fas légitime, le roi ayant, antérieurement
elle, épousé Valdrade. Comme dans ce
débat H y avait non i»as seulement en ques-
tion la iranquillîié de celle infortunée, mais
encore un principe essunliel de la morale
chrélienne sur la stabilité du mariage , le
Saint-Siège n'entra pas dans les idées de
la suppliante. KnGn, en 863, la mort im-
prévue de Lolhaire termina ce drame de
douze années (1826).
Or, H. Amnère n'aurait pas dû passer
sous silence les proteslations réitérées de
Tbeuteberge, ni donner à croire que le dés-
honneur de la princesse fût chose démon-
trée.
Lt$ MqutÊ lorraiiu pendant le diDoree de
Lothaire. — Ce n'est pas un concile seule-
ment, comme dit M. Ampère, mais quatre
conciles favorables à la passion de Loitiaire
qui furent tenus par les évèques de ce
royaume : trois à Aix-la-Cbap^le, en 860
et en 863, et un autre à Metz, en 863 (1827).
^ Ensuite, dans aucune de ces assemblées
l'on n'életa hautement la voixcontre le Pape.
Il nous reste l'épllre de l'un de ces concil<^9
envoyant ses actes b Rome. Les prélats y
disent à Nicolas I" : ■ Dès documents aposiu-
liques et des décrets pnotiScaux en grand
nombre nous apprennent que, lorsque la
sainte Egliseestagiléepiir quelque nouveauté,
nous devons humblement nous approcher
de la sublimité de votre très-saint apostolat,
consacré par la foi et le nom du prince des.
apôtres, et puiser avec sincérîlé les irès-
salutaires leçons d'un véritable conseil, daus
le lieu où le Christ, notre doux maître vt
notre chef suprême, a posé le fondement de
l'Eglise... Si des temps plus favorables nous
souriaient, tous nous souhaiterions nous
présenter h Voire Sainteté (1^. ■ Pas un
mot de ce qui nous reste des autres conciles
lorrains ne contredit ces hommages des
évèques au Saint-Siège.
Gunthairu ••t Theudegaud portèrent les
actes du concile de Metz au pape Nicolas,
Î|ui frappa de la peine Jedéposition, comme
auteurs des désordrcsde Lothaire, lesdeux
archevêques. Ceux-ci, ayant en vain fait
intervenir l'empereur pour adoucir Nicolas
irrité, chargèrent un uomuié Hilduio, qui
n'était pas du tout évcqu» de Cambrai, de
déposer sur le tombeau de saint Pierre la
plus insolent écrit. Tout ceci n'est guère
reconnaissable daus le récit de U. Ampère,
qui semble lairu arriver directemeut de
LorrjBiue h RomeHîlduin et la proteAlalion.
Binemar pendant le divorce de Lothaire. —
M. Ampère reproche à l'archevêque do
Reims, d'abord, d'avoir attaqué Lolhaire
pour plaire soit à Charles, soit au Pape ;
Il8i7) llui. de rEglite gatl. par Lo;>cceviL, XVI,
adann. 86U, ttbl, MiS.
(1838) SiRH'Ktb. I. III, p. 158; Cmeil. à^mU'
ftmt. tp. ad tiic«Umm, ^nn. 8Ui.
f|G7 H.» DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE. IIM ),{}
ensuite, d'atotr peul-âtre avié h fabriquer H. Am|>6re, ii n'est remarquable que |ii[
da fausses pièces; eaQn, d'aToir 6uril un ses sopliisnies clsa grossièrelé.
traité grossier et sophistique. gans nul doute, si nooi ne cûnsMiroui
Je commence par protester contre )a se- dans ce Irailé que son inculle langage, $«
«onde de ces accusations, contre le soupçoa longueurs saiïs Tin, ceriainos pages sur h
que l'archeTSque aurait bien pu devenir épreuves judiciaires et les roBlélices,qui!l-
niussaire pour perdre le roi de Lurraine. Les ques lignes de médecine légale, uoui itou^
pièces fausses dans ce procès de Theute- rons qu il sent bien son ii.' siècle; nui}»
bergt) eussent-elles été cent fois plus nom- nous avons quelque sympaitiio pour Ih
breuses, il serait impossible de présenter pensées généreuses , nous mâlorom saai
te moindre indice de quelque concours peine un peu d'éloge èi la criliqus.
d'Hincmarb la confection de ces document?. ^.„,, , , . , . . , , , .
S'il écrivit i l'occasion du divorce, parce ■ J est donc bien barbare qoedemiotHa
qu'on le consullait, il ne prit aucune part à \m' '^^"î"?' ' ^\°'^V d« prêtres, poiir]i.î.r
la procédure ni comme juge dans les sy- le» itn.mondes et slop.des unagmatoJ.
nodes, ni comme conseiller ou défenseur âe ^-û'^"'^* *^o'"^« Theuieberge I
Theuieberge. Quand donc et en quel lieu C était donc bien barbare que de se rlèw
i*a-t-dn entrevu accomplissant son œuvre do la sentence d'un tribunal qui, au rijqii!
de mensonge? Quel fait, quelle parole lu d'avilir la confession, y avait, ilisiiNi,
irahissenlT Aquellepiècea-l-ilmislamain. chercbé ses preuves, du consentemenl, il
minable façon de procéder au tribunal de ""'=« "*"" '« ^^P^ <!" «"« ! ■"""'»"■
H. Ampèrel Avec ce sjslème, il ne sera Cétail donc bien barbare que de pratlj.
pas sûr que l'archevêque soit demeuré élran- mer q^ue les souverains n'ont pas, deiauili
ger au rapt de la fille do Charles te Cbauve 'oi> l'impunité du crimeT
par Baudoin; il ne sera pas sûr qu'il u'ail C'était donc bien barbare que de |irul^
point participé & l'empoisonnement de Tem- les femmes contre les n obiles et liruU!»
pereur Charlesl.... 11 ne sera pas sûr que passions de leurs maris? « II edt des tiiin-
loul candidat au prix Montbyon ne soit un mes, écrit Hincmar, et il en al en ffiu
Alar-Gull (1829). Qu'est-ce dune que M. Am- nombre, de si luéctiants que, uioiusliuoi-
père trouve dans son cœur, pour qu'il ne mes que bêles féroces, après avoir, surs-.
soupçonne que fourberie ilans celui d'un si soupçon adultère, tué leur première éj oui!,
grand et si vénérable personuatie? sans loi, sans raison, sans jugemcal, r"
Quand on avance qu'Hincmar écrivit son colère seulement et cruauté, ou par alu-
Traité du divorce de Lothaire pour cotu- cbemonl coupable pouruneautrefcam^^i
plaire au roi de France et au Pape, on une concubiue, ils vieDnent,encoreireiD,''ij
prouve qu'on a fort mal lu cet opuscule. ^^ sang de ia veille, et non-seulemcQtsd.
Toudrail juger Theuieberge, melgré se pré- jE.,,,. . '""'î' "" f ""'Tt.
céJcnle ji.fiUclioD, per Tépreufe <le l'eeii SSïïî ?"', ""«s,™)""™-; »"
grendesco ornes, pourque le roi de France, P.tf ''»■ ""-«H^Bu»"" soit les lois d •«>
quelque .ffeclion qu'il' porlâl i. Huberl l"j '^/ ?"] "V"',""""'' ,',°" '1 î
irôro^ineuipé de Iliïuleberge , l'.n.ojSl en '^Tf K«nér«les. Après loul, s'.ls i»l "
Lorr.ine, ."lin d'j «IrejugôS™ la relue. "'"Vi'V" ','""'°'- i"'" '"'ni
„. „. .. ' ° „ nienl Us seront eiaminès,noup«iuN'i
Si Hincmar ayail reçu do Rome son mol les lois romaines, saliuues ou gembi"
d ordre , esl-ce ou il aurait dil que, dans mais d'iprfs les lois diïioeJ el •[«
la supposition do la culpabilité de Tlieute- iiqués (1831) »
berge, Lothaire pourra épouser VaIdradeT .r„ . , . -i j u u i ^«m
faSrail-ll dil, puisque sïcolas I"déci.r«il ,, ^.""',"" «'"'' !'°°9.'"',Î;'",'',S
que, Thouleberie morle, le roi de Lorraine ?V° "" "tS Ç'".' '' '?]*'" '"i' î,
ne pourrait s'unir à la femme qu'il awit '"'"'»,'■" P"'»'-''='''""l^'i"« "'"".V
aimée d'un amour adullèro (1830)1 """■■ >■'•' ^i"™» 1 » "est pas eej'*
„. . _, .\ ', j. une raison pour mépriser, aussi iléoii^
Hincmar, dans son TraiM sur (« dmorci sèment que le fait M. Ampère, «0 *""
de LolAoïra, ne fut donc comuléloment de le sentiment de la juslire indigniSea^
1 avis de personne autre que de lui-même, de semblables pages Si elles ôiiiw
el n eipnma que sa propre pensée. quelque adtersaire de l'Eglise, B. Amr
Il nous reste à examiner le reproche fait pour les transcrire , aurait deiuaoJ^ u
au livre même d'Hincmar. Aux ;eux de plume d'or et se serait mis i geuoul.
(ISiS) On connatl le roman de H. Engèae Sue, aii LolAariam.
nitiiule: Àlar-GuIl. (18511 De rfinorlw, etc. resp. ad inlcm^ti
(1830) SuaiMD, Coari(.,III, SU, fféroiai eptir uni prinris pan.
DfCTIONNAIRe APOLOCETIQUC
■ Lolhaire H mourut, dît H. Ampère. Il
hissait UD frère et unlîls: Charles le CbsuTs
u'l-d jagea pas moins à propos de s'emparer
du roraume de Lorraine, et Hincmar, aiosi
qut les autres éiSques de Frauce, secoa-
(Jèrenl celte ambitieuse usuquilion. Hioe-
mar courooDa et sacra, dans la calhéilrale
liODàW par du discours uon moius sJijniG-
ralil, et daas lequel se Irouveot ces paroles
ei,'ressi*e3 dans leur briërclé : « Nous nom-
* moDs le roi , d i l-jl, «f nobit prœtil el protif, ■
re qui pourrait se traduire en français:
■ Pour qu'il oous commaude et pour qu'il
ooas serre.
■ Sur ces enifelàilL'S. le pape Nicolas fut
reiDj-lacé par Adrien 11. Dès lors cominencu
une luUe sérieuse entre Hincmar et la pa-
pauté...
■ A peine était-il éleré è la dignité sn-
fféme de l'Eglise que, Lothaire étant mort,
comme je viens de le dire, aussitôt Adrien
r^.lama eo faveur de ceux que dépoutllaieiit
l^Rires le Chauve et les évéqiies de son
f'irti. Le vieux Pape menaça de i'analhème
11- Wnn qui envatiissaîl la rojame de Lor-
r^tue cflotre la volonté de l'Eglise aposto-
'iqne; il envojra en même temps des légats
el des lettres aux évèques de France et à
Hioeniar en psrliculier , les engageant k
s'opposer aux desseins de Cbarles.el & faire
mue commune avec lui. Mais il était trop
lard ; les évéques avaient pris leur parti, et
l's ne répondirent pas. Adrien écrivit en-
core et menaça de son arrivée ; menace qui
Wiublait sérieuse, car on se rappelait les
>uilu fooestes qu'avait eues jxiur Louis le
>élN)nnaire la viiite del^régoirelV.Cbarius
e Chauve chargea Hincmar de répondre au
'ape. Cette lettre esl.je le dirai sans atté-
luer rexpr<;ssiun, un motlèle de fausseté,
l de fausseté assez impudente. Hincmar
vait couronné et sacré Charles le Chauve
ans régiisfl de UeU comme roideLorraine.
t h Pape lui écrivait : ■ Qui sait mieux que
toi que ce royaume ai>parlenait au fils do
l.«tbairu?> Hincmar osait répondre : < Et
<^uaoJ je saurais qu'il en est ainsi , le roi
Charles ne voulant pa-^i en convenir cl n'é-
tant convaincu )>ar aucun jugement légal
t:t régulier, que pourrais-je altiriuer ? •
« Il y avait chez Uim-uiar un manque de
jime foi révoltant à mettre ainsi de cAté
•>c vérité qu'il ue pouvait ignorer. SuŒt-il
L>ac,pour conserver justement un hieu
■ éô^leineot aoiuis, de av pas vouloir coa-
-iiir qu'un l'a volé ?
■ Uiucmar, toujours avec la même sined-
.Hf s'excusa de n'avoir pas empëcliéCbar-
s leCbauva de preudre le royaume' de
lorraine et de u'avoîr pas excommunié ce
'ja<ce.ll avait fait S>ien plust il l'avait cou-
ronné el sacré de ses propres mains, bans
la suite de sa lettre, passant do ces gros-
sières excuses fc une ironie plus fine, mais
sanglante, il feint de transmettre i Adrien
ce qu'ont dit les grands du royaume deLor*
raine. «11 a voulu leur faire les représen-
■ tationsqnelePapeponvaildésirer, mais ils
■ ont répondu qo ils ne pouvaient concevoir
• qu'un évèqae de Rome eo ftlt venu k pré-
• tendre disposerd'no royaume. Leur ayant
< rappelé que le successeur de saint Pierre
■ avait la puissance de lier et de délier, ils
■ ont répliqué : Le pape n'a qu'à s'en aller
■ combatlTA las Normands, et voir ce qu'il
■ deviendra sans notre secours; nous l'eaga-
■ geoos k nous laisser choisir le prince qui
■ peut nous défendre.»
« Hincmar répète avec une complaisancu
perfide ces arrogants sarcasmes qaa rari»l(i-
cratie lorraine jetait h la papauté; et enfin
celte arîslocratit) s'écrie , par la twuche
d'Hiiicmar: tEl *otfranei>i nonjubtat ter-
m tire ! Nous sommes Fraoks, qu'il ne nous
« onloune pas de servir (1S32J! ■
Ce long extrait renferme quatre erreurs
principales : 1* ce n'est pas des seuls évéques
que Charles reçut la couronne de Lorraine;
3* le pape Adrien ne chercha pas à imiwser
sa volonté dans cette circonstance ; 3* Hinc-
mar n'usa pas de fourlwrie envers le Pape ;
(*il ne l'insulta pas.
l' Erreur de M. Àmpire nr Ua électeurs de
CkarUi te Chauve. — H. Ampèrd ne place
que des évfiqucs autour de Charles; c'est
par des évëques francs qu'il fait offrir au
roi la couronne de Lorraine, comme si les
Ixirrains ne s'en fussent pas mêlés, i-ar,daos
son récit, il n'est point question d'eux, fté-
taLlissous les lails.
Dès qu'on eut appris la mort de Lothaire,
Charles s'avança vers la Lorraine ; mois une
(léputalion le vint prier de n'y point entrer
avant son frère Louis de Germanie. Il sus-
pendit quelque peu sa marche, pois, chan-
geant de résolution, alla se faire sacrera
Metz.
Le procès-verbal de celle cérémonie sub-
siste ; voici ce qu'on y lit : Advenlius, évé-
que de Metz, «adressa publiquement, par
écrit et de vive voix, au peuple > quelques
avis. ■ Par notre concorde et notre unani-
mité, disait-il, nous voyons que la volonté
de Dieu est que l'héritier légitime de ca
royaume soit celui h qui nons nous soiDmes
spontanément confiés, pour qu'il nous cmn-
luande el veille à nos intérêts, ul nobUpr»-
tit eJproJif,c'e8t-^ire le seigneur Charles
ici présent, notre roi el noire prince... fil,
s'il lui plall, il semlile digne de lui et né-
cessaire pour nous que oous entendions de
sa bouche ce qu'il convient è un peuple lî-
dèle et unanime dans l'obéissance, ce qu'il
convienl h chacun dans son ordre, d'eulcn-
dro d'un roi très-chrétien, et de recevoir
avec un esprit dévoué. •
Charles répondit; ■ Puisque ces vénéra-
bles évoques ont dit par la bouche de l'un
\5.~i,T. in.i,.
vj:
MTI
iirt
DICTIONNAIRE APOLOCETIOUE.
irs
lin
d'eolre eux, puisqu'ils ont montré par Tin*
ttiee certain de rolre unsnimild, puisrfue vos
ncclamsliona ont déclaré que, par l'éleclion
daDieu, jo suis reuu ici pour voire tléfenie
et votre arantage, pour vous conduire el
voua gouverner, sachez que je veux, evee
l'aide de Dieu , conserver l'honneur et Jo
Gulle de Dieu et des saintes Eglises, honorer
et sauver, selon mes lumières et mon pou-
voir» chacun de TOUS attirant ladiguité de
son ordre... >
Hinemar adressa aussi queinaes paroles,
■ en présenue des évéques et au roi, k tous
ceux qui remplissaient l'église... > — ■ Il a
paru convenable i ces vénérables évéques, ilt-
5ait-il,sioelaptatt& voire unanimité, puisque
le royaume so soumet i l'obéissance deCbar-
]es,«l puisque, pour cette raison, vous êtes
spontanément accourus autour de lui, vous
onfianl ï lui, il a paru convenable qu'on
le couronnât, au pied de cet autel, par la
main des prêtres... Si cela vous plall, que
vos voix le Tassent retentir.» Et lous l'ayant
proclamé è la fois, le même évêque dit :
• Kendons, par conséquent, tous ensemble
tjiSce à Dieu (1833J. >
Louis de Germanie, averti de l'intronisa-
lion de son frère Charles, envoya des am-
tassadours pour lui rappi'.ler leur Irailé sur
II! parliige de la Lorraine. Le roi de franco
se déclara prêt i l'eiécuier. Ce partage eut
lieu peu après (1834).
Ces faits nous prouvent que le royaume
lie Lorraine ne fui point un cadeau des évé-
i{ues francs è Cbarles, mais que les Lorrains
«ui-mèmes s'étaient donoés à ce prinoc et
il Lonig le Germanique, cl que par suite de
cette élection, un partage uu pays avait eu
lieu cotre les deux frâres. ^
Ces faits nous prouvent encore que les
fameuses paroles ; vt prmsil tt pro»l, attn-
lujées à Ùincmar, furent prononcées pnr
Adventius, évéque de Metz, et qu'elles ex-
primaient les vœux et lus espérances, non
pas du elergéseul qui auraitvoulu faire du
roi son serviteur, mnis 1l<s vœux ei les espé-
rances de toute la nation.
FidèU) i son piirli piis de ne raeitrs gq
scène que des évoques francs, U. Ampère
|iarle seûLeinent des lettres écrites par Adrien
au clergé de Ciiorles le Chauve. Cependant
nous trouvons dans les œuvres d'Adrien les
èj'tlres qu'il adressa sur le même sujet et ei)
inénie temps aux grandi du royaume de
Lothaire, i Charles et à ttt seignturt,à Louît
de Germanie el aux icéqun de (on ruyauvxe
{1833).
(183S)SiBiM«i»,Coiif. oBi.CaH., t. m, ad «in.
(1831) Vgir sur lous ces fajis, les Gramiet chror
n'iqueê ae fraiice, t. m, Vie de Clmrlei U Chauve,
c. i, ad ami. 869, éiltt. de M. P. l'tRis, 1837. ~-
Umn CkLXKT, Uitt. de Lorraine. — Dasiel. flisi.
dt Ft., mi\M année. Ce suiit les Aiinalet de Saini-
Henin ([vu les Grandet Chronique* u-aduiseni en cei
eiidroU.
IISÔS) SiBBOiw, Conc. UNI.. GaU., lU, p. 57!)
(ISJ'J) Toit hi aiilfurs cUts, noie 1831.
2* Erreur de M. Àmpirt lur U fajuAiria,
— Notre historien supposa quels pipe M.
colas mourut et fat remplace par Adrien,!
l'époque du couronnement dedisriti.C'eii
un anachronisme de deux ans. Nicolas dios>
rut le 13 novembre 867, Adrien lui saccéd)
le U décembre de ia même asDéo, el li
sacre de Charles se ât le 9 septembra SUS
(1836).
la raison pour laquelle, selon 11. Aii>-
père, le Pape menaçait Charibs, c'était pir»
qu'il avait été couronné ■ contre la volonlé
apostolique. » H. Ampère voudrait bien
qu'on imaginât qu'Adrien se posait eu dis-
tributeur des royaumes. Eh bienl oui, le
Papa exigeait qu'on s'en tint * au pr^epl»
bt à l'avertissement du Siège apoiloliqug
(1B37). » Mais quels étaient cet avertisse-
ment et ce précepte T La Pontife comitijo-
(lait que l'on respectât les droits de l'empe-
reur Louis sur la Lorraine, car, diiiail-II,
« par droit paternel et héréditaire, selon li
loi et la raison, ce royaume lui est dâ (1838}.'
Ce n'était donc pas sa volenli que le Fipe
imposait, comme s'il lui eûtapputeDuù
nommer roi qui bon lui semblait.
M, Ampèra n'a pas non plus compris dt
qui Adrien soutenait les droits. 11 dit qui
Lothaire 11 a^ant laissé un frère el DQ fis^
le Pape écrivit h Uinnmar : ■ Qui sait mt»
3uti toi que ce royaume appartenait lu Oli
e Lotliiiire. > Le protégé d'Adrieo luwl
doue été fils du prince dont oo sedispuUil
l'héritage I Or, ceci est faux. Lolbaitedt
Lorraine laissait bien un tlis , mais qu'il .
avait eu de Valdrade, et auquel personoew I
songeait à cette époque, surtout k&oœe.U ,
Pape disait et répétait qu'il plaidait [wb j
frire du défunt, pour l'empereur louii.d'iu- j
faut plus que la Lorraine était un dàiff-
brcment du territoire échu, après la tulii"'
de Fonlena y, ii la branche italieniie desCv-
lovingiens (1839).
Adrien munaça de venir lui-mêaiiii
Gaule. Sur cela, U. Ampère fait ot>£(tit
qu'itn te rappelait les siiites funesUt jnw-''
eues la visite de Grégoire IV. C'ust ïfai;''''
se rapjjttoil on Gaule celle visile et l'os''^
lit mention, l'an 8(J7, au concile de Iiofi'î,
cumpo-vé de vingt piéials , dont six fUi^"'
métropolitains. Or, les Pères assemblés (i<^
clarèrent que les attentats nuxqucls oa k
porta contre Louis le Débonnaire se comD'
rent < sans le conseil el sans le conseol*'
ment du Pape, que Lothaire avait amen^J'
Kome sous préiexle de réconcilier ks Ë"
de l'empereur avec leur jiôre (l8i0]. 'C«
(1837) Sianow, CotwiV., elc-, i.Ul, f.ïH,'^-
581, 582.
(lajM) Voir la noie précc(li!i:Lc.
(I8Ô9) Voir la iioie 1857.
{lt)40) SiHHOEiD, Cuttit., eie., m, p. 555, Inn^
Tneatsiintm. -^ Celle amorilé et tlniiir« '<•*■
gii.iges (tu !»• siècle n'out pas enipédM 11- ■''
cbelettledire; < Loitiairc anièite avec lui lu'^'
Grégoire IV, qui eicommuaie toi» ce« I") '^'"^
roiil pas au roi d'Italie. > (T. H, i. il, c. 5, '''f^
dc'LoMt k hiiomiaiit.)
IHCTIO:iNAIRE APn/>GETlQUC.
BIN
oïuil Juue pas le aouTenir de la tisite dé
GrégoinlV qui devait faire redouter celle
i'Xirm II. II. Ampère s'est irompA sur ce
Pipe pretque aussi sonrenl (ju'il en a pnrlé.
3" Eincmar n'usa point de jovrlerie mrtrt
/ffBpï. — Est-il Traiquelesérèquesfranks
iJEnl peu fait attention à l'éptlre d'Adrien T
L'épllre gu'il leur entoja, celles qu'il dcri-
ii[ aux ieiitneurs lorrains, à ceux do rojau-
œedeCbarles, et la première adressée sur
ce sujet \ Hincmar, portent la dale des nonw
lit ftpltittbre , c'est-à dire du 5 sepleoibrei
et leucre de Chartes eut lieu le même mois,
le ttMq <Ui idu, 9 septembre [ISÎl]. L'oppo-
5iliO'i du Siinl-Siége ne put doue être con-
uge 1 temps.
Unç!» pins tard I archevêque de Reims
rafutiosiruit, et dès qu'il sut qu'Adrien
te chargeait de iaire observer la prescription
(«Blitieale, il rédigea une circulaire et la
(omnuDiquB aux évèques de Neustrie, de
f-orraioe et de Genname, ainsi qu'aux deux
fois Charles et Louis (ISbSJ. Il ne répoudit
l'as toul de suite au Pape , qui le blâoia de ce
jvlard , Gooime le bUme msiatcnaDl eacorft
H. Aniftère. (^pendant la justification pré-
sentée à Adrien aurait pu sulBre au mo-
"iertie censeur. Hincmar Gl observer au Pape
qie, s'il ne lui avait pas écrit , c'était parce
(ja il avait adressé verbalement une réponse
lui légats, et qu'il attendait de connaître
les réiuUats de sa démarche auprès des
firioces e( du clergé, pour en instruire le
f^tîDl-Siége, ■ sachant bien qu'il devait l'en
aiertir (ItM). ■ Je ne pense pas uu'uae dé-
■oarche aussi hardie que celle d'Hincmar
auprès des deui nouveaux rois do Lorrai-
0e, tentée pour obéir au Pape, dénote ua
pantl dédaio envers les ordres de la pa-
lauié.
U. Ampère assure que Charles te Cbanve
chargea Hincmar de repondre au Pape. En-
:Ore une inaxactîiude. Puisque l'arebevè-
f^e , dans sa lettre, est tout occupé de si
■ropre josliGcatioD,et nullement de celle du
oi ; il répondit donc parce que c'était pour
ni un devoir, et non parce que le roi Yen
unit chargé. Charles aurait exigé un plai-
over ea sa faveur, et pourtant ce n'est
uiul l'apologie du roi que Tarcbevêque
zririt.
Dans la réponse d'Hincmar au Pape, on
I : • Et quand je saurais qu'il en est ainsi,
rot Charles ne voulant pas en convenir
. n'étant eonvaiocu par aucun jugement
^1 et régulier, que pourrais-je alHrmer? ■
. Aon père demande très-philosophiquemeut
I sulllt , pour conserver un bien illégale- ~
cnl acquis, de nier qu'on l'ait voléTNoo
riainement cela ne sulMt pas ; mais ce qui
ffii pour qu'on ne se hAte pas d'escommu-
er un accusé, c'est que l'accusé |irésent«
nombreux tilmoint rie la légilimMé de sa
'S!*rs:inu , et qu'il n'y ait \ns de tribunal
lUl) Sutw». CoMi/., etc., III, II.Ô79 à 5ii
3«5.
pour peser la valeQr^de ces prélentlom et-
de ces témoignages.
Or, telle éuitla posiliMiduprélstauprè»
de Charles le Chauve. 1) voyait le roi ■ a ap-
puyer sur de nombreux témoins , «mf/is
latibvs, ■ pour réclamer le trdite de Lor-
raine, vl s'oETrir k défendre, quand on le-
voudrait, sa cause devant on tribunal. Hinc-
mar devait-il répondra au prince : Uoi, je
serai votre juge, comparaissez h ma barre I
Peut-élre t aurait-il fait ; mais il voyait que
d'une iulte contre les deux rois et le pays
qui s'était donné ft eux naîtraient uue ré-
volte funesïe à l'autorité religieuse et une
guerre entre les peuples qu intéressait le
partage. Il exposa ses craintes i Adrien , et
le Pape ne reparla plus d'excommunication
sur ce sujet {I8kk),
La question ne se présentait donc pas
aussi simple que U. Ampère le suppose, et
toul ne se réduisait pas a savoir si Lothaire
laissait ou ne laissait pas un frère. Par con-
séquent , la lettre du prélat k Adrien ne sa
monlre ni fautte ni imputffiiXe, mais elle est
ce qu'elle devait être, écrite par un bomma
sage, d'une haute politique.
Au fond , Hincmar crojaîl-ii k la légitî*
mité des droits que Charles mettait en
avantT et s'il n'y crojait pas, ne fut-il point
son complice à UetzT II me semble au'il n'y
crojait pas, et que cependant il uaété le.
complice de personne.
Si Hincmar avait admis la vérité de ces-
litres, il l'aoïait dit. et nese serait pas con-
tenté de lîiire remarquer que, ■ l'iln'aetuit
pat, il n'excuse pat non plut {iWi). kCepen--
dant il n'a point de booteuse counivence à
se reprocher.
AI époquedu couronnement» on s'occupa,
ce semble, non pas des droits des princes ,
mais du droit seulement que la Lorraioa-
avait de te choisir le chef qui lui plaisait,
son roi n'ayant point laissé de postérité.
Montesquieu, dads un précédent paragra-
phe, nous a déjà enseigné comoibut, sous
les premiers Carlovingieos , l'élection su
rencontrait avec l'hérédité royale encore un
peu vacillante. On ne parla que de ce droit
d'élection la jour du sacre, et les antres li-
tres du roi de France ne lurent invoqués-
que plus tard, quand on lui opposa ceux do
son neveu l'empeceur Louis. Ainsi donc,.
Hincmar couronna Ctiarles parce qu'il le vil
élu par les Lorrains,, et il refusa de l'ex-
communier, parce que le prince présentait,.
k l'aptiui de sas nouveaux titres, des témoins
dont la fourberie n'avait pas été juridique-
ment cooslatée. Point de contradiction eu
cela.
k' Bincmar n'insulta pas te Pape Adrien.
— Il Oit d'abord nécessaire de rectifier les
citations faites par kl. Ampère.
Pour rendre plus pittoresques les derniè-
res paroles des seigneurs irrités qu'il a ci-
tées , kl. Ampère a coupé la phrase d'uu*
(1843) Ep. aé BMdrianum.
1)78
ntN
DICTIONNAIRE APOLOCETIQVE.
maniera qui en change le sens. Ji semble,
dans sa Irsduciion, que les Fraoks protes-
tent contre un Pape qui veut les rendre ses
esclares ; mais dans le texte ils disent seu-
lement : ' Nous soDimes Frsnks; qu'il ne
nous ordonne pas de servir celui que nous
lie voulons pr)s servir.,!
Ils ne répliquèrent pas non plus que le
Pape n'arnit qu'à t'en aller eomballre tei
Itormands. Celait i Hincmar et aux prélats
dv son parli que les Franks disaient d'es-
sayer de rei<ous5er les Normands par leurs
seules prières : Et voi ergo tolii orniioni-
biu, etc. Les Normands, en effet, n'atta-
quaient pas rilsHe.
EnGn, l'archevôque s'excusa non point de
n'avoir pat empêché Ckarttt de prendre la
Lorraine, mais da ne nqs l'avoir lait rendre,
.litendu l'inipossibilite du succès el la certi-
tude de grands malheurs.
M. Ampère n'a pas mieux interprété que
transcrit la lettre d'Hincmar. Il a tort de
(lire que le prélat feint de transmettre au
Saint-Siège les plaintes sarcasliques des sei-
gneurs'contre Adrien. Ce tort est évident,
l'uisiiuo les sarcasmes n'atteignent qu'Uinc-
insr, qui en appelle ftdes témoins dignes de
fi'i, aux légats romains. € Comme tous nous
l'avez écrit, dit-il, j'ai, par mes discours,
en présence de vos envoyés, et d'après va*
Ire ordre, résisté au roi et aux grands du
royaume, au point que, toujours en présence
de vos envoyés, on me repondit avec me-
nace (^UB, si je persistais dans mou avis, je
pouvais bien aller chanter la messe dans
mon église (1846). ■ Ce langage, adressé per-
sonnellement 6 Hincmar, prouve que l'on
pot bien ne pas ménager davantage le Pape,
ut que l'archevêque n'eut pas besoin de
feindre pour dire que les Loirains ne vou-
laient pas que le Piipe se chargeât de leur
cburcbur un roi.
Peut-être que H. Ampère n'a pas voulu dire
qu'Hincmar ait inventé ces odieux propos,
tuais qu'il Qt semblant de se croire obligé h
les répéter. Si Hincmar répéta ces imperti-
nences à Adrion, il le Bt non point avec com-
ptaitance, mais par nécessité. Ne fallait-il
|>as minutieusement instruire le Saint-Siège
de l'élat des esiprils , pour le détourner de
ses projets d'excommuoication 7 D'ailleurs,
conimenl veut-on nous faire croire que ce
prélat s'amusait ft supposer ou è répéter
des injures contre la papauté, lui qui, par
soumission à cotte nnpauté et' en présence
des légnls ses témoins, exposait i la défa-
veur sa vieillesse, sa dignité, sa réputation,
en pubriant el eu soutenant les lettres d'A-
drien pour l'empereur, contre les rois de
l'rance et de Gurmaçie 7
Le récii'de M. Ampèro sur le çouronnc-
uicnl de Charles le Chauve, à Metz, est dùnç
tfu tUsu d'erreurs du tous genres.
fIfilS) Ea. ad Hadrianum.
hUl) T. m, p. 191.
Louis de Germanie lâ=bs,i deuxrepriMs,
de s'emparer des étals de son frère, Chirles
1^ Chauve , d'abord en 858 et plus tird n
876. Nous allons voir quelle alUlude on tul
prendre i l'archevêque de Reims peodaat
ces deux invasions ; allilnde orgueilleDit
dans le premier cas et vile dans le second;
double assertion également Tausse.
■ L'épiscopat qui parlait si haat pirli
bouche d'Hincmar, dit M. Ampère, prit ni
moyeu plus énergique pour porter quetqu
remède aux dévastations perpétuelles, m
invasions de la propriété, prèdoiles parles
dissensions alors existantes entre Cbtrlcs
lo Chauve et son frère Louis le Geriuini-
que. Un concile de Metz envoya ii Loais le
Germanique trois archevêques, ï la iClt
desquels Hincmar, pour dire au prince iiiie,
s'il se repentait des désordr«s auiqutkil
avait donné lieu, il serait absous, miissn-
lement à celle condition. Louis recol 1»
trois envoyés avec une grande soomUsion,
et leur demanda pardon de tout ce qui ii-
toit passé. Hincmar répondit: < Jeiniilrèi-
« disposé k iiardonuer ce qui me conctns
« persounellenient,el, quant au mal que ti
■ asfaitàrEglise,jet'a]iportelesmafeiUilii
« te réconcilier avec Dieu. ■
Jusqu'ici, Hincmar a parlé, et nous l'en-
tendrons plus tard parler encore ud Imgi^!
haulain, mais qui ne menque pas de ud-
blesse (1847). ■ '
Je plains véritablement ce pauvre arçll^
Tèque de Reims ; quand i) parle sans criinK
aux rois, H. Ampère le comme ftititl0ii,H
quand il prend un peu de jirécaiition, h
même censeur l'accuse d'6tre traUrt!
L'xn SS9, un concile réuni à Uelip
Charles, roi de Neustrie, et par Loibtf^
roi de Lorraine , députa neuf de sesK**
bres, (rota orcAec^uMetsix év6ques|tM'<
k Louis de fiavièr» d'abord pour ïta^^''
lia paix, ensuite pour le presser de b'"
pénitence de tous les maux qu'il aviil cau-
sés dans l'Eglise gallicane. Louis, qui u'-
gnorait pas le sujet du concile et de i'i'^
bassade, prévint ta remontrance des éTâqi"^
en leur disant, non pas qu'i'i dfmMili"
fordon de tout cegui t'était patte, aiosiij'it
écrit U. Ampère, mais : ■ Je vous eu pur,
itj'di blette vot aprilt en quelque ctioH>
pardonuez-le moi pourque je puisse, cooim
par le passé, parier aveu vous sanscraiale.»
Ce n'était pas là ce que les envoyés <r-
naienl demander ; ils pardonuaieol u»)
peine les iiyures personnelles, maisilii"
consentaient pas s transiger si lacileoitni
sur les malheur^ publics, tristes résulUl>
de l'invasiqn. Sur ce dernier point ■ leru<
Louis répliqua qu'il s'occuperait du c>'i
avec ses éyéques, et qu'il réitondraieol |^>»
tard. ■ De sorte que, dirent à Itiur niuur
ks ambassadeurs, il est resté cturgé i»
(1848) &1IIM0BD, I. III, p. 191, Cwt». 'tU'"-
DI<~TIOX.tAIRB iWOUKKTIQUE.
UN
117»
tout re qu'il a Giil contra l'Exi.se et le peu-
I h (1819). ■ Telle fsl I b:stoirc de celle lû-
g.iii<>n.
La grande Moumiuion dii roi de Banère
rtL- fui donc qu'une ruse Irès-fldroile, ot le
^i.ccèt que U. AiDjiëre seiolile alttiliuer à
UiD mjr, réduit à un ro^a-^e comt'léleuu'ut
iiiD i:c, Uni la crosse épîscopale élail puis-
S3iil';aii II* siècle!
U. Ui-'liilet a dit aussi : ■ Les maîtres du
I a,ts étaient donc les évéques... C'est Hiiic-
luar qui, i la tâle du clemé de France,
ï«iiibleaToir empêché Louis Te Germanique
le tVlililir dans la Neustrie et dans l'Aqui-
laiic.où les grands l'appelaient. Louis a>aot
c-;.»hi le royaume de Charles ea S39, lo
• >iiale de llvlz lui eorora trois dàiutés
lîôo;. . j ^
feaJant le s^our des vainqueurs en
F ri ice , Hiiicmar écriiit plusieurs fois i
Unis en laveur de son maître. Il n'esisle
\ocuDe nreure qu'il faille attribuer le dé-
;vt de Louis k Véloqnence de l'arclievë-
{ue,elooopas h l'arrivée de l'armée de
^turles.
H. Uicbelel ne paratl-il pas croire que
^uis selioufaileDCore maître du rojauuie
le France quand le tint le concile de UcU T
^iBe s'il était possible d'imaginer que
ûturles et Lothaire, malgré l'invasion,
autaieutpu réunir leurs évéaues pour som-
lucr IVuvahisseur de faire pénitence 1 Com-
iftt il était concevable que l'envahisseur, à
cilla i>/o{)osilion d'une péuitence à faire en
i:i|iialicD de sa conquête, n'aurait eu d'autre
'é) unse que la promesse d'y »onger avec le
^>iiseil de ses évfiques I Le concile, nous
•'uns fait observer, n'eut lit-u qu'ajirès le
:c,art de Louis le Gt;rmanique (1851) et
• fUiot aucun succès auprès do ce prince.
Vil faut peu de cbose à M, Uicbelet pour
rourcr que les maUres du payg élateni la
ttqual Légères erreurs, cependant, eu
xhiparaîson de celles qu'un a commises
iK déi>eus d'Bîucuar, en racontaal la se-
'(feJe iuvasioo du roi de Bavière 1
W. Ampère dit encore : ■ L'emptreur
*iuts 11 mourut; Charles le Chauve se
^:b(lit en Italie pour aller se faire courou-
icr.
« Pendant ce temps, Louis le Germanique
tifi dans le royaume de Charles. Uincniar
i-iuL:e avoir été fort embarrassé entre les
leui frères, oe.sachaat trop lequel l'empor-
erait définitivement, et ne se souciant |)as
<; se brouiller avec celui qui pouvait Irium-
b«r; citant un proverbe qui existait déjà,
' st plaïul il'âlre plaça nUre Ctnelwne et le
MD-ffOM. Il engage les évôqucsab.eu parler
le celui qui arrive, sans trop mal parler de
elui qui peut revenir. Il leur dit : ■ Notre
' roi nous a abandonnés, celui-ci fait de
I belles promesses; mais quand noire roi
I retiendra, il nous accusera d'îulidélilé I •
^ISttlî _ , .
'ISSU) But. 4* Wf., L I, ^ 5U. - Ou M raiH
'•le qa'il T CM wk/ dépuës.
UftatJ 5ÛX05P, CvMït., etc., I. ni, p. 681.
Enfin, il à adressé a Louis le Germaniiiue
une lettre dans laquelle il cherche t le uis-
suader d'envafiir le royaume fraternel ; puis
dans l'iocerlilude do succès, il a soin d'a-
jouter prudemment : i Quand nous aurons
c vu si Dieu est décidé à sauver l'élise par
c vous, nous nous oITorcerons de faire, sous
■ votre sage gouvernement, ce que nous
■ jugerons le plus convenable, car Dieu
* peut dooner une bonne Go i ce qui a mal
■ commencé. > De nos jours, on a mis jibis
d'art dans la trahison , dans la défection ,
oiais on n'a pas beaucoup perfectionné les
principes; ils étaient déjà trouvés au iV
siècle.
■ Le nouvel empereur et son frère mon-
rurent presque en même temps... Hincmar,
qui, comme If. Guizot l'a judicieusement
remarqué , parmi les divers prétendants,
s'est toujours prononcé pour ceusoue l'his-
toire a qualifiés de souverains légitimes,
Hincmar n'hésita pas dans celte circons-
tance , il cooroona le faible héritier de
Charles le Chauve (1852). >
Si Hincmar, comme le dit U. Ampère,
d'jiprès U. Guizot, s'est toujours prononcé
pour tes souverains légitimes, pourqnoidonc
veut-on noDS persuader qu'il se préparait à
trahir Charles le Chauve en faveur de Louis
le Germaniqup, et pourquoi, quelques pages
plus haut, nous at-on assuré qu'il avail
violé les droits de l'empereur Louis en Ca-
veur de Charles le Chauve, k Metz T
Pour bien accabler l'arclievéqne du nom
de traître, H. Ampère cite des extraits de
deux lettres qu'il croit avoir été écrites ea
87(!, à l'époque de la seconde invasioa do
roi de Bavière, l'une aux suffragants de
Reims, l'autre à l'envahisseur lui-même.
La *première de ces deux pièces est en effet
de 876; mais l'épUre à Louis le Germanique
fut rédigée en K8, dans un concile deKiersy,
lors de la première incursion (1853), comme
on le voit dans les actes de celte assem-
blée.
I^ous allons étudier ces lettres et nous
commencerons, avec le critique, par celle
qui fat adressée aux évèques en 876.
Pour lixer tout de suite notre opinion sur
la portée de celte pièce, lisons les chapitres
6 et 32, < HAtons-nous , chacun de notre
cCté, dit Hincmar, de faire marcher, selon
nos forces, contre tous les ennemis de la
sainte Kb'lise «> de notre prince, les soldats
de nçs églises, |>oar qu'ils combattent sous
les ordres des seigneurs délégués pour
cela... Que si nous ne pouvons aider comme
nous le soubailoos notre seigneur Charles
1 défendre et à préserver son royaume, ser-
vons-le par l'inviolabilité delà foi que nous
lui devons Que nulle cupidité, que nul
es]>oir de gain temporel ne nous détache du
la fidélité que nous lui devons, et ne nous
fasse envoyer des évêques ou d'autres émîà-
(1852) T. m. p. 201.
(1853) Siiiio», III, p. 117, e\
Cariiiafam mitta ff Ludarifum.
t vpaéa «jmi
IIT9
DlCTIONNAmE APOLOGKTIQUE.
nm
IIH
saires pour appeler qui que ce soit dans
son royaume; que, ni pour abbïyes, ni pour
honneurs lerrestres, m pour biens, ni pour
richesses, nous ne consentions 6 nous ren-
dre semblables h Judas, qui s'en alla rers
les Juifs et leur dit : « Que me donnerez-
■ TOUS el je vous le livrrrai (183i] T ■ Au
c)ispilro35, il veut qu'on eiliorte les autres
grands du royaume à ne pas violer la foi
qu'ils doivent au roi.
Après ces citations, qu'en pense le lec-
teur : L'sl-ce Bincmar qui a trahi son maî-
tre, ou H. Amiière qui a trahi la vérilë ?
Il n'y a pas, dans toute l'épître du prélat,
une seule syllabe pour recommander dtbien
parler du roi qui venait , tant trop mal par-
ler de celui qui pouvait revenir. Qincmar dit,
aux chapitres 2, 8 et 35, que les évèques
peuvent librement parler de ce qu'un blâme
PII Charles le Chauve, toutefois en l'eicu-
sani, et de ce que Louis promet de digne J'é-
'oges, pour que, si ces Observations épisco-
pales passent sous les yeux des deux prin-
ces, le premier se corrige, ou , s'il n'est pas
coupable, qu'il se précautionne, et aGn que
le second se prâcaulionoe de mSme et rem-
plisse SCS promesses, lui qui assure n'èlre
venu dans le royaume de son frère Charles
absent, que pour le réformer, et non pour
s'en emparer. Ceci ne ressemble guère à la
parodie que M. Ampère ea a.Caite.
L'on chercherait vainement aussi dans
l'éptlre d'Hincmar celle phrase: « Notre roi
nous a abandonnés, celui-ci fait de belles
promesses ; mais q*iand notre rui reviendra,
il nous accusera d'iolidélité. » C'est 1& un
însiguiflant ou astucieux résumé des cha-
pitres 8 et 9. L'archevêque examine s'il
convieut que ses suSragauis , h. l'apprâche
de Louis le Germanique, prennent la fuite
pour montrer qu'ils restentatuchésè Charles.
Avantda répondra, il trace le tableau de l'é-
piscopat, placé entre ie marteau et fenclunu.
Oue deviendront les lidèles, demande-t-ij
ensuite, si les évéques fuient, d'autant plus
que le nouveauprince assure qu'il rient, non
pasavec l'intention de s'emparerdu royaume,
mais pour réformer ce qui est en désordreT»
Cepandaui.si l'on reste,quandle roiCharles
reviendra, il accusera du manquer de Ëdé-
Irté, comme il en fit autrefois à quelques-uns
le reproche (185S}. L'archevêque conclut
qu'on doit rester pour le service spirituel
tl<i troupeau, mais en armant des soldats
liour le service temporel du roi (ISSâ). Celte
éptlre du métropolitain de Heims est donc
complâtement pure de toute pensée de ira-
liisun.
La lettre d'Hincmar à Louis 1o Germa-
nique, quoique écrite longtemps avant celle
que nous venons d'examiner et lors de la
première invasion, en 858, aura été gardée
par H. Ampère pour]aûn,sansdoule (omme
(1S6I) lliiumarut .. fratribut el vtiierabilibus
tinttopU ttemoTHm diteceieo3,
<I655) U. 0.
(l»ïï«) C. 10,
Elus décisive et comme entachée d'uae In-
ison moins voilée.
Or, si nous tournons quelques pagESdn
livre de H. Ampère, nous entendrons l'io-
constant appréciateur en appeler h ce m^isA
document, pour achever de montrer, diU),
quelle était l' indépendance d'Hincwnrti^i-
vie de la rovauté, quand il n'avait pai lr)f
d'intérit à fui complaire, arec quelle biu-
teur il parlait h Louis le Germanique, il
cemme il plaçait fièrement CEglite au4tm
de la féodaliti {\SS1).
Mais, pas plus lorsqu'il loue l'épRtt
d'Hincmar que quand il la blAme, U.Aid-
père ne l'a comprise. Quand i) la loue, i
prétend que l'archevêque n'avait pai inip
d'intérêt à complaire a Louis, r» qui en
clairement faux, puisqu'il avait alors i mé-
nager l'envahisseur au prolit du ^eui^e;
quand il la critique, il d en saisît pas nos
plus le sens.
Louis le Germanique, après son invasion,
voulut réunir un coocilo.. Les évèqon
des métropoles de Reims et de Roaei),
assemblés h Kiersy en 858 ((858), lui ré-
pondirent pour exposer les raisons qui at
permettaient pas la tenue du concile ordon-
né. C'est Hincmar qui fut chargé de ti ré-
daction de la réponse. L'archevêque ri{h
pelait ensuite au priece que très-sODven^
de vive voix et par écrit, 1 épisGOpalgallicu
l'avait engagé, mais en rain.ènne enlreii»
avec son frère pour régler leurs dîfférendj.
Il craint bien que le concile désiré ne mi
aussi icfructueux. « D'abord, lui dit-il, ui-
minez dans la racine de votre cœur, ta n-
soQ de votre arrivée dans ce royaun»-'
Viennent ensuite de longues et TÏgoureios
observations contre l'ambition des utun*-
leurs, puis des conseils, s'il estvnif»
Loaisoe soii venu que pour rétormirctr-
tains abus. Toute la lettre d'HincwrHl
ensuite écrite dans la supposition qutUun
ne songe pas à faire la conquête du pt!^
maisb entreprendrecerlaiues niodificatiun!
nécessaires , améliorations auxquelles I?
Srélat déclare |»ouvDir souscrire un jour. •'
ieu décrétait que l'JSgiiee et U reyain'-
consolidés et sauvés, fussent réunis sous'->
main de ce prince et y prospérassent. Pou^
quoi M. Ampère, en citant vaguement cdJ:
phrase, u'a-t-il nommé que riigliss? ?iW-
ce pas pour faire croire que les évoques ré-
glaient tout h leur profit? Hincaiar reviiiil
£ ses premières remarques sur l'obéissaïc
et le respect dus au souverain ; il parle <b
l'absence du roi ton M(ilfre,et poursuit aius :
«Nous disons ceci, non pour étaler d'iocor-
venaules déclamalions contre voire domi-
nation, mais pour vous montrer BToe Hn
d'évidence ce que, outre la foi et letsemcfs
dus à volrefrère, fifaut que nous véoério-»
ou lui b cause du caractère de noir* mini»'
lère.Carnous devons et nous vouloos vou»
n857) T. m, n.208HaO9.
.1858) SiKHOW, Coacil..eU:., l^,^ ll';«^- f"
uoponm e ti/neàa «piid Cari»w»« «•<»•*« i-*«^
Il!l
ns
UCTIONNAIftE APOLOGETIQIJE.
rns
lui
croire iocipirble de peofer h aygmenter
r'i^re ronume aa délrinient d« Totre Àma
|IIt59). >
Ce long résatnéélait nécassaire pour corn*
prtDiJre ca qui a échappa à II. Ampira, à
nToJr que le Mi de Bavière ne se présen-
kil ijue comma réformateur, elque l'arche-
liqae de Reinu feignait de le croira. L'on
» le {iréparall dooc paa k une irabisoD
»>ntre Charles, puisqu'oo élablîssail el
l'i'on déreodsil ses droilt, el puitqBe des
deux cMés, soit de la part des Taioqueors,
Ml de la part des vaincus, on déclarsil ne
l<o:Qt vouloir attenter à l'auloriiéde ce sou-
lersin.
lUis, dira-l-on, il y avait absnrdilé h
Kaibl«r prendre an mot Louis le Germa-
nique. — Oui, o'éUit absurde, nais comme
là fuhe simulée de Brutns. Il t^t bien facile
tuarbéleurdebraver Louis etsesGermains,
le les braver mille ans apris leur mort; mais
«ur les iirélala qui voyaient fumer k l'Iio-
izon les villes inwndiées, fuir les cultiva-
eqra dépouillés, el esercer par le vain*
jueur dans le pays des ravages pires
lue ceux des Normands païens (1860), ils
te s agissait pas d'iauliles bravades. Ils
aMKédaienl i Louis tou t ce qu'ils pouvaient,
uais en le liant publiquement et de cent
^r^ns dans ses promesses, en proelamaut
Icstlroiis da souverain légitime, en relar-
liaiiliota tous les prétextes la eonvocalioa
du coocile, et en donoBoi ainsi i Charles le
leuips d'amener son armée qu'ils grossis-
•iieut de leurs soldats, comme toujours.
.bartes arriva, el l'envahisseur prit la fuite
t«61).
U. Ampère a donc saisi de travers aussi
i:eo l'épllre érrile par Hincmar à Louis le
germanique, lors de la première invasion,
ae l« circulaire du prélat k ses sulTragaoïs,
1 époque de la seconde entrée des Germains
a -Neuilrie, el les préventions du critique
li ont seules fait entrevoir daus ces [âècas
fs iudices de trahison.
Les coniemporaiiis d'Hincmar ne sont pas
loiliés dans 1 erreurdeH.Ampère; Flodoard
>tit l'arcbcTèque de Keims deidigMt cl irè§'
'ilf admonitiani plusieurs fois adressées
Louis le Germdoique et è ces Bfs, pour
iMs ne s'exposasteut pas h la damnation,
I ravageant le royaume de Charles le
>auve (lS6S);mai9 jamais l'historien n'a
'ui-çoiioé de la félonje sons ce langage de
léiiié, et le roi lui-même n'a élevé aucune
aiiiiv contre Hiucmar, qu'il ne mënageail
:ere quand il en trouvait l'occasion.
S Vil.
11. UicBBLBT. — ■ La question de la H-
:rté fut l'occasion d'une i>lus vive coiilru-
(1853) Stseo». ati i»ra. c. 3, i, 15.
(I8MfS.Mo», cS.
ilStil) SwMo, Ul.t'nciicapii^ SapWMnu, p.
5 : (Cnafidetilmi Deî ac aoUris perrexi. » Li
ro adtcfMU Weailonen, c. tr.
verae.Cu moine allemand, uuSaKou,Gutles-
chalk ^gloire de Dieu), avait professé ladoo-
Irioe de la prédestination, ce fatalisme reli-
gieux qui immole la lit}erlé humaine à la
prefcience divine. Ainsi l'Alleoiagne accep-
lail l'héritagode saint Augustin ; elle enlraJI
dans la carrière du mysticisme, d'où elle
n'est guère sortie depuis. Le Saxon Goltes-
cbalk présageait le Saxon Lutlicr. Comme
Luther, Golteschalk alla è Rome, el n'en
revint pas plus docile; comme lui, il Rt au*
nulerses vcbux monastiques. Réfugié dans
la France d:: nord, il y fut mal reçu. Les
doctrines allemandes ne pouvaient élrs bien
accueillies dans un pays qui se réparait de
l'Allemagne. Conlreie nouveau prédestinatia-
nisma s'élève un nouveau Pelage. D'abord
l'Aquitain Hiocœar, archevêque de Reims,
récfama en faveur du libre arbitre et de
la morale en péril; violent et tyranaique
défenseur de la liberté, il Gt saisir Gottes-
cbalk, qui s'était réfugié dans aon diocèse ,
le fit juger par un concile, condamner, fus-
tiger, enfermer. ■
M. Uichelet, dans ce fragment, s'est trompé
autant sur les doctrines que sur l'hisloirt
des personnages dont il parle. ^
l'L'auteuraditduprédeslinatianïsmeça'il
immoU la Uberlé humaine à ta pretctenet
divine. Il ya là une fausse idée de ce sys-
tème, qui n'enseigne pas que nous serons
sauvés ou damnés parce que Dieu l'a préou,
mais parce que son bon plaisir l'a voulu. Le
prédesti Italianisme a été ex}>osé dans toute
son horreur par Luther et Caivin, défenseurs
de cette erreur: • Si Dieu le platt quand il
couronne des indignes, dit Luiber, Dieu ne
doil pas non plus le déplaire quand il damne
des iDDocenls. Croire a la justice de cehU
qui» par sa volonté, nous a faits damnables
nécusairemenl, c'est le degré suprême de
la foi (1863). > Et Calvin: a Dieu, par SOB
conseil et sa volonté, règle de telle aorte
que, parmi les hommes, il en naît de roués
à une mort (éterneiii) certaine, afin qu'ils
glorihent son nom par leur perte (18m). s
Voilà le fatalitmt rtligieux que M. Uicbelet
voulait k bon droit stigmatiser, mats qu'il
a mal fait connaître.
2* Gollesclialk n'a pas plus eu la gloire
d'être riiéritierde saint Auguslio qu'Uiuo*
mar n'a eu le déplaisir de ressusciter Pelage*
L'archevêque de Reims, dans le premier
des articles opposés par le concile de Kiersy
èrhéré3iedeGoltescbalk,élabIil quealMcu
a choisi do la masse de perdition» selon sa
prescience, ceux qu'il a prédesliués par sa
gréce k la vie (1863). ■ Or, comment [>eut-
oo, dans ce langage , reconnaître celui de
Pelage, qui niait h la fols et la nécessité de
ta grâce et l'existence d'une masse de perdi-
tion par suite de la faute d'Adam.
Golteschalk, entre autres choses, eosei-
(1863) Bitt. Eetla. Btm., 1. nt, ix.
(18113) Be Stno arUuh.
<l8St) iMil^t, I. III. c. as. m. 6.
(1865) SiM»>»,l. III, (.'««ciV.CarJHdcam, C. U
4185
IBN
gnaitqno noire libre arbitre, puissant poar >
lé mal, ne conserre aucun pouvoir pour le
iiien ; il )>rétendait encore que les pécbears ~
prédeslinës à Is mort ne peuTunt en aucune
l'nçon se rendre dignes de la *ie (1866). Il
IriiBSait donc tout faire à la grâce dans la
nature humaine, devenue simple machiDe.
Or, de telit^s maximes auraient épouvanté
snint Augustin. L'évëque d'Hîppone recon-
nnissait au libre arbitre le pouvoir de sa ^
déterminer au bien à l'aide de la grâce, et il >'
croTBÎt que si les pécheurs élsienl prédes-
tines à la mort, c'ëtail parce qu'ils n'avaient
Eas voulu se rendre dignus de la vie (1867).
e moine saïun ne fijt donc pas le disciple
du grand docteur de la grâce.
3* Gotleschalk, aui yeui de M. Miclielet,
c'est l'Allemagne entrant dans la voie du
mysticisme. Mais si ce moine représentait
l'Allemagne, que représentait donc Raban-
Maur, son archevêque, Rt tout lecoucilede
Hayence, qui le condamnèrent?
V Golleschsik, oITerl dans son enrance au
nionaslôre de Fuido , fil annuler ce vœu de
Sus parents, et a'y réussit qu'en partie : il
ne nul que changer de maison et passer dam
<:i>lie d'Orbais, su diocôse de Soissons, suF-
friigantde celui do Reims. Il y fut ordonné
prêtre. On ne peut en tout cela comparer
Luttier i Golteiichalk. Où M. Michelet, au-
teur dos Mémoire! de Luther, a-l-il tu que
son héros ait aussi sollicité l'annulaliou de
SCS vu)ux et une dispense pour épouser Ca-
therina Bora? Luther viola ses vœux, Got-
tescbalk se lit dispenser dus siens.
5* Que veulent dire ces paroles ; Gottet-
ehatk, réfugié dan» ta France du nord, y fat
t«o( r«pu. Quand le moine saxon passa de
Vulde 6 Orbain, il ne prêchait pas encore le
prédeslinatianismp. Qu'est-ce donc qui prou-
ve qu'il ail élé mal reçu T Si c'est au second
vovage de Gotteschalk en France , après te
concile de Mavence, qno M. Michelet fait
allusion, cet htsiorien ne devrait pas dire
Îiue le novateur se réfugiait en France : il y
ut conduit, sous bonne garde, pour étr«
remis i ses supérieurs ecclésij)sli(|ues (1868).
^ 6* La condamnation et le clidiiirient de
Gotleschalk sont présentés par M. Michelet
oomma l'œuvre d'Hincmar; ce fut le concile
de Kiersyqui, après examen, en 8W, pro-
nonça librement la sentence. Ensuite, te
fouet, d'après la règle de saint Benoit que
suivait Gotteschalk, était une des peines
inlligées aux moines coupables [1869}.
7* On dit que la condamnation de Gottes-
ctaalk, dans la France du nord, résulta d'une
milipaihie contre les Germains. Il sursit
facije do prouver, par los rapports sans fia
a Hiocmar avec la Germanie , que cette an-
(18G6) i. ScOT. De prad., c. 4. — S. Rf-higivs.
De irt»» ^ittolii, c. SI et «. — Vide Maugciw,
VlmtUiiB PTœdeiiinationii, 1. 1, p. 123: l. Il, p. 102
«157, "^
(1867) Librr ad Bottifacium, cap. ullim., n. i2 :
< Nemo jllo {libéra arbitno) hene uti iwiesi nisi pur
graiiaiD. i — Tiaci. xii i» Juamifiu, n. 12: i I|im
se inlerimit^qui pr^cepia medici obserrare non
DKTIOXNAIRe APOLOGETIODE. BIN nu
tipathie aecrAte est une sQ[q»silioii ehim^
rique. Je m'en tiens i uue réponse plus
brève. Si la condamuatioo da U doctriue
nouvelle vient d'une opposition politique,
pourquoi donc 1' cette doctrine Iroaii-i-
elle des partisans dans ces mêmes régioo!
du nord de la France, et S* poQraaoifal-
etle proscrite par le concile de Majenct,
aussi bien que par celui de KiersyT
Voilà déjà sept inexactitudes sigoiliesl
propos de Gotleschalk, et ce n'est qne le
commencement.
Quelles tarent letniUM de rappariiioiiqBelcDtfii
Il France Bt ans décrets d'Hiocmir août GMiki-
. Ghalkt
M. MicBBLBT. ~- « Hais Lfon , tODJoin
mjfltiaue, et d'ailleurs rivale de Reiiiii,tiit
laquelle elle eût voulu faire valoir son tiltc '
de métropole des Gaules, Ljoh prit parti
pour Gotteschalk... Des hommes éoinnlj
dans l'Eglise des Gaules. Prudence, iiinet
de Trojes, Loup, abbé de Ferrières, tl^
Iramne , moine de Corbie, que Goltesehit
appelait son maître, essayèrent de le jutii-
fier, en interprélanl ses paroles d'uae nu-
niëre favorable. Il y eut des saints ronin
des saints, des conciles contre des cwi-
les (1870). •
U. Guizot a dit aussi : « Soit pilié pour
Gotleschalk, si barbaroment traité, sait plo-
tdt l'ascendant de l'esprit théologiqoe, inr
vive clameur s'éleva contre rarcheTèqoeiif
Reims... L'Eglise de Lyon surtout, sous us '
archevêque Rémi, prit à celte guerre m
part (rës-activB. Une latte sourde suteiiH'
toujours entre le midi et le nord de Is Giule.
Le midi de la Gaule avait coaseni birn
plus de traces de la civilisation nmtmV
nord était beaucoup plus germain, l'uà^
vêque de Lvon était le prélat le plusnv-
dérable de la Gaule méridionale, itaist
que l'archevêque de Reims le plus «t^i-
rable de la Goule du nord. La riv^lil^dt^
sièges se joignit i l'opposition des doHn-
nes (1871). ■
Enfin, nous lifons dans M. Ampère i'I"
certain intérêt s'éleva en faveur de tioU»-
.chalk. Bincmar, en.-^a qualité d'bominE [iii-
liiique, avait beaucoup d'ennemis; les llit<^
iogieos proprement dits, tous ceaic|uisr
piquaient d entendre h fond les telles tWf^
dogmes, Irourèreul que Gotleschalk n'iiùi
pas entièrement tort, et qu'HincmarsepC'
mettait d'étranges allaques contre Ytmfin
absolu de la grflce... Acctte aniiuosiUiiid-
vuit bien se joindre des motifs haniaini;''
esl possible que te déchaînement de l'Eg'i'' l
de Lj'on contre le chef de rEglisedeB«iiii' |
oui son principe dans une rivalité eotrer'^^
vull... Salvari non vis ab ipso, ai te judic^xn^'
(1«88) HiuGUUi, Yiudkite, etc., I. U, fliwt
hUt. et ehTOn., p. 16. « Becrevinnis cuw... dm»^
turo niiliere ad vos, qiiaieiius eum retlixIsU! l^
Itabani ad /iincmamni). ■
(18G9J SiRHOND, CoHeiL CtriùaeKm.
(1870) fJbiêupra.
(1871) HUi. de lu ci»/, nt Fr.. nbiiifra.
riis
BIN
JMCTMHiMAIftE
ilM priocipsBX sitees épUcopsox du royan-
ce de LoÛuirael ruades priocipAui sièges
iJaCbirles le Cbiove. Celle sapposilion e*t
rendue plni probable encore par les prétao-
i.onsorgaeilieasesd*HiiK[iiar,quiaspiraitk la
iu|tréii>atiede l'Eçlise ^llo-franqna (1872). a
Mtmta-çtus préltmimatret. — Pramièremeolt
II. Ampère se coDienlanl d'affirmer qu'Hiue-
ji*r aspirait è la suprématie dans l'Eglise
p;io-traDqne, je me borne également loi k
t nier; si, dans la suite, il apporte quelque
iréieile i cette aaserlioo , l'on en uioiilrera
■ fsusselé. Socondeoienl, il j aurait erreur
< rroire que Gotlescbalk et Hinemar aient
tê le sujet de la polémique engagée par
0U5 les auteurs dont parlent HMiADipère
t Hicbelet. Dans les trois ouTrages de
Aup de Ferrières , pas plus que dans le
Tud traité de Rairamne de Corbie, tons
es deux amis de Gotlescbalk , lu nom de ce
loioe n'est pas même prononcé. Florus de
.fon parle de Gottescbalk, mais pour dire
n 'il ne eoaoati pas aon sjstème, et pour le
'~'~'re, en passant, de la • ■ -
I laouelle on l'a soui
>aice déclare ^u'il ne défend ni n'admet la
laindre, en passant, de la pénitence pbj-
>f aei laquelle on l'a soumis. Saiot Fru-
tclriue appelé gotttteMalkeiime (1873). En-
e le grand nombre d'ourrages publiés à
tUe époque sur la grAce et la prédestina-
uo, plusieurs étaient dirigés contre le pé-
igieaJesn Scol; d'autres élaienl des éclair-
if scmenis demandés par Charles le Chauve
ar les questions alors débattues, mais non
uries Hteurs de ces questions; d'autres
eo>unienl, il est vrai, les articles deKîers*;
italefoii, il n'y eut guère, contre Hinemar
idiviiluellement, que la réponse faite par
lifit Bami de Ljroo \ des questions de I ar-
ie*éque de Reims et un traité que Pru-
roceiiédia&Hincmarlui-mème(lS74J.Oane
<:«looc pas contre l'archeTéque de Reims un
:cluIoemen{ aussi grand qu'on la prétend.
Nous arrÎTons maintenant au sujet prio-
r al de ce paragraphe. Pourquoi l'épiseo*
t du midi de la France s'élefa-l-il contre
ocmar T
Lm question semble ne devoir conserver
or nous aucun secret, après les aombreu-
i révélations que Hlf. Guiiot, Hicbelet tA
aifère dous ont faites. Rapprocbons ces
'enes eiplications. On nous dit qne saint
mi prit parti contre Hinemar.
t* Parce que, Reims et Lyon étant les cités
ncipales du nord et du sud de la France,
i»i que des royaumes de Lotbaire et de
arles, il y avait rivalité enire elles;
;* Parce que L/on aurait voulu soumettre
Uiii son autorité méiropolitaine;
^ ParcequeReimsaurailvouIusubjuguer
tu et toute la Gaule;
■ Parce que la haute position d'Hincmar
créait des ennemis;
' Parce que Lyon était mystique;
* Parce que le midi était plus civilisé
t le nord.
S~i) Hiu.liu., etc., oU supra, p. 03.
97Z) VimdiciK,i!U., I. 1, p. i3tei609.
&T i] H^iiccui, VîKaieUe, vie. — Ce recueil ren-
ie les diiers écril* dout ou vict de parler.
APOLOCETIQUEi llUt ItSfi
Mais, en vérité, h quoi aboutissent toutes
ces suppositions et toutes ces cooiradicliuns7
Quel rapport, par exempta, peut-on décou-
vrir entre la civilisation plus grande de
Lyon et ses sympathies pour les doctrines
fatalistes de GoltesebalkT C'est plotAt la doc-
trine de la liberté que la civilisation aurait
adoptée.
On pourrait Clément opposer de solides
remarques h cbacuoedes suppositions pré-
cédeotes; je préfère présenter quelques ré-
ponses qui les attaquent toutes k la fuis.
L'an Bo3, Amolon, archevêque de Lyon,
écrività Gottescbalk, qui s'était adressé à
lui : ■ Je pensais , dit le prélat , qu'il pou-
vait sambleryaroir inopportunité et impru-
dence, si j'essayais de dire ou de répondre
de moi-même quelque cbose snr une cause
terminée par les informations , l'examen et
la sentence de nos sages et vénérables frè-
res; mais, d'un autre côté, il me paraît con-
traire à la piété et k la charité cbréiieooe
de mépriser et de laisser sans réponse vos
prières et vos supplications si vives... D'a-
près ces considérations, et plein de conBanee
eu la charité de nos vénérables frères et
comp^nuns de sacerdoce, charité très-sin-
cère qui nous unit en Dieu et nous oblige
è porter ensemble le fardeau et les devoirs
de notre mioislèra, pour que l'accord de
l'esprit nous fasse jouir de leurs biens, et
que les ofttres, si la divine miséricorde nous
en octroie, leurapparliennentaussi,)'ai jugé
plus utile et plus salutaire de vous écrire...
Vous étiez eu Germanie quand nous avons
commencé k entendre les bruits défnvora-
bles soulevés par votre nom... D'aiirès les
écrits que nons avons reçus, soit de divers
côtés , soit de vous-même, noua croyons
bien connaître an quelles périlleuses ques-
tions est ballotté, eu (chose triste k direl)
fait naufrage votre bon sens (1975). > Le
reste de l'épltra est consacré k ta réfutaliou
de Gottescbalk, et k un blâme paternel de
ce que, depuis tant d'années, il reste séjiaré
du corps de l'Eglise, ■ d'otï l'a retranctié.une
JDSte sévérité. ■ ,
. Voilk un archevêque de Lyon parfaitement
d'accord avec celui de Reims contre le té-
méraire novateur. Où étaient donc alors les
prétendues iotluences du mysticisme lyon-
nais, de la civilisation méridionale, des pré-
tentions k la suprématittT II est vrai que
saint Rémi, successeur d'Amolon, s'eiprima
ensuite différemment. Or, quedoil-on na-
turellement en conclure! La conclusion la
plus naturelle, c'est que les deux archevê-
ques, Amolon et Rémi , discutèrent chacun
selon sa manière de voir, selon sa plus ou
moins profonde science, mais non pas pour
comDattre ou faire triompher des préien-
tiuns. Saint Keuii attaqua aussi , t^t m^m«
assez rudement, une lettre de Raban-Uaur
coutre Gottescbalk (1876); suppose-t-on ég:>-
jkmeut au prélat lyonnais quelque secret
(1875) VimdiàK,ac.,vn,DiiUTt.liiit.ttthr^a.,
c. 23. p. 195.
(lltili} Viarficw, etc., I. Il, Ihlribiu tpU., c
4f , p. 136, de.
4187
Bit
MCTIONNAmE APOLOGETIQUE,
m
l.li
dessein de s'assujellir May enec el li G«r-
iniinieT
Une preore que ssinl Rémi n'açissait
point contre Hincmar par esprit de nraltté
ou d'inimitié, c'est qu'en de très-grates cir-
conslnnces il aurait pu lui fttre contraire, et
punrlanl ne le f^t pas. C'est ainii qu'au con-
cile de Verberi et fc celui de Doiizi, en 869
et 871, il Tota arec Hineiaar, pour la mise
en uocusatton e( la déposition de rérAqne
de LaoD, ne*eti insolent de l'archeTAqDe de
Reims. Dans l'affaire des clercs d'Ebbon,
Miiit Renti arait été chaîné par Nicolas 1"
dé réunir te concile qui devait rcToir le
procès l'sn 866. I) sarait combien le Pape
araii éii dur contre l'archeTAque de Reims.
Quelle occasion favorable pour ses ri*Blllés
et ses anihipalbiesl Point du tout : il ap-
prouva ce qu'avait fait le prélat înealpé,
adopta la règle de conduite qu'il traçait, el,
avec tous les éféqaes, fit Ecn élo^e au Sou-
verain Pontife (1877). II j a plus, l'an 859,
au concile de Touii, oi!l quatorze provinces
ecclésiastiques avaient éle convoquées poar
terminer le débat Itiéologique engagé entre
les assemblées de Kiersy et de Valence, l'ar-
chevêque de Lyon signa la profession de foi
3ue oeloi de Reims avait été cbfti^6 de ré-
iger{<878).
Cet accord de niot Rémi et d'Binemar
sur tant de points réfute les chimériques
suppositiona d'an(i|Mthîe qu'on a imaginées
entre c«s prélaU.
SU
U. Gdiiot. — ■ Hincmar ne s'était pas
attendu k un tel orage. Il écrivit è Baban,
qui l'avait attiré sur sa léte, pour l'enga-
ger à défendre ce qu'ils avaient peosé et
lait en commun; Raban, intimidé, n'écrivit
point, e( laissa Bincmar seul en butte an
péril. Cherchant de tous côtés des cham-
jjons, t'arclievéque s'adressa d'abord è un
I rètre au Uelz, nommé Amabire, qui, h ss
demanda, écrivit en elfet contre Gottescbalk
un ouvrage aujourd'hui perdu. Un homme
de beaucoup d'esprit el de science, Jean
Scoll, était alors en grand crédit i la cour
de Charles le Chauve. Hincmar l'engagea à
écrire contre la prédestination, ut Jean y
consentit volonliers; mais Jean était philo-
sofihe. L'explosion fut bien plus vive contre
lui que contre l'archevêque de Reims; les
écrits se multiplièrent... L'Eglîsc de L/on,
sous son archevêque Rumt, prit à cette
guerre une part très-active... Compromis
|)ar ses écrivains, Hincmar, pour se défen-
dre, eut de nouveau recours auic armes de
l'autorité. Un concile, tenu à Kiersf, en
853, rédigea, en quatre articles, les ofiuioiis
(1877) DEULinn, Conc. ant. Coll. tuppitm..
Coutil. Verni., p. iM(, etc. — Su moud. Cône. ant.
tall. t. Ht, Coatil, Sueuùnttue ui, p. Ï8I et 190.
(tK78) SiBHOND, Coaeil. avud Tutiacum, (. III ,
p. Ifit. , f . ,
(1819) Uut. di ta civil, eu Ft., t. H, p. 3i9, etc.
qu'il déclara orlbodoxes en cette ButUn,
et Gotteschalk s'; trouvait une Heondefoii
condamné. Hais l'archevêque de I.;od pu-
vffil aussi convoquer des conciles et 5 bin
rédiger des articles. Il en convoqoj gae»
ofTet h Valence, en 855, et les iiriiclH dt
Kiersy y furent condamnés \ leur tour.
Hincmar invoqua de nouveau le snoursile
la science et du raisonnement; maisMl^
fois il résolut' de ne s'en fieri persoaof.i:
il écrivit lui-même, en 857 et ffi9, suri)
prédestination deux ouvrages dont l'im tsi ,
perdu, le second, qui nous reste, est «ira»
a Charles le Chanve... Ces onvrages DeUr-
minèrent point la qaerdle; elle finit p
aller k Rome, comme toutes tu griadtï
questions du lemps(187S). ■
1* Baban, archevêque de Mayence. «In
nas abbé de Fulde a cette époque, conii!
l'a dit M. Michelel (1880) nfusa de sejoii-
dre aux six auteurs qui érj'ivsieiit dautlt
sens d'Hincmar (ISSI). Mais est-ce ijmtt
fut par peur que le vieux théologien p'n-
Ira pas dans la lice?
Larcfaevêque de Reims lui aTaiieaTo.fi
un livre de saint Prudence de TrejespMr
qu'il le réfutit. A cela Raban r^poodil:
« Ni mes maladies, ni la faittlesie ileoiG
Age avancé ne permettent de combiitr« m
k une successivement toutes les propasiUOK
de chaque naragraphe, et d'eiposer lut H*
traits que l'auteur a réunis d'une foole^t
livres des extraits cootraires. Ce qui j'«
appris dans les livres sacrés sur li preuiw.
et la prédeslinatioa de Dieu, et lu stti-
menls que j'ai vus approuvés par les éc'^
vains canoniques dans les divers Teslanii^v
& mesure qu ils se présentaieol t ou i»^
moire, je les ai insérés dans les ofusct^
que j'ai autrefois composés contre l'cim^
de Gulteschalk pour l'évêqueNolbinfiirn
le comte Eberard. Ces onusoules, pui?'
vous dites queGotteschalk les conw'/'
les vicie, je vous les envoie tels qmi'if^
ai dictés... J'ai brièvement recueillii^ '*
lirescience de Dieu el la prédeslinaii»,»^
témoignages que vous m'avez deiDU>)^'
je l'ai fait comme je l'ai pu, et cniiini(^
(wrniettait ma maladie cootinuell?' Viuu
pouvez.jelesais, en trouver beaucoop F''»:
votrtt érudition et votre santé, supérJ«uM>
mon impérilie et i mon ialirmiié,iifU'<|
rendent facile (1883). •
Cette épltre de Ruban-Uaur nous pn^'-
ve que, s'il élait vaincu, ce n'é'ail |>is piil'
peur. S'il eût craint de se trouver mSI^l'"
longtemps jt cette affaira, il n'auiaiifxs'-'
ïoyé une copie auilientiquu de ses rfliL"
tions, il n'aurait pas pressé Hincmar dW'
pi us sévère contre Gotteschaik, qu'il laùis-
publier des confessions de foi (1883).
2* Il est irès-Tiai que les articles liéew"
({990) mit. de Fr., obi sapra. _^
i881( MnuctiiN, Vindiciar.etc, t. B. * <*■
epittotit, c. 39, u. 133.
(1882) VMid!CW!,elc.,iH»M«.,l.n.c.U,pl''
(lt(S3) Yindiciœ, etc., ubi supra.
m
HCTKUGUUU APOLOGETIOUC.
111»
H»
t Ijenyfiireol coDcUmaéi à Valcaee «d 8SS ;
Hiimur, lootelois, n'rât point de débile à
nbir. Voyez coinnifl la Tictoire lui revint
fta i peu. A. Langres, quatre sua après
|ji5emblée de Valence, tout en approuvant
1» décrets de ce dernier concile, les évè-
gnes relrancfaèrent la censara de ceux de
Kiersf [l8Si). A Savonières, on conTiat,
Rirre les défenseurs des denx opinioDS,
Îb'od éladierail de nouveau reDseigneoieDt
I l'Ecriture et de la tradition surJei poioU
m litige, et que dans une autre assemblas
00 porterait une sentence déSnitive (1885}.
Enfin le S9 octobre 860, un concile de qua-
torze provinces étant réuni k Touzi, près
deToaUBinemar fut chargé de rédiger la
profession de foi et le triomphe resta à son
tT>iia)e (1888). S'il est vrai que l'archefê-
ÎuedeBeima eût moins de théologie que
s lioa senStComme le peose H. Guizol (i887J.
il lia bllsitpes oubliercatie victoire du bon
teia sur la dialectique.
Sire, avec H. Guizot, que la qoprtrlle sur
la Srlce, ainsi que les grandes questions do
leaps, alla k Rome, c'est faire entendra qui
les adversaires d'Hincnur en appelèrent su
P»pe, eomme le firent, sur d'autres sujets,
ré=Tèqae Rothade, les clercs d'Ebbon, le ne-
TtradflrarchevèqDe lie Reims, le roidivorcé,
Loliiaire. Or jamais il n'en fut ainsi- Nul
appelas Saint-Siège ne fut inteijeté, nulle
tèpoue solennelle n'en revint. Nous rer-
roDS tuBldt qn'Hincnar ayant Id, par ha-
sard, daos une histoire de son temps, que
I» Pape s'était preooucé daos un sens con-
traire an sien, écrivit k Rome pour savoir re
qu'il làliait en croire. Cependant, s'il y avait
eu appel public ou réponse publique, ne
Isarait-il pas su? et eux-mêmes, en 860, l'so-
G^ qui suivit cette prétendue sentence da
fipe (tSSS), auraient-ils souscrit, comme
Qûus I avons vu, la profession de foi dressée
par Hincmar i Touzif
L'archevêque ne fut donc ni abandonné
nr Rahan-Maor, ni vaincu par les prélaU
néridionaux de la France, ni condamné
xr le Pape.
II.
jt Pire mnrfat T pescbll-ll pont GoUetckilk coatre
UtDourT
M. tiiniOT. — ■ Il est difficile d'affirmer
[U9 Nict»las I' ait pris un parti positif, on
[u'îl ait déclaré ({ue l'une ou I autre des
'eux opinions était la doctrine de l'Kglise.
^pendant on voit clairemeol qu'il penchait
<iur les idées de Goitfschalk et pour les
■oons du concile de Valence, confirmés en
99, par le concile de Lengres. Sa corres-
Cnc. MKi. CM., I. III,
1»
(ISS4)
: 153.
lISSô) SiMO», Lin, Cmieit. ipul Sapenaria;
. 859, C90. 10, p. lut.
.. L ta.
^SHS6>5iaM>n, I
. Cencil. apnd Tntiac
>(&t. BTDOdalis, p. 161.1
188'ï| But. dt UeniL, ubitupn, p. 551.
ISSS) Celle (cnieoce est ponà ' -
Si^mi-Btriim, k raunée 859.
^iSXS) LU upra.
pondance el sa conduite, dans cette affalff,
sont peu favorables k Hincmar. La luILe se,
prolongea ainsi, en s'attiédissanl, jnsqu'k la
mort de Goueschalk, survenue la 30 ecto-
lire 868 ou 869 (1889). ■
H. Guizot voit clairemeol que le Pape Ni-
colas 1" pencha peur les idées de Golteschatk
el du coucile au Valence. Uais comment
voolez-vous que cela ait eu lieu, puisque le
concile el le moine sexon n'étaienLpasd'ae-
cord T J'essayerai de le prouver.
Quand les évèques de Valence disent ana>
thème à ceux, s'il en existe, qui enseignent
que les pécheurs sont tellement prédestinés
au mal qu'ils ne sauraient être autre-
ment (1890), o'est-ee pas la condamnation
de la ijremière des erreurs reprochées à
Golteschalk par Kabau T
Quand ils déclarent que tous les fidèles
bsfjtisés, lors même qu'ils ne pcrïûvèreDi
pas dans lu bien, ont été réeliemenl incor-
porés k l'Eglise et que les sacremeuts ue
leur ont point été admiuisirés d'une ma-
dère illusoire (1891), ne rejetaient-ils pes
la proposition contraire reprochée à Gottes-
cbalk par Amoloo de Ljon (189â).
Quand ils établissaient que le libre arbi-
tre, affaibli par le péché, est guéri par la
grâce (1893), ne cOni redisaient-ils pas ce
erincipe de Gotteschalk : que notre libre ar-
itre, capable du mal, est iinpuitsaut pour
le bien, de sorte qu'il ne cooiMère pas uétkM
k la grAce [189fc}T
Gottesctialk disait encore que le Créateur
et le Kédeoiiiteur n'avaient voulu sauver
que les élus (1895) : mais te concile de Va-
lence, repoussant l'assertion qui restreignait
la grâce aux élus seuls, déclara, en usant
des mots de l'ApAtre, que lo Christ s'est of-
fert poureffacer les péchésdebeauconp(1886).
Goiteschalk el le concile de Valence n'é-
taient donc pas d'accord entre eux, quoi-
(fu'ils fussent également opposés h Hincmar.
L'est cette opjiosition commune, soulevée
contre le prélat, qui aura bit croire k U. Gui-
zot que les évèques et les novateurs avaieU
aussi une commune crojauce, et que, par
conséquent, ils avaient vu le Pape pencher
à la fuis vers chacun d'eux.
Hais enfin Nicolas 1" ne manifesta- t-il
pas de la sjœpalbie pour GotleschaU 7 Tout
ce que nous contuissoos de relatif k ce
sujet se rencontre daos lesépîtres d'Hincmar.
En 862, Hincmar ayant appris que Ni-
culas s'était entretenu avec diverses per-
sonnes de la condamoalion et de la réclu-
sion de Gotlescbalk, écrivit au Pape sur ce
sujet; on ne loi répondit pas. Plus tard,
ayant k se justifier de sa coaduite envers
(1890) SuMOiiD, L m, CtneU. YmlatliMmm m ,
BBD. 8S5, can. 3, p. 95. — Yiaéifix, etc., L l^
Dt irïiai epui., c. 42, p. 137.
(1891) Concil. YaUmt. can. 5.
(1892) Yindieia, eU.., L U, Diuert., c. 23, Amo-
lo»û epiil', 193.
(1893) CoÊUil. Valnl.. c». 6.
(I89i) Yiniticite ; De tritui epitf., C 21, p. 102.
(I89S) Yimdiâm. abi snpra, r. 1 1 ei 14.
(189t>) Ctuâl. YulMl., nn. 4.
1191
H IN
niCTIONNAIRE
• Botbsde, il exposa de nouveau au Pape les
erreurs du moine captif, ainsi que les rai-
sons qui l'avaîenl fait condamner, et il de-
manda s'il le falisit mettre en liberté ou
l'envoyer h Rome (1897) ; nulle réponse en-
core ft la partie du la lettre relsEire h Got-
tftsctialk. L'an 866, Egilon, député du clergé
gallican eu Italie, reçut d'Hincmar une let-
tre principalement relative h Gotleschsik.
Cette pièce nous apprend que le légat ro-
main Arsène avait interrogé Hiucmar sur
son prisonnier. Entre autres soins recom-
mandés b Egiion , était celui de consulter
Nicolas 1" surce fait, rapporté dans les ^n-
naUt denoi roi/, i' l'aouee 859, par l'évoque
Prudence', autrefois adversaire de Gotthes-
chalk, niais devenu son partisan ; « Le
Pontife romain Nicolas a fidèlement con-
firmé et catholiquemeol décrété sur la grâce
et le libre arbitre, sur la vérité d'une double
prédestination et sur le sang du Christ, A
savoir qu'il a été répandu pour tous les
croyants 11898}. •
Or, peut-on conclure de ces renseigne-
ments que le Saint-Siège penchflt vers les
iilées de GotleschalkT Le Pape parla de ce
ii«valeur,< peut-être même qu'il Je plaignit;
mais ce n'était point, là sympathiser i ses
opinions: témoins FIoriis,di8crede Lyon, qui
déclarait ne pas connaître la doctrine de ce
moine, et tjui pourtant blâmait ceux qui
l'avaient fait frapper. Si le Pape avait été
quelque peu favorable aux opinions du
capitf d'Hautvilliers, n'aurail-il pas ordonné
son élargissement?
Reste donc h invoquer i'autorilé de la sen-
tence attribuée à Nicolas!", sentence fort peu
claire et encore moins authentique. En elTel,
levrnin du gotlescalchisme consistait sur-
tout à dire que le pécheur est prédestiné au
péché. Or ':eci ne se retrouve pas dans la
sentence de Nicolas; on n'y voit pas si la
double prédestination dont parle le Pontife
y est enlmidue comme l'entendait Gotles*
cbalk, ou bien comme l'entendaient, avec
quelques varinules entre eus, les Pères' du
concile devienne, saint Prudence et même
Uincmar. La sentence n'est donc pas clnire.
Puis comment regnrderait-on comme au-
llieotique cette décision dont personne dans
le temps n'avait entendu parler; qui se
rencontra par hasard tout d'un coup dans
un livreidont'Bucun des divers partis ne
tint compte dans les conciles suivants, et
dont, sept ans après son apparition , il fal-
lait encore demander à Home ce que c'é-
tait? Cet arrêt ponlilical est donc une pièce
fausse sur laquelle saint Prudence , qui la
rapporte, a été trompé. M. Guizot, an fond,
pense de même, car, si la pièce ne lui sem-
blait pas obiCure et apocryphe, il aurait dit
non pas seulement que Nicolos penchait
vers Gotleschalk, mais qu'il avait fsJt du
fatalisme de ce moine un article de foi.
(1897] Flodoàrd, Hitu eecUt. RememU , I. lit,
t. U.
(I8-J8) VittdUiai, rlc. I. II Ep. HlnmariaiEgi-
lentiu, p. 229,— HitcuiN, I. Il, p. Ôi8, c. 41, pL-iiso
APOI,OGETIQUE. HB un
Que reste-(-il , au xix'tiicledcecsdt-
bals du IX* siècle sur la grlceT II eiiste li
doctrine d'Hincmar, qui est celle de la ihéo-
logie catholique, sauf quelque diitérinn
d'expressions dans la'formule.
L'ascendant <fHlncmit éehoai-l-11 enTmce dalV '
faire dei dera d'Ebboa, qu'il ivilt dipuéitii)Klt '
Pipe râublilf
H. Ampèke. — « La première affaire dirj
laquelle on voit se dessiner le cnritlt»
d'Hincmar, est celle des cleres Domin(s[ti
son prédécesseur Ebbon.
■ Ebbon était Cet archevêque deBeiK.
qui dirigea la conspiration des h^
contre Loufs le Débonnaire. Ce fat Qki
qui lut au roi la sentence de dégradalki
Après la restauration du monarq^^e, Ebbl
avait été proscrit; il s'était enfui en Di»
marck sur un vaisseau depiroles, siailn-
suite été rétabli sur son siège, [iiiiili
nouveau déposé : et la question qui t'ij^
lait maintenant était de savoir stiestitrs
qu'il avait nommés pendant son kf\m\<n
passager étaient caooniquemenl élus. Hiid^i
mar ne les voulut pas reconnaître. Ces »
clésiastiques se plaignirent devaDl udcw
cile. Hincmar soutint leur eiclasioD t\»
défendit lui-même, car son éleeiinn M
contestée. Il parvint à faire lrioai|iher tn
droit dans le concile et à faire rejeter lu
prétentions de ses adversaires. L'il&itcH
se termina pas là, et, portée deianllEJ
pape Nicolas 1" qui , au ix* siècle, jM
toutes les prétentions que Grégoire VII<1<'
vait faire valoir deux ceols ans pJ'jsUii
la décision du concile franc fut rejei^l
Nicolas ne voulut point abandonoer ■*
clercs nommés nar Ebbon , et il \'m«$
celte remarquable parole : «Il nefaulpi
que l'obéissance ait pu être cou[>ab!s[l^
M. Guizot s'eiprime ainsi sur le iM
événement: ■ Nicolas T'ordonna larrn^M
de l'alTaire [dei clera dépotit) : un iwtn
concile eut lieu & Soissons, etleî>)(
adressa aux évèques une longée lelir< <^
la conduite d'Hincmar, dans celui de S
était rudement censurée. Contre de idii»-
proches, et contre l'influence de ChirbU
Chauve lui-même, qui celle fois, se noiM
favorable & ses adversaires, l'sscenid
d'Hincmardans l'Eglise galIo-franqnerclM
les clercs déposés furent rétablis danslt*
rang canonique; et malgré les méti)^
nients que le Pape leur coaiuisnda dï tO'''
server envers Uincmar dans leur >ieM
la défaite fut pour lui éclBlanlD(f900).i
Le sujet du débat sans lin relali/i^
clercsdéposés fut, en effet, desawir*"
avaient pu être légitimement ordomiés]"'
Ebbon , déposé lui-même, et repliçf- ^
sait-on , par une faction sur sùii sii'i-''
part cela, tout ce qu'on vient de noui "■
conter n'est guère qu'un tissu d'erreuri
que ce furent les articles réJigcs a" (""* |
Langrcs que Nicolas appruava. j
M899) T. m, p. 190.
il900) Uin. de ta firU. m Fr.. l. II. P ■"'
ISS HIM DKTWvfniURB
i'M, Ampère bil partir pour la Dane-
larck, sor on vaisseiu de pirates, rarcbe-
èquB Ebboo, ■ pirate lai-méme, a eoiDoie
dit aillenrs (1901]. Celle ftUle, dans la
ïalilé, GODsiata (si l'on me pardoDDe l'ana-
tiraDÎsme de l*eipres»on^ h prendre le
»che sur la Marne iiour desc«Bare k Paris,
Cl le prélat se cacha dans la cellule d'un
«lus. C'est le témoignage , d'abord, de
Charles le Cbaura au Pape Nicolas l",'en-
uile des clercs mèniea dTbbon (1903). Le
^it prétéré par H. Ampère n'est qu'un on
lit [aijieilar), recueilli par Flodoanl (1903),
mis inadmissible en préseucti desamori-
és que l'on rient de citer.
9 Hincmar oe soulùit. ni ne demanda la
léposition des clercs d'Ebboo audeasièmo
Cûnrile de Soissons, en 853.
Ciund les dtrcs non reconnus par Binc-
rirseprésenlèrent an concile, l'arcbevà-
fue de Reims Gl ponnsttre i l'assemblée
e sujet de la réclamation, puis, àhs que
crii<ci eurent été inlroduils, il quitta la
résidence et se choisit trois JHge*. per-
leilsnl aux Téclsmanls d'opter f>our \rs
Mmti ou pour d'autres , en aussi grand
ombre qu \U le roudraiefil. Cesi-ci se
niitentërenl d'ajotiter un oualrième juge,
fepuis ee moment jusqu'i la fin de la pro-
'^lurc, silence complet de la pari d'Hioe-
larcÙ ne plaiJa donc pas pour obtenir le
■-t'i'lcs clercs (1901).
3* Binemar n eut pas non plus è détendre
1 fiVi\i\ii de son ëleclioa. C'est peut-fllre
trre que les Pères du deuxiôrae concile de
i>:»fjris commencèrent par établir qu'ilb-
'U a»ii été légitimement dégradé, el
le son sacccsseur Binemar avait été élu
Ifin les canons, que M. Ampère aura tenu
'■riÂion Je TarcbeTèque de Reims pour
^v,' en douie. Or , si on procéda de la
rie, re n'était pas que l'autorité d'flino-
ir fût en question ; mais en posait les
'fuisses du raisonnement d'oiï allait ré-
liT, pour conclusion, la juste exclusion
I clercs. Car, si l'on voulait prouver k ces
iiiers qu'Kbbon n'avait pu les ordonner
E 'Hincmar avnît le droit de les écarter,
llait'il pas préalablement établir que
ireniî«r des deui archevêques avait alors
du sou titre (1905) f
j décision de ce concile futenroyée k
IM et approuvée, en 853, parBenoItlll,
BnSGS.parKicolas 1", comme irréfraga-
(1306). CependADi, l'an 866, ce Pape Qt
Miueocer l'enquête devant un autre
^le , qui rétablit les clercs par dis-
le.
'il est diflicile de croire qne le rélablis-
B1> T. in, p. 109. — AUasionk ceqae Ebbim,
laui, pounut ani baoîaide xm etil en eiu-
■t nue parlie des richesses de l'éflisc de
^y Soumn, t. Ul, p. »i9 el CSô.
K; F(.aiMUU, II, Ml.
lAj SuBO», CoueU. Sattiùiwut n, ad- %
APOLOCETIQIIE. Hllf (|9I
sèment des clercs ait ébranlé le crûilii
de l'arebevèque de Reims , puisqu'il vit
l'épiseopat gallican conlinnrr k partager ses
opinions; puisque le rétablissement de^
clercs, par dispense , était un amendemeoi
qu'il avait lui-même proposé a» deuiîèm»
eoDcile de Soissons; puisque le Pape sa
montra salisbit desrésololions du troisième
concile de Soissonaeld'Hincmar; puisqu'on
rendant leurs grades k ses elerc«, Nicolas les
averlit que rarchevèqao de Reims avait en-
core le droit dt< recommencer, s'il le jogeait
k pmaos, la procédure k Rome; pnisqnn le
concile de Troycs, convoqué par la lettre
même qui censurait Hincmar, fit l'éloge de
ee prélat {1907).
Cette première partie du procès des clercs
d'Ebbon a done été înezaelement rapftelée
par MM. Guizot el Ampère, et la seconde
partie va ressembler k celle-lk.
Illl.
ffiocMir eiit-41 pour advenitifM. da» le vtteè* ilTIihw.
le Pape, l'einpereur et Uurlea le Chuira T
M. AarftKE. — ■ Après avoïrsoulenn rîgon-
reusement ce firemier choccnntre une parlio
daelei^é, derrière laque Ile se cachaient l'em-
pereor Lotbaireet le Pape, Hincmar éleva
une voix ferme et sévère contre les violen-
ces féodales... Nicûlaa, aaqnel Hincmar
faisait quelcpie ombrage, reprit cette que-
relle {da tkra dJptués) néik ancienne,
Charles le Chauve, qui avait eié jusqae-lk
l'appoî eoBslant d'Uincmar, devînt son ad-
versaire, et nomma Vulfadek l'arche vêcbé de
Bourges.
« Ici HincQur se trouTe seul contre la
roi el le Pape ; il ne désespère pas de sit
cause el accepte le combat; seulement il
redouble d'adresse. Ses instruetions diplo-
matiques sont pleines de mesures et d ha •
bilelé. H ne conteste pas l'auiorilé ponti-
ficale, mais il cberche k l'altéaoer,k lui
échapper (1906). •
r l>es trois adversaires qoe kf. Ampère
donne k Hincmar, je parlerai d'aberd du
Pape. J'avoue que Nicolas I" ne fut |m4
flcbé de pouvoir donner k Hincmar une
forte leçon qu'il croyail nécessaire; et co
n'est |>oiiit Ik une calomnieuse supfKisi-
lioii, puisqu'il a lui-même confessé ce dé-
sir (1909);
2* Quant k l'empereur Lolhaire, il ne m»
cachait point derrière \es itères. En 810,
un an après l'éleclion d'Hincmar, |four pu-
nir ce prélat de sa fidélité au roi Charles, il
oblintdu Pape Sei^us qu'on examinât si la
dépositiondEbbonavaitélé canonique; mais
en 852, lors de la {»«mièro réclamation pu-
Ef. Nieoltn I, p. tl6.
(1907) SiBam», CouciL, etc.,!. III. p. 510,
517,553.
(1908) T. ni, p. 190 et 195.
(l909)SiiHuxp, CoMeil.,tte. Ulll, Ep, Sieolaiad
Himcituinm, y. 315. — Nîcgbs vuvhit ijii'llincnur
apprit à DC pas auuoienier se* privilèges aiti dé-'
(•eiii de ceni de Roaie ; mais le Pape avait été
lioinpc'.
£li:T10?(!fAUK AFOLOcfcTIQl'E.
ll«5
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE
mu
m
4>li(]Ufl<los clercs, lors du premier ekoe, il
uvaild^ji (lemaotlé lui-même k Léon IV,
selon Flntloari], qu'où validât leur di^po«i-
lion (1910); sa rancune contre rcrcbeTe-
que avait peu survécu II la guerre civile.
3* Lanomioalion, par Charles le GbauTe,
de Vulfflde à l'arcbevêobé de Bourges n'é-
tait point un symptftine d'inimitié con-
tre Hincmar; car, d'un rdté, Uiacmar nu
soutenait pirs qae ces clercs fussent indignes
d'être admis aux ordres sacrés supérieurs,
fct Vulfado moins que tout aulro, poisque
)'arclie*âque de Reims l'avait antérieure-
ment recommandé au roi (1911); il pensait
seulement que leur première admisiiîon
ilsns le sanctuaire avait été iirégulière.
JD'autre part, à l'époque même de la no-
luiuatiOQ de Vutfade, Cliarles écrivait en
«es leroMS au Pape sur Hincmar : « Selon
]a demande de votre pslernilé, nous avons
})arlé, avec révérence, au prélat de celle
siTaire {la eanvccation du Iroiiiême concilt
4fe 5oiifoni), et en cela comme toujours,
nous l'avons trouvé dévoué et prêt à oliéir
h vous et It moi; de sorte que, non-seuJt:-
jiiL'ut il n'a |ias fait de résistaocei, mois
tht.ani fi'e«t liâté d'obtempérer (rès-proup-
tcuient le premier aux ordres de votre
apostolat (1913). » Ce n'est {Hiiut le le lan-
^ma d'uu oJvurssire.
Si la désignation de Vulfade pour le siège
du Bourges avait été un alTroiit, ce n'est
(>ûint Hiiicoiar seul que Ctiorles aurait bu-
lailJé, Niais liieu tout lo concile de SS3,
c'fSl-à-dire cinq luélrojmli tains et leurs suf-
IVo^oiils, qui oveient ralilié la déitoailion
des ck'rc». Il «n aurait alors été oomnio
du concile de Troj'es dont nous allons
luirlor.
Le Pape Nicolas ayant appris qu'un clcro
dé|iu$â tituit oooiuic à un siège tuéltopoli-
lain ordonna la Itinue d'une nouvelle as-
suuiUléu, qui se réuuil 1> Troyes, l'an 867.
Cliat'ics aui'uil bien voulu que, dans la
k't.ro s^nodique , le coucile omit cerlaitis
ûélails. liincuiat- obtint que l'on manifestât
touie la vériLé. Le loi s'empara de lu lettre, el,
< parce qu'où ii'; evait)>as réfuté Uincmnr,»
va écrivit une de sa façon (1913). Mais
quoique l'arcLevôque de Ueims n'vûl pas
cousunli è meuLir eu faveur de Vulfade, ni
lui ui personne u'étail hostile au nouveau
jirélal, ni offensé do sa nomination. La
prvuve, c'est que tous y avaifiiit lonsenli
(1914^; c'<3St qu'a Trujes, ils lui lermirent
de siéjger avuc eux, solilcitèruut pour lui
tu pslliuni (1915), et le sacrèrent sans mAïue
alieodre l'asseDlimenl de Rome (1916).
(IHO) Bia. ecelet. flemeMiii. m, 10.
(1911) EpUtola Uiucmari ad tiicoiaum i t Lille-
ras, 1 elc
(1912) SiRKOHD. L m, p. 500.
(191S) Flodoard, ui, 17.
(1914} SiRMOiiD, CoiiciL, etc., U UI, p. GU.
l<UlSjSuiMu.'<D, U III, Coticif. TriMMÙuim, ad..
aiiu. iHil.
'JIBjStBKOHD.t. III, p. 309.
il) l^aot, CottcUlu, ad aiin. 866, in appen-
Ep. UiMtmari ad E0l9uem, — Ce prél4( re-
fc* Il nous reste un mol \ dire des pièch
iliplomatiques de l'archevêque de it\aa.
U. Ampère entend pnr le les niéoioires [irt.
sentes par Hincmar au Iroisièmecoarikile
Soissons, et une lettre confidcriii«]ie idr^j.
Bée à Egilon, député de ce concile luprH
du Pape. Or, dans aucune de ces |iiè.'ri
Hincmar n'a atténué l'auloritt^ do Siinl-
Siége pour s'jr soustraire. Il dit ï Egilu^:
■ Quand vous en trouverez l'occssioa, l'iii
devez avertir lu seigneur apostolique qgj
beaucoup de personnes disent déJiquFi.
ces décrets (lur ht eltret <f£i6on) n'ont ^ji
été maintenus, quoique confirmés ï Son»,
ces décrets nouveaux ne seroDl ptsmitiii
conservés , et que désormais il n'y a ^i<
rien de stable dans ce quo les éTfqucit;
le siège apostolique décrètent. > Binw
fait observer qu*il aurait pu râclnmer coin
l'arrêté par lequel le Pajic ciigeail uncseri
de enquête, mais que, pxr l'amour de lif>iti,
il ne s'Était point opjposé à la Icnoedi
concile de Soissons (1917). Or, pui«qii!
l'archevêque de Reims, dans cello ^j'II^c,
fuisait adresser au Pape seul sci obser-
vations, puisqu'il se soumettait au Fij*.
tuui en croyant le surprcndr» en débm,
il ne lenlaît donc pas de lui échsppcr.
Les paroles suivantes tirées du iroisiini'
mémoire d'Hincmar au condio, soDkli
d'un archevêque secrètement réioliéM
y a d'autres choses encore que la sapH^
autorité du seigneur aïKislolique cinDiiin)
soigneuscmeut et que votre pénélriole»-
fncilé pèsera sous sa direclion. ïmi
honneur de vous les présenter im '*
autre ^crit... Ce sera avec plus dedv
naissanco que la suréininenle tagessf<'i'
seigneur ajiostolique rt^clicrchera tequ"
faut prévoir, quelle donnera su f-rtii'
un remède, et qu'elle | o^cra uack-^^
contre les dangers di; l'avenir (Itti '
Voilà hion cetie mf«(re de Innaipiii*'
a parlé M. Ampère; ni ici ni aiht'ou
n'eiitruvoit qne celte mesure soll uniDi^'^
h l'aide duquel le prélat s'efforce d'éïKl*^
à l'eul'jrile qu'il invoque.
L'appel des clercs contre le méircf;*
laiD qui les avait déposés csciia i.m'"
attaques non pas de l'empereur W^^''
ou du roi Charles IcCltauvi-, maisseukat'
celles du Pape , au pouvoir de qui jiU''
Hincmar ne chercha k ss dérober.
I XIII.
EiacmariJépMH-U (topoUquemeot l'éW^MBHb^
M. Ampère. — « Presque en mfmdcQ;'
{qu' Hincmar écrivait sur le dicoTCi àf ^'
commande à rarcIiËvàjDe Egîloji de lin )U:■-
velnenl 1» leiires du l'ap ■ ■ " " "
qu'elles aient paûé par li
UseuiLilailduiic cioirc il qii»(|iie iiiemiun «^
[tièces dans les sécréta ire ries. llcsiil>ni<:ile>'°''
de s'expliquer ceue durcie de hitigage im' -^
queiiUs.des lettres poriliQ cales, anlrcincnl (ftf
la préswice de qtieli]tie ennemi de l'^relieTaju •
lleims dans l<» co;iii«il:i ou daus la Im>u-'
du Pape. ,
(1918) SiRMOna, I. m, CciieU. Sita. n. t-^'
IS7
nui
DICTIO?iNAIRE APOLOGETIQUE.
haire), il était eogagé dans une autre affaire
,ù il 5e Irourait en opposition avec le roi
1 le Pape , tous deQK alliés dans l'aflaire
IcTbeuieberge.
■ Rotbade^ évjque de Soissons, STait
léposë un curé ae son diocèse. Hincmar
oulut rétablir ce curé, et, comme les
gojeos vîoleals ne loi répognaieat guère,
roisans après la déposition du coupable
I fit rnlever le successeur du pied de l'aulelt
a œomenl où il allait célébrer la messe.
i tuiten prison, et rétablit l'ancien liiu-
tire. Rolliade se plaignit è un concile pio-
ïDcial de cet atteutat à ses droits épisco-
aui. Hincmar répondit par une eicommu-
liolioQ : Rolbadft en appela au Sainl-Siége :
liocmar ne déclina pas ouverleniBnt la
aiiJiction du Pape, mais il engages l'en-
'oié de Bolhade dans une démarche auprès
lu* roi, el prélendit va cooclure, contre
}<:le espèce d'équité, que Uotbade arait
eiioDcé i son rapt>el. Il y aratt une mau-
9i>e foi éTÎdente à soutenir contre cet
r£guG qu'il n'en apiielail pas à Borne,
ir personne ne pOUTait le saroir mieux
ue lui. Cette intrigue, fc laquelle se prétait
Larles le Cbauve, n'eut aucun succès;
l> malgré tous les artifices et toutes les
I ilences d'Ulacoiar, Botbade n'eu fut pas
i''ios maintenu dans son droit par le
Ce qae M. Ampère raconte si soorent
Ifs éioluiîons d'Hincmar» passant du roi
u Pai-e et du Pape an roi, est fort cu-
'.'Ui.tnais si encherélré, que notre savant
isiurien s'f perd tui-mèœe. N*a-t-il pas
il, en coiumençaDl ce récit de la procé-
ure de Botbade, qu'Hincmar, dans cette
Elire , se trouvait en oppaition avec le
à, et o'assure-t-il pas plus tard que Cbarles
Cliauve te prilail à cette inlrigtuT Le
fil de U. Ampère est doue inaui^uré j>ar
le contradiction.
Lue réticence sur on point considérable
f lail ensuite remarquer. U. Ampère dit
le Rotbade étant veuu h un coucile sa
liudro d'Hincmar, celui-ci riposia par
xcummunication. Bien. Mais que répon-
l le concile k la plainte de révéquede
'issonsT M. Ampère n'en parle paï, et
!st à tort-. Le coucile d'accord avec Hinc-
ir, condamna Rothade qui, quelque teuips
fès, fut déposé par un autre coucile
I cinq provinces, puis, il parati, par une
jiï.eiiie assemblée réunie près de Senlis.
ne faut donc pas mettre aux prises l'ar-
evét|uo de Buims seul avec sou sutTra-
ut de Suissons.
Nous arrivons maintenant ï l'important
la question. £st-ce lo rélablisseuient
par Bincmar d'un préire impudique oui
donna le branle à l'afTaire île RuIbaJe?
puis, quand on soutint que cet évéquu
avait renoncé i son appel au Pape, prit-on
pour préteite un billet par lui adressé i ses
amis afin qu'ils défendissent ses intérêts
an concile de Pistres (1920) T Nous pos-
sédons sur cela deux sortes de documents;
les uns Tiennent d'Hincmar et sont contra
Botbade, les autres viennent de Rothade et
sont contra Hincmar. IIU. Guizol. Ampère,
etc., ont préféré donner leur conBance aux
pièces qui chargentfltncmaret de nombreux
conciles des procédés insensés rt cruels dont
on Tient de parler, plutôt qu'à celles nù
Botbade est montré rt tirant réellement son
appel an Pape, et condamné pour avoir
dilapidé les uieus de son église. Pourquoi
ce choix partial T D'tiù viennent cette dé-
faveur pour l'un et ce privilège d'estime
pour l'autre ?
Quoique la conduite babitnelle d'Hincmar
et la baute raison de ce qu'il a écrit sur
le sujet dont nous nous occupons (19âi}
n<e prouvent que sa sévérité contre Ro-
thade dut être légitime, je n'opposerai pas
ces remarques à ses censeurs, car ce sont
I) des impressions personuelles, et des
impressions ne se peuvent traduire en rai-
sonnements; je me borne à dire qu'entouré
de témoignages dilTérents, sans pierre de
touche pour distinguer ccui qui sont do
bon aloi , il faut s abstenir de prononcer
entre les d?ux prélats.
El pourtant, cette conséquence si natu-
relle, qui a songé à la tïrerT De tous k-s
auteurs que j'ai consultés, rbisionen de
l'iiglisegallicaMemonlre seu^l cette justice,
cctie pitié pour Hincmar, et encore t/est-il
pas toujours resté fidèle fc ce bon sentiment.
« On ne prétend pas ici, dit-il, juslîGer Hinc-
mar, mais on croit devoir avertir que tout
le récit que nous vunons de faire est tiré do
la requête même de Kuthade : ainsi il nous
parait qu'on doit eu rabattra quelque chose
(19â). > Ou doit rabattre le tout, puisque,
rien ue commandant d'ajouter plus de Un
k Botiiade qu'à son adversaire, il te reste
que le douie.
Mais, (lirs-t-on, le Pape réltUitit tétiqut
de Soistoru dam ton iiege; n'est-ce jias la
preuve que sa condamnation avait été in-
juste 7— Certainement non; le rétablisse-
ment de l'accusé ne prouve pas qu'il y ait
eu injustice dans sa condamnation. Nicolas
1" rendit à Rothade son litre éjiiscopal non
pas à la suite de débats contradiclotrrs ,
tuais précisément, au contraire, parce quo
persoune ne s'était présenté a Romecoiuuie
accusateur. Aussi le souverain Puntit'e aver-
liiQ, Bitl.de la îiU.,tUi., l. m, p. 193. — Ce Pour nous apprfnilre cela, H Ampère raroniei^tsn
fut uii pretqne t» mime ia»pt, mais réellemeiit oliscaréaieiil «lu'HlDanur ««gayea remrofi 4e fl«-
u-eiue umDS ua'Hincmir se iranva enga)^ dan* tktde éant une ééotarelie aupth rfa roi. Ptrul-ê[r«
Ml hisiutKii a-t-il eu i|nel<|ae bout; de iciniihT
ajouk-r fui à un tel la.l, et, pour en motir, il l'uurj
vuil«.
tlt^t) Flodoii», I. III, c 13.
ll9<dj LuM,cLtAL, t. xjt, aiL auD. SU.
« temps <|a'Hîncmar se iranva ennsé dan*
allairvs de L<HJiairc. de RoOiade, d d'BiMuiii.
E>.», ConeH., I. Ul, p. WS, 210, Hl, ad ami.
IS-èr Ce Toi, ifit on, par ITmervciHum tte l'ai;
t- i;u rwi <|u'on lil livrer w biUei â Hiucmar
%m
niN
niCTlONNAlBE APOLUCETiQUE.
im
liH
lissRÎt-il Hincmsr qu'avant de réintégrer
te )trélHl il pouvait encore aller |>laidcr con-
fie lui. mais devant le Saint-Siège (1923).
Puis disons-le franchement comme Nicolas
tui-mëme, ce'PafiB songeait plus à défendre
In Saint-Siège (jue l'évêqne de Soissons.
Il écrivait à Hincmar': ■ Sachez-le, ca que
nous avons fait ^n faveur de Bolhauc,
■ c'a élé pour que les privilèges du siège
npoStblique que vous paraissez avoir indi-
gnement violés... recouvrassent l'antique
splendeur qui leur appartient [1921). » Le
léiabli^senittnt de Rolbade prouve donc
seuleinenl qu'il y arait-eu , selon le Pape,
*iie diins la forme de la procédure, cette
procédure ayant coraaience sans l'avis prôa-
table du Saint-Sié^e.
Pourquoi donc, ajout tra-t-on, si l'équité
d'Hincniar n était pas en défaut, refuss-t-it
d'aller plaider sa cause à RomeTC'esl parce
i)u'il croyait voir dans l'ancienne législation
ranoniqueque loPape avait le droit non pas
•le juger lui-même les couses des èvAques,
mais seulement de faire recommencer sur
\^s lieux la procédure. En cela, Je l'aVoue,
Hincm.ir eui le tort d'ètro trop esclave de la
teltro lie rerlaines lois, et de ne pus tenir
xsst^ compte du développement que, depuis
te concile de Sardique, le temps avaitdonné
h Paulion de la Papauté, mais cela no prouve
ficn contre son équité dans l'apprécialloo
(les f.lis re;)rOchés h Uolhadâ.
'Cependant, d'après le Pape Nicolas, les
légats romains n'appu]'4àrent du France au-
cune accusation, et biiiucoup de lidèles,
quelques évoques même, intercédèrent en
tavetir de Hoihade. — 'C«s trois laits n'ont
rreri de décisif.
. 1* Les légats dont parle Nicolas ont peu
lie litres ft notre conGance; c^ètaient les deux
évéques Rodoald et Jean qiii, m concile de
Metz, prèvsriquèrent en faveur du roi Lo-
thaire et de son divorce. Ensaito, si eus
personnages né rapportèrent aucune accu-
sation de Frtfnce, c'est qu'en France on
n'avait voulu leufen donner aucune, puis-
qu'un chtirirliaiL à ne pas laisser les procès
lies èvèques se juger à Rome.
2" Ueaucoup de fidèles écrivirent & Komo
|Kiur défendre Kuthado. Mais furent-ils en
HSS42 grand nombre pour que leur rèclamu-
lion so^t a(t|»elée parM. Guizot le cri public
et l'expression d« V opinion populaire? Leur
témoignage méritait- il de l'emporter sur
celui des conciles qui s'étaient prononcés
contre l'Ovèquo de soissons î Ces partisans
ii'étaieiil-ils peut-être pascaux qui avaient
Itt-nQté des dilapidations dont Rolhade s'é-
l'iil rendu coupable?
3* Quant aux évoques amis du prélat in-
culpé, esi-ce que, par leur équité, leur
uombre et leurs lumières, ils ellaqaient lus
juges de Rolhade T N'èlsieiil-ils ^, „^
évéques de Lorraine cl de Genusiiit, dnni
les uns ne pouvaient pardonner ÏHiiiccDr
qu'il condamnât leurs récents conciles en
faveur du divorce de Lotbairc,ellciiulres,
l'opposition de l'arcbevëquc de Reims i;ii
invasions de letir roi Louis le GermgniqiK,
en Neuslriu (1925)7 Du moios Ûincogrle
pensait ainsi.
Rien ne prouve doîic qu'on dnire s'a
tenir, sur le compte de ce dernier, aun;)-
port de Rotbade contre ses juges, pM
qu'à la sentence réitérée de ceui-ci ; |«r
conséquent, la condamnation de Hothsile
n'est point une flétrissure pouriataérnoiit
du grand arcbtvCque.
S XIV. j
Nicolas r'braïa-t-ll toaies les Inii einanliufsnntdt
fendre ceotre Hlncniar les tlrnita de RoDiidet
Hk Guizot.— ■ En 865, Nicolas I", »p\i 1
convoqué un concile au sujet de Itoltitilp. |
dit dans son dis'cours d'ouverlure :il« 1
« statulssacrésctleS (fScrets csn&niqud oui
■ remis b notre décision les procès des ét^
• ques, comme toutes les grandes tlTeim.1
• C'était méconnaître et braver loiilesln
règles canoniques, tous les eiemiilcsifi
passé, lous les usages de l'Eglise. Uniste
celle occasion spéciale, comme dans la|iré-
tédeuie {le divorce de Lothaire),Kko\ismt
pour lui le bon droit et lo cri public; iisou-
tenait la justice et l'opinion populaire. H
triompha également; Roibade fut ril^i
dans son siège et les Eglises nailonilesfurfiii
vaincues dans lapersuune d'BincOiariCOiDct .
les souverains temporels ilBiis celle de b-
thaire (1926). » I
Nous avions déjJl vu que laTopnlërf
fut point Vaincue en Lorraine, 1* iMiisiii
Lotbaire mourut avant qu'on eût olitraun i
suuiuission] 2^ puisqu'on exigeant qn'uiic
chrétien rcspecfè la murale chïélîcmfi i^
n'outrage pas plusl'autorrté royalu fla'*'*
l'oulraguraileu exigeant qu'un |iriii(i,i<"-
vain et poêle, rcspi-ciât les luisde )i$)°>'
maire et de la pro^oilie.
II y a beaucoup plus de vérité dans tenK
M. Guizot dit de la difaitt des églitan^^'-
nales, quoique ce|)enuunt. ces ei|irei'><''"
soient tort improiires. L'Eglise deFiiE^''
l'Eglise d'Espiigno, u'éiaienl poiûl <>''
Eglises nationak'S. On nomme de U i"'^
celles qui sont renfermées tiaas li'S limi^''
territoriales d'un peuple particulirr,ciiiii'i
ilMis ce cercle, se sulliseut à tlles-miiii'^
sans relever d'un chef résidaiilà UUu'if'
Or, telles ne furent pas les sociétés nliS"^'
J.LS d'Espagne ou du France. La ÏV^i'Crj'
uxunqkle, s lionorail d'être la Gflutiien-si""
du Saint-Siège, dont elle procl'^iiiail !> I'
émincnce ; elle ne ditTérail deRoiuequd'
certains modes de l'exercice de celii; 1 1'"*
(1925) SiniiuKi), Cône. mt. Cell.. (. 111, yicol.n
epitt. ad Hiiteinantm , ad Rothadum , p. 1S7 ei
Ïti5.
(tOii) SiBMOMD, iiftifupra, Ep. ai ninanantm,
(IIK5) Flodoud, 1. ni, C. 3, Ep. Ilintmari ad
-H. Micbekt
LoUiuire 11, snn rè|{iJi
pieiiiMtje dix i>apcs si
kiiime. >
, .. ll.p.!79:'iw
r les rois. Uto-icI**'''
m
WH
MCTKNOUIRE APOLOGETIQUE.
Hi!<
1391
fUi. Hincnur el ses collègnçs daos l'épls-
tfifiil aoraîeol donc repoussé-loîn deJ'Bglîse
fTliaae la schismallqua dénoiuinalioa
d'K^lise nationale.
Kijsuile, ce que H. Guizot nomme une
Jéfailt fut la réêularisalioD des rapports des
E;liiei parliculières arec l'E^^liso mère,
i.ir>ur(s que le temps arailaugaienlés, et
r|uM [allarl préciser et fiier. nome et la
France rpspectaieot également les canons
ileSarJique, mais quantaux faits qui araienl
modifié la portée de ces premiers canons sor
l'ippel au Pape, parfois nos érfiques les
l'renaient pour rèKl», parfois il les mécoo-
uisdieit. comme Te leur reprochait Nico-
IH I' (m?). Il fallait an terme à ces incer-
itiiiiit«; Nicolas essija d'en melira nn,elles
triqiia sVjirèlèrent peu à peu. Ils écri-
iirmten w7, au SouTerain Pontife: ■ Que,
f«(ii]>iit Toire règne ef h l'arenir, aucun
erf )ue ne soit dépouillé de son grade sans
f'arisdu pontife romain comme il est évi-
lii-mment établi par des décrets muhipliéset
J« nombreux pririlégei d.e vos saints pré-
aéces5ear» {193S) »
Os paroli-s du concile de Troyes nous
«{'prenueDl que le *cbangEunent opéré par
K;cbtu I', dans la jurisprudence ecclésiat-
iii(ue, ne fut poinL improvisé, mais qu'il
•vMi Ëté préparé par- les siècl^ antérieurs
il919'), et oiieie Saint-Sié^e, loin d'usurper
lt:s dfiiU des %lîse5 particulières, revendi-
■iujsculemealceuxda ]'Eglis»dQ RpmB'
liy.
Qw: cU|,.tti llildwn qui rtai déposé du ûégt de Cviibni
:. — «Si daoscettecirconstance
■ it proeis dt Rothaâe) Hiucmar avait été
•■n O[ipusilîoa aree le Pape et en alliaoce
!T<.-cJe roi.daDs une autre occasion, loule»
s f «ositiDas furent changées, et il se tFOuva,
ri ronlraire, d'accord ajec le Bape eU eu
^jiilité avec le roi.
> Lepersonnage.causeile laquerelie, élail
? même HilJuin que uous avons tu aller ft
■ifuc jeter l'insolent défi des évéques lor-
l'as siir lo tombeau de saint Pierre, et,
••ftéf. h la main, disperser et tuer les gar-
eo* de r^ise.
« Malgré de tels antécédents, Lothaire
v«it mis en possession de t^éyèciié de
atltni. Umciiiâr s'opposa 5 un si grand
iii-Jala. Les évéqucs lorrains, quîn'aTaÎL'nt
9 r^rdouté le Pajie, ue n'duuièrent pas da-
iiLage rarchevéquu île Reims, el, dansun
jci-le tenu h JUi-tE, ils déclamèrent contre
. «riuar. lequel, soutenu culte fois par Ni-
.i«v CDiuya au concîli; une lellre uu Pape
i iuî était Earoruble.
1927) ScBW!!», Cone.OKî.CiUl., I. III, p. iGO,
iiiia. 8tf3, Ef. S'ifoUi ad Uineinatium,
'tift, Staaos», mbi tMpra, p. 558.
lf:±ï>) Vtrfr relie qaektion uiamment traii^
. I '«ouvrage de Zaccaria intitulé: Antiftbroniag
tcaia*. «litMTi. 8, c. 4 «t 5. Ce UTanl écrit a
>-( Mcîlli dans le Conrj tompUt dt théologie é.lifé
it, l'aliCe MigHe, I- XWil. - HtucBLin, Cri
-/^ FUu'S, I. U, c. 2.
■ Hilduin finit par être dépoté. Ainsi,
e'estioujours la papauté qui triomphe; toutes
les fois qu'Uincmar est avec elle, iUéussil;
quand il est contre elle, il succomba malgré
ses immenses ressources, malgré sa grande
inOpeace t-t son grand crédit. (1930) »
Chacun de ces alinéa» renferme quelque
erreur.
1* En parlant deux fois vaguement du roi
dans sa première phrase, JU. Ampère porte
i croire qu'il s'agît toujours du même roi,
tandis que, dans un cas, il est question du
Charles le Chauve, el dans l'autre, de Lo-
(haire de Lorraine. La tournure amphibo-
lûgique de la phrase de notre historien a
été cnoisio pour montrer Uincmar faisant h
tout proposdes volte-face. Voilât lespreuves
qu'affectionne le spirituel académicien.
2" U n'y a que la ressemblance des noms
pour établir que Tiotrus de Cambrai aurait
été le même que le profanateur du tombeau
de Saint Pierre. Une lettre d'Hincmar posté-
rieure au concile prévaricateur des évéques
lorrains, et conlemporaineà peu près de U
scandaleuse équipée de l'Hilduin de Rome,
parle de l'Hildnin de Cambrai comme tou-
jours présent dans celle ville, d'où il n'avait
envoyé au Pape qu'un représentant pour eu
appeler de la seutenca du mélropol ttaiu(i^l).
3* L'Hilduin qui parutè Rome porta inr
le tombeau de saiot Pierre non pas. le dêii
de l'épiscopat lorrain, mais celui des âeut.
archevêques déposés : Gonlhaîre et Theu-
tegard.
V Lors même que rdilduin lorrain serait le
même nue celui de Rome, il ne faudrait p.<s
dire qu il fut promu à l'éjiiscopat malgré du
lett aatMdenlf, car sa mise en possession
du siège do Cambrai précéda lu scaudalu
donné dans l'Eglise de Rome. U. Ami>ère.
qui,'à la page 193, l'affirme h sa manière,
peut-il donc l'oublier à la page IM T ■ Les
évéques du royaume de Lothaire, s-l-il d'.l,
Htivoyèrentà Rome un évéque nommé HÎU
duin. » Nous avons déjà démontré combien
il est faux que ce personnage art été dé-
puté k Kuniu ; (ouleruis il est certain qu'il
occu|iait TE^Iise de Cambrai avant ledépart
des envoyés du concile do Mutz, puisque
déjà Hincmar avait été sommé de venir, lu
15 mars 863, Justifier en Lorraine son refus
d'admettre Hilduin i l'épiscopat (1932).
Quelle invraisemblance, d'ailleurs, dans
l'assertion de M. Ampère! Le roi Lolbairi',
pour adoucir Nicolas en faveur de son di-
vorce, abandonna Gonlhaire, qui était si
honieusement dévoué à sas projets, et l'u^i
voudrait que ce prince eût eu même temps
iirilé le Pajre par la nomination au siège
de Cambrai de ce fou furii:ux d'UitJuiuI
ri930) T. m, p. 191
(1951) Flosouu), l. m. c 12, Ep. Hiiumari ad
XitûloKr : € Regiù mil liueris (Lotkari^u) rvGptw-
dtt llilduinum ad vecuam auctariuieiu suuiu iega-
(195â) LtaaE, ComtUiM, ad ann. S65, Ep. Cmniba-
rii, tic., ad Hmeaiarum. — Ce ii'nt pu après sa
■■•■(tusiiiiKi à RuiiM! que CuiiUiairc aorah appelé
Uiucmar à sa baric.
ISOS UN
Tout ceci répugne autant ou bon sens qu'à
l'histoire.
5' L'ëpiire poDlifleale qai donnait gain
de cause h Hincmar fut-elle envoyée en
Lorraine par cet Brchevâi]ue T Flodoard dît
DICTIONNAIRE APOLOGETIQIIE.
quVIlo fut CDToyée par Odon.qui l'avait
apportée de home J1933}T Déclama-t-on
contre Hincmar dans le concile où on l'avait
sommé de comnarallre ? Nous ignorons
même si ce concile fut tenu.
6° H. Ampère répète que les évoques
Inrrnins ne redoulèreai pas ]e Pape dans
l'alfKJre du divorce de leur roi; répétons
aussi que ces prélats , s'ils araioni cherché
d*abora à tromper le Pape, respectèrent en-
suite son arrêt et solltcilèrent très-buroble-
ment leur pardon. Nous l'avons prouvé.
7* Il n'est pas moins inexact ae dire que
l'arohevèque de Reims ait succombé toutes
)ea fois qu'il ne se rangea pas du cûté des
Papes. Rappel on s>nous le sacre de Charles
Je CbauTe b Metz. Les sages explications
dllincmar da désarmèrent-elles pas le Sou-
verain Pontife courroucéT Nous verrons
bieniflt la procédure contre l'éréque de
Laon, neveu de l'archevêque do Reims, finir
(le même. En un mot , Hincmar ne subit
Su'une véritable défaite, ce fut dans l'affaire
B Rothade, et encore le Pape l'autorisait-il
h en appeler.
Tout est donc faax dans cette histoire
d'Bilduin, le fond aussi bien que les détails
«t tes rédexioai dont M. Ampère l'a ornée.
BITI.
HiDcnur, noar trkmipber duw «m dUKreod «vec Mn ne-
veu, évèque de Liod, ibalMt-trU l'Egllie aux pieds de
M. Ahpèrb. — « Hincmar prit plus éner-
giquonient encore et plus directement la
parole contre les prétentions de la papauté,
dans un démêlé personnel : il s'agissait de
son neveu Bincmar,évêtiue de Lonn, lequel
avait eu quelques torts envers Cljarles le
Chauve, au sujet de certains biens litigieux
contestésiirEgi{separrEtat,elBVBitaussim(!-
conlentéson oncle qui était en même temps
son métropolitain. Sommé par Hincmar de
Reims de comparaître dorant un concile, à
Verberie, Hiucmar de Laon en appela au
Papr,i>on pas comme Roltiade, eu cassation,
ii Je puis parler ainsi, mais en première
instanee;et c'est là ce que Hincmar ne pou-
vait admettre. Le Pape, charmé d'avoir h
protéger un évêquo insurgé contre son mé-
tropoTitatn, tendit la main au neveu rebelle.
Malgré la protection du Pape, l'évèque de
Laon fui oéposé; Adrien protesta qu'il ne
consentirai! jamais à celte déj)Ositiou ; il
réclama riour que la procès lui fût soumis ,
aue l'oocle et lo neveu viossent comparaître
evant son tribunal h Rome. Le roi Charles
le Chauve prit parti contre l'évéque do
Laon, dont il avait ii se plaindre, et
contre le Pape, dont les prétentions l'af aient
flIN lui
blessé, et chargea Hincmar de répoailn>.
Nous avons celle réponse ; elle est écrite m i
nom du roi. Le roi appelle inconvenante,
indécente, la lettre du Pape...
■ Cette lettre {du roi front), il faut m
convenir, est conçue dans un sentimeni
plus royal qu'épiscopal ; on dirait qu*HiDe-
mar Lient la plume, mais qu'il écrit soasli I
dictée de Charles le Chauve. ■ Il faut vou
répéter ce que nous avons déjà dit: les rois
de France sont nés d'un sang royal; ils
n'ont pas été considérés jusqu'ici coidim
substituts des évêques, mais comme maltm i
du pays. Selon i;e qu'ont pensé le Pape
Léon et les conciles de Rome, les roittl '
les empereurs , que la divine puissance)
misé la tête du monde, ont accordé loi
évé(]ues qui vivent saintement le droit di ,
décider les affaires selon les divines iiisli-
tutions, mais ils ne sont pas les serfs du '
évoques [•Dilliei].
« Hincmar est ici bien complaî.«aut pnnt
la rayante aux pieds de laquelle il abnisu ,
l'épiscopat. Il dut lui en couler d'écrirem
lignes; mais, placé entre deux pooToin
fju'il redoutait également, il ne pouvait tair«
ace à l'un et è l'autre 'à lafoïs;et, tsD'iii
qu'il leuait tête & l'un d'eux, il ne vojaii qu*
lui. Dans un curieux poi f-acriplum , l'Iicé
à la fin de cette lettre, le roi dit: «quel)
raison l'a forcé de répondre. » Il supp'ie
Adrien de ne plus lui écrire de semblable
choses, aSn , ajoute-t-il , ■ qu'il nuus snt
N possible de soumettre humblement etd^to- ,
* tement.'comme nousledésiropsnoscaan
« et nos têtes è votre pontifical. » Lecoolnsle
qui existe entre ce nojf-icrtpiwn et la \t\\tt
est fort remarquabre et n'a pas été restr*
que.
« Je serais porté i penser que le roi. J^
miné un moment par l'ascendant iTEir-
msr, reparaît ici avee la timidité coaii«nle
de son caractère , et veut , pour ainsi dit«,
ciïacer & demi ce qu'il a permis et (Wul-tM
ordonné d'écrire {1934}. >
1* La première, mais In plus légère OTiïor
de ce fragment, c'est l'exiiosé du motif qui
brouilla l'évéque de LaoD et Charles le
Chauve.
Un nommé Lidufn, tenancier d'un fief &*
l'Eglise de Laou , étant mort, son ûls, pour
lui succéder dans ce fief, fit un présent i
l'évéque, qui , peu après , tout en gardant
le présent, reprit le benéfiiie. Le personnia
dépouillé en appela au roi, et le prélat reç^
ordre de comparaître devant Charles; bmÎ)
l'archevêque de Reims réussit i amn^
l'affaire (1935). Vers le même temps, l'évè^U'
A\i Laon donne au roi un fief dout fut mi'
en possession certain comte appelé NoraiaC'
L'évéque se repentit bienidt de sa libératib;,
réclama, et, n'obtenant ri«n , attafjo^ '■
chflteau selon lus mœurs du lempSi
ittaqofl i'
I, i la lf.t.
{t033) Flodmrb, I. ni, C. 13, Pcr Odonemdi' (195r>) DELti*!iDe, Cône. a'U. CmU. on4r* .
w""- , V.p. Ihiamari Rtmtimt aé Caralum CiOtmm r
(1934) T. m, p. 138. I8C.
m
un
liane IroupA de snlda(s, e( le reprit (1936).
Vwnr\ ordre de se présenlfir denat le roi.
Tth forent le« faits qui imlèrent le roi
Cbiriei co&lre )'ëTéqu6 de LaOD. Or, il est
4iiden(qa'il d'^ avait point th pour sujet
4g lilige , des biena conteêléi â rÈgliMe par
rf(a(,cWl-i-dire sne tenlalive tl'usurpa-
lioD de Charles sur le ctergé de Laon, comme
M. Ampère Je dODna è croire.
)* Lapjiel d'Hincmar de Laon aa Paffe
l'était tpi on Jeu qu'il qailtait ou rcprennît
niraat l'occasion {1^371, mais peu importe;
M qae je me propose de prouver, c'est qu'il
■'est nu mi, de dire que cet évèque fut
diçaté tuigré la proleelion du Papt. Ec
effet, Adrieo D'éruqua le procès i Rome
qu'afirfa avoir reçu les actes du concile de
Doâi où le DeTeu d'Hincmar avait été dé*
poséen 871 (1938). C'est ea Tain qu'on in~
Utnnn les collections de cuaiiiles et leurs
iapf>iémenls:on n'j' trouvera aucune proles-
ItlioD d'Adrien en faveur de l'évËque do
LiOD.ivaot sa déposition. M. Ampère aura
Aé trompa par deux lettres qu'écrivit le
Souverain Pontife pour qu'on laîssil aller
1 Borne ce prélat , qui $ownra\t , disait le
Pape , après ce voyage (1939). Mais qu'on y
prvnne garde, il n'est point question dans
«■ épllres du procès de l'évoque de Laon ;
il s'agit uniquement de lui laisser eidculcr
son VŒQ de |>élerinsge . teitnU$ Ulum lati
••*• nn/tfcr potse profieere (1940).
^ M. Ampère ne fait pas moins mal con-
■affrela causa de l'emporlemeot du roi de
l^rance conCre le Pape Adrien; il dit que
Charles fui bltsti par tei prétentions poDliB-
eales. Ceci laisse croire que Charles s'indi-
£38 date que le Pape annulail la décision
do concile de Douzi. Ce fut de tout autre
^osa que le roi se plaignit., Adrien lui
arani commandé de veiller sur les biens de
i Eiçlise de Laon pendant l'absence de l'é-
vA]ue, Charles qui ne voulait point recevoir
d'ordres de l'Eglise en dehors des choses
«piritoelles, répondit : € Les rbis de France
ue sont pas les vidâmes des évèqacs, ni leurs
L-conome«, ■ etc. Ce fait nous apprend que
le clergé, au ix* siècle, n'était pas aussi
maître de la société qu'on le prétend , et il
mérilail d'être exactement rapporté.
i' Le Pape n'exigea pas que l'archevêque
de Reims comparut A Home avec révé<|ue
iccosé, il demanda seulement un irréeusable
metMtatemr. Ce qui fit dire |>ar Charles le
Chauve qu'il s'y rendrait lui-même et serait
in accusateur recev?hle(19i»l).
5* Le grand arebevëque de Reims se
Dontra-t-li bien complaisant pour laroyau-
é, et jot-il lui en coûter beaucoup, comme
:; croit U. Ampère, quand il écrivit au
DKTIONXADŒ APOLOGETIQUE. OUI ff36
nom de Charles: • Les rois et les eniiie-
reurs... ont accordé nux évèques... ledroit
de décider les alTaires selon les divines cons<-
litulions ; mais ils ne sont pas les sert* des
évèqnes? »
Si ces paroles devaient déchirer les lèvres
d'Hincmar, comment donc se faisait-il qu'il
aimât h les répéter? Nous les rencoa-
Irons, non-seulement dans cette éptire
do Charles è Adrien et dans nne autre lettre
du même prince au même Ps|>e, mais en-
core dans deux écrits d'Hincmar: d'abonl
dans une lettre au roi , puis dans un mé-
moire présenté au concile de Doozi (19%2).
Ces mots ne sont donc pas aussi diiçracieux
Baur des oreilles cléricales ans l'imagine
1. Ampère , du moins quand on les prend
dans leur véritable acception.
U. Ampère a bien l'air do croire qa'en
citant cette phrase attribuée au Pape Léou
et aux conciles romains (19i3), HincmaP
déclarait que le pouvoir religieux du prêtre
vient des rois et ne peut s'étendre sur eut.
L'archevêque, je larone, se fiant aux lu-
mières dn pape Adrien , n'a pas expliqué
de quelles affairts ni de quelles eomatituiiota
dinnu saint Léon a voulu parler; mais il a
suflisamment exposé ailleurs sa pensée , et
dit qu'il s'agissait du pouvoir accordé par
les princes aux évêques de juger, d'après
les cauous, les causes tcm))0ri-lles des ecclé-
siastiques , et d'intervenir dans la direction
des choses do ce monda.
Telle était la pensée de saint Léon , da
son concile et d'Hincmar. C'est pourquoi
quand l'archevêque de Reims voulut détour-
ner Charles de jUt^cr l'évèque de Lauu, tL
cita la maxime de saint Uon sur le droit
accordé par les princes de l'Eglise de juger
elle-même ses ministres; c'est encore pour
cela qu'il la répéta au concile de Duuzi ,
quand il reprocha h son neveu d'avuir,
contre Iis privilèges ecclésiastiques, dv-
mandé des juges laïques en certaine occa-
sion. Or Hincmar pouvait-il rougir d'avouer
que les rois, en accordant de grandes fa-
veurs au clergé , n'avaicul cependant pas
abdiqué pour devenir ses serviteurs I Pou-
vail-il rougir d'avouer que le prêtre u'cst
pas le souverain?
6* M. Ampère a terminé son at^récislion
de la lettre a Adrien par un pott-scriptuM.
Il croît y reconnaître une amende honora-
ble du roi pour les hardiesses de l'arche-
vêque son secrétaire; puis il a soin de no-
ter que cette choso remarquable u'a jamais
été remarquée.
Cela est vrai; mais en revanche on a
remarqué que ce post-seriplum est à peu
près la pure et simple répétition , d'abonl.
i I95C) Dculludc, p. W6, Pnclamalh C^roli,
u:- : Flecbi ci L«!K[iev*l, ad son. 871 .
i l»37| LmwrETiL, XVII, ad ina. 870 et 871.
1 1938) SwMns, CmrU. ai. GaU., t. III, p. 400.
4 <»39i Stuos», t. ill, p. 575.
. 1940) Snaow, «Miapra.
( lïil I DtLkLumt, Kp. Caroli Cahi ad Adriaaam,
. 3tï3.
((942) Duiume, p. 191, 220et iG5.
(19431 Celte épllre fui longtemps raugoe parmi
... /_ «_-- -. i._. gjHg ^ij 1, quaire-ïiogt-
Ll longtemps r
•À\e cuit la q
û'QDue pour èlre il'u
celles dn Pape Léon ;
■eitièmc. I^tle a été rcd'Onue pour èlre d'un cooiile
de Biwrges. présidé par nn uinl Là>n. [Op. S.
Leonii, L I, Appvudict: I, cot. 1239, cf. 3,edtl. de
H. Mignc, dsns sa l'atrottgie hliae.)
im
niN
nCTIONNAIRË
il« U (In de l'épllro elle-même, ensuila, de
la tin d'une autre épllre non moins vîru-^
li>nifl antéritiurement adressée i, Adrien.
Dans \es (rois circonstaaces, on prie le Pape
lie oe pas écrire comme il l'a fait, pour qu'il
soil possible au rei de lui obéir (IMi;. Il
ïnnl donc chercber dans ce billet qui accom-
lia;jnail la lettre écrite au nom du ror, non
fias unacrujtule ou un remordsi mais cetta
luse oratoire qui^ après tes plus vives inTeo-
livea, sait adoucir le ton et choisit quelque
tendre expression de sympalbie {lour servir
de liuimenl aux blessures des reproches.
Je De réca4>ilulerai pas loulcs les aneurs
commiiea par M. Ampère dans le rragineot
que DOQs venons d'analyser^ il sulfit de
rappeler combien il a eu tort de dire
qu'Hîncmar aux prises avecuo adversairr,
roi ou Pape, ne voydil plus que ce tItaI h
renverser, et ne craignait |)as d'ébranler
l'B^lis* pour Trapperde ses PuioesJa ^paut<6
qui l'attaquaiL
iivii
Hinemv fit-fl »«g)er l'éT^qoe d* Liod, ion uTea T'
H. Lk Bia. ■ Charles le Chauve ayant
enlevé la Lorraine k l'empereur Louis, son
Deveti, le pape Adrien It lui ordonna de 1%
restituer, soua pekie d'excooununication.
l<ne partie du clei^ gaJHcan ,.et l'orchevè-
qne de Beims h sa- tète, sa rangèrent du.
c4U6 du roi; dans le perti opposé Saurait
en première ligne le neveu àe 1 archevêque,
HincmaC) év£qu» de Laon. Après Lne dis-
cussion acharnée, l'oncle vainqueur poussa^
dil-on,la violencp jusqu'à faire crever les
yauxàsoD nevtiU. Ce Ait n'est pas prouvé;
■nais ce qu^l j ade certain, c'est qu'Hinc-
mvr de Laon, terrassé et déposé, était
areugla quand Jean VIH le rétablit {I9ki).
« On lui a reproché (à Civ4qtu de Laon) sa
conduite peu régulièrel ses injustices et ses
violences contre son clergé; mais il, [•&-
ralt avoir élé^ victime de la' vengeance de
son oncle, qui ne le trouvait pas aussi
soumis qu'il liivstt voulu à la primali? do
Heims. Coorsincu desédition, de calomnie,
de désobéissance au roi h main armée, il fut
envoré eu exil après avoir eu les yeux
crevés. 11 est vrai que le pape, sous prâtexie
de protéger l'évèque de Laon, avait voulu
allenteraux libertés de l'Eglise gallicane;
mais du moins le prélat vainq^ueur aurait-
il pu se conduire avec plus d'humanité.
Jean VIII , lors de soa voyage è Troyes ,
Toulut dédommager rex-évâque,et,.sans lui
rendre son siège, il le réhabilita en 878, et
lui attribua une partie des revenus é|>lsco-
p.inx (19i6].
Parmi les raisons de le sévérUé d'Binc-
mar contre son neveu, gardoos-nous de
AP0U>CBT10G& • *n \m
compter une dilTéreoce d'opinion sur lei
droits de Charles le Chauve au trAne tle li
Lorraine : ce désaccord est une imagini-
tion du M. Le Rm. Les deux prélats asiis-
lèrent ensemble et ensemble concourureM
îi la cérémonie du sacre de Cbaries (19t7),
Ou possède encore t'ocoisou q^ue te neuu
d'Hincmar y chaula,
La i-écilé de i'évéque de Laon ne (mbi
èlre imputée à Hincmar de Reims. Le prélit
déposé, dans une requête priisentéo à itu
Yllii au concile de Troyes, eu 878, racooit
ses démêlés avec son ODcle; il déclare qua
l'archevêque a été dur envers lui, qu'il aigi
eti L-oneiui , mais, il ne L'accusa pas de »
cécité (19^8). Pourquoi donc y monirti-
VAus l'œuvre do l'arclievèque de Ruims?
Dira-t-OQ que V. Le B«8 ii'a pas affirmé
celtR incujpa{iun7 Oui, dans snn premiu
alinéa il a écrit que ee fait n'ett pat promu
mais dans l'alinéa suivant, que sigoirieal
ces paroles ; « Du moins lepr^élal uiuquaut
aursit-il pu se conduire avec- plus d'hàou-
nité? » Quel autre manque d'humaailé
contre l'évèque de Laon ta calomnie a-l-ellt '
donc jamais attribué à Hincmar , sisoii
CeiallentAtî.U. Le fias Unit ainsi par it-
Armer <-e qu'il déclarait d'abord noo prouif.
Et' cependant Hincmar est sur cela.compli-
temenl h l'abri de toute incul|>ation, puis-
que le prélat aveugle ne la-lui a. point r»>
proche.
. Bien pljus, l'archevêque ne cootriboa ni
mêipeà la détention de son coupable suSrt-
gant.Celui-ciavaitacfiusésonoDclede-upri'
son^Qi/icmar, au coucile de Douzi, conjun h
roi de djre s'il était vrai qu'il cAl deoundt
la captivité de son neveu.. Charles le CbuiR
protesta ,, avec serment ,. qu'QinuDar ii
Reims n'avait, ni conseillé,, ni approsi'
l'incarcératioa de L'évèque de L.don; fw
ce dernier aurait été bieu plustùt misàm
les fers, sans Ja cQAsidératioa ditalwo
oncle; enfin, que si on n'avait rat«na loiik
des seigneurs irrités contre le pràlat».iiuo>
leiil contempteur de la majestâ- ronle, il
aurait été massacré (1949). PuisqM'ttincBi*'
D^a pas demandé ia prison pour le cau|«-
bie, h plus forte raison ne lui a-l-il pasfut
ccuver les yeux.
A côté de la révoltante inexactitude de
M. Le Bas,^on en rencontre d'autres quisost
moindres, mais qui paraissent avoir pour
bgt de rendra vraisemblable l'erreur prio-
cipalti.
Par exeipple, U. LeBasfl dit que l'évèque
de ûon avait été envoyé en exil après avuir
eu les yeux crevés h ta suite d'une diseur
siuo acharnée. Or, rinfprtunéaveugle,ds&s
sa requête au pape Jean VIII, assure qu'il
était depuis deux ans exilé quand on la
(1911) Dblalii:<dc, Supptéttunt aux concUet de
SinmiHd, p. 267 el 274.
(1945) bkl. tnegel. de mUtoire de France, an.
Ulmemar dt Rrin»,
(1946) va tfpra, art. Biuetnar de Laon.
(194T) SiMonn, Coue. aal. Gall., I. III. p. 384.
.r* €Eiivrei d'Hincmar, édil. de H. l'abbe uigiie.
Cottronnement dt CfcarUi, L I, lï* tlOi et SlKt. -
LonctieviL, Uitl. dt l'Egliie gtUl. — DuufX, llùi-
dt France, ad ann. 8S9.
(1048) SiKii(H(D, Coneil., etc., L Ht, p. 483.
(1949) Deuliniie, Conc. Dutiaetnu, at> »f-
871, c. 6 partis quaria;.
«1)
MCTIONNAIRE APOLOGETIOUE
niN
lîW
prifid» la Tue, el il De par\c d'«ucunfl dis-
tgunn, ni «cliarnée, ni «l'autre manière :
Ouatia annis ferme peraeti», tnsuptr eaeatu*
Mm (I^). Oa prétend encore que le Pape
iun ¥111 voulut U didommagrr et le réhabi-
tuer, eu d'autres termes, qu'il le déclara
Hiuocenl. Or, point da tout. Jeaq TaTail
(ir^étJemmeDt recounu comme justement
ilè|iosé, el il De reiîqt pas sur sa sentence
|IMl); il s'en tint ^ dire, selon le chroni-
ijULur Acmoin, « qulliacmar l'afeugle, s'il
le toulatt, qliaatcrait la messe, et aurait
une part des reveuua de l'Bjlise de L«oa
(1^.1 Voilà. lopL ce qu'il y a de Trai daos
ceiilél{iils si tiien calculés pour appuyer
l'oploiOD que le métropolitsiu Btncœar
uni puni soa suSra^ot par la perte des
JMt
i XTiii:
EiÊmu, tnilaii-U dcspoiiqacseat nb d^gèt-
y. GcizoT.. — 4 Dans l'intérieur de soo'
(J.occMT, dans l'attiniDistratioD ecclésiasii-
i|ue piopremeitf d.ile, Hincraar n'avait point
U« telles djOÎRuttés i surmonter; il était seul
etmaltret il pourailt presque toujours du
ujoiiis, ré^er les faits selon ses idées; il
tswveniaitdespotiquenientjyranniquemenl
laiênw qaelquèfois , mais le plus souvent
Wec sagesse, dans l'intérèl vérilable des
ms^ft* et des fidèles placés sous son pouvoir.
*>u a des monuments écritsde son gouver-
■BTioefil, c*est-è>dire des capitutaires adres-
sés 1 ses prêtres , comme les rois adres-
v>eD( Iqs IQUCS ï leurs comtes, mitti domi-
*Ui, ou. autres agents. Ces capîtiilairts sont
<:D[;éoéral [rès-seiisés ; ils ontpour objet...
<:• recommander auicleres la régularité des
Okctirs, la scieuce, une administration douca
el légale, etc.... Ils atlRStent Jin gouverne-
uiuntactir, prévoyant babile, et occupé du
!>i(.'n moral el matériel de ses administrés
1953).»
Voiik une belle et josle appréciation des
^vglemeots publiés par Uincmar; mais
x>asme par minière d'ombre \ ce tableau,
>u ajoute que le prélat gouvernait despoti-
juemeat, par fois mémo tf ranniquement. Et
j fM-euve de ce blâmeT Les ordonnances
2cl^iastiques d'Hincmar ne décèlent pas
3 moins du monde uu auteur despote,
lécsed'après l'analyse présentée par H. Gui-
ijt- il n'y a donc contre l'archevêque de
eims que ce litre de eapilutairts parais-
lot. selon l'historien de la cifili&ation,
aoéhier up peu de l'empereur. Celle re-
larqua est nue chicane de mots très-mal
•cee. Vérudit écrivain o'a-t-il donc pas
1 maintes fois q^ue le terme de eapitutairet
«rlîts cliaititres) éUiil d'un usage quotidien?
usai , ouirQ les capilulsircs d Uincmar,
<I9àO) Swhwii». CoM;.,elc, t. Hl, p. ttl. Re-
tMTAiM Uimàurif de
iiit.jl} SiMiMiD, >ti »pra, p. iSS, Joinu VIII
I, »d Bimemarw», arekiepueopum Benuiutm, m
f*Mrmm Uimtman orditittMT epitcopuf m Etcktia
'•'-Jiâi SiBHOAD, utiiupro, p. 48G.
>'' ol»* flûf. dt la citil., cic, xfri t'pra, p- bi-
nons avons ceux de Tbéodulf d'Oiléans,
d'Hf'raird de Tours, de Ricuif dcSnlssous.
de Wallcr. On nomme de même capilulaires
les proposilions d'accoratDi>demenl'{N>rlécs
& Louis le Germanique de la |>3rl d'un
concile franl(, les articles dans lesqnels
Gotteschalk renferma sadoctrine, les décrets
que leiA' opposa le concile de Kiersi. k-s
canons qu'on concile de Valence publia
contre ceux de Kiersi, le résumé de la doc-
trine de Jean Scol (19SV) sur la Grâce. On
pourrait multiplier encore davanlago b-s
exemples. Ce Itlre ne sent donc pas son
despote. Autant vaudrait dire qu'un rhé-
teur affecta la tyrannie parce qu ih intilida
son livre : Code du jeune, lill&ateur.
te ne puis consentir h accuser de ty-
rauuie ce prélat qui modérait la sévérité
de ses suffragants , au rapport de Flodoard'
(1955), cl uui, au nom de Charles leCbauve,.
pria Jean Vlli de porter remèds aux excès
de l'autorité (1956). Quand on a bien réllé-
chi sur ce sujet, on .arrive b penser que-,
si M.Guizota nommé Hincmar un despote ,
c'est uniquement parce nu'il s'est tijîurû
qu'il- a dû l'être.
ixiï.
HliKnur«oMM-t-tl k boder, ra FfUM, ue EsUm ■••
UonaleT
M. GmzoT. — 1 A la mort de Chariemagne,.
le chaos recommence; l'Efli» y retombe
comme la société civile.... Il se fait alors
dans le sein de l'Kglise une tentative pour
prévenir les effets de ce relâchement. On
essaie sur divers points,, par on système de
fédération, parles assemblées et les déli-
bérations communes, d'Organiser des Egli<es
nationales. C'est k cette époque , c'est sous
le régime féodal , qu'on rencontre la pHis
grani^ q^uanlilé de conciles , de convoca-
tions, d'assemblf'es ecclésiastiques, proxm-
ciales,. nationales. CTest en France suttoul
que cet essai d'unité parait suivi avec lu
plus d'ardeur. L'archevêque Uincmar du
Reims peut être considéré comme le re-
présentant de cette idée; il a conslamuieiil
travaillé k organiser l'Église française; il «
cherché, employé tons les moyens de cor-
rfispondance el d'union qui pouvaient ra-
mener dans l'Ëglise féodale un peu d'unité.
On voit Hincmar maintenir, d'un côté, l'in-
dépendance de l'Eglisei l'égard do pouvoir
temporel; de l'autre, son indépendance*
l'égard de la papauté; c'est lui qui, sachant
que le Pape vcul venir en France et menaça
d'excommunier des évê(|ues, dit : Si mcco«-
munieatarua venerit , excommmûcalu§ ab-
itil 11957).
■ Tantôt il reconnaît el proclame lui-
même, eu termes magnifiques, la souverai-
(1954) Siaaom, CoMâl., «c.U U el OL — Dt-
LALnaeG, Smfflimeal, etc., passin.
fl»55)L. m, c.iS.
(1950) Ofvr>M,p. 4^, 1- XYI, Mas. Bibl. r«l.
Pair., et sic mcipii-ns : » Antcquam. • etc.
(19:i7) Uiii. dt fn àiiU tn Europe, leç. 6, f. I S,
éJit. Di'liLT.
H1N
DICTIONNAIRE
nelé du Pape; Iant6( il défend les droits des
mâtropolilsiiis , des évëquds > el semble
tiierae essayer àa poser les hases d'une
Eglise nationale indépendante ; puis il abnn-
ifonne prest^ue aussitôt ce qu'il a fait entre-
voir & ce sujtjt , comme s'il craignait qu'on
ne l'accusAt do maximes et d'i'ntenlions que
pourtant il ne peut s'empêchert (jue» peut-
être même il est Lien aise de laisser per-
cer (1958). »
De Charlemagoo à Charles le Chaure*
l'empire se désorganisa, tuais non l'Eglise.
Snuf quelques exceptions (et quel siècle n'en
a l>asT), le prëlre était soumis & son évËque,
celui-ci ou métropolitain, et tous au Pape.
Les synodes diocésains, les conciles provin-
<'iaux et nationaux s'assemblaient en grqiid
nombre, non pas d'après un tyitimt de fédé-
ration nourellement organisé, mais cummo
on le faisait déjà avant l'invasion des bar-
bares. H. Guizot en a quelque part lui-même
compté vingt-neuf sous le regnu pourtant
si agité do Louis le Débonnaire (1939]. De
ces vingt-neuf conciles, il y en eut cinq de
nationaux (i960}. Ns disons donc plus que
l'arclievêijueido Reims trouva l'Église gal-
licane toute A réorganiser.
Encoio moins devons-nous dire qu'il ait
Toulueufaire uneEglise nationale. S'il «Al en-
trepris uue œuvre pstuille, on Taurait vu s'ef-
rorcer, promièremeiil, d'établir un nouvoir
central en France; secondement, oesous-
Iraire cer<J7aumeà l'autorité dellome,duux
cliosesauxifuelles le prélat n'a jamais songé.
L'an 876, le Pape Jean nomma pour sou
viueire en diicà des monts, Anségiso , ar-
clievêqufl de Sens. L'épiscopal, et surtout
Hiucmar, s'y opposèrent. Ce dernier publia
même un traité pour défendre les droits des
métropolitains. 11 soutient qu'en France lu
inétropolitaiu, mâœe pour son élection, est
indépendant de tout primat, si ce n'est du
Piipe (1961). Dira-t-on qu'Uincmar ne re-
poussait l'établissement de ce vicariat que
]>arce qu'il n'était pas cbargé de l'exercer?
Admettons que ce ne soit pas là une calom-
nie; toujours est-il qu Hiucmar lutta contre
l'érection d'un pouvoir central qui, plus
lard, aurait pu réaliser, s'il les avait eus, les
projets d'Église nationale qu'on lui attribue.
ÛÏi a cité la vaste correspondance de l'ur-
chovèque de Reims comme indice de son
înlentiUR d'établir une Église françaisi;.
Cette correspondance peut se diviser en
Iuaire }urties : administration des biens
e l'églisa de Reims; surveillance des évâ-
cbés suffraganls de cette métropole ; ré-
ponses & des consultations; lettres h tout
l'épiscopat gallican par ordre du roi ou
dn Pape, ou bien encore, mais très-rare-
ment, une fois ou deux, pour exposer sa
propre pensée sur des intérêts géuéraui,
telle que la défense du droit des métropo-
litains contre l'arcbevâque do Sens. Or, r.i
tout cela prouve le haut rang et la grande
(1958) mu. de ta tivil. en France, t. If, p. 358.
(1950) HUcoire de la tivHUaiton (r Frauce, l. lit.
APOLUGETIQUE. ULX liti
estime dont jouissait Hincmar, rien n'j dé-
cèle l'intention d'établir h Reims un centra
qui reliât entre eux les divers membres da
l'Eglise gallo-franque. Hincmarn'adonupas
rempli la première condition de l'établisse-
ment d'une Eglise nationale; il n'a pas fondé
un pouvoir centra'.
La seconde condition aurait été de rendre
la France indépendante de Rome. Uais si
Hincmar eût nourri un tel projet, aurait-il
proclamé lui-même, m lermu ti magnifiât,
ta touveraineté du Papeî Je cherche en vaia
Cfl qui a pu suggérer k l'aflirmatioa de
M. Guizot un semblant de prétexte.. Il rap-
pelle, il est vrai, certaine expression auda-
cieuse, mais qui n'est pas d Hincmar. EMe
fut prononcée en 832, c est-à-dira treize acs
avant qu'Hincmnr ne prit rang parmi les
évèques , ol elle le fut par les prélats parti-
sans de Louis le Débonnaire, qui, croyant,
d'après les bruits calomnieux, que Gré-
goire IV venait trancher par ['excommuni-
cation une question politique, dirent : ■ Si
c'est pour nous excoiumunii^r qu'il arrive,
il s'en retournera excommunié. > Comme
le mot est altier, il aura sufTi de cela à
M. Uuizol pour le donner à l'archevCquc
do Reims.
Peut-être encore celte idée d'Eglise natio-
nale a-l-elle été soupçonnée à cauta de la
violente éptire écrite au nom de Charles le
Chauve au Pape Adrien , et dont nous nous
sommes déjà occupés.
A la Un de cette épttre, après aroir eogagé
le Souverain Pontife h se montrer plus pa-
ternel daus ses avis , il continue ainsi :
« Nous vous le disons pour Thoaneur Je
votre privilège, car nous désirons vous
obéir en tout, comme nous le devons, H
comme vous le méritez à titre de vicaire di
bienheureux Pierre , prince des ipMrci-
Nous soubailuns ardemment qu'il n eo ar-
rive point autrement, et nouâ covoroia
très-humblement votre Sainteté d'y pctal»
garde de son côté, rour que vous oe ooiu
forciez pas nous-mêmes et nos siget5,b'iea
malgré nous, & suivre ce qui nous est tracé
dans le cinquième concile géuéral par le
Siège apostolique, el que nous voyons loué
et approuvé dans tes lettres apostoliques.
surtout dans la lettre synodique du bienbea-
reux Grégoire aux quatre patriarches, ainsi
que dans ses autres lettres, el dans les quatre
conciles précédents. Nous n'arons pas en-
core voulu l'insérer comme exemple dans
nos lettres, jusqu'à ce que noas sachions si
nous réussirions d'une autre mauîère a
adoucir les ordres que vous nous donoe:-
Car nous n'ignorons pas ce qu'il nous es:
commandé de suivre et da pratiquer au
nom du Siège aj)OStolique, d'après la iji>c-
trine des saintes Écritures, renseignement
do nos prédécesseurs el les décrets des ar-
thùdoitis; el nous savons aussi que tout u
qui a été compilé ou supposé d.: conlr^H' .
(1900) SiBHOiw M Delaluide, Coacif. »mt. Ciu:
cl SapplenuHtitm, passim.
(I%1) Ep. ad epifcvpot Jiacetii RtiWvw, ?. £.
1313
HGI
■HCnOCDUIRE APOLOCeriQUE.
UUI
au
f>af ifBiqueee soit, lia doit pas walsmenl
âlrarqeid, mais blimé (1963). >
Or, si H. Guizot s'est sppajé de u pes-
uge peur noas révéler de réTalalioonaires
projels Irimës pir RiDcmtr, il n'a pu se
rromper plos complélement. Qui doae s'i-
ou^îiiaraau'oDnieaaçsit Rome d'un schisme
<|uikI on ravertissail qu'on en reviendrait
à >«iDtGrégOire)eGraDd,aux«ocjens Papes
cl aai cinq premiers conciles acuinéalques?
Pense-I-OQ que ces Papes et ces conciles
«ieot encouragé les Eglises à rompre avec
nome et h s'en rendre iuJépeiidaiitesT La
lin 'Je eerragmeul de la telire du roi nous
aji|<rciid que Jes prélats franks n'ignoraient
ni que le Pape était leur chef, ni quelle
soumission ils detaieot h ce cbef, mais que.
s'ils j étaient forcés, ils feraieotsurce sujet
on triage des règles authentiques, en lais-
sant de cdté les fansses décrétâtes. C'était
certes déjà bien faardi ; il y arail pourtant
fort loin de cela h imiter ce que Ptiotins
faisait k Constantioopie, et i ravir i Tabbd
Cbilel la gloire de fonder l'Église calfaolique
Iraiiçaise.
Bioemar n'a donc point effrojé le Pape
«l'un schisme.
ixx.
lijMka|»f<Wc an |rtoce* par EOimw éUt-ella
motam hoMuiae que celle de BosKietT
V.Awftas. — '■ L'un des plus intéres-
sseU (ieritt iFBmemar), an moins par le
sujet, est une Politique taerit, tirée de l'È-
erilnre comme l'ouvrage de BossneL...
« Dans ees deux auteurs, si diETérenls l'un
(fe l'antre i beaucoup d'égards , on trouve ,
arer aaelqae sucprise, une même conces-
sion de l'esprit cfarélien i l'esprit goerrier.
Hinemar a consacré un chapitre h établir
<]<->'eo faisant la guerre on ne déplaît poiut
t Dieu. Cependant, au temps de saint Mar-
io , l'Eglise avait encore une telle horreur
lu sang, que les Chrétiens se faisaient un
«vi/pule du métier des armes.... Bossuet
ussi a établi, au conmencement du livre
le fa gaerre, que Dieu forme Ut princti
■uerriers. Hais s'il y a \h quelques ra)ipro-
liemeots k établir entre les coocessiuns
lites, l'une par l'archevêque de Beimsaus
.sjiosilions guerrières de son temps, et
autre par l'évéque de Meaui aux inclina-
ons belliqueuses deLouisXiV, sur d'autres
•iiits on peut opposer, avec un grand avaii-
jje , les conclusions morales de Bossue! à
Iles d'Hincoiar. La politique d'Hincmar
t crnelle; il traite de la discrétion qu'on
lit apporter dans la clémence; il cherche
démontrer qu'il ne faut point pardonner
'mplélemeoli ses proches. Les princes au
iliea desquels il vivait n'étaient que trop
sposés i ne pas pardonncrdu tout S leurs
caches. Charles le Chauve l'avait bien mon-
': en faisant crever lesjeuxè son fils Car-
194») Iln.u.AmE, Cauil. au. CaU., SmppU-
•'««. p. 874.
*9^} T. m, p. 206. — L*ouvra|!e d'Ilincmar
'* "' "", Ampère esl Wlmié De ptriana
loman. L'ErUm n'aurait jamais dû lanction-
ner ce qu'elle avait la mission de Qétrir...
■ Nous avons le bonheur de pouvoir op-
poser \ cette politique barbare IfS chapitres
de Bossuet sur la clémence, dont l'un est
intitulé : Laciémmce, Iroiiiime vertu; quelle
egl lajoiedugenrt humain, et la proposition
suivante : La clémence ett la gloire d'un roi;
enfin le chapitre si noblement intitulé : CeU
lin grand bonheur de eamer un homme.
■ 11 V a entre les deux Poliliquet taerée$
la dîff««nce des bommes et la cUstance des
siècles (1963). »
Si tout n'est pas faux dans l'extrait que
nous venons de lire, il ne s'en manqua que
de bien peu. !■ Dieu nous garde de nous
arrêter h prouver que l'Eglise a eu raison
d'autoriser les guerres justes et inévitables I
Dieu nous garde de prouver que l'Eglise a
eu raison de sanctionner la punition des
coupables, fusseut-ils de lignée roj^ote, et
de ne pas fonder, par l'impunité des princes,
une aristocratie de crimes el de ^ang, cotnme
l'aurait aimée ce Carloman, qui a su obtenir
de H. Ampère des sympathies refusées è
Hincmar I
Savez-Tons ce qu'était ce Carloman? Il
était fils de Charles le Chauve, diacre de
l'église de Metz, eL chef d'une troupe de
bandits qui ravageaient la France, li fut
condamne i mort, et son père commua celle
peine contre celle de la perte de la vue,
genre de supplice ordinaire autrefois. A
deux reprises, le pape Adrien intercéda
fiour cet enTsot rebelle; la première fois il
e Gl avec succès. Voiik bien, ce me semble,
le désir de H. Ampère satisfait, lui qui ne
veut pas que l'Eglise sanctionne la sévér.lé.
PourUnI le même historien appréciu fort dé-
daigneusement cette iulervcnlion: ■ Adrien,
dit-il, n'était pas heureux dans ses prolé-
f;és ; il s'élait déclaré pour un Gis de Charles
a Chauve, nommé Carloman, espèce de
bandit, révolté contre son vère, et qui fil
une triste fin (19M}. » U. Anipère, quoi que
l'on fasse, vous le voyez, n'est pas facile à
satisfaire. Le christianisme a donc bien rai-
son de chercher ailleurs (jue dans les leçons
de ce critique sa règle de conduite, et de ne
jias maudire les guerres inévitables.
2* Uais l'Eglise en autorisant les guerres
justes et nécessaires, est-elle en contradic-
tion avec la morale qu'elle prêchait dans le
principe? Nol, c'est U. Amj'ère qui a mal
exposé la doctrine de la primitiTO E{jl.su
sur ce sujet.
Quels qu'aient pu être sur la guerm les
scrupules de saint Martin, soldat de Julien
l'Apostat [196S), il n'est pas moins vrai que
généralement les Chrétiens ne se croyaient
pas exempts, par le baptême, de l'obliKatien
de défendre leur pays, a Ils demeurèrent,
dit t'Ieury, dans les emplois e£l ils étaient
avant leur baptême, quaud ils n'avaieul rien
rrgîf el regio MtMJffcno.
(1964) f. itt, p. II».
{VM'Jii t Pugiiaie milii non U.^1. ifl'ii. S. Uar»
lÎRi, avil. StLT. ScvEnu.J
DICTIONNAIRE IPOLOGETIQra:
MN
»IS
il'incompaliltle arec la pté«^. Ainsi on n'o-
l'Kgoît (Kiint les gens de guerre h quiller
Its serrrce quand ils se faisaient Oirétiens :
un. leur bisait seulement observer la régit;
(|ui leur est donnée dans l'Brangile : du
se contenter de leur paie, et tkt ne point
faine de concussions, ni de fraiKtes. Il r
avait grand nombre de soldats chrétiens, té-
moin la Légion fulminante du temps de
Marc-Aurële et la Thébéenne, qui souffrit
h) morlyre lout entière arec saint Maurice
son tribun. La disciplino militaire d>» Ro-
mains subsistait encore : et consistait prin-
cijiatement d^ins la frugalité, le travail, l'o-
bùîs--'ance et la pntience; toutes vertus fort
il l'usage lies Clirétipns. Ils évitaient pour-
tant ^uelqiiei'uis de s'enrôler, ou même
qulllaicnt le service pour ne point prendre
|;art aux supcrstiCiiiiis des païens ; ne man-
ger des viandes întmolées, d'adorer dps en-
seignes où il y avait des idoles, dfl jurer
|i9i' le génie «^ l'empereur, de se couronner
(Je fleu;-s aui. pompes profanes (1966). ■
Zi'lïorreur du lang, cliez les premiers Chré-
tiens» ti'allait donc pas jusqu'à laisser lus
buriiures verser sans péril celai des Ro-
ui fiins.
3* Elle est inconcevable, la facilité av.ec
laguelie tes interprétations avilissantes se
préseiiteal sous la ]>lume de M. Ampère. De-
mandFz-lui pourquoi l'archevêque de Reims
•1 l'évéque de Meaux ne proscrivaient pas
at'solument la guL'rre; il ne vous répondra
P93 que c'est parce que les arajesaievionDent
en certains cos lu seul moyen pour un peu-
tl« de faire respecter ses droits; il'aime
ien mieux assurer qu'Hincmar faiiait det
eonctstioni aux ditpoiiliom jjuerrièreM dt
MQ Umps, et Bossni't aux inclinationt belli-
(fiteuiti de Louii XIV. M. Ampèrç voudrait-.
ii bien uous dire aussi qui Montesquieu es-
pérait traiter, quand il écrivait dans son fi-
prit det Loïm ; k Le droit de la guerre dérive
■iQncdelanécessité et du juste rigide [1967]7b
Montesquieu, Bussuet et Hincmar ont admis,
un le considérant en lui-iiiénie et d'une ma-
nière absolue, le droit teriiblt; delà guerre;
ils vc songeuiunt pas ii aduler.
Si les deui prélats ï'élaient proposé Je
IranquilliâOr la consuieiice, peu troublée
d'ailleurs, 'les barons du ii* siècle ou
celle de Louis \IV, Hiiicm<iraurail-il insista
|ioiir que la guefre h entreprendre fût iné-
vit.'ible, et quVllu eût surtout pour but de
conquérir la paix: BtHam ncecssilas facial ,
ut, topila ditcordia, pax recuperari poail ?
Aurait il intitulé de la sorte un des chapitres
du son livre: ■ La nécessité pousse seule
les bons rois II faire la guerre et à agrnndir
leurs royauoies (10<j8jT > et Bossuet, dé:ail-
laut les coupables motifs qui font livrer des
batailles, aurait-il cotUjXé les conqu/let am-
(ld66) Jiaurt dn Ckrétieiu, c. 7.
|I1K;7)L. X, c. 2.
(l!Ki8) De ^enDHa régit et regh miuitlerio, c. 7
ei 8. — Epiu. ad epiicopoi Frantite, c. 7 : t l'a-
Miain foiitlci' ei JMslc contra adveraaFios difeii-
bUietuet, la gloire dtt arma, et la danetw
de la victoire-(l969) T Haladroils courtisant?
ils attaquaient donc précisénient les passions
dont ils sont supposés les flatlsunl Non;
ils n'ont- été ni courtisans ni maladroik;
mais ils ont très-sagemenl pensé, je Is ré-
pète, que les nations sont oUîgées parfois
d'en appeler à la force, puisqu'elles ne peu-
vent invoqoer la justice d'un tribunal.
V La politique de l'archevêque de Reims,
exigeant qu'an prince véritablement justi-
c'tT punisse même ses parents coupable^,
srrable cruelle h M. Ampère, et bien iufê-
rieure h celle de Bossuet. Mats prenez-y
donc garde, Bossuet dit la même chosH
Ecoutez-le : < Le prince doit se faire crain-
dre des ^unds et des petits. Salomon, dès lo
ccunmencement de son rè^ne, parie ferme h
Adonias son frère. Aussitôt que Salomnii
eut été couronné, Adonias lui eovojia dire :
Que le roi Salomon m* l'ure qu^il ne. fera poiiU
maurir.eon lervitear. Salomon répondit: SU
fa\t son devoir, il ne perdra pas un seuf cAe-
t)(u, jiRon il mourra. Dans la suite, Adonias
rapala pour se faire roi, et Saloaion le til
mourir... Le repos public oblige les rois i.
tenir tout la monde en crainte, et plus en-
core les grands quêtes particuliers, pnrcp
que c'est du câté des grands qu'il peut arri-
ver de plus grands troubles (t970). ■ > Il y
n une fausse indulgence. Telle fui celle ilu
David, envers Amuon son fils atoé, doui le
crime le coQtrista beaucoup ; mais cela ne
suflisait pas, et il fallait punir... Il laissa
soo attentat impuni : ce qui causa la ven-
geance d'Absaloa qui (ua son frère. Ce granJ
roi eut aussi trop d'indulgence pour les tnh
trepriies d'Absalon et d'AdoDias (1971). ■
Voilà ce qu'exige Bossuet. Est'Oe qu'Hinc-
our a jamais rien dît de plus «ITrayantî
Certes, non, puisqu'il termine en cefttr-
mes le chapitre où il traite la présente<\aes-
lion : > Les princes doivent donc pardontM
à leurs Gis et à leurs prorhes coupables,
s'ils reconnaissent leurs crimes et s eo re-
pentent ; sans cela ils sont obligés, selon U
nature de la Taule, d'exercer la vindicte i>u-
blique contre k-s délinquants. Car, si Dieu
le Père, comme dit l'Apôtre, n'a |>as épar-
gné son propre Fils, mais l'a livré pour nou«
tous,... la paix de l'Eglise universelle ei U
stabilité générale doivent nécessaireiaiu:
l'emporter sur l'affection qu'on ressent poar
un ami, et plus encore pour un Gis dégé-
néré [1912}. » Or, quand Hincmar ne f>eniiv'.
au pL'incB de sévir contre ses |4renls cou-
pables que lorsqu'ils sont sans repeniJr, i^
apfiorto a la justice royale un adoucisscoit-n'.
pour le moins aussi remarquable «lUC ceux
dont parlera bientâi Bossuet, cl il prcn-l ■■'-'
très -su irisantes précautions contre la di>i- -
(1969) Politique Urée de t'Eeritufi: tttiuu.l.-^.
an. 2.
(1970) Vbi npra,\. iv, arl. 1, ~' fn*po3itit>a
(I97t) L. X, art. i, tU' piuiHi^iluxi.
(lUTi) De perione rfjti, Uc, c. ÎC,
!în
inN
DICTIONNAIRE ATOLOCETIOUE.
Miioli beaucoup iroji gratiJc des sooveraJus
•lu II' siècle k la cruauté.
5* Hais, ot^eclera-l-on, Bossuel.a au moins
faric (le tUmtttet, il s parié du bonhttir dt
mutrr un homme, ei H. Ampère n*a rien
ilécouferl (le pareil dan*; le dur arcfaeTëque
de Keim.s. Celle remarque repose bur une
double erreur; car Hiocmar a dit ce qu'on
lui dénie, cl BossucI a dit aulremcal qu'un
bc fe rapporte ce qu'on lai ^itlfibue.
Puisque M. Aiufière a lu Hiocmar, il a
n (-cessai re me ni dû ; voir que le sage arche-
vêque recommande au.ssi aui princt-s la
rléajence et la pitié, quand elles sont admis-
sibles. Il les exige d'un roi à l'égard de sa fa-
iuille,nous rcnons de l'entendre, et en plu-
sieurs end roi ts il Tculqu'onsuiTe la même ré*
^e par ra[)iiorl i loute espèce de coupable re-
l-cDlanl (1773). Daus un autre écril, résumé
de celui-ci, après avoir établi qu'au tribunal
drs rois il doit > avoir noB plus des parents
ni dus couriisaiis, maïs seulement des inatt'
i-t;iiU ou des couftables, il ajoute daus la cou-
clusioD de l'opuscule : ■ Il y a surtout deus
vcrius royales: la justice et la piété; cepen-
dant on loue priuci paiement daos les rois
la piété, tir, par elle-mCme et sans lapiélà,
la justice est Ai>re (1973'^. ■ Uftae conseil
au jeune Louis )e Bègue pour lui afiprendro,
coiuiiie dit ïlodoard, ■ à tempérur la sévé-
rité de la coneclion (idïbj. ■ Il est donc,
CD vérité, fort surprenant que U. Am|>ère
n'ait pas pu eulendro Uincniar instruisaol,
lODt aa»i bien que Bossuet, la justice Im-
'Daine k sa montrer compatissante. Lesdeut
prélalsont donc toujours pensé et parlé do
iiiém« sar ce suiel, car il ne faut pas croire
i^ue l'évoque de Uëaus, plus tolérant que
:arcber£qae de Reims, ait loué en style
j'inuoceales bucoliques la clémence à tout
^■rjx, comme on le laisserait croire. U a
<.crii eo homme sérieui, et c'est pour cela
ijti'il a dit, dans le chapitre même indiqué
j-or SI. Ampère:* De la clémence, troisième
>Titu; et premièremenl quelle e»! la joie du
-eure bumain..., en récompensanl tomours
eut qui fool bien , et panlimuant quelque-
ois À ceux qui manquent, pourvu que le
'ieu paLlic et la saïuie auiurîlé des lois
l'j soient Doint iutéressés (19?^*). ■ 11 dit
i^core: a La clémence est la gloire d'un
èjîne... Ost un grand bontieur de sauver
a liooime..., si ce n'est qu'il soit de ceux
i^nl la Tie est la mort dus auli-es, ou par
• cruauté, ou par ses ciemples (1075J. »
4/>pelons-nous encore quel cruel devoir il
ijpose aux princes euvers les membres
«upables de leurs familles. Bossuet n'a
>ec |ias été i'apftlre d'une clémence aveu-
e et fatale au bon ordre; il s'est etiirimé
I prudent léj^istatour , et précisémeut
luuie Hiocmar.
U. Ampère a trouvé barbare la poliltquo
d'Hincmuri U. Guizoï va la signaler comwo
un peu machiavélique- ■ Dans le traité
d'Biaciiiar, dit l'historien de la civilisation,
la morale est mêlée k un i;rand nombre do
cusoils de prudence BL d'habjlelé pratique,
assez semblables è ceux qui, au xf siècle,
faisaient toute la science politique, et dont
le livre du Prince est le type ^1978*J. >
Il y a dans ce rapprochement plu* qu'une
intempestive érudition; t'est une insulte
gratuite. Que l'on nous produise du lÎTre
d'Hincmar un seul paragraphe qui niérilu
ce qu'on a dit de l'ouvrai^i: de Uachiavel I
■ Machiavel, et c'est Sismondi qui pnrks en
faisant voir dans son traité du /'rince' coiif
ment un habile usurpateur, qui u'esl retenu
j'ar aucun princi|>e de morole, iteul alTenitir
suujHiuvoir, donnait au duc {tfVrbiK, Lau-
rent] des k'^ons confurtnes à son goât....
Celle politique infernale que U.ichiavrl
niellait en jiratique était, au svr v:èi-lu,
colle de tous les £tals. Il y a plutôt, dai.s
sa manière de la Irailer, m.e amertunte
universelle «outre tous les houiiuest un
uiépris de la race humaine qui le^iorle ii
lui adresser le langage auquel elle s'était
rabaissée elle-mèoie (1976). »
tout au contraire de Vinferiiale politique
de l'auteur florentin, celle de l'archevéquti
de Reims n'est que ta morale de l'Êvangile.
comme le prouvent les citations que noua
avons failes. Au lieu d'injurier Biiicmar^ ou
aurait, ce semble, beaucoup mieux fait de
se souvenir que Uachiavel, mort en 11^,
composa soâ fivre du Prince dans sa vieil-
lesse, et qut ce livre, jiar conséquent, est
bien plutôt le tableau politique du xti*
siècle, comme dit Sismoudi, que celui du
XV.
|1H.
La MieDec d'BiiMBnr éialt-e:ie fcrl boraêef
U. AiiPèBK. — a A travers une vie si
agitée, Hincmar avait écrit de iiombreux
ouvrages que nous possédons, et qui sont
contenus dans trois volumi-s in-folio, aiusi
que beaucoup d'autres ouvrages aujour-
o'hui perdus; lirais ses véritables leuvres
sont ses actions. 11 était , comme j'ai eu
occasion de le dire, tUêo^Oiiien trèi-fiicdimie
et critique ti^s-superliciel. Il attribuait h
Saint JcfOinc un traité sur rAssomplion.
[I.EBOELF, hecueH de diteri icritt. 11, 6fr.J
Il ne croi.-<it pas à raulbcnticité des ou-
vrages de' suiiil Fult^eiiee, i^irce qu'ils con>
tiariaieiil SCS idées |ieu oilliodoies sur la
prédestination. Sa cnituaissi.nce de l'anti-
quité n'éloit pas très-profonilo, quoiqu'il
eOt été élevé A t'abbaye de Saint-Denis et
qu'il cite plusieurs auteurs anciens; car il
e. oyait que le précepteur d'Alexandre s'aj»-
ta7:i> m ftwna wji^ eir.. c. SI. 31. 52: ("'S) "*'"?"•<': «.'*,P"P**'';: F,„„ , m
tiiteoUbus inmitl..., iu pecvaU) iierseverauiis
IUT:»') Cs. md epht. Fiaucig, C 12 et 17,
(.'"TitL.iu, c-19.
' ''**',! K« »Mi. 4, art. 5'prnposil,
*'("îïn«) ùe la lilléraure dm mdi dt C Etape, t. U,
'1319
IIIM
UICnONNAIRE ATOLOGETIQUE.
111:4
pelait Léotiido... En un mol, Hincmar Tut
grand moins par ses ouvrages que par sou
caractère el ['ar son rôla (1976*). ■
— Il est tiion vrai qu'on a remarqué dans
les œuvres d'Hincmar une huitaine d'er-
reurs, c'est-è-dire, en trois volumes in-
foliOt & peu près autant qu'on en trouve
lroi> souvent dans une seule page de ses
' eriliqucs uiodernes les plus sévères. M.
Ampère nous sigoalede cet archevêque une
méprise de plus que celles que l'on con*
naissait : Hincmar croyait que U pricepleur
d'Alexandre l'appelait Léonide.
Léonide, selon M. Ampère, n*a donc pas
été précepteur d'AleianuroT On me répon-
dra que ce tut Arislale. C'est juste ; mais
Léonide partagea cet honneur. Hollin nous
le dit : > 11 [Atencandre) avait auprès de lui
lilusieurs maîtres chargés de lui apprendre
tout ce qui convient è l'héritier d'un grand
roranme : au-dessus des^iuels était Léonidas
(1977). ■ Qu'y avait-il de plus facile à M.
Ampère, avant de taier Hincmar d'igno-
rance, que de consulter Quiniilienà ['endroit
indique par ce prélat [Intt., lib. i, cap. 1)7
il ; aurait lu : « Au rapport de Diogène le
Babylonien, Léonide, gouverneur d'Alexan-
dre ifiusdagogw), avait Tait contracter h ce
prince certains' vices dont il ne pal jamais
SK défaire dans an fige plus avancé, ei lors-
qu'il était déjk un Uôs-granJ roi. • Léonide
était donc aussi bien qu'Aristote chargé do
l'éducation d'Alexandre, et, sur ce point,
ce n'est pas l'élève de l'abbaye de Saint-
Denis qui s'est trompé, c'est U. Ampère,
professeur au Collège de France et membre
île l'Institut. Au reste, si Hincmar a cité
Léonide pluldt qu'Aristote, c'est que te sou-
venir du premier était nécessaire pour mon-
trer l'intluence des défauts d'un maître sur
SCS élèves, sujet que traitait alors l'arcbc-
vÉque.
U. Guizot est d'accord avec U. Ampère
pour trouver Hincmar assez mince théolo*
gien. «Hincmar, dit-il, était au fond iieu
théologien ; l'esprit da gouvernement, 1 ha-
bileté pratique, dominaient en lui, et il
n'avait pas fuit des Pères unu élude Irès-
iittentive... Toute la controverse {dan» le
traité d'Uincmar contre Gottuchatk) y est
longuement reproduite, avec un giund aji-
çareil d'érudition théulogique; mais, uu
tond, l'esprit ihéologique n'y domiue pas;
il y règne plus du bon sens dans les idées
générales que de subtilité dans l'argumeii-
lation; et, com:ue théologiens proprement
dits, les adversaires d'Hincmar avaient sur
lui l'avontoge [19TI*). »
Quoiqu'on éprouve autant de plaisir que
desurpiiseà voir ces deux écrivains s'oc-
cuper Lie lliéulugie, comme le faisaient h u»
&-^B lie loi M" de Sévigué, Nicole et lu |. ré-
sident Mauguin, on soutiaiteruit pounaul
(l»7«*lT.III,p. 205.
(19i7) BU. uncieme, I. ht.
{1977*) Diti. de ta civil, en Frante, t. Il, p. 318
«1551.
(ia78)T. V.o. 589.
1137U> T. XIX, p. i73.
nne moins incom|ilèlo apiuiidaliou i!u ,j
théologie d'Hincmar.
Je ne rechercherai pas noinineiit le prélat
sanM avoir fait vne lecture trii-otltnlin ià
Piret, aurait pu employer iw jrimd ojiparfi;
d'érudition thiolomque; je passeni Wm
remarques plus sérieuses.
Si, dans la théologie dogmatique, Hîk-
mar en appelle plus ^'érudUio^lhioU^^,
i la tradition qu'à Vargummtation; i\,\\(m
interpréter les Pères, il a plus emplojéiie
bon «eiM que de lublilité, cela ne fiman [«s
un faible théologien, d'autant plus quem
opinion, au ix* siècle, finit par IriompliEi,
et continue encore d'être enseignée, nol
quelques variantes d'exposiLion, Le in
ien», même en théologie, u'est'il donc j-as
plus nécessaire que la lublililéî ,
Dans la théologie canonique, quelle |>lac9
distinguée l'archevêque de tteiius n'occupe-
t-il pas? Les Bénédictins, dans leur Hiiloirt
litléraire de la Froncff, ont ditdelai:ill
avait lu la plupart dos Pères, el il hil «u
assez fréquent usage de ieursulorild... b
science favorite et dominante de noire [Kt'
tal était celle de ta discipline de l'Sijlist,
qu'il avait puisée dons les canons et I»
autres écrits des conciles, par une élude sé-
rieuse et journalière. Il se portait volonlien
h écrire sur cette sorte de matières, qui
fuit l'objet de la plupart de ses oum^,
et avoit peine h tinir, lorsqu'il en traiuil:
tant il était plein de tjelles connalssiDCti
qu'il avait acquises pdr cette étude. Il:
etfectivement réussi à faire entrer imsa
écrits une inQuilé d'excellentes ii$\a H
d'autorités sur le gouveniemeut île I Ëgli%
Il n'est point d'aifciens auteurs où l'uiito
trouve un aussi grand nombre, si biesJli-
blii.'S, et dans lequel ou jiuissespprtDdrt
|)lusde droit ecclésiastique quedans atxi:
II97H). s On rencontre des éloges de l'iffic
véque de Heims tout aussi formels, 0!»
des plumes uou moins compétt!iil»i'|(»
VHistoire générale det écrivaiat «««•'■
liquet{l*J7V), dans les Dogma Ihéohjitiii
ne Thosiassiu (1980), dans les bisloitudii
Baronius, de fteury, de LongueTil. ^
Lebœuf, etc. (1981). Le 22 janvier IffiU
célèbre cardinal Mai, au uom de 11 utm
cungrégationinterprèteduconciledeTtetic.
écrivait à Ugr Gousaet, en le félicitant <>< 1
son zèle el deses ouvrages si remorqujbKE
« Leurs Kmioeuces en ont ressenti uim'*'
plus de joie que le siège occupé par uui-
savant archevêque est celui-li lotm u-
brillèrent //incmar el Gerbertjdeux Iioœœu
de icience émiaente. •
Tout en respectant le savoir lbéoW>
do IMM.Guizot et Ampère, on oepeutiUi-
jiécher d'udoplerle sentiment dts Baruninv
des t'ieury, des Tbomassin, etc., ■^''^
croire qu'Uiucmur, distingué dans II l'it»'
(1980) T. 111. p. 183, De Protegememt lli^f-
tiaSliBiRosics, aaann. 884, n.lS.-Fwt"
1. LUI, c. 39. — LuNCiïVHL, «VII, ad ai""- Wf,"
UBiKur, t*Mt.ri. fiTlUht. Jel'aris,ui,9*'^
logïedoçaulique, n'edt, de son temps, point
de sflpéri«ar aans la théologie caDooique.
( mncmar est, de tous les personnages
doolnoDs nous sommes occup^, celai qni
m'impnse le plus. Se vaste érudition m'élonne
et ['roii?e l'utile emploi qu'il fil de sa jeu-
nes» et des rares loisirs que lui laissait
l'épiieopat. SoD aœsur de la règle m'attache
d'aouni pins i loi qu'il s'; asireignait laî-
méme,e[ quo, tout en la défeudant arec
énei^e,il évitait d'oi^ueilleases bravadM
dans sei luttes avec les prloces, et ae sa-
cfifiailjuuix 1 ses resseolimenis, dans ses
(liBërefll* avec le Sainl-Siége, le principe
même de l'autorité des Papes. Il ae cessa
pu de mettre au-dessus de ce qu'il croyait
là règle ordinaire da la discipline, cette
autre loi sopréme, l'amour de la paix et la
suuaiistion au pouvoir supérieur.
< Ce qui me lend surtout Bincmar véné-
faij!e, cest qu'il soulTrit de sa fidélité à ce
qui loi paraissait un devoir, el qu'd souffrit
LoÛeoieDt. Il n'étale ni menaces, ni plaintes
bra/antes ; il se borne à conjurer doucement
le Pape de ménager un fils dévoué; il re-
grelle que les honneurs soient venus l'an-
racbcr a sa retraite et l'enchaloer h son
tiége; puis il donne ansourire de bienvenue
à la mort qui s'avance : c'est comme la voix
Presque éloulTée des blessures de son cœur,
codant tout le cours de celte étude sur
UiDcoiar, il m'a semblé voir douiiuer sa télé
grave, calme el un peu triste.
■ Cb€»& singulière I ce grand homme a
rencontré peu de sympathie dans rtiisloin-.
Lo ciietchaat i me rendre compte de cette
iiijuslicede !a postériié, j'ai cru eo décou-
T;ir les causes multiples. La rigueur de
l'arcbevAque de Keims contre Ift fatalisme
religieux de GotieacballLlui aliéna les écri-
vaius jansénistes, nombreux et célèbres ; .'<a
trop stricte obéi^isaace à la letlrede:^ canous
dtt Sardique le bl juger hostile h la papauté,
et devînt plus dune fois chez les Italiens
un préjugé lâcbeui contreluii il en est qui,
i« voyant si souvent repris par le Pape, ont
répété, par un seolimeut d'ailleurs trés-res-
f 'ect«ble, toutes les accusations pootibcales,
=-aiis en examiner asaez la portée véritable :
«orlàpOQr les ceuseurd ecclésiastiques du
. rtriat. Quant h ses historiens laïques que
.'^us avuns rites, les uns, seulement pour
•iiiue'r leur récit,y ont mis eo scène, sous
e luaoteau du Pontife, It s viles lussions
les grands hommes de leur counaissauce,
<énM de coterie littéraire ou politique; les
utres^apercevanlcepersoudage si auguste,
e caractère si glorieux imur l'Eglise, l'ont
oavert de buue eu criant: Au luurbel au
raltre I C'était h l'Eglise, el non pas  Hiuc-
.:ar, qu'ils en voulaient. l.a fatalité n'a-
-tjlJe pas même encore permis que lesbom-
lafge» rendus au prélal fussent parloii,
filtre le gré des auteurs, une injure nuu-
rllef N'est-ce pas, en effet, jeter sur te
nirait tle l'arcbetéque comme uue cou-
• tOSXt V. Hkulet, Biuoin de Frotte, 1. 1,
APMjOCETIQCE. Dcni fS»
ronno dérisoire que de dire: ■ Le vrai roi,
• le vrai Papede la France, c'était le fameux
'Hioemar (1983)7 ■
■ Malgré quelques éloges partiels qne nol
n'a cependant pn refuser h Bincmar, h no-
blesse de sa vie et le dévouement i la règle,
qni en fut le ressort, n'ont été ni bien sai-
sis, ni dignement exposé.'. C'est un person-
nage à rébabililer. Heureux qui entrepren-
dra cette lâ*;he aussi utile qu'întéressaoto
(1983; l>
UIHIWUS. Foy. Ihmehs ou himcs. —
Ifxaraen critique de leurs livres. Vùg.- 1r-
BiA!iis«. — Origine des Hindous, tbid.,
i m. — Leur géographie et leur chronolo-
giu. ibid.
HISTOIRB lie la race homaine-Toy. Races
bchaihes, S t.
HISTOIRE -, comment elle doit envisager
le miracle. Voy. Himiclk, | I. — Sa nature,
ses lois, tes trois élémcnls. Voy, Mitbishb,
{I. — Àppticalion à la vie du Jèsos-Clirisl.
ibid. — Histoire évan^^é! ique, sa crédibililé
démontrée par les Aclet qm apôtm et par
les EpUrti du Nouveau Testament. Toy.
Note IX bÏM, h la fin du volume. — Histoire
profane, démontre l'exaclitudo du récit do
saint Luc. ¥oy. Lcc ^^int). — Histoire des
|ieuples, démontre qu'ils n'ont pas com-
mencé r>ar l'état de nature. Yoy. Pstibolo-
6IB, I III. — PbiLOSOPBIK PARIBil^TIQOE DR
l'bi>toirb. Voy, ces mots.— L'histoire exige
la foi. Vay. Foi.
HOBBiâ, Ms erreurs sur l'étal de nature.
Voy. PsrcBOLoeiE, | II.
HOU, i'Eucbariitie est-elle une transfor-
mation du sacrifice de Hom? réfutation.
YOU. £(JCBARIM1E, i III.
HOUUE PHYSIQUE, son origine et celle
des êtres organisés.
Les panthéistes mettent i la place de Dieu
une force aveugle, indéterminée, qui se dé-
veloppe dans les nbéaumènus du monde.
Daos ce système, il ue peul être question de
création ; les êtres ne sont que It;s attributs
et les modifications de l'élernelle substance;
leur production est nécessaire et spoulanée.
L'homme sera donc un produit spontané
de toutes les forces da monde. Placé an
Plus beat degré de l'échelle des êtrea,
homme sera le dernier terme de leurs
développements ; avant d'arriver k sa
forme actuelle, il aura passé par toutes
celles de l'animalité ; et les ridicules hypo-
thèses d'uo matérialiste du dernier siècle
seront des vérités démontrées. ■ Le mou-
vement intérieur dia fu:ce3 du monde, dans
son développement nécessaire, produit, de
degré en degré, de régne en règne, cet être
merveilleux dont l'aitrilmt fondamental e.«t
la conscience. • (U. Cocsix, court de 1828,
leçon 6.) C'est 11. Cousin qui lient ce lan-
gage. La même loi de foruialion présidura
aux développements de la conscieuca et de
l'inielligence ; placé en face du s|)ectaele da
monde, l'homme, qui jusque-là ne lui ava't
(t9ft3] H. l'abbé Goblii, Difenie de CEj^tu eojUrf
L't trr.Mrt bnlOfiqitei, etc., I. II.
réfutation du tyifimt de la Irattsaiittabiliii
<tet etpicei
prfité aucune altentioi), un jour se prit 6
s'tStonneret6 s'émouvoir. Il sodislingiia de
h DAture extérieure qui l'oiiTironnait . il
«ul conscience ile lui-infimc i-t admira tes
nierreilles qui frappaient Ses yeui- Défi lors
sa (engue fut Jéliée, la [larule s'échappa de
SCS lèvres, la série jcs développements in-
Icllectuels commença.
Oui, il s'est trouvé, non des sohge-creuis
-nuis des lioinnies de génie, esprits saperbiis,
qui, sur certaines questions, résolues de-
puis six mille ans parle sens cooimun de
toutes les génératioas, sont descendus jus-
qu'à Tidiotisnie et ont iniprhmé sur leur
front ce stigmate ignomittieux, juste châ-
li:uenl réservé à la raison humaine toutes
les lois qu'nlle prétend se passer de Dieu :
faclui etl sicut eguiu et mutu» guibut non
•^it inlellectuB. C'eslduns les écrits de «es
savants que Je panthéisme matérialiste va,
de-iios jours, recruter ses Ibrces et chfîfchef
dps ormes: c'est doue de ce cAté que jes
■défenseurs de le religion -et de la saino
philosophie doiventdiriger leurs efforlsaGR
de comtiQtlre cette grande erreur de notre
■époque, et dedés^user-les esprits peuei-
^lériiuenVés que i:i:s doctrines funestes, des-
tructives de toute foi et de toute morslei
>iHiraiei>t égarés et séduits. Parmi les théo-
ries qui ont été imagiiiées-pour appuyer oetto
déplorable aberration de la science, celle de
4^urigiua des êtres oi:ganifiés,.par la généra-
tion S|)0iilaDée et parla traDMorniatiun gra<-
tluelle des -«spèces-, est présentée avec le
jilus de coni)>laisance (198!»). Ce n'en est
\t»s ntoins assurément 1 une des plus heii~
leuMfS et dflS4)lus liumiliatiles pour la -rai-
«ou humaine, ainsi que nous allous essayer
du le démontrer.
Article pkeuiek. — Examen tritigue «(
De qaeli}be t&té qap. Ton enTlsige H
qoesUoD, l'inmiulaltllliâ des espèrea nt k
fttad Ut, k Tiil qni resWrt de loulci qw
Uut démontre.
(FLOimuis, TniMiuc deCm-fer, p. Si^
A l'article GÉnéRATion spoNTAKiB (i« a
'DtRftO)(nair;,nousavdns (Tésenté avecéleo-
dne les recherches heureuses qui TicDiiruI
d'être faites sur les ehlozpaires et les i<ila-
soires, et sur leur mode de prnpagalion.(^
découvertes si remarquables col enletéi
J'hrpothèse des générations spontanées »
quelle avait encore de cajilieux pour In
esprits superficiels. Sans reproduire M
article auquel nous renvoyons le lecteur,
nous nous borneronsb^^rouper ici quel<|Uti
considérations desimpie bon sens scîeiw
tifique, qui sulDront (tour montrer loiim
qu'il y a d'absurdeel defutilc dans lero-
fiian de la moUeuU vrganiaut el de sd
IrassfermatioBS.
«[.
ÏH ittytgilMnt, o\ lei uiimni noat Etâ, à t'origlK,
le prûduil i^auni de la miiifere.
Commençons par les végétaux. On sup-
pose l'existence d'une mo/^cu/e orgaaigat...
Qu'est-^je qu'urte semblable molécule! D'ail
vient-elle T qui l'a produite. Pourquoi (4
comment organique? Que signifie ce mot
iciî Evidemment on ne peut le dire; en ni
le s«it pas. Cène pouvait élre une moiécalv
organique semblable à celles qtii eutreii
aujourd'hui dans la composilrao des ceni
organisés; car culles-là u'oni point la (kv-
priélé de reproduire cet mêmes corfts oa
d'autres corps organisés. Encore une foifi
qu'était-ce doncTCéUJtufiemt>lécuh)coiiin
(1984^ I liinatitre a conNcencé comme elle com-
mence tou3 les jours dans les temps et les lieux les
Ulus Tavurables, par créer directement les animaux
Im phis Eimples. En vcrtn de ces faculiés d'ac-
cruissciiicirt et de reproduction qui soitt esseniiel-
lemunt propi'es aut- premières périodes de la vie,
elle t pu, par la cunipticalion graduelle de l'orga-
Nisatiw) dans les circoiis lances convenalilcs et par
la transmission licrédiiaire des progrès acquis,
créer, non pas direcleroent, mais pro)^essiveiuenl,
(les aiiiiiiaiix de plus en plus parbits; et dans le
Itfiig cours des siècles et avec l'iiillnie diveritité des
cniKtiiiiiiid cxLcrieures, elle .1 produit ceucmiihi-
lude énorme d'espèces dont la série, liabilenient
éi.-belannée , révèle encore aujourd'hui, inalgié
quelques irrégularités ol quelques lacunes, une ma-
uifeste COniinuDauié d'ori);iHu. ■ {Eticydopédie nou-
velle, art. AntniBJ. — Voy. de plus les url. CHriilia-
HÛale el Ciel dans ta même Eucgclopidie, et les ou-
viages de Itobinct, de Tctliaraed, de La Méirie, La-
luarck, Itoiy Sanil-TIncent, fit-ne Leroux, Bûi-
dacli, Uarus, Goethe, Spjx, Uken, etc. Omis l'aiitl-
quite, Kapila (liidej, Ëpicure, Lucrèce, l'Iine.) Uue
airoiitt'iioub de Bulibn et de ses moliculet orgaiii-
guti ï Les giitiratieiu iponteiiie* admines par Buf-
Ibn «ont une conséquence îles moléeultt oriianiqtttt.
« Il y a peut être, dit-il. autant d'être* soit vivants,
soit véjjéiaiils, qui se reproduisent par l'asseinblajje
foi luit des molécules organiques qu ily n d'aiiiuiaux
ou de vcg>-laus qui peuvent te lepi-oduire par uue
succession consUnie de {^néra lions. « (T.IT,^
535, Supptémattt, éd. in-i" de l'Imprimerie nfilc|
— < Plub on observera la naiiire, dil-it encoK, |it>
on reconnaîtra qti'il se proiltiit en putii IxaMua^
plus d'êtres de Cette façon (par la génération ^mo-
tanée) qae de (ouïe autre. Un s'assurcrm lie^im
qoe cette manière du génération est non-seuteimt
la plus fréquente et la plus géTiéiale, imiis ti |1»
ancienne, c'est-à-dire ta première et la plus uni(«^
selle. . (T. IV, p. 557, SuppiimtHU.) — Ccst ■■
spectacle qu^il ne faut pas se lasser d'otiterrei qoc
celui des inulations profondes auiquelles ce bai
génie a coiisianiniiïni soumis ses idées. Ici il ailoKt
lechanee,neni(les espèces, illes lir«luules dequW-
queS'Unes, tisuppnse un iietii nombre de faniiil>-s
vu souclies princ.pales, desquelles i il n'ai pu i»
possible, dit-il, que toutes le^ espèvei aoictit i-
Mies. I (T. XIV, p. 358.) Ici il veut que le cIr-»!
vienne du lébre, ou te zèbre do cLeval, et ailica'i
il ne veut pas même que Liiuié tes itielternii à oHi-
de l'autre. (T. I, p. 58.J Ici les espèces peu'»)
changer, puisque quclaues-uncs doniieni louio W
autres ; et ailleurs il appelle les cspé<i» t tes seMi
éires lie la nature, êii-es perpétuels aussi ihchms
auwi permanents qu'eHe. i (T. XIII. p. I.J b il
écrit cette lielle pbrase : i L'euipreinu «le cbaqoc
espèce est un type dont Ls principani iniu uk-i
sruvés PO caractères ineffaçable» et ucriuaucDl» i
jauiaig. » iT Xlil, p. 9.)
DiClUffiUlU APOtOGETtQUE.
jla'f u a plu ao laonje, comme on n'eo
■jaiDiis TU, ou pluldl c'est uo élra faolas-
liôaa, ua rftve oe l'imagiiutioa, udo cbt-
DCff.
Toili, daos le sy alème panthéisle, le point
de départ de tout tSe beau règne v^élal , si
rii.b« el si varié, qui pare de taot de grice
n de insgnillceDce la nurfau de notre pla-
uèle.
U moléaile se dévdopptàaiu mk globe ie
admellre qu'on peut eommnnlqner ce qu'oa
u*a pas, contrairement au vieil adage: Ntwm
dut ^uod *9%kabH. Vous objecterez aoeera
que, si la matière ne peut plus engendrer
une seule molécule organique, elle derraic
au moins avoir conserri assez d'énergia
pour agir jur les molécule* déjà organiséas
pour en composer d'autres corps orgsnîséi^
el que pourtant nous ne tojods aoeua Té-
g4lal se reproduire de celle manière: «a
lifttdt.... Se développe T.... En vertu- de conlraire, dès que la vie a oeasé, tous le*
quelles loisf Onoe les eoooatt pas; on n'a éléments se désorgaaîseoi et rentrant in-
jimais eu occasion de les observer. Ces lois médialement sous l'empire des lois gtoé-
uul disparu da monde avec la molécule raies, qui sont un obstacle à roKanisaiJoB
iiudite. \y bien loin de la favoriser, et Gontrelesqnellea
Tuus vous éloonerex qne la terre , qui , la vie, pour se ooaaerver, est en lutte per-
ds loules paru aujourd'hui, se couvre péluelle. Car la via n'est qae ce eombaf
ifjfbres et de fleors, n'ait plus la puissance prolongé, tout entier à l'anniagedes fiMces
(le^iriHluire one panvre petite molécule or- <iia)ee, dons l'éiat normal, et eUe s'arrUa à
^ique,el delactévelopper dans un globule l'instant où les corps qui en ontjoui rentrent
lie liquide (lour en faire, je ne dis pas
cèdre ilu Liban, mais an simple brin d berbe,
eue mousse microscopique. Vous demau-
der» comment il est arrivé aue des pro-
|-rié(és inhérentes è la matière aient pa
ainsi cesser d'exister. Vous direz que cela
est contraire à la notion même delamalièrei
dans la classe des corps organiques. K toutes
ces difficultés le padtbéisle ne répond pas.
ou ne répond que par de nouvelles sap>
positions qui ramènent de noutellea coo-
iradiclioDS » de nouvelles impossibilUA»
(19MJ.
Ce que sous Tenons de dire des Tégétaoi
^ne l'on ne peut coocevoirsaos les qualités ^t applicable de toat point, et 1 bien plos
4iii loi sont essentielles. Voua préiendrez forte raison, auxaniaaaut, lesquels, à causa
Ha'il d'j a plus de science possible, s'il anl ^o leur organisation pins compliquée, sont
permis d'atiribuer à la matière des lois exposés k daa causes de destruction eacore
<|D'oa appellera tantAt immuables et malbé- plus nombreuses et plus Aaergiqoes.
uutiques, tanl&l variables et temporaires , ■ La vie en général aapposel'organisatioa
Mirantqn'elleslavoriseroot oudérangeront ui général, el la vie propre de cbaqae 4tra
o<tssjstemes..Voas trouverez qu'une ma- suppose l'organisation propre de cet être.
Itère lœrte, organique» morte, qui pourianl comme la marcbe d'une norloge supposa
Organise et vitalise, esluu pbéuomene bien l'borlogeiaussineTOjoBsifooslavieqoedans
(Uraonlinaire: c'est bire sortir l'organisa- des ètrealoutorgaaiséselCiilspour enjoniri
Uâii de l'inorganisé, lA vie de la mort, c'est et tous las efforts des physiciens n'ont pa
(l%j)QaeK^iarioDMMNii pas adirés] nous sul-
was b Uiéae malérimliMe à travers le* inDonbn'
ic> abiardil^ qa'elle entraîne T Par eiemple, ac-
vtlutis M paulKtUe la noléciile organiqne rt ton
ttcluppencul dans un glotMle de liquide : oikar-
TenMia-oou»? A la producUon d*uii ëu« diMl il
a usa rion:e nua difficile de ae Taire nue idée.
iiM|D'oD n'en a jamais vu qui ait eu uue mdi-
U4e «r^ne; nais «■ supposant qu'il lieniie de
1 Mlare da végétal après ua déreiappeuiiMt Id
kl, U ae J^owpeieri et looi sera lui. Sur quoi
Itfet ae loadenilHM poar aotiiruir que ce pro-
« »poi>UMé de la Baliére sera pourvu de ions
I or^uioa qui doivent covcounr à la fomuiion
! U ^niue, le pbénoniéiiie \t plus éicTë, ta foDctiOD
plBS orjpaîqne et b plus vilale de U végétalion?
m; ce végétal priniul eiigenilré sansgeniie,saas
li>e, se constituera de ui^iiiicie que luul daos si:s
feiMws, 4ausaea appareils, dans loute la compli-
Im (le ces orfaees, n'aura qa'uiie tendance uui-
|: fa repradMiélion de aoa espèce par une graine!
L qu**»u le reaurque bii'o, c'est en eOet pour sa
MdiMSioa aeale qee la plante s'accriift, se nour-
^ développe : ausaiiM que ce résultat eat a^
I par la femaiion de b graine, ou le tégctal
toa H ncommenL-e i pn-;)arer an nouveau
qai doh le reproduire.
ti|ui a douné lieu surtiwt h b a^ppaaitioa de
■tUtus apoutaoéca de végéUuE, c'est ta d^tt-
'd eaptigeer ta ympaçalimi de eertaines pbu-
I4 tiai>seul dans des cMditioMVraini<!Btexlra'
^rtat- Ues tusiMerca apparaiMCul sur ptca-
DicnoixAiu ArouwÉTiQCK. L
linu d>
LKauT)
qw toniet le* sobsltaeet orgaaim* fiU s'allè-
reoi. des ckannlgDoiu et des algaes eroisaeot
mèitie sur nue Iwue d*aBina«K «iviats, et, poer
que rfaoaae. oa sait aaJoenTbui qM ta
! ta teigne eat ira cbanpigiiea (Scmsum,
iT) ; qu*Hit autre ctuaipigaon canse le forrif*
MM (UaoBi), ira autre I'Act^m tanuroM (Gav-
ai), ua autre b awa/efra, qu'un antre aecennagaa
le muguet; qu'une algue HlitorMe, bien dtadMe par
H, Roliïii, croit sur la tangue et dana les îotetsucM
dea dents. Ou voit v^êler des cryptogaBCS sur les
parties aiteinies de gangr^ae séuile, les subces
que ta tésioiioire a dïÉaiMlées, les ulcères, te en a
inravé lae «spèea (ta 4aa^(mm) qai s'éuH dé*e>
loppëe anr un jaune d'eeaf dont b coniBa était to-
Ucte; un autre if» tftnthMa» altaaiiaw) qui
trickom^ctta, ne se tronvcni que dans ta cavili
cloac de certains Iruita, sous l'^iderae da fraiU
ou de plantes, oa an centre d'arbres votanûoenz.
Ou a ru des noiaiasurea développées dau k pdri-
loiae d« permcbes, de piseons, d'uoe bicbe, eic.
(BiiosaBAn et Sunenica.) Le dodear Helisareckt «
retaré wk canferve de r«il d'nn Binisire p«re(e»>
tant, auquel eeile apiialiin a rendu ta vue. Tons
ces taiis a'cspli^— al par l'eiislenee d'ergases r^
predndcara et ta IrsnsMrtde spores répanms *hm
l'akao^liérc, ddaM la lénviié n'est pu telle, a*
Muiua panr b pinpatt, qa'ib sieai pa échapper a
utoYscape d'Ëarcnba-g.
1^ HOM DICTIONNAIRE iPOLflCETlOUE. IHW la
«ntorfluousmonlrer lamalières'organisonl, loble el nécessaire de Is^e. La rie. a
«ojl d'ella-iBÔmo, soit par unecause eslcrno effel, est, avant tout, le résnllal el le pro-
oaelconqae. En effur, la vie eierçant sur les doit de l'organisalioQ, et cgsl ce produit
éléments qui font è chaque inslant partie du organisé qui donne naissance à una^o^
«o»pi TiTant, et HUr eeux qu'elle y allire, nisaClon nouvelle. Boa il soil que iMpr»-
■une action contraire &■ ce que produiraient miers êtres organisés Tirants UbI dû «i?
Mnselle les offinitës chimiques ordinaires, créé» de toutes pièces, sons peiw detw
jl Fépatçne qu'elle puisse être elle-même pouvoir Jamais exister,
iwoduile par ces affinités ; et ce^îendant l'on Qu'on se rapp«lle ce que nous avonj H
iw connatt daus la nalnre aucune autreforce relalivement & l'origine panthéiste des tê-
cBpalile de réunirdcs molécules auparavant gélaux : ce sont les mônies impoisibilif^i
g^gf^g3, pour l'origine des snimaux. Toutefois, id-
« La nâisBanCTdeaelres organisés est donc mêlions an premier germe !i«jiiUnétnffl
le plus grand mystère de réoooomie orga- organisé et développé dans un globule*
nique eldetoute ta nature; jusqu'ô présunl liquide. Comment ce germe se noumn-Hll
HDiis les vayons se développer, maisjamais Comment croltra-l-il? Il n > n aucune ente-
Mfonnerî il y a pins: toas ceui à l'origine ioppo pour le protéger, aucun or^siie lion
deaque^ on a pu remouler, ont tenu d'à- *taJiorer les éléments qu'il do^tSASSimlef.
tard à un corps de la même forme qu'eus, - • ■■
mais développé avant eus, en un mol, èun
parmi. Tant que le petit n'a point de vie
propre, mois participe A celle de son pa-
4'eDl, il s'a[)pelle un- germe.
« Le lieu où le germe est atlacbé, la cause
«ecasiounelle qui le délacbe et lui donne
ime vie isolée, varient ; mais cette adhérence
M-imiliveàuD'£lre semblable esl une règle de nos inslruments ne nous permelleiil[i»
On a cherché un appui h la thèse nue ikiid
combattons, parmi les infnsoires, lesélm
les plus obscurs, le.< moins obserratJes di
tn fiériu animale. Parmi ces infinimcnl pclils
il s'en trouve quelques-uns qu'on ^nWif
paraître sans qu'on puisse biea s'eipliqa»
comment ils ont été engendrés, parce^
la faiblesso de nos organes et t'imperfecm
d'apprc^ondff cette origine. On iai hlit
d'en conclure qu'ils naissaient spcaOc^
ment àv la matière. Admire/ la fumm
de ce ralsonnemenl. On sait, de la mniitt
la plus positive, que la presque loUlil6 te
'nftisoires se reproduisent pari» vi""''*''
^ns etcepiion. » (Cutok )
Le$ lois générales de la physique et de la
Îhioiiet loin de pouvoir, comme le pré-
oadent Lamarck, Foueault, etc., produire
l'organisme, quelque simple qu'on le suji-
iiose, tendent, au contraire, h te détraire, à , . ,
«n séparer les éléments, pour faire rentrer génération, qu'il en est ainsi poorluu!!
la maliôre dans son état plus général et plus reste de la série animale; loindesuj'i**
j'irépoûdéraot d'inorganisation, d'inertie et tomme l'analogie l'exige rigoureoMiniii.
Ue mort. I^a yie n'est qu'une lutte sans re- le môme modu de propogation pour lesjiv
ficlie contre les agents naturels t]ai l'op- fusoires dont on n'a pu encore oliierm
briment, et c'est précisément quand ceoi- l'oiigine, on s'empresse d'en tirer utic(»
ci l'emporlMl sur 'elle qu'elle s'éteint et clusion diamétralement ojiposée : ou reJ
qu'elle abandonne h leur puissance la ma- ou'ils neissenl de la matière. C'eitsef'
tière des organes qui lui servaient do sujk uo la logique et du bon sens,
port. L'expérience constate que si rosw«*
« Après la mort, dit Cuvier, les éléments l'e^u sur certaines substances, et ^o»
qui coioposept le corps, livrés aux affinités bientôt, avec le secours du micro^cni'f. <!"
Vhimrques, DO lardent point à se séparer : i«iraItro une qunnliiô prodigieuse iif>
d'où résulte plus ou moins promplement la ' ' " " ' """
«kqsolution du corps qui a été vivant. C'était
donc par lemouveraciit vital que la disso-
hilion éteil arrêtée, et que les éléments du
corps étaient momeulenéiuent réunis, a ^ . — ,■ ,-,
< La vie, >tit eneoro Cuvier, ne nait que do se produisait jamais sans l'interventiaiN»
la vie; et il n'en existe d'autre que celle qui corps solide ou maliire à infuttr, ii if*!
a été trausoiise de cortis vivants un corps ti'uu fluide Hailique, comme l'air stifio^
li^anla par une succession non iuterrom- rique, etc. (1986;.
[)ue. a La maliire soumise h Pinfusioa doit ES"
pÎFi'quela vie ne naît que de la vie, c'est un corps organique végétal «aauiaiil-M
(tire qae' l'organisation nu naît que de l'or- on obtiendra des inlusoins avee île »'
^nisatton, celle-ci étant la condition préa- briiie, de l'albumitie, île la chair, du '>^''
(198G} On oublie le calorique, flaiile indispcnsi-
iijje il tout dcveluyiKuieiu, puisque au-dessooi d'une
r^rlaine teuipératu^e. riea iit; peut se repro«luin.'.
^Bi, poi^' opérer une géitératjtM) ij^iitauoe, c'e*t^
à-éire pour accomplir une ere^ioii, il faudraiUo
c^Bcourg de l'qau, de l'^ir, d'uu corps solide «u la
iiire et du feu. Que iXt iliJKv»MOiiB, que de recber-
•Tl^, gui; (l'IivpoUièujs, çtue dç sysléitiei l'esprit tiu-
iil'aiii rtVl-ilpis Iratersés depuis lei pliihi; ~~' ~
maux ou de végétaux dont on aurait"'
ment cherché les analogues ou IcjE^"*
suit dans l'eau, soit dans la ïuIisUiuEi»
ployée. En recherchanl les ia>ndilioiiifi-'*
tielles du phénomène, on a trooTf qui''*
raroenéa i ta doctrine des quatre dcnnUs doF^
lowplK de Samoa, à b doctrine de Pjitil'''
QuatnoT Klernui geDlli^ia tarpon aoiitai
toailnet. Ki lllis duo hibi ODcnoi, tiMpt
Poudere la ioferiiu, Uilui lUgaC MMda, Ifnmitl
Kl ioUdem grtvIUlf eareni ; mUaque fnn«>
AlU peloal, atr, ilquc aère pariariyM.,
l'vT ivinti¥im ipiiirr itiMiwi. iwaMMB"
bx ipsia, et ia ipaa oriui...
MCnoraUItE APOLOGETIQIie.
«le l'anitlon, du gluten, eerUioes grainw.
4d en Terra naître «Dcors du cadaTra d'ao-
tfts infiisoires, oa de la dâcompositioa de
t» matière verte de Priesley, ou simplemeat
^D lerreaa, qui, conine oo sait, eat d'ori-
jgiiie orgaDique. On voil ces anioialeules se
2éfelDpper dans les parties des ëlras orga-
^iés oa la vie langait, «t dans quelques
4>rodiuta eicrétoiras : c'est ainsi qu'un
-«JbriOB se forme dans le tartre qui se dé-
f«K entre les dents, vtc. Toutefois m a
(«uri|Dâ que cerlsiaes substaoees orga-
tjiques aslngeutes (quinquina), ou aroma-
Lqnes [builes TolatiTesj, ou grasses (huiles
. Gies), s'opposent h la fonnatioa des iofu-
uires.
là plupart des phy^ologistes reoOBuis-
senl qu'en em|<loyantaTecrair et l'eau ane
substance înorgaDique, an minéral, on n'db-
(iefidrait pas d'infusoires. Certaines subs-
Uoees employées, covas le corail, le
Burlire, l'anibracile, ne sodI pas absolu-
ment purgées de principes ethniques, et
l'eau peut en contenir, alors même qu'elle
a i\é distillée. (TiKOMARX, Wkissbbg, Tob-
viBtics, ]. MoLLu, Aug. BUakd, etc.]
Nous avons dit que la production des in-
fjsoires exigeait l'inierTentioa de l'eaa.
L'&aa de source, de plaie, de rosée, est la
1 lus Uroraltle. Pour introdoire pins de ri-
gvMsor dans les expàrieocea et détruire les
urufs finfusoires, s'il en existait, on a
'jueltfuebis emL>loyé l'eau iMuillie, i'eao
disitllée, teuue p^uneurs meîs dans des
wa*tts clos.
.4Tec DUC matière organique et r«0t il
•S'il un gaz, air Dtmospliérique, parcxen-
t'c-j pour la génération des animalcules.
■'«> et Burdacb assurent avoir obtenu (e
cèxue résultat avec l'bydrogéne el l'azote.
M Ces cooditîoasmalerielks de la produc-
tion des infusoires, il laut ajouter le con-
Xtun de la chaleur ci de la lumière. La
empérature la plus faTonble est celle de 3i
1^ 35* centigrades. Quant à la lumière, si
'on dispose une série de vases de moins en
ijoîuuS éclairés el ne contenant que de l'eau,
?s Jases exposés & la lumîèru (enfermeront
/îentût des productions végétales dooi In
.ombre ira décroissant daus les vases moins
;;.>aîrés- A mesure que le nombre de ces
r<xiuciioas végétales diminue, leur limpli-
■ té augmente. Le$ vases les plus éclairés
oulîenaeaf, au bout d'un certain temps,
Tec des infusoires végétaux, quelques
ittmtu termo appartenant au règne animal.
Si une infusion de substances animales
st déposée en dem rases, dont l'un sera
rata à la lumière, et l'autre dans l'obscuri-
':* les inrusoires pulluleront dans le vase
clMiré, tandis que le vase tenu dans l'ob*-
jrité ne eonliendra guère que des indivi-
us d'one seule espèce, des monot frmio
«p«rtenant aux derniers degrés de l'anî-
a'ité.
Les faits que nous Tenons d'exposer ne
raisseol susceptibles de recevoir que c's
>tjs ex[>licali005 : ou bien les infusoires
'.»«nés scraiesl ttmibés dans la liqueur
oit on les découvre; ou bien Ils provien-
draient d'nufs de parents de ces rnlusoires;
Ou bien, enfin, ils seraient le produit de la
génération spontanée.
Si l'on suppose la possibilité que oes in-
fusoires desséchés, emportés par les vents,
tombent dans le liquide où ils ressuscite-
raient à la manière des rolifères de Spallan-
xani. on a contre cette supposition le nom-
bre infini des individus qu'on voit s'agiter
dans les infusions, et le temps néeessairo
pour leur apparition (souvent pins de vingt-
quatre heures et même plusieurs jours],
tandis que l'eau ranime presqu'à l'instant
ceux de ces aaimalenies dOnl la Vie a été
saspendue par la deuiccsiîon. D'oâ H faut
ronclure <\ae la résurrection d'infusoires
doiiélre rejetée coBineear^fiMfMii générale.
Les animalcules microscopiqnes pro-
viennenl-ils d'une éclosîon d'ovulesT C'est
ce que fatatogie nous «utorim h admettre,
vu la généralité et ruoiformllé du procédé
par lequel s'opère la rtprodootion des ani-
maux dans tout le reste de la série. Il ne
serait pas rationnel de regarder le* infu-
soires comme one excepUos k une toi si
géaérale, et de sa refuser t admettre qii^ls
viennent d'œeb eonteous dans les liquides
destinés aux eip^ienoes, surtout si Ton
considère qoe ces petits êtres «ni une orga-
nisation assea compliquée, aidsi qu'Ehrco-
berg en a fait la découverte.
Va oiwiiaent décisif contre la génération
spontanée des infusoires se lire de la cons-
tanle reproduction de certaines formes qui
ont permis de diviser ces êtres en genres et
en espèces, comme les antuMUxqùi viennent
de parents el auxquels ces parents ont trans-
mis leurforme- La génération spnntaiièene
devrait-elle pas ooas montrer, chaque jour,
des espaces nouvellesf
On objecte que, pendant la production des
infusoires, on «perçoit d'abord de simples
corpuscules, des monades, qui s'agglomèrent
ensuite pour fermer ou des animalcules ou
des membranes se mouvant eu lolalité. Hais
qui ne sait que lieauooup d'espèces ani-
males qui, évidemment, proviennent de
parents, et, par conséquent, d'ovules ou
U'œub, subissent dans leur développement
diverses méiamorpbtMes, et les recherches
d'Elirenberg et de plusieurs autres natura-
listes ne nous ont-elles pas appris que les
iufusotres sout sujets k ces méiamorpnoseat
Mais, dit-on encore, si les animaux des
infusions proviennent d'oeufs tombés ou
contenus dans les matières soumises i l'ob-
servation, il semble que les variétés des
produits devraient déjmuir» seulemeoi de
la variété des oeufs r>t non des autres con-
ditions de l'expérience, comme la nature de
le matière employée, sun étal, la quantité
de lumière, etc.
Or, en prenant les résultats d'un grand
nombre d'observateurs, on voit les esi>èces
produites, ou leur nombre, variersuirafll
le* cMiliiioos des ex|férienees. Ainsi Sfvl-
taKsiii, opérant sur des graim>s en germi-
oatioa, a eblenu -des inlosoires (Mus ou .
4»!
IKW
MCTHHlNAiRE APOLOGETHHIE.
noi
fSl
■moini nombreux SHivtiit l'épAque. Des
graines bouillies, celle du IrèRe par exem-
ple, donnent d'aulres infiisoires qne les
grtiines qui n'ont [las subi rébullition; tes
graines écrasées les donnent plus pelils que
les graines entières; ils ne sont pas les mêmes
dans ks infusions du courge et dans les infu-
sionsdecamomille.Lesespèces produites M-
rieot encore suirsnl \i quantité de lumière
admise, ou suivaiil que l'infusion est Tégé-
lole ou animale. (Hoiber.) Une infusion de
pois à laquelle cm ajoute de l'eau distillée
de laarier-ceriM donne des auinialcules plus
grfiles, mais plus vifs qu'une simple infu-
sion de>pois (1987). [TaETtaiMOS.]
A CCS observations on répond que cppen-
(jant c«rtai4ies esjièces des plus simples se
retrouvent dans toutes les infasioDS, et que
si les autres espèces apparaissent, celles-ci
dans une condition, celles-là dans une au-
tre, c'est que ces conditions sont précisé-
meiil celles sans lesquelles leurs ovules ne
se développeraient pas. Maison peut coa-
{RT court à celte appareole dîQicuHé en
iiiaot les faiia principaux sur lesquels elle
repose. En effet, H. Ehrenberg aJurme que
tes espèces produites ne paraissent pas dé-
terminées par la nature de la substance em-
ployée, puisque dans une même anttstance,
et toutes les autres conditions étant les
mêmes, il k vu se produire lanlAt eerlains
iiifusoires, tsni&l des infusoires d'une au-
tre forme. D*u(t pouvait venir la différence
dans les résultats, sinon de la différence
des SBub présents dans l'infusion T
Hais d'où viennenlces œufsf Ils cxisleni
dausJes matières employées aux expérien-
ces; ilA j ont élé apportes par la sobstance
arf^nique, par l'eau, par l'air. C'est ce qui
a été reconnu pour certains animaux pro-
venant înconti'StableiDcnl de parents, et qui
ont apparu lorsque leurs œufs étaient restés
aliacliés aux plantes vertes employées dnns
les infusions. C'est ainsi qu'on a vu des ro-
lifôres et des furculariens se propager dans
di-5 infusions de foi». (Joblot.) Pourquoi de
véritables infusoires ne se développeraient'
Lis lias de celle façon?
Ou a. tenté des esi>ériences qu'on a crues
propres h détruire les ceufs tins infusoires,
L-n supposant qu'il on eiistdl : on a soumis
fi rébulliiioii la matière orgiinique qui de-
vait servir à l'infusion, puiisanl bien que
des (tuf» euii* ne conserveraient pas la
propriété d'éclor>e et ne déveloj)|>er8Îent \ms
(1987) H. Bor7 Sftinl-ViiKeiii, en mi^laDgeani dci
piailles (l'Aiiiéi'iqiic ei des planM il'tunjpc, pré-
uod ■érieiueinent avoir 0l>icnii das mtih i'iif
(uMire*. j
(1988) Au lieu de purger l'.iir des ovutes qu'il
Sourrail coiiienir, ^ t'aide de l'acide sutruriqiie, M>
uhwann a Imaginé de le soumciirc à ta clialeur
l'ooge avaiii de te meure au conlacl de l'iiirusion, .
Les mallÉrcs que ccltc-ci conteiiall n'ont poinl subi
ta décompoEiiion iiutHilc, et il n'y a apparu ni ani-
maux innnoires ni végétaux.
(lV8tl) On a découvert, Il y n quelques années,
des MTt microieopi^uei (Ulaireiit inuuosUNnes, disU>-
iiies,.«lc.)daiia te.wug dw E'^ixiuiUes, dam oclui
te germe qu'ils conlcnaienl ; et pouriani, en
dépit de tmites ces précautions, on btu ap-
paraître des infusoires dans ces Irquidn
bouillis.
La réfionse est facile : on le gerro» des
œofis n'a pas été délrcit par l'ébullition, on
l'air «apporté les ceub dans les liquides
après leur ébullilion.
Qui n'a vu cent foisrdans un nyonde
soleil introduit dans un appartement parla
llssured'un volet, rnltigerdes myriades d'a-
tomes en suspension dans l'air I N'est-il
pas vraisemblanle que ces particules sobi
accompagnées d'autres corps plus tenus ea-
core, parmi lesquels il se rencontre dn
œufs d'infusoires? Ces œufs, comme les
graines et les spores de beaucoup de plan-
tes, ont sans doute la propriété de se dei-
sécfaer sans se détruire, et de s'oOrir dans
cet état aux vents qui les transportent d'un
lieu dans un antre.
Voici une expérience décisive, et qai dé-
montre qu'il ne se développe d'infusoires
qu'autant qu'il y a eu possibilité d'un dépùl
d'iBufs dans le liquide. Ella a été publiée
l>ar M. Scbnltxe dans VEdimburg ««w pkilv-
wp&icoi /aunia/ (janvier 18S7}. On mit dans
un flacon de l'eau distillée avec des sobs-
tances végétales et animales. Le boncboo
était traversé de deux tubes k analyses, ma-
nia de leurs boules; celles de l'un d& tu-
bes étaient pleines d'acide sulfuritiue cao-
eonlré, celles de l'autre .contenaient udï
stilution concentrée de poiasse. Le conieni
du bocal fut porté à l'ébullition pour dé- j
truire tout ce qu'il pouvait contenir d'ètreé '
vivants et d'œufs. Ceci fait, cbaque jour
pendant deux mois, on aspirait par randfs
tubes l'air du Ûaccn, lequel était remj'l»^
par de l'air de l'apparlcmenl, qui selan.t
dans l'acide sulfunque. Ce flacon &»it far
une fenêtre bien flairée, et k cHiàelù
un autre vase ouvert contenait leriBêm<;s
substances. Cttaquejour le conlenateVun
et de l'autre fut examiné. Dans le deroin A
se développa des vibrions, des monades,
des polygssiriques et des rotateurs. Dans 'e
bocsl fermé, il ne se forma ni infasoirc*,
ni conferve, ni moisissure; maisaprcsdem
mois écoulés, on le déboucha, et alors ri
s'y développa les mêmes infusoires qui s'é-
taient montrés dans le flacon primiliTemecl
laissé ouvert (1988). Celte expérience '
paru do nature k clore la discussioo et <
nitt rc tin au débat (1989).
ie certains poissonE et de quelques i
MH. Gmby ei Ddafond, eu tUS. en ont s^d:
chei le cliien domestique, qui circnleM atec k»
globules de ce fluide daus toos les vakseaox. U
iiDinbre ée ces fllaires mIcroseopIqNB qai Irevw^
vie et piiure dans te sang do cfaiea, foi bm&oi
dan5C£ liquide en toute (mmmi et yt^iewiaari*»
mois et des annéeii, ce nunibre ail «MMuInaUt:
vingl-deiii de ees quadrupèdes eu pcntaienl »%x
eux 52,000 chacun, terme moyen, et ctex plosâcan
On en a compte jusqu'il 2f4,aiifJ ; une te-alt goti^
ée laiig, eilrailc de n'Importe quelle pinieda tvri*.
pmt eu- cuiiieuir une domaine. Cowg lear ta-
mène est motM grand qae cdei da«|tohiiles sa»-
HSS BON MCTfOKUlItE AHHJMBTKH» UQH (XH
L0fons Qii« dernière diflictilW. Si les in- exenpiot («quelle, en sa ddnloppani |w
fuscHres prOTÎeaneDt d'œuls ; si, dans' une suite de tas besoins et des circonstances, se
malJAre et des coodilians déterminées, on sera IraasConnée en rayonné, qui sera îlc-
*ott nallreaussîdes infusoiresd'uneospèce venu successi rement tous les rayonnes;
délerminée, il faut supposer non-seulement ensuite, toujours en rerlu des mêmes cao-
qu'il j a partout des œub d'inrusoires, ses, le plus parfaitdesrsyoooés sera devena
mais encore qu'il j a dans la plus pi-lite mollusque, puis lous les mollusques. Le
masse d'air des œufs de toutes les espaces plus élevé des mollusques sera devenu uu
connues d'iofusoiresl Ji esl Aux que les arliculé, puis un reptile, un poisson, onoi-
espëces qui apparaissent dans les infusions seau, un uiammifëre, uu singe et enfin un
5oient aussi variées qu'on l'a dit, puisque homme.
huit familles seulement 3 feurnissent des II est donc de la plus haute imporlaBce
jtotrrs.eLnon tous leurs genres. Ces familles de s'enquérir sites espèces oui une exis-
Mui cvlli» desst&rMfiiefu, omMau, qiona- tence réelle et permaneole dans la nature ;
dtM,tugUR\MHt, enckelyau, triekodiait, ptœ»- O" si, comme quelques natufalisles le pré-
e*wflu, paramécieni. Chaque jour les na- lend<?nl, elles sont susceptibles d'élre indé-
turslisles. (endent à réduire le nombre des Quiment modifiées, dans lo cours d'une
espfces qu'ils reconn^iissenl dans les infu- longue suite de généralions, La fixité des
srnns; cliaqua jour ils constatent qu'un a espèces est le nœud de la grande dilDcullé
•.écrit, comme caractères d'espèces diffé- entre le panthéisme malérialiste cl la thèse
reoies, des étals successifs d'un même in- chrélieoae. Celle question esl donc fonda-
jlividu q,ui se métamorphose. Or, puisque mentale et doit éire ici disculée h fond,
le nombre des espèces d'infusoires esl li- Impossible, d'ailleurs, de constituer la
niilé, il ne serait pas plus étonnant qu'il 7 science sur une base solide, tant qu'on un
fût des œufs de lova dans touia les pou»- "^ ^^^'^ P*^ ^^^ nettement sur la nature, la
«ères, qu'il ne l'est de voir apparaître tout ^''^u'* et la déQuition ralioanelie et logique
4 coup, et sans qu'on sache d'oîi sont ve- ^^ l'espèce.
'u^lesgraines, des milliers de parois noirs, L'immutabilité des espèces , au moins
«n de peupliers, on de crucifères, dans des °^^^ l'ordre de choses où nous rivons, et
WTiiDsquB l'on vient d'écobuer ou sur les- ''''PU'S l'apparition de l'homme sur le globe,
fseli une foret a été incendiée. Quant au 1 ^^^ l^'unu application spéciale d'un outra
nombre prodigieui d'indiridns qni s'agitent V^^^ f^îti l'immutabilité des lois physiques
aaat dw goulte.d'infusion, cela s'explique ^' physiologiques qui président fa l'évoUiiioa
/•ar/e grand Dombred'œufs tombés dans le "" êtres. Depuis un temps immémorial, la
liquide, et par la rapidité de la propagation "i^rche de la nature s'accomplit dans une
«Je tes petiîs êtres. D'après un calcul fait """"monieuse uniformité, qui toutefois o'ex-
■ «r h Huiler sur la multiplication d'un ro- *^'"* l'"'"' '" variété; mais tclle-ci est rcs-
ftaieor (jrydiuina inta), cet animal pourrait '''^iiite e)!e-mâme dans des. limites déter-
»e trouver, en dix jours, l la télé d'une li- """ées, et dépend de lois qui lui sent pre-
ssée d'gn million d'individus, P''^^- L'unité dans la variété, telle est la loi
Onirourers à l'article .GiniMATion spok- |'" 'po'X'e; anilé dans l'espèce, variété dans
r^uiiK de ce Dietîonnafre de nouveaux ar- '^' '"'''''('''s» 'elle esl la base de toute la
îuiueols contre la génération spontanée dea Inéorie des classifications scientifiques. S'il
safusoires, et particulièremenl contre celle " <^>>Iail pour chaque être uno forme pro-
ies Eotozoaires, dont la reproduction a ^^^i (^^ractérisiiquo et permanente, un type
onglemps embarrassé lea naturalistes, et ^'^'f^^' et constitutif de l'espèce et dont il
II r laquelle les Irariuz de H. Van Beneden est, comme individu, ta réalisation variée, il
s eonent de jeter UD si grand jour. ' 'erfiit impossible d'établir aucune classifi-
, cation, de coordonner aucun système ; la
^^ ' "■ notion même de la science serait détruite,
»p«*« U Oiéoriede Luurek lar li Tarijbilliâ det Cl l'univcrs ne VOUS présenterait de toutes
^-^^ rtl«^^f i.*^ "'?"'" r. ""1 ?f^^^" ?"^ 1"* •!«» *fes isolés, entre lesquels
rf^^^_i^,4_. !.. , ressemblance, aucun point Gxe de compa-
mh^ ,A- *.P™?"* ""« "lire face de raison et de rclalion, aucun caractère com-
«1 «• matémliste, la transformation gra- mun, duraffle et constant; ce serait la néga-
j«i(« des espèces inférieures en espèces tion de tout ordre, de toute harmonie; eu
"■ JP'V*/.'"-*^' "»t« PO'n' de vue se serait, nous lerépétons.la destruction coui-
C»ctioinUmement comme conséquenceau pléle de toute science; ce serait le chaos.
_sE«me des génération* spontanées. En A la vérité, les partisans de la non-Ûxité
«a. anelois ta molécule organique for- des espèces accordent qu'un botaniste oii un
t^- elle Mra devenue un ammal, le plus zoologiste puisse raisonner comme si les
» ti5S la Série, si I on veut, nue éponge par caractères ipicifiquei étaient conslauts, parce
"^iJ?? iravcrjent [es plus peUts Hiswaiix ca- uiùqiies. — HU. Gmbf « Uelafon.l oal consuté
iX« ■ j- -lî"'^ ''ï' '^"""e la"! d'ïniioalciiles ite le uxe datis ces >uimau\; ils ont éiatili des rau-
s*«-wie a ailleurs ilc iikhIiI! cal ions bleii notables ni pons de ramillex enlrc les uns et les aulrvs et oui
*■*■*• *?i**''"<'' pbTsif|ucs, ni dans ta pt.ipoc- cru devoir conclure que tes grjnJi's filaires puii-
« cra pmds ue set |irjDt ipcs tinjaniiiucs cl îuer- daivul ilaus le Hug da lilaircs micnwcoi>iiiucw
vex
HCnORtWMi AMUKBIlQtft.
)»
qu'ils bornent lenrs obserrallons k tine pé-
riode de temps forl limitée. C'est ainsi quu
l'aslroDomei eo construisaDl ses oart«9 cé-
lestes (l'un siècle h, l'autre, peut procéder
oomme si les places apparentes des étoiles
Aies realaie&t absolument les mAnies , et
que la précession deséauinoiesneprodaisft
à cet égard aucune altération. De même,
dans la monJc o^^anîque, ta stabilité d'une
eapèee peut être tcmsidérée comme absolue,
ai nous ne nous reparlons pas au-delk de In.
période restreinte de l'histoire de l'bomme ;
mais, s'il s'écoale un nombre de siicles sul-
llsani pour que d'importantes aiodUlcalions
puissent sTuir lieu dans la climat, dans la
géofjraphie phjsKiLie, etc., les caractères
tlvs inaiTidua descendant do souches com-
munes pourront dès lors s'écarter indéûnt-
ment de leur tjpe primitiT.
Si ces doctrines sont Ibodées, nous derons
reconiiallre tout d'abord un principe de
chonjjement incessant dans lo monde orga-
uique, et il n'est aucun degré de dissem-
blance , dans les animaux et les plantes
aj'ant eiislé jadis, par exemple, durant les
périodes géoFogiques, qui puisse nous au-
toriser à conclure qu'ils n'ont point été les
ancétires et les prototypes des espèces ac-
tuellement vivantes. C est par suite de ces
idées, que H. GeoETroy Saint-Hilaira et sou
école prétendent aue, depuis les siècles les
plus reculés jusqu a ce jour, il s'est produit
dans le ràgne animal, au moyen de la géné-
ration, une succession d'élres non iuler-
rompue^ et que les anciens animaui dont
les débris ont été conservés dans les terrains
stratifiés de notre planète, peuvent, quoiquo
différents de ceux qui vivent aujourd'hui,
avoir été les ancêtres de ces derniers. Cetto
théorie est spécieuse, et comme elle a fait
des psrlisana, il est nécessaire de dévelop-
per d'une manière complète les données et
les raisQnQemenlsbl'aiae desquels elle pçiit
âtre réfutée. Mais, avant de la combattre di-
rectement, nous allons présenter les faits et
les arguments dont- ou s'est servi pour l'aii-
puver.
ecautons le naturaliste philosophe qui a
iléveloppé ce système avec le plus de com-
plaisancBi écoutons le famnux Lamarck.
« On appelle espèce, dit-il, toute collection
d'individus semblables qui furoul produits
par d'autres individus pareils è eux. Celte
dédnitiou est exacte ; car tout individu
jouissant de U vie ressemble toujours, à
très-peu près, à celui ou & ceux donL il pro-
vient. Mais on i^oute à cette déSnilion la
supposition que les individus qui composent
une espèce ne varient jamais dans leur ca^
raclère spécilique, et quCi coiiséquemmeoli
l'espèce a une constance absolue dans la
nature.
■ C'est uniquement celte supposition que
je me propose de combattre, parce que des
preuves évidentes obtenues par l'observa-
tion constatent qu'elle n'est pas fondée
(1990).
(I9M) Phit. xoot. ; Paris, 1809, t. I, p. 54.
a Plus nooi ivsHMtis, ajettM-il, il»! ii
connaissance d«s dioéreats corps orgaiii)é5,
dont presqae lonles les psrhei du gl(^
sont couvertes, plusnotre embarras s'iccroli
pour déterminer ce qui doit Mre reggrdî
comme espèce, et k plus forte niiesjwr
Itmiier et distinguer iesKeBres.
« Amesurequ'on recueiTlelasprodactiot»
de ta nature, à mesure que nos eollteliou
s'enrichissent, nous voyou presque \m
les vides sa remplir et nos ligaes it^
ration s'efTauer. Nous nous trooToi» réiluiii
k une détermination arbitraire, poor en iot-
mer.le caractère de ce que nous apptlw
espèce, et tantôt nous fait déclarer Tiriéli
de telle espèce des individus un peu diSi-
rents, que d'autres regardent comoie ciigi-
tîtuant une espèce particulière.
* le le repèle, plus nos collecliou s'en-
richissent, plus nous rencontrons <l«s |iren-
Tes que tout est plus ou moins nuincé, qiii;
les différences remarquables s'évaDouissmi,
et que le plus souvent la nature ne liiisv
à notre disposition, pou^ établir desilisliK-
tiens, que des particularités miuulieujts,
et en quelque sorte puériles.
«Que de genres.parmilesanimaniellH
végétaux, sont d'une étendue telle, jiir la
quantité d'espèces qu'on y rapporte.itai
1 étude et la detcrmiuaiioa de cts e.'iic<»
sont maintenant presque impraliubb!
Les espèces de ces i^nres, rangées eu lériK
et rapprochées d'après la coiuidéraiioD dd |
leurs rapports naturels , présunteul, un i
celles qui les avois^nent, des diSÉcïoctiii !
légères, qu'elles se nuanceut, et qu^cae-
pèces se confondent, &a quelque soric,lt>
uQi'S avec les autres ^ oe laissai)! pre^»
aucun moyen du Qxer par V'u|jreuii>t<»
petites dilIéreocËS qui les disLiugueui-
* Il n'y a que ceux qui se sont loafWp'
et fortement occupés de la détewwi»
des espèces, et qui ont consulté itr^
collactlons, qui peiiveol «avoir jasqu'i l"!
point ies espèces, parmi tes corps linuu.
se fondent les unes duts les auires;ei(|i:i
ont pu se GonvAtucre que , dans its pvlip
où nous voyons des espèces isolées, ctu
n'est ainsi que parce qu'il nous ea u^"'
d'autres qui en sont plus voisinm, el '^i''
nous n'avons pas encore recueillies— t'^'
■ Non-seulement beaucoup de geei^
mais des ordres enliers, et quelqueii)i>w|
classes même , nous préseuteot àip ^
portions presque complèies de l'éul >>
choses que je viens d'indiquer*
« Or, lorsque, dans ces cas, l'on a f»?
les espèces en séries, et qu'elles sont ww"'
bien placées suivant leurs rappotU oitun^
si voua eu cboisiasex une, et si eotii«<-
faisant un saut par-dessus pliisieors lu'^
vous en prenez une autre un peu i\o^w-
ces deux espèces , mises en coni[iarai|«-
vous olTriront alors de grandes dissemui»-
ces entre elles. C'est ainsi que nous s''*'
commencé & voir les productioni^vui"*
{IfiW PbH-u>ot.,i.l,p. 57-M.
IS7
HOM
DtCnONNAIBE
lure qui w sont troavéef Is plus à DO[re
poriéo[199a). .
f Nous iroorons alors les distinctions gâ-
Dériijoesel spéciflqaes faciles i établir; et
*8 n Ml qu'après 8T0ir acquis plas d'expé-
rimee, elaous £lre renilus maîtres des an-
neaui intermédiaires complétant la clialne
dei espèces, que nous commençons d entro-
roir les difScuilés et les doates qni nous
atlendenl. Usîs, en même temps que nous
BonuDM ainsi forcés de recourir h des carac-
lires JDsignifiants, quand nons essajons de
téparer les espèces, nous reconnaissons une
disparité frappante entre des individus que
DODS fiTons élre descendus d'une souche
commune ; et les particularilés noorelles
((ui les dfatinguenl à nos yeux, transmises
rtfolièrement de génération en génération,
eoosliluant ce quïforoie les races.»
« Quaaiilé de faits, dit plus loin Lamarcli,
nous apprennent qu'à mesure que les indi-
vidus d'DOe de nos espèces changent de sî-
liMlioD, de climat, oe mariière d'ôlre ou
d'habitude, ils en reçoïTeut des influences
qui changent peu a peu la consistance et
les proportions do Itiurs parties, leur forme,
s facoltés, leur organisation même ; en
•ort« qne tout en eux participe arec te
temps, aai mutations qu'ils onl éprouvées.
■ Dans le même climat, des siiualions et
des expositions très'ditférentes font d'abord
■implMient varier les individus qui s'y
trouveet exposés ; iDitis. par suite des temps,
la eoMfaaelle différence des siluslïona des
iodtridos dont je parle, qai vivent et se ce*
{iroduisent successiveaienl dans les mêmes
circoD5laaces, amène en eux des différences
^i dïfiennenl^cD quelque sorte, essen-
lielles h leor être ; de manière qu'à la suilo
■fs beaucoup de géuérations qui se sont
lurcédé les unes aux autres, ces individus,
qui appirtenaieut originairement à une an-
tre espèce, n imarent à la fla transformés
ta une-e^>doa nouvelle, distincte de l'autre.
> Par «lenpU, que les graines d'une gra-
■»Qée, on d» toute autre plante naturelle
I une prairie humide, soient transportées
k3r uoe vircORstanse qaefconqoe, d'stiord
mr le pencfannl d'un» colline voisine, où
f sol, quoique plus élevé, sent encore assez
■mim |K>ar |iermeUre à la jilante d'/conser-
sr son eslstencâ, et qu'ensuite, après r
roîr vée«, et s'y être bien des fois-régén^
le, elle atteigne, de proche en proclïe, itf
>l seo et presque aride d'une cOfe monta •
leuse ; si la plante réussit à j subsister,
s'/ pe^iétae iwndant une suite de géné^
lions, elle sera alors tellement changée,-
10 les boianitilus qui l'y rencontreront en
KUtilueFODt une espèee particulière (1M8J.
■ Dans ce eaa, un ciinat -déravorable, une
lurrilare iosulïisante, un manque d'abri
aire les veulst et diverses autres causes,
asenMil lieu à une race nouvHle dont tvs
iividias •eronl petits, maigres dans leurs
nies ; et certaitts de leurs- organes, ayant
1002) Fbil. t«cl.. i. \, p. GO.
IVJZ) ibid., p. 62-63.
ArouweTHiuel hou ta*
pris plus de âéveloppenoBt que d'autres^
oITrironl «lors des proporlioas particHlières
(199»].
* Ce que la nature fait avec beaucoup d»
temps, reprend Lamarck, nous le faisons
tous les jours en changeant nous-mêmes
subitement, par rapport à un végétal vivant»
les circeostances dans lesquelles lui et tous
les individus de' son espèce se rencon-
traient.
c Tous les botanistes savent quç le.s vé*
gétaux qu'ils transportent de leur lieu natal
dans les -jardins pour les y cultiver, y su-
bissent peu à peu des changements qui tefl
rendent a la fin méconnaissables. Beaucoup
déplantes très-velues oalurellemenl, ^ de-
viennent glabres ou à peu près; quantité de
celles qui étaient couchées et traînantes, y
voient rtxlrcsscr leur tigo; d'autres y per-
dent leurs épines ou leurs aspérités; d'au-
tres encore, de l'état ligneux et vivace qua
leur tige possédait dans les climats chauds
qu'elles hnbilaient, passent dans nos climats
à l'état hcrijacé, et parmi elles, jilusîeurs
ne sont plus que des plantes annuelles;,
enSn les dimensions de leurs parties y su-
bissent elles-mêmes des changements très-,
considérables. Ces effets des chaBgêmenl&
de circonstances sont tellement reconnus,,
S|ne les botanistes a'aiment point à décrire'
es plantes des jardins, à moins qu'elles n'y-
soient nouveilemeut cultivées.
■ Le froment cultivé [Iriticum lalivum)
n'est-il pas un végétal amené par l'hommo
à l'état oii nous le voyons acluellemcnl I
Qu'on me dise dans quel pays une piaule,
semblable habile ualtirËllemeut, c'L'st-a-din>^
sans y être la suite de sa'cullure dans quel-
que voisinage T
c Où trouve-t-on dans la nature nos.
cboux, nos laitues, etc.,' dans l'éfaloù nous,
les possédons danâ nos jardins potagers T
N'en est-il pas de même a l'égard de «i^an-
tité d'animaux que la domesticité a changés,
ou considér3t)lemeRt modîGésT
• QuederaceS'lrès-dilférenles, parmi nos,
poules et nos pigeons domesMaues, do^is
nous sommes procurées en les élevant dans,
diverses circonstances et dans dilTérems
pays , et qu'en vain on chercherait mainie-
nant i retrouver lellvs dans In nature t
« Celles qui sont le moios changées, sans
doute par une domesticité moins ancienne,
et parce qu'elles ne vivent pas dans un
climat qni leursoit étranger, n'en offrent
pas moins, dans l'état de certaines de leurs
parties, de grandes différences produites par
les habitudes que nous leur avons fait con-
tracter. Ainsi nos canards et nos oies do-
mestiques retrouvent leur type dans les
cananls elles oies sauvages; mais lesuOlrns
Ont perdula faculté de pouvoir s'élever dans
les hautes régions de l'air, et de traverser
de grands pays en volant; enCn il s'est-
opéré un changement réel dans l'état do
leurs parties, comparées à celles dus sul-
(IWlJ PMI. wr/,t. I, i\ 225.
« Dans cnaque lieu où àe» aninuux pa-
vent liabiter, les circonslBDcea qui ; éltblii-
sent uD ordre de choses resleot lrès>l0Dg<
temps les niômes, cl n'y chanftwt réallemtDl
qu'avec une lenteur si grande, qae l'fao~ '
«m KM MCTKmNAIRB APOLOGETIQUE. HOH m
RtBOT 'de la race âonl ils proviennent, leur position,' de leur composilion et dé
« Qui ns snil que tel oiseau de nos cli- leur climat ;c« que l'on aperçoit fuiluotnl
tnals que nous eleTons dans une cagn, et en parcourant dilTéreals lieux diilingiiïj
qui y TÎt cinq on six années de suite, étant par des qualités partiaulièrei : ToiÙ d^
■pr^s eels remplacé dans la nature, c'est-ft- une cause (te varistion pour lu iniiaHi
dire remln i la liberté, n'est plus alors en et les végétaux qui vivent éintceidinrs
ilal de voler comme ses semblables qui ont Hetix. Hais ce qu'un ne sait pu assei.H
toujours été librefT Le léger chnngement mémecequ'engënéralon serefusekcnHit,
de circonstanee opéré surcet individu n'a c'est que chaque lieu lui-mSine chinp,
fait, i la vérité, que diminuer sa faculté du avec le temps, d'exposition, de cliB]it,il«
Toler, el| sans doute, n'a opéré aucun chan- nature et de qualité, quoique avec uoe lo-
gement dans la forme de ses porties. Mais leur, si grande par rapport i noire dorét,
ai une nombreuse suite de générations des quenous lui attribuons une t(ii6ili{^pu{iiii,
todividus de la même race avait été tenue Or, dans l'un et l'autre cas, ces tien
«D car;tirilé pendant une durée considé- changés changent proportioDnelkmeDt Iti
rable, il n'y a mif doute que la forme même circonstances relaiives aux car)>s tinnts
des parties de ces individus n'eilt peu h peu qui les habitent , et celles-ci repfoduiitni
subi des changements notables. A plus forte alors d'autres influences sur ces atiaa
raison, si, au lieu d'une simple captivité corps (1996)...
constamment soutenue à leur égard, cette
circonstance eût été en même temps accom-
pagnée d'un changement de climat fort dif-
férent, et que ces individus, par degrés,
eussent été habitués i d'autres sortes de , . __ _ „_ __. ,.
nourriture, et à d'autres actions pour s'en ne saurait les remarquer directenent. Ilesl
moisir; certes, ces circonstances, réunies et obligé de consulter des moniinieiitipost
devenues constantes, eussent formé insen- reconasllre que, dans chacun do eesliw,
siblenant une nouvelle race alors tout i l'ordre de choses qu'il y trouve n'i ptslon-
fait particulière. joarg été le même , et pour sentir qu'l
■ Oâ trouve-t-on matolenant dans la nn- changera encore (1997j.
lure cette œulttiode de races de chiens que, v « Tout changement un peu considénlilt
par suite de la domesticité où nous avons et ensuite maintenu dans les circonstinM
réduit CCS tnimauXi nous avons mises dans où se trouva chaque race d'aniniaui, opirt
le cas d'exister telles qu'elles sont actuelle- en elle un changeaient réel dans leurt it-
mtnt? Où trouve-t-oD ces dogues^ ces lé- soins : tout changement dans lei be»iti
triers, ces barbets, ces épagneuls, ces des animauc nécessite pour eux d'iulro
bictrons» etc., etc., races quî offrent entre actions pour satisfaire aux nou>MU,fi<
elles de plus grandes différences que celles par suite, d'autres habitudes, ToutDooio)
que noua admettons comme spécifiques besoin , nécessitant de nouvell«s Kiio»
entre tes animaux d'un même genre qui pour y satisfaire, exige Je l'aniDul qui''''
Tivent librement dans la nature î prouve, soit i'enwloi plus fréquent deieto
« Sans doute, une race première (;t uni- de ses partie* dont auparavant il^
que, alors fbrl voisine du loup, s'il n'en est moins d'usage, ce qui le déreloppi t*,'*;
^ui-mfime le vrai type, a été soumise par grandit considérabLemeot, soitlemiia»
l'homme, i une époque quelconque , à la oouvelles parties que lesbésoinsIiiHiint^
domosljclté {1995}.^. insensiblement en lui, par des effo^'f"
« 11 n'est pas douteux qu'à IVgartl des son sentiment intérieur (1098).
animaux , des cbAngements , importants • Dans tout l'animal qui n'a point ii^
dans la cîtconstance où. ils ont l'Iiahitudo le terme de ses développemcati, l'^sp^
de vivre, n'en produisent pareillement dans plus fréquent et soutenu d'un orgiœn*!^
leurs parties; mais ici les mulalious sont conque, fortifie peuk peu cet organe, kw
beaucoup plus lentes & s'opérer que dans Teloppe, l'agrandit et lui donne ana I»'''
les végétaux,, et, par conséquent* sont pour sance proportionnée à la durée de ctlt»*
noua aïoins sensibles, et leur cause moins ploi; tandis que le défaut constant duuç*
recoanaissable. de tel organe t'alTàiblit iusensiblaœeal, »
€ Quant aux cîrcanslances qui ont tant détériore , diminue progressivemeoii^H'
de puissance pour modifier les organes des cultés,etânilparIefairediipsratU'e!19"t'*
corps vivants, les plus inDuentes sont sans Nous devons faire ici une remarque lu^
doute la diversité des milieux dans lesquels portante. Quand Lamarck nous dit qy*»
ils habitent; mais, en outre, il y en a Imaa- nouvelles parties, destinées k accomplir»
coup d'autres qui ensuite influent cûiisidé- nourelles loaclions, remplacent iaseauw'
rablemeot dans la producLioa des effets ment ceUes quiont disparu, il nacile,ii"
dont il est question. peut citer aucun fait positif k ''l''"'f,„!
■ On sait que dos lieux diiïôrents chan- phénomène de la siibstiiuiion de 4ueM|u<
gent de nature et de qualité, à raison de sens, do quelque {acuité, ou de q»»!»
(1995) Pkil. looL, 1. 1, p. 92a 229.
(1996) tbid., p. 330-231.
(1991)Jbid.,p. 232.
(I9!)S) Phil. tool., 1. 1, p. 2Ô3-2U.
(1999) ïbii., n. Ï5S.
nii
DOU
MCnONMAIRG APOLOGETIOOE.
Ii43
er^ane, euliftremenl ooDTeaui, à d'aotres
lapprimés comme étant inutiles. Tous les
exemples all^u^s k effile occasion tendent
leulameoi à proarer que les dimensions et
l'énergie des membres peuvent, ainsi que
la perfection de certains attributs, se lroi>-
Ter, après une longpe suite de générations,
•moiiKlries et aOaiblîes par suite d'un dé-
bat d'otage, ou au contraire être accrues
et fortifiées par un exercice fréquent. C'est
ainsi par exemple que le lérrier a l'odorat
si bible, tandis que sa vitesse i la coursa
m si exlraordiuaire el sa vae si perçanle.
C'est ainei encore que certains chiens de
cbuse sont, an contraire, comparatif emenl
w lents dans leurs mouTemenls , tandis
• qu'ils ont le sens de l'odorat si développé.
Il était nécessaire d'indiquer cette grave
# jnne dans la chaîne des preuves ; aulre-
r~«i«til on aurait pu supposer qne nous omet-
1 ^OBi les exemulea afin d'abréger; la vérilà
e ilque Lamarckn'eo pouvait ciier aucun.
JMiusi, quand il nous parle des r/forU dit
t^mlimtnt intérieur, de finflatiiee de* flitides
tmbtUi el des oeltë de Corganittâion, comme
(le csBses qui peuvent faire acquérir aux
■nînuux et aux plantes de nouveaux orga-
oe», il met des mois k la place des choses ;
el, an mépris des strictes règles de l'indue
tîon, il a recours k des fictions non moins
îtiéales que la vertu plastique et les autres
chimères des géologues du moyen Age.
£i J'oo pouvait citer quelques examples
aalbaoliques comme un pas réellement lait
dwiat It voie de la variabilité des espèces :
lelM f H rapptritioo d'un sens ou d un or-
gaoa aHièrement nouveaa, dans des indi-
vkf as provenant d'une sondw commune, et
le «AiparitHKi totale de quelque antre or^ne
»a lacullé dont les ancêtres auraient été
locKés; omettre on point aussi essentiel à
a théorie de la tranaformation, ne serait-ce
>«•■ /fnpardoooable de la part d'un Dalura-
iftla pnilosophe qui a'en lait l'avocatT
Admettoos tootefois , comoie un fait io-
'ODieslaUef qa'un ebangement dans les eir-
onslanees extérieures puisse annihiler
ompèétemeat nn ni^ne et en développer
)o nouveau, tel qne n'eu eut jamais aupa-
avanl respèee dans laquelle s'o|>ère ce
hangenieal; nous voilé obligés d'admettre
usai la proposition suivante, qui, tout ab-
ordaqu'elle peut paraltre,n'est qu'une con-
fetjaacBce loulk ait logique de celles qui
nt Aé précMemment énoncées. ■ Ce ne
oot pas, dit Lamarck, lesorganes, c'esl-k-
ire la ualore et la forme des parties du
ori>s d'un animal, qui ont donné lien & ses
^ifstndes et à ses facultés particulières;-
Assa ce sont, au contraire, ses habitudes,
a soeoière de vivre, et les ciroûnslances
ao* lesqeellesse sont rencontrés les indi'
ulias donl il provient, qui ont, avec le
siups, constitué la furwe do son corps, le
(20«9j PU. umI., 1. 1, p. S5?. — Cuvier, entcn-
mm; SB îoer Lanurck déielopper ceUe tiKorie, lira
ia nMiechoir a. %'ta Bervit ea dNaai : < Oui. «ai,
'c^ c« M MOHcluDl que rhomme a fait ïOu nci. i
nombre et l'état de ses organes , enfin les
bciillés dont il jouit (3000).
« L'oiseau, que le besoin attire sur l'eau
pour j trouver la proie qui le fait vivre,
écarte les doigts de ses pieds lorsqu'il veut
frapper l'eau et se mouvoir It sa surlace. L»
peau qui unit ces doigts è leur base con-
tracte, par ces écartemeola des doigts sans
cesse repétés, l'habitude de s'étendre; ainsi,
avec le temps , les larges membranes qui
unissent les doigts des canards, des oies, etc.,
se sont formées telles qne nous les voyons.
Les mêmes efforts faits pour nager, c'esl-k~
dire pour pousser l'eau, afin d'avancer el de
se mouvoir dans ce liquide , ont .étendu de
même les membranes qui sonl.enlre les
doigts des grenouilles, des tortues de mer,
de la loutre, du castor, etc. (2001).
« Parmi les animaux herbivores, et parti-
culièrement parmi les nuMnoalf, il s'en
trouve qui , par les circonstances des pays
déserts qu'ils habitent, sont sans cesse ex-
posés è être la proie des animaux carnas-
siers, el ne peuvent trouver de salut que
dans des fuites précipitées. La nécessité
les a donc forcés de s'exercer k des courses
rapides, et de l'habitnde qu'ils en ont prise,
leur corps est devenu plus svelte et leurs
jambes beaucoup plus fines : on en voit des
exemples dans les antilopes, les gaxel-
les, etc.. (2009).
« On sait, dit aussi Lamarck, que la gi-
rafe, le plus grand des mammifères, habile -
l'inlérleur de l'Afrique, et qu'il rit dans des
lieux uù II terre, presque toujours aride et
sans herlMge, l'oblige de brouter lefenillage
des arbres, et de s'efforcer conlinoellemeot
d'y atieiodre. li est résulté de celte habitude,
soutenue depuis longtemps dans ions les in-
dividus de sa race, que les jambes de devant
soûl devenues plus longues que celles de
derrière, et que son cou s'est tellement al-
longé, que la girafe* sans se dresser sor ses
jaml>es de derrière, élève sa tète et itteiul
6 mèUes de hauteur (2003). *
Vient ensuite un autre genre d'argameols
k l'appui dn système de l'insiabilité des
espèces. «L'idée, dit encore Lamarck.
d'embrasser, sous le nom d'espèce, une col-
lection d'individus semblables, qui se per-
pétuent les mêmes par la génération, et qui
ont ainsi existé les mêmes aussi ancienne-
ment que la nature, emportait la nécessité
que les individus d'une même espèce ne pus-
sent point s'allier, dans leurs actes de géné-
ration, avec des individus d'une espèce dif-
férunle.
€ Malhenreusement l'obserralion a prou-
vé , et prouve encore tous les jours , que
celte cousidératioo n'est nullement fondée ;
car les hybrides , très-communes parmi les
v^étanz, et les accouplements qu'on remar-
que souvent entra des individus d'espècia
lort différentes parmi les animaux, ont lail
(3Mt)riii/. Mol.,1. 1, p. ÏV3-
I3U0XI /birf.,p. «3S.
(W05)itirf.,p.SS6-3S7.
ISIS
noH
DKTlOXNiinE APOLOCETIQUG.
non
l!tt
roir que les limites entre ces es^ièccs pré-
tendues constantes n'étaient pas sus» soli-
<!es qu'un l'a iœa'giaé.
« A la vérité, souvent II ne résulte rien
(le ces singuliers accouplements, surtout
lorsqu'ils sont lrès-dis;)arates, et alors les
iudividus qui en proTreonent sont, en gé-
néral, ioTéconds; mais aussi, lorsque les
disparates sont moins grnndes , on sait que
les défauts dont il s'agit ii'ent pins lieu. Or,
ce moyen seol sfifBl jiour créer de proche
en proehe de* Txriélés qui deviennent en-
sutti; des races, et qnt, avec le tmnps, cons-
tituent Ce qne nous oomuions des espè-
ces (SOM). >
Hais si tons ces arguments et les consé-
quences qui en découlent ont quelque so-
lidité, quels furent donc, demanderons-nous,
les types ijriiiiordiaLiK déforme, d'orgonisa-
lien et d'inilinol d'où sont prorennes les
diversités do caraclères que présenient au-
jourd'hui lesaniinaui elles iiIadIcs? Quelle
est la tige unique, primitive, d'oil lant du
rameaux, ou, si l'on veut , tant de variélés
de forme seraient sorties par voie de trans-
inutBlionT Y D-t-ii eu plusieurs liges? On
bien , devons-nous , ainsi que les prêlres
égjr|>tien8 le faisaient ft l'égard de l'urrivers,
atlnbuer l'origine de toute la créatiou à un
seul œufî '
Sur ce poini, la science matérialiste en
est réduite aux conjectures, et voici ce
qu'elle a inaaginé.
L'observation conduit % reconnattre que
si, d'une extrémité b l'autre , on disiiosu
toute la série des animaux connus dans l'or-
dre de leurs rapports naturels,, on trouva
que l'on pout passer progressivement , ssuf
q^ufllques interruptions, des 6[re8 les plus
simples à ceux qui ont une structure plus
pwnpliquée, et qu'6 mesure que la com-
ptai i té de leur organiBBtioo augmenle.lo
uomtjre et l'élévation de leurs facultés aag-
nMDtmt aussi. On remarque, parmi les
pLantes, IMS sorte de grsJalion semblablu.
L ex|iloralion des terrains slrotiBés qui com-
IWiaot l'onvoloppe de notre planète, a paru
lirésemcr une disposition analogue dans
la (tislribulion des fossiles, o'est-i-dire
qu'on a wu reconnattre que les plantes et
Itîs aaimaux doués de i'orgafiisalion lu plus
sumple ont exista aveot ceux dont 1» struc-
ture était fdut oompliqtiée, et que ces der-
niers ont él^ formes suooessivemeni fc des
époqu«i plus loodernw, cliaqHe raee nou-
velle se Iroorani plus con>t>l^l'^<iKol déve-
loppée que tes race» leS plus parfaites de la
période précédente.
Cette damiôre donnée géologiqne parait
tifoir obtenu renitére conlianee de LaBiarx:k.
11 adepuitausii l'opinion des anciens iiatu-
ralistes^el croyait que rOoéan()rimitif avait
couvert toute la terre longtempsaprèK'qu'elIe
fut devenuetsdcmearGd'^tres vivants^ et ce
fut par suita de celte o^iiniou, qn'il somiat
le principe de la priorité des types des ani-
maux marins sur ceux des sninum i«rti.
Irea, admettant qu'âne évolDlion gridtiella
avait transformé quelques-uns des [iremiers,
au point qu'ils avaient pu quitter leur sé-
i'our aquatique et venir babiter le t«rni
érme.
Ces hypothèses, déj& 'émises par Telljt-
med (de HailletJ et par plusieurs autres m-
teurs modernes, étaient en conlroilicijnn
arec une des maximes de la
antique, qui proclamait qne les coosescri^e^
se trouvaient toujours piusparrsilescDsot-
tant des mains du Créateur, et qu'elles (tu-
daient k une détérioration [irogrmir,
quand elles étaient aliandonnées i ellis-
mèmes:
Omma faih
lu ftjuê rturt, ac Tttn tidilofu nferri.
AosM les anciennes éooles de philo50[^it
avaient- elles recours, pour réparer telle
dégénérescence des êtres, à des réitiienen'
tions de la divinité; elles ailmettaieaitfiie
Tordre, l'excellence et l'énergie ]<nm\hs
du monde physique et moral, avaienidé
souvent rétablis h l'aide d'un tel moven.
Lamarck et ses partisans, EefoDifanhnr
le développement progressif de la vi« or^-
nique et sur les conséquences qu'il! crmiH
résulter des données géologiques, priimt
le contre-pied do dogme ancien, lli admi-
rent que les formes les plus simples et li
facultés les plus imparfaites avaient une-
lérisé les^ premiers êtres créés, et qinteui-
ci avotenl servi d'origine à tous lesiulm.
On suppose que la matière inerte BTiitii^
douée de vie dans la principe; que, pvli
suite des temps, la sensation avait éldquv-
tée h la SHDple force Tii»le ( que, plos O'i
encore, vinrent la va*, i'ooïe et Ies n\rK
sens, puis l'instinct et le» facultés iiiif^l«-
tuelles; et que, tinaferaent, en verti Ak
lendanoe des choses h un 'per/SreiùiM*'
progreuif, l 'irrationnel avait fait [)!»»
rationnel.
Hais, en admettent cette évolnlioi ?'<*-
gressive de plantes et d'aninnui 'i**^-
daol les plus eomposét (t«8 plas simpH ""
fut forcé de recourir à uoe nouvelle hri»-
tbèse, pour expliquer coromenl, aprbm
nombre de siècles si consi<léraJiJe) il;''"'
encore tant d'êtres conformés de la uiaDicrii
lapins simple; pourquoi la mqoriléJ^
créatures vivantes se sont maintenu» ^O"
tionnaires pendant cette longue iuitsttei^
riodes, tandis que d'autres auraiaaifaililo
progrès si extraordinaires; poun}uni *
existe de si prodigieuses mullttudei d'iofii'
soires et de polypes, ou de oonftrresct*''
très plantes cryptogames; peoM|uoi w""
l'acte du déveloi)pemeiil s'est pfodsil '1"
une force si inégale et si iir^liâreil''-
gerd des classes u'èlres Us pttu perr«<ii>=''
liées, qne la série présente ded interrup^H»*
con:«jdérablea... (2005).
On a essaj é de répondre h cette olijcchoi)
(2001) fhil. iool., l. 1, p. C3-C*. essayer île niOHtrer qoo riifiminc n'es* qu'w ""f
tâOWij i ^ous 9lluus vQu: tout à flicmc Lamaiili o-Jl»tti!,iw>diU«. Uni» uuo ctoea (âtlieuw i*;* ■'
I HUX MCTI0.MU1RE
irrccin. OR a considéré la notura ime
imnttiiiéguit. un initrummt, une pièce
mcaaimt, agissant par néeessilt^, obii-
ilc procéder graduellement dans toutes
i)|jéralions; fiTle ne peut engendrer à la
I di^ animaux vt des plantas de toutes
classes; mais gIIo doit toujours uom-
nccr par produire les espèces les plus
ipics, et partir de ceiles-ci pour arrirpr
I plus complexes, y ajoutant successive-
01 dÎTers systèmes d'organes, dont elle
Itiplie de plus en plus le nombre et r.ic-
lé.
ji nitiure, celte qu'on a froasinée pour la
nœoditâ du système, travaille donc cons-
lœeDt ï la Tornistioa des rudiments élé-
nlorres d<) la Tie animale elvégéiate, par
jl^i^alion $pontanée. Des monades, da
uiières ébauches, mais douées de vie,
n ses seules créations directes. Les ru-
lenls primitifs des plantes et des animaux
il^reloppent graduellement et arrivent 6
ïliluer les classes les plus élevées et les
I parraitcs, en vertu de l'action lente,
smcesgante, de deux principes essen-
s : l' la Jtndance à Vmanetment progret-
lans les phénomènes d'organisation, avec
f'Ius baut degré d'instinct et d'intclli-
«1 etc. ; et 2* la force du circonslances
în'furM, c'est'à-diro des changements
■luiis dans la condition physique de la
rc DQ dans les relations mutuelles des
niËsel des animaux. Les espèces , en se
iaJinl sur le B'ot>o> sont exposées à des
l'gtments de climat , à des alternatives
tfstis relaUvement 6 la quantité et & la
'ilë de leur nourriture; elles rencontrent
ouveaux animaux, do nouvelles plantes
accélèrent ou retardent leur développe-
I, en pourvojaat & leur subsistance ou
Iclruisaot leurs ennemis. De plus, la
se qoe tant i'xnln» bits niinoBl Ibiwlainen-
vni, c'est Li c«eii>tcace da l'eapèce transfor-
e ei de l'espèce IransConaée. Commeul se fail-
li dans les circonstances absûlunieiit les uiè-
iine partie de r«spéce oraiig ail subi celle
«de transmuta lie II dont il est luesiiun, tandis
l'antre n'a pas cliani;éT Conimcnl les circon-
rs i|Bt «Bt inanë snr cerUins ÎRdividHg ont-
M absolament sus efiil inr les aulrcsT Si-
-*-0B an miMMB oeiu iuBaence k gaettioe degré
»iue un cummeni-cmenl de modiBcaliou dans
iNitaiioa oa dans lus fuculU^ insiiucUves de
bruie passant à lï-tol d'Itumme! On ii'a pu,
petit assigner rien de semblable.
■ «ijwi ieiice de plusieurs niilllcrs d'années a
luitnciit réfuté ce système. Cummcnt se fait-
' 1*011 ne découvre aucun exemple de sembln-
p(io» dans l'art de faire MA agréable produit
* les JMirt (l'Ariklnte ; la fourmi n'a cessé du
ruine &es labyrî.illics depuin que Salomoii re-
ttauilail Sun eieniple; mais depuis le temps
es furent dvcritc.i par lu pliilosoplie et le sage
'aux belles rechcrctics dus Huber, nuus soni-
xrti>ns «in'cnes n'ont acquis aucune nuuvcllo
pluin ou un nouvel organe pour améliorer
iraisHK. L'Egypte qui, ranime l'a (révbito
l'Server la savante connnluiim dos naiuralisics
41*, UUU9 a GDusi'rvé un Uuscuni d'Iiisioire
APOLOGETIQUE. HOU lUft
nalurft do ohaqnft localité est- chançeatile
par elle-même; de sople qm le» babiludes
et l'or^nisatioD des espèces ssraienl mo-
diFiées par l'infiuence des rérolo^ion» 1d- -
cales, lors même que les rapport» tl'autres
animaux et d'autres plaales resteraient in-
variables.
« Or, si le ppemier do ces principes, la fcii-
àance au déveioppement progrtliiK pouvait,
dit Lamarck, s^éxercer af ee une liLterié cum-
pièle, il donnerait naissuncc, dans le cours '
des siècles, k une échelle d'êtres graduée, '
conduisant, par les transitions les plus in-
sensibles , de la struciure la plus simple k '
la plus complexe, et du plus humble de^ré
d'intelligence su plus élevé. Mais, par suile
de rioterventioii continue des causa exti'
riturti dont nous venons de parler, lu ré-
gularité de cet ordre se trouve singulière-
ment troublée, et le monde organique n'offre
au'une simple approximation d'un tel élat
e choses; les progrès de quelques races
étant retardés par un concours de circons-
tances défavorables, et ceux do quelques
autres se trouvant , au contraire , accélérés
par un assemblage de conditions favorables,
II cnrésulte que toutes sortes d'anomalies
inlerrom[ient la continuité du plan , et que
des Iacuqch , comprenant peut-4<re des fa-
milles et des gervpes entiers, se rencontrent
entre les points les plus rapprochés de b
série.
• Pour se Taire a&e idée exact», s'il est
pos«-iblfl, de oe mécmiiime compliqué,
voydDS-en l'application, montrons-le en
mouvemenlk 11 ne sera pas sans inlérôi de
voir corflmenllesrouagcsdonlil se commise '
peuvent produire, sous la direction de l'uu-
teur, les elTets si exlraordioaires que l'on
observe dans l'état aduet de Is création
animée. Obligé du nous UornsTr nous pas-
naturelle, non-seulement dans tes printnre*, mki»
dans les momies de sw aniwaax, nous présent*
cluliue espèce, après trois- mille ans, parfsUenieM-
idettlivie avec celles d'avjourd'hui. A quclserarist
riiooiuie ne l'cst-il pas livré et ne se lifre-i-il pas.
encore plus spécialement de nos jours pour dcciMi-
vrir de nouvelles ressources, de nouvelles forces
mécaniques el pour donner un cbamp plus Va^le i
rosa|;e de ses sens! El cepcn.ranl, helasi ancnn
nouveau membre ne nous ■ poussé, pas im seul or-
gaaâ ne «'est plus développé, aticun non veau canal
de perception ne s'ouvre pour nous donner re><poii'
quapiès plusieuis luillicrs d'années nous altein-
droi.is un plus liauL degré de l'iSchelle de l'auiéllur;!-
lion' progressive, ou que nous nous éloignerons (!o
qu«li|ucs pas de phis de noire consanguinrié avec
11! «ingûbabillanl.>{Wiœii*(i, ùitnun $urltiraf.
mrta «Hirs UitcMietti la reUgiom ritiUe, 1. 1$ f'
llH-103.; '
■ Je crois aussi peu que le eédre du Liban, (tilf
ordinairement un licbcn, que l'élépliaiit doive son
origine â une buElre. > {TroJl^ iootog. et pbtitMog.
deî vert intetliuaux, par UsEHSEa. )
Après avoir victorieusement réTMé réUMiae opi*-
iiiuii de Lamarck, U. Fuurcault ajoute : i Sil<était.
encore nécessaii« de combattre une semltelile by-
poibésc, il nous serait facile d'accumuler des preu-
ves et des faits, cl nous les olioi tairions niétno parnii
ceux que le célèbre naturaliste a olfcf t«. i (mii dt
t'orgimiimt mani, 1. 1, p. 5Ï>G.)
mt
HOM
UICTIONNjURE AM>U)GETI(tUfi.
HOU
m
serons sous silence les moyens b l'eitle «2* Qu'aile en ours chaste 1»tulresn'
(lesquels, apràs uoe suite immease de gé< ces émiaentes et ilnns le caa de lui ditpuitr
nérilions , un petit corps gélalineui. se les biens de la (erre, et qu'elle les lun
troure Irsustormé en cbéoe ou en singe, et conlrajates de se. rérugier dsas le» \m
noiis arriverons tout d'abord au dernier qu'elle n'occupe pas;
degré du pian progressif, par suite duquel > 3* Que, nuisant à la grande œulllpliu-
l'orang-outang, provenant originairement tion des races qui l'sTOisiDeQt par Itun
d'une monade, atteint peu h peu jusqu'aux rapports, et tes tenant reléguées lians iJk
attributs et aux facultés de l'oomme. Si uue bois ou autres lieux déserts, elle aun irrtié
race quelconque de quadrumanes, dit Lo- lus progrès du perfectiounement de brs
marck, surtout la plus perfectionnée d'entre facultés, tandis qu'elle-mfime, luallresseik
elles, perdait par la nécessité des circons- se répandre partout, de s'y mijlti|ilii^riiiii
lances f quelles circoastancesT de quelle obstacle de la part des autres, et d'jiim
nature T), ou par quelque autre cause, l'ha-
bitude lie grimper sur les arbres et d'en
empoigner les branches avec les pieds ,
comme avec les mains, pour s'y accrocher;
et si les individus de .celte race, pendant
une suite de générations, étaient forcés de ayant acijuis une suprématie absolue m
ne se servir de leurs pieds que pour mar- toutes les autres, elle sera parvunuo ) M-
cher, et cessaient d'employer leurs mains tre entre elle et les animaux les plus iier-
comme des pieds t il n'est pas douteux, d'à* fectionnés, uoe difTérenco et, en quelqut
près les observations exposées précAdem- sorte, une distance considératile.
nient, que ces quadrumanes ne fussent è la ■ Ainsi , la race de guadrumana la plu
lin transformés en bimanti, et que les pouces perfectionnée aura pu devenir domioanit;
do leurs pieds ne cessassent d'être écartés changer ses habitudes par suite de ''"""'■^
des doigts, ces pieds ne leur servant plus ■ ' ~~^- -■-•-"- '
qu'à marcher.
« En outre, si les individus dont je parle,
mus par le besoin de dominer, et de voir ii
U fois au loin et au large , s'efforçaient de
se tenir debout, et en prenaient cooslam-
mentrbabiludedegénérationengénération: ^ ;. , . , ,. ,»„„,
il n'est pas douteux encore que leurs pieds °^^ distinctions très-remartiuaijles [MMj.
ne prissent insensiblement une conforma- < La supériorilô et l'accroisseaientitiÉ-
tiOD propre k les tenir dans une attituds lelligence acquis par la race domiDSDK,
redressée; que leurs jambes n'acquissent prouvent la tendance naturelle du iumJs
des molleU et que ces animaux ne pussent or2aQ>q"<s * se perfection trnr de [iluirt
•lors marcher que péaiblemenl sur les pieds P'"^, de même que ses efforts pour trrfw
«t les mains àia fois '* marche progressive des euttes tk»»
Ire, déchirer ou _saisir, ou . „- '.i„„„A h» .i ««nrfM laaunesittei
pur troupes nombreuses, se sera successiiE-
nient créé des besoins nouveaai qui iwn
excité son industrie et perfeclioané ^
duellement ses moyens et scsfaculiéj;
'" Qu'enfin cette race préémiumif
absolu qu'elle aura pris sur les autres, et
de ses nouveaux besoics; en aci]uêrir ir"
gressivement des modifications daai m
orgauisalion et des fecuUés nouTelluei
nombreuses; borner les plus perfeclioiiti«s
des autres races à l'état où elles soul pat'c
nues, et amener entre elle et ces dtmiirti
mea pour mordre.
a occasionné de si grandes lacunes lu
conime de. tsnaillM pour co»p.r l'herhi el î.îfe Sïè " "I»» iuSor.Z°h
.-.n nourrir, el qu'ilîne Jes fasenl !«r.ir ''"^'Î5;„, j.." ' . î .S î,.;i.to
qu'>].m..li«,liJn, iÉ n-e,. p« doul.ui ,,' ^ ° "f, L^f? ï 'rfe „'»»'
deots incisives verticales. ^^^^^ ,.„„ ^^ l'amrVforl inférieurs il'honiiw
■ Que l'on suppose maintenant qu'une en facultés corporelles et d'iDiellisem
race de ffuadrumoNM , comme la plus pcr- [2007), Ces animaux se tiennent det)oui<J^
fectionnée, ayant acquis, par des habitudes i^ien des occasions; mais comme ils a'on
coDsIanlea dans tous ses individus, la con- point de cette attitude une habitude wuif^
formation que je viens de citer, et la faculté nue, leur organisation D'en a pasélésuH'-
de se tenir et de marcher debout , et qu'en- samment modifiée, eu sorte que la iUiii"'
suite elle soit parvenue à dominer les pour eux est un état de géue fort iiA»"'
autres races d'animaux , alors on conce- mode.
*™ : < Ou sait par les relations tiet Tftjig»»'^
«l'Que celte race, plus perfeclioniiéo surtout à l'égard de l'orang des Imles.fj
dans ses facultés, étant, pur là, venue h bout lorsqu'un danger pressant i'obhga a ""j;- |
de maîtriser les autres, so sera emparée h ruloiube aussilût sur ses quatre psllM-"^
la surface du globe de tous les lieui qui lui décèle, nous dit-on, la vériiable onginao'
conviennent; cl-1 animal, puisqu'il est forcé de tiu""'
(2Me) PMI. :ool., 1. 1, p. 5W Ôi,5. mr /« eiirpj vivaiUt, f, 136, qudqocs otaemU*'
(2007) 'Vuycz, (lit Luiiiiirck, d<iiit>me£ Ikehtrcliet Mr l'OratMr d'Angola.
i?49 mu ncnraïuiKE àpouxençtat. mnt hso
rHie contenance élraogire qui en impo- lels qae les qoadnimanes, viTenl, !■ plu-
s il (200^. part, par troupe», depuis l'émineote snpré-
■ Pour rtiomme qui , par ses babîtodes malia <Ie la race citée, ils sont restés sans
ni'inienuesdaasies indiTidusdesoD espace progrès dans le perfeclionDeineDt de leurs
tltjais aat grande suite de géoéraiions, ne facDlUs. étant pourchassés de toutes parts
l-fut qae se tenir debout dans ses déplace- et relégnés dans les lieux sau rages, déserts,
nieni5,cetlc>ttilnde n'en est pas moins ponr rarement spacieux, et où, misérables et in-
loi on élai fatigant, dans lequel il ne saurait quiets, ils soat sans cesse contraints de
f« maiotanir que pendant un temps borné fuir et de se cacher. Dans celte situation,
e( i l'ijde de la eonstractioD de plusieurs ces anîmanx m se taraient plus de aoi»*
de ses moscles. veaux besoins, n'acquièrent plus d'idées
*SibeolonneTertébrBle4ae<Hps1iumarn nouvelles, n'en ont qu'un très-peiit nom-
formait l'axe de <se corps, et soutenait la bre,et toujours lesménes qui les ocespent;
télé en équilibre, ainsi que les autres par- et, parmi ces idées, il j en atrés-peaqn'ib
t.cs, lliMinw dâbool poucrait s'ytrouTer aient besoin de comnooiquer aux autres
dans an élat de repos. Or, qui ne ssit qu'il indiridns de leur espèce. Il ne leur but
n'eu est pas atnsî , que Ta tête ne s'articule donc que tressa de signes différents pour
pont i son centre de grarîté, que la poi- se faire entendre de lean senblaMes;
Irine et le TCBlre, ainsi que les nscères que anssi, quelquesmonveneots dn corps ou
«es cavités renferment, pèsent presque en- de certaines de ses parties, qnelqaes siO»-
tiéretoeot sur h partie antérieure de la on- menu et quelques cris TariM par de sim-
loane vertébrale; que celle-ci repose snr pies inflexionsde voix leur suffisent.
une base oblique, etc 7 Aussi, comme ledit ■ Au contraire, les individus de la race
Bieherand, est*il nécessaire que dans la dominante d^i neationnée ajranleube-
9WiOD, une puissance active veille sans soin de mnltipiier les signes pour ecas-
eesse i prévenir les chates dans lesquelles muniqoer rapidiiment leurs idées deveoncB
le poids et la disposilioa des parties (en- de pins en plus nombreuses, et ne pon-
■leut i entraîner les corps... ■ J ai observé, vaut plut se contenter, ni de signes panlo-
• ditceiDAiDetavantdanssan«>ie/ojr*e('o'< miniiqnes, ni des iniexions possibles de
• II, p. M), que les enbnts, dont la tète est leurs voii, pour représenter celte mulli-
• vvlmDineo9e,levenlre saillant et les viscè- lude de signes devenus nécessaires, seroDl
■ res surchargés de gmisse, s'aecODlnment parvenus, par dilférenU efforts, fc former
■ dilBeilemeoi k se tenir debout ; ce n'est des sons articulés; d'abord -ils n'en auront
• ^uéreqn*kl86ndeladeniîèmeannéequ*ils employé qu'un petit nombre, eonjointe-
( Disent s'abandonner i leurs propres forces; ment avec des inflexions de leurs voix ; |iar
r ils restent exposésèdescbntesfréqnentes, la suite, ils les auront multipliés, variés et
el oatune tendance naturelle k reprendre perfectionnés, selon t'accroisseroeni de
l'eut de quadrupède (9009]. • leurs besoins et selon qu'ils se seront plus
« MsinteDanl, ajoute Lamarck, pour suï- exercés à les produire. En effet, l'exercice
re daus tous ses points lasupposilion pré- habituel de leur gosier, de leur langoa ei
entée dès le commencement de ces obser- de leurs lèvres pour articuler les sons, aur»
aiions, il convient d'j ajouter les coosidé- éminemment développé en eux celte fa-
nions saivantes : culte.
■ Les individus de la race dominante dont «De )è, pour eetle race particulière, l'o-
' a élé question, s'étaol emparés' de tous rTfjioe de I admirable faculté de ptrler; et
■5 lîeox d'babilaiion qai leur forent eom- comme l'ètoignemeut des lieux on les in-
lodes, et ayant coasidfrsblemeut muiti- dirjdus qui la composent se seront repen-
tie Icnrs besoins è mesure que les socié- dus favorise la corruption des signes r-on-
^ qu'ils J formaient devenaieul plus nom- venus pour rendre chaque idée, de Ik l'ori-
reases. onl dâ {>areillement multiplier gine des langues, qui se seront diversifiées
urs îdécsi et ))ar suite ressentir le- besoin partout.
; (es communiquer è leurs semblables. «Ainsi è cet ^rd, les besoins seola
n ronçoit qu'il en sera résulté pour eux auront tout fait:ils auront bitnaUreles
Déccssîté d'augmenter el de varier eu elTorls; et les organes propres aux artieu-
tma proportion les signes propres à la latious des sens se seront développés par
miDonieation de ces idées. Il est donc leur emploi habituel (SOlO). >
i'ient que les individus de celle race au- Telle est l'esquisse Adèle, littérale, de la
ni dû bire des efforts continuels, et em- ibéorie étrange soutenu* par Lanwrek.el
*ver tous leora moyens dans ces efforts adoptée par les naturalistes qui, ioterpr^
ûr créer, multiplier et varier suffis-im- laut k leur manière les monamenU géolo-
nf les signes que leurs idées el leurs t>e- giqiies, ont voulu écarter l'inlervenliun ré-
us nombreux rendaient nécessaires. pétée de la cause première dans l'esplica-
' Il iiVd estpasaînsidesaulres animaux; tiou qu'ils onl donnée de l'apitarition sue-
, quoique les pins parfaits d'entre eus, cessi*e de nouvelles rtcea d animaux et de
:O0ftt Piiil. t«çi., L I, p. S5S. on Diai mmmfaii par ta «rm , nous avmn
:Ot>9> /fttrf.,p.55ôclSSl. rêralé m hidrases doctrines sur leiqidles wMH
_..... .^r, _ ,...,„ n — I. .L._ in rcTicndriM» aitlears.
mi
«CnONJMiiœ AMHiOOETIQOE-
- |tlan te*», M d« l'eilinfilion xlesTscds préexis-
lAiiles. aux différentes phases d'évolution
Ob noire plaaile.
Ainsi dooc pour renrerserces assertions
du panlbëisme matérialislQ, il nous suflira
d'élabiir Ik grioda thàse de Vimmutabililé
itu ttpêcu.
s m.
Le lysLèiK de U trmbrantii» padielle de* ttpina
esi rërulâpK ta pernuuiaaceda espèces de UcrtuUoa
actuelle.
Onand on jette les yeux sur les divers
gi'OU|(ei entre lesquels fes plantes et les
animaux ont Hé divisés, on les trouve d'a-
J>oriJ si nalnrels qu'on n'bésile point h re-
garder arec Linné ■ les geor»* uomme ansai
;uien élatilisdans la nature que les espèces
t]ui les composent (3011). » Mais, lorsque
«n examinant les uombri:u»es gradations
interniédi aires, on vient A reconnaître que,
la plujiart du temps, toutos les lignes de dé-
fnarcBlion ont disparu là mftme où elles
étaient d'abord le plus distinctes, cm com-
4n«iKepar mettre en doute l'existenea réel le
<les genres, et l'on finit par les regarder
-ceninie des signes arbitraires et arlitTctcls,
îuveiilés, comme ceux qui servent k distia~
guer lea constellations célestes, Hoique-
■inenl pour la iwminodilé de la clossinca-
tion.
l'sssanl ensuite aux espèces, de nou-
veaux dmilcs s'élèvent dans l'esprit relstî-
veiuenl h leur nature; on se demande si
dies ne seraient pas aussi peu réelles que
Jcs genres; et parmi les divers phéttomôues
qui tiieal notre attention, il en est deux
surtout qui excitoni notre étonnemenl :
c'est d'abord, que quelques individus s'é-
4^ai'leDt considérableaient du type ordi-
naire par l'elTet de circonslances parlicu-
iièrea; {)uij, que les particularités nouvel-
lement acquises par ces individus sont âdè-
Jemeot transmises à leur postérité. On se
(Icmandeavecinquiétude jusqu'où de telles
jiiDdiJlca Lions peuvent s'élenJre dans uu
laps de temps immense, et pendant que de
grands cbaiigameiits s'accomplissent dans
J'étst pltysique du globe. ToulefoiSi on se
rassure bieulût quand ^n voit que la nature
a défundii le mélange des descendants de
«oudies primitives distinctes, ou que du
iuoins elle a frsp|té de stérilité leur progé-
Jiilure, euipècliani ainsi que ces races se
ouufoodeut, ulimliquant par là qu'une mul-
titude lie types disiinds doivent avoir .été
créés d«is le principe, et s'être conservés
|uira et À l'abridetwuta altération jusqu'à
«eJ9ur.
. . l^oofiwM dsas eelte loi générale, le natu<
raliatequiohercheà se rendre compte de
lamarcbede la nature, essaie de réaoudie
cbaque problème diilicile qu'il rencoiilru
far l'upérience ciireole> Usis bienlût il se
trouve arrêté par des embarras d'un autre
gunre; de nouveaux pliénaménes, tels que
lu TécoudiiUon d'uue bybildo et, dans le
règne végélAl, la reprododion a'iiattii-
bnde à travers plusieurs génénliont,li
Jettent dans de nouvelles peririeulkll it
voit réduit à choisir entre deui ilieruil.
ves : il faut ou Qu'il nie la réalité du Uii
observés, ou qu il déclare que les dm o-
pécosde l'union desquelles protiecneMb
individus féconds n'elsieni quedesispla
variétés. En adoptant celle deraière pro»
sition, il est forcé de mettra en doute m
de la distinction de toutes lei lulni ei((-
ces supposées, qui nediffërenlpasplDa.
tre elles que les individus auiquelscui}!
brides lécoods doivent leur oiisi«iKt;a!
bien qu'il ne puisse, dans Ions cet im i
cas, se procurer immédiatement ut itL
vidu fécond proyi>nsol de parents bjtim-v
l'expérience lui fait voir cependant, ^>
prôs plusieurs essais sans r«ullti, hatt
plement des deux espèces diiiiDclapcgi.
sous l'influence de circooslances trèHiir
râbles, finir par donner DsissaoH i wn
progéniture féconde. Or, ne peul-onpi
supposer que de (elles cJrconsliDcesuHji
présentées plusieurs fois dans le coBn»
grand nombre de sièclesl |
En voyant ainsi s'écoulersascessiveadl
chacun des jalons sur lesqueli il iétail if
puyé, l'observateur dont nous {wlaDi k
di-sposô à adopter la première daclrinean
vells qui lui est présentée, môme la l'ii
invraisemblable, la plus absurde; hfJ
ses ]reux, il n'y a plus deslabiliiédaiu:i
création animée, tout y est dans un t'-itt
gement continuel. C'est alors que le gi«i
gue vient lui apprendre qu'il j « eu dei ~
cissitudes sans tin dans la foraie el '"'
.dein
diDtM
10I1M
Structure des êtres organisés des il .
temps i que l'ordre de choses actuel ni fi
amené que graduel leineni,- que les \i>i»
mènes d'organisation ont subi un dérflr
pement progressiT, subordonné sni IkM
de l'existence, et s'élendant depuis!'»''!
plus simple jusqu'au plus cofflpleu;ilK
rappariliun delliomme est le demin'i^^
nomène d'une longue suite d'éréneisnii:
et «ntiti qu'une série do révolutions |>)i!-
siques, contemporaines avec dus ti'o-*
lions analogues dans lo règne orj^uiiiiii
et non moins importantes que crile»^
peuvent être observées dans lemoDileiJK'
ganique.
11 trouve donc dans ces idées U «M
lirmation des préjugés qu'il a conçui nli
(ivementàla stabilité du carad^re de l't*
pèce, et il n'est pas éloigné de supposer m
rapport nécessaire entre unesérie ittiii
gemeuls produits dans le monde inor^°<
que, et la propriété donljouisseat les *>
pèces d'êtres modiSées iudétinimeui i'
l'iuQuence des circonslanceseiiérieuK'i'l
ne s'arrête pas dans ces coqjeclures; il >"
vient à regarder comme tout à fait irii^'''
blablequela forme extérieure, lasimi»'
intérieure, les facultés inslinclives, '' ''
raison elle-même, ont pu se dâvelopl*
graduellement, i partir de l'eut Iï!""*
(âOII) I Ccaus omne csl naiuralc, in primordio lale creauim, i etc. ( PUl. bot., S 159, eU.]
tza
mil
mcnoERAiRB APOLocrnooK.
tmfX» de reiistenec; qneloastes Btiimaoi,
niomme aussi bien qae les Cires dépoar-
Tus de raicon, peuvent SToir ea nae ori-
ilinerommnne ; qae tons ronnent peut-
élro SDlaDl de parties d'un système de dé-
Telopp?fnenl coDticrael et progressif, s'é-
teadant depuis les organisations tes plus
imparTsites josqu'anx plus complexes; eu-
fin, il tbjare son ancienne croyance relati-
lemenli l'origine reculée de son espèce,
tt, portant ses regards en arant, il eontem-
|ile, comme eompenulion, la perfectibilité
fotare des facultés phjsiqaes, iolellcctuel-
(es et morales de l'homme.
Il coorii-nt maintenant d'examiner ce
la'ii j a de défectueux sons le rapport des
Ifeines et de captieni i l'égard du raisoo-
■wnenl, dans les motifs qui ont fait adop-
Iffces étranges conclusions.
Il est indubitable que , lorsque l'Auteur
dehuatore créa loi animaux et les végé-
iaoi , il prévit tontes les circoas lances pos-
riblrs au mïlleo desquelles les descendants
lecluqueespèce'del'nnflt de l'autre règne
«ol dëaltnés à vivre, et que celle-ci fut
'uoéed'une organisation telle qu'elle pût
<Tre el se reproduire du milieu des cir-
iDsIaDces variables aoiquelk-s elle doit
've ÎDévilableuent exposée- Or, l'étendue
les limites de ces circousiances différera
sscDliellemeut dans presque tous les cas.
'rmoQt, par exemple, uue des coodiiious
fut eiereent le plus d'inOuence sur la vie ,
die <te la température. 11 y a , prés de l'é-
çuifor, quelques districts assez étendus
iji, dans I espace de p'osieurs mlMiers de
«îles, le tbermomèlre ne ponrniil jamais
■ Tier de plus de 11 degrés centigrades ; Je
■«11-- (|UG si une plante on oc animal était
; ([ue
:&ii)isé de manière i supporter celle va-
— '.on de température, rien n'empêcherait
il continuai h vivre à la surface du gtobe
tidanl une période de temps marquée par
nombre considérable de siècles, quoique
»que individu fût exposé à périr loul d un
i|>) par suite do moindre excès de chaud
Je froid an delà du degré thermométri-
î que nous venons d'indiquer. Hais si
e es] èce se trouvait placée sous une des
i4fs tempérées, et si sa constitution ne
[ croiettail de supporter qu'une variation
température égale k ceUe que nous si-
lioos tout ï l'heure, elle périrait inévi-
lemcnt avant qu'une seule annéo Kl
ulée.
uivant U. de Humbcldl, à Cumana, sous
one torride, la différence entre la leui-
iture des mois les plus chauds et les
I froids n'est que de 3 degrés cenligr.
iroa ; tandis que soos les zones lempé-
', la variation annuelle s'élève k 33 de-
I e aviron, et qu'au Canada, la dilTérencc
'lus grande est de 50 degrés centigr.
n peut appliquer la même remarque aux
Tses autres conditions nécessaires t
lsleoce,k la nourriture, par exemple.
BlTvt , on conçoit aisément que la nuur-
**S) Cimn,IN(eMn iw Ut TéMlmli»Mi da fM«. 8* édKoo, p. »l.
ritnre neut être régulière pendant one pé-
riode de temps indéfinie dans telfe partie da
monde , et dans telle autre , précaire et su-
jette k toutes les sortes de changements ,
sous le rappiu-l de sa nature el de sa quan-
tité. Plusieurs conditioiis paraissent néces-
saires pour que les espèces puissent vivre
pendant un temps considérable, sous des
circonstances aussi variables. Si donc la
température et la nonrriture sont au nora>
hre des causes eilérieures qui, suivant cer-
taines lois de physiologie animale el végé-
tale, modifient I organisaliun , la forme ou
les facultés des individus , on recoiinaft
bienldl que les degrés de variabilité, consi-
dérés par rapport h un type commun , doi-
vent différer considérablement dans les
deui cas que nous 8U|iposions loul à l'beo-
re, puisqu il faut, dans l'un, qu'une espèce
se plie à une bien plus grinde diversité de
circonstances que dans l'aotre.
S'il y avait une loi, par exemple, en verln
de laquelle une nourriture insuffisante dftt
arrêter la croissance des individus aptes par
leur nature k supporter des privalions do
celte sorte, et que l'un d'eux , ne pouvant ,
par suite de cette caase, aiicindre lus di-
mensions p)ropres k son espère, donnât le
Jourk une ])rogéniture rliétite, il t-n résul-
terait nne race avortée, ainsi que plusieurs
variétés du cheval et du chien en offrent de
si remarquables exemples. La différence de
teille qu on observe entre quelques races
de i-hiens est ■ comme un a cinq dans les
dimensions linéaires, ce qui fait plus du
centuple de la masse (S012). ■ Or, ily a tout
lieu àb croire que les espèces, en général,
ne peuvent eiisler sous des circonstances
capables de donner naissance k des dimen*
sions si dispioporlionoéeS; et, par suite, il
y aura une multitude d'csg.èces dtsiincles,
parmi lesquelles on ne rencontrera pas doux
jnJividas adultes s'éloignant auiant d'un
certain type de dimensions que les simples
variétés de certaines autres espèces, celles
du chien, par exemple. Uaiotenant, si noas
supposons que ce que l'on observe à l'égard
de la taille peut avoir lien aussi par rapport
h la couleur et k [lusicurs autres condi-
tions, il s'ensuivra que le degré de discor-
dance possible entre les variétés de la même
cs|ièce surpassera quelquefois la plus grande
disparité qu'il poisse y avoir antre deux in-
dividus appartenant k des espèces distinctes.
Il en sera de même k l'égard de l'instinct;
car's'il a été prévu qo'ane espèce aura k
combattre une grande diversité d'ennemis,
il faudra nécessairement qu'elle soit douée
de beaucoup <le prudence el de ruse oa de
courage, el d'anires qualités capables de se
développer en cerUines occasion^. L'his-
luire et les habitudes d'une variéié d'une
lelle espèce peuvent souvent différer beau-
i-oup plus de celles de quelque autre vn-
riété, que ne différeront entre elles rhi>-
toire el les habitudes de plusieurs es)pèces
distinctes , chez qui la ^ullé da M plier k
ttbH
HOU
UCnONHAiaC AI>OL0G£TIQUE.
HO»
<les ciroonatanccs direrses est )ilus iKirnëi-.
Quelles sont donc les limiies de la varia-
liililé oliserïëe dans les espèces?
La déliuition que LamarclE a donnée de
l't):>()èce n'ast pas eiacte ; il n'est point vrai
que les nalurolisles suoposent , en général,
«dans chaque animal, une organisation
vonslaole el des parlics qui n'ont jamais
varié et qui ne isnenl jamais (2013). * Tous
admettent, au contraire, que les circonstan-
ces influent sur les habitudes d'un individu,
t-l que CCS ha'bitudes peuvent , k leur tour,
modifier l'état de ses organes et de ses di-
verses parties ; mais Is diCTérence d'opinion
3ui jiartage les savants porte sur retendue
es moditicalions que peuvent subir les
tiabitudes et les organes de telle ou lelîe
espèce.
EiamiiMos donc d'abord quels sont, dans
l'histoire des esfièccs connues, les faits po-
sitifs qui peuvent établir qu'une somme de
changements considérables et permanents
<*c5t produite dan^ la forme, dans la struc-
ture ou dans l'instinct d'individus descen-
dant d'une souche commune. Ce snni les
Miiniaux soumis & l'état de domesticité et
les plantes cultivées qui présentent ii-s
exemples les plus authentiques de l'éten-
due, de la variabilité des espèces. Celles qui,
Mit dans le règne animal, soit dans le règne
végétal , ont 1 organisation la plus Qexible,
celles qui peuvent se plier 6 une grande
diversité de circonstances nouvelles, sont
les plus utiles h l'homme. Elles peuvent,
seules , être transportées par lui dans dilTé-
rents climats, et leurs propriétés ou leurs
instincts sont susceptibles d'être modiliés
suivant les dilTérenctiS qui peuvent su pro-
duire dans leur uourrilure et dans leurs
inibi(u(fes. Si les ressources d'une espèce
sout tellement limitées, et si ses habitudes
aiusi que ses facultés out un caractère si
borné et si local, que les individus dont
4:11e se compose ne puissent vivre qu'en un
Irès-petil Dombre de pointa de la surface du
globe, il est rare qu'une telle espèce soit
d'une gronde ulililé,
Le^s modiCcations produites dans les dif-
férentes races de chi(:ns montrent, de la
liianière la plus frappante, l'influence de
l'homme- Ces aniiuaui ont été transportés
dans tous les climats el placés daus toutes
les circonstances (lossibles. a C'est surtout ,
dit Duri;au du la Malle, dans le chien, le
compagnon, le gardien, le sitrvileur, el, pour
ainsi dire, l'ami intime de l'homme^ le
cbieu, objet constant de ses affections , de
SCS soins el de sa prévoyance, que le déve-
loppement cl les proijrè^ de l'éducation do<
uiestiquo , que la puissante influence d'un
génie supérieur sur les mœurs et l'inlellï-
KOnce de l'animal, se manifestent d'une
manière presque miraculeuse (2dI&J. ■ Dif-
férentes races ont subi dos changements
remarquables h l'égard de l'épaisseur et de
b couleur de leur |>clagâ; les clitcns de
I nat.. I. X\|, p. CO.
Guinée sont presque nus, Isodit qug «ui
du cercle polaire arctique loul œuieru
d'une fourrure chaude , moitié poil «t nui.
lié laine, qui leur permet de sDppotier k
froid le plus intense sansinconTÉaiïELCB
animaux offrent des différeDcesd'uDBiuin
nature, mais non moins remsrqaables:!!!-
las sont parliculièremenl celles que préMii-
tent la longueur de leur nex et la cODietiic
de leur front.
Mais ee serait vainemeol que nuuiei|i(-
rerions trouver quelques-uns ds cei diu-
gements essentiels, qui seuls poumiot
donner une apparence de fondeuieni ik
théorie de Lamarck, relativement lu (Un-
loppement de nouveaux organes el 1 IV
bliléralion graduelle de certsiai loim.
« .... Enfin, dit Cuvier, et ceci est le ms-
mum de variation connu jusqu'à ce jov
dans le rè{;ne animal , il y a des ricu dt
chiens qui ont un doigt de plus su pitdik
derrière avec les os du Isrse eorrespooiiiiili,
comme il y a dans l'espèce hunniae quti-
ques famifles sexdigitairea.
■ Mais, dans toutes ces varialioos, les ^^
latious des os restent les mémâs, etjiMi)
la forme des dénis ne change d'uno Butièn
appréciable; toul au plus j s-l-il qiitl<)Mi
individus où il se dévelopiiu une bussenw-
taire de plus, soil d'ua coté, soit de I'h-
Ire (201S). >
Lamarck pense qu'il ne serait point la-
possible que le loup eût servi d'origine m
cliien; d'autres naturalistes le foataescee-
dre du chacal ; d'autres enfin, avec Limé,
BulTon, F. Cuvier, de Blainville, re^nJeu
le chien comme une espèce,disliricle, ïii-
gré l'antipathie el la haine iutélérée^ii
empêchent les chiens et les loups deiV
prêcher, on est parvenu î faire prodiiii'
une louve avec un chien braque iTetlcfW
elle avait été élevée dès sa jeunes» il"
Spontin, dans fiullon]. II résulta Jtftij^
nences de BulTon sur les praduiudctA
deux individus jusqu'à la quatrièmejjnt
ration, que ces métis allaient ss nprra-
chant du tj'pe de leur grand'mèrekiïni
chaque génération. Cette dilTéreDM tnw
les produits du chien avec le laup,ïll>i
produits des diverses racçs de cfaiïHiilt-
monire que le loup et le chien iodI lita
espèces (listincles ; ce qui est encore pnm
|)urle fait des chiens devenus tuntffi^
puis plus de deux cents ans en Aojériijuc:
ces chiens, en effet, ne sont pasrtdt^t*
loups, comme cela a lieu pour la Mcbuart
le chat, qui redevienueiit sanglier el àai
suuvagcs.
Après avoir étudié comparaliveioeollo*'
les les espèces du genre tanitt laol li^if''^
que fossiles, U. de Blainville s'etpnM
ainsi: ■ Nous acceptons, avec le seaxvDi-
luun et arec BuETon, ce quels forte <If!<J
génie, soutenu de l'oliservaliun, quoiq»*'''
un ait dit, lui a démouifiJ, a irrian'CNOu
a poiUriori, que, daus le Ufftt véi^
_(20I5) DiuûHn skt le$rén>t»li9»tiBtl*.fi
nsT
BON BKTIONNAIRE
dans le règne «nimai, les iDiliriilos
il« Mies difTérenls qui, par «ntlièsa ou
par accouplemeol , peuveot produire des
ladiridas eux-mêmes féconds, en lout sem-
blables k lears pareuls, et ne dilTéraot que
par des ouances en plus ou en moins, cons-
IJEueot une espèce. Dés lors toutes les rai:es
et variétés si nombreuses de chiens qui se
irouTenl dans toutes les parties du monde,
ec d'aolanl plus variées et plus oembreuscs
que l'espèce humaine est elle-môoie 6 un
plus haut degré de ciTilisatioD, ne consti-
tuent qu'iiiM seule et méoie espèce remon-
tant i l'acte de la création divine (20l6}. >
Ob sait que le clieval, le bœuf, le cocbon
et divers autres animaux domestiquas, qui
ont été introduits dans l'Amérique méri-
dionale, et qui sont devenus sauvages dans
plusieurs parties de ce continent ont en-
tièrement perdu toute marque de domesti-
cité, et ont repris les caractères originaux
de leur espèce. Hais les cbiens sont aussi
devenus sauvages i Cuba, ï Haïti et dana
loutei les lies Caraïbes. Au xvh* siècle, ils
thassaient en se réunissant par meule* de
i/ouie à cinquante, ou même plus, et atl»-
!)a«ieDt sans crainte des troupe» de fa»-
gliersel d'autres auimaux. Les voyageurs
out issuré qu'ils avaient la plus grande
ressemblance avec le chien de berger t lou-
iovti ttt-H certain qu'ils ne furent jamais
truslonués en loups. Ils étaient extréme-
nieal féroeex , mais lorsqu^on parvenait h
s'emparer de quelques-uns de leurs petits,
et qc'oa les IraDsportaït des bols dans les
wiiles, 00 les élevait sans peine dans la plus
parfaite soumission envers l'homme. De
uOfflbrcux exemples démontrent que l'éten-
liue des changements que produit dans les
espèces l'état de domesticité, tient k lafa-
: istté de varier pjus ou moins, dont elles
^£301 douées ori^oairement. Bieo .que le
:f~ii;Tal soit, depuis aussi longtemps que le
f^ien, soumis h l'état de domesticité, sea
iMFffrses races s'écartent infiniment moins
l'un l/pe commun ; l'Ane a subi moins de
tiangemeots ciicore; le chameau n'en a
iresque point éprouvé, et pourtant, il est
irobable que ces deux espèces sont sou-
uises & l'homme depuis aussi longtemps
lue le cheval.
Comme les naturalistes qui soutiennent
t tbéori»dela variabilité des espèces comp-
eni beaucoup sur la lenteur et rimperce|>'
ibifité descliangenents que le temps peut
TcKlnire, ils regrettent virement que l'an-
ijuiié ne nous ait pas transmis des descrip-
10US exactes et des tigures d'animaux et de
Jautes, qui nous auraient l'ounti des don-
lées de comparaison entre les conditions
espectives des espèces, h d<:ui éiMXiues
ODsidérablement éloignées l'une de I au-
re. Eb bien I nous avons mieux qu'un pa-
t;il témoignage: les prêtres égyptiens nous
int légué,! cet é^ard^daiis leurs cimetières,
les îuformatious qui peuvent parEsitemeot
4W1S) OlM., Fau. Cm», p. 15S.
V^aiT; An». 4» Matiam d'kiMirt mivn/Jc, I. I,
DlCnOX^ItlHE APOLUGÉTIQCK 1.
APOLOGETIOUS HOU laSI
nous tenir lieu des muséums et des ourta-
gas que les philosophes grecs ne nous ont
pas laissés.
C'est ^ rbabilolé et aux recherches des
naturalistes tjui faisaient partie de l'expé-
dition française en Kgypte que nous tlevonS
la découverte de ces précieux documenta.
M. Geoffroy Saiiil-Hilaîre et ses collègues^
au lieu de s'occuper exclusivement do la
recherche de momies humaines, examinè-
rent avec le plus grand soin et envoyèrent
en France un grand nombre de corps em-
baumés d'ani'uau&saçré-S, tels que le liœuf,
le chign, le chai, le singe, l'icbueurnoo, le
crocodile et l'ibis.
Dans le rapport oXciel, présenté par les
firofessaurs du Uuséura i Paris, sur la v»-
eor de ces objets, on trouve plusieurs pos-
sagesqoi malgré l'éloquence dont ils sont
empreints, pourraient paraître singuliers,
si l'on oubliait à c^el point les natun^
listes devaient apprécier l'influence des faits,
ainsi révélés , sur l'histoire ancienne du
globe.
• Il semble, disent-ils, que la superstition
des anciens Egyptiens ait été inspirée par
la nature, dans la vue de laisser un monu-
ment de son histoire. Ces hommes bizarres»
en emtiaumant avec tant de soio les êtres
bruts dont ils avaient fait des objeta de
leur stupido adoration, nous ont laissé, dans
leurs grattes sacrées^ des cabinets de zoolo-
gie presque complets; le climat s'ast joint
a l'art des embaumements pour préserrer
ces corps de toute corrupliuo ; et nous pou-
vons nous assurer à présent par nos yeux
de ce qu'étaient un grand nombre d'espèces,
il y a trois mille ans...
■ On ne peut maîtriser les élans de son
imagination, lorsqu'on voit encore con-
servé, avee sas moindres os, ses moindre:
poils, et parfaitement recoonaissable, tel
animal qui avait, :l y a deux ou trois mille
ans, dans Thèbes ou dans Uempbii, des
prêtres et des autels (S017J. a
Parmi ces momies égyptiennes, noo-seu-
lemeul il y eo avait qui aupartenaieot à des
reptiles, àdes oiseaux, àues quadrupèdes
sauvages; mais ce qui, jieat-ëlre, était
beaucoup plus important encore pour dé-
cider la grande que&tiou de la iwrmaneoca
des espèces, cest que l'un en trouva
aussi de plusieurs animaux domestiques,
tels que le bcenf) le chien et le chat. Or,
telle était, suivant Guvier, la conformité du
toutes eus diverses espèces avec celles qui
viteiil aujourd'hui, que, respectivement,
elles u'offraiGut pas plus de dilfi^rence qu'on
n'eu observe enlre les momies humaines et
les corps humains que l'on embaume de
nos jours. Cependant, quelques-uns deees
animaux ont depui&cette époque été trans-
(lortés par l'tiotiime dans presque tous les
cliiuats, et su sont vus forcés d'assujelUr
leurs habitude-s à la plus grande diversité
deuirconstauces. Le chat, par eiemple,qui
p. %àl. — Let rappitrtcen «Haioiit MU. Ciivier, La-
cépêde et Laïuardi.
1«9
HOU
" DlCT10»NAIRIi: APOLOCETtQOE.
ROX
■K élé transporté par toute la terre, et qui,
ilepuis les trois siècles derniers, est natu-
ralisé dans toutes les parties' du nouTean
monde, depuis les froides régions du Canada
jusqu'aui plaines tropicales de la Guyane,
» subi b peine quelques légères moaiâca-
tions; 00 ie retroare tel encore que l'a-
nimal qui était réputé sacré chez les Egyp-
tiens.
Le bœuf comprend sans doute phisieors
races très-distinctes; mais le bœuf Apis,
celui qui était conduit dans les processions
solennelles par les prêtres égvptieus, ne
ditfère point des espèces actudie». La race
bovine est devenue sauvage en Amérique ;
«r, quoique le climat offrit dans ce pays
des particularités que peut-être on ne ren-
contrerait dans aucune partie de l'ancien
monde; quoique cette race y ait k peine
trouvé pour sa nourriture une aeule plante
exactement de la même espèce que celles
^ui lui servaient de pâture dans notre con-
tinent, au lieu de subir dans ses formes et
dans ses habitudes la moindre altéralioD,
elle est revenue k un étal de ressemblance
parfaite avec le bétail sauvage , originaire
i]'£urope (SOIS).
En réponse aux arguments tirés des mo-
mies égyptiennes , Lamsrck prélendoît
qu'elles étaient identiques avec leurs des-
cendants , vivant dans la même contrée,
Carce que le climat et la configuration des
ords du Nil n'avaient point éprouvé do
cbangemAflts pendant les treniesiècles der-
-niers. Mais pourquoi , demaodera-t-on,
d'autres individus de ces espèces ccnser-
venl-ils les mêmes caractères dans un si
grand noœttre de régions où le climat et
tant d'autres conditions sont si variés?
Des recherches analogues ont été faites
par les botanistes, au sujet des plantes de
lit jjIiis liautti antiquité , et l'on est arrivé
aux mêmes résultais, c'est-à-dire que l'on a
-«obstalé J'identitê des espèces appartenant
à ces temps reculés, avec les mêmes espèces
-uiistanti nolrc^poi|ue (âOld). H.Mahudel,
(3018] 1 II V a dans les inimaux, illl CuvIlt, des
«aradén^i qui rëHiatenl ii loulei les ittDuehces, soit
itaturdlei, soit bumaiRes, ei rien n'annonce que te
leitipi ait, A leur égard, ^ua d'effet que le climat et
la ilumcallcilé.
1 ieiaU qufl ijuelquei naliiralistes comptent beau-
coup sur tes milUera de siècles qu'iti accumulent
d'un Irait de plume ; mais, dans Oe «emMables lu*-
lièrcB, nou« ne pouvons suèi'e Juger 'île ce qu'un
long temps ptoiftiirail, qu en inuUi}ili»nt par la peii-
iiée ceque produit un temps luuiiidre. J'ai douccuer-
clié ï recueillir les i^us iiteien^ rtoc-uments sur les
formes des aiiimaui, et II n'en existe poiiii qui éf;a-
lent pour l'anliquitë et pour l'alioiiilaiict) iaui que
noua ToDrail rËg.rple. Elle nous ulîre iion-seutemeat
des images, mais les corps des animaui eux-mêmes,
emluuniés dans ses caiacomties.
1 J'ai examiuâ avec le plus grand soin les Q|;tires
d'animaox et d'uiscaux gravés sur les nomlireux
oliéliM|ii«s venus d'Egypte dans l'ancienne Rome.
Taain c«s Ogurcs sont, pour l'ensemble, liai seul a
fm être i'otijet de l'ailention des artistes, d une rcs-
MwlilMve |iarfaiie avec les esjiéces telles que noos
k* («y'fiis auj'tunt'bui.
en 1726, reconnut dans les monuinïnii
égyptiens le moïa, le neluiDbo,le coIocjmh
lu persea ; et H. Booastre utute IWX^
avoir reconnu, tant ennaloreque d'iifés
les dessins , plus de qualre-vinglspliDts
dans les restes de l'ancienne Egyple. iliit,
ce qui est plus important, nous trouion
dans certains pays, tels «m celui que rtw
venons de citer, les cnjefs conserrési
nature et parfaitementseoiblables auiiï'
très. Ainsi, l'un des botanistes qui est It j
plus connu par l'exactitude de^es dcscri^ |
lions, M. Kuntb (202t) , a recoona u
vingtaine de nos plantes actuelles parmiln
fragments de végéiaux trouvés dms le) i»
mies de la haute Egypte. U. de Ctoltk
aussi a reconnu, sans la moindre iaceti- 1
tude, les feuilles de l'olivier dans uneetia-
ronne de momie, et de:t grains de blé {iBi
dans les caisses de celles dos rDOmi^aiii
passent pour les plus anciennes [9023;. ttt !
expérience de trois mille ans est uq Tsil A j
quelque importance pour eorraborer h
raisonnements qui résultent dis Iiiti a^
luels, et pour contre- balancer lesduile)
vaguesde ceux qui nient (b penDanem
des espèces.
Delillea trouvé dans les tombeiui es
rois des vases Leriné(iquemenlfenDéj,c)»>
tenant du tilé dont les grains cotiscniii'Si
non-seulement leur forme, mais inssi ku
couleur; ce qui prouve l'eRîcseiié dB l'm
baumement I au moyen du bitume, An i
un climat sec et uniforme. Il était imposi- |
ble de recounetlre la moindre Mam '
entre ce blé et celui qui croit en Onenin
ailleurs; et des com|>eraisnns senblililfi
faites è l'égard de toutes (es autres plulA
ont donné le même résultat.
• Qu'on me dise, objecte lamtr&.l'i'
quel pays le froment cultivé haliireu'i^''
'lemenl, c'est-k-dire, sans y être lirai'*
sa culture dans quelque voisinagttlûK/'
La péponse est bien simple; touslnu^a-
rslisles bO'vetit que la distributtoog^-
.pbique d'un griind nomlire d'espîc»!^
I Chacun peut exaffiincHtes copies qa'ui'w*!
Kirker et Zœga : sans coitaerver la pvnùittDi
des originaux, elles offrent encore des itim<'^
rcconnaissabtes. On y distiogue aiséaieiil ^i<'
vautour, la chouette, le faucon, raie d'Ef'J*''
vanneau, le rUe de terre, U vip^ liigc oili4^
le céraste, le lièvre d'Egypte avec mb loa|«a ««■
les, rhi^jpapoiami: même: -et daiis ces iMal»"
monuniitiits graves dans It; grand Mtngcwrt
gyple, on vou quelquerois les animaux in \ii'?'
res, l'algazel, par exemple, qui n'a éi* nii'« f*
rope que depuis quelques années, i ( DUeM» •"
Us rinoluiiont de ta twrfatt dm floit, p- ii»-l
{3VI9) Les planiei mentioDiiées par testiiw'
tes Buma.us se recounaisaem a^wird'hii, f»*
leurs furmes oMélé Ihcii décrites : tes vosnf"
se retrouvent dans le grec moderne et t'iulin>
(2030) Journal DÂarnuc, 1Î30, pag. US-
mHjliecbtrcluttitrta piaula Ira-^iài iw^
tombeaux égyviieiu, par M. PASS4LicGU : L^*"
tcienca nai. >ol. Vltl, 1826, pag. 418.)
(2022) Triticum turjidum.
(2023) Pliviiolog. wigit., t. II. p. 696.
(4044) P(.ii.M»(.,Ll, p. «ST.
MCtlONNAIftE APOLOGETIQkE.
UOtt
exir£iai>aMiit bornée, qoe l'on derait s'at-
Lendr« k ce que ce tùl dans son pajs natal
que chaque plante utile dût être culiirée
d'aEwrd afec la plu* de succès, et que, pro-
l*ableaient, chaque station qu'elle occupait
partiellemeol, quand elle croissait i l>iat
uu Tage, de?ai( éln choisie par l'a^icalteur
comme la plus favorable, lorsqu'il Toulail
!• propager artificiellement. Un auteur roo-
dFrne qui a écrit sur les céréalea, a sup-
posé que la Palestine était la patrie ori^-
autre du blé et du l'orge, opinion qui
repose sur les traditions hébraïques et
•^^l'iienne?. et sur les migrations du culte
«^tCérès, qui ne sont proliablement que les
sai^altons de la plante (2035J.
& Dous admettons que quelqu'une des
0)iû\ei sauTages a été transformée en hlé
^ioimun, ou que quel<|ue individu du genre
canû, non encore privé, a été également
iraibforBé en chien, uniquement parce que
tiuui ne jiourons trouver ni le cbien do-
itiesliqae, ni le blé cultivé, k l'état de na-
lure, bientAt aussi nous devrons faire une
su Imposition analogue k l'égard du chameau:
car il seiuble fort douteux qu'aucune race
de cette espèce de quadro|ièae se rencontre
aujourd'hui i l'état sauvai^e.
M*is, dira-t-K>n, si l'agriculture ne fournît
\tt^'.Di d'exemples de changements eitraop-
uî naiiei de formes et d'organisation, l'hor^
Uc:Biiare, du moins, pourra citer des faits
caj-ibies de détruire It; raisonnement précé-
Je ^1. La pomme sauvage a été transformée
ta /joaimcde verger et la prunelle en prune.
L^sÛeun ont changé de couleur, elles sont
•i-iveaues doubles , et ces nouveaux carac^
ères peuvent être perpétués p^ar la se-
ijcoce , une plante amère ; à feuilles glau-
, jes eicloquées, a été enlevée du bord de
'i merqu'ulle balfilait, comme la moutarde
:ês cham])s; transportée de Ik dans les
ardlDS, elle perdit sa salure et fui méta-^
:.ari*boséii eo deux végétaux distinct», le
li-jti rouge et le chou-fleur, qui offreol
litre eux autant de dissemblance que cba-
un en présenta par rapport k la plante-
jere. Ces faits et beaucoup d'autres ana'
^(^•jes doivent élre certainement comptés
u nombre des merveilles de la nature; et
s attestent, d'une mauiére encore plus
-appaate peut-être qu'aucun exemple tiré
u fégoe animal, l'étendue des moditicatioDS
ue «les espèces sont susceptibles d'éprou-
i:r. Mais dans ces dilTércois cas, nous
rrÎTons bientAl à de certaines limites au
s'.^ desquelles nous ne pouvons délermi'
r-r aucun changement dans les individus
roveuantde la même souche; tandis que,
un autre c6lé, il est facile de prouver
le Ces modiiications extraordinaires ne
ura'enL avoir lieu que rarement, et ne
urrAient jamais se perpétuer à l'état sau-
ge (leuiiant plusieurs générations, sous
iiOSS) Str rarigiae el UpatrUdji tiréala, eic
iMM. éttttiam* mat., l-li.)
i^ÛélGi iMttodmtiiomi ta kfllffiufM, parSaiie, |i.
^ ' ^^ûiM de IW7.
toutes les ctrcotulonces possibles. Ces mo*
dïGcatioas sont k considérer comme des cas
extrêmes produits parriaflueoce de l'hom»
me, et non comme des phénomènes indi-
quant dans la nature la (acuité de môdiUer
poussée jusqu'à l'intini.
La propagation d'une plante par bourgeons
eo greffes et par boutures, est évidemment
un moyen que la nature ne met point ea
usage. Ce genre de mnliiplicatioa, ne même
que celui qu'on obtient a l'aide des racine*
et des marcottes, parait donner lieu simple-
ment h l'eitension de la vie d'un iodirldo»
et non h la reproduction de l'espèce telle
qu'elle s'opérerait par la voie des semences»
Toutes les plantes obtenues par greffes oo
par marr.otles, conservent exactement les
qualités particulières de l'individu auquel
elles doivent leur origine, et comme iudi*
Ttdus elles n'ont qu'une existence bornée,
taalôt plus longue et tantAt plus courte (2026),
Les horticulteurs semblent admettre au-
jourd'hui qu'ancune de nos variétés de fruits
cultivées dans les jardins ne peut être con-
sidérée comme étant vigoureuse, permanen-
te, mais que ces diverses variétés s'épuisent
au bout d'un certain temps (2027}. Nous
sommes doocforcésde recourir de nouveau
aux semences ; mais aloriles graines ont uoo
tendance si énergique i revenir au type
original, que toute noire adresse se trouve
quelquefois en délaut lorsque nous cher-*
chons k rétablir la variété perdue.
Les diverses espèces de choux oITrenl,
ainsi que cela a été reconnu, on exemple
remarquable de la déviation qui peut avoir
lieu par rapport à un Ivpe commun; mais
on a peine a compreaiire qu'elles aient pa
se produire, et surtout qu'elles se soieut
perpétuées pendant plusieurs générations
cans l'intervention de i'bemme. Ce n'est
qu'au moyen d'un engrais abondant que ceS
variétés ont été obtenues, et, dans un sot
maigre, elles dégénèrent promplement. Si
donc nous supposons que la graine du cbott
sauvage a été transportée, è l'état de na.^
ture, du bord de la mer dans uo terrain
bien fumé, et qu'elle j a donné naissance
i un chou-fleur, celui-ci répandra bienlêt
sa semence sur quelque sol enviionuant
moins fertile, et lek plantes qui eo pro.^
viendront se rapprocheront de la soucbe-
mère.
Hais lors même que nous irions jus- '
qu'à supposer le premier terrain dont
nous parlions tout b l'heure, constamment
amendé par le fumier provenant de nom-
breuses troupes d'animaux sauvages, e( par
suite, aussi fertileque le sol d'un jardin,
toujours aersit-il que la variété ue pourrait
s'y mainEenir par la raison que eus races
étant extréiiiemunt portées h en féconder
d'autres, les jardiniers sont forcés d'appor-
ter les plus grands suins pour empêcher tout
(2027) ObftnBliom de U. Kmchv, insérées dan*
l<'s TraHUClioju dt la tot'ttU i'hoTttnitmre, vol. tf|
|>. tou.
uns
non
DICTIONNAIRE iPOLOCETIQUE
'croisement de s'opérer. Le mélange do
-pollen des Tariétéi croissant dans le sol le
moins riche, détniîrait bienlât les carac-
tères particuliers de la race qui occupait la
perlie fa mieux amendée ; car, si malgré dos
soins ces accidents se renourellent sans
cesse parmi les variétés emplç^'ées è noire
alimontalioo, il est aisé de .roi r combien
peu de temps suffirnit pour qu'une telle
cause pAt deiruire toutes les p«rticu)»rilés
iju'on observe à l'état sauvage.
Bien que les races élevées avec soin dans
«os jardins, soit sous le rapport de futilité,
■soit sous celui de l'agrémeoi, se perpétuent
«ouvent, comme on le sait, par semence,
rarement la graine an'elles produisent est
aussi abondante ou a'une nature aussi fé-
conde que celle des individus sauvages; de
sorte que si les soins de Thomme venaient
è manquer aux plantes cultivées, la variété
la plus fertile finirait toujours par l'emporter
sur la plus stérile.
Des remarques semblables peuvent s'ap-
pliquer aux Qenrs doubles, qui offrent bu
botaniste des anomalies si étranges. Chez
elles l'ovaire est souvent abor[i£,ut les grai-
nes, quand elles se trouvent fécondes, sont
généralement beaucoup moins abondâmes
qne dans les fleurs simples.
Quelques expériences exirfimement cin
-rieuses, faites sur la production de fleurs
bleues au lieu de Saurs rouges dans le
Bydrangea hortentis, montrent Teffet im-
médiat que produisent certains sols sur les
-couleurs du calice et des pétales. Dans le
terreau ou dans le fumior, les fleurs sont
-rouges ïnTariablpment; dans quelques tirrês
marécageuses elles sont bleues, et le même
changement se produit toujours dans une
■cerlame marne jaune.
On ignore encore à quelle substance ou k
i]ueile. propriété de la terre tiennent ces
changeni(;n(s (2028J; mais ce que les jardi-
niers savent fort tîien, c'est que certaines
plantes, lorsqu'elles sont placées sous l'in-
lluencede circonstances particulières, éprou-
'vent diverses modiGca lions suivant les
espèces : résultats qui ne manquentjauiais
d'ùToir lieu, chaque foisque les expériences
ïoiit répétées. La nature de ces résultais
Uépend néanmoins des espèces, aussi fur-
ment-iis en partie le caractère spéci&qee;
ils se reproduisent plusieurs fois, et indi-
quent certains rnpports déterminés et inva-
riables, entre les particularités pliysiitlo-
giques da ta plante et l'inBuence do certains
agents extérieurs. Loin do jeter du doute
sur la variabilité des espèces, ils tendent
«u contraire ^fortifier l'opinion qui admet
ce principe, et nous offrent nnn classe de
phénomènes qui, lorsqu'ils seront mieux
compris , pourront aider è reconnal're
(2028) Bon. Tram., vol. Hl, p. 173.
(1039) Le toupet le renard liubileiil, dil Cuvier,
depuis la toiie lunide. Jusqu'à la lone glaciale, el
flaiii cet ininiciiK itilcrvalle, ils n'éprouvent d'autre
Tiriélé qu'un peu plus ou un peu moins de beauté
dans leur lourrurc. Uuc crinière plus founiia faLl
ridentilé des espèces, et prasTeronlt»!
attributs qu'ils eurent k l'origiDfl tiik<i
rODt aussi longtemps qu'il reileniv
terre qoelque desceadant delatauttut
milrve.
Nous Tenons d'établir que la m)»
la réalité des espèces n'était poiol innii
Itbie avec l'idée que (e caracltre i^
e.Ht sujet & une très-grande Tuitiu
opinion qui, au fond, n'est pjni
chose que l'extension de l'idtt q»
doit conserver de l'identité d'ao iiiàq
i travers les chaDgemenls qo'il t»
tible d'éprouver.
Si UD quadrupède, habilaDt nntl
région des latitudes septealtitailsl
couvert d'une épaisse fourrurt ite^i
laine, venait i être transporté Ji'-
mat méridional , souvent il lui .
de perdre, dans le cours d'un pciili
d'années, une grande partie de ak
mais celle-ci reviendrait pea ipi
était rendu à son pays natal, ifM.
même peut-être, le retour del'Wll
l'été amènent des changements Ipa
semblables. On sait que le lien
{leput variabitii , Pal.} et t'hermiati
trminea, Lino.) deviennent blaooi
l'hiver et reprennent leur coulean
jiendaat l'été; que le plumage dal^
éprouve une métamorphose jureik
le rapport de la couleur et deUpslHi
que ce chanKemenl est égaismfDi »
raire (2029)..D'-un autre cOië, ii ivsii
-Toisons quelque animal sauvage, tlàl
parvenons à modiger sei umun «,
instincts par la domesliciié, ilpC
vient à s'échapper, devenir eo ytu i\
aussi sauvfiga et aussi inducjle i^u'ii
Tant; ce qui toutefois n'eœpfclir
que, pris une seconde fois, jf ne ,
apprivoisé de nouveau. Si, ajirèsiTOii
une plante dans un sol préparé dt '
h multiplier les pétales de ses Her
en changer la couleur ou i la nt
vive, nous venons ensuite i k \
□os soins, les Buurs eu redsTienii
pies. Dans ces exemples comme
coup d'autres analogues , ne:
supposer que l'individu a été ptoii
un certain nombre de qualiléi;el,r
s'agit d'animaux, avec une diiersi'
tinuts dont quelques-uns peureol
veloppés ou ne pas l'être, !"'"
circonstances; ou qui, après s'élr«
festés pendant un certain leui». 1^
redevenir latents quand les ciibe
tantes cessent d'agir.
La formaliou de races nouT>ll»i>
devoir être la conséquence oét»^
l'aptitude des individus k varier, H j
t'ois, il existe une loi généralï
seule la dilTiirence entre rhyéoe de fettà
Maroc. Que t'ou prenoc, ajoute-l-il. ^s °
les plus Uissemblables, el que l'on nit ''
moindre différence dans te nonlm «t '"'
ticulaiions des os, dans Jasirucidititoi
I«S
non
ACTIONNAIRE APCLOCETfQUE.
nos
l«6^
Wiaella ludeseendaDls d'ao iodivida quel-
raoqaa oui arec lui use rcssembUnce in-
time. Mus, annt de conclure qu'il n'y a
I^ÎDi da Ijmiles h la déviation d'un Ijpe
origioal susceptible de se produire dans le
cûan d'un nombre infini de génératinns, il
fandraJt aroir la preure que dans cbaque
giniralioD successire les individus peuvent
'-~-^-- sous l'influence d'un certain
nombre de nbanseoients de circonstance;,
viD égal nombre da nouvelles particularités.
Or, tooi porte k croire que c'est le contraire
lui 1 lieu ; car nous rojons toujours que
' aquantili de la divergence diminue daos
i-ue proportioa très-rapide.
Oa oe peut objecter qu'il esl hors de
E:»ln pouvoir de modifier les circonstances
.^li mAme mauière que pourrait le faire
c3/ia inita d'érëoemenU naturels s'accom-
^/ÎMittA dans le cours de quelque grand
■jcli géologique. Car, lorsque des iodividns
toni doués de )*Iaeullé de se conformer
I deseireoastaneesiiourellcs, cette faculté,
a général, a'ciiga pas un temps très-
oog povr se développer; et, en effet, si
in leag temps était nécessaire on ne verrait
«as trop comment la modification répon-
Irait I ton but; car tous les individus
n^komient avant qne de nouvelles qua-
■i^rt, de nouvelles habitudes ou de nou-
reaai kutiocls se fussent produits en
4)aiai noDS sonmea parvenus i natu-
tMiter quelque plante tropicale dans un
timutt tempéré, riea ne nous empécbe
'>~-ts»jn, peu i peu , d'étendre sa dis-
ribulion > des latitudes plus élevées ou k
es hauteurs plus considérables au-dessus
Q ni veau de la mer, en accordant , toute-
M» des quantités de temps égales on
9 nombre égal de géoératiODs» pour ac-
mtamer respéce S soe augmentation
iduelle de froid. Mais il n'est pas un
jltrvateor et uit'jardinier qni ne saiâient
lede leKes expériences ne peuvent réussir;
H /a bien pîas de chances de succfts
soumettre quelques plantes, dans le cours
'S deux |>rproieres génératrons, k une
^grande différence de température, que,
Of lard , à uae différence bien moindre,
rt même que celle-ci serait mainteoue
odanl plusieurs siècles.
h eo est de même ai , au lieu de la tem-
rature . on suppose une autre canse
>diGaote , telle que la qualité de la oour-
ure, ou la Dslnre des dangers auxquels
I animalest exposé, ou bien le sol dans
joef une plante végète. L'altération pm-
ite dans les babitudes, dans la forme
dans l'organinlion , est souvent Irès-
•îde pendant un court espace de temps;
lis quand les circonstances viennent k
loger , tonte modiOeaiîoo cesse , et l'iit-
idu péril, quelque faiUe d'ailléers que
''Ê94i é Ire le changement. Ainsi , ou peut
'flcker quelques herbivores k se nourrir
9^ rVie de poisaon ou de cbaîr, mais
>^« peut réussir k leur faire manger
tVftVDes |)lantes qu'ils refusent et qui
même les empoisonneraient, quoiqu'elles
puissent être une excellente nourriture
pour d'autres espèces du même ordre. Quand
rhemme emploie la force eu la rose contre
des aniinaui sauvages, ceux-ci deriennenl
bienlàleu-s-mèmesplus rusés et se tiennent
bien plus sur leurs gardes; de nouveaux
instincts semblent souvent se déveloftper
en eut, et devenir faérédilaires jusqu'aux
deux ou trois premières générations; mais
que l'habileté et l'adresse de l'homme aug-
mentent, même graduellement, et aucun
changement ultérieur ne pourra avoir lien,
aucune faculté nonvelfe ne se manifestera
chez ces animaux par suite d'an accroisse-
ment de dangers. Le changement susceptible
de se produire dans les habitudes de l'espèco
a atteint un point au delï duquel aucune
autre mndlGcation n'est possible , quelle
que H)it d'ailleurs la durée du temps pendant
lequel agissent tes nouvelles circonstances;
aussi, Pespèce serait-elle t'IalAI détruite
que de sutiir une transformation teire,
Su'elle pdt se perpétuer sous l'influence
u nouvel ordre de choses.
On peut admettre en principe, que It»
animaux aelutllanent loumii A tin{luenet de
Vhovtme avaient, i Forigine, une lendanee
uatuTtUe i la damtMticilé. — H a été bien
reconnu, par UH. F. Curier et Dureau
de La HaVIe, que si quetaues animaux
n'avaient pas- manifesté , à t état sauvage,
une certaine aptitude k seconder les efforts
de l'homme, on n'eût jamais essajé de
les soumettre k l'état de domesticité. S'ils
avaient tous ressemblé an loup, au renard
et k l'hjène, l'expérimentateur eût été
découragé par de nombreux insuccès, avant
d'avoir pu enfin arriver k Quelques résultats,
même incomplets; de même, k l'égard des
riantes , si les premiers avantages dus
leur culture avaient été obtenus çiT un
mojeo aussi lent et aussi coûteux que ceiui
k l'aide duquel nous parvenons aujourdliui
k quelque amélioration dans certaines races,
nous serions restés- jusqu'ici dans l'igno-
raoce sur le plus grand nombre da leurs
qualités utiles.
II est incontestable qu'un grand nombre
de qualités et d'habitudes nouvelles ont été
aoqui5ea,jlepuis peu de temps, par certai-
nes races -de chiens qui les ont transmises
k leurs- descendants. Hais ces nonrelles
facultés ,. ajrant un rapport intime avec les
habitudes de l'animal k l'état sauvage,
a'indiq^uent aucune tendance k s'écarter
indéfiuunent du type primitif de l'espèce.
Une ra(-e de chiens employés à chasser
le cerf sur le plateau de Sânta-Fé, dans
le Mexique, offre nn exemple remarquable
<l'u» instinct nouveau devenu héréditaire.
■ Le mode d'attaiiue qu'ils emploient, dit
U. Roulin, consiste k saisir l'animal au
lus-venlre, el k le reOrerser par une brus-
que secousse, en profitant du moment oik
son corps porte seulement sur les jambe*
de devant. Le poids de l'animal renversé
est STUveot sextuple de celui du chien.
* âsiis avoir rei;u sa'Uiie édttCiitîoaa I&
DlCTlOmiAlRE APOLOGETIQUE.
non JM
{tblen da race pure apporte i celte chasse
certaines dispositions que n'ont point des
chiens coaraats d'une espèce supérieure
qu'on a amenée depuis peu d'Europe. Par
exemple, il n'sLta(|ue jamais de front un
cerf ail milieu de sa course, et même
quand celui-ci, ne l'apercerant pas, Tient
k lui directement, il se met l l'écnrt et
l'assaillit de flanc, un autre chien n'use
point de semblables précautions, et souvent
est renversé mort sur la place, arec les
Ténèbres du cou luxées par la violenca
du choc.
« Chez les pauvres habitants des bords
de la Madeleine, ce cblen s'est abAlardi
en partie par le mélange, en partie par
ledefautd'unenourriluro sufTisante; toute-
fois, chez celle race dégénérée, un nouvel
. instinct semble devenir hérédîiaire. La
chassa à laquelle on l'appliqua depuis lone-
temps presque exclusivement, est celle du
pécari à mâchoire blanche ; l'adresse du
€hien 7 consiste à modérer son ardeur,
& ne s'attacher à aucun animal en parti-
culier , mais k tenir toute la troupe en
échec : or, parmi ces chiehs, on en voit
maintenant qui, Ja première fois qu'on les
meneau bois, savent àéjk comment at-
taquer. Un chien d'une autre espèce se
lance tout d'abord , est environné , et
quelle que soit sa force, est dévoré dans
un instant (2030). 9
Quelques Anglais , appelés depuis peu
i diriger une des principales associaticns
pour I exploitation des mines, dans le Me-r
xique, celle de RéaUdel-Monle, amenèrent
avec eux , de leur pays , Quelques lévriers
de la meilleure race, pour chasser les lièvres
qui abondent dans cette contrée. Le grand
plateau où a lieu la chasse ordinairement
est à plus de 2,700 m. au-dessus du Divsau
(le la mer; et le mercure, dans le baromè^
tre, s*; lient habituellement ï la hauteur
d'environ 0 m. 48. Bien que les lévriers
ne puissent pa» supporter la fatigue d'une
longue chasse dans cette atmosphère ra-
réllee, et qu'avant d'atteindre leur proie,
1*ls soient obligés de se reposer pour prendre
laleine, ils ont produit des chiens qu'on
a parfaitement réussi & élever, et qui.
De souffrant nullement de l'extrême raré-
faction de l'air, forcent les lièvres avec
autant d'agilité que les lévriers les plus
viles, originaires de cctie coqtrée.
L'altitude immobile et circonspecte du
chien d'arrêt a été regardée avec raison
comme une simple modillcatton d'une ha-
bitude qui peut avoir été utile k une race
sauvage accoutumée à sentir le gibier, et
i fondre sur lui h l'improvisle , s'arrCiant
d'abord un ibstant pour te laisser partir,
et pour l'atteindre ensuite plus sûrement.
Mais la faculté dont est doué le chien qui
rapporte le gibier , semtjlu plus inexplica-
ble, et ne peut aussi facilemenl être atlrî-
(2030) Recherclies sur quelr|ues changcmeiils ob- ( Ann. det icieneet nal., I. XVI, p. K- lw>l
Sencg dans les animajxdomesliqu» transportes (te |S05I) M/m. 4a Mtttium i'hiiuin mimi >
Vtiicici) dans le noun-au coniiiicitt, par M. Roulin. Jàheso», L4. rtw jihil. jeur., u" H, '. S-
buée aux passions instîoclivesdtreïpïct
M. Magendie, dit on auteur trinçiit du,
on mémoire récemment putihéiSfaotipprii
qu'il y avait en Angleterre une nu ii
chiens qui arrêtaioni et rapportiienlltgiiiiti
naturellemoni , s'en procura un aii}ii,
dont il eut un petit, qu'il garda no-
tamment sous ses ;eux, jusgu'àeefi'
l'ayant conduit à la chasse, il pul ue:
s'assurer par lui-même que, stiun-:
reçu aucune instruction, if rspporiiiim
fidèlement que les chiens exBrcésh'^
manœuvre è l'aide du fouet et du uiin
de force.
On a peine i s'expliqaer la ia\mi
l'étendue de telles facultés acquis», lut
que des habitudes et des dispotiliiDi k'
héritent le chien de t)erger et pluKna
autres races, si on les considère (wx
des modlGcalions d'instincts oécetsiite:
la conservation de l'espèce à l'iitiiuunii
Lorsque des habitudes aussi remaïquâiiieh
manifeslent dans des races deceUets^n,
on peut raisonnablement suppos«i qu'dia
leur onl été données nniquetnentdiasa
but d'utilité pour l'homme, et eaTgeA
la conservation du chien, quis'iilinli
protection de celui-ci par les serTins^u'il
lui rend.
En étudiant les habitudes «les idwiu
on doit s'appliquer, autant que po^il''<
h rapporter leurs qualités doœeiiiiiutj 1
des modificalions d'instincts innés en Ht
F. Cuvier a successivement iDdiqai.di:*
U(i admirable essoi sur la dome&iiiHt^,
mammirôres, l'origine véritable de plusitii
dispositions que l'on attribue otésùt-
ment à la seule influence de l'étliinlit
(3031). Hais ce serait aller troplaio^
de ne point vouloir admettre que quelf»
unes des qualités de certains aaionatf
de certaines plantes ont pu da Inri*
été doonées qu'en Tue des reiaiitf^ !
devaient exister entre eux et f^\
surtout lorsqu'on voit que cesnli"**
■ont souvent si intimes, que lep^u^ti'''*
nombre des individus d'une esp««.'>'''l'
même quelquefois, comme celailitii|M
le chameau, sont soumis àrinfluiDctl
la race humaine.
Plusieurs espèces, non moins bo-M
à nos personnes qu'i nos projifii'rs.i
multiplient maigre nos effuris |)ouf ■
détruire; d'autres, au contraire, ("*"••
Ssr no» soins une extension consiJ^iW
ans l'un et l'aulre cas,, nous dtw
supposer que les ressources relali'esj
l'homme et des espèces qui lui soai|
vorebles ou pr^udicisbles. n'ont poi^i'J
appliquées sans prévoyance. Rejelef ™^
suppositioi), serait refuser "'i"''"n
accorder 'a l'égard de l'économie du I> "'*
dans toutes les autres parties de fa (tf^\
iril est évident que !"["«■
diverses espèces de p"
IW
DKTIOMHAWE APOLOCETIQDE.
M d'aDÎmaui contemporains se balancent
Buclemeot; d'un autre cfité, leurs goûls,
leurs penchants el leurs instinc(s respHClifs
le trouvent combinés de telle sorte qu'ils
idDtIuusen harmonie parfaiie les uns avec
les autres. Et, en eCTet, s'il n'en était point
liDSi, diaque espèce pourrait-elle, en-
laurée comme elle l'est de dangers sans
nombre, sa confierrer pendant des périodes
la temps immenses.
Ladociliti des indiriduade quelques-unes '
le nos espèces domesliquea, s'éleodant,
«tome on le sait) jusqu'è acquérir des
icultés étrangèF«$ i leurs habitudes et à
eurs instiocta naturels, leur a sans doute
■a donnée en ths de leur destination k
eue auprès de- l'homme. Mais, pour éri-
ar i^ue les T&riétés ne se multiplient in-
MBiraent 6 l'aide ;de ce moj'en, de telles
'acithés ne se transmettent jamais d'une
;ftt4rati0D h une autre.
On cite un cochon qui a été éleréichis-
ir et à rapporter le gibier avec une habi-
llé Traiment extraordinaire (S0S2); |j1u>
vurs autres indiridus intelligents de la
'tnte espèce, sont parrenua è apprendra
épeter; mais, ainsi que nous le disions
ml i l'heure, de telles facultés, acquiae»-
cf^iileolellemËCt , ne deviennent jamais
trédilaires; car n'avant aucun rapport-
Tcc les besoins de- ranimai à l'état sau-
Dfip, elles ne peuvent être le développe-
iD«-nt d'iucune tendance instinctive.
Va laimal en domesticité, dît F. Cuvfer,
l'sfl point, è l'égard du sentiment de cen-
rt Jnto) daos one situation essentiellement
Iff^reiile de eeUn d'un animal abandonné
iDi-méme. Il vit en société sans qu'il lui
Icoilte aucun effort, parce que probabte-
kBl il était destiné a vivre ainsi; el il
f conrorme & la volonté ds t'homme parce
K, \ l'étol sauvage, il avait on chef auquel
était accoutumé à obéir. Rien, dans sa
>uveMe situation, ne se trouva en désao-
rd arec ses penchants; il setisfait sas be-
tns par soumission h un mattrs, et ne
tt aucun sacrifice relativement & ses in-
inilions-DBturelles. Tous les animaux so-
allés, lorsqu'ils sont abandonnés k eui-
Aoies , forment dea troupeaux plus ou
oifis Doœbreui, et tous les individus du
i'^ma troupeau se connaissent, sont atla-
lés les uns aux autres, et ne souETrenl
u qu'aucun individu étranger se Joigne
em. De plus, h l'état sauvage, ils obéis*-
:nt k un individu qui par sa aspériorilé
)t ioYaaa le chef du troupeau, nos espA-
H domestiques avaientoriginaircmant cette
'ndance naturelle à la sociabilité; el au-
int espèce solitaire, qufloue aisé qu'il
uiise être dt ramener à l'état privé, n'a
More fourni de véritables races domesti-
<ies. Noas ne faisons donc que développer,
notre profit, les penchants qui portent
mai) t7eH dans b nouvelle forêt, près de Bîng-
•oil, danr le comté de Âints, que ce coclion a éiù
»>i ■IresK par H. Itoouwr, sardien de Drooix)'
les individus de certaines espèces i s« rap-
procher de leurs semblables.
. I^e mouton, dont nous avons pris soin,
est porté à nous suivre comme il luirrait
le troupeau au milieu duquel il auroit étij
élevé; et quand des individus appartenant
à des espèces qui vivent par troupes ont
été accoutumés à un maître, c'est lui seul
qu'ils reconnaissent pour chef, c'est à lui
seul qu'ils obéissent. « Véléphant ne se
laisse conduire que par le cornac qu'il a
adopté ; le chien lui-même, élevé dans la
solitude avec son maître, est mena^^nt pour
tons les autres hommes; et chacun sait
combien il est dangereux de se trouver au
milieu des troupeaux de vaches dans les
pttu rages peu fréquentés, quand elles n'ont
pas à leur lëie le vacher q.ui les conduit.
«Tout nous persuade donc qu'autrefois
lea bemmea- n'ont été pour les animoux
domestiques, comme^ ceux qui en ont un
soin spécial ce snnt encore aujourd'hui, 4] uo
des membres de la société que c<iE animaux
iorment entre eux, et qu'ils ne sa dialin-
guent pour ceux-ci, dans l'association, que
par l'autorité qu'ils ont su prendre i, l'aida
ue leur supériorité d'intelligence.
. • Ainsi, tout animal sociable qui recon-
natt l'homme pour membre et pour chef de
sa troupe, est uo animal domestiqua. On
pourrait même dire que, dès qu'un tel ani-
mal reconnaît l'homme pour membre de
aoD association, il est domestique, l'homme
ne pouvant pas entrer dans une semblable
société fans en devenir lo chef (2033)..*
Uais l'ingénieui outeur dont je viens
de citer lea observations, admet que l'obéis-
sance accordée indifféremment- à tout le
-monde, par les individus de plusieurs es-
pèces domestiques, est sans analogie avec
les divers étals de choses qui ont pu pré-
céder leur asservissement à l'homme, (cha-
que troupe de chevaux sauvages a, il est
vrai, pour chef un étaloD qui conduit à sa
snite tous les individus dont se compose
)a troupeau; mais lorsqu'un cheval devenu
domestique a pasaé de main en main, et.
au'il a servi plusieurs maîtres, il devient
^ianieiit docile anvers tout le monde,
.et soumis à tout individu qui fait partie
de la race humaine. Il est à supposer que
la faculté de se modifier oinsi, que lochei-
val doit k son instinct, lui a été donnée
pour le mettre à portée de rendre de plus
grands serviaes-à l'homme ; et il se pourrait
que la facilité avec laquelle pluaieura an-
tres caract^s acquis deviennent hérédi-
taires, dans plusieurs races dechevaui. ne
fût explicable que par. une supposition
pareille. L'amble par exemple, qui eit l'al-
lure 6 laquelle les ra^^es domestiques sont
exclusivement habituées en quelques par-
ties de l'Amérique espagnole, est, dans la
coursée plusieurs généiaiions, duveuu lier-
(10S5) Eifoi IKT h iomtêlidié dn siamnjfrr»,
par V. CuviEB, Aan. île* «ioicw itt3(v£«, U IX,,
<«1l
B(m
MCTlONHAine APOLOGETIQUe.
Wi
rédilnire; aussi les jeunes poulains pren-
nent-ils cette silure avant nième d'filre
(lr«ssé9(S03i].
Il semble raisonnablfi aosst de supposer
qne ta /acuité accordée au cheval , nu
cliieti, au bœuf, au mouton, au ciial, et
k {ilusieurs espèces d'oiseaux domestiques,
de supporter presque tous les climats, leur
■ été donnée d|ns le but eiprès de les
rendre aptes i suivre Tboniaie dans tou-
tes les parties du globe, sSn qu'ils pus-
sent h la fois lui être utiliiS et jouir de
Ka protection. Si h cela on obiecle que l'é-
léplianl qui, par l'union de la force avec
l'intelligence et la docilité, serait capable
(le nous rendre les plus grands services,
ne peut vivre qiie sous les plus chaados
latitudes, noas répondrons que la quan-
tité de végéta»! nécessaire h la nourri-
ture de cet snimol rendrait son entreiiea
trop coûEeui dans la zone tempérée, et im-
possible dans la zone polaire arctique.
^ Parmi les divers cbangements opérés par
' Them me* aucun ne parstt, au premier as-
pect, plus remarqnaole que la soumission
complète fc laquelle il a assujetti certains
animaux domestiques. On sait que, tout
jeunes que puissent 6tro les petits de plu-
sieurs races lion privées lorsqu'ils tombent
entre oo's pains, ils conservent, toute leur
vie, une limidilé eilréiiie et une grande
appréhension du danger; tandis que, après
deux ou trois générations, les descendants
«l« la même souche accordent ordinairement
il l'bomme une confiance sans bornes. On
peut Croire, cependant, qne de tels chsn-
femenls ne sent pas sans analogie dans
l'étst de nature, ou pour parler plus eiac-
lement dans les circonstances où l'inter-
vention de l'homme n'a point eu lieu.
H. Darwin rapporte que dans les lies
rialBpsgos , situées immédiatement soua
l'équateur, et 6 plus de deux oenls lieues
«>nviron i l'ouest du continent américain,
tous Itis oiseaux terrestres, tais que les
liouvreuits, les pigeons, les faucons et di-
vers autres oiseaux, sont tellement fami-
liers avec l'hoaime qu'on peut les atteindre
•iveo une baguette. ■ On jour, dit cet au-
teur, un moqueur vint s'&battre sur le bord
d'une cruche qiw je tenais k lu main, et se
mit tranquillement i y buire, puis se laissa
enlever avec le vase. » Cependant, suIreCois,
lorsque les premiers Européens abordèrent
Oans ces lies, où ils ne trouvèrent point
d'habitants, les oiseaux étaient encore moins
faronches qu'à présent. Déjh ils commen-
cent h acquérir cette crainte >aiulaire de
1 homme qui, dans les contrées depuis lang-
tamps civilisées, est iielurelle même aux
jeunes oiseaux, è qui pourtant on n'a jamais
tait de mal. Dans les lies Palklond, lesoi-
fiesux et les renards mémo n'ont aucune
peur de l'homme; tandis que dans lo conti-
(VJ5t) nofZkO DE u Mille, Am. éei Kienett
vaiurrllet, i. XXL
" I fupfdf^ dt BtafUf JouTuat dt Datviji, p.
m
«5.
nent voisin de l'Amériqne da Sud, uagnih]
nombre d'oiseaux appartenant lux DiïoKi
espèces, sont eitrémemunt sauvages; n
au'expliqent les attaques auiqaëllei, pét-
ant plusieurs siècles , ils ont été ea bvite
de la part des habitants (20S5).
Le docteur Richardson rapports dni
l'histoire intéressante qu'il a publiée ior kt
mœurs des animaDxdel'AmériqDediiNon,
que, € sur les points escarpés où les dut-
seurs ont rarement pénétré, les bâieri ïa
tnonlagnet présentent ta limplieité it m»
tère li remarquable dans l'eepke doeutlitH.
et se laissent approcher sans sucuncaiË'
culte; mais qne dans les lienx où iliiK
sauvent été attaqnés avec des anaes) fit,
ils sont excessivement sauvages: qu'à i>
firoche du danger ils donnent l'aliriDe i
eurs compagnons, par une sorte de »flt.
ment, et escaladent les rochers avec un
vitesse et une agilité qui déjouent Ion
poursuite fM)36). >
11 est donc probable que rbamme,enK
répandant surle globe, s apprivoisé UDgrisil
nombre de racea sauvages , mais qu'il di ■
aussi rendusauvages beaucoup d'tairn qui
ne l'étaient pas. Si quelques-uns ifei
grands rsrnassiers capables d'esoladet le
rochers, s'étaient frayé une issue (laoïlti
montagnes de l'Amérique du Mord nul
que les chasseurs j eussent [lénèlrf, il ni
h, croire qu'une modification semblable m-
rait eu lieu dans les instincts du moulon.
L'éléphant, plus qu'aucun sulre aniiaii,
offre uu exemple frappant dea priDtijtHi
pointsque je niesuis efforcé d'élaUir;«
la sagacité merveilleuse avec laquelle li»
plie aui exigences que réclame de lui II
société de l'homme, et les nouvellei lut»
tudes qu'il contracte, ne sont ni le risulii'
du temps, ni celui des modificatloD! p-
duites dans le cours de plusieurs g<M7-
tions. Ces eniniaux mulUplieol'artw'i
captivité, ainsi que cela est recunuan;»''
d'nuî, contrairement à l'opinion n^'^^*
plusieurs oBiuralistcs modernes, eUiàt-
mément à celle des Sticiros, d'Hiieo''^'
Culumelle (S037J. Cependant on a mp'^
■ eu l'habitude, comme étant le majtaji
moins dispendieux, de ne prendre ie^ '»>*
vidus sauvages, dans les forêts, (tue lo'^
qu'ils ont acquis leur entière cfoissW'
)ieu d'années, et quelquefois, dii-a'i> 1*'
ue mois après, leur éducation est comt^
tement terminée.
Si l'espèce entière avait, comme le «**
Dieau, été soumise à l'état de dom«liti|<'
depuis une époque reculée dansriiiiiw
de l'boiume, on aurait pu, sans doute, iiii>-
Imer la supériorité d intelligence de !««■
pliant à ses rapports fréquents et bmi'i^''
avec le miitire de la création; mais f*
savons qu'il suflit d'un petit nomltre'''^
liées pour produire dans cet animal udiei"
(303C) Fauua Banali-Amemaiw, p. VU.
mil) Sut le» habitude*, elc, de rHéjie1,tf
U. iloHSE. iPhil. irmi., 1709.]
im non HcnœtNAiRE apologetiqdc. wn mu
poser qa'il rinlise d'inlelligeoee tToe Véié-
phant, et ne rient à l'appui des réres dé
ceai qui s'imaginent que la race de l'orang-
Ootang pent £lra tranironnéu eo celle de
rbomme. Ca des babonias de Sumatra
Uimia earpoiegui) paratt £lre plus docile, et
les habitants l'eiDploieat soorenl h grimper
aux arbres pour cueillir des noti de coco,
genre de sernce ponr lequel cet ani-
mal déploie beaucoup d'adresse, il choisit,
dit sir Slamrord Kames, les noix mûres
arec une Irès^rande sag&cilé, et n'en cueille
que la quantité qu'on lui demande (2038).
Suivant U. de Humboldl, le singe eapuxtn
et le singe caeajao sont de même dressés,
sur les rires inférieures de l'Orénoque, k
monter sar les arbres el è eo cueillir les
fruits (8039).
C'est aux partisans de la théorie de La-
marclf à expliquer comment il se fait qm
ces mêmes sauvages de Bornéo n'ont poinl
fini par acquérir, après plusieurs génén-
tions, les bras allongés de l'orang. ou niftme
la queue prenante de quelques singes amé-
ricains, à force de s'exercer è grimper aux
arbres. U était naturel de prévoir que ces
sauvages, an lieu de s'astreindre k dompter
des brutes intraitables et obslioées, « d»-
raient être excités-a faire des efforts en r8|^
port avec leurs besoins, et que ces efforts,
longtemps continués, devaient néoessaire-
meot donner naissance h de nouveaux or-
ganes (20M)); ■ ou plutM i la réacquiailioa
d'organes qui , contrairement an principe
dn système progrettif, se seraient appau-
vris chez des races d'hommes qui en avaient
DO besoin constant.
Il suit donc des différents faits considérés
jusqu'ici, qu'un court espace de temps so^
fil, en général, pour produire presque tOBl
le changement qu'une modification des cir-
constances extérieures peut délermioer dam
les habitudes d'une espèce, el que la faculté
de se plier k dts circonstances Douvelles
existe à des degrés très-différents cbei les
diverses espèces.
Certaines aualités semblent élre attri-
buées 6 quelques espèces exelnsivemenl,
en vue des relations destinées k avoir lieu
entre ellrs; et surtout entre certaines espè-
ces et l'homme; mais dételles qualités soot
tonjonrs liées si intimement avec lesbabîIiH
des et les tendances primitives de cbaqos
espèce k l'étal sauvage, qu'ellesn'impliqueDt
nullement la faculté de s'écarler indéfini-
ment du type primordial. Les habitudes
acquises, qui résultent de fînlerreotioa d«
l'homme, se Iransmellerit rarement aux des-
cendants; el quand cette iransnissiOD i
lieu, c'est presque toujours relativemeot k
des habitudes qui ont quelaue rapport sen-
sible avec les attributs de 1 espèce ,k l'éUl
u'iiiilépendance.
Il nous reste encore ) examiner UQ autre
ordre <Je phénomènes, ceux qui oot rapport
et 1801, par Al. vt IIcmoii>t et Bo:iruw, rcblioa
bbbirlqiM.
^mW} Pkil. iovt., 1. 1.
prodigieux cbangemenldliabitiides, et lors-
qu'une fois ce changement est accompli ,
envaîD le même individu resterait-il l^b-
jet des soins prolongés pendant un siècle,
il ne se fait plus aucun progrès dans le
développement général de ses facultés. S'il
en étati autrement, son intelligence mérite-
rait bientAt une qaaiitication supérieure k
celle de ■ demi-raisonnement ■ que le poète
loi a donnée.
D'après le témoignage des Anglais qui
firent ta dernière guerre de Burmèse, il paraît,
et ce fait viendrait àl'appni d'autres récits
plus anciens, que lorsqu'on veut obtenir
des éléphants quelque exercice extraordi-
naire, on peut réussir à leur faire corn-
(nndre qae cela leur vaudra une récom-
pense. On leur montre quelque aliment
qn'ou sut être de leur goOl, pour les exciter
k faire ce qu'on désire d'eux, el ils parais-
sent si bien comprendre la nature de ce
eonint, que son inexécution, de Is part du
maître, n'est pas sans danger pour lui. L'é-
lépbani manifeste aîniEi la facolté qu'il pos-
sède d'adapter, avM ane promptitude vrai-
meal aurof-enante i ses instincts sociaux k
de aoBvelles circonstances ; mais l'étendue
de ce ch^gemenl est subordonoée à des
limites non moins strictes qu'arbitraires.
Bien n'indique une lendaooe k l'affaiblisse-
nent eontina de cerlaios attributs dont l'é-
léphant élsit doué originairement ; de même
qro'il n'j a nul motif de prévoir qu'eu ptu-
fieon milliers de siècles aucun cbangement
considérable sera jamais produit. Tout ce
^a'oo peut déduire de l'analogie, c'est que
1 on parviendrait probablement k obtenir
quelques races particulières plus utiles si
\ on lentail sérieusement d'en faire l'eipé-
ricDce, et que quelque caractère individuel,
aujourd'hui accidentel et temporaire saule-
meal, pourrait se perpétuer [ûr la généra-
tion.
Ainsi, cbaqae fois que les qualités do-
mestiques existent cbez quelque animal ,
cffes semblent n'exiger aucun procédé oou-
veaa pour leur développement; mais elles
raraissBOl avoir élé refusées complètement
• certaines classes, telles que la plupart des
queilrumanes , qui auraient pu, d'a|irès
iear force et leurs dis)K)sitions sociales,
rendre k l'homme de très^rands services.
L'ureng-ootsng que Lamardt, par la seule
raison, je pense, de la ressemblance de sa
lorme avec celle de l'homme, a considéré
:otiime le plus paKait des aoimaux iuDé-
ieurs, a été apprivoisé par les sauvages de
ItorDéo, qui [exercent k monter k des
tr lires très-élevés , et k en rapporter les
ruits. Il est vrai, dil-oo, qu'il n'obéit kses
i.aftres qu'avec une répugnance extrême,
'l que la plus sévère discipline est uéces-
•tire pour le maintenir en ét.it de soumis-
fin. Rien, d'aillours, deee que l'on Mit
\t:s faculté? de cet animal n'autorise k sup-
{205SI i.m., Tramt., m>I. XIII. p. Ui.
\ittZ9) Voyage aux rrifisiM fqiati»naU$ dn ttoa-
MK comi>Mi,rai(cuiîÙ9, l^W. tSVl, ISi», 1805
noK'
DlCTIONNAïaË APOLOGETIQCE.
lie»
If-i
h la production des fiybridci) (SOVl). Ces
pbiîiiomènes ont élé eQTissg^t lous des
tioinis de *ue trës-difTéreols à l'égard de
F:ur influence sur la question de la distinc-
tion permanente des espèces, quelques na-
turalistes les considérant comme la preure
la plus palpable en faveur de la réalité des
espèces; d autres, su contraire, les faisaat
interrenir à l'appui de la doctrine opposée,
c'est-à-dire de celle qui admet qne toutes
les variétés d'organisaiion et d'instinct qu'on
observe aujourd'hui dans le règne animal et
dnns le végétal, peuvent devoir leur origine
h un petit nombre de tjrpes primor-
diaux.
Quant aux mammifères et aux oiseaux, on
fl remarque que les races dont les habiludes
et l'organisa lion difTèrunt d'tina manière
, sensible, ne s'accouplent point ensemble; ce
n'est qfie parmi les espèces très-voisines
les unes des autres, qu'un tel rapproche-
ment' engendre de nouveaux ôtres. On peut
considérer comme une règle générale, qui
u'ofTre que très-peu d'exceptions parmlles
Suadrupèdes, que la progéniture des h^bri-
es est stérile; et je ne sache aucun exem-
pte bien authentique de la propagation du
mulet au delà d'une génération. Le plus
grand nombre d'observations et d'expé-
■iences se rapportent à La progéniture croi-
sée du cheval et de l'âne; elles ont prouvé
que le mulet peut engrndrer, et que la
- mule peut produire,. C'est ce qui arrive en
Espagne el en Italie, et surtout aux Antil-
les et 6 la Nouvelle-Hollande ; mais ces mu-
lets n'ont Jamais multiplié dans les climats
froids, rarement ils se sont introduits dans
les régions chaudes , et plus raremeut en-
core dans les contrées tempérées.
La progéniture hybride de l'ànesse etdu
cheval, le yinvor d'Arislole, et le hitmuâ
de Pline, diirère du mulet, c'est-à-dire de
la progéniture de l'âne et de la jument.
Dans ces deuxgeures d'iobrides, dit Buf-
fon. Us individus tiennent plus de la mère
que du père, non-seulement sous le rap-
[lOrt de la taille, maisaussi sous le rapport ue
It forme du corps; quant à la forma do la
léifl, des membres et de la queue, il y a plus
de ressemblance avec le père. Le môme na-
• (uralistea conclu de diverses expériencrs
sur.l» r-roisËmenl des races, que dans les
occouplemenls qui ont lieu cnire lo houe
«t la brebis, le chien et la iour^, le chor-
donneret et le serin, le mâle transmet son
sexe au plus grand nombre des individus
provenant de ces sortes ds croisements, et
que la prépondérance des mâles sur les fe-
melles excède celle qui domine quond les
parents sont de la même espèce.
Suivant le célèbre John Hunier, la véri-
table distinction des espèces doit finalement
. se déduire de leur inaptitude h multiplier
l<:s unes avec les sutrus, et à donner nais-
sance à des descendants capables de se re-
produire. Il D'aiImeUail point, toutefois,
que le cheval et l'âne fu&sent de la mima
espèce, à causedu petit nombre d'exemple*
que Ton citait de la reproduction des mu-
lets; mais il soutenait quête loup, le chiea
et le chacal appartenaient lous à une même
espèce, deux expériences lui ayant prouvé
que le chien reproduisait avec le loup et le
chacal, et que le mulet résultant de l'un oi
de l'autre de ces accouplements, reprodui-
sait à son tour avec le chien. Nous ferosi
observer néanmoins, que duns ces deux ru,
l'un des parents, au moina. était toujoun
de pure race, et que rien n'a prouvé qu'asa
véritable race hybride pouvait être [lerfit-
tuée; ce dont au reste je ne crois pas qo'm
seul exemple ait encore été cité, soîl à iV
ganl du croisement du cheval cl du l'âiif,
ou de celui de tels autres mammifères que
-ce soit,.
Si plus tard on venait à reconnaîtra qat
Jeux mulets peuveut reproduira leur espèce,
il resterait encore à rechercher si une leilv
reproduction ne devrait point être considé-
rée comme une monstruosilé résolUnt de
quelque cause accidentelle, ou pour parler
plus philosopiiiquement, de quel^joe loi ^
nérale non encore comprise, naais qui u
saurait s'opposer d'une manière [lermt-
nenle à ces lois de génération, dont, sa
général, l'effet est d'empêcher le mélânst
es espèces. Si, par exemple, on observai!
que, dès la première génération , les des-
cendants d'une race bybrida dégéoèreai
d'une manière sensihlefSoitsous le rapport
de la fofce, soit sous celui derintalligeMC,
ou de quelque autre attribut nécessairei
sa conservation dans l'état de nature, o:.
pourrait en conclure que, do m4me holu
monstre, c'est une variété puremeul*:»-
dentelle et passagère. IL ne paraît i^sp.^
I>able non plus que U plupart de^tsoùe-
tres soient jamais sulremeiit fnuDitî
qu'nrtiQciellemenU car, di^s les Ei(>«ne'.t-
cea de Hunter, il fallaH presque Vuujùuis
recourir à la violence ou à la ruse pnur
obtenir un accouplement ncrmal iH*î:
il parait que l'hybride ou mulet prés»>l<i
rarement un cirsctèra exacteaaent Inleriaè-
dhire entre les deux individus qui l'oal
produit. Ainsi, dans lit cours de se» «ipê-
riences, Hunter a observé- qu'un jeune
chien hybride rossamblail au loup bit«
plus que tout la reste de la p«rtéo, cl Wi^"*
mann rapporte, qjie dans une jiorl^e ùb't-
nue à ta ménagerie royale de Berlin, d'ui
chien d'arrêt blanc et d'une louve, debi
petits se rapprochaient du chien-loup onii-
naire, tandis que le troisième avait, coio:. r
tes chiens d'arrêt « les oreilles f-eo- '
danles.
Il existe sansdouleunuanalogietrë^-iiil^fr*
entrecesphénomènest'Iceuiquirésulliir.J
RiélaUf^a des deux races distinctes apjisrie-
nant à la même espèce, soit chez lessa.-
maux iuférieurs, suit chez l'homme. L«
JSttlSJ Beiuarqucs siipittèoiamirci, fait. inK-,
non
DICTIO?i»AlltE APOLOGETIQUE.
docteur Pricbard, dans son Histoire phj-
siqoe de la race linmaine, cite plusieurs
•lemples où les caractères propres aui pa^
rents oot été transniis d'une, manière très-
inhale aux desceodants : ainsi, des eofanls
complèieuent blancs ou noirs sont nés de
l'Européen et du Nègre ; quelquefois la cou-
leur ou quelque autre particularité de l'un
dfisdeux parents ne so reproduit pas chez
les descendants immédials', mais elle repa-
raît dans une génération ultérieure; comme
lorsqu'une mère et un père noirs, origi-
naires d'un père Manc , aonneni naissance
i un enfant blanc (20UJ.
Le même auteur observe fort judicieuse-
ment que, s'ilyatail mélange entra les des-
cendants d'espèces difTéreoles , et si la
[fopagalion des races b.f brides avait lieu
fré.)Lemmenl, le monde animal n'offrirait
bjenlût plus qu'une scène de confusion;
f srlonl ses diverses tribus seraient confon-
dues, el l'on trouTeraitpeut-èlre plus d'hy-
brides que de vraies et pures races (20U}.
On a pensé que l'hisioiredu règne végéul
Mumissait une preuve plus décisive en
faveur de la théorie relative à la formation
d'espèces nouvelles et pcrmaoeotes prove-
nant de souches hybrides. Les premières
l'tpérieoces exactes qui aient été faites
sur ce curieux sujet sont attribuées à Kôl-
renter : il oblioi une hybride de deux
espèces de tabac. Kieotiaaa tiulica et S.
poniculaia, qui diffèrent cunsidérablemeot
l'une de l'autre, tant i l'égard de la forme
lia feuilles, que de la couleur de U corolle
et de la hauteur de la lige. Le stigmate
d une tige de If. nutica aj^ant été impré-
gnée du pollen d'une tige de X. paitiauata,
la graioe mûrit el produisit une hybride
loleriuéilîaira entre les deux parents; mais
les élaminesda cette plante, comme celles
de toutes les hjbrides élevées par ce bota-
i:iste, étaient impal-faitea. Il imprégna en-
suite cette hybride de poitcn de N. ptmicu-
l-iia, etobUntdesplaotesqui ressemblaient
beaucoup ploa ï celle-ci qu'à la N. rtutica ;
l'uis, contiuuant ainsi pendant plusieurs
K^'Oérations. il Qoit, à force do persévé-
rance, par cbaugerla iïica^iaaa rusiica eu
A icoliama pamieidata.
Le mode d'imprégnation qu'îlaTail adopté
CCMisistait i éier les anthères de la plante
destinée à la fructification, avant qu'elles
eussent répandu leur pollen, et à mettre
eDsaiio nu pollua étranger sur les stig-
ix^atet.
La même cxi^éneoce a depuis, été répétée
a'vee £uccès par Wiegmann, qui paivinl
à ramener les hjbrides à un état de res-
scmtitaoce parfaite avec l'un et l'autre de
l*--urs pareuls, en les croisant un uombre
de fois stilKsant.
Dans plusieurs autres expériences de
Wiesmauni le mélange des caractères des
parents qui avaient servi de souche était .
(.omplet; la couleur et la forme des feuilles
cl des fleurs, et jusqu'à l'odeur même,
{iZijf Tuauiip, \vl. I, p. £î7'
étaient intermédiaires, comme dans les in-
dividas provenant du croisement des deux
espèces de bouillon-blanc. L'oignon commnn
et le iJOtreau [atlium rœpa et a. porrum), fé-
condes l'un par l'autre, donnèrent aussi nne
plante hjbride, qui, par ses feuilles el ses
Qeurs, se rapprochait beaucoup de l'oignon
cultivé, en même lempsqu'elle avait l'odeur
el la bulbe obloogue du poireau.
Le même t>otaniste remarque que, lors-
que les végétaux hybrides ne sont pas ri-
goureusement intermédiaires entre les plan-
tes qui les ont produits, ils se rapprochent
Plus souvent de l'espèce femelle que de
espèce mile, mais ne présentent Jamais de
caractères étrangers & toutes deux. Dn croi-
sement nouveau, avec une des souches ori-
ginelles, ramène généralement la plante
hybride è une grande ressemblance avec
cette souche; néanmoins il n'en est pas
toujours ainsi, le produit résultant d'un tel
croisement, continuant onelquefois k offrir
le caractère d'une hybride complète.
En général, le succès des tentatives gui
ont pour but la production et la perpéluaiion
des hybrides dépend, parmi les fttantes
comme parmi les Bflimaui, dn degré tie
ressemblance qui existe entre les espèces
mélangées. Si leur organisation diffère
beaucoup, la fécondation n'a Jamais lieu; si
elle diffère un peu moins, il se forme des
graines, mais elles restent toujours impar-
faites et stériles. Pour qu'il y ait dévelop-
pement déjeunes plautes hybrides, il faot
que l'analogie entre les espèces croisées de-
vienne plus sensible, et encore cela n'em-
pêcbe-t-il pas lés jeunes plantes de rester
infécondes; ce n'est que lorsque les espè-
ces productrices ont entre elles la plus
grande similitude, que la race hybride jieai
se perpétuer pendant plusieurs générations.
Dans ce cas même, les exemples tes mieux
avérés semblent se borner au croisement
d'hjhrides avec des individus de puro
race, car dans aucnne des expériences qui ont
été décrites avec le plus d'exactitude, en
ne voit les parents originaires Aire fous
deux bybrides.
"WiegiDann a drrersifié, autant que pos-
sible, Te procédé h l'aide duquel il déter-
minait parmi les plantes ces alliances ano-
males. Il semait souvent, près les unes des
autres, des rangées oarsllèles des espèces
qu'il désirait obtenir; mais, an lieu do
mutiler, eommo KOlreuier, les plantes
d'un des individus générateurs, il sebomaif ft
6ler le pollen de leurs anthères. Les branches
des plantes étaient ensuite recourbées, avec
précaatioQ, les unes vers les autres, et eu-
ireltcées; de sorte que le vent et de uom-
breux insectes, en passant des Qeurs do
l'une de ces espèces î celles de l'autre, en-
Iratoaienl le pollen, et donnaient lieu k la
fécondation.
Le même ohservaleor a vu un exemple
remarquable dtt la luaiiièrc dont tes hybri-
des peuvent être fumices a l'étal de nature.
^Oit; Tbiciuiid,, ioL I, p. 97.
nra
DlCriO:fNAIRE APOLOGETIQUE.
HDH
Les idgoiates de quelques 'çiroOdes jaunns
et de quelques œillets, cultivés eo an lieu
•ec el eiposds su soleil, sraient mari au
(lolDt d'élre humides cl de pouvoir, par
conséqucnt.absorber le pollen avecavidité,
bien que leurs anthères ne fussent poiat
encore développées. Les stigmates s'impré-
gnèrent du pollen de quelques autres
plantes voisines appartenant aux inSmes
espèces; mais si ces plantes eussent été
d'espèces dilTéreales , sans toutefois que
leur oi^anisalion offrit trop de dissem-
blance, un tel mélange eôt produit des races
b^brides.
lorsqu'on voit quelle activité déploient
certains insectes, tels que les abeilles et
plusieurs autres du même genre, pour
transporter de fleur en fieur la poussière
•ntberique des plantes, on a peine à oum-
prendre comment il ne se produit pas sans
cesse, entre espèces différentes, des allian-
ces conruses.
N'ûbserve-t-on pas continaellement aussi
avec quelle diligence merveilleuse les
abeilles sont occupées & recueillir la pous-
sière ruuga et îaune dont les étBmines,des
fleurs sont couvertes j ken charger leurs pat-
tes de derrière et à la transporter jusqu'à la
rucbe pour en nourrir leurs jeunesT En
pourvoyant ainsi, aux besoins de leur
rirapre race, ces insectes favorisent singu-
ièreœent le phénomëoe de la fructiflcd-
tion (201^5). Peu de personnes ont besoin
qu'on leur rappelle que» dans certaines
Iilanloa, les ëlamines ne croissent pas sur
M mêmes fleurs que les pistils, et qu'Jt
moins que te sommet du pistil ne soit lou-
ché par ta poussière fécondante, ni lefruitae
grossit, m la graine ne mûrit. C'est grâce
aux abeilles, surtoutr que le développe»
menl du fruit s'opère chez plusieurs des
asiièces en question; ces insectes laissant
éi-bspper iovolontaiiecnent, lorsqu'ils vien-
nent visiter les pistils, la poussière qu'ils
ont recueillie sur les étaminei,
Que de fois ne voit-on pas, aux luures
les plus chaudes d'une journéti d'été, les
miles des piaules dioïques, telles que Tif,
rester séparés des femelles, et envoyer dans
i'almospbère, à l'aide du moindre souffle
de vent, des nuages de pollen. L'interven-
tion si rsfe du léphir dans la fécondation
des plantes d'une esuèce avec le pollen
d'autres plantes, semble réaliser ce qu'on
/acoDte du miracle auquel les crédules gar>
diens des cavales de la Lusïtanie aiou-
taieut tant de loi.
On enuMi tena in xeptitfrmm, êiant npihtit al-
£xM^»(fw Utu MTot ; tt uepe, um vllU
CuiJKgiië,tettiograpida{aUrabiUdiclu!)liXM].
Mais il paratt que les plantes, de même
que les animaux, éjirouvent une r^puisinn
oalurellu pour les allidnces sexuelle? ano-
males : aussr, dans la pluiuri des uspérien-
(ÏM5) Voir ce qu"a écrit fiarton sur la CéographU
4a pUntu, p. 61. ^ '
ces tentées, soit dans te tirât luimil, leii
dans le règne végétal, a-t-irhlIurecoDriri
la force pour produire l'iraprégnalion. le
stigmate .«'imbibe lentement, et STec m
sorte de répugnance, si l'on peut s'eiprinw
ainsi, des granules du pollen d'une auin
espèce, même lorsqu'il en est Bbondinmidii
couvert ; el si, ft cet instsnr, la moindre pu-
celle de ponssière anihértque provenaDlde
sa propre espèce, vient fi tombersurlai.ij
J'absorbe aussitôt, et l'elTet du pollen éino-
ger se trouve annihilé. De plus, il arriit
assez rarement que les organes mâlesetfr
melles de la fructification atleipienl prfd-
sèment au même instant, dans des espSui
différentes, leur point de maturité. Li mfeii
otl un tel synchronisme se maniresle, et Dt
par suite, une imprégnation crnisé« iliei,
il reste encore beaucoup de chances cODin
la formation d'une race hybride.
Si l'on considèm le règne végétal Sm
manière générale, il faut se rappeler qui
parmi les graines qui ont atteint leur w-
tiëre maturité, il y en a une grande pirtii
qui sont mangées par les insectes, lei oi-
seaux et d'autres animaux, ou qui seiw-
dent faute de place o( de circODsUnteift-
Torables pour germer. Les plantes msliiliiti
senties premières détruites par les cna»!
préjodichbles k Tespèce; elles se lrau<etit
ordinairement' étouffées par drs indiiidiu
plus vigoureux de leur propre Hsgiéce. $i
donc la fbrce ou la fécondité relatite de
hybrides- étaft tant soit peu Tnoindre,M
dernières ne pourraieut se maioteDirpeD'
dant plusieurs générations, lorsmSoieqil
rétat sauvage elles seraient lonjours [vo-
duites au delè d'une génération, tmk
hjtt« unirerselle qui règne entre tan) lo
êtres au sujet de l'existence, le dmildui^u
fort l'emporte souvent sur celui itf»
hilHe; et la force ainsi que ladarit^cK
race dépendent principalement Aza^
dite; msrïs cette- qualité est, comnitiAlt
sait, Irès-restreinte cirer les hybrides.
La ceKtaurta hybriéa est une plinie qù
n'a jamais do graine^ et dont la pmliuiio^
ost attribuée au mélange fréquent dedeii
espèces bien connues de centaurée; t'it
erott è l'état sauvage sur ane calltne <^
sine de Turin. Le ranunotrfiir tocrnu, V'
est stérile aussi, s'e^t produit scndeiitrl^C* ■
ment 4 Grenoble et près de Paris, MrrwiiM I
de deux renoncules; mais ce résultat o'itt
Obtenu que dans les jardfns^MT].
M. Herbert dans un des mémoires W
nieux qn'Jl a publiés sur les plan(e) trjbr-
des, cherchée explig'jer pouroooi tWa»
se rencontrent point h l'état ce Rature:'' 1
fonde son raisonnement sur ce q^ur v»^
les combinaisons auxquelles il était pOMlil'
que l'on arrivât, ont déjè été faites, il;'
plusieurs siècles, et Oiit formé loi ditenci |
espèces des botnnistes; mais dans way/" |
dins, dit-il, charnue fois que des opéc»
ayout quelque efUuité les unes pour lu»'
(2046) V1HG11.C. Géorg.. tik. iii, ST3.
^31)471 HtpiEHT, HortU. (r«M., vtl. IV,fl!-
mi
■ox
WCTHMUUmB
trvs soni imeoées de régions différeolra et
mises en coolaet poor la première fou,-«lles
doonenl tuisunee à dei espèces d'hybri-
des (SOW). Quoi qu'il en soU, aucune don-
née ue prouve encore qu'une seole race Tij-
bride permanente ait jamais été produite,
même dans les jardins, par l'union de deux
espères voisines amenées d*ljabilatioos étoi-
gnées. Jusqu'k ce qi4e quelque fait de cette
si>rie soit parfaitemeot établi, et qu'une
oonrelle espèce, capable de M perpétuer
Sans la parlicipalion da l'homme, pntsae être
jodiqoee * il serait ass«s raisonnable de
n'admettre cette source hypothétique de
Boarelles espèces qu'avec la plus gnoda
réserTC. Quant à cette circonstance que des
races croisées engendrent quelquefois des
variélés, on ne peut guère la réToquer eo
doute; mais il est fort probable que ces ts-
riétésool une durée moins longue encore
que les races prorenant de greffes ou de
boutures.
De Candolle, dont l'opinion surnne ques-
tion philosophique de cette nature mérite
la plas grande considération, adit.dans son
Euai lur la giograpkU botanique que les
diiarses Tarielés de plantes peuvent être
partagées en deux catégories générales :
Mlles qui sont dues è des circonstances ei-
Kneores, et celles qui résultent de Thybri-
dilé. Après avoir cité plusieurs ar^menti
QDi Icodent à prouver que ni l'une ni l'autre
<f« cescauses ne peut expliquer la diversité
cOD5lsDle qu'on observe dans les plantes
rntfigènes des diverses régions du globe, il
s'eiprime ainsi è l'égard du croisement des
rmus : ■ Je comprends très-bien, quoique je
a« partage pas complètement cette opinion,
t« comprends et jsdmets, pour quelques
't, que, dans un pays oit se trouvent rsp-
>*t)chées plusieurs espèces des mêmes gèn-
es il peut se former des espèces hybrides,
< je sens qu'on peut expliquer par \k le
*ind nombre d'espèces de certains genres
"u'on trouve dans plusieurs régions; mais
s De coDf;ois [las comment on pourrait ad-
r^eUre la même explication pour des espè-
ms qui vivent naturellement è de grandes
ysfances. Si les trois mélèzes connus dans
t monde, vivaient dans les mêmes lieux, je
oorrais croire que Tun d'eux est le pro-
uit du croisement des deux autres; mais je
li saurais admettre que, par exemple, l'es-
èce de Sibérie ait élé produite par le croi-
raient de celles d'Europe et d'Amérique.
e vois donc qu'il existe dans les êtres or-
anîsés, des différences permanentes qui
e penveot être rapportées k aucune des
luses actoelles do variatioii; eu sont ces
ifl'érences qui coDstitueut les espèces
Les arguments les plus décisifs, peut-être,
outre la probabilité de l'opinion qui attri-
ue l'ori^oe des espèces permanentes è des
ices croisiSes, doivent se déduire de ce fait
IU18) nid.
\tlH9i Ettm ilémtmiMrt de §iofrMpkte boiam^tte.
APOLOCCTIQOE. HOU Mf
allégué par de Candolle, savoir : la grande
alTmilé qu'on observa entre certaines espè-
ces qui se troovent^ans des districts bota-
niqaes différent*, ou dans des contrées habi-
tées par des groupes d'espèces distinctes de
plantes indigènes; car, dans ce cas, les na-
turalises, qui ne sont point disposés k
sdopter toutes les idées des partisans du
sistème de la transformation, sont obligés
d admettre que dans quelques cas, des es-
pèces qui , k l'égard des caractères, se rap-
prochent le plus les unes des autres, fureoi
créées ainsi dès l'origine. Supposition tout
k fait débvorable k l'opinion qui admet
comme une des lois générales de la nature,
qu'il n'a jamais été produit qu'un très-petit
nombre «e types primordiaux, et que toutes
les races iotermédiaires doivent leur ori-
gine au mélange de ces souches.
Celle donnée, comme on le voit, est com-
plètement en désaccord avec celles que la
science possède sur la génération des hy-
brides; car les ptrénr>mènes observés prou-
vent que si, dans le principe, les [jpts
avaient été un peu différents les uns des
autres, aucuna met troiile n'aurait jamait
M produite, non plus que ces rices fécondes
que l'on reconnaît aujourd'hui pour des es*
pèces distinctes.*
D'inextricables dîfllcullés se présentent
aussi k l'égard de la propagation permaoeole
des races hybrides, lorsqu'on cherche k s'ex-
pliquer comment le mélange des différents
iDsUocts et des diverses tendances de deux
espèces peut assurer la coiiscrvstioa de la
race intermédiaire. Le mulet commun, ob-
tenu ariiUciull entent, peut être protégé par
l'homme; mais k l'élat sauvage, il n aurait
pas pfécisément les mêmes besoins quA le
cheval ou l'flne; et si, par suite de quelque
différence de cette nature, il veuait k s'éloi-
' gner de son troupeau et k a'égarcr, il de-
viendrait bientôt la proie des animaux fé-
roces.
Si nous considérons quelques genres d'in-
sectes, comme l'abeille, nous trouvons que
chacune des nombreuses espèces doiii ce
genre se compose présente quelque diffé-
rence dans ses mœurs, dans sa manière de
recueillir le miel,de construire sa demeure,de
prendre soin de sesjeuues, etdans plusieurs
autres particularités. t'ariDl les mouches k
miel communes, les travailleuses sont décr,i-
tes par Kirby et Spence, comme étant douées,
au moins, de trtfule sortes dilTéreiites d'ms*
Il nets (S050J.
On voit aussi, dans une classe très-nom-
breuse d'araignées, que ces insectes ont
presque autant de manières de dire leurs
toiles qu'ils formeut d'espèces. Quand ou
pense à la complication des relations de ces
instincts avec les espèces coexistantes, soit
du règne animal, soil du règne végétai. On
a peine k comprendre comment une race
bâtardepeut naître de l'union de deux do ces
(SU50) /HiriNfMliea ■ CEMtemolope. ^ SU; «d.
1917.
128S
Tioa
lUCtroSNAmE APOLOCETlQlE.
HO» .
ei|)èces, elrelenir exacU'niiiiil ce qu*il faut
dea oiinlilés de chacun des panants auiquets
primtliremenl elle doit son Drfginf, pour se
conserver malgré les dangers <jui l'entou-
reniv
Nous pourrions aussi demander s\, parmi
les insectes, il n'a été créé qu'un petit nom-
bre de ivpes génériques, et si les espèces
inlermédiaires sont d'origine hybride.; oh
sont ces (jpes originaux réunissant, comme
ils dcrraienl le faire, les éléments de tous
les insectes qui se sont munireslés dans les
nombreuses races qui en dériTeni ? Do nifinre
aussi, 6 l'égard de tous les autres anlmaui
«l des itlantesi nous pourrions demander si
)d) es|>eces en général ont une origine hy-
bride, rechercher où sont les souches quj
1>résenlent ta réunion des habitudes, des
propriélés et des organes dont toutes les
espèces iiitermédinims devraient nous offrir
de simples modtScalionsT
Je terminerai ce sujet en résumant suc-
cinctement les résultats auxquels j'ai été
smené psr la cotisidérdlion des phjiiomè<'
lies d'hyliridiié. JI parait que l'ariTsion dt;3
Individus d'espèces ditTérenles pour l'acte
du rapprochement sexuel est commun aux
suimaux el aux plantes, et que c'est seuie-
IDent lorsqu'il y a entre tes espèces une
iDBlogie intime, tant h l'égard de l'Orgnni-
sation que des mnurs, que leur union pro>
duil des descendants. Les mulets se ren-
contrent à l'état de nature, et jusqu'à pré-
sent l'on no saclie pas qu^ls se soient js-
tnais perpétués à l'élsl sauvage. Hais il a
"élé prouvé que les hybrides ne sont pas
toujours stériles, lorsque les pareoTs dont
ils proviennent originairement ont une
grande sfTinilé l'un pour l'autre, quoique
jusqu'ici la race mélangée paraisse ne s'd<-
Ire maintenue pendant plusieurs généra-,
lions qu'à l'aide du croisement des hybrides
avec des individus de races pures : expé>
rience nui ne justiiie nullement rbypoilièse
de l'étaulissemenl d'une vraie race aybride
(]ui soit permoQcntc.
On peut conclure de là que la répugnance
jiour le rapprochement sexuel olfre, en gé-
néral, un bon moyen pour reconnaître les
soucliei originelles ou les espèces, et que la
reproduction des hybrides est une preuve
do l'uninilé Irès-grande des espèces. Plus
tard, peut-être, le nombre de générations
IKndant lesquelles les hybrides iieuvenl se
perpétuer, avant que la race s'éteigne (car
elle semble, d'ordinaire, dégénérer promp-
Icmeiit), fournira au zoologiste et eu botu-
niBleun mojende déterminer expérimenta*
Icroeut les dilTérenCûs d'allinité que pré-
Stnient les espèces alliées.
Je remarquerai aussi gue si l'on était par-
venu A constater qu'une seule espèce per-
inanento eût jamais été produite par hyiiri-
ditè (eu dont un n'a aucune preuve bien
avérée), cela aurait certainement prêté quel-
que soutien aux idées des anciens sur la
(i05t} ilùcoan, etc., p. I!8, 1895.
détérioration graduelle des eliosfi trétn,
mats n'aurait, en aucune manière, ippiTf
la théoriedeLamarck sur leur perfectiliiiiil
progressive; car les observations bilnini-
^u'èi présent ont montra que rorgauiuiina
ms animaux el des plantes bybridei toi] i
dégénérer.
' Nous avons déjà remarqué que \t thfont
du développement progressir résulte de Ij
tentative faite par les partisans du sjiMsf
de ta variabilité des espèces, de baser liwn
doctrines sur une des général isitioni b
plus populaires en géologie. Uûslesn-
cherciies géologiques modernes ont enlit-
rement détruit» dans les groupes succM
dos êtres animés, toute apparence de Ijgn-
dation Que l'on supposait indiquer 1m pro-
grès opérés lentement dans le monde orp-
nique, à partir do la structura la plus simpti
jusqu'à l'organisation la plus eomple».
Des arguments d'une nouvelle forn todI
nous conlirmer de plus en plus dans II ni-
viclion que te principe fondamental dï TU-
ridilé dti forma est inaltérable.
ÎIT
le qratènie de li InnibrmaUoa des
, par l'eiameu compii
eifièces «cluelies.
des emiui
« Si les espèces, dit Guvier, ont tUné
par degrés, on devrait trouver des lnc»dt
ces modifications graduelles, on deTtiii(it>
couvrir quelques formes iiilemiidiiirti
entre le palœotherîum el les espèces dm-
jourd'hui , el jusqu'à présent ceU n'est f»
arrivé. Pourquoi les entrailles de 11 Itm
n'ont-elles point conservé les monuoioU
d'une généalogie si curieuse, si un'di
parce que les espèces d'autrefois^"^
aussi constantes que les nAtres (905IJt'
Pénétrons donc au fond de* damiiiie^
la nature inorganique; interrogïWi ^
débris des espèces animales el végtuiei^n
les révolutions du globe onlenseieli»'^!'
les roches, et voyons si l'assertion dup»J
observateur que nous venons deù\i!^
basée sur des faits incontestables.
RappelonS'^nous que l'échelle desi kmios
on descendant dts formations les jtloii^
centes aux plus anciennes, est ainsi con)*
truite : terrains alluvien, diluvien, liriii'Ki
secondaire, transitaire et priiiiitif. Eb biih
dans cette longue série do couclies<)iiia>a*i
sliluenl l'enveloppe minérale denolrepta-
nète, il n'a été découvert aucun lo-'^'''
animal ou végétal, qui ait oéceisilé l'étibli^
sèment de quelque classe nouvelle. Titiii>
ou contraire, viennent se ranger dins !•*
mêmes grandes divisions qui ont été «*^
pour tes eSjièces actuellement eiisiuic^
De là, nou? sommes autorisés à coadi^'*
que les créations organiques les fias ^'
ciennes, comme les plus modernes, se ^'■;>
accomplies d'après uu même plm g^DC''i
fil, par conséquent, loin de lauvoif *'''
décrites comme constituant aes sj^do
distincts et isolés dans la nature, Hld"
IHCTlO^NAIftE APOLOCCTiOUE.
1101
liH
éoivenl être eonsitUrëes que comme di-s
sjslèmn qui » correspoudent el ne diffè-
rent ijoefûr quelques-uns de leurs détsifs.
Ces différences, Irès-aouTent, oeconsliiuent
medeioioutieuses distinctions si>éciGqaes.
Hoas vojODS donc l« problème des rapports
«tire les orgaoÏMlions récentes et celles
dont il noos est partenu des restes fossiles»
fëiola p*r une loalogie générale dans l'en-
leoble de l'orgaoisAioo, parde nombreuses
stniitilodes dans les points essentiels, et
per une dÎTergence presque universelle
dans les déiails (1»S).
Considérons a'«bonI les plenles fossiles.
Quand on compare les lois qui ont dirigé
les divers systèmes de v^élation qui m
sont succédé sur les surfaces anciennes de
notre globe, avec celles dont rinOuenca
régie et coordonne la régélaliûn actuelle, il
résotle de celle investigation un fait d'une
baale importance relativement à l'unité du
plaB de la création ; c'est qae les familles
dont se compose la flore fossile furent or-
poiséû d'après des principes identiques
avec ceux qai président encore aujourd but
•s diveloppemenl des végélaoi, ou telle*
•eut anakigtras, que leur ensemble ne cons-
iAu« qu'an seul el même grand code de lois
dcHrttées i la coordination universelle de la
fM.iiosi nous trouvons, dès les formations
/» plus anciennes, celles de Iransiiion, des
foroict Totales présentani, non-seulement
lescarsdèrcs fondamentaux qui distinguent
enlre elles les plantes endogènes et les
I •iiDiei eiogènes, mais offrant aussi. Jusque
«Mules moindres détails, une relation in-
Ciaie de itruclure et d'organisation avec les
pTsities de l'époque actuelle. C'est fondi^'S
»ur reite identité de censtnictîoo organique
^se les paléontologistes ont pu rapporter
a ai lamilles actuelles les végétaux de la
r>^rtode de transition et de toutes les autres
-'triodes subséquentes, les calamités aux
iMqaiséUeées, les lépidodcndrons aux lyco-
t-^diacées, les conifères, les fougères, les
^cadées, les palmiers> h leurs lamilles et k
bsan genres respectifs. Ces plantes fossiles,
l ae tant de siècles séparent de nous, ont
>wuf1«iil traversé tons ces Ages ponr arriver
usquï nous arec leurs caractères spéei-
jques. Plusieurs senlement, telles que les
laïamiles, les lépidodeodrons, etc., prenant
xt rebours la prétendue loi de la iraiumu-
tuiom profreuift, sont de dimension gigan-
e»<]ue durant ces Ages primitifs, et n ont
ue des miréseolanls aaios dana la création
ctuelle. La présence simultanée des plan-
ES acotriédooes et dicotylédones daoa les
oacbes les plus anciennes, est un antre
rgumeol dont le lecteur saura apprécier
an le la forte, contre la théorie qui veut
lire descendre, par un changement graduel,
n Aires les plus (■■oraplexes des êtres les
CMSS) r«f. PaiLLiPii Gnât M ftoUgf, ^ 61.
(MS5> CMiBOit M laîl-il, pootTUV«ii demander
■Mi.i|Belesiooph7icsdeces^esprimilib, aép»-
» de iMMis par udi a'aiuM», aient iraversé lotitet
s périodes léoloflqws poar arriver Jasqa'à notre
plus simples et les plus imparfaits.
Cberebonaè présuntsi, paroii les JnnotD>
brables débris d'animaux fossiles que recè-
lent les entrailles de noire globe, il ne se
trouverait poiotqucique chose i l'appui de
la théorie que nous combattons. C'est d'a-
bord une présomption singulièrement défa-
vorable au système de l'évolution successive
3 lie ce ré.'tultat, auquel a conduit l'élude
es délH-is animaux, que les autres grands
embrancbements actuellement existants des
vertibrii, des artavlét, des mollutqua et
des rttjfonniM, ont commencé i la m^ice
époque, et que celte époque coïncida eiac-
lemeut avec celle où apparaît la vie (irga>
fliqoe sur le globe. Si le système avait quel-
3ue fondement, oe aerail-ce |>as k l'origine
e la vie, aux Ages du globe où elle a fait sa
première apparition, qu il devrait triompher
surtoutt Ne devrions-nous pas trouver,
dans les couches les plus dnciennes, les
classes de zoopbyles i l'excluâion des ani-
maux qui appartiennent aux cUsses plus
élevées ; puis, dans les couches qui suivent,
les espèces successivement plus complexes
et plus parfaites, ne devraient-elles pas ap-
paraître dans l'ordre relatif de leur perfec-
tioDOi^aiiiqueTll n'en est rien, cependanli
mais les animaux qui sont placés aux deux
bouU de l'échelle zoologiquu se trouvent
associés, au contraire, dans la formation
qui uous offre les premières traces d'êtres
vivants (2053).
Entrons dans les détails el moDtroas,aVtre
la plus irrésistible évidence el par les faits
mëmeS) que l'iiypoihèse panthéiste, sur l'o-
rigine des êtres oi^nisés, est mise i néant
par les découvertes les plus inconteslabit-s
de la géologie et de la physiologie paléon-
tologique.
Nous allons présenter les résultats déSoi*
tib auxquels on est arrivé stir l'ensemble
des animaux fossiles connus aujourd'hui*
c'est-à-dire sur le chiffre de S4,000 espèces
contenues dans 1,600 genres différents*
appartenant aux quatre grands embranche-
ments : animaux vertébrés, animaux aooe-
lés, animaux mollusques et animaux rayon-
Nous allons successivement examiner :
1* L'inslaut d'apparition des ordres d'a-
nimaux comparés a leur nombre respectil
dans les âges du monde;
2* l«s périodes croissantes oo décrois-
santes, dans les âges du monde, des ordres
d'animaux comparés i la perfeeiioo de res-
semble de leurs organes;
3* L'instant d'apf>arltion, dans les Ages du
monde, des ordres d'animaux, comparés au
degré de perfection de l'ensemble de leure
organes.
^A. — IflSTiKT p'ifPAainoii Bas oanaa»
d'>iiiiiaox cOMPÀiâs 1 LBue aoune aespea-
époqoc, aiM se soient pM IranifonBés en motles-
ques, en arlicatës, etc., et ceux-ci en daiaes pi»
clavret 1 11 ne devrai plm y aveir ■■jonrd'kui «or
ie globe qu'on sod caUnscheaMit, celui des vav-
lelHés.
tm no» DICTIU'NNAIRÏ A1H)L0GGTIQV£. lOH ttt
Ttr DkM 1.VS AOBS DO HuHDB. — fin jelaot développttmeDt de fbriaei zoolagii(au, u
les jeux sur le lablesu , oa y toU d'abord sura la cerlitude que, relalifemtutiaïKa.
qu'un cerlsin nombre d'ordres OTistaiBot bre, les ordros de la période d^roistaoït
aveela première arriaialisation, et que ce sonten miuoHté; maiscAtleroifloritéD'ijui
sombre a constammenl BUgmenlé, jusqu'à jamais élé eoBStatée, «cquierl une imaxiiM
préseot, dans les Ages du monde. Si, en lOiporlaDce. puisqu'elle vieut BnxiiËcttn-
^et, sans tenir compte ^es organes des tiërement les idées sur la marclie toujoun
animaux compris dans ces ordres, nous les croissaute d« l'aDÎmalisstioD lurlilene.
divissns, suiTBiit leor Age «t leur nombre, QuaaJon voil.en effet, 13«r(lresHirTI,oi
B9US arriTerons auxcoodasJùDSSuiTaaies: plus du sixième de l'ensemble numérHjH
-, j j I . ■ TA. «e irouter dans la période déoroisssule et
OrdrM connus d.» fa» terrai ni paie*- déreloppement de formes loologiqua.e.
OrdrScoAa«dVii$leii.^.inï'irûtù doit naturellement en conclure quetuio
quel, . . . ■ n les séries animales n ont pas sum iin«
Ordres connus dans tes terninsja- marche uniforme dans les iffis iatmi.
ntuques il On y voit eocure une excepliun iiB[i«[Uv.
Ordres Munui dai» Ici terraiu créu- t cette loi trop généralement idiaïKli
•^ ,• • • ■ '* perfectionnement progressif ddtini,»
Ordres eiisiani daui la faune, cod- marchant des époques anciennes luiriu
i^powme 70 nodernes.
Les cfailTrei précédents démontrent que, Si, enefTat.ces 13 ordres en dd^iisiw
pris dans leur ensemble numérique, et sans aTaient leur maximum aux deraièru ipi-
s'occuper de leur caraclire, les ordres d*a< ques qui nous ont précédas sur liierrr,»
Bifunux sont d'autant plus nombreux qu'ils pourrait encore croire à c« perfËCtian»
se rapprochent davantage de notre époque; ment progressif jusqu'à l'instsiil où ta»
qu'ils soiil, en un mol, dans une progression ries animales ont commencé à ilécroiin:
croissante de nombre, des terrains tes plus mais il n'en est pas ainsi, comme on ti Ii
aRciens aux plus modernes, et 'lu'aujour- voir par l'époque géologique i laquelle,!')
d'bui les ordres d'animauxsontHeurmBiL- près les données actuelles, ces unireiou
mum numérique de. développement. Les atteint leur maximum de dëTeluppemeo
résultats purement numériques prouveraient générique. Nous voyons entrer dins ceU
donc, pour les ordresj aue la roultiplicilé période décroissante, avec les temiaipi-
des formes animales est d autant plus grande léozoïques, les premiers de l'animiiluiiis:
qu'on s'approche de l'époque actuelle. 11 lespoissons placoïdes, lespoissoisgiriûiilci
reste, mainleDant,àrecUerclier i.i cette mul- les crustacés tribolites, les mollusiiiiei t^
liplicité de formes est en rapport avec la pbalopodes lentaculifères, les moliusqw
complication et la perfection comparative brachiopodes brachidés et les ctiDoiilfl
dea^ organes, ûxes.
B. — PàLiODBS caoïsBANTBs OU oicBOis- Les 7 autres ordres entrent «a nel»-
SANTB8,Diifs LES iQEs DU HONDK, DBS 0BDRB3 croissaute Bvec Us épuqses sulTsiitei;
d'ariiiaux cohpakés a Lk PERFECTION DE Daos Ics tcrraius jurassiques,lat[i(iiÉ»
l'bnseiible DB LEURS ORGANES. — En JBtaut grande époque du monde, ou Im"'^
(es yeux sur le tableau qui résume la ma* reptiles sauriens et les crinoïdes iiw^
■liére dont les genres su comportent dans Uans les terrains crélacéa, la <^<*i^'^
jchaque ordre d animaux en particulier, on grande époque du monde, les ooiU^w
roil d« suiie que ces ordres peuvent sedi- bryozoaires, les mollusques brecliior^
viser en deux séries,' qui ont suivi une cirrhidés, les foramioiféres cjclwltgii'i
tuarclie toute différente. les amorphozoaires leslavés
1' Les ordres dont les genres atteignent Knlin, dans les terrains tertiaire) qui '^'l^
leur maximum numérique aux époques ont précédés sur la terre, les Duaiini^^
géulogiiiues psissées, élue présentent plus, [Uchydermes, les mammifêros éJenUi'
a i'é^oque actuelle, que des nombres ini'é*' £n râsumé.on voit que sur Ivs 13 oniit!
rieurs à celui qu'ils présentaient dans les 6,ou prèsiie iamoitiédfil'eiisiiaibiei«B<"
A^es BRlérieurs; ordres placés, depuis plus dans le période décroissanle avec li \'f
ou moins longiem|is, dans une periotit dé- luière époque de l'auimslisaliou du é'^<
eroitianté de dévtloppemtnl de foraut soalo- taudis que ueui seuiement ODtsIieinl ttU
giquet, période dans l'Age qui nous a précéda j*
3t* Les ordres placés toujours dans «ne la terre. Ce résultat est encore twl 1 1**
pén9deeroUiatileded4veloppaMiitdeformea contraire au ptrfectioonemeat pro^''
jtootogiqttu. puisque la moitié de l'entciuble cami»"'^
Voyons d'abord le nombre comparatif sur le globe par Itiur maximum de tl^)«k'
des ordres dans les périodes décroissanlus pement de iurmes zoologiques, et it>^'-'_
et croissantes. coutraire, toujours trouvée dans lift""'
Mous avons, dans la période décroissante, décroissante jusqu'à notre époifue.
13 ordres ;daus ta période cruiss<iul«, uuus Nous alloiiSi^du reste, cou^déferlcB'^
«0 avons 64. bre el la valeur des 13 ordres eo tOÙ •;\
Si nous opposons ces 13 ordres en voie croissante, par rapport à ta p''<^JL
décroissante auxMordres quisontloujours occupent dans les quatre grand) t^'r
•u contraire, dans le période croissante de chements des animaux , afln de recoo»""
tm
nuv
si CM npfiorls toot ou non faTorablei lo
{■erfedionnement soceessif des £lres.
EmÊbranekemtnt de$ aniwiaux rajfannéi. —
Cnnimençons parles êtres les moias parfaits,
waxquj, saiTaDirh;polh£seda perfection-
iiefDCDt, dernienl prédominer, puisqu'ils
auraient dû pariltreles premiers, et attein-
dre anssi les premiers lear période décrois-
sante. Ce résumé nomériqne nous donne :
En décroissance , k ordres ; en croissance,
ii; rapport, 1)3. Le rapport du nombre
r»t donc de 1 t 3, ce qui n'est pas consi-
dérable, surtout JursquouToil ce résultat
rester au-dessous de celui que nous offrent
les animaux mollusques, et ne montrer que
mnins du double des rapports qui eiisleot
rhn Ips animaux verlétïrés. les premiers
de l'échelie.
Si les proportions étaient suirantPhypo-
Ibèse du perfection ncnieiit. on devrait trou-
ver ces quatre ordres en voie de décrois-
saoee parmi les dernières séries animales;
mais il n'en est pas ainsi. Bien qu'on re-
nsnioe parmi ces ordres, l'nn des amorpho-
roairt», ou spongiaires lestarés, les êtres les
r<las înlormes ft l'un des sept ordres de (»-
'vwtinifirtt encore dans les dernières séries
lies êtres, il n'en est pas moins irai que les
ftàiu9d£rme§, les plus parfaits des animaux
rayonnes, Corment i eux seuls la moitié de
ce iieiiibre,et qu'on de leurs ordres montre
MMi asaximum vingt étages avant les amor'
ptiozMires, les derniers dans l'organisallnn
aof maie, On voit que , suivant les périodes
;roîss«nies el décroissantes seulement, les
inîmaox rajonnés offrirnienl non-seule-
nent des exceptions au perfectionnement
trogressif, mais prouveraient même une
narche contraire.
KmbrmuktmaU des animaux mottutquu.
- La question de savoir si les uioIJusquus
i4ivent venir avant on après les animaux
noetés, n'est pas, pour nous, tranchée
'oiie manière bien définitive; car il est cer-
itD qu-t si les animaux annelé* soDtdou^s
V mujeos de locomotion pics parftils,
DUS certains rapports, les céphalopodes,
anni les mollusques, offrent une orgaiiisa-
lon bien idus eoiiiplèie sous d'autres points
e Tue; aussi ne présentons-nous ces em-
raitchemenls que comme des séries qui
ai vent marcher parallèlement, et non l'une
ff-^ l'autre. Parmi les mollusques nous
ouTOns le résumé numérique suivant :
Ko décroissance, t uniras; en croissance,
3; rapport 2f5. Le rapport de nombre
ït» comme on la voit, des deux cinquiè-
:es; nombre qui place les animaux mol-
is<jnps bien avant les animaux rayonnes
>ur les ordres en voie décroissante de dé-
slnppement, et offre dès lors bien plus
eiceittioBs numériques k la loi da perfec-
onuemem progressif.
Ces exceptions sont encore bien plus frsp-
iiiles, quand on j voit les téphalopodei, les
'foiters des mollnsqucs par Is perfection
; leurs organes, parmi les k ordres en dé'
xiifssnee; car, alors, ce ne sont plus quel-
jcs ordres qui forment celte exccpiioD.
DNmDHlIAUB «VOLOGÉTIQQI. 1.
APOLOGCnQUB. IIOV fXK
mais bien Tembraneliemenl mut entier. Nous
voyons, en effet, les céphalopodes atteindre
leur période décroissante dès le premier âge
dn mondeanimé dans l'étage silurien , c'esl-
è-dire deux étages avant les broekiopoëa
braekidéa, vingt et un étages avant les en-
ckiopodtM cirrhidfy, bien moins parfaits que
ces damiers, et vingt-deux éta^s avant les
mollutquei brjfoxoaira, les derniers da rem-
branchement sous le rapport de la perfec-
tion des organes. Il n'est donc pas doutent
qne, d'après les périodes croisunles on dt'-
croissantps, le perfectionnement progressif
des êtres est tnul è fiiît illusoire pour les
animaux mollusques, qui , depuis les pre-
miers Iges do monde jusqu'ft présent, oni,
au contraire, marché dans la voie de di^
générestence la plus marqnée, la pins po*
sitive,
ira«6raiuA«at«iU de* animam» annMt. —
Nous citons ici cet embraocbeiceni plntOt
jwur compléter le cadre de nos considéra-
lions que |)OQr en taire un parallèle régu-
lier avec les autres; car, dotons les êtres,
ces derniers ont été les plus foeîlemeot df^-
truils dans les couches terrestres, qui ii>*
nous offrent plus, uns doute, que qaHqups
débris échappés è leur prompte aitéraiinrt
el aux grandes commotions géologi>(nes dit
globe. Les animaux annelés fossiles, tels que
MOUS les connaissons, offrent le résollal nu-
mérique suivant i
Kn décroissance, I ordre; en croissance,
18 ; rapport, I1I8. Le rapport de nombre est
d'un dix-hoitième pour les animaux annelés
mais, comme nous l'avons dit, ce résultat
n'est basé que sur le peu de débris de ers
animaux qui ont pn échapper k fanéanlisse.
ment général de ce* êlres peti faits pour ré-
sister A des causes si nombreuses de com-
plète desirueliou. Cet ordre en décroissance,
celui des enutaeii trilobila. gai, né arec la
première inimalisatiou du gfobe, j trouve
son maximum et disiiarall du monde anima
deux.étages après, appartient du reste aux
emstacés, animaoxplos parfaits, par ezeru-
ple, que les aunelides, que les eirrhipèdes,
dont le maximum se trouve è l'époque ac-
tuelle.
BmbranehewuiU dta animaux vrrfAr/*. —
L'embraucbementdeséirasles pluspirfaits,
celui auquel appartient l'honime, devrait, si
la loi do perfeclionnenient existait, ne mon-
trer aucuD ordre en décroissance : ce qui ne
résulte pas des faits; car l'observatiun donne
le résultat suivant :
Ea décroissance, 5 qrdres; en croissance,
93; rapport, plus de t;S. Le rapport de nom-
bre est de plus d'un cinquième, ou un peu
moins d'un quart, proportion énorme pour
des animaux si élevés dans l'échelle. Ce ré-
sultat prouve que les quatre embranche-
ments ont marché parallèlement, einon sar-
ccssivemeot, dans lear développement de
formes.
Voyons maintenant, suivant la place qu'oc-
cupent ces S ordres dans les animaux verli^-
brés, si la loi de perfectionnement existé
Les animaux Turlébrés , d'après leur degré
kl
1»1
croissanl do -pcrrcclinnnement nhj'siologi-
auc, se composent des poissons, dofreplilus,
es oiteiui et des mammirères. Si c>ii eni-
branchemeot srait suivi la li^ne graduelle
du perrecliounemeot, on devrait IrouTer lous
les ordres en voie de décroissance parmi les
laissons l«s moJDS parfaits, et aucun diBs les
mammifères. Il n'en est pourient pas aiDsi;
car sur les S ordres en décroissance , 3 ap-
luirllennont auxpoiêion$, les plwoideiei les
ganoldei; i nul replilti.Wataurient; eli aux
mammifirei , tes paehydermti et les idtntéê.
Les 3 ordres du poissons, les çanoïdes et les
placoïdes, ne sont pas les moins parfaits do
l'ensemble, puisque non-seulement ils sont
supérieurs, sous ce rapport, aui pl«urone&-
loïdes ou (loissons non sj'méiriques encore
dans la période croissante; mais encore,
parmi eux, les placoïdes, dont dépendent
les squAica, sont encore, d'eprès les belles
recberchei de M. Duvemoy, supérieurs k
tous les autres poissons, sous les rspi>ort8
delà perfection. iJuiTant ce résultat, lesitois-
sons -auraient suItî une marche contraire au
pcrfecUonneuient. L'ordre des reolitesea dé-
cnoissaiice, celui des sauriens, n était cerlsi-
Donient pas le liernier des reptiles, puisqu'il
e&l supérieur, b tous égiirds, aux batraaau,
soumis 11 des mélamOrphOMS et dans la voie
croissante. Lis mninmifëres en voie décrois-
sante, les pachydermes et les édentés , sont
Siins aucun doute, plus parfaits que le»
célaeii, toujours en voie croissante. 11 est
donc évident que cbez les animaux verte'
lires, considérés suivant les périodes crois-
saules et décroissantes, non-seulement il n'y
a pas de preuves du perfeclionneinent suc-
ceisif, mais qu'ils donnent, au contraire, des
rreuves de la uon-eiislence de cette marcha.
I est encore certain que, d'après les consi-
dérations qui précèdent, les classes de cet
emb^ancbcment n'ont |)as marché successi:
vemeal, mais bien iiaraliélemcal) cequi eX'
IHCTIO.NN.UnE APOLOGETIQUE. HW us
rlicmcnl« n'ont pas marclt^ snccKsîit-
mcnl, suivant leur degré de («rTcclIaD mu-
parative dans les Skcs du monde, maii lur
quBtrti lignes paralTèlea indéf^oiiinUi, ré-
SHllAt tout k rail contraire au pvrf«diouiie>
ment progressif pris en géoénl.
S'il existait, du reste, quelques doulcs ï
cetégsrd, la comparaison du noaibreduor-
dres dans cliaque classe vieodnii pruum
Îue ce parallélisme existe Doo-ieuitmeM
SOS les quatre grands embrancbeaieiili,a)0'
parés aux AgAs du mondesBiné, mais qu'il
faut encore l'admettre dans let cliiseï di
eo« embruichements , qui loaleit oal JuIn
des lignes parallèles indépendantes dinicti
Ages du monde, et non uneli^aedesuc»-
sion suivant leur degré de purfectioD nhi:-
parative '. dernière conclusion qui détral
touiA fait le perfectionnement' siKxcuitiic^
Êtres, en marchant des époques leipluiiir
ciennes vers l'époque «cluelle.
Cl — IkBTAHT d'aPPASITH)!!, DiXS lu icu
DU HORDE, DBS OKDKKS d'aKIMIUX CDITUÉI
ID D&GRÂ DE PESFECT^Oli DE L'bUSEKSU H
LEURS oasAiiEs. — Comme nous l'avous lui
remarquer précédemment, le non^dti
ordres a, dans les comparaisons, mmindt
valeur oue la perfeclioa relalive des orgue».
Nous allons, sous ce rapport, comjvr.i
l'instant d'afifiarition, dans les Igu ti<i
monde, des dilTéreols ordres d'saiiuai
avec Je degré de peiTeciion de Itiun «-
ganes,
Hn |etanl les ;eux sur le lablsiB (b li i
répartition des ordres h la surbceilugloU I
terrestre, depuis le commenceuieat Jiliii-
msJisalioo jusqu'à notre époque, oaituir
d'sorès les données actuelles de la uitio,
qu avec la première grande époque gMOcr
que, Ja période paléozoïqua, viriient JU-
dres d'animaux sur 77, ou presque la doU',*
nombre consiilérahie quand on coiui^''
les causes multipliées de deslruciioofi'X
dut tout il fuit ce pcrfectionuciueut suc- "soul op^^sées à ce que cette preoiilR^'
cessif.
Eu nous résumant sur l'ensemble des pé-
riodes croissantes et décroissantes des or-
dres d'animauxcomparésaux Ages du munde,
on voitque, suivant le nombre des ordres,
la majorité serait encore dans la voie crois-
sante, tandis que, suivout la valeur des ca*
ractères ptiysiologiquM comparés, A l'Age,
tous ces résultats numériques dispârsisseut
pour faire place k la démoustratioa ia |>tus
certaine du non-perfecliouoement successif
des êtres.
Kn effet, les détails dans lesquels aous
somm es entrés A chaque embranchement, coo-
duiscnl A cette conclusion irès-importame :
Sil'liypottièsedu perfectionuumem progres-
sif existait, ou devrait trouver tous les or-
dres dans la période décroissante parmi les
animaux rayonnes les plus im[>arfaits, et au-
cun p^iui les animaux verlébrés les plus
parfaits, tous ces ordres en décroissance ne
M trouvant pas dans Je premier embrunche-
roenl, puisque lesaidmaui verlébrés en of-
frent daus des proporlions peu Uilférentes.
Oo voit, dès lors, que ces quatre cmliraii-
que, SI éloignée de nous, puisse ddu dw-
irer entièrement la richesse réelle de ^
aiiimalisation. Néanmoins cette preiw
époque offrant A l'industrie sur tout lt>
poiu(s du monde, l'exploitation de la li»ui><
comme mobile des recherches. ncuiciDjuui
que c'est la plus connue, e( celle, peul-iui'
qui nous présente les résultats lu pi»
complets.
Ces 3t ordres, rencontrés dansleslerrtix
psléozoïques, sont ainsi réportu dam ''^
différents embranchements :.
&nÎBiani rsyonoéa, Ivts^
ADimuii aoUusques, i "
Aniioaui annelé^ <i '
Aiiiniaux vciiélvés, S ~
Ainsi, les quatre grands embrancbeoN'i
seraieniégalementrepréseatés; ce qui l""-
verait que tous sont nés avant la yrmi'-
grande époque du monde animé siut»"'''
lester do prédominance trop oisrquic- 1^
résultat, Ues plus positifs, jiuisqu'il c><'^
sur un nombre considérable de IùU,i«'*'
rail, en aucune manière , farorable à ''■';
trop généralement admise, que le^ ^-^'^
■«3 non nCTH>!rfAIRE
som iTaulaDl plus |>arCii|s qu'ils ss rappro-
chent d» r^fioqw aclvalle. Pour que celle
bjnotbèsfl fÀl «raie, il faudrait que iods ces
ordres de la |>reruiâra aniiualisalion du
^k>be apparlinsaejil seulement aui classes
inférieure»; ea qui o'esl pas. Nous croj'ons
dooc qM ces chiffres oui seuls une grande
siguifîeatioa dans la quMtiou ; maiSf araut
de condare, discutons arec détail ce que
nous doooera la perfeclioa relaiîtro dets or-
dres dans ebaqu« cinbraocluuDeal pris eu
parli<>ulier.
EtiAraMehemeKt des animaux rayonaét. -^
Si \vs Aires éiaienl d'autant moins parlâils
qu'ils SMit plus aoeieiu, on devrait, dons les
terrains paUozDîquea, premier Ajje du moud*
anisié, irouTer que Us ordres esislaots ap*
partienoeot aus anior|ihozoaîrcs ou aux fo-
ramiairères. les derniers tous le rapport du
la iwrtaclion des or^nea, et qu'aucun ua
dépead des teliinodermesi les plus parfaits
des aainaui rajonoési mais jj n'en est pas
ainsi, cmune le proave la liste suiraole du
ci'S 8 ordres connus dans les terrains pal6o-
zoifa«s:lei tebinodermes échinides; les
échModeroie^ aslérides j les échinodermes
ofidianiides; tes écfaiooderuea crinoïdes
lixe*; Jespolfpîerszo«Dtairu( leapoljpjers
alcyooaircs;lëafbraaii<iiÂres tiélicoslèguesf
les anorphoaMireu lesUcés ou éponges. On
«oit.fBeS'rt.qoaaureesSordres d'animaux
raTOM^ dea terrains paiéozoîi|ueSt ^ ou It
■■M>iti4,appBrLianttentaus^biQod«rmea, que
nous venons de dire Urslespliu parfaits, et
3aat loopbftes; taBdîsqn'il reste seulement
2 onlres aux classus laa pins îarérieurfts, l«s
fofawQitëres et les aa)Or|»liouaires, les der-
niers dMSDÏiaaas ravoutés sous le r0pporl
de la iierfeetioB de lears organm. h Mrs
prosTe, par eelt« ceeaparaisoa, que les plM
imrfsilsdes aninaux rajunués sent oés, «q
grande aiajorilé, aree la première onimali-r
sMiop du globe, cequiest toità fait opposé
à ta fMFcbo croissante dn fléveloppeuienl
suceessirdes organes des aniuMux, en ■«•
montent des Ages géologiques les plus sd-
ciens Ttrs les jilus modernes.
\0y9ni, maintenant, ai la succession des
lerraios postérieurs nous préseutera des
taîls contirmaut ou infirmant m» résultais.
La deuxième grande éftoqtie, les («rroiiu
IrNwifiMf, qui suivent les terrains paléo-
zoigues, ne flons montrent aucun ordre
noumo d'animaux rayoenés. La iroitièma
grande époque, les lerranu jurtoêiqma,
offrent seutemenl de plus : I ordre d'échi'
DOdennes, les erinoides libres, moios avan-
cés en perfection d'organes que les échinides
et les astéroïdes de la première animaliss-
tion ; et 2 ordres de foraHriniHrea, les moina
f ar&itsdef'ensenriile. I^ qnolri^e grande
é|>oque, les inraini erétœéi, |iréseRleot en-
core k ordres de formuiuirères et 1 d'amor-
pbozoaires, les duriiicrs dans l'échelle de la
perfection des organes. Enlln la cinquième
graude époque, les terraitu tertiaint, qui
nous ont jirécédés sur la terre, i^ont auoun
ordre oodtcsu. Il est donc évident que,
de|>uiile comniPucemeol du monde animé
APOLOGETIQUE. BOH »»
jusqu'à l'ëpoqao aclnelle , les animaux
rsf nnnés ont uiarchlï dans une vole station-
naire consianle, oa même quelquefois dans
une voie rétrograde, (isr rapport h la per-
fei (ion des organes; qu'il n'a été créé aucun
mode nouveau d'esislenee, etanrtout aucon
ordre plus parfait que ceux des premiers
Iges du monde, ce qui est encore tout i Ait
opposé au perfeclioDDemenl général des
êtres dans les âges du monde.
L'rinbranehement des animaux mottUM^uet
nous inonlre-t-il des résultais plus satisfai-
sants pour celte hjrpoihèse? Pour qu'il en
fût aiasf, il faudrait que les ordres des mol-
lusques des terrains paléozoiques, les pre-
miers de ranimai tsation, appartinssent tous
sut moins complets des mollusques, et au ~
cun aux plus (larfaîts, tels que les cé[4)a-
lopodes. Nous trouvons à la placet-daus les
9 ordres de mollusques des terrains paléo-
zoïquet ; les céphalopodes tenlaculifËres,
les gastéropodes pei'lioibranches, les gasté-
n>podes scutibraocfies, les ptéropodes, les
lamellibranches siaupalléales, les lamelli-
branchea ïi>légro))8Jléa|es, les lamellibran-
ches pleuroconques, les bracbiopodes bra-
chidés, et les bryozoaires. Toutes les classes
de mollusques 7 sont éçslemeoi représén-
tées;et,de plus, on; voit lescéphalopodes
Igs plus parujis de celle série à leur maxi-
mum de développement de formes géoéri-
ques; 2 ordres de gastéropodes, les plus
complets nprès les céphalopodes ; les 3 ordri-s
de lamellibraoebei, des bracbiopodes les
plus jiarfaits eldes brjozoairas. Il sera donc
prouvé ici', comme pour les animaux rajoi-
nés, que les plus parfaits des animaux mol-
lusques sont nés avec la première animaJi-
saliou du monde, et qunis j sont même
dans leur plus grand dereloppemeat iTor-
dres, résultat encore eo opposiUoo complète
avec la marche croitsaute iu développeiueiit
sticeessif des organes dac animaux, en allajU
des premiers Iges du ^oiie êoimé s J'époguu
actuelle.
Voyons, du reste, en rcmonlajit dans las
iffis du monde, ce que nous trouvons poul-
ies aniouux mollusques, relativement aux
ordres nonveaux qui apjiaraisseiit successi-
veuieot. Dans les terrains triasiques natt
l'ordre dea céphalopodes «célabulifères ,
aussi le plus parfait «es mollusques, et cela
encore t uoe époque bien reculée par np-
porl è nous. Uans le$ terrains jurassiques
apiiaraisseot Xe» goM^opoAu ûcHbnauMei ,
et les braehiopMtfâ eirrUdéi, tous deux cer-
tainernsnl ioférÎËBrs en pffticiwi ♦ cettf
de leur classe qui sent n^ dNW la pfViùàre
jirande époqee. Les terrai» «réUcés Ji'en
offrent pas de nouveaux, H les terrains ter-
tiaires u'en nontreot que i ordre ; les gv-
tir9p»4u ptdmvnét, q/ài, spécMlenoKt coa-
Xormés puur respirer l'air «a nature, au
sont pas, sous d'autres rapports, a«iiéri«urs
eux gastéropodes de la prMQî^ animali-
aaiiesi, et enoors DOins aux aé^halopodes.
€'est, an on mot, un mode nouvtwi d'exis-
tenee qui tient, noo au v^éritable pfirfw
tioanemeut, mais à des circonstances par-
{•m
IIOU
DlCTrO.>NAinE
liculièrM. On peut donc dire, comme pnur
l'erobrsacliemcnt précédMil, que, dans les
ïgDS du monde, les nnîmaux mollusques
sont encore restés stalionnaires, ou même
ont rétrogradé diec Icis plus parfaits, et
n'ont mofliré, dans les dernières périodes
d'existence, sucun ordre plus parfait que
eeux des terrains pBléozoîtjues ; car les gas-
téropodes pulmoaés qui oot paru arec les
terrains tertistres les î>lus voisins de noire
époque, sont loin ii''élre aussi parfaits que
les céphalopodes, qui onl eu leur maximum
de développement dans les premiers fljjes
du monde animé. Les mollusque.* n'offrent
donc, dans les terrains géologiques, ni par
U faune première, ni par la succession des
faunes, rien qui soil îaToraMe au perfec-
lionoemenl successif des organes.
L'embranchement det ammatix annelù^
considéré sous le rapport de la perfection
successive des organes, devrait, pour qu'il
y cQI accord , nous montrer, avec les ter-
rains palëozoiques les plus anciens, tous les
ordres dons lus classes les moins parfaites,
cl aucun dans les plus parfniles. Les résul-
toti sont encore ici tout i fait opposés,
coiÀme le prouvent les 11 ordres suivants,
que nous connaissons dans les terrains
lioltfozotques; les insectes coléoptères , les
insectes ortlioptères , les insectes névrnp-
lères, les aracbnides , les crustacés phyllo-
podes, les crustacés' xiphosures les cirrhi-
pèdes, les onnélrdes dorsibranches et les
«nnélides lubicoles. Nous voyons, d'abord,
toutes les classes re^irésentées, ce qui est
déjk un résultat contraire; mais encore,
dans ces classes, nous trouvons, parmi les
insectes, 3 ordres; parmi les crustacés k,
Gu milieu desquels on compte les coléop-
tères, les plus comfilets des insectes; les
deux séries les plus importantes des ani-
maux annclés sont largement représentées,
ainsi qae les arachnides, les cirrhipèdes et
les annèlldfls. Nous aurions donc, pour los
animaux annelés, -des résultats Identiques
h ceux des deux embranchements précé»
dents. 1) serait prouvé de même, que les
plus parfaits des animaux annelés sont nés
avec les premiers êtres du monde animé,
pendant les terrains paiéozoïquos ; qu'ils y
ont eu un grand dévvloppemimt d'ordres :
résultat en opposKion directe avec la marche
oroissanl« du développement successif des
organes des ètres^ en avaoçaiit des premiers
Ages du monde animé vers notre époque.
Suivons les grandes épo<|ao8 géologiques
(]Di ont succédé aux terrains paléuxoiquos,
|}Our recoDnattre ce qui a existé jusqu'à nos
jours relativement aux animaux annelés.
La seconde grande époque, les terrains tria-
siques, onl offert 1 seul ordre de crustacés
de plus, celui des décapodes, è ajouter aux
k ordres qui eiisleut déjà. La troisième
grande époque, les terrains jurassiques,
ont montré oncoru 1 ordre de crustacés*
les Isopodus; et k d'insectes, les diptères,
les hémiptères, tes hyménoptères et les
lépidoplèrea, nullemeut supérieurs en orga-
nisation à ceux de II première aniaulisa<
APOLOCETIQUE nOH ij»
lion. La quatrième grande époqire, |f,
terrains crétacés, n'ont pas un ordre ii«
plus. Pour la cinquième grande épooue, Ik
terrains tertiaires , ils offk-enl S onnt de
crustacés bien inférieurs, comme orginisi-
lion, h ceux des terrains paléoioiques tl
triasiques, et les premières traces eerliinH
des insectes myriapodes, évidemment in^
rieurs aux coléoptères, que nous vnyoni
dans les premiers éges du monde. Ici nom
devons conclure absolument, eomme pour
les animaux rayonnes, que tous les résul-
tats sont contraires au perfeclionnemenl
des èfres, en suivant l'Age chrooolc^que
du monde animé.
L'embranehement ftet attimmuc vtriéMt n»
montre pas, sous ce rapport, derésuliiu
aussi positifs; et mtme, jtisqo'k un certiiji
poiui, l'hypothèse du perlectionnemetit pro-
gressif due k leur seule étude élait. «net
Sui les concerne, fondée sur quelques fiiis.
ous avons dit que, pour que cette suppo-
sition fût vraie, il faudrait que les moiiu
complets des animaux vertébrés fussent Ici
seuls représentés dans le premier 8ge du
monde. Nous trouvons, parmi les 3 urdrei
des terrains paléozoîquei : les reptilu sy-
riens, les poissons placoîdes ou squilei,
et les poissons ganoïdes. Il n'y sanii
donc pas Ib une confirmation; nr, bien
qu'il manque encore IfS oiseaux et lei
mammifères, plus complets que les reptib
et les poissons, les doux classes repréieo-
tées n'en suivraient pas moins une mardiE
tout opposée. En elTet , les reptiles de cb
Eremier Age sont les sauriens, certaintmeni
ien supérieurs en organisation aux reptilo
ophidiens ou aerpeols, dépourvus de aeia-
bres, et surtout aux batraciens, soumii t
des métamorphoses et qui ne parainenl
que bien plus tard. Les poissons demie
première époque a''ppartieonent aux pli-
coïdes ou squales, les plus parfaits despote
sons* comme l'a reconnu U. Duvemof.ii
aux ganoïdes, évidemment aujiérieunni
pleumnectuïdes non symétriques, qui»
se montrent que dans les dernières période
géologiques. On voit que deux classai w
quatre, dans les animaux verléltrés, u'unt
pas suivi, dans leur instant d'apparition w
la terre, comparée à la perfection du Ims
organus, une marche un rapport ar« ti
porfuctioo croissante du ces organes, puis-
que luS'plus parfaits se luootreni les pre-
miers. Nous allons, avaut de coudare,
scruter les A»es postérieurs, afin d'y cbH-
cher des coiinrmaiions ou des coutradiclious-
£n remontant dans les terrains oui oui
succédé aux terrains paléozoïques. Tes ter-
rains triasiques, ou secoude grande périixls
de l'animalisation, nous préseuleot l'ortlrt
des oiseaux échassiers, et celui ûas reptiles
chélonieiis. Il est curieux de voir déji, dau
une époque si reculée, arriver des oisBiui<
animaux aériens par excellence, et surlQUl
de voir encure les reptiles chélunieits, les
plus parfaits de cette sérisi typtnliri
longtemps avant les ordres les plus impir-
.tuils. Les terrains jurassiques u'oUreotitu
D0«
■HCnOMUBE AraiJOCETIQOE:
d'ordras nooTeaui; tel temini créucdi
préfeotent 1 ordre d'oîseaox, les palmi-
pèdet, et S Ordres de poiuons, les cjcloïdes
d les eléooides. moins parisils qoe les
poissons des terrains psléozoiqoes. Cest
donc avec la cinquième grande période,
dans les terrains tertiaires, les derniers
annt notre époque, qo'ool paru tons les
aulrt^s ordres d'aoimaui. Les ordres d'oi-
seaui m sont pas plus parfaits que ceux du
Sf«ond âge du mondoi ■« ordres des rep-
tiles, les ophidiens et les balmcîens , siml
assurément les demiera eu perfectiou dans
cvlle classe. L'ordre des poissons, les pteu-
rooeetoîdes, e&t aussi le dernier des pois-
sons, puisqu'il renferme les poissons non
symétriques dans leurs parties. On roit
•loiie que, sur les k classes, de|>ui* In pre-
mière période géologique jusqu'A présent,
il / en a 2, les reptiles et les poissons, qui,
■a lien de marcher daos ces Ages des plus
imparfaits aux plus parfaiu, out montré les
plus parfaits les premiers, les moins par-
liiila dans les derniers, en suivant une
marche eDlièremeot opposée an perfection-
uement successif des oiganes, et que la
classe des oiseaux est restée slatioanaire
dtfpuis la seconde grande époque du mo.nd»
animé. Il d'7 aurait, eu conséquence, de
favorable au perfeetionoemenl successif
des Aires que les mammifères, qui, effeeti-
veoiMit les plus parlails des aoimanx ver-
lélirés, ont Ions, k l'exception de rbomme,
spécial k uolre époq^ue, paru .seulement
dans la dernière période géolMjique qui
hoas a précédés sur la terre. Tels sont les
rësuliats relaiifs A l'inslant d'apparition;
néanmoins, loa mammifères nous offrent
encoro des ezceptiou, puisqu'ils ont i
ordres : les pachydermes et les édeniés,
dans ane pénode décroissante de dévelof»-
jMiDeatdelomietzool<^qoes,ecqai prouve
cfue l« perfectionnement des organes, dons
1 ordre chronologique des périodes géolo-
gique*, n*Mt général, pas même pour l'en-
■emble des mammifères.
En nous résumant sur l'instant d'appari-
lioo dans les Ages du monde des ordres
fanîmaus comparés A la perfection de leurs
rjuDes, A l'embrancliement dont ils dé- .
madeatf nous arrivons aux résullats sul-
la-ils :
1* Lggqualre ewArtaukemviti deâaiûmauXf
•as 1 ordre chronologique des Ages du
toode. u'ont pal marché suivant le degré
imparaiif de la perfection de leurs orga-
ra, mais bien sur quatre lignes parallèles,
mt m fait indépendantes les unes des su-
w.
|S* Im eloMMt» d'animaux sont, A Texcep-
madviUux surdix-an/', absolumeiitcomme
iciiil*raueliemen(s : elles ont marché para^
lefDaot , et non aoccessiTemeol daos les
p» do monde.
<■ Cette marebe particuliAre, parallèle et
IP soeeesaive dans l'ordre chrouologique,
■r chaque embranebamenl et pour chaque
Iftsa, «si tout A bit contraire an sjstèiue
perfectioQuemeat général des organes.
en allant du premiei Age da monde vers
l'époque actuelle.
A' L'accord du degré croissant de perfo^
tion des organes, en marchant des premiers
Ages du monde jus<|d*A ré|ioqoe artoelle,
loin d'être la r^e constante, comme en
avait pD le croire en étodîant les enimanx
mammiISres, n'esl, an contraire, qu'une
faible exception A la marche parallèle géné->
raie, et qui n'a poor base que l'arrivée tar-
dive sur la terre de l'ordre des mamtoilëres.
Ot accord, même, sous ce rappoH, n'existe-
rait que pour un Uix-oeuTième de l'ensem-
ble des classes.
- S* II résulterait encoredece qui précède,
que les animaux, loin de perfeciioaner suo-
ressivemeol leurs organes, et de pauer par
tous les degrés de perfection ilans les Ages
du monde, ont souvent A cet égard moins
gagné que )>erdu dans quelques embran-
chements, ou sont au moins restés stalion-
naires, ce qui exclut tout A fait ta marcb»
croissante générale du simple au composé-
dans le cours des Ages géologiques.
Il nous reste pourtant A exi>li(]uer une-
contradiction, A la vérité plus spécteosc que-
réelle, qui pourrait nallrede la comparaison
de tous les résullats basés sur les caractères
znologiques généraux des êtres- avec les.
cbiifres des. genres quf, sans avoir égard A
oes caracidres cénéraux, se Iroovenl' dans
chaque classe d'animaux. Les classas , con-
sidérées solvant le nombre des genres ,
montrent, en effet, qaatn classes sur dix-
■ea^qui, même par les chiSIres, sont tou-
joura en décroissance de nombre de genres,
depuis des époques Réolosiques pins ou-
moins ancienneajusquAprésenlieesonlIra
mollusques céphal0|K>des , braobiopodea,
bryozoaires et lesamorpbozoairea. Celles-ci
sont encore en rapport direct avee les
conclusions précédentes qu-'eHes viennent
corroborer. Le* autres otasaes vont, au con-
traire, en croissant de nombre, de genres,
des Ages les plus anciens vers l'époque afr-
luellu, et pourraient faire croire A nne mar-
che générale croissante dans l'organiMtioOv
Toutes les conditions dans lesquelles nous
sommes entré, relativement aux caractères
xoolugiques les plus importants, prouvent
que ces genres plus oombrenï uo-déneleDC
point nue marebe croiasante dans la perfec-
tion des organes, mais seulement une plua
grande maltîplidté de légères modifications
dans les délails de formes des parties peu
importantes de l'oKanisation. Ces moditaca-
tions génériques rwideot, ea effet, dans la
place et dans la forme des dents, des pieds,
dans h forme dn conu ot des nageoires des
animaux vertébrés, «uns la eonflgaratioo et
les détails d'anneaux du corps , des pattes
et des aotennta des animaux annelés ; dans
la forme et la répartition des parties direr-
ses des coqoilles, des molliuques et dea
échinodermes ; dans fa; mode d'agrégation
dea individus; dans les deuils de distribu-
tion des parties solides ehex les animaux
rajronnà ; enfin, tot^oan dans des eand^
res bons pour dislingner des genres, mai*
is(>9 noM MCTiOMnAUie AFOLOGETEQCE. naû m
divenes parties eilPrties de Itur rnr[H;
QOiM verroDa que les êtres ainsi eoafanLéi
•l^rlieniienl aai dernières classe), et im-
lertinat ^ i'enbraiichenieal des iDimiot
rayonnes. Eo jetant les yeux sor tn (ib!«u
de la ré(>srlitioD des classes d'aDtmioi i li
surracti ilu globe, depuis le coœmeacerntDl
de l'animBlisatioti jusqu'à l'époqoe actuelle,
og |)eul s'assorer quafoe les lerriias jii-
iéozoîqués, (tremlère grande p^iioile de;
iges du monde, appiiraisienl les di»eidts
Biuorpbozoaires, desforamiiiiRrai,deiiiH)-
{ibjrtes et des échiuodermes, qoi, i dilTè-
ruatfl degrés de perfection , rentrent ans
cette première série. Nuus avous donc, éh
celte première époque, des repri&entiiili i!t
toutes les classes d'êtres qui respiraient sans
organe spécial, et aucune modiBcflioD nou-
velle ne se montre auTjrérlodesposlérlctini
de l'histoire du globe.
Eu poussant plus loin nos compertison^
pour nous assurer si lus milieni d'eiistciirt
sont toujours restés les manies, desfesdoii]
jusqu'aux genres qui, par leur persiitanc,
peuront nous donner la preure qus b
organes des êtres de cotte première imuu-
lisaliou sont identiques aux organei j>t
lesquels respireut encore les êtres d«li
même série. Les amorphotoatrcj l«lirfi
des terrains paléozolqites, ne dlfféreol qi»
par leur forme ou par leur tissu d» atM-
pbozoaires des mers actuelles. Le gtnr:
fiuuUna , représeotdnt des foraoÎpDim
dans celle première période de l'sBiiBiliii'
lion, flsl trea-voisia des nonfoulM.siim:-
muneS dans nos océans; les xoopli;id'<
irouveDt absolument dans le oitu* t».
Quant aux éubiDOdermes, dods To;Dnifi-
raltre, avec la première période, loui^
principaux types de forrocs etde»ntii«-
des genres de criuoïdes, d'aaiéroïiJeJ (""
pbiuroïdes, voisins (les genres scKiiI'wk'
vivants, et même avec eux, parniilti(<^''
Dides , le genre «yorts, conieraporrâw
cotte première période d'eKi5teii«i|>i ■
traversé toutes les époques du niondeju*
qu'aux océans actuels.
De ce qui précède, ne peut-on[«i(<i'
dure que les animaux marins sans or^
spécial de la reapiralion sonll»éS|MW'"' I
les les formes, avec les premiers ^^
monde; qu'ils n'ont rien changé à N" I
organes depuis cette époque reculée; 1^'
leur orgsnisation d'aujourd'hui est Isid^
que celle d'alors, et que les genres <1^ '^^
première période étaient Identiques ou i^^
logues à ceux donos JoursT Ne iMurni''''
pus encore en déduire que les londiO"'
d'existence sont restées les méiues ilfP
le commencement du monde ■"''^''^
qu'aucun changement ne (laraH ■'?'''."°|'!:
(le mudilicstion orgauiiiue appr*ei»bl< 'l*
les caractères des êlrea marins de eeti^*'
I ic T
Rupiraiion dam Veau piirdnbra»!»^
Essentiellement marins ou des eaui<»^
qui n'ont point de valeur zoologique plus
élevée dans l'organisnie générai. On volt
done, en dernière analyse , que le nombre
des genres, plus eonsidérable pour quelques
classes d'Aires, est tout è fait indépendant
du perfectionnement des oi^Boes, et ne
peut «n rien modifier les résultats gêné*
raux obteous par l'organisation même com*
parée dans toutes .les séries zoologiques.
J>. — Rkgbrkbhs HTsiOLOGmesa sdr lis
Miutnx d'kxistihcr des asimaux dans les
Attu siOLoeiQOES. — Il est une qneslioa
physiologique de la nlus grande importance,
et qne peut seule résoudre l'étude des ani-
maux fossiles ensevelis dans les couches
terrestres. Cette question estcelle de savoir
si les divers oi^anes des animaux les plus
•nciens sont restés les mêmes depuis le
4'ommencemeDtdu monde, ou a'ila se sont
modifiés par suite de changements de mi-
lieux d'eiisienoe; ou, en termes directs :
les animaux les plus anciens sur le glolio
étaieni-ils plus simples de composition que
ceux d'aujourd'hui, et se sont-ils perfection-
nés à mesure qu'ils spprochaieot de nous T
Peut-être, en comparant les ordres (;olre
eux, dans les recherches précédenles, avons-
nous déjà péremptoirement prouvé que le
lierfectioanemeot successitdes êtres n exisie
réellement pas dans l'ensemlile ; car il est
certain que sif comme nous le trouvons, les
classes d'animaux ont , ft très-peu d'excep-
tions près, marché parallèlement, et non
suceesslTemeDl, dans les Ages du monde,
c'est que les orgues de ces classes étaient,
au conmencemout de l'animalisaiiou, aussi
parfaits qu'k l'époque actuelle.
Pour chercher à découvrir les oauMS phy-
siologiques qui ont pu déterminer ta règle
gjénérale et les exceptions que nous avons
signalées dans la marche successive de l'a-
nimalissUoD è la surtace de la terre, depuis
. les temps géologiques les plus reculés jus-
au'i nos jours, nous allons nous occuper
M organes de ces animaux fossiles. L'or-
gane de la respiration étant, entre tous, par
sa nature même ■ par sa grande susceplibi-
litéi le plus important, puisqu'il se trouve
loiyours en rapport direct avec les milieux
d'existence, nous eu ferons la base princi-
pale des recherches oui vont suivre.
Les dilféreuls moues de respiretioo chez
les animaux peuvent, en raison de leur de-
gré croissant de perfertioo , se diviser en
quatre séries:
1* Respiration sans organe spécial t
S'Heapiratioû dans i'eau par des bran-
chies ;
3* Respiration aérirane par des trachées ;
4* Respiration aérienne par des poumons.
Des uiimtDi marlDs.
Aasptnilioii iims orgoHt tpéeiat. — Si nous
cotumançons ttar les animaux marins les
plus simples dans leur composition, ceux,
par exemple, qui, au lieu d'avoir un organe
spécial destiné k séparer des eaux de la mer
l'oxygène nécessaire à leur existence, pa-
raisaeut se l'approprier directemeul par
iirtn.!"*
cesêtres pourvus dbbranchieseotn|<
presque lt)ua les animaux Diolliisqi>ei;r"r
les auimaus aiioelés » les crasiac^> ''^
HCTioïcumB ArauKeriQUL
HOU
IIM
BeUIu el tes cirrhipMes ; el parmi les «ni-
luauE vertébré*, tous les poissons. Quoiane
•pparlenanl aui trois premiers embraociie-
ments, ou êtres respirent de la mftiBe sia-
Dière, e'csl-^-dire qu'à l'sîJe de branchies,
lrés-di*erses de formes, suirant tes classes,
ils pQÏscHit dans l'eau roxjgèoe nécessaire
i leur eiislence.
Rofls irooTons, dans les terrains paléoioî-
qoes, Ips premiers do monde animé, des
iDOlIusqaes cé|ihalof>odPs, des gasléropniles,
des liiDi'Ilibranches, des bracbiopoiles et
ilei bryozoaires ; des crusUcës, des annéli-
ties, des cirrhipèdes et des potssons ; ou, eo
LQ mol , des représentants de tontes les
cluses d'êtres respirant au soin des mers
(Mr des braoebies. En remontant dans les
i^<, nous ne Toyons apparallrv aucune mo-
■ïiticalion nouvelle, tt la zoologie actuelle,
qui res)iire par des branchies, appartient
3UX mCnes slasses que la zoologie de la
(•remière aoîmalisalion du globe. LVasem-
Ue deTrail donc faire croire Que les cun-
(Jiiions d'etislence n'ont pas changé, pui^
<iue les organes de la respiration sont restés
les mêmes; mais pour démontrer cette
*éf ité, noos D'arooi qu'à consulter les gen-
res.
Les genres de mollusques des terrains pa-
(kizoïques nous présentent , parmi les
ic'i'lulopodes, le genre nautiitu, qui existe
vncore aajourd'bui. et lieaucoop .d'autres
lièï-Toisios de celui-ci. Parmi It^s gasléro-
/ odes de cette première é|>oque du monde
aoioié, nous avons ik genres : les genres
lurta, êlQmatia, heleioH,vagintUa, naiiea,
tapmtaa, piloiullut, frocAiu, phatitnulla,
ientalitiM, rtUima, ftMurttla, chiton et chi-
t9»HIa, commuDS dans les mers de cette
t euiière époque, qui ont traversé, sans
iJerruptioD, tous les âges posiérieurs jus*
\a'k noire éi|>oi]ue. Parmi les lamellibrau-
hts, nous avons 18 genres qui se trouvent
ins le même cas : les genres Igontia, pt-
ipJttma, leda, e]/pricardia , nucii/a, orca,
ricH/o. cardium, pAoiadomya , analina, lu-
'ma , atytituM, peete*, Molemya, ÎMOcardia,
iM»9, panopœa el o<<rea. Parmi les brarbio-
xies • genres : lingula, cranta, ktmlhj/rii
: terebraluta qui uut suivi la même marche,
oài que 3 genres de bryozoaires, polytrt-
a, ctriopora el rettpora. Les moilusqucs
jtjs douueraieol donc fcl genres qui, déjà
jcabreui en espëtes, ont, depuis la pre-
ié-re période de l'auimalisalion du globe,
irmlinué d'exister à toutes les époques
iulogiques successives, et sont encore
t»si répandus dans les mers actuelles qu'ils
riaient dans l'origine.
L-es animaux aunelës nous montrent,
inui les crustacés de la première animali-
. ion, des genres peu ditTérenls des êtres
tuels; et [inrmi les snnélides, les genres
rpuia el ipirorbit, lout à fait identiques,
ixjs les terrains paléozuïques , aux mêmes
-ores »î communément répaudus au seia
1 iios mers.
ft^es aniDuoi vertébrés nous oITreot, cliez
» poisMW des terrains paléozoïques, des
genres peu diGTérenls de'tormcs et de carae<
lèns , et qui, i l'eiceplion peut-être de la
configuration dcsécaillesqui les recouvrent,
avalent les mêmes branchies el les mêmes
caractères orpniques que les poissons d'au-
jourd'hai.
Eu résumé, à la question qu'on pourrait
se Caire desavoir si les élres marins ont
changé de osiure, s'ils se sont pcrfeclioa-
nés depuis les premiers Âges du monde
animé jusqu'à présent, on |>eut répondre,
sanR aucune crainte, par la négniion la plus
absolue : car ces genres primiiifs on les
genres voisins de cenz-ci, qui oot encore
des représentants, prouvent qu'ils avaient,
lors de la première aoimalisation, les ca-
rnclères organiques qu'ils conservent ea-
core; Qu'ils ne sont pas perfectionnés, que
les milieux d'existence de cette époque
étaient les mêmes que les ndires, el que dis.
lors aucun grand changement n'a eu lieu
quant aux éléments de vitalité que les être»
trouvaient à cette époque, dans les mers,
et qu'ils trouvent encore dans les uOtres.
Dm nknni ICTrealKS.
Les animaux terrestres contïoentanz ou
riverains, qui respirent autrement que par
des branchies, appartiennent pb^siolog^
qnemeiil i deux modes de respiraUon pure-
ment aérienne : la respiration trachéenne
el la respiration pulmonaire.
Rapiration aérietuu par det Sraehéa, —
Ifoins parfait que la respiration pulmonaire,
ce mode de respiration est spécial à la classe
des insectes et à quelques arachnides. Si
nous le cherchons dam les terrains paléo-
zoXques, nous trouverons qu'il y était par-
faiiemenl représenté. On y a découvert, eu
effet, des iusectes coléoptères, orthoptères
et névroptères. Comme ces insectes uépen-
deol des mêmes genres ou appariienoent à
des genres très-voisins de ceux qui exis-
tent aujourd'hui, on doit croire que les co-
léoptères, le» névroptères et les orthoptères
de ces anciens temps devaient avoir abso-
lument la même organisation que les genres
de ces classes qui couvrent les continents
actuels- On arriverait donc à conclure, pour
les animaux terrestres, qui respirent au
moyen de tra!:hées, comme pour les ani-
maux marins, que les organes des insectes
ue sont pas perfectionnés; que cette classe
au berceau ou mooileanimé était ce qu'elle
est encore; que pour elle les milieux
d'existence terrestre ont toujours été les
mêmes, depuis la première aiiimalisaimu
du globe jusqu'à présent.
Rtipiration aérienne par dei poumons. —
On trouve ce mode de respiration dans trois
embranchements : chez les auimaux aon»-
lés. chez les animaux mollusques et chez fes
animaux vertébrés.
Respirant par des poches pulmonaires,
les animaux anoelés des anciennes époques
géolc^iques dépeoileut des aracbuides, 0.i
voit, eu effet, dans l'étage carbuniférieo,
l'uu des quatre des terrains paléozoiques,
les premier! da monde animé, apparaître
1303
nox
UCTIOmAinr APOtOCETIOUK.
nox
iw
lin «rachnide sf voliin du scorpion qu'il est
iinimsiible de douter qu'il n'eût en tout la
inAme organisation que les scorpions d'au-
joard'hut;ce qui porterait k croire qu'il a
vécu dxns des milieux d'exislenc» idenli-
i|ues. Ces conclusions nous amèneraient
aui mëniea résultats ijue pour les animaux
marins respirant pur des branchies, que
)>nur les animaux terrestres doués de la ret-
l>iration trachéenne.
Considérée sous le rapport dn lenrAçe
géoloKiqne, /es animaux ver.ébrés, respi-
rant I air au moyen de rentables pnutnoiis,
se montrent dans les terrains paiéozo'iques,
les premiers du monde, sous la f<irme de
sauriens, cerlainemenl les pîus parfaits des
reptiles. On roit encore, h la seconde épo-
que du monde animé, appnratlre dans les
terrains Iriasiques, avec les reptiles chélo-
niens ou tortues, les premiers représentants
tlos oiseaux qui, de tous les êtres, ont le
syslèfflfl pulmonaire le plus développé. On
doit donc croire qu'A ces époques reculées,
les milieux d'existence dans lesquels Tt-
vaient les oiseaux et les reptiles respirant
l'air en nature par des poumons, étaient
peu différents des niilieui d'existence ac-
tuels ; ce qui amène naturellemeut à penst- r
(ju'alors la composition de l'air était peu
ilifférente de celle que nous lui connaissons
aujourd'hui. Les conclusions seraient en-
core ici les mêmes que pour les autres mo-
des de respiration, et nous aurions des ré-
«ultats identiques sur tous les diiTérents
modes de respiration, ou pour 18 closscs
d'êtres sur 19.
Examinons maintenant l'tixception re-
roart^uable qui a pu faire supputer que Us
conditions d'existence se soûl moditiéus
clans les dges du monde; supposition ba*
sée seulement sur l'arrivée tardive de la
classe des mammifères et des mollusques
terrestres respirant par des poumons. D'a-
près les données certaines de la science,
■es mammifères qui ne laissent aucun doute
(2054], n'ont commencé k se montrer qu'a-
vec les terrains tertiaires, à l'époque qui
nous a précédés sur la (erre.
Ces quelques genres de mollusques ter-
restres parus lardivemeut à la surface du
globe onl-ils des organes de respiration plus
l>arfaits que lus autres animaux qui se sont
montrés avec la première animalisalion T
L'organisation des uyclostoma est identique
h celle des gastéropodes pectinibrancbej.
Les hélices ou limaçons ne diffèrent égole-
Mient que très -peu, sous ce rapport, des
gastéropodes marins, et dans aucun cas ne
sont plus parfaits que les autres mollus-
'|iies. Il en résulte que ce serait, dans une
série d'êtres déjè très-dé veloppée, depuis
lea premiers êges du uioude, une légère
(t054] Nous ne parlons pas, ï propos îles main-
■niréres, des atiimaui fossili» de Stoiicsfleld, dont
on ne r.oiinaji que les inficboires intérieures; car,
jusiiu'à ce qu'on iniuve d'autres piècet du squeteUe,
iHHi* tea cousitlérons comme des reptiles il mictioi-
re ariiculét par des coiidytes, plui6t iiue comme parati pour ceue dutic
modifinatlon des organes de la respirattoo,
mais non pas un perfectioaDement da k*
mêmes organes.
La seule exception réelle consiste dini
l'arrivée tardive sur la terre, et seulenieni
i l'époque des terrains tertfaires, des main-
mifères, tes plus parfaits des animaux. (Xlt
exception indépendante du mode de reip-
ralion, puisque la respiration par des pau-
mons existe dès lo première grande période
de ranimalisation, dépend-elle de ctiROj»-
ncnts de milieux d'existence, et doit-âle
modifier les conclusions rcIatïTCS aui m-
tres classes d'êtres 7 C'ast ce que nous alloui
chercher \ éclaîrcir.
Si c'est un changement de milieux d'eiii-
tence qui a déterminé l'apparition, i l'épo-
que des terrains tertiaires seulement, (b
mammifères, les plus parfaits desaniouui,
ce changement a dû influer âgaleraent sw
toutes les autres organisations zoologîqses.
Quand on jette les yeux sur tons les ta-
bleaux d'ordres séparés que l'on a dressa
ou même sur le Isaleau général des ordres,
on reconnaît qu'à l'exception des mammi-
fères, la marche des changements et dci
remplacements sucuèssifs des genres h cha-
que éiioque géologique, n'a (las été ]ilits
considérable ft ta fin des terrains crétacés
au'aux périodes antérieures. On pourrati
OTic croire qu'il n'y a pas eu de causa
diirércntes. D'ailleurs, quand on voit qu'
aoO genres ou formes animales de toutes In :
classes et de tous les mmtes de respiration. I
qui existaient dans les terrains crétacés, m
sont continués, avec les mêmes caraclèro
zoologiques, dans les terrains tertiaireioj
apparaissent les mammifères, il est iDii><b-
siblo d'admettre qu'une profonde mo-lilK-i-
lion dans les éléments vitaux quediuitst
ratmosphère, en soit la véritable ui'-
Celte modlQcatiun dans les élémenli </< »
vitalité, favorable, en effet, h l'ipp-ntioo
des inammilères , aurait également tlii iu-
fliier sur les caractères oritaniques&eccî
froi'i cmli formes animales préexiitaoles;
ce qui n'est pas, puisqu'ils sont restés i<^
méuies. Comme on no peut attribuer le r.-
tord de l'arrivée, sur la terre, d s niam-ui-
fèfcs et des mollusques terresinisè aucunt
cause physique également nianjuée |<c«'
les autres êtres, on doit cruire qu'il n'est i"-
dû b UD changement de milieux d exisiisoa.
mais qu'il dépend de la mèuie |)uis<A[i<^
créatrice qui, avant cette époque, sans qu'au-
cune autre cause physique puisise dire io*»-
qu^e, avait déjà laut de fois reixsupté -e^
nicrs et les continents de ses nouibrew
animaux.
Nous croyons encore que, dans son»
cas, l'appantiua tardive, sur la lem-, <li->
mammifères et des mollusque» puluioo^
de vérliaUef mammifères, enlooiÀ qu'ils SMriéai*
les cooetiea qui lea renfermenli JoMC—l» 4e r^
liles seulement, et non d osaeai '
res. Dans tous tes tint, si celle m
réclleinent aux oiammifèret, l'esccpliM a
BKTlOnUIU tfOUKBTlQlIK.
BOV
isn
ne peut modifier lei conclusions Rénérales
reIsli*«sèl8classe9surl9.KncDnséqDflnce,
DOS coocluaioDt défioilives sont les suiiaD-
les:
l' Si le perreclinnnement progressif eits-
Lnil, on derrait trouver tous les ininuus
stas organe sjiécial de respiration, bt«c les
ÎMVDiiers Iges du monde, el les aulres de-
vraient paraître successivement, suivant
leur degré de perreciiOD : mais, au contraire,
toDS les modes différents de refniration ai^
rivant à la fuis sur la terre, ou aoil en con-
clure que ce petfeclioaueiueot progressif
u'ctiste pas.
S> Que nous comparions pntre elles les
périodes eroi.'aanles ou décroissantes de
développement de formes zoologîqaes ; que
nous comparioni l'instant d'Bp|>aritioa des
onfrcs (l'snîmani i la perfection de leurs
(ir^nes; ou que nous prenions pour base
dti nos recherches comparatives les déduc-
tions physiologiques tirées du mode de res-
|»iralion des animaux, noua arrivons tou-
jours aux mâmes résultats natifs, relati-
Teiiient au |ierfecliouuemeul successif des
êtres dans tes igv» du moude. Noos devons
tliinc accepter ces résultats comme déSni-
lifs.
T Aucune modification appréciable n'eiis-
laot dans les organes de la respiration des
filres, depuis les époques les plus aneiennes
■uxqu'à I é|toque actuelle; un grand nombre
(le gpores a;aiil toujours existé avec les m6>
mes caracières, depuis la première animali-
satiua du globe jusqu'i présent, on doit
croire que les éléments vitaux n'ont pas
chaugé. et que les milieux d'existence sout
reliés les mêmes sur lercoulineuls etilans
les mi-rs.
K' Les milieux d*exi»lenco étant toujours
restés les mêmes, sur les continents et dans
les mers, aucun ctiaugement de ces milieux
d'existence n'a pu, dis lors, influer sur
r*;xliactiun et sur la renouvellement des
busses successives, q^ue nous voyons se
remplacer tant de fuis, ft la surface du
l^loliâ , depuis la première animolisation
jiisqu'k l'époq^ie acludle dernière. Cimclu-
feiou «l'une immense portée dans l'histoire
cbrtMiologiquedumo[ideaucieu,etdes6lres
qui 1*001 peuplé il toutes les époques géoio-
tsiuues.
Nuus pouvons donc conclure par ces pi-
role« mémorables de deux illustres savants
auxquels semble s'èlre révélé le géuiedes
créations antiques, el dont la voix s'élève
daus la question qui vient de nous occuper
comme un jugement solennel et sans appel :
■ Farini les divers systèmes sur l'origine
des êtres orgsnisés, il n'eu est pai de moins
vraisembltlile que celui qui eo fait naître
successivement les dîfférenU genres (lar des
liévtfloppements ou des mélamorpbuses
graduelles (9055). ■
m Le» doclrines qui expliquent l'existence
•le« espèces actuelles |iar un développement
OD une iramÊmutûlion d'autres e^p^ces, oq
3 ni admettent une iueemion étentrlle d'in-
ividuf des mêmes espèces sans un com-
mencement comme sans une fin probable ,
ne s'étaient encore heurtées contre aueane
réponse aussi décisive qne celle qui nous
est fournie par les débris organiques fos-
siles (3056). >
CORCUJSION.
D'après les considérations qne nous ve-
nons d'exposer dnns ce premier article nnns
pouvons tirer, relativement i In gén&atiùn
tpvntanit et à la réalité drt espicts dans la
nature les conséquences suivantes ;
La génération spontaoée est une hypo-
thèse qui ne repose sur aucun fait, sur au*
cnn argument de quelque valeur, et toutes
les observations tendent è justifier ce mnl,
i la vérité un jmu dur, de l'immorlel Linné,
qu'il faut avoir une éponge au tien d'une etr-
veltedant latitt pour croire auxgéDéralions
spontanées.
Tontes les espèces S'>nt douées de la fa-
culté de se plier, jusque un certain poiol,
aux changera enl s qui peuvent survenir dans
les circonstances extérieures, changements
doot l'étendue varie considérablement sui-
vant les espèces.
Lorsque cescliançemenls sont importants,
il en résulte ordinairement pour les es|>èces
quelques modifications daos la forme, la
couleur, la (aille, la structure, ou dans quel-
que autre particularité ; mais les altérations
ainsi produites sont soumises A des \a\s
constantes, et la faculté de varier, ainsi,
dont iouissenl les esiièces, fait partie du ca>
ractère permanent qui leur esl propre.
Quelques particularités de forme, de struo
ture et d'instinct sont transroissiblea aux
descendants ; mais ces particularités ne sout
que des qualités et des attributs intiuie-
menl subordonnés aux leodanees et aux
besoins naturels des espèces.
La somme totale de la déviation qne tout
cliangemenl peut produire par rapport an
type original s'effectue ordinairement dans
une courte période de temps, après laquelle
nulle déviation ultérieure ne peut se mani-
fester, même sous l'influence d'une moditi-
cation de circonstances continue et gra-
duelle, une divergence sans bornes ne|>ou-
vaat avoir lieu, m dans le sens du pcrfec-
tiounemeat, ni dans celui de la dégénérea-
cence, et le moindre excès possible au Uelk
des limites déterminées étant préjudiciable
k l'existence de l'individu.
Le mélange des espèces distinctes est ré-
primé par l'aversion qu'éprouf eut à h rap-
procher les uns des autres les indiviuus
dont cbacuoe d'elles se composa, ou par la
stérilité des hybrides. On ne tache pas que
les vraies races hybrides se soient jamais
perpétuées pendant plusieurs générations,
même avec l'intervention de rbomme;ciir
les divers exem|>les <iue l'un cite à ce sujet
(S055) CcTiu, OuenunttJcuiLi, tome ID, pa|. 397- *
IWSUJ BnciLâ», L I, p. 5tl.
1307
aoH
ncmmuiK APouxxnQOi.
BOM
onl rapport à des creisameoU de m«lats
•VM ufS individas de pure raee^ et dod k
des mâlangtis'd'bjbridee hjbride.
Enfin, les considérations précédantes por-
leni i croire que les espèces ont aoe esis-
tenoe réelle dans la naturet et que chacune
d'elles a ilé douée, au moment de sa créa-
tion, des atiributs et de l'organisation qui
la caractérisent aujourd'hui. Nous l'avons
démontré et pourles espèces ocf uef/es elpour
lesetpèces/oniVM.-ilsemUedonc que nous
ayons le droit de répéter avec H. Flourens
ces paroles qui formulent nos eonclusioas:
« L'histoire naturelle n'a pas de fait mieux
démontré que celui de la fixité du e*piet$:
et pour qui sait voir la beauté de ce grand
fait, elle n'eu a pas de plus beau (2057}. »
■ Les espèces sont donc immitmlt*; elles
ont toutes une même origine, une même
date, et c'est Is même main, la main du
Ifsltra du KOnde, qui les a toutes for-
mttes (20S8). >
Kh bien! pourtant les débats nestmtpas
clos. Celte grande Question de l'immutabi-
lité des espèces a été envisagée sous d'au-
tres facea et a donné liuu à des dilScullés
d'un autre ordre, è des théories scîenlifi-
ques dont les lendaoces favoriseut égale-
ment le panlliéisme matérialiste.
Col autre câlé de la queslion va faire, dans
UD second arlicle, l'objet de notre esameu
approfondi.
Article second. — Suitedt l'examen eritiqut
dti ipêlimei turVorigine de {'homme et du
ilrei orgnnitit. Réfutation du matime qui
Moulienl runilé de eompoeilion dans le ri-
gnt animal , ou démonitration de t'ordrt
organique de la création.
Q«t lu bimet d«* fitrei «nsUtaeot oâcMUIre-
niPDi une urle, uM dulae telle qoe Tiëll pirm
de l'une II l'autre par degrés, uoi qu'il puiue
j »-nAr de nul, d^itut ; qu'u existe en no mot
«M Ackelle mbUbm et rËmnère dim le* Ibi^
mei depuis It plem Jasquï IIkbimb : vollt ce
oui n'est psi ml en Ui, qaelqiie éloquence que
iVm ait Bis k lr»c«r ce tableau inuginalre.
(CoMsa, art. Nature i»o* lu DicL iee
Jetons d'abord an rapide coupd'fsil sur
l'histoire des faux systèmes qui ont éléde
tous temps imaginés en philosophique soo-
logique.
L'origine des êtres organisés a donné
lieu, dès la plus haute antiquité, 6 de gra-
ves erreurs. Les historiens de l'ancienne
Egypte nous disent sérieusement que les
Rremiers animoui naquirent du limon du
il àehauifé r^ar les rayons du soleil; ils
vont même jusqu'à prétendre qu'on en
voyait encore natlre ainsi de leur temps
(înns le mont Ifaébain. Sans doute la grand
nombre d'œufs d'insectes, de Poissons et de
reptiles, que la chaleur du soleil fail éclore
sur les bords du Nrl, sues danné naissance
a celte feble absurde.
L'Iode, cet antique foyer d'erreurs, a son
matérialiste, Kopiia, dont la doetrine pré-
ffi
<2057j Bottom, Uut. de ta travaux, p. lOtt.
sente ooe analogie firapiiante avec li ibtie
des écoles française et jUeaiaBde-Comne
dans la doctrine de Ficbte,dfl Schelliog,^,
Kapila fait tout sortir de l'iilée ou de Pn-
krite , qui n'est qu'une émauslioo de li
conseiencedu moi. Prakrite produit Aoûn,
3 ni est qncli|ue chose de réeletd'exiitanii
'Ankara dénvent les sens et les seasiiioni
qui produisent les éléments ssblili d'oii
sort la matière grossière. Ainsi toil émine
do mot bumaÎD. C'est la même idée qt»
Schellinga reprodoite soosane forme ^»
élevée, laisant tout émaner de Oieti, qoi d^ i
vient l'universel se reproduit dans llionoe
qui en est la forme réfléchie. Dans le philo-
sophe allemaml, comme dans le panlnél'ii
indien, le moi buoiain est le typa da tout ce
qui existe.
La doctrine de Kapila présente égileineiit
une analogie remarquable avec le sjstin»
de Lamarck, qui veut que les peocluntiei
les désirs aient produit les orKanej, tri pir
suite les êtres divers. Selon le philosoplie
de l'Inde, d'Ankara sort Adima, qui ren-
furme an lui les germes de tout le genre hu-
main. « Adima, dil^ir, se trouvant seul, ne
ressentait aucune joie : il souhaita l'eiij'
teuce d'un autre que lui, et toutk coupi!
se trouva comme on homme nt une iamt
unis l'un k l'aolre; son propre corps stili-
YÎsa en deux et il deviqt homme etfamm*
Ce corps ainsi (tartagé n'était |iIdj qu
comme une moitié imparfaite de Im-niJiDe;
il ae rapprocha d'elle, et par cette union
fureur engendrés les hommes..., puis elle»
métamorphosa en génisse et lui en Ito-
rcau... ■ Ils devinrent ainsi successiTtonl
tous les êtres de ia nature, et toutssiue»-
rèces ualurelles furent engendrées, depuii
éléphant jusqu'k la fourmi. Ainsi rboam'.
ûls ou chaos originairewenl, est pinili
toute vie, et tout ce qui n'existe pasfM'
lui et par lui est fantastique.
Le panthéisme moderne est moins étnt?
en apparence. Le progrès des scienceiiik!-
•iques et chimiques lui a permis de pet^
tionner le sTslème. Ainsi, an lieu de fiire
tout sortir de l'homme, il fait tout nitinilt
la première monade formée en vertu da
mouvement développé dans un globule de
liquide. En ajoutant suocessiveoieat i j>
premier rudiment organique, la moDide
s'est transformée, métamorphosée, et el
entln parvenue au développement qui cou-
litue l'homme, le plus parfait des éim o>
ganisés.
Si nous passons en Grèce, nous y lf«-
vons sur la création et l'of^nisalioe <t«
ètresautani de systèmes particuliers que^
philosophes. Parméiiide fait tout oalire»
l'air; Protagoras veut que l'homme Ktl»
terme, la mesure de toutes choses ; ce q»
ne tombe pas sous les sens n'existe \*
niéoie dans les idées. Thaïes, comme U'
marck.fnit tout sortir de l'eau; AiiaiioMO-
dre admet un principe anttïrieur, lemouTc;
ment éternel, parquiMout naît et ptf'l'"
(3U5S) Itid., p. iW.
HOU
HCnOMIAIRE
tout K dAlrail, Lsniarck avssi reut uomou-
remenl originel. Déraocrîle D*«iline( que le
pifin et le vide; c'est Uant le ride que le
ploii) r»tt tout lit qu'il opère dans la ms-
liète (dates les mouiGcalions, tous les chaiv-
gemeaU de formes ou de nature doat elle
eit susceptible. Pour Heraclite, c'est le feu
qui est la première cause en vertu àts luis
de raréfaction et de ooDdensattoa, dont l'uue
réuni!, l'autre divise. Epicure, résumant
t 'US ces divers svslèmes, attribue la for-
niaiion de l'univers aui combinai sons d'un
Rumbre infini de corpuscules ou d'atomes,
qei sout éternels et de formes iofinimciit
variées.
La doctrine dTpicure fut reproduite ft
Itome par Lucrèce sans son poëme De rerum
matura . Lucrèce é(ai«!it pour principe que
l'être ne peut sortir du néant ni j rentrer.
Tous les corps sont donc formés de corpus-
cules primitifs, éternels, indivisibles, dans
îesfjuels ces mêmes corps peuvent se rèsou-
dre. Uais ces atomes ne pourraient agir.so
mouvoir, ni même exisier, sans vide. L'u-
nivers est donc le résultat de ces deux c'io-
»e5 : la matière et le vide. Toatce qui n'isl
ni l'uD ni l'autre est propriété ou accidenl,
i-i non pas nne troisième classe d*etrès h
l>art. Lucrèce décrit la formation de tous les
grands corps de l'univers par la combinai-
son dere£ corpuscules, puis il arrive aux
diverses productions de notre planète. I^
Icrre fil croître d'abord les plantes; elle eo-
fanla ensuite les animaux- et les hommes
eux-m6nias,ft l'aide des particules de feu et
d'bumidilé au'elle conservait eouore de
son ancien mélange aveclesaulres éléments.
Jljr eut dans c«s premiers temps des ani-
maux monstrueux qui périrent ne pouvant
subsister ni se propager h cause du vice do
leur conformation ; il 7 eut des races en-
tières qui s'éleignirenl, manquant des qna-
liié« nécessaires |iour vivre indépendantes,
£ulïa. après avoir enfanté les premières gé-
bcrslions de chaque espèce, et avoir pourvu
Icm aniroaui d'organes propres à la propa-
gation, la lerre épuisée se reposa et abâo-
Joaua aux individus le soin de se repro-
Juire eux-mêmes. Que d'incohérences 1
Plîoe, éloquent compilateur, nie toute
nlelligence créatrice, et regarde la terre
Miame la source unique de lous les êtres
|ui viveulk sa surfaco. Toujours les créa-
ions spontanées» toujours le panthéisme
iiA lérialiste.
Telles furent, pour le dire en quelques
noU, les aberrations de l'esprit humain,
iana l'antiquité, surl'origine des è(res,sys-
lèmes fontastiques et purement imaginaires.
Lc-s naturalistes modernes, reprenant la
thèse en sous-œuvre et d'une manière plus
f»OAîiive, ont prétendu- baser sur la science
c«s mêmes théories. Lamarck, empruntant h
Bobinel l'idée sur l'origine des animaux,
que c« dernier avait exposée toute brute
dans soii traité De la Nature, la revêtit d'une
i|){>arenc» de démonstration sérieuse. Posant
-u principe, ainsi que nous l'avons vu, que
c« vrisancs sont le résultai des peucbauts.
APoLOGcnouB. HUM ista
des besoins et des dësïn, il bit sorlh- de l.t
monade primitive, produite par le mouvo-
tneol dans un liquide, le ijpe primitif de
chafiue grand groupe d'animaux ; de sorte
qu'il y a un tvpe poarles zopbyles, un Ijpe
pour les mollusques, un Ijpe lour les arti-
culés «I un type pour les vertébré». Ce l/pe
primitif a des penchants et des besoins &
satisfairA. Four cela des organes sont néces-
xsires; et dès lors l'usage des rudiments
d'organe qu'il possède développe à la longue
des organes parfaits. Les penchants et les
besoins croissant nécessitent le développK-
ment de nouveaux organes; et ainsi le der-
nier des mollusques acéphales devient par
un accroissement successif un poulpe'; le
dernier des vers articulés on coléOfilère, et
le dernier des poissons la mammifère le
plus élevé, et enfin l'homme. Dans celle
Ibèse, Dieu n'est admis que comme créateur
de matière ; après cet acte de sa loute-piiîs-
sanea il rentre dans son étemel repOs. Il n'y
a plus par conséquent de fiualllé dans l'or-
E^nisatioo, bien que son évidence el sa
nécessité pressante forcent île la transfor-
mer en Insultât du besoin et de l'usage.
L'animal ne peut plus être un ensemble
d'organes définis, Inniiés, sous nue forme
définie, pour agir dans des circonstances
définies, d'une >manière également définie.
Partant, plus d'espèces possibles, il n'j a
que des individus, ou plutôt un seul indi-
vidu développant successivementen lui tous
les organes contenus en germe dans le Ijpe
primitif, thèse qui su traduit dans la science
ji'ar l'unité de place et de composition, au
moins pour chaque tvpe.
Dans l'école pantncistiqoe allemande, il
a'jt qu'un fltre qui renfennu tout en lui-
même. Ainsi, en prvnant le premier des
niauimilères par exemple, on devra j retrou-
ver tout ce qu'il y a dans les mammifères
tnférieurs, et, dans cbauue individu aniuinl,
chacune des |*arties devra représei'ilér le
tout : c'est ce qu'on a formulé ainsi ^Tout
m dofu tout. Lamarck a adopté cette thèse
sans la discuter.
Pour saisir le développement progressif
de cette thèse, il fiiut se rappeler i^ue l'idéa-
lisme est tout pour Fiehta; le moi, suivant
cette doctrine, est essentiellement l'être ab-
solu el indépendant, il eatft la fois le sujet
el l'objet; il trouve tout en lui-même, et wr
conséquent l'idée senle existe, ta réalité
n'est rien, et l'esprit ne travaille que sur des
imatjes. Schelling admet aussi I idée, mais
il y joint l'eiistenco d'objets réels et clieh-
che à réunir l'idée el la réalité. I) met en
parallèle la philosophie de la nature et la
philosophie de l'homme. Partant du la na-
ture, il eu déduit le moi humain, voit qu'il
est un simple et arrive à dire que les lois
de la nature eulière doiventsereirouvcr en
nous, le réel dans l'idéal. L'homme est la
forme réfiéchie de l'univers.
Pour introduire celte thèse dans les scien-
ces naturelles et préparer la doctrine d O-
ken, Gœlhe emprunte k Bnffon cette idée
qu'il existe un type primilif dualou peut
ttCTION:iAIItB APOLOCBTIQIIK.
nox
snirre le déreloppement iDCcessir; il cher-
cl» dans les Téxélaux ce l>pe qui devait
élre l'image parfaite de toutes les parties
«t de toutes les dilTérences des diverses
plantes; il le chercha également pour les
animaux. Haisaulant cola était facile pour
les Tégétauzt où tout est sirailairet autant
cela devenait impossible pour les auimaux,
bit la distinction la plus complète existe
entre les tissus et les organesdivers. Cepen-
dant GoBthe l'essaya dans l'ostéologie. où il
garait plus d'apparence de suicès. Ce type
idéal de l'animalité rentrait dans l'idéalisai»
de Fichte et de Suhulling.
Oken, partant de la tnèse de Gœlhet en
déduit que la nature doit être regardée
comme un seul être vivant, dont toutes les
parties sont les organes ; qu'un animal su-
périeur doit renfermer tout ce qui se trouve
dans les animaux inférieurs ; que le règne
animal n'a pu se former complet qu en
ajûBlanl un organe à ceux que possédait
1 animal type fa son point de départ : thôsa
deLamarck. Hais, pour les Allemands, ce
développement s'opère par les seuls milieux
ambiants, tandis que Lamarck j joignait
comme causu les penchants et les besoins.
Ainsi, dans la théorie d'Okeu, la anatité est
encore bien plus r^jetée et le but de la
seiance entièrement négligé.
Comme on le voit, toutes les formes da
|ianthéisme aont les mômes au fond et
toutes Tiennent sa résumer dans une thèse
unique oue l'on peut formuler en Cbs ter-
mes :<]];« unité de composition dans le
règne animal; dans chaque animal chacune
(les iiarlies représente le tout; tout animal
est la représentation de tout le règne ani-
mal, puisque dans chaque animal on peut
retrouver toutes les mêmes parties qui sont
«laiis les antres ; par conséquent il n'existe
iKtiol d'espèces, matsseulement des indivi-
dus, tous sortis d'un typu primitif, plan
unique de tous les animaux et de toute la
série animale. Do Ifa, ressort que tous les
auimaux n'étant qu'un seul et même èt^e
IMr leur composition nt leur plan, ils doivent
être considérés comme des parties ou or-
ganes de l'être unique, l'univers. ■ -
Telle est la thèse dont nous avons i exa-
miner zootogiquemeut la solidité. Mais avant
d'en entreprendre la réfutation, nous croyons
faire plaisir au lecteur en l'entretenant avec
quelque étendue de Tbisloire de cette thèse
fameuse et des débats soulevés fa son sujdt
au seio de l'Académie des Sciences entre
deux hommes de génie, MU. Cuvier et Geof-
froy Sainl-Uilïire.
II-
B^tits entra HH. Ca*ier tt GeoDWtj Satot-Hihlra u
(i(iel de 1« ibèse de Tuniiâ de coinpiMlUoa.
Depuis Aristote jusqu'fa ces derniers
temps, la loologit) était restée fa peu près sur
les mêmes fondements, qu'on n'avpit fait
qu'élargir pour donner place aux fnlls
nouveaux acquis fa la science. On ne remar-
qua d'abord que les différences organiques;
puis 0» observa dans lus organes des auulo-
glei de formes et de fonctions. Cuturtvi
anniogitts qu'on avait établi les diUérnu
embranchements delà série animile, pour
lesquels OD reconnaissait des lypeidont
d'organisation. Tel était l'état de li pliilo».
phte annlomique, lorsqu'il se ré[»ndUïiit
nouvelle doctrine, une généralisalion pb
étendue, dont la France et l'AllenDgiit it
disputent la priorité et è laquelle H. Gtd-
froy Saint-Htiaire a consacre chez Doujloiui
sa science et tout son talent. Celte dMinw,
c*e»l ta théorie du analogitet, c'est i'iiléeqm
tous les animaux sont cuBstruilssurlerotiH
plan.Dne telle doctrine ne pouvai' le jt>-
nuire qu'fa une époque où la soieiicedeii-
natomie comparée était poussée fortiniu;
car au premier coup d'ieil les diffiRim
eulru les animaux sont beaucoup fijuigm-
des que les ressemblances ; et unelonguen
iiatiente étude a pu seule mettre tortliel,
les analogies d'oi^anJsatioa. i
Il ne faut pas pour saisir ces ressemblin- 1
ces considérer Tes degrés eitrémesdel't-i
chelle animale. Quelle ressemblaoce en lEd
eiisie-t-il entre l'homme et le zàopfi;lt!
Mais c'est la série zoologique au'il ùiAm-l
vre, et alors on découvrn des décroisMiicH '
graduelles, des transitions, des triiDifarnii-
lions, qui expliquent les dtsseoibliiDt« d
rapprocnent ce qui paraissait le plusétui-
gné. On pourra se rendre compte d« etH
vue si générale en vgnsidérvnl Tenibijtii
humain. Au premier jour de l'eiisteD» lo-
tra-utérine, lorsqu'il n'est encore qu'ont :
vésicule presque amorphe, il estbitrtiioii
de ce qu'il sera un jour. Cependant qnoiiie
plus analogue que l'embryon et l'hoont
adulte 7 Peu fa peu, de métamorphose r
métamorphose, d'addition en adiliiioDi m
être d'abord ai simple ira en se compliaoui.
et finira par offrir l'évolution comjmeilc
tous les orgc-ines qui appartienneul li»
espèce. Dans la îhévrie de» anahgiia,ii^
rie animale n'est pas autre chose;facb^<
point d'évolution, depuis l'être le plai»»- '
pie jusqu'au plus compliqué, côrK^»'"!
une exisiunce animale; le plan est cootniA
et de degré en degré, d'analogie eRiaalD^i I
on suit Tes développements variés eliti'»-
gents de cette conij^silion identique.
Pour la délermioalion des analogiei nlK
les organes, l'école d'Aristote s'api'Ujïli if
la considération des formes et das rouclions
l'école nouvelle suit un procédé rigoum»-
mentanatomique. C'est a l'aide des éléoitflii
analomiques que les analogies sontdilcr-
miné<is;et ces éléments eux-mémeii w)
pour les reconnaître le lil des rmiafi»* i
Ainsi quoi de plus dissemblable que lel»*! I
de l'homme et la nageoire de la lutleiot.'' ,
l'on considère la forme et la fanclio*]!l>
pendant rien n'est plus ressembisal qiiu<
aux éléments anatomiques.
Ainsi, te philosophe de Stagyre ne »i''
que les analogies les plus frappantei, c"|
reconnaît des types divers d'orgiuisiliM !
In théorie des analogues étend sei ttsftf
blances à tout le règne animal, et ne recou-
naît qu'un seul type. Aristote emploie fW
MCnOHIUmB APOLOGETIQtm.
non
la détonalulioa de Mt iMlonea nulomi-
ques la fome et la fonelion ; la théorie des
>rulognes ae considire que les éléments
■Rstoniqnes. Tel est le champ de bsUilie
riei deux doctrines. On toîi qu il existe en-
tre elles des dissîdencfs proriimtes.
Dans la théorie de rnnité de eomponlion,
no a cru IrooTer l'explicalion d'un bit qui
'MnU écbapi>er i l'idée aristotéliqne. Nous
roulons parier de ces particnlarilé^ d'nrga-
li^-lioa qui n'ont aucune utilité pour raiii-
■ul. et qui semblent n'être li que pour ren-
In* témoignage d'un plan général de cooi-
•oailion. Ainsi, dans la tortue, la coloune
'mét>rale enfermée soun la carafiace ne peut
e prêter h aucun mnutement, elle est eou-
•léteoenl Immobile l aussi D'esl-elle pas
jnmposée de fertèlires sépnrées ; mais en la
oosîdéraol, il est impossible de ne pas r<--
oonallre qu'elle est formée de vertèbn*
ondées ensemble. Ne doii-on pas penst-r
u« si la tortue avait été le seul animal
lislaol sur la terre, sa colonne vertébrale
'eût pas élé ainsi conformée, et qu'elle se
Il présentée) par exemple, sous la forme
uo os simple, sans trace de vertèbres, qui
e se trouvent mobiles que sur d'antres ini-
laux t En un mot les considérations aiialo-
iiques (turleol k croire qui les animaux ne
•Dt pas liliis pour eux seuls, et ijue leur
r^aoisatioo est dominée par une cause plus
Énérale.
Opendanl il faot bien le ntconnaltre, pour
nnlenir ees généralités hardies, assez de
araui de délai! ne sont pas encore accom-
'is. Aussi des esprits sévères ont-ils rc-
tussé parmi les hj-polhèses Vunilé de coni-
iji7iM, restreignaot les analogies h ce
l'elles ont d'irrécusable, ne reconnaissant
jf lois d'orçariisalion que le but et les
'ndîiions d'existence, et rejetant une cause
ni^rsle comme régulatrice des existences
nirulîèrea.
De ce nombre fut H. Suvicr, qot, i pro-
iti'un rapport où H. Geoffroy atUqoailset
es favorites, examina les fondements de
:e IbéOTÏe, et lut un trevaîl pK-in d'inté-
r-our la forme sur les mollusques en gêne-
nt tes céphalopodes m particulier.
^-es auleursdu mémoire que U. Carier se
■posa de réfoter (UM. Laurence et Uay-
xj avaient cm |iou»oir rapprocher les
tialopodesdesmammifërps, en supposant
ils étaient plies en deui sur eux-mCmes
Darridre, et qu'il suni5aîldelns redresser
la [letuée pour mettre leurs organes
■S la mfime position que chez les mammi-
-s. Oel arrangement (latlail les idées de
HcuOroj, que M. Cuvjer accusa d'avoir
as^ les idées des auteurs, en ramenant
r bypolhèse h un grand principe d'unité
composition et d'unité de plan. C'est sur
ijiiiQiAiiondeees termes, unité de plan,
^é de campMitittu, que porta la première
ie du mémoire de M. Cuvïer, et c'est,
HTet , celle qui intéresse le plus dîrecte-
■I.
'. Cnvier déclara que, pour apporter
> te débat une entière booue foi, il ne
prendrait pas ces mots d'unité, cte., dans la
sens qu'ils ont en français et dans toutes les
langues, ce qui signiBerait que tous lea oaf*
Maux n eompeienl des mémea organe», ar-
rangés de la même mamire; que dans une
fMreille inienirétation il eûtbienldl pulvé-
risé le prétendu principe; mais il ne crut
pas.que les nalnrtlistes, mêmes les plus vut_
Snires, eussent pu emplnjer ces mots, umté
t composition, unité de plan, dans le sens
iTidM/ittf. Aucun d'eux, selon lui, n'oserait
soutenir que le polype et l'homme aient
dans ce sens, wu eon^osition une, un plan
«a ; on donne donc an mot unité un sens dé<
tourné, pour signifier reMfln&taMer,aiial0^>.
Ainsi qoand on dit qu'il y a eulre l'houme
etla baleine unité de tompasUion, on ne
veut pas dire que la baleine ait toutes les
Earties de l'homme, car les cuisses, les Jam-
es, les jtieds lui manquant, mais seulement
qu'elle en a le plus grand nombre. C'est une
expression du genre de celles que les gram-
mairiens appellent emphatiques. Unité de
eompotition oe sîgniG» ici que trh-nrande
reesemblanee de eàmpositton. De même quand
on dit qu'il v s unité de composition entre
rhoœme et la couleuvre [la couleuvre qui
b's point d'extrémités antérienres et dont
les (toslérieuras se réduisent i de légers
vestiges), on veut dire seulement qu'il j a
cotre eux une cerlaioe ressemblauce de
composition, mais déjk moindre qu'entre
rhommu et la baleine, il est évident qu'il
y aurait contradiction formelle dans les ter-
mes à appeler vae ou îdeaf tf ne une compo&f-
tino qui , de l'aveu même de ceux qui em-
ploient ces mots, change d'un genre i l'au-
tre.
Ce çue H. Cuvier disait de II composilinn
s'appliquait aussi au plan: il eût cru faire
injure aux naturalistes s'il eût prétendu
que par les mots unilédevlan ils enteudaieiit
autre cbose que ressemblance plus ou moins
Kr«nde de plan. Sans cela il suDErait d'ouvrir
devant eux un oiseau et un poisson pour
les réfuter h l'instant. Or, ces termes extraor-
dinaires nne fois définis ainsi , une fois dé-
pouillés de ce nuage mystérieux dont les
enveloppe le vague de leurs acceptions ou
le sens détonme dans lequel on eu use, on
arrive, suivant U. Cuvier, à on résultat
bien inatlenJu, sans doute, car il est direc-
tement contraire i ce qui a été mis en avant;
c'est que, loin de fournir des bases nou-
velles, inconnues jusqu'ici à la zoologie, ils
forment au contraire une des bases essen-
tielles sar lesquelles la zoologie repose de-
puis snu origine, une des priucïitales sur
lesquelles Anstote, son créateur, ra placée.
Ainsi, chaque jour on peuldécouvnr dans
un animal une partie qu'on n'y connaissait
pas, et qui fait saisir quelque anatt^e de
plus entre cet animal et ceui de genres et de
de classes différents. Ainsi, lorsque, par
exemple , M. Geoffroy a reconnu qu en coni-
paraul la tête d'un fœtus de mammifère k celle
celte d'un reptile ou d'un ovipare , on re-
marquait des rapports dans le nombre et l'ar-
rangemoiil des | lèces qui oe s'apercevaient
I3t3 nos DKTKmNAtRB APOLOGÉTIQUB. OOV KM
pas dans les lète» stiultee; lorsqu'il a prouri « Or, dedmqueilniieaqae jafaiuisjour
que I'ds a;ip(!léc(trr^<faiis les oiseaux est netleiueQt tisns les cabinets du Jirdtn drt
rannloguâ de l'os de la cuisse dsns le fwlus Plantes , je recevais une imprei&ioD qui. «
malogue d
des miimmifères , il a fait des décout erles
très-réelles et irès-i m perlantes ; mais il ne
fait qu'ajnuleraiit bases aneiennon elconnuei
de la Eoologie, if ne les a nullement rhanfjécs;
il n'a nullerpent prouvé ni l'unfl^.ni Videntiti
deeetlecompoiition, m rien enfin ({ui puisse
fournir un nouveau principe. Entre quelque
analogie de pins dans certains animaux et
la géuéralisation de ra^scrtion que la com-
position de tous les animaux est une. In dis-
tance est aussi grande, el c'est tout âtre,
qu'entre l'Iiottirao et le momie.
1 En un mot, disait M. Cuvier en se ré-
sumant sur ce point, si jiar uniUde compo-
liiion on entend idenlile , on dit une chose
contraire an plus simple témoignage des
sens; si par \h on entend ressemblance, ana-
logie, on dit une chose vraie dans certaines
limilcs, mais aussi rieillu dans son prin-
cipe que la zodlogiu cl)e'mfi[ne,ct& Inqucl'e
les decouTerd'S k-s pins récentcs'n'ont fait
qu'ajouter dan's certains cas des plus impor-
tants, sans en altérer en rien la nature.
Mais ce principe, qui n'a rien de nouveau,
ne doit pas être regardé comme unique; il
est nu conlroire subordonné k un autre bien
plus dievâ L't bien plus fécond , à celui des
coudîiions d*ciislence , de la convenance
di.'S parties, de leur coordination pour le
r61e que l'airimal doit jouer dans la nstnrc.
Voilà le princij)e philosophique d'oft dé-
coulent tes possibilités de certaines ressem-
blances, l'impossibilité de certaines autres;
voitii le principe rationnel d'où celui des
analogies de plau et de composition se
déduit, et dans lequel en même temps il
trouva CCS limiles que l'on vouilrpil mécou-
Datlre. ■
Après cet exposé de principes, M. Cuvicr
développa, pour les Bj)puyer, un parallèle
entre un céplialopodo et un mammilèie ; cl,
faisant ressortir les rapports et les dllTé-
rences qui oiislent entre ces deux filr^s • il
aida l'jutelligence des aoditeurs nu merea
de deux dessins coloriés qui âcluiriùMi[ i>
démouslrolion.
A celle première critique de sa théorie,
M. Geoffro^-Siiiiil-HiUiire rénondil nar deux
lectures, 1 une sur les caractère» ae l'unili/
de compotition , l'autre sur l'upplicaiiou de
la théorie âet analogîa, h rorgaiùsalioii des
laissons.
« A moD début dans le professorat , ea
179?, il n'j avait eu è Paris aucun enseigne-
ment de zoologi«. Tenu de loul créer, }'ai
«cquis las premiers élémeuls de l'hisloire
naturelle des animaux en rangeant et clas-
sant ies collections confiées à mes soios. Ce-
pendant, nour demeurer délinitivement (itÔ
surle meilleur système que j'Huraisè suivre,
j'ai eu d'abord à me rendre compte de in
valeur des caractères, c'est i-dire \ rcchur-
clier j)er des essais longs et pénibles ce que
ces caracléres devaient m'ofTrir de constuiU
eu différences proi*res i tenir i la disiiiic-
liuu des Cires.
: impreMiOD qui, •
reproduisant toujours la mémo, me partit
cette réflexion : c'est que t«nt d'aniiiitui
que je tenais pour différents, et que je trai-
lais comme distincts en leur imfiosant un
nom spécîDqae, ne ditTëraieDt cepenilii(
que par quelques légers attributs inodiGinl
filus ou ntolns une structure géoéralenHil
B même. Ce n'était efTeclivement qu'sM
modification légère dès que j'spercenii
nelleipenl que le point de diVérenci; h
portait pas sur ce qui anniil pa éire nonmè
la condition essentielle des parités, et n'if-
feclait que leur dimension respective.
■ Ainsi, & l'égard des animaux voisins, du-
cun des matériaux organiques reparaiutil
en lotalitél Ainsi pour qu'il y «Ot dîvfniit
d'espèces, il sudisoil de la plus petite »•
riaiion dans le volumo proportionnel il«
mntériaux associés eonsliluanls, de la plu
faible altération dans les difiieii*iont, qni
ne changeaient co rien les rapporte essn»-
liels.
« Celte même expérience, tentée k l'ép^f
des mammifères, exigea it,p«ar qu'ils fusint
également embrassés dans les mêmes conti-
dérations, que je me tinsse k une di>tii(«
plus grande; el de même, par une pro'o-rti-
sioH toute naturelle , c'éLaît nécessité il^
s'éloigner bien davantage des sujets i nt"
scrver. Si Je me proposais du comprenJ'''
sous le même aspect et dans le même lixi
do rcdicrcho les animaux caractérisés l'V
des diU'ércuces plus multipliées cl plusni-
sidérables, telles, par exemple, que poami>
l'otfrir l'observation simultanée (TUD nuisRi-'
fère, d'un oiseau, d'un lézard, d*uue IôtIm.
du d'une grcnouilk' ; car, dans ce astoè»-,
la quantité de leurs différences , lien ¥!■■
donnant lieu h un sentiunjiit de (Jui J)''e''^
iulervalJus ou hiattu eiUre ces iwiofs >ui-
maut , n'en restait pas moins une c\uiui>vu
ou différence de beaucoup infériconVia
somme des rapports au mojen dwquirïJ
ces animaux s'appartiennent , sont r^ne- 1
dans lu même dusse et font partie du ni(i»l
groupe d.l embranchemmt dea vertibrei,
« Voilà quulles lureul mes preuiiëres î^ '
pressions comme zoologiste- Desdissecii' ■■
entrcprîsej sous rinQueiicedecfsiinj presse
y ré{iondirenI; tous les organes iotènn
élaieiit dans un rapport parlait avec cm
de la périphérie de l'ëtre. C'esl un ow:-
arrangement de systèmes anAlogites, en fATi
que le zooLomisle arrive au œôuie |«'
d'impression et de crovance que le zw<f
gisle, el que c'est en définitive un taîl iè-
acquis de philosophie oalurelle que ■*
animaux sont décidéuent le produit tfi
mémo s/st&me dâ composition • l'aSM.
blage des parties organiques qui se rei<«k.-
uaiLormémeuL >
« Combien de £ois je me suis tts-j
com[ite de la valeur de ces idées eu étiw;.'' I
ainsi d'ensemble la coJIflclion ilu Jardin ~i
Planlesl,.. Qu'il [n'orrivAl d'tHre placé â u-i
ccrlsine dislance, je saiiisisis un effi l n^ni
1311 Hox ncnowuWË
i«l où diwwaiuBieiU toulPt las difléroncot
de peu d importance. En face des armoires
d'ornilholoKie, je n'apercerais sur les rajroni
que la répâilîoa ud grand osmbre de fois
malUpliée du t^ype oiseau ; c'est-è-dire que
je na dlstio^uais que les trails sénéraDX ,
saroir: la lÂle, le cou, le tronc, la aoeue,
les ailes, Ips pieds ; chez tous les iiiaividos
c'élaient les plumes pour légumeols. ubez
lotis un bec de corou entourant les niÂrboï-
res ; toutes choses eiactement répétées et
qui de plus existaient en des places res-
pectivemeot les mêmes. ■
Anrès ces eonsidératioDS giSiérales. If.
GeotTroj aborda la réfutation des f>mecliosB
de sun collègup.
Voici l'anslj'Sfl de *on premier mémoire:
11. CuTier a,ea rue de pronrer, 1* que le
système de i'unilé de eompotilion, ricieuse-
loent dénommé , appartient à Arislote , el
que les travaux de U. Geoffroy n'ont bit
qo'éla^îr la base sur laquelle ce système
i>st a<sis depu'S deux mille di'ux cents ans ;
^ que l'application do ce syslëiae aux c&-
pbalopodes est impossible. If. Geoffroy
clioisit pour texte de son ai^umenlstiun fa
Eremière partie sealemenl du mémoire da
uTÎer, se proposant plus tard d'en complé-
ter la réfutaton.
Passant à l'eiameD historique des doc-
trines qu'il proressail, il montra quels ont
élé les pressentiments de tous les esprits
supérieurs ^ui , depuis Arisloie , se son!
exercés sur celle matière ; il cita les paroles
de itacrin, qui disait que ce serait mieux
(éuétrer dans la profondeur des choses en
(leinandani la raisûn de leur composition
aa\ TnHs d'aiialt^eet de similitude qu'en
s'occu]tani de leur dirersiié. Newton lui-
uiéme s'écriait, en méditant sar les rap;>orts
et l'onirormité des masses planétaires :
• Oui, sans le moindre doute, l'organisa-
tion animale est soumise au même mode
d'uni forai ité. »
Puis, abordant la discussion,!] Gt remarquer .
sans nier l'idée première d'Aristote, qn il i
I ai-mérne proclamée dans ses ouvrages, que
rien n'était sorti de ce qu'on tist conTena
• l'appeler, de ce que M. Geoffroy avait ap-
fielé lai-méme pendant longtemps la doc-
trine aristoléliqnv. Certes, M a bien fallu
r^ue l'idée du piiilesophe grec, comme elle
a été comprise durant tant de siècles qui se
sont écoulés, manquât de lucidité ; si ce
I l'éuil c?la, on s'y fût tenu sans aucun dis-
sentiment dès l'origine. Les erreurs qu'on
m commises proviennent de ce que \esfùn^
liMMetla/onnc étaient mises en première
ligne.
l.a marche suivie par H. Geoffroy est,
seluo loi, diamétralement opposée : il a
projiosé, dans la détermination des analo-
gies, de rejeter les considérations tirées des
lormes et des fonctions. Les formes sont
fugitives d'en animal k l'autre; cela est plus
▼ni encore de« fonctions , qui suivent le
développement dps volumes.
Faisant l'applicalion de son principe k la
o«'mîèr« portion du membre antérieur di-s
kMU}€EnÇffX. non 15K
nunmifères, U. Geoffroy monlra co qu'a
de vicienx la fonction considérée commo
terme d'analmie , et au contraire, ee qu'a
de lomineux lé principe d'nnité de syileme
dans la composition des parties examinées.
En effet, la structure du dernior quart da
membre aniérienrest la même dans ^os
manimilères, semblables emplois des pha-
langes, mêmes ajustements el dispositions
pour en faire des doigts; même appareil
ronsculaire pour les étendre ou les fléchir.
On voit cependant que la fonction diffère ;
car ce dernier Iroufon de membre aot<^
riearestchezplusieurs mammifères employa
diversement, devenant la pntle du chien, la
griffe du clial, la main du singe, une ailo
cbez la chauve-sonris t une rame ebez le
phoque, el enfin une partie de jambe chez,
les ruminants.
Dans la seconde partie de son mémoire,
H. Geoffroy démontre que la théorie des
analogues n'est point une répétition déguisée
de la doctrine aristotélique , qu'elle n'ci
est pas une sim|ile amplificalion; qu'elle
reconnaît des principes propres qu elle a
on but précis, qu'elle derientun instrument
de découvertes, et qu'en s'en tenant an bit
anatomique elle introduit dans Tétode dt-s
mystères nrganiqoes le seul élément scienti-
fique propre k faire saisir toutes les confor-
milés physiques.
1* Ce n'est point une répétition déguisée
des anciennes idées sur les analogies do
Torganisation, car la théorie des analogues
interdit les considéralioDS de la forme el
des fonctions.
d'Eue n'augmente pas non pins les res-
sources pour élsi^'r les bases de la zoo-
logie; elle emploie moins que la doctrine
grecque, elle s en lient à un seol élément
de considération.
3* Elle reconnatt d'autres principes ; car
pour elle ce ne sont pas les organesqoi, en
leur totalité, sont analogues (oe qui a lieu
toatefois dans les animaux presque sembla-
btes],maislesmatériaux dont les organes sont
composés. Ce |ioint est fondamental; qui
dit organe dit une partie-du corps servant
aux opérations et aux sensations de l'ani-
mal. Un mfme organe diffère d'un animal
k l'autre, on par on changement de volume
respectif, ou par l'addition de nouvelles
parties. Lcsconsidérationsde volume n'in-
téressent en rien les délermioations des
choses. La doctrine rferunitf de eompontto»
ne s'attache qu'à l'addition des parties.
L'hyoïde de l'homme, par exemple, est com-
posé de cinq osselets, celui dn cbatdeneuf;
a l'un comme è l'autre on a donné le mftme
-nom. et c'est i bon droit, en tant que l'un
et l'autre remplissent un même usage.
Sont-îts analoguesT La doctrine aristotéli-
que, d'après celle première concordance,
d'après le motif de Inurs fonctions , répoml
aQirmativeinent, mais la théorie des aoalc»-
gues se refuse ii cette conséquence. Il y a
pins de parties dans un des hyoïdes, moins
dans l'autre ; elle n'aura satisfait b son es-
seocv d'investigation cl ne prononcera avec
no»
DKTIONIUIIUI APOUKETIOCB.
nov
a»
sûreté qoe lorsqu'elle aura rplrouré les
qujitre osselets nbtents dans l'hyoïde hu-
main. AJDsK pour les sectateurs dg la phi-
losophie aristotélique, c*est assez que la
fonction soit reconnue , et tout l'appareil,
soit BTflc cinq, soit s>ec neuf osselets, est
pm pour un organe analogue. La théorie
nouvelle, lu contraire, cherchera dans les
neuf pièces quels sont les analogues des os
de l'hynïiJo réduits i cinq; car elle fait por-
ter tes analogues sur les matériaux seule-
ment.
V* Son but précis est autre, car elle exige
uue rigueur raalhémslique dans la déter- '
mination de chaque sorte de matériaux pris
h part.
ft* Elle devient un instrument de décou-
Tertes. £n effet, elle s'enquerra des auatre
osselets qui, absents dans l'hyolile de 1 hom-
me, prive cet appareil d'être h son grand
complet. Rlle les cherchera tout près, mais
en dehors de IVrgane réduit; et, si elle veut
les retrouver sans recherches difDciles, elle
aura recours à un autre princiite qui lut
est propre^son associé, son garde, le prin-
cipe des connexions, sorte de fil d'Ariane
qui retient dans la vraie route et mène
Décessairementè Qn heureuse. U. GeotTroy
explique comment les porlles absentes de
rhyoïJe humain se retrouvent dans des ap-
pendices placés suivant la direction tracée
l-ar l'analogie , appendices nommé par lui
c^rafcA^aux et (JjriAyiiuxtqu'une disposition
organique propre 6 l'homme a déplacés du
fiëga qu'ils occupent chez d'autres ani-
maux. L'anatomie humaine avait déjà aper-
çu et décrit ces matériaux sous le nom d'a-
pophyses styloïdes, mois ne les avait notés
que pour leur forme, sans en désigner au-
cunement les rapports znalogiques.
6* EnBn, la théorie des analôgurs n'en-
tend et ne peut s'occuper que d'un seul
ordre de faits; elle est exclusive dans la
poursuiJe de son sujt^l, elle s'en tient bôIre
analomique. Elle s'attache dans chaque
cas i un élément, dont elle a'tlTorce de dé-
terminer la voleur; le suit dans ses méta-
morphoses, et l'amène, après comparaison
dans tous les êtres, h. l'unité philosophique,
c'est-k-dire à tout ce qu'il e»l po^sitilt; de
10 voir concernant son essence, sans mélange
d'aucune considération nécessaire. Ainsi,
est-ce d'un ongle qu'il s'agit, ^on volume
n'intéresse pas quand il n'est pas question
du (ail particulier. Que ce soit une col Ifs
épidemiique mince et petite chez les ani-
maux oii{ruicuJ^f,ce qu'on nomme dans ce cas
ongU, ou bien une masse épaisse de curni',
Comme chez les animaux ongulés , niaSM
qui a regu le nom de aahot, lu théorie des
analogues n'en fait aucuue ditférence.
Le second mémoire de U. GeolTioy c.«t
intitulé : De Vapplicathn de la théorie drs
anatoguei à t'organisatioit drt poittont. Il
s'attache à comtialire la seconde objocliou
de U. Cuvier, que [lour arriver à un prin-
cipe d'unité, la théorie des analogues sort
du champ des laiis réellement comparatifs,
et qu'elle donne k ce principe une éleudua
qu'il faudrait lacoDlniirerMlreiiidn, pour
le renfermer dans les limites convena-
bles.
Avant d'entrer dans la discussioB.H. Geof-
froy prévoit l'objection qu'on pourrait lui
faire : c'est des mollusques et non di-t
poissons qu'il s'est agi au commencement
de ces détails. Refuser d'arriver sur le ter-
rain de la question c'est s'avouer vaincu,
c'est reconnaître que les céphalopodes font
un tout, ne sont le passage de rien, n'étant
point résultés du développement d'autres
animaux , et leur propre développement
n'ayant rien produit de supérieur i eox.
U . Geoffroy fait remarquer que la théorie
des analogues n'a pu être employée encore
k la détermination des organes des céph».
lopodes. i::eux-ci qui occupent le premi-r
rang parmi les aniniaux inférieurs n'ont
encore été étudiés que sous le point de Tue
différentiel avec les groupes dont ils se ra|>-
prochent le plus. La science seule est en
défaut, et rien n'établit encore que dans la
question qui a été agitée , l'avenir de la
Inéorie des analogues soit en rien compro-
mis. Il s'agit d'animaux descendus de plu-
sieurs degrés dans l'échelle zoutogique, et
par conséquent cela équivaut li coosiiîénrr
des êtres qui appnrliennent è l'un des tgf*
des développements possibles de l'organi-
SBiion. On pourrait aussi regarder les mol-
lusques comme réalisant h luujoiirs l'un de
ces dogrés inférieurs de l'unlre progressif
des développements organiques, arrêtés i
on point , et j)0ur cet elfet n'ayant point
fourni encore ici tel organe, elUm'ajauti'u
produire tel autre organe au grand cou-
plet.
Que cet espoir toit bien on mal fondé, il
ne convient pns de comiiarer entre eax Uii
degrés extrêmes de l'échelle , sana avoir
donné aux intL'rmédiaires toute l'ailei''*"!
possible- Cpt ordre serait peu logique, i De
même, sij'jivais à démontrer, dit U.tjruf-
froy, que le bourj;eonqui aiiparalt d'ibopt
anpartient, mais dans un degré iuférieuT
d organisalion, «u même sjrstèmo de rooi-
position que la branche qui en doit |irovc-
nir, et par exemplu,que le cep d'une vigne
ornée de grappes pendantes, if ne sérail nou
plus ni raisonuabfe ni logique d'ontrepren-
drt d'y réussir enoiueltanll'oxameadeioii»
les A^es intermédiaires du rameau et di'>
degrés successifs de son développement. 1-
en est de luéme de clinque famille rclenm
dans les degrés du niiliiiu de l'échutlu ; e.k-
correspond à l'un de eus âges h parcounr
par ieuourjjeoii pour qu'il donne sa braocJu
et ses fruits nu grand complet.
■ Or les poisiioiis sont rangés après l««
reptiles et en avant des mollusques. Tel e^t
doud'annuau iatenoédiairauue l'ordre lo-
gique des idées nous appelle a examiner. Il
s'agit de démontrer l'analogie de leur apjw
reil respiratoire avec celui des classes supé-
rieures. La respiraliiiQ n'est possible qw
dans les milieux diiféretitsrl'aireireau. Li
différence de milieu enlralue-l-«l]al« néces-
sité d'uu tj'iie organique à j«rt, ou t*ieii
KHX non mCTUIflUlRB
eiig«-t-elle wulemeni des roodificslions
dam )e (rpe primitir, modifteatioas sdoplées
i liiliSereDced«6 fluidesT
■ Laeépèda croja I k la première de ces
bTpolbèses, puisqu'il a voulu faire adopter
uïie nooTalle Ibéorie de la respiration chez
les poissons, en aui>pos«nt que c'est l'eau
en Dâlure et non l'air disséûiiDé et sus-
pemla entre les molécules de l'eau, que ces
animsMi reapireal. Hais la seconde anppo-
■ilioD parait être, aus yeui des naturalistes,
l'eipressioo de la téritë. Aussi o'jr a-t-il
qu'un seul sjstème de composition orgn«
nique, qu'un dessein primitif poar réj^lar
l'arraDgement des choses, qu'un planoniquo
k l'égard de ce qui furuie VessencB et t'en-
cbalnemenl des parties conalitu&otet; mais
ce sjrslèia* est altérable de la part des
milieux ambiants; ce serait luAme uo fait
inexplicable, un effet manquant à «a caiiee,
que iesptrtiea de Torgana respiratoire ne
r<Àpondi5sent pas , par une variation du
forme proportionnelle, k la diversité de
deiMiié des deux milieux. >
li follatt évidammeDl pour le milieu at-
mosphérique, secrotlre les surfaces de l'ap-
pareil, l'augmenter en longueur, l'établir
dans le centre de l'animal ; car l'air, élasti-
que, pest s'insinuer dans les retraites les
plus profondes, s'il lui est à cet effet mé-
nagé un passage. Pour le milieu aquatique,
il fallait rapprocher les parties de 1 appareil.
U)i cMKCDtrer et les amener au dehors de
.''«uimal, pour qu'elles fussent continuelle-
liicnl suiimergées dans le milieu ambiant,
qui est un liquide sans ressort, et dans
k-quel chaque molécule du sang n'a |)Our
taiucra plusieurs résistances que la res-
source de la cohésion de l'air avec l'eau, el
it la cohésion des deux éléments de l'air
lui-méote.
Vuilè ;>our l'autoinie de l'appareil. Quant
i la fonction considérée sous la |)Oint de vue
lu l'analogie, elle se trouve entière dans
;e CAS. Queli doivent Être, en déSnitive,
l'emploi et l'usage de cet ensemble de par-
ies? De produire l'oxjgénalinn du sang
reioeux. Uais c'est k quui s'appliquent
^salement les deux sortes d'organes respi-
-atoires. En effet, dans le cas deraspraiion
léiieune, l'air se précipite au fond d'une
course sanguine qui constitue l'appartnl
'ulmonaire; et dans l'autre cas cet appa-
eit, appelé branchial, cesse d'être un sac à
ine seule onrertur» , et réagit sur l'air
ogagé et retenu eulre les molécules <fe
'eau; il va au-devant de l'élémeot de la
uspiration, comme repoussé en saillie, dit
i- Geolfroy, à la manière d'un duigt de
*tit retourne. Ainsi voili t'analogia Inen
Touvéejiour ce qui concerne Jes poissons:
ourquoi ne parviendrait-on pas à la dé-
luiiirer k l'égard des classes placées plus.
m dans l'échelle aoiuialeT
il. Cuvter répoudit iceiieargumeolalion
er t;^ mémoire sur l'o* Ayoida. |) annonça
ue, ii'ajaul point trouvé dans la première
V'ûiise de Ù. Geoffroy des proùosilious.
■Ài-z c'aires pour donner utiu idée coiu-
DlCTIOÏiKlIItK APOLOGÉTIQUE. 1.
APOUKXTIQUC. UOH ISH
plète de la dcclrinB, il se croyait obligé de
saisir cette tbéoriedansles exemples qu'elle
nr^sente. Or, U. Geoffroy avait cité l'os
hyoïde comparativement dans plusieurs
animaux, chez lesquels, tout en conservanl
les caractères de l'unité ds composition,
cet os présente des différeoces que l'on avait
regardées comme contraires aux lois de
l'analogie.
H. Cuviar examina l'os hyoïde des divers
aiiimaus, dans la vue de prouver 1* que
cet os change de nombre de parties d'un
genre k un autre genre voisin; 3* qu'il
change de connexions ; 3* que, de quelque
manière que l'on entende les Itrmes em>
ployés jusqu'à présent d'anmlùgi^, tftaùté
de eompoiitiem, tTiinilé de plaUf on ne peut
pas les lui appliquer d'une maniètO' géné-
rale; fc* qu'il y a une foule d'animaux qui
n'ont pas la moindre apparence d'os hyoïde ;
que, par conséquent, il n'y a pas même
d'anologie dans son existence.
Aux principes qu'il combinait, U. Cuvier
se proposa de substituer d'autres priucijM's;
ceux sur lesquels la zoologie a re|>osé jus-
qu'à présent. Il montra 1* que d.ios la mûma
classe l'os hyoïde, bien que variable pour le
nombre de ses éléments, est cependant dis-
posé de même psr rapport aux partie.^ envi-
ronnantes; 2* que d'une classe à l'dutre
il varie, non plus seulement en composition,
mais en diaposîLious relatives; 3* que de
ces deux ordres de variaiioNS de furiuos
combinées résultent K-s variations de. ses
fonctions; fc* qu'tn passant da l'ombran.
ehemeat d^s rertèltres aux autres embran-
chements, il disjisratl de manière à ue pas
même laisser de trace.
M. Cuvier. dans ce premier travail, ne
s'occupa que de l'os fa/oide des animaux
qui ruipiruût l'air en nature.
Chatun sait quu chez eux l'hyoïde est un
appareil suspendu sous la gorge, qui donnu
en avant des altaclies k la Tangue, qui purle
le larynx en ornèie, et quia Ij phiiiynx au-
dessus de lui. Chez les singes, les comea
aotérieures de l'hyoïJesout généralemeid
plus longues que chez l'humioe ; lo lijfsinent
qui le suspeud aux rochers ne sossilie
jamais dans aucune de ses parties ; en soNa
oue les plus vieux singes n'out jamais ni
I apophyse styloïde, ni 1 os séparé qui pa^se
pour la remplacer dans d'auties quadru-
pèdes.
Voilà déjà une première différence, k la
vérité eiieurc peuimiiprlante; en voici unn
plus grande. I>aus lalouate, dont lo corps
de l'os bvuïile est renllô en forme du cu-
curbite, il n'y a ni v«stii(e de oornes Buté<
rîeurus, ni ligameut slyloïdieu, ui rien
qui rappelle l'aiiophyse sty laide ; ''osl^oïde
eiit lixé |tar 0'auii-es moyeoa.
Cuuiuieul l'uniti d» compotitioa el /'ans-
hffits» déiuonlruot-elles si vite J dilM. Cu-
vier. Noire réponse à uous, naturalistes
ordinaires, serait bien simjtle; c'est. que
l'hyoïde, pfuuanl. dans l'aiouale une desli-
uatiOD hpéciale, y devenant un iusirumeiit
piiii'saotde la voix, avait besoin d'autres
42
13SS
HCTKHmUBE APULOCBTIQOE.
aiUches; la Ihtorie des inilognas ne s'en
tirerait probablement pas si aisément,
Apris aTOirdonnâ d«s détails sur d'autres
anfatans avec une merveilleuse clarté, ■ on
▼oif donc, dit U. Cuvier, que, même dans
une seule classe, le nombre dea élémenls
d'un seul organe, de l'hyoïde, n'a rien de
coDsiant ; il y a ce que j'appelle des raria-
tions de classes, c'est-b-dîre des dilTéreaces
tie nombre, et des ditTéreoces bien plus
grandes de forme, mais une ressembtance
encore presque absolue decooneiions.
■ Que si nous passons i la closise des oi-
svaui, c'est tout autre chose; grand et
aensible hiatus I plus de susiiension au
temporal, plus de cornes postérieures; uo
eorps.dirigé en long, se terminant en ar-
rière en une production allongée; une
etpèCd de qucu« sur laquelle repose le
tarjDz, et qui souveot forme un os à part ;
doux cornes seulement, composétis cliacune
de deux pièces, s'ariieutant en dessoss, aux
f Atés du corps, à l'enitroit o£l il s'articule
lui-mfime, sfec sa queue , se contournant
autour de l'uccipul, allant même dans le
Iiirert, jusque dans la base du bec; et ce
corps finrle en avant un os articulé ou deux
os Rtlacliés à cAté l'un de l'autre ï l'eitré'
lu Lé antérieure de ce corps, et qui forment
lo squelette de la langue, car la langue des
oiseaux a un squelette osseux dont il n'j a
nulle trace dans les mammifères.
■ Vtiilh donc un Irès-graud changement
île cumriositiOQ, un changement assez con-
stdéraLjie déconnexion. On roi t que l'on est
|>HSsé d'une classe i une autre. Qu'a fait
notre tavantconft'ère, en (léses]ioir de causuT
li a supposé que l'os hj^oïde des oiseaux,
tiré d'une purl par les muscles de la langue,
et de l'autre par le larjrnx, a éprouvé une
rolatiun sur les cornes antérieures, et que
ses ^«rnes postérieures se sont trouvées pur
là dirigées en avant, et sout devenues lei
os de la langue.
m C'est sans doute une culbute possible à
concevoir dans un squelette dunt lus os ne
tiennent que par un til d'archal, et où il n'y
a que des os. Hais, je le demande à quj>
conque a la plus légère idée d'anatoiuie,
cela esl-it admissible lorsque l'on songea
tous les muscles, à tous les os, k tous les
tierfo, à loua les vaisseaux qui enioareni
Tus byoïdet
« Je m'arrête; la seule idée eOTrajerait
r imagination. Pour conserver une identité
apparente dans le nombre des pièces os-
seuses , on aurait tout changé dana les
connexions et les parties molles. Que serait
alors devenu leprincipedervnif^defifaiir...
Mais enûa ne pr^ugeons rien; admettons
pour on moment uue hypotbàse aussi étran-
ge, vovons si elle nous minera bien tun. >
M. Cuvier pSBM à une troisième elasse.
8UX reptiles; et, prenant la tortue pour
«zemple, il repoussa toute idée U'doalogie
entre l'hjoïde de cet animal et celui Uts
QMHiminres et dea oiseaux
Puis il ajouta : « Les personnes qui ad*
mettent une uégrattation, unesimplitii.'alion;
insensible des éltes, princtpf, pour \ti\n
en passant, absolument coolrairel celui ii«
l'identité de composition, et qui cepsodiDl
s'allie dans certains esprits, (toi il j i^^
bizarrerie dans quelques télés, vont su;ipi>.
sermie les animaux de la même du» oui
l'os nyoïde autant ou plui siai[4e qot le
crocodile. Il n'en est rien. Dans les Ititris
b langue prolaclile, l'os liyolda etl plu
compliqué dans ses iormes , plai nu-
gulierement reployé dans ses diversupU'
ties, que dnus aucun des aDioaui préd-
dents
■ Tous ces rails sont iocoatetUb!ts;c(ii.
cun peut s'en assurer k tout momeut. hi
quel effort de raisonnement nous fertHwi
croire qu'il y ait idenlité d'éléments, répéti-
tion uniforme, identité de connexiuD, eiih
toutes les autres expressions que l'oa en-
filoia i tour de rôle, entre les oroides, doni
es uns n'ont que deux pièces, les mliti
que quatre; taudis qu'il y en s qui en «il
Sept, d'autres neuf et nnème daiiauje!
Par quel art parviendrai t-oo è nouicuo-
TBincre qu'il y a identité de eonaexiun tout
les o& hyoïdes, dont les uns se suspenfFtJi
è une partie de l'os temporel , quand d'iii-
très contournent le crâne et |>éDËtreDl jos-
que dans le bec, et quand d autres fuwe
restent absulumeni couchés soust lagui^
et comme noyés dans les muscles? Qu'j
Tirra-t-un autre chose que ce que ODiiif
voyons tous depuis des siècleiT UM»^
taine ressemblance déstructure (iel'urgi»,
ressemblance doni ledet^réestproportiacut
aux rapports d<;8 animaux entre eux, cl do
différences déterminées par rtwploiqulf
nature fait de cet organe; ou, si lou ml
éviter toute ombre de recuurs i descuua
finales, des différences qui détermiucnttti
emploi. Pour nous, ces rapiKirts, ee^ IoN'
lions, ces différences b'expliciuenliTès^
parce qu'elliis constituent ranimai ttf'i
est, parce qu'elles s'appellunt ou t'eÀW\
les unes les autres. »
M. Cuvier termina en disant auecen'D'
pas sans un vif regret qu'il s'était tu euitniiil
de rompre le silence, auquel il éliilbl"
résolu si l'on n'était venu le forcer ^v
ses derniers, retranchements; nuis mii-.
disait-il, les naturalistes auraient le m
de m'accuser si j'abandonnais uee cu-i
aussi évidente. 1
H. Geoffroy ne laisse pas sans ré\m I
ce mémoire, où sa doctrine était si wf^'*
attaquée.
11 commença par reconoatire la finit**
tous les faits «nalomiquf>-s énoncés pi|
H. Cuvier au sujet de l'os byoïée; w» ''
lesinteriirétatoutdifféremBeoi.LidMinM i
aristotélique, disait-il, est trop vag»*;.'"" |
Arbitraire dansées appréciations ; U tbw"^
des analogues cberche. qoaiMl ■■"'1^
est composé de plusieurs molérisai* *^
oonnoltre dans leur essesce; «Ile *>■•'"'*;
si quelques-uns disparaissent ou V*!/*^. j
dure, parce qa'il y a lusion d'une (•*"
l'autre, ou fiar a ropbit, «r tlle ne F^'
p«sUconserïalioQia'ariabIede5B«i«'** |
12=
noH
DKTIOMUISE AIKHjOCETIQDC.
UOK
isas
■uii elle intPrTieiit pour«n Taire l'apiMl et
M réj^rr le coni|4e... Poor i^u'on pût juger
de la valeur diiS objeclions failes à U. Geof-
frof pKT CuTier, H. Geoffroy rappela deux
propositions qu'il avaiiétabliessur ce BoAuie
05 en ISIS : 1' l'appareil hyoïdien est au
fond le ntèma dans tons les animaux Terté-
brés; S* l'os hyoïde, Kénéralemeot parlant,
Mt composé de neuf pièces dans les poîs$oo<:,
dafauitiians les oiseaux, el de sept dans les
mammireres , non compris les os styiuïdcs,
M. Geoffroy pas» ensuite i I eiamen
particulier des objeclions conleuues dans
:e dernier mémoire de Cnvier.
1* L'os faymde change en nombre d'un
genre k on autre : ■ J'avais prouvé cette
•érilé avant le jour de notre polémique , •
dit H. Geoffroy.
9* L'os hyoïde change de connexion.
U. Geoffrojr attend la démonstration de
cette assertion ; l'arguroenlalion n'a pro-
duit qoe des allégations générales sur ce
point, et non une spécîQralion de laits po-
sitifs.
3" De qui-fqne manière que l'on entends
Ki trrmes vaRaea,employésju8qa'i présent,
ïmpologir, d umilé de plam, OD ae peut pas
le» apphquer d'une manière générale i
l'btoîde.
Cette oiijeelion renrerme on non-senF.
Ou le refuse k l'idée de l'existence d'un
appareil hyoïdien analogue chez tous les
animaui vertébrés, précisément dans une
dissertation où l'on nomne cette chose elte-
méiue dans tous les cas où on ne veut [tas
la reconnaître.
fc* Enfin, il y a des animaux qui n'ont pas
ta moindre apparence d'os hyoïde ; par
ronséqueni, il d'j a pas même d'analogie
lans son exislenee.
■ Je ne puis croire qne ce soit poar moi ,
lit M. Geoffroy, pour les gavants vrrȎ8
isns les éludes zoolomiques , que cette ob-
hrction est écrite. L'existence d'un organe
orrespond toujours i un degré de dévelop-
pement de Paiiimabilité, qui peut être o«
-. «lias être effectué ^dans des cas dilféren-
i ets : il faut une heure, un Age convenables
•«iir que, dans un embryon quelconque
"iKimuie, do mammilJïre, d'oiteau , etc.,
AjoïJe apjiaraîsse; de même, chez les aoi-
>aux qui appartiennent i un certain degré
rt»' évolutions organiques, il ne peut y avoir
"ùyoide. a
Ô*Jaut aux principes que Cuvipr reul
tt>slituer h ceux qu'il combal, M. Geoffroy
■» rtrprésetila comme idL'ntiques i ceux qui
>nt cousacrés par la doctrine d*Aristote,
'j t ne s'occupe que des totiuns et des fooc-
LflJS.
AI. Gpoffroy remarqua qii« l'os hyoïde
trsiste encore chez It-s crustacés.
Eu déiînitive, la divergenc« d'opinion k
1 é^ard prorieni, disait-il, de ce que U.
JTîer prend rhjoide comme un élreabslrail
uni I étude de ses rajipurts jiour en déve-
] -|>er ensu ite loutesles faces différentielles,
laiij, aa contraire, U. Geoffroy ne a'alla-
"■ aux cas différenliels qu'aprà iToir nt-
mené tous les éléments de l'appareil hyoïde
i leurs rérilables analogues.
U. Geoffroy convenait que tons ses tra-
vaux ne préseuleot pas dans leurs résultait
le degré d'esaclitude dont ils sont suscep-
tibles. Hais, selon lui, quelques erreurs
étaient inévitables dans une entreprise con-
tinuée durant tanl d'années; or, ces fautes
sont réparables et presque toutes effacées
d'après les lumières du principe des con-
nexions lui-même. D'ailleurs, ses nouveli'S
études sur les muosiruosités, avec la cou-
naissance des variations de la série des êtres
auxquels chacune d'elles répond, lui don-
naient d'autres moyens de détermination
qui serviront k rectifier ses anciennes dé-
terminations de l'os hyoïde.
U. Cuvier réjioudit par un mémoire inti-
tulé : Cctuidératiotu fur U sternum.
m Dans mon dernier mémoire , disait Cu..
vier, je crois avoir montré que les nom-
breuses variations de coraposilions al de
(sonnex ions dus os hyoïdes dans les animaux
qui respirent l'air, ne peuvent se concilier
avec aucune des déQnilions que Toa nous a
données de la théorie des anatogief, ni
même avec aucune définilion possible qui
allribueraît à celle théorie quelque chose
qui lui soit propre. Mon savant collègue ,
dons sa réponse^ s'en est tenu h pré^uttr
des applications de sa doririnei l'organisa-
tion dus poissons. La {irinciiiale de ses ap-
plications rouJant sur l'byoïae, il convie 1,
eiur y répondre, d'examiner l'hyoïie dans
s animaux qui respirent [»r UîBlermède
des eaux, dans les («isson: en particulier.
■ Notre savant confrère a conçu sur ce
sujet unedes hypothèses les plus singulières
qui aient jamais été posées en aoatomie. Il
regarde l'hyoïde des poissons comme formé
du mélange, de l'amalgame des pièces qui
ne servent que dans le sternum des oiseaux.
Je mu vois donc obligé, pour montrer tout
ce qu'une pareille supposition a d'extraor-
dinaire et même d'imjiossible, d'examiner
préalablement le sternum dans les animaux
de différentes classes. •
M. Cuvier, conduit ainsi à s'occupir du
steroniD, faisait d'abord remarquer qne re-
lativement i 11 délermioation de cette par-
tie, U. Geoffroy avait complètement renoncé
à la marche qu il prétend être exclusivement
celle de la théorie des analogues. Il a donné,
disait- il, comme un des caractères distiuc-
tifs de cette théorie, qu'elle n'a pas d'égard
aux fouclious, qu'elle ne s'attache quaux
élémenls des organes ; c«|>eDdant 11. Geof-
froy, dâos le cbapitre de sa Philiuaphie ana-
tomiqut, où il s'occupe du sternum, fait en-
trer la cooMJération des fonctions daus la
déliuition du mot ttemum,
« Cliaaun sait que le .-ternum des qua-
druples est comiiosé de la réunion d'o5
R lacés à la lile les uns des aulieî, el dont
^ nombre est assez g4néraleiiii'ut déterminé
par celui des cèles qu'on app -ïle vraies. Celle
disposition sur une seulv lifjno est propre
aux quadrupèdes.
■ On ne vutt pluj rien de scicblable dus
ISS7
HO»
IHCTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
les Ovipares, si ce n'est tout an plus chez
1rs grenouilles. Dans les autres, le sternum,
assM généralement élar^ par des parties
latérales en forme (]e disque, varii; éton-
namment de composilion, et cela d'une ma-
nière tout ft fait indépendante du nombre
des vraies cAles.
■ H. Geoffroy a montré gue, dans toutes
les tortues, la nombre des pièces est de neuf,
et il conclut de celle obscrvalion que tout
sternum que rien n'entrave dans son dévA'
loppement est composé de neuf parlii's élé-
mentaires : conclusion assez difficile à com-
l)allre par des faits conslsnls , car, partout
où il 7 en a moins, on pourrait toujours
dire qu'il y a eu quelque entrave. IF faut
que les entraves aient été bien multipliées,
car ce nombre de neuf ne se trouve chez
aucun autre ovipare, cl il n'a lieu que
dans un pelit nombre des mammifères.
D'ailleurs, quand il y en a plus de oeuf,
ee u'ast plus une entrave qu'il faut cher-
cher , mais quelque cause d'exaltation.
U. Geoffroy s'est attaché i retrouver dans
le sternum des oiseaui, qu'on regarde com-
munément comme formé de cinq pièces,
les neuf pièces qui com))oseut le sternum
comi Ipt, celui des tortues. It aurait pu se
di-tpenser de ce soin, puisqu'il dvait renon-
cé au nombre des pièces pour ne s'allacbcr
qu'aui fonctions. ■ H. Cuvier cite l'autru-
c)ie et le casoar comme présentant un fait
aijsolumenl contraire i vunili de compoti-
tion. Dans ces deux oiseaux, le sternum ne
se compose ni de neuf pièces ni de cinq,
mais seulement de deux; simplicité d'o<-
ganisalion que n'explique point la théorie
des analogues, mais qui est tout à fuit en
rapport Bvec'I'ullure de ces oiseauK, qui ne
volent pas.
U. Cuvier poursuit ainsi:
«Je co laisserai pas passer celte série de
faits, qui m'est en grande jiartie fournie par
notre confrère, sans fnire remarquer que,
tout aussi clairement que ceux qui concer-
nent l'hyoïde, ils renversent de fond eu
comble toutes les délînilions qu'il nous a
données de sa théorie des analogues. D'u~
Btté de nombre, il n'y en a pas d'apparence ;
car voilà un organe, te sternum, composé de
tous les nombres depuis un jusqu'à neuf;
cet orfjane est mémo réduit à zéro, non^-
seulement dans les invertébrés, ce qui va
sans dire, mais jusque dans beaucoup de
vertébrés, comme les serpents. D'unité de
tonneiion;, pas duvanlage: tantât il y a
des côtes et un sternum, c'est la plus grand
uiembre ; tantôt des eûtes sons sternum (dans
les serpentij ; tanlAt un sternum sans uètes
(dans les grenouilles); mêmes variations
dans ses rapports avec les clavicules, avec le '
curacùïdisM. En un mot, l'analogie des ster-
nums, ainsi queitoire confrère l'a très-bien
dit, ne re^iose que sur les fonctions. Maùs
alors que devient ce qu'il dilaussi et encore
iiluseiplicitem(»it, que la théorie des ana-
logues lie fait point de cas de ces fonciionsf
■ Combien, au contraire, ces faits ne
tottl-ils pas favorables h l« véritable philo-
sophie de l'h'sloire naturdleT La uign
pas plus ici que dans la re^ie d« t«t pn!
dirclions, no s'est point réglée d'ifirèt dtt
Tues étroites des préceptes scelisliquti.
■ Dans les quadrupèdes, où le iltmin
n'avait qti'un effort médiocre i uolenir,
oA la poilrifie devrait élre, poor la bdlitl
de la marche, étrotta et fleiiÛe, dit l'i
composé de plusieurs petits os ;^céj 1 li
file.
■ Dans les oiseaux, oii il aérait i àown
attache aux énormes muscles qu'exige la
vol, et h supporter la violence îles niouie-
ments nécessaires è ce genre depro^uion,
elle l*a élargi, lui a donné noe crête siil-
laaie, et a employé à cet effet duq large)
parties placées en quinconce, appujéeilti
unes sur les autres par de grandes jutun),
et qui bientôt se fondent eu uu seul ilisi]«
aussi robuste qu'étendu.
« Dans les turtues, où il devait serrii
d'are-boulaul h la voûte épaisse qui recou-
vre ces animaux, aHe a employé neuf piè-
ces, un peu autrement arrangées; malt cil::
était si peu tenue de suivre les lois de li
théorie des analogues, le sternum, ijiioi
qu'on en ait dit, eatsi peu un orgins ué-
cessaire h la respiration, que dans les ut-
Eenls, qui respirent tout aussi biea qu:
:s autres animaux l poumons, elle n'en i
point placé du tout. La raison du ctlleib-
sence n'est pas moins sensible que «Ile
des modifications dont nous venons de pir-
1er. Le corps allongé des serpents na (toniU
se mouvoir que par des ondulations buln
et répétées: un sternum qui eâtréuailetiri
cdles y eût été un obstacle i la liberti it
ces ondulations. Il était incouipitiblBiTK
les autres caractères de ces amniiuuili
donc dû disparaître.
> Pourquoi, en effet, la nature ea tii-iSi
agi autrement 7 Quelle nécessité >ari'>P<
la contraindre à n'employer que teii^i*!
pièces et h les employer toujours T PHP\u>ii
cette règle arbitraire lui aurait-elle ili»-
poséel Je sais bien que pour cerlaiuo-
firits il y a derrière cette théorie il» i:»- .
ogues une autre théorie, celle de li ^> j
duction de toutes les espèces par le din-
loppement progressif d'un seul genue-wu
cette autre théorie, que je crois louliuB
fausse, prend ses prétendues prouves lUi^
celles de la théorie dea analogue», d "
saurait elle-même lui servir de preuve:"
serait un cercle vicieux, dont, au re><Ci
l'Académie n'a pas manqué de r6cOBD>lit(
beaucoup de traces dans les longues tl^^
tions de notre confrère.
• Enuu mol, répond reronstamineoldtu
la formation des êtres aux coodiliDDsd^u^
tence; les varier suivant la sécessil^ ^
chaque genre ; produire des êtres de i^
les Uegrés de resseuiblance, depuis ceui^"
soiU presque identiques jusqu'i teiit<l''
ne se ressemblent presque en rien, e> •'<'''
l'aspect peut clsssur l'eusembie 'i'»|f**'2
.degrés mêmes de ressemblance, "^'',|'
seule loi de la nature, celle d'après iKia-^'
ies oaiuralistes l'earisageot drptn^ <«^
DK-nœnuiBE APOLnxnQOJE.
BON
1330
liMei, et l'enTisageroDl, j'eapèra, eneort
biea lougtanipB.
• Adopter les théories en opposition k
tous lu bits serait, noD pas gêoer In au-
tan, qui se rit de |>8reilles prélentions,
ui«ii retenir l'esprit de ceoi qui l'étudienl
ilans un escIsTage qui arrêterait lous leurs
|irogrèi. •
Od priDdpc coordooMieiir de b adence o
ieiuibitlt£.
de la
Qu'il 7 eil de l'ordre dans la création,
v'esi ce que tout le monde admet, el même
les ptDtnéistes , bien qu'ila enleiident cet
ordre i lenr manière. Dans rhy|»olhèae oii
iti se placent, ils ne sauraient donner la
démonslralioD de cet ardre, ce qui ne leur
permel d'arrirer k aucune conclusion rigou-
reuse. En effet, tout ordre est néeessaic»-
ment soumis à des lois certaines, perma-
nentes, sans quoi il n'eiistprail pas; mais
toute loi, pour être sdiaissable, intelligible,
doit pouvoir ôlre démontrée; or, nulle dé-
iDonslralion sans on principe serrant de
crittrium ï la raison humaiue, qui est es-
»ebliellemfnl logique, parce qu'elle est faite
k l'image de la Haison suprême, qui es! la
logique par excellence, reorermaol eu elle-
même les lois et la raison de tout, coor-
données par un principe qui lient i son
csseoee : l'ordre éleruel.
Lepanlbéisme, en reJHlanl tout principe,
s'est donc enieTê toute possibilîlé de solu'
tion.
Quel «st donc le principe & l'aide duquel
on peut saisir l'ordre de la création dans le
grvnd groupe d'élres qui doit nous occuper,
«tavec lequel nous pourrons juger IpsIaiIsT
Ce principe ne peut sortir que de deux
M>urcei:ou descoosidéralioasestrinsèquet
à l'être qu'il s'agit de connaître, ou des con-
sidérations intrinsèques, fondées sur la na-
ture même de l'être. Or, il s'agît ici de con-
(tatlre et déjuger un organisme, el les fonc-
t i ons et les actes qu'il exécute sur te milieu
l'flns lequel il vit. Il est donc évident que
'«=! principe devra sortir pour nous de la na-
• -tre même de l'organisme auimal et de celle
t >■ Ks actes; car ce qui ceraciérise un être
■Si le fon-l même de sa nature. Ce qui ca-
EMctërise le règne organique , c'est une
CruclDre propre et spéciale, combinée pour
i^/r sur le monde extérieur el sur elle-
uâine , pour se maintenir dans l'échelle
lit iverstille des êtres individuellement pen-
laol un temps déterminé, el s'y reproduire
Il cspèctis perpétuellement ou du moins
«■l'Jaat une durée indétermiiide, et dont la
niile, ioassignablescienljâquement, ii'eït
oiiuue que du seul Ordonnateur suprême.
lais le r^ne organique lui-même embrasse
eux grandes catégories d'êtres bien dis-
ncies et bien tranchées: 1q règne végétal
t le r^ne auimal. Le végétal est un êlre
rj^anise el vivant qui se reproduit dans Is
^mps et dans i'espace.L'animal est un être
• tianisé, vivant, sa reproduisant et sentant.
'-Ttjaui^aljon, la vie el la re|>roducliou
sont donc des prOEviétés essentielles m
Tégélal comme a I animal; mais l'animal
■eul est sensible, ut c'est Ik ce qui le cens-
titne animal; donc la sensibilité est le seul
caractère de l'animalité ; elle est le princi|>e
qni sort de la nature même de l'orgdnisme
animal el de ses actes.
Ls sensibilité , tel e!<t donc le principe
eoordonnsteurâe la science qui nous per-
mettra de lire les lois de l'ordre créé, d'où
Tont ressortir les conséquences les plus
rigoureuses. La sensibilité a besoin d'or-
ganes qui lui servent de subiirafa. Cette fa-
culté se divise en deux or^ires : la sensibilité
animale, qui permet h l'être ds sentir le
monde extérieur, el la sensibilité réSécbie,
qui s'élèvera jusqu'l l'inlelligenceet la pen-
sée. De li encore deux nouvelles distinc-
tions d'êtres, fondées sur le principe earae-
léristique de leur nature : les animausv qui
n'ont que la sensibilité animale et réfléchie
simple, ou instinct, et l'homme qui de plua
possède l'intelligence et la pensée. Les lubi-
trata sensibles seront donc aussi de deux
sortes : système nerveux de la sensibilité
animale, système nerveux du la «ensibililé
réfléchie. Pios le système nerveux, eu gé-
néral, sera développé,, plus la sensibinté
sera parfaite, et plus l'animal sera animal;
plus le ëiUitlratUM de la sensibilité réfléchie
sera développé, plus cette faculté le sera
aussi, el plus l'animal sera rapproché de
l'homme. U'anue part, la nature et la struc-
ture du atAitralum de sensibilité nécessi-
tent leur position et leur disposition dans
l'animal sous un autre système protecteur
et central, aflo qu'ils puissent agir sur tous
les autres organes. Mais la sensibilité appe-
lée); s'exercer sur le monde extérieure!
ses circonstances favorables ou nuisibles,
doit nécessairement avoir prise sur le monde
extérieur el être en rapport avec lui ; do là
les organes des sens, et le sens général
même, conséquences rigoureosti* de la sen-
sibilité, siégeront nécessairement h la péri- -
pbérie, sur T'enveloppe cutanée de l'animal.
Or, celte enveloppe, ou la peau, limite l'a-
nimal dans l'espace et détermine sa forme»
en relation directe arec la disposition du
système nerveux. La forme donc sera la
traduction rigoureuse du caractère fonda-
mental de l'animalité, ce qui démontre cet
axiome d'Arislote : « La forme est supé-
rieure k la maiière.a jmisqu'elle la doiuint;.
Du la sensibilité animale ressort une autre
conséquence tout aussi importante. Tout
être sensible jouit nécessairement de la fa-
culté de se mouroir,sans quoi la sensibililé.
serait une anomalie aaos nom, une facullti
sans exercice. Par cela même qu'un être
peutseutir les circonstances, les oi^els fa-
rorables ou nuisibles h son tixistencc,il doit
pouroir s'en rapprocher ou les fuir» sans
quoi la sensibilité n'est pouf lui qu'un
tourment inutile. La locomolililé est donc
une cnusiâquence rigoureuse de la sensibi-
lité, et par suite, eommu euDséquencu Je la
vulonté cl ayant pour tubtlTotuM une autre
pallie du système nerveux, est uo caractère
1331
BOH
DICTIORHAIRE APOLOGETIQUE.
HO»
«à
liandanamlal de l'animalilé. Mats , coiRtne
vous BTons trouvé dans la sensibilité deux
degrés distincts, la sensibilité sensariale ou
animale et (a sensibilité intcllecimlle, bien
supérieure ft la première, il en sors k peu
près de même do la locomotililé, qui se
distinguera suivant qu'elle sers, l'u'ne to-
lonlaire, appliquée A des fonctions senso-
riales ou iocomolricei de triinslatlon, l'autre
inrolontaire, appliquée i des fonctions de
ia vie Tégétative ou organique, comme ta
nutrition et la génération.
La sensibilité et la locomotilité sont donc
les facultés qui constituent J'animai, et par
Puife le véritable toomètre qui nous per-
mettra d'apprécier le degré d'élévation de
chaque animal et déjuger son organisme.
Commedernlère conséquence du principe,
tous lea BDtres organes du système animal
fourniront des caractères de plus ou moins
grande valeur, Guivant qu'ils emprunleronl
plus ou moins i ta sensibilité et h la loco-
rootililé pour leurs fonctions.
Il s'agit h présent de trouver une mesure
à laquelle on puisse comparer les animaux
divers et arriver à juger leur valeur. Toute
mesure doit être connue préalablement et
suflîre aux applications qu'on veut en faire.
L'anima) le plus simple eat évidemment io-
sunissnt; l'homme seul dépasse, par la ca-
ractère fondamental de sa nature, la sensi-
bilité réfléchie intellectuelle, tous les ani-
maux; seul aussi il nous est mieux connu
que tous les autres dans les fonctions et les
actes de son organisme, et par suite dans
cet organisme même. Or, la logique veut
que l'on marche du plus connu au moins»
connu. L'homme est donc la mesure , le
terme de comparaison.
Tous les animaux sont intermédiaires i
l'homme el au végétal; la comparaison de
ces deux termes duit donc fournir la raison
de l'ordre dans lequel doivent être rangés
les animaai. Dès lors, plus l'animal sera
' rapproché de la forme humaine, plus il pren-
dra un rang élevé dans cet ordre ; plus il se
rapproeliern de la forme végétale, plus son
rang fera intime.
Or, dans l'iiomme, la forme est la plus
binaire, la plus paire, la plus bijuguéc pos-
sible ; le corps nettement partagé en trois
■egments, la lèle, le thorax, et l'abdomen.
La tète, siège du iubttr»lum des facultés in-
tellectuelles et des organes des sens spé-
ciaux qui en sont des instruments, empor-
tera avec elle les caruclères les plus élevés;
sa forme extérieure traduit la forme géné-
lale et le développement du système ner-
veux de sensibilité réOécbie, et dans la tête
le front surtout traduit la partie la plusim-
portante du système de la sensibilité réflé-
<ihie, les lobes antérieurs. Delblamesuredu
développement du front fournira le moyen
lie juger de l'élévation d'un animal dans
l'écneile zôolog;ique.
La locomotiou fournira des caractères
aussi rigoureux. Dans l'homme, qui Kous
sert do mesure, il y a le moins d'orgnnes
itossibles employés k la translation et le
plusk la locomotion ■DtelleclueHe.HTtn
dire au service de la sensibilité réOubic,
Ainsi les organes de la res)iinliaa l'flè-
Teront ici jusqu'ft la phonation, juna'ig
langage articule; la langue e( les ièim
prendront part X celle haute fonciioa de lo-
comotililé intellectuelle. Les mains, n« m-
vont jamais k ta locomotion , seront ca-
flojées h la préhension, au loucher ttj,
la préhension digitale, deui foneiioni^
en font une locomutililé Térilsblemenlii-
teilectuelle, etc., etc. Ainai donc, lanipi *
Irone servira k la translation, rooiiit rsDioiit
aura d'appendices de locomotion ; jJui il»
aura pour ta préhension digitale, |<lus 1^
af^endices seront complexes etplusriDi-
mal sera élevé. Dans les cas coDtnirti,;
aéra dégradé.
. Tels sont les principes qu'il conveniitilt
rappeler succinctement et qni vont nDiJi
servir k démontrer notre thèse. Enlron
dans l'examen des faîti.
ïlll-
Il bl'ï a pu DolU de compoiiUoa duH le ctgM akil
Qu'entend-on par unité de composition
dans le règne animal? Par compoiil»»
dans unélre organique, on entenJ l'eiMu-
ble de< éléments rbîmiqaes, simpluoi
combinés, affectant une structure inlim!.
une disposition et unn forme déterminw
pour uu butspécial,dans les parties queni
éléments constituent.
Nous aurons donc la composition iniiN>
1* dans le nombre de ses éléments awa
et de leurs cooiliinaisons, qui prAnneniir:
te nom de principes immédiats; l'(ttn>!)
structure intime que ces éléments affeciti*
pour former des tissus, des organes ri (!f
appareils; 9*dansle nombre et la di^i^c^
tiOD de ces organes et de ces appareils [''
rapport au tout, et tes uns par rappnti:-!
autres; 4' dans la forme générale duï''
et la forme particulière à chaque otob-
Si par cet eismen nous arrivons i fw^
laler que le nombre des éléments siof"^
et de leurs combinaisons est le mBa» ^^^-^
tous les animaux; que la structure inli^'
des tissus, des organes et des ii\<^f^'
est identique; que le nombre et \i dis|"i>,';
tion de ces organes sont les mëtnes; qi'
en est ainsi pour la forme généraledu M
et ta forme particulière h chaque orgin'^
nous devrons en conclure rigoureoseniffi
que l'unité de composition eiiste dinf '
régne animal. Mais aussi, si leeDDlriiir(>
lieu dons tous les points, il sera lopi"''
ment démontré que l'unité de coai(>«si'i<'''
n'existe pas.
• S'il fallait reconnaître unité de com?'-
silion dans tous les êtres oiï l'on ren««''*
la présence des mêmes corps élémenliir'j-
il s'ensuivrait que l'animal, le Ti^gi-'ial fi^
minéral auraient la même composition;*
c'est une' erreur que personne ^°^'^
même émettre. Ce n'est donc pas la P^
sence de tels ou tels éléments qui «n*^
lue l'imporiance de la composition clmo"!"*
mais réellement la coiubinaisou di»ct«J*
DKTKnCiAIRE APOLOGETIQDE
BOM
I3»&
ces mêmes élémenls, par laquelle sont Tor-
mes de Douveaux corps, qui jouissent de
proprMlés et de formes particulières. D'au-
tre part, les corps simples ou élémeolaires
se combinaDt entre eus dans des propor-
tious conslaules et toujours les m6mes, il
en résulte, pour les combinaisons diverses
et les principes immédiats qui ea sont des
résultats, UD caraclëre de fixité qui, joint
aui propriétés et aus formes particulières,
fait Téritableoietil descombiuaisons la chose
iujporLaute duus la composition cbimi-
(jue.
< De ce que tous les animaux coolien-
nent de l'oiygène, de l'hydrc^ne» du car-
bone et de razote, il serait donc irration-
nel d'euconclure l'unité <le composiiion-
En effet, les substances élémentaires qui
«ulrent dans la comiiosilion des végétaux
ne diffèrent réellement de celles qui for-
ment les animaux que dans la proportion
relative; ainsi le carbone est évidemment
beaucoup plus abouJaul dans le règne vé-
gétal que dans le rèjjne animal; l'azote est,
d.tna lu ras contraire, eitrèmement abon-
dant chez les animaux et fort rare dans les
féjjélaui. Il en est de niémedu pbosphore,
qui semble presque caractéristique des pre-
miers. On ne sait pas encore au juste à quel
règne appartient l'iode; on le trours dans
le& véijéiauxet dans les animaux inférieurs,
comme les éponges ; en outre, il ; a des
rorps élémeutaires qui sont communs k
Certains végétaux et kcerlaîus animaux, et
qui manquent dans d'autres végétaux com-
uiL- dans d'autres aoimaux. De la commu-
nauté dL-s mêmes principes élémentaires, il
faudrait donc conclure l'uoitéde composi-
tion pour les végétaux et les animaux; et
l'iisuile, de la communauté de certains élé-
uenls pour certains végétaux et certains
animaux, il faudrait conclura l'unité de
lomposition pour ces végétaux et ces ani-
ffiaux, tandis qu'elle n'existerait pas pour
les autres végétaux et les autres auimaux
^111 manquent da ces principes élémentai-
res. L'unité de composilioD n'est donc pas
aouteiiable pour les corps élémentaires.
m La considération des principes immé-
diats, qui suiit pourtant la chose impoj*-
lafite, ÎDllrme bieu plus fortement la tbèse.
Plusieurs principes immédiats sont com-
tuuas en effetaux végétauxet aux animaux,
c^ qui ramènerait encore à conclure l'unité
Je composition entre les deux règnes, liais,
J'uD autre cfité, un grand nombre de prin-
.ipes immédiats sont uniquement propres
lias végétaux, et d'autres aux animaux ;
>ieo plus, il ; a beaucoup de ces principes
iui ue sont propres qu'àcertainsanimaux,
:t qui Tarient même quelquefois d'une es-
léce Toisiue à l'autre. Le virus des repli-
as venimeux aa se retrouve heureusement
•as dans tout ce groupe, sans parler de tous
ss rerlébrés. Les produits chimiques des
ilanJes que les chiens et certains autres
iiîiuaux |>orlent autour de l'anus, le luu^c
C la civette, qui sont des substances a'ia<
;^iac9y aiaisilÎTcrsement t;0tnbiuées, l'uis-
Su'elles joaissent de propriétés physiques
ifférentes, bien que toutes préordnnnées
h la reproduction de l'espéee. De is ren-
Ciiutrent oue dans ub certain nombre d'a-
nimaux rin méine groane. L'huile particu-
lière que sécrètent les glandes du croupion
des oiseaux n'appartient qu'à cette classe
d'animaux; le mucus qui protège la peau
des ampbibians n'est pas un produit analo-
gue aux scutelles des reptiles, qui remplis-
sent la même fin. Le lait avec lequel las
mammifères nourrissent leurs petits, n'ap-
partient qu'à .cette classe d'animaux , dont
il marque la supériorité; car l'allaitemeat
contribuera aa développement de l'éiluck-
lioa. Uais ponrouoi tant de produits, de
principes immédiats divers, dont les germes
n'existent même pas dans les animaux in-
férieurs, se trouvent-ils dans les supérieurs?
Admit-on la transformation successive des
espèces, encore faudrait-it rendre raison
de la formation et de la préseace de ce»
principes sans éléments préalables, et c'est
ee que l'unité de composition ne fera ja-
mais; tandis qu'en admettant un ordre et
un but dans la création, la finalité de cha-
que espèce et dans chaque espèce la finalité
de ses organes et de leur structure, nous
rend raison de ce? produits.
■ La structure anatomique sera-l-ella
plus puissante è appuj^er la toèse ? La struc-
ture est la manière dont les molécules éié-
nltnlaïres se disposent pour former dt:*
tissus, des organes ou parties distinctes du
luul ; or, il n est aucune des parties distinc-
tes qui n'ait une structure, et même une
composition toute différente, et cela même
à l'état de morl. Le tissu cellulaire est,
dans les animaux, le tissu générateur de
tous les autres. Cependant la disposition
celluleuse paraît reinplac<le dans les bjdrei
par la disjwsition globuleuse; en outre»
plusieurs tissus sont absents dans plusieurs
animaux; le tissu nerveux et même le sys-
tème musculaire ne peuvent être d<imoii-
trés dans les hjdres, ni surlwit dansles
é)ionges. Le tissu osseux n'existe que dans
les vertébrés. Dans les minimaux inférieurs,
tous les tissus sont confondus, et il n'y a
à proprement parler qu'un seul tissu.
■ Le système musculaire seul, dans les
animaux qui le possèdent, sulDl pour infir-
mer la thèse. Dansions les animaux qui
d'oqI point de squelette intérieur, il est
unique; dans ceux qui ont un système os-
seux, le système musculaire se divise le
plus souvent an deux narties, dont l'une va
au système osseux, et l'autre va à la tieau.
Eh bienl i;etle dernière couche musculaire,
qui a reçu le nom de peaussier, est coiu-
plétemeut absente dans les poissons, cdui-
mence à paraître chez certains reptiles,
comme les crocodiles, se développe da-
vantage chez les oisesuirOÙ elle va jus-
qu'aux plumes, est complète dans certains
mammifères aquatiques, et diminua h me-
surti qu'on se rapprocha davantage de
riiurame. La loi d'unité de cumposiliuu est
duuc ici démentie uo assez grand nombre
IS»
HUM
DKTIONNAmE APOLOGETIQUE.
Bon
fie foi5 poar ne [wuroir plus £lre soute-
nue.
« Mais an fait plus profond ?ient l'é-
branler encore; les divers libsus orgsot-
ques forment, suivant leur stracture, des
producLions variées. La science est pn voie
délirer h sa fin la démonslratioR que celte
Tariélé de produits est due i la variété des
tissui. Des produits dilTérents prouvent
donc des'Iissus d*une structure intime dif-
férente. Or, tout le monde sait que chaque
lissa spécial produit des principes immé-
diats particuliers, et que les produits des
mêmes tissus ne sont pas les mêmes pour
toutes les espèces, puisqu'ils jouissant de
propriétés ditférentes. Celte variété si
grande de produits prouve donc aussi la
ilissemblance la plus complète dans les lis-
sus oui les produisent, et même l'absence
de plusieurs de ces tissus. Ce fiit, si pro-
fond, qui 0 lieu pour li>s tis<!us, anéanlit
donc encore la thèse de l'unité de composi-
tion.
a Les éléments organiques et la struciure
nous amènent aux organes. Trouvera-t-on
dans les animaux les mêmes organes dilTii-
rents seulement sous le rnpporl du degré
de développement, pouvant s'étendre a»
maximum dans les uns, et descendre au
minimum chez les autresT Les fonctions de
ces organes croissent-elles ou décroissent-
elles dans le même ordre? Sont-elles mèipo
remblaliles pour les organes analogues?
Tontes conditions nécessaires dans la thèse
de l'unité de composition.
« La réonien des éléments primitifs et
secondaireii, et des tissus qu'ils t-otitribuent
îi former par des modilicalions plus ou
moins profondes, dans des proportions ex-
trêmement variables, donne Heu ît un assez
grand nombre de combinaisons qui, affec-
iBul des formes et des usages déterminés,
prennent alors le nom d'organes. Les orga-
nessontdoni: des espècujd'iustrumenls jiour
une action déterminée.
■ Les organes, en se réunissant, compo-
sent pour ainsi dire leurs actions paiticu-
trères pour une action plus générale qu'on
appelle fonction. Cet ensemble d'org/rnes
concourante une même fonction, de quel-
que degré qu'elle soit, prend le nom d'appa-
reil. Cela posé, trouverons-nous dans cha-
que appareil le mente nombre d'organes, et
iians ces organes toutes les mêmes parties
et les m^mes tîssus7
« Et d'abord, dans l'appareil sensorial, la
série animale nous fournit pour cet appareil
les cinq sens: celui du toucher générui, qui
se divi^o en passif et en actif; celui du tjOAt,
«le l'ndoral, de la vue, de l'ouïe. Les trois
derniers entraînent toujours et nécessaire-,
ment la présence d'une léte ; vainement donc
nousies chercherions dans les animaux acé-
phales. L'appareil ne possède donc ici qu'un
très-petit nombre d'organes; il y a donc
ditférence non-seulement sous le rapport
du degré de développement, mais bien
mieux, il y «absence complète de plusieurs
organes. Dsus les articulés ces sens appa-
raissent, quoique leur démonstration wi
plus facile par les fonctions que par l'orga-
nisme, et ceux qui pcureni y être démon-
trés ; sont composés d'après un plan lj|)i-
que qui ne reparaît plus au delï; leurltt*
n'est point mobile en divers sens: abrs
leurs yeux sont multiples et composés poar
leur permettre une vue suffisamment éten-
due pour leurs besoins. Si dans ces ani-
maux on arrive à démontrer aoalomique-
ment les différents nerfs des sens, il rsi im-
possible d'y démontrer tous les autres tissui
qui complètent ces organes dans les loi-
maux pins élevés.
' Dans ces derniers eux-nléoies il y a de)
variations sssez remarquables. L'œil d«
oiseaux est beaucoup plus complexe (jue
celui des mammifères ; il y a des parties de
perfectionnement, comme le peigne et li
paupière clignotante, qui manquent à ceui-
ci, quoique plus élevés sous une foule Jb
rafjports plus importants: la composition n«
va donc pas en s'accroissant h mesure qu'oa
s'élève.
« En considérant tous les sens les uas
après les autres, nous y retrouverions 1»
.mêmes résultats; nous verrions que toutes
les parties des organes th-s sens ne sont
point en même nombre. Les poissons u'uot
absolument que l'ureille interne, les rep-
tiles et tes oiseaux n'ont que des ruii;-
menls de conque auditive externe; les cé-
tacés n'ont point de conque; le cadre du
tympan n'existe même pas chez les dsii-
phins. Ainsi, dans le même groupe d'iuî-
maux, les mammifères, i) y a nlMence If
plusieurs jiarties. Si Is thèse de ruoiléd*
décomposition ou d'accroissement successif
d'un type était vraie, les sens de l'hoainK
devraient être les plus parfaits de tous.Cc-
pendantturganiquemenl partant, rhomiDf»t
sous ce rapport inférieur à beaucoup d'Hf-
maux. La supériorité intellectuelle d( sa
sens, en ce qui constitue le diiciplint.h'vf
partenaot point à l'organisme , n'iotirme
en rien la thèse que nous venons li'éit-
Wir.
■ L'appareil locomoteur, surtout sa pa^
tie passive ou l'ostéologie, devra Gier us
peu plus notre attention, parce qu'elle i
été choisie pour argument principal de li
thèse que nous combattons. Gœtiie a for-
mulé cette thèse en disant que le toUl
d'un animal est un budget fixé que la n»-
ture ne peut dépasser; or, un simple roop
d'œil général, sans entrer dans des déUiih
qui seraient fastidieux, suflit pour montriT
que le nombre des pièces du squelette t.-
rie dans les espèces mômes queiquefois Us
plus voisines et souvent dans la meute
espèce, et par conséqueut que le total «l'un
animal n'est pas un budget fixé que U
nature ne peut dépasser, et qu'il n'y a {«i
par Ib même unité de composition.
■ Dans tout squelette, nous avons l ton-
sidérer le tronc et les appendices lt;rminaui
ou membres. En considérant le iroiic (■»'
rap|>ort i un axe central pris dans Canimut,
le canal inicstinal, ce tronc se compc^e :
ISSI
BOU
MCTIONJfAmB
l*d'am ligna iDéHMiie correspondante, in-
fériwreaa caQdl iote^tinal, les pièces clo
stetnuoi on les sleraèbres; 2*rl*appendîcea
•lisposé* par paires sur le long de us lignes
médianes, appendices maxîilaires )M)ur tes
vertèbrea eépbaliques, des côlfis pour ii's
vertèl>res dorsales, et des cornes cartilagî-
nenaea poor le alernom.
■ Les Bwmbres se composent, dans leur
é(at complet : 1* d'une raL-ine composée de
Irois os, (imopltte, elavienle et ischion,
pour le membre thoracique ; Ofi des Iles,
gubia, iscbion, ponr le membre peirien;
* d'un pédoncule composé d'un seul os,
bomërDsponr le membreanlérienr; f^mur,
poor le postérieur; 3* d'un manclteromposé
'ie denx os, radius et cuti lus, poor le bras;
li>jia et péroné, pour la jnmbe; k' d'un
instrument composé d>) trois |>arlie5, la
carpe, qoi a huit oi pour la moiti ; le tarse,
où l'on n'en compte que sept, deux élani
réunis en on seul, pour Je pied; le roéla-
carpe, pour la main, et le luélatarse pour le
!■■(;<>, Ions deux cosi\Msés d'une série de
cinq os; enlin les doigts, au nombre de
cinn dans les deux membres, ajani trois
phalanges, excepté )e jioucc, qui n'en a que
dent.
■ Parcourons chacune de ces parties, et
TOTons s'il y a unité de composition. I' La
colonne rerlébrale se compose d'un certain
nombre de rertèhres. Or, une vertèbre
complète se compose elle-même d'un corps
de deux arcs osseux, {'un supérieur au corps
pour proléger le sjslème neryeux, et
l'autre inférieur |icur protéger le sjsième
*asculaire, et d'apophyses diverses. Or,
jamais ces Ténèbres ne snnt complèli^s que
dans la queue de rprtains animaux; eNus
existent ainsi complètes dans les poissons
et les reptiles, jamnis dans les oiseaux;
elles reparaissent dans la queue des main-
mirères cétacés, et !ie continuent dans un
grand nombre d'<inio)aux de celte classe,
jusque dans K<s singes ; mais les sin^eR éle-
vés, pas plus que l'homme, n'nnl jamais d'os
en V, et par conséqiienljamais de Terlëbres
complètes, ce qu'il faudrait pourtant dans
la thèse de l'uniié de composition.
c Non- seulement les parties des Tert&-
■ires, mais le nombre des vertèbres mê-
me, variable dans le même groupe, quel-
quefois dans la mémo espèce, ne peimet
Fas d'admettre unité de com|>osition. En
effot, l'espère humaine, notre mesure, a
i vertèbres céphaliques, 7 cervicales, IS
dorsales, 5 lombaire, 5 sacrées, et <le 3 à 5
mccjrgieiJDes rudimeiitaires; en tout dune
33. sans compter les coccjgii.>nnes. qui sont
variables; et en les comptant dans lenr
nombre le plus élevé, le total serait 38, cu
q-iî est bien rare.Or, dans 11 seule esjièce
humaine, le budget est quelquefois dé-
passé dans la partie Gxc et invariable; on
rencontre, en elTei, des squelettes humains
qui otil i8 vertëbies Iroiiealea au lien de
17, qui est l'état normal. Nous en avoii< vu
des exemples an cahint-t d'analomie com-
I>-iréc du Ua»éutt), et la virlèbre en plus
APMXKETIQUE. BOU ISH
portait sur les lombaires, qui étaient au
noiDhra de 6. Hais en passant aux animaux,
quel mécompte dans ce budget t Nous re-
trouvons dans tous les ostéozoaires k ver-
tèbres céphaliques; dans les mammifères,
7 cervicales, exc<?pié dans les psresseni,
où ce nombre varie de 7 ft 9. Mais les di>r-
sales, les lombaires, les sacrées et les eoe*
cygiennes varient en nombre d'une maniera
extrêmement considérable, tellement qu'oo
ne peut prosque même pas lenir compte
des vertèbres coccfgiennes d'un individa
fe l'autre. Les vertèbres cervicales étant
fixes, tes coccjgiennes trop variables pour
ne pas appuyer évidemment nuire thèse,
comparons seulement les vertèbres dor-
sales al lombaires dans quelques groujies.
Dans l'homme, le total est de 17; dans un
grand nombre de singes élevés, comme
les guenons et les eemni)[^ithèques, le toinl
«.«l déjfc de 19; dans l'ours, il y en a SO,
li dorsales et 6 lombaires; et dans un ours
jongleur, mort i la ménagerie de Paria, il
V en avait 31, 15 dorsales. Dans les félîs,
le nombre est le plus souvent de 20, mais
ce sont les lombaires ^ui sont en plus; il
{' en a 7, tandis que dans les hyène.s, oH
e lolal 20 eiisle, ce sont les dorsales qui
sont au nombre de 15 ou de 16; dans un
éléphant d'Afrique, le nombre est de 23, 20
dorsales et 3 lombaires; dans le rbinoté'
ros, le total est le plus souvent de 32, 19
dorsales et 3 lombaires; dans le tapir, 33
eu 2&, 18 dorsales, et 5 ou G lumbaires;-
dans 4in hippopotame, nous n'en avons
RIns trouvé que t9, 15 dorsales et k lom-
sires, fli pourtant cet animal est du nièma
groupa.
■ Le nombre des ▼ertèl)res les otus Sxes
est donc variable, non -seulement d'un
groupe h l'autre, mais dans le mèmegroup*-;
et, SI nous avions fait entrer la considéra-
lion de la queue, nous aurions vu ce noaibre
varier de Vt k 60, 30 quelques h 50 quel-
3 nés. Ainsi, il y a des singes sans queue, et
'autres qui ont des quenes énormes ; dans
les cheiroplères mêmes, les premières es-
pèces n'ont point de queue, et les dernières
en ont de plus ou moins développées; c'est
même un bon caractère |>oor la dislinction
des petits groupes. Dans les amphibiens,
les batraciens sont sans queue, et les sala-
mandres en ont une très-longue, et ces
deux groupes sont voisins.
■ Nous avons vu que la plus grande mo'
bilité a lieu dans les vertèbres des mammi-
fères en allant vers la qiieoe; c'est le con-
traire dans les oi-veaus : c'est Je cou en
effet qui offre le plus grand développe-
ment et le plus de variété dans te nombre
des vertèbres, puisque les cervicales varicnl
de 13 h 33.
. ■ Darts les reptiles et les poissons, il y a
un bien plus grand nombre <ie verièln-es
caudales surtout, que dans Jous les autres
vertébrés , et dans les poissons mêmes il
n'y a plus, le [ilus souvent, qu'une seule
cervicale, tandis que le (oial dépasse éuor-
mémeul celui des tnammifèrci. Ainsi, outr<]
18V
BOU
nCt10N.>&IRB AI>0L0GET1QUK.
BOX
In ilivcrsité du nombre, les parti' s laria-
l>le5 chan;;nDi pour chaijiie classu. puisque
c'tisl la queue dans les mammifërea, le cou
dai\s les oîseôui, l'un el l'aulre dans les
{lOisson.s.
c L'unité de cooaposition n'eiîste donc
pas dans la colonne vertébrale; ta irotive-
runit-nous mieuK dans la série des siemè-
bresT Dans l'espèce humaine, le sternum
est coRifKisé de 6 os principaux; dans les
ours, lu nombre des slemèbres eit déjji de
tt; dnn» les tigres et les lions, il est de 10;
dans tus ctiiens de 9; dans les éléphanta el
dans les rhinocéros, ce nombre est de S
ou tt-, dans les tapirs de 9; duos les taippo-
potanes de 8, etc.
• Dans les oiseaux le sternum est soudé
eu une Seule pièce; il disparaît dans la plu-
i>art d<;s reptiles, et il n'y en a plus de traça
dans les poissons.
■ Nous n'avons pas besoin de parler des
appendices maxillsirea ni des dents qui s'y
trouvent iaiplsntées: il y aurait là trop k
dire. Nous ne parlerons pas plus des cÂtes
ni des cornes cartilagineuses du sternum,
les premières élanr en rapport avec les
vertèbres dorsales, et les autres avec les
bternôbres et les cAtes. Ûais les membres
ou ap|ieiidices terminaux nous fourniront
toujours aussi les mêmes faits. En effet,
l'épaute ou la racine antérieure, qui ofTre
deux 03, la clavicule et l'omoplate, dans les
singes, les chéiroptères, tes inïuclivores ,
u'a plus de clavicule dans les ours, les
chiens, etc.; la clavicule reparaît dans les
premiers rongeurs pour disparaître dans les
derniers l't dans tous les ongulogrades, tan-
disque dans les ornithodelptïes il v a Don-
feulement une omoplate et une clavicule,
mais un troisième os analogue à l'iscliioa
antérieur des oiseaux. Les oiseaux eus-
ijiémes ont ces trois os,aiusi que 1h plu-
part des reptili'S et des poissons. L'bumérus
uisparatt dans Us repiiles apodesisou ab-
sence est sans douta douleu:ie pour beau-
coup de poissons, puisqu'on n'est pas en-
cure d'accord sur la $i;jniCcation de ces
pièces dans cette classe d'animaux. — Le
cubitus est réduit à l'olécraoe dans la
plupart des mammil'ères herbivores, elle
péroné n'y laisse plus qu'une trace ; le mé-
tacarpe et le métatarse y sout réduits en un
seul os du canon. Dans les didelphes et les
umithodelpbes le cutiitus et le péroné re-
paraissent , et dans les derniers le péroné
môme est articulé avec le fémur comme
dans les oiseaux, ce qui n'a jamais lieu
[lour les mamœil^res. Le cubitus et le ra-
dius disparaissent dans les reptiles apodes
aussi bien que le tibia et le péroné, ce qui
a éfjalement lieu pour les poissons, au
. moins pour les membres postérieurs. Les
doigts diminuent dans la classe des mam-
mifères, et même dans chaque groupe,
jusqu'à n'en présenter plus que deux dans
l>.'3 ruminants, et un seul apparent et com-
plet dan» les solipëdes, tandis que dans les
cOliicés CCS mémos duigls, au nombre de
cinq, ont quelqucfjis Juatju'à cinq plialan-
g«s , au lien que H» autres maimmf^
u'c-n ont jamais que trois. Dans les didd-
thes, les doigts reparaissent auaai au nom-
re de cinq, et le pouce postérieur redr-
rient séparé des autres doigts, et préhensile
en outre ees animaux, comme les orDiibo-
delphes, ont deux os particuliers, oomaiéi
marsupiaux , qui leur sont uoiqaemeat pn»-
Cres. Lea oiseaux ont également de quatre
deux doigts; les reptiles en ontjusqa'ï
cinq, et dans les iioissons, où ils soot prth
fondement modifiés pour fa nage, cesdoig'iS
et leurs phalanges sont eo nombre presqut
iodéCini. Outre l'absence d'un graud nom-
bre de pièces chez les i>oissons , nous uvu-
Tons dans leur appareil branchial beaneoup
de pièces dont li sigoibcaliun n'a pas en-
core été rigoureusement déterminée, et qui
paraissent uniquement propres aux pois-
sons,
€ Le nombre dos pièces du système os-
seux, celui des parties de ces pièces nesoiit
donc i>as les mêmes , non-seulement pour
tons les squelettes, mais encore pour leurs
parties.
« Le système musculaire, se dédutsasl
du système osseux, nous prouve comme
lui que l'unité de composition n'existe pas.
■ Les appareils digestif, respiratoire,
circulatoire it générateur, nous fourniraient
absolument les méuius résultats, aussi biuu
que le système eiiitnteur nerveux. Qu'il
nous sumse, pour abréger, de ne coosidé-
rer dans ce dernier système que la pirtie
encéphalique. Dans I homme, le corps cii-
loui, ou commissure des hémisphères e*'
arrivé & son plus grand iJéveloppemfDtiiN
hémisphères et les circonvolutions soct
aussi parf,ii s qu'ils peuvent l'être, ces b,-
misphèies rud'uvrcni tout le realo del'vu-
cépliale. Le cervelettslaussi très-dé vi;lo|>i^
En arrivant aux maniuiifères moaodeliM
nous trouvons <Jéjh unedimiiiutioaduioiici
les parties, et diins les rougeurs, lesUèn^s
surtout, l'absence complète de circonioW-
tions. I)nns les diJelphes, le corps calleux
est réduit à sa pIuS simple expression, tl
les autres parties également diuiiuuécs 1:11
proportion. Dans les oiseaux , le corps cal-
leux a entièrement disparu ; les divenet
parties du cerveau sont réduites i un»
série de petits ganglions dont la sigi<i-
lication n'a pas pu être suffisamment uiêi
pour pouvoir être acceptée généraiemcnl.
Il en est de même Jusqu'aux poissons, >t
enfin les arlicutés n'ont plus qu'un simplt
pet.t ganglion susoesophagien. Il n'yadi,>uc
pas là encore unité de composition.
* Nous venons de voir qu'il est Iidikmn-
hle de trouver dans chaque apiureil le luénie
numbrti d'organes, et dans les organes eux-
mêmes toutes les mêmes parties el l«s nié-
mes tissus; mais bien [dus, beaucoop u'ai^
pareils mêmes disparaisseut dans les ani-
maux inférieurs. Il résulte de là qu'il nya
unité de com(K)si(JoQ ru pour les or%»ir<
ni pour les api>areils. 11 en résulta qae '•*
ibése n'est pas, plus soulenable jour If*
DHmOT«AIRB APOLOGETIQO&
U»
fondions , pniiqa'elles se déJuiseol de l'or-
fonisme.
■ Pour résonner, le nombre des éléments
ïJTiiiiles el de leurs combina ismis pu des
principes immédiats varie aussi bien que
leurs firopriélés, non-suulemenl ilans cha-
i|iie groapfl d'animiiuT, mais soaveni dans
Ici 's^feces du mèiaa groupe. La slructure
■iialoiuique des tissus n'est pas la mfime
ehti tous, les snimaui ; le nombre des tis-
5ii!>, lenrs pmfiriélé^, el par conséquent
Ibiircomposiiion iotioifl, rarie non-seule-
Rieal pour les grands gronjies, non^seule-
Bient poar des appareils, mnis encore pour
le même organe pris k divers degrés de la
S4^rie.
• Les mtmes apporeils ne dilTèreDl pas
feulement par la f)rO|>orlion des organei
3 ni le composent, mais manquent souvent
e plnsieurs organes. Ces organes eux-
mêmes ne diffèrent pas seulement sous la
rapport du degré de développement ; car,
outre leur absense complète, il manque
souvent aux mêmes orj^anes plusieurs tis-
sus el des parties qui se trouvent dans 1rs
autres animaux, el qui leur permettent des
fouctions dont les animaux qui n'ont pas
l'urgane complet sont privés. Ces faits sont
Trais de Ions les appareils comme de tous
Ws organes (âOÂ9). >
Nous sommes xIodc toa^é 6 conclure que
l'utiité de composition n'existe pas dans
lu régne animal, e( même qu'il j s des
5|i('eiatités de composition pour chaque
efpèce; l'existence de l'espèce se trouve
ilouc par Ift démontrée. De nouvelles eonsi-
ilér^tions vonifortiQer cette dernière con-
•éjutnce.
n D> a psa d'imltt de Sirme dsns le rtgne inimal
Il esi démontré, nous venons de le voir,
"le l'unité de eomposilîoii n'existe pas.
iecltercboas k présent s'il y a unité de
irme et unité de plan dans le règne ani-
l'if. Etudions d'abord la Torme.
Nous ne saisissons les ètru-s et nous ne
irveiions h les distinguer, et par suite
les conoaltre, que par leurs formes. Or,
forme est la limite effective de chaaue
sence, limita déterminée par ce qui Jis-
igue spéciQ'luement chaque essence de
ute autre, la réalise sous les conditions
< retendue , el la rend ainsi arcessible
X sens, en sorte que l'on peut dire en
sens Térilable : la nature , c est la forme;
forme, c'est la nature.
!i'il est une chose évidente , c'est que
ûlénients divers, Its tissus, les organes,
appareils, qui se comliincnt pour cous-
jer l'organisme animal, se piésentcnlà
113 SOU5 des formes di'U'rminées, coiis-
(es et loujourit les mêmes, uun-seule-
iit |>oar un môme grou(>e, mais encore
;059) Tbèêe pour U ilcaaTMt h-!^fiaice* naïKrd- ic noire saontami; c'est puiser au\ mciflciWCï
llSil), MMeniie par H. l'aklw Hanpieil. tSou» sources Je la scii-uce cl Je ta traie n!iilosoplii4
* '^"'i cinpruBikâi-t^ieic-llciil tiaiatl
pour chaque espèce animale, sans quoi
toute science serait impossible. Or, retrou-
vons-nous li une génération successive de
formes qui puissent conduire de l'une à
l'autre T Le règne animal nous présente
trois grands types de forme générale : l'a-
morphe, la rayonoée et la forme paire.
La forme géométriquement indéterminée,
que poar cela on appelle amorphe, et qui
est celle des éponges, est sphériqoe k
l'origine dans les uscules de ces soimaai :
l'agrégation la déforme. Sans doote la géo-
mélrie peut faire découler la forme rajon-
née de cette forme sphérique ; mais au delà
elle n'a pas de principes pour faire natlre
la forme d'un Ter de terre, pareiemple,
de cell« d'une étoile de mer ou d'une
faydre, bien que la distance ne soit pas
encore très^rande entre ces animaux ctm-
sidérés dans les fonctions et les actes. Que
sera-ce donc si on arrive 6 un renijle,Â
un oiseau, ft un mammifère T Quelle ana-
logie de forme , à moins de tout confondre,
pourra-t-on y démontrer T Nulle sans doute.
Hais sous le même type de forme géné-
rale, dans les zîgomorpbes, par «lemple,
comment la forme d'une huître, qui a
«ssez d'analogie pour être rapprochée des
rayonnes et pas assez pour leur appar-
tenir, engendre-l-elleuii mollusque nnival-
ve, où la tête est distincte, armée do
tentacules, etc., tandis que l'hullre n'a
plus de fite et possède une coquille i deux
valves? Comment ces deux valves *e sont-
elles modïQées pour n'en former plus
qu'une T On a préleitdu , il est vrai . el
c'est bien h tort, que l'opercule pouvait
être considéré comme une valve; mais,
dans ceux qui n'ont point d'optrculer où
est l'autre valveT Les plus élevés des mol-
lusques, comme 'es sèches, les poulpes,
apr-artiennent h la forme générale paire et
nu même typed'oi^anisation que les huîtres.
Cepen-lant, qu'on cherche k déduire leur for-
me détaillée de celle de l'huître, et l'on verra
quelle difficulté on aura h ramener no
animal k tête el à tronc distinct , k ten-
tncules servant i la locomotion , k orgo-
nns des sens spéciaux et sans autres ins-
truments de locomotion qu'un tissu con-
tractile et un seul muscle transverse qui
se borne è fermer les valves. L'eau est
pourtant le séjour commun de ces animaux ;
comment, si tes milieux déterminent les
formes ou la nature des organes, ce qui
est la même chose, peut-il y avoir une
différence totale entre ries animaux qui
habitent le même milieu? Mais que serait-
ce s'il fallait déduire de la forme d'une
huître celle liien plus complexe d'un arti-
culé et d'un ostéozoairef
Ce n'est pas seulement dans les types
et dans les groupes que la (orme «si si
distincte et si dilTûrenle : elle l'est même
dans les genre» et les es[ièces; le vulgaire
ilO»
ncnONMAlBE APOLOGETIQUE.
DOM
nu
lie s'; (rompe jamsi.s. Personne ne con-
lundra le (j«are tapir afec le gpnre éléphaol,
ou Gelui-ci atec le genre cheval. Un enfiint
qui a vu les eafièces du genre. eheval oe
confondra jamais un Ane avec un cbeval:
les allures du dernier, qui tiennent 5 sa
formelles oreilles du pre-iiier, qui sont
dans le mËBie cas; la queue, diiïérente
dans l'un el dans l'autre parle nombre, le
port, et la disposition des crins; et, mieux
encore que tout cela, le simple aspect,
sans remarque d'aucun caractère spécial,
ne lui permettra jamais d'erreur dans son
jugement. Cette forme est si inhérente à
cfaaaue espace , que lo mulet du cheval
et de l'Ane lient de la forme des deuT.
C'est qu'il y a une vérité profonda que
l'un peut regarder comme \9 luse de toute
la science : la lialure, c'est la forme; la
furme c'est la nslure; la forme embrasse
tout. En cETet, les éléments chimiques qui
composent les corps organisés, & l'éiat
gazeux, liquide ou solide, ne peuvent pas
sans doute être considérés comme ayant
une forme , puisqu'il n'y a pas arrangement
de parties diverses; mois, sitAt qu'il j
aura combinaison , la forme pourra appa-
raltrei et dès lors les tissus auront toujours
leurs formes spéciales, qui les tiistinguenl
les uns des autres. Il en est de même des
organes et des appareils. Les formes seules
sont saisissables , et jaiusis la substance
intime. Les formes élémentaires se com-
binent pour former les tissus, les tissus
ou les formes tcxtuloires se combinent à
leur tour pour former les organes; les
formes des organes se combinent de nou-
veau pour former les apfiareils , el les
forçnes des appareils s'agencent daiifc le plan
de l'animal pour lui donner sa forme et
nous rendre le tout, aussi bien que les
détails, sensible. La nature est donc la
fiirme, et la forme est la nature. De là
résulte que toute modifi<:aliondans la forme,
soit générale soit particulière, entraîne né-
cessairement une autre modiGcstion con-
séquente et proportionnelle dans la nature
intime de tout crganisme. Ce qui nous
ramène 6 conclure que , puisqiril ii'.y a
pas unité de forme, il n'y a pas non plus
unité de composition , non-seulement géné-
rale, mais encore snéciUque; en second
lieu, qu'il n'y a pas plus unité de plan gé-
néral, et que, dans un plan fondamen-
talement un, il y a autant île variétés
dans son unité que dans les formes, puis-
que la forme n'est en définitive que le
résultat de l'arrangement des diverses par-
lies du plan ; elle en traduit riurmunio
«t D'en est que l'ensemble.
|T.
T ■-(-il vailt de pUn dins le rtgne «nimlt
L'unité de plan existe-t-elle? Nous venoni
de démoDÎrer que l'unité de fernae u'existe
pas plus que Vunité de compoeilion; or,
ta forme traduit le plan ; nous serions doue
fondé à nier tout de suite l'unilé du plan;
Biais, comme on a insisté sur cette uuité
de plan, nous allons l'examiner ea ell<^
même.
Que faut-il entendra par plan et par uniid
de plan (2060) T
Le plan peut 6*enten<}re des chose." ma-
térielles comme des choses intellecluclU^
Le plan entendu des choses matérielles est
la disposition des matériaux divers entre
eux et de leurs agrégations entre elles pour
former un tout déterminé peur qd but tl
une lin arrêtés.
Entendu dos choses inlellecluelles, le
plan est U disposition ou mieux l'harmonisi-
tion logique des idées et des pensées [«ur
arriver à la manifestation ou a la démons-
tration de tout ce qui est vrai, beau et
bon : d'où il résulte que tout plan est ho
argument, un syllogisme véritable, el que
tout plan même matériel est nécessaire
ment intellectuel à son origine et conçu
avant d'être exécuté. Ainsi, daos les cho-
ses matérfelles, le plan d'un édiOce, par
exemple, est la disposition des matérîaut
premiers pour former les dîversss partit»
de l'édilice , et en. second lieu la dispo-
sition rationnelle de ces parties eulre elles
four rendre l'édiftce propre et convenable
la Gn qu'on se propose. Hais il est évi-
dent ^ue le plan générai doit être couço
dans I intelligence de l'architecte arant qu ii
puisse songer au choix tt è l'ennplui des
matériaux, r.'esl-à-dire que son esprit «il
conçu le syllogisme île l'édiQce-
Que sera ici l'unité du plan ? Comat
le pian n'est que la dispositioa dtis m-
tériaui, toutes les fois que pour deuitdi-
Gces la disposition générale sera la mène,
le plan sera un, quelque réduites quesuient
les parties. Il pourra bien y avoir des mo-
di&caiions particulières pour des buissF>é-
ciaux; mais tant queio disposition générale
demeure intacte, bien que les plans ne
soient pas complètement identiques à cans*
de la différence dans la subdivision des
parties par exemple, l'unité fondameoUle
existe toujours. Si lût , au contraire, quels
disposition générale vient A changer, le
plan n'est plus le même, et il nt im-
possiblo non>sealemeut d'y démontrer,
mais même d'y concevoir unité. L'unité
de plan doit s entendre de la mêmemB-
iiièro lions l'ordre intellectuel : il y au.'a
(2060) Si nous aiiilysons t'idén de plan, nous
trouverons qu'au fond, un \i\an n'est que la disut)-
alitvn rationnelle de matérîaui divers pour un but
ttéterminé. C'est pour cela même que le mot plaa
a pu passer dans le langage en des acceptioiiii ilivttr-
va, quoique au fond les niâmes, soit ^u'il s'agissû
d'o^iaiioiifl inalériellcs ou d'opérations intcllrr-
tui'itcs; car touluopcialion d'une itilulltj^i'iict: ailive
a iiéi^iïESaireinenl un but, et les moyens de rillcîii-
drc peuvent toujours se rêsnudre en on plan ou tm
une disposiiion des élémcnls divers eroployés. Cesl
encore pour cela qu'on dit dans la iao^age fauiilïev;
it a bieu fait, bien combiné, bien arrêté sou (ria*.
Ce qui veut dire : il a parfaitement clioisi les nal*
Inurs moyens poui-arriTur à son l)ul.
Ci5
non
ncnoTnuiRE AftH^oGcnoiie.
BOM
W*
unité fondainenlalB de plan leules tes fois
qqelcs pensées et les faits s'harmoniseront
tt s'enchatueront dans le mâme ordre logi*
que. Ainsi Homère, roulant montrer aux
Grecs les funestes suîles de la colère d'ua
bomme imissaol et les tristes vffels de la dis-
corde entre '.es chefs des peuples , ra puiser
daos leur histoire mfime tous lei éléments
de sa poétique démons) ration. L'injure faite
i Achille provoque son courroux; son cour-
r<>utmolive son repos; les suites de son
repos sont les nombreuses défaites des
Grecs ei la mort d'un ^rand nombre; le
cit;l même s'intéresse i la discorde, et les
fittis grands maui régnent à la suite dam
e ciefcomme surla terre. Cependant lerppos
d'Acliille détermine Patrocle h combattre;
la mort de Patrocle fait reprendre les ar-
mes i son ami, et le Irépas d'Hecior assouvit
la fureur d'Achille. Il j a là une série
d'éTéneuients qui s'enchnlneot avec ordre
et naissent les uns des autres, en pertuel-
tanl h un poète de chanter les dieui, la
gloire de sa nation, et de donner des legoas
aux hommes.
Si nous comparons i ce plan celui de l'E-
néide, nous Terrons qu'il est fondamentale-
ntent le même. Le but du poëie latin est de
chanter toutes les rertus que l'on peut dé-
sirer daus l'homme et dans le prince sccom-
( ti, et, {lar )è, de rekTer la grandeur des
Komiins, qui descendent de son héros. La
luifin de Troie force Enée Jk quitter son
pajs. Ld discordd règne entre les dieux k
son siijct; le courroux des uns le poursuit
è trdTers tous les dangers, et la protection
tles autres arrache sa vertu à tous ces dan-
gers. Il arrive enfin h la terre hospitalière
que k'S destins lui ont marquée; mais ici se
rui.oav elleut le ilan et tes scènes de iiliade,
lir.ilis que ia première partie renouvelait
VOdtjute. Le plan est donc le même au fond,
iiiâi> il n'est pas identique; la disposition
générale des événements est la même, les
circonstances seules varient avec les heau-
r-s de détails. Nous pourrions eu dire au-
aiil de la Jérusalem àéliorét.
Si, au contraire, l'enchalnemenl logique
ïes faits et des événements était différeul,
ijrs plans le seraient aussi, et l'on ne s'ac-
^o^d^•^ait pas & dire qu'au poëte grec appar-
ient le mérite de l'ioveniion, et à ses deux
ucccEseurs celui du perfeciionncment dans
es détails, en transportant l'édiUce dans d^s
eiups, des lieux, et des circonstances dilTé-
•'II lus.
A|'rës ces coQsîdérations, que sera te plan
laiis le règne animal? ETJdemme.at. la dis-
>osilioades tissus, des organes et des appa-
trils. pour former un tout, pour uu but
rrâlé et des circonstances déterminées.
Ainsi, tant que la disposition générale
ïra ja même, quelque réduites que soient
;s parties du plan, il sera le utSme au fond,
ien <|ue varianl dans ses moditicit lions pour
■■is fias particulières et spéciales; niais la
lïjKisilion générale venant à changer, le
-in n'est plus le même, et il est impossible
y détooatrer unité.
Cela posé, le règne animal nous offre \
considérer 'SU tant de plans généraux que de
formes générales, et dans ces plans géné-
raux autant de modiGcations que de formes.
Celte vérité ressort de ce que nout avons
démontré pour la forme. Il v a trois formes
générales distinctes, donc aussi trois grands
plans : le premier, dans lequel le corps et
ses parties sont partagés en deux cAtés
éganx, et par paires similaires te long d'un
plan longitudinal; le second, oA ces parties
se disposent radiairement autour d'un cen-
tre, pris dans le corps lai-mème, devenu
circulaire; et enfin le troisième, dans lequel
le plan, pas plus que la forme, ne peut être
détini, à défaut de régularité. Or, il est géo-
métriquement impossible de démontrer
qu'un plan longitudinal, plusieurs fois ré-
tréci et dilaté dans sa longueur, et portant
des appendices divers et des formes varia-
bles, dérive d'un cercle, pas plus que le
cercle d'un même plan longitudinal.
L'unilé de plan n'existe donc pas plus qoo
l'unité de forme, jias plus que l'unité de
composition ; et comme n-ms t'avons fait
pour la composition et la forme, nous pour-
rions suivra tout aussi bien la démoustra-
lion jusque dans les es|>èces. _
Mais de l'exisience même de plans divers,
de plans spéciaux et pour un but général,
ressort une conséquence da la plus haute
importnnce. En effet, puisqu'il existe des
plans divers, saisissahles et géométrique-
ment démontrables, dans le règne animal, et
qu'il est dans la nature de tout plan, même
malérid, et surtout matériel, d'être néces-
sairement primitivement intellectuel et
conçu a^aut d'être exécuté, il est rigoureux
d'en conclure qu'il exista une inleiligence
qui a conçu ces plans divars avant de les
exécuter pour un but général.
fiireniii de pluiduwle rèpwaaku].
Nous venons de voir qu'il n'y a pas unité
de pisn dans le rè^ne auimal; l'anatomie
comparée et la zoologie nous déaiontrent,
en eifet, qu'il 7 a cinq plans généraux dif-
férents, com:Lie il y a cinq grands lyi»es
d'organisation. Haïs dans chaque plan, qui
est un pour tout u>i type, il y a encore mo-
dlBcations et variétés harmoniques pour des
lins diverses, autvaol les groujies et les es-
pèces. Coe fois donc prouvé qu'il n'y a [las
unité de plan, ces variélé.s harmoniques
viendront prouver encore que, dans la pian
typique, bien qu'il y ait unité tondamen-
lali-, il n'y a pas pourtant identité, mais
variété, ï cause de la différence dans te
nombre et la subdivision des parties pour
un but et di-s usages divers, et par consé-^
quent, loin d'élre un argument favorable à'
runiié de plun, ce ne sera que lacontirma-
tion de noire ilièse.
Si les principes que nous avens -posés
sont logirjucs et rtguureuï; si l'on se rap-
pelle ce que le simple vulgaire juge du la
forme, la furme seule sulTiriiit encore à l'é-
tablisscmer.1 de uotre thèse, car la fonne
i:i4i
DICTIONNAIRE APOLOOETIQOE.
tloniine la matière, et tj domine tulfeiDeiit,
qu'en toute chose nous ne saisissons et ne
l)ouvon5 jamais saisir que la forme, sans
nu'ij nous soit donné de pi^nélrGr dans l'in-
tiinilé lies substances. Ci^penilant, comm«
nous devons tendre 6 rendre noLre sr|;u-
lOenl palpable à tous, nous clioïsiions deux
siemples pour démontrer la diversité de
plans dans chaque groupe non-seulement
d'un même type, mais d'une même classe :
ainsi tes carnassiers et les ruminaols.
Dans ces deux groupes, les mœurs et les
genres du vie sont bien tranchés el tolale-
inent diU'érenls. Or, si l'oreanisme est l'ios-
IrutBunt des uœurs et delà vie, el s'il j i
liarmonie outre elles rI lui, il s'ensuit
<ju'ici les deux organismes doivent être
divers. Et, un elTettles ruminants se nonr-
rissenl d'herbes abondantes, ils sont timides
el n'ont point ou presque pniiil de défenses;
la fuite et la retraite sont leur salut. H fal-
lait, pour leur conservation, que leur orga-
nisme ré|iondtt à toutes les exigences de
leur position. Or, ils ont un système dif^es-
tif qui leur est uniquement propre, qui leur
l'.ermct de prendre è la hâte une grande
quaittilé de nourriture, pour aller ensuite
la digérer à l'aide dans la retraite ; leur sys-
tème dfntaire'est eu rapport; il est propre
à broyer l'herbe el h la moudre, pour ainsi
dire. Tous les organes sécréteurs sont dé-
veloppés en proportion du Iravoil exigé
])Our Iransformer la substance végétale en
eutislanue animale. Le sens de l'ouïe est t'ait
pour SLTvir leur limidité; et les membres,
par la modiScatiou des pièces, uu humérus
i't un fémur Irès-courtf, des avant-tiras et
des Jambes plus longs et d'une seule pièce,
la réducliuu des Ok nombreux du méta-
carpe et du méiaiarse en un seul levier plus
long, les phalanges des doigts plus fortes et
ces doigts moins nombreui, n appuyant sur
)e sol que par l'exlrémilé, et donnant ainsi
(le l'élungalion au membre,q<ii n'est qu'une
suite de ressorts tendus et de leviers vigou-
reui) les muscles devenus moins nombreux
et (l'aulant plus gros, plus forts el plus in-
fatigables, Tiennent merveilleusement favo-
riser leur fuite, eu obéissant aux avis de
l'oreille, el s'harmoniser ainsi avec les pro-
priétés de leur estomac.
Dans les carnassiers, au contraire, destî*
Dès à se nuurrir de chair, l'usiomac a beau-
coup perdu de sa complication; ce n'est
èvidjcmaient plus la même |ilan identique;
il n'y u plus que la partie digeslive essen-
tielle; le nanat intestinal est beaucoup plus
vourt et moins compliqué. Uais le système
deutaire a dû se oiodilier en conséquence ;
il « dû acquérir en nombre, en force et en
acuité, r« que l'estomac a perdu en compli-
cation; les organe.1 séL-réleurs ayant moins
i<c travail, ont diminué en proportion; l'o-
reille n'ayant plus à recueillir les cria de
l'eooeiDi, u'est plus ni si mobile, ni si dé-
voloppét) dans s« conque; l'odorat, qui de-
vait montrer la trace de la proie, s'est, au
contraire, perfectionné. Les membres, et
surtout leurs extrémités, ont dil venir aussi
nu secours du système digea'if peur liiler
el è saisir et h préparer la proie : jcun
mouvements en divers sens sont plus unn:-
breux, les doigts et les muscles plus sciu-
res; ils peuvent saisir et déchirer. UrUs
el cruels, la ruse plus que la course d«Tiit
les rendre victorieux; tont leur corps i:>l
mndilié pour se tapir, s'allonger au l«s{iiti,
s'ai'qiier stir lui-même, et seuétauJre |>ou(
sauter sur la proie; leurs membres neioJ
point faits |>nur la course ; re n'est que f:t
sauls et par bonds qu'ils poursuivent ut
proie qu'ils n'atteignent presque jamaisàii
course. Aussi leurs proportions, le DOmlm
et la forme des parties sout-elles aussi dit
férentes de celles des ruminants que it
reste.
Ce n'est pas seulement pour chtq»
groupe qu'il y a diversité de plans :t>^l
encore pour chaque espèce. Si c-.eiit <lirtr-
sîlé de plans est moins palpable et molDi
frappante pour les espèces «oisim-s, e"c
l'est pourtant assez pour fournir de* carac-
tères propres à les distinguer, et ae ]«r-
mettre jamnis do les confoudre, non-seuif-
ment aux hommes, mais même aui ani-
maux. Un choval, par exemple, ne cofifutid:^
jamais un chien avec un Iqup. Uais i|ui
fiourrait confondre une marte avec une
oblre, qui n'est qu'une marta aquiliquc!
Qui confondrait la musaraigne du Cap, mo-
difiée pour sauter comme les saulereliei.
dont elle se nourrit, avec la rou&arai^i»
aquatique, dont la queue est une riiD«. d
les pieds sont palmés; et ces deux es|4cM
Avec notre petite musaraigne, si diffi^renli'
dans ses proportions f Toutefois, si lout<^
les parties de l'organisme oe déinonireiii r >
toujours celle variéié haruioiiique deplaa.
ce qui fait le carnclère fond.imHiilaldel't-
|)ècL', selon nous la génération la déiiioair
assez. Les org.iiies de la Kénérallmi ii:'
faits dans le mule et la l'cmelle les uns )■'«
les autres, et ils rnlratnei t avt'C eui i'>
niodîli cation x propres h chaque es[)èce,MMt
dan$ les pruporliona, soit dbns dits orpn^
du plus, comme les glandes des cbicus.
celles des muscs, des civettes, etc. Enouirt.
d'après celle loi que les tissus divera luf-
meiit dus produits divers, nous sontat*
amenés encore à conclure pour chaque tf
pëce des tissus générateurs diier3«rst-''i
n<odiliés; et il faut bien qu'il y ail un H'"'
constant pour chaque es.èce, puisiiue I'
forme et la ressemulance sont coiisl^nlt-s.
et se Iransmeltent d'une man ère cODsiantr'.
Il y a, d'ailleurs, d'autres tails de àél"'>
pour des apiiareils de la première iiii|"<'~
tance; ainsi le squelette oUre teMeiuentii'»
caractères spéciaux, que ce n'tsi qu'à s^
aide qu'on luirvlenl & dilenniner el i rf
connaître les espèce» fossiles. Or, le i;^
lèmo musculaire suit rigoureuseaieil ''
systèiO'e osseux dans son développcai"'
comme dans sa dégradutioo et ses fn;'^''
lions. Voilà donc le premier- apparoil 3^:-
mal, pour ainsi dire, démontrant an i-'^
spécial pour l'espèce.
Cependant, ii faut bien en coafo-v> i'
\'M
HBB
MCnOT^AIRE APOLOGETIQUE.
[ihénomène de la traosmission de la vie est
eacon pour nous un mystère tout aussi (t
|ieul-£lre plus iin()éoétrablfl que les autres
fonctions. Malgré cela, la science et l'obsAr-
Talion nous en montrent assez pour qu'il
ïitil impossible de luéconnatlre encore i(i
la sagesse et la puissance de Celui qui a si
bien coordonné (ooles les lois de la nature,
qu'elles tendent toutes ) la conservalioD
ialacie de son œurre. La science nous mon-
tre ici toujours le Ri6me plan général, tou-
jours la même harmonie conservéu par IfS
inodîGcatioDS mimes du plan. Ainsi tous les
aDimaui commencent par un œur, par un
germe; le concours de deux indiridus est
le plus sourent nécessaire pour la Iransmis-
fion de la TÎe. Et ici l'hermaphroditisnie
u'esl pas une objectiuo , puisque, quand il
est insuOisant, le concours dt> deui indivi-
dus est nécessaire ; el dans le cas de l'ani-
mal unisemé, ce n'est qu'un bermapbrodi--
lisme suffisant et plus profond. La pro-
diiclien par gemme ou $cissiparei n'étant
qa'un» continuation de l'être qui possède
sa lui les deux puissances génératives, doit
■ans doute être ramenée i ta même loi.
:}iioi qu'il en soîl, pour nous en tenir aux
a^ls nettement démontrés, cette grare fonc-
ion, une des plus importantes de t'orgn-
ûoie, puisque sans elle toute *ie aurait
Q:entAl cessé. D*a point été confiée k un pur
Ijasardde rencontre moléculaire, mais, au
:ODlrain, les [>récautions les plus grandei
lOl élé prises par le Créateur pour assurer
I f>er[>étuîléile son œuvre el l'accoinplisse-
leiil desondiTÎn commandement: Soyex
•eondi et multipties-votu. Par \h , toutes
■s espèces, entrant en participation de ta
aissaoce créatrice dont elles nous réTè-
nt l'image, sont chargées de se perpétuer,
lacune indépendamment des autres. Elles
TDDvDt commii une association è part, par-
itement tranchée, dont tous les lodiTidus
ressemblent et savent se reconnaître ea-
s eux. Le mélange des 'ispèces aurait dé-
liit l'harmonie de l'échelle de la création;
ais son Auteur y a pourvu, d'abord par
î divers modes de reproduction, par la
fiformation même des Organes reproduc-
tirs, et, endn, en frappant d'infécondité
i iodiridu» nés de l'accouplement illégi-
iie d'espèces voisines, entre lesquelles
aies ces sortes de violations peuvent avoir
u. Cela seul prouve la réalite des espèces,
i ne |>eurent être et ne sont point une
straction comme serait, par exemple, l'a-
3i8l. L'animal, en effet, n'existe pas ; il
'- a que des «nioinux, que nous renfer-
ma tous sous l'idée abstraite d'animal ;
is l'espèce est aossi réelle que l'individu;
car on conviendra bien an moins qu'un in-
dividu , dans IVfaf actuel, ne peut eiisU'r
seul et par lui-même ('2061) : il lui faut un
F ère et une mère créés évidemment l'un et
autre poar donner naissance k un individu
3ui leur ressemble. Voilà donc trois indivi-
us qui ont entre eux des rapports si inti-
mes, si réels, si indispensables, que l'un
des Ir lis venant i manquer aux deux autres,
ceui-cî' finiront bienlât par disparaître , et
laisseront un vide dans la série des êlre<.
Eh bien, c'est celle triade, celte réunion
d'individus semblables -, sur l'existence et
les rapports indispensables desquels esi
fondée la perpétuité de la création et l'exis-
tence même de l'individu , qui constitue la
réalité au'on appelle espèce. Sans doute,
sans inaividus point d'espèce, mais aus^î
anns espèce point d'individus (S)062J; l'es-
pèce est la source des individus, et ceux-ci
sont en quelque sorte les gouttes d'eau qui
viennent alioienler la source. L'individu su
maintient par la nutrition, l'espèce par li
génération , que l'on peut définir la nutri- .
tion de l'espèce. Aussi le Créateur, qui tit
bien des réalités sans doute, n'a lail su
commeoceuient que des espèces, qu'il créa
mâle et femelle, et qu'il chargea de se con-
server et de se multiplier par la reproduc-
tion des individus. Le texte aacré même le
dit, non-seulement des animaux, mais en-
core des plantes (2063).
S'il o'; a que des individus, tous ces rap-
ports indispensables dont nous venons de
parler sont une fiction ; les accouplements
des mêmes espèces entre elles ne sont point
une loi de création, puisque la réalité dtrs
espèces, sur laquelle peut seule être fondéu
cette loi , n'existe pas ; car on nous accor-
dera bien au moins qu'une loi ne peut pas
régir une abstraction. De \h suit qae des in-
dividus quelconques peuvent produire en-
semble; que la génisse et le cheval, lar
exemple, peuvent reproduire ensemble. Et
pourquoi, en tirant les conséquences rigou-
reuses, l'éléphant el la fourmi ne pourraient-
ils pB5 donner naissance k une fourmi-élé-
phant? Cela reviendrait k la docliine de
kapila.
Pourquoi, s'il a'j a qoe des individus,
ceux-lk même qui le prétendent consid^
reiil-ils les produits de deux espèces diffé-
rentes comme des anomalies, des mons-
truosités, qui ne ressemblent complètement
ni k leur père ni k leur mère, et qu'on qua*
lifie du nom d'hybrides , comme pour mar-
3uer l'injure faite k la nature dans leur pro-
uctton? Ne serait-ce pas parce qu'en niant
les esjëces, ils se trouvent forcés de les
admettre, surtuul vn voyant qae uon-seule-
I dit-
E06I) LesiwIiTidasBiiiiexnets ne (ont paj une
MrSion. panqa'ilt ne moI rédleiiieiil, comme te
M^l, q«*«M ayré^liOB d'indiviiliM. Ainsi l'by-
verie peal dneiur «m agréplioo ë'individus, , ,„^
uand celte agrégalioo m servi paa évideiile, , erealion des aninaui el de celtt; des pbuiei, sigiin
n'en exitie pu Boias, j>aiw|M loale* sesjnr- lie son les^iuLbnt, sou sviubl>L-te; le seiiililatjle
peuvent Utrwtr des individus séparé». d'un animal est sa retucUc ; la Vulgate l'i traMluil,
Uti3_i Bien entcodu qu'il favt diilinguer td Tin- $rlou leur etpcce.
dividu sériai de llndividu visuel, cmniM o
lingue riMinnie aniniat de l'tM
ceiBi ci de IbnniuK loeuL
(S063) Le wM liéu>i--u eniiil»}é en foiianl de La
1»!
UOM
IHCTI0N?(A1RE
ment les bits comnMins qui so |iiisseut tous
les jours sous nos >eui, Irop géuéraussaiis
doute pour suffire è nos esiirils itisouciaits
(les chosus ordinaires, mois encore les fails
rares et extraordinaires, prouveul la réalité,
l'eiitlence de l'espèce î Car c'est un fuit que
l'individu produit par deux espèces est le
|>lus soureiit impuissant à {perpétuer sa na-
ture; c'usl encore un fait que ces produits,
bien que fi^conds pour un lemps très-couri,
ne tardent pas i remouterè l'un des lypos
originels, et on n'a jamais pu déuionirer
que de ces accoupleiuenLs illégitimes nsis-
saieat de nouvelles espèces. Les faits bien
rares qu'on apporte pour prouver le loii-
Iraire, ne prouvent, è noire avis, rien autie
cbose, sinon que l'on avait regardé comme
a|>partHnant i. deux espèces distinctes des
individus qui appartiennent réetleuicnl à la
même espèce f puisqu'ils i)euveQt la perpé-
tuer.
Ce n'était pas assez pour le Créateur de
pourvoir k l'inléi^nté des espèces : il falbil
encore procurer leur vigueur et empè':lier
leur dépérissement. C'e»l pour cela que,
tandis que toutes les autres l'onclions de la
vie ont lieu (u-esque dès le premier inàtaul
où l'aulmal existe, les fonctions mystérieu-
ses de la transmission de la rie ne s'exécu-
tent que pendant un cei tsin temps et à cer-
tailles époques. C'est alors que, l'animal
étant devenu complet, parfait, que son plau
et sa forme étant arrêtés une suraboiidame
de vie se manifeste en lui et donne nais-
sance à cette prûiJui:tiou ijui peut seule ser-
vir au renouvellement de l'espèce; et même
dans U plupart des espèces , cette produc-
tioo n'est sécrétée qu h coriaines époques
ûus. Il y a donc là encore une loi admira-
ble, l'ordre universel, qui prouve que, si
la chasteté est un devoir pour l'être moral,
c'est qu'ella est aussi une loi de conserva-
tion pour tous les Êtres vivants.
Ainsi donc nous pouvons conclure que
non-seulement la variété harmonique de
plan existe peur les groupes, miiis ejicme
pour les espèces, qui sont une réalité , cl il
iious restée le montrer pour les organes.
Le |iian organique de l'espèce cnlratnant
avec lui le plan des individus, bien qu'avec
certaines niudiPica lions plutôt saisissabk-s
qu'ex{>i'imid>les, mais qui u'empCcheut pour-
Liut pas de distinguer les individus, utius
devons retrouver dans le plan de l'individu
animal un Ij'pe qui régit tous les ort^auei
pai'Uculiers, De là, puur plusieurs organes,
des plans harmoniques à peu près identi-
ques. Les membres antérieurs du cheval,
par exemple, des ruminants, ont une lellu
ressemblance de conformation dans ut u-
sieurs de leurs parties, qu'il est bien dimcile
k quelqu'un qui n'en a pas agiprofouili la
structure d'en apprécier la ditTéience. De i&
eoGure la resaeuiblanee des pièces du ster-
lium des carnassiers avec certaines vertè-
bres cot'cygienties, la nmdilicaiion des ver-
tAbrus céphaliqucs et de leurs appendices se
déduisant riguurousomenl dc:> vericbres du
Il uu :. Uuis Jaus les animaux élovés, même
APOLOGETIQUE. HOM ^j;
pour CCS organes , la resseoiblince n'uidie
plus, l'analogie seule existe; et dans In
deu-i cas les fonctions sont ta rsjqiort ri-
goureux avec le plan de structure. &insi,1i
main de l'homme étant devauue an instru-
ment d'intelligence, son plan est ilcmu
l'inverse du plan du pied, inslrnmeni Je
locomotion; les doigts, la |iartia libre d
agissante de la main, étant aussi les pics
développés, tandis que c'est le mâtalineH
la tarse, la paitie Qxe et basilaire, qui»ii
les plus dévelf.pjiés dans le pied. Celle loi
est ta mêuie pour les animaai , puisqae li
modification de ci's organes suit leur iles'i-
nation. Le système musculaire, étiDlri^i
)>ar le système osseux , ooes rourain ki
mêmes analogies. <
Mais en pénétrant dans les aalru ippi- 1
reits, ponS s'y retrouvons plus le mËmeplm I
que dans ceux-ci ; ainsi, le sjstèmr cini'lï- {
toire, le système digestif, tiiea qae modiii
par le plan général de chaque animil . wt
pourtant un plan à eux propre, quina[«ii
fiire démontré le même que ceux dei or-
ties de locomotion. II en est ainsi poor l'ii»-
[ereil générateur et pour l'appareil eiciU-
teur nerveux, celui pourtant ijuidelouietl
iilus en rapport immédiat avec le sjslèM
locomoteur. On y distingue bien, il eil m,
un plan général qui modifie celui du ]i>-
lèine ossuux, mais il y a des spériilités qoi
lui sont propres, soit dans la structure, suit
dans la distribution de ses ramificstioiis,
soit dans la deslructioa des fonctiom diiH-
ses qu'il remplit dans l'organisme. Pur
nous renfermer dans uu seul fait, les oerfi
qui naissent i.ostérieuremi'nt du sjsilne
central, étant en rapport avec la ficult'
seiisorialo et les nerfs qui Laissent 3nl^
rieurement aveu la faculté îocuoioliTï, smi
eux-mêmes modifiés diversement. LesntrË
des seus spéciaux sont d'un tissu tiunsx,
et les locomoteurs d'un tissu plusî'n.
Ce fait était déjà connu de Véiale. Ki^'"
outre les nerfs des sens spéciaux eui-nilwt
sont , comme l'a dit Gall , d'une sirudare
dilI'érente,suivantlesmodi&calioQsdejiU'i>
qu'ils unt b percevoir, mais toujours («î'c"-
dant en conservant le jilau fondameotil lii
tout le système. Ainsi , d'après tes uaii-
mistes physiologistes modernes, c'est a .
subs:ance grise qui est percevante et »lS - '
riale, tandis que la substance l)lsni:iii;i?' '
coudui trice ; or, M. do Blaiiiviilo ailéiiiO:.l<
d;ins ses levons que la substance griieol
réellement extérieure.
Niin seulement le système nerveoï *^|
mod.tlé dans son j lan ^éué.al, suivaBli^fi
se rapj>Orte & la sensibilité ou i la lu.oi»-
tibilité, maisencore suivant qu'il iluiisi''
& lo nut.i.ion, ou bien qu'il entre daus ''
système appelé grand sympathique.
Il y a dune uu plan pariiculier pour cli-
que appareil dWgimes, et ce plau se mo<u;K
dans chaque groupe de la série BBimiit-
Ces plans pariieK d'organe;: soûl imunut''
■ comme nous lavons dii, inodiliés,taii*>l*"
■ uns pour li-s autres, de manière i s'bîfirfl-
iiiser ensemble pour former le l'Im 3*"*'''
m
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
13»
l'un Diiifflal i el il fallait bien au'il en fût
linsi, paisga'un organe ifolé na filus de
OPclioDS possibles, bien qu'il o'sil rian
lerdu de soo plan particulier.
Cluque plan ' animal particulier, h snn
sur. eit de \i même manière modiSé pour
iD plan plus général qui appartient aux
n^upes. Les détails oîï nous sommes entrés
^uIGseDl pour le faire voir. Le piQO des car-
uuiers n'est pas le même quo celai des
ic(i)iTores, mais il jra relation harmonique
mire eux, l'existence de l'un étant fondée
ar l'existence de l'autre, et même récîpro-
|iienienl, l'un étant fait pour attaquer et
iiiinteoir l'équilibre en détruisant le trop
ilein, et l'autre pour fuir et maintenir l'é-
[uiiibre en consemnt le juste milieu.
Le nlac des oiseaux n'est pas le même
iO!i plus que celui des mammifères ; celui
]« reptiles el des poissons est aussi dis-
met; mais ces plans divers sont encore à
fur tour modinés pour faire partie d'un
iliD plus général, qui est celui du tvpe,
.Un qui se maintient par les rapports har-
itoiiii]ues nécessaires qui existent entre les
tlaos diTers, entro les mammifères et les
)iieoui ; les oiseaux, les reptiles et les pois-
ions qui, servant A la subsistonce les uns
let autres, n'existent pour ainsi dire que
o u[u par les autres. En outre, les prînci-
ta mfma^ que nous déduisons de la forme,
in ijitôme locomoteur, etc. , nous ont'
promé que le plan des osléozoaires diffé-
rajl de celui de* eotomozoaires , celui-ci
[leuluLdes malacozoaires, bien que tous
ipiiarliennent au même groupe général. Le
iiij des mslacozoaires diETère de celui des
idinoioaires, et enfin le plan des actino-
'Hirus diffère encore de celui des amoipbo-
Oùrei, bien qu'il s'en rapproche géométri-
luemeot davantage. Une seule considération
■aportaole suQit pour démontrer la vérité
|Uï nous venons d'établir : les groupes ou
ypei non-seulement ne font pas suite Ils
los aux autres en série linéaire aiithiiié'
iqueou géométrique, mais lus espèces les
ilus élevées d'un Ijrpe immédiatement îii<
'rieur, sont quelquefois, pour certaines de
eurs fonctions el le développement total do
>uri Organes, au-dessus des dernières cs-
tcejdu type précédeul. Ainsi, les premiers
vitsODS, qui ont les oageoiics très-dévt<-
>)([iées, qui nagent avec la plus grands
Eiliié, ont certainement des l'oncti'jns et
çs organes dans leur totnIlLé, Ijcaucoup
jus développés que les derniers auiiibi-
lens, où les membres tendeniù disparaître
t disparaissent dans plusieurs. Mais si l'on
lent à considérer le fond, on verra que
iaj|iliibicn inférieur possùda encore la
>U|)art des pièces du membre; bien que
los un état rudimentaire; tandis que le
eisson,' beaucoup plus dévelonpé daus les
srtios qu'il possède, manque uu bras el do
■'ani-bras, au moins aux membres ^osté-
leurs, et pur conséqueul demeure, par ce
'iricière de première valeur, inférieur ù
autre. Ko outre, comme partout le reste de
un urgaiiisBlieu l'amphinien inférieur ap-
DlCTIOTISllmB irOLOGETIQUE. i.
parlient k son (ypo el le poisson supérieur
an sien, et que le type des ampbibiens dans
sa totalité est au-dessus du type des pois-
sons pris aussi en totalité, il s ensoit que le
poisson doit demeurer dans le rang infé-
rieur. Les mêmes considérations s^appli-
qnont d'une manière tout aussi évidenle*
et peut-être plus encore, au type des eoto-
mozoaires et des malaeozoaires, fliosi qu'k
tous les «ntres.
BTII.
Les difTérencesquî caractérisent les espè-
ces ne sauraient avoir leur cause dans les
milieux où les animaux se développent,
puisqu'elles affectent des animaux dévelop-
pés dans les mêmes milieux, et qu'elles
persistent Immuablement chez ces mêmes
animaux transportés en d'autres milii'uxi
L'inQuence de ceux-ci, impuissante è chan-
ger leur organisalionspécitique, n'y apporte
Îue de légères et superncielles modtScations.
onséquemment, cette organisation spéci-
fique, inaltérable pour le fond, dépend a une
cau!<einterne,ina1térable elle-même, préexis*
tante au développement k\ le déterminant.
D'où il suit que, chez les animaux comme
chez les végétaux , il existe de vraies espè-
ces, non pas un type, mais des types intléti-
Diment nombreux, lesquels s'impliquent et
s'enchaînent i mesure q^ue les êtres, crois-
sant en perfeclion, deviennent plus com-
plexes ; de sorte que chaque être, résumant
ies êtres inférieurs, la création entière s»
dilate dans une unité toujours plus vaste,
toujours pins intime.
L'idée, d'ailleurs, j'uri typeunïque cons-
tituant par de simples modilications tout le
règne animal, parait au moins Irès-diflicile
& concevoir nettement. Que serait ce type?
Le supposera-t-on quelque chose de réel ?
Comment alors contiendrait-il simultané-
ment en soi ce qui, dans les êtres qui n'en
sonique l'évolutiou progressive, estincom-
paliblel S'il n'est rien de réel, qu'est-rl
donc? et en quoi cet assemblage idéal
d'abstractions qui s'excluent mutuellement
dans l'ordre des réalités, pourrait-il servir
fa fonder théorique! m eut une science dont l«
début est de relier les faits d'observotion à
des causes effectives où l'esprit découvre tu
raison de leur origine T On conçoit la forme
intinie autant que l'inlini pont lui-même
être conçu; on conçoit qu'elle renferme
toutes ]ei formus possibles, lesquelles à
l'état d'idées pures, subsistent distinctes
dans {'entendement divin. Mais cette dis-
tinction même, d'où résu te la diveisitédes
essences, iduiilique b la diversité des types,
fxclut éviJcmiiientrhyiiolhèse radicalement
contradictoire d'un type unique, sans ex-
clure les rapports qui , sous tes conditions
physiques de leur réalisation dans l'univers,
lient entre eux les lypes divers, comme
dans l'entendenient <iiviu ils Itent les es-
sences, les idées iliviTSCs.
, Préoccupé de l'unité, et comme absorbé
&3
DICTIOKHAIRE Al>OIA)GETIQUe.
non
2:
Jans c«(l« grande et magniUque rue des
clioses. M, G. Sainl-Htiaire paraît auelque-
>r«s avoir trop oubUé nue la variété n'est
4t«s moins réelle, qu elle est eaveloppée
dani l'iiDild mAmei qui sans cela s'elant
(|ne l'identité absolue, éternelle, esclurait,
Itors d'aa premier fait nécessaire, imniua*
ble, eorre^HHidanl ftU notion indéterminée
de l'être rigoureusemfiiit simple, toole
cause, tout effet, toute pensée et tout ftbé-
Qomène.
Dans ses eonceplions , dont Lamarck et
d'autres avaient préparé les bases, « la terre
devient un vaite laboratoire où se développe
eoDtinuellement une succession de nouveaux
èlres, suivant une marclie progressive et
ascendante, s'enchslnanl depuis les infu-
soireS, point de départ du la nature, jus-
qu'aux mamioirères et à l'homme , dernier
terme de ses eHorts : pensée dont la paléon-
tologie confirme tous les jours la sagesse
et la profondeur.
. ■ La science met i découvert cette mar-
«be progressive et continuede la vie, jalon-
née de Icio en loin par dés temps d'arrêt
|ui semblent être pour la nature des temps
le repos. De sorte que le règne animal tout
entier n'apparaît plus que comme un seul
Aire qui, en «oie de foimalion, s'arrête dans
son développement, ici plus lAt , là plus
tard et détermine ainsi, en chaque temps
de ses iâterfUplioas, les caractères distiuc-
tifs des classes, des familles, des genres ut
des espèces [2064). »
Si, reconnaissant l'eiistence do types es-
çentiels distincts, on se bornait a établir
que ces types , plus complexes à mesure
qu'ils s'élèvent, dtfviennenl, dans le progrès
continu delà création, de simples éléments
des formes supérieures qui les impliquent,
ou pourrait, à ce point de vue, que jusiiHe
l'observation , considérer le rëgue animal
tout entier comme un seul être, non pas
effectif mais abstrait, image idéale de l'unité
du règne conçue isolémeut en soi , mais, si
dans cette image on veut voir l'expression
réelle et complète des faits qu'emurassu la
science zoologique, on rencontre bientôt
des diUicultés tellement graves qu'elles
doivent au moins tenir en suspens les eS'
prits môme les plus hardis.
£n effet, l'hypothèse d'un seul dire typi-
que constituant le règne animal, devait
Conduire et a conduit de fait è une hypo-
thèse plus générale, selon laquelle l'univers
«nlier ne serait non plus qu'un seul èlre,
dont la Gérie des êtres divers, inorganiques
et organiques, marquerait les degrés suc-
cessif du développement : ce qui pose à
l'origine des choses , antérieurement à tout
développement et conséquemment h toute
variété, un premier prineipe absolument
simple, sans quoi 00 retomberait dans l'idée
Uléma qu'on rejette, dans l'idée de types
jirimilifs essentiellement divers. Mais cette
idée éteint exclue, nul autre moyen d'ei-
pliauer la variété dans le monde phyjiqua
et d'y concevoir une production quelranque
que par Vaelion du agenlt extérièurt fSOèSJ,
c'est-à-dire que par un paralogisme loDila-
mental. Car ces agents, quelle en est l'ori-
gine , la cause? n'est-ce pas évidemment
alléguer la variété même pour rendre ni-
son de la variété? Joignez à cela ce qus
nous avons précédemment fait remarquer
touchant la diversité des productions dani
les mêmes milieux ou sons l'iDfiueace dei
mêmes agents extérieurs, et , sans qu'il uil
besoin de recourir'à d'autres considérations
qui se présenteraient enfouie, on sera cod-
vaincu, nous le croyons , de l'Impossibilité
d'admettre l'bypollièse qu'on vient de di|.
cuter.
11 ne suit pas de là toutefois qu'il faille
abandonner en zoologie le principe d'aniié
de composition, lequel, au contraire, d'm(
pas mains à maintenir, mais en l'expliquaBl,
que l'idée môme d'unité dans rensembledet
cnoses. Trop absolu, il cesse d'être rroi : oa
doit, pour lui conserver sa valeor, la m-
treindre dans les bornes que iracsnt Im UiU
mêmes; c'est-à-dire qu'écartant l'idée d1-
dentité typiqud, on doit n'y voir ^e l'ex-
pression des rapports de ressemblance qo'oo
observe entre les êtres dont se compose Is
règne animal, reconnaissant d'ailleurs les
différences non moins réelles nui subsistent
entre ces êtres, différence explicable senle-
ment par des causes Intrinsèques, immoi-
bles, essentielles, nul autre orJf« de causa
ne pouvant fournir ta raison d'une première
différence. Que par des termes inlermédiii-
res on remonie âes polypes aux Terlébrés,
cela se conçoit, puisque tout se lie, tout l'co-
chalne dans la création ; mais qae les polv-
pea et les vertébrés offrent le même plan dl
composition, c'est ce qu'on ne saurait ssi-
tenir sans faire violence au langage mtmt:
jamais on ne concevra que leur êroluiwo
s'opère suivant une méutie loi, ni eot»^
quemment qu'ils soient le prodmt d'une
même cause spécifique.
Les arrêts de développement par lesquels
on cherche à établir de procbe en proche
l'identité radicale des espèces, en proaveet
au contraire la xétiration, ils prouvant la
différence essentielle, priuiitiref d«s cause*
internes qui en chacune d'elles président aa
développement de l'organisation, puisque
dans les mêmes milieux ces arrêts se repro-
duisent constamment les mêmes dans la
même espèce et constamment divers dans
les espèces diverses. La plus ou moinsgraoïle
quantité des matériaux que l'être s'assinuta
n'apporte aucun changement aux caractères
propres et distinctifs de sa nature, sea)«-
ment, si les matériaux abondent, lesorgino
augmentent de volume. Que si quelifu«fi»t
ils présentent des anomalies aeeidaoteileh
elles rentrent dans les classesdMdiriUwus
(%U6i} BUtmtn prononcé ûmç »biiq»ut 4t H.
Ctuffrof lit Saini-Hltairt, par H. Schu.
(M6S) Dtuoun frtnamti mnm abiè^nu et K. I^f
frof dt Saint'BitmTt, par M. Scus».
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
m»
recoanaes compatibles arec la persistance
ioilténblfldutj'pe(2066}.
Le progrès en rerlu duqnel on passe a un
l7pe a I aulre ne s'efTecluo point en une
BiêmB direclion , il n'est point représenté
par de simples degrés, p«r une suite de ter-
me» conjoints. Les classes se distinguent h
koT origine par quelque chose (je fonda-
mcilatement divers. Aucun effort d'esprit
oe ramènera jamais bu mfime plan tjpique
les fers et les insectes, les memmifèreset
les cruilacés. L'unité n'est pas ik; elle est
(TuDe part dsus rcnchRlnement des formes
qui se combinent en s'élevant, et d'une suire
pari dans le rapport des trois appareils uni-
Tcrsellement nécfssnires avec les conditions
générales des milieux, quant k la outrilion
â 11 (ie de relation.
Les faits, au reste, confirment pleinement
In idées que nous venons d'esposer. L'ich-
lb}'oiogie seule en fournit les preuves aussi
nombreuses qu'irrécnsables, comme on peut
le voir particulièrement dans l'important
ouvrage de H, Agsssiz sur celle branctte si
rorieuse de la zoologie. On nous saurs gré
m cilar les propres paroles de ce savant pa-
léoDtologae, «Plus de quinze cents espèces de
poissons fossiles q«e j'ai appris è connsUre
ne diteirf que les espèces na passent pas
iDSPnsJIjIement des unes aux autres, mais
il^i'^les apparaissent et disparaissunt inopi-
némeot sana ra[^orts directs avec leurs pré-
curseurs; carie ne pense pas quel un puisse
pf^lendre sérieusement que tes nombreux
ijpudes cjcioïdes et des cténoïdes, qui sont
presque tous contemporains les uns des au-
tres, descendent des placoïdes et des gnnoï-
iu. Autant vaudrait en flire4 affirmer que
'es mammifères et avec eux l'homme des-
xadeiit directement des poissons. Toutes
Ks espèces oiil une époque fiie d'apparition
H de disparition ; leur existence est mCme
imitée h un temps déterminé, et cependant
;lies présentent dans leur ensemble des af-
ioiiés nombreuses plus ou moins étroites,
ine coordination déterminée dans un sys-
èaiù (f'orgaaîsaliOQ donné, et qui a des rap-
ports Intimée avec le mode d'exisleace de
cfaaque type et même de chaque espèce. Il j
a plue, un 61 invisible se déroule oans tous
les temps k travers celte immense diversité;
il nous présente comme résultat déQnitif un
progrès continuel dans ce ddveloppeineni,
dont rborome est le terme, dont les quate
classes d'animaux vertébrés sont les inier*
médiaires, et Ja totalité des animaux sans
vertèbres l'accompagoenient locessoire oons-
tant (3067).
CensIdéntionserabTyolofiqnMtya-MItiDlUet ideMHé
de geimet H. CmIc.
L'examen «uqQel nous venons de nous li-
vrer sur la grande question de l'origine des
4lres organisés, nous a fait voir que la mo-
lécule organique n'est qu'uQs chimère, et
que toutes les théories imaginées par le
panthéisme pour se passer de Dieu dans la
lunnstion originelle des animaux et pour
l'évolution du règne important qu'ils cons-
tituent, sont de tous points insoutenables et
vaines. S'ii est une chose incontestable eu
philosophie zoologique, c'est que le germe
lienl â un parenl. Ma.s \h s'arrêtent les scien-
ces naturelles et commence IHnveslrgation
métaphysique. Le narent est donné, il existe,
il est donné sous la raison d'un commence-
ment et d'une Qn ; il est donc cnnlingent;
il s donc pour cause l'être qui n'a point du
Cause, l'être nécessaire qui a fait pnsser tous
les coiilingeots de la non-existence 6 l'^sis-
tenci:. La question d'origine n'admet poiul
une autre sululion.
Mais les partisans de l'unité do composi-
tion, en Allemagne et en France, se fonJanl
Sur quelques analogies extérieures, ont pré-
tendu que les œura des animaux, l'œuF-hu-
main, et les vésicules végétales ne se dis<
tingueiil que par de^ différences accidentel-
les, et quau fond- toutes les formes se ré-
solvent en l'unité et l'identité du germe.
Interrogeons Ift-dessus In science qui s'oc*
cuiie des germes et de leur évolution.
L'embryogénie est une science toute mo-
(terae. Elle est née sous les youideCuvier,
^U66) U est cUir. par eumpie, qu'an aiiiène
iûi|i in pied au à l> main, k qutlque cause t^'on
«iSK attribaer ee fait excepilouiiel, n'altère au-
luieinanL le ijrpe radical, le type oscuiitil da
Imnme,
{HKl} Lst cinq grands types que nous trouvons
Mit le régne animai, tracëi sur un plan propre et
4rliculier k chacun d'eu!, viennent par ieiir but
nique s'Iiarmonber dans un ensemble dont font
atite les plans divers sons lesquels la matière M
niormt* noua apparaissent dans l'unÎTers, qui
'eu que la concepiioR générale du Créateur : ran-
FfiioB admirable dont tout > été calculé, dcQni i
•Mnce, noa-aenlemrnt en général , mais jusque
ans les détails, pour assurer la perpélùilé, el Taire
lU le» cieuz racontent toujours la gloire de Dieu,
( que le flriuameni annonce les uuvres de ses
lam*. Le riyne minéral est le rondement du règne
égélal, edu».«i do règne animal, «i lea denx sont
«nnéa k rhonow; mais, pins encore, il ; a emn
n partiet du règne ninéral el kt végétaux divers
les rafpovu aénëaairea d'esistenec, uilo jpbnif,
traistant aar l«l Icrrain nt suus telle leiuperatun)
3ui ne croîtrait pas ou se développerait incrins .dans
'antres milieux ; l'eiislenoe de lêl insecte étant at-
tachée k celle de tel végétal, et la perpétuité môme
de ceriains végétaux raciltiee par certains animaux,
el celle de certains animaux Tondée sur celle de cer-
tains autres. 11 ; a donc une loi de rapports harmo-
niques entre toutes les parties de la création, telle-
ment que, la loi suivant laquelle tout a été calonié
et déflui venant à être violée en un poiul, il en ré-
suke une desiriielian corres(M»danle à l'étendae île
la liolation. C'est oe que vieunent nous prouver les
animaux paléniilalagii|uea, qui, d'une part, en »'en-
cadraut dans 1rs lacunes des types auxquels ils ap-
partiennent, montrent qu'ils en sont lérilableRienl
des parties, el confirment notre tlièse, et de l'aolTe
nous démontrent celte loi, qui, ayant été violeu
dans la variabon des circonslanees déâaies et dé-
terminées, • oMnlné to db^iaritioa de ces èu«s.
C'est te que neos prouvenieut encore ties coosidé-
ntioBB pins géiiéfàlea d'un antre ordre, aeit prîtes
ilasB b paliiologie hunaine, soit dan* les ra|i|KirW
da BOtre espèce avec les êtres qui t'eatousent, kdil
dans l.-s rapports de ces êtres entra eux.
in»
KCTlONMAtllE A?OU>G&TIÛUP.
rar ses conseils et pnr ses encoaragemenls.
Elle doit ses découvenes et ses progrès prin-
cipalement Il l'un des élèves de cet illustre
5Bvant, H. Coste, qui jeune encore, s'esl niis
l>arsestrsraui au premier raog des nalura-
lislps contemporains.
C'est snrloul contre l'école de l'unité de
composition que M. Coste a dirigé ses tra-
vaux. Cette école, qui voit partout des aaa-
l(^es,a prétendu, en éludianl ta vie fatale, y
ij ouver de's arguments en faveur de sa thèse.
L'analomie comparée d'abord, l'embrj'O-
génie ensuite, ont conduit l'école de Cuvier
a résoudre ainsi le problème de l'échelle ou
série animale; Il 2 > unité de plan dans la
séiie, c'est-à-dire que les termes y sont ran-
gés dans un ordre progressif dont la foi veut.
que tout être préaestiné par la valeur de
son germe è atteindre le second,. !e iroi-
tième, ou mCme le plus haut degré de l'é-
ebelle, s'y élève en parlant du premier et
en parcourant tous les degrés iolermédiaires.
Yoy, Embrtoloqik.
Le développement embryonnaire de l'a-
aimsl supérieur, considéré dans soc en<
«emble, présente donc des analogies succes-
si-vesAV^ les principaui types de la série.
Il y a un moment, dit M. Coste, où son or-
ganisation se réduit à la simplicilé de la
cellule. «L'œuf, sjoute-l-il, nous offre l'i-
Biage transitoire d'e celte simplicité, car il a
tous les caractères de la cellule et sa iiévo-
loppe comme elle ; il est constitué, de même
que cette dernière, par une membrane en-
veloppante et par un coalenu cellulaire;
mais ce contenu, au lieu de subir le sort
qui lui est réservé dans les cellules com-
luunes, tend à marcher incessamment vers
le but de sa hante destination. L'analogie
est donc ici dans la formt reulemeul oudani
fapparence, et la différence dans la nature
de la force qui anioie cttto forme et en
coordonne les matériaux. » [Uitt. génir. tl
partie, du d^eloppiment dti corpe organùt't,
I.l",p.i7.}
• Le .premier progrès appréciable dans
révolution de l'œuf bumaiu consiste h for-
mer ce que l'on appelle la blastoderme,
e*esl-A-dire l'enveloppe générale, la peau
-du nouvel être. Ce rudiment lui donneuse
'certaine analogie avec les animaux infé-
rieurs, lelsauelcs médussires.elles hydres,
chez lesquels l'enveloppe générale remplit
toutes les fouettons et tonstitue l'organisme
adulte tout entier. Mais, djt M. Cusie, «dans
.an point de la paroi blasLodermique il se
manifeste de bonne heure une ligne pri-
mitive ou vertébrale dont les animaux in-
-féricurs ne présentent jamais aucune trace;
et c'est 1& précisément ce qui fait que ces
ressemblances ne iicuvent jamais avoir le
caractère de l'identité, et que, tout en ex-
primant l'idée évidente d'un plan général
commune tous les élres, elle exclut la pos-
sibilité d'une transfiguration sous l'inQuence
■des egents extérieurs. » (ibid,, p. 18.)
- Suivant ainsi pas à pas toutes lesDuenccs
du jéveloppemeiit embryonnaire, U. Coste
y montre mrcÇssivement des analogies avec
le polype, le Ter, le mollusque, ie j<imv.
le reptile, l'oiseau, le mammifère, aiialogifs
restreintes et limitées par des iliff^rences
caractérisliques et dominantes. Cette discus-
sion iinstojnique , si lumineuse'!! si mi-
cluaote, suffisait assurément è détruire b
inductions h J'aide desquelles Lanurck,
Geoffroy Saint-Hilaire, Goethe, Oken cl
Garus, tirent de quelques ressemlilaDcei
imparfaites et transitoires, l'idenlilâ des
germes et l'unité de composilion. M. Cosle
a fait plus : it a tranché la question par un
exemple décisif qui renverse et ruine Ijï-
mais cette bypoihese.
« JeTaismonlrermaintQnant,ditU.CGSle, '
Î[ue, même dans le cas où la eoDcardauce tl»
ormes mati^rielles est assez rigoureuse puur
revêtir les formes de i'idenlîtâ, il existe eir
core alors sous ces apparences une àiSi-
rance fondamenlalo qui exclut la possibilité
d'une transfiguration. Nous en iraunTuiiî
une preuve Éclatante dans la manière M
rorganisotioQ caraciérisliquede cliaquesc^e
se dégaine d'une forme primitive commucf,
et nous verrons que sous le vuile de t'idei.-
tité la plus absolue, chacun des seies con-
serve cependant le type qui lui est prDpv
et que les circonstances qui peuvent moi-
ûer le développement de l'un n'ont pas Ij
plus légère influence sur l'autre; ce <|'"
prouve d'une manière manifeste qu'il u>
a dans leur identité apparente qu'une sim-
ple forme phénoménale, et non point pc
réalité essentielle, s [Ibtd., p. SIi.)
Nous ne suivrons pas dans celle ùissit-
tation le si habile et si Judicieux analomislc. 1
Nous nous bornerons à en présenter \eiii- \
néralités. A l'origine, les sexes paciiiteul
parfaitement semblables; telle esi l'op^oi^'^
commune dans la science. On aéoncii'
conduit à penser que primilivemeal il i'i
avait qu'un sexe , et même, à cause d'o^
circonstance mal appréciée, que t-esii'
était femelle; etquepar coDSéqubntki'^e
mftie n'était qu'un développement prooi^^
de la feotelle. H. Cosie prouve que de >»•>
les failli observés il résulte qu origian"'
ment les deux sexes soot uialérielleiiKui
tout ifail semblables, et qu'il seraillf"''
aussi inexact de leur assigner uue coastiiQ'
tioQ t'emelle que de leur attribuer uoe cM^ 1
titution mâle. L'état primitif est UD ^^ \
□eutre; à ce -moment il n'y a pas enctif' ,
de sexe visiblement déterminé, et cel <'"
neutre est le point de départ (lominuDd"- 1
le m&lo et la fontulle marchent eu il.Te- |
géant, par une modiûcatioo tout aus.'i \"-
foode pour l'un que pour l'aulrei ven ''■'^
état détinitif.
Après avoir établi la vériiédeces ton-
clusions sur les bases do i'aualjse aw'*
mique, M. Cosle expose une obsornW"
des plus curieuses, et qui a tous les an^-
tëras d'une démonslralLOu expérimcn'^'^'
Bien ne s'oppose à ce que nous lr«nscr.T(<)''^
textuellement ce passage. Nous teriuitic'"''-'
par 16 tout ce que naus avons h dire, ""
point de vue des sciences naturelles, ciiu[">
l'hypollièse de l'unité de compositiou.
1331
IK»
MCTIOMXAIRE IPOLOtiETIQUB.
« Les eirconslnnces extérieures , dit H.
Coste. pëuTenl bien amoindrir 'raction des
tzAuaes qai président ao d~éTe)oppemenl,
mais elles n oot jamais le pouToir de les
(lélouroer de leur direction primordiale. On
peut bien, suivant que l'on soumei des
auft femeUei de certaines, des abeilles par
exemple, è des influences plas ou moins
f3TOrables,eDfsiresortir des femelles stériles
ou fécondes , mais on ne réossil jamais i
laire passer un sexe dans un aotre, el sous
ce rapport les bjménnptères fournissent des
ob^erTâlioos leilement concluantes, qu'il
suflira de les présenter sons leur véritable
jour pour donner au problème dont nous
r*)erctions la sotulioQ tons les earaelères
d'une démonstration expérimentale,
« Depuis la belle découverte de Scbirauh,
e-^olirmée par Uuber, l'on sait que les abeil-
les ourriëres scot des femelles infécondes
<:onl les OTaires^ h défaut des circonsEduces
eiiérieures suOissDtes, n'ont pas subi tout
leur déTcIoppemeut, et qui,prÎTécs do la
faculté do produire des œuu consacrent
toute leur aclirilé k soigner ceux de la
rvioe-mère, k élei'er les larves qui en sor-
■tint, et travailleDl ainsi au profit de la com-
muoaulé 1 Hais ces abeilles ouTrières, qui,
dans quelques cas exceptionnels, peuvent
dcTeuir fertiles, n'auraient enbesoin, comme
t'eipérience le démontre, pour être préser-
vées de la stérilité, que d'ëlro nées dans
les cellules royales et d'y avoir été nour-
ries avec la gelée qu'elles prodiguent aux
larves prtTiléeiées qui se développent dans
ces mfimes cellules, et qu'elles préparent au
Irâne en leur fournissant toutes les circons-
Uocts propres k les convertir en femelles
fécondes. Aussi les reines-méres sont-elles
douéi s d'un instinct qui leur permet de
pressentir de quelle sorte sont les œufs
qu'elles vont pondre el de les déposer dans
les cellules qui leur conviennent.
• Il est certain, d'après les faits observés
par Huber el Réaumur, que dans l'état nor-
Eiial la reine ne sa trompo jamais sur le
choix des eeilules, et qu'elle poad lot^jours
les aoTs des ouvrières dans les petites, «t
les œufii des miles dans les grandes. Les
ouvrièreselles-mémesparaisseotavoirla pré-
vision de ce qui doit arriver, car, lorsque
|«s «oTs sont déposés, on les voit fenner
lt>s e.'llules d'une maaiére différente, sui-
vant que le* larves qu'elles sont deaiiaéës
è protéger doivent se traasforner en abeilles
conomunes ou en faux-bourdons, et ex-
IMiment ainsi au d<.bors, au mojraa d'une
anbileclnre particulière, ce qui se passe
dans l'intéri. ur des altéules.
■ Quoi qu'il CD soit d'une prévisioa qui
inJique msDiresleoienl qu« les oeuls sont
inaniués d'avance d'un caractère seiuel qui
l>:éiède leur développement extérieur, et
|,:tr cuméquent rin0.iïeoce des circonstances
p4*stérieores II la conception, toujours esl-il
bien avéré que ceux qui dans une cellDie
d'ouvrières produisent iié(.'es;airemeat une
abeilie comoiuDe, stérile, ou neulre» n'au-
raient eu besoin, pour se convertir en reine»-
mères, que d'être éclos'dans nne cellule
royale et su milieu de dreonslances plus
favorables. Or, si, comme on l'admet uant-
ja tbéorie la pins accréditée, les individus
mâles, avant d'acquérir leur caraclèpe mas-
culin définitif, avaient d'abord subi une
constitution féminine originelle, il devrail-
sofSre, pour les emjiècber d'atteindre leor
constitution masculine et les contraindre k
persévérer dans lenr nature première de
prendre les œufs dont ils proviennent au
moment oCl le germe qu'ils renferment n'a
poinlencore subi la transformation sexaella,
et de les forcer h se développer dans les
mêmes circonstances qui convertissent les
œofsd'onvrières en reines-môres. Si, malgré
ces circonstances, leur destination n'était
point changée, i) resterait démontré par
voie expérimentale que les œufs mâles ont
eu quelque chosn doot les œufs femelles
sont privés, et qui les rend inaccessibles
au'x influences que ces derniers ne peuvent
subir sans ou éire modifiés. De Ik il résul-
terait que les deux sexes n'esisti^raient pas
originellement confondus dans l'identité ab~
solue d'un type féminin, dont on suppose V
tort que le sexe oitla sortirait par la seule
puissance des agents extérieurs; mais que-
lé genre an coittnire cacherait son origioa-
litA sexuelle, qu'en me permette cette ex-
pression, sous une apparenced'idenlité, ou ■
plutêt sons une forme neutre. Les al>eilles
vont nous fournir icil'occasionde soumettre t
la question k cette épreuve - décisive.
■ Nous venons de dire que dans l'état
normal les at>oilles s«ml>)aieDt avoir la pré*
vision du sexe des individus qui devaieol-
sortir des (rafs qui allaient être pondus eor
dont la ponte vouait d'être efTectuée. Hais
il est des circonstances dans lesquelles -
cetie prévision semble les abandonner, et
ces circonstances coïncident avec le tempe-
où la reine-mère n'a plus la beulté de pro-
duire des œufs femelles, et n'est plus sus-
ceptible de poudre que des oub de fiiux-
bourdoos. H est même une époque, et c'est
la première période de son existence, où.
elle pond indislinolemeol des mofs d'on--
vrières et de mâles , mais vers l« eosièmb
mois environ elle ne pent plus produire
que des œufs de hux-bourdons, et en si
grand nombre, que dans l'e^Mce de deox
mois on a pu ta compter Jusque trois ou
quatre mille. On peut même, i k'aida d'an
artifice bien simple, empêcher uh rainodo
pondre jamais des œuu de femellaB, et la-
condamner è produire toute sa vie dos
niflles. U sot&t pour oela, lorsqu'elle vieoi
de naître, de Tempêtherde sortir de la roete
jusqu'au vingt-cinquième jcigr après son
éclosioo ; car alors la féaondation, qui ■•
peut s'opérer qu'à une- tssax grande hau-
teur dana les airs, se trouve retardée, et
par le fait même de ce reUrd la reine est
réduite pendant tonte sa vie k ne procréer
que des mêles. Elle dépose alors indislia»-
tement ses œufs dans toutes les alvéoles, et
l'on voit les ouvrières donner aux larves
13CI . IION OICTKUfN&IRE APOLOGETIQUE. ROM l»
qui, \ea liant et lei wiohaliunt lamum
BUlres, nous eipliquent ce qa'il tiul en.
tendre par variélé dans i'unile ouusiien,
fli nous démoDlrenl en m&ais temps quacet
uoiTers e5t la conception et l'œuvre d'une
inlelligenca souveraine et inSoie, indépto-
dante et distincte de tous ces étrec, soamis
h ses ToloDiàs, qui ne peuTent ftlrsqa'ordn
et bsriDDnie, et qui GODStitaent Us lois de
leur nature*
Hais ce s'est pas ainsi que renlend uqi
philosophie abjecte : ■ Au lieu de remonter
a Dieu , cette philosophie est descendue
i'usqu'i un yil Ijidoq échauffé p«r le soleil,
file en a fait sortir un aniaial qui trame ea
Iui-m6me une énergie inSnie. Tandis qut le
chef-d'œuvre de la création ne peut ijotiteT
une coudée h sa laille, selon le langsge dt
l'Evangile, lui se donne les plus étoonaotci
organisations. 11 franctiit tous les degréti
depuis la plus imparfaite jusqo't U plui
merveilleuse de toutes, è cetla du corpi
humain.... C'est un être nécessaire; c'est an
créateur de lui-mènie, ou plutôt c'est la éh
mère des chimères. Honte éteroelle k ceui
qui conçurent ce misérable rére, el lu
siècle, qui au lieu de les repousser parlt
mépris, les honore de ses suffrages.,.. C«
serait aussi trop outrager la religion, du
comnarer la noble généalogie de Tbomine,
qu'elle fait remonter jusqu'à Vitri isjtni,
à cette dégoûlante généalogie, qui, aprb
■voir commencé par une hypothèse impos-
sible, se continue par des fibsurdîtés palpa-
bles, et conduit logiquement i des moas-
truosités morales [mS}.» Toy. GiiiiuTiDi
SPOnTAItl», UOHPS, BlUKTOLOetK.
Dans l'b;pulbèse matérialiste quSDom
venons de réfuter, l'homme a tout créé, loat
inventé : les sciences, les arts, la sociéié|
la parole, h pensée i Dieu lui-mSine... H
nous reste donc à démontrer que l'haïuH
n'invente ni la pensée ni la parole ; qn''
ne crée pas les conditions de sa vii, mlo
leiade sa raison, ni les croyances de uu"
Inre. Ainsi après avoir comtuitta l'hypothèie
panthéiste au point da vue phj8iologi||M,
nous achèverons de la renverser en la rtfo-
tant au point de vus psy chulogiqu ou me-
laphysique. Yoy. Pstcbolooii ou l'Homb
timLI.ECTnBL BT IloaiL.
HOMME, ou KiCBB HUHAims; cirCOD>-
tances qui concoureru à son perlectionw
raeni ou i sa dégéoéralion. Yajf^ K«c(9
DTSAiNBa, iXll.—Avons-DQue poorl'hofflni»
Il eharilé que le christianisme nous com-
mande T Yoy, Chctk , S I- — ^'^^^r
Thomme s'est étevé dans soa Inveitigaiio"
des phénomènes du monde physique. '*!!■
p(jai(4TuiiALisiiB, i V. — L'^usleoee 0»
l'homme prouve la néoassili d'un aitU^-
Yoy. DiHO. — L'homme païen, lafalWeisu
devant l'homme chrétien. Yay. M«Tiw.
Si. — L'homnte, à l'élat d'embrïDU, pas*
Hl par tousiesdegrés de l'échelle a^ioiiB-
Yoy. EvBBXOLOGut. — L'homme psyclioiu-
gi(iae> intellectuel et moral. Yoy, Piicau-
qui DErïssenl dan< le< oellulos royales la
mfime éducation qu'à celles que, dans l'état
normal , elles destinent au trOne, Mais leurs
espérances sont trompées et leurs soins
inutiles; car, malgré tous leurs eETorls, elles
ne peuvent réussir h changer le type sexuel
des œufs, et ce sont toujours des faux»
bourdons, que l'éducation royale n'a pu
détourner ue leur sature originellement
masculine.
^ • Or, s'il était Troi que la rigoureuse
similitude des formes extérieures des deux
amas îùl uu lémoignageréelderidantité de
leur essence primordiale, n'est-il i>as évi-
dent que des influencus essentiel) umeut
identrques devraient toujours produire sur
l'an comme sur l'autre des effets identiques T
el (]ue tout ce qui aurait le pouvoir de mo-
diQer l'un devrait nécessairement moditier
l'autre? Cependant, ces influences, flont
nous pouvons disposer à notre gré, ou que
la nature met en jeu sans y Être provoquée^
ces espérienres qu'elle exécute devant nous,
(oni trop positives pour qu'il soil possible
de résister à l'évidence de l'enseignement
qu'elles renferment. Elles démontrent que
les agents extérieurs peuvent bien, commu
je l'ai déjè dit. ralentir ou arrêter le progrès
du développement d'un organe eu d'un ii>
dividu, mais qu'ils n'ont pas la puissance
d'en détourner la direction, d'en changer le
but, ni de lui faire dépasser les limites que
la nature assigne à chaque espèce, v (Ibi4-t
p. 31-36.)
Conclusion. — De tonte» les aonsidéra-
tion« auxquelles nous noua «uames livré
dans le développement de cette grande thèse»
il nous semble que nous pouvons conclure
3u'il n'y a ni unité de com|M>s)tion, ni unité
e forme 1 ni unité de plan dans le règne
animal; que par conséquent tout animal
n'est pas la représen talion de tout le règne
aaiotal, puisqu'il n'est même pas la repré-
seôtaiion abstilueet rigoureuse de sontype;
4<x dans chaque «tre individuel on ne peut
retroaver tai^tea les mémea çariius qui sont
i^Uts Ici autres fitrea, môme inférieurs; que
|tar cooséqueut tous les individus ne sont
pas sortis d'un seul ou de plusieurs types
primitiils, plan unique de tous les animaux
et de toute la série animale; qu'il eiikte au
contraire un piaa pour chaque appareil
ii'«rgaa«s, que l'espèce est une réalité dé-
Unie, que te plaa général de chaque type se
modilW pour chaque espèce, puur chaque
groupe; qu'il y a des plans plus généraux
et lotalémeol différents pour chaque grand
type; que ces plans concourent à qu en-
srâible pOiur un but général , mais pe for*
taeoi pas un seul plan ; que par conséquent
les étrea individuels ne aoat pas des parties
d'un âtra iioique, 4ont ils ne seraient que
tel orgaoea, mais qu'ils sont distincts el in-
dépeodftuls les oits des, autres, déQuis et
limités iMardescircoDstanees aussi détinîes
tt limitées hiep qœ soumis à des lois bar-?
moniqnea de rapports et de cooserratiou
(3SCB).LcUre fmmalf de Hgr Arrac, archciéqga de Paris, $• S''^-
IMC-
HfCTIOMNAlRE APOLOCETIQOB.
«M
MM, AkU, elc. — Situation et conditions
lu premier séjour de nioname. Foj. Pstcho-
eeiit I V. — L'homaiedait l Dieu l'hom-
isge de son irosginatîon et de ses sens.
'au CtLTB, I I.
B0TTEHTOT5, Jeur hisloir* Mjchnlû-
;ique. Tog. Racki hcmaikei, j Ix.
HUU60LDT (G.), >oa opinion sur la ré-
élilion du langage. Voy. PsTCHOtoaiK.
VIH. ■
HUMANITÉ; In Christ est-il l'buniiDiMr
'ty. Httbisiis, I II. — Puise la rie diviâe'
•DS la prophétie et le Mcrement. Fvy. Sa-
CREHBKT, ( II. — Impuissance de la-phiio-
sophie pour résoudre le problème de son •
origine. Yoy, L'InnioDCcnoii , | VII. —
Di thumantlé, de ton principe el de ton-
avenir; eiamen critique de la théodicâe de
cet ouvrage de H. P. LeroDx. Voy. Taio*
DICÉE BDHlHITAm.
HDS (Ieah), ce qu'il Tsat pensor de sa
condamnation. Voy. Fahatishb, ^ U.
HYBRIDITË, imporlanles considéralious
sur ce phénomène. Voy. Homme, art. I,
SlietHii '
lABN, examen critique de ta théorie sur
u possessions. Yoy. PosiESSion , j IV.
IDÉAL MESSIANIQUE, a-l-iJ |>u être pris
n Jurlée au lemps de Jtfsus-Cfaristî fou.
IrrauME.S VII,
IDEALISME SUBJECTIF de Ficbte. Voy.
iiuMorHiE DR l'abboll'. I I, — Idéalisme
iiijpctirde Schalling. Ibid.
IDÉE MESSIANIQUE chez les Juifs. Voy.
'lOFBiTBlES, i II.
IDÉES INNEES, réfulées. Voy. Psxcbo-
UKis.f Vllet X.
IDOLATRIE, difficultés qu'elle opposait
i l'iiiblissement du règne oe Jésus-Christ.
Vt^ltens-CBEisT, art. III, S H- — A pour
angine les artifices du démon. Foy. Divoir,
ilV. — Comparée aux hérésies modernes.
f<'). SiLUT, i 1 et II. — Voy. SDiiiATnKÂ-
LUH.ilV.
lUMORTAUTÉDEL'lUE chez les anciens
Eiçiptiens. Voy. Mokuhbuts confirmant les
itciis (la la Bible/j VIII. — Démontrée chex
«s Juifs. Yoy. JuBAÏSHv et Christianisme.
lu PONDÉRA BLES., difficultés qu'ils nré-
icntent du cûtâ de leur nature et do leur
itlion. Yoy. Ans, j VI.
lUPOSTKDRS, l'humanité en a-t-elle été
Mclime en matière de religion? Yoy. Boe-
lATCBiLISME, SI.
lUPOISSANCE de la philosophie dans la
«luiioa de la question du mal. Yoy. Mal,
irl.lL
IMPOTABIUTË du pécbé onginel. Foy.
PÉCaéOHisiRBL, I II.
INCARNATION, belles harmonies de ce
nysiire. Foy. Optimisme, — Considérations
lurcemjslère. Foy.MAL, nrt. I, S IV. — Ses
rapports arec la réhabilitation bumaioe.
'«y. RiPABATioN, S ti- — Objections réru-
^1. tbid., i Ifl. ~- L'idée dlaoarnation
■-(-elle |iu etro prise en Judée au lemps
ie I^sns-Cbrlstf Yoy. Mxtbuhb, fi VII.
INCOUPRÈHENBIBLE (L), son utilité.
(i069) Dt origine tndilio«i$ non ëi Juâ^oi §ed
•^ '»*w njtrmda, 17)8.
[10701 1 L'Iode, dit U. Pnuifaier, oous wNMk
uiÇme le gnnd cl antique foyer de 1i peima bu-
ntaiw, cenune te point central H rajrontiAiil de ce
^»i< cttde dlilées phllMopliique*. et religicniei,
^ MJiiaei fnppants de coiisaDiuinité, qui a eit*«-
>o|Tt ti HiDie-Asie, et qui a lui par cmbrassci
Toy. llrsTiBE, fi I.— Se renconlredaiM touf
les ordres de phénomànes. Ibid., fi II et lil..
INCONVENIENTS de la liberté surpassé»-
par ses avantages. Yoy. LiBsiTi.
INCORPORATION de Dieu k la nature
hnmaiae, comment explicable. F»y. RkPA-
BiTION, i H.
INCRÉDULITÉ, son isoleraenl et son iiD-^
puissance en matière de religioD. Voy. Sobt
IITOKALUMB , fi I.
INCROYANCE, ou incrédulité, n'a eu qu»
deux époques, l'Âge d'Auguste cl le nAtret
considérations. Foy. Fet. — Vient de l'igno-
rance el du début de vertus. Ibid. — A pu-
défigurer mais non détruire la religion.
Voy. SuMHATDkALlSMI I | III.
INDE, esi-elle le Inrceau de l'espèce
humaine et de la religion de la plupart des
autres peuples T Foy. fnDiÀKisiiE. — N'apoiot
d'histoire rérilable. Ibid., j III. — Obscih
rite de son système géograpbi(|ue. ibid. —
Svstème chrotiologique. son incohéreRoe.
ieîd. — Son histoire religieuse. Ibii., fi IV
et V. — Multiplicité des religions et des
sectes. Ibid., fi V.— Aljoutiss^nt au pan-
théUme. Ibid., fi V.
INDIANISME.
Quelle misère I te ploi petit des piophè-
tes d'IinBl Tant bUIc fclinleu' mt Ims
le< tÂdtoaophes, pwHÏitWw, «âaU à»
L'Allemagne, qu'on est toujours sûr de
rencontrer sitAt qu'il est question d'un pa-
radoxe érudil, l'AUemagne affirma, il y j
déjà plus d'uQ siècle, que les peuples qu'à,
fallait interroger sur rorigine des choses*
n'étaient pa<i l«s Hébreux , nuis les Bia^
dous. Un aarant, Lujrser, a mène &it ds
cette prétention le titre d'un livre (SOfl^
Le rationalisme a salué arec enlboosiasose
cette IiardiL'Sse de l'érudition aulichréttenne-
(2070). Elle'a été renourelée de nos jours,
presque tovl l'aacie) DKwde, t { PAoniEBt Prifoee
des Èuai» tw la fkilotopkie itt Indotu, pu Cole-
brooke. )
Le rationaiinu veut rccueiUir vile las fruiii d^'
ce qa'll sAmc. Il a'Ckl donc Ulé de lairo^ au cbri*-
llaniune rap^ication «te celle idée, qui, du reste.
M'a éié imeoiée que d«ai ce but. L'arigina ùidieuue
d« nt» dogmci el mime de nos cérémoaics est ea-
I3G7 I.N[V nCTIONN&lRE
iDOiDaexpii«iteDientet arec plus de pudedr,
(turdo BohIcD, daos son ooTragn De fjnde
dtuii MU rapporli avte l'Eggpte.Cel éciÏTSin
nael un scrupule minutieux à dégager de
leurs eaveloppe* grossières les iiTées reli-
f'euses des peuples du Gsoge; il les épure
le lumiiire du christianisme, il les trans-
forme; puis il élablit entre elles et la reli'
gion mosaïque des comparaisons qni tour-
neot rarement Ji l'aTanlage de cette dersière.
Tout cela est encore entrero tous an demi-
i'our mrsiérieux. Hais les intentions de
'auteur ont élé parfaitement comprises, et
la philosophie rationaliste, pleine de con-
fiance en la vitalité de cette idée, s'est ap-
pujée, pour rabaisser l'Ancien Testament,
sur le livre de Bohien. Elle Ta jugé émi-
Demment propre b combattre la croyance
nue les Hébreux seraient le seul peuple
NToriflé d'une révélation.
« S'il est, dit Creuzer avec une emphase
toute germaniiuc, s'il est une contrée sur
la (erre qui puisse réclamer i juste titre
l'honneur d'avoir été ie berceau de l'ajiice,
humaine, ou au moins le IbéAlre d'une civi-
lisation primitive dont te$ déveioppementi
meeeêiift auraient porté dimi tout l'ancien
monde et p«ut-étre au delà le bienfait dei tu-
miêrei, cette seconde vie de l'hamanlté; s'il
est une religion qui §' explique comme d'ell»-
ntémepar lee imiresiioniputitantei de la na-
ture et p<a- le* Ubrtt impirationi de t'cMmrit,
vl ilonl les formes naïve» et sublimes wni),
lus conceptions simples {2072J et profondes
en mdme tompi, le système vaste et hardi,
•^ioutntà Uur tour arec quelque succès
fw73j /fj dogmet et les tymbolet religieux
de la plupart det autree peup/» : cette con-
trée, c'est assurément l'Inde; cette religion
est celle qui nous apparatt rivante encore
surlea rives du Oaiige aree ses prêtres,
ses Itimplèi. ses autels, sas livres sacrés,
SCS poésiest ses pratiques et ses doctrines.
core, aoaiinw chacun laU, ii l'ordre du }our. Cela
ut (Ùjà enseigné dans l'ouvrage cité de Liiyser. Les
principaui anieurs, tant allemands que français,
<mî oni soutenu celte erreur sont : Lichtensteiii,
Vtbtn Inititn aU queUe rfer Jtfjfi'iofuffie (De l'Inde
eamine source de la Mjiliçlogie 1 ; — lul.-Fréd.
WiNZEB, De dtemonologia iij lacrit ÏVoti r«lamenli
librit propoiita, 1812 ; — Cli.-F. Whascbibs, flo-
rin, Oder aili-o^nûil ( Korus ou t'uliseivaleur des as-
tKs)-, — Ci^EiizEK, Symbolik vnit Mylhotogie dtr
alttn \ittkeT, n ( STiiibolima et mjrlholoBLe des
«ndéns peuplai ) } — Puuisc, HUioniclu w»! vlà-
iMopHMikc Viaeniukwigai vbir die Denkarl, Theor
lofl* Hiut PMtonpkie 4er alurat Valker ( Hecber-
ckes hÏBioriques ei phîbsopbiques sur les opinions,
la ibéoltiBie il la pliilosopliie des andeiiB peuples),
178Si — J.-A.-S. RicBTER, Bit Chritiendom en it
ouit Sodfàienttai van ket OoiUn, 1820 ( Le chrii-
liniiismeet les anciens cultes dcrOrienl); — l.-G.
llnoDE. Die heUige Sage und dat gtiammte Religù»n-
.«lyf lem der alun Bncirer. ÈMet ttnd Ptitr oder
det Zendvclu, 1890 (Les dogmes et tout le syslème
rrligieux des ancient Baciriens, Hédes ei Peraea, ou
des iieuplesZendB); J.-Em.-Chrél. Schwoï,
Hundbnck4ertikriillichtKirelttKgtU!hicltU,iSUjti3r
iiueld'hisiotrt! eccl^iasliqucK — Giiiobiaut, îra-
éucilon éeCTeitMr,<i»nt les iMtes ; — D^vris, VogA-
fieàlaCkine; — JAuquEmuMi, Voyage «u ïndti;
APOLOGETIQUE. »D I5«
Toujours ancienne et tonjoars nouvelle,
rinde est debout sur ses propres mioef,
comme un foyer élemellmmt lumineux, où
viennent se concentrer les rayon» éparsqni
ont longtemps éclairé ou fasciné le monde
(207i). .
€ Au milieu de ce monde orieolal pres-
que tout noureau pour nous, s'écrie l'au-
teur de la Chint, l'Inde arec sa langue $an»-
krîte si savante et si mélaphysiqoe, aree sa
pensée religieuse si profonde el si nAhme,
sa pensée philosophique si abstraite et si
hardie, son imagination si poétique et si
gigantesque, sa nature si merreilleose et si
féconde, nous apparaît cotatae It grand tt
antique foyer de la pensée humaine, eonw
te point central et rayonnant de ce vaste etr-
eli d'idées phUosophiques et raiçieuses, d^i-
diome» frappanis de consanguinité qm a em-
veloppi la haute Asie et qui a fim par em-
brasser presque tout l'aneien monde. C'est,
en effet, sur les hauts plateaux de l'Asie
qu'a été jetée primitivement ['énigme i»
genrt humain. C'est de )!i que le grand fleuve
de la civilisation est narli avant de couvrir
l'Europe et avant de laisser derrière lui ds
vastes déserts de sable. L'bumanîtâ ne pent
être bien comprise partiellement; il faut la
roir dans son ensemble; il faut assista
i fà naissance, h son flge riril, h sa déca-
dence; il faut renouer lies anneaux decstta
grande chaîne qui, comme le Nil, dérobe
nicore(2075)soncommencemeDt8DX regsrJs
du monde. Cette chaîne pour nous a .loa
anneau le plus reculé dans l'Inde (8076). ■
« Si jamais, dit-il ailleurs, la pensée hv-
maino vécut des inspirations de la Ditimté,
assurément les Védas- ou écritures sacrées
de l'Inde portent plus que tout autre mo-
nument religieux l'empreinte de cette ins-
ptrolion (2077). »
M. de Lamartine, arec colla légàrel^ qû
— B»LBi, Abrégé de géographie: — Hicwus, a-
licle de Yariéiés, dans le journal tt Temp:
tlcsH place tes religions dans l'ordre saiTanl :
l' IcTagchiame, *■ la rdiaion de llmle. S- la fdi-
Dion de la Perse, f la religio!i|de I Ejm*^5*.la
religion iuîve, 6' la religion gre«iue . ?* « «««•
TOmaiBe, 8- le chrlsiiaoïsinc. ( Trir kulotrtét U
phitoiophie altemande, par Barchon de PeuMM,
t. H, p. ÎOO, elc. . . j ,
(wnl) Nous reeilTons nos lecteurs a ntme uejft-
BOT de celle noireW el de celle iMimild do p>fi*-
nvmfi hindou, et de la majcsld de son calle.
' {2072} Rien n'est compliqué et co&Ius eomBe u
ihéologie des Hindqus. „ _. _.
(Î07S) Ce ^i^M *««*i est d'une ravissante ■•■
mU) Cae«Et-GneiiuiJT, Us nRgions de f •»«►■
auUé. liv. I, ch. i. — M. Guigniant aj«ue naiw-
nienien noie: t Voyei dans foin discouts prdj
miiiaire uii résiuné dçs faitsi pnnctpaax aar les-
quels se fonde CETTE bïpotbèsb, que noutdumomi
au rette pour et qu'elle «I. « Grand mera .
(2075) M. PauUiier n'esl donc pas bien sûr de b
solidité de son hypoilièse.
(S076) P*UTHiEa, Pié(ate de* Ettsii de Vmi--
(2ft77) Pautsier, UémoirtuiT foi^w* rtlar»»-
pagaUon de la doelrine du Tae.
m
KO
DICTIONNAIRE APOLOGETIQDt.
IND '
tm
(■•nrliinso l'aaleup Jes Girondins (5078),
itMèlo sans hésitation ces élrnngrs niser-
l»<ri<: ( La clef de tout est dam 1rs Indes,
ilili!, ta génfyalion dtt pensées et des arts
mrifvtbh (9079) remonter là. EWesonl cO'
ra<:lé ['A-ssjrie, la Chaldée, laMésopolanie,
h âi rie, les grandes villes du d^serl, comme
BdlbBfk, puis l'Ejijple, puis les Iles, comme
(nCrèle et Chypre, puis l'Elfurio (2080),
lUis Rome, puis /n nuit est craue, et le
.'lirislianisme, couvé d'ehcrd par la pltilo-
io\ibio platonjcieune, ensuite par la barbare
^noraoce du m>.;ea âge (2081), a enfanté
lalrp civilisalioD el nos arts modernes
imiis
Conlinuons de laisser parier les poêles;
!jne dérais'iDnent pas sur ce point bcau-
:oap plas qse les savants.
.Dans leGénie des religions, }A.EA%aTQ,oi-
itt appelle les Hindous ■ le premier peuple
jui soit sorti de son sommeil, ■ el, pour
miiplélér sa pensée, il ajouta ces paroles
ilaisaQles: ■ L'histoire des religions étant
9 généalogie da l'Eternel dans les bornes
lu lemps (2083), il serait impossible d'en
aitir les commencements si cette dif&culié
■erenirait dans celle de savoir quel mo-
lomeiit contient f expression de la société
1 plus ancienne. Hamenéa à ces formes,
9 fKUinttt résolue (3084), puisque nulle
M^. ui dans les hymnes des Grecs, ni dans
l«Zttid-A resta des Persans '(30St}, nt mime
lou ta livra de Maise, l'hooinie et la na-
"tntparatâstnlfiOSa) sinouteauxqnedmu
a Yédas des Indiens. Ces ohantres, dont les
riiijues les nias exigeantes bornent l'an-
i'iui:â à IWO ans STent le Christ (2087;,
"itrQTivre l'époque patriarcale, qui dans
■ Bible est pluldl indîçiuéfl que remplîo
•tl(.'s noms et les vestiges des tribus d'A-
riliam (2088). >
Quanta U. Clavel. s'il n'a pas inventé
byi^odiëse de l'origine hindoae du cbris-
misiue, il a, la premier cl>ez nous, pré-
l'Ué cette théorie dans toute sa force et
ins toute son étendue en mettant en ocu-
'earcc habileté les faits oombreax accu-
alÉipar les traraui do ses laborieux de-
vanciers. Les preuves sont exposées aveO
une clfirlé et une franchise qui laissent
pénétrer jusqu'au food de son âne. Sana
chercher l'ironie voltairienne, if jette aux
cunvitilions cfarétiunnss les iilus rudes épi-
thèles et les qualiticalions les plus dédai-
gneuses (2089}. Co n'ost pas chez lui le
golïtde l'injure, mais ta nécessité d'un sy^
tème impérieux, qui met sur la même lï*
gne tes idées les moins propres b produire
ces étranges parallèles.
Heureusement, le nombre de nos adver*
saires et leur science n'égalent pas leurs
prétentions. Nouveaux Tilanfrils enlasjtont
dt'S abstractions et des hypothèses pour
envahir la cité de Dieu, mais leurs fasiaeux
mensonges s'évanouissent au premier souf>
Qe. La vraie science, au contraire, qu'elle
le veuille ou non, qu'elle le sache ou qu'elle
l'ignore, travaille conElammeni Ji raffermir
toutes les pierres ébranlées de l'édifîee
chrétien. Les études orientales loin de
nuire A nos rroyances, les environnent
chaque jour d'une nouvelle lumière, elles
n'ont pas seulement dissipé les obiections
que le snii' siècle avait soulevées ; elles
ont fourni de nouvelles et d'innombrables
preuves des vérités fondamentales de notre
foi. La révélation primitive dén)onirée par
l'unirersalitédes traditions, comme le monde
primitif par les fossiles, les nations éteintes,
les littératures ensevelies se sont levées
de leur poussière ; la parole a élé rendue
aux peuples muets, ol la vie aux liëclas
morts, et tous sont venus déposer unanime»
ment de l'antiquité et de la véracité de nos
saintes Bcritures, tous ont rendu hommage
au Dieu éternel de la croix.
L'inde n'a pas été étrangère k celte pro-
testation des peuples antiques contre 1 im-
piété moderne. On sait que nos mission-
naires ont eu l'initiative dans l'étude de
celle bel te contrée comme dans l'étude da
la Chine. Nos libres peuseurs de l'Occident
ne soupçonnaient pas encore l'existence de
la littérature sanscrite, quand le savant jé-
suite Robert de Nobilibus avait d^ft com-
posé l'EMour-Yedam dans la langue sacrée
(Wm Cfr les éloquents articles de H. Foisibt,
rii'S Uirondpts, dans le Correspondant, 1847.
liOTS) Vous D'ètes pas bien sQrT It ne vous faut
■K qu'un simple doute pour sacriQerla wadition
itiiiue.
iwM) Cette Kénéatogie des idées binduoei paral-
KnrieuM aux per&oDne* qui ont quelque teiu-
n <J« la questiou.
(ÎSOI) Pour Juger celle barbare ignonuu, c/r
«m. Tableau des ûutitulioHs el da mitHrs «h
9"! dgc ;— OziatH, DoHleet UpMtesopkieettluli-
' ; luj. rariii:le Sciekces J 11 et lit, dans oe Die-
^■Wi) A. M! LintiTim, Vo|Wf« m Orient. —
fioDMUjr en ■ fati use juste el sévère crilifiie
M \ei Ànnatei.
\Vi>SZ) EtraiiBc éternité que celle de ce singulier
Tiid! Que M. Quitiet est admirable ilaiiit ses
l'i'li's et qu'il manie bien la lan^ de Bouuci,
l'j<cal el lie Napoléon t
i'ïi) Uiiolle vivacité!
iuiâ) i. Jean Reyuuud édoMUrtil-H celte «up-
posiUonT
(W86i Pourquoi donc hésiter, si U questioa cal
résolue î
(S087) Cette Biterlion est une véritaUe plaiia»-
terie.
(3088) EtiOAB Ucimtv, C'nh des religions, 137.
(iOSOJ Vof . son Histoin pittoresque de» rWigrOTii,
etc. C<i livre, destiné i des lecteori plus légers
Îa'instruils, est écrit sous l'inipiration du plus
îtestabte raiionaltsme. < Il n'y a pas, dit-Il, m dog-
me, une Bction, une pratique, un usage reli|;ieUK
admis par un peuple puleoti^ue sauvage o* civilisé,
MU- quelque pobil de la terre, i fw'fM ipoqu* fw
eeseil, fui n'uk m source dent k irahmoitmt.
Voilà ce que nous ftvoiis voulu principakmeutcous-
tater, aAn que ceUe pareuié, nous dironii presque
cnUe identité de toutes les rellgioni, vint donner
l'appui el la sanction des (ails à ce principe énii-
ncmueut wcial prodemé psr la UnlompOia iui>-
dernc : la totitaiifo ttligitiue ! » Cuvu. UiUtiu
des reliions, \\, liv. vin, CMclusioa.
ISTI
IM
HCTIWn&lllB APOUMETIQUE.
IND
dnBrahnsfiM. AvAnt rAoaddinle de Cal-
culte John Werdin, mieax connu toua la
nom de P. PaalindeSaint-Bartliélemy, avait
publié fc Rome, soas lea auspices de la Pro-
g>aganda, une sârie d'ouvrages sur la gram-
maire sanscrite, et sur l*hisloire, la niylho-
logia el la religion des Indouj. Sn gloire,
vengée des outragea d'Anquelil-Duperroa
par les Adelungs et par Abel Remusat, n'a
pas élé effacée par les IrnTaux réunis des
saTSUts anglais et sllemands; et lorsque
réocmment MM. Creuzer et Guigniaut ont
voulu résumer l*hisloire de la religion Jn-
doue, il* oui encore élé contraints de le
citer ï chaque pa^te (2090).
Les savants académiciens deCalcuKa afoor-
dèrent les études indiennes en libres pea-
seurs, Pt pourtant toutes leurs découveriet
conspirent en faveur de la Bible, et sem-
blent être d$ eompUeilé avec Moite, comme
aurait dit Voilaire. Après avoir fouillé tou-
tes les bibliothèques dos brahmanes, ils ont
élé forcés de déclarer li l'incrédulité, qu'a-
vec la meilloure volonté du monde, ils ne
pouvaienl ntisfalre ses désirs, en appu^aBl
les hypothèses et ses objections (2091).
B( pour ne parler que des savants catho-
liques les plus célèbres, Frédéric Scbleget,
Gœrre». les deui Windischmann et le co-
louel Todd, loin de perdra leur ft>i dans
l'étude <Ie la tillérature ssnsortte, n'y ont
puisé qu'une conviction plus profonde et
plus inébranlable, et une ailmiralion plus
vive pour la pureté immaculée de nos tra-
ditions (2092).
Au milieu de celte harmonie sf conao-
lanta de la foi et de la science, nous avions
oublié qu'un petit nombre de voix s'obsli-
iiail encore h protester, et s'acharnait à dé-
fendre des hypothèses décrépites; mais nous
allons enQa tSeher d'apprécier h leur juste
valeur ces souvenirs déguisés de Voilaire
et de Bnrlly, ombres impuissantes d'un syi-
tëme déchu qu'on voudrait faire revenir,
mais qui ne saurait plus effrayer qu'une
ignorance affectée.
Nous leur opposerons lour à tour, outre
les Boms glorieux que nous avons déji
cités, H. Riitcr, l'un îles érudils los plus
distingués de l'Allemagne, le rival d'Hegel,
i Beritn. — Heeren el M. E, Burnouf, qu^ils
n'accuseront ni d'ignorance ni de partialité ;
maiaiurlout M Gulgniaut qui a si fort con-
tribué à répandre l'erreur que nous cont-
tattons dans l'Ecole normale el dans l'U-
niversité, et qui pourtant sera l'une des
principales sources où nous puiserons nos
preuves. Voilà nos champions; avec leur
aide, nous réfulerona les arguments géné-
raux par leaquelaon prélend démontrer la
prodigiaase antiquité de la civiltsalion io-
doue; — nous mettrons h du la profonde
incertitude de l'bistoire littéraire, politique,
philosophique el religieuse de l'Inde; —
(W») Voir dtM M. Wiscxti, t. I, p. 38, les
«MwnBapMiu qu'il nçat k Rome.
(Wffl) \oir Ahh. de piUotopft. chrélitam, t. U,
noua ferons voir combien les livras saoscrils
sont inférieurs i nos Ecriluras sous la
tripla rapport de raulhenlieité, de l'inté-
grité et du fonds; — après cela, je pense,
nous serons en droit de conclure que c'est
sans aucune preuve qu'on veut faire de
l'Inde le berceau de l'humanité et la source
la plus pure des vérités philosophiques el
religieuses ;'la Bible sera dès lors justifiée,
car co n'est pas avec des conjeclares gra-
tuites que l'on peut ébranler Te monument
historique le plus vénérable; — pas plu
3u'il ne suflit d'une pensée de vandalisme,
'un désir de destruction pour anéantir lei
pyramides; — l'immense supériorité des
traditions hébraïques ressortira mieux, et
paraîtra plus lumineuse aupaès des nei-
ces sombres qui enveloppent les traJitioni
indoues, et nous pourrons répéter en
finissant, oes belles paroloa d'un illasln
indianiste :
• Je ne puis m'esipécher de dire qas
la collection d'ouvrages que bous appe-
lons l'Ecriture par excellence, contieol,
indépendamment de son origine diviar,
plus de vrai sublime, plus de beauléi
réelles, plus de inoralité, plus d'histoim
importantes et plus de traits sublimes de
poésie et d'éloqueaee qo'on ne poumit
en rassembler dana le màme aspaoa et ei-
traire des livras qui ont élé composés dans
tous las temps et daus loua les idi*iDM.
Les daux parties qui composent lu corps
de nos livres saints, sont unies entre elles
par un genre de composition qui d'à auceaf
ressemblance, ni pour la forme ni i>0Dr
le style, avec tout oa qu'on peut recae;f-
lir de la littérature grecque, iodienie.
persane el même arabe. L'antiquité de
ces compositions, l'application que l'oDpetK
faire dos oracles qu'elles conlienDenI toi
événements qui ont suivi l'époque de Wr
publication, ne permettent pas «la deaicf
qu'elles ne fussent remplies de l'e^Ttl
prophétique , et conséquemmenl uimâ-
rées itm]. •
SI-
Critique àea Hirm Illndou. — 04 es loat )« «aan
iDcfteimes. — IncerUtude sur l«s ipoqnec câ oat t>i
composé! les livres Indiens; tatercalattoM; iacuM-
reoM, etc. — Dei Védss, leur ■uofare ri I«ar ••-
thenllcllé. — Ils sont laterpolés de l'aTca de luia 10
iudUniates. ~ Impossibilitâ d'aistgoec l'époque de l«v
origine, de leui cuUecUon.
A quelles sources pourrons-nous trouver
l'histoire politique el littéraire, phitosopb)-
que et religieuse de l'Inde? Dans ses livrrs
sans doute. Voyons donc à quel poini sn
livres méritent notre conSance,
Un mot d'abord sur l'état actuel des éta-
des indiennes,
« Nous ne pouvons mieux comparer l'eut
actuel d«a éludes faites sur l'Inde, qa'i i*
mafiièredont onrultivail la liltéraliue grec-
que an sv* et au x'vi* siècle. H n*ya pas «•
(S09S) Vdir dus le Ih Ditumn de M. Wisai;'.
Juelques détaili sur les deex Windiicbsts, |MR<t
la.
(2WS) W. law». Al. m., t. Bl, f. H
UCTHKilUUUE APUUKtTIQUt.
ISO
IS7«
,__. le aDf que nou çonnausoDi
la lansu* primitire de llnde; combien ne
duil-irpaa £lre difficile d'eiercer une criti-
que circonspecte dans ]es recherches sur la
Uuéritare de cette laagae? Or, comme dans
le principe des études grecques l'aulbenti-
que et rioaulheotique élaienl reçus arec
une teale coodanee, et comme on n'apprit
jjue fias tard à disliitgner le nouTeau de
raucieD, de même on pourrait bien ne pas
Mroir encore appliquer arec mesare et Ù-
KSUi la critique ta plus élevée aux ouvrages
Jidiens. Ajoatoos qu'un champ d'érudition,
•eslé iocaile jusqu'ici, ne peut £lre défriché
■oauae il mérite de l'être, sans qu'un cer-
aÎD enthousiasma, une certaine prédilection
tnisipe de la partialité, ne se infilent aux
'lemiert tnranx. Oo croît ennoiilir l'objet
le ses éludes en loi assignant la plus haute
lotiquité; on Toit tout à trarers la lumière
le la TéoéralioD : poarrait-on n'aToir pas
OD6aaee tn des témoins qui inspirent un
> grand respect} De l«ls pr^ugés accompa-
)>eroot naturellement one étude passioo-
ée. A peine nous sommes-nous «Brancbis,
I pu même radicalement, de la supersti-
00 dont noo* étions aotreîbis iobua poor
i» traditions grecques et romaines. A la
ériié, 1» traditions indiennes sont lellea
o'un grand nombre portant l'empreinte de
1 tsDSielé ou du moins du l'incertitude,
kuui iouoies-noiu plus portés au doute
u'no ne l'était au xr* et au xri' siècle, mais
epeadtot la prévenlJoa Kl encore trop
oissanle, et s'accommod» des traditions
ir la 5«ule raison qu'elUs n'offrent par et-
s-uëmes aacnne raison de douter, quand
I contraire, on ne devrait les croire qu'au-
nt qu'il j aurait des raisons qui en elabli-
leot la Tériié. Si quelquefais aussi l'on
ivnii lies Toix qui osent nier l'antiquité
dienae ou la revoquer en doute, e't;st
'elles cèdent i leur antipathie, comme
il d'autres k leur sjmpatnîe, mais il ne
ir est pas donné non plus de se lÎTrer k
i recbaixbea calmeset impartiales (S09&}. »
( Il existe, dit H. Guîguiaut, une grande
'ergance dana les jugements des savants
- U« livres hiudons, et en général nous
somme* enoore en état ni de fixer leurs
•qoes respeettres, ni de recounattre et de
S9r a*ec quelque certitude la marche que
t daos son développement la littérature
Uiikloiu (2095).
'odlefois, sans préciser aucnne date, on
ipte assez communément trois périodes
ici pales dsns la littérature indienne aTsat
js-Cbrtst; la période des F^dos, celle
M&t Tnd. 4» CnHwr. wMes, t. I, p. 569.
OS«J BiTTU, /Ui., p. 6S — <U période de
ainâdîda, qui conmeM* ocal au avaol Jéu«<
M, dit H. GuigHiaet, vit s'apérer les rédaciîM»
aHu «Tan navl nooibre d'oaTTsiei. ■ ( StUt
W7> Pa«r avoir noe idée A» l'eqirii biatoriqua
l'ttOtfvs. voyet ce que Wiiront raconte «Tun
r-'ivrar. Ai. Km. L IX. p.,135. cl de U
^■s («ifsesl les Aaglais, 'AH., p. 151. — Au
des grandit poômes, appelés ilikoaiu, et celle
du perfeclionnemont da la poésie k la cour
de Rtna Wlkramaditjia , qui vivait k peu
près du temps d'Auguste. A ces trots pério-
des antiques il faut eu ajouter après Jésos-
Chrisl une quatrième que nous appellerons,
avec H. Riller, la période des cammenlairu.
■ parce que k celte époque, les lettres eu-
rent presque exclusivement pour objet de
commenter le Védss et d'aolrea écrits an-
ciens. II est vraisemblable que la plupart
des écrits cooservës josqu'ici sont des deux
dernières époques; aussi le temps de ces
deux périodes seul peut-il se déterminer
avec quelque vraisemblance, tandis que les
deux premières sont tout k fait sur les con-
fias des temps mythiques et des temps his-
toriques (3096). — Nous allons étudier suc-
cessivement ces quatre périodes, en prenant
pour base de noire travail la belle disserta-
tion critique de H. Ritter.
« II faut d'abord observer en général qu'il
n'j a dans aucune littérature, un aussi grand
nombre d'ouvrages que l'on fasse remonter
tfussement k une haute antiquité, que dans
la littérature indienne, co qui doit être attri*
bué particulièrement k l'ignorance et mémo
au mépris de l'hisloire qui régnent chez les
Indiens. L'imposture v est aussi poor quel-
que chose (S097]. II n est pas rare de trou-
ver des altérations et des interpolations,
même dans les ouvrages o& la haute anti-
auité iHiurrail être reconnne. Déjk la forme
ëcousue de ces ouvrages provoque juste-
ment le soupçon ainsi que le remarque m
Savant sanscreian (3098); lea savants indiena
confessent eux-mêmes qn'aocun livre n'est
k l'abri des changements et des inlercala-
tions,(ant qu'on nen a pas un commentaire
suivi (2099}. Or, si les comioentaires n*ont
généralement paru que dans la quatrième
période de la littérature indienne, ainsi
qu'on l'a dit précédemment, on s'est pas
tiop sûr en général que les livres indiens
n'aient point été altérés fSlOO}. >
H. Guigniaul reconnaît k plosfenrs re-
prises ce point important : ■ Dausnn grand
nombre ne livres hindous, dit-il, Tantique
se trouve mêlé d'additions et d'interpola-
tions modernes... Il en est de même des mo*
numeaU d'architecture {"ilOi). ■ Et aittenrs i
■ tous les livres hindous sont chargés d'ad-
ditions et d'interpolations modernes (2102). •
Ailleurs encore : ■ l'antique et le récent,
pour ne pas dire le moderne, sont tellement
mêlés et coolondos ensemble dans tes tex-
tes et les traditions, que les c^nioiis les
plus opposées peuvent a la fois y puiser des
re&le, bous en donnerons plos tard des preeves frsp-
panies.
(10981 Gain, k ncnouv, (Hr le Vtegwvor-
CJIa : fcriïn, I82C, p. 51.
(1099) CoLusooEE. A*. ItM.. vnt, p. t9lt. Celle
rëcle qui Krait absurde i[aani il s'asit «e leau att-
ire liUéraLBre csi nécxsnire dans reiatuen erilique
des IliiHbM».
{1100} RivTCR, iiid., p. 9S.
(U9i) A'oin ur Otaitr, I. I.
(tni) nu., p. 5î«
1373
IND
DICTIOSSAiriE APOLOGETIQUE.
arguments spécieux [S103). » ~ An re&to,
celle rt!rJté fundamenlalu vo mieux ressar-
(ir eucore de l'exanaeD détaillé des princi-
r<aiii livres indiens^ Parlons d'abord des
Védas.
> Les Tédai, dit le savant Ritler, sont de
difTéreols auteurs. Ils se composent en par-
tie de prières, en partie de préceptes reli-
gieux, en partie des dogmes théclogiques
qui n'ont pas la moindre liaison entre eux.
Ils ont été rassemblés par Dwapajana, qui
est cnnnu sous le nom de Vj/ata, c'est-à-
dire eolltcteur ou compilateur, personnage
absolument mythique, auquel on attribue
une quantité innombrable d'ouvrages; mais
il esLô remarquer qu'il n'y q peut-être pas,
dans Igs lades mêmes, une seule collection
complète des Yédas, du moins aucun Euro-
péen n'en a possédé une pareille (210it).
Une chose plus remarquable encore, c'est
(jue la disposition de c6s livres par les Hin-
dous contribue elle-même à rendre diOicilo,
sinon impossible, de compléter cette compi-
lation. En effet, les Védat sont divisés en
gualre parties qui ont cliacuoe plusieurs
subdivisions. Or déjh Yyasa passe pour avoir
enseigné ces aualre parties, non pas toutes
ensemble, & cnacun de ses disciples, mais
une partie à l'un, une partie à l'autre. Et
comoifl ses successeurs auraient fait de
raeiue, il cuit que les Yéâaj ne se sont ja-
mais trouvés en entier dans une même
main (2105J. Hais outre la tradition déGgurée
des Tédat, dont nous avons déjË parlé, et
plusieurs révélalions, il y a aussi des for-
mes nouvelles données i chaque partie; en
sorte qu'il ; a ladme deux textes irès-diffé-
renls de toute une partie du Jagour-Véda;
h diversité des V^dat passe pour avoir été
si grande enBn, qu'il y a f ,100 écoles diffé-
rentes, dont chacune veut avoir pour son
usage des Yidai ou des préceptes particu-
liers (2106). On peut remarquer aussi que
c'est une règle cliez les Hindous de ne pas
relier les YedaM en un seul volume, mais de
no les conserver qu'en feuilles détachées
seulement (2107). Chacun voit combien il
est facile alors dajouter toujours h ua sem-
blable recueil.
Je crois que je ne serais pas sérieusement
contredit, si j'exprimais l'opinion que tou-
tes les parties ae Yédas, qui portent un
caractère décidément dogmatique, n'ont été
composés qu'après l'époque oïl les Védas
ont été recueillis eu un corps de doctrine et
lur cette collection même, et non pas dans
(1105) Jbid., p. 658.
(2104} Potier çrëtend4 la vérité en avoir apporté
nne à Paris, mais il est fort douteux qu'elle soit
uiinplèiu.
(ilOS) Des arrangcmeDls postérieurs semblent
éureioni* des premiers. Ai. Rei., vni, p. 381,
note; ou bien l'organisaiion actuelle est-elle récsn le
ainsi quala tradition à Uquelk elle sert de fonde-
ment?
iiiOi) CoLtnootL on the Vtdat, p. 383, clc.,
dam lei Ai. Reg., viit,
<il07) Jdéci de lieçrat, t. li, p. U9, i" édition,
suivant Policr.
la premrère période de la lilténlnrs in-
dienne. Car la dogmatique ne sefiMmequ,
du texte primitif des écritures twh (:«
par cette raison que Colebrsoke asiignem
Brahmanas et ft leurs OtipaniAnât uni
origine plus récente qn'sui priÈrei el wi
hymnes des Yédat (2108). Cependial je djii
remorquer que les inlercalations dsmli col-
lection des Védas, no se bornent pu mi
parties dogmatiques, mais qu'on (mm
aussi des prières oui ont été éïlderanHtf
composées ajirès la formation du r«oà
des Védas (2109). »
Nous venons d'entendre H, Riller; rmr-
rogeons maintenant les documents qaiM
sont fournis par nos adversaires eui-raén»:
— J'ouvre les etiait de Cot^rooke, (nifiiin
parM.G.Pauthier, etie lis(p.î55]nDïwii
oîi Colebroofce , après avoir parlé d'un
prière insérée dans le Jlij-rAlo(8>,Ti,R
avec quelques légères variantes, im k
81* chapitre du blanc Tadfour-ftda, im-
prime ainsi : — ■ Celle hymne reoirçciWi
est, par le langage, le métro et le ittl-,
Irès-diflrérente des sutros prières it«W
quelles oHe se trouvé jointe. Blleanngcoo-
leur décidément plus moderne, ellf M
avoir été composée après que la lin^t
sanscrite a été polie el que sa gramniairtti
son rhj'tfime ont été perfectionnés. Lé' ■
den ce intrinsèque qu'elle foornii ieaii^
assertion sert à démontrer le fait impotur
que ia compilation des Védas , dins i'ir
arrangement actuel , prend place aptïi qc^
la langue sanscrite se fut éloignéedudiiiN!!
rude et îrrégulier dans lequel ia DoitiU^
des hymnes et des prières do VUaiKt
composée, et qu'elle fut parvenaeismiK
de langue sonore et polie dit» \i^»^
les poëmes mythologiques, sacrés etfnk-
□es (Pourânassl Sdt>yat)oDl étékris-'
Je consulte U. Guigniaul, et voioa^^
m'apprend : « Sumnt la traditioa/itH,i»
Fti'tfaf ayant été révélés par Bnlffiitoia^
d'abord transmis do boucne en boudtt,]*^
qu'i l'époque où Vyasa, le eompiiiiar,'ii
recueillit et les distribua en liTrH(3il(l|.'
— U. Fr. Hajor coojectare avec bei«#
de rraisbmblance que le nom de f fu* *'
signe moins un individu qu'une iço:pf--
Itère de la littérature sanscrite et pnibitr
ment celle où les livres sacrés dsV-
nouisme furent recueillis et rédigésjîl*
Ce qu'il y a de certain c'est qoe !»»>>'
voni sur lui que des fablet, el, qui plmAj
des fables contradictoires. Certaines Ibiir
I
(2108) L. 1, p. 387.
(S109 Voj« plus banl, ainsi qce Ii V^,^
laquelle lea trois parties des Tédâ* emKm***
comme le résultat du sacriBce de l'ewrit ivA
Àt. flM.,m.p. ÎSl.Toye» aussi danstatnMJI
française des Euait de ColetrôoU, p. >. t- "■■;
TBiEB, la note B, p. 255.
(2H0) Noiei «nr Crenirr, t. f. ^ 571. _
(2111} /J>id. Guill. (le HumboMt cempR *<*j
BDi ntut muses des Grecs, qui pan«Bl w» f'|
avoir inveniiS et inspiré toutes- sorte* de rWw'i
au£?îlc>s Etsais dtCottbnoktturlarhU.éii'^l
p. 153, Ki. I
U:? DfD DICTI0.V1A1I^ APULOCLTIQIJE. |SD iSJt
indétermiDée, cl probablemeal trte-loogue.
de siècles, peul-élre même jasqo'k uos
jours.
II. Si nous élodioos ce raste recneil dans
son eut actuel, oa ptalAl lesaommaires t't
ies eitraits iocobéreats qui soiit parreous
k Dbtre coflnaîssanM, oous j irouTOas des
preurea JDCoolesUblesd'alléralions el d'ad-
ditions nombreuses.
lU. D'aiileors, indépendammeot de ces
prenres intrinsèques, les (elles opposés Pt
riraui, les onze cenls écoles qu'ils ont fait
naître, les arenx même des Hindous orLho-
doxes, tout démontre qoeecs compilations
de divers auteurs et de dîTerses époques
ont subi des rédaction? successîTes et dis-
COTdanles. abandonnées qu'elles étaient à
toutes les vicissitudes de la religion brn-
doue el aux courants opposés de ses sectes
innombrables.
Il résulte de ces fait? arouës par les sa-
vants les plus exagérés dans leur enlhoa-
sissme pour l'Inde, une conséquence fort
Imjmrtante et trop peu remarquée, c'est
au on ne sanrail assigner Page des Védas
'una manière générale , mais seulement
rage de telle ou telle partie des Védas.
Quand on voudra résoudre complélement
cette vaste question, il ne sullira point de
s'appnyer sur deux ou trois passages pour
tirer une conclusion absolue; mais il faudra
consacrer une di-scussion spéciale h chaque
division, et rnSme h chaque subdivi^tion du
chaque Véda. Or, il s'en faut bien que l'on
s'y soit pris ainsi ; et celte seule remarque
renverse, si je ne me trompe, tous les sy slè-
niek élevés jusqu'à ce jour. Toutefois nous
devons en dire un mot, ne fdt-ce que pour
montrer combien ils sont diseordans.
Gmrres, dans on ouvrage antérieur k sa
conversion , et qu'il a entrepris de reClire
d'après des vues plus saines, ■ reporte li>s
Védas à cinq cent mille ans de nous (et non
pas de notre ère, ainsi que iparalt l'avoir
entendu Creozer qui adopte celle opinion).»
Uaid A. Guigniaoi lui-mâme trouve ce cal-
cul irop peu circonspect, el remarque qu'il
est emprunté h EolwrM et h Alex. Dow,
■ sources assez suspectes, ■ Jii-il (2118).
William Joncs, dans la Préface du tnni-
tulions de Jfoiiou, suppose, ■ J après une Ir.-)-
diliun et .«ur un calcul très-incertain (21 19;, ■
qu'ils ont été composés ou compilés miliu
six cunls avant Jésus-Cbrist.
Colubrooke (S119) les Tait sculumeril re-
monter BU xiv< siècle avant Jésus-Christ,
d'après un ralandrier annexé i rVadiotii^
Véda; mais il appelle sa conjecture basanlée
peaTCDi êire considéracs que comme des donnc^i
pvrcwei-.t iDjrlliiqucs et par conscqueul lrè&-li}|>«-
Ibétiqaes. p. 53*-.
(3H3J RiTTsa, p. 64.
(iliOj Après aroir iiHliqné celle opiaion de Cole-
brooLc, Cuiicr iccumuiË plusietirs raisons, qm l>eu-
TCBl, suivant lui, faire iliuiiiiuer biaucuup celle aiH
lù)iûtû pr^uwdue AsA Ycuas. ( Soy. Auk. it j>Uil<^
topliif cliià'wuif, I. I, p.3S9.et Ai, /:»^\u, p.'
3i^>
^ies le représenlenl comme une incarnation
:e Brahma, et lui atlrîbuentle JfoAaiAoriifa,
'.e Bkagatat et les Pouraïuu. Dans le Maha-
tharata, il est une incarnation de Tichnoit,
il est Yicknou lui-même, il est Ckrichna; et
Jins le Bkagavat, il est fils de Brahma, mais
iiê par une influence singulière de Vieh-
cou (21139.
Même icecrtilude sur le nombre et l'inlé-
f^Tiïé des Védas : ■ Wilkins. Jones, Potier,
Major n'admettent que trois fédat primitifs ;
Coiebfw>ke regards le quatrième Âlharva-
Véda, comme aussi ancien et aussi aolben-
tf que qaa les autres , nmf quelque» articles
iâll3}. ■ — ■ L'histoire mj^thoïogiquo ,
FxUuM et Poura$ux, est considérée comme
ier complément des Védas, et même forme
 0 cinquième Véda (211i). — -Quoique les
\ ' éJas loicnl cerlaînemeut les plus anciens
Très sacrés de l'Inde, il ne faudrait pas
.s'^ire que tontes les parties de ces livres
lI (le la doctrine qui s'; trouve développée
reoionlent è une seule el même époque. Le
Ur^ctère commua qui s'y montre partout
c't:st la tendance à l'unité ; mais quelle dif-
férence dans la manière de la concevoir, et
ij-4els sjmptftmes Irsppanls d'an long travail
lie l'espnl bamain, débutant dans les Jfaii~
iroM du Rig-Véda par tout rapporter aux
astres, aux éléments, i un élément ou k an
«sue unique, et Unissant dans la plupart
lies (h^miâchadt, par tout absorber dans
J'e^pril, dans l'intelligence, dans l'être qui
tsl la raison de tout, et qui seul subsiste par
luî-Biéme (2115) I — Quand les sectes philo-
«( -hiques on religieuses eureol commencé
I s'cn^jendrer les unes les autres, l'unité
ncxitive subsista toujours plus ou moins
iaa-t les Védas sur lesquels s'apgujaient
jost les seclaires, et qui depuis longtemps
«u t-étre , suivant pas à pas le cours ou
'imps, se grossirent de* spéculations théo-
>giqiies des différentes sectes (2116). >
Cirs antiques compilations , ouvrai^cs de
Jusieurs siècles, selon U. Guîgniaut j2117J,
'offrent point d'unité ni d'ensemble , et
■ics ne sont, comme le culte qu'elles re-
rûseoleot, qu'un chaos inextricable d'élé-
<eDts qui su repoussent, de supersiitioos
tisordes ou monstrueuses, et de vérités su-
. soies. Pour le moment, nous nous conttm-
iTOfu de résumer les citations que nous
eiions de réunir, el que nous n'aurions pu
>orJoaoer d'une manière plus mélhodi-
ue saos les démembrer ; voici ce qui en
rsulle :
I. Il a été facile d'interpoler les Yédai,
i modifier el de multiplier indélinimenl
urs diverses branches pendant une série
■ 21 12) CacoEa. U I, p. 33«. S3f.
4 2113) IHd^f.m.
^114) »M., 572. — COLCU., p. 5SI.
.âtl3) IM., p. 599.
t<ll6) i*i^, p. S9S.
litl7)J»W.,p.511.
l^ll^jOavrafçcrf^ p. 5~9. Plusloin, il i]é(.lare
'ai mK tul iHiir wiCBa cdmpui de Mlle date non
PS 4m de jusieurs aulrea : car 1» indiliMS
-s'iw^mes aaxqiielks s'aïuclwat ces Jaios, ne
1319
iy.j>
ncttON^AIRE AtVLOGETIQDE.
tîD
atSl), et il r a m4me reDonc^ tacitement
Huc-re», tout en atlribitant une haoïcan-
liqiiiléb la linérstureindienneet en avouant'
la firinrité des VMas , n'esuie |>oîal d'en
BSBigner la date, et seconlenle de rapporter
avec Cotebrookij au xiv* siècle nrant mMre
ère le calendrier annexa h l'Yadjour-Véda
Fred. WîndrscNmann • sans déteraiiner
atMttiM date, cherche aeuiement k prouver,
rf'abofd, (nie les tw d< Hmok soiit anté-
rrânrasi 1 axpâdiliooti'Aloxafl'Jre, puis, que
les V^daê sentaotériMirs aux lois de Mamâu
et i tous les ouvragaa sanscrits (8124).
Enfin le savant brahmelUci-llobBU-Roy,
dans uu passage trop peu remarqué où il
laisse voir son opinion sur l'époque de
Vyaiia, se contente de dire que ce eomoiln-
teur des Védas TÎTsil, ■ il y a plus de deux
mille ans (2125J. »
Ainsiles ¥édai,qai Jusqu'ï Vj/aia avaitrQt
été transmis oralement , n'auraient él& re-
cueillis, pour là première fois , qu'un petit
nomln-e de siècles avant Jésus-Cbrist; en-
core Vj'asa n'enseigna-MI point tous les Vé-
das ensemble Ë cincuu de ses disciples, mais
une partie h l'un, une partieï l'autre; e( ses
successeurs ont fait de mémo, comme nons
l'avons vu plus haut. Celte opinion de Ram-
Mohua-Ko; paraît s'accorder assez bien arec
te passage de Golebrooke dëjà cité, où le sa-
vant indianiste constate < ce fait important,
quelacompilaliondes Védas<ians Icurar^an-
gcmentaclusl preud place, après que la lan-
gue sanscrite se fut éloignée au dialecte
rude et irrégulier dans lequel la mullilodo
des bjmnes et des priërea du Véda a été
composée., et qu'elle fut parvenue à son
état de langue sonore et polie dans laquelle
les puâmes mythologiques sacrés el profanes
ont été écrits. ■
111.
SatW de rtsiunen critique dei livre* iudlaM. — Le M».
nma-iharma-uulra ou loii de HiDon. — S(» uUqulte
eu faoHiDue. ~ En forma de ptècei de différeaiM
^>oquei. — Des J'Mtrmai. — S^at probibleneet po*-
lérleura k uelre ère. — Des IliltatM. — Sont uiUqnea
nuji luterpolAt. — Ou Barnama, minpilaUwi unt
dite. — De Kalidau, Ttnll daiu le tempa d'Auguiie.
— Ecriis de l'époque correspooduit au moyen Sge. —
RéMioié généni.
Lois i>E MiifotJ (Manava-d^harmatastra).
— William Jones fait remonter celte com-
pilation très-haut, el la place immédiatement
après les Tédat, avant les Uihatat. « Mais il
(2121) nu.
(2ti2) At. Bu., Tii, p. iU. Tin, p. 489, et dans
le pasutS^ cilé plus hauL
(W25j Cheiiieh, Ibià., p. 580.
(ilM) Fred.'H.-H. WiNDiscimiNn, HofKan, sive
Jh ikeoiannutiit vtdoHticonim ; Bonn. I8S3,
p. 53.
(iiiS) E*Mh Êur la phiL dtt H ad., par Col.,
trad. de G. Piotiiei, p. 278, tout ce iravail du sa-
vant tirahme a été inséré dans les Annela, I. IX, p.
433, en léte de l-abr^é du VMania, où ftan-Hu-
buu-ltuy prouve d'après le* Védas l'unité de Dieu.
(SiaBjfdd., p. 6^ — • H. Pinkerton quia bien
>uit.M <iiii-lqM droit il noire confianM, dil i. de Hats-
est impossible, ditU. Ritler.de ne pas voira
snperstjlîoniiourleschoses indiennes (2IKj.i
L'époque on le Manava-Dharma-Sasira ■
été rédigé, dit son excellent traducteur,
H. Lolseleur Deslongchamps, ne naus^it
guèrs mieux connue qua le nom du véri-
table rédacteur, «1 l'on est forcé, à cet éunj,
de s'en tenir è des comectures. Les ealali
Sur lesquels Williaoi Jodcs s'était fmë,
pour phicerts rédaction du texte actuel, vn
l'an 12B0 ou vers l'an 880 avant noire èr,
ont paru généralement reposer sur des b«
si faibles, qu'il serait inutile d'eo repn>
duire ici le détail (2187).
H. L. Deslongchamps obserTe BDSïiqx '
Uanou ne parle pas une seule fois de Ani
dAo, et il conclut avec H. Chézy quo ce k
serait pas une hjpoiTièse détiu^ de foDj^
neal de faire remonter la rédaction de n
livre au iiu' siècle evanl noire ère;niù
tous ses argumenta prouvent senlemeMqit
le fond du Maaama-ifharmaStutra est lalt-i
ni-araudéTi:>loppfl0Miit d«s setles de Aa^'
dAa, de Wieh»oa et de S^; er ia daa d«
ce développement nous est hMoDam. mibsm
on le verra plus tard, ni est prohaWatuiit
beaucoup plus récente qu'il De lesiMpri\
Aussi d'autres savants iltoslres rabaïuan-
i\i beaucoup l'antiquité prétendue da es
Pentaleuque indien (9138).
Quoi qu'il en toit, la plupart des sannls
qui ont examiné le Code de Mana» co>
vianneat qu'oa ne saurait le regarder codsh
l'ouvrage d'un seul homme, iii Dièmed'iJi
seul siècle ^39).
Ou a voulu établir t'aaiiqinté de li .
~sophie indienne par ceilt) mdinedtml
car Don-9«ulemeiit ce recueil de W
renferme pluiiieurs pro|>ositions pinio»- .
phiques, mais encore il ftii mention dednt '
'Sj'sièmes de philosophie indiens, la pè.'^ i
Sophie Niaja et la Mimaïua; et au lieodïnir i
Conclu, comme on l'aurait dû, quepwsq^^ '
des systèmes de [ihilosophie étateM vtn- '
lionnes dans cet ouvrage, il pouvait n'Mt
pas très-ancien, on en s conclu, as cuoinirr,
que, l'ouvrafje étant ancien, les 57Slènieï|
lie philosophie doul il esi parlé sont anri«ti»^
No.rt! conclusion repose sur lasuppositt^^.
DU plutât sur l'asauraDce que nous avon.
aue la philosophie n'est pas Tteuvre c
I enfance d'une nation , ni même de ta pt-
mière période de son dév«loppemenl ; mai-
Celle de l'Age viril ou de l'ége niAr, etiei l^
peuples comme chez les individus (SISO'.*
Ire, a pris la liberté de se moqua- des bnlrne^ n
s'est cru en éiat de leur prouver qae Meum fm-
rall fort bien n'être qn'on boanèle l^«le dtt to*
siècle. I {Ciagrapli., t. VI de la irad. tr., p. M
261.) (Soir, dt 5M«t-l>rt«i't*Mrf. L 1, p. U.i
(1137^ Prifset de la trad. du Jfaa. M. S-i^
p. III, ivet V.
(2138) Sclilosser. Précit de nUloirt mmêwr. m
I" partie, 1" seciion, p. 140. — Riiodt, wmt la *•
maiion de» religioiu, etc., i" putie.!»- IM, I-
II' partie, p. 581, Sl5.
(2139) CflKRuov, Hém Ku Cmmr, p. £3.
HnaEN, I, S, p. 44&
(31») Rima, t»M., p. £».
philosophie
lois; car n
»1
IND
DICTIONNAIRE
Dis louB&Nàs. — La haute antiqaité Jes
*Quranai est fort doulease, bien qu'ils soient
len tionnéSjdans des parties des Yédai et dans
» institutions de Hanoa.Cofebrooke les »fH
el\esou'n^ttl\esthéogonietàetHiH4oit$imàis
i l'on considère leur contenu, et que l'on
isse attention qo'\]a renferment, outre les
léo^nies.Ron-seuIemeBtdeicosmogonles,
es gént^alogies, de la chronoloii;le et de
histoire sacrée [313I]i tuais encore toolm
ïries de sciences, mfime de la légisIalioB
I de la médecitie (2132], on sers .trfts-perté
les comparer à nos encyclopédies. Cette
rsndtquantitédatnatiires, ainsi recueil lies
iiis un Mul ouvragée, suirirait déjh pour
!Ddre saspcde l'anliquilâ do rocuei), car
I ae peut être là que le résnllat d'un long
freloppemeni antérieur. Le ^enre de poésie
is Pouranas donne une idée de la barbarie
M mythes des Hiudous, et da degré ei-
»sifde l'exaltation fantastique, telle, du
'ste, qu'on la rencontre ordinairement dans
iuagmalionde tous les peuples, lorsquele
auiaîB goût cherche h renchérir sur l'art
véré des anciens.
Les savants indiens coDTiennenl eaz-
Smes (]uu l'un de ces Pourmai tes plus ce-
l)res, le AA<r!^t>acf-i*otirann(i,sété composé,
j a environ 600 ans, par le grammairien
opaâna (3133).
■ Le* Pouratuu, ditU. GuignJaut, d'aprds
i saiSDl Heereo, les Pouranai sont d«s
oœpilaiions plus ou m'oins réeenli>s de
mrcraux d'âges divers, et il se pourrait qne
jcJqoes-unsd'entreeux fussent po.stérieurs
noire ère, tandis que le Kamayan et te
aMabharaitt remontent certaluemenl fort
-delà. — La plupart des Pouranas sont
rtT4s des poëmes épiques (213i). >
9ms iTiHksas. —» L'antiquité des JtihaiOM
Ml j>as douteuse, elle tombe incontesta-
rmeiil «otre la composition des Yédas et
sièck où florissait la poé&ie indienne;
ts noDs ne pouvons pas en assigner
>oqae précise. Quoique l'on connaisse
iux ces ouvrages que les Pottranai et les
tas, nous n'en sentons que mieux les
Icultés que la critique doit surmonter
.ot de pouvoir arriver à quelque certitude
■ la littérature indienne, tant l'ancien y
mêlé an nouveau. D'abord, quant au
vtajaiut, on l'attribue à Valmiki , M^a
jt II atl déjA parlé dans les Védaii et l'on
oiile qu'il n'existait plus en son entier
temps de KalitUua, eique nul n'a essajré
le restituer, si ce n'est Kalidaia lui-
[0«. Cette tradîtiun semble prouver au
lits que ce ne fut qu'à une époque subsé-
rote qne les récits qui forment la itemo-
s furADl coordonnés et recueillis de ma-
re* former un certain ensemble; Je dis
APOLOGETIQtIB. IND
un certain eii«efot)t«,|>aiot<|Moetii
Ht pea rigDBmx.
« Le tbimtiana contiant'fea d« phjloM-
phi». La JfaWAornla, qui esl la aeeontf
fwSinedfis indiens, esl bien plu* impurluit,
particulièrement h cauaedu fameox énitoda
connu sous le mid de Bingamté-Gnm^ Oe
poéose porte nn uractè»* pb»loM>pbîu«
ti és-pnMoué. L'esmnW* d« Jfr^tÉinSa
BOUS Mt himm iMmwctMBttva» niitidM
-Jtamafmiai les eonnaifiseora ne jogeni pM
ipn l'onvr«ge entier puisse être panié,
Sorce qu'il y a trop do choseï insigoi-
antes (413SJ. Il n'y a pas de doute que
c'est moins un ouvrage qu'une réuDion
d'ouvrages, oiï peuvent être rassembtéesdes
productions de lem^is fort différents et d'an
grand nombred'auleurs d'esprit et de Iftlenla
divers. Le Bhagavad-Gita doit donc Aire
censidéré comme un dpisudedecet ouvrage.
Le5 auteurs de ces poëmes «ont ao lait
de la grammaire, de ia métrique scteatîflquo,
de la musique, des mathématique* (313S1.
Je ne rappellerai paaque non-eeuloBMDt ils
élablisseiitan système de philosophie, nuis
aussi qu'ils connaissent les s/slèaies de
philosophie qui leur soni antérieurs, ie
crois que toutes les circonstances précédem-
menl rapportées sont des indiees que ces
ftoésiea ne remontent pas au lêotps qu'on
eur assigne ordinsireioent(2]37}< •
Do HABivansA.a Le ifan'oaiua, dit M. Lan-
gtois, son traducteur (31^),forme ordinai-
roment un appendice du Makabkarata: même
georede réctt, mêmes interlocuteurs, même
auteur présumé. Cependant ce poème n'est
fiBS original, et, cooine beaucoup d'autres
ivres sanscrits, ce u'est qu'un recueil,
asses niatadruilement compilé, de précieux
fragments, débris épars d'une ïiltérsture
plus ou moins ancienne, que le malheur
ot» temps avait sans doute dispersés, et
qu'une main plus moderne a pris soin de
rassembler. On y rencontre des vers em-
pruntés auxXei'a de Manou et au B/iagavad*
Giia, des citaiiona etde6 extraits peut-être
des Pourantu; mais rien D'y révèle le nom
du compilateur.
■ Le but avoué de l'antenr du Hartvaaua
est da raconter l'histoire de Crieltnaî il re-
monte i l'origiue des choses, indique les
généalogies de diversea roeea royales* et
arrive jusqu'à son héros, reuniéoommeon
avatare du dieu Vieknou, Cepemlant il le
livre çè et le à quelques digressions sur la
mythologie, la philosophie religieuse alla
cosmogonie des Indiens.»
Ainsi la Hariwaum n'est, comme tous les
autres livres indiens, qu'une compilation
aans date défragmenta mythnlt^iquet sans
dale ; el si noua quulous foi aux timiiiM
M31) CeuHixuuc, Ai. Rm., Vit, SOt.
!l») Kwm, L p. 5.
:|33} C:ouBaoou, Ai, Am.., tu, p. 280; vin, p.
oà Colekrooke se décMe aassi pour la iradîUen
'.tiif/lMM nrCrrawr, p. 810.
(1130) Voir par eicmple jVWu m Ihni^arri, cb.
12, au CMBNWMeBMflttlH AMM|MH;daiule£t*-
fMaé-CUm U cal ^aeulM d'iH larMV toob>ii|««
■rramaUcal.
(itST) RiTvn, m. U.
(SIM) Trad. 4* llarivaMa , lotraéutOa*, ^ *
IV, V,
I39S
mo
DICTHKtîLURE APOLOGETIQUE.
nu
rtinjcelures de son traducteur, nous ne Is
rirons remanier qu'au ii* siècle de noire ère,
ou tout au filas vers I? siècle d'Auguste.
Il est Trai que, d'après M. Langlois, les
événements racontés dans le Barivania re-
montent presque tous au-delà de raille ou
douBi cents ans arant Jésus-Christ, Uais
celle Tagne antiquilé n'a rien d'efrrayanl;
et si l'on accorde quelque autorité bistoricjue
k des fables postérieures d'un ou deux mille
ans aux événements qu'elles prétend ent ra-
conler, et scDiéesd'ailleursd'ausurdilés gros-
sières et d'intorpotslioas manifestes (3139),
il en ressortira une nouvelle preuve d'une
rérité fondamenLsIe, savoir : que la civili-
sation indienne n'est point aborigène, mais
d'imporlalion étrangère, et mêmequ'elleest
partie des contrées où la Genitt place le ber-
ceau de l'humanité. En otfet, M. Langlois,
après s'être efforcé d'élnblir l'accord du
Harivanta tX de Megasihène, arrive h celle
conclusion : < Il résulte de ces documents
vomiiarés que le berceau delà civitisniion
indienne doit être cherclié vits le N. 0.
lie l'Indus, d'où «llo descendit dans les
plaines du Gango, pour y perfectionner
un jour ses arts et ses cniyances. » Unis
6 quel temps esl-it possible de rapporter
ces événements? le savant traducbiur dé-
clare celle question insoluble daus l'état
actuel de nos connaissances (21U)),
' La langue, dans les poëmes héroïi{aes
des Hindous, est, au jugement des connais-
seurs, déjh toute formée; les lemps posté-
rieurs nont fnil qu'y ajouter, une plus
grande éloquence dans la conslruction et la.
mesure du vers; noas pouvons donc consi-
dérer la période dans laquelle Yalidata a
écrit ses poëmes si admires, comme celle
dons laquelle on était arrivé de l'nrt naturel
k l'aN réfléchi D'après les Iradilions,
Yaliduia sérail l'auteur, non-seulement de
la SakDKMaia, le drame le plus rcmarqoabte
des Hindous, mais aussi d^un poème épique
dont H<ma est le héros, el d'un poëiue di-
dactique sur la métrique (S14i). Preuve
3u'à celle époque la poésie ponvail changer
e forme à votonlé, et qu'elle dépendait
par conséqneni plus de l'élude ou de la
réHeiion, que d'une impulsion déierminfie
per le goût de la nalton (2142).
(^omme d'après tu traditiou en général, le
Raja Vikramadifja, h la cour duquel était
Validaaa, est celui qui vivait vers le temps
d'Auguste; comme d'un autre cAté, celle
tradition commune est confirmée indirecte-
meut par quelques iuscriplioiis, el suivie
par presque tous les sav^iils, nous l'ad-
mettrons volontiers comme probable, et elle
nous fournira un nouvel ar{jument contre
cvui qui voudraient faii e dériver de l'inde,
(2130) Vuirp. IX el pautm.
(3140) îbid., p. su.
(■ilii) CutERHOAn, A: Ra. x, p. 435. KaliitMa
quoique le plm récent de* gronda pnciei liiuiWv».
n'en esi fan muiiis une personne mviliologique, mio
tfcs ijiainiations de Brahnta ; voir i^ranter, p. 354.
(1141) Voir WiLwnD, Mémoire : Viarama-OUyja
and Salhahana, Ai. Ilet., ii. — ItiTTRH, p. 77, lU.
ce que tous les peuples onl de scisnc»,
d'arts et d'institutions vitales. « Qta toutieitt
que toute la civilisation humaine esl pluj
.ancienne chez les Indiens que chez lu
Européens, et ceux qui élèvent de sem-
blables prétuntions sur des raisons sosii
superGcielles ne manquent jamais de coq.
dure que, parce que Ulleou telle choseï
.été Ik plutôt, c'est de Ik qu'elle nous est
venue. Uais un fait puissant, le seul qui
paraisse comme un point d'arrêt vratseuh
bloblG dans ks récils des Hindous , je veoi
dire la date que n'ius pouvons assignenu
siècle de Yikrâmaditja , d'après des témoi-
gaagus dignes de foi, ferme la porte k ilu
assertions aussi peu fondées. L'arl drami-
(ique, que l'on regarde avec raison cooiuit
le chef-d'œuvre de la lodsie et comme la
(leur d'une lillôrature qui marche régulièn-
ment et libremenl, avec conliunce dansw
Qns, est plus r(!cunt de Iwiâ ou quilrt
siècles chez les Indiens que chez les (jrecs
(2143) ; d'où l'on peut jusienienl condurt
que la meilk.ure marque d'une grande ciii-
Iisiiliou dans les sciences el dans les arlsa
paru plus lard dans l'Inde qu'en Grèce. *
Nous ne devons cependant pas en conelore
inconsidérément que les pénodes précé-
dentes de la liitéialure indienne, annl \e
siècle du Yikramadiija , sont plus réceotîî
que les périodes corrospnndauies chez let
Grecs. Les chants qui ont produit le itoau-
jana pourraient être plus anciens queceui
mèmta d'Homère; nous se portons donc
pas de jugement Ik-dessus ; car on ne peut
pas délermiaer, même approiimaliTenun ,
combien une période de ddreloppeœni
peut avoir doré de temps chez un peupi<.
Celle durée dépend tout k la fois et U'i
circonstances exiérinures et de l'aciii].*
interne du peujile (2iU).
Le caractère des Indiens . l'isoleo^
dans lequel Ws ont vécu, leur coiuIiImIjou
jolilique et religieuse, ont dû ralnurlaai
développement, tandis que chez le& f^ic^
toui accélérait ie mouveiiieat de la ctiVtv-
satiou, el hâiait ses transformatiaos sacos-
sives. Mais pourtant, si les ori(jioes de
l'Inde remontaieat aussi haul que le fur-
posent nos adversaires, il serait luiftossilU':'
qu'elle eût été dépassée par uu iwuple aus--.
I'uune que les Grecs; car l'Indien, îm^J^'-
lile dans ses usages extérieurs, paresseux
et lent dans sa vie maiérielle, o en a h--
moins une grande aeliviléiuu^l ectuej'v '
morale, une piodigieuse exubérance 'lu •
vie intéiieure.
« Une dernière période embrasse -
• moyen âge, uù doivent étr* ral>t'«>^- -
« beaucoup d'écrits et de cooii.ilai.o:'-
« priucijiaiemeut scientifiques (âlUj. •
— L'èreileVicramaditja se compte Je l'an $£ 114 .
)a naigtance île Jéâus-Ciiris'.
(3143) Hous vouloiiB parler de rcpoque b f *
remarquable de ta liuérulure iudieuuc. comptf—
la litiéiatuce artuuiuetlu l«mps de Pftriclès.
(21U| KiTTcn.p. 81.
(3144) GricNiftUT, Soin nu- Qnu€r, p. ;<^
I3gj IND DlCTlONNÀlKE APOLOUETIOUi:. IND iZSH
»ltD époque apparliennebt les malhéma- souvent «ébranlée par les contradictions
iiciens et lesaïlrononies les plus célèbres mêmes de leurs divers systèmes ■ —
ia l'IrrilouîtaR. D'après les listes fournies < J'eipriuie donc le désir de voir les sjs-
w les bralimanes de Vjjayani au docteur lëmes que l'on proposera dësoniiAis, uni-
lunt^r, le plus ancien de leurs écrivains en quemenl fondés sur des documents nccus-
lilronomieeitT'aAara-JtfiAiro, qu'ils placent siblesà tous Icsjuges; j'espère que d'eiilrps
m m' siècle de notre ère; mais on ne suivront mos exemple, et à mesure que lu
finnstt rien de lui. Un autre astronome du nombredestraductioiislauguientcrajerercle
Déme nom vivait i ta tîn du vi' siècle, de la discussion pourra s'ajjrnndir (3I52J. »
inkau'Gapta, un de leurs plus ancien^ Des savants distingués entrent chaque
trivaini en mathématiques, ne peut non jour dans celte voie; nous pouvons dune
ilus èlre considéré comme antérieur au espérer (^ue bientAt le jour se fera dans la
V' sibek. Aryabhatla, qui selon toute vrai- science indienne, et nous n'avons ric^n de
e::iblsnce, fut l'inventeur de l'algèbre chez mieui i, désirer; le catholicisme ne crnint
» Hindous, florissait vers le v* siècle, ou aue la science occulte, dont la msuvaisu
vui-élro un peu auparavant {21U). D'après loi garde le monopole, et qu'elle envelupjio
escsîculsaslronomiquosdeBentley.adoptés d'un dangereux mystère.
arDelambre, le 5urya'5irddAanla, le nrin- Recueillons maintenant les résultats de
i|>)l ouvrage des brahmanes, révélé, a hs nos rechercbes critiquc^s.
«croire, il raplusieurs millionsd'années. Les plus anciens livres de l'Inde sont
t.. ,_ »._:. j._.. environnés de ténèbres impdiiétrables; on
ne saurait par aueune conjceiuro vratscm-
bluble les foire remonter h une anliqniiii
«iieal avoir plus de huit cents ans d'au-
iquilé, et il est probablement de Taraha,
onl le disciple £o/anund vivait il ya eu- . ^
irnn 700 ans ; le Ynnichla-Siddhanta est de égale à celle du Ptntaltuque, et les savants
[lianislcs les plus illustres leur assi-
gnent une date postérieure.
Ils ont d'ailleurs subi de profondes et
nombreuses altérations; les époL)ues mémo
les plus récentes de Is lillératun.' indienne
sont pleines d'inceKiludes.
Diins tous les ouvrages sanscrits, l'an-
VoiffaB "sûr" des"'Tv7n7i les "apocryphes' ^'1"« est perpélnollemenl mêlé avec lu
^mirt U considéra comme le produit moderne. ^ , ^ . „
une Iradilion primitive, Mais Bentley, ^J^us ceux dont la date |>eul «ire fixée
—'■'■- '. w ..... : j,."-. dune manière certaine, ou ou moins pro-
bublt^, sont as?ez récents.
Ces jjoiMis une fois établis, et ils le sont
par nos adversaires eux-mêmes, nous pour-
rions-évidemment en conclure que l'hisloiro
mime époque (21^7).
La légende Krislna ou Crichna avait été
riiseniée par Volney et Dupuis comme le
lie primitif de nos Evangiles (211^).
^. loncs, qui la croyait fort ancienne, et
cul-èlre du temps d'Homère , suppo.'«
IQ'tlls avait été modiliée dans les temps
'.iprés l'examen du Janampatra, qui décrit
p-'Silion des planètes h la naissance de
'tv, a constaté que l'état du ciel n'a pu
'tiLl que le 7 août de l'an 600. de notre
(1 il'oti il a conclu que celte légende
')! qu'une mauvaise conlrelaçon de nos
ii'giles, imaginée 'pat les bralimanes
-Il général, les orientalistes commencent
•*ofit l'iuanilé des systèmes hasardés'
politique, phitosuphique et rtiliijieuse du
i'itide est im|)Ossii]le, ou du mùiiis qu'elle
nn peut avoir la même certitude que n'itru
histoire biblique et évangélique, puisqu'on
ne saurait la puiser que dans des livres
„„■, ... - . , , . sans dale et remplis d'interiiolations in-
quUejour; lis reconnaissent qu avant „ombrable.s. Mais celle importante concfu-
«ilhutpubherlehvreinditnetlesou- ^io„^ ^^^ ^uine tous les systèmes de nos
odversotros, ressortira mieux encore des
observations que nous ferons daus le para*
graphe suivant.
Illl
PoiDt d'histoire vjrluble data l'Inde; témolKOuei d«
" " " ~ r. — Obscunié du
lire au contr6îe de tous. M. K. Burnouf
)ft;^se hautement celte opinion, et déclare
assertions baulaines do ses prédéces-
iis BU moins prématurées (2150). ■ Les
«s de ceux qui se sont uccuiiés de l'his-
'S ancienne de l'Inde, dit M. Langlois
ilj. ont toujours manqué de base, et
'i ont «ppelés h être leurs juges, sans
ir les pièces qu'eux seuls avaient ton-
lées; nous étions donu obligés d'accor-
i> leurs assertions, une fui implicite,
tK) Algèbre avec ariihmiliqut et mesurage, ti-
laMnKrti, Lond. IV11. Vuimussi Hittoirt dt
'nomie de» llindeui, par Bk.itlei ; Lond.,
U7}4..r«., t. VI. p. 5M. 573.
itt\ H. Geigniaiit voit i ti fuis In plus hculc
I^Kin dB wichnoaiRine el l'iitëe b plus pure
bu Muveur dans les poêmM aiittqne* qui ré-
M Ci-ik incartiation ; inait il paraît admettre
Jonrs que le* bralimanM mit ajouté queligues
MUiicrs au inytlie prituilif d'nprcsiiei Eiaii-
l)lCTle\>-.iltlE irOLOCLTIQUE. I.
Cuvier, de KlaproUi, d'E. Burnour. '
'- - -' ibiquc. — lDCAhért~
ulgoUul i Heereu. -
- La chronologie
De remoûté yu avant Abraham. — Origine dei Hin-
dous.— l.ea auteurs laplacenl aux Item que ItGeaitt
doono comme le bercHU des nommei.
■ Il n'y a point d'histoire dans l'Inde ;>
(2110) Voir le 7- biu. de H. Wiseun. M. Laii-
ploU ne Totl dans CrMma qu'un conquérant. < Ce
liéiMs chéri de ses roiiipag lions d'aniips, dit-il, fut
danttawite choisi par une seriu de dëvuU con-
It'uiplanrs pour l'objet divitide leurs méUilatlons
ascétiques, et sa vie de iiicrrier a été dénaturée par
rei psiicbcs liiiarrei* delà niysilcité. > Préface da
tianvaata, p. vu.
(21S0) Betue dtt Dettx- Monde*, 4* Bérte, t. I.
(SISl) Trad.du JfariMMaiiurad.tp. t.
(tl32) Ibid., p. \\u. ■■•mtm-^
1387
Kih
nCTIONNAlUE APOLOGETIQUE.
IND
c'est le cri de tous les savants les plus il-
lustres et les plus judicieux.
■ Il n'y 8 point du tout d'histoire dans
rinde, dit Cuvier; au milieu de cette inGnilé
(le livres de lliâologie mystique ou de mé-
lapli)siqueal)£truiieque les brahmes possè-
dent, et que riugéDicuse persévérance des
Anglais est parvenue ù cnniiattrei il nVxîsle
rien qui' puisse nous instruire avec ordre
sur l'origine de leur naiion et sur les vicis-
situdes de leur sociOlé. Ils prétondent même
que leur religion leur défend de conserver
ta mémoire de ce qui se passe dans l'Age
actuel, dans l'âge du malheur (2153]. ■
« Chez les Hindous ia religion a détruit
tout monument historique» » dit le savant
Klaproih, et dans le Mémoire où il déter-
mine le commoncementde l'histoire certaine
pour tous les peuples de l'Asie, il dit que,
chez les Hindous, elle ne date quo du xn*
siècle après l'ère chrétienne (2154).
« Nous ignorons, dit M. B. Uuriiouf,è peu
près complètement l'histoire politique de
J'inde ancienne, et c'est comme par un scie
<le foi que nous croyons qu'elle est ancienne;
car parmi tant d'ouvrages,, fruit de l'imagi-
nation la plus poétique, de la raison la plus
exercée, on n'a pas encore rencontré do
lirres historiques, et l'on nu ^ail dans
(juello période placer J'exisiencQ d'un peu-
ple qui a gardé sur ses destinées un silence
inexplicable. A ces preuves si variées et si
l'iKppanles d'une savante et longue culture,
il manque la preuve même de leur ancien-
neté, l'indication de leur date. Le Irnvail des
sièdes a pu seul accumuler l'une sur l'autre
ces cosmogonies gigantesques, ces poèmes
immenses , ces traiiés si approfondis de
philosophie et de législation; mais quund co
travail a-t-il commencé^ et cette œuvre qui
lie perpétue jusque dans des temps si rap-
proches du nous et presque sousnosjeui,
est-elle d'hier ou remonie-t-elle, comme le
croient les brahmane^, aux premiers âges du
monde? Quand un peut se fiiire de pareilk's
questions sur t'histuire d'un peuple, tous les
doutes sont permis h la critique [2155). »
Mais rien ne peut mieux taire cuunatlre
l'incroyable mépris des Hindous pour la
réalité, qu'une aiialyse de leurs svstèmes
géographiques et chronologiques; celle aaa-
tyse^ M. Guigniaul va nous la fournir:
« Le plus ancien système géographique
des Hindous, exposé dans la plupart des
Potiranat, sous les titres de Èhou-Khanda
uu Shouvana-Coia, considère la lerre comme
une surface plane, entourée d'une ran;;éu
12153) Voir U Dite, de Cuvier dans les Annatet,
, p. 387. — Yuy. Pomeh, ilylhologie dei Indoui,
1. 1, p. 89 et !)1. — L'absence de toute cbrotiologie
Jaiis riiide a élc recoiiaue aussL par H. Cuusin,
llitt. de la philot. du xviii* tiècfe, p. 1T8.— M. Cou-
(il) n'est pas orienlaliste, luaiii il a'en a pas moins
une graTioc aulorllé aui yeui de iiuelqucs-uns de
nos adversaires.
(âlSi) Nous noui absLenous île reproduire en en-
tier cet iniporlaiii léiniiignage. Oti le trouve en en-
tier dans lesAiinaJri, I. IV, p. 107-117.
cirriitaire de montagnes, que l'un nomtot
Lokalofcas. Au ct-nlre esl, selon eui, uns
immense convexité, derriêrB laquelle !«
soleil disparaît graduellement vers Siàikê-
poura, le pôle nord. Cette GonTeiilé<>jifi)r-
niéu par le mont Mérou, la colonne ou Vm
dumonde,qui soutient et réunit tesntpai,
la terre ou les enfers [les trois mondes [Îtâ6j.
Les quatre flancs de celle montagne sicrfe,
■qui regardent les quatre points cardinaui,
sont de quatre différenles coalenn snilô-
gués aux quatre castes de l'iuile : le fliac
Est est blanc cl pareil aux Bhramiaiu;\t
liurd est rouge, aux £'cA(i(rj/aj;]eSuil,jaiiDe,
aux Faûj/ai; l'Ouest, brun ou noir, m
Soudrag,
< Quatre fleuves, issus d'une source
unique qui, tombant du pied de Vii:liDoa.ï
l'étoile polaire, et traversant la spbère it
la lune, se divise pour la première Ibij w
le sommet du Mérou, prennent leur coum
de ce centre commun, vers les quatre (irin-
cipales régions du moude, d«Qs lesquels
croissent quatre arbrns de vie de quilre es-
pèces diverses, appelées d'un nom géoériqut
Calpavrikcha. Les quatre lleuves sont lUUD-
mes: Ganga, au Sud (le Gangeji Si(i,i
l'Est ; Bhadra au Nord ; Tchakehou [ydun],
ë l'Ouest, et s'épanchent des lèles, guente
ou bouches de quatre animaux, lïVittie,
l'Eléphant, le Lion et le Cheval. Lesqmlra
régions qu'ils arrosent sont : OuilanKn-
rou, au Nord ; Bhadrana, i \'Ï£\;Ctm-
mala, h l'Ouest ; et Djambou ou Biambni-
icipa, au Sud; ces régions s'appellent tjr»-
pruincnt Makadteipat ; ou ht grmdim-
pas (2157).
« Le monde ainsi conslruil etdiméra-
semble, disent les Pouranas, h un lotiiJ&>i-
tant sur l'Océan ; les quatre feuilles?"
forment le calice sont les quatre jMoW«v*
les huit feuilles extérieures, placées ii«'*
deux dans les intervalles, figura'^''"
Dwipat secondaires; et l€S fleuw e< î^'
rivières se dislrihuenl d'une manitie ii^i*
logue.
B Mais la plus générale et peol-Wtî ^
première division de la terro recona»!' wj^'
Vmpat groupés au tour d u Mérou el forDuni.
par une combinaison toute fidiiep «1^
zones ou cercles concnntriques stm ^'i'
climats correspondants. Entre ksseption'*
sont sept mers ou sept courants qui î«^
ferment: une mer salée enviro ineflj"""''
dieipa; une mer euLhacléc Causa ; ueei^t
de sucre i*/aA(a; une nitr de bourre clr'^
Satmnla ; une mer de la.l caillé Craoatit-
(SlaS) Itevite det Deitx Monda, ï
p. 271.
(3156) Celle expression, iet trait m
paâioojours prise dans le même sens
,ï.i<
géoKrapbie inylliique, el des variaoïrt fi'H'^
déiablea encore se rcmarnucindaiisi-elles Jf*^
liéléroitoxcs connue k» IwudUliist^s, les ilj»^
etc. [Ibid.)
nti IXb bICTIOMUIRB APOLOGBTlQUe. KO 13M
unesierdélait H[d*aiDHIa(ambrnisie)&ifâ( Gsipas, ne sont pas moins divers dans leurs
nae mer (Teao donee Pouehkara [ 3158). On déreloppemenis, que les syslëmes de géogra-
parlseecore de sept clôtures de montagnes, phie fabuleuse qui se rencontrent cbez le
■ Cne classiScalion usuelle et cependant mËme peuple. Chaque secte a le sien, et on
presqae aussi poétique du monde eonnu. les trouve toujours plus arbitraires, plus ar-
comprend neuf Shandai ou contrées : lia- liGcie[s,plusbizarremenlenQC-sdecliiiTres,à
rratla, qui ocuupe la partie centrale et la mesure qu'ils se rapprochent de nous. Ils ne
{•lus êlefée de la terrn; Bhadratra k \'Esi ; aembieat même pas toujours Irès-consé-
Criou i rOuesl; au .'«ud li'Ilavratla sont quentSt ni dans le rapport des périodes dont
Mois chaînes de niontagni-s, Nithada. Be- ils sont formé», dî dans la nature, la suc-
macmita, Oimatehala ou Simadra; au Nord, cession et l'étendue des révolutions, qu'ils
sont trois autres chaînes, fiila, Saela et assignent i la fin de ces différentes pério-
Sringatan : deui contrées se placent entre des. Ces variantes ne pourront étro com»
les premières chaînes, Harikhanda et Cinna- plélement recueillies et appréciées que par
rakkmtda ; dvui entre les autres, Jtamyoca U comparaison des Pouranas, soit entre
et hiram/amaga. Une contrée se trouve par eui, soit avec les autres livres religieux et
deli la cflalne la plus méridionale, AAaro/tf les traités scientifiques d'astronomie; el
eu l'Inde prDpre;uQe demièrepar delà celle peut-être une main habile saisissant le GI
derexirémileopposée, £(rar(»(OU JiracafB, de l'analogie, qui, au défaut de l'obscrva-
patrie de rélépnaot de ce nom, d'oi^ sont lion, paraît avoir dirigé constamment les
proveoiu tous les autres éléphants, particii- ïnveoteors, retrouvera-t-elle un jour tout
liireaunleeax qui portent ou la terre on le l'enchaînement de ces théories munstrueu>-
noDt Hérou, en nombre divers selon les ses, où la poésie et le calcul ont formé une
divtrses Iradilioas, aHiance presque ÏDCOUDae à ooire Occi-
■ Le sommet du Uérou esl un plateau dent,
cîrcalaire formé par une enceinte de col- ■ Le système développé dans les lois de
JioeSfBoeaatrs terre,œaisnQe terrecélesie, Maiou, qui esl aussi celui du Bagatat"
SKarçabhoimi;el[kse répèle dans l'ordoD- gUa (2160), doit, en attendant, noas servir
nance des S»argas ou cieux, séjours des de base; tl est le plus simple, el.i quelques
plaDèles,eldansGelledes demeures divines égards, le plus vaste et le plus philoso-
qui leor correspondent , de d^ré eu degré pliique de tous; il repose sur la double
cl de sphère en sphère, toute l'ordonnance éternité de Dieu el du monda ; car Brahms
de« terrestres Dwipas. Il en faut dire autant produit et reproduit ce visible noivers dans
des seplPatatat qui composent le monde un ordre perpétuellement invariable, et il
iofiérîeur (31S9). est dit que la série des créatures et des
« I.es sjtèmea de la chronologie mythique deslnietiuns on régénérations est sans fin.
des fitndous,Bvecun fondcommun, lesqua- Voici le détail des quatre Ages et la ré-
L'eJt(es(Yougas), les âgesdivios ou grands dnction des années divines en années bu-
Iges (Uafaayoo^s}, les Uanwantarai et les maines.
Ace Criu on Satja f,OM an. div. rorm. 1,410,000 aon. baai.
Plis, pour le crépuscnledu maiîs
M do Mûr 800 K88,000
Total. . . i,8U0 Tout. . . 1,728,000
Age tréla 5,000 1,0^0,000
Pies, pour les deux créposcules. 600 216,000
Tout. . . 5,600 Tout. . . 1,296,000
Age Dwapara 2,000 720.000
Pour les crépuscules 400 1U,000
Total. . . 2,400 ToUl. . . 904,000
Age Sali. \jm 560,000
Ptwr les crépascnles 200 72,000
Tout. . . l.MO Tout. . ■ 452.000
To4al géi)ëral. . . 12,000 ann. div. form. 4,320,000 ami. hnnl.
de 360 joyrs, qui campoteni on &ge des Dicax ou Hahagtmga, donl il faut 71
2159) GciC!n*rT. Solet nr Cratier, V I, p. 502,
, 5Mt. pfiocipalemenld'aprês Wilfort. (Ai. rn.,
I. p. SS7.) < La cbronolof^e et l'histoire des
■•»(s, dit encore U. Gnigiiiaul, sont en général
snssi îdéates et aussi poèlïqnes qtte leur gé<^ni-
pliie; chei ce peajrie l'imaglnalinn domine loa)oBn
les autres facultés... Uëme sa coostiiuiion semble
avoir été Touvrase de prAres eacora plus poètes
qoe poliiiqnes. > ('^i^., p. 585.)
(2160) Cnns. M\n*, Brahtma, n. 018; Bonm,
Âi.Tft., VIII, p. 236.
* (pour foire a» Uatmamara,
•méat; deeeiio sorte,
74 iiahajfemgat
Plus, pour le Salya
Durée «lu NaavanUfa
« Chsnm Uenou esl supposé régoer shu-
lementoansle Salya qui précède son ^m-
lard, et daos celui de chaque âge divin;
maînleiiaDt les onalorze Jtfameanianu fur-
inent 4,318,373,0»
Années, «t précédées aussi
d'un&rfya, 1,728,600
donncQl au total 4,^0,000,009
ï durée du 'Co/na, on iour de Brahma, équi-
valent h 1,000 MtAayoagat (2161).
a On veit que la base de ions ces Culculs
est a« fond la période de 432,000 sas, doa-
hlée, iriptde e( aufldruplée, et prise ainsi
dis fois du total pour furinur uu flge d^
via(2162>.>
<.... IHteslois de tf«noi(,,ai tefAoeo^a^-
gila ne font mention de ces révoUibous
ph^aiqifes, de ces deslruclions pftr l'eau et
pir le feu {Pralayih MahapralAya], uni,
suiftHit tes PffuraiMM, signalent la fin des
nCTtONNAinE ArOLOCbTlQUe IW
aimitaat loutefols un SiHf^imija au comn»
U8,M8,000
grandes périodes ; U v est seulement ques-
tion d'une Teille et d un soffimeil du Créa-
tenr, k l'approche desquels la création se
réveille et a endort avec lui, parait au die-
p»rsit ; jBraAtna r't meurt pas non plus,
oomme dans les towantu, ni Yickaour ni
S^a après lui ^ puisque ces dieui n'y
jouent point les rwea su^pieurs que )eu«
atlrifauent ces derniers livres.
• Les Povranai ont ^levé sur tes Cahp&t
ou jours de Brahma, qui forment comme le
couronnement du système antique, un ou
plusieurs systèmes nouveaux qui, modelés
sur celui-lè, mais rattachés principalement
aux noms de Yichnon et de Siva, ne font
guère que le répéter daos des pro^orlions
plus vastes en apparence, mais bien \t\as
étroites en réalilé; car chez Mtnott, ainsi
que nous l'avons remarqué, la successioD
aosSiamiiatUarai dans les Calpai esl inliuie,
et le .monde réellement éternel ainsi que
son auteur; seuleœenl il passe et repasse
sans cesse, tandis que le principe qui sans
cesse le produit et le reproduit, demeure
immuable. Selon la chronologie des Poura-
nas, dont on peut voir le développement
chez les écrivains qui ont traité ce sujet tx
.profeuo, nous sommes aujourd'hui dans le
premier jour ou Caipa du nremier mois de
la ciuquanlc-unième année de Yige de
Brahma (qui doit en vivre cent), et dans le
vingt-huitiëme â^e divin du septième Han-
wantara;les Irois premiers âges humains
de cet Age divin sont déjà écoulés, aiusi que
quatre mille neuf cent vingt-cinq ans du
quatrième ou du Cali^youga actuel, qui a
{Hn) Voir eneore, uit ijuclques-uiis des calculs
indieiiB, les arlicles ioUlulës Contordiau* dit tradi-
lÛMë dtê difféte.iU ptttpla, éamlut Amtalei, I. XIII,
eommeDcé trois mille ceat ud idj iritt
l'are chrétienne [3163]. ■
Devànl cette fantasmagorie chracd^
que, où ia poésie, la mél«ph;tiqiH,la
mathématiques et raslronomie se nitini
se croisent, sa coufoodeol sous des fornn
si étranges et si colossales, oa reste ilupi-
fait ; on se demande si les Hindou sm
bien de la même nature que nous, et lin
pareilles conceptions ont pu gtimaim
Oe» tètes humaines; maisquaadODjfiMi
sérieusement, et quand on rapproche de»
rêves gigantesques certains syslètnei illt-
mauds, on reconnaît que les choses oui il
inévitablement se passer ainsi, du joucti
un peuple, passionné, tout kla fais, pw
les abstraulions, les subtilitée et \a hUo,
a quitté les traditions pures de lardigivE
primitive; dès lors il a d& s'abiadum:
sans frein k tous les pem^baitls d'uat ioid-
ligeoce dissolue, è teules les débtwbeilf
la pensée, k toutes les folies il'u» >ita-
nisme euUionsiaste, m btentéliladïi'eo-
fncer avec frénéiio dans les eitiusw-
vraoïee dtt paatttéisme. Car le piuIh^L-of
esl un puissant magnétiseur, il fascine l^
résistiblemeot le» nattoax d'un cirttiih
ardent, profond, rêveur, cootemplilif, ib
qu'elles sortent de la vraio foi; il i«ifi>
dans une sorte de délire mé(spb;it<]W "
poétique;. il les plonge dans un soaus-
bulisme incurable, il les possède l'Ntwu
la puissance d'un démon. — Aiorsquf*
vient l'histoire î— L'histoire, elle Wi
un rêve comme tout le reste, cominv''^^
vers, qui, lui aussi, c'est qu'uarii^»
Brahma, — un rêve, où les sojrfdifs «
les conjectures, les faits el l« UkJ""
flottent confusément. — L'histoirtl^™*^*'
vient ce qu'elle est devenue onlrelcs!Ȕ""
d'Hegel ut du docteuf Stiauss.ooeiBi"^'
logie compliquée d'abstractions, eœttfwii'
lée de formules obscures, eucheïiif** ^^
subtilités logiques, ontologiques, psp^
logiques, philologiques et algébrique^' ''^'
— elle devient ce quu n«u» teuuas c
voir.
« De nombreuses lenlativcs ont élé Uilj
pour réduire cette chronologie éviilemi^'
artificielle, et pour Ta ramener i ilcsbii'|
réelles et historiques. On peut ^oj!' J''
sujet les dissertations de W. Jones, «'«''«■
Bentley, eic, déjà cilées. Kn géuét«l,«
uns OUI rejeté, comme puremeiitfiil'ui™;
les trois premiers Ages, et ont cef<-'^'
retenu la date ilu dernier comme le^'
mencomentdu temps hislori^uejlKS»!»'';
par le moyen de l'é^ioque assign» ' *
(îlCi) GuKHUDT, JValc* iw Croucr, L U*^
CiÙ.
(iltiS) CuicitULT, ikd., p. CiS.
I3S3
LND
T>lCno:iMI»E APOtOCETIQUE.
ttsisuoee de Bvuddha, qui vint au monde,
^oil vers la âo eu Hwêpara-yov^a, soit
i l'origine dn Kali-jioufa, ont réduit
celte mêma date à euTiron mille ans
avant notre ère; d'autres en&o ont esuyé
de rasscrrer dans les limites de l'histoire la
calcnl cDtier des quatre Ages, et d'j classer
les principaux éreoemcnts on personoa^es
dont ilestqaeslioDdaosles Hrres sanscnts.
Parmi cas demiers, Bentley (316^), se fba-
dant sor deux anciens systèmes astrono-
miques qu'il croit fort antérieurs aux sys^
têmes ulaellement reçus chez les brahma-
nes, fixe le commencement du Solya-yoKjra à
trois mille cent soisante-qualre avant Jésus-
Christ; celui da Tr^a fe deux mille deux
ceDlqiialre;Eeluida0irapara à mille quatre
cent quatre vingi-quatra; celui du Katth mille
quatre. Quant aux noms prétendus histori-
ques qu'il distribue dans les trois premiers
Aees, et qu'il faut voir dans le tableau
ttirooologique joint k son mémoire, ce eODt
éridemment des ëlres mythologiques, em-
pruntés pour la plupart k lastruDomie.
L'urdre que Bentley établit eatre eux uous
sembUi aussi arbitraire que la manière doot
il met en accord les deux systèmes du
(rroAo-lfitfi/arï le paraît è H. Heeren.* Le fie-
lion desquatre Ages, > dit ce dernier écrivain,
• est probablement d'ane haute antiquité;
< mais les calculs qui y ont été «dafilés, ou-
< rrages du cbronologisles» eo,soot tout h
( fait iodépPDdaots, et doiveot £lre regardés
teomae beaaoMip plus modernes (S165). >
« Oo a cru reconnaître, dit Curier, dans
qDel<|ttafruas de ces écrits (les Jtibesas et
lé* Poscaoaa) des Taits on dei noms d'hom-
Be« an peu semblables k ceux dent les
Greea el les X,alins ont parlé, et c'est prin-
dpalemeet d'siH^ ces ressemblances da
LQmsque M. Wilfort a.essa;é d'extraire de
-.ts Pouranas une espèce de coftcordance
ivec noire aueieoDS chronologie d'Occident,
oncordaoce qui décale i chaque ligne la
•atore hypothétique de ses bases, etqui.de
>lus, ue peut être admise qu'eu comptant
liisolument pour rien les datas données
•ar lea Pouranas eux-mêmes (2166).
■ Ifs listes des rots que des pandils ou
lorleurs ïodieus ont prétvndu avoir eon-
lilées d'après eaa-Pouraniu, aa sont que de
impies catalogues sans détails, ou omésde
^lails absurdes, comme enavaient les Cbal-
^•os el les Egyptiens; comme Trilhème
c Saxon la grammairien en ont donné pour
>5 peuples du Nord (2167). Ces listes sont
irl Joia de s'accorder; aucune d'elles ue
CttU) Atiét. m., Till. p. ÏU, de.
<Sae5)GoKHWT. A'tfkmr Crcawr.t. I,p. fi».
- V. Hcran, Hàna, Joms, etc.
<2IG6) T. Mém. ât Cmlaau, L IX, in-8*, p. 8S.
(2167) V. Jom. ibûl., L 11, p. 111. Irai, rranç.,
*G*. — WuwT. ibid,t I. V, p. Ul.cl 1. Il,
116.
<«I«S> WiLieaT, au., t. IX. p. 133.
(il69) DuM l'AfCM-ûkiD, t. II. p. 138 de b
W. Msl* ( f*9t' aaMi Uuaui, t 1, ii* partie,
1X1 70) Amk. i€ ^toê. c4r.,.l. I, p. 387.
suppose ni une histoire, ni des rv^tstres^ of
des litres; le fond même a pu eBdtreima*
^né par les poètes dont les ouvragea^Dont
été la source. L'un des pandits quren onU
fourni A H. Wilfort, est convenu qir^l rem*
plissait arbitrairement arec des noms- ima^
ginairirs les espaces entre les rois céi&-
Ëres (3168), et il «vo'^ait que ses prédéoes-
seurs en avaient fait autant. Si cela est vrai'
des listes qu'obtiennent aujourd'hui les At)<
glais, comment ne le serail-il pas de cellas-
qa'Abnu-Fazel a données coi::me extraites-
des An»alet de Cachemire (2169), et qui d'ail-
leurs, toutes pltiines de fables qu'elles sont^
Doremontentqu'à quatre mille trois centsanSr
sur lesquels plus de douze cents sont rempli»
de noms de princes dont les règnes demeu-
r«)I indéterminés quanta leur durée (2170).
« Ces dynasties, dit un autre savant, bien-
plus porté à exagérer qu'à déprécier l'autt-
quiléde la littérature hindoue, n'ont pas
plus d'autorité que les générations de héros
et de rois chez les Hellènes; et les tables
publiées tiennent le même rang dans la mj-
tboloKie indienne que celles d*Apollodoro
dans la myttoIoKÎe grecque. Nous ne sau-
rions espérer d y trouver aucune histoire
on tique on chronologii^ue; c'est une œuvre
composée par des poêles et conservée par
des poêles; poétique par conséquent, sans
ôlre pour cela entièrement composée de fic-
tions (3171). *
On voit quel degré de confiance peurent
mériter les systèmes imaginés par les sa-
rants sur la chronologie hindoue: cepen-
dant tout hasardés , tout hypothétiques
qu'ils soient, et bien que leurs auteurs
u'aieot élé nullement arrêtés par le respect
dû h la chrunologin biblique [2172), aucun
ne fait remonter la civilisation hindoue plus
haut que le temps d'Abraham, époque où la
Geniieaom montre en Egyfite unedynastie
déji constituée, et eu Phénicie une littéra-
ture et un commerce flerissaols. W. Jones,
en effet, d'après la liste généalogique des
rois, extraite des PouranoM par le pandit
ilAoï/ocanto , place l'origine de la société
hindoue deux mille ans arant Jésus-Christ.
— M, Heeren, après de longues et laborieu-
ses recherches, arrive aux mêmes résultats:
■ D'après toutes les considérations précé-
dentes, dit-il, nous pouvons conclure que
la région du t>ange s été le siêçe de royau-
mes importants et de villes florissantes, un
grand nombre desiècles, probablement même
deux mille ans avant Jésu»-Ciiri5t (2173}. >
Enfin, plus récemment encore, le cul. Tud.
(2171) ilBUâK, Idun uier JU Pttilik, hùudd nml
Vtrkekr itr tUem Voiktr, i Ib. éd. I. th. p. US.
11173) Voir les paroles de W. Joxes. traduite*
dans lu Jiu. de fkiloi. ckr., I. II, p. 53. £ii vaicl
le texte ■ Altachedlo nn sj&ieni, and as nuch dû-
posed lo reject ihe nusaic kiatorjr, if il t>e proved
erroueoui, as w ttelicTO il, îT it tia conlrmed by
aoaad irausiog, Irom iulylHiaUe etidence, 1 yn-
cacd. > {A», tet.. Vit, p. li.) — Un sait auci <|US
Iteerra ci Willbft éiàie»! de libres pcBseus.
(»73) IM., p. ili.
15»
IND
MCTIONNURE APOLOCETlQUE.
«'ffforçnnl de concilier les généalogies de
Joni-s, de Benller et de Wilforl, et csleulqnt
lar le nombre des rois la durée lolale des
dytiASties, arrivo à celle concliision pue l'é-
l.iltlissement des deux grondes races Soorya
et Chandrn dans l'Inde, dnte environ de deu s
mille deui cent cioquante-sii ans avant Jé<
sus-Christ (2174).
Les conjectures de M. E. Burnonf sont
liÎGD plus sceptiques, bien plus ragues et
tout aussi peu inquiétantes pour notre fbi,
Pnjsant peu de cas des systèmes de clirono-
!ogie basés sur les lisles dynastiiiues diss
l'uuranss, il pense que c'est seulement à
l'uide de la philosophie comparée et d'une
élude approfondie de toute la liltéralure
sanscrite , qu'on pourra recnnnsflre les
principalesphasesde la civilisation hindoue.
« Les grands Irnils de l'hisloire politique et
civile de l'Inde, dil-il, ressortimnt en partie
de l'hisloire des idées, el d'ailleurs ia pos-
session de la senonde consolera peut-être
de la perle de la première. Le système reli-
Kieux, les traditions historiques, les lois et
les usages s'éclaireront de la lumière qu'aura
fait natire la comparaison suivie des pro-
ductions si diverses de la litléniture sans-
crfle. Ainsi, s'appuyant sur dus documents
nombreux et decisiis, l'historien reconnaî-
tra l'Inde antique du Mahabharata et du
Jtamayana dans l'indo telle qu'elle apparaît
au commencement du if* siècle de notre ère
au temps de l'invasion musulmane. Qua-
torze siècles avant celle éfioque II la retrou-
vera encore dans les descriptions qu'en rap-
iiortèrenl en Grèce les compagnons d'A-
filandre, et il pourra dès lors affirmer que
le langage, la religion, la philosophie, en un
mol, que ia société dont les écrits des brah-
pianes sont le produit et l'image, existait
déjà quatre siècles au iqoins avant notre
ère, el, chose remarquable I que. cette so-
ciété ne devait pas différer beaucoup de
cellu que nous voyons encore de nos jours
établie dans la totalité de l'Inde.
« Au delà do celte époque les documents
nationaux et étrangers laissent, il est vrai,
l'histoire dans une profonde obscurité;
mais ces ténèbres peuvent n'être pas tout à
fait impénétrables h la lumière de la philo-
logie el de la critique. Ainsi l'invasion d'A-
lexandre deviendrait le point fixe d'où il
l'audraitpartirpourreinonU'rdans les temps
antérieurs, et chercher à y découvrir, sinon
Ja dale de la formation de la société brah-
(3174) Annal* and antiquiliei ofBajatlkan, Lniii).
vol. L 1829; vol. Il, 1832. — Y. le T Diu. de
M. WtsEHAH. — SI. Guigtiiant lui-tnénte n'essaye d'é-
t:ililir aucune ciaie plus ancienne; il nous dit bien
ipie Ifs livres hindous rcniAiiteiit à «ne anllquilé
i|iii semble dominer à la fois ia ihéncratie éttyp-
|j<-nnc el la première cîviliâaiion do la Gi'èce'(|>.
S(i9) ; mais nulle part il ne prouve celte vague as-
■cr)lon. Cl parfois même il semble resireîndre ses
prétentions dans des bornes assez modestes. Je lia,
{lar exemple, ces l.pnes, p. 591 - ■ Vers le i" siècle
de noire ire, la pépiingule en deçà du Gange ottiv
le même aspect qu'elle offrit ISOU ans plus tard aux
)'«u} des pavîçaleurs {lurtu^ais ; el ta n'est ikm uo\>
manique, au moins la pfeavedeNDin%e
existence. Il faudrait se deminder si uq
peuple parvenu trois cenis «as ivaiUoltt 1
erei un si haut point de culture, D'a*iiiu| |
dû auparavant traverser bien des iiètJenit
tentatives et d'efforts Il ^udnit »|^ |
tout inlerrogor la langue... ij resseœblinei
frappante du zend et du sanscrit cAQdmiù i
à reconnaître que les peuples qai leioti <
parlés n'ont dû. faire jadis airuQualti
même peuple, et ce fait capital, Éclaimiit j
réunissant en un faisceau des tndiiiou '
épafses «1 imparfaitement comprUej.dHh
nerail un haut degré de ressemblince 1
l'hypothèse qui fait descendre des gqdiiÏk
voisines de I Oxus et du versant occideoU
des montagnes où il prend sa source, lu»
lonie qui vint dans des temps sans dou
trè.G-anciens conquérir la partie septcoUitk
nale de l'Indoustan (2175). ■
M. E. Burnouf développe ensuite l'Ii;^
thèse de Ueeren qui voit dans les CKtwH-
fiérieures la population conc(Qérante,a(i)iài
es castes inférieures la popolalioa m-
quîse ; puis il conclut ainsi sans dëlermiotr
aucune date : ■ Ces indications uoui mt
conduits jusqu'à la limite Is plusrccaléeï
laquelle la critique puisse parreuir «u
crainte de se perdre. >
On voit que les cniijectnres et les sjjlt-
mes des savants indianistes les plus cé\ibni
fieuvent su déployer fort ti rsise dan& ^
imites de la chronologie bibliqoe, et i)k I
tout resta bien en deçà de la date issi- I
gnéfl au déluge par le leite hébreu \\à- I
inème ; que serait-ce donc si bous adoplio»
les Sef)tanleT — Remarquu déplus qw
bien loin de nous présenter les popuijtiwi
brahmaniques qui ont peuplé ou du aoo
civilisé l'HIudouslan, comme Aati^onn
aulochthoiies, MU. Eugène BurDOuf.fiu''*'
Tod, A. W. Schlegel, etc., s'acconlfol i tes
faire venir de l'ouest; ea sorle^'iu''*^
d'être la source primitive de l'humùt^^
presqu'île en deçà du Gsnge, aurnolj^
même reçu ses habitants et sa ciTiM'^''
des régions où la Genêts place lebercHU
de toutes choses après le déluge. — (^
vient de lire les paroles de U, £. Buntoul:
les recherches du col. Tod abaulissenl ^
un résultat non moins feTorabie k t*^"
cause; car elles démontrent que les Vi-
dous eux-mêmes placeot le berceau d«i<:''
nation vers l'ouest , probablement iliu < i
résîion du Caucase (21761. Voici cois»"' |
sans doute de 15D0 aniret annéet [mur w'*
compte du développement de la civiUulWB, dif*^
grès des arts et des réTulutioD& poliiiqsrtcir'^
gienses, telles que nous tes indiquent Il-s <^*'
inenls de toute espèce ; el qu'elles deTsicnt >'^
SUCCMté à l'cpaque où te cumnicrce di» lUn'''
maîtres de llbgypte, prit ta roule de tes «40''=
tentes visitées avaut eux par tant d'à un» P*"
[i\l^)Remedn Bmx-Moadu.'if térxM^
271et sujv.
(217(1) Ce savant a démcmlré avssi qi'il ''^
vite alllnilé pi-oronde entre tes Hindous ^^^
pies du uoru, et il signale iet OHticïtieKtslBr'
DICTIONNAIRE APOLOCETIQUEl
IND
1SM
K. W. Schlegel terinine une savaole disser-
lalioa où il acherclié i déterminer le point
le dépari, Don psii de Vhumanité tout en-
liire, mais de la grande famille indo^er-
nanique, et spéciaTement des Hindous qui
fonoenl l'une des branches les plus remar-
juables de celte famille.
Après BToir établi l'affînité des langues
laiiscrile, persane, grecque, latine, germa-
tique, celtique, esclaronnes ou slaves, il ar-
'ire i cette conclusion que tous les peuples
|ui parlent ou oDt parlé ces langues ont,
< i une époque quelconque, apjvarlenu b
me seule nation, qui s'est divisée et'sub-
tiïisée dans sa propagation successive; la
tuestion se présente donc nslurellemenl.de
«voir quel a été le siëge primordial de celte
lalion mère. Il n'RSt nullemi;n[ vraisembta-
iteque les migrations qui ont peuplé une
)i grande partie du globe, eussentcommen-
■é à t'eilrémitë nnéndiorialo, et de lï se se-
^îent dirigées constamment vers le nord-
luest. Tout concourt, su contraire, pour
lout faire croire que les colonies sont par-
ies d'une contrée centrale dans des direc-
ions divergeâtes. Dans celle supposition,
es dislances que les colons ont eues h par-
ourir jusqu'à leur éisbiisseruent dérmitif,
luitenaent moins grandes, les changements
le climats auxquels ils s'exposaient, moins
l>r«%ques ; et plusieurs peuples émigrés
auront sans doute fait ua échange aranta-
t'euinar rapport à la fertilité du sol et à ta
feoipéraiure de l'air. Et cette contrée cen-
raie, où pourrioiis-noua la chercher, si es
>>sl dans l'intérieur du grand conlinent,
lui environs et h l'orient de la mer Cas-
•ienne? On n'objectera pas que ce pa;s est
«cupé aujourd'hui par des peuples de ra-
ts dilTérenies; à combien de pays n'est-il
as arriva de changer totalement d'nabilants?
a féconde mère-patrie de tant d'essaims de
alons dispersé^au loin, pouvait être redevfr-
ue déscrie précisément à cause de cela. On
'objectera \ias non )i|us les déserts dont
joI entrecoupées, dans la Transoiiane, tes
ortioits fertiles, encore très-belles. U est
rubablu que, depuis le commencement de
liistoîre, Is nature du pays a ctiBDgé,'qu'il
i«il nacienuemeni plus favorable à la cul-
ire el & la population. Plusieurs voytgeura
t)l raniarqaé I» dessèchement des eaux qui
1 forlilisaient jadis. Les plus anciens té-
oignajjes nous indiquent ta Bactrianu
loime le siège d'une haute civilisation.
3DS mon hypulhèse,les ascëlres des Persan s
lies Hindous auraient donc émigré de là
irs le sud-ouesl et le sud-est; ceux des
niples Européens vers l'occident tit le
iNi {SIT7)..
EoCiu U. Guignieul, ajoplaut l'opinion de
Heeren, fait descendre lentement du nord
au sud les populations conquérantes ot ci-
vilisatrices qui ont, suivant lui , formé tes
trois castes supérieures (2178) des brahma-
nes, des kchalryas et des vaisyas.
Il est vrai que ces savants placent anté-
rieurement dans la péninsule en-deçà du
Gange des peuples aborigènes, mais ils ne
les considèrent que comme des triljus sau-
vages, comme des chasseurs errant dans
les forêts ; en un mot ils nous les représen-
tent dans l'état ofl durent tomber la plupart
des familles qui s'éparpillèrent isolément
à travers le monde, aussitAt après iedéluge*
tandis que les populations qui restèrent con-
centrées autour du berceau de l'humanité,
et y formèrent lentement des sociétés com-
pactes et fortement constituées , durent
atteindre en peu delemps un haut degré de
civilisation, et devinrent nécessairement
conquérantes, du jour où l'eicès de ta po-
pulation les força d'émigrerdans toutes les
directions.
£q résumé, point d'histoire dans l'Inde,
mais seulement de la mythologie et de la
. métaphysique, un immense chaos où flot-
tent pète-mélo des système^ et des fables,
sans cohésion, sans suite, sans date même
relative ; — des rêveries géographiques et
chronologiques qui se détruisent les unes
les autres, et où respire le plus incroyable
mépris pour la réalité, pour la possibilité,
pour la vraisemblance ;— tel est le fonds
sur lequel nos savants indianistes ontcoiis-
truit leurs théories historiques; et cepen-
dontr malgré leur enthousiasme pour les
choses indiennes, et leur indilTérencQ pour
nos traditions sacrées, tous s'arrêtent dans
leurs conjectures h une époquu bien posté-
rieure au déluge ; el, loin de nous présenter
l'Hindoustan cofflme.le berceau de l'bums-
nilé, ils nous montrent ses population-s
vunant précisément des contrées, où, sui-
vant la Gtniie, durent se former les pre-
mières sociétés après la grands catastrophe
qui renouvela te genre humain.
Snr.
Histoire rellgieusa da l'Inde ; point de d»'ir. — OriginB
des dlrenies aeziea et leur conriuloa gi!air.i[e. — Du
culte (le Sin. — De VichQOu et de «ci iin'ïnialiuna.—
■ Leur IncertilJjde: — Joniind uar le siiaisinc, — Uu
brahmaniame. — Ses Innotolmiilca conruiloïK.
« La religioQ do l'Iude so -perd dans U\
nuit de l'antiquité, disent Mm. Creuzcr et
Guigniaiil, et c'tst eu voiu qu'aujourd'hui
on voudreit, autremeol que par des conjec-
tures, en rechercher l'origine et les pre-
miers développemeuts. Nous n'avons plus
son histoire (2179). *. — ■ Il est trop vrai.
Ti«!use> entre les origities auiquclles prctendcut
iMnngoli, lea Chinois elles Indiens. W. ioact,
iKoTt, etc., ataieut iléjd n.toniiu la resMmbtauco
1 mytbologfes hindoues, j[tcci|iics, Scandinaves
«^jrpliennes ; le colonel 'Tod a rompiété cette
^il77) De l'*ri^iu dn Mami, par A. W. dk
ScBLE<»L, Jtf^m. In & la Société royale litt. JcLond.,
le 2U novembre 1835, inséré ilans lus Trantael. ii[
Ihe Toy. Soe. of litL, vot. Il, part, ii, 1831. et dans
la Bmoih. Hniv. de Ctniee, 1855. p. 210-241.
(3I78J ffawi lur Creuuir. p. SB7.
(JI19Î lliMirt da nligiont de l'anliquifi, t. I*
13M
l»D
D1CTI0.NNA1RE
répète H. Guigoiaul, quo nous n'avons pas
l>lus l'histoire rcligieuso que l'histoire poli-
lique de l'Iode. Le vide île celle-ci, al les
lirpotbëses aussi nombreuses que contra-
(licloiresqu'fl fait naiire l'obscuriKS de l'au-
tre, en témoigoent bîscz. Les traditions
iii^me qui semblent marquer dans la fre-
niiôre une suticcssion d'époques , ne t'ont
(ju'augmenter l'incertitude par lear caractère
équivoque, et par un jour douteux à la
lueur (lïiqiiel on no saurait toujours distin-
guer s'il s'agit de rapports réellement histo-
riques entre des cultes successifs , ou bien
de relations purement spéculatives entre
les symboles piincipnui d'un sjstènie uni-
que qnoiqiie divers (2180). » A la page sui-
vante, M. Giiigniaot observe encorequei ce
langage de première, seconde, troisième
iitcarnadon, manque également d't:sactiiude;
il n'y n ici de vraimi'nt historique qui; les
rar&clërcs desdivinités et des cultes de Siva,
Viehnou, etc., entre lesquels la nature des
choses, iiinsi qu'une foule d'indices et de
probabilités de divers genres, paraissent
marquer une succession. > E[ après avoir
exposé la théorie de M. Mijllersur les^wa-
larâ et In Trimourti, il fait encore cet aveu...
a La religion de l'Inde a subi, dans Je lopK
cours de son développement, tant de modiU-
cntions, tant de variations, qu'elle est sus-
ceptible des interprétations les plus di-
verses, et que les systèmes les plus opposés
|)araissent souvent y trouver leur point de
réunion (2181). » Puis entin après ses con-
jectures sur Bouddha, à la ùa de ses nofsi
tur la religi(m hindoue, il dit : « Avant de
clore ces notes, nous sentons le besoin
il'insister encore sur un fait que nous avons
plus d'une lois exprimé dans te cours de c«
livre: c'est que l'histoire de la religion des
Hindous nous est jusqu'ici réellement in-
connue, su moins pour les temps qui ont
l'récédé notre ère, ou tout au plus l'époque
vague de la réfotoie attribuée fa BoudtMa;
du res(9, l'antique et le récent, pour ne pas
dire le moderne, sont tellement mêlés et
confondus ensemble dans les textes et dans
les traditions, que les opinions les plus
opposées peuvent è la fois y puÎKr des sr-
tSuments st>écieus (2182).»
La religion de l'Inde, comme toutes les
religions tausses.sedivise en une multitude
intiuio do sectes; or, 00 ne connaît d'une
manière certaine, ni l'histoire ni même
l'Age relatifd'aucune (le ces sectes. Ont-.elles
paru successivement et i de longs inter-
valles? — On n'en sait rien. — Ne se tou-
chent-elles que par une sorte de juxtaposi-
tion, ou b)e;i y o-t-il entre elles quelques
rapports de Hlialion, quelque enchslneiueiit
logique?— Ou n'en soit rien. — Ont-elles,
AP0L0CF.TIQ1JE. IND ItM
comme le veut M.Guigniaul, élé produites
par le morcellement, par la dissolation d'uo
culte unique qui les aurait conlenues pri-
mitivement dans son vaste seioT — On ne
le sait pas davantage. .
Entre tontes ces sectes, on en disliogoe
quatre principales : le brahm»iMmg, le it-
raiime, le tichnouUme e( le b&udéhitnt;
bien qu'on suppose assez communément
qu'elles ont paru dans l'ordre où nous (^
lions de les nommer, il s'en faut bien <^Bt
cette cliissiGcationctiroaologiquesoiladmue
de tous les savants.
Telle est l'incertitude do Thistoire reli-
gieuse de l'Inde ■ que le savant K. Bittet
soutient qu'il a existé un culte primitif ii«
Bouddha , distinct du bouddhisme propre-
ment dit; ce culte aurait précé<ié le brak-
maniime, ou du moins se rattacherait i si
première origine, «t partagerait ses plus
anciens caractères, ses dogmes fondamen-
taux ; il aurait même, è eu croire ce savant,
formé la croyance populaire , primitive,
extrêmement générale, non-seulement de
l'Inde, mais de toute l'Asie ceoiraie, k aoe
époque où les nations n'étaient point en-
core séparées, comme elles le furent depnis,
en corps politiques, et antérieurement au
migrations nombreuses déterminées parce
nouvel ordre de choses, il qui auraient
porté de toutes parts avec le nom de Beui-
dka, les dogmes de cette religion palriir-
cale (2183]. »
Parcourons l'analyse de la religion hiiK
doue par UM. Creuzer et Guignîjsiit. Bien
qu'elle ait pour but d'expliquer et deeoo-
ciller à tout prix les fables les plas oppo-
sées, les eontradiclions et les iDoertitiid«j
ressortent tellement de tous les cAlés, que
la moindre attention les voit saillir sou la
voile de logique dont on les a alTnblén
A cité d'une mythologie qui ressemÛfi'i
rives d'un homme ivre après uneoijpAW
aux visions des m&cbeurs d'opium, i^uaU
le fjanlA/itfiM philosophique des braltDlius>
Hais lequel de ces deux principes a produit
l'autre? est-ce la métaphysique qui a en-
gendré la mythoiogietou la mjtliologiequi
a engendré la métaphysique? Les fables
seraient-elles la symbolique réfléchie d'uo
système préconçu ? ou bien les sysièBM
n auraient-ils point été imaginés ani^ cuup
pour expliquer ou concilier les fables TCetle
auestioii foudaoïentole reste Jiiseluhle [ur
1 tiistoire, car encore une fuis, il n'y a point
d'histoire dans l'Inde.
.Mais laissons de cdté la doctrine esoté-
rique et ses mystères impénétrables, bor-
nons-nous è l'examen de la religion popu-
laire. Combien de contradictions et de pr»-
blèmes iusolublesl Est-ce Siva qui est Ir
(tl80) Bill, dtt relia, dt ('«mif., t. I,. p. 591. fion de l'Inde primitive, qu'il appelle u catkii-
JSISII Jbiif., p. 632. cisme inii^ue. < Ce serait, dit-il, l'n de* b<ms«
m82} Ibid., p. 657, 6S8. ^ut-étre le premier nom de VUkitm. » ScMltwW
(ÏI83; Noiet lur Ireuter. p. 659, passim. — ri met auLanlOe diOërcDce enlve l'inciee M le■•-
H. Giiigniaul. loin de rejeter ceUfl bvpoihèse, est derne BM(drfA«,!ié»poiirui»H'Bn àra«iw,q«'ea*«
G né il voir daiitcct .iitcien AoiiddAa un des sjm- le pursaliéiMiiedesptcmieraiempsHlep*-'*^'"
loi principaux et intégrants Ai celle grande rcli- des nouveaux secUires, p. CS9, MG.
IIM INB Din-nON^&IttE ATOLOCETIQUE. KiÙ lUS
orgies effrénées, SOD épouse c'est la rolup-
lueuse Bathifaity; el, par le contraste le
plus frappant, 5tta otlre tons les Irails les
pl'is sombres (3tM] : il se platt dans les
oemeures des morts; il s'abreave de larmes
e[ de sang, exerce les plus atroces ven-
geances , ponil , r^comperse en ninltr*
absolQ, et domine sur les démous et sur
lésâmes; son aspect est alTreux; le feu sori
de sa bouche, armée de dents aiguës el
tranrhantos, des crânfsliumaïns couronnent
sa cherolure hérissée de flammes ou couTprte
de cendre, et forment son double collier;
des serpents lui scrTent de ceintnre et de
bracelets; les armes les plus terribles, une
bâche, une faux, etc. , sont dans ses mains
nombreuses. Du pied il précipîlo les mé-
chants dans des abîmes de fen, et près de
lui est son épouïc, DttU roudrani-eali ,
déesse de la vengeance, dij U mon tt des
larmes, et non moinfi inexorable que lui.
Comme son époux, elle foule aux pieds les
âmes des pécheurs et les précifiiie dans les
flammes de l'abtme. Elle tient dans une main
un crâne el dans l'autre une hache; uno
fuirlande de crânes forme son diadème,
ous deux demandent du sang; et ji>dts
d'innombrables rictimes humaines étaient
immolées à leur fureur. Toutefois cette
contradiction apparente pouf fort bien s'ex-
pliquer ; car le grand tentateur, le démon de
l'impudiciié, Sainn, est en même lexps
l'instrument de la justice diTJne, son im-
mortel bourreau ; mais par ur. autre contrasta
encore plus bizarre et bien plus inetpli-
cable, c'est aussi la déesse Cali, qu on
représente arec son époux, terrassant le
pHn-îe des mauTais esprits, le géant Sfake-
châtoura, sous la forme d'un bœuf sauvage.
Les diverses émanations ou incarnations
de 5tra ont comme lui les caractères tes
plus opposés. Ce sont Markandeya-lfwra
et Kandopa-Aratara, fun chasseur, l'autre
pénitent;— Ganesn, le dieu de l'intelli-
gence, etc., qui gar.le un célibat sévèrej
qui cherche la solitude el est absorbé dans
les plus hautes rontcmplalions ; — Soubro-
manya, etc., ami de la violence et de la
discorde , respirant les combats et la
tuort,ctc.; — Dherma, roi de'ustîce el de
vertu, qui, la balancée la main , pèse les
bi>nne> et les mauvaises actions des hom-
mes ; — rama, père des aurêtres ou des
morts, chef des esprits infernaux, scribe de
la vie humaine, qu'il observe sans cesse
et sur laquelle il prononce d'inévitables
arrèis, etc.. etc.,(2185].
Uème incertitude, même iocohérencc des
traditions sur Yîchnou et l'histoire de sod
rulLe. C'est encoie M. Guigniaut qui nous
l'apprend : « !I y a beaucoup de variantes,
non-seulement dans le nombre^, mais dans
l'ordre el dans les circonstances de ses ara-
far* (2186); s il est dilQcile tlo déienuiner
Oint luprémt? est-ce TiclinoH? est-ce Brah-
mof Ces trois dieux sont-iisfrères 7 sont-ils
égaux? sont-ils amis ou ennemis? sonl-ce
des rréaleurs ou des émanations d'un Dieu
f!iipr6me. ffroAm ou Para-BriUima7 Sira et
Viehnou seraieol>ils le bon ou le mauvais ï
rîebioii est-il une réaction contre Sira ou
Siva une réaction contre YiehnouT La Tri-
mourti esl-elle une véritable trinité, un seul
Dieu en trois personnes? — on ne sait,
f'u plutôl ï chacune de ces questions , i)
faut répondre oui el non; car le cui et le
«on ont pour eux quelques théogonies ,
(îoelqucs traditions. — Tanf.ôt 5iro parait le
tremier des dieui, (an tôt c'est FtcAiiou,
l.'.ntôt c'est UroAina; tantôt ces trois dieux
soRi ennemis, tnnifit ils sont amis, ils sont
i-^aux cl se partagent l'empire du monde;
■îuelquefoif on aperçoit au-dessus d'eux
Ilrnfim ou Para-Brahmn ; ils sont les Bis ou
i':en des émanations, des formes, des rôvé-
l..iions «accessivcs de ce dieu invisible.
Ailleurs ils forment un Dieu suprême* ail-
leurs ils paraissent & oeine connus, ils sont
r^-rdus au seto de ta foule obscure des
divinités vulgaires qui se pressent par
millions daos les étnges inférieurs du pan-
théon hindou ; ailleurs, le grand Dieu, c'est
l'IjerTiaphrodilP^rrfAanari, duquel sortent
par couple des séries d'émanations mSles
t-l femelles; ailleurs. Sita el Bkatani ou
Pttrrali, etc., sa soeur, son épouse, sa fille,
apparaîîsent comme les deux grands prin-
cjf-s delà nature, l'un mâle, l'aulre fe-
me-'le ; c'est comme Osiris el Isis, le principe
actif et le principe passif, la matière cl
lesprll; ailleurs, c'est Brah-iSaya, l'être el
le phénomène; ailleurs, Sita el Tichnou
forment une véritable antinomie; on dirait
.e bien el le mal luttant acluellemcol, le
';uel d'Ormnzd et d'Arimhane; ailleurs, la
'.'ivinilé suprême, c'e^l Parasacii, la nature,
l'cner^ie, ta vie universelle, ou bien Para-
racti est l'épouse de BroAm, et la mère de
la Trimourti; ailleurs cnOn. Dieu n'est plus
i^ue la grande Ame, JlfaAa-afma, el la nature
L^iatérielle est son corps.
El ce qui vient encore compliquer ce
r-iiaos, c'est que le même Dieu revêt les
lî jures les plus diverses, les plus opi>osées
Jans les traditions de chaque secte. Voyez
l'^r exemple. Siva, oo Itwara, Mahadn«', il
semble par ses transformations, ses dégui-
tefoents de toute sorte, vouloir, comnia
Prothée, échapper a la critique. Impossible
ie donner une idée de la confusion des
ronnes on épitbèles contradictoires attri-
buées & ce dieu , dans lequel semblent se
-•^unir et se mêler, la génération et In
ieslruciion, le plaisir et la douleur, l'amour
?t l;i haine, la volupté et la mort, le bien et
<• mat, la vice et la vertu, la lumière et les
éiièhres, etc., etc. Ainsi par exemple. Siva
■.si le dieu duLinj/anffdei'impudieîléet dei
rSIIU) ( n est eiipelé le ni dn urpentt, race livre de \'Bi*t. in relîg. it ra•\^i^., par H. C
i-.Lglemps adorée, mais dcfittis nundiie el reÛgnée ieb, trsd. de H. Guiiuiaut.
jc .-nf.». t («IW) Ibid.,jf. 195, noM.
lil'*5j Voir, ponr plus «k di'tails, le Iftb. du
oicTtOMMAmE apologétique:.
LTO
m
aujounl'liui» sartoul dans l'élat de nos con-
naissances, jus(]a'à quel point ces incarna-
tions fuccessives peut^eol ôtre regardées
comme des époques réelles , représenisnt
les phases diverses, les révolutions, en un
mot, le développemeot historique de la reli-
gion des Hindous. Sont-ce des systèmes ori-
gioairemenl différents, des doctrines, des
sectes opposées oudislinclesT soi.t-ce les
parties inlégrantes d'un vaste et unique
système, ouvrage du temps et du génie,
sorte de catholicisme antique, où les élé-
meois les plus divers étaient venus se fondre
ou s'épuranl dans une antiquité reculée, et
(|ue des schismes, des rérormes, des scis-
sions de tout genre auraient par la suite
des temps dissous et déchirés? voilà deux
bypothèses contraires, qui seconciliealplui
ou moins l'ane et rnuire avec les IradilioQS
oalionales, etc. (ZIST).
l'antagonisms qui éclats entre le vtcA-
nouiime et lo iivaitme, brise l'unité préten-
due de la religion hindoue. ■ On est tenté
de voir dans ces deux cultes la lutte de deux
religions ennemies qui se rencontrent, se
froissent, grandissent et se développent dans
lo cours ntème de leurs débats, et, après de
longs déehiremams, Soîssenl par s'aœaigs-
iner l'une avec l'autre, sans pourtant se con<
fondre, et s'unissent sans cesser jamais
d'£tre distinctes L'une et l'autre secte
a fini par accueillir le dieu rival, mais en
lui assignant respectivement un rang secon-
daire. Toutefois il est bien remacquable de
voir les livailet non-seulement reconnaître
Yieknou comme conservateur, mais adorer
set incarnations comme celles de la divinité
suprême, tandis que les belJes et poétiques
traditions des vichnouila, tout en admettant
quelques dieux du tivaUme, sont loin dij
présenter Siva sous des couleurs aussi favo-
rables, en le montrant taillât comme auteur,
tantôt comme protecteur du mal, dans la
lutte du bon principe contre ie mauvais; ces
traditions tendent visiblement i l'identiGer
iivcc le dernier, et le restreignent presque
partout è son rflle malfaisant. >
El cepondunl lu licaisme a évidemment
conservé l'avantage ; car non-SL'uloment ifa-
hadeva ou Siva est toujours pour ses adora-
teurs le premier des dieux , mais son i;ulte
et celui du Bhavani , de l'hermaphrodite
Ardhanari it du Linpam, sont jusqu'ici res-
tés domiiianls; seslëtes sont les plus solen-
nelles, avec celles de Crichna-Djagannaka-
Govinda, qui partage j)resque tous ses carac-
tères. Il n'y a mâine {lOinl, \ vrai dire,
Je fêles publiques en l'houiieur de VicA-
nou (2188J. Moudevi [Mahadevi Bhoudetii\,
la seconde épouse de ce dernier, ressemble
beaucoup à Ca/î: elle porte en tous liemi]
misère et la discprde; c'est la miuTaise Tor-
lune , une sorte de furie [S189);-Roru,
l'une des plus célèbres incamalionj de
Yichnou, bA'it un temple en ['tioeneur dt
Mahadeta; et i Djagannalka, OD Jajjrcu,
Crichna est adoré comme Ir symbole Je Ii
reproduction , et semble identirii atec It
rival do F'ïcARou(2190J;cnun mollemoiiK
projette de toutes parts son omlire sur 1'
vicAnouiiD».
Les traditions sur le br^Anuiinn; nexnt
pas moins confuses. Les TVdoi elle Hiiun.
dhamtasaitra, les livres les plusancieusâ
les plus révérés de riaJe,re{;us parloalts
les sectes, mais dans toutes, propriété ei-
clusive dcK brahmanes et titre de leurmii-
sion, exaltent Br<Uima au point de l'idenu-
ûer avec le Dieu suprême. Brabma, d'iprè:
eux, c'est Brahm déterminé, c'est l'énei^t
créatrice de £!niAm, c'est l'être descenilaDl
dans la forme, la substance se révélaul liins
le phénomène , l'esprit venant aniuiïr 11
matière, le mot universel, la voloiilé in
Très'-Haut gouvernant le taaain qu'«lle '•
fait, c'est l'ême du monde, c'est le ;ière, 1(
générateur, le plus ancien des dieui. ttc
(2191). Et loutcfuis les Yédiu etleifouN
ne sont point d'accord; car dans les pn-
miers le grand rôle de la création opparlienl
à Pradjapati, el c'est seulement dinsle^d-
nier qu'on attribue la première place i
Brahma (2192); mais depuis iongtetnpsilM
déchu de ce rang élevé, el, quoique retoauu
Esr toutes les sectes, il occupe uDe]>iK(
ien inférieure h celle des dieux populiir»'
Siva et Vichnou: les seuls braunimei l<u
rendent un culte. A qiioi attribuer cellf <l^
chéonce, et la disparition totale de leslfio-
plesFc Question obscure sur laquelle il °.'
a que des hypothèses divergentes eitoav
ses (219.1J. » La cosmugoaiti que C'HIÇ'
nous donne d'après Polier, el quiï-Gi'"
gniaut présume être tirée d'uu }vttVK
olfre d'assez grandes différcncesaiw ttw
que Sonnerai et autres ont prises du W'J'"
vai. M. Cuigniaul, par un sjncrélisoiMW
lui est habituel , réunit ou plulût «mlui-n
ces récits opposés. L'infériorité de Bf"""'
y ressort de tous côtés ; il veut usurptruuc
partie du monde; mais ses deuifrèfesS'™
et Yichnou découvrent sa frauda et Te"!';''
nissent- Au moment où il jiourfuitsi^
SiirasKate do ses regards iuceslueui. *»•■
deçà indigné (l'obscène M.ihadeTaIJIec"^-
en lui al>altant la lÈla (219iJ. Le di" ^-^
[\r&tne Bhagacan (car il y a ici un divu'i"'
préme au-dessus des trois fièies), >"■'
aussi de ses dérèglements et surtout du >;'
orgueil, lui ordonne de s'incarner quiL'
[Hil] nUt.dei rtltg.derautiq.,cit.i,p.lii-ia.
(1188) Ibid., 0. ïil et suiv. — 4>«5, eu.
(2189) Ibid., p. 197.
(2190) Ibid., p. 3U9. — Ùahadeva, hwara, etc.,
tout des noms de Siva.
j2191) Toulesccs i|uaUltcal'u>ns reposent s iir les
érithèlGs iloiin^s à Bralimii. (Voir l'ÀmarattHlui <lu
P. Paulin el la irsuluctioa Eniitaise pulilié^ par
U. Loi<(Kleur DesloDcliainps.)
(2192)Creuiei, p. 243.
(2195) /6td.,p.24l. , ,
(2194)0(1 M live Brahma obtlalsonpMv"'
clinm)ant le Jiou irriié par des «r* cliajii^'"
lounn^e; mais Siva ne lui reiidil P'"'"'*' **■.
s'en lil à lui-nièiiic u» unieinriil en la posai*"
lasii'iiiic. (Ibid., p. 2ia.)
lltD
nicnoNMiBE
fois poar faire pënileDce pI pour écrire
riiïslotre des ÎDcarnalions de Yiehnou; ii
* s'incarne donc d'abord sous la forme d'un
corbtmi, puis sous les noms de Yahnicki,
(Je VyoMa et deSalidata, et tout pénitent
qu'il est, il dVd uiëne pas moins Is plus
maoTaise rie. D'autres traditions enfin, nous
le rppréstsnlent comme un symbole de l'u-
nirers arec ses |:<Jriodos de destruction et
de rfDOurellemeut; mais ici encore son in-
fériorité reparaît; de là celle série de Brah-
muqci meurent et ressuscitent tour à tour,
et leurs létes suspen-lues en collier au cou
(le5icaeideCa/i(2195).
5V.
E«1U de IVtfarire religieuse de rlnde : le bomUbisnM.
Est-ce Due religtoo ri-plie? — Doutrssur l'piuieoce
de Bouddbi. — !>iinililuilei perianes. — Conrusion des
(blés nsigni-ei 1 n ui^eiDCi!. — Ses légendes. — Ga-
ntière de sa dodriae. — DilTi-rences iiec le bnhim-
Btaœe. — HaltipUdté des religions tbm l'iude. —
Ahoaliseeat IMilei an pauUiéûnie.
L«s mêmes incprtiludes que nous avons
signalées daas l'histoire du Mîtaiime, du
wiehnouitme el du 6raAnianisnie se rutrou-
Teot quand nous voulons rechercher les
origines el l'histoire du bouddhinne. ■ Il
n'est pas dans toute l'hislire do l'anliquilé
de question b la fois plus imporlante et plus
difficile à résoudre que celle qui concerne
BmâàAa. D'uo cété, par son nom, par son
caractère aslronomique, par ses rapports non-
«eti/ement Aiee le sjsième entier de Ja
mjlbolngje et de la philosophie religieuse
des brahmanes, mais encore arec nombre
d'autres religions , ce personnage vraiment
mystérieux semble se perdre dans la nuit
des temps et se rattaclier par un fien sccriit
à toDt Ce qu'il ; a de plus antique et de plus
obscur, soit dans l'Orient , soit dans l'OtJci-
dent; de l'autre, par son rfile d'incarnation
claîremeol tracé.parlesdi^tailsdesa légende
uniformément racontée chez ringt peuj<les
divers, enfin par la mission do réformateur
qu'on lui attribue et par la oatnre des insii-
tulîoDS qui lui sont propres. Bouddha parait
«u grand jour de l'histoire comme l'auteur
ou comme l'élendsrd d'une des dernières
rérolulioDs religieuses qui se soient opérées
dans l'Inde... Bouddha naquit parmi les Hin-
dous; son ooni n'a pas cessé d'élre révéré
par eui : longtemps ses adorateurs vtl'curunt
paisibles, respectes même, entre le^ sccIl-s
(lOmbreusesqui se partagent Je pays; et co-
peuJaot, depuis plusieurs sièiles. Bouddha
De juuît d'aucun culte dans l'Inde : ses tem-
files, ses iJoles j sont renversés ou aban-
(lUQiiéS; et, tanJisque sa doctrine réi'andue
au luiovers le sud, Torienl et le nord, en-
Tt-loppe pour aiusi dire l'Indoustau de trois
cùli s, l'iiidoiisuo seul s'obstine i la ropous-
•■cr de sou sein. Le brahmanisme et le ooud-
t./iitine forment deux grandes églises oïl les
•vvtes pullulent dè;> longtemps, mais sous
(Jcs noms divers, mais qui n'en restent pas
(?195) Carx-iER, p. 631.
t^lWl nid., p. iX», iae, 287.
t'W) inj.,v.m.
ATOLOGETIVltiE. MD tMf
moins opposées fuBe h l'autre en géoéral,
la première comme orthodoxe et aniéricorv,
la seconde comme hétérodoxe, scbismatiqne
et par con^éiguent plus récente.
> Bouddha est un nom générique fort «0-
eien, selon toute apiiarence, dans la mytho-
logie des Hindous; il signifie *atm>'i Moge,
intelligence excellmtt et tapérieure; il s'ap-
Ëlique à l'inlelligenco unique et suprême, k
jeu. Mais il a bien d'autres applications;
et la première difficulté qui se présente,
c'est de savoir jusqu'à quel point l'oB est
fondé à l'approprier è un personnage déter-
miné, à un individu astninomique, métaphy-
sique ou historique, fictif ou réel. Ce nom
est identique au fond arec celui du Moumi
ou talilairt, qui est noire planète de Jfrr-
cure, cl dont la fable tait un fils de Tehandra
(la lune mSIe) et de Tarn, femme de Yrikat-
pati (la planète de Jupiter). Bouddha (pla-
nète) naquit, dit-on , une seconde fois de
5ou(ra, etc.. Ailleurs, on nous parle de
plusieurs Bouddha» comme de plusieurs Me-
nom, chargés,. ainsi que ces derniers, de tî-
Tifier le monde par ta parole , b chaque pé-
riode nouvelle de création; ce seraient
autant d'à v:i taras ou iaearuations du suprême
Bouddha, idenlilié avec le Trèe-Haut; elle
Bouddha do la période aciuelte aurait pour
surnom Gautama, pour désigner qu'il est
(Ut ou deteendant de Golama, l'un des ricbis,
— D'un autre cAté , les brahmanes s'accor-
dent aujourd'hui encore à compter Bouddhm
parmi les incarnations de FirAnon; ils en
l'ont ia neuTième, et le placent immédiate-
ment après CricAna (2196). >
- ' Hais il y a de grandes variations sur
sa date; les uns le placent dans le troisième
Age, peu après la mort deC'rieAita; lesan-
tres, au oomiiiencemenl de l'Age actuel ou
Caii-jouga, d'autres enfin longtemps aprds
queceqtiatrîëmeAgd'eul commencé, et seu-
lement 1,366 ans ou 1,000 ans environ avant
JL'sus-Cbrist(2I97]. iKlde même qu'ils ont
répandu sur le Bouddha-pUmite je ne sais
quel blâme d'une influence funeste, de
même, tout en reconnaissant te Bouddka-
ratara, ou ils gardent sur lui un silence
absolu, ou s'ils rompent le silence, c'est
encore pour mêler un vague reproche aux
hommages qu'ils ne peuvent s'empêcher de
lui rendre. Il y a It quelijue grande énigme
historique dont nous ne sommes pas près de
truuver le mot tout entier (2198). »
* D'ancÎL-ns monumenis trouvés dans
rinde le décorent de tous les noms donnés
\ Yiehnou et à Crichna, son représentant
su{irC-iui', avec lequel il oITre de frapiuntes
ressemblances (2199). •
■ Bouddha joue évidemment plusieurs
tùlcs divers dans la religion des Hindous,
L't; soit par ses caractères intrinsèques,
soit (lar ^es attributs extérieurs, il se ratta-
cher la foisaux trois systèiLCs dans lesquels
cette religion nous a paru se diviser. Ses
(ÎI9S) Ibid..f. 187. — Al. rrt., L U, p. 1"».—
Aaiu AUery, t. 111, p. IS7.
l^lîtljiH.*., p. Ï9I.
im
rxD
DICTIOÏlXAinE
rappnris OTec Sica son! manirustes; aussi
son imafie est-elle placée entre lessj-mboles
«ties dieui du iiraUme dans 1rs plus an-
ciens temples de l'Jnde, et lui-nifime fit al-
liance avec Siea, iroj) faible pour résister
seul i SCS ennemis. D'un autre côté, il corn-
piêto la série des incarnations passées da
Vifhnou, e[ eoniinuc Crichna. Dans leftroA-
natiitme, c'est une pbnèle, mais c'est aussi
un Mouni, un QU de Rii^hi, un Kichi mévaa
peut-£tre; et l'on eotreroil je ne snisquelle
c/irpespondancu entre les Bouddhaâ et tes Me~
nous []ui préiirleot également aux périodes
sitcuessives du monde; Toilà donc trois
Bouddhai drlT^Tenls, el, dans le dernier,
■ne chaîne indélinie d'autres Bouddhas,
ronrorme à la série indéfinie des créations
(S200). >
U. Guignianl va jusqu'à se deroander s'il
n'est pas illusoire de chercher Jeqitel des
Bouddhai fut le premier, et s'il y oui réel-
lement un Bouqdha homme, philosophe,
léjfislaieur. Pour lui, il est porléft réduiro
tuutelo religion des brahmanes h trois sym-
boles rondafnentaux, bases de la doctrine
secrèlo, et présentés sous d'innombrables
fncea dans les mythes populaires : Bouddha,
Maya, Brahm, etc. Par une opération fami-
lière à nos symbolistes allemands, £(iuddAa
s'éTflnouit en abstractions, c'est-à-drre en
fumée. Nous allons citer ce passaga lout
entier comme un éuhaqiilloa des procédés
de la nouvelle éeoie.
■ Oum (vache, coinmfl Dkerma, bœuf),
Brchma, Criehna.le double Cosin.jBoudd/u,
Calhi ou Maidari, pour ne citer que les
forjnes les (>lus seillpntes de co symbole
nuiqu«, c'est Le fruit de l'oiliance des deux
Crimipes créate'iri, de Siva-Yieknou, aussi
ien que de Bro^m-Maya ; c'est le fils par
par eie'llonce, c'est le demiurgo chargé de
oévo'opper le création première; c'est le
régénérateur el la régénéré; c'est le monde
o( l'homme k la fois; c'est lo verbe ou la
parole créatrice descendue et incorporée
dans la nialiàre; c'est la via physique el la
via intellectuelle dans leur uDion; c'est
I esprit, le souCDe el le corps mystique de
Brahm; c'est le moyen ou le médiateur par
lequi'l s'opère le satui; le réparateur et le
destructeur; c'esl-ft-dire, duns le vrai sens
delà doclrioe brahmanique, Ia résolution
(Je la dualité dans l'unilé, le retour à Dieu,
et, moralemenl parlant, la destruction du
«oi, l'absorption de toute forme dans f'élre,
de toute existence passagère dans l'exis-
tence immuable, du phénomène dans la
substance {2201). »
Mais notre savent lui-même, comme s'il
avait quelques scrupules sur la légitimité
de ses conjectures, s'empresse de nous as-
surer que néanmoins il est loin de croire
APOLOGKTKiUK. iX& nos
Sue dans Bouddha, comme dioi CriAtu,
n'y ail pas un rôle bjstoriqae; • c'eii
même, njoute-l-jl, à ce qu'il nom semble,
par oii le viclinouîsme se distingue esseo-
liellement du sivaïsme. » Critha, «i
Bouddha surtout, ont réellemeiit iltiché
leurs nomsi deux époques succeisites qai
B(>p3raissent comme deux révolution) rtii<
êifuscs auxquelles la philosophie pril
eaucoup de part. < Cela iDdll-il pournaus
autoriser à voir dans Bouddha, symbole
antique de la sagesse, de la fcience eldeli
vertu, être maniiestement, quoique dim-
sement.allégorique, un réformateur humain,
un chef de secte ou d'école el l'auteur d'um
grande révolution? Nous ne lo pensons jias,
ou du moins il faudrait convenir que l'booi-
me, la doctrine el le dieu ont été slngulif-
remeni mêlés el confondus ensemlilt
Ici s« présentent deux objeetiens: d'i-
bord, la légende de AoudifAa, quoique char-
gée de détails évidemment mythologiqa»,
semble recouvrir un fond historique très-
réel; ensuite, oa s cru recoonattre uDa^
cord frappant entre les dates auxquelles les
diETéreuts peuples qui ont reçu U doclrine
de Bouddha rapportant la naissiDce Je u
législateur religieux, a Mais, reprend K.
Guigniaut, cet accord ne pfirait pss.ï beau-
coup près, aussi réel qu'on se l'imigine;
et quant lia iisie des trente-trois jiHnir-
ches de la religion de Bouddha, produit*
par l'ua de nos plus savants oricntaililtt,
00 peut l'admettre, sans admettre pour celi
l'existence historique du dieu homioeiD-
(luel elle parati se rallacher: l'ëpoque^oi
«a résulte est peut-être tout siDiplenenl
celle où fut mise en vogue la légendâilcli
ueuvième incarnation de Vichnou. >
« Il résulte des rapprochemeDtsdcdi'H
faits par MM. Abel RémusHl ot&lifirKK
f2203), doux époques bien distinctes, ^ûoi
l'une place Ja uaissancv de Bouddhtitn
mille aus avant Jésus-Christ (1029 dV^
A. ItémuBatl, l'autre entre sept cco» '\
six cents, dans le cours du vii* siècle qui
précéda noire ère. Lo fameuse ère desCbin-
galais, rapportée k la mort de BoudJlu
(GouiQna Boudhou, suivant ces {levplti»
tombe cinq cent quarante-lrois ans ixnll'
ndire, tandis que la liste de VEncvchiii»*
japanoite fait mourir en 533 le nuiliène
lutriarche d« U tribu de Gaotama. O'uDiu-
tre côté, suivant Koempfer, les Sitmois
comptent, depuis la mort de 5i»wna-£i»'
(ama jusqu'en 1690, deux mille ileui cent
trenle-qualre ans, co qui donne uQ^ ^
identique h celle de Ceyian [SSOiJ. •
■ ■ Ou no peut qu'être Irès-frar-pé de m'
dans l» légende mongole jBoudaAa lUi pri-
ses avec les Trrt, c'esl-ï-dire Pan, id&rt-
[»00] Chelzh, p. SD5. f930i) Ckecier. p. 399, noie. Le* DjiiM» ph;
(SWI) Ibid , ]). i97. MDt iiisfi fapolbMwe d« M»kaiir; k i^^"
(SSU2) Ibid,, p. 2S8. Gaaiama, environ 600 ai» aviol i.-C- 1 V. Bou^
(SS03) Jvtini. dtt lavnn'i. Janvier ISit, p. 7 cl Dt iuidaumi origim el xlali dtltMifiif, *»'•
tioie. — Ki-kraoTB, Ltien dtr ûouddfi», f. HZ, p. 27.) •
tHC'n(«>ulftE A'nïLoêimooÈ.
Md
tcurs du feu, veous de la Perse, quoiqu i)
soil biro difficile de rapporter m Tait i une
«]»le même approiimatÏTe; mais, ca qui est
encore plas remarquable. C'est la parraile
ressembiancA des traditions persanes reln-
tÎT^ h la naissance de Zoroaslrt arec celli>s
des Bindoos sur CWrIbu et Bouddha, qui,
de mtmh que le prophMe de la Perse, sont
souTCOt préseolés comme les manifestations
ou les disciples d*un élre mythique anlé-
lieur. (htm ou Bom. L'une des époques de
l'apparilioD de Bouddba. et non pas la
muins probable, qui le fait descendre jus-
que Ters les m* ou ti* siècles, comme nous
tenons de rnir, «Vieille vaguement avec
celle delà venue de Zoroasire... Quoi au'il
eo soit, nous inclinons h croire que, s il 7
eut réellement nn Bouddha humain, ce dut
éire te liuilième patriarche, Gautama ou
Ceafoma-fiffudAou dtt ChingalaU, ou Sont-
manakodon ISamana-Kautama) de la pres-
qu'île au deli du Gange (2905). >
« Cependant Aboul-Faeet, fe réhëbrft au-
teur de i'Ayin Akbery, reporte rspijarttion
du prophète hindou à 1366 avant Jésus-
Cbrisl. Ouanl h BouJdlia-plaiièle, c'est bien
pis, puisqu'il ouvre k> siccond Sge ou Treta-
y«uj^. Aboul-Fazel lijoute: ■ Les brahma-
nes iionimenl Bouddha le neuvième avatars ;
luais la religion qui lui est attribuée, ils la
iléclareiit inventée par un autre que par.lui.i
Voilk un Bouddha humain traité d'impos-
:eurjiar les brahmanes el bien évidemment
distincl, soit de l'incarnation, suit do la
planète, soil du Bonddha - Menou. Pour
iious, nous sommes portés i regarder co
B»u<Uka, si multiple, du mâme œil que U.
Creuzer regarde Hermét, Zoroa$lre et d'au-
tres cbeb mythiques des anciennes religions,
étsaleuient multipliés dans la dnrée, c'esL-à-
dire comme un «ymlralequi personnifie la
doelrine el )b représente dans tous ses dé-
veioppemenis successif^, sans vouloir Uier
louieroia qu'il s'y soit mêlé de l'homme
avec le temps, ou même qu'un réformateur
liamain se soit i la fin substitué h l'antique
géuie de la science et de la religioc ideuli-
6éa% l'une A l'autre (2306). ■
« Suivant la liste des trenle^trois pa-
Iriarcbes Ou chefs ruligieuidu bouddhisme,
extraite de VEneyelopédie japonaiae par U.
BéiDUsat, Chaàia-mouni, ôiviuisé sous le
nom de Bomddka, mourut en 950, et eut
pour successeur uu brahmane nommé Ma-
hataga, qui vivait etî 903, ei le premier re-
çut le titre d'jiiuslrc; puis viut un Kcha-
triya Àtumi», avant 879; puis un Tayiia,
aiort en 806; puis un Soudra, en 760. 11
nous «it impossible de ne pas soupçonner,
tSSK/CunEa. p. 654-655, Dote. Cul aussi Toi»-
n*uB professée par H. Laoglés dans md artide sur
Koaddba. iBipgrapkie miittneUt de Hkui/d, I. T,
p. «H.)
(2SWJ Itid., p. S99-30D, noie.
<39«7) nid., p. 654, mie.
T«SM> iU4., p. S9S, noie.
(W9) Sur \â bombregi anpninis ne le («-
tmmîimr » tatu an cbrialiaDÙnw, T. Abel Kéinnsal
cC B«Ibî cités dans l<^ AmÊMla 4e pMlM. ckril.,l. TI,
dans cet ordre de snceession, quelque chosft
d'artilciel el de tout k fnit arbitraire.
Ne serait-ce pas le principe fondamental de
Tinstilution qui appelle indifféremment
iDOtes les castes aux fonctions les plus
hautes^ mis sous une fbrme Irislorique, se-
lon le génie de l'antiquité? La suite de
celte liste pourrait donner lieu i bien d'au-
tres" remarques qui, si nons ne nous faisons
point illusion, fortifieraient Cette conjecture
Voilk pour les dates; voici maintenant
ponrla légende: > Knus pensons, dit tou-
jours U. Guiguiant, que cette légende a été,
sinon altérée dans le fond, au moins sln-
guliëremeni modifiée dans la forme, et sans
doute mélangée de bien des éléments divers,
chez les divers peuples qui l'ont adoptée. Il
nous suffit de faire remarquer qu'elle pré-
sente rbistoire de la secte bien plus quu
celle du personnage qui eu aurait été l'ai-
tenr (2208). Elle a de frapjants rapports
avec la légende de Crichna, dont elle peut
mAme passer pour une imitation. L'une cl
l'autre sont prOjires 6 faire naître des con-
jectures et des doutes que nous essayeroos
de développer et d'éclaircir ailleurs, lîœrres
(^ihengtsch, p. 137} ne peut s'empécber
de reconnaître lui-même, dans les tradi-
tions du lamaiime rdalivcs è Bouddha, uDO
réaction manifeste de l'Occident sur l'O-
rient; et, en elTet, il est bien ditScilcde lire
différents détails de la naissance, de la vïu
el des enseignements du Dieu homme, tels
que son baptême dans l^eau divine, ses pé-
uilences dans le désert, ses rapjwrts aveu
nn maître plus ancien que lui, avec un
esprit qui lui impose les plus cruelles souf-
.frances en espiation des crimes du monde
dont il porte le poids, et lui livre les dix
commandements de la loi nouvelle su prii
d'une sorte de passion dont i! sort régénéré
et glorieux, sans être tenté d'y soupçonner
la trace du christianisme (2209J. D'un autre
cftté, l'on découvre çà el là dans les lé-
gendes bouddhiques, des vestiges d'iocsi:-
lalioD et de magie, qui semblent appartenir
à une autre origine, probahlemeot septen-
trionale. »
Si riiisloire, I.1 datrr et même l'existence
réelle de Bouddha sont des problèmes in-
solubles, le caractère distinctif de sa doc-
trine n'est pas moins tnctrlain. Ou m' au
Tir siècle de notre ère, ses sectateurs eu-
rent k soutenir une guerre terrible contre
les brahmanes; ils succombèrent dans la
lutte et furent contraints tl'émigrer de loules
parts (3210); voilà ce que nous savons.
Hsis quelle fut la cause de ces sanglaoleâ
p. 99. un. Crcoier et Cnigniant rtcomnaiueDt
ausH que beaucoup ite détails de la Ugeode de Crt-
efma sont imiiés de nos Evan^les Ip. SIS, noie).
Ilsprâendcni seukneiit que l'idée de l'iacanatieé,
qui est U ttase de ces l^eades, dérive originairc-
BKBt du pantbéisiiM biMou (p. 653).
(SSIO) WuMa, Prifau du éUl. hmctiJ, f. xv
et ftoiv. C'est de cette epoqM que daicet les crands
progrès du booddhisae as swl, su mati et â l't^-
ricDl. {T. Cuctu, p. 207.)
DICTIOSSAIRE AMtOGETIQUE.
1»
Ult
diTÎsiont? On l'ignore. Pourquoi une secte
a ni sVtait paisiblemeot dérelopiiée du sein
u brahmaDisme peDdant plusieurs siècles,
et qui se liait sur tous les poiuts aux autres
sectes, ful-elle aiosi estir|i«e de l'Hiudous-
lan par le fer et par la feu, et cela X une
époque fort réceate? Le sa Tant A. W. de
Sclilegel aToue qu'après tous les (ravanx
eiilrepris sur celle question, il n'a pu arri-
ver à aucun résultat (£!llj. ■ Je déclarerai
à celte occasion, dil-il,queje n'ai pu réussir
i me faire une idée claire de la doctrine de
Bouddha, soit en ellc-mënie, soit dans son
rapport ou dans soa opposition avec la
brakmanitme. Nous s.irons que dans les
lemptes bouddhiques on Irouve exposé aux
yeux tout le panthéon des idoles de l'Inde;
que non-seulement la Uiéologie, mais encore
la mythologie héroïque, si inlimement liée
su do^me et è la loi brahmaniques, ont été
Iransplaulées bien loin <lans les contrées
oîi règne le bouddhisme. Celui-ci les a sans
doute héritées ou empruntées des prêtres
de l'anclenna croyance; mais où donc est
la nouveauté, ofiesl le caractère cropre qui
la distingue? &U-ce le monothéisme qui
réside au fond de toule celle idolâtrie?
Mais assurément les brahmanes la profes-
senl comme les boudilhisles, et d autant
Plus pur qu'on remonte plus haut dans
histoire. Des savants de nos jours ont cru
que le panthéisme constituai! Ja doctrine
secrète des sectateurs de Bouddha, que c'é-
tait III leur vrii monothéisme;- ils leur ont
allribué en propre celte morale mystique
qui enseigne h l'homme le moyen de s'unir
h Dieu nar la coitlemplalion et par l'extinc-
tion delà chair (du moiJ.Uiiisles écrils des
brahmanes sont remplis des mêmes idées.
La dilTéreiice esl-elle dans la défense de
Verser toule pspëc;e do sang pour les sacri-
lices ou pour la nourriture? Maiscetle verlu
est exaltée déjàcbezies saints fabuleux des
brahmanes... A peine les bouddhitta oot-
ils disparu de l'Jiide, qu'on voit s'élever
tout à coup la secte des Djalnat, et je no
sais en vérité quelle différence on peut éta-
blir entre ces nouveaux sectairtis el les
bouddhistes (2212). >
H. Guigniaut pense que le Irait qui (fis-
tingue le plus profondémeut le bouddhisme
du brahmanisme, ce n'est pas le dogme,
c'est la hiérarchie [2213J. Oui, mais ce n'est
j)as comme une secte schismatiquQ que le
bouddhisme a clé j>roscril, c'est « coaiine
une religioQ fausse, inventée nor un impos-
teur, CDiujiie une doctrine d aihéi^me, d»
maiërialisme et de nihilisme (22U). > On ré-
pondra que tes Joi[)Ulalions sont culoumieu-
SPS. Mais H. Pautnicr a recouuu et couiialé
(SSHI Y. CuEiizEB, p. 301.
itiii) Indiuhe MUothek, I, l,p. il*. 13^.
(SilSfCREUien, a. 505.
(«Slij /»M.,p.5tfl.
(UlSJAoïM iKr /m fMo/i <lc Culfbrooke C. D.
E., p. 260 el suivantes. Yoh aussi le Uémoire ite
H. HOdgson, cité ibid., p. 256. Il prouve que plu-
■leun (ccKS bouddhisles proA^ssciil un aitiéisme,
un matérialisme Hleniiquc «u fond avec U itocir.nu
qae les brahmanes ont très-exadeoiect n-
prodoit dans leurs discussions les syit^es
philosophiques des bouddhi^l^ ^15}; et
Von ne voit pas pourquoi ils auraient dé-
guisé le vrai molifdelenrs perf6cutions;la
ailliculté.reste donc tout entière.
.Quoi qu'il en soit, les indications que
nous venons de donner sur les principales
secles de llndesolB^t^ot déjà, tout incom-
plètes qu'elles sont, pour réiablir deux faits
imi)0rianis ; — d'aburd, les iraditions hin-
doues sont pleines de vides, d'obscurités
et d'incertitudes; — et, de plus, mfimei
travers les ombres qui les recouvrent, on
aper^joit des traces de déchirements et dt
variations qui, toutes vagues et flollaDies
qu'elles paraissent, pénètrent évidemment
jusque dans leurs profondeurs el se pro-
longent, se croisent en tous' seus i travers
le temps et l'espace.
Que serait-ce donc si nous descendiOBi
de ces généralités h une critique minu-
tieuse des délaits infinis de la mythologie
hindoue? Que serait-ce s'il nous était pos-
sible de parcourir les labyrinthes de ce co-
lossal pandemonium et d'étudier l'iononi-
brable -cohue de dieux el de déesses qui
s'agitent & flols pressés dans ses tours et
ses détours, ses plis et ses replis? — liais
cène serait pas un léger embarras de nous
recuooaltre au milieu de celte foule tumul-
tueuse et confuse de rasons, de meoous,
de mounis, de richis, de maharcbîs, de de-
varchis, de rajarchis, de kinnaras.de yark-
chas, de brahmadicas ou pradjapatis, dei«-
tris, de deras, de danavas, de roudras, d'à-
dityas, de devatas ou souras, de daitj'ai,
d'asouras, de rakchasas, etc., etc. — fit
nous ne citons ici que les premières lignes
d'une hiérarchie sans Gn. — Comment dé-
terminer le rang, le nombre et lesfoactJoof
de chaque classe? Comment concilier lem
prétentions opposées et leur râle dira*
dans les swargas, les patalas, les aiUni,
etc.(2216j?
■ nous ne finirions pas, dit M. Creuier,
si nous voulions seulement énumércr les
principales dÎTisions dans lesquelles se rut-
geut ces dieux inférieurs qui remplissent
tous les mondes, animent toutes les (larties
de lu iialuro, tous les êlres, tous les corps,
habitent en foule Sur les montagnes et daus
les vaUées, au bord des Qeuves et dans les
abtmei) de la mer, et par une chaîne im-
mense aspirent b embrasser l'inlini. Ou dit
que leuraonibie total s'élëvo à 3^,000,000;
mais les seulesa^s^ami passent 600,000,000;
créatures angéliques dont les formes aé-
riennes, la beauté, les grâces sédutsaules.
les danses harmonieuses cl les amours sur
Sanky'a de Kapiîa. Pourquoi ces opinions, lolérm
tiaiis l'école (te Kapila, nu l'oui-ellus pasciédaiu
la si.'clc tic Boaddlia ? l*i'obléiu« iiiM)luiile , a août
(iât6) Consullei Ckeuier, p. 2J5 ^iGO. «la
noiei » la lin du vol. patûm, eic, t. IV, planrbe»-
(Voir Paulin, Syileiua bralimauiatm. — HooU,
Ititidit l'aHiheou. — P(h.ieh, Myikol. dt* Bimétt^
— CtCHUEs, etc.)
lia
»»
MCTIOHN&IRE ArOU>GEnQl]E.
l*iD
un
la terre et Jans les cJeuT, sont célébrés par
lespoêleshinilous(SI7).»— Essayons pour-
Uni de jeter an coup d'ceil rapide sar l'en-
semble de celte œythdlogie; mais pour ne
pas souiller noire pensée, oublions un ins-
tant que le stntl«me enveloppai comme une
lèpre, tous les membres de ce grand
cjrps.
Rien de plus mobile, de plus changeant
que celle foule m^slérieusu; eltesedéi^uise,
se transforme et tourbillonne sans cesse
defantle regard sans qu'on puisse la Gier,
la fairu poser un instant. Ces innombrables
diTînités descendent parfois sur la terre et
reTétent une apparence tout humaiac, tinu
fi^re tout historique; vous diriez des \é~
gisialeurs, des poêles, des philosophes, des
guerriers, d'antii{ues chefs de br^ihmanes;
TOUS vnus crojer en pleioe humaoîlé, en
EI«ine histoire; — mais, TOjez, un coup de
aguette magique a tout IransQguré; les
dieu-isesont enrôlés au ciel; maintenant
ils conduisent ta marche de l'année, des
mois, des saisons, des jours; ce sont les
musiciens suprêmes; ils président II l'har-
nonie des mondes; au son de leur OAIe,
ils conduisent la danse des sphères se mou-
ranl eo cadence autour du soleil; ils sont
•DTironnés des gaodharras, des kinnarss,
lies raguinis, des musiciens el musiciennes
delacour J7ndra; la grande déesse main-
tenanl, c'est la musique, c'est Sarattoali;
eolendei-vous ses fils, les six ragat, qui
ebaateni; ce sont les modes musicaux el
(«s six saisons (^18); dans chaque saison
on ne pourra chanter que la mélodie ne
son raga h des heures prescrites du jour et
de la nuit; avec leurs épouses, ils sont
aussi les 12 mois, et ils chantent l'hjmnu
île l'année; — et tes 30 nymphes de la mo-
siqne. les 30 raguiniê, ce sont les 30 jours
(lu mois; l-rs semaines, el jusqu'aux heures,
ODt au»i leurs génies, qui joutant leur rAle
dans le grand concert de l'année. Les
16,000 maîtresses deCrieftna sont devenues
& la fois 16,000 étoiles, 16,000 ragas et
16,000 passions, aHeclions on modttica lions
de la sensibililé; puis, regardez encore :
loat ce;>eujile de sons, enfants de Saraswali,
iiieniibés arec le vent et avec les nymphes
célestes, dont le troupeau se presse autour
de Cricbna, il va se rédécbir, ainsi que le
viv\ tout entier, dans le miroir des'eaui,
uaus ce vaste empire de la mer, des fleuves,
des rivières sur lequel régnent Vicbaou et
tia iigal
tùu un mot, dans celte foule immense aux
couleurs changeâmes, où les deux sexe?, la
luiAÎâre et les ténèbres, le bien el le mal
mollirent partout leur opposition ou leur
sf liance, sous ces allégories riaiiies ou 1er-
; iUIt:5, desaints,de prophètes, de palriar-
-tiudf de génies, de uympties, de sylphes,
>t€s géants et de démons; — au milieu de ces
raovs et de ces généalogies primitives, de
(3217) CuucB, p. tSS.
it^tSf It ; a >ii kaiMiHS d'après les Biitdoni.
i-£H9} Mmgû, c'c!>t ta dccste de l'illasion ; c'nt
ces choeurs de danre et de musique, de cet
guerres entre les bons et les mauvais es-
prits;— dansions les rapports divers de
ces êtres surnalurels, ï travers les périodes
cosmogoniques dont \v passé et l'avenir
sont également enveloppés; — sous celte
classificalioti de personnages qui se repro-
duisent toujours les mêmi^s dans la suite
indéfinie descalpis, de manwanlarasel des
youjas; — on recunnall confusément la
trace de la religion primilire, des symboles
astronomiques, pliysiques, moraux, philo-
sophi']ues, de l'histoire primitive, des légen-
des et des épopées nationales et de la mu-
sique; ce sont là les cournnts divers qui,
depuis trois ou quatre mille ans, mêlent
leurs eaux plus ou moins fangeuses dans
cet océan de poésie.
Haistout cela n'est qu'illusion, mensonge,
rtfes dorés, œuvre décevante de Mayn
(^19)1 Toute cette mythologie n'est qu'un
voile aux brillantes couleurs, aux broaeries
d'or, d'argent et de diamants jeté devant la
porte du sanctuaire. Voilà que l'illusion
s'évanouit, les rêves s'envolent, le voîle
tombe et nous laisse entrevoir les ténébreu-
ses profondeurs de la doctrine secrète;
toutes ces fables éblouîssan les se sont Irans-
furmées en abstractions obscures; de tous
ces beaux songes, il ne reste que des for-
mules glacées et stériles comme la cendre
des morts; les dieux ne sont plus que des
catégories, des chimères psychologiques,
logioues , ontolof;iquns 1 — Panthéisme,
idéalisme, matérialisme dynamique, ato-
misme, scepticisme, voili les biueux fao-
lOmesqui s agitent et se combattent dans la
nuit de la philosophie hindoue [2^0].
Regardez encore : voici que toutes les
visions qui avaient passé successivement
devant nous reviennent pêle-mêle; elles se
poussent, elles se pressent, elles se heur-
lenl, files se croisent, elles se compliquent
en tous sens; elles tourbillonnent el se con-
fondent dans un immense chaos.
Puis viennent les Ilots brûlants du «traifMf,
et tout .s'abîme dans la fange et daus le
sang.
Tel est le spectacle étrange et fantasti-
que que noua offrent les traditions reli-
gieuses de l'Hindouslan. Comment déchif-
frer ces pages mouvantes el mystérieuses,
dont les caractères changent selon les points
de vueT Commeut faire pénétrer l'ordre et
la lumière dans ces rêves désordonnés qui
s'accumulent et se confondent depuis tant
desjèdes? Evidemment, il n'y aurait qu'un
moyen pour cela : la chronologie, une
chronologie exacte et minutieusement dé-
taillée, qui remit chaque vhose à sa place,
ratiacli&t les effets )i leur cause, les consé-
quences è leurs princifH», el flt reparaître
la trace effacée des iolluencea si nombreu-
ses el si diverses qui en( amené les traits-
formaiions successives, les divisions, les
aussi l'cpoute de Brakm, son inaginatÏM créalnea;
c'e»t la na'ltêre, etc.
ftUft) Yvf. te DM* VUI, i la Au du voluib
un
!SD
Dictionnaire ApoLoceriQUE.
c( ii'nssiffnc i aucun d'eus moinl de trente
ans de ret'ne, et la table seplièma m fait
régner dis cinquante-quatre gns (S236).
On dit, il est rrei, que les Védas et les
lois de Uanou, qui sont les livres les plus
authentiques dea Indiens, remontent h une
'éjtoque très-reculée , et révèlent ciiez ce
Iicuple une civilisation qui n'a pu s'élahlir
qu'après une longue suite de siècles.
Nous u'ignorons pns que plusieurs écri-
vains ont, en effet, attribué aui Védas une
antiquité très reculée ; tuais nous ne crai-
gnons [IIS d'aflîrmar que c'est uniquement
aur les présomptions les moins fondées. Il
n'est pas d'orientaliste un peu instruit qui
ne sache que, sur cette matière, i) est une
autorité inliniment supérieure k toutes les
entres, et au jugement de laquelle il est
(litneile de ne pas acquiescer ; nous routons
Carier du prince des indianistes, de Cnle-
rooke, en un mot. C'est donc ce savant qui
sera notre guide et notre boussole. Or, il
(icnse, par rapport au Yédn (2227], que la
anatrième partie, nomniép Alharvana, con-
eut cinquante-deui oupatijc/iatfj ou traités
lliéniogiques , dont l'a utiitn licite est as
tnnins douteuse, vu qu'ils ne sont pas ailmis
dans les meilleures collictions. Ce savant
étend même son doute sur quelques antres
Irailél qui , quoique comjiris daos ces col-
lections, paraissent n'avoir pas étécoiumen-
lés pur d anciens auteurs, ni avoir été cités
tlans les anciens commentaires sur le Yé-
dénla (2238) ; et il va jusqu'k dire que tout
oupaniehad évidemment favorable aux doC'
Irines des sectes qui adoreut Râma elKricknd
comme des incarnations de Vichnou, peut
Aire rejeté nomme très-suspect, ces sectes
filant tout h fait nouvelles comparativement
aux Védat (2229]. Quant è VAtharvana, voici
ce qu'en dit encore notre illustre indianit^te:
k Wilkiiis et William Jones furent conduits,
par l'examen dfi {ilusieurs )>assaçes remar-
quables, h suspiecler que to quatrième Védu
est plus moderne que les trois autres. Il est
curlain que Hanuu , comme d'autres légis-
laleurs indiens, parle toujours de trois seu-
lement, et faiti peine allusion au quatrième,
l'Alhartana, sans toutefois le désigner sous
le litre de Y^da. Des passages tirés de l'écri-
lure indienne elle-même seintilent confirmer
cette inductio[] ; car le quatrième Yéda n'esl
pat mentionné duits le pdssage cité par moi,
(3Ï26) Hauu, Dt la polUi<nu et eu têmmunt det
FWHittM dam Cuniiquiu, 1. 111, p. 306-299.
(Xti7) A Tueiiiple des auteurs liiiidous, les in-
diiiJiiBtes eniploiciil iiidifliireinment le singulier
Véda et le pluriel Védat, coinini; nous ilisoits uous-
uièm^B la lalnte Keriiare ou les tainlet Ecriture».
(!t9i8) VidàMa est 1r iioiit il'un BvgEème de phi-
lotopttie uui s'appuie sur les texies'iles VMn.
(p.m a. T. CuLEnoout, Noiite tMf tu Vida»,
p. al8 de la irAducI. franc- île U . Pauiliier, insérée
dani les LivrtM taeriê de t'Ohent; Paris, (840.
(n30) Second Euai lar le* ciTimome* religîeaut
de» ttindvii$. (Voy. Atiatie Hetearcliti, \o\. Mil,
p.i5H
(•3iH)Yadji>uch,ouTfadjauT-Yédà,csHct\enj\tMt
des Vidut, qui Irailc priud paiement des saciillcus;
dans un premier asMt (S30),dulilittlii
jouoh (2231), ni dans le texte qui luii,^,:
de l'écriture imlicone par le comtneMMnr
du Bitch (2S3S). ■ A ces exeenlionj ph.
Cotelirooka se pronmice ponr UulheDlidif
des Védat, entendant |iar lï fv'tli inifa
mimei ouvraget, let mima eompotititntc.
totu ce tilrt, ont été révirù par la Bmit
pendant des cenlainet, linon det niliùrni
liieUt.
Hais ce qu'il nous importe surlOBldi»
voir, c'est la date de la composilion dex
livres ; or, voici ce que dit Is mtm «m
ï ce sujet : « Les dilTéreulei pjrtiuq
cunstituent les Yidai doivent sToirélétoh
les en différents temps. La pfriuds tvà
dans laquelle elles furent Gompilét), h
celle dans laquelle la [itus grande pjnitlg
Wdflf fui composép, ne peut être ii\tm-
née avec eiactiluile et confiatire u'i|tft
quel(]ue9 fsila, reconnus eepead^nl couk
oerlains. Mais la eonlrée où la rotnpilnliqt
des Yédai eut lieu, t>ent rëtre,puisque|):i
sieurs rivières de l'Inde soni maniioùefi
dans plus d'un texte ; et par rapport t \t]*
riodL-, i'inrrne à penser que 1rs c^rén)Oii!i
nouimées Tai^nya (2833) , el les prière) ^i
driiveflt él.a récitées h ces cérénmniej, M*.
aussi anciennes que le calendrier qui inlt
que avoir été composé ponr de smbliUa
rites religieux. * Après une loDguï ifixi»-
bion sur l'astroDomie des Y4dat, le si'al
indianiste arrive h celle' conclusion:*!/^
?[ue le calendrier eraploj'é dam lei Tel*
ut réglé, les points sulsticiaut étiitalu^
cufés comme étant, l'un au comaieiKtiTitl
de laconstel ation DhaHichthâ,e\\'t\atii
milieu de la constellation i4i/A'Ad,'f('r>
était la s.tuatiun de ces [loints cinjiiuu
dont le XIV iikle avant fèrt ***"
Ainsi les Yédat, qai sont les pltsW
monuments sacrés de l'Inde, De««rW
être placés nu delà du xiv" siècle mcl"""
ère, dans le cas même où l'on TOii<i>'Li'^
garder comme ceriaine l'opinion d* IJ'-
brouke, qu il ne donne lni-mé;iieqD"'-'''''
une conjecture vague, el jiarctmsc()i«i'-'
mérilBiit pas une grande confiance; <')''''*
faut point oublier ses propres piro!ti,'r-'
nous ne vo^'ins pounani liléés p" "■'
indianiste : Ceci, il faut bien if r«»»«"''
eit rague et conjecturât (2235).
«I le Utme fcrfjowA, ea unicrit, F«(rna'l'-*
le ftfti» d'uite twclion du YoéjonT-Vii*-
(i252) CoLEBBO .K. NotittnrUi !««.«■•
ibid., p. SUT-StW.— fliicft, ou Rig-Védi,'!»^^
iuii:r dt'S Yidai; il ctniliuiil priiicpilemMil >(>':*
nés en vers.
(tïS3) Ce mot saiiiicrit est dérivé dt M' ^""^
gnitie offrir an tuciifiei, cii se pri«niil»i*''-''
pour quelle appanieiiw il une iliiiuilt, il>^''|
lenliun de se la rendre prop'ce; oM Jf *^
gui est le plus reconiiiiaiHlc dauii les ^^"i^^
avona eniprunlé ceUe expiicailou à CoI(1t(>«
niéiiie, qui l'a doiniéc djiis son (idÎmùk^^
la philoïiiiiliiii (les IliiKlous.
(«5*) flwiMjKr Ut YMat: iW-.p- S» _
(ïiJSj ( TLis, il musl he ackn««liirsi4 '
im
tSD
HCnONNMM kPOmatJlQVE.
iflD
im
Oamdux lois do Hanoa (S236), lei in-
diiuUtes les Tont remonter jusqu'au xiii*
siècle miit Jésus-Christ, se foodant sur iM
râisoassairaDles. D'ibord ce Hrre ■p|>roelie
beaucoup des VédoM par ia purelâ des doc-
trines. Il simplicilé du lan^ga bt mAaie le
st^le. Bn setiond lieu, parmi les personnage*
tiistoriqaes qui s'y trouvent ciies, aocan ne
parall atij^rteoir t une époque postéricare
>o XII* sîtele aTaat noire ëre. Troinèm»*
jjueni, ta réfortne des booddbislesi que l'op:*-
iiioa générale place enTJroa mille ans aranC
Jésu»>Christ, n*j est pas une seule fois men-
lioiuiée ; d*où l'on iwul couclure qu'elle a*a-
Tsit pas encore eu lieu. Qualriememenl ,
enfin, on n'j volt aueaoe trace de cette
triade ou Irinilé {trimo^rti), si bmeuse dans
des Àjstèmes mf Iboingiques sans doole poa-
lérieurs. Vicbuou et Sivi, que les Pourxnas
prtseutcnt comme deux diviuJlés égales et
uiéuie ^Ultérieures i BrabmA, ne sont nom-
niés qu'une seule fois en passant, ot ne
joueaiiDcuo râle, même secondaire, dsus
l« sjrstèfne des créaliom et des destructions
(lu uiODde, exposé par le législatuur. £a un
iiuii,les;stAuia mjrtbolegique des lois de
^Minuu laratt avoir le plus grand raiiporl
A tïG celui dS5 fédat.
KriQs couTenons parraîtement de tons ces
«iiilt de ressemblance, et quiconque est un
■wu iiBiiliarisé avec la longue sanscrite et
Ji leciurade ces deux ouvrages en cooTÎeu*
«Jn ^lemenl ; mais , comme noua vecions
«Je le montrer, la bsutv antiquité des Téda$
^liBl littdée elle-wénie sur des conjectures
^igussplutÂt que sur des raisons solides,
^=dlt det kris de Mauou ne peut reposer sasr
«-<M base plus sûre. Uuoi qu'il eu soit, et
^•dffiettaut aoéine eus dates comme posi-
f 'uetcerUîoes, la cbn>uolO({iu mosaïque
»< ireave «ncore k l'abri de toute ailaqua
Wriaose; car la critique la plus sévère et la
. ^os minulieuae ne saafait trouver dans ces
uouumeots iudiaos rien qui puisse la mei-
« en défaut.
£uliu t on pourrait nous olgecter encore
juanoua n'avous ueniiuQoé jusqu'iui que
c* OiivragM iodieusqui coDcerovul le culte
■rabmauique, c'est-Mire des ouvrages coui-
<^Ȏs eu sanscrit, tandis qu'il existe incon-
ffctablemeot des annales elaulies ouvrages
istwiques écrits en pâli, lesquels sont en
&«ge ctiez les sectateurs de Bouddbo.
U est iucunlestabie qn'U eiuteuoeiofi-
■ té d'érrita cbez les bouddbisles ; mais ces
L^rit» sont géuéralenient trés-peu connus,
«fpemlaut un Anglais, M. Hodissou, s'en
st jirucuré dsus le Népal un graud nombre
Lx'ii a eofo/és eu Kuropu. D'après U. Eu-
sne BurDuuf, un des indianistes les plus
-010D«is et les plus judicieux de wttre éjro*
t« aad eseiecUnaL » (Anati Satarcke», L Tll,
SU.)
tU36) Mmaom CM uirsDBMé SMfimUiomni ,
tl-i Jirr isM de l'Etre «isunt Mf lui-màae.
livaut les lodiens ce livre lui a Mé inspiré par
^mA. et k rieki Skri^ou Pa fail lOnDaiire.
(Si37t Voj. TraxiialipH o( Hu CiiighaUu fcùlerf
CtpItMM eommmMitaitd »| lAf Hun. tir Aleuitdcr
3 ne , aucun de ces oorrages ne peut lutter
'antiquité avec li^s livre* foiidimeotaux de
la llllerature sanscrite, dont nous venoui
de parler.
Hais indépeadsoubent de ces écriu bonà^
dhiques, il en est un bien connu anfonr<>
d'bui, e'eït ieÊUdjdwali, c*ssl-li-dire l'his-
loire des rois de Cojlan (fi^. Si Hm
était tenté de nous l'opposer , nous ferions
observer qu'il ne mérite pas la moindre
ctMiQanea; car l'élémenl histurique^r trouve
plus rarement encore que dans les Poura-
nas, et les faits dont il est rempli sont
plutôt des contes que des mythes. Les Mis
qni j sont menlionnés dsUs le premîCre
partie régnent des milliers d'années ^ et
plusieurs d'entre eus ont des milliers de
tils.Les règnes des souverains compris dans
la seconde partie sont do moins lod^ue
durée, et on a'j trouve de faits aiémo~
rsbles que les invasions des Uitlabarts de
la terre ferme, accomi<a]Çiié.es de fllos on
moins de succès. La cou:eur générsie des
récits «emblf rail prouver qu'ils ont été pui-
sés dans des ouvrages |)oétiqueg.
OMwtaMMset liM>« aitiMioialqm ira fcJteSa.
Sans (larler de* brahmanes , Baill/ at*
tribue aux connaissances et anx latries as-
tronomiques des Indiens l'antiquité -la plus
recalée (2238); ceri selon la r«tBart|ue
judicieuse du docteur Wiseman , « |>ar
l'analjse des forn)ul«s astronomiques des
Indiens i connues comme elles pouvaienl
l'être alors au mojeu des renseignements
imparfaits donnés par le Gentil, il fui
amené k conclure qu'elles étaient fondées
sur des observations réelles, mais que l'état
présent et le caractère dus Indiens ne nous
permettaient (tas de les cousidérer comme
des découvertes originales appartenant è
ce peuple, a Gonséquemmeul , rastronomie
actuelle de llnde ue se compose, aux jeux
de Bnilly , que des fragments et dea débris
d'un système de scieu<:e plus ancien et
bpaucoup plus parfait. B'i aioutant à ces
conjectures quelques autres d'un genre dif-
férent, basées sur des suppositions, des
allégories et de vagues afx-ifus, il éta-
blit sa célèbre théorie suivant laquelle une
nation, quia depuis long:eiBp« disparo du
monde, existait il y a nombre de siècles
dans le noni de l'Asie, et de oette source
serait provenu tout le sarair qni s'est
rencontré dans la péninsule mérîdioBale.
• LeslndienS) dit Bailly, for.naiont, dans
mon opinion , une nation pleinement cons-
tituée dès l'an 3^3 avant JéSus-GbrisU
Ceci est la date réduite de leurs dynasties.
Il est étonnant, ajuuie-t-il ailleurs, qu'on
trouve chez les brachmanes des tables «s-
JaKUTOK, d»c les A«Ht* o[ Oritmlmt litlenimnt
tebr. I8il, p. 385.
(±238) Ces utile* s^imnoMtqDM aoet le Sr9«-
SidâkaM», ouvrage que les ladieiM reganleul
coBiiHe ta taMdelearaslraDomieeléeleaTebi*-
ntriogiR. et eumiee «n de leurs i—Buatems liMé-
raires h» piM M ' ~
.us
IND
DICTIONNAIRE APOLOGETiaUE-
IKD
IronomiquM dont l'anc'ennelâ «si de cinq
ou s'il mille «ns (2239). »
Toulo celle lliéorie de Bailtjr o'esl qu'une
fiiire cliimère ; ses liynolhèses soiil aussi
élrariges qu'erronées. Quant aux dyiMsIies
sur lesquelles cet écrivaia se fondai nous
veuoiis de voir quelle en est la valeur
bistoHque. Il est vrai, comme le dit lrè>-
bien Delambre, ■ il n'écrivit pas pour les
Jiuiaiue< de savoir; il aspirsit à une re-
iiouiiiiée p!tis étendue, l) céda su plaisir
d'jissocier son nom à celui de Voltaire;
il ressuscita la vieille fablu de l'Atlantide;
il eut un^ bon nombre du lecteurs, et ce
fut ce qiii^ causa sa ruine. Le succès de
«on {ireuiier (taradoie le conduisit b en
çiéeT d'autres. Il inventa sa Ifalion éteinte
et son Atlronomie perfectionnée dans les
truips m^liiologiqiies; il appuya toute chose
ensuite sur cultu idée de prédilection , et
ne SQ montra pns fort tcrunuldui sur Is
cliuii des moyens destinés a donner une
euuleur Tavurable  son hypothèse (^40). »
Quant aux connaissances réelles en as-
ii'onomie, le même Delambre les refuse aux
Indiens aussi bit^n qu'aux autres anciens
1>euples i il l'exprime d'une maDiàre bitin
ormelle.rorsqu il écrivait bCuvier: «Quant
aux Chaldéens, aux Égyptiens, aux Cliioois
et aux indiens, il n'y faut pas songer. Ou
n'en peut absolument rien tirer. Ua pro-
fession de foi & eut égard est dons le dis-
cours préliminaire de mon Bisloire dt
i'ailronomie du moyen dge, pages un et
Xfiii (2241). » 4
Le fameux astronome J^rdme Lalande,
rendant compte, dans sa Bibliographie as-
Irouomique» du Traité de l'attronçmU in^
dienne el orientale, par U. Bailly, l'ait celle
réflexion : ■ J'ai fait voir dans uiou Atlro-
nomie, art. 365 el suivants, que la Laule
anliquilé des tables indiennes me parait
peu prouvée» quoique l'auteur ait employé
pour l'établir beaucoup de savoir et de
calculs [n!i2). •
Un autre savant français , qui s'est égh<
lement illustré aux yeux du monde entier
par ses connaissances profondes en astro-
nomie, malgré son attachement pour Bailly,
n'a dissimulé ni les erreurs de son ami,
ni son propre sentiment sur les tables
indiennes ; voici ses propres parules : * L'o-
rigine de l'aslrûnomie en Perse et dans
l'Inde se perd, comme ches tous les peu-
làest dans les ténèbrtis des premiers temps
de leur histoire. Les tables indiennes sup-
posent une astronomie <issfz avancét; ; mais
luut porte à croire qu'elles ue sont pas
d'une haute antiquité. Ici Je m'éloigne avec
(2'239) BiiLLi, llittoirt de l'astrvnoïKie aaeitnitt,
Piirii, 1775, p. 107-115, cilé pir N. Wiseman,
(MtcMiri iitr le* Topptirii euire la tfieuce et la reti-
ijion Tieitit, t. Il, p. 13 iJe la Iraduct. franc. — bans
MCùtret^onda-ie» mm Voltaire (l. 11, p. 2S9), d'A-
kmberl tail U rcClunioii &uitaiim ' ( Le rêve «le
SM IIOIO i
creux qu'oi
dus Jikraiii
o-iï, excepté
uu des plus
boii à (aire
|)eine de l'opinion d'un illustre (imillin.
reui ami (22V3).... Les tables ImJieou
ont deux épotiues principalusqui tGoxn-
lent, l'une fi I année 3l0â avant nDinèï
l'antre & Ji91. Ces éirO'jnrs sniit liédpi
les moiivemeutf du soleil , de la luntii
des planMes, de manière qu'en partui')
la position que les tihlcs iiidieniieiaB-
gnent è tous ses astres à h secomle épim
et remontant b la première au momt
ces tables, on trouve la conjoncliiKi »
iiérnle qu'elles snprosenl à celte t\^\
Le savant célèbre dont jo riens tl'> [tf.
Bai Ij, a vlieixhé è établir, dans senln'«
de rastronomte- indienne, qnc cetleft»
mièro époque ét.iit fondée su^ll1Dl>^^
valions. Ualgré se» preuves, eiiiosétin*
la clarté qu'il a su répandre tur tcsit
tières l>^.s plus ahstnii tes, je regarde looiru
trèj-vraisemblable qu'elle a èld inigNR
paurdonnerdans le zodiaque une coiumcw
ori^inu aux mouvements des eiirpi céleslrs.
Nos df^rnières tables «alroiiODiiques,(iii>'
•idérablemenl purfectroanées par Ig «nf-
paraison de la Ihéoi-icavt'CungrciDiliiniDurt
d'ubsrr va lions lrés>précîses , neperiadlH
pas d'udmeilre la conjonction suppôt
dans les tables indiennes; elles offrenliufiit
ï col égard des dilTiîrence) beaucoup |'*>
grandes que les erreurs dont elles tJ
encore susceptibles. A la vérité, inelc"
éléments de I astronomie des IniliensD'y:
pu avoir In grandeur qu'ils leur Knp^
que longtemps avant notre ère; \\y-
par exemple, remonter jusqu'i sii ■>;'<
ans pour retrouver leur éi)ualiaD<JaeeiJt|
du soleil, liais, iDdépendanimeot dei"-
reura de leurs déterminations, on fti
observer qu'ils n'ont considéré les i»^
lités du soleil et de la lune qae vi^
ment aux éclipses, dans l«squeliei''i^
tion annuelle de la loae s'ajoute il'qwi^
du ccnire do soleil, et l'augnisud'oH*
Quantité à peu près <^gslr k la ^ïéf'^'
de sa véritable valeur a celle desNi^i^'.
Plusieurs éléments , ti>l8 que les ïiiuii>^'>
du centre de Jupiter el ds Miirs,50ut"cr
différents dans les tables indieniirs dç^
qu'ils devaient être à leur jireiuiirecr
<{UB : l'ensemble de ces tables , et Mi[l'>^
1 impossibilité de la conjonction g^iK^j
qu'elles supposfot, prouvent qu'elle» ''^
ùié constt'uites ou du moins rfcliâéus ilil*
des temps œojernes. C'est ce qm rrtv-i
encore des moyens mouvemenlsquc'^
assignent à la lune \nt rapport a )0^ l"]
rigée, k ses noflids el au suleil, i^'PJ^
plus rapides que suivant Ploléuée, i^
«tiquent qu'elles sont postérieures 1 ^^
pLili>sophie comme en poésie, tit» ■'<« **•" f*
trai. 1 [ Vou. aussi à la p. SIW liu intme tm*,
(3i40) Uelahmis, AwroKOfflwrf»»»»"'^'^'
cours preliiu., p. ïiïiv.
(SMl) Voj. tuvtES, i>i«o«n, eie,p. Iw-'^.
fM. B, tiUI ; Paiis, au XI {\ma]. ^ ^
p. Vàk '5tfâ. I
I>D
ronome; car on a vu qae ces trois mou-
nents s'aecélèrttot da siècle en siècle
ïk]. .
I £bii( convenir poartanl que d'hfl biles inrtin-
t»s ont prétemlu que eesjugenients portés
les faibles connaissances des Intiiuns dam
Ironomie manquent de vérité; Guitisu me
Schlegel, ealre autres, fc'élëvu |>flrti<
iëremeiil rontre Delnmû-e avec une yi-
lence remarquahle. Le nom 'Je cet écri-
1, l't surtout Vauiorité que lui a méritée
>aToir, nous foni un deviiir, ce dcoible,
ripporlLT eu moins le fonds de ses ré-
iitiiiitiuns, altn que le lecteur soit mieux
<^fiie (te juger jusqu'à quel porni elles
t fondées, et de voir les conséquences
peuvent en résulter, relativement au
.t qui nous intéresse plus parliculière-
il dans cette discussion , nous voulons
' ta vérité du récit mosaïque louchant
I- du luonile.
C'est assurément un des faits les plus
ifux dans la civilisation , dit Sclilegel,
'OÎr l'astronomie si anciennemi'nt cul(i<
, En Tain M. Deismbre foudrail-il ei-
uiT ce fait, comme d'autres tavants l'ont
\yé avant lui, par l'utililé prutiifue de
Irunomie pour l'agriculture et la navi-
<iu. Cela n'aiirait jamais produit autre
s« qu'un calendrier de paysan, tel
Hëtiotie nous le donne. D'ailleurs, la
'ifaltou des anciens est restée (rès-îm-
Uile : en eénérat, ils cherchaient k>s
'S tant qu'ils pouvaient, parce qu'ils ne
lient pus s'orîeritereii pkiUB mer. Enfin,
peuples h nttus connus, qui dans l'auti-
é se sont le plus asïidQuienl appliqués
islronomie, les Ë|jypliens, les Clial-
is et les indiens, u'étaieut poitit naviL»-
La disserlalion que CoIebrOuke a mise
iie de sa traduction de Braiiriiagupta et
'liâscara fut publiée en IBtT, dans la
e année avec l'Histoire de l'astronomie
■ une par Delambre ; le douzième vo-
iles Seehereka aiialiquei, imprimé
cuttn eu iSifi et contenant la disserta-
Je M. Colebrooke sur les notions des
nomes indiens concernant la préces-
ties équinoxes, n'était peut-être pas
■e arriTé en Europe, de sorte que De-
re n'a pu connatire ni l'une ni l'aoïre.
l'iusiours assertions de ce calculateur,
»'t^t(iîl constitué historien sans vora-
(2246), se sont IrouvëuS i-éfulécs à
uni niéme où il les mit en aviinl avec
t*î cunliancc et de morgue. >
savant indianiMe ajoute imniédiale'
quo Colebrooke a iiesé avec la cir-
•t^ctioii, lu calme et riinpuilitlitd qui
MCTIOSNAIUE APOLOGETIQUE. WD lltl
le caractérisent, les prétentions ^es Grecs,
des Arabes et des Indiens au titre d'inven-
teur de l'atgébre, et qu'il a rectifié beau-
coup de points de cnronotogie littéraira
que Delambre avait nroclamés comme irré-
vocablement décides. Enfin , selon lui :
« Aryabhatta enseigna dans l'Inde fa rota-
tion diurne delà terre autour de son axe,
peut-être en môme temps avec Ecphanlus.
Héraclide du Pont, Arislarqoe de Samos cl
Nicélas de Syracuse, i>eut-ôtre quelques
siècles pins tard, il n est nullement pro-
bable que cette doctrine, oui fit peu du
fortune en Grèce parce qu elle heurte de
front les apparentées, ail été transportée do
là dans l'Orient (2âi7). ■
Tout bon critique fera néccssairemenl
plusieurs observations sur ce passage do
Sclilegel. D'abord, Delambre n est pas la
seul qui refuse d'accorder une hante anfi-
qaitéa la science astronomique des Indiens.
Sans parler de Lapisce, que nous avons
déjà ctié, on peut nommer Schaubach,' te
docteur Ma.<kelyiie, Honiucta, Heeren, Cu-
vieret Kiaproth, qui dit eo propres termes :
■ Les tables ostronomit^ues des Hindous,
auxquelles on avait attribué une antiquité
prodigieuse, ont été construites dans lu
vu' siècle de l'ère vulg.iire, et Ont été
fosiérieurenicnl reportées nor des calculs
une épuqnc Bnlérii;uiL' (5^2»81■ ■ A ces té-
iiioigiia^i-s iifliis ujnnicroiis volontiers celiiT
de tientley, car quoique nous soyons loin du
partager ses Idées sur bien des points pni'-
licutiers, nous ne voyons pas qu'il ait éid
jusqu'ici réfuta viclorit-uscment dans sa
dénionsIralioD sur te peu d'ancienni-té quu
l'on doit attribuer aux observations et aux
ouvrages astronomiques des Indiâns i co
qui parajl certain, i^'est qu'il a mérité Ks
sulTreges des meilleurs mathématiciens t'(
astronomes modernes.
Quant & Colebrooke, lorsqu'on examina
avec aitenliun son téiuoi|;nage, on te trouvi.',
beaucoup moins favorable a rdtiliquilé dm
l'astronomie indiniioe que Si;hieç;e) sembla'
le sutijioser. En effet, selon la remarque du
M. Wi^eman , unlie l'époqtia où.Ballly a
écrit pour défendre celle antiquité d le
temps auquel Delambre s'uiit clfnrcé du lu
réfuter. In publii;ulii>n do plusreui-s tra.tt^s
niathématiqui'S indiens fournit h la Kevue
d'Edimbourg l'occnsioitdu venli^rranliquité
de ta science des Hindous ei do censurer la
cunduile de Deljiiubre. Ccpeiidaiil l'ouvra^u
de Colehruoku offre des raisons assez forl^^s
L-t assez plausibles jfour supposer I origine
coiujiariitivfiiii'iit niodertie des mathémati-
ques diins l'I'idc. Ou trouve dans les uotes
et les explicatious de sou Discours préliini-
\ I LtPLicE, Exuofirion i* nttèmt i% monde,
-368.
r^) Ici Sdilegel Fait remarquer mill faut ad-
■ iiie excepiioR à l'égard des Irdiciis.
OJ t>:<iis une iioiu u cs-clcnilur, Sclik-gel s*al-
^ liroMvor (|i<e iiiitt-i««lcfrMit( Dclamlite igno-
( litH^DM, mai^ qui! lo logique têt «uni fvri
• »e; el U uiuiuro par un ii.n-aa- du il*-
mayana nue les Indiens, coiilftdicl»treni«iil à l'as-
seriion Je faslronoine ïraiiçais, om «tuelic uiW
graitdc importance aux |iliiiirtcs.
(Iiii7) A. W. lie Si:bli:uel, Mfiexiom nr NmS»
det tanmei aiialiqatt, IWIW.
(ïiW) 4. KiArnuTD, «fWMr.-» rehUfi àrArie^
p. 397; Pans, ISil.
iw
KB
DICTIONNAIRE APOLOCBTIQUe.
nalrQ une lisle roiiruie p-ir \es aslronooie^
de Ûijii>a[it nu cjocleur BuDter, liste qui
contient Iqs noms ile Ivurs plus célf-lires
terJTfiiis L-n «ïlrtiaouile. Or, Ih pltis oncien
Je CfS ëcrivaini esl Vflrstin-Mihiri, qu'ils
iiliceni au m* siècle de l'ère chrétienne,
Vsia on no coimati rien île lui, land s
qu'un autre bslrnnome du même ama
3ui i-sl IrèfKOnnu, Qgure dons la tiibla du
odeur Huuter comme aynnt réea au
v|* siScle seulement. Colclirookc cite , il
csl vrni. lies Iroitiis [iJus anciens, appelés
lei cinq Siddhajttm; ninis ils ont pu voir le
jour tii même vieillir avant l'éiioque du
teoondYaraha-Hiliirji, saiu qu'il soit besoin
pùur cela du remonier h une antiquité très-
reculée {S2i9J. Dd même Brahmagunla, un
des plus anciens écrivains en maltlémali-
que5 qui soient connus, et auquel Cote-
lifool^e a eaiprunlé quelques traités de sa
collection, ne peut être considéré comme
antérieur au Tii* siècle. Bien plus , la
savnnl indiiniate, apr6s avoir exposé les
p^olifs qui portent à cruire qu'Aryabliatla
est le l'ère «t l'ipventeur de l'algi-tjre chez
(es ludiens, et avoir imité de son ancien-
neté, conclut qu'il flotissait vert In V*
■iéclc de l'ère chrétienne et peut-étie
dans un temps plus reculé (SSâO). > Il se
iruuvsit ainsi presque conleranorain de
J>iuphsn(p, auquel il était cependant supé-
-fieuf, selQn Colebrooke, par sa mnniére do
résoudre les dquolinns compliquées [2251}.
Ces sYBus et ctl décisions d'un jtige aussi
compétent Que Colc^roo)[e détruisent de
fund en oomule l'opiaion qui vent que la
science astroiiomiqu* des Indiens date d'une
boule antiquité. Cependant le critique de la
Revue tCtàimbourg, adinettnut tous ces
fuils, afOrme hardiment qu'il ne faut nulle*
meut considérer Ar/ablialta commS l'iuven*
leur de SB méthode ; au'il faut admettre ^ue
plusieurs siècles ont dû s'écouler entie 1 in-
vcQtion dg celte méthode et les porfectioit-
iien^onls qu'elle a reçus (2252); essertion
aussi gratuite et aussi téméraire que celte
P^r laquelle il persiste h soutenir que non-
teulemenl l'antériorité originelle de la
•cience des Indiens est prouvée j>ar cette
publicatiOD de Culcbrooke, mais encore que
tuut le monde doit mainienanl reconnaître
2ue la science actuelle n'est qu'un débris
e polte qui flurissait dans la péninsule in-
dienne lorsque le sanscrit était une langue
TÎTonte; ou peutTétre « quelque langue-
luére, encore plus ancienne, jeta-t-elle ces
racines, qui ont iténétré j)iub ou moins pro-
fbiidémeDt dans les Un^jucs particulières de
lent de nations itointireusus et luintaines
()lti Guuireut l'Orient al l'Occidaut (3^}- •
(ait) Co|«saooiB, Àlgttre net ariikmiii^'e ef
WMir(iM,(ir4t(|)(*a)Mcrii; Luiid., ISIT.Ujis vny.
Bn>u hitl. de rnHrofomit lia ^iudovt, par Ueht-
idiSU) A. W: Je Sclilvget itHinne ceneiidinl que
ÇuklinHilLa n'a pu conmUrt cil bkUut [AryaliliilM)),
n'stffi»! pflf Tivtfi dan* ut efforlt (Mur m pivtitrtr
HnMOHMçrii 4tK* eeitvtn \^b'nufra, p. 9Ù); niiiis
Conclusion qui Dousfait remoolerbi«aH
delà des teicps historiques, eu lumitiw.
liant presque nu système ab^unle de Biiilt,
que notre critique reeoniuti pnurliiu^«
un écrivain ineiact. Caute deconnaiiium
locales, et par sa trop gnode confisn^^
les sources où il puisait, aussi bie:i^H
fmr l'esprit de système auquel il it \\^\
tellement aller.
Nous njoulerons que Detambre, quiid
été personneilemeot attaqué dsostiM
d'Eaimbourg, ré^ndil aux ai^ffi<>aU|
la censure oTu cnliaue anonyme en pmt
dans son BiHoireoefAelronamidiiK
djre que bien que l'on ait réussi à déiuw
que les Indiens étaient pirvenos ï us
tain, degré d'hnbileté dans la saluliM
problèmes algébriques plus iDg^Dieuii
liles, OD u'a pas encore prouvé qii'ili<
acquit» de véritables notion» scientî^ui
astrouonilo (£i5%).
|in.
Li dtlIlMtliin dM lutrM peuple* dÉ«Mla-t-«nt dila
inaolsnieT — Les canctèrei de l'»rdiiI«tErtikM
de 1) l*ngae utisrrile et c«at de li pfmétikd
Hindou* ptOBveot il* la kuteintlinitite «ni
L'hypothèse qui place dans l'Inde ^ l>^
ceau de l'humanité et Tait découler du bn
roanismc la civilisation de prnsqaetnuM
peuples de la terre ooinpte aujounl'lmi i
certain nombre do partisaut. UU. F»
iliier el Guigniaut l'insinuent pAtiouMlJ
leurs écrits, elle s'est répandue dioi h
recueils iiériodiquesqtHt'enieiguealiUiii^
les classes de la société. Cette liypoi^td
s'appuie uniquement sur les rdiIdsi^'
les ressemblauces qui esisieni c^i'^*^
usnges, le« doctrines, les myiholi^^^
des liindous et des autres naliom.)f!iVM
analogies, ces ressemblances i'ti^F-''
trè^ien autrement ; elles ne supioi^v*
l'ur.ilé d'origine de tous les peufJfti*'"''
tilé de l'esprit humain sur ioiiile\"*™
du globe, et quelques commuDicibni^^'
cessives. Les fimiilles palriarculu i)'^' '
répandirent sur le globe après la cK^te"
de Itubel, n'avaiept [ms iierdu 11 nié!i>i'ir<
elles emportèrent avec elles un fond' c'
mnn d'usnges, de croyoncos, Je t«J'"'^
historiques et religieuses; cefunilip"'^
dut se conserver ou se moJiiier]"^:
lieu près de la même manière io<i> 'J
Iluenco des mêmes pencbauls iniel*^^
et moraux; et si vous ajoutez h ccli 1^^
ports do tout genre qui ont eu lieu * di"^
éi)Oi]ues , entra les deux peuplvJ< '^
n aurez uul besoin de supposer, touW i-^-
\tts monuments historiques les [ilusciiU^
que I Htudoustan est le centre prituilu'"
ce [lassase même eiié par la doâeor Va*
prouve qit it s'esi iromp^.
(2i5t I CbLeMOOKE, Algrire, fie., P- 10' ,.
liiSI] Rtt,.e d-Edi:..tefrg, t. XUO.f "^
(iioSl /6id., p. 163. -
c(c., l. |l, p. 18.
1 ta cw iii(:tiu.n.niire
l« retira humaii* » rayonié «i lous sens
tliiis une Bi)lii4uil6 cliiiiiéii>|ue.
■ Si (laus l'inJe , en EcU'l'l'' . rn PliéDieir,
en Chine et en GrècA , dil M. KitUT. iiou*
Iroarons 1m manies rues el les mfinies er-
reur*, M D'est pas une preure que l'un de
ces peuples les tienne tle l\>utre |>ar la 1rs*
âilioDi puplusque les nifimes vertus et les
mêmes vices checiJitrérenls peuples, ne sont
uoeiireufe dee rspiMirls hislon<|ues de ces
p«Mp!es entre ens. Les éléinenls de le peo-
*ée humtiue sont lurlout les mâmes , et
l'unité interne de iVpëce liumsine lie plus
étroilernool l«s |«uples vDlre eux que leur
toisîiiage et tous les autres ri|»i<orts exté-
rieurs. On ne peut présumer un rappnrt
historique entre flus'eurs peuples , d'nprès
ta similitude des npinions, des erojai>ces,
que lorsqu'il ne s'st^l pas seulement de
quelques éléments de la pensée ou di' li^ur
union naturelle et simple, mais lorsiju'on
rrncoDlra des séries entières de ces liaisons
de («usées el d'idées, et toujours dans un
ordre arbitraire. Hais alors encore, on ne
pourrait pas raisonner de la manière sui>
tJute:on trouvecliezlas Indiens telle cliose,
chez les Grecs la même cbnse , dune It-a
Grecs lioDoent cela des Indiens; tar le eon-
Iraire pourrait élre logiquement luut aussi
(•osfible. Pour qu'un semblablfl argiimuiil
l'fttaioir quelque vrjisemblauce, il faudrait
d'abord faire Toir que cbez l'un de ces
jteu{i\ttf la série arliîtraire desdévelopfie-
uieots successifs s'est produiin conrirmé-
foent i la marcho de ce jten|ile 'laus ta civi-
HsalioD, mais qu'il o'eo est |>as ainsi cbfl
l'antre; et alors seuli^meut on pourrait con-
clure, que le ureinier de ces peuples aurait
IniDsmis h I aulre ce qu'il aiait trouvé de
lui-uitme. On n'a pas encore tenté une pa-
reille preuTo , el aussi longtemps que nous
ne pourrons pas faire counaltru autrement
h nurcUc de la civilîsaliou indienne, nous
n'en pourrons absolument rien conclure.
Du reste, les diirérciices qui séparent les
Indiens des autris peujJes, sont |>lus nom-
breuses el plus bssoniiellea que K-s ressimi-
blanc^ : etqu.-ind iiiflniu il y aurait en elTot
certaini'S re^seiiililnnces décisÎTes . ci'pi'U-
dant il ne pourmit £tre question d'une Ira-
d.tiOD sûre, qu'jintait que la i|ue5liun préa-
ldl>le de la priorité de 1j civilisation de l'un
ou Uc l'àiit e peupli; nur.iil été dëriJée i>ar
d'autrus ruinons. AutreTnis un érait [>ortë A
(irriter la civ.lisaiiuii indienne de la rivili-
sat on égjrpiJL-nno; innin tenant c'isl le con-
traire; je trouve L-e» deui ojiintons égale-
ment déiMinrvues du raisons suflîsanles,
jfuisqae fa civilis.tioD de ces deui peuides»
(925^ RiTTU, But. d* la pAi'Iot. tmeiane, U 1,
(%£5C) Cuvier rtmarnae qu'aucun des auteurs
C*vc* " fait nentioa M ces imotemes paxodn,
qw aaraEnt certaioeBieal attiré leur atlenuon tà
clin wuieal eiiiié de leur temps
(i^Sll Voir Ai. ru., II, p. i5G-iC9.
(1158> Rnxaa, p. 57.
itî39) Trad. de Crewur, X. l, notes p. 5'!). r«Jr
lIctKBfl, !. c, p. 300. — < Il h'j a pas luaius d'uk-
ANU.OGETIUUE;. IKD l>3*
aussi loin du moins qu'oA peut la suivre,
laisse a|ierceroir beaucoup plusdeJilf<>rei.Ct>s
essentielli-9 que de reâsemblances (^K). ■
Hais après tout , quand on arrirerait h
démontrer que Iki nations antiques les plus
célèbres ont été civilisées ))ar des eolonies
indiennes, rwtre dironologie biblique n'eu
recevraitsuennealteinie;uarnouspourriani
fort bien, sans surlir de ses limites, ploL-er,
comme Fr. Scblegel , le développement prî-
mîlirde la civiKsation brahmanique iiumé-
diatemenl après le déluge, el les Septante
nous laissent plus de temps qu'on ne jwul
en exiger pour la commodité du système.
LJi grandeur el l'originalilé de I arcbiteo-
lure indienne ne décident rien sur son
antiquité; l'originalité prouve seulemeatqou
les Indiens vivaient dans d'autres rapports
au» nous; el l'on ne |M:ut tirer d'autre in-
uclion de la grandeur, si ce n'est qu'A une
certaine éjioque , il y avait cbez les Indiens
une grande dépense Je forces pour ren<lre
lears communes crojrances par du gramls
ouvrages. Car il peut y avoir une grande
•rchiteeiura i toutes les é[ioques où l'acli-
Tité d'un peuple trouve un centre de rie
commune (2S&6J.
Les grands colosses des DtehainoM, qui ne
sont pas très-anciens, prouvent que, dans
des tamns plus rapprochés de noua . les In*
dieus n avaient pas encore perlu le goAl
pour les grands moouments (li257}. La mu-
raille delà Cbiufi est un des plus grauds
monuments qui aienl jamais existé, et ce-
pendant ré|>oque de u construclion ne
remonte pas au delà de trois cents tas avaul
Jésus-Christ (2258)
Suivant M. Guitjiiiaul (2259), il est impos-
sible de déterminer l'ige, même relatif, das
monume;(ts de l'arcbitedure hindoue; cha-
cun porte l'^-mpreinle d'un graud nuiubru
d'époques ditTéreules; les cultes de 5îiui,
de Bouddha ^t de Viehiutu, s'y méleut el t'y
croisent coulusément. Les mahomélans ne
donoeul que neuf cents ans d'autiquité à
des teiujiles que les brahmanes veulent
faire remonter i plus de sept mille ans.
Les inscriptions en langue sanscrite el en
d'autres dialectes analogues, ne remoutcul
[>as trè»-liaut (2260). Une inscription qui
prétend i une grande antiquité, est juste-
ment réputée fausse par les connaisseurs
(2261). L'inscription la plus ancienne qui
ait été déchitfrée et mérite quelque cou-
fiancei semble avoir éLé composée peu avant
ou peu après la naissance de Jésus-Christ.
(2262).
■ On a, dil encore U. Hitler, alU<cbé i:ii«
trës-graude importance au varsvléni de per-
MIIK de IMIS CM
tiUisiiiaiU, qti«
sur cell« des chefs-d'Œuvre de la lilléralure. Il m:-
rail préiQMurë, dans l'état de uos connaissances,
de rtirrctier à éublir aucune discnsston suivie sur
ce niini. » (lUé.)
liWO) Hmsa. p. U.
(SX6I) Aa. Tt*., U, p. un.
(ii'iit .U. nt., t. I, p. 135, etc. ; l\, p. 414.
ICI
INO
mCTIOVNAIRE APOLOGETIQUE.
teviioa ii« la langue tangcrileiel l'on a
«oulti en tirer une preure de l'antiquilé de
la tivilJsatiOD indienne. Je n'en vois pas
encore la possil>ilitâ, par la raison que l'é-
tat ds plus ou moins grande perfection d'une
laoçue délenninéu, nu semble jamais rien
décider sur sa plus ou moins ifraiidu sn-
oionnuté, que par rapport h un autre per-
feolioDtienient de la tiiOme langue. Nous
savons que plus une langue subit de varia-
tions par suite de révoiuliuiis extérieures
ou intérieures du iieujtle qui le purle, ^ilua
elle perd de la diversilé et do la déterrama-
liilité de ses formes, elquei par conséquent,
l« langue qui a le nioius éprouvé de ces
•ort<;s de changements, doit surpassur toutes
les autres un richesse du foimes. Telle ap-
IKirail la langue sanscrite aui coanaisseurs,
d'après leurs recherches. Mais ou ne peut
pas en coaciure t'anliquité des ouvrages
composés en cette langue, mais seulement
lu lung temps pendant lequel le peujile in-
dieu est resté dans le mâme état, sans cfaan-
Ijemeais dans ies rapports de lo vie. On ne
iiLUt pas même en conclure l'antiquité de la
langue, car piTsaone ne peut savoir, par la
langue même, si certainement elle a sulti
de:i révolutions, jusqu'à l'époque où elle est
devt'nue langue écrite, ni combien de temps
a duré, dans cette hypothèse, la période de
son précédent développemeni. Nous savons
que les écrits compuiiés eu sanscrit ne doi-
toiit pas être nécessairement anciens, parce
qu'il est sûr qu'il n'y a pas lrës-!ongiemps
que cette langue était enuoru longue écrite.
À supposer (lune que l'un puissH distinguer
dans la lormalion de la langue ^anscritu dit*
Hrcn.es période;, on sera sans duulo auto-
risé à distinguer Oe^ ouvrages écrit» en ceit»
lang-16 comme tilus bncieus relaiiviiiient ;
mais si nous ii avons pas u'autres moyens
hisloi'jques du déteiuiiuer ré,>uquu d'un
liremiei' degré de peifectionnerut-ut de la
langue, et lu teints où , d'iipiés l'bistuire
du [leuple, on peut laisoi.uablBment en pla-
i:er un secuntl, nuus ne sommes toujours
pas plus avancés dans la chrunologiu ap-
proiiiuatirc.
«La com^'Orarson d'une langue avec une
SUli'i', est égalcuie >t inutile puur atteindre
i'û but. Ko sijp]iosaiit i^ue le sjusciil, le
lond, le grec <:l l'alleiniind se rsppurlent 6
une mëie langue, en accordant même sans
preuves quo le sanscnt soit celte mère
langue, et que toutes lus autres eu soit^nl
les tilles, il ne suit pas encore de \h que 1 un
des écrits qui nous 0(il été conservés dans
la langue sanscrite soit plus ancien qu'Uo-
niière et Sophocle ; car la mèie peut vivre
plus longtemps que les Glles, et prendre
plus tard qu'elles le caractère scientifique
et littéraire. Il ne serait peut-être puï iui-
possjijle de faire voir que la laojjue gri.'cque
a éprouvé beaucoup plus de révolutions,
beaucoup plus de périodes de développe-
ment , avant d'avoir atteint la [lerfucliun
qup nous lui trouvuus au temps de :>uphocU'>
f-Zi65J Rii
i, ibid.
que n'en a éprouvé la langue in'Jiflnne ju;.
qu'à Kalidaia; ce qui ne veut pas liiriiji
tout que 9'iphocte ait vécu plus Isn] ^^g
Kalidaïa. Ou ne peut donc pas sbiolairi^i
déterminer par la langue seule qD«tU[im
•voir été la durée d'une période de li [/.
matiOQ d'une langue, eu cooiiûI-od tià.:
les phases particulières.
■ il y a IncoMtesiablementDTi grand i}<|>9;
de temps entre la langue d'Homèra ti . l
langue de Sophocle; mais nous ne \mw. \
l'apprécier que très-iDif>arfaitoiiieiil,t'inL' '
en saurions eiicur» moius, si nou; iie|'.ï i
vioos le faire qu'eu uous en rapjxiil]'.
dans nos sup;iutations chronologiques,:^':.!
dilTèrences du langage (2363). « |
«Il s'agit enfin de considérer l'anliqi:'!
du caractère de la pensée indienne. lijii<i
peut dire b ce sujet ce que nous aruns a]
de l'antiquité de la )aiig<ie: ce caraclèreLi.
prouve rien par lui-même, il n'aforre!i;
preuve qu'autant qu'il peut être rapinrit.
d'autres faits établis par rhisluire.u'vsl <c
qu'il ne faut pas méconnatlre. On ni: j^U
contester, en eifet, qu'il y a (Jù a*oirèii>
l'espèce humBine,BU commencununlde: ::
développeniciil, une certaine maaim y
penser enfantine, tant que l'humanil^u'ti!
pas atteint le degré de perfeclioiintim
que nous lui reconnaissons dans Icsik'
hiiiloriques. On peut appeler antique; en::
manière enfantine de penser. Hais m\\w::
peut rester lungtemps à ce de^réduJi'.'
luj'peiuonl intellectuel, il peut ueraireq^
arriver, quand d'autres peuples en HiDUr
puis longleinps sortis. Le caractèrt île j
pensée chez un peuple ne décide doDi; r^
sur son aucieiineté. il serait iieuMino:'-
cessaire de suspendre plus loujileiiipi u
jugement sur la questitm qui nuus uccii.'<
en attendant de uouveaui renseiGiid»'^-
si le caractère de tous les écrits iiidi»^'''^
que nous les connaissons par la \nS>''A'^^
nu nuus en dispensait pa$;car iliii *
qu'un liomme a*eui,'lé par les préjUii><>l<'>
puisse nu pas recoEinatire queiesecn'SJ"
Uinduus, même les plus anciens. u^P'"^''''
pas le caractère de l'enfance. Ni-infc'"'
encore plusieurs remarques a ce W^ i"
la suite 12264]. »
Nous ajouterons h ces sages consiJ^"'!"^ ■
de Kitter, que la composition ir^u'^ d'"'
langue sanscrite |irouve sa iiiîu»eauW.i
est la seule de toutes les laugues <|ui sv-^-
dans le classement du ses lultres t:lildn>~
furiue de ses temps et de sasjulaieu.'
régularité parfaite. Or, celte réaiil»"'*^'
cuse aut yeui des pbiloJotfut^s les r'
exefcés, l'œurre d'une civilisalioa l""'"^'
tionnée et par conséquent rérenie. 11? •*
même qui doutent quo jamais eliasH'-
parlée. ,
JamBHS. Leurs livres sonialtérés (1 ij*^
queutd'authenticité-Key.PiirriWUQ™'^
prè'enlent qu'obscurité et incerliiuile.ii*'
i 11, et IHDIASISMB. — IflBiBNSdAmeMs^
de leur massacre h l'époquedo jadétu"'''
[Wii) Ibid.
WF
IKCTIONNAIRB ÀPOLOCETIQL'E.
tSF
i:3i
du Nmtmu Monde. Yoy. FkioTisMR, % lit.
INDIVIDU, élait ■bsorbé par I* wciélé
païenoo. F^y. HmlrodfMioK, | XUI.
INÊtiikLITË itans les races humaines, est-
dle «dniusibl** T Yoy. Rices BuiitMts, | 11.
INFAILLIBJUTË DK L'EGLISE. — L'ia<
faillîbililé esl une prérogaliTe mas laquelle
l'aulorilé religieuse en général serait irulle,
et ijeiieodrait au besoin tyrannique. Qo'nne
fociélà doctrinale en soil dépourrue, qu'elle
imisse sa (roroper dans les <lo)pnes qu'elle
|iro|iose et les jui;enieiiU qu'elle ))rononce,
incertaine dans ses dt'-eisions, elle ne i>ent
enraeter dans eeui qui l'éeouleronl qu'une
confiance douteuse; impossible de s'en re-
meUre i ses déânilioBs, sans inquiétude.
Après cbaeune de ses paroles, on devra se
dire : a-l-^Me raison? sa doctrine est-elle
pure ? El certes I que siguiâe celle aolorité
dont on ue peut se répondre? Que m'im-
fiorlfl ce Iribuncl dont je suis obligâ de vé-
ittler les principes etdeconlrOler lesarrëls?
CVsi une nisuTaise boussole dans un bêii-
utenl ; c'est un chef aieugle ou suspect dans
une armée; ou le laisse, et l'on s'en pas».
Ou l'ien, si, malgré l'incc-rlilude qui [irésîde
a ses pensées ; si, malgré les chances d'er-
rour ïiiij |té»ent sur ses délibérations, il
I réieiid nous assujettir forcément fc sa puïs>
i>.ii.ce, nous enctulaer impéi-ieusemeni a sa
fui , nous frapper iueiurablement de ses
aiisibèves. ses droits soat défussés, il tran-
clie Uii des|K)tisnie.
^ Tel n'est pas le tort de l'Eglise; elle ne
s'a]jj>elle |)as seulement une puissance, mois
une puissance infdillible. Croyez en moi,
d-l-clle auK peuples; puis elle ajoute ; Vous
fMUTci croire sans crainte ; le SGejilre de la
vef iié esl ferme et sûr dans mes mains ;
aucun souffle d'erreur ne saurait l'y faire
vaciller. Ainsi, tout est logique et cotnptft
dans le lan^ge qu'elle lieut comme dans
l'autorité qu'elle s'allribue.
Il r a quelque chose de plus fflorieui :
c'est qu'où ne jieut la démeulir; I infaillibi-
iiié de son pouTuir dogmatique n'est \tsi%
moins irrécusable que le fond de son pou-
voir lui-mftioe. Nous nous eu convaincrons
ta étadiantuet auguste privilège sous trois
îist>ects qui l'embrassent tout entier. L'iii-.
faiiiibilité et sa vraie iiotîob, l'infaillibitilé
et SCS garanties, l'iulaillibitilé et ses bien-
faits; on, en d'autres larmes, l'infaillibilité
gra va et raisonnable dans sou idée, éclalante
ot iïivuluérablH dans ses litres, profonde et
■ inappréciable dan$ ses raisua.H el ses résul-
tats, let estreuchaincmenl de pensées dont
xious suivrons successivement les abneaui.
Une chose frapiiaale se rencontre dans la
filu|«rtdes accusations ou des préjugés dont
i*ïs prérutpilivesde l'Ëtilise sont l'objet; c'est
qo'on eu fau&se l'idée, on en dénature U
Liotion véritable; oti les fait nj)>oser dans
Uc5 phénomènes i-Jiimériqups, en s'abossut
wu sur leur sub> tau ce elle-même, ou sur la
limite de leurs ap|>licaliODs. Et voilà que,
|isrtaot de ces données, comme si c'étaient
lies faits, tandis qu'elles sont tout simple-
i/icnt des erreur*, on s'ea prévaut |)t>ur
cenlesler ans promesses do Jésns-Chri$t
on leur valeur on Icnr 'bscssc . el à la so-
ciété doctrinale qu'il a élaulie, l'aulhenlïcîlé
-des priiilégn dont elle prétend avoir reçu
l'héritage. Héthode déplornble 1 Partir if'unit
pxnrte dé&nîllon, se prendre, non pas à des
fanlAmes mais è la réalité, voilà bien plulOl
ce qu'on devrait faire. On le devrait en
bonne logique, on le devrait pnr équité, ou
le devrait pour prévenir ou abréger les
controverses. Il en esl beaucoup , comme
t'a dit Pascal , qui ne s'élèvent ou ne se pro-
longent que parce que les agresseurs se font
illusion sur les véiités ou les gloires qu'ils
attaquent.
Ainsi, parmi ceoi qui prolestent contre
f infaillibilité de 1 Eglise, combien n'en esl-il
pas qui la comprennent autrement que TB-
glise elle-même. On supposera, par eicmple,
qu'en se flattant d'étro inraillibln, elle se
flatte d'être inspirée; qu'elle ftit , pour
ainsi dfre, de st'^ Pontifes comme auliintdo
prophëlcs; qu'ello croit Jouir en eui , k
cliaquo décision, d'un rayon surhumain nui
lui découvre des dogmes inconnus ou lui
rappelle des dogmes oubliés , qu'elle se re-
garde enfin comme un vivant SîiiM sur le-
quel, h certains moments donnés, Uicu vient
faire gronder tui-méme ses foudres, et dé--
poser encore des tables grnré:-s de sa proiire
main, Ei pourtant , telle n'est pas son idée.
Non, elle n'affîrme |ias que son auleur lui
ail promis la faveur du l'irradiation proplié-
lique ; non , elle ne se vante pas que l'Es-
firil-Ssint, en préiidani è ses tlélibératiuiis,
ui suggère des révélations antérieurrs
inouiijs , ou momeiilanéuieiil oblitérées;
non, elle ne proclame pas que, lorsqu'elle
prononce sur un point île doctrine, le Très*
Haut lui dicte de sa jn-opro voii, et par uni!
effutsioii [losilive et miraculeuse de sa lii-
niière, les articli s qu'elle rédige et les auii-
llièmes qu'elle lance. Tout cti qu'elle sou-
tient, c'est que, du moment oh elle s'occupe
d'arrêter une question dugniatique, Dieu est
au milieu d'elle, non pas tant puur la pous-
ser que pour la guider et la soutenir; il ne
lui fraya pas précisément sa roule, il la
mène et la («réserve de l'abîme; il l'empédio
de se tronqier dans l'énoacé de la foi, mais
il ne lui communique itoiiit direclemcnl cet
énoncé lui-même. Et s'il était permis d'é-
claircir le mystère des choses divines par
des Images profanes, jedicais que la grâce
qui est faite alors ft l'Eglise, c'est le frein
qui dirige et modère le coursier ; ce u'est
l<oint le souffle qui tend la voile du navire.
i-l le fait voler sur l<-'s océans pour eu élre
l'explorateur et le roi. Première observa-
lion sur laquelle nou^ devons insister; la
seusdel'iufailltbililéque l'Egtises'atlribue,
c'est une simple assistance, el non point
Diie inspiration.
Une seconde observation non Biolus im-
portante, c'est que l'Eglise ne revendique
autbenlîquement ce privilège |)our personne
en particulier ; elle ne l'itivoque, non-seule-
ment (Hiur aucun homme, mais {KMir aucune
asseutUée |>arliellu, mais poar aucune pur-
uu
m
MCTIONNAIRE iroi.OCETlQU£.
isr
l(on trello-nièine, tant quo te loul ne l'a p«s
C'mjt^tIq (le sa resjionsatiiliK^. Ainsi, un
évfiijue isolé, couronné d'un nom aublime,
doue d'une sciimce infinie, s'appelsnt Au-
Kuâltn, Bo:<sue[ ou Fé'iolon, e^^t-il infiilli-
bie? ti'in. Ainsi, le Pape est-il inJaillibla
(|unnil il s'exjirime olTicidlemonl sur un
point (le doctrine T Peut-ôlte oui; mais il
rSt encore permis de croire que non. Aiuii
vingt, treale ou quarante pontires que je
SUjpjioserni la lumière du monde, sonl-ils
inraillibles, ei leurs décrets doivent-ils étra
iduplc's I 0 ir règle de foi , lorsqu'ils n'ont
(Pas été souscrits par le reste et l'ensemble
(te l'épiscopsl calliolique? Non encore. Une
seule chusfl est incontestable, un seul fait
est unanimement avoué; cVsl que l'iarailli-
biliié sppjirii< nL à l*£^lise réooic ou Jisper-
st^e, uVsi-à-dire au corps des pasteurs, uni
è son iilu'f niiturel et su|irËme, le successeur
de l'iiTre, lo erao'i i^viJijue de Rome.
Enlint celte infaillibilité, qui n'est une
prérogative certaine, ou du moins solen-
nellement ri'Cunnuu, que pour l'eusemblo
(le l'Kijlise, ne s'aiiplii|ue pas h des abslrac-
lions uiitoloi^iiiue!', ni a des hjpoibôaes plus
ou 1110 lis idéales; elle porte, en matière de
dcfïtrine, sur des choses positives, ou, en
d'autres lermes, sur des unoses de dit. Fait
de Irndiiion : tel doçme a-l-il toujours été
cru par les aïeuiT Comment out-ils inter-
prêté tel texte (le l'ËcrilureT Fait do critique
et de comparaison : quelle est ladoclriuedo
tel ouvragoT esl-ellu ou non conforme lui
enseignements de l'Evangile et des Pères?
.Tel est le genre do débat que l'ifglise se
prétend appelée à décider sads erreur. Tout
revient pour elle à une question d'analyse
et de souvenir, c'est-à-dire è ceux de tous
les problèmes dont la solution présente or-
4ioairemenI le moins dVtuburras, et aboutit
k la plus facile comme à la plus haute cerli-
lude.
Ainsi, le privilège de ne pas sa tromper,
privilège qui ne s'exerce que sur des ques-
iioos de fait, privilège dont le bénëfice n'est
(uraQli au'du oorps entier de l'Ëglise. Voilji
Pinfaillibiliié telle que l'entend la Ibéologia
Catholiaue; elle re(X)se en cela, mais aussi
(ien qu en cela, et c'est assez d'en exposer
a notion iiour faire comprendre que c'est
|à une idée sublimti , mais grave; une
gloire magnirique, mais sobre et contenue:
une prérogative empreinte de merveilleui ,
mais d'un merveilleux discret et dégagé de
^)ut ce qui pourrait tenir d'un illuminisme
dangereuK ou d'une grandeur démesurée et
nntastique.
Sa nature décrite, il s'agit de constater
son eititeuce. Vous le comprenez, l'infail-
libilité étant un fait, il ne s'agit pas de
m'appelerà l'établir par des considérations
luélaphj'siquea. Vous ne pouvez me deman-
der qu'une démonstration de fuit, que des
(giaranlies historiques; et certes, celles-là ne
nous manquent pas. 11 en cstquatre surtout
dont je me borne à vous indiquer ks trois
(>remières.
1* O'vst l'acltt iJe (QpdatiOQ de Tligliso.
lésus-Chrisi, en l'érigeant ceiMae poutoit
doctrinal, lui a fait deux pronettts. hn-
messe d'éternelle solidarité. Qui «ou ^Hb,
n'écoute, lui a-L-il dit ; el cette piràlc it-
lendail à tous les âges. Hais si l'fi^
peut se tromper dans la fui, si elle o'eUiii,
permdtteE-moi l'expression, la véraciitn.
vante et incarnée, est- ce qu'en l'écouimH
écoulerait Jésus-Cbristl L'Homme-Diei,
e'est-à-direlavérilé substantielle, jasmin
par basard Identifié avec une soeiélé q
pourrait servir d'organe au meiiioiigel &i '
serait-il engagé à couvrir de sa rssponsiin-
lilé les arrêts d'un tribunal qai t\Kp.
cbance d'être absurde? Ainsi, par Û meh
qu'il s'en fait le garant ni pour loujoars,
par là même qu'il promet d'envisngef cooiitt
émanés de lui les décrets qu'elle doil pontt.
par là même qu'il exige pour eux le reipm
au'on témoignerait à sa profire parole, i;
éclare sutbenliquemeDl qu'il se diargedi
la rendre infaillible.
Promesse de solidarité. Proran» da
triomphe, et de triompbe immuable. Il lui
annonce que lu parla de l euftr iu prim-
dront point contre etlt.
Mais certes] pour que les pouvoirs in
ténèbres soient ainsi impuissnnli i la ritn-
cre, il faut qu'elle soit elle-même insccesiib'i
i l'erreur. Le jouroJl le géniedu n\ens<mp
aurait le secret de l'égart^r, il aursltdniîtiie
monter vers Jésus-Cbrisl el de lui dire :Jt
pourrai donc prérsloirl
2' C'eat l'alurmation même de l'Eglin'.
L'infaillibilité est un privilège tellemuii i
part, il entre si peu dans les lentatioDS d'ut
homme raisonnable de so l'attritiuer) IdtI,
il est si diliicile de se faire illusion lursmi
<:ompte, et de s'imaginor qu'on l« |<<)i!'<lc
quand on en est dépourvu, que si l'Èg\»^t
revendiquait injustement, ce sereileneL'r |
notHseulenient un acte d'erreur, mû "
acte d'impudente foïie. Et cepeudinL «iu
impudente folie obséderait, depuis tii-^ii
sièclea, la société la plus éclairvecUp^o^
honqâte qui jamais se soit ioslall^ liaiu <«
monde 1 C'est impossible.
3* Ce sont les (jeuvr«s du eatholidii».
Toutes les inerveillos qu'il a foil éclort suut
sorties de la fermeté da la foi t el la fenseit
de It foi a pris elle-même sa source <lnis
l'infaillibilité de l'Eglise , qui a élé miui ^<'
définitive la base et le principe de iw<-
Mais est-il possible qu'un si grand elToini
puisé sa sève dans une racine idéale, m^
une cause imaginaire?
Enfin, quatrième el dernier gage de i"i-
faillibililé de l'Eglise, ce sont la sages» ^i
l'banooDie de sa doctrine. Voici bieuM-
tetups qu'elle enseigne et décide ilin> "
monde 1 Que de débets elle a traucliés I V>°
de s^sièœe* et d'hérésies elle a fouunirt»'
Que de vérités elle a définies I El. <^
digne de remarque I ces différeolu oi^
lions elle ne les a faites ni dans im <a^
temps, ni daosles mêmes eontréesi"'*',
époques semblables. C'est au ^'^^^.l
cnrislisiiisioe; puia au i*. ■"*'"' ^i,«
le i'tucUaiJt du xvi' siènlt:- *^ «' *" "
iisi
UCT(0:iNAIMi APULOfi£TtQUE.
c'ert dMU lu Gjuleit e'eit eu Iulie, k
Nic4e , à Vienau . k Florencs. C'est i
rertaÎDS aïoiDeuls où lei lumières générales
fuient lirillsiites. C'est ensuite i d'autres
iDMueals où l'astre de la uience, |>lus ou
luuiuf éclipsé, laissait peser ddb nuit plits
ou moÎDs léoébreuse sur la monde. Qui le
sroirait oe|H>n(laDtT Entre tant de décrets
qu'elle a pronoucâs. «t desdalessi sé)>arées,
sur des tbéltras si divers, dans des pluis[:s
sociales si op|>osées. vous ne uirnrendrez
tii >esli((8S de fausseté, ni trace o'incolié-
rence. Tout est pur et lnot se lie. Du pre-
mier concile de Jérusalem i celui de Trente,
il s'écoule plus de (|ualorze cents sus, et les
cnseiipiL-meiitsde ces deui graudes assem-
lilées, réunis t ceux de tous les autres coi^
elles inlcnuédiaires, ue con<iliiuent qu'un
seul et ujaipiilioue stmluli-, dont les élé-
iiieats d'un c&\é, rcsseiuliltul h de l'or sans
•Iliade, d9 l'a ilri>, se ré|M>udenl, s'eocbal-
iiect. se coiBplèlenl,cuui|io&aiil un tout non
inoius b«riiionii;ui qu'uu éditice construit
«l'un seul jul avec le (ilus Jiaraioaieus eu-
sepiMe I
Kx|ili(iuez cela naturellemeDl I C'esl im-
(lossible. JndiTiduellemfnt, oous ne saroua
|ias rester eu équiliitre avec nous-uiémea.
On le Toilasnex dans notre siècle; jamais
oti ne parla plus de suite , de constance,
d'unité; jamsis on n'eo eut moins; et tel
(jaiieraule de n'avoir, en aucun temps,
wxliqué ses convictions ut ses principes, lit
jieul être déteindre et changer aux feux de
TÎogt soleils ïea nuances de son esprit et les
routeurs de sa iMinoière. ftieu n'est plus
rare pumi nous qu'une vie Tondue toct eu-
liireau moule d'une oièiue idée, et surtout
d'iuie idée pure et vraie. L'eusemlïle et l'su-
CJrd qu'uu houtrae isolé ne sait garder avec
lui-même, les curfioratioris, même tes plus
vénérables, ne savent |iad non plus le porter
dans leurs décisions et leurs doctrines. Eo'
«■i>ez, pareseuiple, de coordonner ea ua
titut irréproclMbie al logiquemeoi emboîté
toutes les lois écloses des déiibératiûua de
n>js hommes J'Kial, d'ailleurs si houorableîl
Prenez encore le» interprétations pronou'
céus par vos cours de justicf, 9iea n'est
plus ruspi-ciable assurément que la haute
uiBt;iïlniure dout elles se eouiposeot > Lk>;u-
lue ulle délibère avec dignité ! Quelle séré-
pi-é sublime et iui|«rtioîe préside h rexjiosé
cooiiue aui débais des opinions qu'elle
énouw I Comme les commentaires des loi",
auxquels délinitiv^ment elle s'arrête, sont
toujours raisoiinés gravement et puissaut-
tuent motivés 1 Et toutefois, mslgré cette
ssujeslé de reilexiou , de calme et de Ihiq
•eus, las Iribunitux kupiénies, d'une part,
vlwBcellent (tarluis dans la justiie des dvc-
lriues,dvi'aulre,nes'eulendent pas toujours
Bii daus le Biéwe rojraume ni fc la même
é|NNjueu Sur le oiême texte du code , dans
lies con.ectures et sur des faits i peu près
îdeuiiquea, ils adoptent dits sens o|i|m>5^
cl ae fHrunouceut pour des conclusions tou-
tes cfHatrsdirloires. fréqueutes et profondes
€ptr0 iu^cs coulenipoiaias, ces dit^rgeuces
le sont bien plus eDCor« quand Iss 4
s'éloignent ; et pour qui voudrait tes <«. ,_
rrr fa vingt ans de dis'aiice, les arrêts (l'u««
même cour. siirVjes mêmes matières, m
prf'senteraient mille fois séparés psr d'cf-
iroyables abîmes. Voilà l'homme.
Et pourquoi l'Eglise échappe-f-elle i tt
caractère? Poiirquni. i^parsei tous les venis
du temps et de reapa'-«, coDserva-l-el(«
celle unité de vues saines et de principes
immaculés que nulle autre société , même.'
limitée sur un point des siècles et do ':,
monde, ne peut pas reproduire T Pourquoi
tant d'esprits si divers, délibérant sur des
auestionti si différentes , jetés sur la routs
e l'hisioire i de si longs iiitervatles, for-
ment-ils un concert si mélodieux et si bien
lié, qu'il semble k l'oreille qui les écoute
n'entendre qu'une seule voix, pure comme
un écho du ciel , puissante et solenoullt
comme le bruit des grandes eaux T Ah 1 l'un
ue pourra jamais donaer qu'une explication
plausible de ce grand phénomène. C'est
que dans ce grand corps, dont les membres
suntsi délacl^ les uns des autres etsere-
Qouvelieat si souvent, circule une ime im-
mense comme l'influi, impérissable comm^
l'éternilé T Je veux dire l'esprit de Dieu ; el
c'est l'assistaocA de cet esprit sacré qui,
Kréseole en tous les lieux et dans tous les
jcs où l'Ëglise délibère et prononce, épure
et coordouae ses souvenirs, combine %vs
décisions, (ait entrer toutes ses seolences et
toutes tes définitions dans le cadre d'uu*
même fui , l'associe en un mol h l'iafailli-
biliié divine et i l'inaltérable faaripouie que
cet attribut lait régner entre tous les cuu-
seils et tous les oracles de la vérité Mhs*
taniielle et suprême.
Et ne disons pas qu'on pouvait bien part
1er d'inbillibiltté au moyen Agt^, mais
qu'aujounl'huî c'est le plus itisouteaable d<
tous les anachronisme^.
Une prért^live immortelle n'est jamais
un anachronisme. Tant que subsiste la nir
ciélé qui la reçut en parlagit , lapt que Uk
coucessioo qui la lui dispense n'a pal étâ
r^ractée, on peut eu proclamer l'existence
avec à propos et sans être rétrograde. Coiui
meqt seraisije arriéré en parlant du soleil^
tabt qu'il éclate encore et se promène d'uq
pas rojriil au Srmameut 7 Et qu'importe qiia
uutre éjioque n'y croie pas 1 Où en serait-on
s'il fall.it abandonner ce que nie cbaque
éjioque? Quand un siècle a raison, qu oii
tienuc compte de ce qu'il dément, k la bôtuie
heure 1 Uais quand il a tort, quand il a re^
poussé un fait à l'aventure et contre toute
vérité, je ne sache pas qu'il soit besoin de
participer k ses erreurs ou de se taire pour
être uD homme avaucé.
Ne disciis pas non plus : Qu'est-ce, après
tout, que l'Eglise T C'est unecéupioud'ltotu-
mes Comme les autres, peultêiru même un
iieu moins éclairés; et p'est'ij pas riitîculo
ces buuimes>lk de su prétendre ioUÎUi-
bles?
Des hommes comme les autres? Indivi
duelluuieul, oui ; couiuie t'I^llse, noo. Da'ii
1139
INF
DICTIONnAmC ArOLOCBTIQVE.
iquci onlrc de clioses sommos- nous Ici
IJlaciSs? Ce n'est plus daas l'ordre naturel.
C'est dans tin ordre à pan. 11 ne s'agit plus
de voir seulement dans le corps des pas-
leurs, des èlres isolés çl livrés sbds apj'ut
supérieur aux fluctuations de leur esprit, il
s'agit de voir des PonliTes à qui Jdsus^hrjst
a garanti qu'il serait arec eux, 'i|u'il prési-
deraii ft leurs délibérations, qu'il les ani-
TULTsit de sa propre sagesse ; ei cerles, avec
une lelle assistance , si misérables el si dé-
nués de lumières qu'on se les figure, si
itccessililes h l'erreur qu'ils soii;nl par es-
sence, n'est-il pas éTident qu'ils deviennent
sûrs d'eui-mémes? Leur union avec le Dieu
qui les lemplil et Ips éclaire, ne les ruit-elle
lias eiilrer en participaiioa de son inalléra-
ule el souveraine vératité.
Au nsie, si ce sont le des hommes comme
lus Qulros , (railez-tes donc comme vous
traitez les autres I Que vuis-je dans le
moude 1 On 7 ont des infaillibilités partout;
Dieu a moins semé d'étoiles dans l^espace.
l 'fuillibililés qui so supposent. Par exi-m-
ple, TOllJi quehmesjnrésqui assistent h des
discussions ju'liciaiies; ils entendent les
ac 'U atious et U déTense ; un instant, ils sa
retirent; ils délibèreul, puis ils rentrent,
déclarant, suivant les conclusions qu'ils ont
arrêtées, que le prévenu est innocent ou
non sur les questions qui leur ont été sou-
niisijs; et cest d'après ce rerdict qu'on
Crononce l'acquittement ou qu'on applique
I peine. N'osl-ce pas li une espèce dNn-
faillihililé qu'un leur attribue ? Inraillibilité
terrible, au bout de laquelle sont suspcii-
(lueB, cumme par un fil , la vie et |a mort
d'un citoyen, d'un frère qui peut-être est
coupable, mais pvut-ètre est sans tache.
Et comme il est des inraillibiljtés qu'un
suppose, il en est qui s'imposent. InfaUlibi-
lilé du journalisme. Est-il une seule feuille
si jeuuL' ou si caduque qui, vis-è-visdes
autres , que dis-je ? Tis-ii-vis de tuules les
BcnJéuiks, de toutes les chambres, de t-)us
les gouveriiemeiils , ne s'eiprime et ue
tranche èrec un aird'urncle? Infaillibilité
de la st;ieiice. Un géologue aura trouvé par
hMard un morceau de lossile. Qu'est-ce au
fund que ce frajjinent 7 Est-ce du rhiuocéros
ou du I liippoputumu? Il ne le sait Jtas. Du
quelle égioqne datu co débrisT II nu le suit
pas niieui. Mats u'iiuporie, il afllrmeradu
ton le plus décidé que Moïse el la Genèse
*oiit convaincus u'erreur, et gardez-vous de
le Contredire I Infaillibilité de In pliilosopliiu.
Klle est proverbiale; rien n'égale la con-
liante idolâlriu avec lequcllu ceux qui la
représentent déijienl leurs systèmes , et
malheur fa qui voudrait insinuer que peut-
élre ils se trompent 1 Oui , partout je vois
l'huiniue jnfjiiué de suu inielligencc. Il est
si loin de penser qu'elle est iuipuissantu h
rien attester avec empire, fa saisir la vérité
d'une prist! l'erme et sûre, qu'au contraire il
semble iiertout la regarder comme incapa-
ble de surjirise et d'erreur. £t pourquoi
pendant que vous prodiguuK si généreuso-
tnent riufuillibiliiéàirequi vous environne,
en étes-voiis si avares pour l'EglîieîEre
n'a cepemlant , sur ceuk qne vous en Mti
avec tant de complaisance, d'autrn jèsi>
vanlages que celui d'en être plus digue.
Et n'Jijontons pas : Comment riùprii.
Saint peut-il fitre res|)onsBbledes déââm
de l'Iîglise, quand on consiilëre cornmni.
elles se prononcent? L'Kglise est-elle dis-
persée, chaque évéque est seul; il miDm
ainsi d'aulorilé pour juger përemgKoïK-
ment la question qu'il s'agit de définir; d
comment, de tous ces suffrages solitaires ri
douteux, p0ut-il résulter un loui doulDin
lui-méiiie se fosse le garant T L'Egliso eji-
elle réunie . de tristes passions se heurtcrit
dans ses conciles; d'orageuses conlesUtioiu
s'y élèvent ; de déplorables scènes d'uigmt
et de récriminations s'y déroulent. EsMI
possible Qu'au milieu de tant et de ii
amères collisions, l'Esprit divin, mil eit un
esprit de paiii dirige les débats 1 Comment
Supposer qu'il fasse jaillir la lumière du
sein de ces nuages formés, refoulas, dàlii-
rés par rfrrtlaiioQ de ceux qui se préten-
dent ses organes t
Quelle éirange difflcuUé! L'isolement ei
\a dispersion vous embarrassent! Mais Dieu
n'est-il pas le maître des volontés liaiiigi-
nesT Ne les manîe-t-il pas fa soi gré sans
les contraindre? ne peut-il pas, sans nu-
lence et sans contrarier le Jeu qui leur eu
propre les faire concourir, d un bout i
l'autre du monde, fa une révolulino qu'il
Bimernit b voir sortir de l'unanimilédeleors
efforts? Sans doute. Et, certes, ne penl-i!
pas vis-fa-vis dos esprits ce qu'il fiil jur
rapport aux volontés ? Quelle mervefl1«qu'iri
et la, il incline un évèqne el puis un luife
du cdlé de la vérité, de manière iceqw.
dans leur ensemble, ils ne décident jiimii
rien qui ne soit juste, raisonnabi", hn^t
sur les pures traditions du catholiciiic.'
Ces prélats sont disséminés par te •nnnr.
mais que fait l'espace fa Dieu? D'uip^
fa l'autre il les atteint, il les saisit.ii^c^
maîtrise chacun en piirlicufter ; el dèfln
il est manifeste que du levant au cauclianl,
do Jérusalem è Baltimore, de Paris aiii*^
litudes de la. Alantchourie, il peu!, ai'Sii
bien en masse qu'en détail, leii pré->errT
d'erreur et faire sortir de fwurs siiBVJSts.
quoiqun isolés , une irréprochatt'e k""
tencu I
Comme In dispersion n'est pasuooliîlMle
fa hnraillibtlilé, les disjiuies plui ou muiii''
tristes, dont tes conciles iieuvunl 6'"'?
compagnes, n'en sont pas un noniiluiH
pourquoi? C'est d'abord que ces ri'iilesl»-
lions sont beaucoupmuins emportées qi "" |
lie le suppose. De toutes les assemtil^
humaines ce sont encore celles qui m ><"''
toujonrs le mieux respectées ; celles J^
l'on a porté le plus de consciwice eHlw-
négation ; celles où l'amour-propre tsicu-
M le plus généreasument le iriomji'H' 'le
.■les vues ou tes irritations de sa suueiit''"' ,
lité an triomphe de- ta lainière; celw^"' 1
fin, bù, de tout totiq)S, les débits ool j<>
plus paeitiques, lus reproches iilni^ bkw- i
1(11
x\r
UCTIONrtAntE
r^s ri mîotit roDtonus, \os éclaU plus
rares, les confcnaoccs plus s^vèremeDl
fiLuerrces. Co ancien disait qu'aulaiit il a* ait
ru (le s<(iialeurs i Borne, autani il axait
TU de rois. S'il tvail pu entrer dans un
roiicile, il aurait dit : Autant j'y ai ru de
rères, autant j'jr ai tu Je dieux. Voilà ce
i|!ii est vrai, une majeflé sublime a ^éné-
(alecDcntilominé dans ces réunions saintes,
cl si jamais elles ont été Iroublétts |>ar
linéique runfusion , je mYlonneraîs 4"^
i.->lrs délicatesse s'effarouchât de ce (u-
iinille: nos areîlles sont accoutumées è
enitnilre mieux dans le fracas de nos
a^iiaiions parlementaires.
Supposons apr^'s loul, que ces mouTS-
inruls eussent été plus profonds et ces
SièiPS plus scandaleuses; qu'importe au
résultat? Est-ce que de tous ces froisse-
ments de paroles, sans approuver les pe-
tites passiiins qui les inspirent et sans se
romjiromeltre lui-mCme, Dieu ne peut pas
f^iff sortir la rériléTVo^ez le gouTerne-
iiient du monde i certaines époques de
l'iiisloire. Les rois sont barl)art;s; les peu-
I .'-'S sont rebelles; princes et nations s'trn*
Ire-IéTorent ; la société qui les embras-
se n'est qu'un chaos d'où le sang se
Dif!e aux mines ; ce u'est pas Ik seule-
r.itul le malheur d'un royaume-, c'est ceiuj
ùe Ttngl empires ; l'untvers s'agite dans
l'ji.ardtte. Et, chose admirable! au-dessus
de ces drames désordonnés. Dieu plane, les
doniinaDl arec une sérénité loule-imis-
siriie; de tous les iociilenis plus ou moins
trafiques dont se forme celle confusion
générale, il prétend tirer un ordre de
choses loot opposé. Il le tire en eiTet, et
tôt ou tard, par un ménagement iniisîble
i::;iis rictorifui du sa providence, tous
TOjt z la i^aix et la régularité jaillir du
It-juleTerseœeiiI et de lo tempête. El pour-
fj-ioi n\-n serail-il pas dans le règne de
la f'ii comme dans le monde social T Pour-
■;u'it celui qui se sert des secousses poli-
t:qiics, du déchirement des partis et des
c'inTuIsions des Etals, pour amener le
irîcinphc de corlains principes et l'établis-
sement de certaines institutions légitimes,
ne pourrait-îl pas ss cacher sous les dis^
eussions plus ou moins aigres et les colli-
sions plus ou moi:is orageuses dont un con-
cile peut être lethéStre. pour ménager
sourdement et en déCnilîTe un triompEe
{■'.us ou moins éclatant à latérite.
Non, ces intelligences qui se choquent,
ce n'est pas de quoi l'épouvanter et le faire
Tu^r. Bien n'empêcbe qu'il ne fes couvre
Je ses ailes étendues, comme il en courrit
r> cfaaos i l'origine des temps; et, quelque
^oit le mouvement qui gronde au-dessous
le lui, il n'est ni au-dessus de sa force^ ni
n Jïgne de sa sainteté d'eu faire éclore un
uoode.
Les garanties qui assurral l'iaraillîbilité
te l'Eglise ne sont donc pas seulement
..-(alaiites; elles son! invulitérables : ni la
-I I son ni ^histoire ne pcuTent les ébranler;
t, en posant la inaiu sur le pririlége
APOUKCnQCE. ', INF rlU9
dont elles conslaleil l'existence, l'angusic
épouse de Jésus-Cbrjsl a droit de réiu^ter
cette parole que prononça le premier con-
3uérant de I Afrique, su moment où il
ébarqua sur cette terre redoutable : Ce
sol ni'apparlieDl, Terram tneo.
Mais enGn, eoaclut-<ir>, i quoi bon l'in-
faillrbilité? Quels résultais <e proinel-on de
ce prodige permanent , dont on appelle
l'Eglise à recueillir le bienfait?
A quoi bon l'infaillibilité I A sauver la
dignité de la conscience. La Térilé, comme
le dit Bossuel, est n' e reine immortelle.
Reine auçuste et légitime, reine dont le
sceptre o imprime aucun stigmate de ser-
Titude ou de déshonneur h ceux qui le
f énërent; et quand ces oracles nous arrivent
purs sur les grandes questions religieuses,
quand elle nous les fait transmet re par
un org.ine incapnble d'en altérer l'inté-
grité sainte, en les accenlanl des mains
sacrées par lesquelles elle nous les offre;,
on s'honore soi-même ; la foi devient alors
une grandenr. V'nili le bienfait que nous
apporte l'infaillibilité de l'Eglise ; par el'e
nous ne sommes plus les disciples do
l'homme, nous sommes les disciples de U
vérité même, c'csl-i-dîre de Dieu. Quelle
sublime gloire I
Et ce n'est pas une gloire qu'on puisse
mépriser impunément I L'homme n'a pas
senlemeni besoin d'aulorilé, en matière
religieuse; il a besoin d'infaillibililé; Jk
tout» force il lui en faut une; e( , s'il
repousse celle de Dieu , qu'arrivera-t-il ?
II en est qui<Ire autres qui se partagent
le monde. Infaillibilité de l'orgueil; c'esl
celle de ces hommes qui s'adorent eux-
mêmes, et qui disent arec sécheresse o\t
pitié : L'Eglise et ses pasleurs, qu'est-ce
que cela pèse auprès de nies idées ? In-
failliliilicé du dogmatisme; c'esl celle quH
la servilité de certains disciples prête it
des chefs d'école, en reflétant, le front in-
cliné devant cm, la TieiMe firmule : ifoy/-
Êlrr dixit. Infaillibilité de l'illumiiiisme;
elle règne parmi ces sectes dissidentes où
chacun se croit favorisé d'un ra^on divin*
d'une illumination miraculeuse, el joue plus
ou moins le proiibèle. Infaillibilité du des?
polisme; on la rencontre au sein de cos
éjjlises nationales, où on ne saurait sujt-
poser qu'un hommei de casque et d'épe-
rons, comme disait Bonajiarle, peut se
tromper sur des objets Ihéoiogiques, sans
être chargé du crime de lèse-majesii,',
Echap|)ez & rinfaillibililé souveraine de
IKi^lise, TOUS lombi^rez inévitablement sous
l'une ou l'autre de ces iufiiillîbilités subal-
ternes; et quelle que soit celle q^ue vous
embras<:iez, tous en serez ffélris. Sous
rinfaillibililé de Torgueil, or est puéril ;
sous l'infaillibilité du dogmatisme, on est
aduf.ileur uu crédule; sous l'infaillibilild'
de l'illumintsiDe , on est extravagant et
fanatique; sous l'infaillibilité du despotisme,
on est esclave. Choisissez!
A quoi bon l'infaillibililâl pour abréger
réiude de la religtoo cl l'ana'^j^e de sa foi?
lus IKT DHrnONNAIBB APOLOGETIQUE.
9iRS aalori(4 infaitliblo, autADt il y a ào
points st^rieuz et de Questions essentiellBi
sur la destinée de I homrue, autant pour
noua de problèmes à résoudre ; la religiou
devient alors coaime un édifice dont il faut
successivement irourar et tailler chaque
Klerre 1 Quelle OBUvre gigantesque 1 Quel li^
eur iiitermiDBble I Uais arec une autorité
infaillible, le travail est plus facile, parce
qu'il est plus restreint. Vous n'svei alors
qu'un seul point à établir, c'est que ce tri-
! bunal ne peut se tromper; nuis, comme le
-fait observer Nicole, ■ celte dilOculté résolue,
toutes tes outres le sont par le même. Qui a
trouvé cet enseignement incapable d'erreur,
a (OBt trouvé; il n'a plus qu'à le suivre :
<^eat un guide Gdèle qui cautJuit l'esprit
avec sûrfrlé dans le labyrinthe des m/sléres
Ivs plus obscurs et les plus embarrassés;
c'est une lumière qui éclaire et garantit'à
elle seule le corps entier de la ductrine; »
«'est eulin comme le centre d'un cercle de
feu I en la tenant avec force, ou lient aussi
tous Ids ra/ons qui de \h s'en vont, eu diver-
geant, éclatera la circonférence.
A quoi bou l'iuraillibililél Uais h quoi
bon, demaadtfrai-^e ; oes cours souveraiaes
dont on a deciiéqoo les arrêts seraient irré-
formabtesl tilles ont puur but comme pour
effet dt) mettre un turioo suit aui débats des
procès I sox aux incertitudes de la légis-
lation; et par ce double avantage, en Biunt
ainsi la jurisprudence, en irani;haiit avec
une uelleté di-lliiitive les droits individuels,
elles aorit uuo aauTegarde également pré-
cieuse, et pour la sécurité des intéréis pri-
vés, el {>our la paii, rhaniioiiîe, l'unité so-
ciales. L'iDr&iliibililé produit un bienfait
analogue dans l'ordre religieux. Elle prévient
ou arrête la luite et l'auarcbie des esprits
comme celles des doctrines. Oui, du moment
OÙ il existe une autorité consacrée et rlicon*
nue, une autorité dont la sagesse vous est
aulbenliijubment garantie, une autorité dout
lua déliniiions parLicipenl h la vérité même
de Dieu, l'ordre régne entre les inlelligeocei
el l'unité dans la foi; chacun l'écoute en
silence; chacun s'en rapporte pleinemeiit à
sa parole ; et ainsi devenue l'oracle univer-
sel, elle fait disparaîtra toutes les nuances
et tous les caprices d'idées, tous lesconlllis
d'opinions, toutes les dissidences de sj'm-
bote, pour conlondro toutes les Ames, par
une Vaste et unanime soumission, dans une
rasle untformité de croyance. C'est ce qui
ae voit dans le cotholiciiiue. L'Ej$lise j tient
tous les tidèl^s sous sa uiaiu, et, par une
puissance qu'ils se plaiseni i. vénérer, elle
l«s enchaîne dans le cercle invariable d'une
méiue doctrine; c'est le soleil qui retlentles
planètes captives au sein de leurs ojbites,
«tiuiLirime à leur marche cette majestueuse
uaile dont le firmament fait son orgueil.
I Renversez au contraire, je -no dirai pas
même l'autorité comme principe, maid l au-
torité comme tribunal intailUbfe) adieu l'en-
tente des espritsi adieu l'idenlité des cen-
victionsl Chacun s'en ira lo cr&iut des
croyances bpart, et jusque sur des pointaqui
V9 llii
sembleraient devoir exclure tout* e^)èce
de divergence. Il s'agira de faits bistoriqui;
il s'agira du sens h donner k quelques pu.
sages, môme clairs et évidents de eerlilot
livres sacrés. On dirait que, snr depanili
obJL'ls, le moindre disseotUnenl ert impai-
sible ; et pourtant, si vous supprimez loult
décision suprême, si vous Bbandonnezlci
réoes au caprice des inlelii^euces iDdiii'
dnelles, astres dépourvus de centre qo!,
en leur servsat de mobile, leur serve auti
de frein, elles seront ent|iorlées au baai
en mille sens divers; toutes s'isuleroul la
unes des autres, et sa précipiteront, linii
détachées, dans des roules de fnntaifie n
de contradiction. Même sur les tradiiiuu
les mieux constatées, elles seront eu uf
saccord ; môme sur les textes les moiai
«uibif^s et les plus lumineux, leors IbIët-
prétatiuns se déiDuntireQt mutuellemuil,
et, de l'ensemble de leurs vues, réiulten
je ne sais quel orageux péle-ni61e, où lu
idées les plus bizarres el les plus încompi*
tibles s'entre-cboq lie root avec fureur, et m
feront une guerre d'autant plus irrécon-
ciliahlequa toutes préteôdroal être la vérité.
El n'est-ce pas fe spectacle du proteitin-
lîsme? En se séparant de l'élise, il brin
le sceptre de l'infaillibilité csLaolique. Sur
ses ruines, il déilia ce qu'il appelait le libn
examen, el, à partir de cette loaugunliuB
fatale, c'est-b-dire dès son berceau méuie,
il se prit à déployer abx yeux de l'uDifeiJ
uue image du chaos. Chaos où l'on vil lu
fuudalaurs eux-mêmes se foudroyer nu-
tuolluiuenl, et rappeler au monde le comtul
des dieux ou plutôt des chimères; cluoi
doiil les éléments n'ont cessé, depuis ku*
époque, de se frscliooner el de se diisotiJn
en mille sectes nouvelles, et toutes tthu-
liétts les unes contra les autres; chiot «M
l(js violentes et continuelles secouvo Ml
lellemenl miné la réforme partout oit «1^
pénétra, mais surionl en Alleiuagas,i^
nulle part elle n'otfre un coin de lerregu
lie se déchire et ne s'enfonce. En vain, |>our
lui rendre quelque consistance* les rais et
les pasteurs évangéliques contrefom-ili
i'UjIise romaine, et nissembleni-ils de»
cont:iles: l'Ksprit-Saint n'est pas U. U «>!
ne fait que soulfrir et s'alAisser pluslurn-'
bleuient sous le poids de ceux ijui tenieul
de le raffermir; et princes, ducieurs, i*U'
plus, tout le monde disparaît, comme falali^
lûeul endouti dans le K^idlre de je ue iàu
quelle elTroyabla indépendance, qui s'«u
vu chaque jour dilatant ses ahliuss.
Èiidu, à quoi bon |'iufaillit>ililé T EII*
ouvro une source préi'iuuse de paix el de
sécurité murali!.
11 est dcuL sentiments bien douloureui
pouj- l'inlelligance Luiuoiuc:cesouiriudtt-
crélion de l'esi.rlt et le doute; riudtscréUuO,
qui, ne sachant prescrire autuiie borue in
curiosité, se meurtrit le frûul contre ca
questions qu'elle voudrait sonder et quelu
ne peut apf^olondir; la douta, supplie*
d'une Ame è qui le pain de la vérité iDanqu«(
et qui se lord de faim daui le vid«,coaiu>e
MU
nCTKMniAIRE
l'agile un lerpent, sods la pression inour-
irterfl il'ane machine qui pompe «on air
*:Ul. Celle double malailie n>s( pas nre
dans le moDile pbilosni>liJi]H«, el la sonf-
ff«iKei|u'ellecaDsee$i(l'«uiaiii pins cruelle,
qoe toul roo&pire à l'y déchaîner, el que
rien ne l'apiise. Ce n'est pas l'aulurité; on
la méprise. Ce n'est pas la raison; principe
du mal, el-e ne saurait le guérir.
Ohl comme on est étranger k ces an-
gnisses, eous la tutelle d'une Eglise qoi ne
|h-ut errvri ATecelIfltStrrsit-ve l'iiHJîtcrélion
qui loumieiilerail T Mais qu*a-l-ou besoin
de se lorinrer i rreuser ce que l'on ne com-
prend )iBst L*jnbillibilité de rÊfjtîse voua
en ré|>oiid areccerlilude: c'esl^ssez: l'on
ert iranquillei Serail-ce le doule uui déso-
leraii 1 Afa I je dois le dire , il est de tristes
jours où ce spectre maudît passe etre[tBSse,
dans l'âme de cetui-là même qui tient au
eaibolicinue |iar k-s nœatis les plus fermes
et tes plus siooAres : Dieu le ))ennel pour
rë|iri;u*e de sa fui. Hais dès qu'il TOit ce
gAn'n orageux sortir du fond de ^espen^él-s
qui bouillonnenl.quu fait-il7 11 se Mte de
saisir rkifsillibililé de l'Eglisp; il la jelte
ama seifl d* son esprit qui balanre, cumma
u «M aocre sslutaire ; etaussIlM il senl ses
cK-ojiDces, un luomeui agitées, se lasseoir
s'^r cl)es-m(mes. Comme il se déieml par
ti^ tootnt les doutes partis de sa iHOpre
i^Mlignce, il se protège aussi par là contre
c—tut qui iiourraieat venir du dehors. Que
d et nutties d'erreur jArsisseni dans le
iDoode, il les compara avec l'aulorilé dont
H rel6Te,e(parMqu'ellenepeHtse Iromjter,
parce qa'elle est la véiiié livanie, dès que
ces noTBteDra la loniredisent, il sait à quoi
s'ea lenir-sur leur parole, et lus repous^ie k
t'iDStant Biémeeomiuede Mnistnis météores,
AOivaiii l'expression de l'Bcrilure, (idrra
erroalM. Ainsi abrité contre toutes les causes
fnléheuresoa extérieures d'inquiétude, il
raverse la vie, sinon sans épreuves, an
uosns sans anxiété. La lenislion ne l'afflige
tas 5 «lleje berce, [lour ainîi dire, el le voilà
[•Il dort paisiblement Sur la foi de son pi-
jle,l>ieD persuadé qu'on )M.> lui fera pas
iiire fausse route, et qu'un le déposera sans
uanjuer sur le rivage auquel il aspirel
Vous le voyet , une pensée insgnilique,
ne intention profonde a dicté l'ioaugura-
on de l'infailtibilttè. En la commuoiquant
son l^lise , Jésus-Cbrist B prétendu ré-
undre k vos plus nobles désirs par les plus
obles bienfaits. Vous voulei, en étant re*
gieox, garder la dignité dé votre con-
:ie<JCe7L'inrsillibil,lé la sauve- Vous voulez
ne métbode abrégée et sOrede vousformer
ae crojanceTL'infaiUibililévousIa donne.
oxMS voûtez que les esiirils soient Hés pour
je les cœurs soient unis ?L'înfaillibililé pro-
fit celte merveille, Vous voulez entin le re-
>s «iaiislavèriteTL'inraiJhbiiiléfousIepro-
•re i |iar elle, on s'enivre de la lotuière de
\*£tÂ, cet astre iiniBDrtel, avec toul ce qua
ii|$ie prouve de calme et de délices eu se
I i^iiaiit, par delà les nuages, dans lus feux
s aoleij.
APOUKBTIQDK, MQ U49
O «00* donc, qui avez ea ta botihaor, '
jasqa'k cojnur, de vivre soumis aux déci-
sions de relise, vivox ètertMllement dans
relia dépendance; vous y ironveraz éCer^
nellenient la sécurité de la sagesMl SI vous,
qui n'auriez tenu aucun coffli>te de w»
oracles, è prése t que son infaillifaililé vsos
est démontrée. Tenez, nous vous en oon-
iurons pour vous-méntes, venez engoûiar
les avantages 1 Entrez dans celte barqne où
Jésos-Chrîsl repose; vo:re navigation par
le monde n'en sera pas uniiis iiitetligeuia,
el sera plus fortunée. Si vous devez y être
encore assaillis de quelques ouragans, ce
ne Sera plus a*ec le même ii>rt quaojoar-
d'hui. liai .tenant vous èlas biitiu iieBt-4tie
de VOS propies idées, comme |>ar dea venia
furieux ; et vous n'avrz ni i>ort aà vous
abriter, ni luoyeo de voua créer un peu de
consistance au milieu de ces vaguesemues.
Alors, au contraire, comme les disdplee
alonités, vous vous adresserez au llatira,
qui vt^uera près de tons dans la nacelle;
il comniaudera , )>ar son Eglise, aux autana
emportés, k la mrr en courroux; elA eeitu
voix louie-puissanle, l'air se calmera , le
flot retombera sur lui-même. Vous rooli-
nuerez doucement votre Iravrrsée, el l'iil»>
tant d'obscurité, de bouleversement et d'ef-
froi que vous aurez subi, ne fera que donaer
plus de cbarroes à la irsDauillile que veui
aura rendue II ptrole de I infaillibilité sa-
prème.
larAixUMUTÉ de l'esprit bonMln , on
Ïooi elle consiste, suivent P. Leroux. Tf.
aoGVis comtD
tritlNI, théorie des rapports de t'inllniM
du tioi dans la tliéodicé* fauuiani taire. Y«jf.
Tstonicia bgnauitiwk. — L'homme s'e-
levaut jus[u'à la ii<.4ion de l'infini. Fey.
SuaHiTuaiusHa, | V. -^ Intinî dans l'éteit-
dBe et dans In durée. Yow. UrsrkmK, i IIL
INFINIMENT GRAND (L'I et rmmiHBKT
tETiT. V»y. MvsTfeaa, { III.
INFUSOIHES, fint-ils le produit de U gé*
oéraiion spontaiièeT Toj/. ueiuit, fert.l, et
GinÉHinoN sroKTtata, ) I
INNOC^TS (Uassacbk hbs}. Ttf. Kai»-
SANCI OB JÉSUS^^HBIST, { II.
INQVlSlTlON. — Ne fut il pas des occa-
sions et des siècles où l'Egi se poursuivit
ses ennemis, et sortoat les hérétiques, tu-
Iremeni que par des alla thèmes T Aux coups
spirituels dont elle les avait d'abord frap-
nés, a'a-t-elte pas voulu mille fois qu'il s'«-
jouttl des peines corporelles 7 Par la veii
de aes conciles, n'a'-t-elle pas appelé sik
leurs lèles ev des exéeutioos perliculièresi
ou des rigueurs et des persécutlvos géné-
rales? Uuose plus terrible «score I R*a*
f«lle pas élevé contre eux des tribunaux
l>ermanenls et cruels; e( ces tnsitlutions
eOTayaiites, n'a-t-elle pis chai^ les mains
du ses Papes d« les bénir el de Jet eonsi-i
crer è leur berwaut Ses évèquts ne les ont-'
ils pas encoaragées de leurs suffrages et de
leurs muoiUeeitces T Sas moines n'y dgarenl-
ils lias comme juges, et ne dit-on pas qu'ils
se plaissient k martyriser les coascîeiKCSp
Itti
•IMi
.ni€1IONHAlUE APOLOGETIQUE
IKQ
rwur ledr «rracher )e socrel de leur foi reli-
gieuse, et y sBrjireiidru à fout prli des
traces il'hétérodoxieT Puis, l'interrogatoire
flcbevé, le crime établi, n'envoysit-OD pi«
les Goopables par iëgioDa bu hûcherT Et
quand les victimes brûlaient sur l'aulel,
ponlifes et religieux, n'étnietit-tts pas là,
savourant les parfums de l'holocauste hu-
oTain qu'ils présentaient h Dieu, comme si
de pareil) sacrifices iiouraient lui réjouir le
cœur et tourner 6 1 honneur de son n<mi?
En un mot, n'csl-il pas parlé de I'Inqcisitjox
dans l'hisloire?
Il y aurait, pour épuiser ce sujet, bien dei
FQÎnls à éulaircir; mais comme le fait de
inquisition d'Esjisgoe doinina tous les
eutres, c'est lui que nous nous ajiplique-
rons eiclusivement il discuter.
Je dois, avant tout, détiiiir iieltement mon
intenlion. Je ne viens pas tenter, contre ma
conscience, l'apologie de l'inouisition esfia-
gnolc. Arec cette largeur d'iiJées et de seo*
timeuts qui dominent dans notre Niècle, on
peut bieu en parler sntis cnlère et ssds iot
suites, on ne peut se décider, en luul point*
b l'absoudre. Elle fut t>eul-£Ere dans les ini-
linels et l'esprit de l'éfKique; mais il est
-Jâcheui, se dit-on, qu'elleen soit éclose et
qu'elle s'en soit pénétrée; je ne nie pas
iqu'elle «Il rendu des services, mais elle en
jiroeura lu bienfait par des moyens trop
révères ; e\, malgré les maui dont oii sup-
posa qu'elle a prévenu l'explosion, c'est
line.pag« qu'on arracherai) «veo bonheur
aux annolt^s de rbumaniié.
Unis si le CŒur se serre en la pal'COaranI,
la foi n'a pas i, en rougir. Les excès de ce
tribunal purent bien souiller dans TEglise
quelques membres isolés, dont on peut
Mire le sacMlice; ils n'atteignirent pas l'E-
glise elle-méiae; h elle, son manteau resta
pur de tout le sang que t'Espogne répandit.
Voilé seulement ce qu'il m'im|iorte de met'
Ire eo évidence; voilà aussi seulement C4
que je me pro^iose de démontrer.
El d'abord, quelle autorité prend i'inilia-
live dans rétablissement de l'inquisiiion
es|iagnole, et quel en est le premier but T
Un fait éclate dans l'histoire ; c'est que,
dans la plupart des Etats où s'insiaiia ce
tribunal, il dut sa naissance aux calculs et
aux avances du pouvoir teicporel. A Venise,
c'est par une décisiou solennelle du sénat
qu'il fut inauguré; Frédéric 11 t'introduisit
à Vadoue; en Portugal, il ne pénétra que
par Jes ordres de Jean 111. Sou oiigioe fut
la même en ËsjiagDe; il sortit pour elle et
de l'époque et du règne qui l'eniichirent du
Nouveau-^onda et ta délivrèrent déûnitive-
uicnt des iulîdèles; l'acte qui le fonda l'ut
signé par les mêmes mains qui devaient ua
peu plus lard terrasser Boabdii, et fouruir
a Christophe Colomb les moyens d'accomr
plir ses glorieuses découvt-rtes ; Ferdiiiaud V
et Isabelle, vuilft ses Téritabies inaugura-
leurs. Tout ce qui se raltacbe à cette créa-
lion sévère, ils le décrétèrent par.eux-
li26S) L'abbé Baltnii.
mêmes, ou du moins ils leprOTÔquirad»
loiJ,rs instances ; et c'est être siin)ileiuiii
t liste que d'en faire remonter llcunox.
>inaisons et i leur puissance la premim^
la plus grave respou&abilité. L'es|)nt|iÙ^ i
la partage aver. eux. Ce fut Ik unet»
pensées qnn les instincts des nationstof. '
lent dans rinlelligencedearois;lflpnisf
forma sur les bsuteuri, mais les nn
qui le composèrent étaient montées dt ft
bime. un était alors généritenieBt euï
dans la Péninsule, contre une «riih
branche de la pnpuIntioD. Déjà [ilui]ei<
corlès Avaient pri< contre elle dei oasa
rigoureuses; c'était une race impopoir*
et maudite; on n'avait d'autre vœu qutn.:
lui delà voir comprimée, nour ne )ivù<
anéantie; et en érigeant, oanslebuiilpa
contenir ou de l'éteindre, une insliluiK,
menaçante, Isabelle et Ferdinand oekt
(fue répondre au désir géoéral elcédef;
1 entraînement des peuples. CutauieiKi !>
dirait dnns notre siècle, ils 8'i[ispirèreali{<!
l'opinion, cet oracle prétendu des priDCN
celle boussole des gouvernemenli, ce Ont
dont on proclame que les pouvoirs doittm
prévenir les ravages, mais accepter le enrs.
Il est facile de pressentir qu'ayant eu d^s
princes pour promoteurs, l'inquisiliaii Hei
avoir des vues politiques pour raison. Phi
grandes époques, dit un profond publki^r
espagnol (3265), se partagent sod biiioirf
La première s'étend de la Sa do iV iiith
au niilieu du xv i', de Ferdinand V i tl-
lippell; durant cet espace, elle poarsailiD
maliométans, mais plus spéciiiemenl le
Juifs; et pourquoi T Autrefois domiuleon
tout-puissants en Espagne , les Hiirti
étaient alors réduits, mais ils o'éliientp"
chassés ; concentrés dans Grenade, ilii>
prêtaient à s'y défendre avec fureor; i
peut-être ne seraient-ils pas seuls dtei"
résistance suprême. On craigaiiic'''
Juifs, nombreux et puissants. utltufC^
lassent perfidement les mains, pOi^^P"
leur biiiie héréditaire pour les caWiilW-
S'ils le faisaient, on risquait devoiT!«P''^
longer encore indéOniraent uneguetre^w
durait déjà depuis près de builsi^':''^'^
ce fut pour prévenir cette coaliiiDO \f''-
aussi probable qu'elle était effm/ïDi^"
fut pour se soustraire aux convubioD^^'
terme dont elle n'eût pas manqué d'firi "
cause, si elle se fût réalisée, qu on su^x'^
dit sur la tête des Israélites it menace i^"
manenle et'organis^e du Gupplice;i>ii r^'
tendit, par l'effroi de la mort, iiw emp^''^
de trahir la.patrie.
La seconde époque de l'inquisitioi \i''
do Philifipe II, et s'eu va jusqu'i riiw'
ment des Bourbons. Son but, peiiilen' ^'''
période^ fut d'opposor une diguB à li''"|
sioo du proteslanlisrae, noniJasprécîM"'^:
comme erreur, mais comme Pf'"^'i''t
trouble. A ce moment l'unité calioDilf "
tait pas encore vigoureusement coui'"'
dans Ja Péninsule. L'Aragon, la «»"'«"
Il»
laCulilïenelenaiMitriiDs h Vauln qaspsr
desiKBuds flollaob et mal serrés; la miiIî-
n»n( lie leur indépendanee primitire, mal
éteint dans lenr Ame. leodaili les désunir.
A rincoDfistaaca du dedans se joignaient de
^Tes embarras au dehors- Celait, comme
l'a dit un auteur moderne (2266), c'était
l'Europe. OÙ l'on arall çk et là des années;
c'était l'Amérique, dont la conquête n'avait
rien d'affermi; c'^it l'Afrique, où les
liaaras et les Juifs, chassés par Ferdinand,
rArsieDt encore de passer te détroit et de
revenir s'abattre, comme des Tentours. snr
cette ^nde proie qu'on leur arait arracha.
Anmiliea de ces oscillations et de ces dan-
gers. Philippe crut deroir éloigner (Je ses
Etais lout ce qai pourrait fitre un élément
Doaveaa de discorde intestine, briser les
liens qu'il ebarcbait h former, bire subsis-
ter et ces tiraillements qu'il Tnuiait étein-
dre, et c« nuances et ces oppositions qu'il
aspirait à fondre, l'empêcher eotîn, par un
sarcrotl de complicaiioos, da sufOre aux
affaire» inlérieures et esiérienres qni d^k
lui pesaient sur les bras. El parce que la
réforme lui parut devoir enfanter ce mal»
benr, parce qu'il appréhendait que CHtte
hérésie o'allumAl, au cœur de son empire,
las disMOsions qu'elle srail fait éclater en
Aa^lerre et en Allemagne, et dont il avait
été liû-mém« témoin, dans ses lointaines
possessions des Pays-Bas, de li vint aa'il
éleva oootro elle une barrière formidable;
il dressa des bûchers pour éviter des dé-
sastres. Ainsi ce tribunal ne fut en Espagne
ju'une œuvre dont la politique suggéra le
rtfu, et dont l'autorité civile se proposa,
ivant lODt, de recueillir les fruits.
Je De dois pas le dissimuler : un Papa fut
ofilé i son inauguration ; mais ce concours
loJé de Sixte IV, pour une mesure tonte
>cale* ce n'est pas I Eglise entière; ensuite
: n'agit que sur les sollicitations de Ferdi-
«nd et d'Isabelle, ce qui mainlienl h celle
islilalioo son origine et sa destination
indamentalemenl politiques; enfin son in-
»rveDtion fut toute spirituelle comme sa
uiuanca apostolique, et clémente comme
>o caractère, qui fut la douceur même.
oe juridiction ecclé&iastique par son otqel,
t modérée dans ses attributions, voilà ce
d'il avait le droit de fonder pour le bien
t la foi dont il était le tuteur, et il oe Ot
is autre chose. Les procédures, les cbàti-
eots, le méesnisme et le jeu da l'inquisi-
DO, tels que les virent apparaître ensuite
: ville et âarragosse, ce n'est pas lui qui les
»Dçut et les détermina. On ne peut dire
*a plus qu'il les ait acceptés. Au moment
I paml sa bulle, ce tribunal n'avait rien
loore de régolarisé; on n'avait point suu-
is sea plans au côntr&le ponlîtical ; son or-
uisalion se dessina seuiemeut plus lard ;
daos ce travaH l'Espagne, et l'Espagne
ule, 61 tons les frais d'iaveolion; Home
le reste du monde catholique n'y contri-
èreol pour rien parleurs conseils, et l'on
ÏSM) Emdn 1-afabé Balnfa.
PacTHMHAïaa AfOhoaiTUtvs. I
DICnOKNAIBE APOUKETIQUE. INQ II»
ne pourrait le supposer leur ouvrage sans
mentir i la justice autant qu'à la vérité.
Hais si l'Eglise ne prit pas l'initialive. d
ejle ne fut pas le but principal de l'inqui-
sition espagnole, n'y exerça-t-elle aucan
miniiitèrB barbarel
A quoi servirait de nier l'évidence? Une
congrégation, célèbre aussi bien dans les
fastes du génie et de la science que dans
ceux du catbolicisme.une congrégation dont
la sève généreuse fit épanouir autrefois
Saint-Thomas d'Aquio. et qui fournit en-
core maintenant à la chaire chrétienne ses
gloires peut-être les plus brillantes, la con-
grégation des dominicains, en unmot. oc-
cujie une place considérable dans cette page
de l'histoire ; œ.-iis quel qu'ait pu être son
rêle, il faut la prendre pour ce qu'elle fut,
et non point pour ce qu'elle ne fut pas. C'est
à peine u l'on pourraitaQîrmer qu'elle re-
présente, dans retle question, (oui le clergé
d'Espagne; à plus fuite raison ne peut-on
pas dire ou'ella représente l'épiscopat ca-
tbolique. Il ne la délégua point que je sache
pour opérer en son nom ; à aucune époque,
il ne prétendit s'identifier avec L-l.e et la
couvrir de sa responsabilité. Anpelez-Ia,
pourra qae vous le fassiez dans les borneit
des laits et de l'équité, i'ordie des inquisi-
teur^ mais ne l'appelez pas l'Eglise.
Du reste, quelles étaient les attributions
Hxées h ces hommes si souvent méconnus ?
Exerça jent-ila les fonctions déjuges crimi-
nels ou de bourreaux T Décrelaieot-ils la
morti Allumaient-ils les bûchers T S'en-
itraienl-ils de la fumée et des angoisses des
auto-dft-fé , comme le supposent et quel-
ques noirs historiens, et de lugubres ta-
bleaux étalés (à et là dans nos magasins ou
nos galeries publiques? Non, ce n'est là que
du roman, c'est de la calomnie. Us n'avaient
qu'une mission théo-Ogîque à remplir; pro-
noncer sur les doctrines et décider si elles
étaient ou non conformes à la foi, voilà dans
quelles limites se renfermait leur action; ils
se bornaient à constater un fait dogmatique,
et- n'allaient pas plus loin. Je sais qu'au
sortir de leurs mains, on était saisi toujours,
et souvent mis au feu |)ar le bras séculier.
Mais ce n'est pasàeux qu'on doit demander
compte de ee supplice. Ils étaient dans la
même condition sue notre jury pour Ic^t
condamnations qu il prépare. Dans nos tri-
bunaux, il n'existe aucun lien pour les jurés,
entre les conclusions qu'ils eiprimeol et le
chAtiment qu'elle-s amènent. Quand ils ont
prononcé en conscience, les suîies de lO'jr
verdict ne las regardent plus. Si le magis-
trat 1)révarique ou se trompe <lons la lixa-
tion de la |>eine, si lajponition, déterminée
par les lois pour le délit qu'ils ont consisté,
est trop rigoureuse, ce n'est |>as leur faute ;
ils ne sont responsables' que de leur suf-
frage, et nnllement de l'erreur ou de l'ini-
quité des juges, nullement des cruautés de
la législation. Et voilà l'inquisition espa-
gnole. Les i>ominicaius et leurs assesseurs.
vm
UlCTKINNAinE
c'est Ifl jur;; le code péndl et ceui qui
rappliquent, c'étaient les {irinces et kurs
tortures; les deux pODToirs sa touchaient;
ils n'étoienl pas solirlaires; tous n'avfz paq
le droit dd fnire rejaillir sur les religieux le
sang dont se couvraient tes rois.
Outre «e ministère, le clergé d'Espagne
en remplissait un autre bien moins réprâ-
liensible encore. Celui-16 , tout en étant
légitime, était [lourlant sévère: celui-ci
était tout entier de sa part miséricordieui
et louchant : il accompaguait les condamnés
h la mort où les envoyait la raison d'Etiit.
Il alLiit, Kon pas en savourer l'agonie, mais
bien la cotisoler ; il leur adoucissait la pers-
|)(!Ciivfl itn supplice, pur des gages de pitié
fralernetio et u'onclueuses exhortations ft
l'espérance. Je ne sache pas que ce soit là
trancher de ta barbarie I ''
Peut-être dira-t-onque certains religieux
ne se sont pas contenus dans ces termes;
on citera, par exemple, Torquemada el
quelques autres dont les noms reviennent
sans cesse, avec autant de iisuvreté que de
monotonie, dans les paaipnletsl Oui, j'en
conviens, il est des noms qui se couron-
nèrent d'une triste auréole. Hais d'abord
|irenez garde de croire aveuglément tout
ce qu'on vous en raconte; et ensuite,
quand on vous abandonnerait leur mémoire,
contre qui voudriez-vous en cooclureT
Comre leurs attributions régulières? liais
ils les avaient faussées. Contre les Papes T
Hais ils en trahissaient les vues et en dé-
passaient tes instructions. Contre l'Evan-
gileTHais vous savez bien qu'ils n'en repié-
sentaieiK pas l'esprit. Contre l'Eglise? Bais
elle n'est pas plus responsable des empor-
tements de chacun de ses membres, qu'un
Etat ne l'est des forfaits de quelqu'un de
sus fonctionnaires ou de ses ministres. Enfin
contre la congrégation mémo à laquelle ils
appât tinrent I Mais des exceptions ne la ré-
sument pas tout entière. A ces nuages dont
elle put gémir , elle opposa d'immenses
splcfideurs qui les rachètent, el pour quel-
ques inquisiteurs inimodérés, nous ne de-
vons pas oublier, d'une part, qu'elle dota le
monde d'incalculables bienfaits et de subli-
mes gloires, de l'autre, qu'elle pioduisit
une foute de sainls, et lava même ses faibles
tarîtes dans le baptême du martyre.
L'Eglise, sans concourir directement aux
eiéeuiions de ce tribunal cruel , ne les
a-l-elle )ias approuvées; ne s'en est-elle
pa« réjouie ?
Que certains membres même honorables
du clergé d'Ës) sgue, séduits, emportés j'ar
l'esprit de leur temps, entraînés par Texo-
gératlon de patriotisme ou de loi , aient
accepté sans réserve l'inquisition jusque
dans ses excès; que leur sentiment ait élé
partagé par quelques hommes, jutés çft el
Ik dans tes autres parties du monde catho-
lique , Je n8 prétends point le uier. Mais
glanez lanl qu il vous plaira, vous ne trou-
verez que des sulorites solitaires. Jamais
cette opinion no fut unanime; jamais l'acte
p«i lequel l'inquisitioa fui érigée sous Ferdi-
APOLOGETIQUE. INO uq
nand, jamais surtout les procUurn doM
elle fut dotée par Torqueouda, twréiui.
renl en masse l'adhésiob des év^uei 4-
perses; jamais un concile général ue saui-
crivit h cette tnstitulioa;jamBis,eiiunniol,
elle n'('b(int l'assenlimeat et le stiBrjie
universel de l'Eglise ; sa populsritâ TuL Loult
lucale comme son eIi^tence.
Et Don-seulemeni elle ne réuml |«
toutes les sympathies; maisile nonilinuiH
désapprotiaiions poursuivirent ses rigosm
Désapprobations en Espague : on lil m
très-^ran 1 nombre d'évêques se joiadre in
Eopulfltioits pour s'en plaindre. DésipiirO'
aiioiis en France : on n'iynore pas qui Ii
plus grande part e de notre clergé s'ofluiqiii
de l'esprit sévère dont elle éiait inimét.
Désapprobations à Rome : Sixte IV, dû
1482, écrivit en Espagne pour recommciHJer,
avec d' s iustaitces douloureuses, un ii.t
moins Apre et des perquisitions luoias ir-
dentés. Douze ans plus tard, Aleiindnil
lui-niêma menaçait de deslituiiuu legnnl
orgaatsaieur de ce tribunal, s'il ne tape-
rait pas sa violence. Et penJant qu'elli
donnait ainsi de rudes Icfonsaui iuijiiiii-
leurs, la papauté faisait [larreair ies t»
seilsde miséricorde aux priâtes. Ses elllll^
talions ont constamment pour at^eldeb
renfermer dans les bornes de la juiuceei
de la clémence. On la voit a'vac éil^l diu
toutes les instructions qu'elle leur litts»
et qui contiennent, pour les décider ili
douceur, tout ce que l'Evangile préseoieilt
maximes onctueuses, de tuuctisQles fia-
boles, de miséricordieux eiemclei. li)
actions des Papes respirent les mÀinuM-
timenls que leurs paroles. CraiuL-oml'^
arrêté par l'inquisiliou, ou se rerufiti
Bome, et l'on/ trouve cette |iait(iau
liberté que l'Espagne refuse. Esl-on «oai.
Où se tourne vers le Saiut-Siége tiav
regard d'espérance; on est sur, si fsnf^
obtenir que le procès lui soit iSiiJi i
sorlirdesesmaiusou couiplétemeUdwis.
ou du moins avec une sentence lUuat; ,
et celte contiance est presque loi^jourij*»
lifiée. Le nombre des tiifortunésquirecDi-
Furent aux souverains Pontifes csliinni^''*
dAus une conjoncture, il y en cul it^^
cents d'un seul coup, et tous fureuliniio
avec ménagement. Un ne GI que leario-
{.oser quelques péuilcnccs cauuuiquts, i<
iiuis on les renvoya chez eux, réuDUuli»
avec les rois, redevenus maîtres de iec
liberté, admis à jouir patsiblemeD-ile''"''
biens, exemjitsdellétrissuratitd'i^nu'i''^''
suit pour Itur propre bo..neur, suiiP"
celui du leurs familles. Il eêl été dilt'n'<
de trouver un plus heureux [airo.i:'
N'était-ce pas là puiser, dans le ofuriJi''
piipaulé, comme une seconde naissaoRl
Je sais bien qu'A certains lolérauu eit-'''
Hies, la Gouduiie de Bome vis'i-'i)'"
l'uuvoiis parait trop ménagé.'. 1'^,"'
draienl que les Papes eus:<eiit mu ><'!''
sur la gorge dis priuces. Mais (« r."",'"
liances dos .souversiDS Punlifes taieU ' ' '
qu'elles pouvaient êlre, dans c« »fl'
VS9
MCTnwUmE APOLOCETIQCE.
WQ
I4U
difficiles el vb-A-tîs des persoiioagcs qu'elles
•UeigDaiMil. D'un e&lé, le inonde éiail i nue
époqoe de lottes , de bouillonDemiiot el de
ciiio». Partoot T fermentaient ou des dis-
seDsioos imères, ou d^a passions Tioleoles
el grosses de tempêtes. Jamais l'IurBionîe
et le concwt des pouvoirs n'araïenl é\6 plus
îneoonus, el ponrtanl plus nécessaires ponr
le tmnbeardes peuples; le moindre sarcrolt
de dirision qui fdl Tenu se jeter entra eux.
n'eût pas manqué, avec les mœars larou-
cbes du momenti d'amener on surcroît de
«laoités eUrajrantes. D'un autre côté, les
princes étaient généralement d'une bumenr
irascible; el par leur susceptibilité, cette
union, qu'il importail si fort de promoaroir,
devenait «itrémemeot facile! eompromctlre
etdil&ciJe fc rétablir. Trop de vigueur dans
lesPapes n'eût pas contribué feiUemeDt k
l'empéeliar oo h la détruire, et pour ne pas
déoouer bmlalement le faisceau on le rendre
impossible, ponr ne pas déchaîner les ora-
ges, dont no aceroissemeot ou uns provo-
ration de rupture eût été le funeste signal,
ils furent graves, mais contenus dans leurs
démarebes et leur langage. La fermeté j
respire, mais c'est une feimeté discrète et
ODclaeuse. Ils sont assez généreux ponr
saaver la gloire de la clémence et les droits
de l'humanité; ils soot assez réservés pour
n« point ajouter aux commotions de leur
sitele el aux décbirements des nations. Qui
peut Jeor en faire un crime ?
Home, du moins, n'a-l-elle pas encouragé
l'Espagne, en faiûat elle-même usage de
l'inquîsilion ?
CastTraj, Borne a Ciit usage de l'inqoi-
Blioa ; mais quelle inquisition I Ce mot ne
rend pas toujours le même son dans l'bis-
loire- Autrefois l'instilulion qu'il représente
régna dans dos provinces méridionales, elle
fui eo permanence i Toulouse, et l'on ne
voit pas qu'elle ail soulevé dans J'espril
de* peuples, ou de graves terreurs on de
Violcoles iadigualioDs. Il eu est de même
pour Bome. Ce u'esl plus celle d'Espagne;
.e n'est pas celle que nous nous figurons
^os de sombres et busses imagioaliiMiSi
le D'est pas celle que lui préitint de niaises
ït calomnieuses brochures; ce n'est pas
«lie qu'une feuille éirangire vient de lui
iupposer encore avec une brutalité rétro-
Erade (2267). Telle est sa gloire k elle, telle
!s< son excuse, qu'elle n'eut jantais k se
eproeber ni des procédés ioiqaeSt oi in
oodameatioos capitales. Elle n'employa
as U lorlare pour obtenir des aveux; les
venx obtenus, l'erreur couslalée, elle ne
I (il point eipicr par la mort. On l'a pu
ourer sévère, on ne la vil point cruelle.
M cbose est si vraie, que Galilée en parle,
u quelque raçoo, comme d'un plaisir, et
ae t'£nei/ehpédU elle-même en convient
i s'étonne, en comparant les Espagnols aux
«lieas, que ceux-là aient mis tant de ri-
ueur dans l'eiercice d'une juridiction où
ceux-ci, tes inventeurs, mettaient tant de
douetmr el tCindidgeiut,
Non, lllalie pontilicale est loin d'encou-
rager k la sévérité par ses exemples ; bien
pluiat elle contraste avec bonheur, non-
seulement avec l'Espagne, mais avec cent
autres empiras. Parcourez l'bistoiri>, s'écrie
ici l'abbé Balmès. Un voile funèbre pèse
alors sur l'Europe k peu près entière. DëD*
tous ses centres importants, des échafauds
sont dressés par les pouvoirs civils pour pu-
nir les crimes de religion. Presque partout
un est témoin de scènes qui coniristeot l'àme,
et dans cette immense atmosphère de té-
nèbres el de deuil, un seul coin do terre se
rencontre où brille un pen de soleil. On r
découvrekla vérité des institnlionsauslàres,
mais le jeu n'en a rien de terrible, pas une
sentence de mort ne s'en érhappe ; on ne
bit pas allumer un bùclier; on n'ouvre pas
unelomite. Vous respiiez un parfum de
clémence dont nul autre pajs n'est embau-
mé; je ne sais quoi d'ineffable et d'ono-
tueux vous révèle que vobs toueJi«z de plus
près k la miséricorde infinie, et si vous
demandez quel est ce nouveau Gessen
d'une uoovelle Egjnte. si vous me dites:
Quel est cet asile vénérable de i'bumanilé
méconnue, proscrite, outragée par le resta
de l'univers! Ahl vous répondrai-je avee
un saint et filial orgueil, c est le royaunu
des Papes ; c'est la cité de Pierre ; c'est
celle Bomi?, bénie encore aujourd'hui par
l'amour de toutes les nations, et célébrée
par leur unanime entbousiasme I
Voilà donc, sur le grave sujet que nous
venons de débattre , quatre uiu établis.
L'Eglise n'a poiot pris l'initiative dans l'i-
Dauwiralion de ce tribunal eu Espagne ;
l'Eglise o'j a point exercé les fonctions
d une magistrature sanguinaire ; l'élise
n'en a point approuvé oi encoure^ les
excès ; 1 Eglise et Bome, au contraire , u'r
sont intervenues que pour régulariser ses
formes, tempérer ses rigueurs, et souvent
révoquer ses sentences et sauver ses
victimes.
Si, maintenant que l*Eitlise est d^gée,
vous nous demandiez ce que nous pensons
comme observateur, du Inbonal de l'inqui-
sition espagnole, nous vous dirons qu'il y n
ici des abus fc reconnaître, des principes à
dégager, des exugératiuns k éviter el des
excuses fc produire.
, Oui, des abus à reconosltrc. Les peuples
impriment fc leurs institutions le soeau de
leur caractère. Las Espagnols ont porté
I empreinte du leur, c'est-à-dired'une nature
Apre, exigeante, quelquefois dure, pairio-
jique à l'excès , dans leur iuquisilion ; el de
là soot venus à ce tribunal trincontestablcs
abus. Abus dans la procédure ; on appelait
des témoins sans honneur, on les entendait
sans confrontalion, on les crovait sans con-
IrAle. Ou forçait les porenuàdéposer centre
les maïubres de leurs familles; oo coiiirai-
.iSfiT; Cal ■
ijMraal aashis qui cssavaii par U de laire coalre-poids aui do^cs décernés à
«in
tNQ
DlCTIONNAinE APOLOGETIQUe.
INQ
gnail Isa prévflDDs eai-mêmes & Atre leurs
proprei accosateurs. On employait, en un
mot, des procéilés souvent atroces et pres-
que toujours indigneSi pour arrsctier h\à
eonscience ou )e secret de sa pensée vérita-
ble, ou l'aveu de certains mystères qu'elle
ne recelait pas, mais qu'on roulait y lOir.
Abus niin-seulement dons les formes, mavs
dans la jtiridiction: plus d'une foison punit
des ni8]n'.>ureusdontli;s opinions poutaient
être une erreur religieuse, mais n'ëlaient
pas un altenlat social. Aims dons le diâtt-
ment:!! est bien des occasions où les détails
du supplice furent déplorables et ses contre-
coups démesurés. En on mot, l'inquisition
fut une atteinte [irofondcà l'esprit du chris-
tianisme, elle contint un outrage immense
k l'humanité, et si pour elTacer la lugubre
Sige qu'elle occupe dans l'histoire, il D'aTsit
lin que des pleurs, il va longtemps qu'elle
serait anéantie, tant l'Eglise T'a inondée de
larmes, même sans être responsable de ces
eicès qu'elle déplore I
Après les abus, k reconnaître, viennent
ita principes k dégager. Sur quoi repose
l'idée de l'inquisiiion? Sur celte maxime
^que les pouvoirs sont admis à s'entendre
pour empêcher l'irruption, je ne dirai pas
d'opinions simplement spéculatives ou do^
maliques, mais de croyances directement
et ostensiblement fatales au bonheur et &
l'ordre public, et quoi de plus juste TBn fait,
OD peut avoir iiiussé ce droit; on peut s'être
mépris sur son objet; on peut en avoir dé-
psEsé les limites, on tteut l'avoir déshonoré
pardes applications barbares ; mais en lui-
même il est certain. Evidemment, quand
des doctrines sont avec éclat immorales et
{wrturbatrices, quand elles ne peuvent
s'abattre sur la société sans la corrompre ou
sans la mettre en feu, alors môme qu'elles
se présenteraient sous le nom d'hérésies, il
est permis aux pontifes et aux magistrats de
leur opposer une digue commune ; de les
poursuivre, ceux-l^ d'onalbèmes, ceux-ci
de mesures violentes ; d'abriter enQii, sous
le double glaive de l'esprit et de Is force, la
s^urité de l'Ëtat et la paix des autels. Où
ep serait-oo, si ce droit n'appartenait pas
aux puissancea? Où eu serait-on si, pour
être inviolables, tes théories du vice el de
l'anarchie n'avaient qu'à se couvrir d'un
masque religieux? Ainsi, considéré sous
certains aspects, renfermé dans certaines
bornes, le principe sur lequel se fonda l'in<
quisition,c est-à-dire le )>rincipede la ré-
pression des doctrines anti-sociales par le
concert des deux autorités, et même {lar
des moyens de rigueur, est un principe
sege et tutélaire.
Outre les principes fc dégager, il est des
esagéraiions h fuir.
vuatre espèces d'hommes ont parlé contre
l'ioquisition. Ce sont d'abord de mauvais
Ksp»(^ols, comme Uorenle, écrivain touti
la l'ois trattreà ia patrie etiiiâdèle aux obli-
(fations de son sacerdoce ; ce sont ensuite
iHeat) U. BuiiTBoin^
desaoteors prolestao's; ce sont encore des
philosophes révolutionnaires du dentier
siècle; ce sont enfin des nllooslistes em-
portés de notre temps. Tous ont eu de
graves reproches k s'adresser ou un violeol
lanatismeA satisfaire; el soit poorsedistraire
de leurs torts, soit pour décharger leur fid,
ils se sont pris k tonner, avec l'exagéretiOB
la plus outrée contre llnquisilion d'E^
pâme.
On en a parlé comme d on tribunal (joi
faisait des victimes par milliers 1 d'un tri-
bunal qui régna des siècles, et des siècles
avec une férocité toujours uniforme, pour m
pas dire toujours croissante! d'un tribunal
qui se dresse dans le passé comme un phé-
nomène solitaire, comme une institution
ssns exemple 1 comme un iostruiuent de
mort dont rien autre ailleurs ne repiv>
duisit et n'égala les ravages I Triple erreurl
Non, le nombre des auto-da-fS ne fut pas
aussi considérable qu'on lu suppose ; sans
doute il l'aura toujours 4té trop h quelqee
chiffre qu'on le restreigne ; mais tious l'ou-
trons au moins d'un bon tiers à ce que pré-
tendent de graves auteurs. Nun,les rigueurs
du tribunal qui les prescrivit ne sont p»
allées se soutenant eu devenant plus te^
ribles. Elles se sont, au contraire, adoaciei
avec le temps ; la dernière ex^ution date
du règne de Charles H, en IISSO. Demis
cette époque on ne voit pas que la sévérilè
primordiale se soit réveillée, cl vers la fio
du dernier siècle, un ambassadeur du K-
rectoireeo Espagne écrivait ces remarqoi-
bles paroles: ■ L'inquisition pourrait éirr
citée comme un modèle d'équité IS968]I>
Non, enfin l'on ne peut dire que l'EspegiiP
seule ait ft se reprocherdes violences com-
mises et du sang répandu pour des caafi'
religieuses.
A qui tiendrait ce langage, un Espi^
ne pourrait-il pas répondre : rien D'atroat-
parable,djtes-vou$|krinq^uisitïon;wiivini
ne parlez point du paganisme, peu s'en^u^
même que de modenies historiens ae l'ei*
Gusent, et pourtant n'a-t-il pas immolé df^
millions et des millions de martyrs I Vous
vous taisez sur ce mahométisme que nous
avons chassé de notre commun contioeat:
qui ne sait cependant que ce lion giçanlej-
que a dévoré, non pas quelques individoi.
mais des peo|)ies T voyez en dts tem|>s plii>
rapproches, l'empire moscovite I Que de
malheureux son intolérance religieuse, de-
puis qu'il est debouf, n'a-l-ellepas^etéssur
la roule de l'exli? Que de soajiurs sont
morts étouffés sous le ciel sans éebo des»
désertsl Que de victimes ne verrons-noui
pas ressusciter du milieu do ses solUudes
comme d'un ve^te tombeau 1 Au scia
des Etats réformés n'esL^a pas te mêfue
sneelaclL'ï Quels décrets împiloyaiiles le»
uusiave et les Christian n'ont-ils pas fa^-
minés contre les catholiques de la 6uè>fe
et du DenemarckT Les gomarisles, enirt
mille autres horreurs, n oot-ils p«s épou-
i:s7
!:(«
DICTIONNAIRE APOUKETtOVE.
mo
I4S5
«.-irilé la Holiamiu par te meurtre de Bar-
«•■Teliil? Calvin fnt sans doute bien cléioenl
\MBT Srrrel, qu'il fil brûler, et pour tant
de prorinces quNi couvril de décombres I
En Angleterre, l'Rglise élablic nV-l<ellep«3
inscril, daas sou rode, cnnlre les papistes,
les peines les^plns bartiares, et ces diipoii-
lions presqae saiirages, ne rcruse-t-ellc pas
encore de les abolir? Il est rrai que cVsl
ufl glaire qui dort; mais c'est une épée
i|d'od gardci el qui peut au premier iostaat
rederenir boniieide. EuGn la France elle-
même ■ traversé des jours de terreur et
de erisB, qoe certains hommes appelleraient
tolonliers maintenant une époque adorable;
celle révolution, dont quelques plumes es-
saient de transformer lesbourreaus eo pro-
phëies, j'fli presque dit eo dcmi-<lieux, n'a
t-elln pas, en qnel(]ne5 mois, torturé plus
de consciences et moissonné plus de létesqae
n« l'ont bit en plusieurs siècles toutes les
inquisiiions d'Espagne etdumoodt^T Oui,
(•euplesdo Nord el du Midi, tuembres qui
^ne nous SAJOUS delà ramille humaine.
noas avons tous dans notre passé de funè-
lires souvenirs) Il n'est personne d'entre
nous qui, nn moment ou un autre, n'ait eu
goât ao sang de ses frères ; nous avons tous
ici besoio d indulgence réciproque ; ne re-
fusons pudenoos l'accorder; et n'insul-
tons pas nos voisins, de peur qu'on ne nous
iusulle plus cruellement nous-flièmes I
Enâiijil y a desexcuses & produire. L'on
ne peut complètement, il est vrai, justifier
le Irîbonal. Ûais sans nous en faire les apo-
Ic^ixles, u'allobs (tas le jnger d'unemanière
trop inexorable; rien n'efface ses torts, mais
lieaucoup de choses les aiténaeot. Il est une
cxeosedans la foi des princes; ils ont cru
qu'iosaller à la majesté de leur Dieu, c'était
un crime pourle moins é^sl à celui d'ou-
iragerun roi; renier les dnctrioes de l'Evao-
içite ne iear a pas semblé moins punissable
que ii« violer les lois de l'Etat ; c'est d'a-
l'fès celte idée que quelques-uns ont fait
iitouToir l'iaquisilioii, et certes, si c'est
U one erreur, elle a du moins je sais
i|uoi lie respectable! Elle demande pitié
|iour elle-même, et ménagement pour les
niesores qu'elle inspira. Excuse dans la lé-
gislation de l'époque. La religion entrait
«lors dans le droit pulilic ; elle faisait pour
ainsi dire giarlie do pacte fondamental.
.Wsl-il JMS concevable, a ce Litre, que les
souverains en aient châtié les apostats et
If^ eanemis, comme les destructeurs de
t'rM-dre social lui-même? Excuse dans la
ii«l(arB turbulente ou liceifcieuse des sectes.
^c* erreurs aujourd'hui |«our nous sont une
'^nlMi*w ; ellvs étaient autrefois un fana-
isme. Depuis les wanicitéens, dont la cou-
kisâle était tellement infâme el remuante
[ue IViodél-en lui-même avait cru devoir les
,u«iir. jaaqu'sui Brabançons qui ne savaient
ouciier à rien que pour f.iire des assassi-
lats oo des décombres, jusqu'aux réformés
^ui ont promené tant de désolations, des
frrds de la Balliaue aux montagnes de
llt;!v3lie, tous les IiéréiitjueB ont été, dans
le principe, séditieux et débordés ; com-
ment, h ce prix, les rois ne les auraient-ils
pas tenus pour redoutables, el intimidés
par des menaces d'accablantes rittueurs ?
Excusé dans les mœnrs el pour ainsi dira
le génie du tems. UCme au zv* siècle, on
trouve dans le monde un reste d'ignorance
et du férocité barbares; les idées do tolé-
rance n'ont pas encore brillé sur l'intelli-
gence publique ; les caractères ne se sont
)>as enlièremeni adoucis; le chrisiisnisme,
avec ses sentiments de mansuétude et d'a-
mour, n'a pas pénétré dans les veines du
cor|is social; il y a là une roideur de bronze
quft lefeu de Ia charité n'a pu encore assou-
[ilir et dissQodre; et |>artout ou s'en aperçoit
à Je ne sais quoi d'exagéré dans les eriines
dont se souillent les peuples. Etait-il pos-
sible aux pouvoirs de ne |ias participer plus
ou moins à cet esprit général, et de ne pas
op|>oser h d'exorbitants désordres des peines
exorbitantes T Ci-rles, nous le vojons par
nous-mêmes, n'échappe pas qui veut i l'io-
duencedcson époque 1
C'est ainsi que l'Église, en reconnaissant
les erreurs et les fautes que les princes ont
pu commettre dans leur sévérité contre les
sectaires, ne ferme pas non plus les jent
sur ce qui peut être à leur décharge. Elle
est compatissante pour les victimes, mais
elle croit aussi devoir être indulgente pour
lesjuges, et faire retomber, partiellement
«a moins, la responsabilité de leur rigueur
sur les lois, les usages, les convictions, les
dinicultés, les périls el les entraînements do
siècle et de la société au sein desquels iU
vécurenl.
Tant il est vrai que l'esprit d'intolérance
etd'âpreté lui est complètement incooiiut
Elle fut toujours si loin de le porter dans sa
conduite, qu'elle ne le porte pas même
dans ses jugements! Elle apprécie tout avec
clémence, et se comporta toujours arec
doDceur. Le monde a pu s'en convaincre par
des gages éclatants. La destruction de l'es-
clavage, l'adoucissement des lais el des
mœurs, la mitigationdes pouvoirs, la créa-
liou de toutes tes insttEutions bienfaisante*»
la réconciliation de l'hooime avec l'bomnae,
de la famille avec elle-même, des peuples
avec les peuples : en un mot, la révélation
de la charité cbrétienue, de la mansuétude
évangéitque avec les merveilles qu'elles ont
produites, avec la fraternitéqu'elles enfan-
tent, voilà ce que l'on doit i l'Eglise. Voilà
l'authenlique expression des sentiments
qui l'animenl. Voilà par où il faut décider
si elle aime le sang ou le bonheur de ceux
qui la dédaignent ou la mallraîlonl, cl non
point par des faits dont elle gémit, par des
rigueurs qu'elle déplore, [lar des institu-
Lious qu'elle désavoue cl dont, aprè< tout,
elle ne fut pas ptu.sraiitcur qu'elle n'en est
le panégyriste 1 Attachez-vous toujours,
pour bicu la comprendre, à l'étudier ainsi
dans les grandes réalités de son hisloirel
Gardez-vous d'accepter à la lettre el les
noires peintures qu'on vous en trace, et les
sanglantes complicités qu'on lui suppose,
MCTinTfNAIRE APOLOGETIQUE
UlE
- lit les bKrbares inspirations qu'on lui prête I
Vériliez tout arec scrupule. Discutez tout
flVec profondiiur I El vous atioutirez cODi-
tammt^ut flf>rës vos recherches, è vous cor-
vsiocre qu elle (Si moins dure que ceux
(loat l'injustice l'accuse il'éti e crunlle ; que
les pajs où elle domine le mieux sont ceux
où là liberté rèj^ne avec le plus d'empire;
que du raomenl, au contraire, où elle
baisse |>arn)i les nations, l'intolérance poli-
tique et reliRieuse y pénètre dans la même
mesure ; qu enlln elle est la gardienne de
la justice, de l'bumanité commu elle en fut
)arévélalri(;e, et qu'aucun peuple ne saurait
échapper à sa oîenCaisauie tutelle, sans
voir, un peu plus tAt ou un peu plus lard,
rorbiirsira et le despotisme reloiubitr sur
lui du toDi lieur poids, el envahir tout en-
semble et le domaine des lois et celui des
croyances. Voy. Fihatishb, j 11.
INSECTE dû à la générailon spontanée,
suivant M. Cross ; réfutation par U. Turpin.
Vojf. G<itBlTIOEI SPOItTAIffeB j 1.
rNSPlRATlON des apêlres démontrée.
V0\/, PaOPAGATIOIf DU fiBRlSTIiVtSHB, S I Ot
H. — Inspiration dus livres de Hoïse. Voy.
PiNTiTKUQi'B, j X. — L'inapi ration n'est
l>oint un carnLtère de l'infaillibilité de
l'Eglise. Foy.JW FAILLIBILITÉ.
INTËGRITË du Ptnlateuque. Voy. Pbk-
T4TKUQDB, i vil. — Inlégrité des Evangile».
Voy. EVAKOILE. S IV.
INTELLECTUEL, fruits du chnstianisme
dans l'ordre intelleclael. You. I'Introdcc-
TIOII.IXIII.
INTERPRÉTA TION MYTHIQUE de l'An-
cien Testament. Yoy. note XIII, li la Ga
du second volume. — Interprétation litté-
rale,ceqoec'esI.Réru[ation de U.Letrunne.
Vojf, CoSMOQRAPHtB.
TnTESTINAUX, sout-ilsdus à la généra-
tion spontanée ? Voy. Gitikai-non spoh-
TINÂK S II.
IHÉNÉE (Siiht}, évéque de Lvon. Suivant
M. Michelet « eu 202, suus Sévère, ssint
Irénée, d'abord évéque de Vienne, puis
successeur de saint Pothin, souBril le mar-
tyre avec 9,000 (selon d'autres 18,000]
l>ersonnes de tout seie et do tout Age. ■
[Uiit. de France, t.1, 1. 1, p. 116.)
Saint Irénée n'u Janinis été évéque de
Vienne; nul auteur aniien, nul moderne
n'en parle. Son nom n'est point inscrit
dans lo cnlalogue des fiotitifes vionnoîs.
{Hiit. de ta tainte Eglite de Vienne, par
M. CoLLOMBBT, I. I, p.ix.) L'an 177,fort peu
de temps avant qu'il mouldl sur le siège de
(«69) Ed^be, niit.actl., I. v, c. i t « Hune ul
urestiyteruni Kcdcsix [Iioc namque niuiiiis utiliiieL)
m primis libi coiamenitassenius. >
(2i70) De Vim HUitribut, c. 35, t. Il, cJilion
HJgne.
12171) Hiil. lilt., etc., (. 1, p. 167.
{«7Î) /*«., p. iëj
pourra nous reprocber d'avoir recueilli, n'Importa
d'où ils vinssRiil, les suji^is de nos accusations,
d'jà putiliés et rcfuit^s en de tiës-docieB volumes
Lyon, il fut député par les martyrs tuprèiti
pape Eleutbère, et, dans li lettre dgni n
était porteur, il se trouvait Domiaé liupK
ment prilre (2269). La notice que lûi
JérAme lui a cunsacrée ne lui donne qitli
litre de prAre de Pothin, jusqu'k ré|«qa
où elle le montre succédant a ce mirUi (t
Uarc Aurèle (2270).
Aucun ancien document ne préciKM
plus le nombre des martyrs utpfii m
saint Irénée.
II-
SaiBt Irénée éUit41 peu érodit, pen ntl^hiBOA
« Saiut Irénée, dit M. Ampère, a v]mà
foi et d'onction que de science et de [iW
Sophie.
<■ Tertullien et saint léréme ootpitli
saint Irénée une counaissauco de-t iliitm
sectes de la philosophie aolique,hieiisii|i
rieure à celle qu'il poEsé<Jait. 11 aifllip
dans ses ouvrages, avec assez peu liedi»-
cemement, auxnérésies les uoajsdetiicM
philosophiques desquelles il prélenJ kl
tirer. Cependant ou doit recounilite qa|
saint Irénée était tersé dam la lillérilun
de l'antiquité (2271).
■ Ce Père ne comprend pas toujounpu-
failement la portée métaphysique i]cii)|>'i-
nions qu'il réfute; car, il faut vousleilirt,
6 cAté des extravagances du guo$licisiiie,ii
y avait des efforts prodigieux de la jKUtr,
semblables aux efforts d'uu homme enijoiim
qui se tourne en rêvant vers li luiui^n:.
< Mais Irénée n'avait pas pour ailitruini
les plus raisonnables ou au iiioiiului>l<i
rationnels d'entre les gaostiques.
< 11 avait été provoqué à la discuttiui
par un certain Marcos , qui éliil >i"'
d'Egypte en Gaule, où il séduisait beiui'u^P
d'hommes el surtout beaucoup (lelriuem
h seà rêveries mêlées de cabale elllel>à^
gie. Ce Harcos était uu charllW «"
moralité (Sa72). ■
Nous avons h parler sommaitwul w
l'érudition et de la métaphysiquailii iti"
évéque de Lyon.
Saint Irénée érudit. Tertullien ne i'''
point expliqué sur l'érudilioD philoif^^"
de cet évéque ; ce qu'il admire, c'est ksn*
du prélat è bien étudier les novateurs qui:
réfute (2273).
Saint Jéréme, expusaut ï un aiui lo
motifs qui l'eiiipècheut de dédaigner l'us)?
de l'érudition profane, cite, il e^I ■"''
saint Iiéuée et d'autres Pères couinie i.vN'
cherché dons la philosophie la source il"
pariant de personnages que distinguent Mr uo-
teté et leur rang, et non-seuleoieiil plus .i"*"
que nous, mais contemponins des aéréu'1'^
ti'ls que Justin^ pliilosoplie et martyr; Itiliiite <
EopliiGle des Eglises ; Irénée, aularautr li n'X"
de loulM let docirina ; notie Procuhis. qn»'*"
rent sa vieillesse encore vierge el sou «lo,»*'
clirélienne. Que je voudrais Tes snivre «n m
œuvre de foi comine en celles 1 ■ U l'H^"!":
puint des doctrines de P)lkagore oa dAna**!
mais de cellca des liététiquet.
1401
IBE
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE
mr.
liH
héréne» (287fc) ; oisi:* il «e borne k constater
le (ail CD général, mus caraclériser le oiërile
JndiridaeT de chaaun de ces inTeiligaleurs.
S'il tùi cm nerTuillem ce ravoir d Irénée,
auraitHl oublié d*ea parler i Tarlicle bio-.
n'apbiqne consacré au saint éTAqae dans le
TîTre Dtt hommet itliutret (2275) 7
Il n'y aurait (tas moins d'eiagéralion i
s'eiUsier sur ce que saint Irénée cite «les
philosophes, an'k u'jr apercevoir, arec 11.
Aai|>ère, que des noms de sectes pbiloso-
(ihiques ap|iliqués sans beaocoup de dis-
cemeinenl aux sectts relixieuses. Si l'éru-
iJiliuD du préjai D*esi pas paéDoméu«le, elle
ne laisse pas d'ôtre étendue , comme nous
aIJous le montrer.
Le saint évfique de Lf on, sacbaot que les
novaieurs honorent les images et les statues
de P;tfaagore, de Platon, d'Aristote, etc.,
ticbe de découvrir les emprunts qu'ils ont
Ctils i ces maîtres. Or que remarque-
lil [^76) T
Il voii lesRnosli'iués placer i la téta des
Ages ei (les choses le B>thos ot le Sigé (la
profondeur et le iilence) ; il se souvient alors
i^u'Anaiimandre range de même k la léte de
tout l'infini; Tbalès, IVblme des eaox, et
i'autres, le silence et la nuit; ensuite, que
loas Tont Clément sortir du premier prin-
ci|>e qu'ils supposent, la foule di-s êtres
<livcrs.Où les gnosiiques STaieul-iis appris
h soumettre l'ordunaaleur du monde a la
fataJiléT 11 semble à saint Irénée que c'est
uoe opiniun puisée è l'école du sti^îcisme.
Quand ils diseni que Dieu opéra sur une
matière qu'il u'avait f>as créée , le saint
ré(>oiid qu'ils copient bien des philosophes
inciens, entre autres Platon. Ils se paruot
eocurc, selon lui, d'uo lambeau de plato-
nisuic, quaod ils affirment nue le monde
isi dans toutes st^s partits l'image d'une
nature- supérieure. Le ssgace docteur re-
xouve la lei idées archétgpes de Platon. Il
iccuse ses adversaires de travestir la fable
ie Pandore, lorsqu'ils nous moalrent le Sau-
reur que tous les temps seplaisentàtormer
:i ft embellir. A son avis, ils ont pris k
irislote l'art des subtils raisonnements; i
'jtbagore, ies nombres mjrstérieus de leurs
iiiniériques c lassitî cation s ; è Auaxilaits,
babileté à séduire par des preâliges ; aux
yuiques, l'impudeur de croire que certains
etea ne pourraient les souiller i22T7}.
Vuilj, [tour ta plus grande partie, les
^urenirs philosophiques de saint Irénée;
I sujet irt le but du livre n'eu eiigeaieul
is davantage. TuuttfoJs, ils sont assez
iHûs, ils ont assez de piquant dans lisur
ssseuiblancearec les iloutrincsdu guosli-
siiie, pour qu'on en lass^ pi us de cas que M.
a]|fëre. Oo reste d*aiilcur:i convaincu que
^2274) T. I, M. 70, p. 607, éJit. de H. l'aLbé
i^ne, U XXII oe sa l'atrologie : < Ils ont eipli-
j«;-eR de uoiubrciit lolunics les origines Je cha-
(« béréfic et luuniré de quelles fonlaiues pliiloH>-
iii>|iie» elles UéctHilCDt. ■ Quelle fui, itaiis ces sa-
KHtct recherclicii, la part bpcciate de diaciiii des
«^•rs nomniéï par saint iér6mcT e'eai <c i|iiu i-e-
li-ci u'eiplique pas. (llui., Jfiyno, oratori Rô-
les quelques réminiscences de l'évéque d«
Lyon supposent une plus vaste conoaissanc»
de ces matières. 11 ne lui aurait |ias été
possible, en apprenant cela, de ne p»s en
apprendre davantage.
Saint irémée mélaphgrieie». — Saint Irdoée
ne cbe^cba pas, sous les extrava^anetâ du
gnosticisme, lesjiensécs qui {louvaieni y être
cachées, et, i caose de cela, SI. Ampère
décide que l'évfique de Lyon n'était pas
métaphysicien. N'surait-il pas été plus na-
turel de se borner i dire que le saint n'avait
pas jugé i propos de faire delà niélapby>
siqueT Si saint Iréuée avait publié uoe
dissertation pour quelque académio des
sciences, il aurait dû, j'en conviens , se
livrer aux disquisitionsqucsouiiaiteU. Am-
père; uiais ce n'était |>as uoe érudite curio-
sité qu'il cherchait è satisfaire. U avait
devant lui dos hérétiques et descharlataus;
il songea donc k éclairer les uûn, i démas-
quer tes autres. C'est pourquoi il s'en tint
& combattre leurs doctrines telles qu'il Im
découvrait dans leurs livres, dans leurs
conversations et dans lésa veux de quelques
uns de leurs disciples couvertis (2278). Per-
sonne oe lui parle d'une sagesse enfouie
sous ces folies; pourquoi perdrait-il son
temps à l'y poursuivre? Ses adversaires oe
comprendraient rien k de telles explicaliona,
qui réduiiait i de purs symbules ce qu'ils
adorent comme des réalités. Puis, comment
Veut-un qu'il cherche un sens mélapby.<-iqua
dans ces mots auxquels chBi|uu sectaire
allache un sens religieux différent (9379)1
Saint Irénée crut que ce qu'il avait de mieux
k faire, c'était de montrer aux novaleurs
combien leurs divers articles de fui élaieat
en contradiction les uns avec les autres, ainsi
qu'avec le bon sem et l'Ecriture saîute. Il
bl de la polémique, et ne se perdit pas dans
des suppositions, des diviualioos sur la
sens vuiié et inconnu du système qu'il
réfutait.
Cette abstention de théories métaphy-
siques ne prouve donc pas de l'inaptitiida k
en concevoir, d'auiaut plus qu'en certains
endroits, spécialement dans les premiers
Lhapitres du second livre, saint Irénée mon-
tre avec quelle facilité il s'élève aux plus
hautes considérations. Ca talent du saiut
se révèle encore h nous par sa puissance
logique, par la vigueur arec laquelle il
plane sur ce chaos d erreurs gnostiques pour
tn découvrir tous les lantdme^ et y porter
la lumière; cette vigueur de vol est inima-
ginable et devient jilus étonnante quan<l
on réUécliil que ces questions de philoso-
phie et de théologie chrétienne étaieut
neuves et inexplurées jusqu'alors (^80).
La sévérité de U. Ampère contre le saint
"'(iî'.S) C. 33,
{•aie) AiMTt»* karetet, 1. 1, c %4.
(«âH) L. I. c. 8; H, c. 19, 49; m, c. 41.45
(iS78)L. I, Iet9; ). iv, prc/afio;! v. ortrAlta.
mm L. I, cl, 5. 6,7, 15, 18; I. ii. c.96;aBr-
1. 1», 69.
(2280; Bitt. lin., I. I, p. 185. — t U Détail pas
tm IRE DiCTIONNÂinE
docrear ra plus loia encore : il ne veuï pas
luJime consentir fa reconnatlre en lui une
grande scleace religieuse.
|1L
SaiU ItioAt éUlt-11 pea tbâDlogien?
« C'étaient donc les représentants les
moins respectables et les moins sensés du
gnoslicisme qui avaient déterminé saint
Irénée fa écrire contre l'ensemble des opi-
nions f^QOstiques; il n'a pas toujours traité
ces opinions arec irapartialité; mais l'im-
fartîanté est le dernir du juge, elle n'est pas
affaire du soldai. Irénée, venu assez jeune
eu Gaule, ayant eu de bonne lieure à gou-
veraerune église menacée, placé lui-tnéme
entre deux persécutions , est l'xcusatile
•l'avoir été un nomme de pratique plus qu'un
homme de théorie, un athlète plus qu'un
oavant, un apAtre plus qu'un docteur. Saint
Jérdme j'eppelle un docteur apostolique;
l'épithète modifie judicieusement le subs-
lantif (3281J. »
Nous eiamineroDS plus tard l'impartialité
de saint Irénée i bornons-nous maintenant
à parler de sa science ecclésiastique.
M. Ampère la déclare médiocre;je la crois
Irés-étenuue, quoique parfois sujette fa la
censure. Or, qui va décider entre ces deux
usserlions, puisqu'il est impossible de tra-
duire ici le traité sujet du litige?
Ce sera Bossuet. il décerne fa l'évéque
de Lyon le titre de docteur grand et illut-
tTe (2382}; il dit que les cinq livres contre
lesbétésies « sont trop forts et prouvent
trop bien pour mériter la uritique (3383) >.
Or, quand il s'agit de théologie, nous u'a-
vnns qu'ft uous incliner devant le jugement
de Bossuel.
Saint Jérôme ne le contredît pas en nom-
manl saint Irénée dtcleur apoMtotique; d'a-
bord , parce qu'il ne lui donne jamais ce
nom ; ensuite, ptirce aue s'il l'appelle hommi
upoatoljque , ce qui n est pas la même chose
que docteur apostolique, il a soin d'expli-
ri«r que cela signifie un «homme qui a vécu
at les temps apostoliques , et qui fut au-
diteur de Papiss, disciple lui-même de Jean
râvmgélisle. » Saint Jérôme était si éloigné
de vouloir atténuer par quelque épilhèto le
mérite du pontife lyonnais, qu'il déclare ses
cinq livres aussi riches de doctrine que d'é-
loquence (338i}.
M. Ailipère présente encore quelques au-
tres critiques contre la théologie de saint
Irénée.
« Desopiuionsqui plus tard, ont été par*
H<i méUpbysicien bien subtil, • répète U. Ampère
lie uiiii Irénée. Si c'est Cire méiaphysicicn subiit
i|iie de pénétrer avec paiience, furce et ctarié, pour
en moDirer les vice», jusque dans les derniers re-
coitii du labyriniUe des sygiÉmes ^aostiqiies sur
Disu et II créaiioii, saîuL Irénée l'a elé.
(2281)T.I, p. 183.
jîiSi] VI* bïtc. fur t'.innoncialion de ta lainir
Yiergt i" point.
(n83) Htmoire lur la Ubi. ecet. de Duviu. t L'on
lie peut douter, disait de saint Iréiiée Dupin lui-
même, qu'il n'aii eu uue érudiliou consomince
APOLOGETIQUE. HtE m\
fuitement formulées, qui sont dtveiiHHlM
dans l'Eglise, et contre le^iuellesil n'ipn
été permis de s'élever sans encourir une»
cusation d'hérésie, ces opinions, i l'épo^
de saint Irénée, étaient encore iDdédia,
Qottsntes. jusqu'à un certain poiot lit»
Au concile de Nicée, l'opinion deteni^
croyaient qu'on devait célébrer laPdq«ï
Quatorzième jour de la lune,... et qucsmi
renée regardait comme indifférente, full'-
clarée hérétique. Sans parler de cellnqû
a énoncées sur le Saint-Esprit, surtesnjK
ports du Fils au Père, sur l'Eucharislie,!;
que je dois laisser h l'histoire de la <logt» i
Iiqae, selon lui, Adam et Eve ont été m i
innocents et ont vécu dans un état de pit- 1
faite innocence pendant plusieurs annte.
Cette opinion, considérée poétiauem«nl,K '
manque pas d'une certaine erice; ccpe>
dant, même sous ce rapport , Te couple aJo- .
lescent est inférieur su couple coDJupl.itl
qu'on le représente d'ordinaire, et lelquc
le peint Milton. Saint Irénée croyait m rè-
gne de mille ans [228S1. >
Nous verrons art. Victoibb (saint] j II,
que, relativement fa l'époque de la célé-
bration de la Pgque, saint Irénée regirdi
Gomme fausse, mais lolérable, l'opirtioaiiai
place cette solennité au quatorzième jout
de la lune de mars. M. Ampère dit que Iti
rapports du Fils et du Père ont éié irès-mi
énoncés par le saint docteur. Pourtant mi
Irénée appelle le CamsT ■ FiLsdeDiirei
Fils de 1 homme,... Fils de Dibo falUiom-
nie,... DiKD comme son Père qui tuiidvimi
l'onction, > Sur le Saihi^Esfbit , quelleio-
décision y a-t-il fa dire que c'est ■ rEiW
de DiBU,... un Esprit éternel,... quederici
lui, comme derant te Verbe, tremble et l'bril
toute l'armée des anges;... quecelEsrnd
le Fils sont les deusmatns deDiit,te-
trices de l'homme et de toute la riiion''
« Ce ne sont jias les anges, dit î)ini(*î<i
qui ont façonné l'univers. Quel bewPViK
avait-il d'eux? Ne possédait-il pas«i^«)>t
mains T N'a-t-il pas toujours pré«oli «
VsBBB et la SiOKSSE, le Fils el l'Ësnir. P"
qui et en qui il fait tout liljremenl el il^w-
tanémenl, et auxquels il dit : Faisons I ta-
me à notre ressemblance [^sn}1*^aM'\
Eve furent-ils créés adolescents ou nu!'»'*'
Aucune toi de t'Eglite , ni du gotll tt œt
semble, ne nous oblige à préférer \'ofUi^
de Milton à celle de saintJrénée. Quioi'"
doctrine sur la présence réelle tlsns I*"-
charislio, elle est aussi précise cbei-'t"'
Irénée que chez saint Thomas uM""
uni dans te profane que dans te sieré. > ('■••f-
S29. - Voir aussi l'rfiil. lUl. de U Fww.F'"
Bénédictins, 1. 1, p. 556.) ,-
» (Îâ8*) Commenl. m ;*«iani. 1. i-iv". «■ 'î^'
ùpoit^luut leribit yrenœwi. Bilici, ad Ttiw*«*
— Saint Jérôme, ayant sous lesjeu» lonl"'""
grec de saint Irénée, a pu apprécier «iiMil
nous féloculion de ce Père de VEglise- (tp- "' I
(ÎÎMIL. m, c. 6, SO;l.iT,c. !',".'*•'■ I
G. t, 12. 28. I
ACS
_ fiMtfcif e«rpiu «I raityvit
7Airifli), el ci le niot évèque semble adowl-
re <Uiis ce Mcreiii«Dt une païUe terrestre
luire le perlie céleste iStieharUtia es dmabwê
tèua rotutOH», temma et eateati] (SSETT), OD
MDt entendre, par eetle partie terrestre, soit
es éléKeDts maléfttils qui ont rormé le pain
■t le lio, soîl les accideolt sensibles qai en
'estent. 11. Ampère ■ reisoQ de compter
«iot Irénée parmi les millénaires, il l'était
^a ce sens qu'il admetlailuDrigne temporel
lu Clirist enleuré des sainis ressuseilés;
outefois, il D« dit p«s(|ne cet étal prépara-
«ire an tmiiheur du ciel doive durer mille
los. Le milléaarisme esl le seul poiul Ihéo-
egique sur lequel la censure de M. Ampère
l'ait pas tort; elle s'est trompée sur tous les
mires, coaune sur ce qu'elle dit de la mé-
iphjsique et de l'érudition du saint. Pour
Doi, je crois qu'on doit partager TadmirstioD
le 11. Amédée Thierry ponr le Iraité eomtrt
M kéréaUM , ■ d'une si ferme orthodoxie,
.'omme il le nomme, et d'une
ari^e '£SS]. a
ÎIU.
— « C'étaient donc les moins
respectables et les moins sensés du gnnsli-
cunM qui avaient déterminé saint Irénée k
écrire contre l'ensemble des opinions gnos-
litioes; iln'spas toujours traité ces opinions
iree impartialité ; mais l'imparlialilé esl le
ievoir du jugn, elle n'est pu l'alTsire du
H>ldat. Irénée est eicusabla d'aroir été on
lomme de pratique plus qu'on bomoe de
béorie... ■
Cette assertion eiîgesit une preuve, el
)s»nd 01* laie un gr^ve anteur d'avoir mau-
|oé d'imparlîalilé, nndoit le déouuiref.
La chose était d'autant plus nécessaire
|u*oa est fort loin de croire, comme notre
iisloriea. que ce soit l'affaire du juge seul
'être impartial, et que, dans un débat, les
«rties doivent avoir de plus sérieuse oon-
idérsIiOD que ceilo de la vérité.
D'aillenrs, esl-ce que le censeur d'une
loctrin* n« s'en constitue pas le JnçeT KsI-ce
[u'ua éveqne surtout n'est pas |uge dans
et qaeslions religieuses? Double litre qui
npoaait an saint évéque le devoir de l'im-
«rlialilé.
Or, il d's a pas failli.
Jl allribueè ses adversaires des opiDioos
bsurùes; mais H, Ampère ne les appelle-t-
f pas lui-même des rxirafojfaiiCMP
Saint Irénée a dil que, par ses prestiges,
lare abusait de la crédulité des femmes ;
laïs, selon If . Ampère , ce Uarc n'était-il
as un elurlalan sans mursiité, cherchant
tromper par de véritables lonrs de go-
etetr
Saiut Irénée reproche è une partie des
Dusliqaes leurs mœuradésorilnnuées; mais
APOLOGETIQUE. IRE t46«
U. Ampère u'«-t-il pas écrilile quelqoes-ons
d'entre eui : ■ La matière était, saon eai.
si misérable, qu'elle ne méritait pas qu'on
lui résistât; c'est en lui cédani qu'ils lui lA-
moignaivnt leur mépris; ils s'interdisaient
scrupuleusement les luttes de la vertu
(3289). ■
Il esl vrai que M. Ampère a dit de qoel-
3ues autres de ces hérétiques qu'ils faisaient
ivorce avec ia matière ;■ de Ik le célibat
le phis austère; de IA l'ascétisme le pins
rigoureui cl les plus cruelles mortifica-
tions. ■ Mais saJut Irénée aussi recon-
naît, dans ce cas, leur austère continen-
ce (â90}.
Où est donc la partialité de cet évèqae,
puisqu'il n'en dit que ce qu« répèle son cen-
seurl
Uuand j'entends cet écrivain annoncer que
l'impartialité n'est point l'affaire Ju solwt,
je songe k loul ce qu'on rencontre d'inexae-
tiludes dans son livre et dans ceux de plu-
sieurs auteurs célèbres, «t je me demande
avec tristesse : Cette maxime ne nous décau-
vre-t-clle pas l'origine de tant d'erreurs dont
gémit la religion, et ces écrivains ne se sont-
ils pas cru, a litre de soldats du philoso-
phisme, dispensés d'impartialité, de véra-
cité?
Mais non, j'aime mieux regarder cette
rtiOBtion comme un de ces paradoxes que
l'imagiDalion se platt trop souvent k aven-
turer, qui l'éblouissenl , et dont ette ne se
rend point un compte sérieux.
|IT
L« pUûaaLerle de ninl Iréoie c*(-elle froide et cnellef
■ Sa'nl Irénée ne sedonne point pour un
écrivain habile... £ii effet, il ne cherche
point h plaire, mais k convaincre... Ce n'est
BIS œuvre d'arl, mais cauvre de persuasion.
u reste, le peu de traits d'esprit dont le
bon sant veut onitr sa [wlémique ne sont
l>as hcurtux; sa plaisanterie est froide, soît.
qu'il ioue sur les mots employés par les
guusliques, soit qu'il persiole l'O^oade,
composée, suivant lui, de sept esprits et do
l'esprit d'i{^oraiiec, soit que, par une simi-
liluile de furt mauvais goûl, il compare les
puissances qui produisenl sans époux aux
jioules qui («ndeol sans coq. Due certaine
allégorie satirique d'un renard de pierre lui
a semlilébiijn ingénieuse.caril la reproduit
trois fois dans le cours de son ouvrage. On
voit aussi touimenoer dès saint Irénée le
lanfjfige violent de la discussion Ihéologique.
En parlant de Uarciou, le plus intéressant
des gnosliquea. celui qu'on pouvait appeler
uu ultra -chrétien, il érhappera k l'ime
tendre de uotre écrivain des expressions
comme celle-ci : « Le serpent qui éuit dans
Uarciou a dit... ■ A prujms de celle Sophie
Achamoth, celte mère pleurante, dont les
larmes ont produit le monde, il adressa A
Sl'S adversaires une raillerie barbare i *. Vu-
1*287) L. V, e. S ; I. IV, c. M. tpttiatu, l. I, p. 368.
ttSi») aUl. 4» U GauU, etc. t. II. •. »l. — (»89) T. I, p. 181.
clait anui le bngap de Perauneder, 'Pmtrologia {iSSOf L. i, c. ôO
!4C7
IRE
MCnOHHAIBE APOLOGETIQUE.
inK
m
tre mère rmis pleurern juslement ; > mais
fi est stf le de controTersa , Iréoée tui-mânie
n'a pu s'en défendre. Ce (jui le peiot mieui,
c'est d'intprrompre la discussion par une
prièrp pour ceux qu'il combal; vraia cheva-
lerie aposto'iqua, sainte apparition delà
charité chréti^mne an miiîpu des querelles
haineuses de )a Ihéologie (âi9l), »
M. Ampère n'a point trouvé, dans l'on-
rrage de saint Iréiiée, de plaisanterie vrai-
ment piquante; M. Amédée Thierry s été
plus heureux, et il en cite (829S).
Si j'avais i examiner la valeur de ces
très-rares jeux d'esprit , je ferais remarquer
que les objets sur lesquels ils portent a^ant
))erdu leur actualité et leur intérêt, et sa
trouvant même peu connus, les plaisan-
teries qui les frappent ont en môme temps
perdu leur mordscl, de même que des
troits émoussés pour nous dans les anciens
auteurs comiques I Mais je n'entreprends
pas d'examiner si le bon Koût est del'avit
de H. Ampère ou de U. Amédée Thierry;
)e me propose seulement de monlr<^r que
ces jeux el ces épigrammes, fort mal cités,
fort mal compris par le critique, n'ont pas
la aiaiserifl qu'il leur attribue.
Saint Irénéu, se moquant dn l'Ogdoarle,
n'a pas dit qu*elU fût eompotéede itpt eipritt
€t de l'etpril d'ignoranci. Culte intention
avortée dépigramme n'est pas de lui.
On sait que les gnusiiques cherchaient
l'Ogdoade et leurs autres dogmes dans les
explications arbitraires de l'Evangile , dont
ils torturaient choque lettre, soit comme
signti grammatical, soit comme signe nu-
mérique; sur quoi saint Jréréu s'écrie:
■ Oh t qu'ils sont dignes Je pilié ces hommes
aui veulent nous expliquer par a et b par
es nombres glacés , les inexplicables mys-
tères de Is toute- puissance I .. Plus' ils
croient éioler de sagessu merveilleuse , plus
ils s'égarent. Lor&quo l'immonde esprit de
ténèbres fut sorti, el qu'ensuite il les trouva
occupés non pas de Diva, mais de vaines
questions, il prit k sa suite sept autres
démons plus mauvais que lui , et introdui-
sit cette Ogdtisde de méchants esprits dans
leurs cœurs , enflés comme s'ils pouvaienl
comprendre au delb de Dieu , et tout dispo-
sés à être trompés (2393). » Celte satirique
généalogie do rOgdoadc, trouvés dans saint
Lue {^9k) d'après le procédé même des
(jnosliques, est biiin autrement phiisanio
el heureuse que celle par laquelle M. Am-
père l'a remplacée.
Si le renard de pierrs n'amuse pas M.
Ampère, c'est que le saint évêqua n'a pas
songé à l'amuser. Saint Irénée, voyant les
hérétiques s'emparer des pnrolesde l'Evan-
gile pour fabriquer leurs systèmes, qu'ils
présentaient ensuite comme l'enseignement
de Dieu, les compare à un ouvrier aui,
détachant du portrait d'un prince les dia-
(«91) T. I, p. 185
{iS.9i) Uitl. at ta Vaale lout Cudminhlralion ro-
ntatiM, I. Il, p. S45.
(imS) L. I, c. 15.
(3394) C. 11.
maats qui la forment, an coopocnii
la ressemblance d'un animal , • d'oo dUct,
d'un renard ■, et qui dirait, parteqnem
diamants sont lir^s d'un [lortnit n^i:
a Voilà le portrait du roi I » A laioA
chapitre oui cooliant cette eomiiimi,
saint Irénee la rappelle en résumaaltM
la discussion. Or, très-âvidemm«)l,ii('ji
là aucune autre envia que celle début
une jusie el simple compar«isOD; nusi
ne s'y trouve ni slléçoria maligne, nir)-
iiard de pierre, ni tnpia répétition de m
image, par vaniteuse satisfactioa (SB
Marcion l 'ultra-chrétien enseipuii qï i
le Dieu d? l'Ancien Testament élsil tra
A cbs horribles paroles, saint lrénit,il
qui il n'était pas donné comme ï li.At
père de trouver intiresmntt celui qui la '
proférait , saint irénée, se soavieal iiitt-
mon, de ce serpent tentateur qui dinsiii
paradis terrestre accusa devant Ere la Crtci
teur de jalousie et de mensonge; il crdj
l'entendre, et s'écria que ïlarcioa iinili
été l'organe du diable , ■ que > le seipeUI
qui était dans Uarciou avait prODoncéi'
cet affreux blasphème (^96J. Js ne na
pas que ce snit trop manquer de re!|w<
envers l'hérésie que de la «roire inspim
par le démon. M. AmpèrecepeodaBtpemt
que c'est là un crime de lèse-iDdépeO'
dance intellectuelle. Hais estnl lui-utiK
plus poli 1 l'égard du saint, que lesiin
â l'égard de l'hérétique T Sainl Iréiw
nomme Uarcion l'organe du démon; an
M. Ampère nomme saint Iréuée l'or^u
■ des querelles haineuses de la tliéologit;-
l'un prête donc ses lèvres à Salau, l'autr'
h la haine ; trouvez-vuus eu cela uDegnni;
dilTérence T
M. Ampère blâme la barbarie dm
paroles adressées par l'évéque )s«>'^''
versaire^s : « Votre mère vous pieu»
justement. > L'indignatiun du crue le'
beaucoup d'honneur b sa piété iliiit;^
larmas des tnères lui sont sacri». Uii^
il n'a doue pas compris que la mère M
se raille saint Irénée n'est pas li leo^
qui mit au monde Ûarcioo; qu'elle ^>
BU coutraire, le i'ant{lme auquel les goos-
tiques donnaient ce nom de aière,ei<i'>i'
passant son temps h pleurer sans tropM'»'
imurquoi, pouvait trouver dans les Ww
de ses lils uu digne sujet de déiolii'û'''
Plaisanterie excellente , et qui oail si»-
turellement du sujet , qu'en pareille oc*'"^
rence le caustique M. Ampère lia la "''
gligerait pas.
La similitude familière lirée àeitl""^
qui pond sans coq ne plaît pasi U-^"'!
père; toutefois, Tc-rlullien , assez [)oajiii'|
aussi en fuit d'énergie e( de surcasu», n
trouvée excellente pour un» cortlro'"*
quelque peu populaire, et s'en eil «^
|oré contre les valentiuiens (Îi97j, «l'"
(S295) L. 1, c. 1.
(2*96 L. I, c. i4 ; I. iv, prtefiHo.
(a497) S.Uénéb. 1. u. C.I3; TMnii-ii',w«"
VultHlimaitot,
1119
IIIG
OICTIO.ViAlRE
jioriB i cruïre que , conTCRsbIemenI anie-
Bée et présentée, elle a son mérite.
' Cne ri'rnarqne essentielle à se rappeler
quand oo rencontre dans les écrÏTiins ec-
clésîaslii|ites quelques ironies , quelques
re|>roebi>s qui semblent trop Tioleols i>l
iroji é'oignés de celle urbanité de satire
fine et adroilenient Toilée que le monde
connaît si bteo, c'est que le Père de l'Eglise
ne^'en prend qu'ï la doctrine hétérodox^t
tandis que trop sourenl l'homme du momie
*is^ surtout k son adversaire ; de Ik une
exitéme différencH de langage : le premier
tnarclie au combat arec tout l'enthousiasme
de la Térité, et ne ménage pas l'erreur,
feniBOt tràs-bien qu'il est prêt, comme
saint Irénée, k se sacrifier pour l'errant.
tandis que l'autre est obligé de cacher sous
un masque ses raneuiies et sa haine; il
se sert d'armes en apparence plus cour-
toises, nuis empoisonnées.
I Od doit reronnAlIre qoe saint Irénée
^taii Tersé dans la littérature de l'anliquilé.
Il cite Homère, Hésiode, et bit allusion
^ Il fable de Pandore; il rile Pindar»,
comme rarsil fait saint Paul devant l'A-
néofiage; il atDrme que ce poète a dit trit-
Mtmemal; il compare ceui qui sont coupa-
hlesii'ua aveuglemect volontaire k TOfidipe
lr«gique s'aveuglani lui-même. Le grec
Iréo^e ne rejette donc point complètement
les letln-s païennes. Sur ce point ont prévalu
our i tour dans l'Eglise deux manières
f« voir opposées : tantôt elle rfpoiisse la
■ (Ki'Tatiire antique comme une inspiration
rifernata ; lantdt elle tolère la connaissnnce
le celte littérature et l'emploitr eu service
Ifts fa religion chrétienne. Il ; a d^ns l'his-
:# jredu curistinnisme, k toutes les époques,
^s repr^enlsnts de cette alliance ou de
9 divorce avec tes lettres antiques , depuis
•.s premiers temps jusqu'à Fénelon et Bos-
«.eu Féndon a voué un culte k l'anli-
ijné. La Grèce surtout enchante son imo^
iilalioD harmonieuse. Jeune, il est saisi
e l'ardeur de l'apostolat , il veut être mis-
lonnaire , mais c'est en Grèce qu'il désire
rocher l'Bvangile. Dans THémaqut, il fait
n cadre à la morale- chrélieone des tra-
itions homériques... Tandis que Bossuel
ira rudement : a ie n'aime pas les fables;
ourri depuis beaucoup d'années dans !'£-
-iiure sainte, qui est le trésor de la
^ri(é , je trouve un grand creux dans ces
-oduils de l'esprit humain et ces iîctions
e la vanité. » Bossuct, qui i<ourt.int lisait
umère. re)>rochai< sévèrement k plusieurs
t ses contemporains l'emploi de la mj-
olu^ic.Santeutl futubligé de faire amende
(S9S) Hiii. //«-, etc., 1. 1, p. 167. — L'«sKli-
•t« eu beaacftup trop n^îgee dans ces exiraiis
« leures IM ci IGS â SanWiil. Ainsi, dans ta
'O*, an lieu d« b Kroode citation de H. Ampère,
' lii : ( Je m'en vjis pré|nrer tes voies k uoire
APOLOCETIOllE. inE IITO
honorable, et Bossuel, que seand«lt.saient
les beaux vers de l'art poétifpu en faveur
des fictions païennes, s'écria : ■ J'es|)ère
que cet exemple ramènera notre illustra
Boileau. ■ Irénée, ainsi que In plupart dea
Pères grecs , dnns le débat qui partage II
littérature ecclésiastique, était donc du cAlé
de Fénelon (22981. >
H. Am[ière consent donc enfin k recon-
nnttre un mérite dans saint Irénée, le guAt
des lettres profanes . mérite assez mince
dnns un Père de l'Eglise auquel on refusa
In doctrine; mais n^mporle, je recueille
avec empressement ce mot élogicux.
Toutefois, quand saint Irénée ciie Pin-
dare, ce n'est pas ft l'exemplu de saint
Ps'jI, puisque saint Paul n'a jamais cité
le lyrique grec. Ce fut un vers d'Aralut
que l'Apôtre rappela dans sou discours
à l'Aréopage : ■ C'est en Uieu que nuos
avons la vie, le mouvement et l'être; et,
comme quelques-uns de vos poêles l'ont
dit, nous sommes de la race de Dieu
même (2299). ■ Or le pns-age auquel saint
Paul fait allusion se lit au commencement
du poème d'Aralus sur /MpA^nom^RM (2300).
Si l'on a [arfaitement raison d'altribuer
à saint Irénée une grande connaissance de
la littérature antique , on se trompe quand
on range Bussuet parmi les adversaires
de rantiquilé. La seule chose que Bossuet
repoussât, et encore avec quelque con-
de»cendsnce,c'étoil l'usage de la mythologie
dans la littérature chréîi nne, mais non
l'étude et l'imilalion des i>nciens : distinc-
tion entrevue par U. Am|>ère , mais i
l8i|uelle il ne s'e«: vas attaché.
Il suffit de jeter un mup d'œil snr les
notes marginales de VBiitoire vwistrieUt
de Bossuel, de- ses Pauéf thriiimut,
des Irailés Du libre arbitre, de ta Comédie^
de ta eotmaitiance dn Die» tt de Moi-menu ,
etc., pour comprendre avec quel soin l'é-
vèque de Hoaux avait étudié et se rap>
pelait les chefs-d'cuuvre des siècles passés.
Lisez enrore sa lettre au pai>e Innocent
XI, relative h l'éducation du Dauphin, tils
de Louis XIV, oii sont passés en revue
les auteurs et les méthodes adoptas pour
celte éducation.
M. Ampère oublie tout cela quand il
nomme Bossuet i>anni ceux qui •nt fait
divorce avec lei lettret antiqutt L'anecduto
sur Saoteuil, que M. Ani])ère se plaît k
répéter (230l) conlirme ce que nous disons.
Bussuet ne détourna pas Saoleuïl de la poésie,
mais' seulement le dissuada du choisir lea
faux dieux pour objet de ses chants. Il
□e faut pas non plus prendre trop k la
lettre ce que H. Ampère raconte de l'a-
mende honorable exigée de Sauteuil. Ce
|ioëte, ne dé|teodanl |>«s de Bossuet, nV
Tait aucou pardon \ solliciter auprès de
illustre Boileau. »
(»99)Acl. nMf.xvit,i8. .
iS300) VAÎr dan* Lmuns, eollecUM des P«M«
faitRi mwra, I. VI, p. I : Aoi 9"** ''^«*-
^1) T. 1, p. 331, ëlade sur AinoBc
1(71
me
DICnONNAIREl APOLOGET[QUE.
[VI.
Siiol-Irinda Klln-t-ll le pip«
IRC
Eleotbin àa n
lui. Voici U fait. Santeuil, ajant su que
i'évdque de Mesui i/siiprouvotl pas ta m;-
ItioloRÏe du paëme intitulé Pomona in agro
Ffria/i'cKfi, composa une sorte de palinoilie :
Poeta chriitianuê. Ea lôte sa trouvait une
vignette qui représentait l'auteur faisant
tmeode honorable aux pieds de Bossuet.
Ce De fut qu'une originalité de plus
(le ce poète , comme quand il eoToyait Bos-
suet à Pathmos recommeacer son apoca-
i/pse.
Au reste, si Bossuet détotirnalt ses con-
temporains de ressusciter dans leurs rers
les vieilles fictions mythologiques , avait-il
donc bien grand lorlT Cette opinion n'esl-
elle pss celle qu'un siècle et demi plus
tard devaient isire préilomiuer MU. de
CtiAteaubriund , de Lnmartine et Ampère
lui-mftme, nussi mal converti que Bossuet
par Iti btaux vtrt dt VKr\ poétique <n fa-
fffur dti ftcliom paiennet (2302) ?
Bossuet mettait, d'nîMeurs, quelque res-
Iriclion è sa coiitlamnstion je l'emploi de
lit iiiytholoijiu : a Lorsqu'on est convenu,
<ilt-il, de s'en servir comme d'un langage
liijuré, pour exprimer d'une manière en
quelque fiiçon plus vive eu que l'on veut
faire ectemlre, surtout nus personnes ac-
coutumées h te la 'gage, ou se sent torcé de
faire grâce au prjële cliréticn, qui n'en usu
ainsi que par une espèce do nëcessité.
tis craignez dune point que je vous fasse
un procès sur votre livre (23034). » C'est
il santeuil que s'adressait l'évëque de
Meaui.
Bossuet n'a donc pas éi& plus que saîoi
Irénée ennemi de la littérature encieona.
Entre ces doui grands hommes il a paru,
à chaque époque, selon M. Ampère, des
ChrâticDs antipathiques aux chefs-d'œuvre
littéraires du paganisme. Gela sa peut, et
il n'est pas besoin, chez certains esprits,
(l'èlre chréiiena pour les repousser. En
plein xviii' siècle, le plus éloquent des so-
phistes a'ghl-il pas écrit que les belles-lellrea
et les beaux-arts étaient les corrupteurs de
l'homme, et ne s'estil pas rencontré une
académie pour le couronner.
Il semblerait encore nue M. Amtière
n'aurait pas dâ rendre I E^jUse solidaire
(les diverses opinions émises par les Cli ré-
tiens sur les lettres et les sciences; car sa
remarque aboutit à uuo contradiction.
Comment peut-il dire que tantôt VEgtùe
rtpouue ta lillérature antique et i\ue tantSt
tih la tolère, puisqu'il ajoute tout de suite :
« Il y a dans l'Iiisioire du christianisme, d
fffuteiiM^pofuH, des représentants de cette
alli.iiice on de ce divorce avec les lettres ? ■
L'Eglise n'avait donc point d'opinion litté-
raire, et elle admettait près d'elle tous ses
fils, sans s'occuper do leur manière de
penser sur Virgile et Horace.
(«508) fli»/. lill.de la France ataut Uni' iiide, icurci d'où H. Ampère a tiré les lif»c* eu'il » •"■
t- i. c. «, Hir Ainoiie. p. iSO, eu-.; i. Il, c. 6, sur devoir aliënr, coiuuic nous l'avo« lUàttùiat-
saint Aïil, p. iOU. «„Br
(230Î-4) Letira «l-, à SxHtevit. U'csl une îles
Les rapports du mootanisme avec la pU-
losophiesloïcienne,ai admirée des occidto-
tbui, dit M. Am. Ttiierry, attiraient k loi
beaucoup ds nobles âmes, et il fallait qK
la pente fût bien glissante, puisque Terlsl-
lien n'jr sut pas réisisler. Ifootanus, excoo-
iDuniâ par les Eglises d'Asie, étant tcdoî
Rome, l'évéque de cette ville, Ëlealbèn,
non-seulement l'admit dans sa communiai,
mais parut disposé à lut livrer des letlm
de psis, portant invitation aux orientin
de se réconciliaravec lui- C'était un scliisn
qui se préparait. Les ëvëques do t'A»
Uineure, avertis à temps, s adressèrent i
leurs compatriotes Irénée et l'otfiin, la
Priant d'intervenir auprès d'Eleultière. d*
avertir de son erreur, de prolasler mène,
au besoin, contre sa conduite, an nom de
l'église naissante des Grecs. (EusiBi, r, 3-,
■ C'est h ce petit concile (au« Chrétitat
prtMonnieri pour la foi], tenu sous les »w-
roux, quePolhin et Irénée communiquèrent
la lettre qu'ils avaient regue des Eglisa
d'Asie et de Phryeie, au sujet de Hontanuj
et de l'appui [irète h l'hérésiarqoe par l'ëri-
que de I Eglise romaine. On n'ignonrl i
Lyon aucun de ces faits ; on savait sue àtt
lettres de paix avaient été délivrées a Uoo*
tanus (Terlull., Ado. Prax., édit. Rigilt^
1675), et qu'une prompte et vigoureose pre-
leslation pouvait seule empêcher le scfaisor
d'éclater. L^s confesseurs arrfilàrent doot
qu'il serait écrit aux orientaux pour ap-
frouver leur conduite, ut au peps de B<HBt!
ce mot était alors synonyme d'évAjw]
poar l'avertir fraternel lameot et lui de-
mander le retrait de ses lellres de paii. Og
conçoit que saint Irénée fut clisi^ ife J>
rédaction de ces dépêches, qui etigaMoi
une plume exercée à la controversfj il est
certain, du moins, qu'on le choisit f<oai
iiorlerft l'évéque de Rome celle qui conlfcaail
les remontrances (Hieron., Script. etHtt.).
et y ajouter, au besoin, des explicatiotis
verbales. Un billet conçu en ces termet
l'accréditait près du chef des Chrétiens â*
la ville élernelle : ■ Nous te souhaitons, A
< frère Eleuthère, pour toujours et en louto
■ choses, joie et bonheur en Dieu. Nous t.*
« recommandons noire frère el collège
a Irénée. porteur de cette lettre, comme lu
• homme plein de zèle pour le Testament
« du Christ. S'il était nécessaire d'iuvoqur*
« d'autres droits auprès de loi, nous telt
« recommandeiious comme prêtre de no:re
> Eglise, car telle est saqualité (Eosàw, >.
■ IV.) ■ Irénée partit immédialcmeui pob'
l'Italie, où SB mission ne fut fins ifans ré-
sullat. D'autres considérations fortilién-ol
encore la démarche des martyrs lyonuaisit
rarguinenlalion savante de leur inteqtrèiir.
ttlE
DrCTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
me
ini
lUllière, rBinené aux principes d'une
Dplëte orthodoxie, réroqua tes lettres de
I Jéii remises, et excomniuDÎa Monla-
t. Selon Tertullien, Praiéas exerça unn
luence non moimi puissante sur l'esprit
:ieullière (Teetcll.. Àdv. Prax., 591) :
fut uD coup mortel porté par t'Ej^lise
tsanle des Gaules k l'hérésie dangereuse
e les orthodoxes appelaient la Aiussa
i(.hélie (2305). •
.» monlaiiiime d'Eleuthère sera sans
utfl hien risirement atteste par tes an-
D$ documents, puisque les (ianles et
fie s'en étaient, Jit-OD. inquiétées, et
s M. Ara. Thierry a pu recueillir tant de
-ieui détails qui s'y rattaclii'nl.
Si, oCt voit-on que les orientaux aient
il à leurs frères de Ljron relalÎTOEuenl à
terreur iJe l'évéque de RomeT NuDs
ri. Il n'est pas oiéme dit iju'uue lettre
t venue loul exprès aTerlir les Gaules
I (roubles de la Piirvgie au sujet de Mon-
)ù ïoit-on que les éptlrcs des marijrs
innaij et le Toyai^e de saint Irénée ait'iit
(Kjurliul de rappeler un pa,ie à l'orlho-
lie? Nulle i.arl. Saint Jérûuio ofllrme
iltmeal ■ qu Irénée fut délé{$ué par les
iriyrs pour certaines questions ecclësias-
\m (2307J ; ■ cl, d'après EusËbe, plus
\\M\t, les lettres dont il était porteur
'lient «ô écrites è l'occasion de» dissen-
'Uit qui partageaient les Phrygiens en
I') et en adversaires de Hontaii. Pas un
Uiurla nécessité de convertir le Pope.
% voj|<on, enOn, qu'£Ieulhëro fut mon-
11516 !
>l. Am. Tltierry a cru le lire dans le Irailé
niODtaniste Tertullien contre Praxéat.
ici le passage : « Au moment oùrévë<i^uc
Rome reconnaissait enfin les prophéties
Uontan, de Prisca et de Maiimille, et
mail, par suite do celte approbation, ta
I aui Églises d'Asie et de Plirygie,
léss, en ca loin niant ces prophètes et
■I assemblées, en défendant l'nulorilé
prédécesseurs de l'évéque de Aome, le
itrsijjnit suit à révoquer les lettres de
Sais qa'il anail déjk auvoyées, soit k ooo*
aœoer le projet de recevoir ces thauma-
tnrgea (S308}. »
Or, le pape que Tertollien ne nomme pas
était-il ËleulhéreT
Quelques mois du texte que je viens de
citer re|ioussent cette supposition. Puisque
Praiéss défendit auprès du Pontife romain
l'autorité de ttt prédict$tvuri , puisqu'il
soutient qu'on devait maintenir le plan de
conduite antérieurement adopté par plu-
sieurs Papes, i) y avait donc eu plusieurs
Papes entre celui dont nous cherchons le
nom et l'apparition de Hontan. Eh bien I
comme depuis Monlan, qui commença ses
prophéliesenl71(â309),jusqu'àEleulbérc, il
n'y avait pas eu plusieurs évëques deKome,
mais un seul, c'est donc plus tard (|u'on
doit chercher celui des Papes qui approuva
les prophéties des trois llmûmatnrges, s'é-
carlant en cela de ses prédécesseurs.
Ce serait méuie E'eutbëre qui aurait
accordé celle approbation, devreil-elle le
faire compter parmi les partisans des hé'
résies montanisiesT Plus loin, nnus prou-
veroBMque le Pontife dont parle TerUil'ion.
que c'ait été Eleulhëre ou loul autre, admit
lu réalité des prodiges opérés par Moiitan,
mais non la doctrine de cet étrange person-
nage, qui no dogmatisait pas encore. Mais
alors quelle discussion sur le monianisme
saint Irénée allail-il donc soutenir à Romu ?
Je ne ))uis répondic que par une conjec-
ture; toutefois, elle me semble fondée.
Les martyrs, en s'adressant au Paj)0 et
aux Eglises asialiquns, semblaient, a-l-il
été dit, s'aciiuilter « •l'une légalion pour ta
paii(2310). «
Co râlu [i(>ci!i;)iic des martyrs et d'irénéo
me rapjielfe d'autres lettres envoyées peu
après, également de Lvon 6 Rome. Le pape
VicU>r eicunimuniait les quntuordécimaiir.
Plusieurs évéqucs, en tétt; desq'uels élaicnl
celui de Lyon, exhortèrent le Pontife ro-
main, selon le récit d'Eusèbo, h n'avoir
pour ces Chrétiens, quoiqu'ils ne suivissent
pas la règle véritable de la discipline ec-
clésiastique, • que des sentiments jimpres à
IMS) Hii[. et ta Gahle tout rttimiaîUfatfan ro-
«^ [. Il, c. 5, p. 185 Cl 190.
506) Eiisèbe raconte ainsi lonle celle ïffiiirc :
:P^>iit cûmme en Phrvgie Monlan, AIHblade
••««loïc comm en Client a passer pour prnphétrg
' rnpinion paMIque (car à relie lïpoipiG bien des
«es ivani encore lieu l'niis plu^tieurs Eglises,
^"P «le pcnniines élaicnl portée» A les croiie
■ di 'S propliéies), <rl comme ues ctistensiotis g'é-
Kni \ leur lujul, les frères qui tiahiialciil le:i
I" pronançéri-nl leur jugement pa liciilirr, cï-
iCTiinl religieux il U'uccoid auc I.i fui oMIio-
j Ils U jo'gijîreni anssi k la mCnie lellre {dmis
«« M racontait t'hluoirt det Martin lyoïmait)
irixfiMsaiii divertes tpltres de» martyrs misa
i Wtuii eux et qu'ils ataient écrites éiani en-
MM 11!» fen, en partie >ui frtres de l'Asie et
' "^'"TBie, en partie h Eleutbèrc. évique de
". coFiime s'ils K TuiMnl auinitlés U'uiie tésa-
(Hiar ta paii des I':g1iiei. Us warivrs ivcom-
«rem auMi par leiires au susdit Eleuibère Iré-
née, qui alors élaii sealcment prëiro de l'cj^lise de
Lyon. »(L. V, c. B.)
(2307) A« Virit illuiiribiu, c. 97 : i Irénée, pra-
ire de révoque Potliin, qni gouvernail dans les
tiavtes l'EgliK de Lyon, tm eiivové par les martyrs
de edie ville en ambassade li Rome, ii cause de
qaeiques questions eeclésl>stii|nes ; Il portait à Té-
véque Elculbèrcdes lettres d'iiunurable lémotgnage
sur sa propre personne, i
(2508J Àdt. Praxeam, au cnmmencemeitl
[fàm) TiLLCHO-iT, Uémotra pour tervir » fUt-
lairt ecclitimliqiie dtt lis fremirr» tiètitt, I. II, p.
460 : t On met en l'an 171, qui éiall la quairiémo
du ponlilfcal de Soler, le corn m en ce me m de l'héré-
sie des monianiste», et il y a npparence ijas Soier
léffloigna par quelque acte ne pa» approuver lears
|irétcndues propItéticH. Un auteur aiaei oiicîcR dit
même qu'il fli un livre contre eux. » (t^'esl l'auteur
du Priéftiuatut, c. S6, qui le dit. — VoJr eur
core p. «Wde» Jl^dr». eie.)
(i5IO) Cvrr ta rote S30((.
1179
MCTIO.NKAIItt--. APOLOGFiTIQtJir.
enlrolenir ts pnix, l'unité, la L-barité (â'^11]. •
Or. CB rapprochement a'autorise-t-il pas à
soupçonner qu'k l'égard de> monranistes,
comme en faTeur des qualuordécimans, les
Chrétiens de Lyon souhailaieiit que l'on
B'efforçK d'éclairer les errants, mais qu'on
•llvndlt t>our l«a excommunier une iiéces-
«lë ^lus impérieuse?
C'était, en effet, ce que devaient solliciter
ces saints martjrs, dont la glorieuse his-
toire, portée h Kuii,c i>ar saint Irénée avec
leurs lettres, racontait ainsi les derniers
moments : « Alors ils prenaient la défense
de tous; ils a'accusnîenl personne, absol-
vaient sans exceplîoD, et ne liaient aucun
frère... Jamais ils ne s'éievëreni avec or-
gueil et arrogance contre les Chrétiens
tombés pendant la persécution... Ils avaient
aimé la paii, et ce fut en nous recomman-
dant de gorder la paix, qu'eux-mêmes s'en
allèrent en paix auprès de Dieu (2319). ■
N'est-il pas évtdonl que l'ioterveulion de
ces hommes si paciliquea ne dut Aire que
très-com pâtisson le, et que leur Ugationpour
tapaùtuo pouvait demander la guerre contra
les frères séduits par Montsii, ni leur ré-
pulsion du giron de l'Eglise.
Quand on refuserait d adopter celte expli-
cation (2313J, il ne sernil pas moins constant
que, dans ce que nous connaissons de la
correspundance des martyrs lyonnais avec
Kleulbère, aussi bien que dans les autres
anciens monuments , rien n'accuse de mon-
tanisiue ce clierde l'Eglise.
ITII.
En qod cMttbldt le gtlUeiDlme de uîui IrâoieT
• L'évèque gaulois, par sa doctrine, par
sa langue, par son érudition littéraire, dit
M. Ampère, doit être rangé parmi les Pères
grecs ; en mûoie lemi s il montre d^â, dans
une certaine mesure, l'indépeudance galli-
cane ; je puis le dire après Bossuet. Bossuet,
dans un monument célèbre du gallicanisme,
s'ai'puie de l'exeuiple et du l'aulorité de
salut Irènée. Ainsi, l'on voit le dernier des
Pères français tendre la main, h travers les
(2311) Voir Victor (saiol), | III.
|23tï) £vsfcBE, Hiil. eccL, v, i.
(S3I3) Valois [noies lur le chapitre 5 du livre v
d'Eusèbe) indique, mais sani la proui'er, une opi-
nion peu dinereuie de celle-ci. bile ne plut pas i
Tilleoiunt {Uinteiret, etc., i, H, note 3 sur les moh-
tanUles, p. 6(18.) 11 ma temble que toute difBcullé
disparaît par suite d'une modification qu«j'ii bit
subir au teiilimeiil de Valois et devaul les preuves
que j'ai données.
(Î514] aiti. tilt., etc., 1. 1, p. 17i.
'S315) DtftHiio, 1. Il, c. 23; i. 6.
(S316J< Lairulilion, que tes apAlret ODiprécbée
dans tout runivers, il but la cliercber en cliaque
Eglise si nous voulons eotcndre la vérité, et nous
devons compter les éviquei institués par les apA-
trcB dtus les Eglises et leurs successeurs, qui jus-
3u'i nous n'ont rien enseigné de pareil (à et que
ixat la hiritiqittt) et n'ont point connu d< lels
délires.. Hais parce qu'il lerak irop tcaig dans un
siècles, su premier docteur de 1» Ciik
(2314). ■
PorsonnonecontesteàM.Ampènlfdm
de penser comme Bossui't sorMinllrtfe
Que n'a-l-)l, au contraire, plus soms
choisi l'évèque de Heaui pour guider
son appréciation de l'évèqne de Ljmii
sansaller plus loin, que nVt-il doiivs
peu plus d'atlenlion à ce Maaanini (^kt
du galUemtiime dont il parle 1 U. Ig^
aurait cumpris combien l'oo a lont-i
représenter saint Irénée comme untW
piua de l'indépendance des Egliiejo:ii
de prétendus essais d'usurpation leubv
Rome.
En pCTet, Itnçsuet, dans sa fir/'ni'ljl
déclaration du clergé, cite deui Mou
Itéiiée (S315). Or, lui semb)e-t-i1,conii<
U. Ampère, que l'évèque de L;oon'i:||t
voulu reconnaître plus de i«}i^noril/qd
iuprém<Uie dans les Papes T Mille foiinx.
Bien loin de faire du saint étSane,»
un faux titre de gallican, un reliel'eir^t
loiité de la chaire romaine, BossueU'i,:il
que h montrer les hautes idées q«\ria
avait du Pape. «Dès l'origine du cFiri^
nisme, dit l'évèque de Ueaux, les irès-kin
Pères, cherchant celte base immuibliil
foi qui doit nécessairement se trouTi»
l'Eglise prinnipale, c'est-à-dire dsosn^t
romaine, ne songent pas è disliiiguerjc
le Poiit:fQ romain un docteur public âi
homme privé , sujet i la fois el (u fi^-'\
& l'tTreur, cette dislinctiou élanl uneiH
tiun des derniers siècles; mais ils jii
gnent unaninjement l'Egltse mÉme Mi
fil la foi romaine, la chaire mèmeileuj
Pierre cl le siège apostolique. Le prt»
du lous se présente IiiDaée.i Bosiuticl
finsuite un fragment du livreCoalrt'cl^
fiVf (S316J, et il termine par ces m
«Ainsi s'exprime notro lrènéi;,lalu*''
de l'Eglise gallicane (2317] I ■
Il est vrai que, selon Bossuet, W'i
maintenu tes ilroita de répiscap9i;v>''|
est faux que Bossuet lui aliriliue,E*C
livre comme celui-ci de parcourir b9M(»*'|
toutes les Eglises, nous ciloas ds I'EeI^^
grande, très-incienne, connue deiaui.iw<
cunsliluée à Ruue par les deui plus idui^
1res, fierre el Paul, la iradliion qj'elle <■<
apôtres, la foi annonce aux AoMMftH^t
parvenue jusqu'à nous par la Euc(.-eï»M^
ques, nous U ciloiis et nous coufoudoni "'■
qui, pour quelque motif que ce soti, ou
co.i:plaisance eu eux-mêmes, ou viint ('»"
a\euc;lemcnl, ou seiilimeul erroné, n^i''^-'
ariiclet de leur tuaibole) ailleurs qu'il ne Iji^
c'est avec cette bglise, h cause de s» plm l*^<
primauté (par«nn*or«in prJRCîpa/tiatniJ,<]<{'>l"
ces»aire que luutu l'Eglise s'accorde, cW"
W fidèles répandus eu tous lieux, ei ""
elle les lldèles répandus en lous lieux <
la tradition apo!>lulique li). >
(2317) Dejtniio, etc., I. s c- 6.
IX Ronalni, SphL ib) Centra htaaa, ui, &
ISL
DKTIONMAIIIE AP4HX>CETIQUE
ISL
un
I. Ampère, d'atoir nié ceui tiu SuuTerain
Voui aTe2 dit que ces deux illaslres doc-
!urs se leniJcnl lears (luisuntes mains k
liera les siècles : tous arez raison; mnis
est pour faire au Saiol Siège one barrière
uiire fos témérilés que leurs mains s'u-
i«eni.
Od a Uche de faire de saint Irénée un
Irersaire dn Saiut-Siége, lamlis que, au
mtraire, il a prononcé, selon Bossuel, un
aclt, devenu l'un des premiers et de« |>lus
écieoi monuments Irndilionnels sur les-
lels i'appaie la papauté. Sauf le goûl de
lillëraiare profane, U, Ampère a tuut dé-
é i Térèque de Ljon, l'érudilion el la
«isaoïerie, la pliilosophie et la théologie ;
lis nous avons tu le saint Tengé par
. Amédée Tl.ierr; et par J'èTéque de
Mux, au témoignsgt: desquels DOits ajou-
rons ces magn Sqiies paroles d'Erasme,
en dignes de cet humme de goAl et du
lébre docteur dont il paile : Spirant enim
tut êcripta ^rUeum illum Evangetii rigo-
m, ac pkratu arguit ptetui martyriù para-
m. Babent enim tnarlyres sttam guamdam
Tliontm taiam, fortanac matculam (3318j.
IRRADIATION, comment elle fait com-
vndre la présence r^lle de Jésus-Christ
^iBiieurs lieux, Yotf. EocBAiisTie, 1 1.
ISCBARIOTISyE , outrage d'Esirben-
ater pour réfnler Strauss. You. Uttbis-
râLAmSUBouUABOUÊTISMB —H. de
n>-irline Tient de publier une Hiiloire d»
Turquie; il l'a écrite avec amour et eo-
lusiasuie, comme un citojren de cette se-
uJe patrie qui lui a oITerl ses cbauips et
li Ijges comme une dot d'adoption el k
jelle il Teul allur demander, dii-on, le
os pour ses derniers jours et le silence
ir sa tombe.
/Orient a des séductions ioviociblesponr
;énie sensualiste et mjrstique de H. de.
jarline. Ce ciel Toluptueux et limpide
Jre; cette nature indolente et splendide
faite pour bercer mollement ses rÔTcs.
uis qu'il a TU rOrieol, U. de Lamartine
Ijle y sToir laissé une partie de son ime
Vj rsppeiTb toujours. Aussi sa pensée
Tient-ellfl sans cesse, et sa tqix trooTe
clianla toujours uouveaui, des barmo-
loujours plus frakhcs pour télébrtr ce
[Deux berceau du monde. Il 3 a, en cITol,
i ces pages, les dernières sorties de la
□e de riiislorien-puële, comme une re-
sance parfumée de sève et de jeunesse.
seul qu'il a écrit avec le cœur et l'en-
siasnie, et malheureusement aussi peot-
, avec leurs illusions pour l'objet aimé.
' ce u'est |>as seulement delà l>;rreorieD-
ei de son beau ciel que U. de Lamar-
cst é|iris; il parla de la race ottomane
e ses (jrands nommes, de la religion da
omet et de la piété de ses sectateurs,
uae telle admiration, que sou |>alrio-
• 18; Oprra S. JivMi.éJil. d'Erasme, prcbce; Bik.lSU.Cfr.GMiiii, Défemu H* CEgliêt, U I, c S.
lisme aussi bien quo s» fui seinb!ci.t iutli-
uer aussi de ce cdté.
Cette nation qu'on cro/ail tombée dana
une irrémédiable décrépitude, Ju=* la TOil
toute rellorissaRte pour de nouTelles desti-
nées; celte reli^'on, méprisée comme l'abru-
tissement de Mme immolée aux joies du
corps, il en fait, lui, une sorte de déisme
transcendant el radieux , admirablement
adapté A la conscience el è l'imagination
des grandes nations de l'Orient, supérieu-
res h toutes les autres. • Ces (lenples, dit-
il, ont éTidemmeiii reçu de la nature en
partage, pour faculté dominante, la faculté
qui Toit 1 ioTisible. l'iiiiaginalion. La raison
conclut la diTiiiité;à elle seule l'imagina-
tion la Toit, l'enteiiil, lui parle, la fait par-
ler, la décrit, la déToile, l'adore, et commu-
niquant, par l'énergie de sa f^erception, son
cniltousiasmeaux autres, crée enire la terre
et le ciel ces mondes invisibles qui occu-
pent dans l'esprit des hommes plus de place
que le moude réel. C'est l'imagination qui
spirtlualise le genre humain ; c est la spiri-
tiilisme ()ni rélèTe i la connaissance do
Dieu, qui moralise et qui divinise l'bonime.
G.rdons-nous de D>épriser les peuples h
grande imagination. Ils seront toujours les
maîtres, comme ils sont les aînés de la race
biiniaioe. Ils nous ont décourert les cieux. »
Recherchant ensuite les causes naturelles
qui ont donné t la race arabe une iruagina-
lion plus actiTf, plus féconde, plus religieuse
qu'aux races de l'Oocidaut, U. de Lamar-
tine en indique trois : le climat, le loisir
el la conleui|ilaLi: n. « Le ciel, particulière-
ment tiède el serein qui couTre ce coin du
globe y présflrTe l'espèce humaine de cetie
multiplicité de besoins contre lesquels nous
lulious par un iraTail incessant. Ce traTsil
distrait notre intelligence des choses invisi-
bles; fait de noire vie une alternalion sans
fin de fatigues el de sommeil. Ces peuples,
au contraire, n'ont presque point de beMins
matériels que la natnre ne satisfasse d'avanc»
nulour d'eux. Les troupeaux promènent
d'eux-mêmes sur leurs pas leur nourriture .
la source route leur hreuTSge, le dattier
sans culture mûrit leur pain, le chameau les
transporte, un pan de laine, jeté sur trois
piqueta de bois, les abrite; ils cousommeul
les jours dans la solilude el daus les longs
silences, celle T^iaiion sourde des idées.
Celte vie {lairiarcale leur donne ce qui man-
que aux populations a^icoti-s, guerrières
ou industrielle^ da l'Occident , le loisir. L'i-
magination est Qlle du loisir, le loisir est
cunLemplalif, ta contemplation n'aboutit ja-
mais qu'à l'iiitini; l'iulini, c'est Dieu.
■ Il est donc naturel que celle race qui.
jouit du climat de la pensée plus qu'aucune
aulre,soil douée d'une ima^inalion plus puis-
saille pour scruter les lois métaphysiques du
monde supérieur, corume la liiupiuilé de son
lirmameni el la liaii5|isrcoce profonde de ses
nuits dans ledésert lui ont fait scruter, la pre-
mière, les lois céiustvs deTastroumuie. Bit'ti
UTO
ISL
MCTlON.VAmF. APOLOGETIQUE.
nçt
loin d'sffcclor sur celle racA mystique et
pieusB la supériorité que les hommes de ce
temps atlribucDl aut peaplfts exclus iremunt
caleulataurset sceptiques de l'Occident, nous
croyons qne Dieu s donné en cela aux peu-
ples pasteurs du l'Arabie la meilleure part,
selon l'expression de l'Evangile. Nous
croyons qoe Dieu est le seul but de la créa-
liou; que la race véritablement dominante
dans les familles de l'bumauité est celle qui
contient en elle le plus de aenlimeol de pré-
sence et d'adoraiion de Dieu. ■
Nous avons dû ciler cetle espèce de pro-
fession do foi musulmane, de M. de Lamar-
tine, parce qu'elle a inspiré toule son Bii-
toirtde la fur^iV, qu'elle^ refienl presque
h toutes les fages, sous mille formes diver-
ses : c'est l'idée épique. Où M. de Lamar-
liiie a-t-il pui^é celte tliéorie de la supério-
rité de l 'imagination sur la raison, et des
races ile^Ohent sur les nations occidenta-
lesî^lle autre part que dans la contemnln-
Uort de lui-même, b son insu peut-être. Cêtis
])Uisssnce de l'Ame, par laquelle nous nous
mettons en rapport avec les moodes invi-
sibles, et d'où sont sorties, hélâslplus de
folies et de chimères que de vérités, c'est
la faculté dominante de ootra historien
comme elle est celle des Arabes. Leur su-
périorité et la sienne sont solidaires.
Nous ne voulons point dire que celte as-
socislion se soit préâetitée S son esprit sous
une forme réflëchie; mais, qu'il l'ait su ou
non, il n'a fait ici comme ailleurii, que por-
ter sa personnalité dans l'histoire, il s'écrit
lui-même partout.
Après avoir pris en lui-même co point
de déjiert de la supériorité de l'imagination,
cl en avoir conclu, sans autre examen, la
supériorité de la race arabe sur les races de
rOocidenI, l'historien peint et juge en con-
séquence les grands hommes qui ont agi
sur cette race [ur l'antorilé de la doctrine
ou par celle du commandement. Sur le pre-
mier plan vient Mahomet. H. de Lsmarline
introduit avec beaucoup d'éclat ce person-
uage étrange et grandiose; i) le suit, depuis
les mystérieux présages de son berceeu Jus-
qu'au jour solennel de sa moit, avec une
vénéraiion religieuse qu'on prendrait quel-
quefois, si OD ne savait d'(>ù est J'auicur,
(tour le culte d'un sectaire. Ualiomet n'est
pas pour lai toutefois, commn pour les vrnis
musulmans, un prophète investi d'une ins-
piration directe de fa Divinité; mais il n'est
S «s non plus un imposteur, comme il e plu
> Voltaire de le dire, d'accord cette fois avec
les Chrétiens.
U. de Lsmarltne s'indigne contre co re-
proche d'hypocrisie adressé k tous k-s hom-
mes qui ont pris, «a nom de Dîen, nn ti>
i-réme ascendant sur l'euprit humain. Il vu; ,
lui, dans Mahomet, un halluciné qui m po^
sèije pas son esprit, mais qui en est ;iounlé.
nu extatique convaincu, ua visionnairï de
bonne foi, atteint de r-atalepsie inlermilletil/,
avec des oignes malades que l'eitase dd 1
volujiés jette dans des èTsnouissementslL*
mineux. Il se peut que tout cela soit m-. I
mais il nous semble encore que U. deb
martine s'est rêvé lui-même djnscelltb-
met de aon crû.
Laissons le H. de Lamartine et sm àé[-
mbles rêveries.
L'islamisme est une rérélilion meoso
gère, qui, se présentant sous des fonvi
graves, pieuses, fribfigvctm^flie, mats safbirt
très-bien (au milieu de quelques moriiS»-
lions orgueilleuses, booces pour en imposf:
aui niais) Oalter le fond des passions faoïri-
nés..., fut le rajennissemeut et la simplit
cation du riux, revenu ft la charge poer d;- ,
Irftoer le vrai; insurrection, prétendue sa- |
crée, du corps contre l'âme; renouvelle-
ment, opéré au nom du ciel, du doube
culte de la foret et de la chair; bnetiqur et
lAche doctrine, h laquelle un pseudo-pn-
fihète imprima, du pommeau de son satin,
a fuiieile sceau de Timmobilité, -— eidou
le joug abrutissant pèserait aujourd'hui sur
l'univers, réduit saus ressource fe l'éUldc
mort ou d'agonie du monde oitisolmau te-
tuRl, ai la religion catholique, travaillant i'.
siècle on sièile et par toutes les armf.si
combattre le principe aveugle et cbarD^^. ,
n'eût pas [en opposant une barrière i l^-»
les fatalismes, y compris le fatalisme anL>r.
prol^é les vérités avec la vérité diviiK, •:
sauvé du sommeil et du sabre l'activité Iilfe
de l'homme, la civilisation tout enlise-
On s'aperçoit assez généralement Js àé-
faut capital que lenfermail l'esseoeeBJs^
de l'islamisme, et des effets niortWtocU
délétères qu'il devait produire au b<ni d'uu
certain temps.
Ou ne disconvient pas (tout en y son-
geant trop peu) que ces effets, puisqaiii
sont'Iogiqnes et de conséquence rigouren^e.
auraient atteint, et sans remède, la lerfi'
t'iitière, si la lerrc entière fût.devenoe mu-
sulmane.
Eh bien I la guerre sacrée, la guerre d:
conquête religieuse, l'apostolat par ta vor-
il u sabre, n'étiintpasdesimple eonieii,maa
àe précepte coranique, il fallait que mat-
heur universel arrivât; il fallait que toui><
les nations du globe reconnussent i6l m
taitl, pour su[>rème urgane des volontés d^
ciel, le voluptueux épileulique de la MtrqiM
(2319), et qu'ainsi le uénie briuiaiu, frspi*
(1319] Parmi les novateurs préieodas impartiaux lar plus loin qiw les disâ|ries da yére Eabaù-
qui font ceiisnlcr leur sagesse i placer sur h même lesquels, eu gluriliant Uihoiuet romme ■■ de Imp
ligne le Taui el le vrai, en ue souAraiil pas que l'on amis, ne iiiaienl pas que eu ne féi â lîire «le mf----
inette h moindre diflérence entre les apdtrcs du râleur des passions el des jimitunces diamcjK^
mat et ceux du bien, qiielitnea-uns i présent ima- Faite de lui un èire cbastc, rwo de plu neof >
glMBl d'Awr k Maborau sa routeur tensiielle el de coup sQr; c'est doiniuge que pour ifiWTer \ta/*-'
Ir^nsÎM-mer re lascir personnage non-seulement en ii ait fallu loinber dans l'absurde. Ne sail-Mi f^
prtcbcur de pureté, uiaii eu tiomroc pur. C'eal al- qu'une fuis veut 48 Cutidja. qui savait I* icair m
MCTHMOIUKE APOLOGETIQUE.
i<n
d'une leoM mais iDeunlile maladia, devint
(ur degrés immobile at léaébreux, comme
il Bitrrc itotre de la Cuba.
Il le fallaiti dîsonft-nous. à moins d'une
forte eilerne, mobilbmkxt et katékiklli-
■■MT Tiutorieuse, qui arr£lll le mAhomé-
titme et qui circonscririt ce fléau daiis une
spbëra ou il vivrait el mourrait; car lui,
par le fond de sa nature, il ne pouvait s'im-
pcuer des bonies, ai cesser spontanémeut
de s'étendre.
Or.eeltetorce esleroe si oécessaire. force
colossale sans laquelle c'en était fait de l'a-
venir de l'hunuoité, oâ la trouver pendant
les onze siicles que l'islamisme fut & craio-
dr« (2330)?
Serait-ce la philosophie, par aventure, qui
•urait pu grouper, au besoin, des masses
tuflisaotes poar arrAter un pareil torreolï
Mais h quelle tjranuie, tant soit peu vi-
goureuse, les philosophes se soat-ils jamais
opposés? Déclamateurs el poW» motuWef ,
ils ODt loavenl erié de loin contre le despo-
lisniB : de près ils l'ont toujours laissé agir,
~ quand ils ne s'en sont pas faits les adula-
teurs, voire les ministres. — Durant les Ages
de leur crédit chez les Grecs et les Romains,
avaient-ils diminué ou contesté quelque
chose de l'extravagante omuipolence des
monstres couronnés T Avaient -ils essayé
seuleownl d'amoindrir les horreurs de Tarn-
fhiUiéilre, et d'arracher parfois un homme
la dent des tigres de CésarT Depuis trois
mille ans, i li Chine, où leor rôle est si
grand, oiïleur altitude est si fiëre, ont-ils
ie moins du monde combattu le capricieux
ai>5olutisme assis sur tous les échelons du
pouvoir, el laît rougir le plus mince man-
ilarîn d'inOiger arbitrairement la cangne, la
liaslonnade on la cage...T Hais la France,
lu siècle dernier, les a vus encore, trojpe
ivilie, lécher i l'anvi les pieds de l'sbomi-
table CatberiDe 11 (3321;.^— Ahl nullité
(oe leur courage, et dérision que leur iu-
lépendaoce I L'aspect d'une verge suffit pour
lire avorter la vérité sur leurs lèvres, ce-
[li d'un knout les mettrait tous en fuite. —
:st-oo cafiable d'organiser avec succès, chez
es centaines de milliers d'hommes, la ré-
istauce aux volontés du mal, quand on la
ratique si peu soi-même I Comment se-
lient-ils gens k former et è diriger, non
lus des intrigues mais des croisades, ceux
iii Irembleni devant la menace, devant
>iDbre la moins sérieuse du martyre?
Il n'y avait d'espoir de refuge que sous
les bannières chrétiennes.
Et parmi elles, quel autre point de railie-
menttroaverqne le drapeau du christianisme
intégral ou romain? Faillies k raison de leur
essence, les sectes n'évitent jamais long-
temps de céder i la tyrannie le terrain que
l'ortiiodoxie lui refuse (2333). Quand l'isla-
misme apparut en armes, les fmliàrt schis-
matiques se montrèrent mous et plièrent;
les hérétiques d'Orient, plus avances «n dé-
fection, trahirent ; ils passèrent h l'ennemi.
Autant en auraient fait, dans l'occasion, les
albigeois ou les hussiles. — Et pins lard,
est-ce donc li-s protestants, malgré toutes
leurs phrases, qui eussent efficacement et
avec constance repoussé le principe musul-
man, c'esl-ft-dire. précisément 1 union de
leurs quatre chères doctrines I — c'est-A-
dire le princi|»e icoxocLASTSt eux, briseurs
d'images et destructeurs acharnés des chefs-
d'œuvre de l'art chrétien I — le principe
CHauiBL, eux, proscriptears du célitut,
reslauraleurs du divorce et paijurcs épou-
seurs de religieuses défroquées 1 — le prin-
ci|)e FÀTALtsTi, eux* prêcheurs du scr/.
arbitre et de la prédestination sans mé-
lange I — le principe siaviLs enfin, eux qui,
ne reconnaissant ploa au bon jJaisir du
prince aucune limite (pas même celle desas
engagemenls conjugaux) , et se forgeant
ainsi des caUfa de nouvelle sorte, nvaieol,
par une profanation suprême, transféré sur
la tête des rois et des reines de la terre le
souverain pontificat I
Courageux ou non de leur personne, ce
n'éuient point de pareils combatlauis qui
pouvaient s'opposer au progrès des impures
erreurs de l'Asie, d^uisées par Uabomet
sous certains voiles pieux, et servies avec
ardeur par le bras de champions innombra-
bles. Au catholicisme seul appartenait de
tenir tête A la bnilalité despotique et char-
nelle, tout à coup reparue en armes, forte,
séduisante, r^euuîe, victorieuse du tus-
empire ; offrant aux hommes la terreur en
même temps que le plaisir ; entourée même,
pour un moment, de quelque prestige de
science. Et seul aussi, la regardant en face,
sans s'y tromper, sans pactiser, le calboli-
cisma s'en est montré I énergique et peqté-
luel antagoniste.
C'est lui qui, se portant k sa rencontre
dans les champs de la Touraine et du Lan-
guedoc, l'a empêchée, par l'épée de Charles
ule, es «Ml taqndle, eomoM un petit garçon, il
>saii pu Urt inlidêle, le ^tmx législateur, aprê»
wr po«é dam mm code qu'il ne lerait permi» d'é-
ti d'u
~' , s'éianl bissé surpreodri
orore lorsqnll s'éciiappait des lentes de Tun'de
i compagnons d'armes, nul blHil 1 Ini en pren-
i ; car T^mus trompé étail Onar, rode Déopbjie,
nt la fwi dans tes réfêlaiions de l'ange Gétiraji
tait pats irès-wdidc encore, el tini fut sur le poiul
jour-là (le cugper les oreilles au propbéle.
£320; D'eniiroD l'an ti30 i l'an 1730 a peu près.
I>lCtlO!IHAUE ArOLOGÉTIQCB. 1.
(2321) A peiou ; a-t-il mov en d'en eicepier Clias-
sebœnf iBi-méme, aialgré K renvoi solennei de sa
médaille russe. Au sujet de ee Eameui renviM. doat
ne pouvail plus se dispenser sans périt on pul>licida
aussi en vue que l'était Tolncy sur la scène révola-
lioDnaire, il est instruciifde lire la piquante ré'
pense du luron de Grimm, alors agent de Calbe-
(i522) Se rappeler, par eiemple, les hontentes
complaisances des docteurs réformé* pour Philippe
le bigame on pour DeDii le coupe-iéttÀ. L'feëresle a
grand soin de la ptmu ; ce n'eal pas elle qai pre-
duira jamais des Ambroise ou des Népomncêne.
IISS
JE\
DICTIONNAIRE
MArlut, d'enlniner la Franco et le Nord.
C'est lui qi)î, du fond des rochers asturtens,
l'a chasNée pied k pied des Espagnes; lui
gu), la refoulani de la Ssrdaiijne et delà
Sicile, —de l'iltilie même, où la reCevujt
en comr>lice rtnf&iue Frédéric 11, — l'alla
finursuivre Jusqu'en Arriqiie et en Syrie;
ui qui la tint en échue par Rhodes et Malle ;
lui qui coula 9es vaisseam à Lépante; !□■
a aï défendit en héros le boulevard de la
orvgrie, sans cesse attaqué par elle. Gt
quand, r.el\« barrière, un jour forcée, lai<s-
sant ï découvert le cœur de l'Allemagne,
trois cent milletiarbares pénétrèrent Jusque
sons les remparts de Vienne..., c'est encore
tf cntholiquedérouemenl des Polonais qui,
sur les instances d'un ï*apc, vînt se jeter h
la trarerse, et sauver l'empire et l'Europe.
Oui, sans le christianisme romain, — uni-
que doctrine dont les disciples ne Idchiint
pied sur aucun terrain, — le monde entier,
clfravé par les armes et fasciné par les yo-
liiptes, aurait subi le joug de la Mecque. Kt,
))ar conséquent, aujourd hui ruiné {comme
le sont lOt ou tard les pa;s musulmans) par
l'abandon de la culture, nar le brigandage,
la [isresse, la peste, par I emoltissement qui
suit les harems et par laa horreurs de So-
dôme, il offrirait partout le spectacle qu'of-
trit l'Oriejit tl Voliiey: celui d'un cOrps fé-
tide, à respiration Aéjh froide, usé de craui-
pes, étendu sans mouvement e( sans voix;
cet aspect de tadavre anticipé que présente
à rtiorreur et ë la pitié des passants un
débauché mourant du choléra.
£t nul remède quelcanque.
L'Orient se relève, prétend-on {mieui
vaudrait dire qu'il se transforme) ; il com-
mence k se ranimer depuis les efforts du
paclia d'Egypte et ceui du sultan qui a
donné la charte de Gul-Hané. — Soit ; mais
supposé qu'en vffel la tentative réussisse,
est-ce autour d'eus que Mahmoud et Héhé-
mel-Ali ont pris l'idée de leur double ré-
t'ormeî II a tHia que le souffle de vie qu'on
APOLUCETIQUE. JEA im
tAche de i'cndre au moribond, lui vint iI'um;
atmosphère échouIFée par les rayons du s-i-
leil chrétien. Or, ce souffle si précim.
unique et douteuse espérance des conlift
musulmanes, l'Occident le leur eOl-ih,
fournir, si lui-même avait été jadis to^Ù-
dans leurs destinées, et qu il se IriMidi
maiolenant glacé comme elles h 11 b'j t f,,
jusqu'à l'Amérique qui ne ferait dé&iii,
comme ressource, pour rallumer dans l'o-
cien hémisphère la flamme intell«tiiellB«
morale ; car l'Amérique, qui oe la lient qnt
de nous, n'en aurait pas reçu, n'en |wuf
derait pas le flambeau. Ce noareau œoaJi,
en oITel, qui partage uos m<Eors et DOlt
savoir, l'Europe n'aurait pas pu les lai par
ter autrefois, si, réduite, p.irli perte ée se
hautes, intelligentes et généreuses rrojui-
cQS, à être vaincue par les Arabes ou ptr lit
Turcs, elle fût restée pliée sans ressort soui
le poids du cimeterre et du Korao.
A ce que U catholicisme ue cessjlpoîoi
d'enseigner et de primer chez elle, il y al-
lait donc de tous le« droits, de toutes b
lumières, de toutes les forces monitcs, il''
tout cet ensemble de cljosos qu'eiprîiuc '-t
moldeciviusATioN. Sans lui, sujets ikju-
blaats et misérables, professeurs ignjr»
dans un mékémèli, ou derviches abrutis pt-
rouettaut sans fiu dans une mosquée, luu
d'écrivains qui le combatient, qui Iv déâ-
gurenl, qui l'injurient, u'aurAienl puis-
jourd'hui l'honneur d'étii: philosnpiw i«)
quels; car (les aveugles et losiiigralt <]u'i>
sontl) ils lui doiveui leur liberté, iKurifi-
gnité d'hommes, et ctiU vie méint iulaf»-
tU dont ils font usa^e contre lui. — l(|'
ce qui est dit de la profonde iiilirinilé ei <%
l'incapacité logique de l'islamisme, ihi\-
SuitnATUBÀUSHB, \ fV, ct Salut, i 11.
ISNARD, cilé sur t'éleroilâ despù»'
Voy. Enfem, g 111.
ITIHASAS, livres indiens, esann t'*-
tique. fojrlInoiiMisiiE, 1 11,
lAlIt, résurrection de sa tlllet ctpllquée
parEuse Ssiverts, réfuté par Strauss. Yoy.
NATUn&LISTBS.
JAPHET, peuples qui en descendent.
Voy. PsTcaoLoeiE, S IV.
JEAN (Saint) L'EVANGELISTE. — Snint
Jean , frère de Jocques le Uajeur, né à
lletbsa'ide, ville de Galilée, de Zébédée rt
<le Salomé [iSatth. xxvii, S, 6, et Mare, iv,
fcO), était pêcheur. Très-jeune encore, il fut
admis par Jésus-Christ au nombre de ses
disciples ; aassi vécut-il longtemps après la
mort du son divin Maître, Jésus-Cbrist (ui
avait donné, ainsi que son frërei le nom de
BfttMtrgiê, c'esUè^ire ^i 4u lonncrre
[Marc, m, 17). Il fut lediscifile bien-«imô
du Sauveur, et c'est ainsi qu'il parle de lui-
mfimo (1111.23; ïix, 26; xx. S; m. »;I'
fut présenta la iranstîguratiou aie^: Jacijuf
son frère, et Pierre {MaliA. xvii, 1); sm
ces mêmes disciples, il accompagna Jisoi-
Christ dans le jarJin de Gclli^émuDi. iti
pied de la montagou dei) Oliviers {M«lA.
xivi, 37) , avec Marie ; il la suivii *uf »
montagne du Calvaire; Ift le Sïuvsur, d'i
hnutde la croix sur laquelle ilal'ail niouu'.
le recommanda b sa mère, eu lui reciw-
mandûut à lui-même cetic sainte fio"'
(xix, 26, 271. Depuis ce momo:il. sa\v\ it ■
en prit soin. U établit plusieurs £^'»^'
dans l'Asie Uiiieure, et les gouvurni '""à'
temps en paii, jusqu'à ce que. fiemlBO' "
persécution du Domitieu , d'au(r<.'f a'*'''''
sous Néron, il fut conduit à Koioe, ei, i<"'
TODt le témoignage de Tertullien, q« *'■'"
MCTKHIKAiRB KfOLOGKTtQm.
uiiil iétùma (3323), gtloneé dans une diaa-
iiàn {l'huile bouillaute, dV>ù il sortit sain et
Mur. Il fat easuile relégué dans l'jJe de
Palhfltoi {2934}. Rappelé de son exil, il r&-
finti Ephèse. où, suiTnnt Pulycrale, aaiut
Iréoée, Tertnllien, Eiuèbe, taint Jérôme,
saint Ambroise, saint Chrysostome, le con-
cile d'Ëpfaèse, et tous les anciens auteurs
eccJétiuliques, il mourut et fat enterré,
daoi )a Iroisiàmt) aonée de l'empire de Tra-
jan, c'efl-fc-dîre l'an 101 de l'ère rolgaire,
i(jé il'eBTiroQ cent ans.
il-
muoin da k MlénWne emlte l'nlbeatkité 4a qu-
irièna ETBgfle. — Tacdqae èe Simiai : «nuBrat U
Ucfce iféckMMt Ms pnmn» eiUna d« rMlkeatl-
dUdaamritaB Efucile. — TteoigniM 4e* ortto-
doiK, de« UrMguea u dca MieM en fiieqr de !'■■-
iknUdUde cetETugile.-.TteolgMgcsde* diMiplet
«tende nintJMiL
Si l'on ezceple U polémique de U petit*
*«rle des aloges, T«rs l'an 900, polémiqua
f|ui ne prenait u source que dans des pré-
jugés dugmatiqueSf oo ne voit, dans la
cours des siècres, en dedans comme ea
ilehurs de l'Kglise chrélieans, aucun doute
s'élever contre le fait de la rédaction de cet
Evangile par l'apôtredont il |>0rte le nom. En
ITSS^QlementfEvansonidéisti; anglais, vint
atiaqa«r soa aulbenticilé par des raisons
dt^maiiques biËO plus faibles encore que
CKlIet des aloges- Ce doute s'é*eii:a aussi
«Il AlluDBgne k cette même époque de né-
Ifatiou, mais Breisilinei 1er (dans ses Pro-
'jubilia, qui parurent en 1820) est le pre-
iiicr i{ui puisse réclamer la gloire d'avoir
li^agé la lutte avec des armes un peu ri-
ioureuses. Cependant le résultat de celts
trnière attaque fut d'enraciner plus pro-
jijiJément, dans la con-cieucfi de tous les
lêologieus allemands, la conTictioo de
auibeuttcité de l'Evaugile de Jeaa, lors-
ij'oa Til le docteur Breiscbneîder quitter
combat eo s'arouant vainca [2335j; -et,
>f)uis celte époque, le doute ne fut plus
proJait nulle part, eiceplé peut-être dans
fiiroductioD du docteur de Weite. 11 fal-
it (lu courage pour renouveler le cofoim;
r, ifaus la lettre précédante, on s'était
I vi (le taol d'armes, et d'une tactique si
I>ile, que c'était ULe question de savoir
I eu restait encore pour une nouvelle al-
|ue. Il ne s'agissait pas seulement de
lever contre ta conviction historique de
is les savants ibéologtens du temps, il
l«it cocure venir profaner avec impu-
ace le sauctuairedu seatimeot religieux.
1523) TuTCLL.. Prmttnpt., c 36. — Biuoa.,
C^MUrm Jorititim.
t&t*) Etiitn, Hitl. eed., \. m, c. IS.
IZ-i^l Vuy, daDS les AmaUt de philoiopkie diré-
■«. *-ur ceU£ poléinigue, tes aiticleB sur le doc-
' :^iranss ei ses aJvetMÎres DJUratisles ei spé-
lifs. (AitM.,3'cérie, 11U5.)
5«ti) Vit 4t Jimi, |nrt. i, p. 63.
al) L'EfanBJIe de saint Jean a trooTé en Al-
(M« «le nonhnm déCnweurs. Oa pcui jH^er
prtfdiKÏtruse aclifilé de la liuéralure (béolugi-
•e c« paji par la limpte iudicaliiia des écrî-
Ea efTel. si le quatrième Evangile n'ôiail
pas l'ouvrage de l'apAtre, cet Evsagile,
dont Uerder disait i iMmaitt ^unmtgt la
icril, n'était plus que l'œuvre (Twi impôt'
ttur. Les discours «I les actions du CbritI,
dont cet Evangile seul nous parle, u'étaieol
plus qu'un recueil de fables. Le doelaiu'
Strauss a eu g« triste courage.
« Haus n'avons pas, dît-il, en favear do
I^TaDgtle de Vatlhieu et de celui de Jean,
dfl témoignages tels que celui d'ua b<HDme
ajant connu ces apôtres, et qui viendra t
nous apprendre qulfs ont écrit des Evangi-
les, eeux-IA niémrs que nous avons entre
les mains, et qui pin-teot leurs ncmis. Po'y-
earpe, qui doit avoir c<mnu Jean, ne nous
dit rien de l'Evangile, dans les frarments'
qoi nous restent de ses ouvrages. Irénée,
son disciple, n'invoque pas le lémoifnia(ni
de son maître eo ftveur de rautheottiiié de-
cet Evangile. Les Pères qui ool recueillf
avec le plus grand smn tons les anciens
témoignages eo favear de nos Evangile^.
n'ont rien trouvé non pins en faveur du
l'Evangile de Jean dans les écrits dePapias
loi-méme, qui nous est cependant désigné
comme amffleiir de/Mu ^896}.B C'est 16 tout
ce que noire crïiiqaa oppose h celte masse
de lémoignages nisloriques que Br^iscfi-
Bciiler a combattus avec une adresse digne
d'une meilleure cante. liais ce qu'il j a ici
de ]atu8 remarquable , e'est que , dans sa
préeipitation h fuir le terrain de l'histoire,
Strauss ne s'est ras aperçu qu'il se Iroorait
placé dans une <(e ces rarts eîrmsstances
où il pouvait obtenir, sur l'auttientieilé de
l'auteur, des témoignages externes tels qu'il
les avait lui-même d^niaudés. U est vrai que
parum dttidtrata effugivnt. Nous n'avom
pas l'intention de (ifoduire encore ici toata
la suite des témoignages en faveur de l'ao-
thenlicitédaqualriému Evangile : nous vou-
lons <eule(uenl présenter les principaux docu-
ments, et ne nous arrêter un |«u plus long-
temps que sur les anciens lémoignages.
Cela est d'aulant pins nécessaire, que le.«
deux ouvrages lus plus uéIdtM-es qui aient
été op[>osés aai PrMtabUia de Breschiiei-
der, ctlui de Croma et celui de Hemsca, en
suivant trop fidèlement l'ordre de l'ouvrage
qu'ils réfutaieiil, d'uuI pas traité leur sujet
avec assez du soin, dans un ordre parlait,
ni avec assez de coucisiOD (9327).
Vers l'an 3^, époque à laquelle le savant
évêque de Césarée écrivait son histoire
ecclésiastique, il d*/ avait ancoDe é^ise
vaiK qui ont iliscnté cette quesiioa soit ee all^
nanJ, soit en latiu. Cetiw de doi lecuvs qai vo«-
draieut l'approfundirwroDl btea aises s'aveir quel-
ques reiiMiunemenu sur les sources. — En alle-
tnaud : Sctileker, Sùiskiad.C.Schmidi, Weg&cltd.
der, Eicbboni, Bcrtbcddt, CtetUnger, Bengel, Kcelir,
Wagniu, Sartorius, Geisse, Wtoer, Olstiausen,
lleiuteM, Crome, Goldhom, Ucfdenrcicli, Uug, Ciie-
rlclie, l'iscber, Lucke. — En talin ; GUacr, Van
Crieibnjsen, kaUcr, Sieui, Calmtwrg, UMen.Wc-
ber HL-Uberg, Burger, Bociter, ReJoetbe, Kuinod.
1tfl7
IE\
DICTIONNAIBE ATOLOCeTIOtlE.
dans ta chrélionté qui n'eût reconnu Tau-
thentictlé de l'Evangile de lean. Ce nrofond
ArodjC, qui avait i ses ordres les binlioth^-
Jnes cbrélif^nnes les (ilus riches (celle de
emphile, 6 Ct^sarée, et celle de l'évâque
Alexandre, 6 Jérusalem), et qui avait la
preM^UQ tous les monuments de l'antiquité
ctireliennet n'avait pas connoissance que
Înelque p«rt, dans le sein de l'Eglise ortno-
oxe,1a moindre contestation se fûijamais éle-
vée ausujelde l'authenticité de cet évangile.
lIdit[chBpitre2&,l.iiiJ que cetEvsngile* était
connu de toutes les églises qui sunt sous le
ciel. • S'il s'était élevé une contestation à
ce sujet, il n'est pas permis de douter qu'il
ne l'eût mcnlionnée, lorsqu'on le voit
exposer les ditScuItés contre les antilo-
gies (2328} avec une impartialité qui prouva
que la voie de la recherche critique n'était
pas la seule par laquelle il fût parvenu 1 la
certitude de la foi.
La plupart de ces écrits de Tantiquilé
chrétienne, que le savant évèque do Césa-
rée avait sous les j^eux , ne sont poîut, El
est vrai, parvenus jusqu'à nous, et il nous
■eraît impossible de le suivre pas h pas
dans ses recherches. 11 nous reste cepen-
dant encore assez de fragments des écriia
perdus, nu au moins assez de renseigne-
ments qui les concernent, pour que nous
puissions asseoir un jugement indépen-
dant. Lorsque nous examinons les lémoi-
^usges sur l'auteur du quatrième Evangile,
il serait injuste de perdre de vue que nous
De pouvons demander des aiturançei posi-
tives de soD authenticité, quand aucun
dou;eQ'B7ait encore readula question cou-
testtible. Par conséquent !a preuve ne peut
être tirée que de cifan'oiif de l'Evangile.
Ces citations remplacent complètement des
assurances déterminées, puisqu'un ne ti-
rait jamais une preuve dogmatique d'un
passage de quelque écrit sans regarder son
auteur comme un homme apostolique. II ne
faut pas non plus s'attendre li liouver, à
cAté de ces citations, l'indication du livre
et du chapitre; la msoièro dont l'Ancien
Testament est cité dans le Nouveau {Koy.
Bebr. 1, 7, 8, iOj n, 6), nous monlre qu'un
présupposait une connaissance complète de
ces écrits sacrés, et qu'on se conteutail u'm-
diquer en général d'oïl étaient empruntées
les citations (// Tim. m, IS], ou même
qu'on les encadrait dans le discours, sans
aucune espèce d'indication. Irénée, évéque
de Lyon, dès Tan 177, avait passé sa jeu-
nesse dans l'Asie Mineure, au milieu de
l'ancien cercle d'action de l'apàlre, et avait
connu un grand nombre de disciples des
«paires, aux témoignages desquels il a cou-
tume d'en référer. 11 avait même vu Pol;-
carpe, qu'il se rappelaitavoïr entendu avec
la plus graude éuiotion, ilnos sa première
jeunesse, raconter les histoires dos sp6ttes
(2329). Or, le témoignage de cet évèque
(3348) On appelle ainsi les coDiradiclinns appa-
reniei de t'Evangile.
(S529) Celte eitcniion nous e» connue par la
nous apprend qoe Jean est mort Juu l'ip
le plus avanré, sous le règne de Tkj»,
qui monta sur te lr6ne en W et régni
jusqu'en 117. On couvieni unaaimemeni
que durant la vie de l'apâlre, il eût^
impossible de répandre dans les églija
chrétiennes un Evangile qui lai lût ftuiR.
ment attribué; et il faut bien admeitn
qu'une semblable imposture ne pouTiii tt.
venir possible qu'un temps eoniidénlilt
après SB mort. L'âge avancé anquH parriM
l'évangéliste, tes voyages d'inspection qu^
Qt, d'après Eusèbe (liv. m, ch. S3), etli
grande extension (lu christianisme dassl'A-
sie Mineure, ne nous permettent pisdi
douter qu'il n'y eût dans ce pays bien du
Chrétiens qui avaient eu l'occisiOD da h»
nntlre i'bomme qui était alors le soulin
de la foi dans ces cftairées; son ensïi^e-
mentdevailles avoir mis plus ou moiai en éU
de prononcer sur l'aulhenticité d'une his-
toire de ta vie de Jésus attribuée à levr
maître. Or, dès l'an 130 , — cinqusDti! ini
après la morl de l'apOtre, — nous troavont
cet Evangile reconnu comme son ourrige.
non-seulement dans son cercle d'aclioD pn-
miiif, non-seulement chez les cbréiiMt
orthodoxes, mais chez les hérétioDea, <t
même chez les païens. Parmi les chrélieu
orthodoxes, nous citerons Justin, grinl
voyageur qui avait été en PslejliDe.eDiu-
lie, en Asie Hineure, qui avait séjouroél
Eptièse, et dont les ouvrages, éerili de lU
6 ItiO, contiennent bien des iiasu^ei dt
l'Evangile de Jean encadrés dans le dii-
coura. Parmi les béréiiques, nous mentiui-
neruns Valentin, qui vint d'Egypte ) tati
vers 110, et son disciple HéncléoD,^
écrivit un commentaire sur J'STsngile il*
Jean. On voit d'après cefa, que, àtutu
époque, cet Evangile devait étrecuuua
Egypte aussi bien qu'eu Italie. Modjh, qoi
paruten Phrygie vers l'eu 140, noaipm"
qu'il était aussi reconnu en Asie ïnieiirï'
Il est pareillement incontestable que le plii'
losopliu païen CelSQ, qui avait voji^ten
Palestine, en Syrie et en Asie Jdinture. (>
qui a écrit, vers l'an 140, ion ouTngt ><
controverse contre les thrétiens, ■ codod
notre Evangile. Tout ce que nous veif»"
d'avancer le démontre pusitivemeiit.l'ù
on peut aussi conclure négatireujeat qu'il
ne peut avoir eiisié aucun dou'e sur wi-
BUlh(;uticité; car les Pérès de l'fgliu i»-
raieul agi ici comme ailleurs, où noutlA
voyons toujours, lorsque des héiéiinvi
s'appuient sur des écritsapocrypbt'SiOppus'l
à ceux-ci le peu de valeur de leur l>0|^'
dappui. Or, les gnosliquess'appoienli'ri»-
cipalemeol sur le préduibule de I'EtiiV'*
de Jean, et les moniauistes sur la promi>'
du Ssiut-i£sprii ; et cependant auGun t|<
leurs adversaires orthodoxes o'atLiijut u
base de leurs assertions.
Ces circonstances suRisent pour ttm^'
lettre de Pline de BiUiynie, qui écrivait h rnf"'
i t'épi>i|ue de la mort de l'apAtrc.
'*** ** OICTIOmAIRE
inniisemblibra au plas hsnt deeré fad-
?^i" '«"«nt encore de uatureà démon-
J«i ,?«?. hSP* *"'''"■* P'"» rapprochés de
Jeannoiis décoiiTrons qu'on peii donner
louchant I-aulhroticilé de I EtaDrile. lî «-
"Plwménieqne la critique 8cl,,liqoo^e
«r.u5s a dea,ai,dée. Car n3u. pouions mZ
nier des amis qui lémoigneoide la rédac-
liOD da noire ÏTangile par J'apfitre.TuSi
^«.qoedela crédibiJ.ié de «on coolenu
«t Doos sommes à mfime de démontrer que
jJoceur Slraass nous a défié d« produire
IM témoignages, riennent précisément dé-
jKher en fateur de la rédaction du qua-
Inèrao Erangjle par Jean.
Il est certain Binent bien rare, dana la"
«ntique IrUéraire, de IrouTer joint à uu
ouïraijB le témoignage des amis de l'auleur
en fareur de l'aoïhenlicilé et de la crédibi-
lité .,e «es écnls. L'ETBogile de Jean noua
Offre une de ces rares eiceptions, dans les
ferseta a et 25 du chapitre m. On e^^t
irapi*, dans ces deux Tersela, de l'eiuiilui
allemaiif da singulier el du pluriel, circoo-
«lance qui. enrisagée au point de Tue pu-
mneot eiégétique, laisse tout h fait incer-
Uin, «I cesl une ou plusieurs personnes
qui rendeot le témoignage. Car il est aussi
làcile d admettre que le pluriel a été eœ-
ptoréla première fois rhélorii|uemeat,que
de penser que celui qni a parlé dans le ringl-
qoatnème ferselcollecliifemeul au nom de*
autres, tient ensuite dans le Tingt-huiiièma
parler en son propre nom. On pourrait mô-
me, toujours i ce point de rue, aller jusqu'&
soujicoDner que le Tersel »iugt-ciouuièiDa
est d une autre main et a été ajuaté plus
tard au verset Tingt-quatrième. Hainleoanl,
comme en Jelaot un coup d'œil sur les cir-
coDStaoces et les rapiwrls parliculiers, il est
l>lu5uaturelde{ien5erqu'unlémoignasedeca
geore émane de plusieurs hommes que d'ua
seul, nous nous rangeous h l'opinion géné-
rale, qairec^rde le pluriel comme désignant
une pluralitâ de témoins. Uais quels sont
a>jDC ces témoins qui Yienneui uous dira
que le disciple dont il a été question pré-
(^dvmmeat est celui-là même qui a écrit
cet Evangile; et, en secopd lieu, que cet
Evangile contient la vérité, et qu'ils la sa-
TenI ? Il est vrai qu'ils ne sont pas nommé!*,
et gue culte tirtonstance parait, au (iremier
coup d'œil, Ater un grand [>oidsi leur lé-
moi^^nage. Mais, en j regardant de plus
près, ou Toit quMfe ue peut au ruutraire
]ue lui donner plus d'autorité. Car est-il
^cs&ible d'admettre qua si un copiste sans
uission ou un faussaire des temps i>oslé-
leurs avait voulu donner k la crédii>ilité de
'Evau^Ie uue confirmation apocryphe, il
ÙL veuu ajouter celte conlirmation sans t
ttaelier son nom, el l'eût privée par li du
'jui son poidsT N'est-ce pas au cooiraire,
n général, le signe d'un écrit apocryphe,
L»r»que la persounalilé de rècritaiu s'y pro-
APOLOGETIQUE.
JE&
dait d une manière choquante r Ce témoi-
gnage ainsi rendu ne pouvait avnir d'im-
MrtaBce que dans la nrésupposition qua
le» premiers lecteurs deT'Evangile sauraient
de qui ij «naît. Or, il était impossible que
ces témoins pussent compter être connu»
de» lecteurs, s ils n'éraieul pas en position
1 ""epalfs compétents pour rendre un
pareil témoignage, s'ils n'élaient pas des
membres célèbres de l'Eglise d'fephèse.
Aussi I opinion générale regarde-t-efie ces
témoins comme des prêtres d'Ephèse. ou
au moins comme des amis de l'apôtre qui
avaient peui-élre élé aussi disciples du Sei-
gneur (/wOmJ ni ïO/iMuJ, et qui ne s'ao-
pu^aieni pas sur des raison» subjectives.
mai» bien sur des raisons oWeetives, pour
confirmer la crédllitliié de ses rénits. Papias
nous aoprend qu'.iprès fa mort de Jean il »
avait dans l'Asie Mineure des disciples du
Seigneur, tels qu'Arislioo et le prêtre Jean.
Un fragment fa:in du n- siècle , repro-
duit par Muralori , nous apprend que les
compagnons du vieil anôire, disciples du
Seigneur comme lui , l'avaient eugagé à
écrire 1 Krangilo ; et le docteur Credner.
dans son Introduelion (p. 237) est porté à
croireque ce témoignage vient d'eux. Voici
donc une preuve d'aulhenticilé presque
complètement dans la forme demandée par
le scepticisme historique de notre critique^
Hais outre cela, Paptas, qui avait entendu
Jean lui même, el Poîjcarpe, qui avait véco
avec lui et avec les autres prélres, et qui
avait été sacré évêque de Sm^me par Jeau
lui -même, ces hommes des premiers temps,
dont le critique nous somme da produire
les téœoignaiies, vienoentaussi remplir lea
conditious qu'il a jMsées. Nous ne pou-
vons pas, il est vrai , produire des cila-
tion» de noire Evangile tirées des écrit»
de ce» deux hommes ; mais quels sont donc
les monuments écrits qui nous sont restés
deusrLa letrre aux Philîppiens de Polj-
carpe, dont trenle-nt-uf chapitres très-court»
ont été seuls coHserïés, et quelques frag-
ments en petit nombre, de Papias. Néan-
moiiia ce fragment si court de l'ô(ilire de
Polycarpe nous oITre une allusion positive
& uu passage de la première épttre de Jean
(/ Joan. IV, 3) : n«c yàp, if S> ai i/uù^
inw- ut êr m fM «fulÀ/^ n pmfrifm tm cimmS
U UéUmu iwtL
Easèbe [I. m, e. 39) nous assure aussi
que 1 ouvrage de Papias contient des cita-
tions da la première E)iltre de Jean et- de la
première Epltre de Pierre. Or, il est reconnu
que celte première EjilL-e ne peut appar-
tenir A UQ aalre auteur que celui de l'Evan-
gile, el que l'autheniicilé de ces deux ou-
vrage» doit subsister ou tomber en même
temps. Ce point une fois admis (et Breta-
chueider lui-même se déclare pour c^tte
opinion), ou ne peut reconnaître l'origine
apostolique de la première Epllre de Jeau,
aans reconnaître aussi celle de l'Evangile;
el le quatrième Evangile se trouve confirmé
par U limoignagt de deux kommts qui ont
tm
lEA
mcnoxiume apologétique.
JEl
eu dti rttaîirns BtrtontitHti arte rapôln.
Après aroir salUrait aui exigences eior-
bltaulDS de la oouvellB critique, il aeinble
superflu de proJuire d'autres lémoignafies.
CppendaDt nom en citerons encore
les dnclenrs de TE^Iise eTir^lieDDC n'élii«iii
p^'int assez dépnurvjs de logioai,p(iiirii(
pas s'Alre aperçus d'ane foule ae cnotmlie'
lions appareutes, ea eomparaat Icj tmii
premiers EraDgiles arec le qualrièae,
Parmi les hommes qui ont connu l'apAIre, Cependant la secte des sloget atus«ule,
Il est trois dont )l nous reste des iDOntl>
ments écrits : ces moiiumcnta sont une
6pt(rede Barnabe, une éiiUre de Clément,
romvin , et plusieurs 6|it|res d'Ignace, é*â-
(]Qe (i'Antioclie. Que uous ce IrouTions
tiucune cilalion de i:Otre Evangile dans les
écrits d'ailleurs si courts de ces hommes,
cela ne doit étonner personne , au moins
pour ce qui regarde les deui premiers,
puisqu'ils vivaient eu dehors de l'Asie
dans cette dilTéreace, une preuve codcIdid'j
de la non-authenticité de rSiaDgile. U
nouvelle critique a marché sar lei inculi
ces sectairos, et a commencé [lar s'ipcinjcr
sur les contradictions hislonqoei. si h
talents littéraires des premiers Pères pi-
raissent pea distingués; si ces Pires oni «
des alTaires importâmes qui les emp^duiaol
de cultiver leur sljle, ils D'en oDl p»
moins reconnu, dans l'exposition du qu-
Mioeure, et ^ue l'Evangile, ajanl été écrit trième Evangile, le vol de l'aigle qui pnol
lard , pouvnft n'élro pas encore parvenu
Jusqu'ieux (2330). Ignace était plusâporléo
de cunuallre l'œuvre de Jean; aussi nou«
Irouvoiis chez lui, h cAté de quelques pas-
Sages douteux, une allusion incontestable
k un piissnge de notre Evangile. Dans celle
de 6t'3 éfitlres qui précisément porte le
éachei le plus visible de l'originalité, dans
t'épllri; aux Romains (c. 7), on trouve l'al-
lui>i<jn suivante à Jean (vi, 32, 33,48,61-
SS) ; Où;^ ^D/uu t/)Of^ fétpiç «ûli àSavcEc teû
^fou A'J:au, 'A^Bv 0ibû iilm, Sipx»t aifùtn/f,
SpT^v Çtiit , ic («Ti aifi 'iqooù Xp»v*S («v
uiov ftû 8(oû, N, T. X. KbI icifMt ei«û SilLu ri
mï/ut minv.itnnKyJm ârBxfiTW mu âiiiKisf Çwà.
Il t:st possible que ces expressions ne soient
|i<s des ailusioos k l'Evangile écrit, mais
des souvenirs de la nrédicaiion apostolique:
leur imporlsoce n en reste pas moins la
même pour notre discussion, puisqu'elles
prouvent, en tout cas, que les phrases et
les idées de ce genre, dont t>eaucoup de
critiques veulent mainlennot chercher ta
siiurci) da^is le gnosiicisms alexandrin,
étaient propre* k l'enseignement deiftan.
m
son essor dans les nues, pendant [)ut les |
autres restent sur la terre. Haii il ■ di
réservé h la nnuvHlIe critique alleminilcilii
puiser dans cette différmee tutu in kw^i-
Ut, la seconde classe de ses argomenls m-
ternes contre l'aullienlicité de l'KiaBgile.
Avant de parler de ces deux classes Ha^-
nients, nous voulons examiner ceoui est i»D>
l'Iétemeut particulier à la nouvelle <:ritii|uei
Le docteur Strauss croit avoir reiiun|Dd
que, dans notre ouatrièiue Evangile, Jk-
qiies, le Trèru de Jean, est mis sur l'irrièn
plan, et qne Jean est placé m avant, plus
i]ue Pierre lui-même. Celte circonsluite,
jointe h l'éptthèie honorable el mvslirieii»
de diiciple que le Seigneur aimait, quitté
rrpoté lur la poitrine du Seigneur, iuJi-
que clairement, selon lui, un auteur auire
que l'apôtre, un homme spparleoanl i
• l'école de Jean, i qui avait i pelweD-
tendu perler du fi'ère de Jean, mislDO''
de très-bonne heure, et dont le bul MJa
po^er une auréole de gloire sur 1i U^t ''»
uhefde son Eglise, et de le pliceri"ii
Pierre, l'apôtre des Juih. Notre wilil*
croit voir dans cet Evangile, toulei^
GAuronitflS se réunir sur la tflie d"^
voile si souvent sa personnalité ko ')
moins prétentieuse des épilhèleSi r<*^
disciple, ae change A ses yeux tin uiiC''
tave aspirant i la domination de l'uniiei^
« On ne peut assez s'étonner, dil-ili «
voir lu triumvirat de Pierre, de Jacques "
Eiam» lies cnlères lUerae* lavinaéi pir SUau^ , ._
cMire i-.nihenueiuidiiquiirième ^ugile. Quiproquo „,,ô(re d'une manière très-frappanK, ttfe-.
de netra critique. — PrinclMCS ttlfférenee* qui sot ' .f .■ . . i. _ _^ i h> nui
frippé Slnni M lu criUquM plus Mu^aa. £os 11 Siguilicative; et cet homma modeflt, m
GOmpmiKMi de» U^ prenlan ETnwilM avM la qii>- "'■■'- " * "- i.ii »i.n n
MèiM : — 1* de U aptiire d'MlIvllâ du Sanvanr. Lm
Irolt preiBlen BvtogllM coDttwuient-iif des tadieaUou
4» plwleantéjoandaChritf II JéniulemT Pourquoi
■M BoufolfrnHtspM, coDiiBe le mulrlàme, du redis
■pédnK à c« wjctT — r Durée de li tIb pobiiqae da
lima. — 3". Objeciiou de StnoM aor b conduite da _
M«M avant le eroclfleineiit, — Alisurdlié de ces objee- j"'i '" "' '~'''.''ri^.''I''~'„â ni/m'arrhi
ifao..-i'Dfir6««« wirelet*»>nféll.[e..p.rnp- d« J«n, presque Changé en "femoriarrû
port k l'heuve do crodaement. — (Wuuuob uho- et de voir.apiesqoe Jacques eOt èitir»"'-
riqne de ce* dUTâreocei. comme Lépide, la question se poser euiR
Nous en resterons II dans l'appréciation Pierre et Jean, comme entre AoioiDed
des témoignages externes en faveur de notre Octave, de telle manière que le <ief°'1'
Evangile, pour entrer dons le domaine oil presque supplanté l'autre dans sf^s Fj''"'
la critique de Strauss le tv.ai i l'aiie, comme tions h un rang supérieur ou mim m'^
sur »0H terrain. Nous n'avons point alïaire - sien. » Certes, l'accusation d'ignorance Jt
ici, à une seule exception près, h des armt^i la philosophie critique, que Vn^H ■ P'^''-
nouvelles; ce sont lu vieilles armes usée» contre Jean (page 127J, n'a pas p^i"" 1"^
depuis le m' siècle, qu'on rienl nous étonnante que ce reproche '^'**P"*r.: j.
opjtoser; seulement on a eu soin de les doLniniiLion universelle, tomUnt preci'
aiguiser et de leur douner un fil si fin, ment surfediscipic qui seul oousa ranu
qu il n'y a pas lieu de s'étonner si elles le lavement des pieds. . . ,
s'ébrichent dana l'occasion. Les Pores «t Voyons si nous pourrons réussir '
(33M) L'éjiUre de Clcmcni t été ccrilc i peu près vers te temps ite i'apiiit.
II'jS
JCV
MCTTOXNAIBE
JD5ti6er. 'Le nou seol de Jacques, d'il l.i
rritiqae, n'esl pas meniîoiinâ une fois dans
!e qualrièire Evangile : une seulK fois dans
I appendice li\t, 2J, il est qupsliuniJeslïlscIo
Z^Ur-iiée. ■ Pour ce qui est de Pitrrei à la
r/riV/, poursuit Strauss, cil (le (luatrième
Efângéliste) lo place aassi barmî iod pre-
riiers qui nul suivi Jésus; il uc le mpt pas
on nfrol plus rarement que les sjnofiliques;
i' ne utbe p«s le surnom honorable que
'ni a cJotmé Jéçus l'I , U; ; il lui met daus la
l>-'uctie une coufession qui ne paraît être
'.-'l'une Tarianle du célèbre passage de
lladliinu (iTi, 16) ; d'après lui aussi, Pierre
!:•: jeElB dans la mer pour aller plus vile
TT5 Jésus (xxi, 7); dans la cène et dans
'e jinlin de Gelhséfflani, il donne i Pierre
i>i r&lc Encore plus aelif que les sjnopli-
':-ies[\iii, 6; xTiii, 10); il ne lui dérobe pas
■''iiJiirjeiir d'avoir suivi Jésus dans le |>aiais
di ijran-i prélre (xviii, S5J, et d'£tre allô
'.'es premiers au tombeau après la résorrec-
I on, 'il, 3); il nous raconte même encore
un ciitrelien jiarlîculier de Jésus ressuicilé
nrec Pierre (isi, 13J. Mais le quatrième
Krangila a une manière qui lui est propre
■iis fvésfluter ces préro^lives de Pierre,
I -lur It'S alTaiblir et placer celui-ci dans
■ orLbre. atiu de Taire ressortir Jean. Sans
•Ijuie, il montre Pierre en rommunicalion
avec Jésus dès le commencement; nuw il
n-: le fait arriver jusqu'à Jésus que par
t'eolrtiniâe d'André. Â tarériU, Pierre »e
iiil eu peine, d'une manière lente parlica-
.' ktv, dedécouvrirle traître; moùil ne peut
■-e tourner inioiédiatemenl vers Jésus , el
t<l obligé d'emj.lojrer la médiation de Jean,
rii repose h rû aikwu rov 'limi (un, 83).
'.erre, U ut vrni, entre avec Jésus dans le
• lais du gr<nd prêtre; nais d'après Is
i -Iriêmo Evangile, Jean entre avec lui, el
.erra ne doit son entrée qu'à la médiaiioo
e ct-'lui-Gi,qui était connu du grand prêtre*
LTiii, là )P>erre,i7e(/crai,apr&larésurrec-
■n, se jette à la mer |>our aller au-devant
e Jéàus; mais ce n'esl qu'après que Jeao l
-co'inu le Seigneur dans celui qui est sur
' rivage, (xxi, 7.)Pierre, l'feif vrai, a l'io-
di'iv boniii'ur de se voir annoncer son
artjre, mais Jean obtient la distinction de
s:<;r jusqu'à ce que le Seigneur vrenne.
■ liii (ceci est le plus frappaul), taudis que,
a;>rès Luc [xuv, 12), Pierre, le premier
■â apôlres, vienl sc-al visiter le tombeau
J-j lie Jésus ressuscité, lequatrièmeEraa-
icr ie fâil accom)iaguer par Jean, et nous
jiilre celui-ci coûtant devant Pierre et
riiiaiil le premier au tombeau. Il tat vrai
c Pierre entre dans le tombeau avant
s II ; mail c'est de ce dernier qu'il est dit
:>or(J:i Et il vit et il crut. a
>'/ a-t il donc rien à opposer à tout ceci?
r rangûlisle est-il , par le fait , aussi cou-
tle «ju'il le parait au premier coup d'oeil T
y r»-gcirdaut de plus près, nous voyons
'£ outre critique a fait G»mj)lé;emenl ce
'«jh appelle, dans la vie ordinaire, un fiii-
Tquo , en venant avec un aplomb et une
I artidi.lè admirables, placer à ctiarije ce
APOLOCETIQtX. JU IVJt
qui devait être Ir décharge, el à déchargi^
ce qui dev;)i: 6'ra à charge : c'est-à-dire
qu'il a mis à la Cii de la phrase arec un
mai», ce qui aurait dû âlre au commencfr-
ment ; avec il tti vrai ce qui aurait dâ étro
à U Gn, avec mois. Ainsi, pour repousser
cette accusation, nous n'avons pas autre
chose à faire que de rétablir l'ordre de la
rihrase. Strauss accuse en outre l'auteur de
tvangïle, si c'est Jean, d'avoir manqué
d'esprit de famiile, en plaint dans l'ombra
son frère Jacques, contre toutes les couve-
naoces. Mais nous retrouvons ici un nou-
Teau cas où le critique, par une injustice
criante , coupe tous les chemins à l'histoire
jvangélique; car si l'amour fraternel avait
placé Jacques à la première plare en l'entou-
rant d'honneurs et de louanges, Strauss n'eât
pas a,aoqué de faire peser sur la tète de ca
l>:ndre fierc l'accusation encore plus grave
d'une inttniion évidemment a|>ocrjrpbe 1
Les découvertes particulières du critiqua
n'étaient pas su/lisaoles f^our amener la
conclusion de l'authenticité; aussi allons-
nous passer, mai manant aux argumenta qu'il
a seulement revêtus d'une forme plus incir
sive, c'est-à-dire anx arguments tiré.< do
l'histoire et des discours de Jésus. Voiei
les principales différences historiques qui
ont frappé Strauss et les i-rilitfues qui
l'ont précédé dans la comparaison des trois
premiers Evangiles avec le quatrième, diffé-
rences 1* par rapporta la sphère d'activité
de Jésus ; 2* par rapport i la durée de son
activité ; 3* par rapport à la conduite de Jé-
sus avant le cruciiiement; i* par rapport au
jour de la dernière cène; 5* pir rapport à
I beure du crucifiement ; G* par rapport à
l'histoire de la résurrection.
Quant au théâtre de l'activité du Sauveur,
il ne paraît pas, dans les synoptiques, s'é-
Icndre au delà des frontières de la tia.lilée,
depuis le baptême jusqu'au dernier vojragu
à Jérusalem; tandis que Jean noua montre
Jésus à Jérusalem aux quatre grandes fêtes,
el nous le présente enseignant et agissantpen-
danl asse« longtemps en Judée el dans le
pays de Samarie.Le docteur Scbnedienburger
a tiré un du ses irgumaots les plus forts
contre l'authenticité de Matthieu, uu silence
de son Evangile sur l'activité de Jésus en
dehora de la Galilée. La critique nouvelle
ne voit pas de possibilité d'accommodement
à propos d'une foule de détails de peu
d'importance; elle ne doit donc pas, à bien
plus forte raison , en trouver sur un point
aussi capital. Cependant nous voyons ici'
Strauss dans l'embarras ; et il hésite à pro-
noncer lequel des deux récits évangéliques
est conforme à la vérité historique. D'après
la règle qu'il a adoptée, de considérer comme
bu\ le récit qui glorifie le plus la per-
sonne de Jésus , son penchant dominant lo
porte à enfermer le llessiogaliléen dans lo
petit coin de terre qui lui a donné le jour.
II s'uiprime ainsi : ■ Ouoi^u'il n'y ait qu'un
seul voyage à Jérusalem qui soit historique*
il est naturel de penser que la tradition po-
pulaire ail été lealée d'en admettre, petit k
[ACTIONNAIRE APOLOCETIQUE.
r!lil , plusieurs , ne poutbrI se persuader,
son point de rue, qu'une lumière telle
que Jésus, soit restée aussi longtemps sous
le boisseau , et ne soit pas venue plus tAt
et k différenles reprises se placer sur le
rhandelier, l Jérusalem. > (Matth. v, 15.)
D'un autrecflté.il se demande s'il est croya-
ble que Jésus ait laissé de cAlé l'obserrance
des plus grandes fêles , et si des séjours
précédents à Jérusalem ne sont pas néces-
saires pour expliquer la grande inimitié
existant entre lui et les princes du peuple:
puis il termine sans conclusion positive et
sans rien décider, pour se garder, nous dit-
il lui-même, ■ de tout jugement précipité. ■
La précipilalion eût été en effet dangereuse
pour la critique; car, si elle avait pris réel-
lement parli pour le quatrième ETangiie,
ce qu elle eût été forcée de faire, elle aurait
transgressé ellomâme, en donnant Is vic-
toire au récit qui gtnriUe le Heosie, la triste
règle qui avait dé|ft arraché les plus beaux
fleurons de la couronne du Clirisl. Que se-
rait devenu, dans ce cas, le principe fonda-
mental suivi dans la critique de Jenn qui
allriljuu toujours è l'imagination de l'auteur
tout ce que son récit ajoute k celui des
aotresTNous svnns ici deuxsorfes de ques-
tions i examiner: 1' les Evangiles synop-
tiques contiennent-ils des indications de
Slusieurs séjours de Jésus h Jérusalem?
' Pourquoi ne renferment-ils pas comme
Jean , des récits spéciaux h ce sujet T
Les circonstances rapportées par le doc-
teur Strauss lui-même parlent déjb très-
fortement en faveur de plusieurs séjours A
Jérusalem; car elles ont eu la puissance de
lui faite Irangresser la règle si positive,
d abandonner toujours ce qui glorifie le
Messie, et elles ont ébranlé, jusque dans ses
fondemeuts, un des ar^'iraents auiquels il
Attsche cependant l'importance )a plus exa-
gérée. En outre, le critique s encore appelé
l'attention sur on passage des synoptique»,
dans lequel il est impossible de ne pas voir
la présupposition de plusieurs séjours dans
la capitale de la Judée. Seulement, confor-
mément i la misérable logique qu'il a déj6
suivie, et qui consiste h présenter comme A
charge, ce qui est réellement è décharge, il
désigne ce passage comme « un détail isolé,
Irii-dangereua pour lt$ tynoptigutt. ■ Qu'il
soll Irès-dangerouï, nous en conviendrons
aisément; seulement, ce n'est pas pour les
syDoptiqaes, mais bien pour l'hypothùse de
Strauss, qui s'appuie sur ce que ceux-ci
n'ont aucune ci m naissance de plusieurs
séjours ft Jérusalem. D'ailleurs, le récit dos
trois premiers Evangiles, sur la n^ceplion
uîle à Jésus, et sur la masse de peujile qui
Ta il SB rencontre , présupjmse plusieurs
séjours dans cette ville. [HTatth. xxi, 8.} tlo
tel enthousiasme a-t-il pu être eiciié seule-
ment par ce que les chefs de la ville avaient
entendu dire du docteur galiléen T Et eu
su|<posant que l'ealhousiosme de la masse
du peuple puisse s'expliquer aiQsi , Joseph
(2331 Vojf. BoeaniuKE, Mimmru «ar SapiAéon, IV, p. VU».
tlK
d'Arimathie, membre du Sanhdlrin , agi
parait comme disciple du Seigneur, n'ei-il
pas une nouvelle preuve d aoe iDQueDa
antérieure de Jésus i JérusalemT ÈdodIr,
les cent vingt disciples mentionnés àvalu i
Acte» [i , 15), étaient-ils donc toui Ui-
léensT La recommandation de Jésus (JlaaL |
XXVI, 18), k l'occasion de Ii cène, etk
métairie de Getfasémaiti, oA il se réuniisil
avec ses disciples [Jocun. xnii,2},n'indiqi]eit
elles pas des adhérents dons la capiiile? Eii>
fin, Luc (x, 38-i2) nous raconleunescto
3ue nous savons s'être passée à Béthaoie,
ans le voisinage de Jérusalem. 11 ejtdr«'
positif que les trois jiremiers Etio^
contiennent des indications de plusieun
séjours dans cette ville ; et ce fait cnnGrnK,
du la manière la plus forte, l'opinion g^
raie mise de nouveau en doute par Slriiui,
savoir, que Jean raconte sealemenl iirt
plus de précision que les sutreii.
Uaintenanl, pourquoi les synoptiqufm
raconient-ils [-as les voyages i rocosion
des fêles, et les événements qui s'y sont pas-
sés T Nous ferons d'abord remarquer en (*-
néral qn'il est presqne toujours eictjsi't-
ment difUcile et délicat de répondre à pi
question telle que celle-ci : Pourquoi un
historien, et particulièrement un auieurdi
wUmoira, parle-t-il d'une chose, et piuel-il
telle autre cbitse sous silenceîLa coniub-
ssnce des circonstances dans lesquelles i!
écrit, peut seule mettre en état de réponiirt
d'une manière satisfaisante ; et tmw\
même celte connaissance ne suffit pu, pir
exemple, lorsque l'auteuraétémsIserTij'ir
ses souvenirs ; ce qui est eu dehors iliitoiitts
les combinaisons fiisloriquus. Nous eii;;>-
geons i lire, h ce sujet, ce qu'un des ploi
célèbres auteurs AamémoirtM dpi iiiècle (n'-
sent nous apprend sur les hasards qui )wi
dirigé dans son récit des événemeats, elm'
la forte influence de la simple assoùliu
des idées (S331).
La question spéciale qui nous occDpr.t^
intimement liée i celle des rapports ftSi-
nilé entre les trois premiers K»)i01W'
Pourquoi, par exemple, Marc et Uallbietin
parlent-ils pas de la résurrectiou du Ëlt île
la veuve de Naîui T De quelle importioce R-
pendant une réiiurrection de plus aedeiut-
elle pas être pour eux? Nous itod* &'■
remarquer combien pou la science l M
jusqu'ici en étal de placer dans nn jouru-
tisfaisaDt les afiinilés entre les ËTsngrlet.
Cela étant, nous n'éfirouverions peint av»-
barras, quand nous serions forcés d'ii'utif
notre incapacité è donner une répouieil^
question qui nous s été posée. Ceiviil'n'i
nous pouvons au moins faire les ulisem-
lions suivantes: 1* selon loulo vreisem-
blance, le récit de Luc mentionne plus il on
voyage i l'occasion de la Pâque ; et la doJ-
Telle critique le reconnaît eUe-mâ^B' n^
paralt-il pas incroyable que tout ce qui (>'
compris enlre le verïet 51 du ix' ctii|i''r<'
de Luc (où il est question du dernier ivy-'ff
tEk
nCIMHOUBtK AFOUKCnOOE.
JU
11!»
I Jénmrmi) et le vereel 18 du efaipitro ux,
il pa M puser dans es dernier vojsge vers
1 ufHisIe? D'après Jean, en effet, ce n'est
«stle II Galilée qoe Jésus partit la dernière
9JS pour Jérusalem ; de plus, nous re-
rODTODi le Sauveor en Galilée au cbap. xiii
e Luc JT. 31), et le cbap xrn (t. 11), ren-
I^^ne ae nouTeau la mention da voyage i
éruMiem, en faisant passer Jésus |>ar la
<amirie, de même que dans le voyage dont
! est question au chapitre tx, t. 53. —
* Comme on ne pent anmettre, par tontes
» raiwos alléniées nrécédemmant, que les
"ois I remiers evangelîstes n'aient eu aucune
onnaissanee des autres voyages i l'occasion
es fêles ; et qu'en outre Lue (x, 38) nous
inrnii un document positir, qui prouve
u'un grand nombre des faits racontés sans
isi^itinn précise de lieu, sa sont passés
m* la capitale ou dans ses euvirons, nous
Mninef autorisés à conclure qne, parmi les
"ènes qui nous sont ainsi racontées, il s'en
ouve beaucoup qui appartiennent aui
ijages de Jérusalem. 3* Il est reconnu que
tradition évangéli^iue écrite dans les s>- •
ipiiqaes,a pour base un cercle de traditions
aies. Or celles-ci furent exposées pour la
cmière fois k Ji^msalem, par les disciples
lik-eas, en grande partie devant les honi-
<•» iusiruits des événements qui s'étaient
siés h Jérusalem. N'esl-il donc pas croy»*
e qu'ils se soient principalement attaenés
laconter les miracles faits en tialilée?
Li question de la durée de la vie du
irisi est essenlielkmeiit liée i celle du
éâire de celte même vie, puisqu'elles
nt déterminées toutes les deux par le
imifre des fêles de P4qiie mentionné dans
>angile de Jean. La critique, ayant évité
se prunoni;er sur la première question, a
suivre la même marche relatiiremeni à
seconde. Aussi, se coolente-t-elle de pré-
:iier ici plusieurs possibilités, ne s'alta-
soi, coiume poos l'avons montré précé-
muieui, qu^ jeter le plus d'incertitude
ssible sur la question.
Plus ou approche de la fin de la vie du
iiveur, plus les différences augmentent.
I ne peut s'attendre h nous voir discuter
eu détail toutes ces ditScnltés; nous nous
ittiiiterons de donner les principales rai-
ls qui peuvent servir i les résoudre.
Lj première difficulté qui s'offre au cri-
ue, «at le contraste frappant que présente
Sauveur priant dans un ravissement so-
nel dans lequel, d'après Jean, il parle au
Ȏ de la vie de la terre (Joim. xtii, 11,
, et ce même Sauveur luttant, d'après les
loptiques, dans le jardin de Getfasémani.
ioire critique suit encore ici sa méLhodu,
consiste a annuler les deux termes de
ijlférence, au lieu de concilier la Jiffé-
ce elle-même; et le doute, après s'être
té à droite avec Bretscbneider, et h gau-
avec Dsttri , vient ici, avec Strauss,
antîr les deux faces de l'bisioire. Ju».
ici oo avait toujours cousidéré les deux
termes de la différence comme séparés et
éloignés l'un de l'autre ; mais ici. d'après
une tactique toute nouvelle, oo les rappro-
che [>our en faire les membres d'une même
progression, dont le dénoûment est qu'il
ne s'est absolument rien passé. En effet, si
one lutte, une victoire anticipée, et même la
simple prévision de la fission est impossi-
ble, ut ait pkilatopkiu (2338], la victoire an-
ticipée dont Jean fait bonneur A Jésus, doit
se réduir4 ) la lutta dont nous parient IfS
synoptiques, et cette lutte doit se résoudre
en une simple prévision inventée par la
piété de la tradition populaire; il ne reste
donc en définitive qu'un néant, contre le-
quel la pkitoMopkie u a plus rien k alléguer.
Ecoutons Strauss luî-mémeàce propos:
« Le dilemme posé ci-dessus se trouve ainsi
annulé ; car ce n'est plus une seule eiposi-
tion des dernières heures de Jésus avant
son eiuprisonnemeut , qui esl mythique,
mais tontes le sont. Seulement, pour carac-
tériser la différence de valeur historique
qui existe entre le récit des synoptiques et
ceini de Jean, nous dirons que la première
version est une formation du second degré,
et la seconde one formation du troisième.
En effet, si l'exposition commune à lean el
aux synopliquea, concernant la preseienca
de la pasaion, est la première traosformatitHi
!|iie la piétâ de la tradition populaire ont ft
aire subir è l'histoire réelle de Jésus, l'anti-
cipation des souffrancesde cette passion elle-
même, chez les synoptiques, est le second
degré du mythe. Hais, lorsque Jean vient
nous dire (xii, 27 el auiv.J que Jésus, tout
eu ayant prévu et pressenti d^k la passion,
a cependant longtemps d'avance reroporlé
sur elle une victoire complète, et qu il l'a
envisagée avec un calme inébranlable, au
moment même où elle était immineo(i>, c'est
bien alors le troisième et le plus baul degré
d'une exagération, pieuse san^ doute, mais
complètement contraire k l'histoire. ■
Dn bon sens impartial sufSt assurément
pour faire justice d'une pareille critique.
Nous nous bornerons donc k une seule re-
marque. Notre eiégète suppose que le
quatrième évaoKéliste a toigours été exclu-
sivement guide par le désir de glorifier
Jésus. Hais alors pourquoi cet évaogéliste
nous peiol-il (xii, 27) le Sauveur dons un
état qui rappelle la scène de GethsémaniT
Des critiques n'ont-ils pas même supposé
que Jean avait antidaté cet événemeotï Et
Strauss n'a-t-il pas voulu voir dans ce pas-
sage an reste de la tradition sur la lutte du
Jardin des Oliviers, parvenu jusqu'k Joau
sous une forme jMUMèleBWiii altirétt En
outre, la tradition synoptique n'entend-elle
pas hieu mal ses ioiérèLsT Au lieu de mar-
cher droit k son but (la glorification du
Uessic), eo nous eiagérsnt l'iutrépidité de
Jésus, elle vient, tout au contraire, nous le
montrer engagé dans un comtwt bumiliani.
Or, de l'aveu de SirauSf elle u'a d'autre
Zi) ADosioa à Bégd, qn nie b fossibililé du tomatureL
1
Avantage l supposer celte lulto, que d'aU
Iribucr au Sauveur une louffranci antici-
pée; ntais celle circonslanciin appurlo aucun
«mbetliisitmmt essûotiel à-l*bistoire de Jésus,
puisque sa prescience de H passion était
iléjit uonstalée d'ailleurs. La tradition ty-
iiO|)lii|ue n'a fait ici que douner de la peioe
aux érangélistes apocryphes; car, mieux
éclairés sur leurs intéréls, ils ont chercha k
réparer celte bt>vue des premiers évsngé-
list(;s, en nous jiréïentuni cette crainte de
la uiorl coiurae une ruse de Jésus pour
attraper le iJiabIc. [Evang. de Nicod., dans
Tbilo, p. 806.}
Quiint b la question sur le jour du cru-
cineuieiit et ïur celui de la dcruîère
cène, nous ne parlerons ici que de la
ditTérenco daos t'henre du cruciSement.
Selon Marc (xv, 25), Jésus fut crucillé à la
li-oisième heure (vers neullieures du oialin])
neluu JeoD (iix, \k), au coulraire, Filalu
iié^eait encore à son tribunal vers la
sitièuie heure. Le crucifiement devait être
gravé eu traits iiielTacabli-s dans la mémoire
u« tous les témoins oculaires. Aussi ta
critique la plus ancienne a-l-etle cherché,
par tous les moyens, à aplanir celte dilli-
uulté; et parmi les solutions qu'elle a don-
nées, il enestunequi non-seulement latis-
f,iil complètement un esprit impartial, mais
qui peul encore servir à donuer uoeconQr'
■nation particulière à la crédibilité de
l'évaagéliste. Noua voulons («rler de i'hy
polbèse préseuiée d'abord par Leclerc el
ilévaiop|Jée ensuite parTuwnson, [Traitidet
qaalre £vangélistii, part, ii, p. ÛÂH.} Dans
cette hypothèse, Jean au serait servi du
ualoul romain, qui, comme la nAtre, compte
les heures depuis minuit, tandis que le
calcul juif ou lîabylonien, prend pour point
de départ le commencement du jour. Town-
son et Bvtiig {Etuda et eriiigiut, 1830, 1)
ont démontré que les deux autres passages
de l'Ëvangile oii l'on trouve l'indication de
l'heure (i, 40; ii,6.), s'expliquent u'uuo ma-
nière satisfaisante , en admettant celle
hypothèse : et cette circonstance est déjà
une raison de présumer qu'elle doit s'ap-
pliquer aussi eu passage qui nous occupif.
une chose, il est vrai, }iourrsit ébranler
cotte Opinion : c'est qu'on peut produire des
liaasagesdua t-lBS'iqucs du temps des eni-
l'ereurs, tl'oiï il résulte que les Homains se
sirraient alors du calcul babylonien. [Ho-
HACE, Sat. 1,6,119; MirtiAl. i, ép. 8; Plihb.
iyi^l.ncir,.ii,79.J Mais.d'unautri: cdté.Hug,
urec ia\as eérudiliun, a démontré, dans ses
Itemarqutt tur IhUtotre dt la patiioA {Gax.
d$ Fribourg, u* 5, p, 90J, que l'autre calcul
élail égnleuieitl en usage & celte époque, et
que lesi applications en élalent aussi fré-
quentes. Ce dernier calcul était principale-
uiHUt u»iLé dans le langage judiciaire : et
l<4 Pandecles du jurisconsulte Paulus nous
apprennent que, sous Alexandre Sévère, il
était encore t^éuéralement employé. Ce cal-
cul parait s'élre introduit eu même temps
que le droit romain chez les Allemands,
qui, dans l'origine, cumptaieut les heures
APOLOfiETiQUB. Kk i»,
comme les Juifst è partir du paiatdajur
Il n'y aurait donc pas de rsisoiudstW
ner qu'il eût été pareilietueDt conou de)
Juifs. £ti eCTel, Josèphe se lerl taoiiidj
calcul romain, tant6l du calcul bai)jIaniQ.
IComp. De vila, c. 5ï, àtec De billa lui.ii,
q. 3.) Jean devait supposer que daoi I'Ik
Mineure, ses lecteurs connaistaieul le ciki
romain; el lu martyre de Poljcaqie , ùa
en Asie Mineure, nous en offre un tu^^.
(p.. Si.) Maintenant, li nous adaieltaii> ({L'
Piiale s'est assis sur sou tritiuml un
{ûnij la sixième heure, le crucitieuieniiii,
d'ailleurs placé environ trois beur» ^t |
lard, dans la neuvième heure, It dlŒcu, i
se trouve-t-elle résolue? On devait mtL-
habituellemenl i peu près une liemibiOR '
pour mener les condamnés au lieu Jei hf
cutions, ^ui était devant les porludu
ville; mais l'épuisement de Jésus g ti
rendre cette marche plus longue. Euom
il y avait eu encore bien lies choses à iiih
avaut cela, il avait fallu que les DjallsiU'?.
qui devaient être crucifiés avec lésas r-
lundissent prononcer leur seuteLce, (|u <k
leur iulllgeât la flagellation atticiièt e,
supplice de la croix; que l'on prépitti n
tablettes sur lesquelles devait Être éctii^ii
sentence {i Birù). Quand ou fui sriitct,
lieu de l'uxécuiiou, il fallut le \ewp-^
plantur les croix, etc.... Les lois juriil^
des Romains viennent même uoiilinre ..
la crédibilité de Jean. La haine couUeV
sus avait rassemblé de très-grand mm-t
princes du peuple devant le [lalais dePiiU
mais ce n'est qu'à six heures queci^^i-^^
tirononce la sentencr. Au temiis ilc n
'Aque . après l'équinoxc du [iriiileD|>i,
c'était l'heure du lever du soleil. Otn;.!
le lever du soleil, aucune sunleucen'c:.^
considérée comtue Talide par la lui ro-
maine.
Eu face de cette loi juridique, qaellecK-
olusion le. critique D'aureiliMl pas tittt.t
rapporté solre histoire, si ellBDOuji"
montré Piiale reodanl ta seatenoeTen:-
QuitT
Cela étsnt, nous ne pouvons voir iia-'
paroles suivantes du critique, qu'un i"
a la rhétorique pour couvrir sa rcl»;
K A moins qu'ici, comme au tempi ol^"
chias, l'aiguille du cadran n'ait aiarclic':
arrière, c'est une contradiction, qui at|-'
être levée, ni en changeant violemme''-
maniëre de lire, ni en iavoquaot le p-
ûiTii employé par Jean, ni en préteiliDl ■■■-
capacité des disciples à bien obsvner i't<-'
re, au milieu de scènes si douloureujË> '
serait peut-être tout au plus pouil'l*:-''
parvenir, si l'on pouvait prouver gut
quatrième' Evangile se sert, pour W/'
les Iteures, d'uu calcul euliereniculil^
renl, •
L'histoire de la résurrection offre un Iî?
champ k la recherche des ditlèrtiKii-
on en trouve cITeclivemeat piusiennJi-'
cette liisloire eutre les synopli^us'
Il JEA ÙcnONNMIlE ArOLOGGTIQUe.
m (S3S3].Fersi>nnen«]ionse àtiier l'etis-
Ke de cesdtlTérences; mais, d'un nnlro
lé, on ne [«m soutenir qu'elles sont in-
luhles, sans partir du la présuiitingttiori
ite «rattiite aue chaque évangélisle a
■lu faire un récit comiilel.
tEK
ifin
nn est émnn* de Iroorer, dansTc onalrièm»
Evangile, an ensemble doctrinal si bien en-
chaîné, que les choses les plus étrangères en
apparence y sont liées par les transitions
les plus fines de la pensée. Enfin, tandis
que les premières relations présentent sans
cesse une notiTelle ofiluence de pensées, ou
au moins des images toujours nouvelles des
mêmes idées , le quatrième Evangile n'est
que la répélillon dos mêmes formules , re-
Tcnaiil sans fin, comme le brull du balancier
d'une pendule. Signalons encore une diffé-
rence r^pitale dons le fond des pensées : on
aeu peine k trouver cinq sentences qui aient
un rapport cunslanlavec celtes des synopli-
quas ; et mtlme, parmi ces sentences, il s'en
trouve BU moins irois qui sontévidemment
hors de leur vérilatile place. Cela montre
que l'auteur a recueilli seulement quelques
délsils épars de la tradition évangéliquei
portés jusqu'il lui par un heureux hasard,
tandis que, dans les premiers Evangiles, les
paroles du Christ ont pour tout principe do
stigmatiser les abus du culte judaïque, àv
venu tout extérieur, et de rendre la rie à la
loi en évo(]uant l'esprit des prophètes,
Los soupçons du docteur Strauss derîen- comme aurait pu le faire 6 cette époque un
nt pour lui une curtilude complète, )ors- rabbin juif de la meilleuro tendance. La
personnalité mysliuue du Messie apparaît
dans le. quatrième Evangile comme le cen-
tre de tous les discours, et sous les formules
de la philosophie d'Alexandrie. Et devant
qui Jésus pronouco-t-il ces discours abs-
traits T devant des personnes de l'esprit le
plus obtus; non-seulement devant ses dis-
(lU.
«(iMi plni s|)<cl«iiH (MKhant l« umlèra de* di>-
nn de J£«DS,if après tilnt Jcui. Réponws: fmpoK^
llliù de l'iovenljuD d'ua type autsi purfait. — La dlITâ-
nre qu'un remarque euire les porlralls également
tlilei d'un grand homme, peut praTenlrdel* richeiie
e l'nriglnal et des tmoreasloiu qu'il ■ dû bire aur les
kfraf^e*. — Kientples do Lelbnllz el surtout de SÔ-
nie — Autre eienipie. DilTérenoe frappante entre
•> leodancesde l'KglIse d'Orient et wllaa de l'Eglise
*t((lenl. — Le rarae'.^ permnnel de raint Jean >
■ ledupawr I recueillir et ï comprendre bien ée»
hKo, qui anroiit édiappé aux aulret évangélistei.
l'iillcur. Slnuts suppose, i tort, qu'il eilsle entra
srolalionide saint Jean et des lynràfimut une dilTé-
uce toute, daiu la rorme etdaae le lona. Are» de de
r«ileetde Strauss lui-même. — Les Ëlimenls de ce
u'iiu appelle le nsHictinie de saint Jein, se retrou-
m iins let autres âvangflistes et dans saint Paul. —
.ï bui de saint ican a ùIk de contempler l'hlsiolre du
Mntw. Timoigiufe de Cl émeot.d' Alexandrie. - Lm
mispreieiertâvingijlistesrétuineui la poriioa La plu*
iœiile lies discourt du lUirisl.
'il i-orte ses yeux sur les discours <
iritl rapportés par Jean, et sur le Ivpe qui
rèsnllf, A l'en croire, le Christ du qua-
itmt Evangile est entièrement dilTérent de
'lui des trois autres. Le premiar est un
rMiine de l'école d'Aletnndrie, lest:cond
ifalibin de la Palestine. Résumons d'à-
ril tous les arguments qu'il* apporte en ciples, si souvent accusés de stupidité, mais
'Gur de cette thèse ; nous les discuterons encore devant les pharisiens, dont rinfelli-
>Hite. gence était fermée aux sentences de murale
les plus élémentaires; devant de simples
femmes, comme le Samaritaine et Marthe.
Se Ift cette plainte fréquenta : • Les hommes
entendent dans un sens chornel ce qui est
_ _ _ dît dans un sons sjilrilue). ■ D'ailleurs, eût-il
mGpersonnage,deux recueilsdediscours été possible h qui que ce tùl de conserver
lemenl dissemblables, que chez l'un, tous dans sa mémoire des discours de ce genre,
discours soient empreinis du cachet de el cela jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans t
Hais, de plus, les Epltres de Jean, dont les
sentences, sans cesse répétées, ressemblent
parfaitement aux discours de Jésus dans
l'Evangile, ne sont-elles pas là comme uu
document incontestable, pour prouver que
ces discours ne sont que des fictions? Enlin,
si l'on prétendait encore parer ce dernier
ooup en disant que le disciple a pu s'accou-
parslioles, qui était ^à la portée du peuple fumer b imiter. Jusque dans ses nuances les
>ropre h la Palestine. Au contraire, la plus fines, la forme des discours de son mal-
IhodedeJean porte un cacbet tellement lie, nous voudrions bien savoir ce qu'on
trait et mystique, que , si l'on avait eu nous répondrait quand nous mootrerions
wnsée d'opposer un type' contradictoire qu'il a luis dans la bouche de Jésus des dis*
a méthode de Jésus dans les premiers cours devant lesquels l'exégëte supernatu-
ingiJes» il eûl été difficile d'en inventer raliste lui-même s'embarrasse, ne sachant
plus parfait. Tandis que la première re- oullemenl s'ils n'aiipsrtiennent pas plutôt
uo érangélique, oil les discours auraient 6 l'évangéliste [cbap. m, 16-21). C'est au
co semttle, être le plus liés, se contente point que le docteur Lucke s'est vu dans
nous donner cas discours en fragments l'impossibilité de nier que ■ la main de
n mal assemblés;, el comme des restes l'évangélisle ne paraisse » en ces endroits.
«ppéB k raelion délétère d« It iradilioa , Hais quand m4me ou attribuerait i Jésus de
B^) Oa peut voir là-<leuus le uvant ouvrage de G. WeiU (Démoim, 4taig.t é<Ul. Miane.) —
lus» ne l'a jias incmc Cili5. __ '
L'tiisloire, demanile-t-il, fournit-elle on
'onJ Exemple de discours aussi diffé-
its, prononcés par un seul et même indi-
uTEt puis, a-l-on jamais tu deux his-
mt attribuer, chacun de leur cOlé, eu
■iniplicilé, fandifl que chez l'autre tous
un caractère mystiijueT Quelle dilfé-
icc entre le Cbrtstdcs premiers Evangiles
celui du quatrième, aussi bien dans la
ne que dans le fond des eirseigncmenls I
^l les synoptiques, les discours du Christ
pellent tout à fait, quant k leur forme,
le méthode d'enseigner par senlenceret
I8U
J£&
DICnONNUBE
femblablet BpAealalioBSi qui sppartiennrnt
si visiblement h JeaD, aurait-on pareille-
ment le frODl de regarder réellenitnl comme
des pensées de Jeaa-Bji|>iigie tous les dis-
cours que ce persoooage, si simple et si
modeste, prononce dans les formules mjrs-
liques qui nous révèlent lrè»4lairement la
main de JeanT (Cbap. i, 15-18, et m, 37-30.)
Véritablemenl, à moins de répudier toute
espèce de critique, il faut arouer que quel-
3ue Juif chrétien, Tersé dans la philosophie
'AJeiandrie et appartenant i l'école de
Jean, a rpcueilli les discours de Jésus dans
des traditions déjà très-exagérées, les a
encore emhdlis dans sa projjre imagination,
pt que, les trouvant tron peu éleTés, trop
judaïques, il les a remplacés par d'autres,
n'a-i-il pas, du reste, appliaué ce sj'Sième
aux faits? Il est impossible d'en douter
auand ou le voit donner h ceux que la tra-
itiun raconle le dernier dogré de l'orne-
nientalion mystique, et intercaler des récils
tels que ceux de Nicudème, de ia Samsii-
taina , de Lazare , etc dont aucun n'a le
moindre fondement historique T
Tels sont, dans leurs parties efsentielles,
les argumeuls de la nourelle critique qui
Tienneut renforcer les ProbabUia in fireta-
cbneider.
Si le lecteur cbrélien c été troublé un
instant par ces diflicullés, voici une réflexion
bien propre à la tranquilliser. Peut-on réel-
lement penser que ce Ij-pe du Christ, consi-
déré dans tous les siècles et dans lous les
lieux comme l'idéal absolu de l'homme , ce
lype qu-cn ne retrouve nulle part ailleurs
dans la pensée humaine, suit dû k l'imagi-
oatioD d'un homme obscur, au travail arbi-
traire et accidentel du cerveau d'un rêveur
inconnu* Et si une pareille supposition
était admissible, la couronne posée par la
reconnaissance de l'Eglise sur la tête du
héros de celte biographie, n'eûl-elle pas été
arrachée pour être placée sur le front de
l'auteur?
Passons maintenant h ce que nous avons
b opposer à ces dilUcultés, dont nous ne
contestons pas l'imporlance. On peut, il est
vrai, au premier abord, regarder comme
incroyable que le même homme ait servi de
modèle aux deux portraits si différents des
synoptiques et du quatrième Evangile, et
que cependant ces deux portraits soient
réfallement ressemblants. Mais n'en est-il
pas des hommes comme des pays, où les
ftoinis de vue se multiplient à proportion de
eur richesse ? La richesse du Christ ne nous
donne-t-elle [las, à elle seule, une explica-
tion bien suliisBQte de celte différence? 11
est fort possible que, dans le travail du
biographe comme dans celui du peintre, la
personnalité de l'auteur vienne déterminer
la couleur; et comment nourrait-il en être
autrement? N'est-il pas de l'essence de l'art
Îiue l'ohjet soit reflété dans l'esprit de l'ar-
i8(e ayant d'être représenté (lar lui ? Uais
8 ensuit-il que, sur un cerluiu nombre de
portraits se retlélaiit différemment dans des
individualités différentes, un seul puisse
iPOLOGBIlQDE. JEA m
être ?rai ? Certes il faudrait avoir tme Met
bien mesquine de la vérité pour le Molenir,
Si nous avons de la peiue k dmu pet-
snader que deux phénomènes luui tan-
tiellement différents puissent devoir W
originel un seul et même iadiviJn, il ^m
certainement en chercher la prioeipile ou»
dans notre insuffisance è nous rerrésmitr
des génies d'une nature si élevée. Co gnni
homme est comme le minerai de Coriaiht,
qui fournit k l'un le fer de sa charrue eli
1 autre l'or de son diadème. Que de chosti
réunies dans Leibnilz, ce sommi re dn
quatre facultésl Que d'élémentsdiTerttirti
de son génie par différents individus 1 Uib
celui qu'il nous faut surtout citer ici, c'nt
ce sincère ami du vrai qu'un a voulusisou-
Tent, dans les temps peu éclairés, ramt'im
d'une manière absolue au Roi de la vérité.
Quelle abondance des éléments les plu) it-
riés dans les discours de l'homaie qui i
servi de point de départ k tant d'ecui'i phi-
losophiques si différentes! L'antiijuiiéeiil
dix écoles qui lui durent leurorigineirAi:*-
démique, la Cynique , la Méganque, l'Epi-
curieune, la Péri[iaiélicieniie, in CjrâiiiiqDr,
laSloïque, celles d'Ëlis et d'Brélrie. Saru
suivre tous les détails de ce cstalo^ur, doui
demanderons s'il est admissible que, dm
les discours de l'homme <iui a (our-ii i
Xéuophon, h Piston elh Arisloie.iatMHdc
leurs opinions, il n'y ait qu'une seule o-
pèce d'idées? Hais, laissant Socrale pour
passer au Roi de la vérité, nous dsiian-
derons s'il n'y avait (las une personniliii
importante dans celui dont lesdistouK.
quoique conservés un très-petit DOU)br«,D<iI
suffi pour produire cette série innomlinlile
d'idées et de systèmes qui , depuis tooip-
parilion, sont devenus les forces molrim
du monde moral? Et si aouscoDTeaonidcct
point, n'auiions-nous pas lieu Ja uousiw-
ner si la forme et le înndf do ses dijcwi
étaient toujours identiques? Ne nmed-
nous pas plulAt en droit d'exiger i^niri
de la personnalité de cul homme, qu'uullïe
aussi richo se réfléchisse dans piui^'uu
miroir? £t l'expérience, d'un autre cùi^
ne vient-elle pas nous apprendre iju d
type du Sauveur n'est commet qu'earïllfli^
saut le Christ des synoptiques et celui ilt
Jean? Le mot du poète trouve eneoreid
son application : « Celui-li seul quiealend
toute ta voix de la nature, peut saisir m
harmonie. ■ à
Nous croyons qu'on ne pensen p>iH
maintenant a faire une ot^ection séritw
sur ce point. Mais il existe une diffienU*
d'une autre espèce, qui nous fait dooltr
quela différencede Jean et des )yQ0|>^4iiEj
puisse trouver son ctplication suËupi^
dans la richesse de l'esprit de l'homuie diiii<
ils nous fout le portrait. On parviendn ce-
taioement à s'expliquer de la manière quf
nous venons d'exposer, la préduatioiçi*'
d'un genre, et pour la forme et pour le f»"'
dans les histoires où sont consignées Wi t*"
rôles des grands hommes. Mais celtt^"'
pUcalioa est-elle suflisaate lorsqu'il it^
JE&
■MCnONIUBIE &POLOCCTIQ0K.
lie dn\ réàts de difcoan complélémeDl
diffémiU dans la forme et dans le fond I
Par exemple, le» hisloriena qui se renaissent
l'oor Doos dooDer le premier récil, «Mit
lool ï fail élrangers ao conleoa du second,
et l'anleur da second récil connaît si peu
les discours du Dremier qu'il est presque
impouible de aécoarrir, dans quelques
points fugitifs, les moiiidres aufques a's^
aoîlé : dans ooe pareille eircottstaoee, la cri-
tique ne fie troove-l-elle pas poussée, nul-
p-é elle,k n'^oulerloi qu'i one seule des
-ela liens?
Nous Terrons par suite que la différence
>3t présentée d'une manière lrès~exsgérée;
A qu'en outre on peut donner des raisons
le celte différence. Adoieltons, pour le ma-
nenl, que les deux récits évangèliques, fris
Isos leur ensemble, paraissent être coin-
■osés comme i dessein dans deux genres
lilférents pour la forme et pour le fond;
4 eisiiiinonsde plus près s'il est incroyable
lue des disciples, avec deux leodances
l'esprit toutes différentes, aient pu se par-
■ger d'une mtoiére aussi frappante sur le
onds des enseignements de leur maître,
'o.i'tms également si deux genres toutk lait
ifférentsde discours ne peuvent pas h la
Dis èlreféritablemenl historiques. Comme
lo rwsonnemeot apneri est bien loin,dans
loe qoestioa de celle nature, d'areir la
Dr*« des preurea historiques, nous attein-
rons beaucoup plus certainement notre
ul, en examinant les docameots qoe nous
DssédoDs sur le carnclère et la doctrine des
eux hommes si richement donés du ciel ,
intnous avons parlé précédemment, Leib-
ilz et Socratv. Il est certain que le système
sLeibnitza pour basa de hautes intuitions,
li ne peuvent procéder que d'un esprit
entablement spéculatif et («étique louli
fois; et tel était le génie de Leibnitz aveo
<otB son érudition historique, et malgré sa
rédilection pour la démonstration mathé>
atîque. Il joint k cela nn instinct de la do-
inalion de la nature, qu'il partage avec les
Mix Bacon. Seulement, la science de la na-
re n'a jamais i ses yeux la force de vérité,
je lorsqu'elle se relève dans l'esprit hu-
•in, rayon réfléchi du soleil étemel. De
l'imporunce qu'il attachait à l'inven-
>n de nouveaux moyens et de nouveaux
viers, non-seulement pour l'industrie,
lis encore pour les sciences morales. Or,
laod il s'agit, comme dans le cas présent,
isposer l'essence' moraled'unhumme dans
sprit duquel la tendance de la connais-
tice et celle de la pratique sont ésalement
raoïes, où trouver un biographe capable
rendre fbomme toat entier? 11 n'y en a
m «D jusqu'ici pour Leibnitz. Il y a des
mmes dans lesquels, comme ditShakes-
are, chaque |>ouce est un homme, et dont
nage ne peut être bile que par parties ,
rcu que chaque li^ne demande un homme
ur la décrire. Eu considérant Leibnitz
mme philosophe, Wolf a passé longtemps
ur sou plus tubile interprète, et il l'est
effvt en ce qui touche le corps de sa
philosophie ; il est reronnu pourtant mil a
bien peu compris le sens intime de ses
axiomes. Le principe de la raison suffisante,
la doctrine des monades , l'harmoDia pré-
Âablie, etc.. , se transforment étrangemeol
entre ses mains. Les écrits de Wolf. et en
particulier les Pauéti raUamnablet tw iKan*
sur /s mmde, t$ Fâmt de TAesMU, nous
montrent k quel point un disciple peut élr«
familiarisé eu général avec le sysièms de
son maître, tout en restantabsolumentélran»
ger h eeruins cdlés de ce système ; sous ee
point de vue, ils nous fouraisseol an
exemple pour la question qui nous occupe.
Cepeudant, comme nous ne pouvons pro-
duire, auprès de Wolf, aucun autre disciple
da Leibnitz qui ail principalement saisi la
cAté spéculatif et poéiique du système de
son maître, et que Woti, se serl toujours
des expressions de Leibnitz pour désigner
les vérités mêmes dont le sens intima uelui
était pas complètement connu, nous n'avons
SBS encore lexem|ile que nous cherchons,
■ssons donc k Socrsie.
Noos trouTous ici tout ce dont nous avons
besoin. Deux récits sur le même homme
se présentent è nous, celui de Xéiiapliou
et cehii de Platon, et nous ne pouvons mé-
connaître la similitude complète des rap-
ports qui ekisteot entre eux, avect^cusqui
eiisteul entre les Kvaugilef synoptiques et
l'Evangile de Jean. Hous élablisMins doue
un parallèle naturel entre le récitde Jean
et celui de Platon, et entre le récit des sjr-
noptiques et celui de Xénopbou. Mais
tommea-nous donc certains que, itans le
récit de Platon, c'est bien le véritable Sa-
crale, que nous avons sous 1^ yeux ? Qui
nous garantit que le Socrale de Platon,
o'bsl pas un simple masque, comme celui
d'AristOjihaue 7 L'antiquité elle-même ii«
nous a-telle pas mis sur la voie, en nous
raconiAot que Socrate entendant lire le
dialoi^e de Platon intitulé Xym , s'était
écrié : « Qu'est-ce donc que tout ce que
ce jeune homme me fait dire ? > Kt s'il en
est ainsi, à quoi peut servir ce parallèle
historique, si ce n'est è fortider de plus eu
Elus nos soupçons contre le Chrisît de Jean?
I existe de Brandis un travail très-solide
intitulé : TruUi (ondamentamx de ta doctrnu
de Soeratt. (1" u* du Mmiée du Skim.) LVu-
leur y prouve en grand deuil, par les écrils
d'Aristoie, qu'un grand nombre des éléments
spécnlaiils de le philosophie de Platon
doivent être altribuéskSociate, et il désigne
quels saut ces éléments. Il existe aussi dans
les TraiUt d» l'Académie da teitntta de
Berlin {l«3k-3i), au travail de Scbleierma-
lUier sur la mUcht de Soerale eaaeidéré
commte pkUotophe ; il a la même tendance
Sue le travail de Brandis, et il serait hou
e les comparer. Ces recherches, ainsi que
celles de RiUer, ont [trouvé que, k la vé-
rité , Xéuopbon contient encore quelques
indications des éléments speculatiu ; mais
que les matières sfiéeulatives, «Mume U
vrai* scinice, l'eeeeiue de» ckotet, ia wtélktdê
de dé/uùti^» tt d'iadvclioR, se truuvcul ebez
vsn
IKK
DICTiONnAlEE APOLOCETIQUC
lui coinpIdtKintïnt nibainsés dans In spbèro
popuiaira et pratlquo. La philosophie la plus
iMuvelle, défavorable d'ailleurs i Socrate ,
)e déclare elle-mâme: au moins en ce qui
concerne la forme, Platon estoclui qui nous
& laissé le portreit te plus Qdôle. (Voif. les
(K.uyrei(ifihegH\;Hittoiredilaphitoêopkie,
part. XIV, 6, iM.) Vuilk bien, dan« toute sa
pléoitude, l'eiflinpte que nous cberchioas,
Oo voitqu un écrivain d'uae tendance com-
pJitement pratique peut rester étranger au
eftlë idéal de son mettre, au point de ns
pouvoir communiquer qu'un petit nombre
d'éléments spéculatifs, et seulement «près
les avoir tradiiilsdsns la liugue pratique.
Hais, indépendamment de ces preuves
exotiques, nous se pouvons nous empé-
cber de rappeler ici aue, dans t'Eglîae, on
a vu certains points aeia vérité chrétienne
elle-même se développer d'une manière
exclusive, selon la force de ceacepUon des
individus, et d'autres points de la même
vérité être laissés an arrière. Quelle diffé-
rence entre les tendances de l'Ej^liso d'O-
rient et celles de l'Eglise d'Occident; la
première prenant pour centre dt> son dé-
veloppement spirituel la notinn de Dieu, la
seconde celle de l'hommel Pou-r un grand
nombre du nus contemporains, n'eslHie
pas dans le quatrième Evangile seultment
que le Fils de Dieu se rt^vèleT Ht cenendsnt
Jowetnous apprend quel'Kvflngite de Jeon,
aveesa profocideurm/slérieuse, est A peine
connu dans l'Ejjlise grecque acluellH, et que
la foi n'y trouve son altmeni qun dans les
trois prumiors Evan){ilesl S'il est possible
que dans dus £t'><s«9 chrétiennen tout en-
tières, certains cdtés de l'Evangile demeu-
rent inaperçus par suite del'affaibltssGment
(l'un organe intérieur, comment cela ne se-
rait-il pas arrivé parmi les disciples rela-
tivement aux discours du SeigneurT Si Jeatt
était'bien réellement uaede cesAmes moins
propres à produire qii'à recevoir, qui sa
cooiondent, par un anandon intime, aveu
la personnalité de leurs conducteurs spû-i-
luels, et qui s'abandonnent naturellement
à tout ce qui s'adresse b.u cœur (une âme
de Marie, par opposition à celle de' Marthe),
on n'a certainement pas ledroit de s'éloiï>
ner que cet apAtre ait recueilli et compris
bien des choses qui eussent échappé aux
autres. Or, telle eteit, pouvons-ouus dire,
la personnalité de Jean. Pour le prouver,
nous nous appuierons, avant tout, sur ce
que l'exposition évangélique elle-même
nous apprend de la préférence que lui ac-
cordait son maître ; car co rapport s'établit
ordinairement entre un maître et sou dis»
ciple, quand le disciple présente une nature
decegt;nre. Nous pruduiioos ensuite Culte
tendre discrétion qui le fait se placer lui-
même dans l'arrièrti-plan, et la recomman-
dation que lui adresse le Sauveur mourant
de soigner sa mère qu'il laisse après lui
sur la terre. L'histoire postérieure et les
traits de son caractère, que l'antiquité nous
■ transmis, nous fourniront aussi des preu*
ves; car, malgré le rapport intime qui l'u-
nissait an Sanvenr, nous ne le tojoni|«i
se maître en «vaut «vec une mile «dtiiif
Nous avons raisonné jusqu'ici daunct
présiLpfMuition d'une critique défovinUe
au'il esîsle entre les deux relsttoHw
ifférence totale dans la forme et (liu>c
fond. Or, cetie nrésupposition est ii^.
De Wette lui-même avoue qu'il ys.tntr!
les deux relations, dos rapports diai i:
forme et dans le fond ; et Strauss n'en (i
convient |ias complètement. D'sbflnl, i>ti
important de ns pas l'oublier; lorsqu'il»
qu'Slion de cette dilférencp, on a toDJNn ,
devant les yeux les discours dogmiliqun; l
dans les autres discours, auiquelsse mïlili |
marche de l'histoire, il y a onlinsirtmctii
eoncordince, sauf quelques petites varii».
tes que l'on trouve toujours dans les rcli-
tions d'auteurs différeais : telles sont celln |
des récits de Pierre reniant son maître, 6t \
la femme qui parfume tes pieds du Sau-
veur, de Pitate, etc.... Pour ce qui regirif
les discours doçnnatiques, voyez, quint t
la forme parabolique, Joan r, 35; m, 8: ir, .
tt-38; IX, 39; x, 1 et sniv.; xv, 1 ri soir; |
XVI, SI, 25; quant è la forme de l'argunen-
lation avec les pharisiens, x, 3h; et è li no-
lémique pratique contre eoi, v, 39, ii, Ui
VII. 19. On trouve des senUnres coiKoHai*
les, Joan, Slii, 1«, XT, 30. Coiun. Malîk, i.
2V. — Joan, m, 2b, 3S, 36. CuR>r. «lUi
x, 38,59. —Joan. ii.kk. Coffip. Matik. m.
&T. — Jeoit. xiii, 90. CoDi|). JU/itth. i.U.
-~Joa«. XIV, 31. Cnm|i. Jfo^lA. iiTi, U.
Nous examinerons ici de plus t ri:tii-Bl>'- 1
uieni queiques-uns des points ilaii» losiju If
tes premiers Ëvaiieiles s'accordvnt Heeli |
Îuatriôme. On attrimio noiuméuienl iim
es trois points de doctrine suiiault. û
c'est ce qu'on appelle son fflysricini(.'l''t
dogme des rapports mystiques du Filuw
le Père; £■ du Sauveur avec les cn>,F»l>l
3* la grande importance attachée k l'«Mr,
et en particulier k l'amour du protbim.^
ees éléments des discours du Ctiritf a't(>-
partiennent pas BU Maître et qu'il fulIslH
attribuer soit A l'imagination d'un éi»i|)l«
du Clirisl, écrivant, dans ses demièreiu-
uées, l'tiistoire de son maître, soitméoiti
an laussaire du ii* siècle, il est cliirqo'M
ne doit trouver aucune doctrine aoaioi;iK'.
ni dans les jtremiers Evangiles, ni dtm Itt
écrits apostoliques. Or, maintenant cos**
ment expliquera- l-on la présence dans Mai*
thiau (il, 37) d'une sentenne qui resseiDl)>
tant à celles de Jean, më^e daiii la iofii'.
Ïue la personne la ittoins versée dans Ici
critures ne renlendra pas prononcer sim
croire qu'elle est tirée du qu<itriàiiM£Tii>*
gile? (Gorup. la manière donl Jeanssift
de l'aniithàfe en combinant l'ttOirmaiiaa ri
la négation (/y Joan. ix.) Si cette idée m})'
tique n'est pas autre chose qu'uae intui-
tion arbitraire de l'auteur, commenl «^'1* '
il qu'vlle se retrouve dans ta trdd.liott ge<x*
raie des Evangiles T
Mais, 6i l'unité mystique duFilssltm
Père (qu'on veut faire passer pour uWiJ*
Atexaiidrine] est enseignée dans le pVft*
DICTIONNAIRE APOLOGETIQUE.
JEA
1511)
bil. Nous le voj'OQS, lorsqu'il s'iigU dos fui s
de la lie du CtirUt, passer la plus fcrarid»
fsrtie des choses qu'on (rouTa chez les an-
reS) et ne concorder nvec eux que là peul-
Atreoàil a quelque chosa de |iarticuiierà
raconter, ou desdiMoursi raliactier. Unu
telle conilutie ne doit-elle pas noos tnitf
Prâsumer que son but a été de compléter
bisloireTEtsi celle présomptioa Ml «abi-
ble pour les faits, pourquoi ne )e serâlt-
elte pas aussi puuries JiscoursT
Clémeot d'Alexandrie nous fournit u\\
document [2336J qui s'uppuie sur gne tra-
dition plus antienne, et nous apprend que
l'évaogélistt), à la prière de ses amis, a i^cril,
untiayyiltm xMUfiaTtxJii en Opposition aux
liayyïiia aiuiiaTixà; le fragment découvert par
Muraluri , nous fournil un Lémoignagi) du
II' sièi^le eu faveur de ce document. Ces
témoignages externes concordent avec les
résultats de l'examen iotrins6i|uo du qua-
trième Kvangile. Or, si cel Ëvnngiluaélà
écrit pour servir de complément aux au-
U-es, que ce soit datis un intéièt dogma-
tique, ou dans un inlérét historique, Id
diiTérence de la matière se trouve com-
plètement expliquée. Credner a publié .
depuis quelque temps, une nouvelle Jn-
(roduction crilique à l'Evangile^ dans la-
quelle il s'explique d'uno manière conforme
aux anciennes traditious (xix, 35 et xx, 31);
mais il conjeclure que le quatrième Gtaii-
giie a été écrit principaleiueut pour uo pe-
tit cercle d'amis, Sons admettre avec lui
cette desliuulîon de l'Evangile, ne couçoil-
on pas des raisons spéciak'S (par eiempte,
l'inlenlioa d'écrire pour une certaine classe
de lecteurs), qui ont pu influer t)eaucoup,
sinon eiclusivemcnl, sur le choix des ma-
lîères? Quanti ce qui regarde les Evangi-
les synoptiques, il résuUe de toutes le.>
recherches de la critiqueque leurs rapports
écrits ont pour basenu cercle de tradition»
orales déjji fixé: on ne doit donc pas de<
mander pourquoi ils ODt choisi précisémei.l
ces matières, mais plut&t pourquoi ces ma-
tières se trouvaient furmir le fond prédo-
minant de la tradition orale? La répouse à
cette dernière question se irouve dans In
nature de l'esprit de la plupart des ppâlreD,
dans le peu de compréhension du plu:i
grand nouihra de leurs premiers auditeurs,
Kl surtout dans la plus graude facilité aveu
laquelle on retenait des discours du geniu
du ceux que les premiers éf angélistes uuuji
présiiUleiit.
9IV-
Nouretle objection de Slniwia sujet dudiitcoun que lo
qiutritme EviatiHe «llribue k Jean-BupUste. RËpoibC.
— Li reMemblance du skjls de nfiii Jean, daa* mt
«plLree, *vec celol du Siaveur. diu rttauflle, dui-
eue «tlribuée \ ooe fusion de u "le Inlcrieure du du-
cipleivecl'eiprildesounallre. EiemplesMuloRUM :
duu rtfUse priinltlve, »lni Cloimeiii de fiome, lainl
'ÎMi) C'ett-i-dire l'idée du Christ, telle qu'elle (Î350) Voy. Eusèbe. I. vi. »*--/^S-, »""'''»
1 préMuiée par 5. Jean. fragnien; de Ttiéodore de Mopsneste, uaiia toriis-
tilji; Le docteur J. Kuhn a irès-bicu éUbli le ri»t : Caltm in Et. Joatmit.
>>-l>aiic. (Vie de Jttat, lulrod.)
)ue nous venons de citer, on verra que la
;i.tntnunauléni7sliquedu Fils el dos croyants
l'eM pas présentée d'une monière moins
•iplicile dans Matlh., xviii, 20; xxviti, 20.
jtiiatila doctrine de l'amour, et en par-
iculierde l'amour du prochain, nous n'a.-
wnit trouvé, il est vrai, tlnns les premiers
Snngties, aucun texte que l'on puisse com-
ireri cent de Jean; mats nous trouvons
Iiii5 Pau) (/ Cor. iiii Joan.) un éloge de
tmniir qui semble présupposer de ta part
iu Christ des paroles semblables h celles
iu« Jean nous rapporte. L'apAlre Paul
urtoul peut nous être d'un grand secours
«ur l'appréciation dont nous nous occu-
lOni, et il doit être ici pour nous l'objet
'uneatleodon toute particulière. Ses Ent-
r«] nous fournissent une garantie, qti on
i'k [las as<:ez appréciée jusqu'ici, de l'au-
iictiltcilédcce qu'un appelle !a Chrùlotogi$
'Mi) mystique de Jean, et de beaucoup
'iiulres doctrines du même apOlre. Réflé-
fiissoDtque Paul lui-même nous raconte
uë Jacques, Pierre et Jean, ces colonnes
e l'Eglise, lui ont donné la main en signe
'uaion, pour conlirmer la vérité de sa doc-
rtne. [Gai. ii, 9.) Or, lorsqu'il vient nous
arler (le la divinité du Christ, du Christ
nysiique vivant en nous, et de l'implnnta-
LiuOdiDs le Christ, etc., n'est-ce pas une
preuveque ces idées étaient connues aussi
ttiiiulteii apûtres, quoique chacun d'eux
le lt!j eût pus exprimées dans son type
lodrinalT Mars le douleur Strauss tui-mé-
ntunus a fait uu aveu auquel nous étions
m iIb [jûus Biteodre, et qui nous dispense
i toute preuve ullérieure.,En effet, s'il y a,
il» los discours rapportés par Jean, quel-
le cbose qui rappelle Alexandrie et Pbi-
i»! cesoot bien cerlainemenl rosanliihë-
'ideoipÇet dermiûfiB, de pût et de oxôrof,
î^ei lie SivxTu, d»»»! et de «tw; puis
' eipressioiis mystiques Sjito.- nt t-aic,
^ 'ù*. Or, le critique lui-même déclare
uil CQDsidërs ces Ibrmes comme faisant
arliedes discours originaires du Christ;
iDlemeni, l'auteur de I Evangile les aurait
ttagfis ■ dans un esprit aleiandriii, ou
lulétgrec. » 11 convient donc, par là mé-
•"i que des groupes de mots tels que âwo
''■'lifncÇmc, Û4uj] (ût, qui n'ont aurun
"«logue dans la relation des premiers
'iiKiles, ont occupé une place importante
'Ils Tes discours de Jésus.
Kuus avons aussi présupposé que l'Eran-
le de Jean n'avait pas été écrit dans d'au-
es circonstances, ni dans un autre but que
t|)remiers Evdugilcs (2335); et nous avons
lïisagô ces derniers comme le lit.ra pro-
fit de l'esprit de leurs auteurs. Il en est
(Kitidant tout autrement ; ce qui change
'leijticllcmont la position des clïoses, Que
m considère d'aliord que Jean est le der-
<;rdes Evangéiisles et qu'il a écrit comme
DICTIONNAIRE
etc.; «bu DM école*
Polrcme, uiM iRnace, martrr, etc.; àtaa dm
eoMMiptralBes, Scklcteraucber : I «piel potnl il
llaOuMM de riatea. — Aatrai eieiapte*. —
«e le g^le ptrUealier de l'<faiig£Uile ■ pt
eiercer rar b Uttmt de tei rédu et Kii^t>l«DeM *ur
i* iNDlère de reproduire lei dteeoan de JËm. — In»-
tMKedu criUqiie,etréf)onÉe. — RaltoMde Ubdilléivee
UqueHeleetnâcAUtteeelMtUwt niot Jeaanire*
tenu letdîMoarada Christ — Eienple analogae rbaml
iMr ulDt Iréoée. — iMptntionMnuturelleqal, d'âpre*
U pramnu de JÉsaa, devait nppeler les iBttnielloai
k lei dtedi^et. — Deniltie diÉcnlté : le* diicoan da
Cbrùt itawairtii k U portAe de* eiiditennT RqMMMe.
Mais Strsass ne s'en (ienl^s aux argu-
nenls que nous Tenons de discuter. Il pré-
tend en avoir encore de plus forts pnur
prouver que tes paroles attribuées par l'B-
glise su rils de Dieu, et qui ont servi Jus-
au*icî de soutien et de consolation aux
hrdticns dans les angoisses de la vie et
de la mort, ne sont aulre chose que le pro-
duit de l'imaginslion d'un mythografilie
d'Alexanilrie. ■ En elTel, dit-il, les Bptircs du
disciple, en présupposant qu'il en soit l'au-
teur, nous prouvent indubitablement, p«r
leur concordance conuilëte avec le carac-
tère des discours de l'Evangile, que c'est
bien aussi le disciple qui parle dans cet
évangile et non pas le Maître. L'apologéti-
que, il est vrai, pour parer ce dernier coup,
a allégué qu'une nature tendre et malléable,
comme celle de l'évangéliste, avait dâ sans
doules'BSsimiler complélement le stjle do
son llattre; mais l'Evangile vient, ce nous
semble, détruire celle explication; car, non-
seulement il prête à Jésus des discours
uiéiaphysiqiies, qui appartiennent cerlat-
ueuienten propre à son rédacteur, mais il
va [et c'est ici le ooint décisiQjusqu'k en
lilacer daus la lioucne de Jean-Baptisle, ce
jiropbèia de l'Ancien Testament, chex le-
quel il n'y a pas l'ombre de mysticisme.
{Joan. I, Is-lS; m, S7-d6.) — A en croire
noire critique, cette circonstance est ■ le
nœud do la question. >
Nous rappellerons d'abord que ce n'est
point ici une découverte de Strauss; il ne
luit dans ce cas, comme c'est assex sa cou-
tume, que se servir des remarques des au-
tres. Examinons maintenant jusqu'k quel
point il a réussi. Commençons par. le cha-
pitre I, verset 16 et suivants.
Notre critique, dit, 6 plusieurs reprises,
que l'auteur du quatrième Evangile a le ta-
lent d'inventer avec tact et adresse. Cepen-
dant, s'il a eu l'intention de placer réelle-
ment dans la boucbe de Jean-Baptisle les
T. 16-18, celte assertion doit paraître ici
plus qu étrange; comment en elfet ne |ias
recomiHitre dan:( ces mots ; « Nuus avons
tous reçu de sa plénitude, « le langage
d'unmeutbrede lacumniunauLéT D'ailleurs,
un a fait remarquer, il y a déjà longtemps,
qye le V. 16 ne se lie nullement au v. IK,
mais bienauv.14 : nUpvt x'P^'^^ ^' '^^*''^-
Ce n'est qu'au v. 30 que cumnienue le ré-
cil historique du témoignage de Jean-Bap-
tisle. Son témoignage e»t seulement placé
ici en |>assani, couiine au v. 1, |Hjur ap-
puyer une asserliou de l'évangélisle; et il
iaut bien «onger que ce deniiur, éianl sou
APOLOCETIQDE. JU )»
disciple, devait attacher une double k|w.
tance i ses paroles. Il est clair que les mou
'Ex ToS Klipûfune; se lient à sUp«;|^i,mCi^
iihtttUc, et les mots q x'fv "^ ■ &iui ii
V. 17.
Au lieu de prouver que r^vingélift 1
prête ses idées et sou style ï Jeia-BipiiHF,
ce passage est donc plolAl de oiluru
montrer qu'il n'indique pas d'une manièn
toujours précise où Boissent tes discoun
tenus par les personnages mis en icèaedui
son récit, et où par suite il reprend II p»-
rôle. Nous appliquerons de suKe cetuî»-
ment au second passage^ etaoïiner [oi,l(-
21.) Si l'on nous demande : Est-il complî-
tement impossible d'admeUre qua te Ctiràt
continue a parler dans ce passade! !im
dirons que celui-là seul peut répoudre ^ |
lirmativement à cette question, t|ui rénv
que principalement en doute que Jétut til
jamais parlé comme il s'eiprimBchtiiJeu.
Nous avouerons cependant que, I ciuseili
passage cité précédemment, dan$le<]uel 1»
propres paroles de l'évangéliste Ticaaeul
se placer sans aucune indicalicude Inmi-
tion, cous inclinons fortement i croirt
qu'il se passe ici quelque chose de ieiutilt'
ble. Le propre de notre ApAtre, sa preitiiè:t
Ejillre te montre bien, c'est précisJiDeiii
de ne pas procéder d'après les strictes ei>-
gences de la logique dans la dispOiilisii di
SOS pensées.
Le pa-ssage (xii, 4i-50) dans lequel il r^
pèle accidentellement quelques-unn iti
princiftates maiimes des discuursduCbrin,
nous offre un exemple de la &cili>'
avec laquelle il a pu joindre, coinuie f{ii»-
des, i des discours analogues, des ftaita
chrétiennes fonda mentales qui éliienlpn)-
fondém<int gravées dans son Iiuchù.
nous deiuaodfv-t-on, pourquoi n'i-^^l*
indiqué la transition T A cela nous r^
drona qu'il ne l'a {«s fait au ch. i, It nul
(aux Gai. 11,14) nous oEfre un (»Bi^
précis d'une chose loute scoiblBble-lloi»*
oiencG par raconter, sous la furnie i)in^t<
co qu'il dit b Pierre, ÏAnlioclie:|iiiii<*
partir du v. 15, son discours re<ôa>>e<)i^
ce qu'il a k dire aux Galates, et cela sam
aucune transition marquée. Ud itdtit
attentif découvrira çà et ta, daasdilT^wU
écrivains, des transitions de ce genre, ipi
demandent une grande sagacité chei I in-
terprète pour saisir le )>otnt de joiciioii'
Nuus i-n avons un exemple dsos un f')S'
ment dePapias. Cu fameux passage d'»-
sëbe nous un otlre un aulru eieiupte:!'»'
terprète n'y peut indiquer avec sûreli I*
droit oà Oiigène cftsse de parler. M"'
nous trouvons encore un exemple dunie^tt
jenre dans Jérôme {Commentairiitii'-
\ édit. Vatlarsi p. 613.)
Venons niaiotenantau troisiânie pa^
(iir, 31, 36). dans lequel la aili>]ti« ""'
■ le point 1b plus imporlant delà quiiliuD'
U est pusliif que ce passage, daai la fi»^
comme dans les pensées. otTre un cubIw'
choquBut avec les autres paroles de 1^'
Ojptiste; et ce serait uuc raison de pe»^
ë:
ne frtl ici l'é»ang*lisle qui parle lui-"
léiiie. Uais si les eiemples que anus ïo-
ons de ciler onl déjà éaauA h cette opi-
ion une grande Traisemblance, elle passe
l'éifll de certitude complote quand on
lamine quelle différence de caraulère il
a entre la première partie de ce j.assage
Ï7, 301 et la seconde (31,36). En effet, tan-
jj que cette «econde partie porte dans aon
Dsemblelecachel de l'évanBélisle. toute
I première. îi rexcerlinD d«s seuls mois
y.«<i««.W«««|15, 11. 16. 24 Jom.
1 k Joaii. Il, 14), est eiilièremertt coa-
ïrm'e au caractère du proplièle. La critique
l.pujc beaucoup d'ailleurs sur 1 absence
e ..anboles eliei réMogéliste. Refusera-
^lle de prendre en considération que nous
rou'onsici, dans l'esiaee de quatre »er-
pls. une sentence parabolique su t. 2» et
eux gnomes aux Tersets ïï et 307 A cela
'i«nt se joindre Irgrande concordance pour
B sens des paroles »»ec«aidtMatlbieo {tu,
t, ik.]EaQn, ici comme an Tersel 16, le
lossaire serait d'une maladresse par trop
rossière, si après afoir »u Jes disciples de
ean-Baplisie dire {au t. M) ces mois,
é^« /„•«" 'r" *^' «' '«" °»»^ T
ooner son assentiment dans les TCrseu
uiTani», il Tenait ensuite {au t. ^1 mettre
ans la bouche de celui-ei ces paroles con-
M^ctoires : ««t tbk fitfnpi** «"■» •«*if
amiiHt. Ne irouTB-t-on pas dans ces paro-
es. aussi clairement qu'au t. 16, l'expres-
i n des sentimeiiU du disciple placé au
liiieu de petites églises en face du monde
icrédule, et Ténhu des paroles du MalUe
ue Doos lisons ailleurs (ni. H; », 38;
Jinp- XII, ïïlîNons sommes donc sûrs de ne
as nous tromper en disant qu'ici i étangé-
sle a pris ce» paroles de son ancien Ma!-
e : « Il faut qu'il troisse et que moi je
iniinue," i«ur point de départ d'une nou-
>;l.o eiposilion de la dignité du Christ,
u premier cbapitre, après a»oir («rlé de
,fan~Ba|itisle, lérangéliste «Tiit ajoute (».
; : It n'était poM la lumUrt, mau U émt
mu peur rendre lémoignagt à la Immtirr,
nous dit, conformément è ce langage («u
jap. iii. 31) : Celui qui est de la tare est
rrrelre, Hc... ,
On le »oit d'sprès cela : non-seulement
I > point capital ■ de la preuta de notre
iTersaire. est dépourru de fondenieill;
aiâ en outre, loin de sertir t-n rien sa
inse, it nous met sur la «oied unepreu?e
ès-i m portante pour la nôtre. En effet, si
critique a sonient accordé à 1 auleur de
t^vaiigîle du jugement el du goût dans ses
.iiM>osiliuns, il ne l'en a pas moins coosi-
•ré comme trop peu liabile i^ur pouToir
.rlir du inj-slicisme qui Im est propre, et
aez tléijourtii de tact pour placer ses doc-
iiiei. alexandrincsdans la bouche du Pro-
■eio crossier du désert. A moins, loute-
1», <iuoniie»oie dans celte coadmle de
.vaiiAélis'e «n «'<:«' P*»"" ''"""^^*''"^'*®
...Isàses idées en leur prêUnt le plus
.sMbled'oi^aiies. Quoi quil eu sou, si
ivangéliste a donné une couleur bi>sIi-
DK-no>:(Aiai: 4PonHiÉTi(ii;e_|.
MCnONN-UBE APOLOCETIÛUE. JE* iSU
qiir aux discoursdeiésus.els'il (•''S a* em-
bellit. ■ on doit naturellement s'atlnudie^
re i|u'il en ait fait autant pour les discours
de Jean-Baptisle. MainteDant, si l'on iwu-
vait démontrer que les discours de Jésus,
pris dans leur ensemble, sont reproduits
dan.i le quatrième Eiangile d'une manière
Gdèie et en concordance avec les synopti-
ques, n'en derrait-il pas résulter aussi une
conclusion farorable 1 l'exposition desdis-
rours de Jean -Baptiste dans ce miSoie
Evangile? Or, aune seule exception près
{it £V(»o6" fw" 71Ï""', I . IS) , les élé-
ments des discoursdoJean-Baplisle se re-
trouvent tous dans les autres éTaogélisles.
ou peavent avoir leur explication daus lo
caractère de l'Ancien Testament. (Comp. c.
'i", 19-36, el le passage dont il vient d'être
question, iii, 97-30.)
Il nous làut maintenant examiner de plus
près une question que nous avons déjà
traitée précédemment. Je veux parler de U
présupposition faîte par les apologiiles, et
eu particulier par OrJgène, el reproduite
depuis, que la concordance de la dicliou de
Jean avec celle du Sauveur doit être attri-
buée à une fusion de la vie intérieure du
disciple dans l'esprit de sou maître. A cela
QOire critique répond : ■ Que la chose soit
possible, c'est i l'abri de toute ccnleslalioD ;
. mais il est également incontestable que eu
phénomène se manifeste uniquement dans
des esprits sans aucune énergie personnelle
' de peiuée, et le quatrième évangélisle ne Se
présente nullement h nous avec ce carac-
tère, a La critique doit certainement lui
accorder un haut degré d'énergie iulelloc-
tuelle, puisqu'elle attribue i la force seul»
-~ de son propre esprit ce cachet particulier à
. ses ouvrages et qui a puissamment agi dans
tous les temps sur tous les hommes d'uii
esprit profond. D'un autre c6té, si l'on na
révoque pas complètement en douta la soli-
dité du fondement historique sor lequel
nous basons notre aigumeotalion, on ne
pourra , taos aller cuiUro toute vraisem-
blance, attribuer une originalité furlemCRt
tranchée au disciple que le Si-igneur aimail.
Ualgré cela, regardons ce point comme éta-
bli. Il est bien plus ordinaire qu'on n'a
coutume de le supposer, de voir les esprits
en général, et même les plus distingués at
It^ plus originaux, recevoir, dans les idées
comme dans le stjle, une înQuence étriu-
gère. En nbiervanl d'abord les anciens Pèras
sous le rapport de la dépendance des idées
ou du sl^-le, on est étonné de retrouver
toutes les habitudes iotelleLlbellasdu gr^md
Paul, non-seulement dans son disciple.
Clément romain, mais encorodansPoljcarpe
ut Ignace, qui étaient disciples de Jean. Ce
ne sont point seulemeul des eitations qui
nous 1 appellent Paul dans les ouvrages du
Clément Homain, c'est aussi toute la cou-
leur et souvent même la slruiture des
phrases, £t si nous retronvons lo mène
rapport dans Folycarpe, quoiqu'il fût disci-
ple de Jean, it faut en cherciier l'eiplicaiion
dans le gêiits de cet évaagâlis:e doul l'ori-
1615
JE&
DICTIUNNAIRE APOLOCETIQUE.
JEA
1)1! I
ginalllé n'était pas propre b formcrécole. La
preiniôre Epitre de saint Pierre ne conlient-
elle pas elie-niâme assez de mois qui rappel-
lent la tormînologis de saint Paul, pour que
de Welte ait tu en cela une raison de dou-
ter de son auiheniicité? Nons pourrions
imuTer dans i'iiisloire de l'Eglise, dans
celte de la lilléralure, un grand nombre
d>xemples de ce genre. Nous nous conten-
terons cependant d'en produire un, très-
remarquable , et que nous empruntons à
t'époque conlempiirsine : Schteîermaelier
«rait tellement subi i'inriuence de Platon.,
quH cette influence apparaît jusque dans la
structure de ses phrases et dans sa manière
d'employer les particules; il était dominé
par elle même dans tes chaires des temples.
Bchleiermacher est pourtant un esprit ori-
ginal; et, chose remarquable, il n'a pas
vécu avec son modèle, et n'a Communiqua
avec lui que par l'intermédiaira de Fa lettre
«crile. Il est inutile de démontrer que le
commercfl inilme de la vie exerce une in-
fluence bien autrement puissante. Mainte-
nant on nous demandera peut-être si uns
pareille influence n'a pas ses limites i}éler-
mînéei, si elle ne se borne pas b certaines
concordances, soit dans l'emploi d'un grand
nombre de sentences, soit dnns la constmc-
lion de la phrase, soit dans la préJiiection
pour certaines particules : nous répondrons
qu'il est impossible, par le fait, de poser de
semblables limites. Sous l'emptra de cir-
constanceo analogues, surtout lorsque le
sitjet est le méoie, le style du disciple peut,
souc tous les rapports, être une copie des
discours du maître. Ainsi, par exemple,
l'opinion n'est pas encore fliee snr le point
ne savoir laquelle des Ethiones doit être
attribuée k Arîstote, et laquelle est l'xuvre
d« ses disciples. Schleiermscher, en s'oc-
cupent de cette quesiiou (dans un .traité
3 m n'est pas achevé, DUeouri et Traitai,
895), avoue q^u'il ne peut ici prendre pour
critérium la dilTérence du style, parce qu'il
e»t aussi peu en état que tes autres de se
vanter d'avoir une connaissance assez sûre
a et asset tine du style propre d'Aristote •
pourpoBToirdîstinçuer le disciple duiDBtlre.
Fanach {De «ihiett iVicotnacAtc» ) vient
d'attribuer au fils d'Aristote l'Éihique à Nl-
«omaque. Quant au style, il n'a pu trouver
qu'une seule prétendue différence. Chacun
iM«e rappeHe-<-il pas encore le livre d'Ec-
kvrmann sur Gœthe. Est-on bien en état de
démontrer qu'il existe des différences entre
le stylo du Diogmphe et celui du poète 7
Il est vrai de dire, quelqu'incroysbie que
c«la puisse paraître, que la dépendance des
ilieciples vis-4-vis de leur maître s'étend
«quelquefois jusqu'à des